L'héroïne n'a pas la classe de Yoko Tsuno, les dessins ne sont pas si beaux, les intrigues réussies. Mais enfin, c'est une bonne série, et l'une de celles qui a donné une place plus reluisante aux femmes que de faire-valoir. En fait, là, c'est le steward qui sert de faire-valoir… Aucun personnage, à ce que je me rappelle n'a d'ailleurs beaucoup de caractère dans l'équipage, si ceux rencontrés au cours de ses aventures sont intéressants, comme un dirigeant africain… Il y a beaucoup de tentatives d'humour, et quelques-unes font mouche.
Lucas est amoureux d'Annika, qui ne le remarque même pas. Pour espérer attirer son attention, il décide de se trouver un petit boulot afin de s'offrir une Vespa. Le seul poste qu'il décroche est cependant inattendu : nettoyeur de cendres… en Enfer. Mais ce n'est pas si terrible, et en plus l'un de ses collègues démons lui propose de l'aider à séduire son crush en échange de son aide pour quitter les lieux et ce boulot dont il a marre.
Nous sommes ici entre fantastique, romance adolescente et comédie absurde. Aucun manichéisme à l'horizon : même si l'on parle d'anges et de démons, ils sont tous présentés comme foncièrement sympathiques. Les quiproquos s'enchaînent à un bon rythme, les retournements sont souvent imprévisibles, et l'humour fonctionne grâce à un bon sens du décalage, notamment dans la représentation de l'Enfer, peuplé de démons bêtes, excessifs et étrangement attachants.
Le dessin est agréable. Le trait est simple mais expressif. Je lui ai trouvé ici et là de petits airs de Bill Watterson (Calvin et Hobbes), dont j'imagine que l'auteur est amateur. Les personnages infernaux sont immédiatement lisibles, drôles et volontairement caricaturaux, avec un petit côté cartoon. La narration visuelle fonctionne bien, avec peu de texte et une lecture fluide et accessible. Je note aussi que la version originale (allemande) de cette BD était en noir et blanc, et que le passage en couleurs pour l'édition française est très appréciable.
Sous son humour potache, l'album glisse également quelques thèmes plus sérieux (premier amour, précarité, rapport au travail), sans jamais appuyer lourdement dessus. L'ensemble se montre aussi gentiment transgressif, notamment dans la représentation du divin vers la fin du récit, qui m'a bien amusé. Le tout reste léger, rythmé et sincère, même si l'on ressent parfois quelques coïncidences un peu faciles, et que rien ne vient vraiment rendre l'ensemble hilarant ou inoubliable.
C'est une lecture agréable, drôle et attachante, adaptée à des lecteurs préadolescents, mais qui saura aussi amuser les adultes sans pour autant les marquer durablement.
Ambiance western, mais pas trop.
C'est ce qu'on pourrait dire de cet album, le premier d'un jeune auteur bordelais, Jolan Thomas. Nous avons donc trois laissés-pour-compte, qui refusent de céder aux sirènes de la modernité galopante en devenant des mineurs ou des ouvriers, nostalgiques de l'ancien temps, lorsque les bisons dévalaient sur les plaines. Ce temps est bel et bien révolu, les bisons ne sont plus qu'un souvenir dans leur tête, et pour survivre, ils choisissent d'attaquer un train. Mais bien sûr ils vont se faire prendre. Pour écrire son histoire, Jolan Thomas s'est beaucoup documenté sur cette période tourmentée, et si on est dans la fiction, ce Procès des affamés a des accents d'authenticité.
C'est un premier album, qui n'est bien sûr pas exempt de défauts. J'ai par exemple décelé des petits défauts de rythme, des passages elliptiques qui auraient mérité d'être un peu développés, etc. Thomas a quand même essayé de bien présenter ses personnages, au travers notamment de flashes-backs, et c'est un bon point. Il y a des scènes bien construites, comme celle où des apprentis malfrats se disputent, ou la scène d'effroi des Tuniques bleues découvrant l'horreur dans le train. La toute dernière case possède une forte charge émotionnelle et symbolique, par ailleurs.
Graphiquement Jolan Thomas se situe, et c'est assumé, dans la lignée de Julie Rocheleau, une belle référence. Il possède déjà de bons repères en termes de découpage et de dynamisme, cela promet pour ses futurs projets.
Sans être la BD du siècle, c'est un bon divertissement, qui propose en outre une réflexion sur la modernité et ses conséquences sur le Far West.
Nous sommes dans une société post-apocalyptique, où humains, robots et démons se côtoient, se combattent parfois. Où des androïdes arborent des masques humains pour rassurer ceux qu'il reste. Où certains peuvent éprouver des sentiments, à long terme.
C'est un monde un peu étrange qu'a construit Takuji Kato. Sur le classique duo/homme/machine se superpose, à la fi de ce long premier volume d'exposition, la figure du démon, pas encore bien défini, mais assez intrigant. Il présente un rapport inversé entre humains et androïdes, les premiers pouvant servi de gardes du corps aux seconds, une "mère" droïde, une gamine dont tombe amoureuse une tourelle commandée par une IA... Je l'ai dit, ce premier volume, qui compte plus de 300 pages, ne sert qu'à installer l'univers, les personnages, le décor. J'avoue que c'est un peu lassant de découvrir les tranches de vie de certains personnages sur 80 pages, alors que d'autres sont expédiés en une vingtaine de planches. Cela reste cependant suffisamment divertissant pour qu'on aie envie de savoir ce qu'il va se passer avec tous ces droîdes, humains et démons.
Le decorum SF se résume essentiellement à une ambiance post-apo vite expédiée, à des combats de mechas, et... c'est tout. Classique, mais rapide. Le design de ceux-ci est sympa, sans plus, et le dessin plutôt agréable, bien aidé par une mise ne scène nerveuse.
A suivre, donc.
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Natacha
L'héroïne n'a pas la classe de Yoko Tsuno, les dessins ne sont pas si beaux, les intrigues réussies. Mais enfin, c'est une bonne série, et l'une de celles qui a donné une place plus reluisante aux femmes que de faire-valoir. En fait, là, c'est le steward qui sert de faire-valoir… Aucun personnage, à ce que je me rappelle n'a d'ailleurs beaucoup de caractère dans l'équipage, si ceux rencontrés au cours de ses aventures sont intéressants, comme un dirigeant africain… Il y a beaucoup de tentatives d'humour, et quelques-unes font mouche.
Un Crush d'enfer
Lucas est amoureux d'Annika, qui ne le remarque même pas. Pour espérer attirer son attention, il décide de se trouver un petit boulot afin de s'offrir une Vespa. Le seul poste qu'il décroche est cependant inattendu : nettoyeur de cendres… en Enfer. Mais ce n'est pas si terrible, et en plus l'un de ses collègues démons lui propose de l'aider à séduire son crush en échange de son aide pour quitter les lieux et ce boulot dont il a marre. Nous sommes ici entre fantastique, romance adolescente et comédie absurde. Aucun manichéisme à l'horizon : même si l'on parle d'anges et de démons, ils sont tous présentés comme foncièrement sympathiques. Les quiproquos s'enchaînent à un bon rythme, les retournements sont souvent imprévisibles, et l'humour fonctionne grâce à un bon sens du décalage, notamment dans la représentation de l'Enfer, peuplé de démons bêtes, excessifs et étrangement attachants. Le dessin est agréable. Le trait est simple mais expressif. Je lui ai trouvé ici et là de petits airs de Bill Watterson (Calvin et Hobbes), dont j'imagine que l'auteur est amateur. Les personnages infernaux sont immédiatement lisibles, drôles et volontairement caricaturaux, avec un petit côté cartoon. La narration visuelle fonctionne bien, avec peu de texte et une lecture fluide et accessible. Je note aussi que la version originale (allemande) de cette BD était en noir et blanc, et que le passage en couleurs pour l'édition française est très appréciable. Sous son humour potache, l'album glisse également quelques thèmes plus sérieux (premier amour, précarité, rapport au travail), sans jamais appuyer lourdement dessus. L'ensemble se montre aussi gentiment transgressif, notamment dans la représentation du divin vers la fin du récit, qui m'a bien amusé. Le tout reste léger, rythmé et sincère, même si l'on ressent parfois quelques coïncidences un peu faciles, et que rien ne vient vraiment rendre l'ensemble hilarant ou inoubliable. C'est une lecture agréable, drôle et attachante, adaptée à des lecteurs préadolescents, mais qui saura aussi amuser les adultes sans pour autant les marquer durablement.
Le Procès des affamés
Ambiance western, mais pas trop. C'est ce qu'on pourrait dire de cet album, le premier d'un jeune auteur bordelais, Jolan Thomas. Nous avons donc trois laissés-pour-compte, qui refusent de céder aux sirènes de la modernité galopante en devenant des mineurs ou des ouvriers, nostalgiques de l'ancien temps, lorsque les bisons dévalaient sur les plaines. Ce temps est bel et bien révolu, les bisons ne sont plus qu'un souvenir dans leur tête, et pour survivre, ils choisissent d'attaquer un train. Mais bien sûr ils vont se faire prendre. Pour écrire son histoire, Jolan Thomas s'est beaucoup documenté sur cette période tourmentée, et si on est dans la fiction, ce Procès des affamés a des accents d'authenticité. C'est un premier album, qui n'est bien sûr pas exempt de défauts. J'ai par exemple décelé des petits défauts de rythme, des passages elliptiques qui auraient mérité d'être un peu développés, etc. Thomas a quand même essayé de bien présenter ses personnages, au travers notamment de flashes-backs, et c'est un bon point. Il y a des scènes bien construites, comme celle où des apprentis malfrats se disputent, ou la scène d'effroi des Tuniques bleues découvrant l'horreur dans le train. La toute dernière case possède une forte charge émotionnelle et symbolique, par ailleurs. Graphiquement Jolan Thomas se situe, et c'est assumé, dans la lignée de Julie Rocheleau, une belle référence. Il possède déjà de bons repères en termes de découpage et de dynamisme, cela promet pour ses futurs projets. Sans être la BD du siècle, c'est un bon divertissement, qui propose en outre une réflexion sur la modernité et ses conséquences sur le Far West.
Mechanical Buddy Universe
Nous sommes dans une société post-apocalyptique, où humains, robots et démons se côtoient, se combattent parfois. Où des androïdes arborent des masques humains pour rassurer ceux qu'il reste. Où certains peuvent éprouver des sentiments, à long terme. C'est un monde un peu étrange qu'a construit Takuji Kato. Sur le classique duo/homme/machine se superpose, à la fi de ce long premier volume d'exposition, la figure du démon, pas encore bien défini, mais assez intrigant. Il présente un rapport inversé entre humains et androïdes, les premiers pouvant servi de gardes du corps aux seconds, une "mère" droïde, une gamine dont tombe amoureuse une tourelle commandée par une IA... Je l'ai dit, ce premier volume, qui compte plus de 300 pages, ne sert qu'à installer l'univers, les personnages, le décor. J'avoue que c'est un peu lassant de découvrir les tranches de vie de certains personnages sur 80 pages, alors que d'autres sont expédiés en une vingtaine de planches. Cela reste cependant suffisamment divertissant pour qu'on aie envie de savoir ce qu'il va se passer avec tous ces droîdes, humains et démons. Le decorum SF se résume essentiellement à une ambiance post-apo vite expédiée, à des combats de mechas, et... c'est tout. Classique, mais rapide. Le design de ceux-ci est sympa, sans plus, et le dessin plutôt agréable, bien aidé par une mise ne scène nerveuse. A suivre, donc.