Connectez-vous pour cacher cette bannière publicitaire.

Les dernier avis (13 avis)

Par Nabul
Note: 3/5
Couverture de la série Asgard
Asgard

J'ai pris ce diptyque vraiment par hasard, sans vraiment savoir ce que j'allais y trouver (à part des dessins à mon goûts). Aussi n'ai-je pas été déçu, mais pas non plus extrêmement surpris et ébahi. L'histoire prend place dans l'univers froid et dur des vikings, une culture que je ne connais pas vraiment, mais à l'esthétique que j'ai toujours trouvé très attirante et marquée. Asgard pied de fer est un homme qui n'aurait jamais dû atteindre l'âge adulte, car son statut d'estropié dès la naissance l'a condamné normalement a finir sacrifié pour les dieux (une coutume "discutable" si l'on veut!), mais son père l'a épargné, persuadé que son fils pourrait un jour défier ces même dieux pour qui l'on condamne les enfants pour une simple malformation. Quelques cases seulement suffisent à montrer cela, avant que l'on rentre dans le vif du sujet. Des pêcheurs reviennent de leur expédition dans leur village, après avoir été attaqué une énième fois par la créature qui les persécute depuis trop longtemps. Asgard, contre une bourse bien remplie, propose d'aller éliminer le monstre, et les deux albums nous content le voyage d'Asgard et sa troupe (très vite réduite par le monstre) partis à la chasse à l'anguille géante. Et cette aventure est bien le seul véritable intérêt de ces deux albums, car les personnages, clichés au possible, entretiennent des relations bien superficielles qui ne parviennent pas à rendre le récit passionnant... (Le vieux vétéran sévère au regard dur mais au coeur fondant et la jeune intrépide qui se rend attachante auprès de lui, on repassera pour l'originalité). Mais cela dit, ça se laisse bien lire, l'action est très lisible, bien découpée, et on a droit à de beaux décors. J'aime beaucoup le design du monstre, qui se révèle être au coeur de la quête d'accomplissement d'Asgard, on comprend qu'il tient enfin son défi face aux dieux, ce qui est un élément de l'histoire plutôt intéressant au milieu du reste. Les effets de gigantisme sont réussis et il y a une bonne tension au fil de la traque. Une BD sympathique, qui se lit vite et bien, mais que je conseillerais en emprunt, car elle n'a pas grand chose de plus qu'un bon petit moment de lecture à offrir.

26/01/2021 (modifier)
Par Alix
Note: 3/5
Couverture de la série Fable Toscane et autres récits
Fable Toscane et autres récits

Mosquito continue de publier des recueils des histoires courtes de Toppi. Ce volume se détache un peu du lot par sa thématique, à savoir l’Italie natale de l’auteur, et l’amour qu’il porte à son pays, sa culture et ses légendes. Les histoires sont dans la lignée des autres fables de cet auteur, et ne sont pas spécialement marquantes. « Fable Toscane », qui donne son nom au recueil, est sans doute la plus intéressante, alors que d’autres sont vraiment anecdotiques (je pense notamment à « Quoi de plus banal qu'un incendie », la plus faible du lot selon moi). Le dessin est bien entendu superbe… bref, un recueil que je conseille surtout aux complétistes de cet auteur… Si vous désirez vous initier au superbe travail de Toppi, tournez-vous plutôt vers Sharaz-De, Le Collectionneur, Tanka ou encore Blues.

26/01/2021 (modifier)
Par McClure
Note: 4/5
Couverture de la série Clivages
Clivages

3,5 Runberg nous donne à découvrir un conflit qui, s'il ne dit jamais son nom, se situe clairement dans les Balkans ou le Caucase, ex Yougoslavie, Tchetchenie par exemple. Il met en place minutieusement une peinture des horreurs de ces conflits dits Civils où les règles d'engagement militaire n'existent presque plus et où les populations paient un lourd tribut aux exactions des différents partis. La force de son récit est de ne pas prendre parti pour un camp ou l'autre, mais de dépeindre la barbarie dans chaque camp, faiblement retenue par quelques âmes morales. Comme seront montrés les différents comportement des civils face à la guerre, entre lâcheté, individualisme et altruisme. Même les ONG se montrent démunies devant les crimes perpétrés. Les personnages semblent au début un peu fades mais ils se révèlent progressivement et prennent une ampleur progressive. Juliana, médecin de campagne est le pivot de la bourgade et va se montrer comme la force calme. Son mari est lui plus attentionné à la sécurité et au ciné club. Prisonnier, il va se solidifier progressivement. Parmi les militaires, le colonel Melok représente l'ordre, les principes moraux et il sera le garde fou de son second, chien de guerre limite psychopathe , le capitaine Brevim. Face à eux, des patriotes aux motivations diverses vont composer avec des chefs de guerre pour qui le conflit est synonyme des plaisirs qu'il procure, tueries, mise à sac, pil'ages et viols. Le récit m'a absorbé. J'ai suivi avec attention l'évolution de ce récit. C'est graphiquement plutôt réussi. Quelques erreurs pour moi sur les visages selon les angles et cadrages. Plus les visages sont lisses (féminins, enfantins), plus elles sont visibles. Pour autant ce n'est pas rédhibitoire. Les décors emsont bien rendus. Le village enneigé renforce c le huis clos de ce village. Les scènes de guerre correctement animées. La narration est bonne. Une belle lecture.

26/01/2021 (modifier)
Par Nabul
Note: 3/5
Couverture de la série La Différence invisible
La Différence invisible

Je savais, en prenant cette BD, de quel sujet elle traite. Et je pense que j'aurais préféré en faire la découverte pendant ma lecture, en même temps que le personnage de Marguerite. Car les autrices ont fait le choix très judicieux, je trouve, de ne pas avertir le lecteur qu'il est sur le point de lire une histoire pour présenter le syndrome d'asperger, forme particulière d'autisme. J'aime beaucoup le fait qu'on nous présente simplement un personnage, avec son mode de vie propre, réglé comme une horloge, sans imprévu, avec un contrôle maximal (autant qu'elle le peut) sur tout ce qui l'entoure. Tout bavardage, bruit de fond, ou autre représente un agacement, et chaque bruit est représenté dans les cases par des mots : "bavardage" écrit en boucle par exemple, pour les bruits de conversation. Cet exemple est d'ailleurs intéressant car il montre la perception qu'a le personnage de ces sons, et l'on comprend très vite, avec tous ces éléments, que l'on a affaire à une personne un peu marginale, qui perçoit le monde très différemment des autres qui prennent bien des choses pour acquis, alors qu'elles ne le sont pas du tout pour Marguerite. À partir du moment où le diagnostic est révélé, tout fait tout de suite sens, mais a, finalement, moins de charme. Attention, le discours exprimé à travers cette BD est vraiment intéressant, et le côté pédagogique bien fondu dans le récit. L'histoire ne s'arrête pas, elle prend juste un tournant plus classique et l'on voit très clairement qu'on nous fait une démonstration de ce qu'est cette forme d'autisme et de comment l'appréhender. J'ai appris beaucoup de chose et j'ai trouvé Marguerite très attachante, et cela rend les injustice dont elle est victime d'autant plus marquante et, pour certaines, douloureuses. J'étais par exemple offusqué de voir la réaction de certains (beaucoup!) des personnages face à la nouvelle du diagnostic qui lui a été livré. Beaucoup de membres de son entourage prennent ça à la légère et font comme si elle exagérait, qu'elle parlait d'une maladie imaginaire et pouvait même rire de son annonce. Je me suis tout de suite dit qu'il était absurde voire impossible que l'on puisse réagir avec aussi peu de tact et d'incompréhension, mais la BD a une grosse part biographique et une grosse dose de vécu. Et en lisant le dossier très enrichissant de la fin de l'album, on comprend qu'il y a effectivement un vrai problème dans la compréhension de l'autisme chez nous, même aujourd'hui, et qu'il faut impérativement aider les gens à connaître l'autisme, pour permettre à ceux qui le portent en eux de mieux vivre. Une BD qui se lit bien donc, avec une bonne approche pédagogique. J'en recommande la lecture.

26/01/2021 (modifier)
Par cac
Note: 2/5
Couverture de la série Des bombes et des hommes
Des bombes et des hommes

C'est presque à reculons que je ne mets que 2/5 car l'histoire a du potentiel et les dessins sont plutôt biens avec une colorisation à l'aquarelle. Au départ on commence un livre qui parle du conflit en ex-Yougoslavie avec une préface d'Enki Bilal pour qui c'est la terre d'origine. Cela présage d'un bel album, car j'imagine qu'il l'a lu avant d'en signer la préface et que c'est un auteur de bande dessinée reconnu qui fait référence. On suit les traces d'Isabelle qui fait ses premiers pas dans une organisation non gouvernementale dans un pays où la guerre fait rage depuis déjà plusieurs années. Elle sera chargée de la logistique autour du stock de nourriture. Donc on est dans un roman graphique et pas un récit historique même si c'est fortement inspiré de la vie de la scénariste Estelle Dumas, si j'ai bien compris. Elle explique à la fin quelques écarts entre son récit et la réalité comme certains événements survenus à des moments chronologiquement différents. A la base c'était destiné à être un scénario de film, qui ne s'est pas fait et c'est devenu une bande dessinée. Pour en revenir à Isabelle, elle est accueillie comme la bleu bite qu'elle est dans un pays où les bombes tombent parfois du ciel. C'est-à-dire qu'on ne croit pas trop à la longévité de sa vocation d'humanitaire. Un jour un convoi est autorisé à aller dans l'enclave de Gorazde et elle y prend part. A ce propos il faudra que je lise la bande dessinée du même nom de Joe Sacco un de ces jours. Une fois là-bas, on voit que les gens manquent de tout, de nourriture bien sûr mais aussi de culture avec un cinéma qui est totalement à l'arrêt. Donc Isabelle va tout faire pour résoudre ce problème. En fait je crois que le mien de problème est que je n'ai pas réussi à m'attacher à Isabelle et à tout ce qu'elle fait. Elle est jeune, c'est une femme, et elle donne tort à tout le monde car elle réussit à peu près tout - presque contre tous -, notamment la gestion d'un stock de cochon dont les bosniaques musulmans ne veulent pas ce qui se comprend, et Alerte Spoiler à la fin on projette un James Bond grâce à elle. Mais aussi côté dessin, j'étais parfois confus dans les personnages, et entre autres je relève la très bonne idée d'avoir fait deux protagonistes quasiment pareilles physiquement, rousses toutes les deux, ce qui aide bien à comprendre car je rappelle que contrairement au projet initial on n'est pas dans un film où on pourrait distinguer leurs voix au moins. Bref j'ai tourné les pages sans conviction et ce sont les quelques pages du dossier final retraçant le contexte de création de l'album qui m'ont le plus intéressé, c'est dire.

26/01/2021 (modifier)
Par Yann135
Note: 5/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Che - Une vie révolutionnaire
Che - Une vie révolutionnaire

Roulement de tambour s’il vous plaît. Oyé Oyé voici le commandant Ernesto « Ché » Guevara ! Faites de la place à cet album admirable dans votre bibliothèque. Je suis encore sous le choc de la lecture de cette BD fantastique. Un pavé de plus de 400 pages. Que vous soyez un fan ou pas de la révolution cubaine, que vous soyez un communiste endurci ou un impérialiste convaincu, vous serez subjugués par la vie de ce révolutionnaire argentin auréolé d’un prestige sans égal dans le monde entier. Jon Lee Anderson – journaliste au New Yorker, correspondant de guerre et spécialiste de l’Amérique latine - tire un portrait sans concession de ce mythe porté aux nues et sans nul doute plus connu qu’Elvis, que de Ronaldo ou encore que de Madonna. Cette adoration hors norme a son côté obscur et c’est le prisme de ce récit sans concession. Intéressant de livrer une vérité sur ce parangon d’une jeunesse rebelle. Vous ne porterez peut-être plus votre teeshirt avec l’effigie du Ché ! C’est le seul risque que vous prenez à la lecture de cette biographie. Alors vous faites quoi ? Vous avez raison, il faut plonger dans ce portrait sans mansuétude, mais ô combien captivant. Vous allez vous régaler. A vous ce personnage que vous allez côtoyer de 1952 quand il quitte Buenos Aires pour parcourir l’Amérique Latine à sa mort le 9 octobre 1967 à La Huguera en Bolivie. 15 ans de sa vie sous les feux des projecteurs avec une kyrielle de personnages haut en couleurs …. Fidel Castro, Nixon, Kennedy, Nasser, Kabila ou en encore Kroutchev. Elle a de la gueule cette galerie. Voilà un cours d’histoire comme vous n’en n’aurez jamais. Le style narratif est excellent en s’appuyant sur des articles de presse d’époque et sur la correspondance entretenue par le Ché avec sa famille et avec Fidel. Nous sommes dans ses pensées. Dans son intimité. Nous appréhendons ses doutes et ses certitudes. Nous percevons sa personnalité bien complexe. Aucune empathie pour ses parents ou pour les femmes qui ont partagé sa vie et qu’il a délaissé pour vivre égoïstement ses révolutions à Cuba, au Congo ou encore en Bolivie. Tout ceci est magnifié par la patte du mexicain José Hernández. Que c’est beau ! Le dessin est d’un réalisme époustouflant. Il accompagne les mots d'Anderson. Le côté sombre exalte le plaisir des yeux. Dingue le boulot qu’il a fallu pour réaliser ces 429 planches. Je suis encore abasourdi par ce graphisme. Impressionnant. Les traits de Fidel ou d’Ernesto sont ultra méga stupéfiants. Des photographies. Nous sommes tout simplement dans une sorte de reportage photo. Renversant. Et vous savez, avec cet album c’est à vous de juger Ernesto Guevara. Doit-il rester une référence iconique pour des adolescents révoltés ou n’est-il en fin de compte qu’un vulgaire révolutionnaire sanguinaire ? Jon Lee Anderson ne fait que restituer des faits en s’interdisant de juger les actions du commandant. Ça va vous bouger, ça va vous perturber, ça va vous déranger mais au bout du bout ça va vous questionner. Quand je vous dis que la lecture de cet album est exquise. Cela fait bien longtemps que mon petit coeur n’avait pas palpité autant à la lecture d'une BD. Aussi cette biographie documentée enrichissante, je vous la recommande sans réserve.

26/01/2021 (modifier)
Couverture de la série A la vie !
A la vie !

Peu importe sa profession, je pense qu'il est bon pour chacun de lire cette bd, car nous serons un jour ou l'autre tous confrontés à la mort. C'est simple, drôle, émouvant, bref un petit bijou pour les soirs d'hiver. Attention aux petites larmes qui vont sortir mais c'est ce qui rend cette bd encore plus magique.

26/01/2021 (modifier)
Par fuuhuu
Note: 4/5
Couverture de la série L'Attaque des Titans
L'Attaque des Titans

Seulement 4 avis sur ce Shingeki No Kyojin??? Ce manga fait la une des cours de récréations depuis plusieurs années et surpasse même les ventes de Naruto et Dragon Ball. Dans un monde médiéval où des titans ont envahi la planète, les derniers humains se sont retranchés entre des murs de plus de 100 mètres de haut pour y vivre comme enfermés dans une cage. Quand un jour, un titan colossal, plus grand que le mur, le détruit et laisse tous les titans pénétrer dans la ville. Eren, notre héros, voit sa maman se faire dévorer devant lui. Il va jurer d'exterminer tous les titans jusqu'au dernier. Encore un énième shonen vous allez me dire? Oui mais non ! Celui ci est vraiment particulier. Tout d'abord, l'ambiance effrayante, malsaine et oppressante qu'impose les titans est fabuleuse. Nous ne sommes que des fourmis face à eux, notre vie ne vaut rien et le manga n'a de cesse de nous le rappeler. Car oui, si vous avez été choqué par les nombreuses morts de Game of Throne où Walking dead, vous n'avez encore rien vu ! Le plus grand point fort de cette série est sans aucun doute la qualité de la narration. J'ai fort apprécié le fait que l'auteur nous fait d'immenses révélations mais en arrière plan, comme si de rien n'était. Il y a également de nombreuses interrogations présentes. D'où viennent les titans? Y a t il quelque chose au delà du mur? Pourquoi certains titans ont des facultés spécifiques? Comment le mur a t il été construit? Le gouvernement est bizarre non? Qu'y a t il dans le sous sol du père d'Eren? D'ailleurs parlons en de ce sous sol. Durant une dizaine de tome, on ne parle que de lui. On nous promet d'immenses révélations. Nos attentes sont tellement hautes qu'on ne peut malheureusement qu'être déçu. Du moins c'est ce que je croyais. Je vous promet une chose, vous n'êtes pas prêt. Personne ne peut être prêt pour ce sous sol. Ce passage là, justifie à lui seul l'achat de toute la série. Je crois n'avoir jamais été aussi choqué par des révélations qu'ici. Le manga prend une toute autre dimension à partir de ce sous sol. Je sais que ce site n'est pas dédié aux animés, mais je ne peux que vous inviter à le regarder également. Il est splendide tant au niveau des graphismes, de sa mise en scène, des points de vue, de sa musique et j'en passe. Même en connaissant le manga par cœur, je prend énormément de plaisirs à revoir l'histoire en anime. 4,5 étoiles MAUPERTUIS, OSE ET RIT !

26/01/2021 (modifier)
Par Josq
Note: 2/5
Couverture de la série Le Testament du docteur M
Le Testament du docteur M

Sans être une mauvaise bande dessinée, je trouve que Le Testament du docteur M est un immense gâchis. Le potentiel est là, il est énorme, et Jean-Pierre Pécau n'en fait rien, strictement rien. Le McGuffin est excellent (un photogramme disparu d'un film de Fritz Lang), et augure une plongée dans un récit noir doublé d'un hommage cinéphile qui devrait nous enchanter. Hélas, on déchante vite. Certes, le dessin de Damour est plutôt bon et crée un univers sinon bon, au moins correct, certes, le point de départ de l'intrigue est intéressant et on veut savoir où il va nous mener. Mais la réponse arrive vite : nulle part. Deux choses frappent, à la lecture de cette bande dessinée. La première chose, c'est son absence totale d'originalité. Tout est banal, et dégage ce désagréable sentiment de lire quelque chose qu'on a déjà lu/vu mille fois ailleurs. Aucune scène ne sort du lot, hormis une ou deux, c'est désespérément banal, et souvent assez vain. Quant au scénario global, malgré un premier tome qui pose globalement de bonnes bases, l'incursion du fantastique dans le récit nous fait très vite entrevoir le risque de tomber dans une de ces histoires de secte avide de pouvoir qui manipule les esprits pour arriver à ses fins. Et dès que le risque commence à se concrétiser, le scénario perd tout ce qui lui restait de sa saveur... La deuxième chose, c'est que Pécau multiplie les références sans jamais les utiliser autrement qu'en les copiant maladroitement (la reprise du Grand dieu Pan d'Arthur Machen, sans autre intérêt que celui de s'approprier le travail d'un autre) et sans jamais les intégrer vraiment à son intrigue. Le scénario est constamment superficiel et ne fait rien des références qui y sont injectées : on a cité Lang, on a cité Machen, très bien, maintenant, ça sert à quoi ? A rien dut tout. Bref, pas grand-chose à sauver dans cette bande dessinée peu agréable à lire de par son manque flagrant d'originalité. L'atmosphère est potable, le personnage principal relativement efficace, et le dessin fait le taff. C'est peu, mais ça évite déjà de faire de ce décevant Testament du docteur M un calvaire. Juste une série terriblement anecdotique.

26/01/2021 (modifier)
Couverture de la série Nottingham
Nottingham

Deux scénaristes passionnés d’histoire qui s’associent pour revisiter la légende de Robin des Bois, voilà qui était de bonne augure pour nous éloigner de l’image d’Epinal que l’on a du personnage. Et le moins que l’on puisse dire est qu’ils y ont été fort ! Le shérif de Nottingham et Marianne voient ainsi leurs rôles chamboulés par rapport aux versions précédentes. Et ce n’est pas plus mal ! Par ailleurs, les deux scénaristes introduisent leur récit via un assez long préambule qui permet de resituer le contexte dans un cadre historique et politique tangible. Aventure et histoire sont ainsi intimement liés, la première pouvant s’appuyer sur les fondements de la deuxième. Ce premier tome est donc un tome introductif, parfois un peu long dans sa première partie, mais les partis-pris surprennent et donnent tout son intérêt à cette énième revisite. Par ailleurs, la seconde partie du récit cède plus d’espace à l’action et nous retrouvons ainsi un véritable récit d’aventure. Le dessin de Benoît Dellac est agréable à lire même si j’aurai préféré un peu plus de finesse sur les visages des personnages. Les décors sont, par contre, la plupart du temps excellents. Une grosse partie du récit se déroule dans la pénombre sans que ce dernier ne perde en lisibilité, preuve de la belle symbiose qui a associé le dessinateur et son coloriste. Dans l’ensemble ce premier tome est donc très prometteur. Je lirai la suite avec plaisir, en espérant que le caractère historique demeure une toile de fond sur laquelle l’aventure pourra s’exprimer en plein.

26/01/2021 (modifier)