Les derniers avis (48523 avis)

Par Spooky
Note: 3/5
Couverture de la série Opération Moon Fire
Opération Moon Fire

Ah ça faisait longtemps que je n'avais pas lu une BD de ce genre. Xavier Bétaucourt s'est amusé à écrire une BD plutôt divertissante, qui nous emmène dans les Etats-Unis profonds des années 60, en pleine Guerre Froide, avec des complots russes, des Martiens qui débarquent et dézinguent des gens, et des Nazis qui se baladent en liberté. C'est relativement réaliste, ça ressemble beaucoup à des dizaines d'histoires ayant fleuri à cette époque, et on ne s'ennuie pas une seconde. Là où j'ai trouvé une certaine originalité, c'est dans les motivations et les justifications de certains personnages : pour en sauver un plus grand nombre de gens, on n'hésite pas à en sacrifier quelques-uns. Et si les Russes ne sont peut-être pour rien dans l'histoire, ils restent les ennemis, les adversaires, donc on ne sait jamais... Les personnages sont parfois caricaturaux (les rednecks avec des petites moustaches...) parfois pas du tout (le champion de football est loin d'être un abruti, sans pour autant être un génie), bref on passe un très bon moment, une lecture salvatrice à une époque où le complotisme profite du rayonnement des réseaux sociaux et des medias en tous genres. Olivier Perret est un dessinateur dont j'aime bien le style, il ne s'embarrasse pas de réalisme en termes de morphologie ou d'architecture, même si on sent qu'il a fait des efforts sur les voitures américaines des années 1960. En revanche l'énergie qui se détache de son dessin est réjouissante, il a un dynamisme assez sympathique, et son compère Paul Bona aux couleurs est au diapason. Sans verser dans le didactisme, c'est un album fort sympathique, qui jongle avec bonheur entre complotisme à papa et réalités politique. Les 112 pages se lisent très vite.

20/01/2026 (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série Stella (Bonin)
Stella (Bonin)

Je commence à connaitre Cyrille Bonin dont j'ai pu lire plusieurs œuvres. Et je trouve que cette BD est un peu dans la même veine que ce que l'auteur a déjà produit. C'est bon, mais pas inoubliable non plus. La BD est une sorte de Pygmalion mélangé avec de la réflexion sur la création, et notamment l'IA (même si la BD n'en parle pas spécifiquement). C'est une question de personnage et d'auteur, mais je trouve que l'ensemble est trop lent et manque de développement. Le retournement final est intéressante, mais laisse un peu trop de questions ouvertes. C'est une sorte de mise en abyme du personnage et de l'auteur mais je trouve que ça finit de manière trop cryptique. Par contre, il y a quelques idées intéressantes sur le personnage de l'auteur qui semble assez vieux con en dehors du monde, qui se prend à rêver d'une femme des années 50 (qu'il n'a pas connu) et qui doit confronter ses idées avec la réalité ensuite. Ça m'a évoqué "Pleasantville" avec cette image parfaitement lisse des années 50 qu'on confronte ensuite à la réalité. D'ailleurs la BD de manière globale m'a évoquée "Ruby Sparks", film sur un auteur et son personnage aussi. Maintenant, je dois dire que la BD semble inutilement longue dans son milieu, avec un moment qui oscille trop longtemps sur une idée avant que l'action ne reprenne. C'est sans doute parce que j'ai trouvé que ça n'apportait rien au récit, mais ce ventre mou est dommage, puisqu'il revient ensuite sur des bonnes idées que j'aurais aimé voir plus développé. En fin de compte, à la fin, je me suis dit que j'avais lu une BD qui est parfaitement en adéquation avec ce que j'ai lu de Cyril Bonin et qui pioche dans d'autres histoires comme Pygmalion mais à sa sauce. Sauf que je ne peux pas vraiment dire que c'est extraordinaire ou inoubliable pour le coup. C'est à lire, mais sans s'enthousiasmer trop.

20/01/2026 (modifier)
Par Canarde
Note: 3/5
Couverture de la série Sirocco
Sirocco

Un tenancier de bistro à Venise élève sa fille tout seul avec l'aide de sa propre mère. Sa fille veut devenir danseuse et sa mère ne peut plus sculpter et aprend que son cancer a repris. Tout est parfait, c'est plein d'émotion, intergénérationnel, ça fait le lien ville (Venezia, en plus) campagne (Sicile) le lien hétéro/ homo, artiste/artisan...Bref tout est pour le mieux, mais je suis restée un peu en dehors. Le lettrage numérisé manque de personnalité, les pages bicolores sont un peu artificielles et même si le trait est vif, les personnages bien caractérisés, les dialogues légers... Cette marée de bons sentiments dilue un peu le propos. Cette BD nous tend un miroir boboïsant dans lequel on peine à se reconnaître... Non, on n'a pas un bistro à Venise, ni une mère sculptrice, ni une fille qui va devenir une danseuse étoile.. Mais ça ne nous empêche pas d'être triste quand nos grand-parents meurent.

19/01/2026 (modifier)
Couverture de la série Röd i Snön
Röd i Snön

Un polar nordique. Un énième serait-on tenté de dire tant ils semblent être à la mode. Mais celui-ci est espagnol ! Un auteur espagnol donc, un dessin asse minimaliste et stylisé, des options « fantastiques » relativement soft et originales (le fantôme/double du héros – les deux dialoguant comme si de rien n’était) et un assureur en guise d’enquêteur. On a là un récit qui, doucement, semble sortir de l’ordinaire, sans jamais trop s’en éloigner en fait. Si le meurtre dont il est question est un peu bizarre et tiré par les cheveux, et si le rythme est lent, on ne s’ennuie jamais, et l’ambiance grisâtre (à peine traversée par le rouge vif du pelage d’un renard ou de la chevelure de la policière), ajoute à l’étrangeté de cette histoire, qui se laisse lire plutôt agréablement. Avec un chouette format à l’italienne (que j’apprécie), on a là un polar d’atmosphère réussi. Note réelle 3,5/5.

19/01/2026 (modifier)
Couverture de la série Dix Secondes
Dix Secondes

Je ne connais que Un Eté en apnée (Simon & Louise) (et son versant) de l’auteur, une œuvre que j’avais trouvé fort sympathique mais fugace. Avec 10 secondes, l’auteur a réussi à me faire l’effet inverse, forcément on troque les amours de jeunesse pour leur mal-être. On retrouve sa patte graphique fluide et « simple », un album qui se lit très facilement mais @#%£%!! que l’histoire (enfin surtout le héros) m’a énervé. Pourtant on a le même parcours de jeunesse (localisation, conneries, expériences …) mais sans l’ennui, l’inconscience et l’autodestruction. Il y a une certaine froideur et justesse dans la façon de raconter cette histoire mais je ne la relirais jamais. En tout cas ça suscite pas mal d’émotions (énervement, incompréhension, déprime …).

19/01/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Le Voile noir
Le Voile noir

Pauline est partie en Syrakie pour rejoindre les rangs du Grand Khalifat, mais elle ne donne plus signe de vie. L'intrépide Gina décide de suivre ses traces afin de la retrouver et de la ramener à la maison. De son côté, sa tante se lance elle aussi dans l'aventure, en se faisant passer pour un homme. Le sujet de cette BD est clairement casse-gueule : traiter de l'embrigadement djihadiste, de la condition des femmes sous Daech et de la radicalisation via les réseaux sociaux sur le mode de l'aventure humoristique, afin de dénoncer l'absurdité, la violence et les contradictions d'un système profondément inhumain. Le mélange parait presque indécent. Et pourtant, cela fonctionne plus ou moins, même si je reste partagé, oscillant entre malaise et amusement. Au dessin, on retrouve Cha, dont le style dynamique ainsi que le trait humoristique et expressif sont bien adaptés au ton du récit. J'apprécie son graphisme, qui fonctionne efficacement pour une aventure légère, avec un visuel rappelant parfois l'école de Marcinelle. Le scénario adopte un rythme rapide et ne s'encombre pas excessivement de réalisme. Il déroule avec efficacité les différentes étapes de l'embrigadement, depuis le fantasme vendu aux jeunes filles jusqu'à la réalité d'un enfermement total, fait de dépossession du corps et de la volonté. Le regard porté sur la condition féminine est sans ambiguïté, clairement féministe, et certains passages parviennent à faire sourire tout en mettant mal à l'aise. Cet humour permet parfois de rendre supportable l'insoutenable, même si l'équilibre reste fragile et ne fonctionnera pas pour tous les lecteurs. C'est là que mon avis se divise. L'humour, très caricatural et souvent potache, fait mouche par moments, notamment grâce à la bêtise des combattants du Khalifat et au personnage excessif de la tante Alice, même si celui-ci est parfois trop appuyé. Le récit oscille en permanence entre dénonciation sérieuse et farce, sans toujours trouver la bonne distance. À vouloir rester accessible, sans doute pour toucher un public adolescent, l'intrigue survole parfois ses enjeux et donne trop souvent une impression de facilité, voire de prévisibilité. Tout parait trop simple pour les héroïnes, entre coïncidences énormes et coups de chance répétés, ce qui tend à atténuer la perception du danger et de l'horreur subis par les victimes de l'Etat Islamique. J'ai donc lu une BD surprenante par le choix de son sujet et par la légèreté assumée de son traitement. Elle présente des maladresses et des limites évidentes, mais se révèle aussi sincère et courageuse dans sa tentative d'informer tout en désacralisant l'horreur par le rire et la caricature. La lecture est restée plaisante, ponctuée de quelques sourires jaunes, mais aussi d'un léger malaise persistant face à la facilité avec laquelle est abordé un cauchemar bien réel vécu par la population syrienne et par des embrigadés trompés par la propagande islamiste.

19/01/2026 (modifier)
Par Lodi
Note: 3/5
Couverture de la série Le Cinquième Beatles - L'Histoire de Brian Epstein
Le Cinquième Beatles - L'Histoire de Brian Epstein

On oublie que derrière tout artiste, savant ou autre qui réussit il y a sa compagne ou son compagnon et/ou un entrepreneur. Voire une équipe ! L'artiste maudit ? Celui qui se retrouve, alpiniste solitaire sans tous ces merveilleux sherpas ! Découvrir leur rôle ou leur personnalité ne fait pas mal : n'étant pas très branché musique, je ne connaissais pas le producteur dont on parle, ça tombe bien, l'homosexuel juif ou le Juif homosexuel ? A part manager, j'ignore ce qui importait le plus pour lui. Donc, pourquoi je dis que ça tombe bien ? Eh bien, parce que les homosexuels et les Juifs ne nuisent pas plus que les autres à leur prochain, et qu'on ne cesse de les rabaisser sous des motifs récurrents aussi bien que changeants. Certains n'ont de créativité que dans ce domaine, ce qui me semble énigmatique… Pour ce qui est du dessin, c'est comme l'histoire, que j'ai bien aimé, sans plus, à lire, pas forcément à relire. Quand je parle d'histoire, je veux aussi dire la manière dont elle est menée, dans ce commentaire et dans d'autres, sinon, je dirais que le sujet est gâché.

19/01/2026 (modifier)
Par Blue boy
Note: 3/5
Couverture de la série Frangipane
Frangipane

Auteur prolixe, Hervé Bourhis n’a pas perdu de temps depuis ses récentes escapades dans le passé : un biopic sur Paul Mc Cartney (Paul) et un polar, en tant que scénariste, dans les USA des seventies (tome 3 d’ American Parano). Ici, point de nostalgie, tant s’en faut, Bourhis revient dans un présent qui ne nous paraîtra que trop familier, mais un présent au conditionnel qui taquine le futur puisque l’action se déroule dans un avenir proche. Pour ce faire, l’auteur a actionné tous les leviers de la comédie déglinguée. Sur 80 pages sans temps morts, la lecture est très rapide mais elle fait tout de même son petit effet. « Frangipane », « comédie française pâtissière », semble avoir été écrite dans l’urgence, comme si Bourhis avait éprouvé le besoin d’exprimer sa saturation mentale à propos d’une époque, la nôtre donc, cernée par l’incertitude et les menaces, comme jamais dans l’Histoire récente. En jouant sur le décalage entre la préoccupation du protagoniste principal, Etienne — trouver impérativement une galette à la frangipane à l’occasion des retrouvailles familiales annuelles — et un contexte tendu (grèves, manifestations, conflits extérieurs ayant conduit à la pénurie de frangipane…), Hervé Bourhis a su produire une comédie grinçante à souhait, tel un miroir dans lequel chacun pourra se reconnaître plus ou moins. Et là, oui, ça pique un peu. De même, il a parfaitement synthétisé notre époque, où les valeurs semblent s’inverser, où les opinions se polarisent, où le débat semble parfois impossible dans un climat hystérisé par les discours d’extrême droite, relayés par une sorte d’internationale médiatico-politico-financière. Et tant pis si le réchauffement climatique s’accélère et les inégalités s’amplifient… Même si les personnages apparaissent un rien caricaturaux, n’oublions pas qu’il s’agit d’une comédie, et l’analyse sociologique est plutôt pertinente. Etienne appartient à une espèce que tout le monde a pu côtoyer : L’ancien étudiant contestataire qui tente à cinquante balais de dissimuler ses échecs sous une panoplie de startuper, le podcast vissé dans les oreilles tout en baragouinant du « globish » dans son smartphone, et à côté de ça beauf râleur et arrogant qui se fantasme en rebelle éternel, prêt à faite un scandale au supermarché si on ne lui donne pas sa galette, peu importe si les stocks sont vides ! Il y a aussi sa sœur, « persona » de quadra gauchiste aux cheveux « jaunes et rouges », lesbienne « libérée » post-coming-out, mais restant au fond d’elle attachée à certaines traditions (c’est elle qui maintient cette réunion familiale annuelle autour de la galette, parce que Noël c’est trop ringard…). Quant au grand-père, qui s’est emmuré dans un silence réprobateur, il donne l’impression de subir la présence de ses enfants… Heureusement il y a Cerise, sa petite-fille pré-ado, avec qui il a une relation plus complice. La frangipane, c’est le cadet de ses soucis. Ce qui l’intéresse, elle, c’est de créer des potages, alors elle passe beaucoup de temps dans le jardin à dorloter ses légumes. Peu bavarde avec son oncle et sa tante, c’est elle qui a l’air d’être la plus saine d’esprit face à ces adultes s’auto-caricaturant jusqu’au ridicule… D’un point de vue graphique, on pourra toujours trouver que Bourhis a fait mieux, mais ce style foutraco-minimaliste et faux bâclé, ce trait mariant allègrement (sans transition ?) mines dures et mines tendres, c’est sa patte et ça fonctionne assez bien. Dans cette approche comique, il y a une scène presque glaçante soulignant à merveille une certaine désinvolture ambiante, celle de la fête chez les voisins où chaque convive porte le masque d’une personnalité médiatique, type Trump (évidemment…), Xi-Jing Ping, Balkany ou professeur Raoult (je n’ai pas reconnu les autres…). Pour un peu, on se croirait dans Rosemary’s Baby, chaque participant étant tenu de rire avec tout le groupe à la moindre blague pourrie, sous l’emprise du gaz hilarant… Mais surtout, on retiendra de ce livre la forte ressemblance du personnage d’Etienne avec Jean-Pierre Bacri, qu’on aurait en effet très bien vu dans le rôle si « Frangipane » était un film… Et on peut facilement y voir un hommage de la part de l’auteur. Globalement, cette comédie grinçante où les dialogues font mouche constitue une lecture bienvenue au milieu d’une actualité nationale et internationale plus qu’inquiétante. Preuve qu’on peut traiter un sujet très sérieux sur un mode burlesque et léger, sans pour autant fermer les écoutilles du déni et de l’impuissance, celles qui nous font dire parfois que désolé-mais-le-monde-actuel-est-trop-angoissant-je-préfère-rester-dans-ma-bulle-et-tant-pis-de-toute-façon-tout-va-péter-et-on-va-tous-mourir. A travers les personnages d’Etienne et Adèle, Hervé Bourhis laisse pointer une rage diffuse et souligne — avec humour certes — la part de responsabilité de ceux qui ont renoncé à leurs idéaux de jeunesse pour un confort tout relatif, tout en acquiesçant aux errements d’une classe politique censée les représenter. Des errements qui ont sans doute contribué au contexte actuel quelque peu anxiogène. Pour éviter de sombrer dans le catastrophisme, le parti pris d’une comédie paraissait approprié voire salutaire. Le livre se termine tout de même sur une belle note d’espoir, car, tout burlesque soit-il, « Frangipane » réserve aussi quelques phases plus touchantes. On pense en particulier aux paroles confiées à Cerise par sa grand-mère mourante, vers la fin, soulignant chez l’auteur l’importance de la transmission.

18/01/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série La Terre verte
La Terre verte

2.5 Contrairement à bien d'autres sur ce site, je ne suis pas un inconditionnel d'Alain Ayroles. Il a fait de bons et de moins bons albums, mais au moins jusqu'à présent il avait au minimum réussi à me divertir. Ici je pense que c'est la première fois que j'ai fini par m'ennuyer en lisant un de ses scénarios. L'idée de départ est pas trop mal, même si cela peu sembler bizarre de relocaliser la trame narrative de la pièce Richard III dans un autre pays, mais bon il faut dire qu’on ne voit pas trop le Groenland dans les bd (quoique cela risque de changer vu l'actualité) et cela donne un côté original au scénario. Il y a des qualités dans le dessin que j'ai bien aimé et même dans le scénario, ce qui explique pourquoi j'ai hésité entre mettre deux ou trois étoiles. Il y a des scènes choc qui m'ont marqué et les auteurs utilisent bien l'histoire particulière du Groenland, mais il y avait aussi plein de passages qui m'ont semblé étirer inutilement le scénario et plus j'avançais plus j'ai fini par trouver le récit trop long, et le basculement dans la tragédie est cousu de fil blanc. Ajoutons que je trouve qu'Ayroles brasse trop de thèmes dans ce récit et que c'est souvent un peu trop décousu à mon goût. Dommage parce que je pense que rien que les relations entre les vikings et les habitants originaux du Groenland étaient un sujet assez vaste et passionnant pour en faire le scénario d'un album.

18/01/2026 (modifier)
Couverture de la série Le Voyage des Pères
Le Voyage des Pères

Bien que n'étant pas très féru de religion, je me suis procuré le premier cycle de cette série au vu des très bons avis qu'elle a reçus sur notre site préféré. Je dois dire que j'en ressors avec un avis assez mitigé. Je pense que je m'arrêterai donc à ce premier cycle, les avis étant nettement moins bons concernant le second... Pourtant, il faut reconnaitre que le scénario de départ est vraiment très original et ingénieux, l'histoire étant vécue à travers les yeux de 3 pères à la recherche de leurs fils devenus apôtres du Christ. Ce dernier est donc cantonné au rôle secondaire dans cette histoire. David Ratte nous compte ainsi les évangiles en basant l'essentiel du comique de la situation sur le décalage entre le point de vues de nos 3 pères qui perçoivent Jésus au départ comme le gourou d'une nouvelle secte. Jonas, vieillard au caractère bien trempé et un brin porté sur la bouteille, constitue véritablement le personnage le plus drôle de la série. Mais les scènes humoristiques et les anachronismes dans le langage n'ont réussi tout au plus à me tirer qu'un sourire sans jamais arriver à me faire rire (il est vrai que c'est assez difficile en BD...). Au final, ce qui m'empêche de mettre une note plus élevée est le côté un peu lisse de l'histoire. Je m'attendais à une série un peu plus caustique et critique, quitte à égratigner parfois le nouveau Testament. Le choix de David Ratte est tout autre en ne remettant rien en question mais en restant le plus fidèle possible aux évangiles. Si c'est un choix qui doit plaire aux Chrétiens (la BD a reçu le prix international de la BD Chrétienne), ça ne m'a pas totalement convaincu. Du point de vue de la mise en images, David Ratte à une réelle patte pour croquer les personnages. Leurs visages sont très expressifs et le découpage des scènes plutôt habile. J'ai trouvé en revanche les décors des cases et les paysages un peu trop pauvres par moment. Il y a beaucoup de cases sur fond uni où seul le personnage est dessiné. J'aurais apprécié un poil plus de détail. La colorisation, très informatisée, est également trop uniforme. J'aurais préféré une mise en couleurs plus traditionnelle, en rapport avec le sujet. Une BD dont je conseille toutefois la lecture, ne serait-ce que pour l'originalité du parti-pris de départ. SCENARIO (Originalité, Histoire, personnages) : 6,5/10 GRAPHISME (Dessin, colorisation) : 5,5/10 NOTE GLOBALE : 12/20

18/01/2026 (modifier)