Une série qui possède quelques qualités, mais qui m’a un peu laissé de côté, en tout cas dont je me suis lassé rapidement.
C’est du fantastique SF assez vieillot, et qui fait quand même son âge (elle a presque 70 ans). C’est assez verbeux – parfois trop (un tic d’époque – songeons aux auteurs du journal Tintin, avec des personnages commentant en pensée leurs actions), et le personnage de Sherlock, intriguant au départ, devient lassant, tant il semble tout savoir et pouvoir tout faire (se déplacer dans l’univers, résoudre les « énigmes », comme celle de cette statuette dangereuse). On est prié d’y croire sans explication (comment la « tour/fusée » est remplacée par sa copie sous-terraine dans la maison sans que quiconque s’en aperçoive ?).
Bon, il y a des idées, et parfois le fantastique intrigue suffisamment pour captiver l’attention, mais pas sur la durée. En tout cas la lecture d’une traite de l’intégrale publiée (avec un très beau travail éditorial) par Revival s’est révélée quelque peu indigeste.
Le dessin de Breccia est plutôt bon, use bien du Noir et Blanc (les auteurs côtoyaient alors Pratt en Argentine et, même si les styles sont différents, il y a pu y avoir des influences mutuelles au niveau de ce Noir et Blanc). Quelques cases sont quand même moins lisibles (peut-être la qualité des originaux repris par Revival était-elle inégale ?
A noter que certaines histoires passent au format à l’italienne, changeant le sens de lecture…
Une petite curiosité historique.
Note réelle 2,5/5
Le dessin est ce qui m'a attiré vers cet album : il est séduisant, sensuel, souvent émoustillant, avec de belles compositions et une mise en couleurs soignée. Il y a certes un léger aspect informatique dans le rendu, mais l'ensemble reste très agréable à regarder. Dommage en revanche que le lettrage vienne casser une partie de cette esthétique, avec une police type Comic Sans et quelques effets qui font bricolage façon PowerPoint.
Le problème, c'est que ce travail graphique est au service d'un récit qui ne suit pas. L'histoire est assez banale et surtout racontée sur un ton qui sonne faux : très littéraire, prétentieux, parfois pompeux, avec des dialogues et une voix off qui cherchent une forme de poésie mais tombent plutôt dans le lourd et l'artificiel. Cela donne une impression proche de certains téléfilms érotiques qui se veulent esthétisants, mais qui finissent par agacer par leur manque de naturel et leur suffisance.
C'est une BD qui attire l'œil mais dont le récit et les dialogues sont à l'inverse rebutants.
La collection « La Sagesse des mythes » se développait essentiellement autour des mythes de l’Antiquité – principalement grecque. Voilà que Glénat semble vouloir la prolonger d’une collection « proche » (par le nom, la direction de Luc Ferry – qui signe encore « l’analyse » dans le dossier en fin d’album). Mais cette collection « La sagesse des mythes, contes et légendes » me semble carrément fourre-tout : en effet, le mythe biblique d’Adam et Eve ici traité voisinera avec des choses plus « littéraires » comme Lancelot, Don Juan, Carmen, Tristan et Iseult (pour ceux qui sont d’ores et déjà publiés ou annoncés). Je ne suis pas convaincu par cette extension, qui fait un peu « ratissage » pour pouvoir prendre tout et n’importe quoi.
Bon, je ne sais pas si cet apriori négatif a joué, mais toujours est-il que je n’ai pas aimé cet « Adam et Eve ». il peut se laisser lire, mais je l’ai trouvé creux, mièvre, manquant singulièrement d’allant, de force épique. On y trouve une version classique de la Genèse, autour d’Adam et d’Eve donc, puis de Caïn et Abel et de leur descendance, qui peuple la Terre en travaillant, subissant générations après générations les conséquences de la prétendue faute d’Eve. On reste dans une vision très sexiste, mais aussi manichéenne, autour de la notion de « mal ». Mais l’athée que je suis s’est ennuyé durant cette lecture (courte au demeurant), il n’y a pas là de merveilleux (comme dans le tableau de Bosch « Le jardin des délices – reproduit pour illustrer le texte de Ferry) pour contrebalancer un discours très normé et castrateur. Le texte de Ferry se concentre uniquement sur la notion de Mal/Satan, mais la partie BD semble exempte d’allégorie et, prise comme un récit lambda, elle est très quelconque.
J’ajoute que je ne suis pas fan du rendu du dessin – et surtout de la colorisation (affaire de goût peut-être, c’est quand même très lisible).
Bon, le second tome se fait pas mal attendre, au point qu’on puisse craindre un abandon de cette série ? Si sur le principe ça me gênerait, dans les faits mon regret serait atténué par le fait que je n’ai que très moyennement accroché à ce tome inaugural. En tout cas bien moins que mon prédécesseur.
Le point de départ fait immanquablement penser à « Gladiator » (un général victorieux qui brusquement va tomber en disgrâce en s’approchant trop de l’empereur…). Ça s’en écarte ensuite pour se centrer sur la folie de Caligula, notre héros déchu, Falco se trouvant, avec une dizaine d’autres prisonniers divers (dont un chef barbare capturé par notre héros au départ) au cœur d’une chasse à l’homme, qui occupe entièrement la seconde moitié de cet album.
C’est un peu léger et fait rapidement passer au second plan les critiques sociales entrevues (certains notables romains étant nostalgiques de la République).
En fait plusieurs choses m’ont gêné. D’abord le beau frère de Falco est un peu caricatural, et je n’ai pas trop accroché au visage presque juvénile qu’on lui donne parfois (plus généralement, je n’ai pas accroché au rendu des visages…).
Surtout, la chasse à l’homme occupe trop de place, et manque clairement de subtilités. Tous les hommes sont éliminés les uns après les autres (tous se sont bêtement isolés et sont victimes tour à tour de ce que Caligula envoie pour les tuer, tandis que Falco et le chef barbare sont bien évidemment plus malin (en plus d’être les plus forts au combat), je vous laisse deviner qui va s’en sortir.
Contrairement aux archers Parthes, lions, Pictes qui poursuivent Falco, je pense l’abandonner…
Note réelle 2,5/5.
J'ai découvert cette BD via un best-of abandonné dans une boîte à livres, et dès les premières pages j'ai eu l'impression de lire une compilation de strips issus d'un blog, typique de ce qu'on pouvait consulter vite fait au boulot dans les années 2000 quand on s'ennuyait. Un personnage central, quelques seconds rôles, et une poignée de concepts déclinés à l'infini pour alimenter des gags courts sur fond de préhistoire.
Le problème, c'est que ça tourne très vite en rond. Le personnage de Lucyen est un bourrin bas de plafond, sale, obsédé par la bouffe, qui comprend tout de travers et ne pense qu'à manier sa massue, au grand désespoir de sa compagne Lucy. Et globalement, tous les strips reposent sur cette mécanique. Autant dire qu'au bout de quelques pages, on a déjà fait le tour.
Côté dessin, on sent une évolution : les strips les plus anciens ont un côté amateur correct, un peu brut, puis le trait s'affine avec un encrage plus propre par la suite. Mais même dans ses meilleures pages, ça reste en dessous de ce qu'on attend d'une BD éditée chez un gros éditeur, avec des décors quasi inexistants et un rendu global basique.
Je n'ai pas trouvé ça drôle, loin de là. J'ai lu l'ensemble avec un certain détachement, voire un petit côté dépité. Mais en même temps, il y a une forme de sincérité qui se dégage : on sent que l'auteur prend plaisir à faire vivre ses personnages et à enchaîner les gags, un peu comme un dessinateur amateur qui amuse ses amis avec ses planches.
Ça m'a plus évoqué les dessins d'un pote que l'on feuillette avec bienveillance que d'une BD que j'aurais envie d'acheter ou de recommander.
Cette BD s'inscrit très clairement dans la lignée de ces albums de supermarché qui ont fleuri entre la fin des années 90 et la fin des années 2000, chacun décliné autour d'un métier, et pensés avant tout comme des cadeaux faciles à offrir à quelqu'un qui exerce justement cette profession. On est en plein dans cet humour de circonstance, calibré, sans réelle ambition autre que de tenter vainement de faire sourire.
Côté dessin, c'est du classique Guide de... : un style franco-belge humoristique propre, lisible, mais sans charme ni identité marquante. Ça fait le travail, sans jamais se démarquer.
Mention spéciale pour la couverture, mais pas dans le bon sens : elle est franchement immonde. Entre la colorisation grossière, le décor vide et monochrome et le lettrage informatique mal intégré à l'image, l'ensemble donne une première impression repoussante.
Comme souvent avec ce type de projet, on sent le côté ouvrage de commande. Le scénariste n'a manifestement pas grand-chose de personnel à raconter sur le sujet et s'appuie presque exclusivement sur les clichés les plus attendus. On retrouve donc le comptable obsessionnel qui compte tout, en permanence, et qui endort son entourage avec des explications interminables sur son métier, le collègue cossard incapable d'aligner deux chiffres sans se tromper, et toute une galerie de personnages secondaires assez fades, uniquement là pour servir de support à des gags souvent interchangeables.
Les blagues, justement, donnent l'impression de tourner rapidement en rond. Certaines fonctionnent vaguement, mais la plupart reposent sur des ressorts très basiques, souvent répétitifs, sans réelle surprise.
On est plus dans l'accumulation de situations convenues que dans une véritable écriture comique.
Mouais.
Cette collection Pataquès se révèle très inégale. J’y retourne régulièrement, tant elle se développe sur un créneau qui a priori m’intéresse, à savoir l’humour – le plus souvent con ou absurde. Mais j’ai à plusieurs reprises été déçu, comme ça a été le cas avec cet album.
Dans des décors mêlant savanes et forêts ou prairies européennes, nous suivons quelques bestioles (là aussi pas mal de mélanges, animaux domestiques ou sauvages, une famille de loup des escargots, un renard, un gros poussin, un lapin donc, et même un ornithorynque !). Le point de départ est donc assez loufoque, mais pourquoi pas, sur ce genre de BD jouant sur les dialogues et l’humour, ça passe très bien.
C’est un là que le bât blesse en fait. Car l’humour est un peu poussif et ne m’a que rarement convaincu ou poussé au sourire. Ça se laisse lire, quelques gags/situations/dialogues sont sympathique et permettent une lecture plaisante. Mais globalement ça m’a laissé un peu sur ma faim.
Note réelle 2,5/5.
Cette BD m'est apparue doublement démodée.
D'abord par son sujet même : les scooters. J'ai vraiment l'impression que ce n'est plus du tout dans l'air du temps aujourd'hui, en 2026, largement supplantés par les vélos et trottinettes électriques, ou par les motos pour ceux qui restent attachés aux vrais deux-roues motorisés. Et même en 2011, date de sortie de l'album, ça donnait déjà un petit côté en retard, la vraie période "boosters" me semblant plutôt appartenir à la fin des années 90.
Ensuite par son concept, qui reprend avec vingt ans de retard, la formule de Joe Bar Team et de ses nombreux ersatz, mais dans une version beaucoup moins inspirée. Le problème, c'est que là où les motos pouvaient encore faire rêver, les scooters donnent ici une impression beaucoup plus banale, presque cheap, qui n'aide pas à embarquer le lecteur.
Côté dessin, c'est correct sans plus. Le trait est souple, mais l'encrage est trop léger, ce qui donne un rendu un peu fade, parfois proche de l'inachevé. Il n'y a pas vraiment de personnalité graphique qui se dégage.
Les gags, eux, ont le mérite d'être assez variés, mais ça ne suffit pas. Je ne les ai globalement pas trouvés drôles, et ils tournent trop souvent autour du côté dragueur lourdingue d'un personnage principal peu attachant. Résultat, l'humour tombe trop souvent à plat.
Je n'ai pas ri, et surtout je me suis ennuyé.
Ça n’est a priori pas le genre d’album que j’achèterais ou emprunterais (les auteurs, le genre, mais aussi le fait que je ne suis pas vraiment un « fêtard » et donc beaucoup de situations évoquées ici m’ont laissé de marbre). Mais je l’ai rencontré dans une boîte à livre (où il va retourner illico), et donc j’ai fait l’effort de le lire. Je dis bien l’effort, tant ça n’est pas ma came.
C’est un album sans réelle ambition, comme le duo d’auteurs en a produit pas mal (Jim a poursuivi l’épuisement du filon tout seul sur certains albums). On est dans du « facile », de la BD de supermarché, des cadeaux pour les sans idées de cadeau je dirais (et m’offrir ça prouverait qu’on ne me connait pas du tout !).
Bref, Jim arrive quand même à amener quelques idées, quelques gags, mais aucun ne m’a fait rire, et seuls quelques rares sourires forcés m’empêchent de mettre la note minimale. Surtout que le problème de ce type d’album, qui épuise jusqu’au bout du bout une idée de départ, c’est que rapidement il y a des redites, et « l’intro » des trois premières pages rassemble déjà la plupart des idées développées par la suite…
Le dessin de Fredman est certes lisible, mais ça n’est clairement pas ma tasse de thé. Sans âme, pas vraiment joli. Il fait le boulot on va dire. Quant à la colorisation, je ne l’aime pas. Baveuse parfois, informatique et sans nuance, pas mon truc non plus.
Pas mon truc donc.
Zidrou et Maltaite se moquent des travers des touristes et l'humour n'a pas fonctionné sur moi.
Je sais que lorsqu'on fait de la satire sociale, les défauts sont exagérés pour l'humour, mais ici c'est trop caricatural pour moi. Un autre problème est que si Zidrou n'a jamais été un scénariste subtile, ici j'ai eu l'impression que c'était pire que d'habitude. Les messages qu'il essaie de passer sont amenés avec des gros sabots. Il faut dire aussi qu'on change de personnages à chaque récit. Si on suivait les mêmes touristes, peut-être que je me serais attaché à eux malgré leurs défauts, comme c'est le cas avec une série comme 'Les Bidochons', mais ici on a juste droit à une galerie de touristes antipathiques qui n'ont rien d'autre à faire qu'être cons et méchants. L'humour est lourd.
Il reste le dessin de Maltaite qui est pas mal dans le genre bd humoristique à gros nez.
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Sherlock Time
Une série qui possède quelques qualités, mais qui m’a un peu laissé de côté, en tout cas dont je me suis lassé rapidement. C’est du fantastique SF assez vieillot, et qui fait quand même son âge (elle a presque 70 ans). C’est assez verbeux – parfois trop (un tic d’époque – songeons aux auteurs du journal Tintin, avec des personnages commentant en pensée leurs actions), et le personnage de Sherlock, intriguant au départ, devient lassant, tant il semble tout savoir et pouvoir tout faire (se déplacer dans l’univers, résoudre les « énigmes », comme celle de cette statuette dangereuse). On est prié d’y croire sans explication (comment la « tour/fusée » est remplacée par sa copie sous-terraine dans la maison sans que quiconque s’en aperçoive ?). Bon, il y a des idées, et parfois le fantastique intrigue suffisamment pour captiver l’attention, mais pas sur la durée. En tout cas la lecture d’une traite de l’intégrale publiée (avec un très beau travail éditorial) par Revival s’est révélée quelque peu indigeste. Le dessin de Breccia est plutôt bon, use bien du Noir et Blanc (les auteurs côtoyaient alors Pratt en Argentine et, même si les styles sont différents, il y a pu y avoir des influences mutuelles au niveau de ce Noir et Blanc). Quelques cases sont quand même moins lisibles (peut-être la qualité des originaux repris par Revival était-elle inégale ? A noter que certaines histoires passent au format à l’italienne, changeant le sens de lecture… Une petite curiosité historique. Note réelle 2,5/5
Bye bye tristesse
Le dessin est ce qui m'a attiré vers cet album : il est séduisant, sensuel, souvent émoustillant, avec de belles compositions et une mise en couleurs soignée. Il y a certes un léger aspect informatique dans le rendu, mais l'ensemble reste très agréable à regarder. Dommage en revanche que le lettrage vienne casser une partie de cette esthétique, avec une police type Comic Sans et quelques effets qui font bricolage façon PowerPoint. Le problème, c'est que ce travail graphique est au service d'un récit qui ne suit pas. L'histoire est assez banale et surtout racontée sur un ton qui sonne faux : très littéraire, prétentieux, parfois pompeux, avec des dialogues et une voix off qui cherchent une forme de poésie mais tombent plutôt dans le lourd et l'artificiel. Cela donne une impression proche de certains téléfilms érotiques qui se veulent esthétisants, mais qui finissent par agacer par leur manque de naturel et leur suffisance. C'est une BD qui attire l'œil mais dont le récit et les dialogues sont à l'inverse rebutants.
Adam et Eve - La Genèse
La collection « La Sagesse des mythes » se développait essentiellement autour des mythes de l’Antiquité – principalement grecque. Voilà que Glénat semble vouloir la prolonger d’une collection « proche » (par le nom, la direction de Luc Ferry – qui signe encore « l’analyse » dans le dossier en fin d’album). Mais cette collection « La sagesse des mythes, contes et légendes » me semble carrément fourre-tout : en effet, le mythe biblique d’Adam et Eve ici traité voisinera avec des choses plus « littéraires » comme Lancelot, Don Juan, Carmen, Tristan et Iseult (pour ceux qui sont d’ores et déjà publiés ou annoncés). Je ne suis pas convaincu par cette extension, qui fait un peu « ratissage » pour pouvoir prendre tout et n’importe quoi. Bon, je ne sais pas si cet apriori négatif a joué, mais toujours est-il que je n’ai pas aimé cet « Adam et Eve ». il peut se laisser lire, mais je l’ai trouvé creux, mièvre, manquant singulièrement d’allant, de force épique. On y trouve une version classique de la Genèse, autour d’Adam et d’Eve donc, puis de Caïn et Abel et de leur descendance, qui peuple la Terre en travaillant, subissant générations après générations les conséquences de la prétendue faute d’Eve. On reste dans une vision très sexiste, mais aussi manichéenne, autour de la notion de « mal ». Mais l’athée que je suis s’est ennuyé durant cette lecture (courte au demeurant), il n’y a pas là de merveilleux (comme dans le tableau de Bosch « Le jardin des délices – reproduit pour illustrer le texte de Ferry) pour contrebalancer un discours très normé et castrateur. Le texte de Ferry se concentre uniquement sur la notion de Mal/Satan, mais la partie BD semble exempte d’allégorie et, prise comme un récit lambda, elle est très quelconque. J’ajoute que je ne suis pas fan du rendu du dessin – et surtout de la colorisation (affaire de goût peut-être, c’est quand même très lisible).
Nemoralia
Bon, le second tome se fait pas mal attendre, au point qu’on puisse craindre un abandon de cette série ? Si sur le principe ça me gênerait, dans les faits mon regret serait atténué par le fait que je n’ai que très moyennement accroché à ce tome inaugural. En tout cas bien moins que mon prédécesseur. Le point de départ fait immanquablement penser à « Gladiator » (un général victorieux qui brusquement va tomber en disgrâce en s’approchant trop de l’empereur…). Ça s’en écarte ensuite pour se centrer sur la folie de Caligula, notre héros déchu, Falco se trouvant, avec une dizaine d’autres prisonniers divers (dont un chef barbare capturé par notre héros au départ) au cœur d’une chasse à l’homme, qui occupe entièrement la seconde moitié de cet album. C’est un peu léger et fait rapidement passer au second plan les critiques sociales entrevues (certains notables romains étant nostalgiques de la République). En fait plusieurs choses m’ont gêné. D’abord le beau frère de Falco est un peu caricatural, et je n’ai pas trop accroché au visage presque juvénile qu’on lui donne parfois (plus généralement, je n’ai pas accroché au rendu des visages…). Surtout, la chasse à l’homme occupe trop de place, et manque clairement de subtilités. Tous les hommes sont éliminés les uns après les autres (tous se sont bêtement isolés et sont victimes tour à tour de ce que Caligula envoie pour les tuer, tandis que Falco et le chef barbare sont bien évidemment plus malin (en plus d’être les plus forts au combat), je vous laisse deviner qui va s’en sortir. Contrairement aux archers Parthes, lions, Pictes qui poursuivent Falco, je pense l’abandonner… Note réelle 2,5/5.
La Horde
J'ai découvert cette BD via un best-of abandonné dans une boîte à livres, et dès les premières pages j'ai eu l'impression de lire une compilation de strips issus d'un blog, typique de ce qu'on pouvait consulter vite fait au boulot dans les années 2000 quand on s'ennuyait. Un personnage central, quelques seconds rôles, et une poignée de concepts déclinés à l'infini pour alimenter des gags courts sur fond de préhistoire. Le problème, c'est que ça tourne très vite en rond. Le personnage de Lucyen est un bourrin bas de plafond, sale, obsédé par la bouffe, qui comprend tout de travers et ne pense qu'à manier sa massue, au grand désespoir de sa compagne Lucy. Et globalement, tous les strips reposent sur cette mécanique. Autant dire qu'au bout de quelques pages, on a déjà fait le tour. Côté dessin, on sent une évolution : les strips les plus anciens ont un côté amateur correct, un peu brut, puis le trait s'affine avec un encrage plus propre par la suite. Mais même dans ses meilleures pages, ça reste en dessous de ce qu'on attend d'une BD éditée chez un gros éditeur, avec des décors quasi inexistants et un rendu global basique. Je n'ai pas trouvé ça drôle, loin de là. J'ai lu l'ensemble avec un certain détachement, voire un petit côté dépité. Mais en même temps, il y a une forme de sincérité qui se dégage : on sent que l'auteur prend plaisir à faire vivre ses personnages et à enchaîner les gags, un peu comme un dessinateur amateur qui amuse ses amis avec ses planches. Ça m'a plus évoqué les dessins d'un pote que l'on feuillette avec bienveillance que d'une BD que j'aurais envie d'acheter ou de recommander.
Les Blagues de comptable
Cette BD s'inscrit très clairement dans la lignée de ces albums de supermarché qui ont fleuri entre la fin des années 90 et la fin des années 2000, chacun décliné autour d'un métier, et pensés avant tout comme des cadeaux faciles à offrir à quelqu'un qui exerce justement cette profession. On est en plein dans cet humour de circonstance, calibré, sans réelle ambition autre que de tenter vainement de faire sourire. Côté dessin, c'est du classique Guide de... : un style franco-belge humoristique propre, lisible, mais sans charme ni identité marquante. Ça fait le travail, sans jamais se démarquer. Mention spéciale pour la couverture, mais pas dans le bon sens : elle est franchement immonde. Entre la colorisation grossière, le décor vide et monochrome et le lettrage informatique mal intégré à l'image, l'ensemble donne une première impression repoussante. Comme souvent avec ce type de projet, on sent le côté ouvrage de commande. Le scénariste n'a manifestement pas grand-chose de personnel à raconter sur le sujet et s'appuie presque exclusivement sur les clichés les plus attendus. On retrouve donc le comptable obsessionnel qui compte tout, en permanence, et qui endort son entourage avec des explications interminables sur son métier, le collègue cossard incapable d'aligner deux chiffres sans se tromper, et toute une galerie de personnages secondaires assez fades, uniquement là pour servir de support à des gags souvent interchangeables. Les blagues, justement, donnent l'impression de tourner rapidement en rond. Certaines fonctionnent vaguement, mais la plupart reposent sur des ressorts très basiques, souvent répétitifs, sans réelle surprise. On est plus dans l'accumulation de situations convenues que dans une véritable écriture comique.
Le Lapin des Baskerville
Mouais. Cette collection Pataquès se révèle très inégale. J’y retourne régulièrement, tant elle se développe sur un créneau qui a priori m’intéresse, à savoir l’humour – le plus souvent con ou absurde. Mais j’ai à plusieurs reprises été déçu, comme ça a été le cas avec cet album. Dans des décors mêlant savanes et forêts ou prairies européennes, nous suivons quelques bestioles (là aussi pas mal de mélanges, animaux domestiques ou sauvages, une famille de loup des escargots, un renard, un gros poussin, un lapin donc, et même un ornithorynque !). Le point de départ est donc assez loufoque, mais pourquoi pas, sur ce genre de BD jouant sur les dialogues et l’humour, ça passe très bien. C’est un là que le bât blesse en fait. Car l’humour est un peu poussif et ne m’a que rarement convaincu ou poussé au sourire. Ça se laisse lire, quelques gags/situations/dialogues sont sympathique et permettent une lecture plaisante. Mais globalement ça m’a laissé un peu sur ma faim. Note réelle 2,5/5.
Scoot toujours
Cette BD m'est apparue doublement démodée. D'abord par son sujet même : les scooters. J'ai vraiment l'impression que ce n'est plus du tout dans l'air du temps aujourd'hui, en 2026, largement supplantés par les vélos et trottinettes électriques, ou par les motos pour ceux qui restent attachés aux vrais deux-roues motorisés. Et même en 2011, date de sortie de l'album, ça donnait déjà un petit côté en retard, la vraie période "boosters" me semblant plutôt appartenir à la fin des années 90. Ensuite par son concept, qui reprend avec vingt ans de retard, la formule de Joe Bar Team et de ses nombreux ersatz, mais dans une version beaucoup moins inspirée. Le problème, c'est que là où les motos pouvaient encore faire rêver, les scooters donnent ici une impression beaucoup plus banale, presque cheap, qui n'aide pas à embarquer le lecteur. Côté dessin, c'est correct sans plus. Le trait est souple, mais l'encrage est trop léger, ce qui donne un rendu un peu fade, parfois proche de l'inachevé. Il n'y a pas vraiment de personnalité graphique qui se dégage. Les gags, eux, ont le mérite d'être assez variés, mais ça ne suffit pas. Je ne les ai globalement pas trouvés drôles, et ils tournent trop souvent autour du côté dragueur lourdingue d'un personnage principal peu attachant. Résultat, l'humour tombe trop souvent à plat. Je n'ai pas ri, et surtout je me suis ennuyé.
Nos pires fêtes foireuses
Ça n’est a priori pas le genre d’album que j’achèterais ou emprunterais (les auteurs, le genre, mais aussi le fait que je ne suis pas vraiment un « fêtard » et donc beaucoup de situations évoquées ici m’ont laissé de marbre). Mais je l’ai rencontré dans une boîte à livre (où il va retourner illico), et donc j’ai fait l’effort de le lire. Je dis bien l’effort, tant ça n’est pas ma came. C’est un album sans réelle ambition, comme le duo d’auteurs en a produit pas mal (Jim a poursuivi l’épuisement du filon tout seul sur certains albums). On est dans du « facile », de la BD de supermarché, des cadeaux pour les sans idées de cadeau je dirais (et m’offrir ça prouverait qu’on ne me connait pas du tout !). Bref, Jim arrive quand même à amener quelques idées, quelques gags, mais aucun ne m’a fait rire, et seuls quelques rares sourires forcés m’empêchent de mettre la note minimale. Surtout que le problème de ce type d’album, qui épuise jusqu’au bout du bout une idée de départ, c’est que rapidement il y a des redites, et « l’intro » des trois premières pages rassemble déjà la plupart des idées développées par la suite… Le dessin de Fredman est certes lisible, mais ça n’est clairement pas ma tasse de thé. Sans âme, pas vraiment joli. Il fait le boulot on va dire. Quant à la colorisation, je ne l’aime pas. Baveuse parfois, informatique et sans nuance, pas mon truc non plus. Pas mon truc donc.
Fuck ze tourists !
Zidrou et Maltaite se moquent des travers des touristes et l'humour n'a pas fonctionné sur moi. Je sais que lorsqu'on fait de la satire sociale, les défauts sont exagérés pour l'humour, mais ici c'est trop caricatural pour moi. Un autre problème est que si Zidrou n'a jamais été un scénariste subtile, ici j'ai eu l'impression que c'était pire que d'habitude. Les messages qu'il essaie de passer sont amenés avec des gros sabots. Il faut dire aussi qu'on change de personnages à chaque récit. Si on suivait les mêmes touristes, peut-être que je me serais attaché à eux malgré leurs défauts, comme c'est le cas avec une série comme 'Les Bidochons', mais ici on a juste droit à une galerie de touristes antipathiques qui n'ont rien d'autre à faire qu'être cons et méchants. L'humour est lourd. Il reste le dessin de Maltaite qui est pas mal dans le genre bd humoristique à gros nez.