Ce qui est assez amusant avec cette série, c'est qu'à y lire les avis précèdents, bons comme mauvais, j'y retrouve des éléments que je pourrais renoter ici.
Oui, il s'agit d'un Seinen assez original à première vue qui semble compiler plusieurs détails inédits mais sur la longueur, il s'agit d'un leurre et d'une histoire assez toute invraisemblable que l'autrice a du concevoir au fur et à mesure de son succès et de son imagination.
Jugez plutôt : Hole est une vie industrielle grise et crasseuse dans une époque indeterminée où cohabitent paumés tentant de survivre comme ils peuvent. Le quotidien est agité par l'arrivée de mages par des portes interdimensionnelles venant s'exercer sur les humains réduits à l'état de cobaye. Notre héros, Caïman, est un amnésique à tête de reptile. Il ne se souvient de presque rien sauf que sa situation serait due à un sort jeté par un de ces fameux mages.
Son but est donc de faire la chasse aux mages et de retrouver son responsable, aidé en cela par la tenancière d'un restaurant de gyozas et d'une tête cohabitant à l'intérieur de sa gueule qui semble savoit qui est le responsable.
Si ce que je viens d'écrire vous semble surréaliste, il ne s'agit que du pitch principal. Le trait charbonneux de l'autrice donne un certain cachet punk mais le mélange des récits semble artificiel même après plusieurs tomes et j'ai eu la sensation de survoler régulièrement le récit sans m'y impliquer. Personne n'est bon ou mauvais par contre les personnages sont irresponsables.
Dorohedoro n'est pas une mauvaise lecture en soit et je comprends facilement le succès de cet empilage d'arcs plus ou moins cohérents mais je pense être passé complètement à côté des propos tant ma lecture fut fastidieuse. Ajoutons à celà un humour faisant rarement mouche et une violence finalement pas si jouissive et j'ai bien du me résoudre que je n'étais surement pas la cible.
Après avoir lu ce one-shot, je comprends qu'il n'ait pas été posté sur ce site avant parce qu'il ne sort pas du tout du lot.
C'est du pur roman graphique qui montre la vie d'un adolescent durant les derniers jours de juillet. En gros, cet ado semble un peu mal dans sa peau, il a des problèmes familiaux (des membres de sa famille qui s'engueulent, la grand-mère qui n’en a rien à foutre et fait juste que regarder la télé). Il passe donc beaucoup de temps dehors avec d'autres jeunes de son âge, dont une fille qu'il semble aimer.
Le scénario m'a ennuyé. Je n'ai rien contre une bande dessinée qui raconte le quotidien, mais il faut quand même avoir quelque chose d'intéressant à dire et ce n'est pas le cas ici. Le personnage principal a certes des problèmes, mais des problèmes que j'ai déjà vus mieux traités dans d'autres histoires. À un moment, ça tourne un peu en rond et lorsque ça se termine je ne savais pas trop où l'autrice avait voulu en venir avec son récit. Je pense que c'est pour les gros fans de récits contemplatifs, en tout cas c'est sûr que si vous aimez l'action vous allez vous ennuyer ferme.
Il y a tout de même quelques qualités. Le dessin est pas trop mal et la narration est dynamique, alors au moins ça se lit facilement, même si je me suis ennuyé du début jusqu'à la fin. Album oubliable en ce qui me concerne.
Mouais. J’ai souvent du mal avec Wolinski, son dessin et son humour, pour lesquels je ne pense pas être le cœur de cible.
Ici encore, son dessin est moyen, avec une colorisation un peu baveuse. Mais bon, c’est lisible et sur ce genre de strips/histoires très courtes, ça n’est pas l’aspect le plus important.
Autre écueil de cet album – représentatif du « style » Wolinski – c’est que c’est verbeux. Le texte sature parfois les pages (il n’y a pas vraiment de gaufrier traditionnel), et du coup c’est parfois indigeste, et l’humour est aussi parfois noyé dans ce texte.
L’ensemble est inégal. Et d’ailleurs, pour confirmer ce que j’écrivais plus haut, les gags qui m’ont le plus amusé sont le plus souvent ceux qui sont les plus directs, qui ont le moins de texte.
Si l’on a souvent des discussions « de couple », le cul et/ou l’amour n’occupent pas tout l’espace, Wolinski se lance aussi au travers de ses personnages dans des digressions – politiques par exemple – qui détonnent un peu.
Inégal donc, amusant parfois, mais aussi indigeste.
Note réelle 2,5/5.
Je découvre cet auteur italien avec cet album. Si graphiquement il possède un indéniable talent, l’histoire en elle-même – si l’on fait abstraction des scènes de sexe, m’a clairement laissé sur ma faim.
Le dessin de Venturi, qui possède quelques accointances avec celui de Magnus, est plutôt bon. Un trait fin, qui use bien du Noir et Blanc, et ne néglige pas les décors (pas toujours présents, mais souvent très détaillés et soignés, c’est même maniéré parfois).
Les scènes de sexe sont elles aussi bien présentées.
Graphiquement donc, c’est agréable.
Le récit quant à lui ne brille pas par son originalité. Le titre fait penser à certains romans de Sade, mais l’intrigue n’en possède ni la force brutale et politique, ni les tensions érotiques violentes.
Une belle et riche veuve – madame de Beaufleur donc – est accusée de maricide, et va durant tout l’album chercher à fuir les suites judiciaires, aidée dans sa fuite par des hommes qui tous vont goûter de son hospitalité intime.
Hélas, les scènes de sexe s’enchainent en faisant perdre tout intérêt à la trame générale, Venturi plaçant ici à peu près tous les classiques du genre, madame de Beaufleur copulant avec tout ce qui passe à sa portée (de ses protecteurs à une nonne lubrique, en passant par toute une bande de brigands), et ce dans toutes les positions. La tension érotique y perd évidemment en même temps que la crédibilité de l’histoire. Madame de Beaufleur aurait pu être dotée d’une personnalité plus forte et perverse je pense, pour donner plus de densité à l’intrigue.
Du sexe en costume (fin du XVIème ou début du XVIIème siècle ?) joli à regarder, mais qui se perd dans les poncifs du genre.
Pas vraiment convaincue par cet album.
Ces petits épisodes mettant en scène Thérèse d’Avila se veulent drôles et irrévérencieux. J’ai vraiment eu du mal à adhérer. L’humour m’a paru forcé, un brin répétitif et verbeux, le côté iconoclaste dilué dans l’absurde.
Peut-être n’étais-je pas dans le meilleur jour pour apprécier.
Parce que je reconnais que Claire Bretécher est certes une pionnière de la bd. Je la trouvais plus drôle dans sa série des frustrés, dont je lisais des extraits de loin en loin il y a longtemps.
De plus son dessin si caractéristique est à mes yeux bien meilleur sans la colorisation présente ici.
J'ai lu cette série (enfin surtout le tome 1, j'ai arrêté au cours du tome 2) parce qu'il y avait le nom du scénariste Jonathan Hickman sur la couverture. Cela m'intriguait car il est considéré comme un bon scénariste par plusieurs fans de comics books américains sur internet alors que le peu que j'avais lu de lui il y a longtemps ne m'a pas impressionné. Je me suis dit que cette série était une bonne opportunité pour mieux le connaitre…et après lecture je pense que je vais continuer d'ignorer toutes ses œuvres que je n'ai pas lues.
C'est dommage parce que le dessin est vraiment très beau et on voit que les auteurs ont fait des efforts pour imaginer cet univers, mais voilà le scénario n’est pas terrible. Il faut savoir qu'il y a plusieurs pages qui expliquent bien ce monde fictif et au lieu de les mettre à la fin de chaque chapitre, comme des bonus, on les met souvent entre deux scènes, cela casse le rythme. Parlant de casser le rythme, il y aussi le fait que les chapitres sont souvent très courts, on dirait presque que chaque scène méritait son propre chapitre ! De plus, l'histoire est vraiment bordélique et décousue. Il n'y a pas grand chose qui a retenu mon attention.
J'ai l'impression que c'est encore un récit où on a pris plus d'attention au contenant qu'au contenu. Le dessin est superbe et rien qu'en feuilletant on a envie de lire cette série. Si on prend chaque planche individuellement, on pense qu'on va lire une bonne série, mais si on met toutes les planches ensemble, on se rend compte qu'il y a des problèmes.
Bon, ben mon avis sera court : je n'ai rien compris à cette histoire.
Alors bien sur, je vois bien la métaphore de la création, l'envie de se perdre dans son œuvre, mais franchement, je ne vois pas trop ce que le récit raconte. Avoir une thématique c'est bien, mais ça ne suffit pas. Ici elle manque de clarté, sans compter que la BD propose plein de choses peu exploitées : la communication à travers le temps, la création, l'internet (enfin, je crois). Le voyage entre les îles avec la chauve-souris géante laisse aussi perplexe : c'est une manière de symboliser les connections entre site internet, une métaphore de l'isolement des artistes ? J'en sais rien et franchement, j'ai pas envie d'en savoir plus. C'est trop rapide comme récit, trop cryptique (pourquoi quelqu'un s'appelle l'Oracle si elle ne donne aucune prédiction ?) et franchement pas très intéressant même dans la résolution.
Le dessin va de pair avec ce récit : un peu bizarre, très carré dans le style, inspiré de manga et d'animés, dynamique et en bichromie qui accentue le coté très artistique de l'ensemble. En somme, ça m'évoque une belle coquille vide qui n'a pas assez de matière pour m'intéresser et semble refuser des clés de lectures immédiates pour qu'on puisse comprendre sans manuel. Pour ma part c'est rangé dans le "m'en fiche", et je vais l'oublier tranquillement. Pas pour moi !
J’ai emprunté au hasard les deux albums à ma médiathèque, pensant découvrir une nouveauté fantasy. Et ce n’est qu’en voulant aviser la série que j’ai appris que c’était une nouvelle réédition d’un « vieux » manga, et aussi apparemment l’adaptation d’un jeu vidéo/anime – que je ne connaissais pas du tout (je pense que le nouvel éditeur, Pika, aurait pu signaler ce fait…).
Dès l’entame j’ai été surpris par l’intrigue, très fortement inspirée de la fantasy européenne classique, et par le dessin, qui lui aussi est plus américain ou européen que japonais, sauf pour certains visages.
Pour rester sur le dessin, il a de belles choses, mais hélas tout est noyé dans quelque chose qui l’enlaidit et/ou le rend difficilement lisible. D’abord, alors que les dessins en couleurs dans la galerie en fin de second volume donnent envie, la série est en Noir et Blanc, mais avec un trait gras, qui rend illisible la plupart des détails – pourtant visiblement nombreux en arrière-plan. Et toutes les scènes – très nombreuses elles aussi – de bataille/bagarre sont confuses et indéchiffrables.
Quant au récit, il manque cruellement d’originalité, dans les grandes lignes comme dans les détails. Les personnages sont caricaturaux, et les dialogues sont eux-aussi coincés dans le même genre de moule. Du coup, difficile de s’attacher aux personnages, à l’intrigue, ou aux dessins. Peut-être ceux qui connaissent l’univers semble-t-il adapté ici y trouveront un peu plus de plaisir, mais j’ai traversé cette série sans enthousiasme, je me suis même plusieurs fois ennuyé, et j’ai refermé le second album en me disant que j’aurais rapidement oublié cette histoire, et qu’il fallait vite écrire mon avis avant que tout disparaisse – sans regret.
On dirait une autofiction en bande dessinée, qui peut nous apprendre, non quelque chose de solide sur l'Iran, mais une impression d'une personne qui en vient. Pourquoi pas le lire, mais à quoi bon le relire ? Il y a des bulles spéculatives en art comme ailleurs, pas forcément en l'occurrence pour gagner de l'argent mais se prouver et manifester aux autres qu'on fait partie des happy few de l'art et de la politique. Il en va de même de tant de choses ! Il faudrait en être. Je ne condamne pas les Rastignac obligés à cet exercice et à tant d'autres, mais quand on n'a rien de véritable à gagner, mieux vaut… tourner la page !
La série débute, et se présente d'ailleurs ainsi sur la longueur, comme un polar relativement classique, avec pour le pimenter un zest de mystère, un halo fantastique.
Mais, si ça se laisse lire - en usant de certains clichés, comme la malédiction consécutive à la découverte d'une tombe égyptienne - je suis quand même sorti sur ma faim de cette lecture.
Surtout que le dernier tome, censé présenter les révélations finales, est plutôt tiré par les cheveux, avec un fantastique qui dénature trop le récit polar (la couverture de cet album m'avait alerté à ce propos).
Note réelle 2,5/5.
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Dorohedoro
Ce qui est assez amusant avec cette série, c'est qu'à y lire les avis précèdents, bons comme mauvais, j'y retrouve des éléments que je pourrais renoter ici. Oui, il s'agit d'un Seinen assez original à première vue qui semble compiler plusieurs détails inédits mais sur la longueur, il s'agit d'un leurre et d'une histoire assez toute invraisemblable que l'autrice a du concevoir au fur et à mesure de son succès et de son imagination. Jugez plutôt : Hole est une vie industrielle grise et crasseuse dans une époque indeterminée où cohabitent paumés tentant de survivre comme ils peuvent. Le quotidien est agité par l'arrivée de mages par des portes interdimensionnelles venant s'exercer sur les humains réduits à l'état de cobaye. Notre héros, Caïman, est un amnésique à tête de reptile. Il ne se souvient de presque rien sauf que sa situation serait due à un sort jeté par un de ces fameux mages. Son but est donc de faire la chasse aux mages et de retrouver son responsable, aidé en cela par la tenancière d'un restaurant de gyozas et d'une tête cohabitant à l'intérieur de sa gueule qui semble savoit qui est le responsable. Si ce que je viens d'écrire vous semble surréaliste, il ne s'agit que du pitch principal. Le trait charbonneux de l'autrice donne un certain cachet punk mais le mélange des récits semble artificiel même après plusieurs tomes et j'ai eu la sensation de survoler régulièrement le récit sans m'y impliquer. Personne n'est bon ou mauvais par contre les personnages sont irresponsables. Dorohedoro n'est pas une mauvaise lecture en soit et je comprends facilement le succès de cet empilage d'arcs plus ou moins cohérents mais je pense être passé complètement à côté des propos tant ma lecture fut fastidieuse. Ajoutons à celà un humour faisant rarement mouche et une violence finalement pas si jouissive et j'ai bien du me résoudre que je n'étais surement pas la cible.
La Fin de juillet
Après avoir lu ce one-shot, je comprends qu'il n'ait pas été posté sur ce site avant parce qu'il ne sort pas du tout du lot. C'est du pur roman graphique qui montre la vie d'un adolescent durant les derniers jours de juillet. En gros, cet ado semble un peu mal dans sa peau, il a des problèmes familiaux (des membres de sa famille qui s'engueulent, la grand-mère qui n’en a rien à foutre et fait juste que regarder la télé). Il passe donc beaucoup de temps dehors avec d'autres jeunes de son âge, dont une fille qu'il semble aimer. Le scénario m'a ennuyé. Je n'ai rien contre une bande dessinée qui raconte le quotidien, mais il faut quand même avoir quelque chose d'intéressant à dire et ce n'est pas le cas ici. Le personnage principal a certes des problèmes, mais des problèmes que j'ai déjà vus mieux traités dans d'autres histoires. À un moment, ça tourne un peu en rond et lorsque ça se termine je ne savais pas trop où l'autrice avait voulu en venir avec son récit. Je pense que c'est pour les gros fans de récits contemplatifs, en tout cas c'est sûr que si vous aimez l'action vous allez vous ennuyer ferme. Il y a tout de même quelques qualités. Le dessin est pas trop mal et la narration est dynamique, alors au moins ça se lit facilement, même si je me suis ennuyé du début jusqu'à la fin. Album oubliable en ce qui me concerne.
Les Secrets d'un couple heureux
Mouais. J’ai souvent du mal avec Wolinski, son dessin et son humour, pour lesquels je ne pense pas être le cœur de cible. Ici encore, son dessin est moyen, avec une colorisation un peu baveuse. Mais bon, c’est lisible et sur ce genre de strips/histoires très courtes, ça n’est pas l’aspect le plus important. Autre écueil de cet album – représentatif du « style » Wolinski – c’est que c’est verbeux. Le texte sature parfois les pages (il n’y a pas vraiment de gaufrier traditionnel), et du coup c’est parfois indigeste, et l’humour est aussi parfois noyé dans ce texte. L’ensemble est inégal. Et d’ailleurs, pour confirmer ce que j’écrivais plus haut, les gags qui m’ont le plus amusé sont le plus souvent ceux qui sont les plus directs, qui ont le moins de texte. Si l’on a souvent des discussions « de couple », le cul et/ou l’amour n’occupent pas tout l’espace, Wolinski se lance aussi au travers de ses personnages dans des digressions – politiques par exemple – qui détonnent un peu. Inégal donc, amusant parfois, mais aussi indigeste. Note réelle 2,5/5.
Les Infortunes de Madame de Beaufleur
Je découvre cet auteur italien avec cet album. Si graphiquement il possède un indéniable talent, l’histoire en elle-même – si l’on fait abstraction des scènes de sexe, m’a clairement laissé sur ma faim. Le dessin de Venturi, qui possède quelques accointances avec celui de Magnus, est plutôt bon. Un trait fin, qui use bien du Noir et Blanc, et ne néglige pas les décors (pas toujours présents, mais souvent très détaillés et soignés, c’est même maniéré parfois). Les scènes de sexe sont elles aussi bien présentées. Graphiquement donc, c’est agréable. Le récit quant à lui ne brille pas par son originalité. Le titre fait penser à certains romans de Sade, mais l’intrigue n’en possède ni la force brutale et politique, ni les tensions érotiques violentes. Une belle et riche veuve – madame de Beaufleur donc – est accusée de maricide, et va durant tout l’album chercher à fuir les suites judiciaires, aidée dans sa fuite par des hommes qui tous vont goûter de son hospitalité intime. Hélas, les scènes de sexe s’enchainent en faisant perdre tout intérêt à la trame générale, Venturi plaçant ici à peu près tous les classiques du genre, madame de Beaufleur copulant avec tout ce qui passe à sa portée (de ses protecteurs à une nonne lubrique, en passant par toute une bande de brigands), et ce dans toutes les positions. La tension érotique y perd évidemment en même temps que la crédibilité de l’histoire. Madame de Beaufleur aurait pu être dotée d’une personnalité plus forte et perverse je pense, pour donner plus de densité à l’intrigue. Du sexe en costume (fin du XVIème ou début du XVIIème siècle ?) joli à regarder, mais qui se perd dans les poncifs du genre.
La Vie passionnée de Thérèse d'Avila
Pas vraiment convaincue par cet album. Ces petits épisodes mettant en scène Thérèse d’Avila se veulent drôles et irrévérencieux. J’ai vraiment eu du mal à adhérer. L’humour m’a paru forcé, un brin répétitif et verbeux, le côté iconoclaste dilué dans l’absurde. Peut-être n’étais-je pas dans le meilleur jour pour apprécier. Parce que je reconnais que Claire Bretécher est certes une pionnière de la bd. Je la trouvais plus drôle dans sa série des frustrés, dont je lisais des extraits de loin en loin il y a longtemps. De plus son dessin si caractéristique est à mes yeux bien meilleur sans la colorisation présente ici.
Decorum
J'ai lu cette série (enfin surtout le tome 1, j'ai arrêté au cours du tome 2) parce qu'il y avait le nom du scénariste Jonathan Hickman sur la couverture. Cela m'intriguait car il est considéré comme un bon scénariste par plusieurs fans de comics books américains sur internet alors que le peu que j'avais lu de lui il y a longtemps ne m'a pas impressionné. Je me suis dit que cette série était une bonne opportunité pour mieux le connaitre…et après lecture je pense que je vais continuer d'ignorer toutes ses œuvres que je n'ai pas lues. C'est dommage parce que le dessin est vraiment très beau et on voit que les auteurs ont fait des efforts pour imaginer cet univers, mais voilà le scénario n’est pas terrible. Il faut savoir qu'il y a plusieurs pages qui expliquent bien ce monde fictif et au lieu de les mettre à la fin de chaque chapitre, comme des bonus, on les met souvent entre deux scènes, cela casse le rythme. Parlant de casser le rythme, il y aussi le fait que les chapitres sont souvent très courts, on dirait presque que chaque scène méritait son propre chapitre ! De plus, l'histoire est vraiment bordélique et décousue. Il n'y a pas grand chose qui a retenu mon attention. J'ai l'impression que c'est encore un récit où on a pris plus d'attention au contenant qu'au contenu. Le dessin est superbe et rien qu'en feuilletant on a envie de lire cette série. Si on prend chaque planche individuellement, on pense qu'on va lire une bonne série, mais si on met toutes les planches ensemble, on se rend compte qu'il y a des problèmes.
Leftstar et l'étrange péripétie
Bon, ben mon avis sera court : je n'ai rien compris à cette histoire. Alors bien sur, je vois bien la métaphore de la création, l'envie de se perdre dans son œuvre, mais franchement, je ne vois pas trop ce que le récit raconte. Avoir une thématique c'est bien, mais ça ne suffit pas. Ici elle manque de clarté, sans compter que la BD propose plein de choses peu exploitées : la communication à travers le temps, la création, l'internet (enfin, je crois). Le voyage entre les îles avec la chauve-souris géante laisse aussi perplexe : c'est une manière de symboliser les connections entre site internet, une métaphore de l'isolement des artistes ? J'en sais rien et franchement, j'ai pas envie d'en savoir plus. C'est trop rapide comme récit, trop cryptique (pourquoi quelqu'un s'appelle l'Oracle si elle ne donne aucune prédiction ?) et franchement pas très intéressant même dans la résolution. Le dessin va de pair avec ce récit : un peu bizarre, très carré dans le style, inspiré de manga et d'animés, dynamique et en bichromie qui accentue le coté très artistique de l'ensemble. En somme, ça m'évoque une belle coquille vide qui n'a pas assez de matière pour m'intéresser et semble refuser des clés de lectures immédiates pour qu'on puisse comprendre sans manuel. Pour ma part c'est rangé dans le "m'en fiche", et je vais l'oublier tranquillement. Pas pour moi !
Les Chroniques de la guerre de Lodoss
J’ai emprunté au hasard les deux albums à ma médiathèque, pensant découvrir une nouveauté fantasy. Et ce n’est qu’en voulant aviser la série que j’ai appris que c’était une nouvelle réédition d’un « vieux » manga, et aussi apparemment l’adaptation d’un jeu vidéo/anime – que je ne connaissais pas du tout (je pense que le nouvel éditeur, Pika, aurait pu signaler ce fait…). Dès l’entame j’ai été surpris par l’intrigue, très fortement inspirée de la fantasy européenne classique, et par le dessin, qui lui aussi est plus américain ou européen que japonais, sauf pour certains visages. Pour rester sur le dessin, il a de belles choses, mais hélas tout est noyé dans quelque chose qui l’enlaidit et/ou le rend difficilement lisible. D’abord, alors que les dessins en couleurs dans la galerie en fin de second volume donnent envie, la série est en Noir et Blanc, mais avec un trait gras, qui rend illisible la plupart des détails – pourtant visiblement nombreux en arrière-plan. Et toutes les scènes – très nombreuses elles aussi – de bataille/bagarre sont confuses et indéchiffrables. Quant au récit, il manque cruellement d’originalité, dans les grandes lignes comme dans les détails. Les personnages sont caricaturaux, et les dialogues sont eux-aussi coincés dans le même genre de moule. Du coup, difficile de s’attacher aux personnages, à l’intrigue, ou aux dessins. Peut-être ceux qui connaissent l’univers semble-t-il adapté ici y trouveront un peu plus de plaisir, mais j’ai traversé cette série sans enthousiasme, je me suis même plusieurs fois ennuyé, et j’ai refermé le second album en me disant que j’aurais rapidement oublié cette histoire, et qu’il fallait vite écrire mon avis avant que tout disparaisse – sans regret.
Persepolis
On dirait une autofiction en bande dessinée, qui peut nous apprendre, non quelque chose de solide sur l'Iran, mais une impression d'une personne qui en vient. Pourquoi pas le lire, mais à quoi bon le relire ? Il y a des bulles spéculatives en art comme ailleurs, pas forcément en l'occurrence pour gagner de l'argent mais se prouver et manifester aux autres qu'on fait partie des happy few de l'art et de la politique. Il en va de même de tant de choses ! Il faudrait en être. Je ne condamne pas les Rastignac obligés à cet exercice et à tant d'autres, mais quand on n'a rien de véritable à gagner, mieux vaut… tourner la page !
Jason Brice
La série débute, et se présente d'ailleurs ainsi sur la longueur, comme un polar relativement classique, avec pour le pimenter un zest de mystère, un halo fantastique. Mais, si ça se laisse lire - en usant de certains clichés, comme la malédiction consécutive à la découverte d'une tombe égyptienne - je suis quand même sorti sur ma faim de cette lecture. Surtout que le dernier tome, censé présenter les révélations finales, est plutôt tiré par les cheveux, avec un fantastique qui dénature trop le récit polar (la couverture de cet album m'avait alerté à ce propos). Note réelle 2,5/5.