Avant de se lancer dans la présente série, il est plus que conseillé de déjà connaître la 1ere trilogie : Valhalla hôtel.
Le lecteur se sera déjà fait une idée du ton assumé (un rien décalé et parfois un peu lourdingue), si vous n’avez pas un tantinet adhéré, inutile de poursuivre l’aventure, d’autant que l’on retrouve ici la même formule ainsi que les mêmes personnages mais « 10 ans après ».
J’avoue que ce n’est pas une suite que j’attendais spécialement, mais l’occasion s’étant présentée je n’ai pas boudé mon plaisir.
J’ai d’abord pesté sur le premier tome que j’ai trouvé un peu bavard et moins groovy qu’espérais, ne voyant pas de grande pertinence à ce 2eme cycle. Le 2eme tome se lâche un peu plus niveau action et moments WTF, j’y ai davantage adhéré, retrouvant mon plaisir de lecture dans les délires de l’auteur.
Finalement toujours dans la même veine que le 1er cycle niveau folie. Pas un indispensable mais une œuvre bien troussée pour les amateurs de série B.
Ce recueil enchaîne une dizaine de très courts récits d'horreur, dans le genre histoires à faire peur que les ados se racontent autour d'un feu de camp, avec auto-stoppeuses inquiétantes, métros hantés, monstres dans les bois, maisons isolées et autres apparitions démoniaques surgissant dans l'obscurité.
Visuellement, l'album fonctionne plutôt bien. Le dessin de Paskal Millet est solide, très chargé en noirs, avec une bonne maîtrise des ambiances nocturnes, des contrastes et des visages inquiétants. Certaines planches ont même un vrai impact graphique pour accentuer le malaise ou la surprise effrayante. On sent clairement l'influence des comics horrifiques américains et l'ensemble possède une vraie cohérence esthétique.
Mais tout cela manque énormément de subtilité dans sa mise en scène. Outre trop d'histoires plus ou moins déjà entendues ici et là, les scénarios jouent sur des effets extrêmement appuyés, comme un film d'horreur qui miserait trop sur ses screamers, des gros monstres noirs surgissant dans le champ ou des grimaces démoniaques. Beaucoup d'histoires reposent sur les réactions idiotes des personnages, du genre qui fait soupirer devant certains mauvais films d'horreur quand les protagonistes descendent seuls dans la cave inquiétante sans aucune lumière.
Les récits sont tellement courts qu'ils ressemblent parfois davantage à des résumés d'épisodes qu'à de véritables histoires. En quelques pages, quelqu'un croise une créature inquiétante, panique immédiatement, abandonne toute défense, pousse un cri et hop, fondu au noir. Cela devient presque comique par moments, comme si certains personnages mouraient simplement parce qu'un monstre leur a crié "bouh !". Les antagonistes affichent souvent d'énormes sourires carnassiers ultra démonstratifs censés suffire à terroriser leurs victimes, et le récit considère ensuite comme acquis que celles-ci vont se laisser mourir de peur sans opposer la moindre résistance.
Du coup, même si l'ambiance fonctionne parfois, on reste très loin de la subtilité psychologique ou du malaise progressif qu'on peut trouver chez Hitchcock ou dans certains récits de Lovecraft. Ici, tout est frontal, immédiat, démonstratif et trop souvent extrêmement prévisible. On devine quasiment toujours où chaque histoire va aboutir dès les premières pages, et les chutes tombent rarement autrement que comme des facilités.
La seule histoire qui m'a un peu marqué est celle du chalet avec le rieur aux fenêtres, justement parce que l'apparition possède pour une fois un petit côté réellement dérangeant et que l'atmosphère y fonctionne un peu mieux. Mais même là, la conclusion arrive trop vite et simplifie tout de manière assez frustrante.
Les amateurs de petites histoires horrifiques à l'ancienne pourront probablement y trouver leur compte grâce à l'ambiance graphique réussie. Mais pour ma part, cela m'a surtout donné l'impression d'une succession de déjà-vus ou d'idées trop faciles et sans finesse.
Marc-Antoine Mathieu ne m’a que rarement réellement déçu, et m’a souvent captivé, voire enthousiasmé avec ses séries qui, pour la plupart, c’est le moins que l’on puisse dire, ne manquent pas d’ambition.
Je me suis à plusieurs reprises fait la réflexion que lorsqu’il contacte Delcourt pour un nouveau projet, son éditeur doit marquer un temps d’arrêt, voire calmer une brusque palpitation, tant celui-ci est soumis à quelques lourdes contraintes. Et ici il y a en a, puisque Mathieu nous propose une sorte de livre lilliputien, sans doute l’un des plus petits du monde, qui n’est réellement lisible qu’avec la loupe fournie dans l’album/étui permettant à l’acheteur de ranger cet album au milieu des albums « normaux » de sa bibliothèque.
Amateur de paradoxes, Mathieu publie donc un livre minuscule traitant de l’infini. Le résultat ? Eh bien un ressenti très légèrement mitigé me concernant, mais globalement très positif.
En fait mon principal – et quasi unique – grief vient justement de la taille du livre lui-même. Car, une fois passée la stupeur de la prise en mains (en doigts devrais-je dire), la lecture est quand même quelque peu mal aisée. Une main occupée par la loupe – il faut trouver à chaque page le bon angle et la bonne distance pour déchiffrer les dialogues ! – ne reste plus que les doigts de l’autre pour tenir le livre, l’orienter vers la loupe, et tourner les pages – en posant la loupe à chaque fois. L’ergonomie est mise à rude épreuve, et c’est cette difficulté qui a sans doute un peu freiné mon plaisir de lecture.
Si le format est bien minuscule, Mathieu n’en a pas pour autant abandonné toute ambition, si ce n’est scénaristique, tout au moins narrative. C’est ainsi qu’il nous livre une sorte d’essai dialogué, le lecteur suivant deux personnages, dans leurs déambulations – au milieu des idées et des livres – et dans leur confrontation verbale, ininterrompue, avec comme centre d’intérêt l’infini. Les deux types discutent, se renvoient arguments et effets de mots – comme on le dit de manches – et Mathieu multiplient les jeux de mots, qui s’enchaînent de façon très fluide, en nourrissant parfaitement une réflexion pas si superficielle que ça.
J’ai trouvé qu’il y avait du Masse dans cet album. En particulier les deux bonhommes m’ont à plusieurs reprises fait penser à l’album Les Deux du balcon.
Ainsi, par-delà la prouesse éditoriale – et aussi la réelle difficulté de lecture – on a là un album ambitieux, qui satisfait plus que la curiosité des lecteurs, leur intellect ! Et si les deux philosophes jouent sur les mots, leurs échangent sont aussi ponctués d’humour – ce qui tend à alléger le propos.
Une nouvelle fois, je ne peux que m’incliner devant cet auteur, qui se renouvelle régulièrement, qui ne sacrifie jamais l’ambition narrative à ses propositions osées sur le médium BD. Je vous recommande chaudement de jeter plus qu’un œil sur cette loupe !
C’est le troisième volet du triptyque des mêmes auteurs, chaque album pouvant se lire séparément (je n’avais lu que le deuxième volet pour le moment). Si la lecture est sympathique et finalement très agréable, j’ai quand même eu plus de mal que pour le précédent opus à entrer dans l’histoire.
En effet, la première moitié est monocentrée sur l’héroïne, Mary, qu’on devine peu à peu fuyant un mari toxique, violent. Mais ce dernier n’apparait que via les messages agressifs qu’il laisse sur le téléphone de Mary, et on ne sait pas trop où Mary et l’intrigue vont nous mener.
Peu à peu les choses se mettent en place, et, comme Mary dans la seconde moitié du récit, on reprend pied.
La narration prend son temps (on pourrait presque reprocher à l’intrigue sa « légèreté », son manque de densité), pour un récit feel good ma foi sympathique (Mary a quand eu de la chance de tomber sur la famille de Lucy !).
Le dessin est lui aussi agréable, fluide, avec une colorisation elle aussi réussi.
Bref, avec cet album, les deux auteurs ont développé encore leur univers (ça n’est que dans les dernières pages que Mary fait le lien avec Jane, que j’avais pu croiser dans Lady Jane). Des albums sans prétention, mais loin d’être sans intérêt.
J’ai l’impression que les autres avis sur cet album sont masculins. Donc un avis de fille hétéro que la chose intéresse :-).
J’ai trouvé l’intention de l’auteur très louable. Faire parler des hommes de leur rapport à la sexualité, sans tabou et en exprimant leur ressenti sur les différents angles d’attaque proposés par le meneur de jeu.
Belle réussite du projet et on sent l’implication des intervenants pour essayer de développer la façon dont ils appréhendent leur sexualité. Et bons les angles d’attaque justement, il me semble que c’est cette approche qui a permis de libérer la parole tout en canalisant la conversation, bien vu.
Parole libérée qui m’a semblé bien sincère et sans gêne ni tabou. Bien qu’il reste quand même un dernier bloquage sur le sujet (ultime ?) de ...la taille du pénis bien sur.
J’ai donc bien apprécié d’en apprendre un peu plus sur le regard que portent les hommes sur le sujet (c’est vrai que ce n’est pas celui qui vient spontanément dans mes conversations avec des potes).
Mais j’ai, un peu comme certains aviseurs précédents, quelques regrets sur la représentativité de l’échantillonnage de ces messieurs. Certes, on a une heureuse diversité des orientations sexuelles, peut-être un peu trop d’ailleurs, l’homme ‘’hétéro-classique’’ semble quasi minoritaire mais pourquoi pas, il est présent. En revanche j’aurais bien vu aussi plus de diversité dans les âges des protagonistes (c’est une vieille qui parle), pas de quinqua ou de soixantenaire (ou plus), c’est un peu dommage, j’aurais aimé aussi avoir leur ressenti.
Après, je ne sais pas si l'édition augmentée apporte quelque chose à ce niveau.
Mais c’est peu de chose, j’ai quand même apprécié le fond, et la forme qui ne manque pas d’humour dans la présentation.
Grosse curiosité que cet album qui intéressera forcément les fans de Régis Loisel. Les Nocturnes est un recueil d'histoires courtes dessinées entre 1973 et 1977 environ, issues de différentes publications de jeunesse de Loisel, notamment du fanzine Tousse-Bourrin qu'il avait cofondé à l'époque. Rien que pour cela, l'album possède un vrai intérêt historique et permet de découvrir les tout débuts d'un auteur qui deviendra ensuite célèbre avec La Quête de l'Oiseau du Temps puis Peter Pan.
On y découvre l'évolution rapide de son dessin sur seulement quelques années. Les premières histoires n'ont pratiquement rien à voir avec le style qu'on lui associe aujourd'hui. Le trait est encore assez rigide, parfois réaliste, avec des influences visibles et finalement assez peu de personnalité propre. On sent déjà du talent et une vraie énergie graphique, mais pas encore cette nervosité ni cette expressivité qui deviendront sa signature. Au fil des récits, notamment dans les différentes histoires intitulées Nocturnes, son dessin commence progressivement à se transformer et à devenir beaucoup plus vivant, souple et personnel. On se rapproche alors davantage du style de Norbert le Lézard, paru peu après, étape intermédiaire vers La Quête de l'Oiseau du Temps.
En revanche, il faut être honnête : en dehors de cet aspect "archéologie de carrière", l'ensemble reste très marqué par son origine fanzine. Les scénarios, pourtant parfois signés par des noms qui deviendront fameux plus tard, restent très adolescents dans l'esprit. L'humour noir, la gaudriole et le côté grand-guignol sont omniprésents, souvent avec un goût du mauvais esprit ou de la provocation gratuite typique des jeunes auteurs de l'époque. Certaines histoires fonctionnent mieux que d'autres, mais globalement cela reste assez prévisible, inégal et pas franchement mémorable sur le fond.
Même matériellement, l'album trahit son statut de publication de récupération patrimoniale. Les éditions Kesselring ont manifestement fait ce qu'elles pouvaient avec les sources disponibles, mais la qualité de reproduction est parfois médiocre, avec des images un peu abîmées et certains textes difficilement lisibles.
Les Nocturnes vaut surtout comme document de curiosité pour suivre les débuts et l'évolution graphique d'un futur très grand dessinateur. Pour les admirateurs de Loisel, c'est intéressant à feuilleter parce qu'on y voit littéralement son style se construire sous nos yeux. Mais comme véritable lecture de bande dessinée, c'est quand même très mineur et pas franchement indispensable en dehors de cet intérêt historique.
C'est une très bonne série, mais cependant il est impossible de lire le livre. La série, se basse sur la gangstar, le racisme, la violence etc... Deux enfants : Yuey et Riley qui sont au près de leur grand-père pour leurs incroyables aventures
J'avais entendu parler de cette série, mais je ne l'avais jamais lue. Puis, lorsque j'ai su qu'il y avait une édition française (dont la traduction s’arrête à octobre 2001 donc il y a encore plein de strips inédits en français), j'ai emprunté les albums. J'ai bien aimé les strips. Certes l'humour est inégal et certains gags ne m'ont pas fait rire, mais cela ne m'a pas dérangé parce que je trouve les personnages attachants. Ils ont tous leurs défauts ou problèmes et cela me fait bien rire. Le fait que les histoires tournent autour des mêmes thèmes ne m'a pas du tout dérangé car l'auteur a beaucoup d'imagination pour faire rire. Les références à la société américaine ne m'ont pas dérangé car je connaissais à peu près toutes ces références. Il n'y a que des gags sur certains candidats de l'élection présidentielle de 2000 que je n'ai pas compris car je connais uniquement Gore, Bush, Cheney et McCain.
Cette BD propose une galerie de psychopathes célèbres, de Jack l'Éventreur à Hitler en passant par Charles Manson ou encore le docteur Petiot, en mélangeant récit documentaire, humour noir et mises en scène décalées autour de narrateurs souvent très particuliers.
J'ai trouvé l'ensemble assez difficile à cerner, parce que l'album oscille constamment entre le documentaire criminel et la comédie noire un peu absurde. Sur le fond, il raconte globalement les faits réels connus autour de ces différents tueurs et psychopathes, avec un vrai travail de synthèse et des fiches récapitulatives qui donnent les éléments essentiels sur chaque personnage. Il y a donc un vrai aspect documentaire, parfois assez instructif, notamment sur certaines figures moins connues comme Belle Gunness, Mary Bell ou le couple West.
Mais la particularité du livre vient surtout du choix de narration. Chaque histoire est racontée à travers des personnages extérieurs souvent assez loufoques : un numérologue obsessionnel, un assureur un peu étrange, un prêtre exorciste, une psychologue de comptoir, un élu local vulgaire ou d'autres figures du quotidien qui servent de filtres au récit. Cela donne un ton très décalé, parfois caustique, avec un humour noir omniprésent mais assez variable selon les chapitres.
Le résultat change beaucoup d'une histoire à l'autre. Sur certains récits très documentés comme celui consacré à Hitler, le côté historique et documentaire domine naturellement parce qu'il y a énormément de matière à raconter. À l'inverse, sur Jack l'Éventreur où les faits restent plus flous et limités, la mise en scène autour des narrateurs prend beaucoup plus de place, avec quelque chose de plus fantaisiste et loufoque.
C'est justement ce mélange qui m'a laissé un ressenti assez mitigé. L'ensemble est volontairement bigarré, parfois presque chaotique dans le ton, et je n'ai pas toujours su comment appréhender son humour. Certaines idées fonctionnent bien, d'autres tombent un peu à plat ou deviennent inutilement vulgaires ou appuyées. Globalement, l'humour m'a peu amusé même si je comprends la logique du décalage pour éviter un traitement purement glauque ou morbide.
Côté documentaire, c'est également variable. Certaines histoires donnent vraiment envie d'en apprendre davantage sur les personnages évoqués, tandis que d'autres restent assez superficielles et résument surtout des faits déjà relativement connus du grand public. Cela donne parfois une impression de survol, comme une succession de condensés plus que de véritables plongées dans la psychologie ou l'histoire de ces criminels.
Graphiquement, en revanche, le style fonctionne plutôt bien avec ce mélange de caricature, de réalisme sale et de couleurs très appuyées qui renforcent l'ambiance malsaine et grotesque du livre. Cela colle assez bien à ce ton entre humour noir et récit macabre.
Je trouve l'approche originale et parfois intéressante dans sa manière de mélanger vulgarisation criminelle et satire grinçante, mais le résultat reste assez inégal et ne m'a pas totalement convaincu, ni sur le plan humoristique ni sur le plan réellement documentaire.
Dans le Key West des années 30, un Ernest Hemingway en panne d'inspiration, alcoolique, bagarreur et un peu perdu dans sa vie personnelle voit son quotidien bouleversé par la rencontre avec une jeune fille débrouillarde qui l'entraîne dans une aventure entre contrebande de rhum, boxe et horizons marins.
Je connais finalement assez mal Hemingway, dont je n'ai lu qu'un ou deux romans, et ce n'est pas un auteur ou une figure littéraire qui m'a particulièrement fasciné jusque-là. Pourtant, le Hemingway présenté ici fonctionne immédiatement comme personnage de BD. On est clairement dans une version romancée et un peu caricaturale du personnage, mais une caricature attachante : une sorte de gros nounours bourru, riche, alcoolisé en permanence, bagarreur, excessif, mais aussi profondément humain et généreux. Pas besoin d'être spécialiste de l'écrivain pour s'attacher à lui.
L'autre grande réussite de l'album, c'est son ambiance. Ce Key West des années 30, à moitié américain et à moitié hors du monde, avec ses bars, ses couchers de soleil, ses petits ports, ses îlots presque sauvages et cette galerie d'habitués qui semblent tous se connaître, dégage quelque chose de très confortable et envoutant. Le dessin semi-caricatural et les couleurs chaudes participent énormément au charme de l'ensemble. Il y a une vraie douceur dans les lumières, les ambiances maritimes et les scènes de fin de journée qui donnent presque envie de rester sur cette île avec eux. Je m'y suis senti bien. Toute cette petite communauté un peu paumée mais chaleureuse fonctionne très bien, tout comme le duo formé par Hemingway et Janet, la jeune fille vive et dégourdie qui vient secouer son quotidien.
Le récit en lui-même est assez simple et léger. Il ne faut pas attendre une vraie biographie ni une plongée profonde dans la psychologie d'Hemingway. L'histoire tient davantage de la fable aventureuse et feel good que du portrait littéraire. Elle manque peut-être un peu d'ampleur et d'impact émotionnel pour vraiment marquer durablement, mais elle reste constamment sympathique et agréable à suivre. Elle transforme au passage Hemingway en personnage de fiction attachant plus qu'en monument littéraire intimidant. Et si cette vision reflète même partiellement son véritable état d'esprit, ça me donnerait presque envie de lire ou relire certains de ses romans, notamment Le Vieil Homme et la Mer auquel l'album fait évidemment référence.
Avant toute chose je dois préciser que je n'ai jamais lu l'ouvrage de William Golding
Suite à un crash aérien un groupe d'enfants se retrouvent seul sur une île déserte. Bien qu'ils tentent de s'organiser afin de pouvoir survivre, les tensions et luttes incessantes pour savoir "qui est le chef" finissent rapidement par émerger jusqu'au drame.
C'est ma lecture appréciée de Jours de sable qui m'a donné envie de lire ce nouvel ouvrage d'Aimée de Jongh. J'aime beaucoup ses dessins et la colorisation qu'elle utilise est agréable à mes yeux. En parlant de couleurs je trouve qu'elle les utilise magnifiquement bien pour retranscrire une atmosphère.
La lecture est plaisante et malgré un volume conséquent l'ouvrage se dévore assez rapidement, grâce à une écriture très aérée qui laisse toute la place au dessin (suffit de regarder la galerie pour s'en rendre compte)
Toutefois il y a un je ne sais quoi qui m'empêche de craquer complètement pour cet ouvrage ce qui fait, que pour ma part, il est un léger cran en dessous de Jours de sable. Ce qui m'aura laissé une légère déception à la fin de ma lecture.
Note réelle: 3,5/5
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Valhalla Bunker
Avant de se lancer dans la présente série, il est plus que conseillé de déjà connaître la 1ere trilogie : Valhalla hôtel. Le lecteur se sera déjà fait une idée du ton assumé (un rien décalé et parfois un peu lourdingue), si vous n’avez pas un tantinet adhéré, inutile de poursuivre l’aventure, d’autant que l’on retrouve ici la même formule ainsi que les mêmes personnages mais « 10 ans après ». J’avoue que ce n’est pas une suite que j’attendais spécialement, mais l’occasion s’étant présentée je n’ai pas boudé mon plaisir. J’ai d’abord pesté sur le premier tome que j’ai trouvé un peu bavard et moins groovy qu’espérais, ne voyant pas de grande pertinence à ce 2eme cycle. Le 2eme tome se lâche un peu plus niveau action et moments WTF, j’y ai davantage adhéré, retrouvant mon plaisir de lecture dans les délires de l’auteur. Finalement toujours dans la même veine que le 1er cycle niveau folie. Pas un indispensable mais une œuvre bien troussée pour les amateurs de série B.
Seule l'ombre
Ce recueil enchaîne une dizaine de très courts récits d'horreur, dans le genre histoires à faire peur que les ados se racontent autour d'un feu de camp, avec auto-stoppeuses inquiétantes, métros hantés, monstres dans les bois, maisons isolées et autres apparitions démoniaques surgissant dans l'obscurité. Visuellement, l'album fonctionne plutôt bien. Le dessin de Paskal Millet est solide, très chargé en noirs, avec une bonne maîtrise des ambiances nocturnes, des contrastes et des visages inquiétants. Certaines planches ont même un vrai impact graphique pour accentuer le malaise ou la surprise effrayante. On sent clairement l'influence des comics horrifiques américains et l'ensemble possède une vraie cohérence esthétique. Mais tout cela manque énormément de subtilité dans sa mise en scène. Outre trop d'histoires plus ou moins déjà entendues ici et là, les scénarios jouent sur des effets extrêmement appuyés, comme un film d'horreur qui miserait trop sur ses screamers, des gros monstres noirs surgissant dans le champ ou des grimaces démoniaques. Beaucoup d'histoires reposent sur les réactions idiotes des personnages, du genre qui fait soupirer devant certains mauvais films d'horreur quand les protagonistes descendent seuls dans la cave inquiétante sans aucune lumière. Les récits sont tellement courts qu'ils ressemblent parfois davantage à des résumés d'épisodes qu'à de véritables histoires. En quelques pages, quelqu'un croise une créature inquiétante, panique immédiatement, abandonne toute défense, pousse un cri et hop, fondu au noir. Cela devient presque comique par moments, comme si certains personnages mouraient simplement parce qu'un monstre leur a crié "bouh !". Les antagonistes affichent souvent d'énormes sourires carnassiers ultra démonstratifs censés suffire à terroriser leurs victimes, et le récit considère ensuite comme acquis que celles-ci vont se laisser mourir de peur sans opposer la moindre résistance. Du coup, même si l'ambiance fonctionne parfois, on reste très loin de la subtilité psychologique ou du malaise progressif qu'on peut trouver chez Hitchcock ou dans certains récits de Lovecraft. Ici, tout est frontal, immédiat, démonstratif et trop souvent extrêmement prévisible. On devine quasiment toujours où chaque histoire va aboutir dès les premières pages, et les chutes tombent rarement autrement que comme des facilités. La seule histoire qui m'a un peu marqué est celle du chalet avec le rieur aux fenêtres, justement parce que l'apparition possède pour une fois un petit côté réellement dérangeant et que l'atmosphère y fonctionne un peu mieux. Mais même là, la conclusion arrive trop vite et simplifie tout de manière assez frustrante. Les amateurs de petites histoires horrifiques à l'ancienne pourront probablement y trouver leur compte grâce à l'ambiance graphique réussie. Mais pour ma part, cela m'a surtout donné l'impression d'une succession de déjà-vus ou d'idées trop faciles et sans finesse.
L'Infiniment Moyen et plus si infinités dans les limites finies d'une édition minimaliste
Marc-Antoine Mathieu ne m’a que rarement réellement déçu, et m’a souvent captivé, voire enthousiasmé avec ses séries qui, pour la plupart, c’est le moins que l’on puisse dire, ne manquent pas d’ambition. Je me suis à plusieurs reprises fait la réflexion que lorsqu’il contacte Delcourt pour un nouveau projet, son éditeur doit marquer un temps d’arrêt, voire calmer une brusque palpitation, tant celui-ci est soumis à quelques lourdes contraintes. Et ici il y a en a, puisque Mathieu nous propose une sorte de livre lilliputien, sans doute l’un des plus petits du monde, qui n’est réellement lisible qu’avec la loupe fournie dans l’album/étui permettant à l’acheteur de ranger cet album au milieu des albums « normaux » de sa bibliothèque. Amateur de paradoxes, Mathieu publie donc un livre minuscule traitant de l’infini. Le résultat ? Eh bien un ressenti très légèrement mitigé me concernant, mais globalement très positif. En fait mon principal – et quasi unique – grief vient justement de la taille du livre lui-même. Car, une fois passée la stupeur de la prise en mains (en doigts devrais-je dire), la lecture est quand même quelque peu mal aisée. Une main occupée par la loupe – il faut trouver à chaque page le bon angle et la bonne distance pour déchiffrer les dialogues ! – ne reste plus que les doigts de l’autre pour tenir le livre, l’orienter vers la loupe, et tourner les pages – en posant la loupe à chaque fois. L’ergonomie est mise à rude épreuve, et c’est cette difficulté qui a sans doute un peu freiné mon plaisir de lecture. Si le format est bien minuscule, Mathieu n’en a pas pour autant abandonné toute ambition, si ce n’est scénaristique, tout au moins narrative. C’est ainsi qu’il nous livre une sorte d’essai dialogué, le lecteur suivant deux personnages, dans leurs déambulations – au milieu des idées et des livres – et dans leur confrontation verbale, ininterrompue, avec comme centre d’intérêt l’infini. Les deux types discutent, se renvoient arguments et effets de mots – comme on le dit de manches – et Mathieu multiplient les jeux de mots, qui s’enchaînent de façon très fluide, en nourrissant parfaitement une réflexion pas si superficielle que ça. J’ai trouvé qu’il y avait du Masse dans cet album. En particulier les deux bonhommes m’ont à plusieurs reprises fait penser à l’album Les Deux du balcon. Ainsi, par-delà la prouesse éditoriale – et aussi la réelle difficulté de lecture – on a là un album ambitieux, qui satisfait plus que la curiosité des lecteurs, leur intellect ! Et si les deux philosophes jouent sur les mots, leurs échangent sont aussi ponctués d’humour – ce qui tend à alléger le propos. Une nouvelle fois, je ne peux que m’incliner devant cet auteur, qui se renouvelle régulièrement, qui ne sacrifie jamais l’ambition narrative à ses propositions osées sur le médium BD. Je vous recommande chaudement de jeter plus qu’un œil sur cette loupe !
Deviation
C’est le troisième volet du triptyque des mêmes auteurs, chaque album pouvant se lire séparément (je n’avais lu que le deuxième volet pour le moment). Si la lecture est sympathique et finalement très agréable, j’ai quand même eu plus de mal que pour le précédent opus à entrer dans l’histoire. En effet, la première moitié est monocentrée sur l’héroïne, Mary, qu’on devine peu à peu fuyant un mari toxique, violent. Mais ce dernier n’apparait que via les messages agressifs qu’il laisse sur le téléphone de Mary, et on ne sait pas trop où Mary et l’intrigue vont nous mener. Peu à peu les choses se mettent en place, et, comme Mary dans la seconde moitié du récit, on reprend pied. La narration prend son temps (on pourrait presque reprocher à l’intrigue sa « légèreté », son manque de densité), pour un récit feel good ma foi sympathique (Mary a quand eu de la chance de tomber sur la famille de Lucy !). Le dessin est lui aussi agréable, fluide, avec une colorisation elle aussi réussi. Bref, avec cet album, les deux auteurs ont développé encore leur univers (ça n’est que dans les dernières pages que Mary fait le lien avec Jane, que j’avais pu croiser dans Lady Jane). Des albums sans prétention, mais loin d’être sans intérêt.
Pénis de table
J’ai l’impression que les autres avis sur cet album sont masculins. Donc un avis de fille hétéro que la chose intéresse :-). J’ai trouvé l’intention de l’auteur très louable. Faire parler des hommes de leur rapport à la sexualité, sans tabou et en exprimant leur ressenti sur les différents angles d’attaque proposés par le meneur de jeu. Belle réussite du projet et on sent l’implication des intervenants pour essayer de développer la façon dont ils appréhendent leur sexualité. Et bons les angles d’attaque justement, il me semble que c’est cette approche qui a permis de libérer la parole tout en canalisant la conversation, bien vu. Parole libérée qui m’a semblé bien sincère et sans gêne ni tabou. Bien qu’il reste quand même un dernier bloquage sur le sujet (ultime ?) de ...la taille du pénis bien sur. J’ai donc bien apprécié d’en apprendre un peu plus sur le regard que portent les hommes sur le sujet (c’est vrai que ce n’est pas celui qui vient spontanément dans mes conversations avec des potes). Mais j’ai, un peu comme certains aviseurs précédents, quelques regrets sur la représentativité de l’échantillonnage de ces messieurs. Certes, on a une heureuse diversité des orientations sexuelles, peut-être un peu trop d’ailleurs, l’homme ‘’hétéro-classique’’ semble quasi minoritaire mais pourquoi pas, il est présent. En revanche j’aurais bien vu aussi plus de diversité dans les âges des protagonistes (c’est une vieille qui parle), pas de quinqua ou de soixantenaire (ou plus), c’est un peu dommage, j’aurais aimé aussi avoir leur ressenti. Après, je ne sais pas si l'édition augmentée apporte quelque chose à ce niveau. Mais c’est peu de chose, j’ai quand même apprécié le fond, et la forme qui ne manque pas d’humour dans la présentation.
Les Nocturnes
Grosse curiosité que cet album qui intéressera forcément les fans de Régis Loisel. Les Nocturnes est un recueil d'histoires courtes dessinées entre 1973 et 1977 environ, issues de différentes publications de jeunesse de Loisel, notamment du fanzine Tousse-Bourrin qu'il avait cofondé à l'époque. Rien que pour cela, l'album possède un vrai intérêt historique et permet de découvrir les tout débuts d'un auteur qui deviendra ensuite célèbre avec La Quête de l'Oiseau du Temps puis Peter Pan. On y découvre l'évolution rapide de son dessin sur seulement quelques années. Les premières histoires n'ont pratiquement rien à voir avec le style qu'on lui associe aujourd'hui. Le trait est encore assez rigide, parfois réaliste, avec des influences visibles et finalement assez peu de personnalité propre. On sent déjà du talent et une vraie énergie graphique, mais pas encore cette nervosité ni cette expressivité qui deviendront sa signature. Au fil des récits, notamment dans les différentes histoires intitulées Nocturnes, son dessin commence progressivement à se transformer et à devenir beaucoup plus vivant, souple et personnel. On se rapproche alors davantage du style de Norbert le Lézard, paru peu après, étape intermédiaire vers La Quête de l'Oiseau du Temps. En revanche, il faut être honnête : en dehors de cet aspect "archéologie de carrière", l'ensemble reste très marqué par son origine fanzine. Les scénarios, pourtant parfois signés par des noms qui deviendront fameux plus tard, restent très adolescents dans l'esprit. L'humour noir, la gaudriole et le côté grand-guignol sont omniprésents, souvent avec un goût du mauvais esprit ou de la provocation gratuite typique des jeunes auteurs de l'époque. Certaines histoires fonctionnent mieux que d'autres, mais globalement cela reste assez prévisible, inégal et pas franchement mémorable sur le fond. Même matériellement, l'album trahit son statut de publication de récupération patrimoniale. Les éditions Kesselring ont manifestement fait ce qu'elles pouvaient avec les sources disponibles, mais la qualité de reproduction est parfois médiocre, avec des images un peu abîmées et certains textes difficilement lisibles. Les Nocturnes vaut surtout comme document de curiosité pour suivre les débuts et l'évolution graphique d'un futur très grand dessinateur. Pour les admirateurs de Loisel, c'est intéressant à feuilleter parce qu'on y voit littéralement son style se construire sous nos yeux. Mais comme véritable lecture de bande dessinée, c'est quand même très mineur et pas franchement indispensable en dehors de cet intérêt historique.
The Boondocks
C'est une très bonne série, mais cependant il est impossible de lire le livre. La série, se basse sur la gangstar, le racisme, la violence etc... Deux enfants : Yuey et Riley qui sont au près de leur grand-père pour leurs incroyables aventures J'avais entendu parler de cette série, mais je ne l'avais jamais lue. Puis, lorsque j'ai su qu'il y avait une édition française (dont la traduction s’arrête à octobre 2001 donc il y a encore plein de strips inédits en français), j'ai emprunté les albums. J'ai bien aimé les strips. Certes l'humour est inégal et certains gags ne m'ont pas fait rire, mais cela ne m'a pas dérangé parce que je trouve les personnages attachants. Ils ont tous leurs défauts ou problèmes et cela me fait bien rire. Le fait que les histoires tournent autour des mêmes thèmes ne m'a pas du tout dérangé car l'auteur a beaucoup d'imagination pour faire rire. Les références à la société américaine ne m'ont pas dérangé car je connaissais à peu près toutes ces références. Il n'y a que des gags sur certains candidats de l'élection présidentielle de 2000 que je n'ai pas compris car je connais uniquement Gore, Bush, Cheney et McCain.
Assassins - Les Psychopathes célèbres
Cette BD propose une galerie de psychopathes célèbres, de Jack l'Éventreur à Hitler en passant par Charles Manson ou encore le docteur Petiot, en mélangeant récit documentaire, humour noir et mises en scène décalées autour de narrateurs souvent très particuliers. J'ai trouvé l'ensemble assez difficile à cerner, parce que l'album oscille constamment entre le documentaire criminel et la comédie noire un peu absurde. Sur le fond, il raconte globalement les faits réels connus autour de ces différents tueurs et psychopathes, avec un vrai travail de synthèse et des fiches récapitulatives qui donnent les éléments essentiels sur chaque personnage. Il y a donc un vrai aspect documentaire, parfois assez instructif, notamment sur certaines figures moins connues comme Belle Gunness, Mary Bell ou le couple West. Mais la particularité du livre vient surtout du choix de narration. Chaque histoire est racontée à travers des personnages extérieurs souvent assez loufoques : un numérologue obsessionnel, un assureur un peu étrange, un prêtre exorciste, une psychologue de comptoir, un élu local vulgaire ou d'autres figures du quotidien qui servent de filtres au récit. Cela donne un ton très décalé, parfois caustique, avec un humour noir omniprésent mais assez variable selon les chapitres. Le résultat change beaucoup d'une histoire à l'autre. Sur certains récits très documentés comme celui consacré à Hitler, le côté historique et documentaire domine naturellement parce qu'il y a énormément de matière à raconter. À l'inverse, sur Jack l'Éventreur où les faits restent plus flous et limités, la mise en scène autour des narrateurs prend beaucoup plus de place, avec quelque chose de plus fantaisiste et loufoque. C'est justement ce mélange qui m'a laissé un ressenti assez mitigé. L'ensemble est volontairement bigarré, parfois presque chaotique dans le ton, et je n'ai pas toujours su comment appréhender son humour. Certaines idées fonctionnent bien, d'autres tombent un peu à plat ou deviennent inutilement vulgaires ou appuyées. Globalement, l'humour m'a peu amusé même si je comprends la logique du décalage pour éviter un traitement purement glauque ou morbide. Côté documentaire, c'est également variable. Certaines histoires donnent vraiment envie d'en apprendre davantage sur les personnages évoqués, tandis que d'autres restent assez superficielles et résument surtout des faits déjà relativement connus du grand public. Cela donne parfois une impression de survol, comme une succession de condensés plus que de véritables plongées dans la psychologie ou l'histoire de ces criminels. Graphiquement, en revanche, le style fonctionne plutôt bien avec ce mélange de caricature, de réalisme sale et de couleurs très appuyées qui renforcent l'ambiance malsaine et grotesque du livre. Cela colle assez bien à ce ton entre humour noir et récit macabre. Je trouve l'approche originale et parfois intéressante dans sa manière de mélanger vulgarisation criminelle et satire grinçante, mais le résultat reste assez inégal et ne m'a pas totalement convaincu, ni sur le plan humoristique ni sur le plan réellement documentaire.
Hemingway, la jeune fille et la mer
Dans le Key West des années 30, un Ernest Hemingway en panne d'inspiration, alcoolique, bagarreur et un peu perdu dans sa vie personnelle voit son quotidien bouleversé par la rencontre avec une jeune fille débrouillarde qui l'entraîne dans une aventure entre contrebande de rhum, boxe et horizons marins. Je connais finalement assez mal Hemingway, dont je n'ai lu qu'un ou deux romans, et ce n'est pas un auteur ou une figure littéraire qui m'a particulièrement fasciné jusque-là. Pourtant, le Hemingway présenté ici fonctionne immédiatement comme personnage de BD. On est clairement dans une version romancée et un peu caricaturale du personnage, mais une caricature attachante : une sorte de gros nounours bourru, riche, alcoolisé en permanence, bagarreur, excessif, mais aussi profondément humain et généreux. Pas besoin d'être spécialiste de l'écrivain pour s'attacher à lui. L'autre grande réussite de l'album, c'est son ambiance. Ce Key West des années 30, à moitié américain et à moitié hors du monde, avec ses bars, ses couchers de soleil, ses petits ports, ses îlots presque sauvages et cette galerie d'habitués qui semblent tous se connaître, dégage quelque chose de très confortable et envoutant. Le dessin semi-caricatural et les couleurs chaudes participent énormément au charme de l'ensemble. Il y a une vraie douceur dans les lumières, les ambiances maritimes et les scènes de fin de journée qui donnent presque envie de rester sur cette île avec eux. Je m'y suis senti bien. Toute cette petite communauté un peu paumée mais chaleureuse fonctionne très bien, tout comme le duo formé par Hemingway et Janet, la jeune fille vive et dégourdie qui vient secouer son quotidien. Le récit en lui-même est assez simple et léger. Il ne faut pas attendre une vraie biographie ni une plongée profonde dans la psychologie d'Hemingway. L'histoire tient davantage de la fable aventureuse et feel good que du portrait littéraire. Elle manque peut-être un peu d'ampleur et d'impact émotionnel pour vraiment marquer durablement, mais elle reste constamment sympathique et agréable à suivre. Elle transforme au passage Hemingway en personnage de fiction attachant plus qu'en monument littéraire intimidant. Et si cette vision reflète même partiellement son véritable état d'esprit, ça me donnerait presque envie de lire ou relire certains de ses romans, notamment Le Vieil Homme et la Mer auquel l'album fait évidemment référence.
Sa Majesté des Mouches
Avant toute chose je dois préciser que je n'ai jamais lu l'ouvrage de William Golding Suite à un crash aérien un groupe d'enfants se retrouvent seul sur une île déserte. Bien qu'ils tentent de s'organiser afin de pouvoir survivre, les tensions et luttes incessantes pour savoir "qui est le chef" finissent rapidement par émerger jusqu'au drame. C'est ma lecture appréciée de Jours de sable qui m'a donné envie de lire ce nouvel ouvrage d'Aimée de Jongh. J'aime beaucoup ses dessins et la colorisation qu'elle utilise est agréable à mes yeux. En parlant de couleurs je trouve qu'elle les utilise magnifiquement bien pour retranscrire une atmosphère. La lecture est plaisante et malgré un volume conséquent l'ouvrage se dévore assez rapidement, grâce à une écriture très aérée qui laisse toute la place au dessin (suffit de regarder la galerie pour s'en rendre compte) Toutefois il y a un je ne sais quoi qui m'empêche de craquer complètement pour cet ouvrage ce qui fait, que pour ma part, il est un léger cran en dessous de Jours de sable. Ce qui m'aura laissé une légère déception à la fin de ma lecture. Note réelle: 3,5/5