J’ai vraiment adoré lire Star Wars: Dark Vador – Le Seigneur Noir des Sith, une série scénarisée par Charles Soule et dessinée principalement par Giuseppe Camuncoli. L’histoire se déroule juste après Star Wars: Episode III – Revenge of the Sith, au moment où Anakin Skywalker vient tout juste de devenir Dark Vador.
Ce que j’ai trouvé particulièrement intéressant, c’est que ce comics montre vraiment la naissance du véritable Dark Vador. Au début du récit, il n’est pas encore le seigneur Sith froid et terrifiant que l’on connaît dans les films. Il est encore marqué par la chute d’Anakin, il doit apprendre à vivre avec son armure, sa douleur et la haine qui l’alimente. On le voit accomplir ses premières missions pour l’Empereur : traquer les Jedi survivants de l’Ordre 66, trouver son sabre laser Sith et commencer à se faire une place dans l’Empire.
J’ai aussi beaucoup aimé la relation entre Vador et Palpatine. L’Empereur manipule constamment son apprenti et le pousse à devenir toujours plus impitoyable. On comprend bien que Vador est à la fois un monstre redouté et un personnage tragique, prisonnier de sa colère et de ses choix. Le comics développe aussi des éléments que les films ne montrent pas vraiment : les Inquisiteurs, la traque des Jedi survivants, ou encore la construction de la forteresse de Vador sur Mustafar.
Côté dessins, j’ai trouvé le travail de Giuseppe Camuncoli vraiment impressionnant. Son style est très dynamique et très lisible, avec des planches qui donnent parfois l’impression de voir des scènes directement sorties d’un film Star Wars. Les combats au sabre laser sont spectaculaires, les décors sont riches en détails et l’ambiance visuelle est souvent très sombre. Les couleurs jouent beaucoup sur les contrastes et les rouges, ce qui renforce le côté violent et oppressant du récit.
Un point intéressant aussi, c’est l’histoire éditoriale du comics en France. La série a d’abord été publiée en kiosque puis dans la collection 100% Star Wars de Panini Comics en 4 tomes. Elle a ensuite été rééditée en 2 volumes dans la collection Star Wars Deluxe, puis dans une édition Absolute grand format pour les collectionneurs. Plus récemment, l’ensemble du récit a été rassemblé dans un Omnibus d’environ 600 pages.
Au final, j’ai trouvé que Le Seigneur Noir des Sith est un comics vraiment marquant. Il approfondit énormément le personnage de Dark Vador et montre comment Anakin Skywalker disparaît progressivement pour laisser place au seigneur Sith que toute la galaxie redoute. Pour moi, c’est clairement l’une des meilleures histoires Star Wars du canon moderne.
Je ne partais pas convaincu par ce mélange des genres, mais j'avoue que je suis sorti de ma lecture plus que surpris et j'ai beaucoup apprécié ce premier tome.
D'une, le dessin de Vax est de très bonne facture (mention spéciale pour ses dragons !!!), ensuite le scénario tient plus que très bien la route, pour une idée qui paraissait aussi casse gueule. Nicolas Jarry a su trouver les bons dosages pour son melting pot historico-fantastique avec des personnages intéressants et développé une relation humains/dragons qui fait sens.
La narration coule de source grâce a un très bon découpage de Vax ; on se laisse prendre par ce récit au bout de quelques pages pour ne pas le lâcher avant la fin. Les scènes de batailles sont des plus réussies ! Bref, une très bonne mise en bouche !
*** Tome 2 ***
Dans ce 2e tome, Nicolas Jarry nous propose de replonger dans les méandres de la première Guerre Mondiale en suivant le par cours de Frank Luke.
Ce jeune cow-boy américain de 12 ans vois sa vie réduite à peu de chose après qu'un dragon ait englouti le troupeau familial et ruiné dans la foulée la famille. Frank ne rêve que de vengeance et s'engage donc dans le conflit européen qui vient d'éclater pour aller bouffer du dragon. On suit donc cet engagement et son évolution au sein de l'armée de l'air qui va l'amener à affronter l'un des plus terrible dragon qui sème la terreur sur les champs de bataille français...
Je ressors un brin déçu par ce second tome, tant le 1er m'avait agréablement surpris. Pour le coup, la trame de cet opus reste un peu trop classique et prévisible. Côté dessin Léoni et Negrin assurent le contrat avec un trait réaliste qui fait le job et quelques très belles scènes de batailles aériennes.
Bref, un tome qui ne casse pas des briques ; je passe la série à 3.5/5 en attendant de voir ce que le 3e donnera, en espérant qu'il sera plus dans l'esprit du 1er.
*** Tome 3 ***
Si le premier tome reste jusqu’ici le meilleur à mes yeux, ce 3e opus m'a quand même davantage intéressé que le précédent.
C'est en effet l'originalité du contexte choisi qui m'a intéressé : la guerre civile angolaise qui a suivi l'indépendance officielle du pays en 1975, ancienne colonie portugaise. Je ne connaissais rien de cette transition, le fait est qu'elle s'est faite dans la douleur. Les indépendantistes s'éparpillaient déjà dans au moins 3 partis, quand la guerre civile a éclaté, ça ne s'est pas arrangé.
C'est donc dans ce contexte que notre jeune héroïne va se retrouver embrigader par une des milices para-militaire (le MPLA) comme de nombreux enfants. Leur chef sème la terreur grâce au dragon qu'il contrôle, les récalcitrants finissant rapidement en en-cas ou calciné proprement... Mais notre jeune Anica, 13 ans ne compte pas faire carrière et réussit à s'enfuir ; elle a toujours en mémoire l'histoire du Kongamato que lui racontait son grand-père : une créature légendaire venait parfois se mettre au service des guerriers de son village lorsque le malheur frappait...
Si l'histoire reste assez prévisible, elle n'en reste pas moins agréable, servie par un dessin efficace. Une bonne BD pop-corn.
Je reste sur une notation globale à 3.5/5
*** Tome 5 ***
Ce cinquième opus nous embarque en 1969 en pleine guerre du Vietnam. Nick, un tireur d'élite, et son commando crashent leur hélicoptère en pleine jungle après avoir été attaqué par un dragon. Seul survivant, il épargne un jeune garçon, qui pourtant maîtrise le dragon qui vient de les attaquer. Il prend même le parti de s'enfuir avec lui avant l'arrivée des Vietcongs à travers la jungle...
J'avoue avoir bien apprécié ce nouvel album de la série, que je classerai juste après le premier de la collection. Le dessin de Stéphane Bervas est bon et nous immerge parfaitement dans ce contexte de la guerre du Vietnam, lui donnant l'opportunité de nous proposer de magnifiques dessins de jungle et de son ambiance si singulière. Ses dragons sont aussi très réussis. Ajoutez à cela une trame narrative bien pensée, loin des manichéismes qu'on retrouve trop souvent dans les récits de guerre, des rebondissements qu'on ne voit pas venir, et vous avez au final un album qui tient parfaitement la route et se laisse lire avec grand plaisir.
L’histoire des affrontements relève parfois de cruelles désillusions.
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Ce tome contient une histoire complète, indépendante de toute autre, constituant le onzième tome de cette série sur les batailles navales. Son édition originale date de 2019. Il a été réalisé par Jean-Yves Delitte, peintre officiel de la Marine, membre titulaire de l’académie des Arts & Sciences de la Mer, pour le scénario et les dessins, et par Douchka Delitte pour les couleurs. Il comprend quarante-six pages de bande dessinée. Il se termine par un dossier historique de huit pages, rédigé par le scénariste, agrémenté de documents visuels comprenant neuf chapitres et un glossaire. Les différentes parties portent les titres suivants : Il y a d’abord un traité…, … Et puis une réalité, La guerre totale se fait aussi sur les mers, Un nouveau géant mais au pied d’argile, 1-0 La balle au centre, L’art de viser juste, Un jeu de cache-cache, Et au final le lion dévore l’aigle !, Le crépuscule des dieux.
Berlin, janvier 1991. Suite à l’invasion du Koweït par les forces irakiennes, l’opération Desert Storm, menée par les États-Unis est lancée dans la nuit du 17 janvier 1991. Une guerre suivie en direct à la télévision. En cette journée de janvier, ce sont les images d’un cuirassé qui alterne les bordées de 406mm et lancement de missiles Tomahawk, qui tournent en boucle. C’est le USS Missouri, l’un des derniers cuirassés au monde encore en activité. Affectueusement surnommé Big Mo, le cuirassé, lancé en 1944, déplace plus de 58.000 tonnes. Affalé dans son fauteuil, Ludovic Dekoning est en train de regarder les informations télévisées, pendant que son petit-fils joue à la guerre avec un casque sur la tête, un modèle réduit d’avion dans sa main droite, et celui du Bismarck dans la gauche. Le grand-père reconnaît immédiatement sa maquette, et la reprend des mains du garçon pour la replacer sur son étagère. Les souvenirs remontent.
En mai 1941… Ludovic Dekoning était matelot, technicien de pont à bord du Bismarck. Matelot breveté Ludovic Dekoning ! Il était fier ! Ils étaient quelque part dans les eaux glacées, aux limites de la banquise, entre les terres du Groenland et celles d’Islande. Le Bismarck avait appareillé deux jours plus tôt de Norvège avec le Prinz Eugen, un fier croiseur lourd. Ils avaient reçu la mission d’aller semer la pagaille dans l’Atlantique. Même si l’Europe était à genoux, que leur armée était aux portes de l’Union soviétique et qu’ils occupaient la moitié d’un pays comme la France, la guerre n’était pas finie. On ne sait trop comment, mais les Anglais leur sont rapidement tombés dessus. Au début, ça ne portait pas à conséquence, deux croiseurs qui prenaient garde à ne pas s’approcher d’eux et de leurs canons de 380. Mais le 24 au matin, la partition a changé : le Hood et le Prince of Wales sont entrés dans la danse ! Un croiseur de bataille et un cuirassé, deux titans des mers. Ils n’en menaient pas large… Les deux navires anglais tirent sur le cuirassé allemand qui encaisse les coups. Le Bismarck riposte et coule le HMS The Hood.
Le cuirassé de la mort !!! Hmm, hmm… En reprenant un peu de distance, quelle illustration de couverture !!! Quel navire ! Un cuirassé allemand mis en service le vingt-quatre août 1940, le plus grand navire allemand de la seconde guerre mondiale, deux cent cinquante mètres de long, 41.700 tonnes de déplacement, 50.300 tonnes de port en lourd, plus de deux mille hommes d’équipage, sans parler de ses canons. Il vient de participer à la bataille du détroit du Danemark, il a été pris en chasse et au final il est poursuivi par une trentaine de vaisseaux dont des cuirassés, des croiseurs de batailles, puis deux porte-avions, et des croiseurs lourds. L’horizon d’attente du lecteur est alimenté par ce bâtiment hors norme. L’auteur en a bien conscience : ce navire figure dans plus de trente pages de ce tome. Le lecteur se trouve aussi bien à bord avec le technicien de pont, qu’en pleine mer à contempler la silhouette du cuirassé, que dans les airs au milieu des avions en train de le survoler ou de lui tirer dessus. L’illustrateur s’en donne à cœur joie pour le représenter, soit en totalité en mettant en valeur sa longueur et sa masse, soit depuis le pont ou ses coursives pour donner à voir la masse monstrueuse de ses canons dont 8 de 380mm répartis dans quatre tourelles (A, B, C et D) dénommées Anton, Bruno, Caesar et Dora, le blindage de sa coque, ses gigantesques hélices et ses gouvernails, son fier pavillon, ses canots de sauvetage massifs également, jusqu’à ce qu’il coule à pic.
D’une manière inhabituelle pour cette série, le récit commence à une époque différente de celle de la bataille navale concernée : 1991. Le lecteur comprend bien que cette introduction de deux pages sert à présenter le personnage qui remplit le rôle de point de repère humain dans le récit, un matelot à bord du Bismarck. Il relève également la remarque sur l’un des derniers cuirassés au monde concernant l’USS Missouri. En lisant le dossier historique, le sens de cette remarque prend toute son ampleur, dans le paragraphe intitulé : Le crépuscule des dieux. L’auteur évoque le bombardement du port de Tarente en 1940, le désastre de Pearl Harbor en décembre 1941, les pertes du HMS Prince of Whales et du HMS Repulse, également en décembre 1941, la fin du Tirpitz ou encore des géants japonais Musashi et Yamato. Puis il mentionne les écrits de 1920 de l’Anglais John Fischer, marin émérite, et en 1921, les théories du général américain William Billy Mitchell mal accueillies après qu’il ait déclaré que l’état-major de la marine s’y connaît en aviation autant qu’un cochon en patinage. Delitte conclut par C’est donc les affres de la Seconde Guerre mondiale qui vont imposer une évidence : la suprématie des cuirassés sur les eaux est terminée et les engagements d’artillerie entre vaisseaux de surface appartiennent au passé. Un nouveau roi s’est emparé du trône, il se nomme porte-avions.
Le lecteur retrouve avec plaisir les caractéristiques graphiques de cet illustrateur : traits de contour acérés, visages expressifs et naturels, usages d’aplats de noir aux formes irrégulières et déchiquetées. Tout cela concourt à donner une sensation de réalité un peu râpeuse, transcrivant des conditions de vie dures et âpres, un environnement indifférent à la vie humaine, que ce soient les formes géométriques métalliques du Bismarck, la salle d’opérations du commandement de la marine britannique, on encore l’immensité des flots. Pour ces derniers, le lecteur peut voir l’agitation créée par les obus, par les mouvements des navires et leur étrave, ou bien la mer étale lors de survols par avion, ces dernières situations bénéficiant de deux dessins en double page en attaque nocturne. Il ressent la violence des impacts sur la structure du cuirassé qui essuie les tirs. Il s’est préparé à l’issue finale, et pour autant il sent l’émotion l’étreindre à la vue de ces trois cases contigües de la hauteur de la page. Comme à son habitude dans cette série, la coloriste utilise une palette de couleurs sombres et un peu ternes, qui ajoutent au sérieux du récit : elles n’accablent pas les personnages, tout en induisant qu’il ne peut pas y avoir de moment joyeux. Les seules lueurs orangées qui viennent apporter une touche plus claire correspondent aux éclats des détonations, soulignant ainsi leur violence.
Le lecteur passe ensuite au dossier historique. Comme pour les autres tomes de la série, ce dernier apporte de nombreuses informations de contexte dont l’inclusion dans la bande dessinée l’aurait rendue indigeste. Sont passés en revue le traité de Washington, signé en février 1922 (une tentative pour régulariser le tonnage total des flottes accordé à chaque État, au prorata, en particulier de leur territoire maritime, ainsi que leur déplacement et leur puissance de feu, mais il n’est pas demandé aux différents signataires de démanteler leur flotte dans l’immédiat pour se conformer au traité), la réalité des flottes en présence, l’art de tirer, et le sort des cuirassés. En fonction de ses connaissances préalables, le lecteur peut se retrouver passionné par les conséquences de la modernisation de l’artillerie et les performances grandissantes des canons, et la découverte de leur puissance réelle.
Comme à son habitude, l’auteur met en scène plusieurs points de vue humains très caractérisés de son récit, sans présence féminine. Ainsi le lecteur sait dès les premières pages que Ludovic Dekoning va survivre au coulage du Bismarck, un des rares rescapés d’un équipage de plus de deux milles hommes. Cela induit qu’il considère ses points de vue et ses répliques à l’aune de cette issue, ce qui colore également le positionnement de son camarade prénommé Adolf, entièrement acquis à l’idéologie nazie. Par effet miroir, le lecteur se trouve dans une forme d’opposition assez bizarre aux attaques britanniques, d’un côté parce qu’il connaît déjà le sort de ce cuirassé, de l’autre parce que les alliés deviennent les persécuteurs de marins qui ne font que leur travail, effectuant des attaques en masse sur un unique bâtiment. À nouveau, il n’y a pas de morale à cette bataille : les êtres humains sur ce navire subissent les conséquences des décisions d’autres êtres humains dans des salles d’opérations, les attaques des avions, les blessures causées par le métal déchiqueté, les noyades horribles, etc.
Dans ce tome, l’auteur donne au lecteur ce qu’il attend : la course-poursuite du cuirassé le Bismarck, par les Britanniques. Comme à son habitude, sa narration visuelle est impeccable sur le plan de la reconstitution, avec une ambiance dure et factuelle, mêlant scènes spectaculaires mettant en valeur les navires (et les avions) et dialogues entre hommes très humains. Le lecteur n’est pas près d’oublier la puissance massive du Bismarck, la situation des marins ne pouvant qu’effectuer leurs tâches sur ce bâtiment en pleine mer, et la traque sans merci organisée de main de maître par l’état-major britannique. Une réussite.
Une horreur spirituelle sombre et dérangeante.
Avec cet album, Gus Moreno et Jakub Rebelka proposent un récit d’horreur spirituelle particulièrement sombre. L’atmosphère est glauque et parfois suffocante, rappelant par moments certaines ambiances proches de H. P. Lovecraft.
Les dessins de Rebelka m’ont beaucoup plu. Le style est expressif et les visages sont particulièrement réussis, ce qui renforce la tension et le malaise qui accompagnent le récit. L’imagerie religieuse et macabre contribue également à installer une ambiance très singulière.
On comprend aussi que le titre fait référence à une phrase inspirée de la Bible, évoquant une vengeance qui dépasse la simple revanche personnelle pour prendre une dimension presque inévitable, comme une forme de justice tardive.
Mon seul regret concerne la longueur de l’album, que j’ai trouvé assez court. La fin ouverte m’avait d’ailleurs laissé penser qu’une suite pourrait être envisagée, mais il semble finalement qu’il s’agisse d’un one-shot.
Une lecture sombre et marquante.
VALMY, C'EST FINI:
Juncker aime bien s’immiscer dans les interstices de L’histoire, pour y glisser sa malice, sans en changer trop la trame (il est proche en ce sens de Teulé). Et la période Révolution/Empire semble être un bon terrain de jeu pour lui (voir, entre autres, l’excellent Malet !).
Ici, nous avons droit aux mémoires d’un soldat de l’épopée révolutionnaire, qui se prénomme dragon (et est aussi dragon, c’est-à-dire cavalier). Si la trame historique n’est pas trop distordue dans ses grandes lignes – et une pseudo interview de Dragon en fin d’album tente de le confirmer dans une sorte de dossier historique –, les détails sont on ne peut plus loufoques.
C‘est en effet une grosse farce historico-militaire dans laquelle Juncker nous entraine, à la suite de Dragon, pleutre et vénal, mais surtout sodomite obsédé (sans préférence pour le sexe, même si, à l’armée, les hommes offrent plus de possibilités).
Souvent grand-guignolesque, l’intrigue est agréable à suivre, les réparties et pas mal de situations sont assez drôles (d’autant plus qu’elles impliquent des célébrités, généraux, Conventionnels, membres de la famille royale, etc.).
Le côté décalé, loufoque, est accentué par le dessin de Spruyt, proche de celui de Dumontheuil, caricatural et tout à fait adapté au ton développé par Juncker.
Je ne sais pas jusqu’où les auteurs vont mener notre dragon. Mais en l’état, c’est une série que je recommande fortement, pour une vision décalée, caricaturale, parfois déjantée d’une page de notre Histoire.
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LA BELGIQUE, C'EST CHIC:
Si j'ai trouvé ce deuxième tome un peu moins emballant que le précédent (l'humour m'est apparu moins présent et outrancier), ça reste quand même une lecture agréable, amusante. Les auteurs ont gardé le côté loufoque qui leur sert d'angle d'attaque pour traiter de la geste révolutionnaire.
Si Dragon est encore très lubrique - et attiré par les fesses hauts placées, cet aspect est moins présent. Par contre, ses côtés lâche, et surtout voleur ressortent davantage. Alors qu'il est dans l'armée de Dumouriez en Belgique, il est embarqué dans des magouilles de vols d'oeuvres d'art par un Danton trafiquant de haut vol (ces oeuvres étant remplacées par des copies aux airs de croûtes infectes).
Le dessin de Spruyt sied toujours au ton employé, et la narration de Juncker est elle aussi dynamique. La lecture est donc toujours recommandée. dans l'album suivant, notre anti-héros nous narrera comment il a suivi Napoléon Bonaparte en Italie. Ça promet !
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OSEZ, JOSEPHINE:
Un album dans la lignée du précédent, un chouia en retrait du tome inaugural (mais l'effet de surprise ne joue sans doute plus).
Mais, sur l'élan, ça reste quand même une lecture très agréable. Avec un anti-héros bourré de défauts (lâche, obsédé, vantard, voire mythomane - il n'y a qu'à voir la vision de son rôle dans les grandes batailles napoléoniennes !). Mais c'est aussi une forme de loser, qui n'atteint réellement aucun de ses buts (si ce n'est rester en vie - ce qui n'est pas rien quand même !). Et toujours des tableaux au coeur de l'intrigue, notre héros s'y retrouvant dans des postures pas toujours à son avantage.
En tout cas Juncker prouve une nouvelle fois qu'il sait très bien jouer de l'Histoire, pour la pervertir et mettre en avant des "second rôles: il nous donne même en épilogue une explication à l'absence de dragon des livres d'histoire.
En plus lubrique et paillard, j'ai trouvé que Dragon avait pas mal de points communs avec le Blutch des "Tuniques bleues".
Au final, voilà une série des plus recommandables !
Enki Bilal propose avec Monstre une série de science-fiction sombre et très personnelle. L’univers est étrange, inquiétant, et l’atmosphère visuelle est immédiatement reconnaissable grâce à son style graphique unique. Une vraie œuvre d’art.
Les dessins dégagent une ambiance froide et mélancolique qui correspond parfaitement au ton du récit. Seul bémol : la narration qui devient un peu confuse vers la fin et demande une véritable attention.
J’avais d’ailleurs eu l’occasion de visiter Sarajevo, ce qui m’a rendu le destin des protagonistes encore plus touchant.
Plus on avance dans la série, plus on comprend que le « monstre » du titre n’est pas une créature, mais plutôt l’Histoire humaine elle-même, avec ses guerres, ses manipulations et ses traumatismes qui se transmettent de génération en génération.
Une œuvre ambitieuse, sombre et marquante.
Lanfeust de Troy est une série d’heroic-fantasy extrêmement divertissante. L’univers imaginé par Christophe Arleston est riche, original et plein d’humour.
J’aime particulièrement l’idée que chaque habitant du monde de Troy possède un pouvoir magique unique, souvent très spécifique ou parfois complètement inutile. Ce concept donne lieu à beaucoup de situations amusantes et participe grandement au charme de la série.
Les personnages sont vraiment réussis et attachants, et l’univers est très bien construit, ce qui rend la lecture immersive et plaisante. Le dessin de Didier Tarquin est dynamique et très efficace pour donner vie à ce monde de fantasy.
J’ai moins apprécié l’hypersexualisation assez marquée des personnages féminins même si cela fait clairement partie du style et de l’humour des auteurs.
Malgré cela, la série reste culte et impressionne par sa longévité : plus de vingt ans après sa sortie, elle ne semble pas avoir vieilli et reste toujours aussi plaisante à lire.
Une lecture agréable et pleine d’humour
L’histoire est originale et pleine de situations improbables qui rendent le récit amusant et très fluide à lire. On se laisse facilement embarquer dans ce voyage complètement fou à travers l’Europe.
Le scénario de Zidrou, adapté du roman de Romain Puértolas, fonctionne bien et propose une aventure légère, souvent drôle et pleine de fantaisie.
Les dessins de Jordi Lafebre restent très corrects, même s’ils ne sont pas forcément ce qui m’a le plus marqué dans l’album.
Au final, une BD sympathique et divertissante qui se lit avec plaisir.
Je la noterais 3,5/5
Le Daredevil : Yellow de Jeph Loeb revient sur les débuts de Matt Murdock et sur la naissance de Daredevil, en replongeant dans les premières années du personnage et dans son environnement à Hell’s Kitchen.
Le récit possède un ton très nostalgique et se lit avec beaucoup de fluidité. On suit les premiers pas du jeune Matt Murdock, ses doutes, ses combats et sa relation avec Karen Page, ce qui donne une dimension assez touchante à l’histoire.
Le dessin de Tim Sale apporte énormément de charme au récit, avec un style très expressif qui renforce l’atmosphère du comics.
Au final, c’est une excellente porte d’entrée pour découvrir les débuts du protecteur de Hell’s Kitchen, dans un récit simple, efficace et très agréable à lire.
J’ai été agréablement surpris par cette aventure que j’ai lue en une seule traite. L’écriture de Chamblain est très réussie et l’histoire se lit avec beaucoup de fluidité.
Le mélange entre une ambiance à la Dickens et l’esprit de L’Île au trésor fonctionne à merveille et donne une vraie saveur d’aventure au récit. L’univers est immersif et très plaisant à parcourir.
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Star Wars - Dark Vador - Le Seigneur noir des Sith
J’ai vraiment adoré lire Star Wars: Dark Vador – Le Seigneur Noir des Sith, une série scénarisée par Charles Soule et dessinée principalement par Giuseppe Camuncoli. L’histoire se déroule juste après Star Wars: Episode III – Revenge of the Sith, au moment où Anakin Skywalker vient tout juste de devenir Dark Vador. Ce que j’ai trouvé particulièrement intéressant, c’est que ce comics montre vraiment la naissance du véritable Dark Vador. Au début du récit, il n’est pas encore le seigneur Sith froid et terrifiant que l’on connaît dans les films. Il est encore marqué par la chute d’Anakin, il doit apprendre à vivre avec son armure, sa douleur et la haine qui l’alimente. On le voit accomplir ses premières missions pour l’Empereur : traquer les Jedi survivants de l’Ordre 66, trouver son sabre laser Sith et commencer à se faire une place dans l’Empire. J’ai aussi beaucoup aimé la relation entre Vador et Palpatine. L’Empereur manipule constamment son apprenti et le pousse à devenir toujours plus impitoyable. On comprend bien que Vador est à la fois un monstre redouté et un personnage tragique, prisonnier de sa colère et de ses choix. Le comics développe aussi des éléments que les films ne montrent pas vraiment : les Inquisiteurs, la traque des Jedi survivants, ou encore la construction de la forteresse de Vador sur Mustafar. Côté dessins, j’ai trouvé le travail de Giuseppe Camuncoli vraiment impressionnant. Son style est très dynamique et très lisible, avec des planches qui donnent parfois l’impression de voir des scènes directement sorties d’un film Star Wars. Les combats au sabre laser sont spectaculaires, les décors sont riches en détails et l’ambiance visuelle est souvent très sombre. Les couleurs jouent beaucoup sur les contrastes et les rouges, ce qui renforce le côté violent et oppressant du récit. Un point intéressant aussi, c’est l’histoire éditoriale du comics en France. La série a d’abord été publiée en kiosque puis dans la collection 100% Star Wars de Panini Comics en 4 tomes. Elle a ensuite été rééditée en 2 volumes dans la collection Star Wars Deluxe, puis dans une édition Absolute grand format pour les collectionneurs. Plus récemment, l’ensemble du récit a été rassemblé dans un Omnibus d’environ 600 pages. Au final, j’ai trouvé que Le Seigneur Noir des Sith est un comics vraiment marquant. Il approfondit énormément le personnage de Dark Vador et montre comment Anakin Skywalker disparaît progressivement pour laisser place au seigneur Sith que toute la galaxie redoute. Pour moi, c’est clairement l’une des meilleures histoires Star Wars du canon moderne.
Guerres & Dragons
Je ne partais pas convaincu par ce mélange des genres, mais j'avoue que je suis sorti de ma lecture plus que surpris et j'ai beaucoup apprécié ce premier tome. D'une, le dessin de Vax est de très bonne facture (mention spéciale pour ses dragons !!!), ensuite le scénario tient plus que très bien la route, pour une idée qui paraissait aussi casse gueule. Nicolas Jarry a su trouver les bons dosages pour son melting pot historico-fantastique avec des personnages intéressants et développé une relation humains/dragons qui fait sens. La narration coule de source grâce a un très bon découpage de Vax ; on se laisse prendre par ce récit au bout de quelques pages pour ne pas le lâcher avant la fin. Les scènes de batailles sont des plus réussies ! Bref, une très bonne mise en bouche ! *** Tome 2 *** Dans ce 2e tome, Nicolas Jarry nous propose de replonger dans les méandres de la première Guerre Mondiale en suivant le par cours de Frank Luke. Ce jeune cow-boy américain de 12 ans vois sa vie réduite à peu de chose après qu'un dragon ait englouti le troupeau familial et ruiné dans la foulée la famille. Frank ne rêve que de vengeance et s'engage donc dans le conflit européen qui vient d'éclater pour aller bouffer du dragon. On suit donc cet engagement et son évolution au sein de l'armée de l'air qui va l'amener à affronter l'un des plus terrible dragon qui sème la terreur sur les champs de bataille français... Je ressors un brin déçu par ce second tome, tant le 1er m'avait agréablement surpris. Pour le coup, la trame de cet opus reste un peu trop classique et prévisible. Côté dessin Léoni et Negrin assurent le contrat avec un trait réaliste qui fait le job et quelques très belles scènes de batailles aériennes. Bref, un tome qui ne casse pas des briques ; je passe la série à 3.5/5 en attendant de voir ce que le 3e donnera, en espérant qu'il sera plus dans l'esprit du 1er. *** Tome 3 *** Si le premier tome reste jusqu’ici le meilleur à mes yeux, ce 3e opus m'a quand même davantage intéressé que le précédent. C'est en effet l'originalité du contexte choisi qui m'a intéressé : la guerre civile angolaise qui a suivi l'indépendance officielle du pays en 1975, ancienne colonie portugaise. Je ne connaissais rien de cette transition, le fait est qu'elle s'est faite dans la douleur. Les indépendantistes s'éparpillaient déjà dans au moins 3 partis, quand la guerre civile a éclaté, ça ne s'est pas arrangé. C'est donc dans ce contexte que notre jeune héroïne va se retrouver embrigader par une des milices para-militaire (le MPLA) comme de nombreux enfants. Leur chef sème la terreur grâce au dragon qu'il contrôle, les récalcitrants finissant rapidement en en-cas ou calciné proprement... Mais notre jeune Anica, 13 ans ne compte pas faire carrière et réussit à s'enfuir ; elle a toujours en mémoire l'histoire du Kongamato que lui racontait son grand-père : une créature légendaire venait parfois se mettre au service des guerriers de son village lorsque le malheur frappait... Si l'histoire reste assez prévisible, elle n'en reste pas moins agréable, servie par un dessin efficace. Une bonne BD pop-corn. Je reste sur une notation globale à 3.5/5 *** Tome 5 *** Ce cinquième opus nous embarque en 1969 en pleine guerre du Vietnam. Nick, un tireur d'élite, et son commando crashent leur hélicoptère en pleine jungle après avoir été attaqué par un dragon. Seul survivant, il épargne un jeune garçon, qui pourtant maîtrise le dragon qui vient de les attaquer. Il prend même le parti de s'enfuir avec lui avant l'arrivée des Vietcongs à travers la jungle... J'avoue avoir bien apprécié ce nouvel album de la série, que je classerai juste après le premier de la collection. Le dessin de Stéphane Bervas est bon et nous immerge parfaitement dans ce contexte de la guerre du Vietnam, lui donnant l'opportunité de nous proposer de magnifiques dessins de jungle et de son ambiance si singulière. Ses dragons sont aussi très réussis. Ajoutez à cela une trame narrative bien pensée, loin des manichéismes qu'on retrouve trop souvent dans les récits de guerre, des rebondissements qu'on ne voit pas venir, et vous avez au final un album qui tient parfaitement la route et se laisse lire avec grand plaisir.
Le Bismarck
L’histoire des affrontements relève parfois de cruelles désillusions. - Ce tome contient une histoire complète, indépendante de toute autre, constituant le onzième tome de cette série sur les batailles navales. Son édition originale date de 2019. Il a été réalisé par Jean-Yves Delitte, peintre officiel de la Marine, membre titulaire de l’académie des Arts & Sciences de la Mer, pour le scénario et les dessins, et par Douchka Delitte pour les couleurs. Il comprend quarante-six pages de bande dessinée. Il se termine par un dossier historique de huit pages, rédigé par le scénariste, agrémenté de documents visuels comprenant neuf chapitres et un glossaire. Les différentes parties portent les titres suivants : Il y a d’abord un traité…, … Et puis une réalité, La guerre totale se fait aussi sur les mers, Un nouveau géant mais au pied d’argile, 1-0 La balle au centre, L’art de viser juste, Un jeu de cache-cache, Et au final le lion dévore l’aigle !, Le crépuscule des dieux. Berlin, janvier 1991. Suite à l’invasion du Koweït par les forces irakiennes, l’opération Desert Storm, menée par les États-Unis est lancée dans la nuit du 17 janvier 1991. Une guerre suivie en direct à la télévision. En cette journée de janvier, ce sont les images d’un cuirassé qui alterne les bordées de 406mm et lancement de missiles Tomahawk, qui tournent en boucle. C’est le USS Missouri, l’un des derniers cuirassés au monde encore en activité. Affectueusement surnommé Big Mo, le cuirassé, lancé en 1944, déplace plus de 58.000 tonnes. Affalé dans son fauteuil, Ludovic Dekoning est en train de regarder les informations télévisées, pendant que son petit-fils joue à la guerre avec un casque sur la tête, un modèle réduit d’avion dans sa main droite, et celui du Bismarck dans la gauche. Le grand-père reconnaît immédiatement sa maquette, et la reprend des mains du garçon pour la replacer sur son étagère. Les souvenirs remontent. En mai 1941… Ludovic Dekoning était matelot, technicien de pont à bord du Bismarck. Matelot breveté Ludovic Dekoning ! Il était fier ! Ils étaient quelque part dans les eaux glacées, aux limites de la banquise, entre les terres du Groenland et celles d’Islande. Le Bismarck avait appareillé deux jours plus tôt de Norvège avec le Prinz Eugen, un fier croiseur lourd. Ils avaient reçu la mission d’aller semer la pagaille dans l’Atlantique. Même si l’Europe était à genoux, que leur armée était aux portes de l’Union soviétique et qu’ils occupaient la moitié d’un pays comme la France, la guerre n’était pas finie. On ne sait trop comment, mais les Anglais leur sont rapidement tombés dessus. Au début, ça ne portait pas à conséquence, deux croiseurs qui prenaient garde à ne pas s’approcher d’eux et de leurs canons de 380. Mais le 24 au matin, la partition a changé : le Hood et le Prince of Wales sont entrés dans la danse ! Un croiseur de bataille et un cuirassé, deux titans des mers. Ils n’en menaient pas large… Les deux navires anglais tirent sur le cuirassé allemand qui encaisse les coups. Le Bismarck riposte et coule le HMS The Hood. Le cuirassé de la mort !!! Hmm, hmm… En reprenant un peu de distance, quelle illustration de couverture !!! Quel navire ! Un cuirassé allemand mis en service le vingt-quatre août 1940, le plus grand navire allemand de la seconde guerre mondiale, deux cent cinquante mètres de long, 41.700 tonnes de déplacement, 50.300 tonnes de port en lourd, plus de deux mille hommes d’équipage, sans parler de ses canons. Il vient de participer à la bataille du détroit du Danemark, il a été pris en chasse et au final il est poursuivi par une trentaine de vaisseaux dont des cuirassés, des croiseurs de batailles, puis deux porte-avions, et des croiseurs lourds. L’horizon d’attente du lecteur est alimenté par ce bâtiment hors norme. L’auteur en a bien conscience : ce navire figure dans plus de trente pages de ce tome. Le lecteur se trouve aussi bien à bord avec le technicien de pont, qu’en pleine mer à contempler la silhouette du cuirassé, que dans les airs au milieu des avions en train de le survoler ou de lui tirer dessus. L’illustrateur s’en donne à cœur joie pour le représenter, soit en totalité en mettant en valeur sa longueur et sa masse, soit depuis le pont ou ses coursives pour donner à voir la masse monstrueuse de ses canons dont 8 de 380mm répartis dans quatre tourelles (A, B, C et D) dénommées Anton, Bruno, Caesar et Dora, le blindage de sa coque, ses gigantesques hélices et ses gouvernails, son fier pavillon, ses canots de sauvetage massifs également, jusqu’à ce qu’il coule à pic. D’une manière inhabituelle pour cette série, le récit commence à une époque différente de celle de la bataille navale concernée : 1991. Le lecteur comprend bien que cette introduction de deux pages sert à présenter le personnage qui remplit le rôle de point de repère humain dans le récit, un matelot à bord du Bismarck. Il relève également la remarque sur l’un des derniers cuirassés au monde concernant l’USS Missouri. En lisant le dossier historique, le sens de cette remarque prend toute son ampleur, dans le paragraphe intitulé : Le crépuscule des dieux. L’auteur évoque le bombardement du port de Tarente en 1940, le désastre de Pearl Harbor en décembre 1941, les pertes du HMS Prince of Whales et du HMS Repulse, également en décembre 1941, la fin du Tirpitz ou encore des géants japonais Musashi et Yamato. Puis il mentionne les écrits de 1920 de l’Anglais John Fischer, marin émérite, et en 1921, les théories du général américain William Billy Mitchell mal accueillies après qu’il ait déclaré que l’état-major de la marine s’y connaît en aviation autant qu’un cochon en patinage. Delitte conclut par C’est donc les affres de la Seconde Guerre mondiale qui vont imposer une évidence : la suprématie des cuirassés sur les eaux est terminée et les engagements d’artillerie entre vaisseaux de surface appartiennent au passé. Un nouveau roi s’est emparé du trône, il se nomme porte-avions. Le lecteur retrouve avec plaisir les caractéristiques graphiques de cet illustrateur : traits de contour acérés, visages expressifs et naturels, usages d’aplats de noir aux formes irrégulières et déchiquetées. Tout cela concourt à donner une sensation de réalité un peu râpeuse, transcrivant des conditions de vie dures et âpres, un environnement indifférent à la vie humaine, que ce soient les formes géométriques métalliques du Bismarck, la salle d’opérations du commandement de la marine britannique, on encore l’immensité des flots. Pour ces derniers, le lecteur peut voir l’agitation créée par les obus, par les mouvements des navires et leur étrave, ou bien la mer étale lors de survols par avion, ces dernières situations bénéficiant de deux dessins en double page en attaque nocturne. Il ressent la violence des impacts sur la structure du cuirassé qui essuie les tirs. Il s’est préparé à l’issue finale, et pour autant il sent l’émotion l’étreindre à la vue de ces trois cases contigües de la hauteur de la page. Comme à son habitude dans cette série, la coloriste utilise une palette de couleurs sombres et un peu ternes, qui ajoutent au sérieux du récit : elles n’accablent pas les personnages, tout en induisant qu’il ne peut pas y avoir de moment joyeux. Les seules lueurs orangées qui viennent apporter une touche plus claire correspondent aux éclats des détonations, soulignant ainsi leur violence. Le lecteur passe ensuite au dossier historique. Comme pour les autres tomes de la série, ce dernier apporte de nombreuses informations de contexte dont l’inclusion dans la bande dessinée l’aurait rendue indigeste. Sont passés en revue le traité de Washington, signé en février 1922 (une tentative pour régulariser le tonnage total des flottes accordé à chaque État, au prorata, en particulier de leur territoire maritime, ainsi que leur déplacement et leur puissance de feu, mais il n’est pas demandé aux différents signataires de démanteler leur flotte dans l’immédiat pour se conformer au traité), la réalité des flottes en présence, l’art de tirer, et le sort des cuirassés. En fonction de ses connaissances préalables, le lecteur peut se retrouver passionné par les conséquences de la modernisation de l’artillerie et les performances grandissantes des canons, et la découverte de leur puissance réelle. Comme à son habitude, l’auteur met en scène plusieurs points de vue humains très caractérisés de son récit, sans présence féminine. Ainsi le lecteur sait dès les premières pages que Ludovic Dekoning va survivre au coulage du Bismarck, un des rares rescapés d’un équipage de plus de deux milles hommes. Cela induit qu’il considère ses points de vue et ses répliques à l’aune de cette issue, ce qui colore également le positionnement de son camarade prénommé Adolf, entièrement acquis à l’idéologie nazie. Par effet miroir, le lecteur se trouve dans une forme d’opposition assez bizarre aux attaques britanniques, d’un côté parce qu’il connaît déjà le sort de ce cuirassé, de l’autre parce que les alliés deviennent les persécuteurs de marins qui ne font que leur travail, effectuant des attaques en masse sur un unique bâtiment. À nouveau, il n’y a pas de morale à cette bataille : les êtres humains sur ce navire subissent les conséquences des décisions d’autres êtres humains dans des salles d’opérations, les attaques des avions, les blessures causées par le métal déchiqueté, les noyades horribles, etc. Dans ce tome, l’auteur donne au lecteur ce qu’il attend : la course-poursuite du cuirassé le Bismarck, par les Britanniques. Comme à son habitude, sa narration visuelle est impeccable sur le plan de la reconstitution, avec une ambiance dure et factuelle, mêlant scènes spectaculaires mettant en valeur les navires (et les avions) et dialogues entre hommes très humains. Le lecteur n’est pas près d’oublier la puissance massive du Bismarck, la situation des marins ne pouvant qu’effectuer leurs tâches sur ce bâtiment en pleine mer, et la traque sans merci organisée de main de maître par l’état-major britannique. Une réussite.
Et lorsque ma vengeance s'abattra sur vous
Une horreur spirituelle sombre et dérangeante. Avec cet album, Gus Moreno et Jakub Rebelka proposent un récit d’horreur spirituelle particulièrement sombre. L’atmosphère est glauque et parfois suffocante, rappelant par moments certaines ambiances proches de H. P. Lovecraft. Les dessins de Rebelka m’ont beaucoup plu. Le style est expressif et les visages sont particulièrement réussis, ce qui renforce la tension et le malaise qui accompagnent le récit. L’imagerie religieuse et macabre contribue également à installer une ambiance très singulière. On comprend aussi que le titre fait référence à une phrase inspirée de la Bible, évoquant une vengeance qui dépasse la simple revanche personnelle pour prendre une dimension presque inévitable, comme une forme de justice tardive. Mon seul regret concerne la longueur de l’album, que j’ai trouvé assez court. La fin ouverte m’avait d’ailleurs laissé penser qu’une suite pourrait être envisagée, mais il semble finalement qu’il s’agisse d’un one-shot. Une lecture sombre et marquante.
Les Mémoires du Dragon Dragon
VALMY, C'EST FINI: Juncker aime bien s’immiscer dans les interstices de L’histoire, pour y glisser sa malice, sans en changer trop la trame (il est proche en ce sens de Teulé). Et la période Révolution/Empire semble être un bon terrain de jeu pour lui (voir, entre autres, l’excellent Malet !). Ici, nous avons droit aux mémoires d’un soldat de l’épopée révolutionnaire, qui se prénomme dragon (et est aussi dragon, c’est-à-dire cavalier). Si la trame historique n’est pas trop distordue dans ses grandes lignes – et une pseudo interview de Dragon en fin d’album tente de le confirmer dans une sorte de dossier historique –, les détails sont on ne peut plus loufoques. C‘est en effet une grosse farce historico-militaire dans laquelle Juncker nous entraine, à la suite de Dragon, pleutre et vénal, mais surtout sodomite obsédé (sans préférence pour le sexe, même si, à l’armée, les hommes offrent plus de possibilités). Souvent grand-guignolesque, l’intrigue est agréable à suivre, les réparties et pas mal de situations sont assez drôles (d’autant plus qu’elles impliquent des célébrités, généraux, Conventionnels, membres de la famille royale, etc.). Le côté décalé, loufoque, est accentué par le dessin de Spruyt, proche de celui de Dumontheuil, caricatural et tout à fait adapté au ton développé par Juncker. Je ne sais pas jusqu’où les auteurs vont mener notre dragon. Mais en l’état, c’est une série que je recommande fortement, pour une vision décalée, caricaturale, parfois déjantée d’une page de notre Histoire. **************************** LA BELGIQUE, C'EST CHIC: Si j'ai trouvé ce deuxième tome un peu moins emballant que le précédent (l'humour m'est apparu moins présent et outrancier), ça reste quand même une lecture agréable, amusante. Les auteurs ont gardé le côté loufoque qui leur sert d'angle d'attaque pour traiter de la geste révolutionnaire. Si Dragon est encore très lubrique - et attiré par les fesses hauts placées, cet aspect est moins présent. Par contre, ses côtés lâche, et surtout voleur ressortent davantage. Alors qu'il est dans l'armée de Dumouriez en Belgique, il est embarqué dans des magouilles de vols d'oeuvres d'art par un Danton trafiquant de haut vol (ces oeuvres étant remplacées par des copies aux airs de croûtes infectes). Le dessin de Spruyt sied toujours au ton employé, et la narration de Juncker est elle aussi dynamique. La lecture est donc toujours recommandée. dans l'album suivant, notre anti-héros nous narrera comment il a suivi Napoléon Bonaparte en Italie. Ça promet ! ************************ OSEZ, JOSEPHINE: Un album dans la lignée du précédent, un chouia en retrait du tome inaugural (mais l'effet de surprise ne joue sans doute plus). Mais, sur l'élan, ça reste quand même une lecture très agréable. Avec un anti-héros bourré de défauts (lâche, obsédé, vantard, voire mythomane - il n'y a qu'à voir la vision de son rôle dans les grandes batailles napoléoniennes !). Mais c'est aussi une forme de loser, qui n'atteint réellement aucun de ses buts (si ce n'est rester en vie - ce qui n'est pas rien quand même !). Et toujours des tableaux au coeur de l'intrigue, notre héros s'y retrouvant dans des postures pas toujours à son avantage. En tout cas Juncker prouve une nouvelle fois qu'il sait très bien jouer de l'Histoire, pour la pervertir et mettre en avant des "second rôles: il nous donne même en épilogue une explication à l'absence de dragon des livres d'histoire. En plus lubrique et paillard, j'ai trouvé que Dragon avait pas mal de points communs avec le Blutch des "Tuniques bleues". Au final, voilà une série des plus recommandables !
Le Sommeil du Monstre
Enki Bilal propose avec Monstre une série de science-fiction sombre et très personnelle. L’univers est étrange, inquiétant, et l’atmosphère visuelle est immédiatement reconnaissable grâce à son style graphique unique. Une vraie œuvre d’art. Les dessins dégagent une ambiance froide et mélancolique qui correspond parfaitement au ton du récit. Seul bémol : la narration qui devient un peu confuse vers la fin et demande une véritable attention. J’avais d’ailleurs eu l’occasion de visiter Sarajevo, ce qui m’a rendu le destin des protagonistes encore plus touchant. Plus on avance dans la série, plus on comprend que le « monstre » du titre n’est pas une créature, mais plutôt l’Histoire humaine elle-même, avec ses guerres, ses manipulations et ses traumatismes qui se transmettent de génération en génération. Une œuvre ambitieuse, sombre et marquante.
Lanfeust de Troy
Lanfeust de Troy est une série d’heroic-fantasy extrêmement divertissante. L’univers imaginé par Christophe Arleston est riche, original et plein d’humour. J’aime particulièrement l’idée que chaque habitant du monde de Troy possède un pouvoir magique unique, souvent très spécifique ou parfois complètement inutile. Ce concept donne lieu à beaucoup de situations amusantes et participe grandement au charme de la série. Les personnages sont vraiment réussis et attachants, et l’univers est très bien construit, ce qui rend la lecture immersive et plaisante. Le dessin de Didier Tarquin est dynamique et très efficace pour donner vie à ce monde de fantasy. J’ai moins apprécié l’hypersexualisation assez marquée des personnages féminins même si cela fait clairement partie du style et de l’humour des auteurs. Malgré cela, la série reste culte et impressionne par sa longévité : plus de vingt ans après sa sortie, elle ne semble pas avoir vieilli et reste toujours aussi plaisante à lire.
L'Extraordinaire Voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire IKEA
Une lecture agréable et pleine d’humour L’histoire est originale et pleine de situations improbables qui rendent le récit amusant et très fluide à lire. On se laisse facilement embarquer dans ce voyage complètement fou à travers l’Europe. Le scénario de Zidrou, adapté du roman de Romain Puértolas, fonctionne bien et propose une aventure légère, souvent drôle et pleine de fantaisie. Les dessins de Jordi Lafebre restent très corrects, même s’ils ne sont pas forcément ce qui m’a le plus marqué dans l’album. Au final, une BD sympathique et divertissante qui se lit avec plaisir. Je la noterais 3,5/5
DareDevil - Jaune
Le Daredevil : Yellow de Jeph Loeb revient sur les débuts de Matt Murdock et sur la naissance de Daredevil, en replongeant dans les premières années du personnage et dans son environnement à Hell’s Kitchen. Le récit possède un ton très nostalgique et se lit avec beaucoup de fluidité. On suit les premiers pas du jeune Matt Murdock, ses doutes, ses combats et sa relation avec Karen Page, ce qui donne une dimension assez touchante à l’histoire. Le dessin de Tim Sale apporte énormément de charme au récit, avec un style très expressif qui renforce l’atmosphère du comics. Au final, c’est une excellente porte d’entrée pour découvrir les débuts du protecteur de Hell’s Kitchen, dans un récit simple, efficace et très agréable à lire.
Mickey et le roi des pirates
J’ai été agréablement surpris par cette aventure que j’ai lue en une seule traite. L’écriture de Chamblain est très réussie et l’histoire se lit avec beaucoup de fluidité. Le mélange entre une ambiance à la Dickens et l’esprit de L’Île au trésor fonctionne à merveille et donne une vraie saveur d’aventure au récit. L’univers est immersif et très plaisant à parcourir. Pour ma part, c’est totalement validé.