Adaptation légère et efficace d’une idée classique, l’album joue pleinement la carte du divertissement intelligent. Le scénario reste simple, lisible et volontairement sans prétention : on avance vite, on sourit souvent, et la réflexion affleure sans jamais alourdir le propos. L’humour, très britannique, fonctionne précisément parce qu’il ne cherche pas l’escalade permanente.
La dimension « feel-good » est clairement assumée. C’est une lecture courte, agréable, qui fait du bien, sans chercher à marquer durablement par une thèse ou une profondeur excessive. La satire est présente, mais dosée avec justesse : suffisamment pour stimuler, pas assez pour fatiguer.
Graphiquement, le dessin est fluide, lisible et léger. Le style, subjectivement à mon goût, accompagne parfaitement le ton du récit : expressif, dynamique, jamais envahissant. L’ensemble forme une BD cohérente, plaisante et maîtrisée, idéale quand on cherche une lecture amusante et bien exécutée.
Œuvre remarquable, à la fois exigeante et profondément maîtrisée. L’entrée dans le récit m'a demandé un temps d’adaptation, tant sur le principe narratif que sur le dessin, mais une fois ce cap franchi, l’ensemble s’impose avec une évidence rare. Le choix de raconter l’Histoire depuis un point fixe — celui d’un tableau — est particulièrement pertinent. Ce regard immobile, contraint mais lucide, permet une lecture originale et puissante du XX? siècle, sans jamais tomber dans l’artifice.
Le scénario est solidement étayé sur le plan historique, avec une dimension presque pédagogique, mais toujours à la bonne dose. Le récit reste rythmé, fluide, et parvient à rendre les époques successives très lisibles à travers des fragments de vies, des situations, des silences. Les personnages, bien que souvent croisés brièvement, existent réellement, et l’on comprend beaucoup sans que tout soit montré ou appuyé.
Graphiquement, le style n'est pas forcément ma tasse de thé au niveau purement esthétique, mais il s’impose rapidement comme totalement cohérent avec le propos. Le dessin est expressif, artistique, parfois brut, et évoque volontairement l’univers de la peinture et du tableau. Ce choix renforce le fond et donne une vraie identité à l’ensemble.
Trilogie d’aventure historique solidement construite, qui coche exactement les attendus du genre sans chercher la rupture. L’univers d’une Italie de la Renaissance romancée fonctionne très bien : règles claires, enjeux politiques lisibles, sociétés secrètes, figures religieuses ambiguës et une romance dosée. Le récit privilégie l’efficacité et la progression continue, avec une vraie sensation de monde cohérent.
Le scénario s’appuie sur des personnages travaillés, jamais manichéens. Les trajectoires personnelles s’entrelacent avec les enjeux institutionnels autour du duel, ce qui donne de l’épaisseur morale sans alourdir la lecture. Rien de révolutionnaire, mais un équilibre maîtrisé entre action, intrigue et caractérisation.
Graphiquement, le dessin est un atout net : trait précis, composition dynamique, expressivité contenue. L’ensemble reste lisible dans l’action, sans caricature ni surcharge, et soutient efficacement le rythme du récit.
Une série d’aventure très aboutie, généreuse et plaisante, qui assume pleinement ses codes et les exécute avec rigueur.
C'est étrange comme certaines BD vous cueillent parfois plus que d'autres. Et je suis également surpris d'être le second à aviser la série en entier, car elle a une aura qui charme au premier tome pour ne plus lâcher jusqu'au dernier.
Charles Burns est un auteur atypique à mes yeux, le bonhomme atteignant ses 70 ans cette année et pourtant éditant des livres sur la jeunesse. Une jeunesse qui n'est jamais analysé sociologiquement, moquée, dénoncée ou dévoyée. Elle est vécue de l'intérieur, de la tête de ces jeunes gens pas encore adulte, plus enfant, qui ne savent rien sur ce qu'ils veulent, ce qu'ils seront et ce qu'il feront.
Dédales est tout à fait dans cette idée-là, avec deux personnages centraux au récit : Brian, dessinateur étrange, fan de films d'horreur de série B vivant chez une mère alcoolique, et Laurie, jeune femme aux cheveux roux qui ne passe pas inaperçue, considérée comme magnifique par tout le monde elle sera le premier rôle dans le film amateur que Brian tourne avec son meilleur ami.
Lorsque j'ai commencé à comprendre le pitch de l'histoire, je m'attendais à ce que l'on aille dans une certaine direction, mais il n'en est rien. Comme dans Black Hole, Burns ne s'amuse pas à nous faire un récit d'adolescence classique. Au contraire, il sort des cadres conventionnels de ce type d'histoire pour aller dans quelque chose de plus réaliste, qui a le gout de ma propre adolescence. Brian a un talent mais se pose beaucoup de questions, rêve de choses étranges et semble mal dans sa peau, mal dans sa tête. Le dessin est un exutoire à ses émotions et sa vie intérieure, croquant des choses que le lecteur ou la lectrice comprendra avant ce personnage perdu. De même, Laurie n'est ni une femme jouant de sa beauté ni un ange sauveur. C'est une jeune femme intriguée par ce type étrange, pas tout à fait à l'aise avec son apparence et qui rejoint un projet qu'elle n'est pas sur d'apprécier.
L'intrigue navigue entre ces deux personnages constamment, passant de l'un à l'autre en quelques planches. C'est une plongée dans leur psyché et leurs questionnements, leur regard sur le monde et leur compréhension des choses. Sans artifice, il nous fait tout comprendre et permet d'avoir une lecture prenante qui pose des questions sans jamais répondre explicitement à tout. L'histoire à une fin, une fin qui est celle qu'il fallait aux deux protagonistes. Chacun se comprend mieux, porte en lui les réponses dont il avait besoin et avance dans la vie. Ce n'est ni un happy end ni une résolution finale. Juste une étape de franchie, un pas de plus dans la vie.
Le tout est porté par le dessin de l'auteur, qui arrive à être dérangeant de façon très simple, jouant avec les couleurs et les cadrages, les regards et les tensions dans les silences, les créatures extra-terrestres sorties de l'esprit de Brian. Les couleur renforcent l'effet visuel, rendant l'ensemble raide, guindé, coincé dans les corps, sauf lorsque les rêves prennent place. Alors les pages prennent une autre tournure, les couleurs changent et le dessin se fait plus souple. Burns sait parfaitement représenter ce monde d'imagination, où tout est plus simple, plus beau. Sa maitrise n'est pas nouvelle mais reste parfaite ici.
En fait, je crois que j'ai été touchée par la BD parce qu'elle ne va pas réellement quelque part mais qu'elle n'erre pas sans but. C'est une BD sur deux jeunes un peu perdus qui se croisent et qui vont grandir. Chacun à sa façon. Burns n'insiste pas sur les éléments importants du récit, laissant au spectateur le choix de comprendre à sa façon. Loin du cliché d'une jeunesse drogue-alcool-fête ou de récits intimistes et sombre, Burns nous montre des adolescents en proie à des malaises dont l'origine est claire, tourmentés mais essayant de s'en sortir. C'est touchant, jamais voyeuriste, jamais misérabiliste. D'une façon presque froide et détaché, il nous fait ressentir de l'intérieur ce que vivent ces jeunes gens, et personnellement je trouve ça vraiment touchant.
Le bandit, la belle, le nain et la chèvre ! Voilà les quatre chapitres et les ingrédients de ce western léger qui emprunte clairement au Bon, la Brute et le Truand pour livrer un divertissement frais, aussi musclé que plein d'humour. Il s'agit d'une chasse au trésor réunissant une galerie de personnages truculents : un criminel à la gouaille facile mais qui n'aime pas les bêtes, une redoutable chasseuse de primes et son terrible chien, et enfin un petit magouilleur (au sens propre comme au figuré) et sa chèvre de compagnie, le tout sur fond de frontière mexicaine et de troupes de Benito Juarez.
C'est le genre de lecture très plaisante qui ravira aussi bien les amateurs de western que ceux de personnages hauts en couleur, dotés d'une vraie personnalité et dont les interactions donnent envie d'aller plus loin. La structure en quatre chapitres permet à la fois de développer une intrigue principale assez dense et de faire exister plusieurs sous-intrigues successives au fil du récit. Le dessin participe pleinement à ce ton léger, avec des accents parfois proches du cartoon qui rappellent qu'il s'agit avant tout d'un pur divertissement, tout en conservant un socle réaliste, notamment dans les décors. L'humour est omniprésent sans jamais écraser l'aventure, et l'on se laisse facilement embarquer par l'envie de savoir où tout cela mène et si le fameux trésor sera bien au rendez-vous.
La conclusion laisse en revanche une impression plus mitigée. Le dernier chapitre se montre à la fois un peu confus et plus invraisemblable que le reste de l'album. Les événements s'enchainent trop facilement, certains retournements paraissent téléphonés, et l'ensemble perd en crédibilité, ce qui affaiblit l'impact de la fin. Le duo de Japonais introduit à ce moment-là manque également de profondeur et peine à trouver sa place, ce qui n'aide pas à renforcer l'intérêt de ce segment final.
C'est d'autant plus dommage que les trois premiers chapitres fonctionnent très bien et que l'on s'attache réellement aux personnages. Le dernier acte donne le sentiment que ceux-ci s'effacent un peu au profit d'un twist final pas totalement convaincant, comme si leurs aspérités étaient lissées pour faire avancer une conclusion un peu bancale. On ne parle pas d'une fin ratée, mais d'une conclusion en deçà des promesses initiales, laissant une légère frustration au moment de refermer l'album.
Cela reste malgré tout une lecture très agréable, ponctuée de sourires et portée par une vraie envie de suivre l'intrigue et les interactions entre ces protagonistes attachants et amusants. Un western sympathique, souvent très réussi, et pas loin d'être franchement bien.
Note : 3,5/5
Certains albums ne s’annoncent pas, ils s’imposent. Celui-ci fait partie de ces œuvres que l’on découvre presque par accident et qui, dès les premières pages, créent une forme d’évidence. Tout commence par une image saisissante, une scène ample et puissante, qui capte immédiatement l’attention et donne envie d’aller plus loin.
Une liberté rare, perceptible à chaque étape de la lecture. Le récit ne cherche jamais à suivre une recette ou à cocher des cases. Il avance avec assurance, prend des risques, assume ses partis pris et construit un univers dense, cohérent, parfois déroutant, toujours sincère. Cette approche donne au scénario une personnalité forte, loin des schémas narratifs trop souvent recyclés.
Visuellement, l’album impressionne par son ambition. Le dessin ne se contente pas d’illustrer le récit : il le porte, l’enrichit, le rend crédible. Les décors, les personnages, les scènes d’action comme les moments plus calmes participent à une immersion totale. Chaque plan semble pensé pour servir l’atmosphère et renforcer la sensation de monde vivant.
Au final, Le Coup du Maître s’impose comme une œuvre singulière, exigeante et généreuse, qui démontre que la bande dessinée sur le jeu de rôle peut encore surprendre en dehors des sentiers balisés. Un album marquant, qui laisse une vraie empreinte une fois refermé.
Gros coup de cœur. Le scénario avance avec une limpidité remarquable : il ne cherche pas l’effet de surprise artificiel mais construit, pas à pas, une trajectoire dont l’issue paraît inéluctable. Cette progression maîtrisée donne au récit une tension constante, presque fataliste, qui renforce son impact. Le conte se déploie dans un univers crédible, mêlant lieux et noms inventés mais immédiatement lisibles, créant un miroir troublant avec notre réalité sans jamais tomber dans la démonstration appuyée.
Les personnages sont le cœur du livre : profondément humains, complexes, crédibles dans leurs contradictions et leurs dérives. Leur évolution, dans un contexte sombre et radicalisé, est décrite avec une justesse rare. La noirceur du propos n’est jamais gratuite ; elle s’inscrit dans un monde cohérent, dur, mais sans morale surlignée. Tout paraît à sa place, ce qui rend l’ensemble d’autant plus marquant.
Graphiquement, l’album impressionne. Le noir et blanc puissant, proche du fusain, alterne avec intelligence entre douceur et violence, accompagnant parfaitement les états émotionnels du récit. L’usage ponctuel de la couleur pour la musique est une idée brillante, à la fois discrète et signifiante. La cohérence visuelle est totale, jusque dans la conception des pages et l’identité graphique globale de l’ouvrage.
Sa Majesté des Mouches, ou comment une bande de gamins naufragés sur une île déserte finit par faire émerger le pire de la société humaine et de ses instincts les plus bas.
Malgré son nombre conséquent de pages, cette adaptation en BD se lit très bien, grâce à une mise en page aérée et un rythme maîtrisé, proche d'un récit d'aventure ponctué de quelques moments plus contemplatifs. Le dessin est efficace et expressif, soutenu par un travail de couleurs convaincant. Les enfants sont facilement identifiables et la mise en scène reste très lisible, ce qui permet de se laisser pleinement porter par l'histoire (en dehors du passage volontairement flou des hallucinations de Simon).
Ayant déjà lu et apprécié le roman, j'en connaissais le déroulé, même si certains détails m'étaient sortis de la tête. Cette relecture sous forme graphique m'a permis de mieux en saisir la finesse du propos et la construction progressive de son drame. Les personnages sont solidement campés, chacun trouvant sa place et sa fonction dans le récit. Bien qu'il s'agisse de l'adaptation d'un classique des années 1950, le propos demeure intemporel, et cette version se révèle fraiche, moderne et prenante, comme un excellent récit d'aventure.
Pour faire simple, il s'agit de l'adaptation pleinement réussie d'une œuvre à la fois intelligente et dure, qui mérite largement d'être lue.
Corrosif, drôle et tendre !
On va suivre la routine de la famille Hopkins : Mark, Claire et leurs deux enfants. Et le moins que l'on puisse dire c'est que l'on est très loin de la famille idyllique. Claire est dépressive, elle reste cloîtrer à la maison à vider des bouteilles de vin tout en étant odieuse avec son mari et ses enfants (sauf lorsqu'elle a besoin d'être ravitaillée en pinard ou clopes). Le climat familial est pesant. La famille est sur le bord de l'implosion.
Une narration construite sur une succession de strips, mais ceux-ci forment un tout, une histoire complète. Le ton employé peut être caustique, dur, tendre ou drôle, il fait toujours mouche.
Arrivé au tiers du bouquin j'ai eu un peur que ce soit long et répétitif. Et ben non, tout d'un coup, patatras, le récit bifurque sur d'autres rails, une voie parallèle (ce mot n'est pas choisi au hasard) qui prend une direction inattendue, mais qui curieusement amènera Claire et Mark à la même destination. Et c'est vraiment cela qui donne tout le piquant à cette histoire pas comme les autres. Tu seras un peu désarçonné au départ, mais tout va prendre sens au fil des pages.
Un comics qui brasse de nombreux thèmes et principalement les relations avec nos congénères sous la forme d'une chronique sociale, tant dans la sphère privée que dans celle du domaine professionnel. Et pour le coup Paul B. Rainey ne plante pas ses flèches à côté de ses cibles. L'actualité internationale n'est pas oubliée.
Un dessin qui ne m'attire pas au premier regard. Un trait simple qui croque avec justesse tout ce petit monde. Il va à l'essentiel tout en restant expressif et minutieux dans les détails lorsque cela est nécessaire.
Une mise en page classique avec de nombreuses vignettes par planche, mais la science des cadrages compense ce manque d'originalité.
J'ai aimé le choix du format à l'italienne.
Du bon boulot.
Un comics à découvrir, mais le mieux est d'en savoir le moins possible sur son contenu.
Un très bon 4 étoiles.
Un manga ambitieux et étonnant. Une lecture prenante.
Étonnant comme manga, en effet. Déjà avec ce très grand format inhabituel pour le genre, et un dessin au trait fin et pur qui, mis à part certains visages (surtout dans le second tome d’ailleurs), s’écarte du style manga main stream pour se rapprocher de styles plus occidentaux. Finalement, il n’y a que le sens de lecture qui le rattache clairement au manga.
Si je reste sur le dessin, il est vraiment très bon, très beau, avec de belles planches dans l’espace, des vaisseaux bien restitués. Même si les personnages sont classiques et finalement peu détaillés, et si les décors sont souvent escamotés au profit de fonds blancs. J’ai été moins convaincu par les quelques passages en couleurs (les couleurs elles-mêmes ne m’ayant pas plu). Le résultat reste quand même très agréable. Il m’a fait penser à « L’odyssée de l’espace – une histoire de la conquête spatiale » pour le rendu (et en partie la thématique).
Mais, plus qu’une histoire de la conquête spatiale, axée donc sur le passé, c’est une vision SF (mais bourrée de références scientifiques) de ce que pourrait être le futur spatial, avec une forte influence de « 2001 l’odyssée de l’espace », revendiquée dans le titre, nombre d’images, et la postface de l’auteur.
Avec quelques personnages comme fil rouge, nous suivons ainsi, sur plusieurs siècles, et dans l’espace quasi infini, l’humanité aux prises avec les limites de la connaissance.
De nombreuses citations, bibliques, scientifiques, rendent certains passages assez ardus, tandis que nombre d’autres passages sont quasi muets. Un peu inégal, mais globalement intéressant, voire captivant, le récit se laisse lire agréablement.
En effet, les avancées scientifiques, la « conquête/découverte » spatiale permettent aussi en creux, au gré de dialogues ou de péripéties divers, d’évoquer plusieurs sujets : exploitation de l’espace (et les inévitables rivalités pour les ressources), défis scientifiques, sacrifice humain nécessaire à l’avancée de la connaissance, défi lancé aux pensées religieuses (j’ai bien aimé le long chapitre dans le premier album autour de Lucifer et de la volonté du pape de contrôler les connaissances, avec un parallèle avec ce qui s’était passé autour de Galilée), etc.
Bon, cela dit, si j’ai beaucoup aimé le premier tome (4 étoiles), le suivant m’a moins accroché (3 étoiles). Le dessin d’abord, plus « manga » et moins détaillé. Le récit ensuite, moins intéressant globalement, même si certains passages sont plus réussis, et si c’est finalement plus rythmé, avec plus de conflits, de morts, d’inquiétudes.
Note réelle 3,5/5.
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L'Homme qui pouvait accomplir des miracles
Adaptation légère et efficace d’une idée classique, l’album joue pleinement la carte du divertissement intelligent. Le scénario reste simple, lisible et volontairement sans prétention : on avance vite, on sourit souvent, et la réflexion affleure sans jamais alourdir le propos. L’humour, très britannique, fonctionne précisément parce qu’il ne cherche pas l’escalade permanente. La dimension « feel-good » est clairement assumée. C’est une lecture courte, agréable, qui fait du bien, sans chercher à marquer durablement par une thèse ou une profondeur excessive. La satire est présente, mais dosée avec justesse : suffisamment pour stimuler, pas assez pour fatiguer. Graphiquement, le dessin est fluide, lisible et léger. Le style, subjectivement à mon goût, accompagne parfaitement le ton du récit : expressif, dynamique, jamais envahissant. L’ensemble forme une BD cohérente, plaisante et maîtrisée, idéale quand on cherche une lecture amusante et bien exécutée.
Deux Filles nues
Œuvre remarquable, à la fois exigeante et profondément maîtrisée. L’entrée dans le récit m'a demandé un temps d’adaptation, tant sur le principe narratif que sur le dessin, mais une fois ce cap franchi, l’ensemble s’impose avec une évidence rare. Le choix de raconter l’Histoire depuis un point fixe — celui d’un tableau — est particulièrement pertinent. Ce regard immobile, contraint mais lucide, permet une lecture originale et puissante du XX? siècle, sans jamais tomber dans l’artifice. Le scénario est solidement étayé sur le plan historique, avec une dimension presque pédagogique, mais toujours à la bonne dose. Le récit reste rythmé, fluide, et parvient à rendre les époques successives très lisibles à travers des fragments de vies, des situations, des silences. Les personnages, bien que souvent croisés brièvement, existent réellement, et l’on comprend beaucoup sans que tout soit montré ou appuyé. Graphiquement, le style n'est pas forcément ma tasse de thé au niveau purement esthétique, mais il s’impose rapidement comme totalement cohérent avec le propos. Le dessin est expressif, artistique, parfois brut, et évoque volontairement l’univers de la peinture et du tableau. Ce choix renforce le fond et donne une vraie identité à l’ensemble.
Horacio d'Alba
Trilogie d’aventure historique solidement construite, qui coche exactement les attendus du genre sans chercher la rupture. L’univers d’une Italie de la Renaissance romancée fonctionne très bien : règles claires, enjeux politiques lisibles, sociétés secrètes, figures religieuses ambiguës et une romance dosée. Le récit privilégie l’efficacité et la progression continue, avec une vraie sensation de monde cohérent. Le scénario s’appuie sur des personnages travaillés, jamais manichéens. Les trajectoires personnelles s’entrelacent avec les enjeux institutionnels autour du duel, ce qui donne de l’épaisseur morale sans alourdir la lecture. Rien de révolutionnaire, mais un équilibre maîtrisé entre action, intrigue et caractérisation. Graphiquement, le dessin est un atout net : trait précis, composition dynamique, expressivité contenue. L’ensemble reste lisible dans l’action, sans caricature ni surcharge, et soutient efficacement le rythme du récit. Une série d’aventure très aboutie, généreuse et plaisante, qui assume pleinement ses codes et les exécute avec rigueur.
Dédales (Burns)
C'est étrange comme certaines BD vous cueillent parfois plus que d'autres. Et je suis également surpris d'être le second à aviser la série en entier, car elle a une aura qui charme au premier tome pour ne plus lâcher jusqu'au dernier. Charles Burns est un auteur atypique à mes yeux, le bonhomme atteignant ses 70 ans cette année et pourtant éditant des livres sur la jeunesse. Une jeunesse qui n'est jamais analysé sociologiquement, moquée, dénoncée ou dévoyée. Elle est vécue de l'intérieur, de la tête de ces jeunes gens pas encore adulte, plus enfant, qui ne savent rien sur ce qu'ils veulent, ce qu'ils seront et ce qu'il feront. Dédales est tout à fait dans cette idée-là, avec deux personnages centraux au récit : Brian, dessinateur étrange, fan de films d'horreur de série B vivant chez une mère alcoolique, et Laurie, jeune femme aux cheveux roux qui ne passe pas inaperçue, considérée comme magnifique par tout le monde elle sera le premier rôle dans le film amateur que Brian tourne avec son meilleur ami. Lorsque j'ai commencé à comprendre le pitch de l'histoire, je m'attendais à ce que l'on aille dans une certaine direction, mais il n'en est rien. Comme dans Black Hole, Burns ne s'amuse pas à nous faire un récit d'adolescence classique. Au contraire, il sort des cadres conventionnels de ce type d'histoire pour aller dans quelque chose de plus réaliste, qui a le gout de ma propre adolescence. Brian a un talent mais se pose beaucoup de questions, rêve de choses étranges et semble mal dans sa peau, mal dans sa tête. Le dessin est un exutoire à ses émotions et sa vie intérieure, croquant des choses que le lecteur ou la lectrice comprendra avant ce personnage perdu. De même, Laurie n'est ni une femme jouant de sa beauté ni un ange sauveur. C'est une jeune femme intriguée par ce type étrange, pas tout à fait à l'aise avec son apparence et qui rejoint un projet qu'elle n'est pas sur d'apprécier. L'intrigue navigue entre ces deux personnages constamment, passant de l'un à l'autre en quelques planches. C'est une plongée dans leur psyché et leurs questionnements, leur regard sur le monde et leur compréhension des choses. Sans artifice, il nous fait tout comprendre et permet d'avoir une lecture prenante qui pose des questions sans jamais répondre explicitement à tout. L'histoire à une fin, une fin qui est celle qu'il fallait aux deux protagonistes. Chacun se comprend mieux, porte en lui les réponses dont il avait besoin et avance dans la vie. Ce n'est ni un happy end ni une résolution finale. Juste une étape de franchie, un pas de plus dans la vie. Le tout est porté par le dessin de l'auteur, qui arrive à être dérangeant de façon très simple, jouant avec les couleurs et les cadrages, les regards et les tensions dans les silences, les créatures extra-terrestres sorties de l'esprit de Brian. Les couleur renforcent l'effet visuel, rendant l'ensemble raide, guindé, coincé dans les corps, sauf lorsque les rêves prennent place. Alors les pages prennent une autre tournure, les couleurs changent et le dessin se fait plus souple. Burns sait parfaitement représenter ce monde d'imagination, où tout est plus simple, plus beau. Sa maitrise n'est pas nouvelle mais reste parfaite ici. En fait, je crois que j'ai été touchée par la BD parce qu'elle ne va pas réellement quelque part mais qu'elle n'erre pas sans but. C'est une BD sur deux jeunes un peu perdus qui se croisent et qui vont grandir. Chacun à sa façon. Burns n'insiste pas sur les éléments importants du récit, laissant au spectateur le choix de comprendre à sa façon. Loin du cliché d'une jeunesse drogue-alcool-fête ou de récits intimistes et sombre, Burns nous montre des adolescents en proie à des malaises dont l'origine est claire, tourmentés mais essayant de s'en sortir. C'est touchant, jamais voyeuriste, jamais misérabiliste. D'une façon presque froide et détaché, il nous fait ressentir de l'intérieur ce que vivent ces jeunes gens, et personnellement je trouve ça vraiment touchant.
Son of a gun!
Le bandit, la belle, le nain et la chèvre ! Voilà les quatre chapitres et les ingrédients de ce western léger qui emprunte clairement au Bon, la Brute et le Truand pour livrer un divertissement frais, aussi musclé que plein d'humour. Il s'agit d'une chasse au trésor réunissant une galerie de personnages truculents : un criminel à la gouaille facile mais qui n'aime pas les bêtes, une redoutable chasseuse de primes et son terrible chien, et enfin un petit magouilleur (au sens propre comme au figuré) et sa chèvre de compagnie, le tout sur fond de frontière mexicaine et de troupes de Benito Juarez. C'est le genre de lecture très plaisante qui ravira aussi bien les amateurs de western que ceux de personnages hauts en couleur, dotés d'une vraie personnalité et dont les interactions donnent envie d'aller plus loin. La structure en quatre chapitres permet à la fois de développer une intrigue principale assez dense et de faire exister plusieurs sous-intrigues successives au fil du récit. Le dessin participe pleinement à ce ton léger, avec des accents parfois proches du cartoon qui rappellent qu'il s'agit avant tout d'un pur divertissement, tout en conservant un socle réaliste, notamment dans les décors. L'humour est omniprésent sans jamais écraser l'aventure, et l'on se laisse facilement embarquer par l'envie de savoir où tout cela mène et si le fameux trésor sera bien au rendez-vous. La conclusion laisse en revanche une impression plus mitigée. Le dernier chapitre se montre à la fois un peu confus et plus invraisemblable que le reste de l'album. Les événements s'enchainent trop facilement, certains retournements paraissent téléphonés, et l'ensemble perd en crédibilité, ce qui affaiblit l'impact de la fin. Le duo de Japonais introduit à ce moment-là manque également de profondeur et peine à trouver sa place, ce qui n'aide pas à renforcer l'intérêt de ce segment final. C'est d'autant plus dommage que les trois premiers chapitres fonctionnent très bien et que l'on s'attache réellement aux personnages. Le dernier acte donne le sentiment que ceux-ci s'effacent un peu au profit d'un twist final pas totalement convaincant, comme si leurs aspérités étaient lissées pour faire avancer une conclusion un peu bancale. On ne parle pas d'une fin ratée, mais d'une conclusion en deçà des promesses initiales, laissant une légère frustration au moment de refermer l'album. Cela reste malgré tout une lecture très agréable, ponctuée de sourires et portée par une vraie envie de suivre l'intrigue et les interactions entre ces protagonistes attachants et amusants. Un western sympathique, souvent très réussi, et pas loin d'être franchement bien. Note : 3,5/5
Le Coup du Maître
Certains albums ne s’annoncent pas, ils s’imposent. Celui-ci fait partie de ces œuvres que l’on découvre presque par accident et qui, dès les premières pages, créent une forme d’évidence. Tout commence par une image saisissante, une scène ample et puissante, qui capte immédiatement l’attention et donne envie d’aller plus loin. Une liberté rare, perceptible à chaque étape de la lecture. Le récit ne cherche jamais à suivre une recette ou à cocher des cases. Il avance avec assurance, prend des risques, assume ses partis pris et construit un univers dense, cohérent, parfois déroutant, toujours sincère. Cette approche donne au scénario une personnalité forte, loin des schémas narratifs trop souvent recyclés. Visuellement, l’album impressionne par son ambition. Le dessin ne se contente pas d’illustrer le récit : il le porte, l’enrichit, le rend crédible. Les décors, les personnages, les scènes d’action comme les moments plus calmes participent à une immersion totale. Chaque plan semble pensé pour servir l’atmosphère et renforcer la sensation de monde vivant. Au final, Le Coup du Maître s’impose comme une œuvre singulière, exigeante et généreuse, qui démontre que la bande dessinée sur le jeu de rôle peut encore surprendre en dehors des sentiers balisés. Un album marquant, qui laisse une vraie empreinte une fois refermé.
Soli Deo Gloria
Gros coup de cœur. Le scénario avance avec une limpidité remarquable : il ne cherche pas l’effet de surprise artificiel mais construit, pas à pas, une trajectoire dont l’issue paraît inéluctable. Cette progression maîtrisée donne au récit une tension constante, presque fataliste, qui renforce son impact. Le conte se déploie dans un univers crédible, mêlant lieux et noms inventés mais immédiatement lisibles, créant un miroir troublant avec notre réalité sans jamais tomber dans la démonstration appuyée. Les personnages sont le cœur du livre : profondément humains, complexes, crédibles dans leurs contradictions et leurs dérives. Leur évolution, dans un contexte sombre et radicalisé, est décrite avec une justesse rare. La noirceur du propos n’est jamais gratuite ; elle s’inscrit dans un monde cohérent, dur, mais sans morale surlignée. Tout paraît à sa place, ce qui rend l’ensemble d’autant plus marquant. Graphiquement, l’album impressionne. Le noir et blanc puissant, proche du fusain, alterne avec intelligence entre douceur et violence, accompagnant parfaitement les états émotionnels du récit. L’usage ponctuel de la couleur pour la musique est une idée brillante, à la fois discrète et signifiante. La cohérence visuelle est totale, jusque dans la conception des pages et l’identité graphique globale de l’ouvrage.
Sa Majesté des Mouches
Sa Majesté des Mouches, ou comment une bande de gamins naufragés sur une île déserte finit par faire émerger le pire de la société humaine et de ses instincts les plus bas. Malgré son nombre conséquent de pages, cette adaptation en BD se lit très bien, grâce à une mise en page aérée et un rythme maîtrisé, proche d'un récit d'aventure ponctué de quelques moments plus contemplatifs. Le dessin est efficace et expressif, soutenu par un travail de couleurs convaincant. Les enfants sont facilement identifiables et la mise en scène reste très lisible, ce qui permet de se laisser pleinement porter par l'histoire (en dehors du passage volontairement flou des hallucinations de Simon). Ayant déjà lu et apprécié le roman, j'en connaissais le déroulé, même si certains détails m'étaient sortis de la tête. Cette relecture sous forme graphique m'a permis de mieux en saisir la finesse du propos et la construction progressive de son drame. Les personnages sont solidement campés, chacun trouvant sa place et sa fonction dans le récit. Bien qu'il s'agisse de l'adaptation d'un classique des années 1950, le propos demeure intemporel, et cette version se révèle fraiche, moderne et prenante, comme un excellent récit d'aventure. Pour faire simple, il s'agit de l'adaptation pleinement réussie d'une œuvre à la fois intelligente et dure, qui mérite largement d'être lue.
Why don't you love me?
Corrosif, drôle et tendre ! On va suivre la routine de la famille Hopkins : Mark, Claire et leurs deux enfants. Et le moins que l'on puisse dire c'est que l'on est très loin de la famille idyllique. Claire est dépressive, elle reste cloîtrer à la maison à vider des bouteilles de vin tout en étant odieuse avec son mari et ses enfants (sauf lorsqu'elle a besoin d'être ravitaillée en pinard ou clopes). Le climat familial est pesant. La famille est sur le bord de l'implosion. Une narration construite sur une succession de strips, mais ceux-ci forment un tout, une histoire complète. Le ton employé peut être caustique, dur, tendre ou drôle, il fait toujours mouche. Arrivé au tiers du bouquin j'ai eu un peur que ce soit long et répétitif. Et ben non, tout d'un coup, patatras, le récit bifurque sur d'autres rails, une voie parallèle (ce mot n'est pas choisi au hasard) qui prend une direction inattendue, mais qui curieusement amènera Claire et Mark à la même destination. Et c'est vraiment cela qui donne tout le piquant à cette histoire pas comme les autres. Tu seras un peu désarçonné au départ, mais tout va prendre sens au fil des pages. Un comics qui brasse de nombreux thèmes et principalement les relations avec nos congénères sous la forme d'une chronique sociale, tant dans la sphère privée que dans celle du domaine professionnel. Et pour le coup Paul B. Rainey ne plante pas ses flèches à côté de ses cibles. L'actualité internationale n'est pas oubliée. Un dessin qui ne m'attire pas au premier regard. Un trait simple qui croque avec justesse tout ce petit monde. Il va à l'essentiel tout en restant expressif et minutieux dans les détails lorsque cela est nécessaire. Une mise en page classique avec de nombreuses vignettes par planche, mais la science des cadrages compense ce manque d'originalité. J'ai aimé le choix du format à l'italienne. Du bon boulot. Un comics à découvrir, mais le mieux est d'en savoir le moins possible sur son contenu. Un très bon 4 étoiles.
2001 Nights stories
Un manga ambitieux et étonnant. Une lecture prenante. Étonnant comme manga, en effet. Déjà avec ce très grand format inhabituel pour le genre, et un dessin au trait fin et pur qui, mis à part certains visages (surtout dans le second tome d’ailleurs), s’écarte du style manga main stream pour se rapprocher de styles plus occidentaux. Finalement, il n’y a que le sens de lecture qui le rattache clairement au manga. Si je reste sur le dessin, il est vraiment très bon, très beau, avec de belles planches dans l’espace, des vaisseaux bien restitués. Même si les personnages sont classiques et finalement peu détaillés, et si les décors sont souvent escamotés au profit de fonds blancs. J’ai été moins convaincu par les quelques passages en couleurs (les couleurs elles-mêmes ne m’ayant pas plu). Le résultat reste quand même très agréable. Il m’a fait penser à « L’odyssée de l’espace – une histoire de la conquête spatiale » pour le rendu (et en partie la thématique). Mais, plus qu’une histoire de la conquête spatiale, axée donc sur le passé, c’est une vision SF (mais bourrée de références scientifiques) de ce que pourrait être le futur spatial, avec une forte influence de « 2001 l’odyssée de l’espace », revendiquée dans le titre, nombre d’images, et la postface de l’auteur. Avec quelques personnages comme fil rouge, nous suivons ainsi, sur plusieurs siècles, et dans l’espace quasi infini, l’humanité aux prises avec les limites de la connaissance. De nombreuses citations, bibliques, scientifiques, rendent certains passages assez ardus, tandis que nombre d’autres passages sont quasi muets. Un peu inégal, mais globalement intéressant, voire captivant, le récit se laisse lire agréablement. En effet, les avancées scientifiques, la « conquête/découverte » spatiale permettent aussi en creux, au gré de dialogues ou de péripéties divers, d’évoquer plusieurs sujets : exploitation de l’espace (et les inévitables rivalités pour les ressources), défis scientifiques, sacrifice humain nécessaire à l’avancée de la connaissance, défi lancé aux pensées religieuses (j’ai bien aimé le long chapitre dans le premier album autour de Lucifer et de la volonté du pape de contrôler les connaissances, avec un parallèle avec ce qui s’était passé autour de Galilée), etc. Bon, cela dit, si j’ai beaucoup aimé le premier tome (4 étoiles), le suivant m’a moins accroché (3 étoiles). Le dessin d’abord, plus « manga » et moins détaillé. Le récit ensuite, moins intéressant globalement, même si certains passages sont plus réussis, et si c’est finalement plus rythmé, avec plus de conflits, de morts, d’inquiétudes. Note réelle 3,5/5.