Les derniers avis (108 avis)

Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Static
Static

2,5 Second album de Matt Lesniewski que je lis et cette fois-ci il est au commande à la fois du dessin et du scénario. Son dessin est pas trop mal même si je ne suis pas particulièrement fan de ce genre de style. Au moins cela va bien pour ce type de scénario trash. Enfin, c'est censé être trash, mais la plupart du temps j'ai surtout vu un récit de science-fiction comme il y en a des milliers. Oui, l'auteur crée un univers un peu bizarre, mais cet aspect du scénario est peu développé. Tout est rapidement survolée (il faut dire qu'il y a pleins de pages sans ou avec peu de textes) et le déroulement de l'intrigue est au final cousu de fils blanc. Le scénario s'arrête lorsqu'il devient enfin intéressant. Encore une fois, j'ai eu l'impression de lire une longue introduction d'une histoire qui n'aura pas de suite. Il faudrait qu'on explique pourquoi plusieurs vieux auteurs de comics et de bd franco-belge étaient capables de raconter plus de choses avec moins de pages que tous ses auteurs modernes des deux cotés de l'océan atlantique qui prennent une bonne centaine de pages pour au final raconter pas grand chose ?

22/05/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Crimson flower
Crimson flower

Un one-shot qui se laisse lire, mais qui ne dépasse jamais le niveau du sympa sans plus pour moi. Il faut dire que l'intrigue principale est encore une fois une histoire de vengeance. L'héroïne a passée sa vie à traquer le meurtrier de son père et en plus elle a été témoin de son meurtre lorsqu'elle était petite fille, ce qui l'a bien sur beaucoup traumatisé ! Le déroulement de l'intrigue est pas trop mal vu que l'intrigue va droit au but et évolue à chaque chapitre. C'est juste dommage qu'au final il n’y a pas beaucoup d'originalité dans le scénario. Bien sur, il y a le fait qu'on mélange cette histoire de vengeance avec les contes que l'héroïne lisait lorsqu'elle était gamine, mais en lisant les révélations du dernier chapitre, je me suis rendu compte à quel point au final ce récit était tristement banal. C'est pas mauvais, ça se lit bien et le dessin est correct, mais voilà ce n'est pas un comics qui m'a marqué ou que j'ai envie de relire.

22/05/2026 (modifier)
Couverture de la série Donny Diner
Donny Diner

Ce que j’avais lu de Pochep précédemment ne m’avait pas vraiment enthousiasmé. Et j’ai un peu entamé cet album à reculons, craignant de n’y trouver qu’un humour laborieux. Et en fait cette lecture s’est révélée – sans être inoubliable – plutôt meilleure que je ne le craignais. Et déjà, ça ne mise pas tout – et même pas tant que ça en fait – sur l’humour. Il y a en effet pas mal de noirceur, dans ce petit groupe de personnages que nous suivons, désabusés, tous un peu décalés et pathétiques. Ils travaillent pour un resto situé au bord de l’autoroute. Un resto qui vient d’ouvrir, mais qui n’a aucun client. Malgré les efforts du patron (fans absolu et névrosé de l’Amérique cliché et profonde) et de ses employés (une cuistot qui a fait des études d’Arts et qui ne jure que par l’art moderne), un serveur friand d’astrologie qui souhaite envoyer les clients dans les étoiles avec leur thème astral – ce qui ferait au moins une étoile à ce resto qui manque de classe…). En fait c’est à cause de tous ces « efforts » désordonnés et surprenants (qui font fuir les rares clients potentiels). Mais l’intendante cherche à modifier l’approche marketing et professionnelle, chacun se livrant donc à un examen de conscience – à base de flash-back ressemblant à une analyse psychiatrique. C’est une comédie douce-amère. Mais ne vous attendez pas à rigoler franchement. Par contre, le récit se laisse lire. Grâce aux personnages à la personnalité souvent étrange – et pas vraiment adaptée au fonctionnement d’un resto. La chute tourne au happy-end, mais lui aussi est suffisamment décalé pour que ça passe. L’album fait visiblement partie d’une nouvelle collection Dargaud tournant autour de la bouffe et des restaurants. Cet album l’intègre avec une relative originalité.

22/05/2026 (modifier)
Couverture de la série Samuel & Beckett
Samuel & Beckett

Je ne suis un spécialiste ni de la vie ni de l’œuvre de Beckett, même si j’en connais quelques détails, surtout via des critiques ou des correspondances, et si j’ai vu plusieurs pièces de cet auteur irlandais. Le peu que je connais de lui en tout cas me permet de la classer dans les auteurs, voire les personnalités atypiques. Et cet album, malgré ses défauts et/ou ses lacunes (je ne sais pas si c’est avec lui que je vous conseillerais de totalement découvrir le bonhomme), ne me semble pas trahir sa personnalité. Comme pour l’œuvre de Beckett, cet album est un peu sec, et entrer dedans n’est pas aisé. La narration est très décousue, et surtout pointilliste, et par là même sans doute lacunaire. On saute d’une date à une autre, sans jamais rien développer réellement. Mais si ce type de narration est souvent frustrante et décevante, j’ai moins ressenti ça ici. En effet, c’est presque plus un essai, partial et partiel, qu’une biographie en bonne et due forme. Bourré de références, de citations (les références se trouvent en fin d’albums), de rencontres (là j’aurais bien aimé voir développées certaines – en particulier avec Cioran, qui n’apparait qu’une fois en fin d’album), l’album parvient quand même, malgré son aspect « sec », à présenter un homme tourmenté, ne recherchant pas la lumière, mais qui n’est pas absent du monde (voir la période de l’occupation). Disons que cet album est sans doute aride et ceux qui ne sont pas amateur de Beckett ou qui souhaite un récit plus classique vont peut-être avoir du mal à suivre les auteurs espagnols. D’autant plus que les choix graphiques sortent eux aussi de l’ordinaire, avec un dessin et une mise en page stylisés, à la fois sobres et « artistiques ». Étrange album, pas dénué d’intérêt. Intriguant comme a pu l’être son sujet.

22/05/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Barrio negro
Barrio negro

Joseph Dupuche, jeune ingénieur français des années 1930, part avec sa jolie femme tenter sa chance en Amérique du Sud avant de voir son rêve d'expatriation s'effondrer brutalement et de rester bloqué sans le sou au Panama. Entre faillite de la société qui l'emploie, déclassement social, alcool, romance avec une jeune indigène et dérive personnelle, le récit raconte surtout une lente désillusion dans un univers colonial étouffant et inégalitaire. J'ai trouvé l'ensemble instructif et dépaysant, notamment parce que je ne connaissais pratiquement rien de cette présence française au Panama à cette époque ni de ce mode de vie d'expatriés coincés entre arrogance coloniale, précarité et fascination pour les populations locales. Toute cette dimension historique et sociale fonctionne bien, avec un vrai travail d'ambiance sur les rapports de classe, les hiérarchies raciales et la manière dont certains Européens vivaient dans ces territoires tropicaux. En revanche, j'ai eu plus de mal avec le personnage principal. Dès le départ, Joseph m'a paru assez antipathique avec son assurance de jeune premier macho typique de l'époque. Puis le personnage glisse assez rapidement vers quelque chose d'encore moins attachant : orgueil, mépris envers sa femme, refus d'assumer certaines réalités, alcoolisme... Tout cela est certainement voulu et cohérent avec le propos de Simenon, mais cette distance permanente m'a empêché de réellement entrer dans le récit ou de ressentir autre chose qu'un intérêt un peu froid pour sa trajectoire. Le problème est aussi que l'évolution générale de l'histoire m'a semblé assez prévisible. Dès le départ, j'ai eu l'impression de retrouver un schéma déjà vu dans beaucoup de récits sur le colonialisme et les jeunes expatriés idéalistes qui se fracassent contre la réalité des pays tropicaux. Cela m'a par exemple rappelé certains albums de Warnauts et Raives, avec cette même mécanique où les illusions européennes finissent par pourrir dans la chaleur moite des colonies et dans l'alcool. Graphiquement, c'est plutôt beau, avec un dessin élégant et une vraie capacité à rendre les ambiances moites, les lumières tropicales et la décrépitude sociale des personnages. Je ne suis pas totalement fan du style de Javi Rey, mais il y a incontestablement un vrai soin visuel et une belle cohérence esthétique tout au long de l'album. J'ai trouvé cette adaptation de Simenon intéressante et bien réalisée, mais sans jamais vraiment être emporté émotionnellement. Cette distance constante que j'ai ressentie avec le personnage principal et le côté assez attendu de sa trajectoire ont fait que j'ai davantage eu l'impression d'observer une mécanique sociale et psychologique bien construite que de vivre réellement le récit avec ses personnages.

22/05/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Eerie & Creepy présentent Alex Toth
Eerie & Creepy présentent Alex Toth

2,5 Un recueil d'histoires d'horreurs courtes et comme c'est toujours le cas avec ce type d'albums, les histoires sont inégales. Déjà, elles souffrent du poids des ans et du fait qu'un lecteur habitué aux histoires qui finissent avec un effet de surprise vont souvent devinés la fin. Au mieux, les histoires étaient correctes sans être mémorables. J'ai souvent trouvé des problèmes au récit et celle qui m'a le plus marqué est que les histoires scénarisées par Alex Toth lui-même semblaient être des introductions à de longues histoires et pas des histoires courtes qui se terminent après quelques pages. Je suis donc resté sur ma faim vu que ses histoires n'auront jamais de suites. Mais bon il faut dire que souvent l'intérêt de ce type d'histoires vient du dessin et ça tombe bien Alex Toth a la réputation d'être un grand dessinateur. C'est ce ce côté-là que cet album m'a déçu. Je m'attendais bien à ce qu'au niveau du scénario il y allait avoir du moins bon, mais je pensais que j'allais au moins apprécier le dessin comme ce fut le cas avec le one-shot des histoires parus dans Eerie et Creepy dessiné par le talentueux Bernie Wrightson. Il faut dire que les histoires ont été publiés sur différentes périodes de la vie du dessinateur et que parfois il est aidé par un autre dessinateur alors on a droit à différents styles de dessin au fil des pages. Au mieux, c'est bien fait, mais cela ne m'a pas paru extraordinaire. En tout cas, c'est un album qui se laisse lire, sans plus. Peut-être que je suis né trop tard pour bien apprécier ses récits.

21/05/2026 (modifier)
Couverture de la série Frankenstein (Walsh)
Frankenstein (Walsh)

Les éditions Urban se lancent dans une nouvelle collection, « Universal Monsters » qui, comme son nom l’indique, vise à adapter des « monstres » ayant eu une existence cinématographique chez lesdits studios. Car si bien sûr la trame générale est celle du roman de Mary Shelley, c’est bien l’adaptation en film par Whale en 1931 qui sert ici de modèle – ou plutôt de point de départ. Car Walsh apporte sa touche supplémentaire, en ajoutant un personnage – omniprésent ici –, celui d’un gamin, fils orphelin de l’une des personnes dont le cadavre a servi pour donner naissance à la « créature » (qui, bien sûr, a les traits de Boris Karloff). Ici, pas de passage au milieu des glaces, avec long flash-back expliquant la quasi folie de Frankenstein. Mais la créature et sa recherche de reconnaissance, sa rupture d’avec son créateur, sont au centre. L’intolérance vis-à-vis de la différence, le questionnement sur la monstruosité, sont aussi au cœur du récit. Voir en particulier les scènes finales, avec la créature brûlée par une foule en colère, alors que le gamin pleure – une scène qui n’est pas sans rappeler la fin de « King Kong » (en tout ça m’y a fait penser). Le dessin est intéressant, mais parfois un peu trop grossier, manquant de détail et de finesse (affaire de goût sans doute). Une énième adaptation d’une histoire très connue, mais qui présente quand même suffisamment d’originalité pour intéresser les amateurs du mythe.

21/05/2026 (modifier)
Couverture de la série L'Homme qui aimait les plantes
L'Homme qui aimait les plantes

Je me retrouve pas mal dans l’avis de Blue Boy, et c’est vrai que j’attendais – au niveau scénario, narration et dessin – quelque chose de sans doute plus affirmé, enlevé. Mais je serai un chouia moins dur que lui pour l’évaluer. D’abord parce que le sujet est intéressant : étudier, à la façon d’un baroudeur – très hippies années 70 – les plantes un peu partout dans le monde, rencontrer les populations locales, leurs savoir, pour mieux connaître la pharmacopée, sans pour autant piller ces connaissances autochtones ancestrales (comme peuvent le faire nombre de laboratoires pharmaceutiques !). Œuvre louable et intéressante, dans un bon état d’esprit. Il y a aussi un effort pédagogique, au-delà de l’aspect biographique autour de la personnalité de Jacques Fleurentiin – et de l’hommage rendu par ce dernier à son « maître », Jean-Marie Pelt. J’ai aussi bien aimé apprendre des choses sur ces liens qui pouvaient encore se nouer dans certaines régions (Afghanistan, Yemen et « occident »), sur la possibilité de fortement concurrencer sur pas mal de maladies la pharmacopée « moderne » et celle transmise de générations en générations, ou expérimentée au fil de quelques hasards dans des coins perdus du globe. Reste qu’effectivement c’est décousu, que le dessin ne permet pas toujours de reconnaitre tous les personnages, et que peut-être j’attendais plus d’émotions à la lecture de cet album. Il est quand même instructif, et met en avant des personnes et des idées estimables. Ce qui est déjà beaucoup.

21/05/2026 (modifier)
Couverture de la série Betty et Polo
Betty et Polo

Un album embarqué au hasard dans ma médiathèque. Bon, pas complètement au hasard, car le titre, la couverture et les premières pages feuilletées m’ont fait penser aux albums de Benjamin Renner (« Le grand méchant renard », mais surtout l’excellent « Un bébé à livrer »). Et je dois dire que la comparaison est sans doute pour beaucoup dans la relative déception ressentie durant cette lecture. En effet, l’humour absurde, con, mais souvent très réussi et punchy de Renner est clairement plus efficace et régulier que celui d’Adrien Poissier. Car il y a ici des longueurs, et des passages quelconques. Et un humour parfois poussif. Mou, trop mou, alors que je m’attendais (espérais) quelque chose de bien déjanté, tendance cartoon à la Tex Avery. Je ne sais pas non plus quel est le public visé. Sans doute jeune ou adolescent en priorité, ça passe peut-être moins la barrière de l’âge que les albums de Renner. Bon, ceci étant dit, ça se laisse quand même lire. Il y a des passages sympas. L’histoire de ces deux volatiles, qui ont quitté leur ferme pour éviter de finir dans un bouillon, et qui cherche des formations, du boulot (avec une chute qui ne va pas leur convenir !...) possède un certain potentiel décalé, qui est par moments exploité gentiment. Le dessin est minimaliste (pas de gaufrier, peu de décor, personnages rapidement esquissés, etc.), mais fluide et efficace. Par contre je trouve très réussis les deux zigottos qui font office de héros. Avec un minimum de moyens, Poissier les rend très expressifs, et souvent leurs simples tronches, avec leurs gros yeux, amènent le sourire et sauve certaines pages. Note réelle 2,5/5.

21/05/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Space Connexion
Space Connexion

Ayant lu pas mal de nouvelles de science-fiction et ayant été nourri depuis longtemps par des séries comme La Quatrième Dimension ou Au-delà du réel, je dois reconnaître que j'ai eu assez souvent une impression de déjà-vu à la lecture de ces récits. Les structures sont très codifiées, et on devine rapidement les twists, généralement teintés d’humour noir ou de satire humaine. L'effet de surprise est donc limité pour moi, tant ces mécanismes narratifs sont familiers. Cela dit, cela ne gâche pas vraiment le plaisir de lecture. On retrouve ici une série de courts récits de SF divertissants, bien construits et efficaces, qui jouent avec les classiques du genre (invasions extraterrestres, expériences absurdes, catastrophes humaines ou paradoxes temporels) en les traitant sur un mode caustique ou légèrement décalé. Même si ces histoires sont moins originales et moins intelligentes que celles d'un album comme Des lendemains sans nuage, ça reste plaisant à parcourir. Ici, on est davantage dans le divertissement SF à sketches, avec une tonalité souvent humoristique, parfois grinçante, qui fonctionne globalement bien. Le dessin de Romain Baudy est d'ailleurs un vrai point fort de l’ensemble : un trait dynamique à l'encrage bien lisible qui me fait parfois penser au style de Julien Solé (A l'ouest de l'infini et autres Cosmik Roger), avec une bonne énergie, qui donne du corps à ces histoires parfois très pulp qu'on imaginerait volontiers publiées dans Fluide Glacial. L'ensemble est propre et agréable à suivre, ce qui renforce l'efficacité des récits. Malgré une forte impression de déjà-vu liée à mon propre bagage de lecteur et spectateur du genre, j'ai trouvé ces récits sympathiques et adaptés à une lecture de SF de divertissement et d'humour caustique pas prise de tête.

21/05/2026 (modifier)