Le héros, car vraiment, il n'est pas que le personnage principal, l'être humain le meilleur possible, respectueux de tous et se dévouant à tous ! Le héros lumineux est englouti par la foule lyncheuse.
Quoi d'étonnant ? L'être humain a construit sa culture sur les lynchages, voir René Girard, lynchages qui permettent au groupe de surmonter les crises, ici la défaite de la France. Le récit ne peut pas faire mieux : il montre l'élément déclencheur et l'imitation réciproque de presque tous dans la violence. Il n'y a pas d'autre logique qu'on doive chercher, le phénomène s'explique, mais est très erratique, ce que montre bien la bd, pour le roman, je n'en sais rien, je ne l'ai pas lu. Mais ce que je sais c'est que c'est le différent qui est le lynché, en principe, et que notre héros est plus riche, et surtout meilleur que tous, s'avérant trop parfait pour qu'une envie qui ne s'avoue pas n'ait pas prospéré dans les cœurs.
Le dessin parvient à d'exprimer l'individualité de chacun, et la perte de visage des protagonistes, les lyncheurs dont la figure atteint des sommets dans la haine, tandis que le corps et le visage du héros et victime s'abîment sous les coups. Chacun étant réduit à fauve et proie, il était dans l'ordre des choses que le malheureux soit mangé, si je trouve bien pires les tortures subies. Pauvre humain, comme tant, il a cru à l'être humain en vain, s'est retrouvé trahi, et toujours plus tourmenté par ses proches ! Qu'on ne dédouane pas la masse par l'élite, en l'occurrence, l'élite est le propriétaire terrien tué par la masse, et un maire qui se reclus chez lui, semble-t-il par indifférence. La masse est en autogestion de sa violence. Cependant que j'exprime la réalité du récit, je ne veux pas dire que la masse est en général pire que l'élite : tout groupe devient masse quand il lynche. Brassens dit qu'à plus de quatre, on est une bande de cons… Je dirais : pas toujours. Mais les bandes peuvent être très violentes ! Prudence donc.
"Vivre longtemps, c'est accumuler les tragédies." Une citation qui illustre parfaitement cette BD.
Une très belle découverte que cette adaptation du roman de Richard Malka (que je connaissais plus en tant qu'avocat suite aux attentats de Charlie hebdo qu'en tant qu'écrivain).
Tout d'abord, cet ouvrage est vraiment un bel objet avec cette couverture légèrement dorée du plus bel effet rappelant des mosaïques orientales. Graphiquement, j'ai également été subjugué par ces décors aux tons pastels tantôt dans les teintes bleues, tantôt avec des dominantes jaunes ou rouges. De véritables aquarelles que l'on aime à contempler en dehors de toute considérations scénaristiques. On sent que Yannick Corboz prend également plaisir à transporter le lecteur dans les rue de Venise au XVIIème siècle, en passant par Paris au XIXème, New York plus moderne, jusqu'aux confins de l'Afrique...
Le dessin n'est pas en reste non plus, avec un trait conférant beaucoup de mouvements aux scènes, de magnifiques scènes d'amour (qui sont nombreuses dans cet ouvrage) et des époques et décors très variés et parfaitement représentés.
En effet, l'auteur nous raconte l'histoire d'Adrian van Gott, sorte de vampire immortel, qui va traverser les époques et les contrées. Mais ici, point de canines et de scènes sanguinolentes, notre héros se nourrit de l'amour de ses victimes via des baisers les vidant de leurs sentiments. Une malédiction en sorte, ces baisers sonnant bien souvent le glas de la vie de ceux qui le reçoivent.
L'ensemble est ainsi très poétique même si je comprends l'avis de Brodeck. En effet, s'agissant d'une adaptation d'un roman, la voix narrative est quasi omniprésente tout au long de l'histoire, le héros racontant son vécu qui, vous l'aurez compris, est plutôt long. La sensualité qui transparait de cette œuvre et le type de narration à la premier personne m'ont beaucoup fait penser au film "Entretien avec un vampire" comme l'a justement évoqué Cacal69, mais ce qui se dégage du récit m'a également fait penser à These Savage Shores que j'avais également beaucoup apprécié.
Ainsi, bien que le récit soit lent et, il est vrai, un brin répétitif, ce parti pris transcrit à merveille l'éternité de la vie de notre héros maudit et son désespoir qui finit par prendre le pas sur le reste.
Une BD que je conseille aux amateurs du genre.
SCENARIO (Originalité, Histoire, personnages) : 8/10
GRAPHISME (Dessin, colorisation) : 9/10
NOTE GLOBALE : 17/20
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Le héros, car vraiment, il n'est pas que le personnage principal, l'être humain le meilleur possible, respectueux de tous et se dévouant à tous ! Le héros lumineux est englouti par la foule lyncheuse. Quoi d'étonnant ? L'être humain a construit sa culture sur les lynchages, voir René Girard, lynchages qui permettent au groupe de surmonter les crises, ici la défaite de la France. Le récit ne peut pas faire mieux : il montre l'élément déclencheur et l'imitation réciproque de presque tous dans la violence. Il n'y a pas d'autre logique qu'on doive chercher, le phénomène s'explique, mais est très erratique, ce que montre bien la bd, pour le roman, je n'en sais rien, je ne l'ai pas lu. Mais ce que je sais c'est que c'est le différent qui est le lynché, en principe, et que notre héros est plus riche, et surtout meilleur que tous, s'avérant trop parfait pour qu'une envie qui ne s'avoue pas n'ait pas prospéré dans les cœurs. Le dessin parvient à d'exprimer l'individualité de chacun, et la perte de visage des protagonistes, les lyncheurs dont la figure atteint des sommets dans la haine, tandis que le corps et le visage du héros et victime s'abîment sous les coups. Chacun étant réduit à fauve et proie, il était dans l'ordre des choses que le malheureux soit mangé, si je trouve bien pires les tortures subies. Pauvre humain, comme tant, il a cru à l'être humain en vain, s'est retrouvé trahi, et toujours plus tourmenté par ses proches ! Qu'on ne dédouane pas la masse par l'élite, en l'occurrence, l'élite est le propriétaire terrien tué par la masse, et un maire qui se reclus chez lui, semble-t-il par indifférence. La masse est en autogestion de sa violence. Cependant que j'exprime la réalité du récit, je ne veux pas dire que la masse est en général pire que l'élite : tout groupe devient masse quand il lynche. Brassens dit qu'à plus de quatre, on est une bande de cons… Je dirais : pas toujours. Mais les bandes peuvent être très violentes ! Prudence donc.
Le Voleur d'amour
"Vivre longtemps, c'est accumuler les tragédies." Une citation qui illustre parfaitement cette BD. Une très belle découverte que cette adaptation du roman de Richard Malka (que je connaissais plus en tant qu'avocat suite aux attentats de Charlie hebdo qu'en tant qu'écrivain). Tout d'abord, cet ouvrage est vraiment un bel objet avec cette couverture légèrement dorée du plus bel effet rappelant des mosaïques orientales. Graphiquement, j'ai également été subjugué par ces décors aux tons pastels tantôt dans les teintes bleues, tantôt avec des dominantes jaunes ou rouges. De véritables aquarelles que l'on aime à contempler en dehors de toute considérations scénaristiques. On sent que Yannick Corboz prend également plaisir à transporter le lecteur dans les rue de Venise au XVIIème siècle, en passant par Paris au XIXème, New York plus moderne, jusqu'aux confins de l'Afrique... Le dessin n'est pas en reste non plus, avec un trait conférant beaucoup de mouvements aux scènes, de magnifiques scènes d'amour (qui sont nombreuses dans cet ouvrage) et des époques et décors très variés et parfaitement représentés. En effet, l'auteur nous raconte l'histoire d'Adrian van Gott, sorte de vampire immortel, qui va traverser les époques et les contrées. Mais ici, point de canines et de scènes sanguinolentes, notre héros se nourrit de l'amour de ses victimes via des baisers les vidant de leurs sentiments. Une malédiction en sorte, ces baisers sonnant bien souvent le glas de la vie de ceux qui le reçoivent. L'ensemble est ainsi très poétique même si je comprends l'avis de Brodeck. En effet, s'agissant d'une adaptation d'un roman, la voix narrative est quasi omniprésente tout au long de l'histoire, le héros racontant son vécu qui, vous l'aurez compris, est plutôt long. La sensualité qui transparait de cette œuvre et le type de narration à la premier personne m'ont beaucoup fait penser au film "Entretien avec un vampire" comme l'a justement évoqué Cacal69, mais ce qui se dégage du récit m'a également fait penser à These Savage Shores que j'avais également beaucoup apprécié. Ainsi, bien que le récit soit lent et, il est vrai, un brin répétitif, ce parti pris transcrit à merveille l'éternité de la vie de notre héros maudit et son désespoir qui finit par prendre le pas sur le reste. Une BD que je conseille aux amateurs du genre. SCENARIO (Originalité, Histoire, personnages) : 8/10 GRAPHISME (Dessin, colorisation) : 9/10 NOTE GLOBALE : 17/20