Ce recueil enchaîne une dizaine de très courts récits d'horreur, dans le genre histoires à faire peur que les ados se racontent autour d'un feu de camp, avec auto-stoppeuses inquiétantes, métros hantés, monstres dans les bois, maisons isolées et autres apparitions démoniaques surgissant dans l'obscurité.
Visuellement, l'album fonctionne plutôt bien. Le dessin de Paskal Millet est solide, très chargé en noirs, avec une bonne maîtrise des ambiances nocturnes, des contrastes et des visages inquiétants. Certaines planches ont même un vrai impact graphique pour accentuer le malaise ou la surprise effrayante. On sent clairement l'influence des comics horrifiques américains et l'ensemble possède une vraie cohérence esthétique.
Mais tout cela manque énormément de subtilité dans sa mise en scène. Outre trop d'histoires plus ou moins déjà entendues ici et là, les scénarios jouent sur des effets extrêmement appuyés, comme un film d'horreur qui miserait trop sur ses screamers, des gros monstres noirs surgissant dans le champ ou des grimaces démoniaques. Beaucoup d'histoires reposent sur les réactions idiotes des personnages, du genre qui fait soupirer devant certains mauvais films d'horreur quand les protagonistes descendent seuls dans la cave inquiétante sans aucune lumière.
Les récits sont tellement courts qu'ils ressemblent parfois davantage à des résumés d'épisodes qu'à de véritables histoires. En quelques pages, quelqu'un croise une créature inquiétante, panique immédiatement, abandonne toute défense, pousse un cri et hop, fondu au noir. Cela devient presque comique par moments, comme si certains personnages mouraient simplement parce qu'un monstre leur a crié "bouh !". Les antagonistes affichent souvent d'énormes sourires carnassiers ultra démonstratifs censés suffire à terroriser leurs victimes, et le récit considère ensuite comme acquis que celles-ci vont se laisser mourir de peur sans opposer la moindre résistance.
Du coup, même si l'ambiance fonctionne parfois, on reste très loin de la subtilité psychologique ou du malaise progressif qu'on peut trouver chez Hitchcock ou dans certains récits de Lovecraft. Ici, tout est frontal, immédiat, démonstratif et trop souvent extrêmement prévisible. On devine quasiment toujours où chaque histoire va aboutir dès les premières pages, et les chutes tombent rarement autrement que comme des facilités.
La seule histoire qui m'a un peu marqué est celle du chalet avec le rieur aux fenêtres, justement parce que l'apparition possède pour une fois un petit côté réellement dérangeant et que l'atmosphère y fonctionne un peu mieux. Mais même là, la conclusion arrive trop vite et simplifie tout de manière assez frustrante.
Les amateurs de petites histoires horrifiques à l'ancienne pourront probablement y trouver leur compte grâce à l'ambiance graphique réussie. Mais pour ma part, cela m'a surtout donné l'impression d'une succession de déjà-vus ou d'idées trop faciles et sans finesse.
J'ai eu beaucoup de mal à en venir à bout. Ni le dessin quelque peu brouillon, ni les différentes histoires autour de ces personnages, un humain Ur et sa soeur Louve Juf frappée d'une malédiction n'ont réussi à susciter mon intérêt. Cocasse d'ailleurs une louve qui est bergère dans les montagnes.
A tel point que je n'ai pas du tout envie de lire le tome 2. Le premier tome comporte 9 histoires sans vraiment de lien si ce n'est que les frère/soeur rencontrent un personnage, archéologue, chasseur ou encore boulanger dans chacune.
L’avis récent de Vaudou m’a titillé, et la rencontre dans un bac d’occasion de cet album m’a permis de vérifier s’il fallait, comme il l’écrivait à la fin de son avis, lui « donner une seconde chance ». En effet, tous les premiers aviseurs l’avaient durement noté, relevant surtout le côté bordélique du scénario.
Disons que pour apprécier cet album, il ne faut pas être réfractaire aux films de série B. La violence exacerbée, le quasi huis clos (une prison perdue au milieu d’immensités glacées), des personnages assez typés (souvent caricaturaux), tout concourt à y faire penser. Et plusieurs aspect ramène à la filmographie de John Carpenter. Bref, c’est à cette aune qu’il faut évaluer cette histoire, ce qui me fait être un tout petit peu moins dur que la majorité de mes prédécesseurs.
En effet, plus que de scénario bordélique, je parlerais davantage d’ébauche mal consolidée. Il manque en effet la montée en tension que savait placer Carpenter (voir les intéressants « The Thing » ou « Assaut »), et le scénario enchaine les scènes d’action sans transition, comme si n’avait été publié que le script illustré.
C’est dommage, car avec plus de liant – et dans la limite impartie aux séries B – le récit pouvait être plus intéressant. Ce manque de liant est aussi valable pour le personnage de la fille du médecin – dont on devine rapidement qu’elle ne sera qu’un prétexte pour avoir une belle nana en danger au milieu de mâles violents et prédateurs (la couverture met d’ailleurs en avant ses gros talents, alors qu’en fait c’est un personnage très secondaire). Pourquoi pas ? Mais du coup certaines scènes (voir la page 25) font un peu ridicules, avec un érotisme cliché téléphoné qui n’apporte certes pas grand-chose à l’intrigue, mais qui surtout sort de nulle part – et ne mène nulle part non plus, la page suivante évacuant totalement la tension – érotique entre autres – boostée par les trois dernières cases de la page (qui du coup sont un peu risibles).
Le dessin use d’un trait gras, qui colle plutôt bien à ce type de récit testostéroné (comme pouvaient le faire nombre d’auteurs hispaniques – voir Ortiz à la même époque sur Hombre par exemple, ou sur Morgan pour rester dans l'univers carcéral crasseux). Le dessin est bon et adapté donc. La colorisation fait plus datée par contre, manque de nuance, est un chouia baveuse parfois.
Bref c’est de la série B, qui mise uniquement sur le rythme des bastons/fusillades, mais qui aurait mérité un scénario plus dense. Même le cadre général (pénitencier perdu au milieu de nulle part) n’est finalement pas trop exploité.
Un one-shot que j'ai trouvé franchement bof.
Oui, le dessin de Claudio Castellini est beau à admirer, mais c'est à peu près la seule qualité de l'album. Heureusement d'ailleurs que Panini a publié une version en noir et blanc parce que cela permet de bien admirer le travail du dessinateur italien. Je suis allé voir sur internet à quoi ressemblait la version originale en couleur et mon dieu que c'est laid. Je pense que si Panini avait publié cette version, j'aurais surement mis 1 étoile parce que c'est limite illisible.
Sinon, le scénario imaginé par Ron Marz est creux et banal. Ça finit par virer en suites de scènes bastons entre personnages que je ne connais pas hormis le Silver Surfer qui ne m'a jamais trop attiré. Je comprends que le récit était juste une excuse pour que Castellini montre son talent, mais pour moi dans une BD le dessin ET le scénario sont important. Si tout ce qui compte s'est le dessin, autant juste acheter un artbook. Je ne vois pas trop l'intérêt de lire une bd uniquement pour le dessin, ça voudrait bien que c'est pas grave si le scénario est nul, incompréhensible ou bâclé, tout ce qui compte s'est qu'il y a des jolies cases à admirer.
Bien que j'aime posséder cet album, je reconnais qu'il intéresse surtout les vieux nostalgiques comme moi. Le terme "archives" a tout son sens : des gags sympathiques et des dessins vieillots qui capteraient difficilement aujourd'hui l'attention des jeunes. Parmi les dessins, ceux d'Uderzo se distinguent déjà, bien que Bob de Moor me plaise aussi. En revanche, Bissot ou Angenot sont vraiment très basiques. Le dossier initial est intéressant et très instructif sur le plan historique.
Bizarre cette série qui, je pense, rate sa cible. Ou, en tout cas, à vouloir jouer sur plusieurs tableaux, se perd complètement.
Suite à un accident dans une centrale nucléaire (débile, mais aux conséquences meurtrières), trois « veuves » des victimes se lancent dans une croisade pour sa fermeture. S’ensuivent alors moult péripéties, durant lesquelles sont mis en avant : l’incompétence, l’hypocrisie et l’opportunisme des hommes politiques (président, ministres), l’emballement médiatique des chaines d’info qui tournent en boucle et détournent le moindre bout de truc pour en faire du sensationnalisme, etc.
Bref, on retrouve ici des thématiques qui pourraient être louables, et intéressantes pour développer une satire de la société actuelle. Mais, hélas, très rapidement, l’intrigue se contente d’accumuler les dialogues et situations outrancières et caricaturales – sans que ce soit vraiment drôle. C’est juste lourdingue, indigeste, répétitif.
Du coup, on oublie totalement le côté satire sociale, et même le côté humoristique. Ne reste donc qu’un n’importe quoi grotesque. Sur lequel je ne reviendrai pas.
Une BD qui m'a surtout laissé perplexe. Je comprends l'intention de proposer une approche absurde et décalée de la Shoah et de l'occupation nazie en Pologne, avec des personnages grotesques ou hybrides au milieu de soldats réalistes, mais je n'ai jamais vraiment réussi à entrer dedans ni à comprendre où les auteurs voulaient m'emmener.
Le mélange entre récit historique sombre et fantaisie loufoque m'a paru forcé, parfois même arbitraire. Entre les personnages à têtes animales, le nain nazi habillé comme un magicien, les situations absurdes et une intrigue qui donne l'impression d'enchaîner des scènes sans vraie progression, j'ai surtout eu une sensation de confusion permanente. L'histoire semble commencer au milieu de quelque chose et se terminer sans véritable conclusion, avec un côté inachevé qui aurait pu être frustrant si je n'étais resté aussi indifférent au reste de l'album.
Le graphisme participe aussi beaucoup à cette impression. Ce dessin réaliste mélangé à des éléments caricaturaux ou totalement décalés m'a rappelé celui de Bloody Mary que je n'avais déjà pas apprécié. Je comprends l'originalité de son étrangeté ou de son audace visuelle, mais personnellement il m'a surtout tenu à distance du récit au lieu de renforcer son impact.
Certaines idées de mise en scène sont originales, mais j'ai trouvé l'ensemble trop nébuleux et démonstratif pour réellement me toucher. L'album donne l'impression d'utiliser l'absurde comme une fin en soi sans réussir à construire quelque chose de cohérent ou émotionnellement fort autour.
Ce n'est pas une question d'éthique, dans ce cas, c'est plus esthétique pour moi. Les dessins de Melinda Gaby, femme de Moore, sont trop moches et incohérents la plupart du temps. Le texte est trop verbeux et n'aide en rien ! Heureusement que j'ai feuilleté et lu quelques critiques avant, mais j'ai failli commander ! J'ai lu en prêt et confirmé mes craintes. Je ne donne pas la note la plus négative parce que certaines images, prises isolément, ne sont pas inintéressantes, tout comme certaines séquences : «Ombres et Lumières» est amusant.
Voilà une série qui m’a déçu. Ou plutôt dans laquelle je ne suis jamais vraiment rentré. En fait je n’ai jamais été convaincu par l’intrigue.
C’est une sorte d’uchronie mêlant fantastique et histoire (fin des année 1930 et débuts de la Seconde guerre mondiale).
La plupart des personnages ont réellement existé – la plupart liés au cinéma (allemand, américain, soviétique) – y compris l’une des « V-girls », Hedy Lamarr, il y a de très nombreuses allusions au cinéma, aux mouvements artistiques, en plus du contexte plus classique de la montée du nazisme belliqueux (et de sa recherche, via l’Ahnenerbe, de prétendus « ancêtres » des aryens).
Un mélange de deux univers, tous deux classiques. Mais à chaque fois que le fantastique intervient, au travers des « Élémentaires », ça ne fonctionne pas. Et la volonté d’ancrer ces phénomènes dans la réalité amène des passages ridiculement grotesques (voir l’analyse de Guernica, ou alors du scandale de la projection de « L’âge d’or », Picasso ou les surréalistes étant cités de façon absurde) – le deuxième tome étant le moins crédible dans ce domaine.
Le recrutement des quatre femmes liées aux « Élémentaires » est laborieux, et n’apporte pas grand-chose. Et en plus la fin de la série est franchement abrupte, expédiée, comme s’il avait fallu conclure plus vite que prévu.
Bref, une déception (je n'ai pas non plus compris l'usage de véhicules - avions, voitures, etc. au design futuriste).
2.5
Je suis dur avec cette série que j'aurais voulue aimé parce qu'il y a des choses que j'aime bien, mais bof est le sentiment que j'ai le plus ressenti durant ma lecture que j'ai d'ailleurs arrêté au cours du tome 2.
On est dans du webtoon et cela voit juste avec le dessin qui est le style qu'on retrouve souvent dans ce style de publication et qui semble inspiré par les films d'animations. On retrouve aussi des chapitres souvent un peu trop court, cela casse un peu le rythme de changer de chapitre aussi rapidement.. Sinon, l'idée de départ est pas trop mal même si le fait que le français retrouve rapidement sur le monstre qu'il chasse et qu'ils vont rapidement vivre une histoire d'amour est une grosse facilité scénaristique.
Bon, le couple est un peu mignon et j'aime bien comment le personnage autochtone n'est pas un gros stéréotype. Après une petite recherche, il semblerait que l'auteur soit français et il a clairement fait des recherches sur les peuples autochtones. Même aujourd'hui je trouve que trop souvent des auteurs européens réduisent les amérindiens en baba-colos qui ont rien d'autres à foutre de leur vie que de faire apprendre des conseils de la vie aux blancs. Ici, on voit un algonquin qui vit une vie difficile, est prit en charge par les services sociaux et qui vit difficile avec sa famille d'accueil. C'est une situation que vit beaucoup trop d'autochtones et qui est rarement traité dans la fiction.
Maintenant que j'ai dit du bien de la série, pourquoi je ne met que 2 étoiles ? Et ben c'est simple malgré tout mes efforts je ne suis jamais parvenu à rentrer dans ce récit qui est tout de même un peu trop lent. C'est pas un problème pour les premiers chapitres, c'est normal de prendre son temps pour bien introduire les personnages, mais au bout d'un moment je trouvais que ça tournais un peu en rond et lorsqu'il se passe enfin quelque chose dans le tome 2, c'était trop tard j'en avais plus rien à cirer de cette série. Un webtoon qui va plaire à certains lecteurs, mais pas moi.
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Seule l'ombre
Ce recueil enchaîne une dizaine de très courts récits d'horreur, dans le genre histoires à faire peur que les ados se racontent autour d'un feu de camp, avec auto-stoppeuses inquiétantes, métros hantés, monstres dans les bois, maisons isolées et autres apparitions démoniaques surgissant dans l'obscurité. Visuellement, l'album fonctionne plutôt bien. Le dessin de Paskal Millet est solide, très chargé en noirs, avec une bonne maîtrise des ambiances nocturnes, des contrastes et des visages inquiétants. Certaines planches ont même un vrai impact graphique pour accentuer le malaise ou la surprise effrayante. On sent clairement l'influence des comics horrifiques américains et l'ensemble possède une vraie cohérence esthétique. Mais tout cela manque énormément de subtilité dans sa mise en scène. Outre trop d'histoires plus ou moins déjà entendues ici et là, les scénarios jouent sur des effets extrêmement appuyés, comme un film d'horreur qui miserait trop sur ses screamers, des gros monstres noirs surgissant dans le champ ou des grimaces démoniaques. Beaucoup d'histoires reposent sur les réactions idiotes des personnages, du genre qui fait soupirer devant certains mauvais films d'horreur quand les protagonistes descendent seuls dans la cave inquiétante sans aucune lumière. Les récits sont tellement courts qu'ils ressemblent parfois davantage à des résumés d'épisodes qu'à de véritables histoires. En quelques pages, quelqu'un croise une créature inquiétante, panique immédiatement, abandonne toute défense, pousse un cri et hop, fondu au noir. Cela devient presque comique par moments, comme si certains personnages mouraient simplement parce qu'un monstre leur a crié "bouh !". Les antagonistes affichent souvent d'énormes sourires carnassiers ultra démonstratifs censés suffire à terroriser leurs victimes, et le récit considère ensuite comme acquis que celles-ci vont se laisser mourir de peur sans opposer la moindre résistance. Du coup, même si l'ambiance fonctionne parfois, on reste très loin de la subtilité psychologique ou du malaise progressif qu'on peut trouver chez Hitchcock ou dans certains récits de Lovecraft. Ici, tout est frontal, immédiat, démonstratif et trop souvent extrêmement prévisible. On devine quasiment toujours où chaque histoire va aboutir dès les premières pages, et les chutes tombent rarement autrement que comme des facilités. La seule histoire qui m'a un peu marqué est celle du chalet avec le rieur aux fenêtres, justement parce que l'apparition possède pour une fois un petit côté réellement dérangeant et que l'atmosphère y fonctionne un peu mieux. Mais même là, la conclusion arrive trop vite et simplifie tout de manière assez frustrante. Les amateurs de petites histoires horrifiques à l'ancienne pourront probablement y trouver leur compte grâce à l'ambiance graphique réussie. Mais pour ma part, cela m'a surtout donné l'impression d'une succession de déjà-vus ou d'idées trop faciles et sans finesse.
Louve
J'ai eu beaucoup de mal à en venir à bout. Ni le dessin quelque peu brouillon, ni les différentes histoires autour de ces personnages, un humain Ur et sa soeur Louve Juf frappée d'une malédiction n'ont réussi à susciter mon intérêt. Cocasse d'ailleurs une louve qui est bergère dans les montagnes. A tel point que je n'ai pas du tout envie de lire le tome 2. Le premier tome comporte 9 histoires sans vraiment de lien si ce n'est que les frère/soeur rencontrent un personnage, archéologue, chasseur ou encore boulanger dans chacune.
L'Enfer Blanc
L’avis récent de Vaudou m’a titillé, et la rencontre dans un bac d’occasion de cet album m’a permis de vérifier s’il fallait, comme il l’écrivait à la fin de son avis, lui « donner une seconde chance ». En effet, tous les premiers aviseurs l’avaient durement noté, relevant surtout le côté bordélique du scénario. Disons que pour apprécier cet album, il ne faut pas être réfractaire aux films de série B. La violence exacerbée, le quasi huis clos (une prison perdue au milieu d’immensités glacées), des personnages assez typés (souvent caricaturaux), tout concourt à y faire penser. Et plusieurs aspect ramène à la filmographie de John Carpenter. Bref, c’est à cette aune qu’il faut évaluer cette histoire, ce qui me fait être un tout petit peu moins dur que la majorité de mes prédécesseurs. En effet, plus que de scénario bordélique, je parlerais davantage d’ébauche mal consolidée. Il manque en effet la montée en tension que savait placer Carpenter (voir les intéressants « The Thing » ou « Assaut »), et le scénario enchaine les scènes d’action sans transition, comme si n’avait été publié que le script illustré. C’est dommage, car avec plus de liant – et dans la limite impartie aux séries B – le récit pouvait être plus intéressant. Ce manque de liant est aussi valable pour le personnage de la fille du médecin – dont on devine rapidement qu’elle ne sera qu’un prétexte pour avoir une belle nana en danger au milieu de mâles violents et prédateurs (la couverture met d’ailleurs en avant ses gros talents, alors qu’en fait c’est un personnage très secondaire). Pourquoi pas ? Mais du coup certaines scènes (voir la page 25) font un peu ridicules, avec un érotisme cliché téléphoné qui n’apporte certes pas grand-chose à l’intrigue, mais qui surtout sort de nulle part – et ne mène nulle part non plus, la page suivante évacuant totalement la tension – érotique entre autres – boostée par les trois dernières cases de la page (qui du coup sont un peu risibles). Le dessin use d’un trait gras, qui colle plutôt bien à ce type de récit testostéroné (comme pouvaient le faire nombre d’auteurs hispaniques – voir Ortiz à la même époque sur Hombre par exemple, ou sur Morgan pour rester dans l'univers carcéral crasseux). Le dessin est bon et adapté donc. La colorisation fait plus datée par contre, manque de nuance, est un chouia baveuse parfois. Bref c’est de la série B, qui mise uniquement sur le rythme des bastons/fusillades, mais qui aurait mérité un scénario plus dense. Même le cadre général (pénitencier perdu au milieu de nulle part) n’est finalement pas trop exploité.
Silver Surfer - L'Obscure Clarté des étoiles
Un one-shot que j'ai trouvé franchement bof. Oui, le dessin de Claudio Castellini est beau à admirer, mais c'est à peu près la seule qualité de l'album. Heureusement d'ailleurs que Panini a publié une version en noir et blanc parce que cela permet de bien admirer le travail du dessinateur italien. Je suis allé voir sur internet à quoi ressemblait la version originale en couleur et mon dieu que c'est laid. Je pense que si Panini avait publié cette version, j'aurais surement mis 1 étoile parce que c'est limite illisible. Sinon, le scénario imaginé par Ron Marz est creux et banal. Ça finit par virer en suites de scènes bastons entre personnages que je ne connais pas hormis le Silver Surfer qui ne m'a jamais trop attiré. Je comprends que le récit était juste une excuse pour que Castellini montre son talent, mais pour moi dans une BD le dessin ET le scénario sont important. Si tout ce qui compte s'est le dessin, autant juste acheter un artbook. Je ne vois pas trop l'intérêt de lire une bd uniquement pour le dessin, ça voudrait bien que c'est pas grave si le scénario est nul, incompréhensible ou bâclé, tout ce qui compte s'est qu'il y a des jolies cases à admirer.
Les Archives Goscinny - Le journal Tintin 1956-1961
Bien que j'aime posséder cet album, je reconnais qu'il intéresse surtout les vieux nostalgiques comme moi. Le terme "archives" a tout son sens : des gags sympathiques et des dessins vieillots qui capteraient difficilement aujourd'hui l'attention des jeunes. Parmi les dessins, ceux d'Uderzo se distinguent déjà, bien que Bob de Moor me plaise aussi. En revanche, Bissot ou Angenot sont vraiment très basiques. Le dossier initial est intéressant et très instructif sur le plan historique.
Les Veuves électriques
Bizarre cette série qui, je pense, rate sa cible. Ou, en tout cas, à vouloir jouer sur plusieurs tableaux, se perd complètement. Suite à un accident dans une centrale nucléaire (débile, mais aux conséquences meurtrières), trois « veuves » des victimes se lancent dans une croisade pour sa fermeture. S’ensuivent alors moult péripéties, durant lesquelles sont mis en avant : l’incompétence, l’hypocrisie et l’opportunisme des hommes politiques (président, ministres), l’emballement médiatique des chaines d’info qui tournent en boucle et détournent le moindre bout de truc pour en faire du sensationnalisme, etc. Bref, on retrouve ici des thématiques qui pourraient être louables, et intéressantes pour développer une satire de la société actuelle. Mais, hélas, très rapidement, l’intrigue se contente d’accumuler les dialogues et situations outrancières et caricaturales – sans que ce soit vraiment drôle. C’est juste lourdingue, indigeste, répétitif. Du coup, on oublie totalement le côté satire sociale, et même le côté humoristique. Ne reste donc qu’un n’importe quoi grotesque. Sur lequel je ne reviendrai pas.
Achtung Zelig !
Une BD qui m'a surtout laissé perplexe. Je comprends l'intention de proposer une approche absurde et décalée de la Shoah et de l'occupation nazie en Pologne, avec des personnages grotesques ou hybrides au milieu de soldats réalistes, mais je n'ai jamais vraiment réussi à entrer dedans ni à comprendre où les auteurs voulaient m'emmener. Le mélange entre récit historique sombre et fantaisie loufoque m'a paru forcé, parfois même arbitraire. Entre les personnages à têtes animales, le nain nazi habillé comme un magicien, les situations absurdes et une intrigue qui donne l'impression d'enchaîner des scènes sans vraie progression, j'ai surtout eu une sensation de confusion permanente. L'histoire semble commencer au milieu de quelque chose et se terminer sans véritable conclusion, avec un côté inachevé qui aurait pu être frustrant si je n'étais resté aussi indifférent au reste de l'album. Le graphisme participe aussi beaucoup à cette impression. Ce dessin réaliste mélangé à des éléments caricaturaux ou totalement décalés m'a rappelé celui de Bloody Mary que je n'avais déjà pas apprécié. Je comprends l'originalité de son étrangeté ou de son audace visuelle, mais personnellement il m'a surtout tenu à distance du récit au lieu de renforcer son impact. Certaines idées de mise en scène sont originales, mais j'ai trouvé l'ensemble trop nébuleux et démonstratif pour réellement me toucher. L'album donne l'impression d'utiliser l'absurde comme une fin en soi sans réussir à construire quelque chose de cohérent ou émotionnellement fort autour.
Filles perdues
Ce n'est pas une question d'éthique, dans ce cas, c'est plus esthétique pour moi. Les dessins de Melinda Gaby, femme de Moore, sont trop moches et incohérents la plupart du temps. Le texte est trop verbeux et n'aide en rien ! Heureusement que j'ai feuilleté et lu quelques critiques avant, mais j'ai failli commander ! J'ai lu en prêt et confirmé mes craintes. Je ne donne pas la note la plus négative parce que certaines images, prises isolément, ne sont pas inintéressantes, tout comme certaines séquences : «Ombres et Lumières» est amusant.
V-Girls - L'Oeil du diable
Voilà une série qui m’a déçu. Ou plutôt dans laquelle je ne suis jamais vraiment rentré. En fait je n’ai jamais été convaincu par l’intrigue. C’est une sorte d’uchronie mêlant fantastique et histoire (fin des année 1930 et débuts de la Seconde guerre mondiale). La plupart des personnages ont réellement existé – la plupart liés au cinéma (allemand, américain, soviétique) – y compris l’une des « V-girls », Hedy Lamarr, il y a de très nombreuses allusions au cinéma, aux mouvements artistiques, en plus du contexte plus classique de la montée du nazisme belliqueux (et de sa recherche, via l’Ahnenerbe, de prétendus « ancêtres » des aryens). Un mélange de deux univers, tous deux classiques. Mais à chaque fois que le fantastique intervient, au travers des « Élémentaires », ça ne fonctionne pas. Et la volonté d’ancrer ces phénomènes dans la réalité amène des passages ridiculement grotesques (voir l’analyse de Guernica, ou alors du scandale de la projection de « L’âge d’or », Picasso ou les surréalistes étant cités de façon absurde) – le deuxième tome étant le moins crédible dans ce domaine. Le recrutement des quatre femmes liées aux « Élémentaires » est laborieux, et n’apporte pas grand-chose. Et en plus la fin de la série est franchement abrupte, expédiée, comme s’il avait fallu conclure plus vite que prévu. Bref, une déception (je n'ai pas non plus compris l'usage de véhicules - avions, voitures, etc. au design futuriste).
Distress
2.5 Je suis dur avec cette série que j'aurais voulue aimé parce qu'il y a des choses que j'aime bien, mais bof est le sentiment que j'ai le plus ressenti durant ma lecture que j'ai d'ailleurs arrêté au cours du tome 2. On est dans du webtoon et cela voit juste avec le dessin qui est le style qu'on retrouve souvent dans ce style de publication et qui semble inspiré par les films d'animations. On retrouve aussi des chapitres souvent un peu trop court, cela casse un peu le rythme de changer de chapitre aussi rapidement.. Sinon, l'idée de départ est pas trop mal même si le fait que le français retrouve rapidement sur le monstre qu'il chasse et qu'ils vont rapidement vivre une histoire d'amour est une grosse facilité scénaristique. Bon, le couple est un peu mignon et j'aime bien comment le personnage autochtone n'est pas un gros stéréotype. Après une petite recherche, il semblerait que l'auteur soit français et il a clairement fait des recherches sur les peuples autochtones. Même aujourd'hui je trouve que trop souvent des auteurs européens réduisent les amérindiens en baba-colos qui ont rien d'autres à foutre de leur vie que de faire apprendre des conseils de la vie aux blancs. Ici, on voit un algonquin qui vit une vie difficile, est prit en charge par les services sociaux et qui vit difficile avec sa famille d'accueil. C'est une situation que vit beaucoup trop d'autochtones et qui est rarement traité dans la fiction. Maintenant que j'ai dit du bien de la série, pourquoi je ne met que 2 étoiles ? Et ben c'est simple malgré tout mes efforts je ne suis jamais parvenu à rentrer dans ce récit qui est tout de même un peu trop lent. C'est pas un problème pour les premiers chapitres, c'est normal de prendre son temps pour bien introduire les personnages, mais au bout d'un moment je trouvais que ça tournais un peu en rond et lorsqu'il se passe enfin quelque chose dans le tome 2, c'était trop tard j'en avais plus rien à cirer de cette série. Un webtoon qui va plaire à certains lecteurs, mais pas moi.