Une BD qui est sympathique mais dont le dessin est trop figé, tandis que les histoires s'enchainent avec leurs idées pas toujours bien amenées. Le fond est honnête, avec une volonté de questionner le fantasme des femmes, leur sexualité et de proposer une série de petites pistes pour mieux la vivre et l'accepter. On reste sur la frontière entre le réel et le fantasme, sur les tabous d'une société patriarcale, etc ...
Mais la BD est assez sommaire dans son dessin, trop classique et pas du tout bien exploitée. Le petit nombre de pages n'aide pas à la réalisation, d'autant que les planches font assez vite chargées, ne laissant pas vraiment l'aspect sensuel du dessin s'épanouir. C'est surtout que ce dessin est assez froid, la faute en revenant à la colorisation, mais aussi qu'il y a un aspect pas très abouti techniquement. Les visages manquent de vie et d'expression, de même avec les corps et les postures qui sont raides et souvent pas bien adaptés au format. L'ensemble donne un côté mal dégrossi, pas assez peaufiné. C'est le gros point noir de la BD pour moi, celui qui empêche de vraiment l'apprécier.
Les idées de fond sont bonnes, sympathiques mais avec un léger manque de corps et surtout ce dessin qui pêche vraiment. Dommage, mais j'encourage les auteurs à poursuivre et travailler leur matériaux, il y a de quoi faire mieux !
Foenkinos est un auteur m'intéressant fort peu. Aussi une adaptation de son premier grand succès "La Délicatesse" n'était selon moi pas forcément une bonne idée. Il s'agit d'une romance reprenant tous les poncifs de la comédie romantique pour laquelle je suis très bon public, originalement placée dans l'univers de l'entreprise (belle idée, même si je goûte modérément le militantisme du discours si emphatique envers le libéralisme économique). Une romance du point de vue féminin, mais écrite par un homme et reprenant un fantasme masculin, celui du gentil garçon introverti, anonymement banal même si au fond original, évidemment remarqué par la merveilleuse et spectaculaire jeune femme à qui tout réussi, mais cachant intérieurement une profonde douleur que saura entendre le gentil garçon.
Le triangle amoureux au sein de l'entreprise, enrichi de rapports hiérarchiques permettant de discourir sur le harcèlement, n'apporte aucune mise en perspective intéressante, mais au contraire crée un malaise lié à l'énormité des situations, caricaturales davantage que désopilantes.
Ici ou là néanmoins, se glissent de petits moments de vie, une vérité de la relation amoureuse, une forme de délicatesse précieuse et plutôt touchante. Une lecture souvent honteuse, parfois plaisante, excessivement sucrée même quand parcourue à l'occasion de la St Valentin.
Je n’ai pas du tout aimé cet album, que j’ai trouvé franchement raté, rempli de défauts. Seul le dessin m’empêche d’être encore plus sévère. En effet, les traits des personnages sont globalement plutôt réussis, il n’y a pas vraiment de trahison à ce niveau (même si arrière-plan et décors sont moins travaillés, et si bien sûr, c’est moins dynamique que Franquin – voire Fournier).
Mais voilà ; le récit ne m’a jamais accroché, bien au contraire.
D’abord, je trouve que c’est une erreur majeure, dans ce type de récit et avec des personnages déjà bien ancré dans l’imaginaire populaire, de les faire intervenir dans la grande Histoire. Je ne suis a priori pas bégueule, et veux bien admettre que l’on égratigne le Che, Castro et consorts, mais pas dans ce type de récit. Si les auteurs voulaient glisser une critique du castrisme et/ou de Cuba, ils auraient mieux fait de le faire de manière indirecte, plus subtile, au travers d’un pays et de personnages imaginaires, mais identifiables. Cela aurait même pu donner des ressors comiques plus efficaces. Au lieu de quoi le personnage transparent et ridicule du Che par exemple est fade et le lecteur est immanquablement freiné par la connaissance qu’il a du vrai personnage.
Voilà pour le cadre général. Pour les détails, j’ai trouvé l’histoire sans réel intérêt. Surtout, non seulement je ne l’ai jamais trouvé drôle, mais je l’ai en plus trouvé très lourdingue. En effet, le principal – j’allais dire quasiment le seul ressors comique vient de personnages parlant avec un fort accent (espagnol, anglais), leurs dialogues mélangeant français et mots vaguement espingouins ou british.
Dans cette collection, j’avais trouvé intéressante et plutôt très réussi Spirou chez les Soviets, intéressant et inégal "Le trésor de San Inferno". Mais cette « Baie des cochons » est en dessous de tout, et trahit quand même pas mal l’univers.
Presque pas de chats dedans, qu'est-ce que c'est que ce titre mensonger. On essaie d'attirer le chaland avec des chats... C'est une suite de gags en 1 planche et pour ma part je ne trouve pas ça très drôle. Probablement destiné à faire rire un vieux barbu dans des revues scientifiques puisque l'auteur publie dans The New Scientist. C'est sur plein de sujets scientifiques, mêlant parfois de la philosophie.
Je ne connaissais pas Tom Gauld. Son dessin est de style variable mais souvent minimaliste, avec des personnages filiformes. Très propre, rien à lui reprocher.
C'est sans doute un humour anglais, ils ne sont pas comme nous.
Je suis assez d'accord avec l'avis de gruizzli.
Il s'agit avant tout d'une BD "concept", basée sur le principe de trois intrigues qui se déroulent simultanément, et s'entrelacent pour influer les unes sur les autres. L'exercice est audacieux, un peu casse-gueule, mais avec le passé Oubapien de Trondheim, on se doute que l'auteur s'est bien amusé à imaginer le schéma de l'album, et on peut constater qu'il l'a mené à bon port. Sur le plan de l'histoire, ou des histoires, en revanche, c'est nettement plus faiblard. Si l'histoire du robot est peut-être la plus intéressante, sa conclusion est assez pauvre, alors que les autres fils narratifs sont très moyens tout du long.
Le dessin de Sergio Garcia est assez sympa, très rond, et je n'ose imaginer la somme de croquis préparatoires et corrections qu'il a fallu opérer pour coller à l'esprit tortueux de Lewis Trondheim.
Bref, sympathique sur le papier, mais très vite oublié...
Ah, une série jeunesse qui n'a connu qu'un album... C'est assez rare je crois, et un peu dommage.
Parce que l'idée de départ était sympathique : des enfants qui se retrouvent à endosser des costumes de hiboux, et qui se retrouvent obligés de lutter contre une méchante sorcière dans un château au fond des bois. Il y avait un potentiel intéressant, d'autant plus avec le cliffhanger présent en toute fin d'album. Mais hélas le récit est très verbeux, et même si l'action est omniprésente, on se lasse assez vite.
Le dessin de David De Thuin est sympathique, à la fois expressif et décomplexé, mais cela ne suffit pas à faire passer la pilule un peu lourde de l'histoire.
Dommage, donc.
Ce one-shot a attiré mon attention à cause de ses dimensions plus grandes qu'une bd normale. Puis en le feuilletant j'ai vu le dessin et j'aimais bien alors j'ai fini par l'emprunter.
Au vu de ma note, vous avez compris que je n'ai pas trop accroché. En effet, encore une fois j'ai bien aimé le graphisme d'une bande dessinée, mais je n'ai pas aimé le scénario. Côté dessin, c'est très bon avec une mise en scène dynamique et des belles planches. Côté scénario, les auteurs brassent tellement de thèmes qu'au final rien n'est vraiment approfondi. Mais il faut dire aussi que la plupart des thèmes abordés par les auteurs ne me passionnent pas trop. Les personnages ne sont pas attachants et rien de ce qui leurs arrivait a retenu mon attention.
Je suis passé totalement à côté de cet album qui n'était tout simplement pas fait pour moi.
Etrange BD dont j'ai du mal à saisir l'intérêt. Et la BD elle-même semble le savoir, puisque la dernière page pose la question de l'intérêt qu'aurait le nom du patient zéro : qu'en faire une fois celui-ci obtenu ?
De fait, la BD est une reconstitution des premiers mois de Covid en France, avant que le confinement n'intervienne, tandis que les cas se multiplient tout comme les signaux d'alertes et que les foyers d'infection commencent à émerger. Très vite on s'interroge sur l'origine du virus, par quelle entrée a-t-il pénétré en France ? Comme beaucoup j'avais entendu l'histoire de l'avion de citoyens français rapatriés dans l'Oise qui aurait servi de porte d'entrée. La BD indique que cette piste est clairement rejetée aujourd'hui, tout en présentant les possibilités actuelles. De toute façon, on ne saura jamais, et ça ne sert pas à grand chose de savoir.
Ce qui m'interroge, c'est le but de la BD : est-ce une BD sur la méthode journalistique pour enquêter, une trace sur l'origine du covid, un rappel de ce que furent ces mois ? En sortant de la BD, j'étais surtout replongé dans les souvenirs de cette période étrange que nous avons vécus, mais je ne suis pas certain de retenir grand chose de ce qui fut dit ici. Peut-être que j'ai mal compris la BD, mais je n'en vois pas spécialement l'intérêt.
Je rejoins totalement l'avis de Deretaline, qui a bien résumé l'idée de la BD : bonne intention, réalisation bancale et histoire bien trop rapide.
Cette BD a envie de bien faire et de proposer une histoire pour jeunes qui brode sur le cadre des contes classiques, à savoir une princesse enfermée dans sa tour sauvée par un chevalier. Trope que j'ai du mal à comprendre puisqu'à part Raiponce je n'ai jamais vu cette idée, mais bref !
Le hic, c'est que la BD veut trop bien faire trop vite et accélère en permanence son histoire jusqu'à être carrément rater son final. C'est dommage, puisque je trouve que l'idée de base pourrait être bien même si j'ai pas spécialement l'impression que ce soit originale (l'idée de retourner des codes de récits patriarcaux est vraiment dans l'air du temps), mais la réalisation est maladroite. On a une rencontre assez stéréotypée, suivie de péripéties anecdotiques qui semblent créer un lien entre les personnes mais est tellement rapidement amené qu'on y croit presque pas et la résolution du conflit final est un peu ridicule. Deux cases et un deus ex machina qui n'a jamais été préparé.
Le tout est servi par un dessin qui n'est pas hideux mais souffre d'une colorisation qui rend l'ensemble artificiel et surtout par un trait rond et souple qui joue trop sur les codes pour jeunesse. J'ai trouvé que ça faisait parfois trop dans le rendu, une impression de forcé dans les expressions et les postures. On y sent une volonté d'utiliser des codes (notamment ceux du manga) mais sans les maitriser, ce qui donne une sorte d'exagération perpétuelle. Bref, un rendu pas top, qui ne m'a pas convaincu.
Au final une BD avec des bonnes intentions mais qui ne parvient pas du tout à les concrétiser, je ne recommande pas cette BD. Cela ne m'empêchera pas de voir les autres BD de l'autrice qui semblent déjà plus appréciées.
Comme mon camarade, je suis un peu déçu de cet album présenté par son éditeur comme un vrai coup de poing.
Car très très vite, on se rend compte que c'est très très mou, c'est plutôt une juxtaposition d'instantanés sur la vie de couple, les violences conjugales -qu'il ne faut pas banaliser, on est d'accord- qui montrent surtout que ces relations sont fragiles, instables, et parfois sujettes à des montagnes russes vertigineuses.
Le style graphique est très figuratif, presque enfantin sans être naïf. On s'ennuie vite, mais heureusement cet album est tout petit.
Bref, sur le sujet il y a heureusement beaucoup mieux.
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Histoires d'Elles
Une BD qui est sympathique mais dont le dessin est trop figé, tandis que les histoires s'enchainent avec leurs idées pas toujours bien amenées. Le fond est honnête, avec une volonté de questionner le fantasme des femmes, leur sexualité et de proposer une série de petites pistes pour mieux la vivre et l'accepter. On reste sur la frontière entre le réel et le fantasme, sur les tabous d'une société patriarcale, etc ... Mais la BD est assez sommaire dans son dessin, trop classique et pas du tout bien exploitée. Le petit nombre de pages n'aide pas à la réalisation, d'autant que les planches font assez vite chargées, ne laissant pas vraiment l'aspect sensuel du dessin s'épanouir. C'est surtout que ce dessin est assez froid, la faute en revenant à la colorisation, mais aussi qu'il y a un aspect pas très abouti techniquement. Les visages manquent de vie et d'expression, de même avec les corps et les postures qui sont raides et souvent pas bien adaptés au format. L'ensemble donne un côté mal dégrossi, pas assez peaufiné. C'est le gros point noir de la BD pour moi, celui qui empêche de vraiment l'apprécier. Les idées de fond sont bonnes, sympathiques mais avec un léger manque de corps et surtout ce dessin qui pêche vraiment. Dommage, mais j'encourage les auteurs à poursuivre et travailler leur matériaux, il y a de quoi faire mieux !
La Délicatesse
Foenkinos est un auteur m'intéressant fort peu. Aussi une adaptation de son premier grand succès "La Délicatesse" n'était selon moi pas forcément une bonne idée. Il s'agit d'une romance reprenant tous les poncifs de la comédie romantique pour laquelle je suis très bon public, originalement placée dans l'univers de l'entreprise (belle idée, même si je goûte modérément le militantisme du discours si emphatique envers le libéralisme économique). Une romance du point de vue féminin, mais écrite par un homme et reprenant un fantasme masculin, celui du gentil garçon introverti, anonymement banal même si au fond original, évidemment remarqué par la merveilleuse et spectaculaire jeune femme à qui tout réussi, mais cachant intérieurement une profonde douleur que saura entendre le gentil garçon. Le triangle amoureux au sein de l'entreprise, enrichi de rapports hiérarchiques permettant de discourir sur le harcèlement, n'apporte aucune mise en perspective intéressante, mais au contraire crée un malaise lié à l'énormité des situations, caricaturales davantage que désopilantes. Ici ou là néanmoins, se glissent de petits moments de vie, une vérité de la relation amoureuse, une forme de délicatesse précieuse et plutôt touchante. Une lecture souvent honteuse, parfois plaisante, excessivement sucrée même quand parcourue à l'occasion de la St Valentin.
Spirou et Fantasio Classique - La Baie des Cochons
Je n’ai pas du tout aimé cet album, que j’ai trouvé franchement raté, rempli de défauts. Seul le dessin m’empêche d’être encore plus sévère. En effet, les traits des personnages sont globalement plutôt réussis, il n’y a pas vraiment de trahison à ce niveau (même si arrière-plan et décors sont moins travaillés, et si bien sûr, c’est moins dynamique que Franquin – voire Fournier). Mais voilà ; le récit ne m’a jamais accroché, bien au contraire. D’abord, je trouve que c’est une erreur majeure, dans ce type de récit et avec des personnages déjà bien ancré dans l’imaginaire populaire, de les faire intervenir dans la grande Histoire. Je ne suis a priori pas bégueule, et veux bien admettre que l’on égratigne le Che, Castro et consorts, mais pas dans ce type de récit. Si les auteurs voulaient glisser une critique du castrisme et/ou de Cuba, ils auraient mieux fait de le faire de manière indirecte, plus subtile, au travers d’un pays et de personnages imaginaires, mais identifiables. Cela aurait même pu donner des ressors comiques plus efficaces. Au lieu de quoi le personnage transparent et ridicule du Che par exemple est fade et le lecteur est immanquablement freiné par la connaissance qu’il a du vrai personnage. Voilà pour le cadre général. Pour les détails, j’ai trouvé l’histoire sans réel intérêt. Surtout, non seulement je ne l’ai jamais trouvé drôle, mais je l’ai en plus trouvé très lourdingue. En effet, le principal – j’allais dire quasiment le seul ressors comique vient de personnages parlant avec un fort accent (espagnol, anglais), leurs dialogues mélangeant français et mots vaguement espingouins ou british. Dans cette collection, j’avais trouvé intéressante et plutôt très réussi Spirou chez les Soviets, intéressant et inégal "Le trésor de San Inferno". Mais cette « Baie des cochons » est en dessous de tout, et trahit quand même pas mal l’univers.
La Physique pour les chats
Presque pas de chats dedans, qu'est-ce que c'est que ce titre mensonger. On essaie d'attirer le chaland avec des chats... C'est une suite de gags en 1 planche et pour ma part je ne trouve pas ça très drôle. Probablement destiné à faire rire un vieux barbu dans des revues scientifiques puisque l'auteur publie dans The New Scientist. C'est sur plein de sujets scientifiques, mêlant parfois de la philosophie. Je ne connaissais pas Tom Gauld. Son dessin est de style variable mais souvent minimaliste, avec des personnages filiformes. Très propre, rien à lui reprocher. C'est sans doute un humour anglais, ils ne sont pas comme nous.
Les Trois Chemins
Je suis assez d'accord avec l'avis de gruizzli. Il s'agit avant tout d'une BD "concept", basée sur le principe de trois intrigues qui se déroulent simultanément, et s'entrelacent pour influer les unes sur les autres. L'exercice est audacieux, un peu casse-gueule, mais avec le passé Oubapien de Trondheim, on se doute que l'auteur s'est bien amusé à imaginer le schéma de l'album, et on peut constater qu'il l'a mené à bon port. Sur le plan de l'histoire, ou des histoires, en revanche, c'est nettement plus faiblard. Si l'histoire du robot est peut-être la plus intéressante, sa conclusion est assez pauvre, alors que les autres fils narratifs sont très moyens tout du long. Le dessin de Sergio Garcia est assez sympa, très rond, et je n'ose imaginer la somme de croquis préparatoires et corrections qu'il a fallu opérer pour coller à l'esprit tortueux de Lewis Trondheim. Bref, sympathique sur le papier, mais très vite oublié...
Le Bois des Mysteres
Ah, une série jeunesse qui n'a connu qu'un album... C'est assez rare je crois, et un peu dommage. Parce que l'idée de départ était sympathique : des enfants qui se retrouvent à endosser des costumes de hiboux, et qui se retrouvent obligés de lutter contre une méchante sorcière dans un château au fond des bois. Il y avait un potentiel intéressant, d'autant plus avec le cliffhanger présent en toute fin d'album. Mais hélas le récit est très verbeux, et même si l'action est omniprésente, on se lasse assez vite. Le dessin de David De Thuin est sympathique, à la fois expressif et décomplexé, mais cela ne suffit pas à faire passer la pilule un peu lourde de l'histoire. Dommage, donc.
Vega
Ce one-shot a attiré mon attention à cause de ses dimensions plus grandes qu'une bd normale. Puis en le feuilletant j'ai vu le dessin et j'aimais bien alors j'ai fini par l'emprunter. Au vu de ma note, vous avez compris que je n'ai pas trop accroché. En effet, encore une fois j'ai bien aimé le graphisme d'une bande dessinée, mais je n'ai pas aimé le scénario. Côté dessin, c'est très bon avec une mise en scène dynamique et des belles planches. Côté scénario, les auteurs brassent tellement de thèmes qu'au final rien n'est vraiment approfondi. Mais il faut dire aussi que la plupart des thèmes abordés par les auteurs ne me passionnent pas trop. Les personnages ne sont pas attachants et rien de ce qui leurs arrivait a retenu mon attention. Je suis passé totalement à côté de cet album qui n'était tout simplement pas fait pour moi.
Patient zéro - À l'origine du coronavirus en France
Etrange BD dont j'ai du mal à saisir l'intérêt. Et la BD elle-même semble le savoir, puisque la dernière page pose la question de l'intérêt qu'aurait le nom du patient zéro : qu'en faire une fois celui-ci obtenu ? De fait, la BD est une reconstitution des premiers mois de Covid en France, avant que le confinement n'intervienne, tandis que les cas se multiplient tout comme les signaux d'alertes et que les foyers d'infection commencent à émerger. Très vite on s'interroge sur l'origine du virus, par quelle entrée a-t-il pénétré en France ? Comme beaucoup j'avais entendu l'histoire de l'avion de citoyens français rapatriés dans l'Oise qui aurait servi de porte d'entrée. La BD indique que cette piste est clairement rejetée aujourd'hui, tout en présentant les possibilités actuelles. De toute façon, on ne saura jamais, et ça ne sert pas à grand chose de savoir. Ce qui m'interroge, c'est le but de la BD : est-ce une BD sur la méthode journalistique pour enquêter, une trace sur l'origine du covid, un rappel de ce que furent ces mois ? En sortant de la BD, j'étais surtout replongé dans les souvenirs de cette période étrange que nous avons vécus, mais je ne suis pas certain de retenir grand chose de ce qui fut dit ici. Peut-être que j'ai mal compris la BD, mais je n'en vois pas spécialement l'intérêt.
Princesse Princesse
Je rejoins totalement l'avis de Deretaline, qui a bien résumé l'idée de la BD : bonne intention, réalisation bancale et histoire bien trop rapide. Cette BD a envie de bien faire et de proposer une histoire pour jeunes qui brode sur le cadre des contes classiques, à savoir une princesse enfermée dans sa tour sauvée par un chevalier. Trope que j'ai du mal à comprendre puisqu'à part Raiponce je n'ai jamais vu cette idée, mais bref ! Le hic, c'est que la BD veut trop bien faire trop vite et accélère en permanence son histoire jusqu'à être carrément rater son final. C'est dommage, puisque je trouve que l'idée de base pourrait être bien même si j'ai pas spécialement l'impression que ce soit originale (l'idée de retourner des codes de récits patriarcaux est vraiment dans l'air du temps), mais la réalisation est maladroite. On a une rencontre assez stéréotypée, suivie de péripéties anecdotiques qui semblent créer un lien entre les personnes mais est tellement rapidement amené qu'on y croit presque pas et la résolution du conflit final est un peu ridicule. Deux cases et un deus ex machina qui n'a jamais été préparé. Le tout est servi par un dessin qui n'est pas hideux mais souffre d'une colorisation qui rend l'ensemble artificiel et surtout par un trait rond et souple qui joue trop sur les codes pour jeunesse. J'ai trouvé que ça faisait parfois trop dans le rendu, une impression de forcé dans les expressions et les postures. On y sent une volonté d'utiliser des codes (notamment ceux du manga) mais sans les maitriser, ce qui donne une sorte d'exagération perpétuelle. Bref, un rendu pas top, qui ne m'a pas convaincu. Au final une BD avec des bonnes intentions mais qui ne parvient pas du tout à les concrétiser, je ne recommande pas cette BD. Cela ne m'empêchera pas de voir les autres BD de l'autrice qui semblent déjà plus appréciées.
Je te hais - Tu ne le sais pas encore, c’est tout
Comme mon camarade, je suis un peu déçu de cet album présenté par son éditeur comme un vrai coup de poing. Car très très vite, on se rend compte que c'est très très mou, c'est plutôt une juxtaposition d'instantanés sur la vie de couple, les violences conjugales -qu'il ne faut pas banaliser, on est d'accord- qui montrent surtout que ces relations sont fragiles, instables, et parfois sujettes à des montagnes russes vertigineuses. Le style graphique est très figuratif, presque enfantin sans être naïf. On s'ennuie vite, mais heureusement cet album est tout petit. Bref, sur le sujet il y a heureusement beaucoup mieux.