Pour moi encore un exemple de conclusion ratée qui vient détruire ce qui semblait être une très bonne BD.
Notre histoire se déroule dans un monde postapocalyptique où l'essentiel de la planète est à priori invivable, et se déroule au début dans un parc d'attraction abandonné/désaffecté consacré au Japon médiéval, où des robots-samourai se livrent encore et toujours à des duels pour un public qui n'existe plus.
Un jeune garçon et son père, poursuivis par des mercenaires, se réfugient dans le parc. Le père se fera rapidement assassiner par les poursuivants, mais le fils sera protégé par certains des robots sur place, dont celui surnommé Yojimbot, qui donne son nom à la série.
Les robots ne parlent pas, il s'agit donc d'une œuvre à base avant tout visuelle et muette.
Les 2 premiers tomes sont franchement brillants. Cette absence de dialogue (seul le garçon parle) est une idée assez géniale, car elle renforce l'aspect visuelle et scénique.
A partir du tome 3, les humains jouent un rôle beaucoup plus important, le cadre posé commence à se fissurer, mais cela reste potable. Ce d'autant qu'il se termine sur un cliffhanger qui laisse pantois.
Le tome 4, conclusif (la série n'est donc pas "en cour", mais bien terminée), pourrit tout. Le cadre là s'effondre... On change de décor, les robots sont assez secondaires, on apprend que + ou - tout ce qu'on nous avait raconté avant sur ce monde postapo était bidon, les révélations sont enchaînées (voire torchées) en quelques pages (surtout sur le cliffhanger du tome 3), sur le mode "haha, c'était un piège, on vous a bien eu"...Cela devient relativement imbuvable et on se demande à la dernière page "tout ça pour ça?".
Mouais. Il y a peut-être de bonnes intentions derrière cet album (qui alterne commentaires off avec uniquement du texte, et passages avec phylactères). Mais je ne l’ai clairement trouvé ni bon ni intéressant – indépendamment du fait qu’il s’adresse avant tout à un lectorat bien plus jeune que moi.
La narration est bien trop naïve, manichéenne, et la fin m'est apparue bâclée – la confiscation du portable de la jeune héroïne (on parle ici de gamin d’une douzaine d’années) parvient quasi instantanément à résoudre tous les problèmes de la gamine (scolaire, amoureux - la bonne nouvelle arrive d'ailleurs via un SMS..., familiaux).
Le scénario est bien trop édifiant, presque autant qu’une publication de patronage d’il y a un siècle.
Je rejoins l'avis précédent et j'ajoute qu'en plus je n'aime pas trop le dessin. C'est le style réaliste froid, sans saveur et sans âme comme on en voit trop dans les comics modernes. Je pense que je n'aurais jamais lu cette série s'il n'y avait pas le nom de Garth Ennis sur la couverture.
Alors Garth Ennis est un scénariste (trop) prolifique qui est capable du meilleur comme du pire. Celle-ci n'est pas parmi les plus mauvaises qu'il ait faites, mais ce n'est pas terrible. En effet, le début est pas trop mal. Il y a un bon mystère qui donne envie de savoir la suite. Sauf que si le premier tome est d'un niveau correct, on finit par se perdre dans le tome 2 qui est inutilement complexe. Je me demande même si Ennis lui-même serait capable de bien comprendre ce qui est vrai et ce qui est faux.
Une série vraiment pas terrible au final, malgré un bon départ.
Mouais. Voilà un album qui ne m’a pas convaincu. La déception est d’autant plus grande que je l’avais emprunté – au hasard certes – après être tombé sur cette belle couverture, intrigante, qui me laissait entrevoir de chouettes planches, un peu comme pour « Contes mécaniques ».
Sur ce point graphique, ça tient l’essentiel de ses promesses. Malnati nous propose en effet quelques chouettes personnages, mêlant parties métalliques, esprit steampunk et décors victoriens. Je suis moins intéressé par les personnages de sauterelles avec de gros yeux.
Mais, après un très long prologue (près du tiers de l’album quand même !?), j’ai été rapidement et complètement perdu par l’intrigue, la foule de personnages. Au point qu’au bout d’un moment, j’ai survolé certains passages, me contentant de regarder les beaux dessins.
Ce que j’ai saisi du propos est a priori louable (le tout mécanique, l’artificiel, face à la nature et au bonheur), mais manque aussi de nuance.
Le ramage ne vaut pas le plumage.
Note réelle 2,5/5.
Le dessin met en exergue la beauté des corps masculins et du décor Renaissance, mais est-ce que cela suffit ? Tout dépend des goûts de chacun, disons qu'on peut lire ça à la limite mais investir là-dedans, s'encombrer voire relire : non ! La réalité historique passe par perte et profits, légende dorée et légendes noires se valent. J'aimerais qu'on montre des personnages tout à la fois possédés par leur croyance et le sexe, vu que c'est le cas de la plupart des gens à l'époque. L'esprit de domination des dominants serait un plus… Et tout cela ne veut pas dire qu'il n'y ait pas d'amour, l'être humain étant complexe. Mais il y a une chose simple, basique, pour faire une explosion intellectuelle et artistique, la concurrence, entre cités grecques dans l'Antiquité, et italiennes à la Renaissance. De ce point de vue, la contenu des croyances, païennes ou chrétiennes, est absolument anecdotique. Bref, ici on est dans un livre d'images dynamique comme dans Les Borgia, a dit quelqu'un sauf que c'est mieux dessiné. Si on veut être vraiment dans l'esprit de la Renaissance, il y a une série de manga à propos de César Borgia qui est parfaite.
Je suis d’accord avec Pol pour dire que la première histoire est celle qui est la plus intéressante. Malheureusement la suite ne m’a jamais réellement captivé.
En effet, on a quand même l’impression de lire des fonds de tiroirs, des idées jetées en l’air et rattrapées par un copain, mais qui n’ont pas été développées (deux histoires sont même hyper courtes, et m’ont un temps fait croire qu’elles constituaient un simple chapitre d’un ensemble plus conséquent, mais non, il faut s’en contenter.
L’ensemble est hétéroclite, même si la présence assez récurrente de squelettes permet de justifier une petite unité, et le titre du recueil. Un arrière-plan médiéval (plus ou moins historique ou fantastique), mâtiné de Fantasy sur certains récits : il y a quelques bouts d’idées, mais c’est le plus souvent frustrant et décevant.
Quant au dessin de Mignola, on reconnait sa patte, mais, là aussi, j’ai trouvé que c’était un service minimum qui nous était proposé. C’est assez minimaliste au niveau des détails. Lisible, mais peu emballant. La colorisation de Steward accentue le côté « brut » et le côté ébauche de ces récits.
Une lecture qui m’a laissé sur ma faim.
Note réelle 2,5/5.
Une série qui n’est jamais parvenu à me captiver. Pourtant, elle pouvait avoir quelques atouts, avec ces barbouzes qui écument s’étripent dans toute l’Europe au temps de la guerre d’Algérie. Du thriller politique en arrière-plan, des coups foirés en veux-tu en voilà.
Mais voilà justement, j’en voulais plus. Car l’intrigue est franchement trop linéaire, manque de consistance. Elle ne se résume le plus souvent qu’en une succession d’assassinats, de vengeance. Là où Lautner apporter de l’humour à ce type de scénario répétitif sans profondeur, ici rien du tout, c’est sérieux, et ennuyeux.
On ne s’attache pas non plus aux personnages, et l’intrigue ne leur donne ni profondeur ni crédibilité.
Quant au dessin, je n’en suis pas vraiment fan. Des défauts, et un rendu – les visages en particulier, mais aussi certaines postures – qui ne m’a pas convenu.
La belle déception que voilà !
BD sur les thématiques du désir féminin et de la chasse aux sorcières dont le traitement laisse assez songeur. Cette BD officiellement érotique (qui ne l'est dans les faits pas) nous propose un discours véritablement réactionnaire. La "sorcière" y mériterait son traitement, a minima pour avoir succombé (uniquement dans ses rêves) à des fantasmes charnels. Qui plus est avec une figure proche du Diable légitimant pleinement le procès en sorcellerie. Le conjoint est tout pardonné de condamner sa propre épouse, tout harassé qu'il est de "servir Dieu" et de "protéger les hommes". L'amoralité de la meilleure amie qui trahit pour se sauver révèle moins une perfidie intéressante dramatiquement que les faiblesses de l'intrigue un temps policière.
On pense à "Eyes wide shut" de Kubrick pour cet emballement autour de simples rêves, à la jolie BD L'Imprimerie du diable pour cette confrontation entre représentant de l'inquisition et femme supposée sorcière, mais l'on n'atteint nullement le niveau et l'intérêt de ces fictions-là.
L'Amérique réactionnaire nous surprendra toujours. Sa manière d'adopter faussement les discours et thématiques progressistes pour mieux disperser son fiel n'est nullement machiavélique et intelligente, mais simplement risible sinon pathétique.
Eh bien moi, je n’ai pas vraiment aimé cette lecture. Ça n’est pas parce qu’un sujet est sensible, et parce que les auteurs défendent une cause qui parait « juste », que le lecteur doit absolument tout accepter – sur le fond et sur la forme. Les deux m’ont clairement laissé de côté.
En fait le côté graphique peut passer, mais ça n’est pas ma tasse de thé.
C’est ailleurs que le bât blesse selon moi. En fait, c’est un album qui relève d’une propagande maladroite qui, voulant défendre son point de vue (l’Ukraine est malmenée depuis très longtemps par la Russie), en oublie de rendre intéressante la narration, mais surtout de ne pas tomber dans les travers reprochés à « l’ennemi ».
Tout étant montré sous le seul prisme manichéen d’une Ukraine martyrisée par son voisin russe, on en oublie donc tout ce qui pourrait aller à l’encontre du « roman national » pour ne pas dire nationaliste. Exit donc la corruption des élites ukrainiennes après la fin de l’URSS. De la même façon, faire des Cosaques des précurseurs de la résistance et du nationalisme ukrainien est une réécriture de l’Histoire plus que maladroite. De la même façon, la présentation du Rus de Kiev comme uniquement ukrainienne est anachronique (cela concerne tout autant les actuels Biélorusse ou les Russes, et l’album n’évoque pas l’origine Viking de cette entité).
Pour revenir à l’époque proche, évacuer les ingérences étrangères (américaines en tête) dans les récents événements (manifestations de « Maïdan » par exemple est dommageable.
Bref, la souffrance des Ukrainiens est réelle (et comme un fil rouge nous suivons certains d’entre eux qui cherchent à se protéger des bombes tombant sur les civils), Poutine est sans aucun doute un salaud (mais il a de la concurrence !), mais lorsque j’ai emprunté – au hasard – cet album, je m’attendais à une présentation plus équilibrée et honnête de la situation. Déjà le sous-titre pose problème : la « longue guerre avec la Russie du moyen-âge à nos jours » oriente l’album de façon rétroactive et imprécise. C’est comme si on titrait un album « la longue guerre entre la France et l’Allemagne de Charlemagne à nos jours », faisant fi de la réalité historique et géographique ancienne, qui ne correspond pas à ce qui est celle que nous connaissons aujourd’hui.
Bref, vous l’avez compris, il y a là une réticence intellectuelle de ma part qui m’empêche d’apprécier cet album.
2.5
L'histoire où on va voir le Joker faire son gros plan final avant de mourir de son cancer incurable ! Bon vu que ça date de 2001 et que depuis le Joker a fait au minimum un billion d'appariation dans les comics, vous vous doutez qu'il ne va pas vraiment mourir. L'important est qu'au moins c'est divertissant et malheureusement ce n'est pas trop le cas.
J'avais un peu d'espoir que ça soit très bon parce que le scénario principal, Chuck Dixon, a fait de très bonnes histoires de Batman incluant plusieurs avec le Joker, mais là je pense que c'est sa moins bonne utilisation du Joker jusqu'à présent. Il faut dire que c'est un gros crossover alors on a droit à tous les défauts des crossovers de comics de super-héros: pleins de personnages dont la plupart servent à rien, on a droit en français qu'au épisodes principaux alors il y a des trucs qui se passent hors-champs et il faut aller lire les comics originaux en anglais pour avoir tout l'histoire et le pire est qu'il y a tellement de scènes d'actions non-stop qu'à la longue cela devient épuisant à lire, comme si on regardait un film d'action en accéléré.
Même si c'était une simple histoire de Batman, je ne pense pas que j'aurais adoré parce que le plan principal du Joker est d'utiliser son poison sur tous les méchants afin qu'ils deviennent comme lui et si le Joker est marrant en un seul exemplaire, voir une bonne centaine de méchants agir et parler comme lui devient vite énervant. Il reste quelques bons moments et j'ai bien aimé comment on utilise certains personnages, mais la plupart du temps on dirait un mauvais blockbuster.
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Yojimbot
Pour moi encore un exemple de conclusion ratée qui vient détruire ce qui semblait être une très bonne BD. Notre histoire se déroule dans un monde postapocalyptique où l'essentiel de la planète est à priori invivable, et se déroule au début dans un parc d'attraction abandonné/désaffecté consacré au Japon médiéval, où des robots-samourai se livrent encore et toujours à des duels pour un public qui n'existe plus. Un jeune garçon et son père, poursuivis par des mercenaires, se réfugient dans le parc. Le père se fera rapidement assassiner par les poursuivants, mais le fils sera protégé par certains des robots sur place, dont celui surnommé Yojimbot, qui donne son nom à la série. Les robots ne parlent pas, il s'agit donc d'une œuvre à base avant tout visuelle et muette. Les 2 premiers tomes sont franchement brillants. Cette absence de dialogue (seul le garçon parle) est une idée assez géniale, car elle renforce l'aspect visuelle et scénique. A partir du tome 3, les humains jouent un rôle beaucoup plus important, le cadre posé commence à se fissurer, mais cela reste potable. Ce d'autant qu'il se termine sur un cliffhanger qui laisse pantois. Le tome 4, conclusif (la série n'est donc pas "en cour", mais bien terminée), pourrit tout. Le cadre là s'effondre... On change de décor, les robots sont assez secondaires, on apprend que + ou - tout ce qu'on nous avait raconté avant sur ce monde postapo était bidon, les révélations sont enchaînées (voire torchées) en quelques pages (surtout sur le cliffhanger du tome 3), sur le mode "haha, c'était un piège, on vous a bien eu"...Cela devient relativement imbuvable et on se demande à la dernière page "tout ça pour ça?".
La Vie sans portable
Mouais. Il y a peut-être de bonnes intentions derrière cet album (qui alterne commentaires off avec uniquement du texte, et passages avec phylactères). Mais je ne l’ai clairement trouvé ni bon ni intéressant – indépendamment du fait qu’il s’adresse avant tout à un lectorat bien plus jeune que moi. La narration est bien trop naïve, manichéenne, et la fin m'est apparue bâclée – la confiscation du portable de la jeune héroïne (on parle ici de gamin d’une douzaine d’années) parvient quasi instantanément à résoudre tous les problèmes de la gamine (scolaire, amoureux - la bonne nouvelle arrive d'ailleurs via un SMS..., familiaux). Le scénario est bien trop édifiant, presque autant qu’une publication de patronage d’il y a un siècle.
A walk through Hell - Une promenade en Enfer
Je rejoins l'avis précédent et j'ajoute qu'en plus je n'aime pas trop le dessin. C'est le style réaliste froid, sans saveur et sans âme comme on en voit trop dans les comics modernes. Je pense que je n'aurais jamais lu cette série s'il n'y avait pas le nom de Garth Ennis sur la couverture. Alors Garth Ennis est un scénariste (trop) prolifique qui est capable du meilleur comme du pire. Celle-ci n'est pas parmi les plus mauvaises qu'il ait faites, mais ce n'est pas terrible. En effet, le début est pas trop mal. Il y a un bon mystère qui donne envie de savoir la suite. Sauf que si le premier tome est d'un niveau correct, on finit par se perdre dans le tome 2 qui est inutilement complexe. Je me demande même si Ennis lui-même serait capable de bien comprendre ce qui est vrai et ce qui est faux. Une série vraiment pas terrible au final, malgré un bon départ.
Un Battement d'aile de papillon
Mouais. Voilà un album qui ne m’a pas convaincu. La déception est d’autant plus grande que je l’avais emprunté – au hasard certes – après être tombé sur cette belle couverture, intrigante, qui me laissait entrevoir de chouettes planches, un peu comme pour « Contes mécaniques ». Sur ce point graphique, ça tient l’essentiel de ses promesses. Malnati nous propose en effet quelques chouettes personnages, mêlant parties métalliques, esprit steampunk et décors victoriens. Je suis moins intéressé par les personnages de sauterelles avec de gros yeux. Mais, après un très long prologue (près du tiers de l’album quand même !?), j’ai été rapidement et complètement perdu par l’intrigue, la foule de personnages. Au point qu’au bout d’un moment, j’ai survolé certains passages, me contentant de regarder les beaux dessins. Ce que j’ai saisi du propos est a priori louable (le tout mécanique, l’artificiel, face à la nature et au bonheur), mais manque aussi de nuance. Le ramage ne vaut pas le plumage. Note réelle 2,5/5.
Le Pape Terrible
Le dessin met en exergue la beauté des corps masculins et du décor Renaissance, mais est-ce que cela suffit ? Tout dépend des goûts de chacun, disons qu'on peut lire ça à la limite mais investir là-dedans, s'encombrer voire relire : non ! La réalité historique passe par perte et profits, légende dorée et légendes noires se valent. J'aimerais qu'on montre des personnages tout à la fois possédés par leur croyance et le sexe, vu que c'est le cas de la plupart des gens à l'époque. L'esprit de domination des dominants serait un plus… Et tout cela ne veut pas dire qu'il n'y ait pas d'amour, l'être humain étant complexe. Mais il y a une chose simple, basique, pour faire une explosion intellectuelle et artistique, la concurrence, entre cités grecques dans l'Antiquité, et italiennes à la Renaissance. De ce point de vue, la contenu des croyances, païennes ou chrétiennes, est absolument anecdotique. Bref, ici on est dans un livre d'images dynamique comme dans Les Borgia, a dit quelqu'un sauf que c'est mieux dessiné. Si on veut être vraiment dans l'esprit de la Renaissance, il y a une série de manga à propos de César Borgia qui est parfaite.
Le Carnaval des cadavres
Je suis d’accord avec Pol pour dire que la première histoire est celle qui est la plus intéressante. Malheureusement la suite ne m’a jamais réellement captivé. En effet, on a quand même l’impression de lire des fonds de tiroirs, des idées jetées en l’air et rattrapées par un copain, mais qui n’ont pas été développées (deux histoires sont même hyper courtes, et m’ont un temps fait croire qu’elles constituaient un simple chapitre d’un ensemble plus conséquent, mais non, il faut s’en contenter. L’ensemble est hétéroclite, même si la présence assez récurrente de squelettes permet de justifier une petite unité, et le titre du recueil. Un arrière-plan médiéval (plus ou moins historique ou fantastique), mâtiné de Fantasy sur certains récits : il y a quelques bouts d’idées, mais c’est le plus souvent frustrant et décevant. Quant au dessin de Mignola, on reconnait sa patte, mais, là aussi, j’ai trouvé que c’était un service minimum qui nous était proposé. C’est assez minimaliste au niveau des détails. Lisible, mais peu emballant. La colorisation de Steward accentue le côté « brut » et le côté ébauche de ces récits. Une lecture qui m’a laissé sur ma faim. Note réelle 2,5/5.
Du côté de l'enfer
Une série qui n’est jamais parvenu à me captiver. Pourtant, elle pouvait avoir quelques atouts, avec ces barbouzes qui écument s’étripent dans toute l’Europe au temps de la guerre d’Algérie. Du thriller politique en arrière-plan, des coups foirés en veux-tu en voilà. Mais voilà justement, j’en voulais plus. Car l’intrigue est franchement trop linéaire, manque de consistance. Elle ne se résume le plus souvent qu’en une succession d’assassinats, de vengeance. Là où Lautner apporter de l’humour à ce type de scénario répétitif sans profondeur, ici rien du tout, c’est sérieux, et ennuyeux. On ne s’attache pas non plus aux personnages, et l’intrigue ne leur donne ni profondeur ni crédibilité. Quant au dessin, je n’en suis pas vraiment fan. Des défauts, et un rendu – les visages en particulier, mais aussi certaines postures – qui ne m’a pas convenu.
Somna
La belle déception que voilà ! BD sur les thématiques du désir féminin et de la chasse aux sorcières dont le traitement laisse assez songeur. Cette BD officiellement érotique (qui ne l'est dans les faits pas) nous propose un discours véritablement réactionnaire. La "sorcière" y mériterait son traitement, a minima pour avoir succombé (uniquement dans ses rêves) à des fantasmes charnels. Qui plus est avec une figure proche du Diable légitimant pleinement le procès en sorcellerie. Le conjoint est tout pardonné de condamner sa propre épouse, tout harassé qu'il est de "servir Dieu" et de "protéger les hommes". L'amoralité de la meilleure amie qui trahit pour se sauver révèle moins une perfidie intéressante dramatiquement que les faiblesses de l'intrigue un temps policière. On pense à "Eyes wide shut" de Kubrick pour cet emballement autour de simples rêves, à la jolie BD L'Imprimerie du diable pour cette confrontation entre représentant de l'inquisition et femme supposée sorcière, mais l'on n'atteint nullement le niveau et l'intérêt de ces fictions-là. L'Amérique réactionnaire nous surprendra toujours. Sa manière d'adopter faussement les discours et thématiques progressistes pour mieux disperser son fiel n'est nullement machiavélique et intelligente, mais simplement risible sinon pathétique.
Ukraine
Eh bien moi, je n’ai pas vraiment aimé cette lecture. Ça n’est pas parce qu’un sujet est sensible, et parce que les auteurs défendent une cause qui parait « juste », que le lecteur doit absolument tout accepter – sur le fond et sur la forme. Les deux m’ont clairement laissé de côté. En fait le côté graphique peut passer, mais ça n’est pas ma tasse de thé. C’est ailleurs que le bât blesse selon moi. En fait, c’est un album qui relève d’une propagande maladroite qui, voulant défendre son point de vue (l’Ukraine est malmenée depuis très longtemps par la Russie), en oublie de rendre intéressante la narration, mais surtout de ne pas tomber dans les travers reprochés à « l’ennemi ». Tout étant montré sous le seul prisme manichéen d’une Ukraine martyrisée par son voisin russe, on en oublie donc tout ce qui pourrait aller à l’encontre du « roman national » pour ne pas dire nationaliste. Exit donc la corruption des élites ukrainiennes après la fin de l’URSS. De la même façon, faire des Cosaques des précurseurs de la résistance et du nationalisme ukrainien est une réécriture de l’Histoire plus que maladroite. De la même façon, la présentation du Rus de Kiev comme uniquement ukrainienne est anachronique (cela concerne tout autant les actuels Biélorusse ou les Russes, et l’album n’évoque pas l’origine Viking de cette entité). Pour revenir à l’époque proche, évacuer les ingérences étrangères (américaines en tête) dans les récents événements (manifestations de « Maïdan » par exemple est dommageable. Bref, la souffrance des Ukrainiens est réelle (et comme un fil rouge nous suivons certains d’entre eux qui cherchent à se protéger des bombes tombant sur les civils), Poutine est sans aucun doute un salaud (mais il a de la concurrence !), mais lorsque j’ai emprunté – au hasard – cet album, je m’attendais à une présentation plus équilibrée et honnête de la situation. Déjà le sous-titre pose problème : la « longue guerre avec la Russie du moyen-âge à nos jours » oriente l’album de façon rétroactive et imprécise. C’est comme si on titrait un album « la longue guerre entre la France et l’Allemagne de Charlemagne à nos jours », faisant fi de la réalité historique et géographique ancienne, qui ne correspond pas à ce qui est celle que nous connaissons aujourd’hui. Bref, vous l’avez compris, il y a là une réticence intellectuelle de ma part qui m’empêche d’apprécier cet album.
Joker - Les derniers jours d'un clown
2.5 L'histoire où on va voir le Joker faire son gros plan final avant de mourir de son cancer incurable ! Bon vu que ça date de 2001 et que depuis le Joker a fait au minimum un billion d'appariation dans les comics, vous vous doutez qu'il ne va pas vraiment mourir. L'important est qu'au moins c'est divertissant et malheureusement ce n'est pas trop le cas. J'avais un peu d'espoir que ça soit très bon parce que le scénario principal, Chuck Dixon, a fait de très bonnes histoires de Batman incluant plusieurs avec le Joker, mais là je pense que c'est sa moins bonne utilisation du Joker jusqu'à présent. Il faut dire que c'est un gros crossover alors on a droit à tous les défauts des crossovers de comics de super-héros: pleins de personnages dont la plupart servent à rien, on a droit en français qu'au épisodes principaux alors il y a des trucs qui se passent hors-champs et il faut aller lire les comics originaux en anglais pour avoir tout l'histoire et le pire est qu'il y a tellement de scènes d'actions non-stop qu'à la longue cela devient épuisant à lire, comme si on regardait un film d'action en accéléré. Même si c'était une simple histoire de Batman, je ne pense pas que j'aurais adoré parce que le plan principal du Joker est d'utiliser son poison sur tous les méchants afin qu'ils deviennent comme lui et si le Joker est marrant en un seul exemplaire, voir une bonne centaine de méchants agir et parler comme lui devient vite énervant. Il reste quelques bons moments et j'ai bien aimé comment on utilise certains personnages, mais la plupart du temps on dirait un mauvais blockbuster.