Bon, je suis un peu gênée, parce que je ne savais pas en achetant cet album qu'il était le troisième tome d'une sorte de trilogie et que j'avoue que j'aurais bien aimé lire les autres avec lui (surtout quand celui-ci se présente comme une sorte de conclusion). Pas un mal en soi, l'album reste compréhensible et indépendant, mais j'avoue que les nombreux astérisques me rappelant que, si je veux voir cette petite histoire et les pensées qui l'entourent développées, il me faudrait sans doute saisir les autres albums.
Ici, il est question d'une réécriture/relecture féministe des mythes de la Grèce antique. La formule n'est pas nouvelle mais, comme dis lors de précédents avis, j'apprécie énormément les réécritures et tout particulièrement quand il s'agit d'œuvres connues et communes au plus grand nombre. Les mythes gréco-romains, comme tous les mythes et légendes, sont à la fois le reflet de la société qui les a vu naître et l'assurance de voir cette société et ses dogmes perdurer. Les mythes gréco-romains, donc, malheureusement, transmettent en leur sein beaucoup d'idées nauséabondes ayant pour but de conserver une pensée et des constructions sociétales patriarcales, sexistes, racistes, … bref, des pensées généralement réactionnaires et, malheureusement, toujours en place aujourd'hui, toujours véhiculées, inculquées et imposées par toutes les personnes composant cette société et refusant d'agir pour que les choses changent.
L'axe central est sur le féminisme, on réécrit et réinterprète de nombreux mythes et les figures qui l'accompagnent pour parler de problèmes systémiques toujours en place à notre époque, on dresse des parallèles directes à notre histoire et notre culture francophone par la même occasion, bref l'album est très clair sur les idées qu'il souhaite transmettre. J'ai particulièrement trouvé fort à propos les quelques pages bien développées (et documentées !) définissant les notions mises en scène et permettant de les remettre en contexte. Même lorsque l'on connaît ces sujets, c'est satisfaisant à lire et joliment retranscrit.
Mais au-delà du féminisme, cet album parle de toutes les dominations sociétales, nous rappelle que tant qu'il existera un système de domination écrasant qui que ce soit personne ne sera vraiment libre, que chaque partie du système hiérarchique est prévue pour se soutenir, se défendre et s'assurer au mieux que rien ne bouge, que le cap soit toujours maintenu quoi qu'il advienne. J'avoue que j'apprécie de voir le sujet de la convergence des luttes ouvertement traité dans ce genre de publication grand-public, c'est un sujet de plus en plus mis en avant par des groupes militants mais qui me semble parfois abstrait pour de nombreuses personnes.
Les sujets de la convergence des luttes et de la question de "l'après réalisation du problème" sont les sujets centraux de cet album, sans doute car il est le dernier de sa série, sans doute aussi que beaucoup d'autres questions et sujets centrés autour du féminisme sont justement abordés dans les précédents albums (d'où ma frustration de n'avoir pour l'instant que celui-ci !), mais que les gens venant ici avant tout pour une question féministe se rassurent : cela reste bien le fil rouge tout du long, juste que, comme dit précédemment, on rappelle (à raison) que pour lutter contre le sexisme et le patriarcat efficacement il faut également avoir conscience et se battre contre les autres formes de discrimination sociétale.
Je suis légèrement mitigée sur la narration que je trouve un peu impersonnelle et figée là où les histoires réécrites se veulent personnelles et évocatrices, ce qui n'est pas aidé par le dessin qui n'est pas nécessairement à mon goût.
Je termine sur cette petite ombre au tableau, même si j'ai grandement apprécié le travail de documentation et d'explication, même si j'ai trouvé audacieuses et bien trouvées nombreuses de ses réinterprétations des mythes que l'on connaît (déjà en eux-mêmes des amalgames de mythes antérieurs maintes et maintes fois réécrits et réinterprétés), je ne suis pas complètement touchée par l'aspect narratif qui m'a laissé un peu trop en retrait. Mais c'est sans doute normal, le but visé n'était peut-être pas tant l'aspect narratif de la réécriture que de proposer une sorte de BD documentaire uchronique (si tant est qu'une altération de mythe puisse être considérée comme une uchronie).
C'est malheureusement cette légère ombre, sans doute personnelle, qui m'empêche de monter ma note jusqu'à 3,5 et d'arrondir au supérieur.
Quoi qu'il en soit l'album est bon, surprenamment bon même car, comme dit juste au-dessus, sa simple forme ne m'avait pas convaincue à l'origine. Ce n'est que par le résumé et un rapide feuilletage que ma curiosité a finalement été piquée et j'avoue ne pas le regretter.
Une très bonne BD documentaire que je recommande - mais ne faites pas la même erreur que moi et trouvez les trois d'un coup si possible, je pense qu'une lecture dans l'ordre de parution doit être davantage satisfaisante.
Je mets trois étoiles, parce que quand même, je reconnais à Chris Ware des qualités. De l’obstination d’abord, mais aussi de l’originalité – sur le fond un peu, mais surtout évidemment sur la forme.
Il y a des trucs intéressants dans certaines histoires courtes, le dessin un peu froid n’est pas désagréable. Et certaines pubs/petites annonces sont amusantes, c'est un peu foutraque et fourre-tout.
Mais bon, ceci étant dit ça n’est pas vraiment ma came. J’avais déjà eu un peu de mal avec Jimmy Corrigan, et là aussi pas mal de choses m’ont laissé de côté. Le côté fourre-tout a ses attraits, mais ici c’est lassant. Et si on peut s’amuser de certaines trouvailles, des mises en pages diverses, j’admets n’avoir lu que quelques pages de pubs ou de reportage, et n’avoir qu’épisodiquement fait l’effort de décrypter les strips minuscules qui parfois se trouvent en bas de page.
Et les histoires proprement BD ne m’ont globalement pas suffisamment intéressé pour contrebalancer ce qui m’avait laissé froid ailleurs.
Un bel objet – au format hors du commun – et cela ressemble souvent à des miscellanées improbables. Difficile à ranger dans sa bibliothèque (je me suis contenté d’un emprunt, heureusement !), difficile à classer tout simplement en fait. C’est une curiosité sur laquelle je ne reviendrai pas, le plaisir de lecture n’étant pas au rendez-vous.
Note réelle 2,5/5.
Cette série est assez inégale en qualité en fonction de l'arc narratif.
Dans le 1er arc, on s’ennuie un peu : les ennemis ne sont pas très intéressants et n’apportent pas grand-chose à l’histoire.
Le 2e arc est bien, autant pour le dessin que pour l’intrigue, avec Sans-Nom qui découvre l’amour. Le personnage d’Orne 8 est attachant. J’aime l’histoire de pénurie d’épiphyte, ce carburant qui est le sang de la civilisation galactique, une référence évidente à notre dépendance aveugle à une énergie tarissable : le pétrole. Quand le carburant manque, la civilisation s’effondre.
Dans le 3e arc, on s’ennuie à nouveau sur cette planète et cette intrigue inspirée par Avatar. Orne 8 devient vide, en retrait scénaristiquement, et l’ennemi est ennuyeux.
Le 4e arc est sympa : on apprécie de retrouver Raimo de L’Incal, ainsi qu’un personnage féminin qui prend la relève du Méta-Baron et qui apprend enfin des erreurs du passé.
13,5/20 pour moi.
Philippe Foerster convoquant les mythes lovecraftiens, ça devait bien finir par arriver… L’expert en monstres difformes et autres destins maudits revient donc tourmenter nos âmes avec un album qui n’est pas un one-shot malgré les apparences. Certes, l’ombre de Lovecraft plane sur ses pages, notamment avec le poulpe Nyalarpoupeth, jumeau plus comique que maléfique du messager des Grands Anciens, lequel présente brièvement chacun des onze chapitres de l’ouvrage, après une introduction où l’on découvre les origines de sa mutation… mais il faut noter que chacun des chapitres peut se lire indépendamment les uns des autres, on est donc ici plus dans le recueil d’histoires courtes, un format qui rappellera les débuts de l’auteur dans Fluide Glacial, avec ce noir et blanc qui lui va si bien…
Hommage à l’écrivain étatsunien flirtant avec la parodie, Foerster fait donc référence au « Nécronomicon », le grimoire maudit issu de l’univers lovecraftien, dont la caractéristique était de faire perdre la raison à ceux qui le consultaient dans le but d’en explorer les vérités interdites. Ça fait peur, non ?
Armé de son humour noir et grinçant, Foerster déroule ses historiettes en maltraitant à l’envi ses personnages, dont on sait à l’avance que tout finira très mal pour eux. Et leur destin maudit, ils le portent sur leur visage, déformé par l’angoisse ou la peur, avec la folie en embuscade accompagnée de visions cauchemardesques. Mais évidemment, Foerster, tel un laborantin fou prenant plaisir à torturer des souris blanches, ne se dépare pas de son ton sarcastique. Il ne fait ici que titiller nos terreurs enfantines, pour notre plus grand plaisir il faut bien l’avouer…
Sur le plan du dessin, le Liégeois reste fidèle à son style unique, immédiatement reconnaissable. Ce trait à la fois élastique et déchiqueté qui courbe et torture les silhouettes jusqu’à la douleur est tout simplement admirable, avec encore une fois cette maîtrise impeccable du noir et blanc… Avec Foerster, c’est le laid qui devient beau.
Sortirez-vous indemne de cette lecture ? Si les poulpes gluants ou les cadavres dévorés par les vers ne vous font pas tourner de l’œil, vous devriez pouvoir vous plonger sans risque dans ce « Nécronomickey », et au diable les superstitions ! N’oublions pas que la réalité est souvent bien plus terrifiante…
Ceux qui connaissent bien l'œuvre de Chabouté seront en terrain connus. Il a toujours son dessin en noir et blanc si personnel et efficace. Quant au scénario, c'est encore une fois un récit contemplatif remplit de longs silences et qui sont des tranches-de-vies d'un personnage en particulier.
J'avoue que ce n'est pas le style d'histoire que j'aime le plus chez Chabouté car souvent le récit ne me touche pas et c'est un peu encore une fois ici. Cela dit cela aurait pu êtres pire parce que J’ai froncé les sourcils au début lorsque j’ai vu que le héros prévoyait un voyage au grand air en Alaska. J’ai emprunté l’album sans rien savoir du scénario et j’ai eu un peu peur de tomber encore une fois sur un récit bobo sur comment la nature s’est génial fait par un auteur européen qui n’a jamais mis les pieds en Amérique du Nord. Heureusement, Chabouté a assez de talent pour pondre un scénario plus original. Un type qui travaille de nuit va enfin découvrir la vie de son quartier le jour ! (parce que oui apparemment il a bossé tous les jours pendant des années)
Il y a des bons moments humanistes et même poétiques, mais cela ne m'a pas touché plus que ça même si j'ai bien envie de vivre ce que vit le personnage principal. Après tout, qui n'a jamais eu envie de tout lâcher et de tout simplement vivre le moment présent et voir ce qui se passe autour de soit dans son propre quartier ?
Je me suis rendu compte en lisant cette série à quelle point l'histoire de Jason et des argonautes ne m'a jamais vraiment intéressé et que cela fait tellement longtemps que j'ai lu ce mythe que je n'ai qu'une vague idée de ce que les autrices ont inventées et ce qui était déjà dans l'histoire originale.
Cette série fait parti des récits qui sont sorti cette dernière décennie et qui mets en vedette un personnage féminin qui avait une image détestable et dont on brosse un portrait plus nuancé. Les autrices ont la bonne idée de ne pas bêtement transformé Médée en pauvre victime innocente qui fait rien de mal. Elle est tout de même issue d'un milieu privilégiée et n'a aucun scrupule à tout faire pour survire. Son problème est qu'en tant que femme, elle est surtout le jouet d'hommes puissants. Le scénario est pas mal même si j'ai trouvé qu'il y avait des longueurs. Le premier tome m'a un peu ennuyé vu que c'est une longue introduction et que l'action arrive enfin dans le tome suivant. Malgré des qualités, je n'ai pas trouvé que c'était un scénario exceptionnel, mais je pense que cela vient en parti du fait qu'à la base le mythe de Jason me laisse indifférent. J'aurais surement plus accroché si on avait choisi un personnage féminin issue d'un mythe que j'aime ou mieux encore une des déesses grecque que j'adore comme Perséphone ou Athéna.
Au sujet du dessin, le trait de Pena est toujours aussi élégant, mais j'aime mieux son dessin lorsqu'il est en noir et blanc.
J’ai lu la série en entier, puis je l’ai refermée, et je suis resté longtemps à réfléchir à ce que je venais de voir…
Il m’a semblé qu’il y a dans cette série une certaine profondeur méta-philosophique, qui ne s’ouvre qu’après avoir terminé la série, si l’on prend le temps de réfléchir longuement à ce que l’on a lu. Cette profondeur ne se révèle absolument pas pendant la lecture. Il ne vaut même pas la peine d’essayer de relier tout en une histoire cohérente ou de suivre les événements de manière chronologique — je pense que l’intention de l’auteur n’était pas là, mais plutôt que le sens apparaisse à la fin et forme une sorte de méta-signification.
J’ai vu beaucoup d’avis négatifs sur la série, et cela m’a un peu troublé, car personnellement, au-delà du dessin qui peut déjà impressionner, j’ai aussi perçu une idée philosophique profonde dans l’ensemble de l’œuvre. Et je veux partager ma vision très, très subjective de cela.
La série est extrêmement explicite — parfois à la limite d’un contenu pornographique dur.
On y trouve beaucoup :
de saleté, de boue, de décomposition ;
de mutants et de déformations du corps ;
de violence et d’agonie ;
une exploitation sexuelle constante de l’héroïne principale.
C’est le niveau de lecture le plus évident, celui qui est en surface, et c’est justement ce qui repousse, car l’expérience peut être assez désagréable par moments.
Mais il existe un autre niveau de profondeur. À la fin, une autre image apparaît : les derniers tomes n’« expliquent » pas vraiment, ils redéfinissent tout ce qui a été vu auparavant et semblent dire au lecteur ceci :
« Tu as lu cela comme l’histoire de Druuna — une femme qui souffre et cherche la paix dans un monde agonisant — mais ne le comprends pas ainsi. Ne donne pas ce sens à ce que tu as lu, car tout n’est pas comme tu le penses. Il n’y a pas de monde, il n’y a pas de Druuna, il n’y a rien de ce que tu as lu. Tes interprétations n’ont pas de sens en elles-mêmes. Toi, lecteur, tu fais partie du mécanisme qui met en marche les engrenages et “déploie le monde” (en crée une projection), lance une itération… »
la souffrance de Druuna n’est pas seulement un élément de l’intrigue ;
tout ce qui se passe est un cycle dont il n’y a pas d’issue ;
l’observation de ce cycle fait elle aussi partie du mécanisme.
Si vous cherchez une lecture légère, de l’érotisme ou une belle science-fiction — ce n’est clairement pas pour vous.
Mais si vous êtes prêt à affronter une œuvre lourde, ambiguë et parfois repoussante, la série peut se révéler plus profonde qu’elle n’en a l’air.
Points faibles (à mon avis subjectif) :
La structure chaotique n’est pas une illusion — elle existe réellement.
Les tomes du milieu donnent une impression de fragmentation et font perdre le fil : qui, où, quand, avec qui, comment, pourquoi — tout devient confus.
Le passage vers le sens et la dimension philosophique arrive trop tard, demande de reconsidérer tout ce qui a été vu et de l’interpréter, et peut ne pas « fonctionner » pour un lecteur qui ne donnera pas une seconde chance à la série après avoir été confronté à ces défauts de structure, de narration chaotique et de contenu choquant.
Je précise aussi qu’il est tout à fait possible qu’une partie de cette profondeur ne soit pas intentionnelle de la part de l’auteur, mais relève de l’interprétation du lecteur. C’est une conséquence du fait qu’il faut soi-même « assembler » le sens : il n’est pas clairement donné, mais doit être construit.
En résumé :
Ce n’est pas une œuvre « agréable ».
Ni une œuvre « confortable ».
C’est une œuvre qui soit repousse immédiatement,
soit commence à agir dans l’esprit après la lecture.
Si vous êtes prêt à :
supporter l’inconfort,
accepter le chaos comme une partie de la forme,
aller jusqu’au bout puis prendre le temps de réfléchir et de construire vous-même le sens, sans chercher à tout comprendre pendant la lecture,
alors il y a une chance de voir ici autre chose qu’une simple accumulation de provocation, de saleté, d’érotisme et d’apocalypse — peut-être une réflexion sombre et obsédante exprimée à travers des récits chaotiques.
C’est une œuvre marquante, qui mérite d’être lue au moins une fois, ne serait-ce que pour déterminer si « c’est pour vous ou non », et où se situent vos propres limites.
Je ne peux pas dire que c’est une œuvre culte, car elle a trop de défauts pour être facilement accessible. Mais en même temps, je ne peux pas être d’accord avec la quantité d’évaluations négatives : personnellement, cette histoire m’a fortement marqué, et à mon avis, cette série mérite clairement de l’attention.
Si vous en avez marre de lire les ennuyeux comics de guerre d'un Garth Ennis en panne d'inspiration depuis vingt ans, alors Joe's Air Force est fait pour vous !
Comparé à Gene Kong, le récit de Moreno est certes beaucoup plus convenu, mais se suit sans déplaisir.
Il y a des pépés, de l'humour qui tâche, de l'hémoglobine (qui tâche aussi)...
Moins ambitieux artistiquement, le trait de Moreno est cependant déjà tres agréable à l'oeil, notamment durant les scènes de batailles aériennes.
De la série B de qualité.
Pour les dessins, c’est du 5/5. La série a souvent été vénérée pour la capacité de l’auteur à dessiner les bâtiments, les ruines, la destruction, les véhicules. Et en effet, je pense que ça fait partie des meilleures séries à ce niveau, si ce n’est la meilleure (pour les bâtiments).
Par contre, sur le scénario, c’est moins bon. En fait, je pense que le manga aurait bénéficié d’être plus court d’un tiers au moins. L’histoire est remplie de courses poursuites, de fusillades, de personnages qui vont d’un point A à un point B, et c’est un peu lassant.
Le propos même de la série est au final un peu faiblard. Même si le contexte est très intéressant, avec ces histoires de pouvoirs développés en labo qui font penser aux théories du complot sur les programmes secrets de l’armée américaine, concept qui a influencé Stranger Things. Mais à la fin de l’histoire, on se dit : « oui, et quoi ? » On ne sait pas trop où il voulait en venir avec le concept de cette « force ». D’ailleurs, je n’ai pas l’impression que l’auteur le savait lui-même.
Les persos sont sympas et ont une bonne aura, mais le perso de Kaneda est une tête à claques du début à la fin. Il ne grandit pas tellement, et il est décevant qu’à la fin de l'histoire il soit toujours une racaille immature et rebelle, qui refuse l’aide du gouvernement pour réparer la ville dévastée, qui a absolument besoin d’énergie et de provisions. Non, ils préfèrent tous vivre libres dans des ruines. Ah ok, bon, ça fait réfléchir… puis on y réfléchit, et ça ne marche pas des masses.
Je pense que le manga est surtout vénéré par rapport à l’époque à laquelle il est sorti. Il a aussi le mérite d'être une des œuvres fondatrices des codes visuels du genre cyberpunk, avec blade runner.
3,25 pour moi.
Avis sur le 1er tome :
J’avoue ne pas m'être pressé pour découvrir cette série, bien échaudé par la précédente incursion des auteurs chez cet éditeur (West Fantasy). On retrouve exactement la même formule, un monde de Fantasy avec orcs, mages, elfes … mais cette fois mise à la sauce Pirates.
Les amateurs du monde d’Aquilon ne seront pas surpris mais ne seront pas non plus déçus avec cette nouvelle déclinaison.
Le mariage avec l’univers des pirates matche bien et on retrouve le savoir faire des auteurs dans cette 1ère aventure, la partie graphique assure et le récit tient bien la route (même si petit bémol sur la fin, je l’ai trouvé un poil trop « bisounours »).
Lecture divertissante, et curieux d’en découvrir davantage sur ce nouveau microcosme (le seigneur des Cyclones, le maître des vagues, le souverain des marées…).
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Le Songe de la Sphinge
Bon, je suis un peu gênée, parce que je ne savais pas en achetant cet album qu'il était le troisième tome d'une sorte de trilogie et que j'avoue que j'aurais bien aimé lire les autres avec lui (surtout quand celui-ci se présente comme une sorte de conclusion). Pas un mal en soi, l'album reste compréhensible et indépendant, mais j'avoue que les nombreux astérisques me rappelant que, si je veux voir cette petite histoire et les pensées qui l'entourent développées, il me faudrait sans doute saisir les autres albums. Ici, il est question d'une réécriture/relecture féministe des mythes de la Grèce antique. La formule n'est pas nouvelle mais, comme dis lors de précédents avis, j'apprécie énormément les réécritures et tout particulièrement quand il s'agit d'œuvres connues et communes au plus grand nombre. Les mythes gréco-romains, comme tous les mythes et légendes, sont à la fois le reflet de la société qui les a vu naître et l'assurance de voir cette société et ses dogmes perdurer. Les mythes gréco-romains, donc, malheureusement, transmettent en leur sein beaucoup d'idées nauséabondes ayant pour but de conserver une pensée et des constructions sociétales patriarcales, sexistes, racistes, … bref, des pensées généralement réactionnaires et, malheureusement, toujours en place aujourd'hui, toujours véhiculées, inculquées et imposées par toutes les personnes composant cette société et refusant d'agir pour que les choses changent. L'axe central est sur le féminisme, on réécrit et réinterprète de nombreux mythes et les figures qui l'accompagnent pour parler de problèmes systémiques toujours en place à notre époque, on dresse des parallèles directes à notre histoire et notre culture francophone par la même occasion, bref l'album est très clair sur les idées qu'il souhaite transmettre. J'ai particulièrement trouvé fort à propos les quelques pages bien développées (et documentées !) définissant les notions mises en scène et permettant de les remettre en contexte. Même lorsque l'on connaît ces sujets, c'est satisfaisant à lire et joliment retranscrit. Mais au-delà du féminisme, cet album parle de toutes les dominations sociétales, nous rappelle que tant qu'il existera un système de domination écrasant qui que ce soit personne ne sera vraiment libre, que chaque partie du système hiérarchique est prévue pour se soutenir, se défendre et s'assurer au mieux que rien ne bouge, que le cap soit toujours maintenu quoi qu'il advienne. J'avoue que j'apprécie de voir le sujet de la convergence des luttes ouvertement traité dans ce genre de publication grand-public, c'est un sujet de plus en plus mis en avant par des groupes militants mais qui me semble parfois abstrait pour de nombreuses personnes. Les sujets de la convergence des luttes et de la question de "l'après réalisation du problème" sont les sujets centraux de cet album, sans doute car il est le dernier de sa série, sans doute aussi que beaucoup d'autres questions et sujets centrés autour du féminisme sont justement abordés dans les précédents albums (d'où ma frustration de n'avoir pour l'instant que celui-ci !), mais que les gens venant ici avant tout pour une question féministe se rassurent : cela reste bien le fil rouge tout du long, juste que, comme dit précédemment, on rappelle (à raison) que pour lutter contre le sexisme et le patriarcat efficacement il faut également avoir conscience et se battre contre les autres formes de discrimination sociétale. Je suis légèrement mitigée sur la narration que je trouve un peu impersonnelle et figée là où les histoires réécrites se veulent personnelles et évocatrices, ce qui n'est pas aidé par le dessin qui n'est pas nécessairement à mon goût. Je termine sur cette petite ombre au tableau, même si j'ai grandement apprécié le travail de documentation et d'explication, même si j'ai trouvé audacieuses et bien trouvées nombreuses de ses réinterprétations des mythes que l'on connaît (déjà en eux-mêmes des amalgames de mythes antérieurs maintes et maintes fois réécrits et réinterprétés), je ne suis pas complètement touchée par l'aspect narratif qui m'a laissé un peu trop en retrait. Mais c'est sans doute normal, le but visé n'était peut-être pas tant l'aspect narratif de la réécriture que de proposer une sorte de BD documentaire uchronique (si tant est qu'une altération de mythe puisse être considérée comme une uchronie). C'est malheureusement cette légère ombre, sans doute personnelle, qui m'empêche de monter ma note jusqu'à 3,5 et d'arrondir au supérieur. Quoi qu'il en soit l'album est bon, surprenamment bon même car, comme dit juste au-dessus, sa simple forme ne m'avait pas convaincue à l'origine. Ce n'est que par le résumé et un rapide feuilletage que ma curiosité a finalement été piquée et j'avoue ne pas le regretter. Une très bonne BD documentaire que je recommande - mais ne faites pas la même erreur que moi et trouvez les trois d'un coup si possible, je pense qu'une lecture dans l'ordre de parution doit être davantage satisfaisante.
Acme bibliothèque Novelty
Je mets trois étoiles, parce que quand même, je reconnais à Chris Ware des qualités. De l’obstination d’abord, mais aussi de l’originalité – sur le fond un peu, mais surtout évidemment sur la forme. Il y a des trucs intéressants dans certaines histoires courtes, le dessin un peu froid n’est pas désagréable. Et certaines pubs/petites annonces sont amusantes, c'est un peu foutraque et fourre-tout. Mais bon, ceci étant dit ça n’est pas vraiment ma came. J’avais déjà eu un peu de mal avec Jimmy Corrigan, et là aussi pas mal de choses m’ont laissé de côté. Le côté fourre-tout a ses attraits, mais ici c’est lassant. Et si on peut s’amuser de certaines trouvailles, des mises en pages diverses, j’admets n’avoir lu que quelques pages de pubs ou de reportage, et n’avoir qu’épisodiquement fait l’effort de décrypter les strips minuscules qui parfois se trouvent en bas de page. Et les histoires proprement BD ne m’ont globalement pas suffisamment intéressé pour contrebalancer ce qui m’avait laissé froid ailleurs. Un bel objet – au format hors du commun – et cela ressemble souvent à des miscellanées improbables. Difficile à ranger dans sa bibliothèque (je me suis contenté d’un emprunt, heureusement !), difficile à classer tout simplement en fait. C’est une curiosité sur laquelle je ne reviendrai pas, le plaisir de lecture n’étant pas au rendez-vous. Note réelle 2,5/5.
Méta-Baron
Cette série est assez inégale en qualité en fonction de l'arc narratif. Dans le 1er arc, on s’ennuie un peu : les ennemis ne sont pas très intéressants et n’apportent pas grand-chose à l’histoire. Le 2e arc est bien, autant pour le dessin que pour l’intrigue, avec Sans-Nom qui découvre l’amour. Le personnage d’Orne 8 est attachant. J’aime l’histoire de pénurie d’épiphyte, ce carburant qui est le sang de la civilisation galactique, une référence évidente à notre dépendance aveugle à une énergie tarissable : le pétrole. Quand le carburant manque, la civilisation s’effondre. Dans le 3e arc, on s’ennuie à nouveau sur cette planète et cette intrigue inspirée par Avatar. Orne 8 devient vide, en retrait scénaristiquement, et l’ennemi est ennuyeux. Le 4e arc est sympa : on apprécie de retrouver Raimo de L’Incal, ainsi qu’un personnage féminin qui prend la relève du Méta-Baron et qui apprend enfin des erreurs du passé. 13,5/20 pour moi.
Le Nécronomickey - Le Livre des destins maudits
Philippe Foerster convoquant les mythes lovecraftiens, ça devait bien finir par arriver… L’expert en monstres difformes et autres destins maudits revient donc tourmenter nos âmes avec un album qui n’est pas un one-shot malgré les apparences. Certes, l’ombre de Lovecraft plane sur ses pages, notamment avec le poulpe Nyalarpoupeth, jumeau plus comique que maléfique du messager des Grands Anciens, lequel présente brièvement chacun des onze chapitres de l’ouvrage, après une introduction où l’on découvre les origines de sa mutation… mais il faut noter que chacun des chapitres peut se lire indépendamment les uns des autres, on est donc ici plus dans le recueil d’histoires courtes, un format qui rappellera les débuts de l’auteur dans Fluide Glacial, avec ce noir et blanc qui lui va si bien… Hommage à l’écrivain étatsunien flirtant avec la parodie, Foerster fait donc référence au « Nécronomicon », le grimoire maudit issu de l’univers lovecraftien, dont la caractéristique était de faire perdre la raison à ceux qui le consultaient dans le but d’en explorer les vérités interdites. Ça fait peur, non ? Armé de son humour noir et grinçant, Foerster déroule ses historiettes en maltraitant à l’envi ses personnages, dont on sait à l’avance que tout finira très mal pour eux. Et leur destin maudit, ils le portent sur leur visage, déformé par l’angoisse ou la peur, avec la folie en embuscade accompagnée de visions cauchemardesques. Mais évidemment, Foerster, tel un laborantin fou prenant plaisir à torturer des souris blanches, ne se dépare pas de son ton sarcastique. Il ne fait ici que titiller nos terreurs enfantines, pour notre plus grand plaisir il faut bien l’avouer… Sur le plan du dessin, le Liégeois reste fidèle à son style unique, immédiatement reconnaissable. Ce trait à la fois élastique et déchiqueté qui courbe et torture les silhouettes jusqu’à la douleur est tout simplement admirable, avec encore une fois cette maîtrise impeccable du noir et blanc… Avec Foerster, c’est le laid qui devient beau. Sortirez-vous indemne de cette lecture ? Si les poulpes gluants ou les cadavres dévorés par les vers ne vous font pas tourner de l’œil, vous devriez pouvoir vous plonger sans risque dans ce « Nécronomickey », et au diable les superstitions ! N’oublions pas que la réalité est souvent bien plus terrifiante…
Plus loin qu'ailleurs
Ceux qui connaissent bien l'œuvre de Chabouté seront en terrain connus. Il a toujours son dessin en noir et blanc si personnel et efficace. Quant au scénario, c'est encore une fois un récit contemplatif remplit de longs silences et qui sont des tranches-de-vies d'un personnage en particulier. J'avoue que ce n'est pas le style d'histoire que j'aime le plus chez Chabouté car souvent le récit ne me touche pas et c'est un peu encore une fois ici. Cela dit cela aurait pu êtres pire parce que J’ai froncé les sourcils au début lorsque j’ai vu que le héros prévoyait un voyage au grand air en Alaska. J’ai emprunté l’album sans rien savoir du scénario et j’ai eu un peu peur de tomber encore une fois sur un récit bobo sur comment la nature s’est génial fait par un auteur européen qui n’a jamais mis les pieds en Amérique du Nord. Heureusement, Chabouté a assez de talent pour pondre un scénario plus original. Un type qui travaille de nuit va enfin découvrir la vie de son quartier le jour ! (parce que oui apparemment il a bossé tous les jours pendant des années) Il y a des bons moments humanistes et même poétiques, mais cela ne m'a pas touché plus que ça même si j'ai bien envie de vivre ce que vit le personnage principal. Après tout, qui n'a jamais eu envie de tout lâcher et de tout simplement vivre le moment présent et voir ce qui se passe autour de soit dans son propre quartier ?
Médée (Le Callet / Peña)
Je me suis rendu compte en lisant cette série à quelle point l'histoire de Jason et des argonautes ne m'a jamais vraiment intéressé et que cela fait tellement longtemps que j'ai lu ce mythe que je n'ai qu'une vague idée de ce que les autrices ont inventées et ce qui était déjà dans l'histoire originale. Cette série fait parti des récits qui sont sorti cette dernière décennie et qui mets en vedette un personnage féminin qui avait une image détestable et dont on brosse un portrait plus nuancé. Les autrices ont la bonne idée de ne pas bêtement transformé Médée en pauvre victime innocente qui fait rien de mal. Elle est tout de même issue d'un milieu privilégiée et n'a aucun scrupule à tout faire pour survire. Son problème est qu'en tant que femme, elle est surtout le jouet d'hommes puissants. Le scénario est pas mal même si j'ai trouvé qu'il y avait des longueurs. Le premier tome m'a un peu ennuyé vu que c'est une longue introduction et que l'action arrive enfin dans le tome suivant. Malgré des qualités, je n'ai pas trouvé que c'était un scénario exceptionnel, mais je pense que cela vient en parti du fait qu'à la base le mythe de Jason me laisse indifférent. J'aurais surement plus accroché si on avait choisi un personnage féminin issue d'un mythe que j'aime ou mieux encore une des déesses grecque que j'adore comme Perséphone ou Athéna. Au sujet du dessin, le trait de Pena est toujours aussi élégant, mais j'aime mieux son dessin lorsqu'il est en noir et blanc.
Druuna
J’ai lu la série en entier, puis je l’ai refermée, et je suis resté longtemps à réfléchir à ce que je venais de voir… Il m’a semblé qu’il y a dans cette série une certaine profondeur méta-philosophique, qui ne s’ouvre qu’après avoir terminé la série, si l’on prend le temps de réfléchir longuement à ce que l’on a lu. Cette profondeur ne se révèle absolument pas pendant la lecture. Il ne vaut même pas la peine d’essayer de relier tout en une histoire cohérente ou de suivre les événements de manière chronologique — je pense que l’intention de l’auteur n’était pas là, mais plutôt que le sens apparaisse à la fin et forme une sorte de méta-signification. J’ai vu beaucoup d’avis négatifs sur la série, et cela m’a un peu troublé, car personnellement, au-delà du dessin qui peut déjà impressionner, j’ai aussi perçu une idée philosophique profonde dans l’ensemble de l’œuvre. Et je veux partager ma vision très, très subjective de cela. La série est extrêmement explicite — parfois à la limite d’un contenu pornographique dur. On y trouve beaucoup : de saleté, de boue, de décomposition ; de mutants et de déformations du corps ; de violence et d’agonie ; une exploitation sexuelle constante de l’héroïne principale. C’est le niveau de lecture le plus évident, celui qui est en surface, et c’est justement ce qui repousse, car l’expérience peut être assez désagréable par moments. Mais il existe un autre niveau de profondeur. À la fin, une autre image apparaît : les derniers tomes n’« expliquent » pas vraiment, ils redéfinissent tout ce qui a été vu auparavant et semblent dire au lecteur ceci : « Tu as lu cela comme l’histoire de Druuna — une femme qui souffre et cherche la paix dans un monde agonisant — mais ne le comprends pas ainsi. Ne donne pas ce sens à ce que tu as lu, car tout n’est pas comme tu le penses. Il n’y a pas de monde, il n’y a pas de Druuna, il n’y a rien de ce que tu as lu. Tes interprétations n’ont pas de sens en elles-mêmes. Toi, lecteur, tu fais partie du mécanisme qui met en marche les engrenages et “déploie le monde” (en crée une projection), lance une itération… » la souffrance de Druuna n’est pas seulement un élément de l’intrigue ; tout ce qui se passe est un cycle dont il n’y a pas d’issue ; l’observation de ce cycle fait elle aussi partie du mécanisme. Si vous cherchez une lecture légère, de l’érotisme ou une belle science-fiction — ce n’est clairement pas pour vous. Mais si vous êtes prêt à affronter une œuvre lourde, ambiguë et parfois repoussante, la série peut se révéler plus profonde qu’elle n’en a l’air. Points faibles (à mon avis subjectif) : La structure chaotique n’est pas une illusion — elle existe réellement. Les tomes du milieu donnent une impression de fragmentation et font perdre le fil : qui, où, quand, avec qui, comment, pourquoi — tout devient confus. Le passage vers le sens et la dimension philosophique arrive trop tard, demande de reconsidérer tout ce qui a été vu et de l’interpréter, et peut ne pas « fonctionner » pour un lecteur qui ne donnera pas une seconde chance à la série après avoir été confronté à ces défauts de structure, de narration chaotique et de contenu choquant. Je précise aussi qu’il est tout à fait possible qu’une partie de cette profondeur ne soit pas intentionnelle de la part de l’auteur, mais relève de l’interprétation du lecteur. C’est une conséquence du fait qu’il faut soi-même « assembler » le sens : il n’est pas clairement donné, mais doit être construit. En résumé : Ce n’est pas une œuvre « agréable ». Ni une œuvre « confortable ». C’est une œuvre qui soit repousse immédiatement, soit commence à agir dans l’esprit après la lecture. Si vous êtes prêt à : supporter l’inconfort, accepter le chaos comme une partie de la forme, aller jusqu’au bout puis prendre le temps de réfléchir et de construire vous-même le sens, sans chercher à tout comprendre pendant la lecture, alors il y a une chance de voir ici autre chose qu’une simple accumulation de provocation, de saleté, d’érotisme et d’apocalypse — peut-être une réflexion sombre et obsédante exprimée à travers des récits chaotiques. C’est une œuvre marquante, qui mérite d’être lue au moins une fois, ne serait-ce que pour déterminer si « c’est pour vous ou non », et où se situent vos propres limites. Je ne peux pas dire que c’est une œuvre culte, car elle a trop de défauts pour être facilement accessible. Mais en même temps, je ne peux pas être d’accord avec la quantité d’évaluations négatives : personnellement, cette histoire m’a fortement marqué, et à mon avis, cette série mérite clairement de l’attention.
Joe's Air Force
Si vous en avez marre de lire les ennuyeux comics de guerre d'un Garth Ennis en panne d'inspiration depuis vingt ans, alors Joe's Air Force est fait pour vous ! Comparé à Gene Kong, le récit de Moreno est certes beaucoup plus convenu, mais se suit sans déplaisir. Il y a des pépés, de l'humour qui tâche, de l'hémoglobine (qui tâche aussi)... Moins ambitieux artistiquement, le trait de Moreno est cependant déjà tres agréable à l'oeil, notamment durant les scènes de batailles aériennes. De la série B de qualité.
Akira
Pour les dessins, c’est du 5/5. La série a souvent été vénérée pour la capacité de l’auteur à dessiner les bâtiments, les ruines, la destruction, les véhicules. Et en effet, je pense que ça fait partie des meilleures séries à ce niveau, si ce n’est la meilleure (pour les bâtiments). Par contre, sur le scénario, c’est moins bon. En fait, je pense que le manga aurait bénéficié d’être plus court d’un tiers au moins. L’histoire est remplie de courses poursuites, de fusillades, de personnages qui vont d’un point A à un point B, et c’est un peu lassant. Le propos même de la série est au final un peu faiblard. Même si le contexte est très intéressant, avec ces histoires de pouvoirs développés en labo qui font penser aux théories du complot sur les programmes secrets de l’armée américaine, concept qui a influencé Stranger Things. Mais à la fin de l’histoire, on se dit : « oui, et quoi ? » On ne sait pas trop où il voulait en venir avec le concept de cette « force ». D’ailleurs, je n’ai pas l’impression que l’auteur le savait lui-même. Les persos sont sympas et ont une bonne aura, mais le perso de Kaneda est une tête à claques du début à la fin. Il ne grandit pas tellement, et il est décevant qu’à la fin de l'histoire il soit toujours une racaille immature et rebelle, qui refuse l’aide du gouvernement pour réparer la ville dévastée, qui a absolument besoin d’énergie et de provisions. Non, ils préfèrent tous vivre libres dans des ruines. Ah ok, bon, ça fait réfléchir… puis on y réfléchit, et ça ne marche pas des masses. Je pense que le manga est surtout vénéré par rapport à l’époque à laquelle il est sorti. Il a aussi le mérite d'être une des œuvres fondatrices des codes visuels du genre cyberpunk, avec blade runner. 3,25 pour moi.
La Confrérie des Tempêtes
Avis sur le 1er tome : J’avoue ne pas m'être pressé pour découvrir cette série, bien échaudé par la précédente incursion des auteurs chez cet éditeur (West Fantasy). On retrouve exactement la même formule, un monde de Fantasy avec orcs, mages, elfes … mais cette fois mise à la sauce Pirates. Les amateurs du monde d’Aquilon ne seront pas surpris mais ne seront pas non plus déçus avec cette nouvelle déclinaison. Le mariage avec l’univers des pirates matche bien et on retrouve le savoir faire des auteurs dans cette 1ère aventure, la partie graphique assure et le récit tient bien la route (même si petit bémol sur la fin, je l’ai trouvé un poil trop « bisounours »). Lecture divertissante, et curieux d’en découvrir davantage sur ce nouveau microcosme (le seigneur des Cyclones, le maître des vagues, le souverain des marées…).