Au lieu de rejoindre son bureau, un homme erre dans les rues de Nice, traverse différents quartiers, multiplie les rencontres fugaces et se laisse porter par ses pensées dans une longue déambulation contemplative où l'important semble moins être ce qui arrive que la manière dont il perçoit le monde.
C'est encore un album de Baudoin qui me tombe entre les mains par hasard, et c'est encore un échec dans ma tentative d'apprécier cet auteur. Ou plutôt cet artiste, car je comprends parfaitement que son oeuvre puisse susciter une véritable admiration. En revanche, je reste toujours aussi perplexe devant l'enthousiasme presque mystique qu'il provoque chez certains lecteurs tant son univers continue de me laisser à distance.
Pourtant, ce n'est sans doute pas le Baudoin qui m'a le plus rebuté graphiquement. Au contraire même. Son trait à l'encre noire est ici assez doux, maîtrisé et lisible. Surtout, il évite ces grands ombrages charbonneux qui me rebutent souvent dans ses autres albums. J'ai également apprécié ses trouvailles visuelles pour représenter l'esprit de Mathieu littéralement ouvert sur le monde. Sa tête se dissout, se remplit d'images, de souvenirs, d'objets ou de paysages, comme si ses pensées débordaient constamment dans la réalité. C'est une façon élégante de montrer un personnage dont l'esprit vagabonde en permanence et qui ne perçoit pas le monde comme les autres.
J'ai aussi pris un certain plaisir à cette promenade graphique dans Nice, ses rues, son port, ses plages ou ses quartiers plus populaires.
Malheureusement, cela n'a pas suffi à me faire entrer dans le récit. il m'a souvent évoqué L'Étranger de Camus : un personnage qui semble flotter en dehors du réel, à la fois totalement détaché de ce qui l'entoure et paradoxalement hypersensible à des détails insignifiants pour le reste du monde. Par moments, cela ressemble presque à une expérience hallucinatoire ou à un délire sous substance, où chaque détail paraît porteur d'un sens caché que personne d'autre ne perçoit.
Je comprends plus ou moins l'intention de Baudoin d'exprimer à travers cette disponibilité au monde, une forme de poésie du quotidien. Mais je suis resté totalement hermétique à cette démarche. La narration m'a semblé souvent absconse, pénible à lire, les réflexions parfois impénétrables, et les textes littéraires qui accompagnent chaque page en bas de planche m'ont paru n'entretenir qu'un rapport très lointain avec ce que je lisais.
Comme son protagoniste, l'album erre, digresse et divague constamment. Certains lecteurs y verront probablement une expérience poétique ou philosophique. Pour ma part, malgré quelques qualités graphiques évidentes, je me suis clairement ennuyé.
Une sorte d'hommage au "Piège diabolique".
On y retrouve le même décor (La Roche-Guyon), la structure en sauts dans le temps, et un clin d'oeil à Jacobs dans le prénom du héros.
Edgar navigue entre différentes époques dans des séquences assez décousues : 2e guerre mondiale, siècle des Lumières, guerre de cent ans...
A chaque période, il rencontre des célébrités et une mystérieuse dame rousse qui sert de fil conducteur à l'ensemble.
Malgré ces sauts temporels réguliers, Edgar parvient toujours à s'adapter et à influer sur les évènements.
J'ai trouvé l'ensemble plutôt artificiel. Le talent de la dessinatrice et l'érudition du scénariste n'ont pas suffi à susciter mon intérêt.
Enfin lu cette mini-série qui était très connu dans les années 2000 pour avoir prit beaucoup de temps pour se terminer avec des années sans publications entre deux numéros. Pour ceux qui ne savent pas, les numéros d'une mini-série d'un comics sont censé ¸¸être publié sur une base régulière du genre 1 numéro par mois.
J'avais lu des avis positifs et négatifs sur cette mini-série et je me range dans le deuxième camp. En fait, au début l'histoire est pas trop mal et j'aimais bien comment Kevin Smith utilisait Spider-Man et Black Cat, mais plus on avance dans le récit plus les défauts s'accumulent, surtout dans les numéros qui sont sortis avec plusieurs années de retards. Smith veut utiliser le thème sérieux du viol et le fait de manière vraiment cliché. C'est un problème avec plusieurs comics de super-héros qui veut montrer qu'ils sont sérieux, mais on a plus l'impression que les auteurs ne savent pas bien exploité les sujets graves. Les changements dans l'histoire de Félicia Hardy servent à rien et dénature le personnage. Le nouveau méchant est sans charisme. J'ai bien commencé la lecture de cette histoire et je l'ai finit dans l'ennuie le plus total.
Le genre d'album de Baudoin que je n'aime pas du tout lire.
Il faut dire aussi que la danse n'est pas un sujet qui me passionne grandement et comme au moins le tiers de l'album est composé de croquis que Baudoin a faits sur un groupe de danseurs. Sinon, on est dans du pur Baudoin avec des pages d'art séquentiel et d'autres qui sont plus des carnets de croquis et à la narration on a Baudoin qui saute d'un sujet à l'autre.
Tout est décousu comme si l'auteur écrivait et dessinait ce qui lui passait par la tête sans aucun plan. La sensibilité artistique de l'auteur est bien différente de la mienne, donc rien ne m'a ému dans ma lecture, qui heureusement n'a pas duré longtemps. C'est simple, si on est déjà fan de cet auteur atypique, c'est un album pour vous. Si au contraire, vous n'accrochez pas à son style cela va être encore un album qui va vous sembler hermétique.
À la frontière entre la science-fiction et l'érotisme, cette série de l'Argentin Solano López est bien loin de ce qu'il sera capable d'atteindre à l'avenir. L'intrigue est simple : le héros spatial doit affronter des défis et des épreuves dans une arène, y compris combattre un scorpion géant, devant une population exclusivement féminine et dominante.
C'est le fantasme sexuel central de cette œuvre qui, finalement, contient très peu de science-fiction. Les traits des personnages sont assez grossiers mais les dessins montrent déjà les petits traits et les pointillés caractéristiques de l'auteur.
L'édition française est relativement courte, mais dans d'autres pays et en différentes langues (espagnol, anglais, néerlandais) elle a eu d'autres épisodes, avec des scénarios de Ricardo Barreiro.
Comme d'autres adaptations de livres, je trouve que cette BD rate complètement le coche de l'adaptation. Pour une raison simple de forme : on est dans un texte illustré, purement récupéré du livre et mis en cartouche au-dessus d'images qui sont une simple illustration qui n'apporte pas grand chose. En terme d'adaptation, on est sur la forme la plus littérale et la moins BD.
En dehors de cette considération, donc, la BD est une histoire en Allemagne des années 30, lors des JO d'hiver. L'histoire est celle d'un homme dont le couple est en perte de vitesse, qui retombe amoureux et a des ennuis avec la Gestapo par rapport à son manque de conviction en tant que journaliste, selon le régime nazi. On est donc dans le contexte d'installation d'une dictature, tout en ayant des JO qui servent la propagande et un régime qui cache encore sa volonté pour ne pas effrayer une opinion internationale.
La BD est assez lente, trop pour son propre bien, et ne va pas très loin non plus. Le final fait un peu pétard mouillé et n'apporte pas un dialogue que j'aurais aimé voir, celui entre le type et sa femme. De même que plein de choses sont évoqués mais jamais développées. Le tout semble arrêté trop vite, trop brusquement, sans qu'on ne sache où tout ça a mené. Je dois dire que j'ai même du voir à quoi correspond le message global, donc pas une BD que je recommanderais.
William Green est un ranger justicier écologiste tellement extrême qu'il finit par devenir le pire ennemi de la planète qu'il veut sauver.
Une fois de plus pour une BD dessinée par Julien Solé, je trouve le dessin très bon mais l'humour pas du tout à la hauteur.
La série repose trop sur la bêtise du personnage principal. William Green est tellement con qu'il m'a lassé dès les premiers gags, les chutes jouant presque toujours sur son incapacité à comprendre les situations et sur des catastrophes annoncées dès le départ. Les rebondissements sont trop prévisibles et certains passages misent davantage sur la vulgarité que sur un véritable effet comique.
C'est dommage, car le dessin de Julien Solé est comme souvent excellent : expressif, caricatural et parfaitement adapté à ce type d'humour. Ses personnages et ses décors donnent envie de parcourir les pages, mais ils ne suffisent pas à compenser un scénario qui ne m'a jamais fait rire.
Une succession de gags trop répétitifs autour d'un héros dont la stupidité est plus agaçante qu'amusante.
Je reconnais à Clowes de réelles qualités. Graphiques et narratives. Mais c’est un auteur avec lequel j’ai souvent du mal. Et cet album ne fait pas exception hélas.
Le travail éditorial de Cornélius est une nouvelle fois excellent, et le dessin de Clowes reconnaissable, et globalement agréable.
Mais ce dessin accentue la froideur de son récit, et ses qualités se retournent presque contre lui serais-je tenté de dire. En effet, si ça renforce le malaise mis en avant par Clowes, ça renforce aussi une certaine langueur, pour ne pas dire mollesse de certains passages, qui sont un peu ennuyeux.
Comme souvent, Clowes dépeint une Amérique qui s’ennuie, loin de la béatification de la joie, des loisirs et du « amazing » à tout va. Il ajoute ici une touche de super-héros justicier. Un poncif de la culture comics, mais qui est ici atténué, voire totalement retourné, tant notre héros et son pistolet semblent ridicules et peu crédibles. C’est pourtant dans cette direction que j’espérais voir Clowes aller à fond, jouant sur l’absurde et une certaine parodie. J’ai l’impression qu’il n’a su choisir. Ou alors qu’il a préféré rester dans quelque chose qu’il maitrise mieux, à savoir le portrait de losers, d’une Amérique des à-côtés (en cela le dialogue du début entre le héros Andy et son pote Louie donne le ton, triste, pathétique, un peu mélancolique).
Note réelle 2,5/5.
Cette bande de Levis a pour point de départ la révolution allemande de 1918, un contexte historique et politique particulièrement dense. Malheureusement, le manque d'explications contextuelles m'a maintenu, pendant une bonne partie du récit, à l'extérieur de l'histoire.
Le plaisir de lecture revient finalement lorsque le récit adopte un ton plus picaresque, au fil des escales de l'héroïne, au Caire puis à New York.
Au gré des hommes qu'elle rencontre, Jelly se laisse entraîner dans un jeu de dupes : elle se sert d'eux autant qu'ils se servent d'elle. Cette mécanique des relations hommes-femmes se révèle ainsi plus profonde que ce que le scénario laissait initialement paraître.
Bien qu'un peu difficile d'accès, cette œuvre s'avère en tout cas beaucoup moins problématique que les autres travaux de l'auteur. Au moins, Jelly est majeure.
J’aime l’Antiquité, j’aime la S-F mais le mix des deux me laisse souvent dubitatif. La présente série confirme que ce mélange n’est pas pour moi.
Cet Hercule futuriste me laisse froid, j’ai tenu un tome et demi. Il y a sans doute des bonnes idées de Morvan pour cette revisite mais plombées par mon rejet primaire autour de l’idée. La partie graphique ne rattrape pas mon intérêt malgré toute la bonne volonté de Looky, les personnages ne m’intéressent pas.
A mes yeux, un univers et une série trop maladroitement réalisés pour me captiver.
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Le Premier Voyage
Au lieu de rejoindre son bureau, un homme erre dans les rues de Nice, traverse différents quartiers, multiplie les rencontres fugaces et se laisse porter par ses pensées dans une longue déambulation contemplative où l'important semble moins être ce qui arrive que la manière dont il perçoit le monde. C'est encore un album de Baudoin qui me tombe entre les mains par hasard, et c'est encore un échec dans ma tentative d'apprécier cet auteur. Ou plutôt cet artiste, car je comprends parfaitement que son oeuvre puisse susciter une véritable admiration. En revanche, je reste toujours aussi perplexe devant l'enthousiasme presque mystique qu'il provoque chez certains lecteurs tant son univers continue de me laisser à distance. Pourtant, ce n'est sans doute pas le Baudoin qui m'a le plus rebuté graphiquement. Au contraire même. Son trait à l'encre noire est ici assez doux, maîtrisé et lisible. Surtout, il évite ces grands ombrages charbonneux qui me rebutent souvent dans ses autres albums. J'ai également apprécié ses trouvailles visuelles pour représenter l'esprit de Mathieu littéralement ouvert sur le monde. Sa tête se dissout, se remplit d'images, de souvenirs, d'objets ou de paysages, comme si ses pensées débordaient constamment dans la réalité. C'est une façon élégante de montrer un personnage dont l'esprit vagabonde en permanence et qui ne perçoit pas le monde comme les autres. J'ai aussi pris un certain plaisir à cette promenade graphique dans Nice, ses rues, son port, ses plages ou ses quartiers plus populaires. Malheureusement, cela n'a pas suffi à me faire entrer dans le récit. il m'a souvent évoqué L'Étranger de Camus : un personnage qui semble flotter en dehors du réel, à la fois totalement détaché de ce qui l'entoure et paradoxalement hypersensible à des détails insignifiants pour le reste du monde. Par moments, cela ressemble presque à une expérience hallucinatoire ou à un délire sous substance, où chaque détail paraît porteur d'un sens caché que personne d'autre ne perçoit. Je comprends plus ou moins l'intention de Baudoin d'exprimer à travers cette disponibilité au monde, une forme de poésie du quotidien. Mais je suis resté totalement hermétique à cette démarche. La narration m'a semblé souvent absconse, pénible à lire, les réflexions parfois impénétrables, et les textes littéraires qui accompagnent chaque page en bas de planche m'ont paru n'entretenir qu'un rapport très lointain avec ce que je lisais. Comme son protagoniste, l'album erre, digresse et divague constamment. Certains lecteurs y verront probablement une expérience poétique ou philosophique. Pour ma part, malgré quelques qualités graphiques évidentes, je me suis clairement ennuyé.
La Dame de La Roche
Une sorte d'hommage au "Piège diabolique". On y retrouve le même décor (La Roche-Guyon), la structure en sauts dans le temps, et un clin d'oeil à Jacobs dans le prénom du héros. Edgar navigue entre différentes époques dans des séquences assez décousues : 2e guerre mondiale, siècle des Lumières, guerre de cent ans... A chaque période, il rencontre des célébrités et une mystérieuse dame rousse qui sert de fil conducteur à l'ensemble. Malgré ces sauts temporels réguliers, Edgar parvient toujours à s'adapter et à influer sur les évènements. J'ai trouvé l'ensemble plutôt artificiel. Le talent de la dessinatrice et l'érudition du scénariste n'ont pas suffi à susciter mon intérêt.
Spider-Man / Black Cat - L'Enfer de la violence
Enfin lu cette mini-série qui était très connu dans les années 2000 pour avoir prit beaucoup de temps pour se terminer avec des années sans publications entre deux numéros. Pour ceux qui ne savent pas, les numéros d'une mini-série d'un comics sont censé ¸¸être publié sur une base régulière du genre 1 numéro par mois. J'avais lu des avis positifs et négatifs sur cette mini-série et je me range dans le deuxième camp. En fait, au début l'histoire est pas trop mal et j'aimais bien comment Kevin Smith utilisait Spider-Man et Black Cat, mais plus on avance dans le récit plus les défauts s'accumulent, surtout dans les numéros qui sont sortis avec plusieurs années de retards. Smith veut utiliser le thème sérieux du viol et le fait de manière vraiment cliché. C'est un problème avec plusieurs comics de super-héros qui veut montrer qu'ils sont sérieux, mais on a plus l'impression que les auteurs ne savent pas bien exploité les sujets graves. Les changements dans l'histoire de Félicia Hardy servent à rien et dénature le personnage. Le nouveau méchant est sans charisme. J'ai bien commencé la lecture de cette histoire et je l'ai finit dans l'ennuie le plus total.
Le Corps collectif - Danser l'invisible
Le genre d'album de Baudoin que je n'aime pas du tout lire. Il faut dire aussi que la danse n'est pas un sujet qui me passionne grandement et comme au moins le tiers de l'album est composé de croquis que Baudoin a faits sur un groupe de danseurs. Sinon, on est dans du pur Baudoin avec des pages d'art séquentiel et d'autres qui sont plus des carnets de croquis et à la narration on a Baudoin qui saute d'un sujet à l'autre. Tout est décousu comme si l'auteur écrivait et dessinait ce qui lui passait par la tête sans aucun plan. La sensibilité artistique de l'auteur est bien différente de la mienne, donc rien ne m'a ému dans ma lecture, qui heureusement n'a pas duré longtemps. C'est simple, si on est déjà fan de cet auteur atypique, c'est un album pour vous. Si au contraire, vous n'accrochez pas à son style cela va être encore un album qui va vous sembler hermétique.
Slot Barr
À la frontière entre la science-fiction et l'érotisme, cette série de l'Argentin Solano López est bien loin de ce qu'il sera capable d'atteindre à l'avenir. L'intrigue est simple : le héros spatial doit affronter des défis et des épreuves dans une arène, y compris combattre un scorpion géant, devant une population exclusivement féminine et dominante. C'est le fantasme sexuel central de cette œuvre qui, finalement, contient très peu de science-fiction. Les traits des personnages sont assez grossiers mais les dessins montrent déjà les petits traits et les pointillés caractéristiques de l'auteur. L'édition française est relativement courte, mais dans d'autres pays et en différentes langues (espagnol, anglais, néerlandais) elle a eu d'autres épisodes, avec des scénarios de Ricardo Barreiro.
La Désobéissance d'Andreas Kuppler
Comme d'autres adaptations de livres, je trouve que cette BD rate complètement le coche de l'adaptation. Pour une raison simple de forme : on est dans un texte illustré, purement récupéré du livre et mis en cartouche au-dessus d'images qui sont une simple illustration qui n'apporte pas grand chose. En terme d'adaptation, on est sur la forme la plus littérale et la moins BD. En dehors de cette considération, donc, la BD est une histoire en Allemagne des années 30, lors des JO d'hiver. L'histoire est celle d'un homme dont le couple est en perte de vitesse, qui retombe amoureux et a des ennuis avec la Gestapo par rapport à son manque de conviction en tant que journaliste, selon le régime nazi. On est donc dans le contexte d'installation d'une dictature, tout en ayant des JO qui servent la propagande et un régime qui cache encore sa volonté pour ne pas effrayer une opinion internationale. La BD est assez lente, trop pour son propre bien, et ne va pas très loin non plus. Le final fait un peu pétard mouillé et n'apporte pas un dialogue que j'aurais aimé voir, celui entre le type et sa femme. De même que plein de choses sont évoqués mais jamais développées. Le tout semble arrêté trop vite, trop brusquement, sans qu'on ne sache où tout ça a mené. Je dois dire que j'ai même du voir à quoi correspond le message global, donc pas une BD que je recommanderais.
Planet Ranger
William Green est un ranger justicier écologiste tellement extrême qu'il finit par devenir le pire ennemi de la planète qu'il veut sauver. Une fois de plus pour une BD dessinée par Julien Solé, je trouve le dessin très bon mais l'humour pas du tout à la hauteur. La série repose trop sur la bêtise du personnage principal. William Green est tellement con qu'il m'a lassé dès les premiers gags, les chutes jouant presque toujours sur son incapacité à comprendre les situations et sur des catastrophes annoncées dès le départ. Les rebondissements sont trop prévisibles et certains passages misent davantage sur la vulgarité que sur un véritable effet comique. C'est dommage, car le dessin de Julien Solé est comme souvent excellent : expressif, caricatural et parfaitement adapté à ce type d'humour. Ses personnages et ses décors donnent envie de parcourir les pages, mais ils ne suffisent pas à compenser un scénario qui ne m'a jamais fait rire. Une succession de gags trop répétitifs autour d'un héros dont la stupidité est plus agaçante qu'amusante.
Le Rayon de la Mort
Je reconnais à Clowes de réelles qualités. Graphiques et narratives. Mais c’est un auteur avec lequel j’ai souvent du mal. Et cet album ne fait pas exception hélas. Le travail éditorial de Cornélius est une nouvelle fois excellent, et le dessin de Clowes reconnaissable, et globalement agréable. Mais ce dessin accentue la froideur de son récit, et ses qualités se retournent presque contre lui serais-je tenté de dire. En effet, si ça renforce le malaise mis en avant par Clowes, ça renforce aussi une certaine langueur, pour ne pas dire mollesse de certains passages, qui sont un peu ennuyeux. Comme souvent, Clowes dépeint une Amérique qui s’ennuie, loin de la béatification de la joie, des loisirs et du « amazing » à tout va. Il ajoute ici une touche de super-héros justicier. Un poncif de la culture comics, mais qui est ici atténué, voire totalement retourné, tant notre héros et son pistolet semblent ridicules et peu crédibles. C’est pourtant dans cette direction que j’espérais voir Clowes aller à fond, jouant sur l’absurde et une certaine parodie. J’ai l’impression qu’il n’a su choisir. Ou alors qu’il a préféré rester dans quelque chose qu’il maitrise mieux, à savoir le portrait de losers, d’une Amérique des à-côtés (en cela le dialogue du début entre le héros Andy et son pote Louie donne le ton, triste, pathétique, un peu mélancolique). Note réelle 2,5/5.
A corps perdu (Jelly Shawn - Mémoires d'une entraîneuse)
Cette bande de Levis a pour point de départ la révolution allemande de 1918, un contexte historique et politique particulièrement dense. Malheureusement, le manque d'explications contextuelles m'a maintenu, pendant une bonne partie du récit, à l'extérieur de l'histoire. Le plaisir de lecture revient finalement lorsque le récit adopte un ton plus picaresque, au fil des escales de l'héroïne, au Caire puis à New York. Au gré des hommes qu'elle rencontre, Jelly se laisse entraîner dans un jeu de dupes : elle se sert d'eux autant qu'ils se servent d'elle. Cette mécanique des relations hommes-femmes se révèle ainsi plus profonde que ce que le scénario laissait initialement paraître. Bien qu'un peu difficile d'accès, cette œuvre s'avère en tout cas beaucoup moins problématique que les autres travaux de l'auteur. Au moins, Jelly est majeure.
Hercule (Soleil)
J’aime l’Antiquité, j’aime la S-F mais le mix des deux me laisse souvent dubitatif. La présente série confirme que ce mélange n’est pas pour moi. Cet Hercule futuriste me laisse froid, j’ai tenu un tome et demi. Il y a sans doute des bonnes idées de Morvan pour cette revisite mais plombées par mon rejet primaire autour de l’idée. La partie graphique ne rattrape pas mon intérêt malgré toute la bonne volonté de Looky, les personnages ne m’intéressent pas. A mes yeux, un univers et une série trop maladroitement réalisés pour me captiver.