Se laisse lire, mais n'atteint pas la perfection historique de Murena sans parler de l'excellence des dessins… ni la fraicheur d'Alix, du temps de son créateur ! Ah, s'il avait pu se progresser à partir du niveau des Légions perdues où la fuite sur les toits était de toute beauté, Enac point trop envahissant, la rencontre avec le loup et la bataille finale pour l'épée de Brennus poignante ! Il est des amis, des fictions, des habitudes dont on peut dire qu'on ne rompt pas vraiment avec eux par nostalgie de ce qu'ils auraient pu être.
Pour en revenir à nos moutons, ou plutôt à nos loups, les Romains étant fils de la louve, voyons Alix senator ! Je trouve les intrigues tarabiscotées mais sans la fantaisie d'Alix jeune, cependant, l'album Le maître des masques relève le niveau. Sans spoiler je dirais que l'ennui peut mener au pire quand on ne sait ni l'accepter ni lutter avec lui de façon créative… Une mention pour Livie.
Je ne ressens aucun plaisir à continuer à martyriser cet album. À l'époque, j'étais perplexe par rapport à l'histoire, je n'ai pas complètement compris le but.
Cependant, j'ai aimé les couleurs chaudes : les ocres, oranges et jaunes vifs sont merveilleux, Cosey est un grand coloriste !
Après avoir lu quelques avis, je comprends maintenant mon malaise. Je remercie surtout bamiléké pour son témoignage si éclairant.
J'abonde dans le sens de Canarde, c'est pas la BD de l'année et c'est même un peu long à lire. Personnellement j'ai étalé la lecture sur un petit moment, pour ne pas être écœuré, mais l'indigestion n'était jamais très loin.
Oscar Wilde ne m'est pas particulièrement inconnu, j'ai eu l'occasion de lire certaines de ses œuvres et de jouer (et voir) sa fameuse pièce "L'importance d'être Constant", mais je me suis assez peu intéressé à sa vie. D'ailleurs je ne savais pas qu'il avait fini ses jours à Paris. Et c'est précisément cette fin de
vie qui est racontée ici, d'une manière soporifique. Comme Canarde, je trouve que ça fait vieil alcoolique poétique qui a la santé et le moral déclinant. Une grande partie de la BD est un condensé de ses relations sociales, qui semblent suffire à la définir apparemment. Le tout entrecoupé d'interviews de ces personnes qui l'ont rencontrée et côtoyés. C'est franchement long, j'ai confondu tout le temps les personnages qui gravitaient autour et le dessin n'a pas aidé.
La BD est donc longue, assez peu intéressante et franchement j'ai peu appris sur Oscar Wilde. La BD n'est pas recommandée !
Signe-Singe : jusqu'ici, j'avais compris la blague. Le livre ne va beaucoup plus loin, une longue blague pas toujours réussie, élucubrations dans un supposé essai sur Tarzan, réflexions et hypothèses farfelues. Les dessins se limitent à quelques détails (inspirés de Hogarth) qui évoquent l'origine du héros et il n'y a pas d'autre histoire. J'attribue la note moins mauvaise à l'immense culot de l'auteur et au fait d'avoir ri de moi-même à la fin.
Mouais. Je vais être moins enthousiaste que mon prédécesseur. Pourtant, j’avais bien aimé l’humour gentiment déjanté de Coyote Bill, très cartoonesque. Et c’est le nom de Widenlocher qui m’a attiré et m’a poussé à acheter cet album dans une foire au troc – heureusement très peu cher.
Car en fait j’avais zappé que « Coyote Bill » était scénarisé par quelqu’un d’autre – en l’occurrence Herlé. Et avec ce « Carbone 14 », Widenlocher est seul à la baguette. Et son humour n’a pas fait mouche avec moi. J’ai trouvé la plupart des gags poussifs, ils ne m’ont arraché que quelques rares sourires. Même son dessin m’a moins plu que pour « Coyote Bill ».
Alors, certes, dessin et histoires peuvent être lisibles, mais je n’y ai pas trouvé de quoi agiter mes zygomatiques.
Le pitch de départ (une école entière avec ses occupants projetée brusquement « ailleurs », dans une zone a priori inconnue) m’a forcément fait penser à celui de la série The Woods, que j’ai lue il n’y a pas longtemps, série dont les auteurs ont probablement été influencés par ce manga.
Le point de départ est forcément intrigant, avec cette école brutalement coupée du monde, envoyée on ne sait où avec ses occupants. Après quelques fiascos de la part des adultes, les élèves/enfants se retrouvent livrés à eux-mêmes, dans une ambiance qui peut faire penser à « Sa majesté des mouches ».
Mais, une fois la surprise initiale passée, j’ai vraiment eu du mal à accrocher à cette série.
D’abord le dessin fait franchement vieillot. J’allais dire plus que son âge, mais je viens de voir que la série date du début des années 1970 au Japon… Je n’ai pas vraiment aimé la propension des personnages à avoir la bouche grande ouverte pour parler, pleurer, crier, surjouant les émotions. Et la façon de dessiner les personnages en mouvement – en particulier lorsqu’ils courent – multiplie les défauts.
Quant à l’intrigue, il y a déjà des longueurs dans le premier tome (il faut dire que chaque tome est bien plus épais que le format classique du manga), et c’est encore le cas par la suite. Clairement il aurait fallu élaguer !
Ensuite, dès la situation de départ installée, Umezu cherche à maintenir l’attention du lecteur par des artifices souvent maladroits et peu crédibles. En particulier dans les réactions – souvent outrancières et improbables – des adultes, qui changent brusquement et du tout au tout de personnalité, ayant des comportement psychopathiques (voir le cuistot près à tuer tous les gamins de l’école pour garder la bouffe pour lui seul, ou un professeur se transformant en serial killer sans raison claire). Et les pseudo explications données à ces changements, via des dialogues un peu lourds, renforcent le côté artificiel de l’ensemble – et accentue l’impression de remplissage.
Par la suite, Umezu use d’autres moyens pour relancer l’intrigue, mais là aussi ça ne m’a pas convaincu. En effet, ça fait feu de tout bois pour faire survenir les dangers, pour maintenir en haleine, sans jamais que ça ne soit crédible. Ça sombre trop souvent dans une facilité et un n’importe quoi presque involontairement comique (les bestioles géantes, l’histoire du couteau avec la mère du jeune héros, etc.). En fait, on a l’impression que l’idée de situer le point de départ de l’intrigue dans une école, c’est surtout pour avoir un réservoir important de victimes potentielles de diverses menaces. Les gamins peuvent bien mourir régulièrement, il en reste toujours pour nourrir de nouveaux rebondissements.
Enfin bref, j’avais emprunté les 6 tomes, et je me suis arrêté aux trois premiers, car ça me soulait un peu trop, et je ne voyais pas les choses s’améliorer. Ça n’est sans doute pas ma came.
Je vais casser un peu l’ambiance mais pour ma part, je n’ai pas trouvé ça bien fameux.
J’apprécie pourtant beaucoup les auteurs mais ici le résultat, bien que pro, m’est apparu bien trop bancal, trop facile, sans surprise et finalement sans âme. Il n’y a que pour les couleurs d’Usagi où je n’ai pas grand chose à dire, ça fait d’ailleurs plaisir de la voir créditer à égalité avec le duo scénariste/dessinateur (mot de remerciement, bibliographie …), très classe.
Le dessinateur s’en tire tout de même avec les honneurs, c’est solide dans le trait.
Cependant ce n’est pas un style que je recherche dans un western, le rendu me semble trop lisse et propre, ça passe dans les grandes cases et extérieurs mais beaucoup moins en gros plan ou scènes intérieures qui apparaissent plus pauvres et aseptisés à mes yeux. Ça ne colle pas avec l’idée que je me fais du genre (saleté, crasse …) et je tique un peu sur le charisme de ces 2 personnages masculins qui suivent un peu la même tendance.
Un dernier point que j’ai peu goûté aussi et la représentation de certains mentons de personnages (l’indien, Ma ..) qui (à mes yeux) tombe dans la caricature, on tombe dans le Bogdanov et ça me fait sortir du côté réaliste distillé jusque là.
Mais l’aspect le plus tendancieux de l’album reste l’histoire, j’ai connu Dubois bien plus inspiré, tout m’apparaît pauvre ici.
Malgré une belle pagination, ça ne décolle jamais, j’ai trouvé ça linéaire, sans tension ni surprise.
J’ai cette impression que le scénariste recycle le fond de Les Sans-Visages mais avec des ingrédients différents (western, communauté de femmes …) et agencés plus maladroitement. Je recense plein de détails qui coincent. C’est violent et à la fois niais, on ne croit à aucun personnage, le crush du héros qui apparaît de nul part, des gunfight cheatés et improbables, une fin façon Happy end …
Alors c’est sûr ça se lit facilement, ce n’est pas honteux mais perso je ne m’y suis pas retrouvé.
J'aurais bien voulu remonter la note de cette série, car je trouvais le dessin et les couleurs sympathiques, et j'aimais bien l'idée d'une petite fille presque sans peur qui s'associe à sa grand-mère, ancienne aventurière, pour parcourir le monde à la recherche de différentes essences de peur.
Mais voilà, il y a trop de choses qui gâchent le plaisir de lecture.
La première est le manque de cohérence interne. La grand-mère a consacré sa vie entière à écrire un livre et perd soudainement tout son travail lorsque son chien mange les pages, comme si elle n'avait conservé aucune note, aucune recherche, aucune copie. Cette même grand-mère rêve ensuite de devenir célèbre en publiant la formule chimique de ces peurs alors qu'à côté de ça elle a inventé une machine fabuleuse capable de téléporter des personnes, de leur apprendre instantanément les langues étrangères, de produire la monnaie locale ou encore de localiser intuitivement les endroits où vont se produire des évènements liés à la peur. De la même manière, les lieux et circonstances trop alambiqués dans lesquelles l'héroïne doit récolter des peurs pourtant très simples paraissent bien trop artificiels alors qu'elle pourrait souvent les obtenir beaucoup plus simplement. Cette absence de logique interne implique une absence d'enjeux et d'implication du lecteur qui n'y croit pas.
Mais au-delà de ce défaut, que j'aurais pu à la limite accepter dans le cadre d'une série jeunesse légère, c'est surtout la caractérisation des personnages qui m'a agacé. Ils surjouent constamment, avec des changements d'humeur pénibles. La grand-mère passe sans raison apparente de l'autoritarisme le plus excessif à des moments de tendresse. La jeune héroïne joue régulièrement les donneuses de leçons, se met à hurler de colère puis retrouve le sourire l'instant d'après comme si rien ne s'était passé, s'excuse à un moment pour mieux réprimander quelqu'un la minute suivante.
Les personnages principaux en deviennent plus agaçants qu'attachants et, comme le récit adopte lui aussi ce ton trop changeant et rempli de facilités, je me suis trop vite ennuyé sans jamais réussir à m'investir dans les aventures racontées.
Puisque je venais de lire son album le plus récent, j'ai enchainé avec le tout premier album de Mathieu Bablet pour voir comment il avait commencé. On y retrouve la même trame post-apocalyptique et le même sentiment de désespoir pour l'humanité, mais ici le récit prend progressivement une direction plus étrange, entre science-fiction, fantastique et réflexions sur la survie.
Dès les premières pages, l'album dégage une atmosphère très particulière et une vraie personnalité visuelle. Les décors urbains sont superbes, avec ces immeubles, passerelles, structures et architectures qui s'entrelacent dans un gigantesque labyrinthe de béton. On sent déjà le talent de l'auteur pour représenter les villes, les perspectives et les espaces abandonnés. La mise en scène possède également une certaine originalité dès l'introduction du récit, avec plusieurs séquences marquantes qui installent efficacement cette ambiance de fin du monde mélancolique et oppressante.
J'ai aussi apprécié cette première partie centrée sur la survie quotidienne de personnages qui continuent d'avancer sans vraiment savoir pourquoi, dans un monde qui semble déjà condamné. L'atmosphère fonctionne bien et donne envie d'en découvrir davantage.
En revanche, plus l'histoire avance, plus elle m'a perdu. Les motivations des personnages se font de plus en plus floues et il est difficile de s'attacher à aucun d'entre eux ou de s'investir dans leur destin. Surtout, tout ce qui concerne les révélations et la signification des événements dans le dernier tiers de l'album m'a paru beaucoup trop vague. J'ai eu l'impression que le récit cherchait à devenir plus ambitieux et symbolique sans réussir à rendre ses enjeux suffisamment clairs ou convaincants. Une partie importante de ce qui se passe finit par me sembler gratuite, voire arbitraire, ce qui rend la conclusion franchement décevante.
Je retiens donc surtout la puissance visuelle de l'album et l'ambiance qu'il parvient à créer. Les décors urbains sont déjà impressionnants et la mise en scène montre un auteur plein de potentiel. Malheureusement, le scénario m'a laissé à distance et la fin m'a laissé perplexe et déçu.
Repêchage de cette série suite aux avis élogieux lus notamment ici et à son sujet au fort potentiel.
A l'instar du très intrigant Le Cas David Zimmerman, cette BD aborde l'intrigue de l'échange de corps et la découverte de celui de sexe opposé, sans travailler la thématique du genre comme l'on est en droit de s'y attendre désormais. Mais si cette absence était rendue pertinente par Harari du fait d'un travail autour de l'inquiétante étrangeté, ce n'est nullement le cas ici.
Ce n'est clairement pas très bon : les interrogations initiales sont toutes bien vite esquivées (comment investir une routine de vie méconnue, comment surmonter la méconnaissance profonde de nos proches...), plus étonnant, les pistes ouvertes par le scénario sont elles-mêmes mal refermées (la mère qui disparaît puis revient, le sentiment amoureux qui est travaillé puis oublié, etc.). Plus gênant, l'on fait face à un traitement à l'ancienne de cette thématique de l'échange des corps, multipliant le fan service occasionnellement nauséeux, ces décadrages gratuits sous les jupes des filles, l'humour gras sous l'apparence de la pudeur, en abordant la situation via le point de vue d'un post-ado libidineux mais coincé : si la 1ère scène explicitement sexuelle était légitime, son traitement est bien maladroit ; mais que dire de la 2nde ne recherchant que le sensationnalisme gratuit pour émoustiller son lectorat masculin ?
Ces multiples défauts cachent malheureusement des qualités visuelles réelles : un sens du rythme, une manière d'épurer les pages des textes superflus, une capacité ici ou là à figurer une expressivité étrangement intéressante.
Une lecture rapide, une thématique géniale, mais un traitement misogyne que l'on aimerait ne plus voir au 21e siècle, et une conduite de l'intrigue plutôt maladroite.
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Alix Senator
Se laisse lire, mais n'atteint pas la perfection historique de Murena sans parler de l'excellence des dessins… ni la fraicheur d'Alix, du temps de son créateur ! Ah, s'il avait pu se progresser à partir du niveau des Légions perdues où la fuite sur les toits était de toute beauté, Enac point trop envahissant, la rencontre avec le loup et la bataille finale pour l'épée de Brennus poignante ! Il est des amis, des fictions, des habitudes dont on peut dire qu'on ne rompt pas vraiment avec eux par nostalgie de ce qu'ils auraient pu être. Pour en revenir à nos moutons, ou plutôt à nos loups, les Romains étant fils de la louve, voyons Alix senator ! Je trouve les intrigues tarabiscotées mais sans la fantaisie d'Alix jeune, cependant, l'album Le maître des masques relève le niveau. Sans spoiler je dirais que l'ennui peut mener au pire quand on ne sait ni l'accepter ni lutter avec lui de façon créative… Une mention pour Livie.
Zélie nord-sud
Je ne ressens aucun plaisir à continuer à martyriser cet album. À l'époque, j'étais perplexe par rapport à l'histoire, je n'ai pas complètement compris le but. Cependant, j'ai aimé les couleurs chaudes : les ocres, oranges et jaunes vifs sont merveilleux, Cosey est un grand coloriste ! Après avoir lu quelques avis, je comprends maintenant mon malaise. Je remercie surtout bamiléké pour son témoignage si éclairant.
La Divine Comédie d'Oscar Wilde
J'abonde dans le sens de Canarde, c'est pas la BD de l'année et c'est même un peu long à lire. Personnellement j'ai étalé la lecture sur un petit moment, pour ne pas être écœuré, mais l'indigestion n'était jamais très loin. Oscar Wilde ne m'est pas particulièrement inconnu, j'ai eu l'occasion de lire certaines de ses œuvres et de jouer (et voir) sa fameuse pièce "L'importance d'être Constant", mais je me suis assez peu intéressé à sa vie. D'ailleurs je ne savais pas qu'il avait fini ses jours à Paris. Et c'est précisément cette fin de vie qui est racontée ici, d'une manière soporifique. Comme Canarde, je trouve que ça fait vieil alcoolique poétique qui a la santé et le moral déclinant. Une grande partie de la BD est un condensé de ses relations sociales, qui semblent suffire à la définir apparemment. Le tout entrecoupé d'interviews de ces personnes qui l'ont rencontrée et côtoyés. C'est franchement long, j'ai confondu tout le temps les personnages qui gravitaient autour et le dessin n'a pas aidé. La BD est donc longue, assez peu intéressante et franchement j'ai peu appris sur Oscar Wilde. La BD n'est pas recommandée !
Tarzan - Seigneur des signes
Signe-Singe : jusqu'ici, j'avais compris la blague. Le livre ne va beaucoup plus loin, une longue blague pas toujours réussie, élucubrations dans un supposé essai sur Tarzan, réflexions et hypothèses farfelues. Les dessins se limitent à quelques détails (inspirés de Hogarth) qui évoquent l'origine du héros et il n'y a pas d'autre histoire. J'attribue la note moins mauvaise à l'immense culot de l'auteur et au fait d'avoir ri de moi-même à la fin.
Carbone 14
Mouais. Je vais être moins enthousiaste que mon prédécesseur. Pourtant, j’avais bien aimé l’humour gentiment déjanté de Coyote Bill, très cartoonesque. Et c’est le nom de Widenlocher qui m’a attiré et m’a poussé à acheter cet album dans une foire au troc – heureusement très peu cher. Car en fait j’avais zappé que « Coyote Bill » était scénarisé par quelqu’un d’autre – en l’occurrence Herlé. Et avec ce « Carbone 14 », Widenlocher est seul à la baguette. Et son humour n’a pas fait mouche avec moi. J’ai trouvé la plupart des gags poussifs, ils ne m’ont arraché que quelques rares sourires. Même son dessin m’a moins plu que pour « Coyote Bill ». Alors, certes, dessin et histoires peuvent être lisibles, mais je n’y ai pas trouvé de quoi agiter mes zygomatiques.
L'Ecole emportée
Le pitch de départ (une école entière avec ses occupants projetée brusquement « ailleurs », dans une zone a priori inconnue) m’a forcément fait penser à celui de la série The Woods, que j’ai lue il n’y a pas longtemps, série dont les auteurs ont probablement été influencés par ce manga. Le point de départ est forcément intrigant, avec cette école brutalement coupée du monde, envoyée on ne sait où avec ses occupants. Après quelques fiascos de la part des adultes, les élèves/enfants se retrouvent livrés à eux-mêmes, dans une ambiance qui peut faire penser à « Sa majesté des mouches ». Mais, une fois la surprise initiale passée, j’ai vraiment eu du mal à accrocher à cette série. D’abord le dessin fait franchement vieillot. J’allais dire plus que son âge, mais je viens de voir que la série date du début des années 1970 au Japon… Je n’ai pas vraiment aimé la propension des personnages à avoir la bouche grande ouverte pour parler, pleurer, crier, surjouant les émotions. Et la façon de dessiner les personnages en mouvement – en particulier lorsqu’ils courent – multiplie les défauts. Quant à l’intrigue, il y a déjà des longueurs dans le premier tome (il faut dire que chaque tome est bien plus épais que le format classique du manga), et c’est encore le cas par la suite. Clairement il aurait fallu élaguer ! Ensuite, dès la situation de départ installée, Umezu cherche à maintenir l’attention du lecteur par des artifices souvent maladroits et peu crédibles. En particulier dans les réactions – souvent outrancières et improbables – des adultes, qui changent brusquement et du tout au tout de personnalité, ayant des comportement psychopathiques (voir le cuistot près à tuer tous les gamins de l’école pour garder la bouffe pour lui seul, ou un professeur se transformant en serial killer sans raison claire). Et les pseudo explications données à ces changements, via des dialogues un peu lourds, renforcent le côté artificiel de l’ensemble – et accentue l’impression de remplissage. Par la suite, Umezu use d’autres moyens pour relancer l’intrigue, mais là aussi ça ne m’a pas convaincu. En effet, ça fait feu de tout bois pour faire survenir les dangers, pour maintenir en haleine, sans jamais que ça ne soit crédible. Ça sombre trop souvent dans une facilité et un n’importe quoi presque involontairement comique (les bestioles géantes, l’histoire du couteau avec la mère du jeune héros, etc.). En fait, on a l’impression que l’idée de situer le point de départ de l’intrigue dans une école, c’est surtout pour avoir un réservoir important de victimes potentielles de diverses menaces. Les gamins peuvent bien mourir régulièrement, il en reste toujours pour nourrir de nouveaux rebondissements. Enfin bref, j’avais emprunté les 6 tomes, et je me suis arrêté aux trois premiers, car ça me soulait un peu trop, et je ne voyais pas les choses s’améliorer. Ça n’est sans doute pas ma came.
La Vallée des oubliées
Je vais casser un peu l’ambiance mais pour ma part, je n’ai pas trouvé ça bien fameux. J’apprécie pourtant beaucoup les auteurs mais ici le résultat, bien que pro, m’est apparu bien trop bancal, trop facile, sans surprise et finalement sans âme. Il n’y a que pour les couleurs d’Usagi où je n’ai pas grand chose à dire, ça fait d’ailleurs plaisir de la voir créditer à égalité avec le duo scénariste/dessinateur (mot de remerciement, bibliographie …), très classe. Le dessinateur s’en tire tout de même avec les honneurs, c’est solide dans le trait. Cependant ce n’est pas un style que je recherche dans un western, le rendu me semble trop lisse et propre, ça passe dans les grandes cases et extérieurs mais beaucoup moins en gros plan ou scènes intérieures qui apparaissent plus pauvres et aseptisés à mes yeux. Ça ne colle pas avec l’idée que je me fais du genre (saleté, crasse …) et je tique un peu sur le charisme de ces 2 personnages masculins qui suivent un peu la même tendance. Un dernier point que j’ai peu goûté aussi et la représentation de certains mentons de personnages (l’indien, Ma ..) qui (à mes yeux) tombe dans la caricature, on tombe dans le Bogdanov et ça me fait sortir du côté réaliste distillé jusque là. Mais l’aspect le plus tendancieux de l’album reste l’histoire, j’ai connu Dubois bien plus inspiré, tout m’apparaît pauvre ici. Malgré une belle pagination, ça ne décolle jamais, j’ai trouvé ça linéaire, sans tension ni surprise. J’ai cette impression que le scénariste recycle le fond de Les Sans-Visages mais avec des ingrédients différents (western, communauté de femmes …) et agencés plus maladroitement. Je recense plein de détails qui coincent. C’est violent et à la fois niais, on ne croit à aucun personnage, le crush du héros qui apparaît de nul part, des gunfight cheatés et improbables, une fin façon Happy end … Alors c’est sûr ça se lit facilement, ce n’est pas honteux mais perso je ne m’y suis pas retrouvé.
L'Encyclopédie des peurs
J'aurais bien voulu remonter la note de cette série, car je trouvais le dessin et les couleurs sympathiques, et j'aimais bien l'idée d'une petite fille presque sans peur qui s'associe à sa grand-mère, ancienne aventurière, pour parcourir le monde à la recherche de différentes essences de peur. Mais voilà, il y a trop de choses qui gâchent le plaisir de lecture. La première est le manque de cohérence interne. La grand-mère a consacré sa vie entière à écrire un livre et perd soudainement tout son travail lorsque son chien mange les pages, comme si elle n'avait conservé aucune note, aucune recherche, aucune copie. Cette même grand-mère rêve ensuite de devenir célèbre en publiant la formule chimique de ces peurs alors qu'à côté de ça elle a inventé une machine fabuleuse capable de téléporter des personnes, de leur apprendre instantanément les langues étrangères, de produire la monnaie locale ou encore de localiser intuitivement les endroits où vont se produire des évènements liés à la peur. De la même manière, les lieux et circonstances trop alambiqués dans lesquelles l'héroïne doit récolter des peurs pourtant très simples paraissent bien trop artificiels alors qu'elle pourrait souvent les obtenir beaucoup plus simplement. Cette absence de logique interne implique une absence d'enjeux et d'implication du lecteur qui n'y croit pas. Mais au-delà de ce défaut, que j'aurais pu à la limite accepter dans le cadre d'une série jeunesse légère, c'est surtout la caractérisation des personnages qui m'a agacé. Ils surjouent constamment, avec des changements d'humeur pénibles. La grand-mère passe sans raison apparente de l'autoritarisme le plus excessif à des moments de tendresse. La jeune héroïne joue régulièrement les donneuses de leçons, se met à hurler de colère puis retrouve le sourire l'instant d'après comme si rien ne s'était passé, s'excuse à un moment pour mieux réprimander quelqu'un la minute suivante. Les personnages principaux en deviennent plus agaçants qu'attachants et, comme le récit adopte lui aussi ce ton trop changeant et rempli de facilités, je me suis trop vite ennuyé sans jamais réussir à m'investir dans les aventures racontées.
La Belle Mort
Puisque je venais de lire son album le plus récent, j'ai enchainé avec le tout premier album de Mathieu Bablet pour voir comment il avait commencé. On y retrouve la même trame post-apocalyptique et le même sentiment de désespoir pour l'humanité, mais ici le récit prend progressivement une direction plus étrange, entre science-fiction, fantastique et réflexions sur la survie. Dès les premières pages, l'album dégage une atmosphère très particulière et une vraie personnalité visuelle. Les décors urbains sont superbes, avec ces immeubles, passerelles, structures et architectures qui s'entrelacent dans un gigantesque labyrinthe de béton. On sent déjà le talent de l'auteur pour représenter les villes, les perspectives et les espaces abandonnés. La mise en scène possède également une certaine originalité dès l'introduction du récit, avec plusieurs séquences marquantes qui installent efficacement cette ambiance de fin du monde mélancolique et oppressante. J'ai aussi apprécié cette première partie centrée sur la survie quotidienne de personnages qui continuent d'avancer sans vraiment savoir pourquoi, dans un monde qui semble déjà condamné. L'atmosphère fonctionne bien et donne envie d'en découvrir davantage. En revanche, plus l'histoire avance, plus elle m'a perdu. Les motivations des personnages se font de plus en plus floues et il est difficile de s'attacher à aucun d'entre eux ou de s'investir dans leur destin. Surtout, tout ce qui concerne les révélations et la signification des événements dans le dernier tiers de l'album m'a paru beaucoup trop vague. J'ai eu l'impression que le récit cherchait à devenir plus ambitieux et symbolique sans réussir à rendre ses enjeux suffisamment clairs ou convaincants. Une partie importante de ce qui se passe finit par me sembler gratuite, voire arbitraire, ce qui rend la conclusion franchement décevante. Je retiens donc surtout la puissance visuelle de l'album et l'ambiance qu'il parvient à créer. Les décors urbains sont déjà impressionnants et la mise en scène montre un auteur plein de potentiel. Malheureusement, le scénario m'a laissé à distance et la fin m'a laissé perplexe et déçu.
Dans l'intimité de Marie
Repêchage de cette série suite aux avis élogieux lus notamment ici et à son sujet au fort potentiel. A l'instar du très intrigant Le Cas David Zimmerman, cette BD aborde l'intrigue de l'échange de corps et la découverte de celui de sexe opposé, sans travailler la thématique du genre comme l'on est en droit de s'y attendre désormais. Mais si cette absence était rendue pertinente par Harari du fait d'un travail autour de l'inquiétante étrangeté, ce n'est nullement le cas ici. Ce n'est clairement pas très bon : les interrogations initiales sont toutes bien vite esquivées (comment investir une routine de vie méconnue, comment surmonter la méconnaissance profonde de nos proches...), plus étonnant, les pistes ouvertes par le scénario sont elles-mêmes mal refermées (la mère qui disparaît puis revient, le sentiment amoureux qui est travaillé puis oublié, etc.). Plus gênant, l'on fait face à un traitement à l'ancienne de cette thématique de l'échange des corps, multipliant le fan service occasionnellement nauséeux, ces décadrages gratuits sous les jupes des filles, l'humour gras sous l'apparence de la pudeur, en abordant la situation via le point de vue d'un post-ado libidineux mais coincé : si la 1ère scène explicitement sexuelle était légitime, son traitement est bien maladroit ; mais que dire de la 2nde ne recherchant que le sensationnalisme gratuit pour émoustiller son lectorat masculin ? Ces multiples défauts cachent malheureusement des qualités visuelles réelles : un sens du rythme, une manière d'épurer les pages des textes superflus, une capacité ici ou là à figurer une expressivité étrangement intéressante. Une lecture rapide, une thématique géniale, mais un traitement misogyne que l'on aimerait ne plus voir au 21e siècle, et une conduite de l'intrigue plutôt maladroite.