Le moins que l'on puisse dire c'est qu'il est difficile de passer après Les Guerres de Lucas. Bah oui, inévitablement, cette BD ne peut qu'être comparée à celle de Laurent Hopman et Renaud Roche (inutile de faire un dessin ha ha), et elle souffre cruellement la comparaison.
Graphiquement, je suis désolé mais c'est un cran en dessous. Le dessin n'a ici ni l'élégance du trait de Renaud Roche, ni sa concision. On peine à reconnaitre les personnages, notamment Spielberg lui-même. Et puis la plupart d'entre eux affichent des expressions étranges ; parfois même on croit déceler un soupçon de perversité dans ces visages hallucinés. Je pense au personnage de Joe Alves qui a l'air en permanence sous acide. Mais c'est narrativement que ça pêche. D'abord, on nous tient en haleine avec le sentiment qu'il va y avoir une révélation fameuse, et puis en fait flop ! Ainsi la double page qui commence par l'accroche "mais rien ne va se passer comme prévu", et qui se contente de montrer un quiproquo sans grand intérêt entre Benchley, l'auteur du roman, et le réalisateur, quiproquo qui sera d'ailleurs réglé dès la page suivante. De manière générale, et il faut bien le dire un peu agaçante, les auteurs maintiennent un suspens qui n'a pas lieu d'être. On repassera pour les rebondissements "à la Lucas". Et que dire de cette fin, mal torchée, qui en deux pages évoque la suite que refusera de tourner Spielberg sinon qu'elle révèle un manque criant de finition ? En guise d'épilogue, un doc mal ficelé sur le requin dont on ne sait pas trop où il veut en venir : nous faire un peu mieux connaitre cet animal ? Montrer l'influence du film sur la peur tout à fait irrationnelle du public ?... Perso, je n'ai pas attendu la dizaine de pages que contient ce petit pensum (photos incluses) pour me rencarder sur les squales. Un visionnage de Jaws 1 a suffit pour éveiller ma curiosité et, certes, nourrir ma terreur des profondeurs. C'est pour dire qu'en matière de requin, il existe des trucs bien plus intéressants et fouillés que ces quelques pages embarrassées.
Bon, certes, j'ai lu cette BD sans grande difficulté. Au passage, on apprend même quelques bonnes anecdotes. Mais surtout, son plus grand mérite, et là c'est réussi, est de nous faire comprendre pourquoi ce film qui a marqué plus d'une génération, n'est pas un simple film d'horreur, mais un vrai film d'auteur. Ça m'a même donné furieusement envie de le revoir, ce que n'avait pas nécessairement susciter en moi Les Guerres de Lucas. L'honneur est sauf !
Une lecture sympathique, rythmée, et rapide.
On est rapidement embarqué dans la virée de ces deux vieux potes qui se retrouvent (Sam retrouve son pote Vincent, rangé malgré lui, et l’entraine dans un retour aux sources délétère), retombent dans leur folie nihiliste de jeunesse, multipliant les transgressions, les prises de risque inutiles. Un road trip plein de verve et d’amertume. Les deux hommes sont souvent excessifs, insupportables – individuellement et dans leurs querelles, qui ont parfois des airs d’amour toxique, d’amour/haine. Le héros, Vincent, traine en tout cas un mal être comme un bolet, que seules quelques belles rencontres (le vieux tenancier d’auberge qui le sort des griffes des flics, et la jeune femme barmaid qui avait cru trouver en lui l’amour de sa vie) « remettent sur les rails ».
Et puis il y a le final. Il donne à toute l’histoire une tonalité à la fois sombre et cathartique. Une histoire qui du coup ressemble quelque peu à un enterrement de vie de garçon – dans tous les sens du terme. Un enterrement suivi d’une renaissance pour Vincent. La pirouette est sans doute un peu facile (et elle pousse forcément à relire l’album pour voir si on n’a pas raté quelque chose), mais elle passe.
Autumlands est une série Fantasy intéressante, relativement originale les deux tomes parus pour le moment sont assez différents.
Le premier pose le cadre, certes, mais il est centré sur cette société de Nuageois, sorciers privilégiés exploitant de leurs hauteurs d’autres peuples/races inférieures sises « sur la terre ferme ». Jusqu’à ce qu’une catastrophe – provoquée par l’un des magiciens – ne fasse tomber une partie des Nuageois de leur piédestal, et les confrontent au danger des « Moindres », en particulier une tribu de Bisons belliqueux et revanchards. Surtout que les Nuageois sont divisés (un ambitieux cherche à tirer parti de la situation pour accéder au pouvoir) et sous l’influence d’un marchand retors.
La vraie rupture vient de l’arrivée d’un « Humain », Learoyd, qui se retrouve « champion malgré lui », sauveur nécessaire et redouté. Dans le deuxième tome, il se retrouve isolé avec un jeune magicien, Dunstan, le duo étant aux prises avec de nombreux dangers. Ce deuxième album voit l’effacement de la société des Nuageois (provisoirement normalement) et surtout l’ancrage un peu plus SF du récit, avec l’apparition d’autres humains aux pouvoirs énormes. Cette partie est plus originale.
Plusieurs bémols toutefois pour finir. Si la lecture est rythmée et agréable et si la série est vraiment recommandable, j’ai trouvé le dessin inégal et la colorisation informatique pas toujours heureuse.
Enfin, les deux tomes ayant paru il y a plus de huit ans, je crains que la série ne soit abandonnée, ce qui est dommage, et nous laisse en plan avec beaucoup trop de questions en suspens.
Je suis assez peu mitigé après cette lecture qui m'a laissé sur ma faim. Globalement, ce n'est pas du tout une mauvaise BD mais qui m'a dérangé par deux trois aspects.
Bon, déjà l'histoire est un polar et je crois avoir déjà souligné plusieurs fois que je ne suis vraiment pas fan de ce style même si quelques auteurs trouvent grâce à mes yeux. Sauf que là, j'ai eu l'impression de voir de nombreux clichés véhiculés qui se retrouvent condensés : la jeune femme qui mène l'enquête en parallèle de la police et s'en sort mieux qu'elle (avec une certaine tendance à réussir tout ce qu'elle entreprend), tout le monde qui se confie à une inconnue y compris sur des sujets secrets et importants, le personnage excentrique et déjanté bien trop assurée et toujours dans le contrôle...
Et le tout, c'est que l'histoire a une certaine invraisemblance à mon gout. L'enquête a des ficelles bien trop grosses, des détails qui font tiquer (notamment la question de la bipolarité traité de façon... disons pas très logique psychanalytiquement parlant !).
En disant cela, je semble hyper-critique dans mon avis, mais parce qu'au sortir de ma lecture j'ai surtout ressenti un "bof" qui a marqué mon impression générale. Mais la BD est très lisible, au dessin dynamique et bien campé, avec une histoire prenante qui se laisse lire d'un bout à l'autre. C'est simplement que le ressenti final est assez peu intéressant. Je l'ai lu, j'ai pas eu de déplaisir à la lecture et j'aurais probablement oublié la plupart de l'histoire dans deux semaines.
En fait, je crois que j'ai surtout peu accroché au personnage principal. Elle a des airs de Mary-Sue dans son comportement trop badass qui résout tout. Une sorte de James Bond féminin (qui enchaine autant les conquêtes d'ailleurs). Le tout rehaussé par sa dynamique de jeune fille dynamique, explosive et excentrique. Sauf que je ne la trouve pas beaucoup attachante (et je me demande ce que Pénélope apprécie chez elle), de la même façon que je n'arrive pas à adhérer à cette manie de coller à des personnages pareils une cigarette aux lèvres à chaque planche. C'est sans doute accentué par la lecture de Cigarettes - Le Dossier sans filtre mais je ne peux plus l'ignorer. Ça me rappelle juste que l'industrie de la clope nous a vendue cette attitude chez les femmes comme un symbole d'émancipation -y compris sexuel- ainsi qu'une ode à la liberté de penser.
Bref, je fais mon râleur sur cette BD parce que de nombreux points m'interpellent et que je n'arrive pas à passer outre, mais voila, c'est "juste" une BD que je n'ai pas spécialement aimée, que je ne relirais pas et que j'oublierais. Mais ce n'est pas une mauvaise BD, c'est sûr.
Mise à jour après le deuxième volume : Bon, ben la suite est du même acabit et je ne pourrais pas dire que j'ai moins ou plus aimé. C'est du même tonneau, dans le ton, dans les propos et dans le personnage. Il y a une évolution qui semble dessiner la suite de la série, avec les voix de Eva qui disparaissent suite à la première affaire, semblant indiquer que le propos sera de lui permettre de s'en débarrasser petit à petit en s'intéressant à des affaires en lien avec les vies de ses ancêtres. Ça promet une suite en deux volumes au moins et ça développe le personnage, c'est sympathique.
Cependant, les défauts que je voyais dans le premier tome sont encore bien présent. J'ai toujours du mal avec la représentation du trouble de bipolarité et de la façon dont est traité la psychiatrie et les soins, de même que l'omniprésence de la clope m'agace toujours autant. Eva n'a presque aucune planche sans sa cigarette aux lèvres ! Bref, le deuxième tome confirme que je n'aime pas le personnage et les détails, que l'histoire globale ne me suffit pas à passer outre ces défauts et que c'est bien une question de ressenti entre la BD et moi. Je n'aime pas, c'est comme ça, tant pis pour moi.
Raikichi vit seul avec sa fille Haruko sur l'île d'Okinawa depuis le décès de son épouse. Trop pris par son métier d'instructeur pour l'armée japonaise, il n'a pas vu sa fille grandir et se retrouve face au fait accompli lorsqu'elle atteint la puberté. Mais, pour elle, les transformations de l'adolescence prennent un tour explosif, au sens littéral, puisqu'elle se découvre des pouvoirs psychiques qu'elle maîtrise mal, causant d'importants dégâts autour d'elle. Pris au dépourvu, son père va découvrir qu'elle est loin d'être la seule à posséder de tels pouvoirs.
Alors que l'auteur avait initialement prévu de raconter une histoire mettant en scène son île natale d'Okinawa et ses spécificités culturelles, il a finalement abouti à ce récit mêlant super-pouvoirs et bouleversements de l'adolescence. Cette approche lui permet à la fois de développer une intrigue d'action centrée sur des conflits entre jeunes dotés de capacités extraordinaires, tout en abordant la complexité des relations père-fille à cet âge-là.
Le mélange est original, mais pas entièrement convaincant.
Le dessin, pris isolément, est de bonne facture. Le trait est maîtrisé, les personnages sont reconnaissables et l'encrage soigné. En revanche, la mise en scène se révèle nettement plus laborieuse. Le problème ne tient pas seulement au dessin, mais à la narration graphique dans son ensemble : le rythme paraît saccadé et abrupt, avec des enchaînements de cases peu lisibles et des scènes d'action souvent confuses. Tout reste compréhensible, mais seulement après coup, comme si le lecteur devait constamment raccrocher les wagons d'un récit maladroit.
Les réactions des personnages manquent également de justesse. L'héroïne adopte un comportement excessif, censé traduire l'instabilité émotionnelle de l'adolescence exacerbée par ses pouvoirs, mais elle devient trop imprévisible pour être réellement cernée. Son père, pourtant présenté comme plus posé, se montre lui aussi étrange par son attitude excessivement terre-à-terre, malgré les événements incontestablement fantastiques auxquels il est confronté. Les personnages secondaires souffrent du même problème, avec des réactions trop variables d'une scène à l'autre et souvent poussées dans l'excès.
Il en résulte un récit qui rassemble de bons éléments et des thématiques intéressantes, mais qui peine à trouver sa cohérence à cause d'une narration peu fluide et d'un manque de naturel dans les personnages comme dans l'enchaînement des scènes. Nous restons toutefois au stade de l'introduction, et il faudra attendre la suite pour se faire une idée plus définitive de ce manga.
Note : 2,5/5
Sur une côte méditerranéenne encore préservée, Prométhée Foiemangé, jeune cadre persuadé d'œuvrer pour le progrès, est envoyé dans un petit port de pêche afin de convaincre la population de céder ses terres pour un projet d'avenir fondé sur le béton et le tourisme de masse. Pour y parvenir, il doit rallier à sa cause une grande famille locale pour le moins singulière, quitte à exploiter les failles et les tensions internes qui la traversent. Mais cette famille se révèlera bien plus profondément enracinée dans ces lieux qu'elle ne le laisse paraître.
Avec La Nouvelle Arcadie, l'auteur espagnol Juanjo Rodríguez J. propose une fable comique à la croisée de la satire sociale, de la comédie familiale et... de la mythologie grecque. Il situe son récit dans un décor chaleureux aux accents provençaux, imprégné de l'insouciance des années 1960. Le dessin est expressif et séduisant, avec un soin particulier apporté aux décors et aux ambiances. Les couleurs patinées et la lumière méditerranéenne donnent beaucoup de charme à l'ensemble et incarnent visuellement ce monde ancien encore intact, confronté à une modernité froide et envahissante. Je regrette toutefois un encrage trop fin, qui prive le dessin du surplus d'élégance qu'il aurait mérité.
Côté scénario, le récit débute comme une comédie légèrement absurde, à la manière d'un Qui a tué l'idiot ?, avec l'arrivée d'un jeune homme dans un village et une famille excentrique où la farce se mêle à la satire sociale. Les personnages sont hauts en couleur, presque excessifs au premier abord, mais cela relève d'un choix assumé. Assez rapidement, ce qui n'était d'abord suggéré s'affirme pleinement. J'ai eu le plaisir de deviner la révélation avant qu'elle ne soit explicitement formulée, mais très vite celle-ci ne se cache plus et devient même un peu trop appuyée, ce qui m'a fait regretter que le doute ne soit pas entretenu plus longtemps. Je préfère ne pas la dévoiler afin de vous préserver la découverte, même si elle occupe rapidement une place centrale dans l'intrigue. Disons simplement qu'il est question d'une famille profondément dysfonctionnelle, mais étonnamment stable depuis longtemps.
La transposition mythologique fonctionne bien et reste fidèle à son modèle, tout en soulignant avec humour, et parfois une ironie douce-amère, le conflit entre tradition et modernité. J'ai toutefois trouvé que la mise en scène manquait souvent de finesse. Le registre de la farce est trop appuyé et certaines réactions sont surjouées. Le propos manque aussi par moments de mordant. La fable demeure agréable et engagée, mais elle n'explore pas toujours pleinement ses idées, et la critique du capitalisme touristique reste relativement sage, comme si le récit hésitait à durcir réellement son discours.
La Nouvelle Arcadie est une comédie plaisante et humaine, portée par une idée forte et un univers visuel séduisant, malgré un encrage un peu trop discret. J'ai davantage adhéré à son concept qu'à l'ampleur réelle de son développement. Une telle idée aurait mérité plus d'élégance et de finesse pour être plus marquant.
Je crois que c’est la première BD de Wilfrid Lupano qui ne me conquiert pas. Il faut dire qu’il a placé la barre haut avec le reste de sa bibliographie, et que je m’attendais, comme souvent chez lui, à ce petit mélange de mordant, de rythme et d’évidence qui fait passer les pages toutes seules. Ici, ça ne prend pas vraiment.
Le dessin, d’abord, m’a paru fragile. Très centré sur les personnages, au point que les décors semblent absents, ou, pire, oubliés. Ça donne un sentiment de bâclé, de désinvolture, comme si l’album se reposait sur une économie de moyens qui ne dit jamais clairement si elle est voulue ou subie. Et c’est d’autant plus frustrant que ce qui est “dans” la case est, paradoxalement, plutôt joliment réalisé : un trait net, parfois même léché, des visages expressifs, des intentions lisibles. Mais ce soin sur l’avant-plan ne suffit pas à masquer ce vide derrière, qui finit par attirer l’œil à chaque page, comme un décor en carton-pâte… sauf qu’ici, il n’y a même pas le carton.
Au scénario, je rejoins pas mal des avis ici : c’est un peu poussif, parfois maladroit. On sent des idées, un sujet qui pourrait porter davantage, mais la narration peine à trouver son souffle. Les traits d’humour ne sont pas mauvais en soi, certains font mouche, d’autres font sourire, mais je me suis souvent demandé s’ils servaient vraiment le récit, ou s’ils venaient surtout meubler les transitions. Résultat : je reste à distance, sans cette impression d’élan et de précision qu’on associe spontanément à Lupano.
Au final, j’ai refermé l’album avec une sensation de demi-mesure. Pas un naufrage, loin de là, mais une lecture qui laisse un goût d’inachevé, comme si tout était en place pour raconter quelque chose de plus fort… sans jamais oser aller au bout. Et c’est précisément ça qui déçoit : le potentiel est là, mais il est resté sous la forme d'un poulet des montagnes mal cuisiné.
Un petit "pas mal" pour une histoire qui m'aura au final laissé sur ma faim.
Une jeune fille offerte en offrande à un dieu animal se retrouve malgré elle au cœur d'une lutte entre dieux et hommes.
L'idée de départ m'attirait franchement, ce mélange de mysticisme et de romantique avait tout sur le papier pour me convaincre.
Toutefois j'ai trouvé le développement beaucoup trop brut et rapide et c'est franchement dommage tant il y a de choses à explorer dans cette histoire et qui sont passées sous silence.
C'est une des rares fois où je trouve dommage de conter une si belle histoire sur un seul album. Je pense que si l'auteure avait pu signer un dytique ma note aurait été bien meilleure.
Reste le dessin que j'ai pour la peine beaucoup apprécié, autant pour ses formes que pour ses couleurs. Mobidic possède un indéniable talent
Bref une petite déception qui tient plus au développement de l'histoire qu'à autre chose. Dommage
L'adaptation d'un fait Historique qui m'était inconnu.
À Douarnenez en 1924, la révolte gronde dans les usines de mise en boîte des sardines. Des conserveries où ne travaillent que des femmes. Leurs conditions de travail sont épouvantables, absence de droits et de protection sociale pour un salaire de misère vont les pousser à cesser le travail.
Un album qui dénonce l'inégalité des salaires des sardinières, 80 centimes de l'heure soit un tiers du salaire moyen national, de leurs journées de travail qui peuvent durer jusqu'à 18h00 au lieu des 8h00 réglementaires. Sans oublier le travail des enfants en-dessous de l'âge légal ("la greve c'est pas pour nous, l'école c'est pas pour nous, l'argent c'est pas pour nous"). Un patronat prêt à tout pour casser cette révolte. Une période pas si lointaine...
Une narration pas toujours en maîtrise entre destins individuels et lutte sociale où vient se greffer des figures emblématique de cette époque. Le final est un peu expéditif.
Un album féministe sur la difficulté d'être une femme à cette période, mais cela a-t-il réellement changé cent ans plus tard ? L'inégalité salariale est toujours d'actualité par exemple.
Un mouvement social avec un impact retentissant qui fera des émules en France et hors des frontières.
Graphiquement c'est pas mon truc, je trouve le trait grossier et j'ai eu des difficultés à reconnaître certains personnages. Pas adepte de ce type de colorisation.
Un bof pour moi.
Lecture recommandable pour ne pas oublier.
« Un jour toutes ensemble ces femmes se lèvent
À plusieurs milliers se mettent en grève.
Écoutez claquer leurs sabots
Écoutez gronder leur colère,
Écoutez claquer leurs sabots
C’est la grève des sardinières. »
Un documentaire qui porte sur l'esprit critique et les théories qui en découlent (biais cognitif et autres termes du même genre).
C'est bien que les autrices remettent les pendules à l'heure et rappellent que la science n'est pas censé être la gardienne de la vérité et on est pas naturellement plus intelligent parce qu'on est pro-science. Au travers le dialogue entre les deux personnages tout le long de l'album, ce que j'ai surtout retenu est qu'il faut se questionner sur soi-même et essayer de dialoguer avec l'autre au lieu de porter tout de suite un jugement. Ce sont des bonnes valeurs, surtout dans un monde de plus en plus divisé, mais j'ai l'impression que ça ne va pas marcher avec plein de gens qui auront tout de suite envie de me casser la gueule juste parce que j'ai émis une opinion contraire à la sienne.
À part ça, je suis d'accord avec ceux qui trouvent que c'est une lecture dense. Heureusement que je connaissais déjà certains termes parce que je pense que j'aurais été totalement perdu. C'est un peu ardu et ce n'est pas un documentaire qui m'a bien amusé pendant la lecture. C'est clairement pas une lecture pour tout le monde.
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Les Mâchoires de la Peur
Le moins que l'on puisse dire c'est qu'il est difficile de passer après Les Guerres de Lucas. Bah oui, inévitablement, cette BD ne peut qu'être comparée à celle de Laurent Hopman et Renaud Roche (inutile de faire un dessin ha ha), et elle souffre cruellement la comparaison. Graphiquement, je suis désolé mais c'est un cran en dessous. Le dessin n'a ici ni l'élégance du trait de Renaud Roche, ni sa concision. On peine à reconnaitre les personnages, notamment Spielberg lui-même. Et puis la plupart d'entre eux affichent des expressions étranges ; parfois même on croit déceler un soupçon de perversité dans ces visages hallucinés. Je pense au personnage de Joe Alves qui a l'air en permanence sous acide. Mais c'est narrativement que ça pêche. D'abord, on nous tient en haleine avec le sentiment qu'il va y avoir une révélation fameuse, et puis en fait flop ! Ainsi la double page qui commence par l'accroche "mais rien ne va se passer comme prévu", et qui se contente de montrer un quiproquo sans grand intérêt entre Benchley, l'auteur du roman, et le réalisateur, quiproquo qui sera d'ailleurs réglé dès la page suivante. De manière générale, et il faut bien le dire un peu agaçante, les auteurs maintiennent un suspens qui n'a pas lieu d'être. On repassera pour les rebondissements "à la Lucas". Et que dire de cette fin, mal torchée, qui en deux pages évoque la suite que refusera de tourner Spielberg sinon qu'elle révèle un manque criant de finition ? En guise d'épilogue, un doc mal ficelé sur le requin dont on ne sait pas trop où il veut en venir : nous faire un peu mieux connaitre cet animal ? Montrer l'influence du film sur la peur tout à fait irrationnelle du public ?... Perso, je n'ai pas attendu la dizaine de pages que contient ce petit pensum (photos incluses) pour me rencarder sur les squales. Un visionnage de Jaws 1 a suffit pour éveiller ma curiosité et, certes, nourrir ma terreur des profondeurs. C'est pour dire qu'en matière de requin, il existe des trucs bien plus intéressants et fouillés que ces quelques pages embarrassées. Bon, certes, j'ai lu cette BD sans grande difficulté. Au passage, on apprend même quelques bonnes anecdotes. Mais surtout, son plus grand mérite, et là c'est réussi, est de nous faire comprendre pourquoi ce film qui a marqué plus d'une génération, n'est pas un simple film d'horreur, mais un vrai film d'auteur. Ça m'a même donné furieusement envie de le revoir, ce que n'avait pas nécessairement susciter en moi Les Guerres de Lucas. L'honneur est sauf !
Fidji
Une lecture sympathique, rythmée, et rapide. On est rapidement embarqué dans la virée de ces deux vieux potes qui se retrouvent (Sam retrouve son pote Vincent, rangé malgré lui, et l’entraine dans un retour aux sources délétère), retombent dans leur folie nihiliste de jeunesse, multipliant les transgressions, les prises de risque inutiles. Un road trip plein de verve et d’amertume. Les deux hommes sont souvent excessifs, insupportables – individuellement et dans leurs querelles, qui ont parfois des airs d’amour toxique, d’amour/haine. Le héros, Vincent, traine en tout cas un mal être comme un bolet, que seules quelques belles rencontres (le vieux tenancier d’auberge qui le sort des griffes des flics, et la jeune femme barmaid qui avait cru trouver en lui l’amour de sa vie) « remettent sur les rails ». Et puis il y a le final. Il donne à toute l’histoire une tonalité à la fois sombre et cathartique. Une histoire qui du coup ressemble quelque peu à un enterrement de vie de garçon – dans tous les sens du terme. Un enterrement suivi d’une renaissance pour Vincent. La pirouette est sans doute un peu facile (et elle pousse forcément à relire l’album pour voir si on n’a pas raté quelque chose), mais elle passe.
The Autumnlands
Autumlands est une série Fantasy intéressante, relativement originale les deux tomes parus pour le moment sont assez différents. Le premier pose le cadre, certes, mais il est centré sur cette société de Nuageois, sorciers privilégiés exploitant de leurs hauteurs d’autres peuples/races inférieures sises « sur la terre ferme ». Jusqu’à ce qu’une catastrophe – provoquée par l’un des magiciens – ne fasse tomber une partie des Nuageois de leur piédestal, et les confrontent au danger des « Moindres », en particulier une tribu de Bisons belliqueux et revanchards. Surtout que les Nuageois sont divisés (un ambitieux cherche à tirer parti de la situation pour accéder au pouvoir) et sous l’influence d’un marchand retors. La vraie rupture vient de l’arrivée d’un « Humain », Learoyd, qui se retrouve « champion malgré lui », sauveur nécessaire et redouté. Dans le deuxième tome, il se retrouve isolé avec un jeune magicien, Dunstan, le duo étant aux prises avec de nombreux dangers. Ce deuxième album voit l’effacement de la société des Nuageois (provisoirement normalement) et surtout l’ancrage un peu plus SF du récit, avec l’apparition d’autres humains aux pouvoirs énormes. Cette partie est plus originale. Plusieurs bémols toutefois pour finir. Si la lecture est rythmée et agréable et si la série est vraiment recommandable, j’ai trouvé le dessin inégal et la colorisation informatique pas toujours heureuse. Enfin, les deux tomes ayant paru il y a plus de huit ans, je crains que la série ne soit abandonnée, ce qui est dommage, et nous laisse en plan avec beaucoup trop de questions en suspens.
Un polar à Barcelone (Je suis leur silence)
Je suis assez peu mitigé après cette lecture qui m'a laissé sur ma faim. Globalement, ce n'est pas du tout une mauvaise BD mais qui m'a dérangé par deux trois aspects. Bon, déjà l'histoire est un polar et je crois avoir déjà souligné plusieurs fois que je ne suis vraiment pas fan de ce style même si quelques auteurs trouvent grâce à mes yeux. Sauf que là, j'ai eu l'impression de voir de nombreux clichés véhiculés qui se retrouvent condensés : la jeune femme qui mène l'enquête en parallèle de la police et s'en sort mieux qu'elle (avec une certaine tendance à réussir tout ce qu'elle entreprend), tout le monde qui se confie à une inconnue y compris sur des sujets secrets et importants, le personnage excentrique et déjanté bien trop assurée et toujours dans le contrôle... Et le tout, c'est que l'histoire a une certaine invraisemblance à mon gout. L'enquête a des ficelles bien trop grosses, des détails qui font tiquer (notamment la question de la bipolarité traité de façon... disons pas très logique psychanalytiquement parlant !). En disant cela, je semble hyper-critique dans mon avis, mais parce qu'au sortir de ma lecture j'ai surtout ressenti un "bof" qui a marqué mon impression générale. Mais la BD est très lisible, au dessin dynamique et bien campé, avec une histoire prenante qui se laisse lire d'un bout à l'autre. C'est simplement que le ressenti final est assez peu intéressant. Je l'ai lu, j'ai pas eu de déplaisir à la lecture et j'aurais probablement oublié la plupart de l'histoire dans deux semaines. En fait, je crois que j'ai surtout peu accroché au personnage principal. Elle a des airs de Mary-Sue dans son comportement trop badass qui résout tout. Une sorte de James Bond féminin (qui enchaine autant les conquêtes d'ailleurs). Le tout rehaussé par sa dynamique de jeune fille dynamique, explosive et excentrique. Sauf que je ne la trouve pas beaucoup attachante (et je me demande ce que Pénélope apprécie chez elle), de la même façon que je n'arrive pas à adhérer à cette manie de coller à des personnages pareils une cigarette aux lèvres à chaque planche. C'est sans doute accentué par la lecture de Cigarettes - Le Dossier sans filtre mais je ne peux plus l'ignorer. Ça me rappelle juste que l'industrie de la clope nous a vendue cette attitude chez les femmes comme un symbole d'émancipation -y compris sexuel- ainsi qu'une ode à la liberté de penser. Bref, je fais mon râleur sur cette BD parce que de nombreux points m'interpellent et que je n'arrive pas à passer outre, mais voila, c'est "juste" une BD que je n'ai pas spécialement aimée, que je ne relirais pas et que j'oublierais. Mais ce n'est pas une mauvaise BD, c'est sûr. Mise à jour après le deuxième volume : Bon, ben la suite est du même acabit et je ne pourrais pas dire que j'ai moins ou plus aimé. C'est du même tonneau, dans le ton, dans les propos et dans le personnage. Il y a une évolution qui semble dessiner la suite de la série, avec les voix de Eva qui disparaissent suite à la première affaire, semblant indiquer que le propos sera de lui permettre de s'en débarrasser petit à petit en s'intéressant à des affaires en lien avec les vies de ses ancêtres. Ça promet une suite en deux volumes au moins et ça développe le personnage, c'est sympathique. Cependant, les défauts que je voyais dans le premier tome sont encore bien présent. J'ai toujours du mal avec la représentation du trouble de bipolarité et de la façon dont est traité la psychiatrie et les soins, de même que l'omniprésence de la clope m'agace toujours autant. Eva n'a presque aucune planche sans sa cigarette aux lèvres ! Bref, le deuxième tome confirme que je n'aime pas le personnage et les détails, que l'histoire globale ne me suffit pas à passer outre ces défauts et que c'est bien une question de ressenti entre la BD et moi. Je n'aime pas, c'est comme ça, tant pis pour moi.
Mon Adolescence explosive
Raikichi vit seul avec sa fille Haruko sur l'île d'Okinawa depuis le décès de son épouse. Trop pris par son métier d'instructeur pour l'armée japonaise, il n'a pas vu sa fille grandir et se retrouve face au fait accompli lorsqu'elle atteint la puberté. Mais, pour elle, les transformations de l'adolescence prennent un tour explosif, au sens littéral, puisqu'elle se découvre des pouvoirs psychiques qu'elle maîtrise mal, causant d'importants dégâts autour d'elle. Pris au dépourvu, son père va découvrir qu'elle est loin d'être la seule à posséder de tels pouvoirs. Alors que l'auteur avait initialement prévu de raconter une histoire mettant en scène son île natale d'Okinawa et ses spécificités culturelles, il a finalement abouti à ce récit mêlant super-pouvoirs et bouleversements de l'adolescence. Cette approche lui permet à la fois de développer une intrigue d'action centrée sur des conflits entre jeunes dotés de capacités extraordinaires, tout en abordant la complexité des relations père-fille à cet âge-là. Le mélange est original, mais pas entièrement convaincant. Le dessin, pris isolément, est de bonne facture. Le trait est maîtrisé, les personnages sont reconnaissables et l'encrage soigné. En revanche, la mise en scène se révèle nettement plus laborieuse. Le problème ne tient pas seulement au dessin, mais à la narration graphique dans son ensemble : le rythme paraît saccadé et abrupt, avec des enchaînements de cases peu lisibles et des scènes d'action souvent confuses. Tout reste compréhensible, mais seulement après coup, comme si le lecteur devait constamment raccrocher les wagons d'un récit maladroit. Les réactions des personnages manquent également de justesse. L'héroïne adopte un comportement excessif, censé traduire l'instabilité émotionnelle de l'adolescence exacerbée par ses pouvoirs, mais elle devient trop imprévisible pour être réellement cernée. Son père, pourtant présenté comme plus posé, se montre lui aussi étrange par son attitude excessivement terre-à-terre, malgré les événements incontestablement fantastiques auxquels il est confronté. Les personnages secondaires souffrent du même problème, avec des réactions trop variables d'une scène à l'autre et souvent poussées dans l'excès. Il en résulte un récit qui rassemble de bons éléments et des thématiques intéressantes, mais qui peine à trouver sa cohérence à cause d'une narration peu fluide et d'un manque de naturel dans les personnages comme dans l'enchaînement des scènes. Nous restons toutefois au stade de l'introduction, et il faudra attendre la suite pour se faire une idée plus définitive de ce manga. Note : 2,5/5
La Nouvelle Arcadie
Sur une côte méditerranéenne encore préservée, Prométhée Foiemangé, jeune cadre persuadé d'œuvrer pour le progrès, est envoyé dans un petit port de pêche afin de convaincre la population de céder ses terres pour un projet d'avenir fondé sur le béton et le tourisme de masse. Pour y parvenir, il doit rallier à sa cause une grande famille locale pour le moins singulière, quitte à exploiter les failles et les tensions internes qui la traversent. Mais cette famille se révèlera bien plus profondément enracinée dans ces lieux qu'elle ne le laisse paraître. Avec La Nouvelle Arcadie, l'auteur espagnol Juanjo Rodríguez J. propose une fable comique à la croisée de la satire sociale, de la comédie familiale et... de la mythologie grecque. Il situe son récit dans un décor chaleureux aux accents provençaux, imprégné de l'insouciance des années 1960. Le dessin est expressif et séduisant, avec un soin particulier apporté aux décors et aux ambiances. Les couleurs patinées et la lumière méditerranéenne donnent beaucoup de charme à l'ensemble et incarnent visuellement ce monde ancien encore intact, confronté à une modernité froide et envahissante. Je regrette toutefois un encrage trop fin, qui prive le dessin du surplus d'élégance qu'il aurait mérité. Côté scénario, le récit débute comme une comédie légèrement absurde, à la manière d'un Qui a tué l'idiot ?, avec l'arrivée d'un jeune homme dans un village et une famille excentrique où la farce se mêle à la satire sociale. Les personnages sont hauts en couleur, presque excessifs au premier abord, mais cela relève d'un choix assumé. Assez rapidement, ce qui n'était d'abord suggéré s'affirme pleinement. J'ai eu le plaisir de deviner la révélation avant qu'elle ne soit explicitement formulée, mais très vite celle-ci ne se cache plus et devient même un peu trop appuyée, ce qui m'a fait regretter que le doute ne soit pas entretenu plus longtemps. Je préfère ne pas la dévoiler afin de vous préserver la découverte, même si elle occupe rapidement une place centrale dans l'intrigue. Disons simplement qu'il est question d'une famille profondément dysfonctionnelle, mais étonnamment stable depuis longtemps. La transposition mythologique fonctionne bien et reste fidèle à son modèle, tout en soulignant avec humour, et parfois une ironie douce-amère, le conflit entre tradition et modernité. J'ai toutefois trouvé que la mise en scène manquait souvent de finesse. Le registre de la farce est trop appuyé et certaines réactions sont surjouées. Le propos manque aussi par moments de mordant. La fable demeure agréable et engagée, mais elle n'explore pas toujours pleinement ses idées, et la critique du capitalisme touristique reste relativement sage, comme si le récit hésitait à durcir réellement son discours. La Nouvelle Arcadie est une comédie plaisante et humaine, portée par une idée forte et un univers visuel séduisant, malgré un encrage un peu trop discret. J'ai davantage adhéré à son concept qu'à l'ampleur réelle de son développement. Une telle idée aurait mérité plus d'élégance et de finesse pour être plus marquant.
Le Mètre des Caraïbes
Je crois que c’est la première BD de Wilfrid Lupano qui ne me conquiert pas. Il faut dire qu’il a placé la barre haut avec le reste de sa bibliographie, et que je m’attendais, comme souvent chez lui, à ce petit mélange de mordant, de rythme et d’évidence qui fait passer les pages toutes seules. Ici, ça ne prend pas vraiment. Le dessin, d’abord, m’a paru fragile. Très centré sur les personnages, au point que les décors semblent absents, ou, pire, oubliés. Ça donne un sentiment de bâclé, de désinvolture, comme si l’album se reposait sur une économie de moyens qui ne dit jamais clairement si elle est voulue ou subie. Et c’est d’autant plus frustrant que ce qui est “dans” la case est, paradoxalement, plutôt joliment réalisé : un trait net, parfois même léché, des visages expressifs, des intentions lisibles. Mais ce soin sur l’avant-plan ne suffit pas à masquer ce vide derrière, qui finit par attirer l’œil à chaque page, comme un décor en carton-pâte… sauf qu’ici, il n’y a même pas le carton. Au scénario, je rejoins pas mal des avis ici : c’est un peu poussif, parfois maladroit. On sent des idées, un sujet qui pourrait porter davantage, mais la narration peine à trouver son souffle. Les traits d’humour ne sont pas mauvais en soi, certains font mouche, d’autres font sourire, mais je me suis souvent demandé s’ils servaient vraiment le récit, ou s’ils venaient surtout meubler les transitions. Résultat : je reste à distance, sans cette impression d’élan et de précision qu’on associe spontanément à Lupano. Au final, j’ai refermé l’album avec une sensation de demi-mesure. Pas un naufrage, loin de là, mais une lecture qui laisse un goût d’inachevé, comme si tout était en place pour raconter quelque chose de plus fort… sans jamais oser aller au bout. Et c’est précisément ça qui déçoit : le potentiel est là, mais il est resté sous la forme d'un poulet des montagnes mal cuisiné.
Roi Ours
Un petit "pas mal" pour une histoire qui m'aura au final laissé sur ma faim. Une jeune fille offerte en offrande à un dieu animal se retrouve malgré elle au cœur d'une lutte entre dieux et hommes. L'idée de départ m'attirait franchement, ce mélange de mysticisme et de romantique avait tout sur le papier pour me convaincre. Toutefois j'ai trouvé le développement beaucoup trop brut et rapide et c'est franchement dommage tant il y a de choses à explorer dans cette histoire et qui sont passées sous silence. C'est une des rares fois où je trouve dommage de conter une si belle histoire sur un seul album. Je pense que si l'auteure avait pu signer un dytique ma note aurait été bien meilleure. Reste le dessin que j'ai pour la peine beaucoup apprécié, autant pour ses formes que pour ses couleurs. Mobidic possède un indéniable talent Bref une petite déception qui tient plus au développement de l'histoire qu'à autre chose. Dommage
Le Chœur des sardinières
L'adaptation d'un fait Historique qui m'était inconnu. À Douarnenez en 1924, la révolte gronde dans les usines de mise en boîte des sardines. Des conserveries où ne travaillent que des femmes. Leurs conditions de travail sont épouvantables, absence de droits et de protection sociale pour un salaire de misère vont les pousser à cesser le travail. Un album qui dénonce l'inégalité des salaires des sardinières, 80 centimes de l'heure soit un tiers du salaire moyen national, de leurs journées de travail qui peuvent durer jusqu'à 18h00 au lieu des 8h00 réglementaires. Sans oublier le travail des enfants en-dessous de l'âge légal ("la greve c'est pas pour nous, l'école c'est pas pour nous, l'argent c'est pas pour nous"). Un patronat prêt à tout pour casser cette révolte. Une période pas si lointaine... Une narration pas toujours en maîtrise entre destins individuels et lutte sociale où vient se greffer des figures emblématique de cette époque. Le final est un peu expéditif. Un album féministe sur la difficulté d'être une femme à cette période, mais cela a-t-il réellement changé cent ans plus tard ? L'inégalité salariale est toujours d'actualité par exemple. Un mouvement social avec un impact retentissant qui fera des émules en France et hors des frontières. Graphiquement c'est pas mon truc, je trouve le trait grossier et j'ai eu des difficultés à reconnaître certains personnages. Pas adepte de ce type de colorisation. Un bof pour moi. Lecture recommandable pour ne pas oublier. « Un jour toutes ensemble ces femmes se lèvent À plusieurs milliers se mettent en grève. Écoutez claquer leurs sabots Écoutez gronder leur colère, Écoutez claquer leurs sabots C’est la grève des sardinières. »
L'Esprit critique
Un documentaire qui porte sur l'esprit critique et les théories qui en découlent (biais cognitif et autres termes du même genre). C'est bien que les autrices remettent les pendules à l'heure et rappellent que la science n'est pas censé être la gardienne de la vérité et on est pas naturellement plus intelligent parce qu'on est pro-science. Au travers le dialogue entre les deux personnages tout le long de l'album, ce que j'ai surtout retenu est qu'il faut se questionner sur soi-même et essayer de dialoguer avec l'autre au lieu de porter tout de suite un jugement. Ce sont des bonnes valeurs, surtout dans un monde de plus en plus divisé, mais j'ai l'impression que ça ne va pas marcher avec plein de gens qui auront tout de suite envie de me casser la gueule juste parce que j'ai émis une opinion contraire à la sienne. À part ça, je suis d'accord avec ceux qui trouvent que c'est une lecture dense. Heureusement que je connaissais déjà certains termes parce que je pense que j'aurais été totalement perdu. C'est un peu ardu et ce n'est pas un documentaire qui m'a bien amusé pendant la lecture. C'est clairement pas une lecture pour tout le monde.