Les derniers avis (49535 avis)

Couverture de la série Le Secret de Miss Greene
Le Secret de Miss Greene

Je ne connaissais pas du tout cette miss Greene (seulement un peu plus de choses sur J.P. Morgan), et ne connaissais qu’imparfaitement cette histoire de « passing » (des personnes blanches d’aspect, mais ayant de très lointains ancêtres « noirs », qui se font « passer » pour blanches, alors qu’une simple « goutte » de sang noir vous faisait basculer dans l’opprobre et les discriminations). C’est le principal attrait de cet album que de nous rendre palpable cet état de fait, mais aussi cette personne, qui a semble-t-il joué un rôle important dans le marché de l’art et de la bibliophilie ancienne durant la première moitié du XXème siècle, dirigeant la collection du milliardaire Morgan, qui lui faisait totalement confiance. Le dessin fait le travail, et l’album est instructif. Mais, ceci étant, je n’ai jamais été réellement emballé par cette lecture. Je respecte la force de caractère de Greene, mais je ne me suis pas attaché à elle : trop froide, et aussi trop dans les hautes sphères de la bourgeoisie pour qu’elle m’intéresse vraiment. De plus, la narration est un peu mollassonne. Une lecture intéressante, mais pas captivante donc.

09/07/2026 (modifier)
Couverture de la série Paris-Damas - Liaisons mortelles
Paris-Damas - Liaisons mortelles

La narration est factuelle – et délivre des informations intéressantes – mais elle n'est jamais très emballante. Idem pour le dessin, qui donne un rendu proche de photographies retravaillées souvent, assez froid. Du coup je ne sais pas si la BD proprement dite apporte quelque chose de plus ou de mieux qu’un bouquin ou un article du Monde diplomatique ? En tout cas elle a le mérite d’exister, et de toucher un public plus large que les médiums évoqués plus haut. Car la lecture est intéressante, restituant sur le long terme les relations entre la France et la Syrie, en se focalisant sur la période durant laquelle la famille El Assad (Hafez, puis Bachar) est au pouvoir. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que, si les Assad sont restés assez fidèles et droits dans leurs politiques (qui consiste à tout faire pour garder le pouvoir en Syrie, et à le contrôler au Liban), les hommes politiques français ont pas mal louvoyé. Entre le cynisme (ou l’aveuglement ?) de Mitterrand, le copinage de Chirac avec Hariri, l’affairisme et les magouilles de Sarkozy – pour ne citer que les exemples les plus flagrants – la France et sa « politique étrangère » ne sort pas grandi de cette enquête. Une enquête qui éclaire la plupart des vagues d’attentats ayant frappé la France depuis les années 1980, quasiment toutes liées (à des degrés divers) à la Syrie. Évidemment les derniers chapitres, rédigés fin 2023-début 2024, sont à réévalué avec la chute d’El Assad et l’évolution de la situation en Syrie, mais aussi avec les guerres entre Israël et tous ses voisins. Mais pour le reste, malgré une forme un peu austère, c’est un bon travail, complet et étayé (même si les articles du Monde diplomatique que je me rappelle avoir lus sur le sujet ne sont pas cités, une importante bibliographie complète avantageusement l’album en conclusion de celui-ci). Note réelle 3,5/5.

09/07/2026 (modifier)
Couverture de la série Women of the west
Women of the west

Oger poursuit sa « collection » d’auteur amoureux du Far West, avec toujours une thématique, ici ce sont les femmes qui sont à l’honneur. Et pas forcément les plus connues (de moi en tout cas). Ainsi, pas de Calamity Jane ou de Cynthia Ann Parker, que l’on aurait pu attendre parmi les femmes évoquées ici. Le « fil rouge » reliant toutes les histoires est assez artificiel (dans les années 1970, une femme enquête et rencontre une vieille indienne, qui lui raconte les plus ou moins hauts faits de quelques « femmes de l’ouest ». C’est le prétexte à une douzaine d’histoire présentant autant de femmes. Thématique oblige j’imagine, Oger s’est entouré quasiment exclusivement de dessinatrice (seul Paul Gastine pour l’intro et la conclusion, et François Boucq pour une histoire, font exception). Il y a donc moins de « pointures » habituées au western que dans les premiers albums de cette « collection ». Pourquoi pas ? Mais toutes les dessinatrices ne m’ont pas convaincu (affaires de goût). Comme tous les projets de ce genre, l’album souffre de l’éclectisme des préposées au dessin (je ne suis a priori pas fan de ce genre de mélange dans un même album). Mais aussi du peu de pages parfois allouées à chaque histoire. Et, probablement que ça joue aussi, Oger doit commencer à manquer d’inspiration. En tout cas si l’album se laisse lire, il ne m’a clairement pas enthousiasmé. Mais je lui reconnais néanmoins un grand mérite, à savoir de mettre sur le devant des femmes, souvent occultées dans l’Histoire, particulièrement celle du « Far West ». Celle aussi de rappeler en fin d’album le scandale de la stérilisation forcée de dizaines de milliers de femmes amérindiennes (et ce jusqu’à il n’y a pas si longtemps).

09/07/2026 (modifier)
Par Lodi
Note: 3/5
Couverture de la série La Gloire d'Albert
La Gloire d'Albert

Trois personnages m'intéressent : le de droite Albert, et les deux de gauche, l'un un peu idéaliste gnian-gnian comme Albert, l'autre plus déplaisant. J'aime bien la scène où les deux idéalistes opposés invoquent je ne sais plus quelle statue républicaine dans la rue. Chacun pense porter la vraie croix, pardon, être le vrai dépositaire des valeurs de la République. Emouvant mais un peu comique : dans la bd la République n'est pas en danger, ce sont en vérité les illuminés des deux camps qui pourraient la mettre en danger, d'ailleurs… Mais tous souffrent : Albert des humiliations du quotidien, d'attente qu'un changement politique ne le transcende, du gentil gauchiste on ne sait pas la vie, mais en tout cas la frustration de faire en partie pour de l'argent ce qui devrait s'accomplir par idéal. L'autre porte un regard noir sur la vie que je pense assez lucide mais dont il se sert pour agresser tout le monde en déstabilisant les autres. Oui, en donnant la vie à des enfants, on leur donne aussi la mort… Malgré ce fond de sauce assez âpre et je ne sais plus trop quelle enquête policière, on lit tout ça en souriant grâce à l'aspect comique dont j'ai parlé et aux dessins assez ronds, tendres, sans oublier les couleurs assez douces.

09/07/2026 (modifier)
Par Vaudou
Note: 3/5
Couverture de la série La Ballade de Johnny
La Ballade de Johnny

La ballade de Johnny est la première série d'Eric Puech publiée chez Comics USA. Puech était encore seul aux manettes, il s'adjoindra parfois les services de scénaristes par la suite pour se concentrer sur le dessin. On retrouve un schéma narratif récurrent , c'est à dire les derniers instants d'une cavale au pays du hamburger avec une fin rythmée par le bruit des balles. On retrouve aussi l'esthétique pulp très identifiable chez Puech, avec cette obsession des belles voitures et des armes à feu. Une bande sans prétention aucune qui fait le boulot.

09/07/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Reflection
Reflection

Un autre polar japonais avec les qualités et les défauts que l'on retrouve souvent dans ce type de manga. Parmi les qualités, il y a l'idée de départ qui est bien trouvée : un gamin qui vit avec sa petite sœur et qui a une mère qui les laisse souvent sans surveillances plusieurs jours de suites à échanger de corps avec un criminel qui a aucun problème pour tuer et qui est recherché à la fois par la police et d'anciens complices. Comment va-t-il se sortir de cette situation et va-t-il être capable de sauver sa petite sœur qui vit maintenant avec un dangereux psychopathe ? L'intrigue est pas mal, mais malheureusement on tombe aussi dans les travers des polars à la japonaise. J'ai rien contre un scénario qui contient une ou deux grosses coïncidences, mais plus on avançait dans les tomes et plus je trouvais qu'il y en avait un peu trop. On tombe aussi dans des facilités scénaristiques et encore une fois plus on avance dans le scénario, plus je trouvais que ça devenait un peu trop gros la manière dont le héros réussit à toujours se sortir du pétrin. J'ai trouvé passionnant les trois premiers tomes et j'ai un peu décroché avec les deux derniers tomes qui tombent parfois dans le n'importe quoi. Au final, ça se laisse lire, mais je suis un peu déçu de la tournure qu'a pris un scénario qui m'avais bien accroché au début. Quant au dessin, c'est typiquement le genre de style qu'on trouve dans ce genre de seinen et c'est correct.

09/07/2026 (modifier)
Couverture de la série La Machine à explorer le Temps (Glénat)
La Machine à explorer le Temps (Glénat)

J’ai préféré cette adaptation à celle de L'Île du Docteur Moreau pourtant on y trouve les mêmes qualités et défauts. Qualités dans la partie graphique, j’ai même préféré le travail que propose Mathieu Moreau. Très sympa à parcourir, propre et efficace, on sent le soin. Niveau récit, c’est tout aussi « moisi », on sent le poids des âges sur l’histoire. On ne s’embête pas de psychologie, ça va vite et il y a un côté un peu naïf ou niais qui ressort. Reste que j’aime bien les histoires temporelles et que j’ai pas envie d’être trop regardant dans le cas présent, en plus le petit twist me plaît bien. Sympa et bien réalisé.

08/07/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Baratine et Molgaga
Baratine et Molgaga

Dans un royaume imaginaire d'Asie centrale, le prince Baratine et son bouffon Molgaga vivent une succession de petites aventures humoristiques reposant sur leurs échanges, leurs maladresses et diverses situations burlesques. Je ne dirais pas que c'est une mauvaise série, mais je pense surtout que je ne l'ai pas découverte au bon moment. Je l'aurais sans doute davantage appréciée si je l'avais lue enfant dans les années 1960 ou 1970. Aujourd'hui, en la découvrant avec un regard d'adulte et sans le facteur nostalgie, j'ai eu plus de mal à entrer dans cet univers. On sent qu'il s'agit d'une bande dessinée jeunesse marquée par son époque. Elle m'a fait penser à un mélange entre Le Magicien et Dicentim le petit franc, avec ce côté conte humoristique un peu naïf. L'ensemble est sympathique, les personnages sont attachants et certaines situations prêtent à sourire, mais le rythme est assez mou et la narration trop bavarde à mon goût. Les dialogues prennent souvent le pas sur l'action et donnent une impression de lenteur qui finit par faire retomber l'intérêt. Le dessin de Claire Bretécher est déjà reconnaissable et fonctionne correctement dans ce registre, même si son un style ne m'a jamais tellement plu. Ce n'est pas une mauvaise lecture, simplement une œuvre qui me paraît avoir davantage de valeur pour ceux qui auraient pu la connaitre dans leur enfance que pour un lecteur adulte comme moi qui la découvre aujourd'hui. Note : 2,5/5

08/07/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Mort Blanche
Mort Blanche

1939, l'URSS envahit la Finlande. Un jeune finlandais marqué par une enfance difficile devient alors un redoutable tireur d'élite et se forge peu à peu la réputation de la légendaire "Mort Blanche" au fil de ses affrontements contre les armées soviétiques. J'ai trouvé cette BD globalement réussie. Le dessin d'Iñaki Holgado est solide, lisible et restitue bien les paysages enneigés, les combats et l'atmosphère rude de cette campagne militaire. La mise en scène est efficace et les ambiances sont particulièrement soignées. Le sujet est également intéressant. La guerre d'Hiver et la résistance finlandaise face à l'invasion soviétique sont assez peu traitées en bande dessinée. En ce qui me concerne, je connaissais déjà assez bien cet épisode historique, notamment parce que les Finlandais l'avaient remis en avant après le début de la guerre en Ukraine, lorsque la Russie de Poutine multipliait les menaces envers ses voisins européens. Le parallèle était alors devenu un élément important de leur communication historique et politique. En revanche, j'ai beaucoup moins adhéré à la dernière partie du récit. Jusque-là, la BD s'inspirait librement de faits réels tout en restant crédible, mais le scénario bascule soudain dans une fiction beaucoup plus spectaculaire avec un retournement de situation qui m'a paru assez incongru. Plus gênant encore, cette évolution fait apparaître une incohérence importante : les pages précédentes insistaient justement sur le fait que Riku dépendait régulièrement du ravitaillement, des munitions et du soutien logistique de l'armée finlandaise pour poursuivre ses missions. La conclusion semble totalement oublier cet élément pourtant essentiel, uniquement pour permettre un effet dramatique. J'ai donc eu le sentiment que le scénariste cherchait à meubler son récit avec un coup de théâtre marquant, au détriment de la cohérence du récit. C'est dommage, car sans cette dernière partie, l'album m'aurait laissé une impression plus forte. Malgré cette réserve, ça reste une lecture intéressante, portée par un bon dessin et par un épisode historique qui mérite d'être davantage mis en lumière. Note : 2,5/5

08/07/2026 (modifier)
Couverture de la série L'Été des charognes
L'Été des charognes

Je ne connais pas le roman d’origine – et ne sais donc pas si mes difficultés concernant cette histoire et sa lecture viennent de l’adaptation (raccourcis ?) ou non. Mais je suis sorti de cette lecture avec un sentiment mitigé. La très longue première partie prend son temps pour nous planter un décor dans lequel se débattent des personnages pleins de vie. Mais qu’est-ce que c’est noir, glauque. La poisse, la mort, l’odeur et l’idée de merde qui s’invitent régulièrement, une certaine vulgarité – des situations, des personnages et du vocabulaire. Et puis les gamins/ados que nous avons suivis en priorité grandissent. Le héros quitte le nid (collège vite expédié, détour par un internat), et c’est un jeune adulte qui conclut ce récit, dans lequel joie de vivre l’instant présent et mal être (pour ne pas dire malaises) se côtoient, jusqu’au final. Un final que j’avoue ne pas avoir forcément compris, mais qui laisse le héros rasséréné, regardant les étoiles, une sorte de paix intérieure, de calme, qui contraste avec la fuite en avant perçue depuis le début de l’histoire. Le récit possède des qualités. Mais la lecture a été à plusieurs reprises hachée, rendue difficile par plusieurs soucis. D’abord le dessin, original, mais qui n’est pas toujours très « lisible : j’ai eu du mal à reconnaitre certains personnages. Et lorsque plusieurs personnages dialogues, il faut parfois faire un effort pour attribuer le phylactère au bon personnage. Ensuite le récit lui-même n’est pas très clair. Plusieurs passages m’ont un peu échappé. Certaines transition (entre les parties du récit, mais aussi entre certaines pages) sont brutales, saccadées. Bref, un récit et un dessin originaux, mais l’ensemble ne m’a pas toujours convaincu/satisfait.

08/07/2026 (modifier)