Les derniers avis (22 avis)

Par Ro
Note: 2/5
Couverture de la série Rouge signal
Rouge signal

Un célibataire un peu paumé enchaîne les échecs sentimentaux et professionnels et finit par en faire porter la faute à la gent féminine dans son ensemble. En face de chez lui, un salon d'onglerie où quatre jeunes femmes partagent leur quotidien, leurs discussions et une certaine solidarité. En parallèle, lui s'enferme peu à peu dans la frustration, les réseaux sociaux et les discours masculinistes, jusqu'à glisser vers une forme de radicalisation sourde. Sur le plan graphique, je ne peux pas nier le soin apporté à l'ensemble. Le découpage audacieux, la gouache, les aplats, les jeux de lumière, les teintes rouges et orangées donnent une vraie identité visuelle. C'est travaillé, personnel, et certaines planches ont une présence presque picturale. On sent une recherche esthétique constante, une volonté d'autrice assumée. Mais c'est justement là que le bât blesse. Cette mise en scène très "film d'art et d'essai" m'a vite paru rébarbative. J'ai eu l'impression que la forme passait avant le récit. Les cadrages sont tantôt trop serrés, tantôt étrangement placés, les scènes fragmentées en bribes, les dialogues hachés, les séquences étirées ou répétées sans que cela apporte de réelle clarté. Le résultat est très théorique, très démonstratif, mais peu lisible. Plutôt que de raconter une histoire, j'ai souvent eu le sentiment que l'autrice cherchait avant tout à "faire de l'art". Côté scénario et message, pourtant, le sujet est important, presque glaçant d'actualité. La dérive masculiniste, l'influence des réseaux, la radicalisation ordinaire, tout cela mérite clairement d'être traité. Mais c'est abordé ici de manière distante, avec des personnages immédiatement antipathiques et une impression générale de manque de vie et d'expressivité. La partie centrée sur les femmes, plus nuancée et plus vivante, fonctionne mieux. Du côté d'Alexandre, en revanche, les motivations restent floues et les étapes trop elliptiques : d'un balourd médiocre, il passe brusquement au rejet global des femmes et à l'adhésion au discours haineux d'un proche puis aux actes lâches et violents, sans que j'aie vraiment vu la bascule s'installer. La construction volontairement déstructurée dilue les enjeux et brouille la narration. Je me suis senti davantage spectateur qu'impliqué, à devoir deviner plus que comprendre. J'imagine qu'on peut saluer l'audace graphique et la portée sociétale du propos, mais j'ai trouvé la lecture assez pénible : un album respectable sur le fond, dont la mise en scène trop esthétisante m'a tenu à distance du début à la fin.

10/02/2026 (modifier)
Par cac
Note: 2/5
Couverture de la série Dimanche
Dimanche

Un petit bouquin de 30 pages, quasi sans texte et histoire, c'est juste une suite d'onomatopées et de petites cases où il se passe peu de choses, comme un Dimanche en fait, le titre l'indique. Ce sont 2 gars qui jouent aux jeux vidéos sur un toit d'une banlieue quelconque et uniforme. On essaie de tuer le temps. Les échos des téléviseurs se font entendre. On a également 4 planches à la fin sur l'observation de la nature, respectivement les oiseaux anglais, les animaux des jardins (mulots, renards...), les animaux des étangs et rivières et enfin les papillons (c'est là-dessus que j'étais le moins connaisseur).

09/02/2026 (modifier)
Couverture de la série Curiosity Shop
Curiosity Shop

Mouais. C’est une série qui ne m’a pas vraiment convaincu. On y entre aisément, car le dessin est vraiment chouette, avec un trait fin, fluide, très plaisant. Mais j’ai d’emblée été perdu au milieu de pas mal de personnages. Si l’intrigue m’avait au départ fait penser à un énième récit jouant sur l’ésotérisme au travers des âges, il bascule assez vite dans quelque chose de plus classique, d'aventure, entre espionnage et polar. Un texte abondant – parfois trop – et trop de personnages (j’ai dû à plusieurs reprises revenir en arrière pour m’y retrouver): on finit le premier tome un peu essoufflé. Mais les suivants – s’ils sont parfois plus « clairs », n’apportent pas grand-chose à une intrigue qui tourne en rond, jouant sur de l’aventure faussement rythmée. Petit détail : je n’ai pas trop compris l’utilité de la chronologie placée en première page de chaque tome (certaines dates ayant peu de lien direct avec l’intrigue), si ce n’est que ça a encore compliqué ma lecture, car j’essayais de les relier à quelques actions des protagonistes. Joliment dessiné, mais une intrigue qui m’a laissé de côté.

09/02/2026 (modifier)
Couverture de la série Yiyun
Yiyun

Bizarre cet album, un peu fourre-tout, qui n’est pas vraiment ce que Cosey a pu faire de plus poétique ou engageant. Nous avons d’abord droit à une présentation de l’histoire de la technique du papier découpé en Suisse (je me suis demandé ce que ça venait faire là – mais le héros de l’histoire de Cosey pratique cet art…). Puis un prologue en BD de Maou qui, à partir de son histoire personnelle, plante le décor des conséquences de la Loi de l’enfant unique en Chine (ça éclaire vaguement l’histoire de Cosey, en tout cas pour comprendre les deux jeunes chinoises que son héros rencontre successivement). Ensuite viennent quelques croquis et esquisses de Cosey (il a toujours un bon coup de crayon !). Toujours est-il que l’histoire de Cosey n’arrive qu’après quarante page… ça a peut-être joué sur mon ressenti mitigé, car je ne comprenais pas vraiment à ce moment l’intérêt de ce que je venais de lire. Et hélas, si par la suite ces « préambules » prennent davantage sens, l’intrigue concoctée par Cosey ne m’a jamais captivé. La rencontre entre les Alpes suisses enneigées et l’Asie chères à cet auteur suisse reste du classique, mais là j’ai trouvé le récit lent, creux, ennuyeux. Quant au dessin de Cosey, je l’ai trouvé ici lui aussi en deçà de ce que je connais de lui, surtout pour les décors, peu développés. Bref, un album étrange, à réserver aux amateurs complétistes de Cosey je pense. Note réelle 2,5/5.

08/02/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 2/5
Couverture de la série La Naissance d'une chevaleresse
La Naissance d'une chevaleresse

Décidément, Komikku Editions semble être un éditeur spécialisé dans le feel good. C'est donc un manga qui se passe au Moyen-âge avec comme vedette une fille qui se fait passer pour un garçon pour pouvoir devenir une chevalière. Le point de départ ainsi que le dessin avaient attiré mon attention sur cette série et au final le dessin est le point fort de cette série. Il est élégant et bien détaillé. Malheureusement, le scénario raconte encore une fois le quotidien du personnage principal où tout le monde est gentil et rien de vraiment méchant se produit. Même lorsqu'on parle de la guerre on dirait que ce n'est pas terrible ce qui est tout de même un peu malsain. Alors il y a quelques scènes dans le tome 2 qui surnage du lot, mais tous mes espoirs que le scénario s'améliore sont anéanties par un tome 3 sans intérêt. L'histoire se termine brutalement, sans doute parce que la série a été annulé. Tout est tellement banal que je ne suis pas surpris qu'elle n'a pas été populaire au Japon. Dommage parce que j'aimais vraiment le dessin.

08/02/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 2/5
Couverture de la série Scarlet Queen
Scarlet Queen

Dans le monde de Calice, l'amour est littéralement une force magique. Les sentiments partagés donnent naissance à des liens surnaturels, permettant aux aimés de manipuler les aimants et d'accumuler une énergie dévotionnelle aux effets puissants. Ainsi, les souverains tirent leur légitimité de l'affection que leur porte le peuple, qu'ils entretiennent par le soin apporté à leurs sujets. Un royaume peut même en soumettre un autre si le monarque adverse tombe amoureux de son dirigeant. C'est dans ce contexte que la reine Lizaru, pourtant redoutable car aimé d'un peuple gigantesque, se retrouve menacée par un ennemi dissimulant soigneusement ses intentions, échappant inexplicablement à ses capacités de détection. Le concept est original et donne naissance à un univers fantasy singulier, avec une organisation sociale et politique façonnée par la magie des sentiments. L'ensemble se distingue par sa richesse et sa capacité à renouveler les codes du genre. Pour accompagner le lecteur, des doubles pages explicatives viennent éclairer les particularités de ce monde, de ses règles aux rapports de force entre royaumes. Visuellement, l'album laisse une impression plus mitigée. Le dessin fonctionne mais manque d'aisance technique. Les décors paraissent fâdes et un peu vides, les personnages figés, y compris dans les scènes censées transmettre de l'énergie ou du mouvement. Cette raideur nuit à l'immersion et affaiblit l'exotisme pourtant suggéré par l'univers. Quant à l'intrigue, malgré un postulat intrigant et la présence d'une reine Lizaru charismatique et énigmatique, le récit peine à convaincre. Les autres personnages restent ternes, souvent cantonnés à des rôles trop simplistes. Difficile de s'attacher à ce garde du corps obstiné et violent, prêt à tout pour plaire à la souveraine, ou de se sentir réellement impliqué dans une traque à l'espion dont les enjeux demeurent flous. Après un premier tome déjà confus, le second et dernier confirme ces faiblesses. Les motivations manquent de clarté, la logique interne du monde paraît instable, tout semblant reposer sur une hiérarchie affective (aimer plus ou moins quelqu'un, consciemment ou non) dont les règles semblent évoluer au gré des besoins du scénario. Les pouvoirs donnent alors l'impression d'arriver de façon arbitraire, sans véritable cadre, ce qui empêche le lecteur de s'investir. Entre une enquête brouillonne et trop téléguidée, des personnages sans consistance (parfois proches de l'agacement) et une construction d'ensemble bancale, l'implication émotionnelle ne prend jamais. C'est d'autant plus regrettable que l'univers de départ, lui, regorgeait d'idées prometteuses. Au final, une série au concept séduisant, mais dont l'exécution narrative ne parvient jamais à être à la hauteur de ses ambitions.

28/06/2025 (MAJ le 08/02/2026) (modifier)
Couverture de la série Deux sœurs
Deux sœurs

Bon, j’ai un temps voulu arrondir aux trois étoiles, parce que ça se laisse lire, et que le dessin est mignon. Mais voilà un album qui m’a quand même laissé sur ma faim. Ça se laisse lire donc, d’ailleurs très rapidement. Car l’intrigue est des plus minces. Il y a certes quelques petits traits d’humour, dans les dialogues acerbes entre frangines, dans l’opposition – extrême – entre leurs amis, leurs goûts, etc. Mais passé les quelques premières cases, je me suis vite lassé d’une histoire où tout est trop caricatural, prévisible – jusqu’à la fin – pour ma captiver. En fait, les dialogues monocordes m’ont anesthésié, et j’ai rapidement trouvé répétitives les oppositions, les disputes. Ajoutons une petite touche de guimauve, et on aura un rendu dont je ne suis visiblement pas le cœur de cible. Bof bof donc. Note réelle 2,5/5.

07/02/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 2/5
Couverture de la série Banquiz
Banquiz

Même avis que mes prédécesseurs, cette lecture me parait assez oubliable. On a droit à une satire du réchauffement climatique sur la banquise, avec des pingouins anthropomorphes et des humains caricaturaux, structurée en gaufriers de quatre cases avec une chute par page... mais dans les faits, ça ne prend jamais vraiment. La majorité des gags tombe à plat : j'ai dû esquisser deux ou trois sourires, notamment concernant El Pinguino qui est le seul personnage assez amusant. Pour le reste, c'est de la déconne facile, avec des clichés déjà vus mille fois (Trump débile, militaires bourrins, scientifique écolo paniquée, télé-réalité crétine, politiciens incompétents). Rien de très mordant ni vraiment surprenant. C'est un humour parodique assez cliché et un peu lourd. Le message est là, mais il manque de finesse et d'efficacité comique pour vraiment marquer.

06/02/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 2/5
Couverture de la série Mariée à ma meilleure amie
Mariée à ma meilleure amie

Dans un Japon qui a légalisé le mariage entre homosexuels, deux amies finissent par se marier entre elles pour ne pas finir seules. Mais vont-elles seulement rester des amies ou leurs sentiments vont changer ? Est-ce que c'est facile pour deux amies de vivre ensemble ? C'est le postulat de cette série yuri qui sort un peu de l'ordinaire ou du moins on est pas dans le style de yuri que j'ai lu jusqu'à présent. Pour une fois, ce n'est pas une histoire tragique mettant en vedette des étudiants ou une série pour mecs qui trouve ça chaud de voir deux filles se toucher les seins toutes les 5 pages. Malheureusement, malgré une idée de départ intéressante je me suis vite ennuyé. On est dans un manga qui décrit la vie quotidienne des personnages dans un ton souvent feel good. Je ne sais pas si c'est un problème de différences culturelles, mais les mangas qui racontent la vie quotidienne m'ennuient souvent. Il ne se passe pas grand chose d'intéressant. Le plus grand drame dans les deux premiers tomes (j'ai pas eu la force de lire le troisième tome) est qu'une des amies veut acheter des produits ménagères et l'autre ne veut pas. En même temps, j'ai l'impression de ne pas être le public-cible. Je veux dire, l'action se passe dans un Japon plus tolérant que dans la vraie vie. Le Japon n'a toujours pas légalisé le mariage gay et ici c'est le cas et personne ne semble juger les couples homosexuels. Les deux femmes ont des problèmes de couples 'normaux' qui ne sont pas liés à leur possible orientation... Bref, ça va peut-être être plus apprécié par des lecteurs LGBT ou par des lecteurs hétéros en couple qui pourraient se reconnaitre dans des situations. Moi je suis célibataire endurci alors les problèmes du couple me sont passés au-dessus de la tête.

05/02/2026 (modifier)
Par gruizzli
Note: 2/5
Couverture de la série Le Constat
Le Constat

Un Davodeau de jeunesse, et ça se sent. L'histoire est bancale entre divers protagonistes dont les trajectoires se croisent autour d'une route et d'une virée en voiture. C'est assez mal équilibré, autant sur les personnages que les sujets. Ce road-movie est autour de trois personnages, mais dont l'écriture n'est pas très réussi. Vincent est le jeune homme qui tente un coup mais se plante, Abel est le vieux qui tente de renouer avec son passé et Rose la jeune femme solide qui vit sa vie tranquillement sur les routes. C'est des personnages assez typés, voir archétypaux. Lorsque Abel commence à raconter son passé, on comprend que Davodeau veut raconter quelque chose sur la gauche revendicatrice, sauf que ça ne débouche jamais. Il y aurait eu l'occasion de parler de transmission avec son fils, notamment, dont l'histoire aurait pu servir de liaison entre son passé et le présent et donner une occasion de conclure, mais Davodeau passe à côté. De même, Vincent est très peu consistant, entre son coup fourré et les emmerdes qu'il développe ensuite, on a du mal à s'attacher au personnage. Il oscille entre l'innocence absurde et l'intelligence rare, même si personnellement je n'ai pas cru à son passé d'ingénieur, le personnage ne faisant pas du tout ancien ingénieur. Davodeau commence à affiner son trait, mais les personnages sont encore un peu grossier dans le rendu. Les décors sont un peu absent, mais ce n'est pas mauvais sur la lisibilité. En tout cas ça ne gêne pas la lecture. C'est plus l'histoire qui va un peu dans tout les sens sans jamais prendre une direction claire et nette, le tout avec des personnages pas très attachant. Bref, une lecture dispensable !

05/02/2026 (modifier)