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Couverture de la série Jaunes
Jaunes

Mouais. Je n’ai pas vraiment été convaincu par cette série. Elle joue sur différents registres, aucun ne m’ayant satisfait. Le premier cycle amène du fantastique, notre héros alternant passé et présent, passant de façon brutale le plus souvent des années 1980 à celles de l’occupation nazie de la Belgique durant la Seconde guerre mondiale. Le rythme est lent (le texte peu abondant sur ce cycle accentue un sentiment de vide) et l’histoire peu passionnante. Par la suite le fantastique s’efface, et on tombe dans une sorte de polar/thriller un peu plus bavard, mais qui ne m’a pas du tout intéressé : l’échange entre Jaunes et un apparatchik tchèque venant donner une conférence en Belgique durant la guerre froide m’est apparu hautement improbable (comme souvent dans ce type d’intrigue, c’est peu crédible), et décousue (je n’ai pas tout saisi – peut-être en partie parce que je me détachait de l’histoire), et j’ai fini par survoler les deux derniers albums. Bucquoy a pas mal côtoyé les milieux anars et surréalistes belges, et on le sent à plusieurs moments. D’abord Jaunes lui-même se définit comme très à gauche, et le premier cycle dénonce les collabos belges rexistes. Ensuite dans le deuxième cycle, Bucquoy dénonce les magouilles des politiciens très droitistes, et aussi – et surtout – la famille royale. Fait avec plus de finesse et avec une intrigue plus intéressante, j’aurais volontiers suivi cette dénonciation au vitriol, mais là j’avais déjà été mis de côté. Le dessin de Tito est assez daté, un peu figé pour les personnages (mieux réussi je trouve pour les décors), mais reste encore très lisible, et pas désagréable. La colorisation, souvent terne et un peu « passée » à certains moments donne un rendu moyen. Mais tout ceci s’améliore clairement au fil des tomes, et le deuxième cycle (à partir du quatrième album) est bien meilleur dans ce domaine.

20/04/2026 (modifier)