J'ai globalement apprécié ces deux tomes, déjà parce que le niveau graphique est vraiment solide du début à la fin. Le fait de faire appel à plusieurs dessinateurs aurait pu donner quelque chose d'inégal, mais ce n'est pas le cas : les styles varient, bien sûr, mais l'ensemble reste de bon, voire très bon niveau, avec même plusieurs signatures particulièrement marquantes.
Le premier tome, consacré au sport, est celui que j'ai le plus apprécié. N'étant pas particulièrement amateur du sujet, j'y ai découvert pas mal d'anecdotes que j'ignorais complètement, parfois étonnantes, parfois franchement édifiantes, et toujours racontées avec ce mélange d'humour et de pédagogie qui fonctionne bien. Il y a un vrai plaisir à apprendre des choses sans avoir l'impression de lire quelque chose de scolaire.
Le second tome m'a aussi plutôt plu, mais pour des raisons un peu différentes. Le thème des mystères et des arnaques est intéressant, mais comme je connaissais déjà une bonne partie des histoires abordées, l'effet de découverte est forcément moins présent. Et surtout, beaucoup de récits aboutissent assez rapidement à la même conclusion : les gens peuvent être étonnamment crédules, voire franchement stupides, face à certaines supercheries. Cela finit par créer une forme de répétition dans le propos, même si ça reste souvent amusant. À ce titre, l'anecdote des harengs 'pêteurs', que je ne connaissais pas du tout, est clairement celle qui m'a le plus amusé.
Dans les deux cas, le format en histoires courtes fonctionne bien, même si tout est forcément un peu survolé. On picore plus qu'on ne creuse, mais l'ensemble reste divertissant, bien dessiné, bien rythmé et suffisamment instructif pour donner envie, parfois, d'aller voir plus loin.
J’ai déjà lu plusieurs albums de Quentin Zuttion. Tous évoquaient largement l’homosexualité. Mais dans cet album autobiographique il le fait de façon beaucoup plus forte, prenante (même si dans son adaptation de Salon de beauté il y avait déjà une certaine noirceur – liée au développement du Sida dans la « communauté » gay.
Ici Zuttion se met à vif, et propose à ses lecteurs une sorte d’analyse, de psychanalyse ouverte, ne cachant pas grand-chose de ses douleurs (l’homophobie « ordinaire » de sa famille, les violences subies durant sa jeunesse avant son coming out), et c’est un homme tiraillé par toutes sortes d’angoisses – qui le rendent presque allergique aux relations sociales, dépendant comme d’une drogue de certains réseaux sociaux. Ces angoisses sont matérialisées par des « zombies » aux yeux brillants qui le poursuivent un peu partout.
L’album est vite lu, il y a peu de texte, Zuttion usant d’une narration préférant les silences et les murmures aux longues tirades.
C’est une lecture intéressante, qui nous fait entrer profondément dans la psyché de l’auteur.
Un Serbe – expatrié quelques temps en Finlande – revient temporairement voir ses amis d’enfance. Nous sommes aux débuts des années 1990, et la guerre civile et les nettoyages ethniques battent leur plein. Notre jeune homme va se trouver confronté à une réalité difficile à accepter.
Dans une postface, Dabitch explique en quoi son histoire familiale (il est issu d’une famille serbe, et a voyagé plusieurs fois dans la région peu après les « événements ») a pu le pousser à écrire cette histoire.
Une histoire qui se laisse lire. Qui traite d’un sujet douloureux, et déjà pas mal traité. Dabitch le fait de façon dépassionnée, le calme du récit tranchant avec les massacres perpétrés à l’époque (même lorsque des gens sont tués, ça reste très « calme »). Par contre j’ai trouvé que le dessin de Gonzalez – assez clivant, mais que j’avais plutôt apprécié sur d’autres séries – accentuait trop cet aspect « dépassionné ». Le style/rendu ne convient peut-être pas à ce type de récit, je ne sais pas.
Une lecture intéressante, mais pas autant que je ne l’avais espéré au départ.
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Les Folles Anecdotes de l'Histoire
J'ai globalement apprécié ces deux tomes, déjà parce que le niveau graphique est vraiment solide du début à la fin. Le fait de faire appel à plusieurs dessinateurs aurait pu donner quelque chose d'inégal, mais ce n'est pas le cas : les styles varient, bien sûr, mais l'ensemble reste de bon, voire très bon niveau, avec même plusieurs signatures particulièrement marquantes. Le premier tome, consacré au sport, est celui que j'ai le plus apprécié. N'étant pas particulièrement amateur du sujet, j'y ai découvert pas mal d'anecdotes que j'ignorais complètement, parfois étonnantes, parfois franchement édifiantes, et toujours racontées avec ce mélange d'humour et de pédagogie qui fonctionne bien. Il y a un vrai plaisir à apprendre des choses sans avoir l'impression de lire quelque chose de scolaire. Le second tome m'a aussi plutôt plu, mais pour des raisons un peu différentes. Le thème des mystères et des arnaques est intéressant, mais comme je connaissais déjà une bonne partie des histoires abordées, l'effet de découverte est forcément moins présent. Et surtout, beaucoup de récits aboutissent assez rapidement à la même conclusion : les gens peuvent être étonnamment crédules, voire franchement stupides, face à certaines supercheries. Cela finit par créer une forme de répétition dans le propos, même si ça reste souvent amusant. À ce titre, l'anecdote des harengs 'pêteurs', que je ne connaissais pas du tout, est clairement celle qui m'a le plus amusé. Dans les deux cas, le format en histoires courtes fonctionne bien, même si tout est forcément un peu survolé. On picore plus qu'on ne creuse, mais l'ensemble reste divertissant, bien dessiné, bien rythmé et suffisamment instructif pour donner envie, parfois, d'aller voir plus loin.
Sage
J’ai déjà lu plusieurs albums de Quentin Zuttion. Tous évoquaient largement l’homosexualité. Mais dans cet album autobiographique il le fait de façon beaucoup plus forte, prenante (même si dans son adaptation de Salon de beauté il y avait déjà une certaine noirceur – liée au développement du Sida dans la « communauté » gay. Ici Zuttion se met à vif, et propose à ses lecteurs une sorte d’analyse, de psychanalyse ouverte, ne cachant pas grand-chose de ses douleurs (l’homophobie « ordinaire » de sa famille, les violences subies durant sa jeunesse avant son coming out), et c’est un homme tiraillé par toutes sortes d’angoisses – qui le rendent presque allergique aux relations sociales, dépendant comme d’une drogue de certains réseaux sociaux. Ces angoisses sont matérialisées par des « zombies » aux yeux brillants qui le poursuivent un peu partout. L’album est vite lu, il y a peu de texte, Zuttion usant d’une narration préférant les silences et les murmures aux longues tirades. C’est une lecture intéressante, qui nous fait entrer profondément dans la psyché de l’auteur.
Jours de chasse
Un Serbe – expatrié quelques temps en Finlande – revient temporairement voir ses amis d’enfance. Nous sommes aux débuts des années 1990, et la guerre civile et les nettoyages ethniques battent leur plein. Notre jeune homme va se trouver confronté à une réalité difficile à accepter. Dans une postface, Dabitch explique en quoi son histoire familiale (il est issu d’une famille serbe, et a voyagé plusieurs fois dans la région peu après les « événements ») a pu le pousser à écrire cette histoire. Une histoire qui se laisse lire. Qui traite d’un sujet douloureux, et déjà pas mal traité. Dabitch le fait de façon dépassionnée, le calme du récit tranchant avec les massacres perpétrés à l’époque (même lorsque des gens sont tués, ça reste très « calme »). Par contre j’ai trouvé que le dessin de Gonzalez – assez clivant, mais que j’avais plutôt apprécié sur d’autres séries – accentuait trop cet aspect « dépassionné ». Le style/rendu ne convient peut-être pas à ce type de récit, je ne sais pas. Une lecture intéressante, mais pas autant que je ne l’avais espéré au départ.