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Les dernier avis (6 avis)

Par grogro
Note: 5/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Les fleurs rouges
Les fleurs rouges

La réédition des œuvres de Tsuge par Cornélius est une bénédiction. Jusqu'ici, on connaissait uniquement de cet auteur obscur, longtemps opposé à toute tentative de traduction des ses œuvres, que l'édition de L'homme sans talent chez Ego Comme X. La lecture de ce manga m'avait alors enchanté, moi qui ne suis pas très versé dans la bande dessinée japonaise au sujet de laquelle je suis longtemps resté cantonné dans mes a priori. C'est donc non sans une certaine curiosité que j'ai entamé ce premier tome rassemblant l'intégralité des nouvelles graphiques de Tsuge. Il faut signaler que l'édition de ces œuvres ne suit pas nécessairement un ordre chronologique, mais qu'elle réunit plutôt les nouvelles par "période", chacun des 7 volumes (4 restant à paraitre) prenant le titre d'une nouvelle en particulier, soit parce qu'elle est caractéristique de la dite période (c'est le cas ici), soit parce celle-ci marque un tournant dans l’œuvre de l'auteur (c'est le cas du volume intitulé La vis). Cela étant dit, il convient tout d'abord de saluer la qualité exceptionnelle de cette édition. Couverture rigide, épaisse, belle jaquette repliée sur elle-même (ce qui renforce l'impression de solidité du papier), présence d'un signet en tissu incorporé au tranchefil, reliure cousue, papier de qualité... L'objet est très beau. S'ajoute à cela un appareil critique de qualité, de nombreuses traductions émaillant les pages (même les onomatopées sont traduites) ainsi qu'un petit corpus de notes en fin d'ouvrage fournissant d'utiles précisions culturelles ou sociales sur certains aspects évoqués dans le livre. Merci donc à Cornélius pour ce magnifique travail ! Intéressons-nous à l’œuvre en elle-même maintenant. Exception faite de la deuxième nouvelle de ce volume (Plein soleil) qui m'apparait inexplicablement sans grand intérêt tant graphique que narratif, les histoires qu'il contient sont renversantes... Tout d'abord, le dessin de Tsuge, bien que réalisé il y a plus de 50 ans, apparait encore aujourd'hui d'une modernité impressionnante. Le travail sur les ombres est remarquable par sa simplicité, et le soin apporté aux paysages est tout bonnement estomaquant. La narration quant à elle est ici élevée au rang de science tant elle peut compter sur un découpage dynamique. On est très loin ici du traditionnel gaufrier, encore très en vogue à l'époque. Et puis ce dessin, simplissime, efficace, immédiatement déchiffrable, ne dévoile que le strict nécessaire, abandonnant volontairement le reste à la pudeur de par la grâce de son trait. Tsuge donne au fil des pages une leçon de dessin magistrale. Le dessin est frais, les visages sont très expressifs, et la composition des cases confine à l'art de l'estampe. La force de ces histoires de trois-fois-rien réside dans la puissance de suggestion de l'auteur. Il faut lire la très métaphorique nouvelle éponyme pour s'en convaincre : arrivé à la dernière case, je n'ai pu m'empêcher de lâcher un "wow !" de sidération. Tour à tour poétiques, drôles, voire burlesques, parfois dramatiques, ces nouvelles nous plongent dans un Japon qui, bien qu'encore fortement empreint de tradition, et sur lequel Tsuge jette un regard d'une infinie tendresse, connait alors une vague de libération des mœurs. La nouvelle intitulée Paysage de bord de mer, traitée un peu à la manière de la Nouvelle Vague, est particulièrement significative de cette tendance. Je suis loin d'être un spécialiste du Japon, un pays dont j'ignore à peu près tout, mais je sais que ce manga m'a ému, entre autre raison parce qu'on éprouve cette sensation de basculement d'un monde à l'autre. Je l'ai dit au début, le manga n'est pas mon truc. A part l'Homme sans talent, j'avais lu uniquement Quartier Lointain de Jiro Taniguchi, ou peu s'en faut. Désormais, il sera plus juste d'écrire que le manga N'ETAIT PAS mon truc. Là réside le moindre des mérites des Fleurs rouges, une œuvre dense et rêveuse. Aussi, pour cette année vingt vingt déjà bien entamée, je me suis concocté un petit programme de rattrapage comprenant la lecture des œuvres d'Asano, Urasawa, Mizuki ou bien encore Mochizuki. On m'aurait dit ça il y a encore six mois, je vous jure que je m'en serais froissé une côte de rire. Comment c'est déjà le truc qu'on dit avec les avis des imbéciles ?...

28/03/2020 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Amabilia
Amabilia

Oh oui, alors là je dis oui ! Une BD érotique de cette qualité, j'en redemande encore et encore ! C'est assez rare que je sois à ce point enthousiaste sur une BD érotique, mais je sais reconnaitre de la qualité quand j'en vois. Et celle-ci, c'est une superbe qualité, indéniablement. Là où je dis que c'est une réussite, c'est que cette BD érotique allie un dessin qui a de l'âme, de l'érotisme et de la sensualité avec un scénario qui permet de pleinement justifier les scènes de sexe, mais aussi de les rendre réellement excitantes et marquantes. L'alliance des deux est un plaisir, un véritable régal. Et je dois bien dire que dans le paysage de la BD porno que j'ai découvert, celle-ci se démarque particulièrement du lot ! Niveau scénario, j'ai trouvé que c'était parfait : ce qu'il faut d'érotisme, de pornographie (et donc de scènes de sexe), mais aussi d'attachements au personnage, de fantasme et de désir ... C'est bien simple, on est plongé dans l'histoire dès le premier volume et je me suis beaucoup attaché à ces deux êtres qui se trouvent et se retrouvent. Le suggestif est présent entre les scènes pour faire monter le plaisir, et ça fait du bien. Sans parler des scènes de sexe, très bien croquées et qui permettent de réellement sentir la sensualité de ces passages. Bien loin d'un porno crade qui tache les doigts, on est sur du chic et du classieux, mais avec une bonne dose de salace tout de même. Et l'histoire justifie ces passages tout en rendant les scènes réalistes et très humaines. Le dessin est vraiment un gros point fort du récit, si ce n'est quelques détails secondaires (oui, tous les personnages sont bien foutus, certes ... Mais c'est le genre qui veut ça, enfin quoi !) mais allie les couleurs avec ce noir et blanc très marqué. Je suis réellement sous le charme des représentations, aussi bien des scènes de cul à proprement parler que des scènes autour, qui transpirent les émotions des personnages et permettent de nous ancrer pleinement dans le récit. C'est fluide, dynamique, prenant, et je ne parle pas du rendu des couleurs et des phylactères (chaque personnage ayant sa couleur) qui sont organisés de manière ingénieuse pour ne jamais se perdre même lorsque la pagination est plus désordonnée. Bref, je suis conquis : ces deux premiers tomes permettent de développer l'histoire, de nous attacher aux personnages, de vivre les scènes de sexe, et bon dieu ça fait du bien de lire enfin une BD cul de cette qualité ! Je le range immédiatement dans mes favoris du genre, et j'en suis très content. A recommander à tous les coquins, les fripons, les salaces, les polissons, les canailles et les vicieux. Parce qu'on l'est tous au fond de nous, et que lorsqu'une BD se permet de nous faire plaisir sur ce point, il ne faut pas hésiter ! (et vivement le tome 3 !)

28/03/2020 (modifier)
Par grogro
Note: 5/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Spirou - L'espoir malgré tout
Spirou - L'espoir malgré tout

Bon, de base, je suis un inconditionnel d'Emile Bravo. Je le suis depuis les premiers tomes des 7 Ours Nains, un régal pour les petits et leur papa. Oui, je le dis : Emile Bravo est un génie ! Mais avant de poursuivre, je précise que je parlerai ici pour les deux tomes de L'espoir Malgré Tout dont je viens tout juste de terminer la lecture. Au commencement, il y a son dessin. Celui-ci s'inscrit parfaitement dans la tradition Ligne Claire, mais avec un petit je-ne-sais-quoi en plus. C'est indéfinissable. Je cherche encore pour tout dire, et je crois que j'aime ce petit mystère. Peut-être la précision du trait, cette capacité à saisir des poses, des attitudes, et toute une foule de détails qui confèrent une profondeur incroyable aux scènes représentées... Et puis il y a le scénario, et là, bravo Bravo ! (ok j'arrête !). C'est touffu. On s'embarque pour une vraie aventure au long court. On a le temps de s'attacher aux personnages, d'en découvrir les humeurs changeantes, de vivre avec eux, tout simplement. Perso, je kiffe bien ça... Emile ne se contente pas de produire "un scénario de Spirou" bien encrer (j'ai dit que j'arrêtais) dans l'esprit des premiers albums, il y incorpore un background historique riche à souhait. Déjà avec la série animée Les Grandes Grandes Vacances, il m'avait bien scotché, mais là, on y est ! Le climat de suspicion, la tension, la schizophrénie ambiante amenant certains personnages à se compromettre, à mentir, à collaborer... Ce qui est parfaitement incarné par le personnage de Fantasio, imbécile heureux, inconséquent et superficiel (mais touchant et drôle), qui va peu à peu retomber sur terre et se trouver bien obligé de regarder la réalité en face avant de finalement "prendre parti". De manière général, les personnages sont multiples, profonds. Ils évoluent au fil de l'histoire et ça, ce qui est même plutôt rare, surtout parce qu'ils sont mis face à des situations complexes comme à la dure réalité. Et là, Emile Bravo n'édulcore (presque) rien. Parmi les nombreuses surprises que réserve la lecture des ces deux premiers tomes, on découvre une petite chose inédite : la sexualité embryonnaire de notre Spirou, déjà intrépide mais encore un brin candide. Quelle petit bonheur de voir ce grand couillon de Fantasio le chambrer sur son statut de puceau !... Cette bande dessinée me fait furieusement regretter de ne pas être prof d'Histoire. Franchement, je la filerais à lire aux gamins sans un soupçon d'hésitation. J'ai pas mal lu sur la Deuxième Guerre Mondiale. Et puis j'ai eu la chance que mon paternel, qui a connu cette époque (il avait 8 ans au début de la guerre), me raconte longuement les anecdotes de son petit village. C'est un sujet que je connais donc plutôt bien. Et bien je suis comblé. Tout ce qui constitue l'horreur d'une situation de guerre et d'occupation est là, ce qui permet d'en appréhender toute les facettes, aussi noires soient-elles, sans avoir la rigidité d'un manuel scolaire. On y apprend beaucoup sur l'Histoire et la nature humaine. L'Espoir Malgré Tout réussit le pari non seulement de redonner corps à un héros quasi légendaire de l'Histoire de la BD, mais de lui servir une assise solide sur un plateau d'argent. J'avais déjà bien aimé Le Journal d'un Ingénu, mais ces deux tomes ont comblé toutes mes attentes et bien d'avantage. La fin du tome 2 m'a carrément laissé le souffle court, et moi qui suis d'ordinaire d'un naturel assez flegmatique, je me surprends à piaffer d'impatience. Aussi, je n'aurai qu'un conseil à vous donner : si vous avez raté cette Bande-dessinée, n'hésitez pas à, si j'ose dire, "prendre le train en marche"...

28/03/2020 (modifier)
Par Yann135
Note: 4/5
Couverture de la série J'irai cracher sur vos tombes
J'irai cracher sur vos tombes

Le roman de Boris Vian a créé la polémique en son temps. Trop de violence gratuite, trop de sexe, pour au final une histoire pas du tout vertueuse qui a entrainé notre Boris Vian et sa maison d’édition rapidement devant la justice. C’est pourtant à ce classique de notre littérature que se sont attaqués Jean David Morvan au scénario accompagné pour le dessin de Yen, de Rafael Ortiz et de Rey Macutay. Une réussite totale ! L’atmosphère glauque, l’inhumanité latente, le sexe consommé sans tabou, ou encore la violence pour la violence sont palpables tout au long des 108 pages de cet album. Boris Vian aurait apprécié indéniablement le graphisme et n’aurait pu qu’être satisfait du travail des auteurs. Je recommande vivement cet album

28/03/2020 (modifier)
Par Yann135
Note: 4/5
Couverture de la série Luminary
Luminary

Luc Brunschwig et Stéphane Perger revisitent clairement le fabuleux Photonik de Ciro Tota. Un premier opus hommage brillant revisité. Stéphane Perger n’est pas tombé dans le piège de vouloir se rapprocher de l’original. Le dessin est travaillé et les couleurs sont sublimes. La réussite de ce premier tome est sans doute liée au fait que cette liberté lui a permis de se libérer d’une vénération trop appuyée et d’une comparaison trop évidente. Nous retrouvons cependant la dynamique entre les trois principaux personnages de Photonik. Un excellent album à décourvir. J’attends avec impatience le prochain volet de cette série qui s’annonce prometteuse.

28/03/2020 (modifier)
Par Pierig
Note: 4/5
Couverture de la série Enola et les animaux extraordinaires
Enola et les animaux extraordinaires

Comme mes prédécesseurs, je suis tombé sous le charme de cette série jeunesse que j’ai découverte dans la bibliothèque de mon fils de 10 ans. Le dessin est à l’avenant avec une belle expressivité des personnages et une fluidité de mouvement qui dynamise l’ensemble. La mise en couleur est lumineuse mais sait s’adapter au contexte. Cette jeune vétérinaire pour animaux fantastiques nous emmène dans des récits aventureux où elle doit désamorcer une situation souvent explosive. Elle remplit sa tâche avec tact et détermination. Elle se joue des préjugés et permet d’en découvrir davantage sur les êtres fabuleux visités. Mon fils a validé, moi aussi.

28/03/2020 (modifier)