Bof. Beaucoup de bavardages inutiles dans le second tome de cette trilogie.
L'histoire n'est pas franchement passionnante. L'humour est toujours aussi vieillissant.
Par contre Enki Bilal a fait de gros progrès niveau dessin, il a rangé au placard les immondes hachures du premier album et les contours des personnages sont plus nets.
Je n'y connais rien à la danse alors je ne connaissais pas du tout Vaslav Nijinski. Je me disais que sa biographie serait au moins un peu intéressante à lire vu que c'est un polonais qui a traversé une époque turbulente, mais je me suis tellement ennuyé que j'ai arrêté après une centaine de pages.
Je ne suis jamais parvenu à trouver captivant la vie d'un danseur qui souvent semble un peu cliché (le pauvre Nijinski est victime d'intimidation dans sa jeunesse) même si c'est surement basé sur ce qu'il a vécu. Je pense que le problème est que je suis pas fan de danse et donc je ne me suis pas intéressé de voir la vie d'un génie de la danse.
Il faut dire aussi que comme je ne connais rien à la danse, je ne vois pas trop en quoi les mouvements que fait Nijinski sont exceptionnels. Peut-être que je le verrais si je l'avais vu en personne j'aurais vu qu'il fait des trucs que peu de gens peuvent faire, mais la BD est un médium de dessin où les personnages peuvent faire n'importe quoi alors rien est spectaculaire. Et puis aussi le dessin est vraiment moyen, surtout les couleurs. Cela manque l'élégance que j'associe à un art comme la danse.
Je n'ai vu que deux films de Godard dans ma vie, À Bout de souffle et Alphaville et je n'ai même pas fini ce dernier tant je me suis ennuyé. Le premier film aussi m'avait ennuyé et je l'ai regardé jusqu'au bout uniquement parce que c'était court et que j'ai de la sympathie pour Belmondo.
Alors voilà je ne suis pas un fan de Godard et son univers ce qui doit expliquer pourquoi je n'ai pas accroché à cet album qui j'imagine parlera plus au fan du réalisateur. Les passages où Dupuy imagine parler création avec Godard ne m'ont pas du tout intéressé, pour moi c'était juste de la masturbation intellectuelle. Les différents dessins collages que Dupuy montre n'ont pas retenu mon attention non plus parce que je n'ai jamais été grand fan de son dessin et donc je reste indifférent à ce qu'il est capable de faire.
Un album que j'ai lu dans l'indifférence donc.
Bon, Mancini est un bon dessinateur, et le rendu est agréable à l’œil, avec ces dégradés de gris. S’il ne se lance pas dans de grands décors, il faut néanmoins lui reconnaitre la volonté de ne pas se contenter des corps copulant en gros plan, le dessin est très bon aussi pour les arrière-plans (les corps et scènes de sexe sont bien sûr aussi bien rendus).
Voilà pour l’essentiel des points positifs. Parce que pour le reste, et pour l’intrigue en particulier (les dialogues sont souvent quelconques), ça ne vole pas haut.
Pourtant le scénario cherche à jouer du cadre historique de la première moitié du XVIIème siècle. Débutée au fin fond de l’Ecosse, l’intrigue se déplace à La Rochelle au moment de son siège par Richelieu, puis, après une traversée de l’Atlantique, dans le « nouveau monde », parmi les trappeurs et les Amérindiens, alors que la guerre entre Français et Anglais (et les tribus qui leur sont alliées) fait rage (ceci occupe une grosse moitié de l’album).
L’album se finit par un « fin de l’épisode », mais de suite il n’y eut pas. Je crois qu’on ne le regrettera pas trop.
En effet, si les décors historiques ne sont pas négligés, ils sont totalement inutiles, tant l’héroïne, Diane donc, passe de mains en mains, de sexes en sexes. On a l’impression que le monde entier cherche à la violer ou tout le moins à copuler avec elle. Les scènes de sexe envahissent donc récit et planches, occultant le reste. Et Diane, que ce soit dans une maison française, un navire, au milieu des bois, dans un village indien, ne fait que subir les « outrages » d’hommes qui usent de violence – et à plusieurs reprises de « jouets » ou « outils » SM originaux et ingénieux, mais souvent « too much » et hors de propos. Elle ne porte jamais de culotte, et le peu de vêtements qui recouvrent son corps n'y restent pas longtemps: les seins de la donzelle occupent une bonne partie des cases !
La surenchère de scènes de sexe imposées à Diane tourne à l’overdose, et parfois au ridicule.
Gros bof donc.
La série mère, du moins jusqu’au treizième tome, m’avait pas mal plu (même si l’intérêt des albums déclinait quand même), et je m’en étais progressivement détaché, tant Van Hamme rallongeait inutilement la sauce. J’avais ensuite fait quelques incursions dans les spin-off, mais malgré certaines qualités, on sent bien que l’intérêt principal est pécuniaire, de la part de l’éditeur – et des « ayant droits ».
J’ai eu l’occasion d’emprunter cet album, pour voir ce que Van Hamme pouvait donner en matière d’humour, et aussi pour voir si cet univers pouvait – tout en restant fidèle graphiquement et au niveau du scénario aux récits originaux – supporter une parodie.
Disons-le tout de suite, mes attentes (relatives il est vrai) ont été franchement déçues.
Ce qui passe le mieux, c’est le dessin de Xavier : ses personnages sont vraiment très fidèles à ce que Vance proposait, et c’est vraiment du beau boulot. Par contre, tout est misé sur les personnages, les décors sont quasi absents (des fonds peu développés).
Pour le reste, rien ne justifie à mes yeux la publication de cet album, d’ailleurs significativement très court.
D’abord il est fait allusion à pas mal de faits précis, et comme mes dernières lectures de la série remonte à quelques temps, certains détails m’ont sans doute échappé.
Ensuite, à par quelques petits passages où Van Hamme joue un peu d’autodérision, quelques dialogues où certains personnages font référence à un autre dans une case précise, je n’ai absolument pas trouvé drôle, amusant cet album, qui ne m’a jamais fait sourire !
Bref, un album dispensable.
Ah oui non, c'est pas tout à fait réussi comme BD. Dommage, je pense qu'il y aurait eu matière à faire un peu mieux !
L'histoire est très cryptique, même obscure en fait, avec une caravane d'enfants bizarres qui apparaissent dans ce monde sans savoir pourquoi, pourchassés par des monstres et cherchant une sortie. Très vite j'ai deviné certains détails (la carte, la sortie, ...), le coup des monstres me semblait assez vite une métaphore qui allait évoluer, mais l'ensemble se finit bien trop vite et sans réelle conclusion à ce niveau. Ce qu'ils représentent n'est jamais clair, de même que la fin ne résout rien et pose encore plus de questions sur le monde qui a été développé.
Et quand je dis que c'est dommage, c'est que l'aspect gamins qui s'organisent a du gros potentiel, comme dans Sa Majesté des Mouches qui est sans doute le plus connu ou Seuls, mais qu'il y aurait eu aussi matière à réflexion sur les monstres, qui sont peut-être des symboles mais que je n'ai pas compris.
Le dessin est curieux. Il fait moche, avec des proportions étranges et des déformations de corps qui rendent l'ensemble souvent gênant à regarder. Les couleurs qui vont avec rendent le tout parfois criard et j'ai du mal à comprendre si c'est un style voulu par l'autrice ou si c'est un message quant au fond de la BD. En bref, une BD pas bonne en l'état avec une base potentiellement exploitable pour du mieux.
Michael Keaton, Kim Basinger, Jack Nicholson ainsi que Danny DeVito et Michelle Pfeiffer sont de très bons acteurs dans les films de Tim Burton.
J'ai acheté les bandes dessinées parce que j'avais tellement aimé les films au cinéma. J'ai tous les DVD à la maison et je les regarde de temps en temps. Les BD, pas vraiment. Ce n'est pas que les dessins soient horribles, mais ils sont bien en deçà de la qualité habituelle de la plupart des comics Batman et DC. Je n'aime pas voir Bruce Wayne avec les grimaces de Keaton ! Je ne sais pas, mais j'espère qu'ils n'ont pas fait la même chose avec les films de Christopher Nolan. Cependant, j'ai acheté toutes les versions de la Batmobile à l'échelle 1/43 et je les adore.
Je me suis lancé dans cette série sans même savoir qu'elle était à l'origine liée à un roman d'Olivier Peru, et encore moins qu'elle se déroulait dix ans après les événements de celui-ci. Je m'en suis pourtant assez vite douté, car j'ai eu dès le début cette désagréable impression d'être projeté dans un univers dont je ne maîtrisais pas les codes, avec des personnages qui semblaient avoir un passé commun, des relations déjà établies, des concepts complexes et tout un vocabulaire spécifique présentés comme des évidences... alors que, pour moi, rien ne l'était vraiment.
Ce sentiment d'être exclu du récit ne m'a quasiment jamais quitté. Le premier tome m'a particulièrement donné l'impression d'une succession de scènes et de péripéties qui s'enchaînaient sans que je comprenne leur logique globale. Darryl voyage d'un endroit à un autre, rencontre des personnages, découvre des mystères, mais j'avais le sentiment que le scénario sautait d'une idée à une autre en abandonnant la précédente en cours de route. C'est assez frustrant, car l'univers possède manifestement beaucoup d'ambition, mais il donne davantage l'impression d'un monde déjà très développé dans la tête de ses créateurs que d'un univers réellement présenté au lecteur.
Le deuxième tome apporte davantage de cohérence et explique enfin les liens entre les différents éléments mis en place, mais là encore, beaucoup de choses restent racontées comme si elles allaient de soi. J'ai continué à avoir cette impression d'assister à une discussion entre passionnés qui connaissent déjà parfaitement cet univers, avec des références et des enjeux qui semblent évidents pour eux mais beaucoup moins pour quelqu'un qui arrive de l'extérieur. C'est un peu comme entrer dans la fan-zone d'une adolescente qui s'est construit son propre monde imaginaire et dont seuls elle et ses proches connaissent réellement les règles.
Le dessin de Krystel ne m'a pas davantage convaincu. Il est indéniablement travaillé, avec des décors riches, des cadrages recherchés et une certaine maîtrise technique. Mais je n'accroche pas à cet aspect très numérique du rendu, qui donne parfois l'impression d'images 3D ou de compositions assemblées à partir d'éléments séparés. Les incrustations d'illustrations ou d'effets graphiques dans les cases me semblent souvent mal intégrées, les couleurs trop lisses et les visages des personnages, avec leur aspect légèrement manga, ont tendance à m'agacer. C'est une approche graphique qui peut probablement séduire un public adolescent, mais qui ne fonctionne pas sur moi.
Ce diptyque m'a donné l'impression d'arriver après la bataille, comme si j'avais ouvert un livre 3 d'une saga dont j'aurais raté les deux premiers. Peut-être que la lecture du roman original aurait changé mon appréciation, mais en découvrant uniquement cette adaptation BD, je suis resté trop souvent à distance du récit et de ses personnages.
J'ai hésité entre deux et trois étoiles et au final je mets deux parce que bof est ce qui se rapproche le plus de ce que j'ai ressenti après que j'ai refermé l'album.
Il y a quelques bonnes scènes dans ce huis clos, mais elles sont noyées dans une histoire qui tire inutilement en longueur, en particulier au début. J'ai été surpris de voir à quel point cela prend des pages avant que le deuxième personnage principal débarque dans le récit. C'est un problème que je vois dans les bandes dessinées récentes où j'ai l'impression que l'auteur/trice dessine des scènes qui n'apportent pas grand-chose au scénario et qui semble exister juste parce que c'était ce que l'auteur/trice prend plaisir à dessiner. Je pense qu'on avait pas besoin d'autant de pages pour comprendre que l'héroïne est en vacances.
Un autre gros problème est le dessin que je n'ai pas du tout aimé. Je le trouve franchement amateur, du niveau qu'on trouve dans un fanzine. De plus, je trouve que ce style ne va pas du tout pour un polar. Je n'ai ressenti aucune tension lors des scènes de huis clos, limite je me foutais de ce qui allait arriver aux deux personnages. Une déception pour moi qui avait été attiré par le résumé de l'album qui me semblait bien intéressant.
Nouvel essai avec la fantasy, malheureusement infructueux.
Cette trilogie encore inachevée dispose de beaux arguments pour séduire, à commencer par des illustrations au crayon s'appuyant sur un trait fin faussement maladroit, travaillé par des hachures et une bichromie, donnant à l'ensemble un aspect précaire, volontiers monstrueux, très adapté à l'univers décrit. L'univers justement, est des plus malaisants : une histoire de chasse aux sorcières, imposant une incessante fuite à nos héros, un trio fort dissemblable qu'une commune situation de rejet réunit. L'originalité du récit tient dans sa manière d'instaurer une situation et un univers avant de nous en expliquer le fonctionnement et la raison. De la fuite naîtront peu à peu les explications de celle-ci, les parcours de chacun, la description de l'organisation de cette fantasy médiévale. Pas via de faciles flashbacks, mais via une continuité naturelle de l'intrigue permettant au lecteur de comprendre au fur et à mesure des éléments fournis ce monde et ses protagonistes.
Malheureusement, l'histoire est quelque peu confuse, les illustrations pas forcément limpides dans la désignation des personnages (dont le physique évoluera grandement), certains aspects de pure fantasy quelque peu ridicules à force d'être moralisateurs (les dialogues apparaissant occasionnellement bien pompeux), les rebondissements pas tous plaisants.
Des qualités, de l'originalité, mais un univers de fantasy auquel je demeure à bien des égards hermétique.
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Le Vaisseau de Pierre
Bof. Beaucoup de bavardages inutiles dans le second tome de cette trilogie. L'histoire n'est pas franchement passionnante. L'humour est toujours aussi vieillissant. Par contre Enki Bilal a fait de gros progrès niveau dessin, il a rangé au placard les immondes hachures du premier album et les contours des personnages sont plus nets.
Nijinski - L'Ange brûlé
Je n'y connais rien à la danse alors je ne connaissais pas du tout Vaslav Nijinski. Je me disais que sa biographie serait au moins un peu intéressante à lire vu que c'est un polonais qui a traversé une époque turbulente, mais je me suis tellement ennuyé que j'ai arrêté après une centaine de pages. Je ne suis jamais parvenu à trouver captivant la vie d'un danseur qui souvent semble un peu cliché (le pauvre Nijinski est victime d'intimidation dans sa jeunesse) même si c'est surement basé sur ce qu'il a vécu. Je pense que le problème est que je suis pas fan de danse et donc je ne me suis pas intéressé de voir la vie d'un génie de la danse. Il faut dire aussi que comme je ne connais rien à la danse, je ne vois pas trop en quoi les mouvements que fait Nijinski sont exceptionnels. Peut-être que je le verrais si je l'avais vu en personne j'aurais vu qu'il fait des trucs que peu de gens peuvent faire, mais la BD est un médium de dessin où les personnages peuvent faire n'importe quoi alors rien est spectaculaire. Et puis aussi le dessin est vraiment moyen, surtout les couleurs. Cela manque l'élégance que j'associe à un art comme la danse.
J'aurais voulu voir Godard
Je n'ai vu que deux films de Godard dans ma vie, À Bout de souffle et Alphaville et je n'ai même pas fini ce dernier tant je me suis ennuyé. Le premier film aussi m'avait ennuyé et je l'ai regardé jusqu'au bout uniquement parce que c'était court et que j'ai de la sympathie pour Belmondo. Alors voilà je ne suis pas un fan de Godard et son univers ce qui doit expliquer pourquoi je n'ai pas accroché à cet album qui j'imagine parlera plus au fan du réalisateur. Les passages où Dupuy imagine parler création avec Godard ne m'ont pas du tout intéressé, pour moi c'était juste de la masturbation intellectuelle. Les différents dessins collages que Dupuy montre n'ont pas retenu mon attention non plus parce que je n'ai jamais été grand fan de son dessin et donc je reste indifférent à ce qu'il est capable de faire. Un album que j'ai lu dans l'indifférence donc.
Le Calvaire de Diane
Bon, Mancini est un bon dessinateur, et le rendu est agréable à l’œil, avec ces dégradés de gris. S’il ne se lance pas dans de grands décors, il faut néanmoins lui reconnaitre la volonté de ne pas se contenter des corps copulant en gros plan, le dessin est très bon aussi pour les arrière-plans (les corps et scènes de sexe sont bien sûr aussi bien rendus). Voilà pour l’essentiel des points positifs. Parce que pour le reste, et pour l’intrigue en particulier (les dialogues sont souvent quelconques), ça ne vole pas haut. Pourtant le scénario cherche à jouer du cadre historique de la première moitié du XVIIème siècle. Débutée au fin fond de l’Ecosse, l’intrigue se déplace à La Rochelle au moment de son siège par Richelieu, puis, après une traversée de l’Atlantique, dans le « nouveau monde », parmi les trappeurs et les Amérindiens, alors que la guerre entre Français et Anglais (et les tribus qui leur sont alliées) fait rage (ceci occupe une grosse moitié de l’album). L’album se finit par un « fin de l’épisode », mais de suite il n’y eut pas. Je crois qu’on ne le regrettera pas trop. En effet, si les décors historiques ne sont pas négligés, ils sont totalement inutiles, tant l’héroïne, Diane donc, passe de mains en mains, de sexes en sexes. On a l’impression que le monde entier cherche à la violer ou tout le moins à copuler avec elle. Les scènes de sexe envahissent donc récit et planches, occultant le reste. Et Diane, que ce soit dans une maison française, un navire, au milieu des bois, dans un village indien, ne fait que subir les « outrages » d’hommes qui usent de violence – et à plusieurs reprises de « jouets » ou « outils » SM originaux et ingénieux, mais souvent « too much » et hors de propos. Elle ne porte jamais de culotte, et le peu de vêtements qui recouvrent son corps n'y restent pas longtemps: les seins de la donzelle occupent une bonne partie des cases ! La surenchère de scènes de sexe imposées à Diane tourne à l’overdose, et parfois au ridicule. Gros bof donc.
XIII Parody
La série mère, du moins jusqu’au treizième tome, m’avait pas mal plu (même si l’intérêt des albums déclinait quand même), et je m’en étais progressivement détaché, tant Van Hamme rallongeait inutilement la sauce. J’avais ensuite fait quelques incursions dans les spin-off, mais malgré certaines qualités, on sent bien que l’intérêt principal est pécuniaire, de la part de l’éditeur – et des « ayant droits ». J’ai eu l’occasion d’emprunter cet album, pour voir ce que Van Hamme pouvait donner en matière d’humour, et aussi pour voir si cet univers pouvait – tout en restant fidèle graphiquement et au niveau du scénario aux récits originaux – supporter une parodie. Disons-le tout de suite, mes attentes (relatives il est vrai) ont été franchement déçues. Ce qui passe le mieux, c’est le dessin de Xavier : ses personnages sont vraiment très fidèles à ce que Vance proposait, et c’est vraiment du beau boulot. Par contre, tout est misé sur les personnages, les décors sont quasi absents (des fonds peu développés). Pour le reste, rien ne justifie à mes yeux la publication de cet album, d’ailleurs significativement très court. D’abord il est fait allusion à pas mal de faits précis, et comme mes dernières lectures de la série remonte à quelques temps, certains détails m’ont sans doute échappé. Ensuite, à par quelques petits passages où Van Hamme joue un peu d’autodérision, quelques dialogues où certains personnages font référence à un autre dans une case précise, je n’ai absolument pas trouvé drôle, amusant cet album, qui ne m’a jamais fait sourire ! Bref, un album dispensable.
Céphéide
Ah oui non, c'est pas tout à fait réussi comme BD. Dommage, je pense qu'il y aurait eu matière à faire un peu mieux ! L'histoire est très cryptique, même obscure en fait, avec une caravane d'enfants bizarres qui apparaissent dans ce monde sans savoir pourquoi, pourchassés par des monstres et cherchant une sortie. Très vite j'ai deviné certains détails (la carte, la sortie, ...), le coup des monstres me semblait assez vite une métaphore qui allait évoluer, mais l'ensemble se finit bien trop vite et sans réelle conclusion à ce niveau. Ce qu'ils représentent n'est jamais clair, de même que la fin ne résout rien et pose encore plus de questions sur le monde qui a été développé. Et quand je dis que c'est dommage, c'est que l'aspect gamins qui s'organisent a du gros potentiel, comme dans Sa Majesté des Mouches qui est sans doute le plus connu ou Seuls, mais qu'il y aurait eu aussi matière à réflexion sur les monstres, qui sont peut-être des symboles mais que je n'ai pas compris. Le dessin est curieux. Il fait moche, avec des proportions étranges et des déformations de corps qui rendent l'ensemble souvent gênant à regarder. Les couleurs qui vont avec rendent le tout parfois criard et j'ai du mal à comprendre si c'est un style voulu par l'autrice ou si c'est un message quant au fond de la BD. En bref, une BD pas bonne en l'état avec une base potentiellement exploitable pour du mieux.
Batman - L'Adaptation officielle du film en BD
Michael Keaton, Kim Basinger, Jack Nicholson ainsi que Danny DeVito et Michelle Pfeiffer sont de très bons acteurs dans les films de Tim Burton. J'ai acheté les bandes dessinées parce que j'avais tellement aimé les films au cinéma. J'ai tous les DVD à la maison et je les regarde de temps en temps. Les BD, pas vraiment. Ce n'est pas que les dessins soient horribles, mais ils sont bien en deçà de la qualité habituelle de la plupart des comics Batman et DC. Je n'aime pas voir Bruce Wayne avec les grimaces de Keaton ! Je ne sais pas, mais j'espère qu'ils n'ont pas fait la même chose avec les films de Christopher Nolan. Cependant, j'ai acheté toutes les versions de la Batmobile à l'échelle 1/43 et je les adore.
Darryl Ouvremonde
Je me suis lancé dans cette série sans même savoir qu'elle était à l'origine liée à un roman d'Olivier Peru, et encore moins qu'elle se déroulait dix ans après les événements de celui-ci. Je m'en suis pourtant assez vite douté, car j'ai eu dès le début cette désagréable impression d'être projeté dans un univers dont je ne maîtrisais pas les codes, avec des personnages qui semblaient avoir un passé commun, des relations déjà établies, des concepts complexes et tout un vocabulaire spécifique présentés comme des évidences... alors que, pour moi, rien ne l'était vraiment. Ce sentiment d'être exclu du récit ne m'a quasiment jamais quitté. Le premier tome m'a particulièrement donné l'impression d'une succession de scènes et de péripéties qui s'enchaînaient sans que je comprenne leur logique globale. Darryl voyage d'un endroit à un autre, rencontre des personnages, découvre des mystères, mais j'avais le sentiment que le scénario sautait d'une idée à une autre en abandonnant la précédente en cours de route. C'est assez frustrant, car l'univers possède manifestement beaucoup d'ambition, mais il donne davantage l'impression d'un monde déjà très développé dans la tête de ses créateurs que d'un univers réellement présenté au lecteur. Le deuxième tome apporte davantage de cohérence et explique enfin les liens entre les différents éléments mis en place, mais là encore, beaucoup de choses restent racontées comme si elles allaient de soi. J'ai continué à avoir cette impression d'assister à une discussion entre passionnés qui connaissent déjà parfaitement cet univers, avec des références et des enjeux qui semblent évidents pour eux mais beaucoup moins pour quelqu'un qui arrive de l'extérieur. C'est un peu comme entrer dans la fan-zone d'une adolescente qui s'est construit son propre monde imaginaire et dont seuls elle et ses proches connaissent réellement les règles. Le dessin de Krystel ne m'a pas davantage convaincu. Il est indéniablement travaillé, avec des décors riches, des cadrages recherchés et une certaine maîtrise technique. Mais je n'accroche pas à cet aspect très numérique du rendu, qui donne parfois l'impression d'images 3D ou de compositions assemblées à partir d'éléments séparés. Les incrustations d'illustrations ou d'effets graphiques dans les cases me semblent souvent mal intégrées, les couleurs trop lisses et les visages des personnages, avec leur aspect légèrement manga, ont tendance à m'agacer. C'est une approche graphique qui peut probablement séduire un public adolescent, mais qui ne fonctionne pas sur moi. Ce diptyque m'a donné l'impression d'arriver après la bataille, comme si j'avais ouvert un livre 3 d'une saga dont j'aurais raté les deux premiers. Peut-être que la lecture du roman original aurait changé mon appréciation, mais en découvrant uniquement cette adaptation BD, je suis resté trop souvent à distance du récit et de ses personnages.
De bonne foi
J'ai hésité entre deux et trois étoiles et au final je mets deux parce que bof est ce qui se rapproche le plus de ce que j'ai ressenti après que j'ai refermé l'album. Il y a quelques bonnes scènes dans ce huis clos, mais elles sont noyées dans une histoire qui tire inutilement en longueur, en particulier au début. J'ai été surpris de voir à quel point cela prend des pages avant que le deuxième personnage principal débarque dans le récit. C'est un problème que je vois dans les bandes dessinées récentes où j'ai l'impression que l'auteur/trice dessine des scènes qui n'apportent pas grand-chose au scénario et qui semble exister juste parce que c'était ce que l'auteur/trice prend plaisir à dessiner. Je pense qu'on avait pas besoin d'autant de pages pour comprendre que l'héroïne est en vacances. Un autre gros problème est le dessin que je n'ai pas du tout aimé. Je le trouve franchement amateur, du niveau qu'on trouve dans un fanzine. De plus, je trouve que ce style ne va pas du tout pour un polar. Je n'ai ressenti aucune tension lors des scènes de huis clos, limite je me foutais de ce qui allait arriver aux deux personnages. Une déception pour moi qui avait été attiré par le résumé de l'album qui me semblait bien intéressant.
Ils brûlent
Nouvel essai avec la fantasy, malheureusement infructueux. Cette trilogie encore inachevée dispose de beaux arguments pour séduire, à commencer par des illustrations au crayon s'appuyant sur un trait fin faussement maladroit, travaillé par des hachures et une bichromie, donnant à l'ensemble un aspect précaire, volontiers monstrueux, très adapté à l'univers décrit. L'univers justement, est des plus malaisants : une histoire de chasse aux sorcières, imposant une incessante fuite à nos héros, un trio fort dissemblable qu'une commune situation de rejet réunit. L'originalité du récit tient dans sa manière d'instaurer une situation et un univers avant de nous en expliquer le fonctionnement et la raison. De la fuite naîtront peu à peu les explications de celle-ci, les parcours de chacun, la description de l'organisation de cette fantasy médiévale. Pas via de faciles flashbacks, mais via une continuité naturelle de l'intrigue permettant au lecteur de comprendre au fur et à mesure des éléments fournis ce monde et ses protagonistes. Malheureusement, l'histoire est quelque peu confuse, les illustrations pas forcément limpides dans la désignation des personnages (dont le physique évoluera grandement), certains aspects de pure fantasy quelque peu ridicules à force d'être moralisateurs (les dialogues apparaissant occasionnellement bien pompeux), les rebondissements pas tous plaisants. Des qualités, de l'originalité, mais un univers de fantasy auquel je demeure à bien des égards hermétique.