Urban

Note: 3.82/5
(3.82/5 pour 22 avis)

Reprise/refonte de la série Urban Games. Zacchary Buzz quitte sa famille de fermiers pour se rendre à Monplaisir, une immense cité dédiée aux loisirs, aux jeux, aux plaisirs... Avec pour modèle Overtime, le plus grand justicier de tous les temps, il rêve d'intégrer la meilleure police du monde : les Urban Interceptor.


Anticipation Auteurs Italiens Nouveau Futuropolis Reprises / Refontes Robots Science-Fiction, le best-of Télévision

Zacchary Buzz quitte sa famille de fermiers pour se rendre à Monplaisir, une immense cité dédiée aux loisirs, aux jeux, aux plaisirs... Avec pour modèle Overtime, le plus grand justicier de tous les temps, il rêve d'intégrer la meilleure police du monde : les Urban Interceptor. Monplaisir est une société hyper contrôlée, dirigée par l'omniprésent Springy Fool. A grands renforts de caméras et d'écrans géants, toute la ville peut suivre en direct les moindres faits et gestes de ses habitants. Monplaisir est également sous le contrôle d A.L.I.C.E., un système automatisé composé de robots nettoyeurs qui font la chasse aux voleurs, avec des méthodes plutôt musclées... Ce système permet aux policiers de s'occuper des vrais crimes, car derrière la fête et l'amusement, on retrouve les corps mutilés de plusieurs jeunes filles. Devenant trop gênant, l'enquêteur principal est lui même assassiné par Antiochus Ebrahimi. On met alors sur le coup le meilleur Urban Interceptor : Isham El Ghellab. Cette traque est mise en scène en direct sous forme de jeu télévisé, où les spectateurs peuvent parier sur la mise à mort d'un des deux protagonistes. Zach, qui rêvait de justice, découvre que tout n'est que violence et cynisme et que le monde magique de Monplaisir est bien cruel...

Scénariste
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 15 Septembre 2011
Statut histoire Série en cours (5 tomes prévus) 4 tomes parus
Dernière parution : Plus de 2 ans
Couverture de la série Urban
Les notes (22)
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06/09/2011 | Miranda
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L'avatar du posteur Noirdésir

Les séries de Brunschwig que j’ai lues sont généralement intéressantes, mais pêchent souvent par une surenchère de rebondissements. Pourtant, si ici aussi on imagine aisément un blockbuster hollywoodien pour adapter cette histoire, je trouve l’ensemble plus équilibré, moins dans l’esbroufe : c’est la série de Brunschwig que je préfère, nettement. D’abord, avant de revenir au scénario de Brunschwig, je voudrais dire tout le bien que je pense du dessin de Ricci, que j’ai vraiment bien aimé, à la fois précis (sauf quelques visages, surtout dans le premier tome) et très dense, rempli de détails. Idem pour la colorisation. Ce côté graphique est déjà captivant. Pour ce qui est de l’histoire, si l’univers brasse quelques influences (« Blade Runner » par exemple), c’est quand même original. Dans un futur pas si éloigné (même si en 50 ans la science a fait des progrès ! – seul bémol concernant la crédibilité de cette histoire, que j’aurais plus située un siècle plus tard), « Monplaisir » fait office de nouvel opium du peuple, sorte de super parc d’attractions hyper digitalisé. Et en fait, on ne fait plus trop la différence entre le réel et le virtuel, puisque tout est mêlé, y compris lorsque des vies sont en jeu. Le personnage principal, Zach, gros balourd intégrant les forces de l’ordre, est plutôt attachant, et atypique dans cet univers froid. Avec Ishrat, il sont les seules lueurs d’humanité dans un monde qui tend à la déhumanisation. Le troisième album semble vouloir donner une nouvelle accélération à l’intrigue, avec plusieurs interrogations laissées en suspens (sur les terroristes, Ishrat, la famille de Zach, et le petit garçon tué par Ebrahimi). Ce troisième tome, qui semblait commencer trop calmement, et dont le début m'avait déçu, se révèle en fait sur la durée très intéressant (après deux premiers albums d'exposition de l'intrigue). Il faut maintenant que Brunschwig commence à nous livrer quelques clés ! Le quatrième album commence à livrer les clés de l'intrigue, de la personnalité de Springy Foll et de Monplaisir, avec des flash-back éclairant le passé plus ou moins lointain: Zach cherche à comprendre. Le suspense, toujours au rendez-vous, est habilement relancé, le cadre posé est vraiment bien fichu : je suis très impatient de découvrir la conclusion dans le cinquième et dernier tome !

07/02/2016 (MAJ le 18/11/2017) (modifier)
L'avatar du posteur Agecanonix

Depuis le temps que j'entendais des gens parler de cette série comme d'un truc génial, je suis allé voir de quoi il retournait, sans trop de conviction. D'emblée, l'univers implanté par les auteurs est mis en place rapidement, on comprend vite qu'on est dans un monde concentrationnaire, contrôlé, réglementé strictement et ultra surveillé, un monde grouillant et sordide peuplé d'une faune pittoresque et hétéroclite, où tous les travers de nos sociétés se retrouvent. A ce niveau là, ça me plaisait, le truc était bien cerné. Si Luc Brunchwig a voulu faire une critique amère de notre monde, c'est donc pas trop mal réussi, même si ce n'est pas nouveau en BD. Honnêtement, ça n'a rien de bien original car j'ai l'impression d'avoir déjà vu tout ceci dans des films de science-fiction ; Luc a picoré un peu partout pour construire cet univers : un peu de Blade Runner, un peu de Soleil vert, un peu de Mondwest, un peu de Judge Dredd, un peu de 1984... et il mélange le tout en agitant bien pour créer un récit d'anticipation un peu déprimant et au ton amer qui mêle la critique sociale au polar. En fait, ça part bien dès le tome 1, et si ça avait continué ainsi, j'aurais noté plus haut, mais vers le dernier tiers, ça commence à se diluer un peu trop ; l'épisode avec le gamin n'apporte rien, d'autres personnages n'ont que peu d'intérêt, il y en a trop, de même que le personnage de Overtime qui sert de double imaginaire à Zach, ne sert à rien. Tous ces personnages en trop rendent le scénario brouillon, et je n'arrive pas à rentrer là-dedans ; le tome 2 se repose un peu sur le bon démarrage du tome 1 et stagne un peu, bref après 3 tomes, j'en ai assez. J'aurais carrément préféré que le récit reste centré un peu plus sur Zach sans trop s'éparpiller, ces fils narratifs prennent trop de place, et ça manque ensuite pour expliquer clairement certaines séquences. Je ne retiens finalement que le dessin de Ricci qui est superbe et qui correspond bien à ce monde grouillant, j'aime bien les ambiances qu'il crée, le visuel donné à cet univers urbain futuriste, avec des cases très remplies et regorgeant de détails à scruter et de petits clins d'oeil. Dommage que le scénario ne s'accorde pas, il manque le petit plus qui me ferait adhérer à ce monde, comme l'avait fait une autre Bd d'anticipation telle que Metronom'.

08/11/2017 (modifier)
Par herve
Note: 4/5
L'avatar du posteur herve

J'avais d'abord découvert le tome 1 d'"Urban" il y a quelques années, sans y donner suite. Et là au hasard de mes déambulations, je tombe sur les 4 premiers volumes de cette série à la médiathèque. Je m'y suis plongé à mon retour et j'ai littéralement dévoré les 4 volumes d'une traite. Le scénario de Luc Brunschwig est captivant. Il relève à la fois du récit d'anticipation, de l'enquête policière et de questions sociétales.En outre, Luc B. sait amener un suspense inattendu à chaque fin d'album, qui donne furieusement envie de connaitre la suite. Avec ce récit d'anticipation, on plonge entièrement dans l'univers de "Blade Runner" ou du "Cinquième élément" (d'un autre Luc B.) Même si au fil des albums, on est un peu bousculé par la chronologie des événements, on se remet vite dans l'histoire en quelques cases. Le scénario est habile, conçu comme un véritable mécanisme d'horlogerie, et ne ménage pas les rebondissements qui happent le lecteur. Même si j'ai eu du mal à cerner le dessin de Roberto Ricci, je dois dire qu'au fil des pages, je m'y suis pleinement habitué, à tel point qu'à présent, je n'imagine pas un autre style pour coller à l'univers imaginé par Luc B. Vivement le tome 5, qui sauf surprise, devrait clôturer cette trépidante aventure.

21/09/2017 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5
L'avatar du posteur Alix

Je réécris mon avis après la lecture des 4 tomes parus à ce jour. Du grand art ! L’histoire est prenante et remarquablement écrite. Chaque tome apporte de nouveaux éléments et ajoute une couche supplémentaire au récit sans pour autant l’alourdir. L’univers mis en place, ses personnages, leur passé, leur personnalité, tout est parfaitement maitrisé. Les révélations successives m’ont tenu en haleine, et l’attente jusqu’à la parution du cinquième et dernier tome va être longue ! Le dessin de Ricci est magistral. Il fourmille de détails, et la composition des planches est très réussie… les couleurs lumineuses contribuent à l’ambiance futuriste et technologique. Un sans-faute pour le moment… vivement le dénouement !

19/09/2011 (MAJ le 12/09/2017) (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5
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La série Urban Games devait tenir à coeur à Luc Brunschwig pour vouloir la reprendre malgré les 12 années passées et l'abandon du dessinateur initial. La perle rare se nomme donc Roberto Ricci, qui avait fait forte impression dans Les Ames d'Hélios il y a quelques années. Là encore il frappe fort, dans un style, mais surtout des ambiances différentes. Les influences graphiques et narratives sont évidentes, et nul n'est besoin ici de les réitérer. Cependant je suis bluffé par la capacité du dessinateur à passer d'une ambiance intimiste à une scène d'action, par sa mise en scène très inventive ou encore ses couleurs pastel superbes. Il doit également gérer de nombreux paramètres visuels, entre les clins d'oeil, la mise en scène de l'intrigue et les personnages, qui conservent de bout en bout une expressivité aussi optimale que possible. Bref, de la (très) belle ouvrage. Côté scénario, je ne connais pas la série originale de Brunschwig aux Humanos, mais j'imagine qu'il a dû "épaissir" sa trame, retravailler son récit pour le rendre plus logique, et le résultat est de suite très prenant. Le background, même s'il est proche de récits de SF classiques, me semble tout de même très cohérent. L'intrigue, éclatée sur plusieurs fils narratifs voisins a amené dès le premier tome son lot de situations très intéressantes, amenant à découvrir Monplaisir, l'omniprésence des media, la corruption due au pouvoir. Les deuxième et troisièmes tomes apportent leur lot d'éléments aussi troublants que surprenants. En effet le récit va prendre une direction franchement inattendue, les personnages secondaires vont voir leur background s'épaissir, leurs postures changer. Et le récit est donc éclaté sur une quinzaine de personnages, dont aucun n'est laissé sur la touche, et tous vont jouer un rôle au fil du récit, qui va s'étaler sur 5 tomes. Le liant de l'histoire semble être Zach, ce colosse au coeur tendre, mais au fur et à mesure j'ai l'impression qu'il s'agit de Monplaisir, cette cité du vice plutôt que du plaisir... Enfin si, il y a une personne qui semble retirer beaucoup de plaisir de tout ça, agissant comme un despote (ce nettoyage des arrière-cours toutes les 5 heures ! Mais quelle idée de fou !) et elle n'a pas encore tout dévoilé de son dessein... Surtout ne suivez pas le lapin blanc. Le tome 4 est très surprenant, il va revenir sur les "origines" de certains personnages, tandis que Zachary est réduit -momentanément- à l'impuissance... Sans parler d'un évènement qui va remettre en cause l'existence même de Monplaisir... Plus j'avance dans la série, plus je me rends compte de sa complexité et de sa densité. Les récits, les personnages s'entrecroisent, ne faisant que se frôler parfois. Tous les éléments se mettent en place progressivement pour constituer un puzzle géant, où tout semble trouver une place bien précise. Le tueur de jeunes femmes, la personnalité de Springy Fool, le héros de série qui revit en tant qu'ami imaginaire ou en tant que robot, tout a un sens, RIEN n'est laissé au hasard. Ebouriffant. Je suis persuadé que dans quelques années on étudiera les BD de Brunschwig, et celle-là en particulier, dans les études de sociologie, car il arrive à interroger notre société actuelle au travers de ses récits d'anticipation...

02/10/2011 (MAJ le 18/05/2017) (modifier)
Par Canarde
Note: 3/5
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Pas mal... C'est vrai que le dessin est très riche, fourmillant, et donne bien l'effet d'une cité Monplaisir sur-saturée de propositions publicitaires, de jeux en tout genres (le monde du fantasme réalisé) qu'on devra quitter pour retourner vers une triste vie quotidienne guère moins calme et tout aussi dépourvue de sens. Des surimpressions, beaucoup de traits de toutes épaisseurs et valeurs, des couleurs multiples , elle-mêmes en surimpression, des gueules un peu à la Boucq, avec quelque chose de forcé, de crispé d'effrayant. Mais le scénario n'est pas très clair, et au bout de 3 tomes, je ne comprends toujours pas où on veut m'amener. Un affreux méchant qui se démultiplie sur tous les écrans, un grand benêt embauché comme flic parmi les flics, des robots qui se mettent à trucider les bonnes gens, on est ballotté dans une brouhaha effrayant sans comprendre ou regarder, ni quoi penser... Je perds patience.

03/03/2015 (modifier)
Par Jetjet
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur Jetjet

Urban est une oeuvre qui est dans tous les esprits de ceux qui reviennent de leur libraire. Il faut dire qu’il ne m’a pas fallu davantage que 30 secondes après l’avoir feuilleté pour avoir envie de l’embarquer avec moi. Une bd dont le bouche à oreille s'agrandit au fil des jours, aidé par des critiques quasi unanimes vantant les louanges d’une œuvre revenue de loin (Urban Games avait fait dès lors l’effet d’un pétard mouillé avec abandon du dessinateur dès le premier tome et mésentente avec les Humanos). Vendu comme un blockbuster de science-fiction tendance Blade Runner, Urban s'avère être une œuvre qui souhaiterait s’affranchir de tout son passé mais repasse tel un hommage les nombreuses références d’une génération élevée aux petits Mickey, Dark Vador, Dragonball et j’en passe si l’on observe attentivement les costumes portés par une population désirant s’abandonner pendant un cours délai dans la cité-parc de loisirs au doux nom évocateur de Monplaisir. Néanmoins tout n’est pas si rose dans ce monde futuriste à l’instar d’un Soleil Vert où les corps féminins sont réduits à l’état d’objet publicitaire et sexuel et où la violence devient un spectacle télévisé comme dans le Prix du danger d’Yves Boisset. Une bd pétrie donc d’un propos et d’un fond. Pour autant, ça n'en est pas moins un bouquin saisissant et surtout envoûtant par la beauté des dessins. Je ne sais pas d’où vient ce Roberto Ricci mais j’ai hate de savoir où il va aller tant son talent nous déglingue la rétine par les couleurs, son trait, bref son style ! Après lecture des trois tomes, je dois réviser grandement mon jugement. En effet, si le premier tome m’avait laissé sur une bonne impression pour l’univers présenté et la maitrise graphique incroyable de Roberto Ricci, je n’étais encore pleinement convaincu par l’histoire mais le scénariste Luc Brunschwig possède mille idées qui explosent enfin dès le second tome par une maitrise narrative surprenante, multipliant les personnages et points de vue et en développant moult flashbacks par une méthode reprenant cadrage et mise en scène digne d’un blockbuster hollywoodien. Les couleurs et les décors étouffant de détails contribuent grandement à l’ambiance anxiogène d’un univers bien plus complexe qu’il n’y parait. Pourtant le lecteur ne s’y sent jamais lésé ou perdu. Chaque tome se termine sur un cliffhanger relançant l’histoire et l’intérêt. Au début du tome 3 et des conséquences d’une attaque plongeant le monde dans une obscurité artificielle, je me suis même rappelé pourquoi j’aimais tant la bd franco-belge SF et rien que pour cela…. MERCI aux auteurs ! Du coup je passe ma note de 3 à 4/5 avec un coup de cœur mérité dans l’attente d’une suite à la hauteur de mes espérances mais l’entreprise a l’air suffisamment robuste pour même les dépasser. En tous cas pour ceux qui y sont restés insensibles c’est vraiment l’œuvre à lire de toute urgence à l’heure actuelle, ne regrettez pas votre ticket pour Monplaisir, vous n’en serez pas déçus.

12/10/2011 (MAJ le 05/01/2015) (modifier)
L'avatar du posteur Le Grand A

Je le dis d’entrée de jeu, pour moi Urban est un futur classique de la science-fiction, je ne comprends pas comment j’ai pu passer à côté toutes ces années. Urban est une œuvre à plusieurs visages, principalement construite comme un récit d’anticipation on peut aussi y déceler un soupçon de drame post-apocalyptique puis progressivement au fil de l’intrigue le genre du Planet Opera devient vite une évidence. Mais ce qui frappe dans Urban, au-delà de sa capacité à nous émerveiller et nous divertir, ce qui représente déjà une réussite en soi ; c’est sa narration posée qui prend le temps de présenter ses personnages, leur parcours, leur psychologie ; c’est son background qui s’étend et révèle une incroyable richesse à chaque nouvel album ; c’est son histoire qui peut certes présenter des similitudes avec d’autres récits dystopiques mais qui jamais ne propose un contenu téléphoné au contraire, il y a des rebondissements et des séquences émouvantes sans jamais verser complètement dans le pathos. L’intérêt que trouve un auteur à écrire de la SF est qu’il peut s’en servir pour alerter les lecteurs contemporains sur les dérives dangereuses que sont susceptibles d’emprunter nos sociétés actuelles. C’est une caractéristique présente quasiment dans tout classique de SF, et Urban en futur mastodonte du genre n’y manque pas. Ainsi, Luc Brunschwig nous décrit ce que donnerait une société-ville visant à la satisfaction immédiate de ses désirs, une ville autonome où les gens confondent plaisir, envie, consommation, avec le bonheur et la quiétude. Trop abrutis qu’ils sont par la pauvreté et leur travail qu’ils exercent tels des esclaves empilés les uns sur les autres dans des dortoirs qui n’offrent aucune intimité, le début du tome 2 montre ainsi l’envers du décor avec Gunnar Christensen et sa femme, anciens fermiers, obligés de s’exiler sur la colonie de Néo-Amsterdam suite à la catastrophe climatique qui s’est répandue sur la Terre. C’est là l’élément apocalyptique : la Terre n’est plus que Déluge, et la seule parcelle de terre émergente encore des flots est la cité Monplaisir, créée et dirigée par la main virtuelle de l’énigmatique « Springy Fool », le big brother local qui se montre par l’intermédiaire du programme A.L.I.C.E (qui me rappelle La Reine Rouge de Resident Evil). De l’intérieur, Monplaisir ressemble à une mégalopole multiculturelles façon « Blade Runner » de Ridley Scott, vous pensiez accéder au palais des rêves, mais c’est dans le terrier cauchemardesque du lapin blanc que vous êtes tombés. À Monplaisir la justice est galvaudée, aliénée, la satisfaction des plaisirs immédiats prévaut et certains vont en faire le difficile apprentissage comme le jeune Nelson Colton, ou la nouvelle recrue des forces de police, Zach Buzz. Beaucoup le trouve naïf ou niais, mais prenez un français lambda de 19 ans qui a vécu toute sa vie au fin fond de la Beauce puis lâchez-le du jour au lendemain en plein centre-ville de Tokyo au milieu de cosplayers et Otaku… il y aurait de quoi être déboussolé. Zach est le héros type comme je les aime, celui qui fait face à un monde aux règles immondes et amorales, aux antipodes de ce qu’il connaît et chérit. Quoi qu’il arrive il restera droit comme un « i » et fidèle à son code d’honneur qu’il s’efforce de suivre pour ne pas sombrer lui aussi dans ce monde de profonde noirceur mais d’apparence aguichante. Cependant Zach on le ressent petit à petit, n’est pas le personnage phare de la série, il est le ciment permettant à toutes les petites histoires et leurs personnages qui les composent de se rejoindre et de former ainsi la grande histoire. Mais la vraie star c’est bien Monplaisir elle-même, c’est elle qui fascine et intrigue, d’où le côté Planet Opera évoqué plus haut. Il y a aussi Ishrat Akhtar, la prostituée obligée (pléonasme) de se faire tatouer des marques (Honda, McDo, Coca-Cola…) sur l’ensemble du corps pour payer les dettes d’argent de ses parents. Là encore un bel exemple d’alerte sur le devenir de nos sociétés où l’on peut observer ce genre de phénomène de nos jours. Jusqu’où iront les hommes au nom du dieu pognon Mammon ? Si vous n’avez pas d’argent à Monplaisir vous n’êtes qu’un tas de viande inutile dont tous les moyens seront bons pour se débarrasser, physiquement. À l’image de son scénario ambitieux le dessin est fascinant par sa maîtrise, son sens du détail et son raccord avec l’ambiance de la BD, sombre sans négliger le gigantisme béant de la ville. Monplaisir étant une sorte de parc d’attraction grandeur nature, ses touristes se livrent à toutes sortes d’excentricités dignes d’un festival du « Burning Man », toutes et tous sont déguisés. Roberto Ricci est une révélation dans ce domaine, j’imagine que cela a dû être le pied pour lui de dessiner tous ces détails qui foisonnent. Cette richesse graphique est aussi l’occasion d’apporter de la légèreté et une touche humoristique en fond de toile, on se croirait dans une BD de Maëster, à essayer de la localiser dans chaque case. De Son Goku à Mario, Blondin… vous les verrez tous passer à un moment ou un autre. Ainsi, dès la couverture du T1 sur le casque de Darth Vader on peut voir un « Lucas… why ? », « Only the trilogy », le dessinateur essaie t-il de faire passer un message ? ;) Une scène cocasse : un homme déguisé en Captain America enlace une femme déguisée elle, en officier SS. Le petit Nelson est perdu et se met à geindre, à ce moment-là un passant arrive devant lui déguisé en Caliméro. Forcément une série qu’il faudra aussi considérer dans son ensemble lorsque les deux derniers albums sortiront mais on ne va pas bouder notre plaisir, la confiance règne ici.

30/12/2014 (modifier)
L'avatar du posteur Little Miss Giggles

Waouw, quel pied ! Luc Brunschwig a vraiment bien fait de ne pas lâcher l’affaire et de reprendre plus de 10 ans après son scénario d’Urban Games et de l’étoffer pour notre plus grand bonheur. J’avais déjà beaucoup apprécié le premier tome, mais j’ai dévoré le deuxième. L’histoire pour moi est originale (mais je ne suis pas une grande spécialiste en science-fiction). Luc Brunschwig et Roberto Ricci ont créé un monde imaginaire dans lequel je rentre sans aucun problème. Les personnages sont attachants et on suit avec intérêt le parcours de ce bon gros nounours un peu naïf qui débarque de sa campagne pour faire partie des Urban Interceptors et de ce gamin qui n’attend qu’une chose, pouvoir s’enfuir pour découvrir la ville et se retrouve finalement totalement perdu. Je me suis tellement attachée aux personnages que j’avoue que la fin du deuxième tome m’a mis les larmes aux yeux… mais je n’en dirai pas plus. Et que dire des dessins de Roberto Ricci ? Contrairement à Telenk0, je trouve les couvertures sublimes et c’est celle du tome 1 qui m’a donné envie en premier d’ouvrir l’album. Le dessin est très fouillé, il fourmille de détails (quel bonheur d’essayer de reconnaître tous ces personnages costumés) mais est néanmoins très clair. Les couleurs sont magnifiques et participent bien à l’atmosphère qui se dégage du dessin, un peu sombre (tout n’est pas rose à Monplaisir)… sauf quand on accède au « Nirvana », second niveau de loisirs de Monplaisir réservé aux personnes plus aisées financièrement, où tout s’illumine subitement. Bref, un petit bijou qui mérite pour moi un « culte » sans aucun problème. On verra si la suite tient les promesses des deux premiers tomes… En tout cas, j’ai hâte !!! ------ Après lecture du tome 3, ma note reste la même. Avant de lire le troisième, j'ai relu les deux premiers et la fin du deuxième tome m'a fait le même effet que la première fois, alors que l'effet de surprise n'était plus là. Du tout bon ! Et le troisième ne m'a absolument pas déçu. Le dessin de Roberto Ricci est toujours aussi bon et pour ce qui est du scénario, je n'ai qu'une seule envie... connaitre la suite !!!!

18/02/2013 (MAJ le 28/09/2014) (modifier)
Par sloane
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur sloane

Après la lecture des trois premiers tomes, je vais aller dans le sens des avis précédents, à savoir que nous avons là du très bon pour une série qui n'est pas tant de la SF, mais plutôt un récit d'anticipation. En effet, à y regarder de plus près, tout ce qui est décrit ici existe déjà, de manière larvée parfois, et c'est ce qui à mon sens est une des forces de cette histoire. Dans ce Las Vegas, ce Disneyland, les personnages se croisent, interagissent entre eux de manière magistrale grâce à un scénario très prenant et parfaitement maîtrisé. Et puis quel dessin! Mr Ricci nous gratifie de pages sublimes, très fouillées. A mon sens il est encore meilleur que sur Les Ames d'Hélios qui déjà atteignaient un niveau plus que bon. Beaucoup de trouvailles (j'aime beaucoup le clin d'oeil quand un personnage déguisé en Flash se fait prendre au piège du nettoyage des arrières cours, pas assez rapide petit scarabée!). Si les deux tomes restant sont du même niveau, il faudra sans doute hausser la note. Déjà immanquable, peut être bientôt culte.

14/09/2014 (modifier)