Les derniers avis (23 avis)

Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série La Loi des Probabilités
La Loi des Probabilités

A la suite d'une confusion médicale, un homme est persuadé qu'il ne lui reste que quelques mois à vivre et décide de partir réaliser un vieux rêve, aller voir les baleines au Canada avec sa femme. Pendant toute ma lecture, j'ai eu l'impression de voir le scénario d'une comédie française des années 1980, le genre de film avec Jean Rochefort en héros un peu dépassé par les événements, balloté par la vie et accumulant les petites misères tout en gardant le moral comme il peut. On suit ainsi une succession de mésaventures et de hasards plus ou moins malheureux qui viennent perturber ce voyage. Le récit reste agréable, notamment grâce à des personnages assez justes et crédibles (à l'exception de l'assureur envahissant, volontairement très caricatural). Ce double du célèbre Séraphin Lampion est un ajout un peu trop stéréotypé et légèrement pénible : un importun bavard dont les apparitions récurrentes se voient malheureusement venir d'un peu trop loin au fil du récit. L'ensemble est assez mollasson. Le scénario aligne des situations plutôt attendues et ne crée jamais vraiment de tension ou d'émotion forte. Cela reste néanmoins plaisant à lire, notamment parce que l'histoire ne repose pas trop sur des quiproquos artificiels (hormis celui de départ, mais qui est ici justifié de manière assez crédible). Il en découle une lecture sympathique mais assez mineure : une petite comédie douce-amère, agréable sur le moment, mais qui manque un peu de relief pour vraiment marquer.

05/03/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Genèse et Prozac
Genèse et Prozac

Genèse et Prozac est une succession de gags en une page qui revisitent la Bible et ses grands épisodes sous un angle parodique. Les auteurs imaginent notamment un Dieu anxieux, dépressif et peu sûr de lui, qui doute en permanence de ses propres créations. L'idée fonctionne plutôt bien sur le principe, et ce Dieu gaffeur, dépassé par ce qu'il a lui-même créé, est globalement assez sympathique. Les auteurs s'amusent à détourner des passages connus de l'Ancien et du Nouveau Testament avec une bonne dose d'irrévérence, parfois sarcastique ou absurde. Les gags sont cependant assez inégaux. Certains tombent à plat ou paraissent convenus, mais d'autres fonctionnent bien et m'ont fait rire pour de bon. L'ensemble se lit donc de façon agréable, même si l'inspiration varie beaucoup d'une page à l'autre. Graphiquement, le dessin n'est pas particulièrement réussi : il est raide et pas vraiment très professionnel. En revanche, j'apprécie la lisibilité de la ligne et une certaine élégance minimaliste qui se dégage malgré tout de l'ensemble, ce qui rend la lecture claire et fluide. C'est un album d'humour inégal mais sympathique, porté par ce portrait assez amusant d'un Dieu dépressif et maladroit qui semble aussi perdu que ses propres créatures. Note : 2,5/5

05/03/2026 (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5
Couverture de la série Rai Rai Rai
Rai Rai Rai

Pas banale, cette histoire d'une gamine qui bosse comme une dératée pour permettre à sa famille d'éponger les dettes laissées par le père, et qui se retrouve à devoir partager son corps avec une créature dont on ignore la nature. Sur ce pitch de départ, Yoshiaki aurait pu faire une série un peu plan-plan, enchaînant les gags et les quiproquos déjà vu dans des histoires de corps contrôlés partiellement par des démons ou des extra-terrestres. Mais non, dès ce tome 1 il fait évoluer la situation, opérant une dissociation physique qui ne casse cependant pas la cohabitation forcée des deux personnages. On a d'ailleurs des corps qui évoluent régulièrement, donc des positionnements de force fluctuants. Et on a bien sûr une grosse boîte qui voit en Sumire une exterminatrice potentiellement très puissante, capable d'enfin débarrasser la Terre des créatures monstrueuses et parasites laissées par une invasion alien datant de plusieurs décennies. C'est enlevé, c'est fun (j'ai carrément pouffer lorsque Sumire, sentant que quelque chose monte dans son corps, crie "ça sort, ça sort, ça sort" et que le démon, pas encore surnommé Duskin, lui crie "retiens-toi, retiens-toi, retiens-toi !"), et c'est assez surprenant. L'éditeur parle d'un mélange entre Dandadan et Kaiju n°8. Côté dessin, Yoshiaki, qui est fans de Ranma 1/2, a créé son héroïne comme une jumelle de celle de ce glorieux titre, et propose un style classique, mais assez à l'aise avec les designs de monstres (et de robots/cyborgs ?). C'est sympa, je recommande.

05/03/2026 (modifier)
Couverture de la série Pour que respire le désert
Pour que respire le désert

Bon, pas grand chose à dire de cet album, dont je suis sorti un peu sur ma faim. Le dessin est sympa, agréable à l'œil, idem pour la colorisation. Mais ce dessin manque aussi de détails. Les décors auraient mérité d'être plus mis en avant. L'intrigue se laisse lire elle aussi agréablement. La narration est fluide, et les délires plus ou moins ancrés dans la réalité de Yuanyuan autour de ses bulles apportent une touche de poésie. Mais aussi une bonne dose de naïveté, qui tend à l'improbable. Surtout l'intrigue manque de densité, elle est trop linéaire. Il manque de la tension, que j'ai attendu vainement. Du coup c'est trop facile et simpliste. Et finalement décevant. Note réelle 2,5/5.

05/03/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Cats and dragon
Cats and dragon

Une série de fantasy assez particulière, construite comme une succession de petits contes autour de générations de chats magiques élevés par un dragon protecteur. Chaque chapitre suit l'un de ces félins dans une courte aventure, parfois légèrement aventureuse, parfois simplement contemplative, dans un univers volontairement doux et accessible. C'est joli, c'est mignon, c'est bien dessiné et l'intention est bonne. Le problème, à mes yeux, est que cette douceur permanente finit par enlever presque tout enjeu au récit. L'ambiance est tellement feel-good qu'elle en devient un peu mièvre, et l'humour reste assez discret, ce qui donne parfois une impression de lecture sirupeuse. Les chats eux-mêmes sont difficiles à prendre vraiment au sérieux : ils sont tous très mignons, très bienveillants, très sages, très intelligents, souvent très puissants en magie et globalement toujours du bon côté des choses. À force, ils ont presque un côté Mary Sue assez marqué qui rend leurs aventures assez prévisibles. Le manga est joli et agréable à feuilleter, avec un dessin expressif et une atmosphère paisible, mais l'ensemble repose surtout sur le charme de ces chats et sur cette ambiance chaleureuse. Il faut clairement aimer à la fois les félins et les histoires très feel-good pour accrocher. Pour ma part, j'ai trouvé la lecture plutôt douce… mais aussi un peu ennuyeuse sur la durée. A voir si davantage d'intrigue se met en place sur les tomes suivants puisqu'il y en a déjà 12 de parus au Japon. Note : 2,5/5

05/03/2026 (modifier)
Couverture de la série Yesterday
Yesterday

Un sentiment mitigé au sortir de cette lecture. Il y a des points positifs. Une fois accepté le "voyage dans le passé "du héros, qui se retrouve propulsé dans les années 1960 (sans que ni nous ni lui ne comprenions ce qui s'est passé), on a sous les yeux une uchronie maligne, qui permet de se plonger dans cette période, et de rencontrer certains de ceux qui vont dominer la scène musicale (folk ou rock surtout). Le héros, avec le groupe de rock qu'il intègre, et avec ses connaissances du "futur", "vole" donc certains tubes des Beattles. La narration est fluide, et en plus de cette uchronie, tout ceci est bien enrobé par une histoire d'amour compliquée. Mais il y a aussi des points négatifs. a commencer par l'abandon de la série bien sûr, qui nous laisse en plan dans l'intrigue, sans connaître la conclusion, ni d'ailleurs une éventuelle "explication" (même si à ce propos je suis toujours dubitatif dans ce genre d'histoire au point de départ aussi improbable). Mais aussi un dessin assez moyen (tout en étant lisible), et une histoire finalement "légère", certes aérée, mais péripéties, dialogues manquent de consistance. Une série (en fait un album) intrigante, mais qui m'a un peu laissé sur ma faim. Note réelle 2,5/5.

04/03/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Hantons sous la pluie
Hantons sous la pluie

Comme pour Nuits blanches, j'avais lu quelques-unes de ces histoires à l'époque dans Fluide Glacial, quand j'étais jeune. Mais, contrairement au recueil précédent, celles-ci m'avaient moins marqué dans mon souvenir. La relecture aujourd'hui confirme un peu cette impression : je situe clairement cet album un cran en dessous. On retrouve pourtant la patte de Philippe Foerster : des histoires courtes fantastiques, un humour noir grinçant, des situations ordinaires qui basculent dans l'absurde ou le macabre. L'ensemble se lit sans déplaisir, et l'auteur conserve ce goût pour le décalage et le malaise progressif. Mais j'ai trouvé les intrigues plus basiques, parfois plus prévisibles. Là où certaines histoires de Nuits blanches me semblaient installer un vrai trouble durable, celles-ci m'ont paru fonctionner de manière plus mécanique. Il y a bien quelques moments forts et dérangeants (La petite fille perdue au milieu de jouets devenus vivants, ou ces pauvres gens littéralement aspirés dans leurs toilettes), des images qui frappent et qui installent une vraie étrangeté. En revanche, les conclusions m'ont moins convaincu que les situations de départ, comme si la chute ne tenait pas toujours la promesse du malaise initial. Graphiquement aussi, j'ai trouvé l'ensemble un peu en retrait. Le noir et blanc reste efficace, les trognes sont toujours expressives, mais les décors m'ont semblé moins travaillés, moins impressionnants que dans l'autre recueil. L'atmosphère fonctionne, mais elle m'a paru un peu moins habitée. Cela reste du Foerster, avec son imaginaire tordu et son goût pour le fantastique cruel. Mais un volume qui, à mes yeux, manque un peu de la puissance visuelle et narrative qui faisait, dans mon souvenir, la force de ses meilleures histoires.

04/03/2026 (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série L'Humain
L'Humain

Je suis partagé sur la BD qui est bonne, mais un peu trop linéaire et directive sur les questions qu'elle aborde. En effet, alors que le récit commence assez vite à rentrer dans un sujet sur l'eugénisme et la folie créatrice d'un homme à volonté démiurge. Ce récit comportant un seul et unique humain va poser de nombreuses questions sur l'humanité et ses travers. Entouré de robots qui lui doivent total obéissance jusqu'à la mort, tandis qu'il explore une Terre où l'humain a disparu, remplacé par des primates dans une nature étrange et mystérieuse. L'idée est séduisante et l'histoire s'emballe assez vite mais sans grand explosion finale, le tout en se posant des questions sur l'humanité qui est capable du pire et se voit toujours comme supérieure à une nature dangereuse et oppressante. L'opposition entre l'humain et la nature est un enjeu central du récit, propos qui est d'ailleurs assez centré sur une vision pessimiste de l'humain. Le tout avec un robot qui représente une autre alternative, plus humaine, ce qui semble aller à l’encontre du discours actuel sur l'IA, mais permets surtout de montrer l'esprit d'une autre personne qui n'est pourtant pas présente. Cela dit, et ça m'embête puisque j'ai la même impression à la plupart de mes lectures récentes, j'ai été assez peu intéressé par l'emballement que présente la BD. La construction de la folie du personnage est assez rapide et linéaire, sans mesures et sans retournement clair. D'ailleurs l'idée finale quant à ce monde me semblait évidente et claire assez rapidement, ce qui m'a donc fait m'interroger sur les capacités cognitives du personnage principal. Je comprends l'idée mais je la trouve assez grossière dans l’exécution, ne mettant pas assez en lumière ce qui pourrait être une vraie tragédie d'un personnage qui sombre progressivement dans la folie rongé par la douleur. Ici la douleur semble être surmontée face à des rêves de grandeurs qu'on a du mal à comprendre. Le projet eugéniste était là de base, est-ce un propos politique ? C'est assez dur à dire et personnellement j'ai pas eu grand intérêt à l'histoire globale. Au final, je ne dirais pas que c'est mauvais mais que j'ai trouvé l'ensemble manquant de sel.

03/03/2026 (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série Après le monde
Après le monde

Une BD sympathique mais très cryptique. J'ai vu qu'elle avait été écrite pendant le covid et ça explique sans doute l'ambiance de fin du monde, mais je dois bien dire que la BD m'a paru construire lentement un gros mystère qui ne sera jamais vraiment dévoilé et finira un peu en queue de poisson. C'est une publication destinée aux plus jeunes et donc elle a des attentes plus basses, même si je dois dire que le début se tient particulièrement bien. On est vite plongé dans l'ambiance de désolation et de solitude de Héli, qui erre sans but dans un monde occidental dévasté. Le trait de Timothée Leman est parfait pour ce genre de récit, ses personnages faisant assez rapidement penser à du fantastique mais a aussi une patte très identifiable qui colle à l'atmosphère onirique et enfantine. C'est une réussite visuelle qui vaut à elle seule la lecture, selon moi. Par contre, j'ai plus de mal avec la fin du récit qui est construite lentement tout du long. Car rien n'est clair ni expliqué, la question des colonnes blanches qui s'avèrent être des plantes, les animaux protecteurs qui finissent agressifs, les fantômes avec lesquels on interagit ... Il semblerait que l'auteur ait une direction en tête pour tout ce récit mais finalement rien n'est apporté et la double page final semble presque une explication du genre "tout n'était qu'un rêve", qui serait assez malvenue mais qui n'explique rien du tout non plus. Je pense que quitte à faire une fin totalement ouverte, cette double page aurait pu être évitée. En fait, c'est dommage qu'il y ait cette fin, sans quoi j'aurais rehaussé ma note à coup sur. L'ensemble se tient vraiment bien jusqu'à cette petite déception qui malheureusement reste en tête lorsque la BD est reposée. Dommage, mais franchement encourageant pour l'auteur qui a des belles choses à montrer !

03/03/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série L'Inconnue du bar (Dans la tête de...)
L'Inconnue du bar (Dans la tête de...)

J'ai été agréablement surpris par la construction de cette BD que j'imaginais n'être qu'une jolie bluette au vu de sa couverture. L'album repose sur une histoire cadre très simple (trois habitués d'un bar qui tentent de cerner la personnalité d'une jeune autrice de BD dont l'un d'eux est amoureux), mais elle est sans cesse entrecoupée par la lecture des planches que cette mystérieuse dessinatrice publie dans un magazine. Ce va-et-vient entre discussions au comptoir et récits issus de son imaginaire crée une mise en abyme efficace : on ne lit pas un simple recueil d'histoires courtes, mais un ensemble cohérent où chaque strip nourrit l'intrigue principale et révèle autant les fantasmes des commentateurs que la psyché supposée de l'autrice. J'ai beaucoup apprécié cette manière de raconter, qui permet de découvrir des récits humoristiques brefs et originaux, souvent brillamment mises en scène, tout en restant accroché à une trame sentimentale plutôt touchante. Les interprétations divergentes des personnages, leurs projections, leurs jalousies et leurs maladresses amoureuses donnent une belle épaisseur au récit et évitent l'effet catalogue d'histoires courtes. Graphiquement, j'ai trouvé l'ensemble très beau. Le contraste entre les scènes au bar, plus épurées, et les planches issues du magazine, plus denses et colorées, fonctionne parfaitement. Le dessin de ces planches, tout en rondeur presque enfantine au premier regard, crée un décalage efficace avec la violence ou la noirceur des récits proposés. C'est d'ailleurs là que je reste plus partagé : le ton des histoires de cette autrice fictive relève d'un cynisme féroce, parfois cruel, souvent grinçant. C'est drôle, indéniablement inventif, mais aussi malaisant par moments. J'ai ri jaune à plusieurs reprises, partagé entre admiration pour l'audace et léger malaise face à cette noirceur assumée. Et effectivement, il y a de quoi s'interroger et avoir du mal à cerner l'esprit de leur supposée autrice. Ce fut pour moi une lecture originale et stimulante, qui m'a surpris par sa structure, convaincu par sa beauté graphique et la finesse de son humour comme de sa mise en scène, tout en me laissant une petite gêne persistante liée à son acidité.

03/03/2026 (modifier)