Les derniers avis (38 avis)

Couverture de la série Le Roi du Monde (Wood)
Le Roi du Monde (Wood)

Wallace Wood est un auteur majeur du comics, un auteur en tout cas sous-estimé et injustement mal connu je pense. Un auteur qui a touché à tout, un auteur « de genre » que j’aime beaucoup, tant il y a toujours chez lui quelque chose d’intéressant, y compris dans ses œuvres « mineures », comme c’est le cas ici avec ce « Roi du monde ». Les éditions du Triton avaient publié pas mal d’auteur américains dans les années 1970 (Wood aura droit à un autre album deux ans après celui-ci), ce qui avait permis aux lecteurs européens de découvrir un pan original du comics (c’est par eux que j’avais découvert Paul Kirchner ou Rand Holmes par exemple). Je m’étonne que cet album ne soit pas encore référencé sur le site. Je m’y colle donc avec plaisir. Le dessin de Wood est, comme à son habitude, très agréable. Simple, efficace, son trait plus ou moins réaliste et dynamique est très plaisant. Je suis moins convaincu par la colorisation de Tatjana Wood (sa femme), certes datée, mais surtout avec un encrage moyen. Comme à son habitude – même si ici il n’y a vraiment rien d’érotique ! – Wood dessine des femmes au corps de pin-up. Les amateurs de Wood reconnaitront des formes mises en avant de façon plus érotique dans « Cons de fée (fées en folie) » par exemple. Mais ici l’érotisation est à peine suggérée (même si Wood se plait à glisser dans les cases moult femmes dénudées – en tout cas la poitrine à l’air), car l’album n’est pas uniquement destiné à un lectorat adulte. Au contraire, le récit serait presque tout public (n’étaient les pin-up dénudées…), vraiment « gentil » (trop à mon goût d’ailleurs). Si le récit a des côtés gentillets, Wood glisse quand même quelques piques aux scénarios et héros classiques. En effet, le personnage de Xavier d’Acier (quel nom improbable ! Je serais curieux de connaitre le nom dans la version d’origine) est une caricature visuelle des héros « de genre » habillé tour à tour en sorte de Conan, en Romain, en chevalier… (je passe sur le personnage furtif d’Arlan, caricature de chevalier old school, que Wood n’utilise qu’une case pour le faire disparaitre « parce qu’il n’était pas intéressant » !). Wood se plait aussi durant le récit à se moquer gentiment des classiques fantasy, sans aller jusqu’à une réelle parodie. Mais ces petits « pas de côté » permettent au lecteur de trouver de l’intérêt à la lecture, car finalement Wood ne sort pas beaucoup aussi de certains sentiers battus. Le personnage de Weer et son « batociel » aurait sans doute mérité d’être davantage utilisé, pour apporter plus de fantaisie et de poésie au récit. Un récit qui se termine assez brutalement, de façon ouverte, comme si une suite était prévue (peut-être existe-t-elle en version originale ? Un Wallace Wood mineur donc, pas inintéressant, mais qui ravira surtout les fidèles du bonhomme.

08/01/2026 (modifier)
Couverture de la série L'Île aux orcs
L'Île aux orcs

Je découvre les 2 auteurs avec ce tome. Satisfait mais j’avoue être tout de même un poil mitigé, certainement la faute à mes attentes. Pour l’instant un 3,5 arrondi vers le bas donc. J’ai aimé le récit, l’aventure, la prise de risques dans les ingrédients, le fin mot de l’histoire, ce côté dark et gore qui transpire de partout … et bien d’autres choses. Mais en même temps, j’ai eu du mal à m’accaparer l’univers, le graphisme ne m’a pas attrapé outre mesure, les personnages sont bien campés mais pas attachants, il faut accepter de ne pas tout maîtriser dans ce monde … j’étais en dents de scie durant toute ma lecture niveau ressenti, c’est vraiment à la fin que je me suis dit « nan c’est cool ». Une œuvre à essayer sauf si vous êtes allergique au côté sale, sombre et violent, l’album jouant principalement sur ces thématiques. J’avoue être sortie un peu trop décontenancé de la forme mais je pense que les futures lectures gommeront ce trait, j’abonderai la note si c’est bien le cas.

08/01/2026 (modifier)
Couverture de la série Darwin
Darwin

Voilà un diptyque intéressant. D’abord parce qu’il se laisse lire très facilement – et relativement rapidement – tant la narration est fluide et aérée. Ensuite parce qu’il permet – Clot n’ayant pris que très peu de liberté par rapport à la réalité – de mieux connaitre la genèse des théories darwinienne, et aussi l’homme, durant sa « jeunesse », et son fameux voyage autour du monde à bord du Beagle. Une bonne bibliographie est proposée en fin de volume, avec un dossier historique lui aussi bien fichu. On découvre ainsi l’évolution de la pensée de Darwin lui-même – avant celle des espèces… Ses observations, ses questionnements surtout, qui vont le faire sortir des idées reçues de l’époque, et qui vont par la suite le confronter à tous ceux qui – suivant des Églises aveugles et recluses sur leurs anciens pouvoirs – vont dénaturer sa théorie et la critiquer. Ce « work in progress » est vraiment intéressant, et bien montré, avec les inquiétudes et autres angoisses perfectionnistes de Darwin, mises en avant dans le second tome, alors qu’il est un « notable » autant décrié que porté au pinacle, la postérité se chargeant de faire le tri (même si je suis toujours halluciné de voir le pouvoir qu’ont certains créationnistes aux États-Unis en ce moment !). Une série bien fichue en tout cas, très recommandable. Note réelle 3,5/5.

08/01/2026 (modifier)
Couverture de la série Beneath The Trees - Where Nobody Sees
Beneath The Trees - Where Nobody Sees

Voilà bien un album qui mérite lecture même si tout n’est pas parfait. Le plus gros reproche que je pourrais faire, c’est qu’il manque un petit truc pour dynamiter vraiment l’ensemble (enfin surtout la fin). J’ai terminé ma lecture satisfait mais pas véritablement comblé. La faute à un fin mot cohérent mais pas aussi envoutant que les 2/3 de l’album. Les ingrédients sont là mais la tension, suspense ou autre se révèlent un peu mou sur la finish, le lecteur ne sera pas véritablement surpris. Dommage car l’auteur assure seul un gros taf. L’intrigue, comme la description indique, est un mélange de 2 styles assez opposés, quand le vent dans les saules rencontre Dexter. Ce contraste surprend et marche super bien, d’autant que c’est accentué par la partie graphique et le fond. Le graphisme se révèle assez mignon, un trait doux mêlé à des tonalités de couleurs pastels, alors que l’histoire nous parle bien de tueurs en série avec des passages assez gores. Bonjour le grand écart mais l’ensemble fonctionne plutôt bien, cette dichotomie fait le sel et ajoute une belle touche d’originalité. Le tome se lit très bien, narration fluide et chapitrage réussie mais l’auteur privilégie davantage l’ambiance que la psychologie de ses personnages. Au final (et alors que c’est sympa à suivre), le potentiel n’apparaît pas maximisé, on se dit que ça aurait pu (du) être davantage mémorable. J’avoue que c’est un peu frustrant, du coup un 3,5 minoré. Un dernier mot sur l’édition que j’ai trouvé très qualitative pour un prix relativement modique. Je ne sais pas comment fait Ankama mais les autres éditeurs devraient en prendre de la graine. On a un effet relief sur la couverture (fort réussie au passage), stylet et tranche en tissu … très agréable pour les amateurs. J’ai un train de retard mais le cadeau de Noël idéal (ce que j’ai fait ;)

08/01/2026 (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série Tolkien - Eclairer les ténèbres
Tolkien - Eclairer les ténèbres

Comme NoirDésir, je trouve que cette biographie est un peu "raide", autant dans le dessin que dans le propos. C'est du formel, trop à mon gout, un peu détaché et froid dans l'exécution. Je ne connais pas spécialement la vie de Tolkien, je sais juste qu'il avait une pensée politique proche de l'anarchie vers la fin de sa vie. Mais étant très fan du Seigneur des anneaux (que j'ai déjà relu deux fois) et de son œuvre en générale, j'ai apprécié découvrir sa jeunesse et son rapport à la guerre qui va profondément le marquer. La BD n'explore pas beaucoup plus que la Première Guerre Mondiale, ce qui est dommage puisque les années suivantes vont aussi être marquantes avec les différents liens politiques ou le travail qu'il mènera ensuite. C'est dommage de ne pas voir cet ensemble qui va fortement l'influencer aussi et le mener à construire son oeuvre de façon si magistrale. En fait je crois que la BD est prisonnière de son formalisme : ne voulant pas déborder du cadre fixée, elle reste très factuelle et rigide. La lecture n'est jamais lourde ou chiante, mais jamais entrainante non plus. C'est un déroulé trop classique, qui ne fait pas passer les émotions alors que sa vie en fut chargée, mais qui ne laisse pas non plus passer l'empathie pour Tolkien. J'étais détaché de tout ce qu'il faisait en le regardant de loin, jusqu'à la dernière planche. J'en sors avec des connaissances, mais ni touché ni marqué. C'est dommage, je pense que la BD aurait pu faire mieux. En l'état, j'ai plus envie d'aller voir si d'autres personnes se sont mieux emparées du sujet.

08/01/2026 (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série Julio Popper - Le Dernier Roi de Terre de Feu
Julio Popper - Le Dernier Roi de Terre de Feu

Un "Pas mal" qui aurait pu tirer vers plus, notamment avec Matz au scénario qui n'est pas le dernier pour nous pondre des biographies que j'apprécie. Mais cette BD laisse un gout d'inachevée, peut-être parce que la BD s'est justement limitée à une biographie simple. Le personnage est truculent, étonnant et fascinant, Julio Popper est un aventurier du XIXè, polyglotte, audacieux, inventif, créatif, leader charismatique tout autant que personnage violent, parfois trop, sur de lui, parfois trop. Un vrai personnage d'aventure qu'on aime suivre pour son caractère et son génie. Malheureusement, la BD est en fait trop courte, trop proche de la réalité sans doute aussi, trop sage dans son déroulé biographique. Je comprend l'intention et la volonté de Matz dans cette écriture, s'éloignant peu des détails connus et des informations rares de cette époque. Sauf qu'au vu du personnage, j'aurais aimé une vraie biographie qui va loin, ose faire de l'aventure avec un grand A et s'éloigner de la réalité pour en faire un vrai personnage. Ce qui est dommage, c'est que ce choix de rester dans une biographie semble avoir ligotée l'histoire à cette conquête de la Terre de feu sans jamais s'éloigner des actions que Popper y mena. J'aurais aimé avoir une histoire qui se sert de ça pour parler d'autre chose, extrapoler, quitte à utiliser le personnage comme agent d'un propos plus contemporain. En voyant ce que semblait être Popper, je me dis que la liste des sujets qu'il aurait pu permettre d'évoquer étaient légions mais que malheureusement nous avons une simple biographie. Si je semble très négatif dans la critique, ce n'est pas pour autant que la BD est mauvaise. Elle est juste bonne, malheureusement sans dépasser ce stade et aller jusqu'à une histoire vraiment prenante, des considérations et des morales qui m'auraient attirés et dont je sais que Matz est capable. En l'état, c'est juste une bonne histoire, une BD sympa que je recommande de lire mais qui ne me parait clairement pas indispensable.

08/01/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Gueule de cuir
Gueule de cuir

XVIIe siècle, à l'époque des mousquetaires et des films de cape et d'épée, des complots ésotériques se déroulent dans l'ombre, engendrés par le conflit d'avatars immortels issus d'un zodiaque diabolique dont les triades s'affrontent depuis des siècles. Notre héros est un duelliste de talent que le destin va être amené à endosser le costume de Gueule de cuir, un justicier solitaire opérant la nuit dans les rues de Paris, et à devenir lui-même l'un de ces fameux avatars du zodiaque pour s'opposer à la menace du plus démoniaque d'entre eux, un nécromant qui veut terroriser la capitale. Cette série reprend la plupart des codes des comics de super-héros et les adapte dans un cadre bien français, celui de d'Artagnan mais aussi de séries d'aventure ésotérique tels que l'univers d'Arcanes. Sans parler d'un bon soupçon d'Assassin's Creed dans les talents guerriers du héros, ses parcours sur les toits parisiens et toute la trame de conflit secret entre organisations concurrentes. Beaucoup d'influences donc mais pour un résultat qui tient sacrément la route et capte vite le lecteur. Le dessin de Stéphane Créty est très maîtrisé. Il faut dire qu'il commence à avoir une sacrée expérience derrière lui et beaucoup de séries à succès. Sa représentation du Paris de l'époque et de sa vie nocturne et menaçante est réussie et détaillée à souhait. Mais ce sont surtout ses personnages qui marquent, les scènes d'action intenses, les costumes d'époque, et en particulier ce costume de Gueule de cuir aux petits airs de Spawn, là encore un rappel à l'univers des super-héros. Le graphisme de cette série est de très haut niveau. L'histoire n'en est pas moins bonne. Certes elle aligne beaucoup de références et d'éléments convenus mais le cocktail est réussi et la mayonnaise prend bien. Très vite, on veut en savoir plus sur ce zodiaque diabolique et les motivations de chacun de ses membres. Et c'est avec plaisir qu'on suit un vrai héros à l'ancienne, le mâle viril mi-mousquetaire mi-super-héros, prêt à sauter de toits en toits et à pourfendre tous les méchants pour atteindre la vérité et faire régner la justice. C'est de l'aventure-action sans ambages, avec une dose d'ésotérisme et de mystère pour encore mieux capter l'attention du lecteur, et un excellent cadre de cape et d'épée. Alors que le zodiaque diabolique comporte 13 éléments et 4 triades, on aurait pu imaginer facilement 4 cycles de trois tomes et un album final si la série se révélait véritablement à succès. Toutefois, l'intrigue prend une tournure qui amène à une conclusion inéluctable au bout d'une unique trilogie d'albums. Et malgré une belle mise en place et beaucoup de potentiel, les évènements s'enchainent un peu vite pour atteindre cette fin qui m'a laissé un peu perplexe et sur une réelle frustration. A l'exception de l'épéiste et du Roi des Tombes, on ne saura finalement quasiment rien des autres membres du zodiaque, de leurs capacités et de leurs motivations. Il y avait matière à développer un chouette univers ésotérique et aventureux mais l'ambition est tuée dans l'œuf avec le déroulement de l'intrigue : je trouve ça dommage. Je ressors de ma lecture un peu frustré car je voyais davantage de potentiel à cette série qui s'achève finalement de manière douce-amère.

11/01/2024 (MAJ le 08/01/2026) (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Bourricorne
Bourricorne

Fondée en 2024, Nöpp est un nouvel éditeur jeunesse basé en Espagne mais publiant des auteurs internationaux donc des français. Bourricorne est leur première BD, un album qui s'adresse aux lecteurs de 6 à 10 ans mais dont le ton malicieux peut amuser les adultes aussi. C'est l'histoire de Bruno, un âne qui s'ennuie ferme dans sa condition et rêve d'une vie plus flamboyante. Quand un cirque s'installe près de la ferme, il saisit sa chance et se déguise en licorne pour se faire embaucher. Et là, malgré la fragilité de son costume, il a un vrai succès auprès des enfants, à tel point qu'il va bientôt se faire rejoindre par d'autres camarades qui choisissent comme lui de se déguiser en ce qu'ils ne sont pas. Vous l'aurez compris, l'idée est de jouer avec le thème de l'identité et du désir de sortir du rôle qui nous est assigné. Visuellement, l'album déborde d’énergie avec un style à mi-chemin du comic strip et de l'illustration humoristique pour la jeunesse. Le trait est volontairement caricatural, très expressif, avec une palette de couleurs pastels qui renforcent le ton joyeusement absurde du récit. Ce graphisme fonctionne bien pour ce type de récit, avec un vrai sens du rythme et de la mise en scène. Le ton est résolument humoristique, parfois proche du cartoon, mais sans être creux. Pourtant les premières pages m'ont fait craindre un récit pour enfants très convenu avec un héros qui s'ennuie dans sa vie bien bornée et qui va vouloir partir à l'aventure en s'éloignant de sa propre nature : une thématique de la quête d’émancipation et de l’acceptation de soi que je craignais trop moralisatrice et déjà vue. Heureusement, la suite se révèle plus originale, grâce à des développements un peu inattendus mais aussi grâce à ses propositions de gags et de situations loufoques qui amuseront petits et grands. Ça reste un récit pour enfants, mais il réussit à parler aussi aux adultes grâce à son humour et un niveau de lecture pas uniquement premier degré. Tout n'est pas parfait pour autant. La narration assume un côté un peu foutraque, avec une succession de situations parfois plus guidées par l'idée de faire rire que par une vraie progression dramatique. Cela fait partie du charme, mais pourra laisser certains lecteurs sur leur faim. J'ai aussi été un peu rebuté par la typographie très informatique : c'est bien simple, c'est quasiment du Comic Sans MS. Je regrette ce choix de lettrage qui gâche la vivacité du dessin. Bourricorne est une bande dessinée jeunesse plaisante, portée par des personnages amusants et un univers plein de fantaisie. La morale de l'histoire est certes simple mais certains développements inattendus et un bon humour font qu'on passe un sympathique moment de lecture.

08/01/2026 (modifier)
Par Lodi
Note: 3/5
Couverture de la série Le Vent dans les Saules
Le Vent dans les Saules

Le roman vaut mieux que la bd aux images certes soignées… Pas assez de caractère et de poésie ! Sinon, oui, l'histoire ne démarre pas très vite, mais on est dans la campagne anglaise dans ce qu'elle a de plus rassurant, alors… Ne lire le roman ou la bd que si on a envie d'entendre Le vent dans les saules : le titre est assez explicite, non ? Sinon, oui, les animaux sont curieusement un mixte entre humain et animal : une convention à accepter comme dans Le roman de renard, par exemple. C'est aussi à prendre ou à laisser, comme les chants dans l'opéra. Non, je trouve juste que la bd est bien jolie, mais pas belle comme le livre. Elle manque de souffle et l'humour au dépens du crapaud ne peut la rendre aussi grosse que le bœuf ! Offrons par exemple Calvin et Hobbes à un enfant, et le roman Le vent dans les saules à un adolescent. Avec Calvin et Hobbes on offre des bd pour la vie. Avec Le vent dans les saules, l'amour de la nature anglaise à un adolescent, un âge où on n'aime pas juste des animaux, mais les paysages, la nature, et où on désire être rassuré mais aussi l'aventure, et se sentir en lien avec le monde, comme dans ce livre discrètement panthéiste.

07/01/2026 (modifier)
Par Cacal69
Note: 3/5
Couverture de la série Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur
Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur

Je retrouve Fred Fordham après son excellent Terremer, il adapte de nouveau un roman à succès. Il se spécialise dans le genre lorsqu'on regarde sa production. Une petite ville de l'Alabama, Maycomb, en 1933. Le choc boursier de 1929 se fait encore ressentir. On va suivre le quotidien de deux gamins, un frère et une sœur (ils seront rejoint par un autre garçon pendant les grandes vacances) dans cette Amérique désœuvrée. C'est à travers les yeux de Scout (la sœur) que l'on va suivre cette histoire. Un début de récit qui nous emmène sur une fausse piste avec la blessure de son frère, c'est bien plus tard que le récit prend une autre dimension avec le procès d'un noir accusé de viol sur une jeune femme blanche. Et de fait, le métier du père de Scout prend tout son sens, il est avocat, mais un avocat que l'on regarde de travers, il défend les noirs. Une narration sur un rythme mou avec quelques longueurs, surtout au début du bouquin avec le quotidien des gamins, mais ce rythme mou permet de ressentir le poids de la ségrégation qui pèse sur cette période Historique aux États-Unis. Par contre, je suis un peu déçu par le peu de place que prend le procès. Un rendu graphique agréable avec ce style simple, réaliste et lisse à la colorisation réussie, il est en adéquation avec le récit. Une lecture recommandable.

07/01/2026 (modifier)