Dans un univers d'heroic-fantasy volontiers parodique, Agnès tente de devenir chevalier malgré le mépris général et l'aide très relative d'un mentor particulièrement lamentable.
Damien Geoffroy signe ici un album de fantasy humoristique en auteur complet, assurant non seulement le scénario et le dessin mais également les couleurs. Celles-ci sont d'ailleurs réussies et participent pleinement à la qualité visuelle de l'ensemble. Son trait fin et expressif, qui me rappelle toujours celui de David Ratte (Le Voyage des Pères), fonctionne très bien dans ce registre. Les décors sont soignés, les créatures convaincantes, et les personnages bénéficient de visages vivants dont les expressions renforcent souvent l'effet comique des scènes.
L'idée de départ est sympathique : dans un univers médiéval-fantastique profondément misogyne, Agnès rêve de gloire et d'honneur chevaleresque alors que personne ne la prend au sérieux. Humiliations, remarques condescendantes et vexations jalonnent son parcours, mais elle les encaisse avec une sagesse désarmante, oscillant entre naïveté apparente et intelligence bien plus fine qu'il n'y paraît. Face à tous ces mâles persuadés de leur supériorité, elle semble souvent être la seule à réellement comprendre ce qui se passe.
À ses côtés, Geoffroy lui adjoint un mentor savoureux : Gérard, un vieux chevalier qui évoque physiquement Don Quichotte mais dont la personnalité est à l'exact opposé. Là où l'hidalgo espagnol poursuivait des idéaux chevaleresques, Gérard ne pense qu'à boire, courir les prostituées et gagner de l'argent facile non sans se ridiculiser la majorité du temps. Le contraste entre les deux personnages fonctionne bien et nourrit une bonne partie des situations comiques.
L'album multiplie les piques contre la misogynie et les préjugés, mais l'humour ne repose pas uniquement sur cet aspect. Agnès est une héroïne attachante et il est difficile de ne pas avoir envie de la voir faire mentir tous ceux qui la méprisent, qu'il s'agisse des chevaliers machos qui croisent sa route ou même des monstres et dragons qui ignorent encore qu'ils ont affaire à celle qui va les massacrer.
La structure du récit trahit clairement sa prépublication dans Fluide Glacial : l'aventure est découpée en courtes séquences de quelques pages qui fonctionnent comme autant de saynètes dotées de leur propre chute. Cela donne un rythme agréable et une lecture fluide.
C'est toutefois sur l'humour que l'album m'a davantage laissé sur ma faim. Les noms de lieux et de nombreux personnages reposent presque systématiquement sur de gros jeux de mots. À force d'être omniprésents et très appuyés, ils m'ont régulièrement sorti de l'univers plutôt que de m'y plonger. De même, une partie des gags tourne beaucoup autour du sexe, des fesses ou d'un humour volontairement gras qui ne correspond pas à ce qui me fait rire, d'autant plus que le ton du récit autour d'Agnès elle-même semble en désaccord avec cet humour. J'ai trouvé cela parfois un peu lourdingue, alors que l'album possède par ailleurs suffisamment de qualités pour se passer de ce type de facilité.
Au final, mon sentiment reste assez partagé. J'ai beaucoup aimé le dessin, l'univers, les personnages et le principe même de cette héroïne qui avance avec obstination dans un monde qui refuse de la reconnaître à sa juste valeur. J'avais sincèrement envie de poursuivre l'aventure à ses côtés. En revanche, les jeux de mots incessants et un humour trop basique ou trop gras ont plusieurs fois freiné mon enthousiasme. Malgré ces réserves, l'album possède un vrai charme, une héroïne réussie et une personnalité bien affirmée. Je n'ai pas passé un mauvais moment, loin de là, mais j'ai eu l'impression de voir une bonne bande dessinée parfois desservie par un humour qui ne correspondait tout simplement pas à ma sensibilité.
Je suis un grand fan de Jean-Claude Fournier qui pour moi est un auteur qui n'a pas la reconnaissance qu'il mérite et dont les excellents albums de Spirou sont moins reconnu que ceux de Franquin ou Tome et Janry. C'est donc avec enthousiasme que j'ai commencé à lire cet album d'anecdotes.
Le résultat est une lecture agréable, mais pas particulièrement marquante. Il faut dire que Fournier passe beaucoup de temps à montrer sa jeunesse et si certaines anecdotes de son enfance sont touchantes, il y en a d'autres dont l'intérêt me semblait limité. La partie qui m'a le plus intéressé est lorsque Fournier devient un professionnel, mais je connaissais déjà plusieurs informations que Fournier avait déjà données dans les textes de présentations des intégrales de ses différentes sortis chez Dupuis ou dans l'excellent ''Dans l'atelier de Fournier''.
C'est pas mauvais, on ressent la sincérité de l'auteur et le dessin de Fournier est toujours aussi excellent, c'est un des grands de l'école Marcinelle, mais ce n'est pas ce qu'il a fait de mieux. Je pense aussi que j'avais des attentes un peu trop élevé vu que c'est un auteur que j'admire beaucoup. Cela reste une lecture agréable si on est fan de Fournier.
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Agnès la Chevaleresse
Dans un univers d'heroic-fantasy volontiers parodique, Agnès tente de devenir chevalier malgré le mépris général et l'aide très relative d'un mentor particulièrement lamentable. Damien Geoffroy signe ici un album de fantasy humoristique en auteur complet, assurant non seulement le scénario et le dessin mais également les couleurs. Celles-ci sont d'ailleurs réussies et participent pleinement à la qualité visuelle de l'ensemble. Son trait fin et expressif, qui me rappelle toujours celui de David Ratte (Le Voyage des Pères), fonctionne très bien dans ce registre. Les décors sont soignés, les créatures convaincantes, et les personnages bénéficient de visages vivants dont les expressions renforcent souvent l'effet comique des scènes. L'idée de départ est sympathique : dans un univers médiéval-fantastique profondément misogyne, Agnès rêve de gloire et d'honneur chevaleresque alors que personne ne la prend au sérieux. Humiliations, remarques condescendantes et vexations jalonnent son parcours, mais elle les encaisse avec une sagesse désarmante, oscillant entre naïveté apparente et intelligence bien plus fine qu'il n'y paraît. Face à tous ces mâles persuadés de leur supériorité, elle semble souvent être la seule à réellement comprendre ce qui se passe. À ses côtés, Geoffroy lui adjoint un mentor savoureux : Gérard, un vieux chevalier qui évoque physiquement Don Quichotte mais dont la personnalité est à l'exact opposé. Là où l'hidalgo espagnol poursuivait des idéaux chevaleresques, Gérard ne pense qu'à boire, courir les prostituées et gagner de l'argent facile non sans se ridiculiser la majorité du temps. Le contraste entre les deux personnages fonctionne bien et nourrit une bonne partie des situations comiques. L'album multiplie les piques contre la misogynie et les préjugés, mais l'humour ne repose pas uniquement sur cet aspect. Agnès est une héroïne attachante et il est difficile de ne pas avoir envie de la voir faire mentir tous ceux qui la méprisent, qu'il s'agisse des chevaliers machos qui croisent sa route ou même des monstres et dragons qui ignorent encore qu'ils ont affaire à celle qui va les massacrer. La structure du récit trahit clairement sa prépublication dans Fluide Glacial : l'aventure est découpée en courtes séquences de quelques pages qui fonctionnent comme autant de saynètes dotées de leur propre chute. Cela donne un rythme agréable et une lecture fluide. C'est toutefois sur l'humour que l'album m'a davantage laissé sur ma faim. Les noms de lieux et de nombreux personnages reposent presque systématiquement sur de gros jeux de mots. À force d'être omniprésents et très appuyés, ils m'ont régulièrement sorti de l'univers plutôt que de m'y plonger. De même, une partie des gags tourne beaucoup autour du sexe, des fesses ou d'un humour volontairement gras qui ne correspond pas à ce qui me fait rire, d'autant plus que le ton du récit autour d'Agnès elle-même semble en désaccord avec cet humour. J'ai trouvé cela parfois un peu lourdingue, alors que l'album possède par ailleurs suffisamment de qualités pour se passer de ce type de facilité. Au final, mon sentiment reste assez partagé. J'ai beaucoup aimé le dessin, l'univers, les personnages et le principe même de cette héroïne qui avance avec obstination dans un monde qui refuse de la reconnaître à sa juste valeur. J'avais sincèrement envie de poursuivre l'aventure à ses côtés. En revanche, les jeux de mots incessants et un humour trop basique ou trop gras ont plusieurs fois freiné mon enthousiasme. Malgré ces réserves, l'album possède un vrai charme, une héroïne réussie et une personnalité bien affirmée. Je n'ai pas passé un mauvais moment, loin de là, mais j'ai eu l'impression de voir une bonne bande dessinée parfois desservie par un humour qui ne correspondait tout simplement pas à ma sensibilité.
Fournier - Ma vie de rêves
Je suis un grand fan de Jean-Claude Fournier qui pour moi est un auteur qui n'a pas la reconnaissance qu'il mérite et dont les excellents albums de Spirou sont moins reconnu que ceux de Franquin ou Tome et Janry. C'est donc avec enthousiasme que j'ai commencé à lire cet album d'anecdotes. Le résultat est une lecture agréable, mais pas particulièrement marquante. Il faut dire que Fournier passe beaucoup de temps à montrer sa jeunesse et si certaines anecdotes de son enfance sont touchantes, il y en a d'autres dont l'intérêt me semblait limité. La partie qui m'a le plus intéressé est lorsque Fournier devient un professionnel, mais je connaissais déjà plusieurs informations que Fournier avait déjà données dans les textes de présentations des intégrales de ses différentes sortis chez Dupuis ou dans l'excellent ''Dans l'atelier de Fournier''. C'est pas mauvais, on ressent la sincérité de l'auteur et le dessin de Fournier est toujours aussi excellent, c'est un des grands de l'école Marcinelle, mais ce n'est pas ce qu'il a fait de mieux. Je pense aussi que j'avais des attentes un peu trop élevé vu que c'est un auteur que j'admire beaucoup. Cela reste une lecture agréable si on est fan de Fournier.