Isabelle Dethan, une passionnée de l'histoire antique livre une biographie sur Cléopâtre.
C'est un album qui m'a semblé bien documenté et qui essaie le plus possible de raconter la vraie vie de Cléopâtre loin des mythes qui tournent autour d'elle. C'est assez dense avec souvent beaucoup de textes, mais le scénario est aussi clair et facile à comprendre ce qui n'était pas facile. Non parce qu'avec toutes les intrigues à la cour d'Égypte ainsi qu'à Rome on peut facilement se mélanger, surtout lorsque plusieurs personnes portent le même nom, mais on ne se perd jamais. Cléopâtre est montrée comme une femme complexe qui est prête à tout pour protéger l'Égypte, même se débarrasser de ses frères et sœurs encombrants.
Une bonne idée de Dethan est que c'est Cléopâtre elle-même qui narre sa vie tout en dialoguant avec la momie d'un ancien pharaon ainsi qu'avec son singe. Ce sont selon moi les meilleurs passages, surtout lorsque Cléopâtre essaie de justifier ses actions, cela permet de ne pas rendre cette biographie monotone et sans vie. Le dessin de Dethan est toujours aussi bon. À lire si on s'intéresse à l'histoire de l'antiquité.
Liv est une jeune bergère qui vit dans les alpages. Elle devient amie avec Bivonche, un animal mi-vache mi-bison doté de pouvoirs magiques : grâce à ses cornes, il peut matérialiser tout ce que la gentille petite bête désire. Ensemble, ils vivent de jolies aventures pleines de sourires et d'insouciance, mais ce serait sans compter sur des braconniers qui veulent s'accaparer le pouvoir de ces cornes bleues.
Il s'agit de courtes aventures mignonnes, sans véritable danger, où le sourire et les fins heureuses sont forcément au rendez-vous : une série bien adaptée à un public de moins de 10 ans. Le dessin d'Amandine Rolain s'inscrit parfaitement dans cette veine : rond, coloré, lumineux, il dégage beaucoup de bonne humeur et une ambiance chaleureuse, même lorsque l'intrigue fait légèrement monter la tension. On sent que tout finira bien.
Il s'en dégage aussi un petit message de protection de la nature et d'affection envers les animaux qui, associé aux éléments magiques du scénario, n'est pas sans rappeler une série comme Yakari, dans un décor plus alpestre et contemporain.
C'est gentil, c'est mignon, un peu convenu peut-être, mais bien dessiné et porteur d'un message positif : typiquement le genre de petite série qu'un parent glissera volontiers entre les mains de ses enfants.
Je dois avouer que rédiger un avis un peu mitigé sur One Piece me donne presque l’impression de monter sur l’échafaud face à une armée de fans prêts à défendre la série sabre à la main. Mais bon, je me lance quand même.
Au début, j’ai pourtant vraiment été conquis. L’univers imaginé par Eiichiro Oda est tout simplement incroyable : un monde immense, rempli d’îles originales, de personnages marquants, d’humour et de combats mémorables. Les premiers arcs sont très efficaces et on s’attache rapidement à l’équipage de Monkey D. Luffy et à leurs rêves.
Malheureusement, au fil du temps, mon enthousiasme s’est un peu émoussé. La série devient beaucoup trop longue et j’ai l’impression que plus l’histoire avance, plus la lecture devient difficile. Le dessin me parle moins qu’au début et je trouve que certaines pages deviennent assez chargées : beaucoup de petits dialogues, un découpage parfois confus, ce qui rend certaines scènes moins fluides à lire.
C’est dommage, car l’univers imaginé par Oda reste absolument fascinant et on sent derrière cette œuvre une imagination et une ambition hors normes. Mais paradoxalement, plus la série avance, plus j’ai tendance à décrocher alors que j’avais été vraiment séduit par ses débuts.
D’ailleurs, j’ai fini par décrocher complètement. Il m’arrive encore de lire quelques scans par curiosité, et aussi (surtout) face à l’enthousiasme inépuisable des fans pirates, en espérant retrouver l’excitation des débuts… mais rien n’y fait. J’ai fini par abandonner...
Cela reste malgré tout une œuvre marquante du manga moderne, dont l’ampleur et la créativité méritent le respect.
J’ai lu les deux tomes de Delilah Dirk et mon ressenti est un peu partagé.
Le premier tome est une très bonne surprise. L’aventure est dynamique, l’univers dépaysant et les personnages sont immédiatement attachants. Delilah est une héroïne pleine d’énergie, audacieuse et imprévisible, et le duo qu’elle forme avec Selim fonctionne très bien. Il y a un vrai esprit de récit d’aventure, presque à la manière des grands romans d’exploration ou des films d’aventure classiques. La lecture est fluide, amusante et très agréable.
Le deuxième tome m’a en revanche un peu moins convaincu. L’histoire m’a semblé moins marquante et j’ai eu l’impression que l’élan du premier album s’essoufflait légèrement. L’aventure reste plaisante, mais j’ai été moins embarqué et moins surpris que lors de la découverte du premier tome.
Cela reste néanmoins une série très sympathique, portée par un univers original, un dessin élégant et des personnages attachants.
Pendant longtemps, je n’ai connu que le premier tome de cette série, qui m’avait vraiment marqué. À l’époque, j’avais été impressionné par le dessin percutant de Mathieu Lauffray et par l’ampleur du récit : une fantasy sombre, violente, presque de la dark fantasy sans concession, avec ces huit frères sorciers redoutables lancés dans une traque impitoyable. L’univers semblait riche, le ton épique, et ce premier album donnait clairement l’impression d’ouvrir une grande saga.
Malheureusement, en découvrant la suite récemment, la série m’a paru nettement moins à la hauteur de ses promesses. Le départ de Lauffray se ressent rapidement : même si ses successeurs ne déméritent pas totalement, le dessin perd en puissance, en lisibilité et en personnalité. J'ai ressenti une baisse progressive de la qualité graphique au fil des tomes, avec des planches parfois plus brouillonnes ou moins inspirées.
Côté scénario, le souffle du début retombe également. La longue poursuite qui structure la série s’étire un peu trop, donnant l’impression que l’histoire tourne en rond. Certains éléments intéressants du départ comme le mystère et la menace que représentent les sorciers de Tichit perdent de leur impact, et les personnages deviennent moins crédibles ou moins impressionnants. Plusieurs incohérences ou facilités scénaristiques viennent aussi affaiblir l’ensemble.
Je retiens donc un premier tome marquant et très prometteur, mais une suite qui s’essouffle progressivement, tant sur le plan graphique que narratif. La série reste originale et possède un univers intéressant, mais elle donne surtout le sentiment d’un potentiel qui n’a jamais été pleinement exploité.
Comme Le Promeneur et en partie Le Gourmet solitaire, cet album de Taniguchi propose une promenade contemplative aux côtés d'un homme qui marche simplement dans son quartier, observant ce qui l'entoure. Plus qu'une véritable histoire, c'est une succession de petits moments du quotidien qui invitent à ralentir et à prêter attention aux choses ordinaires.
J’ai apprécié cette balade très intérieure, presque muette, qui dégage une vraie sensation de calme. Le dessin, fidèle au style de Taniguchi, reste assez classique mais impressionne par la précision de ses décors : rues typiquement japonaises, parcs ou coins de nature dégagent une atmosphère apaisante. L’auteur parvient à transmettre ce plaisir simple de marcher et d’observer ce qui nous entoure, qu’il fasse beau, qu’il pleuve ou qu’il fasse froid, comme une invitation à vivre en harmonie avec son environnement et à redécouvrir les petits plaisirs ordinaires que l’on oublie souvent dans un quotidien trop pressé.
Il faut admettre toutefois que l’album pousse très loin cette logique de scènes d’ambiance, parfois au point de donner l’impression qu’il ne se passe vraiment rien. J'ai donc passé un moment agréable mais je suis resté un peu extérieur au récit : il manque une histoire plus construite ou plus émotive, comme dans d’autres œuvres marquantes de Taniguchi.
Sans être foncièrement emporté par cette lecture qui n'est plus une surprise pour moi qui ai lu beaucoup de séries de cet auteur, j'ai retrouvé avec plaisir sa philosophie et sa capacité à s'émerveiller de choses simples du quotidien. Une BD douce et contemplative, qui plaira surtout à ceux qui aiment prendre le temps de regarder.
Un autre gros délire de Garth Ennis.
J'ai souvent de la difficulté avec ses scénarios purement humoristiques, pour moi il fait parti des auteurs dont l'humour fonctionne mieux lorsque cela sert à contrebalancer un scénario sérieux. Ici, ce n’est pas trop mal parce que j'aime bien l'idée de départ (un type qui arrange les problèmes causés par des créatures fantastiques) et la plupart du temps j'ai souris. Les situations sont bien trouvées et je ne savais jamais ce qui allait se passer ensuite. Le dessin est sympathique.
Le seul problème est que le scénario est au final trop léger pour être mémorable, mais au moins cela se termine avant qu'Ennis étire trop le concept. Un album à emprunter à la bibliothèque.
Garth Ennis signe une série policière d'horreur pas mal.
Le scénario mets en vedette une femme policière qui se retrouve dans une enquête qui mélange policiers voyous, la misogynie et le paranormal. Ennis traite de plusieurs sujets actuels: la violence faites aux femmes, la masculinité toxique et les brutalités policières et il fait de manière assez subtil comme il en est capable lorsqu'il ne tombe pas dans ses travers. On ne retrouve pas son humour trash, mais il y a des scènes gores qui j'imagine vont rendre content les amateurs du genre. Personnellement, à force d'avoir vu ce genre de scènes gores censé être choquant et ben j'ai fini par être désensibilisé.
J'ai bien aimé ce récit même si je trouve qu'il manque quelques choses pour le rendre captivant. Il faut dire que je ne suis pas trop fan du dessin qui est le style de dessin réaliste qu'on retrouve dans pleins de comics modernes et que je trouve juste fade et sans personnalités. J'ai tout de même réussi à ressentir de l'empathie pour les deux personnages féminins importants de l'album. Le scénario évite l'erreur de dénoncer le sexisme avec un récit manichéen oû tous les hommes sont des gros méchants et les femmes toutes des pur victimes. L'héroïne est complexe et à des défauts.
Je serai plus vache dans ma note que mes prédécesseurs mais je confirme la bonne réussite de ce tome, une lecture plutôt bien agréable.
Les ingrédients ne surprendront pas mais restent bien agencés. L’histoire ne s’encombre pas d’un grand réalisme mais le lecteur passera forcément un bon moment.
La partie graphique assure parfaitement le taf. L’humour marche bien, les personnages (ou les animaux) sont bien typés, la construction en chapitres est sympathique … en fait si ce n’est ce côté trop léger (à mon goût) et cette fin pas aussi bonne qu’escomptée, je n’ai rien à dire de méchant.
Un western réussi dans son registre mais j’avoue que je l’oublierai relativement vite.
Après lecture des 14 tomes.
Ils sont corrects, ma note globale ne dépasse pas 3/5 et quelques-uns sont à 4/5.
Je dis correct, car tout est très lisse, scolaire dans la mise en scène et le dessin.
Je n’ai pas bien compris le choix de nombreux dessinateurs qui sont certes excellents, mais dont le style n’est pas adapté pour de la « barbare fantasy » tirant vers la dark fantasy.
Pour ma part, les deux qui sortent du lot sont les tomes 9 « Les mangeurs d’hommes de Zamboula » et 10 « La maison aux trois bandits » : ils apportent quelque chose de beaucoup plus expressif, sauvage, charnel, avec une vraie sensualité dans la mise en scène, dans le dessin, le choix des couleurs et la présence magnétique des personnages. Note 4/5 avec coup de cœur.
Mon tome préféré à tous points de vue, dessin, couleur, découpage, narration, ambiance etc, c’est celui de Gess : « Les mangeurs d’hommes de Zamboula ». Je trouve que c’est un auteur remarquable et complet ; on le voit notamment avec sa magnifique série « les contes de la pieuvre » dont par exemple Célestin et le coeur de Vendrezanne.
Le talent de Virginie Augustin est tel que le tome 6 « Chimères de fer dans la clarté lunaire » est aussi brillant, même s’il reste sage pour un univers Cimmérien. Note 4/5
Le tome 8 « Le peuple du Cercle noir » de Sylvain Runberg & Jae-Kwang Park est vraiment bien réalisé, mais le dessin est très typé manga et du coup ne donne pas une interprétation assez réaliste du cimmérien à mon goût. Note 3,5/5
Le tome 13 « Xuthal la crépusculaire » de Christophe Bec est de bonne facture, mais je ressens toujours une sorte de malaise à la lecture de ses bd mis à part Carême. Note 3,5/5
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Moi, Cléopâtre, dernière reine d'Égypte
Isabelle Dethan, une passionnée de l'histoire antique livre une biographie sur Cléopâtre. C'est un album qui m'a semblé bien documenté et qui essaie le plus possible de raconter la vraie vie de Cléopâtre loin des mythes qui tournent autour d'elle. C'est assez dense avec souvent beaucoup de textes, mais le scénario est aussi clair et facile à comprendre ce qui n'était pas facile. Non parce qu'avec toutes les intrigues à la cour d'Égypte ainsi qu'à Rome on peut facilement se mélanger, surtout lorsque plusieurs personnes portent le même nom, mais on ne se perd jamais. Cléopâtre est montrée comme une femme complexe qui est prête à tout pour protéger l'Égypte, même se débarrasser de ses frères et sœurs encombrants. Une bonne idée de Dethan est que c'est Cléopâtre elle-même qui narre sa vie tout en dialoguant avec la momie d'un ancien pharaon ainsi qu'avec son singe. Ce sont selon moi les meilleurs passages, surtout lorsque Cléopâtre essaie de justifier ses actions, cela permet de ne pas rendre cette biographie monotone et sans vie. Le dessin de Dethan est toujours aussi bon. À lire si on s'intéresse à l'histoire de l'antiquité.
Liv et Bivonche
Liv est une jeune bergère qui vit dans les alpages. Elle devient amie avec Bivonche, un animal mi-vache mi-bison doté de pouvoirs magiques : grâce à ses cornes, il peut matérialiser tout ce que la gentille petite bête désire. Ensemble, ils vivent de jolies aventures pleines de sourires et d'insouciance, mais ce serait sans compter sur des braconniers qui veulent s'accaparer le pouvoir de ces cornes bleues. Il s'agit de courtes aventures mignonnes, sans véritable danger, où le sourire et les fins heureuses sont forcément au rendez-vous : une série bien adaptée à un public de moins de 10 ans. Le dessin d'Amandine Rolain s'inscrit parfaitement dans cette veine : rond, coloré, lumineux, il dégage beaucoup de bonne humeur et une ambiance chaleureuse, même lorsque l'intrigue fait légèrement monter la tension. On sent que tout finira bien. Il s'en dégage aussi un petit message de protection de la nature et d'affection envers les animaux qui, associé aux éléments magiques du scénario, n'est pas sans rappeler une série comme Yakari, dans un décor plus alpestre et contemporain. C'est gentil, c'est mignon, un peu convenu peut-être, mais bien dessiné et porteur d'un message positif : typiquement le genre de petite série qu'un parent glissera volontiers entre les mains de ses enfants.
One Piece
Je dois avouer que rédiger un avis un peu mitigé sur One Piece me donne presque l’impression de monter sur l’échafaud face à une armée de fans prêts à défendre la série sabre à la main. Mais bon, je me lance quand même. Au début, j’ai pourtant vraiment été conquis. L’univers imaginé par Eiichiro Oda est tout simplement incroyable : un monde immense, rempli d’îles originales, de personnages marquants, d’humour et de combats mémorables. Les premiers arcs sont très efficaces et on s’attache rapidement à l’équipage de Monkey D. Luffy et à leurs rêves. Malheureusement, au fil du temps, mon enthousiasme s’est un peu émoussé. La série devient beaucoup trop longue et j’ai l’impression que plus l’histoire avance, plus la lecture devient difficile. Le dessin me parle moins qu’au début et je trouve que certaines pages deviennent assez chargées : beaucoup de petits dialogues, un découpage parfois confus, ce qui rend certaines scènes moins fluides à lire. C’est dommage, car l’univers imaginé par Oda reste absolument fascinant et on sent derrière cette œuvre une imagination et une ambition hors normes. Mais paradoxalement, plus la série avance, plus j’ai tendance à décrocher alors que j’avais été vraiment séduit par ses débuts. D’ailleurs, j’ai fini par décrocher complètement. Il m’arrive encore de lire quelques scans par curiosité, et aussi (surtout) face à l’enthousiasme inépuisable des fans pirates, en espérant retrouver l’excitation des débuts… mais rien n’y fait. J’ai fini par abandonner... Cela reste malgré tout une œuvre marquante du manga moderne, dont l’ampleur et la créativité méritent le respect.
Delilah Dirk
J’ai lu les deux tomes de Delilah Dirk et mon ressenti est un peu partagé. Le premier tome est une très bonne surprise. L’aventure est dynamique, l’univers dépaysant et les personnages sont immédiatement attachants. Delilah est une héroïne pleine d’énergie, audacieuse et imprévisible, et le duo qu’elle forme avec Selim fonctionne très bien. Il y a un vrai esprit de récit d’aventure, presque à la manière des grands romans d’exploration ou des films d’aventure classiques. La lecture est fluide, amusante et très agréable. Le deuxième tome m’a en revanche un peu moins convaincu. L’histoire m’a semblé moins marquante et j’ai eu l’impression que l’élan du premier album s’essoufflait légèrement. L’aventure reste plaisante, mais j’ai été moins embarqué et moins surpris que lors de la découverte du premier tome. Cela reste néanmoins une série très sympathique, portée par un univers original, un dessin élégant et des personnages attachants.
Le Serment de l'Ambre
Pendant longtemps, je n’ai connu que le premier tome de cette série, qui m’avait vraiment marqué. À l’époque, j’avais été impressionné par le dessin percutant de Mathieu Lauffray et par l’ampleur du récit : une fantasy sombre, violente, presque de la dark fantasy sans concession, avec ces huit frères sorciers redoutables lancés dans une traque impitoyable. L’univers semblait riche, le ton épique, et ce premier album donnait clairement l’impression d’ouvrir une grande saga. Malheureusement, en découvrant la suite récemment, la série m’a paru nettement moins à la hauteur de ses promesses. Le départ de Lauffray se ressent rapidement : même si ses successeurs ne déméritent pas totalement, le dessin perd en puissance, en lisibilité et en personnalité. J'ai ressenti une baisse progressive de la qualité graphique au fil des tomes, avec des planches parfois plus brouillonnes ou moins inspirées. Côté scénario, le souffle du début retombe également. La longue poursuite qui structure la série s’étire un peu trop, donnant l’impression que l’histoire tourne en rond. Certains éléments intéressants du départ comme le mystère et la menace que représentent les sorciers de Tichit perdent de leur impact, et les personnages deviennent moins crédibles ou moins impressionnants. Plusieurs incohérences ou facilités scénaristiques viennent aussi affaiblir l’ensemble. Je retiens donc un premier tome marquant et très prometteur, mais une suite qui s’essouffle progressivement, tant sur le plan graphique que narratif. La série reste originale et possède un univers intéressant, mais elle donne surtout le sentiment d’un potentiel qui n’a jamais été pleinement exploité.
L'Homme qui marche
Comme Le Promeneur et en partie Le Gourmet solitaire, cet album de Taniguchi propose une promenade contemplative aux côtés d'un homme qui marche simplement dans son quartier, observant ce qui l'entoure. Plus qu'une véritable histoire, c'est une succession de petits moments du quotidien qui invitent à ralentir et à prêter attention aux choses ordinaires. J’ai apprécié cette balade très intérieure, presque muette, qui dégage une vraie sensation de calme. Le dessin, fidèle au style de Taniguchi, reste assez classique mais impressionne par la précision de ses décors : rues typiquement japonaises, parcs ou coins de nature dégagent une atmosphère apaisante. L’auteur parvient à transmettre ce plaisir simple de marcher et d’observer ce qui nous entoure, qu’il fasse beau, qu’il pleuve ou qu’il fasse froid, comme une invitation à vivre en harmonie avec son environnement et à redécouvrir les petits plaisirs ordinaires que l’on oublie souvent dans un quotidien trop pressé. Il faut admettre toutefois que l’album pousse très loin cette logique de scènes d’ambiance, parfois au point de donner l’impression qu’il ne se passe vraiment rien. J'ai donc passé un moment agréable mais je suis resté un peu extérieur au récit : il manque une histoire plus construite ou plus émotive, comme dans d’autres œuvres marquantes de Taniguchi. Sans être foncièrement emporté par cette lecture qui n'est plus une surprise pour moi qui ai lu beaucoup de séries de cet auteur, j'ai retrouvé avec plaisir sa philosophie et sa capacité à s'émerveiller de choses simples du quotidien. Une BD douce et contemplative, qui plaira surtout à ceux qui aiment prendre le temps de regarder.
Freddie l'Arrangeur
Un autre gros délire de Garth Ennis. J'ai souvent de la difficulté avec ses scénarios purement humoristiques, pour moi il fait parti des auteurs dont l'humour fonctionne mieux lorsque cela sert à contrebalancer un scénario sérieux. Ici, ce n’est pas trop mal parce que j'aime bien l'idée de départ (un type qui arrange les problèmes causés par des créatures fantastiques) et la plupart du temps j'ai souris. Les situations sont bien trouvées et je ne savais jamais ce qui allait se passer ensuite. Le dessin est sympathique. Le seul problème est que le scénario est au final trop léger pour être mémorable, mais au moins cela se termine avant qu'Ennis étire trop le concept. Un album à emprunter à la bibliothèque.
Ribbon Queen
Garth Ennis signe une série policière d'horreur pas mal. Le scénario mets en vedette une femme policière qui se retrouve dans une enquête qui mélange policiers voyous, la misogynie et le paranormal. Ennis traite de plusieurs sujets actuels: la violence faites aux femmes, la masculinité toxique et les brutalités policières et il fait de manière assez subtil comme il en est capable lorsqu'il ne tombe pas dans ses travers. On ne retrouve pas son humour trash, mais il y a des scènes gores qui j'imagine vont rendre content les amateurs du genre. Personnellement, à force d'avoir vu ce genre de scènes gores censé être choquant et ben j'ai fini par être désensibilisé. J'ai bien aimé ce récit même si je trouve qu'il manque quelques choses pour le rendre captivant. Il faut dire que je ne suis pas trop fan du dessin qui est le style de dessin réaliste qu'on retrouve dans pleins de comics modernes et que je trouve juste fade et sans personnalités. J'ai tout de même réussi à ressentir de l'empathie pour les deux personnages féminins importants de l'album. Le scénario évite l'erreur de dénoncer le sexisme avec un récit manichéen oû tous les hommes sont des gros méchants et les femmes toutes des pur victimes. L'héroïne est complexe et à des défauts.
Son of a gun!
Je serai plus vache dans ma note que mes prédécesseurs mais je confirme la bonne réussite de ce tome, une lecture plutôt bien agréable. Les ingrédients ne surprendront pas mais restent bien agencés. L’histoire ne s’encombre pas d’un grand réalisme mais le lecteur passera forcément un bon moment. La partie graphique assure parfaitement le taf. L’humour marche bien, les personnages (ou les animaux) sont bien typés, la construction en chapitres est sympathique … en fait si ce n’est ce côté trop léger (à mon goût) et cette fin pas aussi bonne qu’escomptée, je n’ai rien à dire de méchant. Un western réussi dans son registre mais j’avoue que je l’oublierai relativement vite.
Conan le Cimmérien
Après lecture des 14 tomes. Ils sont corrects, ma note globale ne dépasse pas 3/5 et quelques-uns sont à 4/5. Je dis correct, car tout est très lisse, scolaire dans la mise en scène et le dessin. Je n’ai pas bien compris le choix de nombreux dessinateurs qui sont certes excellents, mais dont le style n’est pas adapté pour de la « barbare fantasy » tirant vers la dark fantasy. Pour ma part, les deux qui sortent du lot sont les tomes 9 « Les mangeurs d’hommes de Zamboula » et 10 « La maison aux trois bandits » : ils apportent quelque chose de beaucoup plus expressif, sauvage, charnel, avec une vraie sensualité dans la mise en scène, dans le dessin, le choix des couleurs et la présence magnétique des personnages. Note 4/5 avec coup de cœur. Mon tome préféré à tous points de vue, dessin, couleur, découpage, narration, ambiance etc, c’est celui de Gess : « Les mangeurs d’hommes de Zamboula ». Je trouve que c’est un auteur remarquable et complet ; on le voit notamment avec sa magnifique série « les contes de la pieuvre » dont par exemple Célestin et le coeur de Vendrezanne. Le talent de Virginie Augustin est tel que le tome 6 « Chimères de fer dans la clarté lunaire » est aussi brillant, même s’il reste sage pour un univers Cimmérien. Note 4/5 Le tome 8 « Le peuple du Cercle noir » de Sylvain Runberg & Jae-Kwang Park est vraiment bien réalisé, mais le dessin est très typé manga et du coup ne donne pas une interprétation assez réaliste du cimmérien à mon goût. Note 3,5/5 Le tome 13 « Xuthal la crépusculaire » de Christophe Bec est de bonne facture, mais je ressens toujours une sorte de malaise à la lecture de ses bd mis à part Carême. Note 3,5/5