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Les dernier avis (4 avis)

Par DCD
Note: 5/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Transmetropolitan
Transmetropolitan

Arrivée à la moitié du premier volume, la collection en compte six, je m’orientais vers le premier avis, tant « Spider Jérusalem » le personnage centrale, est trivial sur la forme, alors que l’histoire peine à avoir du fond. Mais petit à petit, on se prend à aimer suivre les enquêtes de ce journaliste indépendant et sans concession, quand on lit ses premiers articles écrits à l’acide et aux féces (oui, oui). On comprend mieux la ville futuriste dans laquelle il évolue, qui n’est en réalité, qu’une exagération de notre société médiatique actuelle. L’information télévisuelle y est partout et intrusive (comprenez sur tous les murs de votre logement, dans les trottoirs), mais n’explique rien et se contente d’énoncer des faits sans les expliquer, pour pouvoir mieux placer ses émissions de divertissements très vulgaires et ses pubs. Ce monde est d’ailleurs fantastique, avec ses émissions pornographiques pour enfants, sa fabrication d’humains pour l’alimentation, et oh oui ! Ses « faiseurs » ! Des machines capables, à partir d’un bloc de matière densifié (ou d’ordures pour la classe moyenne), de fabriquer vos vêtements, vos repas et… leur propre drogue. Et si vous la leur retirez, des têtes de cheval qu’ils placeront dans votre lit, comme menace de mort quand ils appartiennent à la mafia. Les progrès scientifiques y sont légions, comme l’asexuation, pour ne plus à avoir à de rapports sexuels, les médicaments contre le cancer, pour pouvoir énormément fumer, le remplissage de l’estomac par des bactéries, pour ne plus avoir à manger, et d’autres qui seront moins anecdotiques, comme la capacité à réveiller les personnes cryogénisées dans le passé, dont l’arrivée dans ce futur oppressant rend fous, ou ces humains qui veulent se transformer en « faiseur » ! « Spider Jérusalem » traverse ce décor avec sa rage, sa violence et son humour, pour ouvrir les yeux de ses concitoyens lobotomisés, quitte à les secouer trop vivement et à vous faire souffrir de le lire. Mais si vous passez la lecture du premier volume, vous devriez succomber à cet univers brutal et à son personnage féroce même si l’œuvre reste de premier abord décousue. En seconde lecture, la personnalité surprenante du héros ne jouant plus, c'est réellement une très bonne bande dessinée !

24/11/2020 (modifier)
Par Pirlouit
Note: 5/5
Couverture de la série XIII
XIII

Rien à ajouter aux jugements positifs sur cette série, dont je me rappelle avoir lu d'une traite, la nuit, les 12 premiers épisodes. Auparavant je n'avais même jamais cherché à la lire, car le titre, "XIII", me rebutait. Par contre, je voudrais regretter ici, et ce, encore une fois malgré la qualité du scénario, les invraisemblances assez grosses qui se nichent surtout dans les premiers épisodes, et qui laissent à penser que Van Hamme a construit son scénario au fur et à mesure: On sait au bout du compte que Carington sait depuis le début que XIII est en réalité Jason MacLane, qu'il l'a recruté lui-même pour faire croire aux comploteurs que Steve Rowland n'était pas mort. Or, dans "Où va l'indien", il est bien persuadé d'avoir en face de lui Rowland, ce qui ne tient pas la route. Et on ne voit vraiment pas pourquoi, vu qu'il sait qui est en réalité XIII, il ne le lui dit pas ou ne l'aide pas à se retrouver. Pourquoi il l'envoie retrouver sa pseudo famille Rowland, ce qui ne sert à rien s'il sait qui est XIII, qui n'apporte rien non plus dans la résolution du complot, et ne fait que mettre XIII en danger. Et puis, le couplet sentimental sur Rowland dont la mort l'aurait presque fait pleurer alors que celui-ci est quand même assez proche d'une ordure, ça ne tient pas. Cette invraisemblance dure tout de même un certain nombre d'épisodes. Je pense que Van Hamme a fait aussi de Kim la fille de Carington seulement au bout d'un certain temps. Il n'y avait pas pensé au début, cela se voit. Autre petite invraisemblance: On ne comprend pas bien comment on peut trouver sur le fusil de Rowland (qui a tué Sheridan) les empreintes de XIII, et que celles-ci ne sont pas celles de Rowland. A moins que Rowland ne se soit lui aussi fait changer ses empreintes, et qu'on ait ensuite mis les mêmes à XIII, ce qui est incompréhensible. Le plus normal aurait été qu'on ait changé les empreintes de XIII en les remplaçant justement par celles de Rowland. Mais comme les empreintes de Rowland à la suite d'une verbalisation pour conduite en état d'ivresse sont le moyen de prouver que XIII n'est pas Rowland, tout ça se mord la queue!... ouf! Bref, il y a aussi d'autres petites invraisemblances, mais malgré tout on reste toujours fasciné par cette série, et pour ma part je la relis régulièrement... en m'agaçant à chaque fois des invraisemblances, mais ce n'est pas grave. Comme beaucoup, j'estime qu'après le 12e volume, la série perd de son intérêt, et j'ai arrêté d'acheter après le tome 19 (enfin j''ai acheté les trois ou 4 premiers de la nouvelle série, puis j'ai abandonné. Sans intérêt) Quant aux volumes sur chaque personnage, je les trouve souvent (pas tous quand même) inintéressants, et même souvent trahissant les personnages.

20/11/2020 (modifier)
Par grogro
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le discours de la panthère
Le discours de la panthère

Jérémie Moreau est décidément un auteur à suivre. S'il n'a (presque) pas toujours réalisé des chefs d’œuvre (Penss et les plis du monde était une déception du point de vue graphique avec ses personnages à moitié mangaïsés), il sait cependant se renouveler. C'est un auteur qui cherche, explore, trouve souvent... On sent le gars généreux, plein d'audace, qui a des choses à dire et à faire voir, et surtout, qui ne s'assoie pas sur le succès. Rien que pour cette raison, avec Le Discours de la panthère, l'ami Moreau confirme tout le bien qu'on pensait de lui et s'impose comme un artiste incontournable. C'est finalement assez rare pour être souligné me semble-t-il. Ce nouvel essai est, une fois encore, marqué d'emblée par un changement de style graphique tout à fait saisissant. Même si l'on retrouve par moments ce goût pour les fonds texturés qui avaient conféré une puissance phénoménale à La Saga de Grimr, les dessins, épurés et chatoyants donnent ici l'impression d'un parti pris très fort et parfaitement assumé. "Penss", son ouvrage précédent, m'avait au contraire laissé un goût d'inachevé. On sentait clairement que l'ami Moreau hésitait alors entre plusieurs voies possibles. Au contraire, la sobriété lumineuse du Discours de la panthère tranche net et nous invite à pénétrer dans un monde merveilleux. L'expressivité des personnages (ici exclusivement des animaux) a toute la place pour s'exprimer. Moreau parvient à capter l'essence de chaque animal et à la fixer dans des gestes et des attitudes tout à fait typiques : mouvements de tête caractéristiques de l'autruche, marche lourde et chaloupée de l'éléphant, pas rapides du pagure (le fameux bernard l'hermite)... Mention spéciale aux vols acrobatiques et si féériques des étourneaux. Le dessin vibre et s'anime comme dans un trip sous LSD. De toute beauté ! Ce livre est d'abord un enchantement pour les yeux, à plus forte raison parce que les éditions 2024 ont su apporter à ce conte animalier l'écrin qui lui sied comme un gant. Mais ce magnifique dépouillement, tout en aplat de couleurs, souvent réduit à une ligne d'horizon, une dune, un arbre, une montagne, un nuage... permet également à l'histoire de s'étirer dans les moindres recoins. Cet ensemble de fables, comme autant de paraboles habilement imbriquées les unes dans les autres, voit son graphisme mis entièrement au service du propos, autant spirituel que philosophique. Au fil du livre, à travers chaque expérience de vie, le lecteur assemble peu à peu ce puzzle dont la dernière pièce (l'histoire du singe, sorte de proto humain en quelque sorte) donne tout son sens à cette réflexion sur la vie et ce qui nous unit à elle de manière intime. C'est beau et profond dans la forme et tout autant, sinon plus, dans le fond. Et tout ça sans jamais verser dans la lourdeur, le pathos ou la morale à papa. Une gageure ! En réalité, Jérémie Moreau choisit bien l'animal en fonction de ce qu'il lui fait vivre. Par exemple, de manière certes un peu convenue mais qu'importe puisque ça fonctionne, l'éléphant illustrera l'Histoire et la mémoire, ainsi que la manière dont on se construit aussi en fonction d'elle. L'autruche, animal a fortiori nettement moins gracieux qu'un chaton, symbolisera quant à elle l'image que l'on a de soi-même... Ainsi, chaque histoire s'attache à un aspect de la vie (et de la mort) pour former un ensemble parfaitement dense et cohérent. Blindée de discrètes références (on songe pêle-mêle au douanier Rousseau, à Kipling, La Fontaine, Esope...), le Discours de la panthère et son style naïf ne manquera pas d'interpeller. Magnifiquement illustrée, soutenue par des textes malins, le lecteur se voit tout entier absorbé par cette histoire d'une originalité certaine. Ajoutons que ce livre s'adresse aussi bien aux adultes qu'aux enfants, et on comprendra que l'on tient ici une bande-dessinée aussi originale qu'universelle. Cette lecture fut un véritable enchantement qui m'a scotché un sourire béat aux commissures toute la journée. Ben moi, j'appelle ça un coup de cœur !

10/11/2020 (MAJ le 12/11/2020) (modifier)
Par pol
Note: 4/5
Couverture de la série Les Frères Rubinstein
Les Frères Rubinstein

Voilà une fresque familiale des plus prometteuses. La collaboration de plusieurs auteurs se fait avec une harmonie remarquable à tous les niveaux. Entre histoire et dessin bien sûr, puisque le visuel nous permet de plonger les deux pieds en avant dans le récit. Mais également entre personnages et décors puisque 2 dessinateurs se partagent ce découpage sans qu'il y ait quoi que ce soit à redire tant le résultat est cohérent et esthétique. Des visages joviaux et expressifs, rendant sympathiques nos deux héros dès les premières cases. L'architecture des villes nous emmène brillamment au siècle dernier. Un sans faute graphique. Et l'histoire n'est pas en reste. On suit les aventures de 2 frères à travers les âges et les lieux, d'un coron du nord de la France, jusqu'au camp de Sobibor en passant par Paris. Le moins que l'on puisse dire c'est qu'il s'en passe des choses dans leur existence. Les difficultés que leur réserve la vie semblent les unir encore plus, et chacun est prêt à tout pour son frère. C'est beau, le lien qui unit cette fratrie fait plaisir à voir, d'autant plus qu'on y croit à fond. Cela ne parait jamais cliché et pour une histoire de juifs pendant la guerre, cela ne parait pas déjà lu cent fois. Les relations familiales sont vraiment au premier plan, bien mises en lumière par les nombreuses péripéties et le contexte historique. Les héros sont vraiment attachants, leurs aventures pleines de rebondissements qu'on prend plaisir à suivre. L'histoire se ballade dans le temps de 1927 à 1942, en revenant régulièrement entre les deux, sans que cela soit confus ou perturbant. Au contraire ces flashbacks amènent un vrai plus à la narration. Les évènements présents trouvant leur source dans le passé, le comportement d'un personnage faisant écho à une péripétie plus ancienne. C'est limpide, cohérent, tout trouve du sens au fur et à mesure que l'histoire avance. On a vraiment envie de connaitre le destin de nos deux héros. La saga semble partie pour durer, il ne reste qu'à espérer que ce soit aussi bon tout au long des tomes à venir.

07/11/2020 (modifier)