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Les dernier avis (5 avis)

Par Thomas
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Les Maîtres Inquisiteurs
Les Maîtres Inquisiteurs

Très bon dessin et une série dont l'intérêt grandit au fil des tomes, qui distillent petit à petit un univers qui, certes, a des lieux communs de la fantasy, mais également sa voie propre et une originalité bien à elle.

30/11/2020 (modifier)
Par Blue boy
Note: 5/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Peau d'Homme
Peau d'Homme

Au moment où je termine mon avis, j'apprends que cet album a raflé trois prix aujourd'hui, du jamais vu ! (Prix RTL, Landerneau et Wolinski) Et ça tombe bien, c'est mon chouchou de l'année ^^ Ce conte fantastique est l’une des dernières œuvres qu’Hubert, disparu en début d’année, nous aura léguée — avec Les Ogres-Dieux (tome 4) et peut-être Le Boiseleur (tome 2). Et qui nous fait d’autant plus regretter sa mort. Car « Peau d’homme » est une merveille d’intelligence, un vrai chef d’œuvre qui, en situant le récit dans une Italie médiévale, s’avère d’une extrême modernité. En utilisant les ressorts du conte populaire, notamment la fluidité narrative et toute la magie inhérente au genre, Hubert va y intégrer les problématiques les plus contemporaines, et c’est bien là que réside son génie. In fine, cette société médiévale ressemble étrangement à la nôtre, avec deux visions s’opposant radicalement. D’un côté la tradition et les mœurs religieuses rétrogrades, prôné par le frère obscurantiste de Bianca, de l’autre des idées progressistes alliées à un certain hédonisme et au respect de l’identité sexuelle. On ne « divulgâchera » pas le récit, mais Bianca va réussir, grâce à cette incroyable peau d’homme, à s’affranchir des conventions dont son futur mari Giovanni, qui n’est pas celui qu’elle croyait au départ, est resté la victime consentante. C’est en se métamorphosant en « passionaria gay » que Bianca va apprendre à lutter pour la liberté ! Face à la bigoterie de son frère fanatisé, ses objections, fondées sur une logique imparable que permet son innocence, sont très bien mises en relief et ne font que ridiculiser ce dernier, participant à la jubilation du lecteur. Sur le plan graphique, on apprécie la ligne claire élégante et stylisée de Zanzim, parfaitement en symbiose avec la narration, et le lecteur est immédiatement aspiré dans cet univers médiéval de conte de fées. La mise en page, simple en apparence, est très subtile, avec des cadrages et une composition qui par moment savent s’allier aux textes pour provoquer l’amusement, notamment avec cette scène où Bianca déstabilise Giovanni de son regard amoureux, tandis qu’un zoom se fait sur le postérieur de la statue géante d’un adonis nu, équipé d'un énorme gourdin reposant sur son épaule. La narration est également rendue dynamique par un agencement visuel très varié. Zanzim nous offre des pleines pages de toute beauté, dont certaines montrent les personnages évoluer à travers un décor unique, ce qui donne un côté très ludique au récit. Tout cela ajouté à la délicatesse du trait et au choix pertinent des couleurs, on se sent totalement comblé ! Et pour magnifier l’ensemble, la couverture est superbe, avec une très belle illustration en vernis sélectif, cernée d’arabesques en impression bleu doré. « Peau d’homme » s’impose incontestablement comme l’un des chefs d’œuvre venu illuminer cette année grise, tant par la forme que par le fond. Car en ces temps incertains où l’on assiste à une montée en puissance de l’intolérance, le propos à la fois malicieux et empathique de ce récit sème le trouble dans nos certitudes et nos préjugés quant à l’appartenance sexuelle, tout en taillant de profondes croupières au paternalisme si enraciné de nos sociétés, et ça, ça fait un bien fou. On ne peut qu’exprimer notre reconnaissance aux deux auteurs. Hubert, avec ce merveilleux album, testament conscient ou non, mérite bien de reposer en paix !

30/11/2020 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Le Baron (Masbou)
Le Baron (Masbou)

Je commencerai par mon seul (tout petit) reproche : je trouve personnellement que la couverture de cet album n’est pas spécialement engageante… c’est d’autant plus dommage que l’intérieur est absolument sublime. On retrouve dans la trame principale le dessin qui nous a tant charmé pendant des années dans De Cape et de Crocs, avec ces planches superbes qui fourmillent de détails, et aux couleurs directes majestueuses. Et puis surtout l’auteur varie les styles graphiques dans les différentes escapades du Baron, ce qui apporte une variété et une richesse incroyable au récit… quel plaisir pour les yeux. L’histoire est tout simplement géniale : les fables de ce conteur farfelu font preuve d’une imagination débordante, et font un peu penser à des contes des mille et une nuits déjantés (je vois d’ailleurs qu’il existe un album qui explore cette idée : Les Aventures oubliées du Baron de Münchhausen). Les personnages sont attachants (à commencer par le Baron), l’humour de bon goût… Il y a aussi une réflexion intéressante sur le rôle des conteurs et de l’art, sur l’importance de faire rêver. J’ai beaucoup adhéré à ce message, que j’ai trouvé juste et rafraichissant dans les circonstances actuelles. Alors que je me plaignais de l’étirement sans fin de la série « De cape et de crocs », je me retrouve ici avec un sentiment opposé : un tome, c’est trop peu, et je me suis surpris à ralentir ma lecture pour faire durer le plaisir… et là, je pense que tout est dit. Un album indispensable.

30/11/2020 (modifier)
Par Maru
Note: 5/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Alpi the Soul Sender
Alpi the Soul Sender

Un univers fantasy envoutant! J'aime beaucoup le style de dessin de l'auteur, je trouve qu'il colle parfaitement avec l'ambiance imposée par l'histoire. Quant à l'histoire elle manque certes parfois d'originalité dans quelques points, mais elle reste tout de même très bien tournée. En bref ce léger manque d'originalité reste peu fréquent et ne freine en rien la beauté de l'œuvre qui pour moi est un véritable régal à la lecture ! Je ne peux que vous la conseiller et vous verrez !

30/11/2020 (modifier)
Couverture de la série Panique à la une
Panique à la une

De Cornillon, je connaissais surtout ses travaux avec Chaland sur Captivant qui avaient déjà un ton décalé. Ici, on dirait qu'il se défoule vraiment en créant Ed le reporter qui raconte les reportages qu'il a couverts et qui sont tous totalement farfelus. J'ai retrouvé cette Bd dans l'Echo des Savanes de 1984, et j'avoue que je ne me suis pas ennuyé un seul instant. Ces historiettes sont d'un niveau à peu près égal et servent à Cornillon pour se livrer à une sorte de pastiche des littératures populaires, à un détournement de genres et de petits faits autour de la pop culture, c'est beaucoup moins féroce que chez Crumb ou Vuillemin et Reiser, mais c'est joyeusement drôle. En fait, sous couvert d'aventures vaguement policières et d'enquêtes menées par un héros fantaisiste autour de dinosaures, de martiens et autres rencontres étonnantes, c'est un mélange indescriptible de genres, ponctué de clins d'oeil, et c'est totalement inclassable, même si l'humour domine, la Bd mérite donc bien de figurer dans la catégorie inclassable. J'adore le dessin en forme de fausse Ligne Claire (parce qu'il y a des ombres), il ressemble un peu à celui de Jean-Claude Denis, c'est très agréable. A noter que cette bande a connu une suite dans Pilote en 1987, avec un récit intitulé "Dans l'enfer de l'enfer", où le héros Ed se retrouvait effectivement aux enfers et où le ton était beaucoup plus surréaliste ; malheureusement, Pilote s'est arrêté en 1989, laissant la bande inachevée, mais je crois qu'il existe un album chez un petit éditeur qui a repris l'intégralité des planches, on doit pouvoir le trouver sur amazon ou rakuten. En attendant, je conseille ce "Panique à la une" à tous ceux qui veulent se lancer dans le journalisme et connaitre la gloire et les femmes, c'est un vrai métier d'avenir !

30/11/2020 (modifier)