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Les derniers avis (32128 avis)

Couverture de la série Kraken
Kraken

Le pitch de départ, avec ces aventures se déroulant dans les souterrains, les égouts d’une ville tentaculaire, m’a un temps fait penser à Under (Megalopole avait remplacé Métropole, au point que je me dis que Bec s’en est pas mal inspiré !), qui ne m’avait que moyennement convaincu. Mais le casting, Segura au scénario et Bernet aux pinceaux, voilà qui était pour me rassurer a priori. Je possède l’Intégrale Drugstore qui, malgré le relatif petit format, permet de lire tous les albums parfois pénibles à trouver, disséminés chez plusieurs éditeurs. Pour peu que l’on accepte le fait que c’est de la série B, cette série se laisse lire très agréablement, pour un petit moment de détente pas trop prise de tête. Le dessin de Bernet use très bien du Noir et Blanc (j’aime bien son trait), avec des mecs aux traits burinés, des nanas bombasses (mais qui jouent souvent double jeu), et il colle tout à fait aux scénarios de Segura, poisseux, courts mais incisifs. Le Kraken n’est généralement qu’évoqué, entraperçu (il n’intervient même pas dans toutes les histoires), sorte de symbole de toute la merde véhiculée par la ville en surface. C’est une série mêlant fantastique et thriller qui, malgré l’aspect inégal de l’ensemble, offre de petites histoires sympas, une bonne réussite du genre. Note réelle 3,5/5.

22/08/2021 (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5
Couverture de la série L'Epopée de Gilgamesh
L'Epopée de Gilgamesh

Qu'il est bon de temps en temps de re-découvrir une pépite suite à un petit rangement de bibliothèque. Cette série n'ira pas plus loin que le premier tome, mais il vaut la peine qu'on s'y arrête. L'histoire de Gilgamesh, roi d'Uruk où il aurait régné vers 2650 avant JC. Il fait aussi partie de la mythologie mésopotamienne en tant qu'un des dieux des enfers. On entre de plein fouet dans le récit, une merveille scénaristique. Limpide et brillant. Mais le véritable point fort : le dessin. Grandiose ! Je n'ai pas les mots pour dire combien c'est beau. Mille étoiles dans les yeux. J'en conseille la lecture et l'achat. Note réelle : 4,5.

22/08/2021 (modifier)
Par doumé
Note: 4/5
Couverture de la série L'Attentat (La Boîte à Bulles)
L'Attentat (La Boîte à Bulles)

D'après le roman de Harry Mulish, une histoire qui commence en 1945 pour se dévoiler en 1981, un roman sur la recherche de la vérité à tout prix. La révélation de la fin éclaire toute l'histoire d'un homme écrasé par un drame familial. Un scénario bien construit, une vraie surprise qui nous fait passer d'un fait d'histoire en temps de guerre classique à un événement provoqué par un hasard tragique. Une histoire qui s'étale sur plusieurs années et un rythme assez lent permet de nous imprégner de la souffrance de cet homme, cette narration complètement adapté au scénario est l'une des clés de la réussite de cette bd. Le dessin est trop minimaliste à mon gout, par contre les changements de couleurs sombres créent des ambiances lourdes qui participent à comprendre l'état d'esprit et la souffrance d'Anton notre héros. Un drame poignant et touchant, une bd marquante pour son sujet et sa fin.

21/08/2021 (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Plunge
Plunge

Plunge est un subtil cocktail, un mélange de The Thing (Carpenter) et de Abyss (Cameron) avec un soupçon de HP Lovecraft (L'appel de Cthulhu). Le scénario est maîtrisé, il nous plonge dans un univers fantastique qui va basculer dans l'horrifique. Des personnages bien trempés, dont l'un se nomme Carpenter (un balèze barbu), toujours cette référence à The Thing. Donc une histoire maîtrisée, mais sans réelle surprise, par contre pas de temps mort, ça va à cent à l'heure et on se laisse aspirer jusqu'aux confins de l'océan. Un bémol sur le vocabulaire, un brin trop vulgaire à mon goût sur quelques cases. Une planche complète en Russe sans traduction, heureusement que le portable et ses applications existent. Le dessin est au diapason, le trait est fin et précis, les visages expressifs. La mise en couleur, dans des tons bleus et verts, aporte un plus au plaisir visuel. Joe Hill (Locke & Key) et Stuart Immonen (Superman - Identité secrète) nous livrent un magnifique album. Pour les amoureux du genre.

21/08/2021 (modifier)
Par Blue boy
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Amants d'Hérouville - Une histoire vraie
Les Amants d'Hérouville - Une histoire vraie

L’histoire des studios d’Hérouville, intimement liée au destin de l’artiste Michel Magne, peu de gens la connaissent. Et pourtant, à la lecture de ce formidable one-shot, on a envie de remercier ses auteurs pour nous l’avoir mise en lumière d’aussi belle façon. Michel Magne était surtout connu pour ses musiques de films (Les Tontons Flingueurs, …), bien que sa notoriété n’ait jamais égalé celle d’un Vladimir Cosma ou d’un Maurice Jarre. Pourtant, ce dernier avait bien d’autres cordes à son arc, notamment à travers la peinture. Véritable touche-à-tout à l’appétit insatiable en matière de création artistique, il se situait à l’avant-garde dans une approche pour le moins facétieuse, qui pouvait rappeler celle des Dadaïstes. Magne a fréquenté l’élite artistique et noué de nombreuses amitiés (François Sagan, Boris Vian, Jean-Paul Sartre, Aragon, Jacques Prévert, Jean Cocteau, la liste est longue…). Il faut dire que l’homme avait une personnalité hors-du-commun, notamment par l’énergie qu’il était capable de déployer pour faire avancer ses projets, même si, las, le succès ne fut pas toujours au rendez-vous. La création des studios d’Hérouville au début des seventies inaugura une période de foisonnement artistique hors du commun. La partie du château où vivait et travaillait Michel Magne depuis 1962 venait d’être détruite par un incendie, provoquant la perte irrémédiable des documents et enregistrements de l’artiste. C’est sur ce drame que s’ouvre Les Amants d’Hérouville, montrant comment Magne trouva le moyen de rebondir en restaurant l’aile endommagée et en convertissant le château en studio, équipé des dernières technologies de pointe, avec la participation de Dominique Blanc-Francard. Dès lors, le lieu va attirer le gratin de la chanson française et du rock international, profitant d’un contexte jamais vu de libération des mœurs et d’hédonisme psychédélique (on n’oubliera pas de sitôt le passage relatant le concert des Grateful Dead donné aux habitants du village). Dépensant sans compter, Magne continuait à organiser des fêtes excentriques autour de la piscine construite sur sa propriété, aux petits soins avec ses invités (y compris les pique-assiettes…), avec le concours d’un chef cuisinier amateur de poésie… il y aura la même année la rencontre avec sa baby-sitter, Marie-Claude, qui devint rapidement la femme de sa vie et avec qui il vécut un amour passionné. Jusqu’au jour où, après quelques années fastes, le déclin et les coups durs pointèrent de nouveau le bout de leur nez… Cette biographie romancée n’est rien de moins qu’un conte de fées moderne, et la couverture ne dit pas autre chose en montrant les deux amants sur le toit du château, Magne en train de jouer une ritournelle à la guitare à l’adresse de sa bien-aimée au look hippie médiéval. Pendant ce temps, la fête bat son plein à l’intérieur comme à l’extérieur des murs, et l’on peut apercevoir Bowie en train d’enregistrer des vocaux. La narration de Yann Le Quellec est très bien construite, toute en fluidité, avec une trame principale entrecoupée de passages documentaires agrémentés de photos et d’articles de journaux sur la vie et l’œuvre de Magne. Pour accentuer l’authenticité des faits, des clichés ont été insérés sur certaines cases, répandant des arômes nostalgiques très puissants. Ce kaléidoscope chamarré et dynamique traduit parfaitement l’atmosphère de l’époque et du lieu, tel un tourbillon de folie douce et créativité libératrice sur fond d’amour pur et de substances psychotropes. Romain Ronzeau possède un trait léger et vif, jouant plus sur l’expressivité que sur la technique, avec un sens aigu du mouvement et une mise en page très variée. Son Michel Magne est dépeint comme un personnage bondissant et exubérant, haut en couleurs, mégalomane (voire mythomane) mais profondément généreux et désintéressé, d’abord amoureux de toutes les formes d’art et de leurs promoteurs. Hélas, l’aura bienveillante et hors-normes de Magne trouvera assez rapidement ses limites, suscitant la rapacité (et la jalousie peut-être) de ses partenaires, qui lui feront payer chèrement ses frasques et son style de vie dispendieux. La frénésie festive et créatrice mis en œuvre pour le projet hérouvillois se transformera alors en chaos destructeur et lugubre. Un dur retour à la réalité pour le démiurge exalté qui finira expulsé de son propre paradis, une aberration cruelle dont il ne se remettra pas. Son côté sombre sera parfaitement représenté, contrastant singulièrement avec le personnage solaire du début, dès lors que le « prince charmant » — et accessoirement prince de la nuit (toujours vêtu de noir) comme on le voit dans une scène au début du livre lorsqu’il pénètre dans la chambre de Marie-Claude — se transformera en ogre démoniaque et violent, fragile aussi, taraudé par la ruine ricanante, comme aspiré de l’intérieur par ses propres gouffres. Ou quand la bête n’est jamais loin de l’ange… En résumé, Les Amants d’Hérouville, en dehors de la touchante « love story », est le portrait tragique d’un homme dont la vie était entièrement dédiée à l’art et n’aura finalement fait que vivre dans l’ombre du gratin artistique qu’il côtoyait et aidait. Une vie dont les moments d’extase absolue précédaient immanquablement les zones de turbulence brutale où tout partait en cacahuète. Ce splendide roman graphique, chef d’œuvre de pop-culture, en constitue un excellent hommage, contribuant un peu plus à faire entrer le château dans la légende. Et si aujourd’hui les mythiques studios d’Hérouville fonctionnent encore, après plusieurs périodes de fermeture, c’est peut-être parce ses fantômes ne parviennent pas à se résoudre à la fin de cet incroyable âge d’or.

20/08/2021 (modifier)
Par Chéreau
Note: 4/5
Couverture de la série Le Voyage du Commodore Anson
Le Voyage du Commodore Anson

Je suis entré à petits pas dans ce livre qui m'a été offert, un peu rebuté par un dessin auquel je n'accrochais pas plus que ça. Je dois reconnaître que je me suis laissé emporter avec plaisir dans cette histoire vraie : celle de l'expédition audacieuse voire téméraire d'une escadre anglaise autour du monde, pour attaquer les colonies espagnoles d'Amérique. On s'attache avec intérêt à des personnages forts, aussi bien campés que dans le film Master & Commander, auquel l'album fait inéluctablement penser. On frémit aussi devant le coût humain effarant (selon nos critères actuels) d'une telle expédition. Au XVIIIe siècle, 50% de pertes restait un chiffre acceptable... Pas un 5/5, que je réserve à une petite élite de chefs d'oeuvre, mais un 4/5 bien mérité.

20/08/2021 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Splash
Splash

L'histoire de trois ados se lançant dans la création de leur propre groupe de rock. Deux amis d'enfance à la guitare et à la batterie rejoints par une camarade du lycée à la basse. Comme le courant passe bien, ils décident de se jeter dans la cour des grands en participant à un tremplin musical destiné aux lycéens de leur ville. Moi qui ne suis pas amateur d'albums sur le thème de la musique car je n'arrive pas à ressentir celle-ci au travers du médium BD, celle-ci a réussi à me convaincre. D'abord parce que sur la forme et la mise en scène, elle est de très bonne qualité. Mais aussi parce qu'elle est accompagnée d'un QR code donnant accès à un site web où l'on peut écouter les véritables musiques dont il est question au cours du récit et qui sont réalisées et jouées par les auteurs, eux-mêmes musiciens et acteurs de la scène média et de Youtube. Et si celles-ci ne sont pas exactement ma tasse de thé, je les ai trouvées très réussies techniquement parlant et je me suis même dit que l'intro de la première d'entre elles déchirait pas mal. Il y a du boulot et de l'expérience derrière, c'est bien. Sur la forme ensuite, le dessin d'Antoine Losty est très sympathique. Issu du monde de l'animation, il nous offre des planches colorées et lumineuses dans un style qui rappellera par exemple celui d'Etienne Jung ou Silvio Camboni (Gargouilles). Ses planches et sa mise en scène sont jolies et fonctionnent bien. Et tant graphiquement qu'en terme de comportements, les auteurs réussissent à donner de bonnes personnalités à leurs protagonistes. Ils sont plutôt attachants et en tout cas suffisamment crédibles pour donner envie de les suivre et croire à leur histoire. Pour ce qui est du premier tome de la série, celle-ci s'organise autour du défi d'un concours de musique à gagner et de la rivalité avec une autre chanteuse, dans un style radicalement différent puisqu'orientée vers la K-pop et une imagerie populaire rose bonbon kikoulol. A travers cette rivale dont la personnalité est largement développée, c'est d'ailleurs une sévère critique des influenceuses Instagram qui est faite. Parmi les musiques accessibles en ligne avec l'album, on a aussi droit aux siennes qui tranchent bien avec le style rock des trois héros. J'ai bien apprécié que l'antagoniste soit ainsi approfondie, c'est la marque d'un bonne histoire. Pour le moment, le scénario ne présente pas énormément de surprises mais il est plaisant, crédible, suffisamment dense et bien construit. Il donne envie de poursuivre l'aventure avec ces jeunes et leur musique.

20/08/2021 (modifier)
Par Yann135
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Pionniers de l'aventure humaine
Les Pionniers de l'aventure humaine

Avec cet album, vous découvrirez l’univers complétement déjanté de François Boucq à travers ses histoires courtes parues initialement dans la revue « à suivre ». J’admets avoir beaucoup ri à la découverte de cette BD surréaliste dans laquelle les aventures les plus abracadabrantes se succèdent à un rythme effréné. Un monde de rêve qui s’appuie sur une représentation sans faille du réel. Passant outre les limites de la réalité en deux coups de crayon, François Boucq va vous surprendre pour le meilleur et pour le meilleur. Le crayonné est parfait. Très réaliste jusqu’en dans les moindres détails. L’incroyable devient croyable. Du grand art. En fait il nous berne le bougre ! Jamais je n’ai senti l’histoire glisser vers l’irrationnel sans soupçonner un seul instant que celle-ci pouvais déraper. Je me suis laissé embarquer, et j’ai vraiment apprécié. Je comprends mieux pourquoi cet auteur est le premier à rentrer dans un musée (palais des beaux-arts de Lille). Par contre ce qui n’est pas normal, c’est le nombre d’avis sur cet album. Pour beaucoup d’entre vous, vous êtes passés à côté d’une petite perle incroyable. A découvrir rapidement.

20/08/2021 (modifier)
Par Yann135
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Un été cruel
Un été cruel

C’est assurément - me concernant - l’album de l’été ! Il faut l’avouer quand Ed Brubaker est aux manettes, cela envoie du lourd ! Voici donc un récit noir sans beaucoup de lueurs d’espoirs avec une kyrielle de personnages bien trash. On se croirait dans « femme fatale » de Brian de Palma. Cela va vous secouer assurément. Vous y découvrirez une violence qui se propage comme des ondes sur un étang, au travers du temps et des générations. Vous allez plonger dans le récit dès les premières pages. Vous ne pourrez plus lâcher le bouquin avant de connaître la fin. Et pourtant c’est un pavé cet album, presque 300 pages ! Le graphisme est magnifique. Il est talentueux ce Sean Philipps avec notamment des planches remarquables pleine page pour mettre un terme à un chapitre. C’est délicieux visuellement. Le problème c’est que les lecteurs qui vont découvrir l’univers de Teeg Lawless vont en vouloir plus ! Et pour ça rien de plus simple que de se glisser avec avidité dans la sériel Criminal. Et oui lire les avis de BDthèque engendre souvent des dépenses supplémentaires imprévues ! Pas si grave que ça au final ! Allez-y … bouquinez cet été cruel qui est une descente vers les enfers à une vitesse vertigineuse. Un thriller explosif, haltant et infernal ! C’est juste wahou !

20/08/2021 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Un été cruel
Un été cruel

Yes, le nouveau polar de Brubaker et Phillips débarque chez Delcourt ! Il s’agit d’un hors-série de la série Criminal, et plus particulièrement d’une préquelle du tome 2 « Impitoyable » qui nous raconte la mort de Teeg Lawless. Le format se rapproche de Fondu au noir : l’album est plus long qu’un album typique de Criminal (9 fascicules comics, soit 288 pages). L’auteur prend le temps de développer son intrigue et surtout ses personnages, en proposant des points de vue multiples venant enrichir l’histoire. Cette dernière est prenante et bien construite, la narration est aux petits oignions, et la mise en image de Sean et Jacob Phillips est exemplaire. Un excellent album, que je recommande chaudement aux fans de la série mère, mais aussi à celles et ceux qui souhaitent découvrir l’univers de Criminal, ou de manière plus générale le travail de ces deux auteurs.

17/08/2021 (modifier)