Les derniers avis (20975 avis)

Par grogro
Note: 2/5
Couverture de la série Manhattan Driver
Manhattan Driver

Houla la lecture douloureuse que voilà ! Je n’aime pas bien ça, coller des sales notes, et je suis bien désolé pour Julien Magnani (qui est aussi l’éditeur), mais bon, dans le cas présent, je ne vois guère que le dessin pour sauver in extremis cette BD du naufrage complet. Et encore ! Qu’est-ce qui cloche avec Manhattan Driver ? D’abord, il y a le texte. Ça, c’est le premier truc qui m’a cueilli à froid. Après une préface peu inspirée signée Jean-Baptiste Thoret, on entre dans la BD pour constater très vite que de larges parties des dialogues ne sont pas traduites ce qui fait qu’on a l’impression d’assister à une interview de Jean-Claude Vandamne en pire ! Un exemple avec cette réplique : « All Right Johnnie. Did you notice que Stumpie avait une jambe foutue ? He’s got no other choice que de trimer au dépôt. » Hé oh ! C’est un intérimaire le traducteur ? Outre le fait que ça m’a TRES rapidement agacé, je n’ai absolument pas compris ce que cela pouvait bien apporter au récit. En réalité, je crois que la seule justification à un tel parti pris est esthétique, pour faire genre. C’est complètement raté ! Perso, j'ai plutôt l'impression d'avoir eu entre les pattes un objet arty qui se la raconte On l’aura compris : on est aux « States, man » ! Du coup, en plus de ces horripilants textes en english (en « american » plutôt), le récit accumule les clichés, à commencer par des successions d’images qu’on a toutes et tous vues mille et une fois dans moults films. Pour ce qui est de l’originalité, on repassera. En ce qui concerne le récit en lui-même, il est bourré de petites incohérences et de marches inégales sur lesquelles la lecture vient buter, et cela dès la toute première case où il est précisé que l’histoire se passe en 1932, année où notre héros Johnnie prend le train. Pourtant, le reste du récit se déroule dans le New York des 70ies, et le personnage principal s’appelle bien Johnnie. Ok, d’accord. Bon, j’en prends mon parti et me dis qu’il s’agit d’un récit croisé, avec deux Johnnie différents, dont l’un serait l’ancêtre de l’autre… Voilà ! en tant que lecteur, on passe une partie de son temps à ne pas savoir, à ne pas comprendre, tout en pressentant que cette incompréhension provient d’avantage d’un travail scénaristique branlant que d’une quelconque volonté de l’auteur, sensation pénible, on en conviendra. Quoi d’autre ? Ah oui ! quelques scènes sont carrément lunaires comme cet épisode où un des chauffeurs de la compagnie de taxis, afin d’éviter un retard trop important, coupe à travers Central Park, manquant d’écraser promeneurs et cyclistes. Ben ouais quoi ! On est aux States man ! Fallait bien une scène de poursuite en bagnole façon Bullitt ! Globalement, on s’emmerde sec à la lecture, parce qu’en plus de ne pas être certain de suivre le même personnage qu’au début, en plus d’avoir le sentiment qu’il y a des trous dans la narration (…), rien ne vient titiller la curiosité : les protagonistes sont tristes, chiants, pénibles, terriblement clichés, et ânonnent à longueur de page ce franglais si irritant pour les nerfs. Bref ! Il y aurait encore beaucoup à dire, mais je préfère arrêter là ! Cette énumération me fatigue, tout comme cette lecture que je n’ai bien évidemment pas poussée à son terme. Mon seul et unique motif de satisfaction provient du dessin, réalisé principalement au pastel gras avec des touches de crayons de couleurs et de fusain, sans doute. De ce côté-là, c’est chouette, maitrisé, très vivant. Il y aussi la qualité d'édition qu'il faut soulignée. Malgré tout, la bouée est crevée et ne parvient pas à maintenir cette BD hors de l’eau. Amie lectrice, ami lecteur, si ce sont les récits de taxi qui vous font kiffer, orientez-vous plutôt vers la BD Un taxi nommé Nadir de Romain Multier et Gilles Tévessin, ou bien encore vers le surprenant film Ten de Kiarostami qui, lui, casse tous les clichés. On pourra aussi revoir Taxi Driver ou l’excellent Night On Earth de Jarmusch… Tout ça pour dire qu’avec un tel sujet, il y avait quand même matière à faire quelque chose de bien.

22/07/2026 (modifier)
Par gruizzli
Note: 2/5
Couverture de la série Le Long des ruines
Le Long des ruines

Je ressors franchement déçu du récit. Passé l'introduction et les explications de ce qui va avoir lieu (l'intrusion dans la psyché d'une personne coincée dans le coma), le récit prend très vite une tournure linéaire pas super intéressante, le tout débouchant sur une fin assez convenue et qui m'interroge sur le sens global du récit. Au point de me faire demander s'il y en a un. Soyons honnête, malgré son pitch intéressant, la BD est un récit linéaire dans un monde post-apo où l'on recherche quelqu'un. Le reste est de la fioriture autour de ce récit central qui va être le cœur de l'histoire. Sauf que c'est vite linéaire, répétitif et pas super intéressant à suivre. L'idée qui aurait rendue ça intéressant à suivre aurait été les questions que ça soulevait sur la représentation mentale, la cartographie des souvenirs, émotions, etc ... Sauf que le récit ne développe jamais le moindre aspect de ce qu'on voit dans le monde mental, on en ressortira sans aucune clé de compréhension et le tout semble plus être là pour introduire le récit que pour réfléchir à l'ensemble. D'ailleurs le questionnement final, sur le poids de supporter toutes ces personnes disparus, me semble assez peu développé notamment parce qu'il me semble que des réponses concrètes et un peu évidentes peuvent apparaitre. Plusieurs choses auraient pu être soulevées par le récit, mais au final rien n'en ressort. C'est dommage, l'idée de base était une occasion en or pour extrapoler. Le dessin est étrange, très schématique dans les cases et ne s'attardant pas sur les détails. C'est un peu difficile de rentrer dedans dans des premières pages assez chargées mais finalement j'ai été assez vite habitué, même si je n'en ressors pas convaincu par le style. C'est assez froid, et si les personnages ont tout de même assez d'expressions pour qu'on s'y attache, le reste est souvent trop schématique pour que j'arrive à m'y projeter vraiment. De fait, ma lecture est assez anecdotique, je ne pense pas que je retiendrais beaucoup de choses de cette BD si ce n'est l'impression qu'il y aurait eu tellement plus à faire.

21/07/2026 (modifier)
Couverture de la série Maskemane
Maskemane

Ankama fête ses 25 ans et pour l'occasion nous ressort cette série enfin au complet dans une intégrale. Génial ! Je n'avais jamais pu aller plus loin que le quatrième numéro paru en kiosque (l'équivalent donc du premier et seul album édité auparavant) et j'adorais les Zobals quand je jouais à Dofus et Wakfu, donc en apprendre plus sur leur lore me bottait pas mal. Qu'en est-il du résultat ? Euh… joker ? Bon, commençons par le positif : c'est vif et entraînant. Qu'il s'agisse des remarques sarcastiques de Maskemane qui joue les narrateurs de fortune, de l'enchaînement de scènes d'actions bourrines et chorégraphié, des punchlines nanardesques qui fusent, des personnages hauts en couleurs qui forment un groupe de fortune et de l'idée originale des masques magiques qui donnent de puissant pouvoir au prix coûteux d'altérer complètement la personnalité de leur porteur, tout dans cette histoire donne envie de lire la suite. C'est du bon, mais très rapidement le tout s'essouffle et, comble du malheur, devient même un peu chiant. Une succession de développements cousus de fils blancs comme les trahisons évidentes ou encore la romance sortie de nul part (grosso-merdo les personnages se sont vus et puis c'est tout, quelle alchimie mes ami-e-s), une exposition bateau, des personnages du lore qui passent dire coucou parfois sans même être véritablement introduits (je pense à la scène finale avec le Cornu Mollu et Goultard), un attachement général entre les personnages… là aussi sorti du trou du cul des scénaristes ! Non, vraiment, ça se casse la gueule fissa et c'est malheureux. Que notre éponyme Maskemane, homme à la psychée notoirement chaotique, s'attache de manière aléatoire je peux l'entendre, que la femme fatale polymorphe qui aimerait bien vivre une vie plus rangée se révèle avoir l'âme romantique et amicale je dis pourquoi pas, que le type qui commet des horreurs dans le seul but d'aider sa femme par tous les moyens décide de s'allier avec les autres n'est pas déconnant, mais que deux personnages qui n'ont jamais caché leurs pulsions meurtrières et leurs sincère antipathie les chapitres précédents se mettent subitement à jouer copain-copain avec le groupe, là j'avoue que je ne suis plus. C'est con parce que, je maintiens, la prémisse est excellente, l'exécution était bonne au début - loin d'être excellente elle mais gentiment nanardesque - alors pourquoi tout gâcher par la suite ? C'est particulièrement dommage parce que c'est avec ce profond sentiment de déception que j'ai refermé cette intégrale. La série a sans doute joué au fait que Maskemane (et avec lui le lore des Zobals en général) ait été rapidement mis de côté, malgré le projet intial d'en faire une sorte de rival/ennemi juré de Remington Smisse (si si, je me rappelle vaguement de ce projet évoqué dans un Dofus Mag). Le fait que la série dudit Remington m'ait paru de bien meilleure qualité ne me fera pas dire le contraire.

07/11/2024 (MAJ le 21/07/2026) (modifier)
Par Ro
Note: 2/5
Couverture de la série Konghoro - Terre sacrée
Konghoro - Terre sacrée

Dans les années 1920, en Afrique de l'Est, une expédition française guidée par une jeune indigène part à la recherche de créatures fantastiques cachées dans une région mystérieuse. Konghoro est une BD d'aventure jeunesse qui lorgne du côté du Monde perdu et des grandes expéditions exotiques. Elle propose avant tout de l'action divertissante, sans vraiment chercher à soigner sa narration, sa crédibilité ou son rythme. On est dans un récit d'aventure très classique, proche de ces histoires courtes qu'on pourrait trouver à la chaîne dans le Journal de Mickey : beaucoup d'exotisme, quelques mystères, des personnages archétypaux et une succession de péripéties destinées à maintenir l'intérêt du jeune lecteur. Ce n'est pas franchement mauvais, mais c'est un divertissement assez cheap et très dispensable. Le dessin donne une bonne impression au premier regard, avec de belles couleurs, un trait souple et dynamique et des décors exotiques et dépaysants. Mais dès qu'on s'y attarde, les faiblesses apparaissent rapidement. Le style évoque davantage une animation jeunesse télévisée assez cheap, voire parfois un simple storyboard préparatoire, avec des éléments traités en quelques traits grossiers. Les personnages ont des anatomies cartoonesques, presque caoutchouteuses, qui donnent parfois l'impression que les corps manquent totalement de structure. La mise en scène de l'action souffre également de ce manque de soin, avec des scènes confuses et un découpage qui peine à donner de la fluidité. C'est trop approximatif. La mise en place de l'histoire m'a aussi rapidement agacé. Le récit fait mine de s'inscrire dans un contexte historique et géographique réaliste, avec des notes de bas de page pour expliquer certains mots ou certains lieux, comme s'il cherchait à transmettre un peu de culture. Le problème est que s'y mélangent allègrement des éléments venus de différentes régions d'Afrique, voire de Perse, avec des inventions totalement fantaisistes, dans un gloubi-boulga exotique qui tient davantage de Tarzan ou d'Allan Quatermain que d'un cadre géographique et historique réaliste. Ce mélange aurait pu fonctionner si le récit assumait clairement son côté imaginaire, mais présenter ces éléments avec une apparence documentaire peut induire les jeunes lecteurs en erreur. L'intrigue elle-même souffre des mêmes défauts. Elle est très cousue de fil blanc, avec des rebondissements attendus, des changements de camp parfois abrupts et des enchaînements qui manquent de logique. Les motivations des personnages sont souvent simplistes, les enjeux restent superficiels et le rythme est mal maîtrisé, avec des passages qui accélèrent brutalement alors que d'autres semblent étirés artificiellement. Certaines idées auraient pourtant pu être intéressantes, notamment cette région cachée où une faune et une flore particulières auraient évolué à l'écart du monde, mais elles sont exploitées de manière trop facile et immature. Konghoro est une BD qui se dédie essentiellement à de jeunes lecteurs amateurs de divertissement léger, d'aventure exotique et de créatures fantastiques. Mais les défauts de scénario, de cohérence et de réalisation sautent rapidement aux yeux et ça ressemble davantage à un petit divertissement formaté qu'à une véritable grande aventure.

21/07/2026 (modifier)
Couverture de la série Juliette
Juliette

« Juliette » n’est pas une œuvre de jeunesse. Et pourtant, en observant le dessin de Crépax dans cet album, je trouve le trait moins assuré, plus « jeté » ou plutôt esquissé que sur nombre de ses séries. Le rendu est souvent proche de dessins ou d’esquisses de mode, avec des corps assez fins (les poses des personnages féminins m’ont aussi fait penser à des gravures de modes, ou de vieilles publicités de mode). En tout cas ça n’est pas le style graphique que je préfère de Crépax. Quant à l’histoire, elle ne m’a pas vraiment emballé. Très verbeuse déjà, avec des textes un peu soulants, qui plus est souvent dans tous les sens de lecture, fourrés dans tous les coins des cases… La quatrième de couverture fait référence à la pièce de Shakespeare, et au récit de Sade. J’avoue n’avoir pas trop trouvé les liens (surtout par rapport à Sade), et m’être rapidement désintéressé de l’intrigue. Les atermoiements de Juliette concernant ses amours, avec un Roméo un peu bellâtre, bof. Enfin, la présentation de l’album par l’éditeur parle d’un chef d’œuvre d’esthétisme et d’érotisme. Si l’on voit bien la volonté esthétique de Crépax (tout est vraiment lié à la mode dans la représentation), le côté érotique est franchement très peu présent (voire quasi absent, ce qui est peu courant chez Crépax). En pour finir (hélas !), c'est très loin d'être un chef d'oeuvre !

21/07/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 2/5
Couverture de la série La Terre Transpercée
La Terre Transpercée

Dans un futur proche, un gigantesque projet scientifique vise à creuser un tunnel traversant la Terre de part en part afin de révolutionner les transports. Mais derrière cet exploit technologique se cache un drame humain qui conduira à un procès implacable. Dès les premières pages, j'ai eu du mal à entrer dans le récit, en grande partie à cause d'une narration très hachée. Les nombreux sauts chronologiques sont mal signalés et il est souvent difficile de savoir à quelle époque on se trouve ou quels personnages sont censés avoir vieilli. D'autant que le dessin n'aide absolument pas : le trait est hésitant, imprécis, beaucoup de protagonistes se ressemblent et il m'est arrivé à plusieurs reprises de les confondre. Graphiquement, d'ailleurs, les décors manquent de personnalité, les scènes censées susciter l'émerveillement ne produisent guère d'effet et l'ensemble paraît quelconque pour une BD de SF. Mais c'est surtout le scénario qui m'a posé problème. Le postulat de départ est relativement intrigant : creuser un tunnel passant par le noyau terrestre afin de raccourcir les trajets. Pourtant, plus l'histoire avance, moins j'ai compris l'intérêt réel d'un tel projet. Même en acceptant les libertés propres à la science-fiction, l'idée m'a paru peu crédible et surtout peu convaincante. Et lorsque le tunnel trouve finalement une toute autre utilisation dans le dernier acte, je n'ai pas trouvé sa réalisation plus crédible même si cette fois je comprenais mieux son intérêt. L'autre aspect qui m'a déçu concerne les antagonistes et leur volonté de condamner à mort le père du responsable du projet. Leur haine me paraît totalement disproportionnée et repose sur un raisonnement qui ne tient pas debout. C'est un peu comme si l'on décidait de condamner à mort tous les scientifiques dont les découvertes ont, de près ou de loin, rendu possible l'invention de la bombe atomique. C'est idiot et simpliste. De manière générale, j'ai trouvé que les idées de science-fiction manquaient de profondeur. Le récit accumule les concepts sans vraiment les développer ni leur donner une véritable cohérence. C'est comme une succession d'idées approximatives qui peinent à convaincre. Entre un dessin peu inspiré, une narration confuse et un scénario dont les principaux concepts m'ont semblé bancals, je n'ai jamais réussi à m'investir dans cette histoire.

21/07/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 2/5
Couverture de la série Crows
Crows

Un manga des années 90 qui a eu une influence sur les mangas mettant en vedette des délinquants, débarque enfin dans le monde francophone et je me demande si c'était vraiment nécessaire, parce qu'en dehors de l'aspect historique, il y a pas grand chose de bien intéressant dans cette série. J'ai lu les 4 premiers tomes et je n'ai pas envie d'en lire plus. Il faut dire que c'est un manga qui fait le poids des années et aussi qu'on a eu avant des séries de délinquants plus récentes qui ont clairement été influencées par celle-ci. Ce qui pouvait être un peu original en 1990 est trop classique plus de 35 ans plus tard. Il faut dire que le scénario est surtout une suite de bastons. Le héros semble un peu con, mais il est très fort et après avoir battu un ou plusieurs délinquants, il y a un nouveau défi qui se pointe et on répète le schéma encore et encore. On essaie de mettre un peu de profondeur dans le scénario, par exemple avec ce délinquant qui a une mauvaise réputation pour des raisons injustes, mais rien à faire je ne m'attache pas aux personnages et je ne trouve pas le scénario passionnant. L'humour est lourdingue et ne me fait pas rire. Peut-être que si j'avais lu ça jeune, j'aurais mieux accroché. L'adulte que je suis trouve que c'est trop basique pour être intéressant.

20/07/2026 (modifier)
Par Miguelof
Note: 2/5
Couverture de la série Les Indestructibles
Les Indestructibles

Oui, cela pourrait servir d'évocation pour ceux qui ont beaucoup aimé le film. De manière très résumée, les personnages,Bob Parr, Hélène (ex-elastigirl), leurs trois enfants dotés de super-pouvoirs, et les principaux événements sont présents. Mais certaines des scènes les plus comiques se perdent, avec des dessins petits et des séquences trop concises. Je pense que l'album est vraiment une production d’origine Disney/Pixar, sortie en France peu de temps après le film (2004). Problème principal pour moi : les images sont très lisses et brillantes, les couleurs trop vives et l'effet de troisième dimension se perd largement. Le deuxième tome, Les Indestructibles #2, souffre globalement des mêmes problèmes.

20/07/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 2/5
Couverture de la série Princesse Princesse
Princesse Princesse

Sous des dehors de conte de fées détourné, cet album inverse les rôles traditionnels : ici, c'est une princesse à l'âme de chevalier qui vient délivrer une autre princesse, avant que toutes deux ne s'opposent à une reine tyrannique. Reprendre les codes des contes classiques pour les renverser n'a plus grand-chose d'original, mais cela peut donner des récits amusants lorsqu'il y a suffisamment de rythme, d'humour ou de finesse. Malheureusement, j'ai eu du mal à être convaincu. L'histoire est très courte et donne l'impression de cocher des cases plutôt que de laisser les personnages et leurs relations se construire naturellement. Tout s'enchaîne à vive allure, les conflits se résolvent presque aussitôt qu'ils apparaissent et le final paraît expédié. Ce qui m'a surtout gêné, c'est la manière dont le message prend régulièrement le pas sur le récit. Je n'ai évidemment aucun problème avec le fait de mettre en avant des héroïnes fortes ou de remettre en question les stéréotypes de genre. Au contraire, voir une princesse capable de rivaliser avec les chevaliers et une autre trouver la force d'assumer son rôle de souveraine constitue une évolution intéressante. En revanche, j'ai trouvé que tout cela était présenté avec bien peu de subtilité. Les personnages masculins servent de faire-valoir ridicules, comme s'il fallait forcément rabaisser les uns pour valoriser les autres. Cela donne l'impression d'un univers vu à travers le prisme du jeu de poupées d'une fillette où les héroïnes remportent systématiquement tous les rôles valorisants tandis que le seul garçon est relégué au rôle du benêt. J'ai ressenti la même impression concernant la romance. Comme il n'y a que deux héroïnes importantes, leur histoire d'amour semble presque inévitable dès leur rencontre, alors même que la personnalité de Sadie est loin d'être attachante au départ. Cette évolution paraît davantage répondre à une volonté démonstrative qu'à une véritable alchimie entre les personnages. Graphiquement, le dessin reste agréable, avec un style rond et coloré clairement destiné à un jeune public, même si je le trouve encore un peu approximatif et moins séduisant que celui de La Baie de l'aquicorne de la même autrice. C'est un album porté par de bonnes intentions, mais qui manque de nuance et de naturel. À vouloir illustrer son discours de façon trop appuyée, il finit par sacrifier l'intérêt de son histoire et de ses personnages.

20/07/2026 (modifier)
Par Vaudou
Note: 2/5
Couverture de la série Le Vaisseau de Pierre
Le Vaisseau de Pierre

Bof. Beaucoup de bavardages inutiles dans le second tome de cette trilogie. L'histoire n'est pas franchement passionnante. L'humour est toujours aussi vieillissant. Par contre Enki Bilal a fait de gros progrès niveau dessin, il a rangé au placard les immondes hachures du premier album et les contours des personnages sont plus nets.

19/07/2026 (modifier)