Les derniers avis (20 avis)

Par Cacal69
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série La Passe-Miroir
La Passe-Miroir

Un album qui marquera cette année 2026 ! Ce premier tome de 280 pages est l'adaptation de "Les fiancés de l'hiver", le premier des quatre romans du cycle "La Passe-Miroir" de Christelle Dabos. Un petit mot sur cette autrice, c'est le diagnostic d'un cancer de la mâchoire qui va la pousser, pendant sa convalescence, à prendre sa plume et à partager ses écrits sur une plate-forme d'écriture. Après les bons retours, elle participe en 2013 au premier concourt Roman jeunesse chez Gallimard. Elle en sera la lauréate avec le succès qu'on lui connaît. J'ai été littéralement happé dès les premières pages. Mais d'abord un petit topo sur ce monde fantasy où l'on va suivre la destiné d'Ophélie, une jeune fille de l'Arche d'Anima. Il existe 21 Arches flottantes, elles sont les vestiges d'une catastrophe appelée "la déchirure". Ophélie est myope et gaffeuse, elle choira plusieurs fois dans ce premier volume. Elle a, comme tous ses semblables, des dons : celui de traverser les miroirs pour se déplacer et celui de lire dans le passé des objets en les touchant. Après avoir refusé plusieurs demandes en mariage, elle est dans l'obligation de se fiancer à Thorn, l'héritier d'un clan de l'Arche du Pôle. Elle va quitter sa vie paisible pour suivre chez lui son futur époux et découvrir un monde très différent socialement du sien, mais aussi un monde mouvant où tout n'est qu'illusion et où les luttes de pouvoir et les conspirations sont monnaie courante. Un récit qui commence gentiment et qui prend de l'épaisseur au fur et à mesure que celui-ci avance. Tous les personnages sont très bien campés et leurs personnalités nuancées les rendent plus ou moins attachants. Un récit centré sur Ophélie et son glacial fiancé ainsi que sur les machinations qui se trament dans l'ombre. La qualité des textes est à souligner et il prend l'accent et les tournures de phrases des différentes Arches. Un univers riche, enchanteur et captivant qui m'a conquis. Autre point fort de cet album : le dessin, il est magnifique. Chaque case est un petit tableau qui fourmille de détails et d'une expressivité folle. Les couleurs pastel sont pour beaucoup dans l'ambiance intrigante qui se dégage du récit, c'est à la fois duveteux et rêche. Une mise en page et des cadrages qui mettent en avant les personnages avec de rares superbes pleines pages. Je me répète, mais c'est magnifique. Un grand bravo à Vanyda. Je conseille à toutes et tous, quel que soit votre âge. Et vivement la suite.

29/01/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Pym et la forêt éternelle
Pym et la forêt éternelle

Pym et la forêt éternelle propose un univers entre contes traditionnels et fantasy médiévale, avec un jeune héros, une grand-mère énigmatique et leurs deux compagnons animaux parlants perdus au cœur d'une forêt hostile peuplée de créatures inquiétantes. Quelle est cette forêt ? Est-ce que les histoires que raconte la grand-mère sur la ville et la vie au-delà de ses sombres frondaisons sont vraies ? Ces Bien-nés, personnes dotées naturellement de pouvoirs magiques, sont-ils vraiment traqués par les sbires du jeune roi Owen ? Quels autres mystères sont ainsi cachés à la connaissance du jeune Pym ? C'est une histoire qui renoue avec les contes âpres, presque cruels, s'éloignant d'une fantasy trop lissée. Et pourtant ce n'est pas l'impression première qu'on a en découvrant le graphisme influencé d'une part par le manga, l'animation mais aussi beaucoup par l'école Disney. Cela saute aux yeux avec la représentation des animaux et en particulier le hibou Ned dont le côté râleur rappellera forcément l'Archimède de Merlin l'enchanteur. Ce trait léger contraste avec une ambiance inquiétante soutenue par une colorisation soignée et très appréciable. Je ne regrette que son origine un peu trop informatique qui se ressent dans les scènes d'obscurité qui devaient probablement bien mieux ressortir sur écran que sur papier où elles sont trop sombres et difficiles à distinguer. Mais pour le reste, c'est un bel ouvrage, très agréable à lire. Le scénario est globalement bien construit, dense pour une série jeunesse, avec une intrigue à tiroirs et des personnages plus ambigus qu'ils n'y paraissent au premier abord. La relation entre Pym et sa grand-mère, faite de protection, de non-dits et de secrets, est au cœur de l'intrigue du premier tome et attise la curiosité tout en agaçant un peu. Une grande part du récit est sombre, voire vraiment inquiétante, mais c'est contrebalancé par une dose de légèreté, notamment dans le comportement des animaux anthropomorphes qui apporte une touche d'humour et rend les protagonistes plus attachants. À noter qu'il semble, à voir les extraits du deuxième tome présentés en fin d'album, que la série va s'orienter vers une succession de points de vue puisque le premier est vu par les yeux de Pym tandis que le second semble se focaliser sur le prince Owen, sans doute pour lever davantage le voile sur les raisons de sa haine envers les Biens-nés qui a entraîné la situation actuelle de Pym. C'est encore une série en devenir. Le premier tome pose de belles bases mais n'est encore qu'une grande introduction et l'aventure au sens propre ne commence qu'à sa toute fin. Il faudra donc lire la suite pour se faire une opinion complète, mais cela commence très bien. Note : 3,5/5

29/01/2026 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Charogne
Charogne

Tiens, je suis surpris d'être l'un des premiers à mettre une aussi bonne note. Mais je dois dire que j'ai pris mon pied à la lecture, avec ce récit étonnant de jeunes gens descendant un cercueil de la montagne pour permettre l'absolution du prêtre. Écrite comme une tragédie, l'histoire se déroule sur les quelques jours suivants la mort d'un maire de commune des Pyrénées, et place très vite les différents pions de son récit. Il y a tout d'abord la rivalité entre deux familles, puis l'absence du curé depuis l'effondrement de l’Église, ensuite ce maire bonhomme et apprécié par ses concitoyens pour qui il fait tellement. Les pièces du puzzle sont là, maintenant arrive l'élément déclencheur : cette mort qui complique les choses en nécessitant de descendre de la montagne pour une bénédiction avant de remonter, le tout alors que l'orage approche et rend impraticable les routes. Le récit avance donc, doucement, et les quatre jeunes gens qui descendent le cercueil vont être le révélateur de la tragédie. Car celle-ci ne s'écrit pas comme je l'aurais pensé d'origine, avec une révélation progressive de nombreuses choses dont personne ne se doutait, tout en mettant en tension les personnages. Puis arrive les révélations finales, suivi d'un coup de théâtre qui achève cette tragédie. A la fin, rien de bien n'a eu lieu et le résultat est triste. Mais comment leur en vouloir ? Ce que j'ai apprécié, c'est que le récit est un trésor de construction. Les péripéties s'enchainent sans que l'on sache vers quoi l'on se diriger de prime abord. Serait-ce un récit sur quatre jeunes inconscient qui s'écharperont autour d'un cercueil et feront une catastrophe ? Un récit sur la mort qui réconcilie les gens brouillé ? Une histoire de secrets de famille ? Ou rien de tout ça ? Je ne dirais pas le fin mot, pour ne pas divulgâcher, mais j'ai été plusieurs fois surpris par la tournure du récit. Certaines personnes changent de visages, d'autres semblent plus important qu'ils ne le sont réellement, et pourtant je n'ai jamais eu l'impression de m'être fait balader inutilement. Borris et Benoit Vidal ont travaillé le récit d'une très belle façon, amenant à une conclusion que j'ai trouvé juste et parfaite pour clore ce récit qui est allé dans tout les sens pour retomber sur ses pattes d'une façon inattendue. Certaines choses ont moins servies que d'autres, mais c'était le principe de nous perdre dans le récit pour masquer l'important. Les révélations n'ont pas une ampleur suffisante pour qu'on ne les devine pas si l'histoire se contentait de se centrer sur elles, et pourtant ce qu'il ressort du final est une sorte de mélancolie pour ce coin du monde. Une petite tragédie locale, en somme. Le tout est servie par le dessin de Borris, tout à fait efficace dans le travail en noir et blanc. Les gueules sont croquées vite, les cases s'enchainent sans temps mort et le style colle très bien au récit. Je le redis, mais je suis assez étonné du ton final, triste et dramatique, bien loin de ce que j'attendais comme type de récit. C'est une chouette surprise qui m'a bien cueilli lors de ma lecture !

29/01/2026 (modifier)
Couverture de la série La Buse
La Buse

Une très bonne bande dessinée de piraterie, au ton volontairement cru et réaliste. Le récit adopte une approche assez classique du genre, mais l’utilisation de plusieurs trames temporelles apporte un dynamisme appréciable et évite l’écueil de l’aventure linéaire. Sans chercher à réinventer le mythe, l’album en maîtrise parfaitement les codes : navires, trésors, trahisons et affrontements sont tous au rendez-vous, avec une place notable accordée à l’intrigue plus qu’à la simple surenchère épique. Les personnages sont correctement développés, même s’ils restent volontairement peu attachants. Ce choix fonctionne bien dans ce contexte brutal, où la piraterie est montrée sans romantisme excessif. On observe davantage des rapports de force et des jeux d’intérêts que de véritables trajectoires émotionnelles, ce qui renforce la cohérence globale du récit. Graphiquement, l’album est très solide. Le dessin est précis, presque rétro dans son souci du détail, tout en conservant une rondeur et une lisibilité modernes. Le soin apporté aux navires, aux décors naturels et au contexte historique est évident et participe fortement au plaisir de lecture. L’ensemble est très bien exécuté, sans être spectaculaire, mais avec une constance et une rigueur qui font clairement la différence.

29/01/2026 (modifier)
Par Lodi
Note: 4/5
Couverture de la série Carmen Cru
Carmen Cru

Carmen Cru est méchante, mais surtout, marrante. On ne voudrait pas la fréquenter, mais peut-on lui donner totalement tort ? Quand on est vieux, on est facilement une proie, d'agression, de vols et escroquerie, d'être poussé en maison de retraite, ou d'une certaine condescendance. Gronder a une fonction dissuasive, d'ailleurs, elle en parle parfois, de ses craintes qu'on lui nuise. Qui osera dire que les vieux n'ont rien à redouter ? Pas moi. Autre chose, être désagréable semble être son dernier plaisir avec la solitude, quand elle reste dans son gourbi. Tout le monde n'a pas les moyens de se payer une île déserte, tout le monde n'a pas la force et la compétence d'être un aventurier. D'accord ! Mais Carmen Cru trace son chemin comme elle le peut dans la jungle de ses contemporains, désorientant l'ennemi potentiel par ses discours et son agressivité.

29/01/2026 (modifier)
Par Lodi
Note: 4/5
Couverture de la série Les Aventures de Tintin
Les Aventures de Tintin

Tintin rassure par la ligne claire, le fait que des générations l'aient lu et le côté manichéen, le bien et le mal sont quasiment chimiquement pur et le bien triomphe. Pas étonnant que la série soit attaquée par où elle pêche, par le côté manichéen. Et comment ? En la passant au crible d'une morale certes valable, mais anachronique : antiraciste, féministe, et bientôt quoi, écologiste ? Le bilan carbone quand on va sur toute la Terre....Si on doit fouiller, le racisme de l'auteur, soit cesse avec l'ouverture à la Chine, soit se concentre sur les Noirs. Après tout, Hergé n'a jamais fait d'album où l'Afrique noire ait eu un rôle meilleur que dans Tintin au Congo, et je ne vois pas non plus plus tard de personnage de Noir intéressant. D'un autre côté, l'auteur a peut-être eu peur que tout soit mal pris après son exploit du Congo. De toute façon, on n'instruit que le procès à charge, avec Hergé : son album sur la Russie en a dénoncé le totalitarisme, et celui sur la Chine, l'attitude des colonisateurs : idem pour les deux sur l'Amérique. Cependant, la colonisation, elle, n'est pas dénoncée, on préfère s'en prendre à l'opium que de nos jours on commence à comprendre bien moins nocif qu'on 'l'a dit, en gros, comme le vin… Je pense qu'Hergé paie pour toutes les représentations dégradantes des Noirs et l'absence et l'inconsistance de personnages féminin dans la bande dessinée classique. On tape sur ce qui dépasse, on tape aussi sur ce qui déçoit : quand on est un Noir ou une femme, on a moins de facilité à se glisser dans le monde d'Hergé, qui semble rassurant par la ligne claire. L'absence presque totale d'ombre, les couleurs éclatantes donnent l'impression de venir en droite ligne de l'enfance et d'y ramener. En plus, l'image est très dynamique : le mouvement est bien rendu et les cases peu encombrées de détails. Quand on est enfant, quand on est fatigué, on y accède facilement. D'un point de vue visuel, l'auteur accueille tout le monde, quand dans ses histoires, non. Ah, j'oubliais, il y a le Juif caricatural, qu'on dénonce moins que d'autres injustices d'Hergé, mais pourquoi, pourquoi ? Je suppose que c'est parce que dans une bd manichéenne, il faut bien un méchant plus ou moins récurrent qui de plus fait sourire, et que cerise sur le gâteau, il est drôle. Je n'oserais pas insinuer que c'est aussi parce que l'antisémitisme passe mieux, bien sûr. D'un autre côté, Hergé accueille beaucoup de monde dans ses histoires : les aventureux sous le masque de Tintin, le héros le moins caractérisé du monde, et les personnages secondaires, presque aussi caractérisés que les Schtroumpfs : il y a le savant distrait, les jumeaux, le capitaine alcoolique, le chien du héros....J'aime bien la Castafiore, pourquoi ? C'est une femme qui n'est ni transparente, ni réduite à son sexe, et si on la montre ridicule, on peut aussi trouver nos héros limités pour ne pas apprécier la musique classique. Les bijoux de la Castafiore sont sans guère d'aventure, et je dirais du pur comique, vraiment drôle, si Hergé ne défendait pas les Tziganes, ce que j'ajoute au dossier de la défense. Dans chaque album, les décors sont bien travaillés, il y a des scènes bien dramatiques… Parfois, au dépens de la vérité : pardon de dire que le fait que Tintin sauve Haddock, Tournesol et lui même d'un sacrifice n'est pas possible. Tout simplement car les Indiens précolombiens des cités type aztèques et autres mayas, étaient obsédés par le calendrier, et les éclipses, il les anticipaient, merci pour eux. Et en plus, l'aventure se passe dans un monde où des Indiens de la cité cachée espionnent les colons et veillent sur leurs frères sous le joug. Et ils ne seraient pas informés des éclipses par les journaux ? Bref, mais ça passe encore aujourd'hui, ce que je mets sur le compte de la peur de l'obscurité, de celle que le soleil ne revienne plus. Il est aussi possible qu'on pense que des gens pratiquant le sacrifice humain sont vraiment très arriérés, mais en somme, tandis que les Aztèques arrachaient les cœurs, l'Inquisition et ses bûchers sévissaient en Europe, ce que l'excellent romancier Haggard, créateur de Elle qui doit être obéie, met en scène ailleurs que dans ce cycle.

29/01/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 5/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série La Bête à sa mère
La Bête à sa mère

Pour mon 7000ème avis sur ce formidable site je vais parler d'une bande dessinée qui m'a touché d'une manière qu'une bande dessinée ne l'a fait depuis un certain temps. En plus, j'ai un peu lu cette bande dessinée par hasard parce qu'il y avait le nom d'Eldiablo sur la couverture. Je m'attendais à un truc sympathique et j'ai eu un choc. C'est toujours un plaisir de tomber sur une œuvre exceptionnelle par hasard. C'est l'adaptation d'un roman québécois que je n'ai jamais lu parce que je ne lis pas les romans modernes. Je ne peux donc pas comparer, mais de toute façon l'adaptation en BD est tellement bonne qu'on ne dirait même pas que c'est une adaptation. Il n'y a aucun texte inutile qui explique ce que l'on voit déjà avec le dessin. Il faut dire que les textes dans les cartouches sont uniquement les pensées du personnage principal qui raconte sa vie et ses pensées en général. Le scénario en lui-même, un homme asocial qui a été séparé de sa mère suicidaire par les services sociaux lorsqu'il était jeune et il veut la retrouver, est un peu banal et on devine vite que tout va mal finir pour cet homme au comportement autodestructeur et déconnecté de la réalité. Mais j'ai trouvé le scénario palpitant grâce à deux éléments importants. La première est la qualité du texte. Les pensées du personnage principal sont savoureuses et très bien écrites. Je ne sais pas quels sont les dialogues issus du roman et quels ont été ceux inventés par Eldiablo, mais dans tous les cas le résultat est excellent. Et comme c'est écrit dans le langage populaire québécois, cela va sonner exotique pour un lecteur européen. Le scénario réussit aussi à me faire suivre sans problème la vie d'un personnage détestable. Il a certes grandit dans un mauvais environnement, mais cela n'excuse pas son comportement de salaud qui se fout des conséquences de ses actes et qui blâme tout le monde pour ses problèmes. La seconde qualité est le dessin. Le style du dessinateur est particulier et je ne sais pas trop comment le décrire. Mais ce que je sais est que c'était un style parfait pour ce type de récit au ton cru. Avec un dessin plus conventionnel, j'aurais sûrement moins accroché. Pour moi ce dessin montre clairement tout le potentiel du médium de la bande dessinée, mon médium préféré. On sent la violence du personnage principal et du monde qui l'entoure. Le noir et blanc dont la seule couleur qui ressorte est le rouge est sublime. Ce mariage parfait entre le texte et le dessin me fait penser à quel point j'adore la BD. Même si j'ai adoré, je préviens que ce n'est pas une bande dessinée pour tout le monde. Le langage est cru, il y a du sexe et de la violence. Peut-être même que je vais être le seul lecteur au monde qui va donner une note parfaite à cette œuvre, mais je m'en fous j'ai passé un excellent moment de lecture et j'espère que cela sera le cas pour d'autres lecteurs.

29/01/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Morgentaler - Avec elles
Morgentaler - Avec elles

Michel Viau continue de raconter la vie de personnes qui ont marqué le Québec et pour l'instant je pense que c'est sa meilleure bande dessinée. En effet, les codes de la bande dessinée sont pleinement maitrisés et je vois clairement une amélioration depuis ses débuts. Il faut dire qu'il est bien aidé par un remarquable dessinateur qui a un beau style réaliste. L'album raconte le combat du docteur Henry Morgentaler pour le droit des femmes à avorter. Il pratique des avortements alors qu'il n'en a pas le droit ce qui lui vaudra des ennuis avec une justice qui va s'acharner sur lui. Pareillement, on suit une jeune militante pro-avortement qui a elle-même avorté clandestinement dans des conditions atroces. En effet, au travers de la lutte pour l'avortement on va aussi voir l'évolution de la société québécoise de la fin des années 60 au milieu des années 70. C'est une période très particulière pour un Québec porté par une jeunesse revendicatrice qui rejette le conservatisme catholique qui a dominé pendant longtemps la province, mais qui est encore gouverné par des vieux souvent fervents catholiques. On verra d'ailleurs la fracture entre le peuple et les élites sur la question de l'avortement. Un lecteur européen qui s'intéresse à l'histoire va être gâté avec cet album où apparaissent plusieurs politiciens et personnalités de l'époque. Un album riche et passionnant et qui est complété par un dossier sur l'histoire de l'avortement au Québec et au Canada en général.

29/01/2026 (modifier)
Par cac
Note: 4/5
Couverture de la série Épouvantail
Épouvantail

Voici une histoire bien menée que j'aurai classée en Policier/Thriller, il est vrai qu'il y a aussi une touche de fantastique. C'est un album avec pas mal de pages qui a le temps de camper ses personnages, une petite fille un peu étrange et solitaire qui devient amie avec un épouvantail proche de la ferme familiale. Un père qui travaille, une belle-mère, on comprend que la mère a disparu tragiquement. Le dessin est aussi très bon, assez épuré. Cela se lit relativement rapidement malgré environ 150 pages. Concernant une trame parallèle sur un accident de voiture, on peut dire qu'on sent venir la fin mais le tout est de bon niveau.

28/01/2026 (modifier)
Couverture de la série La Tête de mort venue de Suède
La Tête de mort venue de Suède

Quelle belle évolution du travail de Daria Schmitt, depuis que je l’avais découverte avec Acqua Alta. Une évolution notable au niveau graphique déjà. Ici dans un Noir et Blanc dont les hachures donnent un trait nerveux se rapprochant des gravures. Une constante toutefois, avec toujours une petite touche d’étrange, d’onirique, ce qui est d’autant plus surprenant que le sujet – Descartes et la conservation de son squelette – est a priori plutôt « sérieux ». L’album est assez dense, avec un texte abondant, texte lui-même rempli de réflexions, connaissances. Ça ne se lit pas en cinq minutes ! mais ça n’est pas non plus aride. En effet, quelques pointes d’humour se glissent dans le récit (autour des os disparaissant au fur et à mesure, faisant de la relique de Descartes quelque chose de plus en plus réduit à son simple chef). Un récit original (sujet et construction), qui donne à voir l’Histoire et la science en mouvement. Une lecture relativement exigeante, mais intéressante et recommandable.

28/01/2026 (modifier)