Au départ, Le Village prend les allures d’un thriller mystérieux plutôt classique : une ambiance pesante, des événements inquiétants et une intrigue qui installe progressivement le doute. Puis le récit glisse peu à peu vers la science-fiction, donnant une autre ampleur à l’histoire et apportant une dimension inattendue. Ce mélange fonctionne bien et maintient le lecteur dans l’attente des révélations jusqu’au bout.
Pour ma part, j’ai tout de suite été attiré par cette BD grâce à sa couverture, que j’ai trouvée particulièrement réussie et intrigante. Une fois lancé dans la lecture, je me suis laissé embarquer facilement. Le récit est bien mené, le suspense fonctionne et on ne décroche pas. L’histoire est prenante, efficace, et j’ai passé un bon moment du début à la fin.
Le dessin est lui aussi à la hauteur : sans être exceptionnel, il est largement convaincant et accompagne bien l’ambiance du récit. Il fait le travail avec sérieux et participe à rendre la lecture agréable.
Malgré cela, il m’a manqué un petit quelque chose pour que cette BD me marque davantage. Tout est bien fait, l’ensemble est solide, mais il manque cette étincelle qui aurait pu la rendre vraiment mémorable. Cela reste malgré tout une lecture agréable et efficace, qui remplit bien son rôle.
Une BD prenante et bien construite, qui mélange habilement thriller et science-fiction. Il lui manque un supplément d’âme pour se hisser au-dessus du lot, mais cela reste une lecture très agréable.
Hard Boiled est une œuvre qui m’a laissé un sentiment très contrasté. D’un côté, le scénario de Frank Miller m’a paru franchement bancal : volontairement chaotique, parfois presque abscons, il peine à créer une véritable implication émotionnelle. J’ai eu du mal à entrer dans le récit, tant l’intrigue semble éclatée, confuse, et au final assez creuse. Là où l’histoire cherche sans doute à provoquer une sensation de vertige cyberpunk, elle finit surtout par perdre le lecteur.
En revanche, graphiquement, c’est une véritable claque. Le travail de Geof Darrow est tout simplement magistral. Chaque planche déborde de détails, de richesse visuelle, de folie graphique. On peut rester de longues minutes sur une seule page à admirer la densité du trait, la profusion d’éléments, l’énergie qui s’en dégage. C’est un travail d’orfèvre, impressionnant de maîtrise.
Le paradoxe de Hard Boiled , c’est que le dessin porte entièrement l’œuvre, au point d’éclipser le récit. Habituellement, le visuel sert l’histoire ; ici, c’est l’histoire qui semble n’être qu’un prétexte à la démonstration graphique de Darrow. Et quelle démonstration ! Malgré mes réserves sur le fond, j’ai pris un immense plaisir à tourner les pages tant le spectacle visuel est saisissant.
Au final, Hard Boiled est pour moi une BD fascinante visuellement mais frustrante narrativement : un scénario confus et peu engageant sublimé par des planches d’une virtuosité exceptionnelle. Une œuvre que je peine à aimer dans son ensemble, mais que j’admire profondément pour sa puissance graphique.
Après le premier tome (« Disparition en Corse ») était annoncé (dans la biographie de l’héroïne placée en fin de chaque tome) un autre album censé se dérouler 13 ans plus tard et intitulé « « Noël sans Melinda ». Il y a eu visiblement des bisbilles entre auteurs, puisque l’album en question a changé de titre (devenu « Neiges mortelles » donc), et surtout d’auteurs : seul Lecigne reste au scénario, avec une nouvelle coauteure et surtout un nouveau dessinateur/coloriste. Je ne suis a priori pas fan de ce genre de changements en court de série (surtout que les styles graphiques changent quand même pas mal !). Et, globalement, j’ai clairement préféré le travail de Cittadini (au dessin) et Labriet (aux couleurs) sur le premier album.
Les deux histoires/enquêtes se laissent lire. Mais ça ronronne quand même un peu trop. Disons que c’est un peu du téléfilm ou polar France Télévision amélioré. Avec une gendarme qui sort heureusement des bimbos habituelles, et qui n’est pas non plus une super mère (le deuxième album la voit même presque rejetée par sa fille (qu’elle a élevée seule).
C’est du polar pépère qui m’a laissé sur ma faim. Comme pour le dessin, j’ai quand même préféré le premier album.
Note réelle 2,5/5.
Dans un village enneigé d'inspiration médiévale, le jeune Pieter brave les interdits en recueillant une étrange créature capable de donner forme à ses rêves, au risque de déclencher un danger plus grand que prévu.
J'aime beaucoup le travail graphique d'Olivier Supiot, et c'est clairement la grande force de cet album. Son dessin m'accroche immédiatement, avec un vrai plaisir dans la mise en couleur, des teintes chaudes qui contrastent avec les paysages d'hiver, et une matière presque palpable dans les textures. J'ai aussi beaucoup apprécié les nombreux clins d'œil aux peintures de Pieter Brueghel l'Ancien : les scènes de village, les foules, les compositions… jusqu'au prénom du héros, dont je suppose que ce n'est pas un hasard. L'hommage est évident et vraiment réussi, au point de donner envie de s'attarder sur chaque planche.
Du côté du récit, on est sur un conte assez classique dans sa structure, avec une morale sur l'enfance, l'interdit et la désobéissance. L'histoire se lit facilement, avec quelques idées intéressantes et un déroulé qui fonctionne plutôt bien pour un jeune public. J'ai aussi apprécié que la figure du père ne soit pas caricaturale : il y a chez lui une forme de bon sens et de protection qui évite le cliché de l'adulte autoritaire et borné.
Cela dit, j'ai quand même ressenti une certaine frustration. D'abord parce que l'ensemble se lit bien vite, ce qui laisse peu de place au développement. Ensuite parce que certains éléments restent assez flous, en particulier autour des lokkens eux-mêmes : leur nature, ce qu'ils représentent vraiment, ce qu'ils font aux hommes, rien n'est jamais vraiment clarifié. Du coup, le message du conte m'a semblé un peu en retrait, me laissant assez circonspect.
Ça reste une lecture agréable, portée par un chouette graphisme et une ambiance de conte bien installée, mais avec un fond qui m'a laissé un peu plus perplexe que convaincu.
Sombre conspiration vietnamienne, espionnage industriel, affrontement idéologique est-ouest... il n'y a vraiment pas d'histoire ici, tout est farfelu!
Daniel Torres s'amuse avec les clichés et les utilise comme prétexte pour une démonstration de son style atome. Tout est dans l'esthétisme du design : voitures de rêve, architecture moderniste, personnages stéréotypés et fortement marqués par les années 50 américaines. Comble du sarcasme: au final, les « jaunes » sont prêts a gagner les 24 heures !
Une série d'horreur imaginée par Garth Ennis et scénarisée par un autre. Malgré ce détail, on reconnait la patte d'Ennis avec des thèmes et des éléments scénaristiques qu'il a souvent utilisés dans sa carrière.
Le résultat est pas trop mal. Ça se laisse lire sans problème, mais aussi sans grande passion. Il faut dire que je ne suis pas particulièrement fan des films d'horreur, et cela semble être le lectorat visé par cette série. Un autre défaut est que même si la créature imaginée pour cette série est un peu originale, les différents scénarios sont au final trop classiques et un peu convenus (le meilleur exemple est ce qui arrive à tous ces types qui pensent pouvoir contrôler les créatures...je pense pas pouvoir en dire plus pour que vous vous fassiez une idée) pour être palpitant. Ajoutons aussi que le dessin est typique le style réaliste moderne des comics que je trouve fade et sans saveur, mais je comprends que ce style ait des fans.
Au final, cela reste tout de même divertissant, mais je ne pense pas relire la série un jour.
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Le Village (Delcourt)
Au départ, Le Village prend les allures d’un thriller mystérieux plutôt classique : une ambiance pesante, des événements inquiétants et une intrigue qui installe progressivement le doute. Puis le récit glisse peu à peu vers la science-fiction, donnant une autre ampleur à l’histoire et apportant une dimension inattendue. Ce mélange fonctionne bien et maintient le lecteur dans l’attente des révélations jusqu’au bout. Pour ma part, j’ai tout de suite été attiré par cette BD grâce à sa couverture, que j’ai trouvée particulièrement réussie et intrigante. Une fois lancé dans la lecture, je me suis laissé embarquer facilement. Le récit est bien mené, le suspense fonctionne et on ne décroche pas. L’histoire est prenante, efficace, et j’ai passé un bon moment du début à la fin. Le dessin est lui aussi à la hauteur : sans être exceptionnel, il est largement convaincant et accompagne bien l’ambiance du récit. Il fait le travail avec sérieux et participe à rendre la lecture agréable. Malgré cela, il m’a manqué un petit quelque chose pour que cette BD me marque davantage. Tout est bien fait, l’ensemble est solide, mais il manque cette étincelle qui aurait pu la rendre vraiment mémorable. Cela reste malgré tout une lecture agréable et efficace, qui remplit bien son rôle. Une BD prenante et bien construite, qui mélange habilement thriller et science-fiction. Il lui manque un supplément d’âme pour se hisser au-dessus du lot, mais cela reste une lecture très agréable.
Hard Boiled
Hard Boiled est une œuvre qui m’a laissé un sentiment très contrasté. D’un côté, le scénario de Frank Miller m’a paru franchement bancal : volontairement chaotique, parfois presque abscons, il peine à créer une véritable implication émotionnelle. J’ai eu du mal à entrer dans le récit, tant l’intrigue semble éclatée, confuse, et au final assez creuse. Là où l’histoire cherche sans doute à provoquer une sensation de vertige cyberpunk, elle finit surtout par perdre le lecteur. En revanche, graphiquement, c’est une véritable claque. Le travail de Geof Darrow est tout simplement magistral. Chaque planche déborde de détails, de richesse visuelle, de folie graphique. On peut rester de longues minutes sur une seule page à admirer la densité du trait, la profusion d’éléments, l’énergie qui s’en dégage. C’est un travail d’orfèvre, impressionnant de maîtrise. Le paradoxe de Hard Boiled , c’est que le dessin porte entièrement l’œuvre, au point d’éclipser le récit. Habituellement, le visuel sert l’histoire ; ici, c’est l’histoire qui semble n’être qu’un prétexte à la démonstration graphique de Darrow. Et quelle démonstration ! Malgré mes réserves sur le fond, j’ai pris un immense plaisir à tourner les pages tant le spectacle visuel est saisissant. Au final, Hard Boiled est pour moi une BD fascinante visuellement mais frustrante narrativement : un scénario confus et peu engageant sublimé par des planches d’une virtuosité exceptionnelle. Une œuvre que je peine à aimer dans son ensemble, mais que j’admire profondément pour sa puissance graphique.
Les Enquêtes de Louise Beauvoir
Après le premier tome (« Disparition en Corse ») était annoncé (dans la biographie de l’héroïne placée en fin de chaque tome) un autre album censé se dérouler 13 ans plus tard et intitulé « « Noël sans Melinda ». Il y a eu visiblement des bisbilles entre auteurs, puisque l’album en question a changé de titre (devenu « Neiges mortelles » donc), et surtout d’auteurs : seul Lecigne reste au scénario, avec une nouvelle coauteure et surtout un nouveau dessinateur/coloriste. Je ne suis a priori pas fan de ce genre de changements en court de série (surtout que les styles graphiques changent quand même pas mal !). Et, globalement, j’ai clairement préféré le travail de Cittadini (au dessin) et Labriet (aux couleurs) sur le premier album. Les deux histoires/enquêtes se laissent lire. Mais ça ronronne quand même un peu trop. Disons que c’est un peu du téléfilm ou polar France Télévision amélioré. Avec une gendarme qui sort heureusement des bimbos habituelles, et qui n’est pas non plus une super mère (le deuxième album la voit même presque rejetée par sa fille (qu’elle a élevée seule). C’est du polar pépère qui m’a laissé sur ma faim. Comme pour le dessin, j’ai quand même préféré le premier album. Note réelle 2,5/5.
Pieter et le Lokken
Dans un village enneigé d'inspiration médiévale, le jeune Pieter brave les interdits en recueillant une étrange créature capable de donner forme à ses rêves, au risque de déclencher un danger plus grand que prévu. J'aime beaucoup le travail graphique d'Olivier Supiot, et c'est clairement la grande force de cet album. Son dessin m'accroche immédiatement, avec un vrai plaisir dans la mise en couleur, des teintes chaudes qui contrastent avec les paysages d'hiver, et une matière presque palpable dans les textures. J'ai aussi beaucoup apprécié les nombreux clins d'œil aux peintures de Pieter Brueghel l'Ancien : les scènes de village, les foules, les compositions… jusqu'au prénom du héros, dont je suppose que ce n'est pas un hasard. L'hommage est évident et vraiment réussi, au point de donner envie de s'attarder sur chaque planche. Du côté du récit, on est sur un conte assez classique dans sa structure, avec une morale sur l'enfance, l'interdit et la désobéissance. L'histoire se lit facilement, avec quelques idées intéressantes et un déroulé qui fonctionne plutôt bien pour un jeune public. J'ai aussi apprécié que la figure du père ne soit pas caricaturale : il y a chez lui une forme de bon sens et de protection qui évite le cliché de l'adulte autoritaire et borné. Cela dit, j'ai quand même ressenti une certaine frustration. D'abord parce que l'ensemble se lit bien vite, ce qui laisse peu de place au développement. Ensuite parce que certains éléments restent assez flous, en particulier autour des lokkens eux-mêmes : leur nature, ce qu'ils représentent vraiment, ce qu'ils font aux hommes, rien n'est jamais vraiment clarifié. Du coup, le message du conte m'a semblé un peu en retrait, me laissant assez circonspect. Ça reste une lecture agréable, portée par un chouette graphisme et une ambiance de conte bien installée, mais avec un fond qui m'a laissé un peu plus perplexe que convaincu.
Sabotage
Sombre conspiration vietnamienne, espionnage industriel, affrontement idéologique est-ouest... il n'y a vraiment pas d'histoire ici, tout est farfelu! Daniel Torres s'amuse avec les clichés et les utilise comme prétexte pour une démonstration de son style atome. Tout est dans l'esthétisme du design : voitures de rêve, architecture moderniste, personnages stéréotypés et fortement marqués par les années 50 américaines. Comble du sarcasme: au final, les « jaunes » sont prêts a gagner les 24 heures !
Stitched
Une série d'horreur imaginée par Garth Ennis et scénarisée par un autre. Malgré ce détail, on reconnait la patte d'Ennis avec des thèmes et des éléments scénaristiques qu'il a souvent utilisés dans sa carrière. Le résultat est pas trop mal. Ça se laisse lire sans problème, mais aussi sans grande passion. Il faut dire que je ne suis pas particulièrement fan des films d'horreur, et cela semble être le lectorat visé par cette série. Un autre défaut est que même si la créature imaginée pour cette série est un peu originale, les différents scénarios sont au final trop classiques et un peu convenus (le meilleur exemple est ce qui arrive à tous ces types qui pensent pouvoir contrôler les créatures...je pense pas pouvoir en dire plus pour que vous vous fassiez une idée) pour être palpitant. Ajoutons aussi que le dessin est typique le style réaliste moderne des comics que je trouve fade et sans saveur, mais je comprends que ce style ait des fans. Au final, cela reste tout de même divertissant, mais je ne pense pas relire la série un jour.