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Les derniers avis (33291 avis)

Par Yannis
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Naduah
Naduah

Naduah est une histoire forte dont le sous-titre "Coeur enterré deux fois" illustre bien la vie. Séverine Vidal dans l'interview de fin d'album indique toujours partir des personnages quand elle commence ses histoires. C'est là sa grande force celle de brosser des personnages bien construits auxquels on s'attache. Elle utilise ici un personnage fictif, une petite fille se prénommant Annabel, pour faire le lien entre Naduah et le lecteur. L'enfant est en dehors des préjugés de son époque et pose un regard innocent sur l'indienne. La tragédie de Naduah n'est pas dans son premier enlèvement, même s'il est violent, car elle s'adapte et trouve le bonheur dans la tribu. Non, la tragédie vient du second enlèvement celui censé la sauver de la sauvagerie mais qui la sépare de son mari et de deux de ses enfants ce qui la rendra malheureuse pour le restant de sa vie. Le récit s'attarde moins sur les épisodes violents que sur les moments d'échanges et de bonheur de Naduah renforçant l'impact des uns et des autres. Le dessin de Vincent Sorel retranscrit parfaitement le scénario. On trouve de belles cases pleine page pour les grands espaces et d'autres mettant bien en avant les émotions des personnages. La colorisation douce la plupart du temps est plus ''forte'' lors des deux scènes de bataille avec le choix du rouge et de couleurs sombres. C'est un très bel album pour découvrir le destin de cette femme maltraitée qui aurait pu vivre heureuse mais dont les hommes ont choisi le destin.

17/06/2022 (modifier)
Couverture de la série L'Homme de l'année - 1989
L'Homme de l'année - 1989

Tout le monde connait cette photo et cette vidéo qui voit un jeune homme se positionner devant une colonne de chars sur la place Tian'Anmen le 4 juin 1989, et le char de tête qui essaie de le contourner, mais à chaque fois, l'étudiant chinois se remet devant... ça a été relayé dans le monde entier grâce à des photographes occidentaux ayant pris les clichés depuis le balcon de l'hôtel Beijing. Ce qui est arrivé ensuite à cet homme a connu plusieurs versions : il a été arrêté par la police, puis aurait été exécuté par un peloton quelques jours après ; selon une autre version, il serait resté en vie, ayant réussi à se cacher, et à s'exiler dans la campagne chinoise. Cet album ne s'intéresse pas vraiment à son sort en fait, juste un peu vers la fin, puisqu'il s'agit avant tout d'une sorte de huis-clos qui a lieu 10 ans après les événements de la place Tian'anmen et qui développe un face à face tendu entre Lee et Sheng qui représentent 2 conceptions de la liberté et du régime de Pékin, 2 regards sur le monde que tout oppose. Lee est une étudiante chinoise qui était la petite amie de Han, l'homme qui s'est interposé ensuite devant les chars et que l'on surnommera Tank Man. Sheng est un ancien dignitaire du régime, dirigeant les services secrets et dont Han était le fils. Le récit est fictif mais tout le talent de Pécau est de rendre ce récit plausible et réel, c'est très bien conçu. Sheng est un personnage crée par Pécau qui sert à expliquer froidement les raisons qui ont poussé le régime de Pékin à agir et la manière dont il a éradiqué le désordre crée par les étudiants chinois qui réclamaient un peu plus de liberté. Peu d'informations sont connues sur ces événements tragiques, le récit est une approche historique crédible qui s'appuie à la fois sur l'image qu'on connait de cet étudiant arrêtant les chars, symbolisant à jamais la liberté face à la force armée, et sur les raisons qui ont conduit à ce massacre qui a fait des milliers de morts, et qui reste inacceptable pour des démocraties occidentales. Tout y passe, sont évoqués la marche triomphale de Mao, le petit livre rouge, la révolution culturelle... tout ceci est débité avec morgue et arrogance par Sheng au seuil de la mort, alité sur un lit médicalisé et sous respiration artificielle, mais qui trouve toujours à justifier cette répression et le bien fondé du régime de Pékin. J'aime beaucoup le dessin de Gin qui me rappelle un peu ceux de certains auteurs de la collection Vécu chez Glénat, c'est un trait assez épais, aux jolis contours, très fluide, et qui cerne parfaitement l'environnement et le décor choisis. Cet album est une nouvelle réussite de cette collection Homme de l'année, c'est une leçon d'histoire froide, amère et horrifiante, mais très juste et très édifiante. Un album captivant en dépit d'un dialogue abondant mais qui ne lasse pas, où tout ce qui peut être dit d'après les sources que l'on a avec le recul, est dit de façon simple et logique.

17/06/2022 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Méridien
Méridien

Pfiouuu !!! Quelle claque graphique encore ! Et pas que ! Briac et Arnaud Le Gouëfflec nous embarquent dans une aventure originale en pleine période des Lumières ! Une expédition de savants français part de Brest pour l'Amérique du Sud afin de mesurer la forme de la Terre. Entre le cartésianisme de ces nobles scientifiques français mandatés par le roi et le mysticisme et la dure réalité de ces terres sauvages, le choc des cultures va être rude ! Ajoutez à cela des égos que n'auraient pas renié les frères Montgolfier pour faire voler leurs fiers engins, des autochtones et/ou colons espagnols pas si avenants que ça, et vous n'avez là qu'un infime aperçu du terrain de jeu sur lequel vont évoluer nos scientifiques de salon ! Dès les premières pages on est happé par le graphisme de Briac, qui, avec sa palette bigarrée et ses planches texturées nous embarque dans ce monde tortueux et contrasté. Les différentes ambiances dans lesquelles évoluent nos protagonistes sont (dé)peintes de façon merveilleuses, hypnotisantes pour le lecteur. Que ce soit les nuits brumeuses sur les hauteurs andines, dans les salons rutilants de la noblesse hispanique ou dans les profondeurs de la jungle amazonienne, l'immersion est totale ! Il n'est qu'à se laisser porter pour découvrir l'histoire de cette expédition méconnue qui a pourtant marqué son époque. Un album magnifique à découvrir sans attendre !

17/06/2022 (modifier)
Par Blue boy
Note: 4/5
Couverture de la série Le Petit Frère
Le Petit Frère

En cet été radieux de 1976, une déflagration allait violemment bousculer la vie d’une famille, alors qu’elle cheminait tranquillement les routes bretonnes à bord de deux petites roulottes. Cette famille, c’est celle de Jean-Louis Tripp, l’auteur de cet ouvrage exutoire. Ces vacances, au rythme du pas des chevaux, avaient pourtant bien commencé. Il y avait ses deux frères, Dominique et Gilles, le plus jeune, la mère (qui venait de divorcer), un oncle et une tante, sa sœur et son mari. L’insouciance et la bonne humeur sont au rendez-vous. Les roulottes viennent d’arriver sur une route départementale pour bifurquer un peu plus loin sur un chemin de terre. Et puis soudain, alors que Gilles décide de descendre de la roulotte, le drame survient, telle une bombe. Gilles est fauché brutalement par une voiture qui passe au même moment en frôlant la roulotte… La bagnole ne s’est pas arrêtée, et le jeune garçon gît inanimé sur la chaussée. Il perd déjà beaucoup de sang. Un choc violent et inconcevable pour Jean-Louis et toute la famille. Après la sidération, s’ensuivent les hurlements, la colère après le conducteur en fuite. A l’époque, pas de portable pour appeler les secours. Des minutes qui durent des heures avant l’arrivée des pompiers. Et tout au bout, après l’angoisse interminable à attendre le pronostic des médecins, la mort. Brutale, sèche, implacable. Jean-Louis Tripp raconte ensuite les années qui vont suivre, et ce deuil, très difficile à faire pour ses parents, ses frères et lui-même, face à ce qui paraît une cruelle injustice du destin. Un enfant plein de vie ne peut pas mourir comme ça, sous les yeux de ses proches, d’une façon si soudaine, si violente ! Comment trouver un sens à la vie après un tel événement ? Sans parler de la culpabilité qui va suivre, des non-dits pesants qui peut-être amoindriraient les émotions et la douleur. Et quand on a 18 ans, l’âge de l’auteur à l’époque des faits, comment traverse-t-on une épreuve logiquement réservée aux ainés ? L’image forte du livre, c’est ce moment-clé où le petit Gilles sort de l’habitacle de la roulotte et se fait percuter de plein fouet, alors que le grand frère lui tient encore la main. Une image terrible, qui montre l’impuissance de Jean-Louis Tripp face à la faucheuse impitoyable et reviendra comme un leitmotiv à travers tout le récit. Tout comme celles du vol plané de Gilles et de son petit corps gisant sur la route. Ces images traduisent tout le poids de la culpabilité d’un frère qui dût continuer à vivre en simulant l’insouciance sous peine d’être emporté par le chagrin. Le dessin semi-réaliste dans une monochromie dominante aux tonalités beige, parsemé de rares éclats rougeâtres, tente de reconstituer la réalité la plus brute, la plus brutale aussi, histoire peut-être de ne plus chercher à la fuir. Car en effet, Tripp ne nous épargne rien des scènes familiales, parfois très lacrymales, avant, pendant et après l’enterrement, sans volonté délibérée de tomber dans le pathos ou à l’extrême, se gardant bien d’afficher une subtilité artificielle de poseur. Non, à l’évidence l’auteur éprouve ici un besoin impérieux et légitime de relater avec honnêteté ces moments tels qu’il les a vécus, du moins ceux qu’il a gardé en mémoire. De fait, le récit est constitué de longues plages de silence où domine le visuel, où les mots seraient superflus. De même, il va évoquer le chapitre également difficile du procès du chauffard, incluant la plaidoirie ignoble de son avocat et la peine peu sévère à l’encontre du criminel, une façon de rappeler qu’à l’époque, la délinquance routière bénéficiait d’une étrange complaisance de la justice, alors que des mesures commençaient tout juste à se mettre en place pour endiguer le nombre faramineux de morts et de blessés (avec un pic de près de 20 000 tués recensés en 1972 !). Si Tripp se risque parfois à un léger zeste de poésie, celui-ci finit toujours par être éclipsé par les images de l’accident, obsédantes jusqu’à la crise de rage. Le récit abonde en plans serrés sur les visages très expressifs marqués par la douleur, la tristesse et la colère aussi. La couleur ne s’invite qu’à la fin pour accompagner le moment présent, dans une scène magnifique et touchante (dont je ne dévoilerai rien) où la fratrie est réunie, faisant croire que peut-être chacun des membres a franchi un pas important vers la sérénité grâce à cet instant magique. On peut supposer ou du moins espérer que l’ouvrage aura eu un effet définitivement apaisant pour son auteur, et bien évidemment pour tous ses proches. En effet, quoi de plus naturel, pour un conteur d’histoires d’évoquer un drame dont les blessures, contrairement à ce qu’il croyait, ne se sont jamais vraiment refermées, gardant sur le cœur « le tatouage invisible de [son] frère perdu ». Il était donc temps de boucler la boucle, et ce livre est sans doute le plus beau des cadeaux qu’il aurait pu offrir à ce petit frère qu’il ressuscite dans toute sa joie de vivre pour le rendre d’une certaine façon éternel. Un cadeau qu’il nous fait également à nous, lecteurs.

16/06/2022 (modifier)
Couverture de la série Le Coup du lapin
Le Coup du lapin

Les lapins crétins peuvent se rhabiller, place aux lapins suicidaires. La lecture est assez jubilatoire, des courts gags muets (le plus souvent) mettant en scène le projet de nos amis aux grandes oreilles. Le moins que l’on puisse dire c’est que c’est redondant (le concept) mais que ça se renouvelle sans cesse (les situations), c’est plein d’ingéniosité et de références (j’avoue que 2 ou 3 m’ont échappé), j’ai bien rigolé. Le tout est servi par un dessin simple qui tranche avec le destin des boules de poils. Quelques pages vraiment bien trouvées. Un zeste d’humour noir « so british ». Bref un bon moment. Achat dispensable mais lecture conseillée.

16/06/2022 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
Couverture de la série No Zombies
No Zombies

Hey ! Une série sur les zombies ! Ça faisait longtemps ! Et oui, ça fait un peu cet effet tant le sujet a été traité ces dernières années suite au succès de la série Walking Dead. Heureusement, Olivier Peru a su trouver une idée originale pour remettre le couvert avec les zombies, sans tomber dans la redite : un vaccin. Avec cela il faut alors reconsidérer les zombies non plus comme des monstres à abattre mais de nouveau comme des êtres humains à soigner ! Joseph a lui aussi été un zombie qu'on a réussit à soigner et qui maintenant est l'un de ces "No Zombies" qui sillonnent les USA pour faire passer ce message de façon empirique. Avec son groupe, ils passent de planque en planque pour expliquer comment faire pour capturer et vacciner les zombies ; toujours traités de charlatans et de doux rêveurs, le vaccin fait pourtant son office et le retour à l'humanité des êtres aimés joue rapidement le ticket gagnant. Ce qui m'a plu dans cette série c'est que derrière cette légende du colibri revisitée, on ne va pas faire que suivre une troupe de bons samaritains confrontés à des hordes de zombies. La psychologie des personnages est intéressante et le passé de chacun vient s'insérer intelligemment dans le récit afin de l'étoffer. Les personnages secondaires ne sont pas en reste et sont loin de jouer les potiches ou les faire valoir. Au dessin, je découvre le travail d'Evgeniy Bornyakov qui dans un style réaliste assez classique, nous propose du très bon boulot. Les personnages ne sont pas stéréotypés, les visages sont expressifs et les décors tant urbains que de naturels sont réussis. D'autant que le colorisation de Simon Champelovier valorise son coup de crayon et nous propose des ambiances appropriées. Delcourt nous annonce déjà quatre tomes qui semblent pouvoir se lire indépendamment ou en tout cas mettant en avant un protagoniste à chaque tome. Si les autres sont du même tenant, cette série semble avoir du potentiel, même si pour le moment je ne vois pas trop où elle nous mènera réellement. A suivre donc... *** Tome 2 *** Après "Le livre de Joseph", c'est au tour de Cassandra d'entrer en ligne de mire et de focaliser l'attention. C'est à l'occasion de cette lecture que je remarque la référence "biblique" de ces titres ; tout cela sonne très "évangile selon...", ce qui est loin d'être anodin quand on connait leurs objectifs et l’étymologie du mot évangile ("bonne nouvelle"). Comme ses comparses, Cassandra a été ramenée d'entre les morts-vivants grâce au vaccin. Mais ses souvenirs de zombies la hantent profondément ainsi que certaines pulsions... De plus, elle qui jouait les fers de lance de leur équipe se retrouve en piteuse condition et manque de faire tomber son équipe sous les dents d'une horde de zombies. Ça se bouscule dans sa tête... Entre ses souvenirs mortifères, ses pulsions d'ex-zombie qui refont surface par intermittence et sa condition physique qui la lâche, Cassandra broie légèrement du noir. Heureusement, c'est en trouvant un camp bien gardé et tenu par des enfants qu'elle va retrouver une certaine motivation. Mais le passé local va ressurgir de façon assez terrifiante pour embarquer notre équipe dans des péripéties funestes et redoutables... Ce nouvel opus, qui pourrait très bien se lire indépendamment du précédent, assois tranquillement son rythme et son univers. Ce que j'apprécie par dessus tout dans cette dernière, c'est l'accent mis sur la psychologie des personnages et la richesse des personnages secondaires. Et avec cet album on est servi ! Notre ex-détenu qui s'est reconstruit son petit univers est digne des meilleurs films d'horreur ! Alors, sans tout renverser, cette série trouve complètement sa place de façon originale. Je me demande juste si la série se contentera de nous proposer un focus sur chacun des protagonistes au fil des tomes ou s'il y a une intention et dimension plus importante que je peine à voir pour le moment. La suite nous le dira... *** Tome 3 *** Après Joseph et Cassandra, c'est au tour de Lila d'être la focale du récit. Avec ce tome, la série commence à prendre de l'envergure et les fils tissés à droite à gauche commence à former une trame plus générale intéressante. Les Masques n'y sont pas pour rien. En effet, dans ce tome notre petite équipée de "sauveurs" allant par monts et par vaux pour sauver le peu de l'espèce humaine encore sur pied grâce à son vaccin va se faire capturer. L'intervention d'un nouveau groupe va permettre de leur donner un court répit, mais malheureusement aussi de permettre aux Masques de trouver l'"oasis" qu'ils convoitaient... Lila qui se sentait inutile, va finalement permettre un renversement de situation et de permettre aux siens de poursuivre leur mission. Encore un tome de très bonne facture avec quelques scènes épiques et de bons rebondissements ! Cette série est décidément pleine de (bonnes) surprises grâce à un gros travail sur la psychologie des personnages et un sens de l'aventure que j'affectionne particulièrement. Je passe ma note à 4/5

02/12/2021 (MAJ le 16/06/2022) (modifier)
Par karibou79
Note: 4/5
Couverture de la série Mother Sarah
Mother Sarah

Otomo au scénario et (le trop rare) Nagayasua au pinceau, ça ne pouvait qu'accoucher de quelque chose de puissant. Puissant comme la volonté de cette mère-courage qui brave (et en bave) tous les dangers de notre belle Terre ravagée par les guerres et leurs corrolaires. Un bel hommage à ce courage que chacun peut trouver au fond de soi s'il a une raison de continuer à vivre quelque soit le coût. J'ai bien aimé l'idée du tome 2 dans lequel les enfants créent un régime autoritaire rabaissant au rang de moins que rien les adultes responsables de la catastrophe ayant détruit cette planète, peut-être un avant-goût de ce que penseront dans 50 ans les descendants des boomers accros aux SUV suite au tragique changement climatique. Chaque tome peut se lire comme un one-shot et c'est bienvenu tant les prix à l'occasion sont prohibitifs (en d'autres termes je ne connais pas le fin mot de l'histoire). Et se relire pour apprécier les détails mécaniques ou de décor (Otomo devait traîner dans le dos des dessinateurs). Et se relire quelques années plus tard car c'est à la fois un beau récit et des aventures bien troussées.

16/06/2022 (modifier)
Par karibou79
Note: 5/5
Couverture de la série Garfield
Garfield

Vous l'aurez déjà deviné au vu de mon avatar, Garfield est pour moi un personnage culte du comic strip. Il y en a bien d'autres très bons comme Calvin et Hobbes (ou nazes comme Snoopy, aïe pas taper pas taper) mais c'est Garfield quoi, le grumpy cat des 80s et 90s! Celui qui enchaîne les lasagnes en insultant son maître et martyrisant le toutou et l'araignée. Bien sûr cela ne vaut objectivement pas 5 mais c'est une bd que l'on côtoit dans tellement d'endroits (que ce soit dans une salle d'attente, aux toilettes, dans le bus...) qu'elle est devenue ma madeleine de Proust, le perso que je griffonne de temps à autre quand je m'ennuie. Bien sûr trop d'albums, trop de gags redondants... mais rien à faire ils font un peu partie de la famille.

16/06/2022 (modifier)
Par karibou79
Note: 4/5
Couverture de la série The Grocery
The Grocery

Le label 619 récidive avec une plongée dans les thug subburbs californiennes. Je n'ai pas accorché à Mutafukaz mais là je donne un coup de tampon "j'aime". Si le quotidien de ce quartier rongé par la violence et les gangs n'est pas folichon, ses protagonistes sont attachants (sauf les pervers psychopates ça et là) par leur amitié et leur naïveté (palme d'or au propriétaire de la fameuse grocery). Et en plus on apprend de façon ludique plein de choses sur le monde fantastique des dealers, taulards etc. façon fiche pratique du journal de Mickey. Le charadesign pourra rebuté, je l'accepte comme renforcement de l'originalité de cette sortie dont le petit prix de l'intégrale ne donnera aucune raison de ne pas l'acheter si vous l'appréciez.

16/06/2022 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série La Kahina - La Reine berbère
La Kahina - La Reine berbère

C'est avec Cléopâtre - La Reine fatale sans aucun doute le meilleur titre de cette collection que j'ai pu lire jusqu'ici ! Au début du VIIe siècle, l'islam est en plein expansion et les armées omeyyades déferlent sur tout le Maghreb pour soumettre les populations à son culte. Dihya, reine des Aurès va s'imposer comme femme forte dans un monde pourtant dominé par les hommes et va réussir l'exploit de réunir et d'unifier les tribus berbères pour lutter et résister à l'ennemi. La légende de la Kahina (la prophétesse) se construit petit à petit mais certainement ! Déjà, la couverture est magnifique et donne envie de se lancer dans cette lecture. Il faut dire que le dessin réaliste de Dragan Paunovic est impeccable et nous immerge parfaitement dans cette période historique que je ne connaissais pas du tout. Voilà encore la preuve que l'Histoire a longtemps été écrite par les vainqueurs ; et essayez donc de le mettre au féminin ce mot... Car cette Dihya a un charisme époustouflant ! Elle n'est pas sans rappeler par ailleurs une certaine Khaleesi (même son surnom "Kahina), dont on se demande d'ailleurs si Georges R. R. Martin, l'auteur de la série de romans Game of Thrones, ne s'en saurait pas inspiré. En tout cas il me tarde de lire le second et dernier tome de ce diptyque pour découvrir le destin final de cette femme hors norme.

16/06/2022 (modifier)