Je pense que j'ai de la difficulté avec Mathieu Bablet, un auteur que plusieurs trouve remarquable, mais qui la plupart du temps ponds des œuvres qui me semblent au mieux correct du niveau du scénario.
Parce que oui au niveau du dessin cela sort du lot. Il y a de très belles trouvailles graphiques, la mise en scène est magistrale....Honnêtement je vois les efforts qu'accomplit cet auteur dans chacune de ses œuvres et je voudrais bien le récompenser en mettant plus d'étoiles, mais voilà ça ne serait pas honnête au niveau de ce que j'ai ressenti en tenant compte du scénario. Je pense qu'ici c'est son album qui m'a le moins accroché. J'ai pas trouvé que cette univers futuriste ce détachait du lot de tous ces futurs apocalyptiques que j'ai vu en fiction jusqu'à présent et les personnages ne m'ont pas trop intéressé ainsi que leurs préoccupations.
Je crois que c'est mon gros problème avec Bablet: au niveau de la technique, c'est irréprochable, mais lorsqu'il s'agit de me transmettre des émotions, ça fonctionne moins. C'est trop froid. En plus, le scénario est un peu long. Heureusement qu'il y a des scènes avec peu ou pas du tout de textes. J'avais tout de même pensé mettre 3 étoiles parce qu'il y a quelques trucs pas trop mal, mais je me suis tout de même ennuyé durant une bonne partie du récit, j'ai du rependre l'album deux fois pour le finir et lorsque je l'ai enfin fini j'ai eu un peu l'impression d'avoir perdu mon temps.
A mi-chemin entre l’ouvrage sociologique et la comédie romantique, « Sex Friends » nous plonge dans l’univers des réseaux de rencontre en ligne, où le sexe semble désormais être entré dans l’ère du prêt-à-consommer, à toute heure et en tout lieu. Avec des applis de dating telles que Tinder, Hinge (renommée ici Cinder et Tinge), Chatroulette (plus orienté porn) et autre Pure, la jeunesse actuelle en quête de l’âme sœur scrolle, like et « swipe » compulsivement les profils. Oublié le romantisme gnan-gnan de l’époque des darons, à chaque profil correspond une appli, et désormais on peut baiser juste pour le fun, sans l’arrière-pensée d’une relation durable, avec la garantie minimale de ne pas tomber sur un pervers narcissique. Mais résumer la question en quelques lignes ne suffira pas à résumer le contenu de cette bande dessinée.
Le livre débute sur une rupture : une jeune femme, Fanny, reçoit un SMS de sa copine Olga lui annonçant qu’elle la largue, pour la bloquer ensuite. Le problème, c’est que Fanny n’a pas du tout la même conception des relations amoureuses, et qu’elle fait la distinction entre amour et sexe. Elle est accro à « Cinder », son « supermarché de l’amour », tout en restant pourtant folle amoureuse d’Olga, qui elle recherche une « fidélité » un peu désuète. Autour de cette histoire vont venir se greffer d’autres personnages : la collègue de Fanny, Félicie, qui a un certain appétit sexuel mais rêve au fond d’elle du grand amour, et Marius, le bon pote prof de philo au look de caillera. Tout cela donne lieu à des discussions centrées autour de la drague sur apps. La jeune femme, qui tient également un blog sous le pseudo « Devilish », distille ses réflexions sur ces nouvelles pratiques qui ponctuent le livre.
A travers le blog de Fanny, le sujet abordé est vaste et plutôt intéressant, nourrissant la réflexion du lecteur. A l’attention des boomers qui pourraient se désoler de la disparition de la drague à l’ancienne, il est notamment rappelé que le « dating » n’est pas si nouveau, remontant « aux premières agences de rencontre », souvent accusées de mercantilisme…
S’il est une critique à émettre vis-à-vis de cet ouvrage, elle relèverait plutôt de la construction narrative, quelque peu brouillonne. Paradoxalement, les conversations sont souvent oiseuses, et l’enchaînement des situations désordonné voire frénétique, ne permettant pas de saisir aisément les ressorts de l’intrigue (si on peut parler d’intrigue) et générant un certain désintérêt pour cette lecture. Les abondants phylactères et e-phylactères (peut-on appeler ça comme ça quand il s’agit de textos ?) ne sont pas tant le problème que leur manque de lisibilité (une police blanche sur fond rose pâle, c’est pas top) ou leur incohésion.
De plus, la partition graphique ne sert guère le propos. Que ce soit pour dessin ou le découpage, rien n’est vraiment satisfaisant ici. Si le choix d’une approche minimaliste semble approprié, on est moins séduit par les expressions des personnages, qui se veulent à certains moments comiques sans y parvenir. Les visages sont plutôt laids et parfois difficiles à identifier, ce qui ne contribue pas à la bonne compréhension du récit. Peut-être aurait-il mieux valu traiter la question dans un format purement documentaire…
Malgré son intérêt sociologique, « Sex Friend » dans sa conception s’avère décevant. C’est dommage, car le sujet méritait sans doute mieux. Glisser le mot « sexe » dans le titre suffira peut-être pour attirer l’attention du public, mais à l’évidence, l’équilibre entre le propos et la narration fait ici défaut pour convaincre pleinement. Et si le sexe sur apps n’était pas aussi ébouriffant qu’on pourrait le croire ? C’est peut-être le message du livre, finalement…
Cela fait un petit moment que j'ai lu cet album, et vu mon ressenti, je réalise que j'avais même oublié d'en rédiger un avis...
Je vais suivre le ressenti des précédents aviseurs, ce n'est pas avec ce thriller moyenâgeux qu'on va arriver à la cheville d'un Conan Doyle ou d'un Umberto Ecco, comme comparé en 4e de couverture.
Si c'est un plaisir de retrouver le trait et l'encrage sombre de Charlie Adlard dans un registre qui change forcément de Walking Dead, l'enquête que nous suivons, scénarisée par Robbie Morrison, est relativement plate. Je n'ai jamais ressenti de tension ou de réelle empathie pour les personnages, et l'histoire déroule sans susciter de réelles émotions.
Alors oui c'est bien dessiné dans ce noir et blanc qui colle très bien au contexte, mais l'histoire peine à impliquer ou immerger le lecteur, comme dans tout bon thriller qui se respecte.
Mouais. Gros bof me concernant.
Je trouve que cette collection, qui surfe sur des récits de genre, peine à sortir du tout-venant.
Mais ici, Bec ne s’est vraiment pas foulé ! En effet, il y a quand même une belle accumulation des poncifs du genre. Les gros plans sur les araignées, les serpents, le puma, etc. surjouent les dangers de la jungle (qui sont présentés et rappelé plusieurs fois au début dans des dialogues un peu lourdingues et prétextes). Le crash de l’avion a laissé quelques survivants, qui sont là, comme dans un mauvais film américain, pour disparaitre brusquement, sans que jamais leur personnalité ne soit réellement développée, tout reste superficiel.
Et les facilités ne sont pas rares. Les narcotrafiquants qui n’avaient même pas entendu apparemment le crash, et tombent par hasard sur l’hôtesse… Une hôtesse dont je n’ai absolument pas compris (ou cru) le modus operandi de sa « vengeance ».
Quant aux dialogues, ils ne planent eux non plus pas très haut, hélas.
Bref, ce sous téléfilm ne m’a jamais convaincu ou intéressé.
J'ai terminé aujourd'hui la lecture du deuxième volume. J'ai aimé les dessins, comme c'est souvent le cas avec Manara. Mais je n'arrive pas à laisser tomber le roman et même le film. Ce sont trois objets différents et j'aime beaucoup les avoir chez moi. Je me suis beaucoup amusé avec le témoignage de J. J. Annaud à la fin de l'œuvre! Pourtant, le sentiment d'un manque ne m'abandonne pas : U. Eco était un grand écrivain (philosophe aussi) et il y a de la perte en toutes ces adaptations...
P. S. Je vais lire le roman, encore une fois, et j'aime bien plus les dessins de Manara en noir et blanc.
La couverture m'avait immédiatement fait penser à Footballeur du dimanche, album de Tronchet qui avait su me toucher par sa sincérité et une vraie émotion, alors même que le sujet ne me parlait pas du tout. J'espérais retrouver cette même sensibilité ici, appliquée au vélo. Malheureusement, j'ai eu l'impression inverse : là où l'un était incarné, intime et plein de sensibilité, ce nouvel album m'a semblé impersonnel et démonstratif.
Le principe est simple : une succession de gags et de réflexions autour de la pratique du vélo, érigé en art de vivre face à la voiture, présentée comme l'ennemi par excellence. Sur le papier, pourquoi pas, j'apprécie le vélo sans toutefois pouvoir en faire souvent car j'habite loin de mon travail. Mais très vite, j'ai ressenti un côté plaqué, presque théorique. Le vélo est formidable en toutes circonstances, la voiture est dégueulasse, bruyante, agressive, peuplée de conducteurs hystériques. La comparaison m'a semblé forcée, voire malhonnête : on met face à face deux moyens de transport qui ne répondent pas aux mêmes besoins. Oui, le vélo a de vrais atouts, surtout en milieu urbain ou pour des balades de plaisir, mais cela ne couvre pas toutes les situations du quotidien, et tout le monde ne vit pas en centre-ville. Or ici, cette supériorité est posée comme une évidence indiscutable.
Graphiquement, on est dans du Tronchet pur jus : un trait souple, immédiatement reconnaissable avec d'agréables couleurs. Cela se lit facilement, et certaines pages m'ont arraché un sourire. Mais l'humour est inégal et, surtout, j'ai vite eu le sentiment que les idées tournaient en rond. Le manichéisme m'a particulièrement gêné : les cyclistes sont du côté du bon sens et de la douceur, les automobilistes incarnent la bêtise et la brutalité. Je suis bien d'accord que la voiture pollue et est dangereuse, tandis que le vélo est bon pour la santé et la planète, mais là encore on ne compare pas la réponse aux mêmes besoins. Et à la longue, cela m'a donné l'impression d'une caricature militante un peu simpliste.
Là où j'espérais retrouver l'émotion sincère d'un auteur parlant de ce qu'il aime, j'ai surtout lu un plaidoyer à charge, répétitif et trop binaire. Un album qui ne m'a ni touché ni vraiment amusé, et qui m'a globalement laissé sur le bord de la route.
Je ne suis pas amateur de bière, et je dois reconnaître que le sujet ne me parle absolument pas. Je me doutais déjà que cela pourrait compliquer la lecture, mais je ne pensais pas à ce point. L'album enchaîne détournements de contes (Petit Poucet, Belle au bois dormant), pastiches historiques et brèves de comptoir, le tout décliné en gags courts, strips, historiettes et même chansons illustrées autour de la sacro-sainte mousse.
Graphiquement, Philippe Bercovici reste fidèle à lui-même : un trait caricatural, jeté, lisible et efficace. Même si je ne suis pas fan, il n'y a rien à redire de ce côté-là, le dessin fait le travail.
En revanche, côté humour, je suis complètement passé à côté. Aucun gag ne m'a fait rire. Certains m'ont même laissé franchement circonspect, au point que je me suis demandé où se trouvait la chute censée être drôle. L’humour tourne beaucoup autour de l'ivresse, des excès et des jeux de mots liés à la bière ; sans affinité avec le thème, difficile d'adhérer. J'ai eu l’impression d'un enchaînement de blagues faciles, parfois prévisibles, souvent plates. À la limite, les pages qui associent chaque type de boisson à un style musical m'ont arraché un léger sourire : l'idée était simple mais un peu plus inspirée que le reste.
Ce fut une lecture très laborieuse pour moi. Peut-être que les amateurs de bières et d'humour de comptoir y trouveront leur compte, mais en ce qui me concerne, le sujet ne m'intéressait pas et les gags n'ont jamais réussi à compenser cela.
Il n'y a pas de sens à faire combattre des hommes contre des dieux : par définition, les dieux sont totalement supérieurs. Par nature ! Les walkyries sont bien gentilles de proposer ça pour sauver l'Humanité ça n'aurait aucune chance, sauf par miracle du scénario… Mais bon, c'est un prétexte pour voir des combats entre toutes sortes de grands guerriers, humains et divins. Sauf que malgré le désir de m'amuser et un dessin acceptable, je me suis vite ennuyé. Bien sûr, les dieux ne sont pas assez stupides pour se diviser sous prétexte que les humains de tels ou tels culte croient en certains d'entre eux, mais pas à d'autre. Les êtres supérieurs ne sont-ils pas supérieurs ? Sauf qu'à part ça, ils ne paraissant guère divins. Et les humains ? Guère héroïques. Ne reste que les combats, et j'ai vu bien mieux, dans le genre. Alors bonsoir !
De tous les récits de guerre scénarisée par Garth Ennis que j'ai lu dernièrement, je pense que c'est celui qui m'a le moins intéressé.
Pourtant, l'idée de départ n’est pas trop mal. Ennis nous monte différents batailles de la seconde guerre et pour rendre cela excitant on suit un trio de soldats pas très malin qui finissent souvent pas manquer la bataille. Cela apporte un peu d'humour et les trois personnages sont un peu attachants, sauf que dès le chapitre 2 je commençais à trouver le temps un un peu long et au fil des pages j'ai fini par décrocher. L'idée est sympathique, mais au bout d'un moment cela devient répétitif. Je pense que j'aurais plus accroché si c'était un récit qui avait duré 40-50 pages au lieu de pratiquement 200 pages.
Il faut dire aussi que le contexte histoire ne m' pas trop passionné parce que je me fous un peu de savoir comment se sont déroulé avec précision des batailles d'avions. Le dessin est correct même s'il est un peu formaté.
Je ne suis pas un grand fan de Fabcaro, mais ses albums parviennent en général au moins à me faire sourire. Ici, ces moments ont été beaucoup trop rares. L'idée de départ, un repas de famille où personne ne trouve de sujet de conversation, aurait sans doute suffi pour un gag court, mais elle s'étire excessivement et, très vite, j'ai ressenti le même ennui que les convives.
Même graphiquement, je n'ai pas été convaincu. Le dessin m'a semblé assez quelconque et figé, avec des personnages souvent raides, un encrage qui me rebute, et une mise en scène globalement dépourvue de dynamisme. Le décalage entre cette immobilité et l'absurdité, voire la folie des situations, aurait pu nourrir l'humour, mais cela ne fonctionne pas, tant l'ensemble paraît statique, presque paresseux.
Côté scénario, la déception est similaire. L'absurdité des scènes, parfois franchement couillonnes, pourrait faire mouche si elle était portée par un véritable rythme et une bonne montée en puissance. Mais le ton demeure morose, les dialogues s'étirent, tournent en rond, deviennent bavards, parfois plombants. Le comique de répétition épuise rapidement le dispositif, sans réel renouvellement. Quelques trouvailles fonctionnent (le jeu des sept familles, notamment, ou l'instantanéité de morts traitées comme de simples détails), mais elles restent trop rares pour sauver l’ensemble.
J'ai même eu l'impression que l’auteur lui-même s'ennuyait par moments, comme si la mécanique tournait à vide.
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Silent Jenny
Je pense que j'ai de la difficulté avec Mathieu Bablet, un auteur que plusieurs trouve remarquable, mais qui la plupart du temps ponds des œuvres qui me semblent au mieux correct du niveau du scénario. Parce que oui au niveau du dessin cela sort du lot. Il y a de très belles trouvailles graphiques, la mise en scène est magistrale....Honnêtement je vois les efforts qu'accomplit cet auteur dans chacune de ses œuvres et je voudrais bien le récompenser en mettant plus d'étoiles, mais voilà ça ne serait pas honnête au niveau de ce que j'ai ressenti en tenant compte du scénario. Je pense qu'ici c'est son album qui m'a le moins accroché. J'ai pas trouvé que cette univers futuriste ce détachait du lot de tous ces futurs apocalyptiques que j'ai vu en fiction jusqu'à présent et les personnages ne m'ont pas trop intéressé ainsi que leurs préoccupations. Je crois que c'est mon gros problème avec Bablet: au niveau de la technique, c'est irréprochable, mais lorsqu'il s'agit de me transmettre des émotions, ça fonctionne moins. C'est trop froid. En plus, le scénario est un peu long. Heureusement qu'il y a des scènes avec peu ou pas du tout de textes. J'avais tout de même pensé mettre 3 étoiles parce qu'il y a quelques trucs pas trop mal, mais je me suis tout de même ennuyé durant une bonne partie du récit, j'ai du rependre l'album deux fois pour le finir et lorsque je l'ai enfin fini j'ai eu un peu l'impression d'avoir perdu mon temps.
Sex Friends - Comment (bien) rater sa vie amoureuse à l’ère du numérique
A mi-chemin entre l’ouvrage sociologique et la comédie romantique, « Sex Friends » nous plonge dans l’univers des réseaux de rencontre en ligne, où le sexe semble désormais être entré dans l’ère du prêt-à-consommer, à toute heure et en tout lieu. Avec des applis de dating telles que Tinder, Hinge (renommée ici Cinder et Tinge), Chatroulette (plus orienté porn) et autre Pure, la jeunesse actuelle en quête de l’âme sœur scrolle, like et « swipe » compulsivement les profils. Oublié le romantisme gnan-gnan de l’époque des darons, à chaque profil correspond une appli, et désormais on peut baiser juste pour le fun, sans l’arrière-pensée d’une relation durable, avec la garantie minimale de ne pas tomber sur un pervers narcissique. Mais résumer la question en quelques lignes ne suffira pas à résumer le contenu de cette bande dessinée. Le livre débute sur une rupture : une jeune femme, Fanny, reçoit un SMS de sa copine Olga lui annonçant qu’elle la largue, pour la bloquer ensuite. Le problème, c’est que Fanny n’a pas du tout la même conception des relations amoureuses, et qu’elle fait la distinction entre amour et sexe. Elle est accro à « Cinder », son « supermarché de l’amour », tout en restant pourtant folle amoureuse d’Olga, qui elle recherche une « fidélité » un peu désuète. Autour de cette histoire vont venir se greffer d’autres personnages : la collègue de Fanny, Félicie, qui a un certain appétit sexuel mais rêve au fond d’elle du grand amour, et Marius, le bon pote prof de philo au look de caillera. Tout cela donne lieu à des discussions centrées autour de la drague sur apps. La jeune femme, qui tient également un blog sous le pseudo « Devilish », distille ses réflexions sur ces nouvelles pratiques qui ponctuent le livre. A travers le blog de Fanny, le sujet abordé est vaste et plutôt intéressant, nourrissant la réflexion du lecteur. A l’attention des boomers qui pourraient se désoler de la disparition de la drague à l’ancienne, il est notamment rappelé que le « dating » n’est pas si nouveau, remontant « aux premières agences de rencontre », souvent accusées de mercantilisme… S’il est une critique à émettre vis-à-vis de cet ouvrage, elle relèverait plutôt de la construction narrative, quelque peu brouillonne. Paradoxalement, les conversations sont souvent oiseuses, et l’enchaînement des situations désordonné voire frénétique, ne permettant pas de saisir aisément les ressorts de l’intrigue (si on peut parler d’intrigue) et générant un certain désintérêt pour cette lecture. Les abondants phylactères et e-phylactères (peut-on appeler ça comme ça quand il s’agit de textos ?) ne sont pas tant le problème que leur manque de lisibilité (une police blanche sur fond rose pâle, c’est pas top) ou leur incohésion. De plus, la partition graphique ne sert guère le propos. Que ce soit pour dessin ou le découpage, rien n’est vraiment satisfaisant ici. Si le choix d’une approche minimaliste semble approprié, on est moins séduit par les expressions des personnages, qui se veulent à certains moments comiques sans y parvenir. Les visages sont plutôt laids et parfois difficiles à identifier, ce qui ne contribue pas à la bonne compréhension du récit. Peut-être aurait-il mieux valu traiter la question dans un format purement documentaire… Malgré son intérêt sociologique, « Sex Friend » dans sa conception s’avère décevant. C’est dommage, car le sujet méritait sans doute mieux. Glisser le mot « sexe » dans le titre suffira peut-être pour attirer l’attention du public, mais à l’évidence, l’équilibre entre le propos et la narration fait ici défaut pour convaincre pleinement. Et si le sexe sur apps n’était pas aussi ébouriffant qu’on pourrait le croire ? C’est peut-être le message du livre, finalement…
Hérétique
Cela fait un petit moment que j'ai lu cet album, et vu mon ressenti, je réalise que j'avais même oublié d'en rédiger un avis... Je vais suivre le ressenti des précédents aviseurs, ce n'est pas avec ce thriller moyenâgeux qu'on va arriver à la cheville d'un Conan Doyle ou d'un Umberto Ecco, comme comparé en 4e de couverture. Si c'est un plaisir de retrouver le trait et l'encrage sombre de Charlie Adlard dans un registre qui change forcément de Walking Dead, l'enquête que nous suivons, scénarisée par Robbie Morrison, est relativement plate. Je n'ai jamais ressenti de tension ou de réelle empathie pour les personnages, et l'histoire déroule sans susciter de réelles émotions. Alors oui c'est bien dessiné dans ce noir et blanc qui colle très bien au contexte, mais l'histoire peine à impliquer ou immerger le lecteur, comme dans tout bon thriller qui se respecte.
Survival - Guna Yala
Mouais. Gros bof me concernant. Je trouve que cette collection, qui surfe sur des récits de genre, peine à sortir du tout-venant. Mais ici, Bec ne s’est vraiment pas foulé ! En effet, il y a quand même une belle accumulation des poncifs du genre. Les gros plans sur les araignées, les serpents, le puma, etc. surjouent les dangers de la jungle (qui sont présentés et rappelé plusieurs fois au début dans des dialogues un peu lourdingues et prétextes). Le crash de l’avion a laissé quelques survivants, qui sont là, comme dans un mauvais film américain, pour disparaitre brusquement, sans que jamais leur personnalité ne soit réellement développée, tout reste superficiel. Et les facilités ne sont pas rares. Les narcotrafiquants qui n’avaient même pas entendu apparemment le crash, et tombent par hasard sur l’hôtesse… Une hôtesse dont je n’ai absolument pas compris (ou cru) le modus operandi de sa « vengeance ». Quant aux dialogues, ils ne planent eux non plus pas très haut, hélas. Bref, ce sous téléfilm ne m’a jamais convaincu ou intéressé.
Le Nom de la Rose
J'ai terminé aujourd'hui la lecture du deuxième volume. J'ai aimé les dessins, comme c'est souvent le cas avec Manara. Mais je n'arrive pas à laisser tomber le roman et même le film. Ce sont trois objets différents et j'aime beaucoup les avoir chez moi. Je me suis beaucoup amusé avec le témoignage de J. J. Annaud à la fin de l'œuvre! Pourtant, le sentiment d'un manque ne m'abandonne pas : U. Eco était un grand écrivain (philosophe aussi) et il y a de la perte en toutes ces adaptations... P. S. Je vais lire le roman, encore une fois, et j'aime bien plus les dessins de Manara en noir et blanc.
Petit traité de Vélosophie
La couverture m'avait immédiatement fait penser à Footballeur du dimanche, album de Tronchet qui avait su me toucher par sa sincérité et une vraie émotion, alors même que le sujet ne me parlait pas du tout. J'espérais retrouver cette même sensibilité ici, appliquée au vélo. Malheureusement, j'ai eu l'impression inverse : là où l'un était incarné, intime et plein de sensibilité, ce nouvel album m'a semblé impersonnel et démonstratif. Le principe est simple : une succession de gags et de réflexions autour de la pratique du vélo, érigé en art de vivre face à la voiture, présentée comme l'ennemi par excellence. Sur le papier, pourquoi pas, j'apprécie le vélo sans toutefois pouvoir en faire souvent car j'habite loin de mon travail. Mais très vite, j'ai ressenti un côté plaqué, presque théorique. Le vélo est formidable en toutes circonstances, la voiture est dégueulasse, bruyante, agressive, peuplée de conducteurs hystériques. La comparaison m'a semblé forcée, voire malhonnête : on met face à face deux moyens de transport qui ne répondent pas aux mêmes besoins. Oui, le vélo a de vrais atouts, surtout en milieu urbain ou pour des balades de plaisir, mais cela ne couvre pas toutes les situations du quotidien, et tout le monde ne vit pas en centre-ville. Or ici, cette supériorité est posée comme une évidence indiscutable. Graphiquement, on est dans du Tronchet pur jus : un trait souple, immédiatement reconnaissable avec d'agréables couleurs. Cela se lit facilement, et certaines pages m'ont arraché un sourire. Mais l'humour est inégal et, surtout, j'ai vite eu le sentiment que les idées tournaient en rond. Le manichéisme m'a particulièrement gêné : les cyclistes sont du côté du bon sens et de la douceur, les automobilistes incarnent la bêtise et la brutalité. Je suis bien d'accord que la voiture pollue et est dangereuse, tandis que le vélo est bon pour la santé et la planète, mais là encore on ne compare pas la réponse aux mêmes besoins. Et à la longue, cela m'a donné l'impression d'une caricature militante un peu simpliste. Là où j'espérais retrouver l'émotion sincère d'un auteur parlant de ce qu'il aime, j'ai surtout lu un plaidoyer à charge, répétitif et trop binaire. Un album qui ne m'a ni touché ni vraiment amusé, et qui m'a globalement laissé sur le bord de la route.
Bière pour tout le monde ! ou presque...
Je ne suis pas amateur de bière, et je dois reconnaître que le sujet ne me parle absolument pas. Je me doutais déjà que cela pourrait compliquer la lecture, mais je ne pensais pas à ce point. L'album enchaîne détournements de contes (Petit Poucet, Belle au bois dormant), pastiches historiques et brèves de comptoir, le tout décliné en gags courts, strips, historiettes et même chansons illustrées autour de la sacro-sainte mousse. Graphiquement, Philippe Bercovici reste fidèle à lui-même : un trait caricatural, jeté, lisible et efficace. Même si je ne suis pas fan, il n'y a rien à redire de ce côté-là, le dessin fait le travail. En revanche, côté humour, je suis complètement passé à côté. Aucun gag ne m'a fait rire. Certains m'ont même laissé franchement circonspect, au point que je me suis demandé où se trouvait la chute censée être drôle. L’humour tourne beaucoup autour de l'ivresse, des excès et des jeux de mots liés à la bière ; sans affinité avec le thème, difficile d'adhérer. J'ai eu l’impression d'un enchaînement de blagues faciles, parfois prévisibles, souvent plates. À la limite, les pages qui associent chaque type de boisson à un style musical m'ont arraché un léger sourire : l'idée était simple mais un peu plus inspirée que le reste. Ce fut une lecture très laborieuse pour moi. Peut-être que les amateurs de bières et d'humour de comptoir y trouveront leur compte, mais en ce qui me concerne, le sujet ne m'intéressait pas et les gags n'ont jamais réussi à compenser cela.
Valkyrie Apocalypse
Il n'y a pas de sens à faire combattre des hommes contre des dieux : par définition, les dieux sont totalement supérieurs. Par nature ! Les walkyries sont bien gentilles de proposer ça pour sauver l'Humanité ça n'aurait aucune chance, sauf par miracle du scénario… Mais bon, c'est un prétexte pour voir des combats entre toutes sortes de grands guerriers, humains et divins. Sauf que malgré le désir de m'amuser et un dessin acceptable, je me suis vite ennuyé. Bien sûr, les dieux ne sont pas assez stupides pour se diviser sous prétexte que les humains de tels ou tels culte croient en certains d'entre eux, mais pas à d'autre. Les êtres supérieurs ne sont-ils pas supérieurs ? Sauf qu'à part ça, ils ne paraissant guère divins. Et les humains ? Guère héroïques. Ne reste que les combats, et j'ai vu bien mieux, dans le genre. Alors bonsoir !
Stringbags
De tous les récits de guerre scénarisée par Garth Ennis que j'ai lu dernièrement, je pense que c'est celui qui m'a le moins intéressé. Pourtant, l'idée de départ n’est pas trop mal. Ennis nous monte différents batailles de la seconde guerre et pour rendre cela excitant on suit un trio de soldats pas très malin qui finissent souvent pas manquer la bataille. Cela apporte un peu d'humour et les trois personnages sont un peu attachants, sauf que dès le chapitre 2 je commençais à trouver le temps un un peu long et au fil des pages j'ai fini par décrocher. L'idée est sympathique, mais au bout d'un moment cela devient répétitif. Je pense que j'aurais plus accroché si c'était un récit qui avait duré 40-50 pages au lieu de pratiquement 200 pages. Il faut dire aussi que le contexte histoire ne m' pas trop passionné parce que je me fous un peu de savoir comment se sont déroulé avec précision des batailles d'avions. Le dessin est correct même s'il est un peu formaté.
Formica - Une tragédie en trois actes
Je ne suis pas un grand fan de Fabcaro, mais ses albums parviennent en général au moins à me faire sourire. Ici, ces moments ont été beaucoup trop rares. L'idée de départ, un repas de famille où personne ne trouve de sujet de conversation, aurait sans doute suffi pour un gag court, mais elle s'étire excessivement et, très vite, j'ai ressenti le même ennui que les convives. Même graphiquement, je n'ai pas été convaincu. Le dessin m'a semblé assez quelconque et figé, avec des personnages souvent raides, un encrage qui me rebute, et une mise en scène globalement dépourvue de dynamisme. Le décalage entre cette immobilité et l'absurdité, voire la folie des situations, aurait pu nourrir l'humour, mais cela ne fonctionne pas, tant l'ensemble paraît statique, presque paresseux. Côté scénario, la déception est similaire. L'absurdité des scènes, parfois franchement couillonnes, pourrait faire mouche si elle était portée par un véritable rythme et une bonne montée en puissance. Mais le ton demeure morose, les dialogues s'étirent, tournent en rond, deviennent bavards, parfois plombants. Le comique de répétition épuise rapidement le dispositif, sans réel renouvellement. Quelques trouvailles fonctionnent (le jeu des sept familles, notamment, ou l'instantanéité de morts traitées comme de simples détails), mais elles restent trop rares pour sauver l’ensemble. J'ai même eu l'impression que l’auteur lui-même s'ennuyait par moments, comme si la mécanique tournait à vide.