Et pourquoi pas une série d'espionnage autour du comte de Champignac, l'excentrique savant créé par Franquin ?
Les auteurs Béka et Etien nous proposent une plongée dans la seconde guerre mondiale, un récit d'espionnage particulièrement calibré jeunesse, tant dans sa structure narrative, son humour, sa gestion des éléments de comédie romantique, que le rajout de scènes trépidantes. L'ensemble fonctionne plutôt bien : c'est agréable à lire, construit autour d'illustrations chaleureuses et colorées, d'une grande bienveillance et donc très rythmé.
Le revers de cet efficace calibrage touche surtout le public adulte : la romance est fort mièvre, certaines scènes d'action artificielles et trop rocambolesques, le raccord avec le personnage de Franquin (l'obsession pour les champignons, les expressions farfelues) trop insistant pour être charmant, et la bienveillance vis-à-vis de l'ensemble des personnages du village de Champignac inadaptée à l'impertinence originelle (qu'est-ce que c'est que cette Résistance qui ne sied pas du tout au tempérament des différents personnages ?).
Il ne faut néanmoins pas bouder son plaisir : c'est réussi, même si un peu trop "Béka" pour être fidèle à l'anticonformiste Franquin.
Je ne sais pas trop quoi penser de cet album. Des qualités, un certain plaisir de lecture. Mais au sortir, je suis frustré et reste sur ma faim.
Le dessin joue bien avec un Noir et Blanc plus ou moins nébuleux et quelques nuances de gris. Simple, avare de détails et de décors, il passe plutôt bien.
C’est plutôt l’intrigue qui m’a un peu déçu. En effet, l’histoire de cet homme, revenant dans le village de son enfance, pour enregistrer vieilles histoires, légendes et anecdotes de la voix de tous les « anciens » promettait quelques révélations, un peu de fantastique, bref, pas mal de choses à même de dynamiser le récit. Or rapidement le soufflé retombe, et des longueurs entraînent même un peu d’ennui (la brève "aventure" entre le héros et une jeune femme n'y change rien), jusqu’à la fin, aussi obscure que ces dernières cases.
Dessin et intrigue misent sur l’ambiance, mais ça ne suffit pas.
Note réelle 2,5/5.
Avis ne portant que sur le seul tome posthume illustré par Larcenet.
Manu Larcenet rend hommage à Pétillon en illustrant un scénario demeuré un projet inachevé. L'hommage se prolonge visuellement avec le souhait de Larcenet d'imiter le style de Pétillon : un style à gros nez néanmoins relativement proche de celui de Manu, quoique plus brouillon.
L'ensemble se lit sans déplaisir, tout y est léger et assez sympathique. Mais tant du côté de l'intrigue policière (décousue certes volontairement), que de l'humour (au rythme aléatoire), l'album laisse sur sa faim. Trop de clins d’œil à "L'Enquête Corse", pas assez d'impertinence, trop de légèreté dans la gestion de l'intrigue policière.
L'hommage est beau et respectueux, charmant, mais condamné à l'anecdotique quasiment dès son projet.
Mais un renouvèlement possiblement salvateur pour Larcenet.
2.5
Cet album qui regroupe des épisodes de Superman a attiré mon attention parce qu'il y avait le nom de Kurt Busiek sur la couverture. C'est un scénariste qui a écrit plusieurs histoires que j'aime bien, mais aussi d'autres que j'aime moins. En tout cas, c'est un auteur dont j'ai bien envie de lire le plus d'œuvres possibles.
Cet album fait parti des œuvres les moins convaincants que j'ai lu de lui, mais je m'en doutais un peu vu que c'est du comics de super-héros mainstream chez un gros éditeur qui a un cahier de charge et c'est pas une série personnelle chez un plus petit éditeur. C'est du comics de plus divertissement ce qui n'est pas un mal en soit, mais le scénario est trop banal si comme moi on a bouffés des centaines d'histoires de super-héros de DC ou Marvel. Alors Superman sauve le monde comme d'habitude et soudainement un nouveau personnage mystérieux débarque et explique que Superman et les super-héros sont néfastes pour les humains parce qu'il peut voir l'avenir et il prédit un futur apocalyptique en parti causé par les super-héros. S'en suit donc Superman qui va pour faire pour que ce futur n'arrive pas.
Le récit est cousu de fil blanc. Par exemple, Superman va finir par faire un discours optimiste et affronter le magicien-prophète fataliste et tout ce que ses deux personnages disent est prévisible et la fin l'est également. Le scénario est de Busiek alors il y a quand même de bons dialogues et de bonnes idées (j'aime bien comment il utilise le Farceur), mais ça ne dépasse jamais le stade du correct sans plus. En plus, l'album souffre du problème récurrent lorsqu'on ne sélectionne qu'une poigné de numéros: il y a des intrigues qui semblent disparaitre parce que leurs conclusions a été traité dans un numéro pas collecté dans l'album (non parce qu'il arrive quoi avec l'Intergang ?).
Quant au dessin, c'est le style que l'on trouvait dans les comics de l'époque. C'est pas ce que j'aime, mais ça fait le job. Le seul vrai reproche que j'ai est que le dessinateur aime bien dessiner les femmes sexy....mais elles ne sont pas du tout sexy à moins d'aimer les gros seins format ballon de plages.
Etrange, étrange (comme souvent avec cet auteur)…
Si j’en crois l’éditeur, le projet initial de Micol devait intégrer la collection bâtie en collaboration avec le musée du Louvre, mais le projet a capoté, et Micol l’a retravaillé pour le faire sortir de ce cadre. Il en reste néanmoins quelques traces, en particulier dans le dernier tiers du récit.
En fait, j’arrondis ma note à trois étoiles (une cote mal taillée en fait), parce que le récit est quand même original, et aussi parce qu’il est assez profond – en tout cas lance des questionnements intelligents et intéressants, à propos de l’art, de la création humaine face à l’intelligence artificielle, etc. Je reconnais donc à Micol plein de qualités. J’ai aussi apprécié certains passages ironiques/humoristique (en particulier celui où un milliardaire habillé en une sorte d’Elvis Presley fait visiter son palais rempli d’œuvres d’art, en étalant son inculture).
Mais voilà, si dans les grandes lignes j’ai été intrigué, si le scénario recèle de belles pistes, dans le détail beaucoup de choses m’ont échappé, j’ai trouvé l’histoire à la fois confuse et un peu creuse, ce qui m’empêche de sortir pleinement satisfait de ma lecture.
Un récit on ne peut plus classique mais qui parvient tout de même à être entraînant.
L'histoire est celle d'un couvent dont le terrain va bientôt se faire racheter pour construire une usine et qui se retrouve, par la force des choses, à devoir gérer une distillerie clandestine et collaborer avec des gangs mafieux pour pouvoir s'en sortir.
Il y a peu de choses à dire sur le diptyque (car encore une fois mine de rien très classique et que je ne voudrais pas me retrouver à tout vous dévoiler) mais le récit reste intéressant. Le cadre trouble du récit, en plein cœur des guerres mafieuses, de la prohibition et des agissements du klan, est idéal pour ce récit qui brille surtout par son rythme vif et son petit côté "explosif" (tout s'enchaîne, se croise et se percute assez rapidement ; en tout cas cela m'emporte dans le récit). Les personnages sont simples mais attachants, on finit par connaître chacune des bonnes sœurs au sein de ce couvent - alors même qu'elles ne possèdent parfois qu'un simple trait de caractère - et le véritable sentiment d'entraide et de protection qui anime cette sororité parvient à rendre le tout assez touchant.
Bon, encore une fois, pas de quoi casser trois pattes à un canard, mais sans être révolutionnaire la lecture est on ne peut plus agréable, et si je regrette certains petits détails de rien du tout comme le fait que les "traits d'ombrages" sur les visages lorsque les personnages sont choqués m'ont semblé détonner avec le dessin et le travail des expressions (que je trouvais pourtant efficace) je n'en reste pas moins satisfaite une fois le dernier album refermé.
Je n'aurais presque pas dit non à une suite.
Un ministre véreux et déconnecté du réel est contraint de démissionner pour une bête histoire de notes de frais un peu trop conséquentes. Le voilà obligé de pointer à Pôle emploi et de s'abaisser au niveau de la plèbe.
Cette BD prend la forme de petits albums souples proposant des gags en quatre cases qui s'articulent, par leur succession, comme une histoire complète à chaque tome.
Le premier est une satire du politicien lui-même : le magouilleur imbu de sa personne, vivant aux frais de la Nation, incapable de faire autre chose que se faire mousser et profiter du système, très au-dessus d'un monde réel avec lequel il n'entretient plus aucun lien. Les figures politiques ayant inspiré ce fameux Henri-Xavier de Lapègre sont nombreuses, mais à la lecture de son portrait, on imagine volontiers un cocktail entre Patrick Balkany et François Fillon, notamment à travers le personnage de son épouse vivant d'un emploi fictif gracieusement offert par son mari.
Le second tome se recentre davantage sur une satire de la politique elle-même, tandis que notre politicien déchu est catapulté dans un petit village de province où il doit briguer un mandat. Cette fois, plus que l'homme, c'est surtout le système électoral, fait de poignées de mains, de meetings et de fausses promesses, qui est tourné en dérision.
Le graphisme, proche du dessin de presse, va à l'essentiel, dans un style certes peu mémorable mais efficace et correctement mis en scène.
Dans l'ensemble, la satire est plaisante et le contraste entre les illusions perdues de ce politicien au caractère bien trempé et la réalité du terrain prête souvent à sourire, voire à rire. Toutefois, au-delà du caractère très convenu de nombreuses idées, caricature oblige, plusieurs gags se révèlent aussi assez répétitifs, ce qui peut finir par lasser sur des albums dépassant les 90 pages. J'ai lu ces volumes comme une moquerie gentiment amusante, avec quelques idées qui font mouche, mais aussi d'autres qui tombent à plat et surprennent peu.
Un récit d'anticipation et dystopique.
Derrière "Les yeux doux" des pin-ups placardées un peu partout en ville, se cachent des caméras qui observent la population. Dans ce futur indéterminé, certains luttent pour faire tomber le système en place qui ne laisse aucune once de liberté.
J'ai aimé la narration dynamique avec ces petits chapitres où des citations servent d'introduction.
J'ai aimé la touche d'humour qui accompagne le récit.
J'ai aimé les personnalités des protagonistes qui les rendent attachants.
J'ai aimé la dénonciation du pouvoir en place qui fait écho à nos sociétés (produire, consommer, contrôler).
J'ai aimé, en tant que petit-fils de mineur, la représentation de la salle des pendus.
J'ai moins aimé la conclusion, elle est trop simpliste et expéditive avec ce goût de guimauve.
J'ai moins aimé le fait de ne pas tout comprendre : l'invisibilité de certains personnages me laisse perplexe.
J'ai aimé le dessin de Michel Colline, il a du cachet. La représentation urbaine dans un style rétro futuriste est superbe. Les bouilles des personnages ne sont pas en reste, elles sont un peu déformées/caricaturées pour refléter leur personnalité.
J'ai aimé la colorisation sombre de Cyril Saint-Blancat, elle donne une atmosphère inquiétante.
Une lecture sympathique.
Wallace Wood est un auteur majeur du comics, un auteur en tout cas sous-estimé et injustement mal connu je pense. Un auteur qui a touché à tout, un auteur « de genre » que j’aime beaucoup, tant il y a toujours chez lui quelque chose d’intéressant, y compris dans ses œuvres « mineures », comme c’est le cas ici avec ce « Roi du monde ».
Les éditions du Triton avaient publié pas mal d’auteur américains dans les années 1970 (Wood aura droit à un autre album deux ans après celui-ci), ce qui avait permis aux lecteurs européens de découvrir un pan original du comics (c’est par eux que j’avais découvert Paul Kirchner ou Rand Holmes par exemple).
Je m’étonne que cet album ne soit pas encore référencé sur le site. Je m’y colle donc avec plaisir.
Le dessin de Wood est, comme à son habitude, très agréable. Simple, efficace, son trait plus ou moins réaliste et dynamique est très plaisant. Je suis moins convaincu par la colorisation de Tatjana Wood (sa femme), certes datée, mais surtout avec un encrage moyen.
Comme à son habitude – même si ici il n’y a vraiment rien d’érotique ! – Wood dessine des femmes au corps de pin-up. Les amateurs de Wood reconnaitront des formes mises en avant de façon plus érotique dans « Cons de fée (fées en folie) » par exemple.
Mais ici l’érotisation est à peine suggérée (même si Wood se plait à glisser dans les cases moult femmes dénudées – en tout cas la poitrine à l’air), car l’album n’est pas uniquement destiné à un lectorat adulte. Au contraire, le récit serait presque tout public (n’étaient les pin-up dénudées…), vraiment « gentil » (trop à mon goût d’ailleurs).
Si le récit a des côtés gentillets, Wood glisse quand même quelques piques aux scénarios et héros classiques. En effet, le personnage de Xavier d’Acier (quel nom improbable ! Je serais curieux de connaitre le nom dans la version d’origine) est une caricature visuelle des héros « de genre » habillé tour à tour en sorte de Conan, en Romain, en chevalier… (je passe sur le personnage furtif d’Arlan, caricature de chevalier old school, que Wood n’utilise qu’une case pour le faire disparaitre « parce qu’il n’était pas intéressant » !).
Wood se plait aussi durant le récit à se moquer gentiment des classiques fantasy, sans aller jusqu’à une réelle parodie. Mais ces petits « pas de côté » permettent au lecteur de trouver de l’intérêt à la lecture, car finalement Wood ne sort pas beaucoup aussi de certains sentiers battus.
Le personnage de Weer et son « batociel » aurait sans doute mérité d’être davantage utilisé, pour apporter plus de fantaisie et de poésie au récit. Un récit qui se termine assez brutalement, de façon ouverte, comme si une suite était prévue (peut-être existe-t-elle en version originale ?
Un Wallace Wood mineur donc, pas inintéressant, mais qui ravira surtout les fidèles du bonhomme.
Je découvre les 2 auteurs avec ce tome.
Satisfait mais j’avoue être tout de même un poil mitigé, certainement la faute à mes attentes. Pour l’instant un 3,5 arrondi vers le bas donc.
J’ai aimé le récit, l’aventure, la prise de risques dans les ingrédients, le fin mot de l’histoire, ce côté dark et gore qui transpire de partout … et bien d’autres choses.
Mais en même temps, j’ai eu du mal à m’accaparer l’univers, le graphisme ne m’a pas attrapé outre mesure, les personnages sont bien campés mais pas attachants, il faut accepter de ne pas tout maîtriser dans ce monde … j’étais en dents de scie durant toute ma lecture niveau ressenti, c’est vraiment à la fin que je me suis dit « nan c’est cool ».
Une œuvre à essayer sauf si vous êtes allergique au côté sale, sombre et violent, l’album jouant principalement sur ces thématiques.
J’avoue être sortie un peu trop décontenancé de la forme mais je pense que les futures lectures gommeront ce trait, j’abonderai la note si c’est bien le cas.
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Champignac
Et pourquoi pas une série d'espionnage autour du comte de Champignac, l'excentrique savant créé par Franquin ? Les auteurs Béka et Etien nous proposent une plongée dans la seconde guerre mondiale, un récit d'espionnage particulièrement calibré jeunesse, tant dans sa structure narrative, son humour, sa gestion des éléments de comédie romantique, que le rajout de scènes trépidantes. L'ensemble fonctionne plutôt bien : c'est agréable à lire, construit autour d'illustrations chaleureuses et colorées, d'une grande bienveillance et donc très rythmé. Le revers de cet efficace calibrage touche surtout le public adulte : la romance est fort mièvre, certaines scènes d'action artificielles et trop rocambolesques, le raccord avec le personnage de Franquin (l'obsession pour les champignons, les expressions farfelues) trop insistant pour être charmant, et la bienveillance vis-à-vis de l'ensemble des personnages du village de Champignac inadaptée à l'impertinence originelle (qu'est-ce que c'est que cette Résistance qui ne sied pas du tout au tempérament des différents personnages ?). Il ne faut néanmoins pas bouder son plaisir : c'est réussi, même si un peu trop "Béka" pour être fidèle à l'anticonformiste Franquin.
Malanotte - La Malédiction de la Pantafa
Je ne sais pas trop quoi penser de cet album. Des qualités, un certain plaisir de lecture. Mais au sortir, je suis frustré et reste sur ma faim. Le dessin joue bien avec un Noir et Blanc plus ou moins nébuleux et quelques nuances de gris. Simple, avare de détails et de décors, il passe plutôt bien. C’est plutôt l’intrigue qui m’a un peu déçu. En effet, l’histoire de cet homme, revenant dans le village de son enfance, pour enregistrer vieilles histoires, légendes et anecdotes de la voix de tous les « anciens » promettait quelques révélations, un peu de fantastique, bref, pas mal de choses à même de dynamiser le récit. Or rapidement le soufflé retombe, et des longueurs entraînent même un peu d’ennui (la brève "aventure" entre le héros et une jeune femme n'y change rien), jusqu’à la fin, aussi obscure que ces dernières cases. Dessin et intrigue misent sur l’ambiance, mais ça ne suffit pas. Note réelle 2,5/5.
Les Aventures de Jack Palmer
Avis ne portant que sur le seul tome posthume illustré par Larcenet. Manu Larcenet rend hommage à Pétillon en illustrant un scénario demeuré un projet inachevé. L'hommage se prolonge visuellement avec le souhait de Larcenet d'imiter le style de Pétillon : un style à gros nez néanmoins relativement proche de celui de Manu, quoique plus brouillon. L'ensemble se lit sans déplaisir, tout y est léger et assez sympathique. Mais tant du côté de l'intrigue policière (décousue certes volontairement), que de l'humour (au rythme aléatoire), l'album laisse sur sa faim. Trop de clins d’œil à "L'Enquête Corse", pas assez d'impertinence, trop de légèreté dans la gestion de l'intrigue policière. L'hommage est beau et respectueux, charmant, mais condamné à l'anecdotique quasiment dès son projet. Mais un renouvèlement possiblement salvateur pour Larcenet.
Superman – La Chute de Camelot
2.5 Cet album qui regroupe des épisodes de Superman a attiré mon attention parce qu'il y avait le nom de Kurt Busiek sur la couverture. C'est un scénariste qui a écrit plusieurs histoires que j'aime bien, mais aussi d'autres que j'aime moins. En tout cas, c'est un auteur dont j'ai bien envie de lire le plus d'œuvres possibles. Cet album fait parti des œuvres les moins convaincants que j'ai lu de lui, mais je m'en doutais un peu vu que c'est du comics de super-héros mainstream chez un gros éditeur qui a un cahier de charge et c'est pas une série personnelle chez un plus petit éditeur. C'est du comics de plus divertissement ce qui n'est pas un mal en soit, mais le scénario est trop banal si comme moi on a bouffés des centaines d'histoires de super-héros de DC ou Marvel. Alors Superman sauve le monde comme d'habitude et soudainement un nouveau personnage mystérieux débarque et explique que Superman et les super-héros sont néfastes pour les humains parce qu'il peut voir l'avenir et il prédit un futur apocalyptique en parti causé par les super-héros. S'en suit donc Superman qui va pour faire pour que ce futur n'arrive pas. Le récit est cousu de fil blanc. Par exemple, Superman va finir par faire un discours optimiste et affronter le magicien-prophète fataliste et tout ce que ses deux personnages disent est prévisible et la fin l'est également. Le scénario est de Busiek alors il y a quand même de bons dialogues et de bonnes idées (j'aime bien comment il utilise le Farceur), mais ça ne dépasse jamais le stade du correct sans plus. En plus, l'album souffre du problème récurrent lorsqu'on ne sélectionne qu'une poigné de numéros: il y a des intrigues qui semblent disparaitre parce que leurs conclusions a été traité dans un numéro pas collecté dans l'album (non parce qu'il arrive quoi avec l'Intergang ?). Quant au dessin, c'est le style que l'on trouvait dans les comics de l'époque. C'est pas ce que j'aime, mais ça fait le job. Le seul vrai reproche que j'ai est que le dessinateur aime bien dessiner les femmes sexy....mais elles ne sont pas du tout sexy à moins d'aimer les gros seins format ballon de plages.
Mimésia
Etrange, étrange (comme souvent avec cet auteur)… Si j’en crois l’éditeur, le projet initial de Micol devait intégrer la collection bâtie en collaboration avec le musée du Louvre, mais le projet a capoté, et Micol l’a retravaillé pour le faire sortir de ce cadre. Il en reste néanmoins quelques traces, en particulier dans le dernier tiers du récit. En fait, j’arrondis ma note à trois étoiles (une cote mal taillée en fait), parce que le récit est quand même original, et aussi parce qu’il est assez profond – en tout cas lance des questionnements intelligents et intéressants, à propos de l’art, de la création humaine face à l’intelligence artificielle, etc. Je reconnais donc à Micol plein de qualités. J’ai aussi apprécié certains passages ironiques/humoristique (en particulier celui où un milliardaire habillé en une sorte d’Elvis Presley fait visiter son palais rempli d’œuvres d’art, en étalant son inculture). Mais voilà, si dans les grandes lignes j’ai été intrigué, si le scénario recèle de belles pistes, dans le détail beaucoup de choses m’ont échappé, j’ai trouvé l’histoire à la fois confuse et un peu creuse, ce qui m’empêche de sortir pleinement satisfait de ma lecture.
L'Élixir de Dieu
Un récit on ne peut plus classique mais qui parvient tout de même à être entraînant. L'histoire est celle d'un couvent dont le terrain va bientôt se faire racheter pour construire une usine et qui se retrouve, par la force des choses, à devoir gérer une distillerie clandestine et collaborer avec des gangs mafieux pour pouvoir s'en sortir. Il y a peu de choses à dire sur le diptyque (car encore une fois mine de rien très classique et que je ne voudrais pas me retrouver à tout vous dévoiler) mais le récit reste intéressant. Le cadre trouble du récit, en plein cœur des guerres mafieuses, de la prohibition et des agissements du klan, est idéal pour ce récit qui brille surtout par son rythme vif et son petit côté "explosif" (tout s'enchaîne, se croise et se percute assez rapidement ; en tout cas cela m'emporte dans le récit). Les personnages sont simples mais attachants, on finit par connaître chacune des bonnes sœurs au sein de ce couvent - alors même qu'elles ne possèdent parfois qu'un simple trait de caractère - et le véritable sentiment d'entraide et de protection qui anime cette sororité parvient à rendre le tout assez touchant. Bon, encore une fois, pas de quoi casser trois pattes à un canard, mais sans être révolutionnaire la lecture est on ne peut plus agréable, et si je regrette certains petits détails de rien du tout comme le fait que les "traits d'ombrages" sur les visages lorsque les personnages sont choqués m'ont semblé détonner avec le dessin et le travail des expressions (que je trouvais pourtant efficace) je n'en reste pas moins satisfaite une fois le dernier album refermé. Je n'aurais presque pas dit non à une suite.
Homo Politicus
Un ministre véreux et déconnecté du réel est contraint de démissionner pour une bête histoire de notes de frais un peu trop conséquentes. Le voilà obligé de pointer à Pôle emploi et de s'abaisser au niveau de la plèbe. Cette BD prend la forme de petits albums souples proposant des gags en quatre cases qui s'articulent, par leur succession, comme une histoire complète à chaque tome. Le premier est une satire du politicien lui-même : le magouilleur imbu de sa personne, vivant aux frais de la Nation, incapable de faire autre chose que se faire mousser et profiter du système, très au-dessus d'un monde réel avec lequel il n'entretient plus aucun lien. Les figures politiques ayant inspiré ce fameux Henri-Xavier de Lapègre sont nombreuses, mais à la lecture de son portrait, on imagine volontiers un cocktail entre Patrick Balkany et François Fillon, notamment à travers le personnage de son épouse vivant d'un emploi fictif gracieusement offert par son mari. Le second tome se recentre davantage sur une satire de la politique elle-même, tandis que notre politicien déchu est catapulté dans un petit village de province où il doit briguer un mandat. Cette fois, plus que l'homme, c'est surtout le système électoral, fait de poignées de mains, de meetings et de fausses promesses, qui est tourné en dérision. Le graphisme, proche du dessin de presse, va à l'essentiel, dans un style certes peu mémorable mais efficace et correctement mis en scène. Dans l'ensemble, la satire est plaisante et le contraste entre les illusions perdues de ce politicien au caractère bien trempé et la réalité du terrain prête souvent à sourire, voire à rire. Toutefois, au-delà du caractère très convenu de nombreuses idées, caricature oblige, plusieurs gags se révèlent aussi assez répétitifs, ce qui peut finir par lasser sur des albums dépassant les 90 pages. J'ai lu ces volumes comme une moquerie gentiment amusante, avec quelques idées qui font mouche, mais aussi d'autres qui tombent à plat et surprennent peu.
Les Yeux doux
Un récit d'anticipation et dystopique. Derrière "Les yeux doux" des pin-ups placardées un peu partout en ville, se cachent des caméras qui observent la population. Dans ce futur indéterminé, certains luttent pour faire tomber le système en place qui ne laisse aucune once de liberté. J'ai aimé la narration dynamique avec ces petits chapitres où des citations servent d'introduction. J'ai aimé la touche d'humour qui accompagne le récit. J'ai aimé les personnalités des protagonistes qui les rendent attachants. J'ai aimé la dénonciation du pouvoir en place qui fait écho à nos sociétés (produire, consommer, contrôler). J'ai aimé, en tant que petit-fils de mineur, la représentation de la salle des pendus. J'ai moins aimé la conclusion, elle est trop simpliste et expéditive avec ce goût de guimauve. J'ai moins aimé le fait de ne pas tout comprendre : l'invisibilité de certains personnages me laisse perplexe. J'ai aimé le dessin de Michel Colline, il a du cachet. La représentation urbaine dans un style rétro futuriste est superbe. Les bouilles des personnages ne sont pas en reste, elles sont un peu déformées/caricaturées pour refléter leur personnalité. J'ai aimé la colorisation sombre de Cyril Saint-Blancat, elle donne une atmosphère inquiétante. Une lecture sympathique.
Le Roi du Monde (Wood)
Wallace Wood est un auteur majeur du comics, un auteur en tout cas sous-estimé et injustement mal connu je pense. Un auteur qui a touché à tout, un auteur « de genre » que j’aime beaucoup, tant il y a toujours chez lui quelque chose d’intéressant, y compris dans ses œuvres « mineures », comme c’est le cas ici avec ce « Roi du monde ». Les éditions du Triton avaient publié pas mal d’auteur américains dans les années 1970 (Wood aura droit à un autre album deux ans après celui-ci), ce qui avait permis aux lecteurs européens de découvrir un pan original du comics (c’est par eux que j’avais découvert Paul Kirchner ou Rand Holmes par exemple). Je m’étonne que cet album ne soit pas encore référencé sur le site. Je m’y colle donc avec plaisir. Le dessin de Wood est, comme à son habitude, très agréable. Simple, efficace, son trait plus ou moins réaliste et dynamique est très plaisant. Je suis moins convaincu par la colorisation de Tatjana Wood (sa femme), certes datée, mais surtout avec un encrage moyen. Comme à son habitude – même si ici il n’y a vraiment rien d’érotique ! – Wood dessine des femmes au corps de pin-up. Les amateurs de Wood reconnaitront des formes mises en avant de façon plus érotique dans « Cons de fée (fées en folie) » par exemple. Mais ici l’érotisation est à peine suggérée (même si Wood se plait à glisser dans les cases moult femmes dénudées – en tout cas la poitrine à l’air), car l’album n’est pas uniquement destiné à un lectorat adulte. Au contraire, le récit serait presque tout public (n’étaient les pin-up dénudées…), vraiment « gentil » (trop à mon goût d’ailleurs). Si le récit a des côtés gentillets, Wood glisse quand même quelques piques aux scénarios et héros classiques. En effet, le personnage de Xavier d’Acier (quel nom improbable ! Je serais curieux de connaitre le nom dans la version d’origine) est une caricature visuelle des héros « de genre » habillé tour à tour en sorte de Conan, en Romain, en chevalier… (je passe sur le personnage furtif d’Arlan, caricature de chevalier old school, que Wood n’utilise qu’une case pour le faire disparaitre « parce qu’il n’était pas intéressant » !). Wood se plait aussi durant le récit à se moquer gentiment des classiques fantasy, sans aller jusqu’à une réelle parodie. Mais ces petits « pas de côté » permettent au lecteur de trouver de l’intérêt à la lecture, car finalement Wood ne sort pas beaucoup aussi de certains sentiers battus. Le personnage de Weer et son « batociel » aurait sans doute mérité d’être davantage utilisé, pour apporter plus de fantaisie et de poésie au récit. Un récit qui se termine assez brutalement, de façon ouverte, comme si une suite était prévue (peut-être existe-t-elle en version originale ? Un Wallace Wood mineur donc, pas inintéressant, mais qui ravira surtout les fidèles du bonhomme.
L'Île aux orcs
Je découvre les 2 auteurs avec ce tome. Satisfait mais j’avoue être tout de même un poil mitigé, certainement la faute à mes attentes. Pour l’instant un 3,5 arrondi vers le bas donc. J’ai aimé le récit, l’aventure, la prise de risques dans les ingrédients, le fin mot de l’histoire, ce côté dark et gore qui transpire de partout … et bien d’autres choses. Mais en même temps, j’ai eu du mal à m’accaparer l’univers, le graphisme ne m’a pas attrapé outre mesure, les personnages sont bien campés mais pas attachants, il faut accepter de ne pas tout maîtriser dans ce monde … j’étais en dents de scie durant toute ma lecture niveau ressenti, c’est vraiment à la fin que je me suis dit « nan c’est cool ». Une œuvre à essayer sauf si vous êtes allergique au côté sale, sombre et violent, l’album jouant principalement sur ces thématiques. J’avoue être sortie un peu trop décontenancé de la forme mais je pense que les futures lectures gommeront ce trait, j’abonderai la note si c’est bien le cas.