Beta Ray Bill : Étoile d’argent est une véritable claque visuelle et émotionnelle. Daniel Warren Johnson livre ici une œuvre profondément personnelle, où l’action cosmique sert avant tout une histoire intime sur la perte, l’identité et la reconstruction.
Le récit suit Beta Ray Bill, personnage souvent sous-estimé de l’univers Marvel, dans une quête presque désespérée pour retrouver ce qu’il a perdu. Mais derrière les combats spectaculaires et les voyages interstellaires, c’est surtout un récit mélancolique sur l’acceptation de soi. Le héros, brisé et en quête de sens, devient incroyablement humain malgré son apparence.
Graphiquement, c’est exceptionnel. Le trait de Johnson est brut, nerveux, presque sauvage, mais toujours lisible et d’une puissance folle. Chaque planche déborde d’énergie, que ce soit dans les scènes d’action ou dans les moments plus introspectifs.
Ce qui marque vraiment, c’est l’équilibre parfait entre grand spectacle et émotion sincère. L’histoire ne se contente pas d’être épique, elle touche juste.
Un comics à la fois spectaculaire et profondément touchant, qui prouve que même les héros les plus “cosmiques” peuvent raconter des histoires très humaines.
Une série magnifique sur les thèmes de la violence, de la guerre, de l’esclavage, de la liberté, de l’amitié, des traumatismes psychologiques, du pardon et du pacifisme.
La série est souvent réduite à un manga pour ados banal, surtout par des gens qui n’ont lu que le 1er arc narratif qui est particulièrement violent (4 arcs narratifs en tout). Sauf que le propos de la série ne se trouve pas dans ce 1er arc, qui ne sert que de contexte avant l’évolution du personnage.
J’ai lu récemment le deuxième et dernier tome, donc voici mon avis.
Cette série a été un coup de cœur pour moi, car elle traite d’une histoire que j’ai toujours trouvée fascinante et qui n’a jamais été traitée à sa juste valeur, que ce soit au cinéma ou en BD (Le Pacte des loups part, à mon avis, dans tous les sens, au point de ridiculiser une histoire réelle qui est suffisamment terrifiante sans avoir besoin de donner à la bête un aspect de monstre du Seigneur des anneaux).
Le scénario est bon, l’ambiance est pesante, et on sent bien le drame qu’a été cette affaire pour les habitants de la région à l’époque. L’histoire est un mix d’événements réels et d’éléments librement ajoutés par les auteurs, notamment la résolution du mystère. Le tout dans un contexte de montée des complots et de la haine envers la royauté de France de la part de la population, quelques décennies seulement avant le révolution française.
Le dessin est très bon : on retrouve bien l’ambiance de la nature du Gévaudan, ainsi que les costumes. La bête est bien montrée ; j’ai eu un frisson lors de cette scène d’attaque ultra violente où on la voit clairement pour la première fois.
Pour moi c’est une série incontournable pour les gens qui s’intéressent à cette histoire réelle du grand méchant loup. En espérant qu’un jour, cette histoire aura la série thriller à l’écran qu’elle mérite.
Pour moi, c’est un 4,5, mais je mets 5 car elle mérite d’être plus connue.
C'est d'abord la couverture, magnifique, qui a attiré mon attention.
Et m'a hanté, un moment, avant que je lise finalement cet album. Tout cela pour une histoire de hantise, que l'on pourrait peut-être qualifier de classique, de déjà-vu, de superficielle.
Mais pour ma part, j'ai été totalement embarqué dans cette histoire. D'abord séduit par le style, très mature à mon goût, franchement élégant, avec notamment ces enluminures sur certaines cases. Dans le choix de l'époque et du style architectural et vestimentaire, que je qualifierais de post-victorien, avant de constater, à la toute fin de l'histoire, que nous sommes finalement dans les années 1920. Un cadre pour un duo un peu inhabituel, un père (aux allures androgynes) et son fils, dans une immense demeure remplie d'histoires, d'odeurs, de présences invisibles. Cette hantise qui se dévoile peu à peu, d'abord à peine esquissée, puis de plus en plus évidente, à mesure que le père se souvient de son enfance. Cette étrangeté, savamment dosée, m'a tenu en haleine durant les 200 pages de l'album. J'ai bien aimé en particulier l'arc concernant les trois corneilles.
C'est le genre d'album dont on sait qu'on a adoré, sans pouvoir vraiment exprimer la raison de ce sentiment. Pour les amateurs et trices de romantisme, de maisons hantées...
La véritable sexualité débridée des animaux se présente comme un petit manuel de vulgarisation scientifique déguisé en BD humoristique, qui raconte les spécificités parfois très surprenantes de la sexualité d'espèces animales très diverses.
Chaque planche se concentre sur une espèce et ses pratiques reproductives, avec des explications claires, concises et basées sur des faits réels, le tout illustré de manière accessible et efficace. Ce n'est pas forcément une BD à mourir de rire. J'ai tout de même ri à plusieurs reprises, grâce à quelques bonnes mises en scène et certaines chutes bien trouvées, mais l'humour reste globalement assez classique. En revanche, là où l'album fonctionne vraiment bien, c'est dans sa dimension instructive. J'ai appris beaucoup de choses, souvent surprenantes, parfois franchement déroutantes, sur des comportements animaux dont je n'avais absolument pas idée.
Et c'est clairement ce qui fait tout l'intérêt de la lecture : cette accumulation d'anecdotes aussi improbables que fascinantes. Entre la baudroie et ses mécanismes de reproduction complètement hallucinants, ou cette femelle acarien qui naît directement enceinte, il y a une quantité de cas incroyables et marquants. Ce sont typiquement le genre d'informations que je retiens et que je ressors facilement ensuite.
Plus qu'une BD humoristique pure, c'est surtout un excellent réservoir d'anecdotes à raconter. Si l'objectif est de briller en société, lancer des discussions improbables ou simplement épater son entourage (voire sa femme), l'album remplit parfaitement son rôle. C'est ludique, instructif, souvent étonnant, et suffisamment bien rythmé pour ne jamais devenir ennuyeux.
Note : 3,5/5
Je ne peux pas dire que j’aie une grande expérience pour distinguer ce qui fait d’un roman graphique une œuvre culte plutôt qu’un simple très bon titre, mais celui-ci est sans aucun doute l’un des plus intéressants, captivants et visuellement beaux que j’aie lus. De nombreux avis élogieux ont déjà été écrits à son sujet, et ils décrivent assez justement pourquoi cette série plaît autant et pourquoi elle marque autant les lecteurs.
Par moments, en lisant, j’avais l’impression d’entendre le vent siffler dans mes oreilles — tant les flux d’air et ces étendues infinies sont rendus de manière vivante. Les visages des personnages et leurs expressions sont particulièrement bien travaillés, et cela m’a beaucoup plu (parfois, il suffit de regarder le visage de Golgoth le Prophète pour deviner ce qu’il va dire ou faire…).
Le dessin est très agréable sur le plan esthétique : des tons calmes et pastel, et un excellent travail sur les visages en gros plan — ils sont mémorables et transmettent parfaitement les émotions et les états d’esprit.
Chaque réponse apportée aux questions qui surgissent en découvrant cet univers en fait naître encore davantage. À chaque tome, on a de plus en plus envie d’explorer ce monde et d’en percer les secrets. Pendant la lecture, j’ai ressenti la même chose que lors de ma découverte de Made in Abyss : ce même sentiment de mystère, qui, à mesure qu’on tente de le comprendre, ne fait que s’approfondir.
En attendant la fin de l’histoire, je pense me tourner vers le roman original. Cet univers m’a véritablement captivé : j’ai envie de m’y plonger davantage, d’en comprendre les secrets, et de savoir s’il existe un but dans cette lutte contre le vent, s’il y a une origine… ou si seul le chemin compte — ou peut-être qu’un sens beaucoup plus profond ne se révélera qu’une fois la série achevée.
J'achète rarement des BD en ce moment, faute de place et de moyens, empruntant massivement à la bibliothèque municipale. Mais j'ai fait une exception pour celle-ci. Parce que j'avais envie de soutenir l'auteur, Bathroom Quest, que je suis assidument depuis ses débuts sur Glory Owl.
En effet, j'ai découvert l'auteur avec ce fameux blog de gags trash, potache et scato, mais jamais débile non plus. En les relisant, il y a déjà en essence dedans des thématiques qu'on retrouvera ici, comme la solitude contemporaine, l'absurdité de notre monde ou les considérations politiques. Et justement, c'est toute cette richesse sous-jacente d'un blog BD défouloir qui se retrouve ici.
La BD est bien plus sérieuse que son autre œuvre, avec une œuvre de fantasy qui parle avant tout de notre monde de la réalité véritable, parce que l'auteur à des choses à en dire. Cette histoire-ci est un détournement des récits de fantasy classique, avec ici une histoire principale dont nous sommes volontairement privés pour nous concentrer sur des gens du communs, de simples passants de cette grande histoire qui se déroule derrière. D'ailleurs tout ceci peut être frustrant pour certains, notamment parce qu'on sent qu'une vraie histoire se dessine derrière celle-ci, une histoire de trahison, de puissance et de monde qui change. Mais intelligemment, cette frustration du lecteur apporte le message de la BD : ne sommes-nous pas constamment spectateurs du monde, sans y participer et souvent en en subissant les effets ?
Car c'est bien le propos de la BD : les petites gens tentent de survivre, dans un monde où ceux qui ont le pouvoir s'arrogent des droits, et ceux qui trinquent, c'est ceux d'en bas. La BD montre un pouvoir utilisant l'énergie ... pardon, la magie pour son prestige plutôt que pour son peuple, des guerriers dont la violence se répercute sur ceux qui veulent juste vivre tranquillement, tandis que les guerres se font pour des égos de princes, etc ... C'est une critique de l'arrogance et de la morgue des puissants qui ne se soucient pas le moins du monde des conséquences de leurs actes, clairement, mais la BD va plus loin et c'est ce qui me l'a fait apprécier pleinement. La BD ne se contente pas de dire que le pouvoir c'est mal, il montre aussi une société qui est pleine de faille, à cause du capitalisme.
Je sais, on peut vite m'accuser d'extrapoler et d'appliquer ma propre vision du monde à une œuvre qui n'est pas explicite, mais franchement je ne pense pas être à côté de la plaque en disant que cette BD parle de capitalisme. Si l'histoire de la BD montre des gens subirent les conséquences des puissants, elle montre aussi un monde avide, rongé par l'argent et la cupidité, l'envie de toujours avoir plus quitte à arnaquer des gens ou les rouler. La guilde des marchands, présenté comme un mal nécessaire, exploite aussi la misère, s'enrichit sur les guerres et profite des autres. Comme la morale de "Mère courage et ses enfants", les gens qui profitent en marge des guerres se trompent tout autant que ceux qui font la guerre. Et j'aime bien que la BD soit surtout l'évolution de Elaine, personnage qui refuse ce monde parce qu'elle le trouve amoral. D'ailleurs la fin est assez explicite sur le sujet : presque brutal avec sa coupure par rapport au reste, Elaine prend une décision qui va dans le sens du reste : refus de la guerre, de la violence de l'argent, de l'hégémonie des guildes et des pouvoirs. J'extrapole sans doute, mais je trouve que le récit à un propos anarchiste, qui propose une lecture sans concession de notre réalité. Et ça fait plaisir !
Au-delà de cette lecture que j'ai apprécié et qui transpire à toute les pages, le récit prend le temps de se poser avec des jolies planches muettes et un voyage qui permettra de multiplier les rencontres enrichissant les points de vue proposés. Une très bonne façon de faire, au vu des thématiques abordées. Mais en parlant du dessin, je vais encore faire un écart bien trop long. L'auteur a exposé dans ses remerciements d'ouvertures une personne pour lui avoir soufflé l'idée de mettre des femmes en avant. L'idée est chouette mais j'ajouterais que le trait de Bathroom Quest propose un bestiaire étrange, une sorte de fantasy loin des codes. En dépouillant le dessin de bon nombre de détails, il propose des gens dont la race n'est jamais clairement identifié dans un bestiaire de fantasy classique (pas d'elfes, de nains, de trolls ...) mais des propositions de formes et morphologies étranges. Et combiné au ton du récit, l'ensemble donne quelque chose de très peu genré. Les personnages principaux sont des femmes, clairement, mais le récit ne prend aucun parti de genre. Ce serait des hommes, des trans, des non-binaires qu'on ne changerait ni le récit ni le déroulé. Et c'est franchement agréable de voir des récits qui embrassent pleinement cette idée : n'attacher aucune notion au genre du personnage. Contrairement à d'autres récits qui veulent trop appuyer le genre et finissent par tomber dans le cliché, même positif, ici Bathroom Quest arrive à faire un récit de personnages dont le lecteur peut se foutre du genre. C'est le genre de BD que j'aurais envie d'utiliser comme exemple pour montrer ce qu'est la déconstruction des genres, et je ne m'y attendais pas. Un excellent point selon moi.
Bon, je chante les louanges de la BD depuis un petit moment et maintenant, je dois bien dire en conclusion que cette BD est bonne, même très bonne. Mais pas parfaite, ni excellente non plus. Elle me plait beaucoup par ce qu'elle dit et la façon dont elle le dit. Cependant, la BD peut frustrer par l'absence de présentation du background qui fait riche et dense mais n'est pas le sujet, de même que la fin me parait un poil brutal. J'aurais apprécié deux trois pages de plus sur chaque personnage qui quitte l'histoire trop vite à mon gout. Cela dit, ça fait ressortir encore plus brutalement le choix de Elaine, ce qui est aussi un bon point.
Le problème d'écrire cet avis, c'est que je sens que je suis trop enthousiaste par rapport aux attentes que d'autres auront ensuite. C'est une bonne BD, qui a des choses à dire et le fait bien, présente une histoire au point de vue originale mais sans non plus en faire trop. Si vous en attendez plus, vous serez sans doute déçu. Mais pour ma part, je n'en attendais pas grand chose et je suis comblé, donc je m'épanche un peu trop sur ce qui ressort de bien. Et puis honnêtement, si ça vous encourage à la lire, je ne peux qu'être content !
Je ne suis pas très western, peut-être que je m'extasie sur quelque chose que l'on retrouve mine de rien bien souvent dans le genre, mais j'avoue avoir beaucoup apprécié cet album.
On est loin de l'image propre de la conquête de l'ouest, pour tout dire l'ouest semble déjà avoir été conquis : les populations natives ont été écrasées, éliminées, assimilées, les révolutions ont été tues ou amalgamées par le statu quo instauré par les puissants, le pouvoir et le destin de milliers de vies résident entre les mains d'une poignée de richous ne quittant jamais le sommet de leur tour d'ivoire.
On suit l'histoire de deux personnages, un jeune amérindien du nom de Morning Bird désormais orphelin errant à travers l'ouest, et une mexicaine du nom d'Adelita (dont je me contenterais du début de nom, non pas par dénigrement culturel mais par crainte de faire des phrases trop longues - dis-je dans une loghorrée désormais habituelle) ayant subi les désillusions sexistes et rétrogrades après avoir tenté de participer à une révolte..
On traite de la froideur et de la cruauté de cette époque, de l'horreur que subissent les populations jugées comme "inférieures", on aborde aussi le cynisme et le degré de manipulation jusqu'où certaines personnes sont prêtes à aller pour conserver le statu quo, ... Bref, c'est intéressant.
J'avoue tout de même, léger petit défaut, que je n'aurais pas dit non à ce que tout cela soit davantage développé, que l'on s'étende plus sur nos personnages et leur situation on ne peut plus cruelle. Après, je l'avoue, le côté "récit éclair de vengeance n'ayant pas eu de conséquence lourde en apparence mais faisant tout de même passer un message à qui veut l'entendre" a son charme.
Le dessin de Fano Loco est atypique, son traitement des visages et des proportions des corps est assez original, j'avoue que j'aime plutôt bien. Son trait épais et ses visages durs, joints au joli travail de bichromie, appuient bien le caractère sale et noir de l'histoire.
Allez, je suis généreuse, j'arrondis au supérieur.
(Note réelle 3,5).
Trois ans après le cultissime Batman - Un long Halloween, Tim Sale et Jeph Loeb remettent le couvert.
L'histoire se situe ainsi un an après l'affaire Holiday, les meurtres reprenant de plus belle à chaque fête du calendrier. Le mode opératoire n'est toutefois plus tout à fait le même puisque la vague de meurtres ne concerne que des policiers qui se retrouvent pendus avec, ironie du sort, un jeu du pendu accroché sur leurs corps.
On se retrouve donc sur une enquête relativement similaire à la précédente et Tim Sale reprend tous les codes du précédent tome. C'est un peu d'ailleurs là où le bât blesse. Si cette nouvelle histoire est toujours aussi agréable à lire, l'effet de surprise et la magie du premier opus "un long Halloween" n'opère malheureusement plus... L'histoire est en effet beaucoup trop ressemblante à celle du premier opus, l'arc narratif le plus novateur et intéressant concernant, selon moi, l'introduction du personnage de Robin dans la vie de Batman.
Au niveau du dessin, la virtuosité de Tim Sale est toujours présente, dans la droite lignée du tome précédent, même si j'ai trouvé qu'il y avait beaucoup moins de pleines pages à admirer. S'agissant également d'un recueil des 14 numéros publiés par DC Comics entre 1999 et 2000, j'ai été un peu gêné par les nombreuses répétitions au début des chapitres synthétisant à chaque fois l'histoire qui s'est déroulée dans les parties précédentes. Ça ne m'avait pas autant sauté aux yeux dans "Un long Halloween". Bien qu'elle soit toujours aussi soignée, l'édition DC - Black Label que j'ai lue est d'ailleurs un peu imposante et lourde, ne facilitant pas la lecture.
En conclusion, bien que je me sois concentré sur ses quelques défauts, "Batman - Amère Victoire" reste une nouvelle histoire de notre homme chauve-souris de très bonne facture, dans la droite lignée de Batman - Un long Halloween et de Batman - Année Un (Year One) dont je recommande la lecture et l'achat.
Originalité - Histoire : 7,5/10
Dessin - Mise en couleurs : 8,5/10
NOTE GLOBALE : 16/20
J'adore le travail graphique de Grun sur La Conjuration d'Opale. J'aime beaucoup le gap qu'il a franchi avec On Mars, scénarisé par Runberg. Je le retrouve ici, sur un scénario imaginé par sa compagne Laurine Clin, dans une ambiance fantasy dont il semble friand.
Et encore une fois c'est une sorte d'orgasme visuel. Grun nous propose des décors à la fois variés et très réalistes, sortis de l'imaginaire de générations d'autrices et d'auteurs du genre. Je me suis surpris à ralentir ma lecture pour contempler de nombreuses cases, tant elles vibrent de puissance et de beauté. Mention spéciale, bien sûr, pour les ciblètilles, ces êtres ressemblant à la fois à des hommes et à des insectes volants, d'une beauté à couper le souffle, et qui gardent leur part de mystère...
Il met donc en images une histoire de Laurine Clin, un récit somme toute assez simple qui parle de la recherche des origines, mais aussi de la passation entre les générations, et du vivre ensemble dans un monde que l'on peut regarder comme un miroir du nôtre. Son écriture est précise, sensible, et nous promet de belles choses si elle persiste dans cette voie. Je trouve d'ailleurs que l'univers, avec ses cinq races auxquelles une entité suprême a délégué le pouvoir de créer des hommes, mérite d'être exploré plus avant.
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Beta Ray Bill - Etoile d'argent
Beta Ray Bill : Étoile d’argent est une véritable claque visuelle et émotionnelle. Daniel Warren Johnson livre ici une œuvre profondément personnelle, où l’action cosmique sert avant tout une histoire intime sur la perte, l’identité et la reconstruction. Le récit suit Beta Ray Bill, personnage souvent sous-estimé de l’univers Marvel, dans une quête presque désespérée pour retrouver ce qu’il a perdu. Mais derrière les combats spectaculaires et les voyages interstellaires, c’est surtout un récit mélancolique sur l’acceptation de soi. Le héros, brisé et en quête de sens, devient incroyablement humain malgré son apparence. Graphiquement, c’est exceptionnel. Le trait de Johnson est brut, nerveux, presque sauvage, mais toujours lisible et d’une puissance folle. Chaque planche déborde d’énergie, que ce soit dans les scènes d’action ou dans les moments plus introspectifs. Ce qui marque vraiment, c’est l’équilibre parfait entre grand spectacle et émotion sincère. L’histoire ne se contente pas d’être épique, elle touche juste. Un comics à la fois spectaculaire et profondément touchant, qui prouve que même les héros les plus “cosmiques” peuvent raconter des histoires très humaines.
Vinland Saga
Une série magnifique sur les thèmes de la violence, de la guerre, de l’esclavage, de la liberté, de l’amitié, des traumatismes psychologiques, du pardon et du pacifisme. La série est souvent réduite à un manga pour ados banal, surtout par des gens qui n’ont lu que le 1er arc narratif qui est particulièrement violent (4 arcs narratifs en tout). Sauf que le propos de la série ne se trouve pas dans ce 1er arc, qui ne sert que de contexte avant l’évolution du personnage.
Les Griffes du Gévaudan
J’ai lu récemment le deuxième et dernier tome, donc voici mon avis. Cette série a été un coup de cœur pour moi, car elle traite d’une histoire que j’ai toujours trouvée fascinante et qui n’a jamais été traitée à sa juste valeur, que ce soit au cinéma ou en BD (Le Pacte des loups part, à mon avis, dans tous les sens, au point de ridiculiser une histoire réelle qui est suffisamment terrifiante sans avoir besoin de donner à la bête un aspect de monstre du Seigneur des anneaux). Le scénario est bon, l’ambiance est pesante, et on sent bien le drame qu’a été cette affaire pour les habitants de la région à l’époque. L’histoire est un mix d’événements réels et d’éléments librement ajoutés par les auteurs, notamment la résolution du mystère. Le tout dans un contexte de montée des complots et de la haine envers la royauté de France de la part de la population, quelques décennies seulement avant le révolution française. Le dessin est très bon : on retrouve bien l’ambiance de la nature du Gévaudan, ainsi que les costumes. La bête est bien montrée ; j’ai eu un frisson lors de cette scène d’attaque ultra violente où on la voit clairement pour la première fois. Pour moi c’est une série incontournable pour les gens qui s’intéressent à cette histoire réelle du grand méchant loup. En espérant qu’un jour, cette histoire aura la série thriller à l’écran qu’elle mérite. Pour moi, c’est un 4,5, mais je mets 5 car elle mérite d’être plus connue.
Minuit Passé
C'est d'abord la couverture, magnifique, qui a attiré mon attention. Et m'a hanté, un moment, avant que je lise finalement cet album. Tout cela pour une histoire de hantise, que l'on pourrait peut-être qualifier de classique, de déjà-vu, de superficielle. Mais pour ma part, j'ai été totalement embarqué dans cette histoire. D'abord séduit par le style, très mature à mon goût, franchement élégant, avec notamment ces enluminures sur certaines cases. Dans le choix de l'époque et du style architectural et vestimentaire, que je qualifierais de post-victorien, avant de constater, à la toute fin de l'histoire, que nous sommes finalement dans les années 1920. Un cadre pour un duo un peu inhabituel, un père (aux allures androgynes) et son fils, dans une immense demeure remplie d'histoires, d'odeurs, de présences invisibles. Cette hantise qui se dévoile peu à peu, d'abord à peine esquissée, puis de plus en plus évidente, à mesure que le père se souvient de son enfance. Cette étrangeté, savamment dosée, m'a tenu en haleine durant les 200 pages de l'album. J'ai bien aimé en particulier l'arc concernant les trois corneilles. C'est le genre d'album dont on sait qu'on a adoré, sans pouvoir vraiment exprimer la raison de ce sentiment. Pour les amateurs et trices de romantisme, de maisons hantées...
La Véritable Sexualité débridée des animaux
La véritable sexualité débridée des animaux se présente comme un petit manuel de vulgarisation scientifique déguisé en BD humoristique, qui raconte les spécificités parfois très surprenantes de la sexualité d'espèces animales très diverses. Chaque planche se concentre sur une espèce et ses pratiques reproductives, avec des explications claires, concises et basées sur des faits réels, le tout illustré de manière accessible et efficace. Ce n'est pas forcément une BD à mourir de rire. J'ai tout de même ri à plusieurs reprises, grâce à quelques bonnes mises en scène et certaines chutes bien trouvées, mais l'humour reste globalement assez classique. En revanche, là où l'album fonctionne vraiment bien, c'est dans sa dimension instructive. J'ai appris beaucoup de choses, souvent surprenantes, parfois franchement déroutantes, sur des comportements animaux dont je n'avais absolument pas idée. Et c'est clairement ce qui fait tout l'intérêt de la lecture : cette accumulation d'anecdotes aussi improbables que fascinantes. Entre la baudroie et ses mécanismes de reproduction complètement hallucinants, ou cette femelle acarien qui naît directement enceinte, il y a une quantité de cas incroyables et marquants. Ce sont typiquement le genre d'informations que je retiens et que je ressors facilement ensuite. Plus qu'une BD humoristique pure, c'est surtout un excellent réservoir d'anecdotes à raconter. Si l'objectif est de briller en société, lancer des discussions improbables ou simplement épater son entourage (voire sa femme), l'album remplit parfaitement son rôle. C'est ludique, instructif, souvent étonnant, et suffisamment bien rythmé pour ne jamais devenir ennuyeux. Note : 3,5/5
La Horde du contrevent
Je ne peux pas dire que j’aie une grande expérience pour distinguer ce qui fait d’un roman graphique une œuvre culte plutôt qu’un simple très bon titre, mais celui-ci est sans aucun doute l’un des plus intéressants, captivants et visuellement beaux que j’aie lus. De nombreux avis élogieux ont déjà été écrits à son sujet, et ils décrivent assez justement pourquoi cette série plaît autant et pourquoi elle marque autant les lecteurs. Par moments, en lisant, j’avais l’impression d’entendre le vent siffler dans mes oreilles — tant les flux d’air et ces étendues infinies sont rendus de manière vivante. Les visages des personnages et leurs expressions sont particulièrement bien travaillés, et cela m’a beaucoup plu (parfois, il suffit de regarder le visage de Golgoth le Prophète pour deviner ce qu’il va dire ou faire…). Le dessin est très agréable sur le plan esthétique : des tons calmes et pastel, et un excellent travail sur les visages en gros plan — ils sont mémorables et transmettent parfaitement les émotions et les états d’esprit. Chaque réponse apportée aux questions qui surgissent en découvrant cet univers en fait naître encore davantage. À chaque tome, on a de plus en plus envie d’explorer ce monde et d’en percer les secrets. Pendant la lecture, j’ai ressenti la même chose que lors de ma découverte de Made in Abyss : ce même sentiment de mystère, qui, à mesure qu’on tente de le comprendre, ne fait que s’approfondir. En attendant la fin de l’histoire, je pense me tourner vers le roman original. Cet univers m’a véritablement captivé : j’ai envie de m’y plonger davantage, d’en comprendre les secrets, et de savoir s’il existe un but dans cette lutte contre le vent, s’il y a une origine… ou si seul le chemin compte — ou peut-être qu’un sens beaucoup plus profond ne se révélera qu’une fois la série achevée.
L'Odeur du fer
J'achète rarement des BD en ce moment, faute de place et de moyens, empruntant massivement à la bibliothèque municipale. Mais j'ai fait une exception pour celle-ci. Parce que j'avais envie de soutenir l'auteur, Bathroom Quest, que je suis assidument depuis ses débuts sur Glory Owl. En effet, j'ai découvert l'auteur avec ce fameux blog de gags trash, potache et scato, mais jamais débile non plus. En les relisant, il y a déjà en essence dedans des thématiques qu'on retrouvera ici, comme la solitude contemporaine, l'absurdité de notre monde ou les considérations politiques. Et justement, c'est toute cette richesse sous-jacente d'un blog BD défouloir qui se retrouve ici. La BD est bien plus sérieuse que son autre œuvre, avec une œuvre de fantasy qui parle avant tout de notre monde de la réalité véritable, parce que l'auteur à des choses à en dire. Cette histoire-ci est un détournement des récits de fantasy classique, avec ici une histoire principale dont nous sommes volontairement privés pour nous concentrer sur des gens du communs, de simples passants de cette grande histoire qui se déroule derrière. D'ailleurs tout ceci peut être frustrant pour certains, notamment parce qu'on sent qu'une vraie histoire se dessine derrière celle-ci, une histoire de trahison, de puissance et de monde qui change. Mais intelligemment, cette frustration du lecteur apporte le message de la BD : ne sommes-nous pas constamment spectateurs du monde, sans y participer et souvent en en subissant les effets ? Car c'est bien le propos de la BD : les petites gens tentent de survivre, dans un monde où ceux qui ont le pouvoir s'arrogent des droits, et ceux qui trinquent, c'est ceux d'en bas. La BD montre un pouvoir utilisant l'énergie ... pardon, la magie pour son prestige plutôt que pour son peuple, des guerriers dont la violence se répercute sur ceux qui veulent juste vivre tranquillement, tandis que les guerres se font pour des égos de princes, etc ... C'est une critique de l'arrogance et de la morgue des puissants qui ne se soucient pas le moins du monde des conséquences de leurs actes, clairement, mais la BD va plus loin et c'est ce qui me l'a fait apprécier pleinement. La BD ne se contente pas de dire que le pouvoir c'est mal, il montre aussi une société qui est pleine de faille, à cause du capitalisme. Je sais, on peut vite m'accuser d'extrapoler et d'appliquer ma propre vision du monde à une œuvre qui n'est pas explicite, mais franchement je ne pense pas être à côté de la plaque en disant que cette BD parle de capitalisme. Si l'histoire de la BD montre des gens subirent les conséquences des puissants, elle montre aussi un monde avide, rongé par l'argent et la cupidité, l'envie de toujours avoir plus quitte à arnaquer des gens ou les rouler. La guilde des marchands, présenté comme un mal nécessaire, exploite aussi la misère, s'enrichit sur les guerres et profite des autres. Comme la morale de "Mère courage et ses enfants", les gens qui profitent en marge des guerres se trompent tout autant que ceux qui font la guerre. Et j'aime bien que la BD soit surtout l'évolution de Elaine, personnage qui refuse ce monde parce qu'elle le trouve amoral. D'ailleurs la fin est assez explicite sur le sujet : presque brutal avec sa coupure par rapport au reste, Elaine prend une décision qui va dans le sens du reste : refus de la guerre, de la violence de l'argent, de l'hégémonie des guildes et des pouvoirs. J'extrapole sans doute, mais je trouve que le récit à un propos anarchiste, qui propose une lecture sans concession de notre réalité. Et ça fait plaisir ! Au-delà de cette lecture que j'ai apprécié et qui transpire à toute les pages, le récit prend le temps de se poser avec des jolies planches muettes et un voyage qui permettra de multiplier les rencontres enrichissant les points de vue proposés. Une très bonne façon de faire, au vu des thématiques abordées. Mais en parlant du dessin, je vais encore faire un écart bien trop long. L'auteur a exposé dans ses remerciements d'ouvertures une personne pour lui avoir soufflé l'idée de mettre des femmes en avant. L'idée est chouette mais j'ajouterais que le trait de Bathroom Quest propose un bestiaire étrange, une sorte de fantasy loin des codes. En dépouillant le dessin de bon nombre de détails, il propose des gens dont la race n'est jamais clairement identifié dans un bestiaire de fantasy classique (pas d'elfes, de nains, de trolls ...) mais des propositions de formes et morphologies étranges. Et combiné au ton du récit, l'ensemble donne quelque chose de très peu genré. Les personnages principaux sont des femmes, clairement, mais le récit ne prend aucun parti de genre. Ce serait des hommes, des trans, des non-binaires qu'on ne changerait ni le récit ni le déroulé. Et c'est franchement agréable de voir des récits qui embrassent pleinement cette idée : n'attacher aucune notion au genre du personnage. Contrairement à d'autres récits qui veulent trop appuyer le genre et finissent par tomber dans le cliché, même positif, ici Bathroom Quest arrive à faire un récit de personnages dont le lecteur peut se foutre du genre. C'est le genre de BD que j'aurais envie d'utiliser comme exemple pour montrer ce qu'est la déconstruction des genres, et je ne m'y attendais pas. Un excellent point selon moi. Bon, je chante les louanges de la BD depuis un petit moment et maintenant, je dois bien dire en conclusion que cette BD est bonne, même très bonne. Mais pas parfaite, ni excellente non plus. Elle me plait beaucoup par ce qu'elle dit et la façon dont elle le dit. Cependant, la BD peut frustrer par l'absence de présentation du background qui fait riche et dense mais n'est pas le sujet, de même que la fin me parait un poil brutal. J'aurais apprécié deux trois pages de plus sur chaque personnage qui quitte l'histoire trop vite à mon gout. Cela dit, ça fait ressortir encore plus brutalement le choix de Elaine, ce qui est aussi un bon point. Le problème d'écrire cet avis, c'est que je sens que je suis trop enthousiaste par rapport aux attentes que d'autres auront ensuite. C'est une bonne BD, qui a des choses à dire et le fait bien, présente une histoire au point de vue originale mais sans non plus en faire trop. Si vous en attendez plus, vous serez sans doute déçu. Mais pour ma part, je n'en attendais pas grand chose et je suis comblé, donc je m'épanche un peu trop sur ce qui ressort de bien. Et puis honnêtement, si ça vous encourage à la lire, je ne peux qu'être content !
Mauvaise fortune
Je ne suis pas très western, peut-être que je m'extasie sur quelque chose que l'on retrouve mine de rien bien souvent dans le genre, mais j'avoue avoir beaucoup apprécié cet album. On est loin de l'image propre de la conquête de l'ouest, pour tout dire l'ouest semble déjà avoir été conquis : les populations natives ont été écrasées, éliminées, assimilées, les révolutions ont été tues ou amalgamées par le statu quo instauré par les puissants, le pouvoir et le destin de milliers de vies résident entre les mains d'une poignée de richous ne quittant jamais le sommet de leur tour d'ivoire. On suit l'histoire de deux personnages, un jeune amérindien du nom de Morning Bird désormais orphelin errant à travers l'ouest, et une mexicaine du nom d'Adelita (dont je me contenterais du début de nom, non pas par dénigrement culturel mais par crainte de faire des phrases trop longues - dis-je dans une loghorrée désormais habituelle) ayant subi les désillusions sexistes et rétrogrades après avoir tenté de participer à une révolte.. On traite de la froideur et de la cruauté de cette époque, de l'horreur que subissent les populations jugées comme "inférieures", on aborde aussi le cynisme et le degré de manipulation jusqu'où certaines personnes sont prêtes à aller pour conserver le statu quo, ... Bref, c'est intéressant. J'avoue tout de même, léger petit défaut, que je n'aurais pas dit non à ce que tout cela soit davantage développé, que l'on s'étende plus sur nos personnages et leur situation on ne peut plus cruelle. Après, je l'avoue, le côté "récit éclair de vengeance n'ayant pas eu de conséquence lourde en apparence mais faisant tout de même passer un message à qui veut l'entendre" a son charme. Le dessin de Fano Loco est atypique, son traitement des visages et des proportions des corps est assez original, j'avoue que j'aime plutôt bien. Son trait épais et ses visages durs, joints au joli travail de bichromie, appuient bien le caractère sale et noir de l'histoire. Allez, je suis généreuse, j'arrondis au supérieur. (Note réelle 3,5).
Batman - Amère victoire (Dark Victory)
Trois ans après le cultissime Batman - Un long Halloween, Tim Sale et Jeph Loeb remettent le couvert. L'histoire se situe ainsi un an après l'affaire Holiday, les meurtres reprenant de plus belle à chaque fête du calendrier. Le mode opératoire n'est toutefois plus tout à fait le même puisque la vague de meurtres ne concerne que des policiers qui se retrouvent pendus avec, ironie du sort, un jeu du pendu accroché sur leurs corps. On se retrouve donc sur une enquête relativement similaire à la précédente et Tim Sale reprend tous les codes du précédent tome. C'est un peu d'ailleurs là où le bât blesse. Si cette nouvelle histoire est toujours aussi agréable à lire, l'effet de surprise et la magie du premier opus "un long Halloween" n'opère malheureusement plus... L'histoire est en effet beaucoup trop ressemblante à celle du premier opus, l'arc narratif le plus novateur et intéressant concernant, selon moi, l'introduction du personnage de Robin dans la vie de Batman. Au niveau du dessin, la virtuosité de Tim Sale est toujours présente, dans la droite lignée du tome précédent, même si j'ai trouvé qu'il y avait beaucoup moins de pleines pages à admirer. S'agissant également d'un recueil des 14 numéros publiés par DC Comics entre 1999 et 2000, j'ai été un peu gêné par les nombreuses répétitions au début des chapitres synthétisant à chaque fois l'histoire qui s'est déroulée dans les parties précédentes. Ça ne m'avait pas autant sauté aux yeux dans "Un long Halloween". Bien qu'elle soit toujours aussi soignée, l'édition DC - Black Label que j'ai lue est d'ailleurs un peu imposante et lourde, ne facilitant pas la lecture. En conclusion, bien que je me sois concentré sur ses quelques défauts, "Batman - Amère Victoire" reste une nouvelle histoire de notre homme chauve-souris de très bonne facture, dans la droite lignée de Batman - Un long Halloween et de Batman - Année Un (Year One) dont je recommande la lecture et l'achat. Originalité - Histoire : 7,5/10 Dessin - Mise en couleurs : 8,5/10 NOTE GLOBALE : 16/20
Les Hautes Herbes
J'adore le travail graphique de Grun sur La Conjuration d'Opale. J'aime beaucoup le gap qu'il a franchi avec On Mars, scénarisé par Runberg. Je le retrouve ici, sur un scénario imaginé par sa compagne Laurine Clin, dans une ambiance fantasy dont il semble friand. Et encore une fois c'est une sorte d'orgasme visuel. Grun nous propose des décors à la fois variés et très réalistes, sortis de l'imaginaire de générations d'autrices et d'auteurs du genre. Je me suis surpris à ralentir ma lecture pour contempler de nombreuses cases, tant elles vibrent de puissance et de beauté. Mention spéciale, bien sûr, pour les ciblètilles, ces êtres ressemblant à la fois à des hommes et à des insectes volants, d'une beauté à couper le souffle, et qui gardent leur part de mystère... Il met donc en images une histoire de Laurine Clin, un récit somme toute assez simple qui parle de la recherche des origines, mais aussi de la passation entre les générations, et du vivre ensemble dans un monde que l'on peut regarder comme un miroir du nôtre. Son écriture est précise, sensible, et nous promet de belles choses si elle persiste dans cette voie. Je trouve d'ailleurs que l'univers, avec ses cinq races auxquelles une entité suprême a délégué le pouvoir de créer des hommes, mérite d'être exploré plus avant.