Je suis comme beaucoup de parents qui ont une ado , le partage de la lecture de Lou fut un must. Perso j'ai un ressenti mitigé sur la série: très bien au début puis un fléchissement. Quoiqu'il en soit la découverte chez mon libraire des deux premiers tomes de la saison 2 a impliqué leur achat immédiat.
Je suis surpris de constater le peu d'engouement sur le site pour une série qui se classe dans le top jeunesse pour sa saison 1. En effet un seul avis cinq années après sa première parution, c'est étonnant.
Je dois avouer que je n'ai pas été convaincu par cette suite. Bien sûr l'auteur exploite à fond une Lou qui a du mal à trouver sa place dans ce passage à la vie d'adulte. Le problème est que le vide qu'elle expérimente envahit de manière trop forte le scénario pour devenir un abîme de superficialité. Lou se retrouve vide dans des études imprécises, vide dans sa vie relationnelle ou dans ses objectifs. On retrouve une personne attachante mais qui se complait dans la facilité: hop un appart en centre ville, hop aucun problème de frais de scolarité, hop j'expérimente toutes les marques de bière que je cuve pendant les cours ( quand j'y vais), hop un héritage venu du ciel ( sans impôt en plus). Pour ma nièce de 19 ans qui a passé tout son temps derrière une caisse de supermarché pour payer ses frais de scolarité, le personnage de Lou est un rêve inaccessible.
Le T2 abandonne le schéma d'un épisode pour une année scolaire afin de contracter l'espace et le temps autour d'une première expérience à la fois professionnelle et festive. Ici encore tout est bien qui finit bien dans un monde où les difficultés restent de surface.
Il reste un graphisme très épuré et maitrisé qui séduira encore les fans de première heure. Perso je trouve que la mise en couleur se prêtait mieux à des épisodes collèges que la période fac.
Un petit 3
Je n'ai pas été convaincu par ma lecture. Enfin lecture c'est vite dit car j'ai du expédier les 180 pages en vingt minutes chrono. Comme je suis accro de la belle langue ou de la recherche sur le langage, cette série m'a vraiment déçu. En effet j'ai trouvé les rares dialogues proposés trop simplistes ou anachroniques ("Mais c'est quoi son problème!"p114 en parlant du roi son père!) enfin il y a souvent des termes vulgaires injustifiés pour l'époque ( "Juste une blessure de merde" p126). C'est ma seconde grosse réserve sur l'esprit du scénario qui essaye de concilier les opposés. D'un côté l'esprit viking guerrier illustré par la page 50: " Sur cette barque s'en va un guerrier...en route pour le paradis des braves. Avec cette barque brûle un héros…)(j'en ai eu la larme à l'œil) et de l'autre une grande partie de la narration visuelle qui propose un récit villageois viking fantasmé fait de fêtes, d'amour ado, de marchés débordant de victuailles et de bonne humeur. Le sommet est atteint avec le discours pacifiste de fils du roi que l'on pourrait retrouver dans la bouche d'un poilu de Tardi. Toutes ces propositions m'ont semblé contradictoires et incohérentes.
Il reste le visuel sur lequel s'appuie la majeure partie de la narration. Si les petites cases sont bien détaillées et donnent un fort dynamisme au récit, les grandes cases dévolues à la "dramaturgie" entre les personnages principaux sont trop minimalistes pour me transmettre les émotions des situations.
Une lecture que j'ai trouvée banale et que j'oublierai vite.
Rahan est une série que je lisais régulièrement quand je fus un lecteur assidu de Pif Gadget. Ce n'était pas ma série préférée mais je la lisais sans déplaisir. je suis tombé par hasard sur trois numéros de 1980 ce qui ne m'a pas rajeuni. Ce qui marque immédiatement quand on reprend la série est le graphisme de Cheret. Le trait est réaliste trop pour moi à l'époque plus habitué à une ligne claire plus souple.
Toutefois je trouve la présentation moderne et dynamique dans les cadrages et la construction bien que le trait et surtout la mise en couleur soient aujourd'hui très datés. Même si l'omniprésence de Rahan dans les cases est lassante les dessins sont soignés et détaillés. Cela convient bien au schéma d'histoires courtes lues une fois par semaine où l'espace dans le temps pouvait justifier les différents déplacements du jeune chasseur blond.
A la relecture plus adulte un paradoxe m'interroge. Le graphisme de Cheret joue à fond sur la dynamique de l'aventure assez violente. Les scènes de combats entre Rahan et les animaux voire d'autres chasseurs s'enchainent à un fort rythme. A l'inverse le texte de Lecureux prône des valeurs presque catéchistiques " Tous les chasseurs sont frères…" "Tu n'es qu'un homme ,un frère de tous les hommes!" "Craô a appris à Rahan à ne jamais voler!" pour ne citer que quelques uns des sages enseignements de Craô.
Un autre point intéressant est le côté éducatif que veut insuffler les scénarii de Lecureux au détriment de la réalité historique. Les auteurs multiplient les anachronismes en introduisant des dinosaures ou en faisant de Rahan un génial inventeur. Cela permettait de compléter la bande dessinée par des reportages sur des points du scénario sur les animaux ou les tribus.
On pourrait approfondir longtemps, en bien et en mal, certains aspects de cette série qui a marqué pendant deux décennies de nombreux jeunes ados ( la représentation de l'homme blanc, la sexualité, le rapport à la nature) .
Ainsi je trouve cette série bien difficile à noter comme le prouve la dispersion des avis. Personnellement je reste sur une note mitigée car je n'ai pas de nostalgie forte sur cette série.
Je n'ai pas accroché à cette biographie de Reza Sahibdad. Le récit de son parcours entre l'Afghanistan et Paris via l'Iran n'a jamais su éveillé beaucoup d'intérêt dans ma lecture. En effet je suis resté hermétique à une narration peu fluide et multipliant les anecdotes peu signifiantes sur son parcours d'exil. Entre la mise en avant d'une scolarité chaotique ou des petits trafics de VHS j'ai souvent perdu le fil de mon attention ce qui a induit une lecture très fractionnée qui m'a vite lassé. Comme le récit biographique s'inscrit dans une histoire de l'Afghanistan et de l'Iran avec des marqueurs temporels et évènementiels pas toujours évidents je suis sorti de ma lecture très frustré sur une thématique qui me touche de près.
Le graphisme est original et apporte une forte ambiance de conte oriental dans certaines représentations très travaillées. Malheureusement j'ai moins adhéré au représentations trop minimalistes des personnages.
Un rendez vous manqué.
Encore un livre sur la Shoah pourrait-on penser. L'actualité prouve malheureusement qu'il n'est pas superflu de rappeler sans cesse les horreurs provoquées par des pensées et des discours racistes. La série est d'autant plus légitime qu'elle explore une situation peu visitée : le retour des déportés à l'hôtel Lutétia de Paris et leur réadaptation à la vie normale dans une France peu enthousiasme à approfondir ce sujet. Le/la lecteur-rice se retrouve à l'hôtel Lutétia du très chic sixième arrondissement de Paris reconverti comme centre d'accueil et d'orientation des déportés libérés des divers camps nazis. Le scénario ne s'aventure pas sauf une exception dans des flashback douloureux. Au contraire il s'agit bien de se réapproprier l'avenir avec toute la charge mentale émotionnelle voire de culpabilité inhérente aux survivants du génocide orchestré par les nazis avec la collaboration plus ou moins active des états envahis. La narration reste soft et délicate, tout en nuance devant la situation de certains comme le père de Louis.
C'est donc un récit qui s'adresse à un large public.
Ce sentiment est renforcé par la présence de Dawid aux manettes graphiques. Cet auteur est un habitué des excellentes éditions de la Gouttière qui proposent de très bons titres Jeunesse. Dawid a déjà réalisé plusieurs albums muets (Passe-passe,Dessus Dessous, Pas de deux) où son graphisme très poétique porte merveilleusement bien la sensibilité de la narration dans des thématiques émotionnellement fortes. Sa mise en couleur est moins brillante que pour ses albums jeunesses mais correspond aussi mieux à l'ambiance de cette période grise d'après guerre.
Une belle lecture pour tous qui reste d'actualité.
Je ne suis pas aussi généreux que mes prédécesseur-e-s sur cette série car je me laisse une petite marge de progression si le T2 garde le rythme de la fin du T1. En effet j'ai trouvé les premières pages un peu quelconque: un héros transparent doté d'un super pouvoir qui affronte les forces du mal avec la réussite du premier coup, une ambiance antique modernisée façon ado contemporain avec des références mythologiques trop facilement détournées. Je dois avouer que mon début de lecture fut poussive. J'ai beaucoup plus accroché en deuxième partie quand le personnage de Kalio prend la main et que l'intrigue accélère.
J'ai trouvé le graphisme de Karascoët sympa et bien adapté sans plus. L'univers méditerranéen est crédible et j'ai beaucoup aimé la mise en couleur. Mais graphiquement aussi j'ai trouvé le personnage d'Icare moins réussi dans sa fluidité et ses gestuelles que celui d'une Kalio très empathique.
Finalement un avis partagé qui attend la suite.
J'ai vraiment été impressionné par le talent de cette auteure de 20 ans en lisant l'aventure de sa Billie. C'est donc avec avidité et curiosité que je me suis lancé à l'assaut de ce titre énigmatique. Oups, je me suis vite retrouvé très loin de ma zone de confort psychologique. En effet si la thématique de la solitude ne me dérange pas, ce n'est pas du tout le cas avec les thématiques de la dépression ou du suicide qui me mettent mal à l'aise. C'est ce sentiment d'être en dehors du coup que j'ai eu avec l'autographie d'une Zoe d'à peine 23 ans, déjà consacrée internationalement grâce à sa Billie. Je n'ai pratiquement pas eu prise sur ce flux de paroles souvent larmoyantes au sein d'une construction graphique complexe.
Toutefois j'apprécie la modernité du graphisme toujours aussi souple et expressif. Le mélange des genres, le découpage ou la construction narrative m'ont rendu la lecture difficile.
Une lecture qui m'a désorienté même si elle fait mieux comprendre Billie. Un talent créatif hors norme mais une vraie interrogation pour le futur.
Toutefois, ici ce n'est pas ce n'est pas mon truc
Cette série propose une lecture très bien adaptée pour le niveau CP/CE1. La construction est mixte entre des planches BD et des planches avec illustrations aux textes de type roman. L'histoire est simple concernant un chat de gouttière qui trouve une famille d'accueil sympa dans un pavillon. La suite des situations est soft car Pépère ne mange pas les souris et possède comme meilleur copain un rat. Le texte est fluide et utilise un bon vocabulaire avec une syntaxe juste. Il n'y a aucune vulgarité qui servirait de pseudo humour.
Le beau graphisme est fin, souple et avec de belles couleurs.
Une bonne lecture adaptée pour les primo lecteurs de 6/7 ans. Un bon 3
J'aime bien retrouvé les anciennes séries des années 70/80. Avec le recul je me rends mieux compte des qualités ou des imperfections dans l'œuvre d'auteurs devenus majeurs. J'aime bien le travail graphique de Clavé. C'est un dessin très soigné, réaliste et riche en détails pour les extérieurs ou les personnages. La mise en couleur fait daté mais le visuel est un classique agréable.
Le scénario est très linéaire et sans surprise. Les stéréotypes des gentils et des méchants sont bien tranchés. Seul le héros journaliste québécois plein de bons sentiments balance entre les deux camps mais fini du bon côté.
Une lecture souvenir assez classique mais datée.
Je n'ai pas encore lu la série de Lou Lubie, Et à la fin, ils meurent mais rien que le titre laisse à penser que Jean-Baptiste Drouot s'est inspiré de la thématique pour la retravailler de façon humoristique à destination des enfants dès 7 ans. La lecture souvent amusante se présente sous forme de gags rapides très facilement accessibles pour des primo lecteurs. On peut lire cela comme une sorte d'exercice de style qui invite les lecteurs à se libérer des idées et des stéréotypes établis. Même si un lecteur adulte y découvrira en fond d'écran des thématiques plus modernes ( le genre, l'homosexualité) cela reste très soft. L'auteur n'a pas besoin de piocher dans la vulgarité pour initier son jeune lectorat à l'humour. La lecture est très rapide et demande une concentration facile.
Le graphisme rappelle les crayons de couleur habituels aux primaires. Le trait est fin, précis et facilement accessible pour le public visé.
Une lecture pour s'ouvrir à l'humour et à la distance aux stéréotypes.
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Lou ! Sonata
Je suis comme beaucoup de parents qui ont une ado , le partage de la lecture de Lou fut un must. Perso j'ai un ressenti mitigé sur la série: très bien au début puis un fléchissement. Quoiqu'il en soit la découverte chez mon libraire des deux premiers tomes de la saison 2 a impliqué leur achat immédiat. Je suis surpris de constater le peu d'engouement sur le site pour une série qui se classe dans le top jeunesse pour sa saison 1. En effet un seul avis cinq années après sa première parution, c'est étonnant. Je dois avouer que je n'ai pas été convaincu par cette suite. Bien sûr l'auteur exploite à fond une Lou qui a du mal à trouver sa place dans ce passage à la vie d'adulte. Le problème est que le vide qu'elle expérimente envahit de manière trop forte le scénario pour devenir un abîme de superficialité. Lou se retrouve vide dans des études imprécises, vide dans sa vie relationnelle ou dans ses objectifs. On retrouve une personne attachante mais qui se complait dans la facilité: hop un appart en centre ville, hop aucun problème de frais de scolarité, hop j'expérimente toutes les marques de bière que je cuve pendant les cours ( quand j'y vais), hop un héritage venu du ciel ( sans impôt en plus). Pour ma nièce de 19 ans qui a passé tout son temps derrière une caisse de supermarché pour payer ses frais de scolarité, le personnage de Lou est un rêve inaccessible. Le T2 abandonne le schéma d'un épisode pour une année scolaire afin de contracter l'espace et le temps autour d'une première expérience à la fois professionnelle et festive. Ici encore tout est bien qui finit bien dans un monde où les difficultés restent de surface. Il reste un graphisme très épuré et maitrisé qui séduira encore les fans de première heure. Perso je trouve que la mise en couleur se prêtait mieux à des épisodes collèges que la période fac. Un petit 3
Parjure
Je n'ai pas été convaincu par ma lecture. Enfin lecture c'est vite dit car j'ai du expédier les 180 pages en vingt minutes chrono. Comme je suis accro de la belle langue ou de la recherche sur le langage, cette série m'a vraiment déçu. En effet j'ai trouvé les rares dialogues proposés trop simplistes ou anachroniques ("Mais c'est quoi son problème!"p114 en parlant du roi son père!) enfin il y a souvent des termes vulgaires injustifiés pour l'époque ( "Juste une blessure de merde" p126). C'est ma seconde grosse réserve sur l'esprit du scénario qui essaye de concilier les opposés. D'un côté l'esprit viking guerrier illustré par la page 50: " Sur cette barque s'en va un guerrier...en route pour le paradis des braves. Avec cette barque brûle un héros…)(j'en ai eu la larme à l'œil) et de l'autre une grande partie de la narration visuelle qui propose un récit villageois viking fantasmé fait de fêtes, d'amour ado, de marchés débordant de victuailles et de bonne humeur. Le sommet est atteint avec le discours pacifiste de fils du roi que l'on pourrait retrouver dans la bouche d'un poilu de Tardi. Toutes ces propositions m'ont semblé contradictoires et incohérentes. Il reste le visuel sur lequel s'appuie la majeure partie de la narration. Si les petites cases sont bien détaillées et donnent un fort dynamisme au récit, les grandes cases dévolues à la "dramaturgie" entre les personnages principaux sont trop minimalistes pour me transmettre les émotions des situations. Une lecture que j'ai trouvée banale et que j'oublierai vite.
Rahan
Rahan est une série que je lisais régulièrement quand je fus un lecteur assidu de Pif Gadget. Ce n'était pas ma série préférée mais je la lisais sans déplaisir. je suis tombé par hasard sur trois numéros de 1980 ce qui ne m'a pas rajeuni. Ce qui marque immédiatement quand on reprend la série est le graphisme de Cheret. Le trait est réaliste trop pour moi à l'époque plus habitué à une ligne claire plus souple. Toutefois je trouve la présentation moderne et dynamique dans les cadrages et la construction bien que le trait et surtout la mise en couleur soient aujourd'hui très datés. Même si l'omniprésence de Rahan dans les cases est lassante les dessins sont soignés et détaillés. Cela convient bien au schéma d'histoires courtes lues une fois par semaine où l'espace dans le temps pouvait justifier les différents déplacements du jeune chasseur blond. A la relecture plus adulte un paradoxe m'interroge. Le graphisme de Cheret joue à fond sur la dynamique de l'aventure assez violente. Les scènes de combats entre Rahan et les animaux voire d'autres chasseurs s'enchainent à un fort rythme. A l'inverse le texte de Lecureux prône des valeurs presque catéchistiques " Tous les chasseurs sont frères…" "Tu n'es qu'un homme ,un frère de tous les hommes!" "Craô a appris à Rahan à ne jamais voler!" pour ne citer que quelques uns des sages enseignements de Craô. Un autre point intéressant est le côté éducatif que veut insuffler les scénarii de Lecureux au détriment de la réalité historique. Les auteurs multiplient les anachronismes en introduisant des dinosaures ou en faisant de Rahan un génial inventeur. Cela permettait de compléter la bande dessinée par des reportages sur des points du scénario sur les animaux ou les tribus. On pourrait approfondir longtemps, en bien et en mal, certains aspects de cette série qui a marqué pendant deux décennies de nombreux jeunes ados ( la représentation de l'homme blanc, la sexualité, le rapport à la nature) . Ainsi je trouve cette série bien difficile à noter comme le prouve la dispersion des avis. Personnellement je reste sur une note mitigée car je n'ai pas de nostalgie forte sur cette série.
Hazara Blues
Je n'ai pas accroché à cette biographie de Reza Sahibdad. Le récit de son parcours entre l'Afghanistan et Paris via l'Iran n'a jamais su éveillé beaucoup d'intérêt dans ma lecture. En effet je suis resté hermétique à une narration peu fluide et multipliant les anecdotes peu signifiantes sur son parcours d'exil. Entre la mise en avant d'une scolarité chaotique ou des petits trafics de VHS j'ai souvent perdu le fil de mon attention ce qui a induit une lecture très fractionnée qui m'a vite lassé. Comme le récit biographique s'inscrit dans une histoire de l'Afghanistan et de l'Iran avec des marqueurs temporels et évènementiels pas toujours évidents je suis sorti de ma lecture très frustré sur une thématique qui me touche de près. Le graphisme est original et apporte une forte ambiance de conte oriental dans certaines représentations très travaillées. Malheureusement j'ai moins adhéré au représentations trop minimalistes des personnages. Un rendez vous manqué.
Les Cheveux d'Edith
Encore un livre sur la Shoah pourrait-on penser. L'actualité prouve malheureusement qu'il n'est pas superflu de rappeler sans cesse les horreurs provoquées par des pensées et des discours racistes. La série est d'autant plus légitime qu'elle explore une situation peu visitée : le retour des déportés à l'hôtel Lutétia de Paris et leur réadaptation à la vie normale dans une France peu enthousiasme à approfondir ce sujet. Le/la lecteur-rice se retrouve à l'hôtel Lutétia du très chic sixième arrondissement de Paris reconverti comme centre d'accueil et d'orientation des déportés libérés des divers camps nazis. Le scénario ne s'aventure pas sauf une exception dans des flashback douloureux. Au contraire il s'agit bien de se réapproprier l'avenir avec toute la charge mentale émotionnelle voire de culpabilité inhérente aux survivants du génocide orchestré par les nazis avec la collaboration plus ou moins active des états envahis. La narration reste soft et délicate, tout en nuance devant la situation de certains comme le père de Louis. C'est donc un récit qui s'adresse à un large public. Ce sentiment est renforcé par la présence de Dawid aux manettes graphiques. Cet auteur est un habitué des excellentes éditions de la Gouttière qui proposent de très bons titres Jeunesse. Dawid a déjà réalisé plusieurs albums muets (Passe-passe,Dessus Dessous, Pas de deux) où son graphisme très poétique porte merveilleusement bien la sensibilité de la narration dans des thématiques émotionnellement fortes. Sa mise en couleur est moins brillante que pour ses albums jeunesses mais correspond aussi mieux à l'ambiance de cette période grise d'après guerre. Une belle lecture pour tous qui reste d'actualité.
Foudroyants
Je ne suis pas aussi généreux que mes prédécesseur-e-s sur cette série car je me laisse une petite marge de progression si le T2 garde le rythme de la fin du T1. En effet j'ai trouvé les premières pages un peu quelconque: un héros transparent doté d'un super pouvoir qui affronte les forces du mal avec la réussite du premier coup, une ambiance antique modernisée façon ado contemporain avec des références mythologiques trop facilement détournées. Je dois avouer que mon début de lecture fut poussive. J'ai beaucoup plus accroché en deuxième partie quand le personnage de Kalio prend la main et que l'intrigue accélère. J'ai trouvé le graphisme de Karascoët sympa et bien adapté sans plus. L'univers méditerranéen est crédible et j'ai beaucoup aimé la mise en couleur. Mais graphiquement aussi j'ai trouvé le personnage d'Icare moins réussi dans sa fluidité et ses gestuelles que celui d'une Kalio très empathique. Finalement un avis partagé qui attend la suite.
It's lonely at the centre of the earth
J'ai vraiment été impressionné par le talent de cette auteure de 20 ans en lisant l'aventure de sa Billie. C'est donc avec avidité et curiosité que je me suis lancé à l'assaut de ce titre énigmatique. Oups, je me suis vite retrouvé très loin de ma zone de confort psychologique. En effet si la thématique de la solitude ne me dérange pas, ce n'est pas du tout le cas avec les thématiques de la dépression ou du suicide qui me mettent mal à l'aise. C'est ce sentiment d'être en dehors du coup que j'ai eu avec l'autographie d'une Zoe d'à peine 23 ans, déjà consacrée internationalement grâce à sa Billie. Je n'ai pratiquement pas eu prise sur ce flux de paroles souvent larmoyantes au sein d'une construction graphique complexe. Toutefois j'apprécie la modernité du graphisme toujours aussi souple et expressif. Le mélange des genres, le découpage ou la construction narrative m'ont rendu la lecture difficile. Une lecture qui m'a désorienté même si elle fait mieux comprendre Billie. Un talent créatif hors norme mais une vraie interrogation pour le futur. Toutefois, ici ce n'est pas ce n'est pas mon truc
Pépère le chat
Cette série propose une lecture très bien adaptée pour le niveau CP/CE1. La construction est mixte entre des planches BD et des planches avec illustrations aux textes de type roman. L'histoire est simple concernant un chat de gouttière qui trouve une famille d'accueil sympa dans un pavillon. La suite des situations est soft car Pépère ne mange pas les souris et possède comme meilleur copain un rat. Le texte est fluide et utilise un bon vocabulaire avec une syntaxe juste. Il n'y a aucune vulgarité qui servirait de pseudo humour. Le beau graphisme est fin, souple et avec de belles couleurs. Une bonne lecture adaptée pour les primo lecteurs de 6/7 ans. Un bon 3
Les Innocents d'El Oro
J'aime bien retrouvé les anciennes séries des années 70/80. Avec le recul je me rends mieux compte des qualités ou des imperfections dans l'œuvre d'auteurs devenus majeurs. J'aime bien le travail graphique de Clavé. C'est un dessin très soigné, réaliste et riche en détails pour les extérieurs ou les personnages. La mise en couleur fait daté mais le visuel est un classique agréable. Le scénario est très linéaire et sans surprise. Les stéréotypes des gentils et des méchants sont bien tranchés. Seul le héros journaliste québécois plein de bons sentiments balance entre les deux camps mais fini du bon côté. Une lecture souvenir assez classique mais datée.
Et à la fin…
Je n'ai pas encore lu la série de Lou Lubie, Et à la fin, ils meurent mais rien que le titre laisse à penser que Jean-Baptiste Drouot s'est inspiré de la thématique pour la retravailler de façon humoristique à destination des enfants dès 7 ans. La lecture souvent amusante se présente sous forme de gags rapides très facilement accessibles pour des primo lecteurs. On peut lire cela comme une sorte d'exercice de style qui invite les lecteurs à se libérer des idées et des stéréotypes établis. Même si un lecteur adulte y découvrira en fond d'écran des thématiques plus modernes ( le genre, l'homosexualité) cela reste très soft. L'auteur n'a pas besoin de piocher dans la vulgarité pour initier son jeune lectorat à l'humour. La lecture est très rapide et demande une concentration facile. Le graphisme rappelle les crayons de couleur habituels aux primaires. Le trait est fin, précis et facilement accessible pour le public visé. Une lecture pour s'ouvrir à l'humour et à la distance aux stéréotypes.