J'ai moins aimé ce one-shot que les autres posteurs.
Pourtant, j'aime bien l'idée de départ. Pendant longtemps, on a fait des procès aux animaux comme s'ils étaient des humains alors j'imagine que c'est normal qu'il avait des bourreaux spécialisés dans l'exécution d'animaux ! L'histoire possède de bons moment et bons dialogues, mais qui venait de personnages secondaires comme le petit garçon psychopathe ou le vieil indien qui veut mourir. L'intrigue principal, le pauvre Jack qui voyage à travers les États-Unis et qui est suivit par une femme qui veut se venger m'a laissé un peu indifférent et le dénouement m'a semblé trop prévisible. Je n'ai pas trouvé que c'était particulièrement captivant à lire.
Il reste le dessin qui est pas trop mal. Un one-shot correct sans plus.
Je n'ai jamais partagé ni totalement compris tout l'engouement autour de cette œuvre. Oui, il y a une certaine innovation dans la façon d'aborder les super-héros, beaucoup moins parfaits que d'habitude, et à de nombreux niveaux. Il faut lire plusieurs fois pour découvrir tous les détails des personnages et de l'intrigue. Le dessin, très classique, est bien fait malgré des couleurs trop plates. Cela contribue peut-être au décalage et au message que les auteurs ont voulu transmettre.
J'aime beaucoup certaines séries dérivées: les préquelles dessinées par Risso, A. Hughes ou les Kubert sont excellentes !
Avec beaucoup d'attente et d'enthousiasme, j'ai commencé à lire la série. J'ai tenu jusqu'à la fin avec un intérêt de plus en plus décroissant.
L'amnésique qui cherche son identité et découvre son histoire, ainsi que les conspirations qui l'entourent, me semble un procédé trop usé, dans la littérature, au cinéma, à la télévision...
Mais ma principale déception concerne le dessin. Vance a déjà été beaucoup plus inspiré dans d'autres œuvres. Ici, il semble simplement remplir son devoir sans grande conviction, avec des personnages très rigides et inexpressifs.
L'épisode dessiné par Giraud était une nouveauté, mais même ainsi, pas brillant. Au niveau du dessin, j'ai préféré certaines des séries dérivées, avec des dessins différents, Boucq ou R. Meyer, par exemple.
Cela m'a semblé trop répétitif et un peu ennuyeux, ce concours entre étudiants, qui essaient de tenir le plus longtemps possible avant d'atteindre l'orgasme. Les épisodes se succèdent sans grands changements vestimentaires ou de décor. Même les scènes sur la plage auraient pu susciter des images plus imaginatives... Cependant, le dessin des filles est assez réussi et les personnages suffisamment différents pour ne pas se confondre. Le couple principal parvient à maintenir la flamme et constitue un fil conducteur dans la narration. Un peu plus d'humour et d'imprévisibilité et la note pourrait être supérieure.
DC KO a été ces derniers mois le gros crossover de DC Comics aux allures de Crisis, avec Darkseid en menace cosmique quasi omnipotente et un concept de tournoi géant censé désigner celui qui pourra l'affronter grâce au cœur d'Apokolips implanté au centre de la Terre. Les publications américaines ont réparti tout cela dans plusieurs publications, et Urban Comics regroupe la majorité du contenu dans trois albums qui permettent d'avoir une vision assez complète de l'évènement.
Le principe est totalement absurde et sert surtout de prétexte à faire s'affronter un maximum de héros et de vilains DC pour obtenir les pouvoirs Omega. Et honnêtement, c'est précisément ce concept qui m'a donné envie de lire ce crossover. Voir ces fameux personnages se battre dans une sorte de tournoi universel avait quelque chose de fun sur le papier, à la manière d'un Dragon Ball Multiverse.
Le problème, c'est que le récit ne choisit jamais vraiment entre le grand délire assumé et le crossover cosmique ultra sérieux. D'un côté, on a des combats qui ressemblent parfois à du pur fan service façon Street Fighter géant, et de l'autre des passages qui essaient de donner énormément de poids dramatique à Darkseid, au multivers et aux futurs alternatifs. Cette différence de ton crée une drôle de sensation de déséquilibre.
J'ai aussi été un peu frustré par la structure du tournoi. Je m'attendais à des affrontements organisés en 1v1 entre personnages emblématiques de l'univers DC. Au lieu de ça, on a surtout un immense battle royale fouillis où tout explose dans tous les sens, avec des règles assez floues et des épreuves parfois difficiles à suivre.
L'histoire principale, découpée en cinq gros chapitres DC KO + 8 chapitres à part pour autant de combats annexes correspondant plus ou moins aux quarts de finale, est clairement ce qui m'a le plus intéressé. J'ai aimé suivre le mystère autour du tournoi et voir comment les scénaristes allaient faire évoluer la situation. Les dessins sont globalement très solides, avec de grosses scènes d'action spectaculaires et plusieurs passages visuellement impressionnants.
En revanche, les nombreuses histoires parallèles consacrées aux Teen Titans, à Batman ou à la famille Superman m'ont paru très dispensables. Elles n'apportent quasiment rien à l'intrigue principale, à part quelques détails mineurs qu'on pouvait déjà deviner sans elles. Pire encore, elles ne viennent pas expliquer certaines énormes facilités scénaristiques du récit principal, comme la manière ridiculement simple avec laquelle certains vilains s'infiltrent dans le tournoi.
Et des facilités, il y en a énormément. Le crossover demande constamment d'accepter que des personnages simplement humains puissent survivre au milieu d'entités capables de détruire des planètes. Sérieusement, qu'est-ce que King Shark, Red Hood ou Harley Quinn viennent faire dans un évènement cosmique de cette ampleur face à des personnages comme Superman ou Captain Atom ? Le Joker reste amusant par moments, mais il bénéficie clairement d'une énorme protection scénaristique pour rester pertinent aussi longtemps.
Quant à la conclusion globale de l'arc (que j'ai lue en VO), elle m'a franchement déçu. Le récit finit par sombrer dans les grands discours lyriques, les explosions cosmiques et les deus ex machina destinés à masquer un scénario trop fragile. Beaucoup de choses semblent sortir de nulle part, plusieurs rebondissements paraissent artificiels, et le message final manque vraiment de clarté. On a surtout l'impression que tout cela sert avant tout de teasing géant pour le prochain gros évènement DC.
J'ai passé un moment plutôt divertissant grâce au concept de départ, aux affrontements et à la qualité graphique globale de la série principale. J'ai aussi été suffisamment accroché par le mystère et l'envie de voir où tout cela allait mener pour lire l'histoire principale sans ennui, à l'inverse des histoires parallèles plus ennuyeuses. Mais entre ces histoires là très dispensables, les énormes facilités scénaristiques, le côté brouillon de certaines parties du tournoi et une conclusion assez bidon, je retiens surtout un gros spectacle de fan service efficace sur le moment, mais finalement dispensable une fois terminé.
Note : 2,5/5
Je connaissais le nom de Lou Andréas Salomé, mais uniquement au travers de quelques hommes avec lesquels elle a été très liée, Nietzsche surtout et aussi Rilke. Et c’est aussi uniquement comme ça que j’en entendais parler. Cette biographie a eu le mérite de me faire connaitre la personne, indépendamment de l’aura de ses compagnons ou contemporain.
Et le fait est que Lou est une personne hors du commun. En général, et surtout pour l’époque (surtout dans la deuxième moitié du XIXème siècle). En effet c’est une femme qui va exprimer et vivre une liberté quasi absolue, faisant fi des conventions sociales, du qu’en-dira-t-on, tenant tête à la société et aux hommes – pourtant à forte personnalité ! – qu’elle côtoyait.
Bien sûr, je n’oublie pas que cette liberté lui a aussi été permise par sa condition sociale de naissance : issue d’un milieu très privilégié en Russie, cela l’a d’emblée libérée des contingences matérielles.
Mais pour le reste, c’est un électron libre, qui a vécu ses amitiés et ses amours de façon peu conventionnelle. Si elle a été après sa rencontre avec Freud une pionnière de la psychanalyse (peut-être la première femme à la pratiquer), elle a aussi été très en avance sur son temps dans sa façon de vivre (parfois avec plusieurs hommes, hors mariage, de façon quasi « chaste » en plus !).
Séverine Vidal dresse un portrait d’une femme « moderne » et forte, libre. L’imposante documentation bibliographique en fin de volume (qui a nourri le récit et les nombreuses citations qui l’enrichissent) prouve que l’auteure s’est située au plus proche de son sujet, intéressant.
C’est le portrait d’un bouillonnement intellectuel de l’Europe centrale et de l’Est. La première guerre mondiale, puis l’arrivée au pouvoir des Nazis y mettra fin, la longue vie de Lou se terminant langoureusement, alors que les hommes et le monde qui ont décoré sa vie ont disparu depuis longtemps. Mais c’est surtout le portrait d’une femme qui méritait sans doute mieux que d’apparaitre dans l’ombre de Nietzsche, Rilke ou Freud.
Kordey nous propose quelque chose d’intéressant, plutôt agréable à l’œil. Son dessin et la colorisation sont vraiment plaisants (je note juste des visages un peu changeants, et pas toujours ressemblants aux personnages originaux – Lauren Bacall par exemple). En tout cas il se fait plaisir, en multipliant les clins d’œil au cinéma et à Hollywood : cadrages cinématographiques, allusion à des films, scènes, acteurs ou personnages multiples, affiches de films (on a même droit à Marilyn comme actrice des « Oiseaux » d’Hitchcock !).
Au scénario, Macan se fait lui aussi plaisir avec cette histoire improbable, ponctuée de moments loufoques, avec une « enquête » fil rouge improbable. Mais aussi peu consistante. En effet, si j’ai lu cet album avec plaisir, et relativement rapidement malgré sa pagination conséquente, c’est davantage dû au dessin de Kordey ou à certains passages amusants, décalant acteurs (de toutes les époques hollywoodiennes : Olliver Hardy côtoie Marilyn Monroe, Bogart, Boris Karloff, etc.) et personnages politiques (les frères Kennedy par exemple). Les acteurs réels se confondent aussi parfois avec certains de leurs rôles (en particulier le personnage principal, Bogart), quelques touches de fantastiques (les personnages peuvent « revivre ») ajoutent un peu de piment à l’histoire.
Mais j’ai eu l’impression que, tout occupés à placer ces décalages, à parodier l’univers hollywoodien, les auteurs se sont moins préoccupés de bâtir une intrigue solide. Mais cette frustration n’empêche pas de passer un bon moment en lisant ce petit délire.
Bien dessiné et bien colorisé et histoires bien écrites mais tout cela est un peu vain. Le héros et milliardaire manque de densité, bien des personnages sont assez inexistants, c'est vrai, le XIème voleur, les barons de la finance, les scènes d'action inévitables et les dialogues peu mémorables. A lire si on ne veut pas se prendre la tête. Et je ne parle pas du manque de tension dramatique... Un peu dans le même genre, je veux dire dessins un peu ressemblants et héros beau gosse avec quelque chose de naïf au début mais de quand même efficace, il y a la série XIII, tellement supérieure ! Si on veut une série d'action, privilégier XIII - ou les débuts de Thorgal ou bien de Jeremiah, mais on encourt alors le risque d'être déçu, au bout d'un moment.
Tiens, un Lupano qui passe moins bien !
J'ai pourtant une très bonne opinion de cet auteur et de sa production énorme mais diversifiée, avec de nombreuses pépites que j'ai adorées. Et pourtant, alors que de nombreux éléments sont en place pour m'intéresser, je trouve cette exécution maladroite et assez peu intéressante. Déjà, j'ai été surpris que l'histoire se base sur un personnage réel et de vrais faits, grossis et déformés pour l'occasion, puisque toute cette aventure est imaginaire mais inspirée de la réalité.
En fait, j'ai eu l'impression d'un peu trop de trucs avec beaucoup d'extravagance qui ne va pas trop avec l'idée de réalisme derrière. Peut-être est-ce la même sauce que Lupano à déjà développée dans d'autres BD et que j'en ai saturé cette fois-ci, mais je dois bien dire que j'ai trouvé l'ensemble moins maitrisé dans le ton, le ton étant très bouffon sur l'ensemble même si l'on a brutalement un discours de fin qui semble être le cœur du message, mais très décorrélé de l'ensemble. Le discours de fin est très sérieux, proposant une lecture contemporaine de l'innovation qu'a constitué le mètre et à l'aulne de notre monde libéral ce qu'il peut devenir comme dérive. C'est intéressant, mais pas du tout bien intégré au récit qui reste rigolo tout du long, semblant parler également de gestion politique et des transformations sociales conséquentes autour de la révolution française. Mais l'ensemble est trop brouillon, les messages dilués et assénés trop brutalement lorsqu'ils débarquent. L'ensemble n'a pas vraiment de tenue globale, on sent l'envie de parler de choses mais au final j'ai un doute sur ce qui est dit réellement. Bref, c'est trop brouillon dans l'exécution et le message.
Maintenant je reste tout de même sur une note de 3, parce que la BD se laisse tout à fait lire et que son dessin dynamique correspond bien au ton du récit. C'est lisible et la BD peut trouver son public même si je ne l'ai pas appréciée plus que ça. C'est un des premiers Lupano qui me fait cet effet, espérons que ce soit aussi le dernier !
Lebon revient au western après l’intéressant Le Révérend, et c’est plutôt un sympathique retour. En tout cas on a là – sur les deux premiers albums parus pour le moment (un dernier doit encore conclure la série), quelque chose de dynamique et plaisant.
Les deux héros sont attachants et, eux qui se présentent de prime abord comme « hors cadre », finissent presque rangés, s’occupant d’un bébé dans le deuxième album. Presque. Car quand même l’ordre, la loi et quelques bienséances ne les arrêtent pas souvent.
L’intrigue est très rythmée. Elle prend même un peu d’envergure dans le deuxième album (le premier se concentrait sur la mise en place, la rencontre des deux tourtereaux – et sur un petit bled, alors qu’ensuite ça voyage pas mal).
Le rythme est accentué, en fin de chacun des deux albums, par les grosses fusillades auxquelles prennent part nos héros (on peut évidemment s’étonner du fait qu’il échappent autant aux balles et qu’ils visent aussi bien, mais bon).
En tout cas c’est une lecture agréable, en espérant que la suite/conclusion soit aussi satisfaisante.
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À la poursuite de Jack Gilet
J'ai moins aimé ce one-shot que les autres posteurs. Pourtant, j'aime bien l'idée de départ. Pendant longtemps, on a fait des procès aux animaux comme s'ils étaient des humains alors j'imagine que c'est normal qu'il avait des bourreaux spécialisés dans l'exécution d'animaux ! L'histoire possède de bons moment et bons dialogues, mais qui venait de personnages secondaires comme le petit garçon psychopathe ou le vieil indien qui veut mourir. L'intrigue principal, le pauvre Jack qui voyage à travers les États-Unis et qui est suivit par une femme qui veut se venger m'a laissé un peu indifférent et le dénouement m'a semblé trop prévisible. Je n'ai pas trouvé que c'était particulièrement captivant à lire. Il reste le dessin qui est pas trop mal. Un one-shot correct sans plus.
Watchmen
Je n'ai jamais partagé ni totalement compris tout l'engouement autour de cette œuvre. Oui, il y a une certaine innovation dans la façon d'aborder les super-héros, beaucoup moins parfaits que d'habitude, et à de nombreux niveaux. Il faut lire plusieurs fois pour découvrir tous les détails des personnages et de l'intrigue. Le dessin, très classique, est bien fait malgré des couleurs trop plates. Cela contribue peut-être au décalage et au message que les auteurs ont voulu transmettre. J'aime beaucoup certaines séries dérivées: les préquelles dessinées par Risso, A. Hughes ou les Kubert sont excellentes !
XIII
Avec beaucoup d'attente et d'enthousiasme, j'ai commencé à lire la série. J'ai tenu jusqu'à la fin avec un intérêt de plus en plus décroissant. L'amnésique qui cherche son identité et découvre son histoire, ainsi que les conspirations qui l'entourent, me semble un procédé trop usé, dans la littérature, au cinéma, à la télévision... Mais ma principale déception concerne le dessin. Vance a déjà été beaucoup plus inspiré dans d'autres œuvres. Ici, il semble simplement remplir son devoir sans grande conviction, avec des personnages très rigides et inexpressifs. L'épisode dessiné par Giraud était une nouveauté, mais même ainsi, pas brillant. Au niveau du dessin, j'ai préféré certaines des séries dérivées, avec des dessins différents, Boucq ou R. Meyer, par exemple.
Love contest
Cela m'a semblé trop répétitif et un peu ennuyeux, ce concours entre étudiants, qui essaient de tenir le plus longtemps possible avant d'atteindre l'orgasme. Les épisodes se succèdent sans grands changements vestimentaires ou de décor. Même les scènes sur la plage auraient pu susciter des images plus imaginatives... Cependant, le dessin des filles est assez réussi et les personnages suffisamment différents pour ne pas se confondre. Le couple principal parvient à maintenir la flamme et constitue un fil conducteur dans la narration. Un peu plus d'humour et d'imprévisibilité et la note pourrait être supérieure.
DC KO
DC KO a été ces derniers mois le gros crossover de DC Comics aux allures de Crisis, avec Darkseid en menace cosmique quasi omnipotente et un concept de tournoi géant censé désigner celui qui pourra l'affronter grâce au cœur d'Apokolips implanté au centre de la Terre. Les publications américaines ont réparti tout cela dans plusieurs publications, et Urban Comics regroupe la majorité du contenu dans trois albums qui permettent d'avoir une vision assez complète de l'évènement. Le principe est totalement absurde et sert surtout de prétexte à faire s'affronter un maximum de héros et de vilains DC pour obtenir les pouvoirs Omega. Et honnêtement, c'est précisément ce concept qui m'a donné envie de lire ce crossover. Voir ces fameux personnages se battre dans une sorte de tournoi universel avait quelque chose de fun sur le papier, à la manière d'un Dragon Ball Multiverse. Le problème, c'est que le récit ne choisit jamais vraiment entre le grand délire assumé et le crossover cosmique ultra sérieux. D'un côté, on a des combats qui ressemblent parfois à du pur fan service façon Street Fighter géant, et de l'autre des passages qui essaient de donner énormément de poids dramatique à Darkseid, au multivers et aux futurs alternatifs. Cette différence de ton crée une drôle de sensation de déséquilibre. J'ai aussi été un peu frustré par la structure du tournoi. Je m'attendais à des affrontements organisés en 1v1 entre personnages emblématiques de l'univers DC. Au lieu de ça, on a surtout un immense battle royale fouillis où tout explose dans tous les sens, avec des règles assez floues et des épreuves parfois difficiles à suivre. L'histoire principale, découpée en cinq gros chapitres DC KO + 8 chapitres à part pour autant de combats annexes correspondant plus ou moins aux quarts de finale, est clairement ce qui m'a le plus intéressé. J'ai aimé suivre le mystère autour du tournoi et voir comment les scénaristes allaient faire évoluer la situation. Les dessins sont globalement très solides, avec de grosses scènes d'action spectaculaires et plusieurs passages visuellement impressionnants. En revanche, les nombreuses histoires parallèles consacrées aux Teen Titans, à Batman ou à la famille Superman m'ont paru très dispensables. Elles n'apportent quasiment rien à l'intrigue principale, à part quelques détails mineurs qu'on pouvait déjà deviner sans elles. Pire encore, elles ne viennent pas expliquer certaines énormes facilités scénaristiques du récit principal, comme la manière ridiculement simple avec laquelle certains vilains s'infiltrent dans le tournoi. Et des facilités, il y en a énormément. Le crossover demande constamment d'accepter que des personnages simplement humains puissent survivre au milieu d'entités capables de détruire des planètes. Sérieusement, qu'est-ce que King Shark, Red Hood ou Harley Quinn viennent faire dans un évènement cosmique de cette ampleur face à des personnages comme Superman ou Captain Atom ? Le Joker reste amusant par moments, mais il bénéficie clairement d'une énorme protection scénaristique pour rester pertinent aussi longtemps. Quant à la conclusion globale de l'arc (que j'ai lue en VO), elle m'a franchement déçu. Le récit finit par sombrer dans les grands discours lyriques, les explosions cosmiques et les deus ex machina destinés à masquer un scénario trop fragile. Beaucoup de choses semblent sortir de nulle part, plusieurs rebondissements paraissent artificiels, et le message final manque vraiment de clarté. On a surtout l'impression que tout cela sert avant tout de teasing géant pour le prochain gros évènement DC. J'ai passé un moment plutôt divertissant grâce au concept de départ, aux affrontements et à la qualité graphique globale de la série principale. J'ai aussi été suffisamment accroché par le mystère et l'envie de voir où tout cela allait mener pour lire l'histoire principale sans ennui, à l'inverse des histoires parallèles plus ennuyeuses. Mais entre ces histoires là très dispensables, les énormes facilités scénaristiques, le côté brouillon de certaines parties du tournoi et une conclusion assez bidon, je retiens surtout un gros spectacle de fan service efficace sur le moment, mais finalement dispensable une fois terminé. Note : 2,5/5
Lou Andréas Salomé - Si tu veux une vie, vole-là !
Je connaissais le nom de Lou Andréas Salomé, mais uniquement au travers de quelques hommes avec lesquels elle a été très liée, Nietzsche surtout et aussi Rilke. Et c’est aussi uniquement comme ça que j’en entendais parler. Cette biographie a eu le mérite de me faire connaitre la personne, indépendamment de l’aura de ses compagnons ou contemporain. Et le fait est que Lou est une personne hors du commun. En général, et surtout pour l’époque (surtout dans la deuxième moitié du XIXème siècle). En effet c’est une femme qui va exprimer et vivre une liberté quasi absolue, faisant fi des conventions sociales, du qu’en-dira-t-on, tenant tête à la société et aux hommes – pourtant à forte personnalité ! – qu’elle côtoyait. Bien sûr, je n’oublie pas que cette liberté lui a aussi été permise par sa condition sociale de naissance : issue d’un milieu très privilégié en Russie, cela l’a d’emblée libérée des contingences matérielles. Mais pour le reste, c’est un électron libre, qui a vécu ses amitiés et ses amours de façon peu conventionnelle. Si elle a été après sa rencontre avec Freud une pionnière de la psychanalyse (peut-être la première femme à la pratiquer), elle a aussi été très en avance sur son temps dans sa façon de vivre (parfois avec plusieurs hommes, hors mariage, de façon quasi « chaste » en plus !). Séverine Vidal dresse un portrait d’une femme « moderne » et forte, libre. L’imposante documentation bibliographique en fin de volume (qui a nourri le récit et les nombreuses citations qui l’enrichissent) prouve que l’auteure s’est située au plus proche de son sujet, intéressant. C’est le portrait d’un bouillonnement intellectuel de l’Europe centrale et de l’Est. La première guerre mondiale, puis l’arrivée au pouvoir des Nazis y mettra fin, la longue vie de Lou se terminant langoureusement, alors que les hommes et le monde qui ont décoré sa vie ont disparu depuis longtemps. Mais c’est surtout le portrait d’une femme qui méritait sans doute mieux que d’apparaitre dans l’ombre de Nietzsche, Rilke ou Freud.
Frankenwood
Kordey nous propose quelque chose d’intéressant, plutôt agréable à l’œil. Son dessin et la colorisation sont vraiment plaisants (je note juste des visages un peu changeants, et pas toujours ressemblants aux personnages originaux – Lauren Bacall par exemple). En tout cas il se fait plaisir, en multipliant les clins d’œil au cinéma et à Hollywood : cadrages cinématographiques, allusion à des films, scènes, acteurs ou personnages multiples, affiches de films (on a même droit à Marilyn comme actrice des « Oiseaux » d’Hitchcock !). Au scénario, Macan se fait lui aussi plaisir avec cette histoire improbable, ponctuée de moments loufoques, avec une « enquête » fil rouge improbable. Mais aussi peu consistante. En effet, si j’ai lu cet album avec plaisir, et relativement rapidement malgré sa pagination conséquente, c’est davantage dû au dessin de Kordey ou à certains passages amusants, décalant acteurs (de toutes les époques hollywoodiennes : Olliver Hardy côtoie Marilyn Monroe, Bogart, Boris Karloff, etc.) et personnages politiques (les frères Kennedy par exemple). Les acteurs réels se confondent aussi parfois avec certains de leurs rôles (en particulier le personnage principal, Bogart), quelques touches de fantastiques (les personnages peuvent « revivre ») ajoutent un peu de piment à l’histoire. Mais j’ai eu l’impression que, tout occupés à placer ces décalages, à parodier l’univers hollywoodien, les auteurs se sont moins préoccupés de bâtir une intrigue solide. Mais cette frustration n’empêche pas de passer un bon moment en lisant ce petit délire.
Largo Winch
Bien dessiné et bien colorisé et histoires bien écrites mais tout cela est un peu vain. Le héros et milliardaire manque de densité, bien des personnages sont assez inexistants, c'est vrai, le XIème voleur, les barons de la finance, les scènes d'action inévitables et les dialogues peu mémorables. A lire si on ne veut pas se prendre la tête. Et je ne parle pas du manque de tension dramatique... Un peu dans le même genre, je veux dire dessins un peu ressemblants et héros beau gosse avec quelque chose de naïf au début mais de quand même efficace, il y a la série XIII, tellement supérieure ! Si on veut une série d'action, privilégier XIII - ou les débuts de Thorgal ou bien de Jeremiah, mais on encourt alors le risque d'être déçu, au bout d'un moment.
Le Mètre des Caraïbes
Tiens, un Lupano qui passe moins bien ! J'ai pourtant une très bonne opinion de cet auteur et de sa production énorme mais diversifiée, avec de nombreuses pépites que j'ai adorées. Et pourtant, alors que de nombreux éléments sont en place pour m'intéresser, je trouve cette exécution maladroite et assez peu intéressante. Déjà, j'ai été surpris que l'histoire se base sur un personnage réel et de vrais faits, grossis et déformés pour l'occasion, puisque toute cette aventure est imaginaire mais inspirée de la réalité. En fait, j'ai eu l'impression d'un peu trop de trucs avec beaucoup d'extravagance qui ne va pas trop avec l'idée de réalisme derrière. Peut-être est-ce la même sauce que Lupano à déjà développée dans d'autres BD et que j'en ai saturé cette fois-ci, mais je dois bien dire que j'ai trouvé l'ensemble moins maitrisé dans le ton, le ton étant très bouffon sur l'ensemble même si l'on a brutalement un discours de fin qui semble être le cœur du message, mais très décorrélé de l'ensemble. Le discours de fin est très sérieux, proposant une lecture contemporaine de l'innovation qu'a constitué le mètre et à l'aulne de notre monde libéral ce qu'il peut devenir comme dérive. C'est intéressant, mais pas du tout bien intégré au récit qui reste rigolo tout du long, semblant parler également de gestion politique et des transformations sociales conséquentes autour de la révolution française. Mais l'ensemble est trop brouillon, les messages dilués et assénés trop brutalement lorsqu'ils débarquent. L'ensemble n'a pas vraiment de tenue globale, on sent l'envie de parler de choses mais au final j'ai un doute sur ce qui est dit réellement. Bref, c'est trop brouillon dans l'exécution et le message. Maintenant je reste tout de même sur une note de 3, parce que la BD se laisse tout à fait lire et que son dessin dynamique correspond bien au ton du récit. C'est lisible et la BD peut trouver son public même si je ne l'ai pas appréciée plus que ça. C'est un des premiers Lupano qui me fait cet effet, espérons que ce soit aussi le dernier !
Western Love
Lebon revient au western après l’intéressant Le Révérend, et c’est plutôt un sympathique retour. En tout cas on a là – sur les deux premiers albums parus pour le moment (un dernier doit encore conclure la série), quelque chose de dynamique et plaisant. Les deux héros sont attachants et, eux qui se présentent de prime abord comme « hors cadre », finissent presque rangés, s’occupant d’un bébé dans le deuxième album. Presque. Car quand même l’ordre, la loi et quelques bienséances ne les arrêtent pas souvent. L’intrigue est très rythmée. Elle prend même un peu d’envergure dans le deuxième album (le premier se concentrait sur la mise en place, la rencontre des deux tourtereaux – et sur un petit bled, alors qu’ensuite ça voyage pas mal). Le rythme est accentué, en fin de chacun des deux albums, par les grosses fusillades auxquelles prennent part nos héros (on peut évidemment s’étonner du fait qu’il échappent autant aux balles et qu’ils visent aussi bien, mais bon). En tout cas c’est une lecture agréable, en espérant que la suite/conclusion soit aussi satisfaisante.