Pour une fois, je trouve que l'adaptation en manga par Tanabe est plus efficace que la nouvelle originelle. En effet, si L'Appel de Cthulhu est sans doute le texte le plus connu de Lovecraft et un pilier de sa mythologie, sa lecture m'avait paru assez rébarbative dans ses deux premiers tiers lorsque je l'ai découverte, jusqu'à l'arrivée sur l'île où se déroule son passage le plus marquant. Ici, grâce à une mise en image propre et rigoureuse, Tanabe parvient à donner davantage de vie au début du récit et à l'enquête, pourtant assez bavarde, qui le structure. J'ai pris plaisir à suivre le héros qui remonte le fil des témoignages, et surtout à voir ces récits mis en images, ce qui permet de mieux les appréhender. Le rythme est bon et, même si ce n'est toujours pas une intrigue de Lovecraft qui m'enthousiasme particulièrement, je l'ai suivie avec intérêt.
Lorsque l'équipage débarque sur la fameuse île, j'ai beaucoup aimé la manière dont Tanabe parvient à représenter la déformation de la lumière et les perspectives impossibles. Il réussit à traduire visuellement la folie de ce lieu hors norme, et c'est sans doute l'un des points les plus marquants de cette adaptation.
En revanche, d'autres aspects de son dessin me convainquent nettement moins. Ses scènes d'action restent toujours aussi confuses, et la représentation de Cthulhu lui-même manque de majesté. Il apparaît à plusieurs reprises comme une sorte de gros lourdaud tentaculaire, poursuivant les humains comme un Godzilla idiot. Pour faire simple, il ne fait pas peur, et il est difficile de ressentir l'effroi ou la folie que sa simple apparition est censée provoquer.
Je reste donc partagé face à cette adaptation : j'ai apprécié la clarté de sa longue introduction ainsi que les effets graphiques très réussis liés à R'lyeh, mais j'ai été déçu par les scènes d'action et par la représentation de Cthulhu lui-même.
Cet album contient l'adaptation de deux récits de Lovecraft.
Le premier est Dagon, qui est très court. Je ne suis pas vraiment sûr de l'avoir lu dans sa version originale, mais dans tous les cas, si je l'avais fait, je l'aurais confondu et lui aurais nettement préféré le passage similaire, mais bien plus dantesque, que l'on trouve dans L'Appel de Cthulhu. Ici, l'histoire est trop brève, assez plate, et, dans le mythe lovecraftien, je n'aime pas particulièrement les créatures que sont Dagon et les autres Profonds. J'ai donc ressenti peu d'enthousiasme à la lecture de ce récit introductif.
En revanche, Celui qui hantait les ténèbres est l'une de mes nouvelles préférées de Lovecraft. J'aime le fait qu'elle se déroule dans un cadre parfaitement urbain (la ville de Providence) et relativement moderne (les années 1930, avec l'électricité et le téléphone au coeur du récit), tout en réussissant à instiller un véritable sentiment d'angoisse, puis une peur grandissante, sans jamais rien montrer de concret, uniquement en suggérant le pire tapi dans l'obscurité.
A travers ce manga, j'ai apprécié de pouvoir mettre quelques images sur cet imaginaire, images d'ailleurs assez proches de celles que j'avais en tête, à l'exception de l'église elle-même, que j'imaginais plus européenne. En revanche, comme souvent avec Gou Tanabe, dès qu'il s'agit de représenter des éléments plus complexes (notamment les choses indicibles de Lovecraft ou des scènes plus mouvementées), son trait, que je trouve embrouillé et difficilement déchiffrable, me déçoit. Je n'aime décidément pas son graphisme, et son adaptation ne m'a pas fait ressentir toute la tension que j'avais éprouvée à la lecture de la nouvelle.
Cela reste néanmoins une adaptation correcte pour qui souhaite découvrir cette histoire sans avoir envie de lire le texte original.
J'ai commandé et acheté l'album par curiosité et après avoir lu les avis de bdtheque. J'avais été trop traumatisé par ma lecture précédente de Zep. Mais oui, les dessins de Vince sont bons et il y a une histoire à lire. Alterner le genre sexuel n'est pas vraiment mon type de fétiche mais je pense que dans le thème il peut y avoir des variations encore plus excitantes. Je pense aussi que les différences psychologiques et physiologiques entre femmes et hommes auraient pu être davantage développées.
Dans un décor futuriste à tendance cyberpunk, un trio de chats humanoïdes joue les justiciers quand le monde virtuel et le réel s'entremêlent. Une série rythmée, accessible et pensée pour divertir tout en glissant un message sur les dérives du web, notamment le cyberharcèlement.
Le dessin est chouette et bien maîtrisé. Le mélange entre trait traditionnel et couleurs numériques fonctionne très bien et donne un rendu dynamique, presque vidéoludique, parfaitement en phase avec le propos.
La série regorge de clins d'œil geeks, ce qui fait à la fois son charme et ses limites. C'est sympathique parce qu'on s'amuse à repérer les références (à commencer par Samouraï Pizza Cats avec ce héros chat livreur de pizzas qui devient samouraï dans le monde virtuel), mais cela peut aussi devenir un peu envahissant quand certaines tombent un peu comme un cheveu sur la soupe. L'exemple le plus frappant pour moi est l'utilisation très présente de l'alphabet Aurebesh (celui de l'univers Star Wars), qui m'a régulièrement donné envie de le traduire tout en me faisant m'interroger sur les implications d'une telle réutilisation si jamais il prenait l'envie aux avocats de Lucasfilm de s'y intéresser.
Sur le fond, le récit reste très orienté jeunesse. L'antagoniste du premier tome, incarnation d'un avatar malveillant né du cyberharcèlement, est traité de manière assez frontale, et la résolution, où les harceleurs sont punis puis comprennent la leçon, reste très sage et convenue. Tout est bien qui finit bien, avec une morale claire.
Il en résulte une série sympathique, bien dessinée, rythmée et divertissante pour un jeune public, mais qui pourra sembler un peu mièvre et attendue pour un lecteur adulte.
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L'Appel de Cthulhu
Pour une fois, je trouve que l'adaptation en manga par Tanabe est plus efficace que la nouvelle originelle. En effet, si L'Appel de Cthulhu est sans doute le texte le plus connu de Lovecraft et un pilier de sa mythologie, sa lecture m'avait paru assez rébarbative dans ses deux premiers tiers lorsque je l'ai découverte, jusqu'à l'arrivée sur l'île où se déroule son passage le plus marquant. Ici, grâce à une mise en image propre et rigoureuse, Tanabe parvient à donner davantage de vie au début du récit et à l'enquête, pourtant assez bavarde, qui le structure. J'ai pris plaisir à suivre le héros qui remonte le fil des témoignages, et surtout à voir ces récits mis en images, ce qui permet de mieux les appréhender. Le rythme est bon et, même si ce n'est toujours pas une intrigue de Lovecraft qui m'enthousiasme particulièrement, je l'ai suivie avec intérêt. Lorsque l'équipage débarque sur la fameuse île, j'ai beaucoup aimé la manière dont Tanabe parvient à représenter la déformation de la lumière et les perspectives impossibles. Il réussit à traduire visuellement la folie de ce lieu hors norme, et c'est sans doute l'un des points les plus marquants de cette adaptation. En revanche, d'autres aspects de son dessin me convainquent nettement moins. Ses scènes d'action restent toujours aussi confuses, et la représentation de Cthulhu lui-même manque de majesté. Il apparaît à plusieurs reprises comme une sorte de gros lourdaud tentaculaire, poursuivant les humains comme un Godzilla idiot. Pour faire simple, il ne fait pas peur, et il est difficile de ressentir l'effroi ou la folie que sa simple apparition est censée provoquer. Je reste donc partagé face à cette adaptation : j'ai apprécié la clarté de sa longue introduction ainsi que les effets graphiques très réussis liés à R'lyeh, mais j'ai été déçu par les scènes d'action et par la représentation de Cthulhu lui-même.
Celui qui hantait les ténèbres
Cet album contient l'adaptation de deux récits de Lovecraft. Le premier est Dagon, qui est très court. Je ne suis pas vraiment sûr de l'avoir lu dans sa version originale, mais dans tous les cas, si je l'avais fait, je l'aurais confondu et lui aurais nettement préféré le passage similaire, mais bien plus dantesque, que l'on trouve dans L'Appel de Cthulhu. Ici, l'histoire est trop brève, assez plate, et, dans le mythe lovecraftien, je n'aime pas particulièrement les créatures que sont Dagon et les autres Profonds. J'ai donc ressenti peu d'enthousiasme à la lecture de ce récit introductif. En revanche, Celui qui hantait les ténèbres est l'une de mes nouvelles préférées de Lovecraft. J'aime le fait qu'elle se déroule dans un cadre parfaitement urbain (la ville de Providence) et relativement moderne (les années 1930, avec l'électricité et le téléphone au coeur du récit), tout en réussissant à instiller un véritable sentiment d'angoisse, puis une peur grandissante, sans jamais rien montrer de concret, uniquement en suggérant le pire tapi dans l'obscurité. A travers ce manga, j'ai apprécié de pouvoir mettre quelques images sur cet imaginaire, images d'ailleurs assez proches de celles que j'avais en tête, à l'exception de l'église elle-même, que j'imaginais plus européenne. En revanche, comme souvent avec Gou Tanabe, dès qu'il s'agit de représenter des éléments plus complexes (notamment les choses indicibles de Lovecraft ou des scènes plus mouvementées), son trait, que je trouve embrouillé et difficilement déchiffrable, me déçoit. Je n'aime décidément pas son graphisme, et son adaptation ne m'a pas fait ressentir toute la tension que j'avais éprouvée à la lecture de la nouvelle. Cela reste néanmoins une adaptation correcte pour qui souhaite découvrir cette histoire sans avoir envie de lire le texte original.
Esmera
J'ai commandé et acheté l'album par curiosité et après avoir lu les avis de bdtheque. J'avais été trop traumatisé par ma lecture précédente de Zep. Mais oui, les dessins de Vince sont bons et il y a une histoire à lire. Alterner le genre sexuel n'est pas vraiment mon type de fétiche mais je pense que dans le thème il peut y avoir des variations encore plus excitantes. Je pense aussi que les différences psychologiques et physiologiques entre femmes et hommes auraient pu être davantage développées.
Cybercats
Dans un décor futuriste à tendance cyberpunk, un trio de chats humanoïdes joue les justiciers quand le monde virtuel et le réel s'entremêlent. Une série rythmée, accessible et pensée pour divertir tout en glissant un message sur les dérives du web, notamment le cyberharcèlement. Le dessin est chouette et bien maîtrisé. Le mélange entre trait traditionnel et couleurs numériques fonctionne très bien et donne un rendu dynamique, presque vidéoludique, parfaitement en phase avec le propos. La série regorge de clins d'œil geeks, ce qui fait à la fois son charme et ses limites. C'est sympathique parce qu'on s'amuse à repérer les références (à commencer par Samouraï Pizza Cats avec ce héros chat livreur de pizzas qui devient samouraï dans le monde virtuel), mais cela peut aussi devenir un peu envahissant quand certaines tombent un peu comme un cheveu sur la soupe. L'exemple le plus frappant pour moi est l'utilisation très présente de l'alphabet Aurebesh (celui de l'univers Star Wars), qui m'a régulièrement donné envie de le traduire tout en me faisant m'interroger sur les implications d'une telle réutilisation si jamais il prenait l'envie aux avocats de Lucasfilm de s'y intéresser. Sur le fond, le récit reste très orienté jeunesse. L'antagoniste du premier tome, incarnation d'un avatar malveillant né du cyberharcèlement, est traité de manière assez frontale, et la résolution, où les harceleurs sont punis puis comprennent la leçon, reste très sage et convenue. Tout est bien qui finit bien, avec une morale claire. Il en résulte une série sympathique, bien dessinée, rythmée et divertissante pour un jeune public, mais qui pourra sembler un peu mièvre et attendue pour un lecteur adulte.