Un manga très doux.
L'extrême naïveté de Sasaki, personnage principal, et son côté empoté le rende attachant.
Les discussions, par petits bouts, chaque soir entre Sasaki et Tayama l'employé rock n'roll et complice.
Une petite romance, avec un 1er tome parfois un peu longuet. Une licence poétique un peu étonnante est utilisée sur les personnages de Yamada/Tayama, cependant ça reste très mignon. J'ai beaucoup apprécié les dessins, et une certaine sensualité qui se dégage régulièrement.
Pour les amatrices et amateurs de romances doucerettes.
Dès les premières planches, on installe une ambiance furieusement western, seule la moto du héros – Nevada – dénotant dans des décors qu’on croirait sortis de Blueberry : décors naturels, ou reconstitués à Hollywood.
Mais c’est en fait à la fin des années 1920 que nous sommes, ce mélange, cette ambivalence, volontairement entretenus, m’ont fait penser à la série Les Gringos.
Si les albums ultérieurs s’éloignent parfois de l’esthétique western, l’intrigue y revient régulièrement (on a même droit à un duel au soleil en fin de troisième tome !), c’est la marque de fabrique de cette série – et c’est plutôt bien fait.
Le personnage de Nevada, ses rapports avec sa « donneuse d’ordre », la productrice Louise Hathaway m’ont fait penser à la série américaine des années 1980 « L’homme qui tombe à pic », dans laquelle un cascadeur jouait les chasseurs de prime pour une femme ayant avancé des cautions.
Si chaque album peut se lire comme un one-shot, il y a quand même un fil rouge qui, outre l’approfondissement des personnalités (entre Nevada et Louise, aussi avec la jeune journaliste rencontrée dans le tome 2), concerne la traque d’un « méchant », ayant joué un rôle dans le passé des deux principaux protagonistes, Carlsen. Série et personnages gagnent en consistance, les parties consolidant le tout.
Reste que le diptyque des deux derniers albums m'a paru moins dynamique, plus dilué. Un peu l'impression que les auteurs ont tenté de caser trop de choses: la personnalité et l'amitié de Jack London; de longs flash-back expliquant la genèse des relations entre Louise et Nevada; les hobos; les luttes syndicales, en plus de l'origine du conflit avec Carlsen.
Pas mal de clins d'oeil aussi à des films célèbres (Psychose; 3h10 pour Yuma, etc.). Je suis par ailleurs grandement surpris qu'un film comme Le chien andalou ait pu être vu et connu aux États-Unis l'année de sa "sortie (qui plus est rapidement censurée) en France !
Au final, c'est une série intéressante, divertissante. C'est déjà pas mal.
Cet album offre une plongée au coeur de l'Afrique des années 60, et plus précisément à la génèse des grands parcs nationaux des pays de l'est du continent. Un récit raconté comme une enquête, mêlant histoire et politique. C'est un documentaire mis en scène comme une fiction.
Le sujet de fond est interessant : comment l'unesco, la WWF et les colons ont mis en place de très vastes projets pour préserver la nature africaine, créer des parcs et sauver des animaux. L'intention est louable, la méthode et ses conséquences seront plus discutables. Populations malmenées, une dizaine de millions d'hommes, de femmes, de paysans déplacés. Des villages entiers rasés de la carte.
Pour mettre cela en exergue, l'idée de raconter tout cela à travers le prisme de 4 personnages est une bonne idée. Le narrateur essaye de résoudre un meurtre et remonte les pistes de ces 4 personnes. Cela donne au récit un format d'enquête interessant. Au fil des chapitres et des retours dans le temps, on découvre les liens entre les personnages, et surtout comment les actes des premiers auront des conséquences sur les autres (et donc sur le sujet de fond).
Sauf que c'est un peu compliqué à suivre. Les enjeux politiques notamment, qui est avec qui, qui magouille quoi dans le dos de qui d'autres, pour quel intérêt. Sans compter les doubles jeux. On saisit en toile de fond la catastrophe humanitaire sous jacente, mais il y a quelques connexions pas toujours limpides qui empêchent d'en saisir pleinement les détails. Le dessin est nerveux et dynamique, mais ce style ne fait pas la part belle aux paysages africains. La palette de couleur est un peu monotone. Cela manque par moment de lisibilité, et ne permet pas toujours de discerner avec certitude tous les protagonistes sur certaines scènes.
Il y a un sujet de fond interessant, globalement peu connu du grand public.
Il y a une idée narrative interessante.
Cela donne envie... mais l'impression que l'essai n'est pas totalement transformé reste un peu en tête une fois l'album refermé.
"Charnel, sensuel, brutal, tendre, obsessionnel, solitaire, soft, … Le sexe recouvre une gamme infinie de première fois. En voici dix exemples"
Vous l'aurez compris cet ouvrage ne se concentre pas sur LA première fois mais sur dix petites premières fois.
Imaginées et contées par une femme, cet ouvrage érotique raconte 10 premières expériences féminines de la toute première fois à la première fois à trois en passant par la première expérience lesbienne, etc...
Il laisse échapper une certaine finesse que l'on ne retrouve pas dans un ouvrage masculin, ce qui pour ma part n'est pas pour me déplaire.
On ne retrouve pas pour autant une certaine tendresse hormis l'histoire de LA première fois.
Comme bien souvent dans ce genre d'ouvrage, les histoires sont de qualité inégale et ne procurent pas le même plaisir à lire.
Mais pour ma part c'est le dessin qui m'a le plus dérangé. Ils sont plusieurs à avoir pris le relais, cela se voit, et c'est franchement inégal. La dernière histoire, sans parole d'ailleurs, est à ce titre très révélatrice puis qu'elle nous offre un visuel très "picassoresque". Faut aimer
Au final j'avoue une légère déception, j'ai lu puis j'ai éteint la lumière et me suis endormi comme un bébé sans la moindre pensée érotique.
L'ouvrage est donc passé à coté de son but affiché dans la préface.
J'aurai plutôt tendance à conseiller la lecture de Sous le Paradis qui pour ma part se révèle être de meilleure qualité
Note réelle : 2,5
Un album de Voss en couleurs, c'est assez rare pour être souligné.
C'est un autre recueil d'histoires courtes publié quelques mois avant Lokyia.
Bizarrement, la plupart des récits ont une fin assez plate, le découpage visuel est beaucoup plus sage aussi.
Sur la moitié des histoires, Voss n'est pas le scénariste. On aperçoit Philippe Manoeuvre dans les noms....
On a du mal à retrouver l'humour noir caractéristique de l'auteur, un peu comme si Voss essayait de s'ouvrir à un public plus large.
Une relative déception par rapport au reste de son œuvre.
Alors moi j'aime bien que le héros ne soit à l'origine qu'un tronc et une tête : pour se construire, il se construit. Mais l'univers est tellement moins riche que l'Incal si au moins il est plus original que ses dérivés ! Le dessin ? S'il ne vaut pas celui de l'Incal et quelques autres, il vaut mieux que celui du Monde d'Edena, alors… Je dois dire que j'ai apprécié un dessin nouveau, original avec des couleurs convenant à un univers de fantasy. J'avais oublié cette série mais Stripsforever2000! m'y a fait repenser, et ce n'est pas désagréable… Le héros construit sa force, son opposante, Diamante, construit sa fragilité, et tous deux deviennent meilleurs l'un par l'autre.
Tout cela me plait beaucoup, mais avec un côté foutraque, il faut bien dire que les autres éléments de l'histoire m'ont paru pauvres et sans trop d'intérêt. Comme un certain nombre d'œuvres, on peut rêver de ce qu'elles auraient été si abouties, de même que Dream - ou plutôt Sandman ! - dans la série éponyme collectionne les livres écris en rêve par les auteurs.
J’ai découvert Alef-Thau et Jodorowski grâce à un de mes auteurs préférées , Mobius- Giraud et la Bande Dessinée Culte, L’incal.
L’Incal ma tellement plu que j’ai pris la chance aveugle , mi les années 80 , pour acheter les deux premiers tomes d’Alef-Thau.
Étant installé à l’étranger et durant mes visites infréquentés en Belgique le long des ans , j’étais intéressé à obtenir les autres numero’s Et.. je ne trouvai pas ! ( Ca doit ce collectionner ! )
C’est en 2024 que j’ai obtenu le dernier. Le numéro 8 et dessinée par Alexandre Covial. C’est tout aussi bien dessinée et joli. et Anti Climatique question scénario !
Âpre lire ce dernier , je ne comprenais plus rien de cette Histoire !
Depuis, Lors de la dernière Bourse à Lys-Lez-Lannoy j’ai finalement pu finir cette quête en trouvant toute l’histoire en Intégrale sur deux Volumes !
D’un Coup , j’ai pu lire toute ce Fantasme et même Temps !
Au début, j’aimais l’histoire…
Depuis, j’ai suivant commentaire à faire.
Jodorwski est un personnage d’une fore créatrice hors du commun.
J’avais compris avec l’Incal , qui’ prenait sur des Thèmes New Âge et sur la religion Hindu, beaucoup d’éléments, pour faire une très bonne histoire .
Depuis… et de Lire « Bouncer « . Ce Dernier qui demontre l’envergure des Thèmes que jodo aborde. Ca va du Sacrée au Profane !
Et la, avec Alef-Thau, je suis guerre surpris qu’il abordait de Nouveau des thèmes pseudo religieux.
L’histoire se lis bien. Arno fesait des beaux dessins et certains tableaux sont magnifiques. Les Engins spatiaux sont très beaux, les monstres et paysages aussi, mais l’histoire même reste presque tout le temps Coincée sur « le plan Astral » pseudo Theosophiste .
Même le titre , Alef-Thai cachée cette idée en Pleine Vue.
Alef etant la première lettre de l’alphabet Hébreu ( Alpha ) et signifie la présence de Dieu . Thau est la dernière lettre de ce même alphabet et signifie la protection divine ou Oméga, la fin de tout.
OK , ça marche, sur des Béquilles .
Tout comté fait c’est très joli mais si on réfléchit de ce qu’on Vient de lire, il n’y a pas quand chose qui reste gravée dans la Mémoire .
Avec sa , je termine mes lectures Jodoroski tout en étant appréciatif de ce grand Artiste très polyvalent qui doit avoir 96 ans en 2026 !
Dans tout les génres BD, Alef Thau prend une place speciale.
Ca lis bien en Intégrale, mieux qu’en tomes individuelles . Tant Mieux. comme ça , ça permet de finir l’Histoire en une fois ( 400 pages ) et de m’être de cotée une fois pour tout, et décider si on veut retenir dans sa collection.
C’est Jodorowski !
Pour commencer, le parti pris éditorial est plutôt bien vu, avec cette sur-couverture en plastique semi-transparent représentant un masque vénitien, qui, une fois retirée, laisse apparaître le visage de la jeune femme que l’on verra dans une bonne partie du livre : c’est elle qui souffre du fameux « syndrome de l’imposteur ».
Mi-documentaire, mi-fiction, l’ouvrage traite donc de ce phénomène (c’était le terme utilisé lorsqu’il fut identifié à la fin des années 70 par deux universitaires états-uniennes, qui le considéraient comme une expérience psychologique plutôt que comme une pathologie, contrairement à « syndrome » qui fut en quelque sorte imposé par les médias quand ceux-ci commencèrent à l’évoquer, comme le précisent les auteurs) qui trouve un écho de plus en plus fort dans le milieu du travail et semble toucher plus particulièrement la gent féminine, même si les études réalisées doivent être prises avec des pincettes. Dans un monde où règne souvent l’esprit de compétition, les hommes ont peut-être plus de réticence à avouer leurs failles et leurs souffrances au travail.
Et pourtant, les conséquences sont souvent dramatiques pour les victimes. Des études ont souligné que les personnes les plus exposées étaient avant tout les femmes (d’où le E majuscule du titre), mais également issues d’un milieu social défavorisé, des minorités « non-blanches » ou des régions éloignées des grands centres urbains. Celles qui étaient parvenues à gravir les échelons dans le cadre de leur profession avaient conservé une forme de culpabilité et manquaient de la confiance dont bénéficient leurs congénères plus favorisés. Pour lutter contre ce sentiment, elles mouillent plus leur chemise et sont prêtes à se démener par peur de redescendre là d’où elles viennent… la contrepartie, c’est le risque de faire une dépression ou un burn-out… qui n’équivalent donc pas au fameux syndrome mais en constituent plutôt les effets…
Si l’objet, tout en mettant en lumière ce fameux « syndrome » encore relativement méconnu mais avec plus d’implications qu’on pourrait le penser, il peut aussi par certains aspects se rapprocher du guide de développement personnel (avec même un test à la fin), mais dans le bon sens du terme et loin des ouvrages lucratifs de ce type. L’ouvrage, très didactique, est basé sur des études sérieuses et des points de vue de philosophes, mais aussi des interviews de figures publiques (Michelle Obama, la journaliste Nora Hamadi, l’ex-championne d’athlétisme Dado, la professeure de lettres Karine Dijoud…) ou de citoyens ordinaires, qui en apparence paraissent tout à fait bien dans leurs baskets mais à moment donné ont tous expérimenté ce « syndrome » à un degré plus ou moins fort, et ils sont beaucoup plus nombreux qu’on ne pourrait le croire, l’important étant de ne pas « enlever le masque en public ». Moi-même, je n’y ai pas échappé étant plus jeune. Et vous qui lisez ces lignes, vous êtes-vous déjà posé la question ?
Attention, il n’est pas question de prendre la question à la légère en permettant à chacun de se dédouaner pour ses manquements, car le sujet est complexe : si « 83 % des Français présentent des signes modérés ou forts du syndrome (…), il est intense pour près d’un tiers de la population ! » Toute la nuance est dans ces chiffres. L’étude a été réalisée avec le concours du psychologue Kevin Chassandre, qui fournit une analyse éclairante du syndrome avec la diversité de ses symptômes (du simple doute à la détresse émotionnelle), tout en glissant quelques pistes pour mieux le combattre.
Graphiquement, on appréciera la simplicité du trait de Fanny Briant et la fraîcheur des couleurs, assortis à une mise en page libre et variée, qui contribuent à procurer un bon moment de lecture, tout en abordant un sujet sociétal important.
« Le Syndrome de l’imposteurE » est une lecture appréciable qui prend soin d’éviter les raccourcis et tente d’intégrer tous les points de vue, y compris celui de certaines féministes considérant ce syndrome comme une élucubration, quand bien même il fut identifié par des femmes… Aucune conclusion hâtive ici, ce qui laisse la place à d’autres questionnements, mais le livre reste suffisamment enrichissant pour tenter d’adopter une opinion équilibrée.
J'avais bien aimé Erased, de Kei Sanbe, auteur qui s'est fait remarquer pour ses mangas empreints de mystère, ses manipulations mentales et ses personnages ordinaires qui se retrouvent dans des situations complètement folles. C'est toujours le cas ici, avec cette famille de bonnes personnes, qui aident les autres même si elles-mêmes ne sont pas forcément dans une situation très favorable.
Le mystère est don très présent dès ce premier tome, surtout autour du père, qui reçoit des cartes postales le prévenant d'évènements heureux ou malheureux à venir. Ca m'a un peut fait penser à cette vieille série; Demain à la Une, dans laquelle le héros reçoit le journal du lendemain annonçant des catastrophes. Comme ce personnage, Toya, qui est un chic type, choisit d'intervenir pour empêcher une tragédie de survenir. Mais quel est le dessein derrière tout ça ? Et pourquoi ces chiffres décroissants sur les cartes postales ?
Sanbe distille donc ses énigmes de manière savamment dosée, comme toujours, et nous embarque dans cette histoire qui présage des faux-semblants, des masques, ces chaussses-trapes...
A suivre, donc.
Encore une nouvelle série de "Planet-Fantasy" d'Arleston me direz-vous... tout comme moi en attaquant cette lecture. Au bout de 4 pages je me suis dit que j'allais avoir droit à un triste mix piochant allègrement dans Lanfeust, Alim le tanneur et je ne sais quoi encore...
Heureusement, passé une introduction des plus classiques et l'installation de l'univers où va évoluer notre jeune héroïne, l'intrigue a commencé à prendre corps et à titiller ma curiosité. En effet, après le massacre de sa famille, la jeune Sangre va découvrir en intégrant une école réservée aux classes supérieures de la société qu'elle est la dépositaire d'un pouvoir lui permettant de stopper le temps pendant quelques secondes. Malheureusement cette vie de château ne va pas durer. C'est à l'école de la rue qu'elle va grandir, accompagnée de son chien, de son pouvoir et de son désir de vengeance qu'elle entretient savamment...
Le dessin d'Adrien Floch est agréable et efficace mais manque un peu d'originalité à mon goût (Les amateurs de Tarquin et de ses séries hybrides autour de Lanfeust s'y retrouveront pleinement). Partir sur une nouvelle série aurait pu être l'occasion de donner un petit coup de frais et de lifting à ce genre.
Alors, au final, je sors de cette lecture plutôt agréablement surpris par ce que laissent entrevoir les tomes à venir. Rien de révolutionnaire, mais un agréable moment de lecture. Alors, ne boudons pas notre plaisir, et j'attendrai la suite avec curiosité pour affiner ma note.
*** Tome 2 ***
Et bien voilà ! Ce second tome m'a vraiment plu et c'est plutôt conquis que je sort de cette lecture. Car si on retrouve notre Sangre toujours aussi bien affutée et en pleine possession de ses facultés pour mener à bien sa vengeance, l'imagination qui va construire son environnement n'est pas en rade, loin de là.
Imaginez un monde où pour survivre la population DOIT être à proximité d’œuvres d'art de qualité (peinture, architecture, musique,etc...), sinon de terribles créatures fantomatiques vous dévorent. L'art comme rempart absolu contre le mal, moi ça me parle ! :)
Car l'un des assassins de ses parents qu'elle recherche n'est autre que l'un des peintres les plus en vogue de ce monde. Sauf que quand elle arrive sur Tarasque, ledit peintre est tombé en déchéance et tente même de se suicider... C'est ballot pour une vengeance !
C'est là que le machiavélisme de Sangre s'en mêle et nous propose une vengeance aux p'tits oignons !
Côté dessin, Adrien Floch continue d'assurer le taff parfaitement pour ce genre d'album.
Du coup je monte ma note à 4. Vivement la suite !
*** Tome 3 ***
Voilà donc le troisième opus de cette série qui avait su me réconcilier avec Arleston. Je l'attendais avec une certaine curiosité, surtout après l'excellent tome 2.
Cette fois-ci notre jeune Sangre s'embarque pour la planète Mi-Ho-Dwygg afin d'y traquer le troisième assassin de ses parents, Hovanne l'irrésolue. Elle débarque donc sur une planète où le froid règne en maître et où la condition sociale de chacun est déterminée par son prestige et ses interactions avec des personnes en possédant beaucoup. Arleston nous propose de découvrir une aristocratie déliquescente qui assoie son autorité par son insensibilité au froid. C'est parmi l'une de ces familles que Sangre croit pouvoir retrouver et se venger d'Hovanne l'irrésolue...
Une nouvelle fois, Arleston nous propose une société très originale qui évolue dans un monde qui l'est tout autant et qui permet à Adrien Floch de se lâcher avec des décors glaciaires magnifiques et des costumes somptueux. Pour autant, je n'ai pas retrouvé le même élan et le même engouement qu'avait su me procurer le tome précédant. L'album reste quand même de très bonne facture, mais il lui manque ce je-ne-sais-quoi qui fait parfois toute la différence.
Une suite toujours aussi efficace, mais un cran en dessous du très très bon second tome.
*** Tome 4 ***
Et là, c'est le drame...
D'une on change de dessinateur, exit Adrien Floch et de deux, toute la trame sociétale propre à chaque monde qui faisait le sel de la série est ici diluée voire inexistante. Si le nouveau dessinateur Stefano Vergani (découvert dans Lost Shelter) a du talent, sa patte graphique est complètement différente, et franchement, si y'a bien un truc qui m'énerve, c'est le changement de dessinateur en cours de série !
Bref, on a déjà l'impression que Sangre a pris 10 ans quand commence cette nouvelle chasse à l'assassin ; c'est cette fois-ci sur le monde de Douce-eaux qu'elle se rend pour débusquer l'écumeur Donnadion le béat. Ce dernier serait aujourd'hui un ermite non-violent caché dans un archipel sauvage où se réfugient les esclaves en fuite... Sangre va devoir réussir à faire tomber le masque de celui qui participa au massacre de sa famille pour mener à bien la nouvelle étape de sa vengeance.
Pour le coup, fini les univers aux constructions sociales originales ! Dommage, car c'était pour moi un des points forts de cette série. Alors ok, on a un tome qui nous permet de retrouver un personnage auquel on commençait à s'attacher, mais sans les éléments qui faisaient la différence. L'histoire tourne pour le coup a une classique quête de vengeance sans véritable originalité.
Pour le coup je redescend ma note à 3
*** Tome 5 ***
Bon bon bon.. Et bien ce n'est pas ce 5e tome qui va me réconcilier avec la série. On est clairement passé de la "bonne surprise" des débuts à du réchauffé et du sans saveur. Tout ce qui faisait le sel des 3 premiers tomes ne subsiste qu'à l'état de traces.
Dans cet opus, Sangre se rend sur Monde Rouge pour traquer l'ogre Rugleïs, l'un des assassins de sa famille. Ce monde est devenu un casino à ciel ouvert tenu d'une main de fer par l'Ecumeur Rugleïs et son épouse.
Si le concept d'un monde nouveau à chaque tome suivant la traque des Ecumeurs qui ont décimé la famille de Sangre est bien là, fi de l'originalité sociétale liée à chaque planète. Monde Rouge (rien que le nom m'interroge sur le manque d'inspiration d'Arleston...) est une planète régie par le jeu... et pis c'est tout ! Pas d'organisation sociétale liée à ce mode de vie, rien qui ne la distingue d'une autre planète dans son organisation ou ses interactions sociales lié à cette particularité. Bref, c'est pauvre...
Et le reste du scénario est à l'avenant (ah, on a quand même UNE grosse surprise, mais je vais pas spoiler), empli de facilités dans la résolutions des difficultés, tout comme le dessin de Stefano Vergani que je trouve de plus en plus pauvre. Les décors sont de plus en plus vides, les personnages ont perdu en détails, et la colorisation informatisée n'arrange pas les choses.
Bref, une série qui avait su me surprendre jusqu'au tome 3, mais depuis le changement de dessinateur, la série a perdu toute sa saveur.
Je baisse ma note à 2.5/5
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Smoking behind the supermarket with you
Un manga très doux. L'extrême naïveté de Sasaki, personnage principal, et son côté empoté le rende attachant. Les discussions, par petits bouts, chaque soir entre Sasaki et Tayama l'employé rock n'roll et complice. Une petite romance, avec un 1er tome parfois un peu longuet. Une licence poétique un peu étonnante est utilisée sur les personnages de Yamada/Tayama, cependant ça reste très mignon. J'ai beaucoup apprécié les dessins, et une certaine sensualité qui se dégage régulièrement. Pour les amatrices et amateurs de romances doucerettes.
Nevada (Delcourt)
Dès les premières planches, on installe une ambiance furieusement western, seule la moto du héros – Nevada – dénotant dans des décors qu’on croirait sortis de Blueberry : décors naturels, ou reconstitués à Hollywood. Mais c’est en fait à la fin des années 1920 que nous sommes, ce mélange, cette ambivalence, volontairement entretenus, m’ont fait penser à la série Les Gringos. Si les albums ultérieurs s’éloignent parfois de l’esthétique western, l’intrigue y revient régulièrement (on a même droit à un duel au soleil en fin de troisième tome !), c’est la marque de fabrique de cette série – et c’est plutôt bien fait. Le personnage de Nevada, ses rapports avec sa « donneuse d’ordre », la productrice Louise Hathaway m’ont fait penser à la série américaine des années 1980 « L’homme qui tombe à pic », dans laquelle un cascadeur jouait les chasseurs de prime pour une femme ayant avancé des cautions. Si chaque album peut se lire comme un one-shot, il y a quand même un fil rouge qui, outre l’approfondissement des personnalités (entre Nevada et Louise, aussi avec la jeune journaliste rencontrée dans le tome 2), concerne la traque d’un « méchant », ayant joué un rôle dans le passé des deux principaux protagonistes, Carlsen. Série et personnages gagnent en consistance, les parties consolidant le tout. Reste que le diptyque des deux derniers albums m'a paru moins dynamique, plus dilué. Un peu l'impression que les auteurs ont tenté de caser trop de choses: la personnalité et l'amitié de Jack London; de longs flash-back expliquant la genèse des relations entre Louise et Nevada; les hobos; les luttes syndicales, en plus de l'origine du conflit avec Carlsen. Pas mal de clins d'oeil aussi à des films célèbres (Psychose; 3h10 pour Yuma, etc.). Je suis par ailleurs grandement surpris qu'un film comme Le chien andalou ait pu être vu et connu aux États-Unis l'année de sa "sortie (qui plus est rapidement censurée) en France ! Au final, c'est une série intéressante, divertissante. C'est déjà pas mal.
Les Sacrifiés du paradis
Cet album offre une plongée au coeur de l'Afrique des années 60, et plus précisément à la génèse des grands parcs nationaux des pays de l'est du continent. Un récit raconté comme une enquête, mêlant histoire et politique. C'est un documentaire mis en scène comme une fiction. Le sujet de fond est interessant : comment l'unesco, la WWF et les colons ont mis en place de très vastes projets pour préserver la nature africaine, créer des parcs et sauver des animaux. L'intention est louable, la méthode et ses conséquences seront plus discutables. Populations malmenées, une dizaine de millions d'hommes, de femmes, de paysans déplacés. Des villages entiers rasés de la carte. Pour mettre cela en exergue, l'idée de raconter tout cela à travers le prisme de 4 personnages est une bonne idée. Le narrateur essaye de résoudre un meurtre et remonte les pistes de ces 4 personnes. Cela donne au récit un format d'enquête interessant. Au fil des chapitres et des retours dans le temps, on découvre les liens entre les personnages, et surtout comment les actes des premiers auront des conséquences sur les autres (et donc sur le sujet de fond). Sauf que c'est un peu compliqué à suivre. Les enjeux politiques notamment, qui est avec qui, qui magouille quoi dans le dos de qui d'autres, pour quel intérêt. Sans compter les doubles jeux. On saisit en toile de fond la catastrophe humanitaire sous jacente, mais il y a quelques connexions pas toujours limpides qui empêchent d'en saisir pleinement les détails. Le dessin est nerveux et dynamique, mais ce style ne fait pas la part belle aux paysages africains. La palette de couleur est un peu monotone. Cela manque par moment de lisibilité, et ne permet pas toujours de discerner avec certitude tous les protagonistes sur certaines scènes. Il y a un sujet de fond interessant, globalement peu connu du grand public. Il y a une idée narrative interessante. Cela donne envie... mais l'impression que l'essai n'est pas totalement transformé reste un peu en tête une fois l'album refermé.
Premières fois
"Charnel, sensuel, brutal, tendre, obsessionnel, solitaire, soft, … Le sexe recouvre une gamme infinie de première fois. En voici dix exemples" Vous l'aurez compris cet ouvrage ne se concentre pas sur LA première fois mais sur dix petites premières fois. Imaginées et contées par une femme, cet ouvrage érotique raconte 10 premières expériences féminines de la toute première fois à la première fois à trois en passant par la première expérience lesbienne, etc... Il laisse échapper une certaine finesse que l'on ne retrouve pas dans un ouvrage masculin, ce qui pour ma part n'est pas pour me déplaire. On ne retrouve pas pour autant une certaine tendresse hormis l'histoire de LA première fois. Comme bien souvent dans ce genre d'ouvrage, les histoires sont de qualité inégale et ne procurent pas le même plaisir à lire. Mais pour ma part c'est le dessin qui m'a le plus dérangé. Ils sont plusieurs à avoir pris le relais, cela se voit, et c'est franchement inégal. La dernière histoire, sans parole d'ailleurs, est à ce titre très révélatrice puis qu'elle nous offre un visuel très "picassoresque". Faut aimer Au final j'avoue une légère déception, j'ai lu puis j'ai éteint la lumière et me suis endormi comme un bébé sans la moindre pensée érotique. L'ouvrage est donc passé à coté de son but affiché dans la préface. J'aurai plutôt tendance à conseiller la lecture de Sous le Paradis qui pour ma part se révèle être de meilleure qualité Note réelle : 2,5
Adrénaline
Un album de Voss en couleurs, c'est assez rare pour être souligné. C'est un autre recueil d'histoires courtes publié quelques mois avant Lokyia. Bizarrement, la plupart des récits ont une fin assez plate, le découpage visuel est beaucoup plus sage aussi. Sur la moitié des histoires, Voss n'est pas le scénariste. On aperçoit Philippe Manoeuvre dans les noms.... On a du mal à retrouver l'humour noir caractéristique de l'auteur, un peu comme si Voss essayait de s'ouvrir à un public plus large. Une relative déception par rapport au reste de son œuvre.
Alef-Thau
Alors moi j'aime bien que le héros ne soit à l'origine qu'un tronc et une tête : pour se construire, il se construit. Mais l'univers est tellement moins riche que l'Incal si au moins il est plus original que ses dérivés ! Le dessin ? S'il ne vaut pas celui de l'Incal et quelques autres, il vaut mieux que celui du Monde d'Edena, alors… Je dois dire que j'ai apprécié un dessin nouveau, original avec des couleurs convenant à un univers de fantasy. J'avais oublié cette série mais Stripsforever2000! m'y a fait repenser, et ce n'est pas désagréable… Le héros construit sa force, son opposante, Diamante, construit sa fragilité, et tous deux deviennent meilleurs l'un par l'autre. Tout cela me plait beaucoup, mais avec un côté foutraque, il faut bien dire que les autres éléments de l'histoire m'ont paru pauvres et sans trop d'intérêt. Comme un certain nombre d'œuvres, on peut rêver de ce qu'elles auraient été si abouties, de même que Dream - ou plutôt Sandman ! - dans la série éponyme collectionne les livres écris en rêve par les auteurs.
Alef-Thau
J’ai découvert Alef-Thau et Jodorowski grâce à un de mes auteurs préférées , Mobius- Giraud et la Bande Dessinée Culte, L’incal. L’Incal ma tellement plu que j’ai pris la chance aveugle , mi les années 80 , pour acheter les deux premiers tomes d’Alef-Thau. Étant installé à l’étranger et durant mes visites infréquentés en Belgique le long des ans , j’étais intéressé à obtenir les autres numero’s Et.. je ne trouvai pas ! ( Ca doit ce collectionner ! ) C’est en 2024 que j’ai obtenu le dernier. Le numéro 8 et dessinée par Alexandre Covial. C’est tout aussi bien dessinée et joli. et Anti Climatique question scénario ! Âpre lire ce dernier , je ne comprenais plus rien de cette Histoire ! Depuis, Lors de la dernière Bourse à Lys-Lez-Lannoy j’ai finalement pu finir cette quête en trouvant toute l’histoire en Intégrale sur deux Volumes ! D’un Coup , j’ai pu lire toute ce Fantasme et même Temps ! Au début, j’aimais l’histoire… Depuis, j’ai suivant commentaire à faire. Jodorwski est un personnage d’une fore créatrice hors du commun. J’avais compris avec l’Incal , qui’ prenait sur des Thèmes New Âge et sur la religion Hindu, beaucoup d’éléments, pour faire une très bonne histoire . Depuis… et de Lire « Bouncer « . Ce Dernier qui demontre l’envergure des Thèmes que jodo aborde. Ca va du Sacrée au Profane ! Et la, avec Alef-Thau, je suis guerre surpris qu’il abordait de Nouveau des thèmes pseudo religieux. L’histoire se lis bien. Arno fesait des beaux dessins et certains tableaux sont magnifiques. Les Engins spatiaux sont très beaux, les monstres et paysages aussi, mais l’histoire même reste presque tout le temps Coincée sur « le plan Astral » pseudo Theosophiste . Même le titre , Alef-Thai cachée cette idée en Pleine Vue. Alef etant la première lettre de l’alphabet Hébreu ( Alpha ) et signifie la présence de Dieu . Thau est la dernière lettre de ce même alphabet et signifie la protection divine ou Oméga, la fin de tout. OK , ça marche, sur des Béquilles . Tout comté fait c’est très joli mais si on réfléchit de ce qu’on Vient de lire, il n’y a pas quand chose qui reste gravée dans la Mémoire . Avec sa , je termine mes lectures Jodoroski tout en étant appréciatif de ce grand Artiste très polyvalent qui doit avoir 96 ans en 2026 ! Dans tout les génres BD, Alef Thau prend une place speciale. Ca lis bien en Intégrale, mieux qu’en tomes individuelles . Tant Mieux. comme ça , ça permet de finir l’Histoire en une fois ( 400 pages ) et de m’être de cotée une fois pour tout, et décider si on veut retenir dans sa collection. C’est Jodorowski !
Le Syndrome de l'imposteurE
Pour commencer, le parti pris éditorial est plutôt bien vu, avec cette sur-couverture en plastique semi-transparent représentant un masque vénitien, qui, une fois retirée, laisse apparaître le visage de la jeune femme que l’on verra dans une bonne partie du livre : c’est elle qui souffre du fameux « syndrome de l’imposteur ». Mi-documentaire, mi-fiction, l’ouvrage traite donc de ce phénomène (c’était le terme utilisé lorsqu’il fut identifié à la fin des années 70 par deux universitaires états-uniennes, qui le considéraient comme une expérience psychologique plutôt que comme une pathologie, contrairement à « syndrome » qui fut en quelque sorte imposé par les médias quand ceux-ci commencèrent à l’évoquer, comme le précisent les auteurs) qui trouve un écho de plus en plus fort dans le milieu du travail et semble toucher plus particulièrement la gent féminine, même si les études réalisées doivent être prises avec des pincettes. Dans un monde où règne souvent l’esprit de compétition, les hommes ont peut-être plus de réticence à avouer leurs failles et leurs souffrances au travail. Et pourtant, les conséquences sont souvent dramatiques pour les victimes. Des études ont souligné que les personnes les plus exposées étaient avant tout les femmes (d’où le E majuscule du titre), mais également issues d’un milieu social défavorisé, des minorités « non-blanches » ou des régions éloignées des grands centres urbains. Celles qui étaient parvenues à gravir les échelons dans le cadre de leur profession avaient conservé une forme de culpabilité et manquaient de la confiance dont bénéficient leurs congénères plus favorisés. Pour lutter contre ce sentiment, elles mouillent plus leur chemise et sont prêtes à se démener par peur de redescendre là d’où elles viennent… la contrepartie, c’est le risque de faire une dépression ou un burn-out… qui n’équivalent donc pas au fameux syndrome mais en constituent plutôt les effets… Si l’objet, tout en mettant en lumière ce fameux « syndrome » encore relativement méconnu mais avec plus d’implications qu’on pourrait le penser, il peut aussi par certains aspects se rapprocher du guide de développement personnel (avec même un test à la fin), mais dans le bon sens du terme et loin des ouvrages lucratifs de ce type. L’ouvrage, très didactique, est basé sur des études sérieuses et des points de vue de philosophes, mais aussi des interviews de figures publiques (Michelle Obama, la journaliste Nora Hamadi, l’ex-championne d’athlétisme Dado, la professeure de lettres Karine Dijoud…) ou de citoyens ordinaires, qui en apparence paraissent tout à fait bien dans leurs baskets mais à moment donné ont tous expérimenté ce « syndrome » à un degré plus ou moins fort, et ils sont beaucoup plus nombreux qu’on ne pourrait le croire, l’important étant de ne pas « enlever le masque en public ». Moi-même, je n’y ai pas échappé étant plus jeune. Et vous qui lisez ces lignes, vous êtes-vous déjà posé la question ? Attention, il n’est pas question de prendre la question à la légère en permettant à chacun de se dédouaner pour ses manquements, car le sujet est complexe : si « 83 % des Français présentent des signes modérés ou forts du syndrome (…), il est intense pour près d’un tiers de la population ! » Toute la nuance est dans ces chiffres. L’étude a été réalisée avec le concours du psychologue Kevin Chassandre, qui fournit une analyse éclairante du syndrome avec la diversité de ses symptômes (du simple doute à la détresse émotionnelle), tout en glissant quelques pistes pour mieux le combattre. Graphiquement, on appréciera la simplicité du trait de Fanny Briant et la fraîcheur des couleurs, assortis à une mise en page libre et variée, qui contribuent à procurer un bon moment de lecture, tout en abordant un sujet sociétal important. « Le Syndrome de l’imposteurE » est une lecture appréciable qui prend soin d’éviter les raccourcis et tente d’intégrer tous les points de vue, y compris celui de certaines féministes considérant ce syndrome comme une élucubration, quand bien même il fut identifié par des femmes… Aucune conclusion hâtive ici, ce qui laisse la place à d’autres questionnements, mais le livre reste suffisamment enrichissant pour tenter d’adopter une opinion équilibrée.
La 13e piste
J'avais bien aimé Erased, de Kei Sanbe, auteur qui s'est fait remarquer pour ses mangas empreints de mystère, ses manipulations mentales et ses personnages ordinaires qui se retrouvent dans des situations complètement folles. C'est toujours le cas ici, avec cette famille de bonnes personnes, qui aident les autres même si elles-mêmes ne sont pas forcément dans une situation très favorable. Le mystère est don très présent dès ce premier tome, surtout autour du père, qui reçoit des cartes postales le prévenant d'évènements heureux ou malheureux à venir. Ca m'a un peut fait penser à cette vieille série; Demain à la Une, dans laquelle le héros reçoit le journal du lendemain annonçant des catastrophes. Comme ce personnage, Toya, qui est un chic type, choisit d'intervenir pour empêcher une tragédie de survenir. Mais quel est le dessein derrière tout ça ? Et pourquoi ces chiffres décroissants sur les cartes postales ? Sanbe distille donc ses énigmes de manière savamment dosée, comme toujours, et nous embarque dans cette histoire qui présage des faux-semblants, des masques, ces chaussses-trapes... A suivre, donc.
Sangre
Encore une nouvelle série de "Planet-Fantasy" d'Arleston me direz-vous... tout comme moi en attaquant cette lecture. Au bout de 4 pages je me suis dit que j'allais avoir droit à un triste mix piochant allègrement dans Lanfeust, Alim le tanneur et je ne sais quoi encore... Heureusement, passé une introduction des plus classiques et l'installation de l'univers où va évoluer notre jeune héroïne, l'intrigue a commencé à prendre corps et à titiller ma curiosité. En effet, après le massacre de sa famille, la jeune Sangre va découvrir en intégrant une école réservée aux classes supérieures de la société qu'elle est la dépositaire d'un pouvoir lui permettant de stopper le temps pendant quelques secondes. Malheureusement cette vie de château ne va pas durer. C'est à l'école de la rue qu'elle va grandir, accompagnée de son chien, de son pouvoir et de son désir de vengeance qu'elle entretient savamment... Le dessin d'Adrien Floch est agréable et efficace mais manque un peu d'originalité à mon goût (Les amateurs de Tarquin et de ses séries hybrides autour de Lanfeust s'y retrouveront pleinement). Partir sur une nouvelle série aurait pu être l'occasion de donner un petit coup de frais et de lifting à ce genre. Alors, au final, je sors de cette lecture plutôt agréablement surpris par ce que laissent entrevoir les tomes à venir. Rien de révolutionnaire, mais un agréable moment de lecture. Alors, ne boudons pas notre plaisir, et j'attendrai la suite avec curiosité pour affiner ma note. *** Tome 2 *** Et bien voilà ! Ce second tome m'a vraiment plu et c'est plutôt conquis que je sort de cette lecture. Car si on retrouve notre Sangre toujours aussi bien affutée et en pleine possession de ses facultés pour mener à bien sa vengeance, l'imagination qui va construire son environnement n'est pas en rade, loin de là. Imaginez un monde où pour survivre la population DOIT être à proximité d’œuvres d'art de qualité (peinture, architecture, musique,etc...), sinon de terribles créatures fantomatiques vous dévorent. L'art comme rempart absolu contre le mal, moi ça me parle ! :) Car l'un des assassins de ses parents qu'elle recherche n'est autre que l'un des peintres les plus en vogue de ce monde. Sauf que quand elle arrive sur Tarasque, ledit peintre est tombé en déchéance et tente même de se suicider... C'est ballot pour une vengeance ! C'est là que le machiavélisme de Sangre s'en mêle et nous propose une vengeance aux p'tits oignons ! Côté dessin, Adrien Floch continue d'assurer le taff parfaitement pour ce genre d'album. Du coup je monte ma note à 4. Vivement la suite ! *** Tome 3 *** Voilà donc le troisième opus de cette série qui avait su me réconcilier avec Arleston. Je l'attendais avec une certaine curiosité, surtout après l'excellent tome 2. Cette fois-ci notre jeune Sangre s'embarque pour la planète Mi-Ho-Dwygg afin d'y traquer le troisième assassin de ses parents, Hovanne l'irrésolue. Elle débarque donc sur une planète où le froid règne en maître et où la condition sociale de chacun est déterminée par son prestige et ses interactions avec des personnes en possédant beaucoup. Arleston nous propose de découvrir une aristocratie déliquescente qui assoie son autorité par son insensibilité au froid. C'est parmi l'une de ces familles que Sangre croit pouvoir retrouver et se venger d'Hovanne l'irrésolue... Une nouvelle fois, Arleston nous propose une société très originale qui évolue dans un monde qui l'est tout autant et qui permet à Adrien Floch de se lâcher avec des décors glaciaires magnifiques et des costumes somptueux. Pour autant, je n'ai pas retrouvé le même élan et le même engouement qu'avait su me procurer le tome précédant. L'album reste quand même de très bonne facture, mais il lui manque ce je-ne-sais-quoi qui fait parfois toute la différence. Une suite toujours aussi efficace, mais un cran en dessous du très très bon second tome. *** Tome 4 *** Et là, c'est le drame... D'une on change de dessinateur, exit Adrien Floch et de deux, toute la trame sociétale propre à chaque monde qui faisait le sel de la série est ici diluée voire inexistante. Si le nouveau dessinateur Stefano Vergani (découvert dans Lost Shelter) a du talent, sa patte graphique est complètement différente, et franchement, si y'a bien un truc qui m'énerve, c'est le changement de dessinateur en cours de série ! Bref, on a déjà l'impression que Sangre a pris 10 ans quand commence cette nouvelle chasse à l'assassin ; c'est cette fois-ci sur le monde de Douce-eaux qu'elle se rend pour débusquer l'écumeur Donnadion le béat. Ce dernier serait aujourd'hui un ermite non-violent caché dans un archipel sauvage où se réfugient les esclaves en fuite... Sangre va devoir réussir à faire tomber le masque de celui qui participa au massacre de sa famille pour mener à bien la nouvelle étape de sa vengeance. Pour le coup, fini les univers aux constructions sociales originales ! Dommage, car c'était pour moi un des points forts de cette série. Alors ok, on a un tome qui nous permet de retrouver un personnage auquel on commençait à s'attacher, mais sans les éléments qui faisaient la différence. L'histoire tourne pour le coup a une classique quête de vengeance sans véritable originalité. Pour le coup je redescend ma note à 3 *** Tome 5 *** Bon bon bon.. Et bien ce n'est pas ce 5e tome qui va me réconcilier avec la série. On est clairement passé de la "bonne surprise" des débuts à du réchauffé et du sans saveur. Tout ce qui faisait le sel des 3 premiers tomes ne subsiste qu'à l'état de traces. Dans cet opus, Sangre se rend sur Monde Rouge pour traquer l'ogre Rugleïs, l'un des assassins de sa famille. Ce monde est devenu un casino à ciel ouvert tenu d'une main de fer par l'Ecumeur Rugleïs et son épouse. Si le concept d'un monde nouveau à chaque tome suivant la traque des Ecumeurs qui ont décimé la famille de Sangre est bien là, fi de l'originalité sociétale liée à chaque planète. Monde Rouge (rien que le nom m'interroge sur le manque d'inspiration d'Arleston...) est une planète régie par le jeu... et pis c'est tout ! Pas d'organisation sociétale liée à ce mode de vie, rien qui ne la distingue d'une autre planète dans son organisation ou ses interactions sociales lié à cette particularité. Bref, c'est pauvre... Et le reste du scénario est à l'avenant (ah, on a quand même UNE grosse surprise, mais je vais pas spoiler), empli de facilités dans la résolutions des difficultés, tout comme le dessin de Stefano Vergani que je trouve de plus en plus pauvre. Les décors sont de plus en plus vides, les personnages ont perdu en détails, et la colorisation informatisée n'arrange pas les choses. Bref, une série qui avait su me surprendre jusqu'au tome 3, mais depuis le changement de dessinateur, la série a perdu toute sa saveur. Je baisse ma note à 2.5/5