Hé bien contrairement à mes collègues, j'ai apprécié ce témoignage. Ce livre m'a été offert pour Noël et je l'ai ouvert sans aucune préparation. J'avais du lire vos avis mais je n'ai pas fait de lien.
Les premières pages m'ont séduites sur l'idée que raconter son parcours à une juge de l'OFPRA , c'est comme se transformer en une Shéhérazade qui doit captiver le roi Shariar et le tenir en haleine jusqu'au matin pour espérer rester en vie.
Et cette préparation de l'esprit associée à un dessin dépaysant qui peut émerveiller et déconcerter tour à tour, m'ont accompagnés et happés pendant ces 236 grandes pages en deux couleurs.
Bleu et blanc quand le héros Reza ( hazara Iranien venu d'Afghanistan) parle au scénariste.
Rouge et blanc quand il parle à la juge dont le buste est prolongé par une queue gigantesque hérissée de pattes.
Vert, noir et blanc quand on suit Reza dans son parcours, depuis l'enfance jusqu'à son arrivée à Paris.
Le mot hazara n'évoquait rien pour moi et je suis surprise que ce nouveau voyage en pays de dictature ait pu m'intéresser autant alors qu'on a déjà tant lu d'histoires absurdes et dramatiques où l'exclusion arbitraire se déploie sur plusieurs pays en s'acharnant sur des minorités... ( juives, tziganes, ouïgoures, arméniennes, ...hazara) Si bien que c'est la douleur qui devient l'identité de ces populations. Et comment retrouver une vie normale après ?
Reza Sahibdad nous raconte et raconte à la juge une histoire que nous puissions comprendre. Mais que comprenons nous de cette vie de paria, bien au chaud dans notre fauteuil ? Reza a les yeux un peu trop bridés pour vivre à Kaboul, un peu trop bridés pour vivre à Téhéran, il pourra vivre à Paris...mais sans les siens. Il reconstruit quelque chose sur ce terreau de craintes. Les autres, ceux qui sont restés, vivent à moitié.
Merci pour cette BD .
Un avis rapide pour conforter la bonne impression de mes prédécesseurs, je ne suis pas spécialement fan de l’auteur mais là rien a dire. Emporté le Tom.
Ne cherchez pas une once d’originalité dans le récit, hormis le contexte des croisades, l’auteur nous sort un classique 7 mercenaires (ou samouraïs), un groupe hétérogène qui bon gré, mal gré vont se retrouver à protéger un village. Ouah on a jamais vu ça !!
Un canevas classique et éprouvé mais sublimé par l’auteur. Pas tant le dessin qui reste conforme à ce que l’on a déjà pu voir de lui, ça sent grave la palette graphique (un style dont je ne raffole pas particulièrement) mais archi fluide et bien typé dans ses personnages, on avale les quasi 200 pages sans s’en apercevoir.
C’est le rythme et le ton donnés par l’auteur qui ont marché du tonnerre sur moi, j’ai eu le smile durant toute ma lecture. Alors c’est sûr, il ne faut pas être allergique à un phrasé différent de l’époque dépeinte, les dialogues sont frais, modernes comme la « bêtise » de chaque personnages.
Ça paraît simple mais (pour paraphraser Ro) un rendu très abouti et particulièrement plaisant.
0 reproche si ce n’est que ça va être maintenant bien long avant de découvrir la suite, on en redemande tellement en quittant l’album.
De mes lointains souvenirs d'écolier, il me semble qu'à l'époque du Moyen Age la société était divisée en 3 ordres : La Noblesse, le Clergé et le Tiers Etat; Les deux premiers imposant leur rang au 3ème qui était donc de fait soumis au nom de la volonté divine.
En partant de ce postulat, et surfant sur tout l'ésotérisme et l'obscurantisme entourant cette période dans l'imaginaire collectif, Dorison nous livre un scénario soigné et que j'ai trouvé pour ma part plaisant.
Dans "Le Maitre d'Armes" nous suivons les aventures de Hans Stalhoffer, ancien maitre d'armes du roi qui accompagne un jeune protestant dans son voyage vers la Suisse. Poursuivis par des fanatiques ainsi que par un ancien rival, leur crime est d'avoir voulu permettre aux vilains de lire la parole de Dieu.
Ce n'est pas la première fois que Dorison se risque sur le terrain de la religion médiévale, puisque déjà quasiment vingt ans avant il signait Le Troisième Testament.
Et comme son grand frère cet ouvrage semble souffrir des mêmes défauts aux yeux des passionnés d'Histoire.
J'avoue que, pour ma part, si je reste attacher à ce que les auteurs ne réinvente pas l'Histoire (Voir mes différents avis sur Watchmen ou Cinq branches de coton noir), je suis tellement ignorant de cette période que je ne suis pas choqué par les différents scénarios complotistes pouvant s'y dérouler.
Je trouve même que l'époque s'y prête très bien. Ayant si peu confiance en la nature humaine, je ne peux être surpris par l'oppression des faibles par les puissants afin de maintenir leurs privilèges.
Indépendamment de l'histoire écrite par Dorison, que j'ai donc appréciée (comme souvent avec lui), les dessins de Parnotte sont également très plaisants et pour la peine très imprégnants (ça se dit ?).
Leur travail conjoint nous a donc offert une belle œuvre.
J'ai donc lu cet ouvrage comme je regarde un bon film d'action, c'est à dire avec beaucoup de plaisir.
Par ailleurs le fait que cela ne soit qu'un one-shot ne gâche pas le plaisir bien au contraire.
3.5
Décidément, j'aime bien le travail de Lou Lucie. C'est une autrice pleine de talent qui bâtit des œuvres originales et variées.
Ici, c'est un documentaire qui parle des surdoués lorsqu'ls sont adultes et il y a un coté fiction vu qu'on va suivre un gars oiseau surdoué qui rencontre une fille poisson qui a des problèmes et se demande si elle ne serait pas surdouée.
Le sujet est intéressant et il y a tellement d'informations que cela aurait pu finir par être ennuyeux, mais heureusement c'est raconté de manière captivante. Il faut dire que le dessin est vraiment agréable. Rien qu'en regardant le dessin j'ai envie de lire le bande dessinée peut importe la quantité de texte. Les deux personnages principaux sont attachants et on emmène leurs problèmes de manière naturelle.
En tout cas, j'ai bien aimé cette lecture qui m'a appris plusieurs choses. On voit que les surdoués sont loin des stéréotypes qu'on voit habituellement dans les œuvres de fictions.
L'Académie Clair-Obscur est la plus célèbre école de magie de ce monde où seuls certains développent suffisamment de pouvoir pour devenir magiciens. Ce talent étant généralement héréditaire, les plus puissants d'entre eux ont formé peu à peu des familles nobles traitant avec dédain le peuple non sorcier. Jusqu'au jour où un jeune paysan se révèle doté d'un immense pouvoir et est invité à rejoindre les rangs de l'école, sous le regard méprisant de la noblesse.
Cette série reprend les éléments de nombreuses séries jeunesse. Nous passerons sur le nom de cette école et de la série, qui rappellera forcément un jeu vidéo à succès cette année. Nous avons droit à un brave bouseux soudainement doté d'un immense pouvoir, rappelant Lanfeust de Troy, jusqu'à sa mèche de cheveux décolorés. Il sera envoyé dans une école qui évoque celle de Harry Potter, où il se fera des amis de toutes origines et personnalités, à la manière de Freaks' Squeele ou plus récemment Bouhland. Et l'ensemble suit les codes du shonen nekketsu, où un jeune héros doté d'un énorme potentiel va peu à peu gravir les échelons et montrer à un ordre bien établi que la bravoure et la gentillesse peuvent changer le monde.
Beaucoup d'éléments déjà vus, donc ?
Oui, mais ça fonctionne !
C'est un récit prenant et rythmé. Si le héros est le gentil couillon, les protagonistes qui l'entourent sont intéressants et leurs personnalités apportent une vraie saveur au récit. L'album introduit une galerie dense de personnages, parfois nombreux dès le début, mais la lecture reste claire et agréable, grâce notamment à des procédés narratifs comme les lettres manuscrites qui permettent de mieux comprendre caractères, points de vue et intentions. La lutte des classes est présente, parfois un peu simplifiée, mais bien perceptible, et cela ajoute une certaine profondeur à un scénario qui autrement tient davantage du bon divertissement.
Le premier tome pose les bases : on découvre Daimon, quelques personnages clés et les premiers enjeux qui s'annoncent. Les péripéties sont ponctuées d'humour et de moments touchants, et la tension est présente sans être écrasante. La BD est ainsi accessible aux adolescents, mais son univers, sa galerie de personnages et les subtilités sociales qu'elle contient la rendent également agréable pour un public adulte.
Côté dessin, le travail de Grelin est plutôt réussi. Lui aussi poursuit une veine shonen. Il se focalise sur les personnages au détriment de décors parfois trop épurés mais cela permet une bonne dynamique. Et l'ensemble est soutenu par une palette de couleurs douce sans être trop mièvre. L'ensemble contribue à immerger facilement le lecteur dans ce monde fantastique et en faire ressortir son énergie.
L'Académie Clair-Obscur offre un premier tome prometteur : malgré des codes classiques du genre, l'attachement immédiat aux personnages, l'humour et l'ambiance de récit shonen en font une lecture agréable et prenante. J'espère que la suite saura surprendre et s'épanouir.
Une série étonnante, assez prenante, typique du label 619. La culture urbaine revisitée, dans une ville de Baltimore fantasmée, plus proche d’une cité mexicaine de la frontière gangrénée par les gangs que d’une métropole américaine policée.
Le dessin de Singelin est déjà proche de ce qu’il a produit plus tard, avec des personnages aux formes bizarres – ici plus qu’ailleurs, avec ces personnages quasi animaliers aux formes s’éloignant fortement de tout réalisme, des pieds minuscules, etc. (j’ai juste eu du mal parfois à distinguer entre eux certains personnages). Mais, une fois entré dans cet univers, on s’y fait facilement. Et j’ai beaucoup aimé le travail de colorisation.
Quant au récit, il est très rythmé donc, assez violent. Ducoudray nous présente une société américaine pourrie de l’intérieur, rejetant dans les marges les anciens combattants, et tous ceux qui n’entrent pas dans le cadre idéal. En ce sens, on découvre ici une contre société, qui singe la « normale » pour mieux l’investir, pour permettre à ceux qu’elle rejette de vivre quand même, avec des codes brutaux – mais finalement pas si éloignés de ceux du libéralisme (ou du Trumpisme…) moderne.
J’ai lu la série dans l’intégrale (je ne connais donc pas le tome zéro), d’une traite, et avec plaisir. Une lecture recommandée.
Note réelle 3,5/5.
Un titre et une couverture qui vont attirer l’oeil des jeunes (et qui ont attiré le mien à la bibli).
Un documentaire sur les fake news, destiné au jeune public, mais qui pourrait bien être utile à tout âge.
En quelques chapitres courts et percutants, l’auteure explique la différence entre info et infox. Et pourquoi certains créent ces infox et les diffusent. Et pourquoi il peut être tentant d’y croire. Et comment les reconnaître et exercer son esprit crititque.
Le tout expliqué sous forme d’un dialogue, avec des exemples parlants et des personnages amusants.
Du beau boulot, à mettre dans tous les CDI et les biblis – et à faire lire aux parents !
3.5
Un récit initiatique simple et qui se lit vite, mais qui est aussi terriblement efficace !
Durant la guerre civile espagnole, un jeune soldat républicain est en fuite et il se retrouve dans un phare perdu au milieu de nulle part et dont le vieux gardien est un peu excentrique. Les échanges entre les deux personnages sont très bien écrits et donnent des moments savoureux. Leur deux personnalités se complémentent bien et le récit est vraiment captivant à lire.
Ce qui est incroyable est que lors du dénouement je me suis rendu compte à quel point le scénario est au final assez cliché, mais c'est tellement bien fait qu'au final ce n'est pas un problème. Cela montre que si on a du talent, on peut réussir à captiver un lecteur avec des éléments narratifs qu'il a déjà vus une bonne centaine de fois. Le côté poétique de l'œuvre m'a touché et la fin m'a vraiment ému. J'ai aimé le dessin qui selon moi va parfaitement à ce genre de récit.
Bon, j'ai longuement réfléchi à quelle note donner à cet album.
Je n'ai pas une grande attache à l'univers de Freaks' Squeele, dont j'avais lu les albums il y a plusieurs années et qui n'était pas parvenu à m'accrocher (un peu trop fouillis à mon goût), pourtant j'avoue que le dessin et et la mise en scène de Florent Maudoux m'ont toujours attirer l'œil, je trouve sincèrement ses créations - ne serait-ce que sur la forme - joliment ouvragées. Alors, même si je n'avais pas réussi à rentrer dans Freaks' Squeele il y a si longtemps j'avais quand-même essayé de garder un œil sur les créations du bonhomme et m'était justement tenté sur cet album, sorte de spinoff de l'univers susnommé pouvant se suffir à lui-même.
Si je ne sais pas comment noter cet album c'est donc en partie car les trois récits qu'elle contient souffre un peu du même défaut qui m'avait empêché de pleinement rentré dans Freaks' Squeele, à savoir que le récit est délirant et énergique, bourré de référence et de jeu sur les tons (jonglant sans cesse entre dialogues sérieux et comiques) mais malheureusement incapable de se canaliser et finissant bien trop souvent par m'apparaître "fouillis". Ici, même si le défaut est toujours là, j'arrive à rentrer dans le délire, la fougue narrative et le gloubi-boulga créatif (mélangeant films d'actions asiatiques autour des guerres de gangs et la présence d'un monde surnaturelle côtoyant le nôtre) marchent et m’apparaissent réellement comme très joliment trouvés.
Mais du coup, le triptyque mérite-t-il que je chante ses louanges ou bien ne me paraît-il si efficace que parce que je le compare avec sa série mère qui m'avait déçue ?
Bah j'en sais rien…
Je vais quand-même vous présenter les qualités des trois histoires parce qu'avec tout ça je ne parle plus de l'album !
Elles tournent toutes autour de l'éponyme Masiko, tueuse à gage professionnelle, ange vengeur capable de tuer en un éclair, véritable légende dans les milieux criminelle qu'elle cherche pourtant à fuir (tant qu'elle peut), … et depuis peu maman ! Oui, on le comprend très vite, tout le sel du personnage et des trois histoire la concernant est ce jeu constant entre la figure maternelle, aimante et rêveuse, et la figure d'ange de la mort que Masiko inspire partout où elle passe.
La première histoire est une explosion, on y suis Masiko et sa fille (Xiong Mao, aka "Petit Panda") venant tout juste de fuir le monde sous-terrain et devant échapper aux vagues d'assassins en tout genre à leurs trousses. Des scènes d'actions dantesques et bien rythmées, des dialogues punchs et parfois idiots qui fleurent bon la série B, une touche d'émotion avec une ouverture potentielle vers des lendemains meilleurs, … C'est sans doute mon histoire préférée des trois, même s'il s'agit de la plus simple, rien que pour son rythme entraînant.
La seconde histoire est une histoire de vengeance, construite autour de trois puissants - de trois ordures pourrais-je même ajouter - se racontant le sourire aux lèvres comment ils ont ruiné la vie de trois femmes, le tout devant une danse de voiles construite comme un décompte. Treize mouvements, treize doubles pages faisant lentement avancer les histoires de ces trois hommes abjectes devant le corps de la danseuse se révélant chaque fois un peu plus, faisant toujours monter la tension et nous faisant deviner ce qu'il va rapidement se passer une fois le décompte terminé. L'histoire est là encore très bien rythmée même si je regrette un tantinet le caractère trop prévisible du dénouement, ce qui n'est certes pas un mal quand l'histoire reste si joliment narrée mais qui m'a tout de même parue un chouïa dommageable. Disons qu'on n'est pas là pour un twist narratif mais qu'on tient par la tension grimpante et la promesse d'une explosion finale.
La troisième histoire, enfin, est la plus surprenante. Elle tient presque du roman puisque la narration est purement externe à ce qui nous est montré, très verbeuse aussi. Cette histoire retrace le passé du père de Xiong Mao, de sa rencontre avec Masiko et la raison pour laquelle ils se sont séparés, la raison pour laquelle elle et sa fille ont du fuir. C'est une histoire assez classique de montée au pouvoir dans la mafia, de propos sur l'honneur et la camaraderie au sein d'un univers extrêmement violent et cruel, se terminant bien évidemment de manière amère, mais si cette petite histoire brille c'est surtout par sa forme. Chaque page, en plus de la narration du père, nous présente un tatouage de Masiko, symboles du temps qui passe (puisque les tatouages s'ajoutent et s'empilent sans cesse) mais aussi symboles des changements de la vie de ces personnages. Tout con sur le papier mais efficace.
En bref les trois histoires sont vives, bien rythmées, entraînantes et joliment construites, je prend un grand plaisir à lire cet album.
Pourtant comme dit longuement (et de manière bien foireuse) dans mon intro, je ne sais pas comment bien noter cet album. Aucune attache à la série mère, pas une grande fan de l'imagerie "sexy à tout prix" des personnages féminins, pas une amatrice des récits ambitieux mais qui se perdent parfois dans leur élan créatif.
Mais vous savez quoi ? Parce que j'aime beaucoup le dessin de Maudoux, les récits délirants façon série B qui s'assument et parce que je prend un sincère plaisir à la lecture, je me dis que je peux faire monter ma note à 3,5 et arrondir à 4 sans regret !
(En plus comme ça je ne culpabiliserai pas de faire baisser la moyenne de l'album).
Un album totalement muet, mais qui dégage une grande force, et beaucoup d’émotions. C’est en tout cas tout à fait le type de récit que je recherche, surprenant dans la forme et le fond. Pour son entrée dans le neuvième art, Vincent Perriot nous proposait quelque chose sortant des sentiers battus, et presque envoûtant.
Une partie de la construction du récit a sans doute dû se faire au fil de la plume, avec pas mal d’improvisation, et l’on serait bien en peine de résumer précisément cette « aventure ». Ou plutôt un résumé n’en retiendrait que la surface : disons que c’est un road-movie poétique, dans lequel nous suivons deux jeunes femmes (dont nous ne saurons pas grand-chose, si ce n’est qu’elles semblent être artistes – musiciennes – et amoureuses l’une de l’autre).
La tension amoureuse est latente, n’éclate qu’en toute fin d’album. Surtout, « l’intrigue » est construite à base d’anecdotes, d’ « arrêts sur image », virant parfois à la poésie pure, au fil des rencontres, des incidents – voire accidents – dynamisant cette « virée ».
L’aspect graphique joue pour beaucoup dans le ressenti du lecteur. En effet, le dessin, avec un trait nerveux, joue d’un beau Noir et Blanc pour nous amener dans ce road-trip. Page de gauche une vignette centrée sur les héroïnes, comme un zoom « explicatif », alors qu’une illustration pleine page occupe celle de droite, beaucoup plus fouillée, souvent plus poétique, en tout cas moins facile à résumer.
Un chouette album en tout cas. A feuilleter avant d’acheter, c’est assez spécial. Mais j’y ai largement trouvé mon compte.
note réelle 3,5/5.
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Hazara Blues
Hé bien contrairement à mes collègues, j'ai apprécié ce témoignage. Ce livre m'a été offert pour Noël et je l'ai ouvert sans aucune préparation. J'avais du lire vos avis mais je n'ai pas fait de lien. Les premières pages m'ont séduites sur l'idée que raconter son parcours à une juge de l'OFPRA , c'est comme se transformer en une Shéhérazade qui doit captiver le roi Shariar et le tenir en haleine jusqu'au matin pour espérer rester en vie. Et cette préparation de l'esprit associée à un dessin dépaysant qui peut émerveiller et déconcerter tour à tour, m'ont accompagnés et happés pendant ces 236 grandes pages en deux couleurs. Bleu et blanc quand le héros Reza ( hazara Iranien venu d'Afghanistan) parle au scénariste. Rouge et blanc quand il parle à la juge dont le buste est prolongé par une queue gigantesque hérissée de pattes. Vert, noir et blanc quand on suit Reza dans son parcours, depuis l'enfance jusqu'à son arrivée à Paris. Le mot hazara n'évoquait rien pour moi et je suis surprise que ce nouveau voyage en pays de dictature ait pu m'intéresser autant alors qu'on a déjà tant lu d'histoires absurdes et dramatiques où l'exclusion arbitraire se déploie sur plusieurs pays en s'acharnant sur des minorités... ( juives, tziganes, ouïgoures, arméniennes, ...hazara) Si bien que c'est la douleur qui devient l'identité de ces populations. Et comment retrouver une vie normale après ? Reza Sahibdad nous raconte et raconte à la juge une histoire que nous puissions comprendre. Mais que comprenons nous de cette vie de paria, bien au chaud dans notre fauteuil ? Reza a les yeux un peu trop bridés pour vivre à Kaboul, un peu trop bridés pour vivre à Téhéran, il pourra vivre à Paris...mais sans les siens. Il reconstruit quelque chose sur ce terreau de craintes. Les autres, ceux qui sont restés, vivent à moitié. Merci pour cette BD .
Knight club
Un avis rapide pour conforter la bonne impression de mes prédécesseurs, je ne suis pas spécialement fan de l’auteur mais là rien a dire. Emporté le Tom. Ne cherchez pas une once d’originalité dans le récit, hormis le contexte des croisades, l’auteur nous sort un classique 7 mercenaires (ou samouraïs), un groupe hétérogène qui bon gré, mal gré vont se retrouver à protéger un village. Ouah on a jamais vu ça !! Un canevas classique et éprouvé mais sublimé par l’auteur. Pas tant le dessin qui reste conforme à ce que l’on a déjà pu voir de lui, ça sent grave la palette graphique (un style dont je ne raffole pas particulièrement) mais archi fluide et bien typé dans ses personnages, on avale les quasi 200 pages sans s’en apercevoir. C’est le rythme et le ton donnés par l’auteur qui ont marché du tonnerre sur moi, j’ai eu le smile durant toute ma lecture. Alors c’est sûr, il ne faut pas être allergique à un phrasé différent de l’époque dépeinte, les dialogues sont frais, modernes comme la « bêtise » de chaque personnages. Ça paraît simple mais (pour paraphraser Ro) un rendu très abouti et particulièrement plaisant. 0 reproche si ce n’est que ça va être maintenant bien long avant de découvrir la suite, on en redemande tellement en quittant l’album.
Le Maître d'armes
De mes lointains souvenirs d'écolier, il me semble qu'à l'époque du Moyen Age la société était divisée en 3 ordres : La Noblesse, le Clergé et le Tiers Etat; Les deux premiers imposant leur rang au 3ème qui était donc de fait soumis au nom de la volonté divine. En partant de ce postulat, et surfant sur tout l'ésotérisme et l'obscurantisme entourant cette période dans l'imaginaire collectif, Dorison nous livre un scénario soigné et que j'ai trouvé pour ma part plaisant. Dans "Le Maitre d'Armes" nous suivons les aventures de Hans Stalhoffer, ancien maitre d'armes du roi qui accompagne un jeune protestant dans son voyage vers la Suisse. Poursuivis par des fanatiques ainsi que par un ancien rival, leur crime est d'avoir voulu permettre aux vilains de lire la parole de Dieu. Ce n'est pas la première fois que Dorison se risque sur le terrain de la religion médiévale, puisque déjà quasiment vingt ans avant il signait Le Troisième Testament. Et comme son grand frère cet ouvrage semble souffrir des mêmes défauts aux yeux des passionnés d'Histoire. J'avoue que, pour ma part, si je reste attacher à ce que les auteurs ne réinvente pas l'Histoire (Voir mes différents avis sur Watchmen ou Cinq branches de coton noir), je suis tellement ignorant de cette période que je ne suis pas choqué par les différents scénarios complotistes pouvant s'y dérouler. Je trouve même que l'époque s'y prête très bien. Ayant si peu confiance en la nature humaine, je ne peux être surpris par l'oppression des faibles par les puissants afin de maintenir leurs privilèges. Indépendamment de l'histoire écrite par Dorison, que j'ai donc appréciée (comme souvent avec lui), les dessins de Parnotte sont également très plaisants et pour la peine très imprégnants (ça se dit ?). Leur travail conjoint nous a donc offert une belle œuvre. J'ai donc lu cet ouvrage comme je regarde un bon film d'action, c'est à dire avec beaucoup de plaisir. Par ailleurs le fait que cela ne soit qu'un one-shot ne gâche pas le plaisir bien au contraire.
Comme un oiseau dans un bocal - Portraits de surdoués
3.5 Décidément, j'aime bien le travail de Lou Lucie. C'est une autrice pleine de talent qui bâtit des œuvres originales et variées. Ici, c'est un documentaire qui parle des surdoués lorsqu'ls sont adultes et il y a un coté fiction vu qu'on va suivre un gars oiseau surdoué qui rencontre une fille poisson qui a des problèmes et se demande si elle ne serait pas surdouée. Le sujet est intéressant et il y a tellement d'informations que cela aurait pu finir par être ennuyeux, mais heureusement c'est raconté de manière captivante. Il faut dire que le dessin est vraiment agréable. Rien qu'en regardant le dessin j'ai envie de lire le bande dessinée peut importe la quantité de texte. Les deux personnages principaux sont attachants et on emmène leurs problèmes de manière naturelle. En tout cas, j'ai bien aimé cette lecture qui m'a appris plusieurs choses. On voit que les surdoués sont loin des stéréotypes qu'on voit habituellement dans les œuvres de fictions.
L'Académie Clair-Obscur
L'Académie Clair-Obscur est la plus célèbre école de magie de ce monde où seuls certains développent suffisamment de pouvoir pour devenir magiciens. Ce talent étant généralement héréditaire, les plus puissants d'entre eux ont formé peu à peu des familles nobles traitant avec dédain le peuple non sorcier. Jusqu'au jour où un jeune paysan se révèle doté d'un immense pouvoir et est invité à rejoindre les rangs de l'école, sous le regard méprisant de la noblesse. Cette série reprend les éléments de nombreuses séries jeunesse. Nous passerons sur le nom de cette école et de la série, qui rappellera forcément un jeu vidéo à succès cette année. Nous avons droit à un brave bouseux soudainement doté d'un immense pouvoir, rappelant Lanfeust de Troy, jusqu'à sa mèche de cheveux décolorés. Il sera envoyé dans une école qui évoque celle de Harry Potter, où il se fera des amis de toutes origines et personnalités, à la manière de Freaks' Squeele ou plus récemment Bouhland. Et l'ensemble suit les codes du shonen nekketsu, où un jeune héros doté d'un énorme potentiel va peu à peu gravir les échelons et montrer à un ordre bien établi que la bravoure et la gentillesse peuvent changer le monde. Beaucoup d'éléments déjà vus, donc ? Oui, mais ça fonctionne ! C'est un récit prenant et rythmé. Si le héros est le gentil couillon, les protagonistes qui l'entourent sont intéressants et leurs personnalités apportent une vraie saveur au récit. L'album introduit une galerie dense de personnages, parfois nombreux dès le début, mais la lecture reste claire et agréable, grâce notamment à des procédés narratifs comme les lettres manuscrites qui permettent de mieux comprendre caractères, points de vue et intentions. La lutte des classes est présente, parfois un peu simplifiée, mais bien perceptible, et cela ajoute une certaine profondeur à un scénario qui autrement tient davantage du bon divertissement. Le premier tome pose les bases : on découvre Daimon, quelques personnages clés et les premiers enjeux qui s'annoncent. Les péripéties sont ponctuées d'humour et de moments touchants, et la tension est présente sans être écrasante. La BD est ainsi accessible aux adolescents, mais son univers, sa galerie de personnages et les subtilités sociales qu'elle contient la rendent également agréable pour un public adulte. Côté dessin, le travail de Grelin est plutôt réussi. Lui aussi poursuit une veine shonen. Il se focalise sur les personnages au détriment de décors parfois trop épurés mais cela permet une bonne dynamique. Et l'ensemble est soutenu par une palette de couleurs douce sans être trop mièvre. L'ensemble contribue à immerger facilement le lecteur dans ce monde fantastique et en faire ressortir son énergie. L'Académie Clair-Obscur offre un premier tome prometteur : malgré des codes classiques du genre, l'attachement immédiat aux personnages, l'humour et l'ambiance de récit shonen en font une lecture agréable et prenante. J'espère que la suite saura surprendre et s'épanouir.
The Grocery
Une série étonnante, assez prenante, typique du label 619. La culture urbaine revisitée, dans une ville de Baltimore fantasmée, plus proche d’une cité mexicaine de la frontière gangrénée par les gangs que d’une métropole américaine policée. Le dessin de Singelin est déjà proche de ce qu’il a produit plus tard, avec des personnages aux formes bizarres – ici plus qu’ailleurs, avec ces personnages quasi animaliers aux formes s’éloignant fortement de tout réalisme, des pieds minuscules, etc. (j’ai juste eu du mal parfois à distinguer entre eux certains personnages). Mais, une fois entré dans cet univers, on s’y fait facilement. Et j’ai beaucoup aimé le travail de colorisation. Quant au récit, il est très rythmé donc, assez violent. Ducoudray nous présente une société américaine pourrie de l’intérieur, rejetant dans les marges les anciens combattants, et tous ceux qui n’entrent pas dans le cadre idéal. En ce sens, on découvre ici une contre société, qui singe la « normale » pour mieux l’investir, pour permettre à ceux qu’elle rejette de vivre quand même, avec des codes brutaux – mais finalement pas si éloignés de ceux du libéralisme (ou du Trumpisme…) moderne. J’ai lu la série dans l’intégrale (je ne connais donc pas le tome zéro), d’une traite, et avec plaisir. Une lecture recommandée. Note réelle 3,5/5.
L'Attaque des slips tueurs - Une BD hilarante pour apprendre à décrypter les fake news (Alerte : Culottes meurtrières)
Un titre et une couverture qui vont attirer l’oeil des jeunes (et qui ont attiré le mien à la bibli). Un documentaire sur les fake news, destiné au jeune public, mais qui pourrait bien être utile à tout âge. En quelques chapitres courts et percutants, l’auteure explique la différence entre info et infox. Et pourquoi certains créent ces infox et les diffusent. Et pourquoi il peut être tentant d’y croire. Et comment les reconnaître et exercer son esprit crititque. Le tout expliqué sous forme d’un dialogue, avec des exemples parlants et des personnages amusants. Du beau boulot, à mettre dans tous les CDI et les biblis – et à faire lire aux parents !
Le Phare
3.5 Un récit initiatique simple et qui se lit vite, mais qui est aussi terriblement efficace ! Durant la guerre civile espagnole, un jeune soldat républicain est en fuite et il se retrouve dans un phare perdu au milieu de nulle part et dont le vieux gardien est un peu excentrique. Les échanges entre les deux personnages sont très bien écrits et donnent des moments savoureux. Leur deux personnalités se complémentent bien et le récit est vraiment captivant à lire. Ce qui est incroyable est que lors du dénouement je me suis rendu compte à quel point le scénario est au final assez cliché, mais c'est tellement bien fait qu'au final ce n'est pas un problème. Cela montre que si on a du talent, on peut réussir à captiver un lecteur avec des éléments narratifs qu'il a déjà vus une bonne centaine de fois. Le côté poétique de l'œuvre m'a touché et la fin m'a vraiment ému. J'ai aimé le dessin qui selon moi va parfaitement à ce genre de récit.
Freaks' Squeele - Masiko
Bon, j'ai longuement réfléchi à quelle note donner à cet album. Je n'ai pas une grande attache à l'univers de Freaks' Squeele, dont j'avais lu les albums il y a plusieurs années et qui n'était pas parvenu à m'accrocher (un peu trop fouillis à mon goût), pourtant j'avoue que le dessin et et la mise en scène de Florent Maudoux m'ont toujours attirer l'œil, je trouve sincèrement ses créations - ne serait-ce que sur la forme - joliment ouvragées. Alors, même si je n'avais pas réussi à rentrer dans Freaks' Squeele il y a si longtemps j'avais quand-même essayé de garder un œil sur les créations du bonhomme et m'était justement tenté sur cet album, sorte de spinoff de l'univers susnommé pouvant se suffir à lui-même. Si je ne sais pas comment noter cet album c'est donc en partie car les trois récits qu'elle contient souffre un peu du même défaut qui m'avait empêché de pleinement rentré dans Freaks' Squeele, à savoir que le récit est délirant et énergique, bourré de référence et de jeu sur les tons (jonglant sans cesse entre dialogues sérieux et comiques) mais malheureusement incapable de se canaliser et finissant bien trop souvent par m'apparaître "fouillis". Ici, même si le défaut est toujours là, j'arrive à rentrer dans le délire, la fougue narrative et le gloubi-boulga créatif (mélangeant films d'actions asiatiques autour des guerres de gangs et la présence d'un monde surnaturelle côtoyant le nôtre) marchent et m’apparaissent réellement comme très joliment trouvés. Mais du coup, le triptyque mérite-t-il que je chante ses louanges ou bien ne me paraît-il si efficace que parce que je le compare avec sa série mère qui m'avait déçue ? Bah j'en sais rien… Je vais quand-même vous présenter les qualités des trois histoires parce qu'avec tout ça je ne parle plus de l'album ! Elles tournent toutes autour de l'éponyme Masiko, tueuse à gage professionnelle, ange vengeur capable de tuer en un éclair, véritable légende dans les milieux criminelle qu'elle cherche pourtant à fuir (tant qu'elle peut), … et depuis peu maman ! Oui, on le comprend très vite, tout le sel du personnage et des trois histoire la concernant est ce jeu constant entre la figure maternelle, aimante et rêveuse, et la figure d'ange de la mort que Masiko inspire partout où elle passe. La première histoire est une explosion, on y suis Masiko et sa fille (Xiong Mao, aka "Petit Panda") venant tout juste de fuir le monde sous-terrain et devant échapper aux vagues d'assassins en tout genre à leurs trousses. Des scènes d'actions dantesques et bien rythmées, des dialogues punchs et parfois idiots qui fleurent bon la série B, une touche d'émotion avec une ouverture potentielle vers des lendemains meilleurs, … C'est sans doute mon histoire préférée des trois, même s'il s'agit de la plus simple, rien que pour son rythme entraînant. La seconde histoire est une histoire de vengeance, construite autour de trois puissants - de trois ordures pourrais-je même ajouter - se racontant le sourire aux lèvres comment ils ont ruiné la vie de trois femmes, le tout devant une danse de voiles construite comme un décompte. Treize mouvements, treize doubles pages faisant lentement avancer les histoires de ces trois hommes abjectes devant le corps de la danseuse se révélant chaque fois un peu plus, faisant toujours monter la tension et nous faisant deviner ce qu'il va rapidement se passer une fois le décompte terminé. L'histoire est là encore très bien rythmée même si je regrette un tantinet le caractère trop prévisible du dénouement, ce qui n'est certes pas un mal quand l'histoire reste si joliment narrée mais qui m'a tout de même parue un chouïa dommageable. Disons qu'on n'est pas là pour un twist narratif mais qu'on tient par la tension grimpante et la promesse d'une explosion finale. La troisième histoire, enfin, est la plus surprenante. Elle tient presque du roman puisque la narration est purement externe à ce qui nous est montré, très verbeuse aussi. Cette histoire retrace le passé du père de Xiong Mao, de sa rencontre avec Masiko et la raison pour laquelle ils se sont séparés, la raison pour laquelle elle et sa fille ont du fuir. C'est une histoire assez classique de montée au pouvoir dans la mafia, de propos sur l'honneur et la camaraderie au sein d'un univers extrêmement violent et cruel, se terminant bien évidemment de manière amère, mais si cette petite histoire brille c'est surtout par sa forme. Chaque page, en plus de la narration du père, nous présente un tatouage de Masiko, symboles du temps qui passe (puisque les tatouages s'ajoutent et s'empilent sans cesse) mais aussi symboles des changements de la vie de ces personnages. Tout con sur le papier mais efficace. En bref les trois histoires sont vives, bien rythmées, entraînantes et joliment construites, je prend un grand plaisir à lire cet album. Pourtant comme dit longuement (et de manière bien foireuse) dans mon intro, je ne sais pas comment bien noter cet album. Aucune attache à la série mère, pas une grande fan de l'imagerie "sexy à tout prix" des personnages féminins, pas une amatrice des récits ambitieux mais qui se perdent parfois dans leur élan créatif. Mais vous savez quoi ? Parce que j'aime beaucoup le dessin de Maudoux, les récits délirants façon série B qui s'assument et parce que je prend un sincère plaisir à la lecture, je me dis que je peux faire monter ma note à 3,5 et arrondir à 4 sans regret ! (En plus comme ça je ne culpabiliserai pas de faire baisser la moyenne de l'album).
Entre deux
Un album totalement muet, mais qui dégage une grande force, et beaucoup d’émotions. C’est en tout cas tout à fait le type de récit que je recherche, surprenant dans la forme et le fond. Pour son entrée dans le neuvième art, Vincent Perriot nous proposait quelque chose sortant des sentiers battus, et presque envoûtant. Une partie de la construction du récit a sans doute dû se faire au fil de la plume, avec pas mal d’improvisation, et l’on serait bien en peine de résumer précisément cette « aventure ». Ou plutôt un résumé n’en retiendrait que la surface : disons que c’est un road-movie poétique, dans lequel nous suivons deux jeunes femmes (dont nous ne saurons pas grand-chose, si ce n’est qu’elles semblent être artistes – musiciennes – et amoureuses l’une de l’autre). La tension amoureuse est latente, n’éclate qu’en toute fin d’album. Surtout, « l’intrigue » est construite à base d’anecdotes, d’ « arrêts sur image », virant parfois à la poésie pure, au fil des rencontres, des incidents – voire accidents – dynamisant cette « virée ». L’aspect graphique joue pour beaucoup dans le ressenti du lecteur. En effet, le dessin, avec un trait nerveux, joue d’un beau Noir et Blanc pour nous amener dans ce road-trip. Page de gauche une vignette centrée sur les héroïnes, comme un zoom « explicatif », alors qu’une illustration pleine page occupe celle de droite, beaucoup plus fouillée, souvent plus poétique, en tout cas moins facile à résumer. Un chouette album en tout cas. A feuilleter avant d’acheter, c’est assez spécial. Mais j’y ai largement trouvé mon compte. note réelle 3,5/5.