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Couverture de la série L'Immeuble d'en face
L'Immeuble d'en face

Cette série a eu beaucoup de succès lors de sa sortie , il y a une vingtaine d'année. Vanyda trouve dans son quotidien Lillois une peinture qui pourrait s'apparenter à la Trilogie New york de will Eisner. Faire une peinture intimiste des heurs et malheurs d'un groupe d'habitants d'un immeuble particulier au fil du temps. La comparaison s'arrête là. Le style graphique de Vanyda a une attirance vers le Manga qui n'est pas ma tasse de thé. Je trouve tout de même son trait fin et fluide. Je regrette qu'il n'y ait pas plus d'extérieurs dans les rues de Lille qui sont propices à de très belles ambiances( surtout estudiantines!!). Le scénario est assez succinct avec ces anecdotes plus ou moins futiles qui rythment le temps qui passe. C'est le couple Claire-Louis qui tient la place centrale avec une vision assez réductrice de soirées, de papotages et de jeux videos, bien sympathique mais qui n'apporte pas grand chose au niveau humain. Seule Béatrice avec ses deux enfants pourraient apporter un élément dramatique qui manque à la série à mon avis. Mais j'ai eu l'impression d'être dans une bulle où les difficultés sont gommées. C'est peut-être la jeunesse de Vanyda et son manque de vécu ou alors une pudeur vis à vis des personnes dessinées mais je trouve que les situations manquent d'intensité. Une lecture plutôt agréable mais qui manque de piquant émotionnel. 2.5

22/05/2022 (modifier)
Par Canarde
Note: 3/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Est-ce qu'on pourrait parler d'autre chose ?
Est-ce qu'on pourrait parler d'autre chose ?

Je suis juste à l'âge où je me demande comment je vais me débrouiller avec mes parents, quand ils vont devenir moins autonomes. Cette BD remue le couteau dans la plaie et ne parle pas d'autre chose. Ici nous sommes avec une fille unique, comme moi, mais juive new-yorkaise, qui essaye de se démerder avec ses parents qui perdent pied tout en conservant leur identité, certains défauts, certaines habitudes liées à leur histoire et leur culture, mais aussi en lâchant prise par bien des aspects. Roz décrit avec humour mais aussi avec désespoir la faiblesse grandissante de ses parents, qui petit-à-petit perdent le contact avec une vie de tous les jours "normale". Pour nous montrer ces dérives, elle raconte son histoire et celle de ses parents et essaye de repérer la part des déraillements due à leur histoire et celle due à la vieillesse. C'est une observation que nous pourrons tous faire un jour ou l'autre, j'en ai peur. Elle décrit aussi les institutions qui prennent en charge la fin de vie aux états unis. Pendant des décennies notre société a évacué ce qui n'était pas beau à voir : les déchets, le caca, les menstrues, la mort, la vieillesse, le viol, la douleur... Notre époque est en train d'essayer de réparer ces oublis (pêle-mêle : les couches lavables, les toilettes sèches, Me-too, le recyclage des déchets, la réparation des objets plutôt que l'enfouissement, le réemploi des matériaux plutôt que le rejet à la mer, des colocations de personnes âgées, des logements intergénérationnels, des expériences en France pour autoriser des inhumations dans des bois du souvenir, la sédation...) Cette BD ne va pas du tout vers ce coté général et politique, elle reste sur le témoignage au plus proche de son cas personnel et, comme souvent, c'est là que cela devient universel. Elle découpe son histoire en chapitres assez courts pour que l'on puisse interrompre la lecture facilement et ainsi "parler d'autre chose". Les dessins et l'esprit qui rappellent Tomtom et Nana par l'aspect caricatural et bon enfant des personnages ne s'adressent assurément pas à des enfants. Pourtant ce contraste bizarre entre l'image , la drôlerie des dialogues et le fond de l'affaire, qui est sans issue, semble la seule manière d'"en" parler.

22/05/2022 (modifier)
Couverture de la série Waterlose
Waterlose

J’avais vraiment beaucoup ri, et donc beaucoup aimé la précédente œuvre publiée en collaboration par ces deux auteurs, Salade César (comme j’avais aussi beaucoup aimé Dialogues de Karibou). J’ai donc acheté dès sa sortie « Waterlose », espérant y trouver le même délire parodique et absurde que dans Salade César. Et je dois dire que c’est ma première déception concernant Karibou. En effet, si j’ai bien aimé l’ambiance générale (dessins statiques et très minimalistes de Duparcmeur), fortement imbibée d’absurde, j’ai trouvé l’ensemble bien moins drôle, les gags sont clairement moins percutants. La surprise joue moins, peut-être, mais j’ai été moins convaincu ici. Grosso modo, l’intrigue se résume facilement. Nous sommes à Ste Hélène, et Napoléon s’emmerde. A part faire chier ses geôliers anglais, il passe son temps à dicter ses mémoires à son fidèle Las Cases (ce qui permet moult flash-backs, et donc d’utiliser toute la carrière de Napoléon pour les gags). Si Karibou continue dans les parodies décalées de personnages historiques, il va falloir qu’il se renouvelle un minimum, et redevienne plus percutant.

22/05/2022 (modifier)
Couverture de la série L'Homme des marais
L'Homme des marais

Toppi n’a pas réalisé que des contes, comme ceux réédités depuis pas mal d’années par les éditions Mosquito. Il a aussi publié certains récits d’aventure plus classiques, comme c’est le cas ici avec cet album, qui prend place dans la collection « Un homme une aventure » de Dargaud. On y retrouve le très joli dessin de Toppi (que j’aime vraiment beaucoup), qui utilise ici une colorisation assez chouette et discrète, où des teintes de vert sombre dominent. Et, comme souvent chez lui, le refus du gaufrier classique, avec des planches déconstruites, et des passages complètement blancs, qui donnent à certaines planches des airs de collage. Quant au récit, il est relativement classique et épuré. Proche de ce que pouvaient faire Battaglia ou Pratt sur des histoires se déroulant dans d’autres forêts plus au nord de l’Amérique du nord. C’est que Toppi situe son action au cœur des Everglades, l’histoire s’intéressant à la résistance des Séminoles face aux assauts des troupes américaines. Le personnage principal, « nègre blanc » rejeté par ses pairs, est un soldat en rupture de ban, qui choisit le camp de la liberté – et va donc en partie embrasser la cause séminole. L’histoire est un peu courte, mais elle se laisse lire agréablement. D’autant plus qu’une longue présentation de Lisa Baruffi plante bien le décor à propos des Séminoles (peu souvent utilisés en BD – voir le thème qui leur est consacré sur ce site). Cette introduction donne de la densité au récit de Toppi.

22/05/2022 (modifier)
Couverture de la série Krän
Krän

Une série qui se pose en pastiche d’univers d’Héroic Fantasy, avec un héros inspiré de Conan. Amis de la poésie, passez votre chemin !! Le ton employé ici est très « lourd » mais complètement assumé. Le dessin n’est pas ce que l’auteur a proposé de mieux mais fait le taf. La 1ère moitié de la série m’a fait passé un bon moment et j’aime bien le Garou (à l’inverse de Kunu, perso qui m’exaspère). Par contre, la suite m’a semblé bien moins réussie, ça tire trop sur la corde, la série devenant sa propre caricature à la longue je trouve. Emprunt conseillé pour les amateurs mais à lire par petites doses.

22/05/2022 (modifier)