Les derniers avis (172 avis)

Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Johnny Red - The Hurricane
Johnny Red - The Hurricane

Je pense que de tous les récits de guerres de Garth Ennis que j'ai lu, c'est celle-ci la meilleur. Les auteurs remettent au gout du jour un héros que je ne connaissais pas du tout et au vu de la qualité de l'album je pense que c'est clair que les auteurs adorent Johnny Red et on voulu lui rendre le meilleur hommage possible. Certes, le scénario n'est pas des plus originaux (rien que la manière dont est raconté l'histoire sens le déjà vu) et les personnages sont des archétypes avec un personnalité peu profonde, mais le scénario est efficace et j'ai bien aimé suivre les aventures de Johnny Red. Comme souvent avec Ennis il y a de bons dialogues et il y a des scènes mémorables. Quant au dessin de Keith Burns, je pense que c'est la première fois que son travail me marque autant. C'est le point fort de l'album selon moi. C'est un type réaliste pas du tout figé et sans vie. La mise en scène est dynamique et rien qu'en regardant une page j'ai envie de lire cette bande dessinée. Je ne suis pas un grand fan d'histoires de guerres, mais celle-ci m'a bien divertit.

28/02/2026 (modifier)
Par PAco
Note: 3/5
Couverture de la série Freddie l'Arrangeur
Freddie l'Arrangeur

Dans le genre scénario complètement barré, j'avoue que là on a du lourd ! J'en étais encore à me demander quel était l'énergumène qui avait pu nous pondre un opus aussi disjoncté quand j'ai réalisé que c'était Garth Ennis, le scénariste de la série The Boys... Aaahhhhh ba oui, du coup je comprends mieux ! Avec ce oneshot fantastique, il ne déroge pas à ses habitudes et nous propose un récit où se mêle fantastique, trash, humour (noir souvent) et un petite touche de cul. Cocktail explosif s'il en est, son Freddie, s'il n'est pas Krugger, n'est pas loin de croiser régulièrement les griffes de la nuit. Son boulot ? Faire le ménage après le pétage de plombs de superstars qui sont en réalité des créatures fantastiques. Sauf qu'une fois bien parties, ça dérape sévère du côté des starlettes... Un loup garou bourré ou un extraterrestre défoncé, ça éparpille vite façon puzzle un humain pas prévenu ! Et c'est Freddie qui gère... Il faut donc aimer les scénarios bien perchés qui défrisent pour apprécier l'album. Pour ce qui est du dessin, on retrouve le trait classique pour du comics de Mike Perkins, que j'avais découvert et apprécié avec un autre récit d'horreur : La Malédiction de Rowans. Il maitrise bien son bestiaire fantastique & Co : parfait pour l'exercice. Passé la surprise du pitch, on se surprend même à finalement trouver tout ça un peu court, les 42 pages de l'album sont vite avalées façon T-Rex !

27/02/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Monsieur Léon
Monsieur Léon

Monsieur Léon, quinquagénaire anonyme à l'allure terne, traverse une France grise marquée par le Covid, les attestations et les gilets jaunes. Mais derrière son imperméable et son visage fermé se cache un monde intérieur foisonnant, coloré, musical, où l'imagination, la danse et l'amour pour sa voisine Sophie transforment le quotidien en comédie poétique. J'ai trouvé le concept vraiment charmant : confronter un introverti un peu effacé à la grisaille de l'époque pour mieux faire jaillir, par contraste, une vie intérieure pleine de couleurs, d'élan et de fantaisie. Cette opposition entre extérieur morose et intériorité flamboyante fonctionne très bien visuellement et symboliquement. J'aime aussi beaucoup la relation tendre et un peu gauche qu'il entretient avec sa M'oiselle Jeanne à lui, qui évoque forcément celle de Gaston Lagaffe, avec ce mélange de pudeur, de romantisme et de décalage. Comme toujours, j'aime vraiment beaucoup le graphisme de Julien Solé. Il est excellent, plein de détails, avec un sens du rythme et de la mise en scène très maîtrisé. Les variations de couleurs accompagnent parfaitement les états d'âme de Léon : le gris domine dans la ville anxiogène, tandis que des teintes éclatantes surgissent dès qu'il s'évade dans sa vie privée. C'est beau, inventif, et souvent très juste dans sa manière de traduire une poésie urbaine contemporaine. En revanche, si l'album est agréable et parfois attendrissant, je ne l'ai pas trouvé vraiment drôle. J'ai souri, rarement plus. L'ensemble repose davantage sur la douceur, la fantaisie et une forme de mélancolie lumineuse que sur de véritables gags marquants. Au-delà de son charme indéniable et de son parti-pris esthétique fort, je crains que la série ait du mal à véritablement enthousiasmer les foules. Cela reste une lecture sympathique, délicate, mais qui ne m'a pas totalement embarqué.

27/02/2026 (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Le Petit Maire
Le Petit Maire

A l'approche des élections municipales, et à l'heure où les édiles locaux sont un peu sur la sellette, notamment du fait de l'augmentation des agressions les concernant, Laurent Turpin, maire d'une petite ville des Hauts-de-France, a décidé de livrer son témoignage sur son expérience de maire d'une ville rurale. Il détaille ainsi les différentes tâches qui lui incombent, la gestion des services publics, les travaux de voirie, les aménagements, les constructions d'infrastructures et équipements... Il est également officier de police judiciaire, psychologue, grand frère, multimillionnaire, à en croire les remarques qu'on lui fait ou les demandes qu'il reçoit. Il désacralise donc tout ça, en essayant de rester sobre et mesuré, d'autant plus que dans sa petite commune il n'y a que deux employés municipaux, une assistante et un cantonnier à temps partiel. Il est souvent seul, même s'il peut compter sur une solide équipe d'adjoints auxquels il rend hommage tout au long de l'album et en postface. Si scénariste de BD n'est pas son premier métier, il peut compter sur l'expérience d'Olivier Berlion, qui assure le dessin avec l'aide de Christian Favrelle aux couleurs. Nul doute qu'il l'a aidé à structurer son découpage, et rendre ce témoignage sinon passionnant, du moins plutôt intéressant, notamment au sujet des à-côtés de la fonction de maire. Le dessin est plutôt sympa, très lisible, dans ce style "presque réaliste" que Berlion affûte depuis deux décennies. C'est ma foi fort sympathique.

27/02/2026 (modifier)
Couverture de la série L'Imposture
L'Imposture

J’ai emprunté cet album au hasard en passant à ma médiathèque. Lorsque je l’ai ouvert, le dessin ne m’a pas vraiment accroché – et la lecture n’a rien changé. En effet, c’est un trait minimaliste et un peu maladroit, avec décors et détails absents. La place immense occupée par le blanc me laissait craindre que lecture et histoire soient tout autant « creuses ». En fait il n’en est rien, et ce dessin passe finalement. Car l’essentiel est ailleurs. Je suis abasourdi d’apprendre que c’est une histoire vraie, autobiographique ! J’ai eu du mal, au début, à croire possible qu’un type puisse à ce point – et durant toute sa vie ! – mentir sur lui-même à tout le monde (études, vies professionnelle et sociale, etc.). Et ce mythomane est en plus un bon gros salaud, qui a siphonné tout ce que lui et sa femme avaient en commun (compte, argent, papier), vendant aux enchères en catimini leur appartement durant leurs vacances, et plaquant brusquement et définitivement femme et enfant, en leur laissant dettes et nombreuses questions. L’auteure montre bien la sidération qui l’a saisie, l’empêchant un certain temps de « réaliser » l’énormité de ce qui lui tombait dessus. Car il a fallu faire face avec un bébé au fait que du jour au lendemain, elle se retrouvait sans domicile, sans argent (et avec d’énormes dettes, qu’elle découvre peu à peu). Et aussi – et surtout en fait – sans aucune certitude. Heureusement, famille – et belle-famille – et amis vont l’aider à refaire surface, après consommation de tranquillisants et consultations d’une psy. Car les très nombreuses démarches administratives, dans un cas comme celui-ci qui bien évidemment rentre dans peu de cases, vont s’avérer ubuesques, chronophages et déprimantes. L’expérience est douloureuse. Mais la narration, aussi simple que le dessin, mais finalement prenante, nous aide à comprendre ce qui s’est abattu l’auteure. On est content pour elle sur la fin de voir qu’elle sort la tête de l’eau. Et je reste étonné, non seulement que quelqu’un comme l’ex-mari de cette dame puisse être à ce point égoïste et enfoiré, mais aussi que la loi semble finalement lui laisser la possibilité de continuer. Une expérience de vie qu’on airait aimé n’être qu’une fiction.

27/02/2026 (modifier)
Couverture de la série The Woods
The Woods

La série se laisse lire, mais je dois dire que je l’ai quand même finie en comptant les pages restantes. En effet, il y a pas mal de longueurs, et si le point de départ est plutôt intriguant, je me suis quand même ennuyé à plusieurs reprises. J’évacue d’emblée le dessin. Du comics moderne classique, lisible, même si ça n’est pas mon truc. Décors peu développés (les détails en général en fait, visages et décors). Pas mon truc donc, mais pas rédhibitoire. Il y a des choses intéressantes dans cette série, qui vise selon moi davantage un lectorat jeune, adolescent. Mais aussi des facilités et des choses qui m’ont soulé. Des points positifs donc. Un point de départ alléchant, même si « facile » et sans doute déjà pas mal exploité ailleurs : des centaines de lycéens « téléportés » vers un lieu étrange et lointain (une autre planète ?), qui rejoignent d’autres personnes déjà arrivées il y a longtemps dans plusieurs vagues. Un climat angoissant, une faune étrange et menaçante. Il y a de très nombreux protagonistes, ce qui permet moult développements, interactions, et le scénario n’hésite pas à en sacrifier régulièrement – ce qui ménage des surprises et entretient un certain dynamisme. Comme souvent dans ce genre d’histoire, de nombreux flash-backs permettent de mieux connaître petit à petit les protagonistes, les liens qui les unissent, mais aussi de dynamiser une intrigue en la rendant moins linéaire. Des points qui m’ont moins convaincu aussi hélas. D’abord l’impression que l’idée de départ – que je suis prêt à accepter, pourquoi pas ? – est ensuite étirée artificiellement, avec beaucoup de longueurs. Les nombreux allers-retours entre périodes différentes sont parfois un peu lassants. Comme l’ont rapidement été pour moi les très nombreuses scènes durant lesquelles certains protagonistes évoquent leur penchants amoureux (hétéro, lesbiens). Et des dialogues un peu cul-cul parfois, en tout cas qui ne m’ont pas intéressé. Bref, une lecture qui s’est avérée poussive sur la fin. Je ne suis sans doute pas le cœur de cible. Je pense aussi qu’il aurait fallu élaguer l’ensemble – au moins un tome de moins – pour éviter les longueurs et passages inutiles. Note réelle 2,5/5.

27/02/2026 (modifier)
Par Lodi
Note: 3/5
Couverture de la série Dieu en personne
Dieu en personne

Dieu parait sympathique et les humains antipathiques, haineux et avides, et pourtant, si on dit qu'un être créateur tout-puissant est responsable et coupable de tout, c'est pas faux ! Il me semble que l'auteur aime tant son personnage principal qu'il en devient drôlement partial en sa faveur, et comme son talent scénaristique et graphique est grand, il fait passer cela à la lecture. Pas à la relecture ! Si on s'attend à ce que des êtres souffrants et mourants et mimétiques donc lyncheurs soient merveilleux, c'est qu'on se fourre le doigt dans l'œil. Bien sûr, on peut s'en prendre à notre société comme si une autre serait plus avenante, mais bon, les Mayas qui auraient été pacifiques et autres mythes ne sont que des mythes, justement. Je pense qu'une des utilités des dieux est d'éviter de regarder la mort et notre nullité, qu'une des utilités de critiquer une société est de rêver qu'une autre serait meilleure et que l'être humain est bon. Lire cette bd m'a amusé et conforté dans ce désabusement.

26/02/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Des Étrangers dans les lavandes
Des Étrangers dans les lavandes

Années 70. Dans un village provençal frappé par l'exode rural, le maire fait venir des réfugiés cambodgiens pour relancer les lavanderaies. Antoine, propriétaire bourru marqué par la mort de son fils en Indochine, va retrouver le goût de vivre grâce à sa rencontre avec un jeune orphelin auquel il va s'attacher. BD sympathique qui sent bon les collines provençales et les villages chers à Pagnol, tout en proposant un récit centré sur l'acceptation de l'étranger et la reconquête de la joie de vivre après le deuil. J'ai bien aimé le dessin, son encrage soigné et ce parti pris graphique aux nez un peu carrés qui donnent aux visages une vraie singularité tout en les rendant immédiatement reconnaissables. Les décors respirent la Provence, la lumière est chaleureuse, à l'image des paysages. La narration graphique est parfaitement fluide, la lecture très agréable. Visuellement, l'album est une réussite. Sur le fond, on est dans une chronique humaniste assez classique, entre choc des cultures, racisme ordinaire et réconciliation progressive. Cela fonctionne, sans surprise majeure, avec un déroulé peut-être trop convenu. J'ai aussi trouvé un peu rapide la manière dont le jeune orphelin s'attache à ce héros bougon et fermé : l'évolution d'Antoine est crédible dans son principe, mais le lien affectif se noue sans doute trop vite, comme si le scénario voulait précipiter l'inévitable rédemption. Reste un album sincère et agréable, porté avant tout par son atmosphère et son identité graphique.

26/02/2026 (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série Diana princesse des amazones
Diana princesse des amazones

Bon, c'est une histoire pour enfant et je la juge à cette hauteur. Parce qu'on est clairement pas dans un récit qui fera mouche auprès d'un public adulte, qui ne trouvera pas de double sens ni de lecture plus profonde. C'est une BD pour enfant simple et claire dans son message, qui exécute très bien ce qu'elle veut faire et qui n'a pas d'intérêt au-delà de cela. Après, pas besoin d'en exiger plus non plus ! C'est le petit conte pour enfant sur Diana, future Wonder-Woman (mais franchement on s'en fout de qui c'est, ça n'a aucun intérêt narratif supplémentaire) qui n'aime pas le fait d'être seule enfant et s'ennuie. Sa mère ne s'occupe pas d'elle et elle a envie de vivre son enfance en-dehors de tout ces trucs d'adultes qu'elle n'aime pas. Son imagination va palier à ça et faire apparaitre une compagnon de jeu avec qui elle pourra s'amuser, mais les conséquences seront lourdes. Franchement, on est dans du classique de conte pour enfant, le conflit avec les adultes, la résolution qui fait grandir, la jolie fin réconciliatrice ... Rien de bien neuf mais bien fait, quoi. C'est un peu ce qui est l'atout et la limite de la BD : aucune prise de risques mais une exécution impeccable. Le dessin rond et enfantin, très coloré, s'accorde avec l'histoire et joue sur l'ensemble. Aucun doute que ça plaira aux plus jeunes, mais je ne pense pas le conseiller au-delà du collège. Bref, une BD pour plus jeunes et qui leur plaira sans doute mais à oublier pour les autres.

26/02/2026 (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série Merveilleux !
Merveilleux !

Cette BD raconte l'AVC du père du personnage et les conséquences sur sa vie, notamment le fait qu'il n'arrive désormais qu'à dire une petite poignée de mots notamment "merveilleux", mot qu'il ne semblait pas employer beaucoup auparavant. Cookie Kalkaire raconte surtout une histoire de famille, la sienne, avec tous les bouleversements qu'elle connut suite à cet évènement. Cookie Kalkaire est alors au Canada avec sa compagne, son père est remariée, il a une autre fille encore mineure et son ancienne femme ne lui parle plus. Désormais, le père est bloqué sur des mots, a du mal à bouger ses membres et ne peut plus s'exprimer pleinement. Commence le travail de rééducation et la famille doit accepter tout cela. La BD m'a fait penser à une autre, Silence radio - 36 mois pour me relever d’un AVC, mais avec le point de vue de la famille plutôt que celle de l'intéressé ici. Et on sent les différentes révolutions que cela opère dans la famille, entre la sœur qui grandit d'un coup et trop vite, la réconciliation inattendue avec l'ex-femme et les mouvements de chacun pour se rapprocher. Les tensions débarquent aussi, et la vie avance. La résolution ne sera pas finale, c'est une tranche de vie avec les bouleversements d'un AVC, on finit sur la vie qui continue et certaines choses résolues, d'autres non. La BD s'inscrit aussi sur le temps long, plusieurs années passent avec les chapitres. Au final, c'est une BD sur la famille dans le temps long, une sorte de réconciliation avec le père. Le dessin de Cookie Kalkaire est assez bon, j'avais noté son travail avec Pénis de table et il est identique ici. Ses touches de couleurs sont maitrisés, le dessin est très expressif et il arrive à faire des passages drôles et d'autres tendres sans jamais exagérer de manière outrancière. C'est une BD agréable à lire, au sujet qui intéressera du monde et que je conseille. Agréable, quoi !

26/02/2026 (modifier)