Une fois de plus, c'est frustrant de voir le très bon dessin humoristique de Mo-CDM mis au service d'histoires pas si drôles.
J'aime son trait énergique, sa mise en scène très Fluide Glacial, avec un vrai sens de la déconne mais aussi un soin apporté aux décors et à la colorisation. C'est percutant, vivant, et les personnages sont pleins de vie.
Mais à côté de ça, les histoires sont assez décevantes. C'est un recueil varié, globalement orienté SF, mais sans lien particulier entre elles. Trop souvent, j'ai eu l'impression d'idées étirées en longueur, pas assez originales ou marquantes pour mériter plusieurs pages, avec des chutes assez plates. J'ai quand même ri quelques fois, la plupart du temps sur des gags très courts, en une ou deux planches maximum. Le reste du temps, je suis resté plutôt blasé face à ces récits trop longs et assez répétitifs, surtout au regard des autres œuvres de Mo-CDM.
Je ne me suis pas ennuyé, car j'aime l'esprit et le dessin de Mo-CDM, mais je n'ai tout simplement pas suffisamment ri. J'ai le sentiment que son humour fonctionne bien mieux sur des formats courts que sur la longueur.
Note : 2,5/5
Dieu sait que j’aime Spirou et Fantasio. J’ai grandi avec eux, je les retrouve toujours avec un plaisir un peu pavlovien, et je me réjouis même de cette idée de “retour aux sources” : aventure classique, énergie bon enfant, et en bonus la présence du Marsupilami qui, à elle seule, suffit souvent à me mettre de bonne humeur. Mais San inferno, franchement… que c’est creux.
Ce n’est pas un album désagréable, attention. Ça se lit bien, ça ne grince pas, ça ne trahit pas ouvertement l’esprit maison. Sauf qu’on a l’impression d’un décor en carton. Le dessin est très minimaliste : les personnages sont fidèles, dans la veine de ce qu’on aime, avec des expressions qui fonctionnent. Mais derrière eux ? Pas grand-chose. Des décors au strict minimum, des arrière-plans qui semblent avoir déserté l’album.
L’histoire, elle aussi, file à toute vitesse. C’est plaisant, oui, mais d’une légèreté telle qu’on referme le livre en vingt minutes, avec une sensation de “minimum syndical”. Ça déroule sans aspérité, sans montée, sans vrai relief, et c’est peut-être ça le problème : il ne se passe rien, au fond, qui laisse une trace.
Je suis le premier à défendre la poursuite de ces franchises de la vieille garde. Mais avec des auteurs talentueux, pourquoi viser si petit, si timide ? J’adoube André Franquin et Tome & Janry, évidemment, mais ils n’ont pas le monopole de la profondeur. On peut faire du classique et du dense. Ici, on a surtout du classique… en mode minimal.
Servais fait du Servais, encore et toujours. Et je me dis qu'il faut que j'arrête d'insister avec lui, même si je ne lis ses albums que parce que je les trouve en bibliothèque et que je me dis que ça peut valoir le coup. Mais les mêmes défauts se répètent et j'ai l'impression que ça tourne toujours en rond lorsqu'il s'agit d'écrire une critique dessus.
Cet album plaira aux personnes qui adorent Servais, même si clairement ce n'est pas le meilleur qu'il ait fait. Deux histoires bien différentes s'entremêlent ici autour d'une fée appelée Iriacynthe qui sera le point central de ces deux histoires. Chaque histoire est assez courte (une trentaine de pages), laissant assez peu de place au développement du récit. C'est notamment difficile de s'intéresser aux personnages en si peu de pages, d'autant que l'histoire est parfois confuse dans son déroulé parce que trop de place est donné aux paysages de forêt, tandis que les dialogues vont vite avec parfois peu de liens entre eux. J'ai fini par survoler la fin qui est rapide, beaucoup trop confuse également avec une dernière page que j'ai trouvé peu satisfaisante quant à l'histoire. Rien n'est vraiment conclu et c'est une étrange façon de désamorcer cette malédiction familiale. D'autant que les détails secondaires (l'intrigue avec la famille du Baron) n'est pas résolue non plus.
Le tout dans ce que fait Servais : déshabiller toutes les filles souvent purement gratuitement, y compris les plus jeunes. Je comprends que ça peut correspondre à certaines idées notamment par rapport aux fées, nues et libres, mais c'est amusant qu'il ne déshabille jamais les personnages âgées et que les garçons gardent leurs pantalons. C'est ce genre de détails qui me fait dire que Servais fait de la nudité gratuite qui attire le chaland masculin.
Donc du Servais qui colle à ce qu'il a déjà fait, pas encore tout à fait au point. Pas recommandé, mais je ne suis globalement pas très fan de l'auteur de toute façon.
Comme mes autres collègues, je suis passé à côté de cette BD. En fait, ce sont les mêmes sentiments qui prédominent suite à la lecture : l'ennui et l'impression que la BD s'adresse à quelqu'un d'autre.
Je connais l'auteur Salinger dont j'ai lu "L'attrape-cœur" que je n'ai pas du tout aimé, mais je ne connaissais pas sa vie en générale. Et malheureusement, cette BD n'est pas une réelle biographie, mais un extrait biographique seulement, celui du premier mariage de Salinger. Ce qui est intéressant pour des personnes qui apprécient l'auteur, mais lorsqu'on ne connait pas spécialement sa vie et qu'on s'intéresse de très loin à son œuvre, c'est pas très passionnant. Le personnage de Salinger n'est pas très sympathique de prime abord, motivé par son traumatisme de la guerre et les horreurs qu'il y aura vu, et sa femme est mystérieuse sans que l'on ne comprenne réellement ce qu'elle est tout au long de l'histoire. L'alchimie prend assez peu et finalement je me désintéresse de ce couple bavard qui s'engueule.
La BD est produite par une chercheuse ayant travaillé sur Salinger et je dirais que ça se sent. C'est le résultat d'une personne très intéressée par l'auteur, cherchant à comprendre certains détails de sa vie et le sens qu'on peut lui donner, mais sans donner au tout venant l'envie de s'y intéresser. Si l'on ne connait pas Salinger on qu'on s'en fiche, cette BD n'apprend rien, n'apporte rien et s'oublie vite. C'est un travail sérieux, documenté, construit et riche, mais qui ne contentera qu'un petit cercle d'initiés dont je ne fais pas partie. D'autant que la BD est parfois trop précise pour des néophytes (comme par exemple sur les citations de poèmes ou les dates et lieux) mais ne permet pas d'appréhender l'intérêt de ce qui est raconté.
Le dessin est sobre, assez froid mais en accord avec le ton global. Il est malheureusement plombé par le texte assez présent, trop d'ailleurs, qui rend la BD bavarde et lourde. C'est de fait assez peu plaisant à lire, et globalement je ne peux la conseiller qu'aux personnes très intéressées par la vie de Salinger, les autres peuvent clairement faire l'impasse dessus.
En découvrant cette BD, je me vois contraint de dissocier le fond de la forme. Sur le fond, je suis en accord avec le message de l'auteur et je salue la rigueur du travail documentaire. Sur la forme, en revanche, la lecture de l'album m'a été extrêmement pénible.
Saison brune est un reportage graphique très solidement documenté sur le réchauffement climatique et ses conséquences. Le travail de recherche de Philippe Squarzoni est impressionnant, sérieux et sincère. L'album couvre un spectre très large de données scientifiques, économiques et politiques, avec une volonté manifeste de rendre ces enjeux accessibles au plus grand nombre. L'ouvrage va bientôt avoir quinze ans et certaines données ont évolué depuis, mais d'autres étaient déjà en avance sur leur temps, d'autant plus que l'auteur rappelle qu'elles étaient connues parfois depuis des décennies.
Sur le fond, l'ensemble est donc très complet, mais inadapté à ma manière de lire. J'ai réellement eu l'impression de parcourir un livre ou un essai documentaire plutôt qu'une bande dessinée. Malgré l'intérêt indéniable du sujet, l'album m'a paru laborieux. L'accumulation de chiffres et d'interventions dilue le propos et engendre parfois de la confusion, notamment lorsque certaines données semblent se contredire sans être clairement explicitées. Cette surcharge nuit à la lisibilité et affaiblit par moments la portée du discours.
J'ai également été gêné par l'orientation très marquée de la dernière partie, où une place importante est accordée aux membres d'ATTAC. Leurs analyses ne sont pas dénuées d'intérêt, mais leur omniprésence confère à l'ensemble une coloration politique trop exclusive, avec le sentiment que seule cette vision du monde serait envisageable, au détriment d'autres pistes pourtant pertinentes (notamment autour de la démographie).
Sur la forme, le choix d'un dessin très froid et d'un découpage rigide renforce l'aspect scolaire de l'album. En tant que bande dessinée, le médium est très peu exploité. Les pages s'enchainent, montrant essentiellement des visages statiques s'adressant directement au lecteur pour exposer analyses et faits. La seule mise en scène véritablement propre à la BD concerne les états d'âme de l'auteur, qui viennent s'intercaler entre ces séquences documentaires tenant davantage du livre illustré. J'ai réellement ressenti que la dimension BD se greffe sur un essai littéraire classique sans apporter de fluidité de lecture ni de narration graphique justifiant l'usage de ce médium.
Ma note est à considérer comme profondément subjective. Il s'agit d'un ouvrage dense, honnête et intellectuellement stimulant, qui soulève de véritables questions et invite à la réflexion, mais qui m'a ennuyé par sa lourdeur, son ton souvent déprimant et son absence de propositions concrètes. Un livre important, sans doute, mais que je ne me vois ni relire ni recommander à tous.
Bon ben je pense que je suis passé à coté de cet album.
Il y a des qualités et je comprends pourquoi d'autres lecteurs ont adoré. Le dessin est élégant et on utilise bien la couleur... le problème est que je trouve que ce style est froid et que peu d'émotions en ressortent. C'est la raison principale pourquoi je n'ai pas accroché : les émotions. Tout le long de l'album, je n'ai pas ressenti grand chose en dehors d'un certain ennui. Je ne me suis pas attaché aux personnages et à leurs destins tragiques. J'ai trouvé que c'était long (heureusement qu'il y a plusieurs pages avec peu de textes) et que j'avais déjà vu des éléments du scénario dans des œuvres qui m'ont plu marqué.
En gros, ce n'était pas un album pour moi.
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Une fois de plus, c'est frustrant de voir le très bon dessin humoristique de Mo-CDM mis au service d'histoires pas si drôles. J'aime son trait énergique, sa mise en scène très Fluide Glacial, avec un vrai sens de la déconne mais aussi un soin apporté aux décors et à la colorisation. C'est percutant, vivant, et les personnages sont pleins de vie. Mais à côté de ça, les histoires sont assez décevantes. C'est un recueil varié, globalement orienté SF, mais sans lien particulier entre elles. Trop souvent, j'ai eu l'impression d'idées étirées en longueur, pas assez originales ou marquantes pour mériter plusieurs pages, avec des chutes assez plates. J'ai quand même ri quelques fois, la plupart du temps sur des gags très courts, en une ou deux planches maximum. Le reste du temps, je suis resté plutôt blasé face à ces récits trop longs et assez répétitifs, surtout au regard des autres œuvres de Mo-CDM. Je ne me suis pas ennuyé, car j'aime l'esprit et le dessin de Mo-CDM, mais je n'ai tout simplement pas suffisamment ri. J'ai le sentiment que son humour fonctionne bien mieux sur des formats courts que sur la longueur. Note : 2,5/5
Spirou et Fantasio Classique - Le Trésor de San Inferno
Dieu sait que j’aime Spirou et Fantasio. J’ai grandi avec eux, je les retrouve toujours avec un plaisir un peu pavlovien, et je me réjouis même de cette idée de “retour aux sources” : aventure classique, énergie bon enfant, et en bonus la présence du Marsupilami qui, à elle seule, suffit souvent à me mettre de bonne humeur. Mais San inferno, franchement… que c’est creux. Ce n’est pas un album désagréable, attention. Ça se lit bien, ça ne grince pas, ça ne trahit pas ouvertement l’esprit maison. Sauf qu’on a l’impression d’un décor en carton. Le dessin est très minimaliste : les personnages sont fidèles, dans la veine de ce qu’on aime, avec des expressions qui fonctionnent. Mais derrière eux ? Pas grand-chose. Des décors au strict minimum, des arrière-plans qui semblent avoir déserté l’album. L’histoire, elle aussi, file à toute vitesse. C’est plaisant, oui, mais d’une légèreté telle qu’on referme le livre en vingt minutes, avec une sensation de “minimum syndical”. Ça déroule sans aspérité, sans montée, sans vrai relief, et c’est peut-être ça le problème : il ne se passe rien, au fond, qui laisse une trace. Je suis le premier à défendre la poursuite de ces franchises de la vieille garde. Mais avec des auteurs talentueux, pourquoi viser si petit, si timide ? J’adoube André Franquin et Tome & Janry, évidemment, mais ils n’ont pas le monopole de la profondeur. On peut faire du classique et du dense. Ici, on a surtout du classique… en mode minimal.
Iriacynthe
Servais fait du Servais, encore et toujours. Et je me dis qu'il faut que j'arrête d'insister avec lui, même si je ne lis ses albums que parce que je les trouve en bibliothèque et que je me dis que ça peut valoir le coup. Mais les mêmes défauts se répètent et j'ai l'impression que ça tourne toujours en rond lorsqu'il s'agit d'écrire une critique dessus. Cet album plaira aux personnes qui adorent Servais, même si clairement ce n'est pas le meilleur qu'il ait fait. Deux histoires bien différentes s'entremêlent ici autour d'une fée appelée Iriacynthe qui sera le point central de ces deux histoires. Chaque histoire est assez courte (une trentaine de pages), laissant assez peu de place au développement du récit. C'est notamment difficile de s'intéresser aux personnages en si peu de pages, d'autant que l'histoire est parfois confuse dans son déroulé parce que trop de place est donné aux paysages de forêt, tandis que les dialogues vont vite avec parfois peu de liens entre eux. J'ai fini par survoler la fin qui est rapide, beaucoup trop confuse également avec une dernière page que j'ai trouvé peu satisfaisante quant à l'histoire. Rien n'est vraiment conclu et c'est une étrange façon de désamorcer cette malédiction familiale. D'autant que les détails secondaires (l'intrigue avec la famille du Baron) n'est pas résolue non plus. Le tout dans ce que fait Servais : déshabiller toutes les filles souvent purement gratuitement, y compris les plus jeunes. Je comprends que ça peut correspondre à certaines idées notamment par rapport aux fées, nues et libres, mais c'est amusant qu'il ne déshabille jamais les personnages âgées et que les garçons gardent leurs pantalons. C'est ce genre de détails qui me fait dire que Servais fait de la nudité gratuite qui attire le chaland masculin. Donc du Servais qui colle à ce qu'il a déjà fait, pas encore tout à fait au point. Pas recommandé, mais je ne suis globalement pas très fan de l'auteur de toute façon.
Salinger - Avant l'Attrape-Coeurs
Comme mes autres collègues, je suis passé à côté de cette BD. En fait, ce sont les mêmes sentiments qui prédominent suite à la lecture : l'ennui et l'impression que la BD s'adresse à quelqu'un d'autre. Je connais l'auteur Salinger dont j'ai lu "L'attrape-cœur" que je n'ai pas du tout aimé, mais je ne connaissais pas sa vie en générale. Et malheureusement, cette BD n'est pas une réelle biographie, mais un extrait biographique seulement, celui du premier mariage de Salinger. Ce qui est intéressant pour des personnes qui apprécient l'auteur, mais lorsqu'on ne connait pas spécialement sa vie et qu'on s'intéresse de très loin à son œuvre, c'est pas très passionnant. Le personnage de Salinger n'est pas très sympathique de prime abord, motivé par son traumatisme de la guerre et les horreurs qu'il y aura vu, et sa femme est mystérieuse sans que l'on ne comprenne réellement ce qu'elle est tout au long de l'histoire. L'alchimie prend assez peu et finalement je me désintéresse de ce couple bavard qui s'engueule. La BD est produite par une chercheuse ayant travaillé sur Salinger et je dirais que ça se sent. C'est le résultat d'une personne très intéressée par l'auteur, cherchant à comprendre certains détails de sa vie et le sens qu'on peut lui donner, mais sans donner au tout venant l'envie de s'y intéresser. Si l'on ne connait pas Salinger on qu'on s'en fiche, cette BD n'apprend rien, n'apporte rien et s'oublie vite. C'est un travail sérieux, documenté, construit et riche, mais qui ne contentera qu'un petit cercle d'initiés dont je ne fais pas partie. D'autant que la BD est parfois trop précise pour des néophytes (comme par exemple sur les citations de poèmes ou les dates et lieux) mais ne permet pas d'appréhender l'intérêt de ce qui est raconté. Le dessin est sobre, assez froid mais en accord avec le ton global. Il est malheureusement plombé par le texte assez présent, trop d'ailleurs, qui rend la BD bavarde et lourde. C'est de fait assez peu plaisant à lire, et globalement je ne peux la conseiller qu'aux personnes très intéressées par la vie de Salinger, les autres peuvent clairement faire l'impasse dessus.
Saison brune
En découvrant cette BD, je me vois contraint de dissocier le fond de la forme. Sur le fond, je suis en accord avec le message de l'auteur et je salue la rigueur du travail documentaire. Sur la forme, en revanche, la lecture de l'album m'a été extrêmement pénible. Saison brune est un reportage graphique très solidement documenté sur le réchauffement climatique et ses conséquences. Le travail de recherche de Philippe Squarzoni est impressionnant, sérieux et sincère. L'album couvre un spectre très large de données scientifiques, économiques et politiques, avec une volonté manifeste de rendre ces enjeux accessibles au plus grand nombre. L'ouvrage va bientôt avoir quinze ans et certaines données ont évolué depuis, mais d'autres étaient déjà en avance sur leur temps, d'autant plus que l'auteur rappelle qu'elles étaient connues parfois depuis des décennies. Sur le fond, l'ensemble est donc très complet, mais inadapté à ma manière de lire. J'ai réellement eu l'impression de parcourir un livre ou un essai documentaire plutôt qu'une bande dessinée. Malgré l'intérêt indéniable du sujet, l'album m'a paru laborieux. L'accumulation de chiffres et d'interventions dilue le propos et engendre parfois de la confusion, notamment lorsque certaines données semblent se contredire sans être clairement explicitées. Cette surcharge nuit à la lisibilité et affaiblit par moments la portée du discours. J'ai également été gêné par l'orientation très marquée de la dernière partie, où une place importante est accordée aux membres d'ATTAC. Leurs analyses ne sont pas dénuées d'intérêt, mais leur omniprésence confère à l'ensemble une coloration politique trop exclusive, avec le sentiment que seule cette vision du monde serait envisageable, au détriment d'autres pistes pourtant pertinentes (notamment autour de la démographie). Sur la forme, le choix d'un dessin très froid et d'un découpage rigide renforce l'aspect scolaire de l'album. En tant que bande dessinée, le médium est très peu exploité. Les pages s'enchainent, montrant essentiellement des visages statiques s'adressant directement au lecteur pour exposer analyses et faits. La seule mise en scène véritablement propre à la BD concerne les états d'âme de l'auteur, qui viennent s'intercaler entre ces séquences documentaires tenant davantage du livre illustré. J'ai réellement ressenti que la dimension BD se greffe sur un essai littéraire classique sans apporter de fluidité de lecture ni de narration graphique justifiant l'usage de ce médium. Ma note est à considérer comme profondément subjective. Il s'agit d'un ouvrage dense, honnête et intellectuellement stimulant, qui soulève de véritables questions et invite à la réflexion, mais qui m'a ennuyé par sa lourdeur, son ton souvent déprimant et son absence de propositions concrètes. Un livre important, sans doute, mais que je ne me vois ni relire ni recommander à tous.
Les Notes rouges
Bon ben je pense que je suis passé à coté de cet album. Il y a des qualités et je comprends pourquoi d'autres lecteurs ont adoré. Le dessin est élégant et on utilise bien la couleur... le problème est que je trouve que ce style est froid et que peu d'émotions en ressortent. C'est la raison principale pourquoi je n'ai pas accroché : les émotions. Tout le long de l'album, je n'ai pas ressenti grand chose en dehors d'un certain ennui. Je ne me suis pas attaché aux personnages et à leurs destins tragiques. J'ai trouvé que c'était long (heureusement qu'il y a plusieurs pages avec peu de textes) et que j'avais déjà vu des éléments du scénario dans des œuvres qui m'ont plu marqué. En gros, ce n'était pas un album pour moi.