Décidément, j'aime mieux le Fabien Toulmé qui fait des documentaires que celui qui fait de la fiction.
On va donc suivre le parcours d'un ancien ingénieur qui s'est reconvertit et travail maintenant dans une classe qui sert à accompagner les enfants en situations d'handicaps. Comme on lui explique rien lorsqu'il commence son job, il va petit à petit découvrir son nouveau métier et environnement et le lecteur avec lui. Toulmé à le ton juste pour raconter un sujet grave sans tomber dans le pathos facile. Il ne fait pas dans la morale non plus et montre les forces et les faibles de ce type de classes et du système français en général qui est à bout de souffle.
Il y a des bons moments, mais j'ai trouvé que ce n'était pas particulièrement passionnant à lire et c'est un problème pour un album qui fait plus de 300 pages. Je comprends le but de l'auteur de prendre son temps et de montrer une année scolaire complète, mais cela a quand même prit trop de temps pour qu'il se passe enfin quelques chose qui a attiré mon attention. Il y a des passages un peu mous et j'étais bien content lorsque c'était fini.
La lecture est sympathique – même si elle n’est pas inoubliable non plus.
Zabus nous présente un gamin, Germain qui, à l’âge de 10 ans, ressent le besoin de « faire le point », et de rédiger ses « mémoires ». A raison d’un chapitre par année (les quatre dernières en tout cas – autour d’un événement marquant à chaque fois), Germain présente et analyse ce qui l’a marqué et ce qui a pu faire de lui cet enfant mature (au point qu’il ait souhaité faire une « pause » et ne plus grandir).
Alors, certes, on peut être étonné de suivre ce gamin, et ses réflexions dignes d’un adulte. Ce décalage n’est finalement pas gênant, on s’y fait, licence créatrice… Et ça se laisse lire, avec un gamin jouant le rôle de Candide, mais aussi de commentateur, et qui livre des moments forts (comme après la mort de son chat, ou pour l’événement final, qui a sans doute déclenché ce processus d’autoanalyse).
La narration est fluide et plaisante, et le dessin est agréable, avec un trait fin, plusieurs bichromies (qui changent avec les chapitres), un rendu ressemblant à celui de certains albums autobiographiques récents de Sattouf.
Comme pour les autres albums de William Augel chez la Boite à Bulles, le principe consiste ici à imaginer une enfance fantasmée d'Agatha Christie à travers une succession de petites histoires humoristiques et de mini-enquêtes. On retrouve plein de clins d'oeil à son univers futur, à Miss Marple, Hercule Poirot ou certains titres de ses romans, avec aussi quelques énigmes interactives dont le lecteur trouvera la solution en fin d'album.
C'est une BD jeunesse agréable à feuilleter, surtout grâce au dessin de William Augel que j'aime beaucoup. Son trait est à la fois rond, souple et très assuré, avec des personnages immédiatement attachants, des décors simples mais soignés, et une palette de couleurs douces et élégantes qui donne énormément de charme à l'ensemble. Visuellement, c'est un album chaleureux et très plaisant à parcourir.
En revanche, je reste un peu perplexe sur le public réellement visé. D'un côté, l'humour et plusieurs gags sont très enfantins, avec des histoires courtes et des énigmes qui semblent pensées pour des lecteurs de moins de dix ans. Mais à côté de ça, d'autres références ou enquêtes demandent déjà un peu plus d'attention, et surtout le simple fait de s'intéresser à une version romancée de la jeunesse d'Agatha Christie parlera probablement davantage à des lecteurs plus âgés que le ton général de l'album.
Du coup, j'ai parfois eu l'impression d'un léger décalage entre le sujet traité et la manière très jeunesse de l'aborder. Cela reste une lecture sympathique, fraîche et pleine de bonne humeur, mais je suis resté un peu circonspect sur l'équilibre global de l'ensemble.
Un jeune garçon, visiblement de bonne famille, fuit en train la ville de New York et se retrouve pris sous l'aile d'un vétéran hobo charismatique, Arizona Joe.
On croit au départ que cette série va s'attacher aux aventures de hobos sillonnant clandestinement les États-Unis à la fin du XIXe siècle. Mais on découvre assez vite que ce n'est en réalité qu'un prologue, et que le véritable récit porte sur ce même garçon devenu adulte, revenu dans son riche milieu de banquiers new-yorkais tout en conservant de cette courte errance un goût du risque, des combats clandestins et une fascination persistante pour ces vagabonds du rail.
Le mélange est assez étrange et parfois difficile à cerner. Le personnage principal reste très distant tout au long du récit, parlant peu et laissant beaucoup de zones d'ombre. Comme il ne dit quasiment rien dans toute la partie introductive, il faut avoir lu le résumé de l'album pour bien comprendre les raisons profondes de sa fuite. De la même manière, la relation avec Arizona Joe m'a paru un peu artificielle : on ne saisit pas vraiment pourquoi ce vétéran hobo à l'allure de Richard Bronson s'attache aussi vite à lui, ni pourquoi, une fois adulte, Newland ressent ce besoin permanent de mettre sa vie en danger dans des quartiers présentés comme extrêmement violents voire mortels pour les autres que lui. Ce côté héros romantique, torturé mais constamment protégé par le scénario et sa position sociale, ne m'a pas énormément touché.
En revanche, j'ai trouvé intéressante la plongée dans cette Amérique de la fin du XIXe siècle, qui rappelle déjà celle de la crise de 1929 alors que les grandes fortunes bancaires se construisent sur un pays traversé par des inégalités énormes. Tout l'aspect documentaire sur les hobos, les débuts de Wall Street et cette société fracturée apporte une richesse au récit, d'autant que le dossier en fin d'album est particulièrement instructif.
Graphiquement, Fabrice Meddour livre un beau travail. Les couleurs désaturées sur lesquelles contrastent le roux intense des cheveux du héros lui donnent des petits airs de Sambre, ce qui participe à l'atmosphère mélancolique et poussiéreuse du récit. Et la couverture est très belle.
Ce fut une lecture intéressante et assez atypique, mais je reste un peu à distance du personnage principal et de ses motivations. Je suis curieux malgré tout de voir où les auteurs veulent aller avec le second et dernier tome.
Quand je suis allez chez mon libraire spécialisé je ne m’attendais pas à retrouver cette agneau qui m’est familier.
Ayant joué, et beaucoup apprécié, au jeu vidéo, je n’imaginais pas ne pas acheter cette BD.
Bon…
La lecture m’a un peu déçu. En effet, dans le jeu vidéo, les difficultés sont les suivantes :
- s’agissant d’un Rogue Like, l’objectif est de parcourir un donjon, de tuer des créatures, obtenir des récompenses puis finir par mourir avant de recommencer
- en parallèle de quoi nous avons pour objectif de sauver des animaux en voie d’être sacrifié afin d’en faire des fidèles
- à qui nous devons fournir un foyer, de la nourriture, un nettoyage des excrément (oui oui) et un travail en échange de leur foi et leur force de travail
La narration du jeu nous fais incarner un agneau qui devient sauveur et espoir des siens pour un monde libéré d’une doctrine sanglante.
Autant dire tout de suite que rien (ou presque rien) n’est retenu et que l’on a presque affaire à une œuvre complètement différente. Pas mauvaise. Mais différente.
C’est fois l’agneau devient loup et surtout une menace pour les siens : il n’ont rien à manger ? Tant pis. Ils sont malade ? Tant pis. Il ne veulent rien faire d’autre que prier ? Tant pis.
J’espère que ce premier tome n’était qu’une mauvaise introduction et que la suite saura rattraper tout ça
En revanche l’immense point fort est visuel : tout est bon selon moi. Le dessin, les décors, la couleurs, etc… me donnent envie d’en voir plus et me font mettre une 3ème étoile à cet album
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Ulis
Décidément, j'aime mieux le Fabien Toulmé qui fait des documentaires que celui qui fait de la fiction. On va donc suivre le parcours d'un ancien ingénieur qui s'est reconvertit et travail maintenant dans une classe qui sert à accompagner les enfants en situations d'handicaps. Comme on lui explique rien lorsqu'il commence son job, il va petit à petit découvrir son nouveau métier et environnement et le lecteur avec lui. Toulmé à le ton juste pour raconter un sujet grave sans tomber dans le pathos facile. Il ne fait pas dans la morale non plus et montre les forces et les faibles de ce type de classes et du système français en général qui est à bout de souffle. Il y a des bons moments, mais j'ai trouvé que ce n'était pas particulièrement passionnant à lire et c'est un problème pour un album qui fait plus de 300 pages. Je comprends le but de l'auteur de prendre son temps et de montrer une année scolaire complète, mais cela a quand même prit trop de temps pour qu'il se passe enfin quelques chose qui a attiré mon attention. Il y a des passages un peu mous et j'étais bien content lorsque c'était fini.
Mémoires d'un garçon agité
La lecture est sympathique – même si elle n’est pas inoubliable non plus. Zabus nous présente un gamin, Germain qui, à l’âge de 10 ans, ressent le besoin de « faire le point », et de rédiger ses « mémoires ». A raison d’un chapitre par année (les quatre dernières en tout cas – autour d’un événement marquant à chaque fois), Germain présente et analyse ce qui l’a marqué et ce qui a pu faire de lui cet enfant mature (au point qu’il ait souhaité faire une « pause » et ne plus grandir). Alors, certes, on peut être étonné de suivre ce gamin, et ses réflexions dignes d’un adulte. Ce décalage n’est finalement pas gênant, on s’y fait, licence créatrice… Et ça se laisse lire, avec un gamin jouant le rôle de Candide, mais aussi de commentateur, et qui livre des moments forts (comme après la mort de son chat, ou pour l’événement final, qui a sans doute déclenché ce processus d’autoanalyse). La narration est fluide et plaisante, et le dessin est agréable, avec un trait fin, plusieurs bichromies (qui changent avec les chapitres), un rendu ressemblant à celui de certains albums autobiographiques récents de Sattouf.
Les Petits Génies - Little Agatha Christie
Comme pour les autres albums de William Augel chez la Boite à Bulles, le principe consiste ici à imaginer une enfance fantasmée d'Agatha Christie à travers une succession de petites histoires humoristiques et de mini-enquêtes. On retrouve plein de clins d'oeil à son univers futur, à Miss Marple, Hercule Poirot ou certains titres de ses romans, avec aussi quelques énigmes interactives dont le lecteur trouvera la solution en fin d'album. C'est une BD jeunesse agréable à feuilleter, surtout grâce au dessin de William Augel que j'aime beaucoup. Son trait est à la fois rond, souple et très assuré, avec des personnages immédiatement attachants, des décors simples mais soignés, et une palette de couleurs douces et élégantes qui donne énormément de charme à l'ensemble. Visuellement, c'est un album chaleureux et très plaisant à parcourir. En revanche, je reste un peu perplexe sur le public réellement visé. D'un côté, l'humour et plusieurs gags sont très enfantins, avec des histoires courtes et des énigmes qui semblent pensées pour des lecteurs de moins de dix ans. Mais à côté de ça, d'autres références ou enquêtes demandent déjà un peu plus d'attention, et surtout le simple fait de s'intéresser à une version romancée de la jeunesse d'Agatha Christie parlera probablement davantage à des lecteurs plus âgés que le ton général de l'album. Du coup, j'ai parfois eu l'impression d'un léger décalage entre le sujet traité et la manière très jeunesse de l'aborder. Cela reste une lecture sympathique, fraîche et pleine de bonne humeur, mais je suis resté un peu circonspect sur l'équilibre global de l'ensemble.
La Vie extraordinaire d'Arizona Joe
Un jeune garçon, visiblement de bonne famille, fuit en train la ville de New York et se retrouve pris sous l'aile d'un vétéran hobo charismatique, Arizona Joe. On croit au départ que cette série va s'attacher aux aventures de hobos sillonnant clandestinement les États-Unis à la fin du XIXe siècle. Mais on découvre assez vite que ce n'est en réalité qu'un prologue, et que le véritable récit porte sur ce même garçon devenu adulte, revenu dans son riche milieu de banquiers new-yorkais tout en conservant de cette courte errance un goût du risque, des combats clandestins et une fascination persistante pour ces vagabonds du rail. Le mélange est assez étrange et parfois difficile à cerner. Le personnage principal reste très distant tout au long du récit, parlant peu et laissant beaucoup de zones d'ombre. Comme il ne dit quasiment rien dans toute la partie introductive, il faut avoir lu le résumé de l'album pour bien comprendre les raisons profondes de sa fuite. De la même manière, la relation avec Arizona Joe m'a paru un peu artificielle : on ne saisit pas vraiment pourquoi ce vétéran hobo à l'allure de Richard Bronson s'attache aussi vite à lui, ni pourquoi, une fois adulte, Newland ressent ce besoin permanent de mettre sa vie en danger dans des quartiers présentés comme extrêmement violents voire mortels pour les autres que lui. Ce côté héros romantique, torturé mais constamment protégé par le scénario et sa position sociale, ne m'a pas énormément touché. En revanche, j'ai trouvé intéressante la plongée dans cette Amérique de la fin du XIXe siècle, qui rappelle déjà celle de la crise de 1929 alors que les grandes fortunes bancaires se construisent sur un pays traversé par des inégalités énormes. Tout l'aspect documentaire sur les hobos, les débuts de Wall Street et cette société fracturée apporte une richesse au récit, d'autant que le dossier en fin d'album est particulièrement instructif. Graphiquement, Fabrice Meddour livre un beau travail. Les couleurs désaturées sur lesquelles contrastent le roux intense des cheveux du héros lui donnent des petits airs de Sambre, ce qui participe à l'atmosphère mélancolique et poussiéreuse du récit. Et la couverture est très belle. Ce fut une lecture intéressante et assez atypique, mais je reste un peu à distance du personnage principal et de ses motivations. Je suis curieux malgré tout de voir où les auteurs veulent aller avec le second et dernier tome.
Cult of the Lamb
Quand je suis allez chez mon libraire spécialisé je ne m’attendais pas à retrouver cette agneau qui m’est familier. Ayant joué, et beaucoup apprécié, au jeu vidéo, je n’imaginais pas ne pas acheter cette BD. Bon… La lecture m’a un peu déçu. En effet, dans le jeu vidéo, les difficultés sont les suivantes : - s’agissant d’un Rogue Like, l’objectif est de parcourir un donjon, de tuer des créatures, obtenir des récompenses puis finir par mourir avant de recommencer - en parallèle de quoi nous avons pour objectif de sauver des animaux en voie d’être sacrifié afin d’en faire des fidèles - à qui nous devons fournir un foyer, de la nourriture, un nettoyage des excrément (oui oui) et un travail en échange de leur foi et leur force de travail La narration du jeu nous fais incarner un agneau qui devient sauveur et espoir des siens pour un monde libéré d’une doctrine sanglante. Autant dire tout de suite que rien (ou presque rien) n’est retenu et que l’on a presque affaire à une œuvre complètement différente. Pas mauvaise. Mais différente. C’est fois l’agneau devient loup et surtout une menace pour les siens : il n’ont rien à manger ? Tant pis. Ils sont malade ? Tant pis. Il ne veulent rien faire d’autre que prier ? Tant pis. J’espère que ce premier tome n’était qu’une mauvaise introduction et que la suite saura rattraper tout ça En revanche l’immense point fort est visuel : tout est bon selon moi. Le dessin, les décors, la couleurs, etc… me donnent envie d’en voir plus et me font mettre une 3ème étoile à cet album