Ce qui m'a attiré vers cette BD, c'est le fait qu'elle retrace la vie pour le moins étonnante du chanteur d'un obscur groupe de rock bordelais des années 80, forcément culte, qui, en ce qui me concerne, était jusqu'à présent complètement inconnu au bataillon. Il n'en fallu pas davantage pour me convaincre de repartir avec la chose sous le bras.
Et c'est pas mal. Le dessin est plutôt cool, rappelant un peu le travail de Mezzo, à savoir un traitement "à l'américaine", y compris dans le traitement des couleurs.
Le scénar est fluide même s'il manque globalement de souffle. Et puis perso, j'aurais aimé que ça cause un peu plus de musique. Je ne sais pas au juste ce que j'attendais, mais cette BD est vraiment centrée sur Gilles Bertin, le braquage de la Brinks, et son exil au Portugal. Le lecteur taquin fera à raison remarquer qu'en cela le titre ne trompe pas...
Oui oui, on tient là une bonne BD, un brin linéaire et convenue, mais qui offre l'avantage de raconter une histoire pas banale tout en exhumant un petit morceau de rock'n'roll.
J'aimais bien le dessin, ça avait l'air original. De plus, c'était sorti chez Oxymore, que j'aime plutôt bien jusqu'à présent.
Bah non ! Pas que ça manque d'originalité, mais le scénar est mou, les dialogues approximatifs et à vrai dire un peu chiants, et l'humour est insaisissable (ou alors c'est le dessin qui est trop "sérieux"...). En tout cas, ça a laissé mes zygomatiques de marbre. Mais surtout, il y a des espaces narratifs lacunaires qui font qu'en tant que lecteur, on a l'impression de descendre un vieil escalier où certaines marches manqueraient. Ce n'est pas rédhibitoire, mais tout cela rend la lecture peu fluide, en clair ! (ou alors c'est l'humour...). La sauce ne prend pas.
Voilà, ça arrive, c'est pas un drame. C'est juste que je ne serai pas du tome 2.
Il y a une erreur dans la base de données.
Autonomes est le premier volume d'une série qui s'appelle Chroniques de fin de siècle.
Le tome 2 est "Mourir à Creys-Malville" et le tome 3 Chooz.
Je n'ai lu que les deux premiers tomes.
Cette série de Bucquoy a de forts accents de phamplet d'extrême gauche. On ne sait jamais trop si c'est de l'art ou de la politique.
La voix off est assez mal employée aussi, et nous tient trop à distance.
Ce qui m'a le plus intéressé, c'est ce basculement d'un récit dystopique vers un récit post apocalyptique.
Le dessin de Santi est superbe. Il se dégage une ambiance unique de ces pages et ça c'est assez rare.
On a droit à pas mal de scènes très crues, le sexe et la violence sont utilisées dans une sorte d'immoralité assumée.
Le personnage principal a les traits de Patrick Dewaere (on croise aussi Miou Miou, Depardieu, Philippe Leotard...) et je mentirai si je disais que ça ne m'avait pas aidé à rester dans l'histoire. C'est un hommage aux Valseuses qui avait cette même veine anarchisante. Bon là on a pas l'humour et le second degré qui va avec.
Ce n'est vraiment pas pour tout le monde, c'est assez figé dans une époque, mais c'est aussi pour moi un exemple dans ce que la bd adulte peut offrir de différent.
C'est assez rare que je n'apprécie pas l'oeuvre d'un auteur phare des années 80-90 mais c'est le cas ici.
Une question de goût simplement. Si vous aimez le genre Tranches de vie en mode introspectif, vous allez adorer.
Cosey est en quelque sorte le père spirituel de beaucoup d'auteurs actuels qui mélangent biographie et fiction.
Au moins chez Cosey on évite l'aspect nombriliste de cet exercice de style. Mais pas l'aspect déprimant.
Le dessin varie étrangement entre le correct et le très bon. J'ai eu du mal avec les visages parfois.
Je vais passer mon tour pour le reste de ses œuvres mais c'est un auteur incontournable à découvrir pour les nouvelles générations qui apprécient ce genre.
Pas facile d'écrire un avis sur cette bande... Je vais m'expliquer.
Anibal 5 est le fruit de la seconde collaboration entre Jodorowsky et Bess. La publication du lama blanc est déjà en cours quand le binôme démarre donc cette nouvelle série.
Anibal 5 est un patchwork réussi d'action, de comédie et de SF.
Le héros éponyme est une sorte de James Bond obsédé sexuel du futur, envoyé en mission à chaque fois qu'un grand méchant élabore un plan diabolique mettant en péril la terre et les humains.
Il y aura quatre enquêtes en tout, 2 dans chaque tome. Le tome 1 est vraiment génial. Après ça dérape un peu... Disons juste qu'Anibal, pour vaincre le dernier méchant qui est une femen assez énervée, va littéralement l'enc...
HA.Ha.ha...
Amis de l'humour bonsoir.
Bref il y a un humour noir assez misogyne dans cette bande qui aurait dû mal à passer aujourd'hui...
Et je n'ai pas évoqué le boss d'Anibal qui est un vieux constamment en train de tripoter sa maîtresse androïde aux allures de lolita.
Le dessin oscille entre le bon et le très bon, Bess propose un style inédit pour l'occasion qui fonctionne plutôt bien.
Un troisième tome est annoncé en dernière page "la mère ventre de fer et ses momies romantiques" mais ne verra jamais le jour.
Une bonne bd mais à recontextualiser avant lecture.
Toute personne qui s'intéresse à la politique d'hier comme d'aujourd'hui doit avoir lu cet album. J'hésite à mettre culte, parce qu'il s'agit d'une enquête sur deux morts historiques très suspectes au temps où la droite gaulliste gouvernait (le juge Renaud assassiné et Robert Boulin, suicidé en gabardine dans une flaque d'eau au milieu d'un bois).
Compte tenu de l'épisode que la France traverse (on est début 2026), on a tendance à idéaliser les années 70 et leur personnel politique... en y regardant de plus près, le pouvoir avait un jocker dans toute situation embarrassante... des nervis aux ordres prêts à commettre des assassinats ciblés si nécessaire.
Benoit Colombat et Étienne Davodeau rencontrent les témoins, mesurent les probabilités, interprètent les sous entendus, recoupent les informations... On a un peu peur a posteriori. On voit que le mystère est bien entretenu... et l’État de droit fragile.
L'enquête est solide, le dispositif de Davodeau toujours efficace (lavis gris dans lequel il se met en scène en train de réfléchir à qui interroger, comment aborder la personne, puis l'entretien, toujours avec Benoit... et ainsi de suite), la couverture résume bien l'affaire, pas très reluisante pour la droite française. Si Retailleau avait le choix, il pourrait interdire le livre...
C'est vendeur, non ? Cette dernière phrase ?
Depuis quelques années, Gabriele Di Caro est devenu une valeur sûre des éditions Tabou. Je l’avais découvert avec ses histoires courtes plutôt chouettes de Sous le Paradis, et surtout avec une série plus longue et plus ambitieuse (et très réussie), Les Arcanes de la Maison Fleury.
C’est donc avec de belles attentes que je le retrouve ici, dans un décor totalement différent du XIXème siècle londonien de « La maison Fleury », puisque l’intrigue se déroule dans l’Amérique profonde, durant les années 1950.
C’est l’occasion pour Di Caro de s’en donner à cœur joie avec des femmes à poitrines opulentes, dans un style pin-up torride.
Ce tome inaugural plante le décor, pose les personnages, et lance l’intrigue. Une intrigue qui, par-delà les nombreuses scènes de sexe, n’a pas encore livré toutes ses clés.
Sur une histoire à la base assez quelconque – un improbable concours de production de fruits dans un bled paumé – Di Car greffe quelques intrigues secondaires. L’ancienne disparition d’une jeune femme pourrait faire basculer l’ensemble vers du polar. Mais pour l’instant ce qui m’a surpris, ce sont les passages « fantastiques », autour des rêves de Ronald (en tout cas je pensais que ça n’était que des rêves), et du caractère très particulier de ses « fruits », pour le coup mal défendus.
J’attends de voir ce que ça va donner par la suite. Pour le moment je suis un peu circonspect (un peu moins captivant que "La maison Fleury" pour le moment), même si la narration est fluide, et si ça se laisse lire sans problème.
Par contre le dessin de Di Caro est franchement très bon, une nouvelle fois ! Dynamique et fluide, et bien sûr excellent pour les scènes de sexe. Mais pas seulement, car les décors et les vêtements d’époque sont aussi bien rendus.
*******************
Je reviens mettre à jour mon avis avec la sortie du second tome, qui clôt l'histoire en livrant les clés - même si on pourrait retrouver les habitants de Sweetville par la suite...
Si le fantastique autour des fruits spéciaux de l'arbre du vieux bonhomme donne une touche originale au récit, ça n'est pas ça qui m'a le plus intéressé.
En fait, Di Caro nous propose une très belle reconstitution d'une petite ville américaine des années 1950, dans un genre Desperate Housewifes, avec moult ragots, un soupçon de polar, et de vieux secrets qui resurgissent.
Mais c'est bien sûr son dessin qui est vraiment très chouette. et qui est agréable à l'oeil. Pour la reconstitution, le dynamisme. Mais aussi pour les scènes de sexe, très sensuelles.
Cet album conclut bien le récit, et me pousse à passer aux quatre étoiles. Décidément, Di Caro est au auteur à suivre, pour ceux que ce type de BD intéresse. IL sait se renouveler, et propose un dessin d'une grande sensualité.
Une superbe lecture que ces "Carnets de Stamford Hawksmoor" (je n'ai jamais lu les Grandville, mais si c'est aussi abouti, ça donne furieusement envie ! ), c'est un récit dense mais prenant jusqu'au bout avec des personnages riches, variés et fouillés. Si certaines cases sont peut-être légèrement figées, le dessin n'en demeure pas moins excellent et restitue formidablement les bas-fonds de Londres, les quartiers huppés, les pubs ou encore les bocages du sud-est de l'Angleterre.
L'auteur a incontestablement soigné son ouvrage, il m'a fallu trois, quatre pages pour me faire à l'écriture, mais après, j'étais dedans jusqu'à la fin. Tout est bien fait : le zoomorphisme, l'uchronie (l'action se situe la veille de l'indépendance d'une Angleterre occupée par les troupes napoléonniennes), les décors, les costumes... Bryan Talbot, qui émaille son récit de nombreuses références littéraires et historiques, ne laisse rien au hasard et a incontestablement le sens du détail jusqu'à, comme il le précise en annexe, représenter sur les étagères d'un magasin de véritables jouets de l'ère victorienne.
L'inspecteur Stamford, malgré ses qualités d'analyse et de déduction dignes du célèbre détective à la casquette, aura fort à faire pour élucider plusieurs meurtres qui viennent s'ajouter à un contexte social déjà explosif. Il prendra des coups au sens propre comme au sens figuré, devra composer avec un fils, il faut le reconnaître, particulièrement horripilant, se retrouvera plus d'une fois en fâcheuse posture, mais poursuivra malgré tout sa mission, quitte à franchir certaines lignes rouges.
L'intrigue, complexe et rythmée, est menée de main de maître par l'auteur et fait la part belle aux personnages secondaires.
Probablement une de mes lectures préférées de ces derniers mois.
Bon… que dire ?
Le postulat de base n'est pas mauvais, est même plein de potentiel : une rencontre entre une réalité froide et du fantastique, une communauté 100% féminine se protégeant d'assauts de créatures bien mystérieuses, des histoires de clans aux traditions fortes, du saphisme au centre du récit, le tout dans un enrobage de western. Cela peut sonner fouillis, mais avouez que l'on est a minima intrigué par la chose, non ?
Le problème, malheureusement, c'est que cela ne sortira pas plus du postulat que je viens de vous faire. Enfin, si, je suis mauvaise langue, il y a tout de même le travail graphique qui, bien que souvent figé au niveau des expressions, n'est pas inintéressant et quelques passages emprunts d'une certaine poésie que je reconnais, mais c'est tout. L'œuvre est floue. On ne sait rien, rien sur les mystères, rien sur les origines concrètes de ces terres (si ce n'est deux flashbacks ne nous en apprenant finalement plus sur la génération précédente que sur le passé réel de la région), rien non plus sur le propos de l'œuvre.
La lecture m'a laissée tout du long perdue, comme incapable de comprendre une métaphore qui serait pourtant bien là sous mes yeux. Est-ce qu'il faut voir dans cette communauté féminine se protégeant des assauts de créatures masculines un propos féministe ? Peut-être, en tout cas c'est le seul semblant de piste de lecture qui m'a paru crédible à la fin de l'album. Mais même sous cet angle l'œuvre reste pauvre car il n'y a pas réellement de propos, en tout cas rien de clair. On referme l'album la tête pleine de questions, mais pas car l'album nous aurait nécessairement poussé à ladite réflexion par la mise en avant d'une problématique ou d'un propos revendicateur, simplement parce que l'on a le sentiment sincère que rien ne nous a été expliqué, comme si l'on avait assisté à un récit nécessitant des connaissances au préalable qui ne nous avaient pas été fournies.
Étrange et frustrant.
Dommage car, encore une fois, la base pouvait promettre du bon.
Partie 1
Après m'avoir littéralement conquis avec son récit se déroulant à Londres au XIXème siècle Les Arcanes de la Maison Fleury, Gabriele Di Caro récidive dans cet album érotique qui se passe cette fois ci dans l'Amérique profonde des années 50. Le dessin est toujours aussi somptueux et le scénario emprunte, une fois de plus, quelques éléments fantastiques qui font de cette aventure un mystère pour le lecteur.
Nous suivons, sous prétexte du concours du fruit le plus doux, plusieurs personnages aussi délurés qu'énigmatiques : une serveuse nymphomane, un journaliste poursuivi par la mafia, un couple modèle -enfin presque-, un peintre libidineux, une sublime riche héritière, et enfin deux vieillards poursuivis par un passé macabre, bref une galerie de portrait assez réussie.
Gabriele Di Caro a beaucoup de talent pour dessiner les femmes bien pourvues et l'érotisme qui traverse cet album est parfaitement bien mis au service d'un scénario qui donne envie au lecteur de connaître la suite.
Bref un érotisme raffiné avec un récit solide.
Une lecture réservée à un public averti, il va sans dire.
Partie 2
Un second volume encore plus débridé que le premier, à l'image de ses héroïnes qui multiplient les aventures sexuelles. En effet, cet opus est plus chaud que le précédent. Gabriele Di Caro n'hésite pas à illustrer des scènes explicites. Son dessin est excellent , et sa représentation d'une Amérique profonde avec ses préjugés racistes , sociales des années 50 est assez pertinente.
Le côté fantastique, avec ce mystérieux arbre, source des fantasmes de certains protagonistes, apporte une touche d'originalité dans cette bande dessinée destinée aux adultes.
Si cet album apporte des réponses à la plupart des intrigues développées au cours du récit, il ouvre pourtant une porte pour une éventuelle suite.
Le dessin de Gabriele Di Caro , en tout cas, est de toute beauté, et il sait sublimer le corps des femmes.
Après sa série Les Arcanes de la Maison Fleury, qui flirtait aussi avec le fantastique, l'auteur signe ici une bd de qualité.
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Les héros du peuple sont immortels : la cavale de Gilles Bertin
Ce qui m'a attiré vers cette BD, c'est le fait qu'elle retrace la vie pour le moins étonnante du chanteur d'un obscur groupe de rock bordelais des années 80, forcément culte, qui, en ce qui me concerne, était jusqu'à présent complètement inconnu au bataillon. Il n'en fallu pas davantage pour me convaincre de repartir avec la chose sous le bras. Et c'est pas mal. Le dessin est plutôt cool, rappelant un peu le travail de Mezzo, à savoir un traitement "à l'américaine", y compris dans le traitement des couleurs. Le scénar est fluide même s'il manque globalement de souffle. Et puis perso, j'aurais aimé que ça cause un peu plus de musique. Je ne sais pas au juste ce que j'attendais, mais cette BD est vraiment centrée sur Gilles Bertin, le braquage de la Brinks, et son exil au Portugal. Le lecteur taquin fera à raison remarquer qu'en cela le titre ne trompe pas... Oui oui, on tient là une bonne BD, un brin linéaire et convenue, mais qui offre l'avantage de raconter une histoire pas banale tout en exhumant un petit morceau de rock'n'roll.
Alastor de Sombregarde
J'aimais bien le dessin, ça avait l'air original. De plus, c'était sorti chez Oxymore, que j'aime plutôt bien jusqu'à présent. Bah non ! Pas que ça manque d'originalité, mais le scénar est mou, les dialogues approximatifs et à vrai dire un peu chiants, et l'humour est insaisissable (ou alors c'est le dessin qui est trop "sérieux"...). En tout cas, ça a laissé mes zygomatiques de marbre. Mais surtout, il y a des espaces narratifs lacunaires qui font qu'en tant que lecteur, on a l'impression de descendre un vieil escalier où certaines marches manqueraient. Ce n'est pas rédhibitoire, mais tout cela rend la lecture peu fluide, en clair ! (ou alors c'est l'humour...). La sauce ne prend pas. Voilà, ça arrive, c'est pas un drame. C'est juste que je ne serai pas du tome 2.
Autonomes
Il y a une erreur dans la base de données. Autonomes est le premier volume d'une série qui s'appelle Chroniques de fin de siècle. Le tome 2 est "Mourir à Creys-Malville" et le tome 3 Chooz. Je n'ai lu que les deux premiers tomes. Cette série de Bucquoy a de forts accents de phamplet d'extrême gauche. On ne sait jamais trop si c'est de l'art ou de la politique. La voix off est assez mal employée aussi, et nous tient trop à distance. Ce qui m'a le plus intéressé, c'est ce basculement d'un récit dystopique vers un récit post apocalyptique. Le dessin de Santi est superbe. Il se dégage une ambiance unique de ces pages et ça c'est assez rare. On a droit à pas mal de scènes très crues, le sexe et la violence sont utilisées dans une sorte d'immoralité assumée. Le personnage principal a les traits de Patrick Dewaere (on croise aussi Miou Miou, Depardieu, Philippe Leotard...) et je mentirai si je disais que ça ne m'avait pas aidé à rester dans l'histoire. C'est un hommage aux Valseuses qui avait cette même veine anarchisante. Bon là on a pas l'humour et le second degré qui va avec. Ce n'est vraiment pas pour tout le monde, c'est assez figé dans une époque, mais c'est aussi pour moi un exemple dans ce que la bd adulte peut offrir de différent.
Le Voyage en Italie
C'est assez rare que je n'apprécie pas l'oeuvre d'un auteur phare des années 80-90 mais c'est le cas ici. Une question de goût simplement. Si vous aimez le genre Tranches de vie en mode introspectif, vous allez adorer. Cosey est en quelque sorte le père spirituel de beaucoup d'auteurs actuels qui mélangent biographie et fiction. Au moins chez Cosey on évite l'aspect nombriliste de cet exercice de style. Mais pas l'aspect déprimant. Le dessin varie étrangement entre le correct et le très bon. J'ai eu du mal avec les visages parfois. Je vais passer mon tour pour le reste de ses œuvres mais c'est un auteur incontournable à découvrir pour les nouvelles générations qui apprécient ce genre.
Anibal Cinq
Pas facile d'écrire un avis sur cette bande... Je vais m'expliquer. Anibal 5 est le fruit de la seconde collaboration entre Jodorowsky et Bess. La publication du lama blanc est déjà en cours quand le binôme démarre donc cette nouvelle série. Anibal 5 est un patchwork réussi d'action, de comédie et de SF. Le héros éponyme est une sorte de James Bond obsédé sexuel du futur, envoyé en mission à chaque fois qu'un grand méchant élabore un plan diabolique mettant en péril la terre et les humains. Il y aura quatre enquêtes en tout, 2 dans chaque tome. Le tome 1 est vraiment génial. Après ça dérape un peu... Disons juste qu'Anibal, pour vaincre le dernier méchant qui est une femen assez énervée, va littéralement l'enc... HA.Ha.ha... Amis de l'humour bonsoir. Bref il y a un humour noir assez misogyne dans cette bande qui aurait dû mal à passer aujourd'hui... Et je n'ai pas évoqué le boss d'Anibal qui est un vieux constamment en train de tripoter sa maîtresse androïde aux allures de lolita. Le dessin oscille entre le bon et le très bon, Bess propose un style inédit pour l'occasion qui fonctionne plutôt bien. Un troisième tome est annoncé en dernière page "la mère ventre de fer et ses momies romantiques" mais ne verra jamais le jour. Une bonne bd mais à recontextualiser avant lecture.
Cher pays de notre enfance
Toute personne qui s'intéresse à la politique d'hier comme d'aujourd'hui doit avoir lu cet album. J'hésite à mettre culte, parce qu'il s'agit d'une enquête sur deux morts historiques très suspectes au temps où la droite gaulliste gouvernait (le juge Renaud assassiné et Robert Boulin, suicidé en gabardine dans une flaque d'eau au milieu d'un bois). Compte tenu de l'épisode que la France traverse (on est début 2026), on a tendance à idéaliser les années 70 et leur personnel politique... en y regardant de plus près, le pouvoir avait un jocker dans toute situation embarrassante... des nervis aux ordres prêts à commettre des assassinats ciblés si nécessaire. Benoit Colombat et Étienne Davodeau rencontrent les témoins, mesurent les probabilités, interprètent les sous entendus, recoupent les informations... On a un peu peur a posteriori. On voit que le mystère est bien entretenu... et l’État de droit fragile. L'enquête est solide, le dispositif de Davodeau toujours efficace (lavis gris dans lequel il se met en scène en train de réfléchir à qui interroger, comment aborder la personne, puis l'entretien, toujours avec Benoit... et ainsi de suite), la couverture résume bien l'affaire, pas très reluisante pour la droite française. Si Retailleau avait le choix, il pourrait interdire le livre... C'est vendeur, non ? Cette dernière phrase ?
Le Fruit le plus doux
Depuis quelques années, Gabriele Di Caro est devenu une valeur sûre des éditions Tabou. Je l’avais découvert avec ses histoires courtes plutôt chouettes de Sous le Paradis, et surtout avec une série plus longue et plus ambitieuse (et très réussie), Les Arcanes de la Maison Fleury. C’est donc avec de belles attentes que je le retrouve ici, dans un décor totalement différent du XIXème siècle londonien de « La maison Fleury », puisque l’intrigue se déroule dans l’Amérique profonde, durant les années 1950. C’est l’occasion pour Di Caro de s’en donner à cœur joie avec des femmes à poitrines opulentes, dans un style pin-up torride. Ce tome inaugural plante le décor, pose les personnages, et lance l’intrigue. Une intrigue qui, par-delà les nombreuses scènes de sexe, n’a pas encore livré toutes ses clés. Sur une histoire à la base assez quelconque – un improbable concours de production de fruits dans un bled paumé – Di Car greffe quelques intrigues secondaires. L’ancienne disparition d’une jeune femme pourrait faire basculer l’ensemble vers du polar. Mais pour l’instant ce qui m’a surpris, ce sont les passages « fantastiques », autour des rêves de Ronald (en tout cas je pensais que ça n’était que des rêves), et du caractère très particulier de ses « fruits », pour le coup mal défendus. J’attends de voir ce que ça va donner par la suite. Pour le moment je suis un peu circonspect (un peu moins captivant que "La maison Fleury" pour le moment), même si la narration est fluide, et si ça se laisse lire sans problème. Par contre le dessin de Di Caro est franchement très bon, une nouvelle fois ! Dynamique et fluide, et bien sûr excellent pour les scènes de sexe. Mais pas seulement, car les décors et les vêtements d’époque sont aussi bien rendus. ******************* Je reviens mettre à jour mon avis avec la sortie du second tome, qui clôt l'histoire en livrant les clés - même si on pourrait retrouver les habitants de Sweetville par la suite... Si le fantastique autour des fruits spéciaux de l'arbre du vieux bonhomme donne une touche originale au récit, ça n'est pas ça qui m'a le plus intéressé. En fait, Di Caro nous propose une très belle reconstitution d'une petite ville américaine des années 1950, dans un genre Desperate Housewifes, avec moult ragots, un soupçon de polar, et de vieux secrets qui resurgissent. Mais c'est bien sûr son dessin qui est vraiment très chouette. et qui est agréable à l'oeil. Pour la reconstitution, le dynamisme. Mais aussi pour les scènes de sexe, très sensuelles. Cet album conclut bien le récit, et me pousse à passer aux quatre étoiles. Décidément, Di Caro est au auteur à suivre, pour ceux que ce type de BD intéresse. IL sait se renouveler, et propose un dessin d'une grande sensualité.
Les Carnets de Stamford Hawksmoor
Une superbe lecture que ces "Carnets de Stamford Hawksmoor" (je n'ai jamais lu les Grandville, mais si c'est aussi abouti, ça donne furieusement envie ! ), c'est un récit dense mais prenant jusqu'au bout avec des personnages riches, variés et fouillés. Si certaines cases sont peut-être légèrement figées, le dessin n'en demeure pas moins excellent et restitue formidablement les bas-fonds de Londres, les quartiers huppés, les pubs ou encore les bocages du sud-est de l'Angleterre. L'auteur a incontestablement soigné son ouvrage, il m'a fallu trois, quatre pages pour me faire à l'écriture, mais après, j'étais dedans jusqu'à la fin. Tout est bien fait : le zoomorphisme, l'uchronie (l'action se situe la veille de l'indépendance d'une Angleterre occupée par les troupes napoléonniennes), les décors, les costumes... Bryan Talbot, qui émaille son récit de nombreuses références littéraires et historiques, ne laisse rien au hasard et a incontestablement le sens du détail jusqu'à, comme il le précise en annexe, représenter sur les étagères d'un magasin de véritables jouets de l'ère victorienne. L'inspecteur Stamford, malgré ses qualités d'analyse et de déduction dignes du célèbre détective à la casquette, aura fort à faire pour élucider plusieurs meurtres qui viennent s'ajouter à un contexte social déjà explosif. Il prendra des coups au sens propre comme au sens figuré, devra composer avec un fils, il faut le reconnaître, particulièrement horripilant, se retrouvera plus d'une fois en fâcheuse posture, mais poursuivra malgré tout sa mission, quitte à franchir certaines lignes rouges. L'intrigue, complexe et rythmée, est menée de main de maître par l'auteur et fait la part belle aux personnages secondaires. Probablement une de mes lectures préférées de ces derniers mois.
Les Maudites
Bon… que dire ? Le postulat de base n'est pas mauvais, est même plein de potentiel : une rencontre entre une réalité froide et du fantastique, une communauté 100% féminine se protégeant d'assauts de créatures bien mystérieuses, des histoires de clans aux traditions fortes, du saphisme au centre du récit, le tout dans un enrobage de western. Cela peut sonner fouillis, mais avouez que l'on est a minima intrigué par la chose, non ? Le problème, malheureusement, c'est que cela ne sortira pas plus du postulat que je viens de vous faire. Enfin, si, je suis mauvaise langue, il y a tout de même le travail graphique qui, bien que souvent figé au niveau des expressions, n'est pas inintéressant et quelques passages emprunts d'une certaine poésie que je reconnais, mais c'est tout. L'œuvre est floue. On ne sait rien, rien sur les mystères, rien sur les origines concrètes de ces terres (si ce n'est deux flashbacks ne nous en apprenant finalement plus sur la génération précédente que sur le passé réel de la région), rien non plus sur le propos de l'œuvre. La lecture m'a laissée tout du long perdue, comme incapable de comprendre une métaphore qui serait pourtant bien là sous mes yeux. Est-ce qu'il faut voir dans cette communauté féminine se protégeant des assauts de créatures masculines un propos féministe ? Peut-être, en tout cas c'est le seul semblant de piste de lecture qui m'a paru crédible à la fin de l'album. Mais même sous cet angle l'œuvre reste pauvre car il n'y a pas réellement de propos, en tout cas rien de clair. On referme l'album la tête pleine de questions, mais pas car l'album nous aurait nécessairement poussé à ladite réflexion par la mise en avant d'une problématique ou d'un propos revendicateur, simplement parce que l'on a le sentiment sincère que rien ne nous a été expliqué, comme si l'on avait assisté à un récit nécessitant des connaissances au préalable qui ne nous avaient pas été fournies. Étrange et frustrant. Dommage car, encore une fois, la base pouvait promettre du bon.
Le Fruit le plus doux
Partie 1 Après m'avoir littéralement conquis avec son récit se déroulant à Londres au XIXème siècle Les Arcanes de la Maison Fleury, Gabriele Di Caro récidive dans cet album érotique qui se passe cette fois ci dans l'Amérique profonde des années 50. Le dessin est toujours aussi somptueux et le scénario emprunte, une fois de plus, quelques éléments fantastiques qui font de cette aventure un mystère pour le lecteur. Nous suivons, sous prétexte du concours du fruit le plus doux, plusieurs personnages aussi délurés qu'énigmatiques : une serveuse nymphomane, un journaliste poursuivi par la mafia, un couple modèle -enfin presque-, un peintre libidineux, une sublime riche héritière, et enfin deux vieillards poursuivis par un passé macabre, bref une galerie de portrait assez réussie. Gabriele Di Caro a beaucoup de talent pour dessiner les femmes bien pourvues et l'érotisme qui traverse cet album est parfaitement bien mis au service d'un scénario qui donne envie au lecteur de connaître la suite. Bref un érotisme raffiné avec un récit solide. Une lecture réservée à un public averti, il va sans dire. Partie 2 Un second volume encore plus débridé que le premier, à l'image de ses héroïnes qui multiplient les aventures sexuelles. En effet, cet opus est plus chaud que le précédent. Gabriele Di Caro n'hésite pas à illustrer des scènes explicites. Son dessin est excellent , et sa représentation d'une Amérique profonde avec ses préjugés racistes , sociales des années 50 est assez pertinente. Le côté fantastique, avec ce mystérieux arbre, source des fantasmes de certains protagonistes, apporte une touche d'originalité dans cette bande dessinée destinée aux adultes. Si cet album apporte des réponses à la plupart des intrigues développées au cours du récit, il ouvre pourtant une porte pour une éventuelle suite. Le dessin de Gabriele Di Caro , en tout cas, est de toute beauté, et il sait sublimer le corps des femmes. Après sa série Les Arcanes de la Maison Fleury, qui flirtait aussi avec le fantastique, l'auteur signe ici une bd de qualité.