Les derniers avis (48502 avis)

Couverture de la série Le syllogomaniaque
Le syllogomaniaque

Commençons par saluer une nouvelle fois les éditions Polystyrènes, un « petit éditeur » qui nous propose de très très beaux objets, de chouettes leporellos, avec des couleurs aux couleurs qui me plaisent à chaque fois. Mais c’est aussi une collection à fortes contraintes pour les auteurs, au niveau du format, contraint et très court. Réussir à transcender ces contraintes, voire à s’en servir est donc une gageure pas toujours relevée. Et ici, même si, bien entendu, c’est très court, hyper vite lu, et donc peu développé, j’ai trouvé que les auteurs avaient quand même réussi ce pari difficile. Il y a bien une – toute – petite – histoire, vite traversée, et globalement satisfaisante (comme toujours en descendant le long d’une façade…). Un petit jeu « oubapien », autour de la disparition de la lettre « O », qui ne réapparaît qu’en toute fin (je ne sais s’il y a un clin d’œil à « La disparition » de Pérec – que je n’ai pas lue – mais ce petit jeu (qui ajoute une contrainte à celles du format) est utilisée de façon amusante.

25/01/2026 (modifier)
Couverture de la série Le Temple du passé
Le Temple du passé

De la SF un peu vieillotte, souvent naïve, mais qui passe globalement assez bien. Même si, dans le second tome surtout, il y a quand même pas mal de raccourcis et de facilités (la rapidité avec laquelle nos rescapés font muter la bestiole et se retrouvent sur la terre ferme, l’évolution des lézards rouges, etc.). Un récit qui fait son âge donc, avec des idées assez classiques parfois (une ancienne civilisation ayant quitté la Terre en inspirant les connaissances humaines – ici grecques, y compris vêtements et coiffures !) et d’autres sans doute osées pour l’époque, c’est-à-dire les années 1950 (l’homosexualité considérée comme normale, voire quasi obligatoire, l’hétérosexualité étant stigmatisée). Bon, sinon, ça se laisse lire gentiment. Facilités et naïveté n’entravent pas trop la lecture, on les accepte, et finalement les deux tomes sont avalés rapidement (l’intrigue est assez linéaire et il n’y a pas beaucoup de textes) et souvent agréablement.

25/01/2026 (modifier)
Couverture de la série La Promesse (de Lattre)
La Promesse (de Lattre)

Je mets trois étoiles, parce que le sujet, dur et bouleversant, est globalement bien traité. Mais je n’ai pas été emballé plus que ça par ce récit autobiographique. En fait, je n’ai pas trop accroché aux dessins, statiques, plus proches de l’illustration qu’autre chose. Et le mélange de ces dessins avec des photos, ou quelques représentations de documents (lettres retrouvées) donne plus l’impression de lire un bouquin documentaire qu’un vraie BD. D’autre part, la narration est un peu bordélique, alternant les différentes périodes, qui s’enchainent de façon saccadée (parfois une simple page et quelques mots). Reste le sujet, qui tient à cœur à l’auteure – qui adapte ici semble-t-il le roman/documentaire qu’elle a écrit à partir de ses souvenirs et des documents familiaux retrouvés, ainsi qu’une enquête personnelle pour remonter le passé de ses grands-parents avant et pendant la Seconde guerre mondiale. Le récit illustre une nouvelle fois – mais, malgré tout, peut-on être blasé par l’accumulation des témoignages sur l’abject ? – l’horreur du génocide, que l’on ressent ici d’autant plus que l’auteure décrit par quelques anecdotes l’intime de ses grands-parents, leur incompréhension, et tout ce qu’ils ont fait pour sauver leur fils qui, adopté, deviendra le père de l’auteure. Au passage, la partie la plus intéressante – qu’égoïstement j’aurais aimé voir davantage développée, car plus « originale », ce sont les relations qui se sont nouées entre les grands-parents et le couple qui va adopter le père (un curieux quatuor !). Note réelle 2,5/5.

25/01/2026 (modifier)
Couverture de la série La Duelliste (Tabou)
La Duelliste (Tabou)

Dans la foulée de Thrace, et sur le même principe, Trif (au scénario et dessin) et Celestini (aux couleurs) se lancent dans un triptyque historique, dans une version « classique » chez Graph Zeppelin, et dans une version plus « adulte » chez Tabou. J’ai lu les deux versions du premier album, et les deux sont plaisantes à lire. Trif est un très bon dessinateur, et il reconstitue très bien le XVIIème siècle (décors et habits), avec toujours le souci d’employer un vocabulaire précis (traduction des termes en bas de pages). Les personnages sont très réussis et, pour ce qui est de cette série, les scènes érotiques sont sensuelles et agréables. Pour le moment c’est d'ailleurs plus érotique que véritablement porno (on est à la limite). Mon seul reproche serait que plusieurs dames se ressemblent un peu trop. Mais pour le reste, c’est visuellement très agréable. L’intrigue est assez bien ficelée. Une histoire de vengeance, des personnages qui se croisent et n’ont pour le moment pas livrer tous leurs secrets, le potentiel est intéressant. Avec des personnages manipulateurs (la plupart des protagonistes ne sont pas forcément celui ou celle qu’il semble être. A tout prendre le seul à ne rien cacher, c’est celui qui est le « pourri », noble coureur de jupons et excellent escrimeur, qui tue à tour de bras ceux qui ont l’inconscience de le défier en duel (il le fait parfois par amusement). Et la fille de l’une de ses victimes veut se venger, apprendre l’art de l’épée, pour le tuer en duel. Voilà donc notre « duelliste », qui possède, outre une forte personnalité, un charme indéniable – même si, pour le moment, c’est bien la seule de toutes les dames qui traversent l’album à ne pas en avoir usé ! Une série pour le moment agréable à lire et regarder, relativement rythmée, avec du potentiel. Et quelques scènes sensuelles. Je me verrais bien lui mettre une étoile de plus si la qualité se maintient. Note réelle 3,5/5. *********************** Rien de bien nouveau à ajouter après lecture du deuxième tome, si ce n'est que c'est encore une lecture plaisante, une série bien fichue. Trif joue toujours sur un dessin et quelques situations sensuels, sans jamais aller jusqu'au porno, ça reste encore assez soft. Mais toujours très agréable à l'oeil (la colorisation lumineuse de Celestini et le trait de Trif sont plutôt chouettes). Quant à l'histoire, comme j'avais déjà pu la lire dans la version Graph Zeppelin, elle continue à gagner en dramatisation, avec des secrets qui commencent à être dévoilés et à faire office de bombes à retardement au sein de la bonne société de cour. Du classique, très sympathique. J'attends la suite et fin avec impatience et plaisir.

03/06/2025 (MAJ le 24/01/2026) (modifier)
Couverture de la série Punk à sein
Punk à sein

Il y a quelques années, en pleine période d'écriture d'une de ses bandes-dessinées, Magali Le Huche a découvert qu'elle avait un cancer du sein. Une maladie dégénérative bien connue, de nom en tant cas, qui atteint une femme sur six en moyenne (et qui d'ailleurs attaque sans se soucier du sexe ou du genre), un mal rependu et qui pourtant nous parait presque toujours inconnu, incommensurable aussi. Une sorte de fantôme dont on ne pourrait échapper. Magali Le Huche, comme beaucoup de gens, a vu sa vie, sa vision d'elle-même, son rapport au corps voler en éclat, du jour au lendemain, et nous partage dans cet album son parcours, sa remontée. On pourrait se dire naïvement que ce genre de témoignage pullule mais je trouve chacune des itérations nécessaires. Dans cet album comme dans de nombreux précédents témoignages (et sans aucun doute dans la myriade qui suivront), ce n'est pas le caractère scientifique, vulgarisateur qui est intéressant, c'est le fait que le discours, l'expérience est personnelle, vivante et unique. Magali Le Huche nous partage son expérience, à la fois similaire à tant d'autres et, malgré tout, bien unique. On réalise pleinement, comme elle-même le dit dans l'album, que ce ne sont pas toujours les autres à qui ce genre de choses arrivent. Sur la deuxième moitié de l'album on a même droit à de courtes (mais toujours intéressantes) apartés sur la vie d'autres personnes vivant la même expérience qu'elle et de qui elle s'est rapprochée suite à la découverte de son cancer. Tout ça c'est bien, vous entends-je dire (c'est faux, je ne vous entends pas, tout ceci est écrit à l'avance), mais quel est donc la touche unique de ce témoignage ? Déjà sa forme, puisque l'on retrouve le dessin simple et expressif de Magali Le Huche, ainsi que sa tendance à rendre chaotique la narration en brisant les "cases" de la bande-dessinée et en multipliant les apartés et les digressions qui lui viennent parfois sur le tas ; mais il y a aussi le fond, puisque qu'au delà de nous parler de son cancer du sein elle nous dresse ici une sorte d'étude d'elle-même dans sa globalité lors de cette période. Son rapport à la musique, notamment, nous parlant de sa fascination pour les Beatles dans sa tendre jeunesse mais aussi (et surtout) de sa redécouverte du groupe The Clash, l'un des premiers groupes de Punk, et sa soudaine fascination pour Joe Strummer, sa vie, ses idéaux, ce qu'il représentait. Le parallèle entre la lutte contre un système oppressant et la réappropriation, la revendication de son corps est assez bien trouvée, je trouve. Un album intéressant. Pas mon préféré dans son genre, il faut dire que je ne suis pas la plus sensible au style narratif de Magali Le Huche, mais je reconnais aisément que l'œuvre est de bonne facture et, surtout, comme dit plus haut, toujours on ne peut plus nécessaire.

23/01/2026 (modifier)
Couverture de la série L'Héritage des Taironas
L'Héritage des Taironas

L’Héritage des Taironas est une bande dessinée d’aventure solide, qui trouve un bon équilibre entre fresque historique et romance, sans jamais forcer le trait. Le récit navigue entre l’Europe, les États-Unis et la Colombie, avec une volonté manifeste de dépaysement et de souffle romanesque. La transition entre ces deux grands univers peut paraître un peu décousue, mais l’ensemble reste lisible et cohérent, porté par une narration fluide et bien rythmée. Le fil symbolique de l’artefact précolombien est intéressant sur le principe, notamment pour ancrer le récit dans une dimension réelle et patrimoniale — renforcée par son lien avec le Musée du Louvre — mais son impact sur l’intrigue demeure relativement limité. Les personnages sont bien construits et compréhensibles, même s’ils restent parfois un peu caricaturaux. Graphiquement, le dessin est soigné et agréable, avec de belles ambiances et une lisibilité constante. Le trait et les couleurs restent toutefois assez sages, sans prise de risque marquante. Rien de révolutionnaire donc, mais un travail propre et cohérent, parfaitement au service du récit. Au final, une lecture plaisante, bien ficelée et sans longueur, idéale pour qui cherche une aventure historique courte, accessible et teintée de romantisme, sans complexité excessive.

23/01/2026 (modifier)
Par Cacal69
Note: 3/5
Couverture de la série Le Chemin derrière la maison
Le Chemin derrière la maison

ATYPIQUE ! Il va m'être difficile de parler de cette BD tant elle sort des sentiers battus et tant chacun en fera son interprétation (ou pas). Ce qui est certain c'est qu'elle ne laissera pas indifférente. Un album où vont se succéder de petits récits autoporteurs mais formant un ensemble cohérent par les thèmes évoqués. Autre particularité, il n'y a pas de personnage principal, c'est le vivant qui tiendra ce rôle. Jérémie Gasparutto nous guide sur différents chemins où le texte se fait rare, il est souvent énigmatique, parfois poétique et d'autre fois hermétique. Chacun en fera son interprétation. Personnellement j'y ai surtout vu une introspection sur nos peurs de l'inconnu, une reconnexion avec la nature et de s'ouvrir aux autres. Il veut faire tomber les remparts qui nous emprisonnent dans une société individualiste qui va à mille à l'heure. Un album avec une patte graphique indéniable, elle permet une immersion dans cet environnement entre rêve et réalité. La narration s'appuie énormément sur la mise en page de Gasparutto pour cette expérience sensorielle. Du très bon travail. Je tiens à souligner le travail éditorial de qualité, comme toujours, pour le label 619. Que dire en conclusion... Pas totalement séduit mais pas totalement réfractaire. Un OVNI.

23/01/2026 (modifier)
Par Josq
Note: 3/5
Couverture de la série Dina et le millimonde
Dina et le millimonde

Je viens de finir la lecture de cette bande dessinée dans Spirou, j'avoue ne pas l'avoir relu d'affilée, donc peut-être me manque-t-il une petite vue d'ensemble. Néanmoins, je peux affirmer sans conteste que la lecture est très plaisante ! Le dessin de Dalena est efficace, plein de douceur et d'élégance. Son trait correspond parfaitement au graphisme d'une série jeunesse dont le public peut être élargi sans problèmes. Le scénario de Lapuss' est soigné également. Il prend le temps de bien poser son univers avant d'embrayer sur l'action, ce qui m'a favorablement étonné. À la lecture hebdomadaire de Spirou, cela veut dire qu'on a dû attendre plus de 2 numéros avant d'avoir l'impression que l'action commençait enfin. Cela m'a favorablement étonné car j'aime ces bandes dessinées (cela vaut aussi pour les séries télévisées) qui résistent à la tendance de tout de suite plonger le lecteur à fond dans l'action, en bâclant la phase de présentation de l'univers et des personnages. Ici, Lapuss' fait tout dans l'ordre, et tant pis si le lecteur décroche dans les premières pages. On sent que le scénariste est suffisamment sûr de ses bases pour se permettre de prendre son temps. Un très bon point pour cet album, donc. Quant à l'histoire globale, il faudra de toute façon attendre la suite pour en savoir plus et en dire davantage. Ce premier tome constitue en tous cas une exposition très solide, et il y a de quoi développer une suite tout à fait convaincante. C'est pourquoi je reste à 3 étoiles, la série n'ayant pas totalement fait ses preuves, mais je pourrais facilement monter au-dessus, si la suite exploite tout le potentiel de cet univers. En tous cas, ça me paraît une excellente série jeunesse, bien écrite, bien dessinée, aux promesses alléchantes. Croisons les doigts que les auteurs n'en gâchent rien !

23/01/2026 (modifier)
Par Vaudou
Note: 3/5
Couverture de la série Vacances fatales
Vacances fatales

C'est déjà mieux que Little Ego qui m'était tombé des mains. Ici Giardino nous raconte des histoires d'adultères qui tournent souvent au crime. Sur le 4eme plat de couverture, Le Monde nous vend ces intrigues comme étant à la croisée des influences d'Alberto Moravia et d'Umberto Eco, rien que ça. Je n'ai pas assez lu ces auteurs pour confirmer. Il n'empêche, passé les deux premiers récits qui inaugurent cette bande et qui sont très anecdotiques, un vrai charme s'opère. On reconnaît alors la patte d'un auteur qui nous dépeint toujours le même profil de personnages et qui semble nous dire : "il n'y a pas d'innocent, il n'existe que des coupables". Et puis Giardino était un grand dessinateur et on n'est pas déçu à ce niveau, je garde en souvenir notamment la nouvelle qui se passe à Venise et qui est particulièrement soignée. A découvrir.

23/01/2026 (modifier)
Par Cerise
Note: 3/5
Couverture de la série Aldébaran
Aldébaran

Le premier cycle de cette série sur les mondes d'Aldébaran m'avait laissé un super souvenir quand je l'ai lu ado, mais en la relisant des années plus tard quelques points me chagrinent. C'est malgré tout une bonne série, qu'il faut replacer dans le contexte des années 90. Je comprends la critique sur le manque de diversité des ethnies représentées (issues de la terre) ainsi que sur les expressions faciales des personnages mais ce n'est pas ce qui m'a le plus dérangé. Après tout, les d'occidentaux n'auraient-ils pas pu lancer cette expédition et donc envoyé en priorité des occidentaux avec une plus forte proportion de personnes caucasiennes ? Cependant ce qui me chagrine le plus est le manque de diversité dans les corps ; des gentils, beaux comme des dieux sur qui tout le monde veut sauter et des méchants aux traits de méchants, trop sérieux ou bedonnants. Les corps sont tous les mêmes, interchangeables, fantasmés : des femmes avec des énormes seins bien fermes (que l'on voit beaucoup trop), des ventres plats, des belles hanches et des jambes fines, des hommes aux corps d'athlètes et aux traits anguleux ... Les personnages, surtout les femmes, sont très sexualisées, les seins toujours bien moulées, se trimballant souvent en culottes. A peine un homme rencontre un femme ou inversement qu'ils doivent coucher ensemble/être en couple... c'est trop. Surtout que Kim à 13 ans dans le premier tome et est à deux doigts de coucher avec un homme. Puis à 17 ans elle couche avec Marc qui en a 21. Son âge m'a dérangé. Elle est trop mature pour avoir 13 ans, et son rôle est plus celui d'une jeune femme que d'une gamine. C'est pour moi le gros point noir de cette série, sinon j'ai été transportée dans cet univers fantastique avec une faune et une flore bien imaginée et qui sert un beau récit d'aventure. La fin est un poil trop facile à mon goût avec une épilogue digne d'un Disney.

22/01/2026 (modifier)