Les derniers avis (39694 avis)

Par Talum
Note: 4/5
Couverture de la série Universal War One
Universal War One

J’aime profondément la science-fiction en général, et j’ai lu ce roman graphique avec un enthousiasme presque vorace. Il est vraiment passionnant — c’est de la science-fiction au sens plein du terme. La seule chose qui m’a légèrement déçu, c’est la fin. Non pas qu’elle soit illogique ou en contradiction avec le reste de l’œuvre, mais elle paraît trop prévisible, presque forcée. J’ai également du mal à croire que des nazis fanatisés, s’ils recevaient l’ordre de s’auto-anéantir et de se suicider, exécuteraient tous docilement cet ordre — en se supprimant eux-mêmes, en détruisant leurs familles, leurs proches, leurs amis, leurs planètes, etc. Or c’est précisément ce que la conclusion semble nous demander d’accepter : que le « grand méchant » donne l’ordre à tous ses officiers et subordonnés de se suicider à l’aide d’une technologie de « trou noir », et que tous obéissent sans hésitation. Je comprends que nous sommes dans la fiction, mais cela me paraît excessivement invraisemblable. Beaucoup d’éléments du récit restent plausibles dans son propre cadre — les générateurs de trous noirs, un régime planétaire totalitaire mêlant libertarianisme et capitalisme sous l’œil d’un Big Brother, les technologies antigravité… Tout cela fonctionne. Mais l’idée que des officiers supérieurs exécutent un ordre de suicide collectif simplement parce que le « chef suprême » l’exige me semble hautement improbable. Cela fragilise la structure logique, pourtant solide et élégante, de la narration. On pourrait objecter que le principal antagoniste était convaincu qu’au cours des cinq dernières minutes de sa vie il obtiendrait la formule de téléportation, et que sa corporation totalitaire pourrait ainsi fuir au-delà de la galaxie. Mais cela reste une prise de risque étonnamment imprudente de sa part. Malgré ces réserves, c’est un excellent roman graphique — une histoire véritablement impressionnante. Pour tout amateur de science-fiction, la lecture est indispensable. SPOILERS À PARTIR D’ICI — À LIRE À VOS RISQUES ET PÉRILS. De plus, si le « grand méchant » se retrouve transporté dans le passé et devient l’homme le plus riche de la planète, pourquoi choisirait-il de recréer précisément l’avenir qui l’a fait souffrir et lui a coûté l’être aimé ? Là encore, cela me paraît peu crédible. Un individu sachant avec certitude que ses actions entraîneront inévitablement sa propre souffrance ne devrait logiquement pas les entreprendre. Or, dans le cas de cet antagoniste, c’est exactement l’impression que donne le récit.

28/02/2026 (modifier)
Par Montane
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Mac Coy
Mac Coy

La série Mac Coy est rarement citée parmi les meilleures séries de Western et c'est pour moi une injustice tant cette série est de qualité. Le lieutenant Mac Coy sévit essentiellement dans le sud de États-Unis avec certains aller / retour vers le Mexique. Membre de l'armée confédérée, il apprend sa débâcle alors qu'il est en mission au Mexique. Parvenu à quitter le pays en pleine effervescence du rebelle Juajez, il rejoindra finalement l'armée légale et deviendra l'homme de confiance du général Hood du côté du Nouveau Mexique. Fin connaisseur des tribus indiennes, il sera appelé à mener les missions les plus périlleuses, qui mêlent parfois et le réel et le fantastique (la malle au sortilèges, le fantôme de l'Espagnol). Mais Mac Coy côtoie aussi la grande histoire comme dans l'album Little big horn. Les scénarios de Gourmelen sont à la fois variés et très bien menés. Et que dire du dessin de Palacios? Si blueberry avait les traits de Belmondo, on reconnaît derrière le lieutenant Mc Coy ceux de Robert Redford qui s'était illustré dans les années 60/70 au cinéma dans les western célèbres. Son trait réaliste fait de légères hachures est inimitable et reconnaissable entre tous. À part peut être Serpieri, je ne vois aucun autre dessinateur Italien ou Espagnol capable de rivaliser dans le domaine du réalisme. Si la colorisation n'est pas d'une grande qualité dans les années 70, elle s'améliore avec le temps notamment dans les derniers albums. Si vous ne connaissez pas cette série, je vous invite à la découvrir ou à la redécouvrir; je doute que vous soyez déçu.

27/02/2026 (modifier)
Par Hervé
Note: 4/5
Couverture de la série Printemps à la Charité
Printemps à la Charité

Avec ce troisième opus, les auteurs livrent ici, à mon avis, leur meilleur album. Si sur les deux précédents, j'avais trouvé les scénarii assez bancals, la fluidité de l'intrigue est à souligner. Sur fond du drame de l'incendie du bazar de la charité (je ne révèle rien, c'est le titre de cette aventure), Philippe Pelaez nous a concocté une intrigue où nous retrouvons notre inspecteur Amaury Broyan, toujours aussi tourmenté, pris dans les filets d'une très belle entomologiste, ce qui nous donne de belles planches. Le dessin d'Alexis Chabert est toujours aussi bon , et nous fait revivre le Paris de la fin du XIXème siècle où l'on retrouve des personnages célèbres comme Meliès ou Robert de Montesquiou, le dandy par excellence, ami de Proust . D'ailleurs petite remarque en passant , Robert de Montesquiou perd ou retrouve sa moustache d'une case à l'autre ! Bref un album plaisant qui nous plonge dans une ambiance particulière et illustré de façon magistrale par Alexis Charbert Petit regret tout de même, qu'une édition "dos toilée" ne soit pas proposée pour cet album, contrairement aux deux précédents.

27/02/2026 (modifier)
Par Hervé
Note: 4/5
Couverture de la série Thorgal Saga - La Déesse d'ambre
Thorgal Saga - La Déesse d'ambre

Je crois n'avoir pas lu un album avec Christophe Bec au dessin depuis Bunker. J'ai donc choisi de découvrir ce nouvel opus de "Thorgal Saga" dans son édition prestige en noir et blanc, qui rend vraiment hommage au style de Christophe Bec. Il faut avouer que les doubles pages sont magnifiques, même si parfois les décors restent très chargés. Et que dire de la couverture de cette édition limitée, sinon qu’elle est sublime ! Côté scénario, je suis plus réservé. Valérie Mangin nous offre une histoire assez classique qui s’insère par contre parfaitement dans les débuts de la série mère, en tout cas beaucoup mieux que les derniers albums de la série originelle. D’ailleurs, ces différents albums de « Thorgal Saga » dépassent, en qualité scénaristique, ceux signés Yann. Une intrigue classique servie par un dessin de Christophe Bec que j’ai beaucoup apprécié, bref un album, qui sans être au niveau de « Adieu Aaricia » de Robin Recht, s’inscrit dans mon top 3 des « Thorgal Saga ».

27/02/2026 (modifier)
Par Vaudou
Note: 4/5
Couverture de la série Kraken
Kraken

Une autre très belle bande de Segura, à placer dans sa bibliothèque à côté de Hombre. C'est toujours aussi bien écrit, avec des dialogues corrosifs et un récit vraiment dynamique. Comme pour Hombre, on retrouve cette ambiance noire et cynique qui emprunte aux codes du western à la Sergio Leone. Des morts à la pelle, un héros ombrageux face à un monde infesté de crapules, prêts à trahir à la moindre occasion. Dante est un bon alter ego de Hombre mais n'est tout de même pas aussi mémorable. Et le tome 3 est plus faible, un peu comme si Segura avait fait le tour du sujet. C'est pourquoi je descends la note d'un petit point. Jordi Bernet (Torpedo) est cette fois ci aux manettes pour le dessin. Bernet, Ortiz... Segura était un homme de goût. On admettra que les couleurs - je n'ai lu que les 3 tomes parus aux Huma - ne sont pas toujours formidables, mais elles aident à s'imprégner de l'ambiance des égouts poisseux de Metropol. Une bd qui ne refoule pas du goulot.

27/02/2026 (modifier)
Couverture de la série Jeremiah
Jeremiah

Cette série est l’histoire invraisemblable de deux Gars qui pour une raison ou une autre lient leur sort dans une Amérique post Apocalyptique . L’un est un Filou l’autre un type correcte qui ensemble traversent l’ouest des USA ( oui, c’est un Western ! ). L’imagination qu’Hermann a sur les EU ( et bien d’autres auteurs ) et franchement Nihiliste à eu un grand succès depuis son apparition dans les 80 ies. Là quand l’Europe était bien pépère et tranquille sans trop de négatif au monde . Ça, avant la chute de l’Union soviétique et la fin de l’ordre ancien et le début de nombre de conflits depuis la déstabilisation de l’ordre ancien. Les histoires racontent, en direct et uniquement par dialogues (pas de Captions) des situations que seulement Hermann peut imaginer et qui dans l’ensemble montrent que quand le Monde perd les forces Civilisatrices tout est possible, surtout la folie des Hommes, folies de grandeur, le mal, le Dingue et ce qui vient de la tête de l’auteur ! A un moment donné, vers la fin les années 90, j’avais remarqué que les magasins de BD d’occase étaient pleins de Jeremiah ! Je crois qu’en cette période , les Lecteurs étaient devenus tellement écœurés de ce thème, qu’ils larguaient tous leurs Jeremiah en même temps ! … Et la réalisation qu’un monde pareil peut bien exister. Comme dans certaines parties du tiers Monde par exemple. C’est quand même une Grande Œuvre sans pareil et bien fait. Depuis récemment, j’ai complété les 22 premiers Tomes pour ma collection BD Hermann. A mon avis, apres Le numéro 25 ça devient trop répétitif et la colorisation en couleurs directes perd son effet spectaculaire. Remarquez que les belles couleurs vives des premiers volumes sont absentes et que la Couleur rouge a disparu à jamais pour peindre un monde trop sombre pour encore être intéressant sur ce thème négatif et avec trop de volumes. Je suis un grand Fan d'Hermann mais je me demande pourquoi poursuivre cette série au lieu d’avoir continué ces autres thèmes . Comme Bernard Prince, Bois-Maury, etc. Peut être que ça indique qu’il faut soulager les tendances négatives de la pensée dans un monde qui ressemble de plus en plus aux histoires de Jeremiah.

27/02/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Dr Wertham
Dr Wertham

La biographie de ce qui est surement la personne la plus détestée du monde des comics à savoir le docteur Fredric Wertham dont la croisade contre les comics a aboutit à la création du comics code et la presque disparition d'EC Comics qui a survécu uniquement en transformant son comics parodique Mad en magazine. Dommage qu'on ne parle pas plus en profondeur des dommages du comics code qui a changé les comics encore plus que la loi sur les publications jeunesse l'a fait pour la bd franco-belge. Les comics sont devenus très enfantin (en comparaison, ce que publiait Spirou et Tintin à l'époque semble plus mature) et aussi les super-héros qui avaient pratiquement disparus sauf quelques exceptions et ils vont tout doucement revenir en force jusqu'à dominer le marché lorsqu'au début des années 70 le plus gros éditeur de comics Dell Comics va mettre la clé sous la porte. Cerise sur le gâteau, EC Comics était l'éditeur qui traitait le mieux ses auteurs, étant par exemple le premier à systématiquement créditer les scénaristes et les dessinateurs. Après qu'EC dégage du chemin, les autres éditeurs vont pouvoir tranquillement continuer à exploiter leurs auteurs comme ils le veulent. Maintenant que j'ai jeté mon fiel sur l'état des comics après la croisade de Wertham, je vais parler plus de comics. C'est une excellente biographie même si c'est parfois un peu verbeux. On traite de toute la vie du docteur ce qui est une bonne idée parce que généralement on ne retient de lui que sa croisade contre les comics alors qu'il a eu une vie très riche. Cela permet de voir qu'il est une personnalité complexe et qu'il était quelqu'un de plutôt progressif alors que la première fois que j'avais entendu parler de lui je m'étais imaginé que c'était un conservateur ultra-religieux ou un truc du genre. On voit aussi les défauts de sa personnalité comme une tendance à l'hypocrisie et à l'égocentrisme. Le dessin est vraiment très bon et j'ai bien envie de mieux connaitre l'œuvre de ce dessinateur.

27/02/2026 (modifier)
Par Patoun
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Terre ou Lune
Terre ou Lune

Une véritable ode à la nature. Tout d’abord, je soulignerai la rareté de tomber sur une BD (hors documentaire) proposant tant de précisions scientifiques. Ici, on nomme le vivant car "on protège ce qu'on aime et on aime ce qu'on connaît ". RIP Cousteau. Ainsi, les descriptions et identifications de l’avifaune sont pléthores, bien évidemment hors de portée d’un profane comme je le suis, mais ne nuisent pas à la qualité du récit. On peut survoler les énumérations latines comme y prêter un regard curieux et attentif, cela n’a que peu d’incidence (et heureusement au risque de ne cibler qu’un public membre de la LPO si j’exagère le trait). Je suppose que cette singularité est le reflet de cette passion de l’auteure ? Ce premier tome peut finalement se résumer brièvement : le protagoniste perd ses parents à la suite d’un drame familial et se retrouve à fouiller dans le passé de ces derniers dans un besoin de reconstruction personnelle et d’émancipation il me semble. L’intrigue se met alors doucement en place tout en prenant le temps de bien développer l’univers de l’histoire. J’ai vraiment pris plaisir à découvrir ce lieu à la fois futuriste, poétique, surnaturel et de prime abord utopique. Ce premier tome s’achève lorsque le lecteur devine l’approche d’un nœud narratif, d’un momentum qui va faire basculer le récit et que le lecteur n’a pu qu’effleurer jusqu’à présent. C’est très bien joué de la part de l’auteure pour nous projeter avec hâte sur la suite et maintenir cette tension narrative entre les deux opus. Côté graphisme, il y a à dire tant le dessin m'a déstabilisé. On retrouve un univers graphique très certainement inspiré de la culture japonaise (manga, animés..) et plus particulièrement de l’œuvre de Miyazaki. De grandes plaines verdoyantes et lumineuses balayées par les vents, des nuits étoilées de campagne… sont autant de symboliques paysagères présentes dans Terre ou Lune et ayant contribuées à la renommée de l'artiste japonais. Il y a également un côté enfantin dans le trait, notamment pour le traitement des personnages : des visages peu détaillés et similaires dans les expressions, des corps parfois rudimentaires et une quasi absence de mouvement (pour le coup, les oiseaux sont bien plus travaillés que les personnages !). Cumulé à cela une colorisation assez vive et je me retrouve ainsi plongé dans l’imaginaire de mes livres d’enfance... Toutefois, avec une lecture plus minutieuse, on se rend compte que le dessin fourmille de détails, notamment au travers des décors (les ciels sont par exemple une grande réussite). Je ne sais pas si c’est volontaire de la part de l’auteur, mais j’ai ressenti une confusion graphique vis-à-vis du genre des personnages. J’ai dû attendre des scènes avec des attributs physiques évidents en seconde moitié de lecture pour me rendre compte que je faisais fausse route depuis le tout début avec deux des cinq principaux personnages (et qui plus est portaient des prénoms mixtes). Si je me questionne sur ce détail c’est que j’ai du mal à voir ce que cela apporte en valeur ajoutée à l’histoire (et que j’ai sans doute un esprit trop cartésien) ? Quoi qu’il en soit, ce n’est pas le plus beau coup de crayon à mon goût, mais associé à des choix osés notamment dans la colorisation, le tout forme un ensemble très réussi. Bravo. C’est avec cette belle promesse à l'esprit et de fortes attentes que je languis la suite de ce récit onirique !

26/02/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Jane face aux Sirènes
Jane face aux Sirènes

3.5 Un conte moderne bien sympathique à lire. L'histoire met en vedette une fille grosse, riche et seule qui risque de se retrouver à la rue et qui est amoureuse du beau Peter qui s'est fait enlevé par une sirène ! Le récit est dans le ton de ce que l'on retrouve dans la production de young adult moderne et Jane et Peter sont des personnages plus complexes que ce que l'on retrouve dans les vieux contes. L'héroïne est une victime, mais elle a aussi des défauts et elle participe à la mentalité que la beauté est tout ce qui compte. Les péripéties sont prenantes et les personnages sont attachants. Certaines scènes m'ont ému. Il y a quelques grosses facilités et des grosses coïncidences, mais en même temps cela fait partie des règles des contes. Le dessin de Vera Brosgol est dynamique et expressif comme je l'aime. La narration est fluide et les plus de 300 pages de cet album se lisent facilement. Un album avec un beau message que je recommande aux adolescents.

26/02/2026 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5
Couverture de la série Toxic / La Ruche / Calavera
Toxic / La Ruche / Calavera

Le moins qu’on puisse dire, c’est que les avis sont partagés ! Je n’ai rien lu de Burns depuis Black Hole, il y a 20 ans de cela… un album que j’avais adoré, donc j’ai emprunté l’intégrale « Toxic / La Ruche / Calavera » à la bibliothèque, et je ressors ravis de ma lecture. J’ai beaucoup aimé l’ambiance barrée et « lynchienne », ainsi que la narration « explosée » qui elle me rappelle plutôt les films de Tarantino : des pièces de puzzle mélangées, qu’il faut réordonner et rassembler. J’aime ce genre d’exercice, ma lecture fut stimulante, et puis surtout il faut avouer que tout se remet en place en fin d’album… à part les rêves, peut-être, mais bon, c’est aussi le cas dans la vraie vie, non ? En tout cas j’ai pris beaucoup de plaisir à suivre les déboires du protagoniste. J’adore le style graphique de Burns, ses personnages, ce côté un peu crade… et la mise en couleur est réussie. Un excellent moment de lecture en ce qui me concerne.

25/02/2026 (modifier)