Les derniers avis (31951 avis)

Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Will dans Spirou
Will dans Spirou

3.5 C'est génial d'avoir un recueil des histoires dessinés par Will pour Spirou. Je trouve qu'il est un peu mis à l'écart comparé à d'autres auteurs du journal de Spirou comme ses amis Franquin et Morris par exemple. Les histoires sont classés en ordre chronologique ce qui permet non seulement de voir l'évolution du dessin de Will (je précise que j'aime son style peu importe les époques) et aussi de la BD. Par exemple, l'humour gentil et naïf des années 60 fait place à un humour un peu plus cruel dans les années 70 et 80. On retrouve aussi beaucoup de poésie. J'ai bien aimé l'ensemble des histoires. Il n'y a que les deux histoires de Farfelu (scénarisées par Will lui-même et qui me donnent l'impression qu'il a bien fait de surtout prendre des scénaristes pour écrire ses histoires) dont j'ai trouvé l'humour trop dépassé ainsi que l'histoire se passant en Amazonie qui m'ont paru mauvais. C'est un excellent album pour les fans de ce dessinateur.

24/01/2017 (modifier)
Par canarde
Note: 4/5
Couverture de la série Les Trois Grognards
Les Trois Grognards

ça sent la série réussie ! Je n'ai lu que le premier tome, mais je suis déjà preneuse pour les suivants... Le scénario assez simple : dans le genre complot au temps de Bonaparte, mais avec un gars qui se retrouve obligé d'y participer sous peine de se retrouver au trou. Cela donne forcément une certaine ambiguïté qui porte l'intrigue de manière habile. D'autant qu'Honoré est obligé de garder le secret pour lui, ce qui crée donc des qui pro quo à répétition. Dans ce cadre bien composé, les trois grognards sont campés dans une simplicité assez caractéristique de notre époque, avec des dialogues amusants et un dessin entre la caricature et le classicisme, des couleurs directes, plutôt en camaïeu triste, avec la tignasse rousse de Félicien (le maigrichon naïf des trois compères) qui vient éclairer l'ensemble. Par dessus le marché, les tenants et les aboutissants nous restent encore inconnus, une jolie espionne est mêlée à l'affaire, bref, on voit qu'on nous a gardé de la matière pour plus tard... Bref, un très chouette cadeau pour un ado.

24/01/2017 (modifier)
Par Jetjet
Note: 4/5
Couverture de la série Polar
Polar

Nouveau petit prodige au sein de Glénat Comics ou d'autres de ses œuvres ont été récemment publiées comme Furious, Black Market ou Sukeban Turbo, le jeune artiste Barcelonais Victor Santos a déjà une longue carrière derrière lui. Je l'avais pour ma part découvert sur le surprenant Zombee, une agréable récréation inédite en français bardée de ninjas et de zombis dans un élan référentiel à toute la culture pop asiatique. De références justement, il en est effectivement beaucoup question ici à nouveau, Santos a d'abord amorcé cette trilogie sous un angle de plaisir personnel en endossant pour la première fois la casquette de scénariste. Le but était initialement d'écrire un Webcomics muet sur base d'une ou de deux planches par semaine à la manière d'un Inkoctober par exemple. Santos ne s'en cache pas, il est fortement influencé par les films policiers de Melville ou de Sergio Leone pour l'ambiance... Feuilleter un des deux tomes disponibles fait aussi immédiatement penser à Frank Miller et son insurpassable série Sin City dont les cadrages et couleurs sont fortement similaires. Initialement donc prévu uniquement sur le web, cette série a plu à l'éditeur d'origine, Dark Horse, qui a demandé à Santos une légère adaptation et quelques ajouts de dialogue pour transposer le tout dans les élégants bouquins à l'italienne comme on le découvre aujourd'hui. Le maître mot de ces Polars est simple : Vengeance. Et si possible rapide, sournoise et sanglante. Et elle le sera jusqu'à l'overdose pour les plus sensibles mais jouissive pour les lecteurs les plus pervers dont je fais également partie ! :) Au menu dans le premier tome, une organisation criminelle cherche à éliminer le Black Kaiser, un agent borgne officiellement en retraite et qui va sortir de l'ombre pour venir terrasser son agresseur. Il s'agira de ce même personnage qui sauvera une jeune femme laissée pour morte une balle dans la tête et qui la formera dans le second tome pour aller cueillir son ancienne "famille" en mode Kill Bill. Écartons d'une main tous les défauts d'une telle lecture déviante : Oui ce n'est guère inspiré mais ce n'est pas le but recherché, oui on pourra argumenter que Santos est un copieur de Miller mais il dispose d'autres atouts en poche. Car pour tout le reste, Santos décroche la mâchoire par des plans de malade sur des dessins mi ligne claire mi comics en noir et blanc et en utilisant et abusant de la couleur orange comme d'un personnage à part entière et pas uniquement pour illustrer les (nombreuses) effluves de sang. A la fois mix de Frank Miller et Eduardo Risso, Santos développe un récit jouissif entre sketchbook animé et scènes d'action non stop pour une mise en scène graphique et cinématographique. Le découpage à l'italienne impose une verticalité sans failles tel un jeu vidéo des années 90 où chaque personnage allait de la gauche vers la droite de l'écran en éliminant tout intrus sur sa route. Tout en alternant plusieurs encrages ou même styles avec vignettes narratives et des cadrages de toute beauté, Santos délivre des histoires simples et anecdotiques dont l'aspect "déjà vu" est balayé par la prouesse graphique de son art. Les deux histoires peuvent se lire de façon complètement indépendante et Glénat a rempli les deux bouquins de petits bonus sympas. Il s'agit d'une chouette alternative qui devrait plaire ou agacer selon l'humeur tout amateur de récits dits hard boiled. J'attends la dernière partie de cette trilogie avec autant de patience qu'un gamin !

23/01/2017 (modifier)
Couverture de la série La Grande Aventure du Journal Tintin
La Grande Aventure du Journal Tintin

A l'occasion des 70 ans de la création du journal Tintin et des éditions du Lombard (qui sont nées dans le giron de ce journal grâce à l'élan d'un entrepreneur audacieux, Raymond Leblanc, et d'un auteur génial, Hergé), cet ouvrage exceptionnel rend un hommage superbe à sa glorieuse histoire à travers 777 pages de rédactionnel et surtout de BD. Je ne pensais pas qu'on pouvait poster ce genre de compilation sur BDT, et je trouve que c'est une bonne idée, j'avais repéré ce pavé dès sa sortie fin aout-début septembre, et comme j'ai de bons amis, on m'a entendu discrètement en faire les louanges ; résultat, c'est mon cadeau d'anniversaire qu'on vient de m'offrir en ce début janvier, je ne vous dis pas la joie que j'ai eue en le recevant, car je m'étais plaint de son prix un peu onéreux pour moi... bref ce souhait est exaucé, et j'en suis ravi. Ce qui est formidable pour moi, c'est qu'il me replonge dans de belles années d'insouciance et d'enfance heureuse car j'ai grandi avec le journal Tintin, c'était ma bible, je n'en manquais pas un numéro entre 1966-67, époque où je fus à peu près en âge de lire toutes ces Bd mythiques qui m'ont bercé, et les années 1980-81 où j'ai délaissé le journal. Mon père achetait le journal dès 1964, je les ai découvert après lorsque je fus plus grand, mais je me souviens avec certitude avoir vraiment découvert le journal en 1967 avec l'arrivée de Martin Milan. On rentrait dans une période très riche, probablement la plus riche de l'hebdo qui voyait l'arrivée de Olivier Rameau, Bruno Brazil, Bernard Prince (sous la forme qu'on lui connait car il avait débuté seul), Robin Dubois, ou encore Comanche (qui avec Blueberry sévissant dans Pilote, a sans aucun doute conditionné ma passion pour le western). Les générations actuelles comme les trentenaires ne peuvent s'imaginer ce que pouvait être une telle époque où la bande dessinée n'était pas naturelle comme elle l'est aujourd'hui, mais surtout qu'elle était absolument dépendante de journaux comme Tintin, Spirou ou Pilote, c'est une époque qui fut certes un peu rigide pour des auteurs se sentant à l'étroit à l'intérieur d'une structure éditoriale, mais grisante et bénéfique car en même temps, se retrouver à l'intérieur d'un journal comme Tintin, était pour un auteur une garantie de succès et de pérennité ; en plus, les auteurs avait une très grande liberté, malgré Hergé qui s'investissait et contrôlait beaucoup d'étapes. Ce qu'avait voulu Raymond Leblanc, c'est d'offrir à une époque où la BD n'était encore destinée qu'à un public d'enfants et d'ados, un journal avec des récits historiques, de l'humour et de l'aventure, sans être mièvre ou naïf. La disparition du journal Tintin en 1988 a marqué une vraie rupture pour Le Lombard qui s'appuyait sur la force de cet organe. Ce gros recueil rassemble donc un générique exceptionnel, avec les auteurs qui ont fait la réputation de ce journal, comme Tibet, Cuvelier, Aidans, Reding, Graton, Vance, Franquin (fâché avec Spirou), Hermann, Dany, Rosinski et bien d'autres, en présentant des récits courts qui pour certains n'avaient jamais été publiés en albums. A côté des classiques, c'est bien de (re)découvrir des héros oubliés comme Flamme d'Argent, Harald le Viking, Le Chevalier blanc, Strapontin, Rataplan, Cobalt ou Les Panthères... c'est bien aussi de voir l'évolution graphique des auteurs comme sur la première apparition d' Alix ou celle de Ric Hochet... qui se sont ensuite bien amélioré. Les dernières années du journal permettent de voir aussi de nouveaux héros qui n'ont eu parfois qu'une maigre chance, parce que le coeur n'y était plus, parce que l'époque avait changé et que l'argent et la politique éditoriale avaient pris le pas sur la création, je pense à des séries comme "Papilio", Niky, "Gilles Roux et Marie Meuse" ou Ali Beber... Mais le journal a vu aussi paraitre dans ses dernières années des séries qui ont fait du chemin, comme Thorgal, Lou Smog, Brelan de Dames, Bruce J. Hawker, Aria, Hans, Vasco, Lester Cockney, Adler, Capitaine Sabre, Rork ou Neige... J'aurais pu mettre les 5 étoiles, mais 2 éléments m'en empêchent : dans la rétrospective qui marche par paire d'années, je trouve les introductions vraiment trop succinctes, une telle richesse dans ce journal aurait mérité plus de texte. Ensuite, les fausses présentations des héros dans des cartouches oranges ne me plaisent pas, au lieu de présenter le personnage ou la série, il s'agit d'un texte imaginaire qui n'apporte rien, j'ai trouvé ces parties vraiment stupides, alors que des lecteurs d'aujourd'hui auraient pu avoir en quelques lignes une présentation du héros avec sa date de création, ses auteurs, ses caractéristiques etc... Je regrette aussi pour certains héros que leurs premiers récits ne soient pas sélectionnés, au détriment de récits plus récents, ça aurait permis de voir les graphismes à leur début, comme c'est le cas pour Alix, il aurait été intéressant de montrer les premiers récits de Chick Bill où les personnages avaient des têtes d'animaux, ou encore la première apparition de Robin Dubois où le dessin assuré par De Groot (et non Turk comme ensuite) était beaucoup plus carré et épais. Mis à part ces quelques réserves, je suis pleinement satisfait de ce cadeau, c'est un bel ouvrage qui s'adresse surtout aux nostalgiques comme moi qui ont bien connu ce journal, mais aussi pourquoi pas, aux curieux désireux de découvrir comment c'était avant.

22/01/2017 (modifier)
Couverture de la série Une mystérieuse mélodie ou comment Mickey rencontra Minnie
Une mystérieuse mélodie ou comment Mickey rencontra Minnie

Il y a dans cette bd une délicatesse et vraie poésie qui vous touche avec douceur. Je trouve que c'est assez rare et on sort de sa lecture, comme si on était dans un coin de ciel bleu entre les nuages. Ps : mention particulière au traitement de Pluto, fin et très bien vu.

22/01/2017 (modifier)
Par Blue Boy
Note: 4/5
Couverture de la série Etunwan - Celui-qui-regarde
Etunwan - Celui-qui-regarde

Décidément, le western, que l’on croyait désuet, semble revenir à la mode ces derniers temps, non seulement au cinéma mais également en bande dessinée, car indéniablement l’exploration des terres vierges fera toujours rêver. Et en fin de compte, le genre susnommé serait un peu l’ancêtre des space operas devenus populaires avec l’ère de l’exploration spatiale. Avant le succès de la SF, le western existait en grande partie à travers la fascination un rien infantile exercée par les mondes nouveaux et aussi sans doute l’esprit reptilien de ses afficionados. Depuis, les Droits de l’homme sont passés par là. On s’est alors rendu compte que l’Indien n’était plus forcément le méchant que la culture populaire occidentale se plaisait à dépeindre et qu’il pouvait avoir le droit de protéger ses terres dont l’homme blanc, si « civilisé », cherchait à l’expulser. En matière de neuvième art, le genre tente de se renouveler en intégrant des éléments plus littéraires, débarrassés de l’odeur de poudre, évoquant sur le fond les œuvres de Patrick Prugne (Pawnee et Frenchman) ou le dernier album de Frederick Peeters (L'Odeur des garçons affamés), qui lui aussi avait un photographe pour personnage principal. En revanche, l’ouvrage est à mille lieues du genre « aventure », comme expurgé de toute action, purement contemplatif. Bien sûr il y a un récit, mais « Etunwan, Celui-qui-regarde » ressemble presque à un livre de photos, en accord total avec son titre. Avec un dessin qui semble avoir été réalisé à partir de clichés, Thierry Murat se livre au jeu du clair-obscur, recourant à des monochromes désaturés allant du bleu au jaune en passant par le brun sépia, avec des personnages semblant parfois évoluer dans un théâtre d’ombres chinoises. Et comme la photographie est avant tout l’art du sensible, le résultat est magnifique et projette sur le lecteur ses ondes apaisantes. Quant à l’aspect littéraire, il réside dans l’importance que l’auteur accorde aux mots. Tout d’abord, la voix off du narrateur domine, tandis que les phylactères y sont secondaires. Les références littéraires y sont bien présentes, avec notamment ce recueil de poésie que Joseph Wallace emportera dans ses bagages, « Les Fleurs du mal » d’un certain Charles Baudelaire, qui viennent juste d’être traduites pour le public anglophone de l'époque. Un livre au titre vénéneux qui intrigue Wallace « au plus haut point » et imprimera sa marque au récit… Mais outre la langue des poètes, c’est aussi celle des Indiens qui est ici mise en avant, et de fait réhabilitée, jusque dans la typographie. Le photographe est fasciné par cette langue, qui, dit-il, lui donne « le sentiment de pouvoir exprimer [ses] émotions les plus intimes presque aussi clairement que les simples locutions utilitaires. », poussant la démarche jusqu’à l'apprendre durant son séjour dans une tribu. De façon insidieuse, le western nous avait plutôt habitués à faire passer les Indiens pour des analphabètes, leur langue ayant été souvent réduite à onomatopées ou des noms propres correspondant à un animal et l’une de ses caractéristiques (vous savez, les « Cheval fou » et autres « Bison assis » ?). Une manière grotesque de transformer la figure du « sauvage » en potiche muette et inoffensive, presque risible. Ici, on est dans une perspective totalement inverse. « Etunwan, Celui-qui-regarde » est une œuvre lente, empathique et érudite, où la qualité littéraire matche parfaitement avec la beauté graphique. C'est l’histoire d’un homme qui ne trouve pas sa place dans l'univers et se lance dans une quête mystique éperdue au bout de lui-même, tel un romantique désireux de s’immerger dans le monde des origines, dans lequel il ne voit qu’harmonie, mais hélas un monde inéluctablement condamné par la frénésie conquérante de l’homme blanc.

21/01/2017 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Les Tuniques Bleues - Des histoires courtes par...
Les Tuniques Bleues - Des histoires courtes par...

Les Tuniques Bleues font partie des séries qui ont marqué mon enfance. Je lis toujours les nouveaux albums même si la qualité a baissé depuis longtemps. Les histoires courtes sont assez variées. On retrouve des récits plus réalistes et d'autres purement humoristiques. Certains sont mieux que d'autres et j'ai bien aimé la plupart d'entre eux. Les récits que j'ai le plus appréciés sont ceux de Bodart et Gloris, Dutto, Pau et Lapière, Schwartz, Frasier et de Blutch (s'il y a un auteur qui devait figurer dans cet album, c'est bien lui !). Ce que j'ai surtout apprécié c'est le côté touchant de plusieurs récits où on voit que les auteurs aiment bien cette série qui est sans aucun doute la meilleure de Cauvin. Le seul regret que j'ai c'est qu'on ne voit pas du tout Cancrelat, un de mes méchants de BD préféré. À lire si on est fan des Tuniques Bleues.

21/01/2017 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Contes et Légendes du Moyen âge en bandes dessinées
Contes et Légendes du Moyen âge en bandes dessinées

Je dois dire que j'ai été fort étonné dans le bon sens du terme par ces contes et légendes du Moyen-Age. J'accorde les 4 étoiles bien mérités ce qui est plutôt rare pour un conte. En même temps, il y a tout de ce qu'il faut pour remplir le cahier de charge. Ces contes assez moralisateurs peuvent nous donner de bonnes indications sur la manière d'agir dans notre vie et c'est plutôt intemporel. Cela démarre fort avec cet homme qui sauve la vie d'un autre mais qui n'a droit à aucune reconnaissance mais à un procès. Le récit concernant le mouton qui s'habille en loup m'a bien fait rire car l'habit ne fait décidément pas le moine. J'ai également beaucoup aimé les interludes qui nous apprennent beaucoup de choses sur les coutumes au Moyen-Age. Bref, une lecture à la fois divertissante et instructive.

21/01/2017 (modifier)
Couverture de la série L'Or et le Sang
L'Or et le Sang

Voilà une bonne série d’aventure, sans trop d’esbroufe, mais qui fonctionne bien. Il y a un peu de Monfreid dans les deux personnages principaux, et leurs projets de ventes d’armes. Mais on retrouve aussi une proximité avec l’histoire de Lawrence d’Arabie dans l’intrigue. Et surtout dans le personnage de Calixte, en particulier lorsqu’il cherche à rallier les tribus : si les tribus arabes sont encore au centre des débats, ce sont ici les Français et les Espagnols qui jouent le rôle des Anglais et des Turcs ! Il y a aussi quelque chose de « L’homme qui voulut être roi » de Kipling, avec ses deux bonhommes partis pour se faire de l’argent en vendant des armes, et qui se retrouvent chefs de guerre, emportés par l’élan du hasard et de l'Histoire. Bref, des sources d’inspiration qui lorgnent toutes vers la grande aventure, avec des personnages qui s’habillent du manteau de l’histoire – parfois trop grand pour eux – pour sortir d’une vie toute tracée (de malfrat pour le Corse Léon ; d’héritier d’une famille des beaux quartiers pour Calixte). L’intrigue s’inspire de la guerre du Rif, durant laquelle des tribus du Nord Marocain s’étaient révoltées dans les années 1920 contre les Espagnols (Franco y a fait ses armes) et les Français. Cette guerre avait d’ailleurs provoqué l’une des premières prises de position politiques des Surréalistes (alors parmi les rares à s’intéresser à ces « causes indigènes » et à prendre parti contre les violences coloniales). Defrance et Nury marient très bien la grande et la petite histoire, chacune se nourrissant de l’autre pour embarquer le lecteur dans ces aventures racontées sous forme de flash-back à son petit-fils par un Léon vieillissant. Une chouette série d’aventure, avec un dessin proche de celui de Brüno. A découvrir !

20/01/2017 (modifier)
Couverture de la série Les Enfants du Capitaine Grant, de Jules Verne
Les Enfants du Capitaine Grant, de Jules Verne

J'ai eu l'occasion de lire l'album en intégrale prêté par mon pote de la Fnac, c'est un gros volume, un bel objet en grand format qui se lit assez longuement à cause de la partie texte qui est abondante et qui freine un peu la lecture, mais le sujet est suffisamment captivant pour donner du courage à lire ce récit. Je ne sais pas si c'est une adaptation du roman de Jules Verne fidèle, ne l'ayant pas lu, je n'ai pas non plus vu le film en live des studios Disney réalisé en 1962 avec Maurice Chevalier, mais j'en ai l'impression devant la somme de péripéties vécues par les personnages. Sinon, la première chose qui m'a frappé, c'est évidemment le dessin d'un auteur que je ne connaissais pas et que je trouve absolument superbe ; un dessin soigné, précis, d'une finesse incroyable, bourré de détails à tel point que ça allonge encore le temps de lecture car on prend plaisir à scruter chaque case. La luminosité des couleurs est magnifique, tout comme les ciels et les images en grandes cases, quoique par endroits, ce dessin apparaît un peu sombre. Même les cartouches de hors-texte, les têtes de chapitres, les parties en sépia, les cartes... tout est beau. Le choix de donner des physiques animaliers m'a paru original, et d'ailleurs chaque tête d'animaux est parfaitement proportionnée, surtout en gros plan, notamment sur les physiques de loup, de renard, de chat, de chien ou d'ours... qui sont très expressifs, et un peu comme dans Blacksad, bien choisis en fonction des caractères. Même en grand format, ces dessins paraissent assez petits, il y a un manque de place évident car les cases sont souvent très chargées, et comme je l'ai dit, c'est très bavard, le texte tend parfois à réduire la partie graphique ; c'est aussi sans doute dû au fait que le texte de Verne me semble avoir été reproduit à la lettre, parce que la narration est typique des romanciers du XIXème siècle, on retrouve ce style aussi chez Dumas, Gautier, Dickens, Walter Scott ou Melville... C'est de la grande aventure à la Jules Verne, au ton rocambolesque, avec un détail qui m'a fait sourire : le nombre de fois où les personnages échappent à un sort funeste est impressionnant, ils ont une chance de cocu, mais c'est un truc qu'on accepte tant l'ensemble est captivant. J'en ressors conquis.

20/01/2017 (modifier)