Un titre à la Tolkien, mais on est bien dans une série SF.
Une série dont la lecture a été parfois laborieuse, mais qui globalement est intéressante.
L’intrigue est relativement originale, et, après qu’on l’ait finie, on s’aperçoit qu’elle est assez ambitieuse. Peut-être trop. Ou alors la construction est-elle un chouia trop complexe. En tout cas j’ai souvent eu du mal à suivre l’intrigue.
En effet, il y a de multiples va-et-vient entre différents protagonistes, différents lieux – et, je l’ai compris très tardivement, entre différentes époques – ce qui fait qu’il est parfois difficile d’assimiler tout ce qui se passe.
Pour le reste, l’histoire mêle complots pour le pouvoir politique, pour le contrôle de certains artefacts, invasion d’un peuple extérieur, piraterie, etc. En sus d’une intrigue assez riche, il y a beaucoup de personnages.
Mais bon, une fois accroché par l’histoire, et en faisant l’effort de s’accrocher aux diverses péripéties et aux enjeux multiples, c’est une série qui est prenante, rythmée, et qui m’a plu.
Dessin et colorisation sont lisibles, mais un peu inégaux. C’est un style qui n’est a priori pas ma came (un peu trop « simpliste », manquant de détails et nuances), mais, là aussi, je m’y suis fait.
Note réelle 3,5/5.
Scott McCloud nous a déjà initié à l'art de raconter la BD en BD (cf L'Art Invisible).
Ici, il s'associe à la dessinatrice Raina Telgemeier pour nous offrir une fiction, l'histoire de quatre ados aux affinités différentes et qui, sous l'impulsion de la documentaliste du CDI de leur collège vont créer leur propre bande dessinée
J'ai trouvé le propos très inspirant et bourré de conseils avisés concernant les émotions à faire passer à travers les postures des personnages, ou la liberté sans limite du support. "La seule règle d'or de la bande dessinée, c'est qu'il n'y en a pas".
J'ai été moins séduite par le dessin, que j'ai trouvé un poil caricatural
Voilà une nouvelle série de fantasy tirant sur le mode des jeux RPG. Rien de bien neuf de ce côté là, pourtant, j'avoue m'être laissé tranquillement embarquer.
Noon est un jeune homme qui a toujours voulu être un aventurier. Pourtant, malgré sa rigueur et son obstination, il a échoué à toutes les écoles d'aventuriers existantes. Que ce soit sorcier, guerrier, voleur ou encore guérisseur, il n'a jamais réussi à en sortir diplômé. Pour autant, toujours prompt à rendre service et de bonne humeur, Noon reste positif et est très apprécié de ses concitoyens. La guilde de sa ville à même créé une catégorie de missions "zéro" qu'il peut ainsi réaliser pour se sentir aventurier... Pourtant, un jour, il va sauver la Princesse Lynneburg du Royaume de Clays d'une attaque d'un terrible minotaure. De ce jour elle n'aura de cesse de devenir son apprentie, lui qui ne pensait être qu'un bon à rien.
Alors oui, le pitch de départ est très loin d'être original, mais la qualité de la narration et de découpage des planches donne toute la fluidité à ce début d'histoire. Noon est aussi un personnage attachant, et on se surprend à attendre le développement de ses aventures.
A découvrir.
Venant de la part d'Olivier Ka, je me doutais qu'il fallait s'attendre à quelque chose de surprenant en terme d'histoire pour enfant. Et en effet, il y a un petit twist à cette histoire qui part de manière très très simple.
Comme le disait Mac Arthur, la morale de cette histoire pour enfant est surprenante et c'est une très bonne chose. Le début est assez classique avec ce gamin dans un petit village qui ne comprend pas bien ce que fait son papa. Et qui va découvrir un petit être bien différent ... L'histoire est assez rapide alors je préférerais ne rien en dire. Mais j'ai bien aimé le fait qu'elle n'aille pas du tout dans le sens qui semblait tout tracé par ce début d'histoire. De même, j'ai interprété cette histoire de rêve et cauchemar comme une métaphore du pouvoir. On peut ainsi tout faire, y compris nos pires cauchemar ...
La BD est servie par un dessin sympathique qui fait très bien le travail. C'est coloré et dynamique, ça colle très bien au récit. Une lecture sympathique pour les plus jeunes !
A voir le dessin on a l'impression d'être dans ces pages de strips du début du XXème siècle à l'instar de Little Nemo. Un côté gravure fort joli, Léviathan le bébé de l'histoire est quant à lui souvent représenté sans visage ce qui est plus simple à dessiner. Il est accompagné d'un chat. Une histoire à hauteur de bébé, particulièrement avancé pour son âge, du moins dans sa tête et son imaginaire car dans la vraie vie ses parents n'entendent que quelques onomatopées.
Pourtant l'auteur Peter Blegvad, un nom qu'on croirait inventé, a réalisé cela dans les années 1990. Cela a bien été publié de manière hebdomadaire dans le journal britannique The Independent. Alors c'est parfois inégal, le but n'est pas forcément d'être drôle. Cela joue sur différentes situations de découvertes de l'enfant. C'est parfois sur plusieurs parties et pas un seul strip. Le tout est assez poétique. L'ouvrage est assez épais tout de même, à feuilleter de temps en temps en y piochant quelques pensées.
Couto est un auteur brésilien, dont c’est je crois la première œuvre que je lis. Mais il y a ici une inspiration plutôt argentine : la tour de Babel m’a fait penser à Borges, et surtout la trame générale, qui joue à plusieurs reprises sur les rêves – et sur l’ambiguïté « qui rêve de qui » ? – m’a fait penser à une jolie nouvelle de Cortazar.
Pour le reste, on est dans de le Science-Fiction pure, très marquée par son époque (années 1980), avec un récit assez noir, pessimiste. Quelque chose qui fait aussi penser à ce que pouvaient publier les Humanos (Caza en particulier).
J’ai eu du mal à lier le premier chapitre avec la suite et, plus généralement, l’album souffre de certaines ellipses, de raccourcis dommageables. Sans doute aurait-il fallu développer un peu l’intrigue, pour la densifier, et la rendre plus intelligible. De la même façon, la psychologie – et l’histoire des personnages auraient gagné à être étoffées.
Le dessin est réaliste et globalement bon, avec un Noir et Blanc que j’ai bien aimé.
Un album – et un auteur – pas courants. A l’occasion je jetterai un œil sur ce qu’il a pu faire ailleurs.
Note réelle 2,5/5.
Rahan n'est pas vraisemblable, et alors ? Il s'agit clairement d'un héros comme Tarzan dont il se démarque car errant, quand Tarzan reste en principe chez lui, préhistorique et non en relation avec le monde moderne, blond et non brun. Oui, quand on crée un nouveau personnage, un nouvel univers, il faut se différencier.
Rahan invente tout ? Invraisemblable, mais qui a pu le croire bien longtemps ? C'est en somme une convention…. Par contre, on peut essayer de s'inspirer de son ingéniosité, et cela allait bien avec le gadget du Pif éponyme.
Tous les préhistoriques n'étaient pas idiot, mais un autre problème est que les sorciers sont souvent félons, cela fait religion complot de prêtres : délicieusement désuet, comme idée. A part quelques sorciers, il y a quelques groupes pas idiots, mais il est vrai que c'est toujours le héros qui règle les problèmes, on est loin d'une aventure de Corto où il n'a fait que regarder des combats aériens ! Le dessin n'est pas parfait mais dynamique, si on le critique, que dire, par exemple, de ceux des superhéros ? J'aime bien l'idée que Rahan cherche le soleil, et qu'il fasse tournoyer son coutelas pour se diriger vers de nouvelles aventures.
Comme theThe Promised Neverland en moins intellectuel, une bien bonne série pour les jeunes !
Rahan est une série que je lisais régulièrement quand je fus un lecteur assidu de Pif Gadget. Ce n'était pas ma série préférée mais je la lisais sans déplaisir. je suis tombé par hasard sur trois numéros de 1980 ce qui ne m'a pas rajeuni. Ce qui marque immédiatement quand on reprend la série est le graphisme de Cheret. Le trait est réaliste trop pour moi à l'époque plus habitué à une ligne claire plus souple.
Toutefois je trouve la présentation moderne et dynamique dans les cadrages et la construction bien que le trait et surtout la mise en couleur soient aujourd'hui très datés. Même si l'omniprésence de Rahan dans les cases est lassante les dessins sont soignés et détaillés. Cela convient bien au schéma d'histoires courtes lues une fois par semaine où l'espace dans le temps pouvait justifier les différents déplacements du jeune chasseur blond.
A la relecture plus adulte un paradoxe m'interroge. Le graphisme de Cheret joue à fond sur la dynamique de l'aventure assez violente. Les scènes de combats entre Rahan et les animaux voire d'autres chasseurs s'enchainent à un fort rythme. A l'inverse le texte de Lecureux prône des valeurs presque catéchistiques " Tous les chasseurs sont frères…" "Tu n'es qu'un homme ,un frère de tous les hommes!" "Craô a appris à Rahan à ne jamais voler!" pour ne citer que quelques uns des sages enseignements de Craô.
Un autre point intéressant est le côté éducatif que veut insuffler les scénarii de Lecureux au détriment de la réalité historique. Les auteurs multiplient les anachronismes en introduisant des dinosaures ou en faisant de Rahan un génial inventeur. Cela permettait de compléter la bande dessinée par des reportages sur des points du scénario sur les animaux ou les tribus.
On pourrait approfondir longtemps, en bien et en mal, certains aspects de cette série qui a marqué pendant deux décennies de nombreux jeunes ados ( la représentation de l'homme blanc, la sexualité, le rapport à la nature) .
Ainsi je trouve cette série bien difficile à noter comme le prouve la dispersion des avis. Personnellement je reste sur une note mitigée car je n'ai pas de nostalgie forte sur cette série.
Miaou ! J'aime le chat et les autres personnages, mais quel dessin ! J'en ai vraiment assez d'artistes qui ne font pas mieux que moi, et qui en plus, se lancent dans toutes sortes de détails au lieu de simplifier comme il se doit quand on a du mal avec tout ! Pardon pour les vaches, pardon, les chats sacrés, mais je n'aime pas les fausses gloires, les vaches sacrées, et la note s'en ressentira !
La série se laisse lire. Rapidement, car il y a peu de texte, et l’intrigue n’est pas très étoffée. Mais cette lecture m’a laissé sur ma faim.
La conquête de l’empire inca par Pizarro est un point de départ intéressant. En y ajoutant les rivalités et complots entre Espagnols, et les tentatives de révoltes incas, il y avait là matière à mieux j’ai trouvé.
En effet, tout m’est apparu traité de façon trop légère, trop rapide, sans exploiter les divers potentiels, mis à part le complot final (qui ouvre en fait le premier tome et conclut le troisième). Pour le reste, Di Gorgio n’a pas utilisé tout le potentiel d’aventures épiques : traversée des jungles et des cordillères, combats contre les armées de l’Inca, etc. Même les cités incas ne sont pas impressionnantes. Tout semble expédié un peu vite (par exemple ce qui s’est passé dans les premiers temps de la conquête, avant l’arrivée plus massive d’Espagnols).
Bon, cela dit, ça reste quand même lisible, c’est plutôt rythmé, le dessin est globalement bon (même s’il est inégal).
Note réelle 2,5/5.
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L'Anneau des 7 Mondes
Un titre à la Tolkien, mais on est bien dans une série SF. Une série dont la lecture a été parfois laborieuse, mais qui globalement est intéressante. L’intrigue est relativement originale, et, après qu’on l’ait finie, on s’aperçoit qu’elle est assez ambitieuse. Peut-être trop. Ou alors la construction est-elle un chouia trop complexe. En tout cas j’ai souvent eu du mal à suivre l’intrigue. En effet, il y a de multiples va-et-vient entre différents protagonistes, différents lieux – et, je l’ai compris très tardivement, entre différentes époques – ce qui fait qu’il est parfois difficile d’assimiler tout ce qui se passe. Pour le reste, l’histoire mêle complots pour le pouvoir politique, pour le contrôle de certains artefacts, invasion d’un peuple extérieur, piraterie, etc. En sus d’une intrigue assez riche, il y a beaucoup de personnages. Mais bon, une fois accroché par l’histoire, et en faisant l’effort de s’accrocher aux diverses péripéties et aux enjeux multiples, c’est une série qui est prenante, rythmée, et qui m’a plu. Dessin et colorisation sont lisibles, mais un peu inégaux. C’est un style qui n’est a priori pas ma came (un peu trop « simpliste », manquant de détails et nuances), mais, là aussi, je m’y suis fait. Note réelle 3,5/5.
La Bande des bédémaniacs
Scott McCloud nous a déjà initié à l'art de raconter la BD en BD (cf L'Art Invisible). Ici, il s'associe à la dessinatrice Raina Telgemeier pour nous offrir une fiction, l'histoire de quatre ados aux affinités différentes et qui, sous l'impulsion de la documentaliste du CDI de leur collège vont créer leur propre bande dessinée J'ai trouvé le propos très inspirant et bourré de conseils avisés concernant les émotions à faire passer à travers les postures des personnages, ou la liberté sans limite du support. "La seule règle d'or de la bande dessinée, c'est qu'il n'y en a pas". J'ai été moins séduite par le dessin, que j'ai trouvé un poil caricatural
I parry everything
Voilà une nouvelle série de fantasy tirant sur le mode des jeux RPG. Rien de bien neuf de ce côté là, pourtant, j'avoue m'être laissé tranquillement embarquer. Noon est un jeune homme qui a toujours voulu être un aventurier. Pourtant, malgré sa rigueur et son obstination, il a échoué à toutes les écoles d'aventuriers existantes. Que ce soit sorcier, guerrier, voleur ou encore guérisseur, il n'a jamais réussi à en sortir diplômé. Pour autant, toujours prompt à rendre service et de bonne humeur, Noon reste positif et est très apprécié de ses concitoyens. La guilde de sa ville à même créé une catégorie de missions "zéro" qu'il peut ainsi réaliser pour se sentir aventurier... Pourtant, un jour, il va sauver la Princesse Lynneburg du Royaume de Clays d'une attaque d'un terrible minotaure. De ce jour elle n'aura de cesse de devenir son apprentie, lui qui ne pensait être qu'un bon à rien. Alors oui, le pitch de départ est très loin d'être original, mais la qualité de la narration et de découpage des planches donne toute la fluidité à ce début d'histoire. Noon est aussi un personnage attachant, et on se surprend à attendre le développement de ses aventures. A découvrir.
Pieter et le Lokken
Venant de la part d'Olivier Ka, je me doutais qu'il fallait s'attendre à quelque chose de surprenant en terme d'histoire pour enfant. Et en effet, il y a un petit twist à cette histoire qui part de manière très très simple. Comme le disait Mac Arthur, la morale de cette histoire pour enfant est surprenante et c'est une très bonne chose. Le début est assez classique avec ce gamin dans un petit village qui ne comprend pas bien ce que fait son papa. Et qui va découvrir un petit être bien différent ... L'histoire est assez rapide alors je préférerais ne rien en dire. Mais j'ai bien aimé le fait qu'elle n'aille pas du tout dans le sens qui semblait tout tracé par ce début d'histoire. De même, j'ai interprété cette histoire de rêve et cauchemar comme une métaphore du pouvoir. On peut ainsi tout faire, y compris nos pires cauchemar ... La BD est servie par un dessin sympathique qui fait très bien le travail. C'est coloré et dynamique, ça colle très bien au récit. Une lecture sympathique pour les plus jeunes !
Le Livre de Léviathan
A voir le dessin on a l'impression d'être dans ces pages de strips du début du XXème siècle à l'instar de Little Nemo. Un côté gravure fort joli, Léviathan le bébé de l'histoire est quant à lui souvent représenté sans visage ce qui est plus simple à dessiner. Il est accompagné d'un chat. Une histoire à hauteur de bébé, particulièrement avancé pour son âge, du moins dans sa tête et son imaginaire car dans la vraie vie ses parents n'entendent que quelques onomatopées. Pourtant l'auteur Peter Blegvad, un nom qu'on croirait inventé, a réalisé cela dans les années 1990. Cela a bien été publié de manière hebdomadaire dans le journal britannique The Independent. Alors c'est parfois inégal, le but n'est pas forcément d'être drôle. Cela joue sur différentes situations de découvertes de l'enfant. C'est parfois sur plusieurs parties et pas un seul strip. Le tout est assez poétique. L'ouvrage est assez épais tout de même, à feuilleter de temps en temps en y piochant quelques pensées.
L'Aigle et le Serpent
Couto est un auteur brésilien, dont c’est je crois la première œuvre que je lis. Mais il y a ici une inspiration plutôt argentine : la tour de Babel m’a fait penser à Borges, et surtout la trame générale, qui joue à plusieurs reprises sur les rêves – et sur l’ambiguïté « qui rêve de qui » ? – m’a fait penser à une jolie nouvelle de Cortazar. Pour le reste, on est dans de le Science-Fiction pure, très marquée par son époque (années 1980), avec un récit assez noir, pessimiste. Quelque chose qui fait aussi penser à ce que pouvaient publier les Humanos (Caza en particulier). J’ai eu du mal à lier le premier chapitre avec la suite et, plus généralement, l’album souffre de certaines ellipses, de raccourcis dommageables. Sans doute aurait-il fallu développer un peu l’intrigue, pour la densifier, et la rendre plus intelligible. De la même façon, la psychologie – et l’histoire des personnages auraient gagné à être étoffées. Le dessin est réaliste et globalement bon, avec un Noir et Blanc que j’ai bien aimé. Un album – et un auteur – pas courants. A l’occasion je jetterai un œil sur ce qu’il a pu faire ailleurs. Note réelle 2,5/5.
Rahan
Rahan n'est pas vraisemblable, et alors ? Il s'agit clairement d'un héros comme Tarzan dont il se démarque car errant, quand Tarzan reste en principe chez lui, préhistorique et non en relation avec le monde moderne, blond et non brun. Oui, quand on crée un nouveau personnage, un nouvel univers, il faut se différencier. Rahan invente tout ? Invraisemblable, mais qui a pu le croire bien longtemps ? C'est en somme une convention…. Par contre, on peut essayer de s'inspirer de son ingéniosité, et cela allait bien avec le gadget du Pif éponyme. Tous les préhistoriques n'étaient pas idiot, mais un autre problème est que les sorciers sont souvent félons, cela fait religion complot de prêtres : délicieusement désuet, comme idée. A part quelques sorciers, il y a quelques groupes pas idiots, mais il est vrai que c'est toujours le héros qui règle les problèmes, on est loin d'une aventure de Corto où il n'a fait que regarder des combats aériens ! Le dessin n'est pas parfait mais dynamique, si on le critique, que dire, par exemple, de ceux des superhéros ? J'aime bien l'idée que Rahan cherche le soleil, et qu'il fasse tournoyer son coutelas pour se diriger vers de nouvelles aventures. Comme theThe Promised Neverland en moins intellectuel, une bien bonne série pour les jeunes !
Rahan
Rahan est une série que je lisais régulièrement quand je fus un lecteur assidu de Pif Gadget. Ce n'était pas ma série préférée mais je la lisais sans déplaisir. je suis tombé par hasard sur trois numéros de 1980 ce qui ne m'a pas rajeuni. Ce qui marque immédiatement quand on reprend la série est le graphisme de Cheret. Le trait est réaliste trop pour moi à l'époque plus habitué à une ligne claire plus souple. Toutefois je trouve la présentation moderne et dynamique dans les cadrages et la construction bien que le trait et surtout la mise en couleur soient aujourd'hui très datés. Même si l'omniprésence de Rahan dans les cases est lassante les dessins sont soignés et détaillés. Cela convient bien au schéma d'histoires courtes lues une fois par semaine où l'espace dans le temps pouvait justifier les différents déplacements du jeune chasseur blond. A la relecture plus adulte un paradoxe m'interroge. Le graphisme de Cheret joue à fond sur la dynamique de l'aventure assez violente. Les scènes de combats entre Rahan et les animaux voire d'autres chasseurs s'enchainent à un fort rythme. A l'inverse le texte de Lecureux prône des valeurs presque catéchistiques " Tous les chasseurs sont frères…" "Tu n'es qu'un homme ,un frère de tous les hommes!" "Craô a appris à Rahan à ne jamais voler!" pour ne citer que quelques uns des sages enseignements de Craô. Un autre point intéressant est le côté éducatif que veut insuffler les scénarii de Lecureux au détriment de la réalité historique. Les auteurs multiplient les anachronismes en introduisant des dinosaures ou en faisant de Rahan un génial inventeur. Cela permettait de compléter la bande dessinée par des reportages sur des points du scénario sur les animaux ou les tribus. On pourrait approfondir longtemps, en bien et en mal, certains aspects de cette série qui a marqué pendant deux décennies de nombreux jeunes ados ( la représentation de l'homme blanc, la sexualité, le rapport à la nature) . Ainsi je trouve cette série bien difficile à noter comme le prouve la dispersion des avis. Personnellement je reste sur une note mitigée car je n'ai pas de nostalgie forte sur cette série.
Le Chat du Rabbin
Miaou ! J'aime le chat et les autres personnages, mais quel dessin ! J'en ai vraiment assez d'artistes qui ne font pas mieux que moi, et qui en plus, se lancent dans toutes sortes de détails au lieu de simplifier comme il se doit quand on a du mal avec tout ! Pardon pour les vaches, pardon, les chats sacrés, mais je n'aime pas les fausses gloires, les vaches sacrées, et la note s'en ressentira !
L'Or des Fous
La série se laisse lire. Rapidement, car il y a peu de texte, et l’intrigue n’est pas très étoffée. Mais cette lecture m’a laissé sur ma faim. La conquête de l’empire inca par Pizarro est un point de départ intéressant. En y ajoutant les rivalités et complots entre Espagnols, et les tentatives de révoltes incas, il y avait là matière à mieux j’ai trouvé. En effet, tout m’est apparu traité de façon trop légère, trop rapide, sans exploiter les divers potentiels, mis à part le complot final (qui ouvre en fait le premier tome et conclut le troisième). Pour le reste, Di Gorgio n’a pas utilisé tout le potentiel d’aventures épiques : traversée des jungles et des cordillères, combats contre les armées de l’Inca, etc. Même les cités incas ne sont pas impressionnantes. Tout semble expédié un peu vite (par exemple ce qui s’est passé dans les premiers temps de la conquête, avant l’arrivée plus massive d’Espagnols). Bon, cela dit, ça reste quand même lisible, c’est plutôt rythmé, le dessin est globalement bon (même s’il est inégal). Note réelle 2,5/5.