L’ouvrage possède des qualités, se laisse lire facilement, mais il m’a aussi laissé un peu sur ma faim.
Il m’a déjà permis de connaitre cette femme, Hypathie – sans doute une des premières scientifiques féminines à propos de laquelle beaucoup d’informations nous sont parvenues. Et les auteurs utilisent ces informations, sur sa formation (avec son père), et sur le rôle important qu’elle a joué, au tournant des IVème et Vème siècle, à Alexandrie, dans le développement des sciences et plus généralement de leur enseignement. Le contexte historique est aussi assez bien rendu.
Le destin d’Hypathie est finalement tragique. Mais durant toute sa vie, elle a incarné une forte liberté intellectuelle – que sa naissance parmi la « bonne société » a bien sûr facilité. Et elle a fait face à beaucoup de misogynie, sa détermination et son talent lui permettant de passer outre, jusqu’au drame final. D’ailleurs c’est plutôt après sa mort que son « féminismes » a été mis en avant (contre elle pour en faire une préfiguration des « sorcières » de la part de ses détracteurs, et plus près de nous pour en faire une pionnière du féminisme – ce qui est sans doute anachronique.
J’ai juste trouvé le récit parfois un peu « sec ». Il y a aussi parfois quelques tournures qui m’ont semblé quelque peu anachroniques. En particulier le passage d’Hypathie dans « l’école d’Athènes » ressemble un peu trop dans certains dialogues à la vie estudiantine du XXème siècle (voir certains dialogues entre « étudiants »). Ils ont aussi pris la liberté de lier le destin tragique d’Hypathie avec la destruction de la Bibliothèque d’Alexandrie, ce qui n’est en réalité pas le cas (on ne sait d’ailleurs pas grand-chose de cette destruction).
Mais bon, le récit est instructif (aussi sur les conflits religieux des débuts du christianisme en Égypte), et donc intéressant.
La lecture est relativement rapide, mais plutôt intéressante.
Sur un sujet d’actualité (les migrations clandestines – ici venues de la Syrie en guerre – et le rôle des filières mafieuses de « passeurs »), l’album nous présente une histoire romancée et vaguement policière, mais qui hélas parait fortement teintée de réalité. Et c’est une histoire dure.
Cette âpreté, dessin et colorisation la rendent assez bien. Des couleurs ternes, un gris bleuté, accentuent une certaine tristesse du récit.
Les personnages sont assez typés et relativement manichéen (des passeurs sans scrupules ni empathie, des migrants fatalistes sans réaction face aux violences), à part le duo de personnages principaux : un des passeurs (dont on apprend via des flash-backs comment il en est arrivé là et la douleur cachée qui l’obsède) et une jeune migrante kurde portant une des seules traces de couleurs sur elle un foulard des combattante kurdes des YPG. Ces deux personnages donnent un peu plus de nuances au récit. Plus d’humanité aussi. Mais pas moins de violence finalement.
Le récit est intéressant, et il est très bien complété par un excellent dossier (assez copieux et très détaillé en fin d’album).
La lecture est recommandée en tout cas, narration et dessin étant très fluides.
Note réelle 3,5/5.
Le récit couvre la vie d'une femme, la mère d'Altarriba, tout au long de l'histoire contemporaine de l'Espagne, surtout pendant la période franquiste. Une vie de conformisme et de résignation, marquée par le catholicisme conservateur, par le silence concernant son handicap et l'obéissance aux hommes et aux pouvoirs établis. C'est bien écrit et nous le suivons bien. Les dessins de Kim, sans être excellents, remplissent leur rôle. Je suis d'accord avec l'avis de Noirdésir, la vie du père de l'auteur dans L'Art de voler est beaucoup plus riche en péripéties.
Rosamée raconte l'histoire d'une jeune fille vivant sur une île isolée qui, en bravant un interdit pour retrouver son meilleur ami disparu, entreprend un voyage initiatique où elle sera confrontée à des secrets, des croyances anciennes et à la nécessité de tracer sa propre voie.
Rosamée est une jolie trilogie jeunesse qui séduit d'abord par son aspect visuel. Le dessin de Berny est sans doute le principal atout de la série : souple, expressif, très maîtrisé, il évoque autant l'univers de l'animation que la souplesse du trait de Cyril Pedrosa. Les décors, les couleurs et la mise en scène donnent régulièrement envie de tourner les pages, même lorsque le récit peine un peu à suivre le même niveau d'inspiration.
Car si l'histoire est globalement agréable et suffisamment intrigante pour donner envie d'aller au bout, son rythme narratif m'a laissé plus réservé. Le premier tome repose sur un ressort extrêmement classique : une enfant à qui l'on interdit d'aller dans un lieu mystérieux sans jamais lui expliquer pourquoi. On comprend immédiatement ce qui va se passer et pourtant cette mise en place occupe la totalité de l'album. Le deuxième tome est lui aussi dans une veine assez convenue, proche du conte pour enfants. Rosamée atteint enfin le lieu interdit, y rencontre des personnages inquiétants qui se montrent d'abord accueillants avant de révéler assez vite leur véritable nature. L'ensemble fonctionne correctement mais s'étire là aussi sur un volume entier, avec des personnages et des situations davantage guidés par le symbolisme et la métaphore que par une logique réaliste.
C'est finalement dans le troisième tome que l'intrigue prend une direction un peu moins attendue, plus concrète dans un premier temps, avant de développer à nouveau ses thèmes sur l'émancipation, la remise en question des traditions et la capacité des nouvelles générations à s'affranchir des croyances héritées. Les révélations apportent un supplément de sens à l'ensemble, même si elles conservent ce ton de fable symbolique qui caractérise toute la série.
Malheureusement, cette dernière partie donne aussi l'impression que les auteurs ont dû conclure la série plus vite que prévu. La fin paraît précipitée et plusieurs éléments auraient mérité davantage de développement. J'ai le sentiment que le contenu des deux premiers tomes auraient pu être davantage condensé, afin de laisser plus d'espace à l'intrigue du dernier tome et à la conclusion.
Une lecture sympathique, portée par un dessin réussi et un univers agréable à parcourir, mais dont la narration manque au départ trop de densité et d'originalité pour exploiter pleinement son potentiel.
J'ai commencé par L'empire des 1000 planètes, qui m'a ébloui. Hélas, le reste, moins ! Parfois, on éprouve une certaine lassitude et ennui sans qu'une œuvre ait franchement démérité. Peut-être l'enthousiasme de la nouveauté l'a-t-il fait surestimer ? J'aime bien les héros, le trait n'est pas mauvais mais je me suis lassé, les intrigues ne m'ayant pas happé, loin de là ! Or donc, quand tout est calme, il faut de fort belles images ou des dialogues brillantissimes, et ce n'est pas la cas.
Un peu dans le même genre, on a transformé l'essai dans Orbital ! Signe qui ne trompe pas, j'attends la suite, celle de notre série, non. Je comprends que certains se fixent sur Laureline : il y a si peu d'héroïnes un tant soit peu charismatique. Mais en humain, Yoko Tsuno est mieux, à mon avis. Et pour ne pas être humaine, l'héroïne d'Orbital ne lui cède en rien. Et cerise sur le gâteau, le héros n'a rien du presque benêt Valérian ! Le dessin est tellement plus beau et original : on voit tout le tranchant des aventures, des dilemmes, et il y a un certain flou, comme dans la vie.
2.5
La grosse biographie d'Osamu Tezuka par son studio et disons que ça se voit un peu trop par moment lorsqu'on sort la brosse à luire et qu'on parle à quel point Tezuka était un grand maitre du manga et qu''il était un conteur génial né. Heureusement, on le montre aussi dans des situations qui ne le mets pas trop en valeur et au travers sa vie on voit une bonne partie de l'histoire du manga et des changements de la société japonaise pendant une bonne partie du vingtième siècle.
Ce manga est pas dénué d'intérêt, mais c'est trop long et surtout c'est un peu trop répétitif. À force de voir Tezuka accepter un boulot, avoir des problèmes avec ces éditeurs parce qu'il est toujours en retard, produire des animes...ben on dirait qu'on tourne un peu en rond. On est loin des longues sagas excitantes que Tezuka lui-même faisait. Le pire est qu'on a droit à des extraits de différentes œuvres autobiographies que Tezuka a faites au cours de sa vie et elles ont l'air plus passionnante à lire.
Positif : le dessin, l'effet de surprise puis d'amusement pour le style empoupé d'Achille Talon. Après, il a fini par m'ennuyer mais j'en verrais bien quelques planches à l'occasion. Pour la nostalgie. S'il a une vérité sociologique, tant d'autres bd ne font pas moins. C'est vraiment les discours d'Achille et sa manière de se tenir qui sont originales, ça peut plaire, déplaire, indifférer… A mon avis, on est quand même loin, bien loin de Gaston Lagaffe ou même des insultes variées du capitaine Haddock !
Le vampire est plutôt sympa, l'histoire aussi mais sans rien de bien marquant…. C'est l'image et le garçon qui obligent à tourner les pages, je pense. En tout cas, je les ai bien aimés tous les deux, il y a longtemps, quand je les ai lus… Naviguer ici c'est se tenir au courant des nouveautés, mais aussi se rappeler du passé. Cette bd me paraît assez raisonnable, ceci dit : se nourrir de sang n'implique pas de tuer des humains, boire le sang du steak comme notre héros, ou je pense se mettre d'accord avec quelque boucher ou paysan ou saigner des rats serait possible. Il n'est pas interdit de se demander ce que donnerait le mariage non de plats et de vin, mais de sang et de vin !
C’est une aventure fantasy légère, agrémentée d’une touche d’enquête, qui se lit agréablement en une ou deux soirées.
Même si le dessin comme le scénario ne proposent rien de véritablement exceptionnel, l’histoire reste captivante et parvient à immerger efficacement le lecteur dans une atmosphère de fantasy coloniale inspirée des Caraïbes. L’univers évoque l’époque des compagnies commerciales maritimes et des États insulaires caribéens, transposée dans un cadre fantastique. Ce n’est ni le récit le plus profond ni le plus ambitieux, mais il parvient sans difficulté à maintenir l’intérêt jusqu’à la dernière page.
Parmi les points faibles, je noterais qu’Olgo et Lekard, deux des personnages principaux, se ressemblent beaucoup : mêmes visages, mêmes barbes, coiffures très proches et même couleur de cheveux. Au début, il n’est pas toujours facile de les distinguer ou de les mémoriser.
J’ai également eu l’impression que l’auteur ne faisait qu’effleurer un univers beaucoup plus vaste, riche en histoires potentielles. Le cadre paraît bien plus grand que l’intrigue elle-même. Ce que nous lisons n’est finalement qu’une histoire parmi des centaines d’autres possibles : celle de quatre personnages aux objectifs et motivations différents, dont les destins se croisent de manière habile.
Au final, c’est une bonne bande dessinée de divertissement : agréable à lire, immersive et cohérente. Elle ne cherche pas à révolutionner le genre ni à transmettre des idées particulièrement marquantes, mais elle remplit parfaitement son rôle. Une lecture sympathique, sans être pour autant mémorable ou exceptionnelle.
Je ne connaissais pas du tout cette artiste. Ce que m'en ont fait connaitre les auteurs m'a fait penser à la destinée météorique d'une autre artiste (que je ne connais pas en profondeur, et qui a connu une plus grande célébrité), à savoir Amy Winehouse: une carrière courte, un gros talent (vocal entre autres) et une fin sordide, rongée par les drogues.
Le fait qu'il n'y ait finalement pas trop d'informations précises concernant la biographie de Judee Sill a sans doute été une chance pour les auteurs. En leur évitant la banale chronologie illustrée, ils ont été vers la construction d'une ambiance - très bien rendue - d'une époque, la Californie des années 1960-70. Et finalement, ça finit par rendre attachante, touchante cette femme, qui, pourtant, a priori, ne déclenche pas spontanément l'empathie, car violente, impulsive, autocentrée.
Un album qui est aussi le reflet d’une époque où la vie pouvait se brûler – rapidement – par tous les bouts. Mais aussi le portrait d’une gamine qui avait plein de rêve dans la tête, et qui n’a pas voulu faire de concession pour les abandonner, quitte à ce qu’ils se transforment en cauchemars.
Le dessin est plutôt agréable. Avec une volonté de bien faire ressortir l’ambiance power-flower et la prise de drogues (quelques cases très psychédéliques).
Un petit détail cependant page 20, une erreur dans une case : un personnage passe d'une chemise à carreaux roses à une chemise unie grise, puis reprend la bonne couleur la case suivante...
Une lecture intéressante en tout cas.
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Sorcières - Hypathie
L’ouvrage possède des qualités, se laisse lire facilement, mais il m’a aussi laissé un peu sur ma faim. Il m’a déjà permis de connaitre cette femme, Hypathie – sans doute une des premières scientifiques féminines à propos de laquelle beaucoup d’informations nous sont parvenues. Et les auteurs utilisent ces informations, sur sa formation (avec son père), et sur le rôle important qu’elle a joué, au tournant des IVème et Vème siècle, à Alexandrie, dans le développement des sciences et plus généralement de leur enseignement. Le contexte historique est aussi assez bien rendu. Le destin d’Hypathie est finalement tragique. Mais durant toute sa vie, elle a incarné une forte liberté intellectuelle – que sa naissance parmi la « bonne société » a bien sûr facilité. Et elle a fait face à beaucoup de misogynie, sa détermination et son talent lui permettant de passer outre, jusqu’au drame final. D’ailleurs c’est plutôt après sa mort que son « féminismes » a été mis en avant (contre elle pour en faire une préfiguration des « sorcières » de la part de ses détracteurs, et plus près de nous pour en faire une pionnière du féminisme – ce qui est sans doute anachronique. J’ai juste trouvé le récit parfois un peu « sec ». Il y a aussi parfois quelques tournures qui m’ont semblé quelque peu anachroniques. En particulier le passage d’Hypathie dans « l’école d’Athènes » ressemble un peu trop dans certains dialogues à la vie estudiantine du XXème siècle (voir certains dialogues entre « étudiants »). Ils ont aussi pris la liberté de lier le destin tragique d’Hypathie avec la destruction de la Bibliothèque d’Alexandrie, ce qui n’est en réalité pas le cas (on ne sait d’ailleurs pas grand-chose de cette destruction). Mais bon, le récit est instructif (aussi sur les conflits religieux des débuts du christianisme en Égypte), et donc intéressant.
Passeur(s)
La lecture est relativement rapide, mais plutôt intéressante. Sur un sujet d’actualité (les migrations clandestines – ici venues de la Syrie en guerre – et le rôle des filières mafieuses de « passeurs »), l’album nous présente une histoire romancée et vaguement policière, mais qui hélas parait fortement teintée de réalité. Et c’est une histoire dure. Cette âpreté, dessin et colorisation la rendent assez bien. Des couleurs ternes, un gris bleuté, accentuent une certaine tristesse du récit. Les personnages sont assez typés et relativement manichéen (des passeurs sans scrupules ni empathie, des migrants fatalistes sans réaction face aux violences), à part le duo de personnages principaux : un des passeurs (dont on apprend via des flash-backs comment il en est arrivé là et la douleur cachée qui l’obsède) et une jeune migrante kurde portant une des seules traces de couleurs sur elle un foulard des combattante kurdes des YPG. Ces deux personnages donnent un peu plus de nuances au récit. Plus d’humanité aussi. Mais pas moins de violence finalement. Le récit est intéressant, et il est très bien complété par un excellent dossier (assez copieux et très détaillé en fin d’album). La lecture est recommandée en tout cas, narration et dessin étant très fluides. Note réelle 3,5/5.
L'Aile brisée
Le récit couvre la vie d'une femme, la mère d'Altarriba, tout au long de l'histoire contemporaine de l'Espagne, surtout pendant la période franquiste. Une vie de conformisme et de résignation, marquée par le catholicisme conservateur, par le silence concernant son handicap et l'obéissance aux hommes et aux pouvoirs établis. C'est bien écrit et nous le suivons bien. Les dessins de Kim, sans être excellents, remplissent leur rôle. Je suis d'accord avec l'avis de Noirdésir, la vie du père de l'auteur dans L'Art de voler est beaucoup plus riche en péripéties.
Rosamée
Rosamée raconte l'histoire d'une jeune fille vivant sur une île isolée qui, en bravant un interdit pour retrouver son meilleur ami disparu, entreprend un voyage initiatique où elle sera confrontée à des secrets, des croyances anciennes et à la nécessité de tracer sa propre voie. Rosamée est une jolie trilogie jeunesse qui séduit d'abord par son aspect visuel. Le dessin de Berny est sans doute le principal atout de la série : souple, expressif, très maîtrisé, il évoque autant l'univers de l'animation que la souplesse du trait de Cyril Pedrosa. Les décors, les couleurs et la mise en scène donnent régulièrement envie de tourner les pages, même lorsque le récit peine un peu à suivre le même niveau d'inspiration. Car si l'histoire est globalement agréable et suffisamment intrigante pour donner envie d'aller au bout, son rythme narratif m'a laissé plus réservé. Le premier tome repose sur un ressort extrêmement classique : une enfant à qui l'on interdit d'aller dans un lieu mystérieux sans jamais lui expliquer pourquoi. On comprend immédiatement ce qui va se passer et pourtant cette mise en place occupe la totalité de l'album. Le deuxième tome est lui aussi dans une veine assez convenue, proche du conte pour enfants. Rosamée atteint enfin le lieu interdit, y rencontre des personnages inquiétants qui se montrent d'abord accueillants avant de révéler assez vite leur véritable nature. L'ensemble fonctionne correctement mais s'étire là aussi sur un volume entier, avec des personnages et des situations davantage guidés par le symbolisme et la métaphore que par une logique réaliste. C'est finalement dans le troisième tome que l'intrigue prend une direction un peu moins attendue, plus concrète dans un premier temps, avant de développer à nouveau ses thèmes sur l'émancipation, la remise en question des traditions et la capacité des nouvelles générations à s'affranchir des croyances héritées. Les révélations apportent un supplément de sens à l'ensemble, même si elles conservent ce ton de fable symbolique qui caractérise toute la série. Malheureusement, cette dernière partie donne aussi l'impression que les auteurs ont dû conclure la série plus vite que prévu. La fin paraît précipitée et plusieurs éléments auraient mérité davantage de développement. J'ai le sentiment que le contenu des deux premiers tomes auraient pu être davantage condensé, afin de laisser plus d'espace à l'intrigue du dernier tome et à la conclusion. Une lecture sympathique, portée par un dessin réussi et un univers agréable à parcourir, mais dont la narration manque au départ trop de densité et d'originalité pour exploiter pleinement son potentiel.
Valérian
J'ai commencé par L'empire des 1000 planètes, qui m'a ébloui. Hélas, le reste, moins ! Parfois, on éprouve une certaine lassitude et ennui sans qu'une œuvre ait franchement démérité. Peut-être l'enthousiasme de la nouveauté l'a-t-il fait surestimer ? J'aime bien les héros, le trait n'est pas mauvais mais je me suis lassé, les intrigues ne m'ayant pas happé, loin de là ! Or donc, quand tout est calme, il faut de fort belles images ou des dialogues brillantissimes, et ce n'est pas la cas. Un peu dans le même genre, on a transformé l'essai dans Orbital ! Signe qui ne trompe pas, j'attends la suite, celle de notre série, non. Je comprends que certains se fixent sur Laureline : il y a si peu d'héroïnes un tant soit peu charismatique. Mais en humain, Yoko Tsuno est mieux, à mon avis. Et pour ne pas être humaine, l'héroïne d'Orbital ne lui cède en rien. Et cerise sur le gâteau, le héros n'a rien du presque benêt Valérian ! Le dessin est tellement plus beau et original : on voit tout le tranchant des aventures, des dilemmes, et il y a un certain flou, comme dans la vie.
Osamu Tezuka - Une vie en manga (Osamu Tezuka - Biographie)
2.5 La grosse biographie d'Osamu Tezuka par son studio et disons que ça se voit un peu trop par moment lorsqu'on sort la brosse à luire et qu'on parle à quel point Tezuka était un grand maitre du manga et qu''il était un conteur génial né. Heureusement, on le montre aussi dans des situations qui ne le mets pas trop en valeur et au travers sa vie on voit une bonne partie de l'histoire du manga et des changements de la société japonaise pendant une bonne partie du vingtième siècle. Ce manga est pas dénué d'intérêt, mais c'est trop long et surtout c'est un peu trop répétitif. À force de voir Tezuka accepter un boulot, avoir des problèmes avec ces éditeurs parce qu'il est toujours en retard, produire des animes...ben on dirait qu'on tourne un peu en rond. On est loin des longues sagas excitantes que Tezuka lui-même faisait. Le pire est qu'on a droit à des extraits de différentes œuvres autobiographies que Tezuka a faites au cours de sa vie et elles ont l'air plus passionnante à lire.
Achille Talon
Positif : le dessin, l'effet de surprise puis d'amusement pour le style empoupé d'Achille Talon. Après, il a fini par m'ennuyer mais j'en verrais bien quelques planches à l'occasion. Pour la nostalgie. S'il a une vérité sociologique, tant d'autres bd ne font pas moins. C'est vraiment les discours d'Achille et sa manière de se tenir qui sont originales, ça peut plaire, déplaire, indifférer… A mon avis, on est quand même loin, bien loin de Gaston Lagaffe ou même des insultes variées du capitaine Haddock !
Je suis un vampire
Le vampire est plutôt sympa, l'histoire aussi mais sans rien de bien marquant…. C'est l'image et le garçon qui obligent à tourner les pages, je pense. En tout cas, je les ai bien aimés tous les deux, il y a longtemps, quand je les ai lus… Naviguer ici c'est se tenir au courant des nouveautés, mais aussi se rappeler du passé. Cette bd me paraît assez raisonnable, ceci dit : se nourrir de sang n'implique pas de tuer des humains, boire le sang du steak comme notre héros, ou je pense se mettre d'accord avec quelque boucher ou paysan ou saigner des rats serait possible. Il n'est pas interdit de se demander ce que donnerait le mariage non de plats et de vin, mais de sang et de vin !
Les Princes d'Arclan
C’est une aventure fantasy légère, agrémentée d’une touche d’enquête, qui se lit agréablement en une ou deux soirées. Même si le dessin comme le scénario ne proposent rien de véritablement exceptionnel, l’histoire reste captivante et parvient à immerger efficacement le lecteur dans une atmosphère de fantasy coloniale inspirée des Caraïbes. L’univers évoque l’époque des compagnies commerciales maritimes et des États insulaires caribéens, transposée dans un cadre fantastique. Ce n’est ni le récit le plus profond ni le plus ambitieux, mais il parvient sans difficulté à maintenir l’intérêt jusqu’à la dernière page. Parmi les points faibles, je noterais qu’Olgo et Lekard, deux des personnages principaux, se ressemblent beaucoup : mêmes visages, mêmes barbes, coiffures très proches et même couleur de cheveux. Au début, il n’est pas toujours facile de les distinguer ou de les mémoriser. J’ai également eu l’impression que l’auteur ne faisait qu’effleurer un univers beaucoup plus vaste, riche en histoires potentielles. Le cadre paraît bien plus grand que l’intrigue elle-même. Ce que nous lisons n’est finalement qu’une histoire parmi des centaines d’autres possibles : celle de quatre personnages aux objectifs et motivations différents, dont les destins se croisent de manière habile. Au final, c’est une bonne bande dessinée de divertissement : agréable à lire, immersive et cohérente. Elle ne cherche pas à révolutionner le genre ni à transmettre des idées particulièrement marquantes, mais elle remplit parfaitement son rôle. Une lecture sympathique, sans être pour autant mémorable ou exceptionnelle.
Judee Sill
Je ne connaissais pas du tout cette artiste. Ce que m'en ont fait connaitre les auteurs m'a fait penser à la destinée météorique d'une autre artiste (que je ne connais pas en profondeur, et qui a connu une plus grande célébrité), à savoir Amy Winehouse: une carrière courte, un gros talent (vocal entre autres) et une fin sordide, rongée par les drogues. Le fait qu'il n'y ait finalement pas trop d'informations précises concernant la biographie de Judee Sill a sans doute été une chance pour les auteurs. En leur évitant la banale chronologie illustrée, ils ont été vers la construction d'une ambiance - très bien rendue - d'une époque, la Californie des années 1960-70. Et finalement, ça finit par rendre attachante, touchante cette femme, qui, pourtant, a priori, ne déclenche pas spontanément l'empathie, car violente, impulsive, autocentrée. Un album qui est aussi le reflet d’une époque où la vie pouvait se brûler – rapidement – par tous les bouts. Mais aussi le portrait d’une gamine qui avait plein de rêve dans la tête, et qui n’a pas voulu faire de concession pour les abandonner, quitte à ce qu’ils se transforment en cauchemars. Le dessin est plutôt agréable. Avec une volonté de bien faire ressortir l’ambiance power-flower et la prise de drogues (quelques cases très psychédéliques). Un petit détail cependant page 20, une erreur dans une case : un personnage passe d'une chemise à carreaux roses à une chemise unie grise, puis reprend la bonne couleur la case suivante... Une lecture intéressante en tout cas.