Un documentaire qui a comme sujet Ali Oulkadi et comment sa vie à basculer lorsqu'il a aidé sans le savoir des amis qui étaient impliqués dans les attentats du Bataclan. En plus, lorsqu'il a compris la vérité il a eu trop peur d'aller tout dire à la police et cela va lui causer bien des ennuis.
Au travers la vie d'Ali Oulkadi, on voit surtout un homme dont la vie est chamboulé à cause de la radicalisation de certains de ses proches dont un de ses meilleurs amis à savoir Brahim Abdeslam. Cela fait peur de voir que des gens autours de nous qu'on croit bien connaitre peuvent avoir une part sombre qu'on ne soupçonne même pas. En garde vue pendant des mois, le pauvre Ali va pouvoir se souvenir d'événements qui semblaient anodin sur le moment, mais qui prends une tournure différente après les attentats terroristes. Il va aussi se demander pendant longtemps pourquoi ses soi-disant amis ont décidé de l'impliqué malgré lui dans cette affaire.
J'avoue que je ne connaissais pas trop les aboutissements de l'enquête sur le Bataclan et cet album est un bon résumé de l'affaire. Tout est clair et précis. Il y a quelques moments émouvants, notamment les témoignages de survivants des attaques. Le dessin est pas trop mal quoique parfois je trouvais que certains personnages se ressemblaient un peu trop, ce qui apportait de la confusion par moment.
Étrange album, sur lequel j’ai du mal à revenir pour l’aviser. Ma remarque est valable pour le dessin, la colorisation, comme pour le scénario. Car, en effet, tous s’écartent des canons habituels.
Les couleurs sont tapantes, tranchées, refusent le réalisme, et le dessin (pas forcément mon truc à la base) est lui aussi étrange, loin du franco-belge classique. Mais au final ça passe bien.
Quant au scénario, il prend le temps d’installer une ambiance, autour de quelques personnages. Peu à peu – c’est en tout cas comme ça qu’on peut ou doit le voir, se dessine une critique de notre société.
Les « oracles », vieux bonhommes murmurant des borborygmes, qu’une « pythie » moderne (sorte de working girl tout droit issue des grandes écoles et de la haute société « interprète » pour renforcer une doxa froide et intangible, celle du libéralisme, de l’exploitation des masses au profit des nantis – dont elle fait partie. Voilà le triste tableau qui prend corps sur la fin, alors qu’on suit un couple se débattant dans la mouise (madame ayant des difficultés à sortir de son lit, procrastinant, quasi archétype du chômeur stigmatisé par médias et groupes dominant).
Disons que le message qui sourd de ce récit n’est pas pour me déplaire. Mais la lecture s’est révélée moins captivante.
Une seconde lecture infirmera peut-être ce ressenti mitigé. En tout cas je salue l’originalité des auteurs, qui ont fait des choix – esthétiques et narratifs – sortant des sentiers battus, pour traiter de l’insécurité sociale (voir la famille obligée de sous louer une partie de son petit domicile à des touristes américains), celle qui est occultée – allez savoir pourquoi – au profit d’un sentiment d’insécurité plus flous servant à détourner l’attention.
Note réelle 2,5/5.
Mizu Sahara est une autrice intrigante. Désireuse de déstabiliser, elle propose ici sous l'apparence d'un shojo des plus classiques, trois petites tranches de vie dans lesquelles se développent d'étonnantes relations humaines où brillent la méchanceté et la noirceur des vies cabossées.
Souvent, le lecteur ressent une forme de gêne, devant les bassesses humaines ainsi dévoilées, mais aussi dans l'intérêt de pousser ainsi le curseur. L'exercice de style peut apparaître assez gratuit, vain, il n'a en effet de sens que comparativement aux productions plus consensuelles avec lesquelles ce titre rentre en écho.
Plus surprenant, je constate à peine deux semaines après ma lecture, avoir déjà oublié la seconde nouvelle (assez brève). Alors que tout indiquait que de tels récits pouvaient au contraire marquer les esprits, je me mets à douter de cet a priori. La noirceur sentimentale s'accommode peut-être mieux de la respiration plus apaisée offerte par la dernière tranche de vie, que de l'implacable vacuité des méchantes revanches sur la vie, auparavant développée.
Il est par ailleurs regrettable que cette colère à l'égard des productions les plus consensuelles ne s'accompagne pas de davantage d'exubérances formelles. Visuellement, ce shojo ne se distingue en effet pas par son originalité.
Un exercice de style amusant, à bien des égards nécessaire, mais un peu vain et oubliant dans sa réflexion les aspects formels.
J’avais découvert cette auteure avec L'Amour, après, que je n’avais pas trop aimé. Eyes without a face m’avait davantage accroché. J’y avais trouvé quelques accointances avec les romans de Fabrice Caro. Et c’est encore plus le cas avec ce « Criticopolis », qui joue quand même pas mal sur les mêmes registres absurdes, avec un héros loser, quelques scène ridicules, et un léger n’importe quoi assumé.
Ici, c’est un auteur qui, tombant sur une critique assassine d’un de ses bouquins, va tomber dans une paranoïa débile le poussant à enquêter pour connaitre ce « critique ». Les scènes s’enchaînent bien, et les démêlés du héros avec sa copine (franchement dérangée), avec les personnes qu’il rencontre durant son enquête – jusqu’au critique lui-même – offrent quelques moments amusants, qui rendent la lecture plaisante.
Au travers de quelques réflexions/monologues du héros, Marie Baudet développe aussi une réflexion intéressante sur l’idée de critique, de liberté d’expression.
Comme pour les deux précédents albums de cette auteure que j’ai lus, je n’ai pas spécialement accroché au style graphique. Il possède des qualités, mais ça n’est pas ma tasse de thé (et je ne suis toujours pas fan des traits de visages effacés). Mais ici le récit compense largement, et j’ai plutôt bien aimé cet album.
2.5
Un album dans la moyenne des autres one-shot qui commencent par les mots 'L'incroyable histoire de....''. C'est scénarisé par un spécialiste du sujet, un maitre conférencier en sciences de l'éducation et disons que ça se voit un peu trop.
C'est très verbeux et dense, ce n'est pas un album qui se lit rapidement. Comme souvent avec les documentaires, le propos est intéressant, mais ce n'est pas très captivant à lire. La faute en partie au dessin. Je ne pense pas qu'Eva Rollin soit la dessinatrice idéale pour un documentaire, son trait va bien mieux à une BD humoristique. Parlant d'humour, les tentatives d'humour pour détendre l'atmosphère n'ont pas marché sur moi, et du coup cela a surtout servi à alourdir la narration et me donner plutôt envie d'arrêter de lire l'album.
À lire si on veut voir comment était l'éducation à travers différentes périodes historiques.
J’ai eu un peu de mal à entrer dans ce récit, que ce soit au niveau du dessin, de la colorisation, ou de l’intrigue – en grande partie bâtie sur des flash-backs, ayant du mal à m’accrocher à ce personnage féminin un peu spécial (et qui pour son âge a quand même su garder de beaux restes – improbables si on n’y songe sérieusement – vu son expédition en parapente dans Paris !).
Mais finalement je me suis fait au dessin, et l’intrigue a pris corps, avec cette évocation d’un engagement politique de jeunesse qui ressurgit quelques décennies plus tard.
On oublie les quelques facilités scénaristiques (dont celle évoquée plus haut), et le côté un peu « gentil » de certains passages, pour enter dans ce récit mêlant polar et politique, finalement de façon plus classique que je ne le pensais au départ.
La lecture est rapide, et plutôt agréable.
Bonne bd, très beaux dessins mais une histoire poussive qui prend trop de temps à se mettre en place, sans sortir des sentiers battus. On aurait aimé un peu plus de prise de risque.
Dans les faits, le dessin est charmant, avec une ligne efficace, de belles couleurs et un univers attrayant. Cependant, la bd ne m'a pas vraiment plu. J'ia pris du temps à comprendre pourquoi et je pense que c'est un mélange entre le rythme et la profondeur de l'histoire. On a une mise en scène dynamique proche du manga qui cependant prend du coup trop de pages et de temps à mettre en place ses premiers enjeux.
Ceux-ci, en plus sont très classiques et ne surprennent pas tellement, difficile d'être ému dans ces conditions.
Il faudrait être un peu plus exigeant sur le rythme et l'histoire, peut-être moins expliquer les basiques pour aller plus en profondeur dans les enjeux et les éléments. Mieux gérer la pagination pour que les moments de tensions ressortent et les mises en scène dynamiques soient exceptionnelles et ainsi vraiment haletantes.
des idées intéressantes, un dessin formidable mais un album qui manque de densité et de profondeur à mon goût.
Deux auteurs habitués au bd du type carnet de voyage s'en vont rencontrer des inuit un peu partout dans le nord canadien.
J'ai bien aimé le coté éducatif de l'album. On a droit à plusieurs témoignages d'inuit, mais pas que, et au traves leurs témoignages ont fait un bon tour des problèmes que subit ce peuple. On parle aussi d'art inuit et on voit la sensibilité artistique de Baudoin, un auteur définitivement à part dans le paysage de la BD Franco-Belge.
Même si le propos de l'album est intéressant, j'ai quand même trouvé l'album un peu trop aride. On retrouve le gros défaut des albums de Baudoin et de Troubs: la mise en scène est plate. Je comprends que d'autres lecteurs puissent apprécier le coté carnet de l'album, mais moi je trouve cela parfois dur à lire lorsqu'il y a pleins de textes. On est loin du journalisme à la Joe Sacco que je trouve plus accessible et facile à lire. Même lorsque le propos des inuit est intéressant, ce n'est pas présenté de manière passionnante.
Cela reste un album à lire pour découvrir un peuple autochtone sans clichés ou angélisme.
Édouard Baudoin raconte la vie de son grand-père qui a passé plusieurs années aux États-Unis à la fin du 19ème siècle.
Je ne sais pas trop si la vie de son grand-père a été exagéré par la légende familiale parce que certaines anecdotes, surtout lorsqu'il rencontre une figure historique, me semble un peu trop gros pour être vrai. Il faut tout de même avouer que la réalité dépasse souvent la fiction alors peut-être que tout est vrai, mais j'ai vraiment l'impression que le grand-père a exagéré certaines choses à sa famille lors de son retour des États-Unis, un pays qui était encore exotique pour les français de l'époque.
Sinon, on est dans un album de Baudoin alors on alterne entre la BD et des pages qui ressemblent plus à un carnet de notes. On passe d'un sujet à l'autre et c'est raconté de manière un peu aride. Même lorsqu'il raconte une anecdote excitante, la mise en scène de Baudoin était un peu trop plat. Ça se laisse lire parce que la vie du grand-père Baudoin est intéressante, mais il faut ne pas être allergique au style de Baudoin.
Je termine maintenant ma première lecture des intégrales de Bouddha. J'ai commandé les quatre et je ne le regrette pas encore. Les dessins combinent Manga et Disney dans les animaux, réalisme dans les paysages aussi.
L'histoire, avec tous ses personnages, est vraiment intéressante et je commence à m'attacher à certains.
Ce n'était pas le Bouddha que j'attendais, tant mieux !
Je donnerai des nouvelles prochainement.
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L'Homme du dernier kilomètre
Un documentaire qui a comme sujet Ali Oulkadi et comment sa vie à basculer lorsqu'il a aidé sans le savoir des amis qui étaient impliqués dans les attentats du Bataclan. En plus, lorsqu'il a compris la vérité il a eu trop peur d'aller tout dire à la police et cela va lui causer bien des ennuis. Au travers la vie d'Ali Oulkadi, on voit surtout un homme dont la vie est chamboulé à cause de la radicalisation de certains de ses proches dont un de ses meilleurs amis à savoir Brahim Abdeslam. Cela fait peur de voir que des gens autours de nous qu'on croit bien connaitre peuvent avoir une part sombre qu'on ne soupçonne même pas. En garde vue pendant des mois, le pauvre Ali va pouvoir se souvenir d'événements qui semblaient anodin sur le moment, mais qui prends une tournure différente après les attentats terroristes. Il va aussi se demander pendant longtemps pourquoi ses soi-disant amis ont décidé de l'impliqué malgré lui dans cette affaire. J'avoue que je ne connaissais pas trop les aboutissements de l'enquête sur le Bataclan et cet album est un bon résumé de l'affaire. Tout est clair et précis. Il y a quelques moments émouvants, notamment les témoignages de survivants des attaques. Le dessin est pas trop mal quoique parfois je trouvais que certains personnages se ressemblaient un peu trop, ce qui apportait de la confusion par moment.
Les Marchés
Étrange album, sur lequel j’ai du mal à revenir pour l’aviser. Ma remarque est valable pour le dessin, la colorisation, comme pour le scénario. Car, en effet, tous s’écartent des canons habituels. Les couleurs sont tapantes, tranchées, refusent le réalisme, et le dessin (pas forcément mon truc à la base) est lui aussi étrange, loin du franco-belge classique. Mais au final ça passe bien. Quant au scénario, il prend le temps d’installer une ambiance, autour de quelques personnages. Peu à peu – c’est en tout cas comme ça qu’on peut ou doit le voir, se dessine une critique de notre société. Les « oracles », vieux bonhommes murmurant des borborygmes, qu’une « pythie » moderne (sorte de working girl tout droit issue des grandes écoles et de la haute société « interprète » pour renforcer une doxa froide et intangible, celle du libéralisme, de l’exploitation des masses au profit des nantis – dont elle fait partie. Voilà le triste tableau qui prend corps sur la fin, alors qu’on suit un couple se débattant dans la mouise (madame ayant des difficultés à sortir de son lit, procrastinant, quasi archétype du chômeur stigmatisé par médias et groupes dominant). Disons que le message qui sourd de ce récit n’est pas pour me déplaire. Mais la lecture s’est révélée moins captivante. Une seconde lecture infirmera peut-être ce ressenti mitigé. En tout cas je salue l’originalité des auteurs, qui ont fait des choix – esthétiques et narratifs – sortant des sentiers battus, pour traiter de l’insécurité sociale (voir la famille obligée de sous louer une partie de son petit domicile à des touristes américains), celle qui est occultée – allez savoir pourquoi – au profit d’un sentiment d’insécurité plus flous servant à détourner l’attention. Note réelle 2,5/5.
Une autre moi
Mizu Sahara est une autrice intrigante. Désireuse de déstabiliser, elle propose ici sous l'apparence d'un shojo des plus classiques, trois petites tranches de vie dans lesquelles se développent d'étonnantes relations humaines où brillent la méchanceté et la noirceur des vies cabossées. Souvent, le lecteur ressent une forme de gêne, devant les bassesses humaines ainsi dévoilées, mais aussi dans l'intérêt de pousser ainsi le curseur. L'exercice de style peut apparaître assez gratuit, vain, il n'a en effet de sens que comparativement aux productions plus consensuelles avec lesquelles ce titre rentre en écho. Plus surprenant, je constate à peine deux semaines après ma lecture, avoir déjà oublié la seconde nouvelle (assez brève). Alors que tout indiquait que de tels récits pouvaient au contraire marquer les esprits, je me mets à douter de cet a priori. La noirceur sentimentale s'accommode peut-être mieux de la respiration plus apaisée offerte par la dernière tranche de vie, que de l'implacable vacuité des méchantes revanches sur la vie, auparavant développée. Il est par ailleurs regrettable que cette colère à l'égard des productions les plus consensuelles ne s'accompagne pas de davantage d'exubérances formelles. Visuellement, ce shojo ne se distingue en effet pas par son originalité. Un exercice de style amusant, à bien des égards nécessaire, mais un peu vain et oubliant dans sa réflexion les aspects formels.
Criticopolis
J’avais découvert cette auteure avec L'Amour, après, que je n’avais pas trop aimé. Eyes without a face m’avait davantage accroché. J’y avais trouvé quelques accointances avec les romans de Fabrice Caro. Et c’est encore plus le cas avec ce « Criticopolis », qui joue quand même pas mal sur les mêmes registres absurdes, avec un héros loser, quelques scène ridicules, et un léger n’importe quoi assumé. Ici, c’est un auteur qui, tombant sur une critique assassine d’un de ses bouquins, va tomber dans une paranoïa débile le poussant à enquêter pour connaitre ce « critique ». Les scènes s’enchaînent bien, et les démêlés du héros avec sa copine (franchement dérangée), avec les personnes qu’il rencontre durant son enquête – jusqu’au critique lui-même – offrent quelques moments amusants, qui rendent la lecture plaisante. Au travers de quelques réflexions/monologues du héros, Marie Baudet développe aussi une réflexion intéressante sur l’idée de critique, de liberté d’expression. Comme pour les deux précédents albums de cette auteure que j’ai lus, je n’ai pas spécialement accroché au style graphique. Il possède des qualités, mais ça n’est pas ma tasse de thé (et je ne suis toujours pas fan des traits de visages effacés). Mais ici le récit compense largement, et j’ai plutôt bien aimé cet album.
L'Incroyable Histoire de l'éducation
2.5 Un album dans la moyenne des autres one-shot qui commencent par les mots 'L'incroyable histoire de....''. C'est scénarisé par un spécialiste du sujet, un maitre conférencier en sciences de l'éducation et disons que ça se voit un peu trop. C'est très verbeux et dense, ce n'est pas un album qui se lit rapidement. Comme souvent avec les documentaires, le propos est intéressant, mais ce n'est pas très captivant à lire. La faute en partie au dessin. Je ne pense pas qu'Eva Rollin soit la dessinatrice idéale pour un documentaire, son trait va bien mieux à une BD humoristique. Parlant d'humour, les tentatives d'humour pour détendre l'atmosphère n'ont pas marché sur moi, et du coup cela a surtout servi à alourdir la narration et me donner plutôt envie d'arrêter de lire l'album. À lire si on veut voir comment était l'éducation à travers différentes périodes historiques.
L'Invisible
J’ai eu un peu de mal à entrer dans ce récit, que ce soit au niveau du dessin, de la colorisation, ou de l’intrigue – en grande partie bâtie sur des flash-backs, ayant du mal à m’accrocher à ce personnage féminin un peu spécial (et qui pour son âge a quand même su garder de beaux restes – improbables si on n’y songe sérieusement – vu son expédition en parapente dans Paris !). Mais finalement je me suis fait au dessin, et l’intrigue a pris corps, avec cette évocation d’un engagement politique de jeunesse qui ressurgit quelques décennies plus tard. On oublie les quelques facilités scénaristiques (dont celle évoquée plus haut), et le côté un peu « gentil » de certains passages, pour enter dans ce récit mêlant polar et politique, finalement de façon plus classique que je ne le pensais au départ. La lecture est rapide, et plutôt agréable.
Yojimbot
Bonne bd, très beaux dessins mais une histoire poussive qui prend trop de temps à se mettre en place, sans sortir des sentiers battus. On aurait aimé un peu plus de prise de risque. Dans les faits, le dessin est charmant, avec une ligne efficace, de belles couleurs et un univers attrayant. Cependant, la bd ne m'a pas vraiment plu. J'ia pris du temps à comprendre pourquoi et je pense que c'est un mélange entre le rythme et la profondeur de l'histoire. On a une mise en scène dynamique proche du manga qui cependant prend du coup trop de pages et de temps à mettre en place ses premiers enjeux. Ceux-ci, en plus sont très classiques et ne surprennent pas tellement, difficile d'être ému dans ces conditions. Il faudrait être un peu plus exigeant sur le rythme et l'histoire, peut-être moins expliquer les basiques pour aller plus en profondeur dans les enjeux et les éléments. Mieux gérer la pagination pour que les moments de tensions ressortent et les mises en scène dynamiques soient exceptionnelles et ainsi vraiment haletantes. des idées intéressantes, un dessin formidable mais un album qui manque de densité et de profondeur à mon goût.
Inuit
Deux auteurs habitués au bd du type carnet de voyage s'en vont rencontrer des inuit un peu partout dans le nord canadien. J'ai bien aimé le coté éducatif de l'album. On a droit à plusieurs témoignages d'inuit, mais pas que, et au traves leurs témoignages ont fait un bon tour des problèmes que subit ce peuple. On parle aussi d'art inuit et on voit la sensibilité artistique de Baudoin, un auteur définitivement à part dans le paysage de la BD Franco-Belge. Même si le propos de l'album est intéressant, j'ai quand même trouvé l'album un peu trop aride. On retrouve le gros défaut des albums de Baudoin et de Troubs: la mise en scène est plate. Je comprends que d'autres lecteurs puissent apprécier le coté carnet de l'album, mais moi je trouve cela parfois dur à lire lorsqu'il y a pleins de textes. On est loin du journalisme à la Joe Sacco que je trouve plus accessible et facile à lire. Même lorsque le propos des inuit est intéressant, ce n'est pas présenté de manière passionnante. Cela reste un album à lire pour découvrir un peuple autochtone sans clichés ou angélisme.
Les Enfants de Sitting Bull
Édouard Baudoin raconte la vie de son grand-père qui a passé plusieurs années aux États-Unis à la fin du 19ème siècle. Je ne sais pas trop si la vie de son grand-père a été exagéré par la légende familiale parce que certaines anecdotes, surtout lorsqu'il rencontre une figure historique, me semble un peu trop gros pour être vrai. Il faut tout de même avouer que la réalité dépasse souvent la fiction alors peut-être que tout est vrai, mais j'ai vraiment l'impression que le grand-père a exagéré certaines choses à sa famille lors de son retour des États-Unis, un pays qui était encore exotique pour les français de l'époque. Sinon, on est dans un album de Baudoin alors on alterne entre la BD et des pages qui ressemblent plus à un carnet de notes. On passe d'un sujet à l'autre et c'est raconté de manière un peu aride. Même lorsqu'il raconte une anecdote excitante, la mise en scène de Baudoin était un peu trop plat. Ça se laisse lire parce que la vie du grand-père Baudoin est intéressante, mais il faut ne pas être allergique au style de Baudoin.
La Vie de Bouddha
Je termine maintenant ma première lecture des intégrales de Bouddha. J'ai commandé les quatre et je ne le regrette pas encore. Les dessins combinent Manga et Disney dans les animaux, réalisme dans les paysages aussi. L'histoire, avec tous ses personnages, est vraiment intéressante et je commence à m'attacher à certains. Ce n'était pas le Bouddha que j'attendais, tant mieux ! Je donnerai des nouvelles prochainement.