Toute personne qui s'intéresse à la politique d'hier comme d'aujourd'hui doit avoir lu cet album. J'hésite à mettre culte, parce qu'il s'agit d'une enquête sur deux morts historiques très suspectes au temps où la droite gaulliste gouvernait (le juge Renaud assassiné et Robert Boulin, suicidé en gabardine dans une flaque d'eau au milieu d'un bois).
Compte tenu de l'épisode que la France traverse (on est début 2026), on a tendance à idéaliser les années 70 et leur personnel politique... en y regardant de plus près, le pouvoir avait un jocker dans toute situation embarrassante... des nervis aux ordres prêts à commettre des assassinats ciblés si nécessaire.
Benoit Colombat et Étienne Davodeau rencontrent les témoins, mesurent les probabilités, interprètent les sous entendus, recoupent les informations... On a un peu peur a posteriori. On voit que le mystère est bien entretenu... et l’État de droit fragile.
L'enquête est solide, le dispositif de Davodeau toujours efficace (lavis gris dans lequel il se met en scène en train de réfléchir à qui interroger, comment aborder la personne, puis l'entretien, toujours avec Benoit... et ainsi de suite), la couverture résume bien l'affaire, pas très reluisante pour la droite française. Si Retailleau avait le choix, il pourrait interdire le livre...
C'est vendeur, non ? Cette dernière phrase ?
Une BD riche en éléments !
Une belle découverte d'un univers beau et construit, avec la construction d'un culte et une exploration de la sexualité, qui ne forme pas pour autant un point central de l'histoire.
Le style graphique est épuré et personnel, offrant un confort visuel par la couleur. Celle ci permet de relier les émotions des personnages aux lecteurs.
Malgré tout on peut trouver une légère incohérence ou problème de compréhension entre les planches, mais ne fait pas l'exception unique de cette BD.
La fin est dynamique et laisse entrevoir une suite qui attise la curiosité et le désir d'un second tome !
Une très belle lecture et découverte !
Je recommande vivement !
En toute franchise, j'ai bien aimé.
C'est très dépaysant: on nous place dans le quotidien d'un commissaire de police ivoirien, qui donne son nom à la série. Il est effectivement assisté par un flic blanc, qui est venu s'exiler sur place pour des raisons que nous découvrirons bien plus tard.
Rien que le cadre vaut le détour, c'est très très rare dans la BD franco-belge de nous placer dans ce genre de contexte.
Ajoutons à cela que c'est assez déjanté: on est confronté à la corruption endémique, les superstitions, et le commissaire a un sens de l'éthique et de la morale assez particulier, nous abreuvant de discussions / proverbes philosophiques locaux.
Mais ce n'est pas une comédie pour autant: les sujets traités sont très sérieux: brutalités policières, traites d'humains, kidnapping, trafic de drogue, meurtres..Le côté déjanté /excentrique des personnages et de certaines situations vient juste adoucir un ensemble qui sinon serait très sombre.
Et puisqu'on parle d'excentricité: un des running gags touche la passion du flic blanc pour des véhicules anciens "populaires" avec lesquels il promène le commissaire régulièrement, qui ne manque pas une opportunité pour critiquer (gentiment) les limitations en terme de confort des véhicules en question.
Bref, dépaysement garanti!
Deux regrets:
-Un rythme de parution très lent. Il semble que les auteurs suivent une approche de publication en diptyques, au rythme d'un album tout les 4-5 ans, et le tome 3 s'achève sur un cliffhanger haletant.
-Une absence de vraies infos pour contextualiser: ignorant tout de la cote d'ivoire, j'aurais aimé savoir si tout est vraiment crédible/a une base de vérité.
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Cher pays de notre enfance
Toute personne qui s'intéresse à la politique d'hier comme d'aujourd'hui doit avoir lu cet album. J'hésite à mettre culte, parce qu'il s'agit d'une enquête sur deux morts historiques très suspectes au temps où la droite gaulliste gouvernait (le juge Renaud assassiné et Robert Boulin, suicidé en gabardine dans une flaque d'eau au milieu d'un bois). Compte tenu de l'épisode que la France traverse (on est début 2026), on a tendance à idéaliser les années 70 et leur personnel politique... en y regardant de plus près, le pouvoir avait un jocker dans toute situation embarrassante... des nervis aux ordres prêts à commettre des assassinats ciblés si nécessaire. Benoit Colombat et Étienne Davodeau rencontrent les témoins, mesurent les probabilités, interprètent les sous entendus, recoupent les informations... On a un peu peur a posteriori. On voit que le mystère est bien entretenu... et l’État de droit fragile. L'enquête est solide, le dispositif de Davodeau toujours efficace (lavis gris dans lequel il se met en scène en train de réfléchir à qui interroger, comment aborder la personne, puis l'entretien, toujours avec Benoit... et ainsi de suite), la couverture résume bien l'affaire, pas très reluisante pour la droite française. Si Retailleau avait le choix, il pourrait interdire le livre... C'est vendeur, non ? Cette dernière phrase ?
Les Chants du Chaos
Une BD riche en éléments ! Une belle découverte d'un univers beau et construit, avec la construction d'un culte et une exploration de la sexualité, qui ne forme pas pour autant un point central de l'histoire. Le style graphique est épuré et personnel, offrant un confort visuel par la couleur. Celle ci permet de relier les émotions des personnages aux lecteurs. Malgré tout on peut trouver une légère incohérence ou problème de compréhension entre les planches, mais ne fait pas l'exception unique de cette BD. La fin est dynamique et laisse entrevoir une suite qui attise la curiosité et le désir d'un second tome ! Une très belle lecture et découverte ! Je recommande vivement !
Commissaire Kouamé
En toute franchise, j'ai bien aimé. C'est très dépaysant: on nous place dans le quotidien d'un commissaire de police ivoirien, qui donne son nom à la série. Il est effectivement assisté par un flic blanc, qui est venu s'exiler sur place pour des raisons que nous découvrirons bien plus tard. Rien que le cadre vaut le détour, c'est très très rare dans la BD franco-belge de nous placer dans ce genre de contexte. Ajoutons à cela que c'est assez déjanté: on est confronté à la corruption endémique, les superstitions, et le commissaire a un sens de l'éthique et de la morale assez particulier, nous abreuvant de discussions / proverbes philosophiques locaux. Mais ce n'est pas une comédie pour autant: les sujets traités sont très sérieux: brutalités policières, traites d'humains, kidnapping, trafic de drogue, meurtres..Le côté déjanté /excentrique des personnages et de certaines situations vient juste adoucir un ensemble qui sinon serait très sombre. Et puisqu'on parle d'excentricité: un des running gags touche la passion du flic blanc pour des véhicules anciens "populaires" avec lesquels il promène le commissaire régulièrement, qui ne manque pas une opportunité pour critiquer (gentiment) les limitations en terme de confort des véhicules en question. Bref, dépaysement garanti! Deux regrets: -Un rythme de parution très lent. Il semble que les auteurs suivent une approche de publication en diptyques, au rythme d'un album tout les 4-5 ans, et le tome 3 s'achève sur un cliffhanger haletant. -Une absence de vraies infos pour contextualiser: ignorant tout de la cote d'ivoire, j'aurais aimé savoir si tout est vraiment crédible/a une base de vérité.