Un sentiment mitigé au sortir de cette lecture.
Il y a des points positifs. Une fois accepté le "voyage dans le passé "du héros, qui se retrouve propulsé dans les années 1960 (sans que ni nous ni lui ne comprenions ce qui s'est passé), on a sous les yeux une uchronie maligne, qui permet de se plonger dans cette période, et de rencontrer certains de ceux qui vont dominer la scène musicale (folk ou rock surtout). Le héros, avec le groupe de rock qu'il intègre, et avec ses connaissances du "futur", "vole" donc certains tubes des Beattles.
La narration est fluide, et en plus de cette uchronie, tout ceci est bien enrobé par une histoire d'amour compliquée.
Mais il y a aussi des points négatifs. a commencer par l'abandon de la série bien sûr, qui nous laisse en plan dans l'intrigue, sans connaître la conclusion, ni d'ailleurs une éventuelle "explication" (même si à ce propos je suis toujours dubitatif dans ce genre d'histoire au point de départ aussi improbable).
Mais aussi un dessin assez moyen (tout en étant lisible), et une histoire finalement "légère", certes aérée, mais péripéties, dialogues manquent de consistance.
Une série (en fait un album) intrigante, mais qui m'a un peu laissé sur ma faim.
Note réelle 2,5/5.
Comme pour Nuits blanches, j'avais lu quelques-unes de ces histoires à l'époque dans Fluide Glacial, quand j'étais jeune. Mais, contrairement au recueil précédent, celles-ci m'avaient moins marqué dans mon souvenir. La relecture aujourd'hui confirme un peu cette impression : je situe clairement cet album un cran en dessous.
On retrouve pourtant la patte de Philippe Foerster : des histoires courtes fantastiques, un humour noir grinçant, des situations ordinaires qui basculent dans l'absurde ou le macabre. L'ensemble se lit sans déplaisir, et l'auteur conserve ce goût pour le décalage et le malaise progressif.
Mais j'ai trouvé les intrigues plus basiques, parfois plus prévisibles. Là où certaines histoires de Nuits blanches me semblaient installer un vrai trouble durable, celles-ci m'ont paru fonctionner de manière plus mécanique. Il y a bien quelques moments forts et dérangeants (La petite fille perdue au milieu de jouets devenus vivants, ou ces pauvres gens littéralement aspirés dans leurs toilettes), des images qui frappent et qui installent une vraie étrangeté. En revanche, les conclusions m'ont moins convaincu que les situations de départ, comme si la chute ne tenait pas toujours la promesse du malaise initial.
Graphiquement aussi, j'ai trouvé l'ensemble un peu en retrait. Le noir et blanc reste efficace, les trognes sont toujours expressives, mais les décors m'ont semblé moins travaillés, moins impressionnants que dans l'autre recueil. L'atmosphère fonctionne, mais elle m'a paru un peu moins habitée.
Cela reste du Foerster, avec son imaginaire tordu et son goût pour le fantastique cruel. Mais un volume qui, à mes yeux, manque un peu de la puissance visuelle et narrative qui faisait, dans mon souvenir, la force de ses meilleures histoires.
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Yesterday
Un sentiment mitigé au sortir de cette lecture. Il y a des points positifs. Une fois accepté le "voyage dans le passé "du héros, qui se retrouve propulsé dans les années 1960 (sans que ni nous ni lui ne comprenions ce qui s'est passé), on a sous les yeux une uchronie maligne, qui permet de se plonger dans cette période, et de rencontrer certains de ceux qui vont dominer la scène musicale (folk ou rock surtout). Le héros, avec le groupe de rock qu'il intègre, et avec ses connaissances du "futur", "vole" donc certains tubes des Beattles. La narration est fluide, et en plus de cette uchronie, tout ceci est bien enrobé par une histoire d'amour compliquée. Mais il y a aussi des points négatifs. a commencer par l'abandon de la série bien sûr, qui nous laisse en plan dans l'intrigue, sans connaître la conclusion, ni d'ailleurs une éventuelle "explication" (même si à ce propos je suis toujours dubitatif dans ce genre d'histoire au point de départ aussi improbable). Mais aussi un dessin assez moyen (tout en étant lisible), et une histoire finalement "légère", certes aérée, mais péripéties, dialogues manquent de consistance. Une série (en fait un album) intrigante, mais qui m'a un peu laissé sur ma faim. Note réelle 2,5/5.
Hantons sous la pluie
Comme pour Nuits blanches, j'avais lu quelques-unes de ces histoires à l'époque dans Fluide Glacial, quand j'étais jeune. Mais, contrairement au recueil précédent, celles-ci m'avaient moins marqué dans mon souvenir. La relecture aujourd'hui confirme un peu cette impression : je situe clairement cet album un cran en dessous. On retrouve pourtant la patte de Philippe Foerster : des histoires courtes fantastiques, un humour noir grinçant, des situations ordinaires qui basculent dans l'absurde ou le macabre. L'ensemble se lit sans déplaisir, et l'auteur conserve ce goût pour le décalage et le malaise progressif. Mais j'ai trouvé les intrigues plus basiques, parfois plus prévisibles. Là où certaines histoires de Nuits blanches me semblaient installer un vrai trouble durable, celles-ci m'ont paru fonctionner de manière plus mécanique. Il y a bien quelques moments forts et dérangeants (La petite fille perdue au milieu de jouets devenus vivants, ou ces pauvres gens littéralement aspirés dans leurs toilettes), des images qui frappent et qui installent une vraie étrangeté. En revanche, les conclusions m'ont moins convaincu que les situations de départ, comme si la chute ne tenait pas toujours la promesse du malaise initial. Graphiquement aussi, j'ai trouvé l'ensemble un peu en retrait. Le noir et blanc reste efficace, les trognes sont toujours expressives, mais les décors m'ont semblé moins travaillés, moins impressionnants que dans l'autre recueil. L'atmosphère fonctionne, mais elle m'a paru un peu moins habitée. Cela reste du Foerster, avec son imaginaire tordu et son goût pour le fantastique cruel. Mais un volume qui, à mes yeux, manque un peu de la puissance visuelle et narrative qui faisait, dans mon souvenir, la force de ses meilleures histoires.