Un petit avis rapide pour dire que je fais partie des super satisfaits avec cet album.
C’est fluide, coloré, détaillé, inspiré … l’auteur crée un petit monde fort attachant, dépaysant, cruel, grave et à la fois « mignon » dans lequel j’aime me perdre. J’ai aimé toutes les propositions et parti pris que proposent l’œuvre, on sent des références bien digérées. En fait, c’est comme si j’avais vu un truc à la Akira mais à la sauce Ghibli (ou l’inverse ?).
Bref franchement très chouette comme résultat, une belle friandise du label 619. A découvrir et à faire connaître.
J'adore cette série depuis mon enfance, en particulier le premier épisode. Les enfants sont captivants, chacun avec sa personnalité, et les dessins sont parmi les meilleurs réalisés pour les éditions Dupuis. C'est vraiment dommage qu'elle n'ait pas reçu la reconnaissance qu'elle méritait et que Roba se soit presque entièrement investi dans Boule et Bill. Heureusement, il a encore eu quelques très bonnes collaborations avec le Spirou de Franquin.
Je pense un jour raconter ces aventures à mes petits-enfants : la Ribambelle est belle!
C'est mon œuvre préférée de Manara. Je l'ai lue pour la première fois dans le magazine Corto (la meilleure publication que j'aie jamais connue et dont je suis fier de posséder tous les numéros). Ensuite, j'ai acheté l'album: les dessins sont excellents et sans trop d'excès érotiques typiques de l'auteur. La contribution de H. Pratt dans le scénario a certainement dû aider.
Ce fut une collaboration très heureuse entre deux monstres de la BD. Juste un regret: j'aime beaucoup les Indiens et je regrette que tant d'entre eux soient morts au cours de l'action.
J'ai découvert et aimé Red Sonja depuis mon adolescence. Elle m'a touché à plusieurs niveaux... Frank Thorne était l'auteur des dessins et à ce moment-là, je n'avais pas besoin de savoir plus! J'ai cherché pendant de nombreuses années à acquérir toutes les histoires complètes (une quête presque incessante) et c'est maintenant chose faite avec cette édition: en plus, avec les images en noir et blanc qui mettent en valeur la qualité du dessin, je pense.
Il y a de la violence, certes, mais aussi beaucoup de sensualité et parfois de la tendresse et de la solidarité envers les plus démunis. Bref, ce fut une rencontre et une redécouverte très heureuse.
Ayant lu le roman original il y a déjà quelques années, j'ai beaucoup apprécié cette adaptation. Le texte et les dialogues sont respectés, mais surtout, nous suivons le fil intérieur de la conscience du protagoniste. Bien plus qu'un thriller policier, il s'agit d'un drame psychologique et la critique littéraire a su le reconnaître.
Les dessins et la colorisation, sans être «jolis», montrent un certain talent de la part de l'auteur, ainsi que sa grande culture picturale, qui sert ici d'inspiration assumée et reconnue.
Voilà une BD assez « bluffante ». Si je déteste ce mot, il trouve ici une application adéquate.
Mais avant d'entrer dans le vif du sujet, attelons-nous aux aspects formels. Le dessin est plutôt plaisant et enlevé, même si je ne suis pas estomaqué par ces visages aux traits romantiques et un brin stéréotypés. Ce qui me plait moins, c'est la colorisation qui demeure assez terne, avec du coup une tendance à écraser les reliefs. Ceci fait qu’on ne ressent ni les effets de luminosité (différents moments du jour ou de la nuit, ombrages…), ni les contrastes. Dommage.
Le gros point fort, ce sont les dialogues de très bonne tenue, ainsi que son scénario maitrisé et parfaitement ramassé autour de son sujet.
Bien que ne partageant pas du tout le point de vue développé ici, à savoir que les robots pourront un jour être dotés d’une conscience, il faut admettre que le sujet est rudement bien amené et circonscrit. En fait, il s’agit plus généralement d’une réflexion sur la conscience, et ce qui m'a "bluffé", c'est précisément d'avoir à faire à un cyborg doté d'une conscience lors même que je n'y crois pas une seconde !
Quoiqu'il en soit, sur le thème, on est dans le haut du panier.
Deux sœurs prêtes à tout s'enfuient pour échapper à un destin tragique et trouver un remède, au cœur d'un monde médiéval où les lycornes, loin des clichés, incarnent une force aussi fascinante que dangereuse.
Ce qui frappe immédiatement, c'est la grande élégance du dessin. Le trait de Béatrice Penco Sechi est d'une finesse remarquable, avec une vraie maîtrise des compositions, des corps et des décors, qui donne à l'ensemble une allure presque précieuse. Chaque planche semble pensée comme une illustration, avec un sens du cadre, de la mise en scène et des couleurs qui sublime littéralement le récit. Cette élégance visuelle transforme l'histoire en véritable conte, lui apportant une dimension d'un grand raffinement, qui dépasse largement ce que le scénario propose sur le papier.
Le design des lycornes y est aussi original. On est loin des représentations modernes et édulcorées : ici, leur apparence s'inspire des bestiaires médiévaux, avec des silhouettes proches de la biche, élancées et sauvages, qui évoquent immédiatement la tapisserie de la Dame à la licorne. Leurs grands yeux langoureux leur donnent aussi un aspect particulier, à mi-chemin entre la grâce mélancolique du film La Dernière Licorne et certaines créatures de Miyazaki. Lorsque la grande licorne apparaît, avec ses multiples bois dressés, la référence au Shishigami de Princesse Mononoke m'a sauté aux yeux, renforçant cette impression de puissance sacrée et mystérieuse.
Sur le fond, le récit reste pourtant très classique. On retrouve une quête initiatique, une maladie mystérieuse, une fuite face à l'oppression, et surtout un lien de sororité très fort qui constitue le cœur de l'histoire. L'ensemble est bien mené, avec de l'émotion et quelques tensions, mais sans réelle surprise dans son déroulé. Les thèmes abordés (Nature, différence, émancipation, lien entre les sœurs) sont efficaces, mais restent dans un registre attendu.
Et pourtant, cela fonctionne très bien, précisément grâce au traitement graphique. Là où le scénario pourrait sembler convenu, le dessin vient tout transcender, donnant au récit une ampleur et une poésie qui le rendent marquant. L'atmosphère, les regards, les silences, la manière dont la nature envahit les planches… tout contribue à créer un conte à la fois sombre, sensible et profondément élégant.
Au final, plus qu'une histoire originale, c'est surtout une œuvre portée par une direction artistique d'une très grande classe, qui élève un récit classique en une expérience visuelle marquante.
Un bel album j'avoue, une belle qualité d'édition et plus de 300 pages. J'ai eu un peu de mal au début à rentrer dans cette histoire de lapins, avec un jargon bien spécifique, heureusement qu'un petit addendum séparé définit le glossaire. En plus les personnages étant des lapins, ils se ressemblent pas mal et ce n'est pas évident d'assimiler tous les noms. Pour faire simple, ce sont des lapins qui font sécession et décident d'aller coloniser une nouvelle garenne.
Puis ils se rendent compte qu'il leur faut des femelles afin de perpétuer leur village et décident donc d'aller en dégotter dans une autre garenne qui s'avère bien plus autoritaire et "fasciste". Il faut dire que le système lapin est très codifié avec un unique maitre lapin et des lapins un peu costauds qui sont les gardiens qui eux décident quand les lapins de base ont le droit de sortir pour manger ou autre. Donc c'est parfois violent, il y a du combat, de la stratégie et un véritable plan comme dans la Grande Evasion pour atteindre l'objectif de la mission. Cela s'avère haletant.
Une fable qui fait un parallèle évident avec nos communautés humaines et leurs travers.
Dortmunder est un braqueur malchanceux créé par Donald Westlake dans les années 60-70, dont les plans les plus minutieux tournent systématiquement au fiasco.
Dupuis commence l'adaptation de ses multiples aventures avec Bank Shot, un polar ancré dans des années 70 très bien restituées, aussi bien dans leur ambiance que dans leur esthétique. Le point de départ est à la fois simple et brillant : voler une banque entière plutôt que la braquer. À partir de là, on suit une bande de malfrats organisée, avec ses spécialistes et ses rôles bien définis, qui n'est pas sans rappeler un Ocean's Eleven version beaucoup plus modeste, presque bricolée, mais d'autant plus attachante. Le plan est réfléchi, méthodique, crédible dans sa conception comme dans son exécution… du moins en théorie.
On est plongé dans un univers très crédible, presque cinématographique, avec une atmosphère de film noir à l'ancienne, sérieuse et réaliste, renforcée par un dessin et une mise en couleurs qui évoquent parfaitement cette époque.
Toute la saveur du récit repose sur la malchance chronique qui s'acharne sur Dortmunder et son équipe. Rien ne se passe comme prévu, et l'accumulation de contretemps finit par devenir franchement amusante. Ce qui est remarquable, c'est que cette succession de catastrophes ne donne jamais l'impression d'être forcée ou artificielle. Au contraire, tout reste suffisamment cohérent pour que l'on y croie, même lorsque la situation bascule vers une forme d'ironie presque comique. Ce décalage constant entre le sérieux du cadre et l'acharnement du sort produit un effet assez unique : on oscille en permanence entre le polar rigoureux et une forme d'humour subtil, qui naît naturellement des événements. Ce n'est pas une comédie appuyée, mais plutôt une mécanique grinçante où la poisse du héros finit par prêter à sourire, voire à franchement amuser, sans jamais casser la crédibilité de l'ensemble.
Je découvre avec cette série l'adaptation de récits de polar solides et drôles à la fois, très bien ancrés dans leur époque, qui fonctionnent autant pour leur ambiance que pour cette manière fine de mêler réalisme et malchance quasi systématique, dans un équilibre qui tient étonnamment bien.
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P.T.S.D.
Un petit avis rapide pour dire que je fais partie des super satisfaits avec cet album. C’est fluide, coloré, détaillé, inspiré … l’auteur crée un petit monde fort attachant, dépaysant, cruel, grave et à la fois « mignon » dans lequel j’aime me perdre. J’ai aimé toutes les propositions et parti pris que proposent l’œuvre, on sent des références bien digérées. En fait, c’est comme si j’avais vu un truc à la Akira mais à la sauce Ghibli (ou l’inverse ?). Bref franchement très chouette comme résultat, une belle friandise du label 619. A découvrir et à faire connaître.
La Ribambelle
J'adore cette série depuis mon enfance, en particulier le premier épisode. Les enfants sont captivants, chacun avec sa personnalité, et les dessins sont parmi les meilleurs réalisés pour les éditions Dupuis. C'est vraiment dommage qu'elle n'ait pas reçu la reconnaissance qu'elle méritait et que Roba se soit presque entièrement investi dans Boule et Bill. Heureusement, il a encore eu quelques très bonnes collaborations avec le Spirou de Franquin. Je pense un jour raconter ces aventures à mes petits-enfants : la Ribambelle est belle!
Un été indien
C'est mon œuvre préférée de Manara. Je l'ai lue pour la première fois dans le magazine Corto (la meilleure publication que j'aie jamais connue et dont je suis fier de posséder tous les numéros). Ensuite, j'ai acheté l'album: les dessins sont excellents et sans trop d'excès érotiques typiques de l'auteur. La contribution de H. Pratt dans le scénario a certainement dû aider. Ce fut une collaboration très heureuse entre deux monstres de la BD. Juste un regret: j'aime beaucoup les Indiens et je regrette que tant d'entre eux soient morts au cours de l'action.
Red Sonja (L'intégrale Frank Thorne)
J'ai découvert et aimé Red Sonja depuis mon adolescence. Elle m'a touché à plusieurs niveaux... Frank Thorne était l'auteur des dessins et à ce moment-là, je n'avais pas besoin de savoir plus! J'ai cherché pendant de nombreuses années à acquérir toutes les histoires complètes (une quête presque incessante) et c'est maintenant chose faite avec cette édition: en plus, avec les images en noir et blanc qui mettent en valeur la qualité du dessin, je pense. Il y a de la violence, certes, mais aussi beaucoup de sensualité et parfois de la tendresse et de la solidarité envers les plus démunis. Bref, ce fut une rencontre et une redécouverte très heureuse.
Crime & châtiment
Ayant lu le roman original il y a déjà quelques années, j'ai beaucoup apprécié cette adaptation. Le texte et les dialogues sont respectés, mais surtout, nous suivons le fil intérieur de la conscience du protagoniste. Bien plus qu'un thriller policier, il s'agit d'un drame psychologique et la critique littéraire a su le reconnaître. Les dessins et la colorisation, sans être «jolis», montrent un certain talent de la part de l'auteur, ainsi que sa grande culture picturale, qui sert ici d'inspiration assumée et reconnue.
Karl
Voilà une BD assez « bluffante ». Si je déteste ce mot, il trouve ici une application adéquate. Mais avant d'entrer dans le vif du sujet, attelons-nous aux aspects formels. Le dessin est plutôt plaisant et enlevé, même si je ne suis pas estomaqué par ces visages aux traits romantiques et un brin stéréotypés. Ce qui me plait moins, c'est la colorisation qui demeure assez terne, avec du coup une tendance à écraser les reliefs. Ceci fait qu’on ne ressent ni les effets de luminosité (différents moments du jour ou de la nuit, ombrages…), ni les contrastes. Dommage. Le gros point fort, ce sont les dialogues de très bonne tenue, ainsi que son scénario maitrisé et parfaitement ramassé autour de son sujet. Bien que ne partageant pas du tout le point de vue développé ici, à savoir que les robots pourront un jour être dotés d’une conscience, il faut admettre que le sujet est rudement bien amené et circonscrit. En fait, il s’agit plus généralement d’une réflexion sur la conscience, et ce qui m'a "bluffé", c'est précisément d'avoir à faire à un cyborg doté d'une conscience lors même que je n'y crois pas une seconde ! Quoiqu'il en soit, sur le thème, on est dans le haut du panier.
Lycornes
Deux sœurs prêtes à tout s'enfuient pour échapper à un destin tragique et trouver un remède, au cœur d'un monde médiéval où les lycornes, loin des clichés, incarnent une force aussi fascinante que dangereuse. Ce qui frappe immédiatement, c'est la grande élégance du dessin. Le trait de Béatrice Penco Sechi est d'une finesse remarquable, avec une vraie maîtrise des compositions, des corps et des décors, qui donne à l'ensemble une allure presque précieuse. Chaque planche semble pensée comme une illustration, avec un sens du cadre, de la mise en scène et des couleurs qui sublime littéralement le récit. Cette élégance visuelle transforme l'histoire en véritable conte, lui apportant une dimension d'un grand raffinement, qui dépasse largement ce que le scénario propose sur le papier. Le design des lycornes y est aussi original. On est loin des représentations modernes et édulcorées : ici, leur apparence s'inspire des bestiaires médiévaux, avec des silhouettes proches de la biche, élancées et sauvages, qui évoquent immédiatement la tapisserie de la Dame à la licorne. Leurs grands yeux langoureux leur donnent aussi un aspect particulier, à mi-chemin entre la grâce mélancolique du film La Dernière Licorne et certaines créatures de Miyazaki. Lorsque la grande licorne apparaît, avec ses multiples bois dressés, la référence au Shishigami de Princesse Mononoke m'a sauté aux yeux, renforçant cette impression de puissance sacrée et mystérieuse. Sur le fond, le récit reste pourtant très classique. On retrouve une quête initiatique, une maladie mystérieuse, une fuite face à l'oppression, et surtout un lien de sororité très fort qui constitue le cœur de l'histoire. L'ensemble est bien mené, avec de l'émotion et quelques tensions, mais sans réelle surprise dans son déroulé. Les thèmes abordés (Nature, différence, émancipation, lien entre les sœurs) sont efficaces, mais restent dans un registre attendu. Et pourtant, cela fonctionne très bien, précisément grâce au traitement graphique. Là où le scénario pourrait sembler convenu, le dessin vient tout transcender, donnant au récit une ampleur et une poésie qui le rendent marquant. L'atmosphère, les regards, les silences, la manière dont la nature envahit les planches… tout contribue à créer un conte à la fois sombre, sensible et profondément élégant. Au final, plus qu'une histoire originale, c'est surtout une œuvre portée par une direction artistique d'une très grande classe, qui élève un récit classique en une expérience visuelle marquante.
Watership Down
Un bel album j'avoue, une belle qualité d'édition et plus de 300 pages. J'ai eu un peu de mal au début à rentrer dans cette histoire de lapins, avec un jargon bien spécifique, heureusement qu'un petit addendum séparé définit le glossaire. En plus les personnages étant des lapins, ils se ressemblent pas mal et ce n'est pas évident d'assimiler tous les noms. Pour faire simple, ce sont des lapins qui font sécession et décident d'aller coloniser une nouvelle garenne. Puis ils se rendent compte qu'il leur faut des femelles afin de perpétuer leur village et décident donc d'aller en dégotter dans une autre garenne qui s'avère bien plus autoritaire et "fasciste". Il faut dire que le système lapin est très codifié avec un unique maitre lapin et des lapins un peu costauds qui sont les gardiens qui eux décident quand les lapins de base ont le droit de sortir pour manger ou autre. Donc c'est parfois violent, il y a du combat, de la stratégie et un véritable plan comme dans la Grande Evasion pour atteindre l'objectif de la mission. Cela s'avère haletant. Une fable qui fait un parallèle évident avec nos communautés humaines et leurs travers.
Traqué dans l'espace
Aventure très sympa et bien écrite. Les dessins sont simples mais efficaces, j'ai passé un excellent moment avec cette bande dessinée, je recommande.
Dortmunder
Dortmunder est un braqueur malchanceux créé par Donald Westlake dans les années 60-70, dont les plans les plus minutieux tournent systématiquement au fiasco. Dupuis commence l'adaptation de ses multiples aventures avec Bank Shot, un polar ancré dans des années 70 très bien restituées, aussi bien dans leur ambiance que dans leur esthétique. Le point de départ est à la fois simple et brillant : voler une banque entière plutôt que la braquer. À partir de là, on suit une bande de malfrats organisée, avec ses spécialistes et ses rôles bien définis, qui n'est pas sans rappeler un Ocean's Eleven version beaucoup plus modeste, presque bricolée, mais d'autant plus attachante. Le plan est réfléchi, méthodique, crédible dans sa conception comme dans son exécution… du moins en théorie. On est plongé dans un univers très crédible, presque cinématographique, avec une atmosphère de film noir à l'ancienne, sérieuse et réaliste, renforcée par un dessin et une mise en couleurs qui évoquent parfaitement cette époque. Toute la saveur du récit repose sur la malchance chronique qui s'acharne sur Dortmunder et son équipe. Rien ne se passe comme prévu, et l'accumulation de contretemps finit par devenir franchement amusante. Ce qui est remarquable, c'est que cette succession de catastrophes ne donne jamais l'impression d'être forcée ou artificielle. Au contraire, tout reste suffisamment cohérent pour que l'on y croie, même lorsque la situation bascule vers une forme d'ironie presque comique. Ce décalage constant entre le sérieux du cadre et l'acharnement du sort produit un effet assez unique : on oscille en permanence entre le polar rigoureux et une forme d'humour subtil, qui naît naturellement des événements. Ce n'est pas une comédie appuyée, mais plutôt une mécanique grinçante où la poisse du héros finit par prêter à sourire, voire à franchement amuser, sans jamais casser la crédibilité de l'ensemble. Je découvre avec cette série l'adaptation de récits de polar solides et drôles à la fois, très bien ancrés dans leur époque, qui fonctionnent autant pour leur ambiance que pour cette manière fine de mêler réalisme et malchance quasi systématique, dans un équilibre qui tient étonnamment bien.