2.5
Un spin-off de la série Billy Brouillard, une série qui ne m'a pas trop marqué, mais j'ai tout de même lu les deux albums parce que j'aime bien le dessin de Bianco.
De ce que je me souviens de la série original, le ton de ce spin-off me semble plus enfantin. Le fait qu'on a en prime une loupe qui montre ce que cache les dessins me rappellent les livres-jeux que j'avais étant jeune. C'est amusant si on est jeune et j'imagine que ce l'est encore pour certains adultes, mais personnellement le coté jeu m'a laissé indifférent. Coté scénario, j'ai trouvé les deux tomes inégales. Le premier tome est au final trop banal pour être divertissant. Le deuxième est mieux et a des bons moments, mais pas au point où je trouvais cela marquant.
Je pense que je suis juste trop vieux pour ce genre de série qui va plus divertir les moins de 10 ans. Ce que je retiens surtout est le dessin de Bianco qui est bon comme toujours.
Un bon documentaire sur la nécessité de la nature et particulièrement des arbres. Si je ne mets que 3 étoiles s'est parce que le sujet en lui-même ne me passionne pas plus que ça, mais je le recommande à n'importe qui qui veut en apprendre plus sur la nature et aussi aux passionnés de sciences nature parce que c'est vraiment un très bon documentaire.
Déjà, il y a le dessin de Nicoby qui est toujours agréable. C'est le type de dessin qui me donne immédiatement envie de lire une bande dessinée. Quant au scénario, il est bien fait. On fait dialoguer le botaniste Francis Hallé avec le philosophe Aristote qui avait déclaré que l'humain est au sommet de tout et Hallé va lui montrer qu'il a tort et que la végétation est très importante. Il y a donc des moments plus légers entre deux explications scientifiques détaillés. Cela permet une lecture aéré, on ne tombe pas dans le piège du documentaire en BD qui balance tellement d'informations pendant des dizaines et des dizaines pages qu'à la fin le lecteur ne retient rien et s'ennui ferme. Le texte est bien vulgarisé et on comprends facilement les explications de Hallé.
Après 2 derniers tomes qui ne m’avaient pas fait forte impression, j’avoue que je ne me presse plus pour découvrir la suite de cette collection.
Cette version Ozanam/Aouamri s’en tire pourtant avec les honneurs, rien de foncièrement innovant dans cette aventure mais un rythme plutôt agréable et des ingrédients qui savent bien jouer avec notre nostalgie.
Il y a juste quelques détails qui m’ont un peu trop chagriné pour m’emporter plus sur ma note.
Niveau dessin, malgré une représentation de Thorgal qui m’a parfois interpellé, c’est très bon, un style clair et détaillé. L’univers et la mythologie vont comme un gant à l’auteur, pas pressé de le voir dessiner des voitures.
Et si le plaisir des yeux fut agréable, il en va de même pour le récit. Le scénariste place son intrigue entre Louve et L’épée Soleil, où Thorgal a quitté femme et enfants pour se faire oublier des Dieux.
Cette aventure ne démériterait pas dans la série mère, l’idée autour de cette cité mouvante est fort sympathique, son exécution respecte bien (trop?) les carcans de la série. J’ai trouvé que ça lorgnait bien vers Brek Zarith (malheureusement le méchant sera ici moins réussi), à ça on ajoute quelques retrouvailles de persos « oubliés » qui font leur petit effet.
La structure du récit m’a semblé cohérente, on alterne entre Thorgal et Aaricia, je n’ai pas ressenti de passages inutiles pour le nombre de pages (bon point par rapport à ses prédécesseurs).
Bref de la bonne came pour les amateurs de ce héros, je reproche juste une fin vraiment loupé pour le méchant, un certain manque d’empathie pour notre héros (bon après c’est pas sa meilleur période, on rappelle qu’il s’est barré du domicile conjugale ;) et une absence de prise de risque dans le fond.
Sinon sympa à lire et bien réalisé.
Un ensemble très hétéroclite, et tout autant inégal, pour cet auteur italien pour lequel j'ai un petit faible.
On a ici un recueil d'histoires courtes, qui touchent à beaucoup de genres (SF, polar, parodie de comics trashouille, fantastique, etc.). On sent que l'auteur voulait s'essayer - généralement avec une approche parodique ou tout le moins décalée - à tous les genres classiques. Le dessin est lui aussi très divers, du réalisme (pas très beau et qui ne m'attire pas trop) au minimalisme géométrique - et flashy -, en passant par une sorte de parodie de dessin animé avec personnages rondouillards agités.
C'est ce dernier genre qui m'a le plus convaincu. au niveau graphique tout d'abord. Mais aussi au niveau de l'histoire et du rythme. On y retrouve un peu du délirant Awop Bop Aloobop Alop Bam Boom, mais surtout du plus trash et réussi Squeak the mouse. D'autres petits clins d'oeil sont amusants, comme celui fait à Alfred Hitchcock et à son émission Alfred Hitchcock présente (une parodie de son ombre qui apparaissait dans le générique).
Pour le reste, c'est inégal, parfois longuet, ou abscons.
A réserver aux amateurs de l'auteur je pense.
C'est avec la très bonne série sur la 2e Guerre Mondiale Quand la nuit tombe, que j'avais découvert le talent de dessinateur de Toni Galmés. Delcourt lui ouvre cette fois ses portes pour un album jeunesse où il gère cette fois le dessin et le scénario.
C'est déjà un plaisir de retrouver toute la rondeur et la douceur de son dessin aquarellé ; je trouve qu'il se prête à merveille à la BD jeunesse. Avec cet album, nous suivons l'arrivée (en France ?) d'une maman et de sa jeune fille au coeur d'un rude hiver ; on les suppose réfugiées, sans trop savoir d'où elles viennent ni pour quelles raisons, mais il semble clair que la neige et l'hiver ne font pas parti de leurs habitudes. C'est lors d'une de ses balades que la jeune fille va tomber sur une troupe de démons qui traversent la campagne. Un des jeunes démon va finir par suivre la jeune fille et devenir son ami ; c'est le début d'une relation d'amitié singulière qui commence...
Voilà un album qui vaut le détour ne serait-ce que pour le graphisme de Toni Galmés. L'album se lit vite (surtout pour un adulte), mais sait imposer une ambiance particulière en abordant par la bande des sujets sensibles qui devraient résonner aux oreilles des jeunes lecteurs.
Une BD bien rigolote qui n'a malheureusement pas de chute à la hauteur de son sujet. Et c'est dommage, je trouve qu'il manque le dernier détail qui aurait fait le sel de cette comédie de mœurs au sein de l'entreprise.
La BD parle de la folie nouvelle qui s'empare des entreprises autour de la sécurité, tout en pressant la masse salariale et restant dans une logique capitaliste débridée à l'extrême. Notre protagoniste est un agent zélé qui se rend compte qu'il se fait avoir comme les autres lorsqu'il ne reçoit pas sa promotion tant attendue, ce qui sera le point de départ d'une remise en question du système. Sauf que cette remise en question retombe à plat dans le dernier segment, même si on semble pointer du doigt une légère évolution. Mais clairement pas de remise en question des logiques managériales, ni du capitalisme ou du libéralisme, la BD est bien trop sage sur ce point.
En fait c'est une BD vite lue qui sent les anecdotes réelles mais qui n'a pas de développement au-delà de ces anecdotes, aussi tordantes soient-elles. Je regrette que tout les petits détails ne servent pas, comme les occupations de monsieur le soir qui ne servent qu'à une seule chose pour le twist final. Bref, c'est rigolo, ça montre bien les dérives de ce libéralisme forcené, mais ça ne dépasse pas ce cadre et la façon dont à la fin, ironiquement, les plus bas de l'échelle seront victimes malgré toutes les précautions montre bien que notre système s'en fout des plus petits.
Une BD drôle, donc, montrant les dérives d'un système mais ne les interroge pas. Dommage, il y aurait eu moyen d'aller plus loin avec cette idée.
Entre SF, polar et humour, cette BD aurait facilement eu sa place dans le magazine Métal hurlant.
C'est une histoire de sosies, où un paumé cherchant à fuir la vengeance de ses créanciers va se faire relooker par son serviteur robot. Manque de bol, son nouveau look le fait ressembler comme deux gouttes d'eau à un malfrat lui-même recherché par la police.
On est là dans une histoire légère, clairement destinée au divertissement.
Le dessin de Garcés est le point fort de l'ouvrage. Il a des allures de séries d'humour de Fluide Glacial (le quatrième de couverture cite Foerster, et c'est vrai qu'il y a un petit air), tout en proposant des décors futuristes qui évoquent Moebius. Le héros a une sale gueule, mais pour le reste je trouve ce dessin réussi et soigné, surtout pour une histoire aussi légère.
Celle-ci est plaisante sans plus. Pendant un long moment, je me suis dit que le fait d'intégrer un robot comme narrateur et serviteur était un peu dispensable car tout aurait pu se passer sans sa présence, aussi sympathique soit-il, mais c'est vers la fin de l'histoire qu'on comprend le petit intérêt qu'il apporte à l'intrigue. Elle se lit bien, amuse, et tout n'y est pas aussi prévisible qu'on pourrait le craindre.
Ce n'est toutefois pas particulièrement mémorable, mais comme l'album est court et se lit vite, on n'a pas le temps de s'ennuyer.
Une BD sur la difficulté d'être Tunisien en France (mais plus généralement maghrébin) avec les commentaires, les clichés, les détails de la vie de tout les jours.
C'est le récit de Bilal, jeune tunisien venu en France pour les études et découvrant la réalité du racisme systémique français, racisme autant présent dans les discours réacs et facho à la télé et dans nos médias que dans des commentaires insidieux de la vie de tout les jours. Des commentaires de gens bien intentionnés par ailleurs, mais dont la logique de pensée est conditionnée par ce monde. Le maghreb est un endroit dépaysant pour des jeunes gens ayant suffisamment de moyen, Marrakech est une destination touristique et l'arabe une langue exotique. L'orientalisme encore bien présent ...
La BD est sur ce regard des français sur "l'arabe", "l'autre", "le pas-comme-nous", soit par condescendance paternaliste soit par haine d'une religion et d'une ethnie. Le tout avec Bilal prisonnier de sa condition en France, ne sachant pas trop s'il a fuit un pays qui aurait besoin de lui pour venir être considéré comme un problème en France, ou s'il est un jeune étranger prometteur qui tente de s'en sortir, simplement. Les discussions avec sa copine et le monde qui l'entoure mettent en lumière cette problématique et la façon dont il vit tout cela alors que la Tunisie connait des mouvement populaires qui semblent vouloir changer les pouvoirs corrompus.
Dis comme cela, la BD est franchement attractive et bien faite, mais je dois dire qu'elle a des failles, notamment sa brièveté. Elle fait déjà une centaine de pages mais toutes n'ont pas la même force et les sujets sont nombreux. J'apprécie que l'autrice montre différentes facettes de notre société, de la plus évidente et frontale (contrôle de police abusifs) aux plus insidieux (préfecture en sous-effectif alors qu'il doit renouveler ses papiers). De même les différentes phrases et discours qui parsèment l'ouvrage donnent un aperçu assez clair de ce que peut entendre un jeune homme identifié comme "arabe" (terme fourre-tout n'ayant pas d'existence ethnique d'ailleurs). Mais les sujets sont simplement mis en lumière sans ajouts clairs sur les personnes qui arrivent à s'extraire de ce racisme sociétale, comme sa copine qui apprend progressivement à son contact. De même il n'y a pas la question que ça soulève sur d'autres ethnies ou la crispation identitaire qui en découle. La BD est bien, mais "simplement bien", en somme. Elle soulève le sujet, montre ce qui est, sans dépasser ce cadre et plonger un peu plus loin. En somme, un témoignage qui ne va pas au-delà du cadre.
Le dessin, lui, est très sobre mais efficace. Les traits anguleux et les a-plats de couleurs fondent les couleurs de peaux qui font ressortir encore plus ceux qui sont blancs, clairement identifiables dans le récit de fait. La patte graphique donne un sentiment que le blanc détonne, et je pense que c'est l'idée de l'autrice qui nous montre une vie dans laquelle les blancs sont les différents. Un travail intéressant, peut-être un peu trop plat sur l'ensemble puisque la BD reste dans les tons oranges et bleu tout le temps, laissant une impression de froid du fait des couleurs. Mais un travail graphique qui fait mouche quand même.
Une BD sur le racisme systémique de la France et son impact réel au quotidien.
Origines est une bande dessinée de science-fiction exigeante, clairement pensée pour un lectorat averti. Le scénario multiplie les allers-retours temporels — flash-back et flash-forward — au point de rendre la lecture volontairement complexe, parfois même laborieuse. Les dialogues, souvent elliptiques et abstraits, accentuent ce sentiment d’opacité et demandent un réel investissement pour suivre les enjeux.
Le fond du propos est pourtant solide et stimulant. La réflexion sur l’hubris humaine, la création devenue dominante et la place résiduelle de l’homme dans un monde post-humain fonctionne sur le plan conceptuel, surtout pour un amateur de SF. En revanche, cette densité nuit à la transmission des thèmes : l’émotion reste étonnamment distante, alors même que le sujet s’y prêterait pleinement. L’ensemble donne l’impression d’une œuvre intellectuellement riche mais peu accessible, et clairement pas conçue pour une lecture de détente.
Le dessin est cohérent avec cette approche : esthétique travaillée, ambitieuse, mais chargée et parfois difficile à décrypter. La profusion d’informations visuelles renforce l’immersion mais peut aussi freiner la lisibilité et la fluidité. Au final, une BD de qualité, intéressante sur le fond, mais dont la complexité formelle limite l’impact émotionnel et la portée globale. On en attendait davantage.
Lecture fluide et accessible, portée par une intrigue que l’on suit sans effort. Le récit installe un cadre réaliste et crédible, mais reste ambigu dans ses intentions : hésitation persistante entre enquête de proximité et chronique quasi documentaire.
Les thématiques — vieillesse, isolement, responsabilité collective — sont présentes mais peu creusées à mon goûts et sans réelle montée en tension ni construction d’une morale lisible.
Les personnages sont bien caractérisés, humains et cohérents, ce qui maintient l’intérêt malgré une impression de flottement quant au propos. Le dessin, soigné et respectueux du monde villageois, joue une caricature mesurée : typologies reconnaissables, lisibilité constante, mise en scène au service du réel sans effet appuyé.
Ensemble agréable mais peu marquant, pertinent dans son observation, plus limité dans son impact émotionnel et narratif.
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Le Détective du Bizarre
2.5 Un spin-off de la série Billy Brouillard, une série qui ne m'a pas trop marqué, mais j'ai tout de même lu les deux albums parce que j'aime bien le dessin de Bianco. De ce que je me souviens de la série original, le ton de ce spin-off me semble plus enfantin. Le fait qu'on a en prime une loupe qui montre ce que cache les dessins me rappellent les livres-jeux que j'avais étant jeune. C'est amusant si on est jeune et j'imagine que ce l'est encore pour certains adultes, mais personnellement le coté jeu m'a laissé indifférent. Coté scénario, j'ai trouvé les deux tomes inégales. Le premier tome est au final trop banal pour être divertissant. Le deuxième est mieux et a des bons moments, mais pas au point où je trouvais cela marquant. Je pense que je suis juste trop vieux pour ce genre de série qui va plus divertir les moins de 10 ans. Ce que je retiens surtout est le dessin de Bianco qui est bon comme toujours.
Le Génie de la forêt
Un bon documentaire sur la nécessité de la nature et particulièrement des arbres. Si je ne mets que 3 étoiles s'est parce que le sujet en lui-même ne me passionne pas plus que ça, mais je le recommande à n'importe qui qui veut en apprendre plus sur la nature et aussi aux passionnés de sciences nature parce que c'est vraiment un très bon documentaire. Déjà, il y a le dessin de Nicoby qui est toujours agréable. C'est le type de dessin qui me donne immédiatement envie de lire une bande dessinée. Quant au scénario, il est bien fait. On fait dialoguer le botaniste Francis Hallé avec le philosophe Aristote qui avait déclaré que l'humain est au sommet de tout et Hallé va lui montrer qu'il a tort et que la végétation est très importante. Il y a donc des moments plus légers entre deux explications scientifiques détaillés. Cela permet une lecture aéré, on ne tombe pas dans le piège du documentaire en BD qui balance tellement d'informations pendant des dizaines et des dizaines pages qu'à la fin le lecteur ne retient rien et s'ennui ferme. Le texte est bien vulgarisé et on comprends facilement les explications de Hallé.
Thorgal Saga - La Cité mouvante
Après 2 derniers tomes qui ne m’avaient pas fait forte impression, j’avoue que je ne me presse plus pour découvrir la suite de cette collection. Cette version Ozanam/Aouamri s’en tire pourtant avec les honneurs, rien de foncièrement innovant dans cette aventure mais un rythme plutôt agréable et des ingrédients qui savent bien jouer avec notre nostalgie. Il y a juste quelques détails qui m’ont un peu trop chagriné pour m’emporter plus sur ma note. Niveau dessin, malgré une représentation de Thorgal qui m’a parfois interpellé, c’est très bon, un style clair et détaillé. L’univers et la mythologie vont comme un gant à l’auteur, pas pressé de le voir dessiner des voitures. Et si le plaisir des yeux fut agréable, il en va de même pour le récit. Le scénariste place son intrigue entre Louve et L’épée Soleil, où Thorgal a quitté femme et enfants pour se faire oublier des Dieux. Cette aventure ne démériterait pas dans la série mère, l’idée autour de cette cité mouvante est fort sympathique, son exécution respecte bien (trop?) les carcans de la série. J’ai trouvé que ça lorgnait bien vers Brek Zarith (malheureusement le méchant sera ici moins réussi), à ça on ajoute quelques retrouvailles de persos « oubliés » qui font leur petit effet. La structure du récit m’a semblé cohérente, on alterne entre Thorgal et Aaricia, je n’ai pas ressenti de passages inutiles pour le nombre de pages (bon point par rapport à ses prédécesseurs). Bref de la bonne came pour les amateurs de ce héros, je reproche juste une fin vraiment loupé pour le méchant, un certain manque d’empathie pour notre héros (bon après c’est pas sa meilleur période, on rappelle qu’il s’est barré du domicile conjugale ;) et une absence de prise de risque dans le fond. Sinon sympa à lire et bien réalisé.
B Stories
Un ensemble très hétéroclite, et tout autant inégal, pour cet auteur italien pour lequel j'ai un petit faible. On a ici un recueil d'histoires courtes, qui touchent à beaucoup de genres (SF, polar, parodie de comics trashouille, fantastique, etc.). On sent que l'auteur voulait s'essayer - généralement avec une approche parodique ou tout le moins décalée - à tous les genres classiques. Le dessin est lui aussi très divers, du réalisme (pas très beau et qui ne m'attire pas trop) au minimalisme géométrique - et flashy -, en passant par une sorte de parodie de dessin animé avec personnages rondouillards agités. C'est ce dernier genre qui m'a le plus convaincu. au niveau graphique tout d'abord. Mais aussi au niveau de l'histoire et du rythme. On y retrouve un peu du délirant Awop Bop Aloobop Alop Bam Boom, mais surtout du plus trash et réussi Squeak the mouse. D'autres petits clins d'oeil sont amusants, comme celui fait à Alfred Hitchcock et à son émission Alfred Hitchcock présente (une parodie de son ombre qui apparaissait dans le générique). Pour le reste, c'est inégal, parfois longuet, ou abscons. A réserver aux amateurs de l'auteur je pense.
Le Démon de l'hiver
C'est avec la très bonne série sur la 2e Guerre Mondiale Quand la nuit tombe, que j'avais découvert le talent de dessinateur de Toni Galmés. Delcourt lui ouvre cette fois ses portes pour un album jeunesse où il gère cette fois le dessin et le scénario. C'est déjà un plaisir de retrouver toute la rondeur et la douceur de son dessin aquarellé ; je trouve qu'il se prête à merveille à la BD jeunesse. Avec cet album, nous suivons l'arrivée (en France ?) d'une maman et de sa jeune fille au coeur d'un rude hiver ; on les suppose réfugiées, sans trop savoir d'où elles viennent ni pour quelles raisons, mais il semble clair que la neige et l'hiver ne font pas parti de leurs habitudes. C'est lors d'une de ses balades que la jeune fille va tomber sur une troupe de démons qui traversent la campagne. Un des jeunes démon va finir par suivre la jeune fille et devenir son ami ; c'est le début d'une relation d'amitié singulière qui commence... Voilà un album qui vaut le détour ne serait-ce que pour le graphisme de Toni Galmés. L'album se lit vite (surtout pour un adulte), mais sait imposer une ambiance particulière en abordant par la bande des sujets sensibles qui devraient résonner aux oreilles des jeunes lecteurs.
Stop Work - Les Joies de l'entreprise moderne
Une BD bien rigolote qui n'a malheureusement pas de chute à la hauteur de son sujet. Et c'est dommage, je trouve qu'il manque le dernier détail qui aurait fait le sel de cette comédie de mœurs au sein de l'entreprise. La BD parle de la folie nouvelle qui s'empare des entreprises autour de la sécurité, tout en pressant la masse salariale et restant dans une logique capitaliste débridée à l'extrême. Notre protagoniste est un agent zélé qui se rend compte qu'il se fait avoir comme les autres lorsqu'il ne reçoit pas sa promotion tant attendue, ce qui sera le point de départ d'une remise en question du système. Sauf que cette remise en question retombe à plat dans le dernier segment, même si on semble pointer du doigt une légère évolution. Mais clairement pas de remise en question des logiques managériales, ni du capitalisme ou du libéralisme, la BD est bien trop sage sur ce point. En fait c'est une BD vite lue qui sent les anecdotes réelles mais qui n'a pas de développement au-delà de ces anecdotes, aussi tordantes soient-elles. Je regrette que tout les petits détails ne servent pas, comme les occupations de monsieur le soir qui ne servent qu'à une seule chose pour le twist final. Bref, c'est rigolo, ça montre bien les dérives de ce libéralisme forcené, mais ça ne dépasse pas ce cadre et la façon dont à la fin, ironiquement, les plus bas de l'échelle seront victimes malgré toutes les précautions montre bien que notre système s'en fout des plus petits. Une BD drôle, donc, montrant les dérives d'un système mais ne les interroge pas. Dommage, il y aurait eu moyen d'aller plus loin avec cette idée.
Trop Humain
Entre SF, polar et humour, cette BD aurait facilement eu sa place dans le magazine Métal hurlant. C'est une histoire de sosies, où un paumé cherchant à fuir la vengeance de ses créanciers va se faire relooker par son serviteur robot. Manque de bol, son nouveau look le fait ressembler comme deux gouttes d'eau à un malfrat lui-même recherché par la police. On est là dans une histoire légère, clairement destinée au divertissement. Le dessin de Garcés est le point fort de l'ouvrage. Il a des allures de séries d'humour de Fluide Glacial (le quatrième de couverture cite Foerster, et c'est vrai qu'il y a un petit air), tout en proposant des décors futuristes qui évoquent Moebius. Le héros a une sale gueule, mais pour le reste je trouve ce dessin réussi et soigné, surtout pour une histoire aussi légère. Celle-ci est plaisante sans plus. Pendant un long moment, je me suis dit que le fait d'intégrer un robot comme narrateur et serviteur était un peu dispensable car tout aurait pu se passer sans sa présence, aussi sympathique soit-il, mais c'est vers la fin de l'histoire qu'on comprend le petit intérêt qu'il apporte à l'intrigue. Elle se lit bien, amuse, et tout n'y est pas aussi prévisible qu'on pourrait le craindre. Ce n'est toutefois pas particulièrement mémorable, mais comme l'album est court et se lit vite, on n'a pas le temps de s'ennuyer.
Ce qui nous sépare
Une BD sur la difficulté d'être Tunisien en France (mais plus généralement maghrébin) avec les commentaires, les clichés, les détails de la vie de tout les jours. C'est le récit de Bilal, jeune tunisien venu en France pour les études et découvrant la réalité du racisme systémique français, racisme autant présent dans les discours réacs et facho à la télé et dans nos médias que dans des commentaires insidieux de la vie de tout les jours. Des commentaires de gens bien intentionnés par ailleurs, mais dont la logique de pensée est conditionnée par ce monde. Le maghreb est un endroit dépaysant pour des jeunes gens ayant suffisamment de moyen, Marrakech est une destination touristique et l'arabe une langue exotique. L'orientalisme encore bien présent ... La BD est sur ce regard des français sur "l'arabe", "l'autre", "le pas-comme-nous", soit par condescendance paternaliste soit par haine d'une religion et d'une ethnie. Le tout avec Bilal prisonnier de sa condition en France, ne sachant pas trop s'il a fuit un pays qui aurait besoin de lui pour venir être considéré comme un problème en France, ou s'il est un jeune étranger prometteur qui tente de s'en sortir, simplement. Les discussions avec sa copine et le monde qui l'entoure mettent en lumière cette problématique et la façon dont il vit tout cela alors que la Tunisie connait des mouvement populaires qui semblent vouloir changer les pouvoirs corrompus. Dis comme cela, la BD est franchement attractive et bien faite, mais je dois dire qu'elle a des failles, notamment sa brièveté. Elle fait déjà une centaine de pages mais toutes n'ont pas la même force et les sujets sont nombreux. J'apprécie que l'autrice montre différentes facettes de notre société, de la plus évidente et frontale (contrôle de police abusifs) aux plus insidieux (préfecture en sous-effectif alors qu'il doit renouveler ses papiers). De même les différentes phrases et discours qui parsèment l'ouvrage donnent un aperçu assez clair de ce que peut entendre un jeune homme identifié comme "arabe" (terme fourre-tout n'ayant pas d'existence ethnique d'ailleurs). Mais les sujets sont simplement mis en lumière sans ajouts clairs sur les personnes qui arrivent à s'extraire de ce racisme sociétale, comme sa copine qui apprend progressivement à son contact. De même il n'y a pas la question que ça soulève sur d'autres ethnies ou la crispation identitaire qui en découle. La BD est bien, mais "simplement bien", en somme. Elle soulève le sujet, montre ce qui est, sans dépasser ce cadre et plonger un peu plus loin. En somme, un témoignage qui ne va pas au-delà du cadre. Le dessin, lui, est très sobre mais efficace. Les traits anguleux et les a-plats de couleurs fondent les couleurs de peaux qui font ressortir encore plus ceux qui sont blancs, clairement identifiables dans le récit de fait. La patte graphique donne un sentiment que le blanc détonne, et je pense que c'est l'idée de l'autrice qui nous montre une vie dans laquelle les blancs sont les différents. Un travail intéressant, peut-être un peu trop plat sur l'ensemble puisque la BD reste dans les tons oranges et bleu tout le temps, laissant une impression de froid du fait des couleurs. Mais un travail graphique qui fait mouche quand même. Une BD sur le racisme systémique de la France et son impact réel au quotidien.
Origines
Origines est une bande dessinée de science-fiction exigeante, clairement pensée pour un lectorat averti. Le scénario multiplie les allers-retours temporels — flash-back et flash-forward — au point de rendre la lecture volontairement complexe, parfois même laborieuse. Les dialogues, souvent elliptiques et abstraits, accentuent ce sentiment d’opacité et demandent un réel investissement pour suivre les enjeux. Le fond du propos est pourtant solide et stimulant. La réflexion sur l’hubris humaine, la création devenue dominante et la place résiduelle de l’homme dans un monde post-humain fonctionne sur le plan conceptuel, surtout pour un amateur de SF. En revanche, cette densité nuit à la transmission des thèmes : l’émotion reste étonnamment distante, alors même que le sujet s’y prêterait pleinement. L’ensemble donne l’impression d’une œuvre intellectuellement riche mais peu accessible, et clairement pas conçue pour une lecture de détente. Le dessin est cohérent avec cette approche : esthétique travaillée, ambitieuse, mais chargée et parfois difficile à décrypter. La profusion d’informations visuelles renforce l’immersion mais peut aussi freiner la lisibilité et la fluidité. Au final, une BD de qualité, intéressante sur le fond, mais dont la complexité formelle limite l’impact émotionnel et la portée globale. On en attendait davantage.
Albertine a disparu
Lecture fluide et accessible, portée par une intrigue que l’on suit sans effort. Le récit installe un cadre réaliste et crédible, mais reste ambigu dans ses intentions : hésitation persistante entre enquête de proximité et chronique quasi documentaire. Les thématiques — vieillesse, isolement, responsabilité collective — sont présentes mais peu creusées à mon goûts et sans réelle montée en tension ni construction d’une morale lisible. Les personnages sont bien caractérisés, humains et cohérents, ce qui maintient l’intérêt malgré une impression de flottement quant au propos. Le dessin, soigné et respectueux du monde villageois, joue une caricature mesurée : typologies reconnaissables, lisibilité constante, mise en scène au service du réel sans effet appuyé. Ensemble agréable mais peu marquant, pertinent dans son observation, plus limité dans son impact émotionnel et narratif.