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Murena

Note: 4.29/5
(4.29/5 pour 77 avis)

Diagonale 2014 : prix de la meilleure série. Lutte pour le pouvoir dans la Rome antique.


Au temps de Rome et de l'Empire Romain Best of 1990-1999 Dargaud Jean Dufaux Prix Diagonale Rome

Agrippine seconde femme de Claude et mère de Néron veut empoisonner son mari avant... ... que son mari ne la répudie pour épouser la mère de Lucius Murena. Cette lutte pour le pouvoir sera sanglante et impitoyable. Claude sera empoisonné et Néron prendra le pouvoir, pouvoir que partagera sa mère. Cette série historique se poursuit actuellement par le tome 3 où Néron rencontre des problèmes existentiels... suite au prochain épisode.

Scénariste
Dessinateurs
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution Novembre 1997
Statut histoire Série en cours - cycle(s) terminé(s) (2 cycles de 4 tomes terminés - 12 tomes prévus) 10 tomes parus
Couverture de la série Murena
Les notes (77)
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02/12/2001 | Lucky Luke
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Par Blue Boy
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur Blue Boy

Dire que j’ai été bluffé par cette série serait un euphémisme. J’ai bien conscience que je ne fais pas partie des bédéphiles les plus avertis, mais je m’en veux tout de même un peu de ne pas l’avoir découverte plus tôt. Et pourtant, chaque fois qu’il m’arrivait de flâner dans une librairie (où je ne fais que feuilleter, car je n’aime pas lire dans les librairies…), j’avais toujours été frappé par ces couvertures énigmatiques et suggérant une menace implacable, d’une efficacité redoutable jusqu’au titre évoquant cet étrange poisson prédateur à la réputation sulfureuse. Et puis tout récemment, j’ai franchi le pas en voyant les huit tomes réunis sur une étagère de ma médiathèque… l’occasion était trop belle ! Dès que j’ai attaqué les premières pages, mon intuition s’est vue confirmée : la « murène » a vite pris le dessus pour m’absorber littéralement, moi qui ne demandait que ça. Ce formidable péplum évoquant le règne de Néron est mené de main de maître sur tous les fronts. Tout d’abord, le maître Dufaux, qui du coup porte bien mal son nom et a réussi à produire un scénario impeccable et captivant, malgré toutes les contraintes imposées par la vérité historique, évitant les contresens grâce à une source abondante de documents et de conseils d’historiens chevronnés sur cette période marquante de l’humanité. De même, textes et dialogues sont d’une grande qualité, émaillés de citations de poètes et philosophes de l’époque. Ensuite, le maître Delaby, dont le dessin précis et élégant réussit à cerner parfaitement ses sujets : luxe de détails et/ou magnificence quand il s’agit de scènes contextuelles (paysages, intérieurs, scènes de rue…), expressivité des visages, des principaux personnages jusqu’au moindre figurant, beauté des corps, masculins comme féminins. Le tout servi par une mise en couleur soignée, en particulier celle, sublime, de Jérémy Petiqueux pour le deuxième cycle. Le premier cycle (tome 1 à 4) évoque l’accession de Néron au pouvoir jusqu’à l’assassinat d’Agrippine. Lucius Murena, lui, ne jouera un rôle déterminant qu’à partir du second cycle (tome 5 à 8 ), au cours duquel les auteurs nous proposent, en jonglant subtilement entre fiction et Histoire, de découvrir quel aurait pu être le battement d’ailes papillonesque qui conduisit au Grand incendie de Rome en l’an 64 … Pas facile d’être bref devant cette immense saga dont les bouts ne se laissent pas prendre si facilement… l’œuvre est d’une grande richesse et extrêmement bien documentée, mais en même temps jamais ennuyeuse. Normal, avec toute cette tension qui irrigue le récit, cette incandescence sourdant sous la couverture…. Quel souffle épique ! Quelle puissance de feu ! Et de feu il est beaucoup question, c’est d’ailleurs un peu le fil conducteur du récit, l’élément incarnant parfaitement la folie de Néron, obsédé qu’est celui-ci par le quatrième élément. Son règne sera comme on le sait marqué de façon irrémédiable par la quasi-destruction de la cité romaine par les flammes, telle une punition divine envers celui qui osa souiller l’une des gardiennes du feu sacré… Les plus critiques pourront toujours arguer d’un certain académisme narratif et graphique, mais lorsque l’académisme produit de tels chefs d’œuvre, je n’y vois pour ma part absolument rien à redire. Je suis réellement impressionné par cette BD-monument qui s’est révélée largement à la hauteur de mes attentes. Les auteurs ont parfaitement su nous émerveiller avec cette peinture stupéfiante de la Ville éternelle, qui ne nous aura jamais paru aussi familière, tout comme les protagonistes, esclaves ou puissants, à la fois si humains et si proches de nous, avec des préoccupations qui pourraient être les nôtres - à la différence près que si une catégorie de gens pouvait être vendue, la vie humaine semblait avoir beaucoup moins de valeur à l’époque !... Par ailleurs, Néron n’apparaît pas seulement comme le tyran cruel que l’Histoire se plaît à dépeindre, mais plutôt comme un être complexe, avec ses failles et ses zones d’ombre, doté d’une sensibilité artistique. Ce qui en outre est passionnant, c’est de voir comment celui-ci va perdre progressivement son âme au contact du pouvoir, d’autant que celui-ci est absolu et marqué du sceau du parricide : au départ affable et innocent, notre César glissera peu à peu vers la folie et la cruauté, faute d’avoir su s’entourer de conseillers éclairés, préférant les flatteries de courtisans ambitieux. Parallèlement, son ami Lucius Murena, fils de patricien gâté par la vie, se changera en « bête » avide de vengeance suite à la disgrâce infligée par Néron. En conclusion, il ne faut pas passer à côté de ce chef d’œuvre. J’en ressors moi-même avec l’envie de me documenter plus sérieusement sur cette Rome antique qui n’en finit pas de nous fasciner et nous interroger, nous, humains de ce début de XXIème, pressentant confusément l’imminence du Grand incendie planétaire. ----------------------------- Chapitre 10 : Le banquet Si l’on en croit la préface de Jean Dufaux, il s’en est fallu de peu pour que la série s’arrête après le neuvième volet (premier épisode du troisième cycle), suite à la mort de son dessinateur, le talentueux Philippe Delaby. Quatre ans après, trouver quelqu’un à la hauteur de la tâche ne s’avérait pas une mince affaire, mais l’Italien Theo, très apprécié par Delaby, semble avoir relevé le défi de façon très naturelle. Son trait possède les mêmes attributs, faits à la fois de puissance et de finesse. C’est à peine si l’on peut déceler un moins grand raffinement dans les détails, mais il faut avoir l’œil bien exercé pour cela. Il faut souligner qu’à la base, l’ambitieux projet prévoyait quatre cycles, et la disparition de Philippe Delaby compromettait gravement sa poursuite. Aujourd’hui, « Murena », comme Rome après le Grand incendie décrit dans le volume précédent, semble ne pas vouloir sombrer dans l’oubli, comme dépassé par sa force intrinsèque qui lui est, sait-on jamais, octroyée par l’aura de la ville éternelle. Theo étant florentin, il n’est pas surprenant qu’il ait accepté d’insuffler son propre talent à l’entreprise, tout en se montrant respectueux vis-à-vis de son prédécesseur. Si Jean Dufaux semble satisfait de ce nouveau départ, le lecteur ne s’en plaindra pas, tant s’en faut. L’effet de surprise n’est évidemment plus là, mais il n’en reste pas moins que ce dixième chapitre reste aussi captivant que ne l’ont été les épisodes précédents, toujours aussi documenté. Et à en croire la couverture, c’est un fabuleux festin qui s’annonce…

01/10/2013 (MAJ le 26/11/2017) (modifier)
Par Erik
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur Erik

Murena est produit par un scénariste très talentueux à savoir Dufaux et un dessinateur hors-paire: Delaby. Murena est un somptueux péplum riche en rebondissement tragiques. L'une de ses grandes forces est de coller scrupuleusement à la réalité historique et de la rendre palpable et émouvante. Le premier cycle "celui de la mère" raconte l'histoire de la jeunesse de l’empereur Néron dans la Rome antique. L'empereur Claude est tombé amoureux d'une jeune femme, délaissant ainsi la terrible Agrippine et son fils adoptif, le futur empereur Néron. Agrippine n'aura de cesse que de faire reconnaître son fils comme unique héritier de l'empire et s'opposer à Brittannicus. Elle sera prête à tout même à tuer ceux qui barrent la route au chemin du trône. Néron est un jeune homme écrasé par le poids de sa mère, il se soumet à tout ce qu'elle prévoit pour lui, jusqu'à être complice du plus terrible des actes. Devenu empereur, ce dernier prend conscience des véritables motivations de sa mère au point d'ordonner son assassinat. Mais avant de disparaître, Agrippine élabore une dernière machination: placer Néron entre les griffes de l'inquiétante Poppée. Le second cycle "celui de l'épouse" explore les années où Néron est enfin parvenu à se soustraire de l'emprise de sa mère et où il règne sans partage sur l'Empire mais où il a succombé aux charmes vénéneux d'une femme encore pire que sa défunte mère. Son meilleur ami Murena apprendra à ses dépens qu'il n'est pas bon de rester près du pouvoir. Néron va sombrer petit à petit dans la folie que lui connaissons attisée par son épouse Popée. Pour autant, l'auteur ne le considère pas comme un personnage tout noir. Il y a comme une espèce de réhabilitation à un moindre degré que l'on ressent par exemple dans le tome 7 où l'on découvre qu'il a véritablement de la peine après la mort de sa fille unique. On voit également qu'il n'a pas allumer le feu dans Rome ce que je croyais véritablement d'après ce qui en avait été dit jusqu'à présent. Oui, le récit de sa vie réserve quelques surprises de taille ! Le troisième cycle est "celui de la mort" et commence véritablement avec le tome 9 à savoir les épines qui sera le dernier dessiné par le regretté Philippe Delaby. On le regrettera beaucoup car il a porté cette série sur des sommets historiques. Autant dire que le tome 10 était particulièrement attendu 4 ans après le dernier. Il fallait prendre la relève de l'excellent dessinateur Philippe Delaby. Pas facile vu le niveau graphique de ce dernier qui frisait avec la perfection. Je n'ai pas été déçu par Théo qui a repris le flambeau avec honneur. C'est la série qui en dépendait véritablement. Il apporte une autre touche tout aussi intéressante. Son dessin est certes un peu plus anguleux et sans doute un peu moins perfectionniste. Cependant, il y a une parfaite maîtrise des corps et des décors tout en assurant un cadrage digne de ce nom à cette production. Une bonne idée que cette tête de cochon pour un banquet assez prometteur. Le récit est relancé par la perte de mémoire de Murena qui va se retrouver mêler à un complot visant à tuer l'empereur. Je considère cette série comme un réel chef d’œuvre tant par le dessin qui frise la perfection que par la psychologie de ses personnages. Les luttes intestines sont montrées dans toute leur dureté. Tous les coups sont permis pour des personnages dévorés par la passion du pouvoir, ce dernier les poussant à accumuler trahisons et crimes! Une BD « culte » même si le personnage du héros portant le nom de la série pourrait être plus étoffé. Il est vrai que c'est le seul personnage principal de la série à être fictif. Murena est tout à tour témoin et acteur de l'existence mouvementée de Néron. C’est du grand art! De loin, une des meilleurs BD historique avec un souci du réalisme qui imprègne chaque case des albums jusque dans ses moindres détails. Bref, Murena restitue dans toute sa splendeur, sa violence et son horreur le règne de Néron. Une captivante et prodigieuse leçon d'histoire! :) :: Note Dessin : 5/5 – Note Scénario : 4.5/5 – Note Globale : 4.75/5

14/02/2007 (MAJ le 12/11/2017) (modifier)
L'avatar du posteur Noirdésir

Je n’ai pas toujours été convaincu par les productions de Dufaux – loin s’en faut ! –, mais là, je dois dire que c’est plutôt une réussite. L’histoire romaine a déjà donné de l’inspiration à de nombreux scénaristes, qui se concentrent généralement sur le tournant entre la République et l’Empire. Si l’on met de côté Astérix, qui ne prétend pas à la crédibilité historique (en faisant par exemple de Jules César un empereur), la plupart des séries ont cherché à maintenir un verni historique pour enjoliver les libertés prises par les scénaristes avec la réalité. Bien souvent c’est bancal et la mayonnaise n’a pas pris. Ici, bien au contraire, je trouve que le travail de Dufaux est équilibré. Il a cherché à « respecter » une trame historique, jusque dans certains détails (expressions, mœurs, personnages, événements), ce que confirme la courte bibliographie (allant du relativement érudit à la grande vulgarisation) qui clôt chacun des albums. C’est plutôt bien fait, mais en plus, cela ne nuit pas à la fluidité d’une intrigue vraiment bien fichue, centrée autour de Néron (il faut dire que les premiers empereurs romains, leur entourage et leurs mœurs offrent aux scénaristes un terrain de jeu fourmillant de possibilités). La grande et les petites histoires sont ici habillement mêlées, avec le personnage de Lucius Murena comme fil rouge et catalyseur d’intrigues entremêlées. Du classique, mais bien fichu donc, une aventure que je vous recommande. Peut-être une légère baisse de régime dans le neuvième tome, mais je fais confiance à Dufaux pour relancer l’aventure après l’incendie de Rome et les persécutions contre les chrétiens. Si la lecture est aussi plaisante, captivante, c’est aussi que le dessin de Delaby est vraiment très bon. Très réaliste, il réussit tous ses personnages, leurs expressions, voire leur évolution (Murena par exemple). Et il croque de belles femmes, Dufaux agrémentant les albums de quelques scènes érotiques – justifiées et non pas simples prétextes – qui font d’Eros un bon complément de Thanatos, très présent dans cette série. Une série très recommandable donc, en tout cas une belle réussite du genre historique. J’espère que la suite se haussera au niveau des deux premiers cycles (même si je m’interroge sur le temps qui passe depuis le premier album du troisième cycle ?).

22/02/2017 (modifier)
Par Miguelof
Note: 2/5

Oui, c'est très bien de faire de la BD historique mais cette série n'a pas réussi à me convaincre. Tout me semble trop figé, trop distant. Je reste indifférent aux personnages, à l'intrigue, aux tomes suivants... et j'ai fait un véritable effort pour tout lire ! Les dessins ont évolué, certes, mais pas de vraies émotions aux visages, pas de suffisant dynamisme dans l'action ! Les combats, le sexe, tout me semble trop conventionnel et artificiel. Le scénario, oui... mais bof... je préfère quand même les grands historiens français, les séries de BBC ou les romans de Robert Graves. Même avec Alix de J. Martin, j'avais plus d'empathie !

04/07/2015 (modifier)
Par sloane
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur sloane

Au passage des 500 avis il me fallait trouver quelque chose de grandiose, voilà qui est fait avec Murena. Quelle série!, Quelle histoire! En même temps Mrs Dufaux et Delaby avaient de quoi se mettre sous la plume, la Rome antique et la vie des Césars permettaient d'offrir aux lecteurs une geste, une saga, une tragédie à la hauteur de leurs ambitions. Dans l'inconscient collectif, Rome c'est Jules César, quelques noms d'empereurs, Claude, Néron, Caligula, Hadrien ou des noms bizarres comme Sévère ou Commode. C'est aussi les romains qui ont conquis le Gaule et fait prisonnier le célèbre Vercingétorix, une icône nationale. Plus près de nous ce peuple fut utilisé pour faire rire au travers des aventures d'Astérix le Gaulois. Ici les auteurs nous entraine au cœur même de l'empire de l'accession au pouvoir de Néron jusqu'au célèbre incendie de Rome. C'est Dufaux qui signe le scénario et le moins que l'on puisse dire est que celui ci est millimétré. Rigueur historique autant que faire se peut, documentation plus que sérieuse et d'une grande précision sur la vie à Rome à cette époque, les us et coutumes de ce temps sont assimilées et retranscrites de belle manière. Cela permet aux lecteurs, non seulement de suivre une histoire complexe, mais en même temps d'apprendre une foultitude de choses sur le vie de l'empire romain. Tout est fait sans didactisme, sans préciosité, sans ce côté professoral qui aurait pu être un écueil et rebuter le lecteur. L'ensemble est conçut comme ce que j'oserais appelé un véritable thriller antique. L'on sait bien d'ailleurs que nous n'avons rien inventé, tout était déjà là dans le théâtre grec et la mythologie. Nous sommes donc au delà du simple péplum. Et puis cette lecture permet d'aller au delà de ce qui nous est conté, comme un de mes prédécesseurs, je suis retourné voir ici ou là afin de regarder les évènements antérieurs ou postérieurs à cette histoire. Si le scénario est ce qu'il est convenu aujourd'hui d'appeler une claque quand à sa maitrise que dire du dessin! Delaby dans un style réaliste propose du grand art. En dessinant notamment les bâtiments, temples et palais de Rome on aurait pu craindre une certaine raideur, mais rien de tout cela, la qualité du dessin et la colorisation assez exceptionnelle nous donnent l'impression d'être au cœur des choses. Et puis que dire des costumes, des coiffures, des intérieurs et puis, et puis, et puis, tout est magnifiquement en place. Détail d'importance, les visages sont expressifs et les expressions bien maîtrisées renforcent s'il en était besoin le charisme, la forte personnalité de tout ce beau monde. Cette série, et c'est tout à son honneur, ne s'interdit rien. Pas de concession à un quelconque politiquement correct. Tout nous est montré, l'or et la pourpre mais aussi la misère crasse dans laquelle une partie de la population vivait, les coups politiques tous plus tordus les uns que les autres, la bassesse, la compromission des uns ou des autres. De même les "plaisirs " de l'époque: jeux du cirque, orgies, viols, etc... C'était il y a 2000 ans! Que de progrès depuis , n'est ce pas!!! Voilà donc une série incontournable qui bruit de fureur et de passion et ne doit pas être réserver aux seuls amoureux de l'histoire car elle possède de nombreux éléments qui encore aujourd'hui font échos. C'est donc une réussite totale tant au plan scénaristique que graphique. A lire et à faire découvrir.

21/02/2015 (modifier)
Par Thobias
Note: 4/5

J'aime beaucoup parce que cette période de l'histoire me passionne mais ça aurait pu être mieux. Premièrement le personnage principal ne m'intéresse pas, de même que la rivalité entre deux gladiateurs. Deuxièmement le dessin ne me plaît pas, froid, sans âme (peut-être que c'est une tentative de faire de la statuaire à l'antique, je ne sais pas). Reste que ces intrigues sont passionnantes. Ce qui est extraordinaire dans cette série est finalement directement fourni par l'histoire: l'évolution d'un empereur de plus en plus mégalomane et fou et ses rapports avec son entourage. Le personnage d'Agrippine m'a toujours fasciné. Je comprends la création du personnage de Murena pour donner un fil conducteur et un point de vue au lecteur, un peu comme la géniale série Rome nous fait suivre le destin de deux centurions pour nous présenter les intrigues politiques de l'époque, mais franchement on s'en fout de ce perso, c'est Néron et son entourage qu'on veut voir, pas lui. 3,5/5

22/05/2014 (modifier)
L'avatar du posteur Agecanonix

Avis n°500, il faut donc une Bd exceptionnelle, je l'ai trouvée. Après le Moyen Age, l'Antiquité grecque et romaine est ma seconde période historique préférée, autant dire que je suis très attentif à la démonstration de Dufaux et Delaby. D'abord, il y a le magnifique travail de Delaby sur les couvertures d'albums, qui par leur aspect choc et superbe, interpellent le quidam. Dufaux, c'est un scénariste inconstant qui peut produire du mauvais comme Conquistador (Glénat) et du très bon comme ici. Une fois qu'on a mis le nez dans cette Bd, on a vraiment du mal à la lâcher, tant c'est prenant. Cette somptueuse série atteint des sommets dès ses débuts dans le traitement, le dialogue, et surtout le dessin de Delaby ; quels progrès depuis ses premières séries Bran et L'Etoile Polaire. Son trait à la fois puissant et raffiné, précis et travaillé, renforce la vision très crue de la Rome antique vue par Dufaux. Une vision sans complaisance et très noire sur les luttes de pouvoir, qui selon l'historien Michael Green, "fera connaître l'Antiquité romaine plus vite et sans doute mieux que tous les livres d'Histoire". D'ailleurs, en la lisant, et malgré les bonnes connaissances que j'ai de cette période romaine, je ne pouvais m'empêcher de compulser mes encyclopédies pour approfondir tel fait évoqué ou éclairer tel personnage. Car c'est bien là le but des auteurs : montrer les intrigues de palais, les assassinats, empoisonnements, trahisons, compromissions qui déchirent la famille impériale ; on pénètre dans les arcanes de la politique où se jouent les complots sordides, l'avidité du pouvoir et l'ambition effrénée des principaux acteurs, en tête Agrippine qui empoisonne son époux, l'empereur Claude, pour placer sur le trône son fils Néron dont elle veut faire un pantin derrière lequel elle régnera. Mais Néron, malgré ses 17 ans, se dresse contre la cupidité démesurée de sa mère et entame un début de règne placé sous le sceau du sang, car on apprend aussi en lisant cette saga romaine, que la vie humaine n'avait à cette époque que bien peu de prix. Si tout ceci était narré d'une façon encyclopédique, ça ne tiendrait pas, et la réussite des auteurs réside dans la façon habile de présenter ces faits et ces personnages en fournissant en même temps un excellent divertissement, il faut que le lecteur soit passionné par une intrigue qui tient le coup et une ambiance attractive ; ce but est atteint. Il n'y a pas de vrai héros au sens propre du terme dans la série, plutôt des anti-héros dont chacun a sa part de noirceur, que ce soit Britannicus, Acté, Pétrone, Sénèque, Poppée, Tigellin, Othon, Galba, Locuste... tous authentiques, au contraire du personnage-titre Lucius Murena, ami de Néron qui ne joue finalement qu'un rôle assez secondaire, tout au moins dans le 1er cycle ; par la suite, il sera moins falot et s'étoffera, et c'est Néron qui porte tout le récit. Les autres personnages fictifs sont des esclaves ou des gladiateurs comme Draxius, Balba le Nubien ou le féroce Massam....qui dans certaines scènes violentes, pimentent une action basée sur la réalité historique, mais ponctuée de nombreux trous que les auteurs comblent habilement par une imagination plausible. La rythmique du récit se ressent parfois d'un léger aspect didactique, car les auteurs s'appuient sur des ouvrages sérieux qu'ils citent en fin d'album, suivis d'un glossaire pour éclairer le lecteur ; cet aspect est cependant indispensable si le néophyte veut bien comprendre le fonctionnement de cette Rome impériale, où les séquences de palais alternent avec des scènes de combat de gladiateurs, ou d'autres franchement érotiques mais jamais gratuites, car servant l'intrigue. Malgré l'aspect documenté, les auteurs ont commis quelques erreurs au début qu'ils ont vite réparées. Depuis 15 ans, "Murena" s'est imposée comme l'une des meilleures séries de bande dessinée réaliste, et a redonné ses lettres de noblesse au péplum tout comme Gladiator l'a fait au cinéma. Elle véhicule un tourbillon de mort, de sang et de passions réellement fascinant auquel il est difficile de résister. A lire absolument.

10/09/2013 (modifier)

Une BD culte, c'est par exemple une série pour laquelle, avant de te plonger dans chaque tome, tu te demandes "est-ce que ça restera aussi bien qu'avant ?", et, rapidement, tu t'aperçois que le réponse est oui. C'est aussi ces fameuses oeuvres, dans lesquelles on se plonge, tard le soir, alors que le lendemain, y a boulot...et on se dit, "aller, juste un quart d'heure, et j'éteins la lumière.", et en fait, on se fait deux tomes d'affilé. Murena fait indiscutablement partie de cette catégorie. J'ai commencé par acheter les trois premiers tomes, que j'ai dévoré très rapidement, il y a quelques mois. J'ai récemment acheté les tomes 4 et 5, et lors de la relecture du premier trio, le plaisir fut toujours entier. J'ai trouvé le deuxième cycle un peu moins bon que le deuxième, les évènements étant plus linéaires, et les relations entre les personnages moins compliquées, moins recherchées, mais, globalement, ça reste du très très haut niveau. J'ai rarement vu des dessins et des couleurs aussi beaux, même si, concernant ce dernier paramètre, je préfère aussi le premier cycle au deuxième. En fait, je pense même que c'est la plus "belle" BD que j'ai lue, au sens graphique du terme. Les couvertures, le petit portrait en première page, Dufaux et Delaby nous en mettent plein la vue dès le départ, et nos globes oculaires trépignent d'impatience ! On appréciera aussi l'enseignement que l'on tire de cette BD, sur l'histoire en général, les moeurs, les personnages, et les bâtiments de l'époque (liste non exhaustive !), grâce au glossaire en fin d'ouvrage. Je n'aurai donc qu'un mot pour ma conclusion: bravo ! (256)

26/08/2013 (modifier)

Avis après lecture du tome 9 Murena, c'est rebutant de prime abord, mais l'intrigue se met en place en fin de premier tome. Ici, il ne s'agit pas vraiment d'action, on est plus dans la psychologie du personnage et le cynisme des intrigues. Prenant place dans la Rome antique, sous le règne de Néron, nous suivons les vies et morts de plusieurs protagonistes qui vont se croiser, s'aimer et se déchirer dans un moment charnière du monde, entre le déclin de l'empire romain et l'apparition du christianisme. La force du récit, c'est de mêler fiction et réalité, en guidant d'une part le lecteur vers une approche documentaire de la période tout en apportant une bonne dose de divertissement à base de violence, de sexe, de trahison et autres retournements de situation astucieux. Quand le tout est porté par un dessin fin et dynamique, à la beauté esthétisante, on touche au sublime dans le genre, ne souffrant d'aucune baisse de régime jusqu'à présent.

10/06/2013 (modifier)
Par Miranda
Note: 2/5
L'avatar du posteur Miranda

Moi qui m’attendais à une lecture exceptionnelle la déception a été à la hauteur de mes espérances. Avant de faire un avis sur une série aussi prisée et estimée j’ai pris mes précautions en la lisant deux fois ! Ou presque. J’ai lu il y a quelques temps les quatre premiers tomes, je me souviens avoir soufflé, soupiré, gémi, pesté, levé les yeux au plafond à défaut de ciel et de Dieux, sur cette histoire écrite avec les couilles de Pluton et la complicité de la Gorgone, j’ai été pétrifiée d’ennui tout du long ! Ma relecture s’est arrêté au tome 2 où la même morosité s‘est vite installée. « Murena » c’est comme une mauvaise pièce de théâtre qui se déroulerait dans un cadre idyllique. Des décors somptueux, des costumes magnifiques, mais au moment où les acteurs ouvrent la bouche tout s’écroule, une diarrhée textuelle sans intérêt et sans vie, à l’image des dialogues et du lettrage, qui semblent avoir été écrits tous les deux par des écoliers de 15 ans. Le lettrage fout en l’air le visuel et le contenu gâche le récit. Le ton est trop gentil et l’ensemble à la limite un peu puéril, et ce ne sont pas les trois gouttes de sang, les deux nichons et les quatre phallus que l’on entrevoit de temps en temps qui vont rehausser le tout et lui donner un semblant de maturité. Et puis les personnages sont tellement fades et stéréotypés qu’ils m’ont agacée presque immédiatement. Etant une fervente adepte de la série TV « Rome », Murena ne fait pas le poids se révélant lisse et insipide. J’ai vraiment du mal avec les scénarios de Dufaux, qui sont pour la plupart empreints de facilité et de naïveté, comme certaines séries moisies, mais il sait toujours s’accompagner de dessinateurs de talent ce qui a toujours réussi à me piéger, mais j’arrête là les frais avec cet auteur. Je lirai quand même les deux ou trois B.D. que j’ai de lui et basta. Deux étoiles, car si je n’ai pas apprécié, ce n’est pas mauvais non plus.

15/02/2012 (modifier)