Les derniers avis (20694 avis)

Par Ro
Note: 2/5
Couverture de la série Miss Shaolin
Miss Shaolin

L'album démarre sur deux postulats qui m'ont paru un peu artificiels. D'un côté, l'héroïne annonce fièrement à tout le monde qu'elle pratique le kung-fu shaolin, mais se braque immédiatement dès qu'un élève pourtant sympathique cherche à en discuter avec elle. De l'autre, son grand-père est une sorte de pur Monsieur Miyagi version Karaté Kid, figure de maître sage et quasi caricaturale, même si ça reste attachant. Malgré ça, toute la première moitié de l'album fonctionne plutôt bien. On est sur quelque chose d'assez simple mais relativement réaliste, avec des thématiques intéressantes comme la retenue dans l'usage de la violence, la patience nécessaire à l'apprentissage, ou encore un petit regard sur les réseaux sociaux et le harcèlement. L'ensemble est sympathique, agréable à lire, et trouve un certain équilibre. En revanche, la seconde moitié m'a nettement moins convaincu. Dès qu'on bascule dans le tournoi d'arts martiaux, tout le réalisme disparaît. On se retrouve avec des combattants bigarrés sortis de nulle part, et surtout avec deux amis de l'héroïne qui deviennent soudainement de très bons combattants après une sorte de passage façon chanson Disney, ce qui casse complètement la crédibilité installée jusque-là. À cela s'ajoute une impression de déjà-vu assez forte, avec une trame qui copie largement celle de Karaté Kid sans vraiment réussir à s'en détacher. Cette deuxième partie plus fantaisiste et expédiée laisse une impression décevante et prend le dessus sur mon souvenir de lecture. Ça reste un album qui avait des qualités au départ, mais qui se dilue en route, au point de me laisser penser qu'il n'aura probablement pas de suite.

27/03/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 2/5
Couverture de la série Jean-Pierre Leureux
Jean-Pierre Leureux

Le ton de cet album est assez original, dans le sens où on suit ici un vrai gros loser, minable, obsédé et souvent pathétique, qui se retrouve malgré tout embarqué dans de nombreuses scènes de cul. Mais là encore, l'érotisme passe largement au second plan, au profit d'un humour grinçant, parfois absurde, qui désamorce constamment toute tentative de sensualité. Et même lorsqu'il arrive à ses fins, le récit revient presque systématiquement à quelque chose de trivial ou de déceptif, comme pour rappeler la médiocrité du personnage. L'ensemble repose sur une succession d'histoires courtes assez inégales, avec un humour qui oscille entre le trash et le dérisoire. Certaines situations fonctionnent, d'autres beaucoup moins, et pour ma part j'ai assez peu ri au final. Le dessin m'a par moments surpris, avec un style qui m'a plusieurs fois fait penser à Wasterlain (Docteur Poche), ce qui crée un décalage assez étrange avec le contenu. Il reste globalement adapté à l'ambiance, sans être particulièrement marquant. Même si je reconnais une certaine originalité dans la proposition, je ne me suis pas attaché au personnage. Son état d'esprit ne me parle pas, et l'humour ne m'a pas suffisamment embarqué pour compenser. Une curiosité, mais pas une lecture qui m'a convaincu.

26/03/2026 (modifier)
Par Cleck
Note: 2/5
Couverture de la série Lou !
Lou !

Divertissement jeunesse à succès basé sur une tranche de vie décrivant à partir de la préadolescence, le quotidien d'une jeune fille, une intrigante relation mère-fille et un éveil au sentiment amoureux. L'on pense évidemment à la merveilleuse trilogie de Vanyda Celle que... et à bien d'autres titres plus légers. Si l'humour, les couleurs et les situations sont assez classiques, ce titre se singularise surtout par ses illustrations géométriques atypiques et cette capacité à saisir un air du temps à la fois singulier et ultra contemporain. La force de cette BD est aussi sa faiblesse : la société décrite avec grande sympathie est à la fois désagréable de vulgarité et de conformisme, tandis que l'humour trop rare ne parvient ni à alléger l'ensemble, ni à mettre en perspective notre société via un regard pertinent. Une BD bien sage, qu'un appréciable humanisme en ces temps obscurs sauve de l'anecdotique.

26/03/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 2/5
Couverture de la série Les Perles de l'Amour
Les Perles de l'Amour

La couverture et le graphisme m'avaient fait imaginer un album érotique assez classe, avec un charme rétro assumé, dans la lignée de ces aventures exotiques à l'ancienne. Il y avait quelque chose de prometteur dans ce mélange de lavis élégant et d'imaginaire colonial suranné. Au final, j'ai surtout découvert un objet déroutant, coincé entre un érotisme mièvre (digne d'un téléfilm cheap le dimanche soir sur M6 il y a trente ans), une histoire kitsch et mal fichue, et une forme de ridicule dont j'ai eu du mal à déterminer s'il était volontaire ou non. Je penche malgré tout pour une part de second degré (certains détails sont trop énormes pour être accidentels, comme cette scène finale avec un aveugle au lit accompagné de sa canne), mais la majorité du temps, ce décalage ne provoque pas le rire, plutôt un rictus circonspect et déçu. Le scénario accumule les clichés et les facilités (Inde de pacotille, officier anglais héroïque, rajah caricatural, rivalités féminines convenues), avec des dialogues ampoulés et artificiels qui évoquent autant le roman-photo que le roman à l'eau de rose. L'ensemble a un côté daté, presque figé, qui peut se lire comme une parodie... sauf que je ne suis jamais vraiment sûr que ce soit assumé jusqu'au bout. Côté dessin, il y a malgré tout un certain savoir-faire. Le lavis est élégant, certaines planches dégagent une sensualité indéniable, et il y a un fond de classe dans le trait, même si je ne le trouve pas exceptionnel non plus. En revanche, les scènes érotiques tombent le plus souvent à plat : raides, peu naturelles, parfois presque gênantes. Et je ne parle pas des gardiens indiens qui se masturbent avec des têtes ridicules en regardant les héros s'accoupler... Mais mon principal problème reste la mise en page : le découpage est franchement chaotique, au point qu'il devient difficile de savoir dans quel ordre lire les cases et les bulles. Cela casse complètement le rythme et rend la lecture profondément confuse. J'ai l'impression d'un album qui aurait pu fonctionner comme pastiche ou comme objet érotique rétro assumé, mais qui reste coincé entre plusieurs intentions sans en maîtriser une seule. J'ai trouvé ça mièvre et bêta, et surtout pas émoustillant.

26/03/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 2/5
Couverture de la série Thorgal Saga - Wendigo
Thorgal Saga - Wendigo

Un album qui représente bien un des défauts récurrents dans ces séries de one-shot où le temps d'un album des auteurs reprennent un personnage de BD connu: on dirait que le récit aurait pu être fait sans problème sans les personnages de la série en question, mais en même temps un one-shot avec de nouveaux personnages doivent se vendre moins bien qu'un album avec Thorgal dans le titre. Pourtant, l'idée de faire rencontrer Thorgal et des Amérindiens est une bonne idée, vu que les peuples nordiques ont eu des contacts avec eux plusieurs siècles avant Christophe Colomb, mais le résultat ne m'a pas enthousiasmé. Tout ce qui tourne autour de la guerre entre deux tribus ne m'a pas intéressé. J'ai mieux aimé les éléments fantastiques du récit, mais lorsqu'on les met finalement en avant, j'en avais plus grand chose à cirer. Le scénario est un peu long, mais il faut dire que les cases sont très grandes. Ce n'est pas dérangeant lorsque les cases sont superbes, mais il y en a aussi beaucoup qui sont un peu vides. J'imagine que c'est pour les fans de la série et pas pour moi.

25/03/2026 (modifier)
Couverture de la série Hollywood menteur
Hollywood menteur

Luz a déjà publié plusieurs séries qui m’ont vraiment plu, de l’humour Charlie Hebdo (voir l’excellent Les Mégret Gèrent la Ville !) au plus récent et plus sérieux Deux Filles nues, alors que je suis resté davantage sur ma faim pour d’autres publication de cet auteur éclectique. Cet album se range clairement du côté des déceptions me concernant. En effet, je n’ai jamais réussi à entrer dedans. Je crois n’avoir pas vu le film « Les désaxés », mais j’ai déjà lu ou entendu pas mal de chose sur son tournage, sur les relations entre Miller et Monroe à cette époque. Sans que cela m’ait réellement passionné. Et là, Luz n’est pas parvenu à le faire non plus. Il faut dire que sa narration est un peu décousue, et que son dessin, pas inintéressant, ne convient pas forcément à ce type de récit. Si certains passages sont plus précis et peaufinés, la majorité des dessins relèvent du dessin de presse, « jetés » sur le papier. Ça n’est pas illisible – je mentirais – mais ça n’aide pas à accrocher une intrigue qui m’a laissé de côté.

25/03/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 2/5
Couverture de la série Akkad
Akkad

J'aurais vraiment aimé aimer cette BD. D'abord parce que j'apprécie beaucoup le dessin de Clarke, y compris lorsqu'il adopte un style plus réaliste comme ici, et ensuite parce que les récits de science-fiction, en particulier ceux qui jouent avec le temps et les concepts complexes, font clairement partie de mes lectures de prédilection. Sur le papier, ça aurait pu me plaire : une invasion extraterrestre d'un genre particulier, des phénomènes temporels, des enfants cobayes transformés en génies capables de résoudre l'impossible… Mais très vite, j'ai eu une impression de déjà-vu assez marquée. Le concept des jeunes surdoués manipulés rappelle beaucoup d'autres œuvres, tout comme l'idée d'une menace alien incompréhensible jouant avec le temps, ou encore celle de personnages capables d'anticiper toutes les probabilités pour parvenir à leurs fins. L'ensemble donne le sentiment d'un assemblage de thématiques déjà largement explorées ailleurs, sans véritable proposition nouvelle. Cela aurait pu passer si la narration avait réussi à m'accrocher, mais c'est justement là que le bât blesse. Le récit est très décousu, multipliant les scènes courtes qui s'enchaînent sans toujours de lien évident, avec des transitions abruptes qui ne m'ont pas vraiment perdu mais un peu agacé. On passe d'un lieu à un autre, d'une situation à une autre, sans toujours comprendre immédiatement ce qui se joue, ni à quel moment on se situe. Cette construction finit par empêcher toute implication émotionnelle, d'autant que les personnages, en particulier les cinq jeunes cobayes, restent très peu développés et assez interchangeables. Les dialogues n'aident pas non plus, notamment lorsqu'ils cherchent à souligner le génie des personnages à coups de répliques un peu trop appuyées et artificielles. Cela sonne souvent faux et renforce la distance avec le récit. Reste ce voile de mystère qui pousse malgré tout à continuer la lecture pour comprendre où tout cela mène. Mais là encore, la promesse n'est pas tenue. La résolution arrive tardivement et de manière assez bancale, avec des explications peu claires qui donnent davantage l'impression d'un enchevêtrement confus que d'un véritable aboutissement maîtrisé. Malgré de bonnes intentions et un univers qui aurait pu fonctionner, je suis resté à distance de ce récit trop fragmenté et trop familier dans ses thèmes, dont la conclusion, loin d'éclairer l'ensemble, renforce surtout mon sentiment de déception.

25/03/2026 (modifier)
Par Cleck
Note: 2/5
Couverture de la série La Dernière CroiZAD
La Dernière CroiZAD

BD humoristique sur le joli sujet de la désobéissance civile. La plutôt vilaine couverture annonce fort bien la couleur et si le sujet des ZAD sera à l'honneur, il est à craindre que son traitement soit pour le moins léger sinon bien caricatural et dépassionné. De passion idéologique, il ne sera en effet nullement question ici. Si le récit évoque la désobéissance civile, c'est en réponse à un drame intime que les auteurs dénoueront à la manière d'un Zidrou, sous l'angle de la chronique douce-amère, en fin d'histoire, afin de créer un bien artificiel moteur à l'action. L'inversion initiale des stéréotypes de classes sociales et l'humour lié à l'usage du subjonctif imparfait engendrent quelques bons moments de lecture, mais la BD ne parvient généralement pas à pleinement divertir tant la galerie de portraits apparaît bien fade et surtout caricaturale. L'intrigue cousue de fil blanc engendre un léger désintérêt, que les derniers rebondissements, peu habilement développés, ne parviennent à surmonter. Une lecture par moment sympathique, mais probablement bien vite oubliée. Et un auteur, Pelaez, qui déçoit une nouvelle fois ; l'habileté entraperçue dans Neuf semble n'avoir été qu'un heureux concours de circonstances, dommage !

25/03/2026 (modifier)
Par Cleck
Note: 2/5
Couverture de la série Le Serment
Le Serment

BD de divertissement proposant un jeu intéressant sur le genre. L'ouverture laisse augurer un récit à la lisière du noir et du thriller en huis clos, le fantastique s'invite ensuite avant que tout ne se bouscule dans un grand final d'action. Cela confère à l'intrigue un dynamisme indéniable, mais déroute également à mesure que le grand-guignolesque se normalise, faisant disparaître l'essentiel de la tension que les premières pages étaient parvenues à installer. Le rocambolesque des rebondissements fantastiques touche également le passé des protagonistes dont les secrets révélés ne cessent de chambouler le jeu de dupes peu à peu installé. Côté illustrations, le style est incontestable (relativement similaire aux comics d'un Sean Murphy), la gratuité formaliste également : fond noir, traits anguleux des visages, horizontalité de certaines cases sur la double page, postures archétypales des protagonistes, figuration excessive du mouvement et découpage cinématographique, etc. Le ridicule côtoie le très intéressant, renforçant l'impression laissée par le scénario. Bref, une BD pop corn nous faisant avaler bien des couleuvres, dont les excès amusent et lassent tout à la fois. On regrette l'ambition de n'avoir recherché que la distraction, quand suffisamment d'éléments auraient permis de mettre en place un implacable thriller fantastique d'un calibre autrement supérieur.

25/03/2026 (modifier)
Couverture de la série Sangliers
Sangliers

Les deux précédents albums de Lisa Blumen – parus eux aussi chez L’Employé du moi – m’avaient fait découvrir une auteure originale. Plutôt sur des sujets SF ou proches, sortant des sentiers battus. Bref, un a priori favorable, qui m’a fait passer outre le sujet de cet album, qui traite de quelque chose que je ne connais pas vraiment, et pour lequel j’aurais de fortes préventions. Tout ce qui tourne autour du maquillage m’indiffère, et les « influenceurs » (influenceuses ici) – cette autre façon plus branchée – et plus hypocrite – de faire de la publicité sur internet et les réseaux sociaux me rebutent au plus haut point (je hais la publicité, et en plus je trouve que c’est une exaltation de l’insignifiance, du paraître débile. Une allergie intellectuelle donc de ma part. Nous suivons donc une jeune influenceuse, qui présente régulièrement à ses suiveurs sur le net une partie de sa vie privée, et les nombreux produits de maquillage qu’elle reçoit de la part de sociétés spécialisées. L’accumulation des « placements de produits » donne quelque chose de risible, comme l’est le formatage de « l’image idéale » des jeunes filles/femmes suivant ce genre de contenus. La seule chose qui m’ait un tant soit peu intéressé dans cette histoire, c’est quand on nous montre, au hasard de quelques rencontre entre l’influenceuse et les représentants des marques qui lui fournissent des échantillons, ou le directeur d’une agence qui l’emploie, comment notre influenceuse est en fait traitée comme une travailleuse « ordinaire » (loin du 2.0), c’est-à-dire maltraitée, subissant moult pressions. Autre moment intéressant, la façon dont les réseaux sociaux permettent à tous les névrosés de déballer leur violence, leurs idées masculinistes, leurs insultes gratuites et anonymes : notre influenceuse qui ne vit que pour et par le net et l’image qu’elle y véhicule, en découvre ainsi vers la fin les nombreuses zones d’ombre. Mais bon, si les autres albums de Blumen m’avaient toujours intéressé, celui-ci m’a laissé de côté. Et la fin, un peu brutale et ouverte, nous laisse dans l’expectative quant aux choix de l’héroïne. Je pense que ça n’est pas ma came.

24/03/2026 (modifier)