C'est avec le duo Ed Brubacker/Sean Phillips, que j'avais découvert le fils en tant que coloriste. Puis, il avait sauté le pas au dessin avec Texas Blood en 2021 avec Chris Condon au scénario, série qui partait plutôt pas trop mal mais qui semble malheureusement abandonnée. Le même duo nous propose cette fois-ci un western, retraçant un épisode sanglant de l'histoire de la frontière texane : le massacre du gang Enfield, qui donne le nom à cet album.
Côté graphisme, pas de surprises, on retrouve la colorisation et un encrage tranchés, un trait sommaire et efficace qui ont fait sa marque de fabrique. L'histoire est découpée en chapitres, où s'intercalent à chaque fois une double page de texte reposant le cadre historique de ce tragique événement.
En soit ce n'est pas mauvais ; je ne connaissais pas cette "anecdote" pourtant réputée au Texas, mais si l'on enlève les pages de texte, la BD s'avale en trois coups de cuillère à pôt alors qu'elle s'étire sur 192 pages ! Je peux comprendre la volonté de réhabilitation d'une vérité historique, même s'il s'agit d'une bande de malfrats, mais au final, tout cela manque d'implication pour le lecteur. Je n'ai pas eu la moindre empathie pour les protagonistes, et on suit ce tragique massacre perpétré par un Texas Ranger, un shérif tout frais nommé et la cavalerie sans grand frisson.
Bref, un retour sur une tragédie historique qui manque d'étoffe et qui peine à convaincre.
C'était l'un des rares albums publiés par Xiaopan que je n'avais pas eu l'occasion de lire à l'époque où cet éditeur éphémère faisait découvrir les manhuas en France. J'étais donc assez content de pouvoir enfin combler cette lacune, même si cette lecture ne restera pas parmi les meilleures de son catalogue.
Le dessin est correct, avec un trait qui évoque par moments la peinture chinoise à l'encre, notamment grâce à son encrage. En revanche, les décors sont trop souvent vides et la colorisation numérique a nettement moins bien vieilli. Les nombreux dégradés et effets informatiques donnent un rendu artificiel, avec des couleurs peu harmonieuses.
L'histoire adapte un conte traditionnel chinois. J'aime bien découvrir ce type de récits populaires, mais celui-ci ne m'a pas particulièrement emballé. Le jeune héros cherche à débarrasser sa mère d'un esprit-renard ce qui donne lieu à une succession de ruses et de situations censées être humoristiques. Malheureusement, cet humour ne fonctionne pas, peut-être en partie pour une question de différence de culture. Les personnages sont volontairement caricaturaux, les adultes souvent ridiculisés et l'ensemble oscille entre conte pour enfants et récit plus adulte, avec quelques allusions sexuelles et un peu de violence. Ce mélange est bancal et je ne suis jamais vraiment entré dans l'histoire.
Autant c'est sympa de découvrir un peu du folklore chinois, autant en terme de bande dessinée pure, ce n'est pas terrible du tout.
Ah, le bon vieux temps où Wolverine était encore traduit Serval !
C'est donc l'histoire de Wolverine et Havok qui profitent de vacances bien méritées lorsqu'ils se retrouvent embarqués malgré eux dans une intrigue d'espionnage internationale sur fond de catastrophe nucléaire et de guerre froide.
C'est forcément le graphisme qui attire vers cet album. Entièrement peint, il propose un rendu rare pour un comic Marvel, datant d'une époque où l'éditeur s'autorisait des expérimentations graphiques, comme par exemple avec Elektra - Assassin. Jeux de lumière et de textures, ambiances sinistres, plusieurs planches ressemblent davantage à des illustrations qu'à des pages de bande dessinée. C'est parfois impressionnant. En revanche, ce choix esthétique nuit aussi à la lisibilité. Les personnages manquent de dynamisme, beaucoup de scènes sont confuses et Wolverine arbore une coiffure tellement exagérée qu'elle en devient presque involontairement comique.
Quoiqu'il en soit, le scénario n'est pas à la hauteur de l'originalité de ce graphisme. Il cherche manifestement à rendre hommage aux films d'espionnage des années 60/70, avec femme fatale, agents soviétiques, manipulations, poursuites aux quatre coins du monde et menace nucléaire. L'ensemble accumule les clichés sans réussir à leur donner du souffle. Les événements s'enchaînent très vite, aucune idée n'est développée, les coïncidences sont nombreuses, les personnages prennent régulièrement des décisions peu crédibles et les dialogues sonnent souvent de manière artificielle.
C'est dommage car je ne connaissais pas le personnage de Havok et je trouvais ça original de le voir associé à Wolverine. Mais j'ai surtout eu le sentiment que toute cette histoire n'était qu'un prétexte à mettre en valeur le travail des deux peintres.
Visuellement, c'est une véritable curiosité et certaines pages sont jolies quoiqu'un peu trop sombres à mon goût. Mais le scénario est très oubliable.
Bon, je vais être franc, j'ai tenu 15 pages... Erreur de casting. Cette série n'est vraiment pas faite pour moi.
Les "3B", ou trois "boys" désignent les barmans, les coiffeurs et les musiciens, le type d'homme qu'il est fortement déconseillé de sortir avec... Et forcément notre série commence par une soirée organisée entre 3 filles et 3 garçons, qui sont forcément... barman, coiffeur et musicien. Malheureusement la thématique n'est pas faite pour moi ; l'humour distillé non plus ; et le graphisme qui veut jouer les exagération pour appuyer cet humour non plus.
Bref, j'ai fermé l'album au bout de 15 pages.
Un autre album de Baudoin où le coté BD est minimaliste. C'est majoritairement composé de croquis qu'il a fait durant un voyage, mais comme les croquis sont en ordres et que le texte raconte une vraie histoire, ça passe pour de l'art séquentiel si on imagine que chaque croquis est une grosse case qui prends toute la page.
En tout cas, c'est encore un récit de Baudoin qui m'a ennuyé. Il faut dire que le voyage est banal alors que ses autres albums avec des croquis de voyage se situaient dans un autre pays alors au moins on découvrait une autre culture. Ici, tout ce qui voit Baudoin m'a semblé banal, limite le genre de truc qui pourrait m'arriver chaque jour si on remplace le train par un autobus municipal. C'est une œuvre compellative et comme c'est souvent le cas avec ce type de récit, cela va marquer ceux qui sont sensibles à la poésie de l'auteur alors que les autres vont juste s'ennuyer.
Pour les fans de Baudoin uniquement.
Assez déçu par les derniers bouquins de Davodeau - que je suis attentivement de par la diversité des sujets qu’il a traité - je ne m’étais pas précipité sur celui-ci.
La volonté première de l’auteur semble ici de vouloir mettre en lumière le travail de sa compagne et de ceux qui accomplissent le travail méconnu d’accompagnement des personnes atteintes de troubles cognitifs hors des structures classiques. Le sujet est difficile, touche ou touchera bon nombre d’entre nous ou de nos proches.
Les quelques portraits de malades assez rapidement dressés ne constituent finalement qu’une part trop faible du bouquin au regard du nombre de pages consacrées au cheminement ayant conduit Françoise Roy à accepter le projet. La manière de préserver le secret médical et l’anonymat des personnes occupent par exemple un peu trop de place. Côté dessin, c’est du Davodeau : simple, efficace et expressif!
J’imagine la difficulté d’avoir fait aboutir ce projet qui tenait manifestement à cœur l’auteur. Pour ma part, je me suis finalement plutôt ennuyé même si les 120 planches se lisent bien vite.
Lors d'un concours de sculptures sur glace, un artiste se retrouve désigné comme l'unique interlocuteur d'un extraterrestre venu transformer toute l'eau de la Terre en une gigantesque œuvre d'art.
Comme souvent dans cette collection, Liu Cixin part d'une idée de science-fiction forte... mais, cette fois, je suis complètement passé à côté. L'album ne m'a jamais vraiment enthousiasmé et m'a laissé assez indifférent, aussi bien sur le fond que sur la forme.
Le dessin de Jok possède une certaine personnalité, avec un trait semi-réaliste un peu rugueux qui sort de l'ordinaire. Mais je ne suis pas tombé sous son charme, même si certaines images fonctionnent bien et que la créature extraterrestre bénéficie d'un design intéressant.
Le scénario, lui, m'a semblé reposer davantage sur le concept d'une idée que sur une mise en scène réaliste. Une fois de plus chez Liu Cixin, on assiste à cette rencontre un peu artificielle entre un humain et une entité extraterrestre. Ici, cette créature venue d'une autre galaxie débarque comme par hasard au beau milieu d'un concours de sculptures sur glace, désigne immédiatement le héros comme son seul interlocuteur valable, engage une longue discussion sur l'Art avec un grand A... puis décide tranquillement de ravager la Terre entière pour réaliser son œuvre. J'ai eu beaucoup de mal à croire à cette mise en scène.
Le récit souffre aussi de plusieurs invraisemblances qui m'ont sorti de l'histoire. La plus flagrante est sans doute la disparition de la quasi-totalité de l'eau terrestre, alors que le héros continue à se déplacer, discuter et vivre presque normalement, sans que les conséquences les plus élémentaires d'une telle catastrophe ne semblent vraiment exister. Difficile de ressentir la moindre tension dans ces conditions.
J'ai également retrouvé un autre thème récurrent chez Liu Cixin : cette opposition assez caricaturale entre une Chine présentée comme adepte de la diplomatie et des États-Unis impulsifs, brutaux et prompts à répondre par la force. Ce regard très orienté sur les relations internationales commence à devenir prévisible et n'apporte pas grand-chose au récit.
Malgré une poignée d'idées originales, je suis resté largement à l'écart de cet album. Le sujet manque de développement, les situations m'ont paru trop artificielles et les nombreuses invraisemblances m'ont empêché d'adhérer au propos. Quant au message sur la place de l'art dans une civilisation, il m'a laissé complètement indifférent. Cela donne l'impression d'une brève idée de nouvelle que Liu Cixin a vite fait couchée sur le papier avant de passer à autre chose, sans vraiment l'approfondir.
Rhaaah mais qu’est-ce que c’est que ces nez !!!???
Rarement un détail ne m’aura à ce point perturbé. Dans cette BD, dont j’entamai la lecture gonflé d’envie, les personnages n’ont pas de nez, et ça, c’est TRES perturbant. Ce détail m’a littéralement gâché la lecture. Jamais je ne suis parvenu à dépasser ça. Outre le fait que c’est très laid, on ne saisi pas bien l’idée, s’il tant est qu’il y en ait une. Est-ce pour signifier que les personnages, au cours de cette enquête, n’ont pas franchement le nez creux ?
Bref ! C’est une déception à tous points de vue. D’abord, c’est Oxymore qui édite ça, or j’aime bien Oxymore d’ordinaire, mais je dois reconnaître que ça fait quelques albums édités là-bas qui me déçoivent. Pourtant, l’édition est assez réussie et le dessin objectivement plutôt bon, tout comme la mise en couleurs, raccord avec l’ambiance. Mais le scénario, imprégné de l’esprit Teenage Movie, et déclinant le thème rebattu du zombie, pêche par plusieurs incohérences qui font retomber les œufs sans parvenir à faire de neige : ressorts scénaristiques forcés, temporalité mal définie, dialogues creux, manque de fluidité, personnages sans épaisseur dont certains viennent encombrer le paysage sans qu’on saisisse le sens même de leur présence…
Et puis c’est sans surprise. Même la série Stranger Things, à quoi cette BD peut être comparée, était parvenue à susciter un minimum d’intérêt (du moins la saison 1) chez les cinquantenaires comme moi en agitant la fibre nostalgique.
J’ai lu les dernières pages au pas de charge pour terminer sur un gros bof !
Un album qui a attiré mon attention parce que je me préoccupe du phénomène de la cigarette électronique. Je ne sais pas comment c'est en Europe, mais au Québec il y a une grosse compagne contre la cigarette et c'est même allé jusqu'à l'interdire totalement à l'intérieur des lieux publics incluant les restaurants il y a plus de 20 ans. Je voyais les effets autour de moi, il y avait rarement des jeunes avec une cigarette et les fumeurs étaient plus des gens d'autres générations. Et puis la cigarette électrique et on dirait que le monde entier s'est mis à vapoter. J'en ai même vu en fumer dans des vestiaires ou des toilettes alors que s'est censé être illégal.
Je voulais donc un documentaire qui explique l'apparition de ce phénomène et ses effets sur les gens, mais je n'ai pas eu droit à un documentaire. En effet, on est dans une œuvre de fiction avec deux jeunes qui effectuent des recherches sur la vape et découvrir que ça des effets négatives alors ils vont essayer de prévenir autant de gens que possible. J'ai trouvé cela ennuyeux. On pourrait répliquer que ça s'adresse aux ados, mais même ados je trouvais ce genre d'histoire qui parle d'un sujet sérieux ennuyeux et je préférais voir un documentaire sur le dit sujet à la place. La manière de parler de ses deux jeunes lorsqu'ils parlent de la vape manquent de naturels. Il y a quelques informations intéressantes et j'ai hésité à mettre un 3 étoiles, mais je me suis vraiment ennuyé durant la majeure partie de l'album.
Ce qui n'aide pas est que je n'ai pas aimé le dessin qui fait souvent amateur et qui ne serait jamais sorti d'un fanzine si on ne vivait pas dans un monde de surproduction de BD. Je n'aime pas la manière dont sont dessin les personnages.
C'est la deuxième histoire de Liu Cixin que je lis où la Chine et les personnages chinois sont totalement absents. Cette fois, le récit nous emmène dans l'ex-Yougoslavie des années 1990, où un mathématicien serbe tente de sauver son pays et sa famille en utilisant la théorie du chaos pour provoquer un brouillard capable de gêner les bombardements de l'OTAN. On retrouve d'ailleurs le regard très critique de l'auteur envers l'Occident : l'OTAN y apparaît comme une force déshumanisée qui bombarde indistinctement les civils, sans véritable mise en contexte ni nuance.
L'idée de départ est typiquement du Liu Cixin : à partir de calculs d'une précision inimaginable, déterminer quel minuscule événement provoquer à un endroit précis du globe pour modifier, par effet papillon, la météo à des milliers de kilomètres. Le concept est séduisant et suffisamment original pour donner envie de suivre le récit. Malheureusement, il reste très largement sous-exploité. L'intrigue se résume essentiellement au héros qui parcourt le monde à la recherche des différents points d'intervention pendant que, parallèlement, sa famille subit les conséquences de la guerre. Le scénario ne développe finalement ni les implications scientifiques de son invention, ni ses conséquences géopolitiques, ni même réellement ses personnages.
Le dessin de Dan Panosian est agréable à regarder. Son trait réaliste est solide, les décors sont soignés et la colorisation fonctionne bien. L'ensemble se lit sans difficulté et bénéficie d'une mise en scène efficace, même si elle reste assez académique.
Mais j'ai trouvé ce tome plutôt décevant. Derrière une idée de science-fiction bonne mais pas si originale, le récit raconte très peu de choses et s'interrompt abruptement quand le héros apprend que son périple ne sert plus à rien. C'est tout. Pas grand chose à se mettre sous la dent.
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Le Massacre du gang Enfield
C'est avec le duo Ed Brubacker/Sean Phillips, que j'avais découvert le fils en tant que coloriste. Puis, il avait sauté le pas au dessin avec Texas Blood en 2021 avec Chris Condon au scénario, série qui partait plutôt pas trop mal mais qui semble malheureusement abandonnée. Le même duo nous propose cette fois-ci un western, retraçant un épisode sanglant de l'histoire de la frontière texane : le massacre du gang Enfield, qui donne le nom à cet album. Côté graphisme, pas de surprises, on retrouve la colorisation et un encrage tranchés, un trait sommaire et efficace qui ont fait sa marque de fabrique. L'histoire est découpée en chapitres, où s'intercalent à chaque fois une double page de texte reposant le cadre historique de ce tragique événement. En soit ce n'est pas mauvais ; je ne connaissais pas cette "anecdote" pourtant réputée au Texas, mais si l'on enlève les pages de texte, la BD s'avale en trois coups de cuillère à pôt alors qu'elle s'étire sur 192 pages ! Je peux comprendre la volonté de réhabilitation d'une vérité historique, même s'il s'agit d'une bande de malfrats, mais au final, tout cela manque d'implication pour le lecteur. Je n'ai pas eu la moindre empathie pour les protagonistes, et on suit ce tragique massacre perpétré par un Texas Ranger, un shérif tout frais nommé et la cavalerie sans grand frisson. Bref, un retour sur une tragédie historique qui manque d'étoffe et qui peine à convaincre.
Le Fils du marchand
C'était l'un des rares albums publiés par Xiaopan que je n'avais pas eu l'occasion de lire à l'époque où cet éditeur éphémère faisait découvrir les manhuas en France. J'étais donc assez content de pouvoir enfin combler cette lacune, même si cette lecture ne restera pas parmi les meilleures de son catalogue. Le dessin est correct, avec un trait qui évoque par moments la peinture chinoise à l'encre, notamment grâce à son encrage. En revanche, les décors sont trop souvent vides et la colorisation numérique a nettement moins bien vieilli. Les nombreux dégradés et effets informatiques donnent un rendu artificiel, avec des couleurs peu harmonieuses. L'histoire adapte un conte traditionnel chinois. J'aime bien découvrir ce type de récits populaires, mais celui-ci ne m'a pas particulièrement emballé. Le jeune héros cherche à débarrasser sa mère d'un esprit-renard ce qui donne lieu à une succession de ruses et de situations censées être humoristiques. Malheureusement, cet humour ne fonctionne pas, peut-être en partie pour une question de différence de culture. Les personnages sont volontairement caricaturaux, les adultes souvent ridiculisés et l'ensemble oscille entre conte pour enfants et récit plus adulte, avec quelques allusions sexuelles et un peu de violence. Ce mélange est bancal et je ne suis jamais vraiment entré dans l'histoire. Autant c'est sympa de découvrir un peu du folklore chinois, autant en terme de bande dessinée pure, ce n'est pas terrible du tout.
Échec Nucléaire
Ah, le bon vieux temps où Wolverine était encore traduit Serval ! C'est donc l'histoire de Wolverine et Havok qui profitent de vacances bien méritées lorsqu'ils se retrouvent embarqués malgré eux dans une intrigue d'espionnage internationale sur fond de catastrophe nucléaire et de guerre froide. C'est forcément le graphisme qui attire vers cet album. Entièrement peint, il propose un rendu rare pour un comic Marvel, datant d'une époque où l'éditeur s'autorisait des expérimentations graphiques, comme par exemple avec Elektra - Assassin. Jeux de lumière et de textures, ambiances sinistres, plusieurs planches ressemblent davantage à des illustrations qu'à des pages de bande dessinée. C'est parfois impressionnant. En revanche, ce choix esthétique nuit aussi à la lisibilité. Les personnages manquent de dynamisme, beaucoup de scènes sont confuses et Wolverine arbore une coiffure tellement exagérée qu'elle en devient presque involontairement comique. Quoiqu'il en soit, le scénario n'est pas à la hauteur de l'originalité de ce graphisme. Il cherche manifestement à rendre hommage aux films d'espionnage des années 60/70, avec femme fatale, agents soviétiques, manipulations, poursuites aux quatre coins du monde et menace nucléaire. L'ensemble accumule les clichés sans réussir à leur donner du souffle. Les événements s'enchaînent très vite, aucune idée n'est développée, les coïncidences sont nombreuses, les personnages prennent régulièrement des décisions peu crédibles et les dialogues sonnent souvent de manière artificielle. C'est dommage car je ne connaissais pas le personnage de Havok et je trouvais ça original de le voir associé à Wolverine. Mais j'ai surtout eu le sentiment que toute cette histoire n'était qu'un prétexte à mettre en valeur le travail des deux peintres. Visuellement, c'est une véritable curiosité et certaines pages sont jolies quoiqu'un peu trop sombres à mon goût. Mais le scénario est très oubliable.
Ceux dont il ne faut surtout pas tomber amoureuse
Bon, je vais être franc, j'ai tenu 15 pages... Erreur de casting. Cette série n'est vraiment pas faite pour moi. Les "3B", ou trois "boys" désignent les barmans, les coiffeurs et les musiciens, le type d'homme qu'il est fortement déconseillé de sortir avec... Et forcément notre série commence par une soirée organisée entre 3 filles et 3 garçons, qui sont forcément... barman, coiffeur et musicien. Malheureusement la thématique n'est pas faite pour moi ; l'humour distillé non plus ; et le graphisme qui veut jouer les exagération pour appuyer cet humour non plus. Bref, j'ai fermé l'album au bout de 15 pages.
Le Petit Train de la Côte Bleue
Un autre album de Baudoin où le coté BD est minimaliste. C'est majoritairement composé de croquis qu'il a fait durant un voyage, mais comme les croquis sont en ordres et que le texte raconte une vraie histoire, ça passe pour de l'art séquentiel si on imagine que chaque croquis est une grosse case qui prends toute la page. En tout cas, c'est encore un récit de Baudoin qui m'a ennuyé. Il faut dire que le voyage est banal alors que ses autres albums avec des croquis de voyage se situaient dans un autre pays alors au moins on découvrait une autre culture. Ici, tout ce qui voit Baudoin m'a semblé banal, limite le genre de truc qui pourrait m'arriver chaque jour si on remplace le train par un autobus municipal. C'est une œuvre compellative et comme c'est souvent le cas avec ce type de récit, cela va marquer ceux qui sont sensibles à la poésie de l'auteur alors que les autres vont juste s'ennuyer. Pour les fans de Baudoin uniquement.
Là où tu vas - Voyage au pays de la mémoire qui flanche
Assez déçu par les derniers bouquins de Davodeau - que je suis attentivement de par la diversité des sujets qu’il a traité - je ne m’étais pas précipité sur celui-ci. La volonté première de l’auteur semble ici de vouloir mettre en lumière le travail de sa compagne et de ceux qui accomplissent le travail méconnu d’accompagnement des personnes atteintes de troubles cognitifs hors des structures classiques. Le sujet est difficile, touche ou touchera bon nombre d’entre nous ou de nos proches. Les quelques portraits de malades assez rapidement dressés ne constituent finalement qu’une part trop faible du bouquin au regard du nombre de pages consacrées au cheminement ayant conduit Françoise Roy à accepter le projet. La manière de préserver le secret médical et l’anonymat des personnes occupent par exemple un peu trop de place. Côté dessin, c’est du Davodeau : simple, efficace et expressif! J’imagine la difficulté d’avoir fait aboutir ce projet qui tenait manifestement à cœur l’auteur. Pour ma part, je me suis finalement plutôt ennuyé même si les 120 planches se lisent bien vite.
L'Océan des rêves
Lors d'un concours de sculptures sur glace, un artiste se retrouve désigné comme l'unique interlocuteur d'un extraterrestre venu transformer toute l'eau de la Terre en une gigantesque œuvre d'art. Comme souvent dans cette collection, Liu Cixin part d'une idée de science-fiction forte... mais, cette fois, je suis complètement passé à côté. L'album ne m'a jamais vraiment enthousiasmé et m'a laissé assez indifférent, aussi bien sur le fond que sur la forme. Le dessin de Jok possède une certaine personnalité, avec un trait semi-réaliste un peu rugueux qui sort de l'ordinaire. Mais je ne suis pas tombé sous son charme, même si certaines images fonctionnent bien et que la créature extraterrestre bénéficie d'un design intéressant. Le scénario, lui, m'a semblé reposer davantage sur le concept d'une idée que sur une mise en scène réaliste. Une fois de plus chez Liu Cixin, on assiste à cette rencontre un peu artificielle entre un humain et une entité extraterrestre. Ici, cette créature venue d'une autre galaxie débarque comme par hasard au beau milieu d'un concours de sculptures sur glace, désigne immédiatement le héros comme son seul interlocuteur valable, engage une longue discussion sur l'Art avec un grand A... puis décide tranquillement de ravager la Terre entière pour réaliser son œuvre. J'ai eu beaucoup de mal à croire à cette mise en scène. Le récit souffre aussi de plusieurs invraisemblances qui m'ont sorti de l'histoire. La plus flagrante est sans doute la disparition de la quasi-totalité de l'eau terrestre, alors que le héros continue à se déplacer, discuter et vivre presque normalement, sans que les conséquences les plus élémentaires d'une telle catastrophe ne semblent vraiment exister. Difficile de ressentir la moindre tension dans ces conditions. J'ai également retrouvé un autre thème récurrent chez Liu Cixin : cette opposition assez caricaturale entre une Chine présentée comme adepte de la diplomatie et des États-Unis impulsifs, brutaux et prompts à répondre par la force. Ce regard très orienté sur les relations internationales commence à devenir prévisible et n'apporte pas grand-chose au récit. Malgré une poignée d'idées originales, je suis resté largement à l'écart de cet album. Le sujet manque de développement, les situations m'ont paru trop artificielles et les nombreuses invraisemblances m'ont empêché d'adhérer au propos. Quant au message sur la place de l'art dans une civilisation, il m'a laissé complètement indifférent. Cela donne l'impression d'une brève idée de nouvelle que Liu Cixin a vite fait couchée sur le papier avant de passer à autre chose, sans vraiment l'approfondir.
Le Diable de Smiling Woods
Rhaaah mais qu’est-ce que c’est que ces nez !!!??? Rarement un détail ne m’aura à ce point perturbé. Dans cette BD, dont j’entamai la lecture gonflé d’envie, les personnages n’ont pas de nez, et ça, c’est TRES perturbant. Ce détail m’a littéralement gâché la lecture. Jamais je ne suis parvenu à dépasser ça. Outre le fait que c’est très laid, on ne saisi pas bien l’idée, s’il tant est qu’il y en ait une. Est-ce pour signifier que les personnages, au cours de cette enquête, n’ont pas franchement le nez creux ? Bref ! C’est une déception à tous points de vue. D’abord, c’est Oxymore qui édite ça, or j’aime bien Oxymore d’ordinaire, mais je dois reconnaître que ça fait quelques albums édités là-bas qui me déçoivent. Pourtant, l’édition est assez réussie et le dessin objectivement plutôt bon, tout comme la mise en couleurs, raccord avec l’ambiance. Mais le scénario, imprégné de l’esprit Teenage Movie, et déclinant le thème rebattu du zombie, pêche par plusieurs incohérences qui font retomber les œufs sans parvenir à faire de neige : ressorts scénaristiques forcés, temporalité mal définie, dialogues creux, manque de fluidité, personnages sans épaisseur dont certains viennent encombrer le paysage sans qu’on saisisse le sens même de leur présence… Et puis c’est sans surprise. Même la série Stranger Things, à quoi cette BD peut être comparée, était parvenue à susciter un minimum d’intérêt (du moins la saison 1) chez les cinquantenaires comme moi en agitant la fibre nostalgique. J’ai lu les dernières pages au pas de charge pour terminer sur un gros bof !
La Vape - Derrière le goût, le mensonge
Un album qui a attiré mon attention parce que je me préoccupe du phénomène de la cigarette électronique. Je ne sais pas comment c'est en Europe, mais au Québec il y a une grosse compagne contre la cigarette et c'est même allé jusqu'à l'interdire totalement à l'intérieur des lieux publics incluant les restaurants il y a plus de 20 ans. Je voyais les effets autour de moi, il y avait rarement des jeunes avec une cigarette et les fumeurs étaient plus des gens d'autres générations. Et puis la cigarette électrique et on dirait que le monde entier s'est mis à vapoter. J'en ai même vu en fumer dans des vestiaires ou des toilettes alors que s'est censé être illégal. Je voulais donc un documentaire qui explique l'apparition de ce phénomène et ses effets sur les gens, mais je n'ai pas eu droit à un documentaire. En effet, on est dans une œuvre de fiction avec deux jeunes qui effectuent des recherches sur la vape et découvrir que ça des effets négatives alors ils vont essayer de prévenir autant de gens que possible. J'ai trouvé cela ennuyeux. On pourrait répliquer que ça s'adresse aux ados, mais même ados je trouvais ce genre d'histoire qui parle d'un sujet sérieux ennuyeux et je préférais voir un documentaire sur le dit sujet à la place. La manière de parler de ses deux jeunes lorsqu'ils parlent de la vape manquent de naturels. Il y a quelques informations intéressantes et j'ai hésité à mettre un 3 étoiles, mais je me suis vraiment ennuyé durant la majeure partie de l'album. Ce qui n'aide pas est que je n'ai pas aimé le dessin qui fait souvent amateur et qui ne serait jamais sorti d'un fanzine si on ne vivait pas dans un monde de surproduction de BD. Je n'aime pas la manière dont sont dessin les personnages.
Le Calcul Du Papillon
C'est la deuxième histoire de Liu Cixin que je lis où la Chine et les personnages chinois sont totalement absents. Cette fois, le récit nous emmène dans l'ex-Yougoslavie des années 1990, où un mathématicien serbe tente de sauver son pays et sa famille en utilisant la théorie du chaos pour provoquer un brouillard capable de gêner les bombardements de l'OTAN. On retrouve d'ailleurs le regard très critique de l'auteur envers l'Occident : l'OTAN y apparaît comme une force déshumanisée qui bombarde indistinctement les civils, sans véritable mise en contexte ni nuance. L'idée de départ est typiquement du Liu Cixin : à partir de calculs d'une précision inimaginable, déterminer quel minuscule événement provoquer à un endroit précis du globe pour modifier, par effet papillon, la météo à des milliers de kilomètres. Le concept est séduisant et suffisamment original pour donner envie de suivre le récit. Malheureusement, il reste très largement sous-exploité. L'intrigue se résume essentiellement au héros qui parcourt le monde à la recherche des différents points d'intervention pendant que, parallèlement, sa famille subit les conséquences de la guerre. Le scénario ne développe finalement ni les implications scientifiques de son invention, ni ses conséquences géopolitiques, ni même réellement ses personnages. Le dessin de Dan Panosian est agréable à regarder. Son trait réaliste est solide, les décors sont soignés et la colorisation fonctionne bien. L'ensemble se lit sans difficulté et bénéficie d'une mise en scène efficace, même si elle reste assez académique. Mais j'ai trouvé ce tome plutôt décevant. Derrière une idée de science-fiction bonne mais pas si originale, le récit raconte très peu de choses et s'interrompt abruptement quand le héros apprend que son périple ne sert plus à rien. C'est tout. Pas grand chose à se mettre sous la dent.