Les derniers avis (4 avis)

Par Miguelof
Note: 3/5
Couverture de la série La Ligue des Gentlemen Extraordinaires
La Ligue des Gentlemen Extraordinaires

Je pense que le plus amusant dans cette série est d'identifier tous les personnages et auteurs des romans originaux. Tous ceux du fantastique et de la science-fiction steampunk se retrouvent réunis, de H.G. Wells à R.L. Stevenson, en passant par Jules Verne. Je n'ai pas pu prendre très au sérieux les intrigues et je trouve le dessin (malgré quelques belles images) trop rigide et carré, surtout en ce qui concerne les humains.

28/04/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Les Ananas de la Colère
Les Ananas de la Colère

L'essentiel du charme de cette BD repose sur son idée de départ loufoque mais efficace : transposer tout un imaginaire hawaïen ultra cliché (surf, piña coladas, ananas, bars tiki...) au cœur du Québec le plus local, comme si cette cohabitation improbable allait totalement de soi. Rien que l'idée d'une enquête centrée sur la mort d'une ancienne championne de limbo professionnelle vivant à Trois-Rivières donne le ton. Toute la BD décline ensuite ce décalage à travers des décors, des dialogues et des situations volontairement incongrues où les deux cultures se mélangent avec un sérieux parfaitement absurde, et c'est clairement ce qui m'a le plus amusé dans cette lecture. Il y a un vrai sens du détail loufoque, du petit gag visuel ou de la réplique absurde qui fonctionne bien. Le dessin de Cathon accompagne ce ton avec son trait simple, rond et lisible, qui renforce le côté léger et décalé de l'ensemble. L'univers visuel regorge de petits éléments kitsch assez savoureux, et Marie-Pomme fonctionne bien en enquêtrice amateur un peu improbable mais attachante. En revanche, l'enquête policière en elle-même m'a paru plus limitée. Elle joue elle aussi sur le ridicule assumé, mais reste finalement assez basique, avec une résolution prévisible et presque enfantine dans sa manière d'amener certaines révélations. Ce n'est jamais désagréable, mais ça réduit un peu l'intérêt une fois passé le plaisir du concept. C'est donc une lecture sympathique, assez vite lue et plutôt divertissante grâce à son absurdité bien dosée, même si je n'y ai pas trouvé grand-chose de vraiment marquant au-delà de sa bonne idée de départ.

28/04/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Ces lignes qui tracent mon corps
Ces lignes qui tracent mon corps

Mansoureh Kamari raconte son enfance et son adolescence en Iran, marquées par l'oppression systémique des femmes, en les mettant en parallèle avec son présent en France où elle pose nue pour des cours de dessin, comme une manière de se réapproprier enfin son corps et son histoire. Dès qu'un récit aborde frontalement les violences faites aux femmes et une oppression institutionnalisée aussi profondément injuste, ça me met immédiatement en rage tant ce type d'injustice m'est insupportable. Et sur cet aspect, l'album est extrêmement fort. Toute la partie consacrée à l'enfance et à l'adolescence en Iran est souvent bouleversante : le poids du père tyrannique, la peur permanente, la manière dont le corps des femmes est contrôlé, sexualisé, humilié, et cette violence banalisée qui semble infiltrer aussi bien la sphère familiale que l'espace public. C'est parfois révoltant à lire, mais très bien mis en scène, avec des passages vraiment marquants. Graphiquement, j'ai aimé le travail de Mansoureh Kamari. Son dessin n'est pas spectaculaire au sens démonstratif du terme, mais il dégage quelque chose de doux et sensible. Les visages, en particulier celui de l'autrice, sont souvent beaux et expressifs, avec une vraie délicatesse dans les regards et les émotions. Les décors sont plus en retrait, parfois à peine esquissés, mais ça semble presque volontaire tant l'album reste focalisé sur les corps, les visages et l'intime. L'alternance entre les pages plus grises du passé et les séquences plus lumineuses du présent fonctionne également bien. En revanche, il m'a manqué des morceaux importants du puzzle pour être totalement emporté. J'aurais aimé en apprendre davantage sur le fonctionnement concret de la société iranienne au-delà de ce que l'album montre déjà, mais aussi sur son propre parcours de jeune adulte. J'ai par exemple été surpris de voir qu'elle avait malgré tout pu travailler dans l'animation, même difficilement, sans que ce contexte soit vraiment développé. De la même manière, on ne sait rien de la façon dont elle a quitté l'Iran, si sa famille a tenté de la marier de force, comment son exil s'est organisé, ou comment cette transition vers la France s'est réellement faite. Ce sont précisément ces éléments qui m'ont parfois manqué. Je comprends qu'il ne s'agit pas d'un documentaire mais davantage d'un cri intime, mais l'absence de certains repères m'empêche de l'apprécier pleinement. J'ai aussi été un peu plus partagé sur les passages assez longs autour de son rapport au dessin et à son traumatisme. Je comprends parfaitement leur fonction dans son processus de reconstruction, mais au-delà du fait qu'ils ne m'ont pas particulièrement parlé, ils ont aussi ravivé cette frustration de ne pas avoir eu davantage d'éléments sur son parcours et sur la société iranienne elle-même. Malgré mes réticences, ça reste un témoignage fort, nécessaire et souvent très touchant, porté par un vrai sens de l'émotion et une colère que j'ai largement partagée pendant la lecture.

28/04/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Le Petit Gendarme ou L'Enfance de Riquet
Le Petit Gendarme ou L'Enfance de Riquet

Théo Grosjean commence une série qui mélangerait l'autobiographie et la fiction. Je n'ai aucune idée ce qui est inventé ou non dans ce premier tome et j'avoue que je m'en fous un peu. J'ai trouvé le résultat moyen avec des bons et des moins bons moments. Parfois, je ne comprenais pas les intentions de l'auteur comme le fait que pendant un moment le visage du père est différent du reste de la famille jusqu'à ce que le petit dernier se rends compte que son père a un visage comme les autres. On suit donc Riquet, le dernier enfant d'une famille un peu dysfonctionnelle où le père est gendarme et la mère très religieuse. L'action se passant lorsque j'étais moi-même enfant, je me suis reconnu dans certaines situations. Le fait que le père est gendarme permet de découvrir un peu se métier, mais je ne pense pas avoir appris grand chose de nouveaux et je doute que plusieurs lecteurs de voir qu'il y a du machisme et du racisme dans ce milieu. Je comprends pourquoi Riad Sattouf a publié cette série dans sa maison d'édition parce que le travail de Grosjean ici rappel son propre travail et au déprimant de cette série. En effet, on dirait du Sattouf, mais en moins maitrisé. Ça se laisse lire et il y a des bons moments, mais ce n'était pas palpitant à lire.

28/04/2026 (modifier)