Ressemble à Rahan en moins crédible : est-ce qu'un médecin est confronté à un tel festival de malfrats ? Et si jamais il tombait sur des mafieux ou multinationales commettant quelque abus ou des dictatures, que pourrait-il avec son cri qui tue ? Cela même avant de fouiller les motivations de chacun… Mais bon, on s'en moque un peu, c'est une série d'action avec un côté sagesse de Chine. Ceci dit, dans le genre et en feuilleton télé, Kum Fu était bien plus vivant, subtil, nom d'un Petit Scarabée !
Sans atteindre Perramus, L'Eternaute ou Mort Cinder, les dessins ont de la force. Je pourrais d'ailleurs faire la même critique pour le Che. On apprend des choses, on se doute qu'il faudrait mieux connaître le contexte mais joie ! Ces deux œuvres en donnent envie… Même si moins que Perramus, L'Eternaute et Mort Cinder. D'ailleurs, ce sont les œuvres en question qui m'ont fait lire Evita et le Che, on se raccroche à ce qui ressemble aux œuvres aimées. Bref, les deux biographies aux airs d'hagiographie nous offrent un mélange de réalisme et de romantisme. A mon avis, démêler tout ça serait aussi délicat que le vrai et le faux de bien des histoires de Borges !
Bref, je commente Evita vu que j'ai grandement oublié l'autre… On nous montre que Perron et Evita se sont sauvés tout seuls puis l'un par l'autre avec leur peuple, je m'explique. Evita, pauvre, est venue s'essayer à une carrière d'actrice en ville, Peron était dans un gouvernement militaire peu soucieux du peuple. L'étoile des deux a de plus en plus brillé, et cela d'autant plus qu'ils se sont aimés et ont travaillé à donner un filet social pour tous, entre conservatisme et tabula rasa. L'œuvre les présente comme relevant des défis concrets, et ceux qu'ils sortent de leur enfer social les voient comme providence incarnée, surtout Evita qui est plus charismatique. Ces deux destins croisés sont assez séduisants pour contrecarrer le fait que sans bulle et avec un texte assez dense, il y ait peu d'aération, humour, esthétique ou que sais-je encore ? Le lecteur est en apnée mais en principe empathique et on n'a pas à découvrir des réalités plus méconnues comme, je ne sais pas, voyons ? Comment on a créé des réserves naturelles en expulsant les peuples qui y vivaient, bien trop en harmonie avec la nature pour qu'on ne vienne pas la leur voler.
Bienvenue à Chatom, petit village de l'Alabama en 1920. On y découvre une bourgade paisible où il fait bon vivre, tout le monde connait tout le monde et les enfants jouent dehors. Deux évènements vont perturber la tranquillité ambiante à l'approche de l'hiver. Le premier plutôt habituel : le vieux Stumpy, l'ermite local, se retire dans ca cabane pour hiberner. Cela intrigue au plus haut point les petits détectives en culottes courtes locaux qui aimeraient bien arriver à expliquer ce que fait le bonhomme tout l'hiver. Et pourquoi il ne sors pas de sa maison pendant plusieurs mois. Le second totalement inhabituel arrive en pleine nuit, lorsqu'un bébé est déposé sur le pas de la porte de l'institutrice du village.
C'est deux péripéties amorcent le récit. On suit pendant 100 pages un gentil conte plein de bienveillance et de bonne humeur. Le village se prend d'affection pour le bébé. Bien sur une petite menace en lien avec le passé de l'enfant plane au dessus de nos héros. Nous découvrirons progressivement l'histoire de ce jeune garçon. Histoire faite de mésaventures qui augmentent l'affection qu'à le village lui porte. Tout cela s'accompagne évidement du mystère qui règne autour du vieux Stumpy qui semble avoir disparu de chez lui. Et cela intrigue d'autant plus les enfants.
Evidement le lien va se faire entre tout cela et même si ça manque un peu de surprise ça fonctionne très bien. C'est à la fois gentillet et pleins de bons sentiment, mais voilà c'est attendrissant dans l'ensemble. On est sur un récit tout public. Le style de dessin corrobore d'ailleurs très bien ce ressenti tant le trait est mignon et les enfants ont des bonnes bouilles avec leur grands yeux.
Un récit relativement classique pour la partie « aventure » qui domine, dans le grand nord américain, au milieu de chercheurs d’or.
Quelques aspects dévient toutefois un peu cette trajectoire « rectiligne », et font office d’originalité.
D’abord le dessin de Nuria Tamarit, au graphisme particulier, mais très reconnaissable (pour les personnages surtout).
Ensuite, parce que l’auteure – comme dans l’album Géante - Histoire de celle qui parcourut le monde à la recherche de la liberté avec lequel je l’avais découverte – met en avant des personnages féminins forts, dans un monde masculin, des femmes qui s’entraident pour « s’en sortir », face à une nature et quelques hommes (le chef des chercheurs d’or en premier) très violents.
Enfin, au milieu d’un récit assez classique donc, des aspects plus étranges, presque naïfs, parfois fantastiques, aux airs de conte (la louve géante en particulier). Et des passages, sortes de flash-backs difficiles à situer (dans le temps et l’espace).
Au final, un album qui se laisse lire, qui ne m’a pas forcément enthousiasmé (le rythme est lent et le récit manque d’aspérités), mais qui convenir à un lectorat assez large (c’est presque tout public).
Un album étrange, relativement hétéroclite et étonnant. Les auteurs sont apparemment d’anciens marins de la marine marchande, et ça permet de donner pas mal de réalisme à certains aspects – en particulier termes techniques, mais aussi le personnage même du « pilote », hélitreuillé sur le navire pour le prendre en mains le temps du passage de la Manche.
J’ai d’ailleurs un temps cru lire une sorte de documentaire plus ou moins romancé sur la marine marchande. Mais, rapidement, on s’en écarte, cela vire à l’aventure, mais une aventure où tout part dans tous les sens. L’aventure proprement dite est traversée de scènes et de quelques dialogues à prétention humoristique, et la narration multiplie les flash-backs, pour nous permettre de comprendre qui est qui (dans une suite de révélations surprenantes faisant tomber les masques), et quelle est la situation.
Car, c’est le moins que l’on puisse dire, c’est un peu foutraque, et souvent improbable, tant le scénario accumule – trop à mon avis – les couleuvres à avaler.
Bon, ça reste quand même lisible, rythmé. Mais ce scénario improbable peine ensuite à tenir sur la longueur et le côté vaguement déjanté s’étiole un peu, on sourit moins, on est moins surpris.
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Docteur Justice
Ressemble à Rahan en moins crédible : est-ce qu'un médecin est confronté à un tel festival de malfrats ? Et si jamais il tombait sur des mafieux ou multinationales commettant quelque abus ou des dictatures, que pourrait-il avec son cri qui tue ? Cela même avant de fouiller les motivations de chacun… Mais bon, on s'en moque un peu, c'est une série d'action avec un côté sagesse de Chine. Ceci dit, dans le genre et en feuilleton télé, Kum Fu était bien plus vivant, subtil, nom d'un Petit Scarabée !
Evita
Sans atteindre Perramus, L'Eternaute ou Mort Cinder, les dessins ont de la force. Je pourrais d'ailleurs faire la même critique pour le Che. On apprend des choses, on se doute qu'il faudrait mieux connaître le contexte mais joie ! Ces deux œuvres en donnent envie… Même si moins que Perramus, L'Eternaute et Mort Cinder. D'ailleurs, ce sont les œuvres en question qui m'ont fait lire Evita et le Che, on se raccroche à ce qui ressemble aux œuvres aimées. Bref, les deux biographies aux airs d'hagiographie nous offrent un mélange de réalisme et de romantisme. A mon avis, démêler tout ça serait aussi délicat que le vrai et le faux de bien des histoires de Borges ! Bref, je commente Evita vu que j'ai grandement oublié l'autre… On nous montre que Perron et Evita se sont sauvés tout seuls puis l'un par l'autre avec leur peuple, je m'explique. Evita, pauvre, est venue s'essayer à une carrière d'actrice en ville, Peron était dans un gouvernement militaire peu soucieux du peuple. L'étoile des deux a de plus en plus brillé, et cela d'autant plus qu'ils se sont aimés et ont travaillé à donner un filet social pour tous, entre conservatisme et tabula rasa. L'œuvre les présente comme relevant des défis concrets, et ceux qu'ils sortent de leur enfer social les voient comme providence incarnée, surtout Evita qui est plus charismatique. Ces deux destins croisés sont assez séduisants pour contrecarrer le fait que sans bulle et avec un texte assez dense, il y ait peu d'aération, humour, esthétique ou que sais-je encore ? Le lecteur est en apnée mais en principe empathique et on n'a pas à découvrir des réalités plus méconnues comme, je ne sais pas, voyons ? Comment on a créé des réserves naturelles en expulsant les peuples qui y vivaient, bien trop en harmonie avec la nature pour qu'on ne vienne pas la leur voler.
Les Enfants de Chatom
Bienvenue à Chatom, petit village de l'Alabama en 1920. On y découvre une bourgade paisible où il fait bon vivre, tout le monde connait tout le monde et les enfants jouent dehors. Deux évènements vont perturber la tranquillité ambiante à l'approche de l'hiver. Le premier plutôt habituel : le vieux Stumpy, l'ermite local, se retire dans ca cabane pour hiberner. Cela intrigue au plus haut point les petits détectives en culottes courtes locaux qui aimeraient bien arriver à expliquer ce que fait le bonhomme tout l'hiver. Et pourquoi il ne sors pas de sa maison pendant plusieurs mois. Le second totalement inhabituel arrive en pleine nuit, lorsqu'un bébé est déposé sur le pas de la porte de l'institutrice du village. C'est deux péripéties amorcent le récit. On suit pendant 100 pages un gentil conte plein de bienveillance et de bonne humeur. Le village se prend d'affection pour le bébé. Bien sur une petite menace en lien avec le passé de l'enfant plane au dessus de nos héros. Nous découvrirons progressivement l'histoire de ce jeune garçon. Histoire faite de mésaventures qui augmentent l'affection qu'à le village lui porte. Tout cela s'accompagne évidement du mystère qui règne autour du vieux Stumpy qui semble avoir disparu de chez lui. Et cela intrigue d'autant plus les enfants. Evidement le lien va se faire entre tout cela et même si ça manque un peu de surprise ça fonctionne très bien. C'est à la fois gentillet et pleins de bons sentiment, mais voilà c'est attendrissant dans l'ensemble. On est sur un récit tout public. Le style de dessin corrobore d'ailleurs très bien ce ressenti tant le trait est mignon et les enfants ont des bonnes bouilles avec leur grands yeux.
La Louve boréale
Un récit relativement classique pour la partie « aventure » qui domine, dans le grand nord américain, au milieu de chercheurs d’or. Quelques aspects dévient toutefois un peu cette trajectoire « rectiligne », et font office d’originalité. D’abord le dessin de Nuria Tamarit, au graphisme particulier, mais très reconnaissable (pour les personnages surtout). Ensuite, parce que l’auteure – comme dans l’album Géante - Histoire de celle qui parcourut le monde à la recherche de la liberté avec lequel je l’avais découverte – met en avant des personnages féminins forts, dans un monde masculin, des femmes qui s’entraident pour « s’en sortir », face à une nature et quelques hommes (le chef des chercheurs d’or en premier) très violents. Enfin, au milieu d’un récit assez classique donc, des aspects plus étranges, presque naïfs, parfois fantastiques, aux airs de conte (la louve géante en particulier). Et des passages, sortes de flash-backs difficiles à situer (dans le temps et l’espace). Au final, un album qui se laisse lire, qui ne m’a pas forcément enthousiasmé (le rythme est lent et le récit manque d’aspérités), mais qui convenir à un lectorat assez large (c’est presque tout public).
Cargo - Pavillon Barbare
Un album étrange, relativement hétéroclite et étonnant. Les auteurs sont apparemment d’anciens marins de la marine marchande, et ça permet de donner pas mal de réalisme à certains aspects – en particulier termes techniques, mais aussi le personnage même du « pilote », hélitreuillé sur le navire pour le prendre en mains le temps du passage de la Manche. J’ai d’ailleurs un temps cru lire une sorte de documentaire plus ou moins romancé sur la marine marchande. Mais, rapidement, on s’en écarte, cela vire à l’aventure, mais une aventure où tout part dans tous les sens. L’aventure proprement dite est traversée de scènes et de quelques dialogues à prétention humoristique, et la narration multiplie les flash-backs, pour nous permettre de comprendre qui est qui (dans une suite de révélations surprenantes faisant tomber les masques), et quelle est la situation. Car, c’est le moins que l’on puisse dire, c’est un peu foutraque, et souvent improbable, tant le scénario accumule – trop à mon avis – les couleuvres à avaler. Bon, ça reste quand même lisible, rythmé. Mais ce scénario improbable peine ensuite à tenir sur la longueur et le côté vaguement déjanté s’étiole un peu, on sourit moins, on est moins surpris. A emprunter à l’occasion. Note réelle 2,5/5.