Les derniers avis (4 avis)

Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Terremer
Terremer

J'avais lu les romans de Terremer il y a longtemps et, sans pour autant avoir été totalement passionné, j'avais gardé un souvenir agréable de cette première histoire, notamment de sa longue chasse à l'ombre à travers les mers. Cette adaptation en BD m'a justement permis de retrouver tout ce qui faisait le charme particulier de cet univers. On y retrouve cette atmosphère de fantasy très singulière, à la fois contemplative, poétique, mais aussi assez rude. Le ton reste sobre, les dialogues sont mesurés, presque retenus, et l'ensemble privilégie clairement l'ambiance et le cheminement intérieur plutôt que l'action. Comme dans le roman, tout n'est pas toujours limpide : dès qu'il s'agit d'aborder la magie, ses règles, ses créatures ou ses sortilèges, le récit peut devenir un peu abscons et demande un certain investissement. Le rythme, assez lent, et les personnages souvent taiseux renforcent encore ce côté contemplatif. Il faut donc savoir à quoi s'attendre : on est très loin d'une heroic fantasy épique et pleine d'action. Ceux qui cherchent de l'aventure mouvementée risquent de rester à distance, là où d'autres apprécieront justement cette approche plus introspective et atmosphérique. Le point fort de cette adaptation, c'est son parti pris graphique. Les aquarelles sont souvent superbes, et leur nature même convient parfaitement à cet univers d'îles brumeuses, de paysages océaniques, d'eaux changeantes et de cieux humides. Il se dégage de nombreuses planches une vraie beauté, parfois même une forme de poésie silencieuse qui fonctionne très bien avec le récit. Et là encore, il demeure une vraie sobriété, à l'opposé de la fantasy merveilleuse et parfois grandiloquente. Cela donne une adaptation fidèle et cohérente, qui séduit surtout par son ambiance et la beauté de son graphisme, même si elle conserve aussi les limites du matériau d'origine en termes de rythme et de lisibilité.

17/03/2026 (modifier)
Par Lodi
Note: 4/5
Couverture de la série XIII
XIII

Page-turner, franchement bien dans ce genre…. Mais une fois lu, je n'ai pas envie de relire. Comme pourtant cela ne sonne pas vide, il se peut que d'autres le relisent. Le dessin me plait moins que celui de Jeremiah mais l'histoire tient mieux dans la durée et les suppléments tirés des personnages peuvent se laisser lire, disons que j'ai apprécié la Mangouste. Oui, à part le fait que le récit soit bien construit, il tient grâce à une certaine vraisemblance et à des personnages forts, notamment Jones. Le héros est amnésique, on découvre avec lui son passé comme le complot, ce qui séduit le lecteur et divers protagonistes.

17/03/2026 (modifier)
Couverture de la série Soli Deo Gloria
Soli Deo Gloria

Dupuis a vu les choses en grand avec cet album. Une couverture classieuse et brillante, un fil marque-page : c’est un bel objet. L’album a été encensé un peu partout, et donc je m’y suis plongé. L’inconvénient de lire un album après en avoir lu ou entendu autant de bien, c’est bien sûr d’avoir des attentes trop élevées, et de l’évaluer à cette aune et non intrinsèquement. Au final, si je n’y ai pas trouvé le chef d’œuvre absolu comme certains de mes prédécesseurs, c’est quand même – par-delà l’objet lui-même – une chouette lecture, qui m’a plutôt plu. Sur un sujet qui a priori n’est pas mon truc, à savoir la musique classique. L’intrigue tourne autour de deux personnages (un frère et une sœur), que nous suivons de leur prime enfance – plutôt crasseuse et sans réel espoir, jusqu’aux beaux quartiers et hautes fréquentations qui seront les leurs à la fin de leur vie, cette ascension sociale extrême s’expliquant par leur talent artistique. Ce sont des jumeaux fusionnels qui, peu à peu, vont expérimenter la séparation, Hans étant celui qui le réalise le premier et le vit le moins bien, bouillonnant, proche de l’autodestruction. Lui est musicien et compositeur, quant elle est au chant, avec une voix qui fait se pâmer les plus grands. Ils sont là aussi complémentaires, et le restent une bonne partie de l’histoire, jusqu’à la rupture finale. L’intrigue est agréable à suivre, intéressante. Mais elle l’est aussi et surtout pour tous ses à-côtés. En particulier les cadres historiques, géographiques et culturels dans lesquels elle se développe. En effet, le scénario nous présente une Europe à la fois « réelle » (des villes comme Venise, Amsterdam, Rome, Leipzig sont reconnaissables au travers de noms plus ou moins légèrement modifiés, idem pour les noms de certains personnages – Vivaldi, Bach, etc.) et fantasmée, dans une sorte de XVIIIème siècle mal précisé. Ces « pas de côté » donnent quelque chose de poétique au récit – et permettent aussi à celui-ci de s’écarter de la réalité parfois, et d’avoir ainsi plus de liberté pour donner un décor grandiose à l’histoire des deux héros. Le dessin de Cour use bien du Noir et Blanc, avec un trait fin assez avare de détails, au rendu charbonneux plutôt plaisant. Les volutes de couleurs qui matérialisent les notes de musiques sont une bonne idée, et participent de l’étrangeté et de la réussite de l’album. Peut-être pas aussi fort qu’espéré, mais néanmoins cet album est très abouti, et sort clairement du lot : une lecture hautement recommandable.

17/03/2026 (modifier)
Par Vaudou
Note: 5/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Lokyia
Lokyia

Une recueil de 11 histoires courtes parues entre 1975 et 1982, dans la collection Metal Hurlant. Ce qui est tout de suite impressionnant, c'est de s'apercevoir que le dessin de Voss est à son summum dès 1975. Il utilise un peu moins les noirs profonds mais le trait est déjà accompli. On a souvent droit à un découpage organique typique de l'auteur, avec des inserts à la Pichard, avec des cases qui abandonnent les angles droits pour épouser des formes souples. Côté narration, autre belle surprise, Voss se révèle très à l'aise avec le format court. On se régale à lire ces histoires d'extraterrestres, de voyous, de voyage spatiaux, avec souvent une chute teintée d'humour noir. Un univers très riche, mature, avec des influences qui vont de Crumb aux productions 2000 AD... Jusqu'à Corben époque Eerie & Creepy (La chose, 1978). Une publication peu prolifique et l'absence de réédition ont clairement nuit à la renommée de l'artiste, mais c'est pour moi un auteur essentiel à redécouvrir d'urgence !

17/03/2026 (modifier)