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Les derniers avis (32127 avis)

Par grogro
Note: 4/5
Couverture de la série Underground - Rockers maudits et grandes prêtresses du son
Underground - Rockers maudits et grandes prêtresses du son

Déjà le sous-titre (Rockers maudits et grandes prêtresses du son) résonne : tout un programme !!!! Il n'en fallait pas plus pour attirer un chaland tel que moi vers cette énÔrme BD rouge et noire dont la couverture magnifique évoque furieusement celle de l'indépassable Sgt Pepper's Lonely Hearts Club Band. Et bien m'en a pris car hormis quelques marronniers dont la présence dans ce copieux menu peut raisonnablement surprendre a priori (je pense en particulier à Patti Smith), les autres artistes cités sont incontestablement des icones de l'underground. Au sommaire, parmi tous les noms énoncés, une dizaine ne m'évoque absolument rien. "C'est beaucoup" m'étonnais-je moi-même ! Je ne dis pas ça pour me vanter, mais en règle général, on s'étonne souvent de l'étendue de ma culture musicale. C'est comme ça, depuis que je suis tout minot, même pas encore en âge de parler, la musique est mon truc, la faute à mon grand refré qui m'a donné le virus (il est tout excusé). J'en écoute énormément, tous les jours. Ca rythme ma vie au quotidien. Comme si cela ne suffisait pas, il se trouve que je suis responsable du fonds rock (et BD accessoirement) d'une médiathèque. Le gars qui en veut quoi ! Pour dire : mon premier disque, qui était alors une K7, acheté avec mes propres deniers, c'était Thriller de Michael Jackson. On était en 1982, j'avais 8 ans... Mais ceci n'étant pas une chronique sur ma vie affligeante, je reprends le fil de mon propos. Donc oui ! Beaucoup de vrai(e)s inconnu(e)s au programme, et ça fait plaisir. Cette lecture est l'occasion d'approfondir, voire de découvrir des tonnes de trucs. Personnellement, j'ai (re)écouté tout Alex Chilton dont je connaissais déjà l'implication au sein de The Box Tops puis de Big Star. Et bien, ce n'est pas une surprise mais ce type est un génie. Dans l'album Bach's Bottom par exemple, enregistré principalement live en 1975 mais sorti en 1982 seulement, il a su capter l'énergie du punk naissant qu'il a abondement arrosé de soul, de rock'n'roll, de glam... J'ai aussi exploré l'œuvre de Moondog dont je ne connaissais que deux ou trois morceaux (que tout le monde connait par ailleurs sans le savoir, si si). J'ai tenté de dégoter des morceaux des Légions Noires, sans grand succès. J'ai découvert Eugene Chadbourne, John Fahey, Merrell Fankhauser... Enfin bref ! Arnaud Le Gouëfflec et Nicolas Moog signent avec Underground une petite Bible des artistes les plus emblématiques, si je puis dire, de la scène underground, tous genres confondus, dont les puristes ne pourront finalement que regretter la trop courte Guest List. Sortie en même temps que l'excellentissime Les Amants d'Hérouville dont le personnage principal, Michel Magne en l'occurrence, aurait tout à fait pu faire l'objet d'une insertion dans ce catalogue, Underground entretient la flamme d'un rock dont l'Histoire rhizomique se forge souvent dans les marges. Cet ouvrage n'a finalement qu'un inconvénient : il n'est que la base d'un travail d'exploration sonore que tout lecteur consciencieux accomplira avec délice en se lançant toutes oreilles cessantes dans l'écoute des tonnes de musique promises par nos deux complices... Oh yeah !

04/09/2021 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
Couverture de la série Oblivion song
Oblivion song

Scénariste de la série au succès mondial Walking Dead, Robert Kirkman était forcément attendu au tournant avec cette nouveauté sortie en avant première mondiale chez Delcourt. Il sort du registre fantastique/horreur/psychologie pour nous plonger cette fois-ci dans de la bonne grosse SF, accompagné au dessin de Lorenzo De Felici. (qui collabore actuellement à Infinity 8) Et bien on peut dire que ça a du mordant, du rythme et que ça en jette ! Nos auteurs ne prennent pas le temps de faire les présentations et nous nous retrouvons embarqués en pleine chasse à l'homme dans un monde post-apocalyptique où des créatures monstrueuses et gigantesques rôdent à tout va... Si c'est l'action qui ouvre le bal, c'est ensuite le mystère qui s'installe et va nourrir une bonne partie de l'intrigue. Car au bout de 10 pages, retour dans notre monde à Philadelphie dans un futur proche. Le "chasseur" que nous suivions vient en effet d'y "réapparaître". Sauf qu'un "léger" détail a bouleversé la donne de cette ville il y a dix ans : 300.000 de ses habitants ont été happés dans une autre dimension. C'est de là que revient Nathan Cole, le seul qui essaye encore de retrouver des survivants dans cet autre monde grâce à la technologie qu'il a réussit à développer. Le gouvernement, après avoir tout tenté pour les sauver a fini par baisser les bras ; pas lui... car son frère fait parti des disparus. Voilà donc une série qui démarre sur les chapeaux de roue en sachant captiver son lecteur ! J'ai dévoré cet album. L'intrigue et les personnages sont plutôt fouillés et la narration impeccable. On avale ces 150 pages sans s'en rendre compte. Quant au dessin de Lorenzo De Felici marié à la mise en couleur d'Annalisa Leoni, il fait plus que taff ! Si cette colorisation un peu peps surprend au début, il trouve à mon goût un équilibre intéressant avec l'encrage assez épais de Lorenzo De Felici. Comme de nombreux comics l'album découpé en chapitre propose des cadrages et des découpages de planches bien pensés qui donnent un élan et une énergie qui portent le récit. Mention spéciale aux pleines pages ou "cases géantes" qui servent la tension et le rythme à merveille. Il ne reste plus qu'à prendre son mal en patiente pour découvrir la suite de cette série très prometteuse ! *** tome 2 *** Voilà donc ce deuxième tome tout aussi attendu que le premier, histoire de savoir si tout ça allait tenir la route. Et bien on peut dire que l'essai est plutôt transformé et le pari gagné pour ce qui me concerne. Robert Kirkman en profite pour approfondir la psychologie de ses personnages tout en maintenant une tension narrative intense avec des rebondissements intéressants. Surtout qu'au sortir de ce nouvel album un mystère encore plus grand commence à prendre consistance... Kirkman sait construire une histoire et nous tenir en haleine ! Côté dessin, on reste sur la même ligne efficace et tranchée du premier tome qu'impose Lorenzo de Felici, et ma fois moi j'aime bien son style nerveux et marqué. Il ne nous reste plus qu'à attendre la suite pour comprendre vers quel nouveau mystère Robert Kirkman veut nous emmener vadrouiller... *** Tomes 3 & 4 *** Après deux tomes tonitruants, et quelques explications sur ce Nouveau monde qui s'offre à l'humanité grâce à la technologie développée par Nathan Cole à Philadelphie, les choses ont changé. Après avoir purgé sa peine (quelques "légers" dégâts collatéraux expliquant cela...), Nathan ressort pour découvrir que ses camarades n'ont pas chaumé pendant ce temps et que la Fondation qu'ils ont mis en place a permis de soigner de nombreuses maladies grâce aux éléments récupérés dans cette autre dimension. De son côté, son frère se retrouve confronté aux mystérieuses créatures qui n'étaient jusqu'ici qu'une légende ; tous les siens se retrouvent enlevés par ces "sans visage"... sa colonie semble avoir vécu. Avec ces deux tomes la série fait un grand bond dans le récit et avance à grand pas. Certains mystères n'en sont plus quand d'autres prennent le relais. Les enjeux ne sont plus les mêmes pour Nathan Cole, et c'est d'ailleurs intéressant de voir sa place dans le récit évoluer et jouer sur sa psychologie. Kirkman continue de jouer avec son lecteur et de faire évoluer son petit monde de façon pertinente. Bémol important quand même pour ces deux tomes : le dessin de Lorenzo De Felici. Autant certaines cases un peu moins travaillées ne m'avaient pas dérangé dans les deux premiers tomes, autant là je trouve que ça fait un peu bâclé la plupart du temps. Franchement, certains personnages sont parfois complètement ratés, heureusement que la colorisation d'Annalisa Leoni sauve le tout et permet d'en faire légèrement abstraction. Espérons qu'il se reprenne pour la suite, ça serait dommage de gâcher une série qui a un certain potentiel. Pour le coup je passe ma note à 3.5/5 à cause du dessin

04/04/2018 (MAJ le 04/09/2021) (modifier)
Par Seube
Note: 4/5
Couverture de la série Palestine
Palestine

Ma critique est certainement influencée par l’excellent avis de Ro, que je vous invite à lire. Cette BD fait partie des plus difficiles à critiquer depuis mon arrivée sur BDthèque 1- Avant de lire : intérêt curieux pour développer mes connaissances sur Israël, Cisjordanie, Bande de Gaza 2- Premières planches : complètement freiné par le dessin, l’abondance du texte, le déroulé de l’auteur… 3- En cours de lecture : plus soucieux de ce que je lis, bien que je sens une redondance 4- A partir du chapitre « Bienvenue à Gazaland » et jusqu’à la fin : inarrêtable, je dévore les planches. Moi avoir compris ! Je commence par le dessin, qui n’est peut-être pas la chose primordiale, mais au vu du pavé on a intérêt d'apprécier. Il habille très bien le fond du récit, et petit à petit il le fait même vivre. J’ai vraiment senti une amélioration nette et rapide. Au début j’ai eu un mal de chien avec cette espèce d’effet « fisheye » beaucoup trop prononcé à mon goût. Comme si c'était en plus contradictoire avec le ton du récit. Et puis au-delà de m’y être habitué, je l'ai trouvé surtout moins caricatural et j'ai fini par en apprécier tous les détails. Plus généralement, le côté très fouillé a aussi été difficile à accepter. Ma lecture précédente était, avec quelques rapprochements graphiques, Tipping Point – Téhéran 1979. Roman graphique qui se lit en 30 minutes avec un dessin minimaliste-amateur. Je vous cache pas que le passage sans transition fait très mal. J'en ai même stoppé ma lecture un moment, en plein milieu du chapitre sur Ramallah. Pas dedans. Texte trop abondant, les histoires s’enchaînent et – bien que sincères à mes yeux – se répètent au point où je me demande si l’auteur a réfléchi 2 minutes à sa trame. Et puis j’ai repris, complètement emporté. En plus de l'opinion du lecteur qui peut jouer, cette BD est aussi une affaire d’humeur. Tu lis pas ça n’importe quand. Ca n'a rien à voir, mais c'est un peu comme Le Roi des Mouches. Tu y réfléchis 2 secondes avant de t'embarquer, sinon c'est un traquenard. Je veux reprendre une partie de la BD qui, à mon sens, en représente toute l’essence: « Sameh est venu me voir et m’a dit : « Ce n’est pas comme ça que tu verras quelque chose. » Si je voulais réellement voir le camp, il fallait que je le suive et je loge chez lui. Je l’ai fait quelques jours plus tard et depuis on ne s’est pas quittés, le dessinateur et le guide […] Il sait pourquoi je suis là, il sait que mon temps est compté, je veux de vraies histoires, il le sait, des descriptions vivantes, et des détails, bon sang, la bd est un art visuel… Combien de soldats ? Comment ils t’ont battu ? Qu’est-ce qu’il s’est passé après ? Il m’aide à faire sortir tout ça des personnes que j’interviewe… Et il entend deux fois, la description de chaque coup, chaque humiliation. Une fois par la personne qui me répond, une autre de sa propre bouche quand il traduit… » Ce passage situé au début du chapitre « Pèlerinage », magnifique d’honnêteté, vient traduire ce que l’auteur recherchait en même temps que ce que les palestiniens lui ont offert... La rencontre, le contact, la liberté d’expression, et même le sensationnalisme assumé de Joe Sacco! Pour moi, c’est ce moment fabuleux qui a déclenché un déclic. J’ai enfin compris la ligne de conduite de l’auteur. Il fait son journaliste touristique depuis le début, il use d’autodérision sur sa condition confortable de reporter (ou rapporteur comme dit très intelligemment Ro dans sa critique), jusqu’à ce que son côté comique rende les armes face à l’accumulation de témoignages terribles des victimes palestiniennes. C'est le voyage concret d'un mec qui frappe aux portes et qui demande aux palestiniens "comment ça va aujourd'hui? Si tu veux, raconte moi". En temps de guerre et de répression, tu peux pas demander autre chose. Le point de vue de l’auteur, j'adhère. Cet humour déroutant du gars qui débarque des Etats-Unis et qui va vivre la grande aventure pour faire une BD qui rapporte du sensationnalisme, du pognon quoi ! L’auteur minimise son action de reportage à travers l’humour pour garder son lecteur jusqu’au bout, mais peut-être aussi pour nous faire comprendre son impuissance au milieu de tout ça. Quelques fois ces interventions malaisantes sont justement trop maladroites, genre « too much », mais ça a le grand mérite d’être honnête. Et puis au final on comprend bien que tout cela est orchestré pour donner un ton scénaristique particulier, ton que j’ai énormément apprécié. Autre chose. Je regrette que certains aviseurs ont simplement vu cette BD comme manichéenne, sans nuance. D’abord, l’auteur conclue sa BD alors qu’il se trouve à Jérusalem/Tel Aviv, villes fondatrices de l’Etat d’Israël, en compagnie de deux femmes israéliennes. Le passage est court mais bien loin d’être inintéressant ! Après un si long développement centré sur les palestiniens, le retour au contact avec le « peuple occidental » montre à quel point les israéliens lambdas n’ont pas du tout la même optique, ni les mêmes problématiques. Ce qui tend à confirmer toute la difficulté d’un potentiel processus de paix. Je rappelle que je décris une BD publiée il y a 20 ans... Ensuite, dire que l’auteur manque de nuance devrait être une constatation avant d’être une critique négative. Je suis arrivé au monde après la naissance de cette BD en France et les premières publications aux Etats-Unis sont de 1993. Joe Sacco a effectué son séjour de 2 mois en Déc. 91 – Jan. 92. Quand on voit l’actualité aujourd’hui des médias traditionnels (regard centré sur les élections d’Israël et sur ses relations géopolitiques), on constate déjà le désintérêt de la question palestinienne (peuple arabe). Alors imaginez l’absence de médiatisation à leur égard dans les années 90 ! Et puis l’auteur était au cœur de la première Intifida ! On peut dire ce qu’on veut, mais j'ai du mal à lire certains commentaires du genre « il n’est resté que 2 mois, comment faire un travail complet en 2 mois? ». Franchement... C’est pas un visa vacances-travail en Nouvelle-Zélande bordel! Deux mois en pleine Intifada, t'as pas nécessairement besoin d'une période plus longue pour capter ce qu'il en est. Et puis t'as pas forcément la mentalité assez solide pour encaisser plus longtemps les horreurs de la guerre non plus! Sinon, c’est vrai que j’espérais une approche éducative avant de lire la BD. Jusqu’à ce que je la lise. Car au final, je ne regrette en rien cette approche concrète, actuelle, cette photo à un instant T, la constatation, les « on dit » qui font uniformément échos dans toutes les villes… Et je ne regrette en rien la position de l'auteur qui a, à sa manière, chercher à défendre un peuple soumis au poids médiatique et idéologique d'un autre. Là où je rejoins d'autres aviseurs, c’est sur la problématique d'accessibilité de cette BD. Pas d’intro, pas de contexte, jamais de pavé explicatif général. On suit le voyage de Joe Sacco. Alors forcément on rame un peu pour situer les villes, comprendre les organisations, l’histoire des uns et des autres… Mais rester borné sur cette critique c'est, encore une fois, louper la volonté de l’auteur de donner une portée médiatique et politique de sa BD. La question n'est pas de savoir si son histoire est une Vérité absolue dans les faits - elle manque (volontairement) de nuance et de source -, je dis juste qu’elle a permis de donner une voix à portée internationale pour un peuple qui n’avait pas le pouvoir de se faire entendre à cette époque. Une œuvre à parcourir pour se rappeler, prendre conscience, lire un point de vue et/ou nourrir les débats.

04/09/2021 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
Couverture de la série Nevada (Delcourt)
Nevada (Delcourt)

Nevada nous entraîne dans un univers très westernien mais se déroulant pendant la période de la prohibition américaine. Nevada est la main forte des grands des studios Hollywoodiens qui commencent à prendre leur essor. Il est chargé de retrouver et ramener les acteurs aux studios pour qu'ils assurent leurs prestations par tous les moyens, comme dans le premier tome, ou de faire le commis pour sa patronne pour toutes les substances plus ou moins légales dont elle a besoin pour faire tourner sa boutique. Voilà une série résolument tournée vers l'action avec pour personnage central un anti-héros "parfait", qui n'a peur de rien et ne s'en laisse pas compter. Une belle gueule, costaud, intelligent, heureusement que son cynisme donne à son personnage un peu de rugosité, sinon il serait vite assommant de perfection... Heureusement également, il croise en chemin quelques personnages secondaires intéressants (même si un peu trop survolés à mon goût), comme cette jeune journaliste dans le deuxième tome, qui redonnent un peu de relief à l'ensemble. Côté dessin Colin Wilson nous propose un graphisme réaliste assez conventionnel, qui colle plutôt bien à l'exercice, jouant avec des cadrages et un découpage donnant tout son élan à l'action qui agrémente largement le fil narratif. Si vous aimez les héros aux belles gueules qui n'ont pas froid aux yeux, cette série axée sur l'action devrait vous plaire, et si ce n'est pas vraiment ma tasse de thé, j'ai malgré tout passé un agréable moment de détente en lisant ces deux premiers tomes. *** Tome 3 *** Dans ce troisième opus, nous retrouvons notre Nevada lors d'une randonnée à cheval pour rejoindre le tournage d'un film. Non pas que celui-ci ait spécialement envie de se balader, mais il doit accompagner Mac Nabb, "l'étoile solitaire", le héros du western qu'on tourne, pour qu'il s’imprègne des grands espaces... Ce dernier aurait également omis de mentionner à notre Nevada qu'il avait la mafia de Chicago qui lui colle aux basques à propos de dettes de jeu... La petite balade à cheval va forcément rapidement tournée au drame. Ce troisième tome de la série confirme toute les qualités que j'ai pu relever dans les deux premiers, tout en prenant de l'assurance. Notre Nevada Marquez, reste ce personnage taciturne mais loyal dans un monde où l'honneur semble être devenu denrée rare. Entre les têtes à claques d'acteurs qui se la pètent et les truands sans foi ni loi, ça dérape forcément assez rapidement. Et ce sont surtout toute cette kyrielle de personnages secondaires bien campés qui enrichissent une trame plus profonde qui qui se tisse au fil des tomes qui font la différence et que cette série gagne en qualité au fil des pages. Je remonte ma note à 4 et j'attends donc maintenant le 4e tome avec impatience.

23/07/2020 (MAJ le 03/09/2021) (modifier)
Par Alix
Note: 4/5
Couverture de la série Aventures en Chartreuse
Aventures en Chartreuse

Une série jeunesse dont les histoires se déroulent dans le massif de la Chartreuse, à côté duquel j’ai grandi, il n’en fallait pas plus pour piquer mon intérêt. Je vois que les auteurs habitent d’ailleurs dans la région (à Chambéry et Aix-les-Bains). Les intrigues sont parfaites pour le public visé : de l’aventure, du mystère, de l’humour, des vilains en tout genre… le tout dans un cadre magnifique et verdoyant, superbement mis en image par Nicolas Julo. On retrouve une ambiance très « Club des 5 », mais plus moderne (nos enquêteurs en herbe se servent de tablettes, GPS etc.) L’histoire du tome 3 est particulièrement intéressante. Elle se déroule pendant l’occupation, avec au programme les caches de réfugiés juifs, la milice, la résistance etc. Le tome 4 s’éloigne de la Chartreuse et propose une chasse au ressors dans d’autres massifs alpins, et des thèmes parfaitement adaptés au lectorat : préservation de l’environnement, entre-aide, importance de participer plutôt que gagner etc. Les tomes 1, 2 et 4 se terminent sur des cahiers de jeux pédagogiques (créés en partenariat avec le Parc de Chartreuse), alors que le 3 propose un mini reportage sur Le régime de Vichy... super éducatif ! Une chouette série jeunesse.

06/02/2017 (MAJ le 03/09/2021) (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5
Couverture de la série La Ballade du soldat Odawaa
La Ballade du soldat Odawaa

La ballade du soldat Odawaa est de celle qui vous marque au fer rouge. On plonge en plein champs de bataille de la première guerre mondiale. Les tranchées et les champs de ruines. La désolation à perte de vue. Je découvre que des amérindiens canadiens ont participé à cette boucherie humaine. Lecture d'une seule traite, on est immergé de suite dans la dure (et le mot est faible) réalité de la guerre. Scénario captivant, mais pas innovant malgré quelques bonnes idées. On retrouve effectivement du Sergio Léone dans le découpage, il suffit de regarder les premières planches. Le dessin réaliste retranscrit à merveille l'apreté des conditions de vie des soldats et des combats. Il est très beau. Les couleurs "sombres" accentuent cette atmosphère pesante. A découvrir. Si vous venez dans le Pas-de-Calais, je vous invite à venir découvrir le mémorial de Vimy, qui honore les soldats canadiens morts/disparus pendant la grande guerre. 11 285 noms inscrits.

02/09/2021 (modifier)
Couverture de la série Catherine de Médicis, la Reine maudite
Catherine de Médicis, la Reine maudite

Catherine de Médicis est sans conteste un personnage important et intrigant de l’histoire de France. Intrigant parce que, femme, « étrangère », issue de la richesse banquière et non de la noblesse, elle a pourtant occupé le pouvoir durant plusieurs décennies au sommet d’un Etat puissant. Important parce qu’elle l’a fait à un moment charnière, au cœur des guerres de religions, alors que la France, paradoxalement affaiblie par ces guerres religieuses, est en passe de prendre le dessus sur ses adversaires (cela se fera réellement au siècle suivant). J’ai remis ici l’introduction de mon avis sur l’album Catherine de Médicis paru chez Glénat, que j’ai lu juste avant ce triptyque. Je regrettais d’ailleurs à propos de « Catherine de Médicis » le choix de ne traiter le sujet qu’en un seul album. Je ne peux donc que saluer celui de Delalande et Mogavino de le faire en trois albums. En effet, cela leur a permis de bien planter le décor et de développer un portrait très riche, sans sacrifier la grande histoire ni les étapes de la construction d’une personnalité. En cela le premier tome, qui montre bien la violence des intérêts en jeu dans l’Italie de la première moitié du XVIème siècle, est très intéressant. Il l’est aussi pour comprendre pourquoi et comment Catherine a pu et surtout dû se forger une carapace pour se protéger, elle qui fut confrontée très tôt à la folie des hommes, dont elle a d’abord été un instrument, pour ensuite devenir maitresse de son destin – ce que les deux albums suivants montrent bien. Les deux tomes suivants, construits sur des flash-backs, montrent l’action de Catherine en France, en tant que reine, mais surtout en tant que reine-mère et inspiratrice de la politique de ses rois de fils, recherchant sans fin et sans succès un équilibre entre les différentes factions (catholiques et protestants, mais aussi grandes familles). Les auteurs réussissent très bien le dosage de la part romancée, inventée, au milieu de ces faits historiques (évidemment, tout culmine avec les massacres de la Saint-Barthélemy) : cela se lit agréablement, et on est captivé par cette histoire rendue vivante. Ce qui rend aussi cette série intéressante et d’une lecture très fluide, c’est bien évidemment le dessin, vraiment très bon et très beau (et très bien mis en lumière et en valeur par une colorisation aux petits oignons). Bref, voilà une série historique de très belle facture, et sans doute l’une des meilleures de cette collection des « Reines de sang ».

02/09/2021 (modifier)
Couverture de la série Algues vertes, l'histoire interdite
Algues vertes, l'histoire interdite

On reste complètement ahuri tout le long de ce récit documenté du phénomène de marée d'algues vertes en Bretagne. Comment autant de manipulations, mensonges, hypocrisies, malhonnêtetés pour protéger les filières viandes et transformation de la part de tous ces lobbies et ces représentants de l’État peuvent rester impunis face aux morts, face au désastre écologique... Quelle honte!

01/09/2021 (modifier)
Par marilène
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série L'Odyssée d'Hakim
L'Odyssée d'Hakim

Cette histoire devrait être enseignée à l'école. On entend parler de réfugiés, de Syrie, de demande d'asile et même si cela nous touche profondément, lire cette histoire est bénéfique. Il est difficile d'imaginer la durée d'une telle épreuve, les nombreux rebondissements, les désillusions que doivent vivre les personnes déracinées. Un grand MERCI à tous les organismes qui les aident et un grand merci à Fabien Toulmé. La seule différence entre eux et nous, c'est que nous sommes nés du bon côté. Bon courage et bonne chance à Hakim et les siens!

01/09/2021 (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5
Couverture de la série L'Appel de Cthulhu
L'Appel de Cthulhu

Je continue ma sainte découverte des mangas et plus particulièrement le monde de Gou Tanabe et ses adaptations de HP Lovecraft. Encore un agréable moment de lecture. Lovecraft s'inspira du Horla de Guy de Maupassant. Tanabe ne reprend que le meilleur du roman, avec ce savoir-faire pour susciter l'angoisse qui va monter crescendo. Une tension palpable avec cette narration non linéaire. Je reprendrai le mot mille-feuille, cité ci-dessous, qui correspond bien au montage scénaristique. On est jamais perdu, bien au contraire, cela contribue à rendre le récit captivant et vivant. Le dessin de Tanabe est précis, fluide et sombre à souhait. Un découpage classique mais que de détails, il suffit de regarder l'architecture de R'lyeh. Sublime. Et ce noir et blanc ne fait qu'accentuer le sentiment d'anxiété. Quel régal pour les yeux. Une réussite, on en redemande.

01/09/2021 (modifier)