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Les derniers avis (17 avis)

Par Blue boy
Note: 4/5
Couverture de la série Le Voyage du Commodore Anson
Le Voyage du Commodore Anson

C'est une belle chose que d'avoir des affinités, notamment de lecture, avec son propre frère. C'est donc sur ses conseils enthousiastes que j'ai lu l'ouvrage, et d'une traite je dois dire, tant celui-ci vous emporte... « Le Voyage du Commodore Anson » rentre dans la catégorie des bons gros pavés comme on les aime, une lecture parfaite pour l’été où l’appel du large est toujours plus fort… Le dépaysement est garanti, et la passion perceptible des auteurs pour leur sujet y est incontestablement pour quelque chose. A coup sûr, on se laissera très vite embarquer — le terme est on ne peut plus approprié — par cette fantastique épopée tirée d’une histoire vraie et portée par ce vieux rêve millénaire propre à l’humanité : la conquête de territoires « vierges ». Le contexte historique du récit étant la conquête de l’Amérique, il est clairement établi aujourd’hui que ces territoires étaient loin d’être vierges, mais à l’époque, « l’homme blanc », aveuglé par sa soif de découvertes (et d’enrichissement aussi…), s’était enfermé dans un déni visant à déshumaniser les populations autochtones et minimiser leur importance, un déni qui persista pendant plusieurs siècles. Les royaumes européens étaient en concurrence pour asseoir leur domination sur terre et mer, au mépris des peuples indigènes. Pour cela, la fin justifiait les moyens, si odieux soient-ils, et leur mission prétendument civilisatrice s’accompagnait souvent d’actes les plus barbares, toujours sous le sceau du sabre et du goupillon. Il n’est donc plus question de faire des héros ces conquérants ayant participé à cette vaste entreprise, et d’ailleurs, leurs statues sont toutes vouées un jour ou l’autre à être déboulonnées. Les auteurs, qui l’ont bien compris, se sont attachés à retranscrire en images, de façon factuelle, en s’inspirant du livre-témoignage de Richard Walter, le récit de cette spectaculaire et édifiante épopée maritime de la Couronne britannique. D’ailleurs, on ne verra que très peu les populations dépossédées de leurs terres par les envahisseurs européens, l’action se situant principalement sur l’eau, plus rarement sur la terre. En revanche, on se rendra compte que l’organisation de cette expédition n’avait rien de vraiment glorieux, et que les hommes recrutés de force comme de la vulgaire chair à canon, certains étant parfois âgés ou estropiés, ont en outre terriblement souffert des conditions de vie déplorables sur ces imposants galions et des tâches surhumaines qu’on leur demandait d’accomplir pour éviter le naufrage sur l’océan déchaîné. Entassés dans les soutes, des maladies épouvantables telles que le scorbut ou le typhus firent des ravages dans les équipages. Partis à 2.000 hommes, ils étaient moins de 200 à la fin d’un périple qui dura quatre ans ! Le commodore Anson fut décrit comme un homme honnête et soucieux du bien-être de ses « compagnons de voyage ». Si cela ne saute pas aux yeux à la lecture du livre, il n’en reste pas moins qu’il était apprécié, et que ce voyage (qui permit de récolter 400.000 livres avec la prise du Galion de Manille) contribua à son prestige dans tout le royaume de Grande-Bretagne. Il est impossible de ne pas être admiratif devant le travail accompli par les deux auteurs, tant sur le plan documentaire que graphique. Pour cela, il ne faudra pas se fier à un simple feuilletage de l’objet. Le dessin de Matthieu Blanchin est assez particulier de prime abord, plutôt réussi dans sa représentation contextuelle (décors, bateaux, paysages…) mais exécuté à la main gauche en ce qui concerne les personnages. De même, la vilaine police de caractère dédiée à la trame narrative centrale, de forme manuscrite, semble avoir été conçue par un élève de CM2. Pourtant, curieusement, ces aspects finissent par passer au second plan devant la force de l’épopée et la narration impeccable de Christian Perrissin. Le trait finit même par exercer une sorte de fascination, tant l’on est surpris de ne pas se perdre au milieu de ces nombreux personnages parfois peu identifiables, confirmant le professionnalisme de Blanchin. L’histoire est entrecoupée d’intermèdes documentaires avec des cartes et gravures extraites du livre de Walter ou des citations de Voltaire et Rousseau à propos de l’expédition, ce qui révèle le retentissement qu’a pu avoir un tel récit en son temps. Tout cela contribue à une mise en page variée, rehaussée par un joli travail sur les aquarelles. Bref, le livre ne tombe jamais des mains, bien au contraire : on le dévore littéralement. Pour nous conter l’épopée de ces vieux gréements, les auteurs se sont appuyés sur une documentation solide, évoquée en début d’ouvrage. On a plaisir à contempler ces vieilles cartes et gravures d’époque qui ne font que renforcer l’immersion du lecteur, rappelant un peu le Florida de Jean Dytar. Que vous appréciez ou pas les récits maritimes durant la « conquête de l’Amérique », cette lecture, dont le souffle incroyablement captivant compense largement les petits « défauts » mentionnés plus haut, vous est chaudement recommandée.

15/09/2021 (modifier)
Par herve
Note: 5/5
Couverture de la série Le Dernier Atlas
Le Dernier Atlas

Tome 1 Depuis un moment, mon libraire insiste pour me faire lire « le dernier Atlas », une pépite selon lui. Je l’ai feuilleté puis reposé. Cela ne me disait rien. Et puis, je suis tombé dessus à la médiathèque et j’ai commencé à le lire pour vraiment m’en faire une idée et je ne l’ai plus lâché ! Le début de cette histoire est pourtant assez banal : un petit truand de Nantes, Ismael Tayeb qui magouille dans les machines à sous. On pourrait facilement tomber dans le polar avec une guerre des gangs, que nenni ! De mystérieuses migrations d’animaux dans le désert algérien viennent bouleverser la vie de Tayeb. Autour de Tayeb, gravite une galerie de personnages assez étonnants : Martin et Jean Legoff pour la pègre, Françoise, l’ancienne journaliste au « canard enchainé », sans oublier les anciens du « George Sand », le dernier Atlas, robot hors norme dédié à la construction. Sur les conséquences de la fin de la guerre d’Algérie, cet album nous entraine en fin de compte dans une uchronie française étonnante, qui finalement nous est révélée dans le dossier présent à la fin de l’album. J’ai suivi avec une certaine fascination l’histoire de Tayeb, qui au fil des chapitres, s’affirme de plus en plus et finit par s’émanciper de la pègre nantaise. Ce premier opus de cette série (qui en comptera 3) est littéralement addictif. J’en ai pour preuve que mon fils m’a emprunté, à son tour cet album, et lui qui lit rarement des bd, l’a dévoré d’une traite. Les auteurs confirmés (Vehlman, de Bonneval, Tanquerelle & Blanchard) nous livrent là une histoire digne des meilleures séries TV : aucun temps mort, on passe d’un personnage à l’autre, d’un continent à l’autre avec une facilité déconcertante de lecture. Après avoir lu ce premier opus dans sa version standard (en couleur), j’ai finalement acheté la version noir et blanc , en tirage limité, de canal bd. Cette version est splendide (ce qui n’enlève rien au travail remarquable de la coloriste, Laurence Croix) et met en valeur le dessin d’Hervé Tanquerelle, que je rapproche ici du dessin de Frédéric Peeters, période RG, comme le souligne également Jérôme Briot dans le magazine Zoo (mars/avril 2019). J’ai lu que canalbd allait continuer à éditer les deux volumes suivant en noir et blanc, je m’en réjouie d’avance. Cet album est une des meilleurs sorties de ces derniers mois, et tranche avec la production actuelle. Dépaysant, original et addictif, bref une réussite. Tome 3 J'ai été littéralement subjugué par le premier tome de cette série, qui, ouvrait de nombreuses portes. J'avoue avoir trouvé le second tome plus faible que le précédent mais là, les auteurs concluent avec maestria cette série. J'ai retrouvé le côté "page turner"du premier tome avec cet ultime volume. En associant encore plus le côté uchronie de l'histoire ( ah! le président François Fillon qui remporte les élections présidentielles) avec la science fiction (avec la réapparition de l'UMO), et l'aspect policier, les auteurs ont réussi leur pari de construire une série prenante, à l'image de certaines série TV devant lesquelles on ne peut plus décrocher. Beaucoup attendaient les auteurs (Tanquerelle, Blanchard, Vehlman, de Bonneval) au tournant, imaginant un final apocalyptique. En recentrant l'intrigue autour d'Ismael Tayeb, les scénaristes offrent aux lecteurs un final à la hauteur de leurs attentes. Je conseille tout de même de lire les trois volumes à la suite pour apprécier toutes les subtilités de cette série. J'ai lu l'ensemble de ces albums dans la version noir et blanc ,ce qui m'a permis d'obtenir un superbe coffret chez mon libraire canalbd. Il faut saluer le travail des auteurs qui nous ont offert plus de 700 pages de qualité en 3 ans!

14/05/2019 (MAJ le 15/09/2021) (modifier)
Par Cacal69
Note: 2/5
Couverture de la série Deadline
Deadline

Emprunté à la bibliothèque, je viens d'en terminer la lecture. Bof, bof. Le dessin de Rossi est beau, son trait fin et réaliste sublimise le sud des États-Unis. Un découpage assez classique. Une mise en couleur directe qui apporte un plus indéniable, on ressent cette chaleur étouffante. Une histoire de vengeance, de guerre, d'amour et d'homosexualité. Beaucoup de sujets pour un récit fouillis. Je ne suis jamais vraiment entré dans l'histoire, la faute a un scénario qui ne m'a pas convaincu, comme cette histoire d'amour (à sens unique) entre Louis et le prisonnier noir. Et les nombreux va et vient entre le présent et le passé rendent la narration difficile. Dommage. Bref un western qui sera vite oublié. Note réelle : 2,5.

15/09/2021 (modifier)
Couverture de la série Tiriel - Héritier d'un monde
Tiriel - Héritier d'un monde

Je rejoins Mac Arthur pour la quasi-totalité de ses remarques concernant cet album. A savoir la grande naïveté des scénarios des 5 récits composant le recueil (et qui peuvent constituer une histoire complète). Naïveté dans les grandes et les petites lignes. Idem pour l’entrée du héros dans le « monde parallèle », ce n’est pas très original (même s’il faut replacer tout ça dans le contexte des années 1970 !). Alors bon, certes, la narration est relativement fluide, ça se laisse lire, avec le plaisir que l’on peut prendre à s’adonner au kitsch. Et la science-fiction développée ici par Dionnet pioche ses influences un peu partout (Daniel Riche en cite certaines dans sa préface). Elle ne joue pas sur le space opéra assez classique des années 1970, et les personnages de la planète Tirzah, sur laquelle se retrouve propulsé Tiriel (le héros) portent des vêtements « ordinaires » (tandis que les soldats de la reine – la méchante qui tombe amoureuse du héros, forcément… - portent eux des uniformes du XIXème siècle, la reine elle-même ressemblant aux belles femmes antiques peintes par Gustave Moreau !). Le bestiaire est lui plus original – et aurait sans doute mérité d’être davantage exploité, pour rendre moins mièvres et prévisibles certains aspects de l’intrigue. Contrairement à Mac Arthur, ce n’est pas de Pratt que je rapprocherais le travail de Poïvet au dessin, mais bien plus de Guido Buzzelli (certains aspects des scénarios m’y ont aussi fait penser). En effet, le dessin de Poïvet (par bien des aspects très classique – et un peu figé), par son trait nerveux, jouant sur un crayonné vif, est très proche de ce que pouvait faire Buzzelli. C’est beaucoup plus visible sur les dessins accompagnant la bonne préface de Daniel Riche déjà citée (qui présente – et encense – en 3 pages le travail et l’œuvre de Poïvet). Dessins qui sont en Noir et Blanc, ce qui rend davantage grâce au trait de Poïvet que la version en couleur (réédition de 1982 par les Humanos) que j’ai lue, et où la colorisation de Marie-Paul Alluard, souvent approximative et à l’encrage insuffisant, ne m’a pas convenu. Même si je ne la connais pas, je pense que la version d’origine en Noir et Blanc, parue chez Nathan en 1975, permet d’apprécier davantage le travail de Poïvet. Bon, donc voilà un album pas forcément facile à rencontrer, qui est daté et très naïf, mais que certains peuvent apprécier – pour les quelques potentialités du scénario (bestiaire, relative originalité de l’imagerie), mais surtout pour le dessin de Poïvet (préférez la version Noir et Blanc). Note réelle 2,5/5.

15/09/2021 (modifier)
Par Benjie
Note: 2/5
Couverture de la série Overlord - 6 juin 1944 - La Liberté
Overlord - 6 juin 1944 - La Liberté

Pas grand-chose à dire de cet album qui a connu son heure de gloire auprès du public mais qui a vraiment beaucoup vieilli. L’objectif de départ était essentiellement documentaire, il fallait tout mettre sans rien oublier. Cet empilement de faits militaires, des préparatifs du Débarquement à la fin de la bataille de Normandie, aboutit à une succession d’images mises bout à bout et on passe d’une scène à l’autre, histoire d’aborder tous les sujets et tous les personnages. C’est assez indigeste. Côté dessin, Mister Kit alias Gilles Van Dessel, est un spécialiste de matériel militaire ce qui explique peut-être pourquoi les personnages sont assez mal dessinés, dans des postures peu naturelles. Bref, tout cela est un peu trop figé à mon goût, mais historiquement, rien à redire

15/09/2021 (modifier)
Par Cleck
Note: 5/5
Couverture de la série Gaston Lagaffe
Gaston Lagaffe

Franquin est un génie ! Ses Spirou, les Gaston et Idées noires méritent l'adoration collective. Inattaquable tant idéologiquement (même si sa conception de l'écologie est... disons datée), que dans le trait d'un dynamisme et d'une rondeur incroyables.

15/09/2021 (modifier)
Par Cleck
Note: 5/5
Couverture de la série Les Schtroumpfs
Les Schtroumpfs

Je l'affirme, je peux soutenir cette BD au-delà du raisonnable. Ces personnages bleus sont pour moi la plus belle invention de la bande dessinée. Oui, il y aurait à redire sur le méchant Gargamel, le non féminisme de la schtroumpfette, le peut-être racisme des schtroumpfs noirs. Mais malgré tout, c'est absolument merveilleux ! Seul le Marsupilami a approché la richesse poétique et la pertinence globale de cette invention miraculeuse. Clairement, l'album "Le Schtroumpfissime" mérite le Panthéon. Et combien de merveilleuses idées dans "Le Cracoucass", "Le Cosmoschtroumpf", "L'oeuf et les schtroumpfs"... Indiscutable coup de mou après l'excellent tome 9 "Schtroumpf vert et vert schtroumpf" : Peyo cède aux sirènes de la notoriété et accentue le côté jeunesse-mignon de la série, rendant la relecture des contes banale dans l'épisode de la soupe, le discours sur le sport bien convenu, etc. Bien tristement surtout, seuls les albums de Peyo père méritent cet éloge, car Culliford a plus que trahi l'esprit et l'idéologie saint simonienne. L'inachevé "Schtroumpf financier" demeure beau et stimulant, mais davantage pour la méta-lecture offerte quant au combat d'influence créatrice (sinon parricide en cours) entre le génial Peyo et son horrible Culliford de fils.

15/09/2021 (modifier)
Par Cleck
Note: 5/5
Couverture de la série De Cape et de Crocs
De Cape et de Crocs

Merveilleuse BD d'aventure. Du panache, un souffle romanesque, la richesse thématique via le théâtre, des tirades en vers admirables. Une totale réussite. Le diptyque consacré à Eusèbe n'est malheureusement pas du même acabit. L'arrière-goût des amours de jeunesse perdus est présent durant la lecture, le sacrilège plus qu'effleuré, mais la mythologie est respectée et le résultat fort acceptable néanmoins.

15/09/2021 (modifier)
Par Cleck
Note: 5/5
Couverture de la série Le Combat ordinaire
Le Combat ordinaire

Peut-être la meilleure série de Larcenet ; ça commence très fort, mais de mémoire les tomes 3 et 4 tiennent moins la dragée. Qu'importe. Le monde du travail via la condition ouvrière, la crainte de voir l'idéologie nauséabonde du FN/RN gangréner les esprits fatigués par les années de labeur et les argumentations fallacieuses. C'est beau.

15/09/2021 (modifier)
Par Cleck
Note: 4/5
Couverture de la série Astérix
Astérix

Il y a évidemment un avant et un après Goscinny, même si Le Grand fossé est très acceptable et vaut bien les quelconques réalisés en binôme. Surtout, des albums véritablement excellents comme : - Astérix chez les bretons - Astérix légionnaire - Le Bouclier Arverne - Astérix chez les helvètes - Les Lauriers de César Une BD que l'on aime relire de temps en temps, et qui mérite souvent d'être soutenu en public. Les Uderzo des années 90 et suivantes et les albums de Ferri/Conrad méritent au mieux le paisible oubli, au pire la colère.

15/09/2021 (modifier)