Dans le genre scénario complètement barré, j'avoue que là on a du lourd ! J'en étais encore à me demander quel était l'énergumène qui avait pu nous pondre un opus aussi disjoncté quand j'ai réalisé que c'était Garth Ennis, le scénariste de la série The Boys... Aaahhhhh ba oui, du coup je comprends mieux !
Avec ce oneshot fantastique, il ne déroge pas à ses habitudes et nous propose un récit où se mêle fantastique, trash, humour (noir souvent) et un petite touche de cul. Cocktail explosif s'il en est, son Freddie, s'il n'est pas Krugger, n'est pas loin de croiser régulièrement les griffes de la nuit. Son boulot ? Faire le ménage après le pétage de plombs de superstars qui sont en réalité des créatures fantastiques. Sauf qu'une fois bien parties, ça dérape sévère du côté des starlettes... Un loup garou bourré ou un extraterrestre défoncé, ça éparpille vite façon puzzle un humain pas prévenu ! Et c'est Freddie qui gère...
Il faut donc aimer les scénarios bien perchés qui défrisent pour apprécier l'album. Pour ce qui est du dessin, on retrouve le trait classique pour du comics de Mike Perkins, que j'avais découvert et apprécié avec un autre récit d'horreur : La Malédiction de Rowans. Il maitrise bien son bestiaire fantastique & Co : parfait pour l'exercice. Passé la surprise du pitch, on se surprend même à finalement trouver tout ça un peu court, les 42 pages de l'album sont vite avalées façon T-Rex !
Monsieur Léon, quinquagénaire anonyme à l'allure terne, traverse une France grise marquée par le Covid, les attestations et les gilets jaunes. Mais derrière son imperméable et son visage fermé se cache un monde intérieur foisonnant, coloré, musical, où l'imagination, la danse et l'amour pour sa voisine Sophie transforment le quotidien en comédie poétique.
J'ai trouvé le concept vraiment charmant : confronter un introverti un peu effacé à la grisaille de l'époque pour mieux faire jaillir, par contraste, une vie intérieure pleine de couleurs, d'élan et de fantaisie. Cette opposition entre extérieur morose et intériorité flamboyante fonctionne très bien visuellement et symboliquement. J'aime aussi beaucoup la relation tendre et un peu gauche qu'il entretient avec sa M'oiselle Jeanne à lui, qui évoque forcément celle de Gaston Lagaffe, avec ce mélange de pudeur, de romantisme et de décalage.
Comme toujours, j'aime vraiment beaucoup le graphisme de Julien Solé. Il est excellent, plein de détails, avec un sens du rythme et de la mise en scène très maîtrisé. Les variations de couleurs accompagnent parfaitement les états d'âme de Léon : le gris domine dans la ville anxiogène, tandis que des teintes éclatantes surgissent dès qu'il s'évade dans sa vie privée. C'est beau, inventif, et souvent très juste dans sa manière de traduire une poésie urbaine contemporaine.
En revanche, si l'album est agréable et parfois attendrissant, je ne l'ai pas trouvé vraiment drôle. J'ai souri, rarement plus. L'ensemble repose davantage sur la douceur, la fantaisie et une forme de mélancolie lumineuse que sur de véritables gags marquants. Au-delà de son charme indéniable et de son parti-pris esthétique fort, je crains que la série ait du mal à véritablement enthousiasmer les foules. Cela reste une lecture sympathique, délicate, mais qui ne m'a pas totalement embarqué.
A l'approche des élections municipales, et à l'heure où les édiles locaux sont un peu sur la sellette, notamment du fait de l'augmentation des agressions les concernant, Laurent Turpin, maire d'une petite ville des Hauts-de-France, a décidé de livrer son témoignage sur son expérience de maire d'une ville rurale.
Il détaille ainsi les différentes tâches qui lui incombent, la gestion des services publics, les travaux de voirie, les aménagements, les constructions d'infrastructures et équipements... Il est également officier de police judiciaire, psychologue, grand frère, multimillionnaire, à en croire les remarques qu'on lui fait ou les demandes qu'il reçoit. Il désacralise donc tout ça, en essayant de rester sobre et mesuré, d'autant plus que dans sa petite commune il n'y a que deux employés municipaux, une assistante et un cantonnier à temps partiel. Il est souvent seul, même s'il peut compter sur une solide équipe d'adjoints auxquels il rend hommage tout au long de l'album et en postface.
Si scénariste de BD n'est pas son premier métier, il peut compter sur l'expérience d'Olivier Berlion, qui assure le dessin avec l'aide de Christian Favrelle aux couleurs. Nul doute qu'il l'a aidé à structurer son découpage, et rendre ce témoignage sinon passionnant, du moins plutôt intéressant, notamment au sujet des à-côtés de la fonction de maire. Le dessin est plutôt sympa, très lisible, dans ce style "presque réaliste" que Berlion affûte depuis deux décennies.
C'est ma foi fort sympathique.
J’ai emprunté cet album au hasard en passant à ma médiathèque.
Lorsque je l’ai ouvert, le dessin ne m’a pas vraiment accroché – et la lecture n’a rien changé. En effet, c’est un trait minimaliste et un peu maladroit, avec décors et détails absents. La place immense occupée par le blanc me laissait craindre que lecture et histoire soient tout autant « creuses ».
En fait il n’en est rien, et ce dessin passe finalement. Car l’essentiel est ailleurs. Je suis abasourdi d’apprendre que c’est une histoire vraie, autobiographique ! J’ai eu du mal, au début, à croire possible qu’un type puisse à ce point – et durant toute sa vie ! – mentir sur lui-même à tout le monde (études, vies professionnelle et sociale, etc.). Et ce mythomane est en plus un bon gros salaud, qui a siphonné tout ce que lui et sa femme avaient en commun (compte, argent, papier), vendant aux enchères en catimini leur appartement durant leurs vacances, et plaquant brusquement et définitivement femme et enfant, en leur laissant dettes et nombreuses questions.
L’auteure montre bien la sidération qui l’a saisie, l’empêchant un certain temps de « réaliser » l’énormité de ce qui lui tombait dessus. Car il a fallu faire face avec un bébé au fait que du jour au lendemain, elle se retrouvait sans domicile, sans argent (et avec d’énormes dettes, qu’elle découvre peu à peu). Et aussi – et surtout en fait – sans aucune certitude. Heureusement, famille – et belle-famille – et amis vont l’aider à refaire surface, après consommation de tranquillisants et consultations d’une psy.
Car les très nombreuses démarches administratives, dans un cas comme celui-ci qui bien évidemment rentre dans peu de cases, vont s’avérer ubuesques, chronophages et déprimantes.
L’expérience est douloureuse. Mais la narration, aussi simple que le dessin, mais finalement prenante, nous aide à comprendre ce qui s’est abattu l’auteure. On est content pour elle sur la fin de voir qu’elle sort la tête de l’eau.
Et je reste étonné, non seulement que quelqu’un comme l’ex-mari de cette dame puisse être à ce point égoïste et enfoiré, mais aussi que la loi semble finalement lui laisser la possibilité de continuer.
Une expérience de vie qu’on airait aimé n’être qu’une fiction.
La série se laisse lire, mais je dois dire que je l’ai quand même finie en comptant les pages restantes. En effet, il y a pas mal de longueurs, et si le point de départ est plutôt intriguant, je me suis quand même ennuyé à plusieurs reprises.
J’évacue d’emblée le dessin. Du comics moderne classique, lisible, même si ça n’est pas mon truc. Décors peu développés (les détails en général en fait, visages et décors). Pas mon truc donc, mais pas rédhibitoire.
Il y a des choses intéressantes dans cette série, qui vise selon moi davantage un lectorat jeune, adolescent. Mais aussi des facilités et des choses qui m’ont soulé.
Des points positifs donc. Un point de départ alléchant, même si « facile » et sans doute déjà pas mal exploité ailleurs : des centaines de lycéens « téléportés » vers un lieu étrange et lointain (une autre planète ?), qui rejoignent d’autres personnes déjà arrivées il y a longtemps dans plusieurs vagues. Un climat angoissant, une faune étrange et menaçante.
Il y a de très nombreux protagonistes, ce qui permet moult développements, interactions, et le scénario n’hésite pas à en sacrifier régulièrement – ce qui ménage des surprises et entretient un certain dynamisme.
Comme souvent dans ce genre d’histoire, de nombreux flash-backs permettent de mieux connaître petit à petit les protagonistes, les liens qui les unissent, mais aussi de dynamiser une intrigue en la rendant moins linéaire.
Des points qui m’ont moins convaincu aussi hélas. D’abord l’impression que l’idée de départ – que je suis prêt à accepter, pourquoi pas ? – est ensuite étirée artificiellement, avec beaucoup de longueurs. Les nombreux allers-retours entre périodes différentes sont parfois un peu lassants. Comme l’ont rapidement été pour moi les très nombreuses scènes durant lesquelles certains protagonistes évoquent leur penchants amoureux (hétéro, lesbiens). Et des dialogues un peu cul-cul parfois, en tout cas qui ne m’ont pas intéressé.
Bref, une lecture qui s’est avérée poussive sur la fin. Je ne suis sans doute pas le cœur de cible. Je pense aussi qu’il aurait fallu élaguer l’ensemble – au moins un tome de moins – pour éviter les longueurs et passages inutiles.
Note réelle 2,5/5.
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Freddie l'Arrangeur
Dans le genre scénario complètement barré, j'avoue que là on a du lourd ! J'en étais encore à me demander quel était l'énergumène qui avait pu nous pondre un opus aussi disjoncté quand j'ai réalisé que c'était Garth Ennis, le scénariste de la série The Boys... Aaahhhhh ba oui, du coup je comprends mieux ! Avec ce oneshot fantastique, il ne déroge pas à ses habitudes et nous propose un récit où se mêle fantastique, trash, humour (noir souvent) et un petite touche de cul. Cocktail explosif s'il en est, son Freddie, s'il n'est pas Krugger, n'est pas loin de croiser régulièrement les griffes de la nuit. Son boulot ? Faire le ménage après le pétage de plombs de superstars qui sont en réalité des créatures fantastiques. Sauf qu'une fois bien parties, ça dérape sévère du côté des starlettes... Un loup garou bourré ou un extraterrestre défoncé, ça éparpille vite façon puzzle un humain pas prévenu ! Et c'est Freddie qui gère... Il faut donc aimer les scénarios bien perchés qui défrisent pour apprécier l'album. Pour ce qui est du dessin, on retrouve le trait classique pour du comics de Mike Perkins, que j'avais découvert et apprécié avec un autre récit d'horreur : La Malédiction de Rowans. Il maitrise bien son bestiaire fantastique & Co : parfait pour l'exercice. Passé la surprise du pitch, on se surprend même à finalement trouver tout ça un peu court, les 42 pages de l'album sont vite avalées façon T-Rex !
Monsieur Léon
Monsieur Léon, quinquagénaire anonyme à l'allure terne, traverse une France grise marquée par le Covid, les attestations et les gilets jaunes. Mais derrière son imperméable et son visage fermé se cache un monde intérieur foisonnant, coloré, musical, où l'imagination, la danse et l'amour pour sa voisine Sophie transforment le quotidien en comédie poétique. J'ai trouvé le concept vraiment charmant : confronter un introverti un peu effacé à la grisaille de l'époque pour mieux faire jaillir, par contraste, une vie intérieure pleine de couleurs, d'élan et de fantaisie. Cette opposition entre extérieur morose et intériorité flamboyante fonctionne très bien visuellement et symboliquement. J'aime aussi beaucoup la relation tendre et un peu gauche qu'il entretient avec sa M'oiselle Jeanne à lui, qui évoque forcément celle de Gaston Lagaffe, avec ce mélange de pudeur, de romantisme et de décalage. Comme toujours, j'aime vraiment beaucoup le graphisme de Julien Solé. Il est excellent, plein de détails, avec un sens du rythme et de la mise en scène très maîtrisé. Les variations de couleurs accompagnent parfaitement les états d'âme de Léon : le gris domine dans la ville anxiogène, tandis que des teintes éclatantes surgissent dès qu'il s'évade dans sa vie privée. C'est beau, inventif, et souvent très juste dans sa manière de traduire une poésie urbaine contemporaine. En revanche, si l'album est agréable et parfois attendrissant, je ne l'ai pas trouvé vraiment drôle. J'ai souri, rarement plus. L'ensemble repose davantage sur la douceur, la fantaisie et une forme de mélancolie lumineuse que sur de véritables gags marquants. Au-delà de son charme indéniable et de son parti-pris esthétique fort, je crains que la série ait du mal à véritablement enthousiasmer les foules. Cela reste une lecture sympathique, délicate, mais qui ne m'a pas totalement embarqué.
Le Petit Maire
A l'approche des élections municipales, et à l'heure où les édiles locaux sont un peu sur la sellette, notamment du fait de l'augmentation des agressions les concernant, Laurent Turpin, maire d'une petite ville des Hauts-de-France, a décidé de livrer son témoignage sur son expérience de maire d'une ville rurale. Il détaille ainsi les différentes tâches qui lui incombent, la gestion des services publics, les travaux de voirie, les aménagements, les constructions d'infrastructures et équipements... Il est également officier de police judiciaire, psychologue, grand frère, multimillionnaire, à en croire les remarques qu'on lui fait ou les demandes qu'il reçoit. Il désacralise donc tout ça, en essayant de rester sobre et mesuré, d'autant plus que dans sa petite commune il n'y a que deux employés municipaux, une assistante et un cantonnier à temps partiel. Il est souvent seul, même s'il peut compter sur une solide équipe d'adjoints auxquels il rend hommage tout au long de l'album et en postface. Si scénariste de BD n'est pas son premier métier, il peut compter sur l'expérience d'Olivier Berlion, qui assure le dessin avec l'aide de Christian Favrelle aux couleurs. Nul doute qu'il l'a aidé à structurer son découpage, et rendre ce témoignage sinon passionnant, du moins plutôt intéressant, notamment au sujet des à-côtés de la fonction de maire. Le dessin est plutôt sympa, très lisible, dans ce style "presque réaliste" que Berlion affûte depuis deux décennies. C'est ma foi fort sympathique.
L'Imposture
J’ai emprunté cet album au hasard en passant à ma médiathèque. Lorsque je l’ai ouvert, le dessin ne m’a pas vraiment accroché – et la lecture n’a rien changé. En effet, c’est un trait minimaliste et un peu maladroit, avec décors et détails absents. La place immense occupée par le blanc me laissait craindre que lecture et histoire soient tout autant « creuses ». En fait il n’en est rien, et ce dessin passe finalement. Car l’essentiel est ailleurs. Je suis abasourdi d’apprendre que c’est une histoire vraie, autobiographique ! J’ai eu du mal, au début, à croire possible qu’un type puisse à ce point – et durant toute sa vie ! – mentir sur lui-même à tout le monde (études, vies professionnelle et sociale, etc.). Et ce mythomane est en plus un bon gros salaud, qui a siphonné tout ce que lui et sa femme avaient en commun (compte, argent, papier), vendant aux enchères en catimini leur appartement durant leurs vacances, et plaquant brusquement et définitivement femme et enfant, en leur laissant dettes et nombreuses questions. L’auteure montre bien la sidération qui l’a saisie, l’empêchant un certain temps de « réaliser » l’énormité de ce qui lui tombait dessus. Car il a fallu faire face avec un bébé au fait que du jour au lendemain, elle se retrouvait sans domicile, sans argent (et avec d’énormes dettes, qu’elle découvre peu à peu). Et aussi – et surtout en fait – sans aucune certitude. Heureusement, famille – et belle-famille – et amis vont l’aider à refaire surface, après consommation de tranquillisants et consultations d’une psy. Car les très nombreuses démarches administratives, dans un cas comme celui-ci qui bien évidemment rentre dans peu de cases, vont s’avérer ubuesques, chronophages et déprimantes. L’expérience est douloureuse. Mais la narration, aussi simple que le dessin, mais finalement prenante, nous aide à comprendre ce qui s’est abattu l’auteure. On est content pour elle sur la fin de voir qu’elle sort la tête de l’eau. Et je reste étonné, non seulement que quelqu’un comme l’ex-mari de cette dame puisse être à ce point égoïste et enfoiré, mais aussi que la loi semble finalement lui laisser la possibilité de continuer. Une expérience de vie qu’on airait aimé n’être qu’une fiction.
The Woods
La série se laisse lire, mais je dois dire que je l’ai quand même finie en comptant les pages restantes. En effet, il y a pas mal de longueurs, et si le point de départ est plutôt intriguant, je me suis quand même ennuyé à plusieurs reprises. J’évacue d’emblée le dessin. Du comics moderne classique, lisible, même si ça n’est pas mon truc. Décors peu développés (les détails en général en fait, visages et décors). Pas mon truc donc, mais pas rédhibitoire. Il y a des choses intéressantes dans cette série, qui vise selon moi davantage un lectorat jeune, adolescent. Mais aussi des facilités et des choses qui m’ont soulé. Des points positifs donc. Un point de départ alléchant, même si « facile » et sans doute déjà pas mal exploité ailleurs : des centaines de lycéens « téléportés » vers un lieu étrange et lointain (une autre planète ?), qui rejoignent d’autres personnes déjà arrivées il y a longtemps dans plusieurs vagues. Un climat angoissant, une faune étrange et menaçante. Il y a de très nombreux protagonistes, ce qui permet moult développements, interactions, et le scénario n’hésite pas à en sacrifier régulièrement – ce qui ménage des surprises et entretient un certain dynamisme. Comme souvent dans ce genre d’histoire, de nombreux flash-backs permettent de mieux connaître petit à petit les protagonistes, les liens qui les unissent, mais aussi de dynamiser une intrigue en la rendant moins linéaire. Des points qui m’ont moins convaincu aussi hélas. D’abord l’impression que l’idée de départ – que je suis prêt à accepter, pourquoi pas ? – est ensuite étirée artificiellement, avec beaucoup de longueurs. Les nombreux allers-retours entre périodes différentes sont parfois un peu lassants. Comme l’ont rapidement été pour moi les très nombreuses scènes durant lesquelles certains protagonistes évoquent leur penchants amoureux (hétéro, lesbiens). Et des dialogues un peu cul-cul parfois, en tout cas qui ne m’ont pas intéressé. Bref, une lecture qui s’est avérée poussive sur la fin. Je ne suis sans doute pas le cœur de cible. Je pense aussi qu’il aurait fallu élaguer l’ensemble – au moins un tome de moins – pour éviter les longueurs et passages inutiles. Note réelle 2,5/5.