Une série assez loufoque, qui possède certaines qualités, mais qui au final m’a laissé sur ma faim et déçu.
Le pitch de départ est original et intriguant, avec ce type (Gordon) conduisant un food truck au milieu de nulle part (on est dans une sorte d’ambiance post apocalypse), accompagné d’une jeune femme (ou grande ado), Alisa, rencontrée par hasard. Très dissemblables, ils vont bien s’entendre, face aux dangers qui les menacent (le premier tome est presque une course-poursuite), le food truck recelant bien des surprises (canon ou mitrailleuse jaillissent et font des ravages !).
L’autre terrain d’entente, c’est la bouffe, Gordon passant son temps à en préparer (chaque chapitre est l’occasion d’expérimenter une nouvelle recette) tandis qu’Alisa a un appétit d’ogre et engloutit tout en grande quantité.
Le côté bizarre de l’intrigue et du duo, certaines situations, certains dialogues un peu décalés ou outranciers sont sympas. Mais l’intrigue tourne rapidement en rond (la bouffe devient accessoire pour l’intrigue, et m’a lassé au bout d’un moment, ça fait un peu remplissage parfois). A partir du deuxième tome, on s’éloigne du pitch un peu linéaire des débuts, sans que cela m’ait vraiment intéressé.
Alisa est toujours court vêtue – parfois à poil (sans que cela (voir la longue scène de baignade) ne soit justifié par autre chose que montrer une nana à poil.
Et puis, certaines choses spécifiques au manga que je n’apprécie pas. Les scènes de baston trop longues et bien trop confuses à regarder. Et Gordon et Alisa sont vraiment invincibles !
Il y a aussi des visages qui ne me conviennent pas (et même qui varient : parfois les traits d’Alisa en font une gamine).
Relativement rythmé, un début original, mais un gros bof au final.
Dans un palais aux confins d'un désert d'Afrique du Nord, une jeune fille handicapée et mutique, marquée par une enfance traumatique, évolue dans un univers étrange où se croisent des personnages ambigus dans une intrigue qui oscille entre enquête policière et drame intime.
Cette BD marque avant tout par son identité graphique, clairement son principal atout. Le dessin est très esthétique, avec une forte influence tantôt art nouveau, tantôt art déco, qui se marie particulièrement bien avec les décors d'Afrique du Nord. Les palais aux architectures travaillées, les escaliers vertigineux, les dunes désertiques baignées de couleurs chaudes : tout cela crée une atmosphère visuelle vraiment réussie, presque envoûtante par moments. On sent une vraie recherche plastique, une envie de composer de belles images.
En revanche, j'ai été nettement moins convaincu par les visages des personnages, qui m'ont souvent paru ternes, figés comme des masques. Dès qu'ils ne sont plus intégrés dans ces compositions très esthétisées, ils perdent beaucoup de leur force et contrastent avec la richesse des décors.
Mais surtout, là où j'ai vraiment décroché, c'est sur la narration. Le scénario et la mise en scène sont loin d'égaler la beauté du dessin. La mise en page est assez éclatée, le découpage haché, les cadrages trop serrés, ce qui empêche d'avoir une vue d'ensemble des scènes et nuit à la lisibilité. J'ai eu l'impression que l'album privilégiait constamment l'esthétique au détriment de la clarté, un peu comme certains films d'auteur qui enchaînent de belles images sans réellement raconter leur histoire de façon fluide.
Les dialogues n'aident pas non plus : ils m'ont semblé lourds, parfois poseurs, avec beaucoup de non-dits qui finissent par desservir le propos au lieu de l'enrichir. L'ambiance générale, qui se veut tragique et mystérieuse, m'a paru un peu artificielle, comme forcée. Même la fin, clairement pensée comme un moment fort et dramatique, m'a laissé assez froid, avec un côté presque adolescent romantique dans sa manière d'appuyer la dimension tragique.
Je suis partagé dans le sens où j'ai réellement pris plaisir à regarder cette BD, à me laisser porter par ses ambiances visuelles et son esthétique très travaillée. Mais comme j'ai besoin d'une histoire solide pour être pleinement embarqué, cela n'a pas suffi. Je reconnais ses qualités graphiques évidentes, mais je n'ai pas vraiment apprécié la lecture dans son ensemble.
L'album démarre sur deux postulats qui m'ont paru un peu artificiels. D'un côté, l'héroïne annonce fièrement à tout le monde qu'elle pratique le kung-fu shaolin, mais se braque immédiatement dès qu'un élève pourtant sympathique cherche à en discuter avec elle. De l'autre, son grand-père est une sorte de pur Monsieur Miyagi version Karaté Kid, figure de maître sage et quasi caricaturale, même si ça reste attachant.
Malgré ça, toute la première moitié de l'album fonctionne plutôt bien. On est sur quelque chose d'assez simple mais relativement réaliste, avec des thématiques intéressantes comme la retenue dans l'usage de la violence, la patience nécessaire à l'apprentissage, ou encore un petit regard sur les réseaux sociaux et le harcèlement. L'ensemble est sympathique, agréable à lire, et trouve un certain équilibre.
En revanche, la seconde moitié m'a nettement moins convaincu. Dès qu'on bascule dans le tournoi d'arts martiaux, tout le réalisme disparaît. On se retrouve avec des combattants bigarrés sortis de nulle part, et surtout avec deux amis de l'héroïne qui deviennent soudainement de très bons combattants après une sorte de passage façon chanson Disney, ce qui casse complètement la crédibilité installée jusque-là.
À cela s'ajoute une impression de déjà-vu assez forte, avec une trame qui copie largement celle de Karaté Kid sans vraiment réussir à s'en détacher.
Cette deuxième partie plus fantaisiste et expédiée laisse une impression décevante et prend le dessus sur mon souvenir de lecture. Ça reste un album qui avait des qualités au départ, mais qui se dilue en route, au point de me laisser penser qu'il n'aura probablement pas de suite.
Le ton de cet album est assez original, dans le sens où on suit ici un vrai gros loser, minable, obsédé et souvent pathétique, qui se retrouve malgré tout embarqué dans de nombreuses scènes de cul. Mais là encore, l'érotisme passe largement au second plan, au profit d'un humour grinçant, parfois absurde, qui désamorce constamment toute tentative de sensualité. Et même lorsqu'il arrive à ses fins, le récit revient presque systématiquement à quelque chose de trivial ou de déceptif, comme pour rappeler la médiocrité du personnage.
L'ensemble repose sur une succession d'histoires courtes assez inégales, avec un humour qui oscille entre le trash et le dérisoire. Certaines situations fonctionnent, d'autres beaucoup moins, et pour ma part j'ai assez peu ri au final.
Le dessin m'a par moments surpris, avec un style qui m'a plusieurs fois fait penser à Wasterlain (Docteur Poche), ce qui crée un décalage assez étrange avec le contenu. Il reste globalement adapté à l'ambiance, sans être particulièrement marquant.
Même si je reconnais une certaine originalité dans la proposition, je ne me suis pas attaché au personnage. Son état d'esprit ne me parle pas, et l'humour ne m'a pas suffisamment embarqué pour compenser. Une curiosité, mais pas une lecture qui m'a convaincu.
Divertissement jeunesse à succès basé sur une tranche de vie décrivant à partir de la préadolescence, le quotidien d'une jeune fille, une intrigante relation mère-fille et un éveil au sentiment amoureux. L'on pense évidemment à la merveilleuse trilogie de Vanyda Celle que... et à bien d'autres titres plus légers.
Si l'humour, les couleurs et les situations sont assez classiques, ce titre se singularise surtout par ses illustrations géométriques atypiques et cette capacité à saisir un air du temps à la fois singulier et ultra contemporain.
La force de cette BD est aussi sa faiblesse : la société décrite avec grande sympathie est à la fois désagréable de vulgarité et de conformisme, tandis que l'humour trop rare ne parvient ni à alléger l'ensemble, ni à mettre en perspective notre société via un regard pertinent.
Une BD bien sage, qu'un appréciable humanisme en ces temps obscurs sauve de l'anecdotique.
La couverture et le graphisme m'avaient fait imaginer un album érotique assez classe, avec un charme rétro assumé, dans la lignée de ces aventures exotiques à l'ancienne. Il y avait quelque chose de prometteur dans ce mélange de lavis élégant et d'imaginaire colonial suranné.
Au final, j'ai surtout découvert un objet déroutant, coincé entre un érotisme mièvre (digne d'un téléfilm cheap le dimanche soir sur M6 il y a trente ans), une histoire kitsch et mal fichue, et une forme de ridicule dont j'ai eu du mal à déterminer s'il était volontaire ou non. Je penche malgré tout pour une part de second degré (certains détails sont trop énormes pour être accidentels, comme cette scène finale avec un aveugle au lit accompagné de sa canne), mais la majorité du temps, ce décalage ne provoque pas le rire, plutôt un rictus circonspect et déçu.
Le scénario accumule les clichés et les facilités (Inde de pacotille, officier anglais héroïque, rajah caricatural, rivalités féminines convenues), avec des dialogues ampoulés et artificiels qui évoquent autant le roman-photo que le roman à l'eau de rose. L'ensemble a un côté daté, presque figé, qui peut se lire comme une parodie... sauf que je ne suis jamais vraiment sûr que ce soit assumé jusqu'au bout.
Côté dessin, il y a malgré tout un certain savoir-faire. Le lavis est élégant, certaines planches dégagent une sensualité indéniable, et il y a un fond de classe dans le trait, même si je ne le trouve pas exceptionnel non plus. En revanche, les scènes érotiques tombent le plus souvent à plat : raides, peu naturelles, parfois presque gênantes. Et je ne parle pas des gardiens indiens qui se masturbent avec des têtes ridicules en regardant les héros s'accoupler...
Mais mon principal problème reste la mise en page : le découpage est franchement chaotique, au point qu'il devient difficile de savoir dans quel ordre lire les cases et les bulles. Cela casse complètement le rythme et rend la lecture profondément confuse.
J'ai l'impression d'un album qui aurait pu fonctionner comme pastiche ou comme objet érotique rétro assumé, mais qui reste coincé entre plusieurs intentions sans en maîtriser une seule. J'ai trouvé ça mièvre et bêta, et surtout pas émoustillant.
Un album qui représente bien un des défauts récurrents dans ces séries de one-shot où le temps d'un album des auteurs reprennent un personnage de BD connu: on dirait que le récit aurait pu être fait sans problème sans les personnages de la série en question, mais en même temps un one-shot avec de nouveaux personnages doivent se vendre moins bien qu'un album avec Thorgal dans le titre.
Pourtant, l'idée de faire rencontrer Thorgal et des Amérindiens est une bonne idée, vu que les peuples nordiques ont eu des contacts avec eux plusieurs siècles avant Christophe Colomb, mais le résultat ne m'a pas enthousiasmé. Tout ce qui tourne autour de la guerre entre deux tribus ne m'a pas intéressé. J'ai mieux aimé les éléments fantastiques du récit, mais lorsqu'on les met finalement en avant, j'en avais plus grand chose à cirer. Le scénario est un peu long, mais il faut dire que les cases sont très grandes. Ce n'est pas dérangeant lorsque les cases sont superbes, mais il y en a aussi beaucoup qui sont un peu vides.
J'imagine que c'est pour les fans de la série et pas pour moi.
Luz a déjà publié plusieurs séries qui m’ont vraiment plu, de l’humour Charlie Hebdo (voir l’excellent Les Mégret Gèrent la Ville !) au plus récent et plus sérieux Deux Filles nues, alors que je suis resté davantage sur ma faim pour d’autres publication de cet auteur éclectique.
Cet album se range clairement du côté des déceptions me concernant. En effet, je n’ai jamais réussi à entrer dedans. Je crois n’avoir pas vu le film « Les désaxés », mais j’ai déjà lu ou entendu pas mal de chose sur son tournage, sur les relations entre Miller et Monroe à cette époque. Sans que cela m’ait réellement passionné. Et là, Luz n’est pas parvenu à le faire non plus.
Il faut dire que sa narration est un peu décousue, et que son dessin, pas inintéressant, ne convient pas forcément à ce type de récit. Si certains passages sont plus précis et peaufinés, la majorité des dessins relèvent du dessin de presse, « jetés » sur le papier. Ça n’est pas illisible – je mentirais – mais ça n’aide pas à accrocher une intrigue qui m’a laissé de côté.
J'aurais vraiment aimé aimer cette BD. D'abord parce que j'apprécie beaucoup le dessin de Clarke, y compris lorsqu'il adopte un style plus réaliste comme ici, et ensuite parce que les récits de science-fiction, en particulier ceux qui jouent avec le temps et les concepts complexes, font clairement partie de mes lectures de prédilection.
Sur le papier, ça aurait pu me plaire : une invasion extraterrestre d'un genre particulier, des phénomènes temporels, des enfants cobayes transformés en génies capables de résoudre l'impossible… Mais très vite, j'ai eu une impression de déjà-vu assez marquée. Le concept des jeunes surdoués manipulés rappelle beaucoup d'autres œuvres, tout comme l'idée d'une menace alien incompréhensible jouant avec le temps, ou encore celle de personnages capables d'anticiper toutes les probabilités pour parvenir à leurs fins. L'ensemble donne le sentiment d'un assemblage de thématiques déjà largement explorées ailleurs, sans véritable proposition nouvelle.
Cela aurait pu passer si la narration avait réussi à m'accrocher, mais c'est justement là que le bât blesse. Le récit est très décousu, multipliant les scènes courtes qui s'enchaînent sans toujours de lien évident, avec des transitions abruptes qui ne m'ont pas vraiment perdu mais un peu agacé. On passe d'un lieu à un autre, d'une situation à une autre, sans toujours comprendre immédiatement ce qui se joue, ni à quel moment on se situe. Cette construction finit par empêcher toute implication émotionnelle, d'autant que les personnages, en particulier les cinq jeunes cobayes, restent très peu développés et assez interchangeables.
Les dialogues n'aident pas non plus, notamment lorsqu'ils cherchent à souligner le génie des personnages à coups de répliques un peu trop appuyées et artificielles. Cela sonne souvent faux et renforce la distance avec le récit.
Reste ce voile de mystère qui pousse malgré tout à continuer la lecture pour comprendre où tout cela mène. Mais là encore, la promesse n'est pas tenue. La résolution arrive tardivement et de manière assez bancale, avec des explications peu claires qui donnent davantage l'impression d'un enchevêtrement confus que d'un véritable aboutissement maîtrisé.
Malgré de bonnes intentions et un univers qui aurait pu fonctionner, je suis resté à distance de ce récit trop fragmenté et trop familier dans ses thèmes, dont la conclusion, loin d'éclairer l'ensemble, renforce surtout mon sentiment de déception.
BD humoristique sur le joli sujet de la désobéissance civile. La plutôt vilaine couverture annonce fort bien la couleur et si le sujet des ZAD sera à l'honneur, il est à craindre que son traitement soit pour le moins léger sinon bien caricatural et dépassionné.
De passion idéologique, il ne sera en effet nullement question ici. Si le récit évoque la désobéissance civile, c'est en réponse à un drame intime que les auteurs dénoueront à la manière d'un Zidrou, sous l'angle de la chronique douce-amère, en fin d'histoire, afin de créer un bien artificiel moteur à l'action.
L'inversion initiale des stéréotypes de classes sociales et l'humour lié à l'usage du subjonctif imparfait engendrent quelques bons moments de lecture, mais la BD ne parvient généralement pas à pleinement divertir tant la galerie de portraits apparaît bien fade et surtout caricaturale.
L'intrigue cousue de fil blanc engendre un léger désintérêt, que les derniers rebondissements, peu habilement développés, ne parviennent à surmonter.
Une lecture par moment sympathique, mais probablement bien vite oubliée. Et un auteur, Pelaez, qui déçoit une nouvelle fois ; l'habileté entraperçue dans Neuf semble n'avoir été qu'un heureux concours de circonstances, dommage !
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Crazy Food Truck
Une série assez loufoque, qui possède certaines qualités, mais qui au final m’a laissé sur ma faim et déçu. Le pitch de départ est original et intriguant, avec ce type (Gordon) conduisant un food truck au milieu de nulle part (on est dans une sorte d’ambiance post apocalypse), accompagné d’une jeune femme (ou grande ado), Alisa, rencontrée par hasard. Très dissemblables, ils vont bien s’entendre, face aux dangers qui les menacent (le premier tome est presque une course-poursuite), le food truck recelant bien des surprises (canon ou mitrailleuse jaillissent et font des ravages !). L’autre terrain d’entente, c’est la bouffe, Gordon passant son temps à en préparer (chaque chapitre est l’occasion d’expérimenter une nouvelle recette) tandis qu’Alisa a un appétit d’ogre et engloutit tout en grande quantité. Le côté bizarre de l’intrigue et du duo, certaines situations, certains dialogues un peu décalés ou outranciers sont sympas. Mais l’intrigue tourne rapidement en rond (la bouffe devient accessoire pour l’intrigue, et m’a lassé au bout d’un moment, ça fait un peu remplissage parfois). A partir du deuxième tome, on s’éloigne du pitch un peu linéaire des débuts, sans que cela m’ait vraiment intéressé. Alisa est toujours court vêtue – parfois à poil (sans que cela (voir la longue scène de baignade) ne soit justifié par autre chose que montrer une nana à poil. Et puis, certaines choses spécifiques au manga que je n’apprécie pas. Les scènes de baston trop longues et bien trop confuses à regarder. Et Gordon et Alisa sont vraiment invincibles ! Il y a aussi des visages qui ne me conviennent pas (et même qui varient : parfois les traits d’Alisa en font une gamine). Relativement rythmé, un début original, mais un gros bof au final.
Fenêtre sur dunes
Dans un palais aux confins d'un désert d'Afrique du Nord, une jeune fille handicapée et mutique, marquée par une enfance traumatique, évolue dans un univers étrange où se croisent des personnages ambigus dans une intrigue qui oscille entre enquête policière et drame intime. Cette BD marque avant tout par son identité graphique, clairement son principal atout. Le dessin est très esthétique, avec une forte influence tantôt art nouveau, tantôt art déco, qui se marie particulièrement bien avec les décors d'Afrique du Nord. Les palais aux architectures travaillées, les escaliers vertigineux, les dunes désertiques baignées de couleurs chaudes : tout cela crée une atmosphère visuelle vraiment réussie, presque envoûtante par moments. On sent une vraie recherche plastique, une envie de composer de belles images. En revanche, j'ai été nettement moins convaincu par les visages des personnages, qui m'ont souvent paru ternes, figés comme des masques. Dès qu'ils ne sont plus intégrés dans ces compositions très esthétisées, ils perdent beaucoup de leur force et contrastent avec la richesse des décors. Mais surtout, là où j'ai vraiment décroché, c'est sur la narration. Le scénario et la mise en scène sont loin d'égaler la beauté du dessin. La mise en page est assez éclatée, le découpage haché, les cadrages trop serrés, ce qui empêche d'avoir une vue d'ensemble des scènes et nuit à la lisibilité. J'ai eu l'impression que l'album privilégiait constamment l'esthétique au détriment de la clarté, un peu comme certains films d'auteur qui enchaînent de belles images sans réellement raconter leur histoire de façon fluide. Les dialogues n'aident pas non plus : ils m'ont semblé lourds, parfois poseurs, avec beaucoup de non-dits qui finissent par desservir le propos au lieu de l'enrichir. L'ambiance générale, qui se veut tragique et mystérieuse, m'a paru un peu artificielle, comme forcée. Même la fin, clairement pensée comme un moment fort et dramatique, m'a laissé assez froid, avec un côté presque adolescent romantique dans sa manière d'appuyer la dimension tragique. Je suis partagé dans le sens où j'ai réellement pris plaisir à regarder cette BD, à me laisser porter par ses ambiances visuelles et son esthétique très travaillée. Mais comme j'ai besoin d'une histoire solide pour être pleinement embarqué, cela n'a pas suffi. Je reconnais ses qualités graphiques évidentes, mais je n'ai pas vraiment apprécié la lecture dans son ensemble.
Miss Shaolin
L'album démarre sur deux postulats qui m'ont paru un peu artificiels. D'un côté, l'héroïne annonce fièrement à tout le monde qu'elle pratique le kung-fu shaolin, mais se braque immédiatement dès qu'un élève pourtant sympathique cherche à en discuter avec elle. De l'autre, son grand-père est une sorte de pur Monsieur Miyagi version Karaté Kid, figure de maître sage et quasi caricaturale, même si ça reste attachant. Malgré ça, toute la première moitié de l'album fonctionne plutôt bien. On est sur quelque chose d'assez simple mais relativement réaliste, avec des thématiques intéressantes comme la retenue dans l'usage de la violence, la patience nécessaire à l'apprentissage, ou encore un petit regard sur les réseaux sociaux et le harcèlement. L'ensemble est sympathique, agréable à lire, et trouve un certain équilibre. En revanche, la seconde moitié m'a nettement moins convaincu. Dès qu'on bascule dans le tournoi d'arts martiaux, tout le réalisme disparaît. On se retrouve avec des combattants bigarrés sortis de nulle part, et surtout avec deux amis de l'héroïne qui deviennent soudainement de très bons combattants après une sorte de passage façon chanson Disney, ce qui casse complètement la crédibilité installée jusque-là. À cela s'ajoute une impression de déjà-vu assez forte, avec une trame qui copie largement celle de Karaté Kid sans vraiment réussir à s'en détacher. Cette deuxième partie plus fantaisiste et expédiée laisse une impression décevante et prend le dessus sur mon souvenir de lecture. Ça reste un album qui avait des qualités au départ, mais qui se dilue en route, au point de me laisser penser qu'il n'aura probablement pas de suite.
Jean-Pierre Leureux
Le ton de cet album est assez original, dans le sens où on suit ici un vrai gros loser, minable, obsédé et souvent pathétique, qui se retrouve malgré tout embarqué dans de nombreuses scènes de cul. Mais là encore, l'érotisme passe largement au second plan, au profit d'un humour grinçant, parfois absurde, qui désamorce constamment toute tentative de sensualité. Et même lorsqu'il arrive à ses fins, le récit revient presque systématiquement à quelque chose de trivial ou de déceptif, comme pour rappeler la médiocrité du personnage. L'ensemble repose sur une succession d'histoires courtes assez inégales, avec un humour qui oscille entre le trash et le dérisoire. Certaines situations fonctionnent, d'autres beaucoup moins, et pour ma part j'ai assez peu ri au final. Le dessin m'a par moments surpris, avec un style qui m'a plusieurs fois fait penser à Wasterlain (Docteur Poche), ce qui crée un décalage assez étrange avec le contenu. Il reste globalement adapté à l'ambiance, sans être particulièrement marquant. Même si je reconnais une certaine originalité dans la proposition, je ne me suis pas attaché au personnage. Son état d'esprit ne me parle pas, et l'humour ne m'a pas suffisamment embarqué pour compenser. Une curiosité, mais pas une lecture qui m'a convaincu.
Lou !
Divertissement jeunesse à succès basé sur une tranche de vie décrivant à partir de la préadolescence, le quotidien d'une jeune fille, une intrigante relation mère-fille et un éveil au sentiment amoureux. L'on pense évidemment à la merveilleuse trilogie de Vanyda Celle que... et à bien d'autres titres plus légers. Si l'humour, les couleurs et les situations sont assez classiques, ce titre se singularise surtout par ses illustrations géométriques atypiques et cette capacité à saisir un air du temps à la fois singulier et ultra contemporain. La force de cette BD est aussi sa faiblesse : la société décrite avec grande sympathie est à la fois désagréable de vulgarité et de conformisme, tandis que l'humour trop rare ne parvient ni à alléger l'ensemble, ni à mettre en perspective notre société via un regard pertinent. Une BD bien sage, qu'un appréciable humanisme en ces temps obscurs sauve de l'anecdotique.
Les Perles de l'Amour
La couverture et le graphisme m'avaient fait imaginer un album érotique assez classe, avec un charme rétro assumé, dans la lignée de ces aventures exotiques à l'ancienne. Il y avait quelque chose de prometteur dans ce mélange de lavis élégant et d'imaginaire colonial suranné. Au final, j'ai surtout découvert un objet déroutant, coincé entre un érotisme mièvre (digne d'un téléfilm cheap le dimanche soir sur M6 il y a trente ans), une histoire kitsch et mal fichue, et une forme de ridicule dont j'ai eu du mal à déterminer s'il était volontaire ou non. Je penche malgré tout pour une part de second degré (certains détails sont trop énormes pour être accidentels, comme cette scène finale avec un aveugle au lit accompagné de sa canne), mais la majorité du temps, ce décalage ne provoque pas le rire, plutôt un rictus circonspect et déçu. Le scénario accumule les clichés et les facilités (Inde de pacotille, officier anglais héroïque, rajah caricatural, rivalités féminines convenues), avec des dialogues ampoulés et artificiels qui évoquent autant le roman-photo que le roman à l'eau de rose. L'ensemble a un côté daté, presque figé, qui peut se lire comme une parodie... sauf que je ne suis jamais vraiment sûr que ce soit assumé jusqu'au bout. Côté dessin, il y a malgré tout un certain savoir-faire. Le lavis est élégant, certaines planches dégagent une sensualité indéniable, et il y a un fond de classe dans le trait, même si je ne le trouve pas exceptionnel non plus. En revanche, les scènes érotiques tombent le plus souvent à plat : raides, peu naturelles, parfois presque gênantes. Et je ne parle pas des gardiens indiens qui se masturbent avec des têtes ridicules en regardant les héros s'accoupler... Mais mon principal problème reste la mise en page : le découpage est franchement chaotique, au point qu'il devient difficile de savoir dans quel ordre lire les cases et les bulles. Cela casse complètement le rythme et rend la lecture profondément confuse. J'ai l'impression d'un album qui aurait pu fonctionner comme pastiche ou comme objet érotique rétro assumé, mais qui reste coincé entre plusieurs intentions sans en maîtriser une seule. J'ai trouvé ça mièvre et bêta, et surtout pas émoustillant.
Thorgal Saga - Wendigo
Un album qui représente bien un des défauts récurrents dans ces séries de one-shot où le temps d'un album des auteurs reprennent un personnage de BD connu: on dirait que le récit aurait pu être fait sans problème sans les personnages de la série en question, mais en même temps un one-shot avec de nouveaux personnages doivent se vendre moins bien qu'un album avec Thorgal dans le titre. Pourtant, l'idée de faire rencontrer Thorgal et des Amérindiens est une bonne idée, vu que les peuples nordiques ont eu des contacts avec eux plusieurs siècles avant Christophe Colomb, mais le résultat ne m'a pas enthousiasmé. Tout ce qui tourne autour de la guerre entre deux tribus ne m'a pas intéressé. J'ai mieux aimé les éléments fantastiques du récit, mais lorsqu'on les met finalement en avant, j'en avais plus grand chose à cirer. Le scénario est un peu long, mais il faut dire que les cases sont très grandes. Ce n'est pas dérangeant lorsque les cases sont superbes, mais il y en a aussi beaucoup qui sont un peu vides. J'imagine que c'est pour les fans de la série et pas pour moi.
Hollywood menteur
Luz a déjà publié plusieurs séries qui m’ont vraiment plu, de l’humour Charlie Hebdo (voir l’excellent Les Mégret Gèrent la Ville !) au plus récent et plus sérieux Deux Filles nues, alors que je suis resté davantage sur ma faim pour d’autres publication de cet auteur éclectique. Cet album se range clairement du côté des déceptions me concernant. En effet, je n’ai jamais réussi à entrer dedans. Je crois n’avoir pas vu le film « Les désaxés », mais j’ai déjà lu ou entendu pas mal de chose sur son tournage, sur les relations entre Miller et Monroe à cette époque. Sans que cela m’ait réellement passionné. Et là, Luz n’est pas parvenu à le faire non plus. Il faut dire que sa narration est un peu décousue, et que son dessin, pas inintéressant, ne convient pas forcément à ce type de récit. Si certains passages sont plus précis et peaufinés, la majorité des dessins relèvent du dessin de presse, « jetés » sur le papier. Ça n’est pas illisible – je mentirais – mais ça n’aide pas à accrocher une intrigue qui m’a laissé de côté.
Akkad
J'aurais vraiment aimé aimer cette BD. D'abord parce que j'apprécie beaucoup le dessin de Clarke, y compris lorsqu'il adopte un style plus réaliste comme ici, et ensuite parce que les récits de science-fiction, en particulier ceux qui jouent avec le temps et les concepts complexes, font clairement partie de mes lectures de prédilection. Sur le papier, ça aurait pu me plaire : une invasion extraterrestre d'un genre particulier, des phénomènes temporels, des enfants cobayes transformés en génies capables de résoudre l'impossible… Mais très vite, j'ai eu une impression de déjà-vu assez marquée. Le concept des jeunes surdoués manipulés rappelle beaucoup d'autres œuvres, tout comme l'idée d'une menace alien incompréhensible jouant avec le temps, ou encore celle de personnages capables d'anticiper toutes les probabilités pour parvenir à leurs fins. L'ensemble donne le sentiment d'un assemblage de thématiques déjà largement explorées ailleurs, sans véritable proposition nouvelle. Cela aurait pu passer si la narration avait réussi à m'accrocher, mais c'est justement là que le bât blesse. Le récit est très décousu, multipliant les scènes courtes qui s'enchaînent sans toujours de lien évident, avec des transitions abruptes qui ne m'ont pas vraiment perdu mais un peu agacé. On passe d'un lieu à un autre, d'une situation à une autre, sans toujours comprendre immédiatement ce qui se joue, ni à quel moment on se situe. Cette construction finit par empêcher toute implication émotionnelle, d'autant que les personnages, en particulier les cinq jeunes cobayes, restent très peu développés et assez interchangeables. Les dialogues n'aident pas non plus, notamment lorsqu'ils cherchent à souligner le génie des personnages à coups de répliques un peu trop appuyées et artificielles. Cela sonne souvent faux et renforce la distance avec le récit. Reste ce voile de mystère qui pousse malgré tout à continuer la lecture pour comprendre où tout cela mène. Mais là encore, la promesse n'est pas tenue. La résolution arrive tardivement et de manière assez bancale, avec des explications peu claires qui donnent davantage l'impression d'un enchevêtrement confus que d'un véritable aboutissement maîtrisé. Malgré de bonnes intentions et un univers qui aurait pu fonctionner, je suis resté à distance de ce récit trop fragmenté et trop familier dans ses thèmes, dont la conclusion, loin d'éclairer l'ensemble, renforce surtout mon sentiment de déception.
La Dernière CroiZAD
BD humoristique sur le joli sujet de la désobéissance civile. La plutôt vilaine couverture annonce fort bien la couleur et si le sujet des ZAD sera à l'honneur, il est à craindre que son traitement soit pour le moins léger sinon bien caricatural et dépassionné. De passion idéologique, il ne sera en effet nullement question ici. Si le récit évoque la désobéissance civile, c'est en réponse à un drame intime que les auteurs dénoueront à la manière d'un Zidrou, sous l'angle de la chronique douce-amère, en fin d'histoire, afin de créer un bien artificiel moteur à l'action. L'inversion initiale des stéréotypes de classes sociales et l'humour lié à l'usage du subjonctif imparfait engendrent quelques bons moments de lecture, mais la BD ne parvient généralement pas à pleinement divertir tant la galerie de portraits apparaît bien fade et surtout caricaturale. L'intrigue cousue de fil blanc engendre un léger désintérêt, que les derniers rebondissements, peu habilement développés, ne parviennent à surmonter. Une lecture par moment sympathique, mais probablement bien vite oubliée. Et un auteur, Pelaez, qui déçoit une nouvelle fois ; l'habileté entraperçue dans Neuf semble n'avoir été qu'un heureux concours de circonstances, dommage !