A le mérite d'attirer l'attention sur un aspect méconnu de l'Histoire, soit la propagande nazie sur le front et une déviation face à cela, des images que les propagandistes faisaient pour eux-mêmes. De plus, l'action montre bien la situation de Berlin et des Américains et des Russes dans les ruines des vaincus. Je confonds un peu les Berlinois entre eux et leurs vainqueurs entre eux : ils ne parviennent pas à m'intéresser comme individus, et ce n'est pas la faute du dessin, assez bon, ni d'un rythme traînant mais de quelque chose de plus subtil et que je ne vais pas me casser la tête à chercher. Comme souvent, la couverture est plus dramatique et plus esthétique que le reste de l'ouvrage.
Comme pour ses deux ouvrages précédents — dont "l’Appel à Cthulu", encore non avisé sur BDT —, ce monsieur, né au Canada mais résident au Royaume-Uni, a conçu le scénario, c’est donc un auteur complet auquel nous avons affaire. Il réussit ici à nous captiver dès les premières pages avec cette histoire très intrigante au pitch imparable : un garçon disparu mystérieusement réapparaît 12 ans plus tard sans avoir changé d’un iota. Comme celui-ci semble avoir totalement perdu la mémoire, les enquêteurs vont s’efforcer de résoudre cette énigme en décortiquant son journal intime. Une tâche ardue puisque le document ne respecte aucune chronologie, citant des lieux totalement inconnus, notamment Kirby Junction, la ville où le garçon aurait séjourné durant ces douze années. De même, les événements relatés sont de l’ordre du surnaturel : des maisons apparaissant comme par magie en l’espace d’une nuit, avec leurs occupants venus d’on ne sait où, des livres aux pages entièrement blanches, ou encore des nains de jardin qui se mettent à parler…
On n’est pas vraiment sûr de ce que l’on doit retenir de cette bande dessinée, mais sans dévoiler l’intrigue, on peut dire qu’il est question du deuil, avec cette impossibilité à accepter la mort d’un être aimé. Aucune violence ici, ce récit est comme un va-et-vient entre le réel et l’imaginaire, le passé et le présent, une invitation à passer de l’autre côté du miroir, vers une dimension parallèle… Certes, l’atmosphère reste vaguement inquiétante mais globalement paisible.
Si ce récit fantastique est prenant, il a également cette faculté à nous envoûter, et la partie visuelle y est pour beaucoup. Tout à fait original, le dessin de Norm Konyu est très graphique, poétique aussi, avec une maîtrise de la couleur exceptionnelle, mais il n’y a pas de quoi être surpris quand on est au fait du parcours de l’auteur. Le trait géométrique, qui s’applique aussi bien aux décors qu’aux personnages, est pour le moins audacieux, se révélant souvent poétique avec des textures joliment travaillées. Dans un cahier graphique en fin d’ouvrage, Konyu livre quelques secrets sur sa technique de travail, assez singulière, qui mêle l’encre et le numérique. Ma seule réserve portera sur l’aspect un peu froid et inexpressif des personnages, qui rejaillit sur leur personnalité déjà pas très fouillée à la base, et peut parfois gêner leur identification.
Cela étant, « The Junction » constitue une lecture plaisante, dont l’originalité de l’approche graphique reste le gros point fort, ainsi que son aptitude à vous embarquer dans la narration. Norm Konyu a déjà prévu de publier un nouvel ouvrage fin 2026, qui s’intitulera « L’Espace entre les arbres ». Avec un tel titre, on ne doute pas un instant qu’il saura à nouveau nous surprendre.
L'album porte bien son titre : Parody !
Contrairement à l'album anniversaire "traquenards et sentiments" qui était pathétique tant au niveau de la forme que du scénario, ici Van Hamme assume ici l'autodérision! Et c'est pas mal fichu.
Nous avons certes droit à un véritable catalogue des principaux personnages apparus dans la série mais c'est assez drôle.
C'est vite lu (trois vignettes par page) et le dessin de Philippe Xavier est à la hauteur. Il faut dire que cette histoire était d'abord destinée à être éditée dans un format plus petit (le mini-récit présent dans le journal Spirou n° 4495 du 5 juin 2024) avant de connaitre l'honneur du format cartonné.
A réserver aux inconditionnels et collectionneurs de XIII évidement, car cet album n'est pas indispensable pour les simples amateurs du plus célèbre des amnésiques de la bande dessinée.
Oscar Martin s'attaque à l'univers de Conan le Barbare en proposant une histoire inédite, et quand on apprécie l'univers qu'il a créé avec Solo, forcément ça attise la curiosité. Il se consacre ici au scénario et laisse les pinceaux à son ami Leonel Castellani, à qui il avait déjà confié le dessin du spin off Solo - Lyra.
Ce récit s'ouvre avec un Conan fatigué, en quête de repos, qui débarque dans une cité aux prises à différents clans de voleurs. Et de repos il n'aura point. A peine arrivé, ça va déjà cogner, et en plus il accepte rapidement une mission : délivrer la fille d'un chef de gang prisonnière d'un rival. Appâté par la récompense promise, il se lance alors à la recherche de la jeune fille.
Simple et efficace, Conan doit jouer des muscles et de l'épée. Pas de surprise de ce coté là : ceux qui vont se dresser sur sa route se feront découper les uns après les autres, et l'issue du récit ne fait pas trop de doute. On n'est pas bien inquiet pour Conan. L'hémoglobine va couler, le récit carbure à la testostérone. Tout comme le dessin : Muscles saillants, cadrages et découpages dynamiques, le visuel est lui aussi efficace. Niveau ambiance c'est réussi.
Le scénario est bien construit et les rebondissements qui accompagnent la quête de notre héros pimentent l'intrigue juste ce qu'il faut. Quelques petites surprises, et autres déconvenues au programme, permettent d'éviter un simple enchainement de scènes de baston. Au final, une histoire inédite plutôt sympa, joliment illustrée, qui se lit d'une traite.... si bien sûr vous n'avez rien contre ce genre de récit de fantasy avec des coups d'épées à chaque double page.
Ma seconde lecture de la collection "Simenon, les romans durs" après l'excellent La Neige était sale.
Une BD classée dans le genre policier. D'un crime il sera question, mais il n'interviendra qu'à la fin de l'album et en sera la conclusion.
Le récit se déroule en Flandre belge. Edmée, une jeune fille de seize ans, quitte Bruxelles à la mort de son père pour s'installer chez son oncle qui dirige le domaine des irrigations. Un oncle qu'elle n'aura pas le temps de rencontrer, il meurt encorné par une vache. Edmée va découvrir la vie à la campagne avec son ciel bas et gris juste éclairé par les bougies et la pluie incessante qui la déprime. L'intrigue donne la part belle à Edmée et ses interactions avec sa famille d'adoption, entre manipulations et l'envie d'une vie meilleure. Du coup le rythme est lent et repose essentiellement sur l'ambiance grisâtre et les non-dits. L'atmosphère malsaine est bien rendue, mais aucun des personnages ne m'a réellement intéressé et je ne suis jamais vraiment entré dans cette histoire intimiste.
Le dessin d'Édith est très agréable, mais allez savoir pourquoi, je fais une fixette sur sa représentation des "nez", et sa gâche un peu mon plaisir. Le choix des couleurs plonge le lecteur dans la grisaille du plat pays.
Nez-en-moins, c'est du bon boulot.
Une lecture sympathique qui ne me restera pas en mémoire.
Dans la série vieilles choses que j'ai lu il y a bien longtemps, que j'ai gardé en bibliothèque et qui au hasard ressort voici karga. 20 ans après je me dis que j'ai bien fait de la garder !
Dans cet opus un héros type beau mâle de l'époque des western spaghetti, aventurier probablement un poil rebelle se retrouve dans ce qui s’apparente à une planète prison que l'on imagine comme un chantier d'extraction dont les prisonniers ne ressortent pas vivants. Sauf que la fuite qui commence dès le début du récit nous emmène un poil plus loin. Il y a des rencontres, des environnements très différents et même si la juxtaposition, une fois pris un peu de recul est facile, en lisant, on y croit. Et puis il y a cette quête un peu chimérique d'une reine qui apparait et semble bien jolie ! Au final, la fin est implacable comme il avait été maintes fois répété dans le récit, même si tout de même un poil deus ex machina ; car comment peut il a ce moment précis comprendre le danger qu'il court ? Cela laisse une porte ouverte à des suites qu'il n'y aura pas.
Le trait est clair, la colorisation date un peu mais l'encrage est suffisamment réussi pour traverser le temps. J'ai pour ma part l'édition colorée de 1986 et non la version noir et blanc de 1979. la dynamique des cases m'a semblé fluide avec de rares moments un peu raides. C'est agréable à lire encore aujourd'hui même s'il faut probablement un côté bienveillant des limites de l'ancien temps pour le conserver dans sa collection.
Au final un bon moment d'aventure avec ses limites mais sympathique
Même si l'album était mieux dans mes souvenirs, je lui concèderais toujours d'avoir une idée de base on ne peux plus sympathique : simuler une vieille histoire perdue, retrouvée et partialement restituée, pleine de trous/sauts dans la narrations, de pages incomplètes et de tâches sur le dessin qu'on ne saurait faire partir, c'est quand-même une idée simple mais savoureuse.
On retrouve Mickey et Donald, les figures de proues des aventures Disney, partant à l'aventure aux quatre coins du monde, le tout dans la joie et la connerie (l'humour reposant énormément sur le concept classique du clown blanc et de l'Auguste, ici incarnés majoritairement par nos deux protagonistes). Mais pas que ! On retrouve également plein de personnages classiques de l'univers comme Picsou, Géo Trouvetou, Pat Hibulaire, les Rapetous, le commissaire Finot et j'en passe, le tout en jouant avec le vieux canon de cet univers (Pat Hibulaire a ici une jambe de bois, par exemple).
Voilà, l'univers, comme l'idée de base, est charmant, sorte de mélange entre madeleine de Proust créée de toute pièce et un gros délire parodique/référentiel.
L'humour, malheureusement, est un peu trop convenu à mes yeux. Je me rappelle avoir ris à ma première lecture, quand l'album venait de sortir, mais à ma relecture j'ai constaté que beaucoup de gags manquaient de punch, se répétaient un peu trop sans grande variation. L'ensemble est bon et certains gags parviennent toujours à faire mouche, mais j'avoue que l'enchaînement des scénettes est un peu plus bateau que ce dont je me souvenais.
D'autant plus que l'histoire dans son ensemble est un peu fouillis. Pas tant pour les "chapitres manquants" que pour les enchaînements de péripéties parfois bien trop rapides et aléatoires. Bim on est en ville, bim on est dans la jungle, bim on est dans une grotte, bim on est sous l'eau, bim il y a des dinosaures, bim on est dans un désert, … L'aspect décousu de la narration fait parti du charme du projet mais j'avoue que j'ai un peu eu l'impression de voir un melting pot d'idées et de destinations clichées pour ce genre d'aventures plutôt qu'une véritable "vraie fausse aventure rétro".
Bon, encore une fois, l'album reste bon et la lecture agréable, c'est l'essentiel.
Un diptyque qui se laisse lire agréablement, qui développe une aventure ancrée dans l’Histoire de la fin du XIXème siècle, tout en jouant sur des ressorts utilisés par certains romans feuilletons (du genre « Fantomas »).
J’espérais d’ailleurs que ça aille davantage dans ce sens, mais, si c’est dynamique, rythmé et agréable à suivre, il y manque un peu de folie ou de poésie. Il y manque aussi de la densité, quelque chose qui élargisse l’intrigue, centrée autour de la lutte entre un groupe raciste, antisémite et comploteur d’un côté, et le groupe Prospero, groupe secret de lutte contre les « méchants » racistes, protégeant les Dreyfusards Clemenceau et Zola. C'est très manichéen, mais ça passe.
Une suite est envisageable au vu de la dernière page, mais ces deux albums peuvent se lire comme une série à part entière avec une histoire conclue.
La question du pourquoi ce jeu du cirque est dit à la fin, ne spoilons pas ! Mais bon, je pense qu'Ikigami est meilleur dans le style décimation pour un gouvernement autoritaire. Meilleur parce que plus vraisemblable, et qu'on voit en parallèle les victimes et un homme, rouage de ce système, peu à peu atteint par le doute. Et pourtant ! Je pense que le type jeu du cirque marchera toujours mieux car plus spectaculaire, et que dans ce genre, Battle royale fait le job, comme le roman dont la série de mangas est tiré, d'ailleurs. A la relecture de mes camarades critiques déplorant le sexe : il n'est pas de trop. Pourquoi ? La mort appelle le sexe. Face aux menaces, les sexuels, confirmés ou débutants comme nos jeunes, se donnent autant de plaisir charnel qu'ils le peuvent, même si c'est bien imprudent car pendant que deux s'étreignent, un troisième larron peut tuer les deux enivrés de sexe.
J'ai actuellement lu 2 tomes de la série : La qualité assez aléatoire.
Tome 1 : Peter Pan : Note 3.5
Le scénario tient la route malgré le "revisiting", on arrive à rentrer dans l'histoire.
Les dessins ne sont pas exceptionnels mais ne desserve pas l'histoire.
Tome 4 : Les trois petits cochons : Note 2
On attends presque toute l'histoire pour comprendre la "relation" avec le titre.
Histoire décevante, un dessin pas trop mal, mais il n'arrive pas à réveiller l'intrigue
Globalement ça reste moyen, ça ne me donne pas envie d'en lire plus
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La 3e Kamera
A le mérite d'attirer l'attention sur un aspect méconnu de l'Histoire, soit la propagande nazie sur le front et une déviation face à cela, des images que les propagandistes faisaient pour eux-mêmes. De plus, l'action montre bien la situation de Berlin et des Américains et des Russes dans les ruines des vaincus. Je confonds un peu les Berlinois entre eux et leurs vainqueurs entre eux : ils ne parviennent pas à m'intéresser comme individus, et ce n'est pas la faute du dessin, assez bon, ni d'un rythme traînant mais de quelque chose de plus subtil et que je ne vais pas me casser la tête à chercher. Comme souvent, la couverture est plus dramatique et plus esthétique que le reste de l'ouvrage.
The Junction
Comme pour ses deux ouvrages précédents — dont "l’Appel à Cthulu", encore non avisé sur BDT —, ce monsieur, né au Canada mais résident au Royaume-Uni, a conçu le scénario, c’est donc un auteur complet auquel nous avons affaire. Il réussit ici à nous captiver dès les premières pages avec cette histoire très intrigante au pitch imparable : un garçon disparu mystérieusement réapparaît 12 ans plus tard sans avoir changé d’un iota. Comme celui-ci semble avoir totalement perdu la mémoire, les enquêteurs vont s’efforcer de résoudre cette énigme en décortiquant son journal intime. Une tâche ardue puisque le document ne respecte aucune chronologie, citant des lieux totalement inconnus, notamment Kirby Junction, la ville où le garçon aurait séjourné durant ces douze années. De même, les événements relatés sont de l’ordre du surnaturel : des maisons apparaissant comme par magie en l’espace d’une nuit, avec leurs occupants venus d’on ne sait où, des livres aux pages entièrement blanches, ou encore des nains de jardin qui se mettent à parler… On n’est pas vraiment sûr de ce que l’on doit retenir de cette bande dessinée, mais sans dévoiler l’intrigue, on peut dire qu’il est question du deuil, avec cette impossibilité à accepter la mort d’un être aimé. Aucune violence ici, ce récit est comme un va-et-vient entre le réel et l’imaginaire, le passé et le présent, une invitation à passer de l’autre côté du miroir, vers une dimension parallèle… Certes, l’atmosphère reste vaguement inquiétante mais globalement paisible. Si ce récit fantastique est prenant, il a également cette faculté à nous envoûter, et la partie visuelle y est pour beaucoup. Tout à fait original, le dessin de Norm Konyu est très graphique, poétique aussi, avec une maîtrise de la couleur exceptionnelle, mais il n’y a pas de quoi être surpris quand on est au fait du parcours de l’auteur. Le trait géométrique, qui s’applique aussi bien aux décors qu’aux personnages, est pour le moins audacieux, se révélant souvent poétique avec des textures joliment travaillées. Dans un cahier graphique en fin d’ouvrage, Konyu livre quelques secrets sur sa technique de travail, assez singulière, qui mêle l’encre et le numérique. Ma seule réserve portera sur l’aspect un peu froid et inexpressif des personnages, qui rejaillit sur leur personnalité déjà pas très fouillée à la base, et peut parfois gêner leur identification. Cela étant, « The Junction » constitue une lecture plaisante, dont l’originalité de l’approche graphique reste le gros point fort, ainsi que son aptitude à vous embarquer dans la narration. Norm Konyu a déjà prévu de publier un nouvel ouvrage fin 2026, qui s’intitulera « L’Espace entre les arbres ». Avec un tel titre, on ne doute pas un instant qu’il saura à nouveau nous surprendre.
XIII Parody
L'album porte bien son titre : Parody ! Contrairement à l'album anniversaire "traquenards et sentiments" qui était pathétique tant au niveau de la forme que du scénario, ici Van Hamme assume ici l'autodérision! Et c'est pas mal fichu. Nous avons certes droit à un véritable catalogue des principaux personnages apparus dans la série mais c'est assez drôle. C'est vite lu (trois vignettes par page) et le dessin de Philippe Xavier est à la hauteur. Il faut dire que cette histoire était d'abord destinée à être éditée dans un format plus petit (le mini-récit présent dans le journal Spirou n° 4495 du 5 juin 2024) avant de connaitre l'honneur du format cartonné. A réserver aux inconditionnels et collectionneurs de XIII évidement, car cet album n'est pas indispensable pour les simples amateurs du plus célèbre des amnésiques de la bande dessinée.
La Bête du nord
Oscar Martin s'attaque à l'univers de Conan le Barbare en proposant une histoire inédite, et quand on apprécie l'univers qu'il a créé avec Solo, forcément ça attise la curiosité. Il se consacre ici au scénario et laisse les pinceaux à son ami Leonel Castellani, à qui il avait déjà confié le dessin du spin off Solo - Lyra. Ce récit s'ouvre avec un Conan fatigué, en quête de repos, qui débarque dans une cité aux prises à différents clans de voleurs. Et de repos il n'aura point. A peine arrivé, ça va déjà cogner, et en plus il accepte rapidement une mission : délivrer la fille d'un chef de gang prisonnière d'un rival. Appâté par la récompense promise, il se lance alors à la recherche de la jeune fille. Simple et efficace, Conan doit jouer des muscles et de l'épée. Pas de surprise de ce coté là : ceux qui vont se dresser sur sa route se feront découper les uns après les autres, et l'issue du récit ne fait pas trop de doute. On n'est pas bien inquiet pour Conan. L'hémoglobine va couler, le récit carbure à la testostérone. Tout comme le dessin : Muscles saillants, cadrages et découpages dynamiques, le visuel est lui aussi efficace. Niveau ambiance c'est réussi. Le scénario est bien construit et les rebondissements qui accompagnent la quête de notre héros pimentent l'intrigue juste ce qu'il faut. Quelques petites surprises, et autres déconvenues au programme, permettent d'éviter un simple enchainement de scènes de baston. Au final, une histoire inédite plutôt sympa, joliment illustrée, qui se lit d'une traite.... si bien sûr vous n'avez rien contre ce genre de récit de fantasy avec des coups d'épées à chaque double page.
La Maison du canal
Ma seconde lecture de la collection "Simenon, les romans durs" après l'excellent La Neige était sale. Une BD classée dans le genre policier. D'un crime il sera question, mais il n'interviendra qu'à la fin de l'album et en sera la conclusion. Le récit se déroule en Flandre belge. Edmée, une jeune fille de seize ans, quitte Bruxelles à la mort de son père pour s'installer chez son oncle qui dirige le domaine des irrigations. Un oncle qu'elle n'aura pas le temps de rencontrer, il meurt encorné par une vache. Edmée va découvrir la vie à la campagne avec son ciel bas et gris juste éclairé par les bougies et la pluie incessante qui la déprime. L'intrigue donne la part belle à Edmée et ses interactions avec sa famille d'adoption, entre manipulations et l'envie d'une vie meilleure. Du coup le rythme est lent et repose essentiellement sur l'ambiance grisâtre et les non-dits. L'atmosphère malsaine est bien rendue, mais aucun des personnages ne m'a réellement intéressé et je ne suis jamais vraiment entré dans cette histoire intimiste. Le dessin d'Édith est très agréable, mais allez savoir pourquoi, je fais une fixette sur sa représentation des "nez", et sa gâche un peu mon plaisir. Le choix des couleurs plonge le lecteur dans la grisaille du plat pays. Nez-en-moins, c'est du bon boulot. Une lecture sympathique qui ne me restera pas en mémoire.
Karga - Le 7ème univers
Dans la série vieilles choses que j'ai lu il y a bien longtemps, que j'ai gardé en bibliothèque et qui au hasard ressort voici karga. 20 ans après je me dis que j'ai bien fait de la garder ! Dans cet opus un héros type beau mâle de l'époque des western spaghetti, aventurier probablement un poil rebelle se retrouve dans ce qui s’apparente à une planète prison que l'on imagine comme un chantier d'extraction dont les prisonniers ne ressortent pas vivants. Sauf que la fuite qui commence dès le début du récit nous emmène un poil plus loin. Il y a des rencontres, des environnements très différents et même si la juxtaposition, une fois pris un peu de recul est facile, en lisant, on y croit. Et puis il y a cette quête un peu chimérique d'une reine qui apparait et semble bien jolie ! Au final, la fin est implacable comme il avait été maintes fois répété dans le récit, même si tout de même un poil deus ex machina ; car comment peut il a ce moment précis comprendre le danger qu'il court ? Cela laisse une porte ouverte à des suites qu'il n'y aura pas. Le trait est clair, la colorisation date un peu mais l'encrage est suffisamment réussi pour traverser le temps. J'ai pour ma part l'édition colorée de 1986 et non la version noir et blanc de 1979. la dynamique des cases m'a semblé fluide avec de rares moments un peu raides. C'est agréable à lire encore aujourd'hui même s'il faut probablement un côté bienveillant des limites de l'ancien temps pour le conserver dans sa collection. Au final un bon moment d'aventure avec ses limites mais sympathique
Mickey's Craziest Adventures
Même si l'album était mieux dans mes souvenirs, je lui concèderais toujours d'avoir une idée de base on ne peux plus sympathique : simuler une vieille histoire perdue, retrouvée et partialement restituée, pleine de trous/sauts dans la narrations, de pages incomplètes et de tâches sur le dessin qu'on ne saurait faire partir, c'est quand-même une idée simple mais savoureuse. On retrouve Mickey et Donald, les figures de proues des aventures Disney, partant à l'aventure aux quatre coins du monde, le tout dans la joie et la connerie (l'humour reposant énormément sur le concept classique du clown blanc et de l'Auguste, ici incarnés majoritairement par nos deux protagonistes). Mais pas que ! On retrouve également plein de personnages classiques de l'univers comme Picsou, Géo Trouvetou, Pat Hibulaire, les Rapetous, le commissaire Finot et j'en passe, le tout en jouant avec le vieux canon de cet univers (Pat Hibulaire a ici une jambe de bois, par exemple). Voilà, l'univers, comme l'idée de base, est charmant, sorte de mélange entre madeleine de Proust créée de toute pièce et un gros délire parodique/référentiel. L'humour, malheureusement, est un peu trop convenu à mes yeux. Je me rappelle avoir ris à ma première lecture, quand l'album venait de sortir, mais à ma relecture j'ai constaté que beaucoup de gags manquaient de punch, se répétaient un peu trop sans grande variation. L'ensemble est bon et certains gags parviennent toujours à faire mouche, mais j'avoue que l'enchaînement des scénettes est un peu plus bateau que ce dont je me souvenais. D'autant plus que l'histoire dans son ensemble est un peu fouillis. Pas tant pour les "chapitres manquants" que pour les enchaînements de péripéties parfois bien trop rapides et aléatoires. Bim on est en ville, bim on est dans la jungle, bim on est dans une grotte, bim on est sous l'eau, bim il y a des dinosaures, bim on est dans un désert, … L'aspect décousu de la narration fait parti du charme du projet mais j'avoue que j'ai un peu eu l'impression de voir un melting pot d'idées et de destinations clichées pour ce genre d'aventures plutôt qu'une véritable "vraie fausse aventure rétro". Bon, encore une fois, l'album reste bon et la lecture agréable, c'est l'essentiel.
Beauté noire et le groupe Prospéro
Un diptyque qui se laisse lire agréablement, qui développe une aventure ancrée dans l’Histoire de la fin du XIXème siècle, tout en jouant sur des ressorts utilisés par certains romans feuilletons (du genre « Fantomas »). J’espérais d’ailleurs que ça aille davantage dans ce sens, mais, si c’est dynamique, rythmé et agréable à suivre, il y manque un peu de folie ou de poésie. Il y manque aussi de la densité, quelque chose qui élargisse l’intrigue, centrée autour de la lutte entre un groupe raciste, antisémite et comploteur d’un côté, et le groupe Prospero, groupe secret de lutte contre les « méchants » racistes, protégeant les Dreyfusards Clemenceau et Zola. C'est très manichéen, mais ça passe. Une suite est envisageable au vu de la dernière page, mais ces deux albums peuvent se lire comme une série à part entière avec une histoire conclue.
Battle Royale
La question du pourquoi ce jeu du cirque est dit à la fin, ne spoilons pas ! Mais bon, je pense qu'Ikigami est meilleur dans le style décimation pour un gouvernement autoritaire. Meilleur parce que plus vraisemblable, et qu'on voit en parallèle les victimes et un homme, rouage de ce système, peu à peu atteint par le doute. Et pourtant ! Je pense que le type jeu du cirque marchera toujours mieux car plus spectaculaire, et que dans ce genre, Battle royale fait le job, comme le roman dont la série de mangas est tiré, d'ailleurs. A la relecture de mes camarades critiques déplorant le sexe : il n'est pas de trop. Pourquoi ? La mort appelle le sexe. Face aux menaces, les sexuels, confirmés ou débutants comme nos jeunes, se donnent autant de plaisir charnel qu'ils le peuvent, même si c'est bien imprudent car pendant que deux s'étreignent, un troisième larron peut tuer les deux enivrés de sexe.
Les Contes interdits
J'ai actuellement lu 2 tomes de la série : La qualité assez aléatoire. Tome 1 : Peter Pan : Note 3.5 Le scénario tient la route malgré le "revisiting", on arrive à rentrer dans l'histoire. Les dessins ne sont pas exceptionnels mais ne desserve pas l'histoire. Tome 4 : Les trois petits cochons : Note 2 On attends presque toute l'histoire pour comprendre la "relation" avec le titre. Histoire décevante, un dessin pas trop mal, mais il n'arrive pas à réveiller l'intrigue Globalement ça reste moyen, ça ne me donne pas envie d'en lire plus