Les derniers avis (13 avis)

Couverture de la série Carbone 14
Carbone 14

Mouais. Je vais être moins enthousiaste que mon prédécesseur. Pourtant, j’avais bien aimé l’humour gentiment déjanté de Coyote Bill, très cartoonesque. Et c’est le nom de Widenlocher qui m’a attiré et m’a poussé à acheter cet album dans une foire au troc – heureusement très peu cher. Car en fait j’avais zappé que « Coyote Bill » était scénarisé par quelqu’un d’autre – en l’occurrence Herlé. Et avec ce « Carbone 14 », Widenlocher est seul à la baguette. Et son humour n’a pas fait mouche avec moi. J’ai trouvé la plupart des gags poussifs, ils ne m’ont arraché que quelques rares sourires. Même son dessin m’a moins plu que pour « Coyote Bill ». Alors, certes, dessin et histoires peuvent être lisibles, mais je n’y ai pas trouvé de quoi agiter mes zygomatiques.

07/06/2026 (modifier)
Couverture de la série L'Ecole emportée
L'Ecole emportée

Le pitch de départ (une école entière avec ses occupants projetée brusquement « ailleurs », dans une zone a priori inconnue) m’a forcément fait penser à celui de la série The Woods, que j’ai lue il n’y a pas longtemps, série dont les auteurs ont probablement été influencés par ce manga. Le point de départ est forcément intrigant, avec cette école brutalement coupée du monde, envoyée on ne sait où avec ses occupants. Après quelques fiascos de la part des adultes, les élèves/enfants se retrouvent livrés à eux-mêmes, dans une ambiance qui peut faire penser à « Sa majesté des mouches ». Mais, une fois la surprise initiale passée, j’ai vraiment eu du mal à accrocher à cette série. D’abord le dessin fait franchement vieillot. J’allais dire plus que son âge, mais je viens de voir que la série date du début des années 1970 au Japon… Je n’ai pas vraiment aimé la propension des personnages à avoir la bouche grande ouverte pour parler, pleurer, crier, surjouant les émotions. Et la façon de dessiner les personnages en mouvement – en particulier lorsqu’ils courent – multiplie les défauts. Quant à l’intrigue, il y a déjà des longueurs dans le premier tome (il faut dire que chaque tome est bien plus épais que le format classique du manga), et c’est encore le cas par la suite. Clairement il aurait fallu élaguer ! Ensuite, dès la situation de départ installée, Umezu cherche à maintenir l’attention du lecteur par des artifices souvent maladroits et peu crédibles. En particulier dans les réactions – souvent outrancières et improbables – des adultes, qui changent brusquement et du tout au tout de personnalité, ayant des comportement psychopathiques (voir le cuistot près à tuer tous les gamins de l’école pour garder la bouffe pour lui seul, ou un professeur se transformant en serial killer sans raison claire). Et les pseudo explications données à ces changements, via des dialogues un peu lourds, renforcent le côté artificiel de l’ensemble – et accentue l’impression de remplissage. Par la suite, Umezu use d’autres moyens pour relancer l’intrigue, mais là aussi ça ne m’a pas convaincu. En effet, ça fait feu de tout bois pour faire survenir les dangers, pour maintenir en haleine, sans jamais que ça ne soit crédible. Ça sombre trop souvent dans une facilité et un n’importe quoi presque involontairement comique (les bestioles géantes, l’histoire du couteau avec la mère du jeune héros, etc.). En fait, on a l’impression que l’idée de situer le point de départ de l’intrigue dans une école, c’est surtout pour avoir un réservoir important de victimes potentielles de diverses menaces. Les gamins peuvent bien mourir régulièrement, il en reste toujours pour nourrir de nouveaux rebondissements. Enfin bref, j’avais emprunté les 6 tomes, et je me suis arrêté aux trois premiers, car ça me soulait un peu trop, et je ne voyais pas les choses s’améliorer. Ça n’est sans doute pas ma came.

07/06/2026 (modifier)
Couverture de la série La Vallée des oubliées
La Vallée des oubliées

Je vais casser un peu l’ambiance mais pour ma part, je n’ai pas trouvé ça bien fameux. J’apprécie pourtant beaucoup les auteurs mais ici le résultat, bien que pro, m’est apparu bien trop bancal, trop facile, sans surprise et finalement sans âme. Il n’y a que pour les couleurs d’Usagi où je n’ai pas grand chose à dire, ça fait d’ailleurs plaisir de la voir créditer à égalité avec le duo scénariste/dessinateur (mot de remerciement, bibliographie …), très classe. Le dessinateur s’en tire tout de même avec les honneurs, c’est solide dans le trait. Cependant ce n’est pas un style que je recherche dans un western, le rendu me semble trop lisse et propre, ça passe dans les grandes cases et extérieurs mais beaucoup moins en gros plan ou scènes intérieures qui apparaissent plus pauvres et aseptisés à mes yeux. Ça ne colle pas avec l’idée que je me fais du genre (saleté, crasse …) et je tique un peu sur le charisme de ces 2 personnages masculins qui suivent un peu la même tendance. Un dernier point que j’ai peu goûté aussi et la représentation de certains mentons de personnages (l’indien, Ma ..) qui (à mes yeux) tombe dans la caricature, on tombe dans le Bogdanov et ça me fait sortir du côté réaliste distillé jusque là. Mais l’aspect le plus tendancieux de l’album reste l’histoire, j’ai connu Dubois bien plus inspiré, tout m’apparaît pauvre ici. Malgré une belle pagination, ça ne décolle jamais, j’ai trouvé ça linéaire, sans tension ni surprise. J’ai cette impression que le scénariste recycle le fond de Les Sans-Visages mais avec des ingrédients différents (western, communauté de femmes …) et agencés plus maladroitement. Je recense plein de détails qui coincent. C’est violent et à la fois niais, on ne croit à aucun personnage, le crush du héros qui apparaît de nul part, des gunfight cheatés et improbables, une fin façon Happy end … Alors c’est sûr ça se lit facilement, ce n’est pas honteux mais perso je ne m’y suis pas retrouvé.

06/06/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 2/5
Couverture de la série L'Encyclopédie des peurs
L'Encyclopédie des peurs

J'aurais bien voulu remonter la note de cette série, car je trouvais le dessin et les couleurs sympathiques, et j'aimais bien l'idée d'une petite fille presque sans peur qui s'associe à sa grand-mère, ancienne aventurière, pour parcourir le monde à la recherche de différentes essences de peur. Mais voilà, il y a trop de choses qui gâchent le plaisir de lecture. La première est le manque de cohérence interne. La grand-mère a consacré sa vie entière à écrire un livre et perd soudainement tout son travail lorsque son chien mange les pages, comme si elle n'avait conservé aucune note, aucune recherche, aucune copie. Cette même grand-mère rêve ensuite de devenir célèbre en publiant la formule chimique de ces peurs alors qu'à côté de ça elle a inventé une machine fabuleuse capable de téléporter des personnes, de leur apprendre instantanément les langues étrangères, de produire la monnaie locale ou encore de localiser intuitivement les endroits où vont se produire des évènements liés à la peur. De la même manière, les lieux et circonstances trop alambiqués dans lesquelles l'héroïne doit récolter des peurs pourtant très simples paraissent bien trop artificiels alors qu'elle pourrait souvent les obtenir beaucoup plus simplement. Cette absence de logique interne implique une absence d'enjeux et d'implication du lecteur qui n'y croit pas. Mais au-delà de ce défaut, que j'aurais pu à la limite accepter dans le cadre d'une série jeunesse légère, c'est surtout la caractérisation des personnages qui m'a agacé. Ils surjouent constamment, avec des changements d'humeur pénibles. La grand-mère passe sans raison apparente de l'autoritarisme le plus excessif à des moments de tendresse. La jeune héroïne joue régulièrement les donneuses de leçons, se met à hurler de colère puis retrouve le sourire l'instant d'après comme si rien ne s'était passé, s'excuse à un moment pour mieux réprimander quelqu'un la minute suivante. Les personnages principaux en deviennent plus agaçants qu'attachants et, comme le récit adopte lui aussi ce ton trop changeant et rempli de facilités, je me suis trop vite ennuyé sans jamais réussir à m'investir dans les aventures racontées.

06/06/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 2/5
Couverture de la série La Belle Mort
La Belle Mort

Puisque je venais de lire son album le plus récent, j'ai enchainé avec le tout premier album de Mathieu Bablet pour voir comment il avait commencé. On y retrouve la même trame post-apocalyptique et le même sentiment de désespoir pour l'humanité, mais ici le récit prend progressivement une direction plus étrange, entre science-fiction, fantastique et réflexions sur la survie. Dès les premières pages, l'album dégage une atmosphère très particulière et une vraie personnalité visuelle. Les décors urbains sont superbes, avec ces immeubles, passerelles, structures et architectures qui s'entrelacent dans un gigantesque labyrinthe de béton. On sent déjà le talent de l'auteur pour représenter les villes, les perspectives et les espaces abandonnés. La mise en scène possède également une certaine originalité dès l'introduction du récit, avec plusieurs séquences marquantes qui installent efficacement cette ambiance de fin du monde mélancolique et oppressante. J'ai aussi apprécié cette première partie centrée sur la survie quotidienne de personnages qui continuent d'avancer sans vraiment savoir pourquoi, dans un monde qui semble déjà condamné. L'atmosphère fonctionne bien et donne envie d'en découvrir davantage. En revanche, plus l'histoire avance, plus elle m'a perdu. Les motivations des personnages se font de plus en plus floues et il est difficile de s'attacher à aucun d'entre eux ou de s'investir dans leur destin. Surtout, tout ce qui concerne les révélations et la signification des événements dans le dernier tiers de l'album m'a paru beaucoup trop vague. J'ai eu l'impression que le récit cherchait à devenir plus ambitieux et symbolique sans réussir à rendre ses enjeux suffisamment clairs ou convaincants. Une partie importante de ce qui se passe finit par me sembler gratuite, voire arbitraire, ce qui rend la conclusion franchement décevante. Je retiens donc surtout la puissance visuelle de l'album et l'ambiance qu'il parvient à créer. Les décors urbains sont déjà impressionnants et la mise en scène montre un auteur plein de potentiel. Malheureusement, le scénario m'a laissé à distance et la fin m'a laissé perplexe et déçu.

05/06/2026 (modifier)
Par Cleck
Note: 2/5
Couverture de la série Dans l'intimité de Marie
Dans l'intimité de Marie

Repêchage de cette série suite aux avis élogieux lus notamment ici et à son sujet au fort potentiel. A l'instar du très intrigant Le Cas David Zimmerman, cette BD aborde l'intrigue de l'échange de corps et la découverte de celui de sexe opposé, sans travailler la thématique du genre comme l'on est en droit de s'y attendre désormais. Mais si cette absence était rendue pertinente par Harari du fait d'un travail autour de l'inquiétante étrangeté, ce n'est nullement le cas ici. Ce n'est clairement pas très bon : les interrogations initiales sont toutes bien vite esquivées (comment investir une routine de vie méconnue, comment surmonter la méconnaissance profonde de nos proches...), plus étonnant, les pistes ouvertes par le scénario sont elles-mêmes mal refermées (la mère qui disparaît puis revient, le sentiment amoureux qui est travaillé puis oublié, etc.). Plus gênant, l'on fait face à un traitement à l'ancienne de cette thématique de l'échange des corps, multipliant le fan service occasionnellement nauséeux, ces décadrages gratuits sous les jupes des filles, l'humour gras sous l'apparence de la pudeur, en abordant la situation via le point de vue d'un post-ado libidineux mais coincé : si la 1ère scène explicitement sexuelle était légitime, son traitement est bien maladroit ; mais que dire de la 2nde ne recherchant que le sensationnalisme gratuit pour émoustiller son lectorat masculin ? Ces multiples défauts cachent malheureusement des qualités visuelles réelles : un sens du rythme, une manière d'épurer les pages des textes superflus, une capacité ici ou là à figurer une expressivité étrangement intéressante. Une lecture rapide, une thématique géniale, mais un traitement misogyne que l'on aimerait ne plus voir au 21e siècle, et une conduite de l'intrigue plutôt maladroite.

05/06/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 2/5
Couverture de la série Chakipu
Chakipu

Un chat moche et rancunier est décidé à se venger de son jeune maître après avoir servi trop longtemps de bouc émissaire. L'idée est assez amusante et originale, avec un humour noir destiné aux enfants qui rappellera en partie le ton de Mortelle Adèle avec un peu plus de tendresse à chaque fois que Chakipu réalise qu'il ne déteste pas tant que ça son maître. Ses tentatives de vengeance, avec sa bande d'animaux improbables, donnent lieu à quelques situations drôles, et le récit montre progressivement que la relation entre le chat et son maître est plus complexe qu'elle n'en a l'air. En revanche, je suis resté assez mitigé. Le format alterne texte illustré et bande dessinée, avec environ la moitié des pages consacrées à chaque approche, ce qui alourdit un peu la lecture et risque de décourager certains jeunes lecteurs alors que le ton du récit leur est essentiellement destiné. Le dessin, volontairement simple et un peu grossier, n'est pas attirant même s'il reste cohérent avec le ton de l'histoire. L'ensemble se lit sans mal et propose quelques bonnes idées, mais je n'ai pas trouvé l'humour ni les personnages suffisamment marquants pour en faire une lecture mémorable. Une BD jeunesse correcte et légèrement décalée, sans plus.

05/06/2026 (modifier)
Couverture de la série Fantomar - Le Fils de la Jungle
Fantomar - Le Fils de la Jungle

J’avais découvert Gad avec des séries sortant de l’ordinaire, et titillant fortement l’étrange, le trash. Ici, ça reste finalement bien plus soft et retenu que ce à quoi je m’attendais. Gad nous fait découvrir dans une série d’histoires courtes Fantomar, le super-héros justicier au look empruntant au Bibendum, à Monsieur Propre, et au personnage des Malabars (mais la ligne claire grasse utilisée ici n’est pas trop ma tasse de thé). En bermuda, avec des bottes en caoutchouc, son look est évidemment ridicule, comme sa façon de se comporter. Il est en effet sûr de lui, grande gueule, mais aussi très con, maladroit voire loser, souvent sauvé du ridicule total (dont il ne s’éloigne pas énormément quand même) par son jeune acolyte au nom improbable d’Azerbahidjong !? Au milieu de ces aventures du pauvre, Gad place une série de fausses publicités qui, elles aussi, jouent sur un humour parodique et absurde ou débile. La lecture n’est pas désagréable, mais elle m’a laissé sur ma faim. En effet, Gad reste généralement dans un registre de déjà-vu. Ce type de parodie a du potentiel, mais qui a déjà été passablement exploité, au point qu’on se satisfait difficilement d’un manque d’originalité. Quelques dialogues cons amusants, certaines situations crétines qui invitent à sourire, mais sur la durée de l’album, ça ne suffit pas. Note réelle 2,5/5.

04/06/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 2/5
Couverture de la série L'Enfer est pavé de bonnes intentions
L'Enfer est pavé de bonnes intentions

Troisième album de Gilbert Hernandez et c'est le moins bon que j'ai lu pour le moment ou du moins celui que je trouve le plus mauvais. Je ne l'ai même pas fini alors qui me restait 30 pages à lire. L'histoire contient des moments très trash. Au vu du titre, j'imagine que le but de l'auteur est de montré toute la violence de la société, surtout sexuel (des jeunes agressé sexuellement, un mort lors d'une partie de bondage) et comment cela marque une petite fille vivant dans un milieu défavorisé. En tout cas, c'est ce que j'ai compris de ce récit qui m'a surtout être une suite de scènes un peu décousu. En tout cas, souvent je ne comprenais pas trop le comportement de certains personnages et où l'auteur voulait vraiment en venir. J'ai fini par trouver ennuyeux ce récit qui me semblait nihiliste. C'est dommage parce que c'est la première fois que je vois le dessin de Hernandez en noir et blanc et j'ai mieux apprécié son trait que lorsqu'il y a des couleurs. Encore un auteur qui n'est pas pour moi je pense.

02/06/2026 (modifier)
Par gruizzli
Note: 2/5
Couverture de la série On se reposera plus tard
On se reposera plus tard

J'ai lu cette BD sans grand plaisir ni déplaisir, tout en me demandant où on allait. Et le final est : pas fou du tout. En gros, c'est une histoire fictive sur un type d'EPADH que je ne connaissais pas, mais dont la révélation de l'existence n'a strictement rien changé à la mienne. C'est gentil, vaguement informatif, mais pas spécialement intéressant. Même si je ne connais pas grand chose aux EPADH, cette BD n'a pas spécialement donné plus envie de m'y intéresser. Le souci est que la BD part d'un exemple de vieille femme obligée de s'y installer suite à une complication de santé et personne pour s'occuper d'elle. Très vite elle découvre l'univers et les habitants, avec leurs travers et chacun spécifiquement typé (la dame qui râle sur tout, la vieille qui perd la boule, le vieux en scooter électrique ...), dans une ambiance sympathique et bon enfant. Puis voila, ils font leur petite vie et à la fin elle repart contente d'avoir vécue ce bout de vie et j'ai envie de lui dire "Chic pour toi". Si le résumé vous parait lapidaire, c'est qu'en fin de compte il est assez représentatif de la BD : il ne se passe pas grand chose. Le récit aurait pu être plus émotif sur les vieux qui deviennent progressivement grabataires et dépendants, la perte de leurs mémoire et leur identité, ou simplement la question de la solitude, de l'isolement. Ici on a une histoire autour de nains de jardin pour montrer comment il se sortent d'une certaine passivité, mais c'est presque la seule péripétie de l'ensemble. C'est le genre de BD qui fait BD de commande pour vanter les mérites de ces institutions. Je ne doute pas qu'elles sont intéressantes et probablement très bien pour un public de personnes âgées. Mais en même temps, je ne peux pas vraiment recommander la BD qui est franchement moyenne, pas désagréable à lire mais qui n'a pas de réel tenant et aboutissant, qui fait très propre dans son déroulé, sans risque et sans histoire. Et fatalement, ça m'ennuie.

02/06/2026 (modifier)