Dans cet album très personnel, Philippe Dupuy met en scène son quotidien avec son jeune fils inquiet de voir son père dessiner des femmes nues et découvrir que les musées en regorgent. De cette situation naissent des échanges sur l'art, la paternité, l'écologie et le monde que l'on laisse aux enfants, le tout mêlé de dessins à quatre mains et de réinterprétations d'œuvres célèbres.
Je n'ai pas aimé le graphisme. Dupuy opte pour un trait très lâché, volontairement brut, presque laissé à l'état de première intention. Je comprends la démarche, l'idée du carnet intime, du dessin spontané, du collage et du mélange des techniques. Mais visuellement, cela ne m'a pas plu du tout. Les réinterprétations de tableaux, les pages façon musée personnel, tout cela m'a surtout rappelé à quel point je ne suis pas sensible à l'art moderne ou conceptuel, à l'exception peut-être de certaines performances qui peuvent m'amuser et laisser un souvenir. Mais ici je n'ai ressenti ni émotion esthétique ni émerveillement. Je ne parle évidemment pas des dessins de son fils, touchants par nature, mais bien du parti pris graphique global que j'ai trouvé inesthétique.
Sur le fond, j'ai également eu du mal. L'ouvrage est d'une sincérité évidente, mais aussi d'un nombrilisme assez marqué. Les questionnements sur le fait d'être père à plus 50 ans, sur la peur de ne pas voir grandir son enfant, sur l'état du monde et la sixième extinction, prennent une place considérable. Tout cela est légitime, bien sûr, mais j'ai eu l'impression d'assister davantage à une introspection privée qu'à un propos véritablement universel. Cette volonté très affirmée de transmettre sa passion de l'art à son fils, presque comme si devenir artiste pouvait contribuer à guérir un monde qui l'angoisse, m'a semblé appuyée, voire pesante.
J'ai davantage eu le sentiment de feuilleter un album familial qu'une œuvre pensée pour un public large. Les échanges père-fils ont parfois de la tendresse, quelques scènes fonctionnent, mais l'ensemble m'a laissé dubitatif. Je ne suis clairement pas le public visé. Je reconnais la sincérité de la démarche, mais entre le graphisme qui me rebute et le propos très autocentré, je ne le conseillerais qu'à ceux que ces thématiques touchent profondément et qui sont sensibles à ce type d'approche artistique.
Mouais. J'ai clairement été moins convaincu par cet album que mes prédécesseurs.
Le travail de Clérisse est comme d'habitude original. Une colorisation tranchée, parfois flashy. Un trait stylisé et rétro, tendant parfois à l'abstraction. Pas forcément le style qui m'attire a priori, mais ça passe très bien, et surtout ça colle bien à la période "Guerre froide " durant laquelle se développe l'intrigue.
Mais c'est justement cette intrigue qui m'a laissé sur ma faim. Histoire et personnages manquent de profondeur, de densité. La narration est lente, et je me suis ennuyé à plusieurs reprises.
Et du coup le dessin, au lieu d'apporter de la fraîcheur, ne fait que renforcer une certaine mollesse.
Note réelle 2,5/5.
Après le catastrophique Duel du binôme Imbert/Gauckler, je persiste aujourd'hui avec Suicide commando, paru en 1983 aux humanoides associés. J'ai bon espoir puisque l'éditeur a choisi de publier cette fois-ci l'histoire dans la mythique collection Pied jaloux.
Espoir vite mis à mal puisque Charles Imbert trouve pertinent de nous honorer d'une préface. Résultat : quarante lignes de charabia digne d'un mec avec un entonnoir sur la tête.
Heureusement la voix off utilisée pour raconter ces péripéties sera ensuite à peu près compréhensible, on progresse.
Le scénario est assez sommaire : dans un univers post apo, des milices représentant chacun un élément (air, eau, terre...) luttent pour s'approprier les ressources.
Bon après dans les faits, on suit toujours un mec en jet pack avec des postures ridicules qui fait piou piou avec son pistolet laser.
Le dessin pop art est superbe mais comme dans Blue ou Duel, il n'y a aucun effet de mouvement, ce qui confère un air très rétro et kitsch à l'ensemble.
Pour les amateurs de curiosités ou les amoureux de l'aérographe.
La pensée et les idées de Pascal Boyer ne sont pas simples. J'ai lu certains de ses textes et, malgré quelques désaccords et son éclectisme excessif, je sympathise même avec l'auteur.
J'ai acheté et lu la BD il y a déjà quelque temps. Béhé a voulu faire un travail très complet (peut-être trop ?). Le dessin est agréable et compétent, mais le texte aurait dû être résumé, rendu plus accessible pour le lecteur non spécialisé. Oui, la religion a beaucoup de motivations et de raisons d'exister, mais ici nous nous perdons un peu... et, surtout, est-ce qu’on peut appliquer le même concept à tant de choses et croyances si différentes ?
À force de vouloir être exhaustif , le livre devient une lecture lourde, indigeste et presque insupportable !
Parfois, moins c'est plus, oui. Et il y a de bons exemples de cela en adaptations d'autres œuvres théoriques en bande dessinée.
Mouais. J’ai lu le premier tome, et clairement ça n’est pas ma came. Et même, indépendamment des goûts de chacun, je trouve que cette série n’est pas bonne.
Seul le dessin passe. Pas très original, mais dans le genre comics moderne, il est plutôt bon, et lisible.
Une clarté qui manque franchement à l’histoire. En effet, à force de se mettre dans la peau d’un autre (avec en plus un « adjoint » qui fait la même chose), notre héros – qui se « métamorphose » en son client pour devenir à sa place une « cible » (et neutraliser le danger), on perd rapidement le fil de l’intrigue, ne sachant as forcément qui est qui. Ça m’a rapidement soulé. D’autant plus que tout manque de crédibilité : la façon dont notre « cible » échappe aux balles (voir la fusillade dans l’église par exemple), mais surtout le fait même de pouvoir se faire passer – y compris auprès de proche – pour n’importe qui (masque, corpulence, voix, etc.), je n’y ai pas cru un instant. Idem pour la tueuse qui se comporte et se rêve comme une mère de famille irréprochable (dans le genre, je préfère nettement Lady Killer !).
Enfin, l’histoire en elle-même n’est franchement pas emballante.
Ce n’est pas ce Thorgal qui va me faire changer d’avis.
Je me suis arrêté au tome 15 « Le Maitre des Montagnes », depuis, le souffle épique et trépidant a pour ma part totalement disparu, quel que soit l’opus lu.
Pourtant l’idée autour de la cité mouvante est très bonne (je ne vais pas spoiler) et l’enchevêtrement des deux intrigues qui finissent par se rejoindre bien fichu.
Mais l’écriture est trop sommaire, la narration, les dialogues un peu simplistes, un peu forcés par moment, ce qui ne rend pas la lecture fluide et prenante.
J’ai fini par tourner les pages plus rapidement pour tout de même connaître la fin.
Mohamed Aouamri est vraiment un excellent dessinateur, mais passer après Gregorz Rosisnski n’est pas évident, en comparaison, là, c'est un peu figé parfois.
Depuis Van Hamme, seul Thorgal Saga - Adieu Aaricia de Robin Recht m’a subjugué pour son dessin, avait aussi de bonnes idées, mais j’avais déjà trouvé le rythme et l’ensemble déséquilibré.
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Mon papa dessine des femmes nues
Dans cet album très personnel, Philippe Dupuy met en scène son quotidien avec son jeune fils inquiet de voir son père dessiner des femmes nues et découvrir que les musées en regorgent. De cette situation naissent des échanges sur l'art, la paternité, l'écologie et le monde que l'on laisse aux enfants, le tout mêlé de dessins à quatre mains et de réinterprétations d'œuvres célèbres. Je n'ai pas aimé le graphisme. Dupuy opte pour un trait très lâché, volontairement brut, presque laissé à l'état de première intention. Je comprends la démarche, l'idée du carnet intime, du dessin spontané, du collage et du mélange des techniques. Mais visuellement, cela ne m'a pas plu du tout. Les réinterprétations de tableaux, les pages façon musée personnel, tout cela m'a surtout rappelé à quel point je ne suis pas sensible à l'art moderne ou conceptuel, à l'exception peut-être de certaines performances qui peuvent m'amuser et laisser un souvenir. Mais ici je n'ai ressenti ni émotion esthétique ni émerveillement. Je ne parle évidemment pas des dessins de son fils, touchants par nature, mais bien du parti pris graphique global que j'ai trouvé inesthétique. Sur le fond, j'ai également eu du mal. L'ouvrage est d'une sincérité évidente, mais aussi d'un nombrilisme assez marqué. Les questionnements sur le fait d'être père à plus 50 ans, sur la peur de ne pas voir grandir son enfant, sur l'état du monde et la sixième extinction, prennent une place considérable. Tout cela est légitime, bien sûr, mais j'ai eu l'impression d'assister davantage à une introspection privée qu'à un propos véritablement universel. Cette volonté très affirmée de transmettre sa passion de l'art à son fils, presque comme si devenir artiste pouvait contribuer à guérir un monde qui l'angoisse, m'a semblé appuyée, voire pesante. J'ai davantage eu le sentiment de feuilleter un album familial qu'une œuvre pensée pour un public large. Les échanges père-fils ont parfois de la tendresse, quelques scènes fonctionnent, mais l'ensemble m'a laissé dubitatif. Je ne suis clairement pas le public visé. Je reconnais la sincérité de la démarche, mais entre le graphisme qui me rebute et le propos très autocentré, je ne le conseillerais qu'à ceux que ces thématiques touchent profondément et qui sont sensibles à ce type d'approche artistique.
Moonlight Express
Mouais. J'ai clairement été moins convaincu par cet album que mes prédécesseurs. Le travail de Clérisse est comme d'habitude original. Une colorisation tranchée, parfois flashy. Un trait stylisé et rétro, tendant parfois à l'abstraction. Pas forcément le style qui m'attire a priori, mais ça passe très bien, et surtout ça colle bien à la période "Guerre froide " durant laquelle se développe l'intrigue. Mais c'est justement cette intrigue qui m'a laissé sur ma faim. Histoire et personnages manquent de profondeur, de densité. La narration est lente, et je me suis ennuyé à plusieurs reprises. Et du coup le dessin, au lieu d'apporter de la fraîcheur, ne fait que renforcer une certaine mollesse. Note réelle 2,5/5.
Suicide commando
Après le catastrophique Duel du binôme Imbert/Gauckler, je persiste aujourd'hui avec Suicide commando, paru en 1983 aux humanoides associés. J'ai bon espoir puisque l'éditeur a choisi de publier cette fois-ci l'histoire dans la mythique collection Pied jaloux. Espoir vite mis à mal puisque Charles Imbert trouve pertinent de nous honorer d'une préface. Résultat : quarante lignes de charabia digne d'un mec avec un entonnoir sur la tête. Heureusement la voix off utilisée pour raconter ces péripéties sera ensuite à peu près compréhensible, on progresse. Le scénario est assez sommaire : dans un univers post apo, des milices représentant chacun un élément (air, eau, terre...) luttent pour s'approprier les ressources. Bon après dans les faits, on suit toujours un mec en jet pack avec des postures ridicules qui fait piou piou avec son pistolet laser. Le dessin pop art est superbe mais comme dans Blue ou Duel, il n'y a aucun effet de mouvement, ce qui confère un air très rétro et kitsch à l'ensemble. Pour les amateurs de curiosités ou les amoureux de l'aérographe.
Et l'homme créa les dieux
La pensée et les idées de Pascal Boyer ne sont pas simples. J'ai lu certains de ses textes et, malgré quelques désaccords et son éclectisme excessif, je sympathise même avec l'auteur. J'ai acheté et lu la BD il y a déjà quelque temps. Béhé a voulu faire un travail très complet (peut-être trop ?). Le dessin est agréable et compétent, mais le texte aurait dû être résumé, rendu plus accessible pour le lecteur non spécialisé. Oui, la religion a beaucoup de motivations et de raisons d'exister, mais ici nous nous perdons un peu... et, surtout, est-ce qu’on peut appliquer le même concept à tant de choses et croyances si différentes ? À force de vouloir être exhaustif , le livre devient une lecture lourde, indigeste et presque insupportable ! Parfois, moins c'est plus, oui. Et il y a de bons exemples de cela en adaptations d'autres œuvres théoriques en bande dessinée.
Human Target
Mouais. J’ai lu le premier tome, et clairement ça n’est pas ma came. Et même, indépendamment des goûts de chacun, je trouve que cette série n’est pas bonne. Seul le dessin passe. Pas très original, mais dans le genre comics moderne, il est plutôt bon, et lisible. Une clarté qui manque franchement à l’histoire. En effet, à force de se mettre dans la peau d’un autre (avec en plus un « adjoint » qui fait la même chose), notre héros – qui se « métamorphose » en son client pour devenir à sa place une « cible » (et neutraliser le danger), on perd rapidement le fil de l’intrigue, ne sachant as forcément qui est qui. Ça m’a rapidement soulé. D’autant plus que tout manque de crédibilité : la façon dont notre « cible » échappe aux balles (voir la fusillade dans l’église par exemple), mais surtout le fait même de pouvoir se faire passer – y compris auprès de proche – pour n’importe qui (masque, corpulence, voix, etc.), je n’y ai pas cru un instant. Idem pour la tueuse qui se comporte et se rêve comme une mère de famille irréprochable (dans le genre, je préfère nettement Lady Killer !). Enfin, l’histoire en elle-même n’est franchement pas emballante.
Thorgal Saga - La Cité mouvante
Ce n’est pas ce Thorgal qui va me faire changer d’avis. Je me suis arrêté au tome 15 « Le Maitre des Montagnes », depuis, le souffle épique et trépidant a pour ma part totalement disparu, quel que soit l’opus lu. Pourtant l’idée autour de la cité mouvante est très bonne (je ne vais pas spoiler) et l’enchevêtrement des deux intrigues qui finissent par se rejoindre bien fichu. Mais l’écriture est trop sommaire, la narration, les dialogues un peu simplistes, un peu forcés par moment, ce qui ne rend pas la lecture fluide et prenante. J’ai fini par tourner les pages plus rapidement pour tout de même connaître la fin. Mohamed Aouamri est vraiment un excellent dessinateur, mais passer après Gregorz Rosisnski n’est pas évident, en comparaison, là, c'est un peu figé parfois. Depuis Van Hamme, seul Thorgal Saga - Adieu Aaricia de Robin Recht m’a subjugué pour son dessin, avait aussi de bonnes idées, mais j’avais déjà trouvé le rythme et l’ensemble déséquilibré.