Bon… que dire ?
Le postulat de base n'est pas mauvais, est même plein de potentiel : une rencontre entre une réalité froide et du fantastique, une communauté 100% féminine se protégeant d'assauts de créatures bien mystérieuses, des histoires de clans aux traditions fortes, du saphisme au centre du récit, le tout dans un enrobage de western. Cela peut sonner fouillis, mais avouez que l'on est a minima intrigué par la chose, non ?
Le problème, malheureusement, c'est que cela ne sortira pas plus du postulat que je viens de vous faire. Enfin, si, je suis mauvaise langue, il y a tout de même le travail graphique qui, bien que souvent figé au niveau des expressions, n'est pas inintéressant et quelques passages emprunts d'une certaine poésie que je reconnais, mais c'est tout. L'œuvre est floue. On ne sait rien, rien sur les mystères, rien sur les origines concrètes de ces terres (si ce n'est deux flashbacks ne nous en apprenant finalement plus sur la génération précédente que sur le passé réel de la région), rien non plus sur le propos de l'œuvre.
La lecture m'a laissée tout du long perdue, comme incapable de comprendre une métaphore qui serait pourtant bien là sous mes yeux. Est-ce qu'il faut voir dans cette communauté féminine se protégeant des assauts de créatures masculines un propos féministe ? Peut-être, en tout cas c'est le seul semblant de piste de lecture qui m'a paru crédible à la fin de l'album. Mais même sous cet angle l'œuvre reste pauvre car il n'y a pas réellement de propos, en tout cas rien de clair. On referme l'album la tête pleine de questions, mais pas car l'album nous aurait nécessairement poussé à ladite réflexion par la mise en avant d'une problématique ou d'un propos revendicateur, simplement parce que l'on a le sentiment sincère que rien ne nous a été expliqué, comme si l'on avait assisté à un récit nécessitant des connaissances au préalable qui ne nous avaient pas été fournies.
Étrange et frustrant.
Dommage car, encore une fois, la base pouvait promettre du bon.
Voici le récit d’une lecture laborieuse malgré le trait de Thomas Legrain que j’adore.
D’entrée de jeu je suis assez déçu par une narration confuse et un manque de fluidité. L’histoire se complique. Qui fait quoi ? Qui est contre qui ? Qui sont ces méchams ? Cela se transforme rapidement en un casse-tête. Je fais des allers et des retours constants pour comprendre et avancer dans ma lecture. Les situations sont confuses. Une gymnastique intellectuelle qui, loin d’enrichir l’expérience, finit par lasser.
Le choix des noms, volontairement tirés vers la science-fiction, relève davantage du gadget que d’une réelle nécessité narrative. Ces appellations saugrenues, censées ajouter une touche d’originalité, ne font qu’alourdir la compréhension et brouillent les pistes. Au lieu de servir l’immersion, elles créent une distance artificielle avec l’histoire, comme si les auteurs avaient sacrifié la clarté sur l’autel d’un style prétentieux.
Rien ne coule de source dans cet album : ni les dialogues, ni les transitions, ni même la progression des événements. On a l’impression de suivre un puzzle mal assemblé, où chaque pièce résiste à l’emboîtement. Seuls les dessins de Thomas Legrain, dynamiques et expressifs, parviennent à sauver partiellement l’ensemble. Son trait, à la fois précis et énergique, offre un répit visuel bienvenu dans ce fouillis scénaristique.
Après avoir achevé le tome 1 avec difficulté, la perspective de plonger dans le tome 2 ne suscite en moi aucun enthousiasme. Quand la lecture devient une corvée, mieux vaut savoir s’arrêter. Dommage, car le potentiel graphique était là… mais une BD, aussi belle soit-elle, ne peut se contenter de son apparence pour convaincre. Ma note ? 2 étoiles – À réserver aux inconditionnels du style de Legrain, ou aux amateurs de défis narratifs (masochistes ?).
J’avais plutôt bien aimé le travail d’Igor et Boccère lorsque je l’avais découvert avec Chambre 121. « Voyage en profondeurs » est une publication antérieure, des histoires courtes publiées sur plusieurs années dans la revue espagnole Kiss Comix. Dans un texte de présentation il est précisé que beaucoup de choses étaient improvisées. Cela se sent.
Le dessin est un peu brouillon, moins affirmé que ce l’auteur (aux deux pseudos…) fera par la suite. Mais bon, il est globalement lisible.
Les histoires jouent sur des clins d’œil appuyés à quelques grandes œuvres littéraires – de Verne à Swift – dans un esprit qui se veut potache. Hélas, les traits d’humour tombent souvent à plat, les dialogues sont moins réussis que pour la Chambre 121. Et du coup ne reste qu’une longue suite de scènes de cul : le début est significatif, puisque le héros « force » (même si elle ne se défendent que mollement et peu de temps) deux femmes.
L’humour étant soit absent soit lourdingue ou raté, les péripéties m’ont ensuite peu intéressé, les scènes de sexe étant moyennement réussies elles aussi.
Quelques passages amusants, quelques scènes mieux réussies que d’autres, mais une lecture qui ne m’a pas vraiment captivé.
Je pense que j'ai de la difficulté avec Mathieu Bablet, un auteur que plusieurs trouve remarquable, mais qui la plupart du temps ponds des œuvres qui me semblent au mieux correct du niveau du scénario.
Parce que oui au niveau du dessin cela sort du lot. Il y a de très belles trouvailles graphiques, la mise en scène est magistrale....Honnêtement je vois les efforts qu'accomplit cet auteur dans chacune de ses œuvres et je voudrais bien le récompenser en mettant plus d'étoiles, mais voilà ça ne serait pas honnête au niveau de ce que j'ai ressenti en tenant compte du scénario. Je pense qu'ici c'est son album qui m'a le moins accroché. J'ai pas trouvé que cette univers futuriste ce détachait du lot de tous ces futurs apocalyptiques que j'ai vu en fiction jusqu'à présent et les personnages ne m'ont pas trop intéressé ainsi que leurs préoccupations.
Je crois que c'est mon gros problème avec Bablet: au niveau de la technique, c'est irréprochable, mais lorsqu'il s'agit de me transmettre des émotions, ça fonctionne moins. C'est trop froid. En plus, le scénario est un peu long. Heureusement qu'il y a des scènes avec peu ou pas du tout de textes. J'avais tout de même pensé mettre 3 étoiles parce qu'il y a quelques trucs pas trop mal, mais je me suis tout de même ennuyé durant une bonne partie du récit, j'ai du rependre l'album deux fois pour le finir et lorsque je l'ai enfin fini j'ai eu un peu l'impression d'avoir perdu mon temps.
A mi-chemin entre l’ouvrage sociologique et la comédie romantique, « Sex Friends » nous plonge dans l’univers des réseaux de rencontre en ligne, où le sexe semble désormais être entré dans l’ère du prêt-à-consommer, à toute heure et en tout lieu. Avec des applis de dating telles que Tinder, Hinge (renommée ici Cinder et Tinge), Chatroulette (plus orienté porn) et autre Pure, la jeunesse actuelle en quête de l’âme sœur scrolle, like et « swipe » compulsivement les profils. Oublié le romantisme gnan-gnan de l’époque des darons, à chaque profil correspond une appli, et désormais on peut baiser juste pour le fun, sans l’arrière-pensée d’une relation durable, avec la garantie minimale de ne pas tomber sur un pervers narcissique. Mais résumer la question en quelques lignes ne suffira pas à résumer le contenu de cette bande dessinée.
Le livre débute sur une rupture : une jeune femme, Fanny, reçoit un SMS de sa copine Olga lui annonçant qu’elle la largue, pour la bloquer ensuite. Le problème, c’est que Fanny n’a pas du tout la même conception des relations amoureuses, et qu’elle fait la distinction entre amour et sexe. Elle est accro à « Cinder », son « supermarché de l’amour », tout en restant pourtant folle amoureuse d’Olga, qui elle recherche une « fidélité » un peu désuète. Autour de cette histoire vont venir se greffer d’autres personnages : la collègue de Fanny, Félicie, qui a un certain appétit sexuel mais rêve au fond d’elle du grand amour, et Marius, le bon pote prof de philo au look de caillera. Tout cela donne lieu à des discussions centrées autour de la drague sur apps. La jeune femme, qui tient également un blog sous le pseudo « Devilish », distille ses réflexions sur ces nouvelles pratiques qui ponctuent le livre.
A travers le blog de Fanny, le sujet abordé est vaste et plutôt intéressant, nourrissant la réflexion du lecteur. A l’attention des boomers qui pourraient se désoler de la disparition de la drague à l’ancienne, il est notamment rappelé que le « dating » n’est pas si nouveau, remontant « aux premières agences de rencontre », souvent accusées de mercantilisme…
S’il est une critique à émettre vis-à-vis de cet ouvrage, elle relèverait plutôt de la construction narrative, quelque peu brouillonne. Paradoxalement, les conversations sont souvent oiseuses, et l’enchaînement des situations désordonné voire frénétique, ne permettant pas de saisir aisément les ressorts de l’intrigue (si on peut parler d’intrigue) et générant un certain désintérêt pour cette lecture. Les abondants phylactères et e-phylactères (peut-on appeler ça comme ça quand il s’agit de textos ?) ne sont pas tant le problème que leur manque de lisibilité (une police blanche sur fond rose pâle, c’est pas top) ou leur incohésion.
De plus, la partition graphique ne sert guère le propos. Que ce soit pour dessin ou le découpage, rien n’est vraiment satisfaisant ici. Si le choix d’une approche minimaliste semble approprié, on est moins séduit par les expressions des personnages, qui se veulent à certains moments comiques sans y parvenir. Les visages sont plutôt laids et parfois difficiles à identifier, ce qui ne contribue pas à la bonne compréhension du récit. Peut-être aurait-il mieux valu traiter la question dans un format purement documentaire…
Malgré son intérêt sociologique, « Sex Friend » dans sa conception s’avère décevant. C’est dommage, car le sujet méritait sans doute mieux. Glisser le mot « sexe » dans le titre suffira peut-être pour attirer l’attention du public, mais à l’évidence, l’équilibre entre le propos et la narration fait ici défaut pour convaincre pleinement. Et si le sexe sur apps n’était pas aussi ébouriffant qu’on pourrait le croire ? C’est peut-être le message du livre, finalement…
Cela fait un petit moment que j'ai lu cet album, et vu mon ressenti, je réalise que j'avais même oublié d'en rédiger un avis...
Je vais suivre le ressenti des précédents aviseurs, ce n'est pas avec ce thriller moyenâgeux qu'on va arriver à la cheville d'un Conan Doyle ou d'un Umberto Ecco, comme comparé en 4e de couverture.
Si c'est un plaisir de retrouver le trait et l'encrage sombre de Charlie Adlard dans un registre qui change forcément de Walking Dead, l'enquête que nous suivons, scénarisée par Robbie Morrison, est relativement plate. Je n'ai jamais ressenti de tension ou de réelle empathie pour les personnages, et l'histoire déroule sans susciter de réelles émotions.
Alors oui c'est bien dessiné dans ce noir et blanc qui colle très bien au contexte, mais l'histoire peine à impliquer ou immerger le lecteur, comme dans tout bon thriller qui se respecte.
Mouais. Gros bof me concernant.
Je trouve que cette collection, qui surfe sur des récits de genre, peine à sortir du tout-venant.
Mais ici, Bec ne s’est vraiment pas foulé ! En effet, il y a quand même une belle accumulation des poncifs du genre. Les gros plans sur les araignées, les serpents, le puma, etc. surjouent les dangers de la jungle (qui sont présentés et rappelé plusieurs fois au début dans des dialogues un peu lourdingues et prétextes). Le crash de l’avion a laissé quelques survivants, qui sont là, comme dans un mauvais film américain, pour disparaitre brusquement, sans que jamais leur personnalité ne soit réellement développée, tout reste superficiel.
Et les facilités ne sont pas rares. Les narcotrafiquants qui n’avaient même pas entendu apparemment le crash, et tombent par hasard sur l’hôtesse… Une hôtesse dont je n’ai absolument pas compris (ou cru) le modus operandi de sa « vengeance ».
Quant aux dialogues, ils ne planent eux non plus pas très haut, hélas.
Bref, ce sous téléfilm ne m’a jamais convaincu ou intéressé.
J'ai terminé aujourd'hui la lecture du deuxième volume. J'ai aimé les dessins, comme c'est souvent le cas avec Manara. Mais je n'arrive pas à laisser tomber le roman et même le film. Ce sont trois objets différents et j'aime beaucoup les avoir chez moi. Je me suis beaucoup amusé avec le témoignage de J. J. Annaud à la fin de l'œuvre! Pourtant, le sentiment d'un manque ne m'abandonne pas : U. Eco était un grand écrivain (philosophe aussi) et il y a de la perte en toutes ces adaptations...
P. S. Je vais lire le roman, encore une fois, et j'aime bien plus les dessins de Manara en noir et blanc.
La couverture m'avait immédiatement fait penser à Footballeur du dimanche, album de Tronchet qui avait su me toucher par sa sincérité et une vraie émotion, alors même que le sujet ne me parlait pas du tout. J'espérais retrouver cette même sensibilité ici, appliquée au vélo. Malheureusement, j'ai eu l'impression inverse : là où l'un était incarné, intime et plein de sensibilité, ce nouvel album m'a semblé impersonnel et démonstratif.
Le principe est simple : une succession de gags et de réflexions autour de la pratique du vélo, érigé en art de vivre face à la voiture, présentée comme l'ennemi par excellence. Sur le papier, pourquoi pas, j'apprécie le vélo sans toutefois pouvoir en faire souvent car j'habite loin de mon travail. Mais très vite, j'ai ressenti un côté plaqué, presque théorique. Le vélo est formidable en toutes circonstances, la voiture est dégueulasse, bruyante, agressive, peuplée de conducteurs hystériques. La comparaison m'a semblé forcée, voire malhonnête : on met face à face deux moyens de transport qui ne répondent pas aux mêmes besoins. Oui, le vélo a de vrais atouts, surtout en milieu urbain ou pour des balades de plaisir, mais cela ne couvre pas toutes les situations du quotidien, et tout le monde ne vit pas en centre-ville. Or ici, cette supériorité est posée comme une évidence indiscutable.
Graphiquement, on est dans du Tronchet pur jus : un trait souple, immédiatement reconnaissable avec d'agréables couleurs. Cela se lit facilement, et certaines pages m'ont arraché un sourire. Mais l'humour est inégal et, surtout, j'ai vite eu le sentiment que les idées tournaient en rond. Le manichéisme m'a particulièrement gêné : les cyclistes sont du côté du bon sens et de la douceur, les automobilistes incarnent la bêtise et la brutalité. Je suis bien d'accord que la voiture pollue et est dangereuse, tandis que le vélo est bon pour la santé et la planète, mais là encore on ne compare pas la réponse aux mêmes besoins. Et à la longue, cela m'a donné l'impression d'une caricature militante un peu simpliste.
Là où j'espérais retrouver l'émotion sincère d'un auteur parlant de ce qu'il aime, j'ai surtout lu un plaidoyer à charge, répétitif et trop binaire. Un album qui ne m'a ni touché ni vraiment amusé, et qui m'a globalement laissé sur le bord de la route.
Je ne suis pas amateur de bière, et je dois reconnaître que le sujet ne me parle absolument pas. Je me doutais déjà que cela pourrait compliquer la lecture, mais je ne pensais pas à ce point. L'album enchaîne détournements de contes (Petit Poucet, Belle au bois dormant), pastiches historiques et brèves de comptoir, le tout décliné en gags courts, strips, historiettes et même chansons illustrées autour de la sacro-sainte mousse.
Graphiquement, Philippe Bercovici reste fidèle à lui-même : un trait caricatural, jeté, lisible et efficace. Même si je ne suis pas fan, il n'y a rien à redire de ce côté-là, le dessin fait le travail.
En revanche, côté humour, je suis complètement passé à côté. Aucun gag ne m'a fait rire. Certains m'ont même laissé franchement circonspect, au point que je me suis demandé où se trouvait la chute censée être drôle. L’humour tourne beaucoup autour de l'ivresse, des excès et des jeux de mots liés à la bière ; sans affinité avec le thème, difficile d'adhérer. J'ai eu l’impression d'un enchaînement de blagues faciles, parfois prévisibles, souvent plates. À la limite, les pages qui associent chaque type de boisson à un style musical m'ont arraché un léger sourire : l'idée était simple mais un peu plus inspirée que le reste.
Ce fut une lecture très laborieuse pour moi. Peut-être que les amateurs de bières et d'humour de comptoir y trouveront leur compte, mais en ce qui me concerne, le sujet ne m'intéressait pas et les gags n'ont jamais réussi à compenser cela.
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Les Maudites
Bon… que dire ? Le postulat de base n'est pas mauvais, est même plein de potentiel : une rencontre entre une réalité froide et du fantastique, une communauté 100% féminine se protégeant d'assauts de créatures bien mystérieuses, des histoires de clans aux traditions fortes, du saphisme au centre du récit, le tout dans un enrobage de western. Cela peut sonner fouillis, mais avouez que l'on est a minima intrigué par la chose, non ? Le problème, malheureusement, c'est que cela ne sortira pas plus du postulat que je viens de vous faire. Enfin, si, je suis mauvaise langue, il y a tout de même le travail graphique qui, bien que souvent figé au niveau des expressions, n'est pas inintéressant et quelques passages emprunts d'une certaine poésie que je reconnais, mais c'est tout. L'œuvre est floue. On ne sait rien, rien sur les mystères, rien sur les origines concrètes de ces terres (si ce n'est deux flashbacks ne nous en apprenant finalement plus sur la génération précédente que sur le passé réel de la région), rien non plus sur le propos de l'œuvre. La lecture m'a laissée tout du long perdue, comme incapable de comprendre une métaphore qui serait pourtant bien là sous mes yeux. Est-ce qu'il faut voir dans cette communauté féminine se protégeant des assauts de créatures masculines un propos féministe ? Peut-être, en tout cas c'est le seul semblant de piste de lecture qui m'a paru crédible à la fin de l'album. Mais même sous cet angle l'œuvre reste pauvre car il n'y a pas réellement de propos, en tout cas rien de clair. On referme l'album la tête pleine de questions, mais pas car l'album nous aurait nécessairement poussé à ladite réflexion par la mise en avant d'une problématique ou d'un propos revendicateur, simplement parce que l'on a le sentiment sincère que rien ne nous a été expliqué, comme si l'on avait assisté à un récit nécessitant des connaissances au préalable qui ne nous avaient pas été fournies. Étrange et frustrant. Dommage car, encore une fois, la base pouvait promettre du bon.
M-A-D
Voici le récit d’une lecture laborieuse malgré le trait de Thomas Legrain que j’adore. D’entrée de jeu je suis assez déçu par une narration confuse et un manque de fluidité. L’histoire se complique. Qui fait quoi ? Qui est contre qui ? Qui sont ces méchams ? Cela se transforme rapidement en un casse-tête. Je fais des allers et des retours constants pour comprendre et avancer dans ma lecture. Les situations sont confuses. Une gymnastique intellectuelle qui, loin d’enrichir l’expérience, finit par lasser. Le choix des noms, volontairement tirés vers la science-fiction, relève davantage du gadget que d’une réelle nécessité narrative. Ces appellations saugrenues, censées ajouter une touche d’originalité, ne font qu’alourdir la compréhension et brouillent les pistes. Au lieu de servir l’immersion, elles créent une distance artificielle avec l’histoire, comme si les auteurs avaient sacrifié la clarté sur l’autel d’un style prétentieux. Rien ne coule de source dans cet album : ni les dialogues, ni les transitions, ni même la progression des événements. On a l’impression de suivre un puzzle mal assemblé, où chaque pièce résiste à l’emboîtement. Seuls les dessins de Thomas Legrain, dynamiques et expressifs, parviennent à sauver partiellement l’ensemble. Son trait, à la fois précis et énergique, offre un répit visuel bienvenu dans ce fouillis scénaristique. Après avoir achevé le tome 1 avec difficulté, la perspective de plonger dans le tome 2 ne suscite en moi aucun enthousiasme. Quand la lecture devient une corvée, mieux vaut savoir s’arrêter. Dommage, car le potentiel graphique était là… mais une BD, aussi belle soit-elle, ne peut se contenter de son apparence pour convaincre. Ma note ? 2 étoiles – À réserver aux inconditionnels du style de Legrain, ou aux amateurs de défis narratifs (masochistes ?).
Voyage en profondeurs
J’avais plutôt bien aimé le travail d’Igor et Boccère lorsque je l’avais découvert avec Chambre 121. « Voyage en profondeurs » est une publication antérieure, des histoires courtes publiées sur plusieurs années dans la revue espagnole Kiss Comix. Dans un texte de présentation il est précisé que beaucoup de choses étaient improvisées. Cela se sent. Le dessin est un peu brouillon, moins affirmé que ce l’auteur (aux deux pseudos…) fera par la suite. Mais bon, il est globalement lisible. Les histoires jouent sur des clins d’œil appuyés à quelques grandes œuvres littéraires – de Verne à Swift – dans un esprit qui se veut potache. Hélas, les traits d’humour tombent souvent à plat, les dialogues sont moins réussis que pour la Chambre 121. Et du coup ne reste qu’une longue suite de scènes de cul : le début est significatif, puisque le héros « force » (même si elle ne se défendent que mollement et peu de temps) deux femmes. L’humour étant soit absent soit lourdingue ou raté, les péripéties m’ont ensuite peu intéressé, les scènes de sexe étant moyennement réussies elles aussi. Quelques passages amusants, quelques scènes mieux réussies que d’autres, mais une lecture qui ne m’a pas vraiment captivé.
Silent Jenny
Je pense que j'ai de la difficulté avec Mathieu Bablet, un auteur que plusieurs trouve remarquable, mais qui la plupart du temps ponds des œuvres qui me semblent au mieux correct du niveau du scénario. Parce que oui au niveau du dessin cela sort du lot. Il y a de très belles trouvailles graphiques, la mise en scène est magistrale....Honnêtement je vois les efforts qu'accomplit cet auteur dans chacune de ses œuvres et je voudrais bien le récompenser en mettant plus d'étoiles, mais voilà ça ne serait pas honnête au niveau de ce que j'ai ressenti en tenant compte du scénario. Je pense qu'ici c'est son album qui m'a le moins accroché. J'ai pas trouvé que cette univers futuriste ce détachait du lot de tous ces futurs apocalyptiques que j'ai vu en fiction jusqu'à présent et les personnages ne m'ont pas trop intéressé ainsi que leurs préoccupations. Je crois que c'est mon gros problème avec Bablet: au niveau de la technique, c'est irréprochable, mais lorsqu'il s'agit de me transmettre des émotions, ça fonctionne moins. C'est trop froid. En plus, le scénario est un peu long. Heureusement qu'il y a des scènes avec peu ou pas du tout de textes. J'avais tout de même pensé mettre 3 étoiles parce qu'il y a quelques trucs pas trop mal, mais je me suis tout de même ennuyé durant une bonne partie du récit, j'ai du rependre l'album deux fois pour le finir et lorsque je l'ai enfin fini j'ai eu un peu l'impression d'avoir perdu mon temps.
Sex Friends - Comment (bien) rater sa vie amoureuse à l’ère du numérique
A mi-chemin entre l’ouvrage sociologique et la comédie romantique, « Sex Friends » nous plonge dans l’univers des réseaux de rencontre en ligne, où le sexe semble désormais être entré dans l’ère du prêt-à-consommer, à toute heure et en tout lieu. Avec des applis de dating telles que Tinder, Hinge (renommée ici Cinder et Tinge), Chatroulette (plus orienté porn) et autre Pure, la jeunesse actuelle en quête de l’âme sœur scrolle, like et « swipe » compulsivement les profils. Oublié le romantisme gnan-gnan de l’époque des darons, à chaque profil correspond une appli, et désormais on peut baiser juste pour le fun, sans l’arrière-pensée d’une relation durable, avec la garantie minimale de ne pas tomber sur un pervers narcissique. Mais résumer la question en quelques lignes ne suffira pas à résumer le contenu de cette bande dessinée. Le livre débute sur une rupture : une jeune femme, Fanny, reçoit un SMS de sa copine Olga lui annonçant qu’elle la largue, pour la bloquer ensuite. Le problème, c’est que Fanny n’a pas du tout la même conception des relations amoureuses, et qu’elle fait la distinction entre amour et sexe. Elle est accro à « Cinder », son « supermarché de l’amour », tout en restant pourtant folle amoureuse d’Olga, qui elle recherche une « fidélité » un peu désuète. Autour de cette histoire vont venir se greffer d’autres personnages : la collègue de Fanny, Félicie, qui a un certain appétit sexuel mais rêve au fond d’elle du grand amour, et Marius, le bon pote prof de philo au look de caillera. Tout cela donne lieu à des discussions centrées autour de la drague sur apps. La jeune femme, qui tient également un blog sous le pseudo « Devilish », distille ses réflexions sur ces nouvelles pratiques qui ponctuent le livre. A travers le blog de Fanny, le sujet abordé est vaste et plutôt intéressant, nourrissant la réflexion du lecteur. A l’attention des boomers qui pourraient se désoler de la disparition de la drague à l’ancienne, il est notamment rappelé que le « dating » n’est pas si nouveau, remontant « aux premières agences de rencontre », souvent accusées de mercantilisme… S’il est une critique à émettre vis-à-vis de cet ouvrage, elle relèverait plutôt de la construction narrative, quelque peu brouillonne. Paradoxalement, les conversations sont souvent oiseuses, et l’enchaînement des situations désordonné voire frénétique, ne permettant pas de saisir aisément les ressorts de l’intrigue (si on peut parler d’intrigue) et générant un certain désintérêt pour cette lecture. Les abondants phylactères et e-phylactères (peut-on appeler ça comme ça quand il s’agit de textos ?) ne sont pas tant le problème que leur manque de lisibilité (une police blanche sur fond rose pâle, c’est pas top) ou leur incohésion. De plus, la partition graphique ne sert guère le propos. Que ce soit pour dessin ou le découpage, rien n’est vraiment satisfaisant ici. Si le choix d’une approche minimaliste semble approprié, on est moins séduit par les expressions des personnages, qui se veulent à certains moments comiques sans y parvenir. Les visages sont plutôt laids et parfois difficiles à identifier, ce qui ne contribue pas à la bonne compréhension du récit. Peut-être aurait-il mieux valu traiter la question dans un format purement documentaire… Malgré son intérêt sociologique, « Sex Friend » dans sa conception s’avère décevant. C’est dommage, car le sujet méritait sans doute mieux. Glisser le mot « sexe » dans le titre suffira peut-être pour attirer l’attention du public, mais à l’évidence, l’équilibre entre le propos et la narration fait ici défaut pour convaincre pleinement. Et si le sexe sur apps n’était pas aussi ébouriffant qu’on pourrait le croire ? C’est peut-être le message du livre, finalement…
Hérétique
Cela fait un petit moment que j'ai lu cet album, et vu mon ressenti, je réalise que j'avais même oublié d'en rédiger un avis... Je vais suivre le ressenti des précédents aviseurs, ce n'est pas avec ce thriller moyenâgeux qu'on va arriver à la cheville d'un Conan Doyle ou d'un Umberto Ecco, comme comparé en 4e de couverture. Si c'est un plaisir de retrouver le trait et l'encrage sombre de Charlie Adlard dans un registre qui change forcément de Walking Dead, l'enquête que nous suivons, scénarisée par Robbie Morrison, est relativement plate. Je n'ai jamais ressenti de tension ou de réelle empathie pour les personnages, et l'histoire déroule sans susciter de réelles émotions. Alors oui c'est bien dessiné dans ce noir et blanc qui colle très bien au contexte, mais l'histoire peine à impliquer ou immerger le lecteur, comme dans tout bon thriller qui se respecte.
Survival - Guna Yala
Mouais. Gros bof me concernant. Je trouve que cette collection, qui surfe sur des récits de genre, peine à sortir du tout-venant. Mais ici, Bec ne s’est vraiment pas foulé ! En effet, il y a quand même une belle accumulation des poncifs du genre. Les gros plans sur les araignées, les serpents, le puma, etc. surjouent les dangers de la jungle (qui sont présentés et rappelé plusieurs fois au début dans des dialogues un peu lourdingues et prétextes). Le crash de l’avion a laissé quelques survivants, qui sont là, comme dans un mauvais film américain, pour disparaitre brusquement, sans que jamais leur personnalité ne soit réellement développée, tout reste superficiel. Et les facilités ne sont pas rares. Les narcotrafiquants qui n’avaient même pas entendu apparemment le crash, et tombent par hasard sur l’hôtesse… Une hôtesse dont je n’ai absolument pas compris (ou cru) le modus operandi de sa « vengeance ». Quant aux dialogues, ils ne planent eux non plus pas très haut, hélas. Bref, ce sous téléfilm ne m’a jamais convaincu ou intéressé.
Le Nom de la Rose
J'ai terminé aujourd'hui la lecture du deuxième volume. J'ai aimé les dessins, comme c'est souvent le cas avec Manara. Mais je n'arrive pas à laisser tomber le roman et même le film. Ce sont trois objets différents et j'aime beaucoup les avoir chez moi. Je me suis beaucoup amusé avec le témoignage de J. J. Annaud à la fin de l'œuvre! Pourtant, le sentiment d'un manque ne m'abandonne pas : U. Eco était un grand écrivain (philosophe aussi) et il y a de la perte en toutes ces adaptations... P. S. Je vais lire le roman, encore une fois, et j'aime bien plus les dessins de Manara en noir et blanc.
Petit traité de Vélosophie
La couverture m'avait immédiatement fait penser à Footballeur du dimanche, album de Tronchet qui avait su me toucher par sa sincérité et une vraie émotion, alors même que le sujet ne me parlait pas du tout. J'espérais retrouver cette même sensibilité ici, appliquée au vélo. Malheureusement, j'ai eu l'impression inverse : là où l'un était incarné, intime et plein de sensibilité, ce nouvel album m'a semblé impersonnel et démonstratif. Le principe est simple : une succession de gags et de réflexions autour de la pratique du vélo, érigé en art de vivre face à la voiture, présentée comme l'ennemi par excellence. Sur le papier, pourquoi pas, j'apprécie le vélo sans toutefois pouvoir en faire souvent car j'habite loin de mon travail. Mais très vite, j'ai ressenti un côté plaqué, presque théorique. Le vélo est formidable en toutes circonstances, la voiture est dégueulasse, bruyante, agressive, peuplée de conducteurs hystériques. La comparaison m'a semblé forcée, voire malhonnête : on met face à face deux moyens de transport qui ne répondent pas aux mêmes besoins. Oui, le vélo a de vrais atouts, surtout en milieu urbain ou pour des balades de plaisir, mais cela ne couvre pas toutes les situations du quotidien, et tout le monde ne vit pas en centre-ville. Or ici, cette supériorité est posée comme une évidence indiscutable. Graphiquement, on est dans du Tronchet pur jus : un trait souple, immédiatement reconnaissable avec d'agréables couleurs. Cela se lit facilement, et certaines pages m'ont arraché un sourire. Mais l'humour est inégal et, surtout, j'ai vite eu le sentiment que les idées tournaient en rond. Le manichéisme m'a particulièrement gêné : les cyclistes sont du côté du bon sens et de la douceur, les automobilistes incarnent la bêtise et la brutalité. Je suis bien d'accord que la voiture pollue et est dangereuse, tandis que le vélo est bon pour la santé et la planète, mais là encore on ne compare pas la réponse aux mêmes besoins. Et à la longue, cela m'a donné l'impression d'une caricature militante un peu simpliste. Là où j'espérais retrouver l'émotion sincère d'un auteur parlant de ce qu'il aime, j'ai surtout lu un plaidoyer à charge, répétitif et trop binaire. Un album qui ne m'a ni touché ni vraiment amusé, et qui m'a globalement laissé sur le bord de la route.
Bière pour tout le monde ! ou presque...
Je ne suis pas amateur de bière, et je dois reconnaître que le sujet ne me parle absolument pas. Je me doutais déjà que cela pourrait compliquer la lecture, mais je ne pensais pas à ce point. L'album enchaîne détournements de contes (Petit Poucet, Belle au bois dormant), pastiches historiques et brèves de comptoir, le tout décliné en gags courts, strips, historiettes et même chansons illustrées autour de la sacro-sainte mousse. Graphiquement, Philippe Bercovici reste fidèle à lui-même : un trait caricatural, jeté, lisible et efficace. Même si je ne suis pas fan, il n'y a rien à redire de ce côté-là, le dessin fait le travail. En revanche, côté humour, je suis complètement passé à côté. Aucun gag ne m'a fait rire. Certains m'ont même laissé franchement circonspect, au point que je me suis demandé où se trouvait la chute censée être drôle. L’humour tourne beaucoup autour de l'ivresse, des excès et des jeux de mots liés à la bière ; sans affinité avec le thème, difficile d'adhérer. J'ai eu l’impression d'un enchaînement de blagues faciles, parfois prévisibles, souvent plates. À la limite, les pages qui associent chaque type de boisson à un style musical m'ont arraché un léger sourire : l'idée était simple mais un peu plus inspirée que le reste. Ce fut une lecture très laborieuse pour moi. Peut-être que les amateurs de bières et d'humour de comptoir y trouveront leur compte, mais en ce qui me concerne, le sujet ne m'intéressait pas et les gags n'ont jamais réussi à compenser cela.