Les derniers avis (353 avis)

Par gloubi
Note: 5/5
Couverture de la série Château de sable
Château de sable

Pour moi, Château de sable est un chef d’œuvre. On est sur une construction d'histoire très classique, au sens où il y a une unité de lieu, de temps et d'action, même si les auteurs jouent avec certaines de ces règles ! Il y a quelque chose d'incroyable dans le fait que la narration assez abrupte et le rythme, paradoxalement assez soutenu pour une journée à la plage, arrivent à nous faire accepter le paradigme très particulier de l'endroit. On suit les interactions des différents personnages dans ce huis clos rapidement angoissant, où l'incursion du fantastique bouleverse les liens entre eux suivant la perception que chacun a du phénomène. Il reste quelques incongruités non expliquées ; ça peut paraître un peu frustrant mais je vois ça paradoxalement comme autant de fausses pistes pour rester focalisés sur ce qu'il se passe sur la plage. Pierre Oscar Lévy n'a scénarisé que cette bd, un peu sur le tard, mais il a fait l'essentiel de sa carrière comme réalisateur, et je trouve que le cinéma infuse dans Château de sable, autant dans la construction du récit que dans de nombreux choix de cadrages, à la façon d'un story-board. M. Night Shyamalan ne s'y est pas trompé en l'adaptant au cinéma (en 2021), mais à mon sens il fait l'erreur d'ajouter un fond de contexte, tente des explications et ça ne fonctionne plus vraiment. Dans un autre genre, ça fait penser au film Cube, dans lequel l'histoire démarre aussi avec un groupe de gens parachutés dans un contexte très particulier et ne s'achèvera qu'en conservant le mystère sur celui-ci, mais au final l'intégralité du film ne traite que des relations entre les protagonistes. Et comme toujours, le dessin de Peeters est vraiment réussi, dans un noir et blanc très simple avec des visages très expressifs.

14/07/2026 (modifier)
Par karibou79
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série La Horde du contrevent
La Horde du contrevent

Je n'ai pas lu le roman de Damasio avant mais connaîs assez le bonhomme et la réputation d'exigence de ce roman en particulier. Son univers demande un certain investissement, qui embarque le lecteurs qui est prêt à en payer le prix. Ce qui est subjugant, c'est la personnalité des membres de la Horde. Chacun a sa place, son rôle, sa vision du monde, et les relations entre eux évoluent de manière très naturelle au fil du voyage. On sent le poids des années passées ensemble, les tensions, les rivalités mais aussi le respect mutuel. Graphiquement, l'auteur réalise un travail impressionnant. Les paysages sont magnifiques et surtout il parvient à rendre le vent omniprésent. On le voit, on le ressent, presque physiquement par moments, arriver à retranscrire aussi bien un élément aussi abstrait n'est à la portée que de ceux qui se sentent pleinement investis dans leur oeuvre, (Emmanuel Lepage me vient immédiatement à l'esprit.) Tout n'est pas parfait pour autant. L'univers reste dense et la lecture est parfois un peu chargée, notamment lorsque les explications prennent le dessus sur l'aventure. Mais cela fait partie de l'ADN de cette série. Mon véritable coup de cœur est arrivé avec le dernier volume en cours, le tome 4. La joute verbale est à elle seule un grand moment de bande dessinée. C'est brillant, drôle, inventif et surtout totalement cohérent avec cet univers où les mots ont un poids particulier, du Damasio pur jus. Cela faisait longtemps qu'une séquence de dialogue ne m'avait pas autant marqué. Une adaptation réussie et validée par Damasio qui donne envie de poursuivre l'aventure et, dans mon cas, probablement de découvrir le roman ensite pour faire la part entre le roman et cette adaptation. 4/5 et un vrai coup de cœur pour le tome 4, il me tarde donc de lire la suite, l'attente sera longue au vu des écarts de sortie entre les albums...

06/07/2026 (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Postapoland
Postapoland

Un O.V.N.I. J'en ai lu des trucs bizarres, mais cette BD dépasse de loin tout ce que j'ai lu avant... Bartosz Zaskórski est un artiste polonais, un touche à tout qui s'illustre dans l'art visuel et récemment dans le neuvième art. Il travaille à l'université pédagogique de Cracovie, où il dirige le studio audio d'auteur. Chose rare, je n'ai pas acheté cet album en librairie, mais en le commandant directement chez Huber éditions (avec deux autres BD). Je n'ai donc pas pu la feuilletter, un rituel important, je me suis juste basé sur la superbe galerie ci-jointe. Oubliez toutes vos certitudes et laissez-vous porter dans un univers post-apocalyptique déjanté, surréaliste et qui ne repose sur aucunes lois physiques. Postapoland est une BD expérimentale. Une narration chaotique au texte sobre et puissant, on va d'abord suivre deux mutants à la recherche d'une nouvelle tête pour l'un d'eux. Un récit qui se termine sur un « à suivre... ». Ensuite plusieurs histoires courtes sur cet univers de Postapoland. Sous un aspect incohérent, le réchauffement climatique, la malbouffe et la recherche de l'amour seront de la partie. Postapoland est avant tout une remise en cause de notre mode de vie, de sa décadence avec pour fil conducteur ce ver qui observe et qui infecte. Visuellement j'en ai pris plein les mirettes. La majorité de l'album est en noir et blanc aux planches tantôt dépouillées et tantôt surchargées. Bartosz Zaskórski fait preuve d'une grande inventivité, en particulier dans la représentation des mutants, que ce soit ces insectes humanoïdes où ces monstres flasques. Un soin méticuleux est apporté aux détails, la purulence suinte sur chaque page. Deux courts récits sont en couleur, le premier dans un vert-gris et le second dans un vieux rose et noir, le résultat est éblouissant. Une planche typée manga fera son apparition. Une mise en page surprenante. Un voyage graphique. Un album qui se termine par une playlist éclectique. Une BD qui ne fera pas l'unanimité. Les esprits cartésiens, vous pouvez passer votre chemin. Gros coup de cœur graphique.

05/07/2026 (modifier)
Par Yann135
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Presidio
Presidio

Quoi de mieux qu’une bonne canicule pour se caler dans son canapé – au frais – et de se délecter d’une bonne BD. Avec ce road trip texan aussi envoutant que dérangeant, j’ai pris une bonne rasade de fraicheur ! Presidio, dessiné par Guiu Vilanova est une bande dessinée qui vous attrape à la gorge dès les premières pages et ne vous lâche plus avant la dernière case. Ce n’est pas juste une BD, c’est une expérience immersive, un voyage au cœur d’un Texas à la fois mythique et sordide, où chaque kilomètre parcouru par les personnages résonne comme une descente aux enfers. Et croyez moi, on en redemande. Une claque visuelle assurée. D’emblée, Presidio installe une atmosphère pesante, presque étouffante. Guiu Vilanova, avec son trait précis et expressif, donne vie à des paysages texans à la fois grandioses et hostiles. Les décors, tantôt arides, tantôt urbains, sont rendus avec un réalisme saisissant, mais c’est dans les ombres et les contrastes que réside la magie de cet album. Les jeux de lumière, souvent crépusculaires, renforcent cette impression de danger imminent, comme si chaque page était imprégnée d’une menace invisible. Le scénario, quant à lui, n’a rien d’un simple road trip touristique. Point de balade les amis. Accrochez la ceinture, ça bouge ! Non, ici, on est loin des clichés du far west romantique. Cet BD explore les faces cachées du Texas : la violence, la corruption, les secrets enfouis sous le sable et le sang. Les personnages, tous plus ambivalents les uns que les autres, sont profondément humains – avec leurs failles, leurs regrets et leurs démons. On suit leurs péripéties avec une tension palpable, comme si on était nous-mêmes assis à l’arrière de leur pick-up, à guetter le prochain coup dur. Ce qui frappe dans cette histoire, c’est son originalité. Pas de clichés éculés, pas de happy end prévisible. L’histoire, complexe et bien construite, mêle habilement polar, drame psychologique et road movie. Les rebondissements s’enchaînent à un rythme effréné, mais sans jamais sacrifier la profondeur des personnages ou la cohérence de l’intrigue. Guiu Vilanova prouve ici qu’il maîtrise l’art du suspense : on tourne les pages avec frénésie, avide de savoir ce qui attend nos anti-héros au prochain virage. Et puis, il y a cette ambiance sonore que l’on devine à travers les dessins. On entend presque le vrombissement des moteurs, les cris étouffés, le vent qui siffle dans les canyons. C’est rare, une BD qui parvient à stimuler tous les sens à ce point. Je ne connaissais pas Guiu Vilanova. Son style… J’adore. C’est à la fois réaliste et stylisé. Cela donne une intensité rare à chaque planche. Les visages sont expressifs, les corps en mouvement, et les scènes d’action explosives. Les couleurs, souvent sombres et saturées, renforcent cette impression de malaise permanent. Certains cadrages, audacieux, rappellent le cinéma – et ce n’est pas un hasard si l’on imagine aisément Presidio adapté à l’écran. Impossible de poser cette BD avant la fin. C’est de ces œuvres qui vous hantent longtemps après avoir refermé l’album. Les thèmes abordés – la rédemption, la trahison, la survie – sont universels, mais traités avec une maturité et une violence - parfois crue - qui ne laisseront personne indifférent. Si vous aimez les histoires noires, sans concession, où chaque page compte et où chaque détail a son importance, cet album est fait pour vous.

22/06/2026 (modifier)
Par izaac
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Essex County
Essex County

Comment est-il possible qu'il y ait si peu d'avis sur ce comics ? Il s'agit, je suppose, d'une histoire en partie autobiographique sur l'enfance de Jeff Lemire à la ferme, les drames familiaux et le hockey. J'ai eu un peu de mal à faire le lien entre les personnages, mais je me suis levé de mon canapé, j'ai pris une feuille, gribouillé un arbre généalogique et posé quelques questions sur mes interprétations à ChatGPT (très doué pour ce genre d'interrogations). Cet effort m'a permis de prendre conscience de toute la profondeur de l'œuvre. Les thèmes du sport, de la mémoire, de la famille, de l'amour, de l'amitié et de l'enfance se mêlent à merveille. Le rythme du récit, ses respirations, ainsi que le dessin de Jeff, qui traduit parfaitement l'évanescence des souvenirs, contribuent à rendre l'ensemble particulièrement touchant. Bref, j'avais déjà adoré Sweet Tooth, mais là, je prends une véritable claque. On sent beaucoup de souffrance, mais une souffrance adoucie par les liens qui unissent les personnages. J'ai également eu l'impression de retrouver une facette contemplative et profondément bienveillante qui m'a rappelé les œuvres de Jiro Taniguchi. Bien sûr, le dessin est très différent, mais cette manière de parler de la mémoire, de la famille et du temps qui passe m'a beaucoup fait penser à Quartier lointain. Une merveille. Je n'irai pas jusqu'à mettre 5/5, tant je reste un simple amateur et sans doute pas assez objectif, mais je suis à peu près certain que ce 4/5 est largement mérité.

19/06/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Sélénie
Sélénie

Une colonie humaine isolée sur la face cachée de la Lune, en attente d'un contact perdu avec la Terre ravagée par la guerre. J'ai trouvé dans Sélénie une BD de science-fiction à la fois charmante et visuellement très inspirée, qui fonctionne en grande partie par son ambiance et son univers. Les scènes sur Terre évoquent les paysages désertiques de Moebius, avec ce mélange de vide, de ruines et de poésie froide. À l'inverse, les scènes lunaires m'ont très vite rappelé l'esthétique de Horologiom du même Fabrice Lebeault, avec ce même goût pour les architectures étranges, les sociétés en vase clos et surtout ces personnages, créatures et objets qui semblent à la fois fonctionnels, absurdes et profondément organiques. Les véhicules en particulier sont toujours reconnaissables chez cet auteur, entre utilitarisme étrange et forme presque ridicule, comme s'ils étaient vivants ou bricolés dans une logique interne propre à ce monde. J'aime beaucoup ce type de direction artistique : un univers un peu loufoque en apparence, mais qui repose en réalité sur une cohérence interne solide. On a l'impression d'être dans un monde fantaisiste, mais qui suit ses propres règles, ce qui le rend crédible et intrigant. En plus, celui-ci finit par trouver une vraie explication. Quant à l'histoire, elle entretient bien son mystère, notamment autour de la Terre et de ce qui s'y est passé, et tout se construit autour de cette attente. Le twist final m'a d'ailleurs surpris, je ne l'avais pas vu venir, et il fonctionne plutôt bien dans son principe. Mais malgré ces qualités, je ressors avec une forme de frustration. J'ai eu le sentiment que tout allait un peu vite, comme si cet univers méritait plus qu'un one-shot ou davantage de développement. Il manque de la place pour développer les personnages, leurs liens, ce qu'il s'est passé sur Terre et pour explorer davantage ce monde sélénite. J'ai eu l'impression d'un univers riche mais seulement survolé. C'est une très belle BD sur le plan visuel et atmosphérique, inventive dans ses idées et ses références, mais qui m'a laissé un goût de trop peu, comme une histoire fascinante mais trop condensée pour tout ce qu'elle suggère et qui s'arrête brusquement suite à sa révélation finale. Note : 3.5/5

13/06/2026 (modifier)
Par Michefra
Note: 4/5
Couverture de la série Je ne veux pas travailler
Je ne veux pas travailler

Attiré par son titre provocateur, j'ai apprécié me plonger dans Je ne veux pas travailler de Nele Jongeling. Depuis qu'elle a terminé ses études, Edith est en recherche d'emploi depuis 1 an. Elle décide de participer à un show TV intitulé « Job de Rêve », mettant en concurrence cinq candidats dans des épreuves censées évaluer leur motivation, apprendre à augmenter sa productivité ou bien développer ses capacités de communication. A la clef : une offre d'emploi correspondant au job de ses rêves. Oui mais il y a un problème, Edith n'a aucune idée de son job de rêve à elle. Si cette BD a aussi bien fonctionné sur moi c'est que je crois que je me retrouve dans le constat d'Edith (pas de spoil c'est au début) : « C'est que je veux bien travailler… mais dès que je vois une offre d'emploi … j'ai honte de le dire mais la semaine de 40 heures, le travail en équipe, les responsabilités, tout ça me dépasse complètement ». Je trouve que cette BD arrive à mettre en scène un problème actuel : L'accès à l'emploi devient de moins en moins garanti alors que travailler est indispensable pour exister socialement. Je suis toujours un peu gêné lorsqu'on me demande ce que je fais dans la vie, non pas que mon travail soit dévalorisant mais vraiment ça ne me représente pas. Pour en revenir à l'ouvrage, la BD est un beau pavé de 300 pages mais se lit assez rapidement (environ 1h30). Au-delà du propos, j'ai trouvé les personnages très attachants et bien écrits. La parodie des discours managériaux prônant le bien être des employés (uniquement pour maximiser leur rentabilité) m'a beaucoup fait sourire. La construction des planches est efficace (j'ai beaucoup aimé par exemple la multitude de petites cases sur une planche pour représenter le quotidien chargé d'une mère devant s'occuper de ses enfants et trouver un travail). Je dois tout de même mettre un bémol sur le dessin et les couleurs qui peuvent rebuter. Et vous, vous faites quoi dans la vie ?

07/06/2026 (modifier)
Par Josq
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Chants du Cygne Noir
Les Chants du Cygne Noir

La saga Le Château des étoiles est certainement une des mes sagas préférées de la bande dessinée contemporaine. Voir Alex Alice nous proposer un spin-off sous la forme de manga avait suscité en moi - je l'avoue - une certaine inquiétude. Le format serait-il vraiment justifié ? Pourquoi ne pas faire un récit dérivé sous la même forme, comme l'excellent Les Chimères de Vénus d'Alain Ayroles ? Dès le début de la lecture de ce premier tome, mes réserves sont tombées. Pour raconter cette histoire, le format manga apparaît comme une évidence. Alex Alice montre qu'il a tout compris à ce style, il parvient à en tirer le meilleur et même à le croiser avec une forme de narration peut-être un peu plus classique et typique de la BD franco-belge. Œuvre hybrique, Les Chants du Cygne Noir ne souffre jamais de ce statut. Au contraire, il constitue une synthèse admirable de toutes les influences revendiquées par l'auteur, de Jules Verne à Albator, mais en conservant toujours la forte identité qui caractérise la saga. Ainsi, Les Chants du Cygne Noir reprend la structure classique du récit de vengeance, mais en l'insérant à merveille dans l'univers de sa célèbre saga. Cela nous fait revoir cet univers comme si on le découvrait pour la première fois et c'est particulièrement réussi. On s'attache tout de suite à l'héroïne Benesh grâce à la force de son traumatisme fondateur et à la mise en page qui l'accompagne (une succession de 4 pages impaires à la structure similaire, qui disent tout sans un mot). La narration type manga permet ensuite à Alice de nous offrir des séquences d'action incroyablement spectaculaires, c'est sans aucun doute les plus épiques de tout Le Château des étoiles. On assiste à un récit qui offre une quasi-unité de temps et de lieu, et qui nous fait assister à un braquage spatial. Il y a du Titanic et du Ocean's Eleven là-dedans, mêlé à du space opera, c'est juste LE mélange parfait, quoi. Tout en glissant des les dialogues pleins d'élégance et de sous-entendus qu'on lui connaît dans ce récit, Alex Alice parvient à nous offrir un cocktail particulièrement digeste où le grand spectacle ne le cède jamais à l'émotion, et où les twists sont parfaitement dosés pour surprendre sans rechercher l'esbroufe gratuite. Et enfin, ce dessin... J'étais déjà fan de la patte graphique d'Alice dans sa saga-mère, mais là, il parvient à trouver l'équilibre parfait pour proposer un dessin typé manga qui ne renonce pas à son soin scrupuleux du détail. Il offre à nos yeux éblouis des planches magnifiquement construites, à la patte graphique totalement maîtrisée. Seul regret, que le format manga réduise la taille de ces planches... Pas grave, la narration ultra-efficaces nous aide à vivre au rythme des héros, à leurs côtés, cette aventure cosmique riche en rebondissements. Bref, j'aimais déjà Le Château des étoiles, mais J'ADORE Les Chants du Cygne Noir ! Alex Alice nous offre une extension plus que plaisante à son univers spatial, et distille un savant mystère qui relie étrangement ce spin-off à la saga initiale, en y glissant des personnages connus, dont on aimerait savoir ce qui les a menés ici... Autant dire qu'on va compter les jours avant de pouvoir se replonger dans l'univers merveilleux de ce Ring et comprendre comment on en est arrivés là !

29/05/2026 (modifier)
Couverture de la série La Fourrière des Animaux
La Fourrière des Animaux

La Fourrière des animaux s’inscrit directement dans l’héritage de La Ferme des animaux d’Orwell, dont elle propose une relecture moderne, dense et très actuelle. Le point de départ est simple mais redoutablement efficace : des animaux se révoltent contre les humains qui les enferment et tentent de construire leur propre société, leurs propres règles, leur propre démocratie. Ce récit met en scène une communauté auto-gérée et critique l’autoritarisme (ici, ciblant le trumpisme, là où Orwell fustigeait le stalinisme). Mais Tom King ne se contente jamais d’une lecture frontale ou caricaturale : ce qui l’intéresse, c’est la mécanique du pouvoir. Comment une démocratie naissante porte déjà en elle ses propres fissures, et comment ces fissures s’élargissent sous l’effet de la peur, des ambitions personnelles et des divisions idéologiques. Il y a clairement une lecture politique contemporaine, très ancrée dans les tensions américaines récentes. Le parallèle avec le populisme est évident, et certains lecteurs pourront y voir un rapprochement entre le personnage de Piggy et Donald Trump, sans que le comic ne se limite pour autant à une simple charge dirigée contre une figure précise. Ce qui frappe surtout, c’est la place donnée à la parole. La Fourrière des animaux est un comic très bavard, presque théâtral. Les débats, les discours et les confrontations d’idées structurent entièrement le récit. Par moments, cela peut sembler excessif, presque démonstratif. Mais ce choix est aussi ce qui fait sa force : ici, la démocratie ne se raconte pas, elle se construit et se désagrège sous nos yeux, à travers le langage lui-même. Graphiquement, Peter Gross propose un dessin sobre, précis, sans esbroufe, mais parfaitement maîtrisé. Tout repose sur l’expression, la lisibilité et une atmosphère parfois étouffante qui accompagne parfaitement la tension politique du récit. Et c’est là que la comparaison avec Le Château des animaux devient intéressante. Là où le roman graphique de Xavier Dorison et Félix Delep proposait une fable plus poétique, presque intemporelle dans sa manière d’aborder la tyrannie, La Fourrière des animaux est beaucoup plus frontale, contemporaine et ancrée dans un contexte politique identifiable. Les deux œuvres parlent du pouvoir et de la manière dont il corrompt ou fracture une société, mais avec deux tons opposés : l’un est plus symbolique et contemplatif, l’autre plus discursif et brûlant d’actualité. Au final, La Fourrière des animaux est une œuvre ambitieuse, parfois un peu trop verbeuse, mais cohérente de bout en bout et vraiment marquante. Une fable politique moderne qui laisse volontairement un malaise, parce qu’elle rappelle à quel point les idéaux collectifs peuvent vaciller vite.

20/05/2026 (modifier)
Par Miguelof
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Valérian
Valérian

J'ai commencé à admirer cette série dans Pilote dans les années 60 et ensuite dans l'hebdomadaire Tintim portugais des années 70 ! Pour moi, c'est LA série de science-fiction de référence, très en avance sur toutes les autres. J'adore presque tout et il est difficile d'entrer dans les détails, mais je vais essayer un peu : l'apocalypse et la vie sur Terre après, les voyages dans le temps, les mondes extraterrestres, l'empire des mille planètes, les oiseaux du Seigneur, la maladresse de Valérian et la compétence de Laureline pour le compenser. Tout est très bon et étonnant ! Les récits et les dessins ont été une énorme influence sur le cinéma, sans qu'elle ait été reconnue nombreuses fois: George Lucas, Ridley Scott, Luc Besson... Mézières disait qu'il ne savait pas dessiner et ressentait beaucoup de difficultés, les mains des personnages, par exemple. Mais je pense qu'il s'en est très bien sorti, ses vaisseaux spatiaux sont impressionnants ! J'ai eu quelques difficultés avec certains épisodes et personnages : la sainte trinité... les paradoxes spatio-temporels, je vais encore essayer de les comprendre mieux. À la fin de tout, je reste aussi idiot et amoureux de Laureline, tout comme les shingouz.

16/05/2026 (modifier)