J'ai toujours trouvé cela horrible, une perturbation, un bug, dans (A Suivre) que j'adorais. Trop artificiel et kitsch sans rédemption pour le dessin. Également conventionnel dans le prétendu érotisme et l'idée de liberté! Les images de la nature et surtout des bâtiments étaient tirées de photographies... et Violette n'a jamais correspondu à mon image de femme... cette série ne me plaisait déjà plus à l'époque et je demande pardon a ceux qui aiment, mais je pense qu'elle a très mal vieilli.
Chantal Montellier cite Genet, Guyotat et Virgina Wolf dans sa préface, on s'attend donc à une lecture assez exigeante...
Montellier était une artiste engagée (à bâbord), les histoires parlent de féminisme, d'homosexualité, de causes sociales.
Certains récits sont abscons, d'autres tombent dans la dénonciation un peu cliché. Mais quand Montellier s'aventure dans les eaux de la SF, c'est toujours à ce moment que ça devient intéressant :
La troisième guerre mondiale a commencé. Dans sa chambre, un homme décide de se suicider suite à une rupture amoureuse. Des passants regardent vers le ciel et se mettent à crier. La dernière image c'est celle de l'homme avec un pistolet dans la bouche, momifiée par l'explosion nucléaire.
Voilà, c'est ça Chantal Montellier, la capacité à atteindre parfois l'excellence en quelques pages.
Contrairement à mon compère du dessous, je trouve que le dessin a conservé toute sa modernité. Un style unique, une sorte d'enfant bizarre de Maruo et Tardi.
Une lecture réservée à quelques initiés et curieux.
Un recueil de cinq histoires courtes par Gillon publié au sein de la renommée collection Pied Jaloux.
Je vais faire hurler les puristes mais à mon avis, une colorisation de cette bande aurait permis de rendre certaines histoires moins confuses.
Je n'ai pas compris la chute des deux dernières, ce qui fait baisser ma note d'un point.
Malgré la jolie couverture, un one shot très anecdotique dans l'œuvre de Paul Gillon.
La série « Cyborgs » est celle qui m’a le moins convaincu parmi toutes les séries de science-fiction et de fantasy que j’ai lues de Jean-Luc Istin.
J’ai découvert Cyborgs après avoir déjà lu Androïdes, Elfes / Mages / Orcs / Nains, I.S.S. Snipers et Conquests. Comparée à ces séries, Cyborgs m’a semblé la plus faible du point de vue de la construction des intrigues et de la cohérence narrative. On y trouve beaucoup trop de clichés, des rebondissements peu réfléchis, et des « deus ex machina » qui apparaissent soudainement — tantôt pour sauver les héros, tantôt pour leur compliquer la vie. À force, cela devient très visible.
Par moments, cela commence à ressembler à un comics américain conçu principalement pour la vente et la commercialisation. On y retrouve moins ce qui fait souvent la force de la BD : une idée forte, un véritable propos d’auteur — quelque chose que l’on percevait, à des degrés divers, dans les autres séries mentionnées.
L’histoire reste malgré tout intéressante, mais elle contient trop d’éléments invraisemblables qui ne sont jamais expliqués et qui finissent par affaiblir l’ensemble. Un exemple frappant : une jeune fille parvient à soulever une voiture au-dessus de sa tête grâce à un bras cybernétique qui commence à l’épaule. On nous dit : « oui, mais son bras est cybernétique ». Je peux accepter cela. Mais lever deux tonnes au-dessus de la tête ne dépend pas seulement des bras : la charge est supportée par le dos, le tronc et les jambes — qui, dans ce cas, restent celles d’une adolescente de quinze ans, parfaitement ordinaires.
Ce type de situation apparaît plusieurs fois dans la série. Et ce genre d’incohérence finit par briser la « suspension d’incrédulité ». C’est un peu comme voir quelqu’un crier dans l’espace — où il n’y a pas de son — ou rouler sur des roues carrées : cela sort immédiatement le lecteur de l’histoire.
Peut-être que cette série s’adresse avant tout à un public plus adolescent, pour qui ce type de détails a moins d’importance. Mais pour moi, en tant qu’amateur des œuvres de Jean-Luc Istin et des séries de science-fiction publiées par Soleil en général, « Cyborgs » m’a laissé une impression nettement moins forte que les autres.
Une histoire que l’adulte que je suis a lue plutôt avec plaisir, même si je pense qu’elle s’adresse avant tout à des adolescents – qui pourront s’identifier aux personnages de leur âge.
Une histoire fantastique qui m’a parfois fait penser à « Harry Potter » (un mal oppressant et de plus en plus menaçant, des jeunes en premières ligne, des pouvoirs magiques, etc.), mais qui se révèle quand même original, avec une construction qui, par étapes, nous fait découvrir un univers dans lequel on (en tout cas les « Particuliers » peut passer d’une époque à l’autre. Leur univers « parallèle » s’imbrique dans celui des gens « normaux » (on accepte facilement certaines facilités à ce propos).
Je m’attendais à ce que l’époque de la bataille d’Angleterre ou les exactions nazies, soient davantage exploitées (directement ou sous forme d’analogie), mais ça reste généralement lointain.
Même si je pense ne pas être le cœur de cible, et si l’intrigue ne m’a pas non plus passionné, j’admets volontiers que d’autres lecteurs (surtout ados donc, mais pas seulement) puissent y trouver davantage leur compte.
La narration est assez aérée. Peu de texte, un dessin réaliste agréable – même si détails, décors et arrière-plans ne sont pas développés – donne une bonne fluidité de lecture.
Certes Tout public, cet album s’adresse avant tout à un jeune lectorat (et c’est à cette aune que je l’évalue).
En effet, j’ai trouvé l’ensemble un peu – beaucoup même, parfois – facile et naïf. C’est d’ailleurs une des choses qui m’a un peu gêné.
L’histoire proposée par Corbeyran met en avant de belles valeurs : lutte contre le racisme et plus généralement les préjugés, lutte contre les violences faites aux femmes (Wakanda partage le premier rôle et se révèle une forte personnalité – presque anachronique d’ailleurs), mélange entre Blancs et Indiens, dénonciation de l’esclavage, etc.
Centrée autour d’un convoi en partance du Missouri pour l’Oregon, l’intrigue abandonne rapidement cet aspect « voyage au long cours (à mon grand regret), pour bifurquer vers quelque chose ressemblant presque à un polar, avec un jeune esclave fugitif accusé de plusieurs délits/crimes, sur le point d’être lynché, mais qui est défendu par le duo de guide du convoi, un couple étonnant – une Sioux et un trappeur d’origine française, qui vont tout faire pour le disculper, et pour trouver les vrais responsables.
Mais les personnages sont trop manichéens, et l’intrigue manque elle aussi de subtilité, voire de crédibilité (pour tout ce qui tourne autour du pasteur accompagnant le convoi et le responsable des vols par exemple).
Tous les aspects « dangereux », toutes les actions des « méchants », sont bien souvent édulcorés et, contre toute attente en ces temps et en ces lieux, il y a toujours quelqu’un pour calmer le jeu, faire entendre raison (le juge, le chef du convoi, etc.), et même la tentative de viol contre Wakanda reste une péripétie sans importance.
Tous ces aspects « gentils » (personnages et intrigue) passe moins pour un lecteur adulte je pense. Et les Indiens (on mêle ici Mandans, Sioux et Hurons) ne sont qu’un décor.
Enfin, autre frustration me concernant : cette « piste de l’Oregon », annoncée dans le titre, mise en avant par la carte et le texte de présentation en ouverture et conclusion de l’album, est escamotée. En effet, si j’en crois l’intrigue, les personnages ont quasiment fait du surplace, et son encore au point de départ de cette piste, au Missouri, et ce qui m’intéressait au départ, à savoir ce long voyage, n’est en fait jamais traité. Du coup en refermant l’album, je me suis dit que celui-ci inaugurait une série, mais le gros « Fin » concluant l’histoire me laisse perplexe donc…
Le dessin est lisible (il manque un peu de détails) mais il penche lui aussi plutôt du côté d’un lectorat assez jeune.
Note réelle 2,5/5.
Cette adaptation en dessin est le croisement parfait entre l’ouvrage historique (en l’occurrence celui du colonel Michel Goya) et le documentaire télévisé, démontrant s’il en était besoin que la bande dessinée est devenu un medium incontournable dans le registre de l’information.
Incontournable, le sujet l’est aussi, et c’est le moins qu’on puisse dire, puisqu’il est question ici de la destruction de Gaza dans la foulée des attentats du 7 octobre 2023, un événement comparable à un séisme géopolitique d’une échelle quasiment jamais égalée
L’ouvrage est consistant, très bien documenté. Il démarre avec les instants précédant l’attaque coordonnée du Hamas sur Israël, notamment sur des bases militaires, des kibboutz proches de la frontière et le festival Nova, une attaque qui aura fait plus de 1000 morts côté israélien, avec les conséquences que l’on connaît.
Et pour bien resituer le contexte, l’auteur a actionné la machine à remonter le temps jusqu’à la fin du XIXe siècle, afin d’entrevoir les origines du sionisme : une utopie développée par Théodore Herzl dans la foulée de l’Affaire Dreyfus. Inquiet du regain d’antisémitisme en Europe (et ce bien avant les horreurs commises par les nazis), Herzl avait pour projet de créer un Etat sur les terres ancestrales du Proche-Orient (l’ancien « Royaume de Judée ») où les Juifs pourraient se sentir en sécurité, à l’abri des pogroms récurrents qui se produisaient en Europe de l’Est et en Russie. Si l’idée était légitime, elle en laissait certains dubitatifs et pas des moindres, notamment Freud qui y décelait un danger potentiel, mais elle put toutefois se concrétiser dès 1917 grâce à la déclaration Balfour. Dès lors, les Juifs commencèrent à émigrer en Palestine, alors sous mandat britannique, provoquant déjà des tensions avec les Arabes nationalistes qui revendiquaient le territoire.
De façon très détaillée, l’historique de la région va être déroulé jusqu’à nos jours, en passant par la proclamation d’Israël en 1948. Les protagonistes de part et d’autre se succèdent au fil des décennies, on évoque la colonisation implacable des Israéliens sur les territoires palestiniens, les phases de négociation peu suivies d’effets entre deux guerres meurtrières, le cycle des vengeances sans fin, avec les innombrables attentats, massacres et intifadas, rythmés par le décompte sinistre des victimes des deux camps. Jusqu’à ce jour fatidique du 7 octobre. Un bilan effroyable résultant de tensions permanentes depuis plus de cent ans (si l’on exclut la courte parenthèse succédant à l’accord de paix entre Rabin et Arafat en 1993, rapidement mis à mal par l’assassinat du 1er ministre israélien par un juif extrémiste religieux) qui pose question sur la pertinence du projet de Théodore Herzl, devenu un « laboratoire du chaos »…
Très dense, la partie historique est ponctuée par les « retex » du colonel Goya (que l’on suppose extrait de son livre) et des passages plus fictionnels, jouant davantage sur l’image, où l’on suit des gens ordinaires victimes d’un conflit qu’ils ne font que subir, toujours décidé dans les hautes sphères de part et d’autre.
En faisant référence à l’épisode biblique de Jacob, le troisième patriarche, la conclusion donne lieu à un constat amer, sachant que David Ben Gourion, l’un des fondateurs d’Israël, avait lui-même averti que non seulement le conflit allait « continuer peut-être encore des centaines d’années », mais « gagnerait probablement encore en férocité ». Celui-ci étant décédé en 1973, on ne pourra malheureusement pas dire qu’il s’était trompé dans ses prédictions… Mais dans l’immédiat, une question s’impose : « Une fois les otages libérés, comment les Israéliens vont-ils digérer leur responsabilité dans la conduite de la guerre ? Comment vont-ils se vivre en tant que nation, à l’intérieur comme à l’extérieur ? ».
Le dessin minutieux et très photographique de Florent Calvez convient parfaitement pour donner au livre de Goya une ampleur visuelle saisissante. Les tonalités quasi monochromes aux couleurs terreuses, avec une pointe orangée pour les scènes violentes, n’inspirent ni la gaité ni l’optimisme, et il n’y a vraiment pas de quoi, mais elles confèrent à la narration une neutralité appropriée.
« L’Embrasement » est un ouvrage essentiel pour tenter d’avoir une vue raisonnée de la situation dans cette partie du monde plus que jamais en proie au désordre. Pour éviter d’exacerber un sujet hautement radioactif, les auteurs se sont cantonnés à énumérer les faits de la façon la plus objective possible, démarche très appréciable s’il en est. Ils évitent même d’employer le terme de « génocide », alors même qu’une enquête de l’ONU a qualifié ainsi la guerre d’Israël sur Gaza. La neutralité recherchée du livre permettra à chacun de se faire son idée, car quand l’émotion prend le pas sur la raison, seuls les faits parlent… Quoi que l’on en pense, Florent Calvez confesse en postface avoir pris des libertés par rapport au livre original, mais insiste sur cette dimension de neutralité, tout en se disant bouleversé par certains témoignages et certaines images. A défaut d’être irréprochable, il dit avoir « taché d’être honnête », « ayant toujours considéré toutes les victimes dans leur statut particulier, quelles qu’elles soient, d’où qu’elles soient. ». Et on le remercie pour ça. Et pour ce travail salutaire.
Le scénario, concocté par Valérie Mangin, offre une trame générale bien pensée, où chaque tome apporte une avancée significative tout en maintenant le lecteur en haleine pour la suite. L'intrigue se déploie avec intelligence, mêlant habilement des éléments historiques et des éléments de science-fiction, créant ainsi un univers à la fois familier et exotique.
Les dessins et les couleurs, réalisés avec talent par Aleksa Gajic, apportent une dimension visuelle saisissante à l'ensemble. Les planches, fluides et agréables à la lecture, réussissent à capturer l'intensité des scènes d'action et à donner vie aux personnages. Cependant, j'ai noté une légère irrégularité dans la qualité de l'illustration au cours des premiers tomes, mais cela s'est amélioré par la suite.
Les dialogues, bien que parfois perfectibles, restent globalement de bonne qualité. Cependant, un élément m'a particulièrement marqué : l'évolution des personnages au fil de la série. Leurs transformations et les changements qui s'opèrent en eux sont traités avec subtilité, ce qui donne une profondeur supplémentaire à l'histoire. Les protagonistes gagnent en complexité et en profondeur, offrant ainsi une lecture plus nuancée et immersive.
En dépit de quelques défauts mineurs, "Le Fléau des Dieux" demeure une oeuvre qui mérite d'être découverte. L'audace deValérie Mangin dans sa transposition de l'histoire antique dans un contexte futuriste est admirable. La richesse de l'univers créé et la manière dont l'histoire traverse l'espace et le temps sont des éléments qui ont su m'emporter dans cette épopée intergalactique.
J’ai vraiment adoré lire Star Wars: Dark Vador – Le Seigneur Noir des Sith, une série scénarisée par Charles Soule et dessinée principalement par Giuseppe Camuncoli. L’histoire se déroule juste après Star Wars: Episode III – Revenge of the Sith, au moment où Anakin Skywalker vient tout juste de devenir Dark Vador.
Ce que j’ai trouvé particulièrement intéressant, c’est que ce comics montre vraiment la naissance du véritable Dark Vador. Au début du récit, il n’est pas encore le seigneur Sith froid et terrifiant que l’on connaît dans les films. Il est encore marqué par la chute d’Anakin, il doit apprendre à vivre avec son armure, sa douleur et la haine qui l’alimente. On le voit accomplir ses premières missions pour l’Empereur : traquer les Jedi survivants de l’Ordre 66, trouver son sabre laser Sith et commencer à se faire une place dans l’Empire.
J’ai aussi beaucoup aimé la relation entre Vador et Palpatine. L’Empereur manipule constamment son apprenti et le pousse à devenir toujours plus impitoyable. On comprend bien que Vador est à la fois un monstre redouté et un personnage tragique, prisonnier de sa colère et de ses choix. Le comics développe aussi des éléments que les films ne montrent pas vraiment : les Inquisiteurs, la traque des Jedi survivants, ou encore la construction de la forteresse de Vador sur Mustafar.
Côté dessins, j’ai trouvé le travail de Giuseppe Camuncoli vraiment impressionnant. Son style est très dynamique et très lisible, avec des planches qui donnent parfois l’impression de voir des scènes directement sorties d’un film Star Wars. Les combats au sabre laser sont spectaculaires, les décors sont riches en détails et l’ambiance visuelle est souvent très sombre. Les couleurs jouent beaucoup sur les contrastes et les rouges, ce qui renforce le côté violent et oppressant du récit.
Un point intéressant aussi, c’est l’histoire éditoriale du comics en France. La série a d’abord été publiée en kiosque puis dans la collection 100% Star Wars de Panini Comics en 4 tomes. Elle a ensuite été rééditée en 2 volumes dans la collection Star Wars Deluxe, puis dans une édition Absolute grand format pour les collectionneurs. Plus récemment, l’ensemble du récit a été rassemblé dans un Omnibus d’environ 600 pages.
Au final, j’ai trouvé que Le Seigneur Noir des Sith est un comics vraiment marquant. Il approfondit énormément le personnage de Dark Vador et montre comment Anakin Skywalker disparaît progressivement pour laisser place au seigneur Sith que toute la galaxie redoute. Pour moi, c’est clairement l’une des meilleures histoires Star Wars du canon moderne.
Je ne partais pas convaincu par ce mélange des genres, mais j'avoue que je suis sorti de ma lecture plus que surpris et j'ai beaucoup apprécié ce premier tome.
D'une, le dessin de Vax est de très bonne facture (mention spéciale pour ses dragons !!!), ensuite le scénario tient plus que très bien la route, pour une idée qui paraissait aussi casse gueule. Nicolas Jarry a su trouver les bons dosages pour son melting pot historico-fantastique avec des personnages intéressants et développé une relation humains/dragons qui fait sens.
La narration coule de source grâce a un très bon découpage de Vax ; on se laisse prendre par ce récit au bout de quelques pages pour ne pas le lâcher avant la fin. Les scènes de batailles sont des plus réussies ! Bref, une très bonne mise en bouche !
*** Tome 2 ***
Dans ce 2e tome, Nicolas Jarry nous propose de replonger dans les méandres de la première Guerre Mondiale en suivant le par cours de Frank Luke.
Ce jeune cow-boy américain de 12 ans vois sa vie réduite à peu de chose après qu'un dragon ait englouti le troupeau familial et ruiné dans la foulée la famille. Frank ne rêve que de vengeance et s'engage donc dans le conflit européen qui vient d'éclater pour aller bouffer du dragon. On suit donc cet engagement et son évolution au sein de l'armée de l'air qui va l'amener à affronter l'un des plus terrible dragon qui sème la terreur sur les champs de bataille français...
Je ressors un brin déçu par ce second tome, tant le 1er m'avait agréablement surpris. Pour le coup, la trame de cet opus reste un peu trop classique et prévisible. Côté dessin Léoni et Negrin assurent le contrat avec un trait réaliste qui fait le job et quelques très belles scènes de batailles aériennes.
Bref, un tome qui ne casse pas des briques ; je passe la série à 3.5/5 en attendant de voir ce que le 3e donnera, en espérant qu'il sera plus dans l'esprit du 1er.
*** Tome 3 ***
Si le premier tome reste jusqu’ici le meilleur à mes yeux, ce 3e opus m'a quand même davantage intéressé que le précédent.
C'est en effet l'originalité du contexte choisi qui m'a intéressé : la guerre civile angolaise qui a suivi l'indépendance officielle du pays en 1975, ancienne colonie portugaise. Je ne connaissais rien de cette transition, le fait est qu'elle s'est faite dans la douleur. Les indépendantistes s'éparpillaient déjà dans au moins 3 partis, quand la guerre civile a éclaté, ça ne s'est pas arrangé.
C'est donc dans ce contexte que notre jeune héroïne va se retrouver embrigader par une des milices para-militaire (le MPLA) comme de nombreux enfants. Leur chef sème la terreur grâce au dragon qu'il contrôle, les récalcitrants finissant rapidement en en-cas ou calciné proprement... Mais notre jeune Anica, 13 ans ne compte pas faire carrière et réussit à s'enfuir ; elle a toujours en mémoire l'histoire du Kongamato que lui racontait son grand-père : une créature légendaire venait parfois se mettre au service des guerriers de son village lorsque le malheur frappait...
Si l'histoire reste assez prévisible, elle n'en reste pas moins agréable, servie par un dessin efficace. Une bonne BD pop-corn.
Je reste sur une notation globale à 3.5/5
*** Tome 5 ***
Ce cinquième opus nous embarque en 1969 en pleine guerre du Vietnam. Nick, un tireur d'élite, et son commando crashent leur hélicoptère en pleine jungle après avoir été attaqué par un dragon. Seul survivant, il épargne un jeune garçon, qui pourtant maîtrise le dragon qui vient de les attaquer. Il prend même le parti de s'enfuir avec lui avant l'arrivée des Vietcongs à travers la jungle...
J'avoue avoir bien apprécié ce nouvel album de la série, que je classerai juste après le premier de la collection. Le dessin de Stéphane Bervas est bon et nous immerge parfaitement dans ce contexte de la guerre du Vietnam, lui donnant l'opportunité de nous proposer de magnifiques dessins de jungle et de son ambiance si singulière. Ses dragons sont aussi très réussis. Ajoutez à cela une trame narrative bien pensée, loin des manichéismes qu'on retrouve trop souvent dans les récits de guerre, des rebondissements qu'on ne voit pas venir, et vous avez au final un album qui tient parfaitement la route et se laisse lire avec grand plaisir.
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Tendre Violette
J'ai toujours trouvé cela horrible, une perturbation, un bug, dans (A Suivre) que j'adorais. Trop artificiel et kitsch sans rédemption pour le dessin. Également conventionnel dans le prétendu érotisme et l'idée de liberté! Les images de la nature et surtout des bâtiments étaient tirées de photographies... et Violette n'a jamais correspondu à mon image de femme... cette série ne me plaisait déjà plus à l'époque et je demande pardon a ceux qui aiment, mais je pense qu'elle a très mal vieilli.
Lectures
Chantal Montellier cite Genet, Guyotat et Virgina Wolf dans sa préface, on s'attend donc à une lecture assez exigeante... Montellier était une artiste engagée (à bâbord), les histoires parlent de féminisme, d'homosexualité, de causes sociales. Certains récits sont abscons, d'autres tombent dans la dénonciation un peu cliché. Mais quand Montellier s'aventure dans les eaux de la SF, c'est toujours à ce moment que ça devient intéressant : La troisième guerre mondiale a commencé. Dans sa chambre, un homme décide de se suicider suite à une rupture amoureuse. Des passants regardent vers le ciel et se mettent à crier. La dernière image c'est celle de l'homme avec un pistolet dans la bouche, momifiée par l'explosion nucléaire. Voilà, c'est ça Chantal Montellier, la capacité à atteindre parfois l'excellence en quelques pages. Contrairement à mon compère du dessous, je trouve que le dessin a conservé toute sa modernité. Un style unique, une sorte d'enfant bizarre de Maruo et Tardi. Une lecture réservée à quelques initiés et curieux.
Les Mecanoïdes associés
Un recueil de cinq histoires courtes par Gillon publié au sein de la renommée collection Pied Jaloux. Je vais faire hurler les puristes mais à mon avis, une colorisation de cette bande aurait permis de rendre certaines histoires moins confuses. Je n'ai pas compris la chute des deux dernières, ce qui fait baisser ma note d'un point. Malgré la jolie couverture, un one shot très anecdotique dans l'œuvre de Paul Gillon.
Cyborgs
La série « Cyborgs » est celle qui m’a le moins convaincu parmi toutes les séries de science-fiction et de fantasy que j’ai lues de Jean-Luc Istin. J’ai découvert Cyborgs après avoir déjà lu Androïdes, Elfes / Mages / Orcs / Nains, I.S.S. Snipers et Conquests. Comparée à ces séries, Cyborgs m’a semblé la plus faible du point de vue de la construction des intrigues et de la cohérence narrative. On y trouve beaucoup trop de clichés, des rebondissements peu réfléchis, et des « deus ex machina » qui apparaissent soudainement — tantôt pour sauver les héros, tantôt pour leur compliquer la vie. À force, cela devient très visible. Par moments, cela commence à ressembler à un comics américain conçu principalement pour la vente et la commercialisation. On y retrouve moins ce qui fait souvent la force de la BD : une idée forte, un véritable propos d’auteur — quelque chose que l’on percevait, à des degrés divers, dans les autres séries mentionnées. L’histoire reste malgré tout intéressante, mais elle contient trop d’éléments invraisemblables qui ne sont jamais expliqués et qui finissent par affaiblir l’ensemble. Un exemple frappant : une jeune fille parvient à soulever une voiture au-dessus de sa tête grâce à un bras cybernétique qui commence à l’épaule. On nous dit : « oui, mais son bras est cybernétique ». Je peux accepter cela. Mais lever deux tonnes au-dessus de la tête ne dépend pas seulement des bras : la charge est supportée par le dos, le tronc et les jambes — qui, dans ce cas, restent celles d’une adolescente de quinze ans, parfaitement ordinaires. Ce type de situation apparaît plusieurs fois dans la série. Et ce genre d’incohérence finit par briser la « suspension d’incrédulité ». C’est un peu comme voir quelqu’un crier dans l’espace — où il n’y a pas de son — ou rouler sur des roues carrées : cela sort immédiatement le lecteur de l’histoire. Peut-être que cette série s’adresse avant tout à un public plus adolescent, pour qui ce type de détails a moins d’importance. Mais pour moi, en tant qu’amateur des œuvres de Jean-Luc Istin et des séries de science-fiction publiées par Soleil en général, « Cyborgs » m’a laissé une impression nettement moins forte que les autres.
Miss Peregrine et les enfants particuliers
Une histoire que l’adulte que je suis a lue plutôt avec plaisir, même si je pense qu’elle s’adresse avant tout à des adolescents – qui pourront s’identifier aux personnages de leur âge. Une histoire fantastique qui m’a parfois fait penser à « Harry Potter » (un mal oppressant et de plus en plus menaçant, des jeunes en premières ligne, des pouvoirs magiques, etc.), mais qui se révèle quand même original, avec une construction qui, par étapes, nous fait découvrir un univers dans lequel on (en tout cas les « Particuliers » peut passer d’une époque à l’autre. Leur univers « parallèle » s’imbrique dans celui des gens « normaux » (on accepte facilement certaines facilités à ce propos). Je m’attendais à ce que l’époque de la bataille d’Angleterre ou les exactions nazies, soient davantage exploitées (directement ou sous forme d’analogie), mais ça reste généralement lointain. Même si je pense ne pas être le cœur de cible, et si l’intrigue ne m’a pas non plus passionné, j’admets volontiers que d’autres lecteurs (surtout ados donc, mais pas seulement) puissent y trouver davantage leur compte. La narration est assez aérée. Peu de texte, un dessin réaliste agréable – même si détails, décors et arrière-plans ne sont pas développés – donne une bonne fluidité de lecture.
La Piste de l'Oregon
Certes Tout public, cet album s’adresse avant tout à un jeune lectorat (et c’est à cette aune que je l’évalue). En effet, j’ai trouvé l’ensemble un peu – beaucoup même, parfois – facile et naïf. C’est d’ailleurs une des choses qui m’a un peu gêné. L’histoire proposée par Corbeyran met en avant de belles valeurs : lutte contre le racisme et plus généralement les préjugés, lutte contre les violences faites aux femmes (Wakanda partage le premier rôle et se révèle une forte personnalité – presque anachronique d’ailleurs), mélange entre Blancs et Indiens, dénonciation de l’esclavage, etc. Centrée autour d’un convoi en partance du Missouri pour l’Oregon, l’intrigue abandonne rapidement cet aspect « voyage au long cours (à mon grand regret), pour bifurquer vers quelque chose ressemblant presque à un polar, avec un jeune esclave fugitif accusé de plusieurs délits/crimes, sur le point d’être lynché, mais qui est défendu par le duo de guide du convoi, un couple étonnant – une Sioux et un trappeur d’origine française, qui vont tout faire pour le disculper, et pour trouver les vrais responsables. Mais les personnages sont trop manichéens, et l’intrigue manque elle aussi de subtilité, voire de crédibilité (pour tout ce qui tourne autour du pasteur accompagnant le convoi et le responsable des vols par exemple). Tous les aspects « dangereux », toutes les actions des « méchants », sont bien souvent édulcorés et, contre toute attente en ces temps et en ces lieux, il y a toujours quelqu’un pour calmer le jeu, faire entendre raison (le juge, le chef du convoi, etc.), et même la tentative de viol contre Wakanda reste une péripétie sans importance. Tous ces aspects « gentils » (personnages et intrigue) passe moins pour un lecteur adulte je pense. Et les Indiens (on mêle ici Mandans, Sioux et Hurons) ne sont qu’un décor. Enfin, autre frustration me concernant : cette « piste de l’Oregon », annoncée dans le titre, mise en avant par la carte et le texte de présentation en ouverture et conclusion de l’album, est escamotée. En effet, si j’en crois l’intrigue, les personnages ont quasiment fait du surplace, et son encore au point de départ de cette piste, au Missouri, et ce qui m’intéressait au départ, à savoir ce long voyage, n’est en fait jamais traité. Du coup en refermant l’album, je me suis dit que celui-ci inaugurait une série, mais le gros « Fin » concluant l’histoire me laisse perplexe donc… Le dessin est lisible (il manque un peu de détails) mais il penche lui aussi plutôt du côté d’un lectorat assez jeune. Note réelle 2,5/5.
L'Embrasement
Cette adaptation en dessin est le croisement parfait entre l’ouvrage historique (en l’occurrence celui du colonel Michel Goya) et le documentaire télévisé, démontrant s’il en était besoin que la bande dessinée est devenu un medium incontournable dans le registre de l’information. Incontournable, le sujet l’est aussi, et c’est le moins qu’on puisse dire, puisqu’il est question ici de la destruction de Gaza dans la foulée des attentats du 7 octobre 2023, un événement comparable à un séisme géopolitique d’une échelle quasiment jamais égalée L’ouvrage est consistant, très bien documenté. Il démarre avec les instants précédant l’attaque coordonnée du Hamas sur Israël, notamment sur des bases militaires, des kibboutz proches de la frontière et le festival Nova, une attaque qui aura fait plus de 1000 morts côté israélien, avec les conséquences que l’on connaît. Et pour bien resituer le contexte, l’auteur a actionné la machine à remonter le temps jusqu’à la fin du XIXe siècle, afin d’entrevoir les origines du sionisme : une utopie développée par Théodore Herzl dans la foulée de l’Affaire Dreyfus. Inquiet du regain d’antisémitisme en Europe (et ce bien avant les horreurs commises par les nazis), Herzl avait pour projet de créer un Etat sur les terres ancestrales du Proche-Orient (l’ancien « Royaume de Judée ») où les Juifs pourraient se sentir en sécurité, à l’abri des pogroms récurrents qui se produisaient en Europe de l’Est et en Russie. Si l’idée était légitime, elle en laissait certains dubitatifs et pas des moindres, notamment Freud qui y décelait un danger potentiel, mais elle put toutefois se concrétiser dès 1917 grâce à la déclaration Balfour. Dès lors, les Juifs commencèrent à émigrer en Palestine, alors sous mandat britannique, provoquant déjà des tensions avec les Arabes nationalistes qui revendiquaient le territoire. De façon très détaillée, l’historique de la région va être déroulé jusqu’à nos jours, en passant par la proclamation d’Israël en 1948. Les protagonistes de part et d’autre se succèdent au fil des décennies, on évoque la colonisation implacable des Israéliens sur les territoires palestiniens, les phases de négociation peu suivies d’effets entre deux guerres meurtrières, le cycle des vengeances sans fin, avec les innombrables attentats, massacres et intifadas, rythmés par le décompte sinistre des victimes des deux camps. Jusqu’à ce jour fatidique du 7 octobre. Un bilan effroyable résultant de tensions permanentes depuis plus de cent ans (si l’on exclut la courte parenthèse succédant à l’accord de paix entre Rabin et Arafat en 1993, rapidement mis à mal par l’assassinat du 1er ministre israélien par un juif extrémiste religieux) qui pose question sur la pertinence du projet de Théodore Herzl, devenu un « laboratoire du chaos »… Très dense, la partie historique est ponctuée par les « retex » du colonel Goya (que l’on suppose extrait de son livre) et des passages plus fictionnels, jouant davantage sur l’image, où l’on suit des gens ordinaires victimes d’un conflit qu’ils ne font que subir, toujours décidé dans les hautes sphères de part et d’autre. En faisant référence à l’épisode biblique de Jacob, le troisième patriarche, la conclusion donne lieu à un constat amer, sachant que David Ben Gourion, l’un des fondateurs d’Israël, avait lui-même averti que non seulement le conflit allait « continuer peut-être encore des centaines d’années », mais « gagnerait probablement encore en férocité ». Celui-ci étant décédé en 1973, on ne pourra malheureusement pas dire qu’il s’était trompé dans ses prédictions… Mais dans l’immédiat, une question s’impose : « Une fois les otages libérés, comment les Israéliens vont-ils digérer leur responsabilité dans la conduite de la guerre ? Comment vont-ils se vivre en tant que nation, à l’intérieur comme à l’extérieur ? ». Le dessin minutieux et très photographique de Florent Calvez convient parfaitement pour donner au livre de Goya une ampleur visuelle saisissante. Les tonalités quasi monochromes aux couleurs terreuses, avec une pointe orangée pour les scènes violentes, n’inspirent ni la gaité ni l’optimisme, et il n’y a vraiment pas de quoi, mais elles confèrent à la narration une neutralité appropriée. « L’Embrasement » est un ouvrage essentiel pour tenter d’avoir une vue raisonnée de la situation dans cette partie du monde plus que jamais en proie au désordre. Pour éviter d’exacerber un sujet hautement radioactif, les auteurs se sont cantonnés à énumérer les faits de la façon la plus objective possible, démarche très appréciable s’il en est. Ils évitent même d’employer le terme de « génocide », alors même qu’une enquête de l’ONU a qualifié ainsi la guerre d’Israël sur Gaza. La neutralité recherchée du livre permettra à chacun de se faire son idée, car quand l’émotion prend le pas sur la raison, seuls les faits parlent… Quoi que l’on en pense, Florent Calvez confesse en postface avoir pris des libertés par rapport au livre original, mais insiste sur cette dimension de neutralité, tout en se disant bouleversé par certains témoignages et certaines images. A défaut d’être irréprochable, il dit avoir « taché d’être honnête », « ayant toujours considéré toutes les victimes dans leur statut particulier, quelles qu’elles soient, d’où qu’elles soient. ». Et on le remercie pour ça. Et pour ce travail salutaire.
Le Fléau des Dieux
Le scénario, concocté par Valérie Mangin, offre une trame générale bien pensée, où chaque tome apporte une avancée significative tout en maintenant le lecteur en haleine pour la suite. L'intrigue se déploie avec intelligence, mêlant habilement des éléments historiques et des éléments de science-fiction, créant ainsi un univers à la fois familier et exotique. Les dessins et les couleurs, réalisés avec talent par Aleksa Gajic, apportent une dimension visuelle saisissante à l'ensemble. Les planches, fluides et agréables à la lecture, réussissent à capturer l'intensité des scènes d'action et à donner vie aux personnages. Cependant, j'ai noté une légère irrégularité dans la qualité de l'illustration au cours des premiers tomes, mais cela s'est amélioré par la suite. Les dialogues, bien que parfois perfectibles, restent globalement de bonne qualité. Cependant, un élément m'a particulièrement marqué : l'évolution des personnages au fil de la série. Leurs transformations et les changements qui s'opèrent en eux sont traités avec subtilité, ce qui donne une profondeur supplémentaire à l'histoire. Les protagonistes gagnent en complexité et en profondeur, offrant ainsi une lecture plus nuancée et immersive. En dépit de quelques défauts mineurs, "Le Fléau des Dieux" demeure une oeuvre qui mérite d'être découverte. L'audace deValérie Mangin dans sa transposition de l'histoire antique dans un contexte futuriste est admirable. La richesse de l'univers créé et la manière dont l'histoire traverse l'espace et le temps sont des éléments qui ont su m'emporter dans cette épopée intergalactique.
Star Wars - Dark Vador - Le Seigneur noir des Sith
J’ai vraiment adoré lire Star Wars: Dark Vador – Le Seigneur Noir des Sith, une série scénarisée par Charles Soule et dessinée principalement par Giuseppe Camuncoli. L’histoire se déroule juste après Star Wars: Episode III – Revenge of the Sith, au moment où Anakin Skywalker vient tout juste de devenir Dark Vador. Ce que j’ai trouvé particulièrement intéressant, c’est que ce comics montre vraiment la naissance du véritable Dark Vador. Au début du récit, il n’est pas encore le seigneur Sith froid et terrifiant que l’on connaît dans les films. Il est encore marqué par la chute d’Anakin, il doit apprendre à vivre avec son armure, sa douleur et la haine qui l’alimente. On le voit accomplir ses premières missions pour l’Empereur : traquer les Jedi survivants de l’Ordre 66, trouver son sabre laser Sith et commencer à se faire une place dans l’Empire. J’ai aussi beaucoup aimé la relation entre Vador et Palpatine. L’Empereur manipule constamment son apprenti et le pousse à devenir toujours plus impitoyable. On comprend bien que Vador est à la fois un monstre redouté et un personnage tragique, prisonnier de sa colère et de ses choix. Le comics développe aussi des éléments que les films ne montrent pas vraiment : les Inquisiteurs, la traque des Jedi survivants, ou encore la construction de la forteresse de Vador sur Mustafar. Côté dessins, j’ai trouvé le travail de Giuseppe Camuncoli vraiment impressionnant. Son style est très dynamique et très lisible, avec des planches qui donnent parfois l’impression de voir des scènes directement sorties d’un film Star Wars. Les combats au sabre laser sont spectaculaires, les décors sont riches en détails et l’ambiance visuelle est souvent très sombre. Les couleurs jouent beaucoup sur les contrastes et les rouges, ce qui renforce le côté violent et oppressant du récit. Un point intéressant aussi, c’est l’histoire éditoriale du comics en France. La série a d’abord été publiée en kiosque puis dans la collection 100% Star Wars de Panini Comics en 4 tomes. Elle a ensuite été rééditée en 2 volumes dans la collection Star Wars Deluxe, puis dans une édition Absolute grand format pour les collectionneurs. Plus récemment, l’ensemble du récit a été rassemblé dans un Omnibus d’environ 600 pages. Au final, j’ai trouvé que Le Seigneur Noir des Sith est un comics vraiment marquant. Il approfondit énormément le personnage de Dark Vador et montre comment Anakin Skywalker disparaît progressivement pour laisser place au seigneur Sith que toute la galaxie redoute. Pour moi, c’est clairement l’une des meilleures histoires Star Wars du canon moderne.
Guerres & Dragons
Je ne partais pas convaincu par ce mélange des genres, mais j'avoue que je suis sorti de ma lecture plus que surpris et j'ai beaucoup apprécié ce premier tome. D'une, le dessin de Vax est de très bonne facture (mention spéciale pour ses dragons !!!), ensuite le scénario tient plus que très bien la route, pour une idée qui paraissait aussi casse gueule. Nicolas Jarry a su trouver les bons dosages pour son melting pot historico-fantastique avec des personnages intéressants et développé une relation humains/dragons qui fait sens. La narration coule de source grâce a un très bon découpage de Vax ; on se laisse prendre par ce récit au bout de quelques pages pour ne pas le lâcher avant la fin. Les scènes de batailles sont des plus réussies ! Bref, une très bonne mise en bouche ! *** Tome 2 *** Dans ce 2e tome, Nicolas Jarry nous propose de replonger dans les méandres de la première Guerre Mondiale en suivant le par cours de Frank Luke. Ce jeune cow-boy américain de 12 ans vois sa vie réduite à peu de chose après qu'un dragon ait englouti le troupeau familial et ruiné dans la foulée la famille. Frank ne rêve que de vengeance et s'engage donc dans le conflit européen qui vient d'éclater pour aller bouffer du dragon. On suit donc cet engagement et son évolution au sein de l'armée de l'air qui va l'amener à affronter l'un des plus terrible dragon qui sème la terreur sur les champs de bataille français... Je ressors un brin déçu par ce second tome, tant le 1er m'avait agréablement surpris. Pour le coup, la trame de cet opus reste un peu trop classique et prévisible. Côté dessin Léoni et Negrin assurent le contrat avec un trait réaliste qui fait le job et quelques très belles scènes de batailles aériennes. Bref, un tome qui ne casse pas des briques ; je passe la série à 3.5/5 en attendant de voir ce que le 3e donnera, en espérant qu'il sera plus dans l'esprit du 1er. *** Tome 3 *** Si le premier tome reste jusqu’ici le meilleur à mes yeux, ce 3e opus m'a quand même davantage intéressé que le précédent. C'est en effet l'originalité du contexte choisi qui m'a intéressé : la guerre civile angolaise qui a suivi l'indépendance officielle du pays en 1975, ancienne colonie portugaise. Je ne connaissais rien de cette transition, le fait est qu'elle s'est faite dans la douleur. Les indépendantistes s'éparpillaient déjà dans au moins 3 partis, quand la guerre civile a éclaté, ça ne s'est pas arrangé. C'est donc dans ce contexte que notre jeune héroïne va se retrouver embrigader par une des milices para-militaire (le MPLA) comme de nombreux enfants. Leur chef sème la terreur grâce au dragon qu'il contrôle, les récalcitrants finissant rapidement en en-cas ou calciné proprement... Mais notre jeune Anica, 13 ans ne compte pas faire carrière et réussit à s'enfuir ; elle a toujours en mémoire l'histoire du Kongamato que lui racontait son grand-père : une créature légendaire venait parfois se mettre au service des guerriers de son village lorsque le malheur frappait... Si l'histoire reste assez prévisible, elle n'en reste pas moins agréable, servie par un dessin efficace. Une bonne BD pop-corn. Je reste sur une notation globale à 3.5/5 *** Tome 5 *** Ce cinquième opus nous embarque en 1969 en pleine guerre du Vietnam. Nick, un tireur d'élite, et son commando crashent leur hélicoptère en pleine jungle après avoir été attaqué par un dragon. Seul survivant, il épargne un jeune garçon, qui pourtant maîtrise le dragon qui vient de les attaquer. Il prend même le parti de s'enfuir avec lui avant l'arrivée des Vietcongs à travers la jungle... J'avoue avoir bien apprécié ce nouvel album de la série, que je classerai juste après le premier de la collection. Le dessin de Stéphane Bervas est bon et nous immerge parfaitement dans ce contexte de la guerre du Vietnam, lui donnant l'opportunité de nous proposer de magnifiques dessins de jungle et de son ambiance si singulière. Ses dragons sont aussi très réussis. Ajoutez à cela une trame narrative bien pensée, loin des manichéismes qu'on retrouve trop souvent dans les récits de guerre, des rebondissements qu'on ne voit pas venir, et vous avez au final un album qui tient parfaitement la route et se laisse lire avec grand plaisir.