Je comprends pas.
Cette série a de super côtes sur Manga News et Nautiljon. J'ai trouvé les 7 premiers en occase, j'ai pris. Erreur...
Le plan de base est excellent. Un anti héro regroupe de jolies nanas combative et affronte les riches horribles dans un monde fantastique. Jusque là, je me dit chouette. C'est léger, bien dessiné, un truc facile avec des situations émouvantes... oui, mais non.
Okay, le plan de base est bon, mais la gestion dérape vite. Le premier tome, ça va, mais direct on tombe dans la répétition de gags et de situations qui ne font plus rire. Ni pleurer. C'est juste banal, prévisible, et même si les dessins restent beau, très beau, le truc devient ennuyant.
Dommage, très dommage.
NoirDelire
Je me suis farci les quatre albums de cette série sans plaisir après le deuxième, mais je tenais à voir ce qu'il en était au global avant de pouvoir noter la série, mais je confirme que je n'aime pas.
Enfin presque : j'ai bien aimé l'idée du premier, où la part du fantastique est encore bien modérée, tout pouvant être dans sa tête uniquement. Par contre, les trois tomes suivants glissent à fond dans le fantastique avec de l'hypnose et le fait de revivre les vies de ses ancêtres pour exorciser. Disons que j'ai été très vite très loin du récit, surtout en se détachant de Lou, personnage principale qui devient psychopompe et n'évolue que peu dans le récit.
Je connaissais Carole Martinez pour son roman Le cœur cousu qui ne m'avait pas spécialement plu ni même marqué, je dois l'avouer. Et j'ai retrouvé ici les mêmes types de personnages, ainsi que des thématiques communes. La plus évidente est la filiation des femmes, avec des lignées de femmes qui se parlent à travers le temps, ainsi que la maternité et la transmission. Une autre thématique est la violence d'un monde contre les femmes, qu'on retrouve aussi ici.
Mais c'est surtout le ton, souvent poétique et que j'ai fini par trouver barbant. Les dialogues sonnent trop littéraire et font parfois longs, avec des planches contemplatives au milieu de la BD. C'est ce qui a fait que j'ai fini par accélérer la lecture jusqu'à la fin du dernier tome que j'ai le moins aimé.
Maintenant, ce n'est pas que le ton de narration qui m'a déplu, c'est aussi ce que dis le récit. J'ai accepté le fantastique qui est clairement annoncé dans le deuxième tome, mais j'aime moins l'aspect hypnose, pratique souvent mal comprise et très utilisée en charlatanerie, ici présentée comme une façon d'entendre la voix des fantômes ou de revivre des évènements du passé, sans jamais s'interroger sur la capacité d'un être humain à remodeler ses souvenirs pour en tirer ce qu'il souhaite comprendre. Mais admettons, c'est un élément sur lequel on voit souvent des choses pas très sourcés.
Non, le hic que j'ai eu, c'est plutôt sur le fait qu'on allait se balader dans différents moments de l'histoire de France et que j'ai plusieurs fois tiqué sur ce qui en était dit. C'est un peu un cheval de bataille pour moi, mais je trouve que cette malversation de l'Histoire est souvent plus dommageable que pratique, et c'est surtout visible dans le dernier tome. On a tout les poncifs et fantasmes associés à la chasse aux sorcières : paysans qui organisent un bucher (sans procès par l'Eglise d'abord, bien sur), d'une femme appelée sorcière parce qu'elle vit librement en contact avec la nature. C'est tellement loin de la réalité de ce que furent les procès de sorcières et les buchers, de même que ça souligne encore une fois un propos sur notre époque et les luttes féministes actuelles (avec lesquels je suis d'accord, soit dit en passant). Mais montrer une jeune femme libre sexuellement au XIXè siècle qui est détestée pour ça, c'est oublier les IST, les MST, les Morpions ... Et on parle de la variole, la syphilis et autres joyeusetés. C'est peut-être trop terre-à-terre pour un récit de ce genre, mais oublier qu'on stigmatisait la sexualité débridée à cette époque c'est passer notamment à côté des épidémies bien moins soignées qu'aujourd'hui. Et je ne parle pas de ce trope de la femme proche d'un dieu de la nature détestée par une communauté religieuse intégriste, bien loin de ce que fut la réalité de ce siècle sur les religions. Bref, je m'agace encore et toujours des mêmes soucis mais parce que je vois le discours contemporain appliqué à des fantasmes de cette époque et qui passent à côté de ce qui fait la domination actuelle sur les femmes, qui n'est pas "universelle", ni un continuum de ce qui se faisait avant Les choses ont changées, pas toujours en bien, mais elles changent. Et comprendre avant c'est aussi s'interroger sur maintenant.
Cette longue digression étant fini (et dites-vous que j'ai fait court) je dois dire que la série de BD n'est vraiment pas faite pour moi. Le côté fantastique très appuyé avec une psychopompe qui revit les femmes de sa lignée est une idée à potentielle, mais Lou devient vite anecdotique au récit et on se concentre uniquement sur le passé, remontant jusqu'au XIXè alors que Lou vit quelques petites aventures banales. Enfin, sauf la prise de LSD en étant à peine majeure, ce qui me semble tout de même un tantinet excessif. Après, une femme pousse une amie au suicide dans le tome un et réapparait ensuite pas trop changée. C'est le genre de choses qui ne marque pas vraiment, il faut dire ...
Pour le reste, le ton souvent trop poétique et les soucis que j'ai avec la réinterprétation historique, l'implication parfois légère de sujets graves et qui ne semblent pas avoir de réelles conséquences, le tout me semble pas réussi. J'aurais pu aimer le premier tome comme un one-shot se suffisant à lui-même, l'extrapolation en série me fait hélas baisser la note et dire que la série n'est pas pour moi mais également que je ne la recommanderais pas spécialement.
Une lecture pas désagréable, mais qui n’est a priori pas ma came.
Comme souvent dans ses séries (du moins celles que j’ai lues), Vanyda accumule les « petits riens », les détails, les rencontres plus ou moins fortuites, pour dresser le portrait de quelques personnages.
Nous suivons donc ici une vingtaine de personnages, qui finissent par se croiser pour certains, et qui, avec un bonheur plus ou moins grand, vivent des histoires d’amour. C’est en effet autour de ce sujet que tournent la plupart des chapitres.
Vanyda ne développe pas trop ses personnages, et joue le plus souvent sur l’éphémère, le volatile, l’instantané – et le texte souvent très réduit accentue cette légèreté de l’ensemble. Mais ça donne aussi parfois un côté sucré, facile et creux. Il n’y a pas vraiment d’intrigue. Ou alors il y en a plein qui se superposent. Et c’est dommage je trouve.
Quant au dessin, si je n’aime toujours pas certains visages influencés par le manga lorsqu’il faut montrer une émotion, l’ensemble est plutôt agréable. Avec une utilisation parcimonieuse des couleurs : agréable, mais cela renforce aussi le côté friandise, trop sucré de ces récits…
Je ne suis pas quelqu'un de spécialement romantique. Et ici j'ai trouvé que ça jouait trop là-dessus, avec des répétitions.
Note réelle 2,5/5.
J’ai lu les deux tomes parus. Je ne sais pas si la série a été abandonnée, le troisième tome annoncé (« des filles et des chèvres - seconde partie ») se faisant attendre depuis quelques années maintenant. Un diptyque incomplet donc, après un album sans lien avec ce qui suit – à part le fait de se dérouler dans le même univers.
Disons-le tout de suite, l’abandon éventuel de la série ne me peinera pas outre mesure. En effet, je n’ai pas vraiment accroché.
Au dessin tout d’abord, manquant de détails et n’étant pas ma tasse de thé (même s’il est lisible et dynamique).
Mais surtout le récit, dans un univers sur une planète indéfinie, sur laquelle les magiciens jouent un rôle très important. Les histoires ne m’ont pas passionné, et la narration manque de punch. Les tentatives d’humour tombent à plat, les dialogues sont moyens.
Je ne sais pas à qui s’adresse la série. Je dirais avant tout à un jeune lectorat, voire un lectorat adolescent – qui sera peut-être plus indulgent que moi.
La suite se fera sans moi.
Delitte en est de plus en plus réduit à racler les fonds de tiroirs pour trouver de nouvelles « grandes batailles ». Si ça peut permettre de faire connaitre des batailles peu ou pas connues, la raison qu’elles soient si peu connues s’explique aussi par le fait qu’elles n’ont pas eu un déroulé ou une importance intéressante.
Et avec cet album, je n’y ai pas trouvé mon compte.
Comme de plus en plus souvent dans cette collection, la bataille elle-même est réduite à la portion congrue (2/3 pages vite expédiées), le gros de l’album servant d’exposition. D’ailleurs, singulièrement, le titre donné à l’album, « Opium war » dilue et/ou déclasse d’office la bataille elle-même, celle de « Fatshan Creek » - par ailleurs bataille fluviale presque autant que terrestre. Il s’agit donc plus de traiter d’une « guerre », plus que d’une bataille.
Et cette longue exposition n’est ici pas très intéressante, on ne s’attache à aucun protagoniste, ni au récit, assez convenu et peu dynamique.
Le dossier final est lui aussi l’œuvre de Delitte. Il est intéressant, même si peu développé. Mais surtout, comme je l’avais remarqué déjà pour plusieurs albums de cette collection, mais ici le procédé est encore plus utilisé, plusieurs pages de texte de la partie Bd (ces textes explicatifs hors phylactères) reprennent mots pour mots le texte du dossier. Cela accentue l’aspect dispensable du récit Bd, et donne une connotation de flemme au travail Bd de Delitte.
Dessin et colorisation sont lisible, mais manquent de détails – que ce soit pour les décors, les navires, ou pour les visages des personnages. Ils font le boulot, mais ça n’est pas ma tasse de thé.
Je connaissais Lucas Nine par ses albums généralement publiés chez Les Rêveurs, avec un dessin original, clivant, mais que j’avais très bien apprivoisé. Et des récits influencés par le surréalisme.
Ici j’ai moins accroché à son travail graphique. Il utilise visiblement pas mal de photos retouchées, sur lesquelles il ajoute sa touche, plus proche de la peinture que du dessin le plus souvent. Mais malheureusement ça n’est pas toujours très clair.
En tout cas ça colle plutôt bien à l’ambiance des récits qu’il illustre. Ce sont des adaptations de quatre nouvelles de Mariana Enriquez (je ne la connaissais pas du tout), qui ont toutes pour point commun de se développer dans une ambiance noire, glauque, avec souvent des enfants victimes (parfois en plus bourreau dans celle racontant les méfaits d’un très jeune tueur en série sadique).
Le problème, c’est que chaque histoire n’a que très peu de place pour se développer, et qu’il manque le plus souvent quelque chose pour la rendre plus captivante. Elles m’ont laissé de côté – celle du tueur en série, à l’origine d’un circuit touristique morbide ressemble presque à un documentaire malsain.
C’est un album qui m’a laissé sur ma faim.
Note réelle 2,5/5.
Au lieu de rejoindre son bureau, un homme erre dans les rues de Nice, traverse différents quartiers, multiplie les rencontres fugaces et se laisse porter par ses pensées dans une longue déambulation contemplative où l'important semble moins être ce qui arrive que la manière dont il perçoit le monde.
C'est encore un album de Baudoin qui me tombe entre les mains par hasard, et c'est encore un échec dans ma tentative d'apprécier cet auteur. Ou plutôt cet artiste, car je comprends parfaitement que son oeuvre puisse susciter une véritable admiration. En revanche, je reste toujours aussi perplexe devant l'enthousiasme presque mystique qu'il provoque chez certains lecteurs tant son univers continue de me laisser à distance.
Pourtant, ce n'est sans doute pas le Baudoin qui m'a le plus rebuté graphiquement. Au contraire même. Son trait à l'encre noire est ici assez doux, maîtrisé et lisible. Surtout, il évite ces grands ombrages charbonneux qui me rebutent souvent dans ses autres albums. J'ai également apprécié ses trouvailles visuelles pour représenter l'esprit de Mathieu littéralement ouvert sur le monde. Sa tête se dissout, se remplit d'images, de souvenirs, d'objets ou de paysages, comme si ses pensées débordaient constamment dans la réalité. C'est une façon élégante de montrer un personnage dont l'esprit vagabonde en permanence et qui ne perçoit pas le monde comme les autres.
J'ai aussi pris un certain plaisir à cette promenade graphique dans Nice, ses rues, son port, ses plages ou ses quartiers plus populaires.
Malheureusement, cela n'a pas suffi à me faire entrer dans le récit. il m'a souvent évoqué L'Étranger de Camus : un personnage qui semble flotter en dehors du réel, à la fois totalement détaché de ce qui l'entoure et paradoxalement hypersensible à des détails insignifiants pour le reste du monde. Par moments, cela ressemble presque à une expérience hallucinatoire ou à un délire sous substance, où chaque détail paraît porteur d'un sens caché que personne d'autre ne perçoit.
Je comprends plus ou moins l'intention de Baudoin d'exprimer à travers cette disponibilité au monde, une forme de poésie du quotidien. Mais je suis resté totalement hermétique à cette démarche. La narration m'a semblé souvent absconse, pénible à lire, les réflexions parfois impénétrables, et les textes littéraires qui accompagnent chaque page en bas de planche m'ont paru n'entretenir qu'un rapport très lointain avec ce que je lisais.
Comme son protagoniste, l'album erre, digresse et divague constamment. Certains lecteurs y verront probablement une expérience poétique ou philosophique. Pour ma part, malgré quelques qualités graphiques évidentes, je me suis clairement ennuyé.
Une sorte d'hommage au "Piège diabolique".
On y retrouve le même décor (La Roche-Guyon), la structure en sauts dans le temps, et un clin d'oeil à Jacobs dans le prénom du héros.
Edgar navigue entre différentes époques dans des séquences assez décousues : 2e guerre mondiale, siècle des Lumières, guerre de cent ans...
A chaque période, il rencontre des célébrités et une mystérieuse dame rousse qui sert de fil conducteur à l'ensemble.
Malgré ces sauts temporels réguliers, Edgar parvient toujours à s'adapter et à influer sur les évènements.
J'ai trouvé l'ensemble plutôt artificiel. Le talent de la dessinatrice et l'érudition du scénariste n'ont pas suffi à susciter mon intérêt.
Enfin lu cette mini-série qui était très connu dans les années 2000 pour avoir prit beaucoup de temps pour se terminer avec des années sans publications entre deux numéros. Pour ceux qui ne savent pas, les numéros d'une mini-série d'un comics sont censé ¸¸être publié sur une base régulière du genre 1 numéro par mois.
J'avais lu des avis positifs et négatifs sur cette mini-série et je me range dans le deuxième camp. En fait, au début l'histoire est pas trop mal et j'aimais bien comment Kevin Smith utilisait Spider-Man et Black Cat, mais plus on avance dans le récit plus les défauts s'accumulent, surtout dans les numéros qui sont sortis avec plusieurs années de retards. Smith veut utiliser le thème sérieux du viol et le fait de manière vraiment cliché. C'est un problème avec plusieurs comics de super-héros qui veut montrer qu'ils sont sérieux, mais on a plus l'impression que les auteurs ne savent pas bien exploité les sujets graves. Les changements dans l'histoire de Félicia Hardy servent à rien et dénature le personnage. Le nouveau méchant est sans charisme. J'ai bien commencé la lecture de cette histoire et je l'ai finit dans l'ennuie le plus total.
Le genre d'album de Baudoin que je n'aime pas du tout lire.
Il faut dire aussi que la danse n'est pas un sujet qui me passionne grandement et comme au moins le tiers de l'album est composé de croquis que Baudoin a faits sur un groupe de danseurs. Sinon, on est dans du pur Baudoin avec des pages d'art séquentiel et d'autres qui sont plus des carnets de croquis et à la narration on a Baudoin qui saute d'un sujet à l'autre.
Tout est décousu comme si l'auteur écrivait et dessinait ce qui lui passait par la tête sans aucun plan. La sensibilité artistique de l'auteur est bien différente de la mienne, donc rien ne m'a ému dans ma lecture, qui heureusement n'a pas duré longtemps. C'est simple, si on est déjà fan de cet auteur atypique, c'est un album pour vous. Si au contraire, vous n'accrochez pas à son style cela va être encore un album qui va vous sembler hermétique.
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The Rising of the Shield Hero
Je comprends pas. Cette série a de super côtes sur Manga News et Nautiljon. J'ai trouvé les 7 premiers en occase, j'ai pris. Erreur... Le plan de base est excellent. Un anti héro regroupe de jolies nanas combative et affronte les riches horribles dans un monde fantastique. Jusque là, je me dit chouette. C'est léger, bien dessiné, un truc facile avec des situations émouvantes... oui, mais non. Okay, le plan de base est bon, mais la gestion dérape vite. Le premier tome, ça va, mais direct on tombe dans la répétition de gags et de situations qui ne font plus rire. Ni pleurer. C'est juste banal, prévisible, et même si les dessins restent beau, très beau, le truc devient ennuyant. Dommage, très dommage. NoirDelire
Bouche d'ombre
Je me suis farci les quatre albums de cette série sans plaisir après le deuxième, mais je tenais à voir ce qu'il en était au global avant de pouvoir noter la série, mais je confirme que je n'aime pas. Enfin presque : j'ai bien aimé l'idée du premier, où la part du fantastique est encore bien modérée, tout pouvant être dans sa tête uniquement. Par contre, les trois tomes suivants glissent à fond dans le fantastique avec de l'hypnose et le fait de revivre les vies de ses ancêtres pour exorciser. Disons que j'ai été très vite très loin du récit, surtout en se détachant de Lou, personnage principale qui devient psychopompe et n'évolue que peu dans le récit. Je connaissais Carole Martinez pour son roman Le cœur cousu qui ne m'avait pas spécialement plu ni même marqué, je dois l'avouer. Et j'ai retrouvé ici les mêmes types de personnages, ainsi que des thématiques communes. La plus évidente est la filiation des femmes, avec des lignées de femmes qui se parlent à travers le temps, ainsi que la maternité et la transmission. Une autre thématique est la violence d'un monde contre les femmes, qu'on retrouve aussi ici. Mais c'est surtout le ton, souvent poétique et que j'ai fini par trouver barbant. Les dialogues sonnent trop littéraire et font parfois longs, avec des planches contemplatives au milieu de la BD. C'est ce qui a fait que j'ai fini par accélérer la lecture jusqu'à la fin du dernier tome que j'ai le moins aimé. Maintenant, ce n'est pas que le ton de narration qui m'a déplu, c'est aussi ce que dis le récit. J'ai accepté le fantastique qui est clairement annoncé dans le deuxième tome, mais j'aime moins l'aspect hypnose, pratique souvent mal comprise et très utilisée en charlatanerie, ici présentée comme une façon d'entendre la voix des fantômes ou de revivre des évènements du passé, sans jamais s'interroger sur la capacité d'un être humain à remodeler ses souvenirs pour en tirer ce qu'il souhaite comprendre. Mais admettons, c'est un élément sur lequel on voit souvent des choses pas très sourcés. Non, le hic que j'ai eu, c'est plutôt sur le fait qu'on allait se balader dans différents moments de l'histoire de France et que j'ai plusieurs fois tiqué sur ce qui en était dit. C'est un peu un cheval de bataille pour moi, mais je trouve que cette malversation de l'Histoire est souvent plus dommageable que pratique, et c'est surtout visible dans le dernier tome. On a tout les poncifs et fantasmes associés à la chasse aux sorcières : paysans qui organisent un bucher (sans procès par l'Eglise d'abord, bien sur), d'une femme appelée sorcière parce qu'elle vit librement en contact avec la nature. C'est tellement loin de la réalité de ce que furent les procès de sorcières et les buchers, de même que ça souligne encore une fois un propos sur notre époque et les luttes féministes actuelles (avec lesquels je suis d'accord, soit dit en passant). Mais montrer une jeune femme libre sexuellement au XIXè siècle qui est détestée pour ça, c'est oublier les IST, les MST, les Morpions ... Et on parle de la variole, la syphilis et autres joyeusetés. C'est peut-être trop terre-à-terre pour un récit de ce genre, mais oublier qu'on stigmatisait la sexualité débridée à cette époque c'est passer notamment à côté des épidémies bien moins soignées qu'aujourd'hui. Et je ne parle pas de ce trope de la femme proche d'un dieu de la nature détestée par une communauté religieuse intégriste, bien loin de ce que fut la réalité de ce siècle sur les religions. Bref, je m'agace encore et toujours des mêmes soucis mais parce que je vois le discours contemporain appliqué à des fantasmes de cette époque et qui passent à côté de ce qui fait la domination actuelle sur les femmes, qui n'est pas "universelle", ni un continuum de ce qui se faisait avant Les choses ont changées, pas toujours en bien, mais elles changent. Et comprendre avant c'est aussi s'interroger sur maintenant. Cette longue digression étant fini (et dites-vous que j'ai fait court) je dois dire que la série de BD n'est vraiment pas faite pour moi. Le côté fantastique très appuyé avec une psychopompe qui revit les femmes de sa lignée est une idée à potentielle, mais Lou devient vite anecdotique au récit et on se concentre uniquement sur le passé, remontant jusqu'au XIXè alors que Lou vit quelques petites aventures banales. Enfin, sauf la prise de LSD en étant à peine majeure, ce qui me semble tout de même un tantinet excessif. Après, une femme pousse une amie au suicide dans le tome un et réapparait ensuite pas trop changée. C'est le genre de choses qui ne marque pas vraiment, il faut dire ... Pour le reste, le ton souvent trop poétique et les soucis que j'ai avec la réinterprétation historique, l'implication parfois légère de sujets graves et qui ne semblent pas avoir de réelles conséquences, le tout me semble pas réussi. J'aurais pu aimer le premier tome comme un one-shot se suffisant à lui-même, l'extrapolation en série me fait hélas baisser la note et dire que la série n'est pas pour moi mais également que je ne la recommanderais pas spécialement.
Un petit goût de noisette
Une lecture pas désagréable, mais qui n’est a priori pas ma came. Comme souvent dans ses séries (du moins celles que j’ai lues), Vanyda accumule les « petits riens », les détails, les rencontres plus ou moins fortuites, pour dresser le portrait de quelques personnages. Nous suivons donc ici une vingtaine de personnages, qui finissent par se croiser pour certains, et qui, avec un bonheur plus ou moins grand, vivent des histoires d’amour. C’est en effet autour de ce sujet que tournent la plupart des chapitres. Vanyda ne développe pas trop ses personnages, et joue le plus souvent sur l’éphémère, le volatile, l’instantané – et le texte souvent très réduit accentue cette légèreté de l’ensemble. Mais ça donne aussi parfois un côté sucré, facile et creux. Il n’y a pas vraiment d’intrigue. Ou alors il y en a plein qui se superposent. Et c’est dommage je trouve. Quant au dessin, si je n’aime toujours pas certains visages influencés par le manga lorsqu’il faut montrer une émotion, l’ensemble est plutôt agréable. Avec une utilisation parcimonieuse des couleurs : agréable, mais cela renforce aussi le côté friandise, trop sucré de ces récits… Je ne suis pas quelqu'un de spécialement romantique. Et ici j'ai trouvé que ça jouait trop là-dessus, avec des répétitions. Note réelle 2,5/5.
Chroniques des îles
J’ai lu les deux tomes parus. Je ne sais pas si la série a été abandonnée, le troisième tome annoncé (« des filles et des chèvres - seconde partie ») se faisant attendre depuis quelques années maintenant. Un diptyque incomplet donc, après un album sans lien avec ce qui suit – à part le fait de se dérouler dans le même univers. Disons-le tout de suite, l’abandon éventuel de la série ne me peinera pas outre mesure. En effet, je n’ai pas vraiment accroché. Au dessin tout d’abord, manquant de détails et n’étant pas ma tasse de thé (même s’il est lisible et dynamique). Mais surtout le récit, dans un univers sur une planète indéfinie, sur laquelle les magiciens jouent un rôle très important. Les histoires ne m’ont pas passionné, et la narration manque de punch. Les tentatives d’humour tombent à plat, les dialogues sont moyens. Je ne sais pas à qui s’adresse la série. Je dirais avant tout à un jeune lectorat, voire un lectorat adolescent – qui sera peut-être plus indulgent que moi. La suite se fera sans moi.
Opium war
Delitte en est de plus en plus réduit à racler les fonds de tiroirs pour trouver de nouvelles « grandes batailles ». Si ça peut permettre de faire connaitre des batailles peu ou pas connues, la raison qu’elles soient si peu connues s’explique aussi par le fait qu’elles n’ont pas eu un déroulé ou une importance intéressante. Et avec cet album, je n’y ai pas trouvé mon compte. Comme de plus en plus souvent dans cette collection, la bataille elle-même est réduite à la portion congrue (2/3 pages vite expédiées), le gros de l’album servant d’exposition. D’ailleurs, singulièrement, le titre donné à l’album, « Opium war » dilue et/ou déclasse d’office la bataille elle-même, celle de « Fatshan Creek » - par ailleurs bataille fluviale presque autant que terrestre. Il s’agit donc plus de traiter d’une « guerre », plus que d’une bataille. Et cette longue exposition n’est ici pas très intéressante, on ne s’attache à aucun protagoniste, ni au récit, assez convenu et peu dynamique. Le dossier final est lui aussi l’œuvre de Delitte. Il est intéressant, même si peu développé. Mais surtout, comme je l’avais remarqué déjà pour plusieurs albums de cette collection, mais ici le procédé est encore plus utilisé, plusieurs pages de texte de la partie Bd (ces textes explicatifs hors phylactères) reprennent mots pour mots le texte du dossier. Cela accentue l’aspect dispensable du récit Bd, et donne une connotation de flemme au travail Bd de Delitte. Dessin et colorisation sont lisible, mais manquent de détails – que ce soit pour les décors, les navires, ou pour les visages des personnages. Ils font le boulot, mais ça n’est pas ma tasse de thé.
Ce que nous avons perdu dans le feu
Je connaissais Lucas Nine par ses albums généralement publiés chez Les Rêveurs, avec un dessin original, clivant, mais que j’avais très bien apprivoisé. Et des récits influencés par le surréalisme. Ici j’ai moins accroché à son travail graphique. Il utilise visiblement pas mal de photos retouchées, sur lesquelles il ajoute sa touche, plus proche de la peinture que du dessin le plus souvent. Mais malheureusement ça n’est pas toujours très clair. En tout cas ça colle plutôt bien à l’ambiance des récits qu’il illustre. Ce sont des adaptations de quatre nouvelles de Mariana Enriquez (je ne la connaissais pas du tout), qui ont toutes pour point commun de se développer dans une ambiance noire, glauque, avec souvent des enfants victimes (parfois en plus bourreau dans celle racontant les méfaits d’un très jeune tueur en série sadique). Le problème, c’est que chaque histoire n’a que très peu de place pour se développer, et qu’il manque le plus souvent quelque chose pour la rendre plus captivante. Elles m’ont laissé de côté – celle du tueur en série, à l’origine d’un circuit touristique morbide ressemble presque à un documentaire malsain. C’est un album qui m’a laissé sur ma faim. Note réelle 2,5/5.
Le Premier Voyage
Au lieu de rejoindre son bureau, un homme erre dans les rues de Nice, traverse différents quartiers, multiplie les rencontres fugaces et se laisse porter par ses pensées dans une longue déambulation contemplative où l'important semble moins être ce qui arrive que la manière dont il perçoit le monde. C'est encore un album de Baudoin qui me tombe entre les mains par hasard, et c'est encore un échec dans ma tentative d'apprécier cet auteur. Ou plutôt cet artiste, car je comprends parfaitement que son oeuvre puisse susciter une véritable admiration. En revanche, je reste toujours aussi perplexe devant l'enthousiasme presque mystique qu'il provoque chez certains lecteurs tant son univers continue de me laisser à distance. Pourtant, ce n'est sans doute pas le Baudoin qui m'a le plus rebuté graphiquement. Au contraire même. Son trait à l'encre noire est ici assez doux, maîtrisé et lisible. Surtout, il évite ces grands ombrages charbonneux qui me rebutent souvent dans ses autres albums. J'ai également apprécié ses trouvailles visuelles pour représenter l'esprit de Mathieu littéralement ouvert sur le monde. Sa tête se dissout, se remplit d'images, de souvenirs, d'objets ou de paysages, comme si ses pensées débordaient constamment dans la réalité. C'est une façon élégante de montrer un personnage dont l'esprit vagabonde en permanence et qui ne perçoit pas le monde comme les autres. J'ai aussi pris un certain plaisir à cette promenade graphique dans Nice, ses rues, son port, ses plages ou ses quartiers plus populaires. Malheureusement, cela n'a pas suffi à me faire entrer dans le récit. il m'a souvent évoqué L'Étranger de Camus : un personnage qui semble flotter en dehors du réel, à la fois totalement détaché de ce qui l'entoure et paradoxalement hypersensible à des détails insignifiants pour le reste du monde. Par moments, cela ressemble presque à une expérience hallucinatoire ou à un délire sous substance, où chaque détail paraît porteur d'un sens caché que personne d'autre ne perçoit. Je comprends plus ou moins l'intention de Baudoin d'exprimer à travers cette disponibilité au monde, une forme de poésie du quotidien. Mais je suis resté totalement hermétique à cette démarche. La narration m'a semblé souvent absconse, pénible à lire, les réflexions parfois impénétrables, et les textes littéraires qui accompagnent chaque page en bas de planche m'ont paru n'entretenir qu'un rapport très lointain avec ce que je lisais. Comme son protagoniste, l'album erre, digresse et divague constamment. Certains lecteurs y verront probablement une expérience poétique ou philosophique. Pour ma part, malgré quelques qualités graphiques évidentes, je me suis clairement ennuyé.
La Dame de La Roche
Une sorte d'hommage au "Piège diabolique". On y retrouve le même décor (La Roche-Guyon), la structure en sauts dans le temps, et un clin d'oeil à Jacobs dans le prénom du héros. Edgar navigue entre différentes époques dans des séquences assez décousues : 2e guerre mondiale, siècle des Lumières, guerre de cent ans... A chaque période, il rencontre des célébrités et une mystérieuse dame rousse qui sert de fil conducteur à l'ensemble. Malgré ces sauts temporels réguliers, Edgar parvient toujours à s'adapter et à influer sur les évènements. J'ai trouvé l'ensemble plutôt artificiel. Le talent de la dessinatrice et l'érudition du scénariste n'ont pas suffi à susciter mon intérêt.
Spider-Man / Black Cat - L'Enfer de la violence
Enfin lu cette mini-série qui était très connu dans les années 2000 pour avoir prit beaucoup de temps pour se terminer avec des années sans publications entre deux numéros. Pour ceux qui ne savent pas, les numéros d'une mini-série d'un comics sont censé ¸¸être publié sur une base régulière du genre 1 numéro par mois. J'avais lu des avis positifs et négatifs sur cette mini-série et je me range dans le deuxième camp. En fait, au début l'histoire est pas trop mal et j'aimais bien comment Kevin Smith utilisait Spider-Man et Black Cat, mais plus on avance dans le récit plus les défauts s'accumulent, surtout dans les numéros qui sont sortis avec plusieurs années de retards. Smith veut utiliser le thème sérieux du viol et le fait de manière vraiment cliché. C'est un problème avec plusieurs comics de super-héros qui veut montrer qu'ils sont sérieux, mais on a plus l'impression que les auteurs ne savent pas bien exploité les sujets graves. Les changements dans l'histoire de Félicia Hardy servent à rien et dénature le personnage. Le nouveau méchant est sans charisme. J'ai bien commencé la lecture de cette histoire et je l'ai finit dans l'ennuie le plus total.
Le Corps collectif - Danser l'invisible
Le genre d'album de Baudoin que je n'aime pas du tout lire. Il faut dire aussi que la danse n'est pas un sujet qui me passionne grandement et comme au moins le tiers de l'album est composé de croquis que Baudoin a faits sur un groupe de danseurs. Sinon, on est dans du pur Baudoin avec des pages d'art séquentiel et d'autres qui sont plus des carnets de croquis et à la narration on a Baudoin qui saute d'un sujet à l'autre. Tout est décousu comme si l'auteur écrivait et dessinait ce qui lui passait par la tête sans aucun plan. La sensibilité artistique de l'auteur est bien différente de la mienne, donc rien ne m'a ému dans ma lecture, qui heureusement n'a pas duré longtemps. C'est simple, si on est déjà fan de cet auteur atypique, c'est un album pour vous. Si au contraire, vous n'accrochez pas à son style cela va être encore un album qui va vous sembler hermétique.