Les derniers avis (23 avis)

Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Les aventures de Philip et Francis
Les aventures de Philip et Francis

Je ne suis pas un grand fan de Blake et Mortimer, même si j'ai toujours apprécié leur esthétique très rétro, leurs décors soignés et l'élégance un peu surannée qui se dégage de leurs aventures. Du coup, je n'avais aucun attachement sacré à préserver ni de réticence particulière face à une parodie. Ma seule crainte, c'était plutôt de passer à côté de trop de références. Finalement, Pierre Veys et Nicolas Barral trouvent le bon équilibre. Le dessin reprend clairement les codes de E.P. Jacobs (mise en page classique, décors détaillés, ambiance très british), mais avec un trait plus souple et plus expressif qui accentue le côté burlesque. Les personnages sont plus caricaturaux, les tronches exagérées, et ça sert très bien l'humour sans jamais trahir complètement l'esprit d'origine. Côté scénario, ça part assez facilement dans le délire. Blake devient un grand enfant un peu immature, Mortimer un savant bedonnant dont les inventions tournent systématiquement à la catastrophe, et Olrik un méchant pathétique. L'ensemble enchaîne les situations absurdes, les détournements de scènes cultes et les clins d'œil. Tout ne fait pas mouche, il y a quelques longueurs et des gags plus faciles, mais quand ça fonctionne, c'est vraiment drôle. Le premier tome est d'ailleurs le plus libre et le plus réussi à mes yeux, les suivants me paraissent un peu plus inégaux. Au final, même sans être un connaisseur pointu de la série originale, j'ai pris beaucoup de plaisir à la lecture. Une parodie respectueuse, souvent très amusante, qui fonctionne même sans tout saisir. Pas indispensable, mais clairement une série sympathique.

13/02/2026 (modifier)
Par Lodi
Note: 4/5
Couverture de la série La Danse du Soleil et de la Lune
La Danse du Soleil et de la Lune

Un samouraï qui ne peut lutter qu'avec un sabre de bois aimé par une femme mystérieuse. J'avais peur que le sujet ne soit gâché, mais non… Marrant, bien plus tard, tous les samouraïs ont eu presque le même problème, avec l'époque d'Edo : ils pouvaient certes se battre mais avaient moins à le faire et étaient menacés de déclassement. Mais notre héros connait pire situation : il est tout seul ! Enfin sauf un vieux serviteur fidèle, le souvenir de sa mère et bientôt, comme dit plus haut, une femme mystérieuse dont les caractéristiques sont aussi fantastiques que le fait qu'il ne puisse se servir de fer. Le dessin peut être drôle mais est souvent de toute beauté.

12/02/2026 (modifier)
Couverture de la série Res Publica
Res Publica

Une lecture dense, qui nécessite de prendre son temps – il m’a fallu quelques heures pour la finir. Mais c’est une lecture recommandable. Je lis régulièrement le Canard enchaîné, et surtout le Monde diplomatique, et l’essentiel des faits repris ici ne m’a pas surpris. Mais les voir compilés, remis en perspective donne du sens à des déclarations, des événements, des personnages épars. Par-delà la personne de Macron, c’est le néolibéralisme à l’œuvre, mais aussi le cynisme et le mépris de classe, la collusion des « journalistes » de révérence, le dévoiement de ce qui se fait appeler démocratie, l’omniprésence d’une communication aux airs de novlangue, la généralisation de violences policières pour juguler toute contestation ou maîtriser les « classes dangereuses », qu’il nous est donné à lire dans ce pavé, jamais indigeste, mais souvent – toujours – plus qu’énervant ! Quand l’envie de vomir nous quitte, on a alors une haine à canaliser pour ne pas se ruer sur ceux qui se fouttent de notre gueule à ce point. Les auteurs font ce que devrait faire les journalistes : ils utilisent leur mémoire, ils contextualisent les déclarations, et ils décrivent les conséquences de celles-ci, comparant les objectifs annoncés et les résultats constatés. Leur travail de présentation et de décryptage de ce dont Macron est le nom est vraiment bien fichu. La narration est fluide, factuelle et jamais barbante, le dessin est agréable, lui aussi fluide. A lire et faire lire…

12/02/2026 (modifier)
Couverture de la série La Ballade des frères Blood
La Ballade des frères Blood

Cacal69 compare cet album à Hoka Hey !, ce qui d’emblée place la barre assez haute. Il y a en effet quelques points communs. Des personnages écorchés dont on devine peu à peu les fêlures, des associations éclectiques, un dessin très joli. Mais, malgré ses qualités, je placerai quand même cette « ballade » un peu en deçà de Hoka Hey !. Ma principale surprise vient du dessin d’Eduardo Risso. Vraiment chouette, mais surtout différent de ce qu’il fait la plupart du temps. Pas de Noir et Blanc tranché, mais un travail à l’aquarelle semble-t-il dont j’ai bien aimé le rendu. Quant à l’histoire, elle se laisse lire. Empreinte d’une grande violence, de quelques moments de grâce, d’une belle noirceur aussi, à l’image de cet Ouest lointain, sans pitié pour les idéalistes. Aucun des personnages n’est droit dans ses bottes, la frontière entre Bien et Mal est floue. Le personnage de la Comanche Chouette enragée est sans doute le plus surprenant, sans doute le plus « pur », et c’est sans doute pour ça que les gamins s’attachent à elle… Un western relativement original, à l’ambiance crépusculaire – le soleil rougeoyant ressemblant à la mare du sang de tous ceux qui meurent durant ce récit. Note réelle 3,5/5.

12/02/2026 (modifier)
Par Yann135
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Les Fesses à Bardot
Les Fesses à Bardot

Etant un fan absolu de Gaël Séjourné - je n’hésite jamais une seconde avant d’acheter ses albums – cet album confirme une fois de plus que je ne peux pas être déçu par ce garçon ! Dès les premières pages, on est transporté dans une ambiance soignée, où chaque détail des décors respire l’authenticité des années 50-60. Tout est dessiné avec un souci du réalisme et une richesse visuelle qui font honneur à cette époque mythique. Les couleurs chaudes et les jeux d’ombre et de lumière ajoutent une vraie profondeur aux planches, et on a presque l’impression de feuilleter un album de photos d’époque, mais avec l’énergie et l’humour si caractéristiques de Gaël. L’histoire, qui mêle habilement fiction et références au cinéma français, est un pur délice. Les monstres sacrés sont croqués avec tendresse et malice, et le scénario, bien que l’arnaque soit un peu prévisible, reste captivant du début à la fin. On se laisse porter par le rythme, les dialogues savoureux et les rebondissements, sans jamais s’ennuyer. Pas possible de lâcher l’album avant la fin ! Et puis je dois vous le dire – cela n’a pas trop de rapport avec cet album – mais je vous invite ardemment à aller à la rencontre de Gaël si vous avez l’opportunité de le voir dans un festival. Il a cette touche humaine qui fait toute la différence lors des dédicaces : disponibilité et gentillesse. Rencontrer un auteur aussi passionné et accessible, ça rend chaque album encore plus précieux. Pour les fesses à Bardot – c’était à Angoulême. Il a pris du temps pour m’expliquer son travail, ou encore comment se font les échanges avec Philippe Pelaez le scénariste. Des échanges qui font que tu abordes un album un peu différemment en appréhendant les difficultés de l’auteur. Cet album est un vrai bijou, à la fois drôle, beau et intelligent. Et si vous êtes un peu (ou beaucoup) fan de cinéma et de nostalgie bien dosée, sans hésitez, cette BD est pour vous. Merci Gaël pour ce voyage en images et en émotions. A bientôt sur un autre festival !

12/02/2026 (modifier)
Par Hervé
Note: 4/5
Couverture de la série Sigi (Arnoux/Morancho)
Sigi (Arnoux/Morancho)

Tome 1 : opération Brünnhilde Je ne comptais pas acheter cette nouvelle série d'Erik Arnoux et de David Morancho, mais seulement la découvrir à la médiathèque. En effet, je n'avais pas envie de me lancer dans une nouvelle série prévue en 4 volumes, alors que j'avais bien apprécié leur précédente collaboration Sara Lone. j'ai laissé donc passer la sortie du premier volume, quand je suis tombé sur le tirage grand format noir et blanc, paru quelques jours plus tard. J'ai tout de suite été séduit par le dessin réaliste de David Morancho. Pourtant peu porté sur les exploits sportifs en particulier, et le monde automobile en général, je suis resté scotché par le scénario d'Erik Arnoux, qui met tout de suite le lecteur dans l'ambiance. On oscille sans cesse entre défi sportif, montée du nazisme et western, dans ce premier opus. Un cocktail certes original mais assez explosif pour cette pauvre Sigi, qui cumule les ennuis dans un temps record. En tout cas, un très bon moment de détente. Vivement la suite. tome 2 : Terra Inca Deuxième volume d'une série qui en comptera quatre, cet opus se déroule essentiellement en Amérique du sud, sur fond de montée du nazisme en Allemagne. Nous retrouvons Sigi, notre héroïne qui a le don de se retrouver dans des situations difficiles, à tel point que l'on en oublie le but de son aventure, à savoir le tour du monde en voiture. Le dessin et les couleurs de David Morancho sont magnifiques, couleurs que je découvre avec cet opus, puisque j'avais lu le premier volume dans sa version grand format et noir blanc (d'ailleurs je regrette que ce deuxième volume n'ait pas bénéficié d'un tel tirage) Niveau scénario, nous découvrons au cours du périple de notre héroïne, le traitement infligé au travailleurs japonais dans les riches hacienda du Pérou. L'histoire se lit avec délectation même si Erik Arnoux utilise avec parcimonie et justesse l'art de l'éllipse. Je serai évidemment au rendez vous pour le troisième volume des aventures dépaysantes mouvementées de Sigi.

12/09/2023 (MAJ le 12/02/2026) (modifier)
Par Jypjpr
Note: 4/5
Couverture de la série Lebensborn
Lebensborn

J'ai beaucoup aimé cet album sur lequel je n'avais aucun a priori. N'ayant aucune attente, j'ai découvert avec beaucoup d'intérêt cet épisode de la Seconde Guerre mondiale que je ne connaissais pas. Je trouve que le récit est très bien mené et l'enquête d'Isabelle Maroger sur son histoire familiale est passionnante et sidérant en même temps. Même s'il ne développe pas, s'il ne va pas chercher les méandres de l'idéologie nazie, ce témoignage est poignant et à le mérite d'exister ! Le dessin, qui pourrait sembler simpliste au début et même de type enfantin, est en fait une ligne claire très dynamique, judicieusement colorée parfois, et très bien illustrée, qui peut faire penser à Sempé, et qui supporte bien le récit. Au final pour un premier album, une réussite. Un album utile et à diffuser au plus grand nombre.

12/02/2026 (modifier)
Par Simili
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Il faut flinguer Ramirez
Il faut flinguer Ramirez

Jacques Ramirez est un as du service après vente de la Robotop, entreprise d'électroménager. Sauf qu'il est aussi le portrait craché de son père qui, lui, est également un as dans son domaine : le nettoyage pour les cartels. S'ensuivra toute une série de quiproquos entrainants notre brave Jacquo dans une folle chevauchée. C'est quoi cette put… de BD ? Nicolas Pétrimaux rend un hommage magnifique au cinéma d'action des 80's-90's mais également à ses premiers amours, le jeu vidéo en plongeant son héros dans une sorte de GTA absolument délirant et par conséquent délicieux. Quel régal que de suivre les aventures complètement folles de cet employé modèle et surtout qu'est ce que l'on se marre. Nicolas Pétrimaux a pensé à absolument tout. Les clins d'œil à la culture pop sont ultra présents (Magnum par exemple) y compris dans les fausses pubs qui sont justes … exceptionnelles Enfin le dessin est hyper dynamique, à l'image de l'intrigue , les différentes gueules des protagonistes sont géniales, les décors bien modélisés, les couleurs parfaites. On sent un vrai talent chez l'auteur Alors pourquoi ne pas mettre la note maximale à cette série qui aura su me transporter avec bonheur dans son univers ? Et bien juste parce que je réserve le "culte" lorsque la série sera enfin finie. Espérons qu'elle le soit un jour car elle le mérite 10 000 fois https://www.flinguerramirez.com/iffr-3-chargement-toujours-en-cours/#:~:text=L'attente%20de%20l'acte,Le%2011%20avril%202025.

12/02/2026 (modifier)
Par Lodi
Note: 5/5
Couverture de la série Murena
Murena

Rome me fascine, mais je dois dire que les péplums et même Alix prêtent plus à rire à leurs dépens qu'autre chose. Mais Murena ! Série parfaite, vraiment parfaite, dessins, dynamisme du découpage, intrigues et sérieux historique. On voudrait que cette série n'ait pas de fin, mais on a peur qu'elle dégénère, comme ce qui est trop long, quel dilemme ! Néron n'est bien sûr pas l'incendiaire de Rome, ne fut-ce que pour le rappeler cette histoire est de salubrité publique. L'utilisation de gladiateurs pour l'intrigue est bien vue : elle apporte de l'action et est cohérente avec les mœurs de l'époque où on s'en servait parfois pour la bagarre en dehors des arènes. Deux sont intéressants : un Noir que je dirais loyal et détaché, dont la présence rappelle que le racisme est une invention moderne, non antique, une femme, eh oui, on les a invibilisées par la suite, au secret que je me garderais bien de dévoiler… Bref; levons le pouce pour cette série !

12/02/2026 (modifier)
Par Lodi
Note: 4/5
Couverture de la série La Déchéance d'un homme
La Déchéance d'un homme

J'ai lu cette bd par devoir vu que le roman est prestigieux et le mangaka aussi et que je m'étais exempté du roman… Intéressant ! Juste équilibre entre le gâchis et le glauque. Déchéance donc glauque, tragique car inévitable. Je me doutais que ce serait triste, je pensais en fait que ce serait encore plus dur… Que je m'explique : il y a quelques éclaircies, mais on est d'autant plus d'humeur sombre que notre protagoniste les gâche. Les femmes lui sont indulgentes, mais il les tire vers le bas. Une notation psychologique assez profonde : il est dit que sans argent, il n'y a plus d'amour dans le couple. Non parce que la femme chercherait l'argent, mais parce que sans l'argent, l'homme perd sa foi en lui-même, son allant, sa capacité à aimer sa femme, et que l'amour s'en va dans ce naufrage. L'argent ne donne pas l'amour, mais du moins, avec lui on n'est pas accablé de ces problèmes minant le couple, et c'est déjà ça. Or donc le papa du fils à papa lui coupe les vivres, problème ! Si le déclassé finit par gagner un peu d'argent en dessinant des mangas, pour tenir le rythme il doit se droguer ! Le malheureux boit d'abord pour s'amuser, ensuite pour tenir, et tous ces excès le laissent sur le carreau avant que son frère ne finisse par le prendre en charge. Dessin, bravo, arrive à exprimer la déchéance, mais avec assez de dynamisme pour qu'il nous tienne… Ainsi, on lit la déchéance de notre pauvre victime jusqu'au bout. On tire une certaine compassion de ce destin mais aussi un avertissement : attention aux mauvaises fréquentations ! Notre déchu ne pouvait éviter les domestiques et dépendait de son père… Mais c'est le faux ami qui l'a achevé. Tant qu'à lui, sans mauvaises intentions, il a tiré les femmes avec qui il allait vers le bas, elles qui croyaient qu'en le protégeant, en l'encourageant, elles le tireraient du malheur. Eh bien, pas du tout, elles tombaient dans son malheur !

11/02/2026 (modifier)