Ce recueil d'histoires humoristiques de Goossens m'a laissé un sentiment mitigé. Il est vraiment trop inégal.
Certaines histoires fonctionnent bien et font rire pour peu qu'on se laisse prendre par leur ambiance, comme celle du Petit Poucet ou celle du Comte Karlgraf par exemple. On peut alors s'amuser pleinement de l'absurde, du décalage des dialogues et du sérieux exagéré avec lequel les personnages affrontent des situations ridicules.
En revanche, beaucoup d'autres récits sont bien plus mous et peinent à provoquer le moindre rire. L'absurde s'y dilue dans une construction parfois confuse, les gags paraissent étirés ou manquent de chute, et on a parfois l'impression de se traîner d'une planche à l'autre sans réelle surprise.
Quant au dessin, il reste sympathique et typique du style de Goossens, avec ses bouilles parfois geignardes ou ridiculement sérieuses, mais cela ne suffit pas à compenser le manque de constance dans l'humour.
Bref, ce n'est pas le meilleur de Goossens : quelques bonnes idées et mises en scènes réussies, mais de nombreux épisodes peinent à convaincre, donnant une lecture trop inégale.
Note : 2,5/5
Cet album de Foerster fait partie de ses premiers et cela se ressent assez nettement. On y retrouve déjà les éléments qui feront sa marque de fabrique, mais encore dans une forme un peu embryonnaire. Son univers est bien là : un noir et blanc très contrasté, des décors aux architectures improbables, des rues désertes, et toute une galerie de personnages difformes ou grotesques qui évoluent dans une atmosphère étrange, oscillant entre fantastique et humour noir. Mais graphiquement, son trait est encore assez rond et moins personnel que celui qu'il développera par la suite. Il n'a pas encore tout à fait trouvé cette signature visuelle très singulière qui marquera ses albums ultérieurs. Le dessin reste bon, mais il paraît moins affirmé que dans ses meilleures périodes.
Les histoires souffrent aussi un peu de ce côté encore en rodage. On note par exemple plusieurs d'entre elles mettant en scène un hôtel particulier et un bossu qui y travaille, personnage récurrent qu'on ne reverra plus par la suite. Il y a quelques bonnes idées, mais l'ensemble est inégal et un peu décevant pour moi qui en ai déjà lu beaucoup de cet auteur. Plusieurs récits m'ont semblé trop bavards, comme si une idée de départ avait été étirée sur trop de pages. On finit parfois par vouloir aller directement à la chute pour savoir où l'auteur veut en venir, tant les planches intermédiaires donnent l'impression de tourner autour du pot.
Plus largement, je me rends compte qu'à force de relire Foerster, une certaine lassitude finit par s'installer. À l'époque où je découvrais ses histoires dans Fluide Glacial pendant mon adolescence, cela faisait partie de mes pages préférées. Aujourd'hui, j'ai l'impression d'avoir trop assimilé les mécanismes et les concepts de ses récits, qui reposent souvent sur des variations assez proches. À force, cela donne un sentiment de répétition qui émousse un peu l'effet de surprise.
Du coup, ce n'est clairement pas l'album le plus marquant de Foerster. On y aperçoit ce qui fera plus tard le charme de son univers mais ça manque encore un peu de densité et de précision. C’est plutôt une curiosité pour ceux qui s’intéressent à ses débuts, et un aperçu intéressant de son univers encore en formation.
Cet album est l'adaptation d'un bouquin destiné à donner une série de conseils aux hommes pour devenir le compagnon idéal, ou plutôt de dire aux femmes comment essayer de modeler leur mari selon leurs désirs. Et le résultat m'a surtout fait penser à un banal test de personnalité dans un magazine féminin. On y retrouve le même empilement de stéréotypes et de clichés faciles, simplement mis en scène sous forme de planches.
L'humour repose presque entièrement sur ces caricatures de comportements masculins et féminins. On s'attend à un peu d'ironie histoire d'arracher un léger sourire, mais dès le début la mécanique devient répétitive. Comme le principe ne dépasse jamais vraiment ce jeu de clichés, j'ai eu l'impression d'avoir tout lu dès les premières pages, et la lecture à très vite tourné en rond. Les gags sont basiques, sans mordant et restent souvent au niveau de la plaisanterie convenue.
Le dessin, de son côté, est techniquement correct mais ne m'a pas vraiment convaincu. Il est dans un style blog BD ou dessin de magazine féminin avec des décors vides au réduits au plus basique, et un trait presque trop fin qui lui donne un aspect un peu froid et sans personnalité. Rien de franchement mauvais, mais pas grand-chose non plus qui donne envie de s'attarder sur les planches.
Au final, ce n'est pas catastrophique, mais l'ensemble est creux : un concept qui repose sur des clichés faciles, un humour qui tombe à plat, et un dessin propre mais sans âme.
Solo Leveling : un fast-food avec de bons ingrédients.
Soyons honnêtes : le scénario de Solo Leveling ne révolutionne pas le genre. L’histoire suit une structure très classique, autant recyclée que les séries Netflix.
Par contre, visuellement, c’est du très solide.
Les dessins de Jang Sung-rak sont superbes. Le découpage est très lisible et les scènes d’action sont d’une clarté remarquable. On comprend parfaitement ce qui se passe à chaque combat. De plus, la mise en couleur renforce le côté spectaculaire et rend l’ensemble très agréable à suivre.
Un rythme redoutablement efficace.
L’auteur sait exactement comment accrocher le lecteur : chaque tome se termine avec un cliffhanger qui donne envie d’enchaîner le suivant. Résultat : on lit “juste un chapitre”… puis cinq.
Côté profondeur… restons raisonnables.
Pour la psychologie des personnages, on est clairement loin des univers d’Enki Bilal ou de Xavier Dorison. Mais soyons honnêtes : ce n’est pas ce qu’on vient chercher ici.
Au final, Solo Leveling ressemble à un bon fast-food : ce n’est pas de la grande gastronomie… mais quand c’est bien fait, on en redemande.
Philippe Vuillemin fait partie des rares auteurs volontairement trash que j'ai fini par apprécier. Son dessin est pourtant tout sauf engageant : un trait extrêmement gras, volontairement sale, avec des personnages difformes, crasseux et souvent répugnants. Les histoires vont dans le même sens : humour noir très gras, scatologique, sexuel, provocateur et constamment borderline. Bref, tout est pensé pour être dégoûtant et agressif.
Et pourtant, c'est précisément parce qu'il va jusqu'au bout de cette logique que cela a fini par fonctionner pour moi. Vuillemin ne cherche jamais à adoucir son propos ni à se donner des excuses : il assume un humour politiquement incorrect absolument crasseux, rempli de gags machistes et racistes qui dynamitent le bon goût. J'y ris souvent par le choc frontal, par la violence de la blague et par l'absence totale de filtre. Dans un paysage médiatique devenu hypersensible et souvent moralisateur, ce type d'humour brutal paraît presque rafraîchissant. Il y a chez lui une sorte de nihilisme goguenard qui tire dans toutes les directions et refuse toute forme de respectabilité.
Et au-delà de la provocation, il faut aussi reconnaître une vraie efficacité narrative. Les gags sont rapides, secs, percutants, et tombent souvent juste. Même quand c'est excessif ou profondément stupide, le rythme fonctionne.
Cela dit, cet album reste pour moi un peu moins marquant que "Hitler = SS", qui avait l'avantage d'un thème unique lui donnant une vraie cohérence. Ici, on est davantage face à un recueil d'histoires plus ou moins longues. Comme souvent dans ce type de compilation, le résultat est forcément un peu hétérogène et plus inégal.
C'est du Vuillemin pur jus : sale, méchant, excessif et totalement décomplexé. Mieux vaut savoir exactement dans quoi on met les pieds.
J'ai une chance inouïe : je suis né à la fin des années 70.
Ainsi si j'ai des souvenirs très précis de Sangoku, Seiya ou encore Olive & Tom, j'ai également pu voir Goldorak, Albator et Capitaine Flam.
Alors si les souvenirs des trois derniers sont très ténus, ils me permettent toutefois de me jeter dans leurs aventures avec appétit mais également un œil nouveau et sans une certaine nostalgie qui viendrait tronquer mon avis.
Comme Mac Arthur, j'ai trouvé que cette série collait parfaitement à l'idée même que je me faisais de notre héros. Pour la peine le corsaire de l'espace est celui dont je garde le plus de souvenirs, sans doute grâce au très bon animé à sa gloire sorti en 2013.
J'ai retrouvé cette part de mystère qui, dans mes souvenirs, entourait le capitaine corsaire. Ce coté taciturne, mélancolique qui faisait le charme de l'animé a été très bien retranscrit par Jérôme Alquié. On sent que l'auteur éprouve un grand respect pour son héros
Après, sur l'ouvrage même, je pense que l'on est légèrement en dessous du très bon Goldorak de Bajram et Dorison.
Et pour moi cela tient certainement plus à la colorisation qu'à l'histoire. Attention ne me faites pas dire ce que j'ai pas dit : ça reste très bien fait et très beau.
Mais j'avais trouvé les dessins d'Actarus et son robot plus "adulte".
Enfin c'est surtout pour chipoter car, encore une fois, je trouve cela très bien.
Au niveau du scénario j'ai trouvé que l'histoire faisait preuve d'une certaine justesse dans sa complexité, on arrive bien à comprendre où l'auteur nous amène et à quel danger l'équipage de l'Arcadia va devoir faire face. Il y a également ce qu'il faut d'action et de rebondissement pour ne pas s'ennuyer au fil des 3 tomes et ce même si le final est en dessous des 2 premiers albums.
Cela a été un vrai plaisir pour moi de retrouver Albator, ce héros de ma prime enfance. Un grand merci donc à Jérôme Alquié pour avoir su très bien rendre hommage à ce héros de naguère.
Je vais pouvoir m'attaquer à Capitaine Flam - L'Empereur éternel pour boucler la boucle de ma petite enfance.
Je retrouverai Jérôme Alquié un peu plus tard pour des héros plus récents : Saint Seiya - Les Chevaliers du Zodiaque - Time Odyssey
PS: On notera au passage le bon filon trouvé par Kana, avec ses adaptations des héros de notre enfance. Si tous se révèlent bons, je veux bien d'autres héros encore (Ulysse 31, Cobra, Nicky Larson, Cat's Eyes, ...)
La deuxième publication de Voss dans la collection Pied Jaloux et la troisième aux Huma si on compte Heilman.
Le dessin de Voss atteint ici sa pleine maturité artistique.
Il y a une maîtrise du noir, un souci maniaque du détail dans chaque vignette... Les bolides terrestres et les engins spatiaux sont sublimes.
Kar War se classe sans conteste sur le podium des plus belles bandes publiées dans cette collection.
C'est d'autant plus dommage que l'histoire n'est pas toujours au niveau des images.
En effet, on a droit à une intrigue trop convenue de bandes rivales cherchant à s'emparer du pouvoir sur une planète lointaine.
La narration ne nous laisse pas souffler, on est souvent noyé sous les péripéties.
De manière générale, le récit m'a moins emballé que L'Arbre à came qui était plus agréable à suivre.
On a droit à une seconde histoire assez réussie de 10 pages, Vol de Lune, en fin d'album.
Une très belle bande, passée pas loin du chef d'oeuvre si la narration avait été mieux maîtrisée.
Alcide nous présente un nouveau recueil de strips, que j’imagine au préalable publiés sur Instagram et/ou Facebook pour la plupart (si j’en crois la page de garde). Tous les gags sont construits sur le même schéma, avec une image par page, avec quelques dialogues plus ou moins débiles ou décalés, et en dessous un commentaire décalant encore d’un cran l’ensemble.
Avec un dessin minimaliste et statique (classique pour ce type d’humour), les gags jouent sur un humour con, absurde, accentuant les méprises, hors-sujets, multipliant les jeux de mots à deux balles et les réparties creuses.
Je suis a priori preneur de ce type d’humour. Mais le créneau est passablement encombré, et il est de plus en plus difficile de surprendre pour les chutes (surtout que ces chutes sont essentielles pour que le gag fonctionne). Et là, j’ai trouvé l’ensemble inégal, et globalement décevant. Quelques gags sont vraiment bons, d’autres m’ont fait sourires. Mais beaucoup ne m’ont pas convaincu.
Ça reste une lecture rapide, gentiment nunuche, pas désagréable. Mais je suis resté sur ma faim.
Note réelle 2,5/5/5.
Je m’attendais à lire une biographie d’une « dynastie » de bourreaux, célèbre pour avoir officié dans la capitale aux XVIIème et XVIIIème siècles (voire un peu au-delà). C’est un peu ça bien sûr. Mais, rapidement, l’intrigue bifurque vers autre chose.
L’amateur de souffrances n’est pas le bourreau, comme je l’avais au départ imaginé, mais un personnage – puis d’autres, qui puisent dans la vision des souffrances infligées une sorte de remède miracle contre le vieillissement, une jouissance pas seulement sadique, mais aussi quasi orgasmique.
Cet aspect de l’histoire rapproche cette série de certains romans gothiques, avec un fantastique noir et inquiétant, vaguement horrifique.
Toutefois, une fois la situation mise en place, j’ai trouvé que le scénario en rajoutait un peu trop au niveau des pouvoirs de nuisance de cet « amateur ». Qu’il soit une sorte de Gilles de Rais moderne passe encore, mais qu’il soit l’instigateur de plusieurs régicides, voire de la Révolution française, en influençant à ce point certains personnages – et à travers eux la marche de l’Histoire – ça fait un peu trop. Ce travers s’accentue dans le deuxième, encore plus dans le dernier album – ce que je regrette un peu (j'aurais sans doute arrondis au supérieur sans ça).
Au final, ça reste quand même une série plaisante, qui exploite bien l’Histoire, nous présente le « métier » de bourreau (et ici on est même surpris de découvrir des bourreaux presque humanistes, cherchant à limiter les souffrances de leurs « clients »), avec un dessin au trait gras mais lisible et pas désagréable.
Note réelle 3,5/5.
Lou Lubie revisite le mythe du vampire de façon tout à fait originale et très actuelle. En l’associant habilement au thème de la prédation sexuelle, elle nous fait prendre conscience que ce type de comportement découle d’un système plus global et séculaire légitimant la domination des élites sur l’ensemble de la population. Et là où l’autrice fait preuve d’habileté, c’est qu’elle évite l’écueil du manichéisme en donnant à travers cette fiction la parole aux voix divergentes tout en les plaçant face à leurs contradictions.
Le fil rouge de l’histoire est l’actrice Violeta Ovidia Lupescu, sorte de double féminin de notre Depardieu national, soupçonnée d’avoir mordu des assistants en toute impunité. Pour mieux coller au contexte, l’intrigue se déroule dans une Transylvanie contemporaine, où cohabitent humains et vampires sous une façade faussement égalitaire. Lassée de supporter une domination qui ne dit pas son nom, Maggy, après avoir été licenciée par sa supérieure sous prétexte d’ « indocilité », sera conduite à militer dans une association dont l’objectif est d’en finir avec la loi du silence. La morsure infligée à son ami Anghel par un inconnu jouera également beaucoup dans sa décision.
On appréciera la façon dont Lubie brasse plusieurs thèmes très familiers dans notre époque tiraillée entre les positions réactionnaires des uns et les luttes progressistes des autres : la prédation, le harcèlement ou la pédophilie, des actes marquant durablement leurs victimes, qui souvent en ressortent honteuses et hésitent à dénoncer leur agresseur face à une administration peu empathique. On y devinera plusieurs allusions à des interviews et des affaires (principalement dans l’Hexagone) qui ont pris pied dans le débat public ces dernières années et abondamment commentés sur les réseaux sociaux. L’intelligence dont a fait preuve Lou Lubie est, peut-être pour éviter d’être cataloguée comme une « féministe enragée », d’avoir choisi une femme pour représenter les prédateurs (Lupescu) et un jeune homme (Anghel) en tant que victime, mais également de présenter le personnage de Iulia en couple avec une vampire, Andreea, très bien disposée vis-à-vis des idées progressistes.
La ligne claire de Lou Lubie enchante par sa simplicité et son abondance de trouvailles, ne serait-ce que pour la bichromie mettant en avant le rouge carmin (logique, non ?). De façon un brin malicieuse, les vêtements sont inspirés par les broderies traditionnelles roumaines pour nous rappeler où se déroule le récit. Comme à son habitude, l’autrice a conçu une mise en page très efficace, appréciable par son dynamisme qui sait maintenir l’attention.
Avec ses personnages attachants, « Saigneurs » est une lecture particulièrement rafraichissante qui jette en même temps une lumière crue sur un système que nous-mêmes avons cautionné et cautionnons encore, de manière plus ou moins consciente, parfois sur des questions en apparence insignifiantes. L’ouvrage fournit de nombreux arguments pour lutter à son niveau contre l’emprise toxique de la « fabrique du consentement » véhiculée par les discours dominants des dominateurs, que ce soit à travers la politique ou les médias « mainstream ». Lou Lubie prend soin de rappeler en fin d’ouvrage quelques statistiques sidérantes, rappelant que le combat est loin d’être terminé : à titre d’exemple, saviez-vous qu’en France, encore aujourd’hui, seulement 1% des violeurs sont condamnés, tandis que l’on dénombre 94 000 victimes de viol par an ?
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L'Homme à la Valise
Ce recueil d'histoires humoristiques de Goossens m'a laissé un sentiment mitigé. Il est vraiment trop inégal. Certaines histoires fonctionnent bien et font rire pour peu qu'on se laisse prendre par leur ambiance, comme celle du Petit Poucet ou celle du Comte Karlgraf par exemple. On peut alors s'amuser pleinement de l'absurde, du décalage des dialogues et du sérieux exagéré avec lequel les personnages affrontent des situations ridicules. En revanche, beaucoup d'autres récits sont bien plus mous et peinent à provoquer le moindre rire. L'absurde s'y dilue dans une construction parfois confuse, les gags paraissent étirés ou manquent de chute, et on a parfois l'impression de se traîner d'une planche à l'autre sans réelle surprise. Quant au dessin, il reste sympathique et typique du style de Goossens, avec ses bouilles parfois geignardes ou ridiculement sérieuses, mais cela ne suffit pas à compenser le manque de constance dans l'humour. Bref, ce n'est pas le meilleur de Goossens : quelques bonnes idées et mises en scènes réussies, mais de nombreux épisodes peinent à convaincre, donnant une lecture trop inégale. Note : 2,5/5
La Soupe aux cadavres
Cet album de Foerster fait partie de ses premiers et cela se ressent assez nettement. On y retrouve déjà les éléments qui feront sa marque de fabrique, mais encore dans une forme un peu embryonnaire. Son univers est bien là : un noir et blanc très contrasté, des décors aux architectures improbables, des rues désertes, et toute une galerie de personnages difformes ou grotesques qui évoluent dans une atmosphère étrange, oscillant entre fantastique et humour noir. Mais graphiquement, son trait est encore assez rond et moins personnel que celui qu'il développera par la suite. Il n'a pas encore tout à fait trouvé cette signature visuelle très singulière qui marquera ses albums ultérieurs. Le dessin reste bon, mais il paraît moins affirmé que dans ses meilleures périodes. Les histoires souffrent aussi un peu de ce côté encore en rodage. On note par exemple plusieurs d'entre elles mettant en scène un hôtel particulier et un bossu qui y travaille, personnage récurrent qu'on ne reverra plus par la suite. Il y a quelques bonnes idées, mais l'ensemble est inégal et un peu décevant pour moi qui en ai déjà lu beaucoup de cet auteur. Plusieurs récits m'ont semblé trop bavards, comme si une idée de départ avait été étirée sur trop de pages. On finit parfois par vouloir aller directement à la chute pour savoir où l'auteur veut en venir, tant les planches intermédiaires donnent l'impression de tourner autour du pot. Plus largement, je me rends compte qu'à force de relire Foerster, une certaine lassitude finit par s'installer. À l'époque où je découvrais ses histoires dans Fluide Glacial pendant mon adolescence, cela faisait partie de mes pages préférées. Aujourd'hui, j'ai l'impression d'avoir trop assimilé les mécanismes et les concepts de ses récits, qui reposent souvent sur des variations assez proches. À force, cela donne un sentiment de répétition qui émousse un peu l'effet de surprise. Du coup, ce n'est clairement pas l'album le plus marquant de Foerster. On y aperçoit ce qui fera plus tard le charme de son univers mais ça manque encore un peu de densité et de précision. C’est plutôt une curiosité pour ceux qui s’intéressent à ses débuts, et un aperçu intéressant de son univers encore en formation.
Le Mec idéal, c’est possible !
Cet album est l'adaptation d'un bouquin destiné à donner une série de conseils aux hommes pour devenir le compagnon idéal, ou plutôt de dire aux femmes comment essayer de modeler leur mari selon leurs désirs. Et le résultat m'a surtout fait penser à un banal test de personnalité dans un magazine féminin. On y retrouve le même empilement de stéréotypes et de clichés faciles, simplement mis en scène sous forme de planches. L'humour repose presque entièrement sur ces caricatures de comportements masculins et féminins. On s'attend à un peu d'ironie histoire d'arracher un léger sourire, mais dès le début la mécanique devient répétitive. Comme le principe ne dépasse jamais vraiment ce jeu de clichés, j'ai eu l'impression d'avoir tout lu dès les premières pages, et la lecture à très vite tourné en rond. Les gags sont basiques, sans mordant et restent souvent au niveau de la plaisanterie convenue. Le dessin, de son côté, est techniquement correct mais ne m'a pas vraiment convaincu. Il est dans un style blog BD ou dessin de magazine féminin avec des décors vides au réduits au plus basique, et un trait presque trop fin qui lui donne un aspect un peu froid et sans personnalité. Rien de franchement mauvais, mais pas grand-chose non plus qui donne envie de s'attarder sur les planches. Au final, ce n'est pas catastrophique, mais l'ensemble est creux : un concept qui repose sur des clichés faciles, un humour qui tombe à plat, et un dessin propre mais sans âme.
Solo Leveling
Solo Leveling : un fast-food avec de bons ingrédients. Soyons honnêtes : le scénario de Solo Leveling ne révolutionne pas le genre. L’histoire suit une structure très classique, autant recyclée que les séries Netflix. Par contre, visuellement, c’est du très solide. Les dessins de Jang Sung-rak sont superbes. Le découpage est très lisible et les scènes d’action sont d’une clarté remarquable. On comprend parfaitement ce qui se passe à chaque combat. De plus, la mise en couleur renforce le côté spectaculaire et rend l’ensemble très agréable à suivre. Un rythme redoutablement efficace. L’auteur sait exactement comment accrocher le lecteur : chaque tome se termine avec un cliffhanger qui donne envie d’enchaîner le suivant. Résultat : on lit “juste un chapitre”… puis cinq. Côté profondeur… restons raisonnables. Pour la psychologie des personnages, on est clairement loin des univers d’Enki Bilal ou de Xavier Dorison. Mais soyons honnêtes : ce n’est pas ce qu’on vient chercher ici. Au final, Solo Leveling ressemble à un bon fast-food : ce n’est pas de la grande gastronomie… mais quand c’est bien fait, on en redemande.
Plaisir d'offrir
Philippe Vuillemin fait partie des rares auteurs volontairement trash que j'ai fini par apprécier. Son dessin est pourtant tout sauf engageant : un trait extrêmement gras, volontairement sale, avec des personnages difformes, crasseux et souvent répugnants. Les histoires vont dans le même sens : humour noir très gras, scatologique, sexuel, provocateur et constamment borderline. Bref, tout est pensé pour être dégoûtant et agressif. Et pourtant, c'est précisément parce qu'il va jusqu'au bout de cette logique que cela a fini par fonctionner pour moi. Vuillemin ne cherche jamais à adoucir son propos ni à se donner des excuses : il assume un humour politiquement incorrect absolument crasseux, rempli de gags machistes et racistes qui dynamitent le bon goût. J'y ris souvent par le choc frontal, par la violence de la blague et par l'absence totale de filtre. Dans un paysage médiatique devenu hypersensible et souvent moralisateur, ce type d'humour brutal paraît presque rafraîchissant. Il y a chez lui une sorte de nihilisme goguenard qui tire dans toutes les directions et refuse toute forme de respectabilité. Et au-delà de la provocation, il faut aussi reconnaître une vraie efficacité narrative. Les gags sont rapides, secs, percutants, et tombent souvent juste. Même quand c'est excessif ou profondément stupide, le rythme fonctionne. Cela dit, cet album reste pour moi un peu moins marquant que "Hitler = SS", qui avait l'avantage d'un thème unique lui donnant une vraie cohérence. Ici, on est davantage face à un recueil d'histoires plus ou moins longues. Comme souvent dans ce type de compilation, le résultat est forcément un peu hétérogène et plus inégal. C'est du Vuillemin pur jus : sale, méchant, excessif et totalement décomplexé. Mieux vaut savoir exactement dans quoi on met les pieds.
Capitaine Albator - Mémoires de l'Arcadia
J'ai une chance inouïe : je suis né à la fin des années 70. Ainsi si j'ai des souvenirs très précis de Sangoku, Seiya ou encore Olive & Tom, j'ai également pu voir Goldorak, Albator et Capitaine Flam. Alors si les souvenirs des trois derniers sont très ténus, ils me permettent toutefois de me jeter dans leurs aventures avec appétit mais également un œil nouveau et sans une certaine nostalgie qui viendrait tronquer mon avis. Comme Mac Arthur, j'ai trouvé que cette série collait parfaitement à l'idée même que je me faisais de notre héros. Pour la peine le corsaire de l'espace est celui dont je garde le plus de souvenirs, sans doute grâce au très bon animé à sa gloire sorti en 2013. J'ai retrouvé cette part de mystère qui, dans mes souvenirs, entourait le capitaine corsaire. Ce coté taciturne, mélancolique qui faisait le charme de l'animé a été très bien retranscrit par Jérôme Alquié. On sent que l'auteur éprouve un grand respect pour son héros Après, sur l'ouvrage même, je pense que l'on est légèrement en dessous du très bon Goldorak de Bajram et Dorison. Et pour moi cela tient certainement plus à la colorisation qu'à l'histoire. Attention ne me faites pas dire ce que j'ai pas dit : ça reste très bien fait et très beau. Mais j'avais trouvé les dessins d'Actarus et son robot plus "adulte". Enfin c'est surtout pour chipoter car, encore une fois, je trouve cela très bien. Au niveau du scénario j'ai trouvé que l'histoire faisait preuve d'une certaine justesse dans sa complexité, on arrive bien à comprendre où l'auteur nous amène et à quel danger l'équipage de l'Arcadia va devoir faire face. Il y a également ce qu'il faut d'action et de rebondissement pour ne pas s'ennuyer au fil des 3 tomes et ce même si le final est en dessous des 2 premiers albums. Cela a été un vrai plaisir pour moi de retrouver Albator, ce héros de ma prime enfance. Un grand merci donc à Jérôme Alquié pour avoir su très bien rendre hommage à ce héros de naguère. Je vais pouvoir m'attaquer à Capitaine Flam - L'Empereur éternel pour boucler la boucle de ma petite enfance. Je retrouverai Jérôme Alquié un peu plus tard pour des héros plus récents : Saint Seiya - Les Chevaliers du Zodiaque - Time Odyssey PS: On notera au passage le bon filon trouvé par Kana, avec ses adaptations des héros de notre enfance. Si tous se révèlent bons, je veux bien d'autres héros encore (Ulysse 31, Cobra, Nicky Larson, Cat's Eyes, ...)
Kar War
La deuxième publication de Voss dans la collection Pied Jaloux et la troisième aux Huma si on compte Heilman. Le dessin de Voss atteint ici sa pleine maturité artistique. Il y a une maîtrise du noir, un souci maniaque du détail dans chaque vignette... Les bolides terrestres et les engins spatiaux sont sublimes. Kar War se classe sans conteste sur le podium des plus belles bandes publiées dans cette collection. C'est d'autant plus dommage que l'histoire n'est pas toujours au niveau des images. En effet, on a droit à une intrigue trop convenue de bandes rivales cherchant à s'emparer du pouvoir sur une planète lointaine. La narration ne nous laisse pas souffler, on est souvent noyé sous les péripéties. De manière générale, le récit m'a moins emballé que L'Arbre à came qui était plus agréable à suivre. On a droit à une seconde histoire assez réussie de 10 pages, Vol de Lune, en fin d'album. Une très belle bande, passée pas loin du chef d'oeuvre si la narration avait été mieux maîtrisée.
Trempette dans l'Alcide
Alcide nous présente un nouveau recueil de strips, que j’imagine au préalable publiés sur Instagram et/ou Facebook pour la plupart (si j’en crois la page de garde). Tous les gags sont construits sur le même schéma, avec une image par page, avec quelques dialogues plus ou moins débiles ou décalés, et en dessous un commentaire décalant encore d’un cran l’ensemble. Avec un dessin minimaliste et statique (classique pour ce type d’humour), les gags jouent sur un humour con, absurde, accentuant les méprises, hors-sujets, multipliant les jeux de mots à deux balles et les réparties creuses. Je suis a priori preneur de ce type d’humour. Mais le créneau est passablement encombré, et il est de plus en plus difficile de surprendre pour les chutes (surtout que ces chutes sont essentielles pour que le gag fonctionne). Et là, j’ai trouvé l’ensemble inégal, et globalement décevant. Quelques gags sont vraiment bons, d’autres m’ont fait sourires. Mais beaucoup ne m’ont pas convaincu. Ça reste une lecture rapide, gentiment nunuche, pas désagréable. Mais je suis resté sur ma faim. Note réelle 2,5/5/5.
Les Sanson et l'Amateur de souffrances
Je m’attendais à lire une biographie d’une « dynastie » de bourreaux, célèbre pour avoir officié dans la capitale aux XVIIème et XVIIIème siècles (voire un peu au-delà). C’est un peu ça bien sûr. Mais, rapidement, l’intrigue bifurque vers autre chose. L’amateur de souffrances n’est pas le bourreau, comme je l’avais au départ imaginé, mais un personnage – puis d’autres, qui puisent dans la vision des souffrances infligées une sorte de remède miracle contre le vieillissement, une jouissance pas seulement sadique, mais aussi quasi orgasmique. Cet aspect de l’histoire rapproche cette série de certains romans gothiques, avec un fantastique noir et inquiétant, vaguement horrifique. Toutefois, une fois la situation mise en place, j’ai trouvé que le scénario en rajoutait un peu trop au niveau des pouvoirs de nuisance de cet « amateur ». Qu’il soit une sorte de Gilles de Rais moderne passe encore, mais qu’il soit l’instigateur de plusieurs régicides, voire de la Révolution française, en influençant à ce point certains personnages – et à travers eux la marche de l’Histoire – ça fait un peu trop. Ce travers s’accentue dans le deuxième, encore plus dans le dernier album – ce que je regrette un peu (j'aurais sans doute arrondis au supérieur sans ça). Au final, ça reste quand même une série plaisante, qui exploite bien l’Histoire, nous présente le « métier » de bourreau (et ici on est même surpris de découvrir des bourreaux presque humanistes, cherchant à limiter les souffrances de leurs « clients »), avec un dessin au trait gras mais lisible et pas désagréable. Note réelle 3,5/5.
Saigneurs
Lou Lubie revisite le mythe du vampire de façon tout à fait originale et très actuelle. En l’associant habilement au thème de la prédation sexuelle, elle nous fait prendre conscience que ce type de comportement découle d’un système plus global et séculaire légitimant la domination des élites sur l’ensemble de la population. Et là où l’autrice fait preuve d’habileté, c’est qu’elle évite l’écueil du manichéisme en donnant à travers cette fiction la parole aux voix divergentes tout en les plaçant face à leurs contradictions. Le fil rouge de l’histoire est l’actrice Violeta Ovidia Lupescu, sorte de double féminin de notre Depardieu national, soupçonnée d’avoir mordu des assistants en toute impunité. Pour mieux coller au contexte, l’intrigue se déroule dans une Transylvanie contemporaine, où cohabitent humains et vampires sous une façade faussement égalitaire. Lassée de supporter une domination qui ne dit pas son nom, Maggy, après avoir été licenciée par sa supérieure sous prétexte d’ « indocilité », sera conduite à militer dans une association dont l’objectif est d’en finir avec la loi du silence. La morsure infligée à son ami Anghel par un inconnu jouera également beaucoup dans sa décision. On appréciera la façon dont Lubie brasse plusieurs thèmes très familiers dans notre époque tiraillée entre les positions réactionnaires des uns et les luttes progressistes des autres : la prédation, le harcèlement ou la pédophilie, des actes marquant durablement leurs victimes, qui souvent en ressortent honteuses et hésitent à dénoncer leur agresseur face à une administration peu empathique. On y devinera plusieurs allusions à des interviews et des affaires (principalement dans l’Hexagone) qui ont pris pied dans le débat public ces dernières années et abondamment commentés sur les réseaux sociaux. L’intelligence dont a fait preuve Lou Lubie est, peut-être pour éviter d’être cataloguée comme une « féministe enragée », d’avoir choisi une femme pour représenter les prédateurs (Lupescu) et un jeune homme (Anghel) en tant que victime, mais également de présenter le personnage de Iulia en couple avec une vampire, Andreea, très bien disposée vis-à-vis des idées progressistes. La ligne claire de Lou Lubie enchante par sa simplicité et son abondance de trouvailles, ne serait-ce que pour la bichromie mettant en avant le rouge carmin (logique, non ?). De façon un brin malicieuse, les vêtements sont inspirés par les broderies traditionnelles roumaines pour nous rappeler où se déroule le récit. Comme à son habitude, l’autrice a conçu une mise en page très efficace, appréciable par son dynamisme qui sait maintenir l’attention. Avec ses personnages attachants, « Saigneurs » est une lecture particulièrement rafraichissante qui jette en même temps une lumière crue sur un système que nous-mêmes avons cautionné et cautionnons encore, de manière plus ou moins consciente, parfois sur des questions en apparence insignifiantes. L’ouvrage fournit de nombreux arguments pour lutter à son niveau contre l’emprise toxique de la « fabrique du consentement » véhiculée par les discours dominants des dominateurs, que ce soit à travers la politique ou les médias « mainstream ». Lou Lubie prend soin de rappeler en fin d’ouvrage quelques statistiques sidérantes, rappelant que le combat est loin d’être terminé : à titre d’exemple, saviez-vous qu’en France, encore aujourd’hui, seulement 1% des violeurs sont condamnés, tandis que l’on dénombre 94 000 victimes de viol par an ?