J’ai lu les deux premiers diptyques, « pour voir », mais je ne fais pas une priorité d’en emprunter d’autres.
C’est une série dans la moyenne du genre, relativement efficace et dynamique, donc les amateurs y trouveront leur compte. A condition de ne pas attendre trop d’originalité, et d’avaler les couleuvres et clichés habituels.
En effet, un jeune héros, beau gosse, infaillible, avec des femmes toutes plus bombasses les unes que les autres, on reste dans du déjà-vu.
La surprise vient du fait que notre héros, tueur implacable, travaille pour une officine directement liée au président. On doit donc accepter qu’un service de ce type zigouille à tour de bras politiciens, journaliste, témoins de hasard mais gênants, sans état d’âme. On doit aussi accepter que notre héros, Sisco, s’en sorte à chaque fois, contrôlant tout et tous. Scandales politiques à couvrir, fille cachée du président (là on surfe sur du connu), tout est prétexte à mettre Sisco en première ligne.
Beau gosse, au sex-appeal affirmé, super tireur, doué en close-combat, avec un passage à chaque aventure pour récupérer du matos dernier cri auprès d’un « Q » nonchalant, on a là une sorte de James Bond franchouillard.
C’est donc une lecture pop-corn, sans prétention. Dessin et colorisation sont aussi dynamiques, très lisibles, et passe-partout. Une série commerciale calibrée pour les amateurs de polar/thriller de cette collection du Lombard.
L'auteur déroule son expérience personnelle et un solide travail documentaire sur l'histoire, les enjeux politiques, économiques et culturels de la contraception masculine, en se focalisant finalement plus particulièrement sur la remontée testiculaire à l'aide de slips ou d'anneaux contraceptifs.
Sur le fond, c'est instructif et plutôt bien fait. J'ai appris des choses, notamment sur les pistes laissées de côté, les recherches abandonnées, et les alternatives existantes. Le livre a le mérite de rappeler que la charge contraceptive repose massivement sur les femmes et qu'il n'y a aucune raison que cela soit immuable. L'humour et l'autodérision de l'auteur rendent la lecture agréable, même si le propos reste très didactique.
Cela dit, je suis aussi bien content de ne plus être concerné par cette question (simple affaire d'âge dans mon couple), et surtout que ma femme ait, en son temps, décidé d'elle-même de la solution du stérilet. Honnêtement, je suis heureux de ne pas avoir eu à en passer par cette fameuse solution des slips contraceptifs, aussi convaincu que soit l'auteur, et je croise les doigts pour que des pistes d'avenir puissent remédier à ce sujet, comme le RISUG ou l'immunocontraception évoqués en fin d'ouvrage.
Sur la forme, la BD fonctionne (dessin efficace, ton accessible, humour présent), mais je la trouve peut-être un peu trop bavarde. Le côté pédagogique et militant est assumé, et cela peut donner l'impression d'un documentaire engagé plus que d'un véritable récit. Dans ce cas précis, je ne suis pas certain que la forme ou la narration suffisent à convaincre quelqu'un qui ne serait pas déjà favorable au sujet, et qui pourrait y voir un plaidoyer un peu insistant, voire pénible pour sa propre vie.
Reste que l'album a le mérite d'ouvrir le débat et de se montrer clair et didactique sur les solutions possibles. Mais vivement que des solutions simples, fiables et peu contraignantes voient enfin le jour.
Une famille terrienne déménage sur une planète alien où tout déraille à cause du chat des voisins, embarqué par erreur.
Même si l'éditeur indique un public cible à partir de 9 ans, c'est clairement tous publics tant c'est réjouissant aussi pour les adultes. On est dans un délire à la Lewis Trondheim : même goût pour un monde absurde, drôle, sans véritable antagoniste, où les personnages évoluent dans une sorte de chaos bon enfant. Le dessin de Dara Nabati est très simple, presque minimaliste, mais il rappelle lui aussi l'esprit de Trondheim. Ce n'est pas une question de ressemblance graphique stricte (quoique les bouilles des personnages ressemblent beaucoup), plutôt une manière d'aborder les choses : formes rondes ou déformées, expressivité immédiate, mise en scène au service du gag et du rythme. La série enchaîne les trouvailles loufoques : des extraterrestres fans de terriens mais terrorisés par un chat, des explications farfelues sur les trous de ver, des concours de bras de fer improbables... C'est frais, barré et franchement amusant.
J'ai passé un bon moment dans ce joyeux n'importe quoi totalement assumé. Peut-être un peu trop vite lu à mon goût, mais suffisamment drôle et inventif pour donner envie de revenir faire un tour sur Terminax. Je ne sais toutefois pas s'il s'agit d'un one-shot ou du début d'une série d'histoires indépendantes.
Mon prédécesseur a raison de faire allusion à La Route pour évoquer cet album. Il y a en effet une certaine communauté d’ambiance. Un récit très noir autour d’une sorte de road trip, de voyage désespéré, dans une ambiance post apocalypse souvent asphyxiante – du moins dans la première moitié de l’histoire.
Mais j’ai trouvé cette histoire moins captivante que La Route. Moins forte, aussi moins équilibrée. Moins facile à cerner déjà. En effet, j’ai eu beaucoup de mal à comprendre ce qui se passait, cette violence incroyable, quasi masochiste. Et lorsqu’un certain espoir renait (ce qui distingue déjà ce récit de La Route), avec cette gamine, ce jardin – qui fait réapparaitre couleurs et « vie », ça n’est pas non plus très clair au niveau narratif.
Il faut dire que le dessin, moderne, dynamique, est aussi un peu limité. Et les nombreuses scènes de bagarre – ou de violence – ne sont pas toujours aisées à suivre.
Un récit intriguant, certes original, mais qui m’a laissé sur quelques questions – et globalement sur ma faim.
Note réelle 2,5/5.
Je ressors assez mitigé de Spectateurs de Brian K. Vaughan. L’idée de départ est vraiment intéressante, notamment dans la manière dont le récit traite du voyeurisme et de la frontière entre observation et implication. Il y a une vraie volonté de proposer quelque chose de psychologique, presque dérangeant par moments.
Malgré cela, je trouve que l’exécution ne va pas totalement au bout de ses promesses. Le rythme est parfois inégal et certains développements manquent d’impact émotionnel. J’avais l’impression qu’on pouvait aller encore plus loin dans la tension ou dans la profondeur des personnages.
En revanche, l’aspect graphique est clairement un point fort. Le dessin fonctionne bien et accompagne efficacement l’ambiance du récit, renforçant le côté introspectif et parfois pesant de l’histoire.
Les thèmes sont pertinents et la réflexion est là, mais l’ensemble me laisse un peu sur ma faim. Ce n’est pas une mauvaise lecture, mais ce n’est pas non plus une œuvre qui m’a marqué durablement.
J'ai moi aussi lu la réédition de cet album. Réédition qui contient un dossier fort intéressant sur la réalisation de l'album, mais qui m'a aussi semblé glorifier un récit au final pas très extraordinaire et qui n'aurait sans doute jamais été réédité si le nom des auteurs n'étaient pas connus.
C'est donc un polar comme Berthet on a fait beaucoup dans sa vie. On reconnait son style et j'aime bien. C'est beaucoup plus étonnant de retrouver Foerster dans ce type de récit. En effet, le ton est très classique pendant la majeur partie de l'histoire....jusqu'au dernier tiers où je me suis aperçu que le scénario est beaucoup plus tordu et original que je le croyais. Les dernières pages sont vraiment prenantes, mais le problème est qu'avant toutes les révélations, où on retrouve la patte de Foerster pour les histoires tordus, le déroulement de l'histoire ainsi que les personnages sont trop classiques pour moi. Je pense que c'était voulu de la part des auteurs, prendre des clichés pour ensuite les retournés à la fin, mais cela reste que pendant un bon moment c'est un road trip banal avec un pauvre type qui se fait poursuivre par de mystérieux méchants et par un représentant de la loi sévère et impitoyable.
Je conseillerais un emprunt à la bibliothèque.
Je ne suis a priori pas passionné par l’architecture en elle-même, mais j’ai quand même lu cet album avec plaisir. Il se lit d’ailleurs très rapidement. C’est même sans doute un petit reproche que je ferais aux auteurs que de n’avoir pas plus développée cette histoire. Même si un petit dossier final complète la lecture, il reste l’impression d’avoir effleuré, survolé la vie de cette dame, dont j’ignorais l’existence.
Je suis intéressé par la vie intellectuelle du début du XXème siècle – même si mes préférences vont davantage aux milieux littéraires proches des surréalistes – et le contexte dans lequel se développent les relations entre Eileen Gray et Jean Badovici m’a attiré.
Mais, comme je l’ai écrit plus haut, les milieux intellectuels lesbiens, ou même artistiques auraient mérité d’être plus développés.
Reste une histoire d’amour – et une création originale, une maison créée par Gray pour elle et son amant, dans une Côte d’Azur encore presque vierge de touristes. Et l’amertume d’une femme qui s’est sentie trahie en tant que femme, mais aussi – et surtout – en tant que créatrice. En cela j’ai surtout retenu de cet album le côté mesquin, égocentrique, mégalomane et détestable de Le Corbusier, qui a saccagé la création de Gray avec ses peintures, pour ensuite laisser entendre que cette maison était son œuvre.
Une lecture intéressante, mais aussi frustrante, car un peu « légère ». Mais c’est aussi l’occasion de redécouvrir une femme oubliée des livres d’histoire de l’art ou d’architecture…
Note réelle 2,5/5.
J’ai lu l’intégrale du premier cycle et je croyais que la série s’arrêtait là. Je ne sais pas si je lirai la suite, même si ce fut plutôt agréable.
Agréable d’abord par le dessin et l’atmosphère qui s’en dégage. Le trait et la colorisation donnent ce côté suranné que j’ai trouvé délicieux.
Et l’histoire d’Amalia venue en Inde avec son époux nous plonge dans cette époque, ici largement fantasmée, de l’empire britannique et des rajahs. C’est la partie que j’ai préférée, même si l’histoire d’amour entre la belle anglaise et le maharajah est hautement improbable, mon coeur d’artichaut a bien aimé. Quelques personnages intéressants, comme l’ami du couple, mettent un peu de piment dans l’histoire.
Celle de la jeune Emmy n’est pas mal non plus, mais devient plus improbable encore. Il reste néanmoins un peu de cette ambiance avec ses choix de vie.
Je n’aurais peut-être pas dû lire l’intégrale d’une traite, parce que j’ai trouvé, mais c’est personnel, que la troisième génération était de trop. Ses recherches sur sa grand-mère sont trop faciles, trop de coïncidences , et mon intérêt s’est largement émoussé, surtout que l’ambiance n’y est plus vraiment à mes yeux.
Et pour trouver quoi ? Des révélations trop faciles dont je ne suis pas sûre qu’elles collent finalement avec de déroulé des évènements et je n’ai pas eu le courage de refeuilleter pour vérifier.
Voilà, mais c’était beau et se balader dans ces paysages et ces ambiances était charmant.
C'est peut-être pour donner une certaine atmosphère ? Raté, le dessin est souvent assez moyen, et en plus, baveux ! Mais la bd est sauvée par le scénario : on découvre un aspect du Japon ancien, on s'attache à l'héroïne… La malheureuse ! Soit pour être prostituée, soit pour être artiste, il vaut mieux être belle, et on ne peut dire que ce soit son cas. Mais avec sa farouche volonté d'échapper au sort de prostituée ou de servante, et son amour pour une musique bien plus plaisante que les gens ne le sont avec elle, elle trouve une planche de salut. Elle donne même envie d'écouter sa musique, c'est dire ! Tant qu'à ses amours, je dois avouer que depuis le temps que j'ai lu cette bd, je les ai un peu oublié, commentant cette œuvre parce que tombé dessus à lire des critiques des uns et des autres, au hasard.
L’album est influencé et coédité par la Cité des sciences et de l’industrie, et ça se sent. Au niveau scientifique, mais aussi le côté un peu didactique de l’ensemble. On cherche vraiment à nous faire passer des idées, et à le faire clairement.
L’album propose une narration un peu hétéroclite, décousue, mêlant informations scientifiques, enquêtes et parties plus « romancées ». Mais ce mélange fonctionne très bien. La lecture est fluide, instructive, intéressante.
Le constat est bien sûr amer. Mais les idées qui permettraient de faire évoluer les choses dans le bon sens sont développées dans la seconde moitié de l’album (pour lutter contre « l’éco-anxiété » liée à la prise de conscience des problèmes écologiques et à une sorte de stress lié à notre impuissance ressentie face aux défis.
Avec un dodo comme personnage récurrent, à la fois mascotte et commentateur, nous avons là une lecture revigorante, qui permet de faire le point sur les enjeux environnementaux – et plus largement sociétaux – qui impactent la vie de tous. Et qui sont de plus en plus négligés et recouverts par des discours hypocrites (voir Macron), voire carrément niés et attaqués (de la droite jusqu’à ses extrêmes en passant par les milieux d’affaires ou la FNSEA ou les Trumpistes où qu’ils soient).
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Sisco
J’ai lu les deux premiers diptyques, « pour voir », mais je ne fais pas une priorité d’en emprunter d’autres. C’est une série dans la moyenne du genre, relativement efficace et dynamique, donc les amateurs y trouveront leur compte. A condition de ne pas attendre trop d’originalité, et d’avaler les couleuvres et clichés habituels. En effet, un jeune héros, beau gosse, infaillible, avec des femmes toutes plus bombasses les unes que les autres, on reste dans du déjà-vu. La surprise vient du fait que notre héros, tueur implacable, travaille pour une officine directement liée au président. On doit donc accepter qu’un service de ce type zigouille à tour de bras politiciens, journaliste, témoins de hasard mais gênants, sans état d’âme. On doit aussi accepter que notre héros, Sisco, s’en sorte à chaque fois, contrôlant tout et tous. Scandales politiques à couvrir, fille cachée du président (là on surfe sur du connu), tout est prétexte à mettre Sisco en première ligne. Beau gosse, au sex-appeal affirmé, super tireur, doué en close-combat, avec un passage à chaque aventure pour récupérer du matos dernier cri auprès d’un « Q » nonchalant, on a là une sorte de James Bond franchouillard. C’est donc une lecture pop-corn, sans prétention. Dessin et colorisation sont aussi dynamiques, très lisibles, et passe-partout. Une série commerciale calibrée pour les amateurs de polar/thriller de cette collection du Lombard.
Le Cœur des zobs
L'auteur déroule son expérience personnelle et un solide travail documentaire sur l'histoire, les enjeux politiques, économiques et culturels de la contraception masculine, en se focalisant finalement plus particulièrement sur la remontée testiculaire à l'aide de slips ou d'anneaux contraceptifs. Sur le fond, c'est instructif et plutôt bien fait. J'ai appris des choses, notamment sur les pistes laissées de côté, les recherches abandonnées, et les alternatives existantes. Le livre a le mérite de rappeler que la charge contraceptive repose massivement sur les femmes et qu'il n'y a aucune raison que cela soit immuable. L'humour et l'autodérision de l'auteur rendent la lecture agréable, même si le propos reste très didactique. Cela dit, je suis aussi bien content de ne plus être concerné par cette question (simple affaire d'âge dans mon couple), et surtout que ma femme ait, en son temps, décidé d'elle-même de la solution du stérilet. Honnêtement, je suis heureux de ne pas avoir eu à en passer par cette fameuse solution des slips contraceptifs, aussi convaincu que soit l'auteur, et je croise les doigts pour que des pistes d'avenir puissent remédier à ce sujet, comme le RISUG ou l'immunocontraception évoqués en fin d'ouvrage. Sur la forme, la BD fonctionne (dessin efficace, ton accessible, humour présent), mais je la trouve peut-être un peu trop bavarde. Le côté pédagogique et militant est assumé, et cela peut donner l'impression d'un documentaire engagé plus que d'un véritable récit. Dans ce cas précis, je ne suis pas certain que la forme ou la narration suffisent à convaincre quelqu'un qui ne serait pas déjà favorable au sujet, et qui pourrait y voir un plaidoyer un peu insistant, voire pénible pour sa propre vie. Reste que l'album a le mérite d'ouvrir le débat et de se montrer clair et didactique sur les solutions possibles. Mais vivement que des solutions simples, fiables et peu contraignantes voient enfin le jour.
Terminax Conquis - Le Fléau cosmique
Une famille terrienne déménage sur une planète alien où tout déraille à cause du chat des voisins, embarqué par erreur. Même si l'éditeur indique un public cible à partir de 9 ans, c'est clairement tous publics tant c'est réjouissant aussi pour les adultes. On est dans un délire à la Lewis Trondheim : même goût pour un monde absurde, drôle, sans véritable antagoniste, où les personnages évoluent dans une sorte de chaos bon enfant. Le dessin de Dara Nabati est très simple, presque minimaliste, mais il rappelle lui aussi l'esprit de Trondheim. Ce n'est pas une question de ressemblance graphique stricte (quoique les bouilles des personnages ressemblent beaucoup), plutôt une manière d'aborder les choses : formes rondes ou déformées, expressivité immédiate, mise en scène au service du gag et du rythme. La série enchaîne les trouvailles loufoques : des extraterrestres fans de terriens mais terrorisés par un chat, des explications farfelues sur les trous de ver, des concours de bras de fer improbables... C'est frais, barré et franchement amusant. J'ai passé un bon moment dans ce joyeux n'importe quoi totalement assumé. Peut-être un peu trop vite lu à mon goût, mais suffisamment drôle et inventif pour donner envie de revenir faire un tour sur Terminax. Je ne sais toutefois pas s'il s'agit d'un one-shot ou du début d'une série d'histoires indépendantes.
Délivrance
Mon prédécesseur a raison de faire allusion à La Route pour évoquer cet album. Il y a en effet une certaine communauté d’ambiance. Un récit très noir autour d’une sorte de road trip, de voyage désespéré, dans une ambiance post apocalypse souvent asphyxiante – du moins dans la première moitié de l’histoire. Mais j’ai trouvé cette histoire moins captivante que La Route. Moins forte, aussi moins équilibrée. Moins facile à cerner déjà. En effet, j’ai eu beaucoup de mal à comprendre ce qui se passait, cette violence incroyable, quasi masochiste. Et lorsqu’un certain espoir renait (ce qui distingue déjà ce récit de La Route), avec cette gamine, ce jardin – qui fait réapparaitre couleurs et « vie », ça n’est pas non plus très clair au niveau narratif. Il faut dire que le dessin, moderne, dynamique, est aussi un peu limité. Et les nombreuses scènes de bagarre – ou de violence – ne sont pas toujours aisées à suivre. Un récit intriguant, certes original, mais qui m’a laissé sur quelques questions – et globalement sur ma faim. Note réelle 2,5/5.
Spectateurs
Je ressors assez mitigé de Spectateurs de Brian K. Vaughan. L’idée de départ est vraiment intéressante, notamment dans la manière dont le récit traite du voyeurisme et de la frontière entre observation et implication. Il y a une vraie volonté de proposer quelque chose de psychologique, presque dérangeant par moments. Malgré cela, je trouve que l’exécution ne va pas totalement au bout de ses promesses. Le rythme est parfois inégal et certains développements manquent d’impact émotionnel. J’avais l’impression qu’on pouvait aller encore plus loin dans la tension ou dans la profondeur des personnages. En revanche, l’aspect graphique est clairement un point fort. Le dessin fonctionne bien et accompagne efficacement l’ambiance du récit, renforçant le côté introspectif et parfois pesant de l’histoire. Les thèmes sont pertinents et la réflexion est là, mais l’ensemble me laisse un peu sur ma faim. Ce n’est pas une mauvaise lecture, mais ce n’est pas non plus une œuvre qui m’a marqué durablement.
L'Oeil du chasseur
J'ai moi aussi lu la réédition de cet album. Réédition qui contient un dossier fort intéressant sur la réalisation de l'album, mais qui m'a aussi semblé glorifier un récit au final pas très extraordinaire et qui n'aurait sans doute jamais été réédité si le nom des auteurs n'étaient pas connus. C'est donc un polar comme Berthet on a fait beaucoup dans sa vie. On reconnait son style et j'aime bien. C'est beaucoup plus étonnant de retrouver Foerster dans ce type de récit. En effet, le ton est très classique pendant la majeur partie de l'histoire....jusqu'au dernier tiers où je me suis aperçu que le scénario est beaucoup plus tordu et original que je le croyais. Les dernières pages sont vraiment prenantes, mais le problème est qu'avant toutes les révélations, où on retrouve la patte de Foerster pour les histoires tordus, le déroulement de l'histoire ainsi que les personnages sont trop classiques pour moi. Je pense que c'était voulu de la part des auteurs, prendre des clichés pour ensuite les retournés à la fin, mais cela reste que pendant un bon moment c'est un road trip banal avec un pauvre type qui se fait poursuivre par de mystérieux méchants et par un représentant de la loi sévère et impitoyable. Je conseillerais un emprunt à la bibliothèque.
Eileen Gray - Une maison sous le soleil
Je ne suis a priori pas passionné par l’architecture en elle-même, mais j’ai quand même lu cet album avec plaisir. Il se lit d’ailleurs très rapidement. C’est même sans doute un petit reproche que je ferais aux auteurs que de n’avoir pas plus développée cette histoire. Même si un petit dossier final complète la lecture, il reste l’impression d’avoir effleuré, survolé la vie de cette dame, dont j’ignorais l’existence. Je suis intéressé par la vie intellectuelle du début du XXème siècle – même si mes préférences vont davantage aux milieux littéraires proches des surréalistes – et le contexte dans lequel se développent les relations entre Eileen Gray et Jean Badovici m’a attiré. Mais, comme je l’ai écrit plus haut, les milieux intellectuels lesbiens, ou même artistiques auraient mérité d’être plus développés. Reste une histoire d’amour – et une création originale, une maison créée par Gray pour elle et son amant, dans une Côte d’Azur encore presque vierge de touristes. Et l’amertume d’une femme qui s’est sentie trahie en tant que femme, mais aussi – et surtout – en tant que créatrice. En cela j’ai surtout retenu de cet album le côté mesquin, égocentrique, mégalomane et détestable de Le Corbusier, qui a saccagé la création de Gray avec ses peintures, pour ensuite laisser entendre que cette maison était son œuvre. Une lecture intéressante, mais aussi frustrante, car un peu « légère ». Mais c’est aussi l’occasion de redécouvrir une femme oubliée des livres d’histoire de l’art ou d’architecture… Note réelle 2,5/5.
India Dreams
J’ai lu l’intégrale du premier cycle et je croyais que la série s’arrêtait là. Je ne sais pas si je lirai la suite, même si ce fut plutôt agréable. Agréable d’abord par le dessin et l’atmosphère qui s’en dégage. Le trait et la colorisation donnent ce côté suranné que j’ai trouvé délicieux. Et l’histoire d’Amalia venue en Inde avec son époux nous plonge dans cette époque, ici largement fantasmée, de l’empire britannique et des rajahs. C’est la partie que j’ai préférée, même si l’histoire d’amour entre la belle anglaise et le maharajah est hautement improbable, mon coeur d’artichaut a bien aimé. Quelques personnages intéressants, comme l’ami du couple, mettent un peu de piment dans l’histoire. Celle de la jeune Emmy n’est pas mal non plus, mais devient plus improbable encore. Il reste néanmoins un peu de cette ambiance avec ses choix de vie. Je n’aurais peut-être pas dû lire l’intégrale d’une traite, parce que j’ai trouvé, mais c’est personnel, que la troisième génération était de trop. Ses recherches sur sa grand-mère sont trop faciles, trop de coïncidences , et mon intérêt s’est largement émoussé, surtout que l’ambiance n’y est plus vraiment à mes yeux. Et pour trouver quoi ? Des révélations trop faciles dont je ne suis pas sûre qu’elles collent finalement avec de déroulé des évènements et je n’ai pas eu le courage de refeuilleter pour vérifier. Voilà, mais c’était beau et se balader dans ces paysages et ces ambiances était charmant.
Geisha ou Le jeu du shamisen
C'est peut-être pour donner une certaine atmosphère ? Raté, le dessin est souvent assez moyen, et en plus, baveux ! Mais la bd est sauvée par le scénario : on découvre un aspect du Japon ancien, on s'attache à l'héroïne… La malheureuse ! Soit pour être prostituée, soit pour être artiste, il vaut mieux être belle, et on ne peut dire que ce soit son cas. Mais avec sa farouche volonté d'échapper au sort de prostituée ou de servante, et son amour pour une musique bien plus plaisante que les gens ne le sont avec elle, elle trouve une planche de salut. Elle donne même envie d'écouter sa musique, c'est dire ! Tant qu'à ses amours, je dois avouer que depuis le temps que j'ai lu cette bd, je les ai un peu oublié, commentant cette œuvre parce que tombé dessus à lire des critiques des uns et des autres, au hasard.
Le Meilleur des deux mondes
L’album est influencé et coédité par la Cité des sciences et de l’industrie, et ça se sent. Au niveau scientifique, mais aussi le côté un peu didactique de l’ensemble. On cherche vraiment à nous faire passer des idées, et à le faire clairement. L’album propose une narration un peu hétéroclite, décousue, mêlant informations scientifiques, enquêtes et parties plus « romancées ». Mais ce mélange fonctionne très bien. La lecture est fluide, instructive, intéressante. Le constat est bien sûr amer. Mais les idées qui permettraient de faire évoluer les choses dans le bon sens sont développées dans la seconde moitié de l’album (pour lutter contre « l’éco-anxiété » liée à la prise de conscience des problèmes écologiques et à une sorte de stress lié à notre impuissance ressentie face aux défis. Avec un dodo comme personnage récurrent, à la fois mascotte et commentateur, nous avons là une lecture revigorante, qui permet de faire le point sur les enjeux environnementaux – et plus largement sociétaux – qui impactent la vie de tous. Et qui sont de plus en plus négligés et recouverts par des discours hypocrites (voir Macron), voire carrément niés et attaqués (de la droite jusqu’à ses extrêmes en passant par les milieux d’affaires ou la FNSEA ou les Trumpistes où qu’ils soient).