L'auteur est allé dans le nord québécois, le Nunavik pour être plus précis. Comme tout le grand nord canadien, c'est un très grand territoire peu peuplé. Pour vous donner une idée sachez que le Nunavik est aussi grand que la France et est peuplé de...14 000 habitants répartis dans 14 villages côtiers. Donc oui c'est un endroit très vide et en plus difficile d'accès.
C'est donc un carnet de voyage dont le ton rappel ce qu'ont fait Trondheim et Delisle dans le même domaine. J'ai bien aimé explorer ce coin du Québec au final méconnu. Je ne connaissais que des détails généraux de la vie du grand nord et c'est intéressant de voir la vie quotidienne des inuit qui adaptent leur mode de vie ancestral tant bien que mal à la vie moderne. On voit les bons et les moins bons points de vivre dans un environnement très froid et encore un peu sauvage. Les anecdotes racontées sont pas mal quoique parfois je me demandais si l'auteur exagérait pas un peu. Le dessin est sympathique.
En gros, un album si on aime bien les autobiographies où un auteur raconte son voyage dans un endroit exotique.
J’ai du mal avec les premières séries de Boilet (Le Rayon vert m’avait clairement laissé sur ma faim). Avec cet album, j’ai encore eu du mal à accrocher, même si je reconnais que « 36 15 Alexia » est plus ambitieux et possède plus de qualités intrinsèques.
J’ai été amusé au départ par les échanges du héros avec une femme, uniquement au travers du minitel : une petite madeleine que cet appareil qui a, tel un feu de paille, fait office un temps de modernité intemporelle en France (et que les adeptes actuels d’internet peineraient à trouver intéressant, avec ces textes poussifs et son absence d’image…).
Mon avis est mitigé concernant l’album. Je me suis ennuyé à plusieurs reprises, les échanges via le minitel en particulier ralentissant le rythme. Et il faut dire qu’en soi l’intrigue n’est ni originale, ni fouillée ou emballante.
Mais je vais quand même arrondir aux trois étoiles. Car Boilet – comme souvent chez lui – se met en scène (pas mal d’éléments autobiographiques j’imagine à la base de ce récit) et à nu, jouant sur un certain érotisme (plusieurs pages sont même occupées par des scènes de sexe – sans que ce soit vraiment porno). Surtout, la construction, un peu saccadée parfois, longuette, parfois artificielle, est, à d’autres moments, plutôt intéressantes, avec une mise en abime (on observe le héros écrivant sa BD au moment où il vit les événements (on ajoute un niveau si ce héros est l’auteur lui-même…) qui dynamise le récit. En particulier le jeu entre réalité et fantasmes/possibilités est bien exploité avec les deux conclusions proposées.
Une cote mal taillée pour la note, un album sur lequel je ne reviendrai sans doute pas, mais un récit qui possède de réelles qualités.
Je précise que j’ai lu l’édition originale des Humanos, et je ne sais pas si la réédition d’ego comme x a modifié ou ajouté quelque chose à ce récit.
Note réelle 2,5/5.
Venue passer les vacances chez sa grand-mère dans un petit village d'Italie, la jeune Dina se retrouve miniaturisée après avoir mangé une part de gâteau pour le moins mystérieuse. Cette transformation ne serait pas un cas isolé : elle a déjà touché une partie des habitants du village des années auparavant, dont le grand-père de Dina. Les survivants ont depuis fondé une petite civilisation secrète à leur échelle. Dina va devoir s'y intégrer à la fois pour survivre dans ce monde nouveau et pour percer le mystère à l'origine de cette situation.
Il s'agit d'un récit d'aventure léger, destiné aussi bien aux enfants qu'aux adultes.
Le graphisme, signé Antonello Dalena (l'auteur de Ernest & Rebecca), affiche un trait très italien, proche de l'école Disney, avec des couleurs évoquant le travail de Barbara Canepa. Le style est vivant et moderne, pas toujours irréprochable dès que l'on s'éloigne des éléments les mieux maîtrisés par l'auteur, mais globalement efficace et agréable.
Le principe et les décors miniaturisés évoqueront sans doute Arthur et les Minimoys ou encore Maman j'ai rétréci les gosses, mais l'album parvient à s'en détacher grâce à une touche personnelle et à un vrai sens de l'humour. Cela passe notamment par l'ambiance très italienne du séjour chez la grand-mère et par l'atmosphère du village portuaire. Cette longue introduction permet de s'attacher aux personnages et de s'imprégner du drame qui a frappé les villageois et la famille de l'héroïne.
Une fois la transformation opérée, le récit devient plus rythmé et nettement plus orienté vers l'action. Cette partie accumule toutefois quelques facilités : un antagoniste un peu pénible que l'on espère voir rester secondaire, un jeu d'échelles très libre, et une notion du danger à géométrie variable. Tantôt les araignées deviennent gigantesques, tantôt les héros descendent sans difficulté d'une table, tantôt les distances semblent immenses, tantôt tout le monde se retrouve au même endroit comme par hasard. Si cette souplesse sert le rythme et l'efficacité de l'action (il s'agit après tout d'un divertissement jeunesse, pas d'un documentaire sur la survie d'humains miniaturisés), elle nuit aussi à la cohérence interne et empêche parfois une immersion totale. Le cliffhanger de fin de premier tome, par ailleurs, se voit venir de très loin.
En résumé, j'ai beaucoup apprécié la mise en place et l'ambiance italienne du début, tandis que la partie action, une fois l'héroïne miniaturisée, m'a paru plus convenue et un peu moins convaincante. Cela reste toutefois un tome clairement introductif, qui pose des bases solides. Les ingrédients sont là pour proposer une suite bien plus aboutie : j'attends donc la suite pour me faire un avis définitif.
1972, dans un village de Galice, un vieux vagabond se fait peu à peu adopter par la population après avoir sauvé un cochon en fuite. Affable et doué à la guitare, il suscite rapidement l'attachement des villageois, à l'exception de quelques notables guindés qui voient d'un mauvais oeil ce clochard trop souriant, ainsi que d'une bande de gamins qui lui reprochent d'avoir été hébergé temporairement dans l'endroit leur servant de cachette secrète. En s'y introduisant pour fouiller ses affaires, ils découvrent un revolver et des balles. Si ces objets appartiennent bien au vieil homme, celui-ci est incapable d'expliquer leur provenance : amnésique, il a totalement occulté son passé.
Par bien des aspects, cette BD m'a fait penser à Magasin général de Tripp et Loisel. On y retrouve ce décor de petit village où tout le monde se connait et vit dans une relative harmonie, mais aussi une mise en scène et un graphisme proches, notamment dans le dessin des personnages et même dans les pages de garde représentant une vue globale du village. Il y a enfin ce même mélange entre chronique sociale et ancrage dans un cadre historico-géographique très marqué.
À la différence près qu'il ne s'agit pas ici du Québec du début du XXe siècle, mais de l'Espagne des années 1970, encore engluée dans le franquisme et lourdement marquée par le souvenir de la guerre civile et des fractures qu'elle a laissées dans la société. Et, forcément, le mystère entourant ce vieillard est intimement lié à ce contexte.
L'intrigue se révèle engageante et assez originale et, malgré un sujet sérieux, dégage un côté feel good agréable. Il y a quelques facilités, comme la rapidité avec laquelle le vieillard est adopté par la population juste parce qu'il a attrapé un cochon. Mais à côté de ça, le scénario ne se livre pas trop facilement et les personnages évitent d'être figés dans des archétypes trop attendus, ce qui est appréciable. Le dessin manque parfois d'aisance, mais reste agréable à suivre. On tient surtout une histoire solide, bien rythmée, qui fonctionne parfaitement en un seul album, sans sensation de longueur ni de frustration.
Une lecture simple mais réussie.
Sans être un vrai fan, j'aime la musique des Beatles. Et en même temps, je connais peu leur oeuvre complète et encore moins bien leur biographie. Je ne connaissais notamment rien des circonstances de leur séparation, ni presque rien du parcours de Paul McCartney juste après celle-ci. C'est donc avec intérêt et curiosité que j'ai lu cet album.
Et j'y ai trouvé ce qu'il me promettait, sans toutefois susciter davantage d'enthousiasme.
On suit ainsi le parcours de Paul de 1969 à 1974, en commençant par les causes de la séparation, puis par le traumatisme psychologique que celle-ci représente pour lui, avant d'aborder la manière dont il remonte la pente en repartant de zéro, tant sur le plan du groupe que des expérimentations musicales. L'ensemble est mis en images dans un style très libre, aux couleurs légèrement psychédéliques, doté d'une jolie personnalité sans pour autant totalement me convaincre.
Globalement, j'ai trouvé cette lecture instructive, d'autant plus que j'écoutais les dernières musiques des Beatles et celles de Wings en parallèle de ma lecture afin de me mettre davantage dans l'ambiance. Mais rien ne m'a vraiment emporté. J'en ressors avec encore un peu plus de sympathie pour un Paul McCartney que j'appréciais déjà, ainsi qu'un certain respect pour son parcours, mais l'album ne m'a pas véritablement touché.
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Nunavik
L'auteur est allé dans le nord québécois, le Nunavik pour être plus précis. Comme tout le grand nord canadien, c'est un très grand territoire peu peuplé. Pour vous donner une idée sachez que le Nunavik est aussi grand que la France et est peuplé de...14 000 habitants répartis dans 14 villages côtiers. Donc oui c'est un endroit très vide et en plus difficile d'accès. C'est donc un carnet de voyage dont le ton rappel ce qu'ont fait Trondheim et Delisle dans le même domaine. J'ai bien aimé explorer ce coin du Québec au final méconnu. Je ne connaissais que des détails généraux de la vie du grand nord et c'est intéressant de voir la vie quotidienne des inuit qui adaptent leur mode de vie ancestral tant bien que mal à la vie moderne. On voit les bons et les moins bons points de vivre dans un environnement très froid et encore un peu sauvage. Les anecdotes racontées sont pas mal quoique parfois je me demandais si l'auteur exagérait pas un peu. Le dessin est sympathique. En gros, un album si on aime bien les autobiographies où un auteur raconte son voyage dans un endroit exotique.
36 15 Alexia
J’ai du mal avec les premières séries de Boilet (Le Rayon vert m’avait clairement laissé sur ma faim). Avec cet album, j’ai encore eu du mal à accrocher, même si je reconnais que « 36 15 Alexia » est plus ambitieux et possède plus de qualités intrinsèques. J’ai été amusé au départ par les échanges du héros avec une femme, uniquement au travers du minitel : une petite madeleine que cet appareil qui a, tel un feu de paille, fait office un temps de modernité intemporelle en France (et que les adeptes actuels d’internet peineraient à trouver intéressant, avec ces textes poussifs et son absence d’image…). Mon avis est mitigé concernant l’album. Je me suis ennuyé à plusieurs reprises, les échanges via le minitel en particulier ralentissant le rythme. Et il faut dire qu’en soi l’intrigue n’est ni originale, ni fouillée ou emballante. Mais je vais quand même arrondir aux trois étoiles. Car Boilet – comme souvent chez lui – se met en scène (pas mal d’éléments autobiographiques j’imagine à la base de ce récit) et à nu, jouant sur un certain érotisme (plusieurs pages sont même occupées par des scènes de sexe – sans que ce soit vraiment porno). Surtout, la construction, un peu saccadée parfois, longuette, parfois artificielle, est, à d’autres moments, plutôt intéressantes, avec une mise en abime (on observe le héros écrivant sa BD au moment où il vit les événements (on ajoute un niveau si ce héros est l’auteur lui-même…) qui dynamise le récit. En particulier le jeu entre réalité et fantasmes/possibilités est bien exploité avec les deux conclusions proposées. Une cote mal taillée pour la note, un album sur lequel je ne reviendrai sans doute pas, mais un récit qui possède de réelles qualités. Je précise que j’ai lu l’édition originale des Humanos, et je ne sais pas si la réédition d’ego comme x a modifié ou ajouté quelque chose à ce récit. Note réelle 2,5/5.
Dina et le millimonde
Venue passer les vacances chez sa grand-mère dans un petit village d'Italie, la jeune Dina se retrouve miniaturisée après avoir mangé une part de gâteau pour le moins mystérieuse. Cette transformation ne serait pas un cas isolé : elle a déjà touché une partie des habitants du village des années auparavant, dont le grand-père de Dina. Les survivants ont depuis fondé une petite civilisation secrète à leur échelle. Dina va devoir s'y intégrer à la fois pour survivre dans ce monde nouveau et pour percer le mystère à l'origine de cette situation. Il s'agit d'un récit d'aventure léger, destiné aussi bien aux enfants qu'aux adultes. Le graphisme, signé Antonello Dalena (l'auteur de Ernest & Rebecca), affiche un trait très italien, proche de l'école Disney, avec des couleurs évoquant le travail de Barbara Canepa. Le style est vivant et moderne, pas toujours irréprochable dès que l'on s'éloigne des éléments les mieux maîtrisés par l'auteur, mais globalement efficace et agréable. Le principe et les décors miniaturisés évoqueront sans doute Arthur et les Minimoys ou encore Maman j'ai rétréci les gosses, mais l'album parvient à s'en détacher grâce à une touche personnelle et à un vrai sens de l'humour. Cela passe notamment par l'ambiance très italienne du séjour chez la grand-mère et par l'atmosphère du village portuaire. Cette longue introduction permet de s'attacher aux personnages et de s'imprégner du drame qui a frappé les villageois et la famille de l'héroïne. Une fois la transformation opérée, le récit devient plus rythmé et nettement plus orienté vers l'action. Cette partie accumule toutefois quelques facilités : un antagoniste un peu pénible que l'on espère voir rester secondaire, un jeu d'échelles très libre, et une notion du danger à géométrie variable. Tantôt les araignées deviennent gigantesques, tantôt les héros descendent sans difficulté d'une table, tantôt les distances semblent immenses, tantôt tout le monde se retrouve au même endroit comme par hasard. Si cette souplesse sert le rythme et l'efficacité de l'action (il s'agit après tout d'un divertissement jeunesse, pas d'un documentaire sur la survie d'humains miniaturisés), elle nuit aussi à la cohérence interne et empêche parfois une immersion totale. Le cliffhanger de fin de premier tome, par ailleurs, se voit venir de très loin. En résumé, j'ai beaucoup apprécié la mise en place et l'ambiance italienne du début, tandis que la partie action, une fois l'héroïne miniaturisée, m'a paru plus convenue et un peu moins convaincante. Cela reste toutefois un tome clairement introductif, qui pose des bases solides. Les ingrédients sont là pour proposer une suite bien plus aboutie : j'attends donc la suite pour me faire un avis définitif.
L'Echo des jours brisés
1972, dans un village de Galice, un vieux vagabond se fait peu à peu adopter par la population après avoir sauvé un cochon en fuite. Affable et doué à la guitare, il suscite rapidement l'attachement des villageois, à l'exception de quelques notables guindés qui voient d'un mauvais oeil ce clochard trop souriant, ainsi que d'une bande de gamins qui lui reprochent d'avoir été hébergé temporairement dans l'endroit leur servant de cachette secrète. En s'y introduisant pour fouiller ses affaires, ils découvrent un revolver et des balles. Si ces objets appartiennent bien au vieil homme, celui-ci est incapable d'expliquer leur provenance : amnésique, il a totalement occulté son passé. Par bien des aspects, cette BD m'a fait penser à Magasin général de Tripp et Loisel. On y retrouve ce décor de petit village où tout le monde se connait et vit dans une relative harmonie, mais aussi une mise en scène et un graphisme proches, notamment dans le dessin des personnages et même dans les pages de garde représentant une vue globale du village. Il y a enfin ce même mélange entre chronique sociale et ancrage dans un cadre historico-géographique très marqué. À la différence près qu'il ne s'agit pas ici du Québec du début du XXe siècle, mais de l'Espagne des années 1970, encore engluée dans le franquisme et lourdement marquée par le souvenir de la guerre civile et des fractures qu'elle a laissées dans la société. Et, forcément, le mystère entourant ce vieillard est intimement lié à ce contexte. L'intrigue se révèle engageante et assez originale et, malgré un sujet sérieux, dégage un côté feel good agréable. Il y a quelques facilités, comme la rapidité avec laquelle le vieillard est adopté par la population juste parce qu'il a attrapé un cochon. Mais à côté de ça, le scénario ne se livre pas trop facilement et les personnages évitent d'être figés dans des archétypes trop attendus, ce qui est appréciable. Le dessin manque parfois d'aisance, mais reste agréable à suivre. On tient surtout une histoire solide, bien rythmée, qui fonctionne parfaitement en un seul album, sans sensation de longueur ni de frustration. Une lecture simple mais réussie.
Paul
Sans être un vrai fan, j'aime la musique des Beatles. Et en même temps, je connais peu leur oeuvre complète et encore moins bien leur biographie. Je ne connaissais notamment rien des circonstances de leur séparation, ni presque rien du parcours de Paul McCartney juste après celle-ci. C'est donc avec intérêt et curiosité que j'ai lu cet album. Et j'y ai trouvé ce qu'il me promettait, sans toutefois susciter davantage d'enthousiasme. On suit ainsi le parcours de Paul de 1969 à 1974, en commençant par les causes de la séparation, puis par le traumatisme psychologique que celle-ci représente pour lui, avant d'aborder la manière dont il remonte la pente en repartant de zéro, tant sur le plan du groupe que des expérimentations musicales. L'ensemble est mis en images dans un style très libre, aux couleurs légèrement psychédéliques, doté d'une jolie personnalité sans pour autant totalement me convaincre. Globalement, j'ai trouvé cette lecture instructive, d'autant plus que j'écoutais les dernières musiques des Beatles et celles de Wings en parallèle de ma lecture afin de me mettre davantage dans l'ambiance. Mais rien ne m'a vraiment emporté. J'en ressors avec encore un peu plus de sympathie pour un Paul McCartney que j'appréciais déjà, ainsi qu'un certain respect pour son parcours, mais l'album ne m'a pas véritablement touché.