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Les dernier avis (38174 avis)

Par Nabul
Note: 3/5
Couverture de la série Asgard
Asgard

J'ai pris ce diptyque vraiment par hasard, sans vraiment savoir ce que j'allais y trouver (à part des dessins à mon goûts). Aussi n'ai-je pas été déçu, mais pas non plus extrêmement surpris et ébahi. L'histoire prend place dans l'univers froid et dur des vikings, une culture que je ne connais pas vraiment, mais à l'esthétique que j'ai toujours trouvé très attirante et marquée. Asgard pied de fer est un homme qui n'aurait jamais dû atteindre l'âge adulte, car son statut d'estropié dès la naissance l'a condamné normalement a finir sacrifié pour les dieux (une coutume "discutable" si l'on veut!), mais son père l'a épargné, persuadé que son fils pourrait un jour défier ces même dieux pour qui l'on condamne les enfants pour une simple malformation. Quelques cases seulement suffisent à montrer cela, avant que l'on rentre dans le vif du sujet. Des pêcheurs reviennent de leur expédition dans leur village, après avoir été attaqué une énième fois par la créature qui les persécute depuis trop longtemps. Asgard, contre une bourse bien remplie, propose d'aller éliminer le monstre, et les deux albums nous content le voyage d'Asgard et sa troupe (très vite réduite par le monstre) partis à la chasse à l'anguille géante. Et cette aventure est bien le seul véritable intérêt de ces deux albums, car les personnages, clichés au possible, entretiennent des relations bien superficielles qui ne parviennent pas à rendre le récit passionnant... (Le vieux vétéran sévère au regard dur mais au coeur fondant et la jeune intrépide qui se rend attachante auprès de lui, on repassera pour l'originalité). Mais cela dit, ça se laisse bien lire, l'action est très lisible, bien découpée, et on a droit à de beaux décors. J'aime beaucoup le design du monstre, qui se révèle être au coeur de la quête d'accomplissement d'Asgard, on comprend qu'il tient enfin son défi face aux dieux, ce qui est un élément de l'histoire plutôt intéressant au milieu du reste. Les effets de gigantisme sont réussis et il y a une bonne tension au fil de la traque. Une BD sympathique, qui se lit vite et bien, mais que je conseillerais en emprunt, car elle n'a pas grand chose de plus qu'un bon petit moment de lecture à offrir.

26/01/2021 (modifier)
Par Alix
Note: 3/5
Couverture de la série Fable Toscane et autres récits
Fable Toscane et autres récits

Mosquito continue de publier des recueils des histoires courtes de Toppi. Ce volume se détache un peu du lot par sa thématique, à savoir l’Italie natale de l’auteur, et l’amour qu’il porte à son pays, sa culture et ses légendes. Les histoires sont dans la lignée des autres fables de cet auteur, et ne sont pas spécialement marquantes. « Fable Toscane », qui donne son nom au recueil, est sans doute la plus intéressante, alors que d’autres sont vraiment anecdotiques (je pense notamment à « Quoi de plus banal qu'un incendie », la plus faible du lot selon moi). Le dessin est bien entendu superbe… bref, un recueil que je conseille surtout aux complétistes de cet auteur… Si vous désirez vous initier au superbe travail de Toppi, tournez-vous plutôt vers Sharaz-De, Le Collectionneur, Tanka ou encore Blues.

26/01/2021 (modifier)
Par Nabul
Note: 3/5
Couverture de la série La Différence invisible
La Différence invisible

Je savais, en prenant cette BD, de quel sujet elle traite. Et je pense que j'aurais préféré en faire la découverte pendant ma lecture, en même temps que le personnage de Marguerite. Car les autrices ont fait le choix très judicieux, je trouve, de ne pas avertir le lecteur qu'il est sur le point de lire une histoire pour présenter le syndrome d'asperger, forme particulière d'autisme. J'aime beaucoup le fait qu'on nous présente simplement un personnage, avec son mode de vie propre, réglé comme une horloge, sans imprévu, avec un contrôle maximal (autant qu'elle le peut) sur tout ce qui l'entoure. Tout bavardage, bruit de fond, ou autre représente un agacement, et chaque bruit est représenté dans les cases par des mots : "bavardage" écrit en boucle par exemple, pour les bruits de conversation. Cet exemple est d'ailleurs intéressant car il montre la perception qu'a le personnage de ces sons, et l'on comprend très vite, avec tous ces éléments, que l'on a affaire à une personne un peu marginale, qui perçoit le monde très différemment des autres qui prennent bien des choses pour acquis, alors qu'elles ne le sont pas du tout pour Marguerite. À partir du moment où le diagnostic est révélé, tout fait tout de suite sens, mais a, finalement, moins de charme. Attention, le discours exprimé à travers cette BD est vraiment intéressant, et le côté pédagogique bien fondu dans le récit. L'histoire ne s'arrête pas, elle prend juste un tournant plus classique et l'on voit très clairement qu'on nous fait une démonstration de ce qu'est cette forme d'autisme et de comment l'appréhender. J'ai appris beaucoup de chose et j'ai trouvé Marguerite très attachante, et cela rend les injustice dont elle est victime d'autant plus marquante et, pour certaines, douloureuses. J'étais par exemple offusqué de voir la réaction de certains (beaucoup!) des personnages face à la nouvelle du diagnostic qui lui a été livré. Beaucoup de membres de son entourage prennent ça à la légère et font comme si elle exagérait, qu'elle parlait d'une maladie imaginaire et pouvait même rire de son annonce. Je me suis tout de suite dit qu'il était absurde voire impossible que l'on puisse réagir avec aussi peu de tact et d'incompréhension, mais la BD a une grosse part biographique et une grosse dose de vécu. Et en lisant le dossier très enrichissant de la fin de l'album, on comprend qu'il y a effectivement un vrai problème dans la compréhension de l'autisme chez nous, même aujourd'hui, et qu'il faut impérativement aider les gens à connaître l'autisme, pour permettre à ceux qui le portent en eux de mieux vivre. Une BD qui se lit bien donc, avec une bonne approche pédagogique. J'en recommande la lecture.

26/01/2021 (modifier)
Couverture de la série Nottingham
Nottingham

Deux scénaristes passionnés d’histoire qui s’associent pour revisiter la légende de Robin des Bois, voilà qui était de bonne augure pour nous éloigner de l’image d’Epinal que l’on a du personnage. Et le moins que l’on puisse dire est qu’ils y ont été fort ! Le shérif de Nottingham et Marianne voient ainsi leurs rôles chamboulés par rapport aux versions précédentes. Et ce n’est pas plus mal ! Par ailleurs, les deux scénaristes introduisent leur récit via un assez long préambule qui permet de resituer le contexte dans un cadre historique et politique tangible. Aventure et histoire sont ainsi intimement liés, la première pouvant s’appuyer sur les fondements de la deuxième. Ce premier tome est donc un tome introductif, parfois un peu long dans sa première partie, mais les partis-pris surprennent et donnent tout son intérêt à cette énième revisite. Par ailleurs, la seconde partie du récit cède plus d’espace à l’action et nous retrouvons ainsi un véritable récit d’aventure. Le dessin de Benoît Dellac est agréable à lire même si j’aurai préféré un peu plus de finesse sur les visages des personnages. Les décors sont, par contre, la plupart du temps excellents. Une grosse partie du récit se déroule dans la pénombre sans que ce dernier ne perde en lisibilité, preuve de la belle symbiose qui a associé le dessinateur et son coloriste. Dans l’ensemble ce premier tome est donc très prometteur. Je lirai la suite avec plaisir, en espérant que le caractère historique demeure une toile de fond sur laquelle l’aventure pourra s’exprimer en plein.

26/01/2021 (modifier)
Couverture de la série Misery loves comedy
Misery loves comedy

D’Ivan Brunetti, je connaissais déjà HO !, que j’avais plutôt apprécié, et qui me semble, à tous points de vue, d’un abord plus aisé pour qui ne connait pas cet auteur. Parce qu’autant le dire tout de suite, il est assez clivant, et ce recueil (qui regroupe les numéros de la revue qu’il publiait chez Fantagraphics et diverses choses publiées dans pas mal de revues) n’est pas destiné à plaire à l’amateur exclusif de Franco-Belge. Graphiquement, Brunetti use d’à peu près tous les styles, du réaliste (parfois), à divers styles plus ou moins caricaturaux, en allant vers des traits très simples parfois. Voilà pour les personnages, car les décors sont, eux, très souvent évacués. Surtout, c’est la volonté évidente de Brunetti de faire du « rentre-dedans » qui saute aux yeux. En effet, beaucoup de passages sont remplis de scato, de trash, d’une certaine provocation, qui de mon point de vue perd de sa force par sa trop grande accumulation. Il est donc évident que le lecteur doit lire par petits bouts cette somme, pour ne pas se lasser. On est parfois proche de ce que certains auteurs ont pu publier dans des collectifs comme Le Dernier Cri. D’autant plus que le texte est parfois très – trop – abondant (c’est le cas de la première histoire), et que la logorrhée verbale, assortie d’un dessin provocateur et souvent très petit (comme la police de caractère), n’aide pas à entrer dans l’univers de l’auteur. Il faut en tout mieux ne pas lire l’album d’un seul coup. Et je pense que ça a été mon erreur. Comme pour d’autres auteurs de l’undergroud américain (comme Joe Matt par exemple), une grande partie des histoires (courtes ou longues) sont autobiographiques, et, comme Matt, Brunetti joue là aussi sur une autoflagellation, n’épargnant pas plus son alter ego que le lecteur, ou toute valeur de la société américaine. Gros et long cri de haine, de dégoût, au milieu duquel le lecteur qui aura résisté au flot provocateur pourra trouver des clés de lecture d’une personnalité écorchée mais vive, qui ne semble pas aussi négative qu’elle cherche à nous le faire croire. Quelques petites pointes d’humour (noir évidemment) parsèment l’ensemble. A feuilleter avant d’acheter, voire d’emprunter, c’est assez spécial (commencez avec l’ouvrage cité en début d’avis pour faire connaissance avec cet auteur). Note réelle 2,5/5.

26/01/2021 (modifier)
Par cac
Note: 3/5
Couverture de la série Le Roi des bourdons
Le Roi des bourdons

Je me rappelais de l'ancienne édition avec des albums à la couverture rose pastel, à l'époque auto-édités. Malheureusement ils n'avaient jamais croisé ma route et j'ai donc profité de l'intégrale Glénat pour rattraper ça. Il semblerait que l'histoire ait été réécrite et redessinée pour cette intégrale. On a David de Thuin qui fait le roi des bourdons car le héros a bon cœur et sauvé un bourdon, cela m'a rappelé un autre super héros, celui de Nicolas de Crécy avec super monsieur fruit. Devant une apparente légèreté de façade, surtout si on se fie de prime abord à ces dessins qui peuvent aussi bien cibler un jeune public qu'un lectorat adulte, le ton est tout de même sérieux avec un contexte familial compliqué, notamment avec son frère qui vit chez lui et sa mère qui ne reconnait plus. De plus il y a certainement une part d'autofiction, le personnage principal étant un jeune auteur de bande dessinée qui cherche à percer, du moins à vivre de son art. Peut-on la ranger dans la catégorie humour. Oui, aussi bien que dans la catégorie roman graphique par les thèmes abordés. Cela se lit très bien, pas un chef d’œuvre non plus, j'ai déjà oublié comment ça se termine...

25/01/2021 (modifier)
Couverture de la série Le Roi des bourdons
Le Roi des bourdons

Le dessin animalier en ligne claire m’a directement fait penser à un mélange de Raymond Macherot et de Trondheim. C’est plutôt sympa à voir (même si un chat sans vibrisses, ça m’a longuement perturbé) mais à l’heure actuelle, voir une bande dessinée avec ce type de trait ne permet plus d’en deviner le ton. Ici, le ton est assez sérieux. Nous suivons le parcours d’un jeune auteur de bandes dessinées qui galère pour se faire une place alors que sa mère est hospitalisée pour dégénérescence sénile (je vous avais prévenu). L’humour n’est pourtant pas absent et on se retrouve avec un ton doux-amer. Par ailleurs, l’auteur allume bien le milieu de l’édition. A cet aspect ‘roman de vie’ s’ajoute une dimension plus fantaisiste, plus fantastique. En effet, le personnage principal va se retrouver doté de superpouvoirs pour… avoir sauvé un bourdon de la noyade. Il pourra ainsi concurrencer un autre superhéros veillant déjà sur la cité. Cet aspect fantastique trouve une explication logique à la fin du récit, qui se termine donc avec ce sentiment d’avoir lu non pas un récit fantastique mais une œuvre plus intimiste, qui parle du mal-être, de la maladie mentale mais aussi de la difficulté de sortir une œuvre personnelle dans le monde de la bande dessinée. Œuvre personnelle, cet album l’est assurément. L’approche du thème central est originale, le dessin animalier en ligne claire nous sort des stéréotypes du genre. Mais je ne suis quand même pas pleinement convaincu. Original, certes mais parfois un peu bancal dans sa construction et pas vraiment convainquant dans sa conclusion, il s’agit là pour moi d’un bon emprunt de bibliothèque mais ce n’est pas le genre d’album que je relirai régulièrement.

25/01/2021 (modifier)
Couverture de la série Le Département des théories fumeuses
Le Département des théories fumeuses

Tous les gags ne m’ont pas fait rire, loin de là, mais j’en ai tout de même suffisamment appréciés pour ne pas regretter mon achat. Tom Gauld développe un humour principalement basé sur l’opposition entre ses personnages inexpressifs et les situations absurdes dans lesquels il les place. D’autres gags déclinent des thématiques tout aussi absurdes comme des titres de livres ou des légendes de cartes de vœux destinés à des scientifiques. Le format à l’italienne est, je pense, le format le mieux adapté pour ce genre de concept de gags en une case ou, plus rarement, en strips de trois cases. La taille assez réduite du livre est elle aussi adéquate, le style graphique de Tom Gauld étant très épuré. J’avoue ne pas avoir compris certains gags mais j’en ai adoré d’autres. La plupart du temps, les plus convainquant étaient ceux mettant en scène des personnages humains. C’est en tous les cas, un livre d’humour à essayer. Je pense qu’un simple feuilletage vous permettra rapidement de voir si vous serez sensible à l’humour développé ou non.

25/01/2021 (modifier)
Par Titanick
Note: 3/5
Couverture de la série Nahomi
Nahomi

Une des premières séries de Crisse, avec une héroïne encore enfant dans un univers de fantasy japonisante très sympathique. Je ne suis en général pas grande fan des univers fantasy mais je trouve que celui-ci ressemble à la fois au pays imaginaire de la série Olivier Rameau et aux mondes de Bambi et autres Disney, surtout dans le premier tome. Nahomi est une petite princesse qui s'ennuie dans le palais royal. Elle dispose de noisettes magiques qui lui permettent d'atteindre des mondes oniriques : ce premier volume reste très frais et enfantin avec la découverte du royaume du débonnaire roi Panda où Nahomi vivra plusieurs petites histoires. Dans les deux autres volumes, l'histoire suit plus les codes habituels de la fantasy, il s'agit d'éviter une guerre en combattant et en menant une sorte de quête. On voit que peu à peu Crisse affirme son style avec ses guerrières peu vêtues. Mais dans cette série de jeunesse, elles ne sont pas encore ''trop'' tout et restent à peu près humaines. Le dessin de Crisse dans les décors et les personnages imaginaires est fouillé et coloré. Ce Japon médiéval est fantasmé mais magnifique. Une bien agréable petite série adaptée aux jeunes ados (et aux plus grands).

24/01/2021 (modifier)
Par Canarde
Note: 3/5
Couverture de la série Le Tailleur de pierre
Le Tailleur de pierre

Très bonne BD mais dans le genre glauque nordique... Faut aimer. Les polars n'ont pas pour vocation de respirer la joie de vivre, certes, mais les romans scandinaves donnent souvent naissance à une espèce de tristesse du quotidien, dans laquelle surgissent des personnages qui fermentent des déviances psychologiques de longue haleine qui finissent par aboutir au drame. Une atmosphère qui laisse un goût amer, avec le sentiment que rien de toute cette histoire n'aurait pu être évité. Pourtant ça commence en été 1923 sous le soleil d'une balade à vélo de deux élégantes jeunes filles, l'une est une fille à papa perverse dont on suit les aventures, de ci-de là, avec une sorte de détachement. Puis l'action se décale en 2003, une enquête débute par la découverte du corps sans vie de Sara, petite fille de la voisine de l'enquêteur. Le jeu consiste à raccorder les deux histoires, apparemment sans lien. Les romans de Läckberg mettent souvent en scène la vie privée des policiers en même temps que l'enquête, ce qui augmente l'impression de danger encouru. Les dessins sont expressifs et colorés, les visages marqués et justes, ils évoquent facilement la profondeur des sentiments. Le deuxième de couverture représente des feuilles mortes sur un fond sombre, et même ces simples feuilles semblent être brassées dans un vent de mélancolie. Les décors du passé sont variés et les seconds rôles bien campés. Pour la partie contemporaine, le décors s'efface : seuls les personnages sont précis, le reste est réduit à quelques surfaces colorées. Et c'est ce vide silencieux qui reste après la lecture....

24/01/2021 (modifier)