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Les dernier avis (30137 avis)

Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Le Vagabond des Étoiles
Le Vagabond des Étoiles

Encore une adaptation d'une histoire de Jack London que je ne connaissais pas. Ce romancier que je connais peu était vraiment prolifique. J'attendais avec impatience de lire cet album, non seulement parce que les avis sur ce site étaient très positifs, mais parce que j'adore le dessin de Riff Reb's, qui fait partie selon moi des meilleurs dessinateurs actuels. Je ne fus pas du tout déçu. London décrit bien la dureté du milieu carcéral de son époque et aussi l'absurdité de notre société car le personnage principal, qui est lui-même loin d'être un ange, car il a tout de même tué quelqu'un, va subir les pires tortures en prison, pour avouer quelque chose qu'il ne sait pas du tout et personne ne va le croire ! La description du milieu pénitentiaire et des souffrances du personnage principal est bien faite et tout le long j'ai ressenti ses émotions. Le récit est captivant et le personnage principal a une personnalité à la fois intéressante et intrigante. J'ai tout de même un peu peur pour la suite. Pour s'en sortir, le héros finit par s'évader de la réalité pour s'imaginer qu'il a vécu dans d'autres époques (quoique pour l'instant je trouve que c'est un peu ambiguë et que ce n'est pas certain s'il imagine tout ça ou s'il s'est vraiment réincarné des centaines de fois au fil de l'histoire de l'humanité). Ces passages ne sont pas mauvais (j'aime beaucoup celui qui se passe en Égypte), mais je trouve que c'est moins passionnant que ce qui arrive dans le présent. J'ai donc un peu peur que le second album porte principalement sur ça et que je finisse par trouver le récit moins bon. En tout cas, pour l'instant c'est excellent et un des meilleurs albums de 2019 que j'ai lus jusqu'à présent.

23/02/2020 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série La Ballade du soldat Odawaa
La Ballade du soldat Odawaa

Un western avec des Indiens pendant la première guerre mondiale! En février 1915 une petite troupe de soldats allemands sous les ordres du commandant Von Schaffner écume la campagne française pour piller et voler ce qui peut l'être. L'armée française a d'autres chats à fouetter, aussi elle demande au capitaine canadien Ernest Keating d’envoyer sa troupe d'élite pour régler le problème. Au sein de celle-ci le caporal Odawaa, tireur d'élite et fils d'un Français et d'une Indienne Cree. Dans un camp comme dans l'autre, c'est une légende tant il est efficace et se montre sans pitié. C'est la première incursion dans le monde de la BD de Cedric Apikian, qui propose ici un scénario malin, bourré de références, mais sans qu'elles ne plombent le récit. Tout d'abord la participation fort méconnue de soldats amérindiens dans les troupes canadiennes et qui ont combattu sur le sol français. Inspiration cinématographique également notamment avec la magnifique scène finale dans l'abbaye ( ah s'il avait eu une autre balle ) référence évident au cinéma de Sergio Leone. Pratiquement tous les archétypes du western sont présents hormis les cow-boys et le grand duel final, encore que.. Le scénario est donc parfaitement maîtrisé et tient en haleine le lecteur jusqu'à la fin. Au dessin l'on retrouve Christian Rossi qui encore une fois fait montre de tout son talent, des contre jours, des clairs obscurs de toute beauté, qui rendent bien compte de ce que devait être l'ambiance sur et autour du front à cette époque. Au passage admirez les premières pages qui constituent une sorte de prologue. Une excellente BD avec un scénario âpre et surprenant, dont je suis surpris qu'elle ne fasse pas plus d'émules. A lire absolument

23/02/2020 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Clinton Road
Clinton Road

C'est à Angoulême cette année, alors que je trainais sur le stand des éditions Ankama que j'ai été attiré par cet album dont la couverture m'a tout de suite accroché. Une nuée de corbeaux et un pastel vert qui augurait du meilleur. L'auteur étant en dédicace je n'ai pas hésité et grand bien m'en a pris. La Clinton Road, imaginez donc une portion de route sensée être la plus hantée des États Unis: des disparitions inquiétantes y surviennent bien souvent et des phénomènes paranormaux s'y produisent. Un ranger du comté, John, patrouille tous les jours après avoir pris un café chez son pote Sam. Qui plus est, Benjamin, son fils, a été vu pour la dernière fois sur cette route. Entre fantasmes et réalité et une impossibilité à faire son deuil John est bien en peine d'y voir clair. Vous aimez Stephen King ? Vous avez particulièrement accroché à la saison un de True Detective ? Si oui alors cet album est pour vous, il y règne un climat, une atmosphère envoutante. L'album se lit relativement rapidement mais il possède un pouvoir hypnothique évident qui fait qu'une fois la lecture entamée vous ne lâcherez plus le truc. Tout en pastel, la colorisation donne au graphisme aux traits acérés un je ne sais quoi qui provoque un sentiment d'étouffement, d'oppression, bref on ne rigole pas dans cette histoire qui jusqu'au retournement final vous prend aux tripes. Certains pourraient trouver le scénario un peu mince, alors certes, mais il se dégage une telle ambiance de l'ensemble que je ne saurais que trop vous conseiller cette lecture et assurément un auteur à suivre, ce que pour ma part je ferai.

22/02/2020 (modifier)
Par Blue boy
Note: 4/5
Couverture de la série Aldobrando
Aldobrando

Avec une couverture aussi évocatrice et un titre très bien trouvé, les auteurs ont tapé dans le mille, car celle-ci résume parfaitement son contenu. D’abord, ce jeune homme fluet galopant, épée à la main, dans un décor champêtre révélant un château fort à l’horizon, le tout dans d’apaisants tons orangés, constitue une véritable invitation au voyage dans un univers que l’on devine médiéval. Le titre de l’album ensuite. « Aldobrando », nom du jeune homme en question, un mot à la rythmique imparable qu’on adore prononcer et donne la cadence à cette aventure pleine de promesses. Découvrir au dessus du titre, en plus petit, les noms Gipi et Critone constituera indubitablement le dernier argument pour convaincre tout lecteur avisé de franchir le pas. Les auteurs italiens apparaissent depuis un moment comme des références dans le petit monde du neuvième art. Gian Alfonso Pacinotti alias Gipi s’était fait remarquer en 2006 pour le prix du meilleur album (Notes pour une histoire de guerre), et plus récemment avait reçu le prix de la critique pour La Terre des fils. Luigi Critone quant à lui nous a offert plus une adaptation réussie du roman magistral de Jean Teulé, Je, François Villon. Gipi abandonne cette fois les pinceaux à Critone pour se concentrer sur la narration. Le résultat est plutôt concluant. Le charme du trait délicat de Critone opère rapidement. Ce dernier sait révéler la grâce ou le ridicule d’un visage, en glissant une dose de caricature quand il s’agit notamment de Brudagone, le roi tyrannique du Royaume des Deux Fontaines. Immédiatement identifiable, le personnage tout fluet d’Aldobrando est très attachant dans sa candeur et sa fragilité. La mise en couleurs de Francesco Daniele et Claudia Palescandolo est très réussie. On reste contemplatif devant ces superbes aquarelles produisant de chaleureuses atmosphères en clair-obscur. L’histoire est celle d’une quête initiatique assez classique, mais s’avère bien construite avec des retournements imprévus et pourtant sans esbroufe, sans dragons ni magiciens (ouf !) avec des ellipses judicieuses qui nous évitent les habituels combats interminables (la scène finale dans l’arène). Du coup, plutôt que de surfer sur la mode de l’heroic fantasy, cette quête au demeurant très sobre préfère puiser dans le roman de chevalerie traditionnel — si l’on exclue le fait qu’il n’y ait pas de chevaux, Gipi ayant pris soin de détourner les clichés liés au genre —, s’appuyant sur une morale philosophique se résumant à cette formule : peu importe le trophée, seul compte le chemin emprunté pour le décrocher. De plus, l’amour n’a pas été oublié, avec deux histoires parallèles, celle d’Aldobrando et Beniamino, remettant malicieusement en question une pseudo théorie bêtasse sur les couples assortis. Pour toutes ces raisons, « Aldobrando » est un one-shot sympathique, très plaisant. Certes, cela ne va pas révolutionner la bande dessinée, mais le côté légèrement décalé de ce récit picaresque s’avère au final plutôt réjouissant.

22/02/2020 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série WahcommO
WahcommO

Ce gros album de 210 pages restera comme l'un des derniers des défuntes éditions du Long Bec. Wahcommo, classé en Fantasy, est comme ce genre nous y a habitué, l'histoire d'une quête. Après une série d'épreuves, un rite initiatique, un couple d'adolescents dont une fille entreprend un long voyage vers les royaumes du nord dont le peuple est issu. Au cours de cette quête ils vont rencontrer des nains, des orcs, des géants et même une armée de fantômes. Tolkien, vous avez dit Tolkien, bien sur, l'inspiration est là et toutes les péripéties que vont rencontrer les deux héros nous laissent en terrain connu. Alors oui, cette histoire n'est pas dénuée d'un certain souffle épique qui ravira les amateurs de Fantasy. C'est une BD qui doit s'apprivoiser, pour ma part je m'y suis repris à deux fois pour vraiment me plonger dedans. Le dessin sent l'ordinateur à plein nez, j'ai d'ailleurs eu l'impression de lire un gros storyboard à destination d'un public ado, pour autant le scénario est élaboré, varié et au final assez immersif, très cinématographique dans sa construction, il alterne avec bonheur des planches de nuit, de neige avec un graphisme moins travaillé pour les scènes de flashbacks. Tout au plus pourrait on lui reprocher quelques cases avec des fonds un peu inexistants. Peu de texte, ce qui provoque une lecture rapide mais bien en lien avec le rythme de l'histoire. La révélation finale du trésor si elle n'est pas follement originale m'a bien plu (cela fait d'ailleurs plusieurs lectures récentes où ce thème semble à la mode). Au final Wahcommo est une lecture plaisante qui certes ne renouvelle pas le genre, mais affiche comme le présente l'éditeur une modernité de bon aloi. A consommer sans modération et je m'étonne du si peu d'avis.

22/02/2020 (modifier)
Couverture de la série Ninn
Ninn

Je n’ai lu pour le moment que les trois premiers tomes (les seuls que j’ai pu avoir sous la main pour le moment), et j’ai globalement bien apprécié cette série. S’il y a bien une histoire qui se développe sur le long terme, chaque album pourrait presque se lire séparément, tant il traite d’une aventure différente, ajoutant un peu de mystère à l’univers plus ou moins inquiétant dans lequel Ninn se meut. Univers que nous découvrons en même temps qu’elle. J’ai déjà bien aimé les décors qui habillent cette série. Un Paris très bien reconstitué, et surtout tout l’univers du métro (n’est-ce pas lui finalement, le personnage principal ?) – des sculptures de Guimard en passant par les couloirs de certaines stations, des fantasmes autour des stations abandonnées en passant par quelques clins d’œil (comme ce personnage au nom de Fulgence Malvenüe, singeant le nom du créateur de la première ligne de métro, qui donne son nom à la gare de Montparnasse). Autour de Ninn, héroïne pleine de fraicheur et de courage, attachante, gravitent des personnages secondaires récurrents et sympathiques – ses deux « oncles », une vendeuse de journaux, ses deux copains de classe et d’aventure, mais aussi ce tigre de papier et de chair, etc. Le fantastique intègre la réalité agréablement, et un zest de poésie parfume le tout avec réussite. J’ajoute que le trait semi-réaliste de Pilet est pour beaucoup dans la fluidité de la lecture. Son dessin colle bien aux scénarios concoctés par Darlot. L’adulte que je suis a bien apprécié la lecture de ces albums, qui s’adressent à tous les publics. Même si les cœurs de cibles sont sans doute les jeunes adolescents (achat fortement recommandé pour les CDI de collège à mon avis !). Une chouette série !

21/02/2020 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Amiante - Chronique d'un crime social
Amiante - Chronique d'un crime social

L'amiante, le poison français ... Ce scandale qui éclata et continue de faire parler est bien souvent méconnu, la jeune génération n'ayant même pas conscience de ce que c'était réellement. Cette BD est un rappel de tout ce qui a pu se profiler derrière ... J'ai beaucoup aimé la compilation en histoires courtes des témoignages en tout sens autour de ce scandale : la mort et la maladie au contact, bien sur, mais aussi tous ceux touchés avec son transport, sa recherche, et bien sur la décontamination des sites pollués par sa présence. Et la longue litanie des plaintes, où l'on sait que les victimes mourront et les coupables resteront impunis. Alors même que la sonnette d'alarme fut tirée très tôt sur ses dangers, l'amiante fut utilisée pendant encore plus de 70 ans. Un véritable scandale. Cette BD est construite autour des témoignages, mettant en avant l'humain avant tout : la vie de ces personnes, la découverte du scandale, l'éclatement de l'affaire, et la résolution de celle-ci, si tant est que l'on puisse parler d'une résolution ... C'est presque déprimant à lire, bien évidemment, mais nécessaire pour réellement comprendre à quel niveau a pu être la condition ouvrière et surtout les largesses que se permettait le patronat sur la question des droits humains. Le scandale de l'amiante n'est pas qu'un scandale sanitaire, c'est un scandale politique d'impunité et de mépris envers les ouvriers qui ont payé de leurs vies ce déni. Et une BD qui se permet de nous le rappeler, de nous rappeler ce que d'autres ont pu vivre, est peut-être encore plus nécessaire aujourd'hui.

21/02/2020 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Krrpk
Krrpk

3.5 Une bonne série humoristique qui est aussi une satire sociale de notre société moderne. En effet, on va avoir droit à une critique du traitement des immigrants (les discriminations qu'ils subissent, leur exploitation par des patrons sans scrupules) et aussi à certains autres aspects de la société comme les syndicats. Ça va assez loin dans le cynisme et parfois il y a même de l'humour trash, alors que le trait tout mignon donne l'impression qu'on va lire une série pour enfants mettant en vedette des extraterrestres tous plus kawaii les uns des autres. Bon, ce n'est pas la série la plus marrante de tous les temps (j'ai surtout souri), mais elle m'a bien diverti. L'auteur a de bonnes idées, et j'aime bien le dessin aussi. Je me demande s'il va y avoir un troisième tome, vu que cela fait plus de 5 ans que le deuxième tome est sorti. Je me demande si une suite est une bonne idée, parce que par moment dans le tome 2 je trouvais que l'auteur commençait un peu à tourner en rond, lorsqu'il mettait en avant la xénophobie des personnages.

21/02/2020 (modifier)
Par Blue boy
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Paul à la maison
Paul à la maison

Si vous ne connaissez pas encore cet auteur québécois, je vous invite vivement à vous y intéresser de plus près. Véritable star dans son pays, il a en France son petit cercle de fans depuis un bon moment. Depuis sa première BD publiée par l’éditeur montréalais La Pastèque en 1998, Michel Rabagliati a engrangé les récompenses, notamment au Festival d’Angoulême en 2010 avec le prix du public pour Paul à Québec. Il faut préciser que les dix albums sont consacrés à Paul (Rifiorati de son nom), à la fois son personnage fétiche et double de lui-même. A travers son œuvre, l’auteur a développé un univers très personnel et extrêmement attachant, dans lequel il évoque régulièrement ses souvenirs de jeunesse, principalement son enfance et son adolescence. On se régale de ces anecdotes narrées avec un humour à la fois grinçant, subtil et souvent jubilatoire. Puis, les années passant, Paul Rifiorati est devenu, presque sans que l’on s’en aperçoive, un quinqua moins insouciant avec des problèmes de quinqua. Et c’est ce qui fait le sujet de son dernier opus, « Paul à la maison », qui se déroule en 2012 et où il aborde la question de cette fameuse crise de la cinquantaine avec son lot de petits bobos, de tracas existentiels et du quotidien, mais également la vieillesse et le cancer incurable de sa mère. Dit comme ça, ça ne vend pas du rêve, mais ceux qui connaissent le travail de Michel Rabagliati savent qu’il a plus d’un tour dans son carton à dessin. Et c’est bien là que réside une partie de son talent : cette capacité à traiter avec sensibilité de sujets plus ou moins graves sans plomber l’ambiance, bien au contraire. On notera le passage extrêmement hilarant où Paul, vivant mal un célibat forcé après la séparation d’avec sa femme, s’inscrit sur un site de rencontres, ou encore celui où il teste un appareil pour traiter son apnée du sommeil… En traitant parallèlement de tous les petits faits du quotidien vécus par son double, dans son quartier de Montréal, l’auteur sait se faire le témoin acerbe de notre société contemporaine, déplorant sa transformation en une sorte de « meilleur des mondes ». Il pointe du doigt l’atomisation et l’isolement croissants de chacun, les plus jeunes repliés sur leurs écrans et les anciens remisés dans les CHSLD (l’équivalent de nos fameux EHPAD français), une vision peu réjouissante et pourtant lucide, masqué par le discours dominant et une bonne couche de vernis publicitaire. Et comme toujours, on adore cette ligne claire et ce sens du détail, tous ces objets anodins qui en disent autant sur notre époque qu’une longue étude sociologique, tout ce qui fait le charme et l’intérêt du travail de Rabagliati. Observateur fin et désabusé par le manque d’humanité du monde moderne, celui-ci parvient à insuffler à son récit une certaine poésie pour en réduire la pesanteur, de façon très touchante. On se souviendra de l’hommage pudique rendu à sa mère, un des moments les plus bouleversants du livre. « Paul à la maison », c’est tout cela. Des rires et des sourires, de la mélancolie et de l’émotion, pour décrire un quotidien assez ordinaire, pas vraiment rose mais pas déprimant non plus. En ce sens, Rabigliati vise très juste et parle un langage universel qui fait que chacun se reconnaîtra. Le monde est véritablement devenu un village global, avec les mêmes problématiques partout, et ce Québec si lointain nous apparaît d’un seul coup extrêmement proche.

20/02/2020 (modifier)
Couverture de la série Quoi !
Quoi !

Si j’ai plutôt bien aimé la lecture de cet album, je ne saurais le conseiller aveuglément à tous. En effet, il vaut mieux connaître un petit peu l’histoire de L’Association et des auteurs fondateurs pour tout suivre, et apprécier cet éditeur et ses publications pour y trouver un intérêt. Enfin peut-être ai-je tort ? En tout cas, nous avons là, « mis à nu par ses célibataires même » (pour paraphraser Marcel Duchamp), l’histoire d’un mariage et d’un divorce plus ou moins réussis. Nous avons surtout, présenté par les protagonistes de cette histoire éditoriale de toute première importance pour l’édition indépendante (voire même au-delà) française, une aventure humaine et intellectuelle, autant qu’éditoriale. C’est pourquoi les conflits ne sont pas édulcorés. On pourra certes reprocher aux auteurs de ne pas présenter J.C. Menu sous un jour très glorieux, mais ce n’est pas le propos (voir mes remarques en début d’avis). Mais cet assemblage de points de vue, rappelant chronologiquement la naissance et la maturation de cet éditeur est intéressant. On y voit l’union des possibles, quelques batailles d’égo, un certain embourgeoisement. On y voit aussi mis à jour la vie d’un groupe – moi qui m’intéresse particulièrement au surréalisme, je suis familier de certaines problématiques développées ici. Cela éclaire aussi un moment très fort de L’Association, en plein cœur de la rupture entre Menu et les autres fondateurs, à savoir la grève des « salariés » (voir le témoignage de Mokeit à ce propos). Étonnant d’ailleurs que cet album – initialement conçu pour marquer les 20 ans de la création de L’Association, ait dévié – événements critiques aidant – vers une sorte d’autopsie d’une crise. C’est aussi la mise à nue d’une aventure humaine qui est mise en avant. Parmi tous les témoignages qui se regroupent ici, celui – à la fois proche et de « l’extérieur » de Jean-Louis Capron se révèle à ce sujet intéressant et éclairant – même si sa « construction » n’en fait pas un des plus facilement lisibles. J’ai en tout cas trouvé très intéressant cet album.

20/02/2020 (modifier)