Les derniers avis (114233 avis)

Par Canarde
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Cher pays de notre enfance
Cher pays de notre enfance

Toute personne qui s'intéresse à la politique d'hier comme d'aujourd'hui doit avoir lu cet album. J'hésite à mettre culte, parce qu'il s'agit d'une enquête sur deux morts historiques très suspectes au temps où la droite gaulliste gouvernait. ( le juge Renaud assassinée et Robert Boulin, suicidé en gabardine dans une flaque d'eau au milieu d'un bois ) Compte tenu de l'épisode que la France traverse ( on est début 2026), on a tendance à idéaliser les années 70 et leur personnel politique...en y regardant de plus près, le pouvoir avait un jocker dans toute situation embarrassante...des nervis aux ordres prêts à commettre des assassinats ciblés si nécessaire. Benoit Colombat et Étienne Davodeau rencontrent les témoins, mesurent les probabilités, interprètent les sous entendus, recoupent les informations... On a un peu peur a posteriori. On voit que le mystère est bien entretenu...et l'Etat de droit fragile. L'enquête et solide, le dispositif de Davodeau toujours efficace, ( lavis gris dans lequel il se met en scène en train de réfléchir à qui interroger, comment aborder la personne, puis l'entretien, toujours avec Benoit ...et ainsi de suite) la couverture résume bien l'affaire, pas très reluisante pour la droite française. Si Retaillau avait le choix, il pourrait interdire le livre... C'est vendeur, non? Cette dernière phrase ?

22/02/2026 (modifier)
Couverture de la série Le Fruit le plus doux
Le Fruit le plus doux

Depuis quelques années, Gabriele Di Caro est devenu une valeur sûre des éditions Tabou. Je l’avais découvert avec ses histoires courtes plutôt chouettes de Sous le Paradis, et surtout avec une série plus longue et plus ambitieuse (et très réussie), Les Arcanes de la Maison Fleury. C’est donc avec de belles attentes que je le retrouve ici, dans un décor totalement différent du XIXème siècle londonien de « La maison Fleury », puisque l’intrigue se déroule dans l’Amérique profonde, durant les années 1950. C’est l’occasion pour Di Caro de s’en donner à cœur joie avec des femmes à poitrines opulentes, dans un style pin-up torride. Ce tome inaugural plante le décor, pose les personnages, et lance l’intrigue. Une intrigue qui, par-delà les nombreuses scènes de sexe, n’a pas encore livré toutes ses clés. Sur une histoire à la base assez quelconque – un improbable concours de production de fruits dans un bled paumé – Di Car greffe quelques intrigues secondaires. L’ancienne disparition d’une jeune femme pourrait faire basculer l’ensemble vers du polar. Mais pour l’instant ce qui m’a surpris, ce sont les passages « fantastiques », autour des rêves de Ronald (en tout cas je pensais que ça n’était que des rêves), et du caractère très particulier de ses « fruits », pour le coup mal défendus. J’attends de voir ce que ça va donner par la suite. Pour le moment je suis un peu circonspect (un peu moins captivant que "La maison Fleury" pour le moment), même si la narration est fluide, et si ça se laisse lire sans problème. Par contre le dessin de Di Caro est franchement très bon, une nouvelle fois ! Dynamique et fluide, et bien sûr excellent pour les scènes de sexe. Mais pas seulement, car les décors et les vêtements d’époque sont aussi bien rendus. ******************* Je reviens mettre à jour mon avis avec la sortie du second tome, qui clôt l'histoire en livrant les clés - même si on pourrait retrouver les habitants de Sweetville par la suite... Si le fantastique autour des fruits spéciaux de l'arbre du vieux bonhomme donne une touche originale au récit, ça n'est pas ça qui m'a le plus intéressé. En fait, Di Caro nous propose une très belle reconstitution d'une petite ville américaine des années 1950, dans un genre Desperate Housewifes, avec moult ragots, un soupçon de polar, et de vieux secrets qui resurgissent. Mais c'est bien sûr son dessin qui est vraiment très chouette. et qui est agréable à l'oeil. Pour la reconstitution, le dynamisme. Mais aussi pour les scènes de sexe, très sensuelles. Cet album conclut bien le récit, et me pousse à passer aux quatre étoiles. Décidément, Di Caro est au auteur à suivre, pour ceux que ce type de BD intéresse. IL sait se renouveler, et propose un dessin d'une grande sensualité.

06/02/2025 (MAJ le 22/02/2026) (modifier)
Par Brodeck
Note: 4/5
Couverture de la série Les Carnets de Stamford Hawksmoor
Les Carnets de Stamford Hawksmoor

Une superbe lecture que ces " Carnets de Stamford Hawksmoor " (je n'ai jamais lu les Grandville, mais si c'est aussi abouti, ça donne furieusement envie ! ), c'est un récit dense mais prenant jusqu'au bout avec des personnages riches, variés et fouillés. Si certaines cases sont peut-être légèrement figées, le dessin n'en demeure pas moins excellent et restitue formidablement les bas-fonds de Londres, les quartiers huppés, les pubs ou encore les bocages du sud-est de l'Angleterre. L'auteur a incontestablement soigné son ouvrage, il m'a fallu trois, quatre pages pour me faire à l'écriture, mais après, j'étais dedans jusqu'à la fin. Tout est bien fait : le zoomorphisme, l'uchronie (l'action se situe la veille de l'indépendance d'une Angleterre occupée par les troupes napoléonniennes), les décors, les costumes... Bryan Talbot, qui émaille son récit de nombreuses références littéraires et historiques, ne laisse rien au hasard et a incontestablement le sens du détail jusqu'à, comme il le précise en annexe, représenter sur les étagères d'un magasin de véritables jouets de l'ère victorienne. L'inspecteur Stamford, malgré ses qualités d'analyse et de déduction dignes du célèbre détective à la casquette, aura fort à faire pour élucider plusieurs meurtres qui viennent s'ajouter à un contexte social déjà explosif. Il prendra des coups au sens propre comme au sens figuré, devra composer avec un fils, il faut le reconnaître, particulièrement horripilant, se retrouvera plus d'une fois en fâcheuse posture, mais poursuivra malgré tout sa mission, quitte à franchir certaines lignes rouges. L'intrigue, complexe et rythmée, est menée de main de maître par l'auteur et fait la part belle aux personnages secondaires. Probablement une de mes lectures préférées de ces derniers mois.

22/02/2026 (modifier)
Couverture de la série Les Maudites
Les Maudites

Bon… que dire ? Le postulat de base n'est pas mauvais, est même plein de potentiel : une rencontre entre une réalité froide et du fantastique, une communauté 100% féminine se protégeant d'assauts de créatures bien mystérieuses, des histoires de clans aux traditions fortes, du saphisme au centre du récit, le tout dans un enrobage de western. Cela peut sonner fouillis, mais avouez que l'on est a minima intrigué par la chose, non ? Le problème, malheureusement, c'est que cela ne sortira pas plus du postulat que je viens de vous faire. Enfin, si, je suis mauvaise langue, il y a tout de même le travail graphique qui, bien que souvent figé au niveau des expressions, n'est pas inintéressant et quelques passages emprunts d'une certaine poésie que je reconnais, mais c'est tout. L'œuvre est floue. On ne sait rien, rien sur les mystères, rien sur les origines concrètes de ces terres (si ce n'est deux flashbacks ne nous en apprenant finalement plus sur la génération précédente que sur le passé réel de la région), rien non plus sur le propos de l'œuvre. La lecture m'a laissée tout du long perdue, comme incapable de comprendre une métaphore qui serait pourtant bien là sous mes yeux. Est-ce qu'il faut voir dans cette communauté féminine se protégeant des assauts de créatures masculines un propos féministe ? Peut-être, en tout cas c'est le seul semblant de piste de lecture qui m'a paru crédible à la fin de l'album. Mais même sous cet angle l'œuvre reste pauvre car il n'y a pas réellement de propos, en tout cas rien de clair. On referme l'album la tête pleine de questions, mais pas car l'album nous aurait nécessairement poussé à ladite réflexion par la mise en avant d'une problématique ou d'un propos revendicateur, simplement parce que l'on a le sentiment sincère que rien ne nous a été expliqué, comme si l'on avait assisté à un récit nécessitant des connaissances au préalable qui ne nous avaient pas été fournies. Étrange et frustrant. Dommage car, encore une fois, la base pouvait promettre du bon.

22/02/2026 (modifier)
Par Hervé
Note: 4/5
Couverture de la série Le Fruit le plus doux
Le Fruit le plus doux

Partie 1 Après m'avoir littéralement conquis avec son récit se déroulant à Londres au XIXème siècle Les Arcanes de la Maison Fleury, Gabriele Di Caro récidive dans cet album érotique qui se passe cette fois ci dans l'Amérique profonde des années 50. Le dessin est toujours aussi somptueux et le scénario emprunte, une fois de plus, quelques éléments fantastiques qui font de cette aventure un mystère pour le lecteur. Nous suivons, sous prétexte du concours du fruit le plus doux, plusieurs personnages aussi délurés qu'énigmatiques : une serveuse nymphomane, un journaliste poursuivi par la mafia, un couple modèle -enfin presque-, un peintre libidineux, une sublime riche héritière, et enfin deux vieillards poursuivis par un passé macabre, bref une galerie de portrait assez réussie. Gabriele Di Caro a beaucoup de talent pour dessiner les femmes bien pourvues et l'érotisme qui traverse cet album est parfaitement bien mis au service d'un scénario qui donne envie au lecteur de connaître la suite. Bref un érotisme raffiné avec un récit solide. Une lecture réservée à un public averti, il va sans dire. Partie 2 Un second volume encore plus débridé que le premier, à l'image de ses héroïnes qui multiplient les aventures sexuelles. En effet, cet opus est plus chaud que le précédent. Gabriele Di Caro n'hésite pas à illustrer des scènes explicites. Son dessin est excellent , et sa représentation d'une Amérique profonde avec ses préjugés racistes , sociales des années 50 est assez pertinente. Le côté fantastique, avec ce mystérieux arbre, source des fantasmes de certains protagonistes, apporte une touche d'originalité dans cette bande dessinée destinée aux adultes. Si cet album apporte des réponses à la plupart des intrigues développées au cours du récit, il ouvre pourtant une porte pour une éventuelle suite. Le dessin de Gabriele Di Caro , en tout cas, est de toute beauté, et il sait sublimer le corps des femmes. Après sa série Les Arcanes de la Maison Fleury, qui flirtait aussi avec le fantastique, l'auteur signe ici une bd de qualité.

06/02/2025 (MAJ le 22/02/2026) (modifier)
Par Yann135
Note: 2/5
Couverture de la série M-A-D
M-A-D

Voici le récit d’une lecture laborieuse malgré le trait de Thomas Legrain que j’adore. D’entrée de jeu je suis assez déçu par une narration confuse et un manque de fluidité. L’histoire se complique. Qui fait quoi ? Qui est contre qui ? Qui sont ces méchams ? Cela se transforme rapidement en un casse-tête. Je fais des allers et des retours constants pour comprendre et avancer dans ma lecture. Les situations sont confuses. Une gymnastique intellectuelle qui, loin d’enrichir l’expérience, finit par lasser. Le choix des noms, volontairement tirés vers la science-fiction, relève davantage du gadget que d’une réelle nécessité narrative. Ces appellations saugrenues, censées ajouter une touche d’originalité, ne font qu’alourdir la compréhension et brouillent les pistes. Au lieu de servir l’immersion, elles créent une distance artificielle avec l’histoire, comme si les auteurs avaient sacrifié la clarté sur l’autel d’un style prétentieux. Rien ne coule de source dans cet album : ni les dialogues, ni les transitions, ni même la progression des événements. On a l’impression de suivre un puzzle mal assemblé, où chaque pièce résiste à l’emboîtement. Seuls les dessins de Thomas Legrain, dynamiques et expressifs, parviennent à sauver partiellement l’ensemble. Son trait, à la fois précis et énergique, offre un répit visuel bienvenu dans ce fouillis scénaristique. Après avoir achevé le tome 1 avec difficulté, la perspective de plonger dans le tome 2 ne suscite en moi aucun enthousiasme. Quand la lecture devient une corvée, mieux vaut savoir s’arrêter. Dommage, car le potentiel graphique était là… mais une BD, aussi belle soit-elle, ne peut se contenter de son apparence pour convaincre. Ma note ? 2 étoiles – À réserver aux inconditionnels du style de Legrain, ou aux amateurs de défis narratifs (masochistes ?).

22/02/2026 (modifier)
Couverture de la série Voyage en profondeurs
Voyage en profondeurs

J’avais plutôt bien aimé le travail d’Igor et Boccère lorsque je l’avais découvert avec Chambre 121. « Voyage en profondeurs » est une publication antérieure, des histoires courtes publiées sur plusieurs années dans la revue espagnole Kiss Comix. Dans un texte de présentation il est précisé que beaucoup de choses étaient improvisées. Cela se sent. Le dessin est un peu brouillon, moins affirmé que ce l’auteur (aux deux pseudos…) fera par la suite. Mais bon, il est globalement lisible. Les histoires jouent sur des clins d’œil appuyés à quelques grandes œuvres littéraires – de Verne à Swift – dans un esprit qui se veut potache. Hélas, les traits d’humour tombent souvent à plat, les dialogues sont moins réussis que pour la Chambre 121. Et du coup ne reste qu’une longue suite de scènes de cul : le début est significatif, puisque le héros « force » (même si elle ne se défendent que mollement et peu de temps) deux femmes. L’humour étant soit absent soit lourdingue ou raté, les péripéties m’ont ensuite peu intéressé, les scènes de sexe étant moyennement réussies elles aussi. Quelques passages amusants, quelques scènes mieux réussies que d’autres, mais une lecture qui ne m’a pas vraiment captivé.

22/02/2026 (modifier)
Couverture de la série Isis - Les Mystères dévoilés (Tabou)
Isis - Les Mystères dévoilés (Tabou)

J’avais découvert les deux auteurs avec l’album La Chair des dieux. Je les retrouve sur un projet une nouvelle fois lié à une divinité, mais celle-ci égyptienne (après les divinités nordiques). Le dessin de Winona est plutôt chouette (malgré quelques menus défauts pour certains visages). Cela ressemble à des crayonnés rehaussés à l’aquarelle. C’est parfois assez gras et chargé, tout en étant réellement très beau – mais cela peut sans doute surprendre et dérouter pas mal de lecteurs. Mais, comme pour La Chair des dieux, je me prends à penser qu’un travail uniquement en Noir et Blanc m’attirerait davantage encore (sa colorisation me satisfait clairement moins). Si dans la version plus « soft » publiée par Graph Zeppelin Winona jouait sur un dessin très sensuel, un érotisme latent, on a là plusieurs scènes plus qu’explicites. Là aussi la colorisation m'a un peu gêné. L’intrigue d’Emka est pour le moment un peu obscure, pas toujours facile à suivre. Il mêle vie des dieux et celle des Égyptiens. Mais, après tout, les deux étaient sans doute imbriquées, la frontière entre les deux univers était probablement moins claire que ce que nous pensons aujourd’hui. C’est ainsi qu’Emka propose à la fois une « biographie » d’Isis, mais aussi une vision quelque peu fantasmée, fantastique (ce dernier aspect est très présent), de l’Égypte ancienne. Une vision ésotérique, érotique et fantastique de l’Égypte antique qui sort des sentiers battus.

22/02/2026 (modifier)
Couverture de la série Kill or be killed
Kill or be killed

Certes, il y a bien des aspects fantastiques dans cette histoire (les apparitions du démon entre autres), mais c’est plutôt en polar que j’aurais classé cette série. Et dans ce domaine, le duo Brubaker/Phillips s’y connait, et il nous a déjà proposé quelques belles petites choses. On sent en effet que Brubaker est un vieux routard, son scénario est plutôt roublard. Il multiplie les flash-backs, certaines scènes tendues et importantes servant souvent de teasers jusqu’à ce que ces flash-backs nous les expliquent. Et les commentaires en off, sorte de réflexions à voix haute du héros, s’adressent aux lecteurs, les prend à partie, pour les inclure dans l’action. Je craignais que ces procédés ne hachent trop le récit, mais il n’en est rien, il n’y a pas de baisse de tension. On ne s’ennuie jamais, et on accepte aisément les facilités scénaristiques (comme ce héros qui se transforme quand même facilement en un tueur hyper efficace, se jouant de la police, de la mafia russe, etc.). Comme à son habitude, Phillips nous propose un dessin efficace et agréable, même si arrière-plans et décors sont un peu trop escamotés. J’ai juste eu du mal avec sa façon de représenter les tirs d’armes à feu. Au final, on a là un très bon thriller. Pas si original que ça, mais redoutablement bien ficelé. Les amateurs du duo d’auteurs y trouveront leur plaisir.

22/02/2026 (modifier)
Couverture de la série Les Chants du Chaos
Les Chants du Chaos

Une BD riche en éléments ! Une belle découverte d'un univers beau et construit, avec la construction d'un culte et une exploration de la sexualité, qui ne forme pas pour autant un point central de l'histoire. Le style graphique est épuré et personnel, offrant un confort visuel par la couleur. Celle ci permet de relier les émotions des personnages aux lecteurs. Malgré tout on peut trouver une légère incohérence ou problème de compréhension entre les planches, mais ne fait pas l'exception unique de cette BD. La fin est dynamique et laisse entrevoir une suite qui attise la curiosité et le désir d'un second tome ! Une très belle lecture et découverte ! Je recommande vivement !

22/02/2026 (modifier)