J'ai terminé aujourd'hui la lecture du deuxième volume. J'ai aimé les dessins, comme c'est souvent le cas avec Manara. Mais je n'arrive pas à laisser tomber le roman et même le film. Ce sont trois objets différents et j'aime beaucoup les avoir chez moi. Je me suis beaucoup amusé avec le témoignage de J. J. Annaud à la fin de l'œuvre! Pourtant, le sentiment d'un manque ne m'abandonne pas : U. Eco était un grand écrivain (philosophe aussi) et il y a de la perte en toutes ces adaptations...
P. S. Je vais lire le roman, encore une fois, et j'aime bien plus les dessins de Manara en noir et blanc.
La couverture m'avait immédiatement fait penser à Footballeur du dimanche, album de Tronchet qui avait su me toucher par sa sincérité et une vraie émotion, alors même que le sujet ne me parlait pas du tout. J'espérais retrouver cette même sensibilité ici, appliquée au vélo. Malheureusement, j'ai eu l'impression inverse : là où l'un était incarné, intime et plein de sensibilité, ce nouvel album m'a semblé impersonnel et démonstratif.
Le principe est simple : une succession de gags et de réflexions autour de la pratique du vélo, érigé en art de vivre face à la voiture, présentée comme l'ennemi par excellence. Sur le papier, pourquoi pas, j'apprécie le vélo sans toutefois pouvoir en faire souvent car j'habite loin de mon travail. Mais très vite, j'ai ressenti un côté plaqué, presque théorique. Le vélo est formidable en toutes circonstances, la voiture est dégueulasse, bruyante, agressive, peuplée de conducteurs hystériques. La comparaison m'a semblé forcée, voire malhonnête : on met face à face deux moyens de transport qui ne répondent pas aux mêmes besoins. Oui, le vélo a de vrais atouts, surtout en milieu urbain ou pour des balades de plaisir, mais cela ne couvre pas toutes les situations du quotidien, et tout le monde ne vit pas en centre-ville. Or ici, cette supériorité est posée comme une évidence indiscutable.
Graphiquement, on est dans du Tronchet pur jus : un trait souple, immédiatement reconnaissable avec d'agréables couleurs. Cela se lit facilement, et certaines pages m'ont arraché un sourire. Mais l'humour est inégal et, surtout, j'ai vite eu le sentiment que les idées tournaient en rond. Le manichéisme m'a particulièrement gêné : les cyclistes sont du côté du bon sens et de la douceur, les automobilistes incarnent la bêtise et la brutalité. Je suis bien d'accord que la voiture pollue et est dangereuse, tandis que le vélo est bon pour la santé et la planète, mais là encore on ne compare pas la réponse aux mêmes besoins. Et à la longue, cela m'a donné l'impression d'une caricature militante un peu simpliste.
Là où j'espérais retrouver l'émotion sincère d'un auteur parlant de ce qu'il aime, j'ai surtout lu un plaidoyer à charge, répétitif et trop binaire. Un album qui ne m'a ni touché ni vraiment amusé, et qui m'a globalement laissé sur le bord de la route.
Je ne suis pas amateur de bière, et je dois reconnaître que le sujet ne me parle absolument pas. Je me doutais déjà que cela pourrait compliquer la lecture, mais je ne pensais pas à ce point. L'album enchaîne détournements de contes (Petit Poucet, Belle au bois dormant), pastiches historiques et brèves de comptoir, le tout décliné en gags courts, strips, historiettes et même chansons illustrées autour de la sacro-sainte mousse.
Graphiquement, Philippe Bercovici reste fidèle à lui-même : un trait caricatural, jeté, lisible et efficace. Même si je ne suis pas fan, il n'y a rien à redire de ce côté-là, le dessin fait le travail.
En revanche, côté humour, je suis complètement passé à côté. Aucun gag ne m'a fait rire. Certains m'ont même laissé franchement circonspect, au point que je me suis demandé où se trouvait la chute censée être drôle. L’humour tourne beaucoup autour de l'ivresse, des excès et des jeux de mots liés à la bière ; sans affinité avec le thème, difficile d'adhérer. J'ai eu l’impression d'un enchaînement de blagues faciles, parfois prévisibles, souvent plates. À la limite, les pages qui associent chaque type de boisson à un style musical m'ont arraché un léger sourire : l'idée était simple mais un peu plus inspirée que le reste.
Ce fut une lecture très laborieuse pour moi. Peut-être que les amateurs de bières et d'humour de comptoir y trouveront leur compte, mais en ce qui me concerne, le sujet ne m'intéressait pas et les gags n'ont jamais réussi à compenser cela.
Il n'y a pas de sens à faire combattre des hommes contre des dieux : par définition, les dieux sont totalement supérieurs. Par nature ! Les walkyries sont bien gentilles de proposer ça pour sauver l'Humanité ça n'aurait aucune chance, sauf par miracle du scénario… Mais bon, c'est un prétexte pour voir des combats entre toutes sortes de grands guerriers, humains et divins. Sauf que malgré le désir de m'amuser et un dessin acceptable, je me suis vite ennuyé. Bien sûr, les dieux ne sont pas assez stupides pour se diviser sous prétexte que les humains de tels ou tels culte croient en certains d'entre eux, mais pas à d'autre. Les êtres supérieurs ne sont-ils pas supérieurs ? Sauf qu'à part ça, ils ne paraissant guère divins. Et les humains ? Guère héroïques. Ne reste que les combats, et j'ai vu bien mieux, dans le genre. Alors bonsoir !
De tous les récits de guerre scénarisée par Garth Ennis que j'ai lu dernièrement, je pense que c'est celui qui m'a le moins intéressé.
Pourtant, l'idée de départ n’est pas trop mal. Ennis nous monte différents batailles de la seconde guerre et pour rendre cela excitant on suit un trio de soldats pas très malin qui finissent souvent pas manquer la bataille. Cela apporte un peu d'humour et les trois personnages sont un peu attachants, sauf que dès le chapitre 2 je commençais à trouver le temps un un peu long et au fil des pages j'ai fini par décrocher. L'idée est sympathique, mais au bout d'un moment cela devient répétitif. Je pense que j'aurais plus accroché si c'était un récit qui avait duré 40-50 pages au lieu de pratiquement 200 pages.
Il faut dire aussi que le contexte histoire ne m' pas trop passionné parce que je me fous un peu de savoir comment se sont déroulé avec précision des batailles d'avions. Le dessin est correct même s'il est un peu formaté.
Je ne suis pas un grand fan de Fabcaro, mais ses albums parviennent en général au moins à me faire sourire. Ici, ces moments ont été beaucoup trop rares. L'idée de départ, un repas de famille où personne ne trouve de sujet de conversation, aurait sans doute suffi pour un gag court, mais elle s'étire excessivement et, très vite, j'ai ressenti le même ennui que les convives.
Même graphiquement, je n'ai pas été convaincu. Le dessin m'a semblé assez quelconque et figé, avec des personnages souvent raides, un encrage qui me rebute, et une mise en scène globalement dépourvue de dynamisme. Le décalage entre cette immobilité et l'absurdité, voire la folie des situations, aurait pu nourrir l'humour, mais cela ne fonctionne pas, tant l'ensemble paraît statique, presque paresseux.
Côté scénario, la déception est similaire. L'absurdité des scènes, parfois franchement couillonnes, pourrait faire mouche si elle était portée par un véritable rythme et une bonne montée en puissance. Mais le ton demeure morose, les dialogues s'étirent, tournent en rond, deviennent bavards, parfois plombants. Le comique de répétition épuise rapidement le dispositif, sans réel renouvellement. Quelques trouvailles fonctionnent (le jeu des sept familles, notamment, ou l'instantanéité de morts traitées comme de simples détails), mais elles restent trop rares pour sauver l’ensemble.
J'ai même eu l'impression que l’auteur lui-même s'ennuyait par moments, comme si la mécanique tournait à vide.
Une BD qui est sympathique mais dont le dessin est trop figé, tandis que les histoires s'enchainent avec leurs idées pas toujours bien amenées. Le fond est honnête, avec une volonté de questionner le fantasme des femmes, leur sexualité et de proposer une série de petites pistes pour mieux la vivre et l'accepter. On reste sur la frontière entre le réel et le fantasme, sur les tabous d'une société patriarcale, etc ...
Mais la BD est assez sommaire dans son dessin, trop classique et pas du tout bien exploitée. Le petit nombre de pages n'aide pas à la réalisation, d'autant que les planches font assez vite chargées, ne laissant pas vraiment l'aspect sensuel du dessin s'épanouir. C'est surtout que ce dessin est assez froid, la faute en revenant à la colorisation, mais aussi qu'il y a un aspect pas très abouti techniquement. Les visages manquent de vie et d'expression, de même avec les corps et les postures qui sont raides et souvent pas bien adaptés au format. L'ensemble donne un côté mal dégrossi, pas assez peaufiné. C'est le gros point noir de la BD pour moi, celui qui empêche de vraiment l'apprécier.
Les idées de fond sont bonnes, sympathiques mais avec un léger manque de corps et surtout ce dessin qui pêche vraiment. Dommage, mais j'encourage les auteurs à poursuivre et travailler leur matériaux, il y a de quoi faire mieux !
Foenkinos est un auteur m'intéressant fort peu. Aussi une adaptation de son premier grand succès "La Délicatesse" n'était selon moi pas forcément une bonne idée. Il s'agit d'une romance reprenant tous les poncifs de la comédie romantique pour laquelle je suis très bon public, originalement placée dans l'univers de l'entreprise (belle idée, même si je goûte modérément le militantisme du discours si emphatique envers le libéralisme économique). Une romance du point de vue féminin, mais écrite par un homme et reprenant un fantasme masculin, celui du gentil garçon introverti, anonymement banal même si au fond original, évidemment remarqué par la merveilleuse et spectaculaire jeune femme à qui tout réussi, mais cachant intérieurement une profonde douleur que saura entendre le gentil garçon.
Le triangle amoureux au sein de l'entreprise, enrichi de rapports hiérarchiques permettant de discourir sur le harcèlement, n'apporte aucune mise en perspective intéressante, mais au contraire crée un malaise lié à l'énormité des situations, caricaturales davantage que désopilantes.
Ici ou là néanmoins, se glissent de petits moments de vie, une vérité de la relation amoureuse, une forme de délicatesse précieuse et plutôt touchante. Une lecture souvent honteuse, parfois plaisante, excessivement sucrée même quand parcourue à l'occasion de la St Valentin.
Je n’ai pas du tout aimé cet album, que j’ai trouvé franchement raté, rempli de défauts. Seul le dessin m’empêche d’être encore plus sévère. En effet, les traits des personnages sont globalement plutôt réussis, il n’y a pas vraiment de trahison à ce niveau (même si arrière-plan et décors sont moins travaillés, et si bien sûr, c’est moins dynamique que Franquin – voire Fournier).
Mais voilà ; le récit ne m’a jamais accroché, bien au contraire.
D’abord, je trouve que c’est une erreur majeure, dans ce type de récit et avec des personnages déjà bien ancré dans l’imaginaire populaire, de les faire intervenir dans la grande Histoire. Je ne suis a priori pas bégueule, et veux bien admettre que l’on égratigne le Che, Castro et consorts, mais pas dans ce type de récit. Si les auteurs voulaient glisser une critique du castrisme et/ou de Cuba, ils auraient mieux fait de le faire de manière indirecte, plus subtile, au travers d’un pays et de personnages imaginaires, mais identifiables. Cela aurait même pu donner des ressors comiques plus efficaces. Au lieu de quoi le personnage transparent et ridicule du Che par exemple est fade et le lecteur est immanquablement freiné par la connaissance qu’il a du vrai personnage.
Voilà pour le cadre général. Pour les détails, j’ai trouvé l’histoire sans réel intérêt. Surtout, non seulement je ne l’ai jamais trouvé drôle, mais je l’ai en plus trouvé très lourdingue. En effet, le principal – j’allais dire quasiment le seul ressors comique vient de personnages parlant avec un fort accent (espagnol, anglais), leurs dialogues mélangeant français et mots vaguement espingouins ou british.
Dans cette collection, j’avais trouvé intéressante et plutôt très réussi Spirou chez les Soviets, intéressant et inégal "Le trésor de San Inferno". Mais cette « Baie des cochons » est en dessous de tout, et trahit quand même pas mal l’univers.
Presque pas de chats dedans, qu'est-ce que c'est que ce titre mensonger. On essaie d'attirer le chaland avec des chats... C'est une suite de gags en 1 planche et pour ma part je ne trouve pas ça très drôle. Probablement destiné à faire rire un vieux barbu dans des revues scientifiques puisque l'auteur publie dans The New Scientist. C'est sur plein de sujets scientifiques, mêlant parfois de la philosophie.
Je ne connaissais pas Tom Gauld. Son dessin est de style variable mais souvent minimaliste, avec des personnages filiformes. Très propre, rien à lui reprocher.
C'est sans doute un humour anglais, ils ne sont pas comme nous.
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Le Nom de la Rose
J'ai terminé aujourd'hui la lecture du deuxième volume. J'ai aimé les dessins, comme c'est souvent le cas avec Manara. Mais je n'arrive pas à laisser tomber le roman et même le film. Ce sont trois objets différents et j'aime beaucoup les avoir chez moi. Je me suis beaucoup amusé avec le témoignage de J. J. Annaud à la fin de l'œuvre! Pourtant, le sentiment d'un manque ne m'abandonne pas : U. Eco était un grand écrivain (philosophe aussi) et il y a de la perte en toutes ces adaptations... P. S. Je vais lire le roman, encore une fois, et j'aime bien plus les dessins de Manara en noir et blanc.
Petit traité de Vélosophie
La couverture m'avait immédiatement fait penser à Footballeur du dimanche, album de Tronchet qui avait su me toucher par sa sincérité et une vraie émotion, alors même que le sujet ne me parlait pas du tout. J'espérais retrouver cette même sensibilité ici, appliquée au vélo. Malheureusement, j'ai eu l'impression inverse : là où l'un était incarné, intime et plein de sensibilité, ce nouvel album m'a semblé impersonnel et démonstratif. Le principe est simple : une succession de gags et de réflexions autour de la pratique du vélo, érigé en art de vivre face à la voiture, présentée comme l'ennemi par excellence. Sur le papier, pourquoi pas, j'apprécie le vélo sans toutefois pouvoir en faire souvent car j'habite loin de mon travail. Mais très vite, j'ai ressenti un côté plaqué, presque théorique. Le vélo est formidable en toutes circonstances, la voiture est dégueulasse, bruyante, agressive, peuplée de conducteurs hystériques. La comparaison m'a semblé forcée, voire malhonnête : on met face à face deux moyens de transport qui ne répondent pas aux mêmes besoins. Oui, le vélo a de vrais atouts, surtout en milieu urbain ou pour des balades de plaisir, mais cela ne couvre pas toutes les situations du quotidien, et tout le monde ne vit pas en centre-ville. Or ici, cette supériorité est posée comme une évidence indiscutable. Graphiquement, on est dans du Tronchet pur jus : un trait souple, immédiatement reconnaissable avec d'agréables couleurs. Cela se lit facilement, et certaines pages m'ont arraché un sourire. Mais l'humour est inégal et, surtout, j'ai vite eu le sentiment que les idées tournaient en rond. Le manichéisme m'a particulièrement gêné : les cyclistes sont du côté du bon sens et de la douceur, les automobilistes incarnent la bêtise et la brutalité. Je suis bien d'accord que la voiture pollue et est dangereuse, tandis que le vélo est bon pour la santé et la planète, mais là encore on ne compare pas la réponse aux mêmes besoins. Et à la longue, cela m'a donné l'impression d'une caricature militante un peu simpliste. Là où j'espérais retrouver l'émotion sincère d'un auteur parlant de ce qu'il aime, j'ai surtout lu un plaidoyer à charge, répétitif et trop binaire. Un album qui ne m'a ni touché ni vraiment amusé, et qui m'a globalement laissé sur le bord de la route.
Bière pour tout le monde ! ou presque...
Je ne suis pas amateur de bière, et je dois reconnaître que le sujet ne me parle absolument pas. Je me doutais déjà que cela pourrait compliquer la lecture, mais je ne pensais pas à ce point. L'album enchaîne détournements de contes (Petit Poucet, Belle au bois dormant), pastiches historiques et brèves de comptoir, le tout décliné en gags courts, strips, historiettes et même chansons illustrées autour de la sacro-sainte mousse. Graphiquement, Philippe Bercovici reste fidèle à lui-même : un trait caricatural, jeté, lisible et efficace. Même si je ne suis pas fan, il n'y a rien à redire de ce côté-là, le dessin fait le travail. En revanche, côté humour, je suis complètement passé à côté. Aucun gag ne m'a fait rire. Certains m'ont même laissé franchement circonspect, au point que je me suis demandé où se trouvait la chute censée être drôle. L’humour tourne beaucoup autour de l'ivresse, des excès et des jeux de mots liés à la bière ; sans affinité avec le thème, difficile d'adhérer. J'ai eu l’impression d'un enchaînement de blagues faciles, parfois prévisibles, souvent plates. À la limite, les pages qui associent chaque type de boisson à un style musical m'ont arraché un léger sourire : l'idée était simple mais un peu plus inspirée que le reste. Ce fut une lecture très laborieuse pour moi. Peut-être que les amateurs de bières et d'humour de comptoir y trouveront leur compte, mais en ce qui me concerne, le sujet ne m'intéressait pas et les gags n'ont jamais réussi à compenser cela.
Valkyrie Apocalypse
Il n'y a pas de sens à faire combattre des hommes contre des dieux : par définition, les dieux sont totalement supérieurs. Par nature ! Les walkyries sont bien gentilles de proposer ça pour sauver l'Humanité ça n'aurait aucune chance, sauf par miracle du scénario… Mais bon, c'est un prétexte pour voir des combats entre toutes sortes de grands guerriers, humains et divins. Sauf que malgré le désir de m'amuser et un dessin acceptable, je me suis vite ennuyé. Bien sûr, les dieux ne sont pas assez stupides pour se diviser sous prétexte que les humains de tels ou tels culte croient en certains d'entre eux, mais pas à d'autre. Les êtres supérieurs ne sont-ils pas supérieurs ? Sauf qu'à part ça, ils ne paraissant guère divins. Et les humains ? Guère héroïques. Ne reste que les combats, et j'ai vu bien mieux, dans le genre. Alors bonsoir !
Stringbags
De tous les récits de guerre scénarisée par Garth Ennis que j'ai lu dernièrement, je pense que c'est celui qui m'a le moins intéressé. Pourtant, l'idée de départ n’est pas trop mal. Ennis nous monte différents batailles de la seconde guerre et pour rendre cela excitant on suit un trio de soldats pas très malin qui finissent souvent pas manquer la bataille. Cela apporte un peu d'humour et les trois personnages sont un peu attachants, sauf que dès le chapitre 2 je commençais à trouver le temps un un peu long et au fil des pages j'ai fini par décrocher. L'idée est sympathique, mais au bout d'un moment cela devient répétitif. Je pense que j'aurais plus accroché si c'était un récit qui avait duré 40-50 pages au lieu de pratiquement 200 pages. Il faut dire aussi que le contexte histoire ne m' pas trop passionné parce que je me fous un peu de savoir comment se sont déroulé avec précision des batailles d'avions. Le dessin est correct même s'il est un peu formaté.
Formica - Une tragédie en trois actes
Je ne suis pas un grand fan de Fabcaro, mais ses albums parviennent en général au moins à me faire sourire. Ici, ces moments ont été beaucoup trop rares. L'idée de départ, un repas de famille où personne ne trouve de sujet de conversation, aurait sans doute suffi pour un gag court, mais elle s'étire excessivement et, très vite, j'ai ressenti le même ennui que les convives. Même graphiquement, je n'ai pas été convaincu. Le dessin m'a semblé assez quelconque et figé, avec des personnages souvent raides, un encrage qui me rebute, et une mise en scène globalement dépourvue de dynamisme. Le décalage entre cette immobilité et l'absurdité, voire la folie des situations, aurait pu nourrir l'humour, mais cela ne fonctionne pas, tant l'ensemble paraît statique, presque paresseux. Côté scénario, la déception est similaire. L'absurdité des scènes, parfois franchement couillonnes, pourrait faire mouche si elle était portée par un véritable rythme et une bonne montée en puissance. Mais le ton demeure morose, les dialogues s'étirent, tournent en rond, deviennent bavards, parfois plombants. Le comique de répétition épuise rapidement le dispositif, sans réel renouvellement. Quelques trouvailles fonctionnent (le jeu des sept familles, notamment, ou l'instantanéité de morts traitées comme de simples détails), mais elles restent trop rares pour sauver l’ensemble. J'ai même eu l'impression que l’auteur lui-même s'ennuyait par moments, comme si la mécanique tournait à vide.
Histoires d'Elles
Une BD qui est sympathique mais dont le dessin est trop figé, tandis que les histoires s'enchainent avec leurs idées pas toujours bien amenées. Le fond est honnête, avec une volonté de questionner le fantasme des femmes, leur sexualité et de proposer une série de petites pistes pour mieux la vivre et l'accepter. On reste sur la frontière entre le réel et le fantasme, sur les tabous d'une société patriarcale, etc ... Mais la BD est assez sommaire dans son dessin, trop classique et pas du tout bien exploitée. Le petit nombre de pages n'aide pas à la réalisation, d'autant que les planches font assez vite chargées, ne laissant pas vraiment l'aspect sensuel du dessin s'épanouir. C'est surtout que ce dessin est assez froid, la faute en revenant à la colorisation, mais aussi qu'il y a un aspect pas très abouti techniquement. Les visages manquent de vie et d'expression, de même avec les corps et les postures qui sont raides et souvent pas bien adaptés au format. L'ensemble donne un côté mal dégrossi, pas assez peaufiné. C'est le gros point noir de la BD pour moi, celui qui empêche de vraiment l'apprécier. Les idées de fond sont bonnes, sympathiques mais avec un léger manque de corps et surtout ce dessin qui pêche vraiment. Dommage, mais j'encourage les auteurs à poursuivre et travailler leur matériaux, il y a de quoi faire mieux !
La Délicatesse
Foenkinos est un auteur m'intéressant fort peu. Aussi une adaptation de son premier grand succès "La Délicatesse" n'était selon moi pas forcément une bonne idée. Il s'agit d'une romance reprenant tous les poncifs de la comédie romantique pour laquelle je suis très bon public, originalement placée dans l'univers de l'entreprise (belle idée, même si je goûte modérément le militantisme du discours si emphatique envers le libéralisme économique). Une romance du point de vue féminin, mais écrite par un homme et reprenant un fantasme masculin, celui du gentil garçon introverti, anonymement banal même si au fond original, évidemment remarqué par la merveilleuse et spectaculaire jeune femme à qui tout réussi, mais cachant intérieurement une profonde douleur que saura entendre le gentil garçon. Le triangle amoureux au sein de l'entreprise, enrichi de rapports hiérarchiques permettant de discourir sur le harcèlement, n'apporte aucune mise en perspective intéressante, mais au contraire crée un malaise lié à l'énormité des situations, caricaturales davantage que désopilantes. Ici ou là néanmoins, se glissent de petits moments de vie, une vérité de la relation amoureuse, une forme de délicatesse précieuse et plutôt touchante. Une lecture souvent honteuse, parfois plaisante, excessivement sucrée même quand parcourue à l'occasion de la St Valentin.
Spirou et Fantasio Classique - La Baie des Cochons
Je n’ai pas du tout aimé cet album, que j’ai trouvé franchement raté, rempli de défauts. Seul le dessin m’empêche d’être encore plus sévère. En effet, les traits des personnages sont globalement plutôt réussis, il n’y a pas vraiment de trahison à ce niveau (même si arrière-plan et décors sont moins travaillés, et si bien sûr, c’est moins dynamique que Franquin – voire Fournier). Mais voilà ; le récit ne m’a jamais accroché, bien au contraire. D’abord, je trouve que c’est une erreur majeure, dans ce type de récit et avec des personnages déjà bien ancré dans l’imaginaire populaire, de les faire intervenir dans la grande Histoire. Je ne suis a priori pas bégueule, et veux bien admettre que l’on égratigne le Che, Castro et consorts, mais pas dans ce type de récit. Si les auteurs voulaient glisser une critique du castrisme et/ou de Cuba, ils auraient mieux fait de le faire de manière indirecte, plus subtile, au travers d’un pays et de personnages imaginaires, mais identifiables. Cela aurait même pu donner des ressors comiques plus efficaces. Au lieu de quoi le personnage transparent et ridicule du Che par exemple est fade et le lecteur est immanquablement freiné par la connaissance qu’il a du vrai personnage. Voilà pour le cadre général. Pour les détails, j’ai trouvé l’histoire sans réel intérêt. Surtout, non seulement je ne l’ai jamais trouvé drôle, mais je l’ai en plus trouvé très lourdingue. En effet, le principal – j’allais dire quasiment le seul ressors comique vient de personnages parlant avec un fort accent (espagnol, anglais), leurs dialogues mélangeant français et mots vaguement espingouins ou british. Dans cette collection, j’avais trouvé intéressante et plutôt très réussi Spirou chez les Soviets, intéressant et inégal "Le trésor de San Inferno". Mais cette « Baie des cochons » est en dessous de tout, et trahit quand même pas mal l’univers.
La Physique pour les chats
Presque pas de chats dedans, qu'est-ce que c'est que ce titre mensonger. On essaie d'attirer le chaland avec des chats... C'est une suite de gags en 1 planche et pour ma part je ne trouve pas ça très drôle. Probablement destiné à faire rire un vieux barbu dans des revues scientifiques puisque l'auteur publie dans The New Scientist. C'est sur plein de sujets scientifiques, mêlant parfois de la philosophie. Je ne connaissais pas Tom Gauld. Son dessin est de style variable mais souvent minimaliste, avec des personnages filiformes. Très propre, rien à lui reprocher. C'est sans doute un humour anglais, ils ne sont pas comme nous.