Cette BD est la troisième approche que j'ai de cette histoire, après avoir découvert l'excellent film de John Hillcoat ainsi que la lecture du livre d'origine de Cormack McCarthy. Autant dire que je ne suis pas à une lecture surprise, mais surtout que je peux aisément comparer les trois façon dont l'histoire se déploie.
Cependant, je reconnais tout d'abord à Manu Larcenet le talent de nous faire une adaptation qui ne semble pas faire doublon avec le film. C'est certes la même histoire et le même déroulé, mais sans que je ne sente une redondance claire. Il a sa patte artistique, son regard et ses façon de représenter le texte de McCarthy (assez spécial, d'ailleurs, aux phrases courtes et au découpage travaillé). Donc si vous hésitez parce que vous connaissez le film, il n'y a pas lieu de s'inquiéter : Larcenet sait ce qu'il fait et produit une œuvre indépendante, qui complète le film sans le supplanter ou le copier.
Maintenant la BD en tant que telle est une adaptation, mais on ne le sent pas. Le texte est souvent absent, les lents passages de silence entrecoupés de moments de violences, graphique, verbale ou physique, rythment le récit qui est une lente marche dans un paysage dévasté. Larcenet à réussi à s'approprier le rythme du texte d'origine pour conter ce récit d'un enfant et d'un père qui luttent pour conserver leurs humanités, dans un monde qui n'est plus que cendre et dévastation. Le récit prend son temps mais n'est jamais lassant, grâce au dessin et à la mise en page qui font enchainer les pages sans que l'on s'en rende compte.
Larcenet a désormais son trait noir, charbonneux, collant parfaitement au récit apocalyptique. Si vous avez aimé ses dernières productions, c'est le même et si vous l'appréciez il n'y a aucune raison que vous n'aimiez pas.
Une lecture prenante, noire et dure, comme l'était le roman, qui a des airs d'actualité par bon nombres d'aspects mais tente de rester positif par sa tentative de conserver l'humain dans le désespoir. Une histoire qui m'avait déjà marqué deux fois, et qui l'a refait une troisième fois. Et je me dois de féliciter l'auteur d'origine mais aussi Larcenet qui sait ce qu'il fait avec ses pinceaux.
Une BD sur la mort et l'après, avec une idée que j'ai déjà vu exploitée dans différentes œuvres et que je ne pourrais pas qualifier d'originale. Non, ce qui est intéressant, c'est le déroulé progressif et l'histoire qui change progressivement jusqu'à se concentrer sur le personnage principal.
Le hic, c'est qu'à la lecture j'ai assez vite compris vers quoi on se dirigeait. Même si des surprises subsistent, le global était assez clair pour moi et certains retournements m'ont semblé un peu trop téléphonés, notamment parce que les autres oeuvres que j'avais vu/lu utilisaient les mêmes procédés narratifs. Je ne parle bien sur pas de plagiat, juste d'idées communes, qui finissent par se retrouver d'une histoire à l'autre.
Maintenant, ce n'est pas parce que le déroulé m'a semblé prévisible qu'il était ennuyant, d'autant que plusieurs surprises m'ont cueillis. D'ailleurs j'étais assez surpris de la révélation autour de la fille qui a un comportement très étrange, et l'idée m'a franchement fait rire. D'ailleurs quelques métaphores sont assez bien amenées dans l'ensemble et c'est la plus grande qualité que j'ai trouvé à cette BD.
La BD se laisse lire, sans aucun soucis, et je ne vous la déconseillerait pas. C'est juste qu'elle n'a pas l'attrait de la nouveauté dans le genre, et que même si elle est bien menée avec ses bonnes idées et une fin assez mignonne, elle n'est pas non plus inoubliable. Le genre de BD qui est "juste" bien, donc ni déconseillé ni hautement recommandée. En tout cas, ça ne fait pas de mal quand on tombe dessus !
Pas mal de qualités dans cet album, qui ont fait de cette lecture un réel moment de plaisir. Quelques choix scénaristiques ont cependant empêché que j’attribue plus qu’un simple 3/5. Un album que je conseille cependant, du moins si vous cherchez à vous distraire au travers d’une fiction et non à vous instruire grâce à un documentaire.
Au rayon des qualités, le dessin très lisible et expressif de Munuera. C’est agréable et facile à lire avec des personnages bien typés et des décors soignés quand l’intrigue l’exige. Petit plus en plus, la reproduction (souvent détournée) d’illustrations qui symbolisent ce festival dans notre inconscient collectif : on se souvient de ces photographies de glissades improvisées dans la boue, le dessinateur reproduit le même cadrage mais remplace le personnage de la photo par un des acteurs principaux de ce récit. Ce procédé sera utilisé plusieurs fois (et j’en ai certainement raté plus d’une) mais sans que cela ne gêne la lecture. Au contraire, ça participe à notre immersion en exploitant notre mémoire souvent inconsciente.
Le récit est lui aussi plaisant à lire. On va suivre ainsi quelques personnages fictifs tout en en croisant d’autres historiques. L’équilibre est plutôt bon même si la part fictionnelle prend le dessus sur le pan documentaire du récit. J’en ai finalement très peu appris sur le festival en lui-même mais j’ai aimé me balader dans cette foule en compagnie des personnages.
Il y a également une très bonne trouvaille scénaristique pour transcender le charisme d’un des organisateurs emblématiques du festival… que je vous laisse découvrir.
Petit bémol : le sentiment de lire un récit qui se déroule en 1969 mais avec des personnages qui pensent comme en 2026. A plusieurs reprises, j’ai une cette sensation de personnages trop modernes dans leur façon de parler comme dans leurs manières de penser par rapport à l’époque à laquelle Woodstock s’est déroulé.
Pas mal du tout, mais pas parfait pour autant. Divertissant.
Dans la forêt de Greenwood, le Club du Samedi est une bande d'amis débrouillards, composée de jeunes animaux de différentes espèces qui s'entraident au fil de petites aventures du quotidien, entre concours de pâtisserie, enquêtes et imprévus.
Au Chant des Grenouilles est une série concept dans le sens où elle réunit les mêmes scénaristes (Anaïs Halard et Barbara Canepa), tandis que chaque tome est confié à un dessinateur différent. Les six premiers albums sont ainsi illustrés successivement par Florent Sacré, Jérémie Almanza, Giovanni Rigano, Kerascoët, Alexis Nesme et Aurélie Neyret.
Le graphisme constitue clairement le principal attrait de la série. L'ensemble est très soigné, avec une colorisation douce et travaillée, et l'on sent l'influence de Barbara Canepa dans la direction artistique. Chaque tome propose un univers visuel riche, avec de très beaux décors et une vraie atmosphère, renforcée par des planches parfois proches de l'illustration. J'aime également beaucoup la présence de la carte de la forêt et des lieux visités, qui participe à cette sensation d'immersion.
Je suis en revanche plus mitigé sur le choix de multiplier les dessinateurs. Pris individuellement, chaque style a ses qualités, mais les différences sont suffisamment marquées pour créer une rupture assez nette d'un tome à l'autre. Cela m'a notamment frappé en passant du premier au second volume, avec une impression de changement d'ambiance et même de perception des personnages, dont les expressions et les visages ne renvoient plus tout à fait la même chose. Au-delà de ma préférence personnelle pour le style de Florent Sacré, cette variation nuit un peu à la continuité globale.
Sur le plan narratif, la série propose d'abord un premier cycle en trois tomes, avant de basculer vers des histoires en un tome. Les intrigues restent assez simples et clairement orientées vers un jeune public. Pour un lecteur adulte, cela peut paraître un peu léger, avec des enjeux limités et un manque global de tension narrative. Le début de la série est notamment très introductif, avec une mise en place de l'univers et des personnages qui prend le pas sur une véritable intrigue, ce qui donne parfois l'impression qu'il ne se passe pas grand-chose.
Le rythme constitue d'ailleurs un point un peu fragile. Le premier cycle m'a semblé légèrement étiré, alors que l'histoire en un tome du tome 4 (le dernier actuellement paru) est à l'inverse sont un peu trop vite lue.
Malgré cela, l'ensemble est agréable à lire. Les dialogues sont plutôt naturels et bien écrits, et j'apprécie les petites pages à vocation éducative qui viennent enrichir le récit en présentant la nature, la faune ou même quelques recettes de cuisine. Il y a aussi des choix intéressants dans la composition du groupe, notamment la présence d'une araignée et d'une chauve-souris parmi les héros, ce qui change des habituels animaux plus consensuels. Le personnage de Shadow l'araignée, en particulier, est bien exploité et apporte une touche originale. En revanche, tous les protagonistes ne sont pas aussi attachants, et certains restent un peu en retrait ou manquent de relief, ce qui limite parfois l'implication dans leurs aventures.
C'est une série visuellement très réussie, portée par une direction artistique forte et un univers plein de charme, mais dont les histoires peinent à proposer un véritable souffle narratif. Une lecture sans doute idéale pour un jeune public, mais qui laisse un peu sur sa faim lorsqu'on en attend davantage sur le fond.
Attiré par le dessin de Jean-Marc Krings et par le thème de la science-fiction, en particulier les voyages dans le temps, j’ai finalement été assez déçu par cette série qui peine à tenir ses promesses.
Le dessin de Krings, proche de l'école de Marcinelle, est pourtant à la hauteur de mes attentes. Il est dynamique, lisible, avec un certain charme et une vraie efficacité dans les scènes d’action. C’est agréable à parcourir et cela donne un rythme visuel correct à l’ensemble.
Mais côté scénario, ça ne suit pas. L’introduction est inutilement longue et entretient volontairement le flou sur les enjeux sans que cela soit réellement justifié, ce qui m’a davantage lassé qu’intrigué. Et une fois le concept posé, l’histoire reste trop classique et manque clairement de souffle. L’intrigue, jamais vraiment palpitante, enchaîne des situations convenues sans réelle montée en tension.
Les personnages surtout ne m’ont pas aidé à m’investir. L’héroïne manque de charisme, voire m’agace un peu, et les autres protagonistes sont souvent volontairement antipathiques, ce qui rend l’ensemble peu engageant. J’ai eu du mal à m’attacher à qui que ce soit ou à me sentir concerné par ce qui leur arrive.
La narration elle-même pose problème, avec un découpage assez haché qui coupe régulièrement l’action pour passer à des scènes parallèles. Cela casse le rythme plus qu’autre chose et nuit à l’immersion.
Et enfin, la conclusion donne une impression d’inachevé. Tout va très vite, laissant plusieurs questions sans réponse, comme si la série avait été écourtée brutalement, alors qu’il paraît évident que l’auteur envisageait quelque chose de plus long. Le résultat est une fin précipitée qui ne parvient pas à donner une vraie satisfaction.
Bref, malgré un dessin solide et un point de départ qui pouvait être prometteur, l'intrigue reste trop peu aboutie pour me convaincre.
2.5
Ici, Garth Ennis prend des risques et donne une nouvelle direction à sa carrière : il fait un one-shot qui se passe durant la seconde guerre mondiale ! Donc oui, c'est encore un récit de guerre d'Ennis et ses détracteurs qui trouvent qu'il ne se renouvelle pas vont encore une fois avoir raison. La grosse nouveauté est que cela se passe en Birmanie et ce sont les britanniques, aidés par les locaux ainsi que par des soldats de leurs colonies, contre les japonais. Déjà à la base on voit bien moins le front pacifique comparé à celui en Europe, mais on oublie facilement que l'Angleterre avait encore des colonies dans ce coin là et que l'empire japonais les avait envahies.
Ceux qui ont déjà lu un récit de guerre d'Ennis ne vont pas être surpris parce qu'on est en terrain connu. Ennis rend hommage à des soldats qui risquent leur vie pour affronter un ennemi dangereux qui commet des crimes de guerres. On philosophe un peu sur la vie, l'absurdité de la guerre et l'hypocrisie en général (les britanniques colonisateurs sont-ils mieux que les japonais colonisateurs ?). Ça se laisse lire et il y a quelques scènes marquantes, mais ça ressemble trop à d'autres récits de guerre se passant dans une jungle (lisez juste n'importe quoi sur la guerre du Vietnam et les grosses différences c'est le matériel de guerre et la nationalité des personnages) ou à ce qu'Ennis à déjà écrit sur le sujet pour être marquant. Comme souvent avec Ennis, il y a de bons dialogues, mais parfois ils sonnent un peu faux. Il y a des répliques qui semblent être dites par des hommes modernes qui connaissent déjà l'issue de la guerre et ce qui va arriver ensuite et pas par des soldats durant la seconde guerre mondiale.
Comme tous les scénaristes très (ou trop ?) prolifiques, il y a de bonnes et de moins bonnes séries de Garth Ennis. C'est particulièrement le cas avec ses séries 100% humoristiques. Parfois, j'entre dans son délire et d'autres fois pas et c'est le cas ici.
Il faut dire que le scénario manque un peu d'originalité : l'héroïne est une grosse connasse qui fout le bordel à travers le temps et sa sœur beaucoup plus sérieuse qu'elle fait tout pour l'arrêter. Le personnage principal qui voyage dans le temps et fait n'importe quoi, je l'avais déjà vu et les deux sœurs sont des stéréotypes vivants. Il y aussi une intrigue avec des méchants qui font un truc par rapport aux religions parce que oui encore une fois Ennis attaque la religion , quoique cette fois-ci il insulte toutes les croyances et pas juste le christianisme. Dans le discours anti-religieux qu'Ennis tiens dans cette série, je ne vois pas ce qu'il apporte de plus par rapport à des séries mieux écrites comme 'Preacher' ou ''Les Chroniques de Wormwood''. J'ai l'impression qu'il n'avait rien de nouveau à dire avec cette série.
Il y a quelques bons passages, mais c'est trop décousu et le scénario traine en longueur. Le récit se terminant lorsqu'il devient enfin un peu intéressant quoique les auteurs laissent planer la possibilité d'une suite. Sinon, le dessin est correct et c'est le point fort de l'album. Un Ennis mineur pour moi.
J'ai commencé cette bd en sachant très bien où je mettais les pieds : des tranches de vie du quotidien, pas vraiment d'histoire mais ça ne me dérange absolument pas. C'est même un de mes genres de bd préféré.
Mais la mayonnaise n'a pas pris. Je pense que c'est le dessin en premier lieu qui m'a dérangé. Quand il ne se passe pas grand chose (je veux dire pas d'histoire extraordinaire), j'ai besoin d'un dessin expressif, qui rende les émotions des personnages, qui me transporte. La, j'ai trouvé les personnages statiques, assez inexpressifs.
Un autre truc qui m'a dérangé, ce sont les dialogues. J'ai plusieurs fois trouve que ça manquait de naturel, et c'est plus difficile quand on trouve que ce n' est pas super naturel de s'impliquer dans le récit. Et quand on est dans de la tranche de vie, il vaut mieux réussir a s'impliquer.
Ensuite, je n'ai pas été très touché par l'histoire du personnage principal, ni par la deuxième plus développée, celle de l'homme qui s'est fait quitter par sa copine. J'ai trouvé le développement de leur histoire un peu trop clinique et froid.
Néanmoins, tout n'est pas a jeter. Je ne me suis pas ennuyé, et il y a quelques situations que j'ai bien aimées et trouvé intéressantes, comme celle du curé, ou celle des parents qui dissertent sur l'homosexualité (après j'ai aussi trouvé que leur dialogue était un de ceux qui était pas super naturel). Et la grande galerie de personnages et de situations fait qu'on trouve forcément de quoi se mettre sous la dent et de quoi réfléchir.
J'ai quand même été un peu déçu, d'où ma note qui oscille plus véritablement entre 2 et 3.
J'aime beaucoup cet album. Je l'ai acquis il y a de nombreuses années car je suis un admirateur inconditionnel des dessins de Joe Kubert. Les histoires appartiennent au genre super-héros, mais ici avec une touche de fantastique, de magie et même de surnaturel.
Dans la première, Superman et Démon (créé par Jack Kirby) doivent combattre un druide ancestral qui revient à la vie et possède des pouvoirs sur toute la nature.
Dans la deuxième, nous rencontrons Ragman (le Loqueteux) dans une histoire de vengeance se déroulant à New York. Enfin, Hawkman et sa compagne Shayera affrontent un monstre extraterrestre d'origine informatique et hallucinatoire.
Ça vaut la peine de découvrir, par les dessins !
Une BD d'action pour préados dans laquelle deux jeunes sont recrutés par une organisation secrète futuriste suréquipée en gadgets pour venir en aide à des enfants en danger.
Je n'ai pas été convaincu par cette série, qui m'a donné l'impression de lire une version BD d'un épisode très basique de dessin animé commercial. Le scénario est d'une grande pauvreté : tout est prévisible, stéréotypé, bourré de facilités et de raccourcis. On enchaîne les situations sans véritable construction, avec une accumulation de scènes d'action qui finissent par lasser plus qu'autre chose. On retrouve d'ailleurs ici un travers récurrent de JD Morvan : cette tendance à multiplier les courses-poursuites au détriment du fond.
Le traitement des thèmes, qui se veut ancré dans des problématiques réelles, reste très superficiel et parfois franchement maladroit. Certains éléments m'ont même mis mal à l'aise, notamment une représentation caricaturale des SDF roumains qui tombe dans des clichés assez gênants, même si l'intention semble vouloir aller dans le sens inverse. Cela manque clairement de nuance et de réflexion.
Les dialogues n'aident pas non plus, avec des formulations parfois étranges qui donnent l'impression d'une traduction approximative ou mal adaptée, ce qui nuit encore davantage à l'immersion.
Côté dessin, Wuye propose un style qui a une certaine énergie et un charme immédiat, avec un dynamisme évident dans les scènes d'action. Mais cela reste assez limité : les expressions des personnages manquent de subtilité, et la mise en scène comme le découpage ne sont pas toujours maîtrisés, ce qui rend certaines séquences confuses ou peu impactantes.
J'ai trouvé l'ensemble trop enfantin, trop téléphoné et trop peu inspiré pour réellement accrocher. Une lecture vite oubliée, qui explique sans doute pourquoi la série n'a pas connu de suite.
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Cette BD est la troisième approche que j'ai de cette histoire, après avoir découvert l'excellent film de John Hillcoat ainsi que la lecture du livre d'origine de Cormack McCarthy. Autant dire que je ne suis pas à une lecture surprise, mais surtout que je peux aisément comparer les trois façon dont l'histoire se déploie. Cependant, je reconnais tout d'abord à Manu Larcenet le talent de nous faire une adaptation qui ne semble pas faire doublon avec le film. C'est certes la même histoire et le même déroulé, mais sans que je ne sente une redondance claire. Il a sa patte artistique, son regard et ses façon de représenter le texte de McCarthy (assez spécial, d'ailleurs, aux phrases courtes et au découpage travaillé). Donc si vous hésitez parce que vous connaissez le film, il n'y a pas lieu de s'inquiéter : Larcenet sait ce qu'il fait et produit une œuvre indépendante, qui complète le film sans le supplanter ou le copier. Maintenant la BD en tant que telle est une adaptation, mais on ne le sent pas. Le texte est souvent absent, les lents passages de silence entrecoupés de moments de violences, graphique, verbale ou physique, rythment le récit qui est une lente marche dans un paysage dévasté. Larcenet à réussi à s'approprier le rythme du texte d'origine pour conter ce récit d'un enfant et d'un père qui luttent pour conserver leurs humanités, dans un monde qui n'est plus que cendre et dévastation. Le récit prend son temps mais n'est jamais lassant, grâce au dessin et à la mise en page qui font enchainer les pages sans que l'on s'en rende compte. Larcenet a désormais son trait noir, charbonneux, collant parfaitement au récit apocalyptique. Si vous avez aimé ses dernières productions, c'est le même et si vous l'appréciez il n'y a aucune raison que vous n'aimiez pas. Une lecture prenante, noire et dure, comme l'était le roman, qui a des airs d'actualité par bon nombres d'aspects mais tente de rester positif par sa tentative de conserver l'humain dans le désespoir. Une histoire qui m'avait déjà marqué deux fois, et qui l'a refait une troisième fois. Et je me dois de féliciter l'auteur d'origine mais aussi Larcenet qui sait ce qu'il fait avec ses pinceaux.
Le Dernier Quai
Une BD sur la mort et l'après, avec une idée que j'ai déjà vu exploitée dans différentes œuvres et que je ne pourrais pas qualifier d'originale. Non, ce qui est intéressant, c'est le déroulé progressif et l'histoire qui change progressivement jusqu'à se concentrer sur le personnage principal. Le hic, c'est qu'à la lecture j'ai assez vite compris vers quoi on se dirigeait. Même si des surprises subsistent, le global était assez clair pour moi et certains retournements m'ont semblé un peu trop téléphonés, notamment parce que les autres oeuvres que j'avais vu/lu utilisaient les mêmes procédés narratifs. Je ne parle bien sur pas de plagiat, juste d'idées communes, qui finissent par se retrouver d'une histoire à l'autre. Maintenant, ce n'est pas parce que le déroulé m'a semblé prévisible qu'il était ennuyant, d'autant que plusieurs surprises m'ont cueillis. D'ailleurs j'étais assez surpris de la révélation autour de la fille qui a un comportement très étrange, et l'idée m'a franchement fait rire. D'ailleurs quelques métaphores sont assez bien amenées dans l'ensemble et c'est la plus grande qualité que j'ai trouvé à cette BD. La BD se laisse lire, sans aucun soucis, et je ne vous la déconseillerait pas. C'est juste qu'elle n'a pas l'attrait de la nouveauté dans le genre, et que même si elle est bien menée avec ses bonnes idées et une fin assez mignonne, elle n'est pas non plus inoubliable. Le genre de BD qui est "juste" bien, donc ni déconseillé ni hautement recommandée. En tout cas, ça ne fait pas de mal quand on tombe dessus !
Woodstock 69 - Le Concert du siècle
Pas mal de qualités dans cet album, qui ont fait de cette lecture un réel moment de plaisir. Quelques choix scénaristiques ont cependant empêché que j’attribue plus qu’un simple 3/5. Un album que je conseille cependant, du moins si vous cherchez à vous distraire au travers d’une fiction et non à vous instruire grâce à un documentaire. Au rayon des qualités, le dessin très lisible et expressif de Munuera. C’est agréable et facile à lire avec des personnages bien typés et des décors soignés quand l’intrigue l’exige. Petit plus en plus, la reproduction (souvent détournée) d’illustrations qui symbolisent ce festival dans notre inconscient collectif : on se souvient de ces photographies de glissades improvisées dans la boue, le dessinateur reproduit le même cadrage mais remplace le personnage de la photo par un des acteurs principaux de ce récit. Ce procédé sera utilisé plusieurs fois (et j’en ai certainement raté plus d’une) mais sans que cela ne gêne la lecture. Au contraire, ça participe à notre immersion en exploitant notre mémoire souvent inconsciente. Le récit est lui aussi plaisant à lire. On va suivre ainsi quelques personnages fictifs tout en en croisant d’autres historiques. L’équilibre est plutôt bon même si la part fictionnelle prend le dessus sur le pan documentaire du récit. J’en ai finalement très peu appris sur le festival en lui-même mais j’ai aimé me balader dans cette foule en compagnie des personnages. Il y a également une très bonne trouvaille scénaristique pour transcender le charisme d’un des organisateurs emblématiques du festival… que je vous laisse découvrir. Petit bémol : le sentiment de lire un récit qui se déroule en 1969 mais avec des personnages qui pensent comme en 2026. A plusieurs reprises, j’ai une cette sensation de personnages trop modernes dans leur façon de parler comme dans leurs manières de penser par rapport à l’époque à laquelle Woodstock s’est déroulé. Pas mal du tout, mais pas parfait pour autant. Divertissant.
Au Chant des Grenouilles
Dans la forêt de Greenwood, le Club du Samedi est une bande d'amis débrouillards, composée de jeunes animaux de différentes espèces qui s'entraident au fil de petites aventures du quotidien, entre concours de pâtisserie, enquêtes et imprévus. Au Chant des Grenouilles est une série concept dans le sens où elle réunit les mêmes scénaristes (Anaïs Halard et Barbara Canepa), tandis que chaque tome est confié à un dessinateur différent. Les six premiers albums sont ainsi illustrés successivement par Florent Sacré, Jérémie Almanza, Giovanni Rigano, Kerascoët, Alexis Nesme et Aurélie Neyret. Le graphisme constitue clairement le principal attrait de la série. L'ensemble est très soigné, avec une colorisation douce et travaillée, et l'on sent l'influence de Barbara Canepa dans la direction artistique. Chaque tome propose un univers visuel riche, avec de très beaux décors et une vraie atmosphère, renforcée par des planches parfois proches de l'illustration. J'aime également beaucoup la présence de la carte de la forêt et des lieux visités, qui participe à cette sensation d'immersion. Je suis en revanche plus mitigé sur le choix de multiplier les dessinateurs. Pris individuellement, chaque style a ses qualités, mais les différences sont suffisamment marquées pour créer une rupture assez nette d'un tome à l'autre. Cela m'a notamment frappé en passant du premier au second volume, avec une impression de changement d'ambiance et même de perception des personnages, dont les expressions et les visages ne renvoient plus tout à fait la même chose. Au-delà de ma préférence personnelle pour le style de Florent Sacré, cette variation nuit un peu à la continuité globale. Sur le plan narratif, la série propose d'abord un premier cycle en trois tomes, avant de basculer vers des histoires en un tome. Les intrigues restent assez simples et clairement orientées vers un jeune public. Pour un lecteur adulte, cela peut paraître un peu léger, avec des enjeux limités et un manque global de tension narrative. Le début de la série est notamment très introductif, avec une mise en place de l'univers et des personnages qui prend le pas sur une véritable intrigue, ce qui donne parfois l'impression qu'il ne se passe pas grand-chose. Le rythme constitue d'ailleurs un point un peu fragile. Le premier cycle m'a semblé légèrement étiré, alors que l'histoire en un tome du tome 4 (le dernier actuellement paru) est à l'inverse sont un peu trop vite lue. Malgré cela, l'ensemble est agréable à lire. Les dialogues sont plutôt naturels et bien écrits, et j'apprécie les petites pages à vocation éducative qui viennent enrichir le récit en présentant la nature, la faune ou même quelques recettes de cuisine. Il y a aussi des choix intéressants dans la composition du groupe, notamment la présence d'une araignée et d'une chauve-souris parmi les héros, ce qui change des habituels animaux plus consensuels. Le personnage de Shadow l'araignée, en particulier, est bien exploité et apporte une touche originale. En revanche, tous les protagonistes ne sont pas aussi attachants, et certains restent un peu en retrait ou manquent de relief, ce qui limite parfois l'implication dans leurs aventures. C'est une série visuellement très réussie, portée par une direction artistique forte et un univers plein de charme, mais dont les histoires peinent à proposer un véritable souffle narratif. Une lecture sans doute idéale pour un jeune public, mais qui laisse un peu sur sa faim lorsqu'on en attend davantage sur le fond.
Agence Quanta
Attiré par le dessin de Jean-Marc Krings et par le thème de la science-fiction, en particulier les voyages dans le temps, j’ai finalement été assez déçu par cette série qui peine à tenir ses promesses. Le dessin de Krings, proche de l'école de Marcinelle, est pourtant à la hauteur de mes attentes. Il est dynamique, lisible, avec un certain charme et une vraie efficacité dans les scènes d’action. C’est agréable à parcourir et cela donne un rythme visuel correct à l’ensemble. Mais côté scénario, ça ne suit pas. L’introduction est inutilement longue et entretient volontairement le flou sur les enjeux sans que cela soit réellement justifié, ce qui m’a davantage lassé qu’intrigué. Et une fois le concept posé, l’histoire reste trop classique et manque clairement de souffle. L’intrigue, jamais vraiment palpitante, enchaîne des situations convenues sans réelle montée en tension. Les personnages surtout ne m’ont pas aidé à m’investir. L’héroïne manque de charisme, voire m’agace un peu, et les autres protagonistes sont souvent volontairement antipathiques, ce qui rend l’ensemble peu engageant. J’ai eu du mal à m’attacher à qui que ce soit ou à me sentir concerné par ce qui leur arrive. La narration elle-même pose problème, avec un découpage assez haché qui coupe régulièrement l’action pour passer à des scènes parallèles. Cela casse le rythme plus qu’autre chose et nuit à l’immersion. Et enfin, la conclusion donne une impression d’inachevé. Tout va très vite, laissant plusieurs questions sans réponse, comme si la série avait été écourtée brutalement, alors qu’il paraît évident que l’auteur envisageait quelque chose de plus long. Le résultat est une fin précipitée qui ne parvient pas à donner une vraie satisfaction. Bref, malgré un dessin solide et un point de départ qui pouvait être prometteur, l'intrigue reste trop peu aboutie pour me convaincre.
The Lion and the Eagle
2.5 Ici, Garth Ennis prend des risques et donne une nouvelle direction à sa carrière : il fait un one-shot qui se passe durant la seconde guerre mondiale ! Donc oui, c'est encore un récit de guerre d'Ennis et ses détracteurs qui trouvent qu'il ne se renouvelle pas vont encore une fois avoir raison. La grosse nouveauté est que cela se passe en Birmanie et ce sont les britanniques, aidés par les locaux ainsi que par des soldats de leurs colonies, contre les japonais. Déjà à la base on voit bien moins le front pacifique comparé à celui en Europe, mais on oublie facilement que l'Angleterre avait encore des colonies dans ce coin là et que l'empire japonais les avait envahies. Ceux qui ont déjà lu un récit de guerre d'Ennis ne vont pas être surpris parce qu'on est en terrain connu. Ennis rend hommage à des soldats qui risquent leur vie pour affronter un ennemi dangereux qui commet des crimes de guerres. On philosophe un peu sur la vie, l'absurdité de la guerre et l'hypocrisie en général (les britanniques colonisateurs sont-ils mieux que les japonais colonisateurs ?). Ça se laisse lire et il y a quelques scènes marquantes, mais ça ressemble trop à d'autres récits de guerre se passant dans une jungle (lisez juste n'importe quoi sur la guerre du Vietnam et les grosses différences c'est le matériel de guerre et la nationalité des personnages) ou à ce qu'Ennis à déjà écrit sur le sujet pour être marquant. Comme souvent avec Ennis, il y a de bons dialogues, mais parfois ils sonnent un peu faux. Il y a des répliques qui semblent être dites par des hommes modernes qui connaissent déjà l'issue de la guerre et ce qui va arriver ensuite et pas par des soldats durant la seconde guerre mondiale.
Marjorie Finnegan - Criminelle temporelle
Comme tous les scénaristes très (ou trop ?) prolifiques, il y a de bonnes et de moins bonnes séries de Garth Ennis. C'est particulièrement le cas avec ses séries 100% humoristiques. Parfois, j'entre dans son délire et d'autres fois pas et c'est le cas ici. Il faut dire que le scénario manque un peu d'originalité : l'héroïne est une grosse connasse qui fout le bordel à travers le temps et sa sœur beaucoup plus sérieuse qu'elle fait tout pour l'arrêter. Le personnage principal qui voyage dans le temps et fait n'importe quoi, je l'avais déjà vu et les deux sœurs sont des stéréotypes vivants. Il y aussi une intrigue avec des méchants qui font un truc par rapport aux religions parce que oui encore une fois Ennis attaque la religion , quoique cette fois-ci il insulte toutes les croyances et pas juste le christianisme. Dans le discours anti-religieux qu'Ennis tiens dans cette série, je ne vois pas ce qu'il apporte de plus par rapport à des séries mieux écrites comme 'Preacher' ou ''Les Chroniques de Wormwood''. J'ai l'impression qu'il n'avait rien de nouveau à dire avec cette série. Il y a quelques bons passages, mais c'est trop décousu et le scénario traine en longueur. Le récit se terminant lorsqu'il devient enfin un peu intéressant quoique les auteurs laissent planer la possibilité d'une suite. Sinon, le dessin est correct et c'est le point fort de l'album. Un Ennis mineur pour moi.
Aparthotel Deluxe
J'ai commencé cette bd en sachant très bien où je mettais les pieds : des tranches de vie du quotidien, pas vraiment d'histoire mais ça ne me dérange absolument pas. C'est même un de mes genres de bd préféré. Mais la mayonnaise n'a pas pris. Je pense que c'est le dessin en premier lieu qui m'a dérangé. Quand il ne se passe pas grand chose (je veux dire pas d'histoire extraordinaire), j'ai besoin d'un dessin expressif, qui rende les émotions des personnages, qui me transporte. La, j'ai trouvé les personnages statiques, assez inexpressifs. Un autre truc qui m'a dérangé, ce sont les dialogues. J'ai plusieurs fois trouve que ça manquait de naturel, et c'est plus difficile quand on trouve que ce n' est pas super naturel de s'impliquer dans le récit. Et quand on est dans de la tranche de vie, il vaut mieux réussir a s'impliquer. Ensuite, je n'ai pas été très touché par l'histoire du personnage principal, ni par la deuxième plus développée, celle de l'homme qui s'est fait quitter par sa copine. J'ai trouvé le développement de leur histoire un peu trop clinique et froid. Néanmoins, tout n'est pas a jeter. Je ne me suis pas ennuyé, et il y a quelques situations que j'ai bien aimées et trouvé intéressantes, comme celle du curé, ou celle des parents qui dissertent sur l'homosexualité (après j'ai aussi trouvé que leur dialogue était un de ceux qui était pas super naturel). Et la grande galerie de personnages et de situations fait qu'on trouve forcément de quoi se mettre sous la dent et de quoi réfléchir. J'ai quand même été un peu déçu, d'où ma note qui oscille plus véritablement entre 2 et 3.
Superman & co.
J'aime beaucoup cet album. Je l'ai acquis il y a de nombreuses années car je suis un admirateur inconditionnel des dessins de Joe Kubert. Les histoires appartiennent au genre super-héros, mais ici avec une touche de fantastique, de magie et même de surnaturel. Dans la première, Superman et Démon (créé par Jack Kirby) doivent combattre un druide ancestral qui revient à la vie et possède des pouvoirs sur toute la nature. Dans la deuxième, nous rencontrons Ragman (le Loqueteux) dans une histoire de vengeance se déroulant à New York. Enfin, Hawkman et sa compagne Shayera affrontent un monstre extraterrestre d'origine informatique et hallucinatoire. Ça vaut la peine de découvrir, par les dessins !
Youth United
Une BD d'action pour préados dans laquelle deux jeunes sont recrutés par une organisation secrète futuriste suréquipée en gadgets pour venir en aide à des enfants en danger. Je n'ai pas été convaincu par cette série, qui m'a donné l'impression de lire une version BD d'un épisode très basique de dessin animé commercial. Le scénario est d'une grande pauvreté : tout est prévisible, stéréotypé, bourré de facilités et de raccourcis. On enchaîne les situations sans véritable construction, avec une accumulation de scènes d'action qui finissent par lasser plus qu'autre chose. On retrouve d'ailleurs ici un travers récurrent de JD Morvan : cette tendance à multiplier les courses-poursuites au détriment du fond. Le traitement des thèmes, qui se veut ancré dans des problématiques réelles, reste très superficiel et parfois franchement maladroit. Certains éléments m'ont même mis mal à l'aise, notamment une représentation caricaturale des SDF roumains qui tombe dans des clichés assez gênants, même si l'intention semble vouloir aller dans le sens inverse. Cela manque clairement de nuance et de réflexion. Les dialogues n'aident pas non plus, avec des formulations parfois étranges qui donnent l'impression d'une traduction approximative ou mal adaptée, ce qui nuit encore davantage à l'immersion. Côté dessin, Wuye propose un style qui a une certaine énergie et un charme immédiat, avec un dynamisme évident dans les scènes d'action. Mais cela reste assez limité : les expressions des personnages manquent de subtilité, et la mise en scène comme le découpage ne sont pas toujours maîtrisés, ce qui rend certaines séquences confuses ou peu impactantes. J'ai trouvé l'ensemble trop enfantin, trop téléphoné et trop peu inspiré pour réellement accrocher. Une lecture vite oubliée, qui explique sans doute pourquoi la série n'a pas connu de suite.