Le mieux que je peux dire, c'est que le logiciel fonctionne. J'ai trouvé et lu ces histoires sur Internet, je n'ai pas eu besoin de les acheter. Le scénario de Marc Ali est conventionnel pour le genre, mais il pourrait même être acceptable avec des dessins d'un bon artiste humain. Ici, tout me semble trop froid et artificiel, rien de stimulant ! Je commence un peu à m'inquiéter : je trouve de plus en plus de BD, surtout en 3D, réalisées par l'IA.
Même si je connais assez bien Cubitus, je ne connaissais quasiment pas son neveu Bidule, et je n'avais aucune envie particulière de découvrir une série dérivée centrée sur lui. Après lecture de ses trois tomes, cette impression s'est malheureusement confirmée. On sent une série avant tout destinée à un très jeune public, qui cherche à capitaliser sur la popularité de Cubitus plutôt qu'à proposer un personnage ayant une véritable personnalité.
En réalité, Bidule pourrait être n'importe quel petit chiot facétieux : les histoires fonctionneraient exactement de la même manière. Le lien avec Cubitus paraît purement marketing. Même constat pour la petite chatte qui accompagne Bidule, dont le physique reprend celui de Sénéchal sans que cela n'apporte quoi que ce soit au récit. J'y ai surtout vu une façon de jouer sur la nostalgie des lecteurs de Cubitus en recyclant des silhouettes familières.
Les albums enchaînent principalement des gags en une page, avec quelques histoires un peu plus longues, notamment au début du troisième tome. Malheureusement, je n'ai pratiquement jamais trouvé ces gags drôles. Soit ils s'adressent à un public vraiment très jeune, mais je doute qu'ils déclenchent beaucoup de rires chez ces lecteurs, soit ils reposent sur un humour extrêmement convenu, souvent orienté sur le pipi du chiot, sans surprise ni chute efficace. Je suis resté complètement hermétique à l'ensemble.
Le dessin me laisse lui aussi perplexe. Les personnages sont très reconnaissables et le trait est globalement correct, mais tout dégage une impression étrange d'artificialité. Les expressions de Bidule donnent l'impression d'être des visages préfabriqués simplement plaqués sur le personnage. Les décors, eux, sont souvent réduits au strict minimum, ce qui accentue encore cette sensation de vide.
Mais c'est surtout la colorisation qui m'a rebuté. Je l'ai trouvée beaucoup trop artificielle, avec un rendu informatique particulièrement peu flatteur. Cela donne à l'ensemble un aspect inachevé, presque celui d'une brochure publicitaire réalisée à la va-vite, au lieu d'une véritable bande dessinée.
Entre un humour qui ne fonctionne jamais, un univers qui n'apporte rien à celui de Cubitus, un graphisme bizarre et des couleurs hideuses, j'ai eu le sentiment de lire produit conçu pour exploiter une licence connue qui ne justifie pas le papier sur lequel elle est imprimée.
Je n'ai pas du tout aimé cette bd. Ce n'est pas que j'y sois indifférent, elle m'a prodigieusement énervé. S'il est possible de comprendre et d'apprécier de suivre des anti-héros ou des personnages dépressifs ou malheureux, ce Marco va au-delà de ça, c'est une tête à claque : il est médiocre, pathétique, autodestructeur. Il semble impossible d'éprouver une quelconque l'empathie pour lui, et rien - à part l'ennui - n'explique ou ne vient nuancer ce constat. Au fur et à mesure de la lecture, déjà pas vraiment enthousiasmante (dessin correct, mais sans grand intérêt), le personnage évolue peu, et quand on entrevoit le début d'une piste d'une évolution justement, d'un progrès dans le récit et dans l'attitude du personnage, il retombe dans ses travers et paf ! c'est la fin, absurde, brutale. Aucune poésie, juste de l'ennui inéluctable et aucune perspective.
Pourtant je peux comprendre les autres avis et, d'une certaine façon, cette histoire est touchante. Mais à quoi bon la raconter ?
J’avais très envie d’aimer cet album. Je l’ai acheté avec un réel enthousiasme, car j’y ai vu ce qui ressemblait à un véritable hommage au Spirou classique. Le lettrage du titre rappelle les anciens albums Dupuis, les champignons géants évoquent immédiatement "Il y a un sorcier à Champignac", Seccotine est enfin mise en avant, et jusqu’au dos de l’album, avec son titre écrit verticalement comme dans les anciennes collections, tout semblait témoigner d’un profond respect pour l’univers de Franquin.
En le feuilletant rapidement, la promesse paraît tenue. Seccotine est reconnaissable, son caractère est plutôt bien retranscrit, et cela fait plaisir de la voir enfin occuper le premier rôle. Le dessin, au premier regard, évoque bien cette école franco-belge des années 60-70 et donne envie de se plonger dans l’aventure.
Malheureusement, une fois la lecture commencée, cette première impression s’effondre peu à peu. J’ai fini par avoir le sentiment que toute cette esthétique relevait davantage d’un habillage marketing destiné à séduire les amateurs de Franquin que d’un véritable hommage porté par le contenu de l’album.
Ce qui m’a le plus dérangé est l’absence totale de cohérence. L’album mélange sans cesse les époques et les références. Seccotine utilise parfois du matériel qui paraît très daté, comme un énorme ordinateur fixe, alors qu’on la voit également utiliser un téléphone moderne avec des appels vidéo. Elle alterne aussi entre des tenues très actuelles et des vêtements qui semblent tout droit sortis des années 50. Spirou porte quant à lui sa veste noire et son col roulé des années 70 dans un style qui rappelle Fournier. On finit par ne plus savoir à quelle époque se déroule réellement le récit. Et puis Gaston qui apparaît avec sa vieille voiture alors que l’histoire semble se dérouler dans une époque contemporaine, mais il ne sert quasiment à rien et n’apporte aucune touche d’humour.
Le même problème existe dans le dessin. Le maire de Champignac semble directement sorti des premiers albums de Franquin, comme "Il y a un sorcier à Champignac". Le Comte évoque davantage la période Zorglub. Spirou et Fantasio changent presque de style au fil des pages : parfois très élancés, avec une silhouette qui rappelle Munuera, parfois beaucoup plus trapus, avec des proportions qui évoquent davantage Tome & Janry. Certains clins d’œil fonctionnent, comme la tenue de Fantasio similaire à celle du sorcier à Champignac, mais l’ensemble ressemble davantage à un assemblage de références qu’à une véritable direction artistique cohérente.
Le contraste est encore plus frappant avec les nouveaux personnages. Seccotine, Spirou, Fantasio ou le Comte sont clairement dessinés dans une imitation de Franquin, tandis que les personnages d’Arthur Nature ou les membres de son groupe semblent appartenir à une toute autre bande dessinée. Les styles graphiques cohabitent mal. Quant à Colette ou Arthur, leurs visages sont tellement caricaturaux qu’ils donnent parfois l’impression d’une imitation maladroite d'un sous-sous-Seron. Le jeune chasseur, lui, semble tout droit sorti d’un album de Tillieux. Là encore, cela pourrait être perçu comme un hommage, mais l’ensemble paraît davantage bricolé que réellement maîtrisé.
Le scénario n’arrange malheureusement rien. Je ne me souviens pas avoir souri une seule fois durant toute la lecture. Rien n’est vraiment drôle, alors que c’est précisément ce que j’attends d’un album situé dans cet univers. Même les interventions du maire tombent à plat. Spirou manque de personnalité, apparaît souvent simplement râleur, et Fantasio ne sert pas à grand-chose. L’intrigue est extrêmement linéaire, sans surprise ni véritable tension.
Les antagonistes constituent sans doute la plus grande déception. Ils sont très caricaturaux mais paradoxalement dépourvus de personnalité. On ne sait quasiment rien d’eux, ils ne sont ni amusants, ni inquiétants, ni mémorables. C'est presque moins bon que du Bob et Bobette. Enfin, le Comte de Champignac est lui aussi méconnaissable. Habituellement brillant, fantasque mais profondément intelligent, il apparaît ici comme un personnage naïf qui accorde sa confiance à n’importe qui, ce qui ne correspond pas du tout à l’image que je me fais de lui.
Au final, j’ai surtout eu le sentiment d’avoir été séduit par une promesse que l’album ne tient jamais. L’emballage est beau et donne sincèrement l’impression d’un retour aux fondamentaux de Spirou. Mais derrière cette façade, je n’ai trouvé ni la finesse, ni l’humour, ni l’inventivité qui font le charme des grands albums de Franquin et ses successeurs. C’est d’autant plus frustrant que Seccotine méritait largement une véritable grande aventure.
J'adore les films de Tim Burton, ainsi que ses contes et illustrations. L'Étrange Noël de Monsieur Jack n'est pas, parmi ses animations, celle que je préfère. Mais cette adaptation manga ne lui rend vraiment pas justice. Un noir et blanc un peu terne, les personnages reproduits sans âme et sans couleur. Ce n'est pas que l'intrigue originale ne soit pas respectée, mais Jack, Sally, le chien Zéro sont plutôt moches ici. Il manque la magie, le romantisme, la poésie du film. Heureusement que je ne l'ai pas acheté et que je l'ai lu en emprunt.
Pourquoi Blake et Mortimer de Jacobs est-il si bon ? Parce que cet album a fait office de brouillon, tiens !
Tout a été dit par mes prédécesseurs, mais j'ajouterais ceci : il est bien agréable de ne pas être complétiste. Eh oui… Si vous l'êtes vous devez lire voire acheter, selon l'objet de votre amour, par exemple, tout ce qu'a fait Jacobs, ou bien tous les Blake et Mortimer, même après lui alors qu''il n'y en a qu'un de bon, à mon avis : Le dernier pharaon, de Schuiten.
Non mais imaginez-vous obligé de boire tous les vins sous prétexte que le vin vous plait, même celui que vous n'aimez pas du tout. Comme je comprends la colère de ceux qui lisent et achètent ce qu'ils n'aiment pas, en fait, comme cet album. Moi, c'est en découvrant ça et d'autres déceptions que je me suis dit que je ne ferais pas de collection de ce genre, merci bien !
Je me demande d'où vient le fait de vouloir tout de quelque chose même quand il y a des baisse de niveau, mais je pense que cela décalque en partie de la démarche très respectable, scientifique, des musées… Sauf qu'on n'est pas obligé de les imiter.
Et puis, si j'avais acheté cet album, pour me justifier, je l'aurais sans doute surestimé, vu que l'être humain a tendance a le faire de tous ses actes, ce qui aurait faussé mon jugement… C'est dur d'être déçu, mais il ne faut pas s'accrocher à l'objet de sa déception. Un jour, on peut être récompensé, je pense que d'avoir écarté Valérian finalement moins bon que ce que je supposais, m'a in fine fait découvrir Orbital !
D'habitude, j'adore les histoires dessinées par Walthery. Mais cette série a été pour moi une grande déception à plusieurs niveaux. Le premier tome «Une femme dans la peau» est encore acceptable, sans être mémorable. Mais ensuite, tout a dégénéré jusqu'à dépasser toutes les limites du mauvais goût. Sans queue ni tête, on mélange nazis, transplantations cérébrales, scènes répulsives et on ne comprend pas où cela veut en venir.
Au niveau du dessin, tout semble également fait à la hâte et sans grand engagement de la part des auteurs (Walthery, Di Sano, Mythic...). L'humour comme l'érotisme éventuel finissent par être complètement écrasés par l'incompétence du scénario et la maladresse des dessins. À éviter ou juste feuilleter pour se faire une idée.
Ça fait une paye que je n'ai plus posté d'avis, je m'y remets. Doucement en choisissant ce livre purement et simplement nul. Le dessin est de niveau collège 5ème et l'humour de 3ème. Ok ça pourrait être publiable dans un fanzine mais en livre, non. Rien à sauver dans ce bouquin fait sans talent.
Peut-on considérer une critique pertinente lorsqu’on n’a lu qu’une partie d’un livre ? Tel est le dilemme qui se pose à moi ici, étant donné que je n’ai pas pu aller au-delà des 100 pages de ce pavé.
J’avais décidé de le lire, car j’avais eu plutôt de bons échos à droite et à gauche lors de sa sortie. Malheureusement la déception est à la hauteur des attentes, et visiblement c’est un titre qui divise, les deux précédents commentaires le prouvent… En général, je suis plutôt sur la même longueur d'ondes que Paco, mais dans le cas présent, je vais devoir mettre une note radicalement opposée à son 5 étoiles. Et pour le coup, je rejoins Gaston dans son appréciation, sauf que je serai encore plus sévère que lui.
Tout d’abord, c’est sûr, l’objet est imposant et intrigue autant par sa couverture que par le graphisme délicat, assorti à une mise en page très originale. Alors c’est avec une certaine curiosité que l’on se lance dans la lecture. Le début du récit est certes énigmatique, mais c’est aussi cela qu’on demande à une BD, qu’elle nous offre une perspective inattendue, nous demande notre participation active.
Malheureusement, il semble qu’ici rien ne fonctionne. Après quelques pages pour le moins hermétiques, beaucoup trop hermétiques à mon goût, j’ai réussi à me lasser très rapidement. Il ne se passe rien pour véritablement captiver le lecteur. Malgré l’impression de départ que la narration serait aérée, les textes, écrits dans une police minuscule, s’avèrent pléthoriques, ce qui ralentit considérablement le rythme de lecture. Les références mythologiques (cf. Prométhée) nécessitent une certaine érudition en la matière, et le propos n’est aucunement didactique.
Le graphisme, qu’on peut trouver avenant et poétique (on peut penser à Moebius ou Miyazaki), souffre d’un traitement inadéquat de la couleur. Je pense en particulier au passage (très longuet) où des types discutent dans le désert à la nuit tombée (j’ai oublié de quoi il était question). Pour restituer l’ambiance nocturne, l’auteur a cru bon de plaquer une tonalité très sombre sur toutes les cases, une vraie torture pour les yeux. Pour ça, il est fortement conseillé d’avoir une lampe de poche à ses côtés. D’une manière générale, les phylactères abondent, on ne sait pas toujours qui parle, c’est assez pénible. Toutes ces raisons font que j’ai mis fin au supplice assez facilement, d’ailleurs le bouquin n’arrêtait pas de me tomber des mains…
L’ouvrage est assurément ambitieux, mais si ambition il y a, elle ne vise clairement pas à l’intelligibilité. A se demander si l’auteur a pensé un instant à ses lecteurs… On peut y trouver des qualités, certes, mais si je devais donner un avis en deux mots, le voici : prétentieux et indigeste.
L’histoire commence bien, on est emporté par le but de la quête et les caractères des 3 héros, et puis patatra, lorsqu’ils rencontrent leur premiers adversaires , un humour franchement de mauvais goût avec un « jeu de mot » ou de malentendu qui met hyper mal à l’aise face à des enfants, la tribu des singes les menace de leur « serrer le kiki jusqu’à ce que mort s’en suive » et en fait, la blague c’est que pour les singes le kiki c’est le cou….vraiment que dire aux enfants qui ont eu l’image ? En plus c’est répété 4 fois au cas où vous êtes passé un peu vite la 1ere. Pour ma part le livre est à la poubelle, on abordera l’écologie sans passer par l’humour graveleux si possible, c’est la 1ere fois qu’un livre pour enfant me fait l’effet d’être aussi malsain et je regrette de ne pas l’avoir lu seule avant.
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Ses mains sur ma peau
Le mieux que je peux dire, c'est que le logiciel fonctionne. J'ai trouvé et lu ces histoires sur Internet, je n'ai pas eu besoin de les acheter. Le scénario de Marc Ali est conventionnel pour le genre, mais il pourrait même être acceptable avec des dessins d'un bon artiste humain. Ici, tout me semble trop froid et artificiel, rien de stimulant ! Je commence un peu à m'inquiéter : je trouve de plus en plus de BD, surtout en 3D, réalisées par l'IA.
Bidule
Même si je connais assez bien Cubitus, je ne connaissais quasiment pas son neveu Bidule, et je n'avais aucune envie particulière de découvrir une série dérivée centrée sur lui. Après lecture de ses trois tomes, cette impression s'est malheureusement confirmée. On sent une série avant tout destinée à un très jeune public, qui cherche à capitaliser sur la popularité de Cubitus plutôt qu'à proposer un personnage ayant une véritable personnalité. En réalité, Bidule pourrait être n'importe quel petit chiot facétieux : les histoires fonctionneraient exactement de la même manière. Le lien avec Cubitus paraît purement marketing. Même constat pour la petite chatte qui accompagne Bidule, dont le physique reprend celui de Sénéchal sans que cela n'apporte quoi que ce soit au récit. J'y ai surtout vu une façon de jouer sur la nostalgie des lecteurs de Cubitus en recyclant des silhouettes familières. Les albums enchaînent principalement des gags en une page, avec quelques histoires un peu plus longues, notamment au début du troisième tome. Malheureusement, je n'ai pratiquement jamais trouvé ces gags drôles. Soit ils s'adressent à un public vraiment très jeune, mais je doute qu'ils déclenchent beaucoup de rires chez ces lecteurs, soit ils reposent sur un humour extrêmement convenu, souvent orienté sur le pipi du chiot, sans surprise ni chute efficace. Je suis resté complètement hermétique à l'ensemble. Le dessin me laisse lui aussi perplexe. Les personnages sont très reconnaissables et le trait est globalement correct, mais tout dégage une impression étrange d'artificialité. Les expressions de Bidule donnent l'impression d'être des visages préfabriqués simplement plaqués sur le personnage. Les décors, eux, sont souvent réduits au strict minimum, ce qui accentue encore cette sensation de vide. Mais c'est surtout la colorisation qui m'a rebuté. Je l'ai trouvée beaucoup trop artificielle, avec un rendu informatique particulièrement peu flatteur. Cela donne à l'ensemble un aspect inachevé, presque celui d'une brochure publicitaire réalisée à la va-vite, au lieu d'une véritable bande dessinée. Entre un humour qui ne fonctionne jamais, un univers qui n'apporte rien à celui de Cubitus, un graphisme bizarre et des couleurs hideuses, j'ai eu le sentiment de lire produit conçu pour exploiter une licence connue qui ne justifie pas le papier sur lequel elle est imprimée.
Dix Secondes
Je n'ai pas du tout aimé cette bd. Ce n'est pas que j'y sois indifférent, elle m'a prodigieusement énervé. S'il est possible de comprendre et d'apprécier de suivre des anti-héros ou des personnages dépressifs ou malheureux, ce Marco va au-delà de ça, c'est une tête à claque : il est médiocre, pathétique, autodestructeur. Il semble impossible d'éprouver une quelconque l'empathie pour lui, et rien - à part l'ennui - n'explique ou ne vient nuancer ce constat. Au fur et à mesure de la lecture, déjà pas vraiment enthousiasmante (dessin correct, mais sans grand intérêt), le personnage évolue peu, et quand on entrevoit le début d'une piste d'une évolution justement, d'un progrès dans le récit et dans l'attitude du personnage, il retombe dans ses travers et paf ! c'est la fin, absurde, brutale. Aucune poésie, juste de l'ennui inéluctable et aucune perspective. Pourtant je peux comprendre les autres avis et, d'une certaine façon, cette histoire est touchante. Mais à quoi bon la raconter ?
Seccotine
J’avais très envie d’aimer cet album. Je l’ai acheté avec un réel enthousiasme, car j’y ai vu ce qui ressemblait à un véritable hommage au Spirou classique. Le lettrage du titre rappelle les anciens albums Dupuis, les champignons géants évoquent immédiatement "Il y a un sorcier à Champignac", Seccotine est enfin mise en avant, et jusqu’au dos de l’album, avec son titre écrit verticalement comme dans les anciennes collections, tout semblait témoigner d’un profond respect pour l’univers de Franquin. En le feuilletant rapidement, la promesse paraît tenue. Seccotine est reconnaissable, son caractère est plutôt bien retranscrit, et cela fait plaisir de la voir enfin occuper le premier rôle. Le dessin, au premier regard, évoque bien cette école franco-belge des années 60-70 et donne envie de se plonger dans l’aventure. Malheureusement, une fois la lecture commencée, cette première impression s’effondre peu à peu. J’ai fini par avoir le sentiment que toute cette esthétique relevait davantage d’un habillage marketing destiné à séduire les amateurs de Franquin que d’un véritable hommage porté par le contenu de l’album. Ce qui m’a le plus dérangé est l’absence totale de cohérence. L’album mélange sans cesse les époques et les références. Seccotine utilise parfois du matériel qui paraît très daté, comme un énorme ordinateur fixe, alors qu’on la voit également utiliser un téléphone moderne avec des appels vidéo. Elle alterne aussi entre des tenues très actuelles et des vêtements qui semblent tout droit sortis des années 50. Spirou porte quant à lui sa veste noire et son col roulé des années 70 dans un style qui rappelle Fournier. On finit par ne plus savoir à quelle époque se déroule réellement le récit. Et puis Gaston qui apparaît avec sa vieille voiture alors que l’histoire semble se dérouler dans une époque contemporaine, mais il ne sert quasiment à rien et n’apporte aucune touche d’humour. Le même problème existe dans le dessin. Le maire de Champignac semble directement sorti des premiers albums de Franquin, comme "Il y a un sorcier à Champignac". Le Comte évoque davantage la période Zorglub. Spirou et Fantasio changent presque de style au fil des pages : parfois très élancés, avec une silhouette qui rappelle Munuera, parfois beaucoup plus trapus, avec des proportions qui évoquent davantage Tome & Janry. Certains clins d’œil fonctionnent, comme la tenue de Fantasio similaire à celle du sorcier à Champignac, mais l’ensemble ressemble davantage à un assemblage de références qu’à une véritable direction artistique cohérente. Le contraste est encore plus frappant avec les nouveaux personnages. Seccotine, Spirou, Fantasio ou le Comte sont clairement dessinés dans une imitation de Franquin, tandis que les personnages d’Arthur Nature ou les membres de son groupe semblent appartenir à une toute autre bande dessinée. Les styles graphiques cohabitent mal. Quant à Colette ou Arthur, leurs visages sont tellement caricaturaux qu’ils donnent parfois l’impression d’une imitation maladroite d'un sous-sous-Seron. Le jeune chasseur, lui, semble tout droit sorti d’un album de Tillieux. Là encore, cela pourrait être perçu comme un hommage, mais l’ensemble paraît davantage bricolé que réellement maîtrisé. Le scénario n’arrange malheureusement rien. Je ne me souviens pas avoir souri une seule fois durant toute la lecture. Rien n’est vraiment drôle, alors que c’est précisément ce que j’attends d’un album situé dans cet univers. Même les interventions du maire tombent à plat. Spirou manque de personnalité, apparaît souvent simplement râleur, et Fantasio ne sert pas à grand-chose. L’intrigue est extrêmement linéaire, sans surprise ni véritable tension. Les antagonistes constituent sans doute la plus grande déception. Ils sont très caricaturaux mais paradoxalement dépourvus de personnalité. On ne sait quasiment rien d’eux, ils ne sont ni amusants, ni inquiétants, ni mémorables. C'est presque moins bon que du Bob et Bobette. Enfin, le Comte de Champignac est lui aussi méconnaissable. Habituellement brillant, fantasque mais profondément intelligent, il apparaît ici comme un personnage naïf qui accorde sa confiance à n’importe qui, ce qui ne correspond pas du tout à l’image que je me fais de lui. Au final, j’ai surtout eu le sentiment d’avoir été séduit par une promesse que l’album ne tient jamais. L’emballage est beau et donne sincèrement l’impression d’un retour aux fondamentaux de Spirou. Mais derrière cette façade, je n’ai trouvé ni la finesse, ni l’humour, ni l’inventivité qui font le charme des grands albums de Franquin et ses successeurs. C’est d’autant plus frustrant que Seccotine méritait largement une véritable grande aventure.
L'Etrange Noël de monsieur Jack
J'adore les films de Tim Burton, ainsi que ses contes et illustrations. L'Étrange Noël de Monsieur Jack n'est pas, parmi ses animations, celle que je préfère. Mais cette adaptation manga ne lui rend vraiment pas justice. Un noir et blanc un peu terne, les personnages reproduits sans âme et sans couleur. Ce n'est pas que l'intrigue originale ne soit pas respectée, mais Jack, Sally, le chien Zéro sont plutôt moches ici. Il manque la magie, le romantisme, la poésie du film. Heureusement que je ne l'ai pas acheté et que je l'ai lu en emprunt.
Avant Blake et Mortimer (Le Rayon U)
Pourquoi Blake et Mortimer de Jacobs est-il si bon ? Parce que cet album a fait office de brouillon, tiens ! Tout a été dit par mes prédécesseurs, mais j'ajouterais ceci : il est bien agréable de ne pas être complétiste. Eh oui… Si vous l'êtes vous devez lire voire acheter, selon l'objet de votre amour, par exemple, tout ce qu'a fait Jacobs, ou bien tous les Blake et Mortimer, même après lui alors qu''il n'y en a qu'un de bon, à mon avis : Le dernier pharaon, de Schuiten. Non mais imaginez-vous obligé de boire tous les vins sous prétexte que le vin vous plait, même celui que vous n'aimez pas du tout. Comme je comprends la colère de ceux qui lisent et achètent ce qu'ils n'aiment pas, en fait, comme cet album. Moi, c'est en découvrant ça et d'autres déceptions que je me suis dit que je ne ferais pas de collection de ce genre, merci bien ! Je me demande d'où vient le fait de vouloir tout de quelque chose même quand il y a des baisse de niveau, mais je pense que cela décalque en partie de la démarche très respectable, scientifique, des musées… Sauf qu'on n'est pas obligé de les imiter. Et puis, si j'avais acheté cet album, pour me justifier, je l'aurais sans doute surestimé, vu que l'être humain a tendance a le faire de tous ses actes, ce qui aurait faussé mon jugement… C'est dur d'être déçu, mais il ne faut pas s'accrocher à l'objet de sa déception. Un jour, on peut être récompensé, je pense que d'avoir écarté Valérian finalement moins bon que ce que je supposais, m'a in fine fait découvrir Orbital !
Au Bonheur des Dames (Une Femme dans la Peau / Johanna)
D'habitude, j'adore les histoires dessinées par Walthery. Mais cette série a été pour moi une grande déception à plusieurs niveaux. Le premier tome «Une femme dans la peau» est encore acceptable, sans être mémorable. Mais ensuite, tout a dégénéré jusqu'à dépasser toutes les limites du mauvais goût. Sans queue ni tête, on mélange nazis, transplantations cérébrales, scènes répulsives et on ne comprend pas où cela veut en venir. Au niveau du dessin, tout semble également fait à la hâte et sans grand engagement de la part des auteurs (Walthery, Di Sano, Mythic...). L'humour comme l'érotisme éventuel finissent par être complètement écrasés par l'incompétence du scénario et la maladresse des dessins. À éviter ou juste feuilleter pour se faire une idée.
The Comic Book Holocaust
Ça fait une paye que je n'ai plus posté d'avis, je m'y remets. Doucement en choisissant ce livre purement et simplement nul. Le dessin est de niveau collège 5ème et l'humour de 3ème. Ok ça pourrait être publiable dans un fanzine mais en livre, non. Rien à sauver dans ce bouquin fait sans talent.
Tongues
Peut-on considérer une critique pertinente lorsqu’on n’a lu qu’une partie d’un livre ? Tel est le dilemme qui se pose à moi ici, étant donné que je n’ai pas pu aller au-delà des 100 pages de ce pavé. J’avais décidé de le lire, car j’avais eu plutôt de bons échos à droite et à gauche lors de sa sortie. Malheureusement la déception est à la hauteur des attentes, et visiblement c’est un titre qui divise, les deux précédents commentaires le prouvent… En général, je suis plutôt sur la même longueur d'ondes que Paco, mais dans le cas présent, je vais devoir mettre une note radicalement opposée à son 5 étoiles. Et pour le coup, je rejoins Gaston dans son appréciation, sauf que je serai encore plus sévère que lui. Tout d’abord, c’est sûr, l’objet est imposant et intrigue autant par sa couverture que par le graphisme délicat, assorti à une mise en page très originale. Alors c’est avec une certaine curiosité que l’on se lance dans la lecture. Le début du récit est certes énigmatique, mais c’est aussi cela qu’on demande à une BD, qu’elle nous offre une perspective inattendue, nous demande notre participation active. Malheureusement, il semble qu’ici rien ne fonctionne. Après quelques pages pour le moins hermétiques, beaucoup trop hermétiques à mon goût, j’ai réussi à me lasser très rapidement. Il ne se passe rien pour véritablement captiver le lecteur. Malgré l’impression de départ que la narration serait aérée, les textes, écrits dans une police minuscule, s’avèrent pléthoriques, ce qui ralentit considérablement le rythme de lecture. Les références mythologiques (cf. Prométhée) nécessitent une certaine érudition en la matière, et le propos n’est aucunement didactique. Le graphisme, qu’on peut trouver avenant et poétique (on peut penser à Moebius ou Miyazaki), souffre d’un traitement inadéquat de la couleur. Je pense en particulier au passage (très longuet) où des types discutent dans le désert à la nuit tombée (j’ai oublié de quoi il était question). Pour restituer l’ambiance nocturne, l’auteur a cru bon de plaquer une tonalité très sombre sur toutes les cases, une vraie torture pour les yeux. Pour ça, il est fortement conseillé d’avoir une lampe de poche à ses côtés. D’une manière générale, les phylactères abondent, on ne sait pas toujours qui parle, c’est assez pénible. Toutes ces raisons font que j’ai mis fin au supplice assez facilement, d’ailleurs le bouquin n’arrêtait pas de me tomber des mains… L’ouvrage est assurément ambitieux, mais si ambition il y a, elle ne vise clairement pas à l’intelligibilité. A se demander si l’auteur a pensé un instant à ses lecteurs… On peut y trouver des qualités, certes, mais si je devais donner un avis en deux mots, le voici : prétentieux et indigeste.
Fleur de bambou
L’histoire commence bien, on est emporté par le but de la quête et les caractères des 3 héros, et puis patatra, lorsqu’ils rencontrent leur premiers adversaires , un humour franchement de mauvais goût avec un « jeu de mot » ou de malentendu qui met hyper mal à l’aise face à des enfants, la tribu des singes les menace de leur « serrer le kiki jusqu’à ce que mort s’en suive » et en fait, la blague c’est que pour les singes le kiki c’est le cou….vraiment que dire aux enfants qui ont eu l’image ? En plus c’est répété 4 fois au cas où vous êtes passé un peu vite la 1ere. Pour ma part le livre est à la poubelle, on abordera l’écologie sans passer par l’humour graveleux si possible, c’est la 1ere fois qu’un livre pour enfant me fait l’effet d’être aussi malsain et je regrette de ne pas l’avoir lu seule avant.