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Les derniers avis (33291 avis)

Par PAco
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série L'Espion de César
L'Espion de César

Voilà bien longtemps qu'une BD historique ne m'avait pas fait si bonne impression ! Le dessin de Fafner n'y est pas pour rien et c'est un réel plaisir de découvrir le talent de cet auteur qui rend merveilleusement grâce au scénario que lui a concocté Jean-Pierre Pécau. Les découpages et les cadrages sont biens pensés, sont trait est aussi affirmé que son personnage principal et la mise en couleur un peu froide est de toute beauté tout en sachant composer avec des contrastes bien pensés. Ça part plutôt très très bien de ce côté là, on pourra juste noter que tous ses personnages principaux ont quand même de sacrés corps d'athlètes pour les hommes et de déesses pour les femmes. Lorsque Coax, notre personnage principal, mercenaire et pirate de profession, très investi dans son travail, enlève un noble romain pour demander une forte rançon, il est loin de se douter qu'ils se retrouveront rapidement, comme il lui en a pourtant fait la promesse à sa libération. Ce jeune romain ambitieux n'est autre que César, et César tient toujours ses promesses... César joue finement pour éviter la mort de Coax aux arènes et ainsi pouvoir racheter ce nouvel esclave prometteur ; les rôles ont changé ! Et c'est en s'achetant la vengeance de Coax que César s'entoure d'un atout de poids pour mener à bien ses stratégies de conquêtes... Duels et batailles rangées vont alors s'enchaîner pour satisfaire d'un côté une soif de vengeance et de l'autre celle de conquête en nous proposant des planches assez folles de toute beauté ! C'est beau, ça gicle, l'histoire est prenante : voilà donc un très bon début de série qui je l'espère saura garder cet équilibre trouvé entre histoire et aventure, servies par un dessin des plus efficaces. Je recommande chaudement ! *** Tome 2 *** Après un premier tome tonitruant et impressionnant, j'étais pressé de retrouver Coax, notre montagne gauloise au service de César. Après avoir permis à Coax d'assouvir sa vengeance, César a de nouveau besoin de ses services pour démêler les intrigues qui l'entourent et affament Rome. Tout est forcément question de pouvoir et de trahisons, mais si de nouveaux protagonistes important s'imposent en filigrane, d'autres figures connues du premier album tissent aussi leur toile à des fins personnelles... Croax est toujours aussi prompt à se mettre dans des situations périlleuses qu'à les régler à coup de masse d'arme ou de glaive, et le bougre excelle plutôt dans ce domaine. Ce second opus fait donc office de transition et plante le décor d'une intrigue de grande envergure entre Rome et l'Egypte. Le graphisme de Fafner est toujours aussi grandiose et sa colorisation particulière jouant beaucoup sur les contrastes donne à ses planches une singularité remarquable. J'ai juste trouvé certaines de ses cases en dessous de l'ensemble sans trop comprendre pourquoi. Certains visages donnent l'impression d'avoir été surligné au noir, ou je ne sais quoi... J'ai également beaucoup apprécié le rôle des personnages secondaires et le soin qui leur est porté ; mention spéciale au légionnaire Titus qui joue les intermédiaires entre Coax et César ; j'adore leur relation compliquée. J'attends donc maintenant la suite avec impatience, car là, on reste sur notre fin, comme coupé en plein élan... *** Tome 3 *** Voilà donc le tome conclusif de cette courte série historique. Toujours aussi impressionnante graphiquement, (Fafner est décidément très bon tant dans la réalisation que dans la composition de ses planches), la fin de cette trilogie s'appuie sur une trame historique plus prégnante. Jean-Pierre Pécau place malicieusement notre gaulois de Coax à une période charnière de la république romaine. Cette dernière vacille en effet sous les coups de boutoir de ses principaux dirigeants prêts à tout pour assouvir leur soif de pouvoir ; la chienne d'Hadès qui intrigue subtilement dans l'ombre n'y est pas étrangère non plus... Car derrière ces luttes de pouvoir c'est bien la vengeance qui fait office de fil conducteur de cette série, chaque protagoniste ayant à cœur de mener à bien sa vendetta personnelle. C'est donc une série rondement menée, efficace et qui s'appuie sur un graphisme remarquable qui fera le bonheur tant des amateurs de BD historique que d'aventure : un récit homérique de toute splendeur !

25/09/2020 (MAJ le 24/06/2022) (modifier)
Couverture de la série Coming In
Coming In

Une BD que j’ai pas mal aimée ! Une BD autobiographique, perso c’est une des premières que je lis qui est une autobiographie je pense. Même si des biographies j’en ai déjà lues. Rien de mieux que le mois pride, pour mettre en rayon de nombreux livres LGBT, en les mettant en avant! Ce roman graphique m’a vraiment attirée et je ne regrette rien. On nous y raconte la vie d’Élodie qui de ses quinze ans à ses trente ans environ, se questionne puis essaye d’accepter son homosexualité ! Un livre où de nombreux jeunes se reconnaîtront, notamment dans le déni de sa sexualité ! Le thème du coming in du coup, qui est différent du coming out, est très bien abordé. Les différentes phases sont très bien montées, et l’évolution d'Élodie sur ce sujet est intéressante à lire. On s’attache vraiment à elle à travers les cases et les planches. Le trait de dessin est vraiment bien, un côté très coups de crayon, qui donne un bon charme, peut être que cela peut donner un aspect bâclé, mais j’adore ! Ça fait pas du tout informatique en tout cas et c’est plaisant ! La première BD LGBT que je lis, et j’ai beaucoup aimé ! Je conseille vivement !

23/06/2022 (modifier)
Par Titanick
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Imbattable
Imbattable

Le seul vrai super héros de bande dessinée. Eh bien oui, aucun effet spécial ne permettra de le voir arriver sur nos petits ou grands écrans, celui-là ! Et c’est ça qui est bon. Non seulement l’exercice de style très oubapien est excellent, notre ami se joue des cases de la planche, en arrive à se dédoubler et à provoquer des paradoxes temporels, mais cette contrainte ne paraît même pas forcée tant le gag fait mouche, pour ma part en tout cas. On aurait pu croire que ce type d’exercice aurait conduit à des séquences « artificielles » avec des ajouts de cases pour que le personnage tombe pile mais il n’en est rien ! Génie de l’auteur ou heures de travail acharné ? Sans doute les deux. Pas vraiment de redondance non plus, quelques personnages secondaires ont aussi quelques super pouvoirs tout aussi bien traités, un régal. Et ce héros, nul besoin pour lui d’enfiler son costume, il le garde en permanence, même pour faire ses courses au marché ou manger le dimanche chez sa mémé. Je l’adore. « - Faisons vite, j’ai promis à Mr Dutilleul d’aller bêcher son potager. - Bêcher son potager ? Avec vos super-pouvoirs ? - Euh non, avec une bêche. » Mouahahahah… je sens que je vais le relire souvent. Merci aux aviseurs de ce joli site de m’avoir fait découvrir que je pouvais aimer les super-héros aux super-pouvoirs en costume.

23/06/2022 (modifier)
Couverture de la série Les Taxis de la Marne
Les Taxis de la Marne

Je lis avec un grand retard cet album qui a fait partie en 2014 des nombreuses Bd et ouvrages didactiques sortant pour marquer le centenaire de la Grande Guerre. J'ai bien apprécié cette vision de la guerre de 14-18, j'en connaissais déja de nombreux éléments, comme ce généralissime Joffre qui selon certains historiens n'était qu'une vieille baderne galonnée, imbue de lui-même, accumulant les erreurs tactiques et répondant aux journalistes par des phrases nébuleuses (le fameux "Je les grignotte", phrase qui lui a valu de réelles moqueries) et vouant une inimitié à Gallieni qui était bien supérieur à lui en intelligence et en stratégie. L'album nous plonge dans les coulisses du pouvoir politique et militaire durant les premiers mois de la guerre, en mettant en valeur la figure du général Gallieni qui a eu une idée géniale ; le développement est bien conçu, tout est bien relaté, le fond est sérieux et précis, un peu documentaire mais captivant, en s'attachant fidèlement aux faits ; ce qui fait que pour un fin connaisseur du conflit, cet album ne lui apprendra rien, mais pour quelqu'un qui a envie d'approfondir ses connaissances, c'est une excellente approche sur une période très critique où l'armée française était en fâcheuse posture pour contrer l'avancée allemande. Pour moi qui ne suis ni néophyte, ni très féru de la guerre de 14-18, cet album se révèle une bonne leçon d'Histoire, je regrette seulement que l'épisode pittoresque des taxis transportant les poilus sur le front de la Marne ne soient montrés que vers la fin, tout l'album ne contant en fait que la préparation du projet et le déroulement des opérations survenu avant, de même que l'impact de ces 1300 taxis sur les hommes et sur la population française n'est pas vraiment évoqué. Le dessin est très correct, j'aime beaucoup ce trait précis, soigné et reproduisant bien l'époque et le décor de 14-18, je l'avais déja apprécié sur Charles de Gaulle qui fut publié peu après cet album. Un récit historique rigoureux sur un épisode marquant de la Grande Guerre.

22/06/2022 (modifier)
Couverture de la série Pain d'Alouette
Pain d'Alouette

On ne peut pas suspecter Christian Lax d'antirépublicanisme et pourtant son "Pain d'Alouette" fait l'éloge de trois reines. La petite reine, le vélo, pour qui les durs à cuire issus de la Grande Guerre sont prêts à tous les sacrifices pour la tenir dans leurs solides mains de guerriers. La reine des Classiques, Paris-Roubaix, dont la participation vous impose la souffrance de ces terres d'efforts et d'amertume. Enfin Reine Fario la fille de l'Aigle sans orteil qui est devenue pupille de la Nation en 1918. Pain d'Alouette se présente bien comme une digne suite de l'Aigle sans orteil même si le côté cyclisme est un peu moins prononcé. Lax nous décrit toute une galerie de caractères forts et très fouillés dans cette période d'après-guerre mais pas d'après souffrance. Poirier le capitaine plusieurs fois blessés reconverti en directeur d'orphelinat qu'il dirige comme une caserne. Camille l'ami fidèle d'Amédée, figure d'une France généreuse et pacifiste qui n'aura de cesse de sauver Reine. Dehauve le porion mal aimé qui pourtant prouvera sa grandeur... et sa bassesse. Sans oublier la famille Ternois issue tout droit d'un Germinal. Car si l’Aigle nous faisait voler sur les cimes pyrénéennes, notre alouette se promène au fond des puits du pays noir des Ch'ti. L'aristocratie du vélo côtoie l'aristocratie du monde ouvrier et les deux pour l'honneur de la France et d'une Marseillaise que Lax nous présente sous son jour problématique. Juste une pique de Lax pour nous montrer où le patriotisme irréfléchi peut nous égarer. Mais Lax aime la République, laïque et mixte. Ce qui le conduit à nous proposer ce beau destin de Reine, une pionnière pour trouver sa place dans des domaines réservés. Un très beau scénario avec beaucoup d'intensité dramatique, des situations injustes et sa créativité pour faire coller la petite histoire de nos héros à la grande histoire de "l'enfer du Nord". Je trouve que le graphisme de Lax est à son meilleur, sec nerveux précis sans relâche à l'image de ces guerriers du pavé. Lax nous gratifie en plus de paysages du pays minier absolument magnifiques. Pour qui aime cette région, il retrouvera le charme de ces campagnes parsemées d'îlots en briques rouges et gardées par les sentinelles des puits. Une histoire qui mêle récit sportif et récit social toujours empreinte d'une grande humanité. Une excellente lecture.

22/06/2022 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Sexy Cosplay Doll
Sexy Cosplay Doll

Une bonne comédie romantique dont j'avais déjà vu l'anime. C'est certes un manga avec beaucoup de fanservice, et si on tombe sur les clichés du genre (le type va vite se retrouver entouré de quelques cosplayeuses), j'ai trouvé que c'était bien maitrisé. Le fait que le héros va fabriquer des costumes amène des situations où le fanservice se justifie et est mieux amené que dans d'autres mangas. Cela fait du sens de voir une fille en maillot de bain parce que le héros doit prendre ses mensurations. L'héroïne est très attachante. Elle est belle, sexy, gentille...elle fait peut-être un peu trop 'fille parfaite pour otaku', mais cela ne m'a pas trop gêné en dehors du fait qu'elle semble tomber amoureuse un peu trop facilement du héros. Parlons d'otaku, j'ai l'impression que pour vraiment apprécier ce manga, ou du moins comprendre certaines blagues, il faut être fan de mangas et d'animes. En tout cas, je vois pas trop un lecteur novice comprendre des références du type 'le titre du jeu vidéo est très long'. Le dessin est très bon. Donc voilà si vous voulez lire une comédie romantique sexy qui contient un peu de drame, je trouve que ce manga fait partie du haut du panier.

21/06/2022 (modifier)
Par greg
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Mic Mac Adam
Mic Mac Adam

Mic Mac Adam est un détective privé écossais en kilt et au gros nez qui fera le bonheur de Spirou de 1978 à 1988. A priori, on peut penser que ce postulat fait de Mic (je vais l'appeler ainsi pour faire plus simple) une série usuelle suivant les canons en vigueur à l'époque. Erreur, d'abord visuellement, seul Mic a ce fameux groz nez, une trait probablement voulu caricatural afin d'essayer de rendre le personnage plus inoffensif qu'il ne l'est vraiment. En effet, Mic se révèle rapidement un homme intelligent, ouvert aux solutions inhabituelles et surtout n'hésitant pas à prendre des décisions drastiques, voire cruelles quand il le faut (ce dernier trait est particulièrement criant dans le dernier "vrai" tome, "les 5 miroirs"). Mais l'une des grandes particularités de la série, c'est son côté adulte, voire sanglant assumé : sans être gores, les meurtres se succèdent, et souvent de manière assez graphique, n'épargnant personne, surtout les plus innocents (une histoire courte nous confronte même au meurtre d'un enfant, encore une fois c'est Spirou, même en 1984 il fallait oser..). L'autre élément détonnant, c'est l'irruption très rapide du fantastique le plus pur, et ce dès le premier tome, Mic affrontant souvent le mal à l'état brut sous ses formes les plus variées (esprit, démon, sorcières...mais les êtres les plus monstrueux demeurent au final les simples bourreaux humains que Mic croise). Le paroxysme sera atteint avec une histoire courte qui est de mon point de vue un chef d’œuvre absolu à la fois au niveau de l'image et du scénario, "le jugement d'Ahriman", où Mic devra aider des âmes perdues à réussir l'épreuve imposée par des dieux mésopotamiens, car en cas d'échec ils appartiendrons à Ahriman, incarnation et inspiration du diable. Non seulement cette histoire fait montre d'une documentation approfondie, mais l'une des dernières images, toute en ombre, mettant Mic face à Ahriman, est de toute beauté. Bref je recommande fortement!

21/06/2022 (modifier)
Couverture de la série Azizam
Azizam

Ce petit ouvrage qui se déroule en Iran nous montre que l'envie et la convoitise sont des maux universels. Cette banale tragi-comédie familiale est à la fois dépaysante et aussi tristement proche. Le dépaysement provient que les autrices situent cette histoire de famille dans le Téhéran d'aujourd'hui ( Gelsomino est d'origine iranienne). L'ambiance y est assez libre et plaisante et par moment on se croirait sur une terrasse de Milan , ville deValéria Guffanti. Valéria Guffanti en bon élève de la Comedia del Arte sait faire parler les corps et les regards. Les autrices nous font toucher du doigt le côté universel de l'affaire, sous toutes les latitudes une affaire de succession mal préparée finit souvent en foire d'empoigne. République laïque ou République Islamique ne change pas le coeur des hommes dans l'avidité. Les deux autrices pointent les éternelles injustices faites aux femmes puisque Shirin, reçoit le plus petit lot du fait de son genre. Mais la maman savait contourner la difficulté, plus petit lot mais le plus beau. Ce qui renforce la haine des frères qui ne sont cadrés par aucune valeur ni familiale ni universelle pour tempérer leurs envies. Les hommes sont bien souvent stupides quand il s'agit de profit. Heureusement que Shirin présente une vision bien plus élevée. Un récit mené sans temps mort qui nous plonge dans une vie familiale iranienne finalement pas si éloignée de notre quotidien. Les personnages, agaçants au possible, sont très bien travaillés. Le dessin semi réaliste privilégie l'expression des sentiments ce qui nous mène assez vite à la caricature des frères. C'est très dynamique et souvent caustiquement drôle. Une première petite oeuvre digne d'intérêt. 3.5

21/06/2022 (modifier)
Couverture de la série Alexandre VI
Alexandre VI

Comme les autres tomes de cette collection entreprise conjointement par Glénat et Cerf, ce diptyque mêle habilement aventure, intrigues et précision historique, suivi d'un dossier composé par Bernard Lecomte, écrivain spécialiste de l'histoire politique et religieuse. Parmi tous les papes historiques du Vatican, Alexandre VI reste probablement l'un des plus connus par son règne jalonné d'empoisonnements, de corruptions, de débauches et de magouilles sordides. Sa sulfureuse réputation ainsi que celle de toute sa famille a inspiré nombre d'auteurs et de cinéastes. On se souvient de Borgia par Manara et Jodorowski, mais cette Bd était plus axée sur la vie dissolue et le sexe, vision surtout exagérée de Jodorowski, avec toutefois un fond de vérité. Père de 6 enfants et sans doute de quelques autres qu'il a eu de plusieurs maîtresses, Rodrigo Borgia revendiquait 4 passions : sa famille, les femmes, le luxe et le pouvoir ; ça vous plante le bonhomme qui ne pensait avant tout qu'à ses plaisirs, tout en surveillant quand même la politique de son temps, notamment ses relations avec le roi de France, ainsi que sa rivalité avec les Rovere (dont le futur Jules II deviendra pape à son tour) et la défiance entre les puissances de Naples et Milan. On croit donc bien connaitre sa vie jalonnée par les scandales, mais elle a souvent fait l'objet de représentations fantaisistes ou exagérées, comme on l'a vue dans la Bd Borgia. Avec cette version, le duo d'auteurs en tant qu'Italiens, a fait un travail de recherche conséquent et a insisté sur le plan historique, notamment sur les querelles politiques qui permettent de mieux comprendre les arcanes du pouvoir pontifical à la fin du Quattrocento, et en s'attachant aux personnalités ambiguës des divers personnages. On sent la volonté des auteurs de ne pas dénaturer la véritable histoire des Borgia et de ne pas tout ramener à leur vie scandaleuse. Mais on y trouvera inévitablement les excès de cette famille hors normes. On est enfin face à une Bd sérieuse qui s'appuie sur un travail minutieux ; on retrouve en effet le sérieux et la précision historique de Simona Mogavino qui a déja fait ses preuves sur Catherine de Médicis - La Reine maudite et quelques autres bandes historiques. Le dessin d'Alessio Lapo, je l'ai souvent croisé, mais étrangement, je l'ai trouvé un peu moins appliqué que sur Cagliostro et Le Chevalier d'Eon (Glénat), ou alors c'est une impression, je sais pas, en plus je trouve qu'il a donné au pape le physique de Javier Bardem (après tout, c'est un Hispanique), mais son dessin reste puissant, au trait épais, soigné dans les décors et me fait au final bonne impression. Voila donc une Bd didactique mais non scolaire qui décortique les facettes sulfureuses du personnage et son rôle politique dans cette Italie chaotique qui méritait bien un diptyque.

21/06/2022 (modifier)
Couverture de la série Le Spirou de Frank Pé et Zidrou - La Lumière de Bornéo
Le Spirou de Frank Pé et Zidrou - La Lumière de Bornéo

Dans l'exercice de style Le Spirou de... j'ai beaucoup apprécié cet opus de Zidrou et Frank Pé. Les auteurs reprennent la thématique du clown triste avec plusieurs pistes de reflexion sur la beauté, l'argent et les choix fondamentaux que l'on croise tout au long de notre vie. Les auteurs nous attaquent à froid avec ces premières pages preque bucoliques de chasseur d'images avec son bébé. Mais cela tourne au drame. Zidrou et Pé nous invitent ,de façon violente, dès le début à inverser les stéréotypes. Noé ,ressuscité de "Bravo les Brothers", aura une image en clair obscur. Toujours éducateur de génie de Franquin pour ses animaux , il se présentera longtemps comme un père exécrable et lâche. Spirou aura aussi tendance à s'effacer dans les problématiques dominantes du récit. La beauté? mais Spirou est un bien piètre artiste. Spirou sauveur d'une diversité en péril? Il n'empêchera pas la fin de Bornéo. La peste noire? Il ne la voit même pas sous son nez. Pour le reste les auteurs exploitent des thèmes qui semblent des figures imposées à présent: Spirou et les femmes, Fantasio arriviste au service de sa carrière. Je trouve le graphisme moderne et dynamique. Un beau bestiaire et une image de Bruxelles presque dystopique bien réussie. Une mention spéciale à Noé empâté presque embourgeoisé qui suinte le laisser aller et le recroquevillement sur soi. Et Champignac dans tout cela? Lui aussi semble bien désemparé devant cette "peste noire" qui se répand à vive allure et corrompt tous les trésors de l'humanité. Zidrou se montre un brin caustique face à ces scientifiques gesticulants tout juste capables de fabriquer un succédané de café ou de champagne. Quant aux institutions politiques , elles controlent les plages des Maldives aux frais du contribuable. C'est exactement ( souligné dans le texte) au moment où le public retrouvera la beauté enfouie dans notre humanité que cette peste disparait. Je ne sais pas si cette lecture est exacte mais je lui trouve un sens et un message de sagesse qui colle avec le personnage de Spirou. C'est une lecture assez poétique avec un fond de tristesse sur cette beauté, la nature ou les enfants, qui nous file entre les doigts à cause de notre aveuglement à ne pas distinguer autre chose que notre profit ( pas forcément financier). Le duo Spirou et Fantasio ouvre à des perspectives d'humour et de sagesse très nombreuses. Cet opus en est encore l'exemple. Une très bonne lecture.

21/06/2022 (modifier)