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Couverture de la série Le Voleur d'amour
Le Voleur d'amour

"Vivre longtemps, c'est accumuler les tragédies." Une citation qui illustre parfaitement cette BD. Une très belle découverte que cette adaptation du roman de Richard Malka (que je connaissais plus en tant qu'avocat suite aux attentats de Charlie hebdo qu'en tant qu'écrivain). Tout d'abord, cet ouvrage est vraiment un bel objet avec cette couverture légèrement dorée du plus bel effet rappelant des mosaïques orientales. Graphiquement, j'ai également été subjugué par ces décors aux tons pastels tantôt dans les teintes bleues, tantôt avec des dominantes jaunes ou rouges. De véritables aquarelles que l'on aime à contempler en dehors de toute considérations scénaristiques. On sent que Yannick Corboz prend également plaisir à transporter le lecteur dans les rue de Venise au XVIIème siècle, en passant par Paris au XIXème, New York plus moderne, jusqu'aux confins de l'Afrique... Le dessin n'est pas en reste non plus, avec un trait conférant beaucoup de mouvements aux scènes, de magnifiques scènes d'amour (qui sont nombreuses dans cet ouvrage) et des époques et décors très variés et parfaitement représentés. En effet, l'auteur nous raconte l'histoire d'Adrian van Gott, sorte de vampire immortel, qui va traverser les époques et les contrées. Mais ici, point de canines et de scènes sanguinolentes, notre héros se nourrit de l'amour de ses victimes via des baisers les vidant de leurs sentiments. Une malédiction en sorte, ces baisers sonnant bien souvent le glas de la vie de ceux qui le reçoivent. L'ensemble est ainsi très poétique même si je comprends l'avis de Brodeck. En effet, s'agissant d'une adaptation d'un roman, la voix narrative est quasi omniprésente tout au long de l'histoire, le héros racontant son vécu qui, vous l'aurez compris, est plutôt long. La sensualité qui transparait de cette œuvre et le type de narration à la premier personne m'ont beaucoup fait penser au film "Entretien avec un vampire" comme l'a justement évoqué Cacal69, mais ce qui se dégage du récit m'a également fait penser à These Savage Shores que j'avais également beaucoup apprécié. Ainsi, bien que le récit soit lent et, il est vrai, un brin répétitif, ce parti pris transcrit à merveille l'éternité de la vie de notre héros maudit et son désespoir qui finit par prendre le pas sur le reste. Une BD que je conseille aux amateurs du genre. SCENARIO (Originalité, Histoire, personnages) : 8/10 GRAPHISME (Dessin, colorisation) : 9/10 NOTE GLOBALE : 17/20

11/01/2026 (modifier)