Wahou ! Une bd passionnante.
Le titre et la couverture ne m'attiraient pas franchement. J'avais une idée toute faite de ce que j'allais y trouver. Benêt que j'étais !
Je connaissais de nom Pierre Bourdieu, très mal sa pensée.
Grâce à cette bd c'est rectifié et heureusement !
C'est chirurgical de justesse. J'ai régulièrement fait des pauses dans la lecture tellement les réflexions me parlaient, étaient pertinentes. J'ai appris, compris, réfléchis sur pas mal de choses. Certaines notions m'étaient plutôt familières (le capital culturel, ou le capital social par exemple) d'autres pas du tout. Mais les réflexions de cette bd/Bourdieu ciblent très avec précision les mécaniques de classes et réappuyer sur certaines notions de grille de lecture du monde que nous avons sans en avoir conscience. C'est amusant car j'ai reconnu des réflexions dans cette bd que j'avais déjà faite, ou déjà entendu de la part de proches.
Du coup je m'en vais de ce pas regarder les écrits de Pierre Bourdieu, et les personnes que ses écrits ont inspirés.
Le récit global est fluide, les lycées attachants (tout comme le dessin de Typhaine Rivière), bref tout fonctionne.
Vivement recommandé !
Tome 2
Après la grosse galère liée à l’élaboration du premier Star Wars, on retrouve un George Lucas requinqué par le méga carton au box-office, avec des projets plein la tête. Non seulement la suite de la saga (qui restait hypothétique), mais la construction de son Skywalker Ranch, un havre de paix loin du tumulte d’Hollywood et destiné à accueillir les cinéastes, un immense campus équipé des dernières technologies pour « penser le cinéma de demain ». A sa femme, inquiète de le voir trop absorbé par ses projets, Lucas assure que cette fois, il déléguera l’élaboration de ses prochains films… Ainsi, pour « L’Empire contre-attaque », l’heureux élu sera Irvin Kershner, son ancien prof de fac ! Mais les choses ne seront pas aussi simples, et étrangement, l’histoire semble se répéter. De nombreux contretemps et de gros retards dans le tournage vont alourdir l’atmosphère, ce qui ne sera pas sans conséquence sur le budget… restait à croiser les doigts pour que le film connaisse le même succès… la suite de l’histoire, on la connaît, elle donnera raison à cet immense rêveur du septième art qu’est Lucas.
Comme précédemment, la narration, basée sur une bibliographie riche, est extrêmement captivante et nous donne à voir un être exceptionnel, un cinéaste attachant dont les rêves aux dimensions « galactiques » ont révolutionné le cinéma. De plus, le personnage a su rester humain, très soucieux d’imposer son éthique jusque dans le « merch » qui devait notamment servir à financer son projet de campus du cinéma. Pour George Lucas, pas question d’associer « Star Wars » à des produits favorisant l’obésité ou la consommation d’alcool, ou encore de collaborer avec des sociétés sud-africaines dans le contexte de l’apartheid, durant cette fin des « seventies ». Selon sa philosophie, l’argent n’était qu’un moyen et non un but, quand bien même il savait qu’il risquait gros en finançant lui-même ses projets.
Tout en allant à l’essentiel, Laurent Hopman sait nous offrir moult anecdotes qui combleront les fans, passionnantes même dans leur insignifiance, souvent amusantes. On aura même droit à une séquence sur la genèse des « Aventuriers de l’arche perdue », le film de Steven Spielberg coproduit par Lucas et sorti en salles quelques mois après « L’Empire contre-attaque ». Le tout est toujours très bien servi par le dessin nerveux et la mise en page hyper efficace de Renaud Roche. Avec toujours ce noir et blanc qui concède quelques touches à la couleur pour souligner des éléments-clé. Vous l’aurez compris, cet « épisode II » ne déçoit pas, tant s’en faut !
D’ailleurs, il semblerait que celui-ci rencontre un accueil aussi enthousiaste que son prédécesseur, tant critique que public, avec à la clé une sortie dans quinze pays hors de l’Hexagone. L’autre bonne nouvelle dans tout ça, c’est que les padawans que nous sommes peuvent se réjouir de la parution à venir du troisième tome, puisque le projet a été conçu dès le départ, assez logiquement, comme une trilogie. Et pour cela, de la patience nous devrons avoir !
Tome 1
Si ceux qui comme moi auront vibré en découvrant « Star Wars » dans leur prime jeunesse — et bien sûr par extension les fans les plus récents de la saga — seront sans aucun doute totalement emballés à la lecture de cette bande dessinée, il n’est pas impossible que les plus réfractaires l’apprécient. En effet, c’est d’abord l’ascension extraordinaire d’un homme mû par un imaginaire foisonnant et surtout l’histoire d’un film culte qui est présenté ici. On peut donc être simplement amateur de cinéma pour se plonger dans cette lecture…
Abondamment documenté, l’ouvrage a été mené de main de maître par les deux auteurs, avec une symbiose parfaite entre les partitions graphique et narrative. On y découvre d’abord le personnage de Georges Lucas, cet enfant rebelle dont les rêves étaient « bigger than life ». L’homme, déjà tout gosse, avait une personnalité hors du commun, tête brûlée dans son adolescence et plutôt renfermé, il semblait habité par une volonté de fer pour donner corps à ses rêves…et il lui en aura fallu de la volonté pour franchir les innombrables écueils qu’il subit avant la sortie en salles du film, dans la douleur qui plus est… Même si Lucas avait déjà sa trilogie en tête, c’est le succès inattendu de ce premier opus au box office qui fut le catalyseur de l’impressionnante saga et de ses innombrables spin-offs, très inégaux il faut bien l’avouer, que nous connaissons aujourd’hui.
C’est avec bonheur que l’on avale les 200 pages du livre, qui, en plus d’un personnage à la « vie intérieure bouillonnante », nous dévoile la genèse du tout premier Star Wars. On découvre que la compagne de George, Marcia, aura été d’un énorme soutien dans l’aboutissement de son projet, remanié mille fois avant sa version définitive ! Si les relations furent souvent houleuses avec les producteurs de studios, davantage préoccupés par l’appât du gain, celles avec les cinéastes furent heureusement plus amicales. On y croise ainsi Francis Ford Coppola, Steven Spielberg, l’autre homme qui aura transformé le cinéma dans ces années-là, Irvin Kershner (qui à l’époque n’avait pas encore réalisé « L’Empire contre-attaque »), Martin Scorsese et d’autres. Et puis les acteurs bien sûr, le trio magique composé d’Harrison Ford (recruté par défaut !), Carrie Fisher et Mark Hammill, mais aussi les seconds rôles, notamment l’acteur britannique Alec Guinness qui aura apporté son aura bienveillante au film.
Le tout est passionnant, très complet, et truffé d’anecdotes croustillantes. On se gausse par exemple en apprenant que Han Solo aurait dû porter un col Claudine au lieu de sa fameuse tunique échancrée, si son interprète, par un réflexe salutaire, n’avait pas décidé de l’arracher.
Le dessin de Renaud Roche est d’une efficacité redoutable dans sa simplicité. Il accompagne à merveille la narration extrêmement fluide. On apprend, de façon peu étonnante, qu’il a une expérience dans le storyboard. La mise en page va à l’essentiel et insuffle beaucoup de dynamisme au récit. La particularité graphique de cet album est qu’il n’est ni en noir et blanc ni en couleurs, l’auteur s’étant contenté d’ajouter ça et là des touches de couleurs pour souligner les éléments importants, renforçant encore le punch narratif. A croire que Roche a travaillé au pinceau-laser ! Si « Les Guerres de Lucas » ne représente que sa première bande dessinée en tant que co-auteur, on se dit que le jeune homme, illustrateur formé à l’école des Gobelins, a de l’avenir…
Encore une fois, cette bande dessinée pourra largement captiver un lectorat au-delà des amateurs de la saga Star Wars. Sur une autre grille de lecture, elle montre le parcours admirable d’un homme qui en ayant concrétisé ses rêves par la puissance de sa « force » intérieure (on ne saurait mieux dire, et Lucas était loin d’être un communicant expansif, encore moins vénal !), nous offre une véritable leçon de vie.
On peut dire que les Editions Deman, plutôt spécialisée dans la presse jusqu’à récemment, auront frappé fort avec la – seulement - troisième BD de leur collection. Déjà récompensée de prix divers (France Info, Fnac-France Inter), « Les Guerres de Lucas » ont rencontré également un succès critique et public. Laurent Hopman, à la fois co-fondateur de la société et scénariste de l’ouvrage, semble avoir eu du flair, inspiré peut-être par une force mystérieuse venue d’outre-espace…
Poignant. Surtout quand on sait que c’est directement inspiré des souvenirs d’un gamin qui a vécu ces évènements.
On comprend que Gaël Faye ait choisi les auteurs de Marzi pour adapter son livre en BD. Le résultat est on ne peut plus réussi. Ce n’est pas seulement le regard de l’enfant sur la guerre, c’est ce qu’il vit au quotidien et les petites choses qui se passent et qui ne signifient pas grand-chose pour lui au début. Des disputes de gamins, des tensions dans le couple de ses parents, les informations qui lui parviennent mais lui passent un peu au-dessus de la tête… C’est normal, il pense à ses copains, à aller jouer…
Les auteurs ont très bien réussi, par ce biais, à faire monter la tension doucement. Le lecteur est pris dans cet engrenage.
On connaît tous ce qui s’est passé via les infos, du moins en théorie. Parce que, pour l’immense majorité d’entre nous, on ne l’a pas vécu ni rien d’approchant. Et cette bd arrive à nous happer et nous faire entrapercevoir ce que cette famille a pu vivre.
C’est poignant, c’est angoissant, c’est magnifique (peut-on employer ce mot en pareil cas?)
Et le graphisme y participe pleinement. Le dessin et beau, mais il ne prend pas le dessus et n’occulte pas l’histoire.
J’avais déjà lu Déogratias sur ce même conflit pour lequel j’avais eu un peu de mal avec le graphisme. Mais toute comparaison est inutile. Chaque témoignage est utile, essentiel même.
Coup de coeur pour celui-ci.
Un avis rapide pour conforter la bonne impression de mes prédécesseurs, je ne suis pas spécialement fan de l’auteur mais là rien a dire. Emporté le Tom.
Ne cherchez pas une once d’originalité dans le récit, hormis le contexte des croisades, l’auteur nous sort un classique 7 mercenaires (ou samouraïs), un groupe hétérogène qui bon gré, mal gré vont se retrouver à protéger un village. Ouah on a jamais vu ça !!
Un canevas classique et éprouvé mais sublimé par l’auteur. Pas tant le dessin qui reste conforme à ce que l’on a déjà pu voir de lui, ça sent grave la palette graphique (un style dont je ne raffole pas particulièrement) mais archi fluide et bien typé dans ses personnages, on avale les quasi 200 pages sans s’en apercevoir.
C’est le rythme et le ton donnés par l’auteur qui ont marché du tonnerre sur moi, j’ai eu le smile durant toute ma lecture. Alors c’est sûr, il ne faut pas être allergique à un phrasé différent de l’époque dépeinte, les dialogues sont frais, modernes comme la « bêtise » de chaque personnages.
Ça paraît simple mais (pour paraphraser Ro) un rendu très abouti et particulièrement plaisant.
0 reproche si ce n’est que ça va être maintenant bien long avant de découvrir la suite, on en redemande tellement en quittant l’album.
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La Distinction
Wahou ! Une bd passionnante. Le titre et la couverture ne m'attiraient pas franchement. J'avais une idée toute faite de ce que j'allais y trouver. Benêt que j'étais ! Je connaissais de nom Pierre Bourdieu, très mal sa pensée. Grâce à cette bd c'est rectifié et heureusement ! C'est chirurgical de justesse. J'ai régulièrement fait des pauses dans la lecture tellement les réflexions me parlaient, étaient pertinentes. J'ai appris, compris, réfléchis sur pas mal de choses. Certaines notions m'étaient plutôt familières (le capital culturel, ou le capital social par exemple) d'autres pas du tout. Mais les réflexions de cette bd/Bourdieu ciblent très avec précision les mécaniques de classes et réappuyer sur certaines notions de grille de lecture du monde que nous avons sans en avoir conscience. C'est amusant car j'ai reconnu des réflexions dans cette bd que j'avais déjà faite, ou déjà entendu de la part de proches. Du coup je m'en vais de ce pas regarder les écrits de Pierre Bourdieu, et les personnes que ses écrits ont inspirés. Le récit global est fluide, les lycées attachants (tout comme le dessin de Typhaine Rivière), bref tout fonctionne. Vivement recommandé !
Les Guerres de Lucas
Tome 2 Après la grosse galère liée à l’élaboration du premier Star Wars, on retrouve un George Lucas requinqué par le méga carton au box-office, avec des projets plein la tête. Non seulement la suite de la saga (qui restait hypothétique), mais la construction de son Skywalker Ranch, un havre de paix loin du tumulte d’Hollywood et destiné à accueillir les cinéastes, un immense campus équipé des dernières technologies pour « penser le cinéma de demain ». A sa femme, inquiète de le voir trop absorbé par ses projets, Lucas assure que cette fois, il déléguera l’élaboration de ses prochains films… Ainsi, pour « L’Empire contre-attaque », l’heureux élu sera Irvin Kershner, son ancien prof de fac ! Mais les choses ne seront pas aussi simples, et étrangement, l’histoire semble se répéter. De nombreux contretemps et de gros retards dans le tournage vont alourdir l’atmosphère, ce qui ne sera pas sans conséquence sur le budget… restait à croiser les doigts pour que le film connaisse le même succès… la suite de l’histoire, on la connaît, elle donnera raison à cet immense rêveur du septième art qu’est Lucas. Comme précédemment, la narration, basée sur une bibliographie riche, est extrêmement captivante et nous donne à voir un être exceptionnel, un cinéaste attachant dont les rêves aux dimensions « galactiques » ont révolutionné le cinéma. De plus, le personnage a su rester humain, très soucieux d’imposer son éthique jusque dans le « merch » qui devait notamment servir à financer son projet de campus du cinéma. Pour George Lucas, pas question d’associer « Star Wars » à des produits favorisant l’obésité ou la consommation d’alcool, ou encore de collaborer avec des sociétés sud-africaines dans le contexte de l’apartheid, durant cette fin des « seventies ». Selon sa philosophie, l’argent n’était qu’un moyen et non un but, quand bien même il savait qu’il risquait gros en finançant lui-même ses projets. Tout en allant à l’essentiel, Laurent Hopman sait nous offrir moult anecdotes qui combleront les fans, passionnantes même dans leur insignifiance, souvent amusantes. On aura même droit à une séquence sur la genèse des « Aventuriers de l’arche perdue », le film de Steven Spielberg coproduit par Lucas et sorti en salles quelques mois après « L’Empire contre-attaque ». Le tout est toujours très bien servi par le dessin nerveux et la mise en page hyper efficace de Renaud Roche. Avec toujours ce noir et blanc qui concède quelques touches à la couleur pour souligner des éléments-clé. Vous l’aurez compris, cet « épisode II » ne déçoit pas, tant s’en faut ! D’ailleurs, il semblerait que celui-ci rencontre un accueil aussi enthousiaste que son prédécesseur, tant critique que public, avec à la clé une sortie dans quinze pays hors de l’Hexagone. L’autre bonne nouvelle dans tout ça, c’est que les padawans que nous sommes peuvent se réjouir de la parution à venir du troisième tome, puisque le projet a été conçu dès le départ, assez logiquement, comme une trilogie. Et pour cela, de la patience nous devrons avoir ! Tome 1 Si ceux qui comme moi auront vibré en découvrant « Star Wars » dans leur prime jeunesse — et bien sûr par extension les fans les plus récents de la saga — seront sans aucun doute totalement emballés à la lecture de cette bande dessinée, il n’est pas impossible que les plus réfractaires l’apprécient. En effet, c’est d’abord l’ascension extraordinaire d’un homme mû par un imaginaire foisonnant et surtout l’histoire d’un film culte qui est présenté ici. On peut donc être simplement amateur de cinéma pour se plonger dans cette lecture… Abondamment documenté, l’ouvrage a été mené de main de maître par les deux auteurs, avec une symbiose parfaite entre les partitions graphique et narrative. On y découvre d’abord le personnage de Georges Lucas, cet enfant rebelle dont les rêves étaient « bigger than life ». L’homme, déjà tout gosse, avait une personnalité hors du commun, tête brûlée dans son adolescence et plutôt renfermé, il semblait habité par une volonté de fer pour donner corps à ses rêves…et il lui en aura fallu de la volonté pour franchir les innombrables écueils qu’il subit avant la sortie en salles du film, dans la douleur qui plus est… Même si Lucas avait déjà sa trilogie en tête, c’est le succès inattendu de ce premier opus au box office qui fut le catalyseur de l’impressionnante saga et de ses innombrables spin-offs, très inégaux il faut bien l’avouer, que nous connaissons aujourd’hui. C’est avec bonheur que l’on avale les 200 pages du livre, qui, en plus d’un personnage à la « vie intérieure bouillonnante », nous dévoile la genèse du tout premier Star Wars. On découvre que la compagne de George, Marcia, aura été d’un énorme soutien dans l’aboutissement de son projet, remanié mille fois avant sa version définitive ! Si les relations furent souvent houleuses avec les producteurs de studios, davantage préoccupés par l’appât du gain, celles avec les cinéastes furent heureusement plus amicales. On y croise ainsi Francis Ford Coppola, Steven Spielberg, l’autre homme qui aura transformé le cinéma dans ces années-là, Irvin Kershner (qui à l’époque n’avait pas encore réalisé « L’Empire contre-attaque »), Martin Scorsese et d’autres. Et puis les acteurs bien sûr, le trio magique composé d’Harrison Ford (recruté par défaut !), Carrie Fisher et Mark Hammill, mais aussi les seconds rôles, notamment l’acteur britannique Alec Guinness qui aura apporté son aura bienveillante au film. Le tout est passionnant, très complet, et truffé d’anecdotes croustillantes. On se gausse par exemple en apprenant que Han Solo aurait dû porter un col Claudine au lieu de sa fameuse tunique échancrée, si son interprète, par un réflexe salutaire, n’avait pas décidé de l’arracher. Le dessin de Renaud Roche est d’une efficacité redoutable dans sa simplicité. Il accompagne à merveille la narration extrêmement fluide. On apprend, de façon peu étonnante, qu’il a une expérience dans le storyboard. La mise en page va à l’essentiel et insuffle beaucoup de dynamisme au récit. La particularité graphique de cet album est qu’il n’est ni en noir et blanc ni en couleurs, l’auteur s’étant contenté d’ajouter ça et là des touches de couleurs pour souligner les éléments importants, renforçant encore le punch narratif. A croire que Roche a travaillé au pinceau-laser ! Si « Les Guerres de Lucas » ne représente que sa première bande dessinée en tant que co-auteur, on se dit que le jeune homme, illustrateur formé à l’école des Gobelins, a de l’avenir… Encore une fois, cette bande dessinée pourra largement captiver un lectorat au-delà des amateurs de la saga Star Wars. Sur une autre grille de lecture, elle montre le parcours admirable d’un homme qui en ayant concrétisé ses rêves par la puissance de sa « force » intérieure (on ne saurait mieux dire, et Lucas était loin d’être un communicant expansif, encore moins vénal !), nous offre une véritable leçon de vie. On peut dire que les Editions Deman, plutôt spécialisée dans la presse jusqu’à récemment, auront frappé fort avec la – seulement - troisième BD de leur collection. Déjà récompensée de prix divers (France Info, Fnac-France Inter), « Les Guerres de Lucas » ont rencontré également un succès critique et public. Laurent Hopman, à la fois co-fondateur de la société et scénariste de l’ouvrage, semble avoir eu du flair, inspiré peut-être par une force mystérieuse venue d’outre-espace…
Petit pays
Poignant. Surtout quand on sait que c’est directement inspiré des souvenirs d’un gamin qui a vécu ces évènements. On comprend que Gaël Faye ait choisi les auteurs de Marzi pour adapter son livre en BD. Le résultat est on ne peut plus réussi. Ce n’est pas seulement le regard de l’enfant sur la guerre, c’est ce qu’il vit au quotidien et les petites choses qui se passent et qui ne signifient pas grand-chose pour lui au début. Des disputes de gamins, des tensions dans le couple de ses parents, les informations qui lui parviennent mais lui passent un peu au-dessus de la tête… C’est normal, il pense à ses copains, à aller jouer… Les auteurs ont très bien réussi, par ce biais, à faire monter la tension doucement. Le lecteur est pris dans cet engrenage. On connaît tous ce qui s’est passé via les infos, du moins en théorie. Parce que, pour l’immense majorité d’entre nous, on ne l’a pas vécu ni rien d’approchant. Et cette bd arrive à nous happer et nous faire entrapercevoir ce que cette famille a pu vivre. C’est poignant, c’est angoissant, c’est magnifique (peut-on employer ce mot en pareil cas?) Et le graphisme y participe pleinement. Le dessin et beau, mais il ne prend pas le dessus et n’occulte pas l’histoire. J’avais déjà lu Déogratias sur ce même conflit pour lequel j’avais eu un peu de mal avec le graphisme. Mais toute comparaison est inutile. Chaque témoignage est utile, essentiel même. Coup de coeur pour celui-ci.
Knight club
Un avis rapide pour conforter la bonne impression de mes prédécesseurs, je ne suis pas spécialement fan de l’auteur mais là rien a dire. Emporté le Tom. Ne cherchez pas une once d’originalité dans le récit, hormis le contexte des croisades, l’auteur nous sort un classique 7 mercenaires (ou samouraïs), un groupe hétérogène qui bon gré, mal gré vont se retrouver à protéger un village. Ouah on a jamais vu ça !! Un canevas classique et éprouvé mais sublimé par l’auteur. Pas tant le dessin qui reste conforme à ce que l’on a déjà pu voir de lui, ça sent grave la palette graphique (un style dont je ne raffole pas particulièrement) mais archi fluide et bien typé dans ses personnages, on avale les quasi 200 pages sans s’en apercevoir. C’est le rythme et le ton donnés par l’auteur qui ont marché du tonnerre sur moi, j’ai eu le smile durant toute ma lecture. Alors c’est sûr, il ne faut pas être allergique à un phrasé différent de l’époque dépeinte, les dialogues sont frais, modernes comme la « bêtise » de chaque personnages. Ça paraît simple mais (pour paraphraser Ro) un rendu très abouti et particulièrement plaisant. 0 reproche si ce n’est que ça va être maintenant bien long avant de découvrir la suite, on en redemande tellement en quittant l’album.