"Et dire que ça se veut chrétien/Et ça ne comprend même pas/Que l’amour dans le cœur d’un chien/C’est le plus grand amour qui soit"
Ces quelques vers ne sont pas de moi mais d'un célèbre chanteur au bandana rouge
Ils ont juste le mérite d'exprimer l'amour le plus inconditionnel que l'on puisse rencontrer
Et c'est de cet amour que Cédric Sapin-Defour a voulu nous parler, lui qui l'a rencontré et eu la douleur de le perdre.
Il est difficilement compréhensible de pouvoir s'attacher à ces petites bêtes et d'être aussi vide une fois qu'elles s'en vont. Et pourtant ce deuil est le lot de tout possesseur d'animal de compagnie. Il est donc évident que quiconque ayant un minimum d'empathie, et je dirai même d'humanité, soit touché par cette oeuvre.
Paradoxalement elle est à la fois très personnelle et très universelle et ce sans que cela en soit choquant.
Cédric Sapin-Defour signe un très bel hommage à son "meilleur ami"
Puis après le roman vient la BD mise en vie par José Luis Munuera qui aura su tiré du roman l'âme d'Ubac pour ne pas trahir sa mémoire
J'ai trouvé son trait très agréable à regarder, mais également très espagnol dans la droite ligne d'un Jordi Lafebre.
L'alchimie entre dessin et histoire se fait naturellement comme s'il avait été impossible de nous conter cette histoire autrement
Pour moi c'est un énorme coup de cœur et assurément un ouvrage qu'il faut avoir lu au moins une fois
Si la vie n'a pas de sens, il reste au moins les sandwichs au thon...
Oui, pour moi, c'est une série qui frôle la perfection. L'humour couvre toutes les gammes, du visuel au plus philosophique. Mais tout le talent et le virtuosisme artistique de Watterson s'expriment surtout dans les pages du dimanche en couleurs. Distorsions de la perspective, inversion des couleurs, jeu constant avec les dimensions et les cases, d'infinis mondes possibles.
Au-delà du Calvin T-rex et des extraterrestres baveux, j'adore les histoires avec le carton, les doubles et les voyages dans le temps.
Par contraste avec l'imagination hyperactive de Calvin, j'admire la personnalité et le flegme de Hobbes ! Mais le meilleur de tout, je pense, c'est l'amitié qui les lie.
Je connaissais le travail d'Antoine Cossé sans avoir jamais eu jusqu'ici ni l'occase ni le courage de plonger dedans. Il y a des trucs comme ça qui te semblent juste impressionnants, inaccessibles. Pas le bon moment peut-être... Et puis voilà t'y que j'passe chez mon petit libraire et tombe sur cette BD, qui à proprement parlé n'existait plus vraiment puisqu'elle était remisée sur les rayonnages et végétait désormais avec le fond dormant de la librairie, n'exhibant plus que son dos rouge de honte. Il s'est alors passé quelque chose : je l'ai remarquée, je l'ai arrachée à sa torpeur, pour finalement repartir avec une fois feuilletée. Et je ne le regrette pas (bien que mon portefeuille si !).
Et c'est vraiment le dessin vaporeux de Cossé qui m'a happé, ainsi que sa mise en couleur dynamique et si particulière. En pareil cas, je dois bien l'avouer, le scénario se voit illico rétrogradé au rang secondaire.
D'abord, Antoine Cossé a développé un univers graphique fort, à nul autre pareil. Dans Ce monde n’existe pas, il parvient à rendre visible l’invisible : le vent qui souffle, emportant les chapeaux et décoiffant les chevelures ; la douleur profonde qui vrille les tripes… Les transitions entre les scènes viennent s’appuyer sur des motifs graphiques qui se répètent ou en évoquent un autre, similaire dans la forme. C’est franchement un très beau travail, plus fascinant encore que la pourtant incroyable Soli Deo Gloria qui m’avait tant marqué. Plus fascinant parce que plus éloigné (en apparence) de la réalité. Ici, la forme devient presque abstraite, réduite à sa plus simple expressivité.
Du coup, son trait bénéficie d’un dynamisme incroyable que les couleurs ne font que dynamiser encore d’avantage. Oui, un mot des couleurs : elles sont audacieuses, rappelant le travail du mouvement pictural Le Cavalier Bleu. Elles sont inattendues, créant une tension, apportant une surcharge de sens. Le pied pour mon œil !
Ha oui ! J’oubliais ! J’ai aimé aussi le titre, et cette idée suggérée à la fin que la vie ne peut se vivre qu’au présent, un principe auquel je suis sensible. Et si l’on veut tirer un peu le fil de la bobine, on déduira peut-être que la réalité n’est rien en dehors du temps présent, que le mental ne fait que parasiter la réalité en la faisant basculer dans l’illusion…
Alors pourquoi seulement 4/5 ? Ben parce que le scénar est un peu plus anodin. Disons plutôt qu’il manque un peu de profondeur, et qu’il se perd peut-être un poil en complexité. Mais (attention ARLETTE SPOUALEUR) il a des qualités, et cette fin magnifique en est une qui n’est à mon sens pas à sous-estimer. Par les temps qui courent, une telle fin n’a pas manqué de m’arracher un large sourire de contentement. C’est beau bordel ! C’est poétique ! Et rien que ça me suffit bien.
Bon, parmi les récriminations, on pourra aussi évoquer une expression par moment un peu bancale. Par exemple, page 13, on tombe sur cette phrase : "Parce que face au monde, les gens comme Jules et moi, nous ne sommes que des insectes". Ne sont que des insectes, non ? Ou plus loin, page 75, on trouve ce dialogue : "- Et qui te dit qu'on veut de toi dans notre camp ? - Rien." Personne eut été une bien meilleure réponse selon moi. Alors oui, je sais, je sais, je mégote, mais quand on se trouve devant une telle œuvre graphique, on est en droit d'avoir quelques exigences. A dessin de dingue, expression de dingue !... Mais franchement, il serait dommage de sabrer cette BD pour autant.
Paracuellos, c'est un peu l'histoire d'une vie, celle de Carlos Gimenez. Tout jeune, il se retrouve place dans un foyer de l'assistance publique dans l'Espagne de Franco. Et ce pendant 8 longues années. Et il y raconte l'ensemble des souvenirs de cette époque. Et ils ne sont pas joyeux du tout, car cette autobiographie de jeunesse est d'une grande force, mais aussi d'une grande tristesse tant le traitement infligé à ces enfants est d'une dureté sans nom. Violences physiques ( nombreuses), violences verbales ( chroniques), rare sont les instants où ces enfants placés ont eu droit à un moment de bonheur. Parfois a l'occasion d'une visite de parents, à l'occasion d'une partie de foot, ou quand le facteur livrait une revue bd. D'ailleurs le jeune Pablo sait très vite que plus tard, lui aussi sera dessinateur. Il faudrait que tous ceux qui disent à l'occasion d'un fait d'actualité qu'il faudrait recréer des maisons de correction lisent cette œuvre majeure. Le sadisme religieux ou celui du phalangiste qui surveille cette institution semble ne pas avoir de limites. Et on ressent souvent une grande tristesse, lorsque on referme chaque chapitre de ce livre. Dessinée en noir et blanc cette intégrale est à l'évidence une œuvre majeure de la bd européenne.
De l'humour intello, politique et absurde, réalisé avec brio. Cette bd, dont les deux tomes m'ont été offerts coup sur coup pour un anniversaire, a fait mouche !
Les gags imaginés par tienstiens sont inventifs, incisifs et, je trouve, jamais lourdingues. C'est (presque) toujours politique, mais avec une vraie réflexion derrière, et un vrai propos. C'est pour le coup assez rare, je trouve, qu'une bd d'humour absurde et politique arrive à être drôle en étant aussi directement politisé, et en utilisant des termes et théories politiques aussi précises et poussées. Pour le coup, il y a certaines planches ou il faut s'accrocher, et qui pourraient être tout droit tirées de thèses de sociologie politiques.
Mais là où ça pourrait être rébarbatif et/ou chiant, l'auteur réussit l'exploit de rendre chacune de ses planches divertissante, et fraiche à chaque fois. J'ai par exemple beaucoup aimé les planches des Experts, qui constituent un running gag assez réussi. C'est d'ailleurs le ressort comique principal, les séries/figures connues qui sont détournées dans un contexte politique. Comme les autres, j'ai beaucoup aimé le surfeur d'argent et, en tant qu'amateur de catch, j'ai bien apprécié le passage de l'Undertaker dans le deuxième tome.
Au passage, j'ai trouvé ce deuxième tome un peu moins réussi que le premier, peut-être un peu moins frais. Koko et Paul sont pas mal présents, ce qui alourdit le récit, et les gags sont un peu plus longs et, parfois, un peu moins percutants. Reste que plusieurs gags m'ont franchement fait rire dans ce deuxième opus aussi.
Car oui, en plus de trouver le propos intéressant, les situations cocasses et les références savoureuses, j'ai parfois franchement rigolé. C'est typiquement le genre d'humour qui fonctionne à merveille chez moi.
J'ajouterai que j'aime beaucoup le dessin, plus fouillé qu'il n'y parait. Il se prête en tout cas très bien au propos et à l'avantage que l'on reconnait assez facilement les personnalités qui sont caricaturées.
Je terminerai par un point important : je crois qu'après toutes ces années de quête, je l'ai enfin trouvée : Koko est la bd parfaite pour les toilettes : drôle, gags en une case ou plusieurs planches au choix (ce qui fait que ça s'adapte très bien à des durées plus ou moins longues), facile à s'arrêter et à reprendre. Et on peut même, ensuite, initier les autres à signer "grève générale expropriatrice".. Que demander de plus ?
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Son odeur après la pluie
"Et dire que ça se veut chrétien/Et ça ne comprend même pas/Que l’amour dans le cœur d’un chien/C’est le plus grand amour qui soit" Ces quelques vers ne sont pas de moi mais d'un célèbre chanteur au bandana rouge Ils ont juste le mérite d'exprimer l'amour le plus inconditionnel que l'on puisse rencontrer Et c'est de cet amour que Cédric Sapin-Defour a voulu nous parler, lui qui l'a rencontré et eu la douleur de le perdre. Il est difficilement compréhensible de pouvoir s'attacher à ces petites bêtes et d'être aussi vide une fois qu'elles s'en vont. Et pourtant ce deuil est le lot de tout possesseur d'animal de compagnie. Il est donc évident que quiconque ayant un minimum d'empathie, et je dirai même d'humanité, soit touché par cette oeuvre. Paradoxalement elle est à la fois très personnelle et très universelle et ce sans que cela en soit choquant. Cédric Sapin-Defour signe un très bel hommage à son "meilleur ami" Puis après le roman vient la BD mise en vie par José Luis Munuera qui aura su tiré du roman l'âme d'Ubac pour ne pas trahir sa mémoire J'ai trouvé son trait très agréable à regarder, mais également très espagnol dans la droite ligne d'un Jordi Lafebre. L'alchimie entre dessin et histoire se fait naturellement comme s'il avait été impossible de nous conter cette histoire autrement Pour moi c'est un énorme coup de cœur et assurément un ouvrage qu'il faut avoir lu au moins une fois
Calvin et Hobbes
Si la vie n'a pas de sens, il reste au moins les sandwichs au thon... Oui, pour moi, c'est une série qui frôle la perfection. L'humour couvre toutes les gammes, du visuel au plus philosophique. Mais tout le talent et le virtuosisme artistique de Watterson s'expriment surtout dans les pages du dimanche en couleurs. Distorsions de la perspective, inversion des couleurs, jeu constant avec les dimensions et les cases, d'infinis mondes possibles. Au-delà du Calvin T-rex et des extraterrestres baveux, j'adore les histoires avec le carton, les doubles et les voyages dans le temps. Par contraste avec l'imagination hyperactive de Calvin, j'admire la personnalité et le flegme de Hobbes ! Mais le meilleur de tout, je pense, c'est l'amitié qui les lie.
Ce monde n'existe pas
Je connaissais le travail d'Antoine Cossé sans avoir jamais eu jusqu'ici ni l'occase ni le courage de plonger dedans. Il y a des trucs comme ça qui te semblent juste impressionnants, inaccessibles. Pas le bon moment peut-être... Et puis voilà t'y que j'passe chez mon petit libraire et tombe sur cette BD, qui à proprement parlé n'existait plus vraiment puisqu'elle était remisée sur les rayonnages et végétait désormais avec le fond dormant de la librairie, n'exhibant plus que son dos rouge de honte. Il s'est alors passé quelque chose : je l'ai remarquée, je l'ai arrachée à sa torpeur, pour finalement repartir avec une fois feuilletée. Et je ne le regrette pas (bien que mon portefeuille si !). Et c'est vraiment le dessin vaporeux de Cossé qui m'a happé, ainsi que sa mise en couleur dynamique et si particulière. En pareil cas, je dois bien l'avouer, le scénario se voit illico rétrogradé au rang secondaire. D'abord, Antoine Cossé a développé un univers graphique fort, à nul autre pareil. Dans Ce monde n’existe pas, il parvient à rendre visible l’invisible : le vent qui souffle, emportant les chapeaux et décoiffant les chevelures ; la douleur profonde qui vrille les tripes… Les transitions entre les scènes viennent s’appuyer sur des motifs graphiques qui se répètent ou en évoquent un autre, similaire dans la forme. C’est franchement un très beau travail, plus fascinant encore que la pourtant incroyable Soli Deo Gloria qui m’avait tant marqué. Plus fascinant parce que plus éloigné (en apparence) de la réalité. Ici, la forme devient presque abstraite, réduite à sa plus simple expressivité. Du coup, son trait bénéficie d’un dynamisme incroyable que les couleurs ne font que dynamiser encore d’avantage. Oui, un mot des couleurs : elles sont audacieuses, rappelant le travail du mouvement pictural Le Cavalier Bleu. Elles sont inattendues, créant une tension, apportant une surcharge de sens. Le pied pour mon œil ! Ha oui ! J’oubliais ! J’ai aimé aussi le titre, et cette idée suggérée à la fin que la vie ne peut se vivre qu’au présent, un principe auquel je suis sensible. Et si l’on veut tirer un peu le fil de la bobine, on déduira peut-être que la réalité n’est rien en dehors du temps présent, que le mental ne fait que parasiter la réalité en la faisant basculer dans l’illusion… Alors pourquoi seulement 4/5 ? Ben parce que le scénar est un peu plus anodin. Disons plutôt qu’il manque un peu de profondeur, et qu’il se perd peut-être un poil en complexité. Mais (attention ARLETTE SPOUALEUR) il a des qualités, et cette fin magnifique en est une qui n’est à mon sens pas à sous-estimer. Par les temps qui courent, une telle fin n’a pas manqué de m’arracher un large sourire de contentement. C’est beau bordel ! C’est poétique ! Et rien que ça me suffit bien. Bon, parmi les récriminations, on pourra aussi évoquer une expression par moment un peu bancale. Par exemple, page 13, on tombe sur cette phrase : "Parce que face au monde, les gens comme Jules et moi, nous ne sommes que des insectes". Ne sont que des insectes, non ? Ou plus loin, page 75, on trouve ce dialogue : "- Et qui te dit qu'on veut de toi dans notre camp ? - Rien." Personne eut été une bien meilleure réponse selon moi. Alors oui, je sais, je sais, je mégote, mais quand on se trouve devant une telle œuvre graphique, on est en droit d'avoir quelques exigences. A dessin de dingue, expression de dingue !... Mais franchement, il serait dommage de sabrer cette BD pour autant.
Paracuellos
Paracuellos, c'est un peu l'histoire d'une vie, celle de Carlos Gimenez. Tout jeune, il se retrouve place dans un foyer de l'assistance publique dans l'Espagne de Franco. Et ce pendant 8 longues années. Et il y raconte l'ensemble des souvenirs de cette époque. Et ils ne sont pas joyeux du tout, car cette autobiographie de jeunesse est d'une grande force, mais aussi d'une grande tristesse tant le traitement infligé à ces enfants est d'une dureté sans nom. Violences physiques ( nombreuses), violences verbales ( chroniques), rare sont les instants où ces enfants placés ont eu droit à un moment de bonheur. Parfois a l'occasion d'une visite de parents, à l'occasion d'une partie de foot, ou quand le facteur livrait une revue bd. D'ailleurs le jeune Pablo sait très vite que plus tard, lui aussi sera dessinateur. Il faudrait que tous ceux qui disent à l'occasion d'un fait d'actualité qu'il faudrait recréer des maisons de correction lisent cette œuvre majeure. Le sadisme religieux ou celui du phalangiste qui surveille cette institution semble ne pas avoir de limites. Et on ressent souvent une grande tristesse, lorsque on referme chaque chapitre de ce livre. Dessinée en noir et blanc cette intégrale est à l'évidence une œuvre majeure de la bd européenne.
Koko n'aime pas le capitalisme
De l'humour intello, politique et absurde, réalisé avec brio. Cette bd, dont les deux tomes m'ont été offerts coup sur coup pour un anniversaire, a fait mouche ! Les gags imaginés par tienstiens sont inventifs, incisifs et, je trouve, jamais lourdingues. C'est (presque) toujours politique, mais avec une vraie réflexion derrière, et un vrai propos. C'est pour le coup assez rare, je trouve, qu'une bd d'humour absurde et politique arrive à être drôle en étant aussi directement politisé, et en utilisant des termes et théories politiques aussi précises et poussées. Pour le coup, il y a certaines planches ou il faut s'accrocher, et qui pourraient être tout droit tirées de thèses de sociologie politiques. Mais là où ça pourrait être rébarbatif et/ou chiant, l'auteur réussit l'exploit de rendre chacune de ses planches divertissante, et fraiche à chaque fois. J'ai par exemple beaucoup aimé les planches des Experts, qui constituent un running gag assez réussi. C'est d'ailleurs le ressort comique principal, les séries/figures connues qui sont détournées dans un contexte politique. Comme les autres, j'ai beaucoup aimé le surfeur d'argent et, en tant qu'amateur de catch, j'ai bien apprécié le passage de l'Undertaker dans le deuxième tome. Au passage, j'ai trouvé ce deuxième tome un peu moins réussi que le premier, peut-être un peu moins frais. Koko et Paul sont pas mal présents, ce qui alourdit le récit, et les gags sont un peu plus longs et, parfois, un peu moins percutants. Reste que plusieurs gags m'ont franchement fait rire dans ce deuxième opus aussi. Car oui, en plus de trouver le propos intéressant, les situations cocasses et les références savoureuses, j'ai parfois franchement rigolé. C'est typiquement le genre d'humour qui fonctionne à merveille chez moi. J'ajouterai que j'aime beaucoup le dessin, plus fouillé qu'il n'y parait. Il se prête en tout cas très bien au propos et à l'avantage que l'on reconnait assez facilement les personnalités qui sont caricaturées. Je terminerai par un point important : je crois qu'après toutes ces années de quête, je l'ai enfin trouvée : Koko est la bd parfaite pour les toilettes : drôle, gags en une case ou plusieurs planches au choix (ce qui fait que ça s'adapte très bien à des durées plus ou moins longues), facile à s'arrêter et à reprendre. Et on peut même, ensuite, initier les autres à signer "grève générale expropriatrice".. Que demander de plus ?