Les derniers avis (20883 avis)

Par gruizzli
Note: 2/5
Couverture de la série Chumbo
Chumbo

Je ne connais pas du tout l'histoire du Brésil, et cette BD ne vas pas particulièrement m'aider en ce sens. Parce que sous couvert de raconter une histoire du Brésil par le prisme d'une famille, c'est avant tout l'histoire familiale qui semble prédominer dans ce récit. Matthias Lehmann veut nous faire une petite histoire inspirée par sa famille et des oncles qu'il a eu, deux versions différentes de l'histoire du Brésil alors que le pays connait un coup d’État suivi d'années de plomb durant lesquelles la répression sera violente. Mais en même temps, c'est clairement un récit qui s'en inspire seulement et veut parler d'autres choses, que ce soit avec les personnages secondaires, avec la politique qui s'invite. Et l'ensemble est un peu fourre-tout sans grand liens directeurs, ce qui est pas facile à suivre lors de la lecture. La famille de cinq enfants (deux garçons et trois filles) est le cœur du récit mais en proportion disparate : Severino se taille la première place, comme en couverture, Ramirez est plus figurant à partir de la moitié du récit, de même que sa vie qui part en vrille, tandis que les trois sœurs font de la figuration dans le fond. L'équilibre est clairement en faveur de Severino, auquel l'auteur semble accorder plus de sympathie, mais je l'ai trouvé assez vite pathétique, tandis que Ramirez n'était pas mieux. Les personnages les plus attachants au final sont les sœurs, auquel on ne donne que peu de places, ainsi que la mère qui n'est pas assez creusé non plus. Le tout repose donc sur les transformations politiques et la dictature brésilienne, là encore pas très bien abordée au final. On a d'abord un père pro-fasciste qui tente de les soudoyer pour servir ses intérêts de patrons, puis son fils dans un journal de gauche qui doit les fuir, et les opposants planqués dans la jungle qui attendent. Je ne sais pas trop quelle était la volonté de l'auteur, mais on a l'impression que l'opposition de gauche alternait entre des revendicateurs très politisés qu'on écoutait pas vraiment et des gens pas très doués d'une façon ou d'une autre, qui n'ont rien changé au cours de choses. Je ne sais pas si c'est le cas, mais l'ensemble à une drôle de tournure : Severino semble de gauche par principes mais on se demande ce qui lui fait garder ces idées, surtout lorsqu'il commence à écrire, tandis que Ramirez est un gros dragueur de droite, là encore en contradiction plus d'une fois avec ce qu'il fait. La BD fait donc assez vite retomber le soufflé politique qu'elle installe au début du récit et manque de consistance là encore sur les enjeux globaux. On est clairement sur l'histoire des personnages, à échelle humaine, mais avec des comportements parfois étrange et surtout un manque d'intérêt assez flagrant. Lorsque je trouve la plupart des personnages peu intéressants, j'ai du mal à me concentrer sur leur vie et au final la BD m'a semblé longue et parfois redondante. Les enjeux politiques s'évanouissent vite, les deux frères ne font pas grand chose et leurs sœurs subissent leurs comportements et le reste. Et puis voila, à la fin il y en a un qui est devenu écrivain célèbre et j'ai l'impression que la BD nous dit que ce n'est pas forcément une bonne chose, que lui même était plus intéressé par la gloire que par les idées de ses livres. En fait, je crois que j'ai du mal à voir où la BD veut en venir, en dehors de cette inspiration d'histoire familiale. Si c'est pour parler du Brésil de ces années-là, je n'ai pas appris grand chose si ce n'est qu'il y a eu une dictature soutenue par les États-Unis contre le Brésil, pour éviter l'invasion communiste. Mais l'idée effleuré dans la BD de l'exploitation des terres notamment celles des autochtones n'est par exemple pas plus exploitée. Il manque tout un contexte autour de la politique de ces années-là, de la répercussion de la répression au quotidien (assez peu visible). Donc qu'en tirer ? Personnellement j'ai la frustration de ne pas avoir appris grand chose politiquement parlant, le tout autour de gens que je n'ai pas plus appréciés que ça et qui forment le cœur du récit. Donc pas pour moi, quoi.

17/06/2026 (modifier)
Par Lodi
Note: 2/5
Couverture de la série La Cavale du Dr Destouches
La Cavale du Dr Destouches

Céline est avant tout un auteur, et qu'avons nous ? Ses grands textes, type Voyage au bout de la nuit ? L'abject Bagatelle pour un massacre ? Pas un extrait, rien, on doit croire sur parole que l'auteur est un génie, et se déterminer sur son cas sans rien voir à charge ou à décharge, ramené à un médecin, ce qui est un peu court… Dans ce sillage, tous les personnages sont à la fois caricaturaux, des trognes, et sans profondeur. Quand on reste dans une œuvre par désir pervers de voir à quoi elle mène, on n'est ni très satisfait de l'œuvre, ni de soi. Il faudrait s'échapper, comme le seul personnage un peu vivant de la bd, comme le chat, bondissant à travers la vitre pour retrouver son écrivain de compagnie !

17/06/2026 (modifier)
Par Vaudou
Note: 2/5
Couverture de la série Margot
Margot

Margot est ce qu'on appelle communément un nanar. Mais un nanar agréable à lire, et ce uniquement grâce au superbe dessin de Frezzato. L'auteur a un souci du détail impressionnant et réussit à rendre attractive la moindre scène banale (et Dieu sait s'il y en a beaucoup). La plastique de Margot envoie du pâté. Notre héroïne éponyme est une figure de papier glacé aux réactions désarmantes, sorte d'hybride entre une icône de Serpieri et de Tetsuo Hara. Enfin, ça, c'est au début. Ensuite, Frezzato décide de lui couper les cheveux : on passe alors de Druuna à Desireless, et c'est tout de suite moins sympa. Le scénario, lui, ne vaut pas un radis. Margot veut être actrice mais finit par rejoindre une communauté d'ouvriers du bâtiment. Ok, pourquoi pas. Comme le dit Noirdésir avant moi, rien n'est crédible dans ce récit en roue libre totale. Charyn lui-même n'y croit pas mais sait faire preuve d'autodérision, en témoigne la voix off magique qui clôt le premier tome : "Que va-t-il arriver ensuite à notre héroïne ? Elle-même ne le sait pas." En tout cas, Charyn ne le savait pas non plus quand il a écrit ça ! Le deuxième tome ne va rien arranger. Cette fois, Margot essaie de changer de métier pour ouvrir une sorte d'antenne des Restos du Cœur. Détail amusant : le récit multiplie les gros sous-entendus sur le fait que Margot se tape tous ses collègues, mais tout est traité sous forme d'ellipse. Déception... Bizarrement, je ne compte pas me séparer de cette BD. Elle a un charme unique, allez comprendre...

17/06/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 2/5
Couverture de la série Superman vs the Amazing Spider-Man - La Bataille du Siècle
Superman vs the Amazing Spider-Man - La Bataille du Siècle

Avec un titre pareil, difficile de ne pas être attiré : la rencontre entre Superman et Spider-Man représente forcément un fantasme de lecteur de comics, puisqu'il s'agit de réunir les deux plus grandes icônes de DC Comics et Marvel dans une même aventure. Paru initialement en 1976 aux USA, puis en format cartonné chez Sagédition en France en 1979, cet album a d'ailleurs une vraie importance historique puisqu'il constitue l'une des premières grandes collaborations entre les deux éditeurs. Il faut toutefois le prendre comme un véritable produit des années 70. Le très grand format (340mm de haut) et la nouvelle colorisation d'Urban Comics rendent hommage à l'objet original, et le dessin de Ross Andru possède une vraie élégance classique, avec une mise en scène claire et efficace qui a plutôt bien traversé les décennies. C'est d'ailleurs ce charme rétro qui permet de prendre un certain plaisir à la lecture. En revanche, le scénario a très mal vieilli. L'intrigue est extrêmement simple, avec des héros qui monologuent en permanence, des méchants caricaturaux, des motivations assez absurdes et une succession de situations typiques des comics de l'époque. La rencontre entre les deux héros est très artificielle ; ne cherchez pas de complication, Metropolis est simplement sur la même terre que la New York de Spiderman. Leur affrontement initial repose sur un malentendu très forcé et des réactions de colère violente auxquelles on ne croit pas un instant venant de ces personnages. Et tout le reste du récit accumule les clichés du genre : les vilains qui veulent détruire le monde, les héroïnes kidnappées, les retournements prévisibles... Tout est ultra naïf, parfois même franchement kitsch, avec une logique qui semble destinée à des lecteurs de moins de 12 ans. Certes, ce côté très daté fait aussi partie de l'intérêt de cet album. Voir Superman et Spider-Man réunis dans une même aventure conserve une vraie valeur historique et nostalgique, car il témoigne d'une époque où un tel crossover constituait encore un événement éditorial majeur. C'est donc surtout une curiosité à découvrir pour ce qu'elle représente dans l'histoire des comics et pour son élégant graphisme rétro, plus que pour la qualité de son intrigue. Le charme peut fonctionner si l'on accepte sa grande naïveté, mais personnellement j'ai eu beaucoup de mal à ne pas décrocher avant la fin.

16/06/2026 (modifier)
Couverture de la série Lowreader
Lowreader

Mouais. Voilà une série qui ne m'a pas convaincu. Je vais m'arrêter après la lecture des deux premiers recueils (six histoires en tout). En fait, c'est surtout l'habillage que j'ai trouvé intéressant. Auteurs et éditeur parviennent bien à coller au modèle des magazines cheap d'horreur ou de fantastique. Des couvertures souples, une foule de petits plus plus ou moins foutraques et intéressants entre les histoires. Mais si je me focalise sur ces histoires justement, et bien là ça m'emballe nettement moins. Là aussi on lorgne sur les récits de genre, l'ambiance, le rythme, une atmosphère plus ou moins fantastique et inquiétante. Mais les intrigues ne m'ont pas du tout accroché. Elles vont du très quelconque au sans intérêt. Quelques idées surnagent (comme ce Japonais frustré de n'attirer l'attention de personnes, et qui patiemment se fabrique une arme pour devenir une sorte d'ange exterminateur, avec comme bonne idée le fait que sa peau devienne de plus en plus translucide), mais c'est bien trop peu, et je me suis rapidement lassé. Même le dessin m'a déçu. En particulier de la part de certains auteurs habitués de l’éditeur, comme Singelin, où je n'ai pas retrouvé son trait caractéristique.

16/06/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 2/5
Couverture de la série Tales of error
Tales of error

Un recueil de très courtes histoires muettes d'horreur et d'humour noir qui évoquent les Contes de la Crypte. Chaque récit repose sur une idée simple menant à une chute macabre ou ironique. Cela se lit très vite, trop vite, et j'ai surtout eu l'impression d'attendre la dernière case pour découvrir où l'auteur voulait en venir. Malheureusement, je n'ai trouvé ni les situations particulièrement surprenantes, ni l'humour vraiment drôle. Le dessin à la carte à gratter de Thomas Ott est très reconnaissable et crée une atmosphère sombre efficace, mais ce n'est pas un style auquel je suis particulièrement sensible. Quant au format muet, il ne m'attire pas davantage. Une lecture qui se laisse parcourir sans déplaisir, mais qui m'a laissé assez indifférent.

16/06/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 2/5
Couverture de la série L'Arpenteur
L'Arpenteur

Après le crash de sa navette, un simple éboueur du futur se retrouve naufragé dans la gigantesque décharge toxique qu'est devenue la Terre et entreprend une longue marche à travers des paysages de ruines, de déchets et de pollution, tandis que son esprit vacille peu à peu. Le récit repose presque entièrement sur l'errance du personnage et sur ses réflexions intérieures, sans véritable intrigue à laquelle se raccrocher, et je n'ai jamais réussi à m'investir dans son voyage. Viktor Hachmang cherche clairement à proposer autre chose qu'un simple récit post-apocalyptique classique. Son album fonctionne davantage comme une allégorie écologique, une réflexion sur la solitude, la folie et le rapport de l'homme à une nature qu'il a détruite. Mais cette approche très symbolique et volontairement énigmatique m'a laissé à quai. J'ai bien compris qu'il y avait des références et peut-être une réinterprétation partielle de La Tempête de Shakespeare, mais connaissant mal cet ouvrage, je n'ai pas su l'apprécier ni en tirer quoi que ce soit. Une des raisons de mon rejet vient sans doute de cette narration omniprésente qui s'adresse constamment au héros en le tutoyant et qui m'a très vite agacé. Au lieu de renforcer son isolement ou sa descente progressive vers la folie, cette voix off permanente m'a surtout tenu à distance de ce qu'il vivait. Le graphisme ne m'a pas davantage séduit. Je reconnais volontiers certaines influences prestigieuses. J'ai notamment retrouvé par moments quelque chose de Katsuhiro Otomo par exemple. Mais malgré ces références perceptibles, le résultat ne m'a jamais vraiment parlé. Les couleurs sont certes originales et participent à l'identité de l'album, mais elles m'ont davantage laissé une impression de malaise visuel que d'émerveillement.

15/06/2026 (modifier)
Par Vaudou
Note: 2/5
Couverture de la série Joe Breakdown
Joe Breakdown

Cinq histoires courtes scenarisées par Abuli (Torpedo) et dessinées par Puech (Wolfram), l'association de départ était séduisante. Malheureusement Abuli était en vacances niveau écriture. L'auteur nous plonge dans les déboires de Jo, un type lambda souvent scotché au volant de sa caisse. Porté par un ton graveleux et glauque digne d'un mauvais pulp, le récit évite au moins de sombrer dans la banalité. Les dialogues sont vraiment niveau zéro, j'ai pas vu pire pour le moment. Le dessin de Puech fait très deuxième division mais possède un charme. Par contre la mise en scène fait de la peine. Je n'ai pas mis 1/5 car il y a un peu de cul gratuit et Jo peut parfois nous faire esquisser un sourire, mais ça ne rembourse pas l'achat.

15/06/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 2/5
Couverture de la série La Ville (Frans Masereel)
La Ville (Frans Masereel)

Pour l'instant, c'est album de Frans Masereel auquel j'ai le moins accroché. Il faut dire aussi qu'au lieu de suivre un personnage, on va voir ce qui arrive dans une grande ville tout le long de la même journée. Si au début il y a de l'art séquentiel avec des cases qui se suivent plus ou mois bien (par exemple, une page on voit un gros building et dans la suivante on voit l'intérieur du dit building), il y a des passages où on saute du coq à l'âne et on est à la limite de ce qu'on peut considérer comme de la BD. Mais bon les images racontent vraiment une histoire (une journée complète) et au fil des pages il y a des personnages qui reviennent (enfin, c'est l'impression que j'ai eue, les personnages de Masereel ayant un peu tendance à se ressembler un peu trop) alors on est dans une zone floue sur si c'est vraiment de la BD ou non. De toute façon, l'album ne m'a pas trop intéressé. Suivre la vie dans une ville pendant une journée est pas mal, mais le fait que tout est muet et qu'on saute vite d'un endroit à l'autre fait en sorte qu'aucun personnage n'est attachant ou qu'on prend bien le temps de développer quelque chose. Sinon, il y a un coté adulte qui m'a un peu surpris. En effet, on voit des seins nus ! Si le style de Masereel n'est pas très émoustillant, c'est rigolo de trouver des images comme ça dans un truc aussi vieux.

14/06/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 2/5
Couverture de la série L'Occupation des sols
L'Occupation des sols

Guy Delisle est décidément un auteur touche à tout qui change souvent de genre. Malheureusement, le résultat n'est pas toujours excellent et ce fut le cas ici. L'album adapte une courte nouvelle et on précise qu'il y a le texte intégral. Disons que ça se voit un peu trop. Il y a des tournures de phrases qui sonnent bien dans une œuvre littéraire et qui sonnent moins naturelles dans une BD. La présentation est simple: il y a des images et en dessous il y a du texte. Heureusement, la présentation est aérée et il y a seulement quelques phrases par case, contrairement à certains vieux illustrés du genre Les Pieds Nickelés qui mettaient des pavés en dessous des images. Lorsqu'un personnage parle, il y a une bulle...et le texte qui accompagne la case commence avec des 's'écria' ou des 'dit'. C'est bien d'être fidèle au texte, mais parfois cela donne des situations incongrues. En BD, pas besoin de préciser quand un personnage parle ! Ça fait un peu penser à tous ces albums qui adaptent des poèmes et des chansons en BD et souvent le dessin ne sert à rien. J'aime bien le style de Delisle, mais hormis donner un physique aux personnages, je ne vois pas en quoi les dessins apportent un plus à cette nouvelle. Mais bon tous ces problèmes ne m'auraient pas trop dérangé si au moins l'histoire était pas mal, mais je ne suis jamais rentré dans le récit. Je n'ai rien ressenti au cours de ma lecture hormis l'ennui, je ne me suis pas attaché aux personnages et je me foutais de tout ce qui leur arrivait. Je ne suis pas certain d'avoir très bien compris où l'auteur de la nouvelle voulait en venir avec son récit et franchement je m'en fous. Heureusement que ça se lit vite !

14/06/2026 (modifier)