Les derniers avis (49042 avis)

Par Spooky
Note: 3/5
Couverture de la série Les Aventures de François Ruffin, député-reporter
Les Aventures de François Ruffin, député-reporter

Nous sommes à un an de l'élection présidentielle. A l'heure où les candidat(e)s présomptifs/ves sont nombreux/ses, certains essaient de se démarquer, de sortir du lot. Sans clamer que je sois particulièrement fan du personnage, force est de constater que François Ruffin, député écologiste de la Somme, essaie de se démarquer. Journaliste et documentariste de formation, il s'est engagé depuis une dizaine d'années en politique, et est député de la Somme depuis 2017. Ce mandat lui permet de se mêler à la population locale, lors d'évènements divers, de manifestations ou encore d'immersions avec des travailleurs et des travailleuses de la première ligne, salué(e)s durant la crise Covid, mais jamais rétribué(e)s de manière substantielle. On a donc une suite d'instantanés, certains uniques, d'autres découpés en plusieurs segments, qui montrent son écoute, son talent pour le dialogue et l'esprit de synthèse qui lui permet d'être pertinent et percutant dans ses interventions et ses analyses. Des anecdotes racontées par Ruffin lui-même, et transformées en segments narratifs par le talentueux et chevronné Laurent Galandon. Des anecdotes, des témoignages parfois poignants, tous intéressants. Ruffin s'y montre donc attentif, offensif, mais jamais injurieux ou agressif comme il peut l'être dans d'autres circonstances. C'est donc un peu policé, une bonne chose, mais Ruffin y est aussi, par moments, un peu pédant, ce qui est dommage. Le travail graphique des onze dessinatrices et dessinateurs qui ont accepté de le suivre dans l'aventure est vraiment bon, quoique très diversifié (on a Pendanx et Jul, par exemple...). Ils ont fait du bon boulot sur des formats courts, voire très courts. Ces témoignages sont donc intéressants pour comprendre ce qu'est "La France d'en bas".

07/05/2026 (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Gaslight Stray Dog Detectives
Gaslight Stray Dog Detectives

Ah, une nouvelle variation sur Sherlock Holmes ! Certes, on a déjà eu Les Quatre de Baker Street sur ce même sujet des gamins des rues de Londres, qui servent parfois d'informateurs, voire de limiers, au célèbre détective, mais cette série est un peu différente. Sur ce premier tome Louis est seul, ou plutôt se retrouve seul suite au meurtre de son amie et protectrice, et il entretient un rapport complexe d'admiration et de rancune envers celui qui vient d'arriver à Baker Street et le prend sous son aile. Holmes y est arrogant, violent, dédaigneux, mais sait reconnaître la graine de détective dans ce gamin tout crasseux. Le scénariste est allé fouiner dans les recoins des œuvres de Sir Arthur Conan Doyle pour y trouver des références, parfois très ténues, à des affaires déjà résolues par Holmes. Il s'en inspire donc, comme de nombreux suiveurs et adeptes, pour proposer des histoires originales. Et ma foi, c'est assez plaisant, avec ces personnages au caractère bien trempé (on y croise également un jeune Lestrade, mais pas encore d'autres personnages iconiques de la saga littéraire d'origine), et ces affaires surprenantes. Et ce premier tome s'achève sur la rencontre avec un autre drôle de personnage... Graphiquement Matsubara propose une version plutôt intéressante de la Londres victorienne, et des personnages bien tenus visuellement, mis en scène de façon très dynamique. C'est une relecture modenre et intéressante.

07/05/2026 (modifier)
Par Vaudou
Note: 3/5
Couverture de la série Le Rêve du requin
Le Rêve du requin

Les aventures de (Gérard ?) Lambert en Afrique... C'est une bande pour initié, il n'est pas facile de rentrer dans l'œuvre de Matthias Schultheiss. Le récit alterne entre polar, fantastique et chronique sociale hyper réaliste. Les protagonistes sont tous des marginaux avec une âme souvent laide. Sauf Lambert, antihéros de cette histoire qui est une sorte de dieu maudit de la destruction. Côté dessin, le trait est viscéral et tourmenté. Il empreinte beaucoup à la peinture de Egon Schiele, avec une approche très psychologique, où la maigreur des corps et les postures contorsionnées servent à exprimer l'angoisse. Mais Schulteiss est aussi capable d'utiliser le décor de la mer pour créer une atmosphère onirique à la manière d'un William Turner, en noyant les formes dans une sorte de brouillard tempétueux. Ma note est sévère car je suis resté un peu étranger à l'univers qui était proposé. Mais force est de constater l'excellent niveau général de cette bande.

07/05/2026 (modifier)
Couverture de la série La Guerre invisible
La Guerre invisible

C’est la dernière série conçue par Frank Giroud, qui a scénarisé le premier album, et a sans doute aussi laissé un synopsis suffisamment complet pour que la suite se passe de façon fluide. C’est Laurent Galandon qui s’y est collé. Ce triptyque se laisse lire assez agréablement. C’est un récit d’aventure où les diverses officines d’espionnages (CIA, KGB, Mossad) joue un rôle essentiel, avec un personnage (ancien ingénieur nazi ayant travaillé sur les V2) est la cible de tous – pour des raisons diverses. On voyage aussi pas mal. Si le premier album se déroule en Égypte peu après la seconde guerre mondiale, le suivant se passe en URSS et surtout aux États-Unis, tandis que le dernier se passe essentiellement en Argentine (ces deux derniers albums jouant pas mal sur des flash-backs pour aider à comprendre l’implication des divers services secrets). Le scénario utilise bien le contexte (retombées de la Seconde guerre mondiale, lutte entre URSS et USA durant la guerre froide pour mettre au point un programme de missiles, combats d’Israël pour arrêter et juger d’anciens dignitaires nazis), et cet arrière-plan densifie l’intrigue, par ailleurs assez dynamique. Les personnages sont plutôt bien campés, et globalement crédibles.

06/05/2026 (modifier)
Par Miguelof
Note: 3/5
Couverture de la série Korak, le fils de Tarzan
Korak, le fils de Tarzan

C´'était le commencement d'une longue et belle amitié entre les textes de E. R. Burroughs el les dessins de R. Manning. Nous pourrions nous interroger sur l'intérêt et la nécessité d'un héros si similaire et qui parfois se confond avec son père. Au fil des histoires, nous comprenons le sens de ce personnage, la relation avec ses parents et bien plus encore. Sa croissance et son autonomie, ses propres aventures font partie de l'univers de Burroughs et les dessins de Manning se sont améliorés aussi avec le temps. En plus de ces histoires, il y a toute une saga : la recherche de Korak pour sa bien-aimée Meriem. Mais ce sont d'autres histoires... avec des dessins de F. Thorne, M. Anderson et autres artistes Certaines ont été publiées en France, dans la revue Tarzan Géant, vendue dans les kiosques aux années soixante dix.

06/05/2026 (modifier)
Couverture de la série Nautilus
Nautilus

Si le titre et les premières pages font évidemment penser à Verne, c’est aussi et avant tout à Kipling que cette série fait référence, avec ces aventures asiatiques, loin des océans en tout cas dans le premier album. Némo fait son apparition en fin de premier album, et le Nautilus devient central par la suite. Un Némo surprenant, chantre de la nation indienne, luttant contre la colonisation, totalement nihiliste et cherchant à déclencher un conflit entre grandes puissances pour assouvir ses envies de solder les comptes. Finalement, après avoir lu les trois tomes, c’est le premier qui m’a le plus intéressé. Les autres restent dans la veine d’aventure/espionnage, mais c’est moins crédible, cela joue sur trop de facilités (déjà tout ce qui tourne autour de l’attentat et de la recherche des preuves dans un paquebot coulé en plein port de Bombay force trop notre tolérance au possible), et dans le troisième tome il y a bien trop de retournements de situation, de situations improbables – le Nautilus semble-t-il dans la Seine ? Les bisbilles entre Kimball et Jaya sont aussi un peu lassantes, et la fin de Némo est elle aussi improbable… Ça se laisse lire, c’est rythmé, et le dessin est plutôt bon, ce qui me fait arrondir aux trois étoiles, mais je n’y ai pas retrouvé le charme de Verne. Note réelle 2,5/5.

06/05/2026 (modifier)
Par Miguelof
Note: 3/5
Couverture de la série Buz Sawyer
Buz Sawyer

Buz Sawier est une série typique de la production américaine pendant la Seconde Guerre mondiale, exaltant les exploits de l'armée. Je préfère les histoires du personnage après son retour à la vie civile, en tant que détective. Les dessins sont de très bonne qualité, cependant Roy Crane se plaignait du travail et du temps qu'il passait à dessiner les avions avec tant de détails. Mais il a été invité à la Maison-Blanche pour ses réalisations dans les comics ! Les aventures du héros sont un bon divertissement et ont évolué en termes d'humour, ainsi que dans le rôle de plus en plus important de belles jeunes filles très bien dessinées.

06/05/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Dans l'ombre (Ito)
Dans l'ombre (Ito)

Un autre recueil d'histoires d'horreur par Junji Ito. J'en avais déjà lu une dans un autre recueil publié par le même éditeur et j'ai vu qu'une autre a servit de titre dans un des bouquins publiés par Tonkam il y a une quinzaine d'années (La Ville sans rue). Ça serait bien d'éviter les doublons. Les histoires de ce recueil ont été publiées dans la première moitié des années 90, lorsque l'auteur avait déjà quelques années de carrière professionnelle derrière lui. On retrouve son dessin si reconnaissable, mais il n'y a pas encore le style qui va avoir par la suite vers la fin des années 90-débuts années 00. La plupart des histoires ne sont pas trop mal. On retrouve quelques défauts récurrents de l'auteur comme des fins abruptes ou encore une histoire où le paranormal n'a pas d'explication alors que j'aime bien quand on m'explique la source du paranormal (un esprit vengeur, un monstre, etc) et je ne suis pas fan de 'il s'est passé un truc bizarre et puis s'est tout alors accepte-le'. Un bon point de cet album est qu'Ito ne tombe pas dans le grandguignolesque comme c'est trop souvent le cas avec lui et d'autres auteurs japonais spécialisés dans l'horreur. Les émotions des personnages sont mesurés et l'histoire qui me semblait décousu fini par être plus cohérent lorsqu'on lit les dernières pages. Certaines histoires sont plus psychologique et c'est le type d'horreur que j'apprécie le plus.

06/05/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série La Chambre de verre
La Chambre de verre

C'est le deuxième album d'Axel que je lis, et ce que j'apprécie vraiment dans son travail, c'est sa manière de mettre en scène des personnages qui paraissent authentiques. Ni idéalisés, ni caricaturaux, ni trop jeunes ni trop beaux, ils donnent une impression de réalisme assez rare dans ce registre, et ça rend les situations plus crédibles et plus émoustillantes. Ici encore, on retrouve cette approche, avec une héroïne qui sort des standards habituels et un traitement assez naturaliste du corps et de la relation. Le dessin, réaliste et sensuel, fonctionne très bien, avec des scènes érotiques réussies sans tomber dans une surenchère artificielle. En revanche, j'ai été moins embarqué que dans La Tentation, l'autre album de l'auteur que j'ai lu. L'histoire est ici plus simple, plus rapide, presque un peu plate, et se résume vite. Elle aborde l'exhibitionnisme et ses implications dans une relation amoureuse, mais comme je ne suis pas particulièrement sensible à ce fantasme, la petite réflexion proposée autour du sujet ne m'a pas vraiment parlé. Ça reste une lecture agréable, portée par le dessin et par ce réalisme qui accentue l'érotisme, mais elle m'a laissé un peu à distance..

05/05/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Les Mémoires de la Shoah
Les Mémoires de la Shoah

Et ben maintenant on adapte des reportages qui sont parus il y a des décennies ! Le thème de la shoah n'est pas nouveau dans le monde de la bande dessinée et je me demandais si cet album allait apporter quelques choses de neuf. Et ben on a un peu ça dans la seconde partie. Si j'ai déjà lu des témoignages de survivants de la shoah et comment ce génocide a influencé leurs enfants qui sont nés après le conflit, je n'avais jamais lu de témoignages d'enfants de nazis. C'est très intéressant et on voit une variétée de témoignages, entre ceux qui renient leurs parents et d'autres qui les défendent et vont jusqu'à nier la réalité en tombant dans le négationnisme. Il y a des passages vraiment intéressants, notamment ceux portant sur les rencontres entre les enfants de survivants de l'holocauste et d'enfants de nazis. Cela dit, même si le propos est passionnant, ce n'est pas raconté de manière passionnante. La faute au dessin réaliste que j'ai trouvé franchement laid. La mise en scène est plate, même lorsque la dessinatrice essai des truc dynamiques. Dommage cela fait baisser la qualité de l'album.

05/05/2026 (modifier)