Je ne suis a priori pas forcément friand de fantastique, et ma note se ressent sans doute de ces préventions. Il y a toutefois un certain nombre de séries du genre qui ont su me satisfaire. Celle-ci n’en fera pas partie.
Le premier tiers du récit est un peu haché (changements temporels et de lieux), mais plutôt accrocheur, jusqu’à l’arrivée de l’expédition de secours dans les étendues glacées. Il y a une ambiance à la Lovecraft dans la montée de l’angoisse, du mal prêt à surgir des profondeurs.
Mais Lovecraft joue avant tout sur l’ambiance, et là cette terreur s’incarne rapidement. A partir de ce moment j’ai décroché. D’abord parce que le fantastique phagocyte tout. Mais surtout parce qu’il est vain. Saturant le récit, les zombies auraient tout aussi bien pu être de chair, tribu inuit quelconque, tout se transforme en une simple mise à mort successive des membres de l’expédition, le scénario se réduisant à presque rien, une succession de combats et de massacres, jusqu’à une conclusion que j’ai trouvée bâclée.
Reste un dessin et une colorisation que j’ai bien aimés, c’est agréable et fluide. Hélas au service d’une intrigue qui m’a laissé de côté.
Une pantalonnade peut-elle s'étirer en un cycle de 3 tomes, construire une longue intrigue sur des personnages initialement présentés comme artificiels, parodiques, caricaturaux ? Ce doit être possible, mais cette BD n'y parvient pas complètement. On rit parfois, sourit très souvent, mais l'on s'étonne la plupart du temps que ce récit d'aventure puisse se développer autant tout en étant basé sur du flan. De belles idées parodiques ne sauvent pas le projet du bancal. L'impertinence s'essouffle souvent au profit d'une aventure totalement abracadabrante, mais trop respectée pour demeurer risible. Et l'humour volontiers misogyne apparaît bien complaisant aujourd'hui.
L'on s'ennuie un peu, un comble pour un tel projet !
Mouais. Je n'ai pas été convaincu par cet album, même si certains passages amènent le sourire.
Je suis un gros adepte d'humour con, potache, avec une dose d'absurde: c'est ce qui m'avait attiré lorsque j'avais acheté cet album il y a maintenant assez longtemps. Puis il avait disparu sous une de mes nombreuses piles à lire ou relire, d'où je viens de l'exhumer pour l'aviser.
J'avais de vagues souvenirs plutôt positifs, mais cette relecture complète les tempèrent quelque peu. Ran Corvo et son équipe de bras cassés ont quelque chose de pathétique qui attire le lecteur que je suis. Il a des idées fumeuses, qu'il transforme en catastrophe, et les aventures du pauvre dans lesquelles il se trouve embarqué (lutter contre une parodie de Manufrance de l'espace!?) lui laissent peu d'espoir de gloire, il est condamné au grotesque.
Ça se laisse lire, le sourire aux lèvres parfois, mais pas assez souvent. Sur un registre parfois proche, j'ai clairement préféré Cosmik Roger. Il faut dire que j'ai eu un peu de mal avec l'esthétique développée par Blanchard.
Note réelle 2,5/5.
Le moins qu'on puisse dire est que tout est étrange et bizarre dans cette BD loufoque.
Pourquoi faire simple quand on peut faire compliquer est souvent le mot d'ordre des scénarios tarabiscotés, où on fait 30 planches avec un récit qui pourrait tenir sur 6. L'art de la simplicité, personne ne connait. L'ambiance est très 70, peut-être que les scénaristes avaient abusé de certaines substances bien en vue à l'époque. Il y a souvent ci et là quelques idées amusantes et délirantes.
Graphiquement, c'est tout aussi étrange. Souvent, ça donne l'impression d'un dessinateur qui veut faire croire qu'il sait faire du réaliste, et quand il s'y met à fond, c'est à côté de la plaque, comme les perspectives du décor. Les voitures et immeubles sont assez bien dessinés mais mal placés dans le contexte, donnant l'impression d'un plaquage.
Une BD assez hors norme, proche de Chapeau Melon et Bottes de Cuir, dans un journal pour jeunots, et donc avec des contraintes qui ne permettent pas de mieux développer les choses, car c'aurait pu être une bonne BD pour grands ados et adultes avec des graphismes adéquats. Une BD qui marque, car marchant sur les bas-côtés de la route avec un entrain jouissif, et peut-être un certain "je m'en foutisme" ambiant.
Un album qui m'a intrigué par son titre ainsi que par son dessin.
En effet, j'aime bien ce style de dessin que je trouve un peu élégant et les couleurs sont attrayantes. Malheureusement, le scénario est beaucoup moins bon. Ça commence pourtant pas trop mal lorsque les visiteurs d'un zoo reçoivent un appel d'urgence et ne comprennent pas ce qui se passe. C'est amusant même si le lecteur devine facilement la raison de l'état d'urgence rien qu'en lisant le titre de l'album. Puis on bascule du point de vue des animaux et là le récit devient moins intéressant.
En gros, on va voir comment les animaux ont causé le chaos dans le zoo et cette partie est trop longue. J'ai eu la sensation qu'on faisait du surplace. Des pages et des pages sur des animaux qui se demandent quoi faire alors que j'aurais bien mieux aimer voir comment la société allait réagir aux événements. On a droit à un genre e conte moral censé être marrant (enfin, c'est comme ça que j'ai compris les intentions des auteurs) et au final le récit est banal et la fin est tellement ouverte que je me suis demandé si je n’étais pas entrain de lire le tome 1 d'une nouvelle série. Vu qu'il y a pas marqué à suivre sous la dernière case, on a donc une histoire qui se termine en queue de poisson, mais à ce stade je m'en foutais un peu alors que j'étais enthousiasmé au début.
Je rejoins Erik dans son ressenti.
J’aime beaucoup l’auteur, mais là rien à faire, cet album m’ennuie (bien content de ne pas avoir craqué à l’époque).
A la vue des notes, quelque chose m’a sans doute bien échappé mais à aucun moment je n’ai succombé.
Poésie, mélancolie, justesse ou finesse … tout a coulé sur moi, je n’en pouvais plus de voir poindre la fin.
Les intentions de l’auteur me sont restées obscures, le côté décousu n’a pas aidé (j’avoue ne pas avoir fait de gros effort non plus) et c’est bien la 1ere fois que son graphisme ne m’attrape pas. Triste, terne et peu captivant.
Certainement à essayer mais pas pour moi. Dans ma petite tête, il est rangé dans la catégorie Télérama chiant.
Ce qui est assez amusant avec cette série, c'est qu'à y lire les avis précèdents, bons comme mauvais, j'y retrouve des éléments que je pourrais renoter ici.
Oui, il s'agit d'un Seinen assez original à première vue qui semble compiler plusieurs détails inédits mais sur la longueur, il s'agit d'un leurre et d'une histoire assez toute invraisemblable que l'autrice a du concevoir au fur et à mesure de son succès et de son imagination.
Jugez plutôt : Hole est une vie industrielle grise et crasseuse dans une époque indeterminée où cohabitent paumés tentant de survivre comme ils peuvent. Le quotidien est agité par l'arrivée de mages par des portes interdimensionnelles venant s'exercer sur les humains réduits à l'état de cobaye. Notre héros, Caïman, est un amnésique à tête de reptile. Il ne se souvient de presque rien sauf que sa situation serait due à un sort jeté par un de ces fameux mages.
Son but est donc de faire la chasse aux mages et de retrouver son responsable, aidé en cela par la tenancière d'un restaurant de gyozas et d'une tête cohabitant à l'intérieur de sa gueule qui semble savoit qui est le responsable.
Si ce que je viens d'écrire vous semble surréaliste, il ne s'agit que du pitch principal. Le trait charbonneux de l'autrice donne un certain cachet punk mais le mélange des récits semble artificiel même après plusieurs tomes et j'ai eu la sensation de survoler régulièrement le récit sans m'y impliquer. Personne n'est bon ou mauvais par contre les personnages sont irresponsables.
Dorohedoro n'est pas une mauvaise lecture en soit et je comprends facilement le succès de cet empilage d'arcs plus ou moins cohérents mais je pense être passé complètement à côté des propos tant ma lecture fut fastidieuse. Ajoutons à celà un humour faisant rarement mouche et une violence finalement pas si jouissive et j'ai bien du me résoudre que je n'étais surement pas la cible.
Après avoir lu ce one-shot, je comprends qu'il n'ait pas été posté sur ce site avant parce qu'il ne sort pas du tout du lot.
C'est du pur roman graphique qui montre la vie d'un adolescent durant les derniers jours de juillet. En gros, cet ado semble un peu mal dans sa peau, il a des problèmes familiaux (des membres de sa famille qui s'engueulent, la grand-mère qui n’en a rien à foutre et fait juste que regarder la télé). Il passe donc beaucoup de temps dehors avec d'autres jeunes de son âge, dont une fille qu'il semble aimer.
Le scénario m'a ennuyé. Je n'ai rien contre une bande dessinée qui raconte le quotidien, mais il faut quand même avoir quelque chose d'intéressant à dire et ce n'est pas le cas ici. Le personnage principal a certes des problèmes, mais des problèmes que j'ai déjà vus mieux traités dans d'autres histoires. À un moment, ça tourne un peu en rond et lorsque ça se termine je ne savais pas trop où l'autrice avait voulu en venir avec son récit. Je pense que c'est pour les gros fans de récits contemplatifs, en tout cas c'est sûr que si vous aimez l'action vous allez vous ennuyer ferme.
Il y a tout de même quelques qualités. Le dessin est pas trop mal et la narration est dynamique, alors au moins ça se lit facilement, même si je me suis ennuyé du début jusqu'à la fin. Album oubliable en ce qui me concerne.
Mouais. J’ai souvent du mal avec Wolinski, son dessin et son humour, pour lesquels je ne pense pas être le cœur de cible.
Ici encore, son dessin est moyen, avec une colorisation un peu baveuse. Mais bon, c’est lisible et sur ce genre de strips/histoires très courtes, ça n’est pas l’aspect le plus important.
Autre écueil de cet album – représentatif du « style » Wolinski – c’est que c’est verbeux. Le texte sature parfois les pages (il n’y a pas vraiment de gaufrier traditionnel), et du coup c’est parfois indigeste, et l’humour est aussi parfois noyé dans ce texte.
L’ensemble est inégal. Et d’ailleurs, pour confirmer ce que j’écrivais plus haut, les gags qui m’ont le plus amusé sont le plus souvent ceux qui sont les plus directs, qui ont le moins de texte.
Si l’on a souvent des discussions « de couple », le cul et/ou l’amour n’occupent pas tout l’espace, Wolinski se lance aussi au travers de ses personnages dans des digressions – politiques par exemple – qui détonnent un peu.
Inégal donc, amusant parfois, mais aussi indigeste.
Note réelle 2,5/5.
Je découvre cet auteur italien avec cet album. Si graphiquement il possède un indéniable talent, l’histoire en elle-même – si l’on fait abstraction des scènes de sexe, m’a clairement laissé sur ma faim.
Le dessin de Venturi, qui possède quelques accointances avec celui de Magnus, est plutôt bon. Un trait fin, qui use bien du Noir et Blanc, et ne néglige pas les décors (pas toujours présents, mais souvent très détaillés et soignés, c’est même maniéré parfois).
Les scènes de sexe sont elles aussi bien présentées.
Graphiquement donc, c’est agréable.
Le récit quant à lui ne brille pas par son originalité. Le titre fait penser à certains romans de Sade, mais l’intrigue n’en possède ni la force brutale et politique, ni les tensions érotiques violentes.
Une belle et riche veuve – madame de Beaufleur donc – est accusée de maricide, et va durant tout l’album chercher à fuir les suites judiciaires, aidée dans sa fuite par des hommes qui tous vont goûter de son hospitalité intime.
Hélas, les scènes de sexe s’enchainent en faisant perdre tout intérêt à la trame générale, Venturi plaçant ici à peu près tous les classiques du genre, madame de Beaufleur copulant avec tout ce qui passe à sa portée (de ses protecteurs à une nonne lubrique, en passant par toute une bande de brigands), et ce dans toutes les positions. La tension érotique y perd évidemment en même temps que la crédibilité de l’histoire. Madame de Beaufleur aurait pu être dotée d’une personnalité plus forte et perverse je pense, pour donner plus de densité à l’intrigue.
Du sexe en costume (fin du XVIème ou début du XVIIème siècle ?) joli à regarder, mais qui se perd dans les poncifs du genre.
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Le Gouffre des résurrections
Je ne suis a priori pas forcément friand de fantastique, et ma note se ressent sans doute de ces préventions. Il y a toutefois un certain nombre de séries du genre qui ont su me satisfaire. Celle-ci n’en fera pas partie. Le premier tiers du récit est un peu haché (changements temporels et de lieux), mais plutôt accrocheur, jusqu’à l’arrivée de l’expédition de secours dans les étendues glacées. Il y a une ambiance à la Lovecraft dans la montée de l’angoisse, du mal prêt à surgir des profondeurs. Mais Lovecraft joue avant tout sur l’ambiance, et là cette terreur s’incarne rapidement. A partir de ce moment j’ai décroché. D’abord parce que le fantastique phagocyte tout. Mais surtout parce qu’il est vain. Saturant le récit, les zombies auraient tout aussi bien pu être de chair, tribu inuit quelconque, tout se transforme en une simple mise à mort successive des membres de l’expédition, le scénario se réduisant à presque rien, une succession de combats et de massacres, jusqu’à une conclusion que j’ai trouvée bâclée. Reste un dessin et une colorisation que j’ai bien aimés, c’est agréable et fluide. Hélas au service d’une intrigue qui m’a laissé de côté.
Raoul Fulgurex
Une pantalonnade peut-elle s'étirer en un cycle de 3 tomes, construire une longue intrigue sur des personnages initialement présentés comme artificiels, parodiques, caricaturaux ? Ce doit être possible, mais cette BD n'y parvient pas complètement. On rit parfois, sourit très souvent, mais l'on s'étonne la plupart du temps que ce récit d'aventure puisse se développer autant tout en étant basé sur du flan. De belles idées parodiques ne sauvent pas le projet du bancal. L'impertinence s'essouffle souvent au profit d'une aventure totalement abracadabrante, mais trop respectée pour demeurer risible. Et l'humour volontiers misogyne apparaît bien complaisant aujourd'hui. L'on s'ennuie un peu, un comble pour un tel projet !
Ran Corvo
Mouais. Je n'ai pas été convaincu par cet album, même si certains passages amènent le sourire. Je suis un gros adepte d'humour con, potache, avec une dose d'absurde: c'est ce qui m'avait attiré lorsque j'avais acheté cet album il y a maintenant assez longtemps. Puis il avait disparu sous une de mes nombreuses piles à lire ou relire, d'où je viens de l'exhumer pour l'aviser. J'avais de vagues souvenirs plutôt positifs, mais cette relecture complète les tempèrent quelque peu. Ran Corvo et son équipe de bras cassés ont quelque chose de pathétique qui attire le lecteur que je suis. Il a des idées fumeuses, qu'il transforme en catastrophe, et les aventures du pauvre dans lesquelles il se trouve embarqué (lutter contre une parodie de Manufrance de l'espace!?) lui laissent peu d'espoir de gloire, il est condamné au grotesque. Ça se laisse lire, le sourire aux lèvres parfois, mais pas assez souvent. Sur un registre parfois proche, j'ai clairement préféré Cosmik Roger. Il faut dire que j'ai eu un peu de mal avec l'esthétique développée par Blanchard. Note réelle 2,5/5.
Mr Magellan
Le moins qu'on puisse dire est que tout est étrange et bizarre dans cette BD loufoque. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliquer est souvent le mot d'ordre des scénarios tarabiscotés, où on fait 30 planches avec un récit qui pourrait tenir sur 6. L'art de la simplicité, personne ne connait. L'ambiance est très 70, peut-être que les scénaristes avaient abusé de certaines substances bien en vue à l'époque. Il y a souvent ci et là quelques idées amusantes et délirantes. Graphiquement, c'est tout aussi étrange. Souvent, ça donne l'impression d'un dessinateur qui veut faire croire qu'il sait faire du réaliste, et quand il s'y met à fond, c'est à côté de la plaque, comme les perspectives du décor. Les voitures et immeubles sont assez bien dessinés mais mal placés dans le contexte, donnant l'impression d'un plaquage. Une BD assez hors norme, proche de Chapeau Melon et Bottes de Cuir, dans un journal pour jeunots, et donc avec des contraintes qui ne permettent pas de mieux développer les choses, car c'aurait pu être une bonne BD pour grands ados et adultes avec des graphismes adéquats. Une BD qui marque, car marchant sur les bas-côtés de la route avec un entrain jouissif, et peut-être un certain "je m'en foutisme" ambiant.
Ça dépend des animaux
Un album qui m'a intrigué par son titre ainsi que par son dessin. En effet, j'aime bien ce style de dessin que je trouve un peu élégant et les couleurs sont attrayantes. Malheureusement, le scénario est beaucoup moins bon. Ça commence pourtant pas trop mal lorsque les visiteurs d'un zoo reçoivent un appel d'urgence et ne comprennent pas ce qui se passe. C'est amusant même si le lecteur devine facilement la raison de l'état d'urgence rien qu'en lisant le titre de l'album. Puis on bascule du point de vue des animaux et là le récit devient moins intéressant. En gros, on va voir comment les animaux ont causé le chaos dans le zoo et cette partie est trop longue. J'ai eu la sensation qu'on faisait du surplace. Des pages et des pages sur des animaux qui se demandent quoi faire alors que j'aurais bien mieux aimer voir comment la société allait réagir aux événements. On a droit à un genre e conte moral censé être marrant (enfin, c'est comme ça que j'ai compris les intentions des auteurs) et au final le récit est banal et la fin est tellement ouverte que je me suis demandé si je n’étais pas entrain de lire le tome 1 d'une nouvelle série. Vu qu'il y a pas marqué à suivre sous la dernière case, on a donc une histoire qui se termine en queue de poisson, mais à ce stade je m'en foutais un peu alors que j'étais enthousiasmé au début.
Les Equinoxes
Je rejoins Erik dans son ressenti. J’aime beaucoup l’auteur, mais là rien à faire, cet album m’ennuie (bien content de ne pas avoir craqué à l’époque). A la vue des notes, quelque chose m’a sans doute bien échappé mais à aucun moment je n’ai succombé. Poésie, mélancolie, justesse ou finesse … tout a coulé sur moi, je n’en pouvais plus de voir poindre la fin. Les intentions de l’auteur me sont restées obscures, le côté décousu n’a pas aidé (j’avoue ne pas avoir fait de gros effort non plus) et c’est bien la 1ere fois que son graphisme ne m’attrape pas. Triste, terne et peu captivant. Certainement à essayer mais pas pour moi. Dans ma petite tête, il est rangé dans la catégorie Télérama chiant.
Dorohedoro
Ce qui est assez amusant avec cette série, c'est qu'à y lire les avis précèdents, bons comme mauvais, j'y retrouve des éléments que je pourrais renoter ici. Oui, il s'agit d'un Seinen assez original à première vue qui semble compiler plusieurs détails inédits mais sur la longueur, il s'agit d'un leurre et d'une histoire assez toute invraisemblable que l'autrice a du concevoir au fur et à mesure de son succès et de son imagination. Jugez plutôt : Hole est une vie industrielle grise et crasseuse dans une époque indeterminée où cohabitent paumés tentant de survivre comme ils peuvent. Le quotidien est agité par l'arrivée de mages par des portes interdimensionnelles venant s'exercer sur les humains réduits à l'état de cobaye. Notre héros, Caïman, est un amnésique à tête de reptile. Il ne se souvient de presque rien sauf que sa situation serait due à un sort jeté par un de ces fameux mages. Son but est donc de faire la chasse aux mages et de retrouver son responsable, aidé en cela par la tenancière d'un restaurant de gyozas et d'une tête cohabitant à l'intérieur de sa gueule qui semble savoit qui est le responsable. Si ce que je viens d'écrire vous semble surréaliste, il ne s'agit que du pitch principal. Le trait charbonneux de l'autrice donne un certain cachet punk mais le mélange des récits semble artificiel même après plusieurs tomes et j'ai eu la sensation de survoler régulièrement le récit sans m'y impliquer. Personne n'est bon ou mauvais par contre les personnages sont irresponsables. Dorohedoro n'est pas une mauvaise lecture en soit et je comprends facilement le succès de cet empilage d'arcs plus ou moins cohérents mais je pense être passé complètement à côté des propos tant ma lecture fut fastidieuse. Ajoutons à celà un humour faisant rarement mouche et une violence finalement pas si jouissive et j'ai bien du me résoudre que je n'étais surement pas la cible.
La Fin de juillet
Après avoir lu ce one-shot, je comprends qu'il n'ait pas été posté sur ce site avant parce qu'il ne sort pas du tout du lot. C'est du pur roman graphique qui montre la vie d'un adolescent durant les derniers jours de juillet. En gros, cet ado semble un peu mal dans sa peau, il a des problèmes familiaux (des membres de sa famille qui s'engueulent, la grand-mère qui n’en a rien à foutre et fait juste que regarder la télé). Il passe donc beaucoup de temps dehors avec d'autres jeunes de son âge, dont une fille qu'il semble aimer. Le scénario m'a ennuyé. Je n'ai rien contre une bande dessinée qui raconte le quotidien, mais il faut quand même avoir quelque chose d'intéressant à dire et ce n'est pas le cas ici. Le personnage principal a certes des problèmes, mais des problèmes que j'ai déjà vus mieux traités dans d'autres histoires. À un moment, ça tourne un peu en rond et lorsque ça se termine je ne savais pas trop où l'autrice avait voulu en venir avec son récit. Je pense que c'est pour les gros fans de récits contemplatifs, en tout cas c'est sûr que si vous aimez l'action vous allez vous ennuyer ferme. Il y a tout de même quelques qualités. Le dessin est pas trop mal et la narration est dynamique, alors au moins ça se lit facilement, même si je me suis ennuyé du début jusqu'à la fin. Album oubliable en ce qui me concerne.
Les Secrets d'un couple heureux
Mouais. J’ai souvent du mal avec Wolinski, son dessin et son humour, pour lesquels je ne pense pas être le cœur de cible. Ici encore, son dessin est moyen, avec une colorisation un peu baveuse. Mais bon, c’est lisible et sur ce genre de strips/histoires très courtes, ça n’est pas l’aspect le plus important. Autre écueil de cet album – représentatif du « style » Wolinski – c’est que c’est verbeux. Le texte sature parfois les pages (il n’y a pas vraiment de gaufrier traditionnel), et du coup c’est parfois indigeste, et l’humour est aussi parfois noyé dans ce texte. L’ensemble est inégal. Et d’ailleurs, pour confirmer ce que j’écrivais plus haut, les gags qui m’ont le plus amusé sont le plus souvent ceux qui sont les plus directs, qui ont le moins de texte. Si l’on a souvent des discussions « de couple », le cul et/ou l’amour n’occupent pas tout l’espace, Wolinski se lance aussi au travers de ses personnages dans des digressions – politiques par exemple – qui détonnent un peu. Inégal donc, amusant parfois, mais aussi indigeste. Note réelle 2,5/5.
Les Infortunes de Madame de Beaufleur
Je découvre cet auteur italien avec cet album. Si graphiquement il possède un indéniable talent, l’histoire en elle-même – si l’on fait abstraction des scènes de sexe, m’a clairement laissé sur ma faim. Le dessin de Venturi, qui possède quelques accointances avec celui de Magnus, est plutôt bon. Un trait fin, qui use bien du Noir et Blanc, et ne néglige pas les décors (pas toujours présents, mais souvent très détaillés et soignés, c’est même maniéré parfois). Les scènes de sexe sont elles aussi bien présentées. Graphiquement donc, c’est agréable. Le récit quant à lui ne brille pas par son originalité. Le titre fait penser à certains romans de Sade, mais l’intrigue n’en possède ni la force brutale et politique, ni les tensions érotiques violentes. Une belle et riche veuve – madame de Beaufleur donc – est accusée de maricide, et va durant tout l’album chercher à fuir les suites judiciaires, aidée dans sa fuite par des hommes qui tous vont goûter de son hospitalité intime. Hélas, les scènes de sexe s’enchainent en faisant perdre tout intérêt à la trame générale, Venturi plaçant ici à peu près tous les classiques du genre, madame de Beaufleur copulant avec tout ce qui passe à sa portée (de ses protecteurs à une nonne lubrique, en passant par toute une bande de brigands), et ce dans toutes les positions. La tension érotique y perd évidemment en même temps que la crédibilité de l’histoire. Madame de Beaufleur aurait pu être dotée d’une personnalité plus forte et perverse je pense, pour donner plus de densité à l’intrigue. Du sexe en costume (fin du XVIème ou début du XVIIème siècle ?) joli à regarder, mais qui se perd dans les poncifs du genre.