Les derniers avis (144 avis)

Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série Cheval de bois, cheval de vent
Cheval de bois, cheval de vent

Une histoire pour enfant qui fait dans le récit simple et porté par son dessin surtout. L'histoire se laisse vite lire mais c'est l'amusement de la galerie de dessin qui fait mouche, entre les péripéties de ce roi abusant de ses sujets et les compositions de planches qui multiplient les détails, appelant les jeunes lecteurs à regarder plusieurs fois chaque image pour repérer les détails cachés. C'est le genre de BD qui se lit très bien avec de très jeunes enfants pour s'amuser de tout ce qui est présenté. La BD étant très courte et sans grande histoire, il serait difficile d'en parler longuement. C'est une histoire de roi qui veut tout et ne supporte pas qu'on lui prenne quoi que ce soit, métaphore pas très subtile de l'avarice. Face à lui deux enfants pauvres qui s'amusent et le tourneront en ridicule, dans une farce bouffonne proche des contes. Le tout marche bien, surtout grâce au travail graphique qui s'amuse du récit, mais sans que la BD reste inoubliable. A lire aux plus jeunes.

29/01/2026 (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série L'Ombre rouge
L'Ombre rouge

Une étrange BD sur un personnage qui a réellement existé et dont un ancien communiste va retracer la vie. Je ne savais pas qui était cette femme et j'ai dû vérifier à la fin de la BD si ce qu'ils disaient était exact, ce qui est le cas. La masse de recherches du être colossale pour réunir ainsi tout les éléments de la vie de Tina Modotti, mais aussi travailler sur l'écrivain Jorge Semprun, personnage ayant lui aussi réellement existé. Cela dit, une bonne recherche et une idée intéressante ne font pas une bonne BD. Et malheureusement l'écueil ici est la construction narrative, alternant les flashbacks et les considérations sur les partis communistes notamment Mexicain de l'entre-deux guerres. Pour être franc, j'étais perdu à un moment. C'était confus et j'en ai surtout tiré les dissensions entre les trotskistes et les communistes fidèles à l'URSS de Staline, qui aura assassiné tout ce qu'il pouvait de penseur du plus grand ennemi. Trotsky est l'ombre qui plane sur la BD, figure qui semble derrière pas mal d'assassinat de personnes qu'on a soupçonné de sympathie envers lui. Le tout dans une enquête étrange qui tente de savoir si Tina Modotti fut assassinée, question restée sans réponse à la fin de la BD. C'est dommage, parce que j'ai bien aimé les diverses informations que je comprenais, et notamment la place de la photographie dans la dénonciation des horreurs du capitalisme ou la libération de la femme au sein du communisme de ces années-là. Encore une fois, on découvre que la pensée communiste, loin des goulags et de Staline, fut aussi un espoir et une révolution intellectuelle pour tout une frange de la population qui subissait de plein fouet les affres d'un patronat décomplexé. Il est dommage que la BD biographique soit aussi complexe à comprendre, noyant un peu le tout dans les considérations entre chaque personnages, les implications politiques et les ordres secrets, pour au final aboutir à une question sans réponse. Je me dit que mieux menée, cette BD aurait pu combiner la biographie intéressante avec la présentation de l'expansion du communisme dans ces années-là, entre les espoirs, les idéaux et la réalité. En l'état, j'ai surtout eu du mal à suivre et comprendre qui était là et pourquoi. C'est dommage, j'aurais voulu plus aimer.

29/01/2026 (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série Le Dernier Lapon
Le Dernier Lapon

En lisant cette BD j'étais certain d'avoir déjà lu le roman de base, mais dont l'histoire m'avait si peu intéressée que j'en avais oublié toutes les grandes lignes d'intrigues ainsi que la résolution. Et en voyant le résultat, je peux dire que je comprends pourquoi : c'est un polar classique dont la résolution n'apporte pas de conclusion satisfaisante au-delà de l'arrestation des méchants coupables. Le genre qui m'intéresse le moins, en somme. Je le redis souvent, mais le genre du polar n'a pas mes faveurs. Ici encore nous avons les ingrédients habituels : flics blasés et corrompus, magouille, passé qui refait surface, méchants très méchants et jeune recrue de la police qui découvre les méthodes. C'est intéressant dans le décor du grand nord Norvégien, mais une fois passé l'intérêt du cadre et du dépaysement, le récit pêche déjà beaucoup plus. En fait, je crois que le souci c'est que le récit part d'un évènement déclencheur qui n'aura que peu de résolution au final. Le vol du tambour sera finalement résolu sur un coin de table, amenant à une autre problématique qui n'est pas très intéressante non plus, autour d'un secret enfoui sur les terres autochtones. L'auteur a voulu clairement parler de ce qu'on a fait à ce peuple Lapon qui est encore victime de sa simple existence, attirant sur lui le pire du capitalisme. Sauf que le récit lie les deux d'une façon que je trouve maladroite et qui n'a pas d'intérêt réel. En fait, je trouve que le récit aurait pu s'arrêter sur l'histoire du méchant, c'est-à-dire l'exploitation des sols autochtones et les conflits qui en découlent, comme c'est aussi le cas au Canada par exemple. Là le mélange avec le vol du tambour amène à plein de pistes qui, si elles sont résolues, n'apportent pas grand chose au final. De fait, la résolution est assez détachée du reste du récit pour moi. Il manque un réel intérêt à arriver à la conclusion, une envie de voir ce qui se résout. Là, j'ai pas vraiment l'impression qu'il y ait de résolution mais juste un arrêt après qu'on ait empêché le méchant de nuire. La BD est donc une adaptation et celle-ci est plutôt réussie, avec un dessin qui marche bien et colle au récit, porté par les touches de bleus sur la neige. Je me suis juste dit que certains détails autour des violences sexuelles ou le flic qui embrasse sa partenaire sans consentement n'était pas indispensable. Ils apportent l'idée de la violence, mais dans le cas du flic je ne vois pas en quoi ça sert le récit, surtout que ça fait de notre protagoniste un agresseur sexuel, ce que je n'apprécie pas outre mesure. Donc voila, une nouvelle fois je découvre un polar et une nouvelle fois je trouve que le récit sonne faux. Il y a des bâtons dans les roues des protagonistes qui semblent être là pour servir un récit plutôt qu'une crédibilité, les méchants très méchants sont méchants et l'histoire se dénoue sans réelle fin, juste un arrêt de l'enquête. Et puis voila, j'ai fini de lire, c'était sympa surtout niveau du dessin, j'aurais à nouveau oublié l'histoire dans six mois et ça ne m'aura pas apporté grand chose. Je pense vraiment que le polar ce n'est pas pour moi ...

29/01/2026 (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série Un thé pour Yumiko
Un thé pour Yumiko

Une BD intéressante, même si elle n'a pas suffisamment de matière pour marquer durablement. Je mentirais en disant que je n'ai pas été touché, mais en même temps je n'ai pas été tout à fait au clair sur la compréhension des messages de celles-ci. Ce récit d'une jeune japonaise revenant au pays pour l'enterrement de son père est un récit que j'ai déjà vu des dizaines de fois. Mais je dois avouer qu'il y a quelque chose qui m'a touché dans le récit. Les souvenirs de l'enfance qui reviennent, les souvenirs de dialogues et de ce qui a fait qu'elle est partie ... Yumiko se refait un tour d'horizon avant de repartir, mettant à plat ce qu'elle vit pour repartir. C'est touchant, notamment dans le rapport avec le théâtre No qu'elle essaye de comprendre sans avoir immédiatement la clé pour ça. Maintenant, la BD est aussi lente et ne développe pas tout, finissant par être trop cryptique. Les émotions sont là, mais pas développées ni transportées sur des idées. C'est dommage, parce que je trouve que la BD se tient globalement, j'ai été entrainé dans ce récit lent et tranquille, mais sans conclusion spécifiquement intéressante, la dernière révélation est assez plate et pourrait porter quelque chose du récit qui ne vient pas. Quid de son mariage, du fait d'avoir vécue à la place de sa mère ? Va-t-elle changer de vie, de façon de voir les choses ? A-t-elle finalement envie de rentrer ? Ces détails importants manquent cruellement et c'est dommage, le récit aurait gagné en force de manière importante. La BD reste portée par son dessin, efficace par son utilisation des couleurs et d'un dessin sobre. La colorisation à l'aquarelle laisse peu de couleurs éclatantes mais cela va de pair avec le style du récit. Il fait le travail et porte bien l'émotion lorsque celle-ci doit arriver ! Une BD intéressante, qui m'a plu mais qui manque de consistance, dommage.

29/01/2026 (modifier)
Couverture de la série Héraclès (Ferri Tabou)
Héraclès (Ferri Tabou)

Décidément, Cosimo Ferri ne lâche plus les grands classiques de la mythologie grecque ! Après Achille et Ulysse, il nous propose sa vision du héros Héraclès. Et, comme pour ses précédentes séries, après une version « soft » publiée chez Graph Zeppelin, il nous propose une version rallongée et surtout « corsée », pour adultes, chez Tabou. Ferri est un amateur d’Histoire, et se documente solidement pour ses séries « antiques ». Ça se voit. Je dirais que je l’ai trouvé trop fidèle aux récits d’origine (il glisse de très nombreuses citations antiques – d’Apollodore essentiellement). En tout cas je m’attendais à ce qu’il s’en écarte un peu plus, tout du moins qu’il développe des récits annexes. Ça n’est pas le cas, et nous suivons donc, de façon sans doute un chouia trop linéaire et « sec », la geste du héros (qui accomplit dans cet album inaugural ses quatre premiers « travaux », accompagné de son neveux). C’est donc un récit très classique, qui suit la trame connue, et le fait très bien, de façon fluide et agréable (malgré les petites frustrations évoquées plus haut). Classique aussi le dessin de Ferri. Un peu trop avare de détails pour les décors, peu développés (presque escamotés), il est vraiment très bon pour les personnages – masculins ou féminins. Ce dessin très plaisant plaira aux amateurs de l’auteur, mais aussi à ceux qu’Héraclès et la mythologie grecque intéressent : c’est la version simple et fidèle d’un passionné qu’il nous est donné de lire ici. Le dessin plaira aussi aux amateurs d’érotisme, puisque Ferri a glissé ici plusieurs scènes de sexe au cœur du récit, toujours bien rendues, scènes diverses, y compris bisexuelles.

29/01/2026 (modifier)
Couverture de la série Le Mangeur d'âmes (La Bête du lac)
Le Mangeur d'âmes (La Bête du lac)

Une bonne série fantastique, agréable à lire, sans ambition démesurée. L’univers fonctionne bien, porté par un contexte québécois marqué et un rapport crédible entre l’homme et une nature vaste, isolée, parfois franchement hostile. Le cadre participe clairement au plaisir de lecture et donne une identité propre à l’ensemble. Le scénario reste classique mais plutôt bien ficelé. La progression est fluide, la montée en tension efficace, et le recours au folklore est intelligemment intégré sans surcharge explicative. Rien de réellement marquant ou surprenant, mais l’histoire se tient et se lit avec constance, ce qui suffit à maintenir l’intérêt jusqu’au bout. Graphiquement, la série souffre d’une certaine inégalité. Le premier tome parait plus hésitants, tandis que les derniers gagnent nettement en maturité et en maîtrise. Dans l’ensemble, le dessin reste plaisant, lisible, et sert correctement l’ambiance, avec un folklore visuellement bien exploité. Une série recommandable pour les amateurs de fantastique accessible, plutôt orientée ado, qui cherchent une lecture efficace et dépaysante sans prise de risque majeure.

29/01/2026 (modifier)
Par Lodi
Note: 3/5
Couverture de la série Jacques Le Gall
Jacques Le Gall

Je n'ai lu que les aventures se passant en Inde, pas du temps perdu : le plaisir n'est jamais une perte. Mais ce n'est pas à relire. Oui, l'Inde est cliché, et alors ? Par Indiana Jones, qui va chercher autre chose que de l'exotisme en pays étranger, exotique, a priori ? N'est pas Corto Maltese qui veut. Comme dans la patrouille des castors, on est là pour vivre des aventures, comme dans les jeux d'enfants avec courses poursuites, méchants bien identifiables, éventuel trésor à la clé. Tout ça, c'est de la bd d'aventure basique. Le dessin n'est pas mal, l'aventure assez rythmée, le sage hindou est le seul personnage un peu consistant, il n'a pas de mal.

29/01/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Migrasyon
Migrasyon

Je suis un peu déçu de ne mettre que 3 étoiles car j'aurais adoré mettre plus à cet album dont le sujet est intéressant. L'auteur est un québécois issue de parents haïtiens et il parle de son enfance, de la vie de sa famille et aussi de sa vie maintenant. C'est donc un album qui parle d'immigration vu que ses parents font parti des haïtiens qui sont venus au Québec à partir des années 70 pour essayer de trouver une vie meilleur Tout le long des pages on va voir le meilleur et le pire de la société québécoise parce que si certains aiment bien aider les nouveaux arrivants, il y a aussi les gros racistes qui ne veulent pas de ses sales noires dégénérés qui font juste que voler le boulot de grave blancs et les comportements haineux sont encore présent de nos jours. J'ai bien aimé plusieurs anecdotes et l'auteur brase plusieurs thèmes. Il montre notamment la complexité de sa relation avec un père qui était contrôlant avec ses fils car il ne voulait pas qu'ils finissent délinquant ou encore l'incompréhension de ses parents face au fait que, étant né au Québec, il n'a pas d'attache particulier pour Haiti. Malheureusement, il y a quelques défauts qui font en sorte que mon enthousiaste pour cet album est moyen. On fait plusieurs allers-retours entre le passé et le présent et ce n'es pas toujours clair. J'ai, par exemple, cru un moment qu'on suivait l'enfance de l'auteur alors qu'en fait il parlait d'un de ses frères ainés. On saute souvent du coq à l'âne comme si l'auteur dessinait les anecdotes au fur et à mesure qu’ils lui venaient dans la tête. Un autre problème est le dessin. Il est bon, mais l'auteur a surtout fait de l'illustration et disons que ça se voit. Il y a des cases qui prit tout seul ferait de très belles illustrations, mais qu'on on les mets ensemble cela donne un truc surchargé. Je pense que s'est l'autobiographie avec la narration la plus dynamique que j'ai lu sauf qu'on est pas dans une histoire d'action. Je pense que cela aurait été mieux d'avoir une mise en scène plus calme et de garder le dynamisme pour les quelques scènes de violences qu'on voit dans l'album, cela aurait mit mieux en avant ce qu'à parfois vécu l'auteur dans sa vie. Cela reste un album que je recommande malgré tout.

28/01/2026 (modifier)
Par cac
Note: 3/5
Couverture de la série Richard
Richard

Quel casse-bonbon ce Richard. Le personnage pourra en énerver certains, toujours à chercher la petite bête. Le premier album est plutôt drôle, son ami demande juste un avis sur son travail et Richard le fait tourner en bourrique jusqu'à lui passer l'envie de dîner avec lui ensuite. La pression monte petit à petit jusqu'à faire disjoncter l'interlocuteur. Des albums Patte de mouche courts mais qui ont de la substance. J'ai lu les 5 à la suite. Les sujets peuvent être délicats, Dieu, les juifs etc. Trondheim s'en sort bien. J'en lirai bien de nouveaux, les thèmes possibles et polémiques sont nombreux, Richard et les zadistes, Richard rencontre un député RN, Richard va chez son boucher etc.

28/01/2026 (modifier)
Couverture de la série Dr Wertham
Dr Wertham

Je ne connaissais pas du tout ce personnage, et cet album m’a permis de découvrir un homme qui a eu une influence non négligeable sur les comics américains. Dans la première moitié de l’album, on apprend à connaitre Wertham, son travail, sa personnalité – controversée, mais c’est la seconde partie qui m’a le plus intéressé. D’abord parce qu’il porte sur la soi-disant influence des comics sur la délinquance et autres déviances (idée fortement défendue par Wertham), mais aussi parce qu’il éclaire l’ambivalence de la personnalité de Wertham. En effet, il est étonnant de voir que cet homme, qui a lancé une croisade quasi fanatique contre la « mauvaise influence » des comics sur la jeunesse américaine, est aussi par beaucoup d’autres aspects quelqu’un de « progressiste ». Il va ainsi agir contre la politique ségrégationniste, s’opposer à Mc Carthy (qui lance sa « chasse aux sorcières » au même moment que la croisade de Wertham). Mais la personnalité de Wertham (bien éclairée par la première moitié de l’album) est égocentrique, autocentrée, hypocrite par pas mal d’aspects (il n’hésite pas à faire de l’argent avec les sujets qu’il étudie et/ou dénonce). Wertham a détruit en partie EC comics, a pourri la carrière de nombre d’auteurs (en particulier il a fait mal à des auteurs comme Wallace Wood), ce qui ne peut que me le faire détester. L’ironie de l’histoire, c’est que ça a poussé l’éditeur d’EC à accentuer le côté satirique de MAD (effet collatéral plutôt sympa de l’action de Wertham). Un album intéressant en tout cas, avec un dessin minimaliste au niveau des décors, une colorisation « gris délavé » déjà vue sur certains albums d’Eisner. Le rendu n’est pas très engageant, mais c’est lisible.Note réelle 3,5/5.

28/01/2026 (modifier)