VALMY, C'EST FINI:
Juncker aime bien s’immiscer dans les interstices de L’histoire, pour y glisser sa malice, sans en changer trop la trame (il est proche en ce sens de Teulé). Et la période Révolution/Empire semble être un bon terrain de jeu pour lui (voir, entre autres, l’excellent Malet !).
Ici, nous avons droit aux mémoires d’un soldat de l’épopée révolutionnaire, qui se prénomme dragon (et est aussi dragon, c’est-à-dire cavalier). Si la trame historique n’est pas trop distordue dans ses grandes lignes – et une pseudo interview de Dragon en fin d’album tente de le confirmer dans une sorte de dossier historique –, les détails sont on ne peut plus loufoques.
C‘est en effet une grosse farce historico-militaire dans laquelle Juncker nous entraine, à la suite de Dragon, pleutre et vénal, mais surtout sodomite obsédé (sans préférence pour le sexe, même si, à l’armée, les hommes offrent plus de possibilités).
Souvent grand-guignolesque, l’intrigue est agréable à suivre, les réparties et pas mal de situations sont assez drôles (d’autant plus qu’elles impliquent des célébrités, généraux, Conventionnels, membres de la famille royale, etc.).
Le côté décalé, loufoque, est accentué par le dessin de Spruyt, proche de celui de Dumontheuil, caricatural et tout à fait adapté au ton développé par Juncker.
Je ne sais pas jusqu’où les auteurs vont mener notre dragon. Mais en l’état, c’est une série que je recommande fortement, pour une vision décalée, caricaturale, parfois déjantée d’une page de notre Histoire.
****************************
LA BELGIQUE, C'EST CHIC:
Si j'ai trouvé ce deuxième tome un peu moins emballant que le précédent (l'humour m'est apparu moins présent et outrancier), ça reste quand même une lecture agréable, amusante. Les auteurs ont gardé le côté loufoque qui leur sert d'angle d'attaque pour traiter de la geste révolutionnaire.
Si Dragon est encore très lubrique - et attiré par les fesses hauts placées, cet aspect est moins présent. Par contre, ses côtés lâche, et surtout voleur ressortent davantage. Alors qu'il est dans l'armée de Dumouriez en Belgique, il est embarqué dans des magouilles de vols d'oeuvres d'art par un Danton trafiquant de haut vol (ces oeuvres étant remplacées par des copies aux airs de croûtes infectes).
Le dessin de Spruyt sied toujours au ton employé, et la narration de Juncker est elle aussi dynamique. La lecture est donc toujours recommandée. dans l'album suivant, notre anti-héros nous narrera comment il a suivi Napoléon Bonaparte en Italie. Ça promet !
************************
OSEZ, JOSEPHINE:
Un album dans la lignée du précédent, un chouia en retrait du tome inaugural (mais l'effet de surprise ne joue sans doute plus).
Mais, sur l'élan, ça reste quand même une lecture très agréable. Avec un anti-héros bourré de défauts (lâche, obsédé, vantard, voire mythomane - il n'y a qu'à voir la vision de son rôle dans les grandes batailles napoléoniennes !). Mais c'est aussi une forme de loser, qui n'atteint réellement aucun de ses buts (si ce n'est rester en vie - ce qui n'est pas rien quand même !). Et toujours des tableaux au coeur de l'intrigue, notre héros s'y retrouvant dans des postures pas toujours à son avantage.
En tout cas Juncker prouve une nouvelle fois qu'il sait très bien jouer de l'Histoire, pour la pervertir et mettre en avant des "second rôles: il nous donne même en épilogue une explication à l'absence de dragon des livres d'histoire.
En plus lubrique et paillard, j'ai trouvé que Dragon avait pas mal de points communs avec le Blutch des "Tuniques bleues".
Au final, voilà une série des plus recommandables !
Pour commencer, je vais signaler que la BD humoristique n'est pas un genre que j'affectionne particulièrement. Jamais une BD ne m'a fait rire, au mieux quelques sourires.
Et cet album vient allonger la longue liste des BD qui ne m'ont même pas arraché un rictus.
Des extraterrestres arrivent sur notre planète, ils viennent nous mettre en garde contre le désastre écologique qui nous guette. Ils sont bien placés pour nous en parler puisqu'ils sont les seuls survivants de leur monde après y avoir exploité jusqu'à la moelle les ressources disponibles.
Une lecture qui débute mal, première page et Marc Dubuisson tacle à la gorge un artiste que j'apprécie (clivant - oui je sais). Non non, je ne vais pas le nommer, tu n'as qu'à lire la galerie, pourquoi serais-je le seul puni ? Évidemment ce n'est pas la cause de la mauvaise note.
Plus sérieusement, je me suis profondément ennuyé et je me suis forcé pour aller au bout de l'album. Je n'ai pas trouvé ça drôle malgré un cynisme certain : considérer nos E.T. en cosmigrants ou la légitimité de nos dirigeants entre autres. Rien de bien folichon. Une succession de gags qui font plouf.
Graphiquement c'est pauvre avec ce trait minimaliste et caricatural. Décors absents et une couleur dominante par planche.
Pas pour moi.
A peine emprunté et déjà de retour à la bibliothèque.
"Fade" est le mot qui me vient à l'esprit pour qualifier ce 1er épisode (s'il y en a d'autres). Pourtant, il y avait de quoi faire une aventure fun et amusante avec pareils personnages (surtout Seccotine et le Comte) et pareille base champignonesque, mais tout tombe à plat, y compris les apparitions de Gaston. On a envie de baffer tout le monde, y compris Spirou (inexistant) et Fantasio (brassant du vent), tant c'est plat et mou.
L'avis de Josq pourrait être le mien. À trop vouloir être sans angle, on finit par tout vider de sa substance.
Pourtant, avec Seccotine, il y avait de quoi bien faire.
PS : je mets un "bof" car je n'ai pas envie d'être trop méchant, bien que j'ai la sinistre impression de pouvoir faire mieux que les 2 auteurs.
Au début, j'ai été plutôt agréablement surpris par le dessin d'Elric, qui, malgré un manque de relief global et des soucis mineurs de proportion ici et là, parvient à nous offrir un résultat graphique très propre, et une modernisation assez acceptable de l'univers de Spirou et Fantasio. Rien qui relève de l'hérésie, en tous cas, et on retrouve même l'ambiance de Champignac avec un certain plaisir, grâce au scénario de Guerrive, qui choisit de nous emmener à la campagne. Un choix assez rafraîchissant, qui dépayse un peu, et nous ramène aux fondamentaux de la saga-mère.
Rapidement, toutefois, on se rend compte que tout ça est assez plat. Les dialogues ne sont pas spécialement drôles ; le récit trainasse dès qu'il en a l'occasion ; les couleurs très claires, presque pastel, semblent effacer le caractère des autant des paysages et des personnages, qui en deviennent quasi-transparents. Sans doute par volonté de ne pas cliver, peut-être par peur du politiquement incorrect, les auteurs semblent vouloir éviter soigneusement tout ce qui pourrait ressembler à de la caricature. C'est d'ailleurs partiellement raté, puisque la complotiste est ultra-cliché, mais d'une part, on a le droit de trouver que c'est inhérent au complotisme même, et surtout, on peut probablement partir du principe que ça ne fâchera personne...
Sinon, Seccotine décide d'enquêter sur des disparitions mystérieuses d'animaux et de personnes à Champignac, et découvre que tout cela est très probablement lié à une expérience du comte, lui aussi introuvable. Le lecteur découvre également que le petit village est devenu le théâtre d'affrontements entre deux groupes, l'un constitué de chasseurs et l'autre d'écolos qui fabriquent du granulé pour les élevages locaux. On imagine ce que Franquin aurait pu en tirer... et on reste ahuri de constater à quel point Guerrive n'en tire rien.
À force de ne vouloir fâcher personne et de ne pas tomber dans la caricature, on se demande ce qui anime les deux auteurs. Leur récit en devient d'une fadeur inconcevable. Il n'y a rien derrière, juste la volonté de reprendre le schéma classique de l'affrontement entre deux bandes de taille égale (et pourquoi pas ?), mais à partir du moment où ce schéma n'est le support à aucun discours en particulier, ni à aucun humour, on se questionne vraiment sur l'intention de l'album. Les auteurs le savent-ils eux-mêmes, d'ailleurs ?
Bref, on pourrait louer la volonté des auteurs de réussir à ne jamais basculer dans le politiquement correct sur un sujet potentiellement glissant, mais si c'est pour avoir ça derrière, j'aurais encore préféré un propos anti-chasse ou anti-écolos. Au moins, on aurait eu quelque chose à se mettre sous la dent...
Le plus drôle, c'est quand même que la seule intention identifiable derrière cet album est d'avoir voulu donner à un personnage féminin secondaire une saga où elle aurait le premier rôle. Ce qui, précisément, est le summum du politiquement correct...
Enki Bilal propose avec Monstre une série de science-fiction sombre et très personnelle. L’univers est étrange, inquiétant, et l’atmosphère visuelle est immédiatement reconnaissable grâce à son style graphique unique. Une vraie œuvre d’art.
Les dessins dégagent une ambiance froide et mélancolique qui correspond parfaitement au ton du récit. Seul bémol : la narration qui devient un peu confuse vers la fin et demande une véritable attention.
J’avais d’ailleurs eu l’occasion de visiter Sarajevo, ce qui m’a rendu le destin des protagonistes encore plus touchant.
Plus on avance dans la série, plus on comprend que le « monstre » du titre n’est pas une créature, mais plutôt l’Histoire humaine elle-même, avec ses guerres, ses manipulations et ses traumatismes qui se transmettent de génération en génération.
Une œuvre ambitieuse, sombre et marquante.
Après Lanfeust de Troy, Lanfeust des Étoiles élargit fortement l’univers imaginé par Christophe Arleston et Didier Tarquin. L’aventure quitte le monde de Troy pour prendre une dimension intergalactique, avec de nouveaux mondes et de nouvelles civilisations.
Même si l’ensemble reste bien réalisé, j’ai personnellement moins accroché que pour la série originale. J’ai trouvé qu’il y avait moins d’humour et que les personnages étaient moins attachants que dans Lanfeust de Troy, qui possédait une fraîcheur et une simplicité qui faisaient tout son charme.
Cela reste une suite correcte et intéressante pour les fans de l’univers, mais pour ma part, la première saga reste largement la plus marquante.
Lanfeust de Troy est une série d’heroic-fantasy extrêmement divertissante. L’univers imaginé par Christophe Arleston est riche, original et plein d’humour.
J’aime particulièrement l’idée que chaque habitant du monde de Troy possède un pouvoir magique unique, souvent très spécifique ou parfois complètement inutile. Ce concept donne lieu à beaucoup de situations amusantes et participe grandement au charme de la série.
Les personnages sont vraiment réussis et attachants, et l’univers est très bien construit, ce qui rend la lecture immersive et plaisante. Le dessin de Didier Tarquin est dynamique et très efficace pour donner vie à ce monde de fantasy.
J’ai moins apprécié l’hypersexualisation assez marquée des personnages féminins même si cela fait clairement partie du style et de l’humour des auteurs.
Malgré cela, la série reste culte et impressionne par sa longévité : plus de vingt ans après sa sortie, elle ne semble pas avoir vieilli et reste toujours aussi plaisante à lire.
Une BD touchante mais assez simple
Elle raconte l’histoire d’un chiot très laid, abandonné à la naissance, qui tente de survivre et surtout de trouver une famille humaine prête à l’accepter. Ce qui donne un récit original, parfois drôle et parfois émouvant. On suit ce pauvre chiot rejeté dès sa naissance et ses tentatives de comprendre les humains, avec leurs contradictions et leurs caprices.
Le scénario, adapté du roman de Daniel Pennac, fonctionne bien et transmet un message clair sur l’abandon des animaux et la relation entre l’homme et le chien.
Les dessins de Grégory Panaccione sont expressifs et dynamiques, même si le style ne m’a pas particulièrement marqué.
Au final, c’est une BD touchante et agréable à lire, mais l’histoire reste assez simple et peut paraître un peu jeunesse pour certains lecteurs. Une bonne lecture, sans être un album marquant.
Une lecture agréable et pleine d’humour
L’histoire est originale et pleine de situations improbables qui rendent le récit amusant et très fluide à lire. On se laisse facilement embarquer dans ce voyage complètement fou à travers l’Europe.
Le scénario de Zidrou, adapté du roman de Romain Puértolas, fonctionne bien et propose une aventure légère, souvent drôle et pleine de fantaisie.
Les dessins de Jordi Lafebre restent très correctes, même s’ils ne sont pas forcément ce qui m’a le plus marqué dans l’album.
Au final, une BD sympathique et divertissante qui se lit avec plaisir.
Je la noterais 3,5/5
Hormis quand j'étais encore un enfant (ah la belle epoque) je ne suis pas un grand fan de Superman de manière générale, et encore moins de l’écriture de Grant Morrison. J’ai surtout lu ce comics au vu des nombreuses critiques très positives qu’il reçoit.
L’idée de départ reste pourtant originale : un Superman qui sait qu’il va bientôt mourir. Ce point de départ donne au récit une dimension particulière et presque tragique.
Cependant, malgré cette idée intéressante, l’histoire et les personnages ne m’ont pas vraiment captivé tout au long du récit. J’ai reconnu l’originalité de l’approche, mais sans réussir à m’impliquer dans l’histoire.
Au final, cette lecture ne m’a pas donné envie d’explorer davantage les nombreux récits consacrés à l’Homme d’Acier. Mais bon, il en faut pour tous les goûts.
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Les Mémoires du Dragon Dragon
VALMY, C'EST FINI: Juncker aime bien s’immiscer dans les interstices de L’histoire, pour y glisser sa malice, sans en changer trop la trame (il est proche en ce sens de Teulé). Et la période Révolution/Empire semble être un bon terrain de jeu pour lui (voir, entre autres, l’excellent Malet !). Ici, nous avons droit aux mémoires d’un soldat de l’épopée révolutionnaire, qui se prénomme dragon (et est aussi dragon, c’est-à-dire cavalier). Si la trame historique n’est pas trop distordue dans ses grandes lignes – et une pseudo interview de Dragon en fin d’album tente de le confirmer dans une sorte de dossier historique –, les détails sont on ne peut plus loufoques. C‘est en effet une grosse farce historico-militaire dans laquelle Juncker nous entraine, à la suite de Dragon, pleutre et vénal, mais surtout sodomite obsédé (sans préférence pour le sexe, même si, à l’armée, les hommes offrent plus de possibilités). Souvent grand-guignolesque, l’intrigue est agréable à suivre, les réparties et pas mal de situations sont assez drôles (d’autant plus qu’elles impliquent des célébrités, généraux, Conventionnels, membres de la famille royale, etc.). Le côté décalé, loufoque, est accentué par le dessin de Spruyt, proche de celui de Dumontheuil, caricatural et tout à fait adapté au ton développé par Juncker. Je ne sais pas jusqu’où les auteurs vont mener notre dragon. Mais en l’état, c’est une série que je recommande fortement, pour une vision décalée, caricaturale, parfois déjantée d’une page de notre Histoire. **************************** LA BELGIQUE, C'EST CHIC: Si j'ai trouvé ce deuxième tome un peu moins emballant que le précédent (l'humour m'est apparu moins présent et outrancier), ça reste quand même une lecture agréable, amusante. Les auteurs ont gardé le côté loufoque qui leur sert d'angle d'attaque pour traiter de la geste révolutionnaire. Si Dragon est encore très lubrique - et attiré par les fesses hauts placées, cet aspect est moins présent. Par contre, ses côtés lâche, et surtout voleur ressortent davantage. Alors qu'il est dans l'armée de Dumouriez en Belgique, il est embarqué dans des magouilles de vols d'oeuvres d'art par un Danton trafiquant de haut vol (ces oeuvres étant remplacées par des copies aux airs de croûtes infectes). Le dessin de Spruyt sied toujours au ton employé, et la narration de Juncker est elle aussi dynamique. La lecture est donc toujours recommandée. dans l'album suivant, notre anti-héros nous narrera comment il a suivi Napoléon Bonaparte en Italie. Ça promet ! ************************ OSEZ, JOSEPHINE: Un album dans la lignée du précédent, un chouia en retrait du tome inaugural (mais l'effet de surprise ne joue sans doute plus). Mais, sur l'élan, ça reste quand même une lecture très agréable. Avec un anti-héros bourré de défauts (lâche, obsédé, vantard, voire mythomane - il n'y a qu'à voir la vision de son rôle dans les grandes batailles napoléoniennes !). Mais c'est aussi une forme de loser, qui n'atteint réellement aucun de ses buts (si ce n'est rester en vie - ce qui n'est pas rien quand même !). Et toujours des tableaux au coeur de l'intrigue, notre héros s'y retrouvant dans des postures pas toujours à son avantage. En tout cas Juncker prouve une nouvelle fois qu'il sait très bien jouer de l'Histoire, pour la pervertir et mettre en avant des "second rôles: il nous donne même en épilogue une explication à l'absence de dragon des livres d'histoire. En plus lubrique et paillard, j'ai trouvé que Dragon avait pas mal de points communs avec le Blutch des "Tuniques bleues". Au final, voilà une série des plus recommandables !
Les Envahichieurs
Pour commencer, je vais signaler que la BD humoristique n'est pas un genre que j'affectionne particulièrement. Jamais une BD ne m'a fait rire, au mieux quelques sourires. Et cet album vient allonger la longue liste des BD qui ne m'ont même pas arraché un rictus. Des extraterrestres arrivent sur notre planète, ils viennent nous mettre en garde contre le désastre écologique qui nous guette. Ils sont bien placés pour nous en parler puisqu'ils sont les seuls survivants de leur monde après y avoir exploité jusqu'à la moelle les ressources disponibles. Une lecture qui débute mal, première page et Marc Dubuisson tacle à la gorge un artiste que j'apprécie (clivant - oui je sais). Non non, je ne vais pas le nommer, tu n'as qu'à lire la galerie, pourquoi serais-je le seul puni ? Évidemment ce n'est pas la cause de la mauvaise note. Plus sérieusement, je me suis profondément ennuyé et je me suis forcé pour aller au bout de l'album. Je n'ai pas trouvé ça drôle malgré un cynisme certain : considérer nos E.T. en cosmigrants ou la légitimité de nos dirigeants entre autres. Rien de bien folichon. Une succession de gags qui font plouf. Graphiquement c'est pauvre avec ce trait minimaliste et caricatural. Décors absents et une couleur dominante par planche. Pas pour moi. A peine emprunté et déjà de retour à la bibliothèque.
Seccotine
"Fade" est le mot qui me vient à l'esprit pour qualifier ce 1er épisode (s'il y en a d'autres). Pourtant, il y avait de quoi faire une aventure fun et amusante avec pareils personnages (surtout Seccotine et le Comte) et pareille base champignonesque, mais tout tombe à plat, y compris les apparitions de Gaston. On a envie de baffer tout le monde, y compris Spirou (inexistant) et Fantasio (brassant du vent), tant c'est plat et mou. L'avis de Josq pourrait être le mien. À trop vouloir être sans angle, on finit par tout vider de sa substance. Pourtant, avec Seccotine, il y avait de quoi bien faire. PS : je mets un "bof" car je n'ai pas envie d'être trop méchant, bien que j'ai la sinistre impression de pouvoir faire mieux que les 2 auteurs.
Seccotine
Au début, j'ai été plutôt agréablement surpris par le dessin d'Elric, qui, malgré un manque de relief global et des soucis mineurs de proportion ici et là, parvient à nous offrir un résultat graphique très propre, et une modernisation assez acceptable de l'univers de Spirou et Fantasio. Rien qui relève de l'hérésie, en tous cas, et on retrouve même l'ambiance de Champignac avec un certain plaisir, grâce au scénario de Guerrive, qui choisit de nous emmener à la campagne. Un choix assez rafraîchissant, qui dépayse un peu, et nous ramène aux fondamentaux de la saga-mère. Rapidement, toutefois, on se rend compte que tout ça est assez plat. Les dialogues ne sont pas spécialement drôles ; le récit trainasse dès qu'il en a l'occasion ; les couleurs très claires, presque pastel, semblent effacer le caractère des autant des paysages et des personnages, qui en deviennent quasi-transparents. Sans doute par volonté de ne pas cliver, peut-être par peur du politiquement incorrect, les auteurs semblent vouloir éviter soigneusement tout ce qui pourrait ressembler à de la caricature. C'est d'ailleurs partiellement raté, puisque la complotiste est ultra-cliché, mais d'une part, on a le droit de trouver que c'est inhérent au complotisme même, et surtout, on peut probablement partir du principe que ça ne fâchera personne... Sinon, Seccotine décide d'enquêter sur des disparitions mystérieuses d'animaux et de personnes à Champignac, et découvre que tout cela est très probablement lié à une expérience du comte, lui aussi introuvable. Le lecteur découvre également que le petit village est devenu le théâtre d'affrontements entre deux groupes, l'un constitué de chasseurs et l'autre d'écolos qui fabriquent du granulé pour les élevages locaux. On imagine ce que Franquin aurait pu en tirer... et on reste ahuri de constater à quel point Guerrive n'en tire rien. À force de ne vouloir fâcher personne et de ne pas tomber dans la caricature, on se demande ce qui anime les deux auteurs. Leur récit en devient d'une fadeur inconcevable. Il n'y a rien derrière, juste la volonté de reprendre le schéma classique de l'affrontement entre deux bandes de taille égale (et pourquoi pas ?), mais à partir du moment où ce schéma n'est le support à aucun discours en particulier, ni à aucun humour, on se questionne vraiment sur l'intention de l'album. Les auteurs le savent-ils eux-mêmes, d'ailleurs ? Bref, on pourrait louer la volonté des auteurs de réussir à ne jamais basculer dans le politiquement correct sur un sujet potentiellement glissant, mais si c'est pour avoir ça derrière, j'aurais encore préféré un propos anti-chasse ou anti-écolos. Au moins, on aurait eu quelque chose à se mettre sous la dent... Le plus drôle, c'est quand même que la seule intention identifiable derrière cet album est d'avoir voulu donner à un personnage féminin secondaire une saga où elle aurait le premier rôle. Ce qui, précisément, est le summum du politiquement correct...
Le Sommeil du Monstre
Enki Bilal propose avec Monstre une série de science-fiction sombre et très personnelle. L’univers est étrange, inquiétant, et l’atmosphère visuelle est immédiatement reconnaissable grâce à son style graphique unique. Une vraie œuvre d’art. Les dessins dégagent une ambiance froide et mélancolique qui correspond parfaitement au ton du récit. Seul bémol : la narration qui devient un peu confuse vers la fin et demande une véritable attention. J’avais d’ailleurs eu l’occasion de visiter Sarajevo, ce qui m’a rendu le destin des protagonistes encore plus touchant. Plus on avance dans la série, plus on comprend que le « monstre » du titre n’est pas une créature, mais plutôt l’Histoire humaine elle-même, avec ses guerres, ses manipulations et ses traumatismes qui se transmettent de génération en génération. Une œuvre ambitieuse, sombre et marquante.
Lanfeust des Etoiles
Après Lanfeust de Troy, Lanfeust des Étoiles élargit fortement l’univers imaginé par Christophe Arleston et Didier Tarquin. L’aventure quitte le monde de Troy pour prendre une dimension intergalactique, avec de nouveaux mondes et de nouvelles civilisations. Même si l’ensemble reste bien réalisé, j’ai personnellement moins accroché que pour la série originale. J’ai trouvé qu’il y avait moins d’humour et que les personnages étaient moins attachants que dans Lanfeust de Troy, qui possédait une fraîcheur et une simplicité qui faisaient tout son charme. Cela reste une suite correcte et intéressante pour les fans de l’univers, mais pour ma part, la première saga reste largement la plus marquante.
Lanfeust de Troy
Lanfeust de Troy est une série d’heroic-fantasy extrêmement divertissante. L’univers imaginé par Christophe Arleston est riche, original et plein d’humour. J’aime particulièrement l’idée que chaque habitant du monde de Troy possède un pouvoir magique unique, souvent très spécifique ou parfois complètement inutile. Ce concept donne lieu à beaucoup de situations amusantes et participe grandement au charme de la série. Les personnages sont vraiment réussis et attachants, et l’univers est très bien construit, ce qui rend la lecture immersive et plaisante. Le dessin de Didier Tarquin est dynamique et très efficace pour donner vie à ce monde de fantasy. J’ai moins apprécié l’hypersexualisation assez marquée des personnages féminins même si cela fait clairement partie du style et de l’humour des auteurs. Malgré cela, la série reste culte et impressionne par sa longévité : plus de vingt ans après sa sortie, elle ne semble pas avoir vieilli et reste toujours aussi plaisante à lire.
Cabot-Caboche
Une BD touchante mais assez simple Elle raconte l’histoire d’un chiot très laid, abandonné à la naissance, qui tente de survivre et surtout de trouver une famille humaine prête à l’accepter. Ce qui donne un récit original, parfois drôle et parfois émouvant. On suit ce pauvre chiot rejeté dès sa naissance et ses tentatives de comprendre les humains, avec leurs contradictions et leurs caprices. Le scénario, adapté du roman de Daniel Pennac, fonctionne bien et transmet un message clair sur l’abandon des animaux et la relation entre l’homme et le chien. Les dessins de Grégory Panaccione sont expressifs et dynamiques, même si le style ne m’a pas particulièrement marqué. Au final, c’est une BD touchante et agréable à lire, mais l’histoire reste assez simple et peut paraître un peu jeunesse pour certains lecteurs. Une bonne lecture, sans être un album marquant.
L'Extraordinaire Voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire IKEA
Une lecture agréable et pleine d’humour L’histoire est originale et pleine de situations improbables qui rendent le récit amusant et très fluide à lire. On se laisse facilement embarquer dans ce voyage complètement fou à travers l’Europe. Le scénario de Zidrou, adapté du roman de Romain Puértolas, fonctionne bien et propose une aventure légère, souvent drôle et pleine de fantaisie. Les dessins de Jordi Lafebre restent très correctes, même s’ils ne sont pas forcément ce qui m’a le plus marqué dans l’album. Au final, une BD sympathique et divertissante qui se lit avec plaisir. Je la noterais 3,5/5
All*Star Superman
Hormis quand j'étais encore un enfant (ah la belle epoque) je ne suis pas un grand fan de Superman de manière générale, et encore moins de l’écriture de Grant Morrison. J’ai surtout lu ce comics au vu des nombreuses critiques très positives qu’il reçoit. L’idée de départ reste pourtant originale : un Superman qui sait qu’il va bientôt mourir. Ce point de départ donne au récit une dimension particulière et presque tragique. Cependant, malgré cette idée intéressante, l’histoire et les personnages ne m’ont pas vraiment captivé tout au long du récit. J’ai reconnu l’originalité de l’approche, mais sans réussir à m’impliquer dans l’histoire. Au final, cette lecture ne m’a pas donné envie d’explorer davantage les nombreux récits consacrés à l’Homme d’Acier. Mais bon, il en faut pour tous les goûts.