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Les derniers avis (6038 avis)

Par Seube
Note: 5/5
Couverture de la série Le Cri du Peuple
Le Cri du Peuple

Difficile de rester de marbre au sortir de cette lecture tant la mise en situation historique magistrale est aussi crue que militante. Voilà une BD et des auteurs qui proposent d'intégrer de petites histoires dans la Grande ! Et on retiendra surtout la grande. J'ai pu prendre connaissance de la Commune à travers 1 ou 2 livres EXTRAscolaires. Ce qui est navrant, environ 20.000 citoyens français morts par l'État français, ça mérite une explication plutôt qu'une place dans la fosse commune de l'histoire officielle républicaine... J'ai aussi lu les Mémoires d'un révolté, trilogie écrite par Jules Vallès, et je ne doute pas trop à dire que Vautrin a suivi les pas du journaliste communard de l'époque pour écrire son récit, qui permet notamment de retrouver tout le jargon populaire parisien de l'époque. A ce niveau là c'est un régal! Et ça ne me dérange pas d'avoir des discours à rallonge si c'est pour y placer les expressions d'antan. Au niveau du dessin, quel bonheur. Dans l'univers de la BD, l'inconscient collectif nous tourne vers Tardi pour adapter ce roman dans un Paris populaire, franchouillard, où les arrondissements et les rues sillonnent les phylactères. Et ça me paraît juste ! Avec sa patte, Tardi réussit à me faire entrer dans chaque scène, à me faire dégoûter des plus vils individus, à me faire ressentir l'espoir porté par la populace, à me faire haïr les guerres et la fierté de ses vainqueurs égoïstes. Les intrigues des personnages sont plus classiques et se trouveront à la pénombre du récit historique. La Commune prend peu à peu le pas sur le reste, ce qui est pour moi une évolution logique. Tous les personnages sont forcément rivés sur les dernières nouvelles des combats plutôt que sur leur souci personnel. Il n'y aura qu'un personnage qui restera fixé sur sa vengeance, lui qui est contraint de rester caché. Sauf qu'il subira sans cesse l'actualité d'un versaillais qui prend plaisir à raconter la reconquête de Thiers et ses sbires, et ne lésinera pas sur les détails macabres. L'ensemble grouille d'informations, de dialogues, de personnages historiques, etc. On ne risque pas de s'ennuyer lors des relectures... A lire absolument pour connaître l'histoire et les valeurs de la Commune combattante et pour découvrir un point de vue tranché sur cette période qui mérite plus d'études et qui permet de comprendre une partie des péripéties du mouvement anarchiste.

20/06/2021 (modifier)
Par Silas
Note: 5/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Philosophix
Philosophix

Franchement, si mes cours de philo avaient été aussi brillants que cette version en bd, j'aurais vraiment aimé la matière... Une bd au dessin soigné, plein de détails super fouillés, et des clins d'oeil marrants. On est pas dans le comique des bd de philo mais ça reste intéressant, on suit une sorte de guide qui nous facilite le voyage, et on passe de Platon à Matrix, de Thalès à Wall Street. La philo mais adaptée au public du XXIème. Et comme il y a 10 chapitres, correspondant à 10 histoires de philosophes, on n'a pas le temps de s'ennuyer. On peut les lire séparément d'ailleurs si on est plus intéressé par la liberté ou l'identité (j'aime bien le bateau de Thésée, ma préférée, je crois). Bon, donc, vraiment génial pour revenir dans la philo, se refaire une culture. De quoi attendre un "Philosophix II" pour 10 histoires de plus!!!!

13/06/2021 (modifier)
Par Ubrald
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Brooklyn Dreams
Brooklyn Dreams

C’est typiquement le genre de roman graphique que j’affectionne tant en termes de contenu que de dessin. J’ai tout d’abord savouré la façon dont John Marc DeMatteis introduit son témoignage autobiographique, en philosophant sur le degré limité de vérité que nous réussissons à transmettre, notre perception humaine étant imparfaite. Une fois cette précaution liminaire prise, il se lance dans un récit introspectif, frisant parfois la psychanalyse, pas une démarche purement mentale, mais quelque chose de beaucoup plus vivant, de son enfance jusqu’à son année de terminale. C’est admirablement réalisé, via la superposition de 2 codes graphiques distincts, d’une part un narrateur adulte crayonné ou en aquarelle sombre quelque peu brumeuse, et d’autre part un dessin plus classique ligne claire représentant son enfance, sa vie qui défile. Ces 2 frises s’enchevêtrent de façon subtile et pertinente, l’adulte portant un regard que l’on ressent compréhensif, bienveillant, sur le jeune en souffrance qu’il était alors. L’adulte est d’ailleurs parfois seul dans le noir, assis ou dans une posture pouvant suggérer qu’il est en train de suivre une psychanalyse. J’ai adoré la profondeur et la richesse de cette histoire : toute l’évolution psychique du jeune John Marc DeMatteis, de par les cahots de sa vie, ses expériences notamment psychotropes, ses passions solitaires, ses rencontres déterminantes, ses premiers émois amoureux puis surtout son questionnement mystique et existentiel. Il évoque aussi les 15 années qu’il lui a fallu pour guérir ses souffrances intérieures, ce qui pourrait faire l’objet d’un nouveau roman graphique. Niveau dessin, c’est un superbe noir & blanc, il y a du Eisner dans la façon dont Glenn Barr croque les travers familiaux, c’est jubilatoire, cela m’a rappelé Affaires de famille (Une affaire de famille). Son dessin me fait aussi penser à l’argentin Eduardo Risso, que j’apprécie beaucoup, notamment pour la réalisation de la couverture. J’espère ardemment que l’auteur nous offrira une suite à ce premier opus !

06/06/2021 (modifier)
Par Ubrald
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série L'Affaire Zola
L'Affaire Zola

Je ne connaissais de Zola que son roman « Au bonheur Des Dames ». Je savais qu’il avait pris parti pour le capitaine Dreyfus via son célèbre article « J’accuse ». Je savais qu’il était un écrivain du courant naturaliste, s’évertuant à dépeindre les mœurs et l’injustice sociale de son époque via ses romans, notamment la série des Rougon-Macquart. Mais je ne connaissais pas l’homme, son enfance, sa vie familiale et sentimentale, ses combats, les circonstances présumées de sa mort, ni l’ampleur de son engagement dans l’affaire Dreyfus. Je pensais à tort qu’il avait été très reconnu, admiré par ses pairs et compatriotes durant sa vie : je ne savais pas à quel point il avait subi la vindicte populaire de par ses positions sociales et politiques. Bref, j’ai trouvé cette bd très enrichissante (le scénariste Jean-Charles Chapuzet est historien) car j’ai beaucoup appris dans le plaisir, l’histoire étant très bien contée, c’est pour cela que je lui mets la note maximale. C’est d’ailleurs une bd qui a été appréciée par des proches non bdphiles pour sa facilité de lecture et son apport culturel & historique. J’ai aussi aimé le dessin, les couleurs, qui font très bien ressortir la violence politique, sociale et populaire de l’époque. Par moment, j’ai revu des images de la série télé « Paris Police 1900 » de Fabien Nury qui se passe à la même période. Le discours d’Anatole France à ses obsèques et son entrée au Panthéon en présence du commandant Dreyfus, même si ce ne sont que 2 cases dans la bd, m’ont touché. J’avais presque l’impression que c’était l’entrée de Jean Moulin au Panthéon sous le discours d’André Malraux. Pour résumer, c’est une biographie synthétique, avec un focus important sur l’affaire Dreyfus, qui dépeint une période de l’histoire de France de façon joliment romancée, un peu à la Zola en somme ;-) Le titre de la bd, clin d’œil à « l’Affaire Dreyfus », est bien trouvé aussi !

03/06/2021 (modifier)
Par Ubrald
Note: 5/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Aldébaran
Aldébaran

Avoir récemment découvert Retour sur Aldébaran m’a donné envie de relire tout l’univers de Léo après à peu près 20 ans. J’ai donc relu pour la seconde fois "Aldébaran" et j’ai réadoré ! Pourtant, à l’époque, je me rappelle avoir longtemps tourné autour de cette bd à la couverture attirante mais dont le dessin me paraissait quelque peu pauvre, figé et rigide. Par conséquent, je ne passais pas le cap et je la reposais toujours sur la pile. Il faut dire que le dessin était alors mon premier critère, et lorsque je feuilletais une bd en libraire, si le graphisme ne m’accrochais pas tout de suite, je m’en détournais illico. J’étais trop habitué à du Pratt, Tardi, Loisel, Rosinski, Ségur, Giraud/Moebius, Bourgeon etc.. Puis, au bout d’un moment, après avoir entendu tant d’échos positifs à son sujet, j’ai finalement franchi le rubicon. Et avec seulement 2,3 pages de lecture, la magie avait déjà opéré !, la distance initiale ressentie envers le dessin avait complètement disparu. A ce moment-là, j’ai compris ce qu’était un véritable auteur de bd… je m’explique… je ne veux pas dire par là que le dessin devient secondaire... mais que l’histoire, le découpage, le storyboard, le rythme sont si réussis qu’une synergie se crée automatiquement avec le dessin, même si celui-ci n’est pas parfait de prime abord et que du coup, l’histoire étant tellement bien racontée, on finit par aimer ce dessin qu’on ne trouvait pourtant pas terrible au début. Oui, Léo est un vrai auteur de bd car c’est un formidable conteur et qu'il réalise une osmose récit/storyboard/dessin parfaite ! Ses histoires sont des savants mélanges d’aventures, d’exotisme extra-terrestre et de science-fiction. Il sait en outre très bien amener ses rebondissements tout au long de l’intrigue. J’ai particulièrement aimé le cinquième et dernier tome de la série qui se termine en apothéose, notamment l'éprouvante traversée des marais hostiles par les aventuriers, avec un spécial clin d’œil pour la "Chose" créature nocturne très léoesque espèce d’hybride entre une pieuvre et une araignée. Vivement que je trouve la Mantrisse pour prendre une de ses gélules bleues ! Bon, sauf que dans Matrix ce sont les rouges qu’il faut prendre ;-)

02/06/2021 (modifier)
Couverture de la série Corto Maltese
Corto Maltese

En passant sur cette page, l'âme tranquille j'ai découvert avec étonnement que l'on pouvait ne pas aimer Corto Maltese. Pour être franc ça ne m'était jamais venu à l’esprit. Corto Maltese me berce depuis l’adolescence et fait partie de mon imaginaire. C'est une BD fondatrice qui jusqu'alors avait une dimension universelle pour moi. Tout le monde aime Corto. Il est certain que c'est une série qui se prête particulièrement à l’adolescence, c'est très initiatique. Les valeurs développées correspondent, ajouté à cela le voyage, l'aventure... Les dessins sont sublimes, lâchés, beaux même lorsqu'ils sont "faits à la truelle", voire surtout lorsqu'ils sont particulièrement faits à la truelle. Une gestion du noir et blanc et des aplats... Mais par dessus tout, c'est la poésie, l'ambiance, le détachement et l'affectation de Corto qui nous portent. Oui autant l'appeler directement Corto, ce n'est pas un personnage mais un ami qui nous accompagne lors de nos lectures ; nous, comme les autres, finissons pour nous attacher à lui. Corto c'est un peu le chat qui s'en va tout seul. Le rêve, la mélancolie, les contes, l'aventure, le voyage, l'amitié, un zeste de mysticisme, et vous voilà embarqués pour une nouvelle aventure.

01/06/2021 (modifier)
Par Seube
Note: 5/5
Couverture de la série XIII
XIII

Je m’attaque à la BD que je recevais à chaque Noël. Toujours cette attente pour découvrir l’identité bordel. C’était un grand moment de BD et à la relecture je ne peux que me réjouir d’avoir – fait rare – une collection aussi longue… Longue, mais il a bien fallu s'arrêter. Et là, il y a plusieurs écoles. On est presque tous d’accord pour dire que jusqu’au tome 8, c’est du génie si on aime le genre action à suspens. Vraiment du génie. Je gobe tout ce qui se passe sous mes yeux, les rebondissements sont bien foutus et malgré leur fréquence, eh bah moi je n’arrive pas à me dire que c’est abracadabrantesque, ni redondant. Le cycle à Greenfalls (surtout la nuit du 3 août et 13 contre Un) a été super puissant à mes yeux, même si les tomes précédents étaient déjà grandioses. Ensuite le petit tour au Costa Verde m’a suffisamment plu pour garder la confiance, la sauce prend toujours même si nous apprenons moins de choses essentielles. Ensuite, oui…peut-être…bon… C’est moins fou. Sauf que la magie a pu toujours opérer. Je peux comprendre la lassitude des dessins, sauf que je me sens toujours bien. L’action réaliste, les gueules de Ken très rétro, ces crapules ou les cas soc’ et les baby dolls m’ont toujours plu. Les visages sont un peu crispés, c’est vrai, mais ça ne m’ennuie pas, bien au contraire. Je regarde les traits avec tous ces détails qui créent la vieillesse d’un individu, la naïveté d’un autre, l’intelligence de celle-ci, la brutalité de celui-là… Et ce qui a pu continuer à m’emporter dans cette saga, c’est peut-être le casting. Sans cesse renouvelé, je trouve difficile de reprocher la présence de si nombreux personnages secondaires. On finit forcément par être marqué par certains ou, au moins, intéressés par beaucoup… En tout cas, ça a été mon cas et c’est ce qui, je trouve, fait toute la richesse de cette série. Et parmi ses personnages, les femmes ont une place de choix. Ok elles tombent amoureuses de notre héros comme des mouches, mais elles restent des femmes fatales, foncièrement indépendantes, que l’on se plaît à retrouver plus tard parfois. Bien que le Major Jones ne soit pas, à mon sens, la plus réussie, j’ai trouvé le jeu du chat et de la souris très plaisant tout du long. Au même titre que d’autres auteurs, ça ne me dérange pas que Van Hamme pioche ou « copie » des idées de récit. La Mémoire dans la Peau de Robert Ludlum sort en 1981 et le premier tome de XIII en 1984. Aussi le scénario et les années de publications laissent à penser que c’est un secret de Polichinelle. Pour qui le voit comme un blâme, je trouve ça discutable: car c’est ne pas reconnaître qu’il y a quand même eu un vrai travail fourni pour le support BD et c’est oublié tous ces films/musiques/tableaux que vous aimez sûrement et qui sont issus d’idées déjà explorées par le passé et par quelqu’un d’autre (ou bien on croit avoir tout inventé, ce qui devient prétentieux). Mon dernier achat est et restera le tome 21 + 5 Mystery. Je me souviens juste m’être un peu forcé à les lire jusqu’à actionner le coup de frein à main définitif. De base, je dirais que la série a une certaine complexité dans le récit mais qu’elle n’a pas trop de profondeur dans les idées qui s’en dégagent. C’est un suspens fait d’actions et faut aimer, point. Alors si les auteurs n’arrivent plus à me tenir en haleine, ça devient malheureusement une vraie daube à mes yeux. Je choisis de ne pas retirer d'étoile pour autant. Pas besoin d'être sévère, pas possible de mettre cette série au placard, mais c’est vrai que le fait de lire « Série en cours » me laisse un goût amer. Tant mieux si d'autres arrivent à s'éclater encore ou autrement avec les nouveaux tomes. Côté conseil : ultra grand maximum, prenez le risque d’aller jusqu’au tome 19, avec la Version Irlandaise qui a été une très belle surprise… Mais l’aspect immanquable de XIII restera avant tout l’aventure jusqu’au tome 8 inclus, et disons jusqu’au 13 par extension (un petit tour au Costa Verde ne peut pas faire de mal), même si le manque de réalisme finit par entrer en jeu. ------------------------------------------------------------------------------------------------------ Note: je viens de lire l'avis de fuuhuu, c'est vrai que j'avais XIII aussi (GameCube). Quand j'y repense, c'était un vrai plaisir, je l'ai saigné et je crois bien que je serais trop heureux d'y jouer à nouveau!!

31/05/2021 (modifier)
Par kanibal
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Buddy Longway
Buddy Longway

Buddy Longway, tout a déjà été dit sur cette série, des critiques dithyrambiques etc.. etc.. , alors je ne serais pas long sur le sujet, je voyais ce titre à la bibliothèque mais quand j'ouvrais le livre le style graphique faisait vieillot et me rebutait , et là j'ai franchi le pas . . . je ne savais pas dans quoi je mettais les pieds. ah lala damn!!! là je comprends pourquoi il y a tant d'éloges envers cette série . Buddy Longway c'est une ode à la nature et un hymne à l'humanisme mais c'est aussi une sacrée tragédie. Le dessin que je trouvais moche dans le tome 1 on n'y fait même plus attention et il s'améliore dans les tomes suivants. Cette fin tragique il fallait oser j'ai trouvé cela hyper couillu de la part de l'auteur et c'est ce qui rend cette série résolument mature et mythique. MAGISTRALE.

31/05/2021 (modifier)
Par Seube
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Loup des Mers
Le Loup des Mers

Le Loup des Mers mériterait de devenir un grand classique de la BD. Pour la seconde fois Riff Reb’s m’embarque complètement dans cette odyssée. Avec A Bord De l’Etoile Matutine, l’auteur propose de transmettre des histoires terriblement puissantes. L’écriture est incroyable. Les mises en scène sont pleines de vie. L’évolution des personnages est un vrai régal. Le Loup est d’un mystère sans fond et le raconteur gagne clairement son lot d’intérêts au fil de l’histoire. L’approche philosophique est concrète, franche. Riff Reb’s continue d'explorer le nihilisme, qui atteint ici son paroxysme. L'idée est personnifiée par un capitaine terrifiant et misanthrope qui se confronte aux moralistes, ceux-là qui n’ont jamais remis en cause ni questionné les valeurs qui les guident. Tout est fait de nuance, les dialogues dégagent des problématiques profondes et je trouve très intelligent d’avoir fait en sorte que le scénario soit une grande histoire faite de « mises en pratiques » philosophiques. Le décor maritime est grandiose, lugubre et mortifère avec ce doux parfum poétique. La bichromie me plonge dans l’ambiance et le dessin laisse sans voix. Même si c'est un one shot, je conseillerais de lire la trilogie maritime selon l'ordre de parution, dans le sens où le premier volet est basée sur l'ambiance générale, tandis que ce second récit se concentre sur la pensée de deux individus, essentiellement. J'ai bien aimé ce système d'entonnoir, on n'en finit pas de découvrir des choses. J’ai un profond respect pour le travail de Riff Rebb’s, qui mérite une place digne dans l’histoire de la bande dessinée. A posséder et à partager.

30/05/2021 (modifier)
Par Titanick
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Urgence climatique
Urgence climatique

Que voilà un excellent documentaire sur le sujet. Tout d'abord très agréable à lire, pas lourdingue pour deux sous malgré le sujet, avec une mise en page aérée et colorée. Ceux qui connaissent Lécroart savent ses talents de raconteur et d'illustrateur, tout cela est bel et bien fait. Maintenant sur les tenants et aboutissants de ce dérèglement climatique qui nous concerne tous, il s'est adjoint un mathématicien spécialiste du chaos et de l'économique (qui, soit dit en passant, a inspiré le personnage du Dr Malcolm de Jurassik park). Les auteurs ont entamé l'ouvrage en 2020, ce qui permet d'avoir des données récentes par rapport aux autres bds traitant du sujet, je pense forcément au non moins excellent Saison brune qui n'a que l'inconvénient de dater d'avant Fukushima. Un choix que j'ai grandement apprécié dans ce documentaire, c'est de ne finalement s'attarder que peu sur la « technique » du dérèglement climatique, ainsi que sur ses conséquences physiques. Ces sujets sont maintenant suffisamment évoqués par divers médias, des reportages télé (bon, ça dépend sur quelles chaînes) pour que tout un chacun puisse connaître à peu près ce qui se passe déjà et ce qui nous attend. Là, on a une approche bien historique de l'économie mondialisée. Bien sûr, ce commerce mondial ne date pas d'hier mais l'ouvrage montre bien l'évolution parallèle du commerce, de l'industrie, de la finance et de ce qu'il faut bien appeler le capitalisme effréné. On voit bien ce mouvement qui a conduit à la situation actuelle, mais ce n'est pas manichéen. Les auteurs évoquent bien sûr le progrès que cette progression du commerce a engendré, sur le plan sanitaire (sauf Covid évidemment), sur le confort obtenu dans les pays riches …. au prix bien sûr d'une dépendance de plus en plus forte aux énergies fossiles. Je ne suis nullement une férue de finance et parfois je peine dans les émissions sur l'économie politique à vraiment comprendre le fond des choses. J'ai eu droit ici à un cours que j'ai trouvé extrêmement bien fait. Je n'avais nullement imaginé l'impact des guerres mondiales sur l'essor, post conflit, des industries au XXe siècle par exemple. Les auteurs montrent bien également les freins à la réduction de nos émissions de gaz à effet de serre, que ce soit de par notre mode de vie, nos politiques toujours soumises aux impératifs économiques, la publicité, et l'agriculture conventionnelle qui n'est pas épargnée. C'était passionnant, je le relirai. J'ai déjà promis à mon bibliothécaire municipal que je lui prêterai pour qu'il en commande un et le diffuse au maximum. Le seul petit regret que je pourrai avoir : les chiffres et statistiques donnés ne sont pas sourcés directement sur la page concernée, toutes les sources scientifiques sont regroupées en fin d'album, certes ça a le mérite d'aérer la mise en page mais on retrouve moins facilement d'où vient quoi. Je n'ai pas l'habitude de mettre 5 étoiles, « culte » c'est énorme. Mais là, je ne peux pas faire autrement. Donc culte.

26/05/2021 (modifier)