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Couverture de la série Le Choucas
Le Choucas

J’ai emprunté et lu les cinq premiers albums (chacun développe une histoire indépendante). Si j’avais lu les albums au moment de leur sortie, je pense que j’aurais peut-être arrêté après le premier – voire le suivant. En effet, j’ai trouvé le démarrage un peu poussif et « facile » (la façon dont notre héros devient détective en quelques seconde après avoir été licencié de son usine d’horlogerie !?). Mais j’ai insisté, et j’ai bien fait. Et d’ailleurs, rétrospectivement, même ces premiers albums sont intéressants – même si j’ai davantage apprécié certains des suivants. Le personnage principal, Le Choucas donc, est un détective privé « à l’ancienne ». D’ailleurs, dessin et narration ont tous deux quelque chose d’un peu désuet, font sans doute plus que leur âge (je n’aurais probablement pas été surpris d’apprendre que ces albums dataient de plus d’une décennie que la réalité !). C’est que Lax nous immerge dans une sorte de clin d’œil permanent aux récits policiers de la collection « Série noire » (époque historique) : de très nombreuses citations (dans les dialogues ou dans les commentaires off), apparitions récurrentes de couvertures de romans de cette collection. Avec un Choucas qui a des airs d’un Humphrey Boggart « fatigué ». La narration est, elle aussi, proche de pas mal de récits noirs et poisseux parus dans la célèbre collection policière de Gallimard. Du coup, c’est souvent lent – et le premier album, qui doit en plus planter le décor et présenter les personnages, en a sans doute pâti. Mais l’ensemble est rehaussé par les dialogues et commentaires, qui, en plus de faire souvent référence aux romans de la « Série noire », sont assez enlevés, multiplient les jeux de mots : la lecture est, du coup, assez savoureuse, et le rythme, certes un peu lent (quoi que, pas tant que ça sur les tomes 4 et 5) se trouve constamment relancé par ces tirades. Autour du Choucas gravitent quelques seconds rôles : un livreur de pizzas, un concierge amateur de statistiques beauf et lourdingue, la frangine du héros, et surtout Gabin, chauffeur de taxi qui l’accompagne sur certains passages, et le tire même de certains mauvais draps (de façons improbables dans le tome 5). Des cinq albums que j’ai lus (je lirais le sixième dès que j’en aurais l’occasion), mes préférés sont le 4 et le 5. Le quatrième (« Le Choucas n’en mène pas large »), est plus exotique que les autres (où l’intrigue est d’habitude plus « casanière », dans Paris essentiellement – quelques petits points communs – dialogues y compris – avec certains passages des Burma de Léo Malet), plus dynamique, avec de longs passages dans la forêt amazonienne (un peu de la fraicheur du film « L’homme de Rio », retravaillé à la sauce roman policier noir). J’ai vraiment beaucoup aimé cet album. Dans un autre registre, le cinquième (« Le Choucas met le feu aux poudres ») est lui aussi réussi. Il joue davantage sur le registre loufoque (mais cet aspect n’était pas complètement absent avant : voir l’album où une joueuse de scrabble est éliminé pour une raison improbable) : l’attaque des éditions Dynamite par des femmes en furie – et le viol du PDG droitiste par sa secrétaire sont assez savoureux, alors que l’enquête de base (sur la disparition d’un furet !?) est un prétexte vite escamoté. Bref, une série assez originale, et recommandable. Le dessin de Lax est sans doute moins « chiadé » que ce qu’il a pu faire ailleurs, mais son style colle bien au polar noir faussement miteux développé ici. Je suis moins convaincu par la colorisation. Note réelle 3,5/5.

11/04/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Journal Tintin - Spécial 77 ans
Journal Tintin - Spécial 77 ans

Je n'étais pas né lorsque paraissait le Journal de Tintin, mais jeune j'avais réussi à trouver des vieux numéros des années 60-70 dans une brocante et plus tard j'avais trouvé des vieux recueils des années 80. J'ai donc une petite connaissance de l'ambiance du journal lors de certaines époques et des souvenirs de jeunesse reliés au journal. Malgré tout, même si j'aime bien la série Tintin et plusieurs séries tirées de son journal, ce n'est pas le magazine de BD qui a le plus influencé mes lectures. En effet, je suis plus attiré par Spirou et Pilote ainsi que par les revues plus adultes À suivre et Fluide Glacial. La faute revient que le journal a fait beaucoup de place à des séries réalistes mettant en vedette des héros impeccables qui ont pris un bon coup de vieux selon moi. Malheureusement, une bonne partie de ce recueil traite de ces héros et cela donne des dizaines et des dizaines de récits qui ne m'ont pas intéressé parce que je n'aimais pas la série originale. Il faut dire aussi le ton de ces récits était souvent au premier degré, comme si on était encore dans les années 50-70, mais j'imagine que cela va plaire aux fans. En plus, plusieurs séries de Tintin que j'aime n'ont pas eu droit à un hommage (Chick Bill, Oumpah-Pah, Martin Milan....). Bon maintenant que je me suis plaint, il y a quand même des belles choses dans ce recueil. J'ai bien aimé la plupart des hommages qui étaient tirés de séries que j'apprécie et certaines m'ont même ému (je pense notamment à l'histoire courte hommage à Modeste et Pompon ou celle de Prudence Petitpas). Les plus intéressantes sont celles où un auteur connu reprend une série et l'adapte à sa sauce. C'est selon moi pour ça que ce type de recueil devrait exister. C'est vraiment jubilatoire de voir Clifton revu par Foerster ou Lewis Trondheim s'amuser avec Blake et Mortimer. Au final, c'est encore une fois un recueil collectif dont le niveau est inégal, mais la plupart du temps cela venait du fait que j'aimais ou pas la série à laquelle on rendait hommage. En fait, c'est comme lire un magazine de BD: on passe les séries qu'on aimait pas pour lire celles qu'on appréciait !

11/04/2026 (modifier)