Un récit post-apocalypse de plus, un genre qui peut avoir du potentiel, mais ici ça ne m’a pas convaincu.
Le postulat de départ ? Une apocalypse – sous forme de comètes destructrices – anéantit quasiment toute vie sur Terre. Nous sommes ensuite projetés quelques milliers d’années plus tard.
Et rapidement quelque chose cloche. Car, comme souvent, l’intrigue est bancale, et le degré de « régression » des humains est mal maîtrisé, et ici peu crédible : ils sont retournés à une vie préhistorique, ont tout oublié des connaissances humaines, y compris l’agriculture (dont la « redécouverte » constitue un des sels de l’histoire). Peu crédible selon moi, surtout que par ailleurs ils semblent maîtriser la métallurgie (si j’en crois leurs armes en métal). Et vers la fin du premier tome, lorsqu’un protagoniste exhibe quelques feuillets de manuscrits enluminés du moyen-âge, c’est encore moins crédible (ils auraient survécu à l’air libre durant des milliers d’années, en ayant préalablement résisté aux incendies de « l’apocalypse » !???), surtout que notre personnage « préhistorique » semble comprendre ce qui est présenté sur ces feuillets (de façon écrite ou implicite !?). Trop d’invraisemblances et de facilités donc pour pouvoir entrer sereinement dans l’histoire. Je vais d’ailleurs chipoter, mais alors que l’apocalypse est censée s’être déroulée à la fin du Xème siècle, un des feuillets représentés page 34 du premier tome montre une miniature que je connais bien, datant du XIVème siècle…
Par la suite on quitte ce qui reste de l’Angleterre pour rejoindre le « continent », et là aussi les ruines parfaitement conservées des maisons de « Lutecia » (bizarre, car au Xème siècle la ville ne s’appelait déjà plus comme ça – indépendamment du fait qu’il parait incroyable que son nom ait traversé les millénaires pour atteindre des populations sans écriture) – y compris des parties en bois (on retrouve par la suite d’autres ruines qu’on dirait abandonnées depuis quelques années seulement…) défient l’entendement. Et dans le troisième album, je n’ai pas compris le décalage qui pouvait exister entre la cité du Roi-Taon et d’autres espaces (comme Anglia, mais pas que), la « régression » historique ayant connu de gros écarts entre régions ! Un troisième album où la question de l’agriculture – et de l’élevage – revient au premier plan, après avoir été totalement oubliée…
Avec l’apparition du peuple des Hommes-Cerfs dans le deuxième tome, cela bascule de plus en plus dans une sorte de fantasy/fantastique (et je pense que l’intrigue aurait dû s’y concentrer, oubliant l’ancrage historique foireux).
Seuls les trois premiers tomes étaient disponibles dans ma médiathèque. Je ne connais donc pas la conclusion de cette histoire. Mais, si elle est dynamique et rythmée, elle souffre de trop de fragilités scénaristiques. Et du coup, j’ai moins de regret de rester sans conclusion.
Héloïse, jeune fille empêchée de devenir chevalier par une société médiévale patriarcale, se fiance à Armand, promis au maniement des armes alors qu'il ne rêve que de dessin, afin d'échanger discrètement leurs rôles et de vivre enfin selon leurs aspirations.
Utiliser un cadre médiéval pour interroger les rôles de genre, les injonctions sociales et la liberté de choisir sa propre voie est une idée pertinente et difficilement contestable, qui a d'ailleurs déjà été explorée avec succès ces dernières années dans des albums comme Peau d'Homme par exemple. Cet album tente à son tour de s'emparer de ces thématiques à travers une histoire d'échange de rôles, avec une héroïne passionnée par le combat dans un monde qui ne laisse aucune place à ce type d'ambition féminine. Mais son principal problème vient de la manière dont tout cela est mis en scène. Très rapidement, j'ai eu l'impression de lire une histoire assez adolescente, qui empile des intentions très contemporaines sans vraiment se soucier de crédibilité historique, ni même parfois de sa propre logique interne. Dès le postulat de départ, j'avais du mal à croire que leur échange de rôles puisse fonctionner ne serait-ce que plus de quelques minutes, et pourtant le scénario le traite comme une évidence sans jamais vraiment questionner les limites très concrètes d'un tel plan.
Plus globalement, l'écriture m'a semblé assez immature, avec une vision du monde souvent très binaire : les hommes sont fréquemment réduits à des figures brutales, guerrières ou obtuses (à l'exception de rares personnages plus artistes ou marginaux), tandis que les femmes incarnent plus volontiers la sensibilité, l'ouverture d'esprit ou les victimes d'un système patriarcal écrasant. L'intention est claire, mais l'ensemble manque de nuance et donne l'impression d'un scénario écrit pour valider des idées déjà établies plutôt que pour construire des personnages réellement complexes.
La romance m'a également paru assez téléphonée, avec un côté roman adolescent très calibré dans sa manière d'aborder l'ouverture d'esprit, la liberté identitaire et les relations entre personnages. Là encore, les thèmes abordés sont légitimes, mais tout va trop vite et manque de naturel pour me convaincre émotionnellement.
Côté dessin, c'est plus contrasté. J'ai trouvé certaines planches assez jolies, notamment grâce à une colorisation douce qui crée une belle ambiance, mais le trait m'a aussi semblé irrégulier, avec parfois des visages ou des anatomies un peu maladroits et des décors assez vides.
Ce n'est donc pas une BD dénuée de qualités, notamment pour un lectorat adolescent qui pourra facilement adhérer à son message d'émancipation et de tolérance. Mais en ce qui me concerne, j'ai surtout eu le sentiment d'une lecture trop démonstrative, qui manque de subtilité, de maturité narrative et de vraisemblance pour pleinement fonctionner.
Note : 2,5/5
Un album qui m'a déçu parce le résumé est pas du tout ce que l'on retrouve dans la BD !
Je m'attendais à un petit conte sympathique rempli de créatures fantastiques et au final... ben il y a du fantastique, mais qui sert à rien dans le récit et qu'on aurait pu éliminer sans problème. Il faut dire que c'est adapté librement d'un roman que je n'ai pas lu, mais de ce que j'ai lu sur internet il ne semble pas avoir grand chose de fantastique dans l'œuvre originale. C'est une bête histoire d'amour entre un jeune veuf et une jeune fille et cela ne m'aurait pas dérangé si au moins c'était bien fait, mais j'ai trouvé que c'était banal et froid. Je ne me suis pas du tout attaché aux personnages et à leur histoire.
Il faut dire aussi que c'était les débuts de VoRo et cela se voit au dessin qui est très inégal et fait souvent amateur. Les débuts d'un auteur qui fera mieux par la suite. Un péché de jeunesse à l'intérêt très limité en ce qui me concerne.
Je ne connaissais pas encore Mattotti et j'espérais trouver une adaptation plus consensuelle du célèbre roman de R. L. Stevenson. Cependant, il s'agit d'une succession de tableaux expressionnistes, bons pour être exposés dans une galerie. C'est de l'art, oui, mais cela laisse beaucoup à désirer en tant que bande dessinée. Ce fut un choc pour lequel je n'étais pas préparé.
J’ai lu les tomes 1 et 3, et je pense que ça va me suffire. En effet, par-delà quelques petits changements de lieux et de bestioles, c’est quand même assez répétitif ! Très vite lu, et pas toujours captivant !
Je me demande d’ailleurs à qui s’adresse cette série. Classée en Ados/adultes, j’ai quand même l’impression que c’est du tout public qui vise avant tout un jeune lectorat, si j’en crois les petits questionnaires – vraiment riquiqui – qui clôturent chaque chapitre, pour présenter – de façon ultra succincte – une ou deux espèces animales croisées par Gon dans le chapitre précédemment lu.
Le point fort de la série, c’est le dessin de Tanaka. Son trait réaliste, en Noir et Blanc, est vraiment très chouette, expressif, précis, et agréable.
Mais pour ce qui est des histoires elles-mêmes, ça m’a laissé sur ma faim. Le fait qu’on n’ait aucune explication sur la présence de ce bébé T-rex au milieu d’une faune contemporaine passe encore, mais ensuite, une fois acquise cette idée, ça se répète, et je ne sais pas comment on peut lire 7 albums entiers sur le même format !?
Il y a quand même quelques passages qui m’ont davantage plu. D’abord toujours grâce au dessin, et la mimique de Gon donne des passages amusants, lorsqu’il essaye de copier ce qu’il voit (sans contrôler sa force) : voir ce que donne le barrage qu’il construit en copiant les castor… De même, j’ai trouvé amusant le récit où il rend dingue – c’est le cas de le dire – un dingo.
Mais voilà, l’auteur s’est fait plaisir, il balade son T-rex dans tous les coins de la planète, celui-ci croisant donc des animaux très variés, s’incrustant partout, comme un gamin gaffeur, avec une force énorme (et sa grosse bouille est souvent drôle à voir). Mais ce plaisir ne se renouvèle pas assez selon moi.
Comme souvent, les avis de Cassidy sont enlevés, tranchés, et douloureusement drôles. Et je dois dire que la plupart des critiques qu’il pointe sont bien vues. En effet, l’intrigue est des plus légères, le dessin n’est pas exempt de défauts, et surtout l’énorme différence en termes d’architecture et d’avancée culturelle entre Bretons et Pictes (qui semblent ici vivre assez près les uns des autres, sans toutefois connaitre l’existence des autres ?) est hautement improbable.
Je serai toutefois au final un peu moins dur que lui pour évaluer cette série, dont je n’ai lu que le premier album (une histoire indépendante).
Malgré ses défauts, le dessin n’est pas si désagréable que ça (je regrette quand même les visages un peu trop joufflus de nombre de personnages).
Quant à l’histoire, certes elle est minimaliste et joue sur l’entraide entre un jeune Picte (Kilt donc) et un jeune Breton pour lutter contre une grande laie. Mais cette histoire s’adresse uniquement à de très jeunes lecteurs (l’adulte peut difficilement passer outre les défauts pointés par Cassidy), et ceux-ci peuvent y trouver leur compte, oubliant les côtés folkloriques de l’ancrage historique et géographique (vue l’architecture du gigantesque château breton, on imagine être au moins au XIIIème, voire XIVème siècle, c’est-à-dire à une époque où l’Écosse est largement christianisée -et j’ai du mal à croire à une laie magique à la fois aux yeux de Bretons christianisés et de Pictes semble-t-il encore païens), et la résolution bien trop facile des antagonismes.
L’album ne fait qu’une trentaine de pages, et c’est dommage. Une dizaine de pages supplémentaires auraient sans doute permis de mieux étoffer l’intrigue, et de développer un cadre plus acceptable.
Note réelle (à l’aune du jeune lectorat visé) 2,5/5.
Un one-shot qui ne m'a pas du tout captivé. Il faut dire que je ne suis pas un fan du catch, mais je pense que c'est surtout que ce type de récit ne m'intéresse plus trop.
J'ai vraiment l'impression que ce comics a été fait sous l'influence des shonen de bastons parce qu'on retrouve des codes et des clichés de ce genre à commencé par le personnage principal marqué par la disparition d'un parent et qui veut reprendre son flambeau. Alors d'accord pour une fois cela concerne des personnages féminins, mais cela ne suffit pas à que je trouve cela orignal.
Alors oui les scènes de combats son dynamique et très bien dessiné, sauf que comme je ne me suis attaché à aucun des personnages, cela a fait en sorte que je n'ai pas ressenti de tension parce qu'à aucun moment j'avais peur qu'il arrive quelque chose de mal à un personnage que j'aimais. C'est donc une suite de combats avec des personnages qui me laissaient indifférent et donc j'étais indifférent à ce qui se passait.
En gros, c'est un délire de l'auteur et je ne pas rentré dedans malgré un bon dessin. C’était pas un album pour moi.
"Fade" est le mot qui me vient à l'esprit pour qualifier ce 1er épisode (s'il y en a d'autres). Pourtant, il y avait de quoi faire une aventure fun et amusante avec pareils personnages (surtout Seccotine et le Comte) et pareille base champignonesque, mais tout tombe à plat, plouf, y compris les apparitions de Gaston. On a franchement envie de baffer tout le monde, y compris Spirou (inexistant) et Fantasio (brassant du vent), tant c'est plat et mouuu.
L'avis de Josq pourrait être le mien. À trop vouloir être sans angle, sans aspérité, on finit par tout vider de sa substance.
Pourtant, avec un personnage comme Seccotine, il y avait de quoi bien faire. Son créateur, le pauvre Franquin, doit se retourner dans sa tombe :(
Il y avait moyen de faire une belle montagne, les auteurs ont accouché d'un monticule...
PS : je mets un "bof" car je n'ai pas envie d'être trop méchant, bien que j'ai la sinistre impression de pouvoir faire mieux que les 2 auteurs.
Mouais. Je n’ai pas vraiment été convaincu par cette série.
Elle joue sur différents registres, aucun ne m’ayant satisfait. Le premier cycle amène du fantastique, notre héros alternant passé et présent, passant de façon brutale le plus souvent des années 1980 à celles de l’occupation nazie de la Belgique durant la Seconde guerre mondiale. Le rythme est lent (le texte peu abondant sur ce cycle accentue un sentiment de vide) et l’histoire peu passionnante.
Par la suite le fantastique s’efface, et on tombe dans une sorte de polar/thriller un peu plus bavard, mais qui ne m’a pas du tout intéressé : l’échange entre Jaunes et un apparatchik tchèque venant donner une conférence en Belgique durant la guerre froide m’est apparu hautement improbable (comme souvent dans ce type d’intrigue, c’est peu crédible), et décousue (je n’ai pas tout saisi – peut-être en partie parce que je me détachait de l’histoire), et j’ai fini par survoler les deux derniers albums.
Bucquoy a pas mal côtoyé les milieux anars et surréalistes belges, et on le sent à plusieurs moments. D’abord Jaunes lui-même se définit comme très à gauche, et le premier cycle dénonce les collabos belges rexistes. Ensuite dans le deuxième cycle, Bucquoy dénonce les magouilles des politiciens très droitistes, et aussi – et surtout – la famille royale. Fait avec plus de finesse et avec une intrigue plus intéressante, j’aurais volontiers suivi cette dénonciation au vitriol, mais là j’avais déjà été mis de côté.
Le dessin de Tito est assez daté, un peu figé pour les personnages (mieux réussi je trouve pour les décors), mais reste encore très lisible, et pas désagréable. La colorisation, souvent terne et un peu « passée » à certains moments donne un rendu moyen. Mais tout ceci s’améliore clairement au fil des tomes, et le deuxième cycle (à partir du quatrième album) est bien meilleur dans ce domaine.
Après Freddie l'Arrangeur, Delcourt publie un autre court délire de Garth Ennis (à la limite, on aurait pu mettre les deux one-shot dans le même album) et j'ai moins aimé que Freddie.
Comme c'est une histoire courte, une quarantaine de pages, je savais dès le départ que cela n'allait pas être un récit profond, mais je m'attendais à au moins un récit divertissant et au final j'ai trouvé que c'était peu intéressant. L'idée de départ, les bébés sont transformés en adulte, n'est pas bien utilisée. Ça se résume vite à des scènes de catastrophes qui semblent sortir de n'importe quel film d'horreur quelconque. Les personnages sont banals, il y a juste la voisine acariâtre qui est pas mal. Elle a droit aux meilleurs dialogues du récit et elle est le seul élément un peu divertissant de ce one-shot. La fin est convenue et bâclée.
Heureusement que ça se lit vite, mais ça s'oublie aussi facilement.
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Les Âges perdus
Un récit post-apocalypse de plus, un genre qui peut avoir du potentiel, mais ici ça ne m’a pas convaincu. Le postulat de départ ? Une apocalypse – sous forme de comètes destructrices – anéantit quasiment toute vie sur Terre. Nous sommes ensuite projetés quelques milliers d’années plus tard. Et rapidement quelque chose cloche. Car, comme souvent, l’intrigue est bancale, et le degré de « régression » des humains est mal maîtrisé, et ici peu crédible : ils sont retournés à une vie préhistorique, ont tout oublié des connaissances humaines, y compris l’agriculture (dont la « redécouverte » constitue un des sels de l’histoire). Peu crédible selon moi, surtout que par ailleurs ils semblent maîtriser la métallurgie (si j’en crois leurs armes en métal). Et vers la fin du premier tome, lorsqu’un protagoniste exhibe quelques feuillets de manuscrits enluminés du moyen-âge, c’est encore moins crédible (ils auraient survécu à l’air libre durant des milliers d’années, en ayant préalablement résisté aux incendies de « l’apocalypse » !???), surtout que notre personnage « préhistorique » semble comprendre ce qui est présenté sur ces feuillets (de façon écrite ou implicite !?). Trop d’invraisemblances et de facilités donc pour pouvoir entrer sereinement dans l’histoire. Je vais d’ailleurs chipoter, mais alors que l’apocalypse est censée s’être déroulée à la fin du Xème siècle, un des feuillets représentés page 34 du premier tome montre une miniature que je connais bien, datant du XIVème siècle… Par la suite on quitte ce qui reste de l’Angleterre pour rejoindre le « continent », et là aussi les ruines parfaitement conservées des maisons de « Lutecia » (bizarre, car au Xème siècle la ville ne s’appelait déjà plus comme ça – indépendamment du fait qu’il parait incroyable que son nom ait traversé les millénaires pour atteindre des populations sans écriture) – y compris des parties en bois (on retrouve par la suite d’autres ruines qu’on dirait abandonnées depuis quelques années seulement…) défient l’entendement. Et dans le troisième album, je n’ai pas compris le décalage qui pouvait exister entre la cité du Roi-Taon et d’autres espaces (comme Anglia, mais pas que), la « régression » historique ayant connu de gros écarts entre régions ! Un troisième album où la question de l’agriculture – et de l’élevage – revient au premier plan, après avoir été totalement oubliée… Avec l’apparition du peuple des Hommes-Cerfs dans le deuxième tome, cela bascule de plus en plus dans une sorte de fantasy/fantastique (et je pense que l’intrigue aurait dû s’y concentrer, oubliant l’ancrage historique foireux). Seuls les trois premiers tomes étaient disponibles dans ma médiathèque. Je ne connais donc pas la conclusion de cette histoire. Mais, si elle est dynamique et rythmée, elle souffre de trop de fragilités scénaristiques. Et du coup, j’ai moins de regret de rester sans conclusion.
La Chevaleresse
Héloïse, jeune fille empêchée de devenir chevalier par une société médiévale patriarcale, se fiance à Armand, promis au maniement des armes alors qu'il ne rêve que de dessin, afin d'échanger discrètement leurs rôles et de vivre enfin selon leurs aspirations. Utiliser un cadre médiéval pour interroger les rôles de genre, les injonctions sociales et la liberté de choisir sa propre voie est une idée pertinente et difficilement contestable, qui a d'ailleurs déjà été explorée avec succès ces dernières années dans des albums comme Peau d'Homme par exemple. Cet album tente à son tour de s'emparer de ces thématiques à travers une histoire d'échange de rôles, avec une héroïne passionnée par le combat dans un monde qui ne laisse aucune place à ce type d'ambition féminine. Mais son principal problème vient de la manière dont tout cela est mis en scène. Très rapidement, j'ai eu l'impression de lire une histoire assez adolescente, qui empile des intentions très contemporaines sans vraiment se soucier de crédibilité historique, ni même parfois de sa propre logique interne. Dès le postulat de départ, j'avais du mal à croire que leur échange de rôles puisse fonctionner ne serait-ce que plus de quelques minutes, et pourtant le scénario le traite comme une évidence sans jamais vraiment questionner les limites très concrètes d'un tel plan. Plus globalement, l'écriture m'a semblé assez immature, avec une vision du monde souvent très binaire : les hommes sont fréquemment réduits à des figures brutales, guerrières ou obtuses (à l'exception de rares personnages plus artistes ou marginaux), tandis que les femmes incarnent plus volontiers la sensibilité, l'ouverture d'esprit ou les victimes d'un système patriarcal écrasant. L'intention est claire, mais l'ensemble manque de nuance et donne l'impression d'un scénario écrit pour valider des idées déjà établies plutôt que pour construire des personnages réellement complexes. La romance m'a également paru assez téléphonée, avec un côté roman adolescent très calibré dans sa manière d'aborder l'ouverture d'esprit, la liberté identitaire et les relations entre personnages. Là encore, les thèmes abordés sont légitimes, mais tout va trop vite et manque de naturel pour me convaincre émotionnellement. Côté dessin, c'est plus contrasté. J'ai trouvé certaines planches assez jolies, notamment grâce à une colorisation douce qui crée une belle ambiance, mais le trait m'a aussi semblé irrégulier, avec parfois des visages ou des anatomies un peu maladroits et des décors assez vides. Ce n'est donc pas une BD dénuée de qualités, notamment pour un lectorat adolescent qui pourra facilement adhérer à son message d'émancipation et de tolérance. Mais en ce qui me concerne, j'ai surtout eu le sentiment d'une lecture trop démonstrative, qui manque de subtilité, de maturité narrative et de vraisemblance pour pleinement fonctionner. Note : 2,5/5
La Mare au diable
Un album qui m'a déçu parce le résumé est pas du tout ce que l'on retrouve dans la BD ! Je m'attendais à un petit conte sympathique rempli de créatures fantastiques et au final... ben il y a du fantastique, mais qui sert à rien dans le récit et qu'on aurait pu éliminer sans problème. Il faut dire que c'est adapté librement d'un roman que je n'ai pas lu, mais de ce que j'ai lu sur internet il ne semble pas avoir grand chose de fantastique dans l'œuvre originale. C'est une bête histoire d'amour entre un jeune veuf et une jeune fille et cela ne m'aurait pas dérangé si au moins c'était bien fait, mais j'ai trouvé que c'était banal et froid. Je ne me suis pas du tout attaché aux personnages et à leur histoire. Il faut dire aussi que c'était les débuts de VoRo et cela se voit au dessin qui est très inégal et fait souvent amateur. Les débuts d'un auteur qui fera mieux par la suite. Un péché de jeunesse à l'intérêt très limité en ce qui me concerne.
Docteur Jekyll & Mister Hyde
Je ne connaissais pas encore Mattotti et j'espérais trouver une adaptation plus consensuelle du célèbre roman de R. L. Stevenson. Cependant, il s'agit d'une succession de tableaux expressionnistes, bons pour être exposés dans une galerie. C'est de l'art, oui, mais cela laisse beaucoup à désirer en tant que bande dessinée. Ce fut un choc pour lequel je n'étais pas préparé.
Gon
J’ai lu les tomes 1 et 3, et je pense que ça va me suffire. En effet, par-delà quelques petits changements de lieux et de bestioles, c’est quand même assez répétitif ! Très vite lu, et pas toujours captivant ! Je me demande d’ailleurs à qui s’adresse cette série. Classée en Ados/adultes, j’ai quand même l’impression que c’est du tout public qui vise avant tout un jeune lectorat, si j’en crois les petits questionnaires – vraiment riquiqui – qui clôturent chaque chapitre, pour présenter – de façon ultra succincte – une ou deux espèces animales croisées par Gon dans le chapitre précédemment lu. Le point fort de la série, c’est le dessin de Tanaka. Son trait réaliste, en Noir et Blanc, est vraiment très chouette, expressif, précis, et agréable. Mais pour ce qui est des histoires elles-mêmes, ça m’a laissé sur ma faim. Le fait qu’on n’ait aucune explication sur la présence de ce bébé T-rex au milieu d’une faune contemporaine passe encore, mais ensuite, une fois acquise cette idée, ça se répète, et je ne sais pas comment on peut lire 7 albums entiers sur le même format !? Il y a quand même quelques passages qui m’ont davantage plu. D’abord toujours grâce au dessin, et la mimique de Gon donne des passages amusants, lorsqu’il essaye de copier ce qu’il voit (sans contrôler sa force) : voir ce que donne le barrage qu’il construit en copiant les castor… De même, j’ai trouvé amusant le récit où il rend dingue – c’est le cas de le dire – un dingo. Mais voilà, l’auteur s’est fait plaisir, il balade son T-rex dans tous les coins de la planète, celui-ci croisant donc des animaux très variés, s’incrustant partout, comme un gamin gaffeur, avec une force énorme (et sa grosse bouille est souvent drôle à voir). Mais ce plaisir ne se renouvèle pas assez selon moi.
Kilt le Picte
Comme souvent, les avis de Cassidy sont enlevés, tranchés, et douloureusement drôles. Et je dois dire que la plupart des critiques qu’il pointe sont bien vues. En effet, l’intrigue est des plus légères, le dessin n’est pas exempt de défauts, et surtout l’énorme différence en termes d’architecture et d’avancée culturelle entre Bretons et Pictes (qui semblent ici vivre assez près les uns des autres, sans toutefois connaitre l’existence des autres ?) est hautement improbable. Je serai toutefois au final un peu moins dur que lui pour évaluer cette série, dont je n’ai lu que le premier album (une histoire indépendante). Malgré ses défauts, le dessin n’est pas si désagréable que ça (je regrette quand même les visages un peu trop joufflus de nombre de personnages). Quant à l’histoire, certes elle est minimaliste et joue sur l’entraide entre un jeune Picte (Kilt donc) et un jeune Breton pour lutter contre une grande laie. Mais cette histoire s’adresse uniquement à de très jeunes lecteurs (l’adulte peut difficilement passer outre les défauts pointés par Cassidy), et ceux-ci peuvent y trouver leur compte, oubliant les côtés folkloriques de l’ancrage historique et géographique (vue l’architecture du gigantesque château breton, on imagine être au moins au XIIIème, voire XIVème siècle, c’est-à-dire à une époque où l’Écosse est largement christianisée -et j’ai du mal à croire à une laie magique à la fois aux yeux de Bretons christianisés et de Pictes semble-t-il encore païens), et la résolution bien trop facile des antagonismes. L’album ne fait qu’une trentaine de pages, et c’est dommage. Une dizaine de pages supplémentaires auraient sans doute permis de mieux étoffer l’intrigue, et de développer un cadre plus acceptable. Note réelle (à l’aune du jeune lectorat visé) 2,5/5.
Do a powerbomb !
Un one-shot qui ne m'a pas du tout captivé. Il faut dire que je ne suis pas un fan du catch, mais je pense que c'est surtout que ce type de récit ne m'intéresse plus trop. J'ai vraiment l'impression que ce comics a été fait sous l'influence des shonen de bastons parce qu'on retrouve des codes et des clichés de ce genre à commencé par le personnage principal marqué par la disparition d'un parent et qui veut reprendre son flambeau. Alors d'accord pour une fois cela concerne des personnages féminins, mais cela ne suffit pas à que je trouve cela orignal. Alors oui les scènes de combats son dynamique et très bien dessiné, sauf que comme je ne me suis attaché à aucun des personnages, cela a fait en sorte que je n'ai pas ressenti de tension parce qu'à aucun moment j'avais peur qu'il arrive quelque chose de mal à un personnage que j'aimais. C'est donc une suite de combats avec des personnages qui me laissaient indifférent et donc j'étais indifférent à ce qui se passait. En gros, c'est un délire de l'auteur et je ne pas rentré dedans malgré un bon dessin. C’était pas un album pour moi.
Seccotine
"Fade" est le mot qui me vient à l'esprit pour qualifier ce 1er épisode (s'il y en a d'autres). Pourtant, il y avait de quoi faire une aventure fun et amusante avec pareils personnages (surtout Seccotine et le Comte) et pareille base champignonesque, mais tout tombe à plat, plouf, y compris les apparitions de Gaston. On a franchement envie de baffer tout le monde, y compris Spirou (inexistant) et Fantasio (brassant du vent), tant c'est plat et mouuu. L'avis de Josq pourrait être le mien. À trop vouloir être sans angle, sans aspérité, on finit par tout vider de sa substance. Pourtant, avec un personnage comme Seccotine, il y avait de quoi bien faire. Son créateur, le pauvre Franquin, doit se retourner dans sa tombe :( Il y avait moyen de faire une belle montagne, les auteurs ont accouché d'un monticule... PS : je mets un "bof" car je n'ai pas envie d'être trop méchant, bien que j'ai la sinistre impression de pouvoir faire mieux que les 2 auteurs.
Jaunes
Mouais. Je n’ai pas vraiment été convaincu par cette série. Elle joue sur différents registres, aucun ne m’ayant satisfait. Le premier cycle amène du fantastique, notre héros alternant passé et présent, passant de façon brutale le plus souvent des années 1980 à celles de l’occupation nazie de la Belgique durant la Seconde guerre mondiale. Le rythme est lent (le texte peu abondant sur ce cycle accentue un sentiment de vide) et l’histoire peu passionnante. Par la suite le fantastique s’efface, et on tombe dans une sorte de polar/thriller un peu plus bavard, mais qui ne m’a pas du tout intéressé : l’échange entre Jaunes et un apparatchik tchèque venant donner une conférence en Belgique durant la guerre froide m’est apparu hautement improbable (comme souvent dans ce type d’intrigue, c’est peu crédible), et décousue (je n’ai pas tout saisi – peut-être en partie parce que je me détachait de l’histoire), et j’ai fini par survoler les deux derniers albums. Bucquoy a pas mal côtoyé les milieux anars et surréalistes belges, et on le sent à plusieurs moments. D’abord Jaunes lui-même se définit comme très à gauche, et le premier cycle dénonce les collabos belges rexistes. Ensuite dans le deuxième cycle, Bucquoy dénonce les magouilles des politiciens très droitistes, et aussi – et surtout – la famille royale. Fait avec plus de finesse et avec une intrigue plus intéressante, j’aurais volontiers suivi cette dénonciation au vitriol, mais là j’avais déjà été mis de côté. Le dessin de Tito est assez daté, un peu figé pour les personnages (mieux réussi je trouve pour les décors), mais reste encore très lisible, et pas désagréable. La colorisation, souvent terne et un peu « passée » à certains moments donne un rendu moyen. Mais tout ceci s’améliore clairement au fil des tomes, et le deuxième cycle (à partir du quatrième album) est bien meilleur dans ce domaine.
Kids (Ennis)
Après Freddie l'Arrangeur, Delcourt publie un autre court délire de Garth Ennis (à la limite, on aurait pu mettre les deux one-shot dans le même album) et j'ai moins aimé que Freddie. Comme c'est une histoire courte, une quarantaine de pages, je savais dès le départ que cela n'allait pas être un récit profond, mais je m'attendais à au moins un récit divertissant et au final j'ai trouvé que c'était peu intéressant. L'idée de départ, les bébés sont transformés en adulte, n'est pas bien utilisée. Ça se résume vite à des scènes de catastrophes qui semblent sortir de n'importe quel film d'horreur quelconque. Les personnages sont banals, il y a juste la voisine acariâtre qui est pas mal. Elle a droit aux meilleurs dialogues du récit et elle est le seul élément un peu divertissant de ce one-shot. La fin est convenue et bâclée. Heureusement que ça se lit vite, mais ça s'oublie aussi facilement.