À quoi ressemblerait Star Wars si son scénario était tombé entre les mains d'un producteur fauché, décidé à le transformer en porno sans en informer son jeune auteur, George Lucas ?
C'est le point de départ de cette BD d'humour destinée à parler aux fans de Star Wars, en jouant sur le quiproquo permanent, les doubles sens et les malentendus, avec Obion au dessin et, forcément, à l'exercice de ses jeux de mots à double sens et autres glissements de sens.
En tant qu'ancien fan de Star Wars, cet album avait tous les ingrédients pour me plaire, d'autant que j'aime beaucoup le dessin d'Obion, qui est ici encore très bon, porté par de chouettes couleurs. De même, la structure en deux gags par page me rappelle les très bons albums de Trondheim, capable de faire rire deux fois par page tout en racontant une véritable histoire.
Hélas, cela ne fonctionne pas du tout aussi bien que je l'espérais.
Certes, le scénario multiplie les références à Star Wars et les clins d'oeil à l'univers cinématographique entourant George Lucas et son ami Spielberg. Mais l'intrigue comme l'humour ne décollent jamais vraiment. Il y a bien quelques gags amusants, le plus souvent quand on sent la patte d'Obion et qu'il parvient à placer un bon jeu de mots, et l'ambiance reste globalement sympathique, mais les auteurs tirent clairement le concept trop en longueur.
Les running gags se répètent excessivement, certains passages sont laborieux ou superflus, et le mécanisme comique devient prévisible à force de reposer toujours sur le même principe. On sent que l'idée de départ n'est pas assez solide pour porter un album entier sans essoufflement.
Au final, ce n'est pas un ratage, notamment grâce au dessin et à quelques gags et jeux de mots qui fonctionnent plutôt bien, mais j'ai trop peu ri et je me suis même parfois ennuyé. Je reste donc sur une impression de potentiel mal exploité et d'une idée de départ trop faible, puis inutilement étirée.
Sans avoir lu la série mère Invincible, devenue tout aussi culte que Walking Dead, je découvre ce spin off, édité par Delcourt en intégrale sur Wolf-man.
Voilà un bon gros pavé de 300 pages + cahier graphique d'une vingtaine de pages tant affectionné par les éditeurs de comics, qui s'avale assez rapidement. Robert Kirkman sait y faire pour raconter des histoires, et même sans connaître le background de la série mère, je n'ai pas été perturbé dans ma lecture, tout cela se lit parfaitement indépendamment. Par contre, c'est le graphisme singulier de Jason Howard qui m'a surpris des les premières pages. Son trait d'encrage très large donne à son graphisme ce côté très dessin animé qui n'est pas vraiment ma came. J'ai fini par m'y faire, pris par le récit et l'histoire de Gary Hampton, ce riche homme d'affaire qui va devoir apprendre à vivre avec ce nouveau "pouvoir" : la lycanthropie.
Les personnages sont plutôt bons et biens campés, amenant des retournements de situations biens pensés qui rythment parfaitement le récit.
Alors, si le dessin de Jason Howard ne vous effraie pas, voici une série agréable qui donne très envie d'aller se pencher du côté de la série Invincible.
Une narration subtile qui se prête à l’exercice, tout au long du récit, de ne rien révéler ou affirmer (je ne peux rentrer plus dans les détails sous peine de spoil..)
Bien évidemment, le dénouement de certaines intrigues (principales ou sous-jacentes) semble écrit à l’avance mais ce choix de narration a le mérite de laisser une place à la suggestion du lecteur.
Et pour ma part, c’est probablement ce qui m’a poussé à dévorer ce road trip Brésilien !
L'autre raison, c'est le côté graphique : l’atmosphère est incroyablement douce et chaleureuse (peut-être même trop d’ailleurs pour un périple de plusieurs milliers de kilomètres sous une chaleur éreintante et avec des moyens rudimentaires).
Quoi qu’il en soit, on est bien loin du côté « fourmilière » des grandes agglomérations. On y découvre un Brésil majoritairement rural où le temps semble s’écouler au ralenti et où les mœurs sont (trop là aussi?) douces.
Un voyage peut en amener d’autres :)
Dans le petit microcosme de la BD pour adulte, Manara fait référence. Il convenait donc de pouvoir lire au moins une de ses œuvres et donc lorsque l'occasion d'en acquérir une se présenta je ne me fis pas prier.
Mais voilà , "Rendez-vous fatal" n'est pas vraiment son œuvre la plus inspirée.
Comme souvent dans ce genre de production, le scénario est indigent Un homme d'affaires est endetté auprès d'un usurier. Comme il ne rembourse pas sa dette à temps, sa femme se fait violer par les gorilles du mafieux. Et pour être sûr que notre homme d'affaires comprenne la leçon, elle se fera violer chaque jour à 18h pétante tant qu'il n'aura pas fini de rembourser sa dette. Inutile de vous dire que la brave dame n'a pas fini d'être humiliée.
Et c'est vraiment à ce niveau que le bât blesse. L'absence de consentement empêche complètement le lecteur de prendre du plaisir à la lecture (à moins d'être sadomasochiste). Les viols s'enchainent à chaque page et on n'a finalement qu'une hâte c'est d'en finir avec le calvaire de la pauvre dame.
On est donc loin d'être émoustillé, ce qui est pourtant le but de ce genre d'ouvrage.
Reste le dessin de Manara, qui est très soigné bien que daté, pour relevé le niveau. Ouf.
Donc voilà j'ai un ouvrage de Manara dans ma bibliothèque. L'expérience s'étant montrée peu concluante, et au vu des notes de ses autres albums, il est fort probable que ce soit le seul.
Mvoui... En fait, l'espèce dominante ne paraît pas plus intelligente que l'être humain, plus avancée scientifiquement et vivant plus longtemps, c'est tout ! Le récit serait bien plus terrifiant si l'espèce humaine, déchue de son intelligence, se retrouvait à sa juste place en tant qu'équivalent aux chiens. Signal pour éviter la décadence, voire inciter au progrès, car qui n'avance pas recule ! Et si on veut déclencher la compassion pour les animaux, l'humain réduit à animal de rente et dégustée par les dominants serait mieux. Mais peu voudraient lire ça… Je préconise plutôt que minet devenu capable de nous parler en citant nos meilleurs auteurs, plaide pour les bêtes !
Sinon, l'auteur peut s'arranger comme il veut, il n'est pas crédible que l'espèce dominante se laisse si facilement remettre en cause par l'espèce soumise considérée comme animale. Pour comparaison, chez les humains, les femmes, les Noirs et autres nés sous une mauvaise étoile, ont eu bien du mal à conquérir des droits toujours remis en cause. Et ne parlons pas de la difficile abolition de l'esclavage, d'ailleurs revenu dans les camps des régimes totalitaires ! Mais on veut tout dans la même histoire, des antagonistes bien plus puissants, et qui perdent, cherchez l'erreur… Avec tout ce tissu de n'importe quoi lu il y a assez longtemps, je ne me rappelle pas de tout. Enfin ! Les dessins sont bien, les personnages attachants, et le rythme est là. Parfois, un peu de subtilité se dessine : il y a un Oms violant une femme en toute bonne conscience car il était avant un mâle reproducteur au service de l'espèce dominante… Aujourd'hui, les abuseurs ne sauraient en dire autant.
Jeff Lemire réalise beaucoup de one-shot (Le Labyrinthe inachevé, Jack Joseph - Soudeur sous-marin ou encore Winter Road, pour ce citer que les plus populaires sur le site) mais aussi des séries « à rallonge », telles que Sweet Tooth, Phantom Road… et « Minor Arcana », la nouvelle « ongoing series » de l’auteur.
Lemire nous ressert ses thèmes favoris : un bled paumé, une protagoniste torturée au passé chargé, et une bonne dose de fantastique, via la thématique de la lecture des cartes de tarot, élément central de l’histoire. Ce premier tome ne fait que poser les bases, nous présente les personnages et lance l’intrigue. Il est prenant au possible, je l’ai englouti d’une traite et j’attends impatiemment la suite. Le dernier chapitre (le comic book #5) propose un retour dans le passé intéressant, et un autre point de vue, celui du grand-père de la protagoniste.
Pas grand-chose à dire sur le dessin, c’est du Lemire, j’adore. A priori il va se faire aider par Letizia Cardonici sur les tomes suivants, pour que ses nombreux projets en cours puissent avancer… je suis curieux de voir comment les deux styles vont de marier.
Un excellent premier tome. Vivement la suite.
2.5
Cela faisait depuis un certain temps que j'avais lu une nouvelle aventure de Daredevil, un super-héros que j'aime bien et j'ai lu cet album qui se situe dans une période du personnage que j'aime bien. Malheureusement, ce n'est pas du très grand comics de super-héros.
Cet album contient l'arc qui introduit Echo, un personnage que je connais peux, mais qui semble avoir réussi à s'imposer dans l'univers Marvel. Le personnage en lui-même est intéressant, mais malheureusement pour la pauvre Echo l'histoire qui l'introduit est trop banale pour être captivante. En gros, c'est encore une histoire où un méchant fait croire à quelqu'un que le héros est un méchant (ici le Caid fait croire à Echo que Daredevil a tué son père) et la personne s'en va tuer le héros sans se douter qu'il est manipulé. Ajoutons qu'en plus Echo devient amoureuse de Matt Murdock donc on a une méchante qui hais un super-héros tout en l'aimant sous son identité civil. Ouah c'est trop original !
En plus, la romance entre Echo et Daredevil va trop vite et semble forcé. Dommage parce qu'aurais voulu aimer leur couple. Ça se laisse lire parce que le dessin est dynamique et il y a quelques bons moments, mais c'est tout.
Je suis un bon client du productif Mathieu Sapin. Il se trouve qu'il devait faire un album pour un éditeur portugais et sans avoir vraiment d'idée il se décide finalement à faire un album au sujet de son beau-père, un inconnu qui a eu une vie tellement incroyable qu'on pourrait penser que c'est un mythomane.
Mais Sapin fait son enquête, retrouve des traces, des photos et même un film de la vie de cet homme qui a navigué du Portugal à différents pays, s'est retrouvé tout jeune à Paris, a traversé un champ de mines, a vécu sous une dictature et en est depuis toujours parano.
Son dessin reste plaisant, l'auteur se met en scène comme il a pu le faire dans des récits précédents, on voit des lieux réels et on apprend différentes anecdotes historiques. La recette fonctionne même si le sujet peut sembler moins attirant que les albums qu'il a pu faire sur Depardieu ou la politique.
Un album de Trondheim qui date déjà de 30 ans et ne semble pas avoir de ligne directrice au départ, l'auteur y raconte sa vie, ses frustrations, ses doutes en tant qu'auteur. J'ai bien aimé les passages typiquement parisiens quand il s'énerve contre les gens qui bloquent le passage dans le métro et se visualise alors en vengeur.
Il raconte aussi ce qui se passe dans son atelier de bande dessinée avec les autres auteurs. Dans une soirée organisée on voit que JC Menu est une vraie enflure alors que Trondheim fait la police. Chaque auteur croqué a son droit de réponse en fin d'album. Trondheim narre également sa vie professionnelle comme sa mouche qui tente de percer au Japon mais aussi personnelle avec son mariage ou le choix de déménager dans une maison en province.
Bref c'est un livre édité chez Cornélius et pas à l'Asso que j'ai bien aimé.
Pirus et Schlingo sur une couverture, cela attire le regard. Voici un grand album mettant en scène Canetor dans de courtes histoires de 2 planches avec Canetorine et Canetorette, sa soeur qui parle qu'avec des dictons et sa copine qu'il ne ménage pas. C'est bien souvent drôle sans être hilarant, le pauvre Canetor prend souvent cher.
Cela parodie évidemment des productions Disney. Le dessin est hyper propre, ligne claire, planche dans un format strict de 6 cases.
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Star Fixion
À quoi ressemblerait Star Wars si son scénario était tombé entre les mains d'un producteur fauché, décidé à le transformer en porno sans en informer son jeune auteur, George Lucas ? C'est le point de départ de cette BD d'humour destinée à parler aux fans de Star Wars, en jouant sur le quiproquo permanent, les doubles sens et les malentendus, avec Obion au dessin et, forcément, à l'exercice de ses jeux de mots à double sens et autres glissements de sens. En tant qu'ancien fan de Star Wars, cet album avait tous les ingrédients pour me plaire, d'autant que j'aime beaucoup le dessin d'Obion, qui est ici encore très bon, porté par de chouettes couleurs. De même, la structure en deux gags par page me rappelle les très bons albums de Trondheim, capable de faire rire deux fois par page tout en racontant une véritable histoire. Hélas, cela ne fonctionne pas du tout aussi bien que je l'espérais. Certes, le scénario multiplie les références à Star Wars et les clins d'oeil à l'univers cinématographique entourant George Lucas et son ami Spielberg. Mais l'intrigue comme l'humour ne décollent jamais vraiment. Il y a bien quelques gags amusants, le plus souvent quand on sent la patte d'Obion et qu'il parvient à placer un bon jeu de mots, et l'ambiance reste globalement sympathique, mais les auteurs tirent clairement le concept trop en longueur. Les running gags se répètent excessivement, certains passages sont laborieux ou superflus, et le mécanisme comique devient prévisible à force de reposer toujours sur le même principe. On sent que l'idée de départ n'est pas assez solide pour porter un album entier sans essoufflement. Au final, ce n'est pas un ratage, notamment grâce au dessin et à quelques gags et jeux de mots qui fonctionnent plutôt bien, mais j'ai trop peu ri et je me suis même parfois ennuyé. Je reste donc sur une impression de potentiel mal exploité et d'une idée de départ trop faible, puis inutilement étirée.
Invincible Univers - Wolfman
Sans avoir lu la série mère Invincible, devenue tout aussi culte que Walking Dead, je découvre ce spin off, édité par Delcourt en intégrale sur Wolf-man. Voilà un bon gros pavé de 300 pages + cahier graphique d'une vingtaine de pages tant affectionné par les éditeurs de comics, qui s'avale assez rapidement. Robert Kirkman sait y faire pour raconter des histoires, et même sans connaître le background de la série mère, je n'ai pas été perturbé dans ma lecture, tout cela se lit parfaitement indépendamment. Par contre, c'est le graphisme singulier de Jason Howard qui m'a surpris des les premières pages. Son trait d'encrage très large donne à son graphisme ce côté très dessin animé qui n'est pas vraiment ma came. J'ai fini par m'y faire, pris par le récit et l'histoire de Gary Hampton, ce riche homme d'affaire qui va devoir apprendre à vivre avec ce nouveau "pouvoir" : la lycanthropie. Les personnages sont plutôt bons et biens campés, amenant des retournements de situations biens pensés qui rythment parfaitement le récit. Alors, si le dessin de Jason Howard ne vous effraie pas, voici une série agréable qui donne très envie d'aller se pencher du côté de la série Invincible.
Ivo a mis les voiles
Une narration subtile qui se prête à l’exercice, tout au long du récit, de ne rien révéler ou affirmer (je ne peux rentrer plus dans les détails sous peine de spoil..) Bien évidemment, le dénouement de certaines intrigues (principales ou sous-jacentes) semble écrit à l’avance mais ce choix de narration a le mérite de laisser une place à la suggestion du lecteur. Et pour ma part, c’est probablement ce qui m’a poussé à dévorer ce road trip Brésilien ! L'autre raison, c'est le côté graphique : l’atmosphère est incroyablement douce et chaleureuse (peut-être même trop d’ailleurs pour un périple de plusieurs milliers de kilomètres sous une chaleur éreintante et avec des moyens rudimentaires). Quoi qu’il en soit, on est bien loin du côté « fourmilière » des grandes agglomérations. On y découvre un Brésil majoritairement rural où le temps semble s’écouler au ralenti et où les mœurs sont (trop là aussi?) douces. Un voyage peut en amener d’autres :)
Rendez-vous fatal
Dans le petit microcosme de la BD pour adulte, Manara fait référence. Il convenait donc de pouvoir lire au moins une de ses œuvres et donc lorsque l'occasion d'en acquérir une se présenta je ne me fis pas prier. Mais voilà , "Rendez-vous fatal" n'est pas vraiment son œuvre la plus inspirée. Comme souvent dans ce genre de production, le scénario est indigent Un homme d'affaires est endetté auprès d'un usurier. Comme il ne rembourse pas sa dette à temps, sa femme se fait violer par les gorilles du mafieux. Et pour être sûr que notre homme d'affaires comprenne la leçon, elle se fera violer chaque jour à 18h pétante tant qu'il n'aura pas fini de rembourser sa dette. Inutile de vous dire que la brave dame n'a pas fini d'être humiliée. Et c'est vraiment à ce niveau que le bât blesse. L'absence de consentement empêche complètement le lecteur de prendre du plaisir à la lecture (à moins d'être sadomasochiste). Les viols s'enchainent à chaque page et on n'a finalement qu'une hâte c'est d'en finir avec le calvaire de la pauvre dame. On est donc loin d'être émoustillé, ce qui est pourtant le but de ce genre d'ouvrage. Reste le dessin de Manara, qui est très soigné bien que daté, pour relevé le niveau. Ouf. Donc voilà j'ai un ouvrage de Manara dans ma bibliothèque. L'expérience s'étant montrée peu concluante, et au vu des notes de ses autres albums, il est fort probable que ce soit le seul.
Oms en série
Mvoui... En fait, l'espèce dominante ne paraît pas plus intelligente que l'être humain, plus avancée scientifiquement et vivant plus longtemps, c'est tout ! Le récit serait bien plus terrifiant si l'espèce humaine, déchue de son intelligence, se retrouvait à sa juste place en tant qu'équivalent aux chiens. Signal pour éviter la décadence, voire inciter au progrès, car qui n'avance pas recule ! Et si on veut déclencher la compassion pour les animaux, l'humain réduit à animal de rente et dégustée par les dominants serait mieux. Mais peu voudraient lire ça… Je préconise plutôt que minet devenu capable de nous parler en citant nos meilleurs auteurs, plaide pour les bêtes ! Sinon, l'auteur peut s'arranger comme il veut, il n'est pas crédible que l'espèce dominante se laisse si facilement remettre en cause par l'espèce soumise considérée comme animale. Pour comparaison, chez les humains, les femmes, les Noirs et autres nés sous une mauvaise étoile, ont eu bien du mal à conquérir des droits toujours remis en cause. Et ne parlons pas de la difficile abolition de l'esclavage, d'ailleurs revenu dans les camps des régimes totalitaires ! Mais on veut tout dans la même histoire, des antagonistes bien plus puissants, et qui perdent, cherchez l'erreur… Avec tout ce tissu de n'importe quoi lu il y a assez longtemps, je ne me rappelle pas de tout. Enfin ! Les dessins sont bien, les personnages attachants, et le rythme est là. Parfois, un peu de subtilité se dessine : il y a un Oms violant une femme en toute bonne conscience car il était avant un mâle reproducteur au service de l'espèce dominante… Aujourd'hui, les abuseurs ne sauraient en dire autant.
Minor arcana
Jeff Lemire réalise beaucoup de one-shot (Le Labyrinthe inachevé, Jack Joseph - Soudeur sous-marin ou encore Winter Road, pour ce citer que les plus populaires sur le site) mais aussi des séries « à rallonge », telles que Sweet Tooth, Phantom Road… et « Minor Arcana », la nouvelle « ongoing series » de l’auteur. Lemire nous ressert ses thèmes favoris : un bled paumé, une protagoniste torturée au passé chargé, et une bonne dose de fantastique, via la thématique de la lecture des cartes de tarot, élément central de l’histoire. Ce premier tome ne fait que poser les bases, nous présente les personnages et lance l’intrigue. Il est prenant au possible, je l’ai englouti d’une traite et j’attends impatiemment la suite. Le dernier chapitre (le comic book #5) propose un retour dans le passé intéressant, et un autre point de vue, celui du grand-père de la protagoniste. Pas grand-chose à dire sur le dessin, c’est du Lemire, j’adore. A priori il va se faire aider par Letizia Cardonici sur les tomes suivants, pour que ses nombreux projets en cours puissent avancer… je suis curieux de voir comment les deux styles vont de marier. Un excellent premier tome. Vivement la suite.
Daredevil & Écho - Tranches de vide
2.5 Cela faisait depuis un certain temps que j'avais lu une nouvelle aventure de Daredevil, un super-héros que j'aime bien et j'ai lu cet album qui se situe dans une période du personnage que j'aime bien. Malheureusement, ce n'est pas du très grand comics de super-héros. Cet album contient l'arc qui introduit Echo, un personnage que je connais peux, mais qui semble avoir réussi à s'imposer dans l'univers Marvel. Le personnage en lui-même est intéressant, mais malheureusement pour la pauvre Echo l'histoire qui l'introduit est trop banale pour être captivante. En gros, c'est encore une histoire où un méchant fait croire à quelqu'un que le héros est un méchant (ici le Caid fait croire à Echo que Daredevil a tué son père) et la personne s'en va tuer le héros sans se douter qu'il est manipulé. Ajoutons qu'en plus Echo devient amoureuse de Matt Murdock donc on a une méchante qui hais un super-héros tout en l'aimant sous son identité civil. Ouah c'est trop original ! En plus, la romance entre Echo et Daredevil va trop vite et semble forcé. Dommage parce qu'aurais voulu aimer leur couple. Ça se laisse lire parce que le dessin est dynamique et il y a quelques bons moments, mais c'est tout.
Edgar
Je suis un bon client du productif Mathieu Sapin. Il se trouve qu'il devait faire un album pour un éditeur portugais et sans avoir vraiment d'idée il se décide finalement à faire un album au sujet de son beau-père, un inconnu qui a eu une vie tellement incroyable qu'on pourrait penser que c'est un mythomane. Mais Sapin fait son enquête, retrouve des traces, des photos et même un film de la vie de cet homme qui a navigué du Portugal à différents pays, s'est retrouvé tout jeune à Paris, a traversé un champ de mines, a vécu sous une dictature et en est depuis toujours parano. Son dessin reste plaisant, l'auteur se met en scène comme il a pu le faire dans des récits précédents, on voit des lieux réels et on apprend différentes anecdotes historiques. La recette fonctionne même si le sujet peut sembler moins attirant que les albums qu'il a pu faire sur Depardieu ou la politique.
Approximativement
Un album de Trondheim qui date déjà de 30 ans et ne semble pas avoir de ligne directrice au départ, l'auteur y raconte sa vie, ses frustrations, ses doutes en tant qu'auteur. J'ai bien aimé les passages typiquement parisiens quand il s'énerve contre les gens qui bloquent le passage dans le métro et se visualise alors en vengeur. Il raconte aussi ce qui se passe dans son atelier de bande dessinée avec les autres auteurs. Dans une soirée organisée on voit que JC Menu est une vraie enflure alors que Trondheim fait la police. Chaque auteur croqué a son droit de réponse en fin d'album. Trondheim narre également sa vie professionnelle comme sa mouche qui tente de percer au Japon mais aussi personnelle avec son mariage ou le choix de déménager dans une maison en province. Bref c'est un livre édité chez Cornélius et pas à l'Asso que j'ai bien aimé.
Canetor
Pirus et Schlingo sur une couverture, cela attire le regard. Voici un grand album mettant en scène Canetor dans de courtes histoires de 2 planches avec Canetorine et Canetorette, sa soeur qui parle qu'avec des dictons et sa copine qu'il ne ménage pas. C'est bien souvent drôle sans être hilarant, le pauvre Canetor prend souvent cher. Cela parodie évidemment des productions Disney. Le dessin est hyper propre, ligne claire, planche dans un format strict de 6 cases.