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Malgré tout

Note: 4.17/5
(4.17/5 pour 6 avis)

Avec Malgré tout, Jordi Lafebre (Les Beaux Étés, La Mondaine, Lydie) nous offre, avec toute la poésie et la tendresse qui le caractérisent, son premier album en tant qu'auteur complet. Un puzzle amoureux complexe, qu'il recompose savamment au travers de scènes distinctes... et pourtant indissociables les unes des autres.


Auteurs espagnols Love Stories Nouveautés BD, comics et manga

C'est l'histoire d'un amour à rebours. Une passion platonique mais éternelle entre deux êtres. D'un côté, il y a Ana. Sexagénaire charismatique, ancienne maire tout juste retraitée, mariée et maman. Une battante au grand coeur qui impose le respect. De l'autre, il y a Zeno. Célibataire endurci, libraire proche de la retraite et doctorant en physique qui aura mis quarante ans pour terminer sa thèse. Un esprit libre et voyageur, aussi séduisant que mystérieux. Au fil des années, ils ont tissé ensemble un amour impossible et intarissable. Tout en égrainant les excuses qui ont empêché qu'elle ne prenne forme, on remonte le temps de cette romance et de ses méandres... jusqu'à sa source. Texte : Editeur.

Scénariste
Dessinateur
Coloriste
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 25 Septembre 2020
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Malgré tout
Les notes (6)
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21/09/2020 | Alix
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Par pol
Note: 4/5
L'avatar du posteur pol

Une histoire d'amour originale et magnifiquement mise en images. Plus les jours passent depuis que j'ai fini cette lecture, plus je repense à cet album avec le sourire. L'originalité et le point fort (vraiment fort) de cette histoire se situe sa construction narrative. On commence par la fin de l'histoire avec le premier baiser de nos deux tourtereaux et on remonte le temps au fil des chapitres. On ne se demande pas comment tout cela va finir, mais comment tout à commencer. Le procédé est audacieux, et il fonctionne à merveille. En un mot : génial. Au fil des chapitres, on découvre comment nos personnages se sont croisés, perdus de vue, écrit, retrouvé... C'est très agréable à suivre, d'autant plus que le dessin expressif de Jordi Lafébre illumine le récit. En général chaque fin de chapitre donne envie de découvrir le suivant. Et si personnellement j'ai trouvé quelques petites longueurs dans certains chapitres, comme cette histoire de pont dont la construction n'en finit plus, c'est un détail qui ne vient pas ternir une impression d'ensemble très bonne. Une belle BD, à lire et à relire.

30/10/2020 (modifier)
L'avatar du posteur Guillaume.M

« Il y a très longtemps, la lune et la terre suivaient chacune leur propre trajectoire. Un jour, elles se sont croisées et se sont attirées mutuellement, mais ni l’une ni l’autre n’est parvenue à s’arrêter. Elles ont poursuivi leur course, chacune exerçant une attraction sur l’autre et les forces se sont conjuguées… si bien que la lune s’est mise à tourner autour de la terre, encore et encore… Même si elles n’ont pas réussi à s’accrocher leurs trajectoires sont à jamais liées. (…) En réalité, c’est leur manière d’être ensemble. Si elles se heurtaient, elles causeraient beaucoup de dégâts. » Ce texte, directement tiré de l’album résume idéalement la relation entre les deux personnages principaux, Anita et Zéno. La première est une battante dévouée aux pieds sur terre, dotée d’un charisme évident et d’une grande force de travail. Mariée et maman, elle vient de prendre sa retraite de maire. Le second est un intellectuel rêveur, coureur de jupons, globe-trotteur et libraire dissipé. Tout les oppose donc, et pourtant. Un regard suffira, pour l’amour d’une vie. Toujours attiré l’un par l’autre et en contact régulier, chacun prendra son propre chemin, gravitant autour de l’autre sans jamais vraiment se rejoindre. L’originalité de l’album est sa chronologie inversée. Dans le chapitre 20, par lequel la lecture débute, on découvre les personnages à l’âge de la retraite se retrouvant pour un rendez-vous et un baiser dont on ne connaîtra pas la suite. Puis vient le chapitre 19 qui remonte le temps et ainsi de suite jusqu’à un magnifique chapitre 1 et la fameuse rencontre, plusieurs décennies plus tôt. Ce choix permet de découvrir les personnages et l’histoire d’une manière plus fraîche et originale que si la chronologie avait été respectée. Peu à peu les personnages prennent de l’épaisseur et gagnent en profondeur. Les liens entre les chapitres permettent de comprendre les événements relatés. Graphiquement, Jordi Lafebre, que je découvre ici, livre une très belle prestation. Tout commence avec une magnifique couverture appelant à la découverte. Les émotions des personnages sont admirablement retranscrites, d’une manière dont plusieurs auteurs feraient bien de s’inspirer. Chaque sentiment exprimé, chaque émotion vécue est transmise au lecteur. « Malgré tout » est une belle histoire d’amour, bien que contradictoire et finalement plutôt mélancolique. Habituellement, pour être belle, l’histoire d’amour doit être vécue, de manière conventionnelle, par la fondation d’un couple, voire d’une famille. On comprend ici que Anita et Zéno s’aime différemment, ce qui fait la beauté de cette relation si forte. Tellement antagonistes, un lien plus conventionnel les aurait peut-être rendus malheureux. Ils ont passé leur vie à se tourner autour, s’éviter pour mieux se recroiser et surtout s’aimer, malgré tout. P.S : 400ème avis... YOUHOUHOU !

16/10/2020 (modifier)
Par Hervé
Note: 4/5
L'avatar du posteur Hervé

J'ai apprécié cet album qui relate une histoire d'amour sur 37 ans signée Jordi Lafebre, auteur que j'avais découvert avec Lydie puis Les Beaux Étés, qui ont connu un succès commercial mérité. Nous ne saurons pas ce qui se passera après le baiser échangé entre Anita et Zéno, par contre à travers la lecture de ce one shot, on en découvrira l'origine à travers les 150 pages qui composent l'album. En effet, l'auteur a pris le parti pris original de nous présenter cette histoire d'amour, où se dressent pêle-mêle des ponts asymétriques, une ville de mouettes, des campagnes électorales, des aventures maritimes et une librairie délaissée, à rebours. Nous débutons le 1er chapitre, intitulé chapitre 20 avec le fameux baiser entre Anita & Zéno pour arriver au chapitre 1 pour découvrir les deux héros très jeunes, c'est à dire leur première rencontre.. C'est un parti pris osé mais réussi. J'ai été plus que séduit, voire bouleversé par cette histoire d'amour à travers le temps. Les lecteurs des "Beaux étés" ne seront pas dépaysés par les mimiques parfois exagérées des personnages, mais cela donne un aspect assez humoristique à certaines situations (le discours du maire entrant par exemple). Il ressort de cet album une énorme tendresse, une sympathie pour les deux principaux protagonistes qui forcent une relecture immédiate. Très bel album que je recommande.

12/10/2020 (modifier)
L'avatar du posteur Mac Arthur

C’est à une belle histoire d’amour que Jordi Lafebre nous convie mais ce qui la rend extraordinaire, c’est ce découpage inversé qui nous permet de remonter le temps depuis la conclusion jusqu’au premier regard. Et pourtant, ce récit aurait pu n’être qu’une banale comédie romantique… banale mais plaisante tout de même. On retrouve les habituels éléments du genre. Ils se sont aimés, la vie les a séparés, ils se sont revus, ils ont changé, vont-ils s’accoupler ? (Oui, le dernier questionnement est quelque peu trivial mais bon, c’est la finalité de toute comédie romantique, non ?) Les deux personnages centraux sont attachants et tellement dissemblables que leur histoire n’en devient que plus touchante. Oui, ça aurait pu être banal… Seulement voilà ! Il y a ce découpage qui va, tout du long, créer un suspense inversé. Nous ne nous demandons pas s’ils vont se retrouver mais bien pourquoi ils se sont quittés. Nous ne nous demandons pas si un pont va être construit mais pourquoi sa construction a posé problème. Nous ne nous demandons pas ce que va devenir un vieux canapé mais pourquoi une maire sortante lui accorde autant d’importance. Et encore mille ‘pourquoi ?’ au lieu de ‘vont-ils ?’ C’est une idée de construction scénaristique d’une grande audace et le plus fabuleux est que sa mise en place fonctionne parfaitement, jusqu’à un dernier chapitre où le processus poussé à l’extrême fonctionne somptueusement. Tedjeu, j’aurais presque versé une petite larme, tiens ! Et puis, cerise sur le gâteau, le dessin de Jordi Lafebre est une fois de plus excellent. Expressif en diable, surtout pour les mimiques de visages qui lui permettent de faire passer un large panel d’émotions, net et d’une grande lisibilité, il apporte ce confort de lecture doublé du plaisir purement visuel d’un beau dessin qui fait que j’accroche systématiquement à ses œuvres. Très certainement, LA comédie romantique du moment !

01/10/2020 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
L'avatar du posteur Ro

J'ai l'impression de manquer d'une part de romantisme et d'esprit poétique pour pleinement apprécier cette BD mais de manière tout à fait objective je peux affirmer qu'elle offre beaucoup de très belles qualités qui la placent indéniablement au-dessus du lot. Au rayon des grandes qualités, il y a sa narration anti-chronologique originale. Souvent, ce type de narration sert à cacher une révélation finale qui, en réalité, a eu lieu au début de l'histoire, au sens chronologique du terme, et modifie la vision du reste de l'album qu'on a lu auparavant. Ici, ce n'est pas le cas, même si le chapitre final de l'album nous permet d'apprécier enfin la découverte de comment s'en déroulée la première rencontre entre les deux héros. Ici, la narration anti-chronologique s'articule toute entière avec elle-même et chaque chapitre résonne avec les autres et ils se répondent à peu près tous pour former un tout consistant. Et la raison de cette narration à l'envers trouve en fait plutôt son explication dès le quatrième chapitre (ici nommé Chapitre 17), avec une raison assez jolie et bien trouvée... Même si, ici comme ailleurs dans la BD, mon esprit scientifique est un peu chagriné par les explications parfois simplement fausses du héros sensé pourtant être physicien... mais je laisse couler au bénéfice de la licence poétique. Autre très grande qualité : le graphisme. J'aime beaucoup le dessin de Jordi Lafebre. Les visages toujours un peu trop mignons-souriants de ses personnages m'agacent un peu sur la longueur, mais j'aime son trait, ses anatomies, ses décors, ses mises en scène et ses couleurs. Ce sont de très belles planches qui donnent immédiatement envie de s'y plonger. Beaucoup de belles choses donc, et pourtant je me suis moins attaché à ses personnages et à son intrigue que je l'aurais aimé. Les deux amoureux sont assez mignons, et leur histoire d'amour très spéciale est originale et digne d'être portée sur le papier, de même que leurs parcours de vie à la fois si différents et si intéressants. Mais j'ai eu finalement un peu de mal à me sentir touché par la teneur de leur amour, ainsi que par leurs choix de vie. Tout au long de l'album, j'attendais une révélation finale qui allait me faire réaliser enfin d'où venait la force qui les reliaient mais le dernier chapitre tant attendu m'a un peu déçu paradoxalement car, au-delà là encore d'une narration de nouveau très originale, je ne l'ai pas trouvé particulièrement touchant et j'ai eu du mal à voir comment ce qu'il s'y passe a pu marquer les héros pour autant d'années. Forcément, une fois arrivé là, j'ai relu le reste de l'album pour mieux appréhender son déroulement, maintenant que je connaissais les événements passés, mais même si je le trouve toujours joli, régulièrement poétiques et sortant des sentiers battus, mon cœur n'a pas été emporté comme j'aurais aimé qu'il le soit. En terme d'émotions, mon avis reste donc mitigé. Mais en terme de beauté objective, d'originalité et de qualité intrinsèque, cette BD est franchement bien.

23/09/2020 (modifier)
Par Alix
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur Alix

Cette BD a fait le buzz sur les réseaux sociaux, juste avant sa sortie. Les louanges se succédaient et j’avais peur de trop en attendre, et d’être déçu… et bien non, gros coup de cœur ! Jordi Lafebre avait déjà œuvré comme dessinateur sur plusieurs albums (notamment Lydie avec Benoît Zidrou au scenario), mais « Malgré tout » est son premier album en tant qu’auteur complet, et le moins qu’on puisse dire c’est qu’il regorge de talent. Il ne s’agit certes que d’une histoire d’amour, une de plus… mais qui est sublimée par une trouvaille narrative ingénieuse : les chapitres sont inversés ! On commence par le chapitre 20, puis le 19, puis le 18, etc… jusqu’au dénouement (cad la rencontre) dans le premier chapitre. Le procédé fonctionne, les flashbacks récursifs révèlent petit à petit la profondeur des sentiments qui lient les deux protagonistes, et la fin m’a vraiment fait fondre. Je me suis empressé de retourner au début (enfin à la fin… vous suivez ?!) pour revivre cette première scène, maintenant lourde de sens, et noter les références habilement placées (voir la bitte d’amarrage). Je suis ressorti troublé et touché de ma lecture. C’est juste, romantique et passionnel. La mise en image est magnifique, pas de surprises de ce côté… j’adore la façon dont l’auteur dessine ses personnages, avec ces visages un peu anguleux. Je m’emporte sous le coup de l’émotion et attribue la note maximale… en espérant ne pas gonfler vos attentes, à mon tour. Mon coup de cœur de cette rentrée 2020, pourtant déjà bien lotie !

21/09/2020 (modifier)