Je découvre Rosalia Radosti avec cet album où elle s'occupe de tout. Et je vous le dis, une artiste à surveiller.
Un conte qui vise avant tout un jeune public (féminin) de 10 à 13 ans et plus si affinités.
Le récit commence en mode conte de fée, un royaume qui prospère et des parents aimant pour cette princesse qui va épouser son prince charmant. Mais comme l'annonce la première page, la noirceur va s'inviter.
On va découvrir notre fameuse princesse au doux nom de Sauvage, de sa naissance à cette statue la représentant, toujours à la première page. Une jeune fille espiègle et spontanée ne rentrant pas dans les standards de princesse, elle ne respecte pas les règles et les obligations dû à son rang. Elle veut juste trouver quelqu'un de spécial qui lui ressemble.
Une première partie qui part sur les bases classiques du conte de fée, tous les ingrédients y sont présents, même la sorcière sera là, est-elle gentille ou méchante ? Surprise. Pas de réels coups de théâtre donc dans cette première phase avec sa touche d'humour, la seconde partie va apporter un souffle nouveau à l'histoire avec ce basculement dans le côté obscur, avec ce fameux prince charmant qui n'est pas si charmant que cela après les beaux premiers jours.
Un conte qui distille quelques messages (la place de la femme dans nos sociétés et son indépendance) mais cela reste trop léger pour l'adulte que je suis.
Par contre, la partie graphique est très très belle. Un dessin lumineux ou sombre suivant les événements proposés. Et ce visuel qui en met plein les yeux doit beaucoup aux superbes couleurs.
En conclusion, un conte cruel et très beau qui poussera nos jeunes pousses à la réflexion.
Note réelle : 3,5.
Il y a deux manières de lire cette bande, aucune n'étant vraiment satisfaisante.
Les EO : de meilleur qualité mais sans la fin de l'histoire.
Ou bien l'intégrale, avec son ignoble couverture, avec un dessin qui a perdu tout son contraste, mais aussi avec un 4eme tome inclus à l'intérieur.
Je rajoute que les originaux du premier tome ont dû disparaitre, puisqu'on a droit à des scans de piètre qualité, avec 5 centimètres de marge à la fin de chaque page.
Donc une entrée en matière compliquée !
Et pourtant le recit proposé ici se révèle assez prenant.
Dufaux rajoute une couche de fantastique religieux mais l'intrigue de base fait furieusement penser au film Scanners de Cronenberg, avec des télépathes apprenant à maîtriser leurs pouvoirs, qui sont pourchassés et qui cherchent à en apprendre plus sur leur identité.
Le volume inédit se révèle au final assez décevant et n'apporte pas grand chose, d'autant qu'il est truffé de facilités scénaristiques.
Le dessin de Renaud correspond à ce qu'il fait déjà sur Jessica Blandy à l'époque. C'est un style unique.
Cependant le cadre fantastique ne lui convient pas tellement, les effets spéciaux font peine à voir.
Pour les fans de lézards mais pas que.
On retrouve ici tout ce qui fait habituellement la force de Marion Montaigne : une vulgarisation scientifique très solide, un vrai travail de documentation et surtout un humour qui fonctionne souvent très bien. Elle a régulièrement le sens de la formule ou du gag absurde qui tombe juste, et certains passages sont vraiment très drôles tout en restant instructifs. Sur l'histoire de la paléontologie, l'album est d'ailleurs souvent passionnant et permet de découvrir plein d'anecdotes étonnantes sur la manière dont cette discipline s'est construite au fil du temps.
Le problème est plutôt du côté de la forme. L'album est extrêmement dense, très bavard, et entre dans énormément de détails. Résultat : la lecture devient longue et parfois touffue. C'est un gros volume qui demande de l'attention, et l'ayant lu en deux fois, je me suis rendu compte que j'avais presque oublié où j'en étais quand j'ai repris le lendemain.
À cela s'ajoutent les nombreuses digressions autobiographiques où l'autrice parle de son enfance, de son rapport au dessin ou de sa fascination pour les dinosaures. Ce n'est pas inintéressant en soi, mais ces passages rajoutent à la confusion de l'ensemble et cassent le fil du récit.
Cela reste un album amusant et instructif, avec de vrais moments d'humour et une vulgarisation toujours efficace, mais l'ensemble m'a paru trop dense et chargé. Une lecture intéressante, mais longue et parfois un peu laborieuse.
À travers une équipe fictive, très largement inspirée des Dick Kerr's Ladies, l'une des premières équipes anglaises, cette BD évoque à la fois l'émancipation féminine par le sport et le développement du football féminin. Organisé durant la Première Guerre mondiale, il est d'abord toléré puis brutalement interdit avant de réapparaître de longues années plus tard sous une forme officielle avec les premières compétitions internationales.
Le choix de suivre une équipe inventée mais très proche de la réalité est plutôt bien vu : cela permet d'aborder de nombreux aspects de cette histoire (les matchs populaires, les tournées à l'étranger, l'interdiction par la fédération, la lente reconnaissance du football féminin) sans avoir à coller trop rigidement aux faits historiques.
Le dessin est également agréable, dynamique et expressif, ce qui rend les scènes de match assez vivantes.
Vivantes, les différentes protagonistes de cet album le sont aussi : même si l'on sait finalement assez peu de choses d'elles, j'ai apprécié leur énergie et la vivacité de leurs interactions. J'aurais aimé en apprendre davantage sur l'organisation concrète de l'équipe et de ses déplacements, notamment durant la période d'interdiction où l'on se demande d'où venaient les fonds leur permettant de voyager ici et là. Dommage que ce point ne soit pas un peu mieux expliqué, mais ce n'est pas très grave.
J'ai en revanche été un peu gêné par la brusquerie du rythme chronologique. Les années se succèdent rapidement, avec quelques ellipses conséquentes, et cela donne parfois une impression un peu hachée, avec même ce qui ressemble à une inversion de dates à un moment donné (un événement daté un an après un autre alors qu'il semble pourtant se dérouler avant).
Surtout, le fameux "match du siècle" qui donne son titre à l'album et qui est suivi par petites touches tout au long du récit, n'est finalement jamais vraiment expliqué dans la BD elle-même. Ce n'est qu'en lisant le résumé ou le texte documentaire en fin d'album que l'on comprend qu'il s'agissait en réalité d'un match assez ordinaire, simplement marqué par une affluence exceptionnelle. Le choix d'en faire le centre du récit, et même le titre de l'album, paraît du coup un peu étrange.
C'est donc une BD intéressante par ses thématiques et par la page d'histoire qu'elle met en lumière, mais dont le rythme narratif aurait sans doute gagné à être un peu plus abouti.
C'est une BD bien curieuse qui nous vient d'Allemagne aujourd'hui. Une BD qui montre l'Effet Papillon, mais de manière inversée. Comment une catastrophe majeure au Japon peut influer sur le destin de huit personnes qui ne se connaissent pas, ou plus, à... Berlin.
Le récit oscille donc entre ces deux cadres, avec une nette préférence pour la capitale allemande, et le destin croisé de ces personnages, mutiques, rêveurs, sous les eaux ou dans la rue... J'avoue avoir eu un peu de mal à comprendre comment le puzzle construit par Bea Davies allait finalement se dévoiler, et ce n'est qu'à la fin que j'ai compris, dans les deux dernières séquences de l'album.
J'ai plutôt apprécié le trait de Béa Davies, à la fois fin et puissant, en encre de chine, mêlant physionomies et architectures, ombres et lumière, réalité et apparence... Un patchwork plaisant à voir, dans lequel transparaît l'amour le ville où réside l'autrice.
C'est assez sympa, je recommande.
2.5
Le moins que l'on puisse dire est que les séries de Fabien Nury se suivent et ne se ressemblent pas !
En tout cas, celle-ci est assez particulier... J'avoue que durant toute ma lecture du premier tome je ne savais pas trop où les auteurs voulaient en venir avec cet écrivain bien étrange qui semble fou. J'ai cru au début que c'était censé être un personnage inspiré de Lovecraft vu qu'il prétendait avoir écrit un livre maudit qui pousse les gens au suicide (une référence au nécronomicon ?) et c'est en lisant d'autres avis que je me rends compte qu'en fait l'écrivain c'est L. Ron Hubbard et qu'il commence à former sa secte.
Le premier tome sert surtout d'introduction. On voit donc le quotidien d'un écrivain has-been qui a des idées folles et comment il est en train de changer la vie d'un agent littéraire ainsi que celle de sa femme. Ça se laisse lire, mais je ne suis jamais vraiment rentré dans un récit qui m'a semblé obscur la première fois que je l'ai lu... Je l'ai relu un petit peu et je me suis arrêté lorsque je me suis aperçu que mon opinion ne changeait pas. Ça se laisse lire, mais je ne m'intéresse pas au personnage principal et ses discours sur ses croyances m'ont un peu ennuyé. Je ne pense pas lire la suite.
A la suite d'une confusion médicale, un homme est persuadé qu'il ne lui reste que quelques mois à vivre et décide de partir réaliser un vieux rêve, aller voir les baleines au Canada avec sa femme.
Pendant toute ma lecture, j'ai eu l'impression de voir le scénario d'une comédie française des années 1980, le genre de film avec Jean Rochefort en héros un peu dépassé par les événements, balloté par la vie et accumulant les petites misères tout en gardant le moral comme il peut. On suit ainsi une succession de mésaventures et de hasards plus ou moins malheureux qui viennent perturber ce voyage.
Le récit reste agréable, notamment grâce à des personnages assez justes et crédibles (à l'exception de l'assureur envahissant, volontairement très caricatural). Ce double du célèbre Séraphin Lampion est un ajout un peu trop stéréotypé et légèrement pénible : un importun bavard dont les apparitions récurrentes se voient malheureusement venir d'un peu trop loin au fil du récit.
L'ensemble est assez mollasson. Le scénario aligne des situations plutôt attendues et ne crée jamais vraiment de tension ou d'émotion forte. Cela reste néanmoins plaisant à lire, notamment parce que l'histoire ne repose pas trop sur des quiproquos artificiels (hormis celui de départ, mais qui est ici justifié de manière assez crédible).
Il en découle une lecture sympathique mais assez mineure : une petite comédie douce-amère, agréable sur le moment, mais qui manque un peu de relief pour vraiment marquer.
Genèse et Prozac est une succession de gags en une page qui revisitent la Bible et ses grands épisodes sous un angle parodique. Les auteurs imaginent notamment un Dieu anxieux, dépressif et peu sûr de lui, qui doute en permanence de ses propres créations.
L'idée fonctionne plutôt bien sur le principe, et ce Dieu gaffeur, dépassé par ce qu'il a lui-même créé, est globalement assez sympathique. Les auteurs s'amusent à détourner des passages connus de l'Ancien et du Nouveau Testament avec une bonne dose d'irrévérence, parfois sarcastique ou absurde.
Les gags sont cependant assez inégaux. Certains tombent à plat ou paraissent convenus, mais d'autres fonctionnent bien et m'ont fait rire pour de bon. L'ensemble se lit donc de façon agréable, même si l'inspiration varie beaucoup d'une page à l'autre.
Graphiquement, le dessin n'est pas particulièrement réussi : il est raide et pas vraiment très professionnel. En revanche, j'apprécie la lisibilité de la ligne et une certaine élégance minimaliste qui se dégage malgré tout de l'ensemble, ce qui rend la lecture claire et fluide.
C'est un album d'humour inégal mais sympathique, porté par ce portrait assez amusant d'un Dieu dépressif et maladroit qui semble aussi perdu que ses propres créatures.
Note : 2,5/5
Pas banale, cette histoire d'une gamine qui bosse comme une dératée pour permettre à sa famille d'éponger les dettes laissées par le père, et qui se retrouve à devoir partager son corps avec une créature dont on ignore la nature.
Sur ce pitch de départ, Yoshiaki aurait pu faire une série un peu plan-plan, enchaînant les gags et les quiproquos déjà vu dans des histoires de corps contrôlés partiellement par des démons ou des extra-terrestres. Mais non, dès ce tome 1 il fait évoluer la situation, opérant une dissociation physique qui ne casse cependant pas la cohabitation forcée des deux personnages. On a d'ailleurs des corps qui évoluent régulièrement, donc des positionnements de force fluctuants. Et on a bien sûr une grosse boîte qui voit en Sumire une exterminatrice potentiellement très puissante, capable d'enfin débarrasser la Terre des créatures monstrueuses et parasites laissées par une invasion alien datant de plusieurs décennies. C'est enlevé, c'est fun (j'ai carrément pouffer lorsque Sumire, sentant que quelque chose monte dans son corps, crie "ça sort, ça sort, ça sort" et que le démon, pas encore surnommé Duskin, lui crie "retiens-toi, retiens-toi, retiens-toi !"), et c'est assez surprenant. L'éditeur parle d'un mélange entre Dandadan et Kaiju n°8.
Côté dessin, Yoshiaki, qui est fans de Ranma 1/2, a créé son héroïne comme une jumelle de celle de ce glorieux titre, et propose un style classique, mais assez à l'aise avec les designs de monstres (et de robots/cyborgs ?).
C'est sympa, je recommande.
Bon, pas grand chose à dire de cet album, dont je suis sorti un peu sur ma faim.
Le dessin est sympa, agréable à l'œil, idem pour la colorisation. Mais ce dessin manque aussi de détails. Les décors auraient mérité d'être plus mis en avant.
L'intrigue se laisse lire elle aussi agréablement. La narration est fluide, et les délires plus ou moins ancrés dans la réalité de Yuanyuan autour de ses bulles apportent une touche de poésie.
Mais aussi une bonne dose de naïveté, qui tend à l'improbable.
Surtout l'intrigue manque de densité, elle est trop linéaire. Il manque de la tension, que j'ai attendu vainement. Du coup c'est trop facile et simpliste. Et finalement décevant.
Note réelle 2,5/5.
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Sauvage (Rosalia Radosti)
Je découvre Rosalia Radosti avec cet album où elle s'occupe de tout. Et je vous le dis, une artiste à surveiller. Un conte qui vise avant tout un jeune public (féminin) de 10 à 13 ans et plus si affinités. Le récit commence en mode conte de fée, un royaume qui prospère et des parents aimant pour cette princesse qui va épouser son prince charmant. Mais comme l'annonce la première page, la noirceur va s'inviter. On va découvrir notre fameuse princesse au doux nom de Sauvage, de sa naissance à cette statue la représentant, toujours à la première page. Une jeune fille espiègle et spontanée ne rentrant pas dans les standards de princesse, elle ne respecte pas les règles et les obligations dû à son rang. Elle veut juste trouver quelqu'un de spécial qui lui ressemble. Une première partie qui part sur les bases classiques du conte de fée, tous les ingrédients y sont présents, même la sorcière sera là, est-elle gentille ou méchante ? Surprise. Pas de réels coups de théâtre donc dans cette première phase avec sa touche d'humour, la seconde partie va apporter un souffle nouveau à l'histoire avec ce basculement dans le côté obscur, avec ce fameux prince charmant qui n'est pas si charmant que cela après les beaux premiers jours. Un conte qui distille quelques messages (la place de la femme dans nos sociétés et son indépendance) mais cela reste trop léger pour l'adulte que je suis. Par contre, la partie graphique est très très belle. Un dessin lumineux ou sombre suivant les événements proposés. Et ce visuel qui en met plein les yeux doit beaucoup aux superbes couleurs. En conclusion, un conte cruel et très beau qui poussera nos jeunes pousses à la réflexion. Note réelle : 3,5.
Les Enfants de la Salamandre
Il y a deux manières de lire cette bande, aucune n'étant vraiment satisfaisante. Les EO : de meilleur qualité mais sans la fin de l'histoire. Ou bien l'intégrale, avec son ignoble couverture, avec un dessin qui a perdu tout son contraste, mais aussi avec un 4eme tome inclus à l'intérieur. Je rajoute que les originaux du premier tome ont dû disparaitre, puisqu'on a droit à des scans de piètre qualité, avec 5 centimètres de marge à la fin de chaque page. Donc une entrée en matière compliquée ! Et pourtant le recit proposé ici se révèle assez prenant. Dufaux rajoute une couche de fantastique religieux mais l'intrigue de base fait furieusement penser au film Scanners de Cronenberg, avec des télépathes apprenant à maîtriser leurs pouvoirs, qui sont pourchassés et qui cherchent à en apprendre plus sur leur identité. Le volume inédit se révèle au final assez décevant et n'apporte pas grand chose, d'autant qu'il est truffé de facilités scénaristiques. Le dessin de Renaud correspond à ce qu'il fait déjà sur Jessica Blandy à l'époque. C'est un style unique. Cependant le cadre fantastique ne lui convient pas tellement, les effets spéciaux font peine à voir. Pour les fans de lézards mais pas que.
Nos Mondes perdus
On retrouve ici tout ce qui fait habituellement la force de Marion Montaigne : une vulgarisation scientifique très solide, un vrai travail de documentation et surtout un humour qui fonctionne souvent très bien. Elle a régulièrement le sens de la formule ou du gag absurde qui tombe juste, et certains passages sont vraiment très drôles tout en restant instructifs. Sur l'histoire de la paléontologie, l'album est d'ailleurs souvent passionnant et permet de découvrir plein d'anecdotes étonnantes sur la manière dont cette discipline s'est construite au fil du temps. Le problème est plutôt du côté de la forme. L'album est extrêmement dense, très bavard, et entre dans énormément de détails. Résultat : la lecture devient longue et parfois touffue. C'est un gros volume qui demande de l'attention, et l'ayant lu en deux fois, je me suis rendu compte que j'avais presque oublié où j'en étais quand j'ai repris le lendemain. À cela s'ajoutent les nombreuses digressions autobiographiques où l'autrice parle de son enfance, de son rapport au dessin ou de sa fascination pour les dinosaures. Ce n'est pas inintéressant en soi, mais ces passages rajoutent à la confusion de l'ensemble et cassent le fil du récit. Cela reste un album amusant et instructif, avec de vrais moments d'humour et une vulgarisation toujours efficace, mais l'ensemble m'a paru trop dense et chargé. Une lecture intéressante, mais longue et parfois un peu laborieuse.
Le Match du siècle
À travers une équipe fictive, très largement inspirée des Dick Kerr's Ladies, l'une des premières équipes anglaises, cette BD évoque à la fois l'émancipation féminine par le sport et le développement du football féminin. Organisé durant la Première Guerre mondiale, il est d'abord toléré puis brutalement interdit avant de réapparaître de longues années plus tard sous une forme officielle avec les premières compétitions internationales. Le choix de suivre une équipe inventée mais très proche de la réalité est plutôt bien vu : cela permet d'aborder de nombreux aspects de cette histoire (les matchs populaires, les tournées à l'étranger, l'interdiction par la fédération, la lente reconnaissance du football féminin) sans avoir à coller trop rigidement aux faits historiques. Le dessin est également agréable, dynamique et expressif, ce qui rend les scènes de match assez vivantes. Vivantes, les différentes protagonistes de cet album le sont aussi : même si l'on sait finalement assez peu de choses d'elles, j'ai apprécié leur énergie et la vivacité de leurs interactions. J'aurais aimé en apprendre davantage sur l'organisation concrète de l'équipe et de ses déplacements, notamment durant la période d'interdiction où l'on se demande d'où venaient les fonds leur permettant de voyager ici et là. Dommage que ce point ne soit pas un peu mieux expliqué, mais ce n'est pas très grave. J'ai en revanche été un peu gêné par la brusquerie du rythme chronologique. Les années se succèdent rapidement, avec quelques ellipses conséquentes, et cela donne parfois une impression un peu hachée, avec même ce qui ressemble à une inversion de dates à un moment donné (un événement daté un an après un autre alors qu'il semble pourtant se dérouler avant). Surtout, le fameux "match du siècle" qui donne son titre à l'album et qui est suivi par petites touches tout au long du récit, n'est finalement jamais vraiment expliqué dans la BD elle-même. Ce n'est qu'en lisant le résumé ou le texte documentaire en fin d'album que l'on comprend qu'il s'agissait en réalité d'un match assez ordinaire, simplement marqué par une affluence exceptionnelle. Le choix d'en faire le centre du récit, et même le titre de l'album, paraît du coup un peu étrange. C'est donc une BD intéressante par ses thématiques et par la page d'histoire qu'elle met en lumière, mais dont le rythme narratif aurait sans doute gagné à être un peu plus abouti.
Super Gau
C'est une BD bien curieuse qui nous vient d'Allemagne aujourd'hui. Une BD qui montre l'Effet Papillon, mais de manière inversée. Comment une catastrophe majeure au Japon peut influer sur le destin de huit personnes qui ne se connaissent pas, ou plus, à... Berlin. Le récit oscille donc entre ces deux cadres, avec une nette préférence pour la capitale allemande, et le destin croisé de ces personnages, mutiques, rêveurs, sous les eaux ou dans la rue... J'avoue avoir eu un peu de mal à comprendre comment le puzzle construit par Bea Davies allait finalement se dévoiler, et ce n'est qu'à la fin que j'ai compris, dans les deux dernières séquences de l'album. J'ai plutôt apprécié le trait de Béa Davies, à la fois fin et puissant, en encre de chine, mêlant physionomies et architectures, ombres et lumière, réalité et apparence... Un patchwork plaisant à voir, dans lequel transparaît l'amour le ville où réside l'autrice. C'est assez sympa, je recommande.
Electric Miles
2.5 Le moins que l'on puisse dire est que les séries de Fabien Nury se suivent et ne se ressemblent pas ! En tout cas, celle-ci est assez particulier... J'avoue que durant toute ma lecture du premier tome je ne savais pas trop où les auteurs voulaient en venir avec cet écrivain bien étrange qui semble fou. J'ai cru au début que c'était censé être un personnage inspiré de Lovecraft vu qu'il prétendait avoir écrit un livre maudit qui pousse les gens au suicide (une référence au nécronomicon ?) et c'est en lisant d'autres avis que je me rends compte qu'en fait l'écrivain c'est L. Ron Hubbard et qu'il commence à former sa secte. Le premier tome sert surtout d'introduction. On voit donc le quotidien d'un écrivain has-been qui a des idées folles et comment il est en train de changer la vie d'un agent littéraire ainsi que celle de sa femme. Ça se laisse lire, mais je ne suis jamais vraiment rentré dans un récit qui m'a semblé obscur la première fois que je l'ai lu... Je l'ai relu un petit peu et je me suis arrêté lorsque je me suis aperçu que mon opinion ne changeait pas. Ça se laisse lire, mais je ne m'intéresse pas au personnage principal et ses discours sur ses croyances m'ont un peu ennuyé. Je ne pense pas lire la suite.
La Loi des Probabilités
A la suite d'une confusion médicale, un homme est persuadé qu'il ne lui reste que quelques mois à vivre et décide de partir réaliser un vieux rêve, aller voir les baleines au Canada avec sa femme. Pendant toute ma lecture, j'ai eu l'impression de voir le scénario d'une comédie française des années 1980, le genre de film avec Jean Rochefort en héros un peu dépassé par les événements, balloté par la vie et accumulant les petites misères tout en gardant le moral comme il peut. On suit ainsi une succession de mésaventures et de hasards plus ou moins malheureux qui viennent perturber ce voyage. Le récit reste agréable, notamment grâce à des personnages assez justes et crédibles (à l'exception de l'assureur envahissant, volontairement très caricatural). Ce double du célèbre Séraphin Lampion est un ajout un peu trop stéréotypé et légèrement pénible : un importun bavard dont les apparitions récurrentes se voient malheureusement venir d'un peu trop loin au fil du récit. L'ensemble est assez mollasson. Le scénario aligne des situations plutôt attendues et ne crée jamais vraiment de tension ou d'émotion forte. Cela reste néanmoins plaisant à lire, notamment parce que l'histoire ne repose pas trop sur des quiproquos artificiels (hormis celui de départ, mais qui est ici justifié de manière assez crédible). Il en découle une lecture sympathique mais assez mineure : une petite comédie douce-amère, agréable sur le moment, mais qui manque un peu de relief pour vraiment marquer.
Genèse et Prozac
Genèse et Prozac est une succession de gags en une page qui revisitent la Bible et ses grands épisodes sous un angle parodique. Les auteurs imaginent notamment un Dieu anxieux, dépressif et peu sûr de lui, qui doute en permanence de ses propres créations. L'idée fonctionne plutôt bien sur le principe, et ce Dieu gaffeur, dépassé par ce qu'il a lui-même créé, est globalement assez sympathique. Les auteurs s'amusent à détourner des passages connus de l'Ancien et du Nouveau Testament avec une bonne dose d'irrévérence, parfois sarcastique ou absurde. Les gags sont cependant assez inégaux. Certains tombent à plat ou paraissent convenus, mais d'autres fonctionnent bien et m'ont fait rire pour de bon. L'ensemble se lit donc de façon agréable, même si l'inspiration varie beaucoup d'une page à l'autre. Graphiquement, le dessin n'est pas particulièrement réussi : il est raide et pas vraiment très professionnel. En revanche, j'apprécie la lisibilité de la ligne et une certaine élégance minimaliste qui se dégage malgré tout de l'ensemble, ce qui rend la lecture claire et fluide. C'est un album d'humour inégal mais sympathique, porté par ce portrait assez amusant d'un Dieu dépressif et maladroit qui semble aussi perdu que ses propres créatures. Note : 2,5/5
Rai Rai Rai
Pas banale, cette histoire d'une gamine qui bosse comme une dératée pour permettre à sa famille d'éponger les dettes laissées par le père, et qui se retrouve à devoir partager son corps avec une créature dont on ignore la nature. Sur ce pitch de départ, Yoshiaki aurait pu faire une série un peu plan-plan, enchaînant les gags et les quiproquos déjà vu dans des histoires de corps contrôlés partiellement par des démons ou des extra-terrestres. Mais non, dès ce tome 1 il fait évoluer la situation, opérant une dissociation physique qui ne casse cependant pas la cohabitation forcée des deux personnages. On a d'ailleurs des corps qui évoluent régulièrement, donc des positionnements de force fluctuants. Et on a bien sûr une grosse boîte qui voit en Sumire une exterminatrice potentiellement très puissante, capable d'enfin débarrasser la Terre des créatures monstrueuses et parasites laissées par une invasion alien datant de plusieurs décennies. C'est enlevé, c'est fun (j'ai carrément pouffer lorsque Sumire, sentant que quelque chose monte dans son corps, crie "ça sort, ça sort, ça sort" et que le démon, pas encore surnommé Duskin, lui crie "retiens-toi, retiens-toi, retiens-toi !"), et c'est assez surprenant. L'éditeur parle d'un mélange entre Dandadan et Kaiju n°8. Côté dessin, Yoshiaki, qui est fans de Ranma 1/2, a créé son héroïne comme une jumelle de celle de ce glorieux titre, et propose un style classique, mais assez à l'aise avec les designs de monstres (et de robots/cyborgs ?). C'est sympa, je recommande.
Pour que respire le désert
Bon, pas grand chose à dire de cet album, dont je suis sorti un peu sur ma faim. Le dessin est sympa, agréable à l'œil, idem pour la colorisation. Mais ce dessin manque aussi de détails. Les décors auraient mérité d'être plus mis en avant. L'intrigue se laisse lire elle aussi agréablement. La narration est fluide, et les délires plus ou moins ancrés dans la réalité de Yuanyuan autour de ses bulles apportent une touche de poésie. Mais aussi une bonne dose de naïveté, qui tend à l'improbable. Surtout l'intrigue manque de densité, elle est trop linéaire. Il manque de la tension, que j'ai attendu vainement. Du coup c'est trop facile et simpliste. Et finalement décevant. Note réelle 2,5/5.