Mégalex
Sur la cité planete les lois naturelles sont proscrites.
BD numérique Jodorowsky Les clones Utopies, Dystopies
Mégalex est une citée planétaire (ou une planète citée si vous préféré), La cité planète industrielle aux montagnes rasées, vierge de toute vie animale, pure, lisse, parfaite... Presque parfaite pour tout dire puisque la forêt de chem et l'océan mort n'ont toujours pas été conquis. Tout commence dans l'égorgeoir... Lieux où les clones policiers sont détruit au bout de 400 jours d'activités; mais la fin est dure, quitter la vie après seulement 400 jours... Alors qu'ils sont en pleine fleur de l'âge. Tout continu dans la vitro-maternité... Lieu où sont produit a la chaîne les clones policiers; mais attention aucun signe distinctif n'est toléré pour ses clones: ainsi 1 centimètre de trop et c'est la destruction... Mais voilà une attaque surprise de la planète par un Malaks va distraire les surveillants... Et ainsi laisser passer une énorme anomalie : un clone policier de plus de trois mètres!!! L'anomalie est bien consciente de sa non-conformité, aussi ce clone policier hors norme n'aura de cesse de se cacher pour ne pas être détruit!
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Editeur
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Genre
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| Date de parution | Juin 1999 |
| Statut histoire | Série terminée 3 tomes parus |
© Les Humanoïdes Associés 1999
26/08/2001
| wayne shelton
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Les avis
Le dessin mérite la note maximale, original, éclatant, inventif, et je ne parle pas du festival des couleurs. Un système de castes marié à de la science avancée et l'angoisse d'une mort plus ou moins proche selon elle n'est pas idiot mais pas follement original, je trouve…. Le héros ? Une espèce de soldat grand dadais ? Ou un autre ? Il n'y a pas de héros mais des zozos que le scénariste manipule sans les rendre jamais vivants. Comme les dominants la pyramide sociale sur laquelle ils trônent. Il est contaminé par son œuvre, le pauvre ! On est loin de l'Incal et même du Lama blanc.
Patience, technique adéquate, espoir infini… - Cette série se compose de trois tomes : L’anomalie (paru en 1999), L’ange bossu (paru en 2002) et Le cœur de Kavatah (paru en 2008). Ils ont été regroupés en intégrale une première fois en 2014, et une seconde fois dans un format plus petit en 2017. Elle a été réalisée par Alejandro Jodorowsky pour le scénario, et par Fred Beltran pour les dessins et les couleurs, avec des outils infographiques. Le premier tome comprend quarante-six planches de bande dessinée, le second cinquante-quatre, et le troisième cinquante-six. L’intégrale se termine avec une postface rédigée par Philippe Peter dans laquelle il aborde l’autonomie de cette série par rapport à l’univers de l’Incal et du Méta-Baron, un scénario pensé initialement pour une collaboration avec Katsuhiro Otomo, la particularité de dessins réalisés numériquement pour les deux premiers tomes, et le choix professionnel de l’artiste de se consacrer par la suite à la musique. Chapitre un : l’égorgeoir. Les deux chercheurs Konquis et Carlin sont en train de superviser de loin, depuis une pièce de contrôle située en hauteur, l’arrivée d’une centaine de policiers clones dans la grande pièce métallique. Ils leur donnent des ordres par haut-parleurs interposés : s’arrêter, quitter leurs uniformes, ce que les hommes tous identiques, y compris leur coiffure, font. Les deux chercheurs font enter les broute-fringues, des robots évoquant des scarabées géants qui s’emparent des vêtements dans leurs pinces. À ce stade, Konquis s’est injecté une forte dose de SPV et il n’est plus en état de superviser quoi que ce soit. Carlin se charge de la suite des opérations : désinfecter ça de fond en comble, en faisant couler une pluie acide qui va dissoudre ces êtres vivants. Pendant ce temps-là, il leur adresse le message ultime : Garde à vous, fidèles et vaillant serviteurs de votre patrie. Le temps qui vous était imparti s’est écoulé. Dans quelques secondes, les quatre cents jours de vie qui vous ont été octroyés, et que vous avez passé à servir Megalex, notre patrie bien-aimée, et sa reine-mère Maréa vont prendre fin. L’heure est venue de l’ultime héroïsme. La fourchette-contrôle implantée dans votre nuque va bientôt accomplir sa fonction sacrée… Vive la reine-mère Maréa ! Vive la princesse Kavatah ! Chapitre deux : la Vitromaternité. Dans une autre salle immense de l’usine, numérotée quatre-vingt-six, la chambre sphérique de la matrice s’ouvre et commence à faire sortir une centaine de clones parfaitement symétriques pour les blocs 25023 West et 25024 West, latitude 40, longitude 26. Un chercheur commente : de la bonne chair à Malaks ! Soudain, l’un des surveillants détecte une anomalie : un nabot, un centimètre de moins que ses petits camarades, au bas mot ! Bon pour l’article trente-trois ! Il en détecte un autre : un vairon, un œil myosotis et l’autre noisette ! Encore un ratage qu’il doit éliminer. Un autre chercheur intervient et lui décoche une gifle bien sentie, en l’accusant d’être complètement défoncé et de prendre ses hallucinations pour la réalité. Il lui enjoint de de programmer convenablement la Vitromère pour qu’elle ponde deux autres corps. Les superviseurs sont interrompus par l’irruption d’un autre qui leur dit de venir jusqu’à l’holoviseur, c’est insensé, un Malaks a réussi à franchir presque toutes les protections. Ils passent dans la pièce d’à côté, et il leur indique de se brancher sur le canal officiel 357 439. L’hologramme en direct montre une créature translucide de grande envergure s’approchant de Megalex. Une courte série en trois tomes, indépendante de l’univers partagé de l’Incal et du Méta-Baron, partageant toutefois le principe d’un futur technologique, et des dessins qui peuvent paraître froid du fait de leur mode de production avec une infographie encore jeune à cette époque. Comme à son habitude, le scénariste n’y va pas avec le dos de la cuillère, et le dessinateur se trouve parfaitement en phase pour donner à voir ce futur froid et aseptisé. La première page est muette, avec les deux chercheurs à la coupe de cheveux surprenante, et une expression de visage déconcertante. Arrivent les clones : des hommes à l’allure martiale, entrant au pas cadencé, dans un uniforme noir avec de larges épaulettes, et un environnement métallique, aseptisé, très rectangulaire, dépourvu de toute caractéristique accueillante. La prise de vue se rapproche des visages : tous identiques, tous fermés. Les mouvements sont mécaniques, les broute-fringues sont des robots au ras du sol. L’élimination de ces clones évoque les pires exterminations de la seconde guerre mondiale. Cette apparence visuelle peut rebuter : toutes les surfaces et leurs contours sont lissés, certaines zones peuvent sembler comme plaquées sur un fond (par exemple les écrans de contrôle dans la salle de la vitromaternité), certaines ambiances lumineuses reposent sur des dégradés trop parfaits, et la modélisation des décors en infographie 3D peut donner une sensation de perfection géométrique trop artificielle. D’un autre côté, Fred Beltran est un vrai dessinateur, avec dix ans d’expérience à l’époque, avec sa propre sensibilité, qui maîtrise les techniques de narration visuelle. Le recours à des logiciels informatiques (à l’époque Painter, Amapi, Lightwave) ne relève pas d’une démarche de type Béquille pour pallier des lacunes artistiques. Pour le lecteur contemporain, le rendu peut apparaître daté, étrangement artificiel, au vu de ce qu’il est possible de réaliser avec la technologie actuelle, c’est-à-dire obtenir un rendu identique à des dessins ou peintures manuelles, au point de ne plus pouvoir détecter avec assurance la technique, traditionnelle ou informatique, utilisée. Quoi qu’il en soit, l’artiste tire parti de la technologie de l’époque pour obtenir des effets inédits, à commencer par les lumières avec ce niveau de lissage impossible à obtenir avec des outils classiques, ou les textures appliquées aux différents éléments, qu’elles soient métalliques, de peau humaine, ou cet étrange effet de carapace de crustacé pour les armures des robots policiers. Il met également à profit l’informatique pour la conception et le rendu des éléments technologiques, que ce soient les consoles des pupitres, ou les robots eux-mêmes. Il utilise le niveau de définition sans limite pour réaliser des vues de la cité Megalex, dans des perspectives épatantes. Il peut dupliquer des formes à l’identique à la perfection, par exemple pour les clones, ou pour les sauterelles mutantes, avec une cohérence 3D parfaite pour ces dernières, grâce à la modélisation. S’il n’est pas allergique à l’apparence du rendu, le lecteur constate rapidement l’apport de l’informatique pour le contenu des cases. L’artiste maîtrise également les autres composantes de la narration visuelle, indépendamment de l’outil qu’il utilise. Son implication pour donner à voir le monde imaginé par le scénariste rayonne dans chaque page, que ce soit dans les costumes, les accessoires ou les décors. La mise à mort des clones fait froid dans le dos, avec sa référence aux chambres à gaz et la panique des clones, malgré leur conditionnement et leur endoctrinement. L’arrivée d’un Malaks dans l’atmosphère de la Terre baigné d’une lumière stellaire quasi féérique, l’aspect translucide de la créature la rend fantasmagorique avec une texture qui laisse supposer un côté gluant un peu répugnant. Le dessinateur parvient à réaliser une mise en scène plausible pour que l’anomalie puisse gagner la navette instructrice sans être vue, ce qui était un vrai défi visuel pour que le lecteur puisse y croire. La traque dans les égouts fonctionne parfaitement. Le combat entre les chefs des Targoums à dos d’homme est spectaculaire à souhait, et très lisible. Et puis l’artiste crée des paysages à couper le souffle : le champignon atomique au-dessus de la ville, le survol de la ville par la navette instructrice avec les blocs urbains étendant leur grisaille à perte de vue, la vision depuis l’espace de cette planète presque entièrement recouverte par cette grisaille urbaine, le dôme d’énergie qui recouvre le palais gouvernemental Calam, les fragiles ponts étroits passant au-dessus des coulées de lave dans des grottes gigantesques, les cercles concentriques formés par des sortes de dinosaures en train de courir, etc. Le troisième tome a donc été dessiné avec des outils traditionnels, et le lecteur peut conforter son idée sur ce qu’a apporté la modélisation 3D, ou sur l’aspect plus organique des dessins manuels. Le scénariste déploie ses thèmes habituels dans les récits de science-fiction : le risque de la déshumanisation de la société, l’omniprésence de la technologie qui dicte le mode de vie des êtres humains, la mainmise d’une élite corrompue sur le gouvernement, avec une bonne dose de termes inventés pour l’occasion. Un petit florilège : Holovidéo, Vitromère, mégamégatonnes, supramégaméga, drogue SPV, métabioprogramme, Nemotex, Targoum, Téflodynamite, mur de psycho-cristal, protobébé, Tartagax, Supra-supra-supra-méga (il s’agit d’une bombe), etc. Sans oublier les créatures diverses et variées : Chokeds, Malaks, Keroub, Choked, Hippodriles, Hébana l’arbre-mère, paléochat siamois. Par rapport à d’autres de ses récits de science-fiction, il a modifié le dosage de certains ingrédients. Pour commencer, il y a plusieurs personnages centraux, plutôt qu’un unique héros sur lequel repose tous les enjeux. Ensuite, lesdits personnages souffrent moins dans leur chair que d’habitude. En revanche ils ont conservé les excès habituels à des fins de dramatisation : le clone anomalie qui souffre de son endoctrinement, la belle rebelle Adamâ qui dispose d’une poitrine surdéveloppée, la princesse Kavatah avec une taille de guêpe quasi impossible, ou encore le bossu Zeraïn. L’exubérance et le grotesque propre à cet auteur sont bien présents. Le lecteur retrouve également certains de ses thèmes habituels comme l’endoctrinement, les êtres humains traités comme des fournitures jetables, le mirage de l’ascension sociale et le prix à payer, l’usage de psychotropes, ou encore l’élite gouvernante conservant la docilité du peuple par du pain et des jeux. L’intrigue repose sur le déroulé d’une rébellion et la découverte de factions cachées, l’opposition de la nature contre la technologie dévorante, l’humanité paranoïaque détruisant toute forme extraterrestre, les émotions contre une vision efficace et fonctionnelle. Arrivée dans la dernière partie du troisième tome, le lecteur comprend que le scénariste avait envisagé la série comme une suite de cycles et qu’il a pris conscience qu’il ne réaliserait que le premier : la fin est précipitée, et les révélations pleuvent, pouvant être vues comme la trame du cycle suivant qui ne verra jamais le jour. À l’époque, la parution des deux premiers tomes avait été vécu comme une révolution : l’usage de l’informatique et des logiciels de modélisation pour dessiner avait provoqué de vives réactions, allant d’une véritable trahison vis-à-vis du noble art du dessin, à l’arrivée du futur du dessin. Une fois passé le moment d’adaptation à ce rendu froid et par endroit géométrique, le lecteur apprécie la qualité de la narration visuelle, la consistance des environnements et des accessoires inventés, et il reconnaît la mise à profit des possibilités de ces outils, en comparaison avec le troisième tome dessiné de manière traditionnelle. Il se retrouve embarqué dans une rébellion contre un pouvoir totalitaire et stérile, une dynamique qui fonctionne bien, aux côtés de personnages souffrant moins qu’il est de coutume dans une bande dessinée de ce scénariste. L’intrigue alterne entre des conflits binaires, et des situations plus complexes. Elle souffre de l’abandon de la série à la fin de ce premier cycle, nécessitant d’exposer la suite qui ne viendra jamais dans un condensé très compact. Une science-fiction inventive et divertissante.
Jodorowsky et Beltran (qui assure les couleurs des Technoperes) se retrouvent pour une nouvelle épopée SF! Cette fois Jodorowsky nous raconte l'histoire de Megalex, une mégalopole de béton, et de ses castes. On est happé dans cet univers minéral dès les premières pages grâce à la technique de dessin en modélisation 3D de Beltran. Nous avons d'un côté les nantis qui sont déshumanisés par les drogues et qui vivent dans une sorte de décadence technologique et de l'autre les parias, qui vivent dans les souterrains et rêvent d'un retour à la nature. Tous les habitants sont soumis à une règle : une espérance de vie limitée. Plus vous êtes haut dans la hiérarchie sociale et plus vous avez du temps de vie et inversement. Cette idée est admirablement exploitée et aboutit à des scènes très fortes. C'est difficile d'en dire plus sans spolier mais on est sur du Jodo pur jus, avec notamment un troisième tome très inspiré qui multiplie les pirouettes scénaristiques. Les fans vont adorer et les réfractaires vont encore s'étonner d'être dégoûtés par tous les excès du récit et la noirceur générale de l'oeuvre. Megalex n'est pas sans petits défauts : Jodo a du mal à choisir le personnage principal de son histoire et la fin du premier cycle est expédiée (mais vraiment). Dommage, j'aurais adoré un second cycle qui ne verra jamais le jour. Encore un bijou signé Jodorowsky.
Il m'aura fallu beaucoup d'abnégation pour venir à bout de cette série... Et pourtant cela commençait plutôt bien avec ce premier tome qui introduit l'univers de Mégalex qui sans être très original (cité robotisée et ultra-contrôlée où la nature n'a plus sa place) arrivait malgré tout à susciter suffisamment d'intérêt pour poursuivre la lecture. Le dessin très informatisé et aux décors relativement dépouillés participait également selon moi à l'ambiance très aseptisée de la mégalopole. Quelques indices venaient tout de même entacher cette première impression positive comme par exemple les formes très généreuses de la quasi intégralités des personnages féminins (pourquoi les doter de protubérances mammaires aussi disproportionnées alors que cela n'ajoute rien au récit ?) ou encore les sous-entendus sexuels entre l'anomalie et l'héroïne féminine un peu lourdauds dès les premières pages du récit. Et puis dès le second tome, on sent que cette série n'a pas été réfléchie dès le départ dans son ensemble avec l'apparition d'un verbiage omniprésent, des personnages creux et caricaturaux et des délires des auteurs de plus en plus improbables : créateurs du monde dont un est dépourvu de son enveloppe charnelle, fusion des deux personnages principaux, des animaux qui parlent, etc. Même le dessin change radicalement dans le dernier tome avec la disparition de la 3D. Bref, vous l'aurez compris, c'est une série qui ne rentrera pas dans les annales et qui ne me laissera pas un souvenir impérissable (c'est un euphémisme). Originalité - Histoire : 1/10 Dessin - Mise en couleurs : 5/10 NOTE GLOBALE : 6/20
Je n’ai lu que le tome 1 et je ne dépasserai pas ce stade. Le trait de Beltran n’est pas encore trop mal mais ses couleurs sont justes inesthétiques à mes yeux. Un rendu trop froid, trop informatique ?! Je bloque totalement sur ses planches à cause de ça. La suite s’améliore sans doute sur ce point mais l’intrigue de Jodorowski ne m’a pas plus tenu en haleine, une déception rien ne m’a accroché. Je vais en rester là pour cette trilogie.
Voilà une série que j’ai entamée avec une bonne impression, le premier album plantant bien le décor de cette société totalitaire, traquant toute forme de vie naturelle, animale ou végétale, et privilégiant un monde aseptisé dans lequel la masse des quidams a une durée de vie courte et prédéterminée. Ce premier tome, sans être non plus hyper original, est plutôt bien fichu, avec l’apparition d’une petite anomalie – encore que c’est sous la forme d’un géant ayant échappé au clonage de ses congénères. Puis cela se gâte, et, dès le deuxième tome, j’ai clairement été moins accroché par l’histoire, devenue moins crédible, plus verbeuse et improbable. Le dessin de Beltran est vraiment très bon. Mais je ne l’aime pas. Visiblement assisté par ordinateur, il est trop froid (même si ça peut être raccord avec la société décrite), avec des visages trop « arrondis » (comme les poitrines des femmes d’ailleurs !). Bref, une intrigue, des dialogues et un dessin qui ont fini par m’écarter de cette série, Jodorowsky me décevant une nouvelle fois (alors qu’il est pourtant bourré d’idées, plus ou moins poétiques et délirantes). Note réelle 2,5/5.
Excellente série, le faible nombre d'albums empêchant l'essouflement qui se fait parfois un peu sentir dans les derniers albums des longues séries de Jodorowsky. Le dessin m'a également beaucoup plu même s'il doit être controversé en raison de l'utilisation de l'outil informatique. Mention spéciale au troisième et dernier album qui clôt avec brio cette courte série et dispose en plus d'une couverture de toute beauté.
Grosse déception pour moi ! Et pourtant ça commençait bien… L’univers de Mégalex, à défaut d’être complètement original, est plutôt intéressant. Cette société totalitaire est un délire de rationalisation urbaine et technologique où les citoyens sont fabriqués comme des objets avec une durée de vie programmée en fonction de leur « caste ». Evidemment, un grain de sable vient gripper les rouages bien huilés de Mégalex pour mettre à bas le « monstre ». Les dessins sont très impressionnants mais leur côté très « informatisé » ne va pas plaire à tout le monde. Cependant, ils collent particulièrement bien à l’ambiance de la série. Jodorowsky reste dans ses travers en nous proposant une fois de plus des personnages sans charisme et d’une grande pauvreté psychologique. De plus, les dialogues sont pompeux et manquent de naturel. En dépit de ses défauts, Mégalex est très agréable à lire durant deux tomes mais le troisième et dernier vient tout gâcher, tant il est bâclé. Les graphismes ont clairement perdu en qualité mais c’est surtout l’intrigue qui tombe dans le grotesque le plus navrant. Un seul qualificatif me vient à l’esprit : complètement nul. Mégalex est un beau gâchis…
Je me méfie toujours avec les scénarios de Jodo, mais ici, cette fable délirante et pessimiste d'un futur chaotique, est écrite avec plus de brio et surtout sans l'aspect intello de ses autres séries, j'ai pu donc mieux la supporter, mais ce type d'histoires de SF ne m'attire guère en général. Surtout que Jodo n'évite pas quelques notes malsaines. Cette cité froide et impersonnelle, soumise à un pouvoir oppresseur, aux naissances contrôlées grâce à des implants fixant une durée de vie limitée, me rappelle un peu L'Age de Cristal, et là-dessus se greffe le cliché d'un anti-héros salvateur qui est le petit rouage qui grippe et qui enraye la grosse machine génétique, en foutant la merde dans ce monde aseptisé; on a déja vu ça ailleurs. C 'est peut-être pour éviter l'ennui que Beltran adore les sculpturales héroïnes comme Adama, splendide fille au crâne rasé qui aide l'Anomalie à triompher de cette dictature technologique et sans vie. Mais il ne suffit pas de mettre quelques gros nichons dans un récit en espérant qu'il va plaire, c'est trop facile; ici, les personnages n'ont pas de substance, et l'humour est peu présent. Ces belles filles humanisent un peu cependant une histoire qui est bien sombre, d'autant plus que Beltran offre quelques scènes trash. Son graphisme unique tient-il vraiment de la bande dessinée ? certes, ce mélange de dessin classique et de 3D numérique donne un saisissant effet d'hyperréalisme qui est très joli à regarder, c'est ce qui m'a aussi un peu aidé à finir la lecture de cette série.
Megalex est une série très moyenne de SF. L'idée de départ est pas mal mais reste malgré tout très classique. La grosse bonne idée est celle du temps de vie mais au final elle ne sert quasi à rien. Ensuite, on est dans une gestion bâclée et rapide du scénario, avec des idées saugrenues, des facilités, des raccourcis et peu de liant. Ajoutons à cela des personnages dont la profondeur et l'empathie créées sont à comparer de celles de certains mollusques bivalves et on a vite fait le tour. Reste le dessin de Beltran, à titre perso, j'aime bien. Certes c'est figé et froid, mais c'est beau avec pour certaines cases une véritable maîtrise de l'art infographique. Je préfèrerais toujours un dessin réussi quelle que soit la technique à un torche cul élitiste intellectualisant............ Et dame qu'elles sont girondes les filles de Beltran. Au final une lecture qui se laisse poursuivre de bout en bout mais à l'issue de laquelle il ne reste rien ou si peu. Loin d'être primordial, à lire dans une biblio.
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