Les derniers avis (39924 avis)

Par Hub
Note: 5/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Do a powerbomb !
Do a powerbomb !

Je pensais sincèrement que le catch ne pouvait plus rien provoquer chez moi. C’était un vieux souvenir d’enfance, un truc regardé plus jeune avec fascination avant de passer à autre chose. Et puis je suis tombé sur Do a Powerbomb!. Et là, je me suis pris une chaise émotionnelle en pleine tête. Je me foutais complètement du catch avant d’ouvrir ce livre. Enfin… du catch d’aujourd’hui. Pourtant, en lisant cette BD, j’ai retrouvé des sensations que je croyais enterrées depuis longtemps. Cette capacité à être happé par quelque chose de plus grand que nature, de bruyant, de spectaculaire, mais aussi d’étrangement humain. Ce qui me reste après la lecture, ce n’est même pas l’histoire en elle-même. Sur le papier, elle est presque simple : un être démoniaque propose une seconde chance, une résurrection sous condition, en échange d’un tournoi aussi absurde que brutal. Dit comme ça, presque rien de vraiment original. Mais entre les mains de Daniel Warren Johnson, cette idée devient une explosion d’émotions, de fureur et d’humanité. Il aborde des thèmes qui lui tienne à coeur, une histoire de transmission, de douleur, de famille, de deuil. Mais Daniel Warren Johnson transforme ça en quelque chose de viscéral. J’ai eu l’impression qu’il ne dessinait pas des scènes : il expulsait des émotions directement sur les pages. Rarement une BD m’a donné cette sensation de mouvement. Pas juste de l’action. Du mouvement vivant. Les corps explosent, les cordes vibrent, les impacts résonnent presque physiquement. Par moments, je ne lisais plus les combats : je les ressentais. Chaque coup semble avoir un poids absurde, chaque projection paraît capable de casser les cases elles-mêmes. Il y a des planches où j’avais l’impression que le livre allait trembler dans mes mains. Et pourtant, au milieu de cette violence spectaculaire, ce sont les détails qui m’ont le plus marqué. Un regard épuisé. Une posture qui s’effondre. Une expression cachée derrière un masque grotesque. Des mains crispées. Des visages déformés par l’effort ou la peine. DWJ dessine les émotions comme d’autres dessinent des explosions : avec excès, avec rage, avec sincérité. C’est probablement ça qui m’a autant touché : l’absence totale de cynisme. La BD ne cherche jamais à être “maligne” ou distante. Elle ose être excessive, mélodramatique, bruyante, émotive. Et moi, je me suis laissé embarquer sans résistance. Je crois même que ce que j’ai préféré, ce n’est pas le catch, ni les combats, ni même l’histoire. C’est cette énergie permanente. Cette impression qu’un auteur balance tout ce qu’il a dans chaque page, chaque trait, chaque impact. Comme s’il dessinait sans filtre, directement avec les tripes. Je lui mets un immense 5/5. Pas parce qu’elle révolutionne son récit, mais parce qu’elle m’a rappelé qu’une BD peut encore me frapper en plein ventre. Et honnêtement, ça fait du bien.

08/05/2026 (modifier)
Couverture de la série Che - Une vie révolutionnaire
Che - Une vie révolutionnaire

Voilà une très bonne biographie d’un personnage qui a atteint un statut mythique pour pas mal de monde durant la guerre froide (sa photo trônant dans nombre de chambres d’étudiants). Une biographie qui prend le temps d’installer le personnage. Jon Lee Anderson a fait un gros travail de recherche, ça se sent. Mais la narration est fluide et il n’y a rien d’indigeste dans ce récit – pourtant un gros pavé de plus de 400 pages ! Il faut dire déjà que graphiquement c’est très agréable à lire. Le dessin de José Hernandez est très bon, un trait réaliste plaisant (avec parfois des « flous » ressemblant à des photos retravaillée). Et j’ai aussi beaucoup aimé sa colorisation, aux tons brumeux et cuivrés. Un rendu attrayant. La première partie montre Ernesto Guevara durant sa « formation politique », sa prise conscience durant ses voyages en Amérique latine, qui vont le familiariser avec les injustices, l’idée révolutionnaire. Et sa rencontre avec les frères Castro va faire le reste. Puis, une fois la Révolution victorieuse, vient le temps de « l’institutionnalisation », des désillusions, des « disparitions » parmi le premier cercle révolutionnaire. Et la pression mise par les États-Unis – et aussi par l’URSS dans un autre registre. Enfin la mise à l’écart du Che et son départ de Cuba pour répandre la Révolution partout ailleurs, au Congo, et surtout dans toute l’Amérique latine. La vie privée du Che reste ici mineure – elle l’a aussi sûrement été en réalité, s’effaçant derrière le « devoir » révolutionnaire d’une sorte d’idéaliste. Un homme qui en tout cas n’a jamais renié ou trahi ses idéaux de jeunesse, même s’il n’a pu faire advenir la Révolution et la société dont il rêvait. Un album très recommandable pour tous ceux qui s’intéressent à cette période et à ce personnage charismatique et pourtant qui ne recherchait ni les honneurs ni les projecteurs.

08/05/2026 (modifier)
Par Lodi
Note: 4/5
Couverture de la série Le Poids des héros
Le Poids des héros

J'ai découvert Sala récemment grâce à Joueur d'échecs que j'ai absolument a-do-ré. Je n'en dirais pas autant de cet album que je trouve "seulement" très bon, aspect visuel toujours aussi fascinant. Là, on a une multi-biographie réussie savoir celle du héros de la famille, de l'auteur, de sa mère, et accessoirement, des autres. Comment savoir si ce qui fait que je préfère Le joueur d'échec est une fiction supérieure à la réalité ou ma fascination pour les échecs ? Dur à dire. Puisque je suis là, j'en profite pour inciter à lire Le gambit des étoiles, roman vraiment parfait de Klein. Je dois pourtant reconnaître que Sala fait un sans faute : on voit le poids de la transmission de la tragédie, dans la famille, mais aussi le bonheur d'une vie familiale où l'amour et la liberté règnent, ce qui n'est pas un mince privilège… Et parfois, le drame et le bonheur ne sont pas où on les attend. J'avais peur en ouvrant la bd, je l'ai fermé avec un presque sentiment de plénitude.

06/05/2026 (MAJ le 07/05/2026) (modifier)
Couverture de la série Le Merlu
Le Merlu

Bon, ce triptyque n’a peut-être pas la force de l’excellente série Il était une fois en France (dans laquelle le personnage très ambigu de Joseph jouait un rôle énorme). Mais, sur cette période de la débâcle et surtout de l’Occupation, c’est quand même une belle réussite. Une lecture plaisante, que ce soit pour la narration, fluide, ou pour le dessin et la colorisation, eux-aussi réussis. Le scénario est bien fichu, prend le temps d’installer le « décor » (la longue introduction autour débâcle introduit très bien l’atmosphère déliquescente qui va prédominer par la suite, tout en situant la ligne de démarcation – que notre héros sera amené à franchir de nombreuses fois). L’entrée en résistance du « Merlu », le sacrifice de nombre de ses compagnons de lutte, mais aussi les diverses facettes du Français « moyen » face à l’Occupation et au régime de Vichy sont aussi bien restitués. Une belle évolution pour le « beau-père » du Merlu, une plus écœurante pour le « mari » de celle qu’il aime (Marie-Jeanne), qui devient un cacique de la Milice, collabo opportuniste sans trop de scrupules. Au milieu, une foule de profiles plus ou moins nets, de retournement de vestes, de compromission ou de refus d’en faire, de trahison : la guerre durcit les positions et c’est aussi bien rendu, jusqu’à la Libération et les règlements de comptes (le troisième album fait d’ailleurs un petit suspens entre la première page et ce qui se passe en toute fin autour du sort de Marie-Jeanne). La teneur de la dernière page laisse presque à penser que les auteurs se sont ménagés une possibilité de suite. Je ne sais pas si ce serait une bonne idée. En tout cas on a là une série solidement construite, agréable à lire, sur cette période trouble de l’Histoire nationale. Thierry Dubois a su habilement mêler petite et grande histoire.

07/05/2026 (modifier)
Par peckexcel
Note: 5/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Bouncer
Bouncer

J'ai enfin fini the Bouncer.... Et c'était génial. A l'origine je ne suis pas un grand amateur de western, j'aime bien les ambiances crépusculaires, c'est vrai, mais le coté John Wayne, le sauveur blanc contre les méchants indiens me rebute pas mal, et pourtant je me suis laissé tenté il y a quelques années par sa lecture. Une fois n'étant pas coutume, commençons pas le dessin, le talent de Boucq n'est plus a prouver, c'est jolie, bien découpé, bien mis en scène, avec de très belle couleur, notamment toute la première partie du tome 12 qui passe de nombreuses planche sous un pluie battante. Concernant le scénario, c'est ce célèbre nom qui m'a fait hésiter.... j'étais resté un peu mi figue mi raisin concernant ma lecture de la caste des méta barons, que je trouvais par moment ainsi que les dialogues mal maitrisés....Et ici c'est tout le contraire, il y a une tres grande maitrise. On est plutôt loin d'une quête de vengence simpliste et bas du front. Ici on a un scénario d'apparence simple mais brillamment exécuté, et on ne sait jamais trop a l'avance a quel moment les trahison vont se faire, les retournement de situation vont avoir lieu. En ce sens on a une oeuvre très cinématographique. Les critiques sur le scénario me font penser un peu à celle de fury road, si l'histoire est en effet "faible" tout repose sur son exécution, et ici comme chez Miller c'est excellent. Une ambiance de fin du monde, où seul quelques uns tentent de ne pas perdre leur humanité, au milieu de tout ce capharnaüm et c'est le cas de notre héro qui est tout sauf un cinique et qui crois qu'on peut faire les choses justes, meme si le monde autour lui dit le contraire...Et c'est peut etre pour cela que j'ai adoré, ce héro qui m'a touché. Apres pour être honnête il y ale cycle des tome 8 et 9 que j'ai trouvé un peux faible, mais je n'ai pas passé un mauvais moment. Si j'ai mis des années a lire la série, c'est parce que je l'ai dégusté, comme un bonbon, qu'on laisse fondre plutot que de la croquer.

07/05/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Bobigny 1972
Bobigny 1972

3.5 Un bon album qui raconte un procès qui a été important dans la lutte pour légaliser l'avortement en France. Ce qui m'a sauté aux yeux est que tout le long du procès de Marie-Claire Chevalier, une adolescente de 15 ans, est qu'au travers son histoire et celle de sa famille on voit toute la violence que la société peut faire aux femmes: elle a été violée, elle ne veut pas être une mère-fille comme cela a été le cas pour sa mère, la mère qui est le seul parent de la maison et qui vit sur un salaire de misère avec ses filles, les femmes qui ne peuvent pas avoir contrôler sur leur corps....C'est vraiment une histoire triste et c'est intéressant de voir comment ce procès a permis de faire évoluer les mentalités. Cela dit je comprends les avis moins positifs sur cet album. C'est vrai que plusieurs éléments sont survolés, notamment lorsqu'on fait appelle à des figures féministes. Je pense qu'un lecteur qui ne connait rien à la société française de l'époque pourrait ne pas comprendre certains éléments du scénario. J'ai en tête la scène avec Françoise Giroud qui écrit un article sur l'affaire et un type lambda lui dit que ça pourrait causer des problèmes et elle répond qu'elle s'en fout....Comme on n’explique même pas que Giroud était une des responsables de l'Express à l'époque, on dirait que pour une raison quelconque une journaliste peut écrire tout ce qu'elle veut même si ça attire des problèmes au magazine où elle travaille ! Mais bon cela ne m'a pas trop dérangé vu que j'ai des bonnes connaissances de cette époque et j'ai trouvé que c'était un album passionnant à lire, mais je vois bien les raisons qui pourraient faire en sorte que d'autres lecteurs aiment moins que moi.

07/05/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série La Guerre (Ennis)
La Guerre (Ennis)

3.5 Sans doute le meilleur titre d'Ennis depuis longtemps. Il faut dire qu'il se retient un peu, il y a pas de blagues scratos ou pleins de gores. On est dans un récit sombre et sérieux. Le point de départ est du déjà vu: soudainement la guerre nucléaire arrive et cela change le destin des personnages qui doivent maintenant survivre. Le récit est prenant malgré que le sujet ne soit pas original. Je pense que cela vient du fait que si les personnages ne sont pas particulièrement attachants, leurs personnalités et leurs réactions faces à un monde post nucléaire sont réalistes et crédibles. J'ai bien aimé les suivre dans ce monde perdu où on ne sait pas plus quoi faire pour survivre et aussi on ne tombe pas dans un sous-Mad Max comme l'aurait fait un scénariste paresseux. Je pense que ce que voulait surtout montrer Ennis est comment évoluerait la mentalité d'un personnage qui était beaucoup optimiste avant la fin du monde tel qu'on le connait. La fin est vraiment sombre. J'ai aussi bien aimé le dessin et notamment les couleurs qui sont beaucoup moins fades que ce qu'on a l'habitude de voir dans les comics modernes.

06/05/2026 (modifier)
Par Miguelof
Note: 4/5
Couverture de la série La Quête de l'Oiseau du Temps
La Quête de l'Oiseau du Temps

C'était ma première série fantasy européenne et c'est encore, pour moi, la meilleure. J'ai suivi le développement de la Quête, année après année, toujours avec une attente croissante. Le dessin de Loisel s'est également amélioré au rythme des albums, je crois. Les personnages Pélisse et surtout Bragon restent des créations mémorables, ainsi que des personnages secondaires qui ont fini par jouer un rôle important. L'épisode de Bulrog dans le dernier tome m'a particulièrement touché.

06/05/2026 (modifier)
Par Miguelof
Note: 4/5
Couverture de la série Histoires noires
Histoires noires

Histoires sanglantes avec beaucoup d'humour noir. Bien que publié par l'éditeur Comics USA, les auteurs sont très européens : Bernet (Barcelone) et Abuli (Andorre) avaient déjà collaboré sur d'autres séries, notamment Torpedo. Les dessins de Bernet sont excellents, surtout comme ici, en noir et blanc. Les histoires avaient été publiées auparavant dans l'album Sur Liste Noire (1996) et en Espagne sous le titre Mr. Monster (1990).

06/05/2026 (modifier)
Par Simili
Note: 4/5
Couverture de la série Un père
Un père

Ah la figure paternelle…. Cet homme qui est tout à la fois craint et admiré par sa progéniture. Il est bien souvent le premier modèle de sa progéniture avant que cette dernière prenne ses distances et finisse par regretter le temps passé loin l'un de l'autre. Mais que voulez vous il faut bien "tuer le père" Jean-Louis Tripp nous livre ici un témoignage principalement de sa vie d'enfant mais dont il n'est pas le personnage central. Non ce rôle est dévolu à son papa, Francis, qui m'a parut être un homme d'une sincérité confondante, d'une humanité magnifique et aux convictions marquées. Dans cette France des années 60-70 qui s'ouvre au progrès et au monde mais qui reste encore profondément traditionnelle, le fils nous raconte son père tel qu'il est dans ses souvenirs. et globalement ce sont de bons souvenirs même si comme n'importe quel adolescent ils connurent des passages compliqués. C'est l'amour et la tendresse qui ressort de cet ouvrage. Graphiquement c'est assez bien fait, dans la lignée de Magasin général Note réelle : 3,5/5

06/05/2026 (modifier)