L'Incal

Note: 3.63/5
(3.63/5 pour 52 avis)

Un univers totalement nouveau dont le lecteur suivra l'évolution, et le renouveau par le biais de John Difool, antihéros manipulé par l'incal...


Giraud-Moebius Jodorowsky L'univers de l'Incal Les années Métal Hurlant Les Humanoïdes Associés Space Opera Spiritualité et religion

John Difool (JDF), détective de classe R dans la cité-puits, dévoue sa vie minable aux homéoputes, ouiski et drogues. Mais son univers sera bousculé par l'arrivée de l'Incal: force immatérielle et divine. L'incal le pénétrant, JDF sera alors la proie pour toutes sortes d'autorités planétaires en quête du pouvoir représenté par l'Incal. Un groupe sera alors constitué autour de l'Incal, emmenant ainsi JDF malgré sa paresse congénitale, afin de sauver le monde de la Ténèbre, ennemi absolu de l'Incal, ayant pour allié le techno-centreur (haute autorité de l'univers). Viendra alors une suite d'évènements mêlant fuites et combats, réalité et surnaturel, hommes et divinités. Tout sera vécu par JDF, toujours las de devoir participer à cette aventure, mais fil conducteur du sauvetage du monde, malgré son incapacité absolue à faire les choses bien. Le lecteur sera emmené dans l'aventure par l'intermédiaire de JDF, on y découvre ainsi un univers futuriste dévoilant les travers d'une technologie débordante et d'une tyrannie extravertie. Mais on est aussi plongé dans une mythologie nouvelle et surnaturelle, apportant un regard différent sur l'existence même de Dieu.

Scénariste
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution Mai 1981
Statut histoire Série terminée 6 tomes parus
Couverture de la série L'Incal © Les Humanoïdes Associés 1981

01/10/2001 | stefan
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L'avatar du posteur Tomdelapampa

Culte tout simplement. Je cherchais une série à aviser dans cette catégorie, L’Incal est le candidat parfait. Ça passe ou ça casse. Avec moi c’est passé, ça passe et ça passera encore, cette série m’a marqué à vie. Je l’ai découverte adolescent dans ses couleurs d’origine, et ne saurait relire une autre version, elles font parties du charme. 6 tomes que j’ai usés à tel point que certaines pages se détachent. Ça fleure bon les années 80 mais ça vieillit très bien. Une œuvre novatrice pour son époque et qui en a inspiré beaucoup d’autres. Le dessin de Moebius y est magistral, des personnages magnifiquement croqués, c’est plein d’inventivité dans les designs et les détails. J’adore. Le scénario n’est pas en reste, ça monte en puissance gentiment jusqu’au final mystique qui personnellement me plaît beaucoup. Nota : c’était alors ma 1ère confrontation avec Jodo, depuis cette marque de fabrique m’use un peu. Ça a et m’a marqué, un univers complètement fou et réussi. Une œuvre qui m’a construit. Ah, cité puits, Deepo, Kill, le Méta-Baron, planète Difool, les Techno, Gorgo le sale, le vaisseau incal ... et évidemment notre détective de classe R, John Difool, magnifique antihéros. Je me rends compte en écrivant ces lignes à quel point je suis attaché à ce personnage de Difool, cette version est complètement magique. Peut être pas un futur incontournable pour un lecteur d’aujourd’hui mais je conseille vivement aux amateurs de sf, c’est plein d’idées et d’énergie. Culte !! mais je l’ai déjà dit.

23/03/2022 (modifier)
Par Josq
Note: 2/5
L'avatar du posteur Josq

Au sortir du dernier tome, j'ai vraiment eu envie de mettre 1/5, mais si je note la saga, alors je peux monter un peu plus... "Un peu" seulement, parce que de toute façon, L'Incal n'est pas ma tasse de thé. Néanmoins, les deux premiers tomes m'ont plutôt mis en confiance. Malgré un ton très délirant, j'ai commencé à entrer dans cet univers, à m'attacher aux personnages, et j'y ai réussi car on est encore globalement dans une narration plutôt classique. Jusque-là, j'avais vraiment espoir... Et puis dès le tome 3, ça a été la douche froide. Au fur et à mesure que Jodorowsky élargit son univers, j'ai été de moins en moins captivé par son côté ultra-bordélique. En soi, je ne nie pas que l'univers de Jodorowsky revêt une certaine puissance, il y a un vrai potentiel, ça oui. Seulement, j'ai l'impression que les auteurs se laissent (volontairement) écraser par la puissance d'un truc qu'ils ne maîtrisent pas. Et j'ai beau savoir que c'est voulu, je n'accroche pas. Dès lors que le récit part dans ses délires ésotériques, dans une sorte de pseudo-mysticisme new age, alors là, je trouve même que la saga devient détestable, et j'avoue avoir eu beaucoup de mal à terminer le dernier tome, qui s'apparente peut-être à ce que j'ai lu de pire en bande dessinée (il n'est guère dépassé vers le bas que par Pinocchio et Georges Clooney, je pense). Après, je ne dirai pas que c'est de la merde, et que c'est absolument à fuir. Encore une fois, je conçois à peu près que la puissance de l'univers et l'originalité indéniable de l'ensemble puissent séduire certains lecteurs, mais clairement, ce n'est pas - mais alors pas du tout - ma came. J'aime trop les bandes dessinées qui ont du sens pour adhérer à L'Incal. Même si je n'en suis pas incroyablement fan, seul le dessin de Moebius est à peu près à sauver. Pour le reste, je dois dire que j'ai un peu du mal à comprendre que cette bande dessinée puisse être aussi culte, mais bon, il en faut pour tous les goûts, comme on dit quand on ne veut vexer personne ! En tous cas, j'attends vraiment Taika Waititi au tournant pour l'adaptation cinématographique : il fait partie des rares réalisateurs que j'estime capable de tirer un bon film de cette saga que je n'ai pas aimé. Mais il va falloir qu'il bosse vraiment son sujet et qu'il épure considérablement le matériau de base !

27/12/2021 (modifier)
Par Seube
Note: 3/5
L'avatar du posteur Seube

Je ne suis pas friand de ce genre d’univers, mais il faut bien saluer l’imagination débordante et assez tarée des auteurs pour cette série culte. Une lecture agréable, gardons l'esprit ouvert, et un univers riche que je ne cherche pas à prendre trop au sérieux. Le cyberpunk/space opera sont des mouvements en pleine puissance dans les années 80, suite à quelques évènements vraiment mineurs : Guerre Froide et Apollo 11, Star Trek, Star Wars… Jodorowsky et Moebius seraient les fondateurs du genre pour la BD, avec la particularité d’avoir tourné ça vers le loufoque, psyché, absurde... Ils auraient donc proposé un nouveau visage à la BD et c’est ce qui propulse la série au rang du Culte. Si je comprends l'approche, je trouve le récit trop bourré de pleins de choses et insuffisamment structuré pour défendre le côté « philisophico-socio-je-sais-pas-quoi » de l’Incal. Mais l'histoire m’emballe suffisamment pour avoir envie d’aller jusqu’au bout, c’est tellement psychédélique et original, j’adore ! Vraiment dommage que l'auteur se précipite, comme si c’était plus fort que lui d’enchaîner plein d’univers différents, quitte à écrire des raccourcis à répétition. J’aime beaucoup le trait de Moebius et au niveau des couleurs ça vieillit un peu. Les personnages sont lisses et brillants mais puisque je lis cette BD sans la prendre trop au sérieux il y a comme une ambiance kitsch qui minimise le défaut et qui finit par me plaire, sans en être extasié. Pour finir avec légèreté, je finirai sur une chose : TOME 3 > PLANCHE 11 > CASE 1 : je suis resté scotché sur le portrait d’Animah qui est pour moi, à cet emplacement précis, le plus beau personnage féminin de toutes les BD que j’ai pu lire jusqu’à aujourd’hui ! Ça mérite une sculpture, buste en bronze, Affaire conclue, 10000 boules, toussa toussa… Bref, pour un premier Jodorowsky et un univers qui n’est pas forcément ma tasse de thé, je suis content de ma lecture et je peux être amené à le RElire plus tard. Et puis, cette BD traduit une époque culturelle aussi… Ca mériterait bien l'achat!

18/02/2021 (modifier)
L'avatar du posteur Noirdésir

Série marquante que celle-là, série très clivante – que ce soit pour le fond ou pour la forme –, au point que j’ai plus de mal à comprendre les 3 étoiles que les 1 ou les 5 étoiles. Malgré quelques bémols épars, je n’étais, pour ce qui me concerne, pas loin de lui accorder l’entrée dans la catégorie culte. Cela part sur de la Science-Fiction relativement classique (avec quelques touches d’humour), autour d’un personnage bien falot, plutôt minable même, John Difool. Un pauvre type qui donnait d’ailleurs son nom à la série, au départ. Puis, disons surtout à partir du troisième tome, cela part dans un gros délire de Jodorowsky (comme souvent chez lui !), dans un space opera foutraque, dans lequel Difool perd complètement son rôle central originel : les rééditions et intégrales en ont d'ailleurs pris acte, puisque désormais la série se nomme « L’Incal ». Délire de Jodo donc (mais quelle imagination quand même!!!), avec pas mal d’envolées mystico-philosophiques – même si c’est quand même un peu plus « retenu » que ce qu’il fera ensuite ailleurs. Et je ne peux m’empêcher de penser que Jodo improvisait largement la trame, étant donnés la fuite en avant, le délire plus ou moins lyrique, la surenchère de termes, d’actions, qui ne sont pas tous aisément « compréhensibles », loin s’en faut. Même si Jodo retombe sur ses pattes en fin de sixième album, bouclant ainsi sa boucle improbable. Dans ce gros délire, autour d’un Difool assez transparent – mais que Jodo prend plaisir à multiplier (voire à humilier !) dans le dernier album –, gravite un groupe plutôt hétéroclite (dont Deepo, un oiseau de béton, Kill, personnage à tête de loup, etc.). Pour faire de cette série une sorte d’immanquable, il fallait être deux. Et là – comme toujours aux côtés de Jodo ! –, on a un grand dessinateur, un génie à double face, Moebius. Certes, on est très loin ici du trait foisonnant, très précis et réaliste de Giraud (que j’avoue globalement préférer), mais on a là un bon aperçu du travail SF de Moebius, avec un trait bien plus épuré – presque de plus en plus au fur et à mesure de l’avancée de la série. En tout cas j’aime aussi beaucoup ce dessin, très caractéristique, et qui a influencé beaucoup de monde, en BD ou au cinéma. Quant à la colorisation, très datée (mais aussi « signant » Moebius), parfois kitsch ou psychédélique, je l’aime bien aussi. En tout cas, préférez les albums d’origine ou la dernière intégrale (fidèle aux originaux dans ce domaine) aux premières rééditions, qui avaient un peu « trahi » cette colorisation. Jodo et Moebius inspirés, qui se lâchent, on aime ou pas – affaire de goût –, on comprend ou pas (esprit cartésien s’abstenir), mais si l’on est sensible et ouvert à ce genre d’œuvre – certes marquée par son époque et la rencontre de deux grands créateurs –, force est de reconnaître qu’on tient là un petit (un grand ?) chef d’œuvre. C’est planant, et la fin nous permet un atterrissage – pas forcément en douceur d’ailleurs. Note réelle 4,5/5.

06/03/2019 (modifier)
Par sloane
Note: 3/5
L'avatar du posteur sloane

Pas mal mais tirant vers la note supérieure. En fait j'ai un petit souci avec cette série qui au fil du temps est devenue une sorte de méga, supra, troglo monument. A sa sortie au début des années 80, elle a été comme un vent nouveau qui venait souffler sur la SF française, et puis au fil des tomes j'ai l'impression que les choses sont un peu parties dans un joyeux souk. Influences psychédéliques, religieuses, ésotériques, philosophiques, n'en jetez plus la coupe est pleine ! Jodorowsky a frappé ! Si cette série peut se lire comme une allégorie du grand oeuvre d'un alchimiste, elle est aussi à un autre niveau tellement foisonnante que le lecteur peut s'y perdre. Si l'on tente de revenir un peu sur terre n'y voyons qu'une histoire où un pauvre gars se trouve embringué dans des péripéties où le bien et le mal se livrent une éternelle guerre. Lui, anti-héros absolu, ne cherche qu'à sauver sa peau au prix de moult aventures. Tout cela est parfois complexe mais heureusement il y a le dessin de Moebius. C'est quand même chiadé ! Les vaisseaux, la cité-puits, ses bas-fonds, la cité techno, avouons qu'il y a de l'imagination. L'univers représenté est foisonnant mais dans le bon sens du terme. L'évolution est d'ailleurs assez intéressante à voir entre le début et la fin où l'on voit le trait de Moebius devenir de plus en plus épuré. Alors au final, une série qui se complexifie sur les derniers volumes mais visuellement assez belle dont tout amateur de BD et plus particulièrement de SF se doit de faire la lecture.

20/01/2015 (modifier)
Par Thobias
Note: 5/5 Coups de coeur expiré

L'incal est et restera un monument de la bande-dessinée. Le scénario est particulièrement virtuose même quand il part dans les délires propre à Jodorowsky (la fin en particulier). Moebius n'est pas le dessinateur que je préfère même si j'admire son sens de la géométrie et son architecture. Le seul défaut reste les couleurs un peu dépassées qui font très comics de super héros. Hélas la recoloration par infographie est une catastrophe affadissante, je préfère autant la couleur originale dont on s'habitue au bout d'une dizaine de pages.

22/05/2014 (modifier)

Probablement la plus loufoque des BDs de science-fiction. Cela faisait longtemps que j'avais entendu parler de cette saga culte, alors j'ai recemment décidé de me mettre enfin à la lecture complète des 6 tomes, pour voir si le contenu meritait autant de cacophonie, qu'elle soit laudative ou dépréciative, et je dois dire que c'est une sacrée experience. Ca déborde d'imagination, d'inventivité baroque, je peux comprendre que ça puisse en rébuter beaucoup car il en ressort parfois une sensation de "too much" a fortiori avec les couleurs criardes qui agressent les yeux. Mais il faut reconnaitre à jodorowsky que son imagination féconde à pondu quelques trouvailles géniales et fascinantes : une cité-puit enfoncée dans les entrailles de la terre, un tueur professionnel affublé d'une oreille mécanique, un palais présidentiel volant, des techno-papes, des "psycho-abdomen",des gigantesques bulles d'ombres assoifées de soleils...Je dois dire que j'ai été assez époustoufflé, je n'ai pas été ébloui à ce point par la créativité d'une oeuvre de s-f depuis les "Dune" d'Herbert, c'est dire ! Atypique, iconoclaste, onirique, voire même psychédelique, l'Incal m'a vraiment séduit par son univers complètement barré, peu à même de plaire à tout le monde.J'aimerais bien voir ce que donnerait une adaptation cinématographique de cette série, ça pourrait étre assez exceptionnel. En tout cas, vive le ouiski et les homéoputes !

03/05/2014 (modifier)
L'avatar du posteur Agecanonix

Au départ, la série s'appelle "John Difool", c'est comme ça que je l'aie lue dans Métal Hurlant à partir de 1980, et c'est ainsi qu'elle est répertoriée dans la plupart des dicos de BD ; c'est la réédition de 1993 en intégrale qui lance le nouveau titre "L'Incal", c'est peut-être pas plus mal, car ce pauvre Difool est un anti-héros tellement commun, voire minable parfois que la série s'en est sans doute trouvée valorisée. Elle est certes devenue un grand classique de la SF des années 80, mais son contenu métaphysique et un peu pesant, avec un scénario qui déborde souvent dans le n'importe quoi, assaisonné d'une bonne dose de mystique, m'a souvent rebuté ; c'est un univers où je ne me sens pas à l'aise comme dans une série historique ou un western, et surtout c'est une science-fiction qui ne me fait absolument pas vibrer comme l'a fait L'Empire de Trigan ou Storm. Et pourtant, ce n'est pas l'imagination qui manque ici. En fait, c'est je crois le début de mon aversion pour Jodorowski, bien que ses délires nauséeux soient quasiment inexistants encore, par rapport à ses scénarios ultérieurs. C'est le dessin de Moebius qui m'a fait supporter cette quête initiatique, car au contraire de lecteurs trentenaires qui n'aiment pas le dessin et la colorisation des années 80, moi je m'en réjouis parce que ces graphismes ont marqué l'époque de mon adolescence et qu'en ce temps-là, c'était comme ça, j'aime donc ce style. Ceci dit, le dessin n'est pas si terrible que ça, surtout dans les visages, je préfère le dessin signé Giraud sur Blueberry que celui signé Moebius ici, où il imposait ce style graphique plus épuré, dominé par les hachures, style qui influencera de nombreux auteurs (trop même). J'aimais aussi les personnages secondaires et les trouvailles graphiques de Moebius qui embellissaient un récit souvent pesant, apportant de vraies originalités. Mais encore une fois, ce n'est pas une lecture qui m'apporte un vrai plaisir, je l'ai lue dans Métal puis en album pour la découverte et la curiosité, je l'ai supportée, parfois un peu moins, et j'en suis content, mais c'est tout, d'où une vraie note de 2,5/5 ; je laisse la série à ses fans et n'ai pas l'intention de la relire un jour.

22/12/2013 (modifier)

Bon bah voilà, enfin lu ce monument de BD SF de Jodorowsky et Moebius qu'est l'Incal, sous forme d'intégrale, série à l'influence manifeste encore aujourd'hui, et par delà même le neuvième art. Force est de constater que la série fourmille d'idées narratives, brasse des concepts philosophique à la pelle, ne manque pas d'audaces et d'innovations et instaure des univers diversifiés et originaux. On ne peut que reconnaitre la maestria visuelle de Moebius. Cadrages, couleurs, et graphisme sont à la hauteur. Malheureusement, je reste mitigé dans son appréciation. Une tonne de moments resteront probablement en mémoire après cette lecture, c'est indéniable. Cependant, il manque cette cohésion scénaristique indissociable d'une bonne bande dessinée et surtout d'une finalité. En effet, arrivé à la moitié du parcours, une usure naturelle prend le pas. Tout devient trop bordélique, saute du coq à l'âne sans raison ni but dans une succession infinie de rebondissements hallucinés. Les problèmes surgissent de nul part et leurs résolutions sont tirées par les cheveux à grand coup de notions nouvelles. Ce petit groupe part très loin dans un délire commandé par des drogues probablement et j'ai été pris de vertiges pour recoller les morceaux psychotropes qui frôlent souvent le n'importe quoi. Vaincu par ce trop plein sans queue ni tête, je m'identifie alors sur cette fin au antihéros John Difool, seul protagoniste à rester lucide dans ce qui se passe en ne cessant de rabâcher qu'il en a marre des aventures qui s'étirent en longueurs superflues, qu'il n'a qu'une envie, qu'on lui foute la paix, que cela s'arrête, et même qu'il ne pige plus les agissements qui l'implique pour uniquement les subir malgré lui. Tant de questions restent lettres mortes à commencer par l'Incal lui même, variation philosophique au fil de l'histoire parfois réponse parfois inutilité floue à l'apparition incongrue. En persévérant, tout se conclut enfin ni de bonne manière ni de façon catastrophique, dans la même lignée psychédélique, laissant ce petit gout d'excès d'une trame partie en sucette. Bien qu'indéniablement marquante sur plusieurs niveaux, l'Incal ne remplit pourtant pas tous les critères (personnels) d'une BD de référence pour rester au niveau d'essai imaginatif audacieux objet bizarre fascinant mais aussi rebutant.

22/10/2013 (modifier)
Par jul
Note: 5/5 Coups de coeur expiré

LE "Star Wars psychédélique" de la BD française. Un monument indétrônable. 6 tomes qui se lisent d'une traite, sans temps mort. Ils sont tous excellents. Jodorowsky et Moebius sont très en forme (1ère collaboration je crois) et livrent là leur oeuvre maîtresse (une des meilleures de Jodorowsky, en tout cas qui met tout le monde d'accord contrairement à d'autres). Pour ma part la meilleure série de Jodorowsky avec Le Lama blanc, Juan Solo et La Caste des Méta-barons (voire Face de Lune aussi). Nous suivons tout d'abord l'existence d'un citoyen lambda "John Difool" qui va, au fur et à mesure, devenir une sorte de "messie". Dans une "cité-puits" du futur. Les catégories sociales sont proportionnelles aux étages des différents niveaux (Le roi tout en haut, puis les aristocrates, puis les prolétaires et ainsi de suite jusqu'aux gueux et terroristes du lac d'acide tout en bas. Et puis il y a encore plus bas (album "ce qui est en bas" mais chut...). Et puis un autre album "ce qui est en haut" aussi. Au-dessus de la cité-puits, il y a la surface ou il n'y a... rien (ah si des champs labourés par des espèces de moissonneuses-batteuses du futur). Et plus haut le techno-pape et sa base en forme d'oeuf noir. Excellent ! Une sorte d'empereur de la force obscure. Voilà pour le décor. Après c'est du Star Wars complètement psychotronique. Les 2 derniers tomes partent dans un trip cosmico-psychédélico-mystique assez hallucinant absolument bien géré et limpide (ce qui n'est pas le cas de toutes les séries de Jodorowsky qui peuvent se révéler indigestes ou bâclées). Là c'est divin. Une véritable illumination cosmique (que vous ne trouverez jamais dans Star Wars). J'ai entendu dire que Moebius et Jodo s'étaient inspirés entre autres de leur travail sur le film "Dune" que devait réaliser Jodorowsky mais repris par David Lynch. Les producteurs ayant pris peur car Jodorowsky avait pour idée (entre autres) de confier le rôle de l'empereur à Salvador Dali sur un trône en forme de chiotte... Je les comprends ^^. Mais là je m'égare. Pour en revenir à l'Incal je n'ai pas envie de raconter toute l'histoire et puis tout le monde a lu ce monument je pense. J'ai adoré également la suite ou plutôt la préquelle Avant l'Incal avec Janjetov. Mais on n'est pas au niveau - bien sûr - de la puissance de la série originelle.

21/02/2013 (modifier)