Dans la catégorie Erotisme, cette collection était gage de qualité, une couverture similaire pour chaque album. Ici nous avons le tome 14 avec une idée sympathique et plutôt moins artificielle que souvent dans ce genre d'exercice : un homme banquier propose à une femme prostitué de luxe de refaire le pari de son aïeul à savoir faire le tour du monde mais sans payer un centime, uniquement en utilisant ses faveurs pour voyager. C'est simple efficace, et notre belle va se faire servir tout au long d'un voyage vers l'est. Les pose lascives sont légion et la présence de l'homosexualité d'un passe partout bien débrouillard est également rare en cette époque de publication. Si bien sur tout cela ne va pas chercher bien loin, je dois néanmoins avouer que c'est l'une des rares BD érotiques qui restent dans ma bibliothèque. Le dessin est soigné bien que répétitif, les fellations en voiture précèdent des moments plus doux en bateau de croisière. Pour notre époque de couleur, de gros plan et de finesse relative tout cela est décalé et va manquer à trouver sa cible, pas assez inventif ou posant des fantasmes pour être du porno et pas assez doux et créatif pour être du bon érotique, un entre deux avec un peu de nostalgique et pourtant que je trouve nettement plus brillant que 90 % des productions de ce type.
Alors restons à bof, mais c'est tellement mieux que tant de chose...
Certes il faut être tolérant car c'est plutôt destiné à un public jeune. C'est une histoire dans l'air du temps sur le dérèglement climatique, on se trouve dans un village peuplé de mignons animaux où il pleut tout le temps, un peu comme en Bretagne en ce moment. Du coup l'eau monte, les rivières débordent. Est-ce l'apocalypse ? On suit des enfants qui s'inquiètent. Cela reste naïf et sans trop de réflexion derrière. Le dessin est bien, il y a malgré tout un fort problème d'architecture au niveau des fenêtres, elles sont mal posées dans les vues intérieures, normalement elles arrivent à fleur du mur.
Un manga assez court de 130 pages, avec 3 histoires inspirées de la vie de Coco Chanel. Etonnamment on y voit des bouteilles de n°5, je me suis demandé si c'était pas sponsorisé par la marque. A part cela le lien avec la vie de Chanel est ténu. Les histoires sont plutôt anecdotiques et rapidement oubliées. La première rappelle Alice au pays des merveilles. Une autre plus longue porte sur un couple de garçons qui sèchent les cours et décident de s'habiller en jupe en surmontant leur peur du regard des passants dans la rue. Il y a toute une interview des auteurs plutôt longue à la fin, une bonne dizaine de pages et que je n'ai fait que survoler. On comprend l'hommage qu'ont voulu réaliser les auteurs mais ça ne m'a pas emballé.
N’ayant pas lu le roman original, je ne pourrai me prononcer sur la qualité de cette adaptation en elle-même. On est ici dans un récit d’aventures post-apocalyptique associé à une étude psychologique des personnages, notamment des parents, Pata et Madie, en proie à un terrible dilemme : pour survivre, il leur faudra laisser une partie de leur progéniture (9 enfants au total tout de même !) sur l’île minuscule où ils s’efforçaient de survivre, tout en se sachant condamnés à terme par l’inexorable montée des eaux. La seule issue, gagner d’hypothétiques terres émergées où ils pourraient commencer une nouvelle vie. Malheureusement, leur misérable barque ne peut contenir que 8 personnes ! Après une délibération difficile émaillée d’engueulades et de reproches, Madie se résout à accompagner son mari sur la barque en abandonnant trois de leurs enfants, Louie, Perrine, et Noé, l’objectif étant de revenir les récupérer une fois qu’ils auront rejoint la destination voulue.
Selon un double axe narratif, on suivra d’un côté la traversée de la « famille – 3 » à bord de leur coquille de noix sur un océan déchaîné, de l’autre on observera les trois gosses livrés à eux-mêmes, surpris de constater au petit matin que parents et fratrie sont partis sans eux.
Jusqu’à un certain point, l’histoire est plutôt bien menée et prenante, dans un mode survivaliste, avec son lot de drames et une bonne dose de mer déchaînée et de monstres des profondeurs, mais de la tendresse aussi. Ces trois petits gamins bien mignons et livrés à eux-mêmes sauront nous attendrir avec leurs propos naïfs qui prêtent à sourire. On pense à certains moments à « Sa majesté des mouches » (de façon plus soft, bien sûr), notamment avec l’irruption d’un naufragé à la mine patibulaire et aux intentions peu bienveillantes. Et pourtant, de façon étrange, l’impression globale au sortir de cette lecture s’avère mitigée. Est-ce dû aux ressorts scénaristiques assez peu crédibles ou à la minceur de l’intrigue ? Est-ce dû au mélange des genres, un mauvais dosage entre le spectaculaire et l’intimiste ? Ou encore au manque de contextualisation — on sait juste que le réchauffement climatique est la cause de cette montée des eaux, mais que celle-ci a en fait été déclenchée par l’effondrement d’un volcan (sic). La conclusion du récit, en forme de queue de poisson (on ne saurait mieux dire), n’arrange hélas rien à l’affaire…
Le dessin restera le point fort de cet album. Entre académisme bon teint et style personnel, Dominique Monféry recourt à un trait nerveux et expressif, associé à une belle maîtrise de l’aquarelle, le tout pouvant évoquer le travail d’un Guillaume Sorel. On aura néanmoins le droit d’être déconcerté devant l’aspect par trop minéral des vagues.
Le fait que « Juste après la vague » soit tagué par l’éditeur comme une BD adulte reste compréhensible, en raison de certaines scènes difficiles, mais hormis ces dernières, le livre semblerait plutôt cibler un public jeune. Malgré la noirceur de certains passages, le récit reste dominé par les bons sentiments saccharosés, sans véritable profondeur.
Je ne connaissais pas du tout cet auteur, qui apparemment a déjà publié une quinzaine de bandes dessinées. Quelque peu touche-à-tout, il a été directeur artistique chez différents éditeurs avant de fonder sa propre agence de pub spécialisée dans le divertissement. Auteur d’un blog (le Blog de Mae, personne de BD représentant sa fille âgée deux ans au début du blog), sa passion c’est la BD, et il est suivi par 200 000 fololos sur ses comptes facebook et instagram.
Voilà pour la bio, qui laisse à penser que Pacco est une personnalité active (pour ne pas dire hyperactive) et dynamique. Et avec cette BD, il semble avoir voulu faire profiter de son expérience à d’autres, une initiative après tout plutôt louable.
J’ai donc lu « Un plan infaillible », qu’on pourrait voir comme un ouvrage de développement personnel, tout en étant autobiographique. Pour moi, ça partait donc plutôt mal, obligé de constater (avec dépit) que la mode de ce type d’ouvrage n’est pas encore passée. Cela ne devrait pas tarder de toute façon, puisque l’intelligence artificielle est en train de s’imposer comme le nouveau gourou (virtuel) de notre ère technologique, ce qui risque de creuser lourdement le portefeuille des coachs en tout genre et n’est pas forcément plus réjouissant d’un point de vue philosophique, loin de là…
Indéniablement, Pacco dessine bien, et sa ligne claire élégante et dynamique prouve qu’il n’a rien d’un débutant. En même temps, on ne tombe pas à la renverse et on peut ne pas être fan de ce trait franco-belge déjà vu, qui s’inscrit plus dans la catégorie jeunesse. De la même façon, la mise en page reste dans les codes, sans fantaisie excessive, et on reste dans une bichromie bleu clair un rien monotone.
Quant à la narration, elle pêche par ses approximations et son côté brouillon, peut-être trop elliptique. J’avoue m’être forcé pour lire l’ouvrage jusqu’au bout. Le récit est assez répétitif et on a l’impression que le parcours de l’auteur se résume plus à des galères qu’à des réussites — même s’il y en a incontestablement puisqu’il évoque la création de son agence ou sa satisfaction au moment de publier son premier album. Mais malgré quelques bons conseils et ses « to-do » listes, on se demande un peu si le jeu en vaut la chandelle vu la charge mentale, avec gros stress et phases de déprime à la clé, que Pacco a dû supporter pour pouvoir « réaliser ses rêves ». Je suis donc loin d’être convaincu à titre personnel…
Mais après tout, il est fort possible que je ne sois pas la cible pour ce genre de lecture, j’ai même peut-être passé l’âge (largement !) pour être réceptif, ce qui me conforte dans mon jugement selon lequel « Un plan infaillible » s’adresse plutôt à un public adolescent ou « young adult », comme on dit dans les agences de pub…
Le meilleur album de BD de tous les temps est un recueil de gags signés Mo/CDM, pur produit de l'école Fluide Glacial. A base d'humour absurde et volontiers corrosif, ils brocardent aussi bien la science, l'argent, la politique, l'armée que la bêtise humaine en général. L'album assume pleinement son titre excessif, qui relève évidemment du second degré, et propose une succession de gags sans lien entre eux si ce n'est d'être présentés par intermittence comme étant les planches qu'un auteur plein d'espoir présente à un nouvel éditeur.
J'aime le dessin de Mo/CDM et l'ambiance déconne qui en découle. Il est expressif, immédiatement reconnaissable, et rappelle sans peine ses autres séries comme notamment Forbidden Zone puisque le professeur de cette dernière apparait dans certaines de ces planches. Sur le plan graphique, rien à redire : l'album est solide et efficace.
En revanche, comme trop souvent avec Mo/CDM, l'humour est bien moins convaincant à mes yeux. Certaines planches fonctionnent bien et provoquent de petits rires, en particulier l'histoire cadre de cet auteur et son éditeur. Mais beaucoup trop m'ont paru poussives, avec des chutes prévisibles et des gags déjà vus, notamment du côté de la SF et de ses clichés. L'humour est parfois volontairement lourd, voire vulgaire, ce qui me rebute facilement.
Même en tant qu'ancien amateur d'humour Fluide Glacial et de second degré appuyé, et malgré un dessin que j'aime beaucoup, je n'ai pas ri à la lecture de cet album.
Commençons par saluer une nouvelle fois les éditions Polystyrène, un « petit éditeur » qui nous propose de très très beaux objets, de chouettes leporellos, avec des couleurs aux couleurs qui me plaisent à chaque fois.
Mais c’est aussi une collection à fortes contraintes pour les auteurs, au niveau du format, contraint et très court. Réussir à transcender ces contraintes, voire à s’en servir est donc une gageure pas toujours relevée.
Ici c’est encore l’occasion de découvrir un nouvel auteur, qui nous propose quelque chose de joli à regarder. Évidemment léger au niveau de l’histoire – très vite lue. Dans une sorte de moyen-âge onirique, un type courageux se joue des dragons pour voler un trésor caché. Il manque sans doute (format oblige – mais pas que je pense) un petit quelque chose en plus pour savourer complètement cet opus, un peu trop anecdotique. Quelques « à-côtés » (dans les décors ou la narration, un peu d’humour, je ne sais pas) auraient permis de densifier cette aventure.
Note réelle 2,5/5.
Comme la plupart du temps avec cette belle collection, je ressors avec un sentiment ambivalent de ma lecture.
D’abord, comme toujours avec ce « petit éditeur », il faut saluer leur beau travail. C’est vraiment un bel objet, un chouette leporello, avec des couvertures aux belles couleurs. On prend vraiment plaisir à le déplier.
Maintenant, le format original de cette collection bride forcément toute velléité de construire un récit, de développer ne serait-ce qu’une idée. Ça reste le plus souvent frustrant pour le lecteur.
Et, si certaines fois j’ai davantage été réellement séduit, eh bien ici ça m’a moins captivé.
En fait, c’est encore plus vite lu que pour la plupart des autres opus de cette collection, puisque muet (seules deux petites onomatopées en toute fin…).
Moonhead (auteur que je découvre ici – c’est d’ailleurs le propre de ce type de collection de permettre à de « nouveaux » auteurs de se lancer, dans des projets originaux) rend ici hommage aux premiers jeux d’arcades, avec de gros, pixels. Le rendu est donc « vintage », mais pas toujours joli et/ou très lisible.
Un récit assez sec et pas toujours clair, mais un bel objet et un clin d’œil qui parlera aux amateurs de vieux jeux vidéos pour le design.
Comme la plupart du temps avec cette belle collection, je ressors avec un sentiment ambivalent de ma lecture.
D’abord, comme toujours avec ce « petit éditeur », il faut saluer leur beau travail. C’est vraiment un bel objet, un chouette leporello, avec des couvertures aux belles couleurs. On prend vraiment plaisir à le déplier.
Maintenant, le format original de cette collection bride forcément toute velléité de construire un récit, de développer ne serait-ce qu’une idée. Ça reste le plus souvent frustrant pour le lecteur.
Et, si certaines fois j’ai davantage été réellement séduit, eh bien ici ça m’a moins captivé.
Le dessin est un peu brouillon, mais ça passe. Mais surtout, ça ressemble plus à un assemblage de vignette, de petites observations. Et même les liens entre Claudine et Barbara (deux « géantes » qi semblent engoncées dans les étages de la maison qu’elles occupent avec d’autres personnages) restent finalement obscurs – si ce n’est que Claudine semble avoir quitté Barbara, ce qui la chagrine.
Robbie Morrison et Charlie Adlard signent ici un thriller historique teinté d'ésotérisme, de fantastique et d'horreur. La 4e de couverture présente l'album comme une histoire à la croisée du Nom de la Rose et de Sherlock Holmes. Prometteur et ambitieux. Si on retrouve bien un peu la parenté avec le roman d'Umberto Eco, grâce au maitre et son disciple qui mènent une enquête au moyen âge, pour le coté Sherlock Holmes, on repassera. Les investigations conduites par nos deux protagonistes n'empruntent rien au héros de Baker Street. Pas de recherches d'indices, pas de déduction, pas d'énigme, pas de recoupement, pas de filature...
Sur fond d'inquisition, il est question de meurtres sordides qu'un maitre va tenter d'élucider accompagné de son jeune disciple. L'enquête ne donne pas lieu à d'intrigantes investigations. On suit leurs pérégrinations au gré des rencontres et des rebondissements qui se succèdent, comme des meurtres supplémentaires. L'histoire avance linéairement au gré de ses nouveaux éléments, plutôt que grâce à l'enquête. On attend autre chose qu'une rencontre plus ou moins fortuite sur la place de la ville ou à la cour, avec des hommes qui en fin de compte font parti des méchants, et qui vont gentiment les mettre sur la bonne piste. L'intrigue se teinte par moment d'une petite couche d'horreur saupoudrée de fantastique. Le propos tourne surtout autour des assassinats gratuits et malveillants commis par l'inquisition, au nom de dieu. On sent que cette histoire d'inquisition est la clé de l'enquête, on sent également très vite que l'inquisiteur en chef est loin d'être clair, pour le suspens c'est pas idéal.
Globalement l'histoire se tient, elle n'est pas déplaisante, elle dépeint l'ambiance pesante qui devait régner à cette époque et la folie des hommes pensant agir pour le compte de Dieu. Mais au final, l'intrigue ne se révèle ni vraiment originale ni surprenante. Et surtout, on n'a pas la promesse attendue d'une enquête mystérieuse et passionnante.
2,5/5
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Le Tour du Monde en 80 jours (Chris)
Dans la catégorie Erotisme, cette collection était gage de qualité, une couverture similaire pour chaque album. Ici nous avons le tome 14 avec une idée sympathique et plutôt moins artificielle que souvent dans ce genre d'exercice : un homme banquier propose à une femme prostitué de luxe de refaire le pari de son aïeul à savoir faire le tour du monde mais sans payer un centime, uniquement en utilisant ses faveurs pour voyager. C'est simple efficace, et notre belle va se faire servir tout au long d'un voyage vers l'est. Les pose lascives sont légion et la présence de l'homosexualité d'un passe partout bien débrouillard est également rare en cette époque de publication. Si bien sur tout cela ne va pas chercher bien loin, je dois néanmoins avouer que c'est l'une des rares BD érotiques qui restent dans ma bibliothèque. Le dessin est soigné bien que répétitif, les fellations en voiture précèdent des moments plus doux en bateau de croisière. Pour notre époque de couleur, de gros plan et de finesse relative tout cela est décalé et va manquer à trouver sa cible, pas assez inventif ou posant des fantasmes pour être du porno et pas assez doux et créatif pour être du bon érotique, un entre deux avec un peu de nostalgique et pourtant que je trouve nettement plus brillant que 90 % des productions de ce type. Alors restons à bof, mais c'est tellement mieux que tant de chose...
Le Pays de l'eau qui monte
Certes il faut être tolérant car c'est plutôt destiné à un public jeune. C'est une histoire dans l'air du temps sur le dérèglement climatique, on se trouve dans un village peuplé de mignons animaux où il pleut tout le temps, un peu comme en Bretagne en ce moment. Du coup l'eau monte, les rivières débordent. Est-ce l'apocalypse ? On suit des enfants qui s'inquiètent. Cela reste naïf et sans trop de réflexion derrière. Le dessin est bien, il y a malgré tout un fort problème d'architecture au niveau des fenêtres, elles sont mal posées dans les vues intérieures, normalement elles arrivent à fleur du mur.
Miroirs
Un manga assez court de 130 pages, avec 3 histoires inspirées de la vie de Coco Chanel. Etonnamment on y voit des bouteilles de n°5, je me suis demandé si c'était pas sponsorisé par la marque. A part cela le lien avec la vie de Chanel est ténu. Les histoires sont plutôt anecdotiques et rapidement oubliées. La première rappelle Alice au pays des merveilles. Une autre plus longue porte sur un couple de garçons qui sèchent les cours et décident de s'habiller en jupe en surmontant leur peur du regard des passants dans la rue. Il y a toute une interview des auteurs plutôt longue à la fin, une bonne dizaine de pages et que je n'ai fait que survoler. On comprend l'hommage qu'ont voulu réaliser les auteurs mais ça ne m'a pas emballé.
Juste après la vague
N’ayant pas lu le roman original, je ne pourrai me prononcer sur la qualité de cette adaptation en elle-même. On est ici dans un récit d’aventures post-apocalyptique associé à une étude psychologique des personnages, notamment des parents, Pata et Madie, en proie à un terrible dilemme : pour survivre, il leur faudra laisser une partie de leur progéniture (9 enfants au total tout de même !) sur l’île minuscule où ils s’efforçaient de survivre, tout en se sachant condamnés à terme par l’inexorable montée des eaux. La seule issue, gagner d’hypothétiques terres émergées où ils pourraient commencer une nouvelle vie. Malheureusement, leur misérable barque ne peut contenir que 8 personnes ! Après une délibération difficile émaillée d’engueulades et de reproches, Madie se résout à accompagner son mari sur la barque en abandonnant trois de leurs enfants, Louie, Perrine, et Noé, l’objectif étant de revenir les récupérer une fois qu’ils auront rejoint la destination voulue. Selon un double axe narratif, on suivra d’un côté la traversée de la « famille – 3 » à bord de leur coquille de noix sur un océan déchaîné, de l’autre on observera les trois gosses livrés à eux-mêmes, surpris de constater au petit matin que parents et fratrie sont partis sans eux. Jusqu’à un certain point, l’histoire est plutôt bien menée et prenante, dans un mode survivaliste, avec son lot de drames et une bonne dose de mer déchaînée et de monstres des profondeurs, mais de la tendresse aussi. Ces trois petits gamins bien mignons et livrés à eux-mêmes sauront nous attendrir avec leurs propos naïfs qui prêtent à sourire. On pense à certains moments à « Sa majesté des mouches » (de façon plus soft, bien sûr), notamment avec l’irruption d’un naufragé à la mine patibulaire et aux intentions peu bienveillantes. Et pourtant, de façon étrange, l’impression globale au sortir de cette lecture s’avère mitigée. Est-ce dû aux ressorts scénaristiques assez peu crédibles ou à la minceur de l’intrigue ? Est-ce dû au mélange des genres, un mauvais dosage entre le spectaculaire et l’intimiste ? Ou encore au manque de contextualisation — on sait juste que le réchauffement climatique est la cause de cette montée des eaux, mais que celle-ci a en fait été déclenchée par l’effondrement d’un volcan (sic). La conclusion du récit, en forme de queue de poisson (on ne saurait mieux dire), n’arrange hélas rien à l’affaire… Le dessin restera le point fort de cet album. Entre académisme bon teint et style personnel, Dominique Monféry recourt à un trait nerveux et expressif, associé à une belle maîtrise de l’aquarelle, le tout pouvant évoquer le travail d’un Guillaume Sorel. On aura néanmoins le droit d’être déconcerté devant l’aspect par trop minéral des vagues. Le fait que « Juste après la vague » soit tagué par l’éditeur comme une BD adulte reste compréhensible, en raison de certaines scènes difficiles, mais hormis ces dernières, le livre semblerait plutôt cibler un public jeune. Malgré la noirceur de certains passages, le récit reste dominé par les bons sentiments saccharosés, sans véritable profondeur.
Un plan infaillible - Comment j'ai réalisé mes plus grands rêves
Je ne connaissais pas du tout cet auteur, qui apparemment a déjà publié une quinzaine de bandes dessinées. Quelque peu touche-à-tout, il a été directeur artistique chez différents éditeurs avant de fonder sa propre agence de pub spécialisée dans le divertissement. Auteur d’un blog (le Blog de Mae, personne de BD représentant sa fille âgée deux ans au début du blog), sa passion c’est la BD, et il est suivi par 200 000 fololos sur ses comptes facebook et instagram. Voilà pour la bio, qui laisse à penser que Pacco est une personnalité active (pour ne pas dire hyperactive) et dynamique. Et avec cette BD, il semble avoir voulu faire profiter de son expérience à d’autres, une initiative après tout plutôt louable. J’ai donc lu « Un plan infaillible », qu’on pourrait voir comme un ouvrage de développement personnel, tout en étant autobiographique. Pour moi, ça partait donc plutôt mal, obligé de constater (avec dépit) que la mode de ce type d’ouvrage n’est pas encore passée. Cela ne devrait pas tarder de toute façon, puisque l’intelligence artificielle est en train de s’imposer comme le nouveau gourou (virtuel) de notre ère technologique, ce qui risque de creuser lourdement le portefeuille des coachs en tout genre et n’est pas forcément plus réjouissant d’un point de vue philosophique, loin de là… Indéniablement, Pacco dessine bien, et sa ligne claire élégante et dynamique prouve qu’il n’a rien d’un débutant. En même temps, on ne tombe pas à la renverse et on peut ne pas être fan de ce trait franco-belge déjà vu, qui s’inscrit plus dans la catégorie jeunesse. De la même façon, la mise en page reste dans les codes, sans fantaisie excessive, et on reste dans une bichromie bleu clair un rien monotone. Quant à la narration, elle pêche par ses approximations et son côté brouillon, peut-être trop elliptique. J’avoue m’être forcé pour lire l’ouvrage jusqu’au bout. Le récit est assez répétitif et on a l’impression que le parcours de l’auteur se résume plus à des galères qu’à des réussites — même s’il y en a incontestablement puisqu’il évoque la création de son agence ou sa satisfaction au moment de publier son premier album. Mais malgré quelques bons conseils et ses « to-do » listes, on se demande un peu si le jeu en vaut la chandelle vu la charge mentale, avec gros stress et phases de déprime à la clé, que Pacco a dû supporter pour pouvoir « réaliser ses rêves ». Je suis donc loin d’être convaincu à titre personnel… Mais après tout, il est fort possible que je ne sois pas la cible pour ce genre de lecture, j’ai même peut-être passé l’âge (largement !) pour être réceptif, ce qui me conforte dans mon jugement selon lequel « Un plan infaillible » s’adresse plutôt à un public adolescent ou « young adult », comme on dit dans les agences de pub…
Le Meilleur Album de BD de tous les temps
Le meilleur album de BD de tous les temps est un recueil de gags signés Mo/CDM, pur produit de l'école Fluide Glacial. A base d'humour absurde et volontiers corrosif, ils brocardent aussi bien la science, l'argent, la politique, l'armée que la bêtise humaine en général. L'album assume pleinement son titre excessif, qui relève évidemment du second degré, et propose une succession de gags sans lien entre eux si ce n'est d'être présentés par intermittence comme étant les planches qu'un auteur plein d'espoir présente à un nouvel éditeur. J'aime le dessin de Mo/CDM et l'ambiance déconne qui en découle. Il est expressif, immédiatement reconnaissable, et rappelle sans peine ses autres séries comme notamment Forbidden Zone puisque le professeur de cette dernière apparait dans certaines de ces planches. Sur le plan graphique, rien à redire : l'album est solide et efficace. En revanche, comme trop souvent avec Mo/CDM, l'humour est bien moins convaincant à mes yeux. Certaines planches fonctionnent bien et provoquent de petits rires, en particulier l'histoire cadre de cet auteur et son éditeur. Mais beaucoup trop m'ont paru poussives, avec des chutes prévisibles et des gags déjà vus, notamment du côté de la SF et de ses clichés. L'humour est parfois volontairement lourd, voire vulgaire, ce qui me rebute facilement. Même en tant qu'ancien amateur d'humour Fluide Glacial et de second degré appuyé, et malgré un dessin que j'aime beaucoup, je n'ai pas ri à la lecture de cet album.
Les Gardiens
Commençons par saluer une nouvelle fois les éditions Polystyrène, un « petit éditeur » qui nous propose de très très beaux objets, de chouettes leporellos, avec des couleurs aux couleurs qui me plaisent à chaque fois. Mais c’est aussi une collection à fortes contraintes pour les auteurs, au niveau du format, contraint et très court. Réussir à transcender ces contraintes, voire à s’en servir est donc une gageure pas toujours relevée. Ici c’est encore l’occasion de découvrir un nouvel auteur, qui nous propose quelque chose de joli à regarder. Évidemment léger au niveau de l’histoire – très vite lue. Dans une sorte de moyen-âge onirique, un type courageux se joue des dragons pour voler un trésor caché. Il manque sans doute (format oblige – mais pas que je pense) un petit quelque chose en plus pour savourer complètement cet opus, un peu trop anecdotique. Quelques « à-côtés » (dans les décors ou la narration, un peu d’humour, je ne sais pas) auraient permis de densifier cette aventure. Note réelle 2,5/5.
The Necratmancer
Comme la plupart du temps avec cette belle collection, je ressors avec un sentiment ambivalent de ma lecture. D’abord, comme toujours avec ce « petit éditeur », il faut saluer leur beau travail. C’est vraiment un bel objet, un chouette leporello, avec des couvertures aux belles couleurs. On prend vraiment plaisir à le déplier. Maintenant, le format original de cette collection bride forcément toute velléité de construire un récit, de développer ne serait-ce qu’une idée. Ça reste le plus souvent frustrant pour le lecteur. Et, si certaines fois j’ai davantage été réellement séduit, eh bien ici ça m’a moins captivé. En fait, c’est encore plus vite lu que pour la plupart des autres opus de cette collection, puisque muet (seules deux petites onomatopées en toute fin…). Moonhead (auteur que je découvre ici – c’est d’ailleurs le propre de ce type de collection de permettre à de « nouveaux » auteurs de se lancer, dans des projets originaux) rend ici hommage aux premiers jeux d’arcades, avec de gros, pixels. Le rendu est donc « vintage », mais pas toujours joli et/ou très lisible. Un récit assez sec et pas toujours clair, mais un bel objet et un clin d’œil qui parlera aux amateurs de vieux jeux vidéos pour le design.
Claudine et Barbara
Comme la plupart du temps avec cette belle collection, je ressors avec un sentiment ambivalent de ma lecture. D’abord, comme toujours avec ce « petit éditeur », il faut saluer leur beau travail. C’est vraiment un bel objet, un chouette leporello, avec des couvertures aux belles couleurs. On prend vraiment plaisir à le déplier. Maintenant, le format original de cette collection bride forcément toute velléité de construire un récit, de développer ne serait-ce qu’une idée. Ça reste le plus souvent frustrant pour le lecteur. Et, si certaines fois j’ai davantage été réellement séduit, eh bien ici ça m’a moins captivé. Le dessin est un peu brouillon, mais ça passe. Mais surtout, ça ressemble plus à un assemblage de vignette, de petites observations. Et même les liens entre Claudine et Barbara (deux « géantes » qi semblent engoncées dans les étages de la maison qu’elles occupent avec d’autres personnages) restent finalement obscurs – si ce n’est que Claudine semble avoir quitté Barbara, ce qui la chagrine.
Hérétique
Robbie Morrison et Charlie Adlard signent ici un thriller historique teinté d'ésotérisme, de fantastique et d'horreur. La 4e de couverture présente l'album comme une histoire à la croisée du Nom de la Rose et de Sherlock Holmes. Prometteur et ambitieux. Si on retrouve bien un peu la parenté avec le roman d'Umberto Eco, grâce au maitre et son disciple qui mènent une enquête au moyen âge, pour le coté Sherlock Holmes, on repassera. Les investigations conduites par nos deux protagonistes n'empruntent rien au héros de Baker Street. Pas de recherches d'indices, pas de déduction, pas d'énigme, pas de recoupement, pas de filature... Sur fond d'inquisition, il est question de meurtres sordides qu'un maitre va tenter d'élucider accompagné de son jeune disciple. L'enquête ne donne pas lieu à d'intrigantes investigations. On suit leurs pérégrinations au gré des rencontres et des rebondissements qui se succèdent, comme des meurtres supplémentaires. L'histoire avance linéairement au gré de ses nouveaux éléments, plutôt que grâce à l'enquête. On attend autre chose qu'une rencontre plus ou moins fortuite sur la place de la ville ou à la cour, avec des hommes qui en fin de compte font parti des méchants, et qui vont gentiment les mettre sur la bonne piste. L'intrigue se teinte par moment d'une petite couche d'horreur saupoudrée de fantastique. Le propos tourne surtout autour des assassinats gratuits et malveillants commis par l'inquisition, au nom de dieu. On sent que cette histoire d'inquisition est la clé de l'enquête, on sent également très vite que l'inquisiteur en chef est loin d'être clair, pour le suspens c'est pas idéal. Globalement l'histoire se tient, elle n'est pas déplaisante, elle dépeint l'ambiance pesante qui devait régner à cette époque et la folie des hommes pensant agir pour le compte de Dieu. Mais au final, l'intrigue ne se révèle ni vraiment originale ni surprenante. Et surtout, on n'a pas la promesse attendue d'une enquête mystérieuse et passionnante. 2,5/5