2.5
Chauzy aime bien les histoires qui parlent de la misère humaine.
Le point fort de cet album est sa description glauque de la vie quotidienne dans un quartier bien pourri. Il y a aussi le fait qu'à aucun moment je n'ai eu l'impression que je lisais l'adaptation d'une œuvre littéraire. Sinon, le scénario est correct, mais un peu déroutant. Pendant un bon moment, des éléments du scénario ne sont pas clairs et on dirait juste une suite de scènes sans liens entre elles. Tout fait plus de sens lorsqu'on a les révélations finales, mais après que j'ai tout bien compris je trouvais qu'il manquait quelques chose pour que le récit soit mémorable.
Il faut dire qu'au final le récit est plutôt léger. Il faut dire que c'est l'adaptation d'une nouvelle. Cela doit être sympathique à lire si on a lit avec les autres nouvelles de l'auteur, mais tout seul comme bd qui mine de rien dépasse les 50 pages, cela donne une lecture un peu trop rapide qui me laisse sur ma faim.
Je rejoins l'avis de Mac Arthur sur ce one-shot.
Le résumé laisse présager une belle histoire de tolérance et d'ouverture d'esprit entre deux cultures et au final Matteo Ricci a souvent l'air d'un type un peu arrogant qui tolère la culture chinoise vu comme des superstitions en attendant de convertir tous les chinois. La plupart des personnages chinois présents dans l'album peuvent être rattaché au stéréotype raciste du chinois fourbe, mais je pense que cela peut tout de même s'expliquer en parti du fait qu'en voit surtout Ricci côtoyé des gens de pouvoirs. Dans toute cour, la fourberie, l'arrogance et la manipulation sont malheureusement courante et je dois dire que ce qui m'a le plus intéressé était les difficultés de Ricci pour rencontrer l'empereur de Chine et les luttes entre différents personnages de l'état chinois. Le reste est beaucoup trop classique pour moi, y compris le dessin que j'ai souvent trouvé figé.
On dirait vraiment une vieille BD religieuse des années 50-60, du type que ce que faisait un auteur comme Jijé par exemple. Sauf que si je peux être indulgent avec ce que l'on peut retrouver dans une vieille BD, je le suis moins pour une BD sorti il y a seulement quelques années. Le fait que les auteurs aient été aidés dans leur biographie par les jésuites eux-mêmes n'aide pas trop à m'enlever l'idée que j'ai lu une BD de propagande religieuse.
Liberatore étant un gros paresseux (dixit mon bouquiniste qui connait la tante de son chien), Albin Michel a été obligé de racler les fonds de catalogue à l'époque, pour avoir quelque chose à proposer aux lecteurs français après Ranx.
Bon c'est très inégal évidemment, on a trois histoires courtes sympas ("terre contre saturne", "confiné" et "évitez les grandes émulsions"), le reste n'est pas terrible.
La couverture est bien cool.
C'est ok pour les fans mais n'en attendez pas la lune.
Oh la mauvaise pioche !
Un conseil : si comme moi vous collectionnez Pepe Moreno chez Albin Michel, et que vous avez déjà Gene Kong, Joe's Air Force et Rebel, sachez que vous pouvez vous passer allègrement de cette bande.
On est vraiment sur du fond de catalogue. Les histoires n'ont ni queue ni tête. On reconnaît les dessins mais pas l'esprit de Moreno. C'est juste nul en fait.
Ils sont malins chez Albin Michel, avec sa très jolie couverture, Zeppelin est un véritable piège à co...llectionneurs.
La série se laisse lire – malgré ses faiblesses – et plaira forcément aux amateurs d’Hugault et de l’aviation militaire. Aux amateurs de pin-ups aussi !
Le dessin de Hugault est toujours superbe dès lors qu’il s’agit d’avions, de combats aériens. Techniquement, il n’y a rien à lui reprocher. J’ai même trouvé qu’après les premiers tomes ça s’améliorait encore. Ses combats aériens remplissent très agréablement les vides de certains passages du scénario de Yann (je pense que la série aurait pu être moins longue !). Navires et surtout carlingues d’avions sont très chouettes en tout cas.
A propos de carlingue – qu’on me pardonne cette muflerie ! – il nous montre aussi son talent pour dessiner de – très – jolies femmes (bien en chair comme toujours avec lui, avec pas mal de scènes clins d’œil à l’esthétique pin-up – et souvent prétextes à montrer la plastique de ces dames). Décors et personnages réussis aussi, malgré des difficultés parfois pour certaines expressions sur les visages (qui sont quand même moins figés que sur d’autres de ses séries, et qui s’améliore au fur et à mesure des tomes).
Visuellement très chouette (avec une colorisation lumineuse) et bourré de clichés, le dessin est vraiment le point fort de la série.
Une série qui a parfois des airs de « Têtes brûlées », puisque la série se développe au sein des forcées aériennes américaines du Pacifique à partir de 1944, avec comme principale originalité dans cet univers extrêmement machiste d’avoir comme personnage principal une femme, Angela, pilote émérite, mais aussi travaillant pour les services secrets (OSS durant la guerre, puis CIA dans les deux derniers tomes).
Une forte femme (qui en a autant dans la caboche que dans le soutien-gorge), qui va se trouver mêlée à de multiples aventures, et rencontrer l’amour avec un pilote américain. En fil rouge, elle essaye de comprendre pourquoi sa sœur est morte – a même été « éliminée sous couvert d’un accident alors qu’elle travaillait autour d’un projet secret (la bombe atomique). Cela amène Angela à mener son enquête. Mais, bizarrement, Yann ne nous livre pas le fin mot de l’histoire, et cette quête de vérité se termine brutalement, Angela étant convaincu par un mensonge (mais le lecteur qui sait que c’est un mensonge est plus frustré !).
L’intrigue se laisse lire, même s’il y a des longueurs, si c’est bourré de clichés (mais Yann en joue). Le dessin d’Hugault compense les limites du scénario (pas mauvais, mais pas original non plus).
A noter que Yann fait un petit clin d’œil à son pote Léturgie, avec ce personnage de John Eigrutel qui fait une courte apparition dans le troisième tome.
Le premier cycle de six tomes peut se suffire à lui-même.
Le sixième tome se finit sur le largage de la bombe atomique sur Hiroshima (au passage, c’est bizarre, mais la forme de la bombe vue dans les tomes précédents ressemble plus à celle larguée ensuite sur Nagasaki !?), et cela aurait dû (c’était d’ailleurs sans doute le cas initialement ?) conclure la série.
Mais les auteurs ont remis le couvert avec deux albums supplémentaires, se déroulant des années plus tard sur un autre théâtre d’opérations, durant la guerre de Corée, et juste après l’armistice pour le huitième et dernier album.
C’est l’occasion pour Hugault de dessiner des avions à réaction, et de faire un album entier autour de la tournée de Marilyn Monroe auprès des G.I.s en rut.
Clairement ces deux albums sont superflus, assez mous, font un peu « remplissage ». Mais le dessin d’Hugault est vraiment très beau (et Marilyn est belle…). A vous de voir si ça suffit.
Le baiser du Sphinx
Avec cet album, Bastien Vivès nous offre une aventure digne des bons films de série B. Cela va très vite, à peine fait-on la connaissance de Sophie et de Quentin, que nous sommes plongés dans une aventure qui va vite les dépasser . Dans la verve d'"A la poursuite du diamant vert", les dialogues sont bien ciselés, les situations s'enchainent à un rythme effréné , bref je ne mes suis pas ennuyé une seconde à la lecture de ce premier volume d'une histoire qui en comptera deux, je crois.
Et les amateurs de bd savoureront les références aux collectionneurs d'éditions originales, et le dédain de Sophie pour les bandes dessinées.
Le dessin de Vivès est plus fouillé qu'à l’accoutumée , et j'ai bien apprécié la mise en couleur, assez inhabituelle chez lui, tout comme le format de 48 pages.
J'ai hâte de savoir ce que Bastien Vivès nous réserve pour la suite.
Le Secret de Coatlicue
Vivès ou le dessinateur qui dessine plus vite que son ombre. A peine 4 mois après la sortie du premier volume, Bastien Vivès nous offre une seconde aventure de Sophie et Quentin. A ce propos, le titre de la série "Lune de miel" n'est plus, à mon avis , très approprié si Vivès prévoit plusieurs albums (d'ailleurs un troisième est dores et déjà annoncé, avec comme titre énigmatique "Midi entre quatre planches")
Là où le premier album lorgnait vers "A la poursuite du diamant vert", j'ai trouvé que cet opus faisait beaucoup plus référence à Tintin, voire à Indiana Jones.
Tout va très vite dans cette aventure et le couple a le don se mettre dans des situations improbables. On y croise des flics corrompus, des orpailleurs le tout dans une jungle étouffante qui cache un trésor!
Les dialogues font mouches, le dessin est simple et alerte et le scénario ne laisse aucun temps mort à nos deux héros, malgré eux, bref j'ai passé un très agréable moment.
Certes, la surprise du premier volume étant passée, le lecteur se laisse moins surprendre par la fantaisie de Vivès.
Midi entre quatre planches
J'avais beaucoup aimé les deux premiers volumes de "Lune de miel", mais avec ce dernier opus , j'avoue avoir été complètement largué. J'ai n'ai pas du tout adhéré au délire de Bastien Vivès, auteur que j'adore pourtant, même lorsqu'il s'aventure dans les sphères de la bd pour adulte.
Je suis vraiment passé à côté de cette expédition dans un Bruxelles sans gouvernement, sans loi, devenu une ville digne de figurer dans un western. C'est à se demander si Vivès, à l'image de Baudelaire, avait des comptes à régler avec la capitale Belge.
Il faut noter que contrairement aux autres albums, aucun titre d'un potentiel quatrième volume ne figure au quatrième plat.
Je suis tombé par hasard sur trois albums de cette série largement inconnue en France, et j'étais plutôt content au départ de pouvoir découvrir ce qui ressemblait à un petit pan de l'histoire de la BD québécoise. Les histoires, très courtes (4 pages chacune), nous plongent dans le Québec de la fin du XIXe et du début du XXe siècle, avec des aventures qui se déroulent un peu partout dans la belle province (et parfois du côté des États-Unis), à une époque charnière où chevaux, bateaux à vapeur, premières automobiles et débuts de l'aviation coexistent. Autant de prétextes pour mettre en scène Alexis le Trotteur dans des courses improbables face à toutes sortes de moyens de transport.
Cela dit, la découverte est un peu particulière, notamment parce que, malgré le contexte, les dialogues contiennent finalement assez peu de tournures québécoises marquées. Et surtout, en creusant un peu, j'ai été surpris d'apprendre que le dessinateur est italien, tout comme le scénariste, certes canadien mais d'origine italienne lui aussi. Du coup, cette impression de plonger dans une œuvre typiquement québécoise est à relativiser, même si un certain esprit du folklore local semble malgré tout se dégager en toile de fond.
Graphiquement, l'ensemble est de bonne tenue. Les premières histoires sont encore hésitantes, avec un trait parfois imprécis et une colorisation assez brute qui cherche surtout à remplir les cases sans trop se soucier des débordements. Mais on sent une progression au fil des albums, avec un dessin qui gagne en maîtrise. Le style m'a d'ailleurs davantage évoqué certaines BD humoristiques espagnoles des années 60-70 que le franco-belge classique. En revanche, les expressions des personnages restent assez limitées, notamment celles d'Alexis, qui arbore très souvent le même grand visage rieur et narquois.
C'est d'ailleurs là que se situe pour moi le principal problème de la série. Alexis n'est pas particulièrement sympathique : il est capricieux, hyperactif au point d'en devenir pénible, et surtout trop sûr de lui. La plupart des histoires reposent sur le même schéma, avec des paris qu'il finit presque toujours par gagner, ou des situations où il s'amuse à embêter son entourage. Les rares variations viennent de personnages secondaires, comme les deux bûcherons Georges et Joseph, encore plus gaffeurs que lui, qui finissent parfois par le mettre en difficulté. Mais dans l'ensemble, la répétition est forte et l'humour peine à fonctionner, notamment parce que les situations manquent de renouvellement et que le personnage principal n'invite pas vraiment à l'empathie.
Au final, l'intérêt reste surtout dans la curiosité de découvrir une œuvre liée, de près ou de loin, à l'imaginaire québécois de l'époque, même si l'on peut légitimement s'interroger sur l'authenticité de cette impression. Pour le reste, entre répétition des gags et humour qui ne fait plus vraiment mouche, la lecture m'a laissé un sentiment assez mitigé.
Cléo, ancienne haute fonctionnaire œuvrant sous pseudonyme, raconte sur le mode ingénue/débutante les actions réalisées par ce fameux Ministère des affaires complexes (en réalité une direction interministérielle avec une appellation différente), en charge en réalité de la "crise migratoire". En effet au milieu des années 2010 l'Europe a dû faire face à un afflux massif de réfugiés, et mettre en place des stratégies pour les accueillir, au moins à titre provisoire. Cléo et ses trois collègues, recrutés tout en venant d'horizons divers, doivent mettre sur pied des solutions logistiques, comme une plateforme permettant de réaliser des "matches" entre des réfugiés aux profils divers (nationalité, nombre...) et des logements vacants.
Les injonctions peuvent être contradictoires, dictées par les revirements au sommet de l'Etat ou de l'Europe, les marges de manœuvre sont réduites, les motivations fluctuantes. Les quatre fonctionnaires observent, beaucoup, réfléchissent, énormément, et proposent, peu, mais en essayant d'être pertinents. Les échanges avec leur hiérarchie peuvent être frustrants, mais ils essaient de ne pas perdre la foi. Leur quatuor est un peu caricatural, entre le gros nounours qui craque, mange pour calmer ses angoisses, le fonctionnaire blasé, la tête d'ampoule un peu effacée qui essaie de sortir LA bonne idée... Cela permet un bon panachage narratif, on ne s'ennuie pas dans cette lecture presque expurgée du jargon dédié, même si les auteurs en mettent un peu.
Kokopello a un style un peu passe-partout, à la limite de la caricature de presse, mais il sert bien le propos. C'est ma foi assez intéressant dans l'ensemble pour comprendre cet enjeu de politique publique dans le domaine de l'humanitaire.
Une agence secrète qui protège et enquête sur les aliens, et qui a entre autres le pouvoir d'effacer les souvenirs des Humains les concernant... J'ai assez vite pensé à Men in Black, d'autant plus que les représentants de l'agence se présentent en costume trois pièces. Le point commun s'arête là, l'agence est en fait une compagnie d'assurances, ce qui est un peu plus original. Pour la découverte candide, on a un adolescent possédant un pouvoir surprenant, celui de déceler quand une personne ment.
Un peu comme dans le film, l'apprenti va avoir en guise de première affaire un cas qui va le marquer. C'est d'ailleurs là, je trouve, qu'est le noeud, l'intérêt de la série : la faculté particulière de Kaede, qui l'oblige à se mettre en retrait en termes de relactions sociales, sous peine de carrément ne plus pouvoir le supporter. Ce premier tome expose bien ces enjeux, sans entrer dans le détail des rapports entre le jeune homme et sa marraine dans Cosmos, Rin.
Le dessin est bon, sans fioritures, cela se lit sans accrocs. Une petite série intéressante.
Curieusement, j'ai commencé à lire les aventures de Chlorophylle et Minimum par la fin. Greg, de Groot dans les intrigues et surtout Dupa, ainsi que Hubuc dans le dessin. Plus tard, j'ai lu tout Macherot à travers les intégrales et j'ai aimé modérément. Ce n'a jamais été une de mes séries préférées, mais c'est vraiment sympathique, je le reconnais aujourd'hui. Mon épisode préféré: le Bosquet hanté!
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La Vigie
2.5 Chauzy aime bien les histoires qui parlent de la misère humaine. Le point fort de cet album est sa description glauque de la vie quotidienne dans un quartier bien pourri. Il y a aussi le fait qu'à aucun moment je n'ai eu l'impression que je lisais l'adaptation d'une œuvre littéraire. Sinon, le scénario est correct, mais un peu déroutant. Pendant un bon moment, des éléments du scénario ne sont pas clairs et on dirait juste une suite de scènes sans liens entre elles. Tout fait plus de sens lorsqu'on a les révélations finales, mais après que j'ai tout bien compris je trouvais qu'il manquait quelques chose pour que le récit soit mémorable. Il faut dire qu'au final le récit est plutôt léger. Il faut dire que c'est l'adaptation d'une nouvelle. Cela doit être sympathique à lire si on a lit avec les autres nouvelles de l'auteur, mais tout seul comme bd qui mine de rien dépasse les 50 pages, cela donne une lecture un peu trop rapide qui me laisse sur ma faim.
Matteo Ricci - Dans la Cité Interdite
Je rejoins l'avis de Mac Arthur sur ce one-shot. Le résumé laisse présager une belle histoire de tolérance et d'ouverture d'esprit entre deux cultures et au final Matteo Ricci a souvent l'air d'un type un peu arrogant qui tolère la culture chinoise vu comme des superstitions en attendant de convertir tous les chinois. La plupart des personnages chinois présents dans l'album peuvent être rattaché au stéréotype raciste du chinois fourbe, mais je pense que cela peut tout de même s'expliquer en parti du fait qu'en voit surtout Ricci côtoyé des gens de pouvoirs. Dans toute cour, la fourberie, l'arrogance et la manipulation sont malheureusement courante et je dois dire que ce qui m'a le plus intéressé était les difficultés de Ricci pour rencontrer l'empereur de Chine et les luttes entre différents personnages de l'état chinois. Le reste est beaucoup trop classique pour moi, y compris le dessin que j'ai souvent trouvé figé. On dirait vraiment une vieille BD religieuse des années 50-60, du type que ce que faisait un auteur comme Jijé par exemple. Sauf que si je peux être indulgent avec ce que l'on peut retrouver dans une vieille BD, je le suis moins pour une BD sorti il y a seulement quelques années. Le fait que les auteurs aient été aidés dans leur biographie par les jésuites eux-mêmes n'aide pas trop à m'enlever l'idée que j'ai lu une BD de propagande religieuse.
Vidéo clips
Liberatore étant un gros paresseux (dixit mon bouquiniste qui connait la tante de son chien), Albin Michel a été obligé de racler les fonds de catalogue à l'époque, pour avoir quelque chose à proposer aux lecteurs français après Ranx. Bon c'est très inégal évidemment, on a trois histoires courtes sympas ("terre contre saturne", "confiné" et "évitez les grandes émulsions"), le reste n'est pas terrible. La couverture est bien cool. C'est ok pour les fans mais n'en attendez pas la lune.
Zeppelin
Oh la mauvaise pioche ! Un conseil : si comme moi vous collectionnez Pepe Moreno chez Albin Michel, et que vous avez déjà Gene Kong, Joe's Air Force et Rebel, sachez que vous pouvez vous passer allègrement de cette bande. On est vraiment sur du fond de catalogue. Les histoires n'ont ni queue ni tête. On reconnaît les dessins mais pas l'esprit de Moreno. C'est juste nul en fait. Ils sont malins chez Albin Michel, avec sa très jolie couverture, Zeppelin est un véritable piège à co...llectionneurs.
Angel Wings
La série se laisse lire – malgré ses faiblesses – et plaira forcément aux amateurs d’Hugault et de l’aviation militaire. Aux amateurs de pin-ups aussi ! Le dessin de Hugault est toujours superbe dès lors qu’il s’agit d’avions, de combats aériens. Techniquement, il n’y a rien à lui reprocher. J’ai même trouvé qu’après les premiers tomes ça s’améliorait encore. Ses combats aériens remplissent très agréablement les vides de certains passages du scénario de Yann (je pense que la série aurait pu être moins longue !). Navires et surtout carlingues d’avions sont très chouettes en tout cas. A propos de carlingue – qu’on me pardonne cette muflerie ! – il nous montre aussi son talent pour dessiner de – très – jolies femmes (bien en chair comme toujours avec lui, avec pas mal de scènes clins d’œil à l’esthétique pin-up – et souvent prétextes à montrer la plastique de ces dames). Décors et personnages réussis aussi, malgré des difficultés parfois pour certaines expressions sur les visages (qui sont quand même moins figés que sur d’autres de ses séries, et qui s’améliore au fur et à mesure des tomes). Visuellement très chouette (avec une colorisation lumineuse) et bourré de clichés, le dessin est vraiment le point fort de la série. Une série qui a parfois des airs de « Têtes brûlées », puisque la série se développe au sein des forcées aériennes américaines du Pacifique à partir de 1944, avec comme principale originalité dans cet univers extrêmement machiste d’avoir comme personnage principal une femme, Angela, pilote émérite, mais aussi travaillant pour les services secrets (OSS durant la guerre, puis CIA dans les deux derniers tomes). Une forte femme (qui en a autant dans la caboche que dans le soutien-gorge), qui va se trouver mêlée à de multiples aventures, et rencontrer l’amour avec un pilote américain. En fil rouge, elle essaye de comprendre pourquoi sa sœur est morte – a même été « éliminée sous couvert d’un accident alors qu’elle travaillait autour d’un projet secret (la bombe atomique). Cela amène Angela à mener son enquête. Mais, bizarrement, Yann ne nous livre pas le fin mot de l’histoire, et cette quête de vérité se termine brutalement, Angela étant convaincu par un mensonge (mais le lecteur qui sait que c’est un mensonge est plus frustré !). L’intrigue se laisse lire, même s’il y a des longueurs, si c’est bourré de clichés (mais Yann en joue). Le dessin d’Hugault compense les limites du scénario (pas mauvais, mais pas original non plus). A noter que Yann fait un petit clin d’œil à son pote Léturgie, avec ce personnage de John Eigrutel qui fait une courte apparition dans le troisième tome. Le premier cycle de six tomes peut se suffire à lui-même. Le sixième tome se finit sur le largage de la bombe atomique sur Hiroshima (au passage, c’est bizarre, mais la forme de la bombe vue dans les tomes précédents ressemble plus à celle larguée ensuite sur Nagasaki !?), et cela aurait dû (c’était d’ailleurs sans doute le cas initialement ?) conclure la série. Mais les auteurs ont remis le couvert avec deux albums supplémentaires, se déroulant des années plus tard sur un autre théâtre d’opérations, durant la guerre de Corée, et juste après l’armistice pour le huitième et dernier album. C’est l’occasion pour Hugault de dessiner des avions à réaction, et de faire un album entier autour de la tournée de Marilyn Monroe auprès des G.I.s en rut. Clairement ces deux albums sont superflus, assez mous, font un peu « remplissage ». Mais le dessin d’Hugault est vraiment très beau (et Marilyn est belle…). A vous de voir si ça suffit.
Lune de miel
Le baiser du Sphinx Avec cet album, Bastien Vivès nous offre une aventure digne des bons films de série B. Cela va très vite, à peine fait-on la connaissance de Sophie et de Quentin, que nous sommes plongés dans une aventure qui va vite les dépasser . Dans la verve d'"A la poursuite du diamant vert", les dialogues sont bien ciselés, les situations s'enchainent à un rythme effréné , bref je ne mes suis pas ennuyé une seconde à la lecture de ce premier volume d'une histoire qui en comptera deux, je crois. Et les amateurs de bd savoureront les références aux collectionneurs d'éditions originales, et le dédain de Sophie pour les bandes dessinées. Le dessin de Vivès est plus fouillé qu'à l’accoutumée , et j'ai bien apprécié la mise en couleur, assez inhabituelle chez lui, tout comme le format de 48 pages. J'ai hâte de savoir ce que Bastien Vivès nous réserve pour la suite. Le Secret de Coatlicue Vivès ou le dessinateur qui dessine plus vite que son ombre. A peine 4 mois après la sortie du premier volume, Bastien Vivès nous offre une seconde aventure de Sophie et Quentin. A ce propos, le titre de la série "Lune de miel" n'est plus, à mon avis , très approprié si Vivès prévoit plusieurs albums (d'ailleurs un troisième est dores et déjà annoncé, avec comme titre énigmatique "Midi entre quatre planches") Là où le premier album lorgnait vers "A la poursuite du diamant vert", j'ai trouvé que cet opus faisait beaucoup plus référence à Tintin, voire à Indiana Jones. Tout va très vite dans cette aventure et le couple a le don se mettre dans des situations improbables. On y croise des flics corrompus, des orpailleurs le tout dans une jungle étouffante qui cache un trésor! Les dialogues font mouches, le dessin est simple et alerte et le scénario ne laisse aucun temps mort à nos deux héros, malgré eux, bref j'ai passé un très agréable moment. Certes, la surprise du premier volume étant passée, le lecteur se laisse moins surprendre par la fantaisie de Vivès. Midi entre quatre planches J'avais beaucoup aimé les deux premiers volumes de "Lune de miel", mais avec ce dernier opus , j'avoue avoir été complètement largué. J'ai n'ai pas du tout adhéré au délire de Bastien Vivès, auteur que j'adore pourtant, même lorsqu'il s'aventure dans les sphères de la bd pour adulte. Je suis vraiment passé à côté de cette expédition dans un Bruxelles sans gouvernement, sans loi, devenu une ville digne de figurer dans un western. C'est à se demander si Vivès, à l'image de Baudelaire, avait des comptes à régler avec la capitale Belge. Il faut noter que contrairement aux autres albums, aucun titre d'un potentiel quatrième volume ne figure au quatrième plat.
Alexis le Trotteur
Je suis tombé par hasard sur trois albums de cette série largement inconnue en France, et j'étais plutôt content au départ de pouvoir découvrir ce qui ressemblait à un petit pan de l'histoire de la BD québécoise. Les histoires, très courtes (4 pages chacune), nous plongent dans le Québec de la fin du XIXe et du début du XXe siècle, avec des aventures qui se déroulent un peu partout dans la belle province (et parfois du côté des États-Unis), à une époque charnière où chevaux, bateaux à vapeur, premières automobiles et débuts de l'aviation coexistent. Autant de prétextes pour mettre en scène Alexis le Trotteur dans des courses improbables face à toutes sortes de moyens de transport. Cela dit, la découverte est un peu particulière, notamment parce que, malgré le contexte, les dialogues contiennent finalement assez peu de tournures québécoises marquées. Et surtout, en creusant un peu, j'ai été surpris d'apprendre que le dessinateur est italien, tout comme le scénariste, certes canadien mais d'origine italienne lui aussi. Du coup, cette impression de plonger dans une œuvre typiquement québécoise est à relativiser, même si un certain esprit du folklore local semble malgré tout se dégager en toile de fond. Graphiquement, l'ensemble est de bonne tenue. Les premières histoires sont encore hésitantes, avec un trait parfois imprécis et une colorisation assez brute qui cherche surtout à remplir les cases sans trop se soucier des débordements. Mais on sent une progression au fil des albums, avec un dessin qui gagne en maîtrise. Le style m'a d'ailleurs davantage évoqué certaines BD humoristiques espagnoles des années 60-70 que le franco-belge classique. En revanche, les expressions des personnages restent assez limitées, notamment celles d'Alexis, qui arbore très souvent le même grand visage rieur et narquois. C'est d'ailleurs là que se situe pour moi le principal problème de la série. Alexis n'est pas particulièrement sympathique : il est capricieux, hyperactif au point d'en devenir pénible, et surtout trop sûr de lui. La plupart des histoires reposent sur le même schéma, avec des paris qu'il finit presque toujours par gagner, ou des situations où il s'amuse à embêter son entourage. Les rares variations viennent de personnages secondaires, comme les deux bûcherons Georges et Joseph, encore plus gaffeurs que lui, qui finissent parfois par le mettre en difficulté. Mais dans l'ensemble, la répétition est forte et l'humour peine à fonctionner, notamment parce que les situations manquent de renouvellement et que le personnage principal n'invite pas vraiment à l'empathie. Au final, l'intérêt reste surtout dans la curiosité de découvrir une œuvre liée, de près ou de loin, à l'imaginaire québécois de l'époque, même si l'on peut légitimement s'interroger sur l'authenticité de cette impression. Pour le reste, entre répétition des gags et humour qui ne fait plus vraiment mouche, la lecture m'a laissé un sentiment assez mitigé.
Le Ministère des affaires complexes
Cléo, ancienne haute fonctionnaire œuvrant sous pseudonyme, raconte sur le mode ingénue/débutante les actions réalisées par ce fameux Ministère des affaires complexes (en réalité une direction interministérielle avec une appellation différente), en charge en réalité de la "crise migratoire". En effet au milieu des années 2010 l'Europe a dû faire face à un afflux massif de réfugiés, et mettre en place des stratégies pour les accueillir, au moins à titre provisoire. Cléo et ses trois collègues, recrutés tout en venant d'horizons divers, doivent mettre sur pied des solutions logistiques, comme une plateforme permettant de réaliser des "matches" entre des réfugiés aux profils divers (nationalité, nombre...) et des logements vacants. Les injonctions peuvent être contradictoires, dictées par les revirements au sommet de l'Etat ou de l'Europe, les marges de manœuvre sont réduites, les motivations fluctuantes. Les quatre fonctionnaires observent, beaucoup, réfléchissent, énormément, et proposent, peu, mais en essayant d'être pertinents. Les échanges avec leur hiérarchie peuvent être frustrants, mais ils essaient de ne pas perdre la foi. Leur quatuor est un peu caricatural, entre le gros nounours qui craque, mange pour calmer ses angoisses, le fonctionnaire blasé, la tête d'ampoule un peu effacée qui essaie de sortir LA bonne idée... Cela permet un bon panachage narratif, on ne s'ennuie pas dans cette lecture presque expurgée du jargon dédié, même si les auteurs en mettent un peu. Kokopello a un style un peu passe-partout, à la limite de la caricature de presse, mais il sert bien le propos. C'est ma foi assez intéressant dans l'ensemble pour comprendre cet enjeu de politique publique dans le domaine de l'humanitaire.
Cosmos (Ki-oon)
Une agence secrète qui protège et enquête sur les aliens, et qui a entre autres le pouvoir d'effacer les souvenirs des Humains les concernant... J'ai assez vite pensé à Men in Black, d'autant plus que les représentants de l'agence se présentent en costume trois pièces. Le point commun s'arête là, l'agence est en fait une compagnie d'assurances, ce qui est un peu plus original. Pour la découverte candide, on a un adolescent possédant un pouvoir surprenant, celui de déceler quand une personne ment. Un peu comme dans le film, l'apprenti va avoir en guise de première affaire un cas qui va le marquer. C'est d'ailleurs là, je trouve, qu'est le noeud, l'intérêt de la série : la faculté particulière de Kaede, qui l'oblige à se mettre en retrait en termes de relactions sociales, sous peine de carrément ne plus pouvoir le supporter. Ce premier tome expose bien ces enjeux, sans entrer dans le détail des rapports entre le jeune homme et sa marraine dans Cosmos, Rin. Le dessin est bon, sans fioritures, cela se lit sans accrocs. Une petite série intéressante.
Chlorophylle
Curieusement, j'ai commencé à lire les aventures de Chlorophylle et Minimum par la fin. Greg, de Groot dans les intrigues et surtout Dupa, ainsi que Hubuc dans le dessin. Plus tard, j'ai lu tout Macherot à travers les intégrales et j'ai aimé modérément. Ce n'a jamais été une de mes séries préférées, mais c'est vraiment sympathique, je le reconnais aujourd'hui. Mon épisode préféré: le Bosquet hanté!