Pendant leurs vacances dans un petit village de montagne, Léna et ses amis s'ennuient ferme jusqu'au jour où ils découvrent une mystérieuse pierre rose et d'improbables grenouilles parlantes organisées en société secrète, bien décidées à menacer le village.
Le point de départ de cette BD jeunesse, à savoir ces grenouilles parlantes et leur drôle de secte secrète, est forcément absurde, mais l'album assume pleinement son côté farfelu et en fait le moteur d'une aventure amusante. Il y a une énergie communicative, des situations volontairement improbables, un humour qui attire le sourire, et une bonne capacité à retrouver cette logique de l'enfance où l'extraordinaire surgit naturellement au coin d'un champ ou d'une rivière. L'ensemble m'a parfois rappelé certaines séries d'animation du début des années 2010 dans son ton, son sens du mouvement et sa manière de mélanger aventure, humour et bizarrerie.
L'album s'adresse un peu plus à de jeunes lecteurs qu'à des adultes et va parfois vite dans son déroulement, mais il conserve un bon sens du rythme et une envie constante d'emmener ses jeunes héros d'une idée farfelue à une autre.
La partie graphique est plutôt réjouissante. Le dessin a une bonne personnalité, avec des designs expressifs, des compositions lisibles et une palette de couleurs vive qui crée des ambiances variées selon les scènes. On sent aussi des influences multiples (animation, manga, BD jeunesse plus classique) sans que l'autrice espagnole donne l'impression de simplement reproduire quelque chose de déjà vu. Il y a au contraire une vraie identité visuelle qui se dégage de l'ensemble. Je suis en revanche plus mesuré sur les quelques scènes muettes qui ne sont pas toujours évidentes à comprendre immédiatement : heureusement, les dialogues qui suivent permettent de mieux saisir ce qui y était représenté.
C'est une aventure jeunesse imaginative et pleine d'énergie, qu'on lit avec le sourire et qui est portée par le graphisme très prometteur de Júlia Rubau Vigara, dont je pense qu'on reverra d'autres œuvres publiées en France à l'avenir.
Un trois étoiles sans plus, même si je pense que le lectorat principalement visé (adolescent ?) y trouvera sans doute davantage son compte que moi.
Le sujet – au sens large – de base est plutôt accrocheur, puisque l’intrigue tourne autour de l’acceptation de la différence, voire de la transidentité (même si ce dernier thème, que je croyais devoir être prépondérant, s’efface rapidement en fait) : le héros, Martino/Rebis, est rejeté car différent – mais en fait surtout car albinos.
L’intrigue se déroule dans un moyen-âge un peu irréel, en une époque où, certes, les différences étaient stigmatisées – ou instrumentalisées – par l’Eglise et autres superstitions. Mais on peut supposer que l’auteure se sert de cette histoire/époque pour mettre en avant une thématique qui redevient hélas de plus en plus d’actualité (voir les violences de plus en plus marquées contre l’homosexualité, et plus généralement contre la communauté queer dans de nombreux pays).
L’histoire se laisse lire, assez rapidement, mais elle m’a quelque peu laissé sur ma faim.
Le dessin est très lisible, pas désagréable, mais n’est pas forcément ma tasse de thé (et la colorisation informatique non plus).
Surtout, il y a un rythme parfois trop lent, des facilités, un univers presque aseptisé, qui rendent mal la rugosité de l’époque, et qui surtout édulcore trop la violence du rejet. Cela manque de rythme, et de saleté, d’âpreté. Cela rend l’histoire artificielle et lui ôte par là un peu de sa force. Je ne sait si cela vient du fait qu’on s’adresse à des ados, ou si l’auteure volait rester dans du Disney like un peu trop rose, mais l’intrigue et les personnages auraient pu gagner en profondeur en évitant trop de rondeur et de douceur.
Accessoirement, je ne suis pas sûr que le fait d’être une « sorcière » (comme celle qui recueille Martino, et qui semble incarner LA sorcière) fasse d’elle quelqu’un de plus tolérant que la moyenne. Être « déviant » (au sens où l’entend la société de l’époque) ne vous rend pas forcément défenseur de toutes les « déviances » (toujours au sens où l’entend la société de l’époque) : Viviana en est presque anachronique, en tout cas cela m’a surpris qu’elle aille à ce point contre certains interdits (homosexualité par exemple).
Le fantastique qui s’invite dans les trente dernières pages ne m’a pas non plus convaincu, comme le happy-end.
Mais bon, je ne suis sans doute pas le cœur de cible.
« Tout, mais pas Beyrouth ! », voilà le cri du cœur de la mère de Mathieu Diez, lorsqu’il lui annonce qu’il postulé pour un poste d’attaché culturel d’ambassade. Et, bien évidemment, c’est ce poste qu’il a décroché, en 2021.
Plusieurs thématiques sont abordées dans ce documentaire aux airs de carnet de voyage. D’abord la découverte d’un pays, que le relatif calme du début de son séjour permet à l’auteur de découvrir. Et le travail d’un attaché culturel, qui réussit à mettre sur pieds plusieurs salons/rencontres d’auteurs, un salon de BD et un autre plus littéraire.
Plusieurs rappels de l’histoire du Liban sont bien amenés. Ils permettent de mieux comprendre ce qui va progressivement se passer, dans une descente en enfers prévisible, pour qui suit l’actualité de la région. En effet, arrivé peu après le désastre de la méga explosion dans le port de Beyrouth, et alors que gabegies et corruption des élites dirigeantes hypothèque le relèvement du pays après la très longue guerre civile des années1970-1980, le dernier tiers du récit est occupé par les conflits dans lesquels le Liban va se trouver entrainé.
Les attaques israéliennes, contre les Hezbollah d’abord, mais rapidement contre les civils libanais de façon quasi indifférencié (bombardements, explosions de « bippers », etc.), tout ceci allant crescendo après l’attaque du Hezbollah contre Israël en octobre 2023.
L’activité culturelle est alors mise en suspens, les familles sont évacuées, et l’auteur lui aussi doit quitter le Liban, les bombes se rapprochant.
On ne peut qu’être inquiet pour les Libanais, car le récit s’arrête avant les bombardements israéliens de ces derniers mois (qui ont tué des milliers de personnes et détruit des quartiers entiers des grandes villes, et rasé de dizaines de villages). Le Liban qui semblait revivre sous les yeux de l’auteur semble reparti dans une spirale infernale, dans l’indifférence internationale, son territoire amputé et ses infrastructures détruites au mépris du droit international.
Le récit est vivant, un peu à la manière d’un Delisle. Pas trop autocentré, une narration dynamique et simple (comme le dessin de Jibé, qui use de plusieurs bichromies pour accompagner ce récit).
Une lecture intéressante.
Je ne connaissais pas l'existence de ce super-héros de l'univers DC Comics. Ce Resurrection Man a la faculté de résurrection (cela semblait évident, je sais) après chacune de ses morts, mais aussi d'acquérir un nouveau super-pouvoir à chaque renaissance. Super-pouvoir en relation avec la cause de sa mort, tandis qu'il perd celui obtenu précédemment. C'est un personnage qui a marqué Ram V lors de son adolescence et cette BD est un hommage. Et quoi de mieux que d'inviter un des créateurs du personnage, Jackson « Butch » Guice devait donc dessiner la première planche de chaque chapitre, ce qu'il fera pour les quatre premiers et en partie pour le cinquième, mais son décès a stoppé cette collaboration. C'est Mike Perkins qui reprend le flambeau pour le dernier chapitre et pour terminer le cinquième.
Ram V nous propose de découvrir les origines de ce super-héros au travers un récit non linéaire qui exploite les engrenages du temps et qui questionne sur la vie (pacte avec le temps). En effet, il meurt, il se réveille, il meurt de nouveau et se réveille encore, encore et encore...
L'histoire est brouillonne et pas toujours simple à suivre. De plus, je ne suis jamais entré complètement dans celle-ci malgré quelques passages touchants. Un personnage auquel je ne me suis pas attaché et qui m'a laissé de marbre. Une conclusion qui rappellera le point de départ d'un film de Stanley Kubrick.
Hormis la première planche de chaque chapitre, c'est Anand RK, dont j'avais apprécié le travail sur Blue in green, qui réalise tout le reste, des crayonnés à l'encrage. Le résultat est convaincant avec ce côté vaporeux, délicat et onirique.
J'aime toujours autant.
Je pense que ce comics est à réserver à ceux qui ont lu les quelques aventures précédentes du personnage.
Nous sommes donc au XIème siècle, dans une Angleterre qui vient de basculer sous le contrôle de Guillaume le Conquérant, après la bataille d'Hastings. Petite histoire dans la grande histoire, une jeune noble récemment veuve est sauvée par un ex-mercenaire danois sous le charme duquel elle tombe rapidement. Mais celui-ci devient à son tour amoureux d'une autre femme.
On a donc un récit de triangle amoureux avec un fond historique un peu complexe. J'avoue, j'ai dû un peu me renseigner pour remettre un peu les enjeux géopolitiques du moment et de la région. L'ensemble du récit rappelle fortement les drames shakespeariens, et pour cause, c'est là qu'il a puisé son inspiration ou carrément placé des histoires comme Macbeth. Si cette inspiration ou parenté n'est peut-être pas revendique par l'auteur, elle est réelle. Non-dits, trahisons, intrigue resserrée à cinq personnages, cela ressemble bel et bien à une tragédie en trois ou cinq actes. Et les personnages y montrent parfois un double visage, comme la cruauté d'Aelfhild, ou la vaillance au combat de Merwynn. Il y a des choses à creuser au niveau psychanalytique, je pense.
Si le dessin de Félix the Rover n'est pas encore mature, il progresse au long de l'album, comme le souligne justement en préface Mauricet, ami du jeune auteur. Si sa marge de progression est encore importante sur les personnages et les animaux, le côté un peu monolithique des bâtiments m'a semblé assez intéressant, comme la forme très particulière de la Motte, surnom de la forteresse commandée par Aelfhild.
Bref, si on n'est pas face à une BD d'une grande maîtrise, elle porte en elle des promesses pour l'avenir de la carrière de son auteur.
Avec « De bonne foi », Marguerite Boutrolle nous offre un huis clos au dessin stylisé et aux thématiques diverses. L’album se lit vite malgré sa forte pagination et s’il n’est pas dénué d’intérêt, il ne m’aura pas autant marqué qu’il l’aurait pu.
L’histoire se déroule en Bretagne à une époque où la peine de mort est toujours d’application même si remise en question. Un anarchiste accusé de meurtre trouve refuge dans une maison isolée occupée par une étudiante en droit revenue dans celle-ci pour réviser. Les deux personnages vont progressivement se dévoiler et on va ainsi découvrir qu’un même traumatisme les relie. Le récit nous interroge de la sorte sur le sens des responsabilités, sur la pertinence de la peine de mort, sur le poids de nos erreurs passées. C’est plutôt pas mal mais pas assez creusé à mon goût. On reste plus dans un récit d’ambiance, pas spécialement oppressant malgré la thématique mais plutôt hors du temps. J’ai eu l’impression d’être dans l’œil du cyclone, ce moment d’accalmie au cœur de la tempête pour deux personnages qui peuvent alors prendre le temps de réfléchir à leurs actes.
Le dessin est particulier, déformant volontiers les perspectives. Ce qui crée une ambiance quelque peu fantastique à un récit pourtant tout ce qu’il y a de plus réaliste. Les grandes illustrations ne sont pas rares et, couplées avec le peu de textes, contribue à rendre la lecture très rapide. La colorisation, avec une palette de couleurs volontairement très réduite, ne fait qu'accentuer la chose. J’émettrai tout de même un gros bémol à propos de la physionomie des personnages dont il est très difficile de déterminer l’âge. L’anarchiste, surtout semble bien plus âgé que ce qu’il devrait être, et cela pose problème lors de certains passages du récit.
A la lecture j'ai eu le sentiment que l'autrice prenait plaisir à dessiner 'sa' Bretagne, multipliant les clins d'œil vis-à-vis des lieux visités. Je n'ai rien contre cette pratique mais, dans le cas présent, l'effet a été contre-productif, cassant l'ambiance de thriller qu'elle cherche à instaurer par ailleurs.
Dans l’ensemble, c’est plutôt pas mal mais un peu léger à mon goût. Je crains d’avoir vite oublier cette histoire. Que cela ne vous empêche pas d’y jeter un œil car il y a du taf et de la qualité.
J'ai tant aimé l'histoire que je me promets de lire ce texte de Jack London ! Par contre, grosse déception au niveau du dessin ! La couverture m'évoque un Pratt ou un Breccia, l'intérieur de la BD me semble bien plus fade, convenu et sans subtilité par rapport. Lisible pour l'histoire, je le redis ! Et encore, au début, je pensais à Lovecraft, mais non, le ton est bien différent, heureusement. Je ne vais pas me lancer dans une comparaison, essentiellement par flemme, mais je dirais que la question de la colère rouge est sous-exploitée.
Dans le roman aussi ? Je n'en sais rien, mais il me semble que cela aurait pu faire contraste avec le reste et lier subtilement les deux mondes, l'habituel et celui du rêve - ou de la réincarnation ? Bref, je suis toujours un peu triste quand je vois des occasions perdues.
« Hemingway, la jeune fille et la mer » est un récit d’aventure aux accents burlesques dans lequel les auteurs vont mettre en scène un Ernest Hemingway ‘fantasmé’. Entendez par là que le personnage qui nous est ici présenté correspond plus à sa légende qu’à une quelconque vérité historique, et les aventures dans lesquelles il va être entrainé sont tout autant fantaisistes.
Le récit est très plaisant à lire, entrainant, joyeux, lumineux. Il bénéficie à la fois de la verve de Philippe Charlot, qui a l’art d’humaniser ses personnages et le sens des dialogues, et de la qualité du trait de Laurent Zimny. Ce dernier nous délivre des planches très dynamiques et, on y revient, lumineuses.
On en apprend très peu sur Ernest Hemingway, sinon au travers du dossier disponible en fin d’album, et cette aventure qui le voit mené par le bout de son nez par une gamine déterminée se veut avant tout rocambolesque et en rien réaliste. L’ambiance y est, cependant, et j’ai vraiment été transporté dans les Keys à cette époque très romanesque. De plus le personnage d’Hemingway y est des plus sympathiques. C’est d’ailleurs le point fort du récit, cette sympathie que lui comme l’ensemble des personnages dégagent au fil des planches. Un lien sera bien entendu réalisé par les auteurs entre cette histoire (totalement inventée, faut-il vous le rappeler) et l’écriture de « le Vieil homme et la mer ».
Pas un chef-d’œuvre mais une lecture sympathique et divertissante. Des plus recommandables.
J’arrondis aux trois étoiles, parce que l’adulte que je suis n’a pas forcément été emballé par la lecture de cette série. Mais elle s’adresse avant tout à un jeune lectorat (adolescent je pense), et celui-ci y trouvera sans doute davantage son compte.
C’est une sorte d’Harry Potter girly par moments, avec des jeunes gens passant des épreuves, pour devenir non pas sorciers – quoique la magie joue ici un grand rôle – mais Arcane majeur. En effet, l’auteure ancre son intrigue dans les arcanes du tarot, en y ajoutant tout un tas d’autres univers. Un univers développé dans l’intrigue, mais aussi dans plusieurs petits intermèdes, présentations diverses, sur l’histoire des arcanes, les spécificités de chaque pouvoir, etc.
Le rythme est étrange. En effet, il y a parfois de longs moments de mise en place, avec des dialogues un peu « gentils » à mon goût, et d’autres moments où tout s’accélère – comme durant certaines épreuves du deuxième album, parfois expédiées. Le troisième album (qui condense les deux derniers albums initialement prévus) est un peu plus dense, et apporte un peu plus de consistance à l’histoire.
Dessin et colorisation ne sont pas forcément mon truc, mais je leur reconnais de l’originalité. C’est très coloré, et très lisible.
Je reconnais aussi à l’auteure d’avoir placé au fil de l’intrigue plusieurs thèmes intéressants, et pas souvent mis en avant dans des séries pour ados (en tout cas à ma connaissance) : la sororité (plus généralement, les personnages féminins sont beaucoup plus nombreux, et souvent jouent les principaux rôles), l’homosexualité, voire le questionnement autour du genre (plusieurs fois évoqué, avec en sus l’utilisation du pronom iel).
Au-delà de l’esthétique générale, dont je ne suis pas friand (mais c’est affaire de goût), l’intrigue m’a par ailleurs laissé un peu de côté, dialogues et péripéties manquant de consistance, étant parfois un chouia « faciles » ou « mièvres » (même si ce terme est peut-être un peu fort, et ne concerne que quelques passages).
Mais, je me répète, des ados sont davantage susceptible d’apprécier cette histoire que le vieux bonhomme que je suis.
Floyd Gottfredson a repris les strips quotidiens de Mickey, à la suite d'Ub Iwerks. C'est lui qui a fixé l'image du Mickey classique que nous avons tous aujourd'hui, ainsi que celle de Minnie, Dingo et de nombreux autres personnages. Mais les histoires sont très limitées par les standards et les préjugés de l'époque. Voyez l'épisode des gitans ! Plus tard, et au fil des décennies, surtout dans les années 50 et 60, il a construit, avec l'aide de plusieurs scénaristes, une œuvre plus personnelle, en même temps universelle, et avec quelques personnages mémorables.
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Le Complot des grenouilles
Pendant leurs vacances dans un petit village de montagne, Léna et ses amis s'ennuient ferme jusqu'au jour où ils découvrent une mystérieuse pierre rose et d'improbables grenouilles parlantes organisées en société secrète, bien décidées à menacer le village. Le point de départ de cette BD jeunesse, à savoir ces grenouilles parlantes et leur drôle de secte secrète, est forcément absurde, mais l'album assume pleinement son côté farfelu et en fait le moteur d'une aventure amusante. Il y a une énergie communicative, des situations volontairement improbables, un humour qui attire le sourire, et une bonne capacité à retrouver cette logique de l'enfance où l'extraordinaire surgit naturellement au coin d'un champ ou d'une rivière. L'ensemble m'a parfois rappelé certaines séries d'animation du début des années 2010 dans son ton, son sens du mouvement et sa manière de mélanger aventure, humour et bizarrerie. L'album s'adresse un peu plus à de jeunes lecteurs qu'à des adultes et va parfois vite dans son déroulement, mais il conserve un bon sens du rythme et une envie constante d'emmener ses jeunes héros d'une idée farfelue à une autre. La partie graphique est plutôt réjouissante. Le dessin a une bonne personnalité, avec des designs expressifs, des compositions lisibles et une palette de couleurs vive qui crée des ambiances variées selon les scènes. On sent aussi des influences multiples (animation, manga, BD jeunesse plus classique) sans que l'autrice espagnole donne l'impression de simplement reproduire quelque chose de déjà vu. Il y a au contraire une vraie identité visuelle qui se dégage de l'ensemble. Je suis en revanche plus mesuré sur les quelques scènes muettes qui ne sont pas toujours évidentes à comprendre immédiatement : heureusement, les dialogues qui suivent permettent de mieux saisir ce qui y était représenté. C'est une aventure jeunesse imaginative et pleine d'énergie, qu'on lit avec le sourire et qui est portée par le graphisme très prometteur de Júlia Rubau Vigara, dont je pense qu'on reverra d'autres œuvres publiées en France à l'avenir.
Rebis
Un trois étoiles sans plus, même si je pense que le lectorat principalement visé (adolescent ?) y trouvera sans doute davantage son compte que moi. Le sujet – au sens large – de base est plutôt accrocheur, puisque l’intrigue tourne autour de l’acceptation de la différence, voire de la transidentité (même si ce dernier thème, que je croyais devoir être prépondérant, s’efface rapidement en fait) : le héros, Martino/Rebis, est rejeté car différent – mais en fait surtout car albinos. L’intrigue se déroule dans un moyen-âge un peu irréel, en une époque où, certes, les différences étaient stigmatisées – ou instrumentalisées – par l’Eglise et autres superstitions. Mais on peut supposer que l’auteure se sert de cette histoire/époque pour mettre en avant une thématique qui redevient hélas de plus en plus d’actualité (voir les violences de plus en plus marquées contre l’homosexualité, et plus généralement contre la communauté queer dans de nombreux pays). L’histoire se laisse lire, assez rapidement, mais elle m’a quelque peu laissé sur ma faim. Le dessin est très lisible, pas désagréable, mais n’est pas forcément ma tasse de thé (et la colorisation informatique non plus). Surtout, il y a un rythme parfois trop lent, des facilités, un univers presque aseptisé, qui rendent mal la rugosité de l’époque, et qui surtout édulcore trop la violence du rejet. Cela manque de rythme, et de saleté, d’âpreté. Cela rend l’histoire artificielle et lui ôte par là un peu de sa force. Je ne sait si cela vient du fait qu’on s’adresse à des ados, ou si l’auteure volait rester dans du Disney like un peu trop rose, mais l’intrigue et les personnages auraient pu gagner en profondeur en évitant trop de rondeur et de douceur. Accessoirement, je ne suis pas sûr que le fait d’être une « sorcière » (comme celle qui recueille Martino, et qui semble incarner LA sorcière) fasse d’elle quelqu’un de plus tolérant que la moyenne. Être « déviant » (au sens où l’entend la société de l’époque) ne vous rend pas forcément défenseur de toutes les « déviances » (toujours au sens où l’entend la société de l’époque) : Viviana en est presque anachronique, en tout cas cela m’a surpris qu’elle aille à ce point contre certains interdits (homosexualité par exemple). Le fantastique qui s’invite dans les trente dernières pages ne m’a pas non plus convaincu, comme le happy-end. Mais bon, je ne suis sans doute pas le cœur de cible.
Tout mais pas Beyrouth
« Tout, mais pas Beyrouth ! », voilà le cri du cœur de la mère de Mathieu Diez, lorsqu’il lui annonce qu’il postulé pour un poste d’attaché culturel d’ambassade. Et, bien évidemment, c’est ce poste qu’il a décroché, en 2021. Plusieurs thématiques sont abordées dans ce documentaire aux airs de carnet de voyage. D’abord la découverte d’un pays, que le relatif calme du début de son séjour permet à l’auteur de découvrir. Et le travail d’un attaché culturel, qui réussit à mettre sur pieds plusieurs salons/rencontres d’auteurs, un salon de BD et un autre plus littéraire. Plusieurs rappels de l’histoire du Liban sont bien amenés. Ils permettent de mieux comprendre ce qui va progressivement se passer, dans une descente en enfers prévisible, pour qui suit l’actualité de la région. En effet, arrivé peu après le désastre de la méga explosion dans le port de Beyrouth, et alors que gabegies et corruption des élites dirigeantes hypothèque le relèvement du pays après la très longue guerre civile des années1970-1980, le dernier tiers du récit est occupé par les conflits dans lesquels le Liban va se trouver entrainé. Les attaques israéliennes, contre les Hezbollah d’abord, mais rapidement contre les civils libanais de façon quasi indifférencié (bombardements, explosions de « bippers », etc.), tout ceci allant crescendo après l’attaque du Hezbollah contre Israël en octobre 2023. L’activité culturelle est alors mise en suspens, les familles sont évacuées, et l’auteur lui aussi doit quitter le Liban, les bombes se rapprochant. On ne peut qu’être inquiet pour les Libanais, car le récit s’arrête avant les bombardements israéliens de ces derniers mois (qui ont tué des milliers de personnes et détruit des quartiers entiers des grandes villes, et rasé de dizaines de villages). Le Liban qui semblait revivre sous les yeux de l’auteur semble reparti dans une spirale infernale, dans l’indifférence internationale, son territoire amputé et ses infrastructures détruites au mépris du droit international. Le récit est vivant, un peu à la manière d’un Delisle. Pas trop autocentré, une narration dynamique et simple (comme le dessin de Jibé, qui use de plusieurs bichromies pour accompagner ce récit). Une lecture intéressante.
Resurrection Man
Je ne connaissais pas l'existence de ce super-héros de l'univers DC Comics. Ce Resurrection Man a la faculté de résurrection (cela semblait évident, je sais) après chacune de ses morts, mais aussi d'acquérir un nouveau super-pouvoir à chaque renaissance. Super-pouvoir en relation avec la cause de sa mort, tandis qu'il perd celui obtenu précédemment. C'est un personnage qui a marqué Ram V lors de son adolescence et cette BD est un hommage. Et quoi de mieux que d'inviter un des créateurs du personnage, Jackson « Butch » Guice devait donc dessiner la première planche de chaque chapitre, ce qu'il fera pour les quatre premiers et en partie pour le cinquième, mais son décès a stoppé cette collaboration. C'est Mike Perkins qui reprend le flambeau pour le dernier chapitre et pour terminer le cinquième. Ram V nous propose de découvrir les origines de ce super-héros au travers un récit non linéaire qui exploite les engrenages du temps et qui questionne sur la vie (pacte avec le temps). En effet, il meurt, il se réveille, il meurt de nouveau et se réveille encore, encore et encore... L'histoire est brouillonne et pas toujours simple à suivre. De plus, je ne suis jamais entré complètement dans celle-ci malgré quelques passages touchants. Un personnage auquel je ne me suis pas attaché et qui m'a laissé de marbre. Une conclusion qui rappellera le point de départ d'un film de Stanley Kubrick. Hormis la première planche de chaque chapitre, c'est Anand RK, dont j'avais apprécié le travail sur Blue in green, qui réalise tout le reste, des crayonnés à l'encrage. Le résultat est convaincant avec ce côté vaporeux, délicat et onirique. J'aime toujours autant. Je pense que ce comics est à réserver à ceux qui ont lu les quelques aventures précédentes du personnage.
Les Cendres du Nord
Nous sommes donc au XIème siècle, dans une Angleterre qui vient de basculer sous le contrôle de Guillaume le Conquérant, après la bataille d'Hastings. Petite histoire dans la grande histoire, une jeune noble récemment veuve est sauvée par un ex-mercenaire danois sous le charme duquel elle tombe rapidement. Mais celui-ci devient à son tour amoureux d'une autre femme. On a donc un récit de triangle amoureux avec un fond historique un peu complexe. J'avoue, j'ai dû un peu me renseigner pour remettre un peu les enjeux géopolitiques du moment et de la région. L'ensemble du récit rappelle fortement les drames shakespeariens, et pour cause, c'est là qu'il a puisé son inspiration ou carrément placé des histoires comme Macbeth. Si cette inspiration ou parenté n'est peut-être pas revendique par l'auteur, elle est réelle. Non-dits, trahisons, intrigue resserrée à cinq personnages, cela ressemble bel et bien à une tragédie en trois ou cinq actes. Et les personnages y montrent parfois un double visage, comme la cruauté d'Aelfhild, ou la vaillance au combat de Merwynn. Il y a des choses à creuser au niveau psychanalytique, je pense. Si le dessin de Félix the Rover n'est pas encore mature, il progresse au long de l'album, comme le souligne justement en préface Mauricet, ami du jeune auteur. Si sa marge de progression est encore importante sur les personnages et les animaux, le côté un peu monolithique des bâtiments m'a semblé assez intéressant, comme la forme très particulière de la Motte, surnom de la forteresse commandée par Aelfhild. Bref, si on n'est pas face à une BD d'une grande maîtrise, elle porte en elle des promesses pour l'avenir de la carrière de son auteur.
De bonne foi
Avec « De bonne foi », Marguerite Boutrolle nous offre un huis clos au dessin stylisé et aux thématiques diverses. L’album se lit vite malgré sa forte pagination et s’il n’est pas dénué d’intérêt, il ne m’aura pas autant marqué qu’il l’aurait pu. L’histoire se déroule en Bretagne à une époque où la peine de mort est toujours d’application même si remise en question. Un anarchiste accusé de meurtre trouve refuge dans une maison isolée occupée par une étudiante en droit revenue dans celle-ci pour réviser. Les deux personnages vont progressivement se dévoiler et on va ainsi découvrir qu’un même traumatisme les relie. Le récit nous interroge de la sorte sur le sens des responsabilités, sur la pertinence de la peine de mort, sur le poids de nos erreurs passées. C’est plutôt pas mal mais pas assez creusé à mon goût. On reste plus dans un récit d’ambiance, pas spécialement oppressant malgré la thématique mais plutôt hors du temps. J’ai eu l’impression d’être dans l’œil du cyclone, ce moment d’accalmie au cœur de la tempête pour deux personnages qui peuvent alors prendre le temps de réfléchir à leurs actes. Le dessin est particulier, déformant volontiers les perspectives. Ce qui crée une ambiance quelque peu fantastique à un récit pourtant tout ce qu’il y a de plus réaliste. Les grandes illustrations ne sont pas rares et, couplées avec le peu de textes, contribue à rendre la lecture très rapide. La colorisation, avec une palette de couleurs volontairement très réduite, ne fait qu'accentuer la chose. J’émettrai tout de même un gros bémol à propos de la physionomie des personnages dont il est très difficile de déterminer l’âge. L’anarchiste, surtout semble bien plus âgé que ce qu’il devrait être, et cela pose problème lors de certains passages du récit. A la lecture j'ai eu le sentiment que l'autrice prenait plaisir à dessiner 'sa' Bretagne, multipliant les clins d'œil vis-à-vis des lieux visités. Je n'ai rien contre cette pratique mais, dans le cas présent, l'effet a été contre-productif, cassant l'ambiance de thriller qu'elle cherche à instaurer par ailleurs. Dans l’ensemble, c’est plutôt pas mal mais un peu léger à mon goût. Je crains d’avoir vite oublier cette histoire. Que cela ne vous empêche pas d’y jeter un œil car il y a du taf et de la qualité.
Le Vagabond des Étoiles
J'ai tant aimé l'histoire que je me promets de lire ce texte de Jack London ! Par contre, grosse déception au niveau du dessin ! La couverture m'évoque un Pratt ou un Breccia, l'intérieur de la BD me semble bien plus fade, convenu et sans subtilité par rapport. Lisible pour l'histoire, je le redis ! Et encore, au début, je pensais à Lovecraft, mais non, le ton est bien différent, heureusement. Je ne vais pas me lancer dans une comparaison, essentiellement par flemme, mais je dirais que la question de la colère rouge est sous-exploitée. Dans le roman aussi ? Je n'en sais rien, mais il me semble que cela aurait pu faire contraste avec le reste et lier subtilement les deux mondes, l'habituel et celui du rêve - ou de la réincarnation ? Bref, je suis toujours un peu triste quand je vois des occasions perdues.
Hemingway, la jeune fille et la mer
« Hemingway, la jeune fille et la mer » est un récit d’aventure aux accents burlesques dans lequel les auteurs vont mettre en scène un Ernest Hemingway ‘fantasmé’. Entendez par là que le personnage qui nous est ici présenté correspond plus à sa légende qu’à une quelconque vérité historique, et les aventures dans lesquelles il va être entrainé sont tout autant fantaisistes. Le récit est très plaisant à lire, entrainant, joyeux, lumineux. Il bénéficie à la fois de la verve de Philippe Charlot, qui a l’art d’humaniser ses personnages et le sens des dialogues, et de la qualité du trait de Laurent Zimny. Ce dernier nous délivre des planches très dynamiques et, on y revient, lumineuses. On en apprend très peu sur Ernest Hemingway, sinon au travers du dossier disponible en fin d’album, et cette aventure qui le voit mené par le bout de son nez par une gamine déterminée se veut avant tout rocambolesque et en rien réaliste. L’ambiance y est, cependant, et j’ai vraiment été transporté dans les Keys à cette époque très romanesque. De plus le personnage d’Hemingway y est des plus sympathiques. C’est d’ailleurs le point fort du récit, cette sympathie que lui comme l’ensemble des personnages dégagent au fil des planches. Un lien sera bien entendu réalisé par les auteurs entre cette histoire (totalement inventée, faut-il vous le rappeler) et l’écriture de « le Vieil homme et la mer ». Pas un chef-d’œuvre mais une lecture sympathique et divertissante. Des plus recommandables.
Arcana
J’arrondis aux trois étoiles, parce que l’adulte que je suis n’a pas forcément été emballé par la lecture de cette série. Mais elle s’adresse avant tout à un jeune lectorat (adolescent je pense), et celui-ci y trouvera sans doute davantage son compte. C’est une sorte d’Harry Potter girly par moments, avec des jeunes gens passant des épreuves, pour devenir non pas sorciers – quoique la magie joue ici un grand rôle – mais Arcane majeur. En effet, l’auteure ancre son intrigue dans les arcanes du tarot, en y ajoutant tout un tas d’autres univers. Un univers développé dans l’intrigue, mais aussi dans plusieurs petits intermèdes, présentations diverses, sur l’histoire des arcanes, les spécificités de chaque pouvoir, etc. Le rythme est étrange. En effet, il y a parfois de longs moments de mise en place, avec des dialogues un peu « gentils » à mon goût, et d’autres moments où tout s’accélère – comme durant certaines épreuves du deuxième album, parfois expédiées. Le troisième album (qui condense les deux derniers albums initialement prévus) est un peu plus dense, et apporte un peu plus de consistance à l’histoire. Dessin et colorisation ne sont pas forcément mon truc, mais je leur reconnais de l’originalité. C’est très coloré, et très lisible. Je reconnais aussi à l’auteure d’avoir placé au fil de l’intrigue plusieurs thèmes intéressants, et pas souvent mis en avant dans des séries pour ados (en tout cas à ma connaissance) : la sororité (plus généralement, les personnages féminins sont beaucoup plus nombreux, et souvent jouent les principaux rôles), l’homosexualité, voire le questionnement autour du genre (plusieurs fois évoqué, avec en sus l’utilisation du pronom iel). Au-delà de l’esthétique générale, dont je ne suis pas friand (mais c’est affaire de goût), l’intrigue m’a par ailleurs laissé un peu de côté, dialogues et péripéties manquant de consistance, étant parfois un chouia « faciles » ou « mièvres » (même si ce terme est peut-être un peu fort, et ne concerne que quelques passages). Mais, je me répète, des ados sont davantage susceptible d’apprécier cette histoire que le vieux bonhomme que je suis.
L'Intégrale de Mickey
Floyd Gottfredson a repris les strips quotidiens de Mickey, à la suite d'Ub Iwerks. C'est lui qui a fixé l'image du Mickey classique que nous avons tous aujourd'hui, ainsi que celle de Minnie, Dingo et de nombreux autres personnages. Mais les histoires sont très limitées par les standards et les préjugés de l'époque. Voyez l'épisode des gitans ! Plus tard, et au fil des décennies, surtout dans les années 50 et 60, il a construit, avec l'aide de plusieurs scénaristes, une œuvre plus personnelle, en même temps universelle, et avec quelques personnages mémorables.