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Couverture de la série Calle Málaga
Calle Málaga

Avec un dessin et une intrigue tout en épure, presque stylisés et minimalistes, j’ai trouvé que cet album ressemblait un peu à ce que peuvent nous proposer Nury et Brüno (sur Tyler Cross par exemple). C’est plutôt agréable à regarder et à lire, globalement bien fichu. Le seul hic, c’est que c’est très très vite lu. Les 80 pages sont lues en peu de temps, tant l’intrigue en elle-même est squelettique, avec des personnages taiseux. C’est presque un exercice de style. Mais qui vaut quasi exclusivement par son ambiance – belle et noire au demeurant. A emprunter, la lecture – rapide – est plaisante. Mais elle n’est pas inoubliable – même pour le rebondissement final, qui se laisse deviner longtemps à l’avance.

05/02/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Kaël
Kaël

Dans ce monde de fantasy existent trois nations : celle des Anges, celle des Démons leurs ennemis, et la nation des animistes qui est coincée entre les deux. Dans celle-ci, les jeunes humains découvrent leur animal totem lors d'un rite de passage marquant leur transformation dans la forme humanoïde de cet animal, chacun ayant un rôle spécifique dédié au service de leur pays. Sauf que lorsque Kaël passe enfin ce rituel, aucun animal-totem ne s'offre à lui et il se retrouve avec le statut de Sans-totem, voué aux plus basses tâches de la société et au mépris de ses anciens pairs. Mais en réalité quelque chose s'est bien offert à lui, une entité différente qui va tenter de le corrompre. C'est un récit de fantasy tous publics mais plutôt adressé aux jeunes lecteurs ados et préados. Cela se retrouve dans la légèreté de son ton mais aussi dans son dessin. Le style de Kan-J est moderne, fait de nombreuses influences, franco-belge pour les décors et la mise en scène, manga pour les visages, et Disney pour l'aisance à représenter des personnages animaliers. C'est du bon boulot, avec une narration graphique claire et bien rythmée. J'aime beaucoup la représentation graphique de l'entité qui accompagne le héros et des ailes qu'elle lui donne. Seul les décors un peu trop souvent vides réduisent mon enthousiasme. L'histoire est sympathique. Si elle part d'un concept assez original, avec cette nation coincée entre deux dangereuses rivales et ses habitants se transformant définitivement en leur animal totem, elle emprunte ensuite quelques sentiers convenus dans les récits de fantasy jeunesse. Certaines scènes et comportements de personnages sont très cousues de fil blanc. Difficile de ne pas soupirer devant le harcèlement caricatural que subit le héros (qui trouve toutefois plus tard une explication), ou devant la réaction des autorités qui sont comme par hasard au bon endroit au bon moment, devant le manichéisme des démons méchants par nature, ou encore devant les facilités scénaristiques qu'implique la révélation de fin du premier tome quand on pense aux pouvoirs de ses instigateurs et comment avec de tels capacités ils auraient pu faire les choses de manière bien moins alambiquée. Là encore, cela trouve une explication par la suite, mais celle-ci n'est pas très convaincante. Ces points un peu immatures laissent penser que le public visé est jeune. Et enfin, les évènements s'enchainent un peu trop vite et facilement dans la dernière partie du second tome. Et comme celui-ci se termine sur un mot Fin qu'il n'y avait pas dans le premier tome, on dirait bien que c'est soit une fin de série, soit au minimum une fin de diptyque, et cette fin un peu trop abrupte est un peu frustrante, même si sa dernière page laisse une porte ouverte vers plus de développements. Bref, j'ai été diverti par cette série qui présente quelques idées sympathiques et un rythme assez prenant, mais aussi pas mal de facilités ou de séquences clichés qui laisse sur un léger sentiment de manque de maturité et qui semble indiquer que la série s'adresse avant tout à un public jeune.

25/03/2025 (MAJ le 05/02/2026) (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série Batman - Mad Love
Batman - Mad Love

Je n'ai jamais regardé la série Batman des années 90, mais je connais bien son influence et son aura. Elle aura imposé un style pour Batman dans les années suivantes et contribué à diffuser l'aura du Chevalier noir, devenu l'un des super-héros les plus populaires de l'univers DC pour les années suivantes. C'est dans cette série que naitra donc Harley Quin, acolyte du Joker excentrique mais également développée en profondeur. Par rapport à beaucoup de personnages crée auparavant, les créateurs (Paul Dini et Bruce Timm) ont pu développer son origine et son caractère de façon plus poussé. Harley Quinn devient la psychiatre du Joker, personnage étant tombé amoureuse de son patient et vivant une relation d'amour toxique avec ce dernier. C'est son origine développée dans cette BD, avec Harley se remémorant son parcours tandis qu'elle tente de capturer Batman pour faire plaisir à son amour. Si l'histoire est assez basique, hélas, j'aime bien le fait que les créateurs aient eut cette idée de noirceur dans le ton. Harley Quinn est un archétype de femme dans une relation toxique, mélange entre la femme battue et l'amoureuse perpétuellement rejetée. Une figure qui va être reprise de façon très intéressante pour dire des choses dans d'autres oeuvres, notamment l'excellent Harleen. Maintenant, la Bd en elle-même est assez moyenne. L'origine est bien faite, mais dans une histoire assez banale et qui n'a pas grand intérêt en dehors de cette explication du passée de Harley Quinn. De même, le volume est une petite arnaque avec les planches crayonnées et les planches colorisées, qui sont intéressantes pour les collectionneurs mais gonflent aussi le pages artificiellement. Je suis content de ne pas l'avoir acheté pour le coup ! Deux autres histoires sont présentes, en peu de pages, mettant en scène d'autres personnages de Gotham mais c'est clairement plus dispensable et ça fait un peu ajout pour mettre du gras. Niveau dessin, c'est celui du dessin animé pur jus, avec ce trait assez cartoon dans la forme mais restant en style polar pour enfant. C'est un style qu'on peut ne pas aimer, mais c'est propre dans le traitement et carrément réussi en terme de cohérence. Harley Quinn est un personnage iconique notamment par ce dessin qui joue sur l'aspect enfantin et la gravité de ce qui se passe, contraste qui forgera sa personnalité. Une BD pour curieux du personnage et fan de Batman, mais pas indispensable en l'état.

05/02/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Le Choix de Sam
Le Choix de Sam

2.5 Encore une fois, Nicolas Pitz adopte un roman jeunesse en BD. Je n'ai pas lu l'œuvre originale donc je ne peux pas comparer, mais ce qui m'a frappé est à quel point tout va rapidement dans le scénario. La plupart des éléments du récit sont survolés. Le meilleur exemple est qu'à un moment Sam se bats avec un autre chien qu'on n'a jamais vu avant. On ne sait même pas trop pourquoi les deux chiens se battent, on pense que Sam a un coté sombre et puis c'est vite balayé par les personnages et on ne reparlera plus de l'incident ! Le seul moment qui a retenu mon attention est lorsque le vrai propriétaire du chien revient et se révèle plus complexe qu'il semblait de prime à bord. Le scénario ne m'a pas trop excité, mais je ne fais parti du public-cible à savoir les jeunes qui adorent les chiens. Un truc bizarre est que le résumé mets en avant le grand frère de la famille qui est mise en avant alors qu'au final c'est sa petite sœur qu'on voit surtout.

04/02/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Orson Welles - L'Inventeur de rêves
Orson Welles - L'Inventeur de rêves

2.5 Les auteurs rendent hommage à Orson Welles, un réalisateur-acteur qui a marqué l'histoire du cinéma. Personnellement, de ce que j'ai vu de son travail, je trouve que c'est efficace, mais ça ne m'a pas marqué plus que ça hormis son adaptation du Procès de Kafka et certaines scènes de Citizen Kane. Comme il était aussi un personnage hauts-en-couleurs, faire une biographie de lui est une bonne idée tellement sa vie regorge d'anecdotes. Rien qu'avec tous ses films qu'il n'a pas tourné je pense qu'on pourrait faire un album complet. Sauf que voilà on est encore une fois dans une biographie en BD qui manque de saveur. En gros, on va voir les moments les plus marquants de la vie de Welles, parfois même pas dans un ordre chronologique, et rien ne semble vraiment développé. Il y a quelques scènes pas trop mal, mais la plupart du temps c'est peu palpitant. Au niveau du dessin, j'adore les couleurs, mais les personnages manquent un peu de dynamisme. Ça se laisse lire sans plus.

04/02/2026 (modifier)
Par Warou
Note: 3/5
Couverture de la série Tanger sous la pluie
Tanger sous la pluie

Une BD plaisante à lire, dont l'approche est originale. D'autant plus intéressante, certes, si l'on s'intéresse à Matisse et au Maghreb mais accessible également aux "profanes". Mon principal regret, qui m'a empêché de mettre une meilleure note, est le choix de la bichromie pour le dessin (par ailleurs agréable). Quel dommage, pour un ouvrage sur l'un des maîtres de la couleur, d'y avoir volontairement renoncé. Peut-être un choix des auteurs, mais dont l'objectif m'échappe alors. Quelle superbe BD ça aurait pu être si le dessin s'était davantage inspiré de l'œuvre de Matisse !

04/02/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Les Ahlalaaas
Les Ahlalaaas

Deux minuscules alpinistes du peuple des Ahlalàààs se lancent un défi improbable : gravir le personnage d'Achille Talon comme s'il s'agissait d'une montagne. Leur ascension, mise en scène comme un exploit sportif sponsorisé, les conduit de la semelle à la tête du géant, chaque geste de celui-ci devenant pour eux un véritable cataclysme. Il est étonnant de voir Derib, l'auteur de Yakari et Buddy Longway, s'aventurer dans une histoire humoristique aussi fantasque, et plus encore d'y faire intervenir de manière explicite le héros d'un autre auteur, Achille Talon, dont l'univers est à l'opposé de ses séries d'aventure. Il faut toutefois rappeler que cette courte série a été prépubliée dans l'éphémère magazine Achille Talon en 1975. J'imagine qu'elle a alors été conçue comme une récréation amusante pour Derib, et comme une fantaisie légère destinée aux lecteurs du magazine. Je l'ai moi-même abordée avec le sourire, comme une curiosité un peu insolite issue d'une époque évoquant la nostalgie. Côté dessin, Derib reste fidèle à lui-même : un trait clair, souple et très lisible, des personnages expressifs et des couleurs simples mais agréables. Malgré des décors réduits à l'essentiel, la lecture reste fluide et parfaitement compréhensible. Achille Talon et son univers sont par ailleurs restitués avec beaucoup de tendresse, dans un style assez proche de celui de Greg. Sur le fond, en revanche, l'ensemble demeure très anecdotique. L'idée de départ est amusante, certaines trouvailles d'échelle fonctionnent et deux ou trois gags font mouche, mais le récit reste léger et assez creux. Il n'y a ni véritable enjeu ni réelle surprise, et l'aventure se déroule rapidement, avec un sourire parfois un peu complaisant, sans provoquer de vrai rire. Cela ressemble davantage à une fantaisie récréative qu'à une histoire à part entière, avec un ton qui semble parfois clairement destiné à un jeune public. Une curiosité sympathique et bien dessinée, mais qui ne s'adressera sans doute qu'aux amateurs de Greg et de Derib, ou aux collectionneurs.

04/02/2026 (modifier)
Couverture de la série Rust River City
Rust River City

Il y a des choses originales et/ou intéressantes dans cette histoire. Mais ce premier album m’a quand même laissé de côté, au point que je ne suis pas sûr d’aller lire la suite et fin dans le prochain tome. Le dessin est original – la colorisation aussi d’ailleurs. Foin de réalisme. Mais j’ai vraiment eu du mal avec. L’histoire se développe dans une ambiance un peu glauque, en tout cas crépusculaire. Un brave type – qui élève seul ses deux mômes – se retrouve au chômage, multiplie les petits boulots, accusant les Niaks, les Juifs, d’être responsables de sa mouise, tout en ressassant ses souvenirs du Vietnam. Jusqu’à se voir proposer de devenir acteur porno… Il y a dans ce récit une vision noire – et finalement pas si éloignée que ça de la réalité – d’une certaine société déclassée et reléguée de l’Amérique profonde. Et, si certaines couleurs flashy s’invitent, c’est plutôt le sombre qui domine. Mais voilà, j’ai eu du mal à m’intéresser à cette histoire, et les dialogues, souvent – trop – abondants, rendent certains passages un peu indigestes. Je pense en fait que ça n’est pas ma came. Note réelle 2,5/5.

04/02/2026 (modifier)
Couverture de la série La Licorne
La Licorne

La Licorne est une série ambitieuse et clairement très travaillée, à la croisée de la BD d’action, de l’intrigue historique et de la fantasy. Le récit avance à un rythme soutenu, avec beaucoup d’événements et une vraie volonté de maintenir la tension tout au long des pages. Les personnages sont globalement solides, et l’utilisation d’Ambroise Paré comme pivot narratif fonctionne bien pour ancrer l’histoire dans son contexte. L’univers proposé est dense et parfois difficile à saisir, notamment dans ses aspects ésotériques et symboliques, mais il reste cohérent dans ses règles et ses intentions. Le traitement de la médecine renaissante, du rapport au corps et à la compréhension du vivant apporte un vrai intérêt de fond, bien intégré à une intrigue très orientée action. Certains passages restent obscurs ou laissent une impression d’incompréhension, sans toutefois casser complètement la lecture. Graphiquement, la série est une vraie réussite. Le dessin est très dynamique, expressif, et porté par une forte recherche visuelle. L’univers de la Renaissance est idéalisé, peuplé de machines, de créatures et de figures intrigantes, toutes dotées d’une identité graphique marquée et soignée. Une série solide, stimulante et plaisante à lire, même si elle ne laisse pas un souvenir durable.

04/02/2026 (modifier)
Couverture de la série Aliss
Aliss

Adaptation de Aliss, la série propose une relecture extrêmement sombre et allégorique d’Alice au pays des merveilles, transposée dans un Montréal marginal et violent. Le fond est objectivement riche : satire du monde moderne, exploration de la perte de repères, critique des rapports de domination. L’univers est cohérent, maîtrisé, mais reste très hermétique sans clés de lecture solides. La narration repose fortement sur la métaphore et l’allégorie, ce qui rend l’ensemble difficilement pénétrable pour un lecteur peu familier de l'univers d'Alice au Pays des Merveilles et Patrick Senéchal, comme moi. La lecture demande un réel investissement intellectuel ; on est clairement plus proche de la « littérature dessinée » que d’une BD de plaisir immédiat. Cette densité donne le sentiment d’une œuvre probablement brillante… sans toujours réussir à en comprendre la qualité. Graphiquement, le travail est très affirmé : dessin expressif, personnages marqués, usage pertinent du noir et blanc confronté à la couleur. L’identité visuelle est forte et cohérente avec le propos. En revanche, comme le scénario, l’approche reste peu accessible, ce qui limite l’adhésion émotionnelle malgré les qualités évidentes.

04/02/2026 (modifier)