Zig et Puce (et aussi Alfred) est une série sympathique que j'aime beaucoup depuis l'enfance. La reprise par Greg a été très réussie, je pense: bons dessins beaucoup d'humour et quelques inventions et innovations scientifiques en plus.
Plus récemment, j'ai acquis plusieurs albums de Saint-Ogan et c'est un délice! Les éditions Glénat ont fait un bon travail de récupération et aussi de comparaison entre les histoires. Cela montre que même Hergé a été influencé et qu'il l'a reconnu!
Bouzard – Lucky Luke, le retour !
A défaut d'être le meilleur album de Bouzard (mais ça, on s'en fout un peu), il a le double mérite d’une part de sortir (un peu) du récit strictement personnel pour proposer ici un pseudo documentaire à la manière de ce qu’avait fait Fabcaro avec ses Carnets du Pérou, et d’autre part d’avoir occasionné chez moi une barre de rire comme je n’en avais pas connue depuis longtemps (cf. la scène du maquillage qui a coulé).
Non, on ne saura pas vraiment si ce récit a été au moins en parti vécu. Bouzard a-t-il vraiment assisté au tournage de la série ? Comme dans la BD de Fabcaro précitée, ces aventures peuvent bien être complètement fictives, ce n’est pas l’objet. L’objet, c’est son auteur lui-même. Et ça marche. Les gags sont amenés souvent en deux, voire trois bandes. Il y a des trucs inhabituels, graphiquement. L’effet est surprenant mais franchement bien utilisé. Les hommages au personnage de BD le plus célèbre de tout l’Ouest sont décalés (ici par le biais de Rantanplan), jusqu’à la scène finale, que j’ai personnellement trouvée hyper touchante. Le tout est très drôle ! Ça a fait mouche chez moi à plusieurs reprises. Ce « Lucky Luke » est tout simplement le meilleur album de l’auteur depuis… La Grande Aventure ? (Oui parce que La Grande Aventure est un album un peu mésestimé selon moi, mais dans le genre humour préhistorique, on a rarement fait mieux).
Bon, peu importe. J’ai aimé lire ce Bouzard qui m’aura donné l’occasion de faire mon petit jogging zygomatique.
En ces temps où le Moyen-Orient part totalement en sucette, ce genre d'ouvrage permet de sortir du sensationnalisme pour revenir aux faits. Florent Calvez adapte en effet ici en BD l'ouvrage éponyme de Michel Goya, en y ajoutant quelques touches personnelles pour ce medium. Son album nous permet d'appréhender de façon rationnelle l'histoire de la Palestine, de Gaza, en remontant à ses origines, en passant par la création d'Israël en 1948, jusqu'au terrible jour du 7 octobre 2023.
L'ouvrage est conséquent, mais Florent Calvez a su retranscrire sans être indigeste, ni survoler, l'ouvrage de Michel Goya pour nous proposer un album salutaire pour ceux qui cherchent à y voir plus clair dans ce conflit. C'est précis, factuel, tout en cherchant à éviter la partialité, ce qui est plutôt réussi. Pour autant les horreurs et les erreurs des deux bords ne sont pas cachées sous le tapis, tissant au fil des pages la trame d'un conflit de plus en plus complexe et qui parait inextricable.
Pour ce qui est du dessin, Florent Calvez opte pour un dessin très réaliste, proche de la photographie, et une colorisation tout en ocre/orange qui colle parfaitement avec cet angle documentaire et les ambiances sombres des tragédies traversées.
Un très bon documentaire sur le sujet.
Une série qui devrait devenir (ou qui l'est déjà) un classique du catalogue Dupuis.
Le gros atout de cette série c'est qu'on y est bien.
On est bien dans cette petite famille de 4 filles de mères différentes avec un papa poule un peu looser attachant. C'est rare qu'on s'esclaffe mais c'est tout de même réussi. Il y a de la douceur et certaines planches sont mêmes très attendrissantes.
C'est aussi une bd qui, je pense, peut se lire à différents âges, et qui se relit avec plaisir.
J'aime aussi le dessin Nob, que je qualifierais de "classique-laché-maitrisé"
Bref beaucoup d'atouts pour Dad !
Il s'agit d'une œuvre fondamentale dans l'histoire de la bande dessinée, je crois. Je possède les éditions Horay et Taschen, les deux sont asez bonnes. Pour l'époque, les dessins de W. McCay étaient fantastiques et les histoires délirantes! Après tout, il s'agissait de rêves, parfois un peu réalistes(?), mais principalement surréalistes. Elles doivent être appréciées avec modération, sous peine d'indigestion... ou chute du lit.
Écouter ceux qui réduisent Hokuto no Ken à un simple défouloir pour testostérone, la preuve d un manque criant d'analyse: on passe totalement à côté de l'essentiel. Sous la violence graphique se cache une œuvre d'une noirceur métaphysique absolue qui traite de la condition humaine quand toutes les structures sociales se sont effondrées. Là où les détracteurs ne voient que des personnages "plats", il y a en réalité une exploration brutale du concept de Fatum, chaque protagoniste est prisonnier d'une étoile, d'un destin qu'il ne peut fuir, transformant le récit en une véritable tragédie grecque moderne. Kenshiro n'est pas un héros d'action classique, c'est une figure christique qui ne tire pas sa puissance de la colère, mais de la tristesse. Le Musô Tensei, l'ultime arcane du Hokuto Shinken, est la concrétisation philosophique de l'empathie il ne peut être maîtrisé que par celui qui a accepté de porter sur ses épaules toute la douleur du monde. On est à des années-lumière du schéma de puissance basique. Raoh, de son côté, incarne une volonté de puissance nietzschéenne poussée à son paroxysme, cherchant à instaurer une paix tyrannique pour mettre fin au chaos, une réflexion politique complexe sur le prix de l'ordre face à la liberté qui d'ailleurs aurait de forte chznce de réellement exister si un monde comme ça exister. Le manga déconstruit même les codes de la virilité en montrant des colosses qui expriment leur humanité par les larmes et le sacrifice, comme Shu se laissant écraser par la pyramide pour sauver l'avenir. C'est une œuvre sur la transmission, le deuil et la persistance de la moralité dans un univers nihiliste. Si certains s'arrêtent à la forme sans voir le fond, c'est qu'ils n'ont tout simplement pas les outils intellectuels pour saisir la poésie tragique qui se joue entre deux explosions de chair, retourner lire demon slayer où d autre shonen basique si vous êtes incapable de décoder le fond d un manga iconique.
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Zig et Puce
Zig et Puce (et aussi Alfred) est une série sympathique que j'aime beaucoup depuis l'enfance. La reprise par Greg a été très réussie, je pense: bons dessins beaucoup d'humour et quelques inventions et innovations scientifiques en plus. Plus récemment, j'ai acquis plusieurs albums de Saint-Ogan et c'est un délice! Les éditions Glénat ont fait un bon travail de récupération et aussi de comparaison entre les histoires. Cela montre que même Hergé a été influencé et qu'il l'a reconnu!
L'Homme qui a vu l'homme qui filme l'homme qui tire plus vite que son ombre (presque journal d'un tournage)
Bouzard – Lucky Luke, le retour ! A défaut d'être le meilleur album de Bouzard (mais ça, on s'en fout un peu), il a le double mérite d’une part de sortir (un peu) du récit strictement personnel pour proposer ici un pseudo documentaire à la manière de ce qu’avait fait Fabcaro avec ses Carnets du Pérou, et d’autre part d’avoir occasionné chez moi une barre de rire comme je n’en avais pas connue depuis longtemps (cf. la scène du maquillage qui a coulé). Non, on ne saura pas vraiment si ce récit a été au moins en parti vécu. Bouzard a-t-il vraiment assisté au tournage de la série ? Comme dans la BD de Fabcaro précitée, ces aventures peuvent bien être complètement fictives, ce n’est pas l’objet. L’objet, c’est son auteur lui-même. Et ça marche. Les gags sont amenés souvent en deux, voire trois bandes. Il y a des trucs inhabituels, graphiquement. L’effet est surprenant mais franchement bien utilisé. Les hommages au personnage de BD le plus célèbre de tout l’Ouest sont décalés (ici par le biais de Rantanplan), jusqu’à la scène finale, que j’ai personnellement trouvée hyper touchante. Le tout est très drôle ! Ça a fait mouche chez moi à plusieurs reprises. Ce « Lucky Luke » est tout simplement le meilleur album de l’auteur depuis… La Grande Aventure ? (Oui parce que La Grande Aventure est un album un peu mésestimé selon moi, mais dans le genre humour préhistorique, on a rarement fait mieux). Bon, peu importe. J’ai aimé lire ce Bouzard qui m’aura donné l’occasion de faire mon petit jogging zygomatique.
L'Embrasement - La guerre Israël - Hamas, dans l'enfer de Gaza
En ces temps où le Moyen-Orient part totalement en sucette, ce genre d'ouvrage permet de sortir du sensationnalisme pour revenir aux faits. Florent Calvez adapte en effet ici en BD l'ouvrage éponyme de Michel Goya, en y ajoutant quelques touches personnelles pour ce medium. Son album nous permet d'appréhender de façon rationnelle l'histoire de la Palestine, de Gaza, en remontant à ses origines, en passant par la création d'Israël en 1948, jusqu'au terrible jour du 7 octobre 2023. L'ouvrage est conséquent, mais Florent Calvez a su retranscrire sans être indigeste, ni survoler, l'ouvrage de Michel Goya pour nous proposer un album salutaire pour ceux qui cherchent à y voir plus clair dans ce conflit. C'est précis, factuel, tout en cherchant à éviter la partialité, ce qui est plutôt réussi. Pour autant les horreurs et les erreurs des deux bords ne sont pas cachées sous le tapis, tissant au fil des pages la trame d'un conflit de plus en plus complexe et qui parait inextricable. Pour ce qui est du dessin, Florent Calvez opte pour un dessin très réaliste, proche de la photographie, et une colorisation tout en ocre/orange qui colle parfaitement avec cet angle documentaire et les ambiances sombres des tragédies traversées. Un très bon documentaire sur le sujet.
Dad
Une série qui devrait devenir (ou qui l'est déjà) un classique du catalogue Dupuis. Le gros atout de cette série c'est qu'on y est bien. On est bien dans cette petite famille de 4 filles de mères différentes avec un papa poule un peu looser attachant. C'est rare qu'on s'esclaffe mais c'est tout de même réussi. Il y a de la douceur et certaines planches sont mêmes très attendrissantes. C'est aussi une bd qui, je pense, peut se lire à différents âges, et qui se relit avec plaisir. J'aime aussi le dessin Nob, que je qualifierais de "classique-laché-maitrisé" Bref beaucoup d'atouts pour Dad !
Little Nemo in Slumberland
Il s'agit d'une œuvre fondamentale dans l'histoire de la bande dessinée, je crois. Je possède les éditions Horay et Taschen, les deux sont asez bonnes. Pour l'époque, les dessins de W. McCay étaient fantastiques et les histoires délirantes! Après tout, il s'agissait de rêves, parfois un peu réalistes(?), mais principalement surréalistes. Elles doivent être appréciées avec modération, sous peine d'indigestion... ou chute du lit.
Hokuto no Ken - Fist of the North Star (Ken le survivant)
Écouter ceux qui réduisent Hokuto no Ken à un simple défouloir pour testostérone, la preuve d un manque criant d'analyse: on passe totalement à côté de l'essentiel. Sous la violence graphique se cache une œuvre d'une noirceur métaphysique absolue qui traite de la condition humaine quand toutes les structures sociales se sont effondrées. Là où les détracteurs ne voient que des personnages "plats", il y a en réalité une exploration brutale du concept de Fatum, chaque protagoniste est prisonnier d'une étoile, d'un destin qu'il ne peut fuir, transformant le récit en une véritable tragédie grecque moderne. Kenshiro n'est pas un héros d'action classique, c'est une figure christique qui ne tire pas sa puissance de la colère, mais de la tristesse. Le Musô Tensei, l'ultime arcane du Hokuto Shinken, est la concrétisation philosophique de l'empathie il ne peut être maîtrisé que par celui qui a accepté de porter sur ses épaules toute la douleur du monde. On est à des années-lumière du schéma de puissance basique. Raoh, de son côté, incarne une volonté de puissance nietzschéenne poussée à son paroxysme, cherchant à instaurer une paix tyrannique pour mettre fin au chaos, une réflexion politique complexe sur le prix de l'ordre face à la liberté qui d'ailleurs aurait de forte chznce de réellement exister si un monde comme ça exister. Le manga déconstruit même les codes de la virilité en montrant des colosses qui expriment leur humanité par les larmes et le sacrifice, comme Shu se laissant écraser par la pyramide pour sauver l'avenir. C'est une œuvre sur la transmission, le deuil et la persistance de la moralité dans un univers nihiliste. Si certains s'arrêtent à la forme sans voir le fond, c'est qu'ils n'ont tout simplement pas les outils intellectuels pour saisir la poésie tragique qui se joue entre deux explosions de chair, retourner lire demon slayer où d autre shonen basique si vous êtes incapable de décoder le fond d un manga iconique.