Les derniers avis (49191 avis)

Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Souvenirs de la mer assoupie
Souvenirs de la mer assoupie

C'est un récit tout en douceur, en poésie et en absurde onirique, composé pour les trois quarts des histoires courtes de Souvenirs de la mer assoupie, qui se déroulent dans une ville balnéaire ensoleillée, baignée de ciel bleu et de mer limpide. On y suit Lisa dans un quotidien fait de petites aventures émerveillées, entre poésie, rêve éveillé et fantastique discret, avec un univers très proche de Miyazaki, où l'étrange et le merveilleux s'invitent sans jamais rompre la douceur générale. Le reste du volume est constitué de Chroniques de la colline aux rumeurs, saynètes en une page situées dans un décor plus terrestre, mais encore plus loufoque, jouant davantage sur l'humour et l'absurde pur. L'ensemble séduit surtout par son ambiance chaleureuse, ses couleurs dominées par les bleus et la beauté de son dessin plein de rondeur et de détails. En revanche, j'ai trouvé que la première partie reste très charmante mais un peu trop enfantine et naïve pour vraiment m'embarquer pleinement, malgré un potentiel très fort d'émerveillement. La seconde série, plus décalée, m'a paru amusante et pleine d'idées, mais globalement moins marquante. Il en ressort une lecture agréable et douce, très cohérente dans son atmosphère, mais un peu trop sage et mignonne pour réellement me toucher en profondeur.

02/06/2026 (modifier)
Couverture de la série 1949
1949

Je ressors avec un sentiment mitigé de cette lecture. La couverture et le pitch de départ sont relativement intrigants, avec ce personnage qui navigue entre deux mondes/époques, sans que l’on sache tout de suite si c’est la femme de 1949 qui rêve le « futur » ou si c’est une femme du « futur » qui est envoyée dans le passé en 1949. L’intrigue se laisse lire, mais plusieurs choses m’ont un peu laissé sur ma faim. D’abord l’histoire elle-même est finalement assez légère, manque d’un peu de consistance (surtout pour la partie SF, sur laquelle j’aurais aimé en savoir davantage). Ensuite la fin m’est apparu un peu brutale. Comme si elle avait été précipitée et que manquait un bon développement. Une petite curiosité, qui me laisse l’impression d’un matériau insuffisamment exploité. Note réelle 2,5/5.

02/06/2026 (modifier)
Couverture de la série Les Chants du Chaos
Les Chants du Chaos

L’album a été sèchement cueilli par les premiers avis. Mais la couverture me faisait de l’œil, et j’ai donc emprunté ce tome inaugural. S’il m’a laissé un peu frustré et sur ma faim, je vais quand même être moins dur que les premiers aviseurs. D’abord parce que le dessin est « joli ». La colorisation manque elle sans doute de nuance, mais est aussi globalement agréable. En tout cas l’habillage d’ensemble est agréable, avec un univers qui fait penser à un moyen-âge fantasmé d’Europe orientale, et des bestioles « fantastiques » originale, intrigante. C’est d’ailleurs l’intrigue qui est intrigante, qui donne envie d’en savoir plus, et ce dès le départ. Mais voilà, avec une pagination pourtant conséquente (près de 110 pages), j’ai trouvé que l’intrigue n’avait pas beaucoup avancé « globalement » (il en est autrement pour les relations entretenues par plusieurs personnages – relation homosexuelle qu’on voit arriver très en amont). Ça s’étire, le rythme est lent, et l’univers n’est pas très développé finalement. Je ne sais pas combien de tomes sont prévus, mais j’espérais en savoir plus sur les deux côtés du « mur », sur ce qui s’était passé avant la séparation des deux mondes, et surtout sur ces animaux fantastiques et redoutés. A voir donc pour la suite, mais il faudra sans doute resserrer l’intrigue et lui donner davantage de rythme, le lecteur que je suis ayant le sentiment qu’un certain potentiel n’est pas exploité. Note réelle 2,5/5.

02/06/2026 (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série Ralentir
Ralentir

Une BD dans l'air du temps, même si elle est sortie pré-covid, sur la nécessité de ralentir dans une société de plus en plus rapide en tout, où plus personne n'a le temps et que l'on fonce partout, tout le temps, au plus vite. Autant dire que je suis assez d'accord avec les bases de cette BD, à savoir qu'on a besoin de temps pour nous, que rien ne remplacera les relations humaines en direct et que l'on vit dans un monde qui ne sait souvent pas prendre le temps de simplement s'arrêter. Mais encore une fois, ce n'est pas parce que je suis en accord avec la BD qu'elle va forcément me plaire. Et là, c'est une BD qui manque un peu de peps dans son développement. L'histoire est assez classique dans le récit : lui, engoncé dans sa routine, costard et cravate, commercial toujours sur les routes et en mouvement, sacrifiant tout à son travail. Elle, libre et jeune, engagée et déconnectée, prônant le temps pour soi et le contact humain. Ils se rencontrent, ne s'apprécient pas mais surpris par les évènements vont se retrouver bien malgré eux à partager un moment de vie qui va les faire comprendre l'autre. Franchement, on rajoute une romance et on a la comédie romantique anglaise de l'année, non ? Et c'est un peu le souci, c'est que c'est classique et prévisible. Le revirement de David en une soirée est sympathique, mais j'y crois moyen. De même que l'exemple qu'ils voient dans la soirée est certes intéressant et bien foutu, mais bien trop idéaliste. Le côté indépendant en tout (eau et électricité notamment) est un peu trop poétique pour être vrai, et même si j'aime cette idée de petit hameau retapée qui s'ouvre aux autres pour un moment déconnecté, je sais qu'il ne suffit pas de ça pour que l'on change de modèle de vie. Souvent une soirée comme ça s'oublie dans la nuit et reste un beau souvenir qui ne change rien aux habitudes. Mais ça c'est mon côté cynique sans doute ! Parce que sinon, la BD montre assez bien l'idée de vivre autrement, travailler sans se crever à la tâche, vivre pour soi et non pour gagner plus. Bref, vivre vraiment, quoi ! Et j'aime cette philosophie que j'aimerai voir beaucoup plus développée dans nos imaginaires collectifs. En tout cas c'est une BD qui donnerait envie de voir des milliers d'autres proposer des alternatives ralentissant le temps pour tous ... Juste un petit mot sur le dessin, efficace mais trop lisse pour véhiculer l'émotion. Il manquerait la magnificence de l'extérieur, de la nature et la concrétisation visuelle du temps qui passe plus lentement, s'étire dans un moment où les heures s'oublient. Je pense que c'est réellement ce qui aurait propulsée la BD plus loin, en l'état c'est très fonctionnel. Une BD pas mauvaise qui va dans le sens de bien d'autres sur la décroissance, le ralentissement de notre activité, la promotion du lien social et de la communauté, que de belles choses que j'apprécie mais pas suffisamment bien développée. Une BD qui rate un peu le coche en ce qui me concerne.

02/06/2026 (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série L'Année fantôme
L'Année fantôme

Tronchet a changé quelque peu son style de BD et je dois dire qu'il me plait bien dans son nouveau style, moins drôle et plus intimiste. Cette BD semble aller dans la veine de Le Chanteur perdu mais avec une histoire inventée de toute pièce. C'est une histoire banale d'humoriste qui voit sa vie se délier alors qu'il prend conscience qu'il a des trous dans son histoire familiale. Si le début est très centré sur un type dont l'humour était la façon d'échapper au poids de la vie (métaphore de Tronchet lui-même), accompagné de sa femme qui reste en permanence au premier degré (personnage dont le décalage est souvent la principale source d'humour) et de son fils qui voit cette famille inconnue débarquer dans sa vie. Le récit est clairement découpé en deux périodes, d'abord la façon dont cet humoriste voit sa vie changer brutalement avec sa prise de conscience intérieure, tandis que la deuxième partie est la chasse aux secrets de famille et la résolution de ceux-ci. Le souci, c'est qu'à part la question de se retrouver soi-même et comprendre son passé, qui tourne autour du protagoniste, l'ensemble est assez peu lié. Finalement c'est une histoire de tournant dans la vie, puis une histoire de secret de famille. Le tout sans grand lien, la fin ne rebouclant pas vraiment sur la première partie ni les questions en suspens sur le personnage principal. On s'est beaucoup trop attardé sur sa vie pour conclure sans rien dessus : reprendra-t-il l'humour, va-t-il changer de voie, comment se sent-il professionnellement ? Rien n'est dit, et ça donne l'impression que le début n'est qu'une longue, très longue préparation aux secrets de familles qui vont éclater ensuite, et c'est dommage. J'aurais bien aimé avoir l'après révélation, ce que ça dit sur lui, sa famille et son travail. Tronchet a son style de dessin, qui surprend un peu dans la bouille du personnage principal, avec son long nez et son air permanent de mec plus malin que tout le monde (qui me l'a vite rendu antipathique avant qu'il ne change), mais il se tient et Tronchet sait clairement ce qu'il fait. C'est joli dans les décors du sud, on sent qu'il prend également son temps lorsqu'il faut pour présenter les choses. Après, avec autant d'expérience ce serait étrange de rater une BD. Pas mauvaise du tout, donc, mais avec une petite déception sur ces deux parties assez peu reliées à mon gout. Ce n'est pas incohérent, mais pas assez exploité non plus. C'était aussi le cas dans Le Chanteur perdu avec deux parties axées autour de la recherche, mais elles étaient plus liées thématiquement et le final rebouclait assez bien sur l'ensemble. Donc ce n'est pas déconseillé comme lecture mais j'aurais aimé plus.

02/06/2026 (modifier)
Couverture de la série Bienvenue en Chine
Bienvenue en Chine

C'est une lecture pas désagréable, mais qui m'a un tantinet laissé sur ma faim. Le type de récit - et un peu le dessin, relativement minimaliste - font immanquablement penser aux documentaires de Delisle. Mais la comparaison n'est pas avantageuse. En effet, il manque quelques petits "trucs" qui permettent aux récit de Delisle de "mieux passer". Plus d'humour, (même s'il y a quand même un peu d'autodérision amusante parfois ici - comme lorsqu'il faut multiplier les "culs secs", ou lorsqu'il faut s'échanger des cartes de visite), et aussi une narration nous permettant de nous attacher davantage au narrateur. Mais bon, ça se laisse lire, avec ce jeune homme qui découvre la Chine - et ses premiers boulots aussi. Il nous sert de guide dans cette culture éloignée de celle des Européens, ses tentatives, maladresses apportant un peu de fraicheur au récit. Ce récit décolle un vers dans le dernier tiers, avec une situation embarrassante (il y avait eu quelques passages moins captivants avant). Peut-être aussi que le personnage de Delisle (souvent un coopérant, travaillant pour une ONG, ou accompagnant sa femme qui le fait) était aussi au départ plus proche de mes préoccupations que ce jeune homme rêvant de créer son entreprise (en Chine ou ailleurs), ce qui a joué pour me faire moins apprécier cet album que ceux de Delisle ? Mais ça reste quand même une lecture sympathique.

02/06/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série L'Enfer
L'Enfer

Clouzot est un des mes réalisateurs français préférés et son film inachevé L'Enfer fait parti des films que j'aurais aimé qu'ils voient le jour parce que Clouzot avait de grandes ambitions pour ce film. Cette BD sert donc de remplacement, l'auteur ayant passé des années de recherche pour recréer le film le plus fidèlement possible. Le résultat est pas trop mal. Le principal défaut est que trop souvent je me disais que ce qui était correct dans cette bande dessinée aurait été plus spectaculaire dans le film. Je pense notamment aux scènes psychédéliques qui sont plus banales dans le format BD, un médium où on peut facilement faire n'importe quoi du moment qu'on sait bien dessiner. Ce qui n'aide pas trop est que le scénario est au fond un peu banal, du moins pour un lecteur moderne. Un mari est jaloux, s'imagine que sa femme la trompe, petit à petit il mélange de plus en plus la réalité et son imagination et tout finit dans le drame. C'est du thriller classique, mais je pense que cela aurait été captivant dans un film mise en scène par le grand Clouzot. Un autre problème est que le mari surjoue trop. Dans un film, cela peut passer si le personnage est interpréter par un bon acteur, mais dans une BD cela devient vite horripilant, du moins pour moi. Cela reste une lecture correcte et c'est intéressant de s'imaginer ce que cela aurait donné comme film.

02/06/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série La Guerre des paysans
La Guerre des paysans

2.5 Un album qui ne m'a pas enthousiasmé alors que le sujet historique est intéressant. En effet, on connait tout Martin Luther qui s'est rebellé contre l'église catholique mais on sait moins que ses gestes et écrits ont eu des conséquences que même lui n'avait pas prévues. Des paysans menés par le révolutionnaire Thomas Müntzer vont se rebeller contre toute forme d'autorité et pas seulement contre l'église. Évidemment, comme vous vous en doutez, tout cela va très mal finir et l'image de rebelle qu'on pouvait avoir de Luther se retrouve bien détruit lorsqu'on voit à quel point il était proche de certains seigneurs. Je n'ai pas trouvé la lecture plaisante et principalement à cause du dessin. Je me suis rendu compte au fil des années que j'étais très sévère avec les dessinateurs réalistes et qu'il y en a paquet que je n'aime pas trop et c'est le cas avec Liberge. En fait, pour moi c'est type le style réaliste qui me semble pas mal pour des illustrations, mais pas pour de l'art séquentiel. Je trouve la narration lourde et les personnages sont figés. Je comprends que d'autres lecteurs vont mieux accrocher que moi et trouver le dessin génial, mais moi je trouve cela froid et pas du tout accrocheur.

01/06/2026 (modifier)
Par Alix
Note: 3/5
Couverture de la série Mary la Noire
Mary la Noire

J’avais beaucoup aimé ce diptyque lors d’une première lecture en 2003, lui allouant la note de 4/5… mais du haut de mes 50 ans, la relecture fut douloureuse. La faute au protagoniste insupportable, et au côté gnangnan voire déplacé de ses amourettes incessantes. C’est dommage, le scenario de Rodolphe est certes classique, et pas toujours très crédible, mais il a su retenir mon attention, et le dénouement est toujours aussi joli. De plus, j’adore le dessin de Florence Magnin, le style et surtout les couleurs se marient parfaitement à ce genre d’histoire teintée de fantastique. Bref, j’enlève un point à la note à cause de Lord James, malheureusement.

31/03/2003 (MAJ le 01/06/2026) (modifier)
Couverture de la série Beneath The Trees - Where Nobody Sees
Beneath The Trees - Where Nobody Sees

Un album relativement surprenant. Car je n’avais pas fait trop attention à la couverture… Et sur la dizaine de premières pages, le récit est très classique, calme, enfantin – avec un graphisme qui colle au côté « gentil » (genre Le Vent dans les Saules, pour rester dans le récit animalier pour jeune public). Et du coup, le long monologue de Samantha, présentant de façon presque plan plan sa petite bourgade sans histoire, où tout le monde est mignon, me laissait à penser que j’allais un peu – beaucoup – m’ennuyer. Et la transition est violente lorsqu’on découvre ce qu’il en est réellement. En effet, le public visé n’est clairement très jeune ! Car il est question de tueurs en série (ils sont deux à se partager le « marché » - un de trop !), d’une grande perversité – et sans mobile apparent réel, si ce n’est l’ennui ou le sadisme. Ce basculement m’a un peu fait penser à certains épisodes de « Desperate Housewives », où un monologue d’introduction tout tranquille amenait à quelques petites perversités des certains habitants d’une banlieue sans histoire – en moins gore quand même ! Une fois embarqué dans le délire, c’est gentiment rythmé, les rebondissements s’enchainent, on ne s’ennuie pas du tout. La fin est un chouia trop brutale, et m’a laissé un peu perplexe. Mais les derniers dialogues, et le point d’interrogation suivant le mot « Fin » laissent à penser que l’auteur envisage (ou envisageait ?) une suite des aventures de Samantha. Même si du coup la surprise ne jouerait plus. Une lecture originale, assez rapide, mais prenante. Note réelle 3,5/5.

01/06/2026 (modifier)