Les derniers avis (42 avis)

Par Miguelof
Note: 3/5
Couverture de la série Chlorophylle
Chlorophylle

Curieusement, j'ai commencé à lire les aventures de Chlorophylle et Minimum par la fin. Greg, de Groot dans les intrigues et surtout Dupa, ainsi que Hubuc dans le dessin. Plus tard, j'ai lu tout Macherot à travers les intégrales et j'ai aimé modérément. Ce n'a jamais été une de mes séries préférées, mais c'est vraiment sympathique, je le reconnais aujourd'hui. Mon épisode préféré: le Bosquet hanté!

08/04/2026 (modifier)
Par Miguelof
Note: 3/5
Couverture de la série Les Naufragés d'Arroyoka
Les Naufragés d'Arroyoka

J'ai adoré cette série dans ma jeunesse, pour moi c'était le maximum et j'attendais avec impatience un nouveau chapitre chaque semaine! Je copiais les dessins d'Auclair dans mes cahiers et j'imaginais les développements possibles de l'histoire. Aujourd'hui, je reconnais les limites de l'œuvre, les incohérences et aussi la maladresse de certains dessins. J'ai su les tensions entre Greg et Auclair, qui voulait voler de ses propres ailes et il avait peut-être raison! Mais j'aime toujours l'album, malgré tout.

08/04/2026 (modifier)
Par Lenoir
Note: 3/5
Couverture de la série Marina
Marina

Ca fait 3 ans que l'on atternd la suite ... C'est lassant ces séries qui ne se terminent jamais, ça traduit un certain mépris pour le lecteur

08/04/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Happy End
Happy End

Une crise énergétique mondiale fait basculer brutalement la société, et une poignée de personnages, plus prévoyants que la moyenne, tentent de s'organiser pour survivre et reconstruire quelque chose de viable. Le premier élément qui m'a accroché, c'est le dessin. Le style de Benjamin Jurdic me fait penser à celui de Bruno Gazotti (Seuls) et j'aime beaucoup ça. Il est semi-réaliste, légèrement caricatural, et très agréable, avec des personnages expressifs, des scènes vivantes et une mise en scène fluide. C'est lisible, dynamique, souvent même assez chaleureux dans ses couleurs et son ambiance, ce qui tranche volontairement avec les codes plus sombres du post-apo. Sans être révolutionnaire, ça fonctionne très bien et ça participe beaucoup au plaisir de lecture. Sur le fond, le concept est séduisant. Pour une fois, on n'est pas dans une vision purement cynique ou violente de l'effondrement : ici, les personnages réfléchissent, anticipent, s'organisent et essaient de faire les choses intelligemment. Cette approche plus posée, presque optimiste, change agréablement des récits habituels du genre, et apporte une vraie fraîcheur, avec en filigrane des réflexions intéressantes sur l'autonomie, la dépendance à nos systèmes modernes ou encore l'importance de l'entraide. Cela dit, tout n'est pas totalement convaincant. Il y a plusieurs facilités qui viennent affaiblir la crédibilité de l'ensemble. Le basculement initial, par exemple, est extrêmement rapide : en quelques minutes, les personnages passent d'une vie normale à une certitude absolue que c'est la fin du monde, avec une méfiance généralisée qui s'installe presque instantanément. De la même manière, certains éléments de préparation paraissent paradoxaux (avoir anticipé énormément de choses mais oublier un besoin aussi évident que l'eau), ce qui donne parfois une impression de construction un peu artificielle. Le tome 2 accentue ce ressenti. L'idée de se concentrer sur les relations entre groupes et sur les tensions liées à l'incompréhension est intéressante sur le papier, mais la manière dont le conflit éclate repose sur des enchaînements un peu forcés, voire simplistes. On a le sentiment que l'affrontement arrive surtout parce qu'il faut créer du conflit, ce qui rend cette partie moins naturelle et moins crédible que le reste. Malgré ces limites, l'ensemble reste agréable à suivre, notamment grâce à ses personnages et à son ton global, qui privilégie davantage la coopération que le chaos absolu. Il y a une vraie envie de proposer autre chose dans le genre, même si tout n'est pas toujours parfaitement maîtrisé. En revanche, pas de nouvelles du tome 3 depuis quelques années : ce délai me fait craindre pour la suite alors que l'histoire est encore en suspens.

08/04/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Un espoir sans papiers
Un espoir sans papiers

Sur l'île d'Aix, une vieille femme solitaire recueille malgré elle un jeune migrant échoué après une tempête, persuadée de retrouver en lui le fils qui a fugué des années plus tôt, et entame avec lui une relation faite de malentendus, de blessures passées et d'un besoin commun de réconfort. Graphiquement, l'album est agréable à parcourir. Le trait semi-caricatural et expressif fonctionne bien pour ce type de récit, avec des visages marqués, des attitudes lisibles et des scènes suffisamment dynamiques pour maintenir l'intérêt. Rien de particulièrement novateur, mais une vraie efficacité dans la narration visuelle. Les décors sont présents quand il le faut, sans jamais voler la vedette aux personnages, ce qui facilite l'immersion dans cette histoire avant tout centrée sur les relations humaines. Sur le fond, le récit mélange plusieurs thématiques lourdes (migration, solitude des personnes âgées, regrets familiaux, rejet de l'homosexualité) qui, mises bout à bout, pourraient facilement faire basculer l'ensemble dans quelque chose de très appuyé, voire démonstratif. On sent clairement que l'album cherche à toucher, parfois en accumulant les situations propices à l'émotion, et l'on pourrait craindre un certain excès de bons sentiments ou de morale. Et pourtant, cela fonctionne plutôt bien. Les auteurs parviennent à éviter de trop forcer le trait, en laissant leurs personnages exister avec une certaine justesse. La vieille dame, derrière son caractère affirmé, se révèle touchante dans ses failles et ses regrets, tandis que le jeune migrant, sans être totalement exempt d'idéalisation, reste suffisamment incarné pour que la relation prenne. L'ensemble repose beaucoup sur cette rencontre improbable, et sur la manière dont chacun vient combler, à sa façon, un manque chez l'autre. Autre point appréciable, le récit évite un manichéisme trop simpliste, notamment dans la représentation des institutions liées à l'accueil des migrants, même si la complexité de la situation est résumée de manière assez rapide. Cela permet de conserver un certain équilibre dans le propos. Il reste néanmoins quelques limites, comme ce choix de situer l'action entre l'île d'Aix et La Rochelle, qui interroge car on peine à imaginer des migrants en zodiac dans ces eaux-là, ou encore une fin assez abrupte, volontaire sans doute, mais qui m'a donné le sentiment d'une histoire interrompue plus que véritablement conclue. On obtient ainsi un album porté par de bonnes intentions et des personnages attachants, qui parvient à trouver un certain équilibre entre émotion et retenue, même si l'on sent parfois la mécanique destinée à toucher le lecteur.

08/04/2026 (modifier)
Par Présence
Note: 3/5
Couverture de la série La Caverne du souvenir
La Caverne du souvenir

Il y a trois unités immenses : l’espace, le temps, la vie. - Ce tome contient une histoire complète, indépendante de toute autre. Sa première édition date de 1985, avec une réédition en 2015 dans la collection Signé. Il a été réalisé par Andreas (Andreas Martens) pour le scénario, les dessins et les couleurs. Il comprend cinquante pages de bande dessinée. Prologue. Il n’y a pas de dieu, sinon la vie, Barddas. À la nuit tombée, une voiture d’un modèle du début du vingtième siècle, roule à vive allure, tous phares allumés. Le conducteur, Cythraul, rumine ses pensées : Un meurtre. Il se dit que c’est étrange, il devrait se sentir coupable, mais non, rien. Il est persuadé qu’il a eu raison de le faire. Pour le moment, il lui faut trouver un lit pour la nuit, la police ne pensera jamais à le chercher ici. Il revient à l’instant présent : il a détecté quelque chose devant lui. Les phares une femme à cheval, suivi par un autre cavalier barbu et plus âgé. La dame interpelle le conducteur, lui souhaitant le bonsoir et observant qu’il semble chercher quelque chose. Il explique qu’avec tout ce brouillard il s’est égaré et s’il pouvait trouver un gîte pour la nuit… Elle répond qu’il est presque au bord de la mer ici, un peu plus loin sur la route, il tombera sur une maison, les gens accepteront de le loger, elle en est sûr. Il l a remercie. L’autre cavalier note le drôle de paquet sur le siège passager ; le conducteur répond vivement que cela ne le regarde pas. Cythraul continue sa route et pousse la porte de ladite maison, car les habitants l’ont laissé ouverte. À l’intérieur, la table est mise, le feu brûle dans l’âtre, et un couple avec un enfant tourne leur attention vers le voyageur. Ce dernier s’excuse s’il leur a fait peur, et explique qu’il s’est égaré. Le maître de céans explique leur effroi, car c’est la nuit de Samain. Son épouse invite Cythraul à s’assoir. Le mari reprend ses explications : C’est la nuit de Samain, on prépare à manger et on ouvre la porte d’entrée pour les morts qui reviennent cette nuit-là, et il invite leur hôte à donner son nom. L’invité répond : De Ville, Jean de Ville, et il leur demande s’ils auraient le journal du jour. Il se réjouit en son for intérieur de la réponse négative. Il leur demande qui étaient les trois personnes qu’il a rencontrées sur la route, drôle d’idée d’ailleurs de faire du cheval en pleine nuit. Le petit garçon lui demande ce qu’il a dans son paquet. La maîtresse de maison intervient lui demandant de laisser le monsieur manger en paix, et lui demande poliment ce qu’il est venu faire dans la région. Ce qui déclenche une réponse évasive : rien de spécial. Le mari reprend la parole : s’il veut visiter la côte, on se raconte une histoire qui pourrait l’intéresser. Cythraul ayant manifesté un minimum de curiosité, il commence : Il y a presque deux millénaires, paraît-il, vivait près d’ici un vieux druide infiniment riche… Après sa mort, on le conduisit à sa tombe au milieu de son trésor. Il fallut les habitants de tout un village pour porter or et pierres précieuses. Tout le monde avait les yeux bandés, afin que personne ne sache où furent enterrés le vieux sage et ses richesses. Seul, le prince Koadmoc’Han, le disciple le plus fidèle du druide, fut jugé capable de résister à toute tentation. Aussi le chargea-t-on de guider le long cortège vers la grotte que le druide lui-même avait choisie comme dernière demeure. Étrange, bizarre, déconcertant, déstabilisant, pas très clair… Voilà les premières sensations sous lesquelles tombe le lecteur. Une histoire qui se situe visiblement dans le passé, celui des aventures du début du vingtième siècle, avec le modèle de la voiture, l’aménagement de la maison et son feu de cheminée, la tenue vestimentaire de Cythraul, le lieu de répétition des acteurs, cette cassette ouvragée, etc. Mais aussi cette remarque incompréhensible : les dessins montrent clairement que l’automobiliste croise deux cavaliers, et il parle de trois personnes à ses hôtes, pourquoi ? Rien dans le dialogue ne vient justifier ou expliquer cette incohérence, ou permettre de savoir qu’il pourrait s’agir d’un mensonge intentionnel. Et puis le mari se met à raconter l’histoire d’un vieux druide infiniment riche et de son enterrement, évoquant un trésor perdu et caché. D’ailleurs l’illustration de la page portant le titre (en planche huit) montre Cythraul à bord d’un canot sur une mer démontée devant une falaise, comme s’il s’agissait d’un récit d’aventures. Les deux cavaliers refont une apparition, semblant toujours provenir du moyen-âge. Et que faire de l’existence de ce monde intérieur, sous l’enveloppe terrestre ? D’une version aménagée de l’histoire de Baldr ? Ou encore de ces citations attribuées à Triade, sans explication sur la signification de ce mot ? La narration visuelle apparaît tout aussi déroutante, surtout pour un lecteur n’ayant jamais lu une œuvre de cet artiste. La composition de l’illustration de couverture impressionne d’entrée de jeu : le tampon au motif celtique à demi effacé, la courbure et le gigantisme de la vague, la longueur de l’écharpe tendue par le vent, ainsi que les pans du manteau… Et en y regardant de plus près la longueur du nez du personnage. En effet en découvrant le visage de Cythraul, il est frappé par sa forme allongée de manière appuyée, la longueur exagérée de son nez très effilé, la dimension de ses sourcils, la taille trop grande de ses verres de lunettes. À bien y regarder, d’autres personnages présentent des caractéristiques de visage également appuyées : le long nez du druide, le menton en galoche de Baldr, la lèvre supérieure trop large de la druidesse, etc. Le lecteur peut ainsi relever d’autres formes d’accentuations graphiques qui sont la marque de fabrique de ce bédéaste : la voiture du voyageur entre véhicule authentique et vieux tacot, la brillance anormalement intense du feu dans l’âtre, la hauteur du mât pour un si petit esquif, la taille des onomatopées de bruit dans les cases de la planche onze, la longueur des cheveux filasses d’une sorcière, la grosseur du nez d’un druide, etc. Rapidement, le lecteur découvre le jeu de l’artiste avec le découpage des planches. Cela commence dès la première : sept cases de la largeur de la page, dont deux très fines. Pendant les cinq planches suivantes, le découpage présente une forme plus classique : des cases rectangulaires disposées en bande, avec des tailles variées. Puis la planche sept se compose de deux bandes : la première compte sept cases très étroites, la second une unique case. Cette dernière semble constituée de plusieurs petites formes géométriques, triangles et trapèzes de dimension différente. Le lecteur se rend compte qu’il s’agit d’une unique illustration, une vue de dessus de la chambre d’un vieillard, les gouttières en blanc correspondant aux poutres qui bloquent ainsi la vue du lecteur de ces portions. Au fil des pages suivantes, les compositions comprennent à nouveau des cases de la largeur de la page, et aussi des cases de la hauteur de la page, des cases en insert sur une illustration plus grande, des cases avec un cadre pour bordure indiquant qu’il s’agit d’une scène du passé, et… arrive l’histoire de Baldr des planches vingt-quatre à vingt-huit. Un découpage différent par planche, avec des cases en biais, des cases concentriques, d’une grande maîtrise formelle, avec un plan de prises de vue adapté à ce formalisme. Une leçon de narration visuelle. Peut-être chahuté par cette inventivité, totalement maîtrisée et dépourvue d’un tâtonnement expérimental, le lecteur prend conscience qu’il lui faut également accorder un peu d’attention à l’intrigue du fait de sa structure. Tout commence au début du vingtième siècle, dans ce qui semble être le temps présent du récit, avec ce voyageur qui a du mal à s’admettre qu’il est un meurtrier et qui cache la nature de l’objet qu’il transporte. Puis en planche cinq voici cette histoire d’enterrement d’un riche druide, et d’un trésor caché. La septième planche qui semble déconnectée également de l’intrigue principale avec un vieil homme sur son lit de mort. La découverte et l’exploration modeste d’un inframonde, au temps présent du récit. L’évocation de la répétition d’une troupe de théâtre composé de trois comédiens évoquant une pièce consacrée à Baldr, fils d’Odin de Frigg. Les cinq pages racontant la légende de cet Æsir. Le lecteur sent bien qu’il y a un jeu de correspondances, et même d’identifications entre les personnages d’une époque à une autre, jouant entre une forme d’aventure réaliste pour ce meurtrier découvrant un monde fantastique, les deux cavaliers (ou trois ?), et même une mise en perspective plus profonde dans le passé, avec le conte sur les quatre druides leur attribut et leur cité (Morfesa & la pierre de Fal & la ville de Falias, Esras & la lance de Lug & Gorias, Uiscias & l’épée Nuasu & Finsias, Semias & le chaudron Sagsad & Murias), et une ouverture sur la mythologie nordique avec Baldr. Le lecteur arrive à la dernière scène et celle-ci semble établir quelle est la réalité qui prévaut et dont découlent les autres. La dernière page est constituée d’une illustration en pleine planche, avec un cartouche en bas comportant une biographie recensant quatre ouvrages : Les traditions celtiques (R. Ambelain, 1977), Bretagne terre sacrée (S. le Scouëzec, 1977), The druids (S. Piggott, 1978), Celtic art (G. Bain, 1977). Cela donne une autre importance aux différentes citations attribuées à Triade qui rythment le récit. Pour exemple, En trois choses un homme ressemblera à un démon : En mettant des pièges sur la route, En craignant un petit enfant, En se plaisant au mal. Après s’être renseigné, il est possible que cette triade fasse référence aux Triades galloises, c’est-à-dire un recueil de fragments de culture galloise ancienne. Effectivement ces citations fonctionnent sur le chiffre trois : en trois choses un homme ressemblera à un démon, les trois principales propriétés de la connaissance (sensibilité, compréhension, activité), trois alternatives pour l’homme, trois unités immenses. Au travers de ce va et vient dans les niveaux de réalités, de façon de raconter le monde, de le comprendre, le lecteur peut y retrouver ses propres convictions, être plutôt terre à terre, ou convaincu d’une forme de destin qui tue dans l’œuf l’idée même de liberté de l’individu, ou autre. Il prend ainsi conscience de ce que sa perception dit de lui-même. Un conte étrange, d’une autre époque, quasi intemporel. Une narration visuelle usant de la liberté de l’exagération, ce qui accentue la sensation de conte, et jouant sur les formes et les structures de la composition aussi bien visuellement par le découpage que dans l’agencement du récit. Un effet tout d’abord totalement déroutant, donnant la sensation de plusieurs fils narratifs contigus, jouissant d’une trop grande indépendance. Une compréhension qui se fait jour progressivement des liens entre ces différentes représentations de la réalité, ces différentes manières de l’appréhender, très révélatrices de la disposition d’esprit du lecteur.

08/04/2026 (modifier)
Par cac
Note: 3/5
Couverture de la série Persée (Pommaux)
Persée (Pommaux)

Je le classe en Tous publics mais c'est plutôt destiné aux enfants. Pour autant cela raconte de façon tout à fait fluide et didactique pour tous ceux qui veulent découvrir ou se remettre en mémoire l'histoire de Persée. C'est un demi-dieu fils de Zeus et Danaé, alors cloitrée dans une tour par son père. Une fois adulte il forgera sa légende en tuant Méduse. Puis il libère et épouse Andromède. Le dessin est plutôt classique et sans fioriture. Je vois qu'Yvan Pommaux est aussi l'auteur d'Angelot du Lac, une série Astrapi que je lisais il y a déjà quelques dizaines d'années.

07/04/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Magic (Lylian/Molinatti)
Magic (Lylian/Molinatti)

Cette série suit les aventures d'une jeune apprentie sorcière espiègle qui découvre peu à peu ses pouvoirs, son destin et son lien avec un monde magique peuplé de créatures surnaturelles. Le dessin est sans doute son premier atout : un style très sympathique, clairement orienté kawai, avec une ligne propre et toute en rondeur qui mise sur l'expressivité et la lisibilité. L'ensemble m'a fait penser à certains jeux vidéo en 3D isométrique, avec des décors colorés, des formes simples mais efficaces et un univers visuel immédiatement attachant. C'est doux, lumineux, agréable à l'œil, même si ce rendu très propre et très lisse peut parfois donner une impression de manque de caractère ou d'audace. Côté histoire, on évolue dans un univers fortement marqué par les influences de Miyazaki, avec une proximité assez évidente avec Kiki la petite sorcière. Outre son petit chat parlant qui l'accompagne, on retrouve cette même atmosphère mêlant quotidien et magie, cette héroïne un peu maladroite mais attachante, et ce mélange de légèreté, de découverte de soi et de petites aventures. L'ensemble reste assez classique, mais fonctionne grâce à son ton mignon et à ses personnages sympathiques. Au fil des tomes, une intrigue de fond se met progressivement en place autour des véritables pouvoirs de l'héroïne, notamment son lien avec des créatures censées être maléfiques comme les fantômes ou les monstres. Cela apporte un peu plus de profondeur, avec des thèmes comme la différence, la peur de l'autre ou l'exclusion, abordés de manière accessible, même si cela reste globalement assez attendu. Le principal bémol vient du ton très enfantin. La narration est simple, parfois un peu rapide ou superficielle, et certains enchaînements manquent de fluidité. Cela peut limiter l'intérêt pour un lecteur adulte, qui aura parfois le sentiment que l'ensemble reste en surface, malgré un univers prometteur et un graphisme charmant. Cela reste malgré tout une lecture mignonne et colorée, qui remplit parfaitement son rôle auprès d'un jeune public, tout en restant suffisamment agréable pour être partagée avec des lecteurs plus âgés.

07/04/2026 (modifier)
Par cac
Note: 3/5
Couverture de la série Septième étage (7e étage)
Septième étage (7e étage)

Un album âpre sur une relation de couple toxique. Manifestement autobiographique, Asa raconte les débuts idylliques puis la main-mise de son compagnon sur elle, la poussant à se refermer, à changer physiquement, et enchainant dans un crescendo les vexations et humiliations. Septième étage, c'est là où ils vivent, un appartement d'où Asa songe de plus en plus à passer par-dessus le balcon. Bref c'est sombre comme lecture mais il faut que des témoignages de ce genre existent et soient lus.

07/04/2026 (modifier)
Couverture de la série Les Maîtres de guerre - Patton
Les Maîtres de guerre - Patton

Je connais un peu l’action de Patton durant la seconde guerre mondiale, et j’avais été marqué par l’interprétation de Georges C. Scott dans le film « Patton » de Schaffner. Cette version BD m’a nettement moins captivé. Le dessin fait le boulot (même si les personnages connus ne sont pas toujours totalement ressemblant au modèle), la colorisation aussi – même si elle manque parfois de nuances. C’est le scénario qui m’a un peu déçu. Essentiellement parce qu’il ne tient pas les promesses d’une biographie permettant de comprendre Patton en profondeur. Il faudra pour cela attendre le petit dossier final – assez succinct – pour en savoir un peu plus. En effet, tout l’album se concentre uniquement sur sa brillante contre-offensive des Ardennes de décembre 1944. On tombe donc sur un banal récit de guerre, mené tambour battant – comme le faisait Patton avec ses hommes. Le récit se laisse lire, mais la personne de Patton reste quand même encore à découvrir. On voit bien le meneur d’homme, le brillant stratège. Mais l’ambivalence du personnage (féru d’Histoire, poète à ses heures, mais aussi brutal et fortement égocentré) n’est qu’évoqué dans le dossier. Sa carrière militaire antérieure (avant la seconde guerre mondiale, mais aussi ses campagnes d’Afrique et de Normandie), ses démêlés avec Eisenhower (qui l’a cantonné à un rôle de leurre en le privant du débarquement) ou les journalistes (suite à ses nombreuses sorties sans filtres) sont escamotés. Et du coup, c’est davantage « Patton dans les Ardennes » qu’une vision plus ample et plus éclairante d’un général qui n’a laissé aucun de ceux qui l’ont connu indifférent. Note réelle 2,5/5.

07/04/2026 (modifier)