Les derniers avis (39623 avis)

Couverture de la série Res Publica
Res Publica

Une lecture dense, qui nécessite de prendre son temps – il m’a fallu quelques heures pour la finir. Mais c’est une lecture recommandable. Je lis régulièrement le Canard enchaîné, et surtout le Monde diplomatique, et l’essentiel des faits repris ici ne m’a pas surpris. Mais les voir compilés, remis en perspective donne du sens à des déclarations, des événements, des personnages épars. Par-delà la personne de Macron, c’est le néolibéralisme à l’œuvre, mais aussi le cynisme et le mépris de classe, la collusion des « journalistes » de révérence, le dévoiement de ce qui se fait appeler démocratie, l’omniprésence d’une communication aux airs de novlangue, la généralisation de violences policières pour juguler toute contestation ou maîtriser les « classes dangereuses », qu’il nous est donné à lire dans ce pavé, jamais indigeste, mais souvent – toujours – plus qu’énervant ! Quand l’envie de vomir nous quitte, on a alors une haine à canaliser pour ne pas se ruer sur ceux qui se fouttent de notre gueule à ce point. Les auteurs font ce que devrait faire les journalistes : ils utilisent leur mémoire, ils contextualisent les déclarations, et ils décrivent les conséquences de celles-ci, comparant les objectifs annoncés et les résultats constatés. Leur travail de présentation et de décryptage de ce dont Macron est le nom est vraiment bien fichu. La narration est fluide, factuelle et jamais barbante, le dessin est agréable, lui aussi fluide. A lire et faire lire…

12/02/2026 (modifier)
Couverture de la série La Ballade des frères Blood
La Ballade des frères Blood

Cacal69 compare cet album à Hoka Hey !, ce qui d’emblée place la barre assez haute. Il y a en effet quelques points communs. Des personnages écorchés dont on devine peu à peu les fêlures, des associations éclectiques, un dessin très joli. Mais, malgré ses qualités, je placerai quand même cette « ballade » un peu en deçà de Hoka Hey !. Ma principale surprise vient du dessin d’Eduardo Risso. Vraiment chouette, mais surtout différent de ce qu’il fait la plupart du temps. Pas de Noir et Blanc tranché, mais un travail à l’aquarelle semble-t-il dont j’ai bien aimé le rendu. Quant à l’histoire, elle se laisse lire. Empreinte d’une grande violence, de quelques moments de grâce, d’une belle noirceur aussi, à l’image de cet Ouest lointain, sans pitié pour les idéalistes. Aucun des personnages n’est droit dans ses bottes, la frontière entre Bien et Mal est floue. Le personnage de la Comanche Chouette enragée est sans doute le plus surprenant, sans doute le plus « pur », et c’est sans doute pour ça que les gamins s’attachent à elle… Un western relativement original, à l’ambiance crépusculaire – le soleil rougeoyant ressemblant à la mare du sang de tous ceux qui meurent durant ce récit. Note réelle 3,5/5.

12/02/2026 (modifier)
Par Yann135
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Les Fesses à Bardot
Les Fesses à Bardot

Etant un fan absolu de Gaël Séjourné - je n’hésite jamais une seconde avant d’acheter ses albums – cet album confirme une fois de plus que je ne peux pas être déçu par ce garçon ! Dès les premières pages, on est transporté dans une ambiance soignée, où chaque détail des décors respire l’authenticité des années 50-60. Tout est dessiné avec un souci du réalisme et une richesse visuelle qui font honneur à cette époque mythique. Les couleurs chaudes et les jeux d’ombre et de lumière ajoutent une vraie profondeur aux planches, et on a presque l’impression de feuilleter un album de photos d’époque, mais avec l’énergie et l’humour si caractéristiques de Gaël. L’histoire, qui mêle habilement fiction et références au cinéma français, est un pur délice. Les monstres sacrés sont croqués avec tendresse et malice, et le scénario, bien que l’arnaque soit un peu prévisible, reste captivant du début à la fin. On se laisse porter par le rythme, les dialogues savoureux et les rebondissements, sans jamais s’ennuyer. Pas possible de lâcher l’album avant la fin ! Et puis je dois vous le dire – cela n’a pas trop de rapport avec cet album – mais je vous invite ardemment à aller à la rencontre de Gaël si vous avez l’opportunité de le voir dans un festival. Il a cette touche humaine qui fait toute la différence lors des dédicaces : disponibilité et gentillesse. Rencontrer un auteur aussi passionné et accessible, ça rend chaque album encore plus précieux. Pour les fesses à Bardot – c’était à Angoulême. Il a pris du temps pour m’expliquer son travail, ou encore comment se font les échanges avec Philippe Pelaez le scénariste. Des échanges qui font que tu abordes un album un peu différemment en appréhendant les difficultés de l’auteur. Cet album est un vrai bijou, à la fois drôle, beau et intelligent. Et si vous êtes un peu (ou beaucoup) fan de cinéma et de nostalgie bien dosée, sans hésitez, cette BD est pour vous. Merci Gaël pour ce voyage en images et en émotions. A bientôt sur un autre festival !

12/02/2026 (modifier)
Par Hervé
Note: 4/5
Couverture de la série Sigi (Arnoux/Morancho)
Sigi (Arnoux/Morancho)

Tome 1 : opération Brünnhilde Je ne comptais pas acheter cette nouvelle série d'Erik Arnoux et de David Morancho, mais seulement la découvrir à la médiathèque. En effet, je n'avais pas envie de me lancer dans une nouvelle série prévue en 4 volumes, alors que j'avais bien apprécié leur précédente collaboration Sara Lone. j'ai laissé donc passer la sortie du premier volume, quand je suis tombé sur le tirage grand format noir et blanc, paru quelques jours plus tard. J'ai tout de suite été séduit par le dessin réaliste de David Morancho. Pourtant peu porté sur les exploits sportifs en particulier, et le monde automobile en général, je suis resté scotché par le scénario d'Erik Arnoux, qui met tout de suite le lecteur dans l'ambiance. On oscille sans cesse entre défi sportif, montée du nazisme et western, dans ce premier opus. Un cocktail certes original mais assez explosif pour cette pauvre Sigi, qui cumule les ennuis dans un temps record. En tout cas, un très bon moment de détente. Vivement la suite. tome 2 : Terra Inca Deuxième volume d'une série qui en comptera quatre, cet opus se déroule essentiellement en Amérique du sud, sur fond de montée du nazisme en Allemagne. Nous retrouvons Sigi, notre héroïne qui a le don de se retrouver dans des situations difficiles, à tel point que l'on en oublie le but de son aventure, à savoir le tour du monde en voiture. Le dessin et les couleurs de David Morancho sont magnifiques, couleurs que je découvre avec cet opus, puisque j'avais lu le premier volume dans sa version grand format et noir blanc (d'ailleurs je regrette que ce deuxième volume n'ait pas bénéficié d'un tel tirage) Niveau scénario, nous découvrons au cours du périple de notre héroïne, le traitement infligé au travailleurs japonais dans les riches hacienda du Pérou. L'histoire se lit avec délectation même si Erik Arnoux utilise avec parcimonie et justesse l'art de l'éllipse. Je serai évidemment au rendez vous pour le troisième volume des aventures dépaysantes mouvementées de Sigi.

12/09/2023 (MAJ le 12/02/2026) (modifier)
Par Jypjpr
Note: 4/5
Couverture de la série Lebensborn
Lebensborn

J'ai beaucoup aimé cet album sur lequel je n'avais aucun a priori. N'ayant aucune attente, j'ai découvert avec beaucoup d'intérêt cet épisode de la Seconde Guerre mondiale que je ne connaissais pas. Je trouve que le récit est très bien mené et l'enquête d'Isabelle Maroger sur son histoire familiale est passionnante et sidérant en même temps. Même s'il ne développe pas, s'il ne va pas chercher les méandres de l'idéologie nazie, ce témoignage est poignant et à le mérite d'exister ! Le dessin, qui pourrait sembler simpliste au début et même de type enfantin, est en fait une ligne claire très dynamique, judicieusement colorée parfois, et très bien illustrée, qui peut faire penser à Sempé, et qui supporte bien le récit. Au final pour un premier album, une réussite. Un album utile et à diffuser au plus grand nombre.

12/02/2026 (modifier)
Par Simili
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Il faut flinguer Ramirez
Il faut flinguer Ramirez

Jacques Ramirez est un as du service après vente de la Robotop, entreprise d'électroménager. Sauf qu'il est aussi le portrait craché de son père qui, lui, est également un as dans son domaine : le nettoyage pour les cartels. S'ensuivra toute une série de quiproquos entrainants notre brave Jacquo dans une folle chevauchée. C'est quoi cette put… de BD ? Nicolas Pétrimaux rend un hommage magnifique au cinéma d'action des 80's-90's mais également à ses premiers amours, le jeu vidéo en plongeant son héros dans une sorte de GTA absolument délirant et par conséquent délicieux. Quel régal que de suivre les aventures complètement folles de cet employé modèle et surtout qu'est ce que l'on se marre. Nicolas Pétrimaux a pensé à absolument tout. Les clins d'œil à la culture pop sont ultra présents (Magnum par exemple) y compris dans les fausses pubs qui sont justes … exceptionnelles Enfin le dessin est hyper dynamique, à l'image de l'intrigue , les différentes gueules des protagonistes sont géniales, les décors bien modélisés, les couleurs parfaites. On sent un vrai talent chez l'auteur Alors pourquoi ne pas mettre la note maximale à cette série qui aura su me transporter avec bonheur dans son univers ? Et bien juste parce que je réserve le "culte" lorsque la série sera enfin finie. Espérons qu'elle le soit un jour car elle le mérite 10 000 fois https://www.flinguerramirez.com/iffr-3-chargement-toujours-en-cours/#:~:text=L'attente%20de%20l'acte,Le%2011%20avril%202025.

12/02/2026 (modifier)
Par Lodi
Note: 5/5
Couverture de la série Murena
Murena

Rome me fascine, mais je dois dire que les péplums et même Alix prêtent plus à rire à leurs dépens qu'autre chose. Mais Murena ! Série parfaite, vraiment parfaite, dessins, dynamisme du découpage, intrigues et sérieux historique. On voudrait que cette série n'ait pas de fin, mais on a peur qu'elle dégénère, comme ce qui est trop long, quel dilemme ! Néron n'est bien sûr pas l'incendiaire de Rome, ne fut-ce que pour le rappeler cette histoire est de salubrité publique. L'utilisation de gladiateurs pour l'intrigue est bien vue : elle apporte de l'action et est cohérente avec les mœurs de l'époque où on s'en servait parfois pour la bagarre en dehors des arènes. Deux sont intéressants : un Noir que je dirais loyal et détaché, dont la présence rappelle que le racisme est une invention moderne, non antique, une femme, eh oui, on les a invibilisées par la suite, au secret que je me garderais bien de dévoiler… Bref; levons le pouce pour cette série !

12/02/2026 (modifier)
Par Lodi
Note: 4/5
Couverture de la série La Déchéance d'un homme
La Déchéance d'un homme

J'ai lu cette bd par devoir vu que le roman est prestigieux et le mangaka aussi et que je m'étais exempté du roman… Intéressant ! Juste équilibre entre le gâchis et le glauque. Déchéance donc glauque, tragique car inévitable. Je me doutais que ce serait triste, je pensais en fait que ce serait encore plus dur… Que je m'explique : il y a quelques éclaircies, mais on est d'autant plus d'humeur sombre que notre protagoniste les gâche. Les femmes lui sont indulgentes, mais il les tire vers le bas. Une notation psychologique assez profonde : il est dit que sans argent, il n'y a plus d'amour dans le couple. Non parce que la femme chercherait l'argent, mais parce que sans l'argent, l'homme perd sa foi en lui-même, son allant, sa capacité à aimer sa femme, et que l'amour s'en va dans ce naufrage. L'argent ne donne pas l'amour, mais du moins, avec lui on n'est pas accablé de ces problèmes minant le couple, et c'est déjà ça. Or donc le papa du fils à papa lui coupe les vivres, problème ! Si le déclassé finit par gagner un peu d'argent en dessinant des mangas, pour tenir le rythme il doit se droguer ! Le malheureux boit d'abord pour s'amuser, ensuite pour tenir, et tous ces excès le laissent sur le carreau avant que son frère ne finisse par le prendre en charge. Dessin, bravo, arrive à exprimer la déchéance, mais avec assez de dynamisme pour qu'il nous tienne… Ainsi, on lit la déchéance de notre pauvre victime jusqu'au bout. On tire une certaine compassion de ce destin mais aussi un avertissement : attention aux mauvaises fréquentations ! Notre déchu ne pouvait éviter les domestiques et dépendait de son père… Mais c'est le faux ami qui l'a achevé. Tant qu'à lui, sans mauvaises intentions, il a tiré les femmes avec qui il allait vers le bas, elles qui croyaient qu'en le protégeant, en l'encourageant, elles le tireraient du malheur. Eh bien, pas du tout, elles tombaient dans son malheur !

11/02/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Footballeur du dimanche
Footballeur du dimanche

Didier Tronchet consacre cet album au football amateur, à travers une série de petites scènes d'une page qui racontent ses souvenirs, ses sensations et tout ce qui fait le charme des matchs du dimanche entre copains. Pas le foot pro, pas les stades géants ni le business, mais le terrain vaguement boueux, les équipes bricolées et le simple plaisir de jouer ensemble. Je précise tout de suite que je ne suis pas du tout foot. Vraiment pas. Je déteste le stéréotype de la soirée pizza-foot entre potes, les très rares fois où j'ai essayé je jouais très mal et je me suis toujours senti complètement étranger à ce sport, sans parler de tout ce que le football professionnel véhicule aujourd'hui (argent, spectacle, médiatisation à outrance), ce qui m'a toujours rebuté. Du coup, je partais avec un a priori certain. Et pourtant, ça a marché. Je trouve toujours au dessin de Tronchet un véritable charme. Ce n'est pas beau au sens académique, mais c'est vivant, très humain, avec un chouette travail sur les couleurs. Il colle parfaitement à ces petites scènes de vestiaires, de terrains pourris et de copains qui se chambrent. Surtout, il y a une vraie tendresse partout. L'humour est doux, souvent autodérisoire, jamais méchant. Ce que j'ai vraiment apprécié, c'est la façon dont il présente le foot comme un prétexte à être ensemble, à partager un même esprit fait de règles, mais aussi de hargne à vouloir gagner sur le terrain et pas forcément dans le reste de la vie. L'amitié, la mauvaise foi bon enfant, la solidarité, le simple bonheur de courir après un ballon comme des gosses. On est à des années-lumière du sport business. Ici, il n'y a que des types un peu nuls, un peu maladroits, mais heureux d'être là. Et cette humanité là, je l'ai trouvée très touchante. Tout autant que cette relation père-fils dont il parle : quel bonheur de partager une passion avec son fils. Franchement, réussir à me faire apprécier une BD sur le football alors que j'ai toujours détesté l'image que j'avais de ce sport, c'est presque un petit exploit. Rien que pour ça, je considère que c'est une vraie réussite.

11/02/2026 (modifier)
Couverture de la série Dans la tête de Sherlock Holmes
Dans la tête de Sherlock Holmes

'Dans la tête de Sherlock Holmes' brille surtout, il faut l'avouer, par l'originalité de sa mise en page qui se retrouve jusque dans la première de couverture dont la tête de Sherlock Holmes est découpée, comme une fenêtre ouverte dans l'esprit du célèbre détective. Esthétiquement, tout est parfait, du vieillissement artificiel des pages avec des jaunissements et des taches d'encre, en passant par les cases dont les formes rappellent le sujet de l'intrigue, jusqu'au trait des personnages très original et collant parfaitement à l'esprit de la bande dessinée. Ici, comme indiqué au dos des ouvrages, tout est voué et dédié au déroulement et à la mécanique de l'enquête. Le parti-pris initial est ainsi d'immerger le lecteur dans la tête de Sherlock Holmes en le faisant pénétrer à l'intérieur de son mental et en déroulant avec lui le fil des indices et des déductions qui en découlent. Cet enchainement est d'ailleurs matérialisé par un fil rouge qui se déroule tout au long des pages des deux tomes composant chaque histoire. L'enquête est également agrémentée de quelques cartes très esthétiques situant les déplacements effectués par le détective et son partenaire, le docteur Watson. Ce duo est d'ailleurs assez comique avec un Sherlock rabrouant régulièrement Watson et se moquant de son manque de flair. De part l'idée de départ des auteurs, cette série qui, rappelons-le, ne fait que débuter (trois tomes parus à ce jour), possède toutefois le défaut de ses qualités à savoir un certain classicisme dans l'histoire traitée qui pourra manquer, selon certains, de dramaturgie ou de quelques retournements de situations. Mais cela n'a pas été préjudiciable concernant ma lecture. J'ai tout de même une petite préférence pour l'intrique du tome 3 dont l'univers écossais et le mystère du loch Leathan ajoutent à l'ambiance de la BD. En conclusion, je ne peux attribuer que la note maximale pour saluer l'originalité de la démarche et la qualité de la réalisation. Vivement les prochains tomes ! SCENARIO (Originalité, Histoire, personnages) : 8/10 GRAPHISME (Dessin, colorisation) : 10/10 NOTE GLOBALE : 18/20

11/02/2026 (modifier)