Les derniers avis (4 avis)

Couverture de la série Shubeik Lubeik
Shubeik Lubeik

J’ai adoré Shubeik Lubeik, et plus j’y pense, plus je me dis que c’est une œuvre vraiment à part. Au-delà de son concept génial autour des vœux vendus comme des produits de consommation, ce qui m’a profondément marqué, c’est la richesse culturelle et spirituelle du récit. Le fait que l’histoire se déroule en Égypte n’est pas anecdotique du tout : au contraire, c’est central et extrêmement bien exploité. La place de la religion, et en particulier de l’islam, est traitée avec beaucoup de finesse. Ce n’est jamais caricatural, jamais moralisateur. La foi est montrée comme quelque chose de profondément intime, parfois rassurant, parfois source de doutes, parfois même de conflits intérieurs. Les personnages s’interrogent sur le destin, la volonté divine, la légitimité de vouloir changer leur vie par un vœu… et j’ai trouvé ces questionnements passionnants. Ça apporte une dimension philosophique et spirituelle très forte à l’histoire, qui distingue clairement Shubeik Lubeik d’autres œuvres fantastiques plus occidentales. La culture égyptienne est omniprésente : dans les décors, les dialogues, les habitudes du quotidien, les références religieuses et sociales. Tout semble authentique et vivant. On sent que l’univers a été pensé avec énormément de soin, et ça rend le worldbuilding encore plus crédible. Les vœux ne sont pas juste un élément magique : ils s’insèrent dans une société déjà structurée par la foi, les classes sociales, les traditions et les inégalités. J’ai aussi énormément apprécié la narration chorale. Chaque personnage entretient un rapport différent aux vœux, mais aussi à la religion et au sens de la vie. Certains espèrent une solution miracle, d’autres refusent presque l’idée même de formuler un vœu, par conviction ou par peur. Il n’y a jamais de jugement : simplement des trajectoires humaines, complexes, parfois douloureuses, toujours crédibles. Visuellement, le dessin reste simple mais extrêmement expressif, au service des émotions et du propos. Rien n’est superflu. Et surtout, le fond du récit est d’une intelligence rare : Shubeik Lubeik parle de déterminisme social, de libre arbitre, de foi, de désir, de solitude et d’espoir, sans jamais donner de réponses faciles. C’est une BD qui m’a profondément touché et qui m’a fait réfléchir longtemps après l’avoir refermée. Un univers original, une approche culturelle et religieuse passionnante, des personnages humains et nuancés : pour moi, c’est un immense coup de cœur, et un 5/5 totalement mérité !

16/02/2026 (modifier)
Par Gaby
Note: 5/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Verts
Verts

J'ai énormément aimé cette BD, les dessins sont magnifiques et l’histoire est agréable, j'aime beaucoup la relire de temps en temps, j'aime énormément que ça parle de nature et que pourtant ce soit en noir et blanc jusqu'à là presque fin de l’œuvre.

16/02/2026 (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série L'Escadron de la Reine
L'Escadron de la Reine

Pendant le (court) règne d'Henri II et celui de ses fils, son épouse Catherine de Médicis a joué un rôle politique très important. On lui prête ainsi la création d'une brigade informelle, surnommée l'Escadron volant, au sin duquel un certain nombre de ses dames de compagnie ont joué le rôle d'espionnes, jouant les bretteuses et obtenant des secrets stratégiques sur l'oreiller. Techniquement, cela faisait de la Médicis une mère maquerelle, utilisant les charmes de ses courtisanes pour obtenir plus de pouvoir. Si cet escadron a réellement existé, il fut l'objet de nombreuses fables, certaines allant parfois très loin. Raule, scénariste espagnol connu notamment pour Jazz Maynard, s'en est emparé pour tourner l'idée à sa sauce, et nous livrer un récit d'aventure historique ma foi pas mal troussé, mêlant intrigues de la Cour et combats d'épées dans les rues de Paris. Avec en prime la présence d'une tueuse venue visiblement d'Orient. Le récit est mis en images par José Muñoz, vétéran de la BD argentine, qui a notamment travaillé avec Breccia et Pratt. Son style s'est affiné dans cette série, pour ressembler à ce que l'on faisait il y a une vingtaine d'années dans la collection (A suivre). C'est très plaisant, et on voit que le dessinateur s'amuse beaucoup à varier sa mise en scène, pour nous offrir de belles planches assez classiques. Curieux de savoir ce qu'il va arriver à Victoria, l'audacieuse débutante, dans la suite d ela série.

16/02/2026 (modifier)
Par Vaudou
Note: 5/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Les Phalanges de l'ordre noir
Les Phalanges de l'ordre noir

Le premier chef d'oeuvre du duo Christin-Bilal. Après la trilogie Légendes d'aujourd'hui, c'est l'épisode de la maturité. Christin livre un scénario sans fantastique mais fait cohabiter l'Histoire avec les histoires grâce à l'utilisation d'une voix off qui fonctionne comme un monologue intérieur. C'est précurseur et en plus le procédé est parfaitement maîtrisé, jusqu'à la conclusion magistrale du récit. Guerre d'Espagne, brigades rouges... On est en 1979 et on se rend compte qu'on peut traiter de tous les sujets à travers la bd pour adultes. Bilal utilise pour la dernière fois les bleus de coloriage avant le passage en couleurs direct. Disons juste que le soin apporté aux détails est exceptionnel et que la comparaison avec ses dernières productions peut être assez choquante si on ne connait que sa dernière période artistique. Arrières plans, nuages, chemins de traverses, péniches, bâtisses isolées, toitures au coeur de la ville; tout est sujet à émerveillement. C'est la clôture parfaite d'un premier âge d'or démarré en 1975 avec la Croisière des Oubliés. Le duo Christin-Bilal fait maintenant partie des précurseurs et le montrera encore quelques années plus tard avec Partie de Chasse. NB : à noter que la dernière édition de 2002 nous gratifie d'une longue interview (9 pages !) de Christin et Bilal ensemble très intéressante.

16/02/2026 (modifier)