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Couverture de la série La Fourrière des Animaux
La Fourrière des Animaux

La Fourrière des animaux s’inscrit directement dans l’héritage de La Ferme des animaux d’Orwell, dont elle propose une relecture moderne, dense et très actuelle. Le point de départ est simple mais redoutablement efficace : des animaux se révoltent contre les humains qui les enferment et tentent de construire leur propre société, leurs propres règles, leur propre démocratie. Ce récit met en scène une communauté auto-gérée et critique l’autoritarisme (ici, ciblant le trumpisme, là où Orwell fustigeait le stalinisme). Mais Tom King ne se contente jamais d’une lecture frontale ou caricaturale : ce qui l’intéresse, c’est la mécanique du pouvoir. Comment une démocratie naissante porte déjà en elle ses propres fissures, et comment ces fissures s’élargissent sous l’effet de la peur, des ambitions personnelles et des divisions idéologiques. Il y a clairement une lecture politique contemporaine, très ancrée dans les tensions américaines récentes. Le parallèle avec le populisme est évident, et certains lecteurs pourront y voir un rapprochement entre le personnage de Piggy et Donald Trump, sans que le comic ne se limite pour autant à une simple charge dirigée contre une figure précise. Ce qui frappe surtout, c’est la place donnée à la parole. La Fourrière des animaux est un comic très bavard, presque théâtral. Les débats, les discours et les confrontations d’idées structurent entièrement le récit. Par moments, cela peut sembler excessif, presque démonstratif. Mais ce choix est aussi ce qui fait sa force : ici, la démocratie ne se raconte pas, elle se construit et se désagrège sous nos yeux, à travers le langage lui-même. Graphiquement, Peter Gross propose un dessin sobre, précis, sans esbroufe, mais parfaitement maîtrisé. Tout repose sur l’expression, la lisibilité et une atmosphère parfois étouffante qui accompagne parfaitement la tension politique du récit. Et c’est là que la comparaison avec Le Château des animaux devient intéressante. Là où le roman graphique de Xavier Dorison et Félix Delep proposait une fable plus poétique, presque intemporelle dans sa manière d’aborder la tyrannie, La Fourrière des animaux est beaucoup plus frontale, contemporaine et ancrée dans un contexte politique identifiable. Les deux œuvres parlent du pouvoir et de la manière dont il corrompt ou fracture une société, mais avec deux tons opposés : l’un est plus symbolique et contemplatif, l’autre plus discursif et brûlant d’actualité. Au final, La Fourrière des animaux est une œuvre ambitieuse, parfois un peu trop verbeuse, mais cohérente de bout en bout et vraiment marquante. Une fable politique moderne qui laisse volontairement un malaise, parce qu’elle rappelle à quel point les idéaux collectifs peuvent vaciller vite.

20/05/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Génération X - L'intégrale
Génération X - L'intégrale

Dans les années 60, on a eu droit aux X-Men et la série fut arrêtée faute de popularité. On relance la série dans les années 70 avec une nouvelle équipe et le titre a fonctionné et est devenu tellement populaire que dans les années 80 on a fait un spin-off avec une nouvelle équipe composé d'adolescents qui appartenaient à devenir des super-héros et contrôler leurs pouvoirs de mutants. Ses ados ce sont émanciper au début des années 90 alors c'était normal d'avoir une autre équipe de mutants composés de nouveaux personnages adolescents. J'avoue que je connais surtout l'univers des X-Men des années 60-80 alors cette série est remplit de personnages que je ne connaissais pas et je ne sais pas même s'ils sont encore utilisé aujourd'hui. En tout cas, j'ai trouvé que la plupart était un peu attachant même si c'est parfois un peu dur de ce rappeler qui était qui. Les changements de dessinateurs n'aidant pas, certaines ayant des styles radicalement différents. J'ai surtout aimé les moments de détentes qui montraient la vie de tous les jours des personnages ainsi que leurs problèmes. La force de Lobdell est de raconter les relations entres les personnages. L'humour fonctionne bien. Lobdell part parfois dans des délires, et parfois même un peu trop à mon gout (il y a un numéro où Stan Lee est le narrateur !). Une bonne idée est que l'un des deux profs de ce groupe d'ados mutants est Emma Frost qui était une méchante jusqu'à qu'elle se reforme dans les années 90. Évidemment, ce n'est pas parce qu'elle n'est plus dans le camp des méchants qu'elle est une personne agréable et cela donne des moments savoureux. Quant au coté baston des scénarios, c'est correct, mais parfois les scènes de combats sont un peu dur à comprendre et les méchants manquent souvent de charismes. C'est du comics de super-héros pas trop mal, mais on se perds parfois lorsqu'on fait référence à ce qui se passait dans l'univers X-Men de cette période.

20/05/2026 (modifier)
Couverture de la série Première Dame
Première Dame

Avec cet album, Tronchet me surprend ! Et il m’a quelque peu laissé perplexe. J’ai en effet été tiraillé entre plusieurs ressentis. D’abord la comédie romantique sirupeuse qui pointe rapidement le bout de son nez. Et ensuite – ou en même temps (pour citer un président qui a, avec d’autres pu en partie servir d’exemple pour le personnage de Thierry Langlois) – des personnages et situations qui se rapprochent parfois trop de la caricature, qui nous imposent trop de facilités scénaristiques. Tronchet a mixé dans son scénario et certains de ses personnages pas mal d’influences et de personnages politiques réels (Macron, Sarkozy, Hollande pour les présidents, et le ministre de l’Intérieur sans scrupule et aux dents longues Lombard rappelle immanquablement Darmanin – ou Sarkozy de nouveau). Quant aux communicants, ils peuvent tous prétendre avoir servi de source d’inspiration, tant Tronchet n’a hélas pas eu besoin de pousser loin la caricature. Malgré le côté trop facile des oppositions de style, Tronchet parvient quand même à nous proposer une intrigue qui se laisse lire. Agréablement. Avec quelques passages amusants. Et, mine de rien, le sérieux émerge. La critique des débats anesthésiants des chaines d’info, des « plans com’ » des arrivistes de tous bord, mais aussi le vide sidéral du « débat politique », qui se focalise sur des personnes, sur des oppositions de façade, pour occulter des problèmes plus cruciaux (inégalités, pauvreté, etc.), tout ceci reste palpable, malgré une intrigue qui a priori tente régulièrement de les recouvrir d’une couche de ridicule naïf (voir l’occupation d’une église avec des sans-papiers, qui fait penser à celle accompagnée par l’actrice Emmanuelle Béart il y a une trentaine d’années – ça se termine mieux pour Victoria Coraly que pour Emmanuelle Béart pour sa carrière !). Si l’on fait abstraction de pas mal de naïveté (Tronchet n’évoque pas l’influence – énorme et cruciale – des « milieux d’affaires » et des médias qui leur sont subordonnés), il y a quelques moments jouissifs, et l’album est lu avec plaisir (le dessin de Peyraud, simple et dynamique, se révèle parfois pour accompagner cette virée décalée dans les arcanes du pouvoir français). Dans certaines idées de la trame – et dans la naïveté aussi – ça m’a parfois fait penser à l’opposition entre De Funès et Girardot dans le navet « La zizanie »… Finalement, pour mieux apprécier cette histoire, le plus simple est sans doute de ne pas la prendre au sérieux…

20/05/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Lohris des Dawnhills
Lohris des Dawnhills

J'avais découvert Lohris des Dawnhills à l'époque dans Shogun Mag (plus précisément Shogun Seinen), et j'avais préféré attendre que la série se développe davantage avant de me prononcer, car tout paraissait alors encore très introductif. À l'époque déjà, je n'étais pas convaincu par le dessin, que je trouvais assez brouillon, comme trop vite exécuté, mais le scénario me semblait prometteur, porté par des idées originales mêlant steampunk, tensions industrielles et dimension mystique animiste. L'ensemble posait des bases riches, avec un vrai potentiel de saga, à la frontière entre récit politique, familial et mythologique. Le premier tome en album contient davantage de contenu que ce qui était paru en magazine, mais l'histoire reste toujours introductive, laissant encore beaucoup d'éléments en suspens et un récit inachevé. Le problème est que, alors même que les auteurs avaient visiblement déjà bien avancé la réalisation du deuxième tome (la série complète était prévue en deux cycles de deux tomes), il n'y aura jamais de suite, du fait de l'abandon par Les Humanoïdes Associés, comme de nombreuses autres productions issues de la période Shogun Mag. Cet album se révèle du coup un simple fragment d'univers, frustrant le lecteur par son absence de résolution. Il en résulte une œuvre graphiquement moyenne mais intéressante dans ses intentions, avec un monde riche et hybride, qui restera sans doute à jamais à l'état de promesse inaboutie.

20/05/2026 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Les Compagnons du Crépuscule
Les Compagnons du Crépuscule

Je suis fan du travail de François Bourgeon… j’adore Les Passagers du vent, et dans une moindre mesure Le Cycle de Cyann. J’étais pourtant complètement passé à côté des Compagnons du Crépuscule lors d’une première lecture douloureuse en 2001, allouant la note de 2/5. Je me décide de relire cette série du haut de mes 50 ans, et comme vous pouvez le voir, la note est passée à 4/5 ! Les deux premiers tomes proposent des aventures « médiévales fantastiques » mêlant rêve et réalité, et c’est sur ce point que j’avais bloqué en première lecture, notamment pour le tome 2. Ce dernier mêle rêve et réalité mais également deux époques, et la lecture est ardue… j’ai pourtant réussi à me laisser porter sans forcément essayer de tout comprendre, et je dois avouer avoir pris un certain plaisir à suivre cette galerie de personnages attachants. Et puis vient ce 3eme tome à la pagination élevée, véritable apothéose scénaristique… je l’avais déjà apprécié lors de ma première lecture, mais je me suis régalé lors de cette relecture. L’intrigue est complexe, il y a beaucoup de personnages, la lecture doit être attentive, certes, mais elle est intéressante et beaucoup plus réaliste que les deux premiers tomes (le fantastique onirique est presque complétement absent). La fin est réussie et m’a beaucoup ému. Et puis le dessin de Bourgeon atteint des sommets, notamment sur les vues architecturales… un délice pour les yeux. Une relecture fructueuse, et un coup de cœur.

04/11/2001 (MAJ le 20/05/2026) (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Blanche neige (Delcourt)
Blanche neige (Delcourt)

Cette adaptation de Blanche-Neige marque par la qualité de son travail visuel. Le dessin de Nathalie Vessillier, associé aux couleurs de Rozenn Grosjean, offre un univers vraiment charmant, riche en motifs, en forêts stylisées et en ambiances saisonnières très soignées. L'ensemble a un côté presque illustratif, légèrement figé par moments, comme si certaines planches privilégiaient la contemplation à la dynamique de la bande dessinée, mais ça reste malgré tout fluide et très agréable à parcourir. Certaines séquences panoramiques ou contemplatives sont particulièrement réussies et donnent une vraie identité à l'album. C'est aussi par cette lecture que je découvre réellement la version complète du conte des frères Grimm, et je mesure à quel point l'adaptation de Disney en a simplifié et adouci la structure. Le conte d'origine apparaît ici plus dense, plus abrupt, presque plus aventureux et moderne dans ses enchaînements, même si cette modernité tient surtout à la manière dont il est réinterprété graphiquement et narrativement dans cet album. On retrouve d'ailleurs une forme de réalisme sous le merveilleux, ainsi qu'un ton globalement plus proche du conte brut que de sa version édulcorée. Les nains, rebaptisés et individualisés, sont une réussite : ils possèdent une vraie identité, entre codes d'heroïc-fantasy et design volontairement attendrissant, presque disneyien par endroits, sans tomber dans la caricature. Cet équilibre fonctionne bien et apporte de la personnalité au groupe. En revanche, je n'ai pas été totalement embarqué sur le plan de la lecture. La narration très présente en cartouches prend trop souvent le dessus sur l'action et crée une distance avec le récit. L'ensemble devient plus descriptif que véritablement incarné, ce qui atténue l'implication émotionnelle. À cela s'ajoute le sentiment que le conte original, ainsi mis en scène, montre ses limites dans certaines logiques internes : il est difficile de comprendre les motivations de l'acharnement de la reine une fois son objectif initial atteint, et certaines de ses tentatives semblent artificiellement peu efficaces. Dans cette version très soignée visuellement, ces incohérences ressortent davantage. De même, la fin autour de la pomme et de son expulsion est difficile à percevoir sans connaître déjà l'histoire, ce qui donne une conclusion un peu moins lisible qu'elle ne devrait l'être. C'est donc une adaptation très réussie sur le plan graphique et fidèle dans son esprit au conte des Grimm, modernisée dans sa mise en scène et très agréable à regarder, mais dont la narration trop présente et certaines limites du récit d'origine m'ont empêché d'adhérer totalement.

20/05/2026 (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série Paix à mon âme
Paix à mon âme

Mon ressenti final est à mi-chemin entre le bof, sans plus et le pas mal. En gros, pour moi c'est un bof sans plus, mais pour le public visé (jeunes lectrices), c'est sans doute pas mal. La Bd est dans un gros ensemble de clichés, l'école de sorcellerie avec les costumes clichés qui personnellement m'ont beaucoup fait rire, surtout les chapeaux que j'imaginais en permanence tomber de leurs têtes au vu de la taille, ainsi que des jeunes étudiants et étudiantes qui voient une de leurs camarades disparaitre. L'une d'entre elle va commencer à enquêter, persuadée que les adultes ne font rien. Soyons honnête, ça ne va pas super loin niveau histoire. C'est le hic d'une histoire avec de la magie : lorsque je vois les étudiantes faire des tours pour retrouver leur amie et y parvenir, je me demande comment des adultes qui ont plus d'expériences et de connaissances ne peuvent pas y parvenir encore plus vite. De même, il y a des moments où je m'interrogeais sur les compétences des professeurs alors que des gamines échappent à leurs surveillance en permanence dans un monde de magie. Mais disons qu'on doit suspendre notre jugement un petit moment pour en profiter, voulez-vous ? En gros, l'histoire est une variation sur un secret d'adulte bien gardé que des gamins vont révéler au grand jour. Le tout avec des histoires d'amitié et d'amours (LGBT) dans un contexte d'école de magie. Ça ne vole pas très loin, et même si la résolution a une petite surprise, elle n'est pas non plus extraordinaire. C'est assez convenu, ça ne m'a pas étonné. Le dessin de Sweeney boo est perfectible, et personnellement j'ai du mal avec les bouches qu'elle fait. On dirait que tout les élèves ont les lèvres refaites, de même il y a plusieurs tics qui me sautent aux yeux dans les cheveux ou les expressions de visages qui font trop marquées. Bref, c'est pas ce qui me convient le plus, et je dois avouer que je ne suis pas enthousiaste par ce volume qui semble être le premier d'une série en devenir. Personnellement je ne serais pas au rendez-vous de la suite, mais encore une fois, je ne suis pas du tout le public cible. Donc laissons un 2.5 généreux.

20/05/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 2/5
Couverture de la série Margot la folle
Margot la folle

Une femme flamande vivant dans un village ravagé par la peste se lance dans une poursuite hallucinée à travers l'enfer et les paysages de l'Apocalypse pour tenter de retrouver son mari emporté par les spectres de la mort. Je reconnais sans difficulté le travail ambitieux réalisé autour de cet album. Muriel Blondeau construit un univers médiéval fantastique très personnel, nourri de folklore flamand, de visions apocalyptiques et surtout d'un hommage permanent à l'univers pictural de Pieter Brueghel. Toute la BD fonctionne comme une réinterprétation libre et fiévreuse de Margot l'enragée, mais aussi de quelques autres œuvres du peintre, avec des références visuelles évidentes à ses enfers grouillants, à ses monstres, à ses scènes de chaos et à cette représentation très organique de l'Apocalypse. On sent aussi fortement l'influence de Jérôme Bosch dans le bestiaire et certaines visions grotesques ou cauchemardesques. Visuellement, l'album possède une vraie identité. Le grand format carré accentue cette impression d'objet atypique et permet à l'autrice de construire des planches très libres, pleines de débordements graphiques, de personnages qui envahissent les cases, de créatures absurdes, de détails partout et de compositions volontairement désorientantes. Il y a un vrai travail pour donner vie à une espèce de conte médiéval halluciné où le lecteur traverse un monde de peste, de mort, de superstition et de visions infernales. Mais malgré tout ça, je n'ai jamais réussi à entrer dans le récit. J'ai trouvé l'ensemble beaucoup trop fantasque, onirique et volontairement confus. Les péripéties s'enchaînent dans une logique de rêve fiévreux où l'on passe sans arrêt d'une rencontre absurde à une autre, d'un symbole à un autre, sans structure claire ni montée dramatique qui me donne envie de suivre l'aventure. Je comprends que cette désorientation fasse partie du projet, mais elle ma empêché de rentrer dans le récit. Le langage utilisé n'a pas aidé non plus. Les dialogues sont remplis d'expressions flamandes et de références culturelles nécessitant constamment de revenir au lexique placé en début d'album. Je peux comprendre que cela participe à l'ambiance folklorique, mais j'ai trouvé ça assez pénible et cassant pour la lecture. J'avais régulièrement l'impression qu'il me manquait des références culturelles, historiques ou picturales pour réellement apprécier ce que l'album essayait de raconter. Même si je respecte la proposition artistique et le travail d'hommage à Brueghel, cette BD m'a laissé une impression de confusion et d'ennui. J'y ai davantage vu un exercice graphique et culturel érudit qu'un récit capable de réellement me captiver.

20/05/2026 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Meuf - Guide pour nos filles
Meuf - Guide pour nos filles

Voila une BD intéressante à mettre entre les mains des petites filles ! C'est un manuel assez simple, clair et didactique sur les femmes, avec la question centrale de "qu'est-ce qu'une femme ?". Sans divulgâcher, la réponse ne sera pas très simple, évidemment. Puisque la femme est une construction sociale, une façon de comprendre les différences de genres qu'on identifie comme essentialisante. La BD s'inscrit dans la lignée d'un grand nombre d'autre œuvre qui analysent la place des femmes dans notre société et ce que l'on apprend en l'analysant. La BD cite de nombreuses autrices, de témoignages aux travaux de recherches, tout en se mettant en scène en tant que maman, mais aussi dans sa propre vie de femme telle qu'elle l'a vécue dans la jeunesse. Car oui, le tout est principalement articulé autour de l'enfance et de l'école, de ces années où l'on fabrique et intègre le sexisme. L'ensemble est à la fois très clair, notamment par un découpage en chapitre qui permet de s'articuler d'une notion à l'autre tout en restant parfaitement fluide, mais en distinguant parfaitement bien chacune d'entre elles. D'autre part, il y a une vraie construction du propos qui intègre progressivement chaque notion pour développer. Au final, même si je n'ai pas appris grand chose car beaucoup de ces sujets étaient déjà arrivées avant dans mes réflexions et mes lectures, je suis émerveillé de les voir expliqué si simplement et si efficacement au grand nombre. Les témoignages de chacun/chacune permet de renforcer les questions, les débats. Tout au plus, dirais-je qu'il manque une partie sur le female gaze (évoqué mais pas en ces termes) ainsi que sur la prédominance du male-gaze et ce qu'il génère. C'est dans le même ordre d'idée que ce qui est évoqué dans la BD mais ça aurait permis un sujet intéressant précisément sur l'art. Mais là on est dans du pinaillage. Le dessin de Marie Dubois colle très bien à ce type de récit, avec un dessin aux touches coloré, très rond et sans trop de décors, permettant de bien faire ressortir tout les aspects de son documentaire. Ni trop détaillé ni trop flou, il est dans cette précision qui convient lorsque le propos n'est pas transmis principalement par le dessin. Bref, très réussi là aussi. En fait, je dirais que toute personne qui a un gamin devrait lui offrir, quel que soit son genre, pour faire évoluer les mentalités dans le bon sens. On commence à peine à avoir ces sujets qui percent dans le débat public, il serait de bon ton que ça fasse plus que des petits échos dans les milieux militants. Une BD à mettre entre toutes les mains, donc.

20/05/2026 (modifier)
Par Spooky
Note: 2/5
Couverture de la série Les Aventures de François Ruffin, député-reporter
Les Aventures de François Ruffin, député-reporter

Nous sommes à un an de l'élection présidentielle. A l'heure où les candidat(e)s présomptifs/ves sont nombreux/ses, certains essaient de se démarquer, de sortir du lot. Sans clamer que je sois particulièrement fan du personnage, force est de constater que François Ruffin, député écologiste de la Somme, essaie de se démarquer. Journaliste et documentariste de formation, il s'est engagé depuis une dizaine d'années en politique, et est député de la Somme depuis 2017. Ce mandat lui permet de se mêler à la population locale, lors d'évènements divers, de manifestations ou encore d'immersions avec des travailleurs et des travailleuses de la première ligne, salué(e)s durant la crise Covid, mais jamais rétribué(e)s de manière substantielle. On a donc une suite d'instantanés, certains uniques, d'autres découpés en plusieurs segments, qui montrent son écoute, son talent pour le dialogue et l'esprit de synthèse qui lui permet d'être pertinent et percutant dans ses interventions et ses analyses. Des anecdotes racontées par Ruffin lui-même, et transformées en segments narratifs par le talentueux et chevronné Laurent Galandon. Des anecdotes, des témoignages parfois poignants, tous intéressants. Ruffin s'y montre donc attentif, offensif, mais jamais injurieux ou agressif comme il peut l'être dans d'autres circonstances. C'est donc un peu policé, une bonne chose, mais Ruffin y est aussi, par moments, un peu pédant, ce qui est dommage. EDIT : A la lumière de la relecture dans un autre angle, et différents témoignages, dont celui d'une personne présente dans le récit se déroulant dans un train, il semblerait qu'en plus de jouer au sauveur blanc, Ruffin ait bien bien contrefait certaines choses, en sa faveur. Je ne peux que condamner ce comportement, car si on a coutume de romancer les choses en BD, c'est pour que le récit soit meilleur ; si c'est à des fins électoralistes, cela pose un gros problème pour moi. Je baisse donc ma note initiale de 3 à 2/5, ne voulant pas sanctionner le travail de la douzaine d'auteurs qui ont participé à ce collectif, et que Ruffin semble invisibiliser quand il fait la promo de l'album. Le travail graphique des onze dessinatrices et dessinateurs qui ont accepté de le suivre dans l'aventure est vraiment bon, quoique très diversifié (on a Pendanx et Jul, par exemple...). Ils ont fait du bon boulot sur des formats courts, voire très courts. En bref, un album à prendre avec beaucoup de pincettes.

07/05/2026 (MAJ le 20/05/2026) (modifier)