Les derniers avis (39532 avis)

Par grogro
Note: 4/5
Couverture de la série Malanotte - La Malédiction de la Pantafa
Malanotte - La Malédiction de la Pantafa

J'ai été plutôt séduit par cette BD. J'ignorais tout de sa paire d'auteur, mais elle fonctionne bien. Elle contient une somme de qualités essentielles, et j'ai pris du plaisir à la lire. D'abord, le dessin, comme toujours, car c'est lui qui force ma décision au moment de passer à la caisse. Par la seule force d'un joli trait, je peux repartir avec. Alors oui, bien sur, il y a quand même d'autres facteurs, comme le thème qui peut être rédhibitoire, mais en règle générale, je le redis : c'est le dessin qui a le premier et le dernier mot. Dans Malanotte, Laura La Came déploie un univers tout à fait personnel en mêlant la force du charbon pour l’ambiance fantastique (dans tous les sens du terme) à l’élégance d’un trait fin et précis, plus fouillé, plus minutieux, histoire d’ancrer cette histoire dans une réalité que nous, lecteurs-trices sommes susceptible de connaitre. Je trouve que tout cela fonctionne à merveille et nous gratifie de plusieurs très belles planches sur lesquelles on s’arrête longuement. Le scénario n’est pas en reste. Il prend le temps de s’installer, laissant progressivement monter un malaise de plus en en plus lourd. L’histoire n’est pas située géographiquement et pourrait se dérouler n’importe où, mais il y a un petit parfum d’Italie qui flotte, ne serait-ce qu’à travers les noms des personnages. Mais l’Italie des petits villages, avant l’avènement du portable, l’Italie des croyances et superstitions populaires. Le final laisse un petit goût d’inachèvement, certes, et on referme Malanotte avec la sensation d’émerger d’un mauvaise rêve poisseux, mais l’effet est volontaire, et très bien vu à mon sens. La fin propose plus qu’elle ne résout, ce qui colle parfaitement à cette atmosphère cauchemardesque. Sur ce coup-là, je ne vais pas bouder mon plaisir. Et j’espère bien croiser à nouveau la route de Laura La Came…

27/01/2026 (modifier)
Couverture de la série Un océan d'amour
Un océan d'amour

J’ai découvert Océan d’amour un peu par hasard, et je ne m’attendais pas du tout à ce genre de lecture. Dès les premières pages, j’ai été surpris par l’absence totale de texte. Tout passe uniquement par le dessin, les expressions et les situations, et pourtant je n’ai jamais eu l’impression qu’il manquait quelque chose. Au contraire, j’ai trouvé que cette BD prouvait qu’on peut raconter une histoire très forte sans un seul mot. Ce que j’ai le plus aimé, c’est le mélange entre humour et émotion. Certaines scènes sont vraiment drôles, presque burlesques, mais d’autres sont beaucoup plus touchantes. J’ai ressenti à la fois la détresse, l’espoir et l’amour entre les deux personnages. Leur relation est simple, mais elle paraît très sincère, ce qui m’a beaucoup ému. J’ai aussi beaucoup remarqué le message écologique de l’histoire. À travers le voyage du marin et les obstacles qu’il rencontre, la BD montre la pollution des océans, la surpêche et les dangers causés par l’homme. Sans discours moralisateur, on comprend à quel point la mer est fragilisée et à quel point nos actions ont des conséquences sur la nature. La culture bretonne est également très présente et donne une identité forte à l’album. Les paysages marins, les ports, les bateaux de pêche, les vêtements tels que les bigoudènes, les galettes / crêpes rappellent clairement la Bretagne. J’ai trouvé que cela apportait une authenticité et une chaleur particulière à l’histoire, comme si elle rendait hommage aux gens de la mer et à leur mode de vie. Les dessins sont très expressifs et riches en détails. J’ai pris le temps d’observer chaque case. La mer, les tempêtes, les déchets, les animaux et les décors donnent une vraie impression de mouvement et de vie. On sent que tout a été pensé pour raconter l’histoire uniquement par l’image. Au final, Océan d’amour est une BD originale, touchante et engagée que je recommande vivement. J’ai trouvé cette lecture à la fois légère et profonde, capable de faire sourire comme de faire réfléchir. C’est une œuvre qui montre que parfois, les plus belles histoires sont celles qu’on comprend sans qu’on ait besoin de mots.

26/01/2026 (modifier)
Par bab
Note: 4/5
Couverture de la série Les Indes fourbes
Les Indes fourbes

J’ai pris beaucoup de plaisir à lire Les Indes fourbes. Déjà parce que Guarnido… voilà. Presque pas besoin d'en dire plus, mais quand même (parce que c'est le but ici !) : Son dessin est plein de vie, d’énergie et d’expressivité. Les trognes, les postures, les décors, les foules, les petites scènes de comédie au détour d’une case : c’est riche, vivant, et ça pousse à s'attarder sur les planches pour être sûr de ne rien louper. Côté scénario, Ayroles ne réinvente peut-être pas la roue (on est dans du grand récit d’aventures picaresque), mais c’est bien huilé. On se laisse embarquer dès le départ, et ça enchaîne les rebondissements avec une vraie maîtrise du rythme. Pablos, ce gredin ambitieux qui vise haut, est à la fois agaçant et drôle. Les personnages qui gravitent autour sont tout aussi truculents. Bref : un album généreux, malin, superbement mis en images.

26/01/2026 (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série The Junction
The Junction

J'avais pris une grosse claque en découvrant Downlands de Norm Konyu et c'est tout naturellement que je me suis procuré "The Junction" du même auteur. 1984, Lucas Jones et son père disparaissent. 1996, Lucas Jones réapparaît dans sa ville natale : Medford. La stupéfaction de sa tante et de son oncle de découvrir que Lucas n'a pas changé, il est toujours ce petit garçon de 11 ans... Un récit qui commence sous la forme d'une enquête avec à sa tête un inspecteur aidé d'une psychologue pour expliquer cette réapparition et déterminer s'il s'agit bien de Lucas Jones, avec pour seul indice le journal du jeune garçon devant son mutisme. Un récit qui va doucement et naturellement basculer vers le fantastique. Pour ceux qui ont lu Downlands, ils y retrouveront des thèmes / points communs. La perte d'un être cher et la difficulté de faire son deuil, la mort omniprésente et cette jonction mort / vivant. Une narration maîtrisée au rythme bien dosé avec des chapitres courts, ils alternent l'enquête de 1996 et les passages tirés du journal de Lucas. Au 3/4 du récit, la psychologue nous dévoile comment va se terminer cette histoire, mais cela n'enlève en rien à l'envie de découvrir les dernières planches et ses révélations. Un comics émouvant et profondément humain, les personnages sont attachants et authentiques. Le style si particulier de Norm Konyu m'a encore émerveillé. Un trait précis, anguleux à l'esthétisme jouant sur le déséquilibre des proportions humaines avec de grosses têtes et des bras / jambes filiformes. Un dessin ne ressemblant à aucun autre. L'ambiance surnaturelle est accentuée avec les couleurs froides et généralement sombres. Un régal pour les yeux. Mon premier coup de cœur de l'année.

25/01/2026 (modifier)
Par Lodi
Note: 5/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Rork
Rork

Parfait ; si j'ai un reproche à faire, c'est à moi, peut-être devrais-je acheter cette série, manifestement à lire et à relire. A mon avis, encore meilleur que Tanabe parce qu'il y a quelque chose de Lovecraftien… mais de plus que cela dans cette série, un fantastique plus personnel… Il faut décidément que je vide mon home de bien des choses sans parler de ranger. Bref ! L'architecture est une présence, quand réaliste et surtout quand elle verse dans le fantastique, belle en elle-même, elle fait penser aux cités obscures, mais en tellement mieux ! Le héros solitaire peut se mesurer en mystère à l'Eternaute, ce qui n'est pas peu dire. Les autres personnages ne sont pas mal non plus. Et quel rythme étrange de narration, et quels cadrage des images, les deux ne faisant qu'un comme cadre de l'histoire. On sent presque le vent de l'ailleurs siffler entre les pages !

25/01/2026 (modifier)
Par Lodi
Note: 4/5
Couverture de la série Arq
Arq

J'ai eu la chance de tout pouvoir emprunter à la suite à la Bibliothèque, et ça m'a beaucoup plu ! Le dessin me semble élégant et riche, ce qui permet de patienter le temps que les divers mystères se décantent. Je ne me rappelle pas de toute la complexité, loin s'en faut vu que cela date de plusieurs années, mais la série peut mériter d'être relue. Si aucun personnage n'attire une vraie sympathie, on les plaint tous de ce qu'ils subissent car ils sont vrais. Les deux amoureux disant qu'ils sont bons et que les autres sont mauvais, fuyant, surs de leur bonheur, qu'on retrouve en tant que prostituée et souteneur nous font voir un retournement ironique comme la vie l'est parfois. Et je me demande si ce n'est pas un clin de l'auteur pour la suite : les choses ne sont pas ce qu'elles semblent, et on n'est pas vraiment dans une lutte entre les bons et les méchants. Le mélange de noir et blanc et de couleurs, dans cette série comme dans d'autres, ajoute un petit quelque chose car il est bien fait.

24/01/2026 (modifier)
Par Vaudou
Note: 4/5
Couverture de la série Beatifica Blues
Beatifica Blues

Le Premier classique de Dufaux. Beatifica Blues n'est pas une œuvre parfaite mais elle contient en son sein tout ce qui fera le style de l'auteur : intrusion du fantastique, qualité littéraire indéniable, nihilisme des protagonistes... Et choix avisée du dessinateur. Ici Griffo donne corps à ce récit post apo avec un superbe dessin ancré dans les années 80. C'est magnifique de la première jusqu'à la dernière page. Une des réussites du binôme est d'avoir assumer leurs inspirations respectives en les citant directement : surréalisme et grands auteurs pour Dufaux, tandis que chez Griffo on note un hommage appuyé à Enki Bilal. Ainsi un des personnages rappelle beaucoup le Jean Ferdinand Choublanc de la Foire aux Immortels. Tout n'est pas réussi, le tome 2 explore des pistes narratives qui ont du mal à se raccorder avec la trame principale, et la conclusion disponible dans l'intégrale (33 pages, presque le volume d'un quatrième tome) utilise certains raccourcis même si elle a le mérite d'exister.

24/01/2026 (modifier)
Couverture de la série L'Armée de l'ombre
L'Armée de l'ombre

Voilà une série qui a tout pour plaire aux amateurs de récits militaires sur la Seconde guerre mondiale. D’abord le dessin est vraiment très bon. Remarque valable pour tout ce qui concerne le matériel (avions, chars, etc.), mais aussi pour les personnages et les décors (immensités de l’URSS – boueuses ou enneigés – et décors urbains). Agréable à l’œil, et plutôt fluide. Du beau travail. Ensuite Speltens a fait un choix original et intéressant pour situer son intrigue. En effet, nous suivons des soldats allemands uniquement sur le front Est, face à l’armée rouge, et en plus on ne commence à les suivre qu’à partir de novembre 1942, c’est-à-dire au moment où la bataille de Stalingrad entre dans sa phase ultime. C’est donc une armée allemande stoppée, puis qui bat en retraite – malgré les contre-attaques, malgré la propagande qui refuse longtemps d’admettre l’évidence – que nous suivons. Si nous voyons des forces soviétiques (chars, avions, certains soldats), tout est centré sur des soldats allemands. De la Wehrmacht uniquement, et non de la SS ou des Einsatzgruppen. Cela permet à Speltens de nous proposer des hommes éloignés des fanatiques que l’on s’imagine, des hommes qui n’hésitent pas à critiquer la propagande voire même le Führer. Du coup on peut s’attacher à ces hommes. Nous suivons certains d’entre eux – qui disparaissent au fur et à mesure au fil des pertes importantes subies par l’armée allemande, avec un jeune homme au centre du récit, avec ses fragilités, son humanité. On ne s’ennuie jamais sur les quatre tomes – même si évidemment nous connaissons le dénouement général (les derniers soldats que nous suivons participent aux combats désespérés du printemps 1945). Mon unique bémol viendrait de la conclusion sur la dernière page : c’est vraiment inutile, « too much ».

24/01/2026 (modifier)
Couverture de la série L'Institutrice
L'Institutrice

Très bon récit accessible aux adolescents, mais qui fonctionne tout aussi bien pour un public adulte. Le scénario est solidement construit, porté par une morale claire sans lourdeur. Le choix du contexte breton, relativement peu exploité dans les récits de Résistance, apporte une vraie singularité et ancre efficacement l’histoire dans une réalité locale crédible. Le traitement du corps enseignant et de ses difficultés est mené avec subtilité, tout comme celui de la guerre, jamais spectaculaire ni complaisant. Les personnages, et en particulier les enfants, sont écrits avec beaucoup d’humanité : chacun est identifiable, compréhensible et attachant, ce qui renforce l’impact émotionnel sans forcer le trait. Le diptyque ne cherche pas à révolutionner le genre, mais assume pleinement ce qu’il est : un récit simple, juste et sincère. Graphiquement, le dessin est très réussi. Expressif et plutôt artistique, il apporte une vraie dynamique à un scénario volontairement efficace et sans prise de risque majeure. L’ensemble fonctionne avec fluidité et cohérence. Un diptyque chaleureux, honnête et émotionnellement gratifiant, que l’on recommande sans réserve aux adolescents, aux enseignants et à tous ceux qui apprécient, à l’occasion, une lecture qui fait simplement du bien.

24/01/2026 (modifier)
Couverture de la série L'Homme gribouillé
L'Homme gribouillé

Œuvre exigeante et de haute tenue, L’Homme gribouillé articule avec justesse une intrigue d’enquête et un récit fantastique profondément symbolique. La dimension familiale – filiation, héritage, rapport mère-fille – constitue l’ossature du récit et lui confère une densité émotionnelle réelle. Le fantastique n’est jamais décoratif : il fonctionne comme un système de métaphores cohérent, enrichissant le propos et ouvrant l’histoire sur une lecture plus ample, presque mythologique. La narration est dense mais rigoureusement maîtrisée. Le récit demande de l’attention, sans jamais verser dans la complexité gratuite. Les personnages sont solidement construits, travaillés en profondeur, et évoluent de manière crédible au fil des révélations. L’ensemble offre un sentiment de cohérence et un réel « retour sur investissement » pour le lecteur attentif, avec une impression persistante que l’album gagnera encore en richesse lors d’une relecture. Graphiquement, le noir et blanc s’impose comme un choix particulièrement pertinent. Le dessin, moderne et très dynamique, apporte une intensité constante à l’intrigue. La composition des planches, le contenu des cases et la gestion des contrastes sont clairement pensés pour servir le récit et lui donner du corps. Un travail graphique remarquable, au service direct de l’atmosphère et du sens.

24/01/2026 (modifier)