Les derniers avis (4 avis)

Par Talum
Note: 3/5
Couverture de la série Cyborgs
Cyborgs

La série « Cyborgs » est celle qui m’a le moins convaincu parmi toutes les séries de science-fiction et de fantasy que j’ai lues de Jean-Luc Istin. J’ai découvert Cyborgs après avoir déjà lu Androïdes, Elfes / Mages / Orcs / Nains, I.S.S. Snipers et Conquests. Comparée à ces séries, Cyborgs m’a semblé la plus faible du point de vue de la construction des intrigues et de la cohérence narrative. On y trouve beaucoup trop de clichés, des rebondissements peu réfléchis, et des « deus ex machina » qui apparaissent soudainement — tantôt pour sauver les héros, tantôt pour leur compliquer la vie. À force, cela devient très visible. Par moments, cela commence à ressembler à un comics américain conçu principalement pour la vente et la commercialisation. On y retrouve moins ce qui fait souvent la force de la BD : une idée forte, un véritable propos d’auteur — quelque chose que l’on percevait, à des degrés divers, dans les autres séries mentionnées. L’histoire reste malgré tout intéressante, mais elle contient trop d’éléments invraisemblables qui ne sont jamais expliqués et qui finissent par affaiblir l’ensemble. Un exemple frappant : une jeune fille parvient à soulever une voiture au-dessus de sa tête grâce à un bras cybernétique qui commence à l’épaule. On nous dit : « oui, mais son bras est cybernétique ». Je peux accepter cela. Mais lever deux tonnes au-dessus de la tête ne dépend pas seulement des bras : la charge est supportée par le dos, le tronc et les jambes — qui, dans ce cas, restent celles d’une adolescente de quinze ans, parfaitement ordinaires. Ce type de situation apparaît plusieurs fois dans la série. Et ce genre d’incohérence finit par briser la « suspension d’incrédulité ». C’est un peu comme voir quelqu’un crier dans l’espace — où il n’y a pas de son — ou rouler sur des roues carrées : cela sort immédiatement le lecteur de l’histoire. Peut-être que cette série s’adresse avant tout à un public plus adolescent, pour qui ce type de détails a moins d’importance. Mais pour moi, en tant qu’amateur des œuvres de Jean-Luc Istin et des séries de science-fiction publiées par Soleil en général, « Cyborgs » m’a laissé une impression nettement moins forte que les autres.

14/03/2026 (modifier)
Couverture de la série Miss Peregrine et les enfants particuliers
Miss Peregrine et les enfants particuliers

Une histoire que l’adulte que je suis a lue plutôt avec plaisir, même si je pense qu’elle s’adresse avant tout à des adolescents – qui pourront s’identifier aux personnages de leur âge. Une histoire fantastique qui m’a parfois fait penser à « Harry Potter » (un mal oppressant et de plus en plus menaçant, des jeunes en premières ligne, des pouvoirs magiques, etc.), mais qui se révèle quand même original, avec une construction qui, par étapes, nous fait découvrir un univers dans lequel on (en tout cas les « Particuliers » peut passer d’une époque à l’autre. Leur univers « parallèle » s’imbrique dans celui des gens « normaux » (on accepte facilement certaines facilités à ce propos). Je m’attendais à ce que l’époque de la bataille d’Angleterre ou les exactions nazies, soient davantage exploitées (directement ou sous forme d’analogie), mais ça reste généralement lointain. Même si je pense ne pas être le cœur de cible, et si l’intrigue ne m’a pas non plus passionné, j’admets volontiers que d’autres lecteurs (surtout ados donc, mais pas seulement) puissent y trouver davantage leur compte. La narration est assez aérée. Peu de texte, un dessin réaliste agréable – même si détails, décors et arrière-plans ne sont pas développés – donne une bonne fluidité de lecture.

14/03/2026 (modifier)
Couverture de la série La Piste de l'Oregon
La Piste de l'Oregon

Certes Tout public, cet album s’adresse avant tout à un jeune lectorat (et c’est à cette aune que je l’évalue). En effet, j’ai trouvé l’ensemble un peu – beaucoup même, parfois – facile et naïf. C’est d’ailleurs une des choses qui m’a un peu gêné. L’histoire proposée par Corbeyran met en avant de belles valeurs : lutte contre le racisme et plus généralement les préjugés, lutte contre les violences faites aux femmes (Wakanda partage le premier rôle et se révèle une forte personnalité – presque anachronique d’ailleurs), mélange entre Blancs et Indiens, dénonciation de l’esclavage, etc. Centrée autour d’un convoi en partance du Missouri pour l’Oregon, l’intrigue abandonne rapidement cet aspect « voyage au long cours (à mon grand regret), pour bifurquer vers quelque chose ressemblant presque à un polar, avec un jeune esclave fugitif accusé de plusieurs délits/crimes, sur le point d’être lynché, mais qui est défendu par le duo de guide du convoi, un couple étonnant – une Sioux et un trappeur d’origine française, qui vont tout faire pour le disculper, et pour trouver les vrais responsables. Mais les personnages sont trop manichéens, et l’intrigue manque elle aussi de subtilité, voire de crédibilité (pour tout ce qui tourne autour du pasteur accompagnant le convoi et le responsable des vols par exemple). Tous les aspects « dangereux », toutes les actions des « méchants », sont bien souvent édulcorés et, contre toute attente en ces temps et en ces lieux, il y a toujours quelqu’un pour calmer le jeu, faire entendre raison (le juge, le chef du convoi, etc.), et même la tentative de viol contre Wakanda reste une péripétie sans importance. Tous ces aspects « gentils » (personnages et intrigue) passe moins pour un lecteur adulte je pense. Et les Indiens (on mêle ici Mandans, Sioux et Hurons) ne sont qu’un décor. Enfin, autre frustration me concernant : cette « piste de l’Oregon », annoncée dans le titre, mise en avant par la carte et le texte de présentation en ouverture et conclusion de l’album, est escamotée. En effet, si j’en crois l’intrigue, les personnages ont quasiment fait du surplace, et son encore au point de départ de cette piste, au Missouri, et ce qui m’intéressait au départ, à savoir ce long voyage, n’est en fait jamais traité. Du coup en refermant l’album, je me suis dit que celui-ci inaugurait une série, mais le gros « Fin » concluant l’histoire me laisse perplexe donc… Le dessin est lisible (il manque un peu de détails) mais il penche lui aussi plutôt du côté d’un lectorat assez jeune. Note réelle 2,5/5.

14/03/2026 (modifier)
Couverture de la série Le Ciel dans la tête
Le Ciel dans la tête

Cette BD a le mérite de lister l'ensemble des atrocités que subissent certains enfants d'Afrique, à la fois victimes de la mondialisation (récolte de minerais rares pour les pays industrialisés) mais également de l'avidité de chefs de milices locales ou de profiteurs en tout genre (esclavagistes, passeurs, réseaux d'exploitation dans les pays européens, etc). Mais elle n'a pas vraiment eu l'effet escompté sur moi, au vu des nombreuses critiques élogieuses précédentes et du ressenti des autres lecteurs. Pour ma part, j'ai traversé cette lecture de manière assez froide, sans vraiment ressentir grand chose. La faute je pense à une entrée trop rapide dans le vif du sujet, sans poser les bases de l'histoire de nos deux héros, Nivek et Joseph, ce qui aurait pu me permettre de m'y attacher, mais également à un personnage central au profil de guerrier taiseux qui n'a pas réussi à m'émouvoir. Pourtant, beaucoup de scènes horribles et choquantes parsèment cette BD, du meurtre de sa famille par le jeune Nivek lui-même (je vous passe les détails sur le cannibalisme...) au viol puis à l'assassinat des femmes des tribus attaquées par les milices locales voisines... La densité du récit et le changement brutal d'un décor/pays à un autre en finalement peu de pages, m'a donné l'impression d'une liste à la Prévert, les auteurs souhaitant aborder un grand nombre de sujets sur la réalité des migrants et les rites en Afrique, au détriment de la crédibilité et de la poésie de l'ensemble. Si on aborde cette œuvre sous l'angle du conte ou de la fable comme le proposent certains aviseurs précédents, on peut effectivement l'appréhender différemment. S'agissant du graphisme, bien que je ne sois pas particulièrement fan du trait de Sergio García Sánchez avec ses personnages déformés et de la colorisation très tranchée, il faut bien avouer que cela colle plutôt bien avec l'ambiance Africaine de cette BD. Reste tout de même une œuvre utile, qui permettra à certains, je l'espère, de se rendre compte que derrière les migrants arrivant sur des bateaux de fortune aux portes de nos frontières, il y a surtout des femmes et des hommes apeurés ayant vécu les mêmes atrocités que Nivek. SCENARIO (Originalité, Histoire, personnages) : 6/10 GRAPHISME (Dessin, colorisation) : 6/10 NOTE GLOBALE : 12/20

14/03/2026 (modifier)