Les derniers avis (113770 avis)

Par PAco
Note: 3/5
Couverture de la série Arkham Mysteries
Arkham Mysteries

Ayant été nourri à la littérature fantastique avec bien sûr du Lovecraft en veux-tu en voilà, c'est avec appétit et curiosité que je me suis lancé dans la lecture de cette nouvelle série. S'étant spécialisé dans la littérature populaire, fantastique et paranormale, c'est sans surprise que nous retrouvons Richard D. Nolane au scénario avec au dessin Manuel Garcia. Nos deux auteurs vont donc jongler avec tous les ingrédients qui font le bonheur des amateurs de Lovecraft. Aventure, mystères, monstres, folie, ésotérisme et superstitions sont donc au rendez-vous en suivant les pas mouvementés de Seth Armitage, professeur à l'université de Harvard. Ce dernier va perdre toute sa notoriété et sa crédibilité en voulant aider un de ses meilleurs amis disparu en Mongolie. Il va rentrer de ce voyage traumatisé, au bord de la folie, le dos tatoué d'un étrange énorme tatouage... C'est à Arkham qu'Armitage va finir par retrouver un poste en reprenant la chaire des religions et cultes disparus. Si la chance lui sourit pour ce poste, ce n'est que le début de nouveaux ennuis... Les amateurs de Lovecraft devraient facilement trouver leur compte dans cette série qui a bien intégré les codes et les ficelles qui ont fait le succès de l'auteur. Les ambiances noires et angoissantes des lieux sont omniprésentes, et on sent le danger tapis dans l'ombre de chaque case. Le dessin de Manuel Garcia est d'une grande efficacité et nous emporte volontiers dans cet univers étrange, dommage que la colorisation de Dijjo Lima n'emporte pas complètement mon engouement ; je trouve qu’elle manque de cohérence au fil des pages et certains effets informatiques ne sont pas des plus judicieux. Malgré ce petit bémol, j'ai passé un bon moment de lecture, et j'avoue attendre la suite de cette série pour peaufiner ma note en espérant la monter à 4. (3.5/5) *** Tome 2 *** Voici une suite qui aura mis un peu de temps à arriver, mais mieux vaut tard que jamais :) Nous retrouvons donc le professeur Seth Armitage, accompagné de Lovecraft (himself !) et d'une jeune journaliste, qui cherchent à comprendre ce qui se trame entre Arkham et Providence. Car à chaque événement étrange majeur, le professeur manque défaillir de douleur à cause de son tatouage dans le dos qu'il a "ramené" de son périple en Mongolie. Notre trio a malheureusement toujours un coup de retard, et de terribles événements se profilent sous les coups de boutoir retors de nos monstrueuses divinités : elles préparent leur retour insidieusement mais efficacement... J'aime replonger dans ces ambiances lovecraftiennes, et nos auteurs y parviennent de belle façon, s'amusant à introduire Lovecraft lui-même dans leur récit de façon originale et réussie. On reste sur le même graphisme efficace de Manuel Garcia, rien à redire de ce côté là. Vivement le troisième et dernier tome ! J'affinerai ma note en fonction.

10/02/2022 (MAJ le 21/01/2026) (modifier)
Par Titanick
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Basta ! - Guide d'autodéfense féministe pour ados (et pas que...)
Basta ! - Guide d'autodéfense féministe pour ados (et pas que...)

Un documentaire ? Oui et non. Un manifeste féministe ? Oui et non. En revanche c’est un véritable cours de self défense à l’usage des filles. Sans violence mais non sans humour ! Les deux auteures s’adressent directement aux lectrices. Que faire dans des situations où celles-ci peuvent subir des atteintes variées. Stéréotype de genre, remarques déplacées sur la tenue des jeunes filles, ou sur leur sexualité. Et bien entendu les situations de harcèlement de rue, ou celles en classe ou sur les réseaux sociaux, les relations amoureuses et la notion du consentement... Que dire ? Que faire ? Comment réagir ? Cette bd aide à trouver des arguments pour exprimer que la situation doit s’arrêter. Plein de conseils et surtout un panel de solutions pour désamorcer des tensions, pour se sentir plus forte et pour le faire comprendre. Évidemment aucune violence mais un travail sur l’observation, la posture, l’attitude, la voix, les voies de justice… extrêmement bien expliqués. Et l’accent est mis également sur la sororité. Aider les filles en difficulté et surtout ne pas crier avec les loups. Quelques affaires sordides nous rappellent que c’est et que ça reste nécessaire. La forme n’est pas en reste sur le discours. Rien de rébarbatif, les situations sont illustrées par des exemples qui parleront aux jeunes filles (et pas que !). Certaines scènes (de harcèlement de rue par exemple) sont commentées… et rejouées après les conseils. C’est bien foutu. L’humour est habilement distillé. Le dessin est clair et agréable et on remarque une diversité bienvenue dans le profil des filles concernées. À conseiller dans tous les établissements scolaires, bibliothèques... à diffuser ! Je l’ai emprunté à ma bibliothèque de village. Et je compte bien l’offrir dans la famille.

21/01/2026 (modifier)
Couverture de la série Notre affaire - Une BD de combat et d'espoir
Notre affaire - Une BD de combat et d'espoir

« Notre affaire ». Voilà un titre bien choisi. Polysémique. Une affaire judiciaire hors norme, qui s’est invitée dans les conversations bien au-delà de ce qu’on aurait pu imaginer au départ, devant l’affaire dont tout le monde parlait. Notre affaire aussi, puisque ce documentaire, qui brasse pas mal de thématiques – par-delà le procès de Mazan – démontre in fine que nous sommes tous concernés par le sujet au cœur de cette affaire de viols collectifs sur Gisèle Pelicot : la place de la femme dans la société, par rapport à l’homme, etc. Les auteurs ont découpé leur documentaire en plusieurs courts chapitres. Qui reprennent les principaux moments du procès, mais aussi, surtout dans la seconde moitié de l’album, des choses plus thématiques et plus « générales ». Chaque chapitre est illustré par un dessinateur ou une dessinatrice différents. Je ne suis pas fan de ce type de changements au sein d’un même album, mais bon, l’essentiel est ici ailleurs. Le récit est intéressant et éclairant, montre bien ce que cette affaire a pu révéler de notre société (et là on retrouve le titre éclairant). Mais aussi – du moins on peut le souhaiter, tout ce que ce procès pourra faire bouger, évoluer dans le bon sens. Et il y a du boulot, si l’on en croit les déclarations de certains accusés ou de certains de leurs avocats (lunaires) ! L’album se finit par un éclairage sur la nécessité de l’éducation, dès le plus jeune âge, pour les filles et les garçons, à propos de la sexualité, et surtout de la notion de consentement. Autour d’une intervention EVARS dans un collège. J’ai été formé il y a pas mal de temps et j’intervient depuis plus de dix ans devant des collégiens en EVARS, je ne peux donc que plussoir. Mais hélas, alors qu’une certaine droite et l’extrême droite bataillent pour la vider de sa substance, et que quelques discours médiatiques l’ont mis en avant, la réalité est bien moins reluisante : aucun moyen n’est affecté, à l’heure du sabrage des moyens dans les établissements scolaires , et l’établissement où j’interviens dans ce cadre – établissement pilote en la matière – en est à se demander s’il ne va pas, faute de moyens, supprimer ces interventions (obligatoires depuis longtemps, mais que peu d’établissements proposaient dans les faits). Hypocrisie et calculs politiques vont ainsi à l’encontre des discours, de la loi, mais surtout des constations établies à la suite du procès des viols de Gisèle Pelicot. On ne peut que conclure sur Gisèle Pelicot justement, et son courage, qui permet de tenter de retourner la charge de la honte et d’encourager d’autres victimes à se signaler à la justice. Note réelle 3,5/5.

20/01/2026 (modifier)
Par Miguelof
Note: 5/5
Couverture de la série Ici même
Ici même

A 17 ans je voulais soit être auteur de BD ou anthropologue/philosophe. Mes parents n’ont pas étè d'accord... J'ai acheté les premiers numéros d'(A Suivre) et je les garde encore avec beaucoup d'amour, comme la première édition de Casterman... Tardi et Forest a la couverture dès le premier numéro. J'ai adoré les dessins, l'histoire aussi ; le personnage, sa vie, mais surtout l'absurde et le questionnement du normal quotidien. Ce sont des auteurs complets (tant au dessin qu'au scénario) et cette collaboration a été merveilleuse. Aujourd'hui je ne suis pas encore dessinateur ou philosophe, j'essaye toujours...

20/01/2026 (MAJ le 20/01/2026) (modifier)
Par Yann135
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Submersion
Submersion

D’emblée, il faut le dire , Submersion n’est pas une BD qui vous prend aux tripes dès les premières cases. Le rythme est lent, presque contemplatif, et c’est diablement bon. Ywan Lepingle prend son temps pour installer une atmosphère, pour faire monter en nous une tension sourde, une mélancolie qui colle à la peau. On pourrait croire que ça traîne, mais chaque page, chaque silence entre les dialogues, est nécessaire. C’est une œuvre qui respire, qui s’impose par sa lenteur même. Et puis, il y a ce graphisme. Très épuré, très sobre, sans fioriture. On pourrait s’attendre à plus de détails, à plus de spectaculaire, mais non ! Iwan mise sur l’essentiel, sur la force des lignes et des ombres. Le trait est sec, précis, presque minimaliste. Et c’est là que réside la magie : cette simplicité apparente cache une maîtrise totale du récit visuel. On est surpris, puis conquis. Les couleurs, ensuite, ces couleurs chaudes, presque anachroniques dans les paysages nord-écossais qu’il dépeint. On s’attend à des gris, à des bleus froids, à une palette qui colle au climat rude et aux falaises battues par les vents. Mais non, Iwan ose des ocres, des rouges, des jaunes qui semblent sortir d’un autre monde. Et pourtant, ça marche. Terriblement bien. Ces couleurs, loin d’affaiblir le récit, lui donnent une dimension presque onirique, comme si chaque case était un tableau à part entière. J’ai acheté cet album parce que la couverture m’a immédiatement rappelé l’hôtel Sainte-Barbe au Conquet, cette masse de béton abandonnée sur la falaise, face à Ouessant. Ce bâtiment fantôme, ce géant de pierre et de souvenirs, qui résiste encore et toujours aux assauts de l’océan. Submersion m’a fait revivre cette sensation de solitude face à l’immensité, cette mélancolie des lieux qui ont vu passer des vies et qui, aujourd’hui, ne sont plus que des coquilles vides. Je me suis régalé. Vraiment. Chaque page tournée était un plaisir, chaque planche une invitation à m’immerger un peu plus dans cette histoire. C’est une BD qui ne vous lâche pas. Je la recommande vivement, à ceux qui aiment les récits qui prennent leur temps, qui osent la sobriété et la poésie, et qui savent que la beauté se niche souvent là où on ne l’attend pas. Un coup de cœur, sans hésitation pour ce polar surprenant.

20/01/2026 (modifier)
Par Cleck
Note: 3/5
Couverture de la série Super A
Super A

Jérémie Moreau est un auteur indéniablement intéressant : un univers graphique immédiatement reconnaissable (des couleurs criardes volontiers fluo associées à un trait rond épuré déshumanisant), des thématiques sociétales (l'écologie, la famille, la place des nouvelles technologies, l'identité...) imbriquées dans des récits aux frontières du conte), un désir de jouer avec le genre et les codes de la fiction (fantastique, drame intimiste, conte, aventure, historique...). Le voir tenter l'aventure de la BD jeunesse apparaît comme une évidence, aussi j'étais fort intrigué par ce Super A. L'histoire propose dans un premier temps de décrire via la comédie une famille atypique dans laquelle les adultes aux vies ultramodernes sont bien en peine de veiller sur leurs enfants. Voilà donc notre tout jeune Aldo contraint de surveiller sa très jeune sœur Babette. Le prévisible raté de la chose sera à l'origine de transformations en super-héros. Le récit s'emballe alors d'un point de vue rythmique, visuel et s'enrichit durablement d'une thématique écologique, mais au détriment d'une relative finesse d'écriture. Une lecture assez contrastée, qui laisse en suspens bien des questions : ce visuel au mauvais goût assumé est-il une réussite ou une désagréable particularité (on pense à Saint-Elme dans ces moments-là), cette variante de super-héros est-elle artificielle et peu exploitée ou intrigante et militante, ai-je apprécié ma lecture ou suis-je davantage interpellé qu'admiratif ? Attendons le tome 2 pour trancher, ainsi que les avis des très jeunes lecteurs.

20/01/2026 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Nos pères, nos frères, nos amis
Nos pères, nos frères, nos amis

Une BD sur un sujet lourd, mais traité par un angle original. L'idée de Mathieu Palain a été de voir la violence domestique par le prisme de ces hommes violents, ceux qui semblent des monstres dans notre société mais sont avant tout des humains, nos voisins, nos amis, nos proches, notre famille. Issu d'un reportage qu'il diffusa notamment sur France Culture et qu'il compile ici en BD, son approche est centrée avant tout sur les questions de compréhension. Ces hommes se sentent victime, non-coupable, innocents. Selon eux, ils ne sont ni des monstres ni des hommes violents. Comment expliquer cela ? La BD est assez riche et dense, les témoignages parfois horribles, mais j'ai beaucoup aimé que Mathieu Palain ne s'en tienne pas qu'à ces simples témoignages. Il les dépasse pour aller chercher les réponses sociologiques et psychologiques. Les questions sont aussi pertinentes parce qu'elles permettent de replacer toutes ces violences en contexte. La violence domestique nait d'une violence déjà présente avant, dans l'enfance des victimes et des bourreaux. Elle incite à se poser des questions sur ce qu'on autorise et permet dans les familles, la reproduction de ce qu'on a vu. C'est aussi une question de niveau de vie, lorsque la plupart des personnes arrêtées sont pauvres alors que cette violence touche tout autant les riches. Mais elle met aussi en lumière ce que doivent faire les mecs "biens" dont tout le monde pense faire partie, puisque personne n'est un monstre, on l'a dit. A quel moment est-on réellement un "mec bien" ? Quel est la limite, qu'a-t-on fait de mal soi-même ? L'important n'est pas de culpabiliser tout un chacun mais de se demander ce que nous avons appris, reproduit ou ignoré. Et comment changer cela. Cette BD est à mettre en rapport avec d'autres sur les questions des violences faites aux femmes, mais en s'intéressant moins aux victimes (question importante, bien sûr) qu'aux bourreaux, elle monte aussi que venir réparer les dégâts une fois la violence faite ne suffit pas. Il faut empêcher ces bourreaux de refaire des victimes, il faut arriver à changer les normes de masculinité toxique qui transforment tant de nos concitoyens en maris violents. Rappelons que ce fut le cas de 270.000 femmes les années passées, et donc de 270.000 hommes violents. Une BD qui incite à les considérer eux aussi comme des humains et s'interroger sur ce qu'on doit faire pour eux et avec eux. Une question importante, peut-être plus que ce qu'on imagine.

20/01/2026 (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série Chères élites
Chères élites

Un recueil de gags autour des élites de notre beau pays. C'est caustique, en gag unique ou en quelques planches, sur ces personnes se croyant au-dessus du monde et de tout, que ce soit politicien, élite financière ou encore élite intellectuelle. Chacun en prendra pour son grade ! Le trait de Ravard convient très bien à ce type de caricature, avec des têtes parfois reprise (Chirac, De Gaulle ...) mais aussi dans les têtes et les corps déformés, une représentation grotesque et ridicule qui va avec le récit. Comme souvent dans ce genre de BD, il y a de tout mais je dois dire que j'ai eu des éclats de rire plusieurs fois avec des détails qui font mouche et une inversion des valeurs capitalistes, l'invocation régulière de la main invisible et la croissance comme mot-clé du bonheur. De fait, on sent clairement le parti pris des auteurs mais ce n'est pas dérangeant, d'autant que loin du brulot politique, ils s'acharnent plutôt à montrer ces élites comme bêtes, immatures et infantiles. Cela dit, il est aussi clair que la BD reste en dessous d'autres satires, comme Tienstiens dans son excellent Koko n'aime pas le capitalisme & autres histoires ou les excellents Dialogues de Karibou. Je ne déconseille donc pas la lecture mais ça reste une lecture légère, amusante et distrayante qui ne franchit pas ce cap.

20/01/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Inlandsis Inlandsis
Inlandsis Inlandsis

Inlandsis Inlandsis est une série originale, étrange et visiblement ambitieuse, mais qui a aussi de quoi laisser perplexe. Le récit s'ouvre sur des pages documentaires consacrées aux conditions de vie et de travail des tout premiers scientifiques ayant passé des mois en Antarctique pour y étudier la glace. Puis l'album alterne ensuite entre plusieurs fils narratifs. Le premier suit un couple vivant à Nantes dans un futur proche marqué par un réchauffement climatique avancé et par une France gouvernée par un Etat catholique fasciste. L'homme est en situation irrégulière, sans que l'on comprenne immédiatement de quel point de vue, tandis que la femme tente de composer avec les séquelles d'un traumatisme crânien qui lui fait perdre la mémoire immédiate au bout de deux jours et demi. Elle est par ailleurs responsable du financement et de la logistique d'une expédition artistique envoyée en Antarctique. Cette expédition constitue le deuxième fil narratif : celui de deux vétérans de la bande dessinée envoyés vivre isolés dans une base polaire. L'un gère les aspects matériels du quotidien, tandis que l'autre raconte la vie du premier en BD, à travers de longs monologues intérieurs portant sur leur état d'esprit, leur rapport à la création et à la vie en général. L'ensemble est régulièrement entrecoupé de nouveaux chapitres documentaires consacrés à la découverte et à l'exploration du continent antarctique. On se retrouve ainsi face à un ensemble très dense et complexe, avec presque 300 pages pour le premier volume qui se révèle assez exigeant à lire. La mise en scène a ceci de particulier qu'elle explique très peu son contexte. En particulier, la partie consacrée au couple dans la France du futur fournit peu d'éléments explicatifs, et il faut plusieurs chapitres pour appréhender correctement leur situation et celle du monde dans lequel ils évoluent. Les dialogues eux aussi sont un peu ardus à suivre car la mise en scène montre peu qui dit quoi et l'auteur joue plutôt sur des codes de couleurs pour les bulles. Surtout, il reste difficile de cerner les intentions des auteurs, tant les trois fils narratifs semblent avoir peu de points de convergence, en dehors de leur lien avec l'Antarctique et les questions environnementales, ainsi que l'impact de la maladie de l'héroïne sur la logistique des artistes coupés du monde. Il en découle une lecture déroutante. J'ai apprécié certaines originalités, les idées liées à ce monde d'anticipation, la situation du couple et le personnage de cette femme à l'amnésie évolutive, ainsi que les passages documentaires, l'Antarctique me fascinant aussi personnellement. En revanche, le séjour polaire des deux artistes m'a nettement moins captivé et m'a paru beaucoup plus laborieux. Et au final, je ne sais toujours pas très bien où les auteurs veulent en venir, ni même si l'on finira par le comprendre clairement.

20/01/2026 (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5
Couverture de la série Opération Moon Fire
Opération Moon Fire

Ah ça faisait longtemps que je n'avais pas lu une BD de ce genre. Xavier Bétaucourt s'est amusé à écrire une BD plutôt divertissante, qui nous emmène dans les Etats-Unis profonds des années 60, en pleine Guerre Froide, avec des complots russes, des Martiens qui débarquent et dézinguent des gens, et des Nazis qui se baladent en liberté. C'est relativement réaliste, ça ressemble beaucoup à des dizaines d'histoires ayant fleuri à cette époque, et on ne s'ennuie pas une seconde. Là où j'ai trouvé une certaine originalité, c'est dans les motivations et les justifications de certains personnages : pour en sauver un plus grand nombre de gens, on n'hésite pas à en sacrifier quelques-uns. Et si les Russes ne sont peut-être pour rien dans l'histoire, ils restent les ennemis, les adversaires, donc on ne sait jamais... Les personnages sont parfois caricaturaux (les rednecks avec des petites moustaches...) parfois pas du tout (le champion de football est loin d'être un abruti, sans pour autant être un génie), bref on passe un très bon moment, une lecture salvatrice à une époque où le complotisme profite du rayonnement des réseaux sociaux et des medias en tous genres. Olivier Perret est un dessinateur dont j'aime bien le style, il ne s'embarrasse pas de réalisme en termes de morphologie ou d'architecture, même si on sent qu'il a fait des efforts sur les voitures américaines des années 1960. En revanche l'énergie qui se détache de son dessin est réjouissante, il a un dynamisme assez sympathique, et son compère Paul Bona aux couleurs est au diapason. Sans verser dans le didactisme, c'est un album fort sympathique, qui jongle avec bonheur entre complotisme à papa et réalités politique. Les 112 pages se lisent très vite.

20/01/2026 (modifier)