A la limite de mettre 1* à cet album, c’est vraiment pas bon, même pour les fans absolus de la franchise.
Plus j’avançais dans ma lecture, plus mon peu d’intérêt s’évaporait. En gros, j’ai souri à 2, 3 idées (gags ?) du début avant de trouver ça vraiment lourdingue sur la longueur.
Pourtant l’idée de cette (auto)parodie par JVH ne me rebutait pas, il y avait matière avec notre amnésique préféré. Malheureusement l’intrigue déployée est d’une pauvreté abyssale et on tombe rapidement dans le gros n’importe quoi.
Je n’ai pas aimé non plus la narration bien trop diluée (3 cases par pages la plupart du temps) malgré un dessin solide de Xavier.
En fait, j’ai eu l’impression de lire un cadavre exquis (mais par les mêmes auteurs), un truc improvisé qui ne remplit absolument pas les attentes du lecteur.
Je m’interroge vraiment sur la finalité de cette parution, je ne dis pas en bonus ou cadeau de revue bd, mais c’est franchement à fuir en librairie.
Nota : le seul truc que j’ai un tantinet apprécié c’est que l’on revient sur la (bonne) période JVH niveau référence (ou persos), je n’étais pas trop perdu.
Mo-CDM publie pas mal chez Fluide Glacial, un éditeur qui convient parfaitement à son humour con, débile, crétin, style dans lequel il a produit quelques séries sympas (je pense par exemple à Cosmik Roger, mais aussi d’autres séries plus poussives. C’est plutôt dans cette seconde catégorie que je rangerais « Bibi ».
Bibi est un adolescent caricaturalement mou, amorphe (d’ailleurs il passe une bonne partie des albums à pioncer et rêver – une vie plus palpitante que celle qu’il vit en réalité). C’est une grosse feignasse indécrottable, que son père et son prof de Maths n’arrivent pas vraiment à faire sortir de sa léthargie.
Les deux effets comiques sont donc l’aspect larvaire de Bibi, et le décalage entre cet adolescent boutonneux, loser et mou et ses rêves d’aventure, de conquête (spatial ou féminine), d’action.
Il y a bien quelques gags, quelques chutes amusantes, qui m’ont fait sourire.
Mais c’est loin d’être le cas de toutes. De plus, comme mo-CDM joue quasiment tout le temps sur les mêmes ressorts comiques, ça ne se renouvelle pas toujours suffisamment.
Quant au dessin, il n’est pas toujours lisible et réussi (voir les pages avec de gros monstres difformes). Pour le reste c’est du classique caricatural, avec le prof de Maths qui a les traits habituels du scientifique dans les séries de cet auteur.
Inégal, un peu poussif, les deux tomes parus pour le moment m’ont quelque peu laissé sur ma faim, malgré quelques petits trucs sympas.
Note réelle 2,5/5.
Moins enthousiaste que Ro sur ce premier volume, je dois dire. Je n'ai pas détesté l'univers, et il est vrai que cette saga est relativement prometteuse. Mais j'ai trouvé - justement - que cela mettait trop de temps à démarrer. J'entends le besoin de faire une exposition solide pour poser des bases qui tiendront vraiment par la suite et permettront de déployer les ramifications de tout un univers, mais est-il nécessaire de sacrifier tout un tome pour cela ? À l'époque, on savait faire d'excellentes histoires qui tiennent sur un seul tome, et qui pouvaient exposer leur mythologie subtilement au gré du récit. Ici, j'ai trouvé que l'intrigue très statique et suspendue à l'histoire dans l'histoire racontée par la grand-mère lassait un peu (surtout au gré des parutions du journal Spirou).
Bref, au-delà de ça, j'ai un peu de mal avec ce dessin informatique, plutôt bien exécuté, mais qui manque d'âme. Je sais que c'est devenu commun de dessiner à la tablette, mais il manque dans la plupart de ces bandes dessinées ce petit je-ne-sais-quoi, un supplément d'âme qui permette à la bande dessinée de se hisser au-dessus du lot. Cela dit, j'ai lu ce récit sans déplaisir excessif, mais sans être particulièrement emballé non plus.
Enfin, la qualité des dialogues et notamment de la narration sont assez pauvres, au point que j'avais parfois l'impression de lire une fanfiction écrite par des adolescents... Correctement écrit, certes, mais il me manquait un fil directeur pour comprendre à quoi servaient tous ces détours narratifs qui maintiennent l'histoire dans ce statisme qui, à mon sens, la dessert.
Je suis donc loin d'avoir détesté, mais ma note correspond vraiment au "Bof, sans plus" accompagnant les 2 étoiles sur ce site. Je suis toutefois prêt à rehausser largement mon avis si le deuxième tome me convainc. Il n'y a pas besoin de grand-chose pour que cet univers sombre et enchanté réussisse à m'emporter...
Dans la catégorie Erotisme, cette collection était gage de qualité, une couverture similaire pour chaque album. Ici nous avons le tome 14 avec une idée sympathique et plutôt moins artificielle que souvent dans ce genre d'exercice : un homme banquier propose à une femme prostitué de luxe de refaire le pari de son aïeul à savoir faire le tour du monde mais sans payer un centime, uniquement en utilisant ses faveurs pour voyager. C'est simple efficace, et notre belle va se faire servir tout au long d'un voyage vers l'est. Les pose lascives sont légion et la présence de l'homosexualité d'un passe partout bien débrouillard est également rare en cette époque de publication. Si bien sur tout cela ne va pas chercher bien loin, je dois néanmoins avouer que c'est l'une des rares BD érotiques qui restent dans ma bibliothèque. Le dessin est soigné bien que répétitif, les fellations en voiture précèdent des moments plus doux en bateau de croisière. Pour notre époque de couleur, de gros plan et de finesse relative tout cela est décalé et va manquer à trouver sa cible, pas assez inventif ou posant des fantasmes pour être du porno et pas assez doux et créatif pour être du bon érotique, un entre deux avec un peu de nostalgique et pourtant que je trouve nettement plus brillant que 90 % des productions de ce type.
Alors restons à bof, mais c'est tellement mieux que tant de chose...
Certes il faut être tolérant car c'est plutôt destiné à un public jeune. C'est une histoire dans l'air du temps sur le dérèglement climatique, on se trouve dans un village peuplé de mignons animaux où il pleut tout le temps, un peu comme en Bretagne en ce moment. Du coup l'eau monte, les rivières débordent. Est-ce l'apocalypse ? On suit des enfants qui s'inquiètent. Cela reste naïf et sans trop de réflexion derrière. Le dessin est bien, il y a malgré tout un fort problème d'architecture au niveau des fenêtres, elles sont mal posées dans les vues intérieures, normalement elles arrivent à fleur du mur.
Un manga assez court de 130 pages, avec 3 histoires inspirées de la vie de Coco Chanel. Etonnamment on y voit des bouteilles de n°5, je me suis demandé si c'était pas sponsorisé par la marque. A part cela le lien avec la vie de Chanel est ténu. Les histoires sont plutôt anecdotiques et rapidement oubliées. La première rappelle Alice au pays des merveilles. Une autre plus longue porte sur un couple de garçons qui sèchent les cours et décident de s'habiller en jupe en surmontant leur peur du regard des passants dans la rue. Il y a toute une interview des auteurs plutôt longue à la fin, une bonne dizaine de pages et que je n'ai fait que survoler. On comprend l'hommage qu'ont voulu réaliser les auteurs mais ça ne m'a pas emballé.
N’ayant pas lu le roman original, je ne pourrai me prononcer sur la qualité de cette adaptation en elle-même. On est ici dans un récit d’aventures post-apocalyptique associé à une étude psychologique des personnages, notamment des parents, Pata et Madie, en proie à un terrible dilemme : pour survivre, il leur faudra laisser une partie de leur progéniture (9 enfants au total tout de même !) sur l’île minuscule où ils s’efforçaient de survivre, tout en se sachant condamnés à terme par l’inexorable montée des eaux. La seule issue, gagner d’hypothétiques terres émergées où ils pourraient commencer une nouvelle vie. Malheureusement, leur misérable barque ne peut contenir que 8 personnes ! Après une délibération difficile émaillée d’engueulades et de reproches, Madie se résout à accompagner son mari sur la barque en abandonnant trois de leurs enfants, Louie, Perrine, et Noé, l’objectif étant de revenir les récupérer une fois qu’ils auront rejoint la destination voulue.
Selon un double axe narratif, on suivra d’un côté la traversée de la « famille – 3 » à bord de leur coquille de noix sur un océan déchaîné, de l’autre on observera les trois gosses livrés à eux-mêmes, surpris de constater au petit matin que parents et fratrie sont partis sans eux.
Jusqu’à un certain point, l’histoire est plutôt bien menée et prenante, dans un mode survivaliste, avec son lot de drames et une bonne dose de mer déchaînée et de monstres des profondeurs, mais de la tendresse aussi. Ces trois petits gamins bien mignons et livrés à eux-mêmes sauront nous attendrir avec leurs propos naïfs qui prêtent à sourire. On pense à certains moments à « Sa majesté des mouches » (de façon plus soft, bien sûr), notamment avec l’irruption d’un naufragé à la mine patibulaire et aux intentions peu bienveillantes. Et pourtant, de façon étrange, l’impression globale au sortir de cette lecture s’avère mitigée. Est-ce dû aux ressorts scénaristiques assez peu crédibles ou à la minceur de l’intrigue ? Est-ce dû au mélange des genres, un mauvais dosage entre le spectaculaire et l’intimiste ? Ou encore au manque de contextualisation — on sait juste que le réchauffement climatique est la cause de cette montée des eaux, mais que celle-ci a en fait été déclenchée par l’effondrement d’un volcan (sic). La conclusion du récit, en forme de queue de poisson (on ne saurait mieux dire), n’arrange hélas rien à l’affaire…
Le dessin restera le point fort de cet album. Entre académisme bon teint et style personnel, Dominique Monféry recourt à un trait nerveux et expressif, associé à une belle maîtrise de l’aquarelle, le tout pouvant évoquer le travail d’un Guillaume Sorel. On aura néanmoins le droit d’être déconcerté devant l’aspect par trop minéral des vagues.
Le fait que « Juste après la vague » soit tagué par l’éditeur comme une BD adulte reste compréhensible, en raison de certaines scènes difficiles, mais hormis ces dernières, le livre semblerait plutôt cibler un public jeune. Malgré la noirceur de certains passages, le récit reste dominé par les bons sentiments saccharosés, sans véritable profondeur.
Je ne connaissais pas du tout cet auteur, qui apparemment a déjà publié une quinzaine de bandes dessinées. Quelque peu touche-à-tout, il a été directeur artistique chez différents éditeurs avant de fonder sa propre agence de pub spécialisée dans le divertissement. Auteur d’un blog (le Blog de Mae, personne de BD représentant sa fille âgée deux ans au début du blog), sa passion c’est la BD, et il est suivi par 200 000 fololos sur ses comptes facebook et instagram.
Voilà pour la bio, qui laisse à penser que Pacco est une personnalité active (pour ne pas dire hyperactive) et dynamique. Et avec cette BD, il semble avoir voulu faire profiter de son expérience à d’autres, une initiative après tout plutôt louable.
J’ai donc lu « Un plan infaillible », qu’on pourrait voir comme un ouvrage de développement personnel, tout en étant autobiographique. Pour moi, ça partait donc plutôt mal, obligé de constater (avec dépit) que la mode de ce type d’ouvrage n’est pas encore passée. Cela ne devrait pas tarder de toute façon, puisque l’intelligence artificielle est en train de s’imposer comme le nouveau gourou (virtuel) de notre ère technologique, ce qui risque de creuser lourdement le portefeuille des coachs en tout genre et n’est pas forcément plus réjouissant d’un point de vue philosophique, loin de là…
Indéniablement, Pacco dessine bien, et sa ligne claire élégante et dynamique prouve qu’il n’a rien d’un débutant. En même temps, on ne tombe pas à la renverse et on peut ne pas être fan de ce trait franco-belge déjà vu, qui s’inscrit plus dans la catégorie jeunesse. De la même façon, la mise en page reste dans les codes, sans fantaisie excessive, et on reste dans une bichromie bleu clair un rien monotone.
Quant à la narration, elle pêche par ses approximations et son côté brouillon, peut-être trop elliptique. J’avoue m’être forcé pour lire l’ouvrage jusqu’au bout. Le récit est assez répétitif et on a l’impression que le parcours de l’auteur se résume plus à des galères qu’à des réussites — même s’il y en a incontestablement puisqu’il évoque la création de son agence ou sa satisfaction au moment de publier son premier album. Mais malgré quelques bons conseils et ses « to-do » listes, on se demande un peu si le jeu en vaut la chandelle vu la charge mentale, avec gros stress et phases de déprime à la clé, que Pacco a dû supporter pour pouvoir « réaliser ses rêves ». Je suis donc loin d’être convaincu à titre personnel…
Mais après tout, il est fort possible que je ne sois pas la cible pour ce genre de lecture, j’ai même peut-être passé l’âge (largement !) pour être réceptif, ce qui me conforte dans mon jugement selon lequel « Un plan infaillible » s’adresse plutôt à un public adolescent ou « young adult », comme on dit dans les agences de pub…
Le meilleur album de BD de tous les temps est un recueil de gags signés Mo/CDM, pur produit de l'école Fluide Glacial. A base d'humour absurde et volontiers corrosif, ils brocardent aussi bien la science, l'argent, la politique, l'armée que la bêtise humaine en général. L'album assume pleinement son titre excessif, qui relève évidemment du second degré, et propose une succession de gags sans lien entre eux si ce n'est d'être présentés par intermittence comme étant les planches qu'un auteur plein d'espoir présente à un nouvel éditeur.
J'aime le dessin de Mo/CDM et l'ambiance déconne qui en découle. Il est expressif, immédiatement reconnaissable, et rappelle sans peine ses autres séries comme notamment Forbidden Zone puisque le professeur de cette dernière apparait dans certaines de ces planches. Sur le plan graphique, rien à redire : l'album est solide et efficace.
En revanche, comme trop souvent avec Mo/CDM, l'humour est bien moins convaincant à mes yeux. Certaines planches fonctionnent bien et provoquent de petits rires, en particulier l'histoire cadre de cet auteur et son éditeur. Mais beaucoup trop m'ont paru poussives, avec des chutes prévisibles et des gags déjà vus, notamment du côté de la SF et de ses clichés. L'humour est parfois volontairement lourd, voire vulgaire, ce qui me rebute facilement.
Même en tant qu'ancien amateur d'humour Fluide Glacial et de second degré appuyé, et malgré un dessin que j'aime beaucoup, je n'ai pas ri à la lecture de cet album.
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XIII Parody
A la limite de mettre 1* à cet album, c’est vraiment pas bon, même pour les fans absolus de la franchise. Plus j’avançais dans ma lecture, plus mon peu d’intérêt s’évaporait. En gros, j’ai souri à 2, 3 idées (gags ?) du début avant de trouver ça vraiment lourdingue sur la longueur. Pourtant l’idée de cette (auto)parodie par JVH ne me rebutait pas, il y avait matière avec notre amnésique préféré. Malheureusement l’intrigue déployée est d’une pauvreté abyssale et on tombe rapidement dans le gros n’importe quoi. Je n’ai pas aimé non plus la narration bien trop diluée (3 cases par pages la plupart du temps) malgré un dessin solide de Xavier. En fait, j’ai eu l’impression de lire un cadavre exquis (mais par les mêmes auteurs), un truc improvisé qui ne remplit absolument pas les attentes du lecteur. Je m’interroge vraiment sur la finalité de cette parution, je ne dis pas en bonus ou cadeau de revue bd, mais c’est franchement à fuir en librairie. Nota : le seul truc que j’ai un tantinet apprécié c’est que l’on revient sur la (bonne) période JVH niveau référence (ou persos), je n’étais pas trop perdu.
The Amazing Bibi
Mo-CDM publie pas mal chez Fluide Glacial, un éditeur qui convient parfaitement à son humour con, débile, crétin, style dans lequel il a produit quelques séries sympas (je pense par exemple à Cosmik Roger, mais aussi d’autres séries plus poussives. C’est plutôt dans cette seconde catégorie que je rangerais « Bibi ». Bibi est un adolescent caricaturalement mou, amorphe (d’ailleurs il passe une bonne partie des albums à pioncer et rêver – une vie plus palpitante que celle qu’il vit en réalité). C’est une grosse feignasse indécrottable, que son père et son prof de Maths n’arrivent pas vraiment à faire sortir de sa léthargie. Les deux effets comiques sont donc l’aspect larvaire de Bibi, et le décalage entre cet adolescent boutonneux, loser et mou et ses rêves d’aventure, de conquête (spatial ou féminine), d’action. Il y a bien quelques gags, quelques chutes amusantes, qui m’ont fait sourire. Mais c’est loin d’être le cas de toutes. De plus, comme mo-CDM joue quasiment tout le temps sur les mêmes ressorts comiques, ça ne se renouvelle pas toujours suffisamment. Quant au dessin, il n’est pas toujours lisible et réussi (voir les pages avec de gros monstres difformes). Pour le reste c’est du classique caricatural, avec le prof de Maths qui a les traits habituels du scientifique dans les séries de cet auteur. Inégal, un peu poussif, les deux tomes parus pour le moment m’ont quelque peu laissé sur ma faim, malgré quelques petits trucs sympas. Note réelle 2,5/5.
Pym et la forêt éternelle
Moins enthousiaste que Ro sur ce premier volume, je dois dire. Je n'ai pas détesté l'univers, et il est vrai que cette saga est relativement prometteuse. Mais j'ai trouvé - justement - que cela mettait trop de temps à démarrer. J'entends le besoin de faire une exposition solide pour poser des bases qui tiendront vraiment par la suite et permettront de déployer les ramifications de tout un univers, mais est-il nécessaire de sacrifier tout un tome pour cela ? À l'époque, on savait faire d'excellentes histoires qui tiennent sur un seul tome, et qui pouvaient exposer leur mythologie subtilement au gré du récit. Ici, j'ai trouvé que l'intrigue très statique et suspendue à l'histoire dans l'histoire racontée par la grand-mère lassait un peu (surtout au gré des parutions du journal Spirou). Bref, au-delà de ça, j'ai un peu de mal avec ce dessin informatique, plutôt bien exécuté, mais qui manque d'âme. Je sais que c'est devenu commun de dessiner à la tablette, mais il manque dans la plupart de ces bandes dessinées ce petit je-ne-sais-quoi, un supplément d'âme qui permette à la bande dessinée de se hisser au-dessus du lot. Cela dit, j'ai lu ce récit sans déplaisir excessif, mais sans être particulièrement emballé non plus. Enfin, la qualité des dialogues et notamment de la narration sont assez pauvres, au point que j'avais parfois l'impression de lire une fanfiction écrite par des adolescents... Correctement écrit, certes, mais il me manquait un fil directeur pour comprendre à quoi servaient tous ces détours narratifs qui maintiennent l'histoire dans ce statisme qui, à mon sens, la dessert. Je suis donc loin d'avoir détesté, mais ma note correspond vraiment au "Bof, sans plus" accompagnant les 2 étoiles sur ce site. Je suis toutefois prêt à rehausser largement mon avis si le deuxième tome me convainc. Il n'y a pas besoin de grand-chose pour que cet univers sombre et enchanté réussisse à m'emporter...
Le Tour du Monde en 80 jours (Chris)
Dans la catégorie Erotisme, cette collection était gage de qualité, une couverture similaire pour chaque album. Ici nous avons le tome 14 avec une idée sympathique et plutôt moins artificielle que souvent dans ce genre d'exercice : un homme banquier propose à une femme prostitué de luxe de refaire le pari de son aïeul à savoir faire le tour du monde mais sans payer un centime, uniquement en utilisant ses faveurs pour voyager. C'est simple efficace, et notre belle va se faire servir tout au long d'un voyage vers l'est. Les pose lascives sont légion et la présence de l'homosexualité d'un passe partout bien débrouillard est également rare en cette époque de publication. Si bien sur tout cela ne va pas chercher bien loin, je dois néanmoins avouer que c'est l'une des rares BD érotiques qui restent dans ma bibliothèque. Le dessin est soigné bien que répétitif, les fellations en voiture précèdent des moments plus doux en bateau de croisière. Pour notre époque de couleur, de gros plan et de finesse relative tout cela est décalé et va manquer à trouver sa cible, pas assez inventif ou posant des fantasmes pour être du porno et pas assez doux et créatif pour être du bon érotique, un entre deux avec un peu de nostalgique et pourtant que je trouve nettement plus brillant que 90 % des productions de ce type. Alors restons à bof, mais c'est tellement mieux que tant de chose...
Le Pays de l'eau qui monte
Certes il faut être tolérant car c'est plutôt destiné à un public jeune. C'est une histoire dans l'air du temps sur le dérèglement climatique, on se trouve dans un village peuplé de mignons animaux où il pleut tout le temps, un peu comme en Bretagne en ce moment. Du coup l'eau monte, les rivières débordent. Est-ce l'apocalypse ? On suit des enfants qui s'inquiètent. Cela reste naïf et sans trop de réflexion derrière. Le dessin est bien, il y a malgré tout un fort problème d'architecture au niveau des fenêtres, elles sont mal posées dans les vues intérieures, normalement elles arrivent à fleur du mur.
Miroirs
Un manga assez court de 130 pages, avec 3 histoires inspirées de la vie de Coco Chanel. Etonnamment on y voit des bouteilles de n°5, je me suis demandé si c'était pas sponsorisé par la marque. A part cela le lien avec la vie de Chanel est ténu. Les histoires sont plutôt anecdotiques et rapidement oubliées. La première rappelle Alice au pays des merveilles. Une autre plus longue porte sur un couple de garçons qui sèchent les cours et décident de s'habiller en jupe en surmontant leur peur du regard des passants dans la rue. Il y a toute une interview des auteurs plutôt longue à la fin, une bonne dizaine de pages et que je n'ai fait que survoler. On comprend l'hommage qu'ont voulu réaliser les auteurs mais ça ne m'a pas emballé.
Juste après la vague
N’ayant pas lu le roman original, je ne pourrai me prononcer sur la qualité de cette adaptation en elle-même. On est ici dans un récit d’aventures post-apocalyptique associé à une étude psychologique des personnages, notamment des parents, Pata et Madie, en proie à un terrible dilemme : pour survivre, il leur faudra laisser une partie de leur progéniture (9 enfants au total tout de même !) sur l’île minuscule où ils s’efforçaient de survivre, tout en se sachant condamnés à terme par l’inexorable montée des eaux. La seule issue, gagner d’hypothétiques terres émergées où ils pourraient commencer une nouvelle vie. Malheureusement, leur misérable barque ne peut contenir que 8 personnes ! Après une délibération difficile émaillée d’engueulades et de reproches, Madie se résout à accompagner son mari sur la barque en abandonnant trois de leurs enfants, Louie, Perrine, et Noé, l’objectif étant de revenir les récupérer une fois qu’ils auront rejoint la destination voulue. Selon un double axe narratif, on suivra d’un côté la traversée de la « famille – 3 » à bord de leur coquille de noix sur un océan déchaîné, de l’autre on observera les trois gosses livrés à eux-mêmes, surpris de constater au petit matin que parents et fratrie sont partis sans eux. Jusqu’à un certain point, l’histoire est plutôt bien menée et prenante, dans un mode survivaliste, avec son lot de drames et une bonne dose de mer déchaînée et de monstres des profondeurs, mais de la tendresse aussi. Ces trois petits gamins bien mignons et livrés à eux-mêmes sauront nous attendrir avec leurs propos naïfs qui prêtent à sourire. On pense à certains moments à « Sa majesté des mouches » (de façon plus soft, bien sûr), notamment avec l’irruption d’un naufragé à la mine patibulaire et aux intentions peu bienveillantes. Et pourtant, de façon étrange, l’impression globale au sortir de cette lecture s’avère mitigée. Est-ce dû aux ressorts scénaristiques assez peu crédibles ou à la minceur de l’intrigue ? Est-ce dû au mélange des genres, un mauvais dosage entre le spectaculaire et l’intimiste ? Ou encore au manque de contextualisation — on sait juste que le réchauffement climatique est la cause de cette montée des eaux, mais que celle-ci a en fait été déclenchée par l’effondrement d’un volcan (sic). La conclusion du récit, en forme de queue de poisson (on ne saurait mieux dire), n’arrange hélas rien à l’affaire… Le dessin restera le point fort de cet album. Entre académisme bon teint et style personnel, Dominique Monféry recourt à un trait nerveux et expressif, associé à une belle maîtrise de l’aquarelle, le tout pouvant évoquer le travail d’un Guillaume Sorel. On aura néanmoins le droit d’être déconcerté devant l’aspect par trop minéral des vagues. Le fait que « Juste après la vague » soit tagué par l’éditeur comme une BD adulte reste compréhensible, en raison de certaines scènes difficiles, mais hormis ces dernières, le livre semblerait plutôt cibler un public jeune. Malgré la noirceur de certains passages, le récit reste dominé par les bons sentiments saccharosés, sans véritable profondeur.
Un plan infaillible - Comment j'ai réalisé mes plus grands rêves
Je ne connaissais pas du tout cet auteur, qui apparemment a déjà publié une quinzaine de bandes dessinées. Quelque peu touche-à-tout, il a été directeur artistique chez différents éditeurs avant de fonder sa propre agence de pub spécialisée dans le divertissement. Auteur d’un blog (le Blog de Mae, personne de BD représentant sa fille âgée deux ans au début du blog), sa passion c’est la BD, et il est suivi par 200 000 fololos sur ses comptes facebook et instagram. Voilà pour la bio, qui laisse à penser que Pacco est une personnalité active (pour ne pas dire hyperactive) et dynamique. Et avec cette BD, il semble avoir voulu faire profiter de son expérience à d’autres, une initiative après tout plutôt louable. J’ai donc lu « Un plan infaillible », qu’on pourrait voir comme un ouvrage de développement personnel, tout en étant autobiographique. Pour moi, ça partait donc plutôt mal, obligé de constater (avec dépit) que la mode de ce type d’ouvrage n’est pas encore passée. Cela ne devrait pas tarder de toute façon, puisque l’intelligence artificielle est en train de s’imposer comme le nouveau gourou (virtuel) de notre ère technologique, ce qui risque de creuser lourdement le portefeuille des coachs en tout genre et n’est pas forcément plus réjouissant d’un point de vue philosophique, loin de là… Indéniablement, Pacco dessine bien, et sa ligne claire élégante et dynamique prouve qu’il n’a rien d’un débutant. En même temps, on ne tombe pas à la renverse et on peut ne pas être fan de ce trait franco-belge déjà vu, qui s’inscrit plus dans la catégorie jeunesse. De la même façon, la mise en page reste dans les codes, sans fantaisie excessive, et on reste dans une bichromie bleu clair un rien monotone. Quant à la narration, elle pêche par ses approximations et son côté brouillon, peut-être trop elliptique. J’avoue m’être forcé pour lire l’ouvrage jusqu’au bout. Le récit est assez répétitif et on a l’impression que le parcours de l’auteur se résume plus à des galères qu’à des réussites — même s’il y en a incontestablement puisqu’il évoque la création de son agence ou sa satisfaction au moment de publier son premier album. Mais malgré quelques bons conseils et ses « to-do » listes, on se demande un peu si le jeu en vaut la chandelle vu la charge mentale, avec gros stress et phases de déprime à la clé, que Pacco a dû supporter pour pouvoir « réaliser ses rêves ». Je suis donc loin d’être convaincu à titre personnel… Mais après tout, il est fort possible que je ne sois pas la cible pour ce genre de lecture, j’ai même peut-être passé l’âge (largement !) pour être réceptif, ce qui me conforte dans mon jugement selon lequel « Un plan infaillible » s’adresse plutôt à un public adolescent ou « young adult », comme on dit dans les agences de pub…
Le Meilleur Album de BD de tous les temps
Le meilleur album de BD de tous les temps est un recueil de gags signés Mo/CDM, pur produit de l'école Fluide Glacial. A base d'humour absurde et volontiers corrosif, ils brocardent aussi bien la science, l'argent, la politique, l'armée que la bêtise humaine en général. L'album assume pleinement son titre excessif, qui relève évidemment du second degré, et propose une succession de gags sans lien entre eux si ce n'est d'être présentés par intermittence comme étant les planches qu'un auteur plein d'espoir présente à un nouvel éditeur. J'aime le dessin de Mo/CDM et l'ambiance déconne qui en découle. Il est expressif, immédiatement reconnaissable, et rappelle sans peine ses autres séries comme notamment Forbidden Zone puisque le professeur de cette dernière apparait dans certaines de ces planches. Sur le plan graphique, rien à redire : l'album est solide et efficace. En revanche, comme trop souvent avec Mo/CDM, l'humour est bien moins convaincant à mes yeux. Certaines planches fonctionnent bien et provoquent de petits rires, en particulier l'histoire cadre de cet auteur et son éditeur. Mais beaucoup trop m'ont paru poussives, avec des chutes prévisibles et des gags déjà vus, notamment du côté de la SF et de ses clichés. L'humour est parfois volontairement lourd, voire vulgaire, ce qui me rebute facilement. Même en tant qu'ancien amateur d'humour Fluide Glacial et de second degré appuyé, et malgré un dessin que j'aime beaucoup, je n'ai pas ri à la lecture de cet album.