Je vais rester sur trois étoiles, une note reflétant mon sentiment mitigé, alors que qualités et défauts s’équilibrent à peu près. Disons que j’en suis sorti un peu déçu. Pas forcément intrinsèquement, mais plutôt parce que je pense que Delitte aurait pu mieux exploiter le potentiel de sa série.
Connaissant plutôt bien la bibliographie de cet auteur, et au vu des couvertures, je m’attendais à une série purement historique, ayant pour cadre la guerre sous-marine en fin de second conflit mondial. En fait il n’en est rien, même si une partie du récit s’insère dans cette trame.
La seule chose qui ne m’ait pas surpris, c’est la qualité du dessin de Delitte. Bien sûr il est excellent pour tout ce qui est navire ou engin (même s’il n’a évidemment pas pu placer de vieux gréements !). Il l’est aussi pour les décors – y compris pour des choses éloignées de ses séries habituelles, comme ici les déserts des États-Unis. Les personnages sont aussi intéressants, même si, comme toujours chez lui, les personnages sont un peu raides, les visages un peu « carrés », quasi tous sur le même moule pour les hommes (quasiment pas de personnages féminins – un seul en fait -, ce qu’il peine à réussir, deux points communs qu’il partage avec Hermann…).
Visuellement plutôt agréable donc. Quant à l’intrigue, elle s’étale sur un peu plus d’un siècle, de la fin de la Seconde guerre mondiale aux années 2050. Commençant comme un récit historique classique, elle bascule ensuite vers quelque chose de différent, mêlant uchronie et Science-Fiction, en multipliant les lieux où se déroulent les événements : Atlantique ; Amazonie ; déserts nord-américains ; Tchernobyl ; Peenemünde dans le Nord de l’Allemagne ; une Venise futuriste, Argentine, etc.).
Pour dynamiser son récit, Delitte multiplie les allers-retours à la fois temporels et géographiques entre ces lieux et ces périodes.
Si l’ensemble se laisse lire, et si on ne s’ennuie jamais, plusieurs choses m’ont quand même plus ou moins gêné.
D’abord quelques facilités. Par exemple Himmel dirigeant quelques temps tout seul (alors qu’il n’a évidemment aucune notion technique pour le faire) le sous-marin jusqu’à son échouage en Amazonie – mais aussi sa « survie », ainsi que les caisses et documents qui l’accompagnaient durant 6 ans en pleine jungle au milieu de l’humidité…
A l’autre bout de l’histoire, j’ai trouvé que la Venise de 2059 était en partie improbable au niveau de certaines nouveauté technologique…
Mais ce sont surtout les nombreux flashbacks et allers-retours qui m’ont gêné. Ça hache parfois trop le récit, ça manque de fluidité. Surtout qu’à certains moments c’est très saccadé, et que ça ne se justifie pas toujours (certains passages à Peenemünde n’apportent pas grand-chose). J’aurais préféré voir mieux développé la situation en 2059 (et élagués certains passages ou flashbacks antérieurs).
C’est un peu artificiel et parfois pénible.
Enfin, le titre de la série et les couvertures ne sont pas vraiment bien choisie, tant elles n’ont qu’un rapport ténu avec le cœur – et même la quasi-totalité – de l’intrigue.
Une série qui surprend dans l’œuvre de Delitte, qui a du potentiel, mais qui se perd dans une mise en scène trop « alambiquée », alors qu’un récit plus « linéaire » (sans l’être totalement bien sûr) et jouant plus sur la partie futuriste aurait gagné en richesse et intérêt. Ça se laisse lire plutôt agréablement toutefois.
Je pourrais recopier mon avis sur Villes et infrastructure. Ce manga de Kago au titre interminable se situe dans la même lignée avec de courtes histoires mêlant le gore et l'érotisme.
A réserver bien sûr à un public adulte et averti, qui ne serait pas rebuté par différentes tortures physiques, découpage d'orteils, ou autres parties du corps, démembrements etc. Contrairement à beaucoup de mangas, Kago représente aussi des sexes et des poils sans censure. Une minorité d'histoires est tellement absurde que je n'ai pas tout compris, je pense à celle sur des combattants surmontés d'hommes nus. Je mets "pas mal" car aucune histoire n'est particulièrement mémorable, même si l'auteur a une imagination débordante.
L'histoire qui donne son titre au recueil est autour d'une expérience d'un savant tordu qui vise à télescoper un garçon et une fille au coin d'une rue pour voir si une bonne synchronisation peut conduire au bisou, en vérité plutôt à un crash test sanglant...
Rien d’extraordinaire, mais un album qui plaira aux amateurs ne recherchant pas forcément la surprise. Ici, après un avant-propos rappelant les principaux fantasmes féminins selon des sondages (si en plus c’est une lecture sociologique !), nous entrons de plain-pied dans une histoire qui va en illustrer un certain nombre.
Une jeune femme rencontre un jeune homme dans le train qui les ramène à Paris, il la drague, elle minaude et résiste, puis le rejoint dans sa suite d’hôtel. La suite est une nuit d’orgie durant laquelle elle va assouvir ses fantasmes – et ceux de l’homme, jusqu’à une chute un chouia surprenante.
Une fois le scénario mis en place, les scènes de sexe s’enchainent – souvent émoustillantes il faut dire – sans que l’intrigue ait une réelle importance.
Le dessin est bon, précis, agréable pour les scènes de cul (je regrette juste des visages un petit peu trop « manga », et une colorisation informatique qui n’est pas mon truc).
Note réelle 2,5/5.
On ne présente plus Blacksad, une série qui a su s’imposer, dès son 1er tome, dans le paysage de tous amateurs du 9eme art.
C’est très naturellement (et sans but mercantile nn nn ;) qu’un dérivé de l’univers voit le jour. Blacksad Stories (si j’ai bien tout compris) s’attachera à un personnage secondaire le temps d’un album. Weekly, notre journaliste fouineur et malodorant, ouvre logiquement le bal.
J’avoue que j’ai gentiment snobé l’album à sa sortie mais j’étais tout content de le trouver déjà dans les rayons d’une de mes médiathèques.
Si j’ai bien aimé ma lecture, je serai plus avare que Ro dans ma note. L’album est pro mais il m’a manqué un truc pour arriver à la hauteur de son aîné.
En fait mes attentes se sont inversés en cours de lecture. Alors que je m’attendais à être déçu par la partie graphique, je l’ai finalement trouvée très réussie, on atteint pas les sommets du travail de Guardino mais ça reste du superbe boulot. La narration, couleurs et un trait plus cartoon assurent la comparaison. Autre registre mais en tout cas, j’ai plutôt été agréablement surpris sur ce point. Malheureusement ça n’a pas été le même cas pour le scénario, je ne saurai trop dire où ça pêche vraiment, les ingrédients sont là mais l’alchimie m’est apparue bien neutre. Si j’ai aimé l’origine story de notre héros (un peu téléphoné quand même), j’ai été moins convaincu par le côté polar, enquête, coupable, motivation … un rien classique et sans réel suspense à mes yeux.
Rien de honteux, je reste bien curieux de suivre un autre récit dans l’univers. Même dessinateur ? Quel personnage ? Mais je me contenterai personnellement d’un emprunt.
On a là un recueil d’histoires courtes inégales. Mais globalement la lecture est agréable, le plus souvent le sourire aux lèvres.
Sourdrille se met en scène, avec une bonne dose d’autodérision, dans un rôle de loser assez pathétique. Un dragueur, parfois obsédé, qui se prend quelques beaux râteaux ! Même si on sent rapidement qu’il ne va pas conclure, ou que la vie va lui réserver de sales surprises (même ses potes se foutent de lui lors de son enterrement !), la chute est souvent amusante.
Régulièrement reviennent des histoires durant lesquelles, suite à l’ingurgitation de nourriture malsaine, Sourdrille fait de sales rêves : on part ici vers quelque chose d’un peu plus loufoque et absurde.
Une lecture sympathique.
Qui aurait pu prédire que la suite de Vega des mêmes auteurs se serait présentée toujours chez le même éditeur mais sous un nom, un format et même une colorisation différente puisqu'à contrario du premier tome entièrement en couleurs, celui-ci est entièrement en noir et blanc.
On reprend presque le récit là où on pouvait rester sur sa faim à la conclusion assez ouverte de Vega et pour cause puisque les auteurs n'en avaient pas encore fini avec leur jouet nébuleux.
Difficile de raconter l'histoire sans spoiler celle d'origine mais les protagonistes sont différents même si on recroise quelques têtes secondaires de Vega. Il est toujours question d'un monde futuriste assez complexe où transhumance et frontières géographiques sont rebattues sous de nouvelles cartes. Dewi est une jeune fille aux origines particulières et qui est simplement en quête de son passé quitte à braver une nourrice robotique fort agressive et proche d'un Terminator à la sauce féminine.
Si les dessins de Legendre ont perdu leurs couleurs, ils conservent leur efficacité pour peu qu'on accroche à ce style si particulier mais qui donne toute ses lettres de noblesse à ce récit encore une fois bien trop court et frustrant et appelant de nouveau une suite avec de nouvelles particularités éditoriales et artistiques ? Avec Lehman tout est perdu et ne boudons pas le plaisir rencontré encore cette fois pour peu d'avoir accroché avec l'histoire initiale bien évidemment.
Impossible de passer à côté de ce bouquin.
Déjà c'est un bel objet qui attire l'oeil avec son effet eighties ringard métallique et ses couleurs criardes. Et puis c'est scénarisé par Serge Lehman qui n'a pas son pareil pour créer de nouveaux mondes et surtout des sensations différentes des titres sciencefictionnesques du catalogue Soleil ^^
Le style de Yann Legendre va avoir un effet repoussoir sur l'ensemble des lecteurs mais il est bien plus subtil que celà en créant des ambiances tour à tour anxiogènes, agressives mais également poétiques et apaisées. Quelques pleines pages valent largement le détour dans une ambiance purement psychédélique qui ne parlera qu'aux vieilles générations. Contre toute attente, cette histoire de complot futuriste pose pas mal de questions sur le deuil et la recherche d'une sérénité perdue dans un monde condamné par avance aussi bien par ses technologies toxiques que l'insécurité et l'instabilité politique.
Je rejoins l'avis précèdent sur le fait que l'auteur ne semble cette fois qu'effleurer son sujet. C'est effectivement bien le cas mais il le fait avec talent et l'envie d'en savoir davantage. La lecture se fait aisément et une fois l'oeil acclimaté au style graphique particulier, c'est une chouette histoire même si trop brève. Mais mon petit doigt me laisse supposer que Vega ne doit pas se lire comme un One Shot... ;)
J'aime bien les œuvres de fiction qui reprennent des éléments de la mythologie grecque et celle-ci reprend deux mythes de manière originale.
J'ai bien aimé comment les autrices ont réussi à parler de certains de nos problèmes contemporains dans un univers qui semble se passer très loin dans le passé. Cette relecture du mythe d'Orphée mélangé avec celui de Pygmalion est faite de manière intelligente et il y a de bonnes idées. Le dessin est très beau, il y a de belles planches.
Le seul problème est que je trouve que ça se lit trop vite et qu'au final le scénario semble léger malgré le fait que le récit contient plusieurs thèmes. En fait, en dehors d'une scène dans les dernières pages il y a pas grand chose qui m'a marqué. C'est une lecture agréable et les autrices ont du talent, mais je ne mettrais pas ce one-shot dans mes indispensables.
Le long résumé, que je n'avais pas lu avant ma lecture, en dit beaucoup de l'histoire. Ce n'est donc pas une thématique animalière mais autour de relations adolescentes. Un trio uni depuis l'enfance d'une part avec 2 garçons et une fille, et d'autre part un 4ème larron nouvel arrivant qui vient semer le trouble dans l'esprit du protagoniste. Cela tourne rapidement sur le sujet de l'homosexualité. Une lecture agréable et fluide, les dialogues sont biens et le dessin aussi. Bref Ewen Blain (un breton ? en fait il serait natif d'Orléans) que je ne connaissais pas a une belle faculté de raconteur même si je ne suis pas spécialement le public cible du sujet.
Je ne savais pas trop quoi attendre de cet album. Je craignais à vrai dire d’y trouver une vision moralisatrice et réac de la sexualité – ou un énième illustré médical rébarbatif. Mais bon, piqué par la curiosité, et pour faire entrer la série dans la base du site, je me suis plongé dans ce documentaire.
Sur plusieurs sujets il fait bien son âge (la publication date de 1988) – le Sida était encore une MST comme une autre, nouvelle –, et un certain nombre de formules péremptoires manquent singulièrement de nuance (« les femmes nécessairement plus excitées par la musique que les hommes » ?).
Autre écueil, une narration assez lourde, avec un texte très abondant : l’album se veut exhaustif sur l’amour et la sexualité, cela se sent dans les textes explicatifs, scientifiques ou sociologiques, mais aussi parfois dans les textes dans les phylactères.
Au fil des pages, quasiment tous les thèmes liés au sujet sont abordés : les organes sexuels, la puberté, la sexualité du troisième âge, les premiers ébats, les positions sexuelles, les pratiques habituelles ou « exotiques », les divers rapports au sexe, etc.
Pour accompagner les connaissances scientifiques, les auteurs ont choisi la bande dessinée comme vecteur, avec un dessin au trait semi-caricatural, qui passe globalement bien (du franco-belge classique, même si pas trop fouillé et inégal), mais la colorisation est parfois datée et criarde. Dessin et saynètes jouent la carte de l’humour, pour compenser le « sérieux » de certains textes. Le mélange passe plutôt bien, même si c’est parfois artificiel.
Pour revenir sur mes appréhensions initiales, je dois reconnaitre que c’est mieux que ce que je craignais, même si la lecture est parfois un chouia « lourde ». Un album peu connu, daté, qui joue sur un registre différent du « Zizi sexuel » de Zep.
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U-Boot
Je vais rester sur trois étoiles, une note reflétant mon sentiment mitigé, alors que qualités et défauts s’équilibrent à peu près. Disons que j’en suis sorti un peu déçu. Pas forcément intrinsèquement, mais plutôt parce que je pense que Delitte aurait pu mieux exploiter le potentiel de sa série. Connaissant plutôt bien la bibliographie de cet auteur, et au vu des couvertures, je m’attendais à une série purement historique, ayant pour cadre la guerre sous-marine en fin de second conflit mondial. En fait il n’en est rien, même si une partie du récit s’insère dans cette trame. La seule chose qui ne m’ait pas surpris, c’est la qualité du dessin de Delitte. Bien sûr il est excellent pour tout ce qui est navire ou engin (même s’il n’a évidemment pas pu placer de vieux gréements !). Il l’est aussi pour les décors – y compris pour des choses éloignées de ses séries habituelles, comme ici les déserts des États-Unis. Les personnages sont aussi intéressants, même si, comme toujours chez lui, les personnages sont un peu raides, les visages un peu « carrés », quasi tous sur le même moule pour les hommes (quasiment pas de personnages féminins – un seul en fait -, ce qu’il peine à réussir, deux points communs qu’il partage avec Hermann…). Visuellement plutôt agréable donc. Quant à l’intrigue, elle s’étale sur un peu plus d’un siècle, de la fin de la Seconde guerre mondiale aux années 2050. Commençant comme un récit historique classique, elle bascule ensuite vers quelque chose de différent, mêlant uchronie et Science-Fiction, en multipliant les lieux où se déroulent les événements : Atlantique ; Amazonie ; déserts nord-américains ; Tchernobyl ; Peenemünde dans le Nord de l’Allemagne ; une Venise futuriste, Argentine, etc.). Pour dynamiser son récit, Delitte multiplie les allers-retours à la fois temporels et géographiques entre ces lieux et ces périodes. Si l’ensemble se laisse lire, et si on ne s’ennuie jamais, plusieurs choses m’ont quand même plus ou moins gêné. D’abord quelques facilités. Par exemple Himmel dirigeant quelques temps tout seul (alors qu’il n’a évidemment aucune notion technique pour le faire) le sous-marin jusqu’à son échouage en Amazonie – mais aussi sa « survie », ainsi que les caisses et documents qui l’accompagnaient durant 6 ans en pleine jungle au milieu de l’humidité… A l’autre bout de l’histoire, j’ai trouvé que la Venise de 2059 était en partie improbable au niveau de certaines nouveauté technologique… Mais ce sont surtout les nombreux flashbacks et allers-retours qui m’ont gêné. Ça hache parfois trop le récit, ça manque de fluidité. Surtout qu’à certains moments c’est très saccadé, et que ça ne se justifie pas toujours (certains passages à Peenemünde n’apportent pas grand-chose). J’aurais préféré voir mieux développé la situation en 2059 (et élagués certains passages ou flashbacks antérieurs). C’est un peu artificiel et parfois pénible. Enfin, le titre de la série et les couvertures ne sont pas vraiment bien choisie, tant elles n’ont qu’un rapport ténu avec le cœur – et même la quasi-totalité – de l’intrigue. Une série qui surprend dans l’œuvre de Delitte, qui a du potentiel, mais qui se perd dans une mise en scène trop « alambiquée », alors qu’un récit plus « linéaire » (sans l’être totalement bien sûr) et jouant plus sur la partie futuriste aurait gagné en richesse et intérêt. Ça se laisse lire plutôt agréablement toutefois.
Une collision accidentelle sur le chemin de l'école peut-elle donner lieu à un baiser ?
Je pourrais recopier mon avis sur Villes et infrastructure. Ce manga de Kago au titre interminable se situe dans la même lignée avec de courtes histoires mêlant le gore et l'érotisme. A réserver bien sûr à un public adulte et averti, qui ne serait pas rebuté par différentes tortures physiques, découpage d'orteils, ou autres parties du corps, démembrements etc. Contrairement à beaucoup de mangas, Kago représente aussi des sexes et des poils sans censure. Une minorité d'histoires est tellement absurde que je n'ai pas tout compris, je pense à celle sur des combattants surmontés d'hommes nus. Je mets "pas mal" car aucune histoire n'est particulièrement mémorable, même si l'auteur a une imagination débordante. L'histoire qui donne son titre au recueil est autour d'une expérience d'un savant tordu qui vise à télescoper un garçon et une fille au coin d'une rue pour voir si une bonne synchronisation peut conduire au bisou, en vérité plutôt à un crash test sanglant...
Pour une nuit - Fantasmes au féminin
Rien d’extraordinaire, mais un album qui plaira aux amateurs ne recherchant pas forcément la surprise. Ici, après un avant-propos rappelant les principaux fantasmes féminins selon des sondages (si en plus c’est une lecture sociologique !), nous entrons de plain-pied dans une histoire qui va en illustrer un certain nombre. Une jeune femme rencontre un jeune homme dans le train qui les ramène à Paris, il la drague, elle minaude et résiste, puis le rejoint dans sa suite d’hôtel. La suite est une nuit d’orgie durant laquelle elle va assouvir ses fantasmes – et ceux de l’homme, jusqu’à une chute un chouia surprenante. Une fois le scénario mis en place, les scènes de sexe s’enchainent – souvent émoustillantes il faut dire – sans que l’intrigue ait une réelle importance. Le dessin est bon, précis, agréable pour les scènes de cul (je regrette juste des visages un petit peu trop « manga », et une colorisation informatique qui n’est pas mon truc). Note réelle 2,5/5.
Blacksad Stories
On ne présente plus Blacksad, une série qui a su s’imposer, dès son 1er tome, dans le paysage de tous amateurs du 9eme art. C’est très naturellement (et sans but mercantile nn nn ;) qu’un dérivé de l’univers voit le jour. Blacksad Stories (si j’ai bien tout compris) s’attachera à un personnage secondaire le temps d’un album. Weekly, notre journaliste fouineur et malodorant, ouvre logiquement le bal. J’avoue que j’ai gentiment snobé l’album à sa sortie mais j’étais tout content de le trouver déjà dans les rayons d’une de mes médiathèques. Si j’ai bien aimé ma lecture, je serai plus avare que Ro dans ma note. L’album est pro mais il m’a manqué un truc pour arriver à la hauteur de son aîné. En fait mes attentes se sont inversés en cours de lecture. Alors que je m’attendais à être déçu par la partie graphique, je l’ai finalement trouvée très réussie, on atteint pas les sommets du travail de Guardino mais ça reste du superbe boulot. La narration, couleurs et un trait plus cartoon assurent la comparaison. Autre registre mais en tout cas, j’ai plutôt été agréablement surpris sur ce point. Malheureusement ça n’a pas été le même cas pour le scénario, je ne saurai trop dire où ça pêche vraiment, les ingrédients sont là mais l’alchimie m’est apparue bien neutre. Si j’ai aimé l’origine story de notre héros (un peu téléphoné quand même), j’ai été moins convaincu par le côté polar, enquête, coupable, motivation … un rien classique et sans réel suspense à mes yeux. Rien de honteux, je reste bien curieux de suivre un autre récit dans l’univers. Même dessinateur ? Quel personnage ? Mais je me contenterai personnellement d’un emprunt.
Mesdames
On a là un recueil d’histoires courtes inégales. Mais globalement la lecture est agréable, le plus souvent le sourire aux lèvres. Sourdrille se met en scène, avec une bonne dose d’autodérision, dans un rôle de loser assez pathétique. Un dragueur, parfois obsédé, qui se prend quelques beaux râteaux ! Même si on sent rapidement qu’il ne va pas conclure, ou que la vie va lui réserver de sales surprises (même ses potes se foutent de lui lors de son enterrement !), la chute est souvent amusante. Régulièrement reviennent des histoires durant lesquelles, suite à l’ingurgitation de nourriture malsaine, Sourdrille fait de sales rêves : on part ici vers quelque chose d’un peu plus loufoque et absurde. Une lecture sympathique.
Dewi et ses soeurs
Qui aurait pu prédire que la suite de Vega des mêmes auteurs se serait présentée toujours chez le même éditeur mais sous un nom, un format et même une colorisation différente puisqu'à contrario du premier tome entièrement en couleurs, celui-ci est entièrement en noir et blanc. On reprend presque le récit là où on pouvait rester sur sa faim à la conclusion assez ouverte de Vega et pour cause puisque les auteurs n'en avaient pas encore fini avec leur jouet nébuleux. Difficile de raconter l'histoire sans spoiler celle d'origine mais les protagonistes sont différents même si on recroise quelques têtes secondaires de Vega. Il est toujours question d'un monde futuriste assez complexe où transhumance et frontières géographiques sont rebattues sous de nouvelles cartes. Dewi est une jeune fille aux origines particulières et qui est simplement en quête de son passé quitte à braver une nourrice robotique fort agressive et proche d'un Terminator à la sauce féminine. Si les dessins de Legendre ont perdu leurs couleurs, ils conservent leur efficacité pour peu qu'on accroche à ce style si particulier mais qui donne toute ses lettres de noblesse à ce récit encore une fois bien trop court et frustrant et appelant de nouveau une suite avec de nouvelles particularités éditoriales et artistiques ? Avec Lehman tout est perdu et ne boudons pas le plaisir rencontré encore cette fois pour peu d'avoir accroché avec l'histoire initiale bien évidemment.
Vega
Impossible de passer à côté de ce bouquin. Déjà c'est un bel objet qui attire l'oeil avec son effet eighties ringard métallique et ses couleurs criardes. Et puis c'est scénarisé par Serge Lehman qui n'a pas son pareil pour créer de nouveaux mondes et surtout des sensations différentes des titres sciencefictionnesques du catalogue Soleil ^^ Le style de Yann Legendre va avoir un effet repoussoir sur l'ensemble des lecteurs mais il est bien plus subtil que celà en créant des ambiances tour à tour anxiogènes, agressives mais également poétiques et apaisées. Quelques pleines pages valent largement le détour dans une ambiance purement psychédélique qui ne parlera qu'aux vieilles générations. Contre toute attente, cette histoire de complot futuriste pose pas mal de questions sur le deuil et la recherche d'une sérénité perdue dans un monde condamné par avance aussi bien par ses technologies toxiques que l'insécurité et l'instabilité politique. Je rejoins l'avis précèdent sur le fait que l'auteur ne semble cette fois qu'effleurer son sujet. C'est effectivement bien le cas mais il le fait avec talent et l'envie d'en savoir davantage. La lecture se fait aisément et une fois l'oeil acclimaté au style graphique particulier, c'est une chouette histoire même si trop brève. Mais mon petit doigt me laisse supposer que Vega ne doit pas se lire comme un One Shot... ;)
Eurydice
J'aime bien les œuvres de fiction qui reprennent des éléments de la mythologie grecque et celle-ci reprend deux mythes de manière originale. J'ai bien aimé comment les autrices ont réussi à parler de certains de nos problèmes contemporains dans un univers qui semble se passer très loin dans le passé. Cette relecture du mythe d'Orphée mélangé avec celui de Pygmalion est faite de manière intelligente et il y a de bonnes idées. Le dessin est très beau, il y a de belles planches. Le seul problème est que je trouve que ça se lit trop vite et qu'au final le scénario semble léger malgré le fait que le récit contient plusieurs thèmes. En fait, en dehors d'une scène dans les dernières pages il y a pas grand chose qui m'a marqué. C'est une lecture agréable et les autrices ont du talent, mais je ne mettrais pas ce one-shot dans mes indispensables.
Le Masque du renard
Le long résumé, que je n'avais pas lu avant ma lecture, en dit beaucoup de l'histoire. Ce n'est donc pas une thématique animalière mais autour de relations adolescentes. Un trio uni depuis l'enfance d'une part avec 2 garçons et une fille, et d'autre part un 4ème larron nouvel arrivant qui vient semer le trouble dans l'esprit du protagoniste. Cela tourne rapidement sur le sujet de l'homosexualité. Une lecture agréable et fluide, les dialogues sont biens et le dessin aussi. Bref Ewen Blain (un breton ? en fait il serait natif d'Orléans) que je ne connaissais pas a une belle faculté de raconteur même si je ne suis pas spécialement le public cible du sujet.
Le Savoir-Aimer - La Sexualité en bande dessinée
Je ne savais pas trop quoi attendre de cet album. Je craignais à vrai dire d’y trouver une vision moralisatrice et réac de la sexualité – ou un énième illustré médical rébarbatif. Mais bon, piqué par la curiosité, et pour faire entrer la série dans la base du site, je me suis plongé dans ce documentaire. Sur plusieurs sujets il fait bien son âge (la publication date de 1988) – le Sida était encore une MST comme une autre, nouvelle –, et un certain nombre de formules péremptoires manquent singulièrement de nuance (« les femmes nécessairement plus excitées par la musique que les hommes » ?). Autre écueil, une narration assez lourde, avec un texte très abondant : l’album se veut exhaustif sur l’amour et la sexualité, cela se sent dans les textes explicatifs, scientifiques ou sociologiques, mais aussi parfois dans les textes dans les phylactères. Au fil des pages, quasiment tous les thèmes liés au sujet sont abordés : les organes sexuels, la puberté, la sexualité du troisième âge, les premiers ébats, les positions sexuelles, les pratiques habituelles ou « exotiques », les divers rapports au sexe, etc. Pour accompagner les connaissances scientifiques, les auteurs ont choisi la bande dessinée comme vecteur, avec un dessin au trait semi-caricatural, qui passe globalement bien (du franco-belge classique, même si pas trop fouillé et inégal), mais la colorisation est parfois datée et criarde. Dessin et saynètes jouent la carte de l’humour, pour compenser le « sérieux » de certains textes. Le mélange passe plutôt bien, même si c’est parfois artificiel. Pour revenir sur mes appréhensions initiales, je dois reconnaitre que c’est mieux que ce que je craignais, même si la lecture est parfois un chouia « lourde ». Un album peu connu, daté, qui joue sur un registre différent du « Zizi sexuel » de Zep. Note réelle 2,5/5.