Les derniers avis (115393 avis)

Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Silent Jenny
Silent Jenny

Silent Jenny est une fresque de SF post-apocalyptique centrée sur une quête écologique et existentielle dans un monde dévasté. J'ai trouvé dans cette BD une vraie richesse d'idées et un univers visuel et conceptuel particulièrement fort, même si je dois reconnaître que les récits post-apocalyptiques finissent souvent par me lasser par leur schéma assez récurrent. Ici, ce qui m'a retenu, c'est surtout l'originalité de l'univers des monades, ces cités mobiles anarchistes qui avancent hors des restes éparpillés d'un monde dominé par une mégacorporation omniprésente, à la fois absurde et profondément déshumanisée. Cette opposition entre des communautés supposées libres et une administration corporatiste grotesque fonctionne bien sur le plan symbolique, même si elle reste très binaire dans sa construction. J'ai aussi été marqué par l'idée des microïdes et des explorations dans l'infra-monde, où des aventuriers acceptent de se miniaturiser pour partir chercher des traces d'ADN, avec en ligne de mire le retour des abeilles et donc d'un possible redémarrage du vivant. Cette mise en parallèle entre le monde à échelle humaine et ce monde miniature dangereux et fascinant crée une vraie sensation de double réalité, à la fois connectée et en rupture, qui est sans doute ce que je retiens le plus du récit. Graphiquement, c'est très réussi. Le dessin a une vraie personnalité, avec une force visuelle évidente dans la représentation des monades, des paysages dévastés et de l'univers microscopique. Il y a une densité et une maîtrise qui participent clairement à l'immersion, même dans les passages plus contemplatifs. En revanche, j'ai eu plus de mal avec l'attachement aux personnages, en particulier Jenny, dont la trajectoire dépressive occupe une place centrale sans que j'aie réussi à y trouver une vraie prise émotionnelle. Et plus largement, j'ai retrouvé une forme de frustration déjà ressentie dans d'autres récits du même type, comme par exemple la BD Frontier également parue dans le Label 619 : une tendance à idéaliser une opposition entre une humanité libre et solidaire d'un côté, et une mégacorpo uniforme et stupide de l'autre, comme si aucune zone intermédiaire crédible n'existait. J'ai aussi du mal avec la crédibilité technique et logistique des monades, qui me paraissent difficilement viables, ce qui casse un peu mon immersion. Sur le fond, le message politique m'a parfois semblé très appuyé, avec une lecture assez frontale du choix entre soumission au système ou fuite anarchiste et communautaire, sans réel entre-deux. Et la fin, assez attendue dans sa tonalité tragique et contemplative, m'a laissé une impression de déjà-vu, avec cette sensation typique des récits post-apo qui privilégient la désillusion finale, alors que j'ai tendance à rester plus attaché à une forme de cohérence matérielle et de continuité. Je reconnais une œuvre belle, ambitieuse et visuellement marquante, portée par des idées fortes et un univers dense, mais dans laquelle je suis resté davantage spectateur que réellement impliqué émotionnellement, entre admiration, réserve et une certaine frustration sur le traitement de ses enjeux.

04/06/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Vertu de St-Cyr
Vertu de St-Cyr

Dans cette série inspirée d'affaires réelles de harcèlement et de sexisme à l'école militaire de Saint-Cyr, une jeune escrimeuse talentueuse découvre qu'elle devra affronter un système entier de harcèlement dominé par les privilèges, les traditions et la misogynie. Je ne suis pas totalement à l'aise pour juger cette série, car elle brouille volontairement la frontière entre fiction et réalité. D'un côté, on retrouve tous les codes du webtoon et du shojo romantique : une mise en scène très diluée, des personnages fortement typés, des antagonistes particulièrement détestables, des héroïnes courageuses confrontées à une adversité écrasante, et une mécanique narrative pensée pour pousser le lecteur à vouloir les voir triompher. De l'autre, l'histoire affirme s'inspirer directement de l'école militaire de Saint-Cyr, en reprenant son vocabulaire, certaines de ses traditions et surtout des accusations réelles de harcèlement, de sexisme et de bizutage révélées dans la presse. C'est là que réside pour moi une certaine gêne. Si la réalité correspond réellement à ce qui est montré ici, alors les faits sont d'une gravité telle qu'ils dépassent largement le cadre d'un simple récit d'aventure ou de romance. À l'inverse, si la situation est plus nuancée que ce que présente l'album, alors la fiction prend le risque de transformer une réalité complexe en affrontement très manichéen. Je suis toujours prudent lorsqu'il s'agit de sujets reposant en partie sur des accusations et des témoignages, surtout lorsqu'ils concernent des institutions réelles. J'aurais été plus à l'aise si l'action s'était déroulée dans une école fictive clairement inspirée de Saint-Cyr plutôt que dans une représentation qui donne parfois l'impression de montrer le fonctionnement réel de l'établissement. Mis à part cette réserve, la lecture fonctionne très bien. Le dessin, influencé par les mangas et les webtoons, est agréable, dynamique et porté par une palette de couleurs douces qui contraste efficacement avec la dureté des thèmes abordés. Le rythme est soutenu et l'on tourne les pages avec facilité. J'ai particulièrement apprécié certains personnages, notamment Vertu, Ysaure et même le jeune frère du principal harceleur, qui apportent davantage de nuances au récit. À l'inverse, Maxim m'a paru trop odieux pour être crédible tant sa méchanceté semble omniprésente. J'ai également eu du mal avec le comportement du reste des élèves, qui suivent presque systématiquement les meneurs comme un seul homme. C'est un ressort narratif très fréquent dans ce type de manga où les héros se retrouvent seuls contre tous, mais cela me donne trop souvent une impression d'exagération. Reste que cette accumulation d'injustices est précisément ce qui rend la lecture aussi efficace. La colère qu'elle suscite donne envie de voir les héroïnes se relever, résister et prendre leur revanche. La série aborde de front le sexisme, le harcèlement, le poids des traditions et des privilèges, et elle parvient sans difficulté à provoquer l'indignation du lecteur. Malgré mes réserves sur le mélange entre fiction romancée et représentation d'une institution bien réelle, j'ai trouvé ce premier tome prenant et difficile à lâcher. La fin donne clairement envie de découvrir la suite, d'autant plus que la série est annoncée en seulement trois tomes, ce qui laisse espérer un récit resserré qui ne s'étirera pas inutilement.

04/06/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Déréglée - Journal d'une ménopause
Déréglée - Journal d'une ménopause

2.5 L'autrice raconte sa ménopause, un sujet qui ne me concerne pas en tant qu'homme, mais c'est important de comprendre ce que le corps fait subir aux femmes. J'ai donc appris des choses sur la ménopause et comment cela affecte les femmes qui sont rendu à ce stade de leur vie. Le ton est le même qu'on retrouve dans plusieurs documentaires de ce type à savoir qu'on mélange l'éducatif avec de l'humour et qu'on a aussi droit à des tranches de vies de l'autrice. Il y a des bons passages, mais aussi des passages beaucoup moins intéressants et aussi le scénario est souvent décousu. On saute d'un sujet à l'autre et cela manque d'organisation. Au final, cet album ne m'a pas trop marqué et j'étais bien content lorsque c'était terminé. Le dessin est sympa.

03/06/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série La Vie Secrète des écrivains
La Vie Secrète des écrivains

Une bonne surprise que cette adaptation d'un roman que je connaissais pas ! Au début, on dirait que les thèmes de l'album porteront uniquement sur l'écriture et la littérature en général. En effet, le héros est un apprenti-écrivain qui va délibérément s'installer sur l'ile où vit un grand écrivain qui a abandonné l'écriture depuis 30 ans et qui vit en reclus. On s’attend tout bonnement à ce que petit à petit le héros va finir par se lier d'amitié avec l'écrivain et peut-être finir par apprendre pourquoi plusieurs décennies auparavant il a tout laissé tombé. Et puis soudainement il y a un meurtre et une mystérieuse journaliste apparait et tourne autour de l'écrivain et ce dernier semble cacher un gros secret. Le scénario est prenant et le fait que cela soit bavard ne m'a pas dérangé parce que c'est très bien écrit. Des éléments qui semblent n'avoir aucun lien ensemble finissent par s'assembler et former un tout cohérent. L'histoire se révèle bien tordue et c'est un truc que j'aime bien lorsqu'il s'agit de polar. Évidemment, on n'échappe pas à quelques facilités scénaristiques (il y a quelques trop grosses coïncidences à mon gout) et la fin arrive un peu trop brutalement, mais globalement c'est un bon polar. Je suis tout de même un peu mitigé au sujet du dessin que j'ai trouvé inégal selon les cases. Par moment, c'est même un peu moche (je pense surtout au molosse qui est bien laid). Heureusement, c'est lisible.

03/06/2026 (modifier)
Par Miguelof
Note: 1/5
Couverture de la série L'Homme à la fenêtre
L'Homme à la fenêtre

J'ai ce livre devant moi et j'ai juste envie de le lancer par la fenêtre. Bien sûr, je ne le ferai pas. Mais pour l'instant, je ne trouve toujours pas de raison de le sauver. Il n'y a rien au niveau du récit, très peu au niveau du dessin. Mattoti a-t-il été un artiste raté et utilisé la bande dessinée comme moyen de survie ? Je ne sais pas, je vais continuer mon enquête !

03/06/2026 (modifier)
Par Miguelof
Note: 4/5
Couverture de la série Docteur Jekyll & Mister Hyde
Docteur Jekyll & Mister Hyde

Je ne connaissais pas encore Mattotti et j'espérais trouver une adaptation plus consensuelle du célèbre roman de R. L. Stevenson. Cependant, il s'agit d'une succession de tableaux expressionnistes, bons pour être exposés dans une galerie. C'est de l'art, oui, mais cela laisse beaucoup à désirer en tant que bande dessinée. Ce fut un choc et une déception pour laquelle je n'étais pas préparé. ________________________________________________________________________________________ J'ai eu un poids sur la conscience, qui ne m'a pas quitté depuis que j'ai donné la note. J'ai relu l'histoire et regardé sérieusement les dessins. C'est de l'expressionnisme, bien sûr ! Georg Grosz, Otto Dix... Et l'intrigue ne s'en sort pas si mal. Ce n'était pas ce que j'attendais à l'époque, mais ça a de la valeur, je le reconnais aujourd'hui.

23/04/2026 (MAJ le 03/06/2026) (modifier)
Par Lodi
Note: 3/5
Couverture de la série La Caste des Méta-barons
La Caste des Méta-barons

Bien dessiné mais que ça radote : on a vite compris la surenchère de chaque méta-baron sur le précédent, pour être capable de tuer son papa qui a tué son papa. Le meurtre du père, c'est comme tout, il ne faut pas en abuser, sinon, je ne vous dis pas l'ennui qu'on éprouverait sans les dessins, vraiment très bons… Et les robots : leur humour n'est pas de trop pour relancer la machine. J'y vois d'ailleurs l'une des raisons de la supériorité de cette série sur celle dédiée aux technopères. Vraiment, les dérivés, préquelles, séquelles, personnages, castes, tirées de l'Incal sont dispensables ! Mais comme l'Incal lui même est excellent et qu'on aime en explorer l'univers comme celui de tout champ des possibles un tant soit peu prometteur, on peut céder à la tentation de lire plutôt que de rêver alors que "rêver, c'est survivre !"

03/06/2026 (modifier)
Par Miguelof
Note: 3/5
Couverture de la série Mémoires d'outre-espace
Mémoires d'outre-espace

Histoires très courtes et des années 70... Mais pour ceux qui sont passionnés par Bilal, on peut y détecter quelques changements dans le trait et la colorisation, surtout dans la combinaison des deux. Je continue à aimer les drames coloniaux et l'humour noir qui se dégage de l'ensemble.

03/06/2026 (modifier)
Par Miguelof
Note: 3/5
Couverture de la série Skblllz
Skblllz

J'avais l'habitude de lire ces histoires à ma fille aînée, quand elle était petite, à l'heure du coucher. Elle riait beaucoup et finalement il n'y avait pas beaucoup de texte à lire, tant mieux ! L'animal si étrange avec ses œufs-surprise était amusant et les dessins de Géri sont très bien dans ce type de gags.

03/06/2026 (modifier)
Par Miguelof
Note: 4/5
Couverture de la série Le Voyage en Italie
Le Voyage en Italie

J'ai terminé de relire les deux albums et j'aime beaucoup. À l'époque, j'avais surtout apprécié les dessins, mais maintenant les sentiments et les émotions ont plus de poids. Le voyage en Italie est principalement un voyage au fond de soi, pour Art. J'ai été satisfait d'un certain bonheur qu'il a atteint. Au contraire, une certaine tristesse finale est restée en moi à propos de Shirley et beaucoup de peine pour Ian. Tout est dessiné avec une grande sensibilité par Cosey. Je ne suis pas très porté à exprimer mes émotions mais ici l'anonymat aide. Je trouve que l'image des couvertures, combinée, est très réussie.

03/06/2026 (modifier)