Je ne sais pas ce que Sophie Adriansen a mis d’elle-même dans le personnage d’Alix (ou plutôt ce qu’elle a mis de sa mère dans celle d’Alix !), mais j’imagine (à tort ?) qu’il y a peut-être quelque chose d’autobiographique dans ce récit.
Un récit qui prend le temps d’installer le « problème », de le marteler, de façon répétitive, tant le comportement de la mède d’Alix s’apparente à un harcèlement systématique. Une dépréciation des autres, une accumulation d’idées et de mots négatifs, de mauvaises ondes, qui finissent par saper le moral de celle qui reçoit en pleine figure ces baffes virtuelles. L’album affirme que 20 % de la population aurait grandi aux côtés d’un parent aussi « toxique ». Ça n’a heureusement pas été mon cas (et je n’en connais pas non plus), mais ça fait froid dans le dos, tant c’est destructeur.
Le dessin use d’un trait léger, qui évacue souvent détails et décors. Pas forcément mon truc, mais il est lisible et fluide. Et le choix de ne faire apparaitre la mère toxique uniquement sous la forme d’une ombre, un personnage tout noir au visage sans trait, est plutôt bon.
Le récit est intéressant, et le « problème » est traité de façon agréable.
Tehem nous propose un récit intéressant, souvent amusant (jamais d’éclats de rire, mais on sourit souvent – en particulier au détriment des préventions de l’aristo, qui peine pas mal à s’adapter à une situation où il n’est plus avantagé d’office par une particule).
L’intrigue fait penser à du Swift (« Le voyage de Gulliver »), du Voltaire (« Candide » ou « Histoire des voyages de Scarmentado » – pour la partie sur l’inversion des termes de l’esclavage par exemple), mais aussi à pas mal de récits de voyage – plus ou moins fantasmés et édifiants ou à vertu philosophique des siècles passés.
Émilien, un jeune noble se lance dans le commerce de « nègres », mais son navire négrier fait naufrage. Lui et une servante esclave, Prudence, s’échoue sur une île inconnue. Rapidement séparés, nous les suivons alternativement (avec la vision des mêmes moments d’autres personnages) dans leurs aventures pour « survivre », dans une jungle où les bestioles et les peuples inconnus et originaux sont autant de menaces, auxquelles ils s’adaptent plus ou moins bien.
L’histoire se laisse lire agréablement – et rapidement. Tehem nous propose une sorte de conte philosophique qui peut se lire à plusieurs niveaux. Une lecture plaisante et recommandable, avec un dessin simple, mais fluide, qui accompagne bien le récit.
« Lune de guerre » n’est clairement pas le meilleur scenario de Van Hamme, et on se demande un peu ce que le dessin de Hermann vient faire dans cette histoire...
… histoire plutôt alléchante sur le papier, mais beaucoup trop convenue dans son déroulement, et remplie de clichés et d’incohérences (un petit creux ? tuons un mouton dans le champ, préparons-le et faisons-le cuire en une petite demi-heure, comme une saucisse). La montée de la violence est plutôt bien amenée, et l’album se lit sans problèmes, mais j’ai eu beaucoup de mal à y croire… à croire en ces personnages, en leurs réactions.
J’adore le dessin de Hermann, mais surtout sur les paysages – je suis beaucoup moins fans de ses personnages, surtout féminins… or, ce scenario propose surtout des scènes intérieures avec de nombreux personnages féminins… bref, graphiquement j’ai trouvé ça insipide.
Je laisse quand même 3/5 de justesse, parce l’album se lit bien, mais je trouve que la rencontre de ces deux géants de la BD n’a pas vraiment tenu ses promesses.
Je relis cet album 21 ans après l’avoir découvert, et mon avis reste mitigé.
L’histoire aurait pu être intéressante, l’auteur mêle destinées personnelles et Histoire de l’après seconde guerre mondiale en Allemagne. Les dessins sont vraiment magnifiques, j’adore les personnages de Guy Raives, et la représentation de l’Allemagne partiellement détruite est impressionnante.
Mais plusieurs détails agaçants m’ont empêché de pleinement apprécier ce one-shot. Déjà, la narration me semble perfectible et souvent saccadée. Elle est sans arrêt interrompue par une « voix off » décrivant le contexte historique – ces ajouts remplis de dates et de noms ont fini par me lasser. Je ne suis pas non plus fan du tic narratif qui consiste à insérer des phrases en anglais ou allemand dans les dialogues en français, pour nous rappeler la nationalité des personnages… j’ai toujours trouvé le rendu ridicule.
Il y a également un côté « roman à l’eau de rose » qui prend de plus en plus de place, et relègue le côté historique (pourtant passionnant) au second plan. Enfin, certains passages un peu racoleurs m’ont dérangé… la scène lesbienne me semble complètement incongrue, ainsi que la nudité omniprésente. L’héroïne rencontre une vieille amie à elle ? « Tiens justement j’allais aux bains turcs, viens avec moi on discutera un peu ». S’ensuivent 3 pages de femmes dénudées, derrières arrondis et autres nichons… m’enfin.
J’ai quand même passé un bon moment, mais il ne me reste pas grand-chose après lecture. Une bonne BD, qui aborde une période intéressante de la seconde guerre mondiale (l’après-guerre et la reconstruction plutôt que la guerre elle-même), mais qui aurait gagné à se concentrer un peu plus sur ce côté historique, et moins sur les ébats amoureux des personnages… mais ceci n’est bien sûr qu’un avis personnel.
C'est une série que j'ai lue au fil des années sur le Web. À un moment, j'ai pensé la mettre en BDtheque, mais j'ai renoncé parce que je ne savais pas si elle avait été publiée en papier et en français. Et j'ai bien fait: l'avis de Deretaline est parfait!
Les blagues sont bonnes, surtout au début. Cela se moque de toute la heroic fantasy, barbares et romains, vikings, grecs et orientaux ! Mythes et dieux, monstres de toutes origines, sorciers médiévaux, Inquisition moderne, rien n'échappe aux plaisanteries coquines ! Tout prend vie et magie, même le sperme volant !
Mais certaines blagues et situations deviennent récurrentes et fatigantes sur le long terme. Je pense que la série a décliné avec le temps, ce qui est normal. Mais cela vaut la peine de la découvrir et ce sont des auteurs australiens, c'est pas fréquent, je crois !
Nous sommes dans un futur post-apocalyptique, mais malgré tout ultra-technologique.
Cela peut sembler contradictoire?
C'est pourtant parfaitement voulu, et c'est ce qui rend la chose très crédible au final.
En effet, dans la plupart des univers post-apo, les hommes sont revenus à l'âge de pierre, dominés par une loi tribale du plus fort sur les faibles. Ce qui si on y réfléchi bien est un peu stupide: les structures gouvernementales, patiemment établies au fil de plusieurs siècles, voire millénaires, ne s'effondreront jamais comme ça...
Donc si une grande partie du monde a sombré dans l'anarchie et le chaos, les grandes cités / métropoles sont toujours sous contrôle gouvernementale, et la technologie domine tout.
Le titre de la série est bien entendu une référence au chef-d'œuvre de Fritz Lange, notre héros étant basé à Berlin.
Il s'agit d'un enquêteur en freelance qui tente d'économiser afin de rejoindre sa dulcinée à l'autre bous de la planète.
Je n'irais pas trop dans les détails de ce monde, l'intro de cette page se suffit.
Mais il faut savoir que pour le moment, les deux tomes de cette série se lisent avec un certain plaisir, ou un plaisir certain. L'univers est intéressant, et le fait que le dessinateur soit allemand permet de découvrir un autre cadre assez dépaysant (fini Paris, les métropoles belges ou américaines: l'Allemagne est très rarement mise en avant à moins que cela ne soit un BD historique ou pas sur la seconde guerre mondiale). Les enquêtes sont bien amenées, les personnages assez charismatiques.
Alors pourquoi 3 étoiles seulement? Disons que le personnage principal se fait quelque peu manipuler par deux protagonistes récurrents, et qu'il semble soit être aveugle, soit prendre la chose un peu trop bien si il en est conscient. Ce qui casse un peu l'ambiance.
Dans les années 90, deux ados paumés passent leurs journées entre salles de flipper, petits larcins, combines foireuses et fréquentations douteuses, jusqu'au moment où l'un d'eux commence à comprendre qu'il devra peut-être sortir de cette spirale avant d'y rester coincé.
L'identité visuelle de cet album est très forte. J'aime beaucoup cette énergie un peu rebelle et nerveuse qui se dégage du dessin de Rune Ryberg. Le trait se déforme selon les émotions et les expressions des personnages, avec quelque chose de très vivant et instinctif, et les couleurs très saturées, presque agressives parfois, donnent une vraie personnalité à l'ensemble. Toute cette ambiance visuelle colle parfaitement à ces souvenirs d'adolescence un peu sale, bruyante et désordonnée des années 90.
L'histoire se lit bien et les personnages sont intéressants, notamment cette relation d'amitié toxique entre Rick et Bass qui finit par devenir le vrai coeur du récit. En revanche, toute la thématique autour du flipper comme métaphore de cette adolescence balancée dans tous les sens ne m'a pas énormément parlé. Pourtant je suis de la même génération que l'auteur, mais je n'ai jamais connu cette fascination pour les flippers ou les salles d'arcade. C'est malgré tout ce qui donne son identité particulière au récit.
J'ai aussi trouvé que l'album avait tendance à s'étirer un peu en longueur au milieu, avec certaines scènes de dérive ou d'embrouilles qui finissent par se répéter. À l'inverse, la conclusion, autour de la volonté de sortir d'un milieu et de fréquentations toxiques, arrive presque trop vite et de façon assez abrupte.
J'en retiens donc une lecture sympathique, très personnelle et pleine de caractère, portée par son univers graphique et son atmosphère, même si je n'ai pas trouvé l'histoire réellement passionnante.
Dans mes yeux fait partie des premières BDs de Vivès, elle est à la fois attendrissante et un peu perturbante.
Le concept est dans le titre, cette relativement courte BD conte l’histoire de la rencontre du narrateur avec une étudiante et de leurs premières discussions/date/etc. Tout ceci littéralement à travers les yeux du narrateur et tous les effets de mise en scène que cela implique. J’aime bien le concept. Ça part d’une bonne idée et c’est assez bien réalisé. Graphiquement c’est aussi très plaisant de voir les traits de crayons de couleur s’entremêler et ressentir le grain du papier.
Mon principal reproche serait principalement le côté « manic pixie dream girl » de la protagoniste féminine. Qu’il s’agisse de la rencontre, de ses réflexions et de ses manières d’agir, tout parait irréaliste avec ce personnage trop niais, bizarrement secret et émotif; on se croirait dans 500 Days of Summer.
Toutefois, c’est quand même une oeuvre que je recommande et qui vaut le coup d’oeil, c’est original, cute, et rapide à lire !
Une suite de gags en demi-planches qui revient avec humour sur les débuts des Rolling Stones, enfin plus particulièrement Mick Jagger et Keith Richards, entre anecdotes réelles, clins d'oeil musicaux et humour potache.
Comme je connais finalement assez peu les Stones, j'ai probablement raté une partie des références et notamment certaines traductions françaises de paroles de chansons glissées dans les dialogues même si j'en ai repéré plusieurs. Malgré ça, l'ensemble reste plutôt amusant et se lit facilement, même sans être un grand connaisseur du groupe.
Le format en petits sketches fonctionne bien pour raconter cette jeunesse encore maladroite et pleine de rêves de gloire, avec un Mick Jagger présenté comme très tourné vers la célébrité et les filles, et un Keith bien plus musicien mais taciturne. L'humour est parfois un peu appuyé ou répétitif, mais certains gags font mouche et le ton reste léger et sympathique.
Graphiquement, Boris Mirroir fait encore une fois un très bon travail. Son dessin caricatural et minimaliste colle parfaitement à l'esprit de l'album, avec ce petit côté rétro et détendu qui accompagne bien cette évocation des débuts du groupe.
Ce n'est pas un album hilarant et je ne sais pas s'il parlera vraiment aux grands fans des Rolling Stones, mais j'ai trouvé la lecture agréable et assez amusante.
Une série de courts récits humoristiques où trois personnages récurrents traversent les époques et se retrouvent mêlés, de près ou de loin, à la naissance de grandes œuvres ou figures de l'Histoire de l'art, de Lascaux à Picasso en passant par Dali ou Van gogh.
J'ai trouvé l'idée plutôt sympathique : au lieu d'avoir un véritable héros fixe, Téhem réutilise les mêmes trois personnages dans des rôles différents selon les périodes, ce qui rappelle un peu le principe du dessin animé Il était une fois... l'Homme. C'est une manière assez ludique de faire découvrir aux jeunes lecteurs des artistes ou des œuvres qu'ils ne connaissent pas forcément, avec des histoires courtes qui se lisent vite et facilement.
Le dessin est très sympathique et bien maîtrisé. L'humour, lui, fonctionne de façon inégale. Certains gags m'ont paru assez plats ou prévisibles, avec un côté un peu gentillet, mais il y a aussi quelques idées bien trouvées comme l'épisode sur Banksy qui m'a surpris.
Globalement, l'ensemble est agréable grâce au dessin lisible et expressif de Téhem, même si cela m'a davantage amusé par moments que réellement fait rire. Et quitte à vouloir instruire les jeunes lecteurs sur ces artistes et leurs oeuvres, c'est dommage de ne pas avoir inclus quelques photos de ces fameuses oeuvres pour qu'ils sachent vraiment de quoi on parle.
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Chère Maman - Les mères aussi peuvent être toxiques
Je ne sais pas ce que Sophie Adriansen a mis d’elle-même dans le personnage d’Alix (ou plutôt ce qu’elle a mis de sa mère dans celle d’Alix !), mais j’imagine (à tort ?) qu’il y a peut-être quelque chose d’autobiographique dans ce récit. Un récit qui prend le temps d’installer le « problème », de le marteler, de façon répétitive, tant le comportement de la mède d’Alix s’apparente à un harcèlement systématique. Une dépréciation des autres, une accumulation d’idées et de mots négatifs, de mauvaises ondes, qui finissent par saper le moral de celle qui reçoit en pleine figure ces baffes virtuelles. L’album affirme que 20 % de la population aurait grandi aux côtés d’un parent aussi « toxique ». Ça n’a heureusement pas été mon cas (et je n’en connais pas non plus), mais ça fait froid dans le dos, tant c’est destructeur. Le dessin use d’un trait léger, qui évacue souvent détails et décors. Pas forcément mon truc, mais il est lisible et fluide. Et le choix de ne faire apparaitre la mère toxique uniquement sous la forme d’une ombre, un personnage tout noir au visage sans trait, est plutôt bon. Le récit est intéressant, et le « problème » est traité de façon agréable.
Les grandes personnes - Récits du naufrage de la Belle Héloïse
Tehem nous propose un récit intéressant, souvent amusant (jamais d’éclats de rire, mais on sourit souvent – en particulier au détriment des préventions de l’aristo, qui peine pas mal à s’adapter à une situation où il n’est plus avantagé d’office par une particule). L’intrigue fait penser à du Swift (« Le voyage de Gulliver »), du Voltaire (« Candide » ou « Histoire des voyages de Scarmentado » – pour la partie sur l’inversion des termes de l’esclavage par exemple), mais aussi à pas mal de récits de voyage – plus ou moins fantasmés et édifiants ou à vertu philosophique des siècles passés. Émilien, un jeune noble se lance dans le commerce de « nègres », mais son navire négrier fait naufrage. Lui et une servante esclave, Prudence, s’échoue sur une île inconnue. Rapidement séparés, nous les suivons alternativement (avec la vision des mêmes moments d’autres personnages) dans leurs aventures pour « survivre », dans une jungle où les bestioles et les peuples inconnus et originaux sont autant de menaces, auxquelles ils s’adaptent plus ou moins bien. L’histoire se laisse lire agréablement – et rapidement. Tehem nous propose une sorte de conte philosophique qui peut se lire à plusieurs niveaux. Une lecture plaisante et recommandable, avec un dessin simple, mais fluide, qui accompagne bien le récit.
Lune de guerre
« Lune de guerre » n’est clairement pas le meilleur scenario de Van Hamme, et on se demande un peu ce que le dessin de Hermann vient faire dans cette histoire... … histoire plutôt alléchante sur le papier, mais beaucoup trop convenue dans son déroulement, et remplie de clichés et d’incohérences (un petit creux ? tuons un mouton dans le champ, préparons-le et faisons-le cuire en une petite demi-heure, comme une saucisse). La montée de la violence est plutôt bien amenée, et l’album se lit sans problèmes, mais j’ai eu beaucoup de mal à y croire… à croire en ces personnages, en leurs réactions. J’adore le dessin de Hermann, mais surtout sur les paysages – je suis beaucoup moins fans de ses personnages, surtout féminins… or, ce scenario propose surtout des scènes intérieures avec de nombreux personnages féminins… bref, graphiquement j’ai trouvé ça insipide. Je laisse quand même 3/5 de justesse, parce l’album se lit bien, mais je trouve que la rencontre de ces deux géants de la BD n’a pas vraiment tenu ses promesses.
L'Innocente
Je relis cet album 21 ans après l’avoir découvert, et mon avis reste mitigé. L’histoire aurait pu être intéressante, l’auteur mêle destinées personnelles et Histoire de l’après seconde guerre mondiale en Allemagne. Les dessins sont vraiment magnifiques, j’adore les personnages de Guy Raives, et la représentation de l’Allemagne partiellement détruite est impressionnante. Mais plusieurs détails agaçants m’ont empêché de pleinement apprécier ce one-shot. Déjà, la narration me semble perfectible et souvent saccadée. Elle est sans arrêt interrompue par une « voix off » décrivant le contexte historique – ces ajouts remplis de dates et de noms ont fini par me lasser. Je ne suis pas non plus fan du tic narratif qui consiste à insérer des phrases en anglais ou allemand dans les dialogues en français, pour nous rappeler la nationalité des personnages… j’ai toujours trouvé le rendu ridicule. Il y a également un côté « roman à l’eau de rose » qui prend de plus en plus de place, et relègue le côté historique (pourtant passionnant) au second plan. Enfin, certains passages un peu racoleurs m’ont dérangé… la scène lesbienne me semble complètement incongrue, ainsi que la nudité omniprésente. L’héroïne rencontre une vieille amie à elle ? « Tiens justement j’allais aux bains turcs, viens avec moi on discutera un peu ». S’ensuivent 3 pages de femmes dénudées, derrières arrondis et autres nichons… m’enfin. J’ai quand même passé un bon moment, mais il ne me reste pas grand-chose après lecture. Une bonne BD, qui aborde une période intéressante de la seconde guerre mondiale (l’après-guerre et la reconstruction plutôt que la guerre elle-même), mais qui aurait gagné à se concentrer un peu plus sur ce côté historique, et moins sur les ébats amoureux des personnages… mais ceci n’est bien sûr qu’un avis personnel.
Oglaf
C'est une série que j'ai lue au fil des années sur le Web. À un moment, j'ai pensé la mettre en BDtheque, mais j'ai renoncé parce que je ne savais pas si elle avait été publiée en papier et en français. Et j'ai bien fait: l'avis de Deretaline est parfait! Les blagues sont bonnes, surtout au début. Cela se moque de toute la heroic fantasy, barbares et romains, vikings, grecs et orientaux ! Mythes et dieux, monstres de toutes origines, sorciers médiévaux, Inquisition moderne, rien n'échappe aux plaisanteries coquines ! Tout prend vie et magie, même le sperme volant ! Mais certaines blagues et situations deviennent récurrentes et fatigantes sur le long terme. Je pense que la série a décliné avec le temps, ce qui est normal. Mais cela vaut la peine de la découvrir et ce sont des auteurs australiens, c'est pas fréquent, je crois !
Metropolia
Nous sommes dans un futur post-apocalyptique, mais malgré tout ultra-technologique. Cela peut sembler contradictoire? C'est pourtant parfaitement voulu, et c'est ce qui rend la chose très crédible au final. En effet, dans la plupart des univers post-apo, les hommes sont revenus à l'âge de pierre, dominés par une loi tribale du plus fort sur les faibles. Ce qui si on y réfléchi bien est un peu stupide: les structures gouvernementales, patiemment établies au fil de plusieurs siècles, voire millénaires, ne s'effondreront jamais comme ça... Donc si une grande partie du monde a sombré dans l'anarchie et le chaos, les grandes cités / métropoles sont toujours sous contrôle gouvernementale, et la technologie domine tout. Le titre de la série est bien entendu une référence au chef-d'œuvre de Fritz Lange, notre héros étant basé à Berlin. Il s'agit d'un enquêteur en freelance qui tente d'économiser afin de rejoindre sa dulcinée à l'autre bous de la planète. Je n'irais pas trop dans les détails de ce monde, l'intro de cette page se suffit. Mais il faut savoir que pour le moment, les deux tomes de cette série se lisent avec un certain plaisir, ou un plaisir certain. L'univers est intéressant, et le fait que le dessinateur soit allemand permet de découvrir un autre cadre assez dépaysant (fini Paris, les métropoles belges ou américaines: l'Allemagne est très rarement mise en avant à moins que cela ne soit un BD historique ou pas sur la seconde guerre mondiale). Les enquêtes sont bien amenées, les personnages assez charismatiques. Alors pourquoi 3 étoiles seulement? Disons que le personnage principal se fait quelque peu manipuler par deux protagonistes récurrents, et qu'il semble soit être aveugle, soit prendre la chose un peu trop bien si il en est conscient. Ce qui casse un peu l'ambiance.
Une dernière partie de flipper... (Tilt)
Dans les années 90, deux ados paumés passent leurs journées entre salles de flipper, petits larcins, combines foireuses et fréquentations douteuses, jusqu'au moment où l'un d'eux commence à comprendre qu'il devra peut-être sortir de cette spirale avant d'y rester coincé. L'identité visuelle de cet album est très forte. J'aime beaucoup cette énergie un peu rebelle et nerveuse qui se dégage du dessin de Rune Ryberg. Le trait se déforme selon les émotions et les expressions des personnages, avec quelque chose de très vivant et instinctif, et les couleurs très saturées, presque agressives parfois, donnent une vraie personnalité à l'ensemble. Toute cette ambiance visuelle colle parfaitement à ces souvenirs d'adolescence un peu sale, bruyante et désordonnée des années 90. L'histoire se lit bien et les personnages sont intéressants, notamment cette relation d'amitié toxique entre Rick et Bass qui finit par devenir le vrai coeur du récit. En revanche, toute la thématique autour du flipper comme métaphore de cette adolescence balancée dans tous les sens ne m'a pas énormément parlé. Pourtant je suis de la même génération que l'auteur, mais je n'ai jamais connu cette fascination pour les flippers ou les salles d'arcade. C'est malgré tout ce qui donne son identité particulière au récit. J'ai aussi trouvé que l'album avait tendance à s'étirer un peu en longueur au milieu, avec certaines scènes de dérive ou d'embrouilles qui finissent par se répéter. À l'inverse, la conclusion, autour de la volonté de sortir d'un milieu et de fréquentations toxiques, arrive presque trop vite et de façon assez abrupte. J'en retiens donc une lecture sympathique, très personnelle et pleine de caractère, portée par son univers graphique et son atmosphère, même si je n'ai pas trouvé l'histoire réellement passionnante.
Dans mes yeux
Dans mes yeux fait partie des premières BDs de Vivès, elle est à la fois attendrissante et un peu perturbante. Le concept est dans le titre, cette relativement courte BD conte l’histoire de la rencontre du narrateur avec une étudiante et de leurs premières discussions/date/etc. Tout ceci littéralement à travers les yeux du narrateur et tous les effets de mise en scène que cela implique. J’aime bien le concept. Ça part d’une bonne idée et c’est assez bien réalisé. Graphiquement c’est aussi très plaisant de voir les traits de crayons de couleur s’entremêler et ressentir le grain du papier. Mon principal reproche serait principalement le côté « manic pixie dream girl » de la protagoniste féminine. Qu’il s’agisse de la rencontre, de ses réflexions et de ses manières d’agir, tout parait irréaliste avec ce personnage trop niais, bizarrement secret et émotif; on se croirait dans 500 Days of Summer. Toutefois, c’est quand même une oeuvre que je recommande et qui vaut le coup d’oeil, c’est original, cute, et rapide à lire !
Backstage
Une suite de gags en demi-planches qui revient avec humour sur les débuts des Rolling Stones, enfin plus particulièrement Mick Jagger et Keith Richards, entre anecdotes réelles, clins d'oeil musicaux et humour potache. Comme je connais finalement assez peu les Stones, j'ai probablement raté une partie des références et notamment certaines traductions françaises de paroles de chansons glissées dans les dialogues même si j'en ai repéré plusieurs. Malgré ça, l'ensemble reste plutôt amusant et se lit facilement, même sans être un grand connaisseur du groupe. Le format en petits sketches fonctionne bien pour raconter cette jeunesse encore maladroite et pleine de rêves de gloire, avec un Mick Jagger présenté comme très tourné vers la célébrité et les filles, et un Keith bien plus musicien mais taciturne. L'humour est parfois un peu appuyé ou répétitif, mais certains gags font mouche et le ton reste léger et sympathique. Graphiquement, Boris Mirroir fait encore une fois un très bon travail. Son dessin caricatural et minimaliste colle parfaitement à l'esprit de l'album, avec ce petit côté rétro et détendu qui accompagne bien cette évocation des débuts du groupe. Ce n'est pas un album hilarant et je ne sais pas s'il parlera vraiment aux grands fans des Rolling Stones, mais j'ai trouvé la lecture agréable et assez amusante.
Nowan
Une série de courts récits humoristiques où trois personnages récurrents traversent les époques et se retrouvent mêlés, de près ou de loin, à la naissance de grandes œuvres ou figures de l'Histoire de l'art, de Lascaux à Picasso en passant par Dali ou Van gogh. J'ai trouvé l'idée plutôt sympathique : au lieu d'avoir un véritable héros fixe, Téhem réutilise les mêmes trois personnages dans des rôles différents selon les périodes, ce qui rappelle un peu le principe du dessin animé Il était une fois... l'Homme. C'est une manière assez ludique de faire découvrir aux jeunes lecteurs des artistes ou des œuvres qu'ils ne connaissent pas forcément, avec des histoires courtes qui se lisent vite et facilement. Le dessin est très sympathique et bien maîtrisé. L'humour, lui, fonctionne de façon inégale. Certains gags m'ont paru assez plats ou prévisibles, avec un côté un peu gentillet, mais il y a aussi quelques idées bien trouvées comme l'épisode sur Banksy qui m'a surpris. Globalement, l'ensemble est agréable grâce au dessin lisible et expressif de Téhem, même si cela m'a davantage amusé par moments que réellement fait rire. Et quitte à vouloir instruire les jeunes lecteurs sur ces artistes et leurs oeuvres, c'est dommage de ne pas avoir inclus quelques photos de ces fameuses oeuvres pour qu'ils sachent vraiment de quoi on parle.