Les derniers avis (3 avis)

Par gloubi
Note: 5/5
Couverture de la série Château de sable
Château de sable

Pour moi, Château de sable est un chef d’œuvre. On est sur une construction d'histoire très classique, au sens où il y a une unité de lieu, de temps et d'action, même si les auteurs jouent avec certaines de ces règles ! Il y a quelque chose d'incroyable dans le fait que la narration assez abrupte et le rythme, paradoxalement assez soutenu pour une journée à la plage, arrivent à nous faire accepter le paradigme très particulier de l'endroit. On suit les interactions des différents personnages dans ce huis clos rapidement angoissant, où l'incursion du fantastique bouleverse les liens entre eux suivant la perception que chacun a du phénomène. Il reste quelques incongruités non expliquées ; ça peut paraître un peu frustrant mais je vois ça paradoxalement comme autant de fausses pistes pour rester focalisés sur ce qu'il se passe sur la plage. Pierre Oscar Lévy n'a scénarisé que cette bd, un peu sur le tard, mais il a fait l'essentiel de sa carrière comme réalisateur, et je trouve que le cinéma infuse dans Château de sable, autant dans la construction du récit que dans de nombreux choix de cadrages, à la façon d'un story-board. M. Night Shyamalan ne s'y est pas trompé en l'adaptant au cinéma (en 2021), mais à mon sens il fait l'erreur d'ajouter un fond de contexte, tente des explications et ça ne fonctionne plus vraiment. Dans un autre genre, ça fait penser au film Cube, dans lequel l'histoire démarre aussi avec un groupe de gens parachutés dans un contexte très particulier et ne s'achèvera qu'en conservant le mystère sur celui-ci, mais au final l'intégralité du film ne traite que des relations entre les protagonistes. Et comme toujours, le dessin de Peeters est vraiment réussi, dans un noir et blanc très simple avec des visages très expressifs.

14/07/2026 (modifier)
Par karibou79
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série La Horde du contrevent
La Horde du contrevent

Je n'ai pas lu le roman de Damasio avant mais connaîs assez le bonhomme et la réputation d'exigence de ce roman en particulier. Son univers demande un certain investissement, qui embarque le lecteurs qui est prêt à en payer le prix. Ce qui est subjugant, c'est la personnalité des membres de la Horde. Chacun a sa place, son rôle, sa vision du monde, et les relations entre eux évoluent de manière très naturelle au fil du voyage. On sent le poids des années passées ensemble, les tensions, les rivalités mais aussi le respect mutuel. Graphiquement, l'auteur réalise un travail impressionnant. Les paysages sont magnifiques et surtout il parvient à rendre le vent omniprésent. On le voit, on le ressent, presque physiquement par moments, arriver à retranscrire aussi bien un élément aussi abstrait n'est à la portée que de ceux qui se sentent pleinement investis dans leur oeuvre, (Emmanuel Lepage me vient immédiatement à l'esprit.) Tout n'est pas parfait pour autant. L'univers reste dense et la lecture est parfois un peu chargée, notamment lorsque les explications prennent le dessus sur l'aventure. Mais cela fait partie de l'ADN de cette série. Mon véritable coup de cœur est arrivé avec le dernier volume en cours, le tome 4. La joute verbale est à elle seule un grand moment de bande dessinée. C'est brillant, drôle, inventif et surtout totalement cohérent avec cet univers où les mots ont un poids particulier, du Damasio pur jus. Cela faisait longtemps qu'une séquence de dialogue ne m'avait pas autant marqué. Une adaptation réussie et validée par Damasio qui donne envie de poursuivre l'aventure et, dans mon cas, probablement de découvrir le roman ensite pour faire la part entre le roman et cette adaptation. 4/5 et un vrai coup de cœur pour le tome 4, il me tarde donc de lire la suite, l'attente sera longue au vu des écarts de sortie entre les albums...

06/07/2026 (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Postapoland
Postapoland

Un O.V.N.I. J'en ai lu des trucs bizarres, mais cette BD dépasse de loin tout ce que j'ai lu avant... Bartosz Zaskórski est un artiste polonais, un touche à tout qui s'illustre dans l'art visuel et récemment dans le neuvième art. Il travaille à l'université pédagogique de Cracovie, où il dirige le studio audio d'auteur. Chose rare, je n'ai pas acheté cet album en librairie, mais en le commandant directement chez Huber éditions (avec deux autres BD). Je n'ai donc pas pu la feuilletter, un rituel important, je me suis juste basé sur la superbe galerie ci-jointe. Oubliez toutes vos certitudes et laissez-vous porter dans un univers post-apocalyptique déjanté, surréaliste et qui ne repose sur aucunes lois physiques. Postapoland est une BD expérimentale. Une narration chaotique au texte sobre et puissant, on va d'abord suivre deux mutants à la recherche d'une nouvelle tête pour l'un d'eux. Un récit qui se termine sur un « à suivre... ». Ensuite plusieurs histoires courtes sur cet univers de Postapoland. Sous un aspect incohérent, le réchauffement climatique, la malbouffe et la recherche de l'amour seront de la partie. Postapoland est avant tout une remise en cause de notre mode de vie, de sa décadence avec pour fil conducteur ce ver qui observe et qui infecte. Visuellement j'en ai pris plein les mirettes. La majorité de l'album est en noir et blanc aux planches tantôt dépouillées et tantôt surchargées. Bartosz Zaskórski fait preuve d'une grande inventivité, en particulier dans la représentation des mutants, que ce soit ces insectes humanoïdes où ces monstres flasques. Un soin méticuleux est apporté aux détails, la purulence suinte sur chaque page. Deux courts récits sont en couleur, le premier dans un vert-gris et le second dans un vieux rose et noir, le résultat est éblouissant. Une planche typée manga fera son apparition. Une mise en page surprenante. Un voyage graphique. Un album qui se termine par une playlist éclectique. Une BD qui ne fera pas l'unanimité. Les esprits cartésiens, vous pouvez passer votre chemin. Gros coup de cœur graphique.

05/07/2026 (modifier)