Le dessin, et surtout la colorisation (une sorte de monochromie bleu pâle) sont plutôt originaux, et peuvent dérouter le lecteur. Mais je m’y suis fait, et l’ensemble se révèle plutôt agréable. En tout cas très lisible (les décors et arrière-plans sont souvent peu développés).
L’histoire est simple à résumer sur le papier. Une jeune femme se questionnant sur son avenir – amoureux, professionnel – rejoint une petite communauté vivant en collectivité dans une maison d’un bled paumé. Une sorte de ressourcerie humaine.
Au fil des pages, et des dialogues, on apprend à connaitre les membres du groupe, aux profils finalement hétéroclites. Les dialogues permettent aussi de développer quelques thématiques intéressantes, autour d’une critique plus ou moins « bobo » (mais pas que) de la société de consommation. C’est aussi une réflexion sur la part d’individuel, d’égoïsme qui est en chacun, ce qu’on est prêt à « collectiviser » (y compris au niveau des décisions). Aussi sur le refus de choisir, une fuite en avant qui pourrait donner du relief au titre.
Au final, si ce récit ne m’a pas enthousiasmé, il se laisse lire plutôt plaisamment, et assez rapidement. Je ne regrette pas mon emprunt.
Après avoir attaqué cette collection avec les grandes batailles célèbres et bien documentées, Delitte est bien obligé d’aller dénicher celles que l’Histoire a moins mises en avant. Cela permet au lecteur que je suis de découvrir des conflits « secondaires » et des batailles que je ne connaissais pas du tout. Mais ce sont aussi des batailles qui ont moins d’impact que les plus célèbres déjà traitées.
Et ici, la bataille elle-même est assez minimaliste. Pas par le bilan : des milliers de victimes, des dizaines de navires coulés ou sévèrement endommagés. Non, c’est une bataille qui visiblement s’est déclenché « par hasard », au gré d’incompréhension, alors qu’une flotte franco-anglaise (avec en appui des Russes) s’était positionnée presque bord à bord avec des navires turcs, pour les impressionner et tenter de leur faire lâcher la pression sur les indépendantistes grecs. Du coup, la bataille en elle-même se résume à une séance de tir à bout portant, où stratégie, tactique n’ont joué aucun rôle.
Comme à son habitude, Delitte – ici seul à la manœuvre – fait précéder cette bataille, sur les deux premiers tiers de l’album, d’une « histoire », pour « faire passer le temps », et aussi pour présenter le contexte, au travers d’un jeune peintre/aventurier anglais romantique, Edward Levington, sorte de Byron en moins consistant, qui rejoint les révoltés grecs, puis la flotte anglaise. Son nom est l’occasion pour Delitte de placer un jeu de mots (il est interpelé au début par un « Monsieur Levington je présume ! »).
Le dessin de Delitte est classique. Excellent pour tout ce qui est navire, gréements. Bon pour le reste, mais toujours avec le même type de visages « carrés », parfois difficiles à différencier.
L’ensemble se laisse lire, sans plus. La faute sans doute à une bataille qui en elle-même n’est pas extraordinaire. Mais aussi à une narration un peu mollassonne. Comme je l’ai remarqué à plusieurs reprises, Delitte reprend dans ses texte plusieurs passages du court dossier final (qui du coup est un peu redondant). Je commence à avoir lu la majorité des albums de cette collection, et ça doit être la troisième fois (pour des batailles différentes donc) je crois que Delitte explique dans son dossier final que cette bataille sonne le glas des navires à voiles, qu’elle est la dernière bataille opposant ce type de navire… Il faudrait savoir…
A réserver aux amateurs d’Histoire (dont je suis), mais il manque quand même à cet album – ou à la bataille qui en est au cœur – quelque chose pour dynamiser la lecture.
Note réelle 2,5/5.
Quentin Zuttion est un auteur appréciant les BD "à thème". Ses dernières productions arrivaient néanmoins à s'évader de leur sujet pour gagner du souffle, de la vie, autrement dit à ne plus se contenter d'illustrer un thème pour mieux l'habiter. Voilà pourquoi je trouvais plus intéressants La Dame blanche et Toutes les princesses meurent après minuit, quand Appelez-moi Nathan et Touchées me laissaient un léger goût d'inachevé.
Avec "Sage", il s'essaie à l'autobiographie, proposant de décrire son extrême anxiété, notamment liée à son homosexualité. Les critiques lues ici ou là sont dithyrambiques, aussi je m'attendais au fameux album de la maturité, tout en craignant un égocentrisme forcément exacerbé susceptible de m'agacer aux entournures.
Malheureusement, me concernant, la balance penche plutôt vers le nombrilisme quelque peu agaçant. Cela me fait penser à la BD Impénétrable, pour laquelle j'avais également été assez circonspect malgré une sympathie évidente pour le projet. Et cela me fait réévaluer mes critiques à l'égard de Davodeau. Il n'est pas aisé pour un auteur de trouver le bon positionnement quand on aborde frontalement le témoignage. Parvenir à susciter auprès de son lectorat bienveillance et compassion pour ces histoires intimes révélées implique de générer de la curiosité et de ne pas forcer l'adhésion. D'une certaine manière, l'auteur doit obtenir le consentement de son lecteur, sous peine de le placer dans une position de voyeur condamné à se délecter des misères intimes révélées.
Zuttion se met à nu, présente ses traumas, sa misère sentimentale, ses peurs et désirs... Visuellement, ses personnages bleus aux yeux de lumière, expressionnistes et quasi arachnéens, sont une indéniable réussite, illustrent fort joliment ses angoisses. Mais le récit intime n’échappe pas au voyeurisme ; et je m'étonne que l'acceptation sociétale de l'homosexualité ne soit pas davantage conviée, que la psychanalyse soit autant écartée.
Une demi-réussite donc, ambitieuse et susceptible de déplaire.
Je connaissais déjà ce type de récit sur la Shoah et les enfants cachés, et j’avoue que je craignais un peu de lire une énième variation sur le même thème. Au final, l’histoire est bonne et bien racontée : le choix d’adopter strictement le point de vue de l’enfant apporte un vrai plus et permet de mieux s'adresser à de jeunes lecteurs. En restant à hauteur de Dounia, le récit évite de sombrer dans une noirceur trop frontale ou une lourdeur démonstrative. Tout passe par ce qu’elle comprend (ou pas) et cela rend l’ensemble plus digeste pour un jeune public, sans pour autant nier la gravité des faits.
Le scénario trouve un équilibre délicat : il évoque les rafles, la séparation, la fuite, la solidarité et même le retour des survivants, mais avec pudeur. Certains passages vers la fin m’ont touché, notamment tout ce qui concerne les retrouvailles et les cicatrices laissées par l’absence. Il y a une émotion sincère, qui fonctionne sans tomber dans la sensiblerie.
Graphiquement, le trait rond et expressif correspond bien à cette approche. Les personnages aux grosses têtes accentuent l’identification et renforcent le point de vue enfantin. Cela contribue à adoucir visuellement un sujet extrêmement dur, même si ce style peut ne pas plaire à tout le monde.
Malgré ces qualités évidentes, je dois reconnaître que je suis resté un peu en retrait. J’ai tellement lu d’histoires similaires sur cette période que, même si celle-ci est réussie et pertinente, notamment pour un jeune lectorat, elle ne m’a pas emporté davantage que cela. Une lecture solide et touchante, surtout dans ses derniers chapitres, mais qui ne m’a pas surpris.
C'est la première fois que je lis un comics de Ben Hatke qui semble être un nom connu dans le monde des bandes dessinées pour la jeunesse.
Je peux comprendre pourquoi parce que son dessin est vraiment enthousiasmant. C'est le style de dessin qui me donne envie de lire une BD juste en regardant la couverture. L'idée de départ est une bonne idée parce qu'elle porte sur une sensation universelle: qui étant jeune n'a jamais eu peur d'aller dans une cave ?
Le scénario est inventif et sympathique à lire. Je pense que je suis rendu trop vieux pour trouver cet album incroyable, mais c'est sans doute ce que j'aurais pensé si je l'avais lu enfant. C'est donc un album que je recommande aux parents qui ont des enfants d'environs 8-12 ans.
J'aime bien quand la BD permet de mettre en lumière des évènements ou des personnages historiques qu'on a oubliés. On a une image d'Epinal où un pirate des mers de l'époque classique est un homme blanc, souvent barbu, assez costaud. Ici Shango est une force de la nature, mais il est noir de peau. Il a un destin exceptionnel, acquis à la force des bras et grâce à une détermination hors du commun. Des qualités qu'il montre dès le début de son aventure, an agissant pour se libérer des chaînes que lui ont posé ses compatriotes renégats, vendus aux marchands d'esclaves.
Cette histoire nous est contée par Marc de Banville, journaliste télé et documentariste spécialiste des zones de guerre, et Arnaud Delalande, connu pour avoir écrit de nombreuses séries historiques. Ils ont donc uni leurs centres d'intérêts et talents de conteurs pour ce récit, prévu en plusieurs tomes chez Robinson. Un récit qui a de forts accents de réalisme, mais qui est fictif, même si peut-être inspiré par des révoltes d'esclaves au XVIIème siècle. C'est bien raconté, on ne s'ennuie pas une seconde, et on a envie d'en savoir plus sur ce précurseur, quelque part, de Toussaint Louverture.
Pour mettre en images ce récit plein de bruit et de fureur, les deux co-scénaristes bénéficient de la fougue graphique de Guy Michel, dessinateur né en Haïti, et par conséquent concerné par ce sujet, mais surtout un très bon auteur, capable de mettre en scène des combats, des abordages, des tempêtes sur de beaux galions européens, et d'installer de belles ambiances en compagnie de Tyffenn Guerveno.
C'est assez prenant et plaisant à lire, j'aurai plaisir à prendre connaissance de la suite.
Je connaissais quelques petites choses sur cette « Beat Generation », j’avais lu quelques lignes de Grinsberg, le roman « Sur la route » de Kerouac, et quelques trucs divers à ce propos, de Jean-Jacques Lebel par exemple.
Mais, le roman de Kerouac mis à part, rien dans cet univers ne m’avait réellement intéressé. C’est sans doute pourquoi j’ai lu cet album sans trop d’enthousiasme.
Étienne Appert s’inspire des travaux et livres de Gilles Farcet dans les années 1980 (c’est-à-dire très tardivement pour ce qui concerne la Beat Generation), qui a rencontré plusieurs fois Ginsberg, et il a « romancé » ces rencontres.
Il y a des passages intéressants, sur l’univers, et sur la personne de Ginsberg. Mais j’ai été un peu soulé par tous les passages faisant intervenir « Hank », personnage étonnant, sorte de clochard poétique hirsute, mais à la logorrhée usante. J’ai aussi été gêné par le côté « groupie » dans lequel l’auteur se place face à Ginsberg et toutes les personnes qu’il est sensé rencontrer dans son sillage. Cela fait perdre pas mal d’intérêt – pour moi en tout cas – au récit, qui tourne un peu à l’hagiographie béate d’un gourou « gentil ».
Bon, d’autres pourront y trouver plus d’intérêt ou de satisfaction. Mais cet album – et peut-être son sujet ? – m’ont laissé un peu de côté.
Note réelle 2,5/5.
Je crois avoir lu tous les albums publiés par L’Abbé. Et je trouve qu’il a bien progressé depuis Docteur Peste, même si ce dernier était déjà un album intéressant.
Adoubé ici par Maester (auteur que j’aime beaucoup), qui se fend d’une préface, d’une interview croisée en fin d’album, et de quelques petits crobars d’accompagnement en bas de page, L’Abbé reste dans la bonne moyenne des albums Fluide, en tout cas tout à fait dans le ton – dominant chez eux – de l’humour con, absurde.
Le dessin n’est pas très détaillé, mais il fait très bien le boulot. L’auteur se permet même de varier ses styles.
L’ensemble est inégal, mais la plupart des histoires m’ont au moins fait sourire. C’est généralement con, absurde donc, avec un humour plus ou moins « poussé ». La première histoire est atroce, avec ce gamin qui en prend plein la gueule (dans tous les sens du terme), alors que son père lui raconte une histoire familiale aussi noire qu’improbable. J’ai aussi particulièrement apprécié le gag très con, très noir (voir trash) de l’histoire « Le train », qui aurait plu aux auteurs de « Hitler = SS ».
Voilà un album que les amateurs de l’humour Fluide tendance Goossens, Maester apprécieront sûrement. Ça a en tout cas été mon cas.
Note réelle 3,5/5.
Je suis toujours circonspect en tombant sur ce genre d’album. D’abord parce que je ne suis a priori pas fan du mélange des genres – graphiques surtout – dans un même album. Ensuite parce que forcément aucun auteur n’a réellement l’espace suffisant pour développer une vraie intrigue – puisque nous ne sommes pas là dans du strip gags ! Ensuite on peut légitimement craindre que ça ne soit qu’une énième exploitation mercantile d’un univers. Enfin, concernant cet album en particulier, le fait que la série Blueberry soit l’une de celles que j’ai le plus lues et appréciée ne pouvait que renforcer mon appréhension.
Alors, c’est sûr, il y a des noms clinquants, et des habitués des bons westerns. Mais cela ne garantit rien. Par exemple l’histoire dans laquelle Jonathan Cartland rencontre Blueberry est trop courte et très pauvre : le dessin de Blanc-Dumont est toujours bon, mais le scénario de Vivier – une rencontre fortuite et éphémère entre les deux hommes autour d’un point d’eau – manque d’intérêt, avec des dialogues ampoulés, et même peu crédible (Cartland demande à Blueberry s’il a fait la guerre de Sécession, pour lui dire deux cases plus loin qu’il a beaucoup entendu parler de lui, qu’il est une légende…).
Certaines histoires veulent jouer l’originalité, mais manque de coffre (voir la première, proposant un épisode autour d’un Blueberry gamin – expliquant son surnom).
L’histoire de Brugeas et Toulhoat bénéficie d’un plus grand espace pour se développer et se laisse lire, comme plusieurs autres histoires d’ailleurs. Je n’ai pas été convaincu par celles où le style du dessinateur s’éloigne trop de celui de Giraud, et j’ai à l’inverse apprécié ceux qui – sans cloner le style Giraud (est-ce possible ?) – ont proposé un dessin chouette et s’en approchant (même s’il n’y a jamais la profusion de détails en arrière-plan).
Sinon, on est frustré par le manque de développement c’est sûr. Plusieurs auteurs (chacun déclare sa flamme dans un petit texte introductif présentant sa découverte de la série) ont choisi d’insérer leur histoire entre deux tomes, certains, en plus de Blueberry, MacClure et Red, font intervenir des second rôles marquant (deux fois « Prosit » Luckner, une Chihuahua toujours aussi « forte », et une évocation de Jethro).
A noter que la première histoire tourne autour d’un Blueberry gamin, tandis que la dernière, crépusculaire, nous le montre vieillissant (mais finalement bien conservé pour son âge en 1910 !!!) et rangé, père de famille pépère… La boucle est bouclée.
Au final, ça se laisse lire – surtout visuellement, la majorité des auteurs proposant un travail de haute qualité dans ce domaine, sans trahir l’esprit de Giraud. Les récits m’ont moins intéressé. Une lecture d’emprunt, pour les amateurs du héros de Charlier/Giraud. Peut-être aussi pour donner envie à ceux qui ont la chance de ne pas le connaitre d’aller se ruer sur ces albums qui m’ont procuré tant de plaisir.
2.5
Un autre récit du Punisher par Ennis et il ne se renouvelle pas trop. Je n'ai jamais été un grand du personnage du Punisher, mais j'aimais bien les premiers récits de ce anti-héros par Garth Ennis car il y avait de l'humour noir qui donnait un coté un peu cartoon qui rendait les récits agréables. Puis ensuite il a fait des récits plus adulte et sérieux avec ce personnage et j'ai un peu décroché.
Ce one-shot est dans la droite ligne des récits avec peu d'humour. La nouveauté est que le Punisher rencontre un ancien soldat russe qui a la même croisade contre les criminels et c'est une idée intéressante parce que Punisher est tout de même peu sociable et je me demandais ce que ça allait donner de le voir interagir avec un homme qui est comme lui. Malheureusement, une bonne partie de l'album s'est le russe qui raconte sa vie dans l'armée russe et comment il est devenu désillusionner de voir des simples soldats mourir pendant que l'élite bien pourrit fait ce qu'elle veut. C'est pas une mauvaise idée, mais Ennis a déjà fait trop de récits de ce genre et il n'ajoute rien de nouveau.
Comme c'est Ennis, cela reste un récit qui se laisse lire bien rythmé avec des bons dialogues et quelques bonnes scènes, mais il est en mode pilote-automatique et n'a fait que reprendre les mêmes thèmes qu'il utilise encore et encore. Si on a jamais lu un Punisher par Garth Ennis, cela peut être un bon début, mais je conseil plutôt la série ''Punisher (Ennis/Dillon)''.
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La Part des lâches
Le dessin, et surtout la colorisation (une sorte de monochromie bleu pâle) sont plutôt originaux, et peuvent dérouter le lecteur. Mais je m’y suis fait, et l’ensemble se révèle plutôt agréable. En tout cas très lisible (les décors et arrière-plans sont souvent peu développés). L’histoire est simple à résumer sur le papier. Une jeune femme se questionnant sur son avenir – amoureux, professionnel – rejoint une petite communauté vivant en collectivité dans une maison d’un bled paumé. Une sorte de ressourcerie humaine. Au fil des pages, et des dialogues, on apprend à connaitre les membres du groupe, aux profils finalement hétéroclites. Les dialogues permettent aussi de développer quelques thématiques intéressantes, autour d’une critique plus ou moins « bobo » (mais pas que) de la société de consommation. C’est aussi une réflexion sur la part d’individuel, d’égoïsme qui est en chacun, ce qu’on est prêt à « collectiviser » (y compris au niveau des décisions). Aussi sur le refus de choisir, une fuite en avant qui pourrait donner du relief au titre. Au final, si ce récit ne m’a pas enthousiasmé, il se laisse lire plutôt plaisamment, et assez rapidement. Je ne regrette pas mon emprunt.
Navarin
Après avoir attaqué cette collection avec les grandes batailles célèbres et bien documentées, Delitte est bien obligé d’aller dénicher celles que l’Histoire a moins mises en avant. Cela permet au lecteur que je suis de découvrir des conflits « secondaires » et des batailles que je ne connaissais pas du tout. Mais ce sont aussi des batailles qui ont moins d’impact que les plus célèbres déjà traitées. Et ici, la bataille elle-même est assez minimaliste. Pas par le bilan : des milliers de victimes, des dizaines de navires coulés ou sévèrement endommagés. Non, c’est une bataille qui visiblement s’est déclenché « par hasard », au gré d’incompréhension, alors qu’une flotte franco-anglaise (avec en appui des Russes) s’était positionnée presque bord à bord avec des navires turcs, pour les impressionner et tenter de leur faire lâcher la pression sur les indépendantistes grecs. Du coup, la bataille en elle-même se résume à une séance de tir à bout portant, où stratégie, tactique n’ont joué aucun rôle. Comme à son habitude, Delitte – ici seul à la manœuvre – fait précéder cette bataille, sur les deux premiers tiers de l’album, d’une « histoire », pour « faire passer le temps », et aussi pour présenter le contexte, au travers d’un jeune peintre/aventurier anglais romantique, Edward Levington, sorte de Byron en moins consistant, qui rejoint les révoltés grecs, puis la flotte anglaise. Son nom est l’occasion pour Delitte de placer un jeu de mots (il est interpelé au début par un « Monsieur Levington je présume ! »). Le dessin de Delitte est classique. Excellent pour tout ce qui est navire, gréements. Bon pour le reste, mais toujours avec le même type de visages « carrés », parfois difficiles à différencier. L’ensemble se laisse lire, sans plus. La faute sans doute à une bataille qui en elle-même n’est pas extraordinaire. Mais aussi à une narration un peu mollassonne. Comme je l’ai remarqué à plusieurs reprises, Delitte reprend dans ses texte plusieurs passages du court dossier final (qui du coup est un peu redondant). Je commence à avoir lu la majorité des albums de cette collection, et ça doit être la troisième fois (pour des batailles différentes donc) je crois que Delitte explique dans son dossier final que cette bataille sonne le glas des navires à voiles, qu’elle est la dernière bataille opposant ce type de navire… Il faudrait savoir… A réserver aux amateurs d’Histoire (dont je suis), mais il manque quand même à cet album – ou à la bataille qui en est au cœur – quelque chose pour dynamiser la lecture. Note réelle 2,5/5.
Sage
Quentin Zuttion est un auteur appréciant les BD "à thème". Ses dernières productions arrivaient néanmoins à s'évader de leur sujet pour gagner du souffle, de la vie, autrement dit à ne plus se contenter d'illustrer un thème pour mieux l'habiter. Voilà pourquoi je trouvais plus intéressants La Dame blanche et Toutes les princesses meurent après minuit, quand Appelez-moi Nathan et Touchées me laissaient un léger goût d'inachevé. Avec "Sage", il s'essaie à l'autobiographie, proposant de décrire son extrême anxiété, notamment liée à son homosexualité. Les critiques lues ici ou là sont dithyrambiques, aussi je m'attendais au fameux album de la maturité, tout en craignant un égocentrisme forcément exacerbé susceptible de m'agacer aux entournures. Malheureusement, me concernant, la balance penche plutôt vers le nombrilisme quelque peu agaçant. Cela me fait penser à la BD Impénétrable, pour laquelle j'avais également été assez circonspect malgré une sympathie évidente pour le projet. Et cela me fait réévaluer mes critiques à l'égard de Davodeau. Il n'est pas aisé pour un auteur de trouver le bon positionnement quand on aborde frontalement le témoignage. Parvenir à susciter auprès de son lectorat bienveillance et compassion pour ces histoires intimes révélées implique de générer de la curiosité et de ne pas forcer l'adhésion. D'une certaine manière, l'auteur doit obtenir le consentement de son lecteur, sous peine de le placer dans une position de voyeur condamné à se délecter des misères intimes révélées. Zuttion se met à nu, présente ses traumas, sa misère sentimentale, ses peurs et désirs... Visuellement, ses personnages bleus aux yeux de lumière, expressionnistes et quasi arachnéens, sont une indéniable réussite, illustrent fort joliment ses angoisses. Mais le récit intime n’échappe pas au voyeurisme ; et je m'étonne que l'acceptation sociétale de l'homosexualité ne soit pas davantage conviée, que la psychanalyse soit autant écartée. Une demi-réussite donc, ambitieuse et susceptible de déplaire.
L'Enfant cachée
Je connaissais déjà ce type de récit sur la Shoah et les enfants cachés, et j’avoue que je craignais un peu de lire une énième variation sur le même thème. Au final, l’histoire est bonne et bien racontée : le choix d’adopter strictement le point de vue de l’enfant apporte un vrai plus et permet de mieux s'adresser à de jeunes lecteurs. En restant à hauteur de Dounia, le récit évite de sombrer dans une noirceur trop frontale ou une lourdeur démonstrative. Tout passe par ce qu’elle comprend (ou pas) et cela rend l’ensemble plus digeste pour un jeune public, sans pour autant nier la gravité des faits. Le scénario trouve un équilibre délicat : il évoque les rafles, la séparation, la fuite, la solidarité et même le retour des survivants, mais avec pudeur. Certains passages vers la fin m’ont touché, notamment tout ce qui concerne les retrouvailles et les cicatrices laissées par l’absence. Il y a une émotion sincère, qui fonctionne sans tomber dans la sensiblerie. Graphiquement, le trait rond et expressif correspond bien à cette approche. Les personnages aux grosses têtes accentuent l’identification et renforcent le point de vue enfantin. Cela contribue à adoucir visuellement un sujet extrêmement dur, même si ce style peut ne pas plaire à tout le monde. Malgré ces qualités évidentes, je dois reconnaître que je suis resté un peu en retrait. J’ai tellement lu d’histoires similaires sur cette période que, même si celle-ci est réussie et pertinente, notamment pour un jeune lectorat, elle ne m’a pas emporté davantage que cela. Une lecture solide et touchante, surtout dans ses derniers chapitres, mais qui ne m’a pas surpris.
Milo & les créatures du grand escalier.
C'est la première fois que je lis un comics de Ben Hatke qui semble être un nom connu dans le monde des bandes dessinées pour la jeunesse. Je peux comprendre pourquoi parce que son dessin est vraiment enthousiasmant. C'est le style de dessin qui me donne envie de lire une BD juste en regardant la couverture. L'idée de départ est une bonne idée parce qu'elle porte sur une sensation universelle: qui étant jeune n'a jamais eu peur d'aller dans une cave ? Le scénario est inventif et sympathique à lire. Je pense que je suis rendu trop vieux pour trouver cet album incroyable, mais c'est sans doute ce que j'aurais pensé si je l'avais lu enfant. C'est donc un album que je recommande aux parents qui ont des enfants d'environs 8-12 ans.
Shango
J'aime bien quand la BD permet de mettre en lumière des évènements ou des personnages historiques qu'on a oubliés. On a une image d'Epinal où un pirate des mers de l'époque classique est un homme blanc, souvent barbu, assez costaud. Ici Shango est une force de la nature, mais il est noir de peau. Il a un destin exceptionnel, acquis à la force des bras et grâce à une détermination hors du commun. Des qualités qu'il montre dès le début de son aventure, an agissant pour se libérer des chaînes que lui ont posé ses compatriotes renégats, vendus aux marchands d'esclaves. Cette histoire nous est contée par Marc de Banville, journaliste télé et documentariste spécialiste des zones de guerre, et Arnaud Delalande, connu pour avoir écrit de nombreuses séries historiques. Ils ont donc uni leurs centres d'intérêts et talents de conteurs pour ce récit, prévu en plusieurs tomes chez Robinson. Un récit qui a de forts accents de réalisme, mais qui est fictif, même si peut-être inspiré par des révoltes d'esclaves au XVIIème siècle. C'est bien raconté, on ne s'ennuie pas une seconde, et on a envie d'en savoir plus sur ce précurseur, quelque part, de Toussaint Louverture. Pour mettre en images ce récit plein de bruit et de fureur, les deux co-scénaristes bénéficient de la fougue graphique de Guy Michel, dessinateur né en Haïti, et par conséquent concerné par ce sujet, mais surtout un très bon auteur, capable de mettre en scène des combats, des abordages, des tempêtes sur de beaux galions européens, et d'installer de belles ambiances en compagnie de Tyffenn Guerveno. C'est assez prenant et plaisant à lire, j'aurai plaisir à prendre connaissance de la suite.
Au Crépuscule de la Beat Generation - Le Dernier clochard céleste
Je connaissais quelques petites choses sur cette « Beat Generation », j’avais lu quelques lignes de Grinsberg, le roman « Sur la route » de Kerouac, et quelques trucs divers à ce propos, de Jean-Jacques Lebel par exemple. Mais, le roman de Kerouac mis à part, rien dans cet univers ne m’avait réellement intéressé. C’est sans doute pourquoi j’ai lu cet album sans trop d’enthousiasme. Étienne Appert s’inspire des travaux et livres de Gilles Farcet dans les années 1980 (c’est-à-dire très tardivement pour ce qui concerne la Beat Generation), qui a rencontré plusieurs fois Ginsberg, et il a « romancé » ces rencontres. Il y a des passages intéressants, sur l’univers, et sur la personne de Ginsberg. Mais j’ai été un peu soulé par tous les passages faisant intervenir « Hank », personnage étonnant, sorte de clochard poétique hirsute, mais à la logorrhée usante. J’ai aussi été gêné par le côté « groupie » dans lequel l’auteur se place face à Ginsberg et toutes les personnes qu’il est sensé rencontrer dans son sillage. Cela fait perdre pas mal d’intérêt – pour moi en tout cas – au récit, qui tourne un peu à l’hagiographie béate d’un gourou « gentil ». Bon, d’autres pourront y trouver plus d’intérêt ou de satisfaction. Mais cet album – et peut-être son sujet ? – m’ont laissé un peu de côté. Note réelle 2,5/5.
L'Abbé
Je crois avoir lu tous les albums publiés par L’Abbé. Et je trouve qu’il a bien progressé depuis Docteur Peste, même si ce dernier était déjà un album intéressant. Adoubé ici par Maester (auteur que j’aime beaucoup), qui se fend d’une préface, d’une interview croisée en fin d’album, et de quelques petits crobars d’accompagnement en bas de page, L’Abbé reste dans la bonne moyenne des albums Fluide, en tout cas tout à fait dans le ton – dominant chez eux – de l’humour con, absurde. Le dessin n’est pas très détaillé, mais il fait très bien le boulot. L’auteur se permet même de varier ses styles. L’ensemble est inégal, mais la plupart des histoires m’ont au moins fait sourire. C’est généralement con, absurde donc, avec un humour plus ou moins « poussé ». La première histoire est atroce, avec ce gamin qui en prend plein la gueule (dans tous les sens du terme), alors que son père lui raconte une histoire familiale aussi noire qu’improbable. J’ai aussi particulièrement apprécié le gag très con, très noir (voir trash) de l’histoire « Le train », qui aurait plu aux auteurs de « Hitler = SS ». Voilà un album que les amateurs de l’humour Fluide tendance Goossens, Maester apprécieront sûrement. Ça a en tout cas été mon cas. Note réelle 3,5/5.
Sur la piste de Blueberry
Je suis toujours circonspect en tombant sur ce genre d’album. D’abord parce que je ne suis a priori pas fan du mélange des genres – graphiques surtout – dans un même album. Ensuite parce que forcément aucun auteur n’a réellement l’espace suffisant pour développer une vraie intrigue – puisque nous ne sommes pas là dans du strip gags ! Ensuite on peut légitimement craindre que ça ne soit qu’une énième exploitation mercantile d’un univers. Enfin, concernant cet album en particulier, le fait que la série Blueberry soit l’une de celles que j’ai le plus lues et appréciée ne pouvait que renforcer mon appréhension. Alors, c’est sûr, il y a des noms clinquants, et des habitués des bons westerns. Mais cela ne garantit rien. Par exemple l’histoire dans laquelle Jonathan Cartland rencontre Blueberry est trop courte et très pauvre : le dessin de Blanc-Dumont est toujours bon, mais le scénario de Vivier – une rencontre fortuite et éphémère entre les deux hommes autour d’un point d’eau – manque d’intérêt, avec des dialogues ampoulés, et même peu crédible (Cartland demande à Blueberry s’il a fait la guerre de Sécession, pour lui dire deux cases plus loin qu’il a beaucoup entendu parler de lui, qu’il est une légende…). Certaines histoires veulent jouer l’originalité, mais manque de coffre (voir la première, proposant un épisode autour d’un Blueberry gamin – expliquant son surnom). L’histoire de Brugeas et Toulhoat bénéficie d’un plus grand espace pour se développer et se laisse lire, comme plusieurs autres histoires d’ailleurs. Je n’ai pas été convaincu par celles où le style du dessinateur s’éloigne trop de celui de Giraud, et j’ai à l’inverse apprécié ceux qui – sans cloner le style Giraud (est-ce possible ?) – ont proposé un dessin chouette et s’en approchant (même s’il n’y a jamais la profusion de détails en arrière-plan). Sinon, on est frustré par le manque de développement c’est sûr. Plusieurs auteurs (chacun déclare sa flamme dans un petit texte introductif présentant sa découverte de la série) ont choisi d’insérer leur histoire entre deux tomes, certains, en plus de Blueberry, MacClure et Red, font intervenir des second rôles marquant (deux fois « Prosit » Luckner, une Chihuahua toujours aussi « forte », et une évocation de Jethro). A noter que la première histoire tourne autour d’un Blueberry gamin, tandis que la dernière, crépusculaire, nous le montre vieillissant (mais finalement bien conservé pour son âge en 1910 !!!) et rangé, père de famille pépère… La boucle est bouclée. Au final, ça se laisse lire – surtout visuellement, la majorité des auteurs proposant un travail de haute qualité dans ce domaine, sans trahir l’esprit de Giraud. Les récits m’ont moins intéressé. Une lecture d’emprunt, pour les amateurs du héros de Charlier/Giraud. Peut-être aussi pour donner envie à ceux qui ont la chance de ne pas le connaitre d’aller se ruer sur ces albums qui m’ont procuré tant de plaisir.
Punisher - Soviet
2.5 Un autre récit du Punisher par Ennis et il ne se renouvelle pas trop. Je n'ai jamais été un grand du personnage du Punisher, mais j'aimais bien les premiers récits de ce anti-héros par Garth Ennis car il y avait de l'humour noir qui donnait un coté un peu cartoon qui rendait les récits agréables. Puis ensuite il a fait des récits plus adulte et sérieux avec ce personnage et j'ai un peu décroché. Ce one-shot est dans la droite ligne des récits avec peu d'humour. La nouveauté est que le Punisher rencontre un ancien soldat russe qui a la même croisade contre les criminels et c'est une idée intéressante parce que Punisher est tout de même peu sociable et je me demandais ce que ça allait donner de le voir interagir avec un homme qui est comme lui. Malheureusement, une bonne partie de l'album s'est le russe qui raconte sa vie dans l'armée russe et comment il est devenu désillusionner de voir des simples soldats mourir pendant que l'élite bien pourrit fait ce qu'elle veut. C'est pas une mauvaise idée, mais Ennis a déjà fait trop de récits de ce genre et il n'ajoute rien de nouveau. Comme c'est Ennis, cela reste un récit qui se laisse lire bien rythmé avec des bons dialogues et quelques bonnes scènes, mais il est en mode pilote-automatique et n'a fait que reprendre les mêmes thèmes qu'il utilise encore et encore. Si on a jamais lu un Punisher par Garth Ennis, cela peut être un bon début, mais je conseil plutôt la série ''Punisher (Ennis/Dillon)''.