Les derniers avis (3 avis)

Couverture de la série Ils brûlent
Ils brûlent

200 pages où il ne se passe pas forcément grand-chose en matière d’action, avec un dessin hésitant, pas exempt de défauts, avare de détails. Et pourtant. Pourtant, j’ai vraiment bien aimé ce premier album, qui me permet de découvrir le travail de cet auteur. Le dessin, malgré ces défauts – ou peut-être à cause de ces défauts, je ne sais pas, est agréable, très vif, un trait rageur, nerveux, dans un style moderne qui accompagne très bien le récit. L’histoire se déroule dans une sorte de moyen-âge indéfini, et nous suivons un groupe de personnages, Georg, un jeune homme, et deux sorcières – qui livrent peu à peu un passé de violences subies. Le tout dans une ambiance lourde, les sorcières sont pourchassées, des bûchers accueillent nos héros lors de la traversée du seul village rencontré. Car on est souvent en pleine nature, et ce sont les dialogues entre les trois personnages, au cours de leurs pérégrinations, qui sont le fil rouge de l’histoire. et El Hamouri parvient à faire ressentir au lecteur la douleur qui traverse les personnages – douleur physique autant que psychique et morale, le tout avec une économie de moyens (narratifs et graphiques). Un auteur et une série à suivre en tout cas. ************* J'ai eu un peu plus de mal avec ce deuxième tome, que j'ai trouvé un chouia moins "dense", j'ai davantage ressenti quelques longueurs. Toutes relatives bien sûr, car il ne s'agit pas d'une intrigue qui mise sur l'action. Ce bémol pointé, ça reste quand même une lecture globalement plaisante, un récit original, qui met à nu les personnages, qui met en avant la douleur - physique et psychologique - et qui joue énormément sur les silences. Une narration aérée donc, qui prend son temps (parfois trop comme je l'ai écrit), mais qui continue à développer un univers original. Original aussi bien sûr - et cet aspect seul peut rebuter nombre de lecteurs - du point de vue graphique. Un trait toujours aussi nerveux, rageur, "torturé", parfois minimaliste, parfois très chargé, avec une bichromie où la marron, la rouille dominent. On ne peut que saluer ce projet original d'El Hamouri, et les éditions 6 Pieds sous Terre, qui font des choix risqués à l'heure où les petites structures sont menacés. Une série sur laquelle les lecteurs curieux doivent jeter un oeil. J'ai hâte de voir le prochain tome conclusif de cette série qui sort des sentiers battus.

29/01/2024 (MAJ le 04/06/2026) (modifier)
Couverture de la série Le Feu Monde
Le Feu Monde

La collection Combo se développe, même si j’ai de plus en plus de mal à en saisir la cohérence – du moins ce qui peut en faire une spécificité globale différenciant les albums qui la composent d’autres publiés chez le même éditeur (je croyais au départ que ça se concentrait uniquement sur de la SF originale, mais en fait non). Bon, cette remarque faite, revenons-en à cet album. Un album que j’ai plutôt apprécié. Il développe un univers original, et un graphisme moderne et très agréable, proche du trait de Mathieu Bablet (même si je ne suis pas fan de quelques visages aux traits effacés) : la lecture a donc été plaisante. Le fantastique, la présence des géants, qui apportent des touches poétiques (voir cette neige florale tombant de la cloche et anéantissant ceux qui se trouve dessous à ce moment) ou menaces et incertitudes latentes, l’auteur a su ne pas en abuser. La narration est agréable, fluide, aérée. Presque trop parfois, car il y a quelques longueurs. Le récit ne joue pas sur l’action à tout crin. Il est sombre, n’hésite pas à éliminer des personnages importants. Mais l’ensemble mérite le détour. Note réelle 3,5/5.

04/06/2026 (modifier)
Par Cleck
Note: 4/5
Couverture de la série L'Amourante
L'Amourante

Le sujet de cette BD est exceptionnel, à la fois évident et étonnamment original : l'histoire d'une femme ne vieillissant pas dès lors qu'elle est aimée, possiblement immortelle. Autour d'une intrigue romantique et romanesque en diable, glissant généreusement du côté du conte, revisitant à sa manière la thématique tout aussi ludique du voyage dans le temps, ou celle du vampirisme, le lecteur suit la vie rocambolesque et les liaisons sentimentales d'une héroïne troublante mais attachante, appréhendant peu à peu l'étendue de son pouvoir et condamnée à en subir les tristes conséquences. Entre la saga historique et le drame romantique, cette BD avance en s'appuyant sur une structure narrative finalement fort simple (en respectant la chronologie, dès lors que l'histoire est racontée par sa principale protagoniste). Sans doute trop simple d'ailleurs, sans doute eût-il été préférable de davantage emporter le lecteur dans un vertigineux tourbillon amoureux et historique. De la même manière, les illustrations très figées, évoquant volontiers Émile Bravo, paraissent bien sages au regard du sujet. Tout comme cette manière de présenter l'intrigue via la facilité scénaristique de la confidence à un personnage tiers. La lecture est captivante de bout en bout, mais avec un sujet si merveilleux, qu'il est regrettable d'avoir proposé une BD si sage ! Cela manque d'humour, de souffle, de grâce, de vertige. Mais que c'est beau malgré tout, jusque dans son habile pirouette finale.

04/06/2026 (modifier)