Le garçon aime jouer et repousser ses limites. Hélas, nouveau jeu, nouvelles limites : il harcèle de plus en plus une malentendante ! Et ce petit salaud entraînes les autres derrière lui. A force d'aller trop loin, le groupe se retourne contre lui. Bien fait ? Si on se met à la place de la victime, on le dira, mais cette pauvre malheureuse est bien gentille : elle lui pardonne.
Plus facilement que le groupe, et ça se comprend. Les groupes, qu'on se le dise, carburent à l'exclusion, et n'est-il pas plus satisfaisant de se détourner d'un harceleur en chef que d'une handicapée ou tout autre innocent ? On le raye donc du paysage, et lui de même, raye les autres de son paysage, ce que le manga montre bien en rayant le visage de ceux dont le "héros" se détourne. Outre cela, le dessin est dynamique et précis, les personnages de la personne handicapée, du harceleur devenu rejeté, et des mères des deux protagonistes principaux font tout à fait réalistes. Le manga est gentil, l'apprenti salaud se fait apprenti repentant avec la même ardeur, il connait donc la rédemption, et pourquoi pas ? La romance. Si on était chez Disney, des animaux parleraient, mais on aurait aussi une bonne dose de niaiserie !
Je trouve les dessins bons pour une histoire dans le style superman, et les costumes pas aussi ridicules que les hommes en collants, mais c'est que nous avons fréquentons des dieux, ou assimilé, dans le cas de Loki ! Et puis, si les couleurs sont vives, elles ne piquent pas les yeux.
Pour en revenir à Loki, Loki il gagne, et comme il le remarque en passant à Odin, le dieu suprême ne l'a adopté que pour faire contraste avec son fils préféré, Thor, le condamnant au rôle de faire-valoir et de mauvais pour que l'autre joue plus aisément les héros. Il le relègue aussi à un rôle de perdant. Un point de vue intéressant…. D'ailleurs, tout l'est. Je ne m'attendais pas à ressentir surprise et compassion pour tous les êtres, enfin, pas vraiment pour le manipulateur Odin, j'ai mes limites ! Bref, il ne me déplait pas que quelqu'un subissant une injustice et étant des plus brillants gagne, d'un autre point de vue, ce n'est peut-être pas vraiment l'intérêt général qui triomphe avec son triomphe. Vous savez quoi ? Dans la mythologie égyptienne, on fait une meilleure place à tous les protagonistes, si Horus et les pharaons héritent de l'Egypte, l'opposant, Sept, exerce son pouvoir dans le désert. Je me demande ce qui fait une telle différence de traitement dans les mythologies. En tout cas, ici, Loki se débat comme un beau diable !
Luc Brunschwig nous propose ici un récit très dense, haletant, que j’ai bien aimé.
On y retrouve certains des thèmes déjà abordés dans plusieurs de ses séries, comme par exemple la politique intérieure américaine – et la volonté de certains d’accéder au pouvoir coûte que coûte. Mais on retrouve aussi dans ce triptyque une intrigue bien construite, avec des personnages qui ne sont pas monolithiques, et une très bonne utilisation d’un arrière-plan social et politique (ici le racisme et les revendications de Noirs-Américains, autour des Black Panthers).
En fait, l’aspect fantastique, et la présence de super-héros étaient ce que je craignais le plus. Mais finalement ça passe très bien, et les deux « mutants », mais aussi ce gamin pouvant communiquer avec les animaux s’imbriquent bien dans le récit.
Ce qui rend la lecture agréable, c’est aussi le dessin de Stéphane Perger – et sa colorisation, souvent lumineuse. Le rendu est vraiment bon, et accompagne très bien la tonalité du récit.
Mon principal reproche concernant cette série, c’est la fin, que j’ai trouvé un peu trop expédiée. Mais pour le reste, c’est une lecture des plus recommandables.
De la Fantasy qui tend vers le roman graphique.
Je vais commencer par le titre : "Le feu monde". Quelle signification se cache derrière "feu" ? Le mot qui désigne une combustion destructrice ou l'adjectif qui indique la mort depuis peu de temps ? J'ai la réponse mais ne vous la donnerai pas.
"Une guerre millénaire fait rage. Elle oppose Atome et Zéphyr, deux géants se disputant l'adoration des Hommes. Chacun peut choisir un Martyr qui portera sa marque et diffusera sa parole parmi les Hommes". Le royaume d'Atrevi est soutenu par Atome et celui de Clermont par Zéphyr. C'est dans cet univers médiéval/fantastique que la jeune et fougueuse Métisse va rejoindre la Cohorte, une troupe de guerriers dirigé par Tikhomir, le frère du roi de Clermont. C'est le début d'un long parcours qui sera semé d'embûches, de trahisons, de morts et de présages. Un récit avec des ingrédients déjà vus mille fois, cependant, la lecture fut très plaisante pour diverses raisons. La narration est énergique avec la succession de chapitres courts, ceux-ci se terminent sur deux pleines pages avec sur la gauche une représentation qui fait écho au texte sur la droite (voir la galerie). De très beaux textes écrits par Tancrède Livin, un des personnages qui va côtoyer Métisse, et ces textes apportent une vraie plus-value dans la compréhension de ce monde et de ses croyances, mais surtout ils amènent à la réflexion et à l'émancipation. L'évolution de Métisse de simple guerrière à porte drapeau pour la liberté se fait naturellement. Un scénario qui ne sera pas avare de rebondissements et de surprises, et le plus souvent je ne les ai pas vus venir (c'est monis le cas pour la conclusion). Une belle histoire sur le don de soi.
Un dessin qui pourra divisé, une chose est sûre, il a de la personnalité. Jason S. propose un trait vif, anguleux et rêche, le résultat est une sorte de mélange entre manga et comics. Les décors sont réussis et les visages taillés à la serpe ne manquent pas de personnalités,.par contre quelques visages bâclés sur de rares vignettes. J'ai aimé le choix des couleurs et la mise en page variée et dynamique.
Du bon boulot.
"Je vivais dans l'illusion, mais je vivais en paix".
Pour les amateurs du genre.
La première fois que je l'ai lu, il y a plusieurs mois, j'en ai gardé un souvenir lisse et vaguement inconfortable...J'étais un peu mal à l'aise pour écrire un avis.
Le fait que l'héroïne soit une étudiante en archi, comme je l'ai été, est sans doute une partie du problème, parce que l'école que j'ai connue, longtemps avant et en province, était beaucoup moins proprette, blanche, uniformément jeune et branchée sur la performance. (Cette évolution m'a agacée et ce monde jeuniste et startupeur plus encore )
L'autre partie du problème, la plus grande (l'éléphant dans la pièce qu'est notre société) est la prostitution en général. Je n'arrive pas du tout à me situer.
Cette marque de domination masculine, à la fois par le sexe et par l'argent, fait mine de croire que les hommes auraient des besoins sexuels à assouvir, comme une envie de pisser. Cette simple image me met hors de moi. Et je ne peux pas m'empêcher de penser à tous ces procès en cascades d'hommes multivioleurs...
L'éducation des garçons est à revoir de fond en comble. ( Et probablement je ne suis pas tout-à-fait sûre d'avoir réussi celle de mes enfants sur ce point... pour ma défense, je n'étais pas sensibilisée à ce scandale au moment où mes garcons étaient petits)
Mais cette BD nous présente juste un témoignage d'une escorte girl avec ses sugar dadies. Autrement dit le marché de dupe quotidien entre dominants et dominés, avec l'espoir d'une certaine dialectique du maître et de l'esclave, où la belle jeune fille réussit à faire ses études sur le dos de vieux types dont la vie est vide de sens.
Je ne sais pas quoi faire de cette histoire. Elle est bien construite, complète, 253 pages, les personnages sont très réalistes dans leurs dialogues et leur allure.
Le dessin réussit une fluidité qu'on peut apparenter aux mangas, si on ne fait pas attention. En réalité c'est plus précis : le moins possible de traits, dont l'épaisseur varie et qui laissent beaucoup d'air ( les formes ne sont jamais fermées comme on le ferait pour pouvoir coloriser numériquement.) Le gris semble obtenu avec du fusain au doigt, cela permet de belles lumières nocturnes (lueur de téléphone, ray de lumière par une porte entrouverte, halos des éclairages artificiels...) et des motifs flous d'arrière plan qui donnent de la profondeur à un dessin réduit au stricte minimum.
Belle composition, contrairement à mes collègues ( beaucoup masculins, il me semble) je n'ai pas eu la larme a l'œil... mais plutôt la révolte au cœur.
N'était-ce pas l'objectif, finalement ?
L'humour de Midam au service de l'écologie. Cette BD convient certainement à des personnes plus âgées que GameOver qui fonctionne très bien avec les moins de 6 ans et Kid Paddle les plus de 7 ans. Il me semble qu'il faut avoir une certaine connaissance de l'écologie et une envie de prendre de la distance avec le combat écologique pour pouvoir pleinement rigoler avec Grrreeny. Personnellement j'adore! Mais j'ai 43 ans !
Voilà une bonne idée du site que de séparer la série mère de Franquin de cette reprise de Delaf car il est toujours difficile d'attribuer une note globale à des séries cultes qui se sont depuis étirées dans le temps avec d'autres scénaristes et dessinateurs (Astérix, Blake et Mortimer,etc.)
En tant que fan du Gaston de Franquin et après les débats que cela a engendrés quand les éditions Dupuis ont souhaité relancer la série contre l'avis de la famille du créateur de Gaston, je dois dire que j'étais assez sceptique...
Et comme beaucoup ici avant moi, je dois dire que suis ressorti de ma lecture plutôt agréablement surpris.
Surpris tout d'abord par la qualité du dessin de Delaf, très proche de l’œuvre initiale. C'est vraiment un travail de copiste graphique de très grande qualité! On voit qu'il n'a pas pris ce travail à la légère et qu'il a bossé.
Ensuite, le respect pour Franquin transpire dans chaque page de cette BD, autant dans le déroulé des gags que dans les nombreux clins d’œil envers l'auteur. Delaf s'en donne à cœur joie en reprenant un grand nombre d'objets loufoques de Gaston et des personnages mythiques de la série. Les gags sonnent pour la plupart justes et restent dans l'esprit de la série d'origine.
En espérant que les tomes suivants conserveront la même qualité...
SCENARIO (Originalité, Histoire, personnages) : 8/10
GRAPHISME (Dessin, colorisation) : 9/10
NOTE GLOBALE : 17/20
Pour mon 200ème avis, je tenais à rendre hommage à l'une des séries qui a bercé et marqué mon enfance, j'ai nommé Gaston Lagaffe !
Je ne serai pas très long au vu des 111 avis précédents...
Pour moi, le genre du strip-gag est l'un des plus difficiles et casse-gueule en BD et Gaston Lagaffe constitue l'une des séries les plus réussies du genre . Et il est important de noter, qu'au contraire de beaucoup d'autres BD de la même période (Boule & Bill, Achille Talon, etc.), elle semble traverser les époques sans trop vieillir.
Reconnaissable entre 1000, le trait de Franquin, tout en souplesse et en rondeur y est pour beaucoup. L'humour, la créativité et un panel de personnages tous plus truculents les uns que les autres aussi, bien sûr (Prunelle, l'agent Longtarin, M. De Mesmaeker, Mademoiselle Jeanne, Jules de chez Smith d'en face, etc.). Ce qui est incroyable d'ailleurs c'est que cette BD parle aussi bien au gamin que j'étais qu'à l'adulte que je suis devenu et arrive encore à m'arracher quelques rires.
Franquin a ainsi toujours trouvé le juste milieu pour rendre notre Gaston feignant mais attachant et profondément humain malgré son côté en marge du système.
La définition même de la BD culte.
3.5
Une bonne série de Garth Ennis datant de l'époque où il avait encore quelque chose à dire et ne faisait pas qu'aligner des séries sur la guerre d'un intérêt limité.
Hitman est donc un tueur à gages qui obtient des superpouvoirs et qui en plus vit dans l'univers de DC Comics alors il peut rencontrer des super-héros bien connus du public. Malheureusement, la série est un peu décevante de ce côté là. L'univers de DC Comics est bien présent dans les récits présents dans le premier tome, le personnage principal vivant à Gotham après tout, cela devient secondaire dans les deux tomes suivants. Dommage j'aurais bien aimé voir plus de personnages de DC passés sous l'humour trash d'Ennis.
On retrouve chez Hitman les meilleures qualités de l'écriture d'Ennis: bons dialogues, bonne galerie de personnages, personnage principal avec une moralité complexe qui évolue au fil des épisodes et de l'humour noir qui fonctionne bien (même si certains gags ont mal vieilli). Si certains récits sont moins bons, la plupart du temps c'est captivant et les fans du scénariste vont retrouver plusieurs des thèmes chers à l'auteur. Le dessinateur principal a un très bon coup de crayon, c'est le style des années 90 que j'aime bien et qui a bien vieilli.
À noter que Hitman a commencé sa carrière dans la série du Démon et on va avoir droit comme bonus aux épisodes de cette série où il apparait. Dommage que le quatrième et dernier tome se fasse attendre.
Les premiers Davodeau que j'ai lus étaient Rural ! et Les Mauvaises Gens, et c'était aussi mes premiers documentaires BD. Tout de suite son système où on voit les tractations entre les interviewés et l'interviewer pour choisir le point de vue donnent une proximité avec l'enjeu personnel et parfois politique qui est plus grande que dans tout autre média.
Ici Davodeau s'attaque à un sujet auquel on n'a pas envie de penser : la perte de nos compétences cognitives, les nôtres, celles de nos proches, dans tous les cas, ça fait peur.
Françoise, sa compagne, nous raconte son métier : accompagner les aidants et les personnes elles-même dans ces moments où le sol s'effondre sous des familles entière, ou le plus souvent de vieux couples.
Mais cela n'a rien de plombant, parce qu'elle donne des pistes, elle fait ressortir le point de vue des personnes aidées et cela éclaire leurs réactions. Bref c'est plutôt réconfortant de mieux comprendre les mécanismes de nos cerveaux qui s'abîment. Finalement cela sort du simple témoignage.
L'album terminé, je me sens plus outillée, j'ai l'impression que je pourrai mieux réagir devant une personne atteinte de troubles de la mémoire. A mettre entre toutes les mains !
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A Silent voice
Le garçon aime jouer et repousser ses limites. Hélas, nouveau jeu, nouvelles limites : il harcèle de plus en plus une malentendante ! Et ce petit salaud entraînes les autres derrière lui. A force d'aller trop loin, le groupe se retourne contre lui. Bien fait ? Si on se met à la place de la victime, on le dira, mais cette pauvre malheureuse est bien gentille : elle lui pardonne. Plus facilement que le groupe, et ça se comprend. Les groupes, qu'on se le dise, carburent à l'exclusion, et n'est-il pas plus satisfaisant de se détourner d'un harceleur en chef que d'une handicapée ou tout autre innocent ? On le raye donc du paysage, et lui de même, raye les autres de son paysage, ce que le manga montre bien en rayant le visage de ceux dont le "héros" se détourne. Outre cela, le dessin est dynamique et précis, les personnages de la personne handicapée, du harceleur devenu rejeté, et des mères des deux protagonistes principaux font tout à fait réalistes. Le manga est gentil, l'apprenti salaud se fait apprenti repentant avec la même ardeur, il connait donc la rédemption, et pourquoi pas ? La romance. Si on était chez Disney, des animaux parleraient, mais on aurait aussi une bonne dose de niaiserie !
Thor - Loki
Je trouve les dessins bons pour une histoire dans le style superman, et les costumes pas aussi ridicules que les hommes en collants, mais c'est que nous avons fréquentons des dieux, ou assimilé, dans le cas de Loki ! Et puis, si les couleurs sont vives, elles ne piquent pas les yeux. Pour en revenir à Loki, Loki il gagne, et comme il le remarque en passant à Odin, le dieu suprême ne l'a adopté que pour faire contraste avec son fils préféré, Thor, le condamnant au rôle de faire-valoir et de mauvais pour que l'autre joue plus aisément les héros. Il le relègue aussi à un rôle de perdant. Un point de vue intéressant…. D'ailleurs, tout l'est. Je ne m'attendais pas à ressentir surprise et compassion pour tous les êtres, enfin, pas vraiment pour le manipulateur Odin, j'ai mes limites ! Bref, il ne me déplait pas que quelqu'un subissant une injustice et étant des plus brillants gagne, d'un autre point de vue, ce n'est peut-être pas vraiment l'intérêt général qui triomphe avec son triomphe. Vous savez quoi ? Dans la mythologie égyptienne, on fait une meilleure place à tous les protagonistes, si Horus et les pharaons héritent de l'Egypte, l'opposant, Sept, exerce son pouvoir dans le désert. Je me demande ce qui fait une telle différence de traitement dans les mythologies. En tout cas, ici, Loki se débat comme un beau diable !
Luminary
Luc Brunschwig nous propose ici un récit très dense, haletant, que j’ai bien aimé. On y retrouve certains des thèmes déjà abordés dans plusieurs de ses séries, comme par exemple la politique intérieure américaine – et la volonté de certains d’accéder au pouvoir coûte que coûte. Mais on retrouve aussi dans ce triptyque une intrigue bien construite, avec des personnages qui ne sont pas monolithiques, et une très bonne utilisation d’un arrière-plan social et politique (ici le racisme et les revendications de Noirs-Américains, autour des Black Panthers). En fait, l’aspect fantastique, et la présence de super-héros étaient ce que je craignais le plus. Mais finalement ça passe très bien, et les deux « mutants », mais aussi ce gamin pouvant communiquer avec les animaux s’imbriquent bien dans le récit. Ce qui rend la lecture agréable, c’est aussi le dessin de Stéphane Perger – et sa colorisation, souvent lumineuse. Le rendu est vraiment bon, et accompagne très bien la tonalité du récit. Mon principal reproche concernant cette série, c’est la fin, que j’ai trouvé un peu trop expédiée. Mais pour le reste, c’est une lecture des plus recommandables.
Le Feu Monde
De la Fantasy qui tend vers le roman graphique. Je vais commencer par le titre : "Le feu monde". Quelle signification se cache derrière "feu" ? Le mot qui désigne une combustion destructrice ou l'adjectif qui indique la mort depuis peu de temps ? J'ai la réponse mais ne vous la donnerai pas. "Une guerre millénaire fait rage. Elle oppose Atome et Zéphyr, deux géants se disputant l'adoration des Hommes. Chacun peut choisir un Martyr qui portera sa marque et diffusera sa parole parmi les Hommes". Le royaume d'Atrevi est soutenu par Atome et celui de Clermont par Zéphyr. C'est dans cet univers médiéval/fantastique que la jeune et fougueuse Métisse va rejoindre la Cohorte, une troupe de guerriers dirigé par Tikhomir, le frère du roi de Clermont. C'est le début d'un long parcours qui sera semé d'embûches, de trahisons, de morts et de présages. Un récit avec des ingrédients déjà vus mille fois, cependant, la lecture fut très plaisante pour diverses raisons. La narration est énergique avec la succession de chapitres courts, ceux-ci se terminent sur deux pleines pages avec sur la gauche une représentation qui fait écho au texte sur la droite (voir la galerie). De très beaux textes écrits par Tancrède Livin, un des personnages qui va côtoyer Métisse, et ces textes apportent une vraie plus-value dans la compréhension de ce monde et de ses croyances, mais surtout ils amènent à la réflexion et à l'émancipation. L'évolution de Métisse de simple guerrière à porte drapeau pour la liberté se fait naturellement. Un scénario qui ne sera pas avare de rebondissements et de surprises, et le plus souvent je ne les ai pas vus venir (c'est monis le cas pour la conclusion). Une belle histoire sur le don de soi. Un dessin qui pourra divisé, une chose est sûre, il a de la personnalité. Jason S. propose un trait vif, anguleux et rêche, le résultat est une sorte de mélange entre manga et comics. Les décors sont réussis et les visages taillés à la serpe ne manquent pas de personnalités,.par contre quelques visages bâclés sur de rares vignettes. J'ai aimé le choix des couleurs et la mise en page variée et dynamique. Du bon boulot. "Je vivais dans l'illusion, mais je vivais en paix". Pour les amateurs du genre.
Sibylline - Chroniques d'une escort girl
La première fois que je l'ai lu, il y a plusieurs mois, j'en ai gardé un souvenir lisse et vaguement inconfortable...J'étais un peu mal à l'aise pour écrire un avis. Le fait que l'héroïne soit une étudiante en archi, comme je l'ai été, est sans doute une partie du problème, parce que l'école que j'ai connue, longtemps avant et en province, était beaucoup moins proprette, blanche, uniformément jeune et branchée sur la performance. (Cette évolution m'a agacée et ce monde jeuniste et startupeur plus encore ) L'autre partie du problème, la plus grande (l'éléphant dans la pièce qu'est notre société) est la prostitution en général. Je n'arrive pas du tout à me situer. Cette marque de domination masculine, à la fois par le sexe et par l'argent, fait mine de croire que les hommes auraient des besoins sexuels à assouvir, comme une envie de pisser. Cette simple image me met hors de moi. Et je ne peux pas m'empêcher de penser à tous ces procès en cascades d'hommes multivioleurs... L'éducation des garçons est à revoir de fond en comble. ( Et probablement je ne suis pas tout-à-fait sûre d'avoir réussi celle de mes enfants sur ce point... pour ma défense, je n'étais pas sensibilisée à ce scandale au moment où mes garcons étaient petits) Mais cette BD nous présente juste un témoignage d'une escorte girl avec ses sugar dadies. Autrement dit le marché de dupe quotidien entre dominants et dominés, avec l'espoir d'une certaine dialectique du maître et de l'esclave, où la belle jeune fille réussit à faire ses études sur le dos de vieux types dont la vie est vide de sens. Je ne sais pas quoi faire de cette histoire. Elle est bien construite, complète, 253 pages, les personnages sont très réalistes dans leurs dialogues et leur allure. Le dessin réussit une fluidité qu'on peut apparenter aux mangas, si on ne fait pas attention. En réalité c'est plus précis : le moins possible de traits, dont l'épaisseur varie et qui laissent beaucoup d'air ( les formes ne sont jamais fermées comme on le ferait pour pouvoir coloriser numériquement.) Le gris semble obtenu avec du fusain au doigt, cela permet de belles lumières nocturnes (lueur de téléphone, ray de lumière par une porte entrouverte, halos des éclairages artificiels...) et des motifs flous d'arrière plan qui donnent de la profondeur à un dessin réduit au stricte minimum. Belle composition, contrairement à mes collègues ( beaucoup masculins, il me semble) je n'ai pas eu la larme a l'œil... mais plutôt la révolte au cœur. N'était-ce pas l'objectif, finalement ?
Grrreeny
L'humour de Midam au service de l'écologie. Cette BD convient certainement à des personnes plus âgées que GameOver qui fonctionne très bien avec les moins de 6 ans et Kid Paddle les plus de 7 ans. Il me semble qu'il faut avoir une certaine connaissance de l'écologie et une envie de prendre de la distance avec le combat écologique pour pouvoir pleinement rigoler avec Grrreeny. Personnellement j'adore! Mais j'ai 43 ans !
Gaston Lagaffe (Delaf d'après Franquin)
Voilà une bonne idée du site que de séparer la série mère de Franquin de cette reprise de Delaf car il est toujours difficile d'attribuer une note globale à des séries cultes qui se sont depuis étirées dans le temps avec d'autres scénaristes et dessinateurs (Astérix, Blake et Mortimer,etc.) En tant que fan du Gaston de Franquin et après les débats que cela a engendrés quand les éditions Dupuis ont souhaité relancer la série contre l'avis de la famille du créateur de Gaston, je dois dire que j'étais assez sceptique... Et comme beaucoup ici avant moi, je dois dire que suis ressorti de ma lecture plutôt agréablement surpris. Surpris tout d'abord par la qualité du dessin de Delaf, très proche de l’œuvre initiale. C'est vraiment un travail de copiste graphique de très grande qualité! On voit qu'il n'a pas pris ce travail à la légère et qu'il a bossé. Ensuite, le respect pour Franquin transpire dans chaque page de cette BD, autant dans le déroulé des gags que dans les nombreux clins d’œil envers l'auteur. Delaf s'en donne à cœur joie en reprenant un grand nombre d'objets loufoques de Gaston et des personnages mythiques de la série. Les gags sonnent pour la plupart justes et restent dans l'esprit de la série d'origine. En espérant que les tomes suivants conserveront la même qualité... SCENARIO (Originalité, Histoire, personnages) : 8/10 GRAPHISME (Dessin, colorisation) : 9/10 NOTE GLOBALE : 17/20
Gaston Lagaffe
Pour mon 200ème avis, je tenais à rendre hommage à l'une des séries qui a bercé et marqué mon enfance, j'ai nommé Gaston Lagaffe ! Je ne serai pas très long au vu des 111 avis précédents... Pour moi, le genre du strip-gag est l'un des plus difficiles et casse-gueule en BD et Gaston Lagaffe constitue l'une des séries les plus réussies du genre . Et il est important de noter, qu'au contraire de beaucoup d'autres BD de la même période (Boule & Bill, Achille Talon, etc.), elle semble traverser les époques sans trop vieillir. Reconnaissable entre 1000, le trait de Franquin, tout en souplesse et en rondeur y est pour beaucoup. L'humour, la créativité et un panel de personnages tous plus truculents les uns que les autres aussi, bien sûr (Prunelle, l'agent Longtarin, M. De Mesmaeker, Mademoiselle Jeanne, Jules de chez Smith d'en face, etc.). Ce qui est incroyable d'ailleurs c'est que cette BD parle aussi bien au gamin que j'étais qu'à l'adulte que je suis devenu et arrive encore à m'arracher quelques rires. Franquin a ainsi toujours trouvé le juste milieu pour rendre notre Gaston feignant mais attachant et profondément humain malgré son côté en marge du système. La définition même de la BD culte.
Hitman
3.5 Une bonne série de Garth Ennis datant de l'époque où il avait encore quelque chose à dire et ne faisait pas qu'aligner des séries sur la guerre d'un intérêt limité. Hitman est donc un tueur à gages qui obtient des superpouvoirs et qui en plus vit dans l'univers de DC Comics alors il peut rencontrer des super-héros bien connus du public. Malheureusement, la série est un peu décevante de ce côté là. L'univers de DC Comics est bien présent dans les récits présents dans le premier tome, le personnage principal vivant à Gotham après tout, cela devient secondaire dans les deux tomes suivants. Dommage j'aurais bien aimé voir plus de personnages de DC passés sous l'humour trash d'Ennis. On retrouve chez Hitman les meilleures qualités de l'écriture d'Ennis: bons dialogues, bonne galerie de personnages, personnage principal avec une moralité complexe qui évolue au fil des épisodes et de l'humour noir qui fonctionne bien (même si certains gags ont mal vieilli). Si certains récits sont moins bons, la plupart du temps c'est captivant et les fans du scénariste vont retrouver plusieurs des thèmes chers à l'auteur. Le dessinateur principal a un très bon coup de crayon, c'est le style des années 90 que j'aime bien et qui a bien vieilli. À noter que Hitman a commencé sa carrière dans la série du Démon et on va avoir droit comme bonus aux épisodes de cette série où il apparait. Dommage que le quatrième et dernier tome se fasse attendre.
Là où tu vas - Voyage au pays de la mémoire qui flanche
Les premiers Davodeau que j'ai lus étaient Rural ! et Les Mauvaises Gens, et c'était aussi mes premiers documentaires BD. Tout de suite son système où on voit les tractations entre les interviewés et l'interviewer pour choisir le point de vue donnent une proximité avec l'enjeu personnel et parfois politique qui est plus grande que dans tout autre média. Ici Davodeau s'attaque à un sujet auquel on n'a pas envie de penser : la perte de nos compétences cognitives, les nôtres, celles de nos proches, dans tous les cas, ça fait peur. Françoise, sa compagne, nous raconte son métier : accompagner les aidants et les personnes elles-même dans ces moments où le sol s'effondre sous des familles entière, ou le plus souvent de vieux couples. Mais cela n'a rien de plombant, parce qu'elle donne des pistes, elle fait ressortir le point de vue des personnes aidées et cela éclaire leurs réactions. Bref c'est plutôt réconfortant de mieux comprendre les mécanismes de nos cerveaux qui s'abîment. Finalement cela sort du simple témoignage. L'album terminé, je me sens plus outillée, j'ai l'impression que je pourrai mieux réagir devant une personne atteinte de troubles de la mémoire. A mettre entre toutes les mains !