C'est pas le pire truc de Grant Morrison que j'ai lu, mais on retrouve les défauts qui font que je n'accroche pas à une grande partie de son œuvre.
Ici, il s'amuse avec les différents univers alternatifs de DC Comics. C'est un peu plus facile d'accès que d'autres comics de ce scénariste, mais il faut quand même connaitre un peu DC Comics pour bien comprendre le récit. Un récit qui a un fil rouge qui relie ce qui semble être au début qu'une suite d'intrigues sans lien entre elles. Il faut bien s'accrocher pour ne pas se perdre, surtout que Morrison aime beaucoup parler. J'ai fini par décrocher d'un récit qui me semblait inutilement complexe pour un récit qui finalement m'a semblé n'être que de la BD pop-corn qui se veut plus intellectuelle qu'elle ne l'est.
J'ai donc trouvé cette mini-série ennuyeuse et pas du tout intéressante. C'est simple, c'est pour les fans de Morrison et c'est tout.
J’ai eu du mal avec cette lecture. Pourtant l’album possède des qualités certaines. Mais sa relative légèreté, son rythme et sa narration évanescents, ainsi que la mise en page m’ont empêché d’entrer pleinement dans ce récit.
Madeleine, l’héroïne se lie d’amitié durant la guerre avec deux jeunes gens (une fille et un garçon), qui disparaissent brusquement (on devine entre les mots qu’ils étaient juifs).
Longtemps après, pour raviver le souvenir de ces deux êtres (l’une féru de musique l’autre passionné de montagnes), Madeleine va se lancer dans les balades en montagnes et l’alpinisme.
La narration est assez littéraire, un peu molle. Et la mise en page n’aide pas non plus à se passionner pour ce récit. En effet, un court texte est placé page de gauche, tandis qu’en face se trouvent les planches de BD, toutes muettes, illustrant plus ou moins fidèlement les propos. Le dessin est minimaliste et figé (peu de détails, pour les décors ou les visages), et n’est pas vraiment mon truc.
Bref, un récit que je n'ai pas trouvé palpitant, et qui m’a laissé de côté.
Jos est le diminutif de Joseph, un orphelin trouvé sur les marches d'une église et recueilli par le curé de la paroisse et sa bonne. Nous sommes en 1917.
Vingt ans plus tard, Jos est accusé du meurtre du curé, il clame son innocence mais sera condamné à 10 ans au bagne de Cayenne et à la relégation à vie en terre de Guyane.
On va suivre en parallèle son enfance et son internement au bagne où ses études en médecine vont lui offrir une place privilégiée, celle d'infirmier.
Rien de bien transcendant, l'intrigue suit son chemin avec pour moteur l'injustice et l'amour. Un scénario aux grosses ficelles pour faire avancer le récit et une fin trop mielleuse à mon goût. Je suis aussi dessus qu'Olivier Petit ne s'attarde pas plus que ça sur la vie difficile des bagnards.
Visuellement je ne suis pas plus convaincu, je trouve le dessin à quatre mains de Neri et Ruggeri manquant de maîtrise et les couleurs de Florent Daniel assez neutres. Ajoutons à cela une mise en page trop classique.
Une BD qui se lit facilement, mais qui ne donne pas envie d'y revenir.
Note réelle : 2,5.
Ce sont vraiment les aventures originales de la Diablesse à L'Épée. Par leurs meilleurs dessinateurs : Neal Adams, Frank Thorne, John Buscema, Dick Giordano ou Esteban Maroto. Les scénarios sont principalement de Roy Thomas.
Ça ressemble à un programme de rêve, et j'ai acheté les quatre tomes. Les introductions sont très intéressantes et instructives. Mais tout s'efface quand on regarde les couleurs : en voulant moderniser et rendre plus attractif pour le public d'aujourd'hui, elles défigurent les versions originales. Heureusement, je conserve quelques anciennes éditions et j'en ai acheté de nouvelles en noir et blanc.
Un peu délaissés ou même oubliés par rapport à d'autres groupes de super-héros de Marvel, les Inhumains sont ici revitalisés par une équipe d'auteurs hispaniques.
Quitter leur refuge terrestre pour les confins de l'empire Kree, affronter la menace des armées Shi'ar, l'histoire peine à nous enthousiasmer. Avec l'influence de Moebius et Juan Gimenez dans les dessins, ceux de Ladronn et Lucas sont compétents, mais parfois éclipsés par des couleurs grisâtres ou submergés par trop de détails. Malgré une brève apparition des Fantastic Four, ce n'était pas suffisant pour raviver ma connexion et ma mémoire de ces héros.
Je n'avais pas accroché aux deux one-shots de Pastor que j'avais lus il y a longtemps, mais j'aime bien donner des chances aux auteurs alors j'ai lu ce one-shot dont le résumé m'attirait. Au vu de ma note, vous avez sûrement compris qu'encore une fois je n'ai pas trop accroché.
Pourtant, je voulais vraiment aimer cet album. Le dessin est très bon pour les paysages, un peu moins pour les personnages lorsqu'ils bougent, et l'idée de départ est pas trop mal. Deux veuves et un jeune orphelin qui quittent leur village pour trouver une vie meilleure et on se retrouve dans un road movie initiatique. Ça se laisse lire, mais je trouve que la narration manque de fluidité et qu'il y a des scènes inutiles. Il y a une intrigue qui court tout le long de l'album qui a fini par m'ennuyer. Le pire est lorsqu'on apprend tout à la fin, je me suis aperçu que c'était en fait une intrigue plutôt intelligente, mais le scénario a tellement trainé en longueur que lorsqu'on arrive enfin à cette bonne scène, ben je n’en avais plus rien à foutre.
J'avais aussi emprunté la suite et après avoir lu une vingtaine de pages qui m'ont ennuyé, je me suis rendu à l'évidence que Pastor est tout simplement pas un auteur pour moi.
Même si le premier cycle de L'Autre Monde fait partie de mes séries préférées, le deuxième m'avait suffisamment déçu en comparaison pour que je ne sois pas pressé de découvrir cette suite. Ce troisième cycle m'a toutefois permis de retrouver une partie de ce qui faisait tout le charme des débuts : ce monde merveilleux, bien sûr, mais aussi cette impression de voyage au fil de contrées imaginaires. La courte et amusante étape dans la ville d'Argh retrouve bien l'esprit du premier cycle, et le séjour au Pays de Noël dégage une douceur et une poésie très agréables. Florence Magnin continue d'ailleurs à faire des merveilles : son univers est toujours aussi riche, détaillé et enchanteur.
En revanche, plusieurs choix m'ont nettement moins convaincu.
Le plus gênant est sans conteste le nouveau lettrage informatique, qui ressemble à la police Arial. Je l'ai trouvé affreusement laid et totalement en décalage avec le dessin. Là où les cycles précédents bénéficiaient d'un lettrage qui participait pleinement à leur identité graphique, celui-ci casse une partie du charme et donne un aspect beaucoup plus froid et impersonnel aux planches, presque inachevé.
Le scénario, lui aussi, m'a laissé sur ma faim. L'intrigue est très simple, presque celle d'un conte moral destiné aux jeunes enfants. Les deux garnements du premier tome sont poussés jusqu'à la caricature du sale gosse insupportable, et le second volume adopte ensuite un ton moralisateur, sans beaucoup de subtilité avec toutefois là encore la retenue d'un récit jeunesse. Quant au principal retournement de situation, il est tellement prévisible qu'on le voit arriver très longtemps à l'avance.
J'ai retrouvé en partie seulement l'atmosphère unique de L'Autre Monde et son goût du merveilleux, mais j'aurais aimé une histoire plus ambitieuse et moins enfantine. Entre une intrigue très convenue, un message moral un peu trop appuyé et ce nouveau lettrage qui gâche une partie du plaisir visuel, ce troisième cycle est pour moi très en dessous de la magie du premier.
Note : 2,5/5
Ça faisait longtemps que j'avais pas eu ce souci : je n'ai pas réussi à finir la BD. J'ai jeté l'éponge après la page 106, sidéré de voir que je devais encore en avaler autant avant d'arriver à la conclusion. J'ai donc feuilleté le reste de la BD et j'ai fini par la rendre à la bibliothèque.
Ce qui est d'autant plus dommage que la BD est très inclusive, dans une histoire bienveillante et queer. Je dirais que c'est une force et une faiblesse : la BD peut interpeler par son ancrage dans les années 20 et la tolérance totale ainsi que l'ouverture d'esprit bienveillante qui envahit cette BD. Peu crédible, mais que je pense qu'il faut plus prendre comme une fable utilisant l'esthétique des années 30, ce qui diminue la dissonance narrative. D'ailleurs c'est aussi une des rares BD queer qui reste totalement positive, ni dans le rejet ni dans le jugement.
Maintenant, faut aussi être honnête : je me suis ennuyé comme pas permis. La faute, selon moi, à un manque total d'antagoniste ou d'antagonisme. Les seules tensions dans la BD sont induites sur le personnage principal qui parfois doute de lui et ne sais pas quoi penser. Et c'est tout. Pas d'opposition, de trame narrative construite, de développement ... J'ai eu l'impression qu'au final rien n'a changé ni bougé dans ce monde trop beau pour être vrai. Même pas une engueulade, un crise de colère. Rien ne vient troubler un monde de parfaite harmonie, le personnage principal n'évolue presque pas (à part s'assumer encore plus dans ce qu'il faisait déjà), aucun personnage ne dévoile quoi que ce soit ... J'ai jeté l'éponge car je n'étais pas intéressé par la suite, comprenant que rien ne viendrait jouer le rôle d'enjeu ou de tension dans le récit. C'est une histoire poétique et mignonne, certes, mais qui ne m'a pas semblé raconter quelque chose. Et je comprends l'idée de faire quelque chose de positif sur ces sujets, mais j'avoue que le manque de tension dramatique m'a eu.
Après lecture, je me suis rendu compte que l'autrice m'avait déjà peu convaincu avec son Minuit Passé, et je me demande si finalement ce n'est pas juste moi qui ait un souci avec son style de narration. Dans les deux cas, d'autres personnes ont été convaincues, et je ne le suis pas. Donc probablement plus un blocage de ma part, tant pis !
Je ne fais pas confiance aux dirigeants politiques concernant le nucléaire (qu’il soit civil ou militaire il n’y a jamais eu de vrai débat éclairé), le racisme ambiant et le rejet de migrants me débecte. Et Macron n’est vraiment pas ma tasse de thé. C’est dire si les thématiques abordées par ce diptyque pouvaient a priori m’intéresser.
Mais alors, quelle déception de les voir traitées ainsi ! Je me retrouve parfaitement dans l’avis et les arguments de Ro. En effet, dès le départ – et cela a perduré jusqu’à la fin – de multiples incohérences et autres improbabilités m’ont franchement gêné, et m’ont empêché d’apprécier cette histoire, qui m’a laissé de côté – et loin.
Pourquoi « déporter » (car vu le traitement ça n’est pas un simple « déplacement » sanitaire) les populations françaises proches de la catastrophe nucléaire (explosion d’une centrale dans l’Est du pays) en Suède, alors qu’on s’aperçoit rapidement qu’une grande partie de la France (visiblement Paris déjà) reste habitable ? Comment en quelques jours Français et Allemands deviennent-ils ennemis et haineux les uns envers les autres (au point qu’on se croirait revenus en quelques heures avant la première guerre mondiale) ? Pourquoi cet ersatz de Macron se lance-t-il dans un complot improbable et meurtrier (inventant un attentat islamique au lieu d’avouer qu’il s’agit en fait d’une défaillance technique pour l’accident nucléaire) ?
Surtout, toutes ces incohérences sont traitées de façon manichéenne, sans nuance, sans que ça soit un tant soit peu crédible. Tous les personnages passent leur temps à se hurler dessus : ridicules et/ou grotesques, événements ou personnages ne passent pas.
Facilité et ridicule qui se poursuivent jusqu’au final, avec cette mort/sacrifice de l’ancien ami/amant de la femme du personnage principal. Qui lui, est passé de l’égoïste (là aussi caricatural) péteux à héros désintéressé et collectif…
Bref, une série franchement très décevante.
Note réelle 1,5/5.
2.5
Logique que Meurtres Fatals soit une lecture culte pour les habitués de Fluide Glacial. On y retrouve l'esprit du magazine : humour absurde, parodies de films, avalanche de références et galerie de personnages totalement déjantés autour du commissaire Charolles (le seul et l'unique).
Malheureusement, ce qui fonctionne très bien par petites doses dans un magazine est moins efficace lorsqu'on enchaîne les histoires en album. Les gags restent souvent sympathiques et Maëster n'a plus à démontrer son talent pour la caricature, mais l'ensemble finit par devenir répétitif. L'accumulation de clins d'œil et de parodies donne parfois l'impression de feuilleter une compilation de sketches plutôt qu'une œuvre qui possède sa propre identité.
Plein de sourires en dénichant les détails qui se planquent dans la moitié des cases, certaines passages assurent les rigolades des lecteurs familiers de l'univers Fluide Glacial de l'époque. En revanche, la lecture en continu manque de rythme et l'humour est assez inégal.
Poilant par moments, mais plus à sa place dans les pages du mag que dans un album complet.
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Multiversity
C'est pas le pire truc de Grant Morrison que j'ai lu, mais on retrouve les défauts qui font que je n'accroche pas à une grande partie de son œuvre. Ici, il s'amuse avec les différents univers alternatifs de DC Comics. C'est un peu plus facile d'accès que d'autres comics de ce scénariste, mais il faut quand même connaitre un peu DC Comics pour bien comprendre le récit. Un récit qui a un fil rouge qui relie ce qui semble être au début qu'une suite d'intrigues sans lien entre elles. Il faut bien s'accrocher pour ne pas se perdre, surtout que Morrison aime beaucoup parler. J'ai fini par décrocher d'un récit qui me semblait inutilement complexe pour un récit qui finalement m'a semblé n'être que de la BD pop-corn qui se veut plus intellectuelle qu'elle ne l'est. J'ai donc trouvé cette mini-série ennuyeuse et pas du tout intéressante. C'est simple, c'est pour les fans de Morrison et c'est tout.
Encordée avec une ombre
J’ai eu du mal avec cette lecture. Pourtant l’album possède des qualités certaines. Mais sa relative légèreté, son rythme et sa narration évanescents, ainsi que la mise en page m’ont empêché d’entrer pleinement dans ce récit. Madeleine, l’héroïne se lie d’amitié durant la guerre avec deux jeunes gens (une fille et un garçon), qui disparaissent brusquement (on devine entre les mots qu’ils étaient juifs). Longtemps après, pour raviver le souvenir de ces deux êtres (l’une féru de musique l’autre passionné de montagnes), Madeleine va se lancer dans les balades en montagnes et l’alpinisme. La narration est assez littéraire, un peu molle. Et la mise en page n’aide pas non plus à se passionner pour ce récit. En effet, un court texte est placé page de gauche, tandis qu’en face se trouvent les planches de BD, toutes muettes, illustrant plus ou moins fidèlement les propos. Le dessin est minimaliste et figé (peu de détails, pour les décors ou les visages), et n’est pas vraiment mon truc. Bref, un récit que je n'ai pas trouvé palpitant, et qui m’a laissé de côté.
Jos - Maudits soient-ils
Jos est le diminutif de Joseph, un orphelin trouvé sur les marches d'une église et recueilli par le curé de la paroisse et sa bonne. Nous sommes en 1917. Vingt ans plus tard, Jos est accusé du meurtre du curé, il clame son innocence mais sera condamné à 10 ans au bagne de Cayenne et à la relégation à vie en terre de Guyane. On va suivre en parallèle son enfance et son internement au bagne où ses études en médecine vont lui offrir une place privilégiée, celle d'infirmier. Rien de bien transcendant, l'intrigue suit son chemin avec pour moteur l'injustice et l'amour. Un scénario aux grosses ficelles pour faire avancer le récit et une fin trop mielleuse à mon goût. Je suis aussi dessus qu'Olivier Petit ne s'attarde pas plus que ça sur la vie difficile des bagnards. Visuellement je ne suis pas plus convaincu, je trouve le dessin à quatre mains de Neri et Ruggeri manquant de maîtrise et les couleurs de Florent Daniel assez neutres. Ajoutons à cela une mise en page trop classique. Une BD qui se lit facilement, mais qui ne donne pas envie d'y revenir. Note réelle : 2,5.
Les Aventures originales de Red Sonja - La Diablesse à l'épée
Ce sont vraiment les aventures originales de la Diablesse à L'Épée. Par leurs meilleurs dessinateurs : Neal Adams, Frank Thorne, John Buscema, Dick Giordano ou Esteban Maroto. Les scénarios sont principalement de Roy Thomas. Ça ressemble à un programme de rêve, et j'ai acheté les quatre tomes. Les introductions sont très intéressantes et instructives. Mais tout s'efface quand on regarde les couleurs : en voulant moderniser et rendre plus attractif pour le public d'aujourd'hui, elles défigurent les versions originales. Heureusement, je conserve quelques anciennes éditions et j'en ai acheté de nouvelles en noir et blanc.
Les Inhumains - Les Etoiles du destin
Un peu délaissés ou même oubliés par rapport à d'autres groupes de super-héros de Marvel, les Inhumains sont ici revitalisés par une équipe d'auteurs hispaniques. Quitter leur refuge terrestre pour les confins de l'empire Kree, affronter la menace des armées Shi'ar, l'histoire peine à nous enthousiasmer. Avec l'influence de Moebius et Juan Gimenez dans les dessins, ceux de Ladronn et Lucas sont compétents, mais parfois éclipsés par des couleurs grisâtres ou submergés par trop de détails. Malgré une brève apparition des Fantastic Four, ce n'était pas suffisant pour raviver ma connexion et ma mémoire de ces héros.
Le Sentier des Reines
Je n'avais pas accroché aux deux one-shots de Pastor que j'avais lus il y a longtemps, mais j'aime bien donner des chances aux auteurs alors j'ai lu ce one-shot dont le résumé m'attirait. Au vu de ma note, vous avez sûrement compris qu'encore une fois je n'ai pas trop accroché. Pourtant, je voulais vraiment aimer cet album. Le dessin est très bon pour les paysages, un peu moins pour les personnages lorsqu'ils bougent, et l'idée de départ est pas trop mal. Deux veuves et un jeune orphelin qui quittent leur village pour trouver une vie meilleure et on se retrouve dans un road movie initiatique. Ça se laisse lire, mais je trouve que la narration manque de fluidité et qu'il y a des scènes inutiles. Il y a une intrigue qui court tout le long de l'album qui a fini par m'ennuyer. Le pire est lorsqu'on apprend tout à la fin, je me suis aperçu que c'était en fait une intrigue plutôt intelligente, mais le scénario a tellement trainé en longueur que lorsqu'on arrive enfin à cette bonne scène, ben je n’en avais plus rien à foutre. J'avais aussi emprunté la suite et après avoir lu une vingtaine de pages qui m'ont ennuyé, je me suis rendu à l'évidence que Pastor est tout simplement pas un auteur pour moi.
L'Autre Monde - Cycle 3
Même si le premier cycle de L'Autre Monde fait partie de mes séries préférées, le deuxième m'avait suffisamment déçu en comparaison pour que je ne sois pas pressé de découvrir cette suite. Ce troisième cycle m'a toutefois permis de retrouver une partie de ce qui faisait tout le charme des débuts : ce monde merveilleux, bien sûr, mais aussi cette impression de voyage au fil de contrées imaginaires. La courte et amusante étape dans la ville d'Argh retrouve bien l'esprit du premier cycle, et le séjour au Pays de Noël dégage une douceur et une poésie très agréables. Florence Magnin continue d'ailleurs à faire des merveilles : son univers est toujours aussi riche, détaillé et enchanteur. En revanche, plusieurs choix m'ont nettement moins convaincu. Le plus gênant est sans conteste le nouveau lettrage informatique, qui ressemble à la police Arial. Je l'ai trouvé affreusement laid et totalement en décalage avec le dessin. Là où les cycles précédents bénéficiaient d'un lettrage qui participait pleinement à leur identité graphique, celui-ci casse une partie du charme et donne un aspect beaucoup plus froid et impersonnel aux planches, presque inachevé. Le scénario, lui aussi, m'a laissé sur ma faim. L'intrigue est très simple, presque celle d'un conte moral destiné aux jeunes enfants. Les deux garnements du premier tome sont poussés jusqu'à la caricature du sale gosse insupportable, et le second volume adopte ensuite un ton moralisateur, sans beaucoup de subtilité avec toutefois là encore la retenue d'un récit jeunesse. Quant au principal retournement de situation, il est tellement prévisible qu'on le voit arriver très longtemps à l'avance. J'ai retrouvé en partie seulement l'atmosphère unique de L'Autre Monde et son goût du merveilleux, mais j'aurais aimé une histoire plus ambitieuse et moins enfantine. Entre une intrigue très convenue, un message moral un peu trop appuyé et ce nouveau lettrage qui gâche une partie du plaisir visuel, ce troisième cycle est pour moi très en dessous de la magie du premier. Note : 2,5/5
Le Jardin - Paris
Ça faisait longtemps que j'avais pas eu ce souci : je n'ai pas réussi à finir la BD. J'ai jeté l'éponge après la page 106, sidéré de voir que je devais encore en avaler autant avant d'arriver à la conclusion. J'ai donc feuilleté le reste de la BD et j'ai fini par la rendre à la bibliothèque. Ce qui est d'autant plus dommage que la BD est très inclusive, dans une histoire bienveillante et queer. Je dirais que c'est une force et une faiblesse : la BD peut interpeler par son ancrage dans les années 20 et la tolérance totale ainsi que l'ouverture d'esprit bienveillante qui envahit cette BD. Peu crédible, mais que je pense qu'il faut plus prendre comme une fable utilisant l'esthétique des années 30, ce qui diminue la dissonance narrative. D'ailleurs c'est aussi une des rares BD queer qui reste totalement positive, ni dans le rejet ni dans le jugement. Maintenant, faut aussi être honnête : je me suis ennuyé comme pas permis. La faute, selon moi, à un manque total d'antagoniste ou d'antagonisme. Les seules tensions dans la BD sont induites sur le personnage principal qui parfois doute de lui et ne sais pas quoi penser. Et c'est tout. Pas d'opposition, de trame narrative construite, de développement ... J'ai eu l'impression qu'au final rien n'a changé ni bougé dans ce monde trop beau pour être vrai. Même pas une engueulade, un crise de colère. Rien ne vient troubler un monde de parfaite harmonie, le personnage principal n'évolue presque pas (à part s'assumer encore plus dans ce qu'il faisait déjà), aucun personnage ne dévoile quoi que ce soit ... J'ai jeté l'éponge car je n'étais pas intéressé par la suite, comprenant que rien ne viendrait jouer le rôle d'enjeu ou de tension dans le récit. C'est une histoire poétique et mignonne, certes, mais qui ne m'a pas semblé raconter quelque chose. Et je comprends l'idée de faire quelque chose de positif sur ces sujets, mais j'avoue que le manque de tension dramatique m'a eu. Après lecture, je me suis rendu compte que l'autrice m'avait déjà peu convaincu avec son Minuit Passé, et je me demande si finalement ce n'est pas juste moi qui ait un souci avec son style de narration. Dans les deux cas, d'autres personnes ont été convaincues, et je ne le suis pas. Donc probablement plus un blocage de ma part, tant pis !
Les Exilés de Mosseheim
Je ne fais pas confiance aux dirigeants politiques concernant le nucléaire (qu’il soit civil ou militaire il n’y a jamais eu de vrai débat éclairé), le racisme ambiant et le rejet de migrants me débecte. Et Macron n’est vraiment pas ma tasse de thé. C’est dire si les thématiques abordées par ce diptyque pouvaient a priori m’intéresser. Mais alors, quelle déception de les voir traitées ainsi ! Je me retrouve parfaitement dans l’avis et les arguments de Ro. En effet, dès le départ – et cela a perduré jusqu’à la fin – de multiples incohérences et autres improbabilités m’ont franchement gêné, et m’ont empêché d’apprécier cette histoire, qui m’a laissé de côté – et loin. Pourquoi « déporter » (car vu le traitement ça n’est pas un simple « déplacement » sanitaire) les populations françaises proches de la catastrophe nucléaire (explosion d’une centrale dans l’Est du pays) en Suède, alors qu’on s’aperçoit rapidement qu’une grande partie de la France (visiblement Paris déjà) reste habitable ? Comment en quelques jours Français et Allemands deviennent-ils ennemis et haineux les uns envers les autres (au point qu’on se croirait revenus en quelques heures avant la première guerre mondiale) ? Pourquoi cet ersatz de Macron se lance-t-il dans un complot improbable et meurtrier (inventant un attentat islamique au lieu d’avouer qu’il s’agit en fait d’une défaillance technique pour l’accident nucléaire) ? Surtout, toutes ces incohérences sont traitées de façon manichéenne, sans nuance, sans que ça soit un tant soit peu crédible. Tous les personnages passent leur temps à se hurler dessus : ridicules et/ou grotesques, événements ou personnages ne passent pas. Facilité et ridicule qui se poursuivent jusqu’au final, avec cette mort/sacrifice de l’ancien ami/amant de la femme du personnage principal. Qui lui, est passé de l’égoïste (là aussi caricatural) péteux à héros désintéressé et collectif… Bref, une série franchement très décevante. Note réelle 1,5/5.
Meurtres Fatals
2.5 Logique que Meurtres Fatals soit une lecture culte pour les habitués de Fluide Glacial. On y retrouve l'esprit du magazine : humour absurde, parodies de films, avalanche de références et galerie de personnages totalement déjantés autour du commissaire Charolles (le seul et l'unique). Malheureusement, ce qui fonctionne très bien par petites doses dans un magazine est moins efficace lorsqu'on enchaîne les histoires en album. Les gags restent souvent sympathiques et Maëster n'a plus à démontrer son talent pour la caricature, mais l'ensemble finit par devenir répétitif. L'accumulation de clins d'œil et de parodies donne parfois l'impression de feuilleter une compilation de sketches plutôt qu'une œuvre qui possède sa propre identité. Plein de sourires en dénichant les détails qui se planquent dans la moitié des cases, certaines passages assurent les rigolades des lecteurs familiers de l'univers Fluide Glacial de l'époque. En revanche, la lecture en continu manque de rythme et l'humour est assez inégal. Poilant par moments, mais plus à sa place dans les pages du mag que dans un album complet.