Une histoire touchante et sensible quoique un peu mélodramatique. Le destin tragique du couple, la réprobation et les préjugés raciaux et sociaux sont crédibles et j'ai suivi le récit avec intérêt.
Les dessins de Loustal sont assez controversés : on les aime ou on les déteste! Je reconnais qu'ils ne plairont pas à tout le monde et que le message de l'œuvre pourra provoquer un certain refus. En ce qui me concerne, j'apprécie le courage et le style de l'auteur. Il y a clairement une influence de Fernand Léger, entre autres peintres. J'aime beaucoup aussi ses carnets de croquis, que j'ai acquis.
Je suis les aventures de kathy depuis leur début avec beaucoup de plaisir. Je ne regrette pas l’achat de ce dernier épisode qui, globalement ne demerite pas trop. L’intrigue n’est malgré tout pas à la hauteur des épisodes précédents. Ça donne une impression de " on ferme et on éteint la lumière". De plus, je trouve le dessin très irrégulier, en particulier pour le visage des personnages.
Bref, il était temps d’arrêter, mais je ne regrette pas mon achat.
La lecture des deux albums m’a permis de découvrir le travail de Marguerite Abouet, qui développe des intrigues forcément exotiques, en Côte d’Ivoire. C’est cette originalité qui fait sortir ces récits policiers du tout-venant, ainsi que le dessin de Donatien Mary (très différent de ce que j’avais vu de lui sur Que la bête fleurisse). Son trait moderne, élancé et semi caricatural, est plutôt agréable, et raccord avec les récits qu’il illustre.
Quelques idées récurrentes aussi permettent de dynamiser les récits : le vieux policier (le commissaire Kouamé donc), aux méthodes spéciales : il pratique systématiquement la « question » et est bien moins bonhomme que ce que l’on pourrait attendre de son air « rangé ». Il est pour cela assisté d’Arsène, moins sûr de lui, mais qui le véhicule systématiquement avec l’une de ses bagnoles de collection, toujours parmi les plus petites.
Ceci étant dit, les enquêtes policières en elles-mêmes ne sont pas extraordinaires, s’étirent un chouia trop, et cette série vaut avant tout pour le cadre dépaysant et quelques à-côtés originaux. Les gesticulations de Kouamé alternent trop avec des longueurs. Le dessin est très sympa je trouve.
Il s'agit de la deuxième bd de Guillaume Daudin et Stéphane Jourdain que je lis après "Les Contraceptés". Une fois encore, il s'agit d'une bd reportage sur un sujet tenant à la masculinité, au rôle de l'homme dans le couple et donc, par extension, sur les inégalités entre hommes et femmes. Cette fois, on se concentre sur le rôle du père, sa place dans la vie de famille et son investissement global. Plus précisément, les auteurs s'attachent à démontrer en quoi la figure du "nouveau père", ultra investi et qui serait à égalité avec la mère dans le partage des tâches liées aux enfants (et par extension aux autres tâches domestiques), est biaisée et cache en réalité une situation encore très disparate dans le couple.
Comme j'ai un peu de mal à structurer mon propos, je vais commencer par les points positifs de cette bd :
Le sujet est très intéressant et traité avec un certain sérieux. On sent que les deux sont très impliqués, ont envie de creuser et prennent du recul sur leur propre situation. Il n'y a pas de moment où ils se disent "ah mais non quand même on en fait déjà beaucoup", ou ce genre de truc, et c'est appréciable. La bd met bien en avant de nombreux points inégalitaires, touche juste sur plusieurs sujets et démontre bien qu'effectivement, malgré les évolutions récentes, les femmes se tapent la majorité du boulot (même dans les couples privilégiés qui ont conscience du problème). Les auteurs démontrent également bien à quel point il y a bien une arnaque du nouveau père, et une glorification de certains comportements qui semblent naturels pour les femmes. Bref, c'est un sujet important, et c'est super de le traiter et de s'y intéresser. Tous les pères devraient, au moins, s'intéresser à ce sujet.
Néanmoins, plusieurs aspects négatifs me sautent aux yeux :
Si je suis d'accord avec le propos global, il y a, à mes yeux, pas mal de problèmes sur celui-ci. Déjà, comme le dit Bamiléké, les deux auteurs centrent le sujet sur leur expérience à eux, et donc leur classe sociale et leur manière à eux de voir la vie. Ils appartiennent à une classe sociale favorisée et ont donc des préoccupations, des idées propres à leur classe sociale. Je crois qu'il y a deux cases dans la bd où il y a quelque chose sur le fait que c'est plus compliqué pour les pères des classes sociales défavorisées de s'impliquer. Ce n'est pas développé et c'est une grosse erreur, selon moi, car on en arrive à un bouquin qui ne s'adresse qu'aux privilégiés, à ceux qui ont les moyens sociaux et économiques de faire en sorte de bouger un peu les choses. Les autres s'en retrouvent exclus et on est quasiment dans un espèce d'entre soi parisien, qui saute aux yeux avec la réunion entre pères à la fin, où le coaching de paternité. Or, ce type de sujet touche l'ensemble des acteurs de la société et doit s'adresser à tout le monde.
Un autre truc qui m'a un peu agacé est le fait que les auteurs semblent vouloir adapter le système existant pour permettre une meilleure égalité entre les parents. On nous vend des starts up ou certaines grosses boites qui ont des chartes pour concilier la vie de famille avec celle de leurs salariés et qui prennent des mesures de compensation. C'est oublier que ça ne concerne que des milieux ultra privilégiés et en de très faibles proportions (bon ok ils le disent mais très vite fait), mais c'est surtout oublier que à l'échelle de la société actuelle, une généralisation de ce type est impossible, simplement parce que le patriarcat et l'inégalité de genre est une des composantes du capitalisme qui est le mode d'organisation de notre société. Vouloir plus d'égalité entre les sexes sans s'attaquer au fondement du système économique est, à mon sens, illusoire. Il y a certes une petite revue littéraire, mais ils résument les propos à l'extrême.
C'est peut-être (sûrement) une volonté de vouloir un peu dépolitiser le sujet pour toucher plus de monde, mais en ce qui me concerne ça m'agace et je trouve que le propos perd en pertinence.
Après, on aurait aussi pu parler d'autres modes d'éducation, de parentalité etc., mais on s'éloigne du sujet.
Sur la forme, je suis aussi un peu circonspect. J'ai trouvé la narration assez lourde, notamment les phrases du genre : "Stéphane se disait depuis quelques temps qu'il fallait qu'il fasse ceci.." où "Ça taraudait l'esprit de Guillaume". Je trouve que ça casse l'aspect docu.
Enfin, et c'est la deuxième fois pour une bd de ces deux scénaristes/auteurs, je n'ai pas aimé le dessin. Je trouve les personnages figés et sans expression. Ça manque de vigueur, de chaleur.
SI vous n'y connaissez rien sur ce sujet ou avez envie de vous y intéresser en partant un peu de zéro, allez y, ça se lit bien et il y a des choses très intéressantes. Si vous voulez creuser le sujet, c'est en revanche un peu léger.
Je me retrouve pas mal dans l’avis de Cacal69. En effet, la couverture m’a aussi fait de l’œil. Même si, voir un Iroquois sur un cheval (peu adapté au déplacement, à la guerre et à la chasse dans les sous-bois) est surprenant, et sans doute très peu commun à l’époque.
J’aime bien cette région et cette époque, où les frontières étaient encore floues et fluides entre les peuples. Nous sommes à l’époque de la Guerre de Sept-Ans, et plusieurs séries ont déjà usé de ces décors – géographiques et historiques. Pratt bien sûr à plusieurs reprises (voir par exemple le très marquant Fort Wheeling - un peu postérieur) ou, plus récemment et chez le même éditeur, les one-shot de Prugne.
Et voilà, les deux références que je viens d’évoquer m’ont beaucoup marqué – à des niveaux divers – et à leur aune j’ai sans doute moins apprécié ce « Nouvelle France ». Il n’y a pas le lyrisme et le dynamisme de Pratt. Il n’y a pas non plus le superbe travail à l’aquarelle de Prugne pour magnifier ces forêts interminables.
Et pourtant Vrancken s’en sort très honorablement, plusieurs planches sont vraiment très belles. Mais c’est peut-être moins mon truc.
Quant à l’intrigue développée par Desberg, elle se laisse lire. Mais, là aussi la beauté des paysages, le lyrisme de ces rencontres et de ces instants de rencontres sont ici moins forts que dans les séries évoquées plus haut (Pratt surtout). Comme l’a fait remarquer Cacal69, les dialogues appuyés, parfois redondants, critiquant l’horreur et l’absurdité de la guerre, anesthésient trop le reste. Et le relativement long passage du héros renvoyer combattre en Europe est maladroit. En effet, outre qu’il ressemble à certains passages de Tardi critiquant l’horreur des tranchées de la Première guerre mondiale (ce qui en soit est très louable), il coupe trop le récit, cela aurait dû être raccourci, voire n’être qu’évoqué brièvement, car l’essentiel était sans doute ailleurs. Une unité de lieu évitant de se disperser en Europe aurait été meilleure je pense. De même, la fin est un peu trop brutale et facile, expédiée. Le combat entre le héros et le guerrier iroquois qui l’attend et le poursuit depuis des années est un peu artificiel aussi.
Bon, cela dit, malgré toutes ces critiques, ça reste un album plaisant à lire, loin d’être dénué de qualités. Mais sur le même thème, d’autres séries m’ont davantage plu.
Bah je trouve ça pas si mauvais.
Avec les échos glanés de-ci de-là je m'attendais à une catastrophe, mais je dois bien avouer que l'album a su faire mouche chez moi. L'album n'est pas révolutionnaire ou mirobolant pour autant, je me pencherais d'ailleurs sur son gros défaut plus loin, mais il n'en est pas moins resté satisfaisant à mes yeux.
Je l'ai vu comme une sorte de "Le Grand Détournement - La Classe Américaine" qui aurait troqué les vieux films pour les vieux romans photos mais aurait gardé cette même rythmique absurde, ce même sentiment que toute la narration tient de bric et de broc, où tous les dialogues ne sont que des logorrhées absurdes à la fois étrangement précises et détaillées mais également volontairement "parlées". Peut-être justement que je suis mieux rentrée dans cet album car, étant friande d'œuvres du genre, j'ai immédiatement donné la rythmique et le ton nécessaire aux répliques lors de ma lecture pour que celles-ci fonctionnent pleinement, mais il n'empêche que j'ai tout de même trouvé certains chapitres bien marrants.
Ici, évidemment, tout n'est pas que parodie et détournement puisque l'album et son "scénario" (si tant est que cet ensemble de saynètes absurdes puisse être considéré comme un semblant de fil rouge) cherchent derrière le rire à nous parler de féminisme et d'injonctions patriarcales - choquant, je sais. On pointe du doigt tous les travers et mauvais comportements imposés/instruits/encouragés par notre société, le vocabulaire se montre très souvent pointilleux au milieu de tout ce phrasé absurdement "jeune", les références se font parfois bien précises, il y en a même deux/trois auxquelles je ne m'attendais vraiment pas (la mention des "neurchis" m'a particulièrement surprise et faite rire). Si la forme est drôle et le fond revendicateur (d'autant plus quand le sujet mis sur la table est cher à mon cœur), je dis oui.
Bon, comme dit plus haut, et comme vous pouvez vous en douter à la vue des autres notes, tout n'est pas rose non plus. L'album souffre majoritairement de son aspect trop répétitif, peu renouvelé. Même si certains chapitres m'ont parus vraiment marrant et que je suis restée bonne public tout du long, je ne vais pas mentir, beaucoup de petites histoires se répètent, tant dans la construction narrative que dans les propos et idées mises en avant. J'ai le sentiment sincère que l'album aurait mérité à être raccourci de deux ou trois histoires, afin de conserver la fraîcheur et le sentiment.
Et puis, malheureusement, le discours féministe et anti-patriarcal est en fait assez peu développé. Les termes parfois pointus et les références bien trouvées fusent, certes, mais même en ayant eu chacune des référence je n'ai pas trouvé le tout particulièrement développé (en tout cas pas autant que ce à quoi j'aurais pu m'attendre). L'album reste avant tout une œuvre comique donc on va dire qu'on peut facilement laisser couler, mais il n'empêche.
L'idée est sincèrement bonne, je ne regrette pas de remonter un tant soi peu la note de cet album, mais le tout tourne malheureusement un peu en rond à plusieurs reprises et je me dois d'être honnête sur cet état de fait.
L'album n'est pas mauvais mais s’essouffle par moment et pourrait perdre facilement son lectorat.
Je le recommande tout de même volontiers aux lecteur-ice-s curieux-ses.
(Note réelle 2,5)
Je rejoins les autres avis sur ce one-shot.
J'ai bien aimé comment on présentait l'enfer et comment les démons étaient bien occupés depuis que Dieu a décidé plein de nouveaux péchés. Parmi les nombreux nouveaux arrivants, on retrouve un coach de vie éternellement optimiste et manipulateur qui va finir par profiter du bordel pour se sortir de sa situation. C'est cousu de fil blanc qu'il va finir au sommet, mais la lecture reste agréable notamment parce que j'ai bien aimé le côté satirique du récit. Le vrai problème est que ça se termine brutalement alors qu'on dirait que le récit commence vraiment. Je reste donc sur ma faim parce que j'aimerais bien voir si le coach de vie démagogue va finir par améliorer ou empirer la situation et aussi comment Dieu va réagir à ce changement de régime.
Bref, à moins que sorte une suite un jour, je vais rester sur ma faim et juste trouver que c'est un album correct sans plus.
Une lecture sympathique, sur un sujet et dans un espace qui a priori m’intéressent. C’est inspiré d’une histoire vraie, celle d’Olive Oatman, rescapée avec sa sœur du massacre de sa caravane par des Indiens Yavapais, qui vont les maltraiter un an avant qu’elles ne soient « rachetées » par des Mohaves, qui vont les adopter et très bien les traiter (la soeur d’Olive meurt de maladie durant ce séjour de plusieurs années). Il y avait eu un autre rescapé du massacre, le frère d’Olive, qui va remuer ciel et terre pour retrouver ses sœurs, et Olive va ensuite retrouver les « Blancs », stigmatisée (ses tatouages mohaves la « défigurent » aux yeux des Blancs) et gagnant un temps sa vie en racontant son expérience lors de conférences durant lesquelles son « imprésario » la pousse à dénaturer ses rapports amicaux et filiaux avec les Mohaves.
Le récit se laisse lire, et il y a forcément quelque chose de touchant dans l’expérience et la personnalité d’Olive, qui n’a finalement jamais vécu une vie « normale » - si ce n’est peut-être lorsqu’elle vivait avec les Mohaves.
Mais ce récit ne m’a pas vraiment marqué, et je suis resté un peu sur ma faim.
D’abord parce que le dessin de Dequest passait mieux sur Akki - Le Clan disparu avec lequel je l’avais découvert. Mais ici ça n’est pas mon truc.
Ensuite je trouve que Rodolphe aurait pu ajouter développer davantage la partie « indienne » de la vie d’Olive. Olive qui, au final, est en retrait de ce récit, comme si jusqu’au bout on parlait pour elle (sauf sur la fin les brèves retrouvailles avec son « père » adoptif Mohave - pour le coup un moment court, mais émouvant). On peine à s’attacher à Olive en fait.
Un album qui m'a surpris dans sa forme. Je m'attendais à une œuvre de fiction qui raconterait une tragédie syndicale oubliée (il faut dire que le nord de l'Ontario est une région surtout rurale, peu peuplée et loin du centre d'animation de cette province) et en fait c'est un documentaire.
On suit tout le long le scénariste, qui est aussi historien, discuter de l'affaire avec une autre historienne dans des petites cases apposées sur des dessins plus grands et c'est la source d'une bonne partie du texte de l'album. Je ne suis pas particulièrement fan du procédé, en particulier parce que l'aspect art séquentiel de cette BD est souvent minimal hormis quelques moments percutants où ne sont pas présents les historiens comme lorsqu'on voit un individu prendre son fusil pour tirer sur les grévistes. C'est vraiment le genre de BD documentaire où j'ai l'impression qu'on aurait pu faire un livre sans problème. Il faut dire aussi que le travail de Quesnel ressemble plus à de l'illustration et si j'aime bien les décors, j'aime un peu moins les personnages qui sont souvent trop figés. On dirait juste que quelqu'un a dessiné par-dessus des photos.
Sinon, cela reste quand même un album intéressant qui remet en lumière une affaire que tout le monde a oubliée. L'événement en lui-même est d'ailleurs banalement tragique pour n'importe qui qui connait un peu l'histoire des luttes ouvrières : compagnie toute puissante qui fait la loi, grévistes qui essaient d'améliorer leurs sorts, les autorités qui ne font rien et cela se termine dans le drame et la parodie de justice. Triste schéma qu'on a vu bien trop souvent !
Pendant leurs vacances dans un petit village de montagne, Léna et ses amis s'ennuient ferme jusqu'au jour où ils découvrent une mystérieuse pierre rose et d'improbables grenouilles parlantes organisées en société secrète, bien décidées à menacer le village.
Le point de départ de cette BD jeunesse, à savoir ces grenouilles parlantes et leur drôle de secte secrète, est forcément absurde, mais l'album assume pleinement son côté farfelu et en fait le moteur d'une aventure amusante. Il y a une énergie communicative, des situations volontairement improbables, un humour qui attire le sourire, et une bonne capacité à retrouver cette logique de l'enfance où l'extraordinaire surgit naturellement au coin d'un champ ou d'une rivière. L'ensemble m'a parfois rappelé certaines séries d'animation du début des années 2010 dans son ton, son sens du mouvement et sa manière de mélanger aventure, humour et bizarrerie.
L'album s'adresse un peu plus à de jeunes lecteurs qu'à des adultes et va parfois vite dans son déroulement, mais il conserve un bon sens du rythme et une envie constante d'emmener ses jeunes héros d'une idée farfelue à une autre.
La partie graphique est plutôt réjouissante. Le dessin a une bonne personnalité, avec des designs expressifs, des compositions lisibles et une palette de couleurs vive qui crée des ambiances variées selon les scènes. On sent aussi des influences multiples (animation, manga, BD jeunesse plus classique) sans que l'autrice espagnole donne l'impression de simplement reproduire quelque chose de déjà vu. Il y a au contraire une vraie identité visuelle qui se dégage de l'ensemble. Je suis en revanche plus mesuré sur les quelques scènes muettes qui ne sont pas toujours évidentes à comprendre immédiatement : heureusement, les dialogues qui suivent permettent de mieux saisir ce qui y était représenté.
C'est une aventure jeunesse imaginative et pleine d'énergie, qu'on lit avec le sourire et qui est portée par le graphisme très prometteur de Júlia Rubau Vigara, dont je pense qu'on reverra d'autres œuvres publiées en France à l'avenir.
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Kid Congo
Une histoire touchante et sensible quoique un peu mélodramatique. Le destin tragique du couple, la réprobation et les préjugés raciaux et sociaux sont crédibles et j'ai suivi le récit avec intérêt. Les dessins de Loustal sont assez controversés : on les aime ou on les déteste! Je reconnais qu'ils ne plairont pas à tout le monde et que le message de l'œuvre pourra provoquer un certain refus. En ce qui me concerne, j'apprécie le courage et le style de l'auteur. Il y a clairement une influence de Fernand Léger, entre autres peintres. J'aime beaucoup aussi ses carnets de croquis, que j'ai acquis.
Scotland
Je suis les aventures de kathy depuis leur début avec beaucoup de plaisir. Je ne regrette pas l’achat de ce dernier épisode qui, globalement ne demerite pas trop. L’intrigue n’est malgré tout pas à la hauteur des épisodes précédents. Ça donne une impression de " on ferme et on éteint la lumière". De plus, je trouve le dessin très irrégulier, en particulier pour le visage des personnages. Bref, il était temps d’arrêter, mais je ne regrette pas mon achat.
Commissaire Kouamé
La lecture des deux albums m’a permis de découvrir le travail de Marguerite Abouet, qui développe des intrigues forcément exotiques, en Côte d’Ivoire. C’est cette originalité qui fait sortir ces récits policiers du tout-venant, ainsi que le dessin de Donatien Mary (très différent de ce que j’avais vu de lui sur Que la bête fleurisse). Son trait moderne, élancé et semi caricatural, est plutôt agréable, et raccord avec les récits qu’il illustre. Quelques idées récurrentes aussi permettent de dynamiser les récits : le vieux policier (le commissaire Kouamé donc), aux méthodes spéciales : il pratique systématiquement la « question » et est bien moins bonhomme que ce que l’on pourrait attendre de son air « rangé ». Il est pour cela assisté d’Arsène, moins sûr de lui, mais qui le véhicule systématiquement avec l’une de ses bagnoles de collection, toujours parmi les plus petites. Ceci étant dit, les enquêtes policières en elles-mêmes ne sont pas extraordinaires, s’étirent un chouia trop, et cette série vaut avant tout pour le cadre dépaysant et quelques à-côtés originaux. Les gesticulations de Kouamé alternent trop avec des longueurs. Le dessin est très sympa je trouve.
L'Arnaque des nouveaux pères
Il s'agit de la deuxième bd de Guillaume Daudin et Stéphane Jourdain que je lis après "Les Contraceptés". Une fois encore, il s'agit d'une bd reportage sur un sujet tenant à la masculinité, au rôle de l'homme dans le couple et donc, par extension, sur les inégalités entre hommes et femmes. Cette fois, on se concentre sur le rôle du père, sa place dans la vie de famille et son investissement global. Plus précisément, les auteurs s'attachent à démontrer en quoi la figure du "nouveau père", ultra investi et qui serait à égalité avec la mère dans le partage des tâches liées aux enfants (et par extension aux autres tâches domestiques), est biaisée et cache en réalité une situation encore très disparate dans le couple. Comme j'ai un peu de mal à structurer mon propos, je vais commencer par les points positifs de cette bd : Le sujet est très intéressant et traité avec un certain sérieux. On sent que les deux sont très impliqués, ont envie de creuser et prennent du recul sur leur propre situation. Il n'y a pas de moment où ils se disent "ah mais non quand même on en fait déjà beaucoup", ou ce genre de truc, et c'est appréciable. La bd met bien en avant de nombreux points inégalitaires, touche juste sur plusieurs sujets et démontre bien qu'effectivement, malgré les évolutions récentes, les femmes se tapent la majorité du boulot (même dans les couples privilégiés qui ont conscience du problème). Les auteurs démontrent également bien à quel point il y a bien une arnaque du nouveau père, et une glorification de certains comportements qui semblent naturels pour les femmes. Bref, c'est un sujet important, et c'est super de le traiter et de s'y intéresser. Tous les pères devraient, au moins, s'intéresser à ce sujet. Néanmoins, plusieurs aspects négatifs me sautent aux yeux : Si je suis d'accord avec le propos global, il y a, à mes yeux, pas mal de problèmes sur celui-ci. Déjà, comme le dit Bamiléké, les deux auteurs centrent le sujet sur leur expérience à eux, et donc leur classe sociale et leur manière à eux de voir la vie. Ils appartiennent à une classe sociale favorisée et ont donc des préoccupations, des idées propres à leur classe sociale. Je crois qu'il y a deux cases dans la bd où il y a quelque chose sur le fait que c'est plus compliqué pour les pères des classes sociales défavorisées de s'impliquer. Ce n'est pas développé et c'est une grosse erreur, selon moi, car on en arrive à un bouquin qui ne s'adresse qu'aux privilégiés, à ceux qui ont les moyens sociaux et économiques de faire en sorte de bouger un peu les choses. Les autres s'en retrouvent exclus et on est quasiment dans un espèce d'entre soi parisien, qui saute aux yeux avec la réunion entre pères à la fin, où le coaching de paternité. Or, ce type de sujet touche l'ensemble des acteurs de la société et doit s'adresser à tout le monde. Un autre truc qui m'a un peu agacé est le fait que les auteurs semblent vouloir adapter le système existant pour permettre une meilleure égalité entre les parents. On nous vend des starts up ou certaines grosses boites qui ont des chartes pour concilier la vie de famille avec celle de leurs salariés et qui prennent des mesures de compensation. C'est oublier que ça ne concerne que des milieux ultra privilégiés et en de très faibles proportions (bon ok ils le disent mais très vite fait), mais c'est surtout oublier que à l'échelle de la société actuelle, une généralisation de ce type est impossible, simplement parce que le patriarcat et l'inégalité de genre est une des composantes du capitalisme qui est le mode d'organisation de notre société. Vouloir plus d'égalité entre les sexes sans s'attaquer au fondement du système économique est, à mon sens, illusoire. Il y a certes une petite revue littéraire, mais ils résument les propos à l'extrême. C'est peut-être (sûrement) une volonté de vouloir un peu dépolitiser le sujet pour toucher plus de monde, mais en ce qui me concerne ça m'agace et je trouve que le propos perd en pertinence. Après, on aurait aussi pu parler d'autres modes d'éducation, de parentalité etc., mais on s'éloigne du sujet. Sur la forme, je suis aussi un peu circonspect. J'ai trouvé la narration assez lourde, notamment les phrases du genre : "Stéphane se disait depuis quelques temps qu'il fallait qu'il fasse ceci.." où "Ça taraudait l'esprit de Guillaume". Je trouve que ça casse l'aspect docu. Enfin, et c'est la deuxième fois pour une bd de ces deux scénaristes/auteurs, je n'ai pas aimé le dessin. Je trouve les personnages figés et sans expression. Ça manque de vigueur, de chaleur. SI vous n'y connaissez rien sur ce sujet ou avez envie de vous y intéresser en partant un peu de zéro, allez y, ça se lit bien et il y a des choses très intéressantes. Si vous voulez creuser le sujet, c'est en revanche un peu léger.
Nouvelle France
Je me retrouve pas mal dans l’avis de Cacal69. En effet, la couverture m’a aussi fait de l’œil. Même si, voir un Iroquois sur un cheval (peu adapté au déplacement, à la guerre et à la chasse dans les sous-bois) est surprenant, et sans doute très peu commun à l’époque. J’aime bien cette région et cette époque, où les frontières étaient encore floues et fluides entre les peuples. Nous sommes à l’époque de la Guerre de Sept-Ans, et plusieurs séries ont déjà usé de ces décors – géographiques et historiques. Pratt bien sûr à plusieurs reprises (voir par exemple le très marquant Fort Wheeling - un peu postérieur) ou, plus récemment et chez le même éditeur, les one-shot de Prugne. Et voilà, les deux références que je viens d’évoquer m’ont beaucoup marqué – à des niveaux divers – et à leur aune j’ai sans doute moins apprécié ce « Nouvelle France ». Il n’y a pas le lyrisme et le dynamisme de Pratt. Il n’y a pas non plus le superbe travail à l’aquarelle de Prugne pour magnifier ces forêts interminables. Et pourtant Vrancken s’en sort très honorablement, plusieurs planches sont vraiment très belles. Mais c’est peut-être moins mon truc. Quant à l’intrigue développée par Desberg, elle se laisse lire. Mais, là aussi la beauté des paysages, le lyrisme de ces rencontres et de ces instants de rencontres sont ici moins forts que dans les séries évoquées plus haut (Pratt surtout). Comme l’a fait remarquer Cacal69, les dialogues appuyés, parfois redondants, critiquant l’horreur et l’absurdité de la guerre, anesthésient trop le reste. Et le relativement long passage du héros renvoyer combattre en Europe est maladroit. En effet, outre qu’il ressemble à certains passages de Tardi critiquant l’horreur des tranchées de la Première guerre mondiale (ce qui en soit est très louable), il coupe trop le récit, cela aurait dû être raccourci, voire n’être qu’évoqué brièvement, car l’essentiel était sans doute ailleurs. Une unité de lieu évitant de se disperser en Europe aurait été meilleure je pense. De même, la fin est un peu trop brutale et facile, expédiée. Le combat entre le héros et le guerrier iroquois qui l’attend et le poursuit depuis des années est un peu artificiel aussi. Bon, cela dit, malgré toutes ces critiques, ça reste un album plaisant à lire, loin d’être dénué de qualités. Mais sur le même thème, d’autres séries m’ont davantage plu.
La Fabrique du prince charmant
Bah je trouve ça pas si mauvais. Avec les échos glanés de-ci de-là je m'attendais à une catastrophe, mais je dois bien avouer que l'album a su faire mouche chez moi. L'album n'est pas révolutionnaire ou mirobolant pour autant, je me pencherais d'ailleurs sur son gros défaut plus loin, mais il n'en est pas moins resté satisfaisant à mes yeux. Je l'ai vu comme une sorte de "Le Grand Détournement - La Classe Américaine" qui aurait troqué les vieux films pour les vieux romans photos mais aurait gardé cette même rythmique absurde, ce même sentiment que toute la narration tient de bric et de broc, où tous les dialogues ne sont que des logorrhées absurdes à la fois étrangement précises et détaillées mais également volontairement "parlées". Peut-être justement que je suis mieux rentrée dans cet album car, étant friande d'œuvres du genre, j'ai immédiatement donné la rythmique et le ton nécessaire aux répliques lors de ma lecture pour que celles-ci fonctionnent pleinement, mais il n'empêche que j'ai tout de même trouvé certains chapitres bien marrants. Ici, évidemment, tout n'est pas que parodie et détournement puisque l'album et son "scénario" (si tant est que cet ensemble de saynètes absurdes puisse être considéré comme un semblant de fil rouge) cherchent derrière le rire à nous parler de féminisme et d'injonctions patriarcales - choquant, je sais. On pointe du doigt tous les travers et mauvais comportements imposés/instruits/encouragés par notre société, le vocabulaire se montre très souvent pointilleux au milieu de tout ce phrasé absurdement "jeune", les références se font parfois bien précises, il y en a même deux/trois auxquelles je ne m'attendais vraiment pas (la mention des "neurchis" m'a particulièrement surprise et faite rire). Si la forme est drôle et le fond revendicateur (d'autant plus quand le sujet mis sur la table est cher à mon cœur), je dis oui. Bon, comme dit plus haut, et comme vous pouvez vous en douter à la vue des autres notes, tout n'est pas rose non plus. L'album souffre majoritairement de son aspect trop répétitif, peu renouvelé. Même si certains chapitres m'ont parus vraiment marrant et que je suis restée bonne public tout du long, je ne vais pas mentir, beaucoup de petites histoires se répètent, tant dans la construction narrative que dans les propos et idées mises en avant. J'ai le sentiment sincère que l'album aurait mérité à être raccourci de deux ou trois histoires, afin de conserver la fraîcheur et le sentiment. Et puis, malheureusement, le discours féministe et anti-patriarcal est en fait assez peu développé. Les termes parfois pointus et les références bien trouvées fusent, certes, mais même en ayant eu chacune des référence je n'ai pas trouvé le tout particulièrement développé (en tout cas pas autant que ce à quoi j'aurais pu m'attendre). L'album reste avant tout une œuvre comique donc on va dire qu'on peut facilement laisser couler, mais il n'empêche. L'idée est sincèrement bonne, je ne regrette pas de remonter un tant soi peu la note de cet album, mais le tout tourne malheureusement un peu en rond à plusieurs reprises et je me dois d'être honnête sur cet état de fait. L'album n'est pas mauvais mais s’essouffle par moment et pourrait perdre facilement son lectorat. Je le recommande tout de même volontiers aux lecteur-ice-s curieux-ses. (Note réelle 2,5)
Bienvenue à Pandemonia
Je rejoins les autres avis sur ce one-shot. J'ai bien aimé comment on présentait l'enfer et comment les démons étaient bien occupés depuis que Dieu a décidé plein de nouveaux péchés. Parmi les nombreux nouveaux arrivants, on retrouve un coach de vie éternellement optimiste et manipulateur qui va finir par profiter du bordel pour se sortir de sa situation. C'est cousu de fil blanc qu'il va finir au sommet, mais la lecture reste agréable notamment parce que j'ai bien aimé le côté satirique du récit. Le vrai problème est que ça se termine brutalement alors qu'on dirait que le récit commence vraiment. Je reste donc sur ma faim parce que j'aimerais bien voir si le coach de vie démagogue va finir par améliorer ou empirer la situation et aussi comment Dieu va réagir à ce changement de régime. Bref, à moins que sorte une suite un jour, je vais rester sur ma faim et juste trouver que c'est un album correct sans plus.
Blue Tattoo
Une lecture sympathique, sur un sujet et dans un espace qui a priori m’intéressent. C’est inspiré d’une histoire vraie, celle d’Olive Oatman, rescapée avec sa sœur du massacre de sa caravane par des Indiens Yavapais, qui vont les maltraiter un an avant qu’elles ne soient « rachetées » par des Mohaves, qui vont les adopter et très bien les traiter (la soeur d’Olive meurt de maladie durant ce séjour de plusieurs années). Il y avait eu un autre rescapé du massacre, le frère d’Olive, qui va remuer ciel et terre pour retrouver ses sœurs, et Olive va ensuite retrouver les « Blancs », stigmatisée (ses tatouages mohaves la « défigurent » aux yeux des Blancs) et gagnant un temps sa vie en racontant son expérience lors de conférences durant lesquelles son « imprésario » la pousse à dénaturer ses rapports amicaux et filiaux avec les Mohaves. Le récit se laisse lire, et il y a forcément quelque chose de touchant dans l’expérience et la personnalité d’Olive, qui n’a finalement jamais vécu une vie « normale » - si ce n’est peut-être lorsqu’elle vivait avec les Mohaves. Mais ce récit ne m’a pas vraiment marqué, et je suis resté un peu sur ma faim. D’abord parce que le dessin de Dequest passait mieux sur Akki - Le Clan disparu avec lequel je l’avais découvert. Mais ici ça n’est pas mon truc. Ensuite je trouve que Rodolphe aurait pu ajouter développer davantage la partie « indienne » de la vie d’Olive. Olive qui, au final, est en retrait de ce récit, comme si jusqu’au bout on parlait pour elle (sauf sur la fin les brèves retrouvailles avec son « père » adoptif Mohave - pour le coup un moment court, mais émouvant). On peine à s’attacher à Olive en fait.
Du sang sur la neige - La tragédie de Reesor Siding
Un album qui m'a surpris dans sa forme. Je m'attendais à une œuvre de fiction qui raconterait une tragédie syndicale oubliée (il faut dire que le nord de l'Ontario est une région surtout rurale, peu peuplée et loin du centre d'animation de cette province) et en fait c'est un documentaire. On suit tout le long le scénariste, qui est aussi historien, discuter de l'affaire avec une autre historienne dans des petites cases apposées sur des dessins plus grands et c'est la source d'une bonne partie du texte de l'album. Je ne suis pas particulièrement fan du procédé, en particulier parce que l'aspect art séquentiel de cette BD est souvent minimal hormis quelques moments percutants où ne sont pas présents les historiens comme lorsqu'on voit un individu prendre son fusil pour tirer sur les grévistes. C'est vraiment le genre de BD documentaire où j'ai l'impression qu'on aurait pu faire un livre sans problème. Il faut dire aussi que le travail de Quesnel ressemble plus à de l'illustration et si j'aime bien les décors, j'aime un peu moins les personnages qui sont souvent trop figés. On dirait juste que quelqu'un a dessiné par-dessus des photos. Sinon, cela reste quand même un album intéressant qui remet en lumière une affaire que tout le monde a oubliée. L'événement en lui-même est d'ailleurs banalement tragique pour n'importe qui qui connait un peu l'histoire des luttes ouvrières : compagnie toute puissante qui fait la loi, grévistes qui essaient d'améliorer leurs sorts, les autorités qui ne font rien et cela se termine dans le drame et la parodie de justice. Triste schéma qu'on a vu bien trop souvent !
Le Complot des grenouilles
Pendant leurs vacances dans un petit village de montagne, Léna et ses amis s'ennuient ferme jusqu'au jour où ils découvrent une mystérieuse pierre rose et d'improbables grenouilles parlantes organisées en société secrète, bien décidées à menacer le village. Le point de départ de cette BD jeunesse, à savoir ces grenouilles parlantes et leur drôle de secte secrète, est forcément absurde, mais l'album assume pleinement son côté farfelu et en fait le moteur d'une aventure amusante. Il y a une énergie communicative, des situations volontairement improbables, un humour qui attire le sourire, et une bonne capacité à retrouver cette logique de l'enfance où l'extraordinaire surgit naturellement au coin d'un champ ou d'une rivière. L'ensemble m'a parfois rappelé certaines séries d'animation du début des années 2010 dans son ton, son sens du mouvement et sa manière de mélanger aventure, humour et bizarrerie. L'album s'adresse un peu plus à de jeunes lecteurs qu'à des adultes et va parfois vite dans son déroulement, mais il conserve un bon sens du rythme et une envie constante d'emmener ses jeunes héros d'une idée farfelue à une autre. La partie graphique est plutôt réjouissante. Le dessin a une bonne personnalité, avec des designs expressifs, des compositions lisibles et une palette de couleurs vive qui crée des ambiances variées selon les scènes. On sent aussi des influences multiples (animation, manga, BD jeunesse plus classique) sans que l'autrice espagnole donne l'impression de simplement reproduire quelque chose de déjà vu. Il y a au contraire une vraie identité visuelle qui se dégage de l'ensemble. Je suis en revanche plus mesuré sur les quelques scènes muettes qui ne sont pas toujours évidentes à comprendre immédiatement : heureusement, les dialogues qui suivent permettent de mieux saisir ce qui y était représenté. C'est une aventure jeunesse imaginative et pleine d'énergie, qu'on lit avec le sourire et qui est portée par le graphisme très prometteur de Júlia Rubau Vigara, dont je pense qu'on reverra d'autres œuvres publiées en France à l'avenir.