Etrange, étrange (comme souvent avec cet auteur)…
Si j’en crois l’éditeur, le projet initial de Micol devait intégrer la collection bâtie en collaboration avec le musée du Louvre, mais le projet a capoté, et Micol l’a retravaillé pour le faire sortir de ce cadre. Il en reste néanmoins quelques traces, en particulier dans le dernier tiers du récit.
En fait, j’arrondis ma note à trois étoiles (une cote mal taillée en fait), parce que le récit est quand même original, et aussi parce qu’il est assez profond – en tout cas lance des questionnements intelligents et intéressants, à propos de l’art, de la création humaine face à l’intelligence artificielle, etc. Je reconnais donc à Micol plein de qualités. J’ai aussi apprécié certains passages ironiques/humoristique (en particulier celui où un milliardaire habillé en une sorte d’Elvis Presley fait visiter son palais rempli d’œuvres d’art, en étalant son inculture).
Mais voilà, si dans les grandes lignes j’ai été intrigué, si le scénario recèle de belles pistes, dans le détail beaucoup de choses m’ont échappé, j’ai trouvé l’histoire à la fois confuse et un peu creuse, ce qui m’empêche de sortir pleinement satisfait de ma lecture.
Un récit on ne peut plus classique mais qui parvient tout de même à être entraînant.
L'histoire est celle d'un couvent dont le terrain va bientôt se faire racheter pour construire une usine et qui se retrouve, par la force des choses, à devoir gérer une distillerie clandestine et collaborer avec des gangs mafieux pour pouvoir s'en sortir.
Il y a peu de choses à dire sur le diptyque (car encore une fois mine de rien très classique et que je ne voudrais pas me retrouver à tout vous dévoiler) mais le récit reste intéressant. Le cadre trouble du récit, en plein cœur des guerres mafieuses, de la prohibition et des agissements du klan, est idéal pour ce récit qui brille surtout par son rythme vif et son petit côté "explosif" (tout s'enchaîne, se croise et se percute assez rapidement ; en tout cas cela m'emporte dans le récit). Les personnages sont simples mais attachants, on finit par connaître chacune des bonnes sœurs au sein de ce couvent - alors même qu'elles ne possèdent parfois qu'un simple trait de caractère - et le véritable sentiment d'entraide et de protection qui anime cette sororité parvient à rendre le tout assez touchant.
Bon, encore une fois, pas de quoi casser trois pattes à un canard, mais sans être révolutionnaire la lecture est on ne peut plus agréable, et si je regrette certains petits détails de rien du tout comme le fait que les "traits d'ombrages" sur les visages lorsque les personnages sont choqués m'ont semblé détonner avec le dessin et le travail des expressions (que je trouvais pourtant efficace) je n'en reste pas moins satisfaite une fois le dernier album refermé.
Je n'aurais presque pas dit non à une suite.
Un ministre véreux et déconnecté du réel est contraint de démissionner pour une bête histoire de notes de frais un peu trop conséquentes. Le voilà obligé de pointer à Pôle emploi et de s'abaisser au niveau de la plèbe.
Cette BD prend la forme de petits albums souples proposant des gags en quatre cases qui s'articulent, par leur succession, comme une histoire complète à chaque tome.
Le premier est une satire du politicien lui-même : le magouilleur imbu de sa personne, vivant aux frais de la Nation, incapable de faire autre chose que se faire mousser et profiter du système, très au-dessus d'un monde réel avec lequel il n'entretient plus aucun lien. Les figures politiques ayant inspiré ce fameux Henri-Xavier de Lapègre sont nombreuses, mais à la lecture de son portrait, on imagine volontiers un cocktail entre Patrick Balkany et François Fillon, notamment à travers le personnage de son épouse vivant d'un emploi fictif gracieusement offert par son mari.
Le second tome se recentre davantage sur une satire de la politique elle-même, tandis que notre politicien déchu est catapulté dans un petit village de province où il doit briguer un mandat. Cette fois, plus que l'homme, c'est surtout le système électoral, fait de poignées de mains, de meetings et de fausses promesses, qui est tourné en dérision.
Le graphisme, proche du dessin de presse, va à l'essentiel, dans un style certes peu mémorable mais efficace et correctement mis en scène.
Dans l'ensemble, la satire est plaisante et le contraste entre les illusions perdues de ce politicien au caractère bien trempé et la réalité du terrain prête souvent à sourire, voire à rire. Toutefois, au-delà du caractère très convenu de nombreuses idées, caricature oblige, plusieurs gags se révèlent aussi assez répétitifs, ce qui peut finir par lasser sur des albums dépassant les 90 pages. J'ai lu ces volumes comme une moquerie gentiment amusante, avec quelques idées qui font mouche, mais aussi d'autres qui tombent à plat et surprennent peu.
Un récit d'anticipation et dystopique.
Derrière "Les yeux doux" des pin-ups placardées un peu partout en ville, se cachent des caméras qui observent la population. Dans ce futur indéterminé, certains luttent pour faire tomber le système en place qui ne laisse aucune once de liberté.
J'ai aimé la narration dynamique avec ces petits chapitres où des citations servent d'introduction.
J'ai aimé la touche d'humour qui accompagne le récit.
J'ai aimé les personnalités des protagonistes qui les rendent attachants.
J'ai aimé la dénonciation du pouvoir en place qui fait écho à nos sociétés (produire, consommer, contrôler).
J'ai aimé, en tant que petit-fils de mineur, la représentation de la salle des pendus.
J'ai moins aimé la conclusion, elle est trop simpliste et expéditive avec ce goût de guimauve.
J'ai moins aimé le fait de ne pas tout comprendre : l'invisibilité de certains personnages me laisse perplexe.
J'ai aimé le dessin de Michel Colline, il a du cachet. La représentation urbaine dans un style rétro futuriste est superbe. Les bouilles des personnages ne sont pas en reste, elles sont un peu déformées/caricaturées pour refléter leur personnalité.
J'ai aimé la colorisation sombre de Cyril Saint-Blancat, elle donne une atmosphère inquiétante.
Une lecture sympathique.
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Mimésia
Etrange, étrange (comme souvent avec cet auteur)… Si j’en crois l’éditeur, le projet initial de Micol devait intégrer la collection bâtie en collaboration avec le musée du Louvre, mais le projet a capoté, et Micol l’a retravaillé pour le faire sortir de ce cadre. Il en reste néanmoins quelques traces, en particulier dans le dernier tiers du récit. En fait, j’arrondis ma note à trois étoiles (une cote mal taillée en fait), parce que le récit est quand même original, et aussi parce qu’il est assez profond – en tout cas lance des questionnements intelligents et intéressants, à propos de l’art, de la création humaine face à l’intelligence artificielle, etc. Je reconnais donc à Micol plein de qualités. J’ai aussi apprécié certains passages ironiques/humoristique (en particulier celui où un milliardaire habillé en une sorte d’Elvis Presley fait visiter son palais rempli d’œuvres d’art, en étalant son inculture). Mais voilà, si dans les grandes lignes j’ai été intrigué, si le scénario recèle de belles pistes, dans le détail beaucoup de choses m’ont échappé, j’ai trouvé l’histoire à la fois confuse et un peu creuse, ce qui m’empêche de sortir pleinement satisfait de ma lecture.
L'Élixir de Dieu
Un récit on ne peut plus classique mais qui parvient tout de même à être entraînant. L'histoire est celle d'un couvent dont le terrain va bientôt se faire racheter pour construire une usine et qui se retrouve, par la force des choses, à devoir gérer une distillerie clandestine et collaborer avec des gangs mafieux pour pouvoir s'en sortir. Il y a peu de choses à dire sur le diptyque (car encore une fois mine de rien très classique et que je ne voudrais pas me retrouver à tout vous dévoiler) mais le récit reste intéressant. Le cadre trouble du récit, en plein cœur des guerres mafieuses, de la prohibition et des agissements du klan, est idéal pour ce récit qui brille surtout par son rythme vif et son petit côté "explosif" (tout s'enchaîne, se croise et se percute assez rapidement ; en tout cas cela m'emporte dans le récit). Les personnages sont simples mais attachants, on finit par connaître chacune des bonnes sœurs au sein de ce couvent - alors même qu'elles ne possèdent parfois qu'un simple trait de caractère - et le véritable sentiment d'entraide et de protection qui anime cette sororité parvient à rendre le tout assez touchant. Bon, encore une fois, pas de quoi casser trois pattes à un canard, mais sans être révolutionnaire la lecture est on ne peut plus agréable, et si je regrette certains petits détails de rien du tout comme le fait que les "traits d'ombrages" sur les visages lorsque les personnages sont choqués m'ont semblé détonner avec le dessin et le travail des expressions (que je trouvais pourtant efficace) je n'en reste pas moins satisfaite une fois le dernier album refermé. Je n'aurais presque pas dit non à une suite.
Homo Politicus
Un ministre véreux et déconnecté du réel est contraint de démissionner pour une bête histoire de notes de frais un peu trop conséquentes. Le voilà obligé de pointer à Pôle emploi et de s'abaisser au niveau de la plèbe. Cette BD prend la forme de petits albums souples proposant des gags en quatre cases qui s'articulent, par leur succession, comme une histoire complète à chaque tome. Le premier est une satire du politicien lui-même : le magouilleur imbu de sa personne, vivant aux frais de la Nation, incapable de faire autre chose que se faire mousser et profiter du système, très au-dessus d'un monde réel avec lequel il n'entretient plus aucun lien. Les figures politiques ayant inspiré ce fameux Henri-Xavier de Lapègre sont nombreuses, mais à la lecture de son portrait, on imagine volontiers un cocktail entre Patrick Balkany et François Fillon, notamment à travers le personnage de son épouse vivant d'un emploi fictif gracieusement offert par son mari. Le second tome se recentre davantage sur une satire de la politique elle-même, tandis que notre politicien déchu est catapulté dans un petit village de province où il doit briguer un mandat. Cette fois, plus que l'homme, c'est surtout le système électoral, fait de poignées de mains, de meetings et de fausses promesses, qui est tourné en dérision. Le graphisme, proche du dessin de presse, va à l'essentiel, dans un style certes peu mémorable mais efficace et correctement mis en scène. Dans l'ensemble, la satire est plaisante et le contraste entre les illusions perdues de ce politicien au caractère bien trempé et la réalité du terrain prête souvent à sourire, voire à rire. Toutefois, au-delà du caractère très convenu de nombreuses idées, caricature oblige, plusieurs gags se révèlent aussi assez répétitifs, ce qui peut finir par lasser sur des albums dépassant les 90 pages. J'ai lu ces volumes comme une moquerie gentiment amusante, avec quelques idées qui font mouche, mais aussi d'autres qui tombent à plat et surprennent peu.
Les Yeux doux
Un récit d'anticipation et dystopique. Derrière "Les yeux doux" des pin-ups placardées un peu partout en ville, se cachent des caméras qui observent la population. Dans ce futur indéterminé, certains luttent pour faire tomber le système en place qui ne laisse aucune once de liberté. J'ai aimé la narration dynamique avec ces petits chapitres où des citations servent d'introduction. J'ai aimé la touche d'humour qui accompagne le récit. J'ai aimé les personnalités des protagonistes qui les rendent attachants. J'ai aimé la dénonciation du pouvoir en place qui fait écho à nos sociétés (produire, consommer, contrôler). J'ai aimé, en tant que petit-fils de mineur, la représentation de la salle des pendus. J'ai moins aimé la conclusion, elle est trop simpliste et expéditive avec ce goût de guimauve. J'ai moins aimé le fait de ne pas tout comprendre : l'invisibilité de certains personnages me laisse perplexe. J'ai aimé le dessin de Michel Colline, il a du cachet. La représentation urbaine dans un style rétro futuriste est superbe. Les bouilles des personnages ne sont pas en reste, elles sont un peu déformées/caricaturées pour refléter leur personnalité. J'ai aimé la colorisation sombre de Cyril Saint-Blancat, elle donne une atmosphère inquiétante. Une lecture sympathique.