Les derniers avis (42 avis)

Couverture de la série Mimésia
Mimésia

Etrange, étrange (comme souvent avec cet auteur)… Si j’en crois l’éditeur, le projet initial de Micol devait intégrer la collection bâtie en collaboration avec le musée du Louvre, mais le projet a capoté, et Micol l’a retravaillé pour le faire sortir de ce cadre. Il en reste néanmoins quelques traces, en particulier dans le dernier tiers du récit. En fait, j’arrondis ma note à trois étoiles (une cote mal taillée en fait), parce que le récit est quand même original, et aussi parce qu’il est assez profond – en tout cas lance des questionnements intelligents et intéressants, à propos de l’art, de la création humaine face à l’intelligence artificielle, etc. Je reconnais donc à Micol plein de qualités. J’ai aussi apprécié certains passages ironiques/humoristique (en particulier celui où un milliardaire habillé en une sorte d’Elvis Presley fait visiter son palais rempli d’œuvres d’art, en étalant son inculture). Mais voilà, si dans les grandes lignes j’ai été intrigué, si le scénario recèle de belles pistes, dans le détail beaucoup de choses m’ont échappé, j’ai trouvé l’histoire à la fois confuse et un peu creuse, ce qui m’empêche de sortir pleinement satisfait de ma lecture.

09/01/2026 (modifier)
Couverture de la série L'Élixir de Dieu
L'Élixir de Dieu

Un récit on ne peut plus classique mais qui parvient tout de même à être entraînant. L'histoire est celle d'un couvent dont le terrain va bientôt se faire racheter pour construire une usine et qui se retrouve, par la force des choses, à devoir gérer une distillerie clandestine et collaborer avec des gangs mafieux pour pouvoir s'en sortir. Il y a peu de choses à dire sur le diptyque (car encore une fois mine de rien très classique et que je ne voudrais pas me retrouver à tout vous dévoiler) mais le récit reste intéressant. Le cadre trouble du récit, en plein cœur des guerres mafieuses, de la prohibition et des agissements du klan, est idéal pour ce récit qui brille surtout par son rythme vif et son petit côté "explosif" (tout s'enchaîne, se croise et se percute assez rapidement ; en tout cas cela m'emporte dans le récit). Les personnages sont simples mais attachants, on finit par connaître chacune des bonnes sœurs au sein de ce couvent - alors même qu'elles ne possèdent parfois qu'un simple trait de caractère - et le véritable sentiment d'entraide et de protection qui anime cette sororité parvient à rendre le tout assez touchant. Bon, encore une fois, pas de quoi casser trois pattes à un canard, mais sans être révolutionnaire la lecture est on ne peut plus agréable, et si je regrette certains petits détails de rien du tout comme le fait que les "traits d'ombrages" sur les visages lorsque les personnages sont choqués m'ont semblé détonner avec le dessin et le travail des expressions (que je trouvais pourtant efficace) je n'en reste pas moins satisfaite une fois le dernier album refermé. Je n'aurais presque pas dit non à une suite.

09/01/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Homo Politicus
Homo Politicus

Un ministre véreux et déconnecté du réel est contraint de démissionner pour une bête histoire de notes de frais un peu trop conséquentes. Le voilà obligé de pointer à Pôle emploi et de s'abaisser au niveau de la plèbe. Cette BD prend la forme de petits albums souples proposant des gags en quatre cases qui s'articulent, par leur succession, comme une histoire complète à chaque tome. Le premier est une satire du politicien lui-même : le magouilleur imbu de sa personne, vivant aux frais de la Nation, incapable de faire autre chose que se faire mousser et profiter du système, très au-dessus d'un monde réel avec lequel il n'entretient plus aucun lien. Les figures politiques ayant inspiré ce fameux Henri-Xavier de Lapègre sont nombreuses, mais à la lecture de son portrait, on imagine volontiers un cocktail entre Patrick Balkany et François Fillon, notamment à travers le personnage de son épouse vivant d'un emploi fictif gracieusement offert par son mari. Le second tome se recentre davantage sur une satire de la politique elle-même, tandis que notre politicien déchu est catapulté dans un petit village de province où il doit briguer un mandat. Cette fois, plus que l'homme, c'est surtout le système électoral, fait de poignées de mains, de meetings et de fausses promesses, qui est tourné en dérision. Le graphisme, proche du dessin de presse, va à l'essentiel, dans un style certes peu mémorable mais efficace et correctement mis en scène. Dans l'ensemble, la satire est plaisante et le contraste entre les illusions perdues de ce politicien au caractère bien trempé et la réalité du terrain prête souvent à sourire, voire à rire. Toutefois, au-delà du caractère très convenu de nombreuses idées, caricature oblige, plusieurs gags se révèlent aussi assez répétitifs, ce qui peut finir par lasser sur des albums dépassant les 90 pages. J'ai lu ces volumes comme une moquerie gentiment amusante, avec quelques idées qui font mouche, mais aussi d'autres qui tombent à plat et surprennent peu.

09/01/2026 (modifier)
Par Cacal69
Note: 3/5
Couverture de la série Les Yeux doux
Les Yeux doux

Un récit d'anticipation et dystopique. Derrière "Les yeux doux" des pin-ups placardées un peu partout en ville, se cachent des caméras qui observent la population. Dans ce futur indéterminé, certains luttent pour faire tomber le système en place qui ne laisse aucune once de liberté. J'ai aimé la narration dynamique avec ces petits chapitres où des citations servent d'introduction. J'ai aimé la touche d'humour qui accompagne le récit. J'ai aimé les personnalités des protagonistes qui les rendent attachants. J'ai aimé la dénonciation du pouvoir en place qui fait écho à nos sociétés (produire, consommer, contrôler). J'ai aimé, en tant que petit-fils de mineur, la représentation de la salle des pendus. J'ai moins aimé la conclusion, elle est trop simpliste et expéditive avec ce goût de guimauve. J'ai moins aimé le fait de ne pas tout comprendre : l'invisibilité de certains personnages me laisse perplexe. J'ai aimé le dessin de Michel Colline, il a du cachet. La représentation urbaine dans un style rétro futuriste est superbe. Les bouilles des personnages ne sont pas en reste, elles sont un peu déformées/caricaturées pour refléter leur personnalité. J'ai aimé la colorisation sombre de Cyril Saint-Blancat, elle donne une atmosphère inquiétante. Une lecture sympathique.

09/01/2026 (modifier)
Couverture de la série Le Roi du Monde (Wood)
Le Roi du Monde (Wood)

Wallace Wood est un auteur majeur du comics, un auteur en tout cas sous-estimé et injustement mal connu je pense. Un auteur qui a touché à tout, un auteur « de genre » que j’aime beaucoup, tant il y a toujours chez lui quelque chose d’intéressant, y compris dans ses œuvres « mineures », comme c’est le cas ici avec ce « Roi du monde ». Les éditions du Triton avaient publié pas mal d’auteur américains dans les années 1970 (Wood aura droit à un autre album deux ans après celui-ci), ce qui avait permis aux lecteurs européens de découvrir un pan original du comics (c’est par eux que j’avais découvert Paul Kirchner ou Rand Holmes par exemple). Je m’étonne que cet album ne soit pas encore référencé sur le site. Je m’y colle donc avec plaisir. Le dessin de Wood est, comme à son habitude, très agréable. Simple, efficace, son trait plus ou moins réaliste et dynamique est très plaisant. Je suis moins convaincu par la colorisation de Tatjana Wood (sa femme), certes datée, mais surtout avec un encrage moyen. Comme à son habitude – même si ici il n’y a vraiment rien d’érotique ! – Wood dessine des femmes au corps de pin-up. Les amateurs de Wood reconnaitront des formes mises en avant de façon plus érotique dans « Cons de fée (fées en folie) » par exemple. Mais ici l’érotisation est à peine suggérée (même si Wood se plait à glisser dans les cases moult femmes dénudées – en tout cas la poitrine à l’air), car l’album n’est pas uniquement destiné à un lectorat adulte. Au contraire, le récit serait presque tout public (n’étaient les pin-up dénudées…), vraiment « gentil » (trop à mon goût d’ailleurs). Si le récit a des côtés gentillets, Wood glisse quand même quelques piques aux scénarios et héros classiques. En effet, le personnage de Xavier d’Acier (quel nom improbable ! Je serais curieux de connaitre le nom dans la version d’origine) est une caricature visuelle des héros « de genre » habillé tour à tour en sorte de Conan, en Romain, en chevalier… (je passe sur le personnage furtif d’Arlan, caricature de chevalier old school, que Wood n’utilise qu’une case pour le faire disparaitre « parce qu’il n’était pas intéressant » !). Wood se plait aussi durant le récit à se moquer gentiment des classiques fantasy, sans aller jusqu’à une réelle parodie. Mais ces petits « pas de côté » permettent au lecteur de trouver de l’intérêt à la lecture, car finalement Wood ne sort pas beaucoup aussi de certains sentiers battus. Le personnage de Weer et son « batociel » aurait sans doute mérité d’être davantage utilisé, pour apporter plus de fantaisie et de poésie au récit. Un récit qui se termine assez brutalement, de façon ouverte, comme si une suite était prévue (peut-être existe-t-elle en version originale ? Un Wallace Wood mineur donc, pas inintéressant, mais qui ravira surtout les fidèles du bonhomme.

08/01/2026 (modifier)
Couverture de la série L'Île aux orcs
L'Île aux orcs

Je découvre les 2 auteurs avec ce tome. Satisfait mais j’avoue être tout de même un poil mitigé, certainement la faute à mes attentes. Pour l’instant un 3,5 arrondi vers le bas donc. J’ai aimé le récit, l’aventure, la prise de risques dans les ingrédients, le fin mot de l’histoire, ce côté dark et gore qui transpire de partout … et bien d’autres choses. Mais en même temps, j’ai eu du mal à m’accaparer l’univers, le graphisme ne m’a pas attrapé outre mesure, les personnages sont bien campés mais pas attachants, il faut accepter de ne pas tout maîtriser dans ce monde … j’étais en dents de scie durant toute ma lecture niveau ressenti, c’est vraiment à la fin que je me suis dit « nan c’est cool ». Une œuvre à essayer sauf si vous êtes allergique au côté sale, sombre et violent, l’album jouant principalement sur ces thématiques. J’avoue être sortie un peu trop décontenancé de la forme mais je pense que les futures lectures gommeront ce trait, j’abonderai la note si c’est bien le cas.

08/01/2026 (modifier)
Couverture de la série Darwin
Darwin

Voilà un diptyque intéressant. D’abord parce qu’il se laisse lire très facilement – et relativement rapidement – tant la narration est fluide et aérée. Ensuite parce qu’il permet – Clot n’ayant pris que très peu de liberté par rapport à la réalité – de mieux connaitre la genèse des théories darwinienne, et aussi l’homme, durant sa « jeunesse », et son fameux voyage autour du monde à bord du Beagle. Une bonne bibliographie est proposée en fin de volume, avec un dossier historique lui aussi bien fichu. On découvre ainsi l’évolution de la pensée de Darwin lui-même – avant celle des espèces… Ses observations, ses questionnements surtout, qui vont le faire sortir des idées reçues de l’époque, et qui vont par la suite le confronter à tous ceux qui – suivant des Églises aveugles et recluses sur leurs anciens pouvoirs – vont dénaturer sa théorie et la critiquer. Ce « work in progress » est vraiment intéressant, et bien montré, avec les inquiétudes et autres angoisses perfectionnistes de Darwin, mises en avant dans le second tome, alors qu’il est un « notable » autant décrié que porté au pinacle, la postérité se chargeant de faire le tri (même si je suis toujours halluciné de voir le pouvoir qu’ont certains créationnistes aux États-Unis en ce moment !). Une série bien fichue en tout cas, très recommandable. Note réelle 3,5/5.

08/01/2026 (modifier)
Couverture de la série Beneath The Trees - Where Nobody Sees
Beneath The Trees - Where Nobody Sees

Voilà bien un album qui mérite lecture même si tout n’est pas parfait. Le plus gros reproche que je pourrais faire, c’est qu’il manque un petit truc pour dynamiter vraiment l’ensemble (enfin surtout la fin). J’ai terminé ma lecture satisfait mais pas véritablement comblé. La faute à un fin mot cohérent mais pas aussi envoutant que les 2/3 de l’album. Les ingrédients sont là mais la tension, suspense ou autre se révèlent un peu mou sur la finish, le lecteur ne sera pas véritablement surpris. Dommage car l’auteur assure seul un gros taf. L’intrigue, comme la description indique, est un mélange de 2 styles assez opposés, quand le vent dans les saules rencontre Dexter. Ce contraste surprend et marche super bien, d’autant que c’est accentué par la partie graphique et le fond. Le graphisme se révèle assez mignon, un trait doux mêlé à des tonalités de couleurs pastels, alors que l’histoire nous parle bien de tueurs en série avec des passages assez gores. Bonjour le grand écart mais l’ensemble fonctionne plutôt bien, cette dichotomie fait le sel et ajoute une belle touche d’originalité. Le tome se lit très bien, narration fluide et chapitrage réussie mais l’auteur privilégie davantage l’ambiance que la psychologie de ses personnages. Au final (et alors que c’est sympa à suivre), le potentiel n’apparaît pas maximisé, on se dit que ça aurait pu (du) être davantage mémorable. J’avoue que c’est un peu frustrant, du coup un 3,5 minoré. Un dernier mot sur l’édition que j’ai trouvé très qualitative pour un prix relativement modique. Je ne sais pas comment fait Ankama mais les autres éditeurs devraient en prendre de la graine. On a un effet relief sur la couverture (fort réussie au passage), stylet et tranche en tissu … très agréable pour les amateurs. J’ai un train de retard mais le cadeau de Noël idéal (ce que j’ai fait ;)

08/01/2026 (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série Tolkien - Eclairer les ténèbres
Tolkien - Eclairer les ténèbres

Comme NoirDésir, je trouve que cette biographie est un peu "raide", autant dans le dessin que dans le propos. C'est du formel, trop à mon gout, un peu détaché et froid dans l'exécution. Je ne connais pas spécialement la vie de Tolkien, je sais juste qu'il avait une pensée politique proche de l'anarchie vers la fin de sa vie. Mais étant très fan du Seigneur des anneaux (que j'ai déjà relu deux fois) et de son œuvre en générale, j'ai apprécié découvrir sa jeunesse et son rapport à la guerre qui va profondément le marquer. La BD n'explore pas beaucoup plus que la Première Guerre Mondiale, ce qui est dommage puisque les années suivantes vont aussi être marquantes avec les différents liens politiques ou le travail qu'il mènera ensuite. C'est dommage de ne pas voir cet ensemble qui va fortement l'influencer aussi et le mener à construire son oeuvre de façon si magistrale. En fait je crois que la BD est prisonnière de son formalisme : ne voulant pas déborder du cadre fixée, elle reste très factuelle et rigide. La lecture n'est jamais lourde ou chiante, mais jamais entrainante non plus. C'est un déroulé trop classique, qui ne fait pas passer les émotions alors que sa vie en fut chargée, mais qui ne laisse pas non plus passer l'empathie pour Tolkien. J'étais détaché de tout ce qu'il faisait en le regardant de loin, jusqu'à la dernière planche. J'en sors avec des connaissances, mais ni touché ni marqué. C'est dommage, je pense que la BD aurait pu faire mieux. En l'état, j'ai plus envie d'aller voir si d'autres personnes se sont mieux emparées du sujet.

08/01/2026 (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série Julio Popper - Le Dernier Roi de Terre de Feu
Julio Popper - Le Dernier Roi de Terre de Feu

Un "Pas mal" qui aurait pu tirer vers plus, notamment avec Matz au scénario qui n'est pas le dernier pour nous pondre des biographies que j'apprécie. Mais cette BD laisse un gout d'inachevée, peut-être parce que la BD s'est justement limitée à une biographie simple. Le personnage est truculent, étonnant et fascinant, Julio Popper est un aventurier du XIXè, polyglotte, audacieux, inventif, créatif, leader charismatique tout autant que personnage violent, parfois trop, sur de lui, parfois trop. Un vrai personnage d'aventure qu'on aime suivre pour son caractère et son génie. Malheureusement, la BD est en fait trop courte, trop proche de la réalité sans doute aussi, trop sage dans son déroulé biographique. Je comprend l'intention et la volonté de Matz dans cette écriture, s'éloignant peu des détails connus et des informations rares de cette époque. Sauf qu'au vu du personnage, j'aurais aimé une vraie biographie qui va loin, ose faire de l'aventure avec un grand A et s'éloigner de la réalité pour en faire un vrai personnage. Ce qui est dommage, c'est que ce choix de rester dans une biographie semble avoir ligotée l'histoire à cette conquête de la Terre de feu sans jamais s'éloigner des actions que Popper y mena. J'aurais aimé avoir une histoire qui se sert de ça pour parler d'autre chose, extrapoler, quitte à utiliser le personnage comme agent d'un propos plus contemporain. En voyant ce que semblait être Popper, je me dis que la liste des sujets qu'il aurait pu permettre d'évoquer étaient légions mais que malheureusement nous avons une simple biographie. Si je semble très négatif dans la critique, ce n'est pas pour autant que la BD est mauvaise. Elle est juste bonne, malheureusement sans dépasser ce stade et aller jusqu'à une histoire vraiment prenante, des considérations et des morales qui m'auraient attirés et dont je sais que Matz est capable. En l'état, c'est juste une bonne histoire, une BD sympa que je recommande de lire mais qui ne me parait clairement pas indispensable.

08/01/2026 (modifier)