Une bonne petite récréation cette première bande publiée aux Humanos.
Denis Sire nous embarque dans un voyage inspiré du raypunk où l'érotisme chic rencontre l'aventure spatiale, où le glamour du récit se mêle aux fantasmes futuristes.
J'ai tout de suite pensé à Barbarella de Roger Vadim.
C'est intemporel puisque c'est un exercice de style qui ne recherche pas le réalisme.
La carte maîtresse de Sire sont les pin-up anachroniques qui fournissent un alibi pour entrainer le héros dans toutes sortes d'aventures.
Le format feuilletonesque nuit un peu à la qualité de l'intrigue.
Il vaut mieux connaître ce que fait l'auteur avant de se lancer.
Une lecture difficile tant le fil narratif m’a paru décousu et complexe.
J’avais pourtant beaucoup d’attente pour cette BD après une lecture enthousiasmante de @Raptor…
Alors certes, la diversité des techniques graphiques utilisées (dessin, peinture, collage) donne un super résultat, c’est indéniable.
De par le style artistique et le thème abordé, j’ai d’ailleurs vu plusieurs similitudes avec le travail du peintre allemand Otto Dix.
Toutefois, je trouve que cet aspect prédominant de l’art finit par desservir le récit.
J’en viens même à me questionner sur l’intérêt d’utiliser la bande dessinée ici. Un livrable composé de différents tableaux (légendés ou non) aurait été tout aussi pertinent, quitte à le publier par la suite sous forme papier pour une plus large diffusion (dans le cadre de l’hommage à l’œuvre de Paul Nash pour lequel Dave McKean a été sollicité).
J’ai finalement une analyse plutôt semblable à celle des précédents aviseurs mais un ressenti qui diverge.
Note réelle : 2.5/5 que je pousse à 3 pour l’originalité ainsi que la beauté de certains poèmes !
Ce recueil d'histoires humoristiques de Goossens m'a laissé un sentiment mitigé. Il est vraiment trop inégal.
Certaines histoires fonctionnent bien et font rire pour peu qu'on se laisse prendre par leur ambiance, comme celle du Petit Poucet ou celle du Comte Karlgraf par exemple. On peut alors s'amuser pleinement de l'absurde, du décalage des dialogues et du sérieux exagéré avec lequel les personnages affrontent des situations ridicules.
En revanche, beaucoup d'autres récits sont bien plus mous et peinent à provoquer le moindre rire. L'absurde s'y dilue dans une construction parfois confuse, les gags paraissent étirés ou manquent de chute, et on a parfois l'impression de se traîner d'une planche à l'autre sans réelle surprise.
Quant au dessin, il reste sympathique et typique du style de Goossens, avec ses bouilles parfois geignardes ou ridiculement sérieuses, mais cela ne suffit pas à compenser le manque de constance dans l'humour.
Bref, ce n'est pas le meilleur de Goossens : quelques bonnes idées et mises en scènes réussies, mais de nombreux épisodes peinent à convaincre, donnant une lecture trop inégale.
Note : 2,5/5
Philippe Vuillemin fait partie des rares auteurs volontairement trash que j'ai fini par apprécier. Son dessin est pourtant tout sauf engageant : un trait extrêmement gras, volontairement sale, avec des personnages difformes, crasseux et souvent répugnants. Les histoires vont dans le même sens : humour noir très gras, scatologique, sexuel, provocateur et constamment borderline. Bref, tout est pensé pour être dégoûtant et agressif.
Et pourtant, c'est précisément parce qu'il va jusqu'au bout de cette logique que cela a fini par fonctionner pour moi. Vuillemin ne cherche jamais à adoucir son propos ni à se donner des excuses : il assume un humour politiquement incorrect absolument crasseux, rempli de gags machistes et racistes qui dynamitent le bon goût. J'y ris souvent par le choc frontal, par la violence de la blague et par l'absence totale de filtre. Dans un paysage médiatique devenu hypersensible et souvent moralisateur, ce type d'humour brutal paraît presque rafraîchissant. Il y a chez lui une sorte de nihilisme goguenard qui tire dans toutes les directions et refuse toute forme de respectabilité.
Et au-delà de la provocation, il faut aussi reconnaître une vraie efficacité narrative. Les gags sont rapides, secs, percutants, et tombent souvent juste. Même quand c'est excessif ou profondément stupide, le rythme fonctionne.
Cela dit, cet album reste pour moi un peu moins marquant que "Hitler = SS", qui avait l'avantage d'un thème unique lui donnant une vraie cohérence. Ici, on est davantage face à un recueil d'histoires plus ou moins longues. Comme souvent dans ce type de compilation, le résultat est forcément un peu hétérogène et plus inégal.
C'est du Vuillemin pur jus : sale, méchant, excessif et totalement décomplexé. Mieux vaut savoir exactement dans quoi on met les pieds.
La deuxième publication de Voss dans la collection Pied Jaloux et la troisième aux Huma si on compte Heilman.
Le dessin de Voss atteint ici sa pleine maturité artistique.
Il y a une maîtrise du noir, un souci maniaque du détail dans chaque vignette... Les bolides terrestres et les engins spatiaux sont sublimes.
Kar War se classe sans conteste sur le podium des plus belles bandes publiées dans cette collection.
C'est d'autant plus dommage que l'histoire n'est pas toujours au niveau des images.
En effet, on a droit à une intrigue trop convenue de bandes rivales cherchant à s'emparer du pouvoir sur une planète lointaine.
La narration ne nous laisse pas souffler, on est souvent noyé sous les péripéties.
De manière générale, le récit m'a moins emballé que L'Arbre à came qui était plus agréable à suivre.
On a droit à une seconde histoire assez réussie de 10 pages, Vol de Lune, en fin d'album.
Une très belle bande, passée pas loin du chef d'oeuvre si la narration avait été mieux maîtrisée.
Je m’attendais à lire une biographie d’une « dynastie » de bourreaux, célèbre pour avoir officié dans la capitale aux XVIIème et XVIIIème siècles (voire un peu au-delà). C’est un peu ça bien sûr. Mais, rapidement, l’intrigue bifurque vers autre chose.
L’amateur de souffrances n’est pas le bourreau, comme je l’avais au départ imaginé, mais un personnage – puis d’autres, qui puisent dans la vision des souffrances infligées une sorte de remède miracle contre le vieillissement, une jouissance pas seulement sadique, mais aussi quasi orgasmique.
Cet aspect de l’histoire rapproche cette série de certains romans gothiques, avec un fantastique noir et inquiétant, vaguement horrifique.
Toutefois, une fois la situation mise en place, j’ai trouvé que le scénario en rajoutait un peu trop au niveau des pouvoirs de nuisance de cet « amateur ». Qu’il soit une sorte de Gilles de Rais moderne passe encore, mais qu’il soit l’instigateur de plusieurs régicides, voire de la Révolution française, en influençant à ce point certains personnages – et à travers eux la marche de l’Histoire – ça fait un peu trop. Ce travers s’accentue dans le deuxième, encore plus dans le dernier album – ce que je regrette un peu (j'aurais sans doute arrondis au supérieur sans ça).
Au final, ça reste quand même une série plaisante, qui exploite bien l’Histoire, nous présente le « métier » de bourreau (et ici on est même surpris de découvrir des bourreaux presque humanistes, cherchant à limiter les souffrances de leurs « clients »), avec un dessin au trait gras mais lisible et pas désagréable.
Note réelle 3,5/5.
Une première remarque pour commencer : je ne sais pas si c'est Chantal Montellier ou une autre personne des Humas qui validait ses couvertures, mais elles appartiennent au panthéon de la bd indépendante des années 80.
Ici le style de Montellier est en parfaite adéquation avec le propos. Une rupture amoureuse et en parallèle une interrogation sur la condition d'artiste.
C'est très punk, très contemporain aussi.
L'histoire n'est pas dure à suivre mais les partis pris esthétiques peuvent être plus ou moins appréciés en fonction du lecteur.
C'est dans les œuvres à lire si on apprécie l'auteure.
2.5
Encore une adaptation d'un light novel qui se passe dans un monde de fantasy inspiré des jeux de rôles. Il y a vraiment peu d'originalité dans cette série, les personnages étant des archétypes qu'on a vu des centaines de fois. Mention spécial pour l'amie d'enfance du héros qui est amoureuse de lui, qui jalouse et possessive et aussi elle une poitrine plate alors les filles à gros seins la rendre furieuse ! En plus, le dessin est vraiment moyen.
Malgré tout, j'ai lu les 4 premiers tomes, qui forment le premier arc de la série, sans trop de problème. Certaines scènes plus humoristiques marchent bien et j'ai été surpris par l'évolution psychologique du héros. Depuis quelques années, il y a eu plusieurs light novels où le héros est traité comme une merde par les autres personnages et il devient un gros méchant qui fait des trucs horribles et c'est justifié par le scénario même si le héros fait les pires trucs imaginables. Ici, le héros a été maltraité par son ancienne équipe et au fil d'aller abuser tout se qui bouge, il a peu confiance en lui même s'il possède un grand potentiel et il est surpris lorsqu'on est gentil avec lui. Je trouve ça rafraichissant même si je ne trouve pas son histoire particulièrement captivante. En fait, j'ai surtout accroché à la sous-intrigue tournant autour de l'ancienne équipe du héros. Ils ont engagé une nouvelle équipière pour le remplacer et celle-ci va vite se rendre compte qu'il y a quelques choses d'étrange et de toxique dans ce groupe.
Donc voilà c'est pas le manga du siècle et je ne sais pas trop si j'ai envie de lire la suite, mais j'ai vu bien pire dans le même genre.
On est au début des années 80, la publication des Naufragés du temps est doucement en train de se terminer et Gillon éprouve à cette epoque le besoin de changer de registre.
Ce sera d'abord Les Leviathans publié en 1982 et donc Moby Dick en 1983, l'adaptation d'un classique du roman d'aventures.
C'est Ollivier Jean qui adapte l'oeuvre d'Hermann Melville.
Le choix de Gillon au dessin est assez logique au regard de son expérience acquise dans les années 70 avec "Jérémie", autre aventure se déroulant sur les mers.
La narration d'Ollivier est de qualité et respecte bien le récit original.
Le trait de Gillon est parfois un peu trop statique pour dessiner une aventure aussi tumultueuse, mais il réussit très bien son capitaine Achab. On a l'impression de revoir un peu l'incarnation tourmentée de Grégory Peck dans le film éponyme de John Huston.
Les couleurs sont correctes mais n'atteigne pas la qualité des naufragés du temps.
Sans atteindre des sommets, une lecture agréable et une bande de Gillon à redécouvrir.
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Menace diabolique
Une bonne petite récréation cette première bande publiée aux Humanos. Denis Sire nous embarque dans un voyage inspiré du raypunk où l'érotisme chic rencontre l'aventure spatiale, où le glamour du récit se mêle aux fantasmes futuristes. J'ai tout de suite pensé à Barbarella de Roger Vadim. C'est intemporel puisque c'est un exercice de style qui ne recherche pas le réalisme. La carte maîtresse de Sire sont les pin-up anachroniques qui fournissent un alibi pour entrainer le héros dans toutes sortes d'aventures. Le format feuilletonesque nuit un peu à la qualité de l'intrigue. Il vaut mieux connaître ce que fait l'auteur avant de se lancer.
Il était une fois l'escalade
Pas mal du tout. Mais un peu trop long et pas accrocheur. Heureusement de magnifiques illustrations et des annexes très instructives.
Black Dog - Les Rêves de Paul Nash
Une lecture difficile tant le fil narratif m’a paru décousu et complexe. J’avais pourtant beaucoup d’attente pour cette BD après une lecture enthousiasmante de @Raptor… Alors certes, la diversité des techniques graphiques utilisées (dessin, peinture, collage) donne un super résultat, c’est indéniable. De par le style artistique et le thème abordé, j’ai d’ailleurs vu plusieurs similitudes avec le travail du peintre allemand Otto Dix. Toutefois, je trouve que cet aspect prédominant de l’art finit par desservir le récit. J’en viens même à me questionner sur l’intérêt d’utiliser la bande dessinée ici. Un livrable composé de différents tableaux (légendés ou non) aurait été tout aussi pertinent, quitte à le publier par la suite sous forme papier pour une plus large diffusion (dans le cadre de l’hommage à l’œuvre de Paul Nash pour lequel Dave McKean a été sollicité). J’ai finalement une analyse plutôt semblable à celle des précédents aviseurs mais un ressenti qui diverge. Note réelle : 2.5/5 que je pousse à 3 pour l’originalité ainsi que la beauté de certains poèmes !
L'Homme à la Valise
Ce recueil d'histoires humoristiques de Goossens m'a laissé un sentiment mitigé. Il est vraiment trop inégal. Certaines histoires fonctionnent bien et font rire pour peu qu'on se laisse prendre par leur ambiance, comme celle du Petit Poucet ou celle du Comte Karlgraf par exemple. On peut alors s'amuser pleinement de l'absurde, du décalage des dialogues et du sérieux exagéré avec lequel les personnages affrontent des situations ridicules. En revanche, beaucoup d'autres récits sont bien plus mous et peinent à provoquer le moindre rire. L'absurde s'y dilue dans une construction parfois confuse, les gags paraissent étirés ou manquent de chute, et on a parfois l'impression de se traîner d'une planche à l'autre sans réelle surprise. Quant au dessin, il reste sympathique et typique du style de Goossens, avec ses bouilles parfois geignardes ou ridiculement sérieuses, mais cela ne suffit pas à compenser le manque de constance dans l'humour. Bref, ce n'est pas le meilleur de Goossens : quelques bonnes idées et mises en scènes réussies, mais de nombreux épisodes peinent à convaincre, donnant une lecture trop inégale. Note : 2,5/5
Plaisir d'offrir
Philippe Vuillemin fait partie des rares auteurs volontairement trash que j'ai fini par apprécier. Son dessin est pourtant tout sauf engageant : un trait extrêmement gras, volontairement sale, avec des personnages difformes, crasseux et souvent répugnants. Les histoires vont dans le même sens : humour noir très gras, scatologique, sexuel, provocateur et constamment borderline. Bref, tout est pensé pour être dégoûtant et agressif. Et pourtant, c'est précisément parce qu'il va jusqu'au bout de cette logique que cela a fini par fonctionner pour moi. Vuillemin ne cherche jamais à adoucir son propos ni à se donner des excuses : il assume un humour politiquement incorrect absolument crasseux, rempli de gags machistes et racistes qui dynamitent le bon goût. J'y ris souvent par le choc frontal, par la violence de la blague et par l'absence totale de filtre. Dans un paysage médiatique devenu hypersensible et souvent moralisateur, ce type d'humour brutal paraît presque rafraîchissant. Il y a chez lui une sorte de nihilisme goguenard qui tire dans toutes les directions et refuse toute forme de respectabilité. Et au-delà de la provocation, il faut aussi reconnaître une vraie efficacité narrative. Les gags sont rapides, secs, percutants, et tombent souvent juste. Même quand c'est excessif ou profondément stupide, le rythme fonctionne. Cela dit, cet album reste pour moi un peu moins marquant que "Hitler = SS", qui avait l'avantage d'un thème unique lui donnant une vraie cohérence. Ici, on est davantage face à un recueil d'histoires plus ou moins longues. Comme souvent dans ce type de compilation, le résultat est forcément un peu hétérogène et plus inégal. C'est du Vuillemin pur jus : sale, méchant, excessif et totalement décomplexé. Mieux vaut savoir exactement dans quoi on met les pieds.
Kar War
La deuxième publication de Voss dans la collection Pied Jaloux et la troisième aux Huma si on compte Heilman. Le dessin de Voss atteint ici sa pleine maturité artistique. Il y a une maîtrise du noir, un souci maniaque du détail dans chaque vignette... Les bolides terrestres et les engins spatiaux sont sublimes. Kar War se classe sans conteste sur le podium des plus belles bandes publiées dans cette collection. C'est d'autant plus dommage que l'histoire n'est pas toujours au niveau des images. En effet, on a droit à une intrigue trop convenue de bandes rivales cherchant à s'emparer du pouvoir sur une planète lointaine. La narration ne nous laisse pas souffler, on est souvent noyé sous les péripéties. De manière générale, le récit m'a moins emballé que L'Arbre à came qui était plus agréable à suivre. On a droit à une seconde histoire assez réussie de 10 pages, Vol de Lune, en fin d'album. Une très belle bande, passée pas loin du chef d'oeuvre si la narration avait été mieux maîtrisée.
Les Sanson et l'Amateur de souffrances
Je m’attendais à lire une biographie d’une « dynastie » de bourreaux, célèbre pour avoir officié dans la capitale aux XVIIème et XVIIIème siècles (voire un peu au-delà). C’est un peu ça bien sûr. Mais, rapidement, l’intrigue bifurque vers autre chose. L’amateur de souffrances n’est pas le bourreau, comme je l’avais au départ imaginé, mais un personnage – puis d’autres, qui puisent dans la vision des souffrances infligées une sorte de remède miracle contre le vieillissement, une jouissance pas seulement sadique, mais aussi quasi orgasmique. Cet aspect de l’histoire rapproche cette série de certains romans gothiques, avec un fantastique noir et inquiétant, vaguement horrifique. Toutefois, une fois la situation mise en place, j’ai trouvé que le scénario en rajoutait un peu trop au niveau des pouvoirs de nuisance de cet « amateur ». Qu’il soit une sorte de Gilles de Rais moderne passe encore, mais qu’il soit l’instigateur de plusieurs régicides, voire de la Révolution française, en influençant à ce point certains personnages – et à travers eux la marche de l’Histoire – ça fait un peu trop. Ce travers s’accentue dans le deuxième, encore plus dans le dernier album – ce que je regrette un peu (j'aurais sans doute arrondis au supérieur sans ça). Au final, ça reste quand même une série plaisante, qui exploite bien l’Histoire, nous présente le « métier » de bourreau (et ici on est même surpris de découvrir des bourreaux presque humanistes, cherchant à limiter les souffrances de leurs « clients »), avec un dessin au trait gras mais lisible et pas désagréable. Note réelle 3,5/5.
Rupture
Une première remarque pour commencer : je ne sais pas si c'est Chantal Montellier ou une autre personne des Humas qui validait ses couvertures, mais elles appartiennent au panthéon de la bd indépendante des années 80. Ici le style de Montellier est en parfaite adéquation avec le propos. Une rupture amoureuse et en parallèle une interrogation sur la condition d'artiste. C'est très punk, très contemporain aussi. L'histoire n'est pas dure à suivre mais les partis pris esthétiques peuvent être plus ou moins appréciés en fonction du lecteur. C'est dans les œuvres à lire si on apprécie l'auteure.
Magical Buffs - L'éveil de l'enchanteur polyvalent
2.5 Encore une adaptation d'un light novel qui se passe dans un monde de fantasy inspiré des jeux de rôles. Il y a vraiment peu d'originalité dans cette série, les personnages étant des archétypes qu'on a vu des centaines de fois. Mention spécial pour l'amie d'enfance du héros qui est amoureuse de lui, qui jalouse et possessive et aussi elle une poitrine plate alors les filles à gros seins la rendre furieuse ! En plus, le dessin est vraiment moyen. Malgré tout, j'ai lu les 4 premiers tomes, qui forment le premier arc de la série, sans trop de problème. Certaines scènes plus humoristiques marchent bien et j'ai été surpris par l'évolution psychologique du héros. Depuis quelques années, il y a eu plusieurs light novels où le héros est traité comme une merde par les autres personnages et il devient un gros méchant qui fait des trucs horribles et c'est justifié par le scénario même si le héros fait les pires trucs imaginables. Ici, le héros a été maltraité par son ancienne équipe et au fil d'aller abuser tout se qui bouge, il a peu confiance en lui même s'il possède un grand potentiel et il est surpris lorsqu'on est gentil avec lui. Je trouve ça rafraichissant même si je ne trouve pas son histoire particulièrement captivante. En fait, j'ai surtout accroché à la sous-intrigue tournant autour de l'ancienne équipe du héros. Ils ont engagé une nouvelle équipière pour le remplacer et celle-ci va vite se rendre compte qu'il y a quelques choses d'étrange et de toxique dans ce groupe. Donc voilà c'est pas le manga du siècle et je ne sais pas trop si j'ai envie de lire la suite, mais j'ai vu bien pire dans le même genre.
Moby Dick (Gillon)
On est au début des années 80, la publication des Naufragés du temps est doucement en train de se terminer et Gillon éprouve à cette epoque le besoin de changer de registre. Ce sera d'abord Les Leviathans publié en 1982 et donc Moby Dick en 1983, l'adaptation d'un classique du roman d'aventures. C'est Ollivier Jean qui adapte l'oeuvre d'Hermann Melville. Le choix de Gillon au dessin est assez logique au regard de son expérience acquise dans les années 70 avec "Jérémie", autre aventure se déroulant sur les mers. La narration d'Ollivier est de qualité et respecte bien le récit original. Le trait de Gillon est parfois un peu trop statique pour dessiner une aventure aussi tumultueuse, mais il réussit très bien son capitaine Achab. On a l'impression de revoir un peu l'incarnation tourmentée de Grégory Peck dans le film éponyme de John Huston. Les couleurs sont correctes mais n'atteigne pas la qualité des naufragés du temps. Sans atteindre des sommets, une lecture agréable et une bande de Gillon à redécouvrir.