Alcide nous présente un nouveau recueil de strips, que j’imagine au préalable publiés sur Instagram et/ou Facebook pour la plupart (si j’en crois la page de garde). Tous les gags sont construits sur le même schéma, avec une image par page, avec quelques dialogues plus ou moins débiles ou décalés, et en dessous un commentaire décalant encore d’un cran l’ensemble.
Avec un dessin minimaliste et statique (classique pour ce type d’humour), les gags jouent sur un humour con, absurde, accentuant les méprises, hors-sujets, multipliant les jeux de mots à deux balles et les réparties creuses.
Je suis a priori preneur de ce type d’humour. Mais le créneau est passablement encombré, et il est de plus en plus difficile de surprendre pour les chutes (surtout que ces chutes sont essentielles pour que le gag fonctionne). Et là, j’ai trouvé l’ensemble inégal, et globalement décevant. Quelques gags sont vraiment bons, d’autres m’ont fait sourires. Mais beaucoup ne m’ont pas convaincu.
Ça reste une lecture rapide, gentiment nunuche, pas désagréable. Mais je suis resté sur ma faim.
Note réelle 2,5/5/5.
Un shonen qui montre bien l'importance du dessin...
Alors c'est un manga qui fait partie d'un sous-genre du isekai: ceux qui montrent le héros revenir d'un monde de fantasy et il y en a peu de ce genre pour l'instant, alors c'est encore un peu original (la plupart du temps c'est plus une histoire du type des créatures fantastiques comme par exemple des elfes se retrouvent dans notre monde). Les auteurs ont la bonne idée de montrer ce qui arrive lorsqu'on a été emmené dans un autre monde lorsqu'on est jeune. Ça sert à quoi d'avoir sauvé un autre monde si dans le nôtre on se retrouve à 18 ans sans expérience de travail pertinent et avec pour seul diplôme l'école élémentaire ?
Évidemment, le personnage principal va finir par trouver un groupe secret de magiciens et va finir par les rejoindre. Honnêtement, si le scénario contient des stéréotypes typiques des mangas calibrés pour les ados, il est pas trop mal... Seulement le dessin est vraiment mauvais. Je suis surpris de voir qu'il y a deux dessinateurs, mais peut-être que le fait que c'est un travail à quatre mains explique la mauvaise qualité. La mise en scène n’est pas terrible. Les scènes d'action sont difficiles à suivre et les scènes d'humour tombent à l'eau, alors que les gags sont souvent bien trouvés. Ajoutons à cela qu'il y a du fanservice, mais les filles ne sont pas du tout sexy, la fille que le héros aime ressemble d'ailleurs à une poupée gonflable !
Franchement, si ça avait été des romans, j'aurais sûrement trouvé ça correct et mis une note moyenne. J'ai tellement pas accroché au dessin que j'ai abandonné au deuxième tome.
Delcourt réédite cette série en version colorisée, et annonce également la sortie des 3 tomes : L'affaire des hommes disparus, en premier lieu, puis L'ermite maudit et Le secret de la soucoupe qui devraient suivre ensuite. Le concept de la série est plutôt interessant et prometteur : Hobtown, petite ville de 2000 habitants au coeur des années 90, des lycéens forment un club des détectives amateurs et s'attèlent à résoudre les petits mystères locaux. Et ils seront évidemment en première ligne lorsque 6 hommes disparaissent mystérieusement en quelques mois.
Il s'ensuit une enquête sur plus de 300 pages. Forcément avec une telle densité il y a pas mal d'idées, qui se traduisent par pas mal de pistes à exploiter pour nos jeunes détectives. Et presque un peu trop en fait. L'histoire est dense, tout n'est pas assez clairement expliqué, quelques non dits parsement régulièrement les différents chapitres. Il y a quelques longueurs. Mais surtout tout n'est pas limpide. Beaucoup de personnages secondaires, certains raisonnements, certaines péripéties ne sont pas clairs et amènent un petit doute sur la compréhension globale de notre enquête. On se dit que telle petite ellipse est volontaire et qu'on aura des explications dans le chapitre suivant... mais en fait non, on ne reviendra pas dessus.
Il y a une très petite touche de fantastique (une des héroïnes à des sortes de prémonitions, tandis que par moment on nous suggèrent l'apparition d'une espèce d'homme nain, mi elfe mi on sait pas trop quoi). C'est pas hyper bien vu, ça sème le doute sur la plausibilité de notre histoire.
Tous ces petits démonl sont dommageable car une fois le récit terminé, on voit bien qu'il y avait de chouettes idées. Mais pas assez bien exploitées malheureusement, car pas mise en valeur par une narration un peu trop complexe par moment.
Chantal Montellier cite Genet, Guyotat et Virgina Wolf dans sa préface, on s'attend donc à une lecture assez exigeante...
Montellier était une artiste engagée (à bâbord), les histoires parlent de féminisme, d'homosexualité, de causes sociales.
Certains récits sont abscons, d'autres tombent dans la dénonciation un peu cliché. Mais quand Montellier s'aventure dans les eaux de la SF, c'est toujours à ce moment que ça devient intéressant :
La troisième guerre mondiale a commencé. Dans sa chambre, un homme décide de se suicider suite à une rupture amoureuse. Des passants regardent vers le ciel et se mettent à crier. La dernière image c'est celle de l'homme avec un pistolet dans la bouche, momifiée par l'explosion nucléaire.
Voilà, c'est ça Chantal Montellier, la capacité à atteindre parfois l'excellence en quelques pages.
Contrairement à mon compère du dessous, je trouve que le dessin a conservé toute sa modernité. Un style unique, une sorte d'enfant bizarre de Maruo et Tardi.
Une lecture réservée à quelques initiés et curieux.
Un recueil de cinq histoires courtes par Gillon publié au sein de la renommée collection Pied Jaloux.
Je vais faire hurler les puristes mais à mon avis, une colorisation de cette bande aurait permis de rendre certaines histoires moins confuses.
Je n'ai pas compris la chute des deux dernières, ce qui fait baisser ma note d'un point.
Malgré la jolie couverture, un one shot très anecdotique dans l'œuvre de Paul Gillon.
"Fade" est le mot qui me vient à l'esprit pour qualifier ce 1er épisode (s'il y en a d'autres). Pourtant, il y avait de quoi faire une aventure fun et amusante avec pareils personnages (surtout Seccotine et le Comte) et pareille base champignonesque, mais tout tombe à plat, y compris les apparitions de Gaston. On a envie de baffer tout le monde, y compris Spirou (inexistant) et Fantasio (brassant du vent), tant c'est plat et mou.
L'avis de Josq pourrait être le mien. À trop vouloir être sans angle, on finit par tout vider de sa substance.
Pourtant, avec Seccotine, il y avait de quoi bien faire.
PS : je mets un "bof" car je n'ai pas envie d'être trop méchant, bien que j'ai la sinistre impression de pouvoir faire mieux que les 2 auteurs.
Au début, j'ai été plutôt agréablement surpris par le dessin d'Elric, qui, malgré un manque de relief global et des soucis mineurs de proportion ici et là, parvient à nous offrir un résultat graphique très propre, et une modernisation assez acceptable de l'univers de Spirou et Fantasio. Rien qui relève de l'hérésie, en tous cas, et on retrouve même l'ambiance de Champignac avec un certain plaisir, grâce au scénario de Guerrive, qui choisit de nous emmener à la campagne. Un choix assez rafraîchissant, qui dépayse un peu, et nous ramène aux fondamentaux de la saga-mère.
Rapidement, toutefois, on se rend compte que tout ça est assez plat. Les dialogues ne sont pas spécialement drôles ; le récit trainasse dès qu'il en a l'occasion ; les couleurs très claires, presque pastel, semblent effacer le caractère des autant des paysages et des personnages, qui en deviennent quasi-transparents. Sans doute par volonté de ne pas cliver, peut-être par peur du politiquement incorrect, les auteurs semblent vouloir éviter soigneusement tout ce qui pourrait ressembler à de la caricature. C'est d'ailleurs partiellement raté, puisque la complotiste est ultra-cliché, mais d'une part, on a le droit de trouver que c'est inhérent au complotisme même, et surtout, on peut probablement partir du principe que ça ne fâchera personne...
Sinon, Seccotine décide d'enquêter sur des disparitions mystérieuses d'animaux et de personnes à Champignac, et découvre que tout cela est très probablement lié à une expérience du comte, lui aussi introuvable. Le lecteur découvre également que le petit village est devenu le théâtre d'affrontements entre deux groupes, l'un constitué de chasseurs et l'autre d'écolos qui fabriquent du granulé pour les élevages locaux. On imagine ce que Franquin aurait pu en tirer... et on reste ahuri de constater à quel point Guerrive n'en tire rien.
À force de ne vouloir fâcher personne et de ne pas tomber dans la caricature, on se demande ce qui anime les deux auteurs. Leur récit en devient d'une fadeur inconcevable. Il n'y a rien derrière, juste la volonté de reprendre le schéma classique de l'affrontement entre deux bandes de taille égale (et pourquoi pas ?), mais à partir du moment où ce schéma n'est le support à aucun discours en particulier, ni à aucun humour, on se questionne vraiment sur l'intention de l'album. Les auteurs le savent-ils eux-mêmes, d'ailleurs ?
Bref, on pourrait louer la volonté des auteurs de réussir à ne jamais basculer dans le politiquement correct sur un sujet potentiellement glissant, mais si c'est pour avoir ça derrière, j'aurais encore préféré un propos anti-chasse ou anti-écolos. Au moins, on aurait eu quelque chose à se mettre sous la dent...
Le plus drôle, c'est quand même que la seule intention identifiable derrière cet album est d'avoir voulu donner à un personnage féminin secondaire une saga où elle aurait le premier rôle. Ce qui, précisément, est le summum du politiquement correct...
Hormis quand j'étais encore un enfant (ah la belle epoque) je ne suis pas un grand fan de Superman de manière générale, et encore moins de l’écriture de Grant Morrison. J’ai surtout lu ce comics au vu des nombreuses critiques très positives qu’il reçoit.
L’idée de départ reste pourtant originale : un Superman qui sait qu’il va bientôt mourir. Ce point de départ donne au récit une dimension particulière et presque tragique.
Cependant, malgré cette idée intéressante, l’histoire et les personnages ne m’ont pas vraiment captivé tout au long du récit. J’ai reconnu l’originalité de l’approche, mais sans réussir à m’impliquer dans l’histoire.
Au final, cette lecture ne m’a pas donné envie d’explorer davantage les nombreux récits consacrés à l’Homme d’Acier. Mais bon, il en faut pour tous les goûts.
J’étais vraiment emballé par l’histoire au début. On voit Daredevil perdre progressivement pied, tandis que tout son entourage sombre avec lui. La tension monte au fil des pages et le récit devient de plus en plus sombre, ce qui rend la lecture très prenante.
Malheureusement, le dénouement final m’a complètement refroidi. Après toute cette montée dramatique, j’ai trouvé la conclusion très décevante. Toute cette lecture pour arriver à ce final m’a laissé un goût amer.
Il y avait, selon moi, tellement mieux à faire que cette fin grotesque. Dommage, car le début du récit était vraiment prometteur. Déçu.
Ouais, pas mieux que Ro.
Cet album est original au possible, avec un décalage assez comique entre les situations réalistes et cette relation loufoque et ambiguë entre Fluffy et son papa. Mais voilà, l’histoire est banale et molle, et surtout le protagoniste est peu attachant, voire agaçant, ce qui n’aide pas les choses. Et ce n’est pas le dessin minimaliste qui va enthousiasmer les foules.
Bref, un album original et mignon, à lire en bibliothèque si l’occasion se présente et que vous n’avez rien d’autres à lire. Je doute en garder un souvenir impérissable.
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Trempette dans l'Alcide
Alcide nous présente un nouveau recueil de strips, que j’imagine au préalable publiés sur Instagram et/ou Facebook pour la plupart (si j’en crois la page de garde). Tous les gags sont construits sur le même schéma, avec une image par page, avec quelques dialogues plus ou moins débiles ou décalés, et en dessous un commentaire décalant encore d’un cran l’ensemble. Avec un dessin minimaliste et statique (classique pour ce type d’humour), les gags jouent sur un humour con, absurde, accentuant les méprises, hors-sujets, multipliant les jeux de mots à deux balles et les réparties creuses. Je suis a priori preneur de ce type d’humour. Mais le créneau est passablement encombré, et il est de plus en plus difficile de surprendre pour les chutes (surtout que ces chutes sont essentielles pour que le gag fonctionne). Et là, j’ai trouvé l’ensemble inégal, et globalement décevant. Quelques gags sont vraiment bons, d’autres m’ont fait sourires. Mais beaucoup ne m’ont pas convaincu. Ça reste une lecture rapide, gentiment nunuche, pas désagréable. Mais je suis resté sur ma faim. Note réelle 2,5/5/5.
Profession Héros
Un shonen qui montre bien l'importance du dessin... Alors c'est un manga qui fait partie d'un sous-genre du isekai: ceux qui montrent le héros revenir d'un monde de fantasy et il y en a peu de ce genre pour l'instant, alors c'est encore un peu original (la plupart du temps c'est plus une histoire du type des créatures fantastiques comme par exemple des elfes se retrouvent dans notre monde). Les auteurs ont la bonne idée de montrer ce qui arrive lorsqu'on a été emmené dans un autre monde lorsqu'on est jeune. Ça sert à quoi d'avoir sauvé un autre monde si dans le nôtre on se retrouve à 18 ans sans expérience de travail pertinent et avec pour seul diplôme l'école élémentaire ? Évidemment, le personnage principal va finir par trouver un groupe secret de magiciens et va finir par les rejoindre. Honnêtement, si le scénario contient des stéréotypes typiques des mangas calibrés pour les ados, il est pas trop mal... Seulement le dessin est vraiment mauvais. Je suis surpris de voir qu'il y a deux dessinateurs, mais peut-être que le fait que c'est un travail à quatre mains explique la mauvaise qualité. La mise en scène n’est pas terrible. Les scènes d'action sont difficiles à suivre et les scènes d'humour tombent à l'eau, alors que les gags sont souvent bien trouvés. Ajoutons à cela qu'il y a du fanservice, mais les filles ne sont pas du tout sexy, la fille que le héros aime ressemble d'ailleurs à une poupée gonflable ! Franchement, si ça avait été des romans, j'aurais sûrement trouvé ça correct et mis une note moyenne. J'ai tellement pas accroché au dessin que j'ai abandonné au deuxième tome.
Les Mystères de Hobtown
Delcourt réédite cette série en version colorisée, et annonce également la sortie des 3 tomes : L'affaire des hommes disparus, en premier lieu, puis L'ermite maudit et Le secret de la soucoupe qui devraient suivre ensuite. Le concept de la série est plutôt interessant et prometteur : Hobtown, petite ville de 2000 habitants au coeur des années 90, des lycéens forment un club des détectives amateurs et s'attèlent à résoudre les petits mystères locaux. Et ils seront évidemment en première ligne lorsque 6 hommes disparaissent mystérieusement en quelques mois. Il s'ensuit une enquête sur plus de 300 pages. Forcément avec une telle densité il y a pas mal d'idées, qui se traduisent par pas mal de pistes à exploiter pour nos jeunes détectives. Et presque un peu trop en fait. L'histoire est dense, tout n'est pas assez clairement expliqué, quelques non dits parsement régulièrement les différents chapitres. Il y a quelques longueurs. Mais surtout tout n'est pas limpide. Beaucoup de personnages secondaires, certains raisonnements, certaines péripéties ne sont pas clairs et amènent un petit doute sur la compréhension globale de notre enquête. On se dit que telle petite ellipse est volontaire et qu'on aura des explications dans le chapitre suivant... mais en fait non, on ne reviendra pas dessus. Il y a une très petite touche de fantastique (une des héroïnes à des sortes de prémonitions, tandis que par moment on nous suggèrent l'apparition d'une espèce d'homme nain, mi elfe mi on sait pas trop quoi). C'est pas hyper bien vu, ça sème le doute sur la plausibilité de notre histoire. Tous ces petits démonl sont dommageable car une fois le récit terminé, on voit bien qu'il y avait de chouettes idées. Mais pas assez bien exploitées malheureusement, car pas mise en valeur par une narration un peu trop complexe par moment.
Lectures
Chantal Montellier cite Genet, Guyotat et Virgina Wolf dans sa préface, on s'attend donc à une lecture assez exigeante... Montellier était une artiste engagée (à bâbord), les histoires parlent de féminisme, d'homosexualité, de causes sociales. Certains récits sont abscons, d'autres tombent dans la dénonciation un peu cliché. Mais quand Montellier s'aventure dans les eaux de la SF, c'est toujours à ce moment que ça devient intéressant : La troisième guerre mondiale a commencé. Dans sa chambre, un homme décide de se suicider suite à une rupture amoureuse. Des passants regardent vers le ciel et se mettent à crier. La dernière image c'est celle de l'homme avec un pistolet dans la bouche, momifiée par l'explosion nucléaire. Voilà, c'est ça Chantal Montellier, la capacité à atteindre parfois l'excellence en quelques pages. Contrairement à mon compère du dessous, je trouve que le dessin a conservé toute sa modernité. Un style unique, une sorte d'enfant bizarre de Maruo et Tardi. Une lecture réservée à quelques initiés et curieux.
Les Mecanoïdes associés
Un recueil de cinq histoires courtes par Gillon publié au sein de la renommée collection Pied Jaloux. Je vais faire hurler les puristes mais à mon avis, une colorisation de cette bande aurait permis de rendre certaines histoires moins confuses. Je n'ai pas compris la chute des deux dernières, ce qui fait baisser ma note d'un point. Malgré la jolie couverture, un one shot très anecdotique dans l'œuvre de Paul Gillon.
Seccotine
"Fade" est le mot qui me vient à l'esprit pour qualifier ce 1er épisode (s'il y en a d'autres). Pourtant, il y avait de quoi faire une aventure fun et amusante avec pareils personnages (surtout Seccotine et le Comte) et pareille base champignonesque, mais tout tombe à plat, y compris les apparitions de Gaston. On a envie de baffer tout le monde, y compris Spirou (inexistant) et Fantasio (brassant du vent), tant c'est plat et mou. L'avis de Josq pourrait être le mien. À trop vouloir être sans angle, on finit par tout vider de sa substance. Pourtant, avec Seccotine, il y avait de quoi bien faire. PS : je mets un "bof" car je n'ai pas envie d'être trop méchant, bien que j'ai la sinistre impression de pouvoir faire mieux que les 2 auteurs.
Seccotine
Au début, j'ai été plutôt agréablement surpris par le dessin d'Elric, qui, malgré un manque de relief global et des soucis mineurs de proportion ici et là, parvient à nous offrir un résultat graphique très propre, et une modernisation assez acceptable de l'univers de Spirou et Fantasio. Rien qui relève de l'hérésie, en tous cas, et on retrouve même l'ambiance de Champignac avec un certain plaisir, grâce au scénario de Guerrive, qui choisit de nous emmener à la campagne. Un choix assez rafraîchissant, qui dépayse un peu, et nous ramène aux fondamentaux de la saga-mère. Rapidement, toutefois, on se rend compte que tout ça est assez plat. Les dialogues ne sont pas spécialement drôles ; le récit trainasse dès qu'il en a l'occasion ; les couleurs très claires, presque pastel, semblent effacer le caractère des autant des paysages et des personnages, qui en deviennent quasi-transparents. Sans doute par volonté de ne pas cliver, peut-être par peur du politiquement incorrect, les auteurs semblent vouloir éviter soigneusement tout ce qui pourrait ressembler à de la caricature. C'est d'ailleurs partiellement raté, puisque la complotiste est ultra-cliché, mais d'une part, on a le droit de trouver que c'est inhérent au complotisme même, et surtout, on peut probablement partir du principe que ça ne fâchera personne... Sinon, Seccotine décide d'enquêter sur des disparitions mystérieuses d'animaux et de personnes à Champignac, et découvre que tout cela est très probablement lié à une expérience du comte, lui aussi introuvable. Le lecteur découvre également que le petit village est devenu le théâtre d'affrontements entre deux groupes, l'un constitué de chasseurs et l'autre d'écolos qui fabriquent du granulé pour les élevages locaux. On imagine ce que Franquin aurait pu en tirer... et on reste ahuri de constater à quel point Guerrive n'en tire rien. À force de ne vouloir fâcher personne et de ne pas tomber dans la caricature, on se demande ce qui anime les deux auteurs. Leur récit en devient d'une fadeur inconcevable. Il n'y a rien derrière, juste la volonté de reprendre le schéma classique de l'affrontement entre deux bandes de taille égale (et pourquoi pas ?), mais à partir du moment où ce schéma n'est le support à aucun discours en particulier, ni à aucun humour, on se questionne vraiment sur l'intention de l'album. Les auteurs le savent-ils eux-mêmes, d'ailleurs ? Bref, on pourrait louer la volonté des auteurs de réussir à ne jamais basculer dans le politiquement correct sur un sujet potentiellement glissant, mais si c'est pour avoir ça derrière, j'aurais encore préféré un propos anti-chasse ou anti-écolos. Au moins, on aurait eu quelque chose à se mettre sous la dent... Le plus drôle, c'est quand même que la seule intention identifiable derrière cet album est d'avoir voulu donner à un personnage féminin secondaire une saga où elle aurait le premier rôle. Ce qui, précisément, est le summum du politiquement correct...
All*Star Superman
Hormis quand j'étais encore un enfant (ah la belle epoque) je ne suis pas un grand fan de Superman de manière générale, et encore moins de l’écriture de Grant Morrison. J’ai surtout lu ce comics au vu des nombreuses critiques très positives qu’il reçoit. L’idée de départ reste pourtant originale : un Superman qui sait qu’il va bientôt mourir. Ce point de départ donne au récit une dimension particulière et presque tragique. Cependant, malgré cette idée intéressante, l’histoire et les personnages ne m’ont pas vraiment captivé tout au long du récit. J’ai reconnu l’originalité de l’approche, mais sans réussir à m’impliquer dans l’histoire. Au final, cette lecture ne m’a pas donné envie d’explorer davantage les nombreux récits consacrés à l’Homme d’Acier. Mais bon, il en faut pour tous les goûts.
DareDevil - Sous l'aile du Diable (cycle Smith et Quesada)
J’étais vraiment emballé par l’histoire au début. On voit Daredevil perdre progressivement pied, tandis que tout son entourage sombre avec lui. La tension monte au fil des pages et le récit devient de plus en plus sombre, ce qui rend la lecture très prenante. Malheureusement, le dénouement final m’a complètement refroidi. Après toute cette montée dramatique, j’ai trouvé la conclusion très décevante. Toute cette lecture pour arriver à ce final m’a laissé un goût amer. Il y avait, selon moi, tellement mieux à faire que cette fin grotesque. Dommage, car le début du récit était vraiment prometteur. Déçu.
Fluffy
Ouais, pas mieux que Ro. Cet album est original au possible, avec un décalage assez comique entre les situations réalistes et cette relation loufoque et ambiguë entre Fluffy et son papa. Mais voilà, l’histoire est banale et molle, et surtout le protagoniste est peu attachant, voire agaçant, ce qui n’aide pas les choses. Et ce n’est pas le dessin minimaliste qui va enthousiasmer les foules. Bref, un album original et mignon, à lire en bibliothèque si l’occasion se présente et que vous n’avez rien d’autres à lire. Je doute en garder un souvenir impérissable.