Les derniers avis (49527 avis)

Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Mort Blanche
Mort Blanche

1939, l'URSS envahit la Finlande. Un jeune finlandais marqué par une enfance difficile devient alors un redoutable tireur d'élite et se forge peu à peu la réputation de la légendaire "Mort Blanche" au fil de ses affrontements contre les armées soviétiques. J'ai trouvé cette BD globalement réussie. Le dessin d'Iñaki Holgado est solide, lisible et restitue bien les paysages enneigés, les combats et l'atmosphère rude de cette campagne militaire. La mise en scène est efficace et les ambiances sont particulièrement soignées. Le sujet est également intéressant. La guerre d'Hiver et la résistance finlandaise face à l'invasion soviétique sont assez peu traitées en bande dessinée. En ce qui me concerne, je connaissais déjà assez bien cet épisode historique, notamment parce que les Finlandais l'avaient remis en avant après le début de la guerre en Ukraine, lorsque la Russie de Poutine multipliait les menaces envers ses voisins européens. Le parallèle était alors devenu un élément important de leur communication historique et politique. En revanche, j'ai beaucoup moins adhéré à la dernière partie du récit. Jusque-là, la BD s'inspirait librement de faits réels tout en restant crédible, mais le scénario bascule soudain dans une fiction beaucoup plus spectaculaire avec un retournement de situation qui m'a paru assez incongru. Plus gênant encore, cette évolution fait apparaître une incohérence importante : les pages précédentes insistaient justement sur le fait que Riku dépendait régulièrement du ravitaillement, des munitions et du soutien logistique de l'armée finlandaise pour poursuivre ses missions. La conclusion semble totalement oublier cet élément pourtant essentiel, uniquement pour permettre un effet dramatique. J'ai donc eu le sentiment que le scénariste cherchait à meubler son récit avec un coup de théâtre marquant, au détriment de la cohérence du récit. C'est dommage, car sans cette dernière partie, l'album m'aurait laissé une impression plus forte. Malgré cette réserve, ça reste une lecture intéressante, portée par un bon dessin et par un épisode historique qui mérite d'être davantage mis en lumière. Note : 2,5/5

08/07/2026 (modifier)
Couverture de la série L'Été des charognes
L'Été des charognes

Je ne connais pas le roman d’origine – et ne sais donc pas si mes difficultés concernant cette histoire et sa lecture viennent de l’adaptation (raccourcis ?) ou non. Mais je suis sorti de cette lecture avec un sentiment mitigé. La très longue première partie prend son temps pour nous planter un décor dans lequel se débattent des personnages pleins de vie. Mais qu’est-ce que c’est noir, glauque. La poisse, la mort, l’odeur et l’idée de merde qui s’invitent régulièrement, une certaine vulgarité – des situations, des personnages et du vocabulaire. Et puis les gamins/ados que nous avons suivis en priorité grandissent. Le héros quitte le nid (collège vite expédié, détour par un internat), et c’est un jeune adulte qui conclut ce récit, dans lequel joie de vivre l’instant présent et mal être (pour ne pas dire malaises) se côtoient, jusqu’au final. Un final que j’avoue ne pas avoir forcément compris, mais qui laisse le héros rasséréné, regardant les étoiles, une sorte de paix intérieure, de calme, qui contraste avec la fuite en avant perçue depuis le début de l’histoire. Le récit possède des qualités. Mais la lecture a été à plusieurs reprises hachée, rendue difficile par plusieurs soucis. D’abord le dessin, original, mais qui n’est pas toujours très « lisible : j’ai eu du mal à reconnaitre certains personnages. Et lorsque plusieurs personnages dialogues, il faut parfois faire un effort pour attribuer le phylactère au bon personnage. Ensuite le récit lui-même n’est pas très clair. Plusieurs passages m’ont un peu échappé. Certaines transition (entre les parties du récit, mais aussi entre certaines pages) sont brutales, saccadées. Bref, un récit et un dessin originaux, mais l’ensemble ne m’a pas toujours convaincu/satisfait.

08/07/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Gens de Clamecy
Gens de Clamecy

2.5 Avec Edmond Baudoin, pour que j'accroche un peu il faut qu'il parle d'un sujet qui m'intéresse et c'est un peu le cas ici. On peut diviser cet album en deux parties, une avec une BD qui narre un événement historique un peu oublié (du moins j'en avais jamais entendu parler, mais en même temps je ne suis pas français) lorsque la ville de Clamecy s'est révoltée contre le coup d'état de Napoléon III. Étant fan de l'histoire, les pages qui racontaient cet événement m'ont bien plu. Puis il y a les croquis de gens de Clamecy que Baudoin a raconté. Chacun donne son opinion sur comment rendre le monde meilleur et on a droit aux mêmes généralités du genre plus d'écarts de richesses, pas de racisme, aider la jeunesse, etc. Je ne dis pas ça méchamment, si on m'avait posé la question j'aurais sans doute répondu quelque chose de similaire. C'est juste que je ne trouve pas cela passionnant à lire. Un album moyen avec de bons et de moins bons passages donc.

07/07/2026 (modifier)
Par Miguelof
Note: 3/5
Couverture de la série 73304-23-4153-6-96-8
73304-23-4153-6-96-8

C'est une séquence de dessins amusante ou inquiétante selon les sensibilités, sans grand-chose à ajouter. J'aime le style de dessin d'Ott qui rappelle les gravures anciennes. L'histoire, son message, la répétition du destin et l'idée de fatalité envahissent tout. Malgré cela, la croyance de beaucoup de gens en des significations cachées dans des numéros aléatoires, comme dans les constellations célestes ou le lancer de coquillages, constitue une réalité ancienne, éternelle et actuelle. L'être humain cherche toujours un sens, même dans ce qui n'en a pas à l'origine ou a la fin.

07/07/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Mamoht
Mamoht

Dans les étendues sauvages de Sibérie, plusieurs hommes se lancent dans une dangereuse chasse à l'ivoire de mammouth, attirés par la promesse d'un enrichissement rapide, au risque d'y perdre la vie. J'ai trouvé cette BD intéressante avant tout pour son cadre. Le sujet du trafic d'ivoire de mammouth est original. J'ignorais tout de la chose et cet album permet de découvrir une réalité économique et sociale méconnue de la Russie contemporaine. L'album possède une dimension presque documentaire qui le rend instructif sans jamais tomber dans l'exposé. Graphiquement, c'est aussi une réussite. Le dessin semi-réaliste fonctionne très bien, aussi bien pour représenter les personnages que les paysages sauvages et hostiles de la toundra. Malgré des personnages à gros nez qui pourraient paraitre humoristiques, l'ambiance est sérieuse et bien rendue ce qui contribue beaucoup à l'immersion. L'histoire se lit facilement et s'avère prenante du début à la fin. La progression est fluide, les enjeux sont clairs et on suit avec intérêt cette expédition motivée par l'appât du gain. En revanche, j'ai eu le sentiment que le récit restait un peu trop simple et linéaire. Les personnages sont esquissés plutôt que véritablement développés, certaines pistes auraient mérité d'être davantage approfondies et plusieurs événements arrivent finalement de manière assez prévisible. C'est sans doute ce qui m'a laissé une légère frustration à la fin de la lecture. Le contexte, les thèmes abordés et l'atmosphère avaient le potentiel de porter une histoire plus ambitieuse et plus dense. Je ne me suis pas ennuyé, loin de là, mais j'ai eu l'impression d'un récit qui se résume assez vite une fois refermé et qui n'exploite pas totalement la richesse de son sujet. Malgré cette réserve, c'est une lecture agréable portée par un cadre original et un dessin de qualité.

07/07/2026 (modifier)
Par Cacal69
Note: 3/5
Couverture de la série Doghead
Doghead

Après Postapoland, voici "Doghead", toujours chez Huber éditions, et ce comics pue lui aussi la bizarrerie. Je découvre donc Dave Cooper avec cette série qui devrait comporter 6 tomes. Le bouquin, à la couverture souple, dispose de deux couvertures, une pour chacune des histoires. Il faudra d'ailleurs retourner l'album pour passer au second récit. Histoire 1 : L'architecte. La Nouvelle Écosse en 1971, un architecte français doit mettre en œuvre le mouvement métabolique, et ainsi donner le pouvoir à un bâtiment de se transformer par lui-même. Une lecture rapide, seulement 24 pages, juste le temps de découvrir les trois personnages principaux et de planter le décor. Un récit qui ne se dévoile pas encore, l'humour est bien présent et on aura droit à un peu de sexe avec cette fellation dentesque (oui avec un « e »). Histoire 2 : La grande hiérarchie. Bon là, on va partir dans le grand n'importe quoi. Imaginez un monde où l'Étalon (l'équivalent de dieu) et ses deux Mères (des déesses) règnent sur toutes vies. Il faut que je vous décrive cet Étalon : deux longues et fines jambes, un corps ventripotent où deux points d'interrogation sont plantés sur son sommet, deux bras grassouillets, une grosse paire de couilles et un œil-museau à l'extrémité haute et basse de son corps (on dirait deux gigantesques phallus). Il va se servir de ses deux excroissances pour réaliser une double pénétration avec les deux Mères et ainsi donner naissance chaque petit matin à de nombreux œufs à coque dure qui vont flotter jusqu'à atteindre le ciel et se briser pour former de petits soleils... Dans cet espèce d'éden absurde, l'Étrier sera le méchant de service. Autre lieu et autre personnage, dans une ville futuriste Eddy Table a l'air de faire fasse à une attaque d'extraterrestres . Rien, à priori, ne lie ces deux intrigues. La lecture est rapide (18 planches) et ne fait qu'effleurer cet univers irrationnel où le comique vient s'inviter sous diverses formes. J'ai apprécié le travail graphique de Dave Cooper. L'absence de couleurs associée à un encrage rouge et noir créent cette ambiance surréaliste qui permet d'entrer facilement dans les deux récits. Un surréalisme accentué par le contraste entre la représentation de décors réalistes et des personnages cartoonesques pour le premier récit et des trouvailles graphiques pour le second. Des femmes pulpeuses aux longues incisives et ces dernières ne servent pas qu'à croquer.... Du très très bon boulot. Deux histoires aux univers très différents qui partent sur de bons rails, mais il y a un goût de trop peu pour mettre une meilleure note. Impatient de découvrir le second volet et de faire évoluer ma note.

07/07/2026 (modifier)
Par Miguelof
Note: 3/5
Couverture de la série Iron Man - le Diable en bouteille
Iron Man - le Diable en bouteille

Les habitudes hédonistes de Tony Stark le mettent à l’épreuve, après une série de contrariétés personnelles et financières. Ces histoires abordent pour la première fois, dans les comics, le fléau de l’alcoolisme, qui devient ici le véritable méchant. On assiste à une espirale descendante qui affecte la mission d’Iron Man, il se trouve forcé de choisir entre la dépendance et le but supérieur de sa vie. Je dois avouer qu’à l’époque, ce thème m’a un peu dérangé ; je n’étais pas habitué à une approche de sujets aussi réels dans les comics de super-héros. Mais tout finit par s’intégrer dans le développement et la complexification du personnage. Les dessins de Carmine Infantino et de John Romita Jr. sont classiques et n’innovent pas le style graphique de la maison Marvel à l’époque, la fin des années 70. Les couleurs sont très criardes et la mode, coiffures, moustaches et favoris trahissent aussi cette époque. Il se peut qu'elles aient un certain charme de nos jours...

07/07/2026 (modifier)
Couverture de la série Mademoiselle J. (Il s'appelait Ptirou)
Mademoiselle J. (Il s'appelait Ptirou)

Le premier tome (qui je crois était conçu comme un one-shot au départ ?) est vraiment bien fichu. Bourré de clins d’oeil, il présente la naissance du personnage de Spirou sous la forme d’une « Histoire de l’oncle Paul ». Un petit air de « Titanic » aussi avec cette romance entre le gueux Ptirou et la jeune Juliette. Ce premier album est vraiment très chouette. Dessin et colorisation aux petits oignons (un rendu vraiment très agréable), une narration fluide et plaisante, et surtout une bien belle présentation de l’univers Spirou, qui ne peut que ravir les amateurs de cet univers. Et puis le one-shot s’est développée en une série. Je ne sais pas si c’est une si bonne idée. Disons que le dessin et la colorisation sont restés très réussis, là-dessus rien à dire. Mais on bascule sur autre chose, la magie du premier album – même si on reste encore sur « une histoire de l’oncle Paul » ne joue plus. Nous suivons Juliette, devenue une femme forte, journaliste, écrivaine et aventurière. C’est rythmé, on traverse des périodes difficiles (la montée du nazisme, la France occupée, le Vietnam), avec la volonté de suivre au plus près l’héroïne, et ceux qui gravitent autour d’elle (amies proches, famille, le vieux docteur confident, etc.). Les trois albums se laissent lire, mais, comme je l’ai dit, il n’y a plus ce petit plus du premier. Et je dirais même que mon intérêt allait plutôt déclinant. Avec quelques facilités/choses improbables. Comme cette Volkswagen aux airs de Coccinelle prête à la vente en 1935 dans le tome 2. Ou surtout toute la partie se déroulant en Pologne nouvellement libérée ou en URSS dans le tome trois : hautement improbable qu’une jeune femme occidentale, journaliste ait pu traverser ainsi l’URSS stalinienne de l’époque – et en ressortir aussi facilement. Bref, un excellent tome introductif – qui peut se lire comme le one-shot qu’il était au départ (lui vaut largement ses quatre étoiles), et trois albums qui suivent, plus ou moins bien. Mais c’est quand même une série plaisante à lire.

07/07/2026 (modifier)
Par cac
Note: 3/5
Couverture de la série Le Retour (Cossé)
Le Retour (Cossé)

Le Retour traite des soldats de la Grande Guerre qui rentrent dans leur famille, et parfois ils ne rentrent pas, seulement leur fantôme. Cela peut provoquer de la jalousie chez les voisins dont le fils ou le père ne rentre pas, et de la culpabilité pour ceux qui ont survécu même s'ils sont souvent bien abîmés. C'est une histoire où on ne voit pas la guerre en tant que telle mais sa suite et les arrières, qui subissent aussi le conflit d'une autre manière dans l'attente et l'espoir. C'est parfois poétique et aux accents surréalistes voire fantastiques. Ainsi un enfant décide de construire un toboggan dans toute sa maison. Il a l'impression de pouvoir voir le passé avec. D'autres étranges événements surviennent. Je pense qu'il y a aussi un clin d'oeil à Tardi et Adèle Blanc-Sec. Le dessin en noir et blanc est agréablement réalisé.

06/07/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Kabuki (Minamisawa/Petreca)
Kabuki (Minamisawa/Petreca)

2.5 Les auteurs rendent hommage au théâtre japonais, un art dont j'avoue qui ne me passionne pas trop, mais les illustrations sont belles alors j'ai emprunté l'album. Le dessin est vraiment agréable à regarder et la mise en scène est bien maîtrisée. Mais bon c'est une BD et pas un artbook alors il y aussi un scénario et c'est là que ça va moins bien. Je n'ai pas été captivé par le récit et je n'aime pas trop comment les personnages parlent de manière philosophique, cela manque de naturel pour moi. Il faut dire aussi que le résumé sur l'album ne parle pas du thème de la transidentité alors pendant un bon moment j'étais un peu largué, comme si je regardais un film pour intellectuel qui ne veut rien dire pour le commun des mortels. Il a fallu que je lise la fin, qui m'a touché d'ailleurs, pour que je comprenne les intentions des auteurs. J'ai donc relu l'album et je suis mieux rentré dans le récit, mais malgré tout je n'ai pas été passionné. Sûrement que les lecteurs plus sensibles au théâtre de No vont mieux accrocher que moi.

06/07/2026 (modifier)