Les derniers avis (12 avis)

Par Onidream
Note: 2/5
Couverture de la série Gaston Lagaffe (Delaf d'après Franquin)
Gaston Lagaffe (Delaf d'après Franquin)

Il m'a fallu un temps immense pour me décider ou non à émettre mon opinion sur le retour de Gaston sous la plume de Delaf. Au delà de l'aspect polémique de son retour, cette BD a été une succession de réflexions avant de l'avoir ouverte puis après l'avoir refermée. C'est en voyant l'annonce d'un nouveau Gaston dans les starting blocks que je me suis décidée à donner mon avis. Et il y a beaucoup de choses à dire. La patte de Delaf, son trait "élastique" et rond pourtant aux antipodes de Franquin parvient à faire illusion sur plusieurs planches et il faut l'avouer, c'est un exercice de style difficile. Même si on retrouve parfois cette morphologie caoutchouteuse, proche du cartoon dans certaines expressions et postures, on sent la profonde envie de coller au mieux au style graphique rugueux et organique de Franquin. Comme dit précédemment, l'exercice est difficile, mais sur ce niveau c’est réussi ! Et ce n'est pas un scoop, c'est le premier point ressorti par la plupart des critiques, et à raison. Pourtant un petit quelque chose cloche. Mais continuons. On retrouve nombre de personnages iconiques. A la façon d'une immense fresque destinée aux fans de Gaston, Delaf arrose de références, de visages connus, ressuscitant même un Raoul Cauvin croisé au détour de quelques rares planches dans l’œuvre de Franquin ! De quoi faire plaisir à voir des visages longtemps laissés aux cartons. Encore un petit quelque chose qui cloche... mais quoi ? Pour les gags, c'est là que ça commence à coincer. En vérité, ce sont des détails mais qui sautent aux yeux quand on y fait attention il y a quelque chose sur lequel il est difficile de mettre le doigt. Ce n'est pourtant pas la première reprise chez Dupuis d'un héros culte. Mais là c’est différent. Alors parlons-en. Spriou (que Franquin a popularisé grâce à sa reprise) a été re-repris par d'autres auteurs, et cela s'est fait sans trop de douleurs. À vrai dire, le petit groom était suffisamment malléable pour s'insinuer partout et être accordé à toutes les sauces, de l'exploration à l'aventure à l'uchronie, au drame ou à d'autres genres avec autant de styles, d'écritures et de réécriture différentes, une sorte de Spirou Cinématic Universe, existant dans de nombreux univers parallèles et diverses temporalités. Chaque album ayant ses forces et ses faiblesses, il ne devenait plus l'incarnation d'un auteur, mais permettait au contraire l'exploration d'un univers et d'une aventure où chacun pouvait faire jouer ses talents. Peut-être que le Gaston de Delaf a le "désavantage" de n'être que le premier exercice de ce style sur Gaston, mais un début de réponse se profile : Gaston est une œuvre profondément ancrée dans son temps et -pire- ancrée à son auteur. Delaf a fait le choix conscient de laisser évoluer son Gaston dans un univers rétro, où rien n'a réellement changé dans la rédaction. Les années 70. Là où le Gaston de Franquin faisait irruption au milieu des pages de Spirou chaque semaine, provoquant moult catastrophes et retards, justifiant la mal-impression de certaines pages et autres impondérables, le Gaston de Delaf apparaît anachronique. Loin des thèmes chers à Franquin, de ses angoisses et de ses réflexions (discrètes chez Gaston, elles sont exacerbées dans les fameuses Idées Noires), le Gaston de Delaf est plat, et les personnages font la part belle à un sentiment que je n'ai pas vu dans les Gaston de Franquin : un profond cynisme et une forme de agressivité à la fois latente et passive. Cela se ressent dans certaines expressions, dans certains dialogues et c'est probablement là où j'ai le plus tiqué. Malgré l'aspect gaffeur de Gaston et sa mauvaise foi évidente dans sa responsabilité, Gaston Lagaffe est un personnage profondément tendre, évoluant dans un univers inadapté pour lui (le travail), dans le rôle de celui qui va bousculer les codes, critiquer le militarisme, s’associer à GreenPeace ou à Amnesty. Et malgré sa présence presque parasite, personne n’a envie de le voir partir. On surprend Prunelle, Lebrac ou Fantasio sourire, ou rire franchement, apprécier sincèrement sa candeur et sa personnalité vive ou même apprécier ses inventions. Et ce malgré son manque évident d’implication. En vérité, ses gaffes ne font jamais mal bien longtemps car on finit par en rire en y repensant. La présence d’un gaffeur dans un récit qui entretient la frontière avec l’autofiction permettait à Franquin des gags savoureux où en substance, la mouette allait indirectement traiter Dupuis d'abruti, où Gaston balançait des ventouses à la figure du patron, où son Gaffophone détruisait et re(rererere)détruisait la rédaction du journal... cet aspect profondément cathartique et critique presque méta n'avait pas de conséquences : c'est la faute de Gaston, et mieux ! Ça fait rire les lecteurs ! Plus encore : Gaston permettait la critique et la réflexion, sur l'écologie, les droits de l'homme, le respect animal et l’émergence d’une contre-culture auquel le personnage paraît sensible. On le voit entouré d’amis de la mouvance hippie, s’inspirer d’un yogi, tenter d’améliorer le monde à son échelle, des inspirations clairement en phase avec les problématiques de son époque. Même si ça rate, on aime voir Gaston au moins essayer, parce qu'on sent sa bonne volonté. On se dit “dans l’idée, c’était bien trouvé”. Au fond, si c’est raté, ça ne l’est jamais de grand chose. Il est facile de remarquer qu’il invente avec les meilleures intentions du monde (son invention va faciliter la vie au bureau, va permettre d'être plus rapide, etc.) et lorsque ça rate, il en est le premier surpris. Ce qui rend Gaston heureux, c’est être utile. Et utile, au travail, d’un point de vue strict, évidemment qu’il ne l’est pas : il aspire à d’autres ambitions. Gaston c'est un ado rêveur et créatif qu'un stage en entreprise ne parvient pas à recadrer, un moment de détente dans un monde angoissé en pleine mutation, une bouffée d’air frais dans un univers carré et étouffant, tout comme Franquin n’a jamais pu vraiment cesser de dessiner, Gaston ne cesse jamais d’inventer. Le Gaston de Delaf s’inscrit dans l’univers plutôt “Nombrilesque” de son auteur. Mais la crème tranche. Déjà pour ce qui est de la période choisie, Gaston vit dans un univers où l’auteur vit dans son avenir. Loin de pouvoir proposer une réflexion sur des sujets de la société actuelle, de proposer des inventions irréalistes dignes des meilleurs bricoleurs du concours Lépine, Delaf propose plutôt des gags référencés qui prennent sens dans notre actualité (Spider-man, le vélo électrique...) qui amène parfois le lecteur à regretter des chutes un peu convenues. Je pense notamment au gag sur le littéral téléphone-mobile qui termine par un navrant “Aïe-phone”. Il n’est plus question de pouvoir se dire “certes l’exécution pêche, mais sur le fond ce n’est pas une mauvaise idée”. L’invention existe déjà. Autre extension de l’univers des Nombrils, un humour volontairement plus trash, parsemé de répliques qui touchent là où ça fait mal et qui ne manqueraient pas de charme dans les Nombrils, mais qui ne sied pas réellement à l’univers. Je pense à certaines répliques de Prunelle ou de Lebrac qui se montrent cassants, hautains, désagréables ou qui ont le “clash” facile avec des répliques du tac-au-tac. Pourquoi ça fonctionne à merveille dans les Nombrils ? Car on sent un profond désir de rendre des situations dramatiques et crues dans l’univers impitoyable d’adolescentes mal dans leur peau et qui cherchent à créer leur place, chercher ce qu’elles désirent vraiment dans un monde qui ne leur fait pas de cadeau. L’univers de Gaston est mû par une grande légèreté parfois teinté de mélancolie mais certainement jamais d’une violence latente, et si c’est le cas, il est le premier à en être peiné. Le Gaston de Delaf se rapproche d’un Léonard Génie où ses collègues font offices de disciples malheureux, servant à la science à leurs dépends face à un Gaston dénué de toute empathie. Le Gaston de Franquin fait figure de clown blanc, de l’auguste, d’un personnage de slapstick à la Chaplin ou les héros bien que caractériels, incompétents et maladroits connaissent de grands moments de poésie et de douceur dans le mouvements, dans les répliques, dans les interactions, dans les dynamiques. La couverture du Gaston semble d’ailleurs résumer le décalage : là où les couvertures des Gaston de Franquin ne montrent aucun geste violent envers les collègues, la couverture du Gaston de Delaf se permet une porte en pleine face sur le nez du pauvre Prunelle. Bref, exit les cases minimalistes, les ellipses, les gags où personne ne se fait mal ou ne souffre physiquement/psychiquement à cause de Gaston. A -quasi- chaque page semble résulter sa “chute” au sens physique et littéral, ce qui rend notre jeune utopiste plutôt détestable. On en vient à plaindre la rédaction de le garder dans ses bureaux. A contrario, Franquin se permettait des gags plus légers, absurdes, purement poétiques, des pages de calme ou sans réelle gaffe dans le sens physique du terme, justifiant d’ailleurs l’attachement des collègues de la rédaction pour ce garçon passionné et malgré tout extrêmement sympathique. Le Gaston de Franquin m'a émue. Le Gaston de Delaf m'a agacée. Pourtant, ce n'est pas faute de tenter de dépeindre un personnage bienveillant. Dans l'album de Delaf, on retrouve une planche avec un Gaston écolo dans l’âme et désireux de bien faire, militer contre la guerre, souhaiter le recyclage de son huile de moteur, aider ses amis, faisant contraste avec son attitude au travail. C’est un pas, mais trop peu pour comprendre que c’est son caractère qui est foncièrement bienveillant et non pas ses actions seules qui le sont. Là où d’autres caractères sont plus lourds, plus sérieux, c’est sur la détresse des personnages. Ils consultent un psy, tombent dans l’alcool, la dépression ou les crises de larme de manière répétée, non pas par le biais de leurs propres défauts que Gaston met en évidence, mais bien à cause de lui. Le problème de Prunelle n’est pas son implication outrancière à faire un bon travail ou son stress face à tout impératif ou son manque de sang froid face aux imprévus. Non. Il le verbalise: son souci c’est Gaston. Mademoiselle Jeanne n’est pas en reste en terme de détresse non plus ! En effet on retrouve une mademoiselle Jeanne qui a quitté sa candide attirance pour une attitude bien plus entreprenante, souhaitant clairement une relation concrète face à un Gaston stoïque à ses charmes, accusant clairement un retour en arrière dans leur relation. Même s’il est vrai que la relation entre Gaston et Jeanne n’est jamais explicitée et reste platonique (sauf en rêve, et encore !) elle semble dans le Gaston de Delaf n’être jamais allée au-delà d’une simple relation entre collègues et dans laquelle Gaston, visiblement grand ignorant des mystères amoureux, ne comprend aucun sous-entendus même les plus évidents. De même, l’ami dessinateur n’est plus simplement rembarré parce que ses dessins ne plaisent pas au rédacteur en chef. Ses dessins sont physiquement douloureux à regarder, au point d’en faire saigner des yeux. Exit la possibilité d’un dessin plus underground ou au contraire très académique qui ne cadre pas avec ce que le journal veut, ce n’est plus une question de goûts, c’est un simple fait. Peut-être était-ce ma lecture de ce personnage qui faisait que je le ressentais ainsi, mais dans “Franquin créa La Gaffe” un passage parle précisément de ce personnage et m'a conforté dans mon ressenti : Franquin avait pour projet de gag de montrer une oeuvre qu’il a fait chez lui et inviter Gaston à constater son art par lui-même... il s’avérera que ce cher ami dessinateur avait peint chez lui une grande fresque digne d’un Michelangelo ! Pourquoi je m’étends ainsi sur les différences avec le Gaston de Franquin ? Car il semble que tout ait été fait dans cet album pour être une BD “à la Franquin”, les principaux points forts étant "regardez comme c'est ressemblant et que ça respecte le matériel d'origine". Aussi la démarche de s'éloigner de Franquin n'est plus le sujet, au contraire, le sujet est justement de coller au plus près de Franquin en tout et pour tout. Même si l'auteur en joue dans quelques planches (qu'on devine faites après les premières critiques qui ont émergées après l'annonce de l'album), le fait reste que l'album a été marketé et mis en avant pour cela. La démarche de Dupuis me semble donc ambigue. D'autre part, même si Franquin n’a jamais posé son veto sur la reprise d’un Gaston, il semblait bien plus catégorique sur son style de dessin qualifié par lui même de “banal” et “ennuyeux”. La décision de recopier son style me paraît donc en opposition totale avec l’envie de Franquin de voir du sang neuf s’exprimer à travers son œuvre et c’est pourtant ce qui semblait motiver Dupuis pour proposer à Delaf de reprendre le flambeau. Avec une démarche proche d’un exercice de style, l’auteur n’a que peu de libertés créatives qui ne se remarquent que dans les attitudes non inspirées par un modèle. Pour les aficionados ou les plus attentifs, ces ruptures de style se remarquent et jurent un peu avec le reste. On en reste déçu de ne pas voir un Gaston plus “latex” et cartoon Nombrilesque, exploitant pleinement les talents de gestes, d’expressivité et de détails de Delaf sans devoir se conformer au plus près du maître Franquin qui avait une approche du geste et de la composition bien différente. L’oeuvre est comme entre deux feux : l’amition de rendre un hommage mais aussi celle de continuer l’oeuvre en changeant le moins possible, notamment son aspect graphique, cela peut-être (et j’ose espérer que non) pour que le public reçoive mieux la BD et qu’on ne parle pas d’une œuvre “dénaturée” par un changement de style trop brutal et pour caresser un peu les fans réticents dans le sens du poil. Certes il a été maintes fois répété que Franquin n’avait jamais exprimé de "non" catégorique sur une potentielle suite à Lagaffe mais car cela semblait évident : la grande force de Lagaffe, c’était qu’il était le produit de son époque et de son auteur. De plus, ne pas dire "non" serait donc un gage de “oui” selon Dupuis ? La démarche pose question sur la gestion du monument de la BD qu’est Lagaffe et, par glissement, ce que chaque héros du plus multivisage comme Spirou au plus personnel comme Gaston représente réellement pour l’auteur, pour son public et pour sa maison d’édition. Bref, la BD en elle-même prise seule hors de l’oeuvre globale n’a rien de scandaleuse. Delaf a sûrement repris la BD avec les meilleures intentions du monde ainsi qu'un profond respect pour Franquin et un amour immense pour Gaston, il n'en faut point douter. Mais pourquoi maintenant, après un deuil qu'on avait tous et toutes fini par accepter : celui de ne plus jamais revoir ce cher Gaston ? Pour conclure, je ne puis que conseiller de lire ou relire le fabuleux “et Franquin créa Lagaffe” qui est une mine d’informations extraordinaire pour les fans de Gaston mais aussi un incroyable portrait de son créateur, tout en complexité, qui s'est bien souvent effacé derrière sa création.

19/04/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 2/5
Couverture de la série Un été sous les étoiles
Un été sous les étoiles

Comme chaque été, Olivia rejoint le village de ses grands-parents, où elle retrouve ses amis, entre retrouvailles, premiers émois… et une obsession grandissante pour les phénomènes extraterrestres. J'ai trouvé l'ensemble franchement immature, et pas seulement parce que la BD vise un jeune public. Le ton, les réactions des personnages et même la manière dont les situations sont écrites donnent souvent l'impression de suivre des enfants beaucoup plus jeunes que ce que l'histoire suggère. En dehors de quelques éléments de romance très pré-ado, tout sonne assez naïf, voire simpliste. Le graphisme, lui, reprend les codes du manga shojo, mais sans en retrouver le charme ni la finesse. C'est coloré, certes, mais ça manque de soin et de détails, avec des visages parfois approximatifs et des expressions un peu caricaturales qui accentuent ce sentiment d'immaturité générale. Certains cadrages ou gros plans donnent même une impression de dessin bâclé. Et je ne parle pas du design de la créature qui apparait à un moment donné. Côté scénario, ce n'est pas beaucoup plus convaincant. L'intrigue repose sur une idée de départ qui aurait pu fonctionner, mais elle est traitée de manière maladroite, avec beaucoup de passages téléphonés. Surtout, il y a un moment assez central où les enfants sont témoins de quelque chose de totalement incroyable… pour ensuite sembler l'avoir complètement oublié dès le lendemain. Non seulement ça casse toute crédibilité sur le moment, mais en plus ça devient incohérent avec ce que l'on comprend ensuite de l'histoire. De manière générale, le récit accumule des situations assez absurdes ou mal amenées, avec des enchaînements parfois bancals et des moments qui frôlent le ridicule, autant dans ce qui est raconté que dans la manière dont c'est mis en scène. Ça ressemble à une sorte de série B pour jeunes lecteurs : un dessin très moyen, un scénario immature, mais une lecture qui reste vaguement distrayante si on n'a rien d'autre sous la main.

18/04/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 2/5
Couverture de la série Le Silence est d'ombre
Le Silence est d'ombre

Après sa mort dans un incendie, un jeune garçon découvre une forme d'entre-deux où il erre comme un fantôme, jusqu'à ce qu'une rencontre vienne lui redonner un regard différent sur la vie. Le graphisme de Sanoe est ce qui attire avant tout dans cette BD : il est doux, coloré, souvent joli, avec des compositions qui attirent l'œil et une vraie sensibilité dans les ambiances. Certaines planches fonctionnent presque comme des illustrations, avec un côté contemplatif qui donne envie de s'y attarder. Toutefois, j'ai eu le sentiment que ces images, aussi réussies soient-elles, cherchaient souvent à porter un message plus qu'à simplement raconter une histoire. On retrouve régulièrement des scènes qui semblent construites comme des tableaux à intention, tantôt poétiques, tantôt symboliques, parfois avec une dimension presque illustrative d'idées ou de valeurs, notamment avec ces populations qui se mêlent dans un beau melting-pot. Cela donne une impression de mise en scène très appuyée, où les personnages et les situations servent avant tout un propos. Le récit lui-même est simple, un peu trop. L'idée de départ autour de la mort et de cet entre-deux a du potentiel, mais elle est traitée de manière assez rapide, avec un développement qui reste superficiel. La lanière dont les thématiques y sont abordées manque aussi parfois de subtilité. Il y a cette volonté manifeste de proposer une forme de regard universel, ouvert, bienveillant, avec des personnages et des environnements très mélangés, presque idéalisés. L'intention est évidemment louable, mais elle donne par moments une impression trop appuyée, presque démonstrative, qui peut rendre l'ensemble lisse, voire assez manichéen dans sa manière de présenter les choses. Cela reste un joli album à parcourir, mais qui m'a laissé une impression assez tiède, avec le sentiment qu'il privilégie le propos bien-pensant et l'esthétique au détriment d'un véritable engagement narratif et d'un vrai développement. Et je me dis aussi que ce genre de thématique et de mise en scène risque fort d'ennuyer les jeunes lecteurs auxquels il semble s'adresser.

18/04/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 2/5
Couverture de la série Le Chant du Monde
Le Chant du Monde

Du peu de ce que j'ai lu et vu de l'œuvre de Jean Giono, j'ai de la difficulté à rentrer dans ses récits. La seule exception étant L'homme qui plantait des arbres, un livre qui m'a semblé plus accessible et qui a bénéficié d'une excellente adaptation en dessiné animé avec la superbe voix de Philippe Noiret. Je ne suis jamais rentré dans le récit. En fait, non, le début n’est pas trop mal et puis lorsqu'on met en scène d'autres personnages, j'ai décroché. L'action est lente et j'ai eu l'impression que le principal objectif du scénario c'était de montrer la dure vie de tous les jours dans ces rudes montagnes. Tout ce qui se passe m'a semblé être du déjà vu (je pense que ça doit être parce que faire un scénario à la western dans un autre environnement que le far west était plus original lorsque Giono a écrit son roman) et aucun des personnages n'est attachant. Le dessin est bon pour les décors, il y a de très beaux paysages, mais les personnages sont figés même dans les scènes d'actions. Je pense que c'était pas un album pour moi et que ça va plus plaire à ceux qui sont sensibles à l'univers de Giono.

18/04/2026 (modifier)
Couverture de la série La Planète aux cauchemars
La Planète aux cauchemars

Cette bande dessinée m'a attiré l'attention dans ma bibliothèque locale, et étant fan des nouvelles de Lovecraft je l'ai prise. J'ai trouvé cette bande dessinée très similaire à la nouvelle qui l'inspire, et l'univers futuriste n'impacte presque pas l'histoire et ne change rien d'autre que l'esthétique, passant d'un taxi à un bus spatial et des monstres des mers à des aliens. J'aurais préféré si les changements faits à l'histoire originale avaient plus d'impact sur l'histoire et les thèmes abordés. J'applaudis cependant le dessin qui est bien et réussit à marquer par une scène de rêve qui change le style artistique en quelques chose de plus "peint" comparé au style plus griffonné du reste de la BD et donne l'impression d'un rêve presque plus vivide que la réalité. Bref une bande dessinée moyenne qui n'ajoute que très peu à l'histoire originale

17/04/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 2/5
Couverture de la série Agence Quanta
Agence Quanta

Attiré par le dessin de Jean-Marc Krings et par le thème de la science-fiction, en particulier les voyages dans le temps, j’ai finalement été assez déçu par cette série qui peine à tenir ses promesses. Le dessin de Krings, proche de l'école de Marcinelle, est pourtant à la hauteur de mes attentes. Il est dynamique, lisible, avec un certain charme et une vraie efficacité dans les scènes d’action. C’est agréable à parcourir et cela donne un rythme visuel correct à l’ensemble. Mais côté scénario, ça ne suit pas. L’introduction est inutilement longue et entretient volontairement le flou sur les enjeux sans que cela soit réellement justifié, ce qui m’a davantage lassé qu’intrigué. Et une fois le concept posé, l’histoire reste trop classique et manque clairement de souffle. L’intrigue, jamais vraiment palpitante, enchaîne des situations convenues sans réelle montée en tension. Les personnages surtout ne m’ont pas aidé à m’investir. L’héroïne manque de charisme, voire m’agace un peu, et les autres protagonistes sont souvent volontairement antipathiques, ce qui rend l’ensemble peu engageant. J’ai eu du mal à m’attacher à qui que ce soit ou à me sentir concerné par ce qui leur arrive. La narration elle-même pose problème, avec un découpage assez haché qui coupe régulièrement l’action pour passer à des scènes parallèles. Cela casse le rythme plus qu’autre chose et nuit à l’immersion. Et enfin, la conclusion donne une impression d’inachevé. Tout va très vite, laissant plusieurs questions sans réponse, comme si la série avait été écourtée brutalement, alors qu’il paraît évident que l’auteur envisageait quelque chose de plus long. Le résultat est une fin précipitée qui ne parvient pas à donner une vraie satisfaction. Bref, malgré un dessin solide et un point de départ qui pouvait être prometteur, l'intrigue reste trop peu aboutie pour me convaincre.

16/04/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 2/5
Couverture de la série Marjorie Finnegan - Criminelle temporelle
Marjorie Finnegan - Criminelle temporelle

Comme tous les scénaristes très (ou trop ?) prolifiques, il y a de bonnes et de moins bonnes séries de Garth Ennis. C'est particulièrement le cas avec ses séries 100% humoristiques. Parfois, j'entre dans son délire et d'autres fois pas et c'est le cas ici. Il faut dire que le scénario manque un peu d'originalité : l'héroïne est une grosse connasse qui fout le bordel à travers le temps et sa sœur beaucoup plus sérieuse qu'elle fait tout pour l'arrêter. Le personnage principal qui voyage dans le temps et fait n'importe quoi, je l'avais déjà vu et les deux sœurs sont des stéréotypes vivants. Il y aussi une intrigue avec des méchants qui font un truc par rapport aux religions parce que oui encore une fois Ennis attaque la religion , quoique cette fois-ci il insulte toutes les croyances et pas juste le christianisme. Dans le discours anti-religieux qu'Ennis tiens dans cette série, je ne vois pas ce qu'il apporte de plus par rapport à des séries mieux écrites comme 'Preacher' ou ''Les Chroniques de Wormwood''. J'ai l'impression qu'il n'avait rien de nouveau à dire avec cette série. Il y a quelques bons passages, mais c'est trop décousu et le scénario traine en longueur. Le récit se terminant lorsqu'il devient enfin un peu intéressant quoique les auteurs laissent planer la possibilité d'une suite. Sinon, le dessin est correct et c'est le point fort de l'album. Un Ennis mineur pour moi.

16/04/2026 (modifier)
Par Ju
Note: 2/5
Couverture de la série Aparthotel Deluxe
Aparthotel Deluxe

J'ai commencé cette bd en sachant très bien où je mettais les pieds : des tranches de vie du quotidien, pas vraiment d'histoire mais ça ne me dérange absolument pas. C'est même un de mes genres de bd préféré. Mais la mayonnaise n'a pas pris. Je pense que c'est le dessin en premier lieu qui m'a dérangé. Quand il ne se passe pas grand chose (je veux dire pas d'histoire extraordinaire), j'ai besoin d'un dessin expressif, qui rende les émotions des personnages, qui me transporte. La, j'ai trouvé les personnages statiques, assez inexpressifs. Un autre truc qui m'a dérangé, ce sont les dialogues. J'ai plusieurs fois trouve que ça manquait de naturel, et c'est plus difficile quand on trouve que ce n' est pas super naturel de s'impliquer dans le récit. Et quand on est dans de la tranche de vie, il vaut mieux réussir a s'impliquer. Ensuite, je n'ai pas été très touché par l'histoire du personnage principal, ni par la deuxième plus développée, celle de l'homme qui s'est fait quitter par sa copine. J'ai trouvé le développement de leur histoire un peu trop clinique et froid. Néanmoins, tout n'est pas a jeter. Je ne me suis pas ennuyé, et il y a quelques situations que j'ai bien aimées et trouvé intéressantes, comme celle du curé, ou celle des parents qui dissertent sur l'homosexualité (après j'ai aussi trouvé que leur dialogue était un de ceux qui était pas super naturel). Et la grande galerie de personnages et de situations fait qu'on trouve forcément de quoi se mettre sous la dent et de quoi réfléchir. J'ai quand même été un peu déçu, d'où ma note qui oscille plus véritablement entre 2 et 3.

15/04/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 2/5
Couverture de la série Youth United
Youth United

Une BD d'action pour préados dans laquelle deux jeunes sont recrutés par une organisation secrète futuriste suréquipée en gadgets pour venir en aide à des enfants en danger. Je n'ai pas été convaincu par cette série, qui m'a donné l'impression de lire une version BD d'un épisode très basique de dessin animé commercial. Le scénario est d'une grande pauvreté : tout est prévisible, stéréotypé, bourré de facilités et de raccourcis. On enchaîne les situations sans véritable construction, avec une accumulation de scènes d'action qui finissent par lasser plus qu'autre chose. On retrouve d'ailleurs ici un travers récurrent de JD Morvan : cette tendance à multiplier les courses-poursuites au détriment du fond. Le traitement des thèmes, qui se veut ancré dans des problématiques réelles, reste très superficiel et parfois franchement maladroit. Certains éléments m'ont même mis mal à l'aise, notamment une représentation caricaturale des SDF roumains qui tombe dans des clichés assez gênants, même si l'intention semble vouloir aller dans le sens inverse. Cela manque clairement de nuance et de réflexion. Les dialogues n'aident pas non plus, avec des formulations parfois étranges qui donnent l'impression d'une traduction approximative ou mal adaptée, ce qui nuit encore davantage à l'immersion. Côté dessin, Wuye propose un style qui a une certaine énergie et un charme immédiat, avec un dynamisme évident dans les scènes d'action. Mais cela reste assez limité : les expressions des personnages manquent de subtilité, et la mise en scène comme le découpage ne sont pas toujours maîtrisés, ce qui rend certaines séquences confuses ou peu impactantes. J'ai trouvé l'ensemble trop enfantin, trop téléphoné et trop peu inspiré pour réellement accrocher. Une lecture vite oubliée, qui explique sans doute pourquoi la série n'a pas connu de suite.

15/04/2026 (modifier)
Par Miguelof
Note: 2/5
Couverture de la série Black Crow
Black Crow

Les prémisses initiales de la série étaient assez bonnes. Le contexte historique, les conflits existants, le mélange d'ingrédients : guerre d'indépendance américaine, piraterie, choc des cultures... J'ai tout acheté et j'ai commencé à lire. Mais à partir du troisième tome, l'intrigue partait dans toutes les directions, surtout absurdes. J'ai insisté, dans l'espoir que cela s'améliore, et je suis allé jusqu'à la fin, déjà démotivé et déçu. Le dessin des personnages n'est ni attrayant ni très compétent, seuls les navires se distinguent. Les voiliers sont vraiment très beaux ! Mais je pense que cela ne justifie pas la lecture complète et encore moins l'achat.

15/04/2026 (modifier)