Un one-shot que j'ai trouvé franchement bof.
Oui, le dessin de Claudio Castellini est beau à admirer, mais c'est à peu près la seule qualité de l'album. Heureusement d'ailleurs que Panini a publié une version en noir et blanc parce que cela permet de bien admirer le travail du dessinateur italien. Je suis allé voir sur internet à quoi ressemblait la version originale en couleur et mon dieu que c'est laid. Je pense que si Panini avait publié cette version, j'aurais surement mis 1 étoile parce que c'est limite illisible.
Sinon, le scénario imaginé par Ron Marz est creux et banal. Ça finit par virer en suites de scènes bastons entre personnages que je ne connais pas hormis le Silver Surfer qui ne m'a jamais trop attiré. Je comprends que le récit était juste une excuse pour que Castellini montre son talent, mais pour moi dans une BD le dessin ET le scénario sont important. Si tout ce qui compte s'est le dessin, autant juste acheter un artbook. Je ne vois pas trop l'intérêt de lire une bd uniquement pour le dessin, ça voudrait bien que c'est pas grave si le scénario est nul, incompréhensible ou bâclé, tout ce qui compte s'est qu'il y a des jolies cases à admirer.
Bien que j'aime posséder cet album, je reconnais qu'il intéresse surtout les vieux nostalgiques comme moi. Le terme "archives" a tout son sens : des gags sympathiques et des dessins vieillots qui capteraient difficilement aujourd'hui l'attention des jeunes. Parmi les dessins, ceux d'Uderzo se distinguent déjà, bien que Bob de Moor me plaise aussi. En revanche, Bissot ou Angenot sont vraiment très basiques. Le dossier initial est intéressant et très instructif sur le plan historique.
Bizarre cette série qui, je pense, rate sa cible. Ou, en tout cas, à vouloir jouer sur plusieurs tableaux, se perd complètement.
Suite à un accident dans une centrale nucléaire (débile, mais aux conséquences meurtrières), trois « veuves » des victimes se lancent dans une croisade pour sa fermeture. S’ensuivent alors moult péripéties, durant lesquelles sont mis en avant : l’incompétence, l’hypocrisie et l’opportunisme des hommes politiques (président, ministres), l’emballement médiatique des chaines d’info qui tournent en boucle et détournent le moindre bout de truc pour en faire du sensationnalisme, etc.
Bref, on retrouve ici des thématiques qui pourraient être louables, et intéressantes pour développer une satire de la société actuelle. Mais, hélas, très rapidement, l’intrigue se contente d’accumuler les dialogues et situations outrancières et caricaturales – sans que ce soit vraiment drôle. C’est juste lourdingue, indigeste, répétitif.
Du coup, on oublie totalement le côté satire sociale, et même le côté humoristique. Ne reste donc qu’un n’importe quoi grotesque. Sur lequel je ne reviendrai pas.
Une BD qui m'a surtout laissé perplexe. Je comprends l'intention de proposer une approche absurde et décalée de la Shoah et de l'occupation nazie en Pologne, avec des personnages grotesques ou hybrides au milieu de soldats réalistes, mais je n'ai jamais vraiment réussi à entrer dedans ni à comprendre où les auteurs voulaient m'emmener.
Le mélange entre récit historique sombre et fantaisie loufoque m'a paru forcé, parfois même arbitraire. Entre les personnages à têtes animales, le nain nazi habillé comme un magicien, les situations absurdes et une intrigue qui donne l'impression d'enchaîner des scènes sans vraie progression, j'ai surtout eu une sensation de confusion permanente. L'histoire semble commencer au milieu de quelque chose et se terminer sans véritable conclusion, avec un côté inachevé qui aurait pu être frustrant si je n'étais resté aussi indifférent au reste de l'album.
Le graphisme participe aussi beaucoup à cette impression. Ce dessin réaliste mélangé à des éléments caricaturaux ou totalement décalés m'a rappelé celui de Bloody Mary que je n'avais déjà pas apprécié. Je comprends l'originalité de son étrangeté ou de son audace visuelle, mais personnellement il m'a surtout tenu à distance du récit au lieu de renforcer son impact.
Certaines idées de mise en scène sont originales, mais j'ai trouvé l'ensemble trop nébuleux et démonstratif pour réellement me toucher. L'album donne l'impression d'utiliser l'absurde comme une fin en soi sans réussir à construire quelque chose de cohérent ou émotionnellement fort autour.
Ce n'est pas une question d'éthique, dans ce cas, c'est plus esthétique pour moi. Les dessins de Melinda Gaby, femme de Moore, sont trop moches et incohérents la plupart du temps. Le texte est trop verbeux et n'aide en rien ! Heureusement que j'ai feuilleté et lu quelques critiques avant, mais j'ai failli commander ! J'ai lu en prêt et confirmé mes craintes. Je ne donne pas la note la plus négative parce que certaines images, prises isolément, ne sont pas inintéressantes, tout comme certaines séquences : «Ombres et Lumières» est amusant.
Voilà une série qui m’a déçu. Ou plutôt dans laquelle je ne suis jamais vraiment rentré. En fait je n’ai jamais été convaincu par l’intrigue.
C’est une sorte d’uchronie mêlant fantastique et histoire (fin des année 1930 et débuts de la Seconde guerre mondiale).
La plupart des personnages ont réellement existé – la plupart liés au cinéma (allemand, américain, soviétique) – y compris l’une des « V-girls », Hedy Lamarr, il y a de très nombreuses allusions au cinéma, aux mouvements artistiques, en plus du contexte plus classique de la montée du nazisme belliqueux (et de sa recherche, via l’Ahnenerbe, de prétendus « ancêtres » des aryens).
Un mélange de deux univers, tous deux classiques. Mais à chaque fois que le fantastique intervient, au travers des « Élémentaires », ça ne fonctionne pas. Et la volonté d’ancrer ces phénomènes dans la réalité amène des passages ridiculement grotesques (voir l’analyse de Guernica, ou alors du scandale de la projection de « L’âge d’or », Picasso ou les surréalistes étant cités de façon absurde) – le deuxième tome étant le moins crédible dans ce domaine.
Le recrutement des quatre femmes liées aux « Élémentaires » est laborieux, et n’apporte pas grand-chose. Et en plus la fin de la série est franchement abrupte, expédiée, comme s’il avait fallu conclure plus vite que prévu.
Bref, une déception (je n'ai pas non plus compris l'usage de véhicules - avions, voitures, etc. au design futuriste).
2.5
Je suis dur avec cette série que j'aurais voulue aimé parce qu'il y a des choses que j'aime bien, mais bof est le sentiment que j'ai le plus ressenti durant ma lecture que j'ai d'ailleurs arrêté au cours du tome 2.
On est dans du webtoon et cela voit juste avec le dessin qui est le style qu'on retrouve souvent dans ce style de publication et qui semble inspiré par les films d'animations. On retrouve aussi des chapitres souvent un peu trop court, cela casse un peu le rythme de changer de chapitre aussi rapidement.. Sinon, l'idée de départ est pas trop mal même si le fait que le français retrouve rapidement sur le monstre qu'il chasse et qu'ils vont rapidement vivre une histoire d'amour est une grosse facilité scénaristique.
Bon, le couple est un peu mignon et j'aime bien comment le personnage autochtone n'est pas un gros stéréotype. Après une petite recherche, il semblerait que l'auteur soit français et il a clairement fait des recherches sur les peuples autochtones. Même aujourd'hui je trouve que trop souvent des auteurs européens réduisent les amérindiens en baba-colos qui ont rien d'autres à foutre de leur vie que de faire apprendre des conseils de la vie aux blancs. Ici, on voit un algonquin qui vit une vie difficile, est prit en charge par les services sociaux et qui vit difficile avec sa famille d'accueil. C'est une situation que vit beaucoup trop d'autochtones et qui est rarement traité dans la fiction.
Maintenant que j'ai dit du bien de la série, pourquoi je ne met que 2 étoiles ? Et ben c'est simple malgré tout mes efforts je ne suis jamais parvenu à rentrer dans ce récit qui est tout de même un peu trop lent. C'est pas un problème pour les premiers chapitres, c'est normal de prendre son temps pour bien introduire les personnages, mais au bout d'un moment je trouvais que ça tournais un peu en rond et lorsqu'il se passe enfin quelque chose dans le tome 2, c'était trop tard j'en avais plus rien à cirer de cette série. Un webtoon qui va plaire à certains lecteurs, mais pas moi.
Présenté par l’éditeur comme un « brillant roman noir d’entreprise signé par le duo d’auteurs le plus original de la bande dessinée italienne », l’ouvrage est clairement un ovni. En résumé, ça raconte l’histoire d’un poète méconnu qui, après avoir été repéré pour la qualité de sa calligraphie par les « agents » d’un capitaine d’industrie aux desseins mystérieux, va mal finir. L’entrepreneur, surnommé « le maître », sorte de divinité inaccessible, l’a choisi comme « l’élu » et veut absolument le rencontrer. Entretemps, le poète va tenter de s’adapter au monde kafkaïen de l’entreprise, avec ses codes étranges quasi-ésotériques dont il n’est guère familier, jusqu’au jour fatidique…
Si d’un point de vue narratif, l’ouvrage se lit facilement et reste intriguant jusqu’à la conclusion, je dois avouer mon incompréhension quant à l’épilogue, dont je ne dirai évidemment rien. Certes, on l’aura compris, c’est de la poésie et ça traite de l’absurdité du monde de l’entreprise, mais une poésie tout de même un peu absconse qui laisse le champ vaste à l’interprétation. De plus, le récit est parcouru par des anecdotes (en particulier la visite au cimetière, la fête péruvienne…) dont on saisit encore moins la pertinence et n’apportent rien à la compréhension de l’intrigue.
C’est la qualité graphique qui sauve l’ensemble sans parvenir toutefois à nous faire vraiment apprécier la lecture. Le dessin de Fulvio Risuleo est moderne et stylé, avec un très beau travail sur la couleur à l’aide de tonalités vives et harmonieuses. Cela étant, je n’ai pas saisi l’intérêt d’accompagner chaque planche de la version manuscrite des textes, incluant les ratures. Cela se veut sans doute original pour dévoiler le processus de création d’une œuvre, mais visuellement parlant, ce n’est pas très heureux… En outre, était-il vraiment nécessaire de recouvrir la couverture de ces griffonnages ? En recevant l’ouvrage dans ma boîte aux lettres, j’ai d’abord pensé qu’un petit farceur avait trouvé ça malin de les ajouter lui-même…
Mis à part ça, je ne retiendrai pas grand-chose de cette lecture, et même en me forçant, je décèle peu de subversivité dans le propos, que pourrait laisser croire la page d’introduction. Celle-ci est une affiche du salon auquel participe le narrateur, la « Nuit blanche de la poésie », point de départ du récit, puisque c’est lors d’une séance de dédicace qu’il sera repéré par les émissaires du « Maître ». Sur l’affiche en question, on peut lire comme slogan : « Des vers rebelles pour rester éveillé », le but étant de « se rappeler que la poésie est plus vivante que jamais ! ». Soit. Mais dans ce cas, il faudrait peut-être lui donner les moyens d’être un peu plus accessible… A croire finalement que poètes n’ont pas toujours raison…
Il est possible que cela plaise à un certain public, mais en ce qui me concerne, je suis un peu passé à côté…je ne voterai donc pas pour cet « élu » …
Une comédie absurde dans un restaurant d'autoroute à thème américain déserté par les clients, où une petite équipe de marginaux tente de faire survivre un rêve un peu pathétique entre burgers, astrologie et fantasmes des États-Unis des années 50.
La lecture n'est pas désagréable et l'idée de départ a une certaine originalité, autant dans son ambiance que dans ses personnages. Le dessin de Pochep fonctionne plutôt bien avec son trait caricatural et ses gueules improbables, même si l'humour m'a assez peu touché. J'ai rarement ri et je suis resté assez extérieur à l'ensemble.
Le problème principal vient surtout du fait que j'ai eu du mal à comprendre où l'auteur voulait réellement en venir. Entre satire sociale, chronique de loosers, réflexion sur les rêves ratés et nostalgie américaine, le récit donne l'impression de tourner autour de son sujet sans vraiment le développer. Il y a quelques idées et moments amusants, mais pas forcément assez pour justifier une histoire étirée sur autant de pages. J'ai lu l'album sans déplaisir, mais ça m'a laissé une impression assez vague une fois terminé.
Note : 2.5/5
Un petit recueil collectif, qui souffre comme la plupart du temps de proposer des choses éclectiques, avec une place allouée à chaque auteur pas toujours propice à de bons développements.
Je suis d’accord avec Paco sur son ressenti globalement décevant. Et aussi sur le fait que la deuxième et la quatrième histoire sont celles qui se révèlent les plus intéressantes – que ce soit le récit lui-même ou le dessin. Les deux autres (décevantes dans les deux mêmes domaines) sont clairement dispensables (ça n’est pas la première fois que Mignola me déçoit sur ce type de récits courts (dans « Le carnaval des cadavres » récemment par exemple).
La deuxième histoire aurait mérité un plus ample développement. Mais elle est intéressante et Becky Cloonan est parvenue à bien installer une ambiance noire, inquiétante, fantastique (et dessin et colorisation sont réussis). Cette histoire a d’ailleurs semble-t-il reçu un Eisner Award de la meilleure histoire courte (j’avais découvert cette auteure avec l’intéressant Somna).
La quatrième histoire est aussi intéressante, même si le dessin, bon dans l’ensemble, est inégal.
Entre chacun des récits, une courte histoire voit Powell dialoguer avec ses co-auteurs (là aussi avec costumes et ambiance victorienne). Cela « gonfle » un peu la pagination, sans apporter grand-chose en fait je trouve.
Note réelle 2,5.
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Silver Surfer - L'Obscure Clarté des étoiles
Un one-shot que j'ai trouvé franchement bof. Oui, le dessin de Claudio Castellini est beau à admirer, mais c'est à peu près la seule qualité de l'album. Heureusement d'ailleurs que Panini a publié une version en noir et blanc parce que cela permet de bien admirer le travail du dessinateur italien. Je suis allé voir sur internet à quoi ressemblait la version originale en couleur et mon dieu que c'est laid. Je pense que si Panini avait publié cette version, j'aurais surement mis 1 étoile parce que c'est limite illisible. Sinon, le scénario imaginé par Ron Marz est creux et banal. Ça finit par virer en suites de scènes bastons entre personnages que je ne connais pas hormis le Silver Surfer qui ne m'a jamais trop attiré. Je comprends que le récit était juste une excuse pour que Castellini montre son talent, mais pour moi dans une BD le dessin ET le scénario sont important. Si tout ce qui compte s'est le dessin, autant juste acheter un artbook. Je ne vois pas trop l'intérêt de lire une bd uniquement pour le dessin, ça voudrait bien que c'est pas grave si le scénario est nul, incompréhensible ou bâclé, tout ce qui compte s'est qu'il y a des jolies cases à admirer.
Les Archives Goscinny - Le journal Tintin 1956-1961
Bien que j'aime posséder cet album, je reconnais qu'il intéresse surtout les vieux nostalgiques comme moi. Le terme "archives" a tout son sens : des gags sympathiques et des dessins vieillots qui capteraient difficilement aujourd'hui l'attention des jeunes. Parmi les dessins, ceux d'Uderzo se distinguent déjà, bien que Bob de Moor me plaise aussi. En revanche, Bissot ou Angenot sont vraiment très basiques. Le dossier initial est intéressant et très instructif sur le plan historique.
Les Veuves électriques
Bizarre cette série qui, je pense, rate sa cible. Ou, en tout cas, à vouloir jouer sur plusieurs tableaux, se perd complètement. Suite à un accident dans une centrale nucléaire (débile, mais aux conséquences meurtrières), trois « veuves » des victimes se lancent dans une croisade pour sa fermeture. S’ensuivent alors moult péripéties, durant lesquelles sont mis en avant : l’incompétence, l’hypocrisie et l’opportunisme des hommes politiques (président, ministres), l’emballement médiatique des chaines d’info qui tournent en boucle et détournent le moindre bout de truc pour en faire du sensationnalisme, etc. Bref, on retrouve ici des thématiques qui pourraient être louables, et intéressantes pour développer une satire de la société actuelle. Mais, hélas, très rapidement, l’intrigue se contente d’accumuler les dialogues et situations outrancières et caricaturales – sans que ce soit vraiment drôle. C’est juste lourdingue, indigeste, répétitif. Du coup, on oublie totalement le côté satire sociale, et même le côté humoristique. Ne reste donc qu’un n’importe quoi grotesque. Sur lequel je ne reviendrai pas.
Achtung Zelig !
Une BD qui m'a surtout laissé perplexe. Je comprends l'intention de proposer une approche absurde et décalée de la Shoah et de l'occupation nazie en Pologne, avec des personnages grotesques ou hybrides au milieu de soldats réalistes, mais je n'ai jamais vraiment réussi à entrer dedans ni à comprendre où les auteurs voulaient m'emmener. Le mélange entre récit historique sombre et fantaisie loufoque m'a paru forcé, parfois même arbitraire. Entre les personnages à têtes animales, le nain nazi habillé comme un magicien, les situations absurdes et une intrigue qui donne l'impression d'enchaîner des scènes sans vraie progression, j'ai surtout eu une sensation de confusion permanente. L'histoire semble commencer au milieu de quelque chose et se terminer sans véritable conclusion, avec un côté inachevé qui aurait pu être frustrant si je n'étais resté aussi indifférent au reste de l'album. Le graphisme participe aussi beaucoup à cette impression. Ce dessin réaliste mélangé à des éléments caricaturaux ou totalement décalés m'a rappelé celui de Bloody Mary que je n'avais déjà pas apprécié. Je comprends l'originalité de son étrangeté ou de son audace visuelle, mais personnellement il m'a surtout tenu à distance du récit au lieu de renforcer son impact. Certaines idées de mise en scène sont originales, mais j'ai trouvé l'ensemble trop nébuleux et démonstratif pour réellement me toucher. L'album donne l'impression d'utiliser l'absurde comme une fin en soi sans réussir à construire quelque chose de cohérent ou émotionnellement fort autour.
Filles perdues
Ce n'est pas une question d'éthique, dans ce cas, c'est plus esthétique pour moi. Les dessins de Melinda Gaby, femme de Moore, sont trop moches et incohérents la plupart du temps. Le texte est trop verbeux et n'aide en rien ! Heureusement que j'ai feuilleté et lu quelques critiques avant, mais j'ai failli commander ! J'ai lu en prêt et confirmé mes craintes. Je ne donne pas la note la plus négative parce que certaines images, prises isolément, ne sont pas inintéressantes, tout comme certaines séquences : «Ombres et Lumières» est amusant.
V-Girls - L'Oeil du diable
Voilà une série qui m’a déçu. Ou plutôt dans laquelle je ne suis jamais vraiment rentré. En fait je n’ai jamais été convaincu par l’intrigue. C’est une sorte d’uchronie mêlant fantastique et histoire (fin des année 1930 et débuts de la Seconde guerre mondiale). La plupart des personnages ont réellement existé – la plupart liés au cinéma (allemand, américain, soviétique) – y compris l’une des « V-girls », Hedy Lamarr, il y a de très nombreuses allusions au cinéma, aux mouvements artistiques, en plus du contexte plus classique de la montée du nazisme belliqueux (et de sa recherche, via l’Ahnenerbe, de prétendus « ancêtres » des aryens). Un mélange de deux univers, tous deux classiques. Mais à chaque fois que le fantastique intervient, au travers des « Élémentaires », ça ne fonctionne pas. Et la volonté d’ancrer ces phénomènes dans la réalité amène des passages ridiculement grotesques (voir l’analyse de Guernica, ou alors du scandale de la projection de « L’âge d’or », Picasso ou les surréalistes étant cités de façon absurde) – le deuxième tome étant le moins crédible dans ce domaine. Le recrutement des quatre femmes liées aux « Élémentaires » est laborieux, et n’apporte pas grand-chose. Et en plus la fin de la série est franchement abrupte, expédiée, comme s’il avait fallu conclure plus vite que prévu. Bref, une déception (je n'ai pas non plus compris l'usage de véhicules - avions, voitures, etc. au design futuriste).
Distress
2.5 Je suis dur avec cette série que j'aurais voulue aimé parce qu'il y a des choses que j'aime bien, mais bof est le sentiment que j'ai le plus ressenti durant ma lecture que j'ai d'ailleurs arrêté au cours du tome 2. On est dans du webtoon et cela voit juste avec le dessin qui est le style qu'on retrouve souvent dans ce style de publication et qui semble inspiré par les films d'animations. On retrouve aussi des chapitres souvent un peu trop court, cela casse un peu le rythme de changer de chapitre aussi rapidement.. Sinon, l'idée de départ est pas trop mal même si le fait que le français retrouve rapidement sur le monstre qu'il chasse et qu'ils vont rapidement vivre une histoire d'amour est une grosse facilité scénaristique. Bon, le couple est un peu mignon et j'aime bien comment le personnage autochtone n'est pas un gros stéréotype. Après une petite recherche, il semblerait que l'auteur soit français et il a clairement fait des recherches sur les peuples autochtones. Même aujourd'hui je trouve que trop souvent des auteurs européens réduisent les amérindiens en baba-colos qui ont rien d'autres à foutre de leur vie que de faire apprendre des conseils de la vie aux blancs. Ici, on voit un algonquin qui vit une vie difficile, est prit en charge par les services sociaux et qui vit difficile avec sa famille d'accueil. C'est une situation que vit beaucoup trop d'autochtones et qui est rarement traité dans la fiction. Maintenant que j'ai dit du bien de la série, pourquoi je ne met que 2 étoiles ? Et ben c'est simple malgré tout mes efforts je ne suis jamais parvenu à rentrer dans ce récit qui est tout de même un peu trop lent. C'est pas un problème pour les premiers chapitres, c'est normal de prendre son temps pour bien introduire les personnages, mais au bout d'un moment je trouvais que ça tournais un peu en rond et lorsqu'il se passe enfin quelque chose dans le tome 2, c'était trop tard j'en avais plus rien à cirer de cette série. Un webtoon qui va plaire à certains lecteurs, mais pas moi.
L’Élu (Risuleo & Pronostico)
Présenté par l’éditeur comme un « brillant roman noir d’entreprise signé par le duo d’auteurs le plus original de la bande dessinée italienne », l’ouvrage est clairement un ovni. En résumé, ça raconte l’histoire d’un poète méconnu qui, après avoir été repéré pour la qualité de sa calligraphie par les « agents » d’un capitaine d’industrie aux desseins mystérieux, va mal finir. L’entrepreneur, surnommé « le maître », sorte de divinité inaccessible, l’a choisi comme « l’élu » et veut absolument le rencontrer. Entretemps, le poète va tenter de s’adapter au monde kafkaïen de l’entreprise, avec ses codes étranges quasi-ésotériques dont il n’est guère familier, jusqu’au jour fatidique… Si d’un point de vue narratif, l’ouvrage se lit facilement et reste intriguant jusqu’à la conclusion, je dois avouer mon incompréhension quant à l’épilogue, dont je ne dirai évidemment rien. Certes, on l’aura compris, c’est de la poésie et ça traite de l’absurdité du monde de l’entreprise, mais une poésie tout de même un peu absconse qui laisse le champ vaste à l’interprétation. De plus, le récit est parcouru par des anecdotes (en particulier la visite au cimetière, la fête péruvienne…) dont on saisit encore moins la pertinence et n’apportent rien à la compréhension de l’intrigue. C’est la qualité graphique qui sauve l’ensemble sans parvenir toutefois à nous faire vraiment apprécier la lecture. Le dessin de Fulvio Risuleo est moderne et stylé, avec un très beau travail sur la couleur à l’aide de tonalités vives et harmonieuses. Cela étant, je n’ai pas saisi l’intérêt d’accompagner chaque planche de la version manuscrite des textes, incluant les ratures. Cela se veut sans doute original pour dévoiler le processus de création d’une œuvre, mais visuellement parlant, ce n’est pas très heureux… En outre, était-il vraiment nécessaire de recouvrir la couverture de ces griffonnages ? En recevant l’ouvrage dans ma boîte aux lettres, j’ai d’abord pensé qu’un petit farceur avait trouvé ça malin de les ajouter lui-même… Mis à part ça, je ne retiendrai pas grand-chose de cette lecture, et même en me forçant, je décèle peu de subversivité dans le propos, que pourrait laisser croire la page d’introduction. Celle-ci est une affiche du salon auquel participe le narrateur, la « Nuit blanche de la poésie », point de départ du récit, puisque c’est lors d’une séance de dédicace qu’il sera repéré par les émissaires du « Maître ». Sur l’affiche en question, on peut lire comme slogan : « Des vers rebelles pour rester éveillé », le but étant de « se rappeler que la poésie est plus vivante que jamais ! ». Soit. Mais dans ce cas, il faudrait peut-être lui donner les moyens d’être un peu plus accessible… A croire finalement que poètes n’ont pas toujours raison… Il est possible que cela plaise à un certain public, mais en ce qui me concerne, je suis un peu passé à côté…je ne voterai donc pas pour cet « élu » …
Donny Diner
Une comédie absurde dans un restaurant d'autoroute à thème américain déserté par les clients, où une petite équipe de marginaux tente de faire survivre un rêve un peu pathétique entre burgers, astrologie et fantasmes des États-Unis des années 50. La lecture n'est pas désagréable et l'idée de départ a une certaine originalité, autant dans son ambiance que dans ses personnages. Le dessin de Pochep fonctionne plutôt bien avec son trait caricatural et ses gueules improbables, même si l'humour m'a assez peu touché. J'ai rarement ri et je suis resté assez extérieur à l'ensemble. Le problème principal vient surtout du fait que j'ai eu du mal à comprendre où l'auteur voulait réellement en venir. Entre satire sociale, chronique de loosers, réflexion sur les rêves ratés et nostalgie américaine, le récit donne l'impression de tourner autour de son sujet sans vraiment le développer. Il y a quelques idées et moments amusants, mais pas forcément assez pour justifier une histoire étirée sur autant de pages. J'ai lu l'album sans déplaisir, mais ça m'a laissé une impression assez vague une fois terminé. Note : 2.5/5
Petits Contes Macabres
Un petit recueil collectif, qui souffre comme la plupart du temps de proposer des choses éclectiques, avec une place allouée à chaque auteur pas toujours propice à de bons développements. Je suis d’accord avec Paco sur son ressenti globalement décevant. Et aussi sur le fait que la deuxième et la quatrième histoire sont celles qui se révèlent les plus intéressantes – que ce soit le récit lui-même ou le dessin. Les deux autres (décevantes dans les deux mêmes domaines) sont clairement dispensables (ça n’est pas la première fois que Mignola me déçoit sur ce type de récits courts (dans « Le carnaval des cadavres » récemment par exemple). La deuxième histoire aurait mérité un plus ample développement. Mais elle est intéressante et Becky Cloonan est parvenue à bien installer une ambiance noire, inquiétante, fantastique (et dessin et colorisation sont réussis). Cette histoire a d’ailleurs semble-t-il reçu un Eisner Award de la meilleure histoire courte (j’avais découvert cette auteure avec l’intéressant Somna). La quatrième histoire est aussi intéressante, même si le dessin, bon dans l’ensemble, est inégal. Entre chacun des récits, une courte histoire voit Powell dialoguer avec ses co-auteurs (là aussi avec costumes et ambiance victorienne). Cela « gonfle » un peu la pagination, sans apporter grand-chose en fait je trouve. Note réelle 2,5.