Le dessin met en exergue la beauté des corps masculins et du décor Renaissance, mais est-ce que cela suffit ? Tout dépend des goûts de chacun, disons qu'on peut lire ça à la limite mais investir là-dedans, s'encombrer voire relire : non ! La réalité historique passe par perte et profits, légende dorée et légendes noires se valent. J'aimerais qu'on montre des personnages tout à la fois possédés par leur croyance et le sexe, vu que c'est le cas de la plupart des gens à l'époque. L'esprit de domination des dominants serait un plus… Et tout cela ne veut pas dire qu'il n'y ait pas d'amour, l'être humain étant complexe. Mais il y a une chose simple, basique, pour faire une explosion intellectuelle et artistique, la concurrence, entre cités grecques dans l'Antiquité, et italiennes à la Renaissance. De ce point de vue, la contenu des croyances, païennes ou chrétiennes, est absolument anecdotique. Bref, ici on est dans un livre d'images dynamique comme dans Les Borgia, a dit quelqu'un sauf que c'est mieux dessiné. Si on veut être vraiment dans l'esprit de la Renaissance, il y a une série de manga à propos de César Borgia qui est parfaite.
Je suis d’accord avec Pol pour dire que la première histoire est celle qui est la plus intéressante. Malheureusement la suite ne m’a jamais réellement captivé.
En effet, on a quand même l’impression de lire des fonds de tiroirs, des idées jetées en l’air et rattrapées par un copain, mais qui n’ont pas été développées (deux histoires sont même hyper courtes, et m’ont un temps fait croire qu’elles constituaient un simple chapitre d’un ensemble plus conséquent, mais non, il faut s’en contenter.
L’ensemble est hétéroclite, même si la présence assez récurrente de squelettes permet de justifier une petite unité, et le titre du recueil. Un arrière-plan médiéval (plus ou moins historique ou fantastique), mâtiné de Fantasy sur certains récits : il y a quelques bouts d’idées, mais c’est le plus souvent frustrant et décevant.
Quant au dessin de Mignola, on reconnait sa patte, mais, là aussi, j’ai trouvé que c’était un service minimum qui nous était proposé. C’est assez minimaliste au niveau des détails. Lisible, mais peu emballant. La colorisation de Steward accentue le côté « brut » et le côté ébauche de ces récits.
Une lecture qui m’a laissé sur ma faim.
Note réelle 2,5/5.
Une série qui n’est jamais parvenu à me captiver. Pourtant, elle pouvait avoir quelques atouts, avec ces barbouzes qui écument s’étripent dans toute l’Europe au temps de la guerre d’Algérie. Du thriller politique en arrière-plan, des coups foirés en veux-tu en voilà.
Mais voilà justement, j’en voulais plus. Car l’intrigue est franchement trop linéaire, manque de consistance. Elle ne se résume le plus souvent qu’en une succession d’assassinats, de vengeance. Là où Lautner apporter de l’humour à ce type de scénario répétitif sans profondeur, ici rien du tout, c’est sérieux, et ennuyeux.
On ne s’attache pas non plus aux personnages, et l’intrigue ne leur donne ni profondeur ni crédibilité.
Quant au dessin, je n’en suis pas vraiment fan. Des défauts, et un rendu – les visages en particulier, mais aussi certaines postures – qui ne m’a pas convenu.
La belle déception que voilà !
BD sur les thématiques du désir féminin et de la chasse aux sorcières dont le traitement laisse assez songeur. Cette BD officiellement érotique (qui ne l'est dans les faits pas) nous propose un discours véritablement réactionnaire. La "sorcière" y mériterait son traitement, a minima pour avoir succombé (uniquement dans ses rêves) à des fantasmes charnels. Qui plus est avec une figure proche du Diable légitimant pleinement le procès en sorcellerie. Le conjoint est tout pardonné de condamner sa propre épouse, tout harassé qu'il est de "servir Dieu" et de "protéger les hommes". L'amoralité de la meilleure amie qui trahit pour se sauver révèle moins une perfidie intéressante dramatiquement que les faiblesses de l'intrigue un temps policière.
On pense à "Eyes wide shut" de Kubrick pour cet emballement autour de simples rêves, à la jolie BD L'Imprimerie du diable pour cette confrontation entre représentant de l'inquisition et femme supposée sorcière, mais l'on n'atteint nullement le niveau et l'intérêt de ces fictions-là.
L'Amérique réactionnaire nous surprendra toujours. Sa manière d'adopter faussement les discours et thématiques progressistes pour mieux disperser son fiel n'est nullement machiavélique et intelligente, mais simplement risible sinon pathétique.
Eh bien moi, je n’ai pas vraiment aimé cette lecture. Ça n’est pas parce qu’un sujet est sensible, et parce que les auteurs défendent une cause qui parait « juste », que le lecteur doit absolument tout accepter – sur le fond et sur la forme. Les deux m’ont clairement laissé de côté.
En fait le côté graphique peut passer, mais ça n’est pas ma tasse de thé.
C’est ailleurs que le bât blesse selon moi. En fait, c’est un album qui relève d’une propagande maladroite qui, voulant défendre son point de vue (l’Ukraine est malmenée depuis très longtemps par la Russie), en oublie de rendre intéressante la narration, mais surtout de ne pas tomber dans les travers reprocher à « l’ennemi ».
Tout étant montré sous le seul prisme manichéen d’une Ukraine martyrisée par son voisin russe, on en oublie donc tout ce qui pourrait aller à l’encontre du « roman national » pour ne pas dire nationaliste. Exit donc la corruption des élites ukrainiennes après la fin de l’URSS. De la même façon, faire des Cosaques des précurseurs de la résistance et du nationalisme ukrainien est une réécriture de l’Histoire plus que maladroite. De la même façon, la présentation du Rus de Kiev comme uniquement ukrainienne est anachronique (cela concerne tout autant les actuels Biélorusse ou les Russes, et l’album n’évoque pas l’origine Viking de cette entité).
Pour revenir à l’époque proche, évacuer les ingérences étrangères (américaines en tête) dans les récents événements (manifestations de « Maïdan » par exemple est dommageable.
Bref, la souffrance des Ukrainiens est réelle (et comme un fil rouge nous suivons certains d’entre eux qui cherchent à se protéger des bombes tombant sur les civils), Poutine est sans aucun doute un salaud (mais il a de la concurrence !), mais lorsque j’ai emprunté – au hasard – cet album, je m’attendais à une présentation plus équilibrée et honnête de la situation. Déjà le sous-titre pose problème : la « longue guerre avec la Russie du moyen-âge à nos jours » oriente l’album de façon rétroactive et imprécise. C’est comme si on titrait un album « la longue guerre entre la France et l’Allemagne de Charlemagne à nos jours », faisant fi de la réalité historique et géographique ancienne, qui ne correspond pas à ce qui est celle que nous connaissons aujourd’hui.
Bref, vous l’avez compris, il y a là une réticence intellectuelle de ma part qui m’empêche d’apprécier cet album.
2.5
L'histoire où on va voir le Joker faire son gros plan final avant de mourir de son cancer incurable ! Bon vu que ça date de 2001 et que depuis le Joker a fait au minimum un billion d'appariation dans les comics, vous vous doutez qu'il ne va pas vraiment mourir. L'important est qu'au moins c'est divertissant et malheureusement ce n'est pas trop le cas.
J'avais un peu d'espoir que ça soit très bon parce que le scénario principal, Chuck Dixon, a fait de très bonnes histoires de Batman incluant plusieurs avec le Joker, mais là je pense que c'est sa moins bonne utilisation du Joker jusqu'à présent. Il faut dire que c'est un gros crossover alors on a droit à tous les défauts des crossovers de comics de super-héros: pleins de personnages dont la plupart servent à rien, on a droit en français qu'au épisodes principaux alors il y a des trucs qui se passent hors-champs et il faut aller lire les comics originaux en anglais pour avoir tout l'histoire et le pire est qu'il y a tellement de scènes d'actions non-stop qu'à la longue cela devient épuisant à lire, comme si on regardait un film d'action en accéléré.
Même si c'était une simple histoire de Batman, je ne pense pas que j'aurais adoré parce que le plan principal du Joker est d'utiliser son poison sur tous les méchants afin qu'ils deviennent comme lui et si le Joker est marrant en un seul exemplaire, voir une bonne centaine de méchants agir et parler comme lui devient vite énervant. Il reste quelques bons moments et j'ai bien aimé comment on utilise certains personnages, mais la plupart du temps on dirait un mauvais blockbuster.
Je ne sais pas si j’aurais davantage apprécié cet album si je l’avais lu plus jeune (car ça s’adresse quand même en priorité, sinon exclusivement à un jeune lectorat je pense), mais l’adulte que je suis n’y a pas du tout trouvé son compte. Je ne connais pas la série Bec-en-fer, mais Sylvain et Sylvette du même Pesch (Belom l’ayant rejoint sur la fin) n’est clairement pas ma came, même si j’en avais lu quelques-uns, quand j’étais gamin (une relecture étant adulte m’avait rebuté).
Dans une sorte d’introduction, dans laquelle sont présentés les personnages principaux, il y a une claire volonté d’ancrer les gags dans l’Histoire. Mais ceci disparait rapidement. Il faut dire que la structure – des gags en deux ou trois cases – empêche clairement toute ambition « historique » réelle.
Mais ce moyen-âge pour de rire (on est au début du XVème siècle, au temps de la guerre de Cent ans, peu avant Azincourt) ne possède aucune des qualités développées par F’murr ou Peyo dans leurs séries. Les gags sont poussifs, l’humour ne fonctionne pas avec moi en tout cas. Il y a aussi quelques redites (voir le gag de la botte secrète par exemple).
Clairement pas ma came. Et cet album, en plus de mon expérience malheureuse avec Sylvain et Sylvette, ne m’a pas vraiment donné envie de découvrir les albums plus longs de Bec-en-fer !
Cette BD adapte en bande dessinée des anecdotes réelles recueillies par le blog lamarieeencolere.com, autour des galères, tensions et petites humiliations liées à l'organisation d'un mariage. Je ne le savais pas en commençant ma lecture et je m'attendais plutôt à une suite de gags construits, avec des personnages récurrents ou non.
Le dessin m'a relativement plu. Il m'a rappelé le style de Bernadette Després sur Tom-Tom et Nana : pas spécialement joli ni raffiné, mais expressif, lisible et efficace pour la comédie. J'aime aussi assez le style de cet encrage. Les premières pages m'ont d'ailleurs arraché quelques sourires : j'y retrouvais l'idée de petits gags courts, un peu vachards, qui croquent des situations du quotidien avant le mariage.
Mais plus j'avançais, plus l'intérêt s'est émoussé. Les sujets deviennent de plus en plus anecdotiques, parfois à peine amusants, et j'ai plusieurs fois eu l'impression qu'il n'y avait même plus de chute, simplement le récit d'un événement tel quel, sans véritable angle comique ni mise en scène particulière. Le rythme retombe alors, et ce qui devait ressembler à une succession de gags finit par donner l'impression d'un simple catalogue un peu plat.
Malgré un début plutôt engageant et un dessin sympathique, je me suis trop vite ennuyé. Ça ne tombe jamais dans le mièvre, mais ça manque trop souvent d'originalité ou de véritables trouvailles humoristiques pour vraiment intéresser ou amuser.
Eu égard à mes précédentes lectures de ces deux auteurs, j’attendais beaucoup de Lemire, et j’étais plus dubitatif concernant la participation de Kindt. J’étais en tout cas curieux de voir ce que leur collaboration pouvait donner au niveau scénario.
Eh bien je n’ai pas été convaincu ou captivé par cet album. Dessin et colorisation – pas exempts de défauts pour le premier – sont peut-être ce qui passe le mieux pour moi. Une ambiance SF/polar foutraque, avec un rendu très sombre, énormément de planches muettes où Rubin se lâche. Pas désagréable.
Mais pour ce qui est de l’intrigue, elle m’a laissé de côté. Déjà elle est quand même minimaliste, il ne se passe réellement pas grand-chose, le tout étant narré de façon très linéaire – malgré quelques artifices de pure forme.
Les magouilles des Dieux, et pas mal de détails m’ont aussi échappé. Mais j’avoue n’avoir pas fait d’effort pour tout raccrocher, tant ma lecture – rapide au demeurant, ç c’est déjà ça – m’a ennuyé.
Gros bof donc. Je n’ai à aucun moment retrouvé ce qui souvent chez Lemire dynamise ses récits, une certaine poésie, un étrange virant au merveilleux. Ça n’est pas ma came.
Un célibataire un peu paumé enchaîne les échecs sentimentaux et professionnels et finit par en faire porter la faute à la gent féminine dans son ensemble. En face de chez lui, un salon d'onglerie où quatre jeunes femmes partagent leur quotidien, leurs discussions et une certaine solidarité. En parallèle, lui s'enferme peu à peu dans la frustration, les réseaux sociaux et les discours masculinistes, jusqu'à glisser vers une forme de radicalisation sourde.
Sur le plan graphique, je ne peux pas nier le soin apporté à l'ensemble. Le découpage audacieux, la gouache, les aplats, les jeux de lumière, les teintes rouges et orangées donnent une vraie identité visuelle. C'est travaillé, personnel, et certaines planches ont une présence presque picturale. On sent une recherche esthétique constante, une volonté d'autrice assumée.
Mais c'est justement là que le bât blesse. Cette mise en scène très "film d'art et d'essai" m'a vite paru rébarbative. J'ai eu l'impression que la forme passait avant le récit. Les cadrages sont tantôt trop serrés, tantôt étrangement placés, les scènes fragmentées en bribes, les dialogues hachés, les séquences étirées ou répétées sans que cela apporte de réelle clarté. Le résultat est très théorique, très démonstratif, mais peu lisible. Plutôt que de raconter une histoire, j'ai souvent eu le sentiment que l'autrice cherchait avant tout à "faire de l'art".
Côté scénario et message, pourtant, le sujet est important, presque glaçant d'actualité. La dérive masculiniste, l'influence des réseaux, la radicalisation ordinaire, tout cela mérite clairement d'être traité. Mais c'est abordé ici de manière distante, avec des personnages immédiatement antipathiques et une impression générale de manque de vie et d'expressivité. La partie centrée sur les femmes, plus nuancée et plus vivante, fonctionne mieux. Du côté d'Alexandre, en revanche, les motivations restent floues et les étapes trop elliptiques : d'un balourd médiocre, il passe brusquement au rejet global des femmes et à l'adhésion au discours haineux d'un proche puis aux actes lâches et violents, sans que j'aie vraiment vu la bascule s'installer. La construction volontairement déstructurée dilue les enjeux et brouille la narration. Je me suis senti davantage spectateur qu'impliqué, à devoir deviner plus que comprendre.
J'imagine qu'on peut saluer l'audace graphique et la portée sociétale du propos, mais j'ai trouvé la lecture assez pénible : un album respectable sur le fond, dont la mise en scène trop esthétisante m'a tenu à distance du début à la fin.
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Le Pape Terrible
Le dessin met en exergue la beauté des corps masculins et du décor Renaissance, mais est-ce que cela suffit ? Tout dépend des goûts de chacun, disons qu'on peut lire ça à la limite mais investir là-dedans, s'encombrer voire relire : non ! La réalité historique passe par perte et profits, légende dorée et légendes noires se valent. J'aimerais qu'on montre des personnages tout à la fois possédés par leur croyance et le sexe, vu que c'est le cas de la plupart des gens à l'époque. L'esprit de domination des dominants serait un plus… Et tout cela ne veut pas dire qu'il n'y ait pas d'amour, l'être humain étant complexe. Mais il y a une chose simple, basique, pour faire une explosion intellectuelle et artistique, la concurrence, entre cités grecques dans l'Antiquité, et italiennes à la Renaissance. De ce point de vue, la contenu des croyances, païennes ou chrétiennes, est absolument anecdotique. Bref, ici on est dans un livre d'images dynamique comme dans Les Borgia, a dit quelqu'un sauf que c'est mieux dessiné. Si on veut être vraiment dans l'esprit de la Renaissance, il y a une série de manga à propos de César Borgia qui est parfaite.
Le Carnaval des cadavres
Je suis d’accord avec Pol pour dire que la première histoire est celle qui est la plus intéressante. Malheureusement la suite ne m’a jamais réellement captivé. En effet, on a quand même l’impression de lire des fonds de tiroirs, des idées jetées en l’air et rattrapées par un copain, mais qui n’ont pas été développées (deux histoires sont même hyper courtes, et m’ont un temps fait croire qu’elles constituaient un simple chapitre d’un ensemble plus conséquent, mais non, il faut s’en contenter. L’ensemble est hétéroclite, même si la présence assez récurrente de squelettes permet de justifier une petite unité, et le titre du recueil. Un arrière-plan médiéval (plus ou moins historique ou fantastique), mâtiné de Fantasy sur certains récits : il y a quelques bouts d’idées, mais c’est le plus souvent frustrant et décevant. Quant au dessin de Mignola, on reconnait sa patte, mais, là aussi, j’ai trouvé que c’était un service minimum qui nous était proposé. C’est assez minimaliste au niveau des détails. Lisible, mais peu emballant. La colorisation de Steward accentue le côté « brut » et le côté ébauche de ces récits. Une lecture qui m’a laissé sur ma faim. Note réelle 2,5/5.
Du côté de l'enfer
Une série qui n’est jamais parvenu à me captiver. Pourtant, elle pouvait avoir quelques atouts, avec ces barbouzes qui écument s’étripent dans toute l’Europe au temps de la guerre d’Algérie. Du thriller politique en arrière-plan, des coups foirés en veux-tu en voilà. Mais voilà justement, j’en voulais plus. Car l’intrigue est franchement trop linéaire, manque de consistance. Elle ne se résume le plus souvent qu’en une succession d’assassinats, de vengeance. Là où Lautner apporter de l’humour à ce type de scénario répétitif sans profondeur, ici rien du tout, c’est sérieux, et ennuyeux. On ne s’attache pas non plus aux personnages, et l’intrigue ne leur donne ni profondeur ni crédibilité. Quant au dessin, je n’en suis pas vraiment fan. Des défauts, et un rendu – les visages en particulier, mais aussi certaines postures – qui ne m’a pas convenu.
Somna
La belle déception que voilà ! BD sur les thématiques du désir féminin et de la chasse aux sorcières dont le traitement laisse assez songeur. Cette BD officiellement érotique (qui ne l'est dans les faits pas) nous propose un discours véritablement réactionnaire. La "sorcière" y mériterait son traitement, a minima pour avoir succombé (uniquement dans ses rêves) à des fantasmes charnels. Qui plus est avec une figure proche du Diable légitimant pleinement le procès en sorcellerie. Le conjoint est tout pardonné de condamner sa propre épouse, tout harassé qu'il est de "servir Dieu" et de "protéger les hommes". L'amoralité de la meilleure amie qui trahit pour se sauver révèle moins une perfidie intéressante dramatiquement que les faiblesses de l'intrigue un temps policière. On pense à "Eyes wide shut" de Kubrick pour cet emballement autour de simples rêves, à la jolie BD L'Imprimerie du diable pour cette confrontation entre représentant de l'inquisition et femme supposée sorcière, mais l'on n'atteint nullement le niveau et l'intérêt de ces fictions-là. L'Amérique réactionnaire nous surprendra toujours. Sa manière d'adopter faussement les discours et thématiques progressistes pour mieux disperser son fiel n'est nullement machiavélique et intelligente, mais simplement risible sinon pathétique.
Ukraine
Eh bien moi, je n’ai pas vraiment aimé cette lecture. Ça n’est pas parce qu’un sujet est sensible, et parce que les auteurs défendent une cause qui parait « juste », que le lecteur doit absolument tout accepter – sur le fond et sur la forme. Les deux m’ont clairement laissé de côté. En fait le côté graphique peut passer, mais ça n’est pas ma tasse de thé. C’est ailleurs que le bât blesse selon moi. En fait, c’est un album qui relève d’une propagande maladroite qui, voulant défendre son point de vue (l’Ukraine est malmenée depuis très longtemps par la Russie), en oublie de rendre intéressante la narration, mais surtout de ne pas tomber dans les travers reprocher à « l’ennemi ». Tout étant montré sous le seul prisme manichéen d’une Ukraine martyrisée par son voisin russe, on en oublie donc tout ce qui pourrait aller à l’encontre du « roman national » pour ne pas dire nationaliste. Exit donc la corruption des élites ukrainiennes après la fin de l’URSS. De la même façon, faire des Cosaques des précurseurs de la résistance et du nationalisme ukrainien est une réécriture de l’Histoire plus que maladroite. De la même façon, la présentation du Rus de Kiev comme uniquement ukrainienne est anachronique (cela concerne tout autant les actuels Biélorusse ou les Russes, et l’album n’évoque pas l’origine Viking de cette entité). Pour revenir à l’époque proche, évacuer les ingérences étrangères (américaines en tête) dans les récents événements (manifestations de « Maïdan » par exemple est dommageable. Bref, la souffrance des Ukrainiens est réelle (et comme un fil rouge nous suivons certains d’entre eux qui cherchent à se protéger des bombes tombant sur les civils), Poutine est sans aucun doute un salaud (mais il a de la concurrence !), mais lorsque j’ai emprunté – au hasard – cet album, je m’attendais à une présentation plus équilibrée et honnête de la situation. Déjà le sous-titre pose problème : la « longue guerre avec la Russie du moyen-âge à nos jours » oriente l’album de façon rétroactive et imprécise. C’est comme si on titrait un album « la longue guerre entre la France et l’Allemagne de Charlemagne à nos jours », faisant fi de la réalité historique et géographique ancienne, qui ne correspond pas à ce qui est celle que nous connaissons aujourd’hui. Bref, vous l’avez compris, il y a là une réticence intellectuelle de ma part qui m’empêche d’apprécier cet album.
Joker - Les derniers jours d'un clown
2.5 L'histoire où on va voir le Joker faire son gros plan final avant de mourir de son cancer incurable ! Bon vu que ça date de 2001 et que depuis le Joker a fait au minimum un billion d'appariation dans les comics, vous vous doutez qu'il ne va pas vraiment mourir. L'important est qu'au moins c'est divertissant et malheureusement ce n'est pas trop le cas. J'avais un peu d'espoir que ça soit très bon parce que le scénario principal, Chuck Dixon, a fait de très bonnes histoires de Batman incluant plusieurs avec le Joker, mais là je pense que c'est sa moins bonne utilisation du Joker jusqu'à présent. Il faut dire que c'est un gros crossover alors on a droit à tous les défauts des crossovers de comics de super-héros: pleins de personnages dont la plupart servent à rien, on a droit en français qu'au épisodes principaux alors il y a des trucs qui se passent hors-champs et il faut aller lire les comics originaux en anglais pour avoir tout l'histoire et le pire est qu'il y a tellement de scènes d'actions non-stop qu'à la longue cela devient épuisant à lire, comme si on regardait un film d'action en accéléré. Même si c'était une simple histoire de Batman, je ne pense pas que j'aurais adoré parce que le plan principal du Joker est d'utiliser son poison sur tous les méchants afin qu'ils deviennent comme lui et si le Joker est marrant en un seul exemplaire, voir une bonne centaine de méchants agir et parler comme lui devient vite énervant. Il reste quelques bons moments et j'ai bien aimé comment on utilise certains personnages, mais la plupart du temps on dirait un mauvais blockbuster.
Bec-en-fer (Bélom/Pesch)
Je ne sais pas si j’aurais davantage apprécié cet album si je l’avais lu plus jeune (car ça s’adresse quand même en priorité, sinon exclusivement à un jeune lectorat je pense), mais l’adulte que je suis n’y a pas du tout trouvé son compte. Je ne connais pas la série Bec-en-fer, mais Sylvain et Sylvette du même Pesch (Belom l’ayant rejoint sur la fin) n’est clairement pas ma came, même si j’en avais lu quelques-uns, quand j’étais gamin (une relecture étant adulte m’avait rebuté). Dans une sorte d’introduction, dans laquelle sont présentés les personnages principaux, il y a une claire volonté d’ancrer les gags dans l’Histoire. Mais ceci disparait rapidement. Il faut dire que la structure – des gags en deux ou trois cases – empêche clairement toute ambition « historique » réelle. Mais ce moyen-âge pour de rire (on est au début du XVème siècle, au temps de la guerre de Cent ans, peu avant Azincourt) ne possède aucune des qualités développées par F’murr ou Peyo dans leurs séries. Les gags sont poussifs, l’humour ne fonctionne pas avec moi en tout cas. Il y a aussi quelques redites (voir le gag de la botte secrète par exemple). Clairement pas ma came. Et cet album, en plus de mon expérience malheureuse avec Sylvain et Sylvette, ne m’a pas vraiment donné envie de découvrir les albums plus longs de Bec-en-fer !
La Mariée en colère
Cette BD adapte en bande dessinée des anecdotes réelles recueillies par le blog lamarieeencolere.com, autour des galères, tensions et petites humiliations liées à l'organisation d'un mariage. Je ne le savais pas en commençant ma lecture et je m'attendais plutôt à une suite de gags construits, avec des personnages récurrents ou non. Le dessin m'a relativement plu. Il m'a rappelé le style de Bernadette Després sur Tom-Tom et Nana : pas spécialement joli ni raffiné, mais expressif, lisible et efficace pour la comédie. J'aime aussi assez le style de cet encrage. Les premières pages m'ont d'ailleurs arraché quelques sourires : j'y retrouvais l'idée de petits gags courts, un peu vachards, qui croquent des situations du quotidien avant le mariage. Mais plus j'avançais, plus l'intérêt s'est émoussé. Les sujets deviennent de plus en plus anecdotiques, parfois à peine amusants, et j'ai plusieurs fois eu l'impression qu'il n'y avait même plus de chute, simplement le récit d'un événement tel quel, sans véritable angle comique ni mise en scène particulière. Le rythme retombe alors, et ce qui devait ressembler à une succession de gags finit par donner l'impression d'un simple catalogue un peu plat. Malgré un début plutôt engageant et un dessin sympathique, je me suis trop vite ennuyé. Ça ne tombe jamais dans le mièvre, mais ça manque trop souvent d'originalité ou de véritables trouvailles humoristiques pour vraiment intéresser ou amuser.
Cosmic detective
Eu égard à mes précédentes lectures de ces deux auteurs, j’attendais beaucoup de Lemire, et j’étais plus dubitatif concernant la participation de Kindt. J’étais en tout cas curieux de voir ce que leur collaboration pouvait donner au niveau scénario. Eh bien je n’ai pas été convaincu ou captivé par cet album. Dessin et colorisation – pas exempts de défauts pour le premier – sont peut-être ce qui passe le mieux pour moi. Une ambiance SF/polar foutraque, avec un rendu très sombre, énormément de planches muettes où Rubin se lâche. Pas désagréable. Mais pour ce qui est de l’intrigue, elle m’a laissé de côté. Déjà elle est quand même minimaliste, il ne se passe réellement pas grand-chose, le tout étant narré de façon très linéaire – malgré quelques artifices de pure forme. Les magouilles des Dieux, et pas mal de détails m’ont aussi échappé. Mais j’avoue n’avoir pas fait d’effort pour tout raccrocher, tant ma lecture – rapide au demeurant, ç c’est déjà ça – m’a ennuyé. Gros bof donc. Je n’ai à aucun moment retrouvé ce qui souvent chez Lemire dynamise ses récits, une certaine poésie, un étrange virant au merveilleux. Ça n’est pas ma came.
Rouge signal
Un célibataire un peu paumé enchaîne les échecs sentimentaux et professionnels et finit par en faire porter la faute à la gent féminine dans son ensemble. En face de chez lui, un salon d'onglerie où quatre jeunes femmes partagent leur quotidien, leurs discussions et une certaine solidarité. En parallèle, lui s'enferme peu à peu dans la frustration, les réseaux sociaux et les discours masculinistes, jusqu'à glisser vers une forme de radicalisation sourde. Sur le plan graphique, je ne peux pas nier le soin apporté à l'ensemble. Le découpage audacieux, la gouache, les aplats, les jeux de lumière, les teintes rouges et orangées donnent une vraie identité visuelle. C'est travaillé, personnel, et certaines planches ont une présence presque picturale. On sent une recherche esthétique constante, une volonté d'autrice assumée. Mais c'est justement là que le bât blesse. Cette mise en scène très "film d'art et d'essai" m'a vite paru rébarbative. J'ai eu l'impression que la forme passait avant le récit. Les cadrages sont tantôt trop serrés, tantôt étrangement placés, les scènes fragmentées en bribes, les dialogues hachés, les séquences étirées ou répétées sans que cela apporte de réelle clarté. Le résultat est très théorique, très démonstratif, mais peu lisible. Plutôt que de raconter une histoire, j'ai souvent eu le sentiment que l'autrice cherchait avant tout à "faire de l'art". Côté scénario et message, pourtant, le sujet est important, presque glaçant d'actualité. La dérive masculiniste, l'influence des réseaux, la radicalisation ordinaire, tout cela mérite clairement d'être traité. Mais c'est abordé ici de manière distante, avec des personnages immédiatement antipathiques et une impression générale de manque de vie et d'expressivité. La partie centrée sur les femmes, plus nuancée et plus vivante, fonctionne mieux. Du côté d'Alexandre, en revanche, les motivations restent floues et les étapes trop elliptiques : d'un balourd médiocre, il passe brusquement au rejet global des femmes et à l'adhésion au discours haineux d'un proche puis aux actes lâches et violents, sans que j'aie vraiment vu la bascule s'installer. La construction volontairement déstructurée dilue les enjeux et brouille la narration. Je me suis senti davantage spectateur qu'impliqué, à devoir deviner plus que comprendre. J'imagine qu'on peut saluer l'audace graphique et la portée sociétale du propos, mais j'ai trouvé la lecture assez pénible : un album respectable sur le fond, dont la mise en scène trop esthétisante m'a tenu à distance du début à la fin.