Les derniers avis (115411 avis)

Par Talum
Note: 3/5
Couverture de la série Les Princes d'Arclan
Les Princes d'Arclan

C’est une aventure fantasy légère, agrémentée d’une touche d’enquête, qui se lit agréablement en une ou deux soirées. Même si le dessin comme le scénario ne proposent rien de véritablement exceptionnel, l’histoire reste captivante et parvient à immerger efficacement le lecteur dans une atmosphère de fantasy coloniale inspirée des Caraïbes. L’univers évoque l’époque des compagnies commerciales maritimes et des États insulaires caribéens, transposée dans un cadre fantastique. Ce n’est ni le récit le plus profond ni le plus ambitieux, mais il parvient sans difficulté à maintenir l’intérêt jusqu’à la dernière page. Parmi les points faibles, je noterais qu’Olgo et Lekard, deux des personnages principaux, se ressemblent beaucoup : mêmes visages, mêmes barbes, coiffures très proches et même couleur de cheveux. Au début, il n’est pas toujours facile de les distinguer ou de les mémoriser. J’ai également eu l’impression que l’auteur ne faisait qu’effleurer un univers beaucoup plus vaste, riche en histoires potentielles. Le cadre paraît bien plus grand que l’intrigue elle-même. Ce que nous lisons n’est finalement qu’une histoire parmi des centaines d’autres possibles : celle de quatre personnages aux objectifs et motivations différents, dont les destins se croisent de manière habile. Au final, c’est une bonne bande dessinée de divertissement : agréable à lire, immersive et cohérente. Elle ne cherche pas à révolutionner le genre ni à transmettre des idées particulièrement marquantes, mais elle remplit parfaitement son rôle. Une lecture sympathique, sans être pour autant mémorable ou exceptionnelle.

06/06/2026 (modifier)
Par Lodi
Note: 5/5
Couverture de la série Bande d'arrêt d'urgence
Bande d'arrêt d'urgence

Autrefois, pour dire qu'on prenait quelqu'un de haut, on disait qu'on le traitait cavalièrement, nom d'un cheval et d'un chevalier ! Le véhicule, animal ou mécanique, rehausse face au piéton et induit de vivre dans son monde ou de le prendre de haut. C'est inévitable, ne faisons pas de la publicité, du capitalisme, de la vitesse ou de je ne sais quoi encore, la cause. C'est un rapport de force élémentaire, basique… Cependant, l'œuvre l'exprime de façon dramatisée mais juste par exemple avec l'image du piano risquant de tomber sur le piéton…. Et elle explore tous les détails de cette situation. Les conducteurs ne sont pas coupables, mais ils le deviendraient si après cette lecture, ils n'adoptaient pas une conduite plus respectueuse des cyclistes et autres piétons.

05/06/2026 (modifier)
Par Vaudou
Note: 5/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Eternus 9
Eternus 9

Félicitations Dave, vous venez de trouver le second monolithe de la bande dessinée bis. Il vous en reste 7 à trouver... Aucun avis sur ce chef d'oeuvre vraiment ? Je vais devoir réparer ce sacrilège alors. Car si je lis des bandes dessinées, c'est pour découvrir des œuvres comme Eternus 9. Victor Mesquita, auteur portugais à la reconnaissance proche du néant, décide de sortir ce petit bijou totalement méconnu en l'an de grâce 1983. L'humanité est condamnée à court terme à cause de la surpopulation. Les scientifiques décident d'envoyer dans l'espace un couple avec une mission pour le moins originale : procréer un enfant qui sera capable de vivre dans le cosmos, libéré des contraintes physiques et temporels. Le récit est donc une odyssée spatiale et métaphysique, avec une narration qui se veut poétique, sans être trop compliquée. Pas besoin de relire trois fois une page. Bon, deux fois peut être... L'esthétique, très vintage, est au diapason de l'histoire : Architectures monumentales en pleine page à la Philippe Druillet, paysages psychédéliques saturés de couleurs explosives, effets d'optique, vaisseaux spatiaux de toute beauté... Chaque planche est un tableau d'une richesse graphique inouïe. Le tour de force : Eternus 9 n'est pas du tout un trip visuel hasardeux. Le but de Mesquita est clairement de jouer avec l'inconscient de son lecteur, de le mettre au centre d'une expérience hypnotique. Il suffit d'accepter le voyage... Une masterclass, à ranger fièrement à côté de Delirius.

05/06/2026 (modifier)
Couverture de la série La Muette - Drancy, un camp aux portes de Paris
La Muette - Drancy, un camp aux portes de Paris

Un album agréable à lire – si tant est que l’on puisse parler de plaisir en lisant cette présentation d’un enfer haineux… Les auteurs se sont solidement documentés. Ça se voit tout au long de l’album, et se vérifie avec les sources données en fin d’album (et c’était confirmé par la préface d’Annette Wieviorka). « La Muette », c’est le nom de la cité de Drancy qui va servir, durant toute l’occupation, de « camp de transit », « stockant les Juifs raflés avant que ceux-ci ne remplissent les convois en direction des camps d’extermination en Pologne, une fois que la « Solution finale » a été précisée à Wannsee. Encore que l’expression camp de transit soit assez floue. Car La Muette est plus qu’un avant-goût de l’enfer, elle en est une partie. En effet, nombreux sont ceux qui succombent aux mauvais traitements, affamés, fous, humiliés en permanence. On voit bien la collaboration de la police et donc de Vichy (pour les grandes rafles, mais aussi pour la surveillance de ce camp). Je ne peux donc que me joindre aux auteurs, qui parlent d’ordures à propos de ceux qui tentent de réhabiliter Pétain et son œuvre, prétendant que celui-ci a « sauvé » les Juifs français. On voit aussi la radicalisation des Nazis (après Wannsee) et de Laval, lorsque les rafles – et les convois vers la mort – ne concerneront plus seulement les hommes, mais aussi les femmes et les enfants. La force de ce récit est de donner corps aux victimes. De donner à voir noms et visages, de « réhumaniser » ces personnes, qui ont été déshumanisées avant que d’être exterminées. Le dessin est fluide, et la bichromie bleue/gris convient bien à l’atmosphère grisâtre, terne et déprimante qui domine parmi ces êtres en sursis. Un album à lire, pour ne pas oublier ce à quoi mène l’essentialisation et le rejet de groupes stigmatisés. Ici les Juifs, mais aujourd’hui d’autres populations pourraient en être victimes.

05/06/2026 (modifier)
Couverture de la série Judee Sill
Judee Sill

Je ne connaissais pas du tout cette artiste. Ce que m'en ont fait connaitre les auteurs m'a fait penser à la destinée météorique d'une autre artiste (que je ne connais pas en profondeur, et qui a connu une plus grande célébrité), à savoir Amy Winehouse: une carrière courte, un gros talent (vocal entre autres) et une fin sordide, rongée par les drogues. Le fait qu'il n'y ait finalement pas trop d'informations précises concernant la biographie de Judee Sill a sans doute été une chance pour les auteurs. En leur évitant la banale chronologie illustrée, ils ont été vers la construction d'une ambiance - très bien rendue - d'une époque, la Californie des années 1960-70. Et finalement, ça finit par rendre attachante, touchante cette femme, qui, pourtant, a priori, ne déclenche pas spontanément l'empathie, car violente, impulsive, autocentrée. Un album qui est aussi le reflet d’une époque où la vie pouvait se brûler – rapidement – par tous les bouts. Mais aussi le portrait d’une gamine qui avait plein de rêve dans la tête, et qui n’a pas voulu faire de concession pour les abandonner, quitte à ce qu’ils se transforment en cauchemars. Le dessin est plutôt agréable. Avec une volonté de bien faire ressortir l’ambiance power-flower et la prise de drogues (quelques cases très psychédéliques). Un petit détail cependant page 20, une erreur dans une case : un personnage passe d'une chemise à carreaux roses à une chemise unie grise, puis reprend la bonne couleur la case suivante... Une lecture intéressante en tout cas.

05/06/2026 (modifier)
Par Talum
Note: 3/5
Couverture de la série Hurlevent (Duval/Créty)
Hurlevent (Duval/Créty)

Pendant ma lecture, j’ai constamment eu l’impression que quelque chose de vraiment passionnant allait enfin arriver. Mais le troisième tome s’est terminé sans que cette promesse soit réellement tenue. Au final, je suis resté quelque peu déçu. À mon avis, les personnages principaux sont assez peu développés. En trois tomes, on apprend finalement très peu de choses sur eux, ce qui rend difficile de s’y attacher ou de partager leurs émotions. Quant au mystérieux fléau qui s’abat sur le monde, il ressemble davantage à un outil scénaristique qu’à une véritable énigme captivante. En revanche, le dessin est nettement supérieur au scénario. C’est un de ces cas où la partie visuelle surpasse le récit. Les paysages, les détails de l’univers et les personnages eux-mêmes sont bien plus travaillés que l’histoire qu’ils servent. Je ne peux pas dire que la lecture ait été désagréable. C’est plutôt que l’histoire n’a pas répondu aux attentes qu’elle avait elle-même suscitées. En trois tomes, il aurait été possible d’approfondir davantage les personnages et leurs relations, mais cela ne se produit jamais vraiment. Malgré tout, je ne regrette pas d’avoir lu cette série. Elle possède un certain charme : le mélange d’esthétique Renaissance et de paysages désertiques crée une atmosphère à la fois intrigante et dépaysante. Cependant, ce choix esthétique est très peu justifié par l’univers lui-même. On a l’impression qu’il a surtout été retenu pour son apparence visuelle. Personnellement, j’aurais aimé que la culture, l’organisation de la société et l’histoire du monde soient davantage liées entre elles, car ce sont précisément ces éléments qui rendent un univers fictif véritablement crédible.

05/06/2026 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Car l'enfer est ici (Le Pouvoir des innocents - cycle 2)
Car l'enfer est ici (Le Pouvoir des innocents - cycle 2)

Alors, comment est cette suite du Le Pouvoir des innocents de Brunschwig, éditée près de 20 après le premier tome du premier cycle, et dix ans après le dernier ? Eh bien c'est une suite qui fait bien toute les liaisons de l'histoire précédente, mais surtout relie les points quant au propos sur la politique des États-Unis des années 90. On a clairement une réflexion sur les démocrates et les républicains dans ces années-là, associé à une question sur le 11 septembre qui débarque. Les références sont souvent assez clair, comme le nouveau président qui est un Bush fils à peine caricaturé, fils à papa élu sur des votes douteux et porté par une aile droite qui tente de contrer des volontés démocrates de plus en plus clair dans un programme politique social. Tout les espoirs seront anéantis dans un bain de sang lors d'un 11 septembre qui marquera le retour d'une droite conservatrice et plus dure que jamais. Le débat est désormais clos, hélas ... La BD est donc une réflexion, dix ans après, sur l'Amérique des années 90 juste au passage à l'an 2000. On y voit pèle-mêle les aspirations d'une jeunesse des années 80, la mafia toujours aussi présente, les gens désabusés par des politiciens véreux dans lesquels plus personne ne croit ... C'est assez bien fait, on sent l'idée de retranscrire tout ça d'une façon compréhensible et surtout qui permette de faire ressentir l'impact sur le citoyen de la politique globale. Le hic, c'est que le scénario emprunte tellement de pistes qu'il n'arrive pas à réellement boucler ses arcs et que l'on sent qu'une partie reste en suspens pour la suite. Mac Arthur est peu présent alors qu'il aurait pu avoir un réel impact à la fin, Joshua devient une figure récupéré par une extrême-droite raciste mais sans que ce ne soit développé, bref on sent que Brunschwig sait qu'il fera des développements dans un troisième arc et ça se sent que tout n'est pas présenté pour être bouclé ici. Ce qui est dommage, car j'aurais aimé que le dernier tome ne soit pas uniquement (ou presque) le procès et qu'on voit comment tout ceci peut se boucler. Je dirais que la BD subit le poids de tout ce que les auteurs voulaient y mettre, sans avoir le temps de correctement traiter chaque aspect soulevé. La BD a donc des défauts, mais je reste sur une bonne note car elle a l'avantage de parler d'une manière originale de la politique, du pouvoir et des enjeu sociaux. De même, le rythme est impeccable et elle a le bon gout de proposer des personnages attachants mais pas sans défauts. En fait, je crois que la BD est pétrit de bonnes intentions dans la narration et dans le propos, ce qui rend la lecture plaisante et laisse un bon gout dans l'ensemble. Je me demande si la contrainte de cinq tomes pour copier la première série n'aurait pas dû sauter pour aller dans une série plus longue qui aurait alors pu prendre le temps de tout traiter. En l'état, c'est une bonne suite, peut-être pas au niveau de sa première série qui arrivait à conclure l'ensemble, mais ça ne dépareille pas. Lecture recommandée !

05/06/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Total (Premium+ / Développement durable)
Total (Premium+ / Développement durable)

Dans un futur proche où l'argent semble avoir remplacé toute autre valeur, un magnat obsédé par la richesse se livre à son ancien psychiatre dans un récit mêlant capitalisme débridé, robots, extraterrestres et réflexions sur la nature humaine. C'est une BD assez étrange mais suffisamment intrigante pour m'avoir donner envie d'aller jusqu'au bout. Ugo Bienvenu imagine un futur légèrement loufoque tout en restant crédible, rempli d'idées originales sur l'évolution de la société, les rapports humains et la place de l'argent. Même lorsque le récit part dans des directions inattendues, il conserve une vraie capacité à susciter la curiosité. En revanche, tout n'est pas réussi. Le dessin alterne entre des planches pleines d'élégance et des personnages parfois franchement disgracieux, avec des visages ou des anatomies qui m'ont souvent paru maladroits. Le récit est également beaucoup trop bavard, multipliant les longues digressions philosophiques, sociologiques ou financières parfois complètement fantaisistes dont certaines m'ont semblé assez barbantes. Malgré ces défauts, ce petit pavé se lit assez vite grâce à son originalité et à son foisonnement d'idées. Une curiosité intéressante que je ne regrette pas d'avoir lue, même si je ne suis pas certain de la conseiller à l'achat. Note : 2,5/5

05/06/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 2/5
Couverture de la série La Belle Mort
La Belle Mort

Puisque je venais de lire son album le plus récent, j'ai enchainé avec le tout premier album de Mathieu Bablet pour voir comment il avait commencé. On y retrouve la même trame post-apocalyptique et le même sentiment de désespoir pour l'humanité, mais ici le récit prend progressivement une direction plus étrange, entre science-fiction, fantastique et réflexions sur la survie. Dès les premières pages, l'album dégage une atmosphère très particulière et une vraie personnalité visuelle. Les décors urbains sont superbes, avec ces immeubles, passerelles, structures et architectures qui s'entrelacent dans un gigantesque labyrinthe de béton. On sent déjà le talent de l'auteur pour représenter les villes, les perspectives et les espaces abandonnés. La mise en scène possède également une certaine originalité dès l'introduction du récit, avec plusieurs séquences marquantes qui installent efficacement cette ambiance de fin du monde mélancolique et oppressante. J'ai aussi apprécié cette première partie centrée sur la survie quotidienne de personnages qui continuent d'avancer sans vraiment savoir pourquoi, dans un monde qui semble déjà condamné. L'atmosphère fonctionne bien et donne envie d'en découvrir davantage. En revanche, plus l'histoire avance, plus elle m'a perdu. Les motivations des personnages se font de plus en plus floues et il est difficile de s'attacher à aucun d'entre eux ou de s'investir dans leur destin. Surtout, tout ce qui concerne les révélations et la signification des événements dans le dernier tiers de l'album m'a paru beaucoup trop vague. J'ai eu l'impression que le récit cherchait à devenir plus ambitieux et symbolique sans réussir à rendre ses enjeux suffisamment clairs ou convaincants. Une partie importante de ce qui se passe finit par me sembler gratuite, voire arbitraire, ce qui rend la conclusion franchement décevante. Je retiens donc surtout la puissance visuelle de l'album et l'ambiance qu'il parvient à créer. Les décors urbains sont déjà impressionnants et la mise en scène montre un auteur plein de potentiel. Malheureusement, le scénario m'a laissé à distance et la fin m'a laissé perplexe et déçu.

05/06/2026 (modifier)
Par Cleck
Note: 2/5
Couverture de la série Dans l'intimité de Marie
Dans l'intimité de Marie

Repêchage de cette série suite aux avis élogieux lus notamment ici et à son sujet au fort potentiel. A l'instar du très intrigant Le Cas David Zimmerman, cette BD aborde l'intrigue de l'échange de corps et la découverte de celui de sexe opposé, sans travailler la thématique du genre comme l'on est en droit de s'y attendre désormais. Mais si cette absence était rendue pertinente par Harari du fait d'un travail autour de l'inquiétante étrangeté, ce n'est nullement le cas ici. Ce n'est clairement pas très bon : les interrogations initiales sont toutes bien vite esquivées (comment investir une routine de vie méconnue, comment surmonter la méconnaissance profonde de nos proches...), plus étonnant, les pistes ouvertes par le scénario sont elles-mêmes mal refermées (la mère qui disparaît puis revient, le sentiment amoureux qui est travaillé puis oublié, etc.). Plus gênant, l'on fait face à un traitement à l'ancienne de cette thématique de l'échange des corps, multipliant le fan service occasionnellement nauséeux, ces décadrages gratuits sous les jupes des filles, l'humour gras sous l'apparence de la pudeur, en abordant la situation via le point de vue d'un post-ado libidineux mais coincé : si la 1ère scène explicitement sexuelle était légitime, son traitement est bien maladroit ; mais que dire de la 2nde ne recherchant que le sensationnalisme gratuit pour émoustiller son lectorat masculin ? Ces multiples défauts cachent malheureusement des qualités visuelles réelles : un sens du rythme, une manière d'épurer les pages des textes superflus, une capacité ici ou là à figurer une expressivité étrangement intéressante. Une lecture rapide, une thématique géniale, mais un traitement misogyne que l'on aimerait ne plus voir au 21e siècle.

05/06/2026 (modifier)