Première page : une androgyne sur le toit d'un building new-yorkais, à poil et avec un couteau de boucher à la main, saute dans le vide. Je me dis que j'ai trouvé la bande qui manquait à ma soirée.
A chaque page, ça sent la bd bricolée chez soi avec un amour du dessin et l'envie d'en découdre. C'est parfois moche mais souvent stylé. On dirait du Gauckler par moment.
Dommage que l'intrigue assez prometteuse fasse un peu plouf.
Reste l'énergie authentique d'un auteur espagnol très influencé par l'univers du comics indé : Pepe Moreno.
Il y a des qualités dans ce récit, et j’aurais vraiment voulu mieux noter cet album. Mais la narration un peu décousue, et certains passages peut-être un peu trop elliptiques m’ont un peu freiné. Surtout, j’ai l’impression d’un empilement de bonnes idées, de causes à défendre, qui auraient gagné à être creusées, ou à être plus « individualisées ».
Mais ça reste quand même quelque chose d’original.
Un western crépusculaire. Parce qu’il se déroule dans les toutes premières années du XXème siècle. Mais aussi parce que noir, sonnant la fin d’un monde, et l’entrée dans l’ère du pognon, du capitalisme roi, du cynisme moteur, au détriment de l’humain, des minorités (ici indiennes) et des femmes.
Et ce sont un Indien rescapé du massacre de son peuple, et une femme ayant perdu ses illusions au cœur d’une révolution, que nous suivons. Embarqués dans une sorte de cirque consumériste, orchestré par de cyniques hommes d’affaire spéculant sur la faiblesse des pauvres du haut de leur gratte-ciel, ils ne sont que les marionnettes d’un spectacle affreux.
Sexisme/misogynie, racisme, lutte des classes, on voit que l’auteur a placé cette histoire sous des lumières « engagées ». La présentation est parfois brutale, sans transition (comme lorsque des capitalistes veulent se débarrasser des Indiens récalcitrants – dans une scène qui n’est pas sans rappeler le massacre de Wounded Knee). Malgré les quelques défauts pointés plus haut, les sujets brassés rendent la lecture intéressante.
Et le dessin au scalpel, la bichromie usant d’un marron « doré », ajoutent à l’originalité de cet album, qui sort des sentiers battus.
La Longue Route raconte le périple en solitaire de Bernard Moitessier lors de la première course autour du monde sans escale en 1968. Alors qu'il est en tête et pourrait gagner, il décide de ne pas franchir la ligne d'arrivée et poursuit sa route vers les mers du Sud, en communion avec l'océan, laissant derrière lui la société et les honneurs pour "sauver son âme", comme il le dira.
Graphiquement, le travail de Younn Locard est à la hauteur : le dessin épouse les vagues, les lumières, les silences et la solitude de la mer. La mer devient vivante, tantôt apaisante, tantôt déchaînée, et on ressent pleinement la transe marine de Moitessier. Les silences, le chant du bateau et de la mer, les espaces vides et le rythme du récit accentuent cette immersion, donnant au lecteur la sensation d'etre seul avec le navigateur et son voilier, Joshua, personnage à part entière du récit.
Dans les premières pages, c'est d'abord un récit de technique et de plongée dans le bain du voyage, avant de devenir de plus en plus intime au fil de la lecture. J'ai été porté par le récit et le voyage, comme je peux l'être en suivant le Vendée Globe à distance. Les passages dans les mers du Sud, loin de tout et en communion avec la Nature, sont particulièrement intenses, et le moment clé du Cap Horn constitue une apothéose d'émotion et de tension.
La BD restitue bien l'âme du marin et son refus des routes toutes tracées. J'ai apprécié la dimension sensorielle et méditative du voyage, même si la dernière partie de l'album m'a semblé un peu moins captivante. En effet, après le Horn, l'intensité retombe : le demi-tour du monde supplémentaire m'a paru plus morne, le bateau et Moitessier plus fatigués, et j'ai été moins happé par le désir du navigateur de continuer.
J'ai aussi l'impression que cette BD s'adresse avant tout aux connaisseurs de la voile, car sa narration, par la bouche de Moitessier, utilise en permanence des termes marins qui ne parleront probablement pas aux néophytes. Même moi, qui connais bien la voile, j'ai été pris de court par certains textes très techniques, notamment concernant un voilier plus gros et plus ancien que ceux que je pratique habituellement. Le lexique en fin d'album aide, mais ne remplace pas l'expérience immersive que procure la compréhension des subtilités maritimes. Je pense qu'un néophyte aura du mal à lire l'album, car il risque de ne pas comprendre une grande partie de ce qu'il s'y dit, ou de devoir le déchiffrer péniblement avec le lexique.
La Longue Route a un côté fascinant qui mêle aventure maritime, introspection et poésie de la mer. Cette adaptation constitue un bel hommage à Bernard Moitessier et à la beauté des océans, mais sa longueur et ses termes souvent très techniques la destinent principalement à ceux qui ont déjà une passion pour le monde de la voile.
Je n'avais jamais vraiment lu de roman-photo, si ce n'est quelques créations courtes et indépendantes en ligne, et j'avais souvent voulu en essayer une, voir de quoi il retournait. J'ai vu cet album lors d'une séance de flânage en librairie, je ne connaissais aucun des noms à la réalisation, n'avait entendu aucun écho, aucune recommandation, mais je me suis dit "allez, let's go, pourquoi pas tenter une découverte à l'aveugle ?".
Peut-être aurait-il mieux valu pour moi essayer avec l'un des romans photos m'ayant attiré l'œil depuis longtemps plutôt que de me reposer sur ma bonne étoile, cela m'aurait au moins assuré une meilleure "entrée" dans l'univers, mais l'initiation a tout de même marché : j'ai pu constater des forces et, malheureusement, des faiblesses du médium.
L'histoire qui nous est présentée est absurde, comme bien souvent, à base d'une prémisse décalée, des personnages cons comme des chaises et des dialogues enchaînant les répliques bien débiles (points doublés lorsque les remarques absurdes proviennent de didascalies).
Formule classique mais qui marche tout de même, et si la majorité des blagues me semble trop grasses, trop évidentes, je reconnais qu'un petit sentiment de connivence s'installe (je souligne bien le mot "con" dans "connivence", ici), certaines blagues font tout de même sourire, alors oui, même si ce n'est pas révolutionnaire je ne passe pas pour autant un mauvais moment. Ce n'est pas un chef d'œuvre, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit, l'album a échappé de peu à un bon gros deux étoiles des familles.
En vient alors la dimension "photographique" de l'œuvre, le sel du format, le truc qui m'a véritablement fait acheter l'album pour m'essayer aux fameux "romans photos". Verdict ? Le format est plein de potentiel, particulièrement en comédie puisqu'un décalage peut facilement se former entre la forme "concrète/réelle" de la photo et la narration absurde construite autour, mais malheureusement cet album m'a bien fait comprendre que n'importe qui ne peut pas pour autant jouer les personnages. Les acteur-ice-s en font des caisses, c'est du burlesque d'une manière, en soi pas de problème, c'est même bien souvent charmant dans l'album, mais malheureusement tous-tes les acteur-ice-s ne se valent pas et les moues et gestuelles de certain-e-s m'ont faite sortir du délire bien trop souvent, à commencer par notre protagoniste, le fougueux, fantasque et raciste comptable au doux nom de Vincent Moltenne. Je ne vois plus un personnage délirant lors de ces moments-là mais bien un gars qui fait le mariole. Pas le personnage, mais un gars qui fait le con. Sans doute un petit rien, peut-être suis-je trop dure, trop hermétique au final à cette forme, mais du peu que j'avais pu voir d'autres créations similaires, ce qui m'avait attiré aussi, c'est qu'avec une bonne mise en scène, un bon "jeu d'acteur-ice", il y a vraiment moyen de faire des trucs bons, même en visant le burlesque et l'absurde.
Allez, encore une fois, ce n'est pas affligeant, je n'ai pas passé un mauvais moment et ai même pu sourire à plusieurs reprises. En tant que divertissement con-con (et je dis ça sans nécessairement de dénigrement) c'est acceptable et je suis sûre que je ne fais simplement pas partie du public ciblé.
Dommage quand-même.
(Note réelle 2,5)
Jolie BD jeunesse osant affronter de face les sujets féministes du moment, rejoignant en cela le contingent des titres de 2025 (adultes pour l'essentiel : Notre affaire, Les Yeux d'Alex, Des filles normales, Rouge signal, etc.) dressant le paysage forcément torturé de l'actuelle condition des femmes en France et dans le monde.
Les thématiques sensibles sont nombreuses ici (deuil de la sœur jumelle, handicap, adolescence et quête de soi, difficulté à assumer les espoirs et projections des parents sur leurs enfants, harcèlement scolaire, enfermement genré des corps dans des représentations stéréotypées, etc.) et, malheureusement pour le moment, il semble que la scénariste Véro Cazot ne parvienne à assembler tout cela subtilement. A titre personnel, je regrette notamment le recours, façon Ernest & Rebecca, au dialogue avec l'amie imaginaire (ici, l'ombre de l'héroïne, assimilable à son inconscient) : une fausse bonne idée focalisant l'attention et structurant l'évolution du récit. Les prochains tomes parviendront peut-être à repositionner sur le devant les importantes thématiques en l'état davantage évoquées que traitées.
Côté illustrations par contre, c'est du tout bon ! J'aime beaucoup le style de Carole Maurel : ses couleurs contrastées susceptibles par un jeu d'ombre d'exclure un pan de visage, son trait dynamique et appuyé créant un mouvement incroyable évoquant sur ce point l'immense Franquin (si si !), ses cadrages et décadrages à la Vanyda rendant expressif le moindre regard ou dessin de bouche. Style encore perfectible mais déjà remarquable, moderne, sympathique de rondeur ! En espérant par contre, que les éditeurs ne la poussent pas vers l'épure (des décors de plus en plus fréquemment effacés, des plans de plus en plus rapprochés), qui la rendrait "seinen-compatible" mais dépersonnaliserait indiscutablement son style.
*************
La lecture du second tome n'incite pas véritablement à revoir mon impression initiale. Si l'ombre inconsciente se voit mieux gérée (tel un écho ironique aux sentiments de l'héroïne), le traitement des belles thématiques est lui plus grossier. Pour le moment, cette jolie série pour ados ne concrétise pas ses belles promesses, se contentant d'être une appréciable réussite quand il eut été possible d'être merveilleuse.
Dans une petite ville du Kansas, une bande de gamins jouent au sheriff et aux bandits mais un drame terrible les force à s'engager dans un lourd secret qui va avoir des conséquences tragiques pour leur ville, puis sur toute leur vie.
Cette saga western a pour elle une vraie originalité de départ : suivre un groupe de personnages, amis d'enfance, dont les trajectoires vont se croiser, se briser et se recomposer au fil des années. Tout part d'un drame initial particulièrement marquant, une erreur d'enfants aux conséquences irréversibles, qui va servir de point de bascule et conditionner toute leur existence. À partir de là, le récit déploie une fresque assez ambitieuse, violente et sombre, où les anciens amis deviennent tour à tour ennemis, alliés de circonstance ou simples fantômes du passé, chacun évoluant dans un Far West sans concession.
Sur le principe, c'est séduisant. Il y a une vraie volonté de raconter le poids des choix, de la culpabilité et des circonstances, avec des destins qui se répondent et s'entrechoquent. Certains rebondissements surprennent, et l'ensemble garde un côté imprévisible assez appréciable.
Mais dans les faits, tout ne fonctionne pas complètement pour moi. Le principal problème vient du rythme narratif, assez particulier, avec de grandes ellipses de plusieurs années. Les personnages changent parfois brutalement entre deux périodes, au point que j'ai eu du mal à suivre leur évolution émotionnelle. Certains basculent dans la violence (vol, meurtre, trahison) presque sans transition, allant jusqu'à éliminer d'anciens amis sans véritable état d'âme, tandis que d'autres changent de camp ou d'attitude comme si le passé n'avait plus de poids. À cela s'ajoute un recours un peu trop fréquent aux coïncidences, comme si ce monde ne comptait finalement que ces quelques personnages qui finissent toujours par se recroiser et être les seuls véritables acteurs de leur propre histoire. Du coup, je n'ai jamais vraiment réussi à m'attacher à eux, ni à croire pleinement à leurs trajectoires.
Le dessin est correct dans l'ensemble, avec des personnages bien identifiables, mais il m'a semblé un peu en retrait sur les décors. Les arrière-plans sont parfois assez vides, les perspectives plates ou un peu approximatives, ce qui nuit à l'immersion et empêche de ressentir pleinement l'ampleur ou l'atmosphère du Far West. Cela renforce une impression d'ensemble un peu artificielle.
Au final, je reste partagé. Il y a de bonnes idées, une vraie ambition et des choix narratifs parfois audacieux, qui rendent la lecture intéressante et parfois surprenante. Mais entre le manque d'attachement aux personnages, leurs évolutions trop abruptes et un univers visuel qui peine à convaincre pleinement, je suis resté à distance du récit, sans jamais être vraiment embarqué.
Je ne mets « que » trois étoiles, car la lecture est forcément frustrante pour un adulte. Car très très rapide, et avec une narration linéaire qui manque sans doute d’aspérité.
Mais on ne peut décemment pas aller en dessous, tant Matthias Picard nous propose quelque chose d’original, et surtout de réellement beau.
Certes, ça s’adresse surtout à de jeunes, voire très jeunes lecteurs. Mais pour ce qui est du plaisir des yeux, l’adulte que je suis y a trouvé son compte.
En effet, le dessin – une sorte de carte à gratter – en Noir et Blanc est magnifié par les effets de reliefs (ici les lunettes, fournies avec chaque album, sont nécessaires), ce qui donne des planches de toute beauté. Dans les fonds sous-marins dans le premier album, dans la jungle – et au-delà – dans le second. J’ai d’ailleurs trouvé le dessin encore plus captivant dans ce second album. Car à l’air libre, plus clair, avec aussi plus de variété dans les décors et la faune et la flore.
Deux beaux voyages donc. Rapides, mais plaisants.
J’ai joué à des jeux vidéo (j’en ai connu les débuts), mais je n’ai jamais été un « gamer », et j’ai juste suivi « par-dessus leur épaule », ce que faisaient mes enfants sur leurs petites consoles (ou quelques jeux en ligne). Mon peu d’appétence pour ce loisir ne m’a pas poussé à aller plus loin. Mais le sujet est de plus en plus d’actualité.
J’avais lu il y a quelques temps Les Réseaux sociaux et nos ados du même auteur, que j’avais trouvé intéressant, bien fichu. J’ai retrouvé les mêmes qualités dans cet album.
En effet, c’est à la fois didactique et fluide (l’auteur adopte un ton enjoué, dynamique et ludique pour ses démonstrations ou lorsqu’il veut faire passer une information).
Il apporte des réponses aux questions qu’on peut se poser, mais alimente aussi la réflexion, nous amenant à nous poser des questions (adultes autant qu’enfants !). Même si personnellement je préfère passer du temps à lire (sur papier), à jouer à des jeux de société « en vrai » plutôt qu’à jouer virtuellement, cet album remplit agréablement son rôle et parents et CDI peuvent envisager d’investir dans son achat.
J'ai globalement bien accroché à cet album, notamment grâce au dessin d'Axel que j'apprécie beaucoup. Son style réaliste, aussi bien dans les corps que dans les visages, avec des personnages crédibles, pas forcément beaux ni idéalisés, fonctionne vraiment bien. Ce réalisme se retrouve aussi dans l'histoire, et c'est clairement ce qui fait tout le côté émoustillant de la BD : on est dans quelque chose de plausible, proche de la réalité, et du coup beaucoup plus impliquant que des fantasmes trop artificiels.
D'ailleurs, ça a très bien marché sur moi pendant toute la première moitié de l'album. Le jeu de séduction, la redécouverte du désir dans un couple installé, le basculement progressif vers l'échangisme... tout ça est bien amené, crédible, et plutôt prenant.
En revanche, la seconde partie m'a nettement moins embarqué. À partir du moment où on bascule d'un partage à une séparation, le ton change, et le récit s'oriente davantage vers une réflexion sur le couple, le divorce, et notamment sur ces hommes plus âgés qui se mettent avec des femmes plus jeunes. C'est un thème qui me rebute assez personnellement, et qui m'a fait prendre de la distance avec l'histoire.
Les scènes de sexe restent tout aussi crues et présentes, mais elles n'ont plus du tout le même effet dans ce contexte. Là où il y avait une forme d'excitation au début, j'ai plutôt ressenti un détachement, voire un certain malaise.
Je reconnais malgré tout que l'ensemble est raconté avec justesse, et que l'évolution des personnages reste cohérente et réaliste. Mais ce basculement dans les thématiques m'a clairement sorti de la lecture sur le plan émotionnel.
Il reste toutefois un album solide et crédible, entre pornographie et réalisme social, mais dont la seconde moitié m'a beaucoup moins parlé.
Dix histoires de sexe présentées comme étant tirées d'anecdotes réelles.
J'ai plutôt apprécié l'album dans son ensemble, à commencer par le dessin que je trouve simple et efficace, avec un vrai sens de la lisibilité et une certaine justesse dans les corps et les expressions. Il sert bien le propos sans chercher à en faire trop.
J'aime aussi le principe de base : les histoires théoriquement inspirées de faits réels, ça change pas mal de choses. C'est à la fois assez instructif sur la sexualité des autres, sur la diversité des pratiques et des situations, et en même temps, ce côté crédible rend forcément le tout plus émoustillant que des fantasmes totalement irréalistes. Cela dit, pour être honnête, je n'ai pas été particulièrement excité à la lecture, peut-être parce que je n'étais pas dans le bon état d'esprit à ce moment-là.
Il y a aussi certaines histoires qui m'ont plutôt refroidi. Celles autour de l'adultère, par exemple, ne fonctionnent pas du tout sur moi car c'est l'inverse d'un fantasme en ce qui me concerne. Celle avec les deux mecs sur le canapé m'a laissé totalement extérieur, étant beaucoup trop hétéro pour y trouver un quelconque intérêt. Et celle dans le métro m'a surtout fait tiquer par son côté assez dérangeant en termes de double standard : difficile de ne pas penser que si les rôles étaient inversés, on parlerait de comportements de frotteurs punis par la loi, alors que là, parce que c'est une femme, elle obtient forcément les consentements adéquats.
Quoiqu'il en soit, les histoires sont globalement variées, parfois amusantes, parfois un peu dérangeantes, et l'ensemble se lit bien. Mais je suis resté à distance, avec un intérêt plus intellectuel que réellement impliqué ou excité. Une lecture intéressante, sans être totalement convaincante pour moi.
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Gene Kong
Première page : une androgyne sur le toit d'un building new-yorkais, à poil et avec un couteau de boucher à la main, saute dans le vide. Je me dis que j'ai trouvé la bande qui manquait à ma soirée. A chaque page, ça sent la bd bricolée chez soi avec un amour du dessin et l'envie d'en découdre. C'est parfois moche mais souvent stylé. On dirait du Gauckler par moment. Dommage que l'intrigue assez prometteuse fasse un peu plouf. Reste l'énergie authentique d'un auteur espagnol très influencé par l'univers du comics indé : Pepe Moreno.
Mauvaise fortune
Il y a des qualités dans ce récit, et j’aurais vraiment voulu mieux noter cet album. Mais la narration un peu décousue, et certains passages peut-être un peu trop elliptiques m’ont un peu freiné. Surtout, j’ai l’impression d’un empilement de bonnes idées, de causes à défendre, qui auraient gagné à être creusées, ou à être plus « individualisées ». Mais ça reste quand même quelque chose d’original. Un western crépusculaire. Parce qu’il se déroule dans les toutes premières années du XXème siècle. Mais aussi parce que noir, sonnant la fin d’un monde, et l’entrée dans l’ère du pognon, du capitalisme roi, du cynisme moteur, au détriment de l’humain, des minorités (ici indiennes) et des femmes. Et ce sont un Indien rescapé du massacre de son peuple, et une femme ayant perdu ses illusions au cœur d’une révolution, que nous suivons. Embarqués dans une sorte de cirque consumériste, orchestré par de cyniques hommes d’affaire spéculant sur la faiblesse des pauvres du haut de leur gratte-ciel, ils ne sont que les marionnettes d’un spectacle affreux. Sexisme/misogynie, racisme, lutte des classes, on voit que l’auteur a placé cette histoire sous des lumières « engagées ». La présentation est parfois brutale, sans transition (comme lorsque des capitalistes veulent se débarrasser des Indiens récalcitrants – dans une scène qui n’est pas sans rappeler le massacre de Wounded Knee). Malgré les quelques défauts pointés plus haut, les sujets brassés rendent la lecture intéressante. Et le dessin au scalpel, la bichromie usant d’un marron « doré », ajoutent à l’originalité de cet album, qui sort des sentiers battus.
La Longue Route
La Longue Route raconte le périple en solitaire de Bernard Moitessier lors de la première course autour du monde sans escale en 1968. Alors qu'il est en tête et pourrait gagner, il décide de ne pas franchir la ligne d'arrivée et poursuit sa route vers les mers du Sud, en communion avec l'océan, laissant derrière lui la société et les honneurs pour "sauver son âme", comme il le dira. Graphiquement, le travail de Younn Locard est à la hauteur : le dessin épouse les vagues, les lumières, les silences et la solitude de la mer. La mer devient vivante, tantôt apaisante, tantôt déchaînée, et on ressent pleinement la transe marine de Moitessier. Les silences, le chant du bateau et de la mer, les espaces vides et le rythme du récit accentuent cette immersion, donnant au lecteur la sensation d'etre seul avec le navigateur et son voilier, Joshua, personnage à part entière du récit. Dans les premières pages, c'est d'abord un récit de technique et de plongée dans le bain du voyage, avant de devenir de plus en plus intime au fil de la lecture. J'ai été porté par le récit et le voyage, comme je peux l'être en suivant le Vendée Globe à distance. Les passages dans les mers du Sud, loin de tout et en communion avec la Nature, sont particulièrement intenses, et le moment clé du Cap Horn constitue une apothéose d'émotion et de tension. La BD restitue bien l'âme du marin et son refus des routes toutes tracées. J'ai apprécié la dimension sensorielle et méditative du voyage, même si la dernière partie de l'album m'a semblé un peu moins captivante. En effet, après le Horn, l'intensité retombe : le demi-tour du monde supplémentaire m'a paru plus morne, le bateau et Moitessier plus fatigués, et j'ai été moins happé par le désir du navigateur de continuer. J'ai aussi l'impression que cette BD s'adresse avant tout aux connaisseurs de la voile, car sa narration, par la bouche de Moitessier, utilise en permanence des termes marins qui ne parleront probablement pas aux néophytes. Même moi, qui connais bien la voile, j'ai été pris de court par certains textes très techniques, notamment concernant un voilier plus gros et plus ancien que ceux que je pratique habituellement. Le lexique en fin d'album aide, mais ne remplace pas l'expérience immersive que procure la compréhension des subtilités maritimes. Je pense qu'un néophyte aura du mal à lire l'album, car il risque de ne pas comprendre une grande partie de ce qu'il s'y dit, ou de devoir le déchiffrer péniblement avec le lexique. La Longue Route a un côté fascinant qui mêle aventure maritime, introspection et poésie de la mer. Cette adaptation constitue un bel hommage à Bernard Moitessier et à la beauté des océans, mais sa longueur et ses termes souvent très techniques la destinent principalement à ceux qui ont déjà une passion pour le monde de la voile.
Qui a volé mes jambes ?
Je n'avais jamais vraiment lu de roman-photo, si ce n'est quelques créations courtes et indépendantes en ligne, et j'avais souvent voulu en essayer une, voir de quoi il retournait. J'ai vu cet album lors d'une séance de flânage en librairie, je ne connaissais aucun des noms à la réalisation, n'avait entendu aucun écho, aucune recommandation, mais je me suis dit "allez, let's go, pourquoi pas tenter une découverte à l'aveugle ?". Peut-être aurait-il mieux valu pour moi essayer avec l'un des romans photos m'ayant attiré l'œil depuis longtemps plutôt que de me reposer sur ma bonne étoile, cela m'aurait au moins assuré une meilleure "entrée" dans l'univers, mais l'initiation a tout de même marché : j'ai pu constater des forces et, malheureusement, des faiblesses du médium. L'histoire qui nous est présentée est absurde, comme bien souvent, à base d'une prémisse décalée, des personnages cons comme des chaises et des dialogues enchaînant les répliques bien débiles (points doublés lorsque les remarques absurdes proviennent de didascalies). Formule classique mais qui marche tout de même, et si la majorité des blagues me semble trop grasses, trop évidentes, je reconnais qu'un petit sentiment de connivence s'installe (je souligne bien le mot "con" dans "connivence", ici), certaines blagues font tout de même sourire, alors oui, même si ce n'est pas révolutionnaire je ne passe pas pour autant un mauvais moment. Ce n'est pas un chef d'œuvre, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit, l'album a échappé de peu à un bon gros deux étoiles des familles. En vient alors la dimension "photographique" de l'œuvre, le sel du format, le truc qui m'a véritablement fait acheter l'album pour m'essayer aux fameux "romans photos". Verdict ? Le format est plein de potentiel, particulièrement en comédie puisqu'un décalage peut facilement se former entre la forme "concrète/réelle" de la photo et la narration absurde construite autour, mais malheureusement cet album m'a bien fait comprendre que n'importe qui ne peut pas pour autant jouer les personnages. Les acteur-ice-s en font des caisses, c'est du burlesque d'une manière, en soi pas de problème, c'est même bien souvent charmant dans l'album, mais malheureusement tous-tes les acteur-ice-s ne se valent pas et les moues et gestuelles de certain-e-s m'ont faite sortir du délire bien trop souvent, à commencer par notre protagoniste, le fougueux, fantasque et raciste comptable au doux nom de Vincent Moltenne. Je ne vois plus un personnage délirant lors de ces moments-là mais bien un gars qui fait le mariole. Pas le personnage, mais un gars qui fait le con. Sans doute un petit rien, peut-être suis-je trop dure, trop hermétique au final à cette forme, mais du peu que j'avais pu voir d'autres créations similaires, ce qui m'avait attiré aussi, c'est qu'avec une bonne mise en scène, un bon "jeu d'acteur-ice", il y a vraiment moyen de faire des trucs bons, même en visant le burlesque et l'absurde. Allez, encore une fois, ce n'est pas affligeant, je n'ai pas passé un mauvais moment et ai même pu sourire à plusieurs reprises. En tant que divertissement con-con (et je dis ça sans nécessairement de dénigrement) c'est acceptable et je suis sûre que je ne fais simplement pas partie du public ciblé. Dommage quand-même. (Note réelle 2,5)
Mi-Mouche
Jolie BD jeunesse osant affronter de face les sujets féministes du moment, rejoignant en cela le contingent des titres de 2025 (adultes pour l'essentiel : Notre affaire, Les Yeux d'Alex, Des filles normales, Rouge signal, etc.) dressant le paysage forcément torturé de l'actuelle condition des femmes en France et dans le monde. Les thématiques sensibles sont nombreuses ici (deuil de la sœur jumelle, handicap, adolescence et quête de soi, difficulté à assumer les espoirs et projections des parents sur leurs enfants, harcèlement scolaire, enfermement genré des corps dans des représentations stéréotypées, etc.) et, malheureusement pour le moment, il semble que la scénariste Véro Cazot ne parvienne à assembler tout cela subtilement. A titre personnel, je regrette notamment le recours, façon Ernest & Rebecca, au dialogue avec l'amie imaginaire (ici, l'ombre de l'héroïne, assimilable à son inconscient) : une fausse bonne idée focalisant l'attention et structurant l'évolution du récit. Les prochains tomes parviendront peut-être à repositionner sur le devant les importantes thématiques en l'état davantage évoquées que traitées. Côté illustrations par contre, c'est du tout bon ! J'aime beaucoup le style de Carole Maurel : ses couleurs contrastées susceptibles par un jeu d'ombre d'exclure un pan de visage, son trait dynamique et appuyé créant un mouvement incroyable évoquant sur ce point l'immense Franquin (si si !), ses cadrages et décadrages à la Vanyda rendant expressif le moindre regard ou dessin de bouche. Style encore perfectible mais déjà remarquable, moderne, sympathique de rondeur ! En espérant par contre, que les éditeurs ne la poussent pas vers l'épure (des décors de plus en plus fréquemment effacés, des plans de plus en plus rapprochés), qui la rendrait "seinen-compatible" mais dépersonnaliserait indiscutablement son style. ************* La lecture du second tome n'incite pas véritablement à revoir mon impression initiale. Si l'ombre inconsciente se voit mieux gérée (tel un écho ironique aux sentiments de l'héroïne), le traitement des belles thématiques est lui plus grossier. Pour le moment, cette jolie série pour ados ne concrétise pas ses belles promesses, se contentant d'être une appréciable réussite quand il eut été possible d'être merveilleuse.
Graine de vaurien
Dans une petite ville du Kansas, une bande de gamins jouent au sheriff et aux bandits mais un drame terrible les force à s'engager dans un lourd secret qui va avoir des conséquences tragiques pour leur ville, puis sur toute leur vie. Cette saga western a pour elle une vraie originalité de départ : suivre un groupe de personnages, amis d'enfance, dont les trajectoires vont se croiser, se briser et se recomposer au fil des années. Tout part d'un drame initial particulièrement marquant, une erreur d'enfants aux conséquences irréversibles, qui va servir de point de bascule et conditionner toute leur existence. À partir de là, le récit déploie une fresque assez ambitieuse, violente et sombre, où les anciens amis deviennent tour à tour ennemis, alliés de circonstance ou simples fantômes du passé, chacun évoluant dans un Far West sans concession. Sur le principe, c'est séduisant. Il y a une vraie volonté de raconter le poids des choix, de la culpabilité et des circonstances, avec des destins qui se répondent et s'entrechoquent. Certains rebondissements surprennent, et l'ensemble garde un côté imprévisible assez appréciable. Mais dans les faits, tout ne fonctionne pas complètement pour moi. Le principal problème vient du rythme narratif, assez particulier, avec de grandes ellipses de plusieurs années. Les personnages changent parfois brutalement entre deux périodes, au point que j'ai eu du mal à suivre leur évolution émotionnelle. Certains basculent dans la violence (vol, meurtre, trahison) presque sans transition, allant jusqu'à éliminer d'anciens amis sans véritable état d'âme, tandis que d'autres changent de camp ou d'attitude comme si le passé n'avait plus de poids. À cela s'ajoute un recours un peu trop fréquent aux coïncidences, comme si ce monde ne comptait finalement que ces quelques personnages qui finissent toujours par se recroiser et être les seuls véritables acteurs de leur propre histoire. Du coup, je n'ai jamais vraiment réussi à m'attacher à eux, ni à croire pleinement à leurs trajectoires. Le dessin est correct dans l'ensemble, avec des personnages bien identifiables, mais il m'a semblé un peu en retrait sur les décors. Les arrière-plans sont parfois assez vides, les perspectives plates ou un peu approximatives, ce qui nuit à l'immersion et empêche de ressentir pleinement l'ampleur ou l'atmosphère du Far West. Cela renforce une impression d'ensemble un peu artificielle. Au final, je reste partagé. Il y a de bonnes idées, une vraie ambition et des choix narratifs parfois audacieux, qui rendent la lecture intéressante et parfois surprenante. Mais entre le manque d'attachement aux personnages, leurs évolutions trop abruptes et un univers visuel qui peine à convaincre pleinement, je suis resté à distance du récit, sans jamais être vraiment embarqué.
Jim Curious
Je ne mets « que » trois étoiles, car la lecture est forcément frustrante pour un adulte. Car très très rapide, et avec une narration linéaire qui manque sans doute d’aspérité. Mais on ne peut décemment pas aller en dessous, tant Matthias Picard nous propose quelque chose d’original, et surtout de réellement beau. Certes, ça s’adresse surtout à de jeunes, voire très jeunes lecteurs. Mais pour ce qui est du plaisir des yeux, l’adulte que je suis y a trouvé son compte. En effet, le dessin – une sorte de carte à gratter – en Noir et Blanc est magnifié par les effets de reliefs (ici les lunettes, fournies avec chaque album, sont nécessaires), ce qui donne des planches de toute beauté. Dans les fonds sous-marins dans le premier album, dans la jungle – et au-delà – dans le second. J’ai d’ailleurs trouvé le dessin encore plus captivant dans ce second album. Car à l’air libre, plus clair, avec aussi plus de variété dans les décors et la faune et la flore. Deux beaux voyages donc. Rapides, mais plaisants.
Les Jeux vidéo et nos enfants
J’ai joué à des jeux vidéo (j’en ai connu les débuts), mais je n’ai jamais été un « gamer », et j’ai juste suivi « par-dessus leur épaule », ce que faisaient mes enfants sur leurs petites consoles (ou quelques jeux en ligne). Mon peu d’appétence pour ce loisir ne m’a pas poussé à aller plus loin. Mais le sujet est de plus en plus d’actualité. J’avais lu il y a quelques temps Les Réseaux sociaux et nos ados du même auteur, que j’avais trouvé intéressant, bien fichu. J’ai retrouvé les mêmes qualités dans cet album. En effet, c’est à la fois didactique et fluide (l’auteur adopte un ton enjoué, dynamique et ludique pour ses démonstrations ou lorsqu’il veut faire passer une information). Il apporte des réponses aux questions qu’on peut se poser, mais alimente aussi la réflexion, nous amenant à nous poser des questions (adultes autant qu’enfants !). Même si personnellement je préfère passer du temps à lire (sur papier), à jouer à des jeux de société « en vrai » plutôt qu’à jouer virtuellement, cet album remplit agréablement son rôle et parents et CDI peuvent envisager d’investir dans son achat.
La Tentation (Dynamite)
J'ai globalement bien accroché à cet album, notamment grâce au dessin d'Axel que j'apprécie beaucoup. Son style réaliste, aussi bien dans les corps que dans les visages, avec des personnages crédibles, pas forcément beaux ni idéalisés, fonctionne vraiment bien. Ce réalisme se retrouve aussi dans l'histoire, et c'est clairement ce qui fait tout le côté émoustillant de la BD : on est dans quelque chose de plausible, proche de la réalité, et du coup beaucoup plus impliquant que des fantasmes trop artificiels. D'ailleurs, ça a très bien marché sur moi pendant toute la première moitié de l'album. Le jeu de séduction, la redécouverte du désir dans un couple installé, le basculement progressif vers l'échangisme... tout ça est bien amené, crédible, et plutôt prenant. En revanche, la seconde partie m'a nettement moins embarqué. À partir du moment où on bascule d'un partage à une séparation, le ton change, et le récit s'oriente davantage vers une réflexion sur le couple, le divorce, et notamment sur ces hommes plus âgés qui se mettent avec des femmes plus jeunes. C'est un thème qui me rebute assez personnellement, et qui m'a fait prendre de la distance avec l'histoire. Les scènes de sexe restent tout aussi crues et présentes, mais elles n'ont plus du tout le même effet dans ce contexte. Là où il y avait une forme d'excitation au début, j'ai plutôt ressenti un détachement, voire un certain malaise. Je reconnais malgré tout que l'ensemble est raconté avec justesse, et que l'évolution des personnages reste cohérente et réaliste. Mais ce basculement dans les thématiques m'a clairement sorti de la lecture sur le plan émotionnel. Il reste toutefois un album solide et crédible, entre pornographie et réalisme social, mais dont la seconde moitié m'a beaucoup moins parlé.
Histoires inavouables
Dix histoires de sexe présentées comme étant tirées d'anecdotes réelles. J'ai plutôt apprécié l'album dans son ensemble, à commencer par le dessin que je trouve simple et efficace, avec un vrai sens de la lisibilité et une certaine justesse dans les corps et les expressions. Il sert bien le propos sans chercher à en faire trop. J'aime aussi le principe de base : les histoires théoriquement inspirées de faits réels, ça change pas mal de choses. C'est à la fois assez instructif sur la sexualité des autres, sur la diversité des pratiques et des situations, et en même temps, ce côté crédible rend forcément le tout plus émoustillant que des fantasmes totalement irréalistes. Cela dit, pour être honnête, je n'ai pas été particulièrement excité à la lecture, peut-être parce que je n'étais pas dans le bon état d'esprit à ce moment-là. Il y a aussi certaines histoires qui m'ont plutôt refroidi. Celles autour de l'adultère, par exemple, ne fonctionnent pas du tout sur moi car c'est l'inverse d'un fantasme en ce qui me concerne. Celle avec les deux mecs sur le canapé m'a laissé totalement extérieur, étant beaucoup trop hétéro pour y trouver un quelconque intérêt. Et celle dans le métro m'a surtout fait tiquer par son côté assez dérangeant en termes de double standard : difficile de ne pas penser que si les rôles étaient inversés, on parlerait de comportements de frotteurs punis par la loi, alors que là, parce que c'est une femme, elle obtient forcément les consentements adéquats. Quoiqu'il en soit, les histoires sont globalement variées, parfois amusantes, parfois un peu dérangeantes, et l'ensemble se lit bien. Mais je suis resté à distance, avec un intérêt plus intellectuel que réellement impliqué ou excité. Une lecture intéressante, sans être totalement convaincante pour moi.