Il y a quelques années, en pleine période d'écriture d'une de ses bandes-dessinées, Magali Le Huche a découvert qu'elle avait un cancer du sein. Une maladie dégénérative bien connue, de nom en tant cas, qui atteint une femme sur six en moyenne (et qui d'ailleurs attaque sans se soucier du sexe ou du genre), un mal rependu et qui pourtant nous parait presque toujours inconnu, incommensurable aussi. Une sorte de fantôme dont on ne pourrait échapper.
Magali Le Huche, comme beaucoup de gens, a vu sa vie, sa vision d'elle-même, son rapport au corps voler en éclat, du jour au lendemain, et nous partage dans cet album son parcours, sa remontée.
On pourrait se dire naïvement que ce genre de témoignage pullule mais je trouve chacune des itérations nécessaires. Dans cet album comme dans de nombreux précédents témoignages (et sans aucun doute dans la myriade qui suivront), ce n'est pas le caractère scientifique, vulgarisateur qui est intéressant, c'est le fait que le discours, l'expérience est personnelle, vivante et unique. Magali Le Huche nous partage son expérience, à la fois similaire à tant d'autres et, malgré tout, bien unique. On réalise pleinement, comme elle-même le dit dans l'album, que ce ne sont pas toujours les autres à qui ce genre de choses arrivent. Sur la deuxième moitié de l'album on a même droit à de courtes (mais toujours intéressantes) apartés sur la vie d'autres personnes vivant la même expérience qu'elle et de qui elle s'est rapprochée suite à la découverte de son cancer.
Tout ça c'est bien, vous entends-je dire (c'est faux, je ne vous entends pas, tout ceci est écrit à l'avance), mais quel est donc la touche unique de ce témoignage ? Déjà sa forme, puisque l'on retrouve le dessin simple et expressif de Magali Le Huche, ainsi que sa tendance à rendre chaotique la narration en brisant les "cases" de la bande-dessinée et en multipliant les apartés et les digressions qui lui viennent parfois sur le tas ; mais il y a aussi le fond, puisque qu'au delà de nous parler de son cancer du sein elle nous dresse ici une sorte d'étude d'elle-même dans sa globalité lors de cette période. Son rapport à la musique, notamment, nous parlant de sa fascination pour les Beatles dans sa tendre jeunesse mais aussi (et surtout) de sa redécouverte du groupe The Clash, l'un des premiers groupes de Punk, et sa soudaine fascination pour Joe Strummer, sa vie, ses idéaux, ce qu'il représentait. Le parallèle entre la lutte contre un système oppressant et la réappropriation, la revendication de son corps est assez bien trouvée, je trouve.
Un album intéressant. Pas mon préféré dans son genre, il faut dire que je ne suis pas la plus sensible au style narratif de Magali Le Huche, mais je reconnais aisément que l'œuvre est de bonne facture et, surtout, comme dit plus haut, toujours on ne peut plus nécessaire.
L’Héritage des Taironas est une bande dessinée d’aventure solide, qui trouve un bon équilibre entre fresque historique et romance, sans jamais forcer le trait. Le récit navigue entre l’Europe, les États-Unis et la Colombie, avec une volonté manifeste de dépaysement et de souffle romanesque. La transition entre ces deux grands univers peut paraître un peu décousue, mais l’ensemble reste lisible et cohérent, porté par une narration fluide et bien rythmée.
Le fil symbolique de l’artefact précolombien est intéressant sur le principe, notamment pour ancrer le récit dans une dimension réelle et patrimoniale — renforcée par son lien avec le Musée du Louvre — mais son impact sur l’intrigue demeure relativement limité. Les personnages sont bien construits et compréhensibles, même s’ils restent parfois un peu caricaturaux.
Graphiquement, le dessin est soigné et agréable, avec de belles ambiances et une lisibilité constante. Le trait et les couleurs restent toutefois assez sages, sans prise de risque marquante. Rien de révolutionnaire donc, mais un travail propre et cohérent, parfaitement au service du récit.
Au final, une lecture plaisante, bien ficelée et sans longueur, idéale pour qui cherche une aventure historique courte, accessible et teintée de romantisme, sans complexité excessive.
ATYPIQUE !
Il va m'être difficile de parler de cette BD tant elle sort des sentiers battus et tant chacun en fera son interprétation (ou pas). Ce qui est certain c'est qu'elle ne laissera pas indifférente.
Un album où vont se succéder de petits récits autoporteurs mais formant un ensemble cohérent par les thèmes évoqués. Autre particularité, il n'y a pas de personnage principal, c'est le vivant qui tiendra ce rôle.
Jérémie Gasparutto nous guide sur différents chemins où le texte se fait rare, il est souvent énigmatique, parfois poétique et d'autre fois hermétique. Chacun en fera son interprétation. Personnellement j'y ai surtout vu une introspection sur nos peurs de l'inconnu, une reconnexion avec la nature et de s'ouvrir aux autres. Il veut faire tomber les remparts qui nous emprisonnent dans une société individualiste qui va à mille à l'heure.
Un album avec une patte graphique indéniable, elle permet une immersion dans cet environnement entre rêve et réalité. La narration s'appuie énormément sur la mise en page de Gasparutto pour cette expérience sensorielle.
Du très bon travail.
Je tiens à souligner le travail éditorial de qualité, comme toujours, pour le label 619.
Que dire en conclusion... Pas totalement séduit mais pas totalement réfractaire.
Un OVNI.
Je viens de finir la lecture de cette bande dessinée dans Spirou, j'avoue ne pas l'avoir relu d'affilée, donc peut-être me manque-t-il une petite vue d'ensemble. Néanmoins, je peux affirmer sans conteste que la lecture est très plaisante ! Le dessin de Dalena est efficace, plein de douceur et d'élégance. Son trait correspond parfaitement au graphisme d'une série jeunesse dont le public peut être élargi sans problèmes.
Le scénario de Lapuss' est soigné également. Il prend le temps de bien poser son univers avant d'embrayer sur l'action, ce qui m'a favorablement étonné. À la lecture hebdomadaire de Spirou, cela veut dire qu'on a dû attendre plus de 2 numéros avant d'avoir l'impression que l'action commençait enfin. Cela m'a favorablement étonné car j'aime ces bandes dessinées (cela vaut aussi pour les séries télévisées) qui résistent à la tendance de tout de suite plonger le lecteur à fond dans l'action, en bâclant la phase de présentation de l'univers et des personnages. Ici, Lapuss' fait tout dans l'ordre, et tant pis si le lecteur décroche dans les premières pages. On sent que le scénariste est suffisamment sûr de ses bases pour se permettre de prendre son temps. Un très bon point pour cet album, donc.
Quant à l'histoire globale, il faudra de toute façon attendre la suite pour en savoir plus et en dire davantage. Ce premier tome constitue en tous cas une exposition très solide, et il y a de quoi développer une suite tout à fait convaincante. C'est pourquoi je reste à 3 étoiles, la série n'ayant pas totalement fait ses preuves, mais je pourrais facilement monter au-dessus, si la suite exploite tout le potentiel de cet univers.
En tous cas, ça me paraît une excellente série jeunesse, bien écrite, bien dessinée, aux promesses alléchantes. Croisons les doigts que les auteurs n'en gâchent rien !
C'est déjà mieux que Little Ego qui m'était tombé des mains.
Ici Giardino nous raconte des histoires d'adultères qui tournent souvent au crime.
Sur le 4eme plat de couverture, Le Monde nous vend ces intrigues comme étant à la croisée des influences d'Alberto Moravia et d'Umberto Eco, rien que ça. Je n'ai pas assez lu ces auteurs pour confirmer.
Il n'empêche, passé les deux premiers récits qui inaugurent cette bande et qui sont très anecdotiques, un vrai charme s'opère. On reconnaît alors la patte d'un auteur qui nous dépeint toujours le même profil de personnages et qui semble nous dire : "il n'y a pas d'innocent, il n'existe que des coupables".
Et puis Giardino était un grand dessinateur et on n'est pas déçu à ce niveau, je garde en souvenir notamment la nouvelle qui se passe à Venise et qui est particulièrement soignée.
A découvrir.
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Punk à sein
Il y a quelques années, en pleine période d'écriture d'une de ses bandes-dessinées, Magali Le Huche a découvert qu'elle avait un cancer du sein. Une maladie dégénérative bien connue, de nom en tant cas, qui atteint une femme sur six en moyenne (et qui d'ailleurs attaque sans se soucier du sexe ou du genre), un mal rependu et qui pourtant nous parait presque toujours inconnu, incommensurable aussi. Une sorte de fantôme dont on ne pourrait échapper. Magali Le Huche, comme beaucoup de gens, a vu sa vie, sa vision d'elle-même, son rapport au corps voler en éclat, du jour au lendemain, et nous partage dans cet album son parcours, sa remontée. On pourrait se dire naïvement que ce genre de témoignage pullule mais je trouve chacune des itérations nécessaires. Dans cet album comme dans de nombreux précédents témoignages (et sans aucun doute dans la myriade qui suivront), ce n'est pas le caractère scientifique, vulgarisateur qui est intéressant, c'est le fait que le discours, l'expérience est personnelle, vivante et unique. Magali Le Huche nous partage son expérience, à la fois similaire à tant d'autres et, malgré tout, bien unique. On réalise pleinement, comme elle-même le dit dans l'album, que ce ne sont pas toujours les autres à qui ce genre de choses arrivent. Sur la deuxième moitié de l'album on a même droit à de courtes (mais toujours intéressantes) apartés sur la vie d'autres personnes vivant la même expérience qu'elle et de qui elle s'est rapprochée suite à la découverte de son cancer. Tout ça c'est bien, vous entends-je dire (c'est faux, je ne vous entends pas, tout ceci est écrit à l'avance), mais quel est donc la touche unique de ce témoignage ? Déjà sa forme, puisque l'on retrouve le dessin simple et expressif de Magali Le Huche, ainsi que sa tendance à rendre chaotique la narration en brisant les "cases" de la bande-dessinée et en multipliant les apartés et les digressions qui lui viennent parfois sur le tas ; mais il y a aussi le fond, puisque qu'au delà de nous parler de son cancer du sein elle nous dresse ici une sorte d'étude d'elle-même dans sa globalité lors de cette période. Son rapport à la musique, notamment, nous parlant de sa fascination pour les Beatles dans sa tendre jeunesse mais aussi (et surtout) de sa redécouverte du groupe The Clash, l'un des premiers groupes de Punk, et sa soudaine fascination pour Joe Strummer, sa vie, ses idéaux, ce qu'il représentait. Le parallèle entre la lutte contre un système oppressant et la réappropriation, la revendication de son corps est assez bien trouvée, je trouve. Un album intéressant. Pas mon préféré dans son genre, il faut dire que je ne suis pas la plus sensible au style narratif de Magali Le Huche, mais je reconnais aisément que l'œuvre est de bonne facture et, surtout, comme dit plus haut, toujours on ne peut plus nécessaire.
L'Héritage des Taironas
L’Héritage des Taironas est une bande dessinée d’aventure solide, qui trouve un bon équilibre entre fresque historique et romance, sans jamais forcer le trait. Le récit navigue entre l’Europe, les États-Unis et la Colombie, avec une volonté manifeste de dépaysement et de souffle romanesque. La transition entre ces deux grands univers peut paraître un peu décousue, mais l’ensemble reste lisible et cohérent, porté par une narration fluide et bien rythmée. Le fil symbolique de l’artefact précolombien est intéressant sur le principe, notamment pour ancrer le récit dans une dimension réelle et patrimoniale — renforcée par son lien avec le Musée du Louvre — mais son impact sur l’intrigue demeure relativement limité. Les personnages sont bien construits et compréhensibles, même s’ils restent parfois un peu caricaturaux. Graphiquement, le dessin est soigné et agréable, avec de belles ambiances et une lisibilité constante. Le trait et les couleurs restent toutefois assez sages, sans prise de risque marquante. Rien de révolutionnaire donc, mais un travail propre et cohérent, parfaitement au service du récit. Au final, une lecture plaisante, bien ficelée et sans longueur, idéale pour qui cherche une aventure historique courte, accessible et teintée de romantisme, sans complexité excessive.
Le Chemin derrière la maison
ATYPIQUE ! Il va m'être difficile de parler de cette BD tant elle sort des sentiers battus et tant chacun en fera son interprétation (ou pas). Ce qui est certain c'est qu'elle ne laissera pas indifférente. Un album où vont se succéder de petits récits autoporteurs mais formant un ensemble cohérent par les thèmes évoqués. Autre particularité, il n'y a pas de personnage principal, c'est le vivant qui tiendra ce rôle. Jérémie Gasparutto nous guide sur différents chemins où le texte se fait rare, il est souvent énigmatique, parfois poétique et d'autre fois hermétique. Chacun en fera son interprétation. Personnellement j'y ai surtout vu une introspection sur nos peurs de l'inconnu, une reconnexion avec la nature et de s'ouvrir aux autres. Il veut faire tomber les remparts qui nous emprisonnent dans une société individualiste qui va à mille à l'heure. Un album avec une patte graphique indéniable, elle permet une immersion dans cet environnement entre rêve et réalité. La narration s'appuie énormément sur la mise en page de Gasparutto pour cette expérience sensorielle. Du très bon travail. Je tiens à souligner le travail éditorial de qualité, comme toujours, pour le label 619. Que dire en conclusion... Pas totalement séduit mais pas totalement réfractaire. Un OVNI.
Dina et le millimonde
Je viens de finir la lecture de cette bande dessinée dans Spirou, j'avoue ne pas l'avoir relu d'affilée, donc peut-être me manque-t-il une petite vue d'ensemble. Néanmoins, je peux affirmer sans conteste que la lecture est très plaisante ! Le dessin de Dalena est efficace, plein de douceur et d'élégance. Son trait correspond parfaitement au graphisme d'une série jeunesse dont le public peut être élargi sans problèmes. Le scénario de Lapuss' est soigné également. Il prend le temps de bien poser son univers avant d'embrayer sur l'action, ce qui m'a favorablement étonné. À la lecture hebdomadaire de Spirou, cela veut dire qu'on a dû attendre plus de 2 numéros avant d'avoir l'impression que l'action commençait enfin. Cela m'a favorablement étonné car j'aime ces bandes dessinées (cela vaut aussi pour les séries télévisées) qui résistent à la tendance de tout de suite plonger le lecteur à fond dans l'action, en bâclant la phase de présentation de l'univers et des personnages. Ici, Lapuss' fait tout dans l'ordre, et tant pis si le lecteur décroche dans les premières pages. On sent que le scénariste est suffisamment sûr de ses bases pour se permettre de prendre son temps. Un très bon point pour cet album, donc. Quant à l'histoire globale, il faudra de toute façon attendre la suite pour en savoir plus et en dire davantage. Ce premier tome constitue en tous cas une exposition très solide, et il y a de quoi développer une suite tout à fait convaincante. C'est pourquoi je reste à 3 étoiles, la série n'ayant pas totalement fait ses preuves, mais je pourrais facilement monter au-dessus, si la suite exploite tout le potentiel de cet univers. En tous cas, ça me paraît une excellente série jeunesse, bien écrite, bien dessinée, aux promesses alléchantes. Croisons les doigts que les auteurs n'en gâchent rien !
Vacances fatales
C'est déjà mieux que Little Ego qui m'était tombé des mains. Ici Giardino nous raconte des histoires d'adultères qui tournent souvent au crime. Sur le 4eme plat de couverture, Le Monde nous vend ces intrigues comme étant à la croisée des influences d'Alberto Moravia et d'Umberto Eco, rien que ça. Je n'ai pas assez lu ces auteurs pour confirmer. Il n'empêche, passé les deux premiers récits qui inaugurent cette bande et qui sont très anecdotiques, un vrai charme s'opère. On reconnaît alors la patte d'un auteur qui nous dépeint toujours le même profil de personnages et qui semble nous dire : "il n'y a pas d'innocent, il n'existe que des coupables". Et puis Giardino était un grand dessinateur et on n'est pas déçu à ce niveau, je garde en souvenir notamment la nouvelle qui se passe à Venise et qui est particulièrement soignée. A découvrir.