Les derniers avis (39722 avis)

Couverture de la série Soli Deo Gloria
Soli Deo Gloria

Difficile de venir aviser un tel album, surtout lorsque celui-ci a été tant encensé. L'œuvre est bonne, indubitablement, les dessins sont travaillés, simples d'apparence mais chaque case fourmillant pourtant de détails, le joli travail des couleurs n'apparaissant que pour illustrer le beau créatif (principalement la musique et le chant ici mais l'on observera également de la peinture) fait mouche et donne une jolie identité visuelle au récit, comme une illustration du pouvoir de l'art amenant de la couleur dans les mornes vies, le récit là aussi simple mais tout de même rondement mené, … Bref, je ne vais pas aller à contre-courant ici, l'album est bon et mérite ses louanges. Je regrette tout de même de ne pas avoir pu vraiment être touchée par l'œuvre. Les aléas des sensibilités artistiques et émotionnelles sont ce qu'elles sont, tout le monde ne vibrera pas de la même manière face aux même créations, mais il n'empêche qu'après avoir vu passer tant d'avis dithyrambiques j'avoue avoir refermé l'album avec un certain goût d'occasion manquée. L'histoire me parle, je suis sensible aux histoires de famille, aux récits de destins au départs liés et se perdant et s'éloignant face aux tragédies de la vie, encore plus aux créations artistiques prenant pour sujet la création artistique en elle-même, sous ses aspects les plus enchanteurs et évocateurs comme les plus froids et cruels, en un mot comme en cent l'histoire de ces deux jumeaux prodiges auraient dû faire mouche chez moi, évoquer en moi quelque chose de plus. Je ne sais pas quel serait ce "quelque chose de plus", l'album m'apparait objectivement comme très bon, les forme graphique comme narrative sont réalisées avec talent et je ne saurais pas véritablement quoi changer pour que cela me paraisse plus juste, mais pourtant voilà un petit quelque chose me manque. Sans doute juste moi qui reste malgré tout une triste rabat-joie. Mais terminons tout de même cet avis sur une note positive, car après tout l'album reste malgré mes regrets d'excellente facture. Retranscrire par le dessin le chant et la musique n'est pas chose facile et pourtant le duo d'auteur est ici parvenu à créer une jolie ode au chant, à l'amour des sons du monde et des créatures qui le peuple, le tout enrobé dans le récit tragique de deux jeunes gens pour qui l'amour de l'art mènera vers le gloire, l'orgueil et la déchéance (et peut-être une fin heureuse quand-même, si on est sage).

08/03/2026 (modifier)
Par Miguelof
Note: 4/5
Couverture de la série Au coeur des ténèbres (Luc Brahy)
Au coeur des ténèbres (Luc Brahy)

Je n'ai pas lu toutes les adaptations BD du roman original de Conrad, ni vu tous les films qui s'en inspirent. Celle-ci me semble assez fidèle à la “novella” originale au niveau de l'intrigue et du texte. Je juge important de ne pas confondre la vision de Marlow sur l'Afrique et le Congo avec les opinions de Conrad lui-même sur le racisme et la violence. Selon certains critiques, il a été novateur à ce niveau, mais ici, je pense qu'il vaut mieux éviter ces polémiques… Je n'ai pas adhéré immédiatement aux dessins de Brahy. Ils m'ont semblé peu travaillés et sans grandes images spectaculaires. Ensuite, au fur et à mesure que je lisais, j'ai commencé à me sentir plus identifié et je pense qu'ils sont en harmonie avec le texte. J'ai particulièrement apprécié les couleurs de Cyril Saint-Blancat, mais même celles-ci pourraient être plus sombres et glauques... Bref, je crois que le livre peut constituer une bonne introduction aux ténèbres et à Conrad. "The horror! The horror!" J'aime dire ça!

08/03/2026 (modifier)
Couverture de la série Zone critique
Zone critique

Étrange album, pas forcément très facile d’accès, mais qui véhicule une pensée simple et forte. Le texte est à la fois omniprésent, très important – si ce n’est essentiel – et minimaliste, finalement peu présent « physiquement ». Quelques bouts de phrases disséminés au milieu de pages illustrées de dessins, de reproduction plus ou moins partielles de documents divers en lien avec ce qui nous est conté, raconté. Reprenant les idées – et en partie les mots – de Bruno Latour, Philippe Squarzoni se retrouve en terrain connu, lui qui a déjà publié plusieurs albums engagés dans la même direction, à la fois alarmiste, mais aussi avec toujours la volonté d’aller de l’avant, de montrer qu’un autre monde est possible – même si les derniers – et nombreux – délires de Trump deuxième manière aggravent la situation décrite et décriée dans cet album. L’album est intéressant, donne à réfléchir. Je l’ai juste trouvé un peu aride. Et aussi, malgré le travail lui aussi intéressant de Squarzoni, j’ai trouvé à plusieurs reprises que ça serait presque aussi, voire plus intéressant sans passer par le médium BD. Sur le même registre politique/économique/poétique, je préfère presque lire les textes de Baudouin de Bodinat. Note réelle 3,5/5.

08/03/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Journal inquiet d'Istanbul
Journal inquiet d'Istanbul

3.5 Une bonne autobiographie qui montre ce que c'est d'être un dessinateur, notamment ceux qui travaillent dans les journaux satiriques, sous la Turquie d'Erdogan. Ayant déjà lu une biographie du politicien turque en BD, je n'ai donc pas appris grand chose de la vie politique en Turquie. Ce qui m'a surtout intéressé est ce qui touchait le monde de la BD turque vu que tout ce que je connaissais était les plagiats de Tintin ou des super-héros américains qui dataient quand même de quelques décennies. Cela reste tout de même passionnant d'avoir un témoignage sur ce qu'était la vie quotidienne des turques au lieu de généralité comme 'dans les années 70 la vie politique était instable et il y a pleins de gens qui sont morts'. On suit donc l'auteur qui gamin adore les bd et veut en faire plus tard et une fois adulte il se retrouve dans une Turquie dirigé par un Erdogan qui va se montrer de plus en plus autoritaire au fil des années. Comme l'auteur travaille dans un journal satirique qui attaque le régime, on est au première loge en ce qui concerne certaines luttes contre les actions d'Erdogan (protéger une foret qu'il veut détruire pour bâtir un centre commercial par exemple) et comment le régime s'y prends pour faire peur à ses opposants. C'est vraiment captivant à lire et vu la dérive autoritaire de plusieurs pays occidentaux je me dis que ça pourrait tous nous arriver un jour.

08/03/2026 (modifier)
Par L.B
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Coeur Collège
Coeur Collège

Très bien, j'ai adoré. J'ai fait un retour en jeunesse, le collège, l'amour, les copains (copines). Je l'ai fait lire à ma soeur, elle a elle aussi aimé.

08/03/2026 (modifier)
Par Présence
Note: 4/5
Couverture de la série Des lendemains sans nuage
Des lendemains sans nuage

Il faut produire, produire sans cesse, c’est ça la clé du succès. - Ce tome contient une histoire complète, indépendante de toute autre. Son édition originale date de 2001. Il a été réalisé par Fabien Vehlmann pour le scénario, par Ralph Meyer et Bruno Gazzotti pour les dessins, avec une mise en couleurs de Bernard Devillers. Il comprend cinquante-quatre pages de bande dessinée. Il a été réédité en 2009 dans la collection Signé, de l’éditeur Le Lombard. La manière dont F.G. Wilson a asservi le monde a été des plus insidieuses. Il ne s’est pas imposé par un coup d’état. Il n’a pas non plus été élu, à vrai dire. Wilson n’est même pas un homme politique. C’est un marchand. Et c’est librement que les citoyens ont choisi d’adhérer au confort technologique qu’il proposait : prothèses biomécaniques, organes synthétiques… Wilson a lui-même déjà 115 ans et pas une ride. Qui refuserait cette forme d’immortalité ? Quand Technolab a lancé l’implant cérébral, une organi-puce optimisant les capacités physiques et mentales, nul n’aurait songé à s’en priver. On les pose maintenant dès la naissance, dans le monde entier. Et quoi de plus naturel que cet implant comporte une clause neuronale interdisant à son porteur de nuire à F.G. Wilson ? Voilà comment il est devenu impossible de contredire ses décisions. Voilà comment les citoyens ont créé un tyran à leur mesure : immortel et omnipotent. Nolan Ska va pourtant tenter de changer le cours de l’histoire. Il est ingénieur. Ses recherches clandestines vont lui permettre d’être le premier homme à remonter le temps. Nolan Ska se retrouve dans le passé : il doit retrouver Wilson, pas pour le tuer, son implant cérébral le lui interdit. Mais il a soigneusement étudié les archives de Technolab et il a appris que Wilson n’avait pas toujours rêvé d’être marchand. Sa première passion était l’écriture. Il était doué et il aurait pu devenir un écrivain célèbre si un incident imprévisible n’en avait décidé autrement. Le 12 mai, au café Paris, Wilson se fait voler l’unique manuscrit de son premier roman. Sans le sou, découragé par ce vol, il abandonnera l’écriture et sera engagé comme comptable chez Technolab, jeune firme dont il gravira tous les échelons. Nolan Ska est arrivé devant le café en question, juste au bon moment, et il stoppe le voleur, récupérant ainsi le manuscrit, et faisant la connaissance du jeune Wilson. Il l’aide à ramasser les pages éparpillées par terre, et il découvre des phrases bourrées de fautes et sans imagination. Dès le départ, le récit s’inscrit à mi-chemin dans deux genres littéraires, majoritairement la science-fiction, avec une touche d’anticipation par moment. En surface, il s’agit d’une histoire de voyage dans le temps. Cet aspect est réglé en trois coups de cuillère à pot : en trois cases littéralement. Les dessins montrent un personnage en train de bricoler dans son atelier, vraisemblablement en sous-sol de son pavillon et c’est parti, aucune tentative de techno-charabia, direct dans le cœur du récit. Le lecteur remarque ensuite que Wilson a écrit son premier roman avec un stylo sur des feuilles de papier, et par la suite Ska utilise un ordinateur portable. Visiblement Internet n’est pas encore omniprésent, ni même les téléphones portables dans ce passé du récit, ce qui est cohérent avec le fait que cette bande dessinée date de 2001. Ensuite, les auteurs vont raconter la relation entre l’aspirant écrivain et celui qui devient son mentor et son prête-plume, ainsi que plusieurs histoires que ce dernier écrit pour son protégé. Ainsi le lecteur découvre six nouvelles de science-fiction, écrites par quelqu’un qui vient du futur : La méthode 100% décrivant une prison parfaite, Le big flush racontant une intervention dans les égouts peu de temps avant la mi-temps du Super Bowl, Le jour des morts avec l’unique employé gérant une station spatiale, Un homme pressé mettant en scène un individu au métabolisme augmenté par les médicaments, Le jugement de Salomon sur un enfant génétiquement modifié, Space Conquest II pour une partie décisive de jeux vidéo en ligne. Le lecteur comprend qu’il plonge dans une bande dessinée à sketchs, sur une trame générale, la transition entre chaque nouvelle se faisant par une courte scène mettant en scène l’évolution de la relation entre F.G. Wilson et son prête-plume, avec l’attente de savoir si l’avenir totalitaire sous le joug de la technologie de Technolab sera évité. Les crédits de l’album ne précisent pas si les deux dessinateurs ont travaillé à quatre mains sur chaque planche, ou s’il y a eu répartition des planches, l’un réalisant celles consacrées à Wilson et Ska, l’autre les histoires dans l’histoire. Quoi qu’il en soit, les planches de ces deux fils narratifs distincts présentent de fortes similarités graphiques, les auteurs ayant choisi de les montrer sur un plan quasi identique. Cette sensation est renforcée par la palette de couleurs utilisée, sans solution de continuité entre les différentes réalités, sans usage de couleurs plus claires ou brillantes pour la fiction dans la fiction par exemple. Cela induit une forme de même niveau d’existence pour les deux, rappelant au lecteur qu’il s’agit de fictions à part égale, sans hiérarchisation entre l’une et l’autre. La couverture constitue une belle illustration, laissant à penser qu’un jeune homme admire le talent d’écrivain d’un homme plus âgé, imaginant des récits de science-fiction, entre voyage spatial et conquête par une flotte imposante, une sorte d’hommage à l’écriture et à la science-fiction expansionniste des années 1950 et 1960. Les dessins s’inscrivent dans un registre descriptif avec un bon niveau de détail, et une approche réaliste. Les artistes jouent discrètement sur les ombres portées et le délié des traits de contour pour apporter de la souplesse et de la vie dans les dessins. Dans la première scène, le lecteur peut voir une architecture futuriste dans les formes étonnantes des immeubles, un urbanisme faisant la part belle aux larges avenues, et une technologie de science-fiction proche du bricolage pour la machine à remonter le temps. Par la suite, les artistes créent d’autres décors et accessoires typiques de ce genre littéraire avec des touches originales qui les élèvent au-dessus de décors en carton-pâte génériques : la vue d’ensemble de la prison au beau milieu d’une zone désertique, l’aéroglisseur pour se déplacer dans les émissaires des égouts, un navire spatial et une base spatiale, la flotte de conquête dans la dernière histoire, etc. Au temps présent du récit (enfin dans le passé… C’est-à-dire probablement au tout début des années 2000), les dessinateurs représentent un quotidien banal, pas encore envahi par la technologie d’Internet, sans téléphones portables. Le lecteur peut reconnaître un café parisien. Wilson et Ska sont reçus dans un bureau à l’ancienne chez l’éditeur Metropolis. Au départ et pendant un certain temps, l’écrivain en herbe habite dans un appartement mansardé de type chambre de bonne avec un vieux plancher. Alors qu’il commence à gagner de l’argent, ses finances lui permettent de s’offrir un séjour dans un relais château. La dernière séquence montre une magnifique villa avec piscine le temps d’une page. Il se dégage de ces passages une forme de dénuement matériel associé à l’artiste sans le sou, une sorte de banalité évoquant la mythologie de l’artiste fauché de la fin du dix-neuvième siècle, alors que les écrits (livres et scénarios) de Wilson rencontrent un succès grandissant. Cela peut évoquer un autre postulat : Que se serait-il passé si Adolf Hitler avait poursuivi ses velléités de devenir un artiste peintre ? D’un côté, l’évolution de l’intrigue en toile de fonds peut sembler très linéaire et prévisible, c’est-à-dire les répercussions du succès grandissant des œuvres du prête-plume. De l’autre côté, chaque nouvelle de science-fiction est divertissante pour elle-même, avec une chute de type justice poétique bien trouvée. Et à chaque fois une scène d’une ou deux pages revient sur la relation entre Wilson et Ska montrant la montée du succès et le sacrifice du prête-plume. En y repensant avec un peu de recul, le lecteur se dit que la notion de prison dont on ne peut s’échapper décrite dans La méthode 100% se transpose directement à la situation de Nolan Ska : il est devenu celui qui écrit à la place de Wilson, une fonction dont il ne peut s’échapper. Il est possible d’établir un parallèle de même nature avec la deuxième nouvelle, Wilson se conduisant comme un enfant gâté vis-à-vis de Ska. Pareil avec la troisième où Ska se trouve condamné à produire toujours plus de récits, jusqu’à ce que la mort vienne le délivrer de ce calvaire, sans que lui-même n’ait conscience de ce processus. Il en va de même avec les nouvelles suivantes qui relèvent autant d’une transposition fictive de ce dont Nolan Ska a pu être témoin ou qu’il a lu dans des livres d’histoire et qui deviennent des récits de science-fiction maintenant qu’il vit dans le passé, que d’histoires avec une chute qui s’applique à sa propre situation. Cela produit un deuxième effet de mise en abîme. Les auteurs mettent en scène un écrivain (Nolan Ska) parlant ainsi de leur propre art, et les histoires dans l’histoire (les nouvelles de science-fiction) constituent une réflexion partielle de la propre situation de cet écrivain fictif, agissant comme un miroir partiel. De prime abord, une bande dessinée bien faite : une narration visuelle solide qui assume ses références, et une suite d’histoires courtes de science-fiction avec un entracte suivant la vie de l’écrivain qui agit comme prête-plume pour un jeune homme. Le lecteur apprécie pour elles-mêmes les histoires courtes et s’attache à cet étrange duo, espérant que Nolan Ska pourra atteindre son objectif altruiste. Il se rend progressivement compte du jeu de miroir entre le thème de chaque nouvelle et la situation dans laquelle se trouve Ska, et il prend la mesure de la conclusion de ce fil narratif directeur qui se conclut par : L’humanité n’aura que ce qu’elle mérite…

07/03/2026 (modifier)
Par Lodi
Note: 4/5
Couverture de la série Atar Gull ou le destin d'un esclave modèle
Atar Gull ou le destin d'un esclave modèle

Je n'ai pas lu l'histoire dont la bd est tirée, mais quoiqu'il en soit, le récit et les images sont fortes. On fait d'Atar Gull une figure de la vengeance due aux esclaves noirs d'autant plus intéressante qu'il ne laisse rien paraître. Mieux vaut en effet sembler un esclave modèle pour détruire méthodiquement son maître ! Le but, on l'oublie parfois, n'est pas de prendre des poses ou de finir en martyr, face à l'ennemi, mais de le dépouiller, le frapper et le détruire sans qu'il puisse jamais répliquer, et d'autant plus qu'on a le sort des siens et son propre esclavage à venger. Bravo, parcours sans faute ! Comme il agit seul et qu'on ne se perd pas dans les détails de la psychologie, il peut devenir une figure emblématique ainsi que l'illustre la couverture.

06/03/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Batman & Robin - Année un
Batman & Robin - Année un

3.5 Encore un nouveau récit qui se passe durant les débuts de Batman et/ou Robin. Ici, le scénariste est Mark Waid qui a un style classique du coup on a droit à des trucs que j'aime bien comme Batman et Robin qui sont capable d'interagir entre eux sans être des sociopathes incapables d'avoir des émotions. Le jeune Dick Grayson est indiscipliné et Bruce a un peu de la difficulté à le gérer, mais ils agissent comme des humains et j'aime mieux que ce que l'on peut voir dans pleins de comics modernes. Il y a un bon mélange de drame et d'action et on n'est pas dans une suite de scènes spectaculaires comme c'est le cas avec les moins bons scénarios de Waid. Les moments plus humoristiques marchent bien. Comme c'est souvent le cas avec les histoires se passant dans les premières années de la carrière de la chauve-souris, il affronte principalement des gangsters ordinaires, mais on retrouve quelques super-vilains et principalement Double-Face qui est bien utilisé. Le scénario est prenant et efficace et il est servit par un dessin élégant. C'est du bon comics de divertissement que je conseil à tous les fans de Batman.

06/03/2026 (modifier)
Par Miguelof
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Tarzan - L'intégrale des strips de presse
Tarzan - L'intégrale des strips de presse

Russ Manning s’est fait remarquer en produisant des adaptations BD de romans d’Edgar Rice Burroughs. Il se voit confier dès 1967 les pages de Tarzan qui paraissent chaque jour et chaque dimanche dans la presse américaine. Assisté de Bill Stout, Mike Royer et Dave Stevens, Manning dessine des histoires complètes en noir et blanc et aussi en couleurs (pour les dimanches) de Tarzan. L’oeuvre (1967-1979) couvre l’ensemble des mondes créés par Burroughs: Afrique équatoriale et saharienne, les mondes perdus de Pal-Ul-Don (avec ses animaux pré-historiques), Opar, la cité atlante oubliée (et la plus belle femme de tous les temps en BD, la reine La!), Pellucidar le monde au creux de la Terre, Xuja la cité des fous, mondes pharaoniques surgis du passé… et tant d'autres! La famille de Tarzan, Jane et Korak, est aussi présente et ils jouent un rôle important, même central parfois. L'édition française me semble complète: j'ai aussi l'édition américaine en couleurs et la portugaise en noir et blanc... j'adore comparer toutes ces éditions! Bref, si je ne donne pas la note 5, pour le moment, c'est parce que Kubert publiait ses versions en même temps... et je compare toujours.

05/03/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Nuits blanches (Foerster)
Nuits blanches (Foerster)

C'est l'un des multiples recueils d'histoires courtes de Foerster dans la veine fantastique et grinçante qui a fait sa réputation : pacte avec un mystérieux Grand Cabillaud, raté abandonné de tous, porte dissimulée au fond d'un lit ou bonnes soeurs pour le moins inquiétantes. Un concentré de bizarre et de malaise en noir et blanc. J'avais lu certaines de ces histoires dans Fluide Glacial quand j'étais jeune, et j'en gardais un souvenir très fort : une horreur légère, teintée d'un humour noir délicieusement malaisant, quelque chose d'à la fois cruel et jubilatoire. Plus de trente ans plus tard, la relecture complète de l'album a été un peu différente. Je n'ai pas vraiment retrouvé l'intensité de mon souvenir. Les histoires restent bonnes, efficaces, avec ces chutes ironiques et ces situations ordinaires qui basculent doucement dans l'absurde ou le cauchemar. Mais avec mes yeux de lecteur actuel, certaines m'ont paru un peu plus convenues, parfois même un peu faciles dans leur mécanique. Le trouble est toujours là, mais il me semble moins percutant qu'autrefois. En revanche, j'ai été agréablement surpris par le dessin. Dans mon souvenir, il était plus fruste. Or je l'ai trouvé ici bien meilleur : plus précis, plus maîtrisé, avec de beaux aplats noirs, des décors souvent très soignés et une vraie cohérence d'ambiance. Ces silhouettes filiformes, ces architectures dégingandées, ces visages déformés composent un univers graphique toujours aussi singulier. L'atmosphère gothique, oppressante sans être démonstrative, fonctionne encore très bien. Au final, des histoires moins marquantes que dans ma mémoire d'adolescent, mais un graphisme et une ambiance que j'aime toujours beaucoup. Peut-être que la surprise s'est émoussée avec le temps ; reste le plaisir intact de replonger dans un univers noir et étrange qui, malgré tout, conserve une vraie personnalité. Note : 3,5/5

04/03/2026 (modifier)