J’ai lu cet album un peu au hasard, et je ressors satisfait de ma lecture. Il s’agit de l’adaptation d’un roman taïwanais, et plus précisément du dernier chapitre du dit roman.
Le récit est autobiographique, et se concentre surtout sur l’après-guerre à Taiwan, sur cette période de transition compliquée, vue au travers les yeux d’un enfant qui n’en saisit pas toutes les subtilités (« On me dit depuis tout petit de parler Japonais, et maintenant on me l’interdit ?! »).
Yang Mu était avant tout poète, le récit est donc très poétique, et rempli de passages contemplatifs voire oniriques… pas toujours très claires d’ailleurs. Le symbolisme m’est parfois passé au dessus de la tête.
Le dessin est joli, enfin surtout les paysages, parce que le style utilisé pour les personnages, et notamment les visages, est quand même spécial. Je vous laisse voir ça dans la galerie. En tout cas les couleurs aquarelles sont magnifiques !
Un album intéressant, qui a d’ailleurs gagné le prix Atomium de la Jeune Création.
J'ai lu presque toutes les histoires et gags de Désiré dans le Journal Tintin. Grand maladroit et gaffeur mais toujours sympathique et enthousiaste, sa silhouette avec la contrebasse et la vieille Citroën fait partie d'une époque d'or du journal. Les dessins de Mittéï sont assez bons, dans le style humoristique. J'essaie d'acquérir l'ensemble complet des intégrales depuis longtemps, sans succès.
J’ai lu les deux premiers albums, et je pense que ça va me suffire et que je vais m’arrêter là.
Ça se laisse lire, sans plus pour moi. Mais je conçois que des lecteurs plus jeunes puissent y trouver davantage leur compte.
Au départ sur les premières cases autour de Margotik, je pensais que j’allais lire quelque chose ressemblant une « famille Adams » pour jeunes lecteurs. Mais en fait Margotik, au look néogothique, n’est qu’un personnage « secondaire », seule « mortelle » tolérée par le petit groupe de jeunes zombis qui l’ont adoptée au milieu de leurs aventures de cimetière.
Pour le reste, Cazenove est un vieux routier des strips gags ou histoires courtes, et il sait animer la mécanique des gags. Je lui reconnais des efforts réels pour rester dans la thématique zombi, et ne pas placer des gags interchangeables qui auraient pu se retrouver dans d’autres séries « à thème ».
Mais bon, quelques sourires, une lecture pas déplaisante, mais pas non plus trop emballante.
Dessin et colorisation sont très efficaces, et le rendu est très expressif.
Ce recueil de Didier Convard rassemble plusieurs histoires courtes majoritairement orientées science-fiction, souvent autour du voyage temporel et des enquêtes du CEHIT (Centre d'Etudes Historiques Inter-Temporels), même si quelques récits n'ont rien à voir et basculent davantage dans le fantastique pur. On sent bien le goût des années 70-80 pour la SF métaphysique, les paradoxes temporels, les futurs décadents et les récits un peu crépusculaires où l'humanité semble toujours proche de sa perte.
Honnêtement, les scénarios sont assez inégaux. Ce sont des histoires très courtes, souvent construites autour d'une idée unique ou d'une petite chute à rebondissement. Certaines sont franchement prévisibles, d'autres paraissent aujourd'hui très classiques voire déjà vues maintes fois, mais un ou deux récits m'ont quand même un peu surpris. Globalement, c'est de la SF très basique, parfois naïve, avec ce petit parfum désuet typique d'une époque où l'on mélangeait encore sans complexe space opera, fantastique, érotisme, pessimisme nucléaire et réflexions vaguement métaphysiques dans quelques pages seulement.
Mais l'intérêt principal de l'album, pour moi, vient surtout du dessin de Didier Convard. On le sent encore un peu immature par moments, pas totalement débarrassé de ses influences, mais j'aime beaucoup la clarté de son trait et l'élégance très académique de ses personnages comme de ses décors. On est quelque part entre Eddy Paape et André Juillard, avec qui il a d'ailleurs beaucoup collaboré. Il y a une vraie lisibilité, un goût du décor rétro-futuriste et une manière très classique mais agréable de mettre en scène les personnages. Même quand les scénarios restent mineurs, le dessin donne souvent envie de continuer.
Ce n'est certainement pas un grand classique oublié de la science-fiction en BD, et beaucoup d'idées paraîtront aujourd'hui désuettes, mais en amateur de SF ancienne j'ai pris un plaisir amusé à parcourir ces récits. Leur côté rétro, parfois maladroit mais sincère, fonctionne un peu comme un témoignage d'une certaine bande dessinée de science-fiction française entre la fin des années 70 et le début des années 80.
J'ai un avis assez mitigé sur ce comics, mais pas vraiment négatif. J'ai pris un certain plaisir à le lire par moments, surtout grâce à son ambiance et à son identité graphique très fortes. Christian Ward offre un travail visuel vraiment réussi, notamment dans la représentation des différentes couches spectrales et de cette maison hantée transformée en espèce de machine métaphysique. Il y a des images marquantes et toute cette idée d'un riche occultiste prêt à expérimenter sur l'âme humaine pour vaincre la mort m'a rappelé les expériences de Burgess et de son amant au début de la série Sandman. On retrouve ce mélange de pseudo-science, d'occultisme et d'obsession amoureuse qui finit par tout corrompre.
Les dialogues sont globalement bons, le déroulement des actes aussi, et malgré quelques longueurs j'ai trouvé l'ensemble prenant. Toutefois, j'ai trouvé qu'il y avait un peu trop de flashbacks. Certains sont utiles et nourrissent bien la relation entre l'occultiste et son compagnon, mais à force le récit finit par se disperser et ralentir inutilement son rythme. Ça délaie la sauce plus que ça ne l'enrichit.
J'ai bien aimé le duo principal. La relation entre les deux femmes fonctionne plutôt bien, justement parce qu'elles semblent au départ enfermées dans des archétypes un peu faciles avant de brusquement s'inverser. Au début, Janie, la jeune mère, paraît presque fade et un peu idiote, mais dès qu'il est question de retrouver son enfant, elle devient nettement plus volontaire, courageuse et active. Ce basculement là, lui, fonctionne.
En revanche, j'ai moins été convaincu par Vesper. Son changement de personnalité est trop brutal. Elle est introduite comme une jeune femme hautaine, mystérieuse et intimidante, censée être bien renseignée sur cette maison et sur ce qui s'y trouve, puis dès que les événements commencent elle se transforme en adolescente fragile et craintive. Ça sonne faux, d'autant plus qu'elle aurait théoriquement dû comprendre presque immédiatement ce qu'il s'était réellement passé dans cette maison. Le lecteur, lui, le devine quasiment immédiatement, ce qui rend la révélation finale beaucoup trop prévisible, à tel point que je croisais les doigts en vain pour que ce ne soit pas si évident.
Et puis je n'ai pas aimé la toute fin. Le châtiment brutal qui frappe sans raison valable l'un des protagonistes m'a paru inutilement cruel et presque banal dans sa manière de chercher une dernière touche d'horreur choc. Le récit était plus intéressant quand il jouait sur le malaise, les couches spectrales, l'obsession amoureuse et la peur de la mort que lorsqu'il bascule dans une conclusion plus grossièrement punitive.
Bref, un comics qui m'a séduit par sa forme, son ambiance, certaines idées visuelles et son mélange d'horreur occulte et de pseudo-science, mais qui m'a aussi frustré par une révélation finale beaucoup trop prévisible, plusieurs facilités narratives et quelques flashbacks de trop.
Note : 2,5/5
Cette BD a fonctionné pendant de nombreuses années comme souvenir d'un des premiers films que je suis allé voir au cinéma. Évidemment, le film (1967) est bien supérieur.
Les dessins sont assez fidèles, mais même dans les éditions les plus récentes du livre, les couleurs restent assez plates et criardes, et l'absence de décors détaillés se fait trop ressentir. La musique manque également, la marche des éléphants, la chanson de Baloo, il faut les entendre intérieurement...
Des adaptations plus récentes du célèbre classique de R. Kipling sont disponibles aujourd'hui, mais je continue à aimer cette version. Je pense que les figures des animaux et surtout de Mowgli restent attractifs pour les jeunes. Elles continuent d'être inspirantes pour les petits scouts louveteaux !
Un jeune employé de bureau surnommé le Prince parce qu'il est beau, brillant et très serviable découvre par hasard qu'une collègue froide et asociale change complètement de visage lorsqu'elle s'occupe de chats errants dans un parc après le travail. En partageant ce secret, les deux vont peu à peu se rapprocher et apprendre à se montrer tels qu'ils sont réellement.
Au départ, j'avais peur de tomber une fois de plus sur un nouveau "manga sur les chats" où les auteurs passent leur temps à montrer des chats supposément troooop mignons, troooop adorables dans chacune de leurs actions, un registre qui me lasse très vite. Ici, ce n'est pas vraiment ça. Les chats restent importants, mais davantage comme lien entre les personnages et comme reflet de leurs comportements. Le manga rappelle assez justement que les chats sont avant tout des animaux instinctifs, méfiants, parfois affectueux mais jamais totalement domestiqués mentalement. Il y a un petit aspect documentaire discret sur les chats errants, leur comportement et les soins à leur apporter, sans que cela devienne pesant ou démonstratif.
Le cœur du récit reste bien une romance. Une romance assez classique dans sa structure, presque hollywoodienne, mais avec des personnages suffisamment attachants pour qu'on se laisse prendre avec plaisir. D'un côté, on a ce fameux "Prince", le collègue parfait admiré par toute l'entreprise, toujours prêt à rendre service au point d'en être épuisé intérieurement. De l'autre, cette jeune femme renfermée, incapable de gérer correctement les relations sociales et qui repousse instinctivement ceux qui tentent de l'approcher. Le contraste fonctionne bien parce qu'aucun des deux n'est réellement heureux dans le rôle qu'il joue au quotidien. Leur rapprochement devient alors autant sentimental qu'humain : lui découvre enfin un endroit où il peut arrêter de jouer le garçon parfait, tandis qu'elle commence lentement à laisser quelqu'un entrer dans son espace personnel. La dynamique rappelle l'idée du "chat échaudé craint l'eau froide" appliquée à une personne : elle reste constamment sur ses gardes, mais prend progressivement plaisir à partager sa passion avec quelqu'un qui ne cherche pas à la forcer à devenir plus sociable qu'elle ne l'est réellement.
La narration est un peu brouillonne au tout début. Les premières pages donnent presque l'impression d'un shojo qui peine à poser clairement son contexte et ses personnages. Mais assez rapidement, le récit devient plus fluide et linéaire, ce qui permet de mieux s'attacher aux protagonistes et à leur relation.
L'ensemble reste assez doux, calme et sans énorme surprise, mais c'est aussi ce qui fait son charme. Et la série a l'intelligence de se terminer en seulement trois tomes, lui permettant d'éviter de se diluer ou de tourner en rond jusqu'à devenir lassante.
Adaptation d'un roman d'Italo Calvino, "Le Baron perché nous conte l'histoire de Côme, qui à la suite d'une brouille avec son père décida de ne plus mettre pied à terre, quitte à vivre de très loin les joies et les drames de sa vie.
L'histoire, que je ne connaissais pas, n'est pas dépourvue d'intérêt même si on a du mal à comprendre l'entêtement du baron à rester perché. On pourra toutefois saluer sa volonté à rester fidèle à sa promesse et ce jusqu'à la fin. Le petit garçon que j'étais envie la jolie cabane dans les arbres du jeune Côme.
Une fois dis ça, on est spectateur des différents évènements sans arriver à les vivre pleinement et c'est peut être le plus gros reproche que l'on peut faire à cette ouvrage
J'ai trouvé le graphisme très honorable (en tout cas je n'y suis pas allergique) mais assez figé. La colorisation est pour sa part assez bien faite.
Au final "Le Baron perché" permet à l'occasion de passer un bon moment mais ne restera pas forcément en mémoire.
Note réelle : 2,5/5
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Oken - Combats et rêveries d'un poète taïwanais
J’ai lu cet album un peu au hasard, et je ressors satisfait de ma lecture. Il s’agit de l’adaptation d’un roman taïwanais, et plus précisément du dernier chapitre du dit roman. Le récit est autobiographique, et se concentre surtout sur l’après-guerre à Taiwan, sur cette période de transition compliquée, vue au travers les yeux d’un enfant qui n’en saisit pas toutes les subtilités (« On me dit depuis tout petit de parler Japonais, et maintenant on me l’interdit ?! »). Yang Mu était avant tout poète, le récit est donc très poétique, et rempli de passages contemplatifs voire oniriques… pas toujours très claires d’ailleurs. Le symbolisme m’est parfois passé au dessus de la tête. Le dessin est joli, enfin surtout les paysages, parce que le style utilisé pour les personnages, et notamment les visages, est quand même spécial. Je vous laisse voir ça dans la galerie. En tout cas les couleurs aquarelles sont magnifiques ! Un album intéressant, qui a d’ailleurs gagné le prix Atomium de la Jeune Création.
L'Indésirable Désiré
J'ai lu presque toutes les histoires et gags de Désiré dans le Journal Tintin. Grand maladroit et gaffeur mais toujours sympathique et enthousiaste, sa silhouette avec la contrebasse et la vieille Citroën fait partie d'une époque d'or du journal. Les dessins de Mittéï sont assez bons, dans le style humoristique. J'essaie d'acquérir l'ensemble complet des intégrales depuis longtemps, sans succès.
Tizombi
J’ai lu les deux premiers albums, et je pense que ça va me suffire et que je vais m’arrêter là. Ça se laisse lire, sans plus pour moi. Mais je conçois que des lecteurs plus jeunes puissent y trouver davantage leur compte. Au départ sur les premières cases autour de Margotik, je pensais que j’allais lire quelque chose ressemblant une « famille Adams » pour jeunes lecteurs. Mais en fait Margotik, au look néogothique, n’est qu’un personnage « secondaire », seule « mortelle » tolérée par le petit groupe de jeunes zombis qui l’ont adoptée au milieu de leurs aventures de cimetière. Pour le reste, Cazenove est un vieux routier des strips gags ou histoires courtes, et il sait animer la mécanique des gags. Je lui reconnais des efforts réels pour rester dans la thématique zombi, et ne pas placer des gags interchangeables qui auraient pu se retrouver dans d’autres séries « à thème ». Mais bon, quelques sourires, une lecture pas déplaisante, mais pas non plus trop emballante. Dessin et colorisation sont très efficaces, et le rendu est très expressif.
Sur les ailes du temps
Ce recueil de Didier Convard rassemble plusieurs histoires courtes majoritairement orientées science-fiction, souvent autour du voyage temporel et des enquêtes du CEHIT (Centre d'Etudes Historiques Inter-Temporels), même si quelques récits n'ont rien à voir et basculent davantage dans le fantastique pur. On sent bien le goût des années 70-80 pour la SF métaphysique, les paradoxes temporels, les futurs décadents et les récits un peu crépusculaires où l'humanité semble toujours proche de sa perte. Honnêtement, les scénarios sont assez inégaux. Ce sont des histoires très courtes, souvent construites autour d'une idée unique ou d'une petite chute à rebondissement. Certaines sont franchement prévisibles, d'autres paraissent aujourd'hui très classiques voire déjà vues maintes fois, mais un ou deux récits m'ont quand même un peu surpris. Globalement, c'est de la SF très basique, parfois naïve, avec ce petit parfum désuet typique d'une époque où l'on mélangeait encore sans complexe space opera, fantastique, érotisme, pessimisme nucléaire et réflexions vaguement métaphysiques dans quelques pages seulement. Mais l'intérêt principal de l'album, pour moi, vient surtout du dessin de Didier Convard. On le sent encore un peu immature par moments, pas totalement débarrassé de ses influences, mais j'aime beaucoup la clarté de son trait et l'élégance très académique de ses personnages comme de ses décors. On est quelque part entre Eddy Paape et André Juillard, avec qui il a d'ailleurs beaucoup collaboré. Il y a une vraie lisibilité, un goût du décor rétro-futuriste et une manière très classique mais agréable de mettre en scène les personnages. Même quand les scénarios restent mineurs, le dessin donne souvent envie de continuer. Ce n'est certainement pas un grand classique oublié de la science-fiction en BD, et beaucoup d'idées paraîtront aujourd'hui désuettes, mais en amateur de SF ancienne j'ai pris un plaisir amusé à parcourir ces récits. Leur côté rétro, parfois maladroit mais sincère, fonctionne un peu comme un témoignage d'une certaine bande dessinée de science-fiction française entre la fin des années 70 et le début des années 80.
Spectregraph
J'ai un avis assez mitigé sur ce comics, mais pas vraiment négatif. J'ai pris un certain plaisir à le lire par moments, surtout grâce à son ambiance et à son identité graphique très fortes. Christian Ward offre un travail visuel vraiment réussi, notamment dans la représentation des différentes couches spectrales et de cette maison hantée transformée en espèce de machine métaphysique. Il y a des images marquantes et toute cette idée d'un riche occultiste prêt à expérimenter sur l'âme humaine pour vaincre la mort m'a rappelé les expériences de Burgess et de son amant au début de la série Sandman. On retrouve ce mélange de pseudo-science, d'occultisme et d'obsession amoureuse qui finit par tout corrompre. Les dialogues sont globalement bons, le déroulement des actes aussi, et malgré quelques longueurs j'ai trouvé l'ensemble prenant. Toutefois, j'ai trouvé qu'il y avait un peu trop de flashbacks. Certains sont utiles et nourrissent bien la relation entre l'occultiste et son compagnon, mais à force le récit finit par se disperser et ralentir inutilement son rythme. Ça délaie la sauce plus que ça ne l'enrichit. J'ai bien aimé le duo principal. La relation entre les deux femmes fonctionne plutôt bien, justement parce qu'elles semblent au départ enfermées dans des archétypes un peu faciles avant de brusquement s'inverser. Au début, Janie, la jeune mère, paraît presque fade et un peu idiote, mais dès qu'il est question de retrouver son enfant, elle devient nettement plus volontaire, courageuse et active. Ce basculement là, lui, fonctionne. En revanche, j'ai moins été convaincu par Vesper. Son changement de personnalité est trop brutal. Elle est introduite comme une jeune femme hautaine, mystérieuse et intimidante, censée être bien renseignée sur cette maison et sur ce qui s'y trouve, puis dès que les événements commencent elle se transforme en adolescente fragile et craintive. Ça sonne faux, d'autant plus qu'elle aurait théoriquement dû comprendre presque immédiatement ce qu'il s'était réellement passé dans cette maison. Le lecteur, lui, le devine quasiment immédiatement, ce qui rend la révélation finale beaucoup trop prévisible, à tel point que je croisais les doigts en vain pour que ce ne soit pas si évident. Et puis je n'ai pas aimé la toute fin. Le châtiment brutal qui frappe sans raison valable l'un des protagonistes m'a paru inutilement cruel et presque banal dans sa manière de chercher une dernière touche d'horreur choc. Le récit était plus intéressant quand il jouait sur le malaise, les couches spectrales, l'obsession amoureuse et la peur de la mort que lorsqu'il bascule dans une conclusion plus grossièrement punitive. Bref, un comics qui m'a séduit par sa forme, son ambiance, certaines idées visuelles et son mélange d'horreur occulte et de pseudo-science, mais qui m'a aussi frustré par une révélation finale beaucoup trop prévisible, plusieurs facilités narratives et quelques flashbacks de trop. Note : 2,5/5
Le Livre de la Jungle
Cette BD a fonctionné pendant de nombreuses années comme souvenir d'un des premiers films que je suis allé voir au cinéma. Évidemment, le film (1967) est bien supérieur. Les dessins sont assez fidèles, mais même dans les éditions les plus récentes du livre, les couleurs restent assez plates et criardes, et l'absence de décors détaillés se fait trop ressentir. La musique manque également, la marche des éléphants, la chanson de Baloo, il faut les entendre intérieurement... Des adaptations plus récentes du célèbre classique de R. Kipling sont disponibles aujourd'hui, mais je continue à aimer cette version. Je pense que les figures des animaux et surtout de Mowgli restent attractifs pour les jeunes. Elles continuent d'être inspirantes pour les petits scouts louveteaux !
Nos Coeurs de chats
Un jeune employé de bureau surnommé le Prince parce qu'il est beau, brillant et très serviable découvre par hasard qu'une collègue froide et asociale change complètement de visage lorsqu'elle s'occupe de chats errants dans un parc après le travail. En partageant ce secret, les deux vont peu à peu se rapprocher et apprendre à se montrer tels qu'ils sont réellement. Au départ, j'avais peur de tomber une fois de plus sur un nouveau "manga sur les chats" où les auteurs passent leur temps à montrer des chats supposément troooop mignons, troooop adorables dans chacune de leurs actions, un registre qui me lasse très vite. Ici, ce n'est pas vraiment ça. Les chats restent importants, mais davantage comme lien entre les personnages et comme reflet de leurs comportements. Le manga rappelle assez justement que les chats sont avant tout des animaux instinctifs, méfiants, parfois affectueux mais jamais totalement domestiqués mentalement. Il y a un petit aspect documentaire discret sur les chats errants, leur comportement et les soins à leur apporter, sans que cela devienne pesant ou démonstratif. Le cœur du récit reste bien une romance. Une romance assez classique dans sa structure, presque hollywoodienne, mais avec des personnages suffisamment attachants pour qu'on se laisse prendre avec plaisir. D'un côté, on a ce fameux "Prince", le collègue parfait admiré par toute l'entreprise, toujours prêt à rendre service au point d'en être épuisé intérieurement. De l'autre, cette jeune femme renfermée, incapable de gérer correctement les relations sociales et qui repousse instinctivement ceux qui tentent de l'approcher. Le contraste fonctionne bien parce qu'aucun des deux n'est réellement heureux dans le rôle qu'il joue au quotidien. Leur rapprochement devient alors autant sentimental qu'humain : lui découvre enfin un endroit où il peut arrêter de jouer le garçon parfait, tandis qu'elle commence lentement à laisser quelqu'un entrer dans son espace personnel. La dynamique rappelle l'idée du "chat échaudé craint l'eau froide" appliquée à une personne : elle reste constamment sur ses gardes, mais prend progressivement plaisir à partager sa passion avec quelqu'un qui ne cherche pas à la forcer à devenir plus sociable qu'elle ne l'est réellement. La narration est un peu brouillonne au tout début. Les premières pages donnent presque l'impression d'un shojo qui peine à poser clairement son contexte et ses personnages. Mais assez rapidement, le récit devient plus fluide et linéaire, ce qui permet de mieux s'attacher aux protagonistes et à leur relation. L'ensemble reste assez doux, calme et sans énorme surprise, mais c'est aussi ce qui fait son charme. Et la série a l'intelligence de se terminer en seulement trois tomes, lui permettant d'éviter de se diluer ou de tourner en rond jusqu'à devenir lassante.
Le Baron perché
Adaptation d'un roman d'Italo Calvino, "Le Baron perché nous conte l'histoire de Côme, qui à la suite d'une brouille avec son père décida de ne plus mettre pied à terre, quitte à vivre de très loin les joies et les drames de sa vie. L'histoire, que je ne connaissais pas, n'est pas dépourvue d'intérêt même si on a du mal à comprendre l'entêtement du baron à rester perché. On pourra toutefois saluer sa volonté à rester fidèle à sa promesse et ce jusqu'à la fin. Le petit garçon que j'étais envie la jolie cabane dans les arbres du jeune Côme. Une fois dis ça, on est spectateur des différents évènements sans arriver à les vivre pleinement et c'est peut être le plus gros reproche que l'on peut faire à cette ouvrage J'ai trouvé le graphisme très honorable (en tout cas je n'y suis pas allergique) mais assez figé. La colorisation est pour sa part assez bien faite. Au final "Le Baron perché" permet à l'occasion de passer un bon moment mais ne restera pas forcément en mémoire. Note réelle : 2,5/5