Petit album par le format, mais grand par la pagination, ce livre attire d'abord le regard grace à sa très jolie couverture. Ce casque d'astronaute qui laisse apparaitre partiellement un visage entravé du reflet d'une navette spatiale symbolise parfaitement le rêve de la conquête de l'espace. Et la palette de couleurs nous envoie direct dans les années 80... nous voici directement dans le bain avant même d'ouvrir l'album.
Ce récit documentaire est signé par un des co-scénariste de La Bombe. Le sujet abordé ici est l'explosion qui a suivi le décollage de la navette Challenger en janvier 1986. Drame diffusé en direct à la télévision devant des millions de téléspectateurs. Le récit s'attarde sur les passagers qui composent l'équipage. Il sera particulièrement question de l'un d'entre eux. Une professeur, choisie sur le volet après un long processus de sélection, devant devenir la première civile envoyée dans l'espace.
Le récit s'attarde sur les années et les mois précédents le drame, habilement décomptés à la manière d'un compte à rebours. Comment nos astronautes se sont préparés : On y suivra leur entrainement, un peu, leurs questionnements et états d'âmes, beaucoup. Il y a d'ailleurs quelques longueurs. Savoir que nos héros s'interrogent, qu'ils stressent et que cela à des répercussions sur leurs vies de famille, c'est logique. D'autant insister, comme par exemple lors de l'enchainement de scènes à Thanksgiving, où chacun découpe la dinde en famille en se retrouvant confrontés aux mêmes questions de leurs proches, c'est un peu longuet à force.
A coté de ça, le récit introduit assez tôt le rôle d'un fournisseur de joints toriques utilisés sur le lanceur de la navette. Très vite on comprend que ces pièces auront un role à jouer dans l'explosion à venir. Ce qui est vraiment intéressant, c'est de voir que de nombreuses alertes, parfois virulentes, ont été signalées à plusieurs reprises. Ce qui est terrible, c'est de voir comment la NASA ne les a pas prises en compte, préférant ne pas décaler le lancement pour des problématique d'image et de budget.
Tout ça nous conduit inéluctablement au drame annoncé. La fin, probablement légèrement romancée, raconte les dernières secondes de l'équipage et ajoute un peu de tension et de drama à l'ensemble. Un final assez réussi pour conclure une histoire terrible qui aura durablement marqué le monde de l'aérospatial.
La Promesse de la Tortue est une bonne bande dessinée de pirates, solide et agréable à lire, qui se distingue surtout par son choix de placer des héroïnes féminines au centre du récit. Le contexte historique et pirate est crédible et restitue un univers rude sans complaisance excessive.
Le scénario repose sur une construction efficace : trois trajectoires féminines qui avancent tour à tour ensemble puis séparément pour se retrouver. Cette alternance donne un rythme maîtrisé et permet de suivre l’évolution personnelle de chacune des héroïnes, dont la progression est l’un des vrais points forts de la série.
Les romances apportent une respiration bienvenue et participent à l’humanisation des personnages, même si elles restent parfois un peu faibles ou convenues. L’ensemble fonctionne néanmoins bien : une aventure prenante, portée par des personnages attachants, dans un univers dur mais jamais gratuit.
Dans un petit village où il ne se passe strictement rien, une entreprise de pompes funèbres végète faute de clients. Personne ne meurt, les journées s’étirent dans une torpeur absurde, jusqu’au jour où un décès relance enfin la machine et embarque les deux employés dans un convoi funéraire qui va peu à peu tourner à la farce noire.
La lecture n’est pas désagréable, loin de là. Il y a une ambiance sympathique de petit village breton, un humour noir discret, un côté décalé assez sympathique dans cette galerie de personnages un peu paumés et ces lieux figés hors du temps. Le dessin fonctionne bien, lisible, propre, au service de ce ton un peu mélancolique et absurde.
Mais pendant toute ma lecture, je me suis quand même demandé où l’auteur voulait en venir. Ça enchaîne les situations étranges, les petites bizarreries, les péripéties plus ou moins loufoques, sans que je perçoive vraiment une direction claire ou un vrai enjeu. On avance, mais un peu à tâtons. Et la fin, qui prend une tournure surprenante mais s'achève de manière assez rapide, ne vient pas vraiment éclairer tout ça ni donner un vrai sentiment d’aboutissement. Du coup, je suis resté un peu sur ma faim, légèrement perplexe.
Je n'ai pas passé un mauvais moment pour autant, ça se lit facilement, mais une impression d’ensemble un peu floue qui m’empêche d’être réellement convaincu.
Un chercheur un peu – beaucoup – zarbi, sorte de mixe entre Frankenstein et le docteur Moreau, bricole des êtres improbables à partir de bestioles que lui ramène son pote, le héros de l’histoire (au passage, le bestiaire est assez barré). Le héros donc, qui cherche à éviter une bande mafieuse à qui il doit des sous, à se rabibocher avec son ex et son gamin. Mais surtout qui cherche une rédemption, en libérant une créature de son pote chercheur fou, ce qui va entrainer leur brouille et quelques violences.
C’est rythmé, parfois un peu trashouille. Mais c’est aussi vite lu, un peu creux, l’univers étrange est finalement eu développé. J’en suis en tout cas sorti avec un ressenti mitigé.
Le dessin est original, étrange. Avec des corps aux proportions surprenantes, comme les décors d’ailleurs, où proportions, perspectives, ne sont pas toujours « habituelles ».
Un univers relativement original, mais au final le sentiment de n’avoir lu qu’une ébauche, quelques idées foutraques jetées sur le papier.
Note réelle 2,5/5.
Dans le métro, Thibault, garçon timide et sans histoire, échange un regard avec une inconnue. À partir de là, une succession d'accidents, de rencontres et de malentendus l'entraîne, le temps d'une nuit, dans une spirale de situations de plus en plus improbables, du simple sac de litière éventré à des péripéties franchement rocambolesques, sans qu'il ne maîtrise jamais vraiment ce qui lui arrive.
Graphiquement, c'est clairement le gros point fort. Olivier Pont est aussi connu pour Où le regard ne porte pas... et Un putain de salopard et son talent de dessinateur ne fait aucun doute. Son trait est souple, vivant, très agréable à l'œil, avec un côté semi-réaliste chaleureux qui donne beaucoup de charme aux personnages comme aux décors. Paris a une vraie présence, les expressions sont pleines d'énergie, et certaines séquences nocturnes ont quelque chose de très poétique. À plusieurs reprises, des éléments tant visuels que scénaristiques m'ont rappelé l'ambiance de La nuit du chat, très bon album de la série Broussaille qui me semble bien avoir inspiré en partie l'auteur : ce même mélange de douceur urbaine, de balade un peu onirique et de tendresse mélancolique. Visuellement, c'est beau, généreux et franchement plaisant à parcourir.
Là où je suis beaucoup plus réservé, c'est sur la construction du scénario. Toute la mécanique repose sur une accumulation de coïncidences et de quiproquos qui enfoncent toujours davantage le héros dans une situation plus compliquée que la précédente. Sauf que ce procédé est ultra vu et revu, et je ne l'ai jamais trouvé enthousiasmant. Cette fuite en avant permanente, censée être drôle ou virevoltante, m'a surtout donné une impression de facilité, comme si les péripéties s'enchaînaient un peu au hasard. On avance, mais sans véritable tension ni surprise, juste par empilement d'événements.
Ce n'est que quand j'ai compris le lien avec la comptine Trois p'tits chats et sa logique d'associations en cascade que j'ai pu mieux accepter le principe, et que ça a atténué mon agacement. L'idée donne au chaos une petite cohérence ludique. Mais ça ne compense pas totalement le manque de structure. Et le fait d'apprendre en postface que le scénario a été largement improvisé explique sans doute ce ressenti : j'ai souvent eu l'impression d'une suite de passages convenus plutôt que d'un récit vraiment construit.
J'ai apprécié le dessin très joli et l'ambiance attachante, mais côté histoire je suis resté sur quelque chose de trop déjà-vu et trop léger, une balade sympathique sur le moment, mais pas vraiment mémorable.
Note : 2,5/5
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Petit album par le format, mais grand par la pagination, ce livre attire d'abord le regard grace à sa très jolie couverture. Ce casque d'astronaute qui laisse apparaitre partiellement un visage entravé du reflet d'une navette spatiale symbolise parfaitement le rêve de la conquête de l'espace. Et la palette de couleurs nous envoie direct dans les années 80... nous voici directement dans le bain avant même d'ouvrir l'album. Ce récit documentaire est signé par un des co-scénariste de La Bombe. Le sujet abordé ici est l'explosion qui a suivi le décollage de la navette Challenger en janvier 1986. Drame diffusé en direct à la télévision devant des millions de téléspectateurs. Le récit s'attarde sur les passagers qui composent l'équipage. Il sera particulièrement question de l'un d'entre eux. Une professeur, choisie sur le volet après un long processus de sélection, devant devenir la première civile envoyée dans l'espace. Le récit s'attarde sur les années et les mois précédents le drame, habilement décomptés à la manière d'un compte à rebours. Comment nos astronautes se sont préparés : On y suivra leur entrainement, un peu, leurs questionnements et états d'âmes, beaucoup. Il y a d'ailleurs quelques longueurs. Savoir que nos héros s'interrogent, qu'ils stressent et que cela à des répercussions sur leurs vies de famille, c'est logique. D'autant insister, comme par exemple lors de l'enchainement de scènes à Thanksgiving, où chacun découpe la dinde en famille en se retrouvant confrontés aux mêmes questions de leurs proches, c'est un peu longuet à force. A coté de ça, le récit introduit assez tôt le rôle d'un fournisseur de joints toriques utilisés sur le lanceur de la navette. Très vite on comprend que ces pièces auront un role à jouer dans l'explosion à venir. Ce qui est vraiment intéressant, c'est de voir que de nombreuses alertes, parfois virulentes, ont été signalées à plusieurs reprises. Ce qui est terrible, c'est de voir comment la NASA ne les a pas prises en compte, préférant ne pas décaler le lancement pour des problématique d'image et de budget. Tout ça nous conduit inéluctablement au drame annoncé. La fin, probablement légèrement romancée, raconte les dernières secondes de l'équipage et ajoute un peu de tension et de drama à l'ensemble. Un final assez réussi pour conclure une histoire terrible qui aura durablement marqué le monde de l'aérospatial.
La Promesse de la Tortue
La Promesse de la Tortue est une bonne bande dessinée de pirates, solide et agréable à lire, qui se distingue surtout par son choix de placer des héroïnes féminines au centre du récit. Le contexte historique et pirate est crédible et restitue un univers rude sans complaisance excessive. Le scénario repose sur une construction efficace : trois trajectoires féminines qui avancent tour à tour ensemble puis séparément pour se retrouver. Cette alternance donne un rythme maîtrisé et permet de suivre l’évolution personnelle de chacune des héroïnes, dont la progression est l’un des vrais points forts de la série. Les romances apportent une respiration bienvenue et participent à l’humanisation des personnages, même si elles restent parfois un peu faibles ou convenues. L’ensemble fonctionne néanmoins bien : une aventure prenante, portée par des personnages attachants, dans un univers dur mais jamais gratuit.
Ganglion & fils
Dans un petit village où il ne se passe strictement rien, une entreprise de pompes funèbres végète faute de clients. Personne ne meurt, les journées s’étirent dans une torpeur absurde, jusqu’au jour où un décès relance enfin la machine et embarque les deux employés dans un convoi funéraire qui va peu à peu tourner à la farce noire. La lecture n’est pas désagréable, loin de là. Il y a une ambiance sympathique de petit village breton, un humour noir discret, un côté décalé assez sympathique dans cette galerie de personnages un peu paumés et ces lieux figés hors du temps. Le dessin fonctionne bien, lisible, propre, au service de ce ton un peu mélancolique et absurde. Mais pendant toute ma lecture, je me suis quand même demandé où l’auteur voulait en venir. Ça enchaîne les situations étranges, les petites bizarreries, les péripéties plus ou moins loufoques, sans que je perçoive vraiment une direction claire ou un vrai enjeu. On avance, mais un peu à tâtons. Et la fin, qui prend une tournure surprenante mais s'achève de manière assez rapide, ne vient pas vraiment éclairer tout ça ni donner un vrai sentiment d’aboutissement. Du coup, je suis resté un peu sur ma faim, légèrement perplexe. Je n'ai pas passé un mauvais moment pour autant, ça se lit facilement, mais une impression d’ensemble un peu floue qui m’empêche d’être réellement convaincu.
Static
Un chercheur un peu – beaucoup – zarbi, sorte de mixe entre Frankenstein et le docteur Moreau, bricole des êtres improbables à partir de bestioles que lui ramène son pote, le héros de l’histoire (au passage, le bestiaire est assez barré). Le héros donc, qui cherche à éviter une bande mafieuse à qui il doit des sous, à se rabibocher avec son ex et son gamin. Mais surtout qui cherche une rédemption, en libérant une créature de son pote chercheur fou, ce qui va entrainer leur brouille et quelques violences. C’est rythmé, parfois un peu trashouille. Mais c’est aussi vite lu, un peu creux, l’univers étrange est finalement eu développé. J’en suis en tout cas sorti avec un ressenti mitigé. Le dessin est original, étrange. Avec des corps aux proportions surprenantes, comme les décors d’ailleurs, où proportions, perspectives, ne sont pas toujours « habituelles ». Un univers relativement original, mais au final le sentiment de n’avoir lu qu’une ébauche, quelques idées foutraques jetées sur le papier. Note réelle 2,5/5.
Bouts d'ficelles
Dans le métro, Thibault, garçon timide et sans histoire, échange un regard avec une inconnue. À partir de là, une succession d'accidents, de rencontres et de malentendus l'entraîne, le temps d'une nuit, dans une spirale de situations de plus en plus improbables, du simple sac de litière éventré à des péripéties franchement rocambolesques, sans qu'il ne maîtrise jamais vraiment ce qui lui arrive. Graphiquement, c'est clairement le gros point fort. Olivier Pont est aussi connu pour Où le regard ne porte pas... et Un putain de salopard et son talent de dessinateur ne fait aucun doute. Son trait est souple, vivant, très agréable à l'œil, avec un côté semi-réaliste chaleureux qui donne beaucoup de charme aux personnages comme aux décors. Paris a une vraie présence, les expressions sont pleines d'énergie, et certaines séquences nocturnes ont quelque chose de très poétique. À plusieurs reprises, des éléments tant visuels que scénaristiques m'ont rappelé l'ambiance de La nuit du chat, très bon album de la série Broussaille qui me semble bien avoir inspiré en partie l'auteur : ce même mélange de douceur urbaine, de balade un peu onirique et de tendresse mélancolique. Visuellement, c'est beau, généreux et franchement plaisant à parcourir. Là où je suis beaucoup plus réservé, c'est sur la construction du scénario. Toute la mécanique repose sur une accumulation de coïncidences et de quiproquos qui enfoncent toujours davantage le héros dans une situation plus compliquée que la précédente. Sauf que ce procédé est ultra vu et revu, et je ne l'ai jamais trouvé enthousiasmant. Cette fuite en avant permanente, censée être drôle ou virevoltante, m'a surtout donné une impression de facilité, comme si les péripéties s'enchaînaient un peu au hasard. On avance, mais sans véritable tension ni surprise, juste par empilement d'événements. Ce n'est que quand j'ai compris le lien avec la comptine Trois p'tits chats et sa logique d'associations en cascade que j'ai pu mieux accepter le principe, et que ça a atténué mon agacement. L'idée donne au chaos une petite cohérence ludique. Mais ça ne compense pas totalement le manque de structure. Et le fait d'apprendre en postface que le scénario a été largement improvisé explique sans doute ce ressenti : j'ai souvent eu l'impression d'une suite de passages convenus plutôt que d'un récit vraiment construit. J'ai apprécié le dessin très joli et l'ambiance attachante, mais côté histoire je suis resté sur quelque chose de trop déjà-vu et trop léger, une balade sympathique sur le moment, mais pas vraiment mémorable. Note : 2,5/5