Les derniers avis (26865 avis)

Couverture de la série Le Dernier Atlas
Le Dernier Atlas

Wow wow wow Alors ça, je m'y attendais pas. Il est rare que le scénario soit au dessus du dessin (qui est très bon). Cette bd c'est un thriller ! Un roman, graphique, thriller, dystopique (les dystopies sont souvent négatives...) C'est vraiment très bien écrit, il y a un rythme, une narration, du chien ! Et surtout, c'est très original. Les personnages dans leur ensemble, sont crédibles, divers, bien campés, originaux, cohérents. Leurs chemins se recoupent par fils scénaristiques habiles. Il y a une relecture de la société, actuelle, en devenir, en dystopie qui fait un peu flipper tout le monde. Ce qui pourrait être mon seul mini bémol : je suis une petite flippette et cette bd m'a légèrement angoissée à la lecture (en même temps c'est un "thrilleur dystopique") et quelques scènes gores pour moi. La partie "science fiction" est très bien gérée, ce qu'il faut, intriguante. L'idée des robots atlas est géniale. La dystopie avec l'histoire française et algérienne est je trouve assez fine, et constitue une trame de fond bien dosée, qui rajoute du corps à l'ensemble. Bref ça fonctionne à merveille. C'est intelligent, dense, rythmé. Une bd assez rare, j'ai hésité avec les 5 étoiles. Vivement recommandée.

11/05/2022 (modifier)
Couverture de la série Seules à Berlin
Seules à Berlin

Juncker a déjà produit plusieurs albums dans lesquels il était parvenu à mêler habilement petite et grande histoire (je pense par exemple à Malet et j’avais déjà vu son talent pour montrer en quelques touches l’horreur de la guerre dans Le Front). « Seules à Berlin » est un peu la synthèse de ces deux aspects. L’intrigue se déroule dans le chaos et l’horreur de la fin de la seconde guerre mondiale à Berlin, dans les derniers jours d’avril et les premiers jours de mai 1945. Deux femmes vont se croiser. Ingrid, une Allemande promise aux viols des soldats de l’Armée rouge, qui survit dans les caves ou dans les bras de soudards. Et Evgueniya, une jeune traductrice du NKVD, plutôt anticonformiste. Avec une économie de moyens (peu de texte, décors et personnages peu détaillés), Juncker arrive à montrer l’horreur de la situation, mais aussi les fragilités, les fêlures des êtres. Et la possibilité, malgré tout, de rester humain (la dernière image, qui apporte couleur et liberté à Ingrid, se révèle là aussi simple et efficace, forte). Une pagination importante, mais l’histoire se lit vite, d’une traite, il n’y a pas de temps mort. Juncker a réussi là un bel album, parvenant même à glisser dans ce décor apocalyptique quelques touches d’humour, lorsque le supérieur d’Evgueniya, sur ordre de Beria et Staline, cherche à mettre la main sur le cadavre d’Hitler.

11/05/2022 (modifier)
Par karibou79
Note: 4/5
Couverture de la série Le Singe de Hartlepool
Le Singe de Hartlepool

Une histoire hilarante si elle n'était pas affligeante. Un récit universel où chacun ne peut qu'admettre que la bêtise humaine a ses entrées à toutes les époques et dans toutes les contrées. Le dessin me fait penser à Fred, que j'apprécie, avec une coloration au pinceau dans des tons parfaits pour rendre l'atmosphère un peu déprimante. Franchement rien à redire, ce livre satisfera tout le monde (même les xénophobes qui ne reconnaîtront pas qu'ils en sont le sujet tellement le trait est forcé, hehe) et peut se glisser aussi bien dans les rayons adultes qu'enfants.

11/05/2022 (modifier)
Couverture de la série Le Sommeil du Monstre
Le Sommeil du Monstre

"Tout commence et tout finit à Sarajevo" disait Frédéric Mitterrand dans son introduction des Aigles foudroyés. Bilal semble lui emboîter le pas avec cette très bonne série. 4 tomes bien différents les uns des autres mais qui doivent être lus dans l'ordre pour comprendre un récit pas si facile. Je dois dire que le tome 1 m'a captivé. Cette idée de trois bébés orphelins à cause du terrible siège de Sarajevo et qui vivent les événements de façon mi consciente mi subliminale est remarquable. L'idée de les faire parler via la voix de Nike phénomène de mémoire m'a bouleversé. C'est un cauchemar ancestral de tous les parents que la crainte de mourir en plein chaos et de laisser son bébé affronter seul le monde extérieur. C'est vraiment ce qu'arrive à me faire passer Bilal dans ce tome 1. Chaque bébé développant d'ailleurs des qualités hors normes qui vont les conduire devant un nouveau monstre. Bilal nous entraîne dans un récit de SF avec pour cible les intégristes mystico-religieux ce qui n'est pas une nouveauté. Ce que j'aime dans la SF de Bilal c'est qu'elle est ancrée dans l'histoire contemporaine et est crédible. Le tome 2 est du même niveau même si on s'y perd un peu entre les répliques et les humains mais les descriptions de ces happening sanglants confinent au grandiose. J'ai beaucoup moins aimé le tome 3 qui m'a passablement ennuyé. Heureusement le tome 4 qui part sur une voie encore différente m'a beaucoup plu avec ses textes qui sont presque des poèmes par moment. (Mdr : Bilal est sympa, il fait gagner le PSG en match européen ! Lol). On sent que Bilal a donné beaucoup de lui dans cette série et que ses souffrances de voir son pays de naissance se déchirer abominablement ont créé des cicatrices peut-être pas encore totalement refermées. J'aime beaucoup son graphisme (ses toiles !) et son découpage. Certaines coupent le souffle. Comme d'habitude on peut lui reprocher des visages qui se ressemblent trop. Pas toujours facile de différencier Nike d'Amir ou Sacha de Leyla. Autrement dans la peinture des différents monstres c'est très imaginatif et très effrayant car crédible (monstre parasite ou symbiotique ?). Pas forcément une lecture très reposante mais du très bon Bilal à mon avis.

11/05/2022 (modifier)
Couverture de la série Le Spirou de Yoann & Vehlmann - Les Géants pétrifiés
Le Spirou de Yoann & Vehlmann - Les Géants pétrifiés

Yoann et Vehlmann nous proposent un Spirou écartelé entre tradition et modernité. Il est loin l'uniforme du petit groom. Spirou avec ses sneakers, son jean moulant et son blouson adopte un look de baroudeur résolument moderne. Il n'hésite pas à faire le coup de poing et à flirter avec une jolie Indonésienne. Contrairement à Fantasio ou Champignac avec leurs costumes cravatés. Mais changement total pour l'action, Spirou devient le gardien des traditions par rapport à un Fantasio qui choisit la voie moderne. Une querelle des anciens et des modernes version Maoris. J'aime bien que des auteurs éloignés de la série mère fassent un one-shot en toute liberté de création graphique et scénaristique. L'unique contrainte est de respecter l'esprit de nos deux ( trois? quatre?) héros. C'est le cas dans l'album, même si le côté sentimental appuyé que vivent Spirou et Fantasio nous sort des habitudes. Le trait de Yoann est dynamique mais trop anguleux à mon goût. De plus Champignac en directeur de labo genre super sérieux a perdu sa folie amusante. C'est Martin qui apporte toute la folie à l'histoire, il en sera récompensé, quoique... Quant à Fantasio, en dandy quasi chauve, il me fait penser à un trader de la City en vacances sur son yacht. De même je trouve la représentation des jeunes Maoris pas très gratifiante et leurs références culturelles cantonnées au Seigneur des Anneaux un peu lourdes. Il y a quelques faiblesses dans le scénario. Toucher légalement à un patrimoine archéologique est quasi impossible partout dans le monde et tout particulièrement en Nouvelle-Zélande ou en Australie. De même la fin est un peu facile avec cette introduction de quasi-fantastique qui permet de punir les méchants à bon compte. J'aime bien les couleurs proposées même si certains mariages peuvent jurer. Une aventure sous-marine permettait d'explorer de nombreuses nuances de bleus d'éclairages sur les fonds marins toujours magnifiques. C'est quelquefois le cas mais je trouve les fonds décrits a minima avec des teintes trop sombres. Je trouve la couverture très belle mais la quatrième toute rouge pas à mon goût. Une lectures sympathique tout de même. J'aurais mis 3.5 donc je choisis 4 pour remonter la moyenne que je trouve sévère.

10/05/2022 (modifier)
Couverture de la série Perdita Queen
Perdita Queen

J’ai découvert Crisse avec cet album, un petite claque à l’époque. Je viens de le relire et il garde toute ma sympathie, l’un des meilleurs lus de son auteur (avec les 2 premiers Kookaburra ;) ). La nostalgie a bien du jouer mais j’ai eu beaucoup de plaisir à m’y replonger. On (re)connait les tics de l’auteur mais ici ça passe plutôt bien je trouve, un peu moins racoleur que d’autres de ces œuvres (malgré la couverture de 95), une narration bien maîtrisée et on a droit à de chouettes couleurs d’Anyk. Un petit thriller fantastique qui se passe à Salem, alternant passé-présent, bien mené. L’album vieillit bien, c’est rapide et efficace. A noter une suite « Griffin Dark »tout simplement à éviter !!! Du coup un 4* généreux pour les bons souvenirs et que l’histoire s’autosuffit.

09/05/2022 (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Raptor
Raptor

Ce "Raptor" est envoûtant, mystique et poétique. Le Pays de Galles au XIX° siècle, l'histoire de deux hommes, l'un, Arthur, a perdu sa femme, l'autre, Sókol (faucon en slave) erre dans un monde fantastique chassant les monstres. Mon troisième McKean et ils ont tous un point commun, celui d'avoir comme fil conducteur un animal. Le chat pour Cages, le chien pour Black Dog - Les Rêves de Paul Nash et ici un rapace et plus particulièrement un faucon. Dans la mythologie celtes, le faucon est la mémoire du monde, un symbole ascensionnel, il annonce aussi la victoire de la lumière sur les ténèbres. Il aura toute sa place dans ce récit. Une narration a deux niveaux, l'un ancré dans le réel et l'autre dans l'imaginaire. Je me suis laissé aller au gré des ressacs, les ressacs de l'art, la nature, la vie et la mort. Des thèmes exploités de façon lyrique. Quelle maestria ! Visuellement c'est toujours aussi beau et les couleurs sont superbes. Du travail d'orfèvre. Une lecture immersive. Un diamant ciselé. Note réelle : 4,5.

09/05/2022 (modifier)
Couverture de la série Le Captivé
Le Captivé

Étrange histoire que celle-ci, que j’ai un temps cru totalement inventée, mais qui se révèle au final des plus authentiques. Et un dossier final présente très bien le sujet, avec en sus une bonne bibliographie. Le dessin, efficace et volontairement vieillot, est très simple, naturel. Il entretient en tout cas une atmosphère quelque peu décalée, autour de ce personnage soumis à des pulsions improbables : sur un coup de tête, il quitte tout et part dans de longs périples, incapable de résister à ces appels au voyage. D’autant plus qu’il se révèle posséder d’incroyables capacités d’endurance. Ce « marcheur fou », traité comme un malade, n’est-il pas en fait le précurseur d’autres fous plus actuels, drogués à l’effort, qui enchainent les ultra trails et autres iron man ? Le personnage du médecin qui le « traite » est lui aussi intéressant. Adepte de méthodes douces – au contraire de ses confrères – et au parcours atypique, il va nouer des liens d’amitié avec son patient. Il est vrai que lui aussi souhaite sortir des sentiers battus, et qu’il est le précurseur de grandes courses cyclistes. Bref, un album intéressant, vite lu, mais qui sort de l’ordinaire, et qui pousse à la réflexion. Note réelle 3,5/5.

09/05/2022 (modifier)
Par Seube
Note: 4/5
Couverture de la série La Ville qui n'existait pas
La Ville qui n'existait pas

De mon côté, je n’hésite franchement pas à donner un avis positif à cette BD. J’ai pas 30 piges et pourtant cette histoire m’a emporté dans une nostalgie de moments que je n’ai pas vécus. La longue première partie m’a happé. L’ambiance qui s’y dégage me rappelle ces moments où des doyens de l’industrie me racontaient leurs histoires. C’est très poignant et je retrouve cette relation de camaraderie franche, impulsée notamment par l’engagement syndical des travailleurs. Voilà ce que j’ai ressenti et je trouve ça très beau. J’avoue être étonné que l’on mette en avant le fait que les personnages soient trop caricaturés, en ce qui me concerne j’ai un regard complètement différent. Et pour moi qui entends facilement les discours des uns et des autres à différents niveaux de la hiérarchie, il n’y a pas une seule réplique qui soit tirée par les cheveux. Avec la mort lente de la culture ouvrière française, cette BD m’embarque dans une mélancolie assez particulière. C’est triste, mais franchement pas que. Travaillant dans l’industrie et vivant dans le Nord actuellement, on trouve facilement les vestiges d’une région malade qui a été trop longtemps écartée. C’est ce tableau qui est dressé par Bilal (on peut faire un tableau bien plus coloré et joyeux sur cette région attention). C’est fou à quel point je le trouve toujours aussi actuel. Et son dessin est vraiment réussi je trouve, heureusement avec son style de l’époque qui s’y prête bien. Il y a un je-ne-sais-quoi de poétique et quelque chose qui me pousse à la réflexion, rien qu’à travers le dessin. Le partie où un rêve se réalise m’a également attiré graphiquement, notamment par ces couleurs. Pour moi, pas besoin d’avoir plus de planches dédiées sur ce moment, je comprends à la clôture du bouquin que je ne recherchais pas ça, mais seulement la problématique qui nous était posée. Faut il chercher à connaître la réalité pour être heureux? Est ce que les contraintes de la réalité nous en empêchent ? Faut-il être ignorant? Quels rêves nous restent ils en vivant dans une société parfaite? Des rêves où l’on ne s’y trouve pas ? Et finalement, quand est-ce que cette ville existe ? En tout cas moi, l’épilogue m’emporte complètement. Vous l’aurez compris, pour moi cette BD est un mix ambiance/réflexion qui m’a énormément plu. L’histoire en tant que telle et ces personnages m’ont un tout petit peu moins captivé. Encore que ! J’ai beaucoup apprécié le mystère environnant de l’héritière, les langues de bois qui l’entourent, les ouvriers méfiants. C’est assez simple mais je n’en demande pas plus alors je considère tout ça bien dosé. Vraiment je vous conseille la lecture, ça ne vieillit pas d’un poil a mes yeux!

09/05/2022 (modifier)
Par Seube
Note: 4/5
Couverture de la série Henri Désiré Landru
Henri Désiré Landru

J'avais besoin d'une nouvelle dose de Chabouté. Cet auteur crée de grandes histoires. Et Henri Désiré Landru ne manque pas à la règle. Encore et toujours, je pénètre dans l'ambiance dès le départ. Ces 3 premières planches sont vraiment incroyables, ce muet nous permet déjà de capter l'endroit, le moment de la journée, l'ambiance, la temporalité de l'évènement, la Mort qui s'envole en faisant "bzzzzzz"... Hallucinant, quelle superbe introduction. Poussé par la curiosité, j'ai regardé l'histoire officielle de cet homme, Henri Désiré Landru, condamné à mort pour avoir tué 11 femmes. Si les faits sont accablants et ne laissant quasiment aucun doute, Chabouté s'amuse à jouer avec le "quasiment" pour remodeler l'histoire. D'un serial killer méticuleux et machiavélique, le voici présenté ici comme un vulgaire escroc miséreux ne sachant pas sortir des griffes de ce couple maître-chanteur, qui le force à attirer des femmes seules, isolées et bourgeoises dans sa Villa de campagne. Le scénario, macabre et très réaliste, donne un résultat très cohérent. L'intelligence de l'auteur est d'avoir exploité son récit à partir d'éléments issus de la véritable enquête : l'organisation de Henri Désiré, ses objets, les indices qui ont permis d'élucider l'affaire, l'usage des véritables noms des victimes, etc. Et puis, ce dessin... Vraiment parmi les plus beaux noir et blanc de l'histoire de la BD. Pour qui a lu plusieurs Chabouté (je commence à entrer dans ce club mine de rien), peut-être ne suis-je pas le seul à regretter le physique de ses personnages, qui se ressemblent trop souvent. Entre cette BD (publication en 2006) et Yellow Cab (2021), j'aimerais voir davantage d'évolution en tant que lecteur. Pour cette histoire, le personnage principal est tout de même différent par rapport aux autres, fidèle à la réalité, et c'est le principal. Nous ne sommes pas vraiment surpris par l'intrigue, même si des zones d'ombre traînent jusqu'à la fin. Je pense que Chabouté souhaite surtout porter notre regard sur la psychose des individus, pouvant vriller à cause d'un environnement effrayant et dévastateur (ici Première Guerre Mondiale). L'épilogue semble l'expliquer assez concrètement. J'aimerais voir davantage les BD de Chabouté garnirent les rayons de nos librairies. Ce sont de très belles histoires, sombres et angoissantes, que je trouve très souvent bouleversantes. Très singulier, ça mérite la lecture, la relecture, et je ne peux donc que conseiller l'achat.

08/05/2022 (modifier)