Cinq histoires courtes scenarisées par Abuli, le fameux scénariste de Torpedo et dessinées par Eric Puech, un dessinateur français qui a beaucoup été publié dans la collection Spécial USA.
Pour apprécier cette bande, il faut aimer le genre pulp : on est sur des récits très rétro assez kitsch, qui font l'éloge de la culture américaine des années 80.
Le personnage récurrent de Johnny sert de fil d'Ariane entre la plupart des histoires.
Le dessin de Puech fait très deuxième division mais il possède un certain charme. Par contre la mise en scène est moins aboutie si on compare avec les autres oeuvres de l'auteur.
Une bd assez représentative de la ligne éditoriale de Comics USA à l'époque.
Le dessin est fin et dynamique, le héros et l'histoire aussi. Et puis, traiter le mythe de Dieu, des anges et du diable comme un aventure pour enfants avec une certaine noirceur et subtilité n'est pas mal du tout. Serait-il possible de faire plus noir et plus subtil pour le public visé ? J'aurais dit non en pensant à la bd franco-belge ou américaine, mais je me demande si les Japonais n'y arriveraient pas, eux, dans leur manga !
Pourquoi ? Eh bien par exemple, sur Google on dit que Parasite
Quel âge pour lire Parasite ?
Informations sur le produit
Éditeur Glénat Manga
ISBN-13 978-2344039595
Poids de l'article ?305 g
Âge de lecture ?Dès 13 ans
Parasite peut être lu à 13 ans.
Que chacun tape parasite ici et lise les critiques s'il n'a pas lu Parasite, sans parler de l'anime !
Une histoire de plusieurs destins entremêlés, des âmes damnées cherchant à se faire la peau ou bien à se tirer au plus vite, de la violence à outrance et des morts plus que gratuites, des personnages petits moralement, … Ici, pas de doute, on est bien dans un récit de mafieux !
Pas vraiment de personnage principal, ici chaque personnage vit sa vie et tente de s'en sortir, qu'il s'agisse du lâche et fourbe adjoint qui rêve de devenir calife à la place du calife, de la jeune femme qui était venue en ville en rêvant de devenir star et s'est retrouvée embarquée malgré elle dans des affaires criminelles, du gros benêt amoureux des animaux et soucieux de son prochain qui n'éprouve pourtant aucun scrupule à exécuter les ordres d'un criminel, du flic qui semble parfois plus intéressé par la gloire que par la sécurité des citoyens, en passant par un idiot sur-musculeux jouant les justiciers du dimanche et tuant immanquablement les innocent-e-s et les victimes. Bref, une belle brochette de personnages bien clichés, bien barrés aussi (particulièrement El Chupacabra, le justicier susmentionné).
Le scénario part dans tous les sens, usant d'histoires de malédictions, de super-héroïsme et de guerre de gang pour une histoire qui, au final, s'avère surtout être une excuse pour de la violence gratuite. Violence montant d'ailleurs en crescendo, les personnages devenant de plus en plus avides, instables et dangereux à mesure que les pages tournent, le tout se concluant dans une explosion de balles lors du chapitre final, là où tous les personnages vont jouer leur rôle une dernière fois.
L’œuvre n'est pas mauvaise, je lui reconnais d'être bien rythmée et de se révéler divertissante, mais j'avoue être mine de rien restée en retrait lors de ma lecture.
Est-ce le scénario ? Oui, en partie. Je ne suis pas nécessairement friande de récits de guerres de gangs, l'imagerie des fusillades de rues et des héritages mafieux ne me parlant pas du tout (au grand dam de mon père qui avait voulu me présenter la trilogie du Parrain) alors j'avoue que la myriade de poncifs et de références ici m'a laissée de marbre.
Est-ce la violence exacerbée ? Oui et non. J'aime beaucoup la violence comme outil narratif, qu'elle soit magnifiquement chorégraphiée ou viscérale et animale, car elle permet de donner du corps (littéralement) à des propos violents, voire des propos sur la violence. Pourtant, ici, j'avoue que la violence m'a parue… inutile. Pas car elle illustrerait un propos sur l'inutilité de la violence ou montrerait le caractère pathétique de ce monde ultra-violent (quoiqu'on retrouve un peu l'idée avec ces mafieux jouant les caïds et se chiant dessus - littéralement - à chaque retour de bâton), mais bien car au final le scénario m'a parfois paru accessoire, un simple vecteur pour juste dessiner des gens qui font pan-pan et qui s'explosent la cervelle.
En fait, mon vrai problème, je crois que ce sont les personnages. Sur le papier il sont bons, leurs archétypes sont bien connus, on exagère le trait pour rendre le tout comique, ça devrait les rendre intéressants et un minimum attachants (aussi attachants que pourraient être des ordures dans le cas de la majorité). Mais ici pas d'attache chez moi. L'histoire n'est pas inintéressante sur le papier, mais je n'arrive pas du tout à m'attacher à quoi que ce soit - et j'avoue que l'humour m'a assez peu fait rire.
C'est dommage, parce que les récits délirants et explosifs, de destins entremêlés et d'action vive, normalement ça fait mouche pour moi. En fait je crois que mon ressenti en demi-teinte vient surtout d'une forme de déception.
Je donne tout de même la moyenne, l'album n'est pas mauvais, mais j'avoue être parfaitement passée à côté de cet album.
En espérant qu'il parle davantage à d'autres personnes.
(Note réelle 2,5)
Monsieur le Chien se lance ici dans une histoire a priori casse-gueule. En effet, son personnage principal, le fameux « homme au masque » est un psychopathe, obsédé sexuel, violeur, qui viole, tabasse des femmes, et en séquestre une dans sa cave (l’auteur aurait eu cette idée sordide à partir d’un fait divers autrichien).
Mais je dois dire que, malgré les inévitables ratages et irrégularités, Monsieur le Chien s’en sort globalement assez bien. Comme à son habitude, il développe un humour très con, débile, absurde – que ce soit dans les situations ou les dialogues, en n’hésitant pas à aller au bout du bout d’une idée à la con, en surjouant la crétinerie des personnages.
Il faut aimer, mais je suis plutôt amateur de ce type d’humour au énième degré, qui empile les conneries en se disant bien qu’une ou deux feront mouche. Et c’est le cas me concernant.
Un gros défouloir pour amateurs du genre.
Une lecture sympathique, mais que j’aurais aimé voir plus dense.
En effet, que ce soit dans les grandes lignes ou dans les détails de l’intrigue, Marazano est assez minimaliste. J’aurais aimé en savoir plus sur les Krells, contre lesquels une armée terrienne se prépare à combattre (et aussi sur les causes de cette guerre !).
Quant aux personnages, là aussi on n’en sait pas trop, si ce n’est que les quatre que nous suivons refusent cette guerre, et souhaite retourner sur Terre. Pour cela ils se mutinent en assassinant leur officier. La suite ne va pas se passer comme prévu.
Si les rebondissements finaux concluent l’histoire, ils le font de façon un peu brutale – et relativement frustrante. De la même manière, le rôle de Gloria, l’ordinateur de bord du char dans lequel nos mutins voyage, ambigu, aurait pu être mieux cerné.
Bon, je semble ne faire que me plaindre. Mais cet album se laisse lire quand même. C’est juste que j’en espérais un peu plus.
Note réelle 2,5/5.
Un auteur qui est visiblement pote de Dave Cooper ne peut a priori que m’intéresser. C’est donc avec curiosité et de belles attentes que j’ai acheté (il y a longtemps maintenant) et lu cet album.
Alors déjà rien à voir avec le style (graphique et narratif) de Cooper. On serait ici plus proche de Joe Matt (en moins trash et introspectif quand même), ou à Charles Burns parfois (le dessin en moins).
En tout cas voilà une histoire qui se laisse lire agréablement. J’ai pourtant eu du mal à entrer dedans, et certains passages m’ont un temps interloqué. Mais finalement ça s’avère plaisant à lire.
L’intrigue est resserrée sur quelques rares personnages, et sur une durée assez courte. Mais des flash-backs densifient l’histoire, et livre par bribes le passé et les causes de certaines névroses ou incompréhensions entre personnages, qui finissent par se mettre à nu (et tout nu aussi d’ailleurs), individuellement, mais aussi au niveau de leurs relations (voir celles entre John et Naomi, assez torturées, cette dernière n’hésitant pas à pousser le malaise assez loin, en impliquant une de ses copines « aux gros seins »).
Le dessin, très moderne, dynamique, virant au fantastique dans certaines cases, se révèle lui aussi agréable.
Une lecture sympathique en tout cas.
La finale du championnat du monde d'échecs de 1978 aux Philippines sert de toile de fond à un récit qui mêle affrontement politique bien réel entre Anatoli Karpov et Viktor Kortchnoï, et enquête fictive autour d'un vieil homme cherchant à comprendre le drame qui a bouleversé sa vie trente ans plus tôt.
J'ai beaucoup apprécié le cadre géographique et historique, aussi original qu'intéressant. En pleine guerre froide, sous la chaleur moite des Philippines de Ferdinand Marcos, une simple partie d'échecs devient un affrontement idéologique entre les deux blocs. En parallèle, les auteurs construisent une seconde confrontation, plus intime, entre un ancien prisonnier, soutenu par un mercenaire-détective aux motivations volontairement opaques, et le mystère de son passé qu'il tente de percer. Ces deux récits, reliés par le thème des échecs et par un personnage jouant sur plusieurs tableaux, entretiennent efficacement le suspense.
Graphiquement, j'aime beaucoup cette ligne claire à l'encrage épais. Les personnages sont parfois un peu inexpressifs, mais cela participe au charme de l'ensemble. Les couleurs délavées et tout en retenue renforcent cette esthétique légèrement rétro, parfaitement en accord avec l'époque.
Le récit se lit avec plaisir et intrigue constamment, tant par sa dimension historique que par son enquête fictive.
En revanche, j'ai trouvé que le dernier chapitre manquait de finesse. Les personnages se mettent soudain à expliquer en détail leurs plans, comme s'ils s'adressaient directement à des lecteurs invisibles. Les ficelles du scénario deviennent alors très apparentes, tandis que les motivations de certains protagonistes, en particulier celles du mercenaire-détective, restent paradoxalement assez floues. Je n'ai pas vraiment compris pourquoi il avait agi de cette manière, ni ce que tout ce mystère apportait réellement à l'histoire.
Une conclusion un peu bancale qui atténue légèrement l'excellente impression laissée par tout ce qui précède.
Paru seulement en 2023, ce témoignage a pris du temps à accoucher car il porte sur les attaques terroristes de novembre 2015 à Paris.
Kek et son amie se trouvaient tout proches, ont entendu les mitraillettes, et cela s'est joué à peu de choses qu'ils ne soient pas descendus manger au Petit Cambodge ce soir-là. S'en suit la découverte du massacre, l'impuissance face à la situation, même les pompiers rapidement arrivés étaient livides. Dans les jours qui suivent tout rappelle cet événement et la moindre joie ou rire chez les autres devient insupportable pour Kek. C'est clairement un stress post traumatique car ils ont vu la mort de près, et ils apprennent aussi que 2 amies ont été tuées, leurs photos sont au milieu de ce livre.
Album de petit format type manga dans la collection Shampoing, le dessin noir et blanc est correct, il fait dans le simple et efficace. C'est un bon récit sensible et qui rappelle qu'il y a les morts mais aussi tout l'impact que cela produit sur les vivants qui restent hantés par ce souvenir, à vie vraisemblablement.
Un titre bien nul pour une nouvelle collection d'histoires courtes dessinées par Puech.
C'est l'album le plus abouti du lot graphiquement, le problème étant toujours des dialogues trop familiers et des scénarios trop légers pour être mémorables.
Cette fois ci, le fantastique vient colorer ces histoires de voyous désœuvrés, ça change un peu.
J'ai passé un bon moment mais on peut aussi vivre sans.
Même si je continue à penser que le premier cycle de L'Autre Monde se suffisait largement à lui-même, j'ai trouvé ce quatrième cycle plus convaincant que les deuxième et troisième. J'y ai retrouvé une bonne partie de ce qui faisait le charme des débuts : cette ambiance si particulière, le plaisir de parcourir de nouveaux territoires et de retrouver des références au premier cycle, avec l'impression que l'univers s'élargit enfin de manière cohérente.
Cette fois, le merveilleux cède toutefois une partie de sa place à un récit davantage tourné vers l'action et l'aventure. L'intrigue est plus dense, plus rythmée, avec un peu de suspense, des révélations sur le passé de Jan et un conflit qui donne davantage d'ampleur au récit. Cette orientation fonctionne plutôt bien.
L'autre surprise vient de l'introduction d'un univers de science-fiction rétro. Les robots, les machines et cette guerre planétaire évoquent une SF très classique, presque à la Metropolis. Florence Magnin adopte d'ailleurs une esthétique rétro pour représenter ces éléments mécaniques, créant un contraste visuel intéressant avec le merveilleux du Pays Roux et les paysages féériques de l'Autre Monde. Ce mélange fonctionne finalement mieux que je ne l'aurais imaginé.
Ah, et aussi, elle a très heureusement abandonné l'affreux lettrage informatique du troisième cycle pour revenir à un lettrage plus manuscrit et bien plus joli.
En revanche, la conclusion pousse encore davantage cet aspect science-fiction, au point de faire passer au second plan l'atmosphère merveilleuse qui faisait toute l'identité de la série. C'est un choix qui m'a moins séduit, car j'ai toujours préféré L'Autre Monde lorsqu'il cultivait son univers de conte étrange plutôt que lorsqu'il basculait vers la SF.
Cela reste malgré tout un cycle plutôt réussi, plus ambitieux et plus prenant que les deux précédents, qui apporte une conclusion globalement satisfaisante aux différents arcs de la série. Je continue néanmoins de penser que le premier cycle conservait une magie et une force évocatrice que les suivants n'ont jamais totalement retrouvées.
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Joe Breakdown
Cinq histoires courtes scenarisées par Abuli, le fameux scénariste de Torpedo et dessinées par Eric Puech, un dessinateur français qui a beaucoup été publié dans la collection Spécial USA. Pour apprécier cette bande, il faut aimer le genre pulp : on est sur des récits très rétro assez kitsch, qui font l'éloge de la culture américaine des années 80. Le personnage récurrent de Johnny sert de fil d'Ariane entre la plupart des histoires. Le dessin de Puech fait très deuxième division mais il possède un certain charme. Par contre la mise en scène est moins aboutie si on compare avec les autres oeuvres de l'auteur. Une bd assez représentative de la ligne éditoriale de Comics USA à l'époque.
Arkel
Le dessin est fin et dynamique, le héros et l'histoire aussi. Et puis, traiter le mythe de Dieu, des anges et du diable comme un aventure pour enfants avec une certaine noirceur et subtilité n'est pas mal du tout. Serait-il possible de faire plus noir et plus subtil pour le public visé ? J'aurais dit non en pensant à la bd franco-belge ou américaine, mais je me demande si les Japonais n'y arriveraient pas, eux, dans leur manga ! Pourquoi ? Eh bien par exemple, sur Google on dit que Parasite Quel âge pour lire Parasite ? Informations sur le produit Éditeur Glénat Manga ISBN-13 978-2344039595 Poids de l'article ?305 g Âge de lecture ?Dès 13 ans Parasite peut être lu à 13 ans. Que chacun tape parasite ici et lise les critiques s'il n'a pas lu Parasite, sans parler de l'anime !
Les Basses Œuvres
Une histoire de plusieurs destins entremêlés, des âmes damnées cherchant à se faire la peau ou bien à se tirer au plus vite, de la violence à outrance et des morts plus que gratuites, des personnages petits moralement, … Ici, pas de doute, on est bien dans un récit de mafieux ! Pas vraiment de personnage principal, ici chaque personnage vit sa vie et tente de s'en sortir, qu'il s'agisse du lâche et fourbe adjoint qui rêve de devenir calife à la place du calife, de la jeune femme qui était venue en ville en rêvant de devenir star et s'est retrouvée embarquée malgré elle dans des affaires criminelles, du gros benêt amoureux des animaux et soucieux de son prochain qui n'éprouve pourtant aucun scrupule à exécuter les ordres d'un criminel, du flic qui semble parfois plus intéressé par la gloire que par la sécurité des citoyens, en passant par un idiot sur-musculeux jouant les justiciers du dimanche et tuant immanquablement les innocent-e-s et les victimes. Bref, une belle brochette de personnages bien clichés, bien barrés aussi (particulièrement El Chupacabra, le justicier susmentionné). Le scénario part dans tous les sens, usant d'histoires de malédictions, de super-héroïsme et de guerre de gang pour une histoire qui, au final, s'avère surtout être une excuse pour de la violence gratuite. Violence montant d'ailleurs en crescendo, les personnages devenant de plus en plus avides, instables et dangereux à mesure que les pages tournent, le tout se concluant dans une explosion de balles lors du chapitre final, là où tous les personnages vont jouer leur rôle une dernière fois. L’œuvre n'est pas mauvaise, je lui reconnais d'être bien rythmée et de se révéler divertissante, mais j'avoue être mine de rien restée en retrait lors de ma lecture. Est-ce le scénario ? Oui, en partie. Je ne suis pas nécessairement friande de récits de guerres de gangs, l'imagerie des fusillades de rues et des héritages mafieux ne me parlant pas du tout (au grand dam de mon père qui avait voulu me présenter la trilogie du Parrain) alors j'avoue que la myriade de poncifs et de références ici m'a laissée de marbre. Est-ce la violence exacerbée ? Oui et non. J'aime beaucoup la violence comme outil narratif, qu'elle soit magnifiquement chorégraphiée ou viscérale et animale, car elle permet de donner du corps (littéralement) à des propos violents, voire des propos sur la violence. Pourtant, ici, j'avoue que la violence m'a parue… inutile. Pas car elle illustrerait un propos sur l'inutilité de la violence ou montrerait le caractère pathétique de ce monde ultra-violent (quoiqu'on retrouve un peu l'idée avec ces mafieux jouant les caïds et se chiant dessus - littéralement - à chaque retour de bâton), mais bien car au final le scénario m'a parfois paru accessoire, un simple vecteur pour juste dessiner des gens qui font pan-pan et qui s'explosent la cervelle. En fait, mon vrai problème, je crois que ce sont les personnages. Sur le papier il sont bons, leurs archétypes sont bien connus, on exagère le trait pour rendre le tout comique, ça devrait les rendre intéressants et un minimum attachants (aussi attachants que pourraient être des ordures dans le cas de la majorité). Mais ici pas d'attache chez moi. L'histoire n'est pas inintéressante sur le papier, mais je n'arrive pas du tout à m'attacher à quoi que ce soit - et j'avoue que l'humour m'a assez peu fait rire. C'est dommage, parce que les récits délirants et explosifs, de destins entremêlés et d'action vive, normalement ça fait mouche pour moi. En fait je crois que mon ressenti en demi-teinte vient surtout d'une forme de déception. Je donne tout de même la moyenne, l'album n'est pas mauvais, mais j'avoue être parfaitement passée à côté de cet album. En espérant qu'il parle davantage à d'autres personnes. (Note réelle 2,5)
L'Homme au masque (en toile de jute)
Monsieur le Chien se lance ici dans une histoire a priori casse-gueule. En effet, son personnage principal, le fameux « homme au masque » est un psychopathe, obsédé sexuel, violeur, qui viole, tabasse des femmes, et en séquestre une dans sa cave (l’auteur aurait eu cette idée sordide à partir d’un fait divers autrichien). Mais je dois dire que, malgré les inévitables ratages et irrégularités, Monsieur le Chien s’en sort globalement assez bien. Comme à son habitude, il développe un humour très con, débile, absurde – que ce soit dans les situations ou les dialogues, en n’hésitant pas à aller au bout du bout d’une idée à la con, en surjouant la crétinerie des personnages. Il faut aimer, mais je suis plutôt amateur de ce type d’humour au énième degré, qui empile les conneries en se disant bien qu’une ou deux feront mouche. Et c’est le cas me concernant. Un gros défouloir pour amateurs du genre.
Le Bataillon des lâches
Une lecture sympathique, mais que j’aurais aimé voir plus dense. En effet, que ce soit dans les grandes lignes ou dans les détails de l’intrigue, Marazano est assez minimaliste. J’aurais aimé en savoir plus sur les Krells, contre lesquels une armée terrienne se prépare à combattre (et aussi sur les causes de cette guerre !). Quant aux personnages, là aussi on n’en sait pas trop, si ce n’est que les quatre que nous suivons refusent cette guerre, et souhaite retourner sur Terre. Pour cela ils se mutinent en assassinant leur officier. La suite ne va pas se passer comme prévu. Si les rebondissements finaux concluent l’histoire, ils le font de façon un peu brutale – et relativement frustrante. De la même manière, le rôle de Gloria, l’ordinateur de bord du char dans lequel nos mutins voyage, ambigu, aurait pu être mieux cerné. Bon, je semble ne faire que me plaindre. Mais cet album se laisse lire quand même. C’est juste que j’en espérais un peu plus. Note réelle 2,5/5.
Hair Shirt
Un auteur qui est visiblement pote de Dave Cooper ne peut a priori que m’intéresser. C’est donc avec curiosité et de belles attentes que j’ai acheté (il y a longtemps maintenant) et lu cet album. Alors déjà rien à voir avec le style (graphique et narratif) de Cooper. On serait ici plus proche de Joe Matt (en moins trash et introspectif quand même), ou à Charles Burns parfois (le dessin en moins). En tout cas voilà une histoire qui se laisse lire agréablement. J’ai pourtant eu du mal à entrer dedans, et certains passages m’ont un temps interloqué. Mais finalement ça s’avère plaisant à lire. L’intrigue est resserrée sur quelques rares personnages, et sur une durée assez courte. Mais des flash-backs densifient l’histoire, et livre par bribes le passé et les causes de certaines névroses ou incompréhensions entre personnages, qui finissent par se mettre à nu (et tout nu aussi d’ailleurs), individuellement, mais aussi au niveau de leurs relations (voir celles entre John et Naomi, assez torturées, cette dernière n’hésitant pas à pousser le malaise assez loin, en impliquant une de ses copines « aux gros seins »). Le dessin, très moderne, dynamique, virant au fantastique dans certaines cases, se révèle lui aussi agréable. Une lecture sympathique en tout cas.
Le Roi sans couronne
La finale du championnat du monde d'échecs de 1978 aux Philippines sert de toile de fond à un récit qui mêle affrontement politique bien réel entre Anatoli Karpov et Viktor Kortchnoï, et enquête fictive autour d'un vieil homme cherchant à comprendre le drame qui a bouleversé sa vie trente ans plus tôt. J'ai beaucoup apprécié le cadre géographique et historique, aussi original qu'intéressant. En pleine guerre froide, sous la chaleur moite des Philippines de Ferdinand Marcos, une simple partie d'échecs devient un affrontement idéologique entre les deux blocs. En parallèle, les auteurs construisent une seconde confrontation, plus intime, entre un ancien prisonnier, soutenu par un mercenaire-détective aux motivations volontairement opaques, et le mystère de son passé qu'il tente de percer. Ces deux récits, reliés par le thème des échecs et par un personnage jouant sur plusieurs tableaux, entretiennent efficacement le suspense. Graphiquement, j'aime beaucoup cette ligne claire à l'encrage épais. Les personnages sont parfois un peu inexpressifs, mais cela participe au charme de l'ensemble. Les couleurs délavées et tout en retenue renforcent cette esthétique légèrement rétro, parfaitement en accord avec l'époque. Le récit se lit avec plaisir et intrigue constamment, tant par sa dimension historique que par son enquête fictive. En revanche, j'ai trouvé que le dernier chapitre manquait de finesse. Les personnages se mettent soudain à expliquer en détail leurs plans, comme s'ils s'adressaient directement à des lecteurs invisibles. Les ficelles du scénario deviennent alors très apparentes, tandis que les motivations de certains protagonistes, en particulier celles du mercenaire-détective, restent paradoxalement assez floues. Je n'ai pas vraiment compris pourquoi il avait agi de cette manière, ni ce que tout ce mystère apportait réellement à l'histoire. Une conclusion un peu bancale qui atténue légèrement l'excellente impression laissée par tout ce qui précède.
Du beau avec du moche
Paru seulement en 2023, ce témoignage a pris du temps à accoucher car il porte sur les attaques terroristes de novembre 2015 à Paris. Kek et son amie se trouvaient tout proches, ont entendu les mitraillettes, et cela s'est joué à peu de choses qu'ils ne soient pas descendus manger au Petit Cambodge ce soir-là. S'en suit la découverte du massacre, l'impuissance face à la situation, même les pompiers rapidement arrivés étaient livides. Dans les jours qui suivent tout rappelle cet événement et la moindre joie ou rire chez les autres devient insupportable pour Kek. C'est clairement un stress post traumatique car ils ont vu la mort de près, et ils apprennent aussi que 2 amies ont été tuées, leurs photos sont au milieu de ce livre. Album de petit format type manga dans la collection Shampoing, le dessin noir et blanc est correct, il fait dans le simple et efficace. C'est un bon récit sensible et qui rappelle qu'il y a les morts mais aussi tout l'impact que cela produit sur les vivants qui restent hantés par ce souvenir, à vie vraisemblablement.
Traces de pneus
Un titre bien nul pour une nouvelle collection d'histoires courtes dessinées par Puech. C'est l'album le plus abouti du lot graphiquement, le problème étant toujours des dialogues trop familiers et des scénarios trop légers pour être mémorables. Cette fois ci, le fantastique vient colorer ces histoires de voyous désœuvrés, ça change un peu. J'ai passé un bon moment mais on peut aussi vivre sans.
L'Autre Monde - Cycle 4
Même si je continue à penser que le premier cycle de L'Autre Monde se suffisait largement à lui-même, j'ai trouvé ce quatrième cycle plus convaincant que les deuxième et troisième. J'y ai retrouvé une bonne partie de ce qui faisait le charme des débuts : cette ambiance si particulière, le plaisir de parcourir de nouveaux territoires et de retrouver des références au premier cycle, avec l'impression que l'univers s'élargit enfin de manière cohérente. Cette fois, le merveilleux cède toutefois une partie de sa place à un récit davantage tourné vers l'action et l'aventure. L'intrigue est plus dense, plus rythmée, avec un peu de suspense, des révélations sur le passé de Jan et un conflit qui donne davantage d'ampleur au récit. Cette orientation fonctionne plutôt bien. L'autre surprise vient de l'introduction d'un univers de science-fiction rétro. Les robots, les machines et cette guerre planétaire évoquent une SF très classique, presque à la Metropolis. Florence Magnin adopte d'ailleurs une esthétique rétro pour représenter ces éléments mécaniques, créant un contraste visuel intéressant avec le merveilleux du Pays Roux et les paysages féériques de l'Autre Monde. Ce mélange fonctionne finalement mieux que je ne l'aurais imaginé. Ah, et aussi, elle a très heureusement abandonné l'affreux lettrage informatique du troisième cycle pour revenir à un lettrage plus manuscrit et bien plus joli. En revanche, la conclusion pousse encore davantage cet aspect science-fiction, au point de faire passer au second plan l'atmosphère merveilleuse qui faisait toute l'identité de la série. C'est un choix qui m'a moins séduit, car j'ai toujours préféré L'Autre Monde lorsqu'il cultivait son univers de conte étrange plutôt que lorsqu'il basculait vers la SF. Cela reste malgré tout un cycle plutôt réussi, plus ambitieux et plus prenant que les deux précédents, qui apporte une conclusion globalement satisfaisante aux différents arcs de la série. Je continue néanmoins de penser que le premier cycle conservait une magie et une force évocatrice que les suivants n'ont jamais totalement retrouvées.