Au travers de cet album, l’auteur nous propose une sorte d’autobiographie. Mais surtout une biographie/déclaration d’amour pour nous présenter sa mère, son parcours atypique, difficile. Commençant par la mort de la mère (d’un cancer) et se terminant presque par son enterrement (après moult flash-backs) et quelques révélations douloureuses, l’album se laisse lire agréablement.
La narration, comme le dessin d’ailleurs, sont aérés, fluides et agréables. Alain Rémy nous donne à voir une histoire familiale accidentée, mais vivace, mais aussi, au travers des nombreux « déménagements exotiques », la société des années 1970 à 1990, en Afrique ou à Haïti, la vision d’un gamin, fraiche.
Surtout l’auteur n’hésite pas à évoquer les moments difficiles, les malentendus, les blessures intimes, qui ont jalonné la vie de sa mère – et la sienne aussi par contre-coup.
Si l’album est centré sur sa mère, on voit à plusieurs reprises son père intervenir, et on sent que, là aussi Alain Rémy a des choses à dire à son propos, et d’ailleurs la dernière planche laisse entrevoir un autre album autour de ce père, souvent absent. A plusieurs reprises, lorsque l’histoire de ce père a été évoquée, surtout tout ce qui concerne sa période d’auteur/compositeur, sa relation avec Pierre Perret (devenu le parrain de l’auteur), je me suis dit que cette histoire me disait quelque chose. Et ça m’est revenu vers la fin, ce père est le personnage au centre de l’album de Tronchet Le Chanteur perdu !
En tout cas, voilà une histoire familiale qui parvient aisément à intéresser un lecteur « extérieur ». Rémy, avec son dessin dynamique, ses remarques souvent amusantes, ou pleines d’une cruelle profondeur (sur la nature humaine, les relations entre Arabes et Européens – différentes selon que l’on se trouve au Maroc ou en France, la société post-coloniale, etc.), nous propose une belle lecture.
Un album qui traite d’un sujet intéressant – et de plus en plus d’actualité – et qui le fait bien, et de façon relativement originale.
En effet, ça commence comme un récit de Science-Fiction classique, pour revenir peu à peu, au travers de divers chapitres, à quelque chose de plus « documentaire ».
La présentation est claire, fluide et aérée
D’abord parce que le dessin de Vincent Perriot est sympa et très lisible.
Ensuite parce que le propos, très étayé historiquement et scientifiquement, parvient à informer sans ennuyer : les citations d’économistes, de philosophes s’intègrent bien dans la démonstration, sont claires mais pas trop longues, enrichissent le propos sans le hacher.
L’album est bien construit, reprenant le passé, et aussi en développant une vision de l’avenir certes assez noire, mais pas sans issue, pour peu qu’on prenne conscience de certaines réalités. En particulier que notre mode de vie – et de pensée – fait peu de cas du caractère non renouvelable de beaucoup de ressources. Les promesses de certains économistes – ou d’industriels/rapaces comme Musk ou Bezos – ne tient pas la route. C’est bien sur notre Terre qu’il faudra trouver la solution. Surtout, notre système fait aussi peu de cas des « effets collatéraux » : outre les modifications notables du climat et leurs conséquences, d’ores et déjà nous ne pouvons soutenir ce mode de vie (habitants des pays riches à que parce qu’une bonne partie de l’humanité en est privée, et est exploitée (sa force de travail, mais aussi ses ressources) de façon plus qu’inégale – et inique.
C’est fou quand même l’aveuglement de tant de gens autour de la science, censée trouver des solutions à tout.
Bref, certaines solution – une autre croissance, voire une décroissance, une gestion responsable et équitable des ressources communes de l’humanité sont nécessaire. La course à l’innovation, à la 4,5 ou 6 G, avec des applications souvent inutiles et coûteuses en énergie et ressources, l’obsolescence programmée sont donc à revoir.
En fin d’album, un lexique et quelques rappels de connaissance complètent bien cette lecture qui apporte sa pierre à l’édifice d’une prise de conscience collective. A l’heure où Trump et ses suiveurs de droite plus ou moins extrême (ou tout simplement néolibéraux à la Macron) nie par leurs discours et/ou leurs actions l’urgence de la situation, il est toujours bon de lire un exposé simple et clair du problème, et de la direction que nous devrions prendre pour éviter le mur…
A l’instar d’un John Difool, Corto Maltese est un personnage qui m’a vu grandir. Après le looser magnifique place au flegme aventurier romantique.
Bref vous l’aurez compris Corto est un personnage qui m’est cher et que je continue à suivre.
A l’annonce de cette reprise par Vivès (et Quenehen que je connais peu) j’étais partagé entre hype et inquiétude, toujours est il que la curiosité l’a emporté.
1er bon point à la lecture, nous ne sommes pas dans la continuité temporelle de la série mère, c’est ici une version moderne de notre héros que les auteurs nous proposent, bienvenue au 21eme siècle.
2ème bon point, malgré ce bon dans le « futur » et le changement de look (notre héros a troqué sa marinière/casquette pour col roulé/bonnet), l’esprit est intact (j’ai beaucoup aimé la confrontation avec le téléphone portable :)
3ème bon point le dessin, on quitte le noir et blanc pour un gris/noir/blanc plutôt pas mal, quelques magnifiques images.
A noter également un chouette personnage féminin.
Une histoire peut-être en deçà par rapport à mes attentes mais ça m’a plutôt convaincu pour un 1er tome, je ne demande qu’à m’emballer par la suite pour augmenter ma note.
MàJ après 3 tomes :
Ça vaut bien 1* de plus cette reprise.
Certes, on est assez loin de l’imagerie de Pratt autour de ce héros mais finalement le duo d’auteurs s’en sort avec les honneurs. A mes yeux, il y a de jolies moments de grâce.
Le 1er m’est devenu de plus en plus accrocheur au fil de mes lectures, le 2nd est juste une tuerie, il n’y a que sa 3eme aventure qui me laisse encore un peu circonspect dans son background (pas avec les personnages).
Bref, j’aime bien ce Corto moderne et ce que développe le scénariste avec.
Je serai plus vache dans ma note que mes prédécesseurs mais je confirme la bonne réussite de ce tome, une lecture plutôt bien agréable.
Les ingrédients ne surprendront pas mais restent bien agencés. L’histoire ne s’encombre pas d’un grand réalisme mais le lecteur passera forcément un bon moment.
La partie graphique assure parfaitement le taf. L’humour marche bien, les personnages (ou les animaux) sont bien typés, la construction en chapitres est sympathique … en fait si ce n’est ce côté trop léger (à mon goût) et cette fin pas aussi bonne qu’escomptée, je n’ai rien à dire de méchant.
Un western réussi dans son registre mais j’avoue que je l’oublierai relativement vite.
Cette première partie des complaintes, divisée en deux cycles, est un classique de fantasy.
Dufaux parvient à créer un univers cohérent, qui est encore aujourd'hui toujours développé en différentes aventures.
Fracas des batailles, intrigues de châteaux, incursion dans les landes : l'intrigue est un modèle du genre dans sa manière de varier les situations tout en maintenant un équilibre nécessaire.
C'est vrai que le récit connait quelques faiblesses par moment, je pense au dénouement du tome 2 par exemple.
Certains messages sont un peu mièvres soit, mais ils sont suffisamment rares pour ne pas gâcher la noirceur de l'ensemble.
Et puis l'écriture des personnages est bien élaborée, un travail dont ne bénéficient pas toujours les oeuvres de Dufaux (coucou Saga Valta).
Le prince Gerfaut est un antagoniste tout en contraste.
Enfin le dessin de Rosinski : à lui seul, il mérite la note de 5 étoiles. Son coup de crayon est parfait pour le genre et contribue énormément à donner vie à l'univers qui nous est conté.
Les aventures de Sioban sont une étape incontournable dans le paysage de la bande dessinée.
Après lecture des 14 tomes.
Ils sont corrects, ma note globale ne dépasse pas 3/5 et quelques-uns sont à 4/5.
Je dis correct, car tout est très lisse, scolaire dans la mise en scène et le dessin.
Je n’ai pas bien compris le choix de nombreux dessinateurs qui sont certes excellents, mais dont le style n’est pas adapté pour de la « barbare fantasy » tirant vers la dark fantasy.
Pour ma part, les deux qui sortent du lot sont les tomes 9 « Les mangeurs d’hommes de Zamboula » et 10 « La maison aux trois bandits » : ils apportent quelque chose de beaucoup plus expressif, sauvage, charnel, avec une vraie sensualité dans la mise en scène, dans le dessin, le choix des couleurs et la présence magnétique des personnages. Note 4/5 avec coup de cœur.
Mon tome préféré à tous points de vue, dessin, couleur, découpage, narration, ambiance etc, c’est celui de Gess : « Les mangeurs d’hommes de Zamboula ». Je trouve que c’est un auteur remarquable et complet ; on le voit notamment avec sa magnifique série « les contes de la pieuvre » dont par exemple Célestin et le coeur de Vendrezanne.
Le talent de Virginie Augustin est tel que le tome 6 « Chimères de fer dans la clarté lunaire » est aussi brillant, même s’il reste sage pour un univers Cimmérien. Note 4/5
Le tome 8 « Le peuple du Cercle noir » de Sylvain Runberg & Jae-Kwang Park est vraiment bien réalisé, mais le dessin est très typé manga et du coup ne donne pas une interprétation assez réaliste du cimmérien à mon goût. Note 3,5/5
Le tome 13 « Xuthal la crépusculaire » de Christophe Bec est de bonne facture, mais je ressens toujours une sorte de malaise à la lecture de ses bd mis à part Carême. Note 3,5/5
Le témoignage de Ponthus m'a enthousiasmé, aussi étais-je véritablement curieux de voir ce que donnerait son adaptation en roman graphique. Mais j'ai bien vite déchanté. Les illustrations sont certes élégantes, mais bien sages ! Nulle rage ici, nulle âpreté, nulle dureté ! Notre héros a par exemple une petite bouille ronde bien joviale quand j'escomptais lire dans son visage l'hargneuse ironie prolétarienne d'un punk anar' quelque peu revenu de ses illusions de jeunesse. De même, le récit surdécoupe les scénettes de l'essai, ne parvenant à en rendre ni la puissance poétique, ni la détresse sociale, ni même (chose plus surprenante) la dureté du travail déshumanisant. Le parcours de cet homme brisé se découvre ici paisiblement, sa vie de famille est tout juste survolée oubliant combien le travail, notamment de nuit, use les couples. Enfin, le regard sur la condition ouvrière et les ouvriers côtoyés vient presque contredire le militantisme originel : la bd insiste sur l'humour sexiste de l'insupportable collègue, sur les avantages contractuels des grévistes syndiqués, mais autrement moins sur le regard empli d'humanité, sur l'unité de classe malgré les inégalités de statut. Au risque de modifier le regard général et d'inviter son lecteur au mépris à l'égard de ces supposés "illettrés".
Martinière ne parvient pas non plus à intégrer suffisamment d'éléments dans son récit pour que son lecteur comprenne véritablement combien le fait de fredonner en travaillant est bien plus qu'un moyen de combler l'ennui : il s'agit là véritablement d'une nécessité pour surmonter les terribles conditions de travail.
La liste des remontrances paraît longue comme le bras, mais le matériau demeure de qualité, le projet davantage maladroitement mené que trahi. Néanmoins, mieux vaut relire Ceux qui me touchent ou le témoignage de Ponthus, et espérer que Julien Martinière parvienne à l'avenir à mieux structurer ses récits, à mieux découper ses BD, à s'éloigner du scénario pour en respecter davantage l'esprit que la trame séquencée.
Une maxi-série inédite en dix épisodes (avec trois arcs narratifs de trois épisodes et un épisode conclusif) consacrée au célèbre Yoda. Ce format fonctionne très bien, car il permet d’explorer différentes périodes de sa vie tout en racontant des histoires assez complètes.
J’ai particulièrement apprécié le fait que le comics prenne le temps de montrer Yoda dans plusieurs moments importants de l’univers Star Wars. Chaque arc a sa propre ambiance et permet de voir le personnage sous un angle différent : en maître Jedi, en guide pour les plus jeunes ou encore en stratège pendant la Guerre des Clones. On retrouve bien la sagesse du personnage, mais aussi ses interrogations face à la Force et aux événements.
Les dessins sont globalement très réussis et participent beaucoup au plaisir de lecture. Les différentes équipes artistiques apportent chacune leur style, ce qui rend les arcs assez variés visuellement.
Certaines histoires m’ont un peu plus marqué que d’autres, mais l’ensemble reste très solide et intéressant, surtout pour un personnage aussi emblématique que Yoda. C’est une lecture que j’ai vraiment appréciée et qui développe bien le personnage.
L'héroïne, Cécile, fille de magistrat rêve de marcher dans les traces de son père et d'embrasser également une carrière dans la magistrature. Seulement, en 1848, la société de l'époque ne voit pas les choses comme cela. Ce type de carrière est réservé aux hommes tandis que la place des femmes est plutôt à la maison. Cécile ne l'entend pas de cette oreille.
Il n'en faut pas plus pour embarquer avec elle dans un récit d'aventures, teinté de western et de féminisme. De western car sa route va la mener dans un village du sud des États Unis où elle héritera de l'étoile de shérif. De féminisme car ses talents d'oratrice lui serviront autant pour défendre les causes qu'elle estime justes, que pour plaider la cause de son genre dans un combat contre la discrimination. L'histoire s'appuie d'ailleurs sur quelques faits historiques pour étayer ce propos.
Ce mix donne un récit burlesque et distrayant. Il y a quelques scènes assez sympathiques. Que ce soit la beuverie qui va la conduire vers les USA, l'attaque de train qu'elle va vivre lors de son premier voyage, ou son plaidoyer improvisé pour éviter la pendaison à ses agresseurs, il y a quelques passages cocasses. La dimension sociale est également abordée intelligemment et l'ensemble se tient sur 120 pages.
Un premier album original, tant dans le graphisme que dans le propos.
Un road-movie qui m'a semblé correct, sans plus.
Il faut dire que les personnages et les situations qu'ils vivent sont un peu cliché: alors le héros est encore une fois un jeune trentenaire qui hésite encore devenir définitivement un adulte responsable avec sa copine ou continuer de faire le con avec son copain un peu toxique qu'il n'a plus vu depuis un an. Dites c'est quand la dernière fois que vous avez lu ou vu une œuvre de fiction où c'était la femme d'un couple qui était l'irresponsable ? Non je dis ça parce que j'ai déjà eu un collègue de travail qui avait la fibre paternelle et qui adorait sa fille pendant que la mère foutait rien et c'est lui qui payait tout. Pourquoi je vois jamais des gens qui sont comme ceux de mon entourage dans la fiction, est-ce que ma vie et la leur sont si extraordinaires que ça ?
Pour revenir à la bd, le héros part donc en road-movie avec son meilleur pote qu'il n'a pas vu depuis un an après qui se soit disputé avec sa copine. Le voyage va être l'occasion pour le héros de mettre les points sur les i sur ce qu'il a vraiment envie de faire de sa vie et s'il a vraiment changé ou non en un an. Il y a des qualités dans cet album, le dessin est dynamique et il y a de bons dialogues, c'est juste que tout est trop classique et cousu de fils blancs, pour que cela reste une lecture marquante. Même les révélations de la fin, je les avais devinées au milieu de l'album, lorsque j'ai remarqué quelques incidents bizarres.
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Sur la vie de ma mère
Au travers de cet album, l’auteur nous propose une sorte d’autobiographie. Mais surtout une biographie/déclaration d’amour pour nous présenter sa mère, son parcours atypique, difficile. Commençant par la mort de la mère (d’un cancer) et se terminant presque par son enterrement (après moult flash-backs) et quelques révélations douloureuses, l’album se laisse lire agréablement. La narration, comme le dessin d’ailleurs, sont aérés, fluides et agréables. Alain Rémy nous donne à voir une histoire familiale accidentée, mais vivace, mais aussi, au travers des nombreux « déménagements exotiques », la société des années 1970 à 1990, en Afrique ou à Haïti, la vision d’un gamin, fraiche. Surtout l’auteur n’hésite pas à évoquer les moments difficiles, les malentendus, les blessures intimes, qui ont jalonné la vie de sa mère – et la sienne aussi par contre-coup. Si l’album est centré sur sa mère, on voit à plusieurs reprises son père intervenir, et on sent que, là aussi Alain Rémy a des choses à dire à son propos, et d’ailleurs la dernière planche laisse entrevoir un autre album autour de ce père, souvent absent. A plusieurs reprises, lorsque l’histoire de ce père a été évoquée, surtout tout ce qui concerne sa période d’auteur/compositeur, sa relation avec Pierre Perret (devenu le parrain de l’auteur), je me suis dit que cette histoire me disait quelque chose. Et ça m’est revenu vers la fin, ce père est le personnage au centre de l’album de Tronchet Le Chanteur perdu ! En tout cas, voilà une histoire familiale qui parvient aisément à intéresser un lecteur « extérieur ». Rémy, avec son dessin dynamique, ses remarques souvent amusantes, ou pleines d’une cruelle profondeur (sur la nature humaine, les relations entre Arabes et Européens – différentes selon que l’on se trouve au Maroc ou en France, la société post-coloniale, etc.), nous propose une belle lecture.
Ressources - Un défi pour l'humanité
Un album qui traite d’un sujet intéressant – et de plus en plus d’actualité – et qui le fait bien, et de façon relativement originale. En effet, ça commence comme un récit de Science-Fiction classique, pour revenir peu à peu, au travers de divers chapitres, à quelque chose de plus « documentaire ». La présentation est claire, fluide et aérée D’abord parce que le dessin de Vincent Perriot est sympa et très lisible. Ensuite parce que le propos, très étayé historiquement et scientifiquement, parvient à informer sans ennuyer : les citations d’économistes, de philosophes s’intègrent bien dans la démonstration, sont claires mais pas trop longues, enrichissent le propos sans le hacher. L’album est bien construit, reprenant le passé, et aussi en développant une vision de l’avenir certes assez noire, mais pas sans issue, pour peu qu’on prenne conscience de certaines réalités. En particulier que notre mode de vie – et de pensée – fait peu de cas du caractère non renouvelable de beaucoup de ressources. Les promesses de certains économistes – ou d’industriels/rapaces comme Musk ou Bezos – ne tient pas la route. C’est bien sur notre Terre qu’il faudra trouver la solution. Surtout, notre système fait aussi peu de cas des « effets collatéraux » : outre les modifications notables du climat et leurs conséquences, d’ores et déjà nous ne pouvons soutenir ce mode de vie (habitants des pays riches à que parce qu’une bonne partie de l’humanité en est privée, et est exploitée (sa force de travail, mais aussi ses ressources) de façon plus qu’inégale – et inique. C’est fou quand même l’aveuglement de tant de gens autour de la science, censée trouver des solutions à tout. Bref, certaines solution – une autre croissance, voire une décroissance, une gestion responsable et équitable des ressources communes de l’humanité sont nécessaire. La course à l’innovation, à la 4,5 ou 6 G, avec des applications souvent inutiles et coûteuses en énergie et ressources, l’obsolescence programmée sont donc à revoir. En fin d’album, un lexique et quelques rappels de connaissance complètent bien cette lecture qui apporte sa pierre à l’édifice d’une prise de conscience collective. A l’heure où Trump et ses suiveurs de droite plus ou moins extrême (ou tout simplement néolibéraux à la Macron) nie par leurs discours et/ou leurs actions l’urgence de la situation, il est toujours bon de lire un exposé simple et clair du problème, et de la direction que nous devrions prendre pour éviter le mur…
Corto Maltese (Quenehen et Vives)
A l’instar d’un John Difool, Corto Maltese est un personnage qui m’a vu grandir. Après le looser magnifique place au flegme aventurier romantique. Bref vous l’aurez compris Corto est un personnage qui m’est cher et que je continue à suivre. A l’annonce de cette reprise par Vivès (et Quenehen que je connais peu) j’étais partagé entre hype et inquiétude, toujours est il que la curiosité l’a emporté. 1er bon point à la lecture, nous ne sommes pas dans la continuité temporelle de la série mère, c’est ici une version moderne de notre héros que les auteurs nous proposent, bienvenue au 21eme siècle. 2ème bon point, malgré ce bon dans le « futur » et le changement de look (notre héros a troqué sa marinière/casquette pour col roulé/bonnet), l’esprit est intact (j’ai beaucoup aimé la confrontation avec le téléphone portable :) 3ème bon point le dessin, on quitte le noir et blanc pour un gris/noir/blanc plutôt pas mal, quelques magnifiques images. A noter également un chouette personnage féminin. Une histoire peut-être en deçà par rapport à mes attentes mais ça m’a plutôt convaincu pour un 1er tome, je ne demande qu’à m’emballer par la suite pour augmenter ma note. MàJ après 3 tomes : Ça vaut bien 1* de plus cette reprise. Certes, on est assez loin de l’imagerie de Pratt autour de ce héros mais finalement le duo d’auteurs s’en sort avec les honneurs. A mes yeux, il y a de jolies moments de grâce. Le 1er m’est devenu de plus en plus accrocheur au fil de mes lectures, le 2nd est juste une tuerie, il n’y a que sa 3eme aventure qui me laisse encore un peu circonspect dans son background (pas avec les personnages). Bref, j’aime bien ce Corto moderne et ce que développe le scénariste avec.
Son of a gun!
Je serai plus vache dans ma note que mes prédécesseurs mais je confirme la bonne réussite de ce tome, une lecture plutôt bien agréable. Les ingrédients ne surprendront pas mais restent bien agencés. L’histoire ne s’encombre pas d’un grand réalisme mais le lecteur passera forcément un bon moment. La partie graphique assure parfaitement le taf. L’humour marche bien, les personnages (ou les animaux) sont bien typés, la construction en chapitres est sympathique … en fait si ce n’est ce côté trop léger (à mon goût) et cette fin pas aussi bonne qu’escomptée, je n’ai rien à dire de méchant. Un western réussi dans son registre mais j’avoue que je l’oublierai relativement vite.
Complainte des landes perdues
Cette première partie des complaintes, divisée en deux cycles, est un classique de fantasy. Dufaux parvient à créer un univers cohérent, qui est encore aujourd'hui toujours développé en différentes aventures. Fracas des batailles, intrigues de châteaux, incursion dans les landes : l'intrigue est un modèle du genre dans sa manière de varier les situations tout en maintenant un équilibre nécessaire. C'est vrai que le récit connait quelques faiblesses par moment, je pense au dénouement du tome 2 par exemple. Certains messages sont un peu mièvres soit, mais ils sont suffisamment rares pour ne pas gâcher la noirceur de l'ensemble. Et puis l'écriture des personnages est bien élaborée, un travail dont ne bénéficient pas toujours les oeuvres de Dufaux (coucou Saga Valta). Le prince Gerfaut est un antagoniste tout en contraste. Enfin le dessin de Rosinski : à lui seul, il mérite la note de 5 étoiles. Son coup de crayon est parfait pour le genre et contribue énormément à donner vie à l'univers qui nous est conté. Les aventures de Sioban sont une étape incontournable dans le paysage de la bande dessinée.
Conan le Cimmérien
Après lecture des 14 tomes. Ils sont corrects, ma note globale ne dépasse pas 3/5 et quelques-uns sont à 4/5. Je dis correct, car tout est très lisse, scolaire dans la mise en scène et le dessin. Je n’ai pas bien compris le choix de nombreux dessinateurs qui sont certes excellents, mais dont le style n’est pas adapté pour de la « barbare fantasy » tirant vers la dark fantasy. Pour ma part, les deux qui sortent du lot sont les tomes 9 « Les mangeurs d’hommes de Zamboula » et 10 « La maison aux trois bandits » : ils apportent quelque chose de beaucoup plus expressif, sauvage, charnel, avec une vraie sensualité dans la mise en scène, dans le dessin, le choix des couleurs et la présence magnétique des personnages. Note 4/5 avec coup de cœur. Mon tome préféré à tous points de vue, dessin, couleur, découpage, narration, ambiance etc, c’est celui de Gess : « Les mangeurs d’hommes de Zamboula ». Je trouve que c’est un auteur remarquable et complet ; on le voit notamment avec sa magnifique série « les contes de la pieuvre » dont par exemple Célestin et le coeur de Vendrezanne. Le talent de Virginie Augustin est tel que le tome 6 « Chimères de fer dans la clarté lunaire » est aussi brillant, même s’il reste sage pour un univers Cimmérien. Note 4/5 Le tome 8 « Le peuple du Cercle noir » de Sylvain Runberg & Jae-Kwang Park est vraiment bien réalisé, mais le dessin est très typé manga et du coup ne donne pas une interprétation assez réaliste du cimmérien à mon goût. Note 3,5/5 Le tome 13 « Xuthal la crépusculaire » de Christophe Bec est de bonne facture, mais je ressens toujours une sorte de malaise à la lecture de ses bd mis à part Carême. Note 3,5/5
A la ligne
Le témoignage de Ponthus m'a enthousiasmé, aussi étais-je véritablement curieux de voir ce que donnerait son adaptation en roman graphique. Mais j'ai bien vite déchanté. Les illustrations sont certes élégantes, mais bien sages ! Nulle rage ici, nulle âpreté, nulle dureté ! Notre héros a par exemple une petite bouille ronde bien joviale quand j'escomptais lire dans son visage l'hargneuse ironie prolétarienne d'un punk anar' quelque peu revenu de ses illusions de jeunesse. De même, le récit surdécoupe les scénettes de l'essai, ne parvenant à en rendre ni la puissance poétique, ni la détresse sociale, ni même (chose plus surprenante) la dureté du travail déshumanisant. Le parcours de cet homme brisé se découvre ici paisiblement, sa vie de famille est tout juste survolée oubliant combien le travail, notamment de nuit, use les couples. Enfin, le regard sur la condition ouvrière et les ouvriers côtoyés vient presque contredire le militantisme originel : la bd insiste sur l'humour sexiste de l'insupportable collègue, sur les avantages contractuels des grévistes syndiqués, mais autrement moins sur le regard empli d'humanité, sur l'unité de classe malgré les inégalités de statut. Au risque de modifier le regard général et d'inviter son lecteur au mépris à l'égard de ces supposés "illettrés". Martinière ne parvient pas non plus à intégrer suffisamment d'éléments dans son récit pour que son lecteur comprenne véritablement combien le fait de fredonner en travaillant est bien plus qu'un moyen de combler l'ennui : il s'agit là véritablement d'une nécessité pour surmonter les terribles conditions de travail. La liste des remontrances paraît longue comme le bras, mais le matériau demeure de qualité, le projet davantage maladroitement mené que trahi. Néanmoins, mieux vaut relire Ceux qui me touchent ou le témoignage de Ponthus, et espérer que Julien Martinière parvienne à l'avenir à mieux structurer ses récits, à mieux découper ses BD, à s'éloigner du scénario pour en respecter davantage l'esprit que la trame séquencée.
Star Wars - Yoda
Une maxi-série inédite en dix épisodes (avec trois arcs narratifs de trois épisodes et un épisode conclusif) consacrée au célèbre Yoda. Ce format fonctionne très bien, car il permet d’explorer différentes périodes de sa vie tout en racontant des histoires assez complètes. J’ai particulièrement apprécié le fait que le comics prenne le temps de montrer Yoda dans plusieurs moments importants de l’univers Star Wars. Chaque arc a sa propre ambiance et permet de voir le personnage sous un angle différent : en maître Jedi, en guide pour les plus jeunes ou encore en stratège pendant la Guerre des Clones. On retrouve bien la sagesse du personnage, mais aussi ses interrogations face à la Force et aux événements. Les dessins sont globalement très réussis et participent beaucoup au plaisir de lecture. Les différentes équipes artistiques apportent chacune leur style, ce qui rend les arcs assez variés visuellement. Certaines histoires m’ont un peu plus marqué que d’autres, mais l’ensemble reste très solide et intéressant, surtout pour un personnage aussi emblématique que Yoda. C’est une lecture que j’ai vraiment appréciée et qui développe bien le personnage.
Cécile la shérif
L'héroïne, Cécile, fille de magistrat rêve de marcher dans les traces de son père et d'embrasser également une carrière dans la magistrature. Seulement, en 1848, la société de l'époque ne voit pas les choses comme cela. Ce type de carrière est réservé aux hommes tandis que la place des femmes est plutôt à la maison. Cécile ne l'entend pas de cette oreille. Il n'en faut pas plus pour embarquer avec elle dans un récit d'aventures, teinté de western et de féminisme. De western car sa route va la mener dans un village du sud des États Unis où elle héritera de l'étoile de shérif. De féminisme car ses talents d'oratrice lui serviront autant pour défendre les causes qu'elle estime justes, que pour plaider la cause de son genre dans un combat contre la discrimination. L'histoire s'appuie d'ailleurs sur quelques faits historiques pour étayer ce propos. Ce mix donne un récit burlesque et distrayant. Il y a quelques scènes assez sympathiques. Que ce soit la beuverie qui va la conduire vers les USA, l'attaque de train qu'elle va vivre lors de son premier voyage, ou son plaidoyer improvisé pour éviter la pendaison à ses agresseurs, il y a quelques passages cocasses. La dimension sociale est également abordée intelligemment et l'ensemble se tient sur 120 pages. Un premier album original, tant dans le graphisme que dans le propos.
Fidji
Un road-movie qui m'a semblé correct, sans plus. Il faut dire que les personnages et les situations qu'ils vivent sont un peu cliché: alors le héros est encore une fois un jeune trentenaire qui hésite encore devenir définitivement un adulte responsable avec sa copine ou continuer de faire le con avec son copain un peu toxique qu'il n'a plus vu depuis un an. Dites c'est quand la dernière fois que vous avez lu ou vu une œuvre de fiction où c'était la femme d'un couple qui était l'irresponsable ? Non je dis ça parce que j'ai déjà eu un collègue de travail qui avait la fibre paternelle et qui adorait sa fille pendant que la mère foutait rien et c'est lui qui payait tout. Pourquoi je vois jamais des gens qui sont comme ceux de mon entourage dans la fiction, est-ce que ma vie et la leur sont si extraordinaires que ça ? Pour revenir à la bd, le héros part donc en road-movie avec son meilleur pote qu'il n'a pas vu depuis un an après qui se soit disputé avec sa copine. Le voyage va être l'occasion pour le héros de mettre les points sur les i sur ce qu'il a vraiment envie de faire de sa vie et s'il a vraiment changé ou non en un an. Il y a des qualités dans cet album, le dessin est dynamique et il y a de bons dialogues, c'est juste que tout est trop classique et cousu de fils blancs, pour que cela reste une lecture marquante. Même les révélations de la fin, je les avais devinées au milieu de l'album, lorsque j'ai remarqué quelques incidents bizarres.