Sharaz-De

Note: 4.13/5
(4.13/5 pour 15 avis)

Les contes des 1001 nuits mis en images par Toppi


Auteurs complets Auteurs Italiens Best of 2000-2009 Les petits éditeurs indépendants Mille et une nuits, l'orient doré... Noir et blanc Sergio Toppi

Les Contes des Mille et une Nuits remonteraient au XIIème siècle. Ils ont su enchanter des générations de lecteurs à travers le monde. Les contes de Sharaz-De sont ici repris par le célèbre dessinateur Sergio Toppi. Notre enchantement est celui du roi captif des récits à tiroirs de l'envoûtante conteuse, qui chaque nuit, joue sa tête. Mais la poésie des textes distillés par Toppi contraste brutalement avec la vive cruauté du récit. De toutes ces aventures où la magie le dispute au fantastique, de tout ce luxe et cette volupté orientale, Sergio Toppi a foncièrement retenu la figure centrale : l'être humain enchaîné à son destin !

Scénariste
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution Juillet 2000
Statut histoire Histoires courtes 2 tomes parus
Couverture de la série Sharaz-De
Les notes (15)
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Par Gaston
Note: 3/5
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Cela faisait très longtemps que je n'avais pas lu un album de Toppi et j'avais envie de mieux connaitre son oeuvre. Comme c'était son oeuvre la mieux notée sur ce site, cette série a évidemment attiré mon attention. Après lecture de l'intégrale, je suis un peu déçu. Je n'ai rien à redire contre le dessin de Toppi qui est très beau à regarder, autant en noir et blanc qu'en couleurs, mais au niveau du scénario c'est moyen. C'est une bonne idée d'adapter des contes tirés des mille et une nuits (surtout qu'il n'y a qu'une histoire que je connaissais), mais la narration possède des défauts. Déjà comme les cases sont très grandes, il y en a très peu par planche et cela donne qu'au final chaque histoire se lit trop rapidement et que les récits sont développés au minimum. Je n'ai ressenti aucune émotion en lisant ces contes. J'ai l'impression que ces histoires étaient juste un prétexte de l'auteur pour faire de belles grandes cases sauf que moi je lis une BD pour le dessin et le scénario et ici j'ai parfois eu l'impression de lire un livre d'illustrations et non une BD. Si le seul intérêt est le dessin, autant acheter un artbook.

14/10/2019 (modifier)
Par karibou
Note: 4/5

Si vous aimez les 1001 nuits, plongez-vous dedans. On y retrouve parfaitement l'ambiance et la morale des contes. Si vous aimez l'Art, admirez ces tableaux. Chaque page en est un. Et lorsqu'on tombe sur des planches en couleur, les yeux brillent. De la manière dont Toppi imbriquent les cases les unes aux autres, on se dit qu'il a dû être enlumineur dans une vie passée. 4.5/5

29/01/2016 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
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Que dire ? Magnifique bien sur! Le trait ou plutôt les traits de Toppi sont hallucinants de maitrise et possèdent un pouvoir évocateur manifeste. Dans cette adaptation des fameux contes qui peuvent être parfois redondants, c'est le dessin qui avant tout embarque le lecteur. Il est très difficile d'expliquer à quoi cela peut être du. Est ce la beauté des paysages, les architectures fabuleuses qui s'élèvent vers le ciel ? Personnellement dans le dessin de cet auteur ce que je trouve fascinant c'est cette capacité à retranscrire une sorte de temporalité immuable, comme un sentiment d'éternité. Nous sommes dans une autre sphère ou le temps, comme ralenti coule paresseusement nous laissant le possibilité de nous immerger dans le dessin. Certains avis ont fait allusion à de grands peintres comme Klimt, j'ajouterais que certaines planches m'ont fait penser aux magnifiques pochettes des albums du groupe Yes, je pense à Relayer ou Yessongs. Du grand art que je ne note cependant pas en culte, en cause les histoires des 1001 nuits trop hiératiques à mon goût.

10/10/2015 (modifier)
Par PAco
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
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« Sharaz-De », ou comment mettre en bouteille l’essence de la magie de l’Orient… Car Toppi se fait encore Grand Mage, pour nous distiller son al-kīmiyāA, et rendre un hommage des plus réussi à ce classique universel : les « Contes des Mille et une nuits ». Destin d’une beauté fatale tenu au mince fil de ses récits, pour la mener de nuit en nuit à nous conter l’Orient magique et sans pitié des humbles ou des puissants. Personnages odieux, impétueux ou amoureux, avidité, curiosité ou cruauté, tout est bon pour permettre au talent de Toppi de se répandre de pages en planches. Son trait est sublime, se balançant entre l’ultra réalisme des personnages ou des animaux et le côté parfois abstrait ou surréaliste de ses décors et des textures ; l’encre coule et les têtes roulent, le tout de façon hypnotique, dans des planches aux compositions toutes plus hallucinantes les unes que les autres… L’envoûtement est total, et la sublime Sharaz-De nous tient à sa merci de conte en conte, passant des contrastés noirs & blancs des premiers récits aux chatoyantes couleurs de planches rappelant furieusement le travail symboliste de Gustav Klimt. Alors si vous êtes tenté par un petit tour de tapis volant pour survoler les visions fantasmagoriques de ce fabuleux auteur italien, n’hésitez pas un instant pour vous fondre dans cette alchimie certaine, qui à défaut d’éternité vous promets quelques heures de pur bonheur !

07/09/2011 (modifier)
Par Thaugor
Note: 3/5

Dans l'ensemble, j'ai été un peu déçu, peut-être parce que tous les avis que j'avais lu encensait cette bd de Toppi comme étant une de ses meilleures. Ma déception vient du fait que j'ai à chaque petit conte, eu du mal à rentrer dans l'histoire. Je trouve les dessins magnifiques, de ce côté là, je n'ai rien à dire, mais je n'arrive pas à trouver les liants entre chaque pseudo-case (j'adore par ailleurs ce style dont les cases sont formées par le dessin lui même et avec très peu de dessin par page). Pris séparément, les illustrations sont parfaites, mais je m'y perds facilement entre lire les textes et regarder ces images qui, pour moi, sont un peu décalé ou plutôt un prétexte pour dessiner. Quant au contenu, les histoires sont biens mais sans plus, à force de les lire, elles sont assez répétitives et à chaque fois on devine facilement la fin. Pour résumer, c'est une bd agréable à lire par la beauté de ses dessins mais son scénario reste léger.

29/11/2010 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
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Il y a des bd qui arriveront toujours à me surprendre dans le bon sens du terme. Celle-ci en fait incontestablement partie. Elle est tout d'abord très originale dans son concept. Il n'y a pas à proprement parler de cases mais on arrive à suivre toute une histoire ou du moins plusieurs contes aussi passionnants les uns que les autres. Ces histoires tirées des Mille et une nuits sont peuplées de princes cruels et de mauvais génies. Il y a toujours une moralité qui reste discrète. Les thèmes sont universels. Cela donne à réfléchir. Et puis, il y a la part du rêve et de la magie qui opère ! J'ai beaucoup aimé cet affranchissement de cases qui donne libre cours à l'auteur à toute une série d'audaces graphiques. Les enchaînements sont parfaitement maîtrisés. C'est que du bonheur pour un bdphile. A découvrir de toute urgence !

07/08/2009 (modifier)
Par montane
Note: 5/5

Il m'est difficile de faire preuve d'originalité dans le commentaire alors que les précédents lecteurs qui ont laissé un avis ont pratiquement tout dit. Il s'agit d'une série d'histoires courtes apparemment issues des contes des « milles et une nuits », des contes cruels mais sans que la violence soit explicitement montrées dans les dessins, ce qui explique que les récits peuvent également être lus par les plus jeunes. Ces contes n'ont selon moi rien de moralisateur et mettent surtout en exergue les travers du genre humain : l'oubli de la parole donnée, l'égocentrisme poussée à l'extrême, la vanité sans limite... Le dessin est tout simplement exceptionnel, et fait voler en éclat les codes traditionnels de la bande dessinée puisque Toppi utilise très peu les cases traditionnelles, pour intégrer plusieurs scènes en un seul et même dessin réalisé sur une seule page. Les récits sont souvent en noir et blanc et parfois en couleurs, et celles ci sont tellement belles que l'on a le sentiment d'admirer des tableaux de Gustav Klimt. Une BD superbe et avant-gardiste à découvrir très vite.

04/07/2009 (modifier)
Par hevydevy
Note: 3/5

Excusez le long pavé, mais comme je suis le seul à être descendu à 3 étoiles (2,5 même) j’ai senti le besoin d’étayer mes arguments. Hasard des disponibilités de ma médiathèque, j’ai découvert cette BD avec le tome 2. Alors effectivement, c’est très beau. Un trait de crayon empli d’élégance et une mise en image inovatrice (quoique gimmick sur la longueur) parfaitement équilibrée. J’ai immédiatement pensé à Klimt (donc à Sienkiewicz), à Mac Mahon (pour les personnages filiformes et taillés au burin) et même à Buscema pour certains regards, en contemplant plus que de raison ces très belles planches. Je ne cite ces noms que pour situer le style de dessin, car j’ai découvert avec cette BD un artiste à la personnalité vraiment marquée. De toutes façons, les extraits reproduits dans la galerie donneront une idée très juste de ce dont il s’agit : de très beaux dessins accompagnant un peu de texte (c’est cette galerie qui m’a donné envie de lire cette BD). Je n’ai jamais lu les contes des milles et une nuits, mais je me demande s’ils sont tous aussi court et avares de détails. Car si l’histoire peut de temps à autre porter le lecteur (j’adore les récits qui racontent des histoires), je trouve que l’on entre souvent pas vraiment dedans, par la brièveté de la narration. Des tranches de vie parfois conséquentes se déroulent ainsi en l’espace d’une ou deux cases, ou en une seule planche (ne comportant qu'un dessin). On est donc plus dans l’évocation que dans la narration à proprement parlé, et par voie de conséquence, j’ai eu plus l’impression d’avoir parcouru un livre d’illustrations, qu’une bande dessinée. Si le tome 2 m’avait laissé sur une impression de beauté froide, le début du premier tient plus, à mon avis bien sûr, de la belle plante (beau physique mais rien dans la tête, Thierry Groensteen qui a écrit la postface cite Druillet d’ailleurs et son Salambo qui m’a fait le même effet de beauté froide il y a 20 ans). Plus précisément, la lecture des deux premiers contes (plus l’histoire d’introduction) m’ont scénaristiquement consternés, au point de faire une pause avant de pouvoir continuer. Je comprend que l’on puisse parler de poésie lorsqu’on se contente d’admirer les planches, mais dès que l’on y associe la lecture, cette poésie disparaît totalement tant l’absence d’émotion véhiculée par ces histoires est criante. Comme l’a déjà souligné Alix les thèmes sont répétitifs (l’ingratitude des princes est le thème central des 2 premiers contes et au moins celui d’un autre dans le tome 2, sans parler des nombreux génies cachés ou déguisés), mais les personnages sont aussi tellement unidimensionnelles qu’il est impossible de s’y attacher (surtout avec cette tendance d’avoir à régler leur petit soucis à coup de têtes coupées sur des pieux – deux fois dans l’intro, une fois dans le premier conte, une nouvelle fois dans le second). Mais j’ai aussi un souci avec le sens narratif de Toppi. Ainsi (attention Spoiler), dans l’histoire "Faucon, faucon mon ami", la convocation des chasseurs est traitée sur 4 planches (avant même que l’arrivée de la gazelle ne donne un sens à ce rassemblement), alors que l’acte central de l’histoire (le prince tue son faucon adoré) est expédié en une seule (voire 1/2). Bonjour l’implication émotionnelle, sachant que les planches précédentes ne font rien pour attirer notre sympathie ni vers le prince, ni vers le faucon (dont on se contrefiche du sort). Au passage, ma consternation par rapport à cette histoire vient du fait que le faucon est tué simplement parce qu’il irrite son maître alors que ce dernier est censé lui voué une affection sans bornes, sans parler du fait que c’est un faucon capable de tuer des gazelles et pouvant parler, mais qui bizarrement n’utilise pas ce dernier pouvoir lorsqu’il faut prévenir son maître de ne pas boire l’eau de la mare (je sais que ces contes datent un peu, mais il y a des limites). Heureusement, les deux histoires suivantes (dont la très belle en couleur) apporte enfin une touche de second degré à l’ambiance de l’œuvre qui commençait à se faire pachydermique. Et même si le dernier conte souffre à nouveau de problèmes de rythme narratif (avec une fin très abrupte) et de sens (on enchaîne les scènes sans bien comprendre le pourquoi du comment), le reste de ma lecture n’a pas été trop désagréable. Ne nous y trompons pas, la personne chargée d’écrire la postface du premier tome n’argumente jamais sur la qualité des contes et je le cite : « Les personnages, ici, et les architectures, renvoient à des temps très anciens, des terres très reculées, des mœurs très barbares, et ne doivent des comptes qu’à leur potentiel de séduction visuelle » (souligné par moi). Ça résonne quand même franchement comme un aveu : cette BD a tout intérêt à être regardée, pas à être lue. Sur les 5 étoiles mises à ma disposition, j’ai tendance à en utiliser 2 pour le dessin, et 3 pour le "scénario" (mot un peu hors propos ici). Pour ce seul tome, cela donnerait 2/2 pour le dessin, et 0,5/3 pour le scénario. D’où ma note. Je conseille néanmoins l’achat de cette BD, pour les amateurs d'illustrations avertis qui se contrefichent des textes, car l'oeuvre graphique de Toppi est réellement unique.

31/05/2008 (MAJ le 05/07/2008) (modifier)
Par Ulys31
Note: 5/5

Le grand talent du grand Toppi ! Quand je découvre une BD de l’auteur, j’ai toujours l’impression devant certaines pages d’avoir le cœur qui bat un peu plus vite. Ce qui chaque fois m’amène un sourire amusé parce qu’à force de découvertes je m’attends toujours un peu plus à ce genre d’émotion. Ben oui, car dans chacune de ses BD son talent de dessinateur est énorme. Le dessin est saisissant et le trait possède une force difficile à expliquer. Sharaz De, il me semble, est entre toutes ses œuvres celle que l’on recommande le plus volontiers, et je partage moi aussi cet engouement général. Toute la démarche de l’auteur, à mi chemin entre BD et illustration, y est traduite à merveille. Son dessin est plus abstrait qu’à l’accoutumé, et sa narration originale est ici poussée à l’extrême. Les planches magnifiques demandent à ce qu’on en recompose le sens et le conte dur et âpre est enfin dévoilé. Si vous ne connaissez pas encore Toppi, je suis sûr qu’on ne vous a jamais raconté une histoire à la manière de cet animal génial, car son travail est hors normes.

03/06/2008 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur Alix

Magnifique ! Le dessin est absolument superbe. Les amateurs de noir et blanc vont être servis. La composition des planches est majestueuse et très originale. En effet sur de nombreuses pages le découpage n’est pas effectué grâce à un traditionnel assemblage de cases, mais grâce à une disposition ingénieuse des personnages et autres éléments du décor. Par exemple le bras ou la robe du héros guide le lecteur en servant de fil conducteur, et sépare les différentes scènes. Et le plus fort c’est que la lecture reste fluide et agréable. C’est la première fois que je vois ça, et le résultat est souvent exceptionnel, certaines planches sont de vrais tableaux. Et le scénario dans tout ça ? Eh bien il s’agit de « bêtes » contes, qui se terminent la plupart du temps avec une morale traditionnelle, mais ils sont beaux et superbement racontés. Les textes, bien qu’un peu verbeux, sont vraiment magnifiques. Un grand bravo au traducteur. Bon, les différents contes sont tous construits sur le même schéma, et on peut remarquer une certaine répétition à la longue. Mais ça ne m’a pas du tout gêné. Il faut se rappeler qu’il s’agit d’une adaptation de contes anciens, et accepter le côté un peu « old school » qui va avec. A noter que deux des histoires (une par tome) sont en couleurs. Ces dernières sont bien choisies, mais je préfère nettement le noir et blanc. Un auteur et une œuvre à découvrir ! Un coup de cœur !

08/05/2008 (modifier)