C'est presque encore plus joli qu'Hombre mais c'est hélas beaucoup moins abouti.
Ce n'est pas tant la faute du format court que des chutes en elle mêmes qui tombent souvent à plat. Dommage parce que les canevas de chaque historiette sont plutôt bien pensés en amont.
Le dessin est irréprochable, les expressions sont assez caricaturales, on comprends vite que nous sommes dans une bd à seule vocation humoristique.
Il faut réussir à chasser Hombre de son esprit pour apprécier pleinement ces nouveaux antihéros, ce qui n'est pas simple.
A essayer.
J'ai enfin lu cette œuvre de référence obligatoire, vu la quantité d'opinions enthousiastes. En noir et blanc, comme il se doit.
Les dessins sont de qualité et, pour une fois, avec Rosinski, je n'ai pas eu de problèmes concernant l'anatomie étrange des personnages: cela fait partie du genre.
La narration se laisse lire, mais la juxtaposition avec certains éléments bibliques m'a un peu dérangé. C'est subtil, certes, mais cela pourrait être plus pleinement assumé par les auteurs ou simplement évité. Dans la sensation finale et le bilan de tout, je suis resté un peu déprimé et je ne sais pas comment expliquer complètement pourquoi...
J'ai lu les deux premiers tomes et je ne sais pas trop si j'ai envie de lire la suite. Ce n'est pas mauvais, mais il y a rien qui me donne envie de continuer à lire la suite.
Une adolescente se réveille un jour avec des cornes sur la tête et elle apprend par sa mère que son père disparu est un dragon ! Elle va donc apprendre à vivre avec le fait qu'elle a des cornes et aussi des pouvoirs magiques qu'elle découvre graduellement. C'est intéressant comme concept, mais jusqu'à présent on est dans du feel good qui me laisse un peu indifférent. Plusieurs chapitres montrent l'héroïne et son entourage dans leur vie de tous les jours et comment ils apprennent à accepter sa situation. Bon ça peu être sympa pour plusieurs lecteurs de voir l'héroïne accepter par les autres malgré sa différence, mais j'ai envie de voir autre chose que des chapitres du genre l'ados mi-dragon s'amuse au bowling avec d'autres ados. Le truc le plus intéressant jusqu'à présent est qu'une des camarades de classe de l'héroïne ne l'aime pas pour une raison mystérieuse.
Ça se laisse lire sans problème, d'autant que le dessin est vraiment bon avec pleins de détails sans être surchargé, mais c'est vraiment pas palpitant à lire.
Une plongée dans un univers onirique et symbolique très marqué, portée par un dessin superbe, mais dont la longueur et le propos m'ont laissé à distance.
J'ai retrouvé dans cet album tout ce qui fait l'identité graphique de David B : un dessin immédiatement reconnaissable, entre onirisme, sens très fort de l'illustration et une forme de naïveté assumée dans le trait. Le noir et blanc est toujours aussi travaillé, avec des contrastes marqués et une richesse visuelle impressionnante. Chaque planche regorge de détails, d'idées, de créatures et de compositions qui donnent envie de s'attarder dessus.
Le récit baigne dans cette ambiance très caractéristique de l'auteur, à la fois fantasmagorique et symbolique, presque comme un rêve ou une longue fable. On est dans la continuité de ses œuvres précédentes, avec ce goût pour les univers mentaux, les mythologies revisitées et les récits qui fonctionnent davantage par associations d'idées que par une narration classique.
La lecture reste globalement plaisante, notamment grâce à cette inventivité visuelle constante et à la richesse du monde proposé. Mais j'ai malgré tout ressenti une vraie longueur. L'album est dense, assez étendu, et je n'ai pas été captivé sur toute la durée. Par moments, j'ai décroché, avec l'impression que le récit avançait sans vraiment réussir à maintenir mon attention sur le long terme.
Sur le fond, le propos m'a également laissé un peu en dehors. Le message global, comme la conclusion, ne m'ont pas particulièrement parlé. J'ai bien perçu la dimension symbolique et les intentions derrière ce voyage, mais sans que cela résonne vraiment chez moi.
Je pense que c'est un album qui ravira les fans de l'auteur, car il fonctionne un peu comme une synthèse de l'œuvre et de l'esprit de David B. Mais je ne fais pas vraiment partie de ces lecteurs-là : même si j'ai apprécié la force visuelle et l'univers original de cette BD, elle ne m'a pas vraiment emporté.
Avec Silent Jenny, Mathieu Bablet poursuit son exploration de la science-fiction après Shangri-La et Carbone & Silicium. Une trilogie marquante, ambitieuse, qui a clairement posé son univers… et ici, il change un peu de registre.
On part sur quelque chose de plus brut, plus sec. Un vrai road trip dans un monde ravagé, avec des vibes très marquées à la Mad Max : poussière, violence, survie, et cette impression constante que tout peut basculer à chaque instant.
L’ambiance est là, sans aucun doute. Bablet sait créer des univers forts, et encore une fois, visuellement, ça claque. Son trait, ses compositions, son sens du silence et des grands espaces fonctionnent toujours aussi bien. Il y a une vraie maîtrise, une identité qui saute aux yeux dès les premières pages.
Mais malgré toutes ses qualités, Silent Jenny n’est pas, pour moi, au niveau de ses précédentes œuvres. Peut-être moins marquant, moins profond, ou simplement moins surprenant. Ça reste une belle BD, un vrai moment de lecture, mais sans cette petite étincelle qui m’avait marqué sur ses précédents récits.
Ça n’empêche pas le voyage d’être agréable. C’est un univers dans lequel on se laisse embarquer, porté par une atmosphère forte et un auteur qui sait clairement où il va.
Un bon Bablet, solide et immersif, même s’il ne m’a pas autant marqué que ses précédents travaux.
Arcadium est une œuvre qui impose immédiatement une patte visuelle forte. En auteur complet, Nikopek livre un travail graphique impressionnant : le dessin est maîtrisé, l’ambiance est lourde, presque oppressante, et certaines planches restent en tête comme des images de cinéma. C’est clairement le point fort de l’album.
À cela s’ajoute une vraie bonne idée : une bande-son associée à la lecture, qui accompagne parfaitement l’ambiance du récit. Elle renforce l’immersion et accentue ce côté presque hypnotique et dérangeant de l’œuvre. C’est un plus appréciable qui montre la volonté de proposer une expérience complète.
L’histoire, elle, démarre de manière accrocheuse avec un postulat intrigant, avant de glisser progressivement vers quelque chose de plus étrange et déroutant. L’atmosphère fonctionne, l’intention est là, et on sent une vraie volonté de proposer une expérience immersive et singulière.
Mais c’est aussi là que l’album peut diviser. L’intrigue devient parfois floue, voire nébuleuse, ce qui peut perdre le lecteur en cours de route. Les personnages manquent par moments de profondeur, ce qui empêche de s’y attacher pleinement. Enfin, la narration laisse volontairement des zones d’ombre, ce qui peut frustrer celles et ceux qui attendent une explication claire ou une résolution plus nette.
Au final, Arcadium est une bonne BD, portée par une direction artistique remarquable et une expérience sensorielle intéressante, mais qui n’atteint pas totalement son plein potentiel à cause d’une narration parfois trop opaque.
Note réelle : 3,5 / 5
Une série (qui a finit comme un one-shot...sympa pour ceux qui avait acheté le premier tomer !) pas trop mal qui vise clairement le public ados fan de mangas shonen.
En effet, on retrouve un récit d'aventure remplis d'actions et d'humour et des personnages très archétypes. Rien que le fait que le héros soit le seul male du groupe et que bien sur toutes les filles vont avoir des sentiments pour lui fit très cliché. Il y a même parmi les trois filles une amie d'enfance qui aime déjà le héros au début de l'histoire ! J'avoue que j'ai été surpris qu'il ne touche pas accidentellement leurs seins ou qu'il rentre dans une salle où elles se changeaient.
Bref, le scénario est purement accès sur le divertissement et il ne faut pas chercher un scénario qui renouvellera le genre ou qui sera profond. Je trouve cela un peu dommage parce qu'il y a du potentiel dans le scénario, mais le récit va trop souvent trop vite et c'est un peu décousu. Cela se laisse tout de même lire. L'humour fonctionne parfois, les personnages sont un peu attachants et le dessin est dynamique. C'est surtout un album que je conseil pour un public jeune parce que je pense que plusieurs lecteurs adultes vont s'ennuyer.
Alors alors...
Je suis rentré dans cette bd assez enthousiaste. J'avais beaucoup aimé l'adaptation de Le Choeur des femmes faite par la même autrice, et c'est le genre de sujet que j'affectionne. Et j'avoue que j'ai beaucoup aimé le début. Je l'ai trouvé touchant, bien amené, j'ai aimé suivre le parcours de Aude Mermilliod dans sa construction et sa reconstruction. J'aime en plus beaucoup le dessin, qui est rond, réconfortant. Les couleurs également un peu pastels et claires sont très dans le ton, et elles deviennent de plus en plus vives au fur et à mesure du livre (ça, j'avoue que je viens seulement de le remarquer), au fur et à mesure que l'héroïne se libère et s'accepte.
Mais le problème, c'est que 260 (!) pages, c'est long. Un peu trop long. Certaines histoires trainent un peu, l'histoire a du mal à enchainer, et du coup, l'émotion se perd. Au milieu du récit, dans la partie qui se passe au Canada et celle juste après, j'ai du me forcer pour continuer, car je commençais un peu à m'ennuyer. Comme Ro, j'ai aussi parfois eu un peu de mal à suivre certains choix, et pareil, ça m'a un peu fait perdre en émotion. Finalement, j'avais quand même envie d'arriver au bout, de voir comment elle a finalement réussi à arriver au bout de ce chemin, comment tout ce cheminement intérieur a fini. Et je me suis remis dedans dans la dernière partie, toujours aidé par ce dessin tout chaud que j'aime beaucoup, et, quand même, par le propos global que je trouve important et inspirant, l'histoire d'une femme qui a cherché, pendant toutes ces années, à s'épanouir dans ses relations, à accepter son corps et elle-même. Je trouve ça quand même assez inspirant, même si comme dit plus tôt j'aurais sûrement été plus touché si le récit avait été un peu plus nerveux et si je m'étais un peu plus retrouvé chez l'héroïne, notamment au niveau du caractère.
En tout cas, je compte bien lire les autres bds de Mermilliod, tant les sujets qu'elles semblent aborder m'intéressent.
Je ne suis clairement pas fan de tatouages, je n'en ai aucun, mais j'ai toujours trouvé les histoires autour et la culture qui s'en est développée assez interessantes. Je me souviens d'une expo sur le tatouage que j'avais beaucoup aimée au quai Branly, où j'avis un peu découvert toutes ces manières de faire, ces différences culturelles, de techniques, etc. Alors quand j'ai vu cette bd à la bibli, d'un auteur que j'aime en plus beaucoup, je n'ai pas trop hésité.
Le tout se lit très facilement et est très fluide. J'aime bien la narration de Cookie Kalkair, qui a je trouve un ton particulier, je ne saurais pas trop le définir, mais ça me plait bien. Il a une façon de raconter ses histoires (je crois que tout ce que j'ai lu était autobiographique) très fluide, touchante quand il le faut et teintée d'humour.
Il nous raconte dans cette bd l'histoire de certains de ses tatouages, comprenant le contexte autour, le tatoueur, son style, etc. Je l'ai dit, ça se lit bien et ce n'est pas du tout rébarbatif, même si on n'est pas passionné par le tatouage et qu'on n'y connaît rien. Une lecture sympathique donc, même si je n'ai pas été embarqué avec l'auteur autant que je l'aurais été si j'avais été passionné.
En ce qui concerne le dessin, j'aime beaucoup le style, qui est un peu moins à maturité que sur ses dernières productions, l'expression des personnages restant une force et quelque chose qui marche très bien. La couleur toute rouge orange des pages m'a un peu gêné au début, je trouve que ça perd un peu l'oeil. Mais je m'y suis vite fait.
Une bonne petite lecture dans le RER pour ma part.
La série s'inspire à la base de la Rubrique-à-Brac de Gotlib, avec ce principe de départ consistant à répondre avec humour à des questions animalières supposément envoyées par des lecteurs. Mais dans les faits, elle se rapproche davantage du travail de Marion Montaigne (Tu mourras moins bête), puisqu’elle propose un vrai contenu informatif, avec des explications scientifiques et des anecdotes intéressantes sur les animaux.
Le problème, c’est que l’équilibre entre humour et information ne fonctionne pas toujours très bien. L’ensemble est moins débridé et absurde que chez Gotlib, mais aussi moins percutant dans son comique que Marion Montaigne. L’humour reste souvent assez enfantin et, à mes yeux, pas toujours très efficace, même si certains passages m’ont fait sourire, notamment l’article sur les pigeons voyageurs.
Côté contenu, j’ai trouvé qu’il y avait malgré tout de vraies choses à apprendre, ce qui rend la lecture agréable et parfois instructive. En revanche, la présence d’informations volontairement fausses, disséminées parmi les vraies sans être clairement identifiées comme des blagues, m’a un peu gêné, comme par exemple dans la page sur les cris des animaux. Cela peut prêter à confusion quand on ne sait pas toujours facilement distinguer le vrai du faux, ce qui me semble problématique, surtout pour un jeune lectorat.
Si j'aime bien l’idée de départ d'articles informatifs et humoristiques sur les animaux, je suis un peu mitigé sur l’efficacité de l’humour et sur ce mélange parfois flou entre vulgarisation et fantaisie.
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Burton & Cyb
C'est presque encore plus joli qu'Hombre mais c'est hélas beaucoup moins abouti. Ce n'est pas tant la faute du format court que des chutes en elle mêmes qui tombent souvent à plat. Dommage parce que les canevas de chaque historiette sont plutôt bien pensés en amont. Le dessin est irréprochable, les expressions sont assez caricaturales, on comprends vite que nous sommes dans une bd à seule vocation humoristique. Il faut réussir à chasser Hombre de son esprit pour apprécier pleinement ces nouveaux antihéros, ce qui n'est pas simple. A essayer.
Le Grand Pouvoir du Chninkel
J'ai enfin lu cette œuvre de référence obligatoire, vu la quantité d'opinions enthousiastes. En noir et blanc, comme il se doit. Les dessins sont de qualité et, pour une fois, avec Rosinski, je n'ai pas eu de problèmes concernant l'anatomie étrange des personnages: cela fait partie du genre. La narration se laisse lire, mais la juxtaposition avec certains éléments bibliques m'a un peu dérangé. C'est subtil, certes, mais cela pourrait être plus pleinement assumé par les auteurs ou simplement évité. Dans la sensation finale et le bilan de tout, je suis resté un peu déprimé et je ne sais pas comment expliquer complètement pourquoi...
Ruridragon
J'ai lu les deux premiers tomes et je ne sais pas trop si j'ai envie de lire la suite. Ce n'est pas mauvais, mais il y a rien qui me donne envie de continuer à lire la suite. Une adolescente se réveille un jour avec des cornes sur la tête et elle apprend par sa mère que son père disparu est un dragon ! Elle va donc apprendre à vivre avec le fait qu'elle a des cornes et aussi des pouvoirs magiques qu'elle découvre graduellement. C'est intéressant comme concept, mais jusqu'à présent on est dans du feel good qui me laisse un peu indifférent. Plusieurs chapitres montrent l'héroïne et son entourage dans leur vie de tous les jours et comment ils apprennent à accepter sa situation. Bon ça peu être sympa pour plusieurs lecteurs de voir l'héroïne accepter par les autres malgré sa différence, mais j'ai envie de voir autre chose que des chapitres du genre l'ados mi-dragon s'amuse au bowling avec d'autres ados. Le truc le plus intéressant jusqu'à présent est qu'une des camarades de classe de l'héroïne ne l'aime pas pour une raison mystérieuse. Ça se laisse lire sans problème, d'autant que le dessin est vraiment bon avec pleins de détails sans être surchargé, mais c'est vraiment pas palpitant à lire.
Monsieur Chouette
Une plongée dans un univers onirique et symbolique très marqué, portée par un dessin superbe, mais dont la longueur et le propos m'ont laissé à distance. J'ai retrouvé dans cet album tout ce qui fait l'identité graphique de David B : un dessin immédiatement reconnaissable, entre onirisme, sens très fort de l'illustration et une forme de naïveté assumée dans le trait. Le noir et blanc est toujours aussi travaillé, avec des contrastes marqués et une richesse visuelle impressionnante. Chaque planche regorge de détails, d'idées, de créatures et de compositions qui donnent envie de s'attarder dessus. Le récit baigne dans cette ambiance très caractéristique de l'auteur, à la fois fantasmagorique et symbolique, presque comme un rêve ou une longue fable. On est dans la continuité de ses œuvres précédentes, avec ce goût pour les univers mentaux, les mythologies revisitées et les récits qui fonctionnent davantage par associations d'idées que par une narration classique. La lecture reste globalement plaisante, notamment grâce à cette inventivité visuelle constante et à la richesse du monde proposé. Mais j'ai malgré tout ressenti une vraie longueur. L'album est dense, assez étendu, et je n'ai pas été captivé sur toute la durée. Par moments, j'ai décroché, avec l'impression que le récit avançait sans vraiment réussir à maintenir mon attention sur le long terme. Sur le fond, le propos m'a également laissé un peu en dehors. Le message global, comme la conclusion, ne m'ont pas particulièrement parlé. J'ai bien perçu la dimension symbolique et les intentions derrière ce voyage, mais sans que cela résonne vraiment chez moi. Je pense que c'est un album qui ravira les fans de l'auteur, car il fonctionne un peu comme une synthèse de l'œuvre et de l'esprit de David B. Mais je ne fais pas vraiment partie de ces lecteurs-là : même si j'ai apprécié la force visuelle et l'univers original de cette BD, elle ne m'a pas vraiment emporté.
Silent Jenny
Avec Silent Jenny, Mathieu Bablet poursuit son exploration de la science-fiction après Shangri-La et Carbone & Silicium. Une trilogie marquante, ambitieuse, qui a clairement posé son univers… et ici, il change un peu de registre. On part sur quelque chose de plus brut, plus sec. Un vrai road trip dans un monde ravagé, avec des vibes très marquées à la Mad Max : poussière, violence, survie, et cette impression constante que tout peut basculer à chaque instant. L’ambiance est là, sans aucun doute. Bablet sait créer des univers forts, et encore une fois, visuellement, ça claque. Son trait, ses compositions, son sens du silence et des grands espaces fonctionnent toujours aussi bien. Il y a une vraie maîtrise, une identité qui saute aux yeux dès les premières pages. Mais malgré toutes ses qualités, Silent Jenny n’est pas, pour moi, au niveau de ses précédentes œuvres. Peut-être moins marquant, moins profond, ou simplement moins surprenant. Ça reste une belle BD, un vrai moment de lecture, mais sans cette petite étincelle qui m’avait marqué sur ses précédents récits. Ça n’empêche pas le voyage d’être agréable. C’est un univers dans lequel on se laisse embarquer, porté par une atmosphère forte et un auteur qui sait clairement où il va. Un bon Bablet, solide et immersif, même s’il ne m’a pas autant marqué que ses précédents travaux.
Arcadium
Arcadium est une œuvre qui impose immédiatement une patte visuelle forte. En auteur complet, Nikopek livre un travail graphique impressionnant : le dessin est maîtrisé, l’ambiance est lourde, presque oppressante, et certaines planches restent en tête comme des images de cinéma. C’est clairement le point fort de l’album. À cela s’ajoute une vraie bonne idée : une bande-son associée à la lecture, qui accompagne parfaitement l’ambiance du récit. Elle renforce l’immersion et accentue ce côté presque hypnotique et dérangeant de l’œuvre. C’est un plus appréciable qui montre la volonté de proposer une expérience complète. L’histoire, elle, démarre de manière accrocheuse avec un postulat intrigant, avant de glisser progressivement vers quelque chose de plus étrange et déroutant. L’atmosphère fonctionne, l’intention est là, et on sent une vraie volonté de proposer une expérience immersive et singulière. Mais c’est aussi là que l’album peut diviser. L’intrigue devient parfois floue, voire nébuleuse, ce qui peut perdre le lecteur en cours de route. Les personnages manquent par moments de profondeur, ce qui empêche de s’y attacher pleinement. Enfin, la narration laisse volontairement des zones d’ombre, ce qui peut frustrer celles et ceux qui attendent une explication claire ou une résolution plus nette. Au final, Arcadium est une bonne BD, portée par une direction artistique remarquable et une expérience sensorielle intéressante, mais qui n’atteint pas totalement son plein potentiel à cause d’une narration parfois trop opaque. Note réelle : 3,5 / 5
Toutes pour un (Les Gardiennes d'Aether)
Une série (qui a finit comme un one-shot...sympa pour ceux qui avait acheté le premier tomer !) pas trop mal qui vise clairement le public ados fan de mangas shonen. En effet, on retrouve un récit d'aventure remplis d'actions et d'humour et des personnages très archétypes. Rien que le fait que le héros soit le seul male du groupe et que bien sur toutes les filles vont avoir des sentiments pour lui fit très cliché. Il y a même parmi les trois filles une amie d'enfance qui aime déjà le héros au début de l'histoire ! J'avoue que j'ai été surpris qu'il ne touche pas accidentellement leurs seins ou qu'il rentre dans une salle où elles se changeaient. Bref, le scénario est purement accès sur le divertissement et il ne faut pas chercher un scénario qui renouvellera le genre ou qui sera profond. Je trouve cela un peu dommage parce qu'il y a du potentiel dans le scénario, mais le récit va trop souvent trop vite et c'est un peu décousu. Cela se laisse tout de même lire. L'humour fonctionne parfois, les personnages sont un peu attachants et le dessin est dynamique. C'est surtout un album que je conseil pour un public jeune parce que je pense que plusieurs lecteurs adultes vont s'ennuyer.
Éclore
Alors alors... Je suis rentré dans cette bd assez enthousiaste. J'avais beaucoup aimé l'adaptation de Le Choeur des femmes faite par la même autrice, et c'est le genre de sujet que j'affectionne. Et j'avoue que j'ai beaucoup aimé le début. Je l'ai trouvé touchant, bien amené, j'ai aimé suivre le parcours de Aude Mermilliod dans sa construction et sa reconstruction. J'aime en plus beaucoup le dessin, qui est rond, réconfortant. Les couleurs également un peu pastels et claires sont très dans le ton, et elles deviennent de plus en plus vives au fur et à mesure du livre (ça, j'avoue que je viens seulement de le remarquer), au fur et à mesure que l'héroïne se libère et s'accepte. Mais le problème, c'est que 260 (!) pages, c'est long. Un peu trop long. Certaines histoires trainent un peu, l'histoire a du mal à enchainer, et du coup, l'émotion se perd. Au milieu du récit, dans la partie qui se passe au Canada et celle juste après, j'ai du me forcer pour continuer, car je commençais un peu à m'ennuyer. Comme Ro, j'ai aussi parfois eu un peu de mal à suivre certains choix, et pareil, ça m'a un peu fait perdre en émotion. Finalement, j'avais quand même envie d'arriver au bout, de voir comment elle a finalement réussi à arriver au bout de ce chemin, comment tout ce cheminement intérieur a fini. Et je me suis remis dedans dans la dernière partie, toujours aidé par ce dessin tout chaud que j'aime beaucoup, et, quand même, par le propos global que je trouve important et inspirant, l'histoire d'une femme qui a cherché, pendant toutes ces années, à s'épanouir dans ses relations, à accepter son corps et elle-même. Je trouve ça quand même assez inspirant, même si comme dit plus tôt j'aurais sûrement été plus touché si le récit avait été un peu plus nerveux et si je m'étais un peu plus retrouvé chez l'héroïne, notamment au niveau du caractère. En tout cas, je compte bien lire les autres bds de Mermilliod, tant les sujets qu'elles semblent aborder m'intéressent.
Lever l'encre
Je ne suis clairement pas fan de tatouages, je n'en ai aucun, mais j'ai toujours trouvé les histoires autour et la culture qui s'en est développée assez interessantes. Je me souviens d'une expo sur le tatouage que j'avais beaucoup aimée au quai Branly, où j'avis un peu découvert toutes ces manières de faire, ces différences culturelles, de techniques, etc. Alors quand j'ai vu cette bd à la bibli, d'un auteur que j'aime en plus beaucoup, je n'ai pas trop hésité. Le tout se lit très facilement et est très fluide. J'aime bien la narration de Cookie Kalkair, qui a je trouve un ton particulier, je ne saurais pas trop le définir, mais ça me plait bien. Il a une façon de raconter ses histoires (je crois que tout ce que j'ai lu était autobiographique) très fluide, touchante quand il le faut et teintée d'humour. Il nous raconte dans cette bd l'histoire de certains de ses tatouages, comprenant le contexte autour, le tatoueur, son style, etc. Je l'ai dit, ça se lit bien et ce n'est pas du tout rébarbatif, même si on n'est pas passionné par le tatouage et qu'on n'y connaît rien. Une lecture sympathique donc, même si je n'ai pas été embarqué avec l'auteur autant que je l'aurais été si j'avais été passionné. En ce qui concerne le dessin, j'aime beaucoup le style, qui est un peu moins à maturité que sur ses dernières productions, l'expression des personnages restant une force et quelque chose qui marche très bien. La couleur toute rouge orange des pages m'a un peu gêné au début, je trouve que ça perd un peu l'oeil. Mais je m'y suis vite fait. Une bonne petite lecture dans le RER pour ma part.
Wikipanda
La série s'inspire à la base de la Rubrique-à-Brac de Gotlib, avec ce principe de départ consistant à répondre avec humour à des questions animalières supposément envoyées par des lecteurs. Mais dans les faits, elle se rapproche davantage du travail de Marion Montaigne (Tu mourras moins bête), puisqu’elle propose un vrai contenu informatif, avec des explications scientifiques et des anecdotes intéressantes sur les animaux. Le problème, c’est que l’équilibre entre humour et information ne fonctionne pas toujours très bien. L’ensemble est moins débridé et absurde que chez Gotlib, mais aussi moins percutant dans son comique que Marion Montaigne. L’humour reste souvent assez enfantin et, à mes yeux, pas toujours très efficace, même si certains passages m’ont fait sourire, notamment l’article sur les pigeons voyageurs. Côté contenu, j’ai trouvé qu’il y avait malgré tout de vraies choses à apprendre, ce qui rend la lecture agréable et parfois instructive. En revanche, la présence d’informations volontairement fausses, disséminées parmi les vraies sans être clairement identifiées comme des blagues, m’a un peu gêné, comme par exemple dans la page sur les cris des animaux. Cela peut prêter à confusion quand on ne sait pas toujours facilement distinguer le vrai du faux, ce qui me semble problématique, surtout pour un jeune lectorat. Si j'aime bien l’idée de départ d'articles informatifs et humoristiques sur les animaux, je suis un peu mitigé sur l’efficacité de l’humour et sur ce mélange parfois flou entre vulgarisation et fantaisie.