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Les derniers avis (4 avis)

Par Benjie
Note: 4/5
Couverture de la série L'Assassin qu'elle mérite
L'Assassin qu'elle mérite

En ce début de XXe siècle, porteur de belles promesses et de progrès techniques, la société européenne se transforme et l’écart entre les classes sociales, entre ceux qui vivent dans l’opulence et ceux qui se débattent dans la misère, éclate au grand jour. Cette fracture sociale et ses conséquences personnelles et politiques sont à la base de cette courte série. L’ambiance de l’époque est vraiment bien restituée avec soin et détails. Les rues, les bâtiments, les vêtements des personnages, tout y est. Le scénario est intelligemment mené. Il ne s’égare pas et retombe parfaitement sur ses pieds à la fin. Malheureusement pour l’un des héros de ce récit, l’argent ne peut tout acheter et surtout pas l’amour. Alors comment faire quand on est très riche et malheureux ? Peut-on aller jusqu’à se servir d’un innocent pour assouvir sa passion et sa vengeance ? Si le personnage principal est manipulé par ce dandy sans scrupules, le lecteur qui suit l’affaire avec intérêt ne s’aperçoit pas que lui aussi est manipulé par l’auteur. Lupano a plus d’un tour dans son sac ! C’est original, plein de questionnements sur les comportements humains et les jugements hâtifs. Le dessin est très soigné et de qualité. A lire et relire avec beaucoup de plaisir.

23/07/2021 (modifier)
Par olma
Note: 5/5
Couverture de la série L'Arabe du futur
L'Arabe du futur

j'avais entendu parler de cette bande dessinée il y a longtemps, et je l'ai enfin découverte et lue à l'occasion de la sortie du quatrième tome. Elle mérite tout à fait son excellente réputation. Riad Sattouf a un talent étonnant, celui de nous faire vivre un véritable voyage dans le temps et dans l'âge, car tout son récit se passe à hauteur d'enfant, sans la moindre niaiserie, et commence au crépuscule des espoirs qu'avaient pu faire naître les "despotes éclairés" dont on avait pu penser qu'ils allaient moderniser leur pays et faire accéder leurs concitoyens à une meilleure qualité de vie. On oublie que Kaddhafi ou même Hafez El Assad (dont la violente répression de la rébellion d'Homs n'était pas connue à l'époque) étaient considérés non pas comme des potentats corrompus et sanguinaires, mais comme des dirigeants rationnels, modernes, ouverts. Puis les années passent, les guerres d'Irak, l'influence de l'Arabie Saoudite, la dureté des conditions de vie et les inégalités en Lybie et en Syrie passent en toile de fond - avec le contraste des pages se déroulant en France où tout n'est pas simple surtout pour un garçon s'appelant Sattouf, mais où notamment l'influence bienfaisante ou malicieuse des grands-parents vient éclairer les souvenirs, mais ce n'est pas un lourd cours de géopolitique qui passe, mais des éléments plus ou moins bien compris par le jeune Riad, et qui éclairent l'évolution de son père, très probablement déçu dans ses espérances initiales de jeune homme, qu'il a ensuite rejetées avec amertume comme une occidentalisation dont il ne voulait plus. Progressivement par la force des choses la mère de Riad devient plus présente et apporte une autre tonalité au récit. Il y a beaucoup de passages très drôles, d'autres plus mélancoliques, certains pourraient être très durs s'ils étaient présentés de façon directe, mais là encore la magie de Riad Sattouf est de nous les faire éprouver tels que lui les a vécues enfants, avec une dose d'innocence et d'incompréhension qui a parfois des effets très comiques. En sus de son talent de conteur et scénariste, Riad Sattouf illustre son histoire avec un trait très juste et très vivant, expressif et drôle. Pour l'anecdote, c'est amusant de découvrir que Riad s'est inspiré des univers de Lovecraft, Moebius et Conan dans ses premières oeuvres d'enfant / ado dessinateur.

14/07/2021 (modifier)
Par damienL
Note: 5/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Sara Lone
Sara Lone

Je me suis réellement régalé à la lecture de cette bd. La lecture est fluide et les scénarios s'entremêlent très bien. On se plonge facilement dans l'action et il serait facile d'en dériver une adaptation cinématographique. L'écriture et le dessin sont très justes. Certaines scènes auraient pu être évitées mais n'enlèvent rien et ne prêtent pas à confusion. Peut-être un léger bémol sur la présence de petites expressions anglaises de-ci de-là, certainement justifiables par le contexte américain (les années 60), mais qui n'étaient peut-être pas indispensables en français. J'aurais mis 4.5*, mais j'ai vraiment passé un bon moment, alors ... :)

05/07/2021 (modifier)
Par Josq
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Olivier Rameau
Olivier Rameau

Là où beaucoup, sans doute, choisiraient Achille Talon, si je devais, pour ma part, choisir une seule saga pour incarner l'œuvre de Greg, j'opterais sans trop d'hésitations pour Olivier Rameau. Même si, dans la liste de mes séries préférées de Greg, elle se dispute la première place avec Comanche, je trouve qu'il s'agit de celle qui illustre le mieux l'esprit de l'auteur. Alors qu'Achille Talon est davantage tourné vers l'humour pur, Comanche plonge tout entier dans le domaine de l'aventure, mais Olivier Rameau incarne le juste milieu entre ces deux catégories. Ce qui fait, à mon sens, la supériorité de cette saga, c'est parce que, précisément, tout y est possible. Greg peut y faire absolument tout ce dont il a envie, et pourtant, contrairement à certains tomes d'Achille Talon ou Les As, il ne fait pas n'importe quoi pour autant (même si ça en a parfois certaines apparences). Ainsi, le mécanisme de ses récits est souvent le même d'un tome à l'autre : tout va bien au pays de Rêverose, quand soudain la tranquillité est menacée par un élément extérieur qui pousse Olivier à monter une équipe pour voyager à l'autre bout du pays et découvrir de nouvelles contrées. Jusque-là, rien que de très classique, mais Greg nous montre qu'il maîtrise en tous points l'écriture d'une histoire en veillant à lui garder une cohérence interne extrême, où tous les éléments utiles à l'intrigue sont présentés avant dans le récit, y compris ce qui servira de deus ex machina. Bref, c'est très rigoureux et en cela, ça suit parfaitement le credo d'un Lewis Carroll, tant on peut évidemment rapprocher Olivier Rameau de sa lointaine cousine Alice au pays des merveilles. Un credo d'ailleurs parfaitement résumé par un autre (très) grand auteur britannique, l'immense G.K. Chesterton, qui expliquait : "Le fou, c'est celui qui a tout perdu sauf la raison." Ici, tout est fou : rien n'a de raison d'être, tout ce qui nous fait vivre dans le monde réel (le "monde-où-l'on-s'ennuie") a disparu du pays de Rêverose, mais tout est logique. Une logique apparemment absurde, mais toujours cohérente, et finalement imparable qui nous plonge au sein d'une très jolie folie. Cette folie, nous la connaissons finalement déjà, et les auteurs ne se privent pas de nous le rappeler régulièrement, car nous l'avons déjà visité : la nuit, au sein de nos rêves. Et de fait, Olivier Rameau, c'est cela : un rêve qui prend vie sous nos yeux, conscients et éveillés. Il se dégage alors de la saga un onirisme tout particulier, qui lui donne son sel savoureux et bannit tout ce qui aurait pu être mièvre à l'excès chez un auteur moins onirique. Ainsi, Greg crée un univers unique, fascinant par sa capacité à nous faire vraiment rêver, tout en en profitant pour écrire des récits trop faciles ou affranchis de toute règle. Au contraire, c'est en faisant particulièrement attention aux règles qu'il réussit à porter Olivier Rameau au rang de chef-d'œuvre. C'est aussi grâce au renfort de Dany, dont le trait n'a jamais été aussi bien utilisé qu'ici. En effet, il dessine avec un style très proche du Greg habituel et du style franco-belge classique, mais il y ajoute une touche de réalisme et même de sensualité qui apporte quelque chose en plus à la saga. En plus de dessiner avec un immense talent des paysages fascinants et très variés, ses personnages sont aussi des merveilles de dessin, d'une immense rigueur, soit caricaturaux (M. Pertinent), soit plutôt réaliste et bien proportionnés (Olivier Rameau et Colombe). Le dessinateur crée ainsi un univers graphique à la hauteur de celui inventé par Greg, et c'est bien l'alchimie entre les deux qui permet de faire d'Olivier Rameau une si grande saga, à lire et relire sans modération, qu'on soit enfant, adolescent ou adulte. Car quel que soit notre âge, il y aura toujours une part de nous disponible à la rêverie.

02/07/2021 (modifier)