Première Dame
Remue-ménage à l’Élysée : et si la première dame détenait le véritable pouvoir ?
Les coups de coeur des internautes Politique
Le président Thierry Langlois traverse une période délicate... À un an des élections, sa cote de popularité est en chute libre. Alors qu’il est au plus bas dans les sondages, son ex-femme vient d’entamer l’écriture d’un livre sanglant, tandis que son propre ministre de l’Intérieur ne rate pas une occasion pour se mettre en avant. Mais pas de panique, ses conseillers ont un plan : lui trouver la « première dame » capable de redorer son image. Une ex-Miss France serait une candidate idéale. Mais ils n’avaient pas prévu que le président allait bientôt faire une rencontre improbable, celle de Victoria Coraly ! Quand Victoria, égérie du cinéma d’auteur indépendant s’engage en faveur de la cause des migrants, M. le président n’a que faire de la misère du monde, surtout en ce moment… Quand Victoria, lutte pour des œuvres de charité, M. le président préfère les soirées d’inauguration. A priori, tout oppose ces deux-là ! Et Victoria, militante, n’a aucune intention de se laisser charmer par un homme qui va à l’encontre de ses valeurs ! Alors que le cœur du président s’emballe, Victoria va se retrouver propulsée au-devant de la scène par un concours de circonstances aussi hasardeux que rocambolesque. En acceptant d’endosser ce « rôle de composition », peut-être que certains dossiers sensibles pourraient enfin avancer ? Malgré les intrigues pilotées par le ministre de l’Intérieur, Victoria pourrait bien s’installer au « château » au grand dam de ses amis. C’est le début d’une idylle inattendue au sein du pouvoir, affolant la presse et mettant une sacrée pagaille au sein d’un gouvernement déjà fébrile.
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| Date de parution | 22 Janvier 2025 |
| Statut histoire | One shot 1 tome paru |
Les avis
Avoir raison au mauvais moment, c’est avoir tort. - Ce tome contient une histoire complète, indépendante de toute autre. Son édition originale date de 2025. Il a été réalisé par Didier Tronchet pour le scénario, et par Jean-Philippe Peyraud pour les dessins et les couleurs. Il comprend deux cent soixante-dix pages de bande dessinée. Le président de la République française, Thierry Langlois, est en train de faire un déplacement dans une cité de banlieue. Il répond de manière informelle aux questions de quelques jeunes. Soudain, l’un d’eux l’interpelle par le surnom de Tity. Il se dirige vers lui en lui demandant ce qu’il veut. Un selfie ? L’adolescent lui fait un double doigt d’honneur, tout en l’informant que la jeunesse souhaite s’en prendre à son anus. Et il part en courant. Énervé, le président saute par-dessus la barrière et se met à courser le malpoli et son copain, avec sa sécurité qui essaye de le suivre, et les journalistes en remorque. Après une course-poursuite acharnée, le président finit par plaquer le jeune et lui coller une baffe. Les journalistes s’en donnent à cœur joie à la télévision : Cette séquence est proprement hallucinante ! On se croirait dans une cour d’école. C’est totalement inédit sous la Ve république. C’est un abaissement de la fonction présidentielle, on en est presque à un point de non-retour… Au palais de l’Élysée, dans une grande salle de réunion, le président éteint la télévision et demande leur avis aux ministres présents. Les réactions sont précautionneuses : C’est une bonne réaction, ça donne de la présidence une image virile et volontariste. Et aussi : Un chef de l’État courageux qui va au charbon, qui ne redoute pas le contact avec le public, les Français aiment ce genre de proximité. Ensuite : Et puis vous restaurez l’autorité de l’État dans ce que certains appellent les zones de non-droit. Et enfin : Et si je puis me permettre, monsieur le président, la France sportive appréciera cette course et ce placage dans les règles qui rappellent son passé de rugbyman. Le président remercie les ministres et les fait sortir de la salle. Puis il se tourne vers Armand Le Poix, le secrétaire général de l’Élysée, et ami de trente ans. Ce dernier répond à la question du président : Les deux, secrétaire général et ami, lui disent que cette une énorme bêtise. Si on frappe un enfant, on est perdant à tous les coups. Et à un an du renouvellement de son mandat, l’image qu’il renvoie est catastrophique. Celle d’un président incapable de maîtriser ses nerfs. Ils sont interrompus par un appel téléphonique : Thierry décroche, c’est Sophie son ex qui lui apprend qu’elle a un nouveau compagnon. En entendant le nom de l’homme en question, le président jette violemment son téléphone par terre et il se brise. Ailleurs, dans une salle de cinéma, l’actrice Victoria Coraly se voit décerner le marteau d’or de la meilleure actrice. Elle monte sur scène et elle entame son discours : Elle croit plus que jamais à un cinéma engagé dans la vraie vie, toute expression qui n’a pas pour champ d’action le monde ici et maintenant est un art mort. Tous les participants l’acclament : Crève le cinoche commercial ! Le texte de la quatrième couverture explique que pour rétablir son image le président a pour projet de choisir une nouvelle première dame. La séquence d’ouverture établit le ton du récit : une comédie dramatique, ou peut-être même une comédie tout court. Le président est un ancien rugbyman et il course un jeune impoli, peut-être même insolent, évoquant la réaction courroucée d’un vrai président. Un président qui va entretenir une relation avec actrice… Hummm ! Ah oui, comme John Fitzgerald Kennedy (1917-1963) & Marilyn Monroe (1926-1962, Norma Baker), même si le président dans le cadre de ce récit fait le parallèle entre JFK & Jackie Kennedy-Onassis (1929-1994, Jacqueline Lee Bouvier). Thierry Langlois apparaît tout de suite un peu dépassé, entre son tempérament parfois un peu impétueux, son ministre de l’Intérieur qui manigance et même complote pour le faire tomber, constamment rabaissé par sa mère Nadège Langlois, et manipulé plus ou moins ouvertement par son ami de trente ans Armand de Poix et par l’amant de celui-ci Xavier Fursac, grand communicant embauché par son compagnon pour s’occuper de l’image du président. De l’autre côté, une actrice tout aussi immédiatement sympathique, normale et gentiment militante pour un cinéma engagé, en particulier pour les sans-papiers. Le lecteur sent bien que la tonalité du récit sera plus légère que dramatique, focalisée sur le développement de la relation entre ces deux personnes que beaucoup de choses opposent. Conquis dès les premières pages, le lecteur se trouve emporté par la dynamique du récit, pas tant de savoir si le président et ses deux conseillers parviendront à rattraper son image médiatique, plutôt de savoir ce que peut générer l’interaction entre lui et l’actrice. Il sourit en voyant qu’elle se trouve acculée à accepter une proposition très scabreuse : littéralement le rôle de première dame, c’est-à-dire l’interpréter avec ses talents d’actrice. Pour autant les auteurs se tiennent à l’écart de toute forme de domination ou d’emprise au mieux malaisante, au pire sadique. L’artiste doit réaliser un nombre conséquent de pages, et il les fait dans un registre réaliste et descriptif, avec une forme de simplification appliquée de manière différenciée, et une touche d’exagération comique dans les expressions de visage et dans certains comportements et gestes relevant du langage corporel. En fonction du personnage, il peut très discrètement améliorer sa silhouette. La morphologie de joueur de rugby élancé pour le président. Celle fine, gracile et tendue de l’actrice. Celle plus rondouillarde et confortable de l’ami de trente ans avec une barbe improbable et une pipe au bec. Celle moqueuse du chargé de communication avec ses cheveux mi-longs et sa tenue décontractée. Ou encore les expressions perfides du ministre de l’Intérieur caractéristiques du rôle de traître. Sans oublier Valentin, le jeune garçon d’une demi-douzaine d’années, fils de Victoria Coraly. La course-poursuite en deux pages est formidable : un vrai spectacle, très rythmé, un authentique placage selon les règles, et une baffe pas tout à fait volée, enfin ça se discute, toujours est-il que le lecteur comprend parfaitement l’émotion qui a envahi le président. Puis il voit le téléphone se fracasser au sol après avoir été violemment jeté à terre : une narration impeccable, un emportement passager à nouveau tout à fait compréhensible, une petite touche d’exagération visuelle pour en faire passer l’intensité au lecteur. Ce moment humoristique fonctionne à la perfection, et il annonce les moments d’humeur à venir, tant par la maîtrise de la narration que par la justesse de la situation. Ces passages comiques renforcent encore l’empathie du lecteur pour les personnages : le comique de répétition avec les portables fracassés, la gifle retentissante assénée par Nadège Langlois qui estime son fils-là lui fait honte, incapable qu’il est de tenir sa femme ou de s’en faire respecter, ayant un poste moins important que son frère qui lui a une bonne place dans l’industrie, une femme sèche et méprisante très réussie. Ou encore le regard plein de haine de la Miss France qui regarde l’actrice en comprenant qu’elle vient de faire échouer son espoir de devenir la première dame. Sans oublier l’énergie enfantine de Valentin débordant de vie. Le lecteur se trouve vite captivé par les relations de ce duo improbable, oublieux des techniques utilisées par les auteurs, pour simplement savourer le plaisir de cette histoire divertissante et touchante. Il ressent bien la justesse du jeu des personnages et leur expressivité. Il note inconsciemment que les dessins se nourrissent de temps à autre d’images d’actualité, que ce soit le président filant dans les rues de Paris à scooter (comme un autre président bien réel), ou les forces de l’ordre intervenant pour démanteler un camp de personnes à la rue en éventrant leurs tentes, ou les chargeant alors qu’ils ont trouvé refuge dans une église. Il absorbe également les ambiances générées par les différentes palettes de couleurs en fonction des séquences et de leur nature, ressentant que le coloriste passe régulièrement en mode expressionniste, quittant le domaine réaliste. Il apprécie de s’immerger aussi bien dans les rues de Paris, qu’au milieu des ors de la République, ou encore dans le modeste appartement de Victoria Coraly, dans un café parisien, dans une limousine entourée de motards, dans une cabine de la grande roue, au musée des arts forains (les pavillons de Bercy, 53 avenue des Terroirs de France, dans le douzième arrondissement de Paris), en train de jouer au rugby sur une des pelouses de l’Élysée, et même au bord de l’océan en Bretagne. Dans le même temps, cette comédie romantique intègre des éléments de l’actualité et repose sur un enjeu très concret. Il est question de personnes à la rue, de sans-papiers vivant dans l’angoisse d’être arrêtés, de la nécessité pour le cinéma d’être engagé (c’est du moins la conviction de Victoria Coraly), de solitude au sommet du pouvoir, de communication politique (Ce choix de teasing authentifie l’information et verrouille le storytelling. Cette version doit écraser toutes les autres par sa charge affective positive… Pour le public, la vérité est toujours sentimentale.), de panier de crabes entre politiciens, chacun cherchant à mettre son adversaire politique en difficulté, à le discréditer, d’à quel point on se retrouve prisonnier de ses alliances, de récupération politique, et même de convictions politiques. De prime abord, Thierry Langlois semble peu crédible dans son poste de président. Lors d’une escapade dans une guinguette, il expose ses convictions à Victoria, et il apparaît fort conscient des limites de ses actions, et aussi de la nécessité de ses actions. Pour lui : La politique, c’est accepter le réel, accepter de soulever le capot et de mettre les mains dans le cambouis, là où ça se passe. Et d’essayer qu’on avance, tous ensemble si possible. Il continue en demandant ce qui se passe sans politique ? C’est l’anarchie ou la dictature ! Le chaos ou les généraux ? Des observations plus concrètes et pertinentes qu’une simple comédie. Enfin, les auteurs mettent en scène avec une certaine honnêteté la question de savoir si l’actrice pourra influer un peu ou pas du tout sur la politique gouvernementale. Une petite bluette sympathique et divertissante sur la dynamique de la jeune femme rebelle (y compris sur le plan politique) se retrouvant à l’Élysée, avec le risque de tomber sous le charme indéniable du président. Une narration visuelle remarquable en tout point, en particulier sur le rythme et sur la direction des acteurs, embarquant le lecteur du début à la fin, avec un sens impeccable de l’humour. Thierry Langlois et Victoria Coraly sont immédiatement sympathiques et attachants, leur relation évoluant tout en étant empêchée. Les auteurs savent également filer des questionnements réels dans la tapisserie de leur comédie, sans l’alourdir. Une réussite pétillante, drôle et touchante.
Oh, jolie BD que voici ! Je ne savais pas trop à quoi m'attendre, le titre et le dessin étant assez cryptiques sur le ton global. Mais très vite, on rentre de plein pied dans la comédie romantique et franchement, ça fait un bien fou ! Je ne suis pas du tout proche des hommes politiques, dont la présence m'exaspère généralement, mais je ne suis pas contre une bonne histoire qui arrive à me les rendre touchants. Tronchet propose quelque chose de simple, presque trop d'ailleurs par certains points, avec ce président "jeune con du centre" qui est piégé dans un engrenage politique, entouré de gens qui se servent de lui et le manipulent, de personnalités prêtes à prendre sa place et de faux-cul en tout genre. Et ce personnage sympathique, qui n'aspire au fond qu'à vivre une vie qui le satisfasse plutôt que de faire tout pour son image. La BD parle explicitement de moments de la politique française qu'on peut s'amuser à identifier, de même que certaines têtes sont assez clairement des caricatures de la vraie vie (notamment les commentateurs sur le journal télévisé), mélangeant un petit jeu pour le lecteur à reconnaitre les détails à l'histoire qui reste finalement classique. Mais avec des personnages qui sont très vite sympathiques, ces mélanges de différents sujets politiques et un message global assez clair sur la question de remettre en question la façon dont notre politique se maintient en place, la BD reste un divertissement qui sait se faire intelligent lorsqu'il le faut, tout en étant toujours assez légère y compris dans son final, sympathique et qui évite le happy end classique. D'ailleurs l'histoire d'amour est carrément pas comme je l'imaginais et reste finalement assez légère tout du long. Le dessin de Jean-Philippe Peyraud est assez efficace avec ce récit, jouant avec les couleurs en aplats pour facilement distinguer l'essentiel dans le cadre, tout en mettant en scène les moments de masse grouillante toujours affairée autour du président mais aussi les moments d'intimité en vidant le cadre. Les décors sont souvent esquissés, afin de laisser la pleine place aux personnages qui sont centraux au récit. La lecture est fluide, carrément amusante et prenante d'un bout à l'autre. Et vu le sujet, je ne m'attendais pas à autant aimer, donc oui, je met un petit 4* bien mérité !
La jolie comédie romantique que voilà ! Elle me fait penser à Malgré tout de Lafebre, une des réussites du genre de ces dernières années : même fraîcheur, même légèreté, même usage respectueux des codes du genre. Le film "Coup de foudre à Notting Hill" s'invite également via la thématique de la célébrité. "Première Dame" accentue l'exubérance des codes du genre en surjouant l'extravagance des situations : l'homme de cette rencontre n'est pas une simple célébrité mais un Président de la République en exercice, le regard de la maman sur la non-réussite de son fils gagne en saveur du fait de la véritable position sociale du rejeton... y compris via des clins d’œil à des événements véridiques ici caricaturés (la claque de Bayrou, la sortie en scooter d'Hollande...). L'ironie s'invite donc dans cette comédie romantique, permettant à l'ensemble de gagner en légèreté, au détriment évidemment de la richesse globale, ce qui n'empêche néanmoins pas de discourir sur la place démesurée occupé par le discours médiatique et sa représentation, possiblement en contradiction avec les actes politiques censés en découler. Ce n'est pas brillant, mais indiscutablement frais et sympathique, quand bien même, cela revalide à tort le lieu commun selon lequel des convictions politiques solidement ancrées peuvent s’accommoder de bien des situations. Les gens dépolitisés sont bien naïfs et incapables d'imaginer les implications de nos passions. Il faut dire que moult personnalités politiques faussement investies leur ont donné bien des fois raison.
Si je ne dis pas de bêtise, c’est la première collaboration entre les 2 auteurs, et cette dernière sonne comme une évidence, leurs univers respectifs n’étant pas si éloignés. Ils nous pondent donc une comédie du quotidien (enfin ici à l’Élysée tout de même) fluide et très agréable à suivre. Je ne m’emballe pas plus mais un ressenti à cheval entre le pas mal et le franchement bien. J’ai eu exactement ce que j’attendais à la vue du titre (et du résumé). Lecture bien sympathique donc, mais sans doute un poil trop légère pour me contenter pleinement. Ça peut paraître un peu lisse sur certains sujets de fond (migrants et politique), l’intrigue principale (et habilement camouflée) restant une rom’ com improbable. On n’y croit pas vraiment et on n’échappe pas à quelques poncifs ou facilités mais c’est animé par une belle galerie de personnages. Pas totalement comblé mais j’en suis sorti avec le sourire, l’humour passe bien (l’ex, le conseiller en com’ …), il y a une belle énergie. Une intrigue que je verrai très facilement portée sur grand écran.
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