Un autre documentaire qui reprend le principe, il me semble inventé ou du moins popularisé par Jul, où on a des textes portant sur un sujet (dans ce cas-ci, des hommes d'affaires) et en complément il y a une BD humoristique qui est là pour détendre l'atmosphère entre deux textes sérieux.
Le problème est que la plupart du temps les gags ne sont pas du tout marrants et une des choses qui m'ennuie le plus sont les bd humoristiques qui ne me font pas rire. Les gags tombent à plat et je ne suis pas particulièrement fan du style du dessinateur. Il reste les textes qui sont des bonnes synthèses de personnalité du monde capitaliste, mais la plupart du temps on dirait le genre d'infos qu'on aurait en regardant leurs pages wikipédia. C'est juste un who's who avec en bonus des gags pas drôles.
Bref, le genre de BD documentaire où seuls les textes servent à quelque chose, et on aurait pu enlever la partie BD sans problème. Pour moi le genre d'album qui semble dévaluer la BD, reléguée à des images qu'on met entre des textes sérieux, dans l'espoir de toucher un très large public trop paresseux pour lire un album sans image.
L’album est relativement épais, mais la lecture se révèle finalement assez rapide. Mais elle m’a laissé sur ma faim, ou plutôt sur le côté.
Je ne suis a priori pas fan du dessin – des personnages en tout cas – pas exempt de défauts, souvent maladroit (est-ce volontaire ?), avec un rendu proche d’un certain underground (quelques points communs avec le dessin d’auteurs comme Mattt Konture aussi). Quelques scènes et le dessin des personnages renvoient un peu à une esthétique punk.
J’ai davantage accroché aux décors, avec des planches parfois assez sèches, quand d’autres fourmillent de détails. Et d’ailleurs ces décors, avec des touches oniriques, SF, installent une ambiance, qui est la partie que j’ai le plus appréciée durant ma lecture.
Car l’intrigue elle-même m’est apparu obscure. On suit quelques personnages rebelles, dans une cité froide. Mais, comme pour les dessins, ce sont les à-côtés qui m’ont le plus convaincus, tandis que je n’ai pas trop compris l’histoire elle-même.
Je suis doc resté – au niveau du dessin et du récit – sur une dérive, une ambiance, mais personnages et intrigue m’ont échappé. Du coup mon ressenti final est mitigé, et globalement décevant.
Note réelle 2,5/5.
Entre le réalisme d'une Amérique raciste et paranoïaque des années 1950 et la folie d'un récit pulp SF, une poignée d'adolescents plonge dans une succession d'événements absurdes mêlant guerre froide, monstres venus d'ailleurs, robots géants et apocalypse rétro-futuriste.
Ce comics s'inspire à fond des vieux films de SF catastrophe de série B, voire Z. C'est tellement rempli d'idées improbables, de créatures grotesques, de complots, de robots géants et de menaces extraterrestres que j'ai eu l'impression d'assister à une sorte de pastiche du genre. Au delà des classiques de l'invasion extraterrestre des années 1950 et autres Guerre des Mondes, ça ressemble énormément à Mars Attacks!, avec tellement d'éléments similaires que ça s'apparente même parfois plus à un recyclage qu'à un hommage discret. Sauf que là où le film de Burton assumait pleinement son absurdité avec un humour très présent, Duck and Cover se prend beaucoup plus au sérieux dans sa mise en scène, même si j'ai du mal à croire que les auteurs puissent réellement l'être tant certaines situations ou révélations sont ridicules.
Le dessin est ce qui sauve l'ensemble. Rafael Albuquerque livre des planches très maîtrisées, avec une esthétique rétro adaptée au sujet. Les créatures, les machines et l'ambiance générale fonctionnent bien visuellement. Le comics possède une bonne personnalité graphique et certaines scènes sont assez spectaculaires.
En revanche, j'ai beaucoup moins adhéré au scénario. Déjà parce qu'il est extrêmement bavard. Les auteurs semblent incapables de laisser respirer leur récit et noient régulièrement l'action sous des commentaires, des explications ou des retours en arrière consacrés au passé des personnages. Ces développements psychologiques ne m'ont jamais intéressé et cassent le rythme alors que l'histoire aurait gagné à rester dans un registre plus direct et plus assumé de série B décomplexée.
J'ai également eu du mal à m'impliquer dans l'intrigue. Tout paraît tellement gratuit et arbitraire qu'il devient difficile de s'accrocher à une réalité ou à des enjeux précis. Entre les extraterrestres, les robots, les mutations, les complots, les faux-semblants et les révélations successives, j'ai souvent eu l'impression que n'importe quoi pouvait arriver à n'importe quel moment. Cette absence de cadre affaiblit la tension puisque rien ne semble vraiment avoir de conséquences durables.
J'aurais probablement davantage apprécié cette lecture si elle avait pleinement assumé soit son côté délirant et parodique, soit son côté action pure. Les références aux vieux films de science-fiction sont évidentes, mais elles m'ont laissé froid car le récit préfère multiplier les drames personnels et les explications plutôt que de s'amuser avec son propre concept.
Malgré un dessin réussi et une esthétique rétro séduisante, j'ai trouvé l'histoire bavarde, confuse et surtout trop sérieuse dans son idiotie pour réussir à m'emporter.
Se laisse lire, mais n'atteint pas la perfection historique de Murena sans parler de l'excellence des dessins… ni la fraicheur d'Alix, du temps de son créateur ! Ah, s'il avait pu progresser à partir du niveau des Légions perdues où la fuite sur les toits était de toute beauté, Enac point trop envahissant, la rencontre avec le loup et la bataille finale pour l'épée de Brennus poignante ! Il est des amis, des fictions, des habitudes dont on peut dire qu'on ne rompt pas vraiment avec eux par nostalgie de ce qu'ils auraient pu être.
Pour en revenir à nos moutons, ou plutôt à nos loups, les Romains étant fils de la louve, voyons Alix senator ! Je trouve les intrigues tarabiscotées mais sans la fantaisie d'Alix jeune, cependant, l'album Le maître des masques relève le niveau. Sans spoiler je dirais que l'ennui peut mener au pire quand on ne sait ni l'accepter ni lutter avec lui de façon créative… Une mention pour Livie.
Je ne ressens aucun plaisir à continuer à martyriser cet album. À l'époque, j'étais perplexe par rapport à l'histoire, je n'ai pas complètement compris le but.
Cependant, j'ai aimé les couleurs chaudes : les ocres, oranges et jaunes vifs sont merveilleux, Cosey est un grand coloriste !
Après avoir lu quelques avis, je comprends maintenant mon malaise. Je remercie surtout bamiléké pour son témoignage si éclairant.
J'abonde dans le sens de Canarde, c'est pas la BD de l'année et c'est même un peu long à lire. Personnellement j'ai étalé la lecture sur un petit moment, pour ne pas être écœuré, mais l'indigestion n'était jamais très loin.
Oscar Wilde ne m'est pas particulièrement inconnu, j'ai eu l'occasion de lire certaines de ses œuvres et de jouer (et voir) sa fameuse pièce "L'importance d'être Constant", mais je me suis assez peu intéressé à sa vie. D'ailleurs je ne savais pas qu'il avait fini ses jours à Paris. Et c'est précisément cette fin de
vie qui est racontée ici, d'une manière soporifique. Comme Canarde, je trouve que ça fait vieil alcoolique poétique qui a la santé et le moral déclinant. Une grande partie de la BD est un condensé de ses relations sociales, qui semblent suffire à la définir apparemment. Le tout entrecoupé d'interviews de ces personnes qui l'ont rencontrée et côtoyés. C'est franchement long, j'ai confondu tout le temps les personnages qui gravitaient autour et le dessin n'a pas aidé.
La BD est donc longue, assez peu intéressante et franchement j'ai peu appris sur Oscar Wilde. La BD n'est pas recommandée !
Signe-Singe : jusqu'ici, j'avais compris la blague. Le livre ne va beaucoup plus loin, une longue blague pas toujours réussie, élucubrations dans un supposé essai sur Tarzan, réflexions et hypothèses farfelues. Les dessins se limitent à quelques détails (inspirés de Hogarth) qui évoquent l'origine du héros et il n'y a pas d'autre histoire. J'attribue la note moins mauvaise à l'immense culot de l'auteur et au fait d'avoir ri de moi-même à la fin.
Mouais. Je vais être moins enthousiaste que mon prédécesseur. Pourtant, j’avais bien aimé l’humour gentiment déjanté de Coyote Bill, très cartoonesque. Et c’est le nom de Widenlocher qui m’a attiré et m’a poussé à acheter cet album dans une foire au troc – heureusement très peu cher.
Car en fait j’avais zappé que « Coyote Bill » était scénarisé par quelqu’un d’autre – en l’occurrence Herlé. Et avec ce « Carbone 14 », Widenlocher est seul à la baguette. Et son humour n’a pas fait mouche avec moi. J’ai trouvé la plupart des gags poussifs, ils ne m’ont arraché que quelques rares sourires. Même son dessin m’a moins plu que pour « Coyote Bill ».
Alors, certes, dessin et histoires peuvent être lisibles, mais je n’y ai pas trouvé de quoi agiter mes zygomatiques.
Le pitch de départ (une école entière avec ses occupants projetée brusquement « ailleurs », dans une zone a priori inconnue) m’a forcément fait penser à celui de la série The Woods, que j’ai lue il n’y a pas longtemps, série dont les auteurs ont probablement été influencés par ce manga.
Le point de départ est forcément intrigant, avec cette école brutalement coupée du monde, envoyée on ne sait où avec ses occupants. Après quelques fiascos de la part des adultes, les élèves/enfants se retrouvent livrés à eux-mêmes, dans une ambiance qui peut faire penser à « Sa majesté des mouches ».
Mais, une fois la surprise initiale passée, j’ai vraiment eu du mal à accrocher à cette série.
D’abord le dessin fait franchement vieillot. J’allais dire plus que son âge, mais je viens de voir que la série date du début des années 1970 au Japon… Je n’ai pas vraiment aimé la propension des personnages à avoir la bouche grande ouverte pour parler, pleurer, crier, surjouant les émotions. Et la façon de dessiner les personnages en mouvement – en particulier lorsqu’ils courent – multiplie les défauts.
Quant à l’intrigue, il y a déjà des longueurs dans le premier tome (il faut dire que chaque tome est bien plus épais que le format classique du manga), et c’est encore le cas par la suite. Clairement il aurait fallu élaguer !
Ensuite, dès la situation de départ installée, Umezu cherche à maintenir l’attention du lecteur par des artifices souvent maladroits et peu crédibles. En particulier dans les réactions – souvent outrancières et improbables – des adultes, qui changent brusquement et du tout au tout de personnalité, ayant des comportement psychopathiques (voir le cuistot près à tuer tous les gamins de l’école pour garder la bouffe pour lui seul, ou un professeur se transformant en serial killer sans raison claire). Et les pseudo explications données à ces changements, via des dialogues un peu lourds, renforcent le côté artificiel de l’ensemble – et accentue l’impression de remplissage.
Par la suite, Umezu use d’autres moyens pour relancer l’intrigue, mais là aussi ça ne m’a pas convaincu. En effet, ça fait feu de tout bois pour faire survenir les dangers, pour maintenir en haleine, sans jamais que ça ne soit crédible. Ça sombre trop souvent dans une facilité et un n’importe quoi presque involontairement comique (les bestioles géantes, l’histoire du couteau avec la mère du jeune héros, etc.). En fait, on a l’impression que l’idée de situer le point de départ de l’intrigue dans une école, c’est surtout pour avoir un réservoir important de victimes potentielles de diverses menaces. Les gamins peuvent bien mourir régulièrement, il en reste toujours pour nourrir de nouveaux rebondissements.
Enfin bref, j’avais emprunté les 6 tomes, et je me suis arrêté aux trois premiers, car ça me soulait un peu trop, et je ne voyais pas les choses s’améliorer. Ça n’est sans doute pas ma came.
Je vais casser un peu l’ambiance mais pour ma part, je n’ai pas trouvé ça bien fameux.
J’apprécie pourtant beaucoup les auteurs mais ici le résultat, bien que pro, m’est apparu bien trop bancal, trop facile, sans surprise et finalement sans âme. Il n’y a que pour les couleurs d’Usagi où je n’ai pas grand chose à dire, ça fait d’ailleurs plaisir de la voir créditer à égalité avec le duo scénariste/dessinateur (mot de remerciement, bibliographie …), très classe.
Le dessinateur s’en tire tout de même avec les honneurs, c’est solide dans le trait.
Cependant ce n’est pas un style que je recherche dans un western, le rendu me semble trop lisse et propre, ça passe dans les grandes cases et extérieurs mais beaucoup moins en gros plan ou scènes intérieures qui apparaissent plus pauvres et aseptisés à mes yeux. Ça ne colle pas avec l’idée que je me fais du genre (saleté, crasse …) et je tique un peu sur le charisme de ces 2 personnages masculins qui suivent un peu la même tendance.
Un dernier point que j’ai peu goûté aussi et la représentation de certains mentons de personnages (l’indien, Ma ..) qui (à mes yeux) tombe dans la caricature, on tombe dans le Bogdanov et ça me fait sortir du côté réaliste distillé jusque là.
Mais l’aspect le plus tendancieux de l’album reste l’histoire, j’ai connu Dubois bien plus inspiré, tout m’apparaît pauvre ici.
Malgré une belle pagination, ça ne décolle jamais, j’ai trouvé ça linéaire, sans tension ni surprise.
J’ai cette impression que le scénariste recycle le fond de Les Sans-Visages mais avec des ingrédients différents (western, communauté de femmes …) et agencés plus maladroitement. Je recense plein de détails qui coincent. C’est violent et à la fois niais, on ne croit à aucun personnage, le crush du héros qui apparaît de nul part, des gunfight cheatés et improbables, une fin façon Happy end …
Alors c’est sûr ça se lit facilement, ce n’est pas honteux mais perso je ne m’y suis pas retrouvé.
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La Ligue des capitalistes extraordinaires
Un autre documentaire qui reprend le principe, il me semble inventé ou du moins popularisé par Jul, où on a des textes portant sur un sujet (dans ce cas-ci, des hommes d'affaires) et en complément il y a une BD humoristique qui est là pour détendre l'atmosphère entre deux textes sérieux. Le problème est que la plupart du temps les gags ne sont pas du tout marrants et une des choses qui m'ennuie le plus sont les bd humoristiques qui ne me font pas rire. Les gags tombent à plat et je ne suis pas particulièrement fan du style du dessinateur. Il reste les textes qui sont des bonnes synthèses de personnalité du monde capitaliste, mais la plupart du temps on dirait le genre d'infos qu'on aurait en regardant leurs pages wikipédia. C'est juste un who's who avec en bonus des gags pas drôles. Bref, le genre de BD documentaire où seuls les textes servent à quelque chose, et on aurait pu enlever la partie BD sans problème. Pour moi le genre d'album qui semble dévaluer la BD, reléguée à des images qu'on met entre des textes sérieux, dans l'espoir de toucher un très large public trop paresseux pour lire un album sans image.
Metadoggoz
L’album est relativement épais, mais la lecture se révèle finalement assez rapide. Mais elle m’a laissé sur ma faim, ou plutôt sur le côté. Je ne suis a priori pas fan du dessin – des personnages en tout cas – pas exempt de défauts, souvent maladroit (est-ce volontaire ?), avec un rendu proche d’un certain underground (quelques points communs avec le dessin d’auteurs comme Mattt Konture aussi). Quelques scènes et le dessin des personnages renvoient un peu à une esthétique punk. J’ai davantage accroché aux décors, avec des planches parfois assez sèches, quand d’autres fourmillent de détails. Et d’ailleurs ces décors, avec des touches oniriques, SF, installent une ambiance, qui est la partie que j’ai le plus appréciée durant ma lecture. Car l’intrigue elle-même m’est apparu obscure. On suit quelques personnages rebelles, dans une cité froide. Mais, comme pour les dessins, ce sont les à-côtés qui m’ont le plus convaincus, tandis que je n’ai pas trop compris l’histoire elle-même. Je suis doc resté – au niveau du dessin et du récit – sur une dérive, une ambiance, mais personnages et intrigue m’ont échappé. Du coup mon ressenti final est mitigé, et globalement décevant. Note réelle 2,5/5.
Duck and Cover
Entre le réalisme d'une Amérique raciste et paranoïaque des années 1950 et la folie d'un récit pulp SF, une poignée d'adolescents plonge dans une succession d'événements absurdes mêlant guerre froide, monstres venus d'ailleurs, robots géants et apocalypse rétro-futuriste. Ce comics s'inspire à fond des vieux films de SF catastrophe de série B, voire Z. C'est tellement rempli d'idées improbables, de créatures grotesques, de complots, de robots géants et de menaces extraterrestres que j'ai eu l'impression d'assister à une sorte de pastiche du genre. Au delà des classiques de l'invasion extraterrestre des années 1950 et autres Guerre des Mondes, ça ressemble énormément à Mars Attacks!, avec tellement d'éléments similaires que ça s'apparente même parfois plus à un recyclage qu'à un hommage discret. Sauf que là où le film de Burton assumait pleinement son absurdité avec un humour très présent, Duck and Cover se prend beaucoup plus au sérieux dans sa mise en scène, même si j'ai du mal à croire que les auteurs puissent réellement l'être tant certaines situations ou révélations sont ridicules. Le dessin est ce qui sauve l'ensemble. Rafael Albuquerque livre des planches très maîtrisées, avec une esthétique rétro adaptée au sujet. Les créatures, les machines et l'ambiance générale fonctionnent bien visuellement. Le comics possède une bonne personnalité graphique et certaines scènes sont assez spectaculaires. En revanche, j'ai beaucoup moins adhéré au scénario. Déjà parce qu'il est extrêmement bavard. Les auteurs semblent incapables de laisser respirer leur récit et noient régulièrement l'action sous des commentaires, des explications ou des retours en arrière consacrés au passé des personnages. Ces développements psychologiques ne m'ont jamais intéressé et cassent le rythme alors que l'histoire aurait gagné à rester dans un registre plus direct et plus assumé de série B décomplexée. J'ai également eu du mal à m'impliquer dans l'intrigue. Tout paraît tellement gratuit et arbitraire qu'il devient difficile de s'accrocher à une réalité ou à des enjeux précis. Entre les extraterrestres, les robots, les mutations, les complots, les faux-semblants et les révélations successives, j'ai souvent eu l'impression que n'importe quoi pouvait arriver à n'importe quel moment. Cette absence de cadre affaiblit la tension puisque rien ne semble vraiment avoir de conséquences durables. J'aurais probablement davantage apprécié cette lecture si elle avait pleinement assumé soit son côté délirant et parodique, soit son côté action pure. Les références aux vieux films de science-fiction sont évidentes, mais elles m'ont laissé froid car le récit préfère multiplier les drames personnels et les explications plutôt que de s'amuser avec son propre concept. Malgré un dessin réussi et une esthétique rétro séduisante, j'ai trouvé l'histoire bavarde, confuse et surtout trop sérieuse dans son idiotie pour réussir à m'emporter.
Alix Senator
Se laisse lire, mais n'atteint pas la perfection historique de Murena sans parler de l'excellence des dessins… ni la fraicheur d'Alix, du temps de son créateur ! Ah, s'il avait pu progresser à partir du niveau des Légions perdues où la fuite sur les toits était de toute beauté, Enac point trop envahissant, la rencontre avec le loup et la bataille finale pour l'épée de Brennus poignante ! Il est des amis, des fictions, des habitudes dont on peut dire qu'on ne rompt pas vraiment avec eux par nostalgie de ce qu'ils auraient pu être. Pour en revenir à nos moutons, ou plutôt à nos loups, les Romains étant fils de la louve, voyons Alix senator ! Je trouve les intrigues tarabiscotées mais sans la fantaisie d'Alix jeune, cependant, l'album Le maître des masques relève le niveau. Sans spoiler je dirais que l'ennui peut mener au pire quand on ne sait ni l'accepter ni lutter avec lui de façon créative… Une mention pour Livie.
Zélie nord-sud
Je ne ressens aucun plaisir à continuer à martyriser cet album. À l'époque, j'étais perplexe par rapport à l'histoire, je n'ai pas complètement compris le but. Cependant, j'ai aimé les couleurs chaudes : les ocres, oranges et jaunes vifs sont merveilleux, Cosey est un grand coloriste ! Après avoir lu quelques avis, je comprends maintenant mon malaise. Je remercie surtout bamiléké pour son témoignage si éclairant.
La Divine Comédie d'Oscar Wilde
J'abonde dans le sens de Canarde, c'est pas la BD de l'année et c'est même un peu long à lire. Personnellement j'ai étalé la lecture sur un petit moment, pour ne pas être écœuré, mais l'indigestion n'était jamais très loin. Oscar Wilde ne m'est pas particulièrement inconnu, j'ai eu l'occasion de lire certaines de ses œuvres et de jouer (et voir) sa fameuse pièce "L'importance d'être Constant", mais je me suis assez peu intéressé à sa vie. D'ailleurs je ne savais pas qu'il avait fini ses jours à Paris. Et c'est précisément cette fin de vie qui est racontée ici, d'une manière soporifique. Comme Canarde, je trouve que ça fait vieil alcoolique poétique qui a la santé et le moral déclinant. Une grande partie de la BD est un condensé de ses relations sociales, qui semblent suffire à la définir apparemment. Le tout entrecoupé d'interviews de ces personnes qui l'ont rencontrée et côtoyés. C'est franchement long, j'ai confondu tout le temps les personnages qui gravitaient autour et le dessin n'a pas aidé. La BD est donc longue, assez peu intéressante et franchement j'ai peu appris sur Oscar Wilde. La BD n'est pas recommandée !
Tarzan - Seigneur des signes
Signe-Singe : jusqu'ici, j'avais compris la blague. Le livre ne va beaucoup plus loin, une longue blague pas toujours réussie, élucubrations dans un supposé essai sur Tarzan, réflexions et hypothèses farfelues. Les dessins se limitent à quelques détails (inspirés de Hogarth) qui évoquent l'origine du héros et il n'y a pas d'autre histoire. J'attribue la note moins mauvaise à l'immense culot de l'auteur et au fait d'avoir ri de moi-même à la fin.
Carbone 14
Mouais. Je vais être moins enthousiaste que mon prédécesseur. Pourtant, j’avais bien aimé l’humour gentiment déjanté de Coyote Bill, très cartoonesque. Et c’est le nom de Widenlocher qui m’a attiré et m’a poussé à acheter cet album dans une foire au troc – heureusement très peu cher. Car en fait j’avais zappé que « Coyote Bill » était scénarisé par quelqu’un d’autre – en l’occurrence Herlé. Et avec ce « Carbone 14 », Widenlocher est seul à la baguette. Et son humour n’a pas fait mouche avec moi. J’ai trouvé la plupart des gags poussifs, ils ne m’ont arraché que quelques rares sourires. Même son dessin m’a moins plu que pour « Coyote Bill ». Alors, certes, dessin et histoires peuvent être lisibles, mais je n’y ai pas trouvé de quoi agiter mes zygomatiques.
L'Ecole emportée
Le pitch de départ (une école entière avec ses occupants projetée brusquement « ailleurs », dans une zone a priori inconnue) m’a forcément fait penser à celui de la série The Woods, que j’ai lue il n’y a pas longtemps, série dont les auteurs ont probablement été influencés par ce manga. Le point de départ est forcément intrigant, avec cette école brutalement coupée du monde, envoyée on ne sait où avec ses occupants. Après quelques fiascos de la part des adultes, les élèves/enfants se retrouvent livrés à eux-mêmes, dans une ambiance qui peut faire penser à « Sa majesté des mouches ». Mais, une fois la surprise initiale passée, j’ai vraiment eu du mal à accrocher à cette série. D’abord le dessin fait franchement vieillot. J’allais dire plus que son âge, mais je viens de voir que la série date du début des années 1970 au Japon… Je n’ai pas vraiment aimé la propension des personnages à avoir la bouche grande ouverte pour parler, pleurer, crier, surjouant les émotions. Et la façon de dessiner les personnages en mouvement – en particulier lorsqu’ils courent – multiplie les défauts. Quant à l’intrigue, il y a déjà des longueurs dans le premier tome (il faut dire que chaque tome est bien plus épais que le format classique du manga), et c’est encore le cas par la suite. Clairement il aurait fallu élaguer ! Ensuite, dès la situation de départ installée, Umezu cherche à maintenir l’attention du lecteur par des artifices souvent maladroits et peu crédibles. En particulier dans les réactions – souvent outrancières et improbables – des adultes, qui changent brusquement et du tout au tout de personnalité, ayant des comportement psychopathiques (voir le cuistot près à tuer tous les gamins de l’école pour garder la bouffe pour lui seul, ou un professeur se transformant en serial killer sans raison claire). Et les pseudo explications données à ces changements, via des dialogues un peu lourds, renforcent le côté artificiel de l’ensemble – et accentue l’impression de remplissage. Par la suite, Umezu use d’autres moyens pour relancer l’intrigue, mais là aussi ça ne m’a pas convaincu. En effet, ça fait feu de tout bois pour faire survenir les dangers, pour maintenir en haleine, sans jamais que ça ne soit crédible. Ça sombre trop souvent dans une facilité et un n’importe quoi presque involontairement comique (les bestioles géantes, l’histoire du couteau avec la mère du jeune héros, etc.). En fait, on a l’impression que l’idée de situer le point de départ de l’intrigue dans une école, c’est surtout pour avoir un réservoir important de victimes potentielles de diverses menaces. Les gamins peuvent bien mourir régulièrement, il en reste toujours pour nourrir de nouveaux rebondissements. Enfin bref, j’avais emprunté les 6 tomes, et je me suis arrêté aux trois premiers, car ça me soulait un peu trop, et je ne voyais pas les choses s’améliorer. Ça n’est sans doute pas ma came.
La Vallée des oubliées
Je vais casser un peu l’ambiance mais pour ma part, je n’ai pas trouvé ça bien fameux. J’apprécie pourtant beaucoup les auteurs mais ici le résultat, bien que pro, m’est apparu bien trop bancal, trop facile, sans surprise et finalement sans âme. Il n’y a que pour les couleurs d’Usagi où je n’ai pas grand chose à dire, ça fait d’ailleurs plaisir de la voir créditer à égalité avec le duo scénariste/dessinateur (mot de remerciement, bibliographie …), très classe. Le dessinateur s’en tire tout de même avec les honneurs, c’est solide dans le trait. Cependant ce n’est pas un style que je recherche dans un western, le rendu me semble trop lisse et propre, ça passe dans les grandes cases et extérieurs mais beaucoup moins en gros plan ou scènes intérieures qui apparaissent plus pauvres et aseptisés à mes yeux. Ça ne colle pas avec l’idée que je me fais du genre (saleté, crasse …) et je tique un peu sur le charisme de ces 2 personnages masculins qui suivent un peu la même tendance. Un dernier point que j’ai peu goûté aussi et la représentation de certains mentons de personnages (l’indien, Ma ..) qui (à mes yeux) tombe dans la caricature, on tombe dans le Bogdanov et ça me fait sortir du côté réaliste distillé jusque là. Mais l’aspect le plus tendancieux de l’album reste l’histoire, j’ai connu Dubois bien plus inspiré, tout m’apparaît pauvre ici. Malgré une belle pagination, ça ne décolle jamais, j’ai trouvé ça linéaire, sans tension ni surprise. J’ai cette impression que le scénariste recycle le fond de Les Sans-Visages mais avec des ingrédients différents (western, communauté de femmes …) et agencés plus maladroitement. Je recense plein de détails qui coincent. C’est violent et à la fois niais, on ne croit à aucun personnage, le crush du héros qui apparaît de nul part, des gunfight cheatés et improbables, une fin façon Happy end … Alors c’est sûr ça se lit facilement, ce n’est pas honteux mais perso je ne m’y suis pas retrouvé.