Les derniers avis (20923 avis)

Par Ro
Note: 2/5
Couverture de la série Marée Blanche
Marée Blanche

Je me sens un peu comme le grincheux de service en n'ayant pas vraiment apprécié cette BD car je vois bien pourquoi elle a plu à beaucoup de lecteurs et je ne peux pas dire qu'elle soit mal réalisée. Elle repose sur une idée de départ inspirée d'un fait réel (des ballots de cocaïne régulièrement retrouvés en mer ou échoués sur les côtes après avoir été abandonnés par des trafiquants), et il est facile d'imaginer que des marins pêcheurs puissent un jour tomber sur une telle "pêche miraculeuse" : des gens ordinaires confrontés à une tentation extraordinaire mais risquée. Graphiquement, c'est un travail solide. Le dessin est agréable, les personnages sont bien caractérisés, les décors sont soignés, avec une mention particulière pour les scènes à bord du chalutier qui installent une ambiance très convaincante. L'ensemble est lisible et bien raconté. Là où je décroche, c'est sur le scénario. Dès le départ, j'ai trouvé évident que récupérer cette drogue dans l'espoir d'en tirer un bénéfice était une idée catastrophique. Les personnages évoquent d'ailleurs eux-mêmes les risques, mais les écartent trop facilement en décidant malgré tout de débarquer avec les ballots. À partir de là, toutes les craintes se réalisent... et même bien au-delà. J'ai eu l'impression d'assister à une véritable loi de Murphy où absolument tout ce qui peut mal tourner finit par arriver. Les catastrophes s'enchaînent à un rythme tel que cela finit presque par devenir burlesque, d'autant que les deux principaux antagonistes ont un côté presque débile par moments. C'est précisément ce mélange qui ne m'a pas convaincu. J'ai constamment eu l'impression que le récit voulait rester un polar sérieux, presque une fable morale sur les ravages de l'appât du gain et de la drogue, tout en flirtant sans cesse avec le ridicule ou au minimum une forme de comédie noire. Le résultat me laisse le cul entre deux chaises : je n'ai jamais ri, mais je n'ai pas non plus réussi à prendre totalement au sérieux cette accumulation de malheurs qui finit par perdre en crédibilité à force de surenchère. Je comprends tout à fait ce que l'auteur a voulu raconter, et la BD est sincère, bien construite et correctement réalisée. Simplement, je ne suis jamais parvenu à me laisser emporter par cette descente aux enfers, qui m'a davantage fait lever les yeux au ciel que retenir mon souffle.

02/07/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 2/5
Couverture de la série Les Héros Navals
Les Héros Navals

Cette série est une BD d'humour à thème, du genre qu'on aurait très bien imaginé paraître chez Bamboo. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard puisque le scénario est signé Cazenove. Le principe consiste à enchaîner les gags autour de la vie quotidienne à bord d'un porte-avions, en l'occurrence un bâtiment qui évoque très clairement le Charles de Gaulle. Il y a visiblement un travail de documentation réalisé en amont. Beaucoup de termes propres à l'aéronavale ou à la vie sur un porte-avions m'étaient totalement inconnus, et on sent que de vrais pilotes et membres d'équipage ont aidé à la réalisation de l'album afin de rendre crédibles les situations et le vocabulaire employé. De ce point de vue, la BD remplit plutôt bien son rôle et permet d'apprendre quelques petites choses au passage. En revanche, l'ensemble m'a donné une étrange impression de "bon amateurisme". C'est difficile à expliquer, car Jytéry avait déjà une certaine expérience professionnelle au moment de réaliser cette série. Son trait est maîtrisé, les avions sont détaillés avec soin et les personnages ne dépareraient pas dans une série d'humour franco-belge à gros nez. Pourtant, quelque chose ne fonctionne pas à mes yeux. Les protagonistes sont souvent très caricaturaux, parfois même assez laids (à l'exception du second-maître Périne qui apporte le petit atout charme de la série), alors que les avions et certains décors recherchent un réalisme plus poussé. À cela s'ajoute une colorisation informatique qui manque de naturel, coincée entre les couleurs franches d'une BD humoristique classique et une approche plus réaliste sans jamais trouver le bon équilibre. Rien de tout cela n'est objectivement rédhibitoire, mais je n'accroche vraiment pas au rendu d'ensemble. Ce ne serait finalement qu'un détail si les gags étaient réussis. Or c'est là que la série me déçoit le plus. J'ai trouvé l'humour très poussif, souvent convenu, parfois même un peu beauf. Les chutes tombent presque systématiquement à plat et je n'ai pas décroché le moindre sourire durant toute ma lecture. Il ne me reste donc que la petite curiosité d'avoir découvert quelques aspects de la vie quotidienne à bord d'un porte-avions et du fonctionnement de l'aéronavale française. C'est un sujet original et plutôt bien documenté, mais il est desservi par un humour qui, pour moi, manque totalement sa cible.

01/07/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 2/5
Couverture de la série Le Temple
Le Temple

Cet album recueille l'adaptation de cinq courtes nouvelles de Lovecraft, pas parmi ses plus connues, même si la plupart ont déjà été adaptées ailleurs. Je n'ai pas du tout aimé le graphisme de Hernan Rodriguez. J'ai eu l'impression de lire des planches dessinées par un adolescent, tant au niveau du trait que des couleurs, mais aussi et surtout de la mise en scène. Je trouve l'ensemble immature, presque pompier. Moi qui ne suis pourtant pas un grand amateur des adaptations de Gou Tanabe, je ne peux que constater à quel point son style est nettement supérieur à celui proposé ici. En comparant leurs adaptations de L'Etranger, de La Cité sans nom et du Temple, je réalise à quel point les images de Tanabe sont plus évocatrices, plus élégantes et plus inspirées. Celles de Rodriguez me paraissent au contraire très convenues, presque naïves, avec un dessin qui me fait vraiment penser à celui d'un grand ado. Quant à la colorisation, je la trouve très moche. Cette mise en scène, que je trouve dépourvue de finesse, m'empêche également de ressentir ce que ces nouvelles transmettent dans leur version littéraire. Dans L'Etranger, le fait de montrer autant le héros dès les premières pages affaiblit la révélation finale, et la représentation de la chose à la fin ne m'a pas convaincu du tout. Dans La Musique d'Erich Zann, le dessin rend difficile à comprendre ce qui se trouve derrière le rideau de la fenêtre, et j'ai eu beaucoup de mal à saisir ce qui se passe dans les dernières pages. Nyarlathotep m'a semblé bien plus plat que la nouvelle originale, sans retrouver son caractère universel et inquiétant. La Cité sans nom évoque ici davantage un récit de science-fiction fantastique hollywoodien qu'un véritable récit lovecraftien, où l'indicible et l'effroi devraient dominer. Enfin, Le Temple est, à mes yeux, tellement mal raconté que toute l'intrigue, ainsi que le suspense angoissant qui fait la force de la nouvelle, tombent complètement à plat. Bref, hormis la couverture qui avait attiré mon attention, j'ai trouvé ce recueil d'adaptations assez médiocre.

01/07/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 2/5
Couverture de la série Tongues
Tongues

PAco a terminé son avis en précisant que ce n'est pas pour tout le monde qui va apprécier ce premier tome et il a raison parce que je suis complétement passé à côté de ce récit. C'est dommage parce que cette histoire qui mélange le fantastique et la science-fiction possède des qualités. La mise en scène est très bien travaillée et on voit toute l'énergie que l'auteur a mis pour créer une œuvre originale. L'univers qu'il a imaginé est bien intéressant. Le problème est que je n'ai pas trop compris ce que j'étais en train de lire. J'ai rien contre les scénarios qui nous larguent un peu au début et petit à petit on finit par comprendre, mais ici je trouve que cela prend trop de temps. Lorsqu'on commence enfin à comprendre, c'était trop tard pour moi j'étais complétement en dehors du récit et j'en avais plus grand chose à foutre. Les discussions entre les personnages m'ont grandement ennuyé. Cela reste tout de même un album intéressant et original dont je conseille la lecture, mais attention il faut faire un emprunt. Je pense que c'est typique le genre d'album qui divise entre ceux qui entrent dans le récit et ceux pour qui tout va rester hermétique.

01/07/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 2/5
Couverture de la série Benito Mambo
Benito Mambo

Charles-Henri, fils d'un puissant homme d'affaires, rêve de devenir danseur de mambo. Rejeté par son père pour cette ambition jugée ridicule, il entame un voyage complètement improbable qui le mènera à croiser un dieu du mambo, un dirigeable, un tunnelier, une princesse à trois jambes et bien d'autres personnages tout aussi extravagants. Avec son trait rond, simple et très lisible, l'album possède un certain charme visuel et dégage une poésie indéniable, même si je dois admettre ne pas tellement apprécier la représentation physique du personnage principal. Le reste des personnages et les décors se prêtent bien à cette ambiance de conte étrange, oscillant entre merveilleux, humour absurde et fantaisie. Dès les premières pages, on comprend que Christian Durieux ne cherche pas à raconter une histoire classique. Son récit accumule les digressions, les changements de décor, les personnages improbables et les idées loufoques, au point de donner parfois l'impression de feuilleter une succession de contes différents plutôt qu'une intrigue unique. Chaque nouvelle étape semble ouvrir une parenthèse qui en entraîne une autre, souvent sans véritable lien apparent avec ce qui précédait. J'ai eu beaucoup de mal à comprendre où l'auteur voulait en venir. Derrière cette avalanche d'idées, il y a certainement un propos symbolique ou une fable plus profonde sur la différence, l'amour ou la liberté, mais je suis resté trop souvent à distance pour réellement l'apprécier. À plusieurs reprises, j'ai eu l'impression que le récit improvisait au gré de l'imagination de son auteur, sans véritable fil conducteur, ce qui m'a fait décrocher plus d'une fois. Ce foisonnement permanent d'idées et de détours a fini par prendre le pas sur le récit lui-même. J'aurais eu besoin d'un peu plus de cohérence ou de direction pour rester pleinement impliqué. Une lecture originale mais dont le côté trop absurde, échevelé et volontairement décousu m'a laissé davantage perplexe que véritablement conquis.

30/06/2026 (modifier)
Par Blue boy
Note: 2/5
Couverture de la série L’Été des oubliés
L’Été des oubliés

Quand on parle de film inachevé, on pense surtout au « Don Quichotte » de Terry Gilliam, qui sortit finalement en salles 18 ans après le début d’un tournage marqué par des péripéties de tous ordres. On connaît moins l’histoire entourant « La Fleur de l’âge », qu’avait entrepris de tourner Marcel Carné avec une brochette d’actrices et d’acteurs prestigieux : Paul Meurisse, Arletty, Martine Carol, Serge Reggiani et Anouk Aimée, qui elle faisait ses débuts au cinéma. Le réalisateur souhaitait raconter, sur un scénario de Jacques Prévert, les circonstances de la révolte d’adolescents détenus au bagne d’enfants de Belle-Île-en-Mer en 1934 (cela paraît difficile à croire, mais il y avait des bagnes pour enfants à cette époque !). Tout avait très mal commencé, puisqu’un premier tournage, en 1937, fut interrompu pour des raisons diverses, notamment la censure et les prises de position controversées de Prévert, pour reprendre dix ans plus tard. Mais de nouveau, les déboires ne firent que s’accumuler (aléas financiers, météo défavorable, tensions au sein de l’équipe, caprices de stars, grèves diverses... ), le projet s’avéra alors un fiasco total. C’est donc une histoire dans l’histoire que nous propose Simon Rochepeau, tout en se centrant plus particulièrement sur les circonstances du tournage. Si au départ, il évoque la façon dont la révolte de ces gamins s’est déclenchée, le récit bifurque assez vite sur l’arrivée de l’équipe du film à Belle-Île. Le sujet est potentiellement intéressant, mais force est de constater que la narration, avec sa structure kaléidoscopique égrenant des anecdotes diverses et variées, peut être déstabilisante. On pourra seulement dire qu’elle est réussie si l’objectif de Rochepeau était de retranscrire le contexte chaotique du tournage… En outre, que dire de la fin dont le propos poético-mystique m’a laissé au bord du chemin ? Il faut admettre que le dessin de Benjamin Bachelier n’en facilite pas la compréhension. Si certaines planches recèlent une beauté poétique évidente, grâce surtout à l’emploi de l’aquarelle pour les scènes nocturnes, on restera plus mesuré quant au trait à main levée, peu engageant selon mes critères et pour tout dire trop brouillon, mais qui surtout freine l’identification des personnages, par ailleurs assez nombreux. On ne comprend pas non plus le choix du découpage, parfois confus. Certains apprécieront sans doute les qualités poétiques de « L’Été des oubliés », mais celles-ci ne suffiront malheureusement pas pour en faire un ouvrage appréciable et suffisamment marquant, pour tout bédéphile amateur de narration un tant soit peu élaborée. Dommage, car la lecture s’annonçait plutôt digne d’intérêt.

29/06/2026 (modifier)
Couverture de la série Nous, les morts
Nous, les morts

J’ai vraiment été déçu par cette série. Le concept est excellent sur le papier : imaginer des civilisations précolombiennes ayant poursuivi leur développement pendant que l’Europe s’effondre est une idée très originale. Pourtant, j’ai eu l’impression que la BD n’en faisait finalement pas grand-chose. On tourne les pages avec curiosité en espérant comprendre où le scénario veut nous emmener, mais cette sensation n’a jamais vraiment été récompensée. L’aventure reste agréable à suivre et suffisamment intrigante pour donner envie d’aller jusqu’au bout. En revanche, j’ai eu beaucoup de mal à saisir le rôle des zombies dans le récit. Qu’ils expliquent la chute de l’Europe, pourquoi pas, mais leur présence semble ensuite assez gratuite et je peine à voir ce qu’elle apporte réellement au propos. Le dessin n’est clairement pas dans mes goûts, avec un style très déformé et exagéré. Cela ne m’aurait pas dérangé si le récit m’avait davantage convaincu ; au contraire, un parti pris graphique fort peut très bien fonctionner lorsqu’il sert une histoire solide. Ici, j’ai plutôt eu l’impression que le fond et la forme me laissaient tous les deux à distance.

29/06/2026 (modifier)
Par Miguelof
Note: 2/5
Couverture de la série Femmes de rêve
Femmes de rêve

L'intérêt presque exclusif de cet album réside dans les dessins très beaux et sensuels de José Gonzalez. Le reste n'a ni cohérence ni unité : c'est un amalgame d'illustrations indépendantes, de pin-ups et de quelques BD courtes, y compris une histoire de Vampirella. L'érotisme est ici très soft et tout est assez daté, surtout les images en couleur et le maquillage des jeunes femmes.

29/06/2026 (modifier)
Couverture de la série The Rising of the Shield Hero
The Rising of the Shield Hero

Je comprends pas. Cette série a de super côtes sur Manga News et Nautiljon. J'ai trouvé les 7 premiers en occase, j'ai pris. Erreur... Le plan de base est excellent. Un anti héro regroupe de jolies nanas combative et affronte les riches horribles dans un monde fantastique. Jusque là, je me dit chouette. C'est léger, bien dessiné, un truc facile avec des situations émouvantes... oui, mais non. Okay, le plan de base est bon, mais la gestion dérape vite. Le premier tome, ça va, mais direct on tombe dans la répétition de gags et de situations qui ne font plus rire. Ni pleurer. C'est juste banal, prévisible, et même si les dessins restent beau, très beau, le truc devient ennuyant. Dommage, très dommage. NoirDelire

28/06/2026 (modifier)
Par gruizzli
Note: 2/5
Couverture de la série Bouche d'ombre
Bouche d'ombre

Je me suis farci les quatre albums de cette série sans plaisir après le deuxième, mais je tenais à voir ce qu'il en était au global avant de pouvoir noter la série, mais je confirme que je n'aime pas. Enfin presque : j'ai bien aimé l'idée du premier, où la part du fantastique est encore bien modérée, tout pouvant être dans sa tête uniquement. Par contre, les trois tomes suivants glissent à fond dans le fantastique avec de l'hypnose et le fait de revivre les vies de ses ancêtres pour exorciser. Disons que j'ai été très vite très loin du récit, surtout en se détachant de Lou, personnage principale qui devient psychopompe et n'évolue que peu dans le récit. Je connaissais Carole Martinez pour son roman Le cœur cousu qui ne m'avait pas spécialement plu ni même marqué, je dois l'avouer. Et j'ai retrouvé ici les mêmes types de personnages, ainsi que des thématiques communes. La plus évidente est la filiation des femmes, avec des lignées de femmes qui se parlent à travers le temps, ainsi que la maternité et la transmission. Une autre thématique est la violence d'un monde contre les femmes, qu'on retrouve aussi ici. Mais c'est surtout le ton, souvent poétique et que j'ai fini par trouver barbant. Les dialogues sonnent trop littéraire et font parfois longs, avec des planches contemplatives au milieu de la BD. C'est ce qui a fait que j'ai fini par accélérer la lecture jusqu'à la fin du dernier tome que j'ai le moins aimé. Maintenant, ce n'est pas que le ton de narration qui m'a déplu, c'est aussi ce que dis le récit. J'ai accepté le fantastique qui est clairement annoncé dans le deuxième tome, mais j'aime moins l'aspect hypnose, pratique souvent mal comprise et très utilisée en charlatanerie, ici présentée comme une façon d'entendre la voix des fantômes ou de revivre des évènements du passé, sans jamais s'interroger sur la capacité d'un être humain à remodeler ses souvenirs pour en tirer ce qu'il souhaite comprendre. Mais admettons, c'est un élément sur lequel on voit souvent des choses pas très sourcés. Non, le hic que j'ai eu, c'est plutôt sur le fait qu'on allait se balader dans différents moments de l'histoire de France et que j'ai plusieurs fois tiqué sur ce qui en était dit. C'est un peu un cheval de bataille pour moi, mais je trouve que cette malversation de l'Histoire est souvent plus dommageable que pratique, et c'est surtout visible dans le dernier tome. On a tout les poncifs et fantasmes associés à la chasse aux sorcières : paysans qui organisent un bucher (sans procès par l'Eglise d'abord, bien sur), d'une femme appelée sorcière parce qu'elle vit librement en contact avec la nature. C'est tellement loin de la réalité de ce que furent les procès de sorcières et les buchers, de même que ça souligne encore une fois un propos sur notre époque et les luttes féministes actuelles (avec lesquels je suis d'accord, soit dit en passant). Mais montrer une jeune femme libre sexuellement au XIXè siècle qui est détestée pour ça, c'est oublier les IST, les MST, les Morpions ... Et on parle de la variole, la syphilis et autres joyeusetés. C'est peut-être trop terre-à-terre pour un récit de ce genre, mais oublier qu'on stigmatisait la sexualité débridée à cette époque c'est passer notamment à côté des épidémies bien moins soignées qu'aujourd'hui. Et je ne parle pas de ce trope de la femme proche d'un dieu de la nature détestée par une communauté religieuse intégriste, bien loin de ce que fut la réalité de ce siècle sur les religions. Bref, je m'agace encore et toujours des mêmes soucis mais parce que je vois le discours contemporain appliqué à des fantasmes de cette époque et qui passent à côté de ce qui fait la domination actuelle sur les femmes, qui n'est pas "universelle", ni un continuum de ce qui se faisait avant Les choses ont changées, pas toujours en bien, mais elles changent. Et comprendre avant c'est aussi s'interroger sur maintenant. Cette longue digression étant fini (et dites-vous que j'ai fait court) je dois dire que la série de BD n'est vraiment pas faite pour moi. Le côté fantastique très appuyé avec une psychopompe qui revit les femmes de sa lignée est une idée à potentielle, mais Lou devient vite anecdotique au récit et on se concentre uniquement sur le passé, remontant jusqu'au XIXè alors que Lou vit quelques petites aventures banales. Enfin, sauf la prise de LSD en étant à peine majeure, ce qui me semble tout de même un tantinet excessif. Après, une femme pousse une amie au suicide dans le tome un et réapparait ensuite pas trop changée. C'est le genre de choses qui ne marque pas vraiment, il faut dire ... Pour le reste, le ton souvent trop poétique et les soucis que j'ai avec la réinterprétation historique, l'implication parfois légère de sujets graves et qui ne semblent pas avoir de réelles conséquences, le tout me semble pas réussi. J'aurais pu aimer le premier tome comme un one-shot se suffisant à lui-même, l'extrapolation en série me fait hélas baisser la note et dire que la série n'est pas pour moi mais également que je ne la recommanderais pas spécialement.

28/06/2026 (modifier)