Lorsque j’étais tombé par hasard sur cet album en farfouillant dans des bacs d’occasion, je croyais avoir découvert une vieille publication de Jordi Bernet – un auteur dont j’avais déjà apprécié plusieurs séries (je ne sais pas pourquoi, je m’étais uniquement focalisé sur Bernet, et pas sur Toledano…). En fait il s’agit d’un autre auteur bien sûr – même si je crois que c’est un oncle de Jordi Bernet.
Le petit texte de présentation présente « Les Guerrilleros » comme une sorte d’Astérix et Obélix espagnols. Certes, il y a bien l’idée d’une résistance a priori déséquilibrée entre un envahisseur surpuissant et des patriotes malins et courageux, certes, les envahisseurs sont vraiment bêtes. Mais la comparaison s’arrête là, tant j’ai trouvé l’humour vraiment poussif, et les personnages sans réelle profondeur.
Péripéties et dialogues manquent en effet de percussion (n’est pas Goscinny qui veut !), et seuls quelques rares moments m’ont fait sourire, l’essentiel de l’album me laissant de marbre.
La série a été au préalable publié dans la revue espagnole Trinca, au tout début des années 1970. Le contexte dans lequel se déroule la série, la révolte espagnole de mai 1808 face aux troupes napoléoniennes a rarement été exploité – du moins en France. Mais c’est surtout le contexte de création et de publication qui prime ici. En effet, on est dans les dernières années de la dictature franquiste, et on comprend que celle-ci voit d’un bon œil la mise en avant du patriotisme espagnol, les idées nationalistes proches des phalangistes (par ricochet, on comprend aussi que cette dictature devait encore singulièrement brider la liberté créatrice).
De fait, on est très loin ici des séries qui sortiront après la chute de Franco, dans des revues autrement plus irrévérencieuses, ça reste très ampoulé, convenu, avec un humour qui fait quand même daté (le gag de la banane sur laquelle glisse un officier français…).
Sur la même période historique, et avec un dessin assez proche, j’avais quand même préféré Godaille et Godasse. Le dessin d’ailleurs, sans être excellent, est quand même ce qui passe le mieux. Du caricatural plus ou moins gentillet (pas très détaillé), mais qui peine à relever le plat des intrigues.
Je serais tenté de dire que je n'ai vraiment pas aimé cet album, si ce n'est pour un point : le dessin de Ju/CDM, qui reste très réussi et constitue le principal atout de l'ouvrage.
Pour le reste, cela ne fonctionne pas pour moi.
Il s'agit d'une succession de gags centrés sur Michel, un nerd socialement inadapté, obsédé par les fichiers Excel et incapable de réussir la moindre interaction avec ses collègues ou avec les femmes. Sur le papier, le sujet aurait pourtant pu m'amuser, étant moi-même volontiers geek et introverti. Mais ici, l'humour ne prend jamais.
Les gags et les dialogues tombent systématiquement à plat. L'humour est poussif, répétitif, mal rythmé, et ne provoque pas le moindre sourire. Il s'appuie sur une caricature facile et un jusqu'au-boutisme qui va trop vite dans le mur. Surtout, le personnage de Michel est profondément antipathique. Égocentrique, parfois violent et simplement stupide, il n'éveille aucune empathie et se révèle bien plus pénible qu'amusant ou touchant. Je m'en suis lassé au bout de quelques pages et j'ai terminé l'album avec difficulté.
Les auteurs tentent bien de faire évoluer légèrement la situation sur la fin, en entraînant le personnage vers une nouvelle obsession (le death metal), mais cela reste tout aussi stéréotypé, sans être ni drôle ni attachant.
Au final, je n'ai pas aimé cet album. Mais il est bien dessiné.
Je suis passé totalement à coté de cet album.
Le résumé avait attiré mon attention, mais j'ai vite déchanté en lisant les premières pages de ce comics. Ce n'est pas que le dessin est mauvais, mais je trouve que la mise en scène manque de dynamisme. En tout cas, ce n'est pas très dynamique pour une histoire de super-héros. Quant au scénario, le début est prometteur, mais l'histoire ne lève jamais vraiment. J'ai juste eu l'impression de voir une autre variation du thème de super-héros qui au final n'apporte rien de nouveau. Bref, je ne suis jamais rentré dans ce récit et je me suis ennuyé.
Je me demande si je n'ai pas aimé tout simplement parce que je ne suis pas le public-cible. J'ai trouvé cet album dans la section adulte de ma bibliothèque municipal, mais le ton du récit me semble être plus adapté pour les jeunes adolescents.
Je n’ai pas l’habitude de lire de la science-fiction mais il est dur de résister à la lecture de Shangri-La tant le dessin est beau ! Shangri-La nous emporte dans un monde lointain où la Terre a été détruite et une partie de l’humanité a survécu sur une gigantesque station spatiale régie par une multinationale symbole du capitalisme le plus extrême. Le monde est régi par le travail et fait un peu penser au PCC. Différents héros trouvent certaines failles dans le système et cherchent tant bien que mal à se rebeller. La grande force de cet ouvrage c’est son dessin. Mathieu Bablet transcrit parfaitement la beauté de l’espace et sa grandeur. La taille de la BD permet de rendre compte d’autant plus de tous les détails du dessins, la multitude de traits qui fait de chaque page une œuvre d’art en tant que telle. J’aime également beaucoup les différentes palettes de couleurs qui sont vraiment bien utilisées. Je n’ai juste malheureusement pas accroché au scénario malgré quelques bonnes idées. Il y a une volonté de dénoncer le système capitaliste (avec une dictature chinoise poussant toujours à la consommation), le racisme (avec l’incarnation d’une nouvelle race animaux-humain qui se prend tous les maux du monde) et l’exploitation animale (avec des usines de chiens qui construisent des iPhones). Mais c’est toujours trop vulgairement amené, trop lourd, trop évident. Je n’ai pas aimé le manque de subtilité et la dénonciation trop facile avec des héros trop naïfs. À lire pour le dessin !
J’aime beaucoup ce dessin. C’est à mes yeux justement la simplicité des décors qui lui donnent cet aspect doux qui sied bien aux ambiances de contes.
L’artiste alterne entre des plans différents et certaines cases sont en très gros plan avec parfois un peu de difficultés à saisir l’objet du dessin. La compréhension peut venir après avec la suite de l’histoire contée.
Et nous avons ici deux contes. Autant j’ai saisi le premier sur cet empereur qui donne son nom à l’album, même si je l’ai trouvé un peu « facile » et prévisible. Il fut d’une lecture plutôt agréable.
Autant le second m’est resté abscons. Que le cadre spatio-temporel soit flou est plutôt sympa dans le cadre d’un conte mais je n’ai pas saisi la finalité de l’action, j’ai l’impression qu’il y a eu des failles dans le récit que je n’ai pas pu combler.
C’est simple, j’écris cet avis quelques jours après la lecture. Je me souviens bien de la trame du premier récit… et quasiment pas du second.
Je sais que je prends de l’âge et que ma mémoire ne va pas en s’améliorant, mais quand même.
Donc un peu déçue, malgré le côté graphique agréable.
Je ne suis a priori pas forcément friand de fantastique, et ma note se ressent sans doute de ces préventions. Il y a toutefois un certain nombre de séries du genre qui ont su me satisfaire. Celle-ci n’en fera pas partie.
Le premier tiers du récit est un peu haché (changements temporels et de lieux), mais plutôt accrocheur, jusqu’à l’arrivée de l’expédition de secours dans les étendues glacées. Il y a une ambiance à la Lovecraft dans la montée de l’angoisse, du mal prêt à surgir des profondeurs.
Mais Lovecraft joue avant tout sur l’ambiance, et là cette terreur s’incarne rapidement. A partir de ce moment j’ai décroché. D’abord parce que le fantastique phagocyte tout. Mais surtout parce qu’il est vain. Saturant le récit, les zombies auraient tout aussi bien pu être de chair, tribu inuit quelconque, tout se transforme en une simple mise à mort successive des membres de l’expédition, le scénario se réduisant à presque rien, une succession de combats et de massacres, jusqu’à une conclusion que j’ai trouvée bâclée.
Reste un dessin et une colorisation que j’ai bien aimés, c’est agréable et fluide. Hélas au service d’une intrigue qui m’a laissé de côté.
Une pantalonnade peut-elle s'étirer en un cycle de 3 tomes, construire une longue intrigue sur des personnages initialement présentés comme artificiels, parodiques, caricaturaux ? Ce doit être possible, mais cette BD n'y parvient pas complètement. On rit parfois, sourit très souvent, mais l'on s'étonne la plupart du temps que ce récit d'aventure puisse se développer autant tout en étant basé sur du flan. De belles idées parodiques ne sauvent pas le projet du bancal. L'impertinence s'essouffle souvent au profit d'une aventure totalement abracadabrante, mais trop respectée pour demeurer risible. Et l'humour volontiers misogyne apparaît bien complaisant aujourd'hui.
L'on s'ennuie un peu, un comble pour un tel projet !
Mouais. Je n'ai pas été convaincu par cet album, même si certains passages amènent le sourire.
Je suis un gros adepte d'humour con, potache, avec une dose d'absurde: c'est ce qui m'avait attiré lorsque j'avais acheté cet album il y a maintenant assez longtemps. Puis il avait disparu sous une de mes nombreuses piles à lire ou relire, d'où je viens de l'exhumer pour l'aviser.
J'avais de vagues souvenirs plutôt positifs, mais cette relecture complète les tempèrent quelque peu. Ran Corvo et son équipe de bras cassés ont quelque chose de pathétique qui attire le lecteur que je suis. Il a des idées fumeuses, qu'il transforme en catastrophe, et les aventures du pauvre dans lesquelles il se trouve embarqué (lutter contre une parodie de Manufrance de l'espace!?) lui laissent peu d'espoir de gloire, il est condamné au grotesque.
Ça se laisse lire, le sourire aux lèvres parfois, mais pas assez souvent. Sur un registre parfois proche, j'ai clairement préféré Cosmik Roger. Il faut dire que j'ai eu un peu de mal avec l'esthétique développée par Blanchard.
Note réelle 2,5/5.
Le moins qu'on puisse dire est que tout est étrange et bizarre dans cette BD loufoque.
Pourquoi faire simple quand on peut faire compliquer est souvent le mot d'ordre des scénarios tarabiscotés, où on fait 30 planches avec un récit qui pourrait tenir sur 6. L'art de la simplicité, personne ne connait. L'ambiance est très 70, peut-être que les scénaristes avaient abusé de certaines substances bien en vue à l'époque. Il y a souvent ci et là quelques idées amusantes et délirantes.
Graphiquement, c'est tout aussi étrange. Souvent, ça donne l'impression d'un dessinateur qui veut faire croire qu'il sait faire du réaliste, et quand il s'y met à fond, c'est à côté de la plaque, comme les perspectives du décor. Les voitures et immeubles sont assez bien dessinés mais mal placés dans le contexte, donnant l'impression d'un plaquage.
Une BD assez hors norme, proche de Chapeau Melon et Bottes de Cuir, dans un journal pour jeunots, et donc avec des contraintes qui ne permettent pas de mieux développer les choses, car c'aurait pu être une bonne BD pour grands ados et adultes avec des graphismes adéquats. Une BD qui marque, car marchant sur les bas-côtés de la route avec un entrain jouissif, et peut-être un certain "je m'en foutisme" ambiant.
Un album qui m'a intrigué par son titre ainsi que par son dessin.
En effet, j'aime bien ce style de dessin que je trouve un peu élégant et les couleurs sont attrayantes. Malheureusement, le scénario est beaucoup moins bon. Ça commence pourtant pas trop mal lorsque les visiteurs d'un zoo reçoivent un appel d'urgence et ne comprennent pas ce qui se passe. C'est amusant même si le lecteur devine facilement la raison de l'état d'urgence rien qu'en lisant le titre de l'album. Puis on bascule du point de vue des animaux et là le récit devient moins intéressant.
En gros, on va voir comment les animaux ont causé le chaos dans le zoo et cette partie est trop longue. J'ai eu la sensation qu'on faisait du surplace. Des pages et des pages sur des animaux qui se demandent quoi faire alors que j'aurais bien mieux aimer voir comment la société allait réagir aux événements. On a droit à un genre e conte moral censé être marrant (enfin, c'est comme ça que j'ai compris les intentions des auteurs) et au final le récit est banal et la fin est tellement ouverte que je me suis demandé si je n’étais pas entrain de lire le tome 1 d'une nouvelle série. Vu qu'il y a pas marqué à suivre sous la dernière case, on a donc une histoire qui se termine en queue de poisson, mais à ce stade je m'en foutais un peu alors que j'étais enthousiasmé au début.
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Les Guerrilleros
Lorsque j’étais tombé par hasard sur cet album en farfouillant dans des bacs d’occasion, je croyais avoir découvert une vieille publication de Jordi Bernet – un auteur dont j’avais déjà apprécié plusieurs séries (je ne sais pas pourquoi, je m’étais uniquement focalisé sur Bernet, et pas sur Toledano…). En fait il s’agit d’un autre auteur bien sûr – même si je crois que c’est un oncle de Jordi Bernet. Le petit texte de présentation présente « Les Guerrilleros » comme une sorte d’Astérix et Obélix espagnols. Certes, il y a bien l’idée d’une résistance a priori déséquilibrée entre un envahisseur surpuissant et des patriotes malins et courageux, certes, les envahisseurs sont vraiment bêtes. Mais la comparaison s’arrête là, tant j’ai trouvé l’humour vraiment poussif, et les personnages sans réelle profondeur. Péripéties et dialogues manquent en effet de percussion (n’est pas Goscinny qui veut !), et seuls quelques rares moments m’ont fait sourire, l’essentiel de l’album me laissant de marbre. La série a été au préalable publié dans la revue espagnole Trinca, au tout début des années 1970. Le contexte dans lequel se déroule la série, la révolte espagnole de mai 1808 face aux troupes napoléoniennes a rarement été exploité – du moins en France. Mais c’est surtout le contexte de création et de publication qui prime ici. En effet, on est dans les dernières années de la dictature franquiste, et on comprend que celle-ci voit d’un bon œil la mise en avant du patriotisme espagnol, les idées nationalistes proches des phalangistes (par ricochet, on comprend aussi que cette dictature devait encore singulièrement brider la liberté créatrice). De fait, on est très loin ici des séries qui sortiront après la chute de Franco, dans des revues autrement plus irrévérencieuses, ça reste très ampoulé, convenu, avec un humour qui fait quand même daté (le gag de la banane sur laquelle glisse un officier français…). Sur la même période historique, et avec un dessin assez proche, j’avais quand même préféré Godaille et Godasse. Le dessin d’ailleurs, sans être excellent, est quand même ce qui passe le mieux. Du caricatural plus ou moins gentillet (pas très détaillé), mais qui peine à relever le plat des intrigues.
La Bureautique des Sentiments
Je serais tenté de dire que je n'ai vraiment pas aimé cet album, si ce n'est pour un point : le dessin de Ju/CDM, qui reste très réussi et constitue le principal atout de l'ouvrage. Pour le reste, cela ne fonctionne pas pour moi. Il s'agit d'une succession de gags centrés sur Michel, un nerd socialement inadapté, obsédé par les fichiers Excel et incapable de réussir la moindre interaction avec ses collègues ou avec les femmes. Sur le papier, le sujet aurait pourtant pu m'amuser, étant moi-même volontiers geek et introverti. Mais ici, l'humour ne prend jamais. Les gags et les dialogues tombent systématiquement à plat. L'humour est poussif, répétitif, mal rythmé, et ne provoque pas le moindre sourire. Il s'appuie sur une caricature facile et un jusqu'au-boutisme qui va trop vite dans le mur. Surtout, le personnage de Michel est profondément antipathique. Égocentrique, parfois violent et simplement stupide, il n'éveille aucune empathie et se révèle bien plus pénible qu'amusant ou touchant. Je m'en suis lassé au bout de quelques pages et j'ai terminé l'album avec difficulté. Les auteurs tentent bien de faire évoluer légèrement la situation sur la fin, en entraînant le personnage vers une nouvelle obsession (le death metal), mais cela reste tout aussi stéréotypé, sans être ni drôle ni attachant. Au final, je n'ai pas aimé cet album. Mais il est bien dessiné.
Young shadow
Je suis passé totalement à coté de cet album. Le résumé avait attiré mon attention, mais j'ai vite déchanté en lisant les premières pages de ce comics. Ce n'est pas que le dessin est mauvais, mais je trouve que la mise en scène manque de dynamisme. En tout cas, ce n'est pas très dynamique pour une histoire de super-héros. Quant au scénario, le début est prometteur, mais l'histoire ne lève jamais vraiment. J'ai juste eu l'impression de voir une autre variation du thème de super-héros qui au final n'apporte rien de nouveau. Bref, je ne suis jamais rentré dans ce récit et je me suis ennuyé. Je me demande si je n'ai pas aimé tout simplement parce que je ne suis pas le public-cible. J'ai trouvé cet album dans la section adulte de ma bibliothèque municipal, mais le ton du récit me semble être plus adapté pour les jeunes adolescents.
Shangri-La
Je n’ai pas l’habitude de lire de la science-fiction mais il est dur de résister à la lecture de Shangri-La tant le dessin est beau ! Shangri-La nous emporte dans un monde lointain où la Terre a été détruite et une partie de l’humanité a survécu sur une gigantesque station spatiale régie par une multinationale symbole du capitalisme le plus extrême. Le monde est régi par le travail et fait un peu penser au PCC. Différents héros trouvent certaines failles dans le système et cherchent tant bien que mal à se rebeller. La grande force de cet ouvrage c’est son dessin. Mathieu Bablet transcrit parfaitement la beauté de l’espace et sa grandeur. La taille de la BD permet de rendre compte d’autant plus de tous les détails du dessins, la multitude de traits qui fait de chaque page une œuvre d’art en tant que telle. J’aime également beaucoup les différentes palettes de couleurs qui sont vraiment bien utilisées. Je n’ai juste malheureusement pas accroché au scénario malgré quelques bonnes idées. Il y a une volonté de dénoncer le système capitaliste (avec une dictature chinoise poussant toujours à la consommation), le racisme (avec l’incarnation d’une nouvelle race animaux-humain qui se prend tous les maux du monde) et l’exploitation animale (avec des usines de chiens qui construisent des iPhones). Mais c’est toujours trop vulgairement amené, trop lourd, trop évident. Je n’ai pas aimé le manque de subtilité et la dénonciation trop facile avec des héros trop naïfs. À lire pour le dessin !
L'Empereur de Chine
J’aime beaucoup ce dessin. C’est à mes yeux justement la simplicité des décors qui lui donnent cet aspect doux qui sied bien aux ambiances de contes. L’artiste alterne entre des plans différents et certaines cases sont en très gros plan avec parfois un peu de difficultés à saisir l’objet du dessin. La compréhension peut venir après avec la suite de l’histoire contée. Et nous avons ici deux contes. Autant j’ai saisi le premier sur cet empereur qui donne son nom à l’album, même si je l’ai trouvé un peu « facile » et prévisible. Il fut d’une lecture plutôt agréable. Autant le second m’est resté abscons. Que le cadre spatio-temporel soit flou est plutôt sympa dans le cadre d’un conte mais je n’ai pas saisi la finalité de l’action, j’ai l’impression qu’il y a eu des failles dans le récit que je n’ai pas pu combler. C’est simple, j’écris cet avis quelques jours après la lecture. Je me souviens bien de la trame du premier récit… et quasiment pas du second. Je sais que je prends de l’âge et que ma mémoire ne va pas en s’améliorant, mais quand même. Donc un peu déçue, malgré le côté graphique agréable.
Le Gouffre des résurrections
Je ne suis a priori pas forcément friand de fantastique, et ma note se ressent sans doute de ces préventions. Il y a toutefois un certain nombre de séries du genre qui ont su me satisfaire. Celle-ci n’en fera pas partie. Le premier tiers du récit est un peu haché (changements temporels et de lieux), mais plutôt accrocheur, jusqu’à l’arrivée de l’expédition de secours dans les étendues glacées. Il y a une ambiance à la Lovecraft dans la montée de l’angoisse, du mal prêt à surgir des profondeurs. Mais Lovecraft joue avant tout sur l’ambiance, et là cette terreur s’incarne rapidement. A partir de ce moment j’ai décroché. D’abord parce que le fantastique phagocyte tout. Mais surtout parce qu’il est vain. Saturant le récit, les zombies auraient tout aussi bien pu être de chair, tribu inuit quelconque, tout se transforme en une simple mise à mort successive des membres de l’expédition, le scénario se réduisant à presque rien, une succession de combats et de massacres, jusqu’à une conclusion que j’ai trouvée bâclée. Reste un dessin et une colorisation que j’ai bien aimés, c’est agréable et fluide. Hélas au service d’une intrigue qui m’a laissé de côté.
Raoul Fulgurex
Une pantalonnade peut-elle s'étirer en un cycle de 3 tomes, construire une longue intrigue sur des personnages initialement présentés comme artificiels, parodiques, caricaturaux ? Ce doit être possible, mais cette BD n'y parvient pas complètement. On rit parfois, sourit très souvent, mais l'on s'étonne la plupart du temps que ce récit d'aventure puisse se développer autant tout en étant basé sur du flan. De belles idées parodiques ne sauvent pas le projet du bancal. L'impertinence s'essouffle souvent au profit d'une aventure totalement abracadabrante, mais trop respectée pour demeurer risible. Et l'humour volontiers misogyne apparaît bien complaisant aujourd'hui. L'on s'ennuie un peu, un comble pour un tel projet !
Ran Corvo
Mouais. Je n'ai pas été convaincu par cet album, même si certains passages amènent le sourire. Je suis un gros adepte d'humour con, potache, avec une dose d'absurde: c'est ce qui m'avait attiré lorsque j'avais acheté cet album il y a maintenant assez longtemps. Puis il avait disparu sous une de mes nombreuses piles à lire ou relire, d'où je viens de l'exhumer pour l'aviser. J'avais de vagues souvenirs plutôt positifs, mais cette relecture complète les tempèrent quelque peu. Ran Corvo et son équipe de bras cassés ont quelque chose de pathétique qui attire le lecteur que je suis. Il a des idées fumeuses, qu'il transforme en catastrophe, et les aventures du pauvre dans lesquelles il se trouve embarqué (lutter contre une parodie de Manufrance de l'espace!?) lui laissent peu d'espoir de gloire, il est condamné au grotesque. Ça se laisse lire, le sourire aux lèvres parfois, mais pas assez souvent. Sur un registre parfois proche, j'ai clairement préféré Cosmik Roger. Il faut dire que j'ai eu un peu de mal avec l'esthétique développée par Blanchard. Note réelle 2,5/5.
Mr Magellan
Le moins qu'on puisse dire est que tout est étrange et bizarre dans cette BD loufoque. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliquer est souvent le mot d'ordre des scénarios tarabiscotés, où on fait 30 planches avec un récit qui pourrait tenir sur 6. L'art de la simplicité, personne ne connait. L'ambiance est très 70, peut-être que les scénaristes avaient abusé de certaines substances bien en vue à l'époque. Il y a souvent ci et là quelques idées amusantes et délirantes. Graphiquement, c'est tout aussi étrange. Souvent, ça donne l'impression d'un dessinateur qui veut faire croire qu'il sait faire du réaliste, et quand il s'y met à fond, c'est à côté de la plaque, comme les perspectives du décor. Les voitures et immeubles sont assez bien dessinés mais mal placés dans le contexte, donnant l'impression d'un plaquage. Une BD assez hors norme, proche de Chapeau Melon et Bottes de Cuir, dans un journal pour jeunots, et donc avec des contraintes qui ne permettent pas de mieux développer les choses, car c'aurait pu être une bonne BD pour grands ados et adultes avec des graphismes adéquats. Une BD qui marque, car marchant sur les bas-côtés de la route avec un entrain jouissif, et peut-être un certain "je m'en foutisme" ambiant.
Ça dépend des animaux
Un album qui m'a intrigué par son titre ainsi que par son dessin. En effet, j'aime bien ce style de dessin que je trouve un peu élégant et les couleurs sont attrayantes. Malheureusement, le scénario est beaucoup moins bon. Ça commence pourtant pas trop mal lorsque les visiteurs d'un zoo reçoivent un appel d'urgence et ne comprennent pas ce qui se passe. C'est amusant même si le lecteur devine facilement la raison de l'état d'urgence rien qu'en lisant le titre de l'album. Puis on bascule du point de vue des animaux et là le récit devient moins intéressant. En gros, on va voir comment les animaux ont causé le chaos dans le zoo et cette partie est trop longue. J'ai eu la sensation qu'on faisait du surplace. Des pages et des pages sur des animaux qui se demandent quoi faire alors que j'aurais bien mieux aimer voir comment la société allait réagir aux événements. On a droit à un genre e conte moral censé être marrant (enfin, c'est comme ça que j'ai compris les intentions des auteurs) et au final le récit est banal et la fin est tellement ouverte que je me suis demandé si je n’étais pas entrain de lire le tome 1 d'une nouvelle série. Vu qu'il y a pas marqué à suivre sous la dernière case, on a donc une histoire qui se termine en queue de poisson, mais à ce stade je m'en foutais un peu alors que j'étais enthousiasmé au début.