Les derniers avis (49541 avis)

Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série Sœurs des vagues
Sœurs des vagues

J'étais pris dans l'histoire, mais la fin m'a déçue au vu de ce qui était proposé avant. C'est un récit très sympathique, mais qui n'arrive pas à décoller vraiment, avec une fin qui n'est pas à la hauteur du reste et m'a donné l'impression de laisser retomber le soufflé. Je pense qu'un des soucis du récit est l'abondance de sujets traités : les communautés de pêcheurs dont les maris partent en mer, la prohibition et l'impact sur les petites gens, la mafia naissante, mais aussi les querelles de village et l'exclusion sociale, ainsi que la paternité du gardien de phare et le naufragé dont l'arc ne m'a pas paru très clair. Je précise que le récit n'est pas spécialement confus, tout est clair, le récit travaille certains secrets jusqu'à ce qu'on les révèle, tandis que le récit progresse lentement vers son sujet central, qui semble être la communauté des femmes de ce village. Cependant, je dois avouer que je comprends mal certains détails, comme la gamine voulant s'échapper dont j'ai du mal à voir l'intrication dans le récit, si ce n'est cette nuit finale assez chargée qui semble vouloir tout boucler. Sauf qu'au final je ne vois pas trop ce que certaines histoires venaient faire ici, au vu de leur fin. Mais ça reste une BD agréable à lire, au rythme plutôt soutenu et qui est accompagné d'un dessin dont je ne suis pas fan du style mais qui va très bien au récit. C'est plaisant et agréable, le genre de BD que je lis avec plaisir mais qui ne vas pas me marquer !

28/07/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Chroniques de l'Île Grande
Chroniques de l'Île Grande

Un Européen installé sur une île brésilienne observe la vie locale avec son regard d'occidental, entre découvertes culturelles, relations amoureuses et réflexions sur la société. Dans un cadre très années 0-80, on retrouve ici l'ambiance d'époque que Lauzier affectionne tant : un univers post-68 fait de discussions interminables, de mœurs libérées, de réflexions sur la société, le couple et surtout de sexualité omniprésente. Ses personnages, avec leur côté intellectuel désabusé et leurs contradictions, sont très représentatifs d'un certain milieu que l'on qualifierait aujourd'hui volontiers de bobo. Cet album se distingue toutefois de ses autres œuvres par son décor. Lauzier quitte les appartements et les salons urbains pour nous emmener au Brésil, sur l'île Grande, un lieu qu'il a bien connu dans sa jeunesse. Le héros semble d'ailleurs être en partie son propre reflet, un Européen venu profiter d'une vie plus libre sous les tropiques. Mais derrière cette fascination pour l'exotisme, Lauzier montre aussi le décalage entre le regard occidental et la réalité locale : son personnage apparaît parfois comme un néo-colon qui croit comprendre un monde qui lui échappe, tandis que certains autres Occidentaux venus chercher une expérience "authentique" se retrouvent eux aussi ridiculisés. L'humour et le regard de Lauzier restent particuliers, avec une misanthropie assez marquée et une vision parfois cruelle de ses personnages. Certains aspects de l'album ont forcément vieilli, notamment dans la manière dont sont représentés les habitants de l'île et les rapports hommes-femmes, mais cela reste un témoignage intéressant d'une époque et d'un état d'esprit aujourd'hui disparus. Note : 2,5/5

28/07/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série La Maison qui rêvait
La Maison qui rêvait

Une maison étrange et biscornue semble influencer les nuits et les rêves de ses habitants. J'ai plutôt apprécié cette lecture, simple et agréable. L'histoire se contente finalement de nous raconter l'origine de cette maison étonnante et le parcours de son architecte, plus que de développer une véritable intrigue. Il y a peu de rebondissements et l'ensemble est léger et vite lu, mais le charme vient justement de cette accumulation de petites idées autour d'une maison qui semble avoir une vie propre, des envies et des rêves qu'elle transmet à ceux qui y habitent. Le dessin de Max Braslavsky a un côté inspiré par l'animation et l'illustration jeunesse. Ce n'est pas forcément un style que je trouve particulièrement beau : les formes sont simples, parfois épurées, les personnages un peu caricaturaux et les couleurs très franches, avec un aspect très enfantin. Le lettrage de la narration renforce d'ailleurs cette impression, en rappelant davantage un album illustré qu'une bande dessinée classique. Mais cette approche fonctionne finalement assez bien avec l'ambiance de conte absurde et merveilleux de l'album. Certaines grandes images de la maison, de ses transformations et de ses voyages oniriques sont réussies et donnent envie de s'attarder sur les détails. L'ensemble manque peut-être un peu d'ampleur pour marquer durablement, mais il se lit avec plaisir. Il y a de l'humour, une certaine poésie et quelques jolies réflexions sur le lien entre les lieux que nous habitons et les histoires qu'ils peuvent porter. Une petite fable sympathique et mignonne.

28/07/2026 (modifier)
Par Miguelof
Note: 3/5
Couverture de la série Tex (Special)
Tex (Special)

Pris dans son ensemble, c'est une belle collection de westerns. Cela fait de nombreuses années que je lis Tex Willer sous différents formats, mais je dois reconnaître que cette édition géante est «Special». Parmi les scénaristes, je souligne Claudio Nizzi, l'héritier de Bonelli, qui a conçu certaines des aventures les plus mouvementées du Ranger. Grandes chevauchées, fusillades, poursuites implacables, combats et duels, attaques de diligences ou de trains ; on a droit à tout. Les Indiens, différentes tribus apparaissent (Apaches, Navajos, Séminoles, même des indigènes de Patagonie), ne sont pas toujours les méchants, ce qui est trés juste. Quant aux dessinateurs, en plus des légendes italiennes comme Buzzelli, Rotundo ou Magnus, on trouve J. Kubert, J. Bernet, J. Ortiz, M. Sommer, V. de la Fuente, C. Wilson, pour n'en citer que quelques-uns. Il est difficile de choisir, mais si je devais désigner un favori, je dirais Joe Kubert. Curieusement, cette histoire nous présente Tex comme cavalier solitaire, sans son compagnon habituel Kit Carson, et son absence ne se fait pas trop ressentir! Tex est un homme blanc, c’est un Ranger, mais il est aussi chef des Indiens Navajo, sous le nom «Aigle de la Nuit». Dans certaines histoires, en plus de Kit Carson (qui semble avoir réellement existé), Jack Tigre (un Indien navajo) et aussi son fils Kit Willer l’accompagnent.

28/07/2026 (modifier)
Couverture de la série Odr
Odr

Odr est un récit d’aventure qui s’inscrit dans l’univers des viking. Le personnage central est un berserker marqué par un drame passé. Suite à sa rencontre avec une étrange jeune fille du village voisin, il va quitter sa solitude et renouer avec son passé de guerrier implacable. L’histoire en elle-même est extrêmement prévisible et les deux tomes qui composent ce récit se lisent très vite, du moins si on lit les scènes d’action sans trop chercher à comprendre ce qui a été dessiné. Sinon, je pense que l’on peut rester longtemps en arrêt devant une case, une fois pour apprécier le trait, une fois… pour parvenir à déchiffrer le dessin. Les scènes de combat s’enchainent, entrecoupées de passages dans lesquels les personnages sont plongés dans les cauchemars passés. Ces personnages évoluent finalement très peu au fil d’un récit dont on devine directement la conclusion. Ce préambule est très moyennement engageant, j’en ai conscience. Pourtant, Odr n’est pas dépourvu de qualités. Le dessin peut être très bon quand la composition ou le cadrage choisi ne lui font pas perdre sa lisibilité. L’histoire, quoique très prévisible, est plaisante à suivre. Les personnages sont intéressants. Le ton outrancièrement mélodramatique convient bien au genre. J’ai senti l’investissement et l’envie des auteurs. Je trouve les cadrages cinématographiques (avec pas mal d’effets de travelling) bien maîtrisés même si j’aurais aimé les voir utilisés avec plus de parcimonie. En résumé, je trouve qu’il y a du potentiel… mais que trop de petits points négatifs nuisent à l’ensemble. Entre le bof et le pas mal. Pour l’investissement des auteurs, j’opte pour la note supérieure… mais c’est quand même un sentiment de déception qui perdure après lecture.

14/11/2025 (MAJ le 28/07/2026) (modifier)
Par grogro
Note: 3/5
Couverture de la série Kosmos
Kosmos

L'intérêt principal de Kosmos est son dessin qui nous immerge totalement dans le silence profond de l'espace. Le côté claustrophobique des vaisseaux est parfaitement retranscrit par le crayon de Fabien Bedouel. J'aime bien l'idée selon laquelle les Américains se seraient fait coiffer sur le poteau par les Russes dans la course à la Lune. Et il s'en est effectivement fallu d'un chouïa. Le scénario est basé sur des éléments réels, tel que le plan et la conception du module lunaire soviétique. Pour le reste, ça se lit vite mais c'est plutôt bien foutu. On finit presque par oublier qu'il s'agit là d'une pure fiction. Pas mal pas mal...

28/07/2026 (modifier)
Couverture de la série Green Witch Village
Green Witch Village

La BD m'a été offerte au nouvel an dernier par des ami-e-s. Si je le précise c'est parce que je ne serais pas naturellement allée vers cet album, rien dans son résumé ou dans son concept (mélanger références aux vieux comics américains, aux récits d'espionnages et en y ajoutant une histoire de voyage dans le temps) ne me parlait plus que ça. Pas que le récit soit mauvais, l'intrigue d'espionnage est bien construite, l'idée du voyage dans le temps ajoute un peu de peps et permet un point de vue critique moderne sur l'époque dépeinte et le type de récit ici mis à l'honneur, mais voilà : les récits d'espionnage en pleine guerre froide, les missions de sauvetage pour éviter un attentat meurtrier, les grandes villes états-uniennes du 1950, bah tout ça je m'en tamponne un peu le coquillard. Et non, quelques remarques et actions par pages pour contraster l'évolution des idées et des mœurs entre 1959 et 2026 n'ajoute pas suffisamment de sel pour moi, surtout quand tout ceci me parait si convenu et pas assez développé à mon goût pour vraiment peser dans la balance (j'aurais presque préféré que les remarques racistes et sexistes banalisées soient plus souvent dites par les adjuvant-e-s, dans une froideur décomplexée, pour vraiment faire réaliser à quel point c'était horriblement banal ; parce que là à part deux répliques relativisant le sexisme ambiant les remarques abjectes à nos yeux sont surtout dites par les personnages déjà présentés comme antipathiques). Objectivement l'album est de bonne facture, le récit est bien ficelé et je ne le descendrais pas en flèche pour autant. Mais voilà : si comme moi on s'en fiche pas mal de l'époque dépeinte, que les histoires d'espionnage de la guerre froide c'est pas notre tasse de café et que l'on préfère nos récits de voyages dans le temps et/ou de propos sur l'évolution de la morale et des mœurs un peu plus travaillés et développés, pas sûre que l'album fasse mouche.

27/07/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Les Aventures de Lapinot
Les Aventures de Lapinot

2.5 Un autre changement d'éditeur pour Lapinot qui revient chez Dargaud. Trondheim commence cette nouvelle série de Lapinot (en faite, plus une continuité de ce qu'il a fait depuis la reprise de la série chez L'Association) avec un album correct sans plus. Ce n'est pas le pire album de Lapinot, en tout cas je le trouve plus lisible que l'album hommage-parodie à Astérix que j'ai trouvé absolument pas drôle, mais ce n'est pas parmi les meilleurs non plus. Le scénario a de bons éléments, il y a des gags qui fonctionne et Trondheim est toujours bon avec les dialogues, mais le récit est trop léger pour tenir 44 pages. On finit par tourner en rond après un certain moment. Le fait de tout faire passer l'action pendant la même nuit n'était peut-être pas une bonne idée. J'espère que Trondheim va développer certains éléments restés en suspend à la fin de l'album dans les tomes suivants. J'ai un peu eu l'impression que l'album se terminait au milieu de l'histoire.

26/07/2026 (modifier)
Par Canarde
Note: 3/5
Couverture de la série C'est toi ma maman ?
C'est toi ma maman ?

J'ai pris ce livre d'occasion pour son autrice qui a co-inventé le test Bechdel-Wallace qui repère dans un film ( un roman, une piece de theatre, une BD, un jeu vidéo...) le nombre de femmes qui apparaissent ainsi que l'importance des rôles qui leur sont assignés par le scénario. Cette idée de test simple pour mettre en évidence la domination du masculin dans notre société me paraît salutaire et je me suis dit : quelqu'un qui a mis au point et fait connaître ce système éclairant ne peut qu'être digne d'intérêt. Par ailleurs je viens de perdre ma grand-mère maternelle et donc, je me suis dit que j'y trouverais peut-être de quoi reconnaître des situations mère-fille bien observées. Objectif à moitié atteint parce que le milieu culturel est vraiment très éloigné de nous. C'est une sorte d'autofiction d'une femme lesbienne qui raconte l'histoire de se rapports avec sa mère, ses amours, et ses psy. Tout en lisant de grands psychanalystes et Virginia Wolf. Eh bien...Force est de constater, une fois de plus, que la psychanalyse ne me semble pas le moyen le plus épanouissant ni le plus efficace pour trouver un sens à sa vie... Il y a un coté Woody Alen : je m'empètre dans mes névroses. Même si ce n'est pas dans une famille juive. C'est très bavard, long et ennuyeux, avec des extraits de textes intercalés, et souvent deux pensées parallèles qui se croisent entre l'action et la voix off. Donc c'est plein de recherches, tant bédéistiques que psychanalytiques, il manque le côté politique: c'est tourné vers le nombril. Mais ... j'ai lu jusqu'au bout... Et ça m'a fait repenser à tous les écrits féministes qui ont tous cet aspect poussif, redondant, vaguement dépressif parce qu'elles cherchent en elles, dans la société comment s'adapter ou contourner ou changer ce monde masculin qui les oppressent sans y parvenir tout-à-fait ( Doris Lessing, Virginia Wolf, Simone de Beauvoir...) Donc c'est chiant, mais c'est nécessaire : ce sont des pierres , grosses et malcommodes mais qui peuvent rester en fondation d'une société différente. Le dessin est très fin et touchant : elle se représente avec beaucoup de précision et d'expression dans un lavis bicolore ( gris et lie de vin) : c'est très maîtrisé de ce côté-là. Donc je ne peux pas descendre en dessous de 3 étoiles finalement. 2eme femme à avoir avisé cet album si je ne me trompe : si je compare cette BD à un film récent de Woody Allen, je préfère largement la BD... Même si les défauts repèrés par mes collègues existent.

26/07/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série L'Ere Des Anges
L'Ere Des Anges

Un brillant généticien africain revient dans son pays ravagé par la famine avec la conviction d'avoir trouvé une solution révolutionnaire, au risque de déclencher une crise mondiale. Cet album se distingue des autres récits de Liu Cixin que j'ai lus car, pour une fois, il n'y a aucun personnage chinois, et pas même la Chine elle-même, si ce n'est au détour de quelques images sans véritable lien avec l'intrigue. On est ici face à un récit presque hollywoodien opposant un scientifique africain de génie, déterminé à sauver son pays et à combattre la faim dans le monde, à la puissance de l'ONU, mais en réalité surtout des lobbys économiques et de l'armée américaine derrière elle. J'ai trouvé les trois premiers quarts de l'album réussis. Le sujet est bon et soulève de vraies questions sur les limites éthiques de la biogénétique. Peut-on modifier l'être humain pour améliorer son existence ? Peut-on accepter des expérimentations sur des cobayes humains lorsqu'elles visent à sauver des millions de vies, voire ces cobayes eux-mêmes ? Et comment l'humanité réagirait-elle face à une annonce aussi révolutionnaire ? Toutes ces interrogations sont intelligemment mises en scène dans une intrigue crédible, bien rythmée et suffisamment mystérieuse pour donner envie d'en découvrir progressivement les véritables enjeux. Le dessin de Ma Yi m'a demandé un petit temps d'adaptation. Son encrage évoque un peu les peintures à l'encre chinoises, tandis que sa palette de couleurs m'a paru manquer de finesse, un peu tape-à-l'œil. C'est sans doute une simple affaire de goûts ou de références culturelles, car l'ensemble reste techniquement solide et accompagne efficacement le récit. En revanche, le dernier quart de l'album m'a beaucoup moins convaincu. Lorsque le véritable plan du docteur Ita est enfin dévoilé, j'ai eu du mal à ne pas trouver la situation franchement risible. Les invraisemblances physiques sont trop grandes pour mon esprit scientifique, les facilités scénaristiques deviennent trop nombreuses et la crédibilité patiemment construite jusque-là s'effondre au profit d'un message moral un peu trop appuyé. C'est d'autant plus frustrant que le reste du récit s'efforçait justement de rester relativement crédible malgré son postulat de science-fiction. J'en ressors avec un avis très partagé. J'ai trouvé la majeure partie de l'album bien menée, intelligente et riche en réflexions, mais son dénouement m'a laissé une impression de gâchis. C'est dommage, car sans cette dernière partie, il aurait sans doute figuré parmi mes adaptations préférées de Liu Cixin. Note : 2.5/5

26/07/2026 (modifier)