Les deux précédents albums de Lisa Blumen – parus eux aussi chez L’Employé du moi – m’avaient fait découvrir une auteure originale. Plutôt sur des sujets SF ou proches, sortant des sentiers battus.
Bref, un a priori favorable, qui m’a fait passer outre le sujet de cet album, qui traite de quelque chose que je ne connais pas vraiment, et pour lequel j’aurais de fortes préventions. Tout ce qui tourne autour du maquillage m’indiffère, et les « influenceurs » (influenceuses ici) – cette autre façon plus branchée – et plus hypocrite – de faire de la publicité sur internet et les réseaux sociaux me rebutent au plus haut point (je hais la publicité, et en plus je trouve que c’est une exaltation de l’insignifiance, du paraître débile. Une allergie intellectuelle donc de ma part.
Nous suivons donc une jeune influenceuse, qui présente régulièrement à ses suiveurs sur le net une partie de sa vie privée, et les nombreux produits de maquillage qu’elle reçoit de la part de sociétés spécialisées.
L’accumulation des « placements de produits » donne quelque chose de risible, comme l’est le formatage de « l’image idéale » des jeunes filles/femmes suivant ce genre de contenus.
La seule chose qui m’ait un tant soit peu intéressé dans cette histoire, c’est quand on nous montre, au hasard de quelques rencontre entre l’influenceuse et les représentants des marques qui lui fournissent des échantillons, ou le directeur d’une agence qui l’emploie, comment notre influenceuse est en fait traitée comme une travailleuse « ordinaire » (loin du 2.0), c’est-à-dire maltraitée, subissant moult pressions. Autre moment intéressant, la façon dont les réseaux sociaux permettent à tous les névrosés de déballer leur violence, leurs idées masculinistes, leurs insultes gratuites et anonymes : notre influenceuse qui ne vit que pour et par le net et l’image qu’elle y véhicule, en découvre ainsi vers la fin les nombreuses zones d’ombre.
Mais bon, si les autres albums de Blumen m’avaient toujours intéressé, celui-ci m’a laissé de côté. Et la fin, un peu brutale et ouverte, nous laisse dans l’expectative quant aux choix de l’héroïne.
Je pense que ça n’est pas ma came.
Dans un monde post-apocalyptique, l'humanité survit tant bien que mal face à des créatures monstrueuses au service de ténébreux vampires. Païli, une super guerrière humaine dont on ignore l'origine des pouvoirs, est appelée à jouer un rôle clé dans un conflit qui la dépasse.
D'un point de vue purement technique, le travail graphique est indéniable. Le rendu est très réaliste, limite surréaliste, avec une maîtrise certaine de la couleur et de la lumière. Mais, outre son aspect figé comme une photo, ce style a un aspect très kitsch, évoquant ces vieilles illustrations de Métal Hurlant réalisées à l'aérographe, avec leurs excès, leur emphase et leur goût du spectaculaire daté.
Cette impression se retrouve d'ailleurs dans tout le reste. La mise en scène, les antagonistes, certaines situations et même les dialogues flirtent régulièrement avec ce côté désuet et kitsch, parfois involontairement caricatural. L'ambiance gothique, les effets appuyés, les poses dramatiques et les symboles accumulés finissent par donner au récit un ton excessif qui peut autant fasciner que faire lever les yeux au ciel. Moi j'ai carrément soupiré.
Pourtant, malgré ces réserves, l'intrigue fonctionne suffisamment pour éveiller la curiosité. Le monde posé, les mystères esquissés et les relations entre les personnages donnent envie de voir où tout cela va mener. Malheureusement, la série ayant été abandonnée, tout restera à jamais en suspens. Difficile dès lors de recommander une lecture qui, malgré une curiosité réelle et quelques qualités évidentes, ne mènera nulle part et laissera le lecteur sans réponse.
Étrange sentiment à la lecture de ce diptyque. En refermant le deuxième album, j’ai eu l’impression de n’avoir quasiment rien lu.
Alors, certes, cette lecture est très rapide ! Mais, sur une période fortement anxiogène (Paris sous l’occupation), la traque des juifs, les profiteurs de guerre, et avec deux femmes paumées et persécutées pour traverser ces nuits glauques, il y avait quand même matière à proposer quelque chose de plus intense.
Au lieu de quoi, bien au contraire, c’est une histoire relativement creuse, avec un manque de rythme flagrant, qui m’a laissé de côté. Et tous les commentaires en off, parfois redondants ou inutiles, n’ont fait qu’accentuer cette impression de vide.
Les rares moments dramatiques sont édulcorés. Ceux qui aident Anna pour ses papiers sont arrêtés /violentés, mais la façon de représenter ces actions (bruits et images d’étoiles) est un peu ridicule. Le sort d’Anna et d’Arlette, un temps très inquiétant, est rapidement rassurant, avec un happy end un peu forcé, avec une transition brutale.
On a du mal à s’attacher à Arlette et Anna, les deux héroïnes, là aussi tout n’est qu’effleuré.
Une lecture décevante me concernant.
Cet album recueille l'adaptation de trois nouvelles de Lovecraft liées au Monde du Rêve, comme des préquels ou des spin-offs des aventures de Randolph Carter, sans que celui-ci apparaisse dans aucune d'entre elles.
La première, Celephais, reprend presque la même trame que La Quête onirique de Kadath l'inconnue, avec un rêveur qui cherche à retrouver la belle cité dont il rêvait jadis. Les aventures de Kuranes sont néanmoins plus concises et plus évaporées, centrées sur un artiste paumé qui fuit la réalité pour vivre dans un monde rêvé idéal, parfois par le biais de drogues, avec une fin volontairement en demi-teinte qui diffère du ton plus classique de Lovecraft. Cela manque de structure et, pour qui a lu Kadath, cela ressemble trop à un brouillon imprécis et inabouti.
La seconde raconte l'origine de la loi interdisant de tuer les chats de la ville d'Ulthar, éléments essentiels eux aussi de La Quête onirique de Kadath l'inconnue. L'histoire est basique et sans surprise pour qui connaît les aventures de Randolph Carter. Je n'ai pas aimé non plus Ulthar représentée comme une cité européenne trop contemporaine, loin de l'imaginaire fantasy que je me faisais du Monde du Rêve. Les faiblesses du dessin de Gou Tanabe m'ont aussi sauté aux yeux, notamment la laideur des chats, essentiels au récit mais mal rendus.
La troisième commence elle aussi à Ulthar et suit deux personnages partant observer les dieux de la Terre danser sur leur ancienne montagne. Là encore, le sujet est déjà abordé dans La Quête onirique de Kadath l'inconnue, mais Lovecraft revient sur le thème pour montrer concrètement ce qui arrive à ceux qui commettent ce sacrilège d'orgueil. Pas de surprise ici non plus, pas de représentation graphique marquante. J'ai été de nouveau agacé de voir à Ulthar une église si chrétienne et une croix qui n'ont, à mon sens, pas leur place dans le Monde du Rêve.
Il s'agit donc de l'adaptation de trois nouvelles dispensables car toutes largement supplantées par La Quête onirique de Kadath l'inconnue, pour lesquelles le dessin ainsi que les choix graphiques de Gou Tanabe contribuent peu à restituer la magie et l'étrangeté du Monde du Rêve. Cela manque de souffle et de cohérence avec l'univers original.
Cet album recueille l'adaptation de trois histoires courtes de Lovecraft : une que j'ai appréciée, et deux que j'ai trouvées médiocres.
La première, Le Temple, semble avoir marqué l'imaginaire de ses lecteurs puisqu'elle a visiblement inspiré la BD Sanctuaire ainsi que le film Abîmes de 2002. Le cadre, un sous-marin de la Première Guerre mondiale, offre un huis-clos idéal pour la montée en tension et le stress. L'histoire souffre toutefois de quelques incohérences techniques : un sous-marin n'aurait jamais de hublot, ni la capacité de descendre jusqu'à deux cents mètres, ni un sas permettant à un scaphandrier d'en sortir. Mais, une fois ces détails passés, le récit fonctionne très bien et est dessiné de manière claire et efficace. Il se divise en deux phases : d'abord la hantise de l'équipage, puis la découverte du temple. La scène où celui-ci s'illumine à travers le hublot est particulièrement réussie. Bref, c'est l'histoire que j'ai le plus appréciée.
La seconde, Le Molosse, raconte la hantise d'un duo d'explorateurs ayant osé s'emparer d'une idole dont le gardien est féroce. L'intrigue m'a paru trop convenue et sans intérêt. Le dessin de Tanabe y est également plus fouillis avec plusieurs scènes difficiles à déchiffrer. Je n'ai pas aimé cette histoire.
La troisième, La Cité sans nom, m'avait laissé un souvenir vague mais positif lors de ma lecture de la nouvelle il y a longtemps. Ici, je n'ai pas retrouvé cette impression. L'intrigue est trop simple et linéaire. Le design des créatures n'est pas mauvais, oscillant entre le ridicule et le dérangeant, mais je n'ai ressenti ni emprise narrative ni émotion particulière. Cette adaptation m'a laissé indifférent.
En somme, si le premier récit vaut la lecture, les deux autres montrent les limites de l'adaptation manga de Tanabe pour qui le graphisme et le découpage ne suffisent pas à compenser des intrigues trop convenues ou simplifiées, me laissant le lecteur sur une impression de déception.
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Sangliers
Les deux précédents albums de Lisa Blumen – parus eux aussi chez L’Employé du moi – m’avaient fait découvrir une auteure originale. Plutôt sur des sujets SF ou proches, sortant des sentiers battus. Bref, un a priori favorable, qui m’a fait passer outre le sujet de cet album, qui traite de quelque chose que je ne connais pas vraiment, et pour lequel j’aurais de fortes préventions. Tout ce qui tourne autour du maquillage m’indiffère, et les « influenceurs » (influenceuses ici) – cette autre façon plus branchée – et plus hypocrite – de faire de la publicité sur internet et les réseaux sociaux me rebutent au plus haut point (je hais la publicité, et en plus je trouve que c’est une exaltation de l’insignifiance, du paraître débile. Une allergie intellectuelle donc de ma part. Nous suivons donc une jeune influenceuse, qui présente régulièrement à ses suiveurs sur le net une partie de sa vie privée, et les nombreux produits de maquillage qu’elle reçoit de la part de sociétés spécialisées. L’accumulation des « placements de produits » donne quelque chose de risible, comme l’est le formatage de « l’image idéale » des jeunes filles/femmes suivant ce genre de contenus. La seule chose qui m’ait un tant soit peu intéressé dans cette histoire, c’est quand on nous montre, au hasard de quelques rencontre entre l’influenceuse et les représentants des marques qui lui fournissent des échantillons, ou le directeur d’une agence qui l’emploie, comment notre influenceuse est en fait traitée comme une travailleuse « ordinaire » (loin du 2.0), c’est-à-dire maltraitée, subissant moult pressions. Autre moment intéressant, la façon dont les réseaux sociaux permettent à tous les névrosés de déballer leur violence, leurs idées masculinistes, leurs insultes gratuites et anonymes : notre influenceuse qui ne vit que pour et par le net et l’image qu’elle y véhicule, en découvre ainsi vers la fin les nombreuses zones d’ombre. Mais bon, si les autres albums de Blumen m’avaient toujours intéressé, celui-ci m’a laissé de côté. Et la fin, un peu brutale et ouverte, nous laisse dans l’expectative quant aux choix de l’héroïne. Je pense que ça n’est pas ma came.
Apocalypse
Dans un monde post-apocalyptique, l'humanité survit tant bien que mal face à des créatures monstrueuses au service de ténébreux vampires. Païli, une super guerrière humaine dont on ignore l'origine des pouvoirs, est appelée à jouer un rôle clé dans un conflit qui la dépasse. D'un point de vue purement technique, le travail graphique est indéniable. Le rendu est très réaliste, limite surréaliste, avec une maîtrise certaine de la couleur et de la lumière. Mais, outre son aspect figé comme une photo, ce style a un aspect très kitsch, évoquant ces vieilles illustrations de Métal Hurlant réalisées à l'aérographe, avec leurs excès, leur emphase et leur goût du spectaculaire daté. Cette impression se retrouve d'ailleurs dans tout le reste. La mise en scène, les antagonistes, certaines situations et même les dialogues flirtent régulièrement avec ce côté désuet et kitsch, parfois involontairement caricatural. L'ambiance gothique, les effets appuyés, les poses dramatiques et les symboles accumulés finissent par donner au récit un ton excessif qui peut autant fasciner que faire lever les yeux au ciel. Moi j'ai carrément soupiré. Pourtant, malgré ces réserves, l'intrigue fonctionne suffisamment pour éveiller la curiosité. Le monde posé, les mystères esquissés et les relations entre les personnages donnent envie de voir où tout cela va mener. Malheureusement, la série ayant été abandonnée, tout restera à jamais en suspens. Difficile dès lors de recommander une lecture qui, malgré une curiosité réelle et quelques qualités évidentes, ne mènera nulle part et laissera le lecteur sans réponse.
Deux passantes dans la nuit
Étrange sentiment à la lecture de ce diptyque. En refermant le deuxième album, j’ai eu l’impression de n’avoir quasiment rien lu. Alors, certes, cette lecture est très rapide ! Mais, sur une période fortement anxiogène (Paris sous l’occupation), la traque des juifs, les profiteurs de guerre, et avec deux femmes paumées et persécutées pour traverser ces nuits glauques, il y avait quand même matière à proposer quelque chose de plus intense. Au lieu de quoi, bien au contraire, c’est une histoire relativement creuse, avec un manque de rythme flagrant, qui m’a laissé de côté. Et tous les commentaires en off, parfois redondants ou inutiles, n’ont fait qu’accentuer cette impression de vide. Les rares moments dramatiques sont édulcorés. Ceux qui aident Anna pour ses papiers sont arrêtés /violentés, mais la façon de représenter ces actions (bruits et images d’étoiles) est un peu ridicule. Le sort d’Anna et d’Arlette, un temps très inquiétant, est rapidement rassurant, avec un happy end un peu forcé, avec une transition brutale. On a du mal à s’attacher à Arlette et Anna, les deux héroïnes, là aussi tout n’est qu’effleuré. Une lecture décevante me concernant.
Les Chats d'Ulthar
Cet album recueille l'adaptation de trois nouvelles de Lovecraft liées au Monde du Rêve, comme des préquels ou des spin-offs des aventures de Randolph Carter, sans que celui-ci apparaisse dans aucune d'entre elles. La première, Celephais, reprend presque la même trame que La Quête onirique de Kadath l'inconnue, avec un rêveur qui cherche à retrouver la belle cité dont il rêvait jadis. Les aventures de Kuranes sont néanmoins plus concises et plus évaporées, centrées sur un artiste paumé qui fuit la réalité pour vivre dans un monde rêvé idéal, parfois par le biais de drogues, avec une fin volontairement en demi-teinte qui diffère du ton plus classique de Lovecraft. Cela manque de structure et, pour qui a lu Kadath, cela ressemble trop à un brouillon imprécis et inabouti. La seconde raconte l'origine de la loi interdisant de tuer les chats de la ville d'Ulthar, éléments essentiels eux aussi de La Quête onirique de Kadath l'inconnue. L'histoire est basique et sans surprise pour qui connaît les aventures de Randolph Carter. Je n'ai pas aimé non plus Ulthar représentée comme une cité européenne trop contemporaine, loin de l'imaginaire fantasy que je me faisais du Monde du Rêve. Les faiblesses du dessin de Gou Tanabe m'ont aussi sauté aux yeux, notamment la laideur des chats, essentiels au récit mais mal rendus. La troisième commence elle aussi à Ulthar et suit deux personnages partant observer les dieux de la Terre danser sur leur ancienne montagne. Là encore, le sujet est déjà abordé dans La Quête onirique de Kadath l'inconnue, mais Lovecraft revient sur le thème pour montrer concrètement ce qui arrive à ceux qui commettent ce sacrilège d'orgueil. Pas de surprise ici non plus, pas de représentation graphique marquante. J'ai été de nouveau agacé de voir à Ulthar une église si chrétienne et une croix qui n'ont, à mon sens, pas leur place dans le Monde du Rêve. Il s'agit donc de l'adaptation de trois nouvelles dispensables car toutes largement supplantées par La Quête onirique de Kadath l'inconnue, pour lesquelles le dessin ainsi que les choix graphiques de Gou Tanabe contribuent peu à restituer la magie et l'étrangeté du Monde du Rêve. Cela manque de souffle et de cohérence avec l'univers original.
Le Molosse
Cet album recueille l'adaptation de trois histoires courtes de Lovecraft : une que j'ai appréciée, et deux que j'ai trouvées médiocres. La première, Le Temple, semble avoir marqué l'imaginaire de ses lecteurs puisqu'elle a visiblement inspiré la BD Sanctuaire ainsi que le film Abîmes de 2002. Le cadre, un sous-marin de la Première Guerre mondiale, offre un huis-clos idéal pour la montée en tension et le stress. L'histoire souffre toutefois de quelques incohérences techniques : un sous-marin n'aurait jamais de hublot, ni la capacité de descendre jusqu'à deux cents mètres, ni un sas permettant à un scaphandrier d'en sortir. Mais, une fois ces détails passés, le récit fonctionne très bien et est dessiné de manière claire et efficace. Il se divise en deux phases : d'abord la hantise de l'équipage, puis la découverte du temple. La scène où celui-ci s'illumine à travers le hublot est particulièrement réussie. Bref, c'est l'histoire que j'ai le plus appréciée. La seconde, Le Molosse, raconte la hantise d'un duo d'explorateurs ayant osé s'emparer d'une idole dont le gardien est féroce. L'intrigue m'a paru trop convenue et sans intérêt. Le dessin de Tanabe y est également plus fouillis avec plusieurs scènes difficiles à déchiffrer. Je n'ai pas aimé cette histoire. La troisième, La Cité sans nom, m'avait laissé un souvenir vague mais positif lors de ma lecture de la nouvelle il y a longtemps. Ici, je n'ai pas retrouvé cette impression. L'intrigue est trop simple et linéaire. Le design des créatures n'est pas mauvais, oscillant entre le ridicule et le dérangeant, mais je n'ai ressenti ni emprise narrative ni émotion particulière. Cette adaptation m'a laissé indifférent. En somme, si le premier récit vaut la lecture, les deux autres montrent les limites de l'adaptation manga de Tanabe pour qui le graphisme et le découpage ne suffisent pas à compenser des intrigues trop convenues ou simplifiées, me laissant le lecteur sur une impression de déception.