Je n'ai jamais regardé la série Batman des années 90, mais je connais bien son influence et son aura. Elle aura imposé un style pour Batman dans les années suivantes et contribué à diffuser l'aura du Chevalier noir, devenu l'un des super-héros les plus populaires de l'univers DC pour les années suivantes.
C'est dans cette série que naitra donc Harley Quin, acolyte du Joker excentrique mais également développée en profondeur. Par rapport à beaucoup de personnages crée auparavant, les créateurs (Paul Dini et Bruce Timm) ont pu développer son origine et son caractère de façon plus poussé. Harley Quinn devient la psychiatre du Joker, personnage étant tombé amoureuse de son patient et vivant une relation d'amour toxique avec ce dernier. C'est son origine développée dans cette BD, avec Harley se remémorant son parcours tandis qu'elle tente de capturer Batman pour faire plaisir à son amour. Si l'histoire est assez basique, hélas, j'aime bien le fait que les créateurs aient eut cette idée de noirceur dans le ton. Harley Quinn est un archétype de femme dans une relation toxique, mélange entre la femme battue et l'amoureuse perpétuellement rejetée. Une figure qui va être reprise de façon très intéressante pour dire des choses dans d'autres oeuvres, notamment l'excellent Harleen.
Maintenant, la Bd en elle-même est assez moyenne. L'origine est bien faite, mais dans une histoire assez banale et qui n'a pas grand intérêt en dehors de cette explication du passée de Harley Quinn. De même, le volume est une petite arnaque avec les planches crayonnées et les planches colorisées, qui sont intéressantes pour les collectionneurs mais gonflent aussi le pages artificiellement. Je suis content de ne pas l'avoir acheté pour le coup ! Deux autres histoires sont présentes, en peu de pages, mettant en scène d'autres personnages de Gotham mais c'est clairement plus dispensable et ça fait un peu ajout pour mettre du gras.
Niveau dessin, c'est celui du dessin animé pur jus, avec ce trait assez cartoon dans la forme mais restant en style polar pour enfant. C'est un style qu'on peut ne pas aimer, mais c'est propre dans le traitement et carrément réussi en terme de cohérence. Harley Quinn est un personnage iconique notamment par ce dessin qui joue sur l'aspect enfantin et la gravité de ce qui se passe, contraste qui forgera sa personnalité.
Une BD pour curieux du personnage et fan de Batman, mais pas indispensable en l'état.
2.5
Encore une fois, Nicolas Pitz adopte un roman jeunesse en BD.
Je n'ai pas lu l'œuvre originale donc je ne peux pas comparer, mais ce qui m'a frappé est à quel point tout va rapidement dans le scénario. La plupart des éléments du récit sont survolés. Le meilleur exemple est qu'à un moment Sam se bats avec un autre chien qu'on n'a jamais vu avant. On ne sait même pas trop pourquoi les deux chiens se battent, on pense que Sam a un coté sombre et puis c'est vite balayé par les personnages et on ne reparlera plus de l'incident ! Le seul moment qui a retenu mon attention est lorsque le vrai propriétaire du chien revient et se révèle plus complexe qu'il semblait de prime à bord.
Le scénario ne m'a pas trop excité, mais je ne fais parti du public-cible à savoir les jeunes qui adorent les chiens. Un truc bizarre est que le résumé mets en avant le grand frère de la famille qui est mise en avant alors qu'au final c'est sa petite sœur qu'on voit surtout.
2.5
Les auteurs rendent hommage à Orson Welles, un réalisateur-acteur qui a marqué l'histoire du cinéma. Personnellement, de ce que j'ai vu de son travail, je trouve que c'est efficace, mais ça ne m'a pas marqué plus que ça hormis son adaptation du Procès de Kafka et certaines scènes de Citizen Kane.
Comme il était aussi un personnage hauts-en-couleurs, faire une biographie de lui est une bonne idée tellement sa vie regorge d'anecdotes. Rien qu'avec tous ses films qu'il n'a pas tourné je pense qu'on pourrait faire un album complet. Sauf que voilà on est encore une fois dans une biographie en BD qui manque de saveur. En gros, on va voir les moments les plus marquants de la vie de Welles, parfois même pas dans un ordre chronologique, et rien ne semble vraiment développé. Il y a quelques scènes pas trop mal, mais la plupart du temps c'est peu palpitant. Au niveau du dessin, j'adore les couleurs, mais les personnages manquent un peu de dynamisme.
Ça se laisse lire sans plus.
Une BD plaisante à lire, dont l'approche est originale. D'autant plus intéressante, certes, si l'on s'intéresse à Matisse et au Maghreb mais accessible également aux "profanes". Mon principal regret, qui m'a empêché de mettre une meilleure note, est le choix de la bichromie pour le dessin (par ailleurs agréable). Quel dommage, pour un ouvrage sur l'un des maîtres de la couleur, d'y avoir volontairement renoncé. Peut-être un choix des auteurs, mais dont l'objectif m'échappe alors. Quelle superbe BD ça aurait pu être si le dessin s'était davantage inspiré de l'œuvre de Matisse !
Deux minuscules alpinistes du peuple des Ahlalàààs se lancent un défi improbable : gravir le personnage d'Achille Talon comme s'il s'agissait d'une montagne. Leur ascension, mise en scène comme un exploit sportif sponsorisé, les conduit de la semelle à la tête du géant, chaque geste de celui-ci devenant pour eux un véritable cataclysme.
Il est étonnant de voir Derib, l'auteur de Yakari et Buddy Longway, s'aventurer dans une histoire humoristique aussi fantasque, et plus encore d'y faire intervenir de manière explicite le héros d'un autre auteur, Achille Talon, dont l'univers est à l'opposé de ses séries d'aventure. Il faut toutefois rappeler que cette courte série a été prépubliée dans l'éphémère magazine Achille Talon en 1975. J'imagine qu'elle a alors été conçue comme une récréation amusante pour Derib, et comme une fantaisie légère destinée aux lecteurs du magazine. Je l'ai moi-même abordée avec le sourire, comme une curiosité un peu insolite issue d'une époque évoquant la nostalgie.
Côté dessin, Derib reste fidèle à lui-même : un trait clair, souple et très lisible, des personnages expressifs et des couleurs simples mais agréables. Malgré des décors réduits à l'essentiel, la lecture reste fluide et parfaitement compréhensible. Achille Talon et son univers sont par ailleurs restitués avec beaucoup de tendresse, dans un style assez proche de celui de Greg.
Sur le fond, en revanche, l'ensemble demeure très anecdotique. L'idée de départ est amusante, certaines trouvailles d'échelle fonctionnent et deux ou trois gags font mouche, mais le récit reste léger et assez creux. Il n'y a ni véritable enjeu ni réelle surprise, et l'aventure se déroule rapidement, avec un sourire parfois un peu complaisant, sans provoquer de vrai rire. Cela ressemble davantage à une fantaisie récréative qu'à une histoire à part entière, avec un ton qui semble parfois clairement destiné à un jeune public.
Une curiosité sympathique et bien dessinée, mais qui ne s'adressera sans doute qu'aux amateurs de Greg et de Derib, ou aux collectionneurs.
Il y a des choses originales et/ou intéressantes dans cette histoire. Mais ce premier album m’a quand même laissé de côté, au point que je ne suis pas sûr d’aller lire la suite et fin dans le prochain tome.
Le dessin est original – la colorisation aussi d’ailleurs. Foin de réalisme. Mais j’ai vraiment eu du mal avec.
L’histoire se développe dans une ambiance un peu glauque, en tout cas crépusculaire. Un brave type – qui élève seul ses deux mômes – se retrouve au chômage, multiplie les petits boulots, accusant les Niaks, les Juifs, d’être responsables de sa mouise, tout en ressassant ses souvenirs du Vietnam. Jusqu’à se voir proposer de devenir acteur porno…
Il y a dans ce récit une vision noire – et finalement pas si éloignée que ça de la réalité – d’une certaine société déclassée et reléguée de l’Amérique profonde. Et, si certaines couleurs flashy s’invitent, c’est plutôt le sombre qui domine.
Mais voilà, j’ai eu du mal à m’intéresser à cette histoire, et les dialogues, souvent – trop – abondants, rendent certains passages un peu indigestes.
Je pense en fait que ça n’est pas ma came.
Note réelle 2,5/5.
La Licorne est une série ambitieuse et clairement très travaillée, à la croisée de la BD d’action, de l’intrigue historique et de la fantasy. Le récit avance à un rythme soutenu, avec beaucoup d’événements et une vraie volonté de maintenir la tension tout au long des pages. Les personnages sont globalement solides, et l’utilisation d’Ambroise Paré comme pivot narratif fonctionne bien pour ancrer l’histoire dans son contexte.
L’univers proposé est dense et parfois difficile à saisir, notamment dans ses aspects ésotériques et symboliques, mais il reste cohérent dans ses règles et ses intentions. Le traitement de la médecine renaissante, du rapport au corps et à la compréhension du vivant apporte un vrai intérêt de fond, bien intégré à une intrigue très orientée action. Certains passages restent obscurs ou laissent une impression d’incompréhension, sans toutefois casser complètement la lecture.
Graphiquement, la série est une vraie réussite. Le dessin est très dynamique, expressif, et porté par une forte recherche visuelle. L’univers de la Renaissance est idéalisé, peuplé de machines, de créatures et de figures intrigantes, toutes dotées d’une identité graphique marquée et soignée. Une série solide, stimulante et plaisante à lire, même si elle ne laisse pas un souvenir durable.
Adaptation de Aliss, la série propose une relecture extrêmement sombre et allégorique d’Alice au pays des merveilles, transposée dans un Montréal marginal et violent. Le fond est objectivement riche : satire du monde moderne, exploration de la perte de repères, critique des rapports de domination. L’univers est cohérent, maîtrisé, mais reste très hermétique sans clés de lecture solides.
La narration repose fortement sur la métaphore et l’allégorie, ce qui rend l’ensemble difficilement pénétrable pour un lecteur peu familier de l'univers d'Alice au Pays des Merveilles et Patrick Senéchal, comme moi. La lecture demande un réel investissement intellectuel ; on est clairement plus proche de la « littérature dessinée » que d’une BD de plaisir immédiat. Cette densité donne le sentiment d’une œuvre probablement brillante… sans toujours réussir à en comprendre la qualité.
Graphiquement, le travail est très affirmé : dessin expressif, personnages marqués, usage pertinent du noir et blanc confronté à la couleur. L’identité visuelle est forte et cohérente avec le propos. En revanche, comme le scénario, l’approche reste peu accessible, ce qui limite l’adhésion émotionnelle malgré les qualités évidentes.
Je ne peux m'empêcher d'être un chouïa déçu après ma lecture.
C'est le graphisme qui m'a immédiatement attiré sur cet album, un style de dessin qui est dans mes cordes. L'ambiance glauque est superbement retranscrite dans un style réaliste à la colorisation très sombre qui se marie parfaitement avec l'intrigue. Mais... ce n'est pas toujours des plus lisible, il m'a fallu un temps d'adaptation pour l'apprivoiser. J'ai dû, par exemple, relire les dix premières pages pour ne pas être complètement largué avec les personnages. Une mise en page très polar.
Alessandro Manzella est un artiste à suivre.
Le récit est aussi sombre que la partie graphique avec cet inspecteur désabusé qui enquête sur le meurtre de deux gamins.
Un récit dans l'ensemble bien construit, en particulier les fausses pistes, mais... je n'ai jamais été captivé par l'enquête et j'ai dû mal à me l'expliquer. La faute à une narration manquant de liant ? À des personnages qui m'ont laissé de marbre ? À la voix off déshumanisée ?
J'avoue que la conclusion m'a surpris, mais... (il y en a beaucoup finalement) elle est des plus logique avec un peu de recul.
Pour les amateurs de polars non réfractaires à un visuel très noir.
Enfin lu cette série qui avait fait un petit buzz depuis sa republication en français par Délirium.
Dès le début j'ai compris pourquoi cette série a eu autant d'avis positifs. Bryan Talbot a créé une uchronie assez riche, notamment au niveau des références. Son dessin est bon quoique je ne sois pas fan des couleurs faites par ordinateur. Lorsque j'ai vu l'extrait en noir et blanc dans un des bonus de fin d'album, je pense que j'aurais préféré aucune couleur.
Quant au scénario, j'ai trouvé qu'il y avait des qualités et des défauts. Le principal défaut est que trop souvent l'auteur reprend trop de clichés et de personnages archétypiques qui ne me plaisent pas trop. Que le héros soit tellement intelligent qu'il finit par toujours comprendre ce qui se passe, c'est une chose. C'en est une autre lorsqu'il est tellement fort physiquement qu'il peut tout faire et battre plusieurs méchants en même temps en étant à peine blessé. Les personnages féminins les plus importants sont relégués à des rôles stéréotypés du genre la love interest. Le seul personnage qui échappe vraiment à la règle est la professeure ourse du tome 4.
Parlons des tomes, je trouve la qualité un peu inégale. Les deux premiers tomes sont corrects, sans plus et souvent trop prévisibles. Par exemple, l'identité du méchant du tome 2 est trop facile à deviner et ça me faisait rigoler de voir l'inspecteur super-intelligent prendre des pages pour comprendre ce que j'avais déjà compris au milieu de l'album. Les deux suivant sont meilleurs, peut-être en partie parce que malgré tout au fil des pages je me suis un peu attaché à cet univers et à ses personnages. Et c'est dans ces deux albums que Talbot a ses meilleures idées. Puis vient le dernier tome, le plus long, le plus ambitieux... et le moins bon album de la série. On retombe dans un récit tellement classique que j'ai vite deviné le déroulement d'une bonne partie du scénario et j'ai fini par m'ennuyer tellement ça s'éternise pour rien. J'ai donc fini cette série sur une mauvaise impression.
Au final, je mets 3/5 pour les tomes 1 et 2, 4/5 pour les tomes 3 et 4 et un beau 2/5 pour le dernier tome.
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Batman - Mad Love
Je n'ai jamais regardé la série Batman des années 90, mais je connais bien son influence et son aura. Elle aura imposé un style pour Batman dans les années suivantes et contribué à diffuser l'aura du Chevalier noir, devenu l'un des super-héros les plus populaires de l'univers DC pour les années suivantes. C'est dans cette série que naitra donc Harley Quin, acolyte du Joker excentrique mais également développée en profondeur. Par rapport à beaucoup de personnages crée auparavant, les créateurs (Paul Dini et Bruce Timm) ont pu développer son origine et son caractère de façon plus poussé. Harley Quinn devient la psychiatre du Joker, personnage étant tombé amoureuse de son patient et vivant une relation d'amour toxique avec ce dernier. C'est son origine développée dans cette BD, avec Harley se remémorant son parcours tandis qu'elle tente de capturer Batman pour faire plaisir à son amour. Si l'histoire est assez basique, hélas, j'aime bien le fait que les créateurs aient eut cette idée de noirceur dans le ton. Harley Quinn est un archétype de femme dans une relation toxique, mélange entre la femme battue et l'amoureuse perpétuellement rejetée. Une figure qui va être reprise de façon très intéressante pour dire des choses dans d'autres oeuvres, notamment l'excellent Harleen. Maintenant, la Bd en elle-même est assez moyenne. L'origine est bien faite, mais dans une histoire assez banale et qui n'a pas grand intérêt en dehors de cette explication du passée de Harley Quinn. De même, le volume est une petite arnaque avec les planches crayonnées et les planches colorisées, qui sont intéressantes pour les collectionneurs mais gonflent aussi le pages artificiellement. Je suis content de ne pas l'avoir acheté pour le coup ! Deux autres histoires sont présentes, en peu de pages, mettant en scène d'autres personnages de Gotham mais c'est clairement plus dispensable et ça fait un peu ajout pour mettre du gras. Niveau dessin, c'est celui du dessin animé pur jus, avec ce trait assez cartoon dans la forme mais restant en style polar pour enfant. C'est un style qu'on peut ne pas aimer, mais c'est propre dans le traitement et carrément réussi en terme de cohérence. Harley Quinn est un personnage iconique notamment par ce dessin qui joue sur l'aspect enfantin et la gravité de ce qui se passe, contraste qui forgera sa personnalité. Une BD pour curieux du personnage et fan de Batman, mais pas indispensable en l'état.
Le Choix de Sam
2.5 Encore une fois, Nicolas Pitz adopte un roman jeunesse en BD. Je n'ai pas lu l'œuvre originale donc je ne peux pas comparer, mais ce qui m'a frappé est à quel point tout va rapidement dans le scénario. La plupart des éléments du récit sont survolés. Le meilleur exemple est qu'à un moment Sam se bats avec un autre chien qu'on n'a jamais vu avant. On ne sait même pas trop pourquoi les deux chiens se battent, on pense que Sam a un coté sombre et puis c'est vite balayé par les personnages et on ne reparlera plus de l'incident ! Le seul moment qui a retenu mon attention est lorsque le vrai propriétaire du chien revient et se révèle plus complexe qu'il semblait de prime à bord. Le scénario ne m'a pas trop excité, mais je ne fais parti du public-cible à savoir les jeunes qui adorent les chiens. Un truc bizarre est que le résumé mets en avant le grand frère de la famille qui est mise en avant alors qu'au final c'est sa petite sœur qu'on voit surtout.
Orson Welles - L'Inventeur de rêves
2.5 Les auteurs rendent hommage à Orson Welles, un réalisateur-acteur qui a marqué l'histoire du cinéma. Personnellement, de ce que j'ai vu de son travail, je trouve que c'est efficace, mais ça ne m'a pas marqué plus que ça hormis son adaptation du Procès de Kafka et certaines scènes de Citizen Kane. Comme il était aussi un personnage hauts-en-couleurs, faire une biographie de lui est une bonne idée tellement sa vie regorge d'anecdotes. Rien qu'avec tous ses films qu'il n'a pas tourné je pense qu'on pourrait faire un album complet. Sauf que voilà on est encore une fois dans une biographie en BD qui manque de saveur. En gros, on va voir les moments les plus marquants de la vie de Welles, parfois même pas dans un ordre chronologique, et rien ne semble vraiment développé. Il y a quelques scènes pas trop mal, mais la plupart du temps c'est peu palpitant. Au niveau du dessin, j'adore les couleurs, mais les personnages manquent un peu de dynamisme. Ça se laisse lire sans plus.
Tanger sous la pluie
Une BD plaisante à lire, dont l'approche est originale. D'autant plus intéressante, certes, si l'on s'intéresse à Matisse et au Maghreb mais accessible également aux "profanes". Mon principal regret, qui m'a empêché de mettre une meilleure note, est le choix de la bichromie pour le dessin (par ailleurs agréable). Quel dommage, pour un ouvrage sur l'un des maîtres de la couleur, d'y avoir volontairement renoncé. Peut-être un choix des auteurs, mais dont l'objectif m'échappe alors. Quelle superbe BD ça aurait pu être si le dessin s'était davantage inspiré de l'œuvre de Matisse !
Les Ahlalaaas
Deux minuscules alpinistes du peuple des Ahlalàààs se lancent un défi improbable : gravir le personnage d'Achille Talon comme s'il s'agissait d'une montagne. Leur ascension, mise en scène comme un exploit sportif sponsorisé, les conduit de la semelle à la tête du géant, chaque geste de celui-ci devenant pour eux un véritable cataclysme. Il est étonnant de voir Derib, l'auteur de Yakari et Buddy Longway, s'aventurer dans une histoire humoristique aussi fantasque, et plus encore d'y faire intervenir de manière explicite le héros d'un autre auteur, Achille Talon, dont l'univers est à l'opposé de ses séries d'aventure. Il faut toutefois rappeler que cette courte série a été prépubliée dans l'éphémère magazine Achille Talon en 1975. J'imagine qu'elle a alors été conçue comme une récréation amusante pour Derib, et comme une fantaisie légère destinée aux lecteurs du magazine. Je l'ai moi-même abordée avec le sourire, comme une curiosité un peu insolite issue d'une époque évoquant la nostalgie. Côté dessin, Derib reste fidèle à lui-même : un trait clair, souple et très lisible, des personnages expressifs et des couleurs simples mais agréables. Malgré des décors réduits à l'essentiel, la lecture reste fluide et parfaitement compréhensible. Achille Talon et son univers sont par ailleurs restitués avec beaucoup de tendresse, dans un style assez proche de celui de Greg. Sur le fond, en revanche, l'ensemble demeure très anecdotique. L'idée de départ est amusante, certaines trouvailles d'échelle fonctionnent et deux ou trois gags font mouche, mais le récit reste léger et assez creux. Il n'y a ni véritable enjeu ni réelle surprise, et l'aventure se déroule rapidement, avec un sourire parfois un peu complaisant, sans provoquer de vrai rire. Cela ressemble davantage à une fantaisie récréative qu'à une histoire à part entière, avec un ton qui semble parfois clairement destiné à un jeune public. Une curiosité sympathique et bien dessinée, mais qui ne s'adressera sans doute qu'aux amateurs de Greg et de Derib, ou aux collectionneurs.
Rust River City
Il y a des choses originales et/ou intéressantes dans cette histoire. Mais ce premier album m’a quand même laissé de côté, au point que je ne suis pas sûr d’aller lire la suite et fin dans le prochain tome. Le dessin est original – la colorisation aussi d’ailleurs. Foin de réalisme. Mais j’ai vraiment eu du mal avec. L’histoire se développe dans une ambiance un peu glauque, en tout cas crépusculaire. Un brave type – qui élève seul ses deux mômes – se retrouve au chômage, multiplie les petits boulots, accusant les Niaks, les Juifs, d’être responsables de sa mouise, tout en ressassant ses souvenirs du Vietnam. Jusqu’à se voir proposer de devenir acteur porno… Il y a dans ce récit une vision noire – et finalement pas si éloignée que ça de la réalité – d’une certaine société déclassée et reléguée de l’Amérique profonde. Et, si certaines couleurs flashy s’invitent, c’est plutôt le sombre qui domine. Mais voilà, j’ai eu du mal à m’intéresser à cette histoire, et les dialogues, souvent – trop – abondants, rendent certains passages un peu indigestes. Je pense en fait que ça n’est pas ma came. Note réelle 2,5/5.
La Licorne
La Licorne est une série ambitieuse et clairement très travaillée, à la croisée de la BD d’action, de l’intrigue historique et de la fantasy. Le récit avance à un rythme soutenu, avec beaucoup d’événements et une vraie volonté de maintenir la tension tout au long des pages. Les personnages sont globalement solides, et l’utilisation d’Ambroise Paré comme pivot narratif fonctionne bien pour ancrer l’histoire dans son contexte. L’univers proposé est dense et parfois difficile à saisir, notamment dans ses aspects ésotériques et symboliques, mais il reste cohérent dans ses règles et ses intentions. Le traitement de la médecine renaissante, du rapport au corps et à la compréhension du vivant apporte un vrai intérêt de fond, bien intégré à une intrigue très orientée action. Certains passages restent obscurs ou laissent une impression d’incompréhension, sans toutefois casser complètement la lecture. Graphiquement, la série est une vraie réussite. Le dessin est très dynamique, expressif, et porté par une forte recherche visuelle. L’univers de la Renaissance est idéalisé, peuplé de machines, de créatures et de figures intrigantes, toutes dotées d’une identité graphique marquée et soignée. Une série solide, stimulante et plaisante à lire, même si elle ne laisse pas un souvenir durable.
Aliss
Adaptation de Aliss, la série propose une relecture extrêmement sombre et allégorique d’Alice au pays des merveilles, transposée dans un Montréal marginal et violent. Le fond est objectivement riche : satire du monde moderne, exploration de la perte de repères, critique des rapports de domination. L’univers est cohérent, maîtrisé, mais reste très hermétique sans clés de lecture solides. La narration repose fortement sur la métaphore et l’allégorie, ce qui rend l’ensemble difficilement pénétrable pour un lecteur peu familier de l'univers d'Alice au Pays des Merveilles et Patrick Senéchal, comme moi. La lecture demande un réel investissement intellectuel ; on est clairement plus proche de la « littérature dessinée » que d’une BD de plaisir immédiat. Cette densité donne le sentiment d’une œuvre probablement brillante… sans toujours réussir à en comprendre la qualité. Graphiquement, le travail est très affirmé : dessin expressif, personnages marqués, usage pertinent du noir et blanc confronté à la couleur. L’identité visuelle est forte et cohérente avec le propos. En revanche, comme le scénario, l’approche reste peu accessible, ce qui limite l’adhésion émotionnelle malgré les qualités évidentes.
Nuits romaines
Je ne peux m'empêcher d'être un chouïa déçu après ma lecture. C'est le graphisme qui m'a immédiatement attiré sur cet album, un style de dessin qui est dans mes cordes. L'ambiance glauque est superbement retranscrite dans un style réaliste à la colorisation très sombre qui se marie parfaitement avec l'intrigue. Mais... ce n'est pas toujours des plus lisible, il m'a fallu un temps d'adaptation pour l'apprivoiser. J'ai dû, par exemple, relire les dix premières pages pour ne pas être complètement largué avec les personnages. Une mise en page très polar. Alessandro Manzella est un artiste à suivre. Le récit est aussi sombre que la partie graphique avec cet inspecteur désabusé qui enquête sur le meurtre de deux gamins. Un récit dans l'ensemble bien construit, en particulier les fausses pistes, mais... je n'ai jamais été captivé par l'enquête et j'ai dû mal à me l'expliquer. La faute à une narration manquant de liant ? À des personnages qui m'ont laissé de marbre ? À la voix off déshumanisée ? J'avoue que la conclusion m'a surpris, mais... (il y en a beaucoup finalement) elle est des plus logique avec un peu de recul. Pour les amateurs de polars non réfractaires à un visuel très noir.
Grandville
Enfin lu cette série qui avait fait un petit buzz depuis sa republication en français par Délirium. Dès le début j'ai compris pourquoi cette série a eu autant d'avis positifs. Bryan Talbot a créé une uchronie assez riche, notamment au niveau des références. Son dessin est bon quoique je ne sois pas fan des couleurs faites par ordinateur. Lorsque j'ai vu l'extrait en noir et blanc dans un des bonus de fin d'album, je pense que j'aurais préféré aucune couleur. Quant au scénario, j'ai trouvé qu'il y avait des qualités et des défauts. Le principal défaut est que trop souvent l'auteur reprend trop de clichés et de personnages archétypiques qui ne me plaisent pas trop. Que le héros soit tellement intelligent qu'il finit par toujours comprendre ce qui se passe, c'est une chose. C'en est une autre lorsqu'il est tellement fort physiquement qu'il peut tout faire et battre plusieurs méchants en même temps en étant à peine blessé. Les personnages féminins les plus importants sont relégués à des rôles stéréotypés du genre la love interest. Le seul personnage qui échappe vraiment à la règle est la professeure ourse du tome 4. Parlons des tomes, je trouve la qualité un peu inégale. Les deux premiers tomes sont corrects, sans plus et souvent trop prévisibles. Par exemple, l'identité du méchant du tome 2 est trop facile à deviner et ça me faisait rigoler de voir l'inspecteur super-intelligent prendre des pages pour comprendre ce que j'avais déjà compris au milieu de l'album. Les deux suivant sont meilleurs, peut-être en partie parce que malgré tout au fil des pages je me suis un peu attaché à cet univers et à ses personnages. Et c'est dans ces deux albums que Talbot a ses meilleures idées. Puis vient le dernier tome, le plus long, le plus ambitieux... et le moins bon album de la série. On retombe dans un récit tellement classique que j'ai vite deviné le déroulement d'une bonne partie du scénario et j'ai fini par m'ennuyer tellement ça s'éternise pour rien. J'ai donc fini cette série sur une mauvaise impression. Au final, je mets 3/5 pour les tomes 1 et 2, 4/5 pour les tomes 3 et 4 et un beau 2/5 pour le dernier tome.