Les derniers avis (48968 avis)

Par Hub
Note: 3/5
Couverture de la série Hard Boiled
Hard Boiled

Hard Boiled est une œuvre qui m’a laissé un sentiment très contrasté. D’un côté, le scénario de m’a paru franchement bancal : volontairement chaotique, parfois presque abscons, il peine à créer une véritable implication émotionnelle. J’ai eu du mal à entrer dans le récit, tant l’intrigue semble éclatée, confuse, et au final assez creuse. Là où l’histoire cherche sans doute à provoquer une sensation de vertige cyberpunk, elle finit surtout par perdre le lecteur. En revanche, graphiquement, c’est une véritable claque. Le travail de Geof Darrow est tout simplement magistral. Chaque planche déborde de détails, de richesse visuelle, de folie graphique. On peut rester de longues minutes sur une seule page à admirer la densité du trait, la profusion d’éléments, l’énergie qui s’en dégage. C’est un travail d’orfèvre, impressionnant de maîtrise. Le paradoxe de Hard Boiled , c’est que le dessin porte entièrement l’œuvre, au point d’éclipser le récit. Habituellement, le visuel sert l’histoire ; ici, c’est l’histoire qui semble n’être qu’un prétexte à la démonstration graphique de Darrow. Et quelle démonstration ! Malgré mes réserves sur le fond, j’ai pris un immense plaisir à tourner les pages tant le spectacle visuel est saisissant. Au final, Hard Boiled est pour moi une BD fascinante visuellement mais frustrante narrativement : un scénario confus et peu engageant sublimé par des planches d’une virtuosité exceptionnelle. Une œuvre que je peine à aimer dans son ensemble, mais que j’admire profondément pour sa puissance graphique.

19/04/2026 (modifier)
Couverture de la série Les Enquêtes de Louise Beauvoir
Les Enquêtes de Louise Beauvoir

Après le premier tome (« Disparition en Corse ») était annoncé (dans la biographie de l’héroïne placée en fin de chaque tome) un autre album censé se dérouler 13 ans plus tard et intitulé « « Noël sans Melinda ». Il y a eu visiblement des bisbilles entre auteurs, puisque l’album en question a changé de titre (devenu « Neiges mortelles » donc), et surtout d’auteurs : seul Lecigne reste au scénario, avec une nouvelle coauteure et surtout un nouveau dessinateur/coloriste. Je ne suis a priori pas fan de ce genre de changements en court de série (surtout que les styles graphiques changent quand même pas mal !). Et, globalement, j’ai clairement préféré le travail de Cittadini (au dessin) et Labriet (aux couleurs) sur le premier album. Les deux histoires/enquêtes se laissent lire. Mais ça ronronne quand même un peu trop. Disons que c’est un peu du téléfilm ou polar France Télévision amélioré. Avec une gendarme qui sort heureusement des bimbos habituelles, et qui n’est pas non plus une super mère (le deuxième album la voit même presque rejetée par sa fille (qu’elle a élevée seule). C’est du polar pépère qui m’a laissé sur ma faim. Comme pour le dessin, j’ai quand même préféré le premier album. Note réelle 2,5/5.

19/04/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Pieter et le Lokken
Pieter et le Lokken

Dans un village enneigé d'inspiration médiévale, le jeune Pieter brave les interdits en recueillant une étrange créature capable de donner forme à ses rêves, au risque de déclencher un danger plus grand que prévu. J'aime beaucoup le travail graphique d'Olivier Supiot, et c'est clairement la grande force de cet album. Son dessin m'accroche immédiatement, avec un vrai plaisir dans la mise en couleur, des teintes chaudes qui contrastent avec les paysages d'hiver, et une matière presque palpable dans les textures. J'ai aussi beaucoup apprécié les nombreux clins d'œil aux peintures de Pieter Brueghel l'Ancien : les scènes de village, les foules, les compositions… jusqu'au prénom du héros, dont je suppose que ce n'est pas un hasard. L'hommage est évident et vraiment réussi, au point de donner envie de s'attarder sur chaque planche. Du côté du récit, on est sur un conte assez classique dans sa structure, avec une morale sur l'enfance, l'interdit et la désobéissance. L'histoire se lit facilement, avec quelques idées intéressantes et un déroulé qui fonctionne plutôt bien pour un jeune public. J'ai aussi apprécié que la figure du père ne soit pas caricaturale : il y a chez lui une forme de bon sens et de protection qui évite le cliché de l'adulte autoritaire et borné. Cela dit, j'ai quand même ressenti une certaine frustration. D'abord parce que l'ensemble se lit bien vite, ce qui laisse peu de place au développement. Ensuite parce que certains éléments restent assez flous, en particulier autour des lokkens eux-mêmes : leur nature, ce qu'ils représentent vraiment, ce qu'ils font aux hommes, rien n'est jamais vraiment clarifié. Du coup, le message du conte m'a semblé un peu en retrait, me laissant assez circonspect. Ça reste une lecture agréable, portée par un chouette graphisme et une ambiance de conte bien installée, mais avec un fond qui m'a laissé un peu plus perplexe que convaincu.

19/04/2026 (modifier)
Par Miguelof
Note: 3/5
Couverture de la série Sabotage
Sabotage

Sombre conspiration vietnamienne, espionnage industriel, affrontement idéologique est-ouest... il n'y a vraiment pas d'histoire ici, tout est farfelu! Daniel Torres s'amuse avec les clichés et les utilise comme prétexte pour une démonstration de son style atome. Tout est dans l'esthétisme du design : voitures de rêve, architecture moderniste, personnages stéréotypés et fortement marqués par les années 50 américaines. Comble du sarcasme: au final, les « jaunes » sont prêts a gagner les 24 heures !

19/04/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Stitched
Stitched

Une série d'horreur imaginée par Garth Ennis et scénarisée par un autre. Malgré ce détail, on reconnait la patte d'Ennis avec des thèmes et des éléments scénaristiques qu'il a souvent utilisés dans sa carrière. Le résultat est pas trop mal. Ça se laisse lire sans problème, mais aussi sans grande passion. Il faut dire que je ne suis pas particulièrement fan des films d'horreur, et cela semble être le lectorat visé par cette série. Un autre défaut est que même si la créature imaginée pour cette série est un peu originale, les différents scénarios sont au final trop classiques et un peu convenus (le meilleur exemple est ce qui arrive à tous ces types qui pensent pouvoir contrôler les créatures...je pense pas pouvoir en dire plus pour que vous vous fassiez une idée) pour être palpitant. Ajoutons aussi que le dessin est typique le style réaliste moderne des comics que je trouve fade et sans saveur, mais je comprends que ce style ait des fans. Au final, cela reste tout de même divertissant, mais je ne pense pas relire la série un jour.

19/04/2026 (modifier)
Par Hub
Note: 3/5
Couverture de la série Yojimbot
Yojimbot

Yojimbot nous plonge dans un monde post-apocalyptique peuplé de robots, où l’on suit Hiro, un jeune garçon que plusieurs robots vont devoir protéger dans un environnement hostile. Un point de départ qui évoque forcément des récits de samouraïs solitaires, avec cette idée de protection, de transmission et de survie dans un monde en ruine. Aux commandes, Sylvain Repos, à la fois scénariste et dessinateur, propose une œuvre cohérente, portée par une vraie vision. On sent rapidement où il veut nous emmener, les grandes lignes se dessinent assez vite à la lecture de la série, ce qui donne une direction claire… même si cela laisse parfois peu de surprises sur le fond. L’univers est intéressant, avec ce mélange entre Japon féodal et science-fiction, et une ambiance qui pouvait clairement amener quelque chose de fort. Mais voilà… j’ai trouvé l’ensemble un peu trop enfantin à mon goût. Ça manque de profondeur, de maturité dans le traitement des thèmes. On reste souvent en surface, là où il y avait clairement matière à aller plus loin, à proposer quelque chose de plus marquant. C’est d’autant plus frustrant que visuellement, c’est très réussi. Le dessin est beau, lisible, avec une vraie identité. Et surtout, il y a un vrai travail sur les robots : ils parlent peu, mais ils existent énormément à travers leurs mouvements, leurs postures. Il y a un langage corporel très bien retranscrit, et ça, c’est clairement une réussite. On croise aussi d’autres robots qui viennent enrichir l’univers, avec des chara-design vraiment réussis, variés et marquants. Il y a même tout un tas de jeux de mots dans leurs noms, ce qui apporte une petite touche maligne et légère. Dommage en revanche que l’antagoniste tombe un peu dans le caricatural, ce qui renforce ce côté “tout public” que j’aurais aimé voir dépassé. Du coup, ça reste un bon moment de lecture. L’univers accroche, le visuel porte bien l’ensemble, mais il manque ce petit supplément d’âme, cette profondeur qui aurait pu en faire quelque chose de vraiment marquant. Un album agréable, mais un peu trop sage pour vraiment s’imposer.

18/04/2026 (modifier)
Couverture de la série Les Femmes ne meurent pas par hasard
Les Femmes ne meurent pas par hasard

Je me retrouve plutôt dans l’avis d’Alix. C’est une lecture instructive, intéressante en elle-même, sur un sujet hélas de plus en plus d’actualité. Et l’avocate mise en avant, qui combat auprès des femmes victimes de violences sexistes ne peut qu’être soutenue. Mais voilà, si l’album se laisse lire, je l’ai fait sans trop d’enthousiasme. On passe trop rapidement d’une affaire à l’autre, et notre avocate monopolise un chouia trop les cases et le récit, vampirisant un peu trop le sujet – et les victimes qu’elle défend. Une lecture qui vaut donc avant tout pour le sujet traité, mais qui, au-delà de ce sujet, ne m’a emballé plus que ça.

18/04/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Le Mangeur d'espoir
Le Mangeur d'espoir

De nos jours à Paris, une adolescente tente de sauver sa mère plongée dans une profonde dépression en affrontant dans son esprit une entité surnaturelle qui se nourrit des souvenirs heureux. On sent que le récit s’adresse d’abord à un public adolescent, que ce soit dans son ton ou dans certains choix narratifs. Le fantastique est assumé sans chercher à être crédible : entre le monstre totalement noir et maléfique, ou encore ce professeur un peu excentrique, à mi-chemin entre Indiana Jones et Le Visiteur du Futur, avec ses artefacts improbables (gramophone, miroir pour entrer dans les rêves…), on est clairement dans un imaginaire codifié, accessible mais un peu naïf pour un lecteur adulte. Cela dit, l’essentiel n’est pas là, et c’est ce qui fait que la BD fonctionne malgré tout. Derrière ces éléments un peu simplistes, il y a un fond solide : la manière dont le récit aborde la dépression et le deuil, à travers cette métaphore du monstre qui dévore les souvenirs heureux, est plutôt juste et parlante. J’ai apprécié le fait que le combat ne soit pas présenté comme quelque chose de facile ou de superficiel, mais comme une lutte qui nécessite une aide extérieure, un engagement réel, et surtout une forme de solidarité affective. Et la conclusion, sans être particulièrement surprenante, fonctionne bien, avec un vrai petit pic émotionnel au moment où l’héroïne atteint enfin son objectif. Visuellement, l’album est assez réussi, avec un dessin lisible, des ambiances sombres bien rendues et un travail intéressant sur les contrastes entre souvenirs et réalité, même si tout cela reste dans une approche assez classique. C’est donc une bonne BD, efficace et portée par un propos pertinent, mais dont la forme et certains ressorts restent un peu trop marqués jeunesse pour pleinement convaincre un lecteur adulte.

18/04/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Deux enfants sur la Lune
Deux enfants sur la Lune

Après la chute d'une étoile filante sur leur maison, Zoé et Matthias voient prendre vie une fée et un super-héros qui leur proposent d'exaucer un vœu, les entraînant alors dans une aventure pleine de merveilleux jusqu'à la Lune. C'est une bande dessinée clairement destinée à la petite jeunesse, à partir de 6 ans, et cela se ressent immédiatement dans son approche comme dans sa narration. On est ici face à un conte très simple, presque une histoire du soir mise en images, avec une aventure douce, pleine d'imaginaire et de gentillesse, qui évoque ces récits à l'ancienne qu'on raconte pour endormir les enfants et les faire rêver. Le dessin de Stanislas s'adapte très bien à ce genre. D'apparence très simple, il n'en est pas moins bien reconnaissable, avec une grande clarté de lecture et une bonne personnalité. On est dans une ligne claire épurée, très lisible, qui va à l'essentiel et correspond parfaitement à ce type de récit. La mise en page est elle aussi minimaliste, avec souvent une seule image par page, rarement plus de trois, ce qui renforce encore cette sensation de lecture fluide et rapide. À noter que l'album était initialement paru en noir et blanc chez Thierry Magnier, mais j'ai lu la réédition chez Les Rêveurs qui bénéficie d'une mise en couleurs qui apporte un vrai supplément de charme, avec des teintes douces en accord avec l'ambiance onirique du récit. L'ensemble dégage un charme certain, notamment dans cette manière d'assumer pleinement le premier degré, sans chercher à complexifier ou détourner le propos. Cependant, l'album se parcourt très vite, d'autant que son scénario est volontairement enfantin, mignon et accessible. C'est là que se situe aussi sa limite pour un lecteur adulte. Il n'y a pas vraiment de second niveau de lecture, ni d'éléments permettant d'y trouver un intérêt au-delà du simple plaisir visuel ou de la nostalgie. Tout est pensé pour un jeune public, et cela peut laisser une impression de légèreté, voire de simplicité un peu trop marquée. C'est donc une BD pleine de douceur et d'imaginaire, qui saura séduire les plus jeunes, mais qui restera sans doute trop simple pour captiver un lectorat adulte.

17/04/2026 (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série Le Dernier Quai
Le Dernier Quai

Une BD sur la mort et l'après, avec une idée que j'ai déjà vu exploitée dans différentes œuvres et que je ne pourrais pas qualifier d'originale. Non, ce qui est intéressant, c'est le déroulé progressif et l'histoire qui change progressivement jusqu'à se concentrer sur le personnage principal. Le hic, c'est qu'à la lecture j'ai assez vite compris vers quoi on se dirigeait. Même si des surprises subsistent, le global était assez clair pour moi et certains retournements m'ont semblé un peu trop téléphonés, notamment parce que les autres oeuvres que j'avais vu/lu utilisaient les mêmes procédés narratifs. Je ne parle bien sur pas de plagiat, juste d'idées communes, qui finissent par se retrouver d'une histoire à l'autre. Maintenant, ce n'est pas parce que le déroulé m'a semblé prévisible qu'il était ennuyant, d'autant que plusieurs surprises m'ont cueillis. D'ailleurs j'étais assez surpris de la révélation autour de la fille qui a un comportement très étrange, et l'idée m'a franchement fait rire. D'ailleurs quelques métaphores sont assez bien amenées dans l'ensemble et c'est la plus grande qualité que j'ai trouvé à cette BD. La BD se laisse lire, sans aucun soucis, et je ne vous la déconseillerait pas. C'est juste qu'elle n'a pas l'attrait de la nouveauté dans le genre, et que même si elle est bien menée avec ses bonnes idées et une fin assez mignonne, elle n'est pas non plus inoubliable. Le genre de BD qui est "juste" bien, donc ni déconseillé ni hautement recommandée. En tout cas, ça ne fait pas de mal quand on tombe dessus !

16/04/2026 (modifier)