Mouais. Je ne suis pas vraiment convaincu par cet album, et je ne ferai pas d’effort pour lire la suite.
J’ai lu il y a très longtemps un bouquin de Moorcock, je ne me rappelle même plus lequel, c’est dire si ça ne m’a pas marqué plus que ça. Je ne suis donc pas spécialiste du bonhomme, et ne peut juger de la qualité de l’adaptation. Toujours est-il que c’est un univers ici qui m’a laissé de côté.
Pour plusieurs raisons.
D’abord le dessin n’est pas mon truc, pas toujours assez léché ou clair pour moi.
Ensuite l’intrigue elle-même, que j’ai trouvé à la fois trop « simple » et trop obscure. Trop simple car un très linéaire, succession de bastons, sans qu’il y ait des péripéties ou des personnages pour dynamiser ou densifier l’histoire.
Mais cela se révèle aussi indigeste, du fait des très très nombreux personnages, aux noms un peu difficiles à retenir !
Bref, une somme indigeste et peu captivante. Sans doute pas ma came.
Je me retrouve totalement dans l'avis de Pierig.
L'originalité du sujet traité, à savoir la persécution des Japonais ayant colonisé la Mandchourie après la seconde guerre mondiale, est gâchée par la narration et le dessin.
En effet, malgré l'importante pagination laissant au départ imaginer une œuvre dense, complexe et profonde, il n'en est finalement rien. Ce pavé se lit assez vite et aborde à mon sens ce sujet de manière trop abrupte, sans nuance. Les personnages ne sont pas assez travaillés et pour certains un brin caricaturaux.
Le dessin, qui se rapproche fortement du style manga (expressions du visage parfois exagérées, traits enfantins, etc.) est également en décalage avec le tragique de la situation. Par exemple, le personnage du médecin assistant l'accouchement de Sayo, ressemble plus à un chevalier du zodiaque qu'à un médecin ! Blague à part, j'ai globalement trouvé le graphisme trop dépouillé et parfois peu précis, notamment dans les plans larges décrivant des scènes assez vastes (marché, bateau, etc...).
C'est vraiment dommage car le sujet qui met en lumière plus globalement le sort des colons après l'émancipation d'un pays mérite mieux que cette histoire aseptisée.
A emprunter éventuellement en bibliothèque (ce que j'ai fait).
SCENARIO (Originalité, Histoire, personnages) : 4/10
GRAPHISME (Dessin, colorisation) : 3/10
NOTE GLOBALE : 7/20
C'est du porno trop chic pour moi. J'ai commandé les premières intégrales et je n'ai pas envie de lire davantage.
Je ne trouve pas que les dessins soient bons, malgré la retenue dans les couleurs et l'utilisation esthétique du noir et blanc. Trop de masques, de voiles et de bandeaux tout le temps m'ont fait perdre l'intérêt pour les personnages. Tout cela est un peu trop bourgeois pour moi !
Je sais que ce type de fantaisie plaît beaucoup à certains. Mais je n'ai pas non plus du tout aimé le film de Kubrick (Eyes Wide Shut) à l'époque. Bref, je préfère la BD porno plus sale et débridée !
À l'époque, années 90, j'ai acheté plusieurs albums du duo Warnauts et Raives, attiré initialement par le dessin réaliste et la promesse d'une certaine sensualité.
Les histoires se sont révélées franchement décevantes et c'est le cas de celle-ci. Aujourd'hui, je considère le dessin trop photographique et l'intrigue assez conventionnelle. Il reste peut-être les couleurs.
Un récit post-apocalypse de plus, un genre qui peut avoir du potentiel, mais ici ça ne m’a pas convaincu.
Le postulat de départ ? Une apocalypse – sous forme de comètes destructrices – anéantit quasiment toute vie sur Terre. Nous sommes ensuite projetés quelques milliers d’années plus tard.
Et rapidement quelque chose cloche. Car, comme souvent, l’intrigue est bancale, et le degré de « régression » des humains est mal maîtrisé, et ici peu crédible : ils sont retournés à une vie préhistorique, ont tout oublié des connaissances humaines, y compris l’agriculture (dont la « redécouverte » constitue un des sels de l’histoire). Peu crédible selon moi, surtout que par ailleurs ils semblent maîtriser la métallurgie (si j’en crois leurs armes en métal). Et vers la fin du premier tome, lorsqu’un protagoniste exhibe quelques feuillets de manuscrits enluminés du moyen-âge, c’est encore moins crédible (ils auraient survécu à l’air libre durant des milliers d’années, en ayant préalablement résisté aux incendies de « l’apocalypse » !???), surtout que notre personnage « préhistorique » semble comprendre ce qui est présenté sur ces feuillets (de façon écrite ou implicite !?). Trop d’invraisemblances et de facilités donc pour pouvoir entrer sereinement dans l’histoire. Je vais d’ailleurs chipoter, mais alors que l’apocalypse est censée s’être déroulée à la fin du Xème siècle, un des feuillets représentés page 34 du premier tome montre une miniature que je connais bien, datant du XIVème siècle…
Par la suite on quitte ce qui reste de l’Angleterre pour rejoindre le « continent », et là aussi les ruines parfaitement conservées des maisons de « Lutecia » (bizarre, car au Xème siècle la ville ne s’appelait déjà plus comme ça – indépendamment du fait qu’il parait incroyable que son nom ait traversé les millénaires pour atteindre des populations sans écriture) – y compris des parties en bois (on retrouve par la suite d’autres ruines qu’on dirait abandonnées depuis quelques années seulement…) défient l’entendement. Et dans le troisième album, je n’ai pas compris le décalage qui pouvait exister entre la cité du Roi-Taon et d’autres espaces (comme Anglia, mais pas que), la « régression » historique ayant connu de gros écarts entre régions ! Un troisième album où la question de l’agriculture – et de l’élevage – revient au premier plan, après avoir été totalement oubliée…
Avec l’apparition du peuple des Hommes-Cerfs dans le deuxième tome, cela bascule de plus en plus dans une sorte de fantasy/fantastique (et je pense que l’intrigue aurait dû s’y concentrer, oubliant l’ancrage historique foireux).
Seuls les trois premiers tomes étaient disponibles dans ma médiathèque. Je ne connais donc pas la conclusion de cette histoire. Mais, si elle est dynamique et rythmée, elle souffre de trop de fragilités scénaristiques. Et du coup, j’ai moins de regret de rester sans conclusion.
Héloïse, jeune fille empêchée de devenir chevalier par une société médiévale patriarcale, se fiance à Armand, promis au maniement des armes alors qu'il ne rêve que de dessin, afin d'échanger discrètement leurs rôles et de vivre enfin selon leurs aspirations.
Utiliser un cadre médiéval pour interroger les rôles de genre, les injonctions sociales et la liberté de choisir sa propre voie est une idée pertinente et difficilement contestable, qui a d'ailleurs déjà été explorée avec succès ces dernières années dans des albums comme Peau d'Homme par exemple. Cet album tente à son tour de s'emparer de ces thématiques à travers une histoire d'échange de rôles, avec une héroïne passionnée par le combat dans un monde qui ne laisse aucune place à ce type d'ambition féminine. Mais son principal problème vient de la manière dont tout cela est mis en scène. Très rapidement, j'ai eu l'impression de lire une histoire assez adolescente, qui empile des intentions très contemporaines sans vraiment se soucier de crédibilité historique, ni même parfois de sa propre logique interne. Dès le postulat de départ, j'avais du mal à croire que leur échange de rôles puisse fonctionner ne serait-ce que plus de quelques minutes, et pourtant le scénario le traite comme une évidence sans jamais vraiment questionner les limites très concrètes d'un tel plan.
Plus globalement, l'écriture m'a semblé assez immature, avec une vision du monde souvent très binaire : les hommes sont fréquemment réduits à des figures brutales, guerrières ou obtuses (à l'exception de rares personnages plus artistes ou marginaux), tandis que les femmes incarnent plus volontiers la sensibilité, l'ouverture d'esprit ou les victimes d'un système patriarcal écrasant. L'intention est claire, mais l'ensemble manque de nuance et donne l'impression d'un scénario écrit pour valider des idées déjà établies plutôt que pour construire des personnages réellement complexes.
La romance m'a également paru assez téléphonée, avec un côté roman adolescent très calibré dans sa manière d'aborder l'ouverture d'esprit, la liberté identitaire et les relations entre personnages. Là encore, les thèmes abordés sont légitimes, mais tout va trop vite et manque de naturel pour me convaincre émotionnellement.
Côté dessin, c'est plus contrasté. J'ai trouvé certaines planches assez jolies, notamment grâce à une colorisation douce qui crée une belle ambiance, mais le trait m'a aussi semblé irrégulier, avec parfois des visages ou des anatomies un peu maladroits et des décors assez vides.
Ce n'est donc pas une BD dénuée de qualités, notamment pour un lectorat adolescent qui pourra facilement adhérer à son message d'émancipation et de tolérance. Mais en ce qui me concerne, j'ai surtout eu le sentiment d'une lecture trop démonstrative, qui manque de subtilité, de maturité narrative et de vraisemblance pour pleinement fonctionner.
Note : 2,5/5
Un album qui m'a déçu parce le résumé est pas du tout ce que l'on retrouve dans la BD !
Je m'attendais à un petit conte sympathique rempli de créatures fantastiques et au final... ben il y a du fantastique, mais qui sert à rien dans le récit et qu'on aurait pu éliminer sans problème. Il faut dire que c'est adapté librement d'un roman que je n'ai pas lu, mais de ce que j'ai lu sur internet il ne semble pas avoir grand chose de fantastique dans l'œuvre originale. C'est une bête histoire d'amour entre un jeune veuf et une jeune fille et cela ne m'aurait pas dérangé si au moins c'était bien fait, mais j'ai trouvé que c'était banal et froid. Je ne me suis pas du tout attaché aux personnages et à leur histoire.
Il faut dire aussi que c'était les débuts de VoRo et cela se voit au dessin qui est très inégal et fait souvent amateur. Les débuts d'un auteur qui fera mieux par la suite. Un péché de jeunesse à l'intérêt très limité en ce qui me concerne.
Je ne connaissais pas encore Mattotti et j'espérais trouver une adaptation plus consensuelle du célèbre roman de R. L. Stevenson. Cependant, il s'agit d'une succession de tableaux expressionnistes, bons pour être exposés dans une galerie. C'est de l'art, oui, mais cela laisse beaucoup à désirer en tant que bande dessinée. Ce fut un choc pour lequel je n'étais pas préparé.
J’ai lu les tomes 1 et 3, et je pense que ça va me suffire. En effet, par-delà quelques petits changements de lieux et de bestioles, c’est quand même assez répétitif ! Très vite lu, et pas toujours captivant !
Je me demande d’ailleurs à qui s’adresse cette série. Classée en Ados/adultes, j’ai quand même l’impression que c’est du tout public qui vise avant tout un jeune lectorat, si j’en crois les petits questionnaires – vraiment riquiqui – qui clôturent chaque chapitre, pour présenter – de façon ultra succincte – une ou deux espèces animales croisées par Gon dans le chapitre précédemment lu.
Le point fort de la série, c’est le dessin de Tanaka. Son trait réaliste, en Noir et Blanc, est vraiment très chouette, expressif, précis, et agréable.
Mais pour ce qui est des histoires elles-mêmes, ça m’a laissé sur ma faim. Le fait qu’on n’ait aucune explication sur la présence de ce bébé T-rex au milieu d’une faune contemporaine passe encore, mais ensuite, une fois acquise cette idée, ça se répète, et je ne sais pas comment on peut lire 7 albums entiers sur le même format !?
Il y a quand même quelques passages qui m’ont davantage plu. D’abord toujours grâce au dessin, et la mimique de Gon donne des passages amusants, lorsqu’il essaye de copier ce qu’il voit (sans contrôler sa force) : voir ce que donne le barrage qu’il construit en copiant les castor… De même, j’ai trouvé amusant le récit où il rend dingue – c’est le cas de le dire – un dingo.
Mais voilà, l’auteur s’est fait plaisir, il balade son T-rex dans tous les coins de la planète, celui-ci croisant donc des animaux très variés, s’incrustant partout, comme un gamin gaffeur, avec une force énorme (et sa grosse bouille est souvent drôle à voir). Mais ce plaisir ne se renouvèle pas assez selon moi.
Comme souvent, les avis de Cassidy sont enlevés, tranchés, et douloureusement drôles. Et je dois dire que la plupart des critiques qu’il pointe sont bien vues. En effet, l’intrigue est des plus légères, le dessin n’est pas exempt de défauts, et surtout l’énorme différence en termes d’architecture et d’avancée culturelle entre Bretons et Pictes (qui semblent ici vivre assez près les uns des autres, sans toutefois connaitre l’existence des autres ?) est hautement improbable.
Je serai toutefois au final un peu moins dur que lui pour évaluer cette série, dont je n’ai lu que le premier album (une histoire indépendante).
Malgré ses défauts, le dessin n’est pas si désagréable que ça (je regrette quand même les visages un peu trop joufflus de nombre de personnages).
Quant à l’histoire, certes elle est minimaliste et joue sur l’entraide entre un jeune Picte (Kilt donc) et un jeune Breton pour lutter contre une grande laie. Mais cette histoire s’adresse uniquement à de très jeunes lecteurs (l’adulte peut difficilement passer outre les défauts pointés par Cassidy), et ceux-ci peuvent y trouver leur compte, oubliant les côtés folkloriques de l’ancrage historique et géographique (vue l’architecture du gigantesque château breton, on imagine être au moins au XIIIème, voire XIVème siècle, c’est-à-dire à une époque où l’Écosse est largement christianisée -et j’ai du mal à croire à une laie magique à la fois aux yeux de Bretons christianisés et de Pictes semble-t-il encore païens), et la résolution bien trop facile des antagonismes.
L’album ne fait qu’une trentaine de pages, et c’est dommage. Une dizaine de pages supplémentaires auraient sans doute permis de mieux étoffer l’intrigue, et de développer un cadre plus acceptable.
Note réelle (à l’aune du jeune lectorat visé) 2,5/5.
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Mouais. Je ne suis pas vraiment convaincu par cet album, et je ne ferai pas d’effort pour lire la suite. J’ai lu il y a très longtemps un bouquin de Moorcock, je ne me rappelle même plus lequel, c’est dire si ça ne m’a pas marqué plus que ça. Je ne suis donc pas spécialiste du bonhomme, et ne peut juger de la qualité de l’adaptation. Toujours est-il que c’est un univers ici qui m’a laissé de côté. Pour plusieurs raisons. D’abord le dessin n’est pas mon truc, pas toujours assez léché ou clair pour moi. Ensuite l’intrigue elle-même, que j’ai trouvé à la fois trop « simple » et trop obscure. Trop simple car un très linéaire, succession de bastons, sans qu’il y ait des péripéties ou des personnages pour dynamiser ou densifier l’histoire. Mais cela se révèle aussi indigeste, du fait des très très nombreux personnages, aux noms un peu difficiles à retenir ! Bref, une somme indigeste et peu captivante. Sans doute pas ma came.
L'Histoire de Sayo
Je me retrouve totalement dans l'avis de Pierig. L'originalité du sujet traité, à savoir la persécution des Japonais ayant colonisé la Mandchourie après la seconde guerre mondiale, est gâchée par la narration et le dessin. En effet, malgré l'importante pagination laissant au départ imaginer une œuvre dense, complexe et profonde, il n'en est finalement rien. Ce pavé se lit assez vite et aborde à mon sens ce sujet de manière trop abrupte, sans nuance. Les personnages ne sont pas assez travaillés et pour certains un brin caricaturaux. Le dessin, qui se rapproche fortement du style manga (expressions du visage parfois exagérées, traits enfantins, etc.) est également en décalage avec le tragique de la situation. Par exemple, le personnage du médecin assistant l'accouchement de Sayo, ressemble plus à un chevalier du zodiaque qu'à un médecin ! Blague à part, j'ai globalement trouvé le graphisme trop dépouillé et parfois peu précis, notamment dans les plans larges décrivant des scènes assez vastes (marché, bateau, etc...). C'est vraiment dommage car le sujet qui met en lumière plus globalement le sort des colons après l'émancipation d'un pays mérite mieux que cette histoire aseptisée. A emprunter éventuellement en bibliothèque (ce que j'ai fait). SCENARIO (Originalité, Histoire, personnages) : 4/10 GRAPHISME (Dessin, colorisation) : 3/10 NOTE GLOBALE : 7/20
Amabilia
C'est du porno trop chic pour moi. J'ai commandé les premières intégrales et je n'ai pas envie de lire davantage. Je ne trouve pas que les dessins soient bons, malgré la retenue dans les couleurs et l'utilisation esthétique du noir et blanc. Trop de masques, de voiles et de bandeaux tout le temps m'ont fait perdre l'intérêt pour les personnages. Tout cela est un peu trop bourgeois pour moi ! Je sais que ce type de fantaisie plaît beaucoup à certains. Mais je n'ai pas non plus du tout aimé le film de Kubrick (Eyes Wide Shut) à l'époque. Bref, je préfère la BD porno plus sale et débridée !
Lettres d'outremer
À l'époque, années 90, j'ai acheté plusieurs albums du duo Warnauts et Raives, attiré initialement par le dessin réaliste et la promesse d'une certaine sensualité. Les histoires se sont révélées franchement décevantes et c'est le cas de celle-ci. Aujourd'hui, je considère le dessin trop photographique et l'intrigue assez conventionnelle. Il reste peut-être les couleurs.
Les Âges perdus
Un récit post-apocalypse de plus, un genre qui peut avoir du potentiel, mais ici ça ne m’a pas convaincu. Le postulat de départ ? Une apocalypse – sous forme de comètes destructrices – anéantit quasiment toute vie sur Terre. Nous sommes ensuite projetés quelques milliers d’années plus tard. Et rapidement quelque chose cloche. Car, comme souvent, l’intrigue est bancale, et le degré de « régression » des humains est mal maîtrisé, et ici peu crédible : ils sont retournés à une vie préhistorique, ont tout oublié des connaissances humaines, y compris l’agriculture (dont la « redécouverte » constitue un des sels de l’histoire). Peu crédible selon moi, surtout que par ailleurs ils semblent maîtriser la métallurgie (si j’en crois leurs armes en métal). Et vers la fin du premier tome, lorsqu’un protagoniste exhibe quelques feuillets de manuscrits enluminés du moyen-âge, c’est encore moins crédible (ils auraient survécu à l’air libre durant des milliers d’années, en ayant préalablement résisté aux incendies de « l’apocalypse » !???), surtout que notre personnage « préhistorique » semble comprendre ce qui est présenté sur ces feuillets (de façon écrite ou implicite !?). Trop d’invraisemblances et de facilités donc pour pouvoir entrer sereinement dans l’histoire. Je vais d’ailleurs chipoter, mais alors que l’apocalypse est censée s’être déroulée à la fin du Xème siècle, un des feuillets représentés page 34 du premier tome montre une miniature que je connais bien, datant du XIVème siècle… Par la suite on quitte ce qui reste de l’Angleterre pour rejoindre le « continent », et là aussi les ruines parfaitement conservées des maisons de « Lutecia » (bizarre, car au Xème siècle la ville ne s’appelait déjà plus comme ça – indépendamment du fait qu’il parait incroyable que son nom ait traversé les millénaires pour atteindre des populations sans écriture) – y compris des parties en bois (on retrouve par la suite d’autres ruines qu’on dirait abandonnées depuis quelques années seulement…) défient l’entendement. Et dans le troisième album, je n’ai pas compris le décalage qui pouvait exister entre la cité du Roi-Taon et d’autres espaces (comme Anglia, mais pas que), la « régression » historique ayant connu de gros écarts entre régions ! Un troisième album où la question de l’agriculture – et de l’élevage – revient au premier plan, après avoir été totalement oubliée… Avec l’apparition du peuple des Hommes-Cerfs dans le deuxième tome, cela bascule de plus en plus dans une sorte de fantasy/fantastique (et je pense que l’intrigue aurait dû s’y concentrer, oubliant l’ancrage historique foireux). Seuls les trois premiers tomes étaient disponibles dans ma médiathèque. Je ne connais donc pas la conclusion de cette histoire. Mais, si elle est dynamique et rythmée, elle souffre de trop de fragilités scénaristiques. Et du coup, j’ai moins de regret de rester sans conclusion.
La Chevaleresse
Héloïse, jeune fille empêchée de devenir chevalier par une société médiévale patriarcale, se fiance à Armand, promis au maniement des armes alors qu'il ne rêve que de dessin, afin d'échanger discrètement leurs rôles et de vivre enfin selon leurs aspirations. Utiliser un cadre médiéval pour interroger les rôles de genre, les injonctions sociales et la liberté de choisir sa propre voie est une idée pertinente et difficilement contestable, qui a d'ailleurs déjà été explorée avec succès ces dernières années dans des albums comme Peau d'Homme par exemple. Cet album tente à son tour de s'emparer de ces thématiques à travers une histoire d'échange de rôles, avec une héroïne passionnée par le combat dans un monde qui ne laisse aucune place à ce type d'ambition féminine. Mais son principal problème vient de la manière dont tout cela est mis en scène. Très rapidement, j'ai eu l'impression de lire une histoire assez adolescente, qui empile des intentions très contemporaines sans vraiment se soucier de crédibilité historique, ni même parfois de sa propre logique interne. Dès le postulat de départ, j'avais du mal à croire que leur échange de rôles puisse fonctionner ne serait-ce que plus de quelques minutes, et pourtant le scénario le traite comme une évidence sans jamais vraiment questionner les limites très concrètes d'un tel plan. Plus globalement, l'écriture m'a semblé assez immature, avec une vision du monde souvent très binaire : les hommes sont fréquemment réduits à des figures brutales, guerrières ou obtuses (à l'exception de rares personnages plus artistes ou marginaux), tandis que les femmes incarnent plus volontiers la sensibilité, l'ouverture d'esprit ou les victimes d'un système patriarcal écrasant. L'intention est claire, mais l'ensemble manque de nuance et donne l'impression d'un scénario écrit pour valider des idées déjà établies plutôt que pour construire des personnages réellement complexes. La romance m'a également paru assez téléphonée, avec un côté roman adolescent très calibré dans sa manière d'aborder l'ouverture d'esprit, la liberté identitaire et les relations entre personnages. Là encore, les thèmes abordés sont légitimes, mais tout va trop vite et manque de naturel pour me convaincre émotionnellement. Côté dessin, c'est plus contrasté. J'ai trouvé certaines planches assez jolies, notamment grâce à une colorisation douce qui crée une belle ambiance, mais le trait m'a aussi semblé irrégulier, avec parfois des visages ou des anatomies un peu maladroits et des décors assez vides. Ce n'est donc pas une BD dénuée de qualités, notamment pour un lectorat adolescent qui pourra facilement adhérer à son message d'émancipation et de tolérance. Mais en ce qui me concerne, j'ai surtout eu le sentiment d'une lecture trop démonstrative, qui manque de subtilité, de maturité narrative et de vraisemblance pour pleinement fonctionner. Note : 2,5/5
La Mare au diable
Un album qui m'a déçu parce le résumé est pas du tout ce que l'on retrouve dans la BD ! Je m'attendais à un petit conte sympathique rempli de créatures fantastiques et au final... ben il y a du fantastique, mais qui sert à rien dans le récit et qu'on aurait pu éliminer sans problème. Il faut dire que c'est adapté librement d'un roman que je n'ai pas lu, mais de ce que j'ai lu sur internet il ne semble pas avoir grand chose de fantastique dans l'œuvre originale. C'est une bête histoire d'amour entre un jeune veuf et une jeune fille et cela ne m'aurait pas dérangé si au moins c'était bien fait, mais j'ai trouvé que c'était banal et froid. Je ne me suis pas du tout attaché aux personnages et à leur histoire. Il faut dire aussi que c'était les débuts de VoRo et cela se voit au dessin qui est très inégal et fait souvent amateur. Les débuts d'un auteur qui fera mieux par la suite. Un péché de jeunesse à l'intérêt très limité en ce qui me concerne.
Docteur Jekyll & Mister Hyde
Je ne connaissais pas encore Mattotti et j'espérais trouver une adaptation plus consensuelle du célèbre roman de R. L. Stevenson. Cependant, il s'agit d'une succession de tableaux expressionnistes, bons pour être exposés dans une galerie. C'est de l'art, oui, mais cela laisse beaucoup à désirer en tant que bande dessinée. Ce fut un choc pour lequel je n'étais pas préparé.
Gon
J’ai lu les tomes 1 et 3, et je pense que ça va me suffire. En effet, par-delà quelques petits changements de lieux et de bestioles, c’est quand même assez répétitif ! Très vite lu, et pas toujours captivant ! Je me demande d’ailleurs à qui s’adresse cette série. Classée en Ados/adultes, j’ai quand même l’impression que c’est du tout public qui vise avant tout un jeune lectorat, si j’en crois les petits questionnaires – vraiment riquiqui – qui clôturent chaque chapitre, pour présenter – de façon ultra succincte – une ou deux espèces animales croisées par Gon dans le chapitre précédemment lu. Le point fort de la série, c’est le dessin de Tanaka. Son trait réaliste, en Noir et Blanc, est vraiment très chouette, expressif, précis, et agréable. Mais pour ce qui est des histoires elles-mêmes, ça m’a laissé sur ma faim. Le fait qu’on n’ait aucune explication sur la présence de ce bébé T-rex au milieu d’une faune contemporaine passe encore, mais ensuite, une fois acquise cette idée, ça se répète, et je ne sais pas comment on peut lire 7 albums entiers sur le même format !? Il y a quand même quelques passages qui m’ont davantage plu. D’abord toujours grâce au dessin, et la mimique de Gon donne des passages amusants, lorsqu’il essaye de copier ce qu’il voit (sans contrôler sa force) : voir ce que donne le barrage qu’il construit en copiant les castor… De même, j’ai trouvé amusant le récit où il rend dingue – c’est le cas de le dire – un dingo. Mais voilà, l’auteur s’est fait plaisir, il balade son T-rex dans tous les coins de la planète, celui-ci croisant donc des animaux très variés, s’incrustant partout, comme un gamin gaffeur, avec une force énorme (et sa grosse bouille est souvent drôle à voir). Mais ce plaisir ne se renouvèle pas assez selon moi.
Kilt le Picte
Comme souvent, les avis de Cassidy sont enlevés, tranchés, et douloureusement drôles. Et je dois dire que la plupart des critiques qu’il pointe sont bien vues. En effet, l’intrigue est des plus légères, le dessin n’est pas exempt de défauts, et surtout l’énorme différence en termes d’architecture et d’avancée culturelle entre Bretons et Pictes (qui semblent ici vivre assez près les uns des autres, sans toutefois connaitre l’existence des autres ?) est hautement improbable. Je serai toutefois au final un peu moins dur que lui pour évaluer cette série, dont je n’ai lu que le premier album (une histoire indépendante). Malgré ses défauts, le dessin n’est pas si désagréable que ça (je regrette quand même les visages un peu trop joufflus de nombre de personnages). Quant à l’histoire, certes elle est minimaliste et joue sur l’entraide entre un jeune Picte (Kilt donc) et un jeune Breton pour lutter contre une grande laie. Mais cette histoire s’adresse uniquement à de très jeunes lecteurs (l’adulte peut difficilement passer outre les défauts pointés par Cassidy), et ceux-ci peuvent y trouver leur compte, oubliant les côtés folkloriques de l’ancrage historique et géographique (vue l’architecture du gigantesque château breton, on imagine être au moins au XIIIème, voire XIVème siècle, c’est-à-dire à une époque où l’Écosse est largement christianisée -et j’ai du mal à croire à une laie magique à la fois aux yeux de Bretons christianisés et de Pictes semble-t-il encore païens), et la résolution bien trop facile des antagonismes. L’album ne fait qu’une trentaine de pages, et c’est dommage. Une dizaine de pages supplémentaires auraient sans doute permis de mieux étoffer l’intrigue, et de développer un cadre plus acceptable. Note réelle (à l’aune du jeune lectorat visé) 2,5/5.