Chalandon s’inspire ici de faits et de personnages réels, ça se sent au niveau de l’intensité des dialogues – ou des silences – alors même qu’il n’y a finalement que peu d’action ou de texte.
Le récit est centré sur quelques migrants qui rêvent de quitter la Tunisie pour rejoindre l’Europe (ils ont parfois déjà tenté ailleurs, et leur parcours a aussi commencé loin d’ici en Afrique subsaharienne), mais aussi sur Chamesddine, un homme qui consacre une bonne partie de son temps à recueillir les migrants, et, hélas, à donner une sépulture décente aux cadavres rejetés par la Méditerranée. Comme fil rouge, la destinée d’Abdoulaye, un gamin guinéen ayant échappé à un naufrage, qui recherche sa mère.
Un récit assez sec, documenté (un dossier photographique montre que Galandon est allé lui-même dans cette région de Tunisie), montrant de façon cruelle ce que vivent ces populations fuyant la misère pour l’eldorado supposé de l’Europe. Régulièrement, certains protagonistes regardent la télé, où les reportages sur l’accueil des réfugiés ukrainiens montrent évidemment l’inégalité de traitement de la part des décideurs européens.
Un documentaire intéressant, plutôt bien mené.
Le dessin de Castaldi est plein de qualités, mais j’ai eu du mal à m’y faire. Il est inégal, et pas forcément ma came a priori.
Un petit pas mal à l’arrache, je suis bien trop partagé sur cet album, scénario comme dessins. Il y a des choses que j’ai trouvé vraiment sympa mais aussi d’autres trucs qui m’ont gentiment horripilé.
Le sans faute ira pour les couleurs que j’ai trouvé assez réussies.
Je serai plus critique sur le trait et narration, qui alternent le très bon et parfois le ridicule. Il y a des images iconiques (le guitariste dans la mine) et passages qui en jettent, mais à côté de ça on a un design de notre héroïne (en mode outlaw) que j’exècre. C’est quoi ces multi ceintures, cette carrure (alors qu’elle est toute fine), cette mèche rebelle … on la croirait sorti des années 90, tous les tics tapent à l’œil de l’époque sont là. Cette représentation m’a plusieurs fois fait sortir de ma lecture, ça a été le gros point noir pour moi.
Quand à l’histoire, j’aime l’idée de départ (et la fin) mais ça se traine pas mal en cours de route, les flash-back n’amènent pas grand chose, et surtout l’héroïne (en plus de sa représentation graphique) n’est pas des plus attachantes.
2,5
Je n’ai pas accroché à ce tome mais je reste toutefois curieux de découvrir les autres collaborations des auteurs.
Période et localisation dans lesquelles se déroule l’intrigue m’intéressent a priori beaucoup. Et ces cadres historiques et géographiques ont déjà pas mal été utilisés en bande dessinée. Mais cette série, sans trop innover, nous propose quelque chose d’agréable à suivre.
Deux tomes sont parus pour le moment (la conclusion viendra dans le prochain), et Duval nous livre une histoire plaisante, avec une narration fluide, des personnages auxquels on s’attache (seule Loutre m’est apparu un chouia trop « invincible » pour le moment), et suffisamment de rebondissements ou d’intrigues annexes pour captiver le lecteur.
Les digressions autour du passé pirates de certains personnages alimentent l’intrigue sans la faire dévier artificiellement vers le n’importe quoi, et les rivalités franco-anglaises (nous sommes à l’aube de la guerre de Sept ans), et en parallèle celles opposant Hurons et Iroquois, dynamisent intelligemment l’histoire.
Si le dessin de Brada n’est pas celui de Prugne ou de Pratt (pour citer deux auteurs ayant magnifié ces sous-bois), je l’ai trouvé agréable. La colorisation de Fernandez manque un peu de nuances, mais elle aussi fait le travail.
Bref, en attente de la conclusion, voilà une série d’aventure historiques plutôt bien menée.
Note réelle 3,5/5.
Un autre manga qui adapte un light novel qui met en vedette la villainess d'un jeu vidéo pour filles. Je l'ai lu parce que j'aime bien voir ce que différents auteurs font avec cette idée.
Ici, l'originalité est qu'encore une fois une japonaise gameuse se réincarne dans la peau d'une villainess, mais cette fois-ci elle partage son corps avec cette dernière. Pendant des années, c'est la japonaise, qui a joué au jeu et aimait bien le personnage de la rivale méchante, qui est la personnalité dominante et qui fait tout pour que la villainess a une bonne vie. Tout va bien jusqu'à ce que l'héroïne du jeu débarque....et c'est aussi une joueuse du jeu réincarné ! Là en voyant cella je me disais que la série avait beaucoup de potentiel. Que va-t-il arrivé lorsque deux réincarnées se rencontrent et influences le jeu de la manière qu'elles veulent ? J'ai aussi l'impression qu'il y avait du potentiel pour une bonne comédie vu que l'héroïne fait des visages déformés rigolos dans ses premières apparitions, sauf que j'ai un peu déchanté par la suite.
En gros, l'héroïne s'arrange pour que la villainess se retrouve sans amis et bannie comme dans le jeux et là la vraie personnalité de la villainess prends le dessus sur celle de la gameuse et elle n'est pas contente qu'on est fait du mal à celle qu'elle considère comme son amie. L'histoire devient une autre histoire de vengeance comme c'est le cas de biens d'autres histoires d'isekai. Le résultat reste tout de même pas mal, le personnage principal a du charisme et ça se laisse sans problème....c'est juste qu'encore une fois j'ai eu la sensation qu'on aurait pu faire quelques choses de plus original qu'un truc qu'on a déjà vu au moins une bonne dizaine de fois.
Un manga acheté par mon fils, après quelques difficultés car le premier tome fut très vite en rupture de stock à son lancement, un succès qui s’explique en grande partie par la popularité de son initiateur, le Youtubeur Inoxtag. Il faut dire qu'il est devenu une véritable star après son documentaire sur son ascension de l’Everest.
A présent il s’est lancé un nouveau défi : donner vie à son propre manga. Pour mener à bien ce projet ambitieux, il s’est entouré d’un coscénariste, Charles Complain, et d’un dessinateur, Basile Monnot, profitant, il faut bien l'avouer, de sa grande notoriété.
Je dois dire que j'étais un peu sceptique en ouvrant le premier tome.. Je ne fais clairement pas partie de la cible principale, ce manga s’adressant avant tout aux adolescents amateurs de shônen comme One Piece ou FullMetal Alchemist. Même si l’histoire ne révolutionne pas le genre, elle recèle quelques idées intéressantes que je me garderai bien de spoiler ici. Les personnages, notamment le héros et son rival, ont un charisme indéniable. Considéré comme un hommage aux shônen qui ont marqué Inoxtag et son équipe, le résultat est plutôt convaincant.
Le premier tome, centré sur la présentation des protagonistes et l’univers souterrain d’Agartha, est rythmé et prometteur. En revanche, j’ai trouvé le deuxième tome plus lent, surtout en début d’ouvrage, avec moins d’action. Heureusement, la fin relance l’intrigue et donne envie de découvrir la suite des aventures de Haki.
Côté dessin, le style est résolument ancré dans la tradition manga. Basile Monnot, qui a quitté son ancien emploi pour se consacrer à ce projet, signe un premier travail surprenant et convaincant : un trait dynamique, des cadrages soignés et des personnages au design agréable.
Les ouvrages en tant que tels sont également de beaux objets, agréables à lire, avec un format un peu plus grand que les mangas habituels, et une sur-pochette très colorée avec un vernis différencié plutôt joli. En conséquence, le prix est malheureusement un peu plus élevé que la moyenne (plus de 10€ le tome)...
Bilan : un bon 3,5/5 pour une série qui ne révolutionne pas le genre, mais qui saura séduire son public. Et surtout, il faut saluer ce manga franco-français et l'initiative d'Inoxtag ayant permis à ses deux comparses de se lancer et de réaliser leur rêve.
SCENARIO (Originalité, Histoire, personnages) : 6,5/10
GRAPHISME (Dessin, colorisation) : 7,5/10
NOTE GLOBALE : 14/20
Une série « mineure » dans la bibliographie de l’auteur mais pas pour autant dénuée d’intérêt.
Je la connais depuis toujours et si je m’en suis séparé dernièrement (rhaaa ce pb de place), je ne déconseille pas sa lecture.
C’est léger et fluide mais on y rigole bien au passage. Le style de Larcenet est dans la même veine que ses débuts chez fluide glacial, un dessin un peu « gros nez » qui matche bien avec le ton.
Les 2 albums offrent à chaque fois une histoire complète où nous suivrons Nic, un (gentil)jeune de banlieue pris dans le sytème, il rêve d’être la terreur du quartier mais c’est plutôt lui qui se fait racketter.
Le 1er tome le verra faire face à Edukator (pastiche de super-héros), dans le 2eme on « l’invite » à la campagne … choc des cultures en approche.
Loin d’être la plus connue ou marquante des séries de Larcenet, cependant toujours efficace.
De la science-fiction avec ce petit goût des années 50.
Je ne connaissais pas le personnage Martian Manhunter avant cette lecture, je le découvre donc dans la collection DC Absolute.
John Jones est un agent du FBI, il ressort miraculeusement indemne (physiquement) après l'explosion d'un kamikaze bardé de dynamite, faisant s'effondrer un immeuble. Juste quelques égratignures donc, mais étrangement il commence à entendre une voix dans la tête et à avoir des visions sous forme de fumées multicolores. Il ne le sait pas encore mais son cerveau vient d'être infecté par une entité extra terrestre. Un extra terrestre qui prend de la place mentalement, il déroute notre agent du FBI avec son phrasé énigmatique, mais surtout, il le voit. Un martien très cliché, il ressemble beaucoup à celui de Roswell et il a la peau verte. Une intrigue où John Jones va devoir faire alliance avec cette entité envahissante pour contrer un autre martien (de couleur blanche) qui veut exterminer l'humanité, tandis que sa vie personnelle bat de l'aile.
Une narration métaphorique qui repose sur un mode polar et une certaine lenteur (un peu trop à mon goût) dans le développement de l'intrigue et des thèmes abordés (les facettes sombres de notre société).
Un dessin qui peut paraître simpliste et dépouillé au premier regard, mais en y regardant de plus près, on remarquera qu'il est expressif et loin d'être figé. Le style rétro de Javier Rodriguez agrémenté de couleurs psychédéliques me plaît énormément, il a ce pouvoir de me faire adhérer à ce récit de science-fiction. La mise en page est immersive.
Un dessin qui te permettra aussi de découvrir que tu as le don de la vision martienne (si si, par deux fois tu pourras utiliser cette faculté).
Un premier tome qui ne m'a pas totalement convaincu, mais je serai présent pour le second opus.
Une lecture pas forcément désagréable, mais qui ne m'a pas emballé plus que ça.
J'ai été dérouté par la construction du récit, qui entremêle plusieurs histoires. Et, même lorsque finalement je m'y suis fait, jamais je n'ai été captivé.
Quant au dessin, c'est plutôt minimaliste, avec une colorisation tranchée qui accentue le côté statique de l'ensemble.
Là où sur Americana le dessin avait accompagné agréablement le récit, ici j'ai trouvé qu'il ne faisait qu'accentuer les difficultés que j'avais à entrer dedans.
Note réelle 2,5/5.
2.5
Ce manga contient l'adaptation de trois nouvelles de Lovecraft et ce n'est pas le meilleur album de cette collection.
En effet, j'ai trouvé que les deux premières histoires étaient moyennes Il faut dire qu'elles accusent un peu de leur âge vu qu'on est dans du récit d'horreur/fantastique avec un twist à la fin. Cela marchait peut-être mieux dans les années 20-30, mais n'importe qui ayant grandit en regardant La Quatrième Dimension ou lu les histoires d'EC Comics se retrouvent en terrain trop commun. Celle avec les chats est carrément prévisible quoiqu'au moins il y a une atmosphère pesante tout le long de cette histoire qui se fait ressentir donc il y a au moins des qualités au niveau du dessin.
Seule la dernière histoire m'a pleinement convaincu et m'a divertir. Un cru mineur à lire surtout si on veut collectionner toutes les adaptations de Lovecraft par ce mangaka.
Une BD sur les luttes sociales, plutôt bien faite, dont je ne garde pourtant pas un souvenir indélébile.
Je ne connaissais pas l'histoire de LIP et je dois avouer qu'elle a son intérêt. Cette lutte sociale de prêt d'un an pour faire valoir les droits des ouvriers délaissés par une direction ne cherchant que le profit effréné, tout en créant un contexte où l'organisation collective et la prise de décision se fait différemment.
La BD brasse plusieurs thématiques, et on voit bien que cette lutte se place juste après mai 68 avec des sujets qui débarquent : la place des femmes et des filles-mères, l'organisation politique des dépolitisés, le poids des syndicats, la mise en œuvre des mouvements ouvriers de ces années-là, la répression policière de Pompidou, etc ... Ces thématiques sont certes intéressantes mais franchement pas développé. Le parti pris est de suivre une jeune femme ouvrière dans l'usine qui va vivre ces évènements de l'intérieur. Je ne sais pas à quel point l'histoire est inspirée de fait réels mais j'avoue que son histoire de réussite dans le journalisme tranche étrangement avec le reste du récit. On dirait presque que finalement la sortie idéale, c'est de partir du monde ouvrier, ce qui semble être carrément en désaccord avec le reste du propos.
En dehors de ces questions sur la forme, le fond est intéressant mais assez peu développé, lorsque la post-face explique les années suivantes qui sont à l'encontre du message final. La lutte à gagnée, mais la guerre est perdue et le capitalisme va continuer à tout bouffer, quitte à faire crever des industries et ruiner des entreprises rentables. De fait, la BD est surtout sur la lutte jusqu'à une victoire, mais ne permet pas de voir l'entièreté de ce que fut LIP jusqu'à sa fin. Et c'est dommage, ça serait intéressant de voir l'ensemble du combat et de la lutte, dans ses victoires et ses défaites.
Si la BD reste bonne, avec des limites que je vois maintenant, je suis surtout moins enthousiaste que d'autres BD sur les luttes du monde ouvrier et la façon dont le capitalisme réagira dès que l'on touche au porte-feuille du patron. Cette BD m'a moins convaincu, mais elle a ses qualités.
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Le Dernier Costume n'a pas de poche
Chalandon s’inspire ici de faits et de personnages réels, ça se sent au niveau de l’intensité des dialogues – ou des silences – alors même qu’il n’y a finalement que peu d’action ou de texte. Le récit est centré sur quelques migrants qui rêvent de quitter la Tunisie pour rejoindre l’Europe (ils ont parfois déjà tenté ailleurs, et leur parcours a aussi commencé loin d’ici en Afrique subsaharienne), mais aussi sur Chamesddine, un homme qui consacre une bonne partie de son temps à recueillir les migrants, et, hélas, à donner une sépulture décente aux cadavres rejetés par la Méditerranée. Comme fil rouge, la destinée d’Abdoulaye, un gamin guinéen ayant échappé à un naufrage, qui recherche sa mère. Un récit assez sec, documenté (un dossier photographique montre que Galandon est allé lui-même dans cette région de Tunisie), montrant de façon cruelle ce que vivent ces populations fuyant la misère pour l’eldorado supposé de l’Europe. Régulièrement, certains protagonistes regardent la télé, où les reportages sur l’accueil des réfugiés ukrainiens montrent évidemment l’inégalité de traitement de la part des décideurs européens. Un documentaire intéressant, plutôt bien mené. Le dessin de Castaldi est plein de qualités, mais j’ai eu du mal à m’y faire. Il est inégal, et pas forcément ma came a priori.
Aucune tombe assez profonde
Un petit pas mal à l’arrache, je suis bien trop partagé sur cet album, scénario comme dessins. Il y a des choses que j’ai trouvé vraiment sympa mais aussi d’autres trucs qui m’ont gentiment horripilé. Le sans faute ira pour les couleurs que j’ai trouvé assez réussies. Je serai plus critique sur le trait et narration, qui alternent le très bon et parfois le ridicule. Il y a des images iconiques (le guitariste dans la mine) et passages qui en jettent, mais à côté de ça on a un design de notre héroïne (en mode outlaw) que j’exècre. C’est quoi ces multi ceintures, cette carrure (alors qu’elle est toute fine), cette mèche rebelle … on la croirait sorti des années 90, tous les tics tapent à l’œil de l’époque sont là. Cette représentation m’a plusieurs fois fait sortir de ma lecture, ça a été le gros point noir pour moi. Quand à l’histoire, j’aime l’idée de départ (et la fin) mais ça se traine pas mal en cours de route, les flash-back n’amènent pas grand chose, et surtout l’héroïne (en plus de sa représentation graphique) n’est pas des plus attachantes. 2,5 Je n’ai pas accroché à ce tome mais je reste toutefois curieux de découvrir les autres collaborations des auteurs.
Ohio - La Belle Rivière
Période et localisation dans lesquelles se déroule l’intrigue m’intéressent a priori beaucoup. Et ces cadres historiques et géographiques ont déjà pas mal été utilisés en bande dessinée. Mais cette série, sans trop innover, nous propose quelque chose d’agréable à suivre. Deux tomes sont parus pour le moment (la conclusion viendra dans le prochain), et Duval nous livre une histoire plaisante, avec une narration fluide, des personnages auxquels on s’attache (seule Loutre m’est apparu un chouia trop « invincible » pour le moment), et suffisamment de rebondissements ou d’intrigues annexes pour captiver le lecteur. Les digressions autour du passé pirates de certains personnages alimentent l’intrigue sans la faire dévier artificiellement vers le n’importe quoi, et les rivalités franco-anglaises (nous sommes à l’aube de la guerre de Sept ans), et en parallèle celles opposant Hurons et Iroquois, dynamisent intelligemment l’histoire. Si le dessin de Brada n’est pas celui de Prugne ou de Pratt (pour citer deux auteurs ayant magnifié ces sous-bois), je l’ai trouvé agréable. La colorisation de Fernandez manque un peu de nuances, mais elle aussi fait le travail. Bref, en attente de la conclusion, voilà une série d’aventure historiques plutôt bien menée. Note réelle 3,5/5.
The One within the Villainess
Un autre manga qui adapte un light novel qui met en vedette la villainess d'un jeu vidéo pour filles. Je l'ai lu parce que j'aime bien voir ce que différents auteurs font avec cette idée. Ici, l'originalité est qu'encore une fois une japonaise gameuse se réincarne dans la peau d'une villainess, mais cette fois-ci elle partage son corps avec cette dernière. Pendant des années, c'est la japonaise, qui a joué au jeu et aimait bien le personnage de la rivale méchante, qui est la personnalité dominante et qui fait tout pour que la villainess a une bonne vie. Tout va bien jusqu'à ce que l'héroïne du jeu débarque....et c'est aussi une joueuse du jeu réincarné ! Là en voyant cella je me disais que la série avait beaucoup de potentiel. Que va-t-il arrivé lorsque deux réincarnées se rencontrent et influences le jeu de la manière qu'elles veulent ? J'ai aussi l'impression qu'il y avait du potentiel pour une bonne comédie vu que l'héroïne fait des visages déformés rigolos dans ses premières apparitions, sauf que j'ai un peu déchanté par la suite. En gros, l'héroïne s'arrange pour que la villainess se retrouve sans amis et bannie comme dans le jeux et là la vraie personnalité de la villainess prends le dessus sur celle de la gameuse et elle n'est pas contente qu'on est fait du mal à celle qu'elle considère comme son amie. L'histoire devient une autre histoire de vengeance comme c'est le cas de biens d'autres histoires d'isekai. Le résultat reste tout de même pas mal, le personnage principal a du charisme et ça se laisse sans problème....c'est juste qu'encore une fois j'ai eu la sensation qu'on aurait pu faire quelques choses de plus original qu'un truc qu'on a déjà vu au moins une bonne dizaine de fois.
Instinct
Un manga acheté par mon fils, après quelques difficultés car le premier tome fut très vite en rupture de stock à son lancement, un succès qui s’explique en grande partie par la popularité de son initiateur, le Youtubeur Inoxtag. Il faut dire qu'il est devenu une véritable star après son documentaire sur son ascension de l’Everest. A présent il s’est lancé un nouveau défi : donner vie à son propre manga. Pour mener à bien ce projet ambitieux, il s’est entouré d’un coscénariste, Charles Complain, et d’un dessinateur, Basile Monnot, profitant, il faut bien l'avouer, de sa grande notoriété. Je dois dire que j'étais un peu sceptique en ouvrant le premier tome.. Je ne fais clairement pas partie de la cible principale, ce manga s’adressant avant tout aux adolescents amateurs de shônen comme One Piece ou FullMetal Alchemist. Même si l’histoire ne révolutionne pas le genre, elle recèle quelques idées intéressantes que je me garderai bien de spoiler ici. Les personnages, notamment le héros et son rival, ont un charisme indéniable. Considéré comme un hommage aux shônen qui ont marqué Inoxtag et son équipe, le résultat est plutôt convaincant. Le premier tome, centré sur la présentation des protagonistes et l’univers souterrain d’Agartha, est rythmé et prometteur. En revanche, j’ai trouvé le deuxième tome plus lent, surtout en début d’ouvrage, avec moins d’action. Heureusement, la fin relance l’intrigue et donne envie de découvrir la suite des aventures de Haki. Côté dessin, le style est résolument ancré dans la tradition manga. Basile Monnot, qui a quitté son ancien emploi pour se consacrer à ce projet, signe un premier travail surprenant et convaincant : un trait dynamique, des cadrages soignés et des personnages au design agréable. Les ouvrages en tant que tels sont également de beaux objets, agréables à lire, avec un format un peu plus grand que les mangas habituels, et une sur-pochette très colorée avec un vernis différencié plutôt joli. En conséquence, le prix est malheureusement un peu plus élevé que la moyenne (plus de 10€ le tome)... Bilan : un bon 3,5/5 pour une série qui ne révolutionne pas le genre, mais qui saura séduire son public. Et surtout, il faut saluer ce manga franco-français et l'initiative d'Inoxtag ayant permis à ses deux comparses de se lancer et de réaliser leur rêve. SCENARIO (Originalité, Histoire, personnages) : 6,5/10 GRAPHISME (Dessin, colorisation) : 7,5/10 NOTE GLOBALE : 14/20
Nic Oumouk
Une série « mineure » dans la bibliographie de l’auteur mais pas pour autant dénuée d’intérêt. Je la connais depuis toujours et si je m’en suis séparé dernièrement (rhaaa ce pb de place), je ne déconseille pas sa lecture. C’est léger et fluide mais on y rigole bien au passage. Le style de Larcenet est dans la même veine que ses débuts chez fluide glacial, un dessin un peu « gros nez » qui matche bien avec le ton. Les 2 albums offrent à chaque fois une histoire complète où nous suivrons Nic, un (gentil)jeune de banlieue pris dans le sytème, il rêve d’être la terreur du quartier mais c’est plutôt lui qui se fait racketter. Le 1er tome le verra faire face à Edukator (pastiche de super-héros), dans le 2eme on « l’invite » à la campagne … choc des cultures en approche. Loin d’être la plus connue ou marquante des séries de Larcenet, cependant toujours efficace.
Absolute Martian Manhunter
De la science-fiction avec ce petit goût des années 50. Je ne connaissais pas le personnage Martian Manhunter avant cette lecture, je le découvre donc dans la collection DC Absolute. John Jones est un agent du FBI, il ressort miraculeusement indemne (physiquement) après l'explosion d'un kamikaze bardé de dynamite, faisant s'effondrer un immeuble. Juste quelques égratignures donc, mais étrangement il commence à entendre une voix dans la tête et à avoir des visions sous forme de fumées multicolores. Il ne le sait pas encore mais son cerveau vient d'être infecté par une entité extra terrestre. Un extra terrestre qui prend de la place mentalement, il déroute notre agent du FBI avec son phrasé énigmatique, mais surtout, il le voit. Un martien très cliché, il ressemble beaucoup à celui de Roswell et il a la peau verte. Une intrigue où John Jones va devoir faire alliance avec cette entité envahissante pour contrer un autre martien (de couleur blanche) qui veut exterminer l'humanité, tandis que sa vie personnelle bat de l'aile. Une narration métaphorique qui repose sur un mode polar et une certaine lenteur (un peu trop à mon goût) dans le développement de l'intrigue et des thèmes abordés (les facettes sombres de notre société). Un dessin qui peut paraître simpliste et dépouillé au premier regard, mais en y regardant de plus près, on remarquera qu'il est expressif et loin d'être figé. Le style rétro de Javier Rodriguez agrémenté de couleurs psychédéliques me plaît énormément, il a ce pouvoir de me faire adhérer à ce récit de science-fiction. La mise en page est immersive. Un dessin qui te permettra aussi de découvrir que tu as le don de la vision martienne (si si, par deux fois tu pourras utiliser cette faculté). Un premier tome qui ne m'a pas totalement convaincu, mais je serai présent pour le second opus.
No limit (ou comment survivre en milieu hostile)
Une lecture pas forcément désagréable, mais qui ne m'a pas emballé plus que ça. J'ai été dérouté par la construction du récit, qui entremêle plusieurs histoires. Et, même lorsque finalement je m'y suis fait, jamais je n'ai été captivé. Quant au dessin, c'est plutôt minimaliste, avec une colorisation tranchée qui accentue le côté statique de l'ensemble. Là où sur Americana le dessin avait accompagné agréablement le récit, ici j'ai trouvé qu'il ne faisait qu'accentuer les difficultés que j'avais à entrer dedans. Note réelle 2,5/5.
Les Chats d'Ulthar
2.5 Ce manga contient l'adaptation de trois nouvelles de Lovecraft et ce n'est pas le meilleur album de cette collection. En effet, j'ai trouvé que les deux premières histoires étaient moyennes Il faut dire qu'elles accusent un peu de leur âge vu qu'on est dans du récit d'horreur/fantastique avec un twist à la fin. Cela marchait peut-être mieux dans les années 20-30, mais n'importe qui ayant grandit en regardant La Quatrième Dimension ou lu les histoires d'EC Comics se retrouvent en terrain trop commun. Celle avec les chats est carrément prévisible quoiqu'au moins il y a une atmosphère pesante tout le long de cette histoire qui se fait ressentir donc il y a au moins des qualités au niveau du dessin. Seule la dernière histoire m'a pleinement convaincu et m'a divertir. Un cru mineur à lire surtout si on veut collectionner toutes les adaptations de Lovecraft par ce mangaka.
LIP (des héros ordinaires)
Une BD sur les luttes sociales, plutôt bien faite, dont je ne garde pourtant pas un souvenir indélébile. Je ne connaissais pas l'histoire de LIP et je dois avouer qu'elle a son intérêt. Cette lutte sociale de prêt d'un an pour faire valoir les droits des ouvriers délaissés par une direction ne cherchant que le profit effréné, tout en créant un contexte où l'organisation collective et la prise de décision se fait différemment. La BD brasse plusieurs thématiques, et on voit bien que cette lutte se place juste après mai 68 avec des sujets qui débarquent : la place des femmes et des filles-mères, l'organisation politique des dépolitisés, le poids des syndicats, la mise en œuvre des mouvements ouvriers de ces années-là, la répression policière de Pompidou, etc ... Ces thématiques sont certes intéressantes mais franchement pas développé. Le parti pris est de suivre une jeune femme ouvrière dans l'usine qui va vivre ces évènements de l'intérieur. Je ne sais pas à quel point l'histoire est inspirée de fait réels mais j'avoue que son histoire de réussite dans le journalisme tranche étrangement avec le reste du récit. On dirait presque que finalement la sortie idéale, c'est de partir du monde ouvrier, ce qui semble être carrément en désaccord avec le reste du propos. En dehors de ces questions sur la forme, le fond est intéressant mais assez peu développé, lorsque la post-face explique les années suivantes qui sont à l'encontre du message final. La lutte à gagnée, mais la guerre est perdue et le capitalisme va continuer à tout bouffer, quitte à faire crever des industries et ruiner des entreprises rentables. De fait, la BD est surtout sur la lutte jusqu'à une victoire, mais ne permet pas de voir l'entièreté de ce que fut LIP jusqu'à sa fin. Et c'est dommage, ça serait intéressant de voir l'ensemble du combat et de la lutte, dans ses victoires et ses défaites. Si la BD reste bonne, avec des limites que je vois maintenant, je suis surtout moins enthousiaste que d'autres BD sur les luttes du monde ouvrier et la façon dont le capitalisme réagira dès que l'on touche au porte-feuille du patron. Cette BD m'a moins convaincu, mais elle a ses qualités.