Les derniers avis (39784 avis)

Par Lodi
Note: 4/5
Couverture de la série Docteur Ventouse Bobologue
Docteur Ventouse Bobologue

Un grand auteur qui se moque des individus comme des groupes là où ça fait mal, comme d'habitude, peut-être un peu plus tendrement, m'a-t-il semblé, pour empathie pour soignants et malades, ou bien je me projette ? Les dessins sont expressifs et uniques même si j'avoue que comme d'habitude, ils ne me plaisent pas beaucoup. Difficile de noter, selon le plaisir ou selon ce qu'on sent de la grandeur de l'œuvre ? Quelque part, on a tous quelque chose de Bretecher au niveau de la socio et de la psycho, et donne moï un nuit gravement à la santé ! Tu iras voir ton boboloque après. Oui, parce que l'auteur ne sait pas que regarder, mais aussi écouter, et qu'elle nous déroule tous nos tics de langage !

25/03/2026 (modifier)
Couverture de la série Chainsaw Man
Chainsaw Man

Bon, la seconde partie du manga vient officiellement de s'achever hier, j'ai – comme beaucoup – vécu les hauts et les bas de cette seconde partie, pleine de potentiel et pourtant si frustrante dans son exécution. L'histoire a pris fin et je ne sais pas trop quoi penser de sa conclusion (sur laquelle je ne m'étendrais pas puisque ladite fin n'a pas encore été publiée sur papier). Chainsaw Man est une série chère à mon cœur, facilement mon shonen préféré (la partie 1 en tout cas), ne serait-il pas temps pour moi de mettre à jour mon avis qui m'avait toujours semblé perfectible jusque là ? Chainsaw Man c'est un récit mêlant “concept loufoque” et "exécution sérieuse", jouant souvent sur les attentes des lecteur-ice-s en allant à contrecourant de certains archétypes narratifs (tout en sachant quand bien amener des scènes plus convenues et dramatiques). Les personnages avec un code d'honneur (ou la façade d'un code d'honneur, a minima) sont souvent contrecarrés par des actes immoraux et/ou inattendus, bon nombre de situations dramatiques sont entrecoupées (voire purement et simplement interrompues) par des interventions décalées, humoristiques comme à la limite de la sociopathie, … Bref, la formule n'est pas nouvelle, on mélange humour et sérieux, moments de tension dramatiques et cassures humoristiques, mais ce qui fait la force de cette série à mes yeux c'est sa narration. Qu'il s'agisse des jolies idées de mise en scène jouant avec la pagination (comme les attaques du démon Malédiction qui proviennent toujours de l'interstice entre les cases ou encore tout le passage avec le démon Ténèbres), du travail sur l'ambiance bien souvent froide et morose du quotidien qui se fait constamment (mais imprévisiblement) percée par des scènes dramatiques, violentes et tragiques, ou encore de la composition et l'enchaînement de certaines cases qui proposent une narration que je trouve personnellement magnifiques, j'aime énormément la forme de cette série. L'univers est suffisamment complexe dans ses enjeux et simple dans sa forme et son fonctionnement pour que le tout nous semble concret, que l'on se sente investi dedans. Ce monde pourrait être le nôtre (dans les années 90, certes) sauf qu'il s'agit d'une sorte d'uchronie où la quasi-totalité de l'histoire du monde correspond au nôtre… si ce n'est le fait qu'il existe une dimension infernale parallèle à la nôtre ! Dans cet enfer vivent les démons, tous-tes lié-e-s à un concept et donc né-e-s des esprits humains – de leurs peurs, plus précisément. Plus un concept est craint, plus le démon qui lui est associé se verra puissant, complexe aussi (il y a des strates d'intelligences et une sorte de chaîne alimentaire qui se crée parmi elleux). Rien à craindre pour l'humanité sur le papier, les deux mondes sont hermétiques (sauf cas extrêmement rare de démon pouvant passer de l'un à l'autre), mais le hic c'est que les démons possèdent un cycle de réincarnation bien particulier : tant que le concept associé existe lae démon-ne est immortel-le et renaîtra toujours (l'être, la conscience, l'incarnation précédente du démon n'est plus, mais un nouveau prendra immédiatement sa place) en alternant entre les deux plans d'existence. Si un démon meurt en enfer, sa prochaine incarnation naîtra sur Terre (et vice-versa). Les démons passant leur temps à s'entretuer, la grande majorité d'entre elleux va donc régulièrement se retrouver sur Terre à un moment de leur cycle de réincarnation. Les sociétés humaines sont donc en tout point similaires aux nôtres, si ce n'est que tout le monde est habitué à ce qu'à tout moment un massacre ait lieu et que des groupes (gouvernementaux comme privés) de “devil hunters” aient été mis en place pour assurer au mieux la sécurité des êtres humains. Avec une telle prémisse on pourrait s'attendre à un récit sur le conflit entre les humains et les démon-ne-s, une mise en parallèle entre les deux espèces se concluant par le fait qu'après tout elles ne seraient pas si différentes, mais en fait pas vraiment. Les démon-ne-s ont vraiment un fonctionnement mental différent des êtres humains, n'ont pas une conception morale similaire (on insiste là-dessus plusieurs fois), et même si de nombreux passages s'interprètent facilement comme une sorte de "après tout les humains sont tout aussi cruels que les démons" le récit se centre surtout sur la condition humaine au-delà du conflit inter-espèce. Les thèmes les plus évidents de la série sont son propos sur la société (japonaise, ça se passe au Japon) étouffante et aliénante qui déshumanise au possible au nom d'un fonctionnement “optimal”, la fascination/relation qu'ont certains démons avec l'humanité ou encore tout simplement l'impossibilité de créer un monde juste et humain. Les personnages sont tous bien loin de la figure héroïque, iels sont cruel-le-s, pathétiques, égoïstes mais indéniablement humains dans leurs imperfections. Notre protagoniste Denji s'en fiche pas mal de sauver le monde (si ce n'est si son petit monde à lui est impacté), n'a pas vraiment de code d'honneur et souhaite plus que tout sortir avec une fille (voire même coucher avec une fille – disons que le bonhomme confond tout du long son besoin de contact humain avec sa libido exacerbée). Denji s'en fiche des règles, des punitions, de la souffrance même (selon une certaine mesure), tout ce qui lui importe c'est de vivre une vie meilleure qu'avant, de protéger les gens qui lui sont chers (au détriment d'inconnu-e-s s'il le faut), il est loin de la figure exemplaire, et pourtant son sincère désir de créer des liens, les amitiés qu'il se forge et ses déboires successifs, le rendent extrêmement attachant. Voilà, ça c'est la force de la première partie de Chainsaw Man, celle qui m'avait fait tomber amoureuse de cette histoire, de ces personnages (car même les plus abjects et petits sont marquants et intéressants), c'est un récit d'apparence foutraque mélangeant "comédie déjantée", “bastonnades gores” et “moments et relations tragiques” qui se révèle en fait surprenamment complexe. Mais pourtant, malgré la fin (certes ouverte) on ne peut plus satisfaisante de cette première partie, une seconde a vu le jour. Je tiens à préciser que la deuxième partie n'a rien de mauvais à ses débuts, elle est même très bien faite je trouve. L'idée d'introduire un second protagoniste à la série en la personne d'Asa, une adolescente névrosée et asociale propulsée malgré elle dans une quête cruelle et violente, était une jolie façon de redonner un second souffle à la série, une nouvelle histoire dans la continuité de la précédente, mais possédant tout de même sa propre identité. Les autres nouveaux personnages ne sont pas en reste, il y en a des particulièrement intéressants et prometteurs, mais c'est justement bien le problème. Prometteurs. Je n'ai pas boudé ma lecture de cette deuxième partie, les personnages ont énormément de potentiel, de nombreuses idées fortement intéressantes sont disséminées de ci de là dans les chapitres, mais rien ne mène vraiment nulle part. Encore une fois je ne spoilerais rien sur le final, mais je me contenterais tout de même de dire "tout ça pour ça ?". Ce n'est pas inintéressant, c'est juste bâclé. Fort à parier que Fujimoto a fait un bon gros burn-out lors de cette deuxième partie, le dessin devient moins précis, moins lisible aussi parfois, de nombreuses sous-intrigues sont abandonnées sans raison, le rythme final ne prend pas le temps de se poser. Malheureusement cette deuxième partie est une déception. Malheureusement cette deuxième partie est la conclusion, la note finale, ce qu'il nous reste. Cette série reste importante à mes yeux, sa première partie reste un récit que je recommande avec joie, mais il est vrai que je ne saurais si je devrais recommander la seconde partie. Est-ce que la présence de bons personnages et intrigues en son sein vaut le coup d'œil si au final tout ça ne mène à rien ? Je garde ma note à quatre étoiles, je ne regrette pas non plus mon coup de cœur, mais je me sens sincèrement flouée avec cette conclusion “finale”… PS : Asa, tu méritais mieux ma pauvre…

26/06/2025 (MAJ le 25/03/2026) (modifier)
Par Présence
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Première Dame
Première Dame

Avoir raison au mauvais moment, c’est avoir tort. - Ce tome contient une histoire complète, indépendante de toute autre. Son édition originale date de 2025. Il a été réalisé par Didier Tronchet pour le scénario, et par Jean-Philippe Peyraud pour les dessins et les couleurs. Il comprend deux cent soixante-dix pages de bande dessinée. Le président de la République française, Thierry Langlois, est en train de faire un déplacement dans une cité de banlieue. Il répond de manière informelle aux questions de quelques jeunes. Soudain, l’un d’eux l’interpelle par le surnom de Tity. Il se dirige vers lui en lui demandant ce qu’il veut. Un selfie ? L’adolescent lui fait un double doigt d’honneur, tout en l’informant que la jeunesse souhaite s’en prendre à son anus. Et il part en courant. Énervé, le président saute par-dessus la barrière et se met à courser le malpoli et son copain, avec sa sécurité qui essaye de le suivre, et les journalistes en remorque. Après une course-poursuite acharnée, le président finit par plaquer le jeune et lui coller une baffe. Les journalistes s’en donnent à cœur joie à la télévision : Cette séquence est proprement hallucinante ! On se croirait dans une cour d’école. C’est totalement inédit sous la Ve république. C’est un abaissement de la fonction présidentielle, on en est presque à un point de non-retour… Au palais de l’Élysée, dans une grande salle de réunion, le président éteint la télévision et demande leur avis aux ministres présents. Les réactions sont précautionneuses : C’est une bonne réaction, ça donne de la présidence une image virile et volontariste. Et aussi : Un chef de l’État courageux qui va au charbon, qui ne redoute pas le contact avec le public, les Français aiment ce genre de proximité. Ensuite : Et puis vous restaurez l’autorité de l’État dans ce que certains appellent les zones de non-droit. Et enfin : Et si je puis me permettre, monsieur le président, la France sportive appréciera cette course et ce placage dans les règles qui rappellent son passé de rugbyman. Le président remercie les ministres et les fait sortir de la salle. Puis il se tourne vers Armand Le Poix, le secrétaire général de l’Élysée, et ami de trente ans. Ce dernier répond à la question du président : Les deux, secrétaire général et ami, lui disent que cette une énorme bêtise. Si on frappe un enfant, on est perdant à tous les coups. Et à un an du renouvellement de son mandat, l’image qu’il renvoie est catastrophique. Celle d’un président incapable de maîtriser ses nerfs. Ils sont interrompus par un appel téléphonique : Thierry décroche, c’est Sophie son ex qui lui apprend qu’elle a un nouveau compagnon. En entendant le nom de l’homme en question, le président jette violemment son téléphone par terre et il se brise. Ailleurs, dans une salle de cinéma, l’actrice Victoria Coraly se voit décerner le marteau d’or de la meilleure actrice. Elle monte sur scène et elle entame son discours : Elle croit plus que jamais à un cinéma engagé dans la vraie vie, toute expression qui n’a pas pour champ d’action le monde ici et maintenant est un art mort. Tous les participants l’acclament : Crève le cinoche commercial ! Le texte de la quatrième couverture explique que pour rétablir son image le président a pour projet de choisir une nouvelle première dame. La séquence d’ouverture établit le ton du récit : une comédie dramatique, ou peut-être même une comédie tout court. Le président est un ancien rugbyman et il course un jeune impoli, peut-être même insolent, évoquant la réaction courroucée d’un vrai président. Un président qui va entretenir une relation avec actrice… Hummm ! Ah oui, comme John Fitzgerald Kennedy (1917-1963) & Marilyn Monroe (1926-1962, Norma Baker), même si le président dans le cadre de ce récit fait le parallèle entre JFK & Jackie Kennedy-Onassis (1929-1994, Jacqueline Lee Bouvier). Thierry Langlois apparaît tout de suite un peu dépassé, entre son tempérament parfois un peu impétueux, son ministre de l’Intérieur qui manigance et même complote pour le faire tomber, constamment rabaissé par sa mère Nadège Langlois, et manipulé plus ou moins ouvertement par son ami de trente ans Armand de Poix et par l’amant de celui-ci Xavier Fursac, grand communicant embauché par son compagnon pour s’occuper de l’image du président. De l’autre côté, une actrice tout aussi immédiatement sympathique, normale et gentiment militante pour un cinéma engagé, en particulier pour les sans-papiers. Le lecteur sent bien que la tonalité du récit sera plus légère que dramatique, focalisée sur le développement de la relation entre ces deux personnes que beaucoup de choses opposent. Conquis dès les premières pages, le lecteur se trouve emporté par la dynamique du récit, pas tant de savoir si le président et ses deux conseillers parviendront à rattraper son image médiatique, plutôt de savoir ce que peut générer l’interaction entre lui et l’actrice. Il sourit en voyant qu’elle se trouve acculée à accepter une proposition très scabreuse : littéralement le rôle de première dame, c’est-à-dire l’interpréter avec ses talents d’actrice. Pour autant les auteurs se tiennent à l’écart de toute forme de domination ou d’emprise au mieux malaisante, au pire sadique. L’artiste doit réaliser un nombre conséquent de pages, et il les fait dans un registre réaliste et descriptif, avec une forme de simplification appliquée de manière différenciée, et une touche d’exagération comique dans les expressions de visage et dans certains comportements et gestes relevant du langage corporel. En fonction du personnage, il peut très discrètement améliorer sa silhouette. La morphologie de joueur de rugby élancé pour le président. Celle fine, gracile et tendue de l’actrice. Celle plus rondouillarde et confortable de l’ami de trente ans avec une barbe improbable et une pipe au bec. Celle moqueuse du chargé de communication avec ses cheveux mi-longs et sa tenue décontractée. Ou encore les expressions perfides du ministre de l’Intérieur caractéristiques du rôle de traître. Sans oublier Valentin, le jeune garçon d’une demi-douzaine d’années, fils de Victoria Coraly. La course-poursuite en deux pages est formidable : un vrai spectacle, très rythmé, un authentique placage selon les règles, et une baffe pas tout à fait volée, enfin ça se discute, toujours est-il que le lecteur comprend parfaitement l’émotion qui a envahi le président. Puis il voit le téléphone se fracasser au sol après avoir été violemment jeté à terre : une narration impeccable, un emportement passager à nouveau tout à fait compréhensible, une petite touche d’exagération visuelle pour en faire passer l’intensité au lecteur. Ce moment humoristique fonctionne à la perfection, et il annonce les moments d’humeur à venir, tant par la maîtrise de la narration que par la justesse de la situation. Ces passages comiques renforcent encore l’empathie du lecteur pour les personnages : le comique de répétition avec les portables fracassés, la gifle retentissante assénée par Nadège Langlois qui estime son fils-là lui fait honte, incapable qu’il est de tenir sa femme ou de s’en faire respecter, ayant un poste moins important que son frère qui lui a une bonne place dans l’industrie, une femme sèche et méprisante très réussie. Ou encore le regard plein de haine de la Miss France qui regarde l’actrice en comprenant qu’elle vient de faire échouer son espoir de devenir la première dame. Sans oublier l’énergie enfantine de Valentin débordant de vie. Le lecteur se trouve vite captivé par les relations de ce duo improbable, oublieux des techniques utilisées par les auteurs, pour simplement savourer le plaisir de cette histoire divertissante et touchante. Il ressent bien la justesse du jeu des personnages et leur expressivité. Il note inconsciemment que les dessins se nourrissent de temps à autre d’images d’actualité, que ce soit le président filant dans les rues de Paris à scooter (comme un autre président bien réel), ou les forces de l’ordre intervenant pour démanteler un camp de personnes à la rue en éventrant leurs tentes, ou les chargeant alors qu’ils ont trouvé refuge dans une église. Il absorbe également les ambiances générées par les différentes palettes de couleurs en fonction des séquences et de leur nature, ressentant que le coloriste passe régulièrement en mode expressionniste, quittant le domaine réaliste. Il apprécie de s’immerger aussi bien dans les rues de Paris, qu’au milieu des ors de la République, ou encore dans le modeste appartement de Victoria Coraly, dans un café parisien, dans une limousine entourée de motards, dans une cabine de la grande roue, au musée des arts forains (les pavillons de Bercy, 53 avenue des Terroirs de France, dans le douzième arrondissement de Paris), en train de jouer au rugby sur une des pelouses de l’Élysée, et même au bord de l’océan en Bretagne. Dans le même temps, cette comédie romantique intègre des éléments de l’actualité et repose sur un enjeu très concret. Il est question de personnes à la rue, de sans-papiers vivant dans l’angoisse d’être arrêtés, de la nécessité pour le cinéma d’être engagé (c’est du moins la conviction de Victoria Coraly), de solitude au sommet du pouvoir, de communication politique (Ce choix de teasing authentifie l’information et verrouille le storytelling. Cette version doit écraser toutes les autres par sa charge affective positive… Pour le public, la vérité est toujours sentimentale.), de panier de crabes entre politiciens, chacun cherchant à mettre son adversaire politique en difficulté, à le discréditer, d’à quel point on se retrouve prisonnier de ses alliances, de récupération politique, et même de convictions politiques. De prime abord, Thierry Langlois semble peu crédible dans son poste de président. Lors d’une escapade dans une guinguette, il expose ses convictions à Victoria, et il apparaît fort conscient des limites de ses actions, et aussi de la nécessité de ses actions. Pour lui : La politique, c’est accepter le réel, accepter de soulever le capot et de mettre les mains dans le cambouis, là où ça se passe. Et d’essayer qu’on avance, tous ensemble si possible. Il continue en demandant ce qui se passe sans politique ? C’est l’anarchie ou la dictature ! Le chaos ou les généraux ? Des observations plus concrètes et pertinentes qu’une simple comédie. Enfin, les auteurs mettent en scène avec une certaine honnêteté la question de savoir si l’actrice pourra influer un peu ou pas du tout sur la politique gouvernementale. Une petite bluette sympathique et divertissante sur la dynamique de la jeune femme rebelle (y compris sur le plan politique) se retrouvant à l’Élysée, avec le risque de tomber sous le charme indéniable du président. Une narration visuelle remarquable en tout point, en particulier sur le rythme et sur la direction des acteurs, embarquant le lecteur du début à la fin, avec un sens impeccable de l’humour. Thierry Langlois et Victoria Coraly sont immédiatement sympathiques et attachants, leur relation évoluant tout en étant empêchée. Les auteurs savent également filer des questionnements réels dans la tapisserie de leur comédie, sans l’alourdir. Une réussite pétillante, drôle et touchante.

25/03/2026 (modifier)
Couverture de la série Love Bullet
Love Bullet

Keuwa ?! Love Bullet est arrivé dans nos vertes contrées ?! Et la traduction est de très bonne facture ?! Incroyable mais vrai et je me devais de l'acheter ! Love Bullet c'était à la base un one-shot tout à fait charmant qui avait fait parler de lui sur internet et qui avait finalement réussi à obtenir une sérialisation. Je l'avais découvert dès la sortie du oneshot, comme beaucoup j'étais tombée sous le charme de l'idée et cela me fait donc plaisir de voir que l'œuvre pourra désormais toucher un public encore un peu plus large. La base est simple mais bourrée de potentiel : et si les âmes des jeunes gens morts avant d'avoir pu connaître l'amour se voyaient offrir le droit de servir la déesse de l'Amour en personne. Comment sert-on la déesse de l'Amour ? En tirant des balles de calibre 12 dans la tête des amoureux transis en devenir, pardi ! Grenades, fusil de sniper, armes de poings en tout genre, les cupidons de cette histoire sont de véritables Rambo, des "one-man army" (ou plutôt "one-girl army" dans le cas présent), des machines de guerre armées jusqu'aux dents pour réussir leur mission. "Pourquoi tirer sur des gens" vous entends-je dire ? Mais parce que les arcs c'est désuet ! Vous avez idée du nombre de personnes que l'on pourrait faire tomber (amoureuses) avec des moyens modernes comparé aux armes d'antan ? Surtout quand on nous promet une récompense aussi alléchante qu'une résurrection et la possibilité d'enfin connaître l'amour soi-même une fois que l'on aura pu permettre à suffisamment de couples de naître, alors on enfile son gilet pare-balle, on se renseigne sur ses cibles et on se prépare à chasser sa prime karmique, nom de nom ! On suit Koharu, nouvelle cupidon fraîchement réincarnée, entremetteuse de talent de son vivant et toujours aussi empathique, qui va devoir apprendre les ficelles du métier avec ses trois mentors : Kanna, une feignante au grand cœur, Ena, une professionnelle pure et dure, et enfin Chiyo… une bastonneuse dans l'âme qui préfère clairement casser la gueule à ses camarades cupidons plutôt que de faire son boulot ! Ce qui marche beaucoup dans cette histoire, c'est le mélange loufoque de la prémisse et la forme parfaitement sérieuse de son exécution, qui à aucun moment ne se gênent l'une l'autre. Mieux : le sérieux des cupidons et de leur mission appuie le décalage comique. Et même au-delà du comique, c'est une série loufoque qui se permet d'être touchante, de traiter avec rigueur son sujet principal, qui est celui de l'amour et des relations entre les individu-e-s. Non, vraiment, sans pour autant vous faire miroiter un chef d'œuvre insoupçonné, je le redis : Love Bullet est une série tout à fait charmante, un petit délire qui n'oublie pas d'être de qualité, une ode à l'amour explosif (entre individus comme envers les armes et les situations de guéguerre, ne nous voilons pas la face). Allez, un p'tit coup de cœur, c'est de circonstance !

24/03/2026 (modifier)
Couverture de la série Le Visage du Créateur
Le Visage du Créateur

Le 28 janvier 1986, la navette Challenger explose en plein vol, quelques secondes après son décollage, en direct sur les télévisions du monde entier. LF. Bollée & C. Spadoni nous invitent à passer un moment en compagnie des sept astronautes disparus à bord, dont deux femmes et deux civils. Voici leur histoire. Le journaliste Laurent-Frédéric Bollée s'est fait un nom dans l'univers de la BD avec l'album magistral, La bombe (Glénat 2020) et l'épopée de la première bombe atomique. Après l'explosion de Hiroshima, le visage du créateur raconte lui aussi une histoire dont chacun connait parfaitement le sinistre dénouement : le 28 janvier 1986 la navette spatiale Challenger se désintègre en direct, quelques secondes après son décollage de Cap Canaveral. On peut reprendre les mots de LF. Bollée lui-même : « C'est une idée reçue de croire que, parce qu'on connait la fin d'une histoire, celle-ci sera moins passionnante à découvrir ». Le dessinateur Cristiano Spadoni est connu pour avoir travaillé sur les costumes du film Marie-Antoinette (celui de Sofia Coppola) mais c'est aussi un complice de longue date de LF. Bollée. Quant au titre de l'album, il est tiré du discours de Ronald Reagan, prononcé à la tv quelques heures après l'explosion de la navette : « Nous ne les oublierons jamais, eux qui ce matin se préparaient à s'envoler et rompre leur lien difficile avec la Terre pour toucher le visage du Créateur. » Des mots empruntés à un poème d'un pilote américain, John Gillepsie Magee Jr. Après le succès du programme Apollo vers la Lune, l'intérêt du public est en baisse et la Nasa cherche à redorer son blason (et regonfler ses subventions) : d'où les navettes, la première est même baptisée Enterprise, l'embauche à la communication de Nichelle Nichols (actrice black de Star Trek) et le recrutement de civils dont une professeure, Christa McAuliffe, qui doit donner un cours depuis l'espace. « Envoyer deux civils dans l'espace, dont une femme, est l'opération de communication la plus importante de la NASA depuis ces dix dernières années ». La pression politique et médiatique est énorme et les difficultés techniques balayées rapidement. Trop rapidement. Cet album revient sur les tout débuts de la genèse de ce vol et lance le compte-à-rebours ... plus de dix-huit ans avant la désintégration. Un décompte qui va rythmer les chapitres jusqu'au 28 janvier 86. ? LF. Bollée et son dessinateur C. Spadoni ont choisi de retracer toute l'histoire de ce vol, ses motivations, son recrutement, ses difficultés et sa longue préparation. Les auteurs ont choisi d'en faire un véritable hommage aux sept astronautes disparus dans la catastrophe. Cet angle d'approche souligne le côté humain de ces conquérants de l'espace avec, pour la première fois, la présence de "civils" à bord de la navette. Les dernières secondes du compte-à-rebours (10, 9, 8, ...) qui se reflètent dans chacun des visages présents ce jour-là à Cap Canaveral, est une planche particulièrement émouvante. ? Mais LF. Bollée est un journaliste réputé pour son sérieux documentaire : l'émotion est peut-être celle du lecteur mais le scénario, lui, ne romance pas, ne mélodramatise pas, et ne retrace que des faits. Même la petite surprise finale des toutes dernières pages n'est pas de fiction. Ou si peu. ? On s'attendait peut-être à des couleurs rutilantes pour cette épopée spatiale mais on ne sera pas déçu par ce noir et blanc (encore un très beau noir et blanc) et un dessin d'apparence très simplifié, entre croquis pris sur le vif et story-board, qui vient donner un petit côté journalistique à cette enquête. ? Cette lecture est vraiment édifiante, notamment dans les implications politiques ou symboliques de ce vol Challenger : l'actrice Nichelle Nichols de Star Trek fut, en 1968, la première femme noire à embrasser un acteur blanc à la télévision (le capitaine Kirk interprété par William Shatner) l'enseignante Christa McAuliffe fut recrutée par la NASA (et Nichelle Nichols) dans le cadre du programme "teacher in space" lancé par Ronald Reagan pour assurer la promotion de l'enseignement des sciences Mais c'est aussi une lecture éclairante sur les origines techniques, politiques et financières de cette catastrophe. Pour éviter de gâcher le plaisir de la lecture (même si tout est déjà écrit sur le web ou dans le rapport de la commission d'enquête Rogers), disons simplement que c'est une histoire affligeante qui laissera certainement le lecteur sans voix. ? Quelques jours après cette lecture, on se surprend à repenser à ces femmes et ces hommes, on se revoit assis à discuter avec eux pendant de longs moments et là on se dit que Bollée et Spadoni ont bien réussi leur coup.

24/03/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série La Reine des pantins
La Reine des pantins

Dans la campagne du XVIIIe siècle, Jacques grandit sous l’autorité de parents violents et bigots. Pour échapper à cette réalité étouffante, il se réfugie dans son imaginaire, où il devient Jacqueline, une petite reine entourée d’une cour de joyeux drilles. Ensemble, ils se lancent dans une quête symbolique, celle d’une robe d’or censée permettre à chacun de devenir ce qu’il souhaite être, tandis que, en parallèle, la vie réelle de Jacques continue de suivre un chemin beaucoup plus sombre. Le dessin est très beau. Le trait est délicat, expressif, et les couleurs jouent un rôle essentiel dans la narration, opposant un monde réel terne et gris à un univers imaginaire foisonnant et lumineux. Cette dualité fonctionne bien et renforce l’attachement aux personnages, qu’il s’agisse de Jacques ou de toute cette galerie de figures étranges et touchantes qui peuplent son monde intérieur. Les dialogues, souvent empreints de douceur et de bienveillance dans la partie onirique, participent aussi à cet attachement. Par contre, j'ai été un peu agacé par la disposition des bulles de dialogues souvent placées complètement à gauche et complètement à droite de la case alors qu'elles se répondent mutuellement, brisant complètement la fluidité de la lecture du texte. Le récit aborde des thèmes forts et dans l’air du temps, comme la maltraitance, le rejet de la différence, la construction de l’identité de genre ou encore le refuge que peut représenter l’imaginaire face à un monde hostile. La manière dont les personnages rencontrés au fil de la quête font écho à des réalités plus concrètes est intéressante, tout comme ce jeu constant entre rêve et réalité qui finit par les faire se rejoindre. Il y a un petit côté Magicien d'Oz dans la manière dont le monde de fantaisie agit comme un miroir déformé du réel. Je suis un peu plus réservé sur le traitement global de l’histoire. Le récit paraît assez manichéen, avec des parents présentés comme ignobles du début à la fin, sans nuance, et une accumulation de situations tragiques qui finit par donner un sentiment d’insistance. La conclusion, très sombre, où tout bascule dans une issue dramatique pour l’ensemble des personnages, m’a semblé appuyer un peu trop fortement son propos. Cela manque à mes yeux de subtilité et de justesse dans la mesure, comme si l’œuvre cherchait avant tout à marquer les esprits plutôt qu’à réellement nuancer son discours. Cela donne une fable visuellement très réussie, touchante par moments et portée par de belles intentions, mais dont l’écriture m’a semblé davantage relever d’un registre young adult que d’un récit véritablement mature, faute de nuances dans ses personnages et dans son traitement de la tragédie. Pour ce public, l’ouvrage reste cependant très efficace et saura sans doute toucher un grand nombre de lectrices et de lecteurs.

24/03/2026 (modifier)
Couverture de la série Silver Surfer - Requiem
Silver Surfer - Requiem

J’ai découvert Silver Surfer: Requiem dans l’édition Marvel Prestige, et pour moi c’est un 5/5 sans hésitation. Ce comics m’a marqué par son approche totalement différente du genre super-héroïque. Ici, pas de combats ni d’action démesurée : tout repose sur une ambiance mélancolique et une réflexion profonde sur la mort. Voir le Surfer d’Argent, habituellement presque divin, confronté à sa fin le rend incroyablement humain. L’histoire est simple, mais puissante. Chaque moment ressemble à un adieu, chaque dialogue sonne juste. Il y a une vraie dignité dans sa manière d’accepter l’inévitable, et ça donne une portée émotionnelle assez rare chez Marvel. Visuellement, c’est sublime : des planches lumineuses, presque irréelles, qui contrastent parfaitement avec la tristesse du récit. Ça renforce ce côté poétique et intemporel. Au final, Requiem est une œuvre courte mais marquante, presque une méditation sur la vie et la mort. Une vraie claque, et clairement l’un des récits les plus touchants que j’ai lus chez Marvel.

23/03/2026 (modifier)
Par Vortex
Note: 5/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Monstrophobie
Monstrophobie

Incroyable et perturbant à la fois, c'est une pépite sur laquelle on ne tombe pas assez à mon goût ! Tout est pensé pour nous plonger dans un désir malsain de continuer à lire et c'est formidable ! Tout est si bien pensé, si bien fait, un tel respect de la communauté LGBTQIA+ ! C'est un manga qui mériterait une adaptation cinématographique !!

23/03/2026 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
Couverture de la série La Mécanique
La Mécanique

Après Mezkal et Convoi, revoilà notre duo d'auteurs qui se lance dans une nouvelle série plus développée (3 tomes prévus). Nous voici projetés dans un univers SF bien noir qui pourrait faire penser à Blade Runner pour le background, même si l'action se situe dans une méta-cité de Lyon qui a bien changé avec le temps. Cette mégalopole est tenue d'une main de fer par le Mayor et sa milice et différentes factions mafieuses qui se partagent le marché de la drogue du moment : le Blast, seul échappatoire illusoire d'une populace essorée. Quand arrive sur le marché une contrefaçon meilleur prix, le fragile équilibre de ces magnats commence à vaciller et la mécanique du pire se pointe en ligne de mire... Si les personnages et l'intrigue fourmillent d'emprunts et de clins d'oeils, c'est avant tout le graphisme maîtrisé de Jeff qui nous accroche. Composition, dessin et colorisation sont une franche réussite. Côté scénario, ça sent quand même le déjà vu, même si (comme moi) les amateurs du genre ils trouveront leurs petits. La trame générale reste pour le moment avec ce tome introductif un peu floue, espérons que la suite développe davantage et ouvre de nouveaux horizons. En attendant, un bon premier tome qui donne l'eau à la bouche. *** Tome 2 *** Et voici donc le second volet de cette trilogie ! Moi qui attendait de la surprise et des rebondissements, et bien j'ai été servi ! Car dans ce deuxième opus, ça ne fait pas dans la demi mesure ! On pourrait même parfois reprocher au récit de s'emballer et de frôler le parapet. Certaines scènes s'enchainent tellement vite qu'il m'a fallu reprendre certaines pages pour bien comprendre les enjeux et ce qui se passait. Mais globalement tout se tient et déroule grand train, servi par le dessin de Jef qui pose à merveille ambiances et personnages. C'est sombre et glauque à souhait, maniant un équilibre très juste entre trait, cadrages et colorisation. Le résultat est bluffant. Vivement le tome 3 ! *** Tome 3 *** Voici donc la conclusion de cette trilogie. Une mécanique bien huilée à l'hémoglobine, qui réussit à retomber sur ses pattes sans trop de dommages. Car vu le nombre de personnages et le pourcentage élevé de pertes autorisées, faut s'accrocher pour ne pas perdre le fil. J'ai bien fait de relire le tome 2 avant de m'attaquer à sa conclusion, car son macrocosme et ses différentes parties prenantes sont légion et ventilent dans tous les sens. MétaCitéLyon est en ébullition et ça charcle à tout va ! Jef n'a dans cette série pas son pareil pour retranscrire cette ambiance futuriste sirupeuse et mortifère ; l'immersion est totale ! Une très bonne trilogie de SF bien noire comme je les aime !

18/01/2025 (MAJ le 23/03/2026) (modifier)
Couverture de la série Chère historienne
Chère historienne

J’avais découvert Joff Winterhart sur son précédent album (« Courtes Distances »). Un récit qui m’avait marqué par son dessin sans concession, un humour très anglais et une sensibilité dans l’écriture qui m’avait démontré combien l’auteur aimait ses personnages bien plus grâce à leurs défauts qu’au travers de leurs qualités. « Chère historienne » fait office de confirmation. L’auteur nous offre en effet et à nouveau un double portrait de personnages attachants réunis par la vie malgré une grande différence d’âge et des trajectoires sans similitudes. L’une est historienne et cache une vivacité d’esprit, un humour et sa grande humilité derrière une apparence austère. L’autre travaille pour une boite de production, vient de se faire larguer par son fiancé (en plein enterrement de vie de jeune fille), picole de trop et cherche sa place dans l’univers. Entre les deux va naitre une histoire d’amitié, une connexion profonde alors que la première est sollicitée par la seconde pour animer une série télévisée consacrée à l’Histoire. Les deux personnages n’ont pas une grande opinion d’elles-mêmes mais elles font leur bonhomme de chemin, soucieuses de ne pas déplaire à leur entourage tout en restant fidèles à leur vision des choses. J’ai été très sensible à la douce ironie qui se dégage du récit. Margaret Crypt, l’historienne, pose sur son entourage un regard à la fois tendre et spirituel. J’ai beaucoup aimé ses « décrochages » lors des réunions, durant lesquels elle passe son temps à penser à autre chose ou à observer les autres intervenants. J’ai aimé ce regard sur la vie, la sienne, l’actuelle comme la vie passée, mais aussi celle des autres, sans jugement mais avec amusement. Le dessin de Joff Winterhart est en osmose avec le récit par sa tendance obsessive à aller chercher le petit détail grotesque, à le mettre en avant mais à ne pas le caricaturer. Il y a ainsi des enchainements de cases, des cadrages, des expressions de visage disséminés tout au long du récit qui restent gravés dans ma mémoire bien après ma lecture. La technique employée par l’auteur pour dessiner ses planches offre un rendu assez proche du trait de « Courtes Distances » mais implique une part de hasard (le résultat final n’est visible qu’après réalisation de la planche ou ‘en trichant’, en soulevant une plaque en cours de réalisation pour voir ce que ça donne). Je trouve le procédé intéressant mais j’y vois aussi une certaine logique avec le récit : cette part de hasard qui influence le résultat final vient faire écho à la part de hasard qui oriente la vie des personnages (et, d’une manière plus générale, nos vies à tous). Je regrette certes quelques longueurs mais, dans l’ensemble, je peux dire que j’ai vraiment bien aimé. Par contre, si vous n’avez pas accroché à « Courtes Distances », je ne vois pas pourquoi vous accrocheriez à cet album, qui offre exactement les mêmes qualités et défauts. Mais pour les autres (Alix, Blue Boy), je ne peux que conseiller ce nouvel opus, qui vient magnifiquement clore la trilogie Bon Jovi de l’auteur (c’est du moins ainsi qu’il l’appelle, démontrant par cette appellation le caractère décalé de son humour).

23/03/2026 (modifier)