Une bande de Gillon qui s'est fait littéralement clouée au mur par les critiques à sa sortie.
Ce n'est pas si mauvais. Le premier tome est même plutôt bon mais ça se délite ensuite pour terminer sur une fin un peu absurde.
La magie du trait de Gillon ne fonctionne que par intermittence mais quand c'est le cas, elle sait faire ressortir toutes les ambiguïtés de l'héroïne principale.
Il y a un dossier en fin d'album qui permet à Gillon de revenir sur les femmes de son œuvre en quelques mots.
Un beau gâchis. Voilà mon ressenti après la (difficile) lecture de cette bande.
C'est un recueil d'histoires courtes, publié en 1984, dessiné par Philippe Gauckler et scénarisé par Charles Imbert.
Gauckler est une brute du dessin, c'est un fait. J'ai trouvé son travail encore plus abouti que dans Blue qui est pourtant une œuvre postérieure. La palette de couleurs très pop art est à tomber.
Non le vrai problème vient des scénarios et des dialogues. C'est une compilation de ce qu'il ne faut pas faire.
Les histoires n'ont ni queue ni tête, Imbert se lance dans une prose SF absconse, il invente des mots au hasard, multiplie les mauvais calembours... Tout ça forme un gloubi boulga proprement incompréhensible.
Reste la beauté des images de Gauckler à admirer mais c'est trop peu.
Je me retrouve complètement dans l’avis de Gaston sur cette série. Le fait que le second album se fasse attendre depuis plus de 5 ans n’est pas bon signe, la série semble avoir été abandonnée. Mais dire que je le regrette amèrement serait mentir.
En effet, l’histoire ne m’a pas du tout emballé. Elle est pleine de poncifs de clichés (une vieille malédiction familiale, un homme malfaisant voulant s’emparer d’un héritage et cherchant à faire disparaitre le jeune homme – le héros donc – qui pourrait le gêner, de vagues histoires de sorcières, de landes perdues, etc.), et n’apporte pas grand-chose au lecteur, le fantastique étant ici sans réel intérêt. Surtout, le rythme est lent, il ne se passe presque rien (avec des passages inutiles qui s’éternisent, comme la période où le héros est embauché sur un bateau), on traverse cet album sans être jamais accroché, ni par l’intrigue, ni par aucun personnage.
Quant au dessin, il est lisible, mais le style n’est pas mon truc, et la colorisation manque de nuance.
Tiens, le dernier Lou Lubie ! Cool :)
Plutôt fan de ses réalisations depuis que j'ai découvert son travail, j'avoue que cette fois-ci c'est la grosse déception...
Avec "Saigneurs", Lou Lubie nous transporte dans une Transylvanie fantasmée où les vampires prédominent mais cohabitent avec les humains. Anghel, Maggy et Iulia sont trois ami.e.s qui habitent en coloc' et sont confronté.e.s à différents soucis personnels. Anghel s'est fait mordre par un vampire et se transforme petit à petit en goule, Maggy se fait virer de sa boîte gérée par des vampires et se met à militer pour les droits humains, et Iulia n'ose avouer à ses amis qu'elle sort avec une vampire...
Ça pourrait faire sourire par ce petit côté série TV, mais Lou Lubie cherche à dénoncer à travers ses paraboles les violences sexistes et sexuelles... Sauf que pour ma part ça n'a pas du tout fonctionné.
Je n'avais pas lu les résumés et pitchs de présentation de l'album, et pour le coup, je me suis ennuyé très rapidement. Ce qu'elle veut dénoncer ne m'est apparu que tardivement, noyé sous une masse de dénonciations qui desservent son propos. Les références sont souvent ou trop diluées (cf. sa page d'explication des références en fin d'album) ou trop lourdes (les pubs à destinations des vampires dans les décors par exemple), et au bout d'un moment je ne savais plus ce qu'elle cherchait à dénoncer. Il aura fallu sa page de chiffres en lien avec son sujet en fin d'album pour comprendre son propos. Dommage, c'est trop tard et la lecture de l'album a été fastidieuse.
Côté dessin on reste sur son trait minimaliste efficace ajusté à une colorisation rouge et noire (vampire oblige) qui ne m'a pas emballé plus que ça ; je l'ai trouvée plus efficace et lumineuse dans Racines par exemple.
Bref, une belle déception.
Je suis passé à coté de cet album.
Cela se passe dans un monde post-apocalyptique où les gens meurent à 30 ans et reviennent en zombie. L'héroïne se promène dans ce monde, soutenu par la musique qu'elle écoute en permanence et puis rencontre un gars et ensuite il se passe des trucs. Déjà, le monde imaginé par l'autrice n'est pas des plus original et coche plein de cases des clichés qu'on retrouve dans les récits post-apocalyptiques, quoiqu'au moins pour une fois il y a pas un gang de violeurs en série. J'avoue que je me foutais un peu de la quête des deux personnages principaux et les moment censés être émouvants m'ont laissé de marbre. Je ne suis jamais rentré dans le récit.
Il reste le dessin qui n’est pas trop mal et c'est pratiquement la seule qualité que j'ai trouvé dans ce one-shot qui m'a laissé globalement indifférent.
J'aimais bien le dessin, ça avait l'air original. De plus, c'était sorti chez Oxymore, que j'aime plutôt bien jusqu'à présent.
Bah non ! Pas que ça manque d'originalité, mais le scénar est mou, les dialogues approximatifs et à vrai dire un peu chiants, et l'humour est insaisissable (ou alors c'est le dessin qui est trop "sérieux"...). En tout cas, ça a laissé mes zygomatiques de marbre. Mais surtout, il y a des espaces narratifs lacunaires qui font qu'en tant que lecteur, on a l'impression de descendre un vieil escalier où certaines marches manqueraient. Ce n'est pas rédhibitoire, mais tout cela rend la lecture peu fluide, en clair ! (ou alors c'est l'humour...). La sauce ne prend pas.
Voilà, ça arrive, c'est pas un drame. C'est juste que je ne serai pas du tome 2.
C'est assez rare que je n'apprécie pas l'oeuvre d'un auteur phare des années 80-90 mais c'est le cas ici.
Une question de goût simplement. Si vous aimez le genre Tranches de vie en mode introspectif, vous allez adorer.
Cosey est en quelque sorte le père spirituel de beaucoup d'auteurs actuels qui mélangent biographie et fiction.
Au moins chez Cosey on évite l'aspect nombriliste de cet exercice de style. Mais pas l'aspect déprimant.
Le dessin varie étrangement entre le correct et le très bon. J'ai eu du mal avec les visages parfois.
Je vais passer mon tour pour le reste de ses œuvres mais c'est un auteur incontournable à découvrir pour les nouvelles générations qui apprécient ce genre.
Bon… que dire ?
Le postulat de base n'est pas mauvais, est même plein de potentiel : une rencontre entre une réalité froide et du fantastique, une communauté 100% féminine se protégeant d'assauts de créatures bien mystérieuses, des histoires de clans aux traditions fortes, du saphisme au centre du récit, le tout dans un enrobage de western. Cela peut sonner fouillis, mais avouez que l'on est a minima intrigué par la chose, non ?
Le problème, malheureusement, c'est que cela ne sortira pas plus du postulat que je viens de vous faire. Enfin, si, je suis mauvaise langue, il y a tout de même le travail graphique qui, bien que souvent figé au niveau des expressions, n'est pas inintéressant et quelques passages emprunts d'une certaine poésie que je reconnais, mais c'est tout. L'œuvre est floue. On ne sait rien, rien sur les mystères, rien sur les origines concrètes de ces terres (si ce n'est deux flashbacks ne nous en apprenant finalement plus sur la génération précédente que sur le passé réel de la région), rien non plus sur le propos de l'œuvre.
La lecture m'a laissée tout du long perdue, comme incapable de comprendre une métaphore qui serait pourtant bien là sous mes yeux. Est-ce qu'il faut voir dans cette communauté féminine se protégeant des assauts de créatures masculines un propos féministe ? Peut-être, en tout cas c'est le seul semblant de piste de lecture qui m'a paru crédible à la fin de l'album. Mais même sous cet angle l'œuvre reste pauvre car il n'y a pas réellement de propos, en tout cas rien de clair. On referme l'album la tête pleine de questions, mais pas car l'album nous aurait nécessairement poussé à ladite réflexion par la mise en avant d'une problématique ou d'un propos revendicateur, simplement parce que l'on a le sentiment sincère que rien ne nous a été expliqué, comme si l'on avait assisté à un récit nécessitant des connaissances au préalable qui ne nous avaient pas été fournies.
Étrange et frustrant.
Dommage car, encore une fois, la base pouvait promettre du bon.
Voici le récit d’une lecture laborieuse malgré le trait de Thomas Legrain que j’adore.
D’entrée de jeu je suis assez déçu par une narration confuse et un manque de fluidité. L’histoire se complique. Qui fait quoi ? Qui est contre qui ? Qui sont ces méchams ? Cela se transforme rapidement en un casse-tête. Je fais des allers et des retours constants pour comprendre et avancer dans ma lecture. Les situations sont confuses. Une gymnastique intellectuelle qui, loin d’enrichir l’expérience, finit par lasser.
Le choix des noms, volontairement tirés vers la science-fiction, relève davantage du gadget que d’une réelle nécessité narrative. Ces appellations saugrenues, censées ajouter une touche d’originalité, ne font qu’alourdir la compréhension et brouillent les pistes. Au lieu de servir l’immersion, elles créent une distance artificielle avec l’histoire, comme si les auteurs avaient sacrifié la clarté sur l’autel d’un style prétentieux.
Rien ne coule de source dans cet album : ni les dialogues, ni les transitions, ni même la progression des événements. On a l’impression de suivre un puzzle mal assemblé, où chaque pièce résiste à l’emboîtement. Seuls les dessins de Thomas Legrain, dynamiques et expressifs, parviennent à sauver partiellement l’ensemble. Son trait, à la fois précis et énergique, offre un répit visuel bienvenu dans ce fouillis scénaristique.
Après avoir achevé le tome 1 avec difficulté, la perspective de plonger dans le tome 2 ne suscite en moi aucun enthousiasme. Quand la lecture devient une corvée, mieux vaut savoir s’arrêter. Dommage, car le potentiel graphique était là… mais une BD, aussi belle soit-elle, ne peut se contenter de son apparence pour convaincre. Ma note ? 2 étoiles – À réserver aux inconditionnels du style de Legrain, ou aux amateurs de défis narratifs (masochistes ?).
J’avais plutôt bien aimé le travail d’Igor et Boccère lorsque je l’avais découvert avec Chambre 121. « Voyage en profondeurs » est une publication antérieure, des histoires courtes publiées sur plusieurs années dans la revue espagnole Kiss Comix. Dans un texte de présentation il est précisé que beaucoup de choses étaient improvisées. Cela se sent.
Le dessin est un peu brouillon, moins affirmé que ce l’auteur (aux deux pseudos…) fera par la suite. Mais bon, il est globalement lisible.
Les histoires jouent sur des clins d’œil appuyés à quelques grandes œuvres littéraires – de Verne à Swift – dans un esprit qui se veut potache. Hélas, les traits d’humour tombent souvent à plat, les dialogues sont moins réussis que pour la Chambre 121. Et du coup ne reste qu’une longue suite de scènes de cul : le début est significatif, puisque le héros « force » (même si elle ne se défendent que mollement et peu de temps) deux femmes.
L’humour étant soit absent soit lourdingue ou raté, les péripéties m’ont ensuite peu intéressé, les scènes de sexe étant moyennement réussies elles aussi.
Quelques passages amusants, quelques scènes mieux réussies que d’autres, mais une lecture qui ne m’a pas vraiment captivé.
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La Veuve blanche
Une bande de Gillon qui s'est fait littéralement clouée au mur par les critiques à sa sortie. Ce n'est pas si mauvais. Le premier tome est même plutôt bon mais ça se délite ensuite pour terminer sur une fin un peu absurde. La magie du trait de Gillon ne fonctionne que par intermittence mais quand c'est le cas, elle sait faire ressortir toutes les ambiguïtés de l'héroïne principale. Il y a un dossier en fin d'album qui permet à Gillon de revenir sur les femmes de son œuvre en quelques mots.
Duel (Imbert - Gauckler)
Un beau gâchis. Voilà mon ressenti après la (difficile) lecture de cette bande. C'est un recueil d'histoires courtes, publié en 1984, dessiné par Philippe Gauckler et scénarisé par Charles Imbert. Gauckler est une brute du dessin, c'est un fait. J'ai trouvé son travail encore plus abouti que dans Blue qui est pourtant une œuvre postérieure. La palette de couleurs très pop art est à tomber. Non le vrai problème vient des scénarios et des dialogues. C'est une compilation de ce qu'il ne faut pas faire. Les histoires n'ont ni queue ni tête, Imbert se lance dans une prose SF absconse, il invente des mots au hasard, multiplie les mauvais calembours... Tout ça forme un gloubi boulga proprement incompréhensible. Reste la beauté des images de Gauckler à admirer mais c'est trop peu.
Radcliff
Je me retrouve complètement dans l’avis de Gaston sur cette série. Le fait que le second album se fasse attendre depuis plus de 5 ans n’est pas bon signe, la série semble avoir été abandonnée. Mais dire que je le regrette amèrement serait mentir. En effet, l’histoire ne m’a pas du tout emballé. Elle est pleine de poncifs de clichés (une vieille malédiction familiale, un homme malfaisant voulant s’emparer d’un héritage et cherchant à faire disparaitre le jeune homme – le héros donc – qui pourrait le gêner, de vagues histoires de sorcières, de landes perdues, etc.), et n’apporte pas grand-chose au lecteur, le fantastique étant ici sans réel intérêt. Surtout, le rythme est lent, il ne se passe presque rien (avec des passages inutiles qui s’éternisent, comme la période où le héros est embauché sur un bateau), on traverse cet album sans être jamais accroché, ni par l’intrigue, ni par aucun personnage. Quant au dessin, il est lisible, mais le style n’est pas mon truc, et la colorisation manque de nuance.
Saigneurs
Tiens, le dernier Lou Lubie ! Cool :) Plutôt fan de ses réalisations depuis que j'ai découvert son travail, j'avoue que cette fois-ci c'est la grosse déception... Avec "Saigneurs", Lou Lubie nous transporte dans une Transylvanie fantasmée où les vampires prédominent mais cohabitent avec les humains. Anghel, Maggy et Iulia sont trois ami.e.s qui habitent en coloc' et sont confronté.e.s à différents soucis personnels. Anghel s'est fait mordre par un vampire et se transforme petit à petit en goule, Maggy se fait virer de sa boîte gérée par des vampires et se met à militer pour les droits humains, et Iulia n'ose avouer à ses amis qu'elle sort avec une vampire... Ça pourrait faire sourire par ce petit côté série TV, mais Lou Lubie cherche à dénoncer à travers ses paraboles les violences sexistes et sexuelles... Sauf que pour ma part ça n'a pas du tout fonctionné. Je n'avais pas lu les résumés et pitchs de présentation de l'album, et pour le coup, je me suis ennuyé très rapidement. Ce qu'elle veut dénoncer ne m'est apparu que tardivement, noyé sous une masse de dénonciations qui desservent son propos. Les références sont souvent ou trop diluées (cf. sa page d'explication des références en fin d'album) ou trop lourdes (les pubs à destinations des vampires dans les décors par exemple), et au bout d'un moment je ne savais plus ce qu'elle cherchait à dénoncer. Il aura fallu sa page de chiffres en lien avec son sujet en fin d'album pour comprendre son propos. Dommage, c'est trop tard et la lecture de l'album a été fastidieuse. Côté dessin on reste sur son trait minimaliste efficace ajusté à une colorisation rouge et noire (vampire oblige) qui ne m'a pas emballé plus que ça ; je l'ai trouvée plus efficace et lumineuse dans Racines par exemple. Bref, une belle déception.
Mortelle mixtape
Je suis passé à coté de cet album. Cela se passe dans un monde post-apocalyptique où les gens meurent à 30 ans et reviennent en zombie. L'héroïne se promène dans ce monde, soutenu par la musique qu'elle écoute en permanence et puis rencontre un gars et ensuite il se passe des trucs. Déjà, le monde imaginé par l'autrice n'est pas des plus original et coche plein de cases des clichés qu'on retrouve dans les récits post-apocalyptiques, quoiqu'au moins pour une fois il y a pas un gang de violeurs en série. J'avoue que je me foutais un peu de la quête des deux personnages principaux et les moment censés être émouvants m'ont laissé de marbre. Je ne suis jamais rentré dans le récit. Il reste le dessin qui n’est pas trop mal et c'est pratiquement la seule qualité que j'ai trouvé dans ce one-shot qui m'a laissé globalement indifférent.
Alastor de Sombregarde
J'aimais bien le dessin, ça avait l'air original. De plus, c'était sorti chez Oxymore, que j'aime plutôt bien jusqu'à présent. Bah non ! Pas que ça manque d'originalité, mais le scénar est mou, les dialogues approximatifs et à vrai dire un peu chiants, et l'humour est insaisissable (ou alors c'est le dessin qui est trop "sérieux"...). En tout cas, ça a laissé mes zygomatiques de marbre. Mais surtout, il y a des espaces narratifs lacunaires qui font qu'en tant que lecteur, on a l'impression de descendre un vieil escalier où certaines marches manqueraient. Ce n'est pas rédhibitoire, mais tout cela rend la lecture peu fluide, en clair ! (ou alors c'est l'humour...). La sauce ne prend pas. Voilà, ça arrive, c'est pas un drame. C'est juste que je ne serai pas du tome 2.
Le Voyage en Italie
C'est assez rare que je n'apprécie pas l'oeuvre d'un auteur phare des années 80-90 mais c'est le cas ici. Une question de goût simplement. Si vous aimez le genre Tranches de vie en mode introspectif, vous allez adorer. Cosey est en quelque sorte le père spirituel de beaucoup d'auteurs actuels qui mélangent biographie et fiction. Au moins chez Cosey on évite l'aspect nombriliste de cet exercice de style. Mais pas l'aspect déprimant. Le dessin varie étrangement entre le correct et le très bon. J'ai eu du mal avec les visages parfois. Je vais passer mon tour pour le reste de ses œuvres mais c'est un auteur incontournable à découvrir pour les nouvelles générations qui apprécient ce genre.
Les Maudites
Bon… que dire ? Le postulat de base n'est pas mauvais, est même plein de potentiel : une rencontre entre une réalité froide et du fantastique, une communauté 100% féminine se protégeant d'assauts de créatures bien mystérieuses, des histoires de clans aux traditions fortes, du saphisme au centre du récit, le tout dans un enrobage de western. Cela peut sonner fouillis, mais avouez que l'on est a minima intrigué par la chose, non ? Le problème, malheureusement, c'est que cela ne sortira pas plus du postulat que je viens de vous faire. Enfin, si, je suis mauvaise langue, il y a tout de même le travail graphique qui, bien que souvent figé au niveau des expressions, n'est pas inintéressant et quelques passages emprunts d'une certaine poésie que je reconnais, mais c'est tout. L'œuvre est floue. On ne sait rien, rien sur les mystères, rien sur les origines concrètes de ces terres (si ce n'est deux flashbacks ne nous en apprenant finalement plus sur la génération précédente que sur le passé réel de la région), rien non plus sur le propos de l'œuvre. La lecture m'a laissée tout du long perdue, comme incapable de comprendre une métaphore qui serait pourtant bien là sous mes yeux. Est-ce qu'il faut voir dans cette communauté féminine se protégeant des assauts de créatures masculines un propos féministe ? Peut-être, en tout cas c'est le seul semblant de piste de lecture qui m'a paru crédible à la fin de l'album. Mais même sous cet angle l'œuvre reste pauvre car il n'y a pas réellement de propos, en tout cas rien de clair. On referme l'album la tête pleine de questions, mais pas car l'album nous aurait nécessairement poussé à ladite réflexion par la mise en avant d'une problématique ou d'un propos revendicateur, simplement parce que l'on a le sentiment sincère que rien ne nous a été expliqué, comme si l'on avait assisté à un récit nécessitant des connaissances au préalable qui ne nous avaient pas été fournies. Étrange et frustrant. Dommage car, encore une fois, la base pouvait promettre du bon.
M-A-D
Voici le récit d’une lecture laborieuse malgré le trait de Thomas Legrain que j’adore. D’entrée de jeu je suis assez déçu par une narration confuse et un manque de fluidité. L’histoire se complique. Qui fait quoi ? Qui est contre qui ? Qui sont ces méchams ? Cela se transforme rapidement en un casse-tête. Je fais des allers et des retours constants pour comprendre et avancer dans ma lecture. Les situations sont confuses. Une gymnastique intellectuelle qui, loin d’enrichir l’expérience, finit par lasser. Le choix des noms, volontairement tirés vers la science-fiction, relève davantage du gadget que d’une réelle nécessité narrative. Ces appellations saugrenues, censées ajouter une touche d’originalité, ne font qu’alourdir la compréhension et brouillent les pistes. Au lieu de servir l’immersion, elles créent une distance artificielle avec l’histoire, comme si les auteurs avaient sacrifié la clarté sur l’autel d’un style prétentieux. Rien ne coule de source dans cet album : ni les dialogues, ni les transitions, ni même la progression des événements. On a l’impression de suivre un puzzle mal assemblé, où chaque pièce résiste à l’emboîtement. Seuls les dessins de Thomas Legrain, dynamiques et expressifs, parviennent à sauver partiellement l’ensemble. Son trait, à la fois précis et énergique, offre un répit visuel bienvenu dans ce fouillis scénaristique. Après avoir achevé le tome 1 avec difficulté, la perspective de plonger dans le tome 2 ne suscite en moi aucun enthousiasme. Quand la lecture devient une corvée, mieux vaut savoir s’arrêter. Dommage, car le potentiel graphique était là… mais une BD, aussi belle soit-elle, ne peut se contenter de son apparence pour convaincre. Ma note ? 2 étoiles – À réserver aux inconditionnels du style de Legrain, ou aux amateurs de défis narratifs (masochistes ?).
Voyage en profondeurs
J’avais plutôt bien aimé le travail d’Igor et Boccère lorsque je l’avais découvert avec Chambre 121. « Voyage en profondeurs » est une publication antérieure, des histoires courtes publiées sur plusieurs années dans la revue espagnole Kiss Comix. Dans un texte de présentation il est précisé que beaucoup de choses étaient improvisées. Cela se sent. Le dessin est un peu brouillon, moins affirmé que ce l’auteur (aux deux pseudos…) fera par la suite. Mais bon, il est globalement lisible. Les histoires jouent sur des clins d’œil appuyés à quelques grandes œuvres littéraires – de Verne à Swift – dans un esprit qui se veut potache. Hélas, les traits d’humour tombent souvent à plat, les dialogues sont moins réussis que pour la Chambre 121. Et du coup ne reste qu’une longue suite de scènes de cul : le début est significatif, puisque le héros « force » (même si elle ne se défendent que mollement et peu de temps) deux femmes. L’humour étant soit absent soit lourdingue ou raté, les péripéties m’ont ensuite peu intéressé, les scènes de sexe étant moyennement réussies elles aussi. Quelques passages amusants, quelques scènes mieux réussies que d’autres, mais une lecture qui ne m’a pas vraiment captivé.