Les derniers avis (3 avis)

Par Hub
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série 1629 ou l'effrayante histoire des naufragés du Jakarta
1629 ou l'effrayante histoire des naufragés du Jakarta

Lorsque j’ai commencé, j’avais beaucoup d’attentes car Dorison est un de mes auteurs préférés, et il ne m’a pas déçu. Avec 1629, Dorison livre un récit captivant et terriblement oppressant, une œuvre qu’on ne lâche pas facilement tant on est happé par la tension dramatique et la noirceur du propos. Dès les premières pages, le ton est donné : derrière le récit historique de naufragés se dessine une véritable réflexion sur la nature humaine, la violence et la manière dont l’homme peut basculer dans la barbarie lorsque toute structure sociale disparaît. Le prologue évoque notamment "l’effet Lucifer”, cette théorie psychologique selon laquelle des individus ordinaires peuvent commettre les pires atrocités selon le contexte dans lequel ils évoluent. Cette idée imprègne les 2 albums et donne au récit une profondeur glaçante. Plus qu’un simple récit de survie, 1629 devient une démonstration implacable de la fragilité de la morale humaine face au chaos. Le scénario de Dorison est d’une efficacité redoutable : maîtrisé, intense, sans temps mort. Il installe progressivement un climat de tension qui devient de plus en plus étouffant, jusqu’à rendre la lecture presque suffocante. On assiste, fasciné et horrifié, à la montée de la cruauté et à l’effondrement de toute humanité. Graphiquement, Montaigne accompagne ce récit avec un immense talent. Son dessin réaliste et puissant sublime la violence du propos, avec des planches superbes qui renforcent encore l’immersion et l’intensité dramatique. Avec 1629, Dorison signe selon moi une œuvre majeure : brutale, intelligente, fascinante. Une bande dessinée marquante, qui captive autant qu’elle dérange, et qui confirme une fois de plus tout le génie narratif de son auteur.

25/04/2026 (modifier)
Par grogro
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Euy
Euy

C'est le deuxième titre de cette collection que je lis, et c'est à nouveau un coup de cœur ! Coup de cœur parce que c'est très intelligemment fait. Au départ, Les Ondines est une collection qui s'adresse à un public jeune. Faut-il croire que je suis toujours jeune ? Allez, je le crois :) ! En tout cas, cette histoire vraiment très singulière m'a captivé, notamment par la manière dont le sujet est traité. Les aventures de la petite Euy (qu'a oeil bleu et qu'a oeil noir, et qu'a vraiment sucroyable) se déroulent à la Préhistoire, mais une Préhistoire fantasmée, imaginée, tout ça à la fois, mais en même temps crédible ! Le truc qui constitue en grande partie l'originalité de la chose, c'est le langage. Les différentes tribus rencontrées parlent toutes une langue différente. Léon Maret le transcrit en déformant les mots qui toutefois restent familiers, au sens de similaires au français. Ca pourrait vite devenir lourdingue a priori, mais dans les faits, la lecture reste très fluide. Pas une seconde je n'ai buté dans ma compréhension. Ce qu'écrit Ro au sujet de cette BD est tout à fait pertinent : "le tout reste rudimentaire, mais sonne juste, comme une interprétation vivante et incarnée de ce que pouvaient être ces sociétés humaines en construction". A la toutefinfin, on trouvera un petiot cahier pédagogo qui synthérésume les points dévelaborés au courlong de la storie : domesticatif des zanimos (canibots et chevalous), linguouées parlabrées... C'est très chouetos, bien fait et pas chiantifiant. Oui, l'univers ici développé m'a complètement charmé. Je le redis, il est très original, rappelant notamment celui qu'a élaboré Nicolas Puzenat dans sa série Mégafauna. Ajoutons à cela une bonne dose d'humour, des personnages tout à fait attachants, un dessin qui me plait beaucoup par sa sobriété (exception faite des pattes des animaux en mouvement si l'on veut chipolaté), ainsi qu'une mise en couleur convaincante, et on obtient oui : un coup de cœur gros comme ça qui à mon sens reste susceptible de séduire un très large public !

22/04/2026 (modifier)
Par Hub
Note: 5/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Monstres
Monstres

Ce qui me fascine le plus dans cette œuvre, c’est la manière dont elle interroge la monstruosité. Le titre Monstres laisse penser au départ que le monstre sera cette créature née d’expérimentations, mais on comprend très vite que les véritables monstres sont humains. Ce sont la violence, la cruauté, les traumatismes transmis de génération en génération qui façonnent les êtres et les détruisent. Toute la force du récit réside dans cette réflexion bouleversante : le monstre n’est pas celui que l’on croit. Quand on sait que cette histoire devait à l’origine être un récit autour de Hulk, on mesure encore davantage la grandeur du résultat final. Barry Windsor-Smith s’est affranchi de ce cadre pour créer une œuvre profondément personnelle, intime et universelle à la fois. On sent que chaque page est habitée, pensée, vécue. Il ne raconte pas seulement une histoire, il dissèque l’âme humaine. Graphiquement, c’est tout simplement époustouflant. Chaque planche est d’une richesse folle, chaque regard, chaque expression porte une intensité émotionnelle incroyable. Les dessins ne sont pas seulement magnifiques : ils servent le récit avec une justesse remarquable. Barry Windsor-Smith parvient à transmettre la douleur, la peur, la tendresse et l’horreur avec une maîtrise rare. Certaines pages coupent littéralement le souffle. Mais au-delà de la virtuosité graphique, c’est l’émotion qui m’a bouleversé. J’ai trouvé cette histoire d’une humanité incroyable, d’une tristesse immense, mais aussi d’une sensibilité bouleversante. C’est une œuvre dure, parfois insoutenable, mais profondément sincère. Elle m’a touché par sa puissance émotionnelle, par sa manière de montrer les blessures intimes et les cicatrices invisibles laissées par la violence. Peu de bandes dessinées m’ont remué à ce point. J’aime Monstres parce que c’est une œuvre totale : brillante, douloureuse, magistrale. Elle m’a impressionné par sa beauté formelle, mais surtout elle m’a profondément ému. C’est le genre de lecture qui vous secoue, qui vous habite longtemps après avoir refermé le livre. Pour moi, c’est bien plus qu’une grande bande dessinée : c’est une œuvre majeure, puissante, poignante, inoubliable.

21/04/2026 (modifier)