Un autre album d'Edmond Baudoin qui ne m'a pas du tout séduit.
C'est un carnet de voyage avec notamment des croquis. Il y en a tellement au début que je me demandais si cet album était vraiment une BD (il faut attendre la page 28 pour que l'art séquentiel arrive enfin). Comme souvent avec Baudoin on saute du coq à l'âne et ici je pense que cela va trop loin. On saute d'un pays et d'une époque à l'autre, Baudoin parle de n'importe quoi et il y a des moments bizarres comme le strip où Baudoin avoue que son amie Neige et tout ce qu'il raconte est en fait de la fiction....mais en fait non c'est juste une blague ou un truc comme ça. J'ai pas bien compris et franchement je m'en fous.
En gros, j'ai été totalement indifférent à ce que racontait Baudoin et je trouvais que cet album était souvent hermétique. C'est un album pour ceux qui adore Baudoin et les autres lecteurs vont s'ennuyer.
La vieille bagnole volante jaune est l'image dominante qui m'est restée. Très pop et psychédélique !
Mr. Magellan, dessiné par Géri, était une série que j'ai presque entièrement lue dans le journal Tintin. Avec des récits de Duchâteau ou Van Hamme, entre la science-fiction et le fantastique, elle n'a jamais réussi à me convaincre. Du Vatican à l'île de Pâques, avec des extraterrestres en plus, les intrigues étaient trop forcées.
Avec le temps, je trouve peut-être Capella, la collègue féminine, intéressante d'un point de vue purement esthétique, bien sûr. L'influence des séries TV anglaises est évidente dans les mini-jupes et les bottes hautes, tout est très pop et kitch! Cela pourrait inspirer de nouveaux films d'Austin Powers ! Malgré tout, j'aime encore les lunettes de Mr Magellan.
La belle couverture et l'idée d'une île de riches m'a incité à lire, parce que vive les îles et leur différence d'avec le reste du monde, les vagues en prime. Le nom des auteurs aussi, mais bof !
Seul le propriétaire de l'île est intéressant et sous-exploité : pourquoi loue-t-il des palais à ses hôtes, pour l'argent, les étudier, ne pas être seul ? On n'en saura rien, et la bd ne se relève pas de ça : vu que seul ce personnage est intéressant, il aurait fallu l'exploiter à fond. Je trouve l'idée en quelque sorte de châtiment des riches pas une grande vague bien primitive : depuis au moins Noé, on présume les assaillis par les flots bien coupables et on présume que le lecteur se ralliera à ça j'imagine, car les riches sont souvent considérés comme coupables en France mais ici de quoi ?
De chercher un abri ? Mais si nous le pouvions, nous le ferions sans doute. D'être pollueurs ? Le plus coupable est devenu un pauvre, non pour le crime d'être pollueur, d'ailleurs, mais parce que la manière dont il opère est bien primitive. Et si on veut démontrer quelque chose, on ne le fait même pas bien : il y a un riche cherchant des solutions pour la planète. Je comprends qu'il le fasse à l'abri, on se concentre mieux non harcelé par la peur, le temps, la foule..
Le scénario ne fait que présenter des personnages pour qu'ils soient finalement mis à l'épreuve par la vague, mais montrés très superficiellement, je me moque en vérité de tout ce qui peut leur arriver parce qu'ils ne sont pas réels.
L'île est censée être belle mais on ne la contemple pas, des gens vont être traités comme dans un film catastrophe mais on ne les présente pas comme dans les films de ce genre, on ne moque donc de l'ile, des habitants et de la vague car à part le maitre de l'île, tout est néant.
Si ce n'était pas pour le film de Cronenberg, je n'aurais jamais regardé plus d'une fois cette version comics. Bien que A History of Violence propose une intrigue intéressante, la version dessinée peine à me convaincre. Le principal point faible réside dans les dessins de Vince Locke, je crois. Son style, très brut et minimaliste, manque de finesse et d'expressivité. Les personnages présentent des visages rigides et des émotions peu nuancées.
De plus, les décors sont parfois simplifiés à l'excès et donnent une impression d'inachèvement. Les séquences d'action, essentielles au récit, souffrent également d'un manque de dynamisme et de fluidité, rendant certaines scènes confuses.
Même si le côté graphique peut correspondre à l'atmosphère sombre et violente de l'œuvre originale, les dessins de Vince Locke constituent, pour moi, le principal point faible de cette oeuvre et limitent son potentiel, malgré l’interêt du scénario.
Ouf, c'était laborieux comme lecture ! J'ai accéléré pour la finir le plus vite possible, assez lassé du ton résolument enfantin, bien trop enfantin, de l'histoire linéaire dont les enjeux et le message étaient franchement trop martelés, le tout dans une trame franchement pas folle.
C'est clairement un récit à destination de la jeunesse, plein de jolis messages, dans un monde peu crédible (même pour des comics) avec des enfants de 13 ans aux super-pouvoirs qui apprennent à se découvrir l'un l'autre. C'est cousu de fil blanc mais surtout, et ça je déteste, c'est souligné en permanence. L'exemple que j'ai, c'est la scène d'action au début où chaque action est commentée par les protagonistes à bases de "je dois aller voir", "elle détruit mes drones", etc ... C'est clairement une redondance de ce qu'on voit, ça me donne l'impression que les auteurs n'ont pas confiance dans ma capacité à comprendre ... Bref, ça m'agace, prodigieusement.
Le dessin n'est franchement pas fou non plus. C'est presque stéréotypé dans le style comics pour enfant. Et c'est d'autant plus désagréable que l'action passe à toute vitesse sur des points parfois importants, rendant certaines scènes parfois confuses et accélérant bien trop lorsque c'est nécessaire de plus détailler. Il y a eu plusieurs passages où j'ai du relire pour comprendre le détail de l'action tant ça passait vite. Bref, pas assez marqué comme dessin, trop superficiel dans le découpage, pas intéressant dans l'histoire ... Une BD de plus pour remplir les bacs jeunesse, sans saveur et sans âme à mon gout.
Ce recueil d’histoires de Nicky se présente comme plus soft que Royal Gentlemen Club et plus varié en termes de références et d’influences. Du manga à la ligne claire européenne, en passant par les comics américains des années 50, les images ne sont pas dépourvues de qualités sur le plan esthétique. Dans un noir et blanc d'un bel effet, les tenues fétichistes, découpées de manière à mettre en valeur les attributs généreux des jeunes femmes, ne sont pas désagréables à regarder.
Mais tout devient très répétitif et prévisible. Le trait d’unité des histoires reste le BDSM humoristique. Dans le programme, on trouve un Far-West lesbien, une pensionnat de jeunes filles, du ligotage, des fessés, de la discipline et de la soumission ou encore quelques gifles et coups de verge: même si simulée ou consentie, je ne trouve pas la violence attirante, et touts ces fantasmes ne font pas mon genre. Rapidement lu et vite oublié.
On est une fois de plus dans une BD d'humour à thème typique de chez Bamboo. On y suit une équipe de policiers scientifiques incompétents qui tentent de résoudre des enquêtes criminelles à travers une succession de gags parodiant les séries télévisées consacrées à la police scientifique.
Le dessin est plutôt réussi, dynamique et agréable à regarder, et les quelques personnages récurrents, malgré leur stupidité assumée, fonctionnent plutôt bien ensemble. J'ai apprécié leurs interactions, leurs dialogues et leurs raisonnements absurdes qui donnent souvent envie de sourire au fil de la lecture. Donc l'ambiance visuelle est sympa, les échanges sont amusants... mais dès qu'on arrive à la chute des gags, ça devient nul. À une ou deux rares exceptions près, je n'ai quasiment jamais ri. Certaines chutes m'ont même paru franchement affligeantes, comme si les auteurs ne savaient plus comment produire leur gag autrement que par une absurdité gratuite.
Par conséquent, j'ai davantage apprécié les quelques histoires qui s'étalent sur plusieurs pages plutôt que sur une seule car elles ont le temps d'installer une situation, de développer les personnages et de multiplier les échanges humoristiques. Mais, là encore, leur chute vient gâcher tout ce qui fonctionnait jusque-là.
Donc malgré un dessin et des personnages plutôt sympas, l'humour est beaucoup trop souvent consternant pour me faire rire.
Encore jeune, j'ai lu le livre de Fenimore Cooper et plus tard j'ai vu le film de Michael Mann, avec des acteurs que j'adore. Depuis, je cherche une version BD qui rende justice à ma représentation mentale des personnages, de l'action et de l'intrigue. Je continue ma quête…
L'adaptation du Dernier des Mohicans par Marc Bourque et Marcel Uderzo (frère D’Albert) peine à restituer la richesse du roman. Si le dessin parait agréable, le récit souffre d'un excès de simplification. En cherchant à condenser une intrigue complexe dans un format de bande dessinée, l'adaptation sacrifie plusieurs scènes importantes et tombe dans la superficialité.
Les dessins de M. Uderzo peinent aussi à convaincre totalement. Le style manque de personnalité et semble souvent figé, ce qui réduit l'intensité dramatique de l'histoire. Les expressions des personnages paraissent répétitives et peu naturelles, rendant difficile l'attachement émotionnel. De plus, certaines scènes d'action souffrent d'un manque de dynamisme, avec une mise en page qui ne parvient pas toujours à transmettre le rythme ou la tension, bien que le travail soit techniquement correct.
Mais ce que je n'arrive vraiment pas à surmonter et à pardonner, c'est le personnage de « Yeux-d'aigle » ou « Longue-Carabine »: il a toujours la même expression ou attitude, quoi qu'il arrive tout au long de l'histoire ! Sir Daniel Day-Lewis, tu me manques!
La guerre entre Anglais et Français en Amérique du Nord au XVIIIe siècle, la « guerre de Sept Ans », a fait des victimes, surtout parmi les Amérindiens : Hurons, Iroquois et pas seulement. La mort d'Uncas m'a toujours beaucoup attristé, mais cela finit par avoir du sens par rapport à toute cette tragédie, tant individuelle que collective et surtout historique.
L’auteur de l’œuvre originale avait sa position bien définie dès le départ et cette BD s’y conforme sans rien remettre en question, malgré le dossier final. Là, au moins, une certaine remise en question critique devrait être présente.
J'aime le film, les BD m'ont été offertes. Ma sœur aînée ne voulait pas les avoir à la maison parce que mes nièces avaient très peur de l'histoire et des images ! Les parents se transformant en cochons !
Je pense que je vais, pour ma part, les offrir à la bibliothèque municipale.
J'en suis un peu triste, mais c'est vraiment redondant : il vaut mieux conserver le film de Miyazaki. Les BD sont une reproduction presque automatique du film et prennent plus de place.
Je me sens un peu comme le grincheux de service en n'ayant pas vraiment apprécié cette BD car je vois bien pourquoi elle a plu à beaucoup de lecteurs et je ne peux pas dire qu'elle soit mal réalisée. Elle repose sur une idée de départ inspirée d'un fait réel (des ballots de cocaïne régulièrement retrouvés en mer ou échoués sur les côtes après avoir été abandonnés par des trafiquants), et il est facile d'imaginer que des marins pêcheurs puissent un jour tomber sur une telle "pêche miraculeuse" : des gens ordinaires confrontés à une tentation extraordinaire mais risquée.
Graphiquement, c'est un travail solide. Le dessin est agréable, les personnages sont bien caractérisés, les décors sont soignés, avec une mention particulière pour les scènes à bord du chalutier qui installent une ambiance très convaincante. L'ensemble est lisible et bien raconté.
Là où je décroche, c'est sur le scénario. Dès le départ, j'ai trouvé évident que récupérer cette drogue dans l'espoir d'en tirer un bénéfice était une idée catastrophique. Les personnages évoquent d'ailleurs eux-mêmes les risques, mais les écartent trop facilement en décidant malgré tout de débarquer avec les ballots. À partir de là, toutes les craintes se réalisent... et même bien au-delà. J'ai eu l'impression d'assister à une véritable loi de Murphy où absolument tout ce qui peut mal tourner finit par arriver. Les catastrophes s'enchaînent à un rythme tel que cela finit presque par devenir burlesque, d'autant que les deux principaux antagonistes ont un côté presque débile par moments.
C'est précisément ce mélange qui ne m'a pas convaincu. J'ai constamment eu l'impression que le récit voulait rester un polar sérieux, presque une fable morale sur les ravages de l'appât du gain et de la drogue, tout en flirtant sans cesse avec le ridicule ou au minimum une forme de comédie noire. Le résultat me laisse le cul entre deux chaises : je n'ai jamais ri, mais je n'ai pas non plus réussi à prendre totalement au sérieux cette accumulation de malheurs qui finit par perdre en crédibilité à force de surenchère.
Je comprends tout à fait ce que l'auteur a voulu raconter, et la BD est sincère, bien construite et correctement réalisée. Simplement, je ne suis jamais parvenu à me laisser emporter par cette descente aux enfers, qui m'a davantage fait lever les yeux au ciel que retenir mon souffle.
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Amatlan
Un autre album d'Edmond Baudoin qui ne m'a pas du tout séduit. C'est un carnet de voyage avec notamment des croquis. Il y en a tellement au début que je me demandais si cet album était vraiment une BD (il faut attendre la page 28 pour que l'art séquentiel arrive enfin). Comme souvent avec Baudoin on saute du coq à l'âne et ici je pense que cela va trop loin. On saute d'un pays et d'une époque à l'autre, Baudoin parle de n'importe quoi et il y a des moments bizarres comme le strip où Baudoin avoue que son amie Neige et tout ce qu'il raconte est en fait de la fiction....mais en fait non c'est juste une blague ou un truc comme ça. J'ai pas bien compris et franchement je m'en fous. En gros, j'ai été totalement indifférent à ce que racontait Baudoin et je trouvais que cet album était souvent hermétique. C'est un album pour ceux qui adore Baudoin et les autres lecteurs vont s'ennuyer.
Mr Magellan
La vieille bagnole volante jaune est l'image dominante qui m'est restée. Très pop et psychédélique ! Mr. Magellan, dessiné par Géri, était une série que j'ai presque entièrement lue dans le journal Tintin. Avec des récits de Duchâteau ou Van Hamme, entre la science-fiction et le fantastique, elle n'a jamais réussi à me convaincre. Du Vatican à l'île de Pâques, avec des extraterrestres en plus, les intrigues étaient trop forcées. Avec le temps, je trouve peut-être Capella, la collègue féminine, intéressante d'un point de vue purement esthétique, bien sûr. L'influence des séries TV anglaises est évidente dans les mini-jupes et les bottes hautes, tout est très pop et kitch! Cela pourrait inspirer de nouveaux films d'Austin Powers ! Malgré tout, j'aime encore les lunettes de Mr Magellan.
L'Île des riches
La belle couverture et l'idée d'une île de riches m'a incité à lire, parce que vive les îles et leur différence d'avec le reste du monde, les vagues en prime. Le nom des auteurs aussi, mais bof ! Seul le propriétaire de l'île est intéressant et sous-exploité : pourquoi loue-t-il des palais à ses hôtes, pour l'argent, les étudier, ne pas être seul ? On n'en saura rien, et la bd ne se relève pas de ça : vu que seul ce personnage est intéressant, il aurait fallu l'exploiter à fond. Je trouve l'idée en quelque sorte de châtiment des riches pas une grande vague bien primitive : depuis au moins Noé, on présume les assaillis par les flots bien coupables et on présume que le lecteur se ralliera à ça j'imagine, car les riches sont souvent considérés comme coupables en France mais ici de quoi ? De chercher un abri ? Mais si nous le pouvions, nous le ferions sans doute. D'être pollueurs ? Le plus coupable est devenu un pauvre, non pour le crime d'être pollueur, d'ailleurs, mais parce que la manière dont il opère est bien primitive. Et si on veut démontrer quelque chose, on ne le fait même pas bien : il y a un riche cherchant des solutions pour la planète. Je comprends qu'il le fasse à l'abri, on se concentre mieux non harcelé par la peur, le temps, la foule.. Le scénario ne fait que présenter des personnages pour qu'ils soient finalement mis à l'épreuve par la vague, mais montrés très superficiellement, je me moque en vérité de tout ce qui peut leur arriver parce qu'ils ne sont pas réels. L'île est censée être belle mais on ne la contemple pas, des gens vont être traités comme dans un film catastrophe mais on ne les présente pas comme dans les films de ce genre, on ne moque donc de l'ile, des habitants et de la vague car à part le maitre de l'île, tout est néant.
A History of Violence
Si ce n'était pas pour le film de Cronenberg, je n'aurais jamais regardé plus d'une fois cette version comics. Bien que A History of Violence propose une intrigue intéressante, la version dessinée peine à me convaincre. Le principal point faible réside dans les dessins de Vince Locke, je crois. Son style, très brut et minimaliste, manque de finesse et d'expressivité. Les personnages présentent des visages rigides et des émotions peu nuancées. De plus, les décors sont parfois simplifiés à l'excès et donnent une impression d'inachèvement. Les séquences d'action, essentielles au récit, souffrent également d'un manque de dynamisme et de fluidité, rendant certaines scènes confuses. Même si le côté graphique peut correspondre à l'atmosphère sombre et violente de l'œuvre originale, les dessins de Vince Locke constituent, pour moi, le principal point faible de cette oeuvre et limitent son potentiel, malgré l’interêt du scénario.
Antihéros
Ouf, c'était laborieux comme lecture ! J'ai accéléré pour la finir le plus vite possible, assez lassé du ton résolument enfantin, bien trop enfantin, de l'histoire linéaire dont les enjeux et le message étaient franchement trop martelés, le tout dans une trame franchement pas folle. C'est clairement un récit à destination de la jeunesse, plein de jolis messages, dans un monde peu crédible (même pour des comics) avec des enfants de 13 ans aux super-pouvoirs qui apprennent à se découvrir l'un l'autre. C'est cousu de fil blanc mais surtout, et ça je déteste, c'est souligné en permanence. L'exemple que j'ai, c'est la scène d'action au début où chaque action est commentée par les protagonistes à bases de "je dois aller voir", "elle détruit mes drones", etc ... C'est clairement une redondance de ce qu'on voit, ça me donne l'impression que les auteurs n'ont pas confiance dans ma capacité à comprendre ... Bref, ça m'agace, prodigieusement. Le dessin n'est franchement pas fou non plus. C'est presque stéréotypé dans le style comics pour enfant. Et c'est d'autant plus désagréable que l'action passe à toute vitesse sur des points parfois importants, rendant certaines scènes parfois confuses et accélérant bien trop lorsque c'est nécessaire de plus détailler. Il y a eu plusieurs passages où j'ai du relire pour comprendre le détail de l'action tant ça passait vite. Bref, pas assez marqué comme dessin, trop superficiel dans le découpage, pas intéressant dans l'histoire ... Une BD de plus pour remplir les bacs jeunesse, sans saveur et sans âme à mon gout.
New Rodeo Girls - Rose Garden School
Ce recueil d’histoires de Nicky se présente comme plus soft que Royal Gentlemen Club et plus varié en termes de références et d’influences. Du manga à la ligne claire européenne, en passant par les comics américains des années 50, les images ne sont pas dépourvues de qualités sur le plan esthétique. Dans un noir et blanc d'un bel effet, les tenues fétichistes, découpées de manière à mettre en valeur les attributs généreux des jeunes femmes, ne sont pas désagréables à regarder. Mais tout devient très répétitif et prévisible. Le trait d’unité des histoires reste le BDSM humoristique. Dans le programme, on trouve un Far-West lesbien, une pensionnat de jeunes filles, du ligotage, des fessés, de la discipline et de la soumission ou encore quelques gifles et coups de verge: même si simulée ou consentie, je ne trouve pas la violence attirante, et touts ces fantasmes ne font pas mon genre. Rapidement lu et vite oublié.
Les Scientiflics
On est une fois de plus dans une BD d'humour à thème typique de chez Bamboo. On y suit une équipe de policiers scientifiques incompétents qui tentent de résoudre des enquêtes criminelles à travers une succession de gags parodiant les séries télévisées consacrées à la police scientifique. Le dessin est plutôt réussi, dynamique et agréable à regarder, et les quelques personnages récurrents, malgré leur stupidité assumée, fonctionnent plutôt bien ensemble. J'ai apprécié leurs interactions, leurs dialogues et leurs raisonnements absurdes qui donnent souvent envie de sourire au fil de la lecture. Donc l'ambiance visuelle est sympa, les échanges sont amusants... mais dès qu'on arrive à la chute des gags, ça devient nul. À une ou deux rares exceptions près, je n'ai quasiment jamais ri. Certaines chutes m'ont même paru franchement affligeantes, comme si les auteurs ne savaient plus comment produire leur gag autrement que par une absurdité gratuite. Par conséquent, j'ai davantage apprécié les quelques histoires qui s'étalent sur plusieurs pages plutôt que sur une seule car elles ont le temps d'installer une situation, de développer les personnages et de multiplier les échanges humoristiques. Mais, là encore, leur chute vient gâcher tout ce qui fonctionnait jusque-là. Donc malgré un dessin et des personnages plutôt sympas, l'humour est beaucoup trop souvent consternant pour me faire rire.
Le Dernier des Mohicans (Glénat)
Encore jeune, j'ai lu le livre de Fenimore Cooper et plus tard j'ai vu le film de Michael Mann, avec des acteurs que j'adore. Depuis, je cherche une version BD qui rende justice à ma représentation mentale des personnages, de l'action et de l'intrigue. Je continue ma quête… L'adaptation du Dernier des Mohicans par Marc Bourque et Marcel Uderzo (frère D’Albert) peine à restituer la richesse du roman. Si le dessin parait agréable, le récit souffre d'un excès de simplification. En cherchant à condenser une intrigue complexe dans un format de bande dessinée, l'adaptation sacrifie plusieurs scènes importantes et tombe dans la superficialité. Les dessins de M. Uderzo peinent aussi à convaincre totalement. Le style manque de personnalité et semble souvent figé, ce qui réduit l'intensité dramatique de l'histoire. Les expressions des personnages paraissent répétitives et peu naturelles, rendant difficile l'attachement émotionnel. De plus, certaines scènes d'action souffrent d'un manque de dynamisme, avec une mise en page qui ne parvient pas toujours à transmettre le rythme ou la tension, bien que le travail soit techniquement correct. Mais ce que je n'arrive vraiment pas à surmonter et à pardonner, c'est le personnage de « Yeux-d'aigle » ou « Longue-Carabine »: il a toujours la même expression ou attitude, quoi qu'il arrive tout au long de l'histoire ! Sir Daniel Day-Lewis, tu me manques! La guerre entre Anglais et Français en Amérique du Nord au XVIIIe siècle, la « guerre de Sept Ans », a fait des victimes, surtout parmi les Amérindiens : Hurons, Iroquois et pas seulement. La mort d'Uncas m'a toujours beaucoup attristé, mais cela finit par avoir du sens par rapport à toute cette tragédie, tant individuelle que collective et surtout historique. L’auteur de l’œuvre originale avait sa position bien définie dès le départ et cette BD s’y conforme sans rien remettre en question, malgré le dossier final. Là, au moins, une certaine remise en question critique devrait être présente.
Le Voyage de Chihiro
J'aime le film, les BD m'ont été offertes. Ma sœur aînée ne voulait pas les avoir à la maison parce que mes nièces avaient très peur de l'histoire et des images ! Les parents se transformant en cochons ! Je pense que je vais, pour ma part, les offrir à la bibliothèque municipale. J'en suis un peu triste, mais c'est vraiment redondant : il vaut mieux conserver le film de Miyazaki. Les BD sont une reproduction presque automatique du film et prennent plus de place.
Marée Blanche
Je me sens un peu comme le grincheux de service en n'ayant pas vraiment apprécié cette BD car je vois bien pourquoi elle a plu à beaucoup de lecteurs et je ne peux pas dire qu'elle soit mal réalisée. Elle repose sur une idée de départ inspirée d'un fait réel (des ballots de cocaïne régulièrement retrouvés en mer ou échoués sur les côtes après avoir été abandonnés par des trafiquants), et il est facile d'imaginer que des marins pêcheurs puissent un jour tomber sur une telle "pêche miraculeuse" : des gens ordinaires confrontés à une tentation extraordinaire mais risquée. Graphiquement, c'est un travail solide. Le dessin est agréable, les personnages sont bien caractérisés, les décors sont soignés, avec une mention particulière pour les scènes à bord du chalutier qui installent une ambiance très convaincante. L'ensemble est lisible et bien raconté. Là où je décroche, c'est sur le scénario. Dès le départ, j'ai trouvé évident que récupérer cette drogue dans l'espoir d'en tirer un bénéfice était une idée catastrophique. Les personnages évoquent d'ailleurs eux-mêmes les risques, mais les écartent trop facilement en décidant malgré tout de débarquer avec les ballots. À partir de là, toutes les craintes se réalisent... et même bien au-delà. J'ai eu l'impression d'assister à une véritable loi de Murphy où absolument tout ce qui peut mal tourner finit par arriver. Les catastrophes s'enchaînent à un rythme tel que cela finit presque par devenir burlesque, d'autant que les deux principaux antagonistes ont un côté presque débile par moments. C'est précisément ce mélange qui ne m'a pas convaincu. J'ai constamment eu l'impression que le récit voulait rester un polar sérieux, presque une fable morale sur les ravages de l'appât du gain et de la drogue, tout en flirtant sans cesse avec le ridicule ou au minimum une forme de comédie noire. Le résultat me laisse le cul entre deux chaises : je n'ai jamais ri, mais je n'ai pas non plus réussi à prendre totalement au sérieux cette accumulation de malheurs qui finit par perdre en crédibilité à force de surenchère. Je comprends tout à fait ce que l'auteur a voulu raconter, et la BD est sincère, bien construite et correctement réalisée. Simplement, je ne suis jamais parvenu à me laisser emporter par cette descente aux enfers, qui m'a davantage fait lever les yeux au ciel que retenir mon souffle.