Comme mes autres collègues, je suis passé à côté de cette BD. En fait, ce sont les mêmes sentiments qui prédominent suite à la lecture : l'ennui et l'impression que la BD s'adresse à quelqu'un d'autre.
Je connais l'auteur Salinger dont j'ai lu "L'attrape-cœur" que je n'ai pas du tout aimé, mais je ne connaissais pas sa vie en générale. Et malheureusement, cette BD n'est pas une réelle biographie, mais un extrait biographique seulement, celui du premier mariage de Salinger. Ce qui est intéressant pour des personnes qui apprécient l'auteur, mais lorsqu'on ne connait pas spécialement sa vie et qu'on s'intéresse de très loin à son œuvre, c'est pas très passionnant. Le personnage de Salinger n'est pas très sympathique de prime abord, motivé par son traumatisme de la guerre et les horreurs qu'il y aura vu, et sa femme est mystérieuse sans que l'on ne comprenne réellement ce qu'elle est tout au long de l'histoire. L'alchimie prend assez peu et finalement je me désintéresse de ce couple bavard qui s'engueule.
La BD est produite par une chercheuse ayant travaillé sur Salinger et je dirais que ça se sent. C'est le résultat d'une personne très intéressée par l'auteur, cherchant à comprendre certains détails de sa vie et le sens qu'on peut lui donner, mais sans donner au tout venant l'envie de s'y intéresser. Si l'on ne connait pas Salinger on qu'on s'en fiche, cette BD n'apprend rien, n'apporte rien et s'oublie vite. C'est un travail sérieux, documenté, construit et riche, mais qui ne contentera qu'un petit cercle d'initiés dont je ne fais pas partie. D'autant que la BD est parfois trop précise pour des néophytes (comme par exemple sur les citations de poèmes ou les dates et lieux) mais ne permet pas d'appréhender l'intérêt de ce qui est raconté.
Le dessin est sobre, assez froid mais en accord avec le ton global. Il est malheureusement plombé par le texte assez présent, trop d'ailleurs, qui rend la BD bavarde et lourde. C'est de fait assez peu plaisant à lire, et globalement je ne peux la conseiller qu'aux personnes très intéressées par la vie de Salinger, les autres peuvent clairement faire l'impasse dessus.
En découvrant cette BD, je me vois contraint de dissocier le fond de la forme. Sur le fond, je suis en accord avec le message de l'auteur et je salue la rigueur du travail documentaire. Sur la forme, en revanche, la lecture de l'album m'a été extrêmement pénible.
Saison brune est un reportage graphique très solidement documenté sur le réchauffement climatique et ses conséquences. Le travail de recherche de Philippe Squarzoni est impressionnant, sérieux et sincère. L'album couvre un spectre très large de données scientifiques, économiques et politiques, avec une volonté manifeste de rendre ces enjeux accessibles au plus grand nombre. L'ouvrage va bientôt avoir quinze ans et certaines données ont évolué depuis, mais d'autres étaient déjà en avance sur leur temps, d'autant plus que l'auteur rappelle qu'elles étaient connues parfois depuis des décennies.
Sur le fond, l'ensemble est donc très complet, mais inadapté à ma manière de lire. J'ai réellement eu l'impression de parcourir un livre ou un essai documentaire plutôt qu'une bande dessinée. Malgré l'intérêt indéniable du sujet, l'album m'a paru laborieux. L'accumulation de chiffres et d'interventions dilue le propos et engendre parfois de la confusion, notamment lorsque certaines données semblent se contredire sans être clairement explicitées. Cette surcharge nuit à la lisibilité et affaiblit par moments la portée du discours.
J'ai également été gêné par l'orientation très marquée de la dernière partie, où une place importante est accordée aux membres d'ATTAC. Leurs analyses ne sont pas dénuées d'intérêt, mais leur omniprésence confère à l'ensemble une coloration politique trop exclusive, avec le sentiment que seule cette vision du monde serait envisageable, au détriment d'autres pistes pourtant pertinentes (notamment autour de la démographie).
Sur la forme, le choix d'un dessin très froid et d'un découpage rigide renforce l'aspect scolaire de l'album. En tant que bande dessinée, le médium est très peu exploité. Les pages s'enchainent, montrant essentiellement des visages statiques s'adressant directement au lecteur pour exposer analyses et faits. La seule mise en scène véritablement propre à la BD concerne les états d'âme de l'auteur, qui viennent s'intercaler entre ces séquences documentaires tenant davantage du livre illustré. J'ai réellement ressenti que la dimension BD se greffe sur un essai littéraire classique sans apporter de fluidité de lecture ni de narration graphique justifiant l'usage de ce médium.
Ma note est à considérer comme profondément subjective. Il s'agit d'un ouvrage dense, honnête et intellectuellement stimulant, qui soulève de véritables questions et invite à la réflexion, mais qui m'a ennuyé par sa lourdeur, son ton souvent déprimant et son absence de propositions concrètes. Un livre important, sans doute, mais que je ne me vois ni relire ni recommander à tous.
Bon ben je pense que je suis passé à coté de cet album.
Il y a des qualités et je comprends pourquoi d'autres lecteurs ont adoré. Le dessin est élégant et on utilise bien la couleur... le problème est que je trouve que ce style est froid et que peu d'émotions en ressortent. C'est la raison principale pourquoi je n'ai pas accroché : les émotions. Tout le long de l'album, je n'ai pas ressenti grand chose en dehors d'un certain ennui. Je ne me suis pas attaché aux personnages et à leurs destins tragiques. J'ai trouvé que c'était long (heureusement qu'il y a plusieurs pages avec peu de textes) et que j'avais déjà vu des éléments du scénario dans des œuvres qui m'ont plu marqué.
En gros, ce n'était pas un album pour moi.
L’introduction est un clin d’oeil amusant à Eco et attire l’attention. Le dessin est intéressant, mais hélas souvent maladroit.
Ce qui fait mal aux yeux, par contre, ce sont les anachronismes partout : dans les meubles, les vêtements, les scènes de rues, l’architecture intérieure et extérieure. On perd rapidement l’effet "plongée dans le passé" quand on sursaute à chaque page. Un minimum de rigueur documentaire aurait été le bienvenu.
Du coup, il est légitime de se méfier de l’intrigue elle-même. Cela se veut documenté, mais... N’est pas Eco qui veut.
A la limite de mettre 1* à cet album, c’est vraiment pas bon, même pour les fans absolus de la franchise.
Plus j’avançais dans ma lecture, plus mon peu d’intérêt s’évaporait. En gros, j’ai souri à 2, 3 idées (gags ?) du début avant de trouver ça vraiment lourdingue sur la longueur.
Pourtant l’idée de cette (auto)parodie par JVH ne me rebutait pas, il y avait matière avec notre amnésique préféré. Malheureusement l’intrigue déployée est d’une pauvreté abyssale et on tombe rapidement dans le gros n’importe quoi.
Je n’ai pas aimé non plus la narration bien trop diluée (3 cases par pages la plupart du temps) malgré un dessin solide de Xavier.
En fait, j’ai eu l’impression de lire un cadavre exquis (mais par les mêmes auteurs), un truc improvisé qui ne remplit absolument pas les attentes du lecteur.
Je m’interroge vraiment sur la finalité de cette parution, je ne dis pas en bonus ou cadeau de revue bd, mais c’est franchement à fuir en librairie.
Nota : le seul truc que j’ai un tantinet apprécié c’est que l’on revient sur la (bonne) période JVH niveau référence (ou persos), je n’étais pas trop perdu.
Mo-CDM publie pas mal chez Fluide Glacial, un éditeur qui convient parfaitement à son humour con, débile, crétin, style dans lequel il a produit quelques séries sympas (je pense par exemple à Cosmik Roger, mais aussi d’autres séries plus poussives. C’est plutôt dans cette seconde catégorie que je rangerais « Bibi ».
Bibi est un adolescent caricaturalement mou, amorphe (d’ailleurs il passe une bonne partie des albums à pioncer et rêver – une vie plus palpitante que celle qu’il vit en réalité). C’est une grosse feignasse indécrottable, que son père et son prof de Maths n’arrivent pas vraiment à faire sortir de sa léthargie.
Les deux effets comiques sont donc l’aspect larvaire de Bibi, et le décalage entre cet adolescent boutonneux, loser et mou et ses rêves d’aventure, de conquête (spatial ou féminine), d’action.
Il y a bien quelques gags, quelques chutes amusantes, qui m’ont fait sourire.
Mais c’est loin d’être le cas de toutes. De plus, comme mo-CDM joue quasiment tout le temps sur les mêmes ressorts comiques, ça ne se renouvelle pas toujours suffisamment.
Quant au dessin, il n’est pas toujours lisible et réussi (voir les pages avec de gros monstres difformes). Pour le reste c’est du classique caricatural, avec le prof de Maths qui a les traits habituels du scientifique dans les séries de cet auteur.
Inégal, un peu poussif, les deux tomes parus pour le moment m’ont quelque peu laissé sur ma faim, malgré quelques petits trucs sympas.
Note réelle 2,5/5.
Moins enthousiaste que Ro sur ce premier volume, je dois dire. Je n'ai pas détesté l'univers, et il est vrai que cette saga est relativement prometteuse. Mais j'ai trouvé - justement - que cela mettait trop de temps à démarrer. J'entends le besoin de faire une exposition solide pour poser des bases qui tiendront vraiment par la suite et permettront de déployer les ramifications de tout un univers, mais est-il nécessaire de sacrifier tout un tome pour cela ? À l'époque, on savait faire d'excellentes histoires qui tiennent sur un seul tome, et qui pouvaient exposer leur mythologie subtilement au gré du récit. Ici, j'ai trouvé que l'intrigue très statique et suspendue à l'histoire dans l'histoire racontée par la grand-mère lassait un peu (surtout au gré des parutions du journal Spirou).
Bref, au-delà de ça, j'ai un peu de mal avec ce dessin informatique, plutôt bien exécuté, mais qui manque d'âme. Je sais que c'est devenu commun de dessiner à la tablette, mais il manque dans la plupart de ces bandes dessinées ce petit je-ne-sais-quoi, un supplément d'âme qui permette à la bande dessinée de se hisser au-dessus du lot. Cela dit, j'ai lu ce récit sans déplaisir excessif, mais sans être particulièrement emballé non plus.
Enfin, la qualité des dialogues et notamment de la narration sont assez pauvres, au point que j'avais parfois l'impression de lire une fanfiction écrite par des adolescents... Correctement écrit, certes, mais il me manquait un fil directeur pour comprendre à quoi servaient tous ces détours narratifs qui maintiennent l'histoire dans ce statisme qui, à mon sens, la dessert.
Je suis donc loin d'avoir détesté, mais ma note correspond vraiment au "Bof, sans plus" accompagnant les 2 étoiles sur ce site. Je suis toutefois prêt à rehausser largement mon avis si le deuxième tome me convainc. Il n'y a pas besoin de grand-chose pour que cet univers sombre et enchanté réussisse à m'emporter...
Dans la catégorie Erotisme, cette collection était gage de qualité, une couverture similaire pour chaque album. Ici nous avons le tome 14 avec une idée sympathique et plutôt moins artificielle que souvent dans ce genre d'exercice : un homme banquier propose à une femme prostitué de luxe de refaire le pari de son aïeul à savoir faire le tour du monde mais sans payer un centime, uniquement en utilisant ses faveurs pour voyager. C'est simple efficace, et notre belle va se faire servir tout au long d'un voyage vers l'est. Les pose lascives sont légion et la présence de l'homosexualité d'un passe partout bien débrouillard est également rare en cette époque de publication. Si bien sur tout cela ne va pas chercher bien loin, je dois néanmoins avouer que c'est l'une des rares BD érotiques qui restent dans ma bibliothèque. Le dessin est soigné bien que répétitif, les fellations en voiture précèdent des moments plus doux en bateau de croisière. Pour notre époque de couleur, de gros plan et de finesse relative tout cela est décalé et va manquer à trouver sa cible, pas assez inventif ou posant des fantasmes pour être du porno et pas assez doux et créatif pour être du bon érotique, un entre deux avec un peu de nostalgique et pourtant que je trouve nettement plus brillant que 90 % des productions de ce type.
Alors restons à bof, mais c'est tellement mieux que tant de chose...
Certes il faut être tolérant car c'est plutôt destiné à un public jeune. C'est une histoire dans l'air du temps sur le dérèglement climatique, on se trouve dans un village peuplé de mignons animaux où il pleut tout le temps, un peu comme en Bretagne en ce moment. Du coup l'eau monte, les rivières débordent. Est-ce l'apocalypse ? On suit des enfants qui s'inquiètent. Cela reste naïf et sans trop de réflexion derrière. Le dessin est bien, il y a malgré tout un fort problème d'architecture au niveau des fenêtres, elles sont mal posées dans les vues intérieures, normalement elles arrivent à fleur du mur.
Un manga assez court de 130 pages, avec 3 histoires inspirées de la vie de Coco Chanel. Etonnamment on y voit des bouteilles de n°5, je me suis demandé si c'était pas sponsorisé par la marque. A part cela le lien avec la vie de Chanel est ténu. Les histoires sont plutôt anecdotiques et rapidement oubliées. La première rappelle Alice au pays des merveilles. Une autre plus longue porte sur un couple de garçons qui sèchent les cours et décident de s'habiller en jupe en surmontant leur peur du regard des passants dans la rue. Il y a toute une interview des auteurs plutôt longue à la fin, une bonne dizaine de pages et que je n'ai fait que survoler. On comprend l'hommage qu'ont voulu réaliser les auteurs mais ça ne m'a pas emballé.
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Salinger - Avant l'Attrape-Coeurs
Comme mes autres collègues, je suis passé à côté de cette BD. En fait, ce sont les mêmes sentiments qui prédominent suite à la lecture : l'ennui et l'impression que la BD s'adresse à quelqu'un d'autre. Je connais l'auteur Salinger dont j'ai lu "L'attrape-cœur" que je n'ai pas du tout aimé, mais je ne connaissais pas sa vie en générale. Et malheureusement, cette BD n'est pas une réelle biographie, mais un extrait biographique seulement, celui du premier mariage de Salinger. Ce qui est intéressant pour des personnes qui apprécient l'auteur, mais lorsqu'on ne connait pas spécialement sa vie et qu'on s'intéresse de très loin à son œuvre, c'est pas très passionnant. Le personnage de Salinger n'est pas très sympathique de prime abord, motivé par son traumatisme de la guerre et les horreurs qu'il y aura vu, et sa femme est mystérieuse sans que l'on ne comprenne réellement ce qu'elle est tout au long de l'histoire. L'alchimie prend assez peu et finalement je me désintéresse de ce couple bavard qui s'engueule. La BD est produite par une chercheuse ayant travaillé sur Salinger et je dirais que ça se sent. C'est le résultat d'une personne très intéressée par l'auteur, cherchant à comprendre certains détails de sa vie et le sens qu'on peut lui donner, mais sans donner au tout venant l'envie de s'y intéresser. Si l'on ne connait pas Salinger on qu'on s'en fiche, cette BD n'apprend rien, n'apporte rien et s'oublie vite. C'est un travail sérieux, documenté, construit et riche, mais qui ne contentera qu'un petit cercle d'initiés dont je ne fais pas partie. D'autant que la BD est parfois trop précise pour des néophytes (comme par exemple sur les citations de poèmes ou les dates et lieux) mais ne permet pas d'appréhender l'intérêt de ce qui est raconté. Le dessin est sobre, assez froid mais en accord avec le ton global. Il est malheureusement plombé par le texte assez présent, trop d'ailleurs, qui rend la BD bavarde et lourde. C'est de fait assez peu plaisant à lire, et globalement je ne peux la conseiller qu'aux personnes très intéressées par la vie de Salinger, les autres peuvent clairement faire l'impasse dessus.
Saison brune
En découvrant cette BD, je me vois contraint de dissocier le fond de la forme. Sur le fond, je suis en accord avec le message de l'auteur et je salue la rigueur du travail documentaire. Sur la forme, en revanche, la lecture de l'album m'a été extrêmement pénible. Saison brune est un reportage graphique très solidement documenté sur le réchauffement climatique et ses conséquences. Le travail de recherche de Philippe Squarzoni est impressionnant, sérieux et sincère. L'album couvre un spectre très large de données scientifiques, économiques et politiques, avec une volonté manifeste de rendre ces enjeux accessibles au plus grand nombre. L'ouvrage va bientôt avoir quinze ans et certaines données ont évolué depuis, mais d'autres étaient déjà en avance sur leur temps, d'autant plus que l'auteur rappelle qu'elles étaient connues parfois depuis des décennies. Sur le fond, l'ensemble est donc très complet, mais inadapté à ma manière de lire. J'ai réellement eu l'impression de parcourir un livre ou un essai documentaire plutôt qu'une bande dessinée. Malgré l'intérêt indéniable du sujet, l'album m'a paru laborieux. L'accumulation de chiffres et d'interventions dilue le propos et engendre parfois de la confusion, notamment lorsque certaines données semblent se contredire sans être clairement explicitées. Cette surcharge nuit à la lisibilité et affaiblit par moments la portée du discours. J'ai également été gêné par l'orientation très marquée de la dernière partie, où une place importante est accordée aux membres d'ATTAC. Leurs analyses ne sont pas dénuées d'intérêt, mais leur omniprésence confère à l'ensemble une coloration politique trop exclusive, avec le sentiment que seule cette vision du monde serait envisageable, au détriment d'autres pistes pourtant pertinentes (notamment autour de la démographie). Sur la forme, le choix d'un dessin très froid et d'un découpage rigide renforce l'aspect scolaire de l'album. En tant que bande dessinée, le médium est très peu exploité. Les pages s'enchainent, montrant essentiellement des visages statiques s'adressant directement au lecteur pour exposer analyses et faits. La seule mise en scène véritablement propre à la BD concerne les états d'âme de l'auteur, qui viennent s'intercaler entre ces séquences documentaires tenant davantage du livre illustré. J'ai réellement ressenti que la dimension BD se greffe sur un essai littéraire classique sans apporter de fluidité de lecture ni de narration graphique justifiant l'usage de ce médium. Ma note est à considérer comme profondément subjective. Il s'agit d'un ouvrage dense, honnête et intellectuellement stimulant, qui soulève de véritables questions et invite à la réflexion, mais qui m'a ennuyé par sa lourdeur, son ton souvent déprimant et son absence de propositions concrètes. Un livre important, sans doute, mais que je ne me vois ni relire ni recommander à tous.
Les Notes rouges
Bon ben je pense que je suis passé à coté de cet album. Il y a des qualités et je comprends pourquoi d'autres lecteurs ont adoré. Le dessin est élégant et on utilise bien la couleur... le problème est que je trouve que ce style est froid et que peu d'émotions en ressortent. C'est la raison principale pourquoi je n'ai pas accroché : les émotions. Tout le long de l'album, je n'ai pas ressenti grand chose en dehors d'un certain ennui. Je ne me suis pas attaché aux personnages et à leurs destins tragiques. J'ai trouvé que c'était long (heureusement qu'il y a plusieurs pages avec peu de textes) et que j'avais déjà vu des éléments du scénario dans des œuvres qui m'ont plu marqué. En gros, ce n'était pas un album pour moi.
Hérétique
L’introduction est un clin d’oeil amusant à Eco et attire l’attention. Le dessin est intéressant, mais hélas souvent maladroit. Ce qui fait mal aux yeux, par contre, ce sont les anachronismes partout : dans les meubles, les vêtements, les scènes de rues, l’architecture intérieure et extérieure. On perd rapidement l’effet "plongée dans le passé" quand on sursaute à chaque page. Un minimum de rigueur documentaire aurait été le bienvenu. Du coup, il est légitime de se méfier de l’intrigue elle-même. Cela se veut documenté, mais... N’est pas Eco qui veut.
XIII Parody
A la limite de mettre 1* à cet album, c’est vraiment pas bon, même pour les fans absolus de la franchise. Plus j’avançais dans ma lecture, plus mon peu d’intérêt s’évaporait. En gros, j’ai souri à 2, 3 idées (gags ?) du début avant de trouver ça vraiment lourdingue sur la longueur. Pourtant l’idée de cette (auto)parodie par JVH ne me rebutait pas, il y avait matière avec notre amnésique préféré. Malheureusement l’intrigue déployée est d’une pauvreté abyssale et on tombe rapidement dans le gros n’importe quoi. Je n’ai pas aimé non plus la narration bien trop diluée (3 cases par pages la plupart du temps) malgré un dessin solide de Xavier. En fait, j’ai eu l’impression de lire un cadavre exquis (mais par les mêmes auteurs), un truc improvisé qui ne remplit absolument pas les attentes du lecteur. Je m’interroge vraiment sur la finalité de cette parution, je ne dis pas en bonus ou cadeau de revue bd, mais c’est franchement à fuir en librairie. Nota : le seul truc que j’ai un tantinet apprécié c’est que l’on revient sur la (bonne) période JVH niveau référence (ou persos), je n’étais pas trop perdu.
The Amazing Bibi
Mo-CDM publie pas mal chez Fluide Glacial, un éditeur qui convient parfaitement à son humour con, débile, crétin, style dans lequel il a produit quelques séries sympas (je pense par exemple à Cosmik Roger, mais aussi d’autres séries plus poussives. C’est plutôt dans cette seconde catégorie que je rangerais « Bibi ». Bibi est un adolescent caricaturalement mou, amorphe (d’ailleurs il passe une bonne partie des albums à pioncer et rêver – une vie plus palpitante que celle qu’il vit en réalité). C’est une grosse feignasse indécrottable, que son père et son prof de Maths n’arrivent pas vraiment à faire sortir de sa léthargie. Les deux effets comiques sont donc l’aspect larvaire de Bibi, et le décalage entre cet adolescent boutonneux, loser et mou et ses rêves d’aventure, de conquête (spatial ou féminine), d’action. Il y a bien quelques gags, quelques chutes amusantes, qui m’ont fait sourire. Mais c’est loin d’être le cas de toutes. De plus, comme mo-CDM joue quasiment tout le temps sur les mêmes ressorts comiques, ça ne se renouvelle pas toujours suffisamment. Quant au dessin, il n’est pas toujours lisible et réussi (voir les pages avec de gros monstres difformes). Pour le reste c’est du classique caricatural, avec le prof de Maths qui a les traits habituels du scientifique dans les séries de cet auteur. Inégal, un peu poussif, les deux tomes parus pour le moment m’ont quelque peu laissé sur ma faim, malgré quelques petits trucs sympas. Note réelle 2,5/5.
Pym et la forêt éternelle
Moins enthousiaste que Ro sur ce premier volume, je dois dire. Je n'ai pas détesté l'univers, et il est vrai que cette saga est relativement prometteuse. Mais j'ai trouvé - justement - que cela mettait trop de temps à démarrer. J'entends le besoin de faire une exposition solide pour poser des bases qui tiendront vraiment par la suite et permettront de déployer les ramifications de tout un univers, mais est-il nécessaire de sacrifier tout un tome pour cela ? À l'époque, on savait faire d'excellentes histoires qui tiennent sur un seul tome, et qui pouvaient exposer leur mythologie subtilement au gré du récit. Ici, j'ai trouvé que l'intrigue très statique et suspendue à l'histoire dans l'histoire racontée par la grand-mère lassait un peu (surtout au gré des parutions du journal Spirou). Bref, au-delà de ça, j'ai un peu de mal avec ce dessin informatique, plutôt bien exécuté, mais qui manque d'âme. Je sais que c'est devenu commun de dessiner à la tablette, mais il manque dans la plupart de ces bandes dessinées ce petit je-ne-sais-quoi, un supplément d'âme qui permette à la bande dessinée de se hisser au-dessus du lot. Cela dit, j'ai lu ce récit sans déplaisir excessif, mais sans être particulièrement emballé non plus. Enfin, la qualité des dialogues et notamment de la narration sont assez pauvres, au point que j'avais parfois l'impression de lire une fanfiction écrite par des adolescents... Correctement écrit, certes, mais il me manquait un fil directeur pour comprendre à quoi servaient tous ces détours narratifs qui maintiennent l'histoire dans ce statisme qui, à mon sens, la dessert. Je suis donc loin d'avoir détesté, mais ma note correspond vraiment au "Bof, sans plus" accompagnant les 2 étoiles sur ce site. Je suis toutefois prêt à rehausser largement mon avis si le deuxième tome me convainc. Il n'y a pas besoin de grand-chose pour que cet univers sombre et enchanté réussisse à m'emporter...
Le Tour du Monde en 80 jours (Chris)
Dans la catégorie Erotisme, cette collection était gage de qualité, une couverture similaire pour chaque album. Ici nous avons le tome 14 avec une idée sympathique et plutôt moins artificielle que souvent dans ce genre d'exercice : un homme banquier propose à une femme prostitué de luxe de refaire le pari de son aïeul à savoir faire le tour du monde mais sans payer un centime, uniquement en utilisant ses faveurs pour voyager. C'est simple efficace, et notre belle va se faire servir tout au long d'un voyage vers l'est. Les pose lascives sont légion et la présence de l'homosexualité d'un passe partout bien débrouillard est également rare en cette époque de publication. Si bien sur tout cela ne va pas chercher bien loin, je dois néanmoins avouer que c'est l'une des rares BD érotiques qui restent dans ma bibliothèque. Le dessin est soigné bien que répétitif, les fellations en voiture précèdent des moments plus doux en bateau de croisière. Pour notre époque de couleur, de gros plan et de finesse relative tout cela est décalé et va manquer à trouver sa cible, pas assez inventif ou posant des fantasmes pour être du porno et pas assez doux et créatif pour être du bon érotique, un entre deux avec un peu de nostalgique et pourtant que je trouve nettement plus brillant que 90 % des productions de ce type. Alors restons à bof, mais c'est tellement mieux que tant de chose...
Le Pays de l'eau qui monte
Certes il faut être tolérant car c'est plutôt destiné à un public jeune. C'est une histoire dans l'air du temps sur le dérèglement climatique, on se trouve dans un village peuplé de mignons animaux où il pleut tout le temps, un peu comme en Bretagne en ce moment. Du coup l'eau monte, les rivières débordent. Est-ce l'apocalypse ? On suit des enfants qui s'inquiètent. Cela reste naïf et sans trop de réflexion derrière. Le dessin est bien, il y a malgré tout un fort problème d'architecture au niveau des fenêtres, elles sont mal posées dans les vues intérieures, normalement elles arrivent à fleur du mur.
Miroirs
Un manga assez court de 130 pages, avec 3 histoires inspirées de la vie de Coco Chanel. Etonnamment on y voit des bouteilles de n°5, je me suis demandé si c'était pas sponsorisé par la marque. A part cela le lien avec la vie de Chanel est ténu. Les histoires sont plutôt anecdotiques et rapidement oubliées. La première rappelle Alice au pays des merveilles. Une autre plus longue porte sur un couple de garçons qui sèchent les cours et décident de s'habiller en jupe en surmontant leur peur du regard des passants dans la rue. Il y a toute une interview des auteurs plutôt longue à la fin, une bonne dizaine de pages et que je n'ai fait que survoler. On comprend l'hommage qu'ont voulu réaliser les auteurs mais ça ne m'a pas emballé.