Un vieux manga qui n'aurait sans doute jamais traduit si l'auteur n'avait pas été Tezuka.
J'aime bien Osamu Tezuka, mais surtout sa carrière à partir de la fin des années 60, lorsque le manga a commencé à être mature et faire autre chose que des récits pour enfants au ton très enfantin. Il y a des séries des années 50-60 de Tezuka qui me plait un peu, mais il y aussi beaucoup de séries qui ont mal vieillis comme ce ZéroMan
Le principal intérêt de cette série est purement historique: les magazines hebdomadaires pour mangas ne sont apparus au Japon qu'à la fin des années 50. Zéroman est le premier manga de Tezuka publié dans un magazine hebdo qui raconte la même histoire du début jusqu'à la fin, contrairement à une série comme Astro Boy qui était composé d'histoires indépendantes. On retrouve les thèmes chers de l'auteur comme la dénonciation de la guerre et du racisme. En fait, un lecteur qui connait bien Tezuka ne va pas être dépaysé par ce que fait le maitre ici.
Au niveau du dessin, Tezuka est encore sous influence de Disney et cela a un style rétro que j'aime bien. Le problème vient du scénario. On est clairement dans un récit qui vise les jeunes enfants et chaque chapitre est remplit de péripéties. pour tenir le lecteur en haleine. J'imagine que ça passait mieux lorsqu'on lisait un chapitre parce lorsqu'on lit le tout en bloc cela devient vite fatiguant. Les personnages ne sont que des archétypes, c'est remplis de facilités scénaristiques et parfois d'incohérences. On sent vraiment que Tezuka improvisait son récit Il y a quelques scènes qui sortent du lot, mais la plupart du temps c'est ennuyeux.
Sinon, le manga est parfois cru avec des 'merdes' et des 'fait chier'. Est-ce qu'on pouvais écrire des gros mots dans les magazines pour garçons en 1959 ou c'est le traducteur qui fait n'importe quoi ? À vous de décidez !
J’ai lu cet album un peu au hasard, et je ressors satisfait de ma lecture. Il s’agit de l’adaptation d’un roman taïwanais, et plus précisément du dernier chapitre du dit roman.
Le récit est autobiographique, et se concentre surtout sur l’après-guerre à Taiwan, sur cette période de transition compliquée, vue au travers les yeux d’un enfant qui n’en saisit pas toutes les subtilités (« On me dit depuis tout petit de parler Japonais, et maintenant on me l’interdit ?! »).
Yang Mu était avant tout poète, le récit est donc très poétique, et rempli de passages contemplatifs voire oniriques… pas toujours très claires d’ailleurs. Le symbolisme m’est parfois passé au dessus de la tête.
Le dessin est joli, enfin surtout les paysages, parce que le style utilisé pour les personnages, et notamment les visages, est quand même spécial. Je vous laisse voir ça dans la galerie. En tout cas les couleurs aquarelles sont magnifiques !
Un album intéressant, qui a d’ailleurs gagné le prix Atomium de la Jeune Création.
Même ressenti que mes prédécesseurs, Gabriele Di Caro est décidément un auteur très intéressant à suivre. Dans le registre « strictement pour adultes », il se démarque indéniablement.
Déjà sa patte graphique est très appréciable , c’est lisible, détaillée et charmant à parcourir, il est à l’aise dans toutes situations et ses personnages féminins sont un ravissement. Et bonus, les passages un rien sulfureux se révèlent bien plus sensuels que graveleux. Bref bien réalisé et bien chouette à parcourir, j’aime bien le style.
L’histoire suit le même chemin, j’apprécie le soin de l’auteur à créer un vrai récit (pour le genre j’entends), il prend le temps de poser son univers, ses personnages, l’époque, l’aspect fantastique m’a bien plu comme les scènes coquines. Ces dernières sont relativement rares mais toutes réussies, je trouve qu’il s’en dégage un côté à la fois principal et secondaire (je me comprends dans la formule) dans leur mise en place, les intentions … donnant pas mal de cachet à l’ouvrage.
Une histoire très belle et bien construite, on la suit avec curiosité et intérêt croissant. J'ai ressenti de l'empathie et de la sympathie pour les personnages. Les dessins sont excellents, surtout les paysages des Alpes valaisannes et Cosey est merveilleux dans les couleurs, les lumières et les ombres des montagnes enneigées. Evolena est également très belle ! Après tant d'années, depuis que j'ai acheté les deux albums, je les ai relus récemment et cela a confirmé que j'avais fait un très bon achat.
J'ai lu presque toutes les histoires et gags de Désiré dans le Journal Tintin. Grand maladroit et gaffeur mais toujours sympathique et enthousiaste, sa silhouette avec la contrebasse et la vieille Citroën fait partie d'une époque d'or du journal. Les dessins de Mittéï sont assez bons, dans le style humoristique. J'essaie d'acquérir l'ensemble complet des intégrales depuis longtemps, sans succès.
J’avais découvert cet auteur italien avec l’album La Formule, chez le même éditeur. Je le retrouve ici, avec une histoire qui ne m’a pas vraiment convaincu.
L’idée de mêler des robots à une intrigue érotique, voire pornographique n’est pas nouvelle : La Survivante, B.O. comme un dieu, Sixella, Lilith, ou plus récemment Des vices et des os, avec une réussite très inégale (Janesky et Bienvenu s’en étaient bien mieux tirés que les autres !).
Ici, ça m’a laissé sur ma faim.
Le dessin est lisible, pas désagréable, avec un trait gras et précis. Avare de détails et d’arrière-plans, il se focalise surtout sur les quelques personnages, souvent en gros plan – et bien sûr les nombreuses scènes de sexe.
Mais ces scènes, si elles sont bien représentées, sont bien trop présentes, au détriment d’une intrigue un chouia étoffée. Le rôle des « Réformeurs », les liens distendus entre Coppelius et sa créature (Coppelia donc) auraient mérité d’être développés, pour éviter l’impression de vide et l’enchainement des scènes de cul. Et la quête de Coppelia pour mieux comprendre qui elle est et d’où elle vient, aurait dû permettre de densifier davantage cette histoire.
J’ai lu les deux premiers albums, et je pense que ça va me suffire et que je vais m’arrêter là.
Ça se laisse lire, sans plus pour moi. Mais je conçois que des lecteurs plus jeunes puissent y trouver davantage leur compte.
Au départ sur les premières cases autour de Margotik, je pensais que j’allais lire quelque chose ressemblant une « famille Adams » pour jeunes lecteurs. Mais en fait Margotik, au look néogothique, n’est qu’un personnage « secondaire », seule « mortelle » tolérée par le petit groupe de jeunes zombis qui l’ont adoptée au milieu de leurs aventures de cimetière.
Pour le reste, Cazenove est un vieux routier des strips gags ou histoires courtes, et il sait animer la mécanique des gags. Je lui reconnais des efforts réels pour rester dans la thématique zombi, et ne pas placer des gags interchangeables qui auraient pu se retrouver dans d’autres séries « à thème ».
Mais bon, quelques sourires, une lecture pas déplaisante, mais pas non plus trop emballante.
Dessin et colorisation sont très efficaces, et le rendu est très expressif.
La couverture du premier tome est trompeuse : c'est le moins mauvais de l'œuvre. Tout le reste est trop sombre et triste ! Je n'ai jamais vu des êtres humains aussi laids que Tarzan et Jane dans cette série : des visages aux corps et à leurs positions, tout est désagréable. Le récit répète une fois de plus le premier roman du héros, sans créativité ni talent. Je n'ai lu que le premier tome, mais je le déconseille vivement. La déception a été si grande que j'ai honte au nom de Tarzan !
Ce recueil de Didier Convard rassemble plusieurs histoires courtes majoritairement orientées science-fiction, souvent autour du voyage temporel et des enquêtes du CEHIT (Centre d'Etudes Historiques Inter-Temporels), même si quelques récits n'ont rien à voir et basculent davantage dans le fantastique pur. On sent bien le goût des années 70-80 pour la SF métaphysique, les paradoxes temporels, les futurs décadents et les récits un peu crépusculaires où l'humanité semble toujours proche de sa perte.
Honnêtement, les scénarios sont assez inégaux. Ce sont des histoires très courtes, souvent construites autour d'une idée unique ou d'une petite chute à rebondissement. Certaines sont franchement prévisibles, d'autres paraissent aujourd'hui très classiques voire déjà vues maintes fois, mais un ou deux récits m'ont quand même un peu surpris. Globalement, c'est de la SF très basique, parfois naïve, avec ce petit parfum désuet typique d'une époque où l'on mélangeait encore sans complexe space opera, fantastique, érotisme, pessimisme nucléaire et réflexions vaguement métaphysiques dans quelques pages seulement.
Mais l'intérêt principal de l'album, pour moi, vient surtout du dessin de Didier Convard. On le sent encore un peu immature par moments, pas totalement débarrassé de ses influences, mais j'aime beaucoup la clarté de son trait et l'élégance très académique de ses personnages comme de ses décors. On est quelque part entre Eddy Paape et André Juillard, avec qui il a d'ailleurs beaucoup collaboré. Il y a une vraie lisibilité, un goût du décor rétro-futuriste et une manière très classique mais agréable de mettre en scène les personnages. Même quand les scénarios restent mineurs, le dessin donne souvent envie de continuer.
Ce n'est certainement pas un grand classique oublié de la science-fiction en BD, et beaucoup d'idées paraîtront aujourd'hui désuettes, mais en amateur de SF ancienne j'ai pris un plaisir amusé à parcourir ces récits. Leur côté rétro, parfois maladroit mais sincère, fonctionne un peu comme un témoignage d'une certaine bande dessinée de science-fiction française entre la fin des années 70 et le début des années 80.
Subjectivement – une image belle et éclatante dans le style de l’art numérique, mais qui ne décroche pas les étoiles… Bien sûr, ce dessin anguleux et tranchant, aux couleurs digitales vives, a ses amateurs, et moi aussi je l’ai apprécié. Cependant, par endroits, les personnages présentent des proportions étranges : mains, corps, yeux… La bouche s’ouvre parfois en cri sur 180 degrés, au point qu’on pourrait y glisser trois Big Mac empilés – je comprends que c’est un procédé artistique, mais ce n’est pas vraiment à mon goût. Ceux qui n’aiment pas non plus l’hypertrophie des proportions au service de la dynamique risquent de ne pas apprécier.
Quant au scénario, il n’y a pas grand-chose à en dire… Il sert surtout de toile de fond aux interactions romantiques entre les personnages. L’introduction épique promettait d’être ample et sérieuse, mais tout s’est réduit à des combats banals, sans intrigue particulière. C’est un peu décevant après avoir lu les critiques enthousiastes du public américain : en le découvrant, j’ai compris qu’il s’agissait d’une histoire assez faible, même si elle reste intéressante.
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ZéroMan
Un vieux manga qui n'aurait sans doute jamais traduit si l'auteur n'avait pas été Tezuka. J'aime bien Osamu Tezuka, mais surtout sa carrière à partir de la fin des années 60, lorsque le manga a commencé à être mature et faire autre chose que des récits pour enfants au ton très enfantin. Il y a des séries des années 50-60 de Tezuka qui me plait un peu, mais il y aussi beaucoup de séries qui ont mal vieillis comme ce ZéroMan Le principal intérêt de cette série est purement historique: les magazines hebdomadaires pour mangas ne sont apparus au Japon qu'à la fin des années 50. Zéroman est le premier manga de Tezuka publié dans un magazine hebdo qui raconte la même histoire du début jusqu'à la fin, contrairement à une série comme Astro Boy qui était composé d'histoires indépendantes. On retrouve les thèmes chers de l'auteur comme la dénonciation de la guerre et du racisme. En fait, un lecteur qui connait bien Tezuka ne va pas être dépaysé par ce que fait le maitre ici. Au niveau du dessin, Tezuka est encore sous influence de Disney et cela a un style rétro que j'aime bien. Le problème vient du scénario. On est clairement dans un récit qui vise les jeunes enfants et chaque chapitre est remplit de péripéties. pour tenir le lecteur en haleine. J'imagine que ça passait mieux lorsqu'on lisait un chapitre parce lorsqu'on lit le tout en bloc cela devient vite fatiguant. Les personnages ne sont que des archétypes, c'est remplis de facilités scénaristiques et parfois d'incohérences. On sent vraiment que Tezuka improvisait son récit Il y a quelques scènes qui sortent du lot, mais la plupart du temps c'est ennuyeux. Sinon, le manga est parfois cru avec des 'merdes' et des 'fait chier'. Est-ce qu'on pouvais écrire des gros mots dans les magazines pour garçons en 1959 ou c'est le traducteur qui fait n'importe quoi ? À vous de décidez !
Oken - Combats et rêveries d'un poète taïwanais
J’ai lu cet album un peu au hasard, et je ressors satisfait de ma lecture. Il s’agit de l’adaptation d’un roman taïwanais, et plus précisément du dernier chapitre du dit roman. Le récit est autobiographique, et se concentre surtout sur l’après-guerre à Taiwan, sur cette période de transition compliquée, vue au travers les yeux d’un enfant qui n’en saisit pas toutes les subtilités (« On me dit depuis tout petit de parler Japonais, et maintenant on me l’interdit ?! »). Yang Mu était avant tout poète, le récit est donc très poétique, et rempli de passages contemplatifs voire oniriques… pas toujours très claires d’ailleurs. Le symbolisme m’est parfois passé au dessus de la tête. Le dessin est joli, enfin surtout les paysages, parce que le style utilisé pour les personnages, et notamment les visages, est quand même spécial. Je vous laisse voir ça dans la galerie. En tout cas les couleurs aquarelles sont magnifiques ! Un album intéressant, qui a d’ailleurs gagné le prix Atomium de la Jeune Création.
Le Fruit le plus doux
Même ressenti que mes prédécesseurs, Gabriele Di Caro est décidément un auteur très intéressant à suivre. Dans le registre « strictement pour adultes », il se démarque indéniablement. Déjà sa patte graphique est très appréciable , c’est lisible, détaillée et charmant à parcourir, il est à l’aise dans toutes situations et ses personnages féminins sont un ravissement. Et bonus, les passages un rien sulfureux se révèlent bien plus sensuels que graveleux. Bref bien réalisé et bien chouette à parcourir, j’aime bien le style. L’histoire suit le même chemin, j’apprécie le soin de l’auteur à créer un vrai récit (pour le genre j’entends), il prend le temps de poser son univers, ses personnages, l’époque, l’aspect fantastique m’a bien plu comme les scènes coquines. Ces dernières sont relativement rares mais toutes réussies, je trouve qu’il s’en dégage un côté à la fois principal et secondaire (je me comprends dans la formule) dans leur mise en place, les intentions … donnant pas mal de cachet à l’ouvrage.
A la recherche de Peter Pan
Une histoire très belle et bien construite, on la suit avec curiosité et intérêt croissant. J'ai ressenti de l'empathie et de la sympathie pour les personnages. Les dessins sont excellents, surtout les paysages des Alpes valaisannes et Cosey est merveilleux dans les couleurs, les lumières et les ombres des montagnes enneigées. Evolena est également très belle ! Après tant d'années, depuis que j'ai acheté les deux albums, je les ai relus récemment et cela a confirmé que j'avais fait un très bon achat.
L'Indésirable Désiré
J'ai lu presque toutes les histoires et gags de Désiré dans le Journal Tintin. Grand maladroit et gaffeur mais toujours sympathique et enthousiaste, sa silhouette avec la contrebasse et la vieille Citroën fait partie d'une époque d'or du journal. Les dessins de Mittéï sont assez bons, dans le style humoristique. J'essaie d'acquérir l'ensemble complet des intégrales depuis longtemps, sans succès.
Coppelia
J’avais découvert cet auteur italien avec l’album La Formule, chez le même éditeur. Je le retrouve ici, avec une histoire qui ne m’a pas vraiment convaincu. L’idée de mêler des robots à une intrigue érotique, voire pornographique n’est pas nouvelle : La Survivante, B.O. comme un dieu, Sixella, Lilith, ou plus récemment Des vices et des os, avec une réussite très inégale (Janesky et Bienvenu s’en étaient bien mieux tirés que les autres !). Ici, ça m’a laissé sur ma faim. Le dessin est lisible, pas désagréable, avec un trait gras et précis. Avare de détails et d’arrière-plans, il se focalise surtout sur les quelques personnages, souvent en gros plan – et bien sûr les nombreuses scènes de sexe. Mais ces scènes, si elles sont bien représentées, sont bien trop présentes, au détriment d’une intrigue un chouia étoffée. Le rôle des « Réformeurs », les liens distendus entre Coppelius et sa créature (Coppelia donc) auraient mérité d’être développés, pour éviter l’impression de vide et l’enchainement des scènes de cul. Et la quête de Coppelia pour mieux comprendre qui elle est et d’où elle vient, aurait dû permettre de densifier davantage cette histoire.
Tizombi
J’ai lu les deux premiers albums, et je pense que ça va me suffire et que je vais m’arrêter là. Ça se laisse lire, sans plus pour moi. Mais je conçois que des lecteurs plus jeunes puissent y trouver davantage leur compte. Au départ sur les premières cases autour de Margotik, je pensais que j’allais lire quelque chose ressemblant une « famille Adams » pour jeunes lecteurs. Mais en fait Margotik, au look néogothique, n’est qu’un personnage « secondaire », seule « mortelle » tolérée par le petit groupe de jeunes zombis qui l’ont adoptée au milieu de leurs aventures de cimetière. Pour le reste, Cazenove est un vieux routier des strips gags ou histoires courtes, et il sait animer la mécanique des gags. Je lui reconnais des efforts réels pour rester dans la thématique zombi, et ne pas placer des gags interchangeables qui auraient pu se retrouver dans d’autres séries « à thème ». Mais bon, quelques sourires, une lecture pas déplaisante, mais pas non plus trop emballante. Dessin et colorisation sont très efficaces, et le rendu est très expressif.
Tarzan (Bec)
La couverture du premier tome est trompeuse : c'est le moins mauvais de l'œuvre. Tout le reste est trop sombre et triste ! Je n'ai jamais vu des êtres humains aussi laids que Tarzan et Jane dans cette série : des visages aux corps et à leurs positions, tout est désagréable. Le récit répète une fois de plus le premier roman du héros, sans créativité ni talent. Je n'ai lu que le premier tome, mais je le déconseille vivement. La déception a été si grande que j'ai honte au nom de Tarzan !
Sur les ailes du temps
Ce recueil de Didier Convard rassemble plusieurs histoires courtes majoritairement orientées science-fiction, souvent autour du voyage temporel et des enquêtes du CEHIT (Centre d'Etudes Historiques Inter-Temporels), même si quelques récits n'ont rien à voir et basculent davantage dans le fantastique pur. On sent bien le goût des années 70-80 pour la SF métaphysique, les paradoxes temporels, les futurs décadents et les récits un peu crépusculaires où l'humanité semble toujours proche de sa perte. Honnêtement, les scénarios sont assez inégaux. Ce sont des histoires très courtes, souvent construites autour d'une idée unique ou d'une petite chute à rebondissement. Certaines sont franchement prévisibles, d'autres paraissent aujourd'hui très classiques voire déjà vues maintes fois, mais un ou deux récits m'ont quand même un peu surpris. Globalement, c'est de la SF très basique, parfois naïve, avec ce petit parfum désuet typique d'une époque où l'on mélangeait encore sans complexe space opera, fantastique, érotisme, pessimisme nucléaire et réflexions vaguement métaphysiques dans quelques pages seulement. Mais l'intérêt principal de l'album, pour moi, vient surtout du dessin de Didier Convard. On le sent encore un peu immature par moments, pas totalement débarrassé de ses influences, mais j'aime beaucoup la clarté de son trait et l'élégance très académique de ses personnages comme de ses décors. On est quelque part entre Eddy Paape et André Juillard, avec qui il a d'ailleurs beaucoup collaboré. Il y a une vraie lisibilité, un goût du décor rétro-futuriste et une manière très classique mais agréable de mettre en scène les personnages. Même quand les scénarios restent mineurs, le dessin donne souvent envie de continuer. Ce n'est certainement pas un grand classique oublié de la science-fiction en BD, et beaucoup d'idées paraîtront aujourd'hui désuettes, mais en amateur de SF ancienne j'ai pris un plaisir amusé à parcourir ces récits. Leur côté rétro, parfois maladroit mais sincère, fonctionne un peu comme un témoignage d'une certaine bande dessinée de science-fiction française entre la fin des années 70 et le début des années 80.
Les Affamés du crépuscule
Subjectivement – une image belle et éclatante dans le style de l’art numérique, mais qui ne décroche pas les étoiles… Bien sûr, ce dessin anguleux et tranchant, aux couleurs digitales vives, a ses amateurs, et moi aussi je l’ai apprécié. Cependant, par endroits, les personnages présentent des proportions étranges : mains, corps, yeux… La bouche s’ouvre parfois en cri sur 180 degrés, au point qu’on pourrait y glisser trois Big Mac empilés – je comprends que c’est un procédé artistique, mais ce n’est pas vraiment à mon goût. Ceux qui n’aiment pas non plus l’hypertrophie des proportions au service de la dynamique risquent de ne pas apprécier. Quant au scénario, il n’y a pas grand-chose à en dire… Il sert surtout de toile de fond aux interactions romantiques entre les personnages. L’introduction épique promettait d’être ample et sérieuse, mais tout s’est réduit à des combats banals, sans intrigue particulière. C’est un peu décevant après avoir lu les critiques enthousiastes du public américain : en le découvrant, j’ai compris qu’il s’agissait d’une histoire assez faible, même si elle reste intéressante.