J'ai terminé aujourd'hui la lecture du deuxième tome. J'ai aimé les dessins, comme c'est souvent le cas avec Manara. Mais je n'arrive pas à laisser tomber le roman et même le film. Ce sont trois objets différents et j'aime beaucoup les avoir chez moi. Je me suis beaucoup amusé avec le témoignage de J. J. Annaud à la fin de l'œuvre! Pourtant, le sentiment d'un manque ne m'abandonne pas: U. Eco était un grand écrivain ( théoricien de la BD et philosophe aussi) et il y a un peu de perte en toutes ces adaptations...
P. S. Je vais lire le roman, encore une fois, et j'aime bien plus les dessins de Manara en noir et blanc.
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Après une relecture des albums et une considération réfléchie, je pense que j'ai été injuste. Le premier tome est plus abouti au niveau du dessin, mais l'adaptation de Manara a sa valeur et mérite une meilleure place dans ma bibliothèque mentale. Je ne sais pas si Eco aurait approuvé Marlon Brando dans le rôle de William...
J’ai lu les tomes 1 et 3, et je pense que ça va me suffire. En effet, par-delà quelques petits changements de lieux et de bestioles, c’est quand même assez répétitif ! Très vite lu, et pas toujours captivant !
Je me demande d’ailleurs à qui s’adresse cette série. Classée en Ados/adultes, j’ai quand même l’impression que c’est du tout public qui vise avant tout un jeune lectorat, si j’en crois les petits questionnaires – vraiment riquiqui – qui clôturent chaque chapitre, pour présenter – de façon ultra succincte – une ou deux espèces animales croisées par Gon dans le chapitre précédemment lu.
Le point fort de la série, c’est le dessin de Tanaka. Son trait réaliste, en Noir et Blanc, est vraiment très chouette, expressif, précis, et agréable.
Mais pour ce qui est des histoires elles-mêmes, ça m’a laissé sur ma faim. Le fait qu’on n’ait aucune explication sur la présence de ce bébé T-rex au milieu d’une faune contemporaine passe encore, mais ensuite, une fois acquise cette idée, ça se répète, et je ne sais pas comment on peut lire 7 albums entiers sur le même format !?
Il y a quand même quelques passages qui m’ont davantage plu. D’abord toujours grâce au dessin, et la mimique de Gon donne des passages amusants, lorsqu’il essaye de copier ce qu’il voit (sans contrôler sa force) : voir ce que donne le barrage qu’il construit en copiant les castor… De même, j’ai trouvé amusant le récit où il rend dingue – c’est le cas de le dire – un dingo.
Mais voilà, l’auteur s’est fait plaisir, il balade son T-rex dans tous les coins de la planète, celui-ci croisant donc des animaux très variés, s’incrustant partout, comme un gamin gaffeur, avec une force énorme (et sa grosse bouille est souvent drôle à voir). Mais ce plaisir ne se renouvèle pas assez selon moi.
Floyd Gottfredson a repris les strips quotidiens de Mickey, à la suite d'Ub Iwerks. C'est lui qui a fixé l'image du Mickey classique que nous avons tous aujourd'hui, ainsi que celle de Minnie, Dingo et de nombreux autres personnages. Mais les histoires sont très limitées par les standards et les préjugés de l'époque. Voyez l'épisode des gitans ! Plus tard, et au fil des décennies, surtout dans les années 50 et 60, il a construit, avec l'aide de plusieurs scénaristes, une œuvre plus personnelle, en même temps universelle, et avec quelques personnages mémorables.
Comme souvent, les avis de Cassidy sont enlevés, tranchés, et douloureusement drôles. Et je dois dire que la plupart des critiques qu’il pointe sont bien vues. En effet, l’intrigue est des plus légères, le dessin n’est pas exempt de défauts, et surtout l’énorme différence en termes d’architecture et d’avancée culturelle entre Bretons et Pictes (qui semblent ici vivre assez près les uns des autres, sans toutefois connaitre l’existence des autres ?) est hautement improbable.
Je serai toutefois au final un peu moins dur que lui pour évaluer cette série, dont je n’ai lu que le premier album (une histoire indépendante).
Malgré ses défauts, le dessin n’est pas si désagréable que ça (je regrette quand même les visages un peu trop joufflus de nombre de personnages).
Quant à l’histoire, certes elle est minimaliste et joue sur l’entraide entre un jeune Picte (Kilt donc) et un jeune Breton pour lutter contre une grande laie. Mais cette histoire s’adresse uniquement à de très jeunes lecteurs (l’adulte peut difficilement passer outre les défauts pointés par Cassidy), et ceux-ci peuvent y trouver leur compte, oubliant les côtés folkloriques de l’ancrage historique et géographique (vue l’architecture du gigantesque château breton, on imagine être au moins au XIIIème, voire XIVème siècle, c’est-à-dire à une époque où l’Écosse est largement christianisée -et j’ai du mal à croire à une laie magique à la fois aux yeux de Bretons christianisés et de Pictes semble-t-il encore païens), et la résolution bien trop facile des antagonismes.
L’album ne fait qu’une trentaine de pages, et c’est dommage. Une dizaine de pages supplémentaires auraient sans doute permis de mieux étoffer l’intrigue, et de développer un cadre plus acceptable.
Note réelle (à l’aune du jeune lectorat visé) 2,5/5.
J’ai lu cet ensemble dans la récente réédition qui, il faut le dire, est sans doute un must pour les amateurs de l’auteure. En effet, outre les trois albums repris, sont regroupés aussi plusieurs analyses (de l’auteure elle-même, et d’autres spécialistes de son œuvre). Il est aussi probable que dessin, et surtout colorisation, aient été un minimum revus par rapport aux albums originaux.
C’est en particulier le cas je pense sur les histoires courtes de « 1996 again », dont le rendu se rapproche un peu de certains auteurs plus « tardifs », comme Burns ou Mezzo. J’ai bien aimé ce dessin. Car, même si ce trait classique est très bon sur tous les albums, j’aime moins les couleurs grisâtres, voire ternes de nombres de pages de Montellier.
« 1996 again » garde pas mal trace des collaborations de l’auteur à des publications très engagées à gauche (voire anarchistes). Mais le propos est souvent obscur et peu avenant, froid, passe mal (surtout que la plupart des récits sont vraiment très très courts).
« Wonder city » me plait moins esthétiquement – même si la bichromie n’est pas inintéressante. C’est une histoire d’amour dans un univers qui s’y prête assez peu, un univers dystopique et anxiogène, que j’aurais aimé voir plus développé (voir mon avis sur cet album).
« Shelter Market » est plus surprenant. On y retrouve là encore pas mal d’idées engagées, quelque chose de très politique (certaines planches m’ont fait penser au tableau « Invading new markets » d’Andy Singer, on y retrouve la sculpture « Supermarket Lady » de Duane Hanson). C’est un album qui a été fortement remanié et prolongé (en plusieurs étapes) depuis sa création au début des années 1980. On y retrouve mélangés plusieurs thèmes, comme les conséquences de la Guerre froide, la vulgarité de la société de consommation, etc. La vision est caustique, mais assez pessimiste.
Un témoignage d’une auteure et d’une époque, mais certains passages et messages des récits de Montellier n’ont pas perdu de leur force et de leur pertinence.
Ce qui me fascine le plus dans cette œuvre, c’est la manière dont elle interroge la monstruosité. Le titre Monstres laisse penser au départ que le monstre sera cette créature née d’expérimentations, mais on comprend très vite que les véritables monstres sont humains. Ce sont la violence, la cruauté, les traumatismes transmis de génération en génération qui façonnent les êtres et les détruisent. Toute la force du récit réside dans cette réflexion bouleversante : le monstre n’est pas celui que l’on croit.
Quand on sait que cette histoire devait à l’origine être un récit autour de Hulk, on mesure encore davantage la grandeur du résultat final. Barry Windsor-Smith s’est affranchi de ce cadre pour créer une œuvre profondément personnelle, intime et universelle à la fois. On sent que chaque page est habitée, pensée, vécue. Il ne raconte pas seulement une histoire, il dissèque l’âme humaine.
Graphiquement, c’est tout simplement époustouflant. Chaque planche est d’une richesse folle, chaque regard, chaque expression porte une intensité émotionnelle incroyable. Les dessins ne sont pas seulement magnifiques : ils servent le récit avec une justesse remarquable. Barry Windsor-Smith parvient à transmettre la douleur, la peur, la tendresse et l’horreur avec une maîtrise rare. Certaines pages coupent littéralement le souffle.
Mais au-delà de la virtuosité graphique, c’est l’émotion qui m’a bouleversé. J’ai trouvé cette histoire d’une humanité incroyable, d’une tristesse immense, mais aussi d’une sensibilité bouleversante. C’est une œuvre dure, parfois insoutenable, mais profondément sincère. Elle m’a touché par sa puissance émotionnelle, par sa manière de montrer les blessures intimes et les cicatrices invisibles laissées par la violence. Peu de bandes dessinées m’ont remué à ce point.
J’aime Monstres parce que c’est une œuvre totale : brillante, douloureuse, magistrale. Elle m’a impressionné par sa beauté formelle, mais surtout elle m’a profondément ému. C’est le genre de lecture qui vous secoue, qui vous habite longtemps après avoir refermé le livre. Pour moi, c’est bien plus qu’une grande bande dessinée : c’est une œuvre majeure, puissante, poignante, inoubliable.
Voici un projet véritablement original : à travers les péripéties liées à la circulation du squelette de Descartes, évoquer la pensée cartésienne du philosophe et les avancées des sciences durant les quelques siècles qui suivirent, et tout cela au sein d'une intrigue à la lisière du documentaire et de l'enquête policière, une intrigue certes exigeante, mais tout à fait accessible pour le grand public.
Les exubérances du projet trouvent une déclinaison intéressante visuellement, avec certaines mises en page fort intrigantes et légitimes, un usage de la couleur rare, mais lui aussi intéressant.
Ces grandes qualités nommées, force est néanmoins de constater que la lecture est davantage stimulante que plaisante. Le formalisme visuel aurait pu être plus fréquent, l'humour davantage présent en appuyant plus finement sur le rocambolesque des péripéties, le récit avancer avec davantage de fluidité, en générant davantage de tension dans ses aspects "policiers".
Une bonne BD très originale, mais qui enthousiasme modérément. Une autrice à suivre.
J'ai acheté directement les deux premiers tomes de cette série parce la scénariste de la série est aussi l'autrice d'Iruma à l'école des démons, mon shonen en cours de publication préféré depuis un bon moment et aussi parce que j'aime bien les histoires de sorcières.
Alors on est dans un monde où seules les femmes peuvent faire de la magie et affronter des monstres dangereux...et puis notre héros réussi à vaincre un monstre alors qu'il est un garçon ! Les amateurs de shonen vont tout de suite reconnaitre quelques clichés du genre (le héros super-for qui fait des trucs qui n'est pas censé être capable de faire et en plus sa personnalité de sauvageon est un peu similaire au Songoku des débuts de Dragon Ball), mais la trame est assez prenante pour que cela ne me dérange pas trop. Le scénario est un peu plus formaté que celui d'Iruma, sans doute du au fait qu'Ichi est publiée dans Shonen Jump le plus gros magazine au Japon et donc plus conformiste, mais reste agréable à lire. Les personnages sont attachants, les combats bien chorégraphiés et l'humour fonctionne bien.
Le dessin est vraiment superbe, il y a souvent des détails sans que cela surcharge les cases. J'aime bien aussi le design des personnages que je trouve classe. En tout cas, un shonen que je vais suivre pour le moment en espérant que le scénario ne va pas finir inutilement étiré.
Vaste chantier que de retracer l'histoire des jardins. C'est le défi qu'a cependant réussi à surmonter Catherine Delvaux, ancienne rédactrice en chef de la revue Détente jardin et autrice de nombreux ouvrages sur le sujet. Elle a choisi, histoire oblige, une progression chronologique, du néolithique à nos jours.
Du besoin physiologique de se nourrir, à l'apparition des jardins d'agrément, en passant par les jardins ouvriers, les jardins à la française, à l'anglaise, tout y est, ou presque. Et c'est intéressant de voir comment, parfois, ces jardins "collent" à l'actualité socio-économique : en réaction à la Révolution industrielle, pour faire écho aux préoccupations climatiques ces dernières décennies, etc. L'ensemble est un bouquin très dense, plus de 224 pages qui ne se dévorent pas très vite, mais devant lesquelles on se doit de prendre son temps, comme face à un jardin zen au Japon... C'est un voyage à travers le temps, la géographie, auquel elle nous convie.
Côté graphique c'est Simon Hureau, dessinateur chevronné connu notamment pour L'Empire des hauts murs, qui œuvre, et on sent qu'il a beaucoup bossé pour recréer les ambiances visuelles des différents jardins, lorsqu'elles sont connues. On notera également qu'il a entièrement réalisé par le passé L'Oasis, dans lequel il parlait de sa passion pour son jardin. Ariane Borra fait aussi un super boulot aux couleurs, jouant beaucoup sur les nuances, important lorsqu'on parle de plantes et de fleurs.
Bref, c'est du bon boulot, mais c'est un peu long, même si cette longueur se justifie par la densité du sujet.
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Le Nom de la Rose
J'ai terminé aujourd'hui la lecture du deuxième tome. J'ai aimé les dessins, comme c'est souvent le cas avec Manara. Mais je n'arrive pas à laisser tomber le roman et même le film. Ce sont trois objets différents et j'aime beaucoup les avoir chez moi. Je me suis beaucoup amusé avec le témoignage de J. J. Annaud à la fin de l'œuvre! Pourtant, le sentiment d'un manque ne m'abandonne pas: U. Eco était un grand écrivain ( théoricien de la BD et philosophe aussi) et il y a un peu de perte en toutes ces adaptations... P. S. Je vais lire le roman, encore une fois, et j'aime bien plus les dessins de Manara en noir et blanc. -------------------------------------------------------------- Après une relecture des albums et une considération réfléchie, je pense que j'ai été injuste. Le premier tome est plus abouti au niveau du dessin, mais l'adaptation de Manara a sa valeur et mérite une meilleure place dans ma bibliothèque mentale. Je ne sais pas si Eco aurait approuvé Marlon Brando dans le rôle de William...
Gon
J’ai lu les tomes 1 et 3, et je pense que ça va me suffire. En effet, par-delà quelques petits changements de lieux et de bestioles, c’est quand même assez répétitif ! Très vite lu, et pas toujours captivant ! Je me demande d’ailleurs à qui s’adresse cette série. Classée en Ados/adultes, j’ai quand même l’impression que c’est du tout public qui vise avant tout un jeune lectorat, si j’en crois les petits questionnaires – vraiment riquiqui – qui clôturent chaque chapitre, pour présenter – de façon ultra succincte – une ou deux espèces animales croisées par Gon dans le chapitre précédemment lu. Le point fort de la série, c’est le dessin de Tanaka. Son trait réaliste, en Noir et Blanc, est vraiment très chouette, expressif, précis, et agréable. Mais pour ce qui est des histoires elles-mêmes, ça m’a laissé sur ma faim. Le fait qu’on n’ait aucune explication sur la présence de ce bébé T-rex au milieu d’une faune contemporaine passe encore, mais ensuite, une fois acquise cette idée, ça se répète, et je ne sais pas comment on peut lire 7 albums entiers sur le même format !? Il y a quand même quelques passages qui m’ont davantage plu. D’abord toujours grâce au dessin, et la mimique de Gon donne des passages amusants, lorsqu’il essaye de copier ce qu’il voit (sans contrôler sa force) : voir ce que donne le barrage qu’il construit en copiant les castor… De même, j’ai trouvé amusant le récit où il rend dingue – c’est le cas de le dire – un dingo. Mais voilà, l’auteur s’est fait plaisir, il balade son T-rex dans tous les coins de la planète, celui-ci croisant donc des animaux très variés, s’incrustant partout, comme un gamin gaffeur, avec une force énorme (et sa grosse bouille est souvent drôle à voir). Mais ce plaisir ne se renouvèle pas assez selon moi.
L'Intégrale de Mickey
Floyd Gottfredson a repris les strips quotidiens de Mickey, à la suite d'Ub Iwerks. C'est lui qui a fixé l'image du Mickey classique que nous avons tous aujourd'hui, ainsi que celle de Minnie, Dingo et de nombreux autres personnages. Mais les histoires sont très limitées par les standards et les préjugés de l'époque. Voyez l'épisode des gitans ! Plus tard, et au fil des décennies, surtout dans les années 50 et 60, il a construit, avec l'aide de plusieurs scénaristes, une œuvre plus personnelle, en même temps universelle, et avec quelques personnages mémorables.
Kilt le Picte
Comme souvent, les avis de Cassidy sont enlevés, tranchés, et douloureusement drôles. Et je dois dire que la plupart des critiques qu’il pointe sont bien vues. En effet, l’intrigue est des plus légères, le dessin n’est pas exempt de défauts, et surtout l’énorme différence en termes d’architecture et d’avancée culturelle entre Bretons et Pictes (qui semblent ici vivre assez près les uns des autres, sans toutefois connaitre l’existence des autres ?) est hautement improbable. Je serai toutefois au final un peu moins dur que lui pour évaluer cette série, dont je n’ai lu que le premier album (une histoire indépendante). Malgré ses défauts, le dessin n’est pas si désagréable que ça (je regrette quand même les visages un peu trop joufflus de nombre de personnages). Quant à l’histoire, certes elle est minimaliste et joue sur l’entraide entre un jeune Picte (Kilt donc) et un jeune Breton pour lutter contre une grande laie. Mais cette histoire s’adresse uniquement à de très jeunes lecteurs (l’adulte peut difficilement passer outre les défauts pointés par Cassidy), et ceux-ci peuvent y trouver leur compte, oubliant les côtés folkloriques de l’ancrage historique et géographique (vue l’architecture du gigantesque château breton, on imagine être au moins au XIIIème, voire XIVème siècle, c’est-à-dire à une époque où l’Écosse est largement christianisée -et j’ai du mal à croire à une laie magique à la fois aux yeux de Bretons christianisés et de Pictes semble-t-il encore païens), et la résolution bien trop facile des antagonismes. L’album ne fait qu’une trentaine de pages, et c’est dommage. Une dizaine de pages supplémentaires auraient sans doute permis de mieux étoffer l’intrigue, et de développer un cadre plus acceptable. Note réelle (à l’aune du jeune lectorat visé) 2,5/5.
Social fiction
J’ai lu cet ensemble dans la récente réédition qui, il faut le dire, est sans doute un must pour les amateurs de l’auteure. En effet, outre les trois albums repris, sont regroupés aussi plusieurs analyses (de l’auteure elle-même, et d’autres spécialistes de son œuvre). Il est aussi probable que dessin, et surtout colorisation, aient été un minimum revus par rapport aux albums originaux. C’est en particulier le cas je pense sur les histoires courtes de « 1996 again », dont le rendu se rapproche un peu de certains auteurs plus « tardifs », comme Burns ou Mezzo. J’ai bien aimé ce dessin. Car, même si ce trait classique est très bon sur tous les albums, j’aime moins les couleurs grisâtres, voire ternes de nombres de pages de Montellier. « 1996 again » garde pas mal trace des collaborations de l’auteur à des publications très engagées à gauche (voire anarchistes). Mais le propos est souvent obscur et peu avenant, froid, passe mal (surtout que la plupart des récits sont vraiment très très courts). « Wonder city » me plait moins esthétiquement – même si la bichromie n’est pas inintéressante. C’est une histoire d’amour dans un univers qui s’y prête assez peu, un univers dystopique et anxiogène, que j’aurais aimé voir plus développé (voir mon avis sur cet album). « Shelter Market » est plus surprenant. On y retrouve là encore pas mal d’idées engagées, quelque chose de très politique (certaines planches m’ont fait penser au tableau « Invading new markets » d’Andy Singer, on y retrouve la sculpture « Supermarket Lady » de Duane Hanson). C’est un album qui a été fortement remanié et prolongé (en plusieurs étapes) depuis sa création au début des années 1980. On y retrouve mélangés plusieurs thèmes, comme les conséquences de la Guerre froide, la vulgarité de la société de consommation, etc. La vision est caustique, mais assez pessimiste. Un témoignage d’une auteure et d’une époque, mais certains passages et messages des récits de Montellier n’ont pas perdu de leur force et de leur pertinence.
Monstres
Ce qui me fascine le plus dans cette œuvre, c’est la manière dont elle interroge la monstruosité. Le titre Monstres laisse penser au départ que le monstre sera cette créature née d’expérimentations, mais on comprend très vite que les véritables monstres sont humains. Ce sont la violence, la cruauté, les traumatismes transmis de génération en génération qui façonnent les êtres et les détruisent. Toute la force du récit réside dans cette réflexion bouleversante : le monstre n’est pas celui que l’on croit. Quand on sait que cette histoire devait à l’origine être un récit autour de Hulk, on mesure encore davantage la grandeur du résultat final. Barry Windsor-Smith s’est affranchi de ce cadre pour créer une œuvre profondément personnelle, intime et universelle à la fois. On sent que chaque page est habitée, pensée, vécue. Il ne raconte pas seulement une histoire, il dissèque l’âme humaine. Graphiquement, c’est tout simplement époustouflant. Chaque planche est d’une richesse folle, chaque regard, chaque expression porte une intensité émotionnelle incroyable. Les dessins ne sont pas seulement magnifiques : ils servent le récit avec une justesse remarquable. Barry Windsor-Smith parvient à transmettre la douleur, la peur, la tendresse et l’horreur avec une maîtrise rare. Certaines pages coupent littéralement le souffle. Mais au-delà de la virtuosité graphique, c’est l’émotion qui m’a bouleversé. J’ai trouvé cette histoire d’une humanité incroyable, d’une tristesse immense, mais aussi d’une sensibilité bouleversante. C’est une œuvre dure, parfois insoutenable, mais profondément sincère. Elle m’a touché par sa puissance émotionnelle, par sa manière de montrer les blessures intimes et les cicatrices invisibles laissées par la violence. Peu de bandes dessinées m’ont remué à ce point. J’aime Monstres parce que c’est une œuvre totale : brillante, douloureuse, magistrale. Elle m’a impressionné par sa beauté formelle, mais surtout elle m’a profondément ému. C’est le genre de lecture qui vous secoue, qui vous habite longtemps après avoir refermé le livre. Pour moi, c’est bien plus qu’une grande bande dessinée : c’est une œuvre majeure, puissante, poignante, inoubliable.
La Tête de mort venue de Suède
Voici un projet véritablement original : à travers les péripéties liées à la circulation du squelette de Descartes, évoquer la pensée cartésienne du philosophe et les avancées des sciences durant les quelques siècles qui suivirent, et tout cela au sein d'une intrigue à la lisière du documentaire et de l'enquête policière, une intrigue certes exigeante, mais tout à fait accessible pour le grand public. Les exubérances du projet trouvent une déclinaison intéressante visuellement, avec certaines mises en page fort intrigantes et légitimes, un usage de la couleur rare, mais lui aussi intéressant. Ces grandes qualités nommées, force est néanmoins de constater que la lecture est davantage stimulante que plaisante. Le formalisme visuel aurait pu être plus fréquent, l'humour davantage présent en appuyant plus finement sur le rocambolesque des péripéties, le récit avancer avec davantage de fluidité, en générant davantage de tension dans ses aspects "policiers". Une bonne BD très originale, mais qui enthousiasme modérément. Une autrice à suivre.
Ichi the witch
J'ai acheté directement les deux premiers tomes de cette série parce la scénariste de la série est aussi l'autrice d'Iruma à l'école des démons, mon shonen en cours de publication préféré depuis un bon moment et aussi parce que j'aime bien les histoires de sorcières. Alors on est dans un monde où seules les femmes peuvent faire de la magie et affronter des monstres dangereux...et puis notre héros réussi à vaincre un monstre alors qu'il est un garçon ! Les amateurs de shonen vont tout de suite reconnaitre quelques clichés du genre (le héros super-for qui fait des trucs qui n'est pas censé être capable de faire et en plus sa personnalité de sauvageon est un peu similaire au Songoku des débuts de Dragon Ball), mais la trame est assez prenante pour que cela ne me dérange pas trop. Le scénario est un peu plus formaté que celui d'Iruma, sans doute du au fait qu'Ichi est publiée dans Shonen Jump le plus gros magazine au Japon et donc plus conformiste, mais reste agréable à lire. Les personnages sont attachants, les combats bien chorégraphiés et l'humour fonctionne bien. Le dessin est vraiment superbe, il y a souvent des détails sans que cela surcharge les cases. J'aime bien aussi le design des personnages que je trouve classe. En tout cas, un shonen que je vais suivre pour le moment en espérant que le scénario ne va pas finir inutilement étiré.
La Belle histoire des jardins
Vaste chantier que de retracer l'histoire des jardins. C'est le défi qu'a cependant réussi à surmonter Catherine Delvaux, ancienne rédactrice en chef de la revue Détente jardin et autrice de nombreux ouvrages sur le sujet. Elle a choisi, histoire oblige, une progression chronologique, du néolithique à nos jours. Du besoin physiologique de se nourrir, à l'apparition des jardins d'agrément, en passant par les jardins ouvriers, les jardins à la française, à l'anglaise, tout y est, ou presque. Et c'est intéressant de voir comment, parfois, ces jardins "collent" à l'actualité socio-économique : en réaction à la Révolution industrielle, pour faire écho aux préoccupations climatiques ces dernières décennies, etc. L'ensemble est un bouquin très dense, plus de 224 pages qui ne se dévorent pas très vite, mais devant lesquelles on se doit de prendre son temps, comme face à un jardin zen au Japon... C'est un voyage à travers le temps, la géographie, auquel elle nous convie. Côté graphique c'est Simon Hureau, dessinateur chevronné connu notamment pour L'Empire des hauts murs, qui œuvre, et on sent qu'il a beaucoup bossé pour recréer les ambiances visuelles des différents jardins, lorsqu'elles sont connues. On notera également qu'il a entièrement réalisé par le passé L'Oasis, dans lequel il parlait de sa passion pour son jardin. Ariane Borra fait aussi un super boulot aux couleurs, jouant beaucoup sur les nuances, important lorsqu'on parle de plantes et de fleurs. Bref, c'est du bon boulot, mais c'est un peu long, même si cette longueur se justifie par la densité du sujet.