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Les derniers avis (5975 avis)

Par herve
Note: 5/5
Couverture de la série Lucky Luke vu par Mathieu Bonhomme (L'Homme qui tua Lucky Luke / Wanted Lucky Luke)
Lucky Luke vu par Mathieu Bonhomme (L'Homme qui tua Lucky Luke / Wanted Lucky Luke)

L'homme qui tua Lucky Luke M. Bonhomme Avant tout, je vais m'attirer les foudres de certains bédéphiles,en avouant ne posséder dans ma bibliothèque que cinq voire six albums de la série Lucky Luke de Morris & Goscinny, même si j'en ai lus une bonne trentaine, mais je n'ai jamais vraiment accroché aux aventures du pauvre cow-boy solitaire. Depuis quelques mois, dans le monde de la bd, le western revient en force, avec Undertaker, Sykes ou encore Stern, trois albums de qualité. En reprenant cette série, Matthieu Bonhomme prenait un risque énorme, celui de la comparaison avec le créateur de la série. A l'image de Ferry avec sa reprise (pour moi réussie) d'Astérix, les critiques des puristes allaient fuser. N'étant pas un spécialiste de Lucky Luke, je dois dire que j'ai tout de suite été séduit par l'histoire. Bien évidemment le titre choisi fait référence au superbe film, encore inégalé, de John Ford, "l'homme qui tua Liberty Walance" (de nombreuses scènes de cette bd renvoient explicitement à des films de John Ford) D'ailleurs, dès les premières pages, nous sommes plongés dans un western digne d'un John Ford, réalisateur que j'adore. Tout les codes du western sont en effet présents, du saloon au shérif lâche en passant par une puissante famille tenant la ville, rien n'est omis. Même les légendes de l'Ouest, avec un certain Doc Wednesday, qui n'est pas sans rappeler le célèbre Doc Holliday, sont présentes dans cet album. Même si l'histoire est assez sombre, l'humour reste toutefois présent, notamment avec le running gag du tabac que recherche désespérément Lucky Luke. Au niveau scénario, cette reprise ou plutôt ce "Lucky Luke vu par Matthieu Bonhomme" ( à l'image des Spirou vu par...., série qui malheureusement est très inégale) tient la route. Quant au dessin, rien à dire. Je suis un grand admirateur de Matthieu Bonhomme. Possédant déjà l'intégrale en noir et blanc du Marquis d'Anaon, j'ai donc opté pour l'achat de la version en noir et blanc de canalbd pour en apprécier encore plus le trait. J'ai feuilleté la version couleur, et j'avoue qu'elle est très belle également, et je me demande même si je ne vais pas l'acheter aussi. En tout cas, cet album se révèle une très bonne surprise et j'ai été littéralement bluffé par le talent de Matthieu Bonhomme au dessin et au scénario. Wanted Lucky Luke J'avais adoré "l'homme qui tua Lucky Luke" et là, je trouve cet opus encore meilleur. Dès la première page, on rentre dans l'intrigue qui ne faiblit pas jusqu'au bout. J'ai dévoré cet album alors que je ne suis vraiment pas un grand fan du pauvre cow boy solitaire. Au fil des déménagements, je crois que je n'ai pas conservé d'album de cette série, pourtant j'en ai lu pas mal dans ma jeunesse. D'ailleurs, je n'ai pas été perdu dans cet aventure où les références ou des personnages aux anciens albums sont nombreux ici. Mais en invitant un trio de pétroleuses, Matthieu Bonhomme apporte un souffle inattendu dans la vie de Lucky Luke. Et que dire du dessin magnifique de Matthieu Bonhomme ! Il faut dire que j'ai lu cette aventure dans l'édition limitée en noir et blanc des éditions canalbd, que mon (gentil) libraire m'avait mis de côté.

31/03/2016 (MAJ le 11/04/2021) (modifier)
Par Yann135
Note: 5/5
Couverture de la série Akim
Akim

Il y a ceux qui sont Beatles et ceux qui sont plutôt Rolling Stones. Dans le monde enchanteur la BD, il y a ceux qui sont Tarzan et ceux qui sont plutôt Akim. Pour ma part je suis, sans l’ombre d’un doute, Rolling Stones et … Akim ! C’est juste cultissime cette série. Accrochez-vous à la balustrade ! Il y a eu … 756 albums en petit format de septembre 1958 à février 1991, bimensuel sur presque toute la durée de publication. Chaque numéro du fascicule propose un épisode entre 50 et 60 pages. Qui dit mieux ? Et tout ça sans aucune aide numérique. A la gomme et au crayon ! Je pense que c’est un record. Il faut dire que Roberto Renzi était un scénariste méga prolifique et qu’il avait beaucoup d’imagination. Ces albums ont bercé mon enfance et mon adolescence. J’étais accro ! Qu’est-ce que c’était bon ! ok ok ok certains vont dire que c’est une pâle copie de Tarzan. Je m’en fous un petit peu à vrai dire. Cela n’a jamais gâché mon plaisir. Jim Rank est le fils du consul de Calcutta, Frédérick Rank. Que du beau linge ! Alors que la famille rentre en Europe, leur bateau fait naufrage. Jim et sa mère échouent sur une plage africaine. Sa mère est peu après tuée par une panthère. Un gorille adopte Jim Rank, le soigne, le nourrit et lui enseigne le langage des animaux. Jim, désormais appelé Akim, devient le « roi de la jungle » et tous les animaux le reconnaissent comme tel. Akim sauve une femme « blanche » nommée Rita. Elle devient sa compagne et le couple vit dans un bungalow, avec le gorille Kar et deux espiègles guenons, Zig et Ming. La ménagerie Akim est magnifique ! Il est en effet entouré d'une cour d'animaux fidèles ! L'éléphant Baroi, le lion Rag, l'aigle Mol, l'éléphanteau Simbo, la cigogne Bek ou encore le panda Chuk. C’est délicieux. Dans les années 70, il y a eu des tee-shirts à l’effigie d’Akim. Bien évidemment j’arborais fièrement mon héros ! Je crois que franchement si tu n’as pas lu au moins une fois un album de cette série avant tes cinquante ans, tu as raté ta vie ! A lire, à relire, ou à découvrir.

09/04/2021 (modifier)
Couverture de la série Gérard, cinq années dans les pattes de Depardieu
Gérard, cinq années dans les pattes de Depardieu

Une BD que j'ai lue plusieurs fois, et surtout que j'ouvre parfois à n'importe quelle page pour m'étonner, rire, réfléchir. J'ai toujours aimé le style de Mathieu Sapin, c'est son style petit bonhomme, on aime ou pas, c'est le même dans ses derniers volumes. Il sait en tous cas comme personne rapporter les détails insignifiants et pourtant tellement instructifs qu'il perçoit avec une grande sagacité. Clairement, avec Gérard il y avait de la matière à exploiter, tandis que dans "le Château", son passage à l'Elysée était très creux. Par contre, les deux BD se répondent puisque Gérard et François se croisent, ce qui est très fun. Gérard Depardieu, je ne suis pas dans son fan club, le personnage lui-même m'avait toujours rebuté (je ne l'apprécie que dans ses rôles comiques). Je dois dire que cette BD m'a permis de comprendre l'engin, c'est stupéfiant ce mélange de raffinement et de grossièreté, sa richesse intérieure, sa souffrance. Loin de tout voyeurisme stupide ou de toute starification, cette BD qui aurait pu s'appeler "dans la peau de Gérard Depardieu", nous fait voir autrement cet être, et tous les êtres humains. On en vient à comprendre toutes les contradictions de Gérard, ses phrases tranchées : on n'en tombe pas d'accord, mais on en comprend l'origine et on la respecte. Imaginez la vie d'un Pascal Brutal qui ne serait pas macho et qui serait tout en sensibilité, (et en puissance 10), et vous avez la vie de Gérard. Pour moi, j'y vois quantité de citations pénétrantes, philosophiques qui font échos avec d'autres lectures, il y a un second sens derrière chaque incongruité. Si vous lisez attentivement, vous apprendrez des détails très importants sur comment survivre dans ces conditions émotionnelles extrêmes, sur la relation aux autres, sur le plaisir. Le plus étonnant, c'est que je n'ai jamais autant prêté une BD à autant de monde, peut-être douze à quinze personnes, là où mon meilleur score devait être de trois prêts. Tout le monde voulait lire Gérard ! La plupart ont bien aimé et une minorité a détesté.

08/04/2021 (modifier)
Couverture de la série Dieu en personne
Dieu en personne

Je n'hésite pas à mettre un 5/5 tant j'ai lu et relu cette BD. Graphiquement, inutile de reparler de la maîtrise graphique de MAM avec le noir et blanc, ni de ses plans qui innovent à chaque page. Scénaristiquement, c'est un régal pour l'esprit. Tout le génie à tiroir de MAM qu'on lui connaît dans la fabrication de ses œuvres transcende cette dimension matérielle pour exploser dans les répliques, les situations, les allusions culturelles et religieuses. Les jeux de mots sont omniprésents, on retrouve la même jubilation intellectuelle qu'avec le regretté Raymond Devos. "Dieu en personne" reste de loin ma BD préférée de MAM, les autres conservant peu de surprises à la seconde lecture (je trouve). Mais encore une fois dans mes avis, on a là une BD qui ne conviendra qu'à un minuscule public qui aime autant l'histoire théologique que les BD.

08/04/2021 (modifier)
Par Seube
Note: 5/5
Couverture de la série Malaterre
Malaterre

Le roman graphique est un excellent médium pour les (auto)biographies. Et ce récit introspectif en est bien la preuve. Une merveille de 180 planches. On peut ne pas être tenté par le récit au premier abord, alors un conseil: ouvrez le bouquin pour changer d’avis. Rien que les couleurs valent le détour. Et puis le dessin fait que l’ensemble graphique mérite d’être parcouru pour le bonheur des yeux. C’est chaud et riche, on se fait plaisir du début à la fin. Le dessin de Pierre-Henry Gomont me semble franchement singulier, et j’ai tout de suite été conquis. Sa façon de crayonner sur chaque case dégage comme de « fausses imperfections » sur le trait des personnages. Mais on voit bien dès le départ que Gomont est un grand dessinateur et que cela est tout à fait maîtrisé. Le style est brut, franc. Les décors, les ombres, le remplissage, les arrière-plans, tout ça est griffonné pour s’adapter parfaitement au récit et (surtout) aux personnages : chacun a l’esprit embrouillé par toutes ses situations où personne ne trouve son compte, ni sa place. Pour animer le récit, l’auteur joue admirablement avec chaque code de la BD aussi : ces « bulles dessinées » qui viennent traduire les pensées affreuses des personnages face au comportement abject de Gabriel, le jeu de présence plus ou moins forte de la fumée de cigarette selon les émotions, ces bulles encore qui finissent en éclair ou en boucle pour illustrer la colère ou la douceur, et puis il y a tout ce que j’aime aussi : ces petites cases laissant place au silence, pas si nombreuses donc tellement puissantes et qui veulent dire tellement de choses ici… Bref Pierre-Henry Gomont a dompté tous les éléments de la BD pour confectionner un roman graphique particulièrement grandiose… Dans un roman graphique et autobiographique, l’écriture a son importance. Ici, l’écriture est parfaite pour moi, la narration est bien équilibrée avec les dialogues, ceux-là qui viennent réveiller le lecteur grâce aux discours intempestifs du père. Tout cet ensemble dégage une vraie profondeur pour tous ces personnages qui n’arrivent pas bien à profiter, qui sont tout le temps brouillés, jamais l’esprit clair. Gabriel dégage un fantastique mystère alors que ses émotions sont franches et visibles (selon la fumée de sa cigarette), il est détestable et on a pitié de lui, sauf qu’on le trouve attachant aussi... Un connard sympathique expliquait Pierre-Henry Gomont, et la définition se lit très bien ici… Dans l’ensemble je suis empathique auprès de tout le monde, ce récit est vraiment super touchant et la fin a bien failli me faire craquer. Il existe des idées très fortes à tirer du récit je trouve et l’auteur a l’habileté de ne pas rentrer dans la leçon de vie ! On a tous ces histoires de famille, histoires plus ou moins graves, avec des proches plus ou moins cons, voir qu’on ne peut pas piffrer. Et pour autant, ce lien familial est noué aussi avec le lien intime et affectif. C’est cette sorte de paradoxe que l’auteur veut raconter. Et c’est magnifiquement amené. Superlatifs à foison pour ce bouquin, et c’est vrai que je ne peux que vous en conseiller la lecture et la possession, car une très grande BD, plus complexe qu'elle n'y parait je pense.

08/04/2021 (modifier)
Par fuuhuu
Note: 5/5
Couverture de la série Walking Dead
Walking Dead

Après m'être replongé pour la énième fois dans cette série incroyable, je me suis hâté d'aller voir les critiques sur ce site et je suis heureux de constater que la majorité des aviseurs pensent comme moi. Cette série, qu'on ne présente plus, part d'un concept vu et revu (peut être pas tellement à l'époque de sa sortie) mais en fait un chef d'œuvre. Oui j'ose le dire, c'est un chef d'œuvre pour moi. Tout d'abord, les graphismes vraiment réussis, ils évoluent tout au long de la série. Ils sont à la fois élégants et gores. L'auteur à su trouver une certaine justesse dans ses dessins, dans sa représentation des zombies pour arriver à les faire terrifiants, mais en même temps plaisant à regarder, voir même parfois drôle. Ensuite, concernant le scénario, dès le début, l'auteur nous plonge dans l'action. A peine le décor planté, on comprend qu'on a là un univers riche et varié, où le danger vient de partout, même de chez soi. Le plus impressionnant est que l'auteur parvient à maintenir une tension durant toute la série. Je ne me suis jamais ennuyé, il n'y a aucun temps mort. Quand un concept semble s'user, l'auteur nous sort quelques pirouettes parfaitement exécutées afin de sans cesse renouveler son scénario. Autre point fort: personne n'est à l'abri. Comme dans Game of Thrones, durant toute la série, le lecteur tombe dans une très longue agonie où nous croisons les doigts pour ne pas voir nos personnages préférés mourir. Le suspens est difficilement tenable. Enfin, la série a su s'arrêter et proposer une fin bien construite. Là où beaucoup aurait continué pour l'appât du gain, Robert Kirkman a mis un point final (du moins j'espère) à sa série qui fait dorénavant partie de la culture populaire et surtout, qui est rentré dans mes classiques. 5 étoiles MAUPERTUIS, OSE ET RIT !

08/04/2021 (modifier)
Par Yann135
Note: 5/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Alpha
Alpha

J’adore ! Voilà une série d’espionnage hyperréaliste que j’ai dévoré littéralement ! Chaque album est une réussite. J’achète les yeux fermés. Alors oui les dessinateurs et les scénaristes ont changé régulièrement mais sans jamais « casser » le contenu du début et en maintenant une qualité irréprochable. Le changement dans la continuité ! Pascal Renard a scénarisé les 2 premiers tomes. Lorsqu'il meurt en avril 1996, à 35 ans, c’est Mythic qui prend le scénario de la série en main. Les dessins sont l'œuvre de Youri Jigounov qui a également rédigé le scénario du tome 11. À partir douzième tome, il ne se consacre qu'à l'écriture, le dessin étant désormais réalisé par Chris Lamquet. Concernant le dernier opus - T15 roadies – le scénario est confié à Emmanuel Herzet et le dessin à Alain Queirex. Ce ne sont pas des inconnus loin de là, on les retrouve sur la série … « Alpha - Premières armes ». J’apprécie cette série qui a commencé, rendez-vous compte, en 1996 ! Une éternité ! Les aventures tumultueuses de Dwight Tyler dit Alpha sont brillantes. Aucune once de torpeur à l’horizon. Ca bouge, ça claque. Le graphisme est détaillé, minutieux et réaliste. La mise en page est dynamique permettant de donner du mouvement aux différents protagonistes. Place à l’action ! Entre les mensonges, les criminels, les bandes mafieuses, la CIA, le KGB, vous plongerez dans des aventures particulièrement réussies et envoûtantes. Vous vous ferez manipuler ! Et alors ? C’est juste jouissif ! Laissez-vous faire ! Les intrigues fourmillent et les rebondissements sont nombreux. Je dis oui oui oui. Encore. Nous sommes sur le panthéon de la série culte de la BD à l’instar de « XIII » ou de «Largo Winch ». Je me régale avec de tels albums. Je suis aux anges. Cette série clairement cinématographique fait partie de mes immanquables bien évidemment. Gros coup de cœur depuis toujours, enfin depuis 1996.

06/04/2021 (modifier)
Par fuuhuu
Note: 5/5
Couverture de la série Maus
Maus

Une BD qui ne laisse pas indifférent. Vu le nombre d'avis positifs sur cet ouvrage, je ne vais pas m'étendre pour redire encore une fois les mêmes choses. Pour faire simple, il y a deux histoires: une contemporaine, où un fils interviewe son père, un polonais juif. Et une autre, qui est donc l'histoire de Vladek et sa famille durant la seconde guerre mondiale. C'est un véritable travail de mémoire qui a été fait ici, qui m'a particulièrement touché (surement parce que je fais le même pour l'instant avec ma grand mère). Le fait de raconter deux histoires en une, nous permet de faire des pauses lorsqu'on repasse au temps présent. Cela nous permet de respirer, de digérer cette histoire indigérable. Cette BD devrait faire partie des lectures obligatoires à l'école, afin d'étudier la Shoah différemment, par la "petite histoire". 5 étoiles MAUPERTUIS, OSE ET RIT !

04/04/2021 (modifier)
Couverture de la série Anaïs Nin - Sur la mer des mensonges
Anaïs Nin - Sur la mer des mensonges

Léonie Bischoff... Mac Arthur nous avait bien dit de ne pas oublier ce nom... Eh bien je peux vous dire qu'après cette magnifique lecture je ne l'oublierai pas de sitôt ! J’ai découvert cet album (et, je dois le confesser, l’existence d’Anaïs Nin par la même occasion) grâce à la critique postée par Mac Arthur. Son enthousiasme débordant, ainsi que le dessin séduisant m’ont donné envie de lire cette BD ; par la suite, les autres critiques élogieuses postées sur le site m’ont définitivement convaincue que je ne devais pas passer à côté. Et grand bien m’en a pris ! Dès les premières pages j’ai été envoutée par le dessin… ah, ce dessin, que dire à part qu’il est tout simplement sublime ? Après ma lecture, je me suis rendue compte que j'avais déjà lu un album dessiné par Léonie Bischoff (Le Prédicateur) mais je n’ai pas été spécialement marquée par son dessin. En revanche, dans cet album l’autrice me parait avoir atteint une parfaite maturité, semblant laisser libre cours à toute sa créativité et son inspiration. Le dessin au crayon multicolore apporte beaucoup de douceur et un charme indéniable. Les nombreux espaces laissés blancs apportent quant à eux dans certaines planches une belle luminosité qui contraste avec d’autres scènes plus sombres. Le trait gracieux retranscrit à merveille la sensualité d’Anaïs Nin, certaines compositions sont tout simplement magnifiques. C'est original, délicat, inspiré ; à mes yeux c'est tout simplement parfait. Et quel bonheur de découvrir au fil des pages que ce dessin magnifique n’est pas le seul atout de cet album ! J’ai été très rapidement happée par le récit, j’ai plongé avec bonheur dans l'esprit d'Anaïs, cette femme superbe qui brûle de vivre pleinement, sans entraves, loin des chemins tout tracés. Il se dégage de son être la passion, l'amour ; et loin de l'image de l'artiste tourmenté éternellement malheureux elle ouvre une autre voie. Léonie Bischoff nous ouvre une porte sur la vie d’Anaïs Nin par le biais des extraits de son journal intime, journal qu’elle a tenu avec assiduité toute sa vie. La force de cet ouvrage est de rendre compréhensible des comportements que par ailleurs on pourrait être tenté de juger ; en pénétrant dans l’esprit et le cœur d’Anaïs Nin, on réalise que malgré ses nombreuses aventures, il n'y a nulle trace d'égoïsme ni de manque de respect envers son mari à qui elle voue un amour sincère. Il semble juste que son cœur et ses désirs sont trop grands pour un seul homme. Et elle témoigne à chaque personne qu’elle croise une telle bienveillance qu’on ne peut voir en elle qu’une belle personne. Je suis heureuse d’avoir lu ce superbe album, et d’avoir découvert Anaïs Nin, cette femme décidément fascinante. Nul doute qu'elle ne s'est pas retournée dans sa tombe à la sortie de l'album. Au contraire, elle doit y reposer plus en paix que jamais, reconnaissante d'avoir été à ce point magnifiée et si bien comprise.

03/04/2021 (modifier)
Par Seube
Note: 5/5
Couverture de la série A bord de l'Etoile Matutine
A bord de l'Etoile Matutine

Une claque pour le récit, une deuxième pour le dessin. Quelle poignante surprise, quel voyage. Avec Riff Reb's, vogue la galère! Il faut que je lise à tout prix les autres créations/adaptations de cet auteur. Il y a des BD où on comprend tout, où on saisit ce que veut transmettre l'auteur. Du moins on trouve un sens qui nous est propre. Et cette BD, ça m'parle. Tous ces individus qui naissent dans la misère ou qui tombent dedans si violemment qu'ils ne réussiront jamais à remonter la pente. Tous ceux-là, qui ne trouveront jamais leur place dans la société, elle qui les laisse se perdre en mer, dans la brume de leurs pipes et la cécité de leur ivresse. A cette époque, ceux-là pouvaient devenir de viles canailles, dont seul le code des pirates pouvait encore leur permettre de garder une espèce ce dignité. La piraterie, c'est le dernier voyage avant le trépas. Si tu t'éloignes trop longtemps de la mer, la vie ne vaut pas un sou. Et si tu n'es plus pirate, tu n'existes plus. Ils sont cruels oui, mais ils sont aussi humains. Cette mort, ils la rejettent tous aussi longtemps qu'ils leur restent un souffle de vie et un espoir pour retourner à bord de leur navire. On ne trouve plus de beauté chez ces hommes. Elle existe, mais elle est enfouie. Pourtant parfois, elle veut se présenter lorsqu'on l'appelle : un discours de 5 ou 6 lignes sur une mer étoilée (sublime), ce chant si mélodieux qu'il peut briser le plus fort cœur de pirate, ou encore le portrait d'un doux et innocent visage qui leur est tombé entre les mains... Mais non, leur secrète beauté restera bien cachée, ils n'y croient pas et préfèrent se débarrasser de tout ça, soi-disant sans état d'âme. Ils choisissent d'aller jusqu'au bout de leur aventure de misère qui n'indique pas le nord, et courir après leur dernier rêve qui se résumera être en réalité une course à la survie à chaque quinzaine, si ce n'est moins. Le dessin est tellement profond avec ces ombres et ces courbes, ces marins à la trogne pas possible, cette mer qui nous emporte avec eux... Et puis l'écriture, ahhh mais cette écriture ! Je ne sais pas si beaucoup des textes sont tirés du roman. Si oui, c'est la sélection la plus intelligente au monde, si non alors l'auteur possède un talent d'une richesse sans nom. Culte pour moi, et qu'on vienne pas me l'enlever ! C'est mon trésor ! :)

31/03/2021 (modifier)