Les derniers avis (5 avis)

Couverture de la série La Course du siècle
La Course du siècle

En 1904, les jeux olympiques sont organisés pour la première fois hors sol européen. C’est l’occasion pour les Etats-Unis de prendre leur revanche sur les jeux de Paris. Le marathon va ainsi devenir le théâtre d’un drame hilarant. Drame car les conditions dans lesquelles les organisateurs font forcer les participants à concourir va occasionner de sévères séquelles physiques. Hilarant car l’organisation est telle qu’elle permet tous les excès, même les plus incongrus. Kid Toussaint s’empare de la grande histoire pour la réinterpréter à sa manière, s’autorisant quelques écarts avec la réalité historique pour nous servir une farce enlevée et néanmoins révélatrice d’une époque. Le récit est enjoué, bien porté par le dessin de Munuera. Les multiples personnages permettent de montrer les enjeux parfois forts différents qui motivent ces coureurs. Les auteurs nous entrainent alors dans une course aussi improbable qu’historique : l’absence de ravitaillement, un parcours si mal fléché qu’il est facile de s’égarer, des athlètes parfois réquisitionnés juste pour faire exotique (c’est ainsi que deux sud-africains et un amérindien vont être ‘invités’ à participer à l’épreuve sans y avoir été préparé d’aucune manière), de la triche, du dopage organisé (à la strychnine, s’il vous plait !) C’est tout bonnement tellement incroyable, tellement gros que c’en devient amusant ! Il manque toutefois un petit quelque chose à cet album pour que je m’y attache vraiment. Là, j’ai passé un agréable moment de lecture, je me suis souvent amusé, j’ai souvent été édifié… mais aucun de ces coureurs ne m’aura vraiment touché dans l’âme. Peut-être parce qu’il y en a de trop, je ne saurais dire, mais voilà, hormis le caractère édifiant de ce fait historique, je crains de ne pas retenir grand-chose de ce récit. Il s’agit toutefois d’une lecture plaisante et je vous la conseille… même si, pour moi, on reste dans l’anecdotique.

01/03/2024 (modifier)
Couverture de la série Rosco le Rouge
Rosco le Rouge

Je rejoins totalement les deux avis précédents de Noirdésir et Canarde. En commençant cette intégrale au format souple de chez Physalis, j'ai immédiatement pensé à la Famille Pirate que je regardais en dessin-animé l'après-midi sur France 3. C'est bien déjanté, ça ne fait pas forcément rire aux éclats mais beaucoup de situations m'ont fait sourire. L'association des personnages de Rosco, vieil escroc pirate, de la Pieuvre, enfant un peu benêt, et du mutique Mammouth fonctionne plutôt bien. On prend un réel plaisir à suivre leurs pérégrinations d'îles en îles et de déconvenues en déconvenues. Enfin, si de prime abord, on pourrait croire que le dessin est peu travaillé, il n'en est rien, ces pirates ont de vrai trognes. Et la mise en couleur est plutôt bien réussie, collant parfaitement avec l'univers déjanté de ce triptyque. Une belle surprise à partager avec son fils de 10 ans :) Histoire - Originalité : 7/10 Dessin - Mise en couleurs : 7/10 NOTE GLOBALE : 14/20

01/03/2024 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Les Vacances de Nor
Les Vacances de Nor

Norbert aurait bien aimé passer des vacances tranquilles chez lui à jouer sur sa console mais ses parents ont décidé de l'envoyer à la campagne chez ses grands-parents. D'un monde moderne comme le nôtre, il va se retrouver dans un cadre de fantasy où sa famille élève des nuages comme on le ferait de moutons, et où tous les enfants qu'il va rencontrer ont un lien magique avec différents éléments de la Nature : une fille qui promène des chardons, un garçon qui peut se rendre invisible ou encore une gamine qui produit du feu à volonté. Et alors qu'ils s'entendent bien et pourraient passer des vacances finalement pas si mal, un danger rôde dans la forêt et ils vont devoir l'affronter. L'album mélange habilement les classiques histoires de vacances chez les grands-parents et cette ambiance de fantasy et de magie qui semble ici pourtant complètement naturelle. Et même si c'est discret, elle pose bien également ses origines roumaines, une partie du bestiaire légendaire ainsi que les noms, costumes et habitations des personnages étant manifestement typiques de la région d'origine des autrices. Et au final, même si le fond de l'intrigue présente peu de surprise, c'est tout cet ensemble d'originalité qui forme la personnalité à part de cette BD tout à fait agréable. Le dessin est lui aussi très sympathique, mignon graphisme pour la jeunesse bien maîtrisé et avec des très bonnes couleurs. C'est une BD qu'on lit avec plaisir et qui fait passer un bon moment.

01/03/2024 (modifier)
Couverture de la série Murder Falcon
Murder Falcon

Indubitablement, ce récit pourrait concourir dans la catégorie WTF du comics au scénario improbable. Imaginez une invasion de monstres venus d’un univers parallèle que seule pourrait éradiquer le heavy metal. Vous n’y parvenez pas ? Pas grave, Daniel Warren Johnson l’a fait pour vous. Alors oui, le scénario est assez incongru. Oui, il tient sur un timbre postal. Oui, il vaut mieux avoir les bases minimales en matière de heavy et de hard rock, parce que ça aide pour s’amuser de certains clins d’œil (de Rob Halford à Ronnie James Dio en passant par Lemmy Kilmister et bien d'autres). Oui, ce récit est surtout visuel avec de grosses scènes de combat à coup de Flying V ou de Stratocaster, voire de set de batterie volant (avec pédale double sur la grosse caisse). Oui, clairement, c’est du grand n’importe quoi. Mais il y a quand même un fond. Derrière le délire se cache une morale, celle-ci tient dans le fait que même si tout s’écroule, même si la vie est éphémère, la musique nous porte et nous soutient. … Oui, d’accord, c’est pas la morale du siècle… Mais elle a le mérite d’être sincère, et de constituer une véritable preuve d’amour de l’auteur pour la musique en général et le heavy en particulier. Alors voilà, je me suis bien amusé par moments, j’ai trouvé ça lourdingue à d’autres, les clins d’œil que j’ai repéré m’ont plu, la dimension dramatique ne m’est pas parue idiote même si parfois assez déstabilisante (il y a toute une histoire autour d’un des personnages atteint d’un cancer et qui a sombré parce que, justement, il a renoncé à la musique). Surtout, je n’ai pas eu le temps de m’ennuyer parce que cet album se lit vite et qu’il s’y passe toujours quelque chose. Le dessin est lisible même dans les scènes de combat. Les créations graphiques amusent. La mise en page reste sobre et permet donc une lecture aisée. Pas un chef-d’œuvre (certainement pas) mais pas une daube sans nom non plus. Juste un truc improbable qui fait passer le temps. Pas mal, quoi, mais sans plus (et très honnêtement, je n’espérais pas plus).

01/03/2024 (modifier)
Couverture de la série Le Jour des châteaux de sable
Le Jour des châteaux de sable

A sa manière, ce livre traite de la beauté de l’éphémère, du charme du temps qui passe et du temps passé. Surtout, il ravive les souvenirs des anciens à la vue de ce château de sable sans cesse recommencé et sans cesse emporté. Si les marées l’effacent, son souvenir reste en nos mémoires, embelli par les années. Aussi, si ce livre entièrement muet s’adresse de prime abord avant tout aux jeunes lectrices et lecteurs, il dégage un charme nostalgique qui parlera aux plus anciens dans mon genre. Entièrement muet donc, ce récit se concentre sur une journée à la plage. Journée durant laquelle deux enfants n’auront de cesse de construire et reconstruire leur château de sable, détruit tantôt par un chapeau emporté par le vent, tantôt par un bambin indélicat et tantôt par la marée montante. C’est finement observé, plein de charme, joliment dessiné et lumineusement colorisé. L’absence de textes renforce le caractère poétique et philosophique de l’œuvre : pas besoin de paroles, le lecteur ressent les émotions des personnages au travers du dessin et en tire ses propres conclusions. Même s’il est très léger et ne raconte rien d’essentiel, ce petit livre m’a procuré un plaisir réel. Je suis intimement convaincu qu’il plaira aussi aux jeunes, qui s’amuseront des obstacles qui se dressent entre les deux enfants et la réalisation de leur château. Et qui, comme moi, le reliront bien plus vieux en se remémorant ces journées à la plage passée à construire des châteaux éphémères. PS : l’éditeur mentionne le nom de la traductrice. Le livre étant entièrement muet, hormis la traduction du titre, je ne saurais dire quel a été son rôle mais j’aurais trouvé indélicat de l’oublier alors que l’éditeur la mentionne.

01/03/2024 (modifier)