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Les derniers avis (8 avis)

Par Spooky
Note: 4/5
Couverture de la série Elles (Le Lombard)
Elles (Le Lombard)

Ah là je dis oui ! Des fois on farfouille dans les albums achetés par et pour les enfants, et on peut faire une bonne pioche. C'est le cas avec ce Elle(s), qui nous brosse le portrait d'une adolescente qui a des personnalités multiples, très différentes, susceptibles d'apparaître à tout moment, et de lui causer les plus grands ennuis. Mais à 16 ans Elle a pu, sinon les contrôler, du moins apprendre à les connaître. Ce qui est un peu plus étonnant c'est qu'elle n'ait pas droit à un suivi psychologique si son état est connu de ses parents... D'autant plus que comme dans le film Split, une personnalité, jusque-là réprimée (ou plutôt volontairement recluse) s'apprête à faire surface et à agir... J'aime bien ces BD pour ados qui ne prennent pas leur lectorat pour des neuneus avides de bastons ou de bluettes... Kid Toussaint, qui s'est sans doute renseigné sur la façon dont fonctionnent les personnalités multiples, propose là une nouvelle série (courte ?) qui est vraiment intéressante, avec des personnages à la psychologie crédible, et des dialogues adaptés. Aveline Stokart travaille entièrement en numérique, ça se voit, mais elle se débrouille très bien dans ce qui me semble être ses débuts professionnels. Je lirai la suite avec curiosité.

10/04/2021 (modifier)
Couverture de la série Sur un air de Fado
Sur un air de Fado

« Sur un air de Fado » est un album qui nous transporte au Portugal (et plus précisément Lisbonne) à la fin des années 60, alors que le pays subit encore la dictature de Salazar. On y suit Fernando Pais, un médecin qui semble mener une vie tranquille, loin des préoccupations politiques. Par le biais de flashbacks, on va découvrir qu’il n’en pas toujours été ainsi… J’étais curieuse de lire cette bande dessinée et d’en apprendre plus sur cette époque particulière du Portugal. Mais je dois reconnaitre que j’ai refermé l’album avec une pointe de déception. J’ai eu le sentiment que l’intrigue manquait de consistance ; pour tout dire, passée la première moitié de l’album, je ne voyais toujours pas où l’auteur voulait en venir... je ne suis même pas sûre après coup d’avoir bien saisi ses intentions. Quant au dessin, je ne le trouvais pas très attrayant au premier abord (bien que je trouve la couverture assez réussie), mais il est efficace, et les couleurs retranscrivent bien l’ambiance estivale. Un album que j’ai plutôt lu avec plaisir, mais qui ne m’a pas laissé de sentiment particulièrement fort et dont je ne pense pas garder un souvenir impérissable.

10/04/2021 (modifier)
Couverture de la série La Confiture (Polystyrène)
La Confiture (Polystyrène)

Quatrième opus de cette collection de leporellos des éditions Polystyrène, avec un changement de couleur pour cette nouvelle série (très belle encore, même si j'avais une préférence pour le vert foncé des précédents opus). Comme d'habitude c'est un bel objet, fragile, et c'est très vite lu. Pour la première fois, cela s'adresse avant tout à un lectorat enfantin. Une nuit de pleine lune, Pernille, une jeune sorcière, descend les escaliers de l'immeuble (on se rappelle que c'est une contrainte de la collection que de présenter une histoire dans un immeuble en coupe), ce qui est l'occasion pour elle de rencontrer et de présenter aux lecteurs ses amis, loup-garou, vampire, etc. Une petite revue sympathique et légère de tous ces "monstres" et autres personnages qui peuplent les contes traditionnels. Pas inoubliable, mais les jeunes lecteurs peuvent prendre plaisir à déplier cet objet, et à détailler chaque étage (le dessin est très riche, et il y a vraiment beaucoup de choses à voir, à décrire) : une lecture sympathique à faire et à regarder avec ses jeunes enfants avant de dormir. A noter que Léa German fait plusieurs clins d'oeil aux opus précédents de la collection...

10/04/2021 (modifier)
Par Blue boy
Note: 4/5
Couverture de la série A travers
A travers

Dans sa forme extrêmement simple et pourtant très originale, « A travers » nous raconte l’histoire d’un homme, au rythme d’une double page traitant d’un moment-clé à chacune des 69 années son existence. Sur la page de gauche, le sujet observant, sur celle de droite, l’objet observé, produisant une interaction ludique auquel le lecteur se laisse prendre. Des images fixes sans texte explicatif, à raison d’une par page, tels des clichés photographiques qui jalonnent sa vie et fixent pour l’éternité des moments particuliers. Sans en avoir l’air, cet ouvrage raconte beaucoup de choses en se passant des mots, peut-être bien davantage que s’il avait comporté du texte. Avec « A travers », c’est avant tout le regard et l’observation qui priment sur le discours, grâce à un graphisme épuré et efficace, limité aux trois couleurs primaires, ce qui produit quelque chose d’assez stylé. Tom Haugomat sait suggérer avec subtilité les sentiments malgré son dessin minimaliste, par le biais des poses et des attitudes, notamment lorsqu’il décrit la relation du personnage central — qui tend à délaisser sa vie privée au profit de sa carrière —, avec sa femme, relation qui commence à battre de l’aile, jusqu’à la séparation annoncée. Sur la page de gauche, on voit l’homme, assis à sa table de travail, tourner légèrement la tête sur le côté. Ce qu’il voit, c’est sa femme de dos dans la cuisine, les sacs de course à ses pieds, s’appuyant des deux bras sur le plan de travail. Cette seule image suffit à traduire la lassitude d’une épouse fatiguée de vivre aux côtés d’un homme qui toute sa vie sera passionné par le monde qui l’entoure, tout ayant oublié au fil des années de prêter attention à sa compagne de route. Un dessin qui exprime à lui seul le tragique d’un amour fané. Mais la véritable force d’« A Travers », c’est d’avoir su faire se rencontrer les opposés. Car « à travers » la vie de cet homme, c’est l’infiniment grand (sa passion en tant qu’astronaute) qui rejoint l’ « infiniment petit », tout au moins à une échelle visible pour l’œil humain (sa passion pour les insectes à la fin de sa vie), c’est la grande Histoire (le 11 septembre 2001) qui dialogue avec la petite histoire (les événements de sa vie, mariage, naissance, séparation…), c’est enfin l’espace qui s’associe au temps (le passé, le présent et le futur) dans une sorte de vertige métaphysique, où le lecteur réalise, par cette lecture si fluide et si rapide, combien la vie dans toute sa grandeur et sa richesse, reste brève et fragile. Un exercice de style tout à fait réussi qui évoquera dans sa forme un autre OVNI du neuvième art, le brillant Ici de Richard McGuire.

10/04/2021 (modifier)
Couverture de la série Le Ventre de la Hyène
Le Ventre de la Hyène

Bel album et histoire forte et dure. Plusieurs choses atténuent cependant cette force. Le dessin tout d'abord. D'une case à l'autre la tête des personnages change parfois beaucoup, les rendant difficile à distinguer, et surtout donnant l'impression de les faire changer énormément d'âge. Sur une même page, on pourra ainsi avoir un ado qui prend des airs de petit enfant, puis de presqu'adulte. Dans le même registre, et bien qu'on soit dans le domaine du détail, certains enfants ont des têtes beaucoup trop grosses. Ca m'arrrive assez peu souvent, mais ce point a un peu gêné ma lecture, ne facilitant pas l'immersion. Deuxième point ensuite, le conte qui s'immisce dans cette histoire. Il s'agit du conte de la hyène, mais aussi de la fin de cet album, qui le rapproche de la structure d'un conte. J'ai trouvé que cela éloignait l'album de son registre qui se voulait réaliste. Sans être particulièrement gênant, ça m'a un peu donné un sentiment de grand écart entre ces deux styles. Principal problème enfin, je n'ai pas réussi à être vraiment touché ou pris aux tripes, et c'est pourtant bien cela que j'attendais de cet album avec un tel sujet. On n'en n'était pas forcément loin, mais c'est passé un tout petit peu à côté, dommage.

10/04/2021 (modifier)
Couverture de la série Le Secret de la Momie
Le Secret de la Momie

Voilà un petit album qui ne paye pas de mine, mais qui devrait plaire aux amateurs de cet auteur norvégien (dont je fais partie) – voire même au-delà. Visuellement, c’est du classique, avec une quasi absence de décor, des personnages animaliers aux traits peu expressifs. Ajoutant à toute cette économie de moyen une grande rareté des dialogues (la majorité des histoires sont muettes), vous avez donc là un univers minimaliste. Mais clairement pas inintéressant ! Si la dernière partie est composée de courts strips (3 cases), l’essentiel de l’album regroupe une suite d’histoires courtes dans lesquels une série de personnages plus ou moins récurrents (et qui se retrouvent dans l’une des dernières histoires) s’agitent, se poursuivent, s’interpellent, etc. C’est globalement assez rythmé, et, alors que l’absurde, un humour loufoque, la culture de certains running gags dynamisent l’ensemble, j’ai trouvé souvent réussies ces histoires, souvent amusantes : personnages et gags récurrents (comme cet homme préhistorique assommant immanquablement les femmes qu’il rencontre) accentuant l’humour ambiant. Ces petites saynètes qui s’enchainent m’ont fait penser à certains courts métrages du cinéma muet, ou à certains numéros de fin de spectacle de cirque, lorsque les acteurs multiplient les passages plus ou moins drôles en traversant la scène. Bref, un bon moment de lecture, un bon millésime de Jason, que je vous recommande. Note réelle 3,5/5.

10/04/2021 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série In the name of...
In the name of...

J'ai bien aimé la majorité de cet album et le twist en fin de récit, juste avant l'épilogue, mais par contre cet épilogue et la toute fin m'ont déçu. C'est donc l'histoire de l'enquête sur l'assassinat du premier pape noir de l'histoire, tué d'une balle dans la tête à Houston face à des milliers de fidèles et peu après avoir rencontré Barack Obama. Trois suspects ont été capturés sur les lieux avec chacun un fusil à lunettes. Mais, interrogés indépendamment, ils refusent de parler ou quand ils le font leurs explications sont étranges et il n'y a pas moyen de savoir qui d'entre eux a vraiment tué le pape à supposer qu'il s'agisse réellement de l'un d'entre eux. J'ai bien aimé me creuser la tête en même temps que ces enquêteurs, avec l'intérêt en parallèle de la personnalité du principal d'entre eux et son passé d'alcoolique qui ajoute un peu de profondeur et d'humanité. Même si le dessin n'est ni marquant ni très enthousiasmant, je me suis bien laissé porter par l'histoire. Et comme dit plus haut, le retournement de situation qui intervient à la fin de l'enquête est plutôt bien vu et lève le voile sur le mystère. Sauf qu'ensuite l'épilogue m'a déçu. Car il vient expliquer avec de trop gros sabots ce fameux mystère et tout son impact s'écroule pour moi car il devient soudain sans finesse, jouant trop sur la crédibilité des gens. Sans parler de cette impression de grand méchant d'un James Bond qui raconte son plan dans les détails. Et pour couronner le tout, il y a la toute dernière page qui amène encore un autre twist mais celui-là je l'ai trouvé carrément inutile, voire vulgaire dans sa facilité. Concrètement, même si j'aurais été frustré par un manque de développement, j'aurais tout de même été plus satisfait que l'histoire s'arrête avant l'épilogue, ou alors que l'épilogue reste centré sur les enquêteurs et laisse planer le doute sur ce qu'il s'est vraiment passé et ses conséquences.

10/04/2021 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Les Derniers jours d'Ellis Cutting
Les Derniers jours d'Ellis Cutting

Je suis déçu par ce one-shot. Je le trouve pas mal, mais au vu des notes je pensais lire une pépite un peu méconnue. Le scénario se laisse lire, il faut dire que la narration est fluide et qu'il y a beaucoup d'action. Je n'ai pas accroché plus que ça au récit malgré de bonnes scènes pour deux raisons: 1.Tout est un peu vague. Certes, on peut deviner ce qui en retourne en analysant le comportement des personnages, mais j'aurais aimé une confirmation. J'ai été un peu confus par moment, surtout au début. J'avais l'impression d'avoir sauté le premier chapitre lorsque j'ai commencé l'album. Cela a créé de la distance entre le récit et moi. 2.Les personnages ne m'ont pas intéressé en dehors du chercheur d'or fou que je trouve terriblement attachant. J'aurais bien aimé que ça soit lui le personnage principal ! Donc voilà à cause de ça je n'ai pas ressenti beaucoup d'émotions durant ma lecture. C'est dommage parce qu'il y a de bonnes idées et le dessin est bien maitrisé pour un premier album. Dommage que l'auteur semble avoir disparu de la circulation, il avait du potentiel pour créer une œuvre riche.

10/04/2021 (modifier)