À la base de cette collection se trouve une initiative louable : rendre les grands classiques de la littérature accessibles aux plus jeunes, et ce, à travers la bande dessinée. Simplement, dans la plupart des cas, les personnages sont dessinés de manière peu compétente. C’est aussi le cas de cette adaptation de Tom Sawyer par Danilo Loizedda. Mais les problèmes ne s’arrêtent pas là.
Tout d’abord, le traitement narratif paraît excessivement simplifié. En cherchant à condenser une œuvre riche en nuances, l’auteur réduit la profondeur psychologique des personnages, en particulier celle de Tom Sawyer, qui perd une grande partie de son ambiguïté morale. Le résultat donne une narration assez plate, parfois prévisible, qui ne parvient pas à restituer l’esprit satirique du texte original.
Sur le plan graphique, le style de Loizedda manque de cohérence et de personnalité. Les illustrations, bien que lisibles, semblent souvent figées et peu expressives. Par ailleurs, le rythme est irrégulier. Certaines séquences sont expédiées trop rapidement, tandis que d’autres s’attardent inutilement sur des détails secondaires.
Il y a surtout un autre problème de fond. Si Twain n’était pas foncièrement raciste, il y a dans ses ouevres un paternalisme insidieux qui persiste et cette version édulcorée ne fait rien pour l’éviter ou dénoncer, elle le cache tout simplement. Et, pour couronner le tout, le principal méchant est Joe, le seul Indien de l’histoire.
Enfin, tout reste globalement décevant, tant sur le plan narratif que visuel.
Bon, lors d'un arrêt rapide à une boutique d'occasion en début de semaine dernière j'ai racheté (le chef d’œuvre) Alerte sur Ooxia et un ami a quant à lui acheté le premier tome de cette série. Je ne connaissais ni d'Eve ni d'Adam, le dessin de Jenfêvre et le logo de Bamboo ne me laissaient pas miroiter une production de grande qualité, mais comme Ro souhaite faire sortir un maximum de séries du thème "avis uniques", autant l'aider quand on peut !
D'après la page introductive, l'album est une sélection, un florilège de véritables messages et courriers envoyés à des groupes d'assurances, ici illustrés pour notre plus grand bonheur. Je suis une personne normale, j'ai grandi avec les anecdotes en ligne de VDM et Perles du Bac qu'on lisait en ricanant dans la cour de récréation, je devrais donc apprécier cette collection de petits moments de gentille connerie ou d'incompréhensions absurdes. Mais en fait non, l'album a beau être court, la lecture est d'un ennui profond.
Déjà, premier problème : le format en lui-même. Par là j'entend "est-ce que porter ces anecdotes en BD était la bonne idée ?". Je suis de l'idée que ce genre d'anecdotes marcheraient mieux en format roman, conservant leur origine de purs écrits et la force que leur apporte notre imagination (les blancs, informations manquantes de ce genre d'extrait marchent mieux pour rendre le tout humoristique). Ce n'est pas cette adaptation qui me fera changer d'avis, non seulement les dessins n'apportent rien mais desserrent même les anecdotes ; quand ils ne se contentent pas de bêtement illustrer ce qui est dit, sans la moindre improvisation, extrapolation ou génie, les dessins décident, idée de génie, d'ajouter de l'humour inutile et, je trouve, de mauvais goût. Vu la période de parution, je ne suis pas surprise de trouver quelques petites passages d'un sexisme décomplexé et presque naïf (les femmes sont ici toutes présentes comme épouses laides et/ou acariâtres ou chaudes du cul), mais ça ne m'empêchera pas de pointer cela du doigt.
Les dessins ne servent à rien en plus d'être peu agréables à l’œil (pas fan du tout du style de Jenfêvre), certes, mais quid des anecdotes, alors ? Si on passe outre le format et l'existence même de cette adaptation, la sélection est-elle bonne ? Difficile à dire, seules trois/quatre m'ont faites sourire, le reste manquait de piquant, de répartie cinglante et/ou de connerie ingénue, en tout cas ne m'a pas fait rire, ni même sourire.
Un dernier défaut ? Allez : rajoutons à ça que l'impression est de mauvaise facture, page 29 de la première édition, au passage du gag du taxi et des morts, le texte est tout simplement coupé, comme une mauvaise capture d'écran que l'on aurait recadrée trop vite.
Peu qualitatif, pauvre même.
J'apprend en lisant l'avis de Ro que lesdites anecdotes sont, en plus de ça, déjà disponibles gratuitement en ligne. Vraiment, quelle est la plu-value de cette série ?
Comme ces blagues sont faibles ! Prévisibles et plates, il faut faire un effort pour tout lire. Ce n'est pas que les dessins soient mauvais, mais même eux finissent par être fatigants. Je ne connaissais pas la dame et je suis allé chercher... oui, il s'agit probablement d'une commande pour de l'auto-promotion.
J'ai lu cette bouse il y un an environ et j'ai déjà tout oublié.
Bon, c'est paru dans la collection Marvel Deluxe, j'aurais certainement dû me méfier.
Comme pour les autres titres de ce catalogue, on met le nom du super-héros bien en avant pour appâter le pigeon, tandis que l'intitulé du run est relégué en bas, écrit avec une police gratuite trouvée sur le Net. C'est toujours ça de gagné sur les coûts d'édition.
Les runs mineurs de cette collection sont souvent très génériques, on dirait des propositions d'agent IA.
Ici on a droit au mauvais complot lénifiant avec le super-vilain qui tire les ficelles en coulisses, une complexité artificielle, et une pincée de contexte géopolitique bidon pour saupoudrer le tout.
Oui, on pourrait appliquer cette description à un grand nombre de comics des années 2000.
Je soupçonne d'ailleurs Brubaker d'utiliser des martingales narratives pour pondre cette quantité inutile de papier chaque année. On devrait sérieusement s'interroger sur sa responsabilité concernant le réchauffement climatique.
Le dessin est bien sûr informatisé, ce qui ne surprendra personne. Il n'est pas vilain pour autant, puisque le département marketing de Marvel a bien intégré que le visuel était l'unique déclencheur d'achat chez le lecteur boulimique de super-héros.
Un comics pour les amoureux du lavage de cerveau.
Alerte sur Ooxia ! Le récit mythique vendu (donné) à quelques milliers (milliards) d'exemplaires dans les stations Total il y a de ça des années, la légendaire œuvre collaborative au scénario si transcendant que les albums ont rapidement inondé les vides greniers et les caisses de dons, l'objet qui fut un temps la perle rare de ma bibliothèque avant que je décide de m'en séparer dans un excès de folie adolescente (ignarde que j'étais).
L'histoire est celle de Lou et Mila, deux jeunes fringuants venus tout droit de Potagia, une sorte de village hippie où l'on se contente de tout faire pousser et de tout ramasser à la main (l'angoisse). Leur mode de vie laxe et leur tempérament couard rend la population extrêmement vulnérable et en fait la cible répétée des attaques du terrible Dr. Zaroff, sorte de génie du mal à la psyché torturée qui souhaite conquérir le monde - son plan doit être sacrément fin et complexe parce que mon pauvre cerveau simplet a du mal à faire le lien entre racketter des tomates et dominer le monde. Décidant un beau jour que s'en étant trop, notre énergique duo part donc à la recherche d'une mystérieuse énergie parfaite afin de pouvoir lutter contre le Dr. Zaroff.
L'histoire sera donc constituée de (très) courtes aventures à travers Ooxia, nos héros passant de territoires en territoires à la recherche de différentes sources d'énergie.
L'album se révèle malin, nous laissant transparaître les ficelles du scénario en poussant nos personnages à suivre littéralement le fil conducteur (qui prendra un court temps des allures de pipeline), nous invitant à réfléchir à la nature même de la création narrative et à remettre en question le fond de ce qui nous est présenté. Fort bien gentil à lui, sans ça je ne sais pas si j'aurais pu lire dans cette œuvre la subtile critique de notre rapport à l'énergie, à ses coût et à ses risques, que Total a généreusement décidé de nous présenter. De mauvaises langues pourrait croire que l'on chercherait ici au contraire à minimiser l'impact et les risques des énergies fossiles, mais face à ces critiques creuses je me gausse, l'œuvre est en réalité plus fine que ça ! On nous rappelle-même que les sources d'énergies qui ne sont pas infinies comme le pétrole et le charbon restent tout de même encore présentes en telle quantité que l'on peut continuer à les utiliser sans soucis.
Les dessins sont travaillés, les styles variés, les personnages complexes et travaillés (pensée émue à Boris qui a réussi à me faire pleurer lors de sa tirade finale).
Bref, une œuvre incroyable aujourd'hui malheureusement tombée dans l'oubli. Qui sait ce qu'une suite aurait pu donner…
Je n'ai pas lu l'intégrale parue en 2021. J'ai seulement parcouru quelques-uns des albums parus séparément chez Albin Michel, en commençant évidemment par celui consacré à mon propre signe.
L'astrologie étant pour moi une vaste blague, j'abordais ces albums davantage comme des recueils humoristiques jouant avec les clichés associés aux différents signes que comme de prétendus portraits de personnalité. Sur le principe, pourquoi pas : si cela permet d'enchaîner les blagues et les caricatures, cela peut être amusant.
Malheureusement, ce n'est pas drôle du tout.
Chaque album est organisé par thèmes comme "amour et désir", "argent et succès", etc..., et chaque case est une affirmations censée décrire les comportements des natifs du signe concerné, accompagnée d'un petit dessin illustratif sensé être comique ou du moins relever avec légèreté le sujet de cette affirmation.
Le dessin est correct, sans être désagréable, mais il est très formaté et sans personnalité. Il remplit sa fonction sans jamais susciter le moindre enthousiasme.
L'humour ne m'a pas fait décrocher un sourire et m'a même très vite ennuyé. Quant aux affirmations zodiacales, elles sont complètement gratuites, une grande partie de celles concernant mon signe n'ayant strictement rien à voir avec moi. Alors qu'en général les prédictions astrologiques font exprès d'être suffisamment floues pour s'adapter à tout le monde, certaines ici sont clairement l'opposée de mon caractère.
Entre un humour qui tombe à plat, des portraits astrologiques totalement gratuits et un dessin simplement passable, cette série m'est parue vide d'intérêt. Je n'ai pas pu tenir davantage que quelques pages de chaque album avant d'abandonner.
Que c'est horrible! C’est une niaiserie avec des paillettes limpides et des scintillements. Une concentration d’êtres irritants, allant des centaures et des sirènes aux dauphins.
Tout avec des intentions vaguement mystiques et écologiques. Je parle surtout de l'histoire «la Nuit de l'étoile». Les dessins et les couleurs sont d’une pureté aveuglante, un paradis tropical en hommage au kitsch. Heureusement que cette chose n’a pas été rééditée. À éviter au nom du bon goût.
Je viens de lire "La vérité sur les amoureuses" après l’avoir vu dans la bibliothèque de mon boulot et empruntée par les ados...
En + de ne pas trouvé cela drôle, j’ai trouvé ça bourré de préjugés, sexistes, et carrément banalisant des scènes de viol et de violence.
Je vais la retirer de la bibliothèque !
Ouch !
Mais quelle idée de rééditer cet album en "version luxe" ? A part surfer sur la nouvelle notoriété de l'auteur revenu depuis quelques années sur le devant de la scène surement...
En tout cas, moi qui suis pourtant assez fan de Ito, je me suis fait suer comme un rat mort avec cet album plus ou moins autobiographique. Ito y relate une tranche de vie avec ses deux chats en y mêlant une touche de fantastique/horreur qui fait sa marque de fabrique, sauf que là franchement, ça ne fonctionne pas du tout (avec moi en tout cas).
Si on retrouve son coup de patte caractéristique, ces petites tranches de vie où ses chats jouent le rôle de créatures malignes, on y croit pas une seconde. Le fait de ne pas mettre de pupilles aux yeux de sa femme pour renforcer ce côté angoissant de ses récits ne fonctionne pas non plus. Tout comme le fait d'intégrer des pages questions lecteurs au fil des courtes histoires ; mais qu'est-ce que ça vient faire là dedans ???
Bref, heureusement que tout cela se lit très vite et que ce serra tout aussi vite oublié.
Je me suis toujours interrogé sur le sens de cette adaptation. Animal Farm d'Orwell n'est pas une fable destinée aux enfants. La dystopie animale aborde la dérive totalitaire des régimes révolutionnaires... Et pour les adultes, les dessins sont totalement ineptes. Même pour enfants, ils ne sont pas très beaux. Je me demande aussi ce que Jean Giraud est venu faire ici...
P. S. : J'ai cependant un enfant pré-adolescent, accro aux jeux d'ordinateur, mais qui est en train de lire l'original en anglais. Il dit qu'il aime ça. L'espoir ne meurt jamais.
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Les Aventures de Tom Sawyer (Glénat)
À la base de cette collection se trouve une initiative louable : rendre les grands classiques de la littérature accessibles aux plus jeunes, et ce, à travers la bande dessinée. Simplement, dans la plupart des cas, les personnages sont dessinés de manière peu compétente. C’est aussi le cas de cette adaptation de Tom Sawyer par Danilo Loizedda. Mais les problèmes ne s’arrêtent pas là. Tout d’abord, le traitement narratif paraît excessivement simplifié. En cherchant à condenser une œuvre riche en nuances, l’auteur réduit la profondeur psychologique des personnages, en particulier celle de Tom Sawyer, qui perd une grande partie de son ambiguïté morale. Le résultat donne une narration assez plate, parfois prévisible, qui ne parvient pas à restituer l’esprit satirique du texte original. Sur le plan graphique, le style de Loizedda manque de cohérence et de personnalité. Les illustrations, bien que lisibles, semblent souvent figées et peu expressives. Par ailleurs, le rythme est irrégulier. Certaines séquences sont expédiées trop rapidement, tandis que d’autres s’attardent inutilement sur des détails secondaires. Il y a surtout un autre problème de fond. Si Twain n’était pas foncièrement raciste, il y a dans ses ouevres un paternalisme insidieux qui persiste et cette version édulcorée ne fait rien pour l’éviter ou dénoncer, elle le cache tout simplement. Et, pour couronner le tout, le principal méchant est Joe, le seul Indien de l’histoire. Enfin, tout reste globalement décevant, tant sur le plan narratif que visuel.
Les Assureurs - Le grand bêtisier des déclarations d'accident
Bon, lors d'un arrêt rapide à une boutique d'occasion en début de semaine dernière j'ai racheté (le chef d’œuvre) Alerte sur Ooxia et un ami a quant à lui acheté le premier tome de cette série. Je ne connaissais ni d'Eve ni d'Adam, le dessin de Jenfêvre et le logo de Bamboo ne me laissaient pas miroiter une production de grande qualité, mais comme Ro souhaite faire sortir un maximum de séries du thème "avis uniques", autant l'aider quand on peut ! D'après la page introductive, l'album est une sélection, un florilège de véritables messages et courriers envoyés à des groupes d'assurances, ici illustrés pour notre plus grand bonheur. Je suis une personne normale, j'ai grandi avec les anecdotes en ligne de VDM et Perles du Bac qu'on lisait en ricanant dans la cour de récréation, je devrais donc apprécier cette collection de petits moments de gentille connerie ou d'incompréhensions absurdes. Mais en fait non, l'album a beau être court, la lecture est d'un ennui profond. Déjà, premier problème : le format en lui-même. Par là j'entend "est-ce que porter ces anecdotes en BD était la bonne idée ?". Je suis de l'idée que ce genre d'anecdotes marcheraient mieux en format roman, conservant leur origine de purs écrits et la force que leur apporte notre imagination (les blancs, informations manquantes de ce genre d'extrait marchent mieux pour rendre le tout humoristique). Ce n'est pas cette adaptation qui me fera changer d'avis, non seulement les dessins n'apportent rien mais desserrent même les anecdotes ; quand ils ne se contentent pas de bêtement illustrer ce qui est dit, sans la moindre improvisation, extrapolation ou génie, les dessins décident, idée de génie, d'ajouter de l'humour inutile et, je trouve, de mauvais goût. Vu la période de parution, je ne suis pas surprise de trouver quelques petites passages d'un sexisme décomplexé et presque naïf (les femmes sont ici toutes présentes comme épouses laides et/ou acariâtres ou chaudes du cul), mais ça ne m'empêchera pas de pointer cela du doigt. Les dessins ne servent à rien en plus d'être peu agréables à l’œil (pas fan du tout du style de Jenfêvre), certes, mais quid des anecdotes, alors ? Si on passe outre le format et l'existence même de cette adaptation, la sélection est-elle bonne ? Difficile à dire, seules trois/quatre m'ont faites sourire, le reste manquait de piquant, de répartie cinglante et/ou de connerie ingénue, en tout cas ne m'a pas fait rire, ni même sourire. Un dernier défaut ? Allez : rajoutons à ça que l'impression est de mauvaise facture, page 29 de la première édition, au passage du gag du taxi et des morts, le texte est tout simplement coupé, comme une mauvaise capture d'écran que l'on aurait recadrée trop vite. Peu qualitatif, pauvre même. J'apprend en lisant l'avis de Ro que lesdites anecdotes sont, en plus de ça, déjà disponibles gratuitement en ligne. Vraiment, quelle est la plu-value de cette série ?
Axelle Parker
Comme ces blagues sont faibles ! Prévisibles et plates, il faut faire un effort pour tout lire. Ce n'est pas que les dessins soient mauvais, mais même eux finissent par être fatigants. Je ne connaissais pas la dame et je suis allé chercher... oui, il s'agit probablement d'une commande pour de l'auto-promotion.
Winter Soldier - L'hiver sans fin
J'ai lu cette bouse il y un an environ et j'ai déjà tout oublié. Bon, c'est paru dans la collection Marvel Deluxe, j'aurais certainement dû me méfier. Comme pour les autres titres de ce catalogue, on met le nom du super-héros bien en avant pour appâter le pigeon, tandis que l'intitulé du run est relégué en bas, écrit avec une police gratuite trouvée sur le Net. C'est toujours ça de gagné sur les coûts d'édition. Les runs mineurs de cette collection sont souvent très génériques, on dirait des propositions d'agent IA. Ici on a droit au mauvais complot lénifiant avec le super-vilain qui tire les ficelles en coulisses, une complexité artificielle, et une pincée de contexte géopolitique bidon pour saupoudrer le tout. Oui, on pourrait appliquer cette description à un grand nombre de comics des années 2000. Je soupçonne d'ailleurs Brubaker d'utiliser des martingales narratives pour pondre cette quantité inutile de papier chaque année. On devrait sérieusement s'interroger sur sa responsabilité concernant le réchauffement climatique. Le dessin est bien sûr informatisé, ce qui ne surprendra personne. Il n'est pas vilain pour autant, puisque le département marketing de Marvel a bien intégré que le visuel était l'unique déclencheur d'achat chez le lecteur boulimique de super-héros. Un comics pour les amoureux du lavage de cerveau.
Alerte sur Ooxia
Alerte sur Ooxia ! Le récit mythique vendu (donné) à quelques milliers (milliards) d'exemplaires dans les stations Total il y a de ça des années, la légendaire œuvre collaborative au scénario si transcendant que les albums ont rapidement inondé les vides greniers et les caisses de dons, l'objet qui fut un temps la perle rare de ma bibliothèque avant que je décide de m'en séparer dans un excès de folie adolescente (ignarde que j'étais). L'histoire est celle de Lou et Mila, deux jeunes fringuants venus tout droit de Potagia, une sorte de village hippie où l'on se contente de tout faire pousser et de tout ramasser à la main (l'angoisse). Leur mode de vie laxe et leur tempérament couard rend la population extrêmement vulnérable et en fait la cible répétée des attaques du terrible Dr. Zaroff, sorte de génie du mal à la psyché torturée qui souhaite conquérir le monde - son plan doit être sacrément fin et complexe parce que mon pauvre cerveau simplet a du mal à faire le lien entre racketter des tomates et dominer le monde. Décidant un beau jour que s'en étant trop, notre énergique duo part donc à la recherche d'une mystérieuse énergie parfaite afin de pouvoir lutter contre le Dr. Zaroff. L'histoire sera donc constituée de (très) courtes aventures à travers Ooxia, nos héros passant de territoires en territoires à la recherche de différentes sources d'énergie. L'album se révèle malin, nous laissant transparaître les ficelles du scénario en poussant nos personnages à suivre littéralement le fil conducteur (qui prendra un court temps des allures de pipeline), nous invitant à réfléchir à la nature même de la création narrative et à remettre en question le fond de ce qui nous est présenté. Fort bien gentil à lui, sans ça je ne sais pas si j'aurais pu lire dans cette œuvre la subtile critique de notre rapport à l'énergie, à ses coût et à ses risques, que Total a généreusement décidé de nous présenter. De mauvaises langues pourrait croire que l'on chercherait ici au contraire à minimiser l'impact et les risques des énergies fossiles, mais face à ces critiques creuses je me gausse, l'œuvre est en réalité plus fine que ça ! On nous rappelle-même que les sources d'énergies qui ne sont pas infinies comme le pétrole et le charbon restent tout de même encore présentes en telle quantité que l'on peut continuer à les utiliser sans soucis. Les dessins sont travaillés, les styles variés, les personnages complexes et travaillés (pensée émue à Boris qui a réussi à me faire pleurer lors de sa tirade finale). Bref, une œuvre incroyable aujourd'hui malheureusement tombée dans l'oubli. Qui sait ce qu'une suite aurait pu donner…
L'Astro illustrée (L'Astrovérité)
Je n'ai pas lu l'intégrale parue en 2021. J'ai seulement parcouru quelques-uns des albums parus séparément chez Albin Michel, en commençant évidemment par celui consacré à mon propre signe. L'astrologie étant pour moi une vaste blague, j'abordais ces albums davantage comme des recueils humoristiques jouant avec les clichés associés aux différents signes que comme de prétendus portraits de personnalité. Sur le principe, pourquoi pas : si cela permet d'enchaîner les blagues et les caricatures, cela peut être amusant. Malheureusement, ce n'est pas drôle du tout. Chaque album est organisé par thèmes comme "amour et désir", "argent et succès", etc..., et chaque case est une affirmations censée décrire les comportements des natifs du signe concerné, accompagnée d'un petit dessin illustratif sensé être comique ou du moins relever avec légèreté le sujet de cette affirmation. Le dessin est correct, sans être désagréable, mais il est très formaté et sans personnalité. Il remplit sa fonction sans jamais susciter le moindre enthousiasme. L'humour ne m'a pas fait décrocher un sourire et m'a même très vite ennuyé. Quant aux affirmations zodiacales, elles sont complètement gratuites, une grande partie de celles concernant mon signe n'ayant strictement rien à voir avec moi. Alors qu'en général les prédictions astrologiques font exprès d'être suffisamment floues pour s'adapter à tout le monde, certaines ici sont clairement l'opposée de mon caractère. Entre un humour qui tombe à plat, des portraits astrologiques totalement gratuits et un dessin simplement passable, cette série m'est parue vide d'intérêt. Je n'ai pas pu tenir davantage que quelques pages de chaque album avant d'abandonner.
La Nuit de l'étoile
Que c'est horrible! C’est une niaiserie avec des paillettes limpides et des scintillements. Une concentration d’êtres irritants, allant des centaures et des sirènes aux dauphins. Tout avec des intentions vaguement mystiques et écologiques. Je parle surtout de l'histoire «la Nuit de l'étoile». Les dessins et les couleurs sont d’une pureté aveuglante, un paradis tropical en hommage au kitsch. Heureusement que cette chose n’a pas été rééditée. À éviter au nom du bon goût.
La Vérité sur...
Je viens de lire "La vérité sur les amoureuses" après l’avoir vu dans la bibliothèque de mon boulot et empruntée par les ados... En + de ne pas trouvé cela drôle, j’ai trouvé ça bourré de préjugés, sexistes, et carrément banalisant des scènes de viol et de violence. Je vais la retirer de la bibliothèque !
Le Journal des chats
Ouch ! Mais quelle idée de rééditer cet album en "version luxe" ? A part surfer sur la nouvelle notoriété de l'auteur revenu depuis quelques années sur le devant de la scène surement... En tout cas, moi qui suis pourtant assez fan de Ito, je me suis fait suer comme un rat mort avec cet album plus ou moins autobiographique. Ito y relate une tranche de vie avec ses deux chats en y mêlant une touche de fantastique/horreur qui fait sa marque de fabrique, sauf que là franchement, ça ne fonctionne pas du tout (avec moi en tout cas). Si on retrouve son coup de patte caractéristique, ces petites tranches de vie où ses chats jouent le rôle de créatures malignes, on y croit pas une seconde. Le fait de ne pas mettre de pupilles aux yeux de sa femme pour renforcer ce côté angoissant de ses récits ne fonctionne pas non plus. Tout comme le fait d'intégrer des pages questions lecteurs au fil des courtes histoires ; mais qu'est-ce que ça vient faire là dedans ??? Bref, heureusement que tout cela se lit très vite et que ce serra tout aussi vite oublié.
La Ferme des animaux
Je me suis toujours interrogé sur le sens de cette adaptation. Animal Farm d'Orwell n'est pas une fable destinée aux enfants. La dystopie animale aborde la dérive totalitaire des régimes révolutionnaires... Et pour les adultes, les dessins sont totalement ineptes. Même pour enfants, ils ne sont pas très beaux. Je me demande aussi ce que Jean Giraud est venu faire ici... P. S. : J'ai cependant un enfant pré-adolescent, accro aux jeux d'ordinateur, mais qui est en train de lire l'original en anglais. Il dit qu'il aime ça. L'espoir ne meurt jamais.