Les derniers avis (39719 avis)

Par Ubrald
Note: 4/5
Couverture de la série Le Voleur d'amour
Le Voleur d'amour

Agréablement surpris par cette bd. Comme mes collègues aviseurs, je me suis senti transporté dans mes lectures passées des romans d’Anne Rice, surtout « Entretien avec un vampire » que j’avais adoré. Les couleurs, les dessins en aquarelles, un peu diaphanes sont très adaptés à toute la fatalité, la mélancolie, l’exotisme et la sensualité de cette histoire. Une bd dont la dimension aventureuse contrebalance son aspect tragique et donne envie de partir en voyage, d’explorer des contrées inconnues, d’avoir plusieurs vies en une seule en somme ;-)

09/03/2026 (modifier)
Couverture de la série Sur la vie de ma mère
Sur la vie de ma mère

Au travers de cet album, l’auteur nous propose une sorte d’autobiographie. Mais surtout une biographie/déclaration d’amour pour nous présenter sa mère, son parcours atypique, difficile. Commençant par la mort de la mère (d’un cancer) et se terminant presque par son enterrement (après moult flash-backs) et quelques révélations douloureuses, l’album se laisse lire agréablement. La narration, comme le dessin d’ailleurs, sont aérés, fluides et agréables. Alain Rémy nous donne à voir une histoire familiale accidentée, mais vivace, mais aussi, au travers des nombreux « déménagements exotiques », la société des années 1970 à 1990, en Afrique ou à Haïti, la vision d’un gamin, fraiche. Surtout l’auteur n’hésite pas à évoquer les moments difficiles, les malentendus, les blessures intimes, qui ont jalonné la vie de sa mère – et la sienne aussi par contre-coup. Si l’album est centré sur sa mère, on voit à plusieurs reprises son père intervenir, et on sent que, là aussi Alain Rémy a des choses à dire à son propos, et d’ailleurs la dernière planche laisse entrevoir un autre album autour de ce père, souvent absent. A plusieurs reprises, lorsque l’histoire de ce père a été évoquée, surtout tout ce qui concerne sa période d’auteur/compositeur, sa relation avec Pierre Perret (devenu le parrain de l’auteur), je me suis dit que cette histoire me disait quelque chose. Et ça m’est revenu vers la fin, ce père est le personnage au centre de l’album de Tronchet Le Chanteur perdu ! En tout cas, voilà une histoire familiale qui parvient aisément à intéresser un lecteur « extérieur ». Rémy, avec son dessin dynamique, ses remarques souvent amusantes, ou pleines d’une cruelle profondeur (sur la nature humaine, les relations entre Arabes et Européens – différentes selon que l’on se trouve au Maroc ou en France, la société post-coloniale, etc.), nous propose une belle lecture.

09/03/2026 (modifier)
Couverture de la série Ressources - Un défi pour l'humanité
Ressources - Un défi pour l'humanité

Un album qui traite d’un sujet intéressant – et de plus en plus d’actualité – et qui le fait bien, et de façon relativement originale. En effet, ça commence comme un récit de Science-Fiction classique, pour revenir peu à peu, au travers de divers chapitres, à quelque chose de plus « documentaire ». La présentation est claire, fluide et aérée D’abord parce que le dessin de Vincent Perriot est sympa et très lisible. Ensuite parce que le propos, très étayé historiquement et scientifiquement, parvient à informer sans ennuyer : les citations d’économistes, de philosophes s’intègrent bien dans la démonstration, sont claires mais pas trop longues, enrichissent le propos sans le hacher. L’album est bien construit, reprenant le passé, et aussi en développant une vision de l’avenir certes assez noire, mais pas sans issue, pour peu qu’on prenne conscience de certaines réalités. En particulier que notre mode de vie – et de pensée – fait peu de cas du caractère non renouvelable de beaucoup de ressources. Les promesses de certains économistes – ou d’industriels/rapaces comme Musk ou Bezos – ne tient pas la route. C’est bien sur notre Terre qu’il faudra trouver la solution. Surtout, notre système fait aussi peu de cas des « effets collatéraux » : outre les modifications notables du climat et leurs conséquences, d’ores et déjà nous ne pouvons soutenir ce mode de vie (habitants des pays riches à que parce qu’une bonne partie de l’humanité en est privée, et est exploitée (sa force de travail, mais aussi ses ressources) de façon plus qu’inégale – et inique. C’est fou quand même l’aveuglement de tant de gens autour de la science, censée trouver des solutions à tout. Bref, certaines solution – une autre croissance, voire une décroissance, une gestion responsable et équitable des ressources communes de l’humanité sont nécessaire. La course à l’innovation, à la 4,5 ou 6 G, avec des applications souvent inutiles et coûteuses en énergie et ressources, l’obsolescence programmée sont donc à revoir. En fin d’album, un lexique et quelques rappels de connaissance complètent bien cette lecture qui apporte sa pierre à l’édifice d’une prise de conscience collective. A l’heure où Trump et ses suiveurs de droite plus ou moins extrême (ou tout simplement néolibéraux à la Macron) nie par leurs discours et/ou leurs actions l’urgence de la situation, il est toujours bon de lire un exposé simple et clair du problème, et de la direction que nous devrions prendre pour éviter le mur…

09/03/2026 (modifier)
Couverture de la série Corto Maltese (Quenehen et Vives)
Corto Maltese (Quenehen et Vives)

A l’instar d’un John Difool, Corto Maltese est un personnage qui m’a vu grandir. Après le looser magnifique place au flegme aventurier romantique. Bref vous l’aurez compris Corto est un personnage qui m’est cher et que je continue à suivre. A l’annonce de cette reprise par Vivès (et Quenehen que je connais peu) j’étais partagé entre hype et inquiétude, toujours est il que la curiosité l’a emporté. 1er bon point à la lecture, nous ne sommes pas dans la continuité temporelle de la série mère, c’est ici une version moderne de notre héros que les auteurs nous proposent, bienvenue au 21eme siècle. 2ème bon point, malgré ce bon dans le « futur » et le changement de look (notre héros a troqué sa marinière/casquette pour col roulé/bonnet), l’esprit est intact (j’ai beaucoup aimé la confrontation avec le téléphone portable :) 3ème bon point le dessin, on quitte le noir et blanc pour un gris/noir/blanc plutôt pas mal, quelques magnifiques images. A noter également un chouette personnage féminin. Une histoire peut-être en deçà par rapport à mes attentes mais ça m’a plutôt convaincu pour un 1er tome, je ne demande qu’à m’emballer par la suite pour augmenter ma note. MàJ après 3 tomes : Ça vaut bien 1* de plus cette reprise. Certes, on est assez loin de l’imagerie de Pratt autour de ce héros mais finalement le duo d’auteurs s’en sort avec les honneurs. A mes yeux, il y a de jolies moments de grâce. Le 1er m’est devenu de plus en plus accrocheur au fil de mes lectures, le 2nd est juste une tuerie, il n’y a que sa 3eme aventure qui me laisse encore un peu circonspect dans son background (pas avec les personnages). Bref, j’aime bien ce Corto moderne et ce que développe le scénariste avec.

24/03/2022 (MAJ le 09/03/2026) (modifier)
Par Vaudou
Note: 5/5
Couverture de la série Complainte des landes perdues
Complainte des landes perdues

Cette première partie des complaintes, divisée en deux cycles, est un classique de fantasy. Dufaux parvient à créer un univers cohérent, qui est encore aujourd'hui toujours développé en différentes aventures. Fracas des batailles, intrigues de châteaux, incursion dans les landes : l'intrigue est un modèle du genre dans sa manière de varier les situations tout en maintenant un équilibre nécessaire. C'est vrai que le récit connait quelques faiblesses par moment, je pense au dénouement du tome 2 par exemple. Certains messages sont un peu mièvres soit, mais ils sont suffisamment rares pour ne pas gâcher la noirceur de l'ensemble. Et puis l'écriture des personnages est bien élaborée, un travail dont ne bénéficient pas toujours les oeuvres de Dufaux (coucou Saga Valta). Le prince Gerfaut est un antagoniste tout en contraste. Enfin le dessin de Rosinski : à lui seul, il mérite la note de 5 étoiles. Son coup de crayon est parfait pour le genre et contribue énormément à donner vie à l'univers qui nous est conté. Les aventures de Sioban sont une étape incontournable dans le paysage de la bande dessinée.

09/03/2026 (modifier)
Couverture de la série Star Wars - Yoda
Star Wars - Yoda

Une maxi-série inédite en dix épisodes (avec trois arcs narratifs de trois épisodes et un épisode conclusif) consacrée au célèbre Yoda. Ce format fonctionne très bien, car il permet d’explorer différentes périodes de sa vie tout en racontant des histoires assez complètes. J’ai particulièrement apprécié le fait que le comics prenne le temps de montrer Yoda dans plusieurs moments importants de l’univers Star Wars. Chaque arc a sa propre ambiance et permet de voir le personnage sous un angle différent : en maître Jedi, en guide pour les plus jeunes ou encore en stratège pendant la Guerre des Clones. On retrouve bien la sagesse du personnage, mais aussi ses interrogations face à la Force et aux événements. Les dessins sont globalement très réussis et participent beaucoup au plaisir de lecture. Les différentes équipes artistiques apportent chacune leur style, ce qui rend les arcs assez variés visuellement. Certaines histoires m’ont un peu plus marqué que d’autres, mais l’ensemble reste très solide et intéressant, surtout pour un personnage aussi emblématique que Yoda. C’est une lecture que j’ai vraiment appréciée et qui développe bien le personnage.

08/03/2026 (modifier)
Par Miguelof
Note: 4/5
Couverture de la série La Servante écarlate
La Servante écarlate

Ce livre m'a été offert par ma fille dans la version anglaise de Penguin Books en 2019. Première édition, je crois, et que je conserve et estime avec beaucoup d'amour et de saudade (nostalgie). Je me suis souvenu d'elle en cette Journée de la Femme. L'approche de la dystopie écrite par M. Atwood est très opportune aujourd'hui et les illustrations sont bien faites. Je pense que l'édition française que j'ai feuilletée correspond bien à la version originale et je recommande vivement la lecture et la réflexion sur le thème.

08/03/2026 (modifier)
Couverture de la série Soli Deo Gloria
Soli Deo Gloria

Difficile de venir aviser un tel album, surtout lorsque celui-ci a été tant encensé. L'œuvre est bonne, indubitablement, les dessins sont travaillés, simples d'apparence mais chaque case fourmillant pourtant de détails, le joli travail des couleurs n'apparaissant que pour illustrer le beau créatif (principalement la musique et le chant ici mais l'on observera également de la peinture) fait mouche et donne une jolie identité visuelle au récit, comme une illustration du pouvoir de l'art amenant de la couleur dans les mornes vies, le récit là aussi simple mais tout de même rondement mené, … Bref, je ne vais pas aller à contre-courant ici, l'album est bon et mérite ses louanges. Je regrette tout de même de ne pas avoir pu vraiment être touchée par l'œuvre. Les aléas des sensibilités artistiques et émotionnelles sont ce qu'elles sont, tout le monde ne vibrera pas de la même manière face aux même créations, mais il n'empêche qu'après avoir vu passer tant d'avis dithyrambiques j'avoue avoir refermé l'album avec un certain goût d'occasion manquée. L'histoire me parle, je suis sensible aux histoires de famille, aux récits de destins au départs liés et se perdant et s'éloignant face aux tragédies de la vie, encore plus aux créations artistiques prenant pour sujet la création artistique en elle-même, sous ses aspects les plus enchanteurs et évocateurs comme les plus froids et cruels, en un mot comme en cent l'histoire de ces deux jumeaux prodiges auraient dû faire mouche chez moi, évoquer en moi quelque chose de plus. Je ne sais pas quel serait ce "quelque chose de plus", l'album m'apparait objectivement comme très bon, les forme graphique comme narrative sont réalisées avec talent et je ne saurais pas véritablement quoi changer pour que cela me paraisse plus juste, mais pourtant voilà un petit quelque chose me manque. Sans doute juste moi qui reste malgré tout une triste rabat-joie. Mais terminons tout de même cet avis sur une note positive, car après tout l'album reste malgré mes regrets d'excellente facture. Retranscrire par le dessin le chant et la musique n'est pas chose facile et pourtant le duo d'auteur est ici parvenu à créer une jolie ode au chant, à l'amour des sons du monde et des créatures qui le peuple, le tout enrobé dans le récit tragique de deux jeunes gens pour qui l'amour de l'art mènera vers le gloire, l'orgueil et la déchéance (et peut-être une fin heureuse quand-même, si on est sage).

08/03/2026 (modifier)
Par Miguelof
Note: 4/5
Couverture de la série Au coeur des ténèbres (Luc Brahy)
Au coeur des ténèbres (Luc Brahy)

Je n'ai pas lu toutes les adaptations BD du roman original de Conrad, ni vu tous les films qui s'en inspirent. Celle-ci me semble assez fidèle à la “novella” originale au niveau de l'intrigue et du texte. Je juge important de ne pas confondre la vision de Marlow sur l'Afrique et le Congo avec les opinions de Conrad lui-même sur le racisme et la violence. Selon certains critiques, il a été novateur à ce niveau, mais ici, je pense qu'il vaut mieux éviter ces polémiques… Je n'ai pas adhéré immédiatement aux dessins de Brahy. Ils m'ont semblé peu travaillés et sans grandes images spectaculaires. Ensuite, au fur et à mesure que je lisais, j'ai commencé à me sentir plus identifié et je pense qu'ils sont en harmonie avec le texte. J'ai particulièrement apprécié les couleurs de Cyril Saint-Blancat, mais même celles-ci pourraient être plus sombres et glauques... Bref, je crois que le livre peut constituer une bonne introduction aux ténèbres et à Conrad. "The horror! The horror!" J'aime dire ça!

08/03/2026 (modifier)
Couverture de la série Zone critique
Zone critique

Étrange album, pas forcément très facile d’accès, mais qui véhicule une pensée simple et forte. Le texte est à la fois omniprésent, très important – si ce n’est essentiel – et minimaliste, finalement peu présent « physiquement ». Quelques bouts de phrases disséminés au milieu de pages illustrées de dessins, de reproduction plus ou moins partielles de documents divers en lien avec ce qui nous est conté, raconté. Reprenant les idées – et en partie les mots – de Bruno Latour, Philippe Squarzoni se retrouve en terrain connu, lui qui a déjà publié plusieurs albums engagés dans la même direction, à la fois alarmiste, mais aussi avec toujours la volonté d’aller de l’avant, de montrer qu’un autre monde est possible – même si les derniers – et nombreux – délires de Trump deuxième manière aggravent la situation décrite et décriée dans cet album. L’album est intéressant, donne à réfléchir. Je l’ai juste trouvé un peu aride. Et aussi, malgré le travail lui aussi intéressant de Squarzoni, j’ai trouvé à plusieurs reprises que ça serait presque aussi, voire plus intéressant sans passer par le médium BD. Sur le même registre politique/économique/poétique, je préfère presque lire les textes de Baudouin de Bodinat. Note réelle 3,5/5.

08/03/2026 (modifier)