Les derniers avis (165 avis)

Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Plus loin qu'ailleurs
Plus loin qu'ailleurs

Ceux qui connaissent bien l'œuvre de Chabouté seront en terrain connus. Il a toujours son dessin en noir et blanc si personnel et efficace. Quant au scénario, c'est encore une fois un récit contemplatif remplit de longs silences et qui sont des tranches-de-vies d'un personnage en particulier. J'avoue que ce n'est pas le style d'histoire que j'aime le plus chez Chabouté car souvent le récit ne me touche pas et c'est un peu encore une fois ici. Cela dit cela aurait pu êtres pire parce que J’ai froncé les sourcils au début lorsque j’ai vu que le héros prévoyait un voyage au grand air en Alaska. J’ai emprunté l’album sans rien savoir du scénario et j’ai eu un peu peur de tomber encore une fois sur un récit bobo sur comment la nature s’est génial fait par un auteur européen qui n’a jamais mis les pieds en Amérique du Nord. Heureusement, Chabouté a assez de talent pour pondre un scénario plus original. Un type qui travaille de nuit va enfin découvrir la vie de son quartier le jour ! (parce que oui apparemment il a bossé tous les jours pendant des années) Il y a des bons moments humanistes et même poétiques, mais cela ne m'a pas touché plus que ça même si j'ai bien envie de vivre ce que vit le personnage principal. Après tout, qui n'a jamais eu envie de tout lâcher et de tout simplement vivre le moment présent et voir ce qui se passe autour de soit dans son propre quartier ?

31/03/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Médée (Le Callet / Peña)
Médée (Le Callet / Peña)

Je me suis rendu compte en lisant cette série à quelle point l'histoire de Jason et des argonautes ne m'a jamais vraiment intéressé et que cela fait tellement longtemps que j'ai lu ce mythe que je n'ai qu'une vague idée de ce que les autrices ont inventées et ce qui était déjà dans l'histoire originale. Cette série fait parti des récits qui sont sorti cette dernière décennie et qui mets en vedette un personnage féminin qui avait une image détestable et dont on brosse un portrait plus nuancé. Les autrices ont la bonne idée de ne pas bêtement transformé Médée en pauvre victime innocente qui fait rien de mal. Elle est tout de même issue d'un milieu privilégiée et n'a aucun scrupule à tout faire pour survire. Son problème est qu'en tant que femme, elle est surtout le jouet d'hommes puissants. Le scénario est pas mal même si j'ai trouvé qu'il y avait des longueurs. Le premier tome m'a un peu ennuyé vu que c'est une longue introduction et que l'action arrive enfin dans le tome suivant. Malgré des qualités, je n'ai pas trouvé que c'était un scénario exceptionnel, mais je pense que cela vient en parti du fait qu'à la base le mythe de Jason me laisse indifférent. J'aurais surement plus accroché si on avait choisi un personnage féminin issue d'un mythe que j'aime ou mieux encore une des déesses grecque que j'adore comme Perséphone ou Athéna. Au sujet du dessin, le trait de Pena est toujours aussi élégant, mais j'aime mieux son dessin lorsqu'il est en noir et blanc.

30/03/2026 (modifier)
Par Talum
Note: 3/5
Couverture de la série Druuna
Druuna

J’ai lu la série en entier, puis je l’ai refermée, et je suis resté longtemps à réfléchir à ce que je venais de voir… Il m’a semblé qu’il y a dans cette série une certaine profondeur méta-philosophique, qui ne s’ouvre qu’après avoir terminé la série, si l’on prend le temps de réfléchir longuement à ce que l’on a lu. Cette profondeur ne se révèle absolument pas pendant la lecture. Il ne vaut même pas la peine d’essayer de relier tout en une histoire cohérente ou de suivre les événements de manière chronologique — je pense que l’intention de l’auteur n’était pas là, mais plutôt que le sens apparaisse à la fin et forme une sorte de méta-signification. J’ai vu beaucoup d’avis négatifs sur la série, et cela m’a un peu troublé, car personnellement, au-delà du dessin qui peut déjà impressionner, j’ai aussi perçu une idée philosophique profonde dans l’ensemble de l’œuvre. Et je veux partager ma vision très, très subjective de cela. La série est extrêmement explicite — parfois à la limite d’un contenu pornographique dur. On y trouve beaucoup : de saleté, de boue, de décomposition ; de mutants et de déformations du corps ; de violence et d’agonie ; une exploitation sexuelle constante de l’héroïne principale. C’est le niveau de lecture le plus évident, celui qui est en surface, et c’est justement ce qui repousse, car l’expérience peut être assez désagréable par moments. Mais il existe un autre niveau de profondeur. À la fin, une autre image apparaît : les derniers tomes n’« expliquent » pas vraiment, ils redéfinissent tout ce qui a été vu auparavant et semblent dire au lecteur ceci : « Tu as lu cela comme l’histoire de Druuna — une femme qui souffre et cherche la paix dans un monde agonisant — mais ne le comprends pas ainsi. Ne donne pas ce sens à ce que tu as lu, car tout n’est pas comme tu le penses. Il n’y a pas de monde, il n’y a pas de Druuna, il n’y a rien de ce que tu as lu. Tes interprétations n’ont pas de sens en elles-mêmes. Toi, lecteur, tu fais partie du mécanisme qui met en marche les engrenages et “déploie le monde” (en crée une projection), lance une itération… » la souffrance de Druuna n’est pas seulement un élément de l’intrigue ; tout ce qui se passe est un cycle dont il n’y a pas d’issue ; l’observation de ce cycle fait elle aussi partie du mécanisme. Si vous cherchez une lecture légère, de l’érotisme ou une belle science-fiction — ce n’est clairement pas pour vous. Mais si vous êtes prêt à affronter une œuvre lourde, ambiguë et parfois repoussante, la série peut se révéler plus profonde qu’elle n’en a l’air. Points faibles (à mon avis subjectif) : La structure chaotique n’est pas une illusion — elle existe réellement. Les tomes du milieu donnent une impression de fragmentation et font perdre le fil : qui, où, quand, avec qui, comment, pourquoi — tout devient confus. Le passage vers le sens et la dimension philosophique arrive trop tard, demande de reconsidérer tout ce qui a été vu et de l’interpréter, et peut ne pas « fonctionner » pour un lecteur qui ne donnera pas une seconde chance à la série après avoir été confronté à ces défauts de structure, de narration chaotique et de contenu choquant. Je précise aussi qu’il est tout à fait possible qu’une partie de cette profondeur ne soit pas intentionnelle de la part de l’auteur, mais relève de l’interprétation du lecteur. C’est une conséquence du fait qu’il faut soi-même « assembler » le sens : il n’est pas clairement donné, mais doit être construit. En résumé : Ce n’est pas une œuvre « agréable ». Ni une œuvre « confortable ». C’est une œuvre qui soit repousse immédiatement, soit commence à agir dans l’esprit après la lecture. Si vous êtes prêt à : supporter l’inconfort, accepter le chaos comme une partie de la forme, aller jusqu’au bout puis prendre le temps de réfléchir et de construire vous-même le sens, sans chercher à tout comprendre pendant la lecture, alors il y a une chance de voir ici autre chose qu’une simple accumulation de provocation, de saleté, d’érotisme et d’apocalypse — peut-être une réflexion sombre et obsédante exprimée à travers des récits chaotiques. C’est une œuvre marquante, qui mérite d’être lue au moins une fois, ne serait-ce que pour déterminer si « c’est pour vous ou non », et où se situent vos propres limites. Je ne peux pas dire que c’est une œuvre culte, car elle a trop de défauts pour être facilement accessible. Mais en même temps, je ne peux pas être d’accord avec la quantité d’évaluations négatives : personnellement, cette histoire m’a fortement marqué, et à mon avis, cette série mérite clairement de l’attention.

30/03/2026 (modifier)
Par Vaudou
Note: 3/5
Couverture de la série Joe's Air Force
Joe's Air Force

Si vous en avez marre de lire les ennuyeux comics de guerre d'un Garth Ennis en panne d'inspiration depuis vingt ans, alors Joe's Air Force est fait pour vous ! Comparé à Gene Kong, le récit de Moreno est certes beaucoup plus convenu, mais se suit sans déplaisir. Il y a des pépés, de l'humour qui tâche, de l'hémoglobine (qui tâche aussi)... Moins ambitieux artistiquement, le trait de Moreno est cependant déjà tres agréable à l'oeil, notamment durant les scènes de batailles aériennes. De la série B de qualité.

30/03/2026 (MAJ le 30/03/2026) (modifier)
Couverture de la série Akira
Akira

Pour les dessins, c’est du 5/5. La série a souvent été vénérée pour la capacité de l’auteur à dessiner les bâtiments, les ruines, la destruction, les véhicules. Et en effet, je pense que ça fait partie des meilleures séries à ce niveau, si ce n’est la meilleure (pour les bâtiments). Par contre, sur le scénario, c’est moins bon. En fait, je pense que le manga aurait bénéficié d’être plus court d’un tiers au moins. L’histoire est remplie de courses poursuites, de fusillades, de personnages qui vont d’un point A à un point B, et c’est un peu lassant. Le propos même de la série est au final un peu faiblard. Même si le contexte est très intéressant, avec ces histoires de pouvoirs développés en labo qui font penser aux théories du complot sur les programmes secrets de l’armée américaine, concept qui a influencé Stranger Things. Mais à la fin de l’histoire, on se dit : « oui, et quoi ? » On ne sait pas trop où il voulait en venir avec le concept de cette « force ». D’ailleurs, je n’ai pas l’impression que l’auteur le savait lui-même. Les persos sont sympas et ont une bonne aura, mais le perso de Kaneda est une tête à claques du début à la fin. Il ne grandit pas tellement, et il est décevant qu’à la fin de l'histoire il soit toujours une racaille immature et rebelle, qui refuse l’aide du gouvernement pour réparer la ville dévastée, qui a absolument besoin d’énergie et de provisions. Non, ils préfèrent tous vivre libres dans des ruines. Ah ok, bon, ça fait réfléchir… puis on y réfléchit, et ça ne marche pas des masses. Je pense que le manga est surtout vénéré par rapport à l’époque à laquelle il est sorti. Il a aussi le mérite d'être une des œuvres fondatrices des codes visuels du genre cyberpunk, avec blade runner. 3,25 pour moi.

30/03/2026 (modifier)
Couverture de la série La Confrérie des Tempêtes
La Confrérie des Tempêtes

Avis sur le 1er tome : J’avoue ne pas m'être pressé pour découvrir cette série, bien échaudé par la précédente incursion des auteurs chez cet éditeur (West Fantasy). On retrouve exactement la même formule, un monde de Fantasy avec orcs, mages, elfes … mais cette fois mise à la sauce Pirates. Les amateurs du monde d’Aquilon ne seront pas surpris mais ne seront pas non plus déçus avec cette nouvelle déclinaison. Le mariage avec l’univers des pirates matche bien et on retrouve le savoir faire des auteurs dans cette 1ère aventure, la partie graphique assure et le récit tient bien la route (même si petit bémol sur la fin, je l’ai trouvé un poil trop « bisounours »). Lecture divertissante, et curieux d’en découvrir davantage sur ce nouveau microcosme (le seigneur des Cyclones, le maître des vagues, le souverain des marées…).

30/03/2026 (modifier)
Couverture de la série Thorgal Saga - La Déesse d'ambre
Thorgal Saga - La Déesse d'ambre

Le dessin de Bec est globalement sympa, même si un chouia irrégulier (quelques traits de visages effacés sur des plans lointains, un visage d’Aaricia parfois trop jeune/angélique), et bien évidemment, il ne peut s’empêcher – dans des doubles pleines pages souvent – de se lâcher sur des décors grandioses (voir la couverture, déjà), avec aussi une dose de fantastique ajoutée lorsque Thorgal est dans l’antre de la déesse et combat un monstre énorme. Bec fait du Bec donc. Mais visuellement le rendu est agréable. L’intrigue de Mangin se laisse lire, mais il ne faut pas s’attendre à trop de surprises ! on reste dans du très classique (avec plusieurs petits rappels d’épisodes antérieurs des premiers Thorgal), quelque chose d’un peu trop linéaire à mon goût. Et quelques dialogues et situations un peu trop naïfs quand même (Aaricia est un peu trop femme au foyer gentille, et la façon qu’a Thorgal de convaincre la déesse de lever sa malédiction manque aussi de nuance). Le happy end final général est trop marqué aussi je pense. Bref, une lecture rapide malgré une importante pagination, mais qui ne marquera pas les amateurs de Thorgal. A emprunter à l’occasion, ça se laisse lire sans problème. Mais ça m’a quand même laissé sur ma faim. Je ne suis toujours pas convaincu par la nécessité – autre que mercantile – de cette collection. Note réelle 2,5/5.

30/03/2026 (modifier)
Couverture de la série Les Fables de l'Humpur
Les Fables de l'Humpur

L’univers est peu localisé, même si plusieurs indices le rapprochent un peu d’un centre de la France fantasmé (une carte montrant des lieux du Massif central – le Puy de Sancy est évoqué à plusieurs reprises, une évocation d’un au-delà en Pays Pergordin, etc.). Pour le reste, on est embarqué dans une aventure assez classique pour de la fantasy, avec un petit groupe de personnages qui s’agrège petit à petit, se complète, face aux dangers, dans une longue quête qui occupe toute l’intrigue. La principale originalité vient du fait que nous ne croisons que des personnages animaliers – avec un spécisme classique (les carnivores dominent, les cochons sont en bas de l’échelle, etc.). Bordage joue beaucoup sur les différences/inégalités entre espèces/peuples, pour les transcender peu à peu (voire les couples se formant entre nos quatre compagnons – avec pas mal de naïveté dans les situations et certains dialogues, en particulier ceux liant la femme serpent et le rat). Le langage utilisé par certains personnages (du petit peuple, les Grognes/porcs surtout) est parfois difficile à lire (mots escamotés, inversés, etc.), même si ça donne une petite touche exotique et originale au récit. L’ensemble se laisse lire, c’est assez dynamique, même si, une fois qu’on s’est familiarisé avec l’univers, les personnages et le langage qu’ils utilisent, cela devient très classique, et sans doute trop linéaire dans son développement. C’est parfois trop « gentil » aussi. Mon principal reproche vient essentiellement de la conclusion, du quatrième et dernier tome. En effet, je pense que l’intrigue aurait dû se contenter du récit fantasy. Au lieu de quoi la SF qui s’invite par petites touches – et qui devient plus présente sur la fin – ne m’a pas convaincu. D’abord parce que ce plaquage sur la partie Fantasy m’est apparu trop artificiel. Ensuite parce que cette fin justement ne m’a pas convaincu, m’est apparu à la fois brutale et peu intéressante (et le happy end final est de trop, renforce la naïveté évoquée plus haut). J'aurais d'ailleurs plutôt classé cette série en Fantasy... Bref, un récit pas déplaisant, mais qui n’est pas aussi original que le début ne me l’avait fait espérer. Et qui s’est un peu fourvoyé sur la fin. Le dessin est plutôt agréable. Note réelle 2,5/5.

30/03/2026 (modifier)
Par Vaudou
Note: 3/5
Couverture de la série Les Manufacturées
Les Manufacturées

C'est le Pichard un peu psychédélique et avec un érotisme soft que j'aime bien. Comme Noirdésir le mentionne, les personnages emploient un vocabulaire contrarié mais ça reste très compréhensible. Faraldo a toujours utilisé le language de manière particulière, on pense à Themroc où les personnages s'exprimaient par onomatopées et borborygmes. "Et si la femme objet n'était pas celle que l'on croit?" L'histoire est un gros délire non dénué de fond, des jouets (des femmes à la Pichard en version miniature) prennent le pouvoir chez une famille de français moyen. Une bande rare à conserver si on aime Pichard.

30/03/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Dans la forêt de Wickerson (La Sorcière de Wickerson)
Dans la forêt de Wickerson (La Sorcière de Wickerson)

Dans la forêt de Wickerson est une réédition augmentée de l'album La Sorcière de Wickerson, qui ne contenait à l'origine qu'une seule histoire. Ce nouvel album propose trois récits : la version recolorisée et enrichie de la Sorcière, devenue L'Ogresse de Wickerson, ainsi que deux histoires plus courtes qui introduisent les lieux et les personnages secondaires, notamment les deux taupes, avant de plonger dans la forêt sous la menace de l'ogresse, avec une sorte de souris Robin des Bois. L'ensemble est présenté comme si le héros devenu vieux racontait ces légendes aux lecteurs, donnant au récit une tonalité de conte raconté qui ne manquera pas de faire penser aux Légendes de la Garde en plus léger. Graphiquement, le dessin est sympathique et dynamique, avec un trait expressif et des décors soignés. Les cadrages efficaces et le style rappelant l'animation renforcent cette impression de conte animé, et les références à la fantasy ou au cinéma ajoutent un petit plus pour les lecteurs attentifs. À noter qu'en fin d'album, l'éditeur propose de nombreuses pages et croquis montrant comment l'auteur a construit son histoire puis l'a remodelée pour cette réédition, offrant un regard instructif sur le processus créatif. L'ambiance est légère et jeune, avec de nombreuses touches d'humour parfois un peu noir. On notera que la mort y est bien présente et que ce n'est donc pas forcément un album jeunesse. Le récit phare par exemple rappelle un peu un épisode des Schtroumpfs, sauf qu'ici ceux-ci seraient réellement tués et mangés par Gargamel/l'Ogresse et le héros se montre sans pitié envers elle. Cependant, malgré cette mise en scène originale et plaisante, l'ensemble se lit trop vite et reste assez classique. Les histoires manquent d'originalité et ne laissent qu'un souvenir anecdotique. J'apprécie le côté conte aventureux, la vivacité des personnages et l'atmosphère, mais je suis resté sur ma faim côté inventivité et densité narrative. En résumé, Dans la forêt de Wickerson est un joli album tous publics, agréable à lire et vivant, mais qui se révèle trop vite parcouru et peu surprenant pour marquer durablement.

30/03/2026 (modifier)