Je n'avais pas accroché aux deux one-shots de Pastor que j'avais lu il y a longtemps, mais j'aime bien donner des chances aux auteurs alors j'ai lu ce one-shot dont le résumé m'attirait. Au vu de ma note, vous avez surement compris qu'encore une fois je n'ai pas trop accroché.
Pourtant, je voulais vraiment aimer cet album. Le dessin est très bon pour les paysages, un peu moins pour les personnages lorsqu'ils bougent, et l'idée de départ est pas trop mal. Deux veuves et un jeune orphelin qui quittent leur village pour trouver une vie meilleure et on se retrouve dans un road movie initiatique. Ça se laisse lire, mais je trouve que la narration manque de fluidité et qu'il y a des scènes inutiles. Il y a une intrigue qui cours tout le long de l'album qui a fini par m'ennuyer. Le pire est lorsqu'on apprend tout à la fin, je me suis aperçu que c'était en fait une intrigue plutôt intelligente, mais le scénario a tellement trainé en longueur que lorsqu'on arrive enfin à cette bonne scène, ben je n’en avais plus rien à foutre.
J'avais aussi emprunté la suite et après avoir lu une vingtaine de pages qui m'ont ennuyé, je me suis rendu à l'évidence que Pastor est tout simplement pas un auteur pour moi.
Même si le premier cycle de L'Autre Monde fait partie de mes séries préférées, le deuxième m'avait suffisamment déçu en comparaison pour que je ne sois pas pressé de découvrir cette suite. Ce troisième cycle m'a toutefois permis de retrouver une partie de ce qui faisait tout le charme des débuts : ce monde merveilleux, bien sûr, mais aussi cette impression de voyage au fil de contrées imaginaires. La courte et amusante étape dans la ville d'Argh retrouve bien l'esprit du premier cycle, et le séjour au Pays de Noël dégage une douceur et une poésie très agréables. Florence Magnin continue d'ailleurs à faire des merveilles : son univers est toujours aussi riche, détaillé et enchanteur.
En revanche, plusieurs choix m'ont nettement moins convaincu.
Le plus gênant est sans conteste le nouveau lettrage informatique, qui ressemble à la police Arial. Je l'ai trouvé affreusement laid et totalement en décalage avec le dessin. Là où les cycles précédents bénéficiaient d'un lettrage qui participait pleinement à leur identité graphique, celui-ci casse une partie du charme et donne un aspect beaucoup plus froid et impersonnel aux planches, presque inachevé.
Le scénario, lui aussi, m'a laissé sur ma faim. L'intrigue est très simple, presque celle d'un conte moral destiné aux jeunes enfants. Les deux garnements du premier tome sont poussés jusqu'à la caricature du sale gosse insupportable, et le second volume adopte ensuite un ton moralisateur, sans beaucoup de subtilité avec toutefois là encore la retenue d'un récit jeunesse. Quant au principal retournement de situation, il est tellement prévisible qu'on le voit arriver très longtemps à l'avance.
J'ai retrouvé en partie seulement l'atmosphère unique de L'Autre Monde et son goût du merveilleux, mais j'aurais aimé une histoire plus ambitieuse et moins enfantine. Entre une intrigue très convenue, un message moral un peu trop appuyé et ce nouveau lettrage qui gâche une partie du plaisir visuel, ce troisième cycle est pour moi très en dessous de la magie du premier.
Note : 2,5/5
Ça faisait longtemps que j'avais pas eu ce souci : je n'ai pas réussi à finir la BD. J'ai jeté l'éponge après la page 106, sidéré de voir que je devais encore en avaler autant avant d'arriver à la conclusion. J'ai donc feuilleté le reste de la BD et j'ai fini par la rendre à la bibliothèque.
Ce qui est d'autant plus dommage que la BD est très inclusive, dans une histoire bienveillante et queer. Je dirais que c'est une force et une faiblesse : la BD peut interpeler par son ancrage dans les années 20 et la tolérance totale ainsi que l'ouverture d'esprit bienveillante qui envahit cette BD. Peu crédible, mais que je pense qu'il faut plus prendre comme une fable utilisant l'esthétique des années 30, ce qui diminue la dissonance narrative. D'ailleurs c'est aussi une des rares BD queer qui reste totalement positive, ni dans le rejet ni dans le jugement.
Maintenant, faut aussi être honnête : je me suis ennuyé comme pas permis. La faute, selon moi, à un manque total d'antagoniste ou d'antagonisme. Les seules tensions dans la BD sont induites sur le personnage principal qui parfois doute de lui et ne sais pas quoi penser. Et c'est tout. Pas d'opposition, de trame narrative construite, de développement ... J'ai eu l'impression qu'au final rien n'a changé ni bougé dans ce monde trop beau pour être vrai. Même pas une engueulade, un crise de colère. Rien ne vient troubler un monde de parfaite harmonie, le personnage principal n'évolue presque pas (à part s'assumer encore plus dans ce qu'il faisait déjà), aucun personnage ne dévoile quoi que ce soit ... J'ai jeté l'éponge car je n'étais pas intéressé par la suite, comprenant que rien ne viendrait jouer le rôle d'enjeu ou de tension dans le récit. C'est une histoire poétique et mignonne, certes, mais qui ne m'a pas semblé raconter quelque chose. Et je comprends l'idée de faire quelque chose de positif sur ces sujets, mais j'avoue que le manque de tension dramatique m'a eu.
Après lecture, je me suis rendu compte que l'autrice m'avait déjà peu convaincu avec son Minuit Passé, et je me demande si finalement ce n'est pas juste moi qui ait un souci avec son style de narration. Dans les deux cas, d'autres personnes ont été convaincues, et je ne le suis pas. Donc probablement plus un blocage de ma part, tant pis !
Je ne fais pas confiance aux dirigeants politiques concernant le nucléaire (qu’il soit civil ou militaire il n’y a jamais eu de vrai débat éclairé), le racisme ambiant et le rejet de migrants me débecte. Et Macron n’est vraiment pas ma tasse de thé. C’est dire si les thématiques abordées par ce diptyque pouvaient a priori m’intéresser.
Mais alors, quelle déception de les voir traitées ainsi ! Je me retrouve parfaitement dans l’avis et les arguments de Ro. En effet, dès le départ – et cela a perduré jusqu’à la fin – de multiples incohérences et autres improbabilités m’ont franchement gêné, et m’ont empêché d’apprécier cette histoire, qui m’a laissé de côté – et loin.
Pourquoi « déporter » (car vu le traitement ça n’est pas un simple « déplacement » sanitaire) les populations françaises proches de la catastrophe nucléaire (explosion d’une centrale dans l’Est du pays) en Suède, alors qu’on s’aperçoit rapidement qu’une grande partie de la France (visiblement Paris déjà) reste habitable ? Comment en quelques jours Français et Allemands deviennent-ils ennemis et haineux les uns envers les autres (au point qu’on se croirait revenus en quelques heures avant la première guerre mondiale) ? Pourquoi cet ersatz de Macron se lance-t-il dans un complot improbable et meurtrier (inventant un attentat islamique au lieu d’avouer qu’il s’agit en fait d’une défaillance technique pour l’accident nucléaire) ?
Surtout, toutes ces incohérences sont traitées de façon manichéenne, sans nuance, sans que ça soit un tant soit peu crédible. Tous les personnages passent leur temps à se hurler dessus : ridicules et/ou grotesques, événements ou personnages ne passent pas.
Facilité et ridicule qui se poursuivent jusqu’au final, avec cette mort/sacrifice de l’ancien ami/amant de la femme du personnage principal. Qui lui, est passé de l’égoïste (là aussi caricatural) péteux à héros désintéressé et collectif…
Bref, une série franchement très décevante.
Note réelle 1,5/5.
2.5
Logique que Meurtres Fatals soit une lecture culte pour les habitués de Fluide Glacial. On y retrouve l'esprit du magazine : humour absurde, parodies de films, avalanche de références et galerie de personnages totalement déjantés autour du commissaire Charolles (le seul et l'unique).
Malheureusement, ce qui fonctionne très bien par petites doses dans un magazine est moins efficace lorsqu'on enchaîne les histoires en album. Les gags restent souvent sympathiques et Maëster n'a plus à démontrer son talent pour la caricature, mais l'ensemble finit par devenir répétitif. L'accumulation de clins d'œil et de parodies donne parfois l'impression de feuilleter une compilation de sketches plutôt qu'une œuvre qui possède sa propre identité.
Plein de sourires en dénichant les détails qui se planquent dans la moitié des cases, certaines passages assurent les rigolades des lecteurs familiers de l'univers Fluide Glacial de l'époque. En revanche, la lecture en continu manque de rythme et l'humour est assez inégal.
Poilant par moments, mais plus à sa place dans les pages du mag que dans un album complet.
Les aventures et mésaventures amoureuses d’un jeune Japonais à Paris. Ce n’est pas le meilleur de Varenne, mais ce n’est pas non plus le pire, à mon avis. Les dessins sont plus irréguliers que dans d’autres de ses œuvres, mais cela peut s’expliquer par le format et l’objectif initial de la commande : une collection de manga européen promue par Casterman, je crois. Après de nombreuses pages, de nombreuses rencontres et désillusions, ce qu’il reste, c’est la longueur et l’ennui du livre, malgré quelques femmes très belles et intéressantes. Les monuments de Paris sont également bien rendus, l’Opéra par exemple.
Bon, je sens que je vais avoir du mal avec cette collection de one-shot de Lemire. Si j’avais quand même trouvé intéressant l’album « Des milliers de plumes noires », « Le passage » m’a clairement laissé de côté.
Je reconnais au scénario, au dessin et à la colorisation le fait d’avoir installé une ambiance noire, angoissante et intrigante. Mais voilà, je trouve que ça ne va pas au-delà, et ici ça ne me suffit pas.
En effet, je n’ai sans doute pas tout saisi (et j’ai compris peu de choses en fait, ça semble partir dans tous les sens, empiler des idées "horrifiques"), mais c’est très très vite lu (peu de texte et d’intrigue), et je trouve l’ensemble assez creux.
Gros bof me concernant.
J'aime beaucoup Jean-Pierre Dionnet quand il écrit dans des magazines ou présente des films. Le journaliste, le passeur, le passionné est souvent passionnant. Malheureusement, ici il me convainc beaucoup moins. Exterminateur 17 repose sur des thèmes que j'adore: androïdes, guerre, quête d'émancipation... mais le récit peine à leur donner du potentiel.
Le principal problème vient selon moi (mais apparemment pas que, à la lectures des autres avis) de la narration. L'histoire manque de rythme, s'étire souvent et donne l'impression de ne jamais être totalement sûre de ce qu'elle veut raconter. Les idées ne sont pas mauvaises, loin de là, mais elles restent à l'état d'ébauche. J'ai régulièrement eu le sentiment de lire un récit davantage fasciné par son univers que par ses personnages.
Heureusement, il y a Bilal (oui je suis retombé dans ma Bilal-sophie après avoir du rangement et feuilleté des tas des bouquins qui ne demandaient que ça, ça se voit à mes derniers avis). Son dessin est déjà impressionnant et l'influence de Moebius saute évidemment aux yeux, que ce soit dans certains décors, les machines ou cette SF typiquement Métal Hurlant des années 70. Même quand le scénario patine, les planches poussent à continuer la lecture.
Au final reste une grosse impression de lire une œuvre importante (à cette époque, dans le domaine de la SF hexagonale) plus qu'une œuvre réellement réussie. Un laboratoire d'idées intéressant, porté par un Bilal déjà très inspiré, mais qui ne m'a jamais totalement embarqué.
Histoires courtes d’humour coquin. Elles pourraient tout aussi bien être classées dans le genre érotique, je pense. J’apprécie beaucoup le trait de Alfonso Font, élégant et bien défini. J’ai lu l’édition Himalaya, avec les couleurs originales et sans l'épisode ajouté dans l’édition Tabou. Toujours avec des bimbos aux formes généreuses et provocantes, les hommes font ici une triste figure, y compris le lamentable Tarzan. À mon avis, les intrigues sont trop prévisibles et j’ai eu du mal à esquisser un sourire.
Dans cette adaptation d'un roman d'Eugène Sue, on suit l'ascension puis la destinée d'un marin sans scrupules qui, après avoir pris le commandement de son navire, embrasse une vie de piraterie sous le signe de la violence et de la cupidité, au mépris d'une prophétie annonçant sa mort prochaine.
Sur la forme, il y a peu de choses à reprocher à l'album. Le dessin d'Alessandro Corbettini est de qualité, avec de belles compositions, des navires impressionnants et une ambiance maritime réussie. Le choix du noir et blanc, réalisé à l'encre, confère à l'ensemble une belle élégance graphique et une identité visuelle affirmée. En revanche, j'ai parfois trouvé que ce parti pris accentuait encore davantage une atmosphère déjà très sombre. L'ensemble est constamment baigné dans une noirceur qui finit par alourdir le récit plus qu'elle ne le sert.
Quoi qu'il en soit, c'est davantage sur le fond que je suis resté à distance. Je n'ai pas réussi à me passionner pour Kernok ni pour son parcours. Le personnage est volontairement brutal, cynique et peu attachant, mais je ne lui ai pas trouvé suffisamment d'épaisseur pour m'investir émotionnellement dans son destin. Quant à l'intrigue, elle suit son cours sans véritable surprise et ne m'a jamais vraiment captivé.
La narration, assez abondante, renforce d'ailleurs cette impression. On sent que l'adaptation reste proche du roman d'origine, mais cela se traduit par un récit parfois un peu bavard et pas toujours aussi dynamique qu'on pourrait l'espérer pour une histoire de pirates.
Je retiens surtout la qualité du travail graphique et l'ambiance qui s'en dégage. Sur ce plan, l'album est incontestablement réussi. En revanche, ni l'histoire ni son personnage principal ne sont parvenus à susciter chez moi un véritable intérêt, ce qui fait que cette lecture, malgré ses qualités formelles, ne m'aura pas particulièrement marqué.
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Le Sentier des Reines
Je n'avais pas accroché aux deux one-shots de Pastor que j'avais lu il y a longtemps, mais j'aime bien donner des chances aux auteurs alors j'ai lu ce one-shot dont le résumé m'attirait. Au vu de ma note, vous avez surement compris qu'encore une fois je n'ai pas trop accroché. Pourtant, je voulais vraiment aimer cet album. Le dessin est très bon pour les paysages, un peu moins pour les personnages lorsqu'ils bougent, et l'idée de départ est pas trop mal. Deux veuves et un jeune orphelin qui quittent leur village pour trouver une vie meilleure et on se retrouve dans un road movie initiatique. Ça se laisse lire, mais je trouve que la narration manque de fluidité et qu'il y a des scènes inutiles. Il y a une intrigue qui cours tout le long de l'album qui a fini par m'ennuyer. Le pire est lorsqu'on apprend tout à la fin, je me suis aperçu que c'était en fait une intrigue plutôt intelligente, mais le scénario a tellement trainé en longueur que lorsqu'on arrive enfin à cette bonne scène, ben je n’en avais plus rien à foutre. J'avais aussi emprunté la suite et après avoir lu une vingtaine de pages qui m'ont ennuyé, je me suis rendu à l'évidence que Pastor est tout simplement pas un auteur pour moi.
L'Autre Monde - Cycle 3
Même si le premier cycle de L'Autre Monde fait partie de mes séries préférées, le deuxième m'avait suffisamment déçu en comparaison pour que je ne sois pas pressé de découvrir cette suite. Ce troisième cycle m'a toutefois permis de retrouver une partie de ce qui faisait tout le charme des débuts : ce monde merveilleux, bien sûr, mais aussi cette impression de voyage au fil de contrées imaginaires. La courte et amusante étape dans la ville d'Argh retrouve bien l'esprit du premier cycle, et le séjour au Pays de Noël dégage une douceur et une poésie très agréables. Florence Magnin continue d'ailleurs à faire des merveilles : son univers est toujours aussi riche, détaillé et enchanteur. En revanche, plusieurs choix m'ont nettement moins convaincu. Le plus gênant est sans conteste le nouveau lettrage informatique, qui ressemble à la police Arial. Je l'ai trouvé affreusement laid et totalement en décalage avec le dessin. Là où les cycles précédents bénéficiaient d'un lettrage qui participait pleinement à leur identité graphique, celui-ci casse une partie du charme et donne un aspect beaucoup plus froid et impersonnel aux planches, presque inachevé. Le scénario, lui aussi, m'a laissé sur ma faim. L'intrigue est très simple, presque celle d'un conte moral destiné aux jeunes enfants. Les deux garnements du premier tome sont poussés jusqu'à la caricature du sale gosse insupportable, et le second volume adopte ensuite un ton moralisateur, sans beaucoup de subtilité avec toutefois là encore la retenue d'un récit jeunesse. Quant au principal retournement de situation, il est tellement prévisible qu'on le voit arriver très longtemps à l'avance. J'ai retrouvé en partie seulement l'atmosphère unique de L'Autre Monde et son goût du merveilleux, mais j'aurais aimé une histoire plus ambitieuse et moins enfantine. Entre une intrigue très convenue, un message moral un peu trop appuyé et ce nouveau lettrage qui gâche une partie du plaisir visuel, ce troisième cycle est pour moi très en dessous de la magie du premier. Note : 2,5/5
Le Jardin - Paris
Ça faisait longtemps que j'avais pas eu ce souci : je n'ai pas réussi à finir la BD. J'ai jeté l'éponge après la page 106, sidéré de voir que je devais encore en avaler autant avant d'arriver à la conclusion. J'ai donc feuilleté le reste de la BD et j'ai fini par la rendre à la bibliothèque. Ce qui est d'autant plus dommage que la BD est très inclusive, dans une histoire bienveillante et queer. Je dirais que c'est une force et une faiblesse : la BD peut interpeler par son ancrage dans les années 20 et la tolérance totale ainsi que l'ouverture d'esprit bienveillante qui envahit cette BD. Peu crédible, mais que je pense qu'il faut plus prendre comme une fable utilisant l'esthétique des années 30, ce qui diminue la dissonance narrative. D'ailleurs c'est aussi une des rares BD queer qui reste totalement positive, ni dans le rejet ni dans le jugement. Maintenant, faut aussi être honnête : je me suis ennuyé comme pas permis. La faute, selon moi, à un manque total d'antagoniste ou d'antagonisme. Les seules tensions dans la BD sont induites sur le personnage principal qui parfois doute de lui et ne sais pas quoi penser. Et c'est tout. Pas d'opposition, de trame narrative construite, de développement ... J'ai eu l'impression qu'au final rien n'a changé ni bougé dans ce monde trop beau pour être vrai. Même pas une engueulade, un crise de colère. Rien ne vient troubler un monde de parfaite harmonie, le personnage principal n'évolue presque pas (à part s'assumer encore plus dans ce qu'il faisait déjà), aucun personnage ne dévoile quoi que ce soit ... J'ai jeté l'éponge car je n'étais pas intéressé par la suite, comprenant que rien ne viendrait jouer le rôle d'enjeu ou de tension dans le récit. C'est une histoire poétique et mignonne, certes, mais qui ne m'a pas semblé raconter quelque chose. Et je comprends l'idée de faire quelque chose de positif sur ces sujets, mais j'avoue que le manque de tension dramatique m'a eu. Après lecture, je me suis rendu compte que l'autrice m'avait déjà peu convaincu avec son Minuit Passé, et je me demande si finalement ce n'est pas juste moi qui ait un souci avec son style de narration. Dans les deux cas, d'autres personnes ont été convaincues, et je ne le suis pas. Donc probablement plus un blocage de ma part, tant pis !
Les Exilés de Mosseheim
Je ne fais pas confiance aux dirigeants politiques concernant le nucléaire (qu’il soit civil ou militaire il n’y a jamais eu de vrai débat éclairé), le racisme ambiant et le rejet de migrants me débecte. Et Macron n’est vraiment pas ma tasse de thé. C’est dire si les thématiques abordées par ce diptyque pouvaient a priori m’intéresser. Mais alors, quelle déception de les voir traitées ainsi ! Je me retrouve parfaitement dans l’avis et les arguments de Ro. En effet, dès le départ – et cela a perduré jusqu’à la fin – de multiples incohérences et autres improbabilités m’ont franchement gêné, et m’ont empêché d’apprécier cette histoire, qui m’a laissé de côté – et loin. Pourquoi « déporter » (car vu le traitement ça n’est pas un simple « déplacement » sanitaire) les populations françaises proches de la catastrophe nucléaire (explosion d’une centrale dans l’Est du pays) en Suède, alors qu’on s’aperçoit rapidement qu’une grande partie de la France (visiblement Paris déjà) reste habitable ? Comment en quelques jours Français et Allemands deviennent-ils ennemis et haineux les uns envers les autres (au point qu’on se croirait revenus en quelques heures avant la première guerre mondiale) ? Pourquoi cet ersatz de Macron se lance-t-il dans un complot improbable et meurtrier (inventant un attentat islamique au lieu d’avouer qu’il s’agit en fait d’une défaillance technique pour l’accident nucléaire) ? Surtout, toutes ces incohérences sont traitées de façon manichéenne, sans nuance, sans que ça soit un tant soit peu crédible. Tous les personnages passent leur temps à se hurler dessus : ridicules et/ou grotesques, événements ou personnages ne passent pas. Facilité et ridicule qui se poursuivent jusqu’au final, avec cette mort/sacrifice de l’ancien ami/amant de la femme du personnage principal. Qui lui, est passé de l’égoïste (là aussi caricatural) péteux à héros désintéressé et collectif… Bref, une série franchement très décevante. Note réelle 1,5/5.
Meurtres Fatals
2.5 Logique que Meurtres Fatals soit une lecture culte pour les habitués de Fluide Glacial. On y retrouve l'esprit du magazine : humour absurde, parodies de films, avalanche de références et galerie de personnages totalement déjantés autour du commissaire Charolles (le seul et l'unique). Malheureusement, ce qui fonctionne très bien par petites doses dans un magazine est moins efficace lorsqu'on enchaîne les histoires en album. Les gags restent souvent sympathiques et Maëster n'a plus à démontrer son talent pour la caricature, mais l'ensemble finit par devenir répétitif. L'accumulation de clins d'œil et de parodies donne parfois l'impression de feuilleter une compilation de sketches plutôt qu'une œuvre qui possède sa propre identité. Plein de sourires en dénichant les détails qui se planquent dans la moitié des cases, certaines passages assurent les rigolades des lecteurs familiers de l'univers Fluide Glacial de l'époque. En revanche, la lecture en continu manque de rythme et l'humour est assez inégal. Poilant par moments, mais plus à sa place dans les pages du mag que dans un album complet.
Kiro
Les aventures et mésaventures amoureuses d’un jeune Japonais à Paris. Ce n’est pas le meilleur de Varenne, mais ce n’est pas non plus le pire, à mon avis. Les dessins sont plus irréguliers que dans d’autres de ses œuvres, mais cela peut s’expliquer par le format et l’objectif initial de la commande : une collection de manga européen promue par Casterman, je crois. Après de nombreuses pages, de nombreuses rencontres et désillusions, ce qu’il reste, c’est la longueur et l’ennui du livre, malgré quelques femmes très belles et intéressantes. Les monuments de Paris sont également bien rendus, l’Opéra par exemple.
Le Mythe de l’ossuaire - Le Passage
Bon, je sens que je vais avoir du mal avec cette collection de one-shot de Lemire. Si j’avais quand même trouvé intéressant l’album « Des milliers de plumes noires », « Le passage » m’a clairement laissé de côté. Je reconnais au scénario, au dessin et à la colorisation le fait d’avoir installé une ambiance noire, angoissante et intrigante. Mais voilà, je trouve que ça ne va pas au-delà, et ici ça ne me suffit pas. En effet, je n’ai sans doute pas tout saisi (et j’ai compris peu de choses en fait, ça semble partir dans tous les sens, empiler des idées "horrifiques"), mais c’est très très vite lu (peu de texte et d’intrigue), et je trouve l’ensemble assez creux. Gros bof me concernant.
Exterminateur 17
J'aime beaucoup Jean-Pierre Dionnet quand il écrit dans des magazines ou présente des films. Le journaliste, le passeur, le passionné est souvent passionnant. Malheureusement, ici il me convainc beaucoup moins. Exterminateur 17 repose sur des thèmes que j'adore: androïdes, guerre, quête d'émancipation... mais le récit peine à leur donner du potentiel. Le principal problème vient selon moi (mais apparemment pas que, à la lectures des autres avis) de la narration. L'histoire manque de rythme, s'étire souvent et donne l'impression de ne jamais être totalement sûre de ce qu'elle veut raconter. Les idées ne sont pas mauvaises, loin de là, mais elles restent à l'état d'ébauche. J'ai régulièrement eu le sentiment de lire un récit davantage fasciné par son univers que par ses personnages. Heureusement, il y a Bilal (oui je suis retombé dans ma Bilal-sophie après avoir du rangement et feuilleté des tas des bouquins qui ne demandaient que ça, ça se voit à mes derniers avis). Son dessin est déjà impressionnant et l'influence de Moebius saute évidemment aux yeux, que ce soit dans certains décors, les machines ou cette SF typiquement Métal Hurlant des années 70. Même quand le scénario patine, les planches poussent à continuer la lecture. Au final reste une grosse impression de lire une œuvre importante (à cette époque, dans le domaine de la SF hexagonale) plus qu'une œuvre réellement réussie. Un laboratoire d'idées intéressant, porté par un Bilal déjà très inspiré, mais qui ne m'a jamais totalement embarqué.
Carmen Bond
Histoires courtes d’humour coquin. Elles pourraient tout aussi bien être classées dans le genre érotique, je pense. J’apprécie beaucoup le trait de Alfonso Font, élégant et bien défini. J’ai lu l’édition Himalaya, avec les couleurs originales et sans l'épisode ajouté dans l’édition Tabou. Toujours avec des bimbos aux formes généreuses et provocantes, les hommes font ici une triste figure, y compris le lamentable Tarzan. À mon avis, les intrigues sont trop prévisibles et j’ai eu du mal à esquisser un sourire.
Kernok le pirate
Dans cette adaptation d'un roman d'Eugène Sue, on suit l'ascension puis la destinée d'un marin sans scrupules qui, après avoir pris le commandement de son navire, embrasse une vie de piraterie sous le signe de la violence et de la cupidité, au mépris d'une prophétie annonçant sa mort prochaine. Sur la forme, il y a peu de choses à reprocher à l'album. Le dessin d'Alessandro Corbettini est de qualité, avec de belles compositions, des navires impressionnants et une ambiance maritime réussie. Le choix du noir et blanc, réalisé à l'encre, confère à l'ensemble une belle élégance graphique et une identité visuelle affirmée. En revanche, j'ai parfois trouvé que ce parti pris accentuait encore davantage une atmosphère déjà très sombre. L'ensemble est constamment baigné dans une noirceur qui finit par alourdir le récit plus qu'elle ne le sert. Quoi qu'il en soit, c'est davantage sur le fond que je suis resté à distance. Je n'ai pas réussi à me passionner pour Kernok ni pour son parcours. Le personnage est volontairement brutal, cynique et peu attachant, mais je ne lui ai pas trouvé suffisamment d'épaisseur pour m'investir émotionnellement dans son destin. Quant à l'intrigue, elle suit son cours sans véritable surprise et ne m'a jamais vraiment captivé. La narration, assez abondante, renforce d'ailleurs cette impression. On sent que l'adaptation reste proche du roman d'origine, mais cela se traduit par un récit parfois un peu bavard et pas toujours aussi dynamique qu'on pourrait l'espérer pour une histoire de pirates. Je retiens surtout la qualité du travail graphique et l'ambiance qui s'en dégage. Sur ce plan, l'album est incontestablement réussi. En revanche, ni l'histoire ni son personnage principal ne sont parvenus à susciter chez moi un véritable intérêt, ce qui fait que cette lecture, malgré ses qualités formelles, ne m'aura pas particulièrement marqué.