Les derniers avis (35380 avis)

Par Bruno :)
Note: 5/5
Couverture de la série X-Men - Dieu crée, l'Homme détruit
X-Men - Dieu crée, l'Homme détruit

...! Comme j'avais été excité à la lecture -laborieuse, à l'époque !- de cet album en V.O., prêté par un camarade Canadien. Quelle audace, ce récit plein de choix radicaux ! Magnéto confronté au résultat amer engendré par la politique qu'il prêche depuis le début de sa croisade -introduction incroyablement violente pour l'époque mais justifiée par le sujet et redoutablement efficace, sang effacé ou pas sur la main de la fillette. Xavier, Scott et Ororo, froidement abattus -j'ai vraiment cru qu'ils étaient morts !- et absents pendant la majeure partie de l'histoire ! Et dénonciation on ne peut plus claire des dérives religieuses ainsi que de la puissance qu'offrent les médias aux spécialistes de la communication. On a beau être dans l'univers des X-Men, on frôle un réalisme tout ce qu'il y a d'utile dans cette aventure pas du tout rigolote. Chris Claremont privilégie une approche très lucide de l'époque où sont sensés se situer les évènements et Brent Eric Anderson, tout maladroit qu'il soit -et est toujours : voir ses planches dans Astro-City !- fait preuve d'un grand talent à retranscrire les expressions des personnages -sa spécialité, que je découvrais à ce moment-là- mais aussi dans ses choix de cadrages et de découpages. Les scènes d'actions ne sacrifient rien au style (exception faite pour la néanmoins très "jolie" destruction de l'amplificateur psy par Cyclope, à la fin !) et il est capable de laisser suffisamment d'espace à la planche pour qu'on puisse y respirer. Les X-Men redevenaient vulnérables et ça les rendaient à nouveaux bien plus attachants : la course-poursuite entre les sbires de Striker et Kitty est aussi haletante que dans n'importe quel film policier ; et les couleurs mettent particulièrement en valeur l'ambiance sombre des ruelles de la grande ville. J'ai tout aimé ; jusqu'à la couverture, magnifique de sens et de puissance : incroyablement inspirée. Mais surtout la colère adolescente de Kitty, si douloureuse dans ses expressions et si facile à appréhender pour le gamin de quatorze ans que j'étais. Contre Stevie bien sûr -c'était avant le culte de la langue de bois et du politiquement correct, en France-, mais surtout lors de sa dernière diatribe à l'encontre de Striker, dont on ressent qu'elle est d'autant plus virulente car motivée par sa propre répulsion/peur/intolérance initiale vis-à-vis de l'aspect physique de Kurt. Pas besoin d'explications de texte pour comprendre qu'elle règle alors d'un seul coup ce problème. Et la "conclusion", via le policier anonyme qui prend sur lui d'intervenir, est un parfait contrepoint à l'exécution sommaire qui débute l'histoire, la violence ne pouvant engendrer que la violence. Enfin le désarroi de Xavier, écrasé par ses doutes -et son âge, aussi : précieuse richesse du personnage complètement gommée dans la série !- qui permet, grâce au discours inspiré de Scott, un rappel assez salutaire de la mission initiale des X-Men (encore un élément galvaudé dans le Comic...). Je croyais naïvement que le genre vivait là les débuts d'une renaissance révolutionnaire... Hélas ! Mais l'objet demeure néanmoins un monument dans la production, toutes époques confondues et, si on veut comprendre l'intérêt et la spécificité des X-Men, la lecture de cette exceptionnelle parenthèse scénaristique et graphique réussie est un incontournable -à l'inverse de beaucoup, beaucoup d'autres ratatouilles inutiles et/ou indigestes inspirées par les célèbres mutants.

03/12/2023 (modifier)
Par Bruno :)
Note: 4/5
Couverture de la série Spider-Woman - L'intégrale
Spider-Woman - L'intégrale

Principalement pour Carmine Infantino. À part dans les pages de la série La Guerre Des Étoiles publiée dans Titans (pourtant pas un univers propice à mettre en valeur son graphisme si particulier !), c'est à l’œuvre sur Spider Woman qu'il m'a le plus séduit -alors que son si célèbre run sur Flash continue de me laisser de marbre... L'ambiance mystique voulue par le scénario lui permet toutes sortes de libertés graphiques qui transcendent la platitude originelle du concept ; et cette Jessica Drew, semblant étrangement plus vulnérable costumée qu'en tenue civile -il faut voir l'allure presque hiératique dont l'artiste la pare à la moindre occasion!- en devient intrigante du fait même de l'étrangeté de sa représentation. L'histoire avec les "Frères Grimm" est particulièrement bien amenée et sa conclusion m'avait enchanté -à l'époque. La refonte plus classique du personnage -qu'est donc devenu son héritage biologique arachnéen sensé inspirer une répulsion instinctive au commun des mortels ?! ÇA, c'était une bonne idée !- la rend beaucoup plus abordable et facile à inclure au reste de l'univers Marvel ; mais Steve Leialoha, tout en la rendant plus attachante, lui ôte une bonne partie de son originalité -et donc de son attrait. Des années plus tard, intégrée à la série Wolverine, elle retrouvera un peu de son côté froid et distant -sinon pour son amie (...?) Lindsay Mc Cabe- mais sans toutefois sa part originelle d'étrangeté. Dommage.

03/12/2023 (modifier)
Par Blue boy
Note: 4/5
Couverture de la série Rwanda - À la poursuite des génocidaires
Rwanda - À la poursuite des génocidaires

C'est l'avis de Spooky qui m'a incité à lire cette BD et je ne le regrette pas du tout ! L'ouvrage le rappelle très justement, le terrible génocide des Tutsi a été perpétré avec l’accord tacite de « Tonton », qui a fermé les yeux alors qu’il était au courant. Qui plus est, la France a équipé et entrainé l’armée rwandaise, sans bouger le petit doigt lorsqu’a débuté ce massacre à grande échelle dont la réalité dépasse la fiction dans le registre de la saloperie humaine. En 40 jours seulement, un million de Tutsi furent méthodiquement et systématiquement assassinés par un gouvernement qui incitait la population hutue à participer à cette campagne d’extermination vengeresse, pour des raisons remontant à des politiques coloniales totalement arbitraires, considérant les Tutsi comme une « race » supérieure… Dans leur combat judiciaire, Alain et Dafroza Gauthier apparaissent véritablement comme des héros. Dafroza, d’origine rwandaise et tutsie, a perdu toute sa famille. Elle mène ce combat aux côtés de son mari, un travail de longue haleine réclamant toute leur énergie. « Le génocide s’est accaparé la vie des Gauthier », qui par leur action, font un travail que le gouvernement français rechigne à entreprendre, fort logiquement puisqu’il a accueilli sur son sol « entre 200 et 400 génocidaires », dont certains exercent dans la médecine ou le professorat, d’autres occupant même la fonction de prêtres « qui disent encore la messe » ! On croit rêver, non ? Tout en évoquant le quotidien de ces héros ordinaires, Thomas Zribi nous livre un déroulé méticuleux du contexte et des faits, avec plusieurs témoignages glaçants des survivants. Même si cet épisode extrêmement tragique du vingtième siècle finissant a marqué l’Histoire, la façon dont les auteurs le présentent permet une immersion très prégnante du lecteur, renforcée par un dessin au fort pouvoir évocateur, et tout cela dépasse à ce point l’entendement que l’on est happé par cet ouvrage qui se lit d’une traite et provoque inévitablement un choc émotionnel. Dans des tonalités à dominante ocre, souvent sombres, laissant cette impression que la couleur du sang s’est diluée dans la terre, le dessin de Damien Roudeau nous confronte sans voyeurisme à cette horreur mieux que ne l’aurait fait un texte historique. En les mettant en scène, il rend un hommage vibrant à ces deux citoyens d’une humilité touchante, animés par la flamme de la justice réparatrice, deux qualités qui forcent le respect, mais il donne également un visage à ces millions d’anonymes victimes d’un désastre géopolitique honteux et aux survivants ayant le courage de témoigner, se faisant ainsi le relais de l’action des Gauthier. Par ailleurs, en représentant certains génocidaires face à la justice française (notamment Laurent Buciyibaruta, ancien préfet d’une région où l’on a tué le plus), il les extirpe de leur confortable anonymat dont ils auraient préféré ne jamais sortir. « Rwanda, à la poursuite des génocidaires » est un livre-choc qui mérite largement un coup de projecteur. L’ouvrage ne laisse pas indemne mais ne fait que renforcer l’idée que la justice est une étape essentielle pour apaiser la douleur des survivants et permettre à ce pays de se réconcilier avec lui-même, même si les cicatrices auront marqué durablement son Histoire. Il s’agit là d’une contribution mémorielle indispensable, non seulement pour les Rwandais, mais aussi pour nous citoyens français, qui devront déplorer une fois de plus l’attitude désinvolte et immorale de nos dirigeants quant à la gestion post-coloniale du fameux « pré carré africain ».

03/12/2023 (modifier)
Par Bruno :)
Note: 4/5
Couverture de la série Wolverine - Arme X
Wolverine - Arme X

Pour le dessin de Barry Windsor-Smith, principalement : on en prend plein les mirettes ; et la colorisation accentue encore le caléidoscope des cases d'action au sein du laboratoire où notre célèbre gnome à poils -et à poil, d'ailleurs- se retrouve avec un squelette et des grigriffes nappés d'Adamantium du plus bel effet ! Bon, j'avoue être un peu resté sur ma faim quant à la représentation du héros tout au long de cette "intrigue" : muet jusque dans ces réflexions mentales, quasiment, on en apprend très peu sur sa personnalité d'avant les X-Men ou même sur ses (probables ?!) cogitations en rapport à ce qu'on lui fait subir -sinon que ça fait bobo ! J'imagine que Claremont, jaloux de ses prérogatives, a exigé que cet album demeure le plus évasif possible pour ne pas entraver la "continuité" des récits à rallonge de ses petits mutants personnels. C'est quand même d'une partie essentielle des origines de l'un des Super-Héros les plus emblématique du MCG qu'on parle ; et le récit souffre de ce manque d'implication vis-à-vis du personnage principal. En même temps, l'angle choisi -par défaut ?!- pour raconter l'histoire (les observations, critiques et interactions des scientifiques attelés à l'expérience) donne un ton assez décalé au Comic, qui le singularise par rapport aux productions habituelles sur le thème. C'est un peu frisquet pour qu'on s'attache à qui que ce soit, néanmoins ; et j'aurais personnellement apprécié un poil (encore!) plus de "réalisme" et d'intérêt de la part de ces apprentis-sorciers pour la condition mutante de leur cobaye : quitte à faire dans le pseudo-scientifique, autant en profiter pour expliciter d'avantage le sujet ! Mais l'auteur/artiste se contente de mettre en scène la douloureuse "transfusion" (OUARF !) de l'alliage incassable -les scènes oniriques subséquentes sont assez plates, graphiquement parlant ; un vrai paradoxe quand on voit comment les scènes d'actions (la folie agressive de Wolverine, très stylisée) sont sublimées par le trait (les traits !) de Windsor-Smith. La terreur engendrée dans le coeur de ses geôliers quand leur "création" se retrouve en roues libres résonne malheureusement très peu tant la progression narrative est ratée. Problème clairement lié aux temporalités parallèles : les souvenirs de Wolvie, les réalités virtuelles auxquelles il est soumis ainsi que les flashbacks concernant les trois principaux bouchers aux commandes du bidouillage chirurgico-metallurgique (!). C'est dommage : il est quand même sensé faire un peu peur, le bonhomme. Tant pis ! C'est quand même fun à lire. Enfin : surtout à regarder...

03/12/2023 (modifier)
Par grogro
Note: 5/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Moi, Edin Björnsson, pêcheur suédois au XVIIIe siècle coureur de jupons et assassiné par un mari jaloux
Moi, Edin Björnsson, pêcheur suédois au XVIIIe siècle coureur de jupons et assassiné par un mari jaloux

Moi, Grogro, pèlerin franchouille au XXIe siècle lecteur de bandes dessinées et estomaqué par une autrice talentueuse. La voilà la future lauréate d’Angoulême 2024 ! Hein ? Quoi ? Comment ça, cette BD n'est même pas sélectionnée ? Scandale ! J'ai tout aimé dans cette histoire. Même l'emballage m'a emballé. C'est même ça qui m'a jeté vers ce titre. J'adore son petit côté désuet, ce charme des livres de conte des années 40/50 (une vie éditoriale antérieure ?), mais en même temps très léché, avec juste cette image qui semble collé sur la couverture et dont même le toucher est différent, presque crémeux sous les doigts. Le cadre est détouré d'une ligne gris-bleue, discrète mais du plus belle effet, ainsi que le nom de l'autrice, un peu gaufré, et la lune de l'éditeur NoCtambule. Remarquable travail d'édition. Mais cela ne serait que poudre aux yeux sans un contenu à la hauteur de ce plumage. Le scénario, le dessin, la genèse même de cette BD... Tout derrière m'a littéralement subjugué. Avant toute chose, qu'est-ce que c'est t'y donc que ce titre à rallonge ? Et bien Edith le raconte elle-même en préambule : c'est une magnétiseuse qui, se saisissant d'un planisphère, d'un calendrier et de son pendule, révéla à Edith ce que fut l'une de ses vies antérieures. Voilà le point de départ, et quand on réalise ce qu'elle en a fait, c'est d'autant plus incroyable. En effet, elle ne reste pas à caboter le long de cet intitulé, mais emmène tout ça vers une conclusion inattendue. Je ne dirai rien de la fin, mais elle est tout bonnement incroyable. Tout prend un relief assez vertigineux. Mais le lecteur n'attendra pas la fin pour être séduit et embarqué. L'ambiance est d'emblée épaisse. On se retrouve immédiatement transporté dans la Suède du XVIIIe siècle. Les personnages habitent les pages et acquièrent rapidement une densité. Et surtout, on les sent évoluer avec le temps, prendre de l'âge et du plomb dans la cervelle (en ce qui concerne notre Edin Björnsson du moins). Densité temporelle aussi... Tout le génie d'Edith consiste à le suggérer par la grâce de ce dessin proprement sensationnel, à la fois simple et vivant, et d'une palette de couleurs savante. Son trait, je le connaissais à travers Emma G. Wilford, ou Séraphine que j'aimais déjà beaucoup. Les œuvres plus anciennes, notamment les série jeunesse comme le Trio Bonaventure, je l'avoue, n'ont quant à elles jamais suscité d'intérêt de ma part. Mais ici, elle a visiblement franchi un cap. Est-ce cette histoire, et le fait qu'elle soit chevillée à son propre destin qui l'a transcendée ? Quoiqu'il en soit, je me suis arrêté sur chaque image, longuement, je me suis empiffré de ces paysages magnifiques et de ces cieux au lavis devant lesquels je demeurais de longues minutes, suivant chaque trait du regard. Chaque case est forte et contribue à l'ambiance. Les expressions des personnages sont parfaitement rendues. Edith utilise en mélange de technique très dosé, et tout s'emboite. Elle sait tout rendre à merveille : impression d'ivresse, sortie de comas, paysage brumeux, pluie battante, soleil couchant... Bref ! Je suis sous le charme. Je terminerai en disant que de ma vie entière de lecteur de BD, c'est bien la première fois que je relis une œuvre sitôt la lecture achevée tant je voulais prolonger ce sentiment d'immersion totale. Ah oui, si, juste un truc ! Mais ça ne changera rien à tout ce que je viens de dire, même si c'est très agaçant quand même. Mais Wallah, qu'est-ce que c'est que ce goodie à la mord-moi-l’nœud qu'on trouve à la fin du livre ? Et surtout, qui a eu la bonne idée de l'insérer dedans ? Je laisse la surprise sur le bidule en lui-même, mais outre l'intérêt limité de la chose (c'est du vieux carton tout khenez !), à cause du rivet qui fixe l'aiguille sur le cadran, les dernières pages de la BD, des pleines pages de paysage somptueuses, sont complètement niquées en plein milieu. On aurait pu s'en douter, mais le nœud du rivet est venu imprimer non seulement sa marque, mais une double marque, comme un symbole infini (le truc a dû bouger plusieurs fois, entre le transport, les manipulations en librairie...). Hé ho ! Les éditions Oxymore ? Vous étiez bourrés ou quoi ? Faut pas laisser carte blanche au stagiaire bordel !... Remarque, c'est marrant quand on y pense : un symbole infini imprimé sur les dernières pages de cette histoire de réincarnation. Hasard ? Je ne crois pas...

03/12/2023 (modifier)
Par greg
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série 13h17 dans la vie de Jonathan Lassiter
13h17 dans la vie de Jonathan Lassiter

Un seul mot : formidable. Une BD située aux USA dans les années 50, mettant en scène un personnage, Jonathan, dont la petite vie réglée s’effondre, et qui va, à la manière des montagnes russes, remonter la pente de plus en plus fort avec l'aide d'un acolyte, Edward, dont la bonne humeur communicative, et la part d'ombre, vont étrangement éclairer l'humeur initialement bien sombre de Jonathan. Cette BD est sans aucun temps mort, et un brin surréaliste (il y a un peu de Dali dans ce scénario), mais bon dieu que cela fait plaisir. On ne s'ennuie pas, on s'amuse, on s'étonne, et on referme le livre avec un grand sourire et une grand satisfaction !

02/12/2023 (modifier)
Par Alix
Note: 5/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Dans la tête de Sherlock Holmes
Dans la tête de Sherlock Holmes

Et bien, ce n’est pas moi qui vais faire baisser la moyenne de cette excellente série. L’enquête elle-même est passionnante et bien construite, et m’a tenu en haleine jusqu’à son dénouement, logique et bien amené. Il faut bien sûr accepter le côté un peu foutraque des histoires de Sherlock Holmes par rapport à des polars plus réalistes, mais moi, j’ai adoré. Mais c’est la réalisation qui me fait mettre la note maximale, et en particulier la narration phénoménale, qui utilise le medium de la BD à 100%, et qui fait que cette histoire ne pourrait pas être racontée en roman ou film sans faire de compromis. La mise en page est magistrale, chaque planche (ou double-planche) propose un découpage inédit : une coupe de bâtiment, une carte de Londres, l’intérieur de la tête de Sherlock montrant son raisonnement... Les cases représentent souvent une forme en rapport avec le contenu de la page, voir par exemple la loupe en début de tome 1, ou la couronne de la Reine en fin de tome 2. Le « fil rouge » de l’enquête, auquel se rattachent les indices (numérotés) glanés par nos protagonistes, est représenté sur les pages et guide la narration (il relie les cases, suit le parcours de nos détectives sur les cartes de Londres, s’emmêle et se démêle en fonction des évènements). Ajoutons des astuces certes un peu gadget mais néanmoins amusantes : il faut parfois regarder une case par transparence ou plier une page pour révéler un indice... Surtout que le dessin est magnifique, le trait est fin, les cases fourmillent de détails. Bref, une lecture jubilatoire, stimulante, passionnante... Un diptyque parfait selon moi.

02/12/2023 (modifier)
Couverture de la série Ulysse Wincoop
Ulysse Wincoop

Cette série pleine de promesses n'a probablement pas trouvé son public. La couverture est-elle trop jeunesse pour un contenu bien plus rude? En effet les auteurs débutent le récit sur une touche très réaliste et choquante du massacre de Wounded Knee. Le texte est bien plus dur que l'image tout au long de l'album. Les personnages Blancs et Indiens sont très travaillés dans leur psychologie perturbée par des événements dramatiques +où ils sont autant actifs que soumis. La lecture s'adresse bien plus à un public averti qui replace le récit dans un contexte historique difficile car les auteurs n'ont pas cherché la vision simpliste et manichéenne. Le graphisme de peinture de Bachelier est original. Sa technique picturale permet des belles pages d'intériorisation cauchemardesque avec des personnages torturés. Un dessin très personnel qui peut parfois créer un décalage par sa douceur avec l'ambiance du récit. Une belle et courageuse création qui n'a malheureusement pas eu la suite qu'elle méritait.

02/12/2023 (modifier)
Par Bruno :)
Note: 4/5
Couverture de la série Camelot 3000
Camelot 3000

Hé ben moi, la singularité du truc, à l'époque, m'avait bien intrigué. Toujours autant fasciné par les dessinateurs capables de parfaitement proportionner leurs personnages -en les encrant avec finesse, en plus !- ; et bien que ce ne soit pas nécessairement un argument primordial dans mes choix de lecture, j'avais quand même fini par me procurer l'ensemble pour la joliesse de certaines planches mais, aussi, parce que la résolution de la réincarnation problématique de Tristan éveillait ma curiosité. Bon, on s'en sort pas trop mal (il n'y a pas d'artifice de scénario pour solutionner le twist) ; même si, avec le recul, le côté très limité de la réflexion du personnage sur son sort parait incroyablement immature. Mais les auteurs se sont probablement autocensurés pour ne pas braquer la maison d'édition originale. C'est effectivement archi-simpliste, même pour l'époque ; mais les différences intrinsèques de ce titre (thème S.F. et graphisme classique) avaient une valeur certaine au beau milieu de la production habituelle de DC. Arthur est touchant et Morgane est carrément marrante dans sa méchanceté absolue. Pour les nostalgiques ou les fans de Brian Bolland.

02/12/2023 (modifier)
Par Bruno :)
Note: 5/5
Couverture de la série Cochléa & Eustachia
Cochléa & Eustachia

Je l'ai lu en virtuel, celui-là (moins les récits annexes); ce qui a un peu perturbé mon immersion : c'est pénible de tenir son ordinateur ouvert sur ses tranches... ... J'ai pas tout compris, du coup ! Mais qu'est-ce que j'ai fortement ressenti, dis-donc ! C'est un CAUCHEMAR claustrophobe SANS ISSUE ce machin ! Malgré un graphisme éloigné de mes préférences habituelles -ça fourmille de petits détails !- je me suis surpris à lire (avec application, encore !) chaque bulle de cette Odyssée -quasiment organique !- se déroulant au sein d'une réalité aussi dépourvue de sens qu'elle apparait pourtant tout au long des planches dotée d'une réelle profondeur ; et dont il est assez difficile de s'extraire, d'ailleurs... "Donnez-moi de l'oxygèèèène !" comme le chantait DD (l'autre !). C'est très appliqué, très minutieux et, par moment, on tombe sur des cases qui sont du carrément jamais vu : aucun Yogi n'est capable de faire ce que Cochléa (je crois ?!) fait à Eustachia (je suppose ?!), côté "checkup interne" du système digestif...? Rassurez-moi ! À force d'horreur (sans effets appuyés et, donc, sacrément efficace !), ça en devient beau ou, en tous cas, abouti. Ça reste un cauchemar, néanmoins ; alors il faut vraiment avoir envie de ressentir ça pour le lire. À ce sujet, la couverture originale, à des années-lumières de celle-ci, est l'argument qui m'a donné l'envie (furieuse !) d'ouvrir le Comic : prodigieusement poétique malgré sa rigueur graphique, elle figure à elle-seule toute l'originalité fortement dérangeante de cet ovni-là.

02/12/2023 (modifier)