Petit album par le format, mais grand par la pagination, ce livre attire d'abord le regard grace à sa très jolie couverture. Ce casque d'astronaute qui laisse apparaitre partiellement un visage entravé du reflet d'une navette spatiale symbolise parfaitement le rêve de la conquête de l'espace. Et la palette de couleurs nous envoie direct dans les années 80... nous voici directement dans le bain avant même d'ouvrir l'album.
Ce récit documentaire est signé par un des co-scénariste de La Bombe. Le sujet abordé ici est l'explosion qui a suivi le décollage de la navette Challenger en janvier 1986. Drame diffusé en direct à la télévision devant des millions de téléspectateurs. Le récit s'attarde sur les passagers qui composent l'équipage. Il sera particulièrement question de l'un d'entre eux. Une professeur, choisie sur le volet après un long processus de sélection, devant devenir la première civile envoyée dans l'espace.
Le récit s'attarde sur les années et les mois précédents le drame, habilement décomptés à la manière d'un compte à rebours. Comment nos astronautes se sont préparés : On y suivra leur entrainement, un peu, leurs questionnements et états d'âmes, beaucoup. Il y a d'ailleurs quelques longueurs. Savoir que nos héros s'interrogent, qu'ils stressent et que cela à des répercussions sur leurs vies de famille, c'est logique. D'autant insister, comme par exemple lors de l'enchainement de scènes à Thanksgiving, où chacun découpe la dinde en famille en se retrouvant confrontés aux mêmes questions de leurs proches, c'est un peu longuet à force.
A coté de ça, le récit introduit assez tôt le rôle d'un fournisseur de joints toriques utilisés sur le lanceur de la navette. Très vite on comprend que ces pièces auront un role à jouer dans l'explosion à venir. Ce qui est vraiment intéressant, c'est de voir que de nombreuses alertes, parfois virulentes, ont été signalées à plusieurs reprises. Ce qui est terrible, c'est de voir comment la NASA ne les a pas prises en compte, préférant ne pas décaler le lancement pour des problématique d'image et de budget.
Tout ça nous conduit inéluctablement au drame annoncé. La fin, probablement légèrement romancée, raconte les dernières secondes de l'équipage et ajoute un peu de tension et de drama à l'ensemble. Un final assez réussi pour conclure une histoire terrible qui aura durablement marqué le monde de l'aérospatial.
La Promesse de la Tortue est une bonne bande dessinée de pirates, solide et agréable à lire, qui se distingue surtout par son choix de placer des héroïnes féminines au centre du récit. Le contexte historique et pirate est crédible et restitue un univers rude sans complaisance excessive.
Le scénario repose sur une construction efficace : trois trajectoires féminines qui avancent tour à tour ensemble puis séparément pour se retrouver. Cette alternance donne un rythme maîtrisé et permet de suivre l’évolution personnelle de chacune des héroïnes, dont la progression est l’un des vrais points forts de la série.
Les romances apportent une respiration bienvenue et participent à l’humanisation des personnages, même si elles restent parfois un peu faibles ou convenues. L’ensemble fonctionne néanmoins bien : une aventure prenante, portée par des personnages attachants, dans un univers dur mais jamais gratuit.
Dans un petit village où il ne se passe strictement rien, une entreprise de pompes funèbres végète faute de clients. Personne ne meurt, les journées s’étirent dans une torpeur absurde, jusqu’au jour où un décès relance enfin la machine et embarque les deux employés dans un convoi funéraire qui va peu à peu tourner à la farce noire.
La lecture n’est pas désagréable, loin de là. Il y a une ambiance sympathique de petit village breton, un humour noir discret, un côté décalé assez sympathique dans cette galerie de personnages un peu paumés et ces lieux figés hors du temps. Le dessin fonctionne bien, lisible, propre, au service de ce ton un peu mélancolique et absurde.
Mais pendant toute ma lecture, je me suis quand même demandé où l’auteur voulait en venir. Ça enchaîne les situations étranges, les petites bizarreries, les péripéties plus ou moins loufoques, sans que je perçoive vraiment une direction claire ou un vrai enjeu. On avance, mais un peu à tâtons. Et la fin, qui prend une tournure surprenante mais s'achève de manière assez rapide, ne vient pas vraiment éclairer tout ça ni donner un vrai sentiment d’aboutissement. Du coup, je suis resté un peu sur ma faim, légèrement perplexe.
Je n'ai pas passé un mauvais moment pour autant, ça se lit facilement, mais une impression d’ensemble un peu floue qui m’empêche d’être réellement convaincu.
Un chercheur un peu – beaucoup – zarbi, sorte de mixe entre Frankenstein et le docteur Moreau, bricole des êtres improbables à partir de bestioles que lui ramène son pote, le héros de l’histoire (au passage, le bestiaire est assez barré). Le héros donc, qui cherche à éviter une bande mafieuse à qui il doit des sous, à se rabibocher avec son ex et son gamin. Mais surtout qui cherche une rédemption, en libérant une créature de son pote chercheur fou, ce qui va entrainer leur brouille et quelques violences.
C’est rythmé, parfois un peu trashouille. Mais c’est aussi vite lu, un peu creux, l’univers étrange est finalement eu développé. J’en suis en tout cas sorti avec un ressenti mitigé.
Le dessin est original, étrange. Avec des corps aux proportions surprenantes, comme les décors d’ailleurs, où proportions, perspectives, ne sont pas toujours « habituelles ».
Un univers relativement original, mais au final le sentiment de n’avoir lu qu’une ébauche, quelques idées foutraques jetées sur le papier.
Note réelle 2,5/5.
Dans le métro, Thibault, garçon timide et sans histoire, échange un regard avec une inconnue. À partir de là, une succession d'accidents, de rencontres et de malentendus l'entraîne, le temps d'une nuit, dans une spirale de situations de plus en plus improbables, du simple sac de litière éventré à des péripéties franchement rocambolesques, sans qu'il ne maîtrise jamais vraiment ce qui lui arrive.
Graphiquement, c'est clairement le gros point fort. Olivier Pont est aussi connu pour Où le regard ne porte pas... et Un putain de salopard et son talent de dessinateur ne fait aucun doute. Son trait est souple, vivant, très agréable à l'œil, avec un côté semi-réaliste chaleureux qui donne beaucoup de charme aux personnages comme aux décors. Paris a une vraie présence, les expressions sont pleines d'énergie, et certaines séquences nocturnes ont quelque chose de très poétique. À plusieurs reprises, des éléments tant visuels que scénaristiques m'ont rappelé l'ambiance de La nuit du chat, très bon album de la série Broussaille qui me semble bien avoir inspiré en partie l'auteur : ce même mélange de douceur urbaine, de balade un peu onirique et de tendresse mélancolique. Visuellement, c'est beau, généreux et franchement plaisant à parcourir.
Là où je suis beaucoup plus réservé, c'est sur la construction du scénario. Toute la mécanique repose sur une accumulation de coïncidences et de quiproquos qui enfoncent toujours davantage le héros dans une situation plus compliquée que la précédente. Sauf que ce procédé est ultra vu et revu, et je ne l'ai jamais trouvé enthousiasmant. Cette fuite en avant permanente, censée être drôle ou virevoltante, m'a surtout donné une impression de facilité, comme si les péripéties s'enchaînaient un peu au hasard. On avance, mais sans véritable tension ni surprise, juste par empilement d'événements.
Ce n'est que quand j'ai compris le lien avec la comptine Trois p'tits chats et sa logique d'associations en cascade que j'ai pu mieux accepter le principe, et que ça a atténué mon agacement. L'idée donne au chaos une petite cohérence ludique. Mais ça ne compense pas totalement le manque de structure. Et le fait d'apprendre en postface que le scénario a été largement improvisé explique sans doute ce ressenti : j'ai souvent eu l'impression d'une suite de passages convenus plutôt que d'un récit vraiment construit.
J'ai apprécié le dessin très joli et l'ambiance attachante, mais côté histoire je suis resté sur quelque chose de trop déjà-vu et trop léger, une balade sympathique sur le moment, mais pas vraiment mémorable.
Note : 2,5/5
2.5
Franchement déçu par la lecture de ce premier tome. Au vu des notes positives, je pensais que j'aillais adorer, mais ce ne fut pas le cas.
La structure du scénario ressemble à un conte. Ce n'est pas pour me déplaire car j'aime bien les contes, mais le scénario est vraiment trop classique pour me passionner. À la limite, cela ne m'aurait pas trop dérangé si au moins les personnages étaient attachants, mais voilà le pêcheur me laisse indifférent et la salamandre m'a vite . C'est aussi encore une fois un premier tome introductif où il ne se passe pas grand chose pendant trop de pages afin que le tome se termine sur un cliffhanger qui incite le lecteur à lire la suite. Parlons de la suite, j'ai vu que le second tome est sorti récemment et franchement je ne pense pas que j'ai vraiment envie de le lire un jour.
Il reste le dessin qui est certes superbe, mais cela ne suffit pas à rendre un scénario captivant.
Il me semble que c'est par Automne que j'ai commencé ma découverte de McNaught en fin 2025. C'est une histoire sur la banalité d'un quotidien, morne, routinier. Le personnage principal est un jeune garçon qui se trouve être commis de cuisine dans une maison de retraite. Il a aussi un autre petit boulot et il aime les jeux vidéos. Les dialogues sont ultra-limités. L'album doit se lire en 5 minutes montre en main. Un peu plus si vous avez envie de détailler chaque case où une simple action, un simple décor comme le vol d'un oiseau ou la chute d'une feuille d'arbre peut être découpé sur 4 petites cases.
Je lis héritier de Richard McGuire ou de Chris Ware, je ne suis pas étonné en terme de narration les habitués de M. Ware vont s'y retrouver ici. Palette de couleurs limitée et subtile.
Un manga de seulement 5 tomes qui explore pas mal de sujets. Cela commence par 2 étudiants geek qui fabriquent un joli robot femme dans leur garage, tellement réaliste qu'on ne la distingue pas d'un humain. Il faut juste la rebrancher une fois de temps en temps. Passons sur l'exploit technique, ils décident de la coupler avec un système 'démocratique', c'est-à-dire qu'ils infectent par un virus l'ordinateur de 3000 personnes pour les faire participer à une expérience inédite. Cette communauté va pouvoir déterminer les actions du robot à la majorité parmi les propositions des uns et des autres. Pour que les participants ne reconnaissent pas les lieux, les noms et les visages, les créateurs mettent en place un système de brouillage.
Pour le coup cela commence comme dans la série Code Lisa que je regardais gamin, mais le côté démocratique permet d'avoir tout un tas de réflexions philosophiques et reflétant la société dans le meilleur avec les connaissances cumulées des uns et des autres et aussi dans le pire avec des gens extrémistes qui vont faire dériver l'expérience. Par exemple c'est au début du tome 4 de mémoire qu'on trouve toute une séquence sur un vieil homme malade qui souhaite en finir avec sa vie, la robote par la voix d'une participante infirmière au fait du système de santé japonais lui parle de tout un tas de possibilités pour pouvoir être hospitalisé à domicile. Il y a toute une dialectique entre les 2 personnages sur le sujet de la fin de vie, problématique qui est aussi en discussions en France ces temps-ci.
Parfois un peu longuet et bavard, c'est en tout cas une histoire solide autour de la psychologie sociale d'un groupe d'anonymes.
La petite histoire d'un marathon, d'un vainqueur particulier et d'un contexte. Et c'est un peu tout ...
C'est le genre de BD très bien faite et parfaitement exécutée, dont la problématique à mes yeux est l'ambition de base. C'est une histoire d'un marathon, celui de 1928 et de son résultat. On a le descriptif presque instant par instant et je dois dire que je ne vois pas spécialement l'intérêt au-delà de la première lecture. Le rendu en petites cases découpe chaque instant pour nous faire ressentir ce marathon, donnant l'impression de le vivre en même temps. La narration visuelle est parfaitement réussie, avec des tons ocres qui rappellent les photos anciennes. Sans doute est-ce une volonté de donner un aspect ancien.
Je n'aurais pas grand chose à en dire, cette BD est vraiment le problème qu'on a parfois avec des récits qui sont bien menés mais qui ne suffisent pas. A mon goût, ça donne une BD que j'ai lu sans déplaisir, que j'oublierais vite parce que l'histoire racontée n'est pas suffisamment marquante et que je ne peux pas dire mauvaise non plus. Donc voila, pas recommandée mais en même temps pas du tout raté. Une BD pas à mon gout, simplement.
J'ai mis la BD dans le genre du documentaire, mais c'est presque faux. Car si la BD est bel et bien un documentaire sur Einstein, la forme est bien plus de l'ordre de l'exploration commentée. Disons que ça n'a pas strictement la forme du documentaire, dans le déroulé autant que dans la présentation.
De fait, c'est une exploration de la vie d'Einstein et de ses travaux, le tout commenté par Étienne Klein. Le tout dans une synthèse assez décousue de sa vie, je dois dire. Je connais un peu sa vie et son œuvre, mais je n'étais pas loin d'être perdu dans le récit. C'est assez dur de s'y retrouver, d'autant que c'est un dialogue constant avec Etienne Klein qui rajoute des détails mais aussi des commentaires, liés parfois à sa propre vie. Disons que la lecture n'est pas simplifiée et que je recommanderais pour une prochaine BD de penser avant tout à l'accessibilité au plus grand nombre.
Maintenant, ce gros défaut étant passé, la BD est une sorte de synthèse de la vie de Einstein donc. On apprend ses différentes phases de la vie, l'apparition de son pacifisme notamment, son implication dans les grandes découvertes de la mécanique quantique et ses échecs, son exil américain et ainsi de suite. La BD explore donc en profondeur sa pensée et ses engagements, ses plus grandes découvertes et échecs, mais arrive également à transmettre les valeurs que Einstein défendait par un discours final plein de sens directement délivré au spectateur. Inspiré par ses écrits, les auteurs ont décidés ici de donner un message de Einstein à notre époque. L'exercice est osé, et je ne dirais pas que c'est ce qu'Einstein dirait, mais que c'est ce qu'on pourrait extrapoler de sa vie adapté à notre temps. De toute façon, je trouve le message pertinent et sans doute important à entendre.
La BD a un dessin assez quelconque, bloquée sans doute par l'obligation de rester proche de personnes et de décors réels. Même si quelques détails dans la mise en scène se notent, ce n'est vraiment pas le genre de BD dont j'arrive à garder en tête le dessin et le rendu, notamment dans les visages qui semblent étrangement figés. C'est sans doute la contrainte qui donne ce genre de résultats.
Une BD assez mal équilibrée, donc. Je ne peux pas dire que j'ai aimé, malgré les bonnes intentions de la BD. C'est trop maladroit dans l'exécution et dans le traitement, pétri de bons sentiments mais pas assez bien mené. Une personne ne connaissant pas Einstein sera probablement perdue et pour les autres, il y a des bons passages pas assez bien reliés.
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Petit album par le format, mais grand par la pagination, ce livre attire d'abord le regard grace à sa très jolie couverture. Ce casque d'astronaute qui laisse apparaitre partiellement un visage entravé du reflet d'une navette spatiale symbolise parfaitement le rêve de la conquête de l'espace. Et la palette de couleurs nous envoie direct dans les années 80... nous voici directement dans le bain avant même d'ouvrir l'album. Ce récit documentaire est signé par un des co-scénariste de La Bombe. Le sujet abordé ici est l'explosion qui a suivi le décollage de la navette Challenger en janvier 1986. Drame diffusé en direct à la télévision devant des millions de téléspectateurs. Le récit s'attarde sur les passagers qui composent l'équipage. Il sera particulièrement question de l'un d'entre eux. Une professeur, choisie sur le volet après un long processus de sélection, devant devenir la première civile envoyée dans l'espace. Le récit s'attarde sur les années et les mois précédents le drame, habilement décomptés à la manière d'un compte à rebours. Comment nos astronautes se sont préparés : On y suivra leur entrainement, un peu, leurs questionnements et états d'âmes, beaucoup. Il y a d'ailleurs quelques longueurs. Savoir que nos héros s'interrogent, qu'ils stressent et que cela à des répercussions sur leurs vies de famille, c'est logique. D'autant insister, comme par exemple lors de l'enchainement de scènes à Thanksgiving, où chacun découpe la dinde en famille en se retrouvant confrontés aux mêmes questions de leurs proches, c'est un peu longuet à force. A coté de ça, le récit introduit assez tôt le rôle d'un fournisseur de joints toriques utilisés sur le lanceur de la navette. Très vite on comprend que ces pièces auront un role à jouer dans l'explosion à venir. Ce qui est vraiment intéressant, c'est de voir que de nombreuses alertes, parfois virulentes, ont été signalées à plusieurs reprises. Ce qui est terrible, c'est de voir comment la NASA ne les a pas prises en compte, préférant ne pas décaler le lancement pour des problématique d'image et de budget. Tout ça nous conduit inéluctablement au drame annoncé. La fin, probablement légèrement romancée, raconte les dernières secondes de l'équipage et ajoute un peu de tension et de drama à l'ensemble. Un final assez réussi pour conclure une histoire terrible qui aura durablement marqué le monde de l'aérospatial.
La Promesse de la Tortue
La Promesse de la Tortue est une bonne bande dessinée de pirates, solide et agréable à lire, qui se distingue surtout par son choix de placer des héroïnes féminines au centre du récit. Le contexte historique et pirate est crédible et restitue un univers rude sans complaisance excessive. Le scénario repose sur une construction efficace : trois trajectoires féminines qui avancent tour à tour ensemble puis séparément pour se retrouver. Cette alternance donne un rythme maîtrisé et permet de suivre l’évolution personnelle de chacune des héroïnes, dont la progression est l’un des vrais points forts de la série. Les romances apportent une respiration bienvenue et participent à l’humanisation des personnages, même si elles restent parfois un peu faibles ou convenues. L’ensemble fonctionne néanmoins bien : une aventure prenante, portée par des personnages attachants, dans un univers dur mais jamais gratuit.
Ganglion & fils
Dans un petit village où il ne se passe strictement rien, une entreprise de pompes funèbres végète faute de clients. Personne ne meurt, les journées s’étirent dans une torpeur absurde, jusqu’au jour où un décès relance enfin la machine et embarque les deux employés dans un convoi funéraire qui va peu à peu tourner à la farce noire. La lecture n’est pas désagréable, loin de là. Il y a une ambiance sympathique de petit village breton, un humour noir discret, un côté décalé assez sympathique dans cette galerie de personnages un peu paumés et ces lieux figés hors du temps. Le dessin fonctionne bien, lisible, propre, au service de ce ton un peu mélancolique et absurde. Mais pendant toute ma lecture, je me suis quand même demandé où l’auteur voulait en venir. Ça enchaîne les situations étranges, les petites bizarreries, les péripéties plus ou moins loufoques, sans que je perçoive vraiment une direction claire ou un vrai enjeu. On avance, mais un peu à tâtons. Et la fin, qui prend une tournure surprenante mais s'achève de manière assez rapide, ne vient pas vraiment éclairer tout ça ni donner un vrai sentiment d’aboutissement. Du coup, je suis resté un peu sur ma faim, légèrement perplexe. Je n'ai pas passé un mauvais moment pour autant, ça se lit facilement, mais une impression d’ensemble un peu floue qui m’empêche d’être réellement convaincu.
Static
Un chercheur un peu – beaucoup – zarbi, sorte de mixe entre Frankenstein et le docteur Moreau, bricole des êtres improbables à partir de bestioles que lui ramène son pote, le héros de l’histoire (au passage, le bestiaire est assez barré). Le héros donc, qui cherche à éviter une bande mafieuse à qui il doit des sous, à se rabibocher avec son ex et son gamin. Mais surtout qui cherche une rédemption, en libérant une créature de son pote chercheur fou, ce qui va entrainer leur brouille et quelques violences. C’est rythmé, parfois un peu trashouille. Mais c’est aussi vite lu, un peu creux, l’univers étrange est finalement eu développé. J’en suis en tout cas sorti avec un ressenti mitigé. Le dessin est original, étrange. Avec des corps aux proportions surprenantes, comme les décors d’ailleurs, où proportions, perspectives, ne sont pas toujours « habituelles ». Un univers relativement original, mais au final le sentiment de n’avoir lu qu’une ébauche, quelques idées foutraques jetées sur le papier. Note réelle 2,5/5.
Bouts d'ficelles
Dans le métro, Thibault, garçon timide et sans histoire, échange un regard avec une inconnue. À partir de là, une succession d'accidents, de rencontres et de malentendus l'entraîne, le temps d'une nuit, dans une spirale de situations de plus en plus improbables, du simple sac de litière éventré à des péripéties franchement rocambolesques, sans qu'il ne maîtrise jamais vraiment ce qui lui arrive. Graphiquement, c'est clairement le gros point fort. Olivier Pont est aussi connu pour Où le regard ne porte pas... et Un putain de salopard et son talent de dessinateur ne fait aucun doute. Son trait est souple, vivant, très agréable à l'œil, avec un côté semi-réaliste chaleureux qui donne beaucoup de charme aux personnages comme aux décors. Paris a une vraie présence, les expressions sont pleines d'énergie, et certaines séquences nocturnes ont quelque chose de très poétique. À plusieurs reprises, des éléments tant visuels que scénaristiques m'ont rappelé l'ambiance de La nuit du chat, très bon album de la série Broussaille qui me semble bien avoir inspiré en partie l'auteur : ce même mélange de douceur urbaine, de balade un peu onirique et de tendresse mélancolique. Visuellement, c'est beau, généreux et franchement plaisant à parcourir. Là où je suis beaucoup plus réservé, c'est sur la construction du scénario. Toute la mécanique repose sur une accumulation de coïncidences et de quiproquos qui enfoncent toujours davantage le héros dans une situation plus compliquée que la précédente. Sauf que ce procédé est ultra vu et revu, et je ne l'ai jamais trouvé enthousiasmant. Cette fuite en avant permanente, censée être drôle ou virevoltante, m'a surtout donné une impression de facilité, comme si les péripéties s'enchaînaient un peu au hasard. On avance, mais sans véritable tension ni surprise, juste par empilement d'événements. Ce n'est que quand j'ai compris le lien avec la comptine Trois p'tits chats et sa logique d'associations en cascade que j'ai pu mieux accepter le principe, et que ça a atténué mon agacement. L'idée donne au chaos une petite cohérence ludique. Mais ça ne compense pas totalement le manque de structure. Et le fait d'apprendre en postface que le scénario a été largement improvisé explique sans doute ce ressenti : j'ai souvent eu l'impression d'une suite de passages convenus plutôt que d'un récit vraiment construit. J'ai apprécié le dessin très joli et l'ambiance attachante, mais côté histoire je suis resté sur quelque chose de trop déjà-vu et trop léger, une balade sympathique sur le moment, mais pas vraiment mémorable. Note : 2,5/5
Le Pêcheur et la Salamandre
2.5 Franchement déçu par la lecture de ce premier tome. Au vu des notes positives, je pensais que j'aillais adorer, mais ce ne fut pas le cas. La structure du scénario ressemble à un conte. Ce n'est pas pour me déplaire car j'aime bien les contes, mais le scénario est vraiment trop classique pour me passionner. À la limite, cela ne m'aurait pas trop dérangé si au moins les personnages étaient attachants, mais voilà le pêcheur me laisse indifférent et la salamandre m'a vite . C'est aussi encore une fois un premier tome introductif où il ne se passe pas grand chose pendant trop de pages afin que le tome se termine sur un cliffhanger qui incite le lecteur à lire la suite. Parlons de la suite, j'ai vu que le second tome est sorti récemment et franchement je ne pense pas que j'ai vraiment envie de le lire un jour. Il reste le dessin qui est certes superbe, mais cela ne suffit pas à rendre un scénario captivant.
Automne
Il me semble que c'est par Automne que j'ai commencé ma découverte de McNaught en fin 2025. C'est une histoire sur la banalité d'un quotidien, morne, routinier. Le personnage principal est un jeune garçon qui se trouve être commis de cuisine dans une maison de retraite. Il a aussi un autre petit boulot et il aime les jeux vidéos. Les dialogues sont ultra-limités. L'album doit se lire en 5 minutes montre en main. Un peu plus si vous avez envie de détailler chaque case où une simple action, un simple décor comme le vol d'un oiseau ou la chute d'une feuille d'arbre peut être découpé sur 4 petites cases. Je lis héritier de Richard McGuire ou de Chris Ware, je ne suis pas étonné en terme de narration les habitués de M. Ware vont s'y retrouver ici. Palette de couleurs limitée et subtile.
Démokratia
Un manga de seulement 5 tomes qui explore pas mal de sujets. Cela commence par 2 étudiants geek qui fabriquent un joli robot femme dans leur garage, tellement réaliste qu'on ne la distingue pas d'un humain. Il faut juste la rebrancher une fois de temps en temps. Passons sur l'exploit technique, ils décident de la coupler avec un système 'démocratique', c'est-à-dire qu'ils infectent par un virus l'ordinateur de 3000 personnes pour les faire participer à une expérience inédite. Cette communauté va pouvoir déterminer les actions du robot à la majorité parmi les propositions des uns et des autres. Pour que les participants ne reconnaissent pas les lieux, les noms et les visages, les créateurs mettent en place un système de brouillage. Pour le coup cela commence comme dans la série Code Lisa que je regardais gamin, mais le côté démocratique permet d'avoir tout un tas de réflexions philosophiques et reflétant la société dans le meilleur avec les connaissances cumulées des uns et des autres et aussi dans le pire avec des gens extrémistes qui vont faire dériver l'expérience. Par exemple c'est au début du tome 4 de mémoire qu'on trouve toute une séquence sur un vieil homme malade qui souhaite en finir avec sa vie, la robote par la voix d'une participante infirmière au fait du système de santé japonais lui parle de tout un tas de possibilités pour pouvoir être hospitalisé à domicile. Il y a toute une dialectique entre les 2 personnages sur le sujet de la fin de vie, problématique qui est aussi en discussions en France ces temps-ci. Parfois un peu longuet et bavard, c'est en tout cas une histoire solide autour de la psychologie sociale d'un groupe d'anonymes.
Marathon
La petite histoire d'un marathon, d'un vainqueur particulier et d'un contexte. Et c'est un peu tout ... C'est le genre de BD très bien faite et parfaitement exécutée, dont la problématique à mes yeux est l'ambition de base. C'est une histoire d'un marathon, celui de 1928 et de son résultat. On a le descriptif presque instant par instant et je dois dire que je ne vois pas spécialement l'intérêt au-delà de la première lecture. Le rendu en petites cases découpe chaque instant pour nous faire ressentir ce marathon, donnant l'impression de le vivre en même temps. La narration visuelle est parfaitement réussie, avec des tons ocres qui rappellent les photos anciennes. Sans doute est-ce une volonté de donner un aspect ancien. Je n'aurais pas grand chose à en dire, cette BD est vraiment le problème qu'on a parfois avec des récits qui sont bien menés mais qui ne suffisent pas. A mon goût, ça donne une BD que j'ai lu sans déplaisir, que j'oublierais vite parce que l'histoire racontée n'est pas suffisamment marquante et que je ne peux pas dire mauvaise non plus. Donc voila, pas recommandée mais en même temps pas du tout raté. Une BD pas à mon gout, simplement.
L'Éternité béante
J'ai mis la BD dans le genre du documentaire, mais c'est presque faux. Car si la BD est bel et bien un documentaire sur Einstein, la forme est bien plus de l'ordre de l'exploration commentée. Disons que ça n'a pas strictement la forme du documentaire, dans le déroulé autant que dans la présentation. De fait, c'est une exploration de la vie d'Einstein et de ses travaux, le tout commenté par Étienne Klein. Le tout dans une synthèse assez décousue de sa vie, je dois dire. Je connais un peu sa vie et son œuvre, mais je n'étais pas loin d'être perdu dans le récit. C'est assez dur de s'y retrouver, d'autant que c'est un dialogue constant avec Etienne Klein qui rajoute des détails mais aussi des commentaires, liés parfois à sa propre vie. Disons que la lecture n'est pas simplifiée et que je recommanderais pour une prochaine BD de penser avant tout à l'accessibilité au plus grand nombre. Maintenant, ce gros défaut étant passé, la BD est une sorte de synthèse de la vie de Einstein donc. On apprend ses différentes phases de la vie, l'apparition de son pacifisme notamment, son implication dans les grandes découvertes de la mécanique quantique et ses échecs, son exil américain et ainsi de suite. La BD explore donc en profondeur sa pensée et ses engagements, ses plus grandes découvertes et échecs, mais arrive également à transmettre les valeurs que Einstein défendait par un discours final plein de sens directement délivré au spectateur. Inspiré par ses écrits, les auteurs ont décidés ici de donner un message de Einstein à notre époque. L'exercice est osé, et je ne dirais pas que c'est ce qu'Einstein dirait, mais que c'est ce qu'on pourrait extrapoler de sa vie adapté à notre temps. De toute façon, je trouve le message pertinent et sans doute important à entendre. La BD a un dessin assez quelconque, bloquée sans doute par l'obligation de rester proche de personnes et de décors réels. Même si quelques détails dans la mise en scène se notent, ce n'est vraiment pas le genre de BD dont j'arrive à garder en tête le dessin et le rendu, notamment dans les visages qui semblent étrangement figés. C'est sans doute la contrainte qui donne ce genre de résultats. Une BD assez mal équilibrée, donc. Je ne peux pas dire que j'ai aimé, malgré les bonnes intentions de la BD. C'est trop maladroit dans l'exécution et dans le traitement, pétri de bons sentiments mais pas assez bien mené. Une personne ne connaissant pas Einstein sera probablement perdue et pour les autres, il y a des bons passages pas assez bien reliés.