Nouvel album, nouvelle histoire et nouveau sujet : ici, il est question des troubles obsessionnels du comportement et de l'angoisse.
On suit Tristan, un enfant vampire vivant seul avec ses tocs. Enfin, "seul", pas vraiment, il reste accompagné d'un orang-outant majordome ne sachant cuisiner qu'un seul plat (que Tristant déteste par ailleurs - le plat, pas le majordome) et tout une pelletée de fantômes et d'esprits en tout genre. Non, si Tristan se sent seul ce n'est pas physiquement, Tristan a tout simplement du mal à aller vers les autres à cause de ses tendances maniaques et angoissées, si bien que le pauvre vit entouré de ses idée noires.
Et c'est par un beau matin (el famoso déclenchement de l'intrigue) que Tristan va faire la connaissance de la famille Lux, une famille haute en couleur et gentiment chaotique, et qu'il va enfin pouvoir commencer à aller de l'avant.
C'est mignon tout plein, le dessin me rappelle celui d'artistes jeunesses que j'appréciais beaucoup lors de mon enfance, la narration elle-même est parfois pleine de fantaisie avec ses choix de mots, le côté réalisme magique qui parcoure les récits de cette collection est, encore une fois, bien présent zt toujours aussi charmant, bref, l'album est bon.
Pas révolutionnaire, pas non plus d'une qualité telle qu'il saura convaincre un public de tous les horizons, mais en tout cas suffisamment qualitatifs pour charmer un jeune lectorat et quelques adultes rêveurs (ou nostalgiques de ce genre de récits).
Autre album de la collection, autre récit plein de positivité et de fantaisie du quotidien.
Ici il est question d'un vieille homme ayant autrefois vécu un drame duquel il ne s'est toujours pas remis et qui, on l'espère, pourra un jour retrouvé goût à la vie.
Un vieux aigri qui cache une vieille (et douloureuse) blessure au cœur, qui s'enferme dans sa colère et ses regrets par peur d'affronter la perte qu'il a subit, une étrange capacité à communiquer avec les plantes permettant d'illustrer son rapport et son détachement émotionnel avec la nature qui l'entour, le tout soupoudré d'une petite romance entre vieilles personnes, la recette n'est pas révolutionnaire mais tout de même réussie.
Il faut dire aussi (et surtout) que l'album est illustré par Carole Maurel, dessinatrice dont j'apprécie toujours énormément le travail et que je resterai toujours à minima positive sur le moindre des récots illustrés par se soins, ne serait-ce que pour l'expressivité de ses traits.
L'album est loin d'être mauvais, peut-être un peut trop simple et convenu dans sa narration, mais il n'en reste pas moins un peu charmant, même pour la vieille aigrie que je suis. Pas celui que je conseillerai le plus dans cette collection mais une lecture agréable tour de même.
Cette BD met en scène les Fatals Picards dans une série de gags et d'aventures absurdes mêlant rock, parodie, fantastique et satire sociale, dans un esprit proche de l'humour du groupe.
Même si j'écoute régulièrement certaines chansons des Fatals Picards, je ne connais quasiment pas le groupe en lui-même. Honnêtement, avant cette lecture, j'aurais été incapable de dire à quoi ressemblaient ses membres, donc impossible pour moi de juger si leur représentation graphique est fidèle ou non. En revanche, ce que je peux dire, c'est que j'aime beaucoup le dessin de Juan. Son style me fait toujours penser à un juste milieu entre celui de Stuf (Passe-moi l'ciel) et celui de Tome (Le Petit Spirou). C'est un dessin très souple, vivant, détaillé et immédiatement sympathique à mes yeux, qui me donne tout de suite envie de lire.
L'album commence par une poignée de gags en une page que je n'ai pas trouvés particulièrement drôles, mais qui permettent au moins de découvrir les quatre personnages et de poser leur dynamique. On retrouve déjà ce mélange très particulier entre esprit rock un peu rebelle et humour dérisoire rempli d'autodérision.
L'album bascule ensuite vers de véritables histoires courtes mêlant aventure et parodie. Elles se moquent autant des phénomènes de société que d'eux-mêmes, avec un ton souvent tendre malgré le cynisme apparent. On y retrouve toujours cette réaction très rock face à une société jugée absurde, qu'il s'agisse des reprises commerciales des tubes des années 80, de la télé-réalité ou plus globalement de l'idée un peu ridicule de se prétendre nouveaux défenseurs de l'esprit du rock. Le tout est rempli de références et de clins d'œil à la pop culture, avec un esprit qui rappelle aussi bien Scooby-Doo que Kaamelott. Après, je ne sais pas exactement quelle a été l'implication directe des Fatals Picards dans l'écriture de l'album, donc difficile de savoir ce qui vient réellement d'eux ou seulement des auteurs.
J'ai largement préféré ces histoires courtes aux gags du début d'album, avec une appréciation croissante au fur et à mesure que je m'attachais aux personnages. Ce n'est pas constamment hilarant, mais cela m'a régulièrement amusé et certains gags m'ont fait rire. L'ensemble réussit surtout à rendre les Fatals Picards assez attachants.
À noter aussi que j'ai reconnu assez peu de références directes à leurs chansons, ou alors beaucoup m'ont échappé vu ma connaissance limitée du groupe. Du coup, il n'est probablement pas nécessaire de bien connaître leur discographie pour apprécier l'album. En revanche, quelqu'un qui ne connaît absolument pas les Fatals Picards ne sera peut-être pas forcément attiré par le concept au départ.
Emprunté le premier tome pour voir et c'était une lecture agréable. On suit une jeune fille pauvre à la cour dans un Japon médiéval. Mais il s'avère qu'elle a tout de même des connaissances avancées ce qui n'est pas commun pour sa classe sociale. Elle se fait donc remarquer et devient dame de compagnie. Qui dit cour dit intrigues en tout genre où les personnages essaient de se faire valoir.
Le dessin est très correct et lisible. Le problème de ce genre de série est que ça va s'étaler en une série fleuve où la jeune fille va utiliser ses connaissances d'apothicaire pour résoudre différents événements.
Nilsen revisite plusieurs figures de la mythologie grecque (Poséidon qui donne son titre au recueil, ou encore Léda) mais aussi de l'ancien testament comme Abraham et son fils ou bien sûr Jésus. Tout cela en le mêlant étrangement avec la société contemporaine. Dans la première histoire Poséidon a été oublié des hommes qui maintenant naviguent au GPS, les autres dieux se sont reconvertis dans d'autres activités à l'instar de Bacchus qui crée de nouveaux alcools et d'un autre patron de night-club à Las Vegas. Isaac quant à lui après avoir échappé au sacrifice paternel se replonge dans ses jeux vidéos.
Je pense que ça en déconcerta plus d'un, d'autant plus que le dessin est plutôt limité avec de grandes cases en noir et blanc façon ombres chinoises si on peut dire et le texte en-dessous.
Dans un chalet de haute montagne servant de décor à une émission culinaire, une série de meurtres frappe les candidats d'un concours de chefs, obligeant la commissaire Magret et son fils Poireau à enquêter.
Lors du lancement de la série, tout laissait penser qu'on allait suivre une succession d'enquêtes humoristiques autour du monde de la cuisine et de la gastronomie. Mais au vu de l'absence de suite depuis des années, il semble malheureusement qu'on n'aura probablement jamais plus que ce seul premier tome.
L'idée du duo formé par la commissaire Magret et son fils Hercule Poireau était pourtant plutôt amusante à la base. Le fait que cette commissaire autoritaire appelle son fils par des petits surnoms affectueux au milieu d'une enquête aurait pu créer une vraie dynamique comique. Mais au final, cet aspect reste très peu exploité tant le fils ne sert à rien dans l'enquête et parait même assez couillon sans amener d'humour pour autant. Dommage, car la mère policière est assez attachante, elle.
Cette unique enquête parue fonctionne comme une reprise des Dix Petits Nègres d'Agatha Christie transposée dans l'univers des émissions culinaires façon Top Chef. Sa lecture est plaisante sur une bonne partie du récit. Le huis clos enneigé, les candidats éliminés un par un, les références à Poirot et Maigret, tout cela se lit facilement et avec un certain plaisir. Le dessin de Serge Carrère aide beaucoup d'ailleurs : il est solide, lisible, expressif et globalement très agréable à suivre malgré quelques personnages un peu figés par moments.
Le problème vient surtout de la résolution. Comme l'histoire reprend clairement la mécanique des Dix Petits Nègres, je m'attendais à une explication finale un peu brillante ou ingénieuse. Or la révélation tombe platement, avec un élément nouveau sorti un peu de nulle part qui donne l'impression d'une solution facile plutôt qu'habilement préparée. Cela rend la fin assez décevante après une enquête pourtant sympathique à suivre.
C'est une enquête policière jeunesse plutôt agréable et sans prétention, avec un bon dessin et quelques idées amusantes, mais aussi beaucoup de potentiel sous-exploité. C'est dommage, parce que malgré ses défauts, j'ai quand même pris un certain plaisir à lire l'album et j'aurais été curieux de voir ce que la série aurait pu donner sur plusieurs enquêtes.
Une famille d'ours polaires contrainte de quitter sa banquise à cause du réchauffement climatique se retrouve embarquée dans une longue dérive pleine de rencontres et d'aventures à travers des territoires toujours plus éloignés de son monde d'origine.
Au départ, la série donne l'impression d'être une succession de petites histoires humoristiques autour d'un papa ours polaire maladroit essayant de survivre avec ses deux oursons. Ces premiers récits très courts sont clairement pensés pour un jeune public, avec un humour parfois très enfantin qui ne m'a pas toujours fait rire, notamment les gags répétitifs autour de Brigitte la phoque qui humilie constamment le pauvre Pol. Cela m'a souvent rappelé les vieux dessins animés à la Titi et Grosminet ou Bip Bip et le Coyote, où l'on finit par vouloir soutenir le prédateur tant il sert de victime permanente.
Heureusement, dès la fin du premier tome puis surtout dans les suivants, la série évolue vers une véritable aventure au long cours. Le groupe dérive loin de sa banquise, découvre d'autres environnements et finit même par rappeler par moments le principe des films Madagascar, avec des animaux perdus loin de leur habitat naturel. Brigitte devient alors une vraie alliée de la famille, ce qui fait disparaître une bonne partie du côté irritant des débuts.
Le dessin est sympathique et plutôt bien maîtrisé. Les premiers tomes paraissent forcément un peu pauvres en décors entre glace et océan, mais l'univers devient plus varié et généreux au fil de l'aventure. Le trait reste souple, lisible et expressif, dans un style très animation jeunesse.
Toute la série véhicule aussi des messages écologiques très appuyés autour du réchauffement climatique, de la pollution plastique ou de la destruction des océans. Ce n'est pas très subtil, mais cela a le mérite d'être clair et accessible pour de jeunes lecteurs.
Même si l'humour pur des débuts ne m'a pas vraiment convaincu, j'ai trouvé la série plus agréable une fois son vrai fil narratif installé. Elle reste avant tout destinée aux enfants, mais l'ensemble devient assez attachant et plaisant à suivre.
Le premier tome est très bon, mais la série souffre de quelques problèmes dans son édition française. Les dessins de John Buscema nous présentent un Tarzan puissant, parfois furieux (rappelant Conan !) et le grand format met en valeur son talent artistique ; le cycle d'Opar est excellent.
Cependant, lorsque les encres passent à T. de Zuniga ou R. Mesina, on ne ressent plus la même force brute. Tout se détériore a partir du deuxième tome, lorsque John transmet le relais à son frère Sal, les intrigues sont de plus en plus courtes et l'histoire reste incomplète au troisième tome dans l'édition française.
J'ai lu les deux premiers tomes et j'ai trouvé le résultat correct sans plus.
C'est une comédie romantique avec une idée bien débile: une jeune fille bien gentille et féminine qui semble être une héroïne de shojo se retrouve dans un lycée où tout le monde est un délinquant balaise. On s’attend donc à une comédie basé sur le contraste entre l'héroïne et l'environnement qui l'entoure, mais très vite on tombe dans la comédie romantique basique lorsque l'héroïne croise son ami d'enfance timide et faible qui est devenu le plus fort de l'école. On va retrouver les ingrédients de tous comédies romantiques comme l'arrivée de rivaux amoureux (dont bien sur le beau garçon riche). Ajoutons aussi d'autres clichés comme le personnage qui veut être le boss du lycée et rate tout comme un gros loser.
Ça se laisse lire et j'ai souvent souris, mais les situations sentent souvent le déjà vu comme si l'auteur avait une liste de toutes les situations qu'on doit voir dans un manga de ce genre. Le truc le plus original est que c'est l'héroïne qui rentre dans une salle pendant que les garçons se changent ! Du coup même si c'est un peu sympathique, c'est pas non plus passionnant à moins d'être un lecteur novice en matière de mangas. Le dessin est pas trop mal.
Une quinquagénaire divorcée part seule sur une île paradisiaque pour vivre des relations tarifées avec de jeunes hommes, tout en gardant un regard lucide sur ce qu'elle vient réellement chercher dans ces vacances mêlant désir, solitude et besoin d'affection.
Là encore, Axel place le sexe de manière très explicite au coeur du récit, avec ce réalisme cru et naturaliste qu'il maîtrise bien. Les corps sont imparfaits, les scènes sexuelles très directes, parfois même volontairement peu glamour, mais ce n'est clairement pas du porno fantasmé : tout paraît pensé avant tout pour servir une histoire et des personnages crédibles.
Et c'est ce que j'apprécie chez lui. Derrière les scènes de sexe, il cherche surtout à raconter quelque chose de réaliste et d'humain. Ici, il parle du vieillissement, du besoin de se sentir encore désirable, du tourisme sexuel féminin, des relations ambiguës où chacun sait plus ou moins pourquoi il est là. Il y a une vraie mélancolie dans tout ça, mais moins lourde et déprimante que dans Une femme fidèle. Le ton est plus léger, plus estival, parfois même un peu tendre.
Le personnage principal fonctionne bien parce qu'elle assume ses envies sans être idéalisée ni caricaturale. Cela rend l'ensemble légèrement plus émoustillant aussi, même si le côté très cru et naturaliste du récit ne m'a pas forcément excité à proprement parler.
L'histoire reste simple et assez courte, comme souvent chez Axel, mais elle m'a paru aboutie et fluide. Ce n'est pas une BD érotique qui cherche avant tout à stimuler, mais plutôt une parenthèse mélancolique et adulte autour du sexe, de la solitude et du besoin de se sentir encore vivant.
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Mauvais Sang
Nouvel album, nouvelle histoire et nouveau sujet : ici, il est question des troubles obsessionnels du comportement et de l'angoisse. On suit Tristan, un enfant vampire vivant seul avec ses tocs. Enfin, "seul", pas vraiment, il reste accompagné d'un orang-outant majordome ne sachant cuisiner qu'un seul plat (que Tristant déteste par ailleurs - le plat, pas le majordome) et tout une pelletée de fantômes et d'esprits en tout genre. Non, si Tristan se sent seul ce n'est pas physiquement, Tristan a tout simplement du mal à aller vers les autres à cause de ses tendances maniaques et angoissées, si bien que le pauvre vit entouré de ses idée noires. Et c'est par un beau matin (el famoso déclenchement de l'intrigue) que Tristan va faire la connaissance de la famille Lux, une famille haute en couleur et gentiment chaotique, et qu'il va enfin pouvoir commencer à aller de l'avant. C'est mignon tout plein, le dessin me rappelle celui d'artistes jeunesses que j'appréciais beaucoup lors de mon enfance, la narration elle-même est parfois pleine de fantaisie avec ses choix de mots, le côté réalisme magique qui parcoure les récits de cette collection est, encore une fois, bien présent zt toujours aussi charmant, bref, l'album est bon. Pas révolutionnaire, pas non plus d'une qualité telle qu'il saura convaincre un public de tous les horizons, mais en tout cas suffisamment qualitatifs pour charmer un jeune lectorat et quelques adultes rêveurs (ou nostalgiques de ce genre de récits).
Jeannot
Autre album de la collection, autre récit plein de positivité et de fantaisie du quotidien. Ici il est question d'un vieille homme ayant autrefois vécu un drame duquel il ne s'est toujours pas remis et qui, on l'espère, pourra un jour retrouvé goût à la vie. Un vieux aigri qui cache une vieille (et douloureuse) blessure au cœur, qui s'enferme dans sa colère et ses regrets par peur d'affronter la perte qu'il a subit, une étrange capacité à communiquer avec les plantes permettant d'illustrer son rapport et son détachement émotionnel avec la nature qui l'entour, le tout soupoudré d'une petite romance entre vieilles personnes, la recette n'est pas révolutionnaire mais tout de même réussie. Il faut dire aussi (et surtout) que l'album est illustré par Carole Maurel, dessinatrice dont j'apprécie toujours énormément le travail et que je resterai toujours à minima positive sur le moindre des récots illustrés par se soins, ne serait-ce que pour l'expressivité de ses traits. L'album est loin d'être mauvais, peut-être un peut trop simple et convenu dans sa narration, mais il n'en reste pas moins un peu charmant, même pour la vieille aigrie que je suis. Pas celui que je conseillerai le plus dans cette collection mais une lecture agréable tour de même.
Fatals Picards
Cette BD met en scène les Fatals Picards dans une série de gags et d'aventures absurdes mêlant rock, parodie, fantastique et satire sociale, dans un esprit proche de l'humour du groupe. Même si j'écoute régulièrement certaines chansons des Fatals Picards, je ne connais quasiment pas le groupe en lui-même. Honnêtement, avant cette lecture, j'aurais été incapable de dire à quoi ressemblaient ses membres, donc impossible pour moi de juger si leur représentation graphique est fidèle ou non. En revanche, ce que je peux dire, c'est que j'aime beaucoup le dessin de Juan. Son style me fait toujours penser à un juste milieu entre celui de Stuf (Passe-moi l'ciel) et celui de Tome (Le Petit Spirou). C'est un dessin très souple, vivant, détaillé et immédiatement sympathique à mes yeux, qui me donne tout de suite envie de lire. L'album commence par une poignée de gags en une page que je n'ai pas trouvés particulièrement drôles, mais qui permettent au moins de découvrir les quatre personnages et de poser leur dynamique. On retrouve déjà ce mélange très particulier entre esprit rock un peu rebelle et humour dérisoire rempli d'autodérision. L'album bascule ensuite vers de véritables histoires courtes mêlant aventure et parodie. Elles se moquent autant des phénomènes de société que d'eux-mêmes, avec un ton souvent tendre malgré le cynisme apparent. On y retrouve toujours cette réaction très rock face à une société jugée absurde, qu'il s'agisse des reprises commerciales des tubes des années 80, de la télé-réalité ou plus globalement de l'idée un peu ridicule de se prétendre nouveaux défenseurs de l'esprit du rock. Le tout est rempli de références et de clins d'œil à la pop culture, avec un esprit qui rappelle aussi bien Scooby-Doo que Kaamelott. Après, je ne sais pas exactement quelle a été l'implication directe des Fatals Picards dans l'écriture de l'album, donc difficile de savoir ce qui vient réellement d'eux ou seulement des auteurs. J'ai largement préféré ces histoires courtes aux gags du début d'album, avec une appréciation croissante au fur et à mesure que je m'attachais aux personnages. Ce n'est pas constamment hilarant, mais cela m'a régulièrement amusé et certains gags m'ont fait rire. L'ensemble réussit surtout à rendre les Fatals Picards assez attachants. À noter aussi que j'ai reconnu assez peu de références directes à leurs chansons, ou alors beaucoup m'ont échappé vu ma connaissance limitée du groupe. Du coup, il n'est probablement pas nécessaire de bien connaître leur discographie pour apprécier l'album. En revanche, quelqu'un qui ne connaît absolument pas les Fatals Picards ne sera peut-être pas forcément attiré par le concept au départ.
Les Carnets de l'apothicaire
Emprunté le premier tome pour voir et c'était une lecture agréable. On suit une jeune fille pauvre à la cour dans un Japon médiéval. Mais il s'avère qu'elle a tout de même des connaissances avancées ce qui n'est pas commun pour sa classe sociale. Elle se fait donc remarquer et devient dame de compagnie. Qui dit cour dit intrigues en tout genre où les personnages essaient de se faire valoir. Le dessin est très correct et lisible. Le problème de ce genre de série est que ça va s'étaler en une série fleuve où la jeune fille va utiliser ses connaissances d'apothicaire pour résoudre différents événements.
La Colère de Poséidon
Nilsen revisite plusieurs figures de la mythologie grecque (Poséidon qui donne son titre au recueil, ou encore Léda) mais aussi de l'ancien testament comme Abraham et son fils ou bien sûr Jésus. Tout cela en le mêlant étrangement avec la société contemporaine. Dans la première histoire Poséidon a été oublié des hommes qui maintenant naviguent au GPS, les autres dieux se sont reconvertis dans d'autres activités à l'instar de Bacchus qui crée de nouveaux alcools et d'un autre patron de night-club à Las Vegas. Isaac quant à lui après avoir échappé au sacrifice paternel se replonge dans ses jeux vidéos. Je pense que ça en déconcerta plus d'un, d'autant plus que le dessin est plutôt limité avec de grandes cases en noir et blanc façon ombres chinoises si on peut dire et le texte en-dessous.
Les Savoureuses enquêtes d'Hercule Poireau et du commissaire Magret
Dans un chalet de haute montagne servant de décor à une émission culinaire, une série de meurtres frappe les candidats d'un concours de chefs, obligeant la commissaire Magret et son fils Poireau à enquêter. Lors du lancement de la série, tout laissait penser qu'on allait suivre une succession d'enquêtes humoristiques autour du monde de la cuisine et de la gastronomie. Mais au vu de l'absence de suite depuis des années, il semble malheureusement qu'on n'aura probablement jamais plus que ce seul premier tome. L'idée du duo formé par la commissaire Magret et son fils Hercule Poireau était pourtant plutôt amusante à la base. Le fait que cette commissaire autoritaire appelle son fils par des petits surnoms affectueux au milieu d'une enquête aurait pu créer une vraie dynamique comique. Mais au final, cet aspect reste très peu exploité tant le fils ne sert à rien dans l'enquête et parait même assez couillon sans amener d'humour pour autant. Dommage, car la mère policière est assez attachante, elle. Cette unique enquête parue fonctionne comme une reprise des Dix Petits Nègres d'Agatha Christie transposée dans l'univers des émissions culinaires façon Top Chef. Sa lecture est plaisante sur une bonne partie du récit. Le huis clos enneigé, les candidats éliminés un par un, les références à Poirot et Maigret, tout cela se lit facilement et avec un certain plaisir. Le dessin de Serge Carrère aide beaucoup d'ailleurs : il est solide, lisible, expressif et globalement très agréable à suivre malgré quelques personnages un peu figés par moments. Le problème vient surtout de la résolution. Comme l'histoire reprend clairement la mécanique des Dix Petits Nègres, je m'attendais à une explication finale un peu brillante ou ingénieuse. Or la révélation tombe platement, avec un élément nouveau sorti un peu de nulle part qui donne l'impression d'une solution facile plutôt qu'habilement préparée. Cela rend la fin assez décevante après une enquête pourtant sympathique à suivre. C'est une enquête policière jeunesse plutôt agréable et sans prétention, avec un bon dessin et quelques idées amusantes, mais aussi beaucoup de potentiel sous-exploité. C'est dommage, parce que malgré ses défauts, j'ai quand même pris un certain plaisir à lire l'album et j'aurais été curieux de voir ce que la série aurait pu donner sur plusieurs enquêtes.
Pol polaire
Une famille d'ours polaires contrainte de quitter sa banquise à cause du réchauffement climatique se retrouve embarquée dans une longue dérive pleine de rencontres et d'aventures à travers des territoires toujours plus éloignés de son monde d'origine. Au départ, la série donne l'impression d'être une succession de petites histoires humoristiques autour d'un papa ours polaire maladroit essayant de survivre avec ses deux oursons. Ces premiers récits très courts sont clairement pensés pour un jeune public, avec un humour parfois très enfantin qui ne m'a pas toujours fait rire, notamment les gags répétitifs autour de Brigitte la phoque qui humilie constamment le pauvre Pol. Cela m'a souvent rappelé les vieux dessins animés à la Titi et Grosminet ou Bip Bip et le Coyote, où l'on finit par vouloir soutenir le prédateur tant il sert de victime permanente. Heureusement, dès la fin du premier tome puis surtout dans les suivants, la série évolue vers une véritable aventure au long cours. Le groupe dérive loin de sa banquise, découvre d'autres environnements et finit même par rappeler par moments le principe des films Madagascar, avec des animaux perdus loin de leur habitat naturel. Brigitte devient alors une vraie alliée de la famille, ce qui fait disparaître une bonne partie du côté irritant des débuts. Le dessin est sympathique et plutôt bien maîtrisé. Les premiers tomes paraissent forcément un peu pauvres en décors entre glace et océan, mais l'univers devient plus varié et généreux au fil de l'aventure. Le trait reste souple, lisible et expressif, dans un style très animation jeunesse. Toute la série véhicule aussi des messages écologiques très appuyés autour du réchauffement climatique, de la pollution plastique ou de la destruction des océans. Ce n'est pas très subtil, mais cela a le mérite d'être clair et accessible pour de jeunes lecteurs. Même si l'humour pur des débuts ne m'a pas vraiment convaincu, j'ai trouvé la série plus agréable une fois son vrai fil narratif installé. Elle reste avant tout destinée aux enfants, mais l'ensemble devient assez attachant et plaisant à suivre.
Tarzan (Buscema)
Le premier tome est très bon, mais la série souffre de quelques problèmes dans son édition française. Les dessins de John Buscema nous présentent un Tarzan puissant, parfois furieux (rappelant Conan !) et le grand format met en valeur son talent artistique ; le cycle d'Opar est excellent. Cependant, lorsque les encres passent à T. de Zuniga ou R. Mesina, on ne ressent plus la même force brute. Tout se détériore a partir du deuxième tome, lorsque John transmet le relais à son frère Sal, les intrigues sont de plus en plus courtes et l'histoire reste incomplète au troisième tome dans l'édition française.
La Belle et le Badass
J'ai lu les deux premiers tomes et j'ai trouvé le résultat correct sans plus. C'est une comédie romantique avec une idée bien débile: une jeune fille bien gentille et féminine qui semble être une héroïne de shojo se retrouve dans un lycée où tout le monde est un délinquant balaise. On s’attend donc à une comédie basé sur le contraste entre l'héroïne et l'environnement qui l'entoure, mais très vite on tombe dans la comédie romantique basique lorsque l'héroïne croise son ami d'enfance timide et faible qui est devenu le plus fort de l'école. On va retrouver les ingrédients de tous comédies romantiques comme l'arrivée de rivaux amoureux (dont bien sur le beau garçon riche). Ajoutons aussi d'autres clichés comme le personnage qui veut être le boss du lycée et rate tout comme un gros loser. Ça se laisse lire et j'ai souvent souris, mais les situations sentent souvent le déjà vu comme si l'auteur avait une liste de toutes les situations qu'on doit voir dans un manga de ce genre. Le truc le plus original est que c'est l'héroïne qui rentre dans une salle pendant que les garçons se changent ! Du coup même si c'est un peu sympathique, c'est pas non plus passionnant à moins d'être un lecteur novice en matière de mangas. Le dessin est pas trop mal.
Le Prix de l'amour
Une quinquagénaire divorcée part seule sur une île paradisiaque pour vivre des relations tarifées avec de jeunes hommes, tout en gardant un regard lucide sur ce qu'elle vient réellement chercher dans ces vacances mêlant désir, solitude et besoin d'affection. Là encore, Axel place le sexe de manière très explicite au coeur du récit, avec ce réalisme cru et naturaliste qu'il maîtrise bien. Les corps sont imparfaits, les scènes sexuelles très directes, parfois même volontairement peu glamour, mais ce n'est clairement pas du porno fantasmé : tout paraît pensé avant tout pour servir une histoire et des personnages crédibles. Et c'est ce que j'apprécie chez lui. Derrière les scènes de sexe, il cherche surtout à raconter quelque chose de réaliste et d'humain. Ici, il parle du vieillissement, du besoin de se sentir encore désirable, du tourisme sexuel féminin, des relations ambiguës où chacun sait plus ou moins pourquoi il est là. Il y a une vraie mélancolie dans tout ça, mais moins lourde et déprimante que dans Une femme fidèle. Le ton est plus léger, plus estival, parfois même un peu tendre. Le personnage principal fonctionne bien parce qu'elle assume ses envies sans être idéalisée ni caricaturale. Cela rend l'ensemble légèrement plus émoustillant aussi, même si le côté très cru et naturaliste du récit ne m'a pas forcément excité à proprement parler. L'histoire reste simple et assez courte, comme souvent chez Axel, mais elle m'a paru aboutie et fluide. Ce n'est pas une BD érotique qui cherche avant tout à stimuler, mais plutôt une parenthèse mélancolique et adulte autour du sexe, de la solitude et du besoin de se sentir encore vivant.