Avant l'Incal

Note: 3.72/5
(3.72/5 pour 18 avis)

Le parcours initiatique d'un enfant des bas-fonds de la cité-puit à la recherche de la vérité. Ambiance, univers et critiques sociales sont les maîtres mots de Jodorowsky qui nous livre ici une série extraordinaire.


Jodorowsky L'univers de l'Incal Les Humanoïdes Associés Prequel

John Difool est un jeune garçon, au cours d'une "sortie" avec son pére chez les aristos il regarde sa mére, une prostituée de l'anneau rouge, se jeter dans le lac d'acide. Au même moment le systéme holographique de son pére bat de l'aile et celui-ci se fait prendre, il est alors transformé en bossus. John se retrouve tout seul. Il commence sa formation de détective minable de classe "R", la mission qu'il se donne est de découvrir pourquoi les putes n'ont jamais d'enfant et pourquoi il a été caché des yeux du monde les 7 premières années de sa vie. Sa quête lui ouvre les portes de son coeur pour Louz, une aristo pur sang. Un duel s'engage entre les deux : elle veut en faire son chien docile et lui veut en faire sa femme. Aprés maintes affaires et coups tordus Difool et Louz trouvent la vérité mais ils sont soumis à un affreux chantage et sont ... John termine sa formation officielle de détective privée et louz se marie avec Diavaloo, le présentateur TV. En fin de série on voit se dérouler le commencement du devenir de John etles enjeux de l'Incal, suite dans la série l'Incal.

Scénariste
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution Octobre 1988
Statut histoire Série terminée 6 tomes parus
Couverture de la série Avant l'Incal
Les notes (18)
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05/03/2002 | Ottonegger
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L'avatar du posteur Noirdésir

Prequel, et donc censée se dérouler avant la série mère – mais forcément lue après pour la plupart des lecteurs (c'est mon cas en tout cas), cette série pourrait légitimement souffrir de la comparaison, ne serait-ce qu’au dessin, pour lequel Janjetov succède au grand Moebius. Et je dois dire que Janjetov s’en tire plutôt bien, avec un clair effort pour se rapprocher du style de Moebius, tout en y mettant sa touche personnelle. Hélas, j’ai lu la série avec une version « remastérisée », et surtout une nouvelle colorisation, à l’informatique visiblement, qui, je trouve, trahit le dessin, et l’écarte en tout cas du modèle moebiusien (hélas, il n’y a plus ses belles planches psychédéliques aux formes géométriques). En tout cas cela gâche pas mal l’aspect visuel de l’ensemble et ne me convient pas vraiment (voir une intéressante comparaison avec les images placées dans la galerie). En plus, pour des raisons commerciales je crois (le marché américain ?), certains détails (liés au sexe généralement) ont été modifiés, cachés, dans une autocensure ridicule et aseptisante (voir certains passages avec les homéoputes, leurs seins, leur sexe étant opportunément toujours cachés par un bras, un objet ou un vêtement ; idem pour Louz de Garra dans ses ébats avec John Difool). Il faut donc dans l’absolu, si vous en avez la possibilité, préférer les éditions originales, ou alors les autres intégrales « d’avant » cette remastérisation. Quant à l’histoire concoctée par Jodorowsky, elle doit elle aussi s’imbriquer dans celle de la série mère – déjà passablement foutraque – sans avoir trop l’air de le faire de manière trop artificielle (les dernières pages pêchent un peu dans ce domaine-là). Et elle se laisse lire agréablement. Il y a ajouté (au milieu de dialogues imbibés de sexe et de drogues diverses) une sorte d’enquête policière, un petit côté thriller pas inintéressant, sans y mettre trop de ses délires habituels mystico-n’importe quoi (même s’il ne peut s’empêcher de glisser pas mal d’allusions religieuses). Et on en apprend un peu plus sur John Difool (ses origines, sa rencontre avec Deepo, etc.), personnage qui n’est pas ici aussi falot, suiveur et lâche que dans L'Incal, bien au contraire ! (Jodo nous livre les secrets de cette métamorphose). John Difool, sans doute le seul « fils de pute » auquel on s’attache ! Et cette série le réhabilite. C’est globalement plus verbeux que dans L'Incal, il n’y a presque plus de planches muettes, cela se lit donc moins rapidement. Certains passages, décrivant – dans une surenchère à la fois ridicule et baroque – une société de consommation hypnotique et délirante (avec l’omniprésence d’hyper-sociétés comme Cocalfol, l’hypermédiatisation d’événements traités sur un mode sensationnel) ont sans doute inspiré Brunschwig pour sa cité de Monplaisir, dans la série Urban. Jodo retombe donc sur ses pieds en fin du sixième album, tout est raccord pour poursuivre la lecture dans L'Incal. Même si je dois dire que c’est parfois un peu artificiel, ou plutôt un peu « brutal », « accéléré », en tout cas moins construit et alambiqué que le reste, car il fallait conclure en donnant à voir, à prévoir événements, personnages qui vont s’épanouir dans L'Incal. Reste que cette série – si je la place un peu en dessous de la série mère –, est vraiment bien fichue. La lire après L'Incal ne pose aucun problème.

18/03/2019 (modifier)
Par sloane
Note: 3/5
L'avatar du posteur sloane

Autant j'avais apprécié L'Incal, autant ici j'avoue avoir été un peu ennuyé. C'est pas que c'est mauvais mais pour moi cela a un peu le goût du réchauffé. On retrouve la plupart des ingrédients connus mais l'alchimie ne prend pas. Pourtant l'idée avait de quoi séduire, s'attarder ou découvrir ce qu'avait été l'enfance et l'adolescence de notre anti héros de classe R. Alors on découvre un père inventeur ringard, une mère prostituée (normal c'est du Jodorowsky) mais bon, pourtant grand fan de SF j'ai pas accroché. Est-ce dû au langage ? Il est vrai que les holomachins, les meds ceci et tout le toutim finissent par m'agacer. Je ne peux également m'empêcher de penser que tout cela a un petit aspect mercantile mais bon. Le dessin n'est pas mal (dur de passer derrière qui vous savez !), je retourne à la série mère qui n'aurait pas dû avoir d'enfant.

06/09/2014 (modifier)
Par jul
Note: 5/5 Coups de coeur expiré

J'avais déjà lu cette fameuse série il y a longtemps. Sous la forme de la 1ère édition de l'intégrale (2000, 2001 ?). Dans une brocante j'ai retrouvé les 6 tomes à 10 euros !!! Je me suis donc empressé de les acheter et les ai lus d'une traite. Eh bien c'est vraiment très bon. C'est vrai que cette série a moins de renommée que son illustre ainée mais c'est tout de même un sacré morceau de SF jodorowskienne. L'histoire est vraiment prenante mais moins mystique et avec un peu moins d'envergure cosmique mais c'est du tout bon. Les dessins sont très bons, ils arrivent à maturité dès le 3ème album et le style du 6ème (le dernier) préfigure les technopères (les pirates). J'ai noté pendant la lecture de ces 6 tomes beaucoup d'éléments ultra modernes pour l'époque (début des années 90) préfigurant le basculement de notre societé vers une ère de plaisir de masse lobotomisé : - les personnages ont des écrans sur leurs sortes de e-pads retransmettant la télé. - le peuple boit du " cocafol dark". Comment ne pas penser au Coca 0 ou à la boisson énergisante dark dog. - Le peuple est accro à la télévision et l'arrêt des programmes crée chez eux une réelle crise de manque. Comme pour les réseaux sociaux type facebook. Les références à la drogue sont omniprésentes dans cette bd, Jodo et Janjetov ont sûrement été de grands consommateurs. En plus de la multitude de drogues futuristes consommées par les personnages, il y a des allusions partout dans chaque coins des images (mdma, acid ... ) et également des clins d'oeil à la culture techno qui va avec, alors en plein boum (TB303 écrit sur un mur, une boite à rythme synthétiseur de sons culte dans le milieu de l'acid house de cette époque). Je mets ça sur le compte de Janjetov. Et puis l'un des "méchants" principaux n'est-il pas le pouvoir techno-techno ? Pour ce qui est du scénario, j'adore. Le personnage de Louz est magnifique. On passe d'une fille à papa aristo complètement cynique et cruelle mais qui ne s'en rend pas vraiment compte. Puis à cause des évenements elle se met à changer pour devenir plus humaine et réellement amoureuse de John Difool. C'est simple mais beau et très émouvant car ce dernier ne la reconnaitra plus quand il se fera effacer la mémoire par le pouvoir techno techno. Bon après je ne vais pas revenir sur tous les élements qui m'ont plu, il y en a trop (les homéoputes, le prez qui change de corps, le présentateur bouffon ultra cynique et sadique, les terroristes anarchos-psychotiques ...) A lire tout de même après l'Incal originel.

03/06/2013 (modifier)
Par Gaston
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur Gaston

C'est la dernière série de l'univers Incal mettant en vedette John Difool que j'avais à lire et c'est aussi celle que j'ai le plus appréciée. Oui, j'ai préféré cette préquel à la série originale car elle possède toutes les qualités et aucun des défauts de la série mère. Tout d'abord, il n'y a pas les scènes mystiques qui m'emmerdaient dans L'Incal. C'est de l'aventure pure dans un univers totalement dérangé avec des personnages intéressants. Ensuite, je ne m'étais pas attaché à John Difool qui était juste un type ordinaire embarqué dans une histoire compliquée bien malgré lui. Ici, il est plus attachant et j'ai trouvé son histoire vraiment tragique. Toutefois, ce que j'ai aimé le plus c'est de voir à quel point le scénariste maîtrise son histoire. Même si le récit part dans tous les sens, il s'intègre parfaitement à la série originale et il nous permet de mieux comprendre les personnages de L'Incal. Chapeau l'artiste.

12/11/2010 (modifier)

Après avoir lu L'Incal, il est dur d’imaginer que l’on puisse bâtir un opus sur l’avant, au pire on se dit même que ça va être une déjection commerciale. Côté dessin, on n’est pas dépaysé, si l’on a aimé l’incal on retrouve la même chose : couleurs très flash (qui vont être un chouillat plus sobre dans l’édition américaine). Avec 20 ans de décalage çà choque ! Mais une fois dedans on s’y fait. Le trait est toujours aussi dur et haché, mais c’est parfait pour décrire cette société que l’on va voir d’encore plus près ici que dans l’Incal Car oui dans cette série sont développées toutes les composantes des forces au pouvoir qui agiront dans L'Incal. On comprend petit à petit les rôles de chacun, et même si on sourit à voir comment Jodorowsky fait pour retomber sur ses pieds on adore le développement social du thème que l’on devinait dans l’incal. Moins de spiritualité et plus d’action nous sommes dans l’aventure plus que dans le mythe, mais c’est tout aussi fort. Je dirai même que tout en ayant une approche complètement différente cette série complète à merveille l’incal. A quelqu’un qui ne connaitrait pas je conseillerai la lecture de cette série avant l’autre… On apprend comment notre anti héros qui a moult défauts va devenir détective. Et contrairement à L'Incal où il est vraiment râleur et non coopératif, nous trouvons ici une esquisse de justification à tout çà. Il est vraiment le jouet d’autres volontés et pendant son initiation il va vraiment faire preuve de courage et de persuasion, même s’il est déjà flemmard couard, stupide, faible… Avant l’incal mérite une jolie place dans votre bibliothèque si vous avez aimé L'Incal.

08/04/2009 (modifier)
Par Ems
Note: 3/5

Après la lecture des 6 tomes. J'aime l'univers dans lequel s'intègre cette série. Mais "Avant l'Incal" est la série qui m'a le moins plu. Elle n'apporte pas grand chose à l'édifice et est parfois décousue dans le scénario. Le dessin m'a surpris également à cause de la non constance dont il fait preuve, surtout le tome 4 qui m'a donné l'impression d'être en quelque sorte un "brouillon". L'ensemble se lit bien mais ne m'a pas marqué plus que ça. C'est difficile d'arriver après l'excellente série qu'est L'Incal.

14/09/2008 (modifier)

L’histoire nous relate la manière dont John Difool est devenu détective de classe R dans une société très hiérarchisée. On plonge rapidement dans l’univers futuro-punk décrit par Jodorowsky, ses instances politiques, religieuses. J’ai particulièrement aimé la description de cette civilisation et des différentes couches de la société (même si le style est parfois un peu cru…). Les personnages sont intéressants, mais sans plus. Je n’aime pas particulièrement le dessin de "Avant l'Incal" comme de l'Incal. Une bonne série à lire, mais pas forcément à conserver.

29/04/2007 (modifier)

Je n'ai pas du tout apprécié cette BD pour les raisons suivantes : - dessin qui n'est pas du tout à mon goût, - des couleurs trop vives, trop flashies, - un univers pas intéressant, - des dialogues et des termes trop crus. La suite de l'incal... sans moi!

29/06/2004 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
L'avatar du posteur Ro

Un scénario excellent, un monde dur, politiquement incorrect et sans pitié, un héros attachant que l'on va suivre de ses débuts jusqu'à son apogée intellectuelle puis sa décadence brutale pour coller au début de l'Incal. J'ai préféré l'Incal à cette série apparue ensuite seulement, mais elle permet d'approfondir encore le monde de Difool et l'histoire en elle-même se vaut très bien. Dommage que la nouvelle édition ait des couleurs aussi froides, et surtout qu'elle ait été censurée...

25/09/2003 (modifier)
Par Steril
Note: 5/5

Bon, voilà, après avoir mis un temps fou pour réunir cette série dans sa version originale (je parle essentiellement des couleurs, pas de la date de l'édition), et avoir enfin eu l'immense bonheur de la lire, eh bien, je reste sur le cul. Mais c'est tout bonnement excellentissime, "Avant l'Incal"! Tout dans cette série me porte au nirvana de la bédé. Tout d'abord, le dessin qui, franchement, me plait énormément. Ensuite, le scénario, vraiment génial. Puis surtout l'univers imaginé par Jodo, tout bonnement culte. Ici, la SF prend tout son sens, et se fait un plaisir de critiquer les dérives de notre société actuelle... Moi-même longtemps intoxiqué, depuis le plus bas âge, à une boisson cacaféinée d'origine étasunienne, que n'ai-je trouvé jubilatoire ces scènes ou les enfants réclament à cor et à cri leur verre de Cocalfol... et la télé, et les jeux vidéos... tout cela est si vrai. En outre, le récit des aventures abracadabrantes de John Difool est tout bonnement passionnant... rebondissements, surprises, étonnement à chaque page... tout en gardant une cohérence extraordinaire... J'aime énormément l'univers de Jodo ("L'Incal", bien sûr, mais aussi "les Technopères" et les Méta-Barrons, séries au demeurant assez chouettes, mais dont les histoires ont parfois tendance à tourner en rond), mais là, c'est un vrai régal. A ceux qui voudraient découvrir cette série, je ne peux donner qu'un seul conseil : faites comme moi, soyez patients, et essayez de dénicher ces albums dans leur version originale, non censurée, au lettrage manuel vraiment plus expressif et aux couleurs psyché-pop : c'est tellement plus agréable (même de l'avis du dessinateur, Zoran Janjetov, qui m'a lui-même avoué en dédicace, cette réédition colorisée par ordi, "c'est de la merde"). Bref, un vrai must!

01/07/2003 (modifier)