Le cadre est sympathique – les Antilles au milieu du XVIIème siècle – et propice au développement d’aventures rythmées. Surtout que l’intrigue, qui baigne dans une atmosphère de piraterie, s’éloigne en fait des clichés du genre. En effet, tout se déroule à terre, et il est plus questions de lettres de course que de piraterie à proprement parler : même si pirates et corsaires pouvaient être les mêmes en fonction des opportunités, il n’y a ici aucun acte de piraterie.
Un jeune roturier ambitieux français (et protestant) devenu maître de l’île de la Tortue, Levasseur, doit se défendre de la prédation d’un gouverneur voisin, hautain (et catholique), mais aussi des Espagnols, qui cherchent à récupérer l’île et contrôler cette région.
Au milieu de ces conflits plus ou moins larvés, des corsaires, boucaniers, débarquent plusieurs femmes, prostituées sorties des geôles royales pour devenir épouser et « fixer » des hommes dans cette colonie stratégique, sont envoyées là par Richelieu.
Trois d’entre-elles se lient, et chacune dans un style différent, elles occupent le centre de l’intrigue. c'est la principale originalité dans cet univers d'avoir trois femmes comme personnages principaux.
Le dessin et la colorisation sont plaisants, la narration est rythmée, utilise plutôt bien le contexte évoqué plus haut (même si les oppositions entre Catholiques et Protestants, qui effleurent ici parfois, ne sont finalement pas trop développées).
Il faut quand même accepter quelques petites facilités. Les trois femmes sont sans doute plus jolies et jeunes que ce qui pouvait être envoyé des prisons vers le Nouveau monde. Et le fait d’avoir choisi trois beautés, une rousse, une blonde et une brune permet certes de les différencier aisément, mais ça fait un peu cliché. Que l’une d’entre elle devienne maître d’équipage pirate/corsaire est étonnant mais pas improbable, mais qu’elle le soit devenu aussi vite, sans aucune connaissance de la mer a priori est moins crédible.
Enfin, si l’histoire se laisse lire très agréablement, j’ai été un peu déçu par la fin, que j’ai trouvée un peu trop facile et expédiée.
Cette bande a un drôle d'historique. Entourée d'une aura d'oeuvre culte - assez relative car on parle d'une petite maison d'édition - elle est considérée aujourd'hui chez certains bedephiles comme un navet ou un nanar.
J'ai trouvé que ce n'était ni l'un ni l'autre. J'ai simplement l'impression d'avoir lu un bon petit polar fantastique - et très rétro - où Freud s'invite à la table.
Le dessin désuet de JF Charles renforce cette impression de mystère. Je suis sûr qu'un exemplaire du bal des rats morts traîne dans chaque vieille maison abandonnée.
C'est une bd très sage si on compare avec les autres œuvres de Jean Bucquoy. Mais quelques indices traînent déjà ici et là, nous renseignant sur sa future évolution artistique.
Je pense notamment à une superbe planche faisant toute la page et évoquant un tableau de Jérôme Bosch. C'est tout sauf un hasard, puisque le peintre faisait déjà entrer l'inconscient à l'intérieur de ses toiles.
A lire pour se faire sa propre idée.
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La Promesse de la Tortue
Le cadre est sympathique – les Antilles au milieu du XVIIème siècle – et propice au développement d’aventures rythmées. Surtout que l’intrigue, qui baigne dans une atmosphère de piraterie, s’éloigne en fait des clichés du genre. En effet, tout se déroule à terre, et il est plus questions de lettres de course que de piraterie à proprement parler : même si pirates et corsaires pouvaient être les mêmes en fonction des opportunités, il n’y a ici aucun acte de piraterie. Un jeune roturier ambitieux français (et protestant) devenu maître de l’île de la Tortue, Levasseur, doit se défendre de la prédation d’un gouverneur voisin, hautain (et catholique), mais aussi des Espagnols, qui cherchent à récupérer l’île et contrôler cette région. Au milieu de ces conflits plus ou moins larvés, des corsaires, boucaniers, débarquent plusieurs femmes, prostituées sorties des geôles royales pour devenir épouser et « fixer » des hommes dans cette colonie stratégique, sont envoyées là par Richelieu. Trois d’entre-elles se lient, et chacune dans un style différent, elles occupent le centre de l’intrigue. c'est la principale originalité dans cet univers d'avoir trois femmes comme personnages principaux. Le dessin et la colorisation sont plaisants, la narration est rythmée, utilise plutôt bien le contexte évoqué plus haut (même si les oppositions entre Catholiques et Protestants, qui effleurent ici parfois, ne sont finalement pas trop développées). Il faut quand même accepter quelques petites facilités. Les trois femmes sont sans doute plus jolies et jeunes que ce qui pouvait être envoyé des prisons vers le Nouveau monde. Et le fait d’avoir choisi trois beautés, une rousse, une blonde et une brune permet certes de les différencier aisément, mais ça fait un peu cliché. Que l’une d’entre elle devienne maître d’équipage pirate/corsaire est étonnant mais pas improbable, mais qu’elle le soit devenu aussi vite, sans aucune connaissance de la mer a priori est moins crédible. Enfin, si l’histoire se laisse lire très agréablement, j’ai été un peu déçu par la fin, que j’ai trouvée un peu trop facile et expédiée.
Le Bal du rat mort
Cette bande a un drôle d'historique. Entourée d'une aura d'oeuvre culte - assez relative car on parle d'une petite maison d'édition - elle est considérée aujourd'hui chez certains bedephiles comme un navet ou un nanar. J'ai trouvé que ce n'était ni l'un ni l'autre. J'ai simplement l'impression d'avoir lu un bon petit polar fantastique - et très rétro - où Freud s'invite à la table. Le dessin désuet de JF Charles renforce cette impression de mystère. Je suis sûr qu'un exemplaire du bal des rats morts traîne dans chaque vieille maison abandonnée. C'est une bd très sage si on compare avec les autres œuvres de Jean Bucquoy. Mais quelques indices traînent déjà ici et là, nous renseignant sur sa future évolution artistique. Je pense notamment à une superbe planche faisant toute la page et évoquant un tableau de Jérôme Bosch. C'est tout sauf un hasard, puisque le peintre faisait déjà entrer l'inconscient à l'intérieur de ses toiles. A lire pour se faire sa propre idée.