Les derniers avis (13 avis)

Par Miguelof
Note: 2/5
Couverture de la série Amabilia
Amabilia

C'est du porno trop chic pour moi. J'ai commandé les premières intégrales et je n'ai pas envie de lire davantage. Je ne trouve pas que les dessins soient bons, malgré la retenue dans les couleurs et l'utilisation esthétique du noir et blanc. Trop de masques, de voiles et de bandeaux tout le temps m'ont fait perdre l'intérêt pour les personnages. Tout cela est un peu trop bourgeois pour moi ! Je sais que ce type de fantaisie plaît beaucoup à certains. Mais je n'ai pas non plus du tout aimé le film de Kubrick (Eyes Wide Shut) à l'époque. Bref, je préfère la BD porno plus sale et débridée !

25/04/2026 (modifier)
Par Miguelof
Note: 3/5
Couverture de la série Kid Congo
Kid Congo

Une histoire touchante et sensible quoique un peu mélodramatique. Le destin tragique du couple, la réprobation et les préjugés raciaux et sociaux sont crédibles et j'ai suivi le récit avec intérêt. Les dessins de Loustal sont assez controversés : on les aime ou on les déteste! Je reconnais qu'ils ne plairont pas à tout le monde et que le message de l'œuvre pourra provoquer un certain refus. En ce qui me concerne, j'apprécie le courage et le style de l'auteur. Il y a clairement une influence de Fernand Léger, entre autres peintres. J'aime beaucoup aussi ses carnets de croquis, que j'ai acquis.

25/04/2026 (modifier)
Par Miguelof
Note: 2/5
Couverture de la série Lettres d'outremer
Lettres d'outremer

À l'époque, années 90, j'ai acheté plusieurs albums du duo Warnauts et Raives, attiré initialement par le dessin réaliste et la promesse d'une certaine sensualité. Les histoires se sont révélées franchement décevantes et c'est le cas de celle-ci. Aujourd'hui, je considère le dessin trop photographique et l'intrigue assez conventionnelle. Il reste peut-être les couleurs.

25/04/2026 (modifier)
Par Julien
Note: 3/5
Couverture de la série Scotland
Scotland

Je suis les aventures de kathy depuis leur début avec beaucoup de plaisir. Je ne regrette pas l’achat de ce dernier épisode qui, globalement ne demerite pas trop. L’intrigue n’est malgré tout pas à la hauteur des épisodes précédents. Ça donne une impression de " on ferme et on éteint la lumière". De plus, je trouve le dessin très irrégulier, en particulier pour le visage des personnages. Bref, il était temps d’arrêter, mais je ne regrette pas mon achat.

25/04/2026 (modifier)
Par Miguelof
Note: 5/5
Couverture de la série Un Pacte avec Dieu (Un bail avec Dieu / Le Contrat)
Un Pacte avec Dieu (Un bail avec Dieu / Le Contrat)

La naissance du "graphic novel". C'est une de mes œuvres préférées de W. Eisner. Quatre histoires ayant en commun le Bronx, le quartier, les immeubles (tenements). Y habitent des êtres humains tragiques, des figures pathétiques et vicieuses parfois, qui essaient d'échapper à la banalité de leur existence, sans y parvenir vraiment. On remarque tout l'effort et même un certain soin mis par l'auteur dans le dessin des bâtiments et des rues, mais j'admire surtout toute la gamme d'expressions qu'il est capable d'imprimer aux personnages.

25/04/2026 (modifier)
Couverture de la série Commissaire Kouamé
Commissaire Kouamé

La lecture des deux albums m’a permis de découvrir le travail de Marguerite Abouet, qui développe des intrigues forcément exotiques, en Côte d’Ivoire. C’est cette originalité qui fait sortir ces récits policiers du tout-venant, ainsi que le dessin de Donatien Mary (très différent de ce que j’avais vu de lui sur Que la bête fleurisse). Son trait moderne, élancé et semi caricatural, est plutôt agréable, et raccord avec les récits qu’il illustre. Quelques idées récurrentes aussi permettent de dynamiser les récits : le vieux policier (le commissaire Kouamé donc), aux méthodes spéciales : il pratique systématiquement la « question » et est bien moins bonhomme que ce que l’on pourrait attendre de son air « rangé ». Il est pour cela assisté d’Arsène, moins sûr de lui, mais qui le véhicule systématiquement avec l’une de ses bagnoles de collection, toujours parmi les plus petites. Ceci étant dit, les enquêtes policières en elles-mêmes ne sont pas extraordinaires, s’étirent un chouia trop, et cette série vaut avant tout pour le cadre dépaysant et quelques à-côtés originaux. Les gesticulations de Kouamé alternent trop avec des longueurs. Le dessin est très sympa je trouve.

25/04/2026 (modifier)
Par Ju
Note: 4/5
Couverture de la série Dieu en personne
Dieu en personne

Je trouve à Marc Antoine Mathieu un certain talent : j'ai trouvé la bd un peu longuette parfois, un peu verbeuse, je me suis presque ennuyé. Mais une fois le livre refermé, je ne peux pas m'empêcher d'y repenser et de trouver que c'est quand même un peu génial. Oui, l'idée est originale, mais après tout ça ne fait pas tout. Dieu revient parmi nous, et tout ce qu'on trouve à faire, c'est de l'incorporer à notre société ultra consumériste, sensationnaliste et de l'assigner en justice. C'est un peu ridicule mais bien vu, et pour le coup pas spécialement original, parce que c'est un développement qui ma parait logique. Si dieu débarque réellement demain, je pense qu'on peut assister à pas mal de schémas que l'auteur développe, voire pire. Certaines situations sont un peu caricaturées à l'extrême mais finalement c'est très représentatif de notre monde. Les touches d'humour absurdes fonctionnent bien sur moi, plusieurs m'ont arraché un sourire. Et si, comme je l'ai dit en préambule, j'ai parfois trouvé le temps un petit peu long, notamment pendant les miracles de Dieu, ou les explications des témoins, j'ai eu super envie d'arriver à la fin à chaque instant de ma lecture. Celle-ci, encore une fois, n'est pas spécialement originale, mais m'a parfaitement contenté. Elle est à l'image de la bd. Caricaturale et plausible, stupide et très réelle. L'ensemble est une critique de la société, des humains, sur plusieurs plans (commercialisation de tout et n'importe quoi, crédulité, judiciarisation à l'extrême). Le tout est servi par un dessin ultra efficace, comme à chaque fois chez Marc Antoine Mathieu. Et j'ai bien aimé le fait que l'on ne voit jamais le visage de Dieu, qui ajoutait du mystique au personnage.

25/04/2026 (modifier)
Par Ju
Note: 3/5
Couverture de la série L'Arnaque des nouveaux pères
L'Arnaque des nouveaux pères

Il s'agit de la deuxième bd de Guillaume Daudin et Stéphane Jourdain que je lis après "Les Contraceptés". Une fois encore, il s'agit d'une bd reportage sur un sujet tenant à la masculinité, au rôle de l'homme dans le couple et donc, par extension, sur les inégalités entre hommes et femmes. Cette fois, on se concentre sur le rôle du père, sa place dans la vie de famille et son investissement global. Plus précisément, les auteurs s'attachent à démontrer en quoi la figure du "nouveau père", ultra investi et qui serait à égalité avec la mère dans le partage des tâches liées aux enfants (et par extension aux autres tâches domestiques), est biaisée et cache en réalité une situation encore très disparate dans le couple. Comme j'ai un peu de mal à structurer mon propos, je vais commencer par les points positifs de cette bd : Le sujet est très intéressant et traité avec un certain sérieux. On sent que les deux sont très impliqués, ont envie de creuser et prennent du recul sur leur propre situation. Il n'y a pas de moment où ils se disent "ah mais non quand même on en fait déjà beaucoup", ou ce genre de truc, et c'est appréciable. La bd met bien en avant de nombreux points inégalitaires, touche juste sur plusieurs sujets et démontre bien qu'effectivement, malgré les évolutions récentes, les femmes se tapent la majorité du boulot (même dans les couples privilégiés qui ont conscience du problème). Les auteurs démontrent également bien à quel point il y a bien une arnaque du nouveau père, et une glorification de certains comportements qui semblent naturels pour les femmes. Bref, c'est un sujet important, et c'est super de le traiter et de s'y intéresser. Tous les pères devraient, au moins, s'intéresser à ce sujet. Néanmoins, plusieurs aspects négatifs me sautent aux yeux : Si je suis d'accord avec le propos global, il y a, à mes yeux, pas mal de problèmes sur celui-ci. Déjà, comme le dit Bamiléké, les deux auteurs centrent le sujet sur leur expérience à eux, et donc leur classe sociale et leur manière à eux de voir la vie. Ils appartiennent à une classe sociale favorisée et ont donc des préoccupations, des idées propres à leur classe sociale. Je crois qu'il y a deux cases dans la bd où il y a quelque chose sur le fait que c'est plus compliqué pour les pères des classes sociales défavorisées de s'impliquer. Ce n'est pas développé et c'est une grosse erreur, selon moi, car on en arrive à un bouquin qui ne s'adresse qu'aux privilégiés, à ceux qui ont les moyens sociaux et économiques de faire en sorte de bouger un peu les choses. Les autres s'en retrouvent exclus et on est quasiment dans un espèce d'entre soi parisien, qui saute aux yeux avec la réunion entre pères à la fin, où le coaching de paternité. Or, ce type de sujet touche l'ensemble des acteurs de la société et doit s'adresser à tout le monde. Un autre truc qui m'a un peu agacé est le fait que les auteurs semblent vouloir adapter le système existant pour permettre une meilleure égalité entre les parents. On nous vend des starts up ou certaines grosses boites qui ont des chartes pour concilier la vie de famille avec celle de leurs salariés et qui prennent des mesures de compensation. C'est oublier que ça ne concerne que des milieux ultra privilégiés et en de très faibles proportions (bon ok ils le disent mais très vite fait), mais c'est surtout oublier que à l'échelle de la société actuelle, une généralisation de ce type est impossible, simplement parce que le patriarcat et l'inégalité de genre est une des composantes du capitalisme qui est le mode d'organisation de notre société. Vouloir plus d'égalité entre les sexes sans s'attaquer au fondement du système économique est, à mon sens, illusoire. Il y a certes une petite revue littéraire, mais ils résument les propos à l'extrême. C'est peut-être (sûrement) une volonté de vouloir un peu dépolitiser le sujet pour toucher plus de monde, mais en ce qui me concerne ça m'agace et je trouve que le propos perd en pertinence. Après, on aurait aussi pu parler d'autres modes d'éducation, de parentalité etc., mais on s'éloigne du sujet. Sur la forme, je suis aussi un peu circonspect. J'ai trouvé la narration assez lourde, notamment les phrases du genre : "Stéphane se disait depuis quelques temps qu'il fallait qu'il fasse ceci.." où "Ça taraudait l'esprit de Guillaume". Je trouve que ça casse l'aspect docu. Enfin, et c'est la deuxième fois pour une bd de ces deux scénaristes/auteurs, je n'ai pas aimé le dessin. Je trouve les personnages figés et sans expression. Ça manque de vigueur, de chaleur. SI vous n'y connaissez rien sur ce sujet ou avez envie de vous y intéresser en partant un peu de zéro, allez y, ça se lit bien et il y a des choses très intéressantes. Si vous voulez creuser le sujet, c'est en revanche un peu léger.

25/04/2026 (modifier)
Couverture de la série Nouvelle France
Nouvelle France

Je me retrouve pas mal dans l’avis de Cacal69. En effet, la couverture m’a aussi fait de l’œil. Même si, voir un Iroquois sur un cheval (peu adapté au déplacement, à la guerre et à la chasse dans les sous-bois) est surprenant, et sans doute très peu commun à l’époque. J’aime bien cette région et cette époque, où les frontières étaient encore floues et fluides entre les peuples. Nous sommes à l’époque de la Guerre de Sept-Ans, et plusieurs séries ont déjà usé de ces décors – géographiques et historiques. Pratt bien sûr à plusieurs reprises (voir par exemple le très marquant Fort Wheeling - un peu postérieur) ou, plus récemment et chez le même éditeur, les one-shot de Prugne. Et voilà, les deux références que je viens d’évoquer m’ont beaucoup marqué – à des niveaux divers – et à leur aune j’ai sans doute moins apprécié ce « Nouvelle France ». Il n’y a pas le lyrisme et le dynamisme de Pratt. Il n’y a pas non plus le superbe travail à l’aquarelle de Prugne pour magnifier ces forêts interminables. Et pourtant Vrancken s’en sort très honorablement, plusieurs planches sont vraiment très belles. Mais c’est peut-être moins mon truc. Quant à l’intrigue développée par Desberg, elle se laisse lire. Mais, là aussi la beauté des paysages, le lyrisme de ces rencontres et de ces instants de rencontres sont ici moins forts que dans les séries évoquées plus haut (Pratt surtout). Comme l’a fait remarquer Cacal69, les dialogues appuyés, parfois redondants, critiquant l’horreur et l’absurdité de la guerre, anesthésient trop le reste. Et le relativement long passage du héros renvoyer combattre en Europe est maladroit. En effet, outre qu’il ressemble à certains passages de Tardi critiquant l’horreur des tranchées de la Première guerre mondiale (ce qui en soit est très louable), il coupe trop le récit, cela aurait dû être raccourci, voire n’être qu’évoqué brièvement, car l’essentiel était sans doute ailleurs. Une unité de lieu évitant de se disperser en Europe aurait été meilleure je pense. De même, la fin est un peu trop brutale et facile, expédiée. Le combat entre le héros et le guerrier iroquois qui l’attend et le poursuit depuis des années est un peu artificiel aussi. Bon, cela dit, malgré toutes ces critiques, ça reste un album plaisant à lire, loin d’être dénué de qualités. Mais sur le même thème, d’autres séries m’ont davantage plu.

25/04/2026 (modifier)
Par Hub
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série 1629 ou l'effrayante histoire des naufragés du Jakarta
1629 ou l'effrayante histoire des naufragés du Jakarta

Lorsque j’ai commencé, j’avais beaucoup d’attentes car Dorison est un de mes auteurs préférés, et il ne m’a pas déçu. Avec 1629, Dorison livre un récit captivant et terriblement oppressant, une œuvre qu’on ne lâche pas facilement tant on est happé par la tension dramatique et la noirceur du propos. Dès les premières pages, le ton est donné : derrière le récit historique de naufragés se dessine une véritable réflexion sur la nature humaine, la violence et la manière dont l’homme peut basculer dans la barbarie lorsque toute structure sociale disparaît. Le prologue évoque notamment "l’effet Lucifer”, cette théorie psychologique selon laquelle des individus ordinaires peuvent commettre les pires atrocités selon le contexte dans lequel ils évoluent. Cette idée imprègne les 2 albums et donne au récit une profondeur glaçante. Plus qu’un simple récit de survie, 1629 devient une démonstration implacable de la fragilité de la morale humaine face au chaos. Le scénario de Dorison est d’une efficacité redoutable : maîtrisé, intense, sans temps mort. Il installe progressivement un climat de tension qui devient de plus en plus étouffant, jusqu’à rendre la lecture presque suffocante. On assiste, fasciné et horrifié, à la montée de la cruauté et à l’effondrement de toute humanité. Graphiquement, Montaigne accompagne ce récit avec un immense talent. Son dessin réaliste et puissant sublime la violence du propos, avec des planches superbes qui renforcent encore l’immersion et l’intensité dramatique. Avec 1629, Dorison signe selon moi une œuvre majeure : brutale, intelligente, fascinante. Une bande dessinée marquante, qui captive autant qu’elle dérange, et qui confirme une fois de plus tout le génie narratif de son auteur.

25/04/2026 (modifier)