Les derniers avis (40048 avis)

Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Le Fils de l'Ursari
Le Fils de l'Ursari

Le fils d'un montreur d'ours rom découvre les échecs dans les jardins du Luxembourg alors que sa famille, arrivée à Paris sous l'emprise de passeurs mafieux, tente de survivre entre mendicité, vols et vie en bidonville. C'est un récit fort, original et très prenant, porté par une mise en scène efficace et un dessin qui possède une vraie personnalité. Le graphisme ne cherche jamais à être joli au sens classique du terme. Les visages sont parfois déformés, les traits tremblés, les couleurs souvent terreuses ou étouffantes, mais l'ensemble dégage une identité visuelle très forte. Les personnages sont extrêmement expressifs, les décors de Paris sont très bons, et les planches marquent par leur atmosphère. C'est un dessin vivant, habité, qui colle parfaitement à l'histoire. J'ai aussi apprécié le regard porté sur les Roms. Le récit ne les idéalise jamais. On les voit voler, faire les poches, mendier de manière organisée, vivre en marge de la société et rester très renfermés sur leur propre communauté face aux Gadjé. Rien n'est édulcoré. Pourtant, on ne peut pas s'empêcher de s'attacher à eux. Derrière leurs défauts et leurs choix parfois discutables, on découvre une véritable famille qui se serre les coudes, affronte ensemble les difficultés et tente simplement de survivre. Chacun existe comme un personnage à part entière, avec son caractère, ses qualités et ses faiblesses. C'est le cas notamment du jeune héros qui est, au départ, un gamin illettré, maladroit, peu à l'aise avec les autres et au regard fuyant comme un animal sauvage, et pour il devient peu à peu très attachant. On a envie que sa famille et lui s'en sortent, tout comme on souhaite les voir échapper à l'engrenage dans lequel ils sont tombés. Le mélange entre chronique sociale, récit d'exil, découverte du monde des échecs et histoire d'émancipation fonctionne bien. Le parcours de Ciprian apporte une bouffée d'espoir sans faire disparaître la dureté du contexte. Je reste tout de même un peu réservé sur la conclusion. L'idée qu'un enfant dans sa situation puisse trouver son salut et celui de sa famille grâce à un talent exceptionnel pour les échecs apporte une belle dimension de conte moderne, mais cela paraît aussi un peu trop mignon et romanesque pour être totalement crédible. Cela ne m'a cependant pas empêché d'être emporté par le récit. Une très jolie lecture, crue mais touchante, portée par des personnages profondément humains et un dessin plein de caractère. Une BD qui parvient à parler de précarité, d'exclusion et de solidarité sans tomber ni dans le misérabilisme ni dans l'idéalisation.

09/06/2026 (modifier)
Par Lucie D
Note: 5/5
Couverture de la série Les Chants du Cygne Noir
Les Chants du Cygne Noir

Franchement, un virage vers le manga sans faute ! Alex Alice, dont je ne connaissais pas le travail jusqu'ici, nous offre une leçon en matière d'introduction de série. On commence par une très belle introduction à l'univers de quelques pages, très efficace, une intro rapide de 20 pages terriblement bien dessinées et l'histoire commence directement ! Excellente introduction, on ne perd pas de temps à se perdre dans les détails, on suit l’héroïne vers ce qui va être la grande aventure, le cœur du récit. Les évènements s'enchainent, la lecture est fluide, le dessin magistral et les personnages très attachants. On a l'impression de voir un excellent blockbuster haletant et palpitant, c'est vraiment réussi. Un tome 1 avec un rythme effréné qui réussi à prendre le meilleur du manga et de la franco-belge. Une bande dessinée extrêmement contemporaine et qui durera dans le temps, un véritable tour de force. On a très hâte de voir la suite !

09/06/2026 (modifier)
Par Lucie D
Note: 5/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Terre ou Lune
Terre ou Lune

Super bd avec un très bel univers et une intrigue prenante mais qui se dévoile lentement. Je l'ai lue avant de dormir, je n'ai pas pu la lâcher, elle était vraiment prenante. L'univers m'a intrigué et m'a vraiment détendu. Une très belle réussite, à voir pour la suite.

09/06/2026 (modifier)
Par Lucie D
Note: 5/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Une fête sans fin
Une fête sans fin

Très très beau livre. Une histoire qui entraîne d'abord par son mystère et son aspect graphique proprement fascinant, avant de nous attraper par les émotions et les sentiments qu'elle engendre. Pour un premier album, celui-ci est maitrisé. Que ce soit au niveau du dessin, de la mise en scène ou de l'histoire, j'ai vraiment été emportée et ait suivi les personnages avec plaisir. Je recommanderai aux curieux et curieuses de tenter l'expérience, d'essayer de se laisser aller et de se laisser prendre à cette "fête", le jeu en vaut vraiment la chandelle. Je suis curieuse de voir ce que nous proposera cet auteur par la suite, en espérant qu'il continue.

09/06/2026 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Jonathan
Jonathan

J’aime beaucoup les one-shots et diptyques de Cosey, à commencer par le superbe « Le Voyage en Italie », mais je n’avais jamais lu sa série fleuve « Jonathan ». C’est chose faite, et je ressors ravi de ma lecture. Mon intérêt a fluctué : les deux premiers tomes ont beaucoup vieilli (la moto dans la neige himalayenne, m’enfin), et certains albums m’ont paru trop contemplatifs et informatifs - presque des livres d’histoire sur le Nepal… mais il y a aussi de nombreuses pépites. Je cite en vrac « L'espace bleu entre les nuages » et son colonel improbable, l’émouvant « Neal et Silverster », et dans les album récents, mention spéciale au tome 15 « Atsuko » et sa représentation magnifique des montagnes japonaises enneigées. Le fil conducteur tout au long des 17 tomes est Jonathan : son humilité, son humanisme, ses réflexions philosophiques, ses valeurs… mais aussi les amis dont il s’entoure, et leurs combats. Le dessin de Cosey balbutie dans les premiers tomes, mais une fois le rythme de croisière atteint, c’est un délice pour les yeux. La fin est très belle, et triste, car il faut dire aurevoir à Jonathan… comme le dit bamiléké dans son avis, on a vraiment l’impression de perdre un ami. Une série marquante.

08/06/2026 (modifier)
Par Miguelof
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série La Flèche Noire
La Flèche Noire

C'est pour moi la meilleure adaptation du roman historique de R. L. Stevenson. Le texte et les dessins de Ramón s'accordent parfaitement ; la couleur directe m'avait ébloui à l'époque ! Destinée à la jeunesse, je continue pourtant à admirer et à estimer cette œuvre. Ramón De La Fuente était au sommet de son art, que pourrait-il produire de plus beau et parfait en images ? Malheureusement, nous ne le saurons jamais... Détail curieux : en France, les couvertures de cette collection ont été dessinées par son frère Victor. Autre détail : les mots dans les phylactères de cette édition française sont vraiment mal dessinés et c'est dommage !

08/06/2026 (modifier)
Par Miguelof
Note: 4/5
Couverture de la série Au coeur de la tempête (Voyage au coeur de la tempête)
Au coeur de la tempête (Voyage au coeur de la tempête)

Un roman graphique autobiographique. C'est l'histoire de Willie (W. Eisner lui-même), de son enfance et de son adolescence dans le New Jersey et dans le Bronx. À travers plusieurs analepses, nous connaissons également l'histoire de ses ancêtres, des Juifs venant d'Autriche. Oncles, frères, tous jouent leur rôle dans l'histoire familiale. Les guerres en Europe, la discrimination aux États-Unis, même le harcèlement et les combats de rue sont ici représentés avec vérisme. L'ascension du nazisme et le voyage après l'enrôlement sont le déclencheur qui fait remonter tous les souvenirs. J'ai particulièrement apprécié les échecs professionnels du père, les soins et inquiétudes catastrophiques de la mère ainsi que l'épisode de la construction du bateau avec l'ami Buck. Les dessins d'Eisner sont excellents et les expressions des personnages inégalables !

08/06/2026 (modifier)
Par Lodi
Note: 4/5
Couverture de la série L'Arbre-coeur
L'Arbre-coeur

Je rejoins largement Solo : Comès est à son meilleur dans les Ardennes, le personnage principal ressemble à un personnage dans Corto Maltese. Volontairement ou non ? Allez savoir…. On peut parler de folie de la guerre ou individuelle tant qu'on veut, mais il y a un désir de liberté des personnages. Par ses amis imaginaires, l'héroïne si l'on peut dire se libère de sa solitude et des conventions sociales. Par le jeu de guerre, les hommes avec qui elle se confronte se libèrent de leur violence. Et c'est très bien comme ça : il faut se purger de sa violence sans nuire à personne, l'art est censé le faire, mais un jeu comme une fausse guerre et des personnages imaginaires y parviennent aussi. Après, il faut savoir se donner des limites…. Un des hommes essaie vaguement d'expliquer qu'on ne peut en vouloir à l'héroïne qui ne fait pas exprès d'être folle, mais de même qu'elle n'a pas voulu tenir compte du fait qu'il est bon qu'ils se purgent de leur violence sans nuire, ils ne veulent pas l'excuser au motif de ses troubles. L'auteur traite de la question de la folie, de la guerre, de la purgation et de l'incommunicabilité et de la nature, il éclaire plus certains aspects que d'autres… Les explications ne sont pas forcément de trop, et pour ce qu'elles disent, et pour apaiser à la fin, et pour… Qui sait ? Pour qu'on dise qu'il explique trop quand tant de choses comme la nature, l'incommunicabilité et la purgation restent dans l'ombre ! Le lecteur a l'esprit apaisé ou impatienté de croire tout comprendre. Mais un jour, il pourra reprendre l'œuvre et lui trouver de nouvelles résonances, au lieu de paraître plus petite et fanée, ce sera tout le contraire !

07/06/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Love Bullet
Love Bullet

Ce manga commence bien avec un premier tome introductif bien excitant. Il y a tout d'abord le dessin qui est vraiment dynamique et très beau à regarder. C'est le style de dessin que j'aime lire dans un manga. Pour ce qui est du scénario, l'autrice reprends le thème des cupidons de manière originale. Notre héroïne est morte de manière tragique est devenue un cupidon. À travers ces yeux de recrue, on découvre le métier de cupidon et l'autrice n'a pas peur de partir dans un gros délire parce que ses cupidons n'utilisent pas du tout l'arc pour toucher le cœur des gens ! L'humour fonctionne bien et il y a un bon équilibre entre les moments rigolos et le coté tragique du premier arc narratif. En effet, l'héroïne va retrouver quelqu'un de son passé lors de sa première mission et on traite du drame avec pudeur et intelligence. Les différents cupidons sont attachants. J'espère que la suite va être aussi bonne.

07/06/2026 (modifier)
Par PatrikGC
Note: 4/5
Couverture de la série Boulard
Boulard

Ce dérivé des Profs ne démérite pas, d'autant qu'on retrouve ci et là les protagonistes de la série mère. Comme bcp de recueils de gags, il faut lire quelques pages, sinon c'est l'overdose, ça peut vite lasser. Rien de méchant, rien de subversif, une BD très honnêtement dessinée par Mauricet puis Stédo, qui ne sont pas des débutants et qui savent manier le crayon. Bref, c'est plus que largement correct graphiquement. Pour les scénarios, parfois, il y a des redites, c'est un peu normal. Certains albums sont très thématiques, comme celui des vacances. Mais globalement, ça tient bien la route, on va dire que c'est au dessus du panier. Chose amusante, la petite amie de Boulard n'est pas la même dans les 2 séries, mais ce n'est pas très gênant. Je trouve le graphisme du petit frère un peu loupé : il fait nettement trop âgé dans les 1er albums. Emporté par mon élan, j'attribue 4 étoiles à ce genre de BD souvent injustement décriée, dont le but est de divertir.

07/06/2026 (modifier)