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Les dernier avis (116 avis)

Couverture de la série Bandonéon
Bandonéon

J’ai découvert cet auteur argentin en tant qu’auteur complet avec son album Chère Patagonie, que j’avais trouvé très beau. Je poursuis donc ma visite de « son » Argentine avec ce « Bandonéon ». J’y ai retrouvé son trait caractéristique, proche de ceux de de Crécy ou de Gippi, un trait moderne proche d’un crayonné parfois, une colorisation le plus souvent en retenue, avec un rendu presque sépia (je suis moins fan de ses essais de colorisation plus classique, avec des choses plus bigarrées – comme j’avais aussi pu le voir pour son travail sur Retour au Kosovo, mais il n’y en a que quelques planches vers la fin). Mais j’y ai aussi moins rencontré de planches superbes, d’une beauté intense et très sombre, presque des tableaux abstraits, comme pour « Chère Patagonie » (il est vrai que nous ne sommes pas ici dans les vastes étendues désertes du sud de l’Argentine). Je suis séduit donc, mais pas enthousiasmé sur cet album pour ce qui concerne l’aspect graphique. Sinon, on retrouve là encore différents styles graphiques, mais aussi une déconstruction du classique gaufrier (parfois pas de cases, parfois beaucoup très petites, il y a de tout !). C’est donc un peu déconcertant, comme l’est l’intrigue elle-même, qui nous fait suivre quelques personnages au cœur du XXème siècle. Y sont traités « par la bande » des thèmes qui intéressent l’auteur – et qui sont centraux en Argentine, à savoir l’immigration (italienne en particulier ici) et les luttes sociales (allusion aux actions anarchistes, et aux dictatures). Et bien sûr le tango, qui traverse en filigrane l’album. C’est un album qui pourrait se lire vite, malgré la pagination (peu de dialogues, de nombreuses planches quasi muettes), mais qui se révèle bien plus exigeant qu’il n’en a l’air. Planant, mais aussi nécessitant une attention soutenue. A découvrir à l’occasion.

28/11/2020 (modifier)
Par PAco
Note: 3/5
Couverture de la série Un coeur en commun - La belge histoire de la sécurité sociale
Un coeur en commun - La belge histoire de la sécurité sociale

C'est sans grand enthousiasme que je me suis lancé dans cette lecture qui aborde un pan précieux de l'histoire sociale belge. En effet, cet album nous retrace les grandes lignes de l'histoire de sa sécurité sociale. D'une part le sujet pourrait sembler rébarbatif, et le trait de Harald n'est pas spécialement ce qui m'attire le plus d'un point de vue graphique (les goûts et les couleurs...). Mais il faut avouer qu'Harald a du talent pour réussir à nous accrocher jusqu'au bout de son album. D'une part la narration croisée qu'il développe entre le l'opération du cœur d'un nourrisson aujourd'hui et les négociations de personnalités qui réfléchissaient à l'après guerre fin 1944 est habile. Autre point fort, sans rentrer dans le détail et un jargon administratif on saisit aisément les difficultés et enjeux que chaque partenaire social défend. Et c'est grâce à ce subtil équilibre qu'on réalise tout les intérêts du système mis en place depuis la libération et qui permet aujourd'hui à chacun d'en profiter sans vraiment réaliser l'avancée sociale qui en a découlé. Il nous permet aussi de mettre en lumière que ce système qui peut paraître naturel au français ou belge que nous somme qu'il est loin d'être universel et qu'il reste fragile. Les appétits voraces du capitalisme aimeraient bien mettre la main sur ce système qui brasse des quantités d'argent plus qu'alléchantes... Cet album se révèle donc instructif et permet aussi de nous rappeler que ces avantages sociaux acquis sont aujourd'hui menacés et qu'il est plus que jamais nécessaire de veiller à ce qu'ils perdurent pour le bien du plus grand nombre.

28/11/2020 (modifier)
Par PAco
Note: 3/5
Couverture de la série Grand Orient
Grand Orient

Vous attendiez des révélations sur la franc-maçonnerie grâce à cet album ? Oubliez ! "Grand-Orient", loin de nous plonger dans le fantasme ésotérique séculaire que nous "promet" la franc-maçonnerie, démystifie grandement le mythe. Jérôme Denis, journaliste et franc-maçon au Grand Orient nous propose de nous faire petites souris pour découvrir cet univers grand-guignolesque par certains abords, bien loin de ce que tout un chacun pourrait fantasmer. De l'initiation foireuse aux "rapports fraternels" entre loge, on est bien loin de ce que l'on pourrait imaginer, tout en ramenant cette organisation à quelque chose de finalement beaucoup plus humain, ses travers inclus... Problèmes de chaises, de "muffins", d'égo, de racisme ou de couples, la franc-maçonnerie a finalement elle aussi des problèmes bien terre à terre à régler avant de s'occuper des préoccupations de notre monde... C'est avec un trait simple et efficace qu'Alexandre Franc (ça s'invente pas...) nous croque cette institution et ses relations. Les personnages et décors restent sommaires mais permettent de bien mettre en avant ces relations et ces fantasmes qui s'entremêlent autour de la franc-maçonnerie. Sans être extraordinaire, moi qui partait plutôt à reculons dans cette lecture, j'avoue avoir passé un moment de lecture agréable qui lève un brin de voile sur cette institution en la descendant doucement de son piédestal.

28/11/2020 (modifier)
Par AlainM
Note: 3/5
Couverture de la série Ils ont tué Leo Frank
Ils ont tué Leo Frank

Les éditions Steinkis, qui ont repris la devise d’Isaac Newton «Les hommes construisent trop de murs et pas assez de ponts», propose ici un ouvrage qui relate un procès survenu en 1913 dans le Sud des États-Unis et qui a fait grand bruit à l’époque. Tous les faits repris dans cette BD sont véridiques. Ce procès, qui fut un genre d’affaire Dreyfus américaine, aborde divers aspects de la société américaine du début du XXème siècle : racisme, antisémitisme, manipulation de l’opinion publique, immunité de certaines personnes, misère sociale, etc. On y voit aussi que les choses, même si elles ont un peu évolué, n’ont pas complètement changé depuis lors. Ne croyons cependant pas que cette problématique n’est qu’américaine car les mêmes thèmes touchent également notre chère « vieille Europe » d’une façon un peu différente certes mais pas si éloignée. Le scénario est donc un reportage assez objectif, même si on sent un certain parti pris du scénariste, ce qui est bien compréhensible vu la manière inique dont le procès s’est déroulé. Le quatrième de couverture laisse présumer qu’il y a du suspense dans cette BD (« Deux suspects sont identifiés par la police : un balayeur noir et alcoolique et le patron de l’usine, un nordiste riche et juif. La foule exige un coupable… »). Mais il n’en est rien car le titre et les premières pages dévoilent d’emblée la fin du principal accusé. C’est dommage car j’aurais aimé vivre le procès et ses rebondissements en suivant les craintes et les espoirs de l’accusé plutôt que d’en être réduit à lire le détail de la manière dont on en est arrivé à lyncher ce pauvre homme. Pourquoi diantre certains auteurs pensent-ils rendre plus intéressants leurs récits en y incorporant des flashbacks plutôt qu’en suivant simplement le fil de l’histoire ? Le dessin n’est pas des plus agréables. Même si je n’ai pas trouvé la forme de cette BD particulièrement captivante tant au niveau du dessin que de la découpe scénaristique, le sujet abordé et la véracité de ce fait historique m’incite à mettre une cote honorable à ce one-shot.

27/11/2020 (modifier)
Couverture de la série Far Away
Far Away

Pas forcément mon truc, mais cette histoire peut largement trouver son public. Il faut juste être amateur d’histoires d’amour atypiques. En effet, celle-ci illustre l’adage selon lequel les histoires d’amour finissent mal, en général. Il faut dire qu’ici elle finit mal sans avoir totalement commencé. C’est un road-movie aux belles images des vastes espaces nord-américains (au Canada et aux États-Unis) – le dessin de Gamberini (proche de celui de de Metter, en un peu plus chargé et parfois "criard" sur certaines couleurs), avec ses aquarelles au rendu très réaliste, contribuant d’ailleurs à nous faire apprécier le voyage. C'est dessin qui m'avait attiré vers cet album, après un rapide feuilletage. Histoire simple, qui se laisse lire. Je n’y retournerai pas, mais c’est là simplement affaire de goût.

27/11/2020 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Batman - Knightfall
Batman - Knightfall

Je réécris mon avis après avoir encore relu cette saga. Il y a du bon et du moins bon dans cette longue série. Le premier tome est pas mal même si on sait ce qui va se passer à la fin. Le point fort est selon moi l'utilisation des méchants de Batman. Moi qui aime bien les super-vilains, c'est un régal de voir, par exemple, une équipe formée par le Joker et l'Épouvantail et le Chapelier Fou a droit à une de ses meilleures performances. Bane est un peu intéressant comme méchant, mais je ne comprends pas trop pourquoi il veut détruire Batman, même après avoir lu les origines du perso dans un autre album. Ensuite, Jean-Paul Valley devient le nouveau Batman et va finir par vaincre Bane avant de devenir fou. On peut pinailler sur le fait que Valley devient soudainement un très bon Batman alors qu'au début de la saga il semble n'être qu'un homme normal, mais cela ne m'a pas trop dérangé parce que j'étais pris dans le feu de l'action. C'est plus l''histoire sur Bruce qui m'a moins convaincu, pour retrouver l'usage de ses jambes, il doit être soigné par une docteure qui a des pouvoirs magiques (?!?) et pas de chance elle se fait kidnapper et il va la suivre autour du monde et franchement c'est peu palpitant. Ensuite, vient le tome 3 qui est correct quoiqu'il y a uniquement l'histoire avec le Joker qui m'a semblé mémorable, les autres histoires avec des nouveaux méchants se laissent lire sans plus. Le tome 4 est meilleur. J'adore tout ce qui tourne autour du méchant Abattoir et la famille de Gueule d'Argile qui font partie de mes méchants de Batman préférés. La déchéance de Valley est bien faite. Puis vient le tome 5 et je commençais à en avoir un peu marre. Il y a des méchants génériques, l'entrainement de Batman pour retrouver sa forme ne m'a pas trop captivé et le combat final me semble un peu vite expédié, comme si les auteurs ont avait marre. Il faut dire qu'ils devaient rapidement terminer cette saga parce que DC Comics allait lancer un crossover auquel le vrai Batman devait participer. Donc voilà une saga un peu trop longue avec des passages que j'ai aimés et d'autres moins. Je ne sais pas si je la conseillerais à quelqu'un qui veut découvrir Batman. En tout cas, si vous adorez les super-méchants, vous allez aimer vu qu'il y a pratiquement tous les méchants importants de Batman (il manque le Pingouin, qui est apparu dans un récit non repris en français et Ras Al Ghul qui avait disparu des comics à l'époque). Le dessin peut faire vieillot, mais je le préfère au style fait à l'ordinateur qu'on retrouve dans les comics modernes.

11/01/2013 (MAJ le 27/11/2020) (modifier)
Par Canarde
Note: 3/5
Couverture de la série La Tectonique des plaques
La Tectonique des plaques

J'ai un problème avec Margaux Motin. J'aime beaucoup ses dessins, c'est souple, séduisant. Le blanc du papier, très présent, nous laisse respirer, les couleurs sont gaies, bref ça me convient.... Mais je suis totalement incapable de vous dire de quoi ça parle. ça véhicule une image des femmes très sofistiquée dans laquelle je n'ai pas vraiment de place. Leur sujet de conversation me passe totalement au dessus. leur vocabulaire est celui d'une génération plus jeune que moi. Je me sens exclue. J'en ai lu beaucoup à la bibliothèque, comme pour me tenir au courant. En me disant, peut-être un jour elle va vieillir et parler de choses qui m'intéressent, mais ce n'est encore pas pour cette fois.

26/11/2020 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série C.O.W.L.
C.O.W.L.

Quand récit de Super-héros se mêle à la corruption, au syndicalisme et aux sombres intrigues politiques. Le cadre de ce comics est son élément le plus important. Cela se passe à Chicago en 1962 dans un univers uchronique où les super-héros et super-vilains sont apparus une vingtaine d'années auparavant. Tandis que les héros de l'âge d'or étaient partis combattre sur le front de la Seconde Guerre Mondiale, les vilains prenaient le contrôle de la pègre de Chicago, déjà réputée auparavant pour être gangrénée par le crime et la corruption. A leur retour, les super-héros se regroupèrent dans la Ligue, un syndicat de super-héros, et s'organisèrent pour purifier la ville de ses super-gangsters. Le comics s'entame au moment où la Ligue vient d'éliminer le dernier super-vilain. Sur le plan politique, leur rôle devient donc désormais caduc mais ni les vrais gangsters ni la corruption n'ont quitté la ville, sauf que cela n'est en théorie pas du ressort des super-héros de gérer ça. Nous suivons alors les magouilles des uns et des autres pour permettre à la Ligue de rester en place ou pour tenter vainement de faire éclater la lumière sur les agissements répréhensibles des uns et des autres. Entre mouvements de grève, enquêtes parallèles, combines mafieuses et autres règlements de compte, c'est une vision bien noire du monde des super-héros et de la politique en générale qui nous est présentée là. C'est un récit réaliste et pas inintéressant, mais un peu rébarbatif sur la forme et sur le rythme. Le graphisme de Rod Reis est esthétique mais pas très agréable à la lecture. Son dessin manque foncièrement de profondeur et la colorisation sombre n'aide pas à apprécier et comprendre les scènes d'action. Quant au personnage, certains sont faciles à confondre et cela n'aide pas à la clarté de l'intrigue. Car cette dernière est aussi assez difficile d'accès. Il m'a fallu parcourir un bon tiers de l'album avant d'y retrouver pour de bon mes petits et de bien assimiler qui était qui et faisait quoi. Et encore, jusqu'à la fin, les motivations de certains ont continué à m'échapper. D'autant que dans l'ensemble, il y en a bien peu qui sont charismatiques. J'aimais bien le détective enquêteur au départ... Dommage quand on sait ce qu'il se passe le concernant. Concrètement, c'est une lecture qui ne manque pas d'idée et d'une dose d'originalité, mais son déroulement est laborieux, parfois trop alambiqué et pas toujours passionnant.

26/11/2020 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Blanc autour
Blanc autour

Initialement prévu pour être publié en Novembre 2020, cet album a dû être repoussé à Janvier 2021 pour cause de re-confinement. Il raconte l'histoire vraie de la première école, féminine en l'occurence, accueillant des élèves noires aux Etats-Unis dans la première moitié du 19e siècle. Cela se passait dans une petite ville du Connecticut à une époque où l'esclavage existait encore dans le Sud, où la ségrégation était en vigueur dans le Nord et où les abolitionnistes étaient certes présents mais minoritaires, surtout dans une région rurale telle que celle-ci. Prudence Crandall accepta un jour d'accueillir une élève noire dans la classe exclusivement blanche qu'elle tenait. Devant le tollé suscité par ce choix, elle ne se démonta pas et alla encore plus loin dans sa démarche : puisque les notables blancs ne voulaient pas voir les enfants cotoyer des noirs, elle prit la décision de transformer son école en établissement réservé aux élèves noires uniquement. Le fond de l'histoire est instructive. C'est un combat avant l'heure pour le droit à l'égalité raciale, quand on sait que la véritable égalité des droits n'a été obtenu que plus d'un siècle plus tard aux Etats-Unis. On y découvre la force de caractère de cette jeune institutrice mais aussi le soutien qu'elle a pu obtenir, notamment de sa famille. Et on est navré par l'intolérance manifestée à l'inverse par la population blanche de sa région. Et la forme est très belle. Stéphane Fert, qui réalise le dessin, était déjà l'auteur de Morgane ou encore Peau de Mille Bêtes, autres oeuvres très belles et aux couleurs charmantes. Les planches sont un plaisir à regarder, contrastant par leur beauté avec l'amertume de la situation et la laideur de la pensée raciste de ceux auxquels les héroïnes de ce récit s'opposent pacifiquement. Certains passages et leur représentation graphique dégage une très belle émotion, presque poétique voire enchanteresse. Toutefois, l'intrigue elle-même a fini par me décevoir. Car ce n'est que le simple reflet de la réalité des faits, certes raconté avec justesse et de manière plaisante, évitant de sombrer dans la lourdeur des détails d'un combat juridique notamment, mais on devine bien comment les choses ne peuvent que se terminer pour un tel combat à l'époque. Et du coup, la fin se révèle trop amère, voire un peu abrupte, pour que je ressorte épanoui de ma lecture.

26/11/2020 (modifier)
Par DCD
Note: 3/5
Couverture de la série La Tectonique des plaques
La Tectonique des plaques

J'aime beaucoup cet album de Margaux Motin et j'espère que les autres sont aussi bien car ils sont inscrits sur ma liste d'ouvrages à acquérir (peut-être pas au moment où vous lisez ces lignes car cette liste n'est pas à jour). Je l'avais acheté pour mon épouse mais celle-ci ne l'a lu que par politesse et il siège désormais dans ma bibliothèque. Le dessin et sa mise en page sont vraiment plaisants à regarder (absence de case, croquis de grande taille...). Le contenu, composé d'une succession de saynètes de la "vie de tous les jours", est sympathique et en harmonie avec le trait et les traits de l'auteur. Car Margaux Motin y raconte apparemment sa vie, ses bonnes comme ses mauvaises péripéties, et on en suit le fil en toile de fond. Je recommande.

26/11/2020 (modifier)