Les deux précédents albums de Lisa Blumen – parus eux aussi chez L’Employé du moi – m’avaient fait découvrir une auteure originale. Plutôt sur des sujets SF ou proches, sortant des sentiers battus.
Bref, un a priori favorable, qui m’a fait passer outre le sujet de cet album, qui traite de quelque chose que je ne connais pas vraiment, et pour lequel j’aurais de fortes préventions. Tout ce qui tourne autour du maquillage m’indiffère, et les « influenceurs » (influenceuses ici) – cette autre façon plus branchée – et plus hypocrite – de faire de la publicité sur internet et les réseaux sociaux me rebutent au plus haut point (je hais la publicité, et en plus je trouve que c’est une exaltation de l’insignifiance, du paraître débile. Une allergie intellectuelle donc de ma part.
Nous suivons donc une jeune influenceuse, qui présente régulièrement à ses suiveurs sur le net une partie de sa vie privée, et les nombreux produits de maquillage qu’elle reçoit de la part de sociétés spécialisées.
L’accumulation des « placements de produits » donne quelque chose de risible, comme l’est le formatage de « l’image idéale » des jeunes filles/femmes suivant ce genre de contenus.
La seule chose qui m’ait un tant soit peu intéressé dans cette histoire, c’est quand on nous montre, au hasard de quelques rencontre entre l’influenceuse et les représentants des marques qui lui fournissent des échantillons, ou le directeur d’une agence qui l’emploie, comment notre influenceuse est en fait traitée comme une travailleuse « ordinaire » (loin du 2.0), c’est-à-dire maltraitée, subissant moult pressions. Autre moment intéressant, la façon dont les réseaux sociaux permettent à tous les névrosés de déballer leur violence, leurs idées masculinistes, leurs insultes gratuites et anonymes : notre influenceuse qui ne vit que pour et par le net et l’image qu’elle y véhicule, en découvre ainsi vers la fin les nombreuses zones d’ombre.
Mais bon, si les autres albums de Blumen m’avaient toujours intéressé, celui-ci m’a laissé de côté. Et la fin, un peu brutale et ouverte, nous laisse dans l’expectative quant aux choix de l’héroïne.
Je pense que ça n’est pas ma came.
Dans un monde post-apocalyptique, l'humanité survit tant bien que mal face à des créatures monstrueuses au service de ténébreux vampires. Païli, une super guerrière humaine dont on ignore l'origine des pouvoirs, est appelée à jouer un rôle clé dans un conflit qui la dépasse.
D'un point de vue purement technique, le travail graphique est indéniable. Le rendu est très réaliste, limite surréaliste, avec une maîtrise certaine de la couleur et de la lumière. Mais, outre son aspect figé comme une photo, ce style a un aspect très kitsch, évoquant ces vieilles illustrations de Métal Hurlant réalisées à l'aérographe, avec leurs excès, leur emphase et leur goût du spectaculaire daté.
Cette impression se retrouve d'ailleurs dans tout le reste. La mise en scène, les antagonistes, certaines situations et même les dialogues flirtent régulièrement avec ce côté désuet et kitsch, parfois involontairement caricatural. L'ambiance gothique, les effets appuyés, les poses dramatiques et les symboles accumulés finissent par donner au récit un ton excessif qui peut autant fasciner que faire lever les yeux au ciel. Moi j'ai carrément soupiré.
Pourtant, malgré ces réserves, l'intrigue fonctionne suffisamment pour éveiller la curiosité. Le monde posé, les mystères esquissés et les relations entre les personnages donnent envie de voir où tout cela va mener. Malheureusement, la série ayant été abandonnée, tout restera à jamais en suspens. Difficile dès lors de recommander une lecture qui, malgré une curiosité réelle et quelques qualités évidentes, ne mènera nulle part et laissera le lecteur sans réponse.
Étrange sentiment à la lecture de ce diptyque. En refermant le deuxième album, j’ai eu l’impression de n’avoir quasiment rien lu.
Alors, certes, cette lecture est très rapide ! Mais, sur une période fortement anxiogène (Paris sous l’occupation), la traque des juifs, les profiteurs de guerre, et avec deux femmes paumées et persécutées pour traverser ces nuits glauques, il y avait quand même matière à proposer quelque chose de plus intense.
Au lieu de quoi, bien au contraire, c’est une histoire relativement creuse, avec un manque de rythme flagrant, qui m’a laissé de côté. Et tous les commentaires en off, parfois redondants ou inutiles, n’ont fait qu’accentuer cette impression de vide.
Les rares moments dramatiques sont édulcorés. Ceux qui aident Anna pour ses papiers sont arrêtés /violentés, mais la façon de représenter ces actions (bruits et images d’étoiles) est un peu ridicule. Le sort d’Anna et d’Arlette, un temps très inquiétant, est rapidement rassurant, avec un happy end un peu forcé, avec une transition brutale.
On a du mal à s’attacher à Arlette et Anna, les deux héroïnes, là aussi tout n’est qu’effleuré.
Une lecture décevante me concernant.
Cet album recueille l'adaptation de trois nouvelles de Lovecraft liées au Monde du Rêve, comme des préquels ou des spin-offs des aventures de Randolph Carter, sans que celui-ci apparaisse dans aucune d'entre elles.
La première, Celephais, reprend presque la même trame que La Quête onirique de Kadath l'inconnue, avec un rêveur qui cherche à retrouver la belle cité dont il rêvait jadis. Les aventures de Kuranes sont néanmoins plus concises et plus évaporées, centrées sur un artiste paumé qui fuit la réalité pour vivre dans un monde rêvé idéal, parfois par le biais de drogues, avec une fin volontairement en demi-teinte qui diffère du ton plus classique de Lovecraft. Cela manque de structure et, pour qui a lu Kadath, cela ressemble trop à un brouillon imprécis et inabouti.
La seconde raconte l'origine de la loi interdisant de tuer les chats de la ville d'Ulthar, éléments essentiels eux aussi de La Quête onirique de Kadath l'inconnue. L'histoire est basique et sans surprise pour qui connaît les aventures de Randolph Carter. Je n'ai pas aimé non plus Ulthar représentée comme une cité européenne trop contemporaine, loin de l'imaginaire fantasy que je me faisais du Monde du Rêve. Les faiblesses du dessin de Gou Tanabe m'ont aussi sauté aux yeux, notamment la laideur des chats, essentiels au récit mais mal rendus.
La troisième commence elle aussi à Ulthar et suit deux personnages partant observer les dieux de la Terre danser sur leur ancienne montagne. Là encore, le sujet est déjà abordé dans La Quête onirique de Kadath l'inconnue, mais Lovecraft revient sur le thème pour montrer concrètement ce qui arrive à ceux qui commettent ce sacrilège d'orgueil. Pas de surprise ici non plus, pas de représentation graphique marquante. J'ai été de nouveau agacé de voir à Ulthar une église si chrétienne et une croix qui n'ont, à mon sens, pas leur place dans le Monde du Rêve.
Il s'agit donc de l'adaptation de trois nouvelles dispensables car toutes largement supplantées par La Quête onirique de Kadath l'inconnue, pour lesquelles le dessin ainsi que les choix graphiques de Gou Tanabe contribuent peu à restituer la magie et l'étrangeté du Monde du Rêve. Cela manque de souffle et de cohérence avec l'univers original.
Cet album recueille l'adaptation de trois histoires courtes de Lovecraft : une que j'ai appréciée, et deux que j'ai trouvées médiocres.
La première, Le Temple, semble avoir marqué l'imaginaire de ses lecteurs puisqu'elle a visiblement inspiré la BD Sanctuaire ainsi que le film Abîmes de 2002. Le cadre, un sous-marin de la Première Guerre mondiale, offre un huis-clos idéal pour la montée en tension et le stress. L'histoire souffre toutefois de quelques incohérences techniques : un sous-marin n'aurait jamais de hublot, ni la capacité de descendre jusqu'à deux cents mètres, ni un sas permettant à un scaphandrier d'en sortir. Mais, une fois ces détails passés, le récit fonctionne très bien et est dessiné de manière claire et efficace. Il se divise en deux phases : d'abord la hantise de l'équipage, puis la découverte du temple. La scène où celui-ci s'illumine à travers le hublot est particulièrement réussie. Bref, c'est l'histoire que j'ai le plus appréciée.
La seconde, Le Molosse, raconte la hantise d'un duo d'explorateurs ayant osé s'emparer d'une idole dont le gardien est féroce. L'intrigue m'a paru trop convenue et sans intérêt. Le dessin de Tanabe y est également plus fouillis avec plusieurs scènes difficiles à déchiffrer. Je n'ai pas aimé cette histoire.
La troisième, La Cité sans nom, m'avait laissé un souvenir vague mais positif lors de ma lecture de la nouvelle il y a longtemps. Ici, je n'ai pas retrouvé cette impression. L'intrigue est trop simple et linéaire. Le design des créatures n'est pas mauvais, oscillant entre le ridicule et le dérangeant, mais je n'ai ressenti ni emprise narrative ni émotion particulière. Cette adaptation m'a laissé indifférent.
En somme, si le premier récit vaut la lecture, les deux autres montrent les limites de l'adaptation manga de Tanabe pour qui le graphisme et le découpage ne suffisent pas à compenser des intrigues trop convenues ou simplifiées, me laissant le lecteur sur une impression de déception.
Je crois que Tarzan, le personnage et son univers, ne sont pas ma tasse de thé. J’ai des souvenirs de gamin des films avec Weissmuller (films irregardables aujourd’hui !), j’avais plutôt bien aimé le film « Greystoke, la légende de Tarzan », mais sinon, j’ai vraiment du mal à accrocher.
La version de Corbeyran m’avait déçu, et celle de Bec ne m’a pas davantage convaincu. Affaire de goûts sans doute, mais pas seulement. Il y a trop de facilité, de grande naïveté dans cette intrigue. L’apprentissage et la maîtrise du langage (et carrément en plusieurs langues ?), voire de l’écriture en pleine autonomie, par le jeune gamin adopté par des singes parait peu crédible, comme son adaptation express au monde animal, puis au monde « civilisé ». Un Tarzan qui, en quelques minutes, est capable de dépecer une bête, de lui enlever sa peau, et d’en faire un vêtement (pour lui, puis plus tard dans le premier tome pour un homme qu’il a secouru – après avoir massacré tout un village), c’est franchement trop ! De la même manière, vouloir absolument donner à Tarzan une carrure à la Conan le Barbare (alors que ses parents anglais ne semblaient pas particulièrement baraqués) nous fait tomber dans la caricature. Les raccourcis inévitables de l'adaptation accentuent le ressenti de facilité de l'intrigue.
Bon, le premier tome reprend l’histoire classique des débuts, la rencontre avec « Jane » (qui tombe amoureuse là aussi en deux temps trois mouvements…). Pas de surprise, c’est de l’aventure classique, avec les couleuvres évoquées ci-dessus à avaler.
Le deuxième tome n’en est pas la suite, mais c’est un autre roman qui est adapté, autour du personnage de Tarzan – on retourne donc dans la jungle. On y mélange un peu les époques, hommes préhistoriques, animaux préhistoriques de toutes périodes (si possibles gigantesques et menaçants), etc. Quelque chose qui emprunte à Wells, Verne, ou se rapproche du film King Kong de Jackson. Avec toujours un Tarzan géant et bodybuildé, affrontant les dangers de plus en plus improbables.
C’est sans doute divertissant, mais ça n’est clairement pas mon truc. Bec a sans doute ajouté sa touche fantastique à un récit qui l’y invitait. Le résultat ne m’a pas convaincu. Si d’autres albums sortent par la suite, je ne me jetterai pas déçu, c’est clair.
Bon.
Bon, bon, bon.
Comme (trop) souvent, lors des courses, je craque et me permet un petit achat impulsif, une petite lecture à l'aveugle. Ici, je suis tombée sur le premier tome d'une série et même si le postulat et le dessin ne me faisaient pas miroiter une création révolutionnaire je me suis permise de l'acheter me disant qu'après tout ce n'était qu'un seul tome et que cela ne serait pas si cher que cela - on pourrait croire à ce genre de réflexion que je peux me permettre de jeter de l'argent dans n'importe quoi mais pas du tout, je suis juste une abrutie (ne faites pas ça chez vous les enfants).
Bon, en effet, ce premier tome ne m'a pas du tout convaincue et je ne compte pas continuer l'aventure (encore de l'argent bien dépensé ma p'tite Deretaline…).
J'ai vraiment essayé de donner sa chance à l'album, le dessin (sans être, là encore, révolutionnaire) me semblait un minimum travaillé, l'incipit (bien que cliché) était suffisamment simple pour permettre à l'auteur-ice de partir dans la direction de son choix (aventure épique, comédie d'action, …), malheureusement le résultat est cliché au possible. J'ai vraiment eu l'impression de suivre le speedrun d'un scénario, on passe d'instant cliché en instant cliché sans remoud, sans surprise ou prise de risque, les instants comiques/légers comme les instants réflexifs ont parfois à peine une case allouée, tout s'enchaîne bien trop vite pour développer un semblant d'attachement au moindre des personnages qui ne seront de toute façon jamais étoffés au delà du post-it résumant leurs archétypes, le texte ne recèle aucune malice ou naturel, … Bref, c'est pas que c'est nul à proprement parlé, c'est surtout que c'est sacrément oubliable.
La protagoniste orpheline se révèle être hors du commun (ici elle a l'âme d'un dragon enfermé en elle), un mythe fondateur aux versions pas toujours cohérentes semble cacher une vérité aujourd'hui oubliée, des personnages qui en savent beaucoup plus que nous font de la rétention d'information artificielle, notre fougueuse héroïne a de beaux yeux verrons pour se distinguer de la plèbe, que d'originalité mes ami-e-s.
Pas mauvais, en soi, même si le récit est tout sauf inventif il y a toujours moyen que le tout s'améliore à l'avenir, mais sachant qu'un premier tome (comme un premier chapitre, un premier épisode ou tout autre forme d'introduction narrative) ça a quand-même pour but, au delà d'instaurer et de lancer l'intrigue, de capter l'attention des lecteur-ice-s/spectateur-ice-s et de présenter un minimum ses talents narratifs, quand je tombe sur une ouverture si plate, si oubliable, que l'auteur-ice iel même n'a pas eu l'air "habité-e" par son projet, j'ai envie de dire que la suite de la série a tout de même peu de chance de se révéler surprenamment bonne.
Encore une fois pas mauvais, mais pas bon à mes yeux pour autant.
Une des dernières sinon la dernière série que Jack Kirby a créé pour Marvel et c'est vraiment une sortie par la petite porte.
C'est une série qui na pas l'ambition d'autres séries de Kirby, c'est juste une série de pur divertissement et je trouve que ça ne fonctionne pas, du moins sur moi. Je peux imaginer des jeunes enfants des années 70 fans de dinosaures lire cette série avec excitation, mais le style est trop daté. Kirby était à un point de sa carrière où ses meilleurs créations étaient derrières lui et il devenait une caricature de lui-même tant au niveau du dessin que du scénario. Les histoires m'ennuient, mais je dois dire que je ne suis pas un gros d'histoires de dinosaures. Quant au dessin. si les dinosaures sont beaux et sont le point fort de la série, je n'aime pas trop comment sont dessinés les singes humanoïdes ou du moins leurs visages.
En gros, c'est une série qui s'adresse uniquement aux nostalgiques qui ont lu cette série durant leur jeunesse et/ou aux grands fans de Kirby qui veulent tout lire de lui. En tout cas, ils vont être en terrain connu parce que c'est encore une série de Kirby où les extraterrestres débarquent !
J'ai souvent de la difficulté avec les scénarios de Roy Thomas. J'aime bien ses scénarios pour Conan et les Avengers et son run avec Neal Adams sur X-Men était très bon, mais le reste de ce que j'ai lu de lui me laisse au mieux indifférent.
C'est le cas ici avec cette série qui se passe durant la seconde guerre mondiale et mets en vedette les trois grosses vedettes du Marvel des années 40: Captain America, Namor et la première Torche Humaine. Roy Thomas est un gros fan des comics books des années 40 alors il va avoir pleins de références et d'hommages à d'autres séries que je ne connais pas et dont je me fous un peu. La caractérisation des personnages est vraiment simpliste. Namor, par exemple, perds le coté ambiguë et même méchant qu'il avait dans ses propres aventures au cours de la décennie des années 40. Ce sont des bêtes aventures bourrés d'actions et même pas divertissant. Comme c'est toujours le cas avec Thomas, il y a beaucoup de dialogues et vers la fin de l'album j'en avais marre de les lire et je les ai juste survolés.
La plupart des épisodes sont dessinés par Frank Robbins, un dessinateur qui a débuté dans les années 30-40 alors il était le dessinateur idéal pour une série qui rends hommage à cette période, mais son dessin est trop daté et pas du tout excitant. En fait, je ne suis pas un grand fan des comics books de cette période, mais il y a certaines séries qui surnagent du lot et qui possèdent un certain charme. Ici, il n'y a pas ce charme. Vous avez déjà lu une série BD qui rends hommage aux bds des années 50-60 ou à un auteur en particulier (comme c'est le cas avec Maurice Tillieux) et vous avez eu l'impression que c'était plus daté et niais que ce qu'on faisait à l'époque ? Ben ici c'est la même chose, mais pour les comics !
Comme sur les très bon Quartier lointain et Le Journal de mon père, Taniguchi prend le temps de nous conter son histoire.
Toutefois, contrairement aux deux albums précédents, il n'aura jamais réussi à m'embarquer avec lui dans ce voyage au Louvre.
La seule partie qui aura réussi à retenir mon attention fut celle ou il nous explique comment les oeuvres d'art exposées au Louvre furent protégées de l'invasion nazie de 1940.
Pour le reste ses rencontres avec différents peintres, n'auront pas su capter mon attention même si je ne doute pas que pour certains elles se révèleront d'un intérêt particulier.
Reste son coup de crayon qui comme bien souvent est relativement identifiable mais surtout agréable.
Au final c'est le premier ouvrage de Taniguchi qui me déçoit, il ne figurait pas dans ma PAL et je suis tombé dessus par hasard en bibliothèque. Heureusement ...
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Sangliers
Les deux précédents albums de Lisa Blumen – parus eux aussi chez L’Employé du moi – m’avaient fait découvrir une auteure originale. Plutôt sur des sujets SF ou proches, sortant des sentiers battus. Bref, un a priori favorable, qui m’a fait passer outre le sujet de cet album, qui traite de quelque chose que je ne connais pas vraiment, et pour lequel j’aurais de fortes préventions. Tout ce qui tourne autour du maquillage m’indiffère, et les « influenceurs » (influenceuses ici) – cette autre façon plus branchée – et plus hypocrite – de faire de la publicité sur internet et les réseaux sociaux me rebutent au plus haut point (je hais la publicité, et en plus je trouve que c’est une exaltation de l’insignifiance, du paraître débile. Une allergie intellectuelle donc de ma part. Nous suivons donc une jeune influenceuse, qui présente régulièrement à ses suiveurs sur le net une partie de sa vie privée, et les nombreux produits de maquillage qu’elle reçoit de la part de sociétés spécialisées. L’accumulation des « placements de produits » donne quelque chose de risible, comme l’est le formatage de « l’image idéale » des jeunes filles/femmes suivant ce genre de contenus. La seule chose qui m’ait un tant soit peu intéressé dans cette histoire, c’est quand on nous montre, au hasard de quelques rencontre entre l’influenceuse et les représentants des marques qui lui fournissent des échantillons, ou le directeur d’une agence qui l’emploie, comment notre influenceuse est en fait traitée comme une travailleuse « ordinaire » (loin du 2.0), c’est-à-dire maltraitée, subissant moult pressions. Autre moment intéressant, la façon dont les réseaux sociaux permettent à tous les névrosés de déballer leur violence, leurs idées masculinistes, leurs insultes gratuites et anonymes : notre influenceuse qui ne vit que pour et par le net et l’image qu’elle y véhicule, en découvre ainsi vers la fin les nombreuses zones d’ombre. Mais bon, si les autres albums de Blumen m’avaient toujours intéressé, celui-ci m’a laissé de côté. Et la fin, un peu brutale et ouverte, nous laisse dans l’expectative quant aux choix de l’héroïne. Je pense que ça n’est pas ma came.
Apocalypse
Dans un monde post-apocalyptique, l'humanité survit tant bien que mal face à des créatures monstrueuses au service de ténébreux vampires. Païli, une super guerrière humaine dont on ignore l'origine des pouvoirs, est appelée à jouer un rôle clé dans un conflit qui la dépasse. D'un point de vue purement technique, le travail graphique est indéniable. Le rendu est très réaliste, limite surréaliste, avec une maîtrise certaine de la couleur et de la lumière. Mais, outre son aspect figé comme une photo, ce style a un aspect très kitsch, évoquant ces vieilles illustrations de Métal Hurlant réalisées à l'aérographe, avec leurs excès, leur emphase et leur goût du spectaculaire daté. Cette impression se retrouve d'ailleurs dans tout le reste. La mise en scène, les antagonistes, certaines situations et même les dialogues flirtent régulièrement avec ce côté désuet et kitsch, parfois involontairement caricatural. L'ambiance gothique, les effets appuyés, les poses dramatiques et les symboles accumulés finissent par donner au récit un ton excessif qui peut autant fasciner que faire lever les yeux au ciel. Moi j'ai carrément soupiré. Pourtant, malgré ces réserves, l'intrigue fonctionne suffisamment pour éveiller la curiosité. Le monde posé, les mystères esquissés et les relations entre les personnages donnent envie de voir où tout cela va mener. Malheureusement, la série ayant été abandonnée, tout restera à jamais en suspens. Difficile dès lors de recommander une lecture qui, malgré une curiosité réelle et quelques qualités évidentes, ne mènera nulle part et laissera le lecteur sans réponse.
Deux passantes dans la nuit
Étrange sentiment à la lecture de ce diptyque. En refermant le deuxième album, j’ai eu l’impression de n’avoir quasiment rien lu. Alors, certes, cette lecture est très rapide ! Mais, sur une période fortement anxiogène (Paris sous l’occupation), la traque des juifs, les profiteurs de guerre, et avec deux femmes paumées et persécutées pour traverser ces nuits glauques, il y avait quand même matière à proposer quelque chose de plus intense. Au lieu de quoi, bien au contraire, c’est une histoire relativement creuse, avec un manque de rythme flagrant, qui m’a laissé de côté. Et tous les commentaires en off, parfois redondants ou inutiles, n’ont fait qu’accentuer cette impression de vide. Les rares moments dramatiques sont édulcorés. Ceux qui aident Anna pour ses papiers sont arrêtés /violentés, mais la façon de représenter ces actions (bruits et images d’étoiles) est un peu ridicule. Le sort d’Anna et d’Arlette, un temps très inquiétant, est rapidement rassurant, avec un happy end un peu forcé, avec une transition brutale. On a du mal à s’attacher à Arlette et Anna, les deux héroïnes, là aussi tout n’est qu’effleuré. Une lecture décevante me concernant.
Les Chats d'Ulthar
Cet album recueille l'adaptation de trois nouvelles de Lovecraft liées au Monde du Rêve, comme des préquels ou des spin-offs des aventures de Randolph Carter, sans que celui-ci apparaisse dans aucune d'entre elles. La première, Celephais, reprend presque la même trame que La Quête onirique de Kadath l'inconnue, avec un rêveur qui cherche à retrouver la belle cité dont il rêvait jadis. Les aventures de Kuranes sont néanmoins plus concises et plus évaporées, centrées sur un artiste paumé qui fuit la réalité pour vivre dans un monde rêvé idéal, parfois par le biais de drogues, avec une fin volontairement en demi-teinte qui diffère du ton plus classique de Lovecraft. Cela manque de structure et, pour qui a lu Kadath, cela ressemble trop à un brouillon imprécis et inabouti. La seconde raconte l'origine de la loi interdisant de tuer les chats de la ville d'Ulthar, éléments essentiels eux aussi de La Quête onirique de Kadath l'inconnue. L'histoire est basique et sans surprise pour qui connaît les aventures de Randolph Carter. Je n'ai pas aimé non plus Ulthar représentée comme une cité européenne trop contemporaine, loin de l'imaginaire fantasy que je me faisais du Monde du Rêve. Les faiblesses du dessin de Gou Tanabe m'ont aussi sauté aux yeux, notamment la laideur des chats, essentiels au récit mais mal rendus. La troisième commence elle aussi à Ulthar et suit deux personnages partant observer les dieux de la Terre danser sur leur ancienne montagne. Là encore, le sujet est déjà abordé dans La Quête onirique de Kadath l'inconnue, mais Lovecraft revient sur le thème pour montrer concrètement ce qui arrive à ceux qui commettent ce sacrilège d'orgueil. Pas de surprise ici non plus, pas de représentation graphique marquante. J'ai été de nouveau agacé de voir à Ulthar une église si chrétienne et une croix qui n'ont, à mon sens, pas leur place dans le Monde du Rêve. Il s'agit donc de l'adaptation de trois nouvelles dispensables car toutes largement supplantées par La Quête onirique de Kadath l'inconnue, pour lesquelles le dessin ainsi que les choix graphiques de Gou Tanabe contribuent peu à restituer la magie et l'étrangeté du Monde du Rêve. Cela manque de souffle et de cohérence avec l'univers original.
Le Molosse
Cet album recueille l'adaptation de trois histoires courtes de Lovecraft : une que j'ai appréciée, et deux que j'ai trouvées médiocres. La première, Le Temple, semble avoir marqué l'imaginaire de ses lecteurs puisqu'elle a visiblement inspiré la BD Sanctuaire ainsi que le film Abîmes de 2002. Le cadre, un sous-marin de la Première Guerre mondiale, offre un huis-clos idéal pour la montée en tension et le stress. L'histoire souffre toutefois de quelques incohérences techniques : un sous-marin n'aurait jamais de hublot, ni la capacité de descendre jusqu'à deux cents mètres, ni un sas permettant à un scaphandrier d'en sortir. Mais, une fois ces détails passés, le récit fonctionne très bien et est dessiné de manière claire et efficace. Il se divise en deux phases : d'abord la hantise de l'équipage, puis la découverte du temple. La scène où celui-ci s'illumine à travers le hublot est particulièrement réussie. Bref, c'est l'histoire que j'ai le plus appréciée. La seconde, Le Molosse, raconte la hantise d'un duo d'explorateurs ayant osé s'emparer d'une idole dont le gardien est féroce. L'intrigue m'a paru trop convenue et sans intérêt. Le dessin de Tanabe y est également plus fouillis avec plusieurs scènes difficiles à déchiffrer. Je n'ai pas aimé cette histoire. La troisième, La Cité sans nom, m'avait laissé un souvenir vague mais positif lors de ma lecture de la nouvelle il y a longtemps. Ici, je n'ai pas retrouvé cette impression. L'intrigue est trop simple et linéaire. Le design des créatures n'est pas mauvais, oscillant entre le ridicule et le dérangeant, mais je n'ai ressenti ni emprise narrative ni émotion particulière. Cette adaptation m'a laissé indifférent. En somme, si le premier récit vaut la lecture, les deux autres montrent les limites de l'adaptation manga de Tanabe pour qui le graphisme et le découpage ne suffisent pas à compenser des intrigues trop convenues ou simplifiées, me laissant le lecteur sur une impression de déception.
Tarzan (Bec)
Je crois que Tarzan, le personnage et son univers, ne sont pas ma tasse de thé. J’ai des souvenirs de gamin des films avec Weissmuller (films irregardables aujourd’hui !), j’avais plutôt bien aimé le film « Greystoke, la légende de Tarzan », mais sinon, j’ai vraiment du mal à accrocher. La version de Corbeyran m’avait déçu, et celle de Bec ne m’a pas davantage convaincu. Affaire de goûts sans doute, mais pas seulement. Il y a trop de facilité, de grande naïveté dans cette intrigue. L’apprentissage et la maîtrise du langage (et carrément en plusieurs langues ?), voire de l’écriture en pleine autonomie, par le jeune gamin adopté par des singes parait peu crédible, comme son adaptation express au monde animal, puis au monde « civilisé ». Un Tarzan qui, en quelques minutes, est capable de dépecer une bête, de lui enlever sa peau, et d’en faire un vêtement (pour lui, puis plus tard dans le premier tome pour un homme qu’il a secouru – après avoir massacré tout un village), c’est franchement trop ! De la même manière, vouloir absolument donner à Tarzan une carrure à la Conan le Barbare (alors que ses parents anglais ne semblaient pas particulièrement baraqués) nous fait tomber dans la caricature. Les raccourcis inévitables de l'adaptation accentuent le ressenti de facilité de l'intrigue. Bon, le premier tome reprend l’histoire classique des débuts, la rencontre avec « Jane » (qui tombe amoureuse là aussi en deux temps trois mouvements…). Pas de surprise, c’est de l’aventure classique, avec les couleuvres évoquées ci-dessus à avaler. Le deuxième tome n’en est pas la suite, mais c’est un autre roman qui est adapté, autour du personnage de Tarzan – on retourne donc dans la jungle. On y mélange un peu les époques, hommes préhistoriques, animaux préhistoriques de toutes périodes (si possibles gigantesques et menaçants), etc. Quelque chose qui emprunte à Wells, Verne, ou se rapproche du film King Kong de Jackson. Avec toujours un Tarzan géant et bodybuildé, affrontant les dangers de plus en plus improbables. C’est sans doute divertissant, mais ça n’est clairement pas mon truc. Bec a sans doute ajouté sa touche fantastique à un récit qui l’y invitait. Le résultat ne m’a pas convaincu. Si d’autres albums sortent par la suite, je ne me jetterai pas déçu, c’est clair.
L'Héritière du Dragon
Bon. Bon, bon, bon. Comme (trop) souvent, lors des courses, je craque et me permet un petit achat impulsif, une petite lecture à l'aveugle. Ici, je suis tombée sur le premier tome d'une série et même si le postulat et le dessin ne me faisaient pas miroiter une création révolutionnaire je me suis permise de l'acheter me disant qu'après tout ce n'était qu'un seul tome et que cela ne serait pas si cher que cela - on pourrait croire à ce genre de réflexion que je peux me permettre de jeter de l'argent dans n'importe quoi mais pas du tout, je suis juste une abrutie (ne faites pas ça chez vous les enfants). Bon, en effet, ce premier tome ne m'a pas du tout convaincue et je ne compte pas continuer l'aventure (encore de l'argent bien dépensé ma p'tite Deretaline…). J'ai vraiment essayé de donner sa chance à l'album, le dessin (sans être, là encore, révolutionnaire) me semblait un minimum travaillé, l'incipit (bien que cliché) était suffisamment simple pour permettre à l'auteur-ice de partir dans la direction de son choix (aventure épique, comédie d'action, …), malheureusement le résultat est cliché au possible. J'ai vraiment eu l'impression de suivre le speedrun d'un scénario, on passe d'instant cliché en instant cliché sans remoud, sans surprise ou prise de risque, les instants comiques/légers comme les instants réflexifs ont parfois à peine une case allouée, tout s'enchaîne bien trop vite pour développer un semblant d'attachement au moindre des personnages qui ne seront de toute façon jamais étoffés au delà du post-it résumant leurs archétypes, le texte ne recèle aucune malice ou naturel, … Bref, c'est pas que c'est nul à proprement parlé, c'est surtout que c'est sacrément oubliable. La protagoniste orpheline se révèle être hors du commun (ici elle a l'âme d'un dragon enfermé en elle), un mythe fondateur aux versions pas toujours cohérentes semble cacher une vérité aujourd'hui oubliée, des personnages qui en savent beaucoup plus que nous font de la rétention d'information artificielle, notre fougueuse héroïne a de beaux yeux verrons pour se distinguer de la plèbe, que d'originalité mes ami-e-s. Pas mauvais, en soi, même si le récit est tout sauf inventif il y a toujours moyen que le tout s'améliore à l'avenir, mais sachant qu'un premier tome (comme un premier chapitre, un premier épisode ou tout autre forme d'introduction narrative) ça a quand-même pour but, au delà d'instaurer et de lancer l'intrigue, de capter l'attention des lecteur-ice-s/spectateur-ice-s et de présenter un minimum ses talents narratifs, quand je tombe sur une ouverture si plate, si oubliable, que l'auteur-ice iel même n'a pas eu l'air "habité-e" par son projet, j'ai envie de dire que la suite de la série a tout de même peu de chance de se révéler surprenamment bonne. Encore une fois pas mauvais, mais pas bon à mes yeux pour autant.
Devil Dinosaur - L'intégrale
Une des dernières sinon la dernière série que Jack Kirby a créé pour Marvel et c'est vraiment une sortie par la petite porte. C'est une série qui na pas l'ambition d'autres séries de Kirby, c'est juste une série de pur divertissement et je trouve que ça ne fonctionne pas, du moins sur moi. Je peux imaginer des jeunes enfants des années 70 fans de dinosaures lire cette série avec excitation, mais le style est trop daté. Kirby était à un point de sa carrière où ses meilleurs créations étaient derrières lui et il devenait une caricature de lui-même tant au niveau du dessin que du scénario. Les histoires m'ennuient, mais je dois dire que je ne suis pas un gros d'histoires de dinosaures. Quant au dessin. si les dinosaures sont beaux et sont le point fort de la série, je n'aime pas trop comment sont dessinés les singes humanoïdes ou du moins leurs visages. En gros, c'est une série qui s'adresse uniquement aux nostalgiques qui ont lu cette série durant leur jeunesse et/ou aux grands fans de Kirby qui veulent tout lire de lui. En tout cas, ils vont être en terrain connu parce que c'est encore une série de Kirby où les extraterrestres débarquent !
Invaders - L'intégrale
J'ai souvent de la difficulté avec les scénarios de Roy Thomas. J'aime bien ses scénarios pour Conan et les Avengers et son run avec Neal Adams sur X-Men était très bon, mais le reste de ce que j'ai lu de lui me laisse au mieux indifférent. C'est le cas ici avec cette série qui se passe durant la seconde guerre mondiale et mets en vedette les trois grosses vedettes du Marvel des années 40: Captain America, Namor et la première Torche Humaine. Roy Thomas est un gros fan des comics books des années 40 alors il va avoir pleins de références et d'hommages à d'autres séries que je ne connais pas et dont je me fous un peu. La caractérisation des personnages est vraiment simpliste. Namor, par exemple, perds le coté ambiguë et même méchant qu'il avait dans ses propres aventures au cours de la décennie des années 40. Ce sont des bêtes aventures bourrés d'actions et même pas divertissant. Comme c'est toujours le cas avec Thomas, il y a beaucoup de dialogues et vers la fin de l'album j'en avais marre de les lire et je les ai juste survolés. La plupart des épisodes sont dessinés par Frank Robbins, un dessinateur qui a débuté dans les années 30-40 alors il était le dessinateur idéal pour une série qui rends hommage à cette période, mais son dessin est trop daté et pas du tout excitant. En fait, je ne suis pas un grand fan des comics books de cette période, mais il y a certaines séries qui surnagent du lot et qui possèdent un certain charme. Ici, il n'y a pas ce charme. Vous avez déjà lu une série BD qui rends hommage aux bds des années 50-60 ou à un auteur en particulier (comme c'est le cas avec Maurice Tillieux) et vous avez eu l'impression que c'était plus daté et niais que ce qu'on faisait à l'époque ? Ben ici c'est la même chose, mais pour les comics !
Les Gardiens du Louvre
Comme sur les très bon Quartier lointain et Le Journal de mon père, Taniguchi prend le temps de nous conter son histoire. Toutefois, contrairement aux deux albums précédents, il n'aura jamais réussi à m'embarquer avec lui dans ce voyage au Louvre. La seule partie qui aura réussi à retenir mon attention fut celle ou il nous explique comment les oeuvres d'art exposées au Louvre furent protégées de l'invasion nazie de 1940. Pour le reste ses rencontres avec différents peintres, n'auront pas su capter mon attention même si je ne doute pas que pour certains elles se révèleront d'un intérêt particulier. Reste son coup de crayon qui comme bien souvent est relativement identifiable mais surtout agréable. Au final c'est le premier ouvrage de Taniguchi qui me déçoit, il ne figurait pas dans ma PAL et je suis tombé dessus par hasard en bibliothèque. Heureusement ...