Les derniers avis (4 avis)

Couverture de la série Judee Sill
Judee Sill

Je ne connaissais pas du tout cette artiste. Ce que m'en ont fait connaitre les auteurs m'a fait penser à la destinée météorique d'une autre artiste (que je ne connais pas en profondeur, et qui a connu une plus grande célébrité), à savoir Amy Winehouse: une carrière courte, un gros talent (vocal entre autres) et une fin sordide, rongée par les drogues. Le fait qu'il n'y ait finalement pas trop d'informations précises concernant la biographie de Judee Sill a sans doute été une chance pour les auteurs. En leur évitant la banale chronologie illustrée, ils ont été vers la construction d'une ambiance - très bien rendue - d'une époque, la Californie des années 1960-70. Et finalement, ça finit par rendre attachante, touchante cette femme, qui, pourtant, a priori, ne déclenche pas spontanément l'empathie, car violente, impulsive, autocentrée. Un album qui est aussi le reflet d’une époque où la vie pouvait se brûler – rapidement – par tous les bouts. Mais aussi le portrait d’une gamine qui avait plein de rêve dans la tête, et qui n’a pas voulu faire de concession pour les abandonner, quitte à ce qu’ils se transforment en cauchemars. Le dessin est plutôt agréable. Avec une volonté de bien faire ressortir l’ambiance power-flower et la prise de drogues (quelques cases très psychédéliques). Un petit détail cependant page 20, une erreur dans une case : un personnage passe d'une chemise à carreaux roses à une chemise unie grise, puis reprend la bonne couleur la case suivante... Une lecture intéressante en tout cas.

05/06/2026 (modifier)
Par Talum
Note: 3/5
Couverture de la série Hurlevent (Duval/Créty)
Hurlevent (Duval/Créty)

Pendant ma lecture, j’ai constamment eu l’impression que quelque chose de vraiment passionnant allait enfin arriver. Mais le troisième tome s’est terminé sans que cette promesse soit réellement tenue. Au final, je suis resté quelque peu déçu. À mon avis, les personnages principaux sont assez peu développés. En trois tomes, on apprend finalement très peu de choses sur eux, ce qui rend difficile de s’y attacher ou de partager leurs émotions. Quant au mystérieux fléau qui s’abat sur le monde, il ressemble davantage à un outil scénaristique qu’à une véritable énigme captivante. En revanche, le dessin est nettement supérieur au scénario. C’est un de ces cas où la partie visuelle surpasse le récit. Les paysages, les détails de l’univers et les personnages eux-mêmes sont bien plus travaillés que l’histoire qu’ils servent. Je ne peux pas dire que la lecture ait été désagréable. C’est plutôt que l’histoire n’a pas répondu aux attentes qu’elle avait elle-même suscitées. En trois tomes, il aurait été possible d’approfondir davantage les personnages et leurs relations, mais cela ne se produit jamais vraiment. Malgré tout, je ne regrette pas d’avoir lu cette série. Elle possède un certain charme : le mélange d’esthétique Renaissance et de paysages désertiques crée une atmosphère à la fois intrigante et dépaysante. Cependant, ce choix esthétique est très peu justifié par l’univers lui-même. On a l’impression qu’il a surtout été retenu pour son apparence visuelle. Personnellement, j’aurais aimé que la culture, l’organisation de la société et l’histoire du monde soient davantage liées entre elles, car ce sont précisément ces éléments qui rendent un univers fictif véritablement crédible.

05/06/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Total (Premium+ / Développement durable)
Total (Premium+ / Développement durable)

Dans un futur proche où l'argent semble avoir remplacé toute autre valeur, un magnat obsédé par la richesse se livre à son ancien psychiatre dans un récit mêlant capitalisme débridé, robots, extraterrestres et réflexions sur la nature humaine. C'est une BD assez étrange mais suffisamment intrigante pour m'avoir donner envie d'aller jusqu'au bout. Ugo Bienvenu imagine un futur légèrement loufoque tout en restant crédible, rempli d'idées originales sur l'évolution de la société, les rapports humains et la place de l'argent. Même lorsque le récit part dans des directions inattendues, il conserve une vraie capacité à susciter la curiosité. En revanche, tout n'est pas réussi. Le dessin alterne entre des planches pleines d'élégance et des personnages parfois franchement disgracieux, avec des visages ou des anatomies qui m'ont souvent paru maladroits. Le récit est également beaucoup trop bavard, multipliant les longues digressions philosophiques, sociologiques ou financières parfois complètement fantaisistes dont certaines m'ont semblé assez barbantes. Malgré ces défauts, ce petit pavé se lit assez vite grâce à son originalité et à son foisonnement d'idées. Une curiosité intéressante que je ne regrette pas d'avoir lue, même si je ne suis pas certain de la conseiller à l'achat. Note : 2,5/5

05/06/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Equinox
Equinox

Un monde magique où la pleine lune permet aux humains de se transformer en animaux merveilleux le temps d'une nuit de liberté, avant que tout ne bascule lorsqu'un mystérieux trait rouge détruit la lune et fait s'effondrer cet équilibre. Les héroïnes sont quatre apprenties prêtresses liées à cette lune, chacune associée à un cheval totem différent. Accusées à tort par une population qui cherche des responsables, elles doivent fuir à travers les Couloirs Noirs, des passages vers d'autres lieux et d'autres mondes, dans un univers qui devient progressivement hostile et dévasté. Au départ, j'avais trouvé que la série s'adressait clairement en priorité à un public de jeunes adolescentes amatrices de shojo, de fantasy et de chevaux, avec une approche très romantique de l'aventure. Le trait d'Aurora Gate, à mi-chemin entre l'école Disney et le manga, repose sur une colorisation numérique aux tons pastel. Même si l'expressivité reste parfois limitée, les personnages sont globalement maîtrisés et les chevaux sont particulièrement réussis, ce qui se sent comme une vraie passion de l'autrice. Avec la progression des cinq tomes qui forment le premier cycle, je nuance un peu mon impression initiale. Si je reste en retrait sur le ton global et certaines facilités de l'intrigue, je reconnais que l'univers prend de l'ampleur et que la série gagne en densité, notamment à travers ses thématiques de séparation, de confiance et de transformation des personnages. L'aspect épique et romantique fonctionne mieux qu'au départ, surtout dans la montée en tension et les évolutions plus sombres de certaines héroïnes. Il y a parfois un côté qui m'évoque Sailor Moon, entre destin, sororité et aventure ésotérique, même si la narration reste assez balisée. Je reste néanmoins mitigé, car je ne suis sans doute pas le bon public. J'ai trouvé les personnages et certaines situations trop nunuches par moments, avec des péripéties assez prévisibles, notamment dans la dispersion des héroïnes ou les réactions souvent très caricaturales des peuples face aux prêtresses : tantôt trop vite haineux envers elles, tantôt trop enthousiastes, on sent les figurants sans âme qui ne font que servir un récit. Le manque de nuance et de crédibilité dans certains enchaînements m'a régulièrement tenu à distance. Cela dit, si l'on est dans le public cible, la série peut fonctionner bien davantage que ce que mon ressenti personnel laisse paraître. Si l'on est sensible à cet univers de fantasy romantique, aux codes proches du shojo et à la mise en avant des liens entre héroïnes et chevaux, la qualité du dessin, la cohérence visuelle et l'évolution plus ambitieuse sur la durée peuvent emporter l'adhésion, là où je reste personnellement à distance. Note : 2,5/5

11/01/2023 (MAJ le 05/06/2026) (modifier)