Les derniers avis (116 avis)

Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Ce que j’ai vu à Auschwitz - Les Cahiers d'Alter
Ce que j’ai vu à Auschwitz - Les Cahiers d'Alter

Sonderkommando signifie littéralement "unités spéciales" en allemand. Il s'agit, dans les camps d'extermination nazis, de groupes de prisonniers, majoritairement juifs, contraints d'accomplir les tâches les plus macabres : trier les effets personnels des déportés, manipuler les corps et assurer la destruction des cadavres. Ancien militant communiste polonais et membre des brigades internationales en Espagne, Alter Fajnzylberg a été l'un de ces hommes. Déporté à Auschwitz-Birkenau, il est contraint par ses geôliers d'intégrer un Sonderkommando : jeter les cadavres dans les fours crématoires ou finir lui-même dans l'un d'eux. Son parcours et les circonstances qui l'ont mené là, il les a consignés dès son retour en France en 1945, dans des cahiers d'écolier, pour mettre son témoignage par écrit. Son fils avait connaissance de ces cahiers mais n'a trouvé le courage de les ouvrir que bien des décennies plus tard, livrant alors le témoignage de son père aux historiens du monde entier. Alter a eu une vie dense et complexe, marquée très tôt par l'engagement politique, puis par une succession d'exils et d'internements, de la Pologne à l'Espagne, puis en France dans les camps de réfugiés de la guerre d'Espagne, avant d'être transféré à Drancy puis à Auschwitz. Une fois arrivé là, le récit restitue avec une grande sobriété l'absurdité et la violence extrême du système concentrationnaire nazi, où la mort pouvait frapper sans raison et où la cruauté semblait n'obéir à aucune logique autre que la haine. La bande dessinée adopte un style très sobre, presque académique, dans la lignée des ouvrages historiques qui cherchent avant tout à transmettre des faits. Le dessin est maîtrisé mais peu avenant car ce n'est pas son but : il ne cherche pas à séduire, seulement à montrer. La mise en scène s'attarde longuement sur les années qui ont précédé l'envoi du personnage dans les camps nazis. Cette période est instructive, avec un rythme suffisamment soutenu pour ne pas trop s'attarder sur une phase en particulier. Elle est cependant racontée avec une clarté parfois relative, certaines digressions chronologiques m'ayant amené, à une ou deux reprises, à me demander en quelle année et dans quel contexte on se trouvait, par exemple lors des travaux forcés d'Alter à Lorient. Paradoxalement, le témoignage le plus important, celui de l'enfer des camps, est traité plus brièvement, avec davantage de texte que d'images. En particulier, ce fameux et terrible travail imposé par les nazis n'est jamais montré : il est seulement évoqué en quelques mots, tandis que l'image se limite globalement aux ruines du crématorium. C'est surprenant pour un récit théoriquement centré sur le fonctionnement des Sonderkommandos et toute son horreur. S'agit-il de pudeur, de retenue, ou d'une difficulté à représenter l'insoutenable ? Toujours est-il que, hormis l'absurdité des meurtres arbitraires et des violences physiques et morales infligées aux déportés, la BD montre finalement assez peu ce qui faisait la singularité du témoignage d'Alter Fajnzylberg. Elle se concentre davantage sur son engagement militant avant les camps, puis sur sa volonté de transmettre ce qu'il y a vu (une partie du récit faisant d'ailleurs écho à une autre BD Le Photographe de Mauthausen) et d'aider à l'évasion de certains prisonniers. La fin du camp, les marches de la mort dans la neige, et sa survie jusqu'à la libération ne sont, là encore, qu'évoquées sans être véritablement mises en images. L'adaptation fait ainsi des choix qui donnent le sentiment d'un récit retenu, presque à distance, comme s'il cherchait à éviter de montrer frontalement l'horreur tout en restant strictement factuel. Cette approche, très académique, privilégie la biographie et la transmission au détriment de l'émotion, qui peine à émerger malgré la force du sujet. Elle interroge davantage qu'elle ne bouleverse, laissant le lecteur face à l'incompréhension persistante de ce que l'homme a été capable de produire. Un travail de mémoire incontestablement précieux et nécessaire, mais dont la retenue et la distance atténuent l'impact émotionnel qu'un tel témoignage aurait pu porter.

23/03/2026 (modifier)
Par Josq
Note: 3/5
Couverture de la série Des lendemains sans nuage
Des lendemains sans nuage

Des lendemains sans nuage est une œuvre qui se lit facilement, rapidement et très agréablement. Mais j'avoue qu'il m'a manqué un petit quelque chose pour aller plus loin. L'esprit revendiqué de La Quatrième Dimension est plutôt bien maîtrisé, et les différentes histoires mises en scène ici sont presque toujours satisfaisantes, même si, comme dans la série pastichée, il arrive que la chute soit légèrement frustrante. J'aurais souvent aimé que les histoires courtes bénéficient de 2 ou 3 pages de plus, afin de développer chaque récit et prendre un peu plus le temps de rentrer dans chaque atmosphère. Quant au scénario global, il est plaisant mais sans grande surprise. On voit venir la fin avec beaucoup de facilité, et c'est peut-être ça aussi qui rend la bande dessinée pas tout à fait assez mémorable à mes yeux. Au-delà de ça, le format joue largement en faveur de la BD. Le dessin de Meyer et Gazzotti est très efficace, et crée de belles images. Comme en outre, la dose de textes n'est jamais excessive, la lecture est d'une fluidité exemplaire, et réussit à faire passer des message sans jamais forcer la main du spectateur et sans jamais en faire trop. En cela, Des lendemains sans nuage est vraiment réussie et immersive. Au bilan, c'est donc une lecture plaisante, que je ne regrette pas, mais qui, à mon sens, aurait pu être un peu plus impactante.

23/03/2026 (modifier)
Par greg
Note: 3/5
Couverture de la série Ghost Squadron
Ghost Squadron

Grand amateur d'aéronautique, j'accueille toujours avec une certaine joie ce genre de publications qui met les hélices en premier plan. On retrouve donc une espèce d'escadrille de bric et de broc composée de surplus de la seconde guerre et des pilotes/mercenaires qui vont avec. Les personnages un minimum élaborés sont: -Le capitaine Moorhead, qui déclenche tous les évènements en venant chercher notre héros -Héros justement, un pilote déserteur qui se la coulait douce sur une île appelé Fletcher Williams: le nom et tout le reste semblent être une transposition du lieutenant ayant commandé la mutinerie du Bounty -Un as de la Luftwaffe qui vit caché sous un faux nom (ce qui n'a aucune logique, les pilotes était assez peu nazis, et il n'y avait pas vraiment de criminels de guerre parmi eux: même une exception, une saloperie comme Hans Ulrich Rudel, bien que brun de la tête au pieds, n'a jamais commis de crimes de guerre) -Un pilote japonais qui avait déserté et qui semble être très heureux d'aider ses anciens ennemis (pareil ni crédible ni logique) Et c'est tout. Il faut dire que c'est le gros défaut de cette série: des persos à peine creusés, pas intéressants, ce qui est normal car il y en a beaucoup trop!!! On s'y perd un peu. Le but est de retrouver un Milliardaire calqué sur Howard Hughes. Le clone de Hughes est appelé Fogg, comme le personnage du tour du monde en 80 jours. Cela fait un peu comme une histoire pulp sans les filles: belles machines, beaux dessins, mais tout le reste est sans grand intérêt. Malgré tout, c'est distrayant et suffisamment intriguant pour vouloir lire la suite.

22/03/2026 (modifier)
Couverture de la série Smoking behind the supermarket with you
Smoking behind the supermarket with you

Un manga très doux. L'extrême naïveté de Sasaki, personnage principal, et son côté empoté le rende attachant. Les discussions, par petits bouts, chaque soir entre Sasaki et Tayama l'employé rock n'roll et complice. Une petite romance, avec un 1er tome parfois un peu longuet. Une licence poétique un peu étonnante est utilisée sur les personnages de Yamada/Tayama, cependant ça reste très mignon. J'ai beaucoup apprécié les dessins, et une certaine sensualité qui se dégage régulièrement. Pour les amatrices et amateurs de romances doucerettes.

22/03/2026 (modifier)
Couverture de la série Nevada (Delcourt)
Nevada (Delcourt)

Dès les premières planches, on installe une ambiance furieusement western, seule la moto du héros – Nevada – dénotant dans des décors qu’on croirait sortis de Blueberry : décors naturels, ou reconstitués à Hollywood. Mais c’est en fait à la fin des années 1920 que nous sommes, ce mélange, cette ambivalence, volontairement entretenus, m’ont fait penser à la série Les Gringos. Si les albums ultérieurs s’éloignent parfois de l’esthétique western, l’intrigue y revient régulièrement (on a même droit à un duel au soleil en fin de troisième tome !), c’est la marque de fabrique de cette série – et c’est plutôt bien fait. Le personnage de Nevada, ses rapports avec sa « donneuse d’ordre », la productrice Louise Hathaway m’ont fait penser à la série américaine des années 1980 « L’homme qui tombe à pic », dans laquelle un cascadeur jouait les chasseurs de prime pour une femme ayant avancé des cautions. Si chaque album peut se lire comme un one-shot, il y a quand même un fil rouge qui, outre l’approfondissement des personnalités (entre Nevada et Louise, aussi avec la jeune journaliste rencontrée dans le tome 2), concerne la traque d’un « méchant », ayant joué un rôle dans le passé des deux principaux protagonistes, Carlsen. Série et personnages gagnent en consistance, les parties consolidant le tout. Reste que le diptyque des deux derniers albums m'a paru moins dynamique, plus dilué. Un peu l'impression que les auteurs ont tenté de caser trop de choses: la personnalité et l'amitié de Jack London; de longs flash-back expliquant la genèse des relations entre Louise et Nevada; les hobos; les luttes syndicales, en plus de l'origine du conflit avec Carlsen. Pas mal de clins d'oeil aussi à des films célèbres (Psychose; 3h10 pour Yuma, etc.). Je suis par ailleurs grandement surpris qu'un film comme Le chien andalou ait pu être vu et connu aux États-Unis l'année de sa "sortie (qui plus est rapidement censurée) en France ! Au final, c'est une série intéressante, divertissante. C'est déjà pas mal.

22/03/2026 (modifier)
Par pol
Note: 3/5
Couverture de la série Les Sacrifiés du paradis
Les Sacrifiés du paradis

Cet album offre une plongée au coeur de l'Afrique des années 60, et plus précisément à la génèse des grands parcs nationaux des pays de l'est du continent. Un récit raconté comme une enquête, mêlant histoire et politique. C'est un documentaire mis en scène comme une fiction. Le sujet de fond est interessant : comment l'unesco, la WWF et les colons ont mis en place de très vastes projets pour préserver la nature africaine, créer des parcs et sauver des animaux. L'intention est louable, la méthode et ses conséquences seront plus discutables. Populations malmenées, une dizaine de millions d'hommes, de femmes, de paysans déplacés. Des villages entiers rasés de la carte. Pour mettre cela en exergue, l'idée de raconter tout cela à travers le prisme de 4 personnages est une bonne idée. Le narrateur essaye de résoudre un meurtre et remonte les pistes de ces 4 personnes. Cela donne au récit un format d'enquête interessant. Au fil des chapitres et des retours dans le temps, on découvre les liens entre les personnages, et surtout comment les actes des premiers auront des conséquences sur les autres (et donc sur le sujet de fond). Sauf que c'est un peu compliqué à suivre. Les enjeux politiques notamment, qui est avec qui, qui magouille quoi dans le dos de qui d'autres, pour quel intérêt. Sans compter les doubles jeux. On saisit en toile de fond la catastrophe humanitaire sous jacente, mais il y a quelques connexions pas toujours limpides qui empêchent d'en saisir pleinement les détails. Le dessin est nerveux et dynamique, mais ce style ne fait pas la part belle aux paysages africains. La palette de couleur est un peu monotone. Cela manque par moment de lisibilité, et ne permet pas toujours de discerner avec certitude tous les protagonistes sur certaines scènes. Il y a un sujet de fond interessant, globalement peu connu du grand public. Il y a une idée narrative interessante. Cela donne envie... mais l'impression que l'essai n'est pas totalement transformé reste un peu en tête une fois l'album refermé.

22/03/2026 (modifier)
Par Simili
Note: 3/5
Couverture de la série Premières fois
Premières fois

"Charnel, sensuel, brutal, tendre, obsessionnel, solitaire, soft, … Le sexe recouvre une gamme infinie de première fois. En voici dix exemples" Vous l'aurez compris cet ouvrage ne se concentre pas sur LA première fois mais sur dix petites premières fois. Imaginées et contées par une femme, cet ouvrage érotique raconte 10 premières expériences féminines de la toute première fois à la première fois à trois en passant par la première expérience lesbienne, etc... Il laisse échapper une certaine finesse que l'on ne retrouve pas dans un ouvrage masculin, ce qui pour ma part n'est pas pour me déplaire. On ne retrouve pas pour autant une certaine tendresse hormis l'histoire de LA première fois. Comme bien souvent dans ce genre d'ouvrage, les histoires sont de qualité inégale et ne procurent pas le même plaisir à lire. Mais pour ma part c'est le dessin qui m'a le plus dérangé. Ils sont plusieurs à avoir pris le relais, cela se voit, et c'est franchement inégal. La dernière histoire, sans parole d'ailleurs, est à ce titre très révélatrice puis qu'elle nous offre un visuel très "picassoresque". Faut aimer Au final j'avoue une légère déception, j'ai lu puis j'ai éteint la lumière et me suis endormi comme un bébé sans la moindre pensée érotique. L'ouvrage est donc passé à coté de son but affiché dans la préface. J'aurai plutôt tendance à conseiller la lecture de Sous le Paradis qui pour ma part se révèle être de meilleure qualité Note réelle : 2,5

22/03/2026 (modifier)
Par Vaudou
Note: 3/5
Couverture de la série Adrénaline
Adrénaline

Un album de Voss en couleurs, c'est assez rare pour être souligné. C'est un autre recueil d'histoires courtes publié quelques mois avant Lokyia. Bizarrement, la plupart des récits ont une fin assez plate, le découpage visuel est beaucoup plus sage aussi. Sur la moitié des histoires, Voss n'est pas le scénariste. On aperçoit Philippe Manoeuvre dans les noms.... On a du mal à retrouver l'humour noir caractéristique de l'auteur, un peu comme si Voss essayait de s'ouvrir à un public plus large. Une relative déception par rapport au reste de son œuvre.

22/03/2026 (modifier)
Par Lodi
Note: 3/5
Couverture de la série Alef-Thau
Alef-Thau

Alors moi j'aime bien que le héros ne soit à l'origine qu'un tronc et une tête : pour se construire, il se construit. Mais l'univers est tellement moins riche que l'Incal si au moins il est plus original que ses dérivés ! Le dessin ? S'il ne vaut pas celui de l'Incal et quelques autres, il vaut mieux que celui du Monde d'Edena, alors… Je dois dire que j'ai apprécié un dessin nouveau, original avec des couleurs convenant à un univers de fantasy. J'avais oublié cette série mais Stripsforever2000! m'y a fait repenser, et ce n'est pas désagréable… Le héros construit sa force, son opposante, Diamante, construit sa fragilité, et tous deux deviennent meilleurs l'un par l'autre. Tout cela me plait beaucoup, mais avec un côté foutraque, il faut bien dire que les autres éléments de l'histoire m'ont paru pauvres et sans trop d'intérêt. Comme un certain nombre d'œuvres, on peut rêver de ce qu'elles auraient été si abouties, de même que Dream - ou plutôt Sandman ! - dans la série éponyme collectionne les livres écris en rêve par les auteurs.

21/03/2026 (modifier)
Couverture de la série Alef-Thau
Alef-Thau

J’ai découvert Alef-Thau et Jodorowski grâce à un de mes auteurs préférées , Mobius- Giraud et la Bande Dessinée Culte, L’incal. L’Incal ma tellement plu que j’ai pris la chance aveugle , mi les années 80 , pour acheter les deux premiers tomes d’Alef-Thau. Étant installé à l’étranger et durant mes visites infréquentés en Belgique le long des ans , j’étais intéressé à obtenir les autres numero’s Et.. je ne trouvai pas ! ( Ca doit ce collectionner ! ) C’est en 2024 que j’ai obtenu le dernier. Le numéro 8 et dessinée par Alexandre Covial. C’est tout aussi bien dessinée et joli. et Anti Climatique question scénario ! Âpre lire ce dernier , je ne comprenais plus rien de cette Histoire ! Depuis, Lors de la dernière Bourse à Lys-Lez-Lannoy j’ai finalement pu finir cette quête en trouvant toute l’histoire en Intégrale sur deux Volumes ! D’un Coup , j’ai pu lire toute ce Fantasme et même Temps ! Au début, j’aimais l’histoire… Depuis, j’ai suivant commentaire à faire. Jodorwski est un personnage d’une fore créatrice hors du commun. J’avais compris avec l’Incal , qui’ prenait sur des Thèmes New Âge et sur la religion Hindu, beaucoup d’éléments, pour faire une très bonne histoire . Depuis… et de Lire «  Bouncer «  . Ce Dernier qui demontre l’envergure des Thèmes que jodo aborde. Ca va du Sacrée au Profane ! Et la, avec Alef-Thau, je suis guerre surpris qu’il abordait de Nouveau des thèmes pseudo religieux. L’histoire se lis bien. Arno fesait des beaux dessins et certains tableaux sont magnifiques. Les Engins spatiaux sont très beaux, les monstres et paysages aussi, mais l’histoire même reste presque tout le temps Coincée sur «  le plan Astral » pseudo Theosophiste . Même le titre , Alef-Thai cachée cette idée en Pleine Vue. Alef etant la première lettre de l’alphabet Hébreu ( Alpha ) et signifie la présence de Dieu . Thau est la dernière lettre de ce même alphabet et signifie la protection divine ou Oméga, la fin de tout. OK , ça marche, sur des Béquilles . Tout comté fait c’est très joli mais si on réfléchit de ce qu’on Vient de lire, il n’y a pas quand chose qui reste gravée dans la Mémoire . Avec sa , je termine mes lectures Jodoroski tout en étant appréciatif de ce grand Artiste très polyvalent qui doit avoir 96 ans en 2026 ! Dans tout les génres BD, Alef Thau prend une place speciale. Ca lis bien en Intégrale, mieux qu’en tomes individuelles . Tant Mieux. comme ça , ça permet de finir l’Histoire en une fois ( 400 pages ) et de m’être de cotée une fois pour tout, et décider si on veut retenir dans sa collection. C’est Jodorowski !

21/03/2026 (modifier)