Les derniers avis (4 avis)

Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Salvator Mundi
Salvator Mundi

A la fin de cette lecture, j'ai immédiatement pensé à une autre situation saugrenue qui existe en ce moment et qui, bien que paraissant éloignée, est pourtant du même type : la folie des cartes pokemon. Car ici, il n'est pas réellement question d'art et d'authentification de tableau. Il est question de capitalisme, de gros sous, d'achats démesurés et de l'enthousiasme provoqué par une peinture. La question de l'art n'est que secondaire ... Je ne connaissais pas du tout l'histoire de cette BD, n'ayant pas spécialement été attentif à ces évènements lorsqu'ils sont survenus. Mais encore aujourd'hui, le tableau Salvator Mundi est le tableau vendu le plus cher au monde. Et toute la BD permet de mettre en lumière ce qu'il s'est passé avant et après cet achat démentiel (un demi-milliard !). Le moins qu'on puisse dire, c'est que c'est presque comiquement débile ! L'histoire est celle d'un tableau retrouvé, vendu, revendu et re-revendu, chaque fois pour une somme plus considérables et avec d'autres enjeux. Parce que l'idée sera progressivement de faire monter les attentes d'un public, jouer sur l'engouement et surtout acheter un bien positionnel. C'est une histoire de personnes qui veulent prouver quelque chose par la peinture, quitte à ne pas se soucier de la réalité. Après tout, on s'en fout de ce qu'est ce tableau ! Ce qui compte, c'est ce qu'il représente, ce qu'on veut y voir. Et surtout, il est important que ce tableau soit ce qu'on veut ! C'est là que cette histoire est folle : lorsqu'on voit arriver la politique dans le monde des tableaux, lorsque l'idée n'est plus d'avoir une peinture mais un outil politique. Désormais, les arts sont une façon de faire de la politique. La BD est servie par un dessin qui va très bien avec, j'ai trouvé que les caricatures sont très réussies. C'est un dessin très fonctionnel, suffisant pour qu'on suive très bien le déroulé narratif qui est prenant et surtout surprenant. J'ai dis plus haut que la BD m'a rappelé ce qui se joue aujourd'hui autour des cartes Pokemon, et je veux dire par là qu'il y a les mêmes mécaniques à l’œuvre : création d'un engouement artificiel, gonflement des prix et arnaques aux reventes, personnes qui profitent de l'ensemble en faisant les intermédiaires pour rafler une partie des mises ... En fait, c'est une démonstration de la force du capitalisme qui peut faire de l'argent sur tout, sans jamais s'intéresser à la valeur intrinsèque de la chose en question. Et cette BD démontre que tout ceci est un système qui déborde largement du monde de l'art : au final, la question nous touchera d'une façon ou d'une autre ....

28/07/2026 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Je reviens dans six mois
Je reviens dans six mois

C'est avec cette BD que j'entends parler de ce récit, qui n'est pas sans m'évoquer toutes ces histoires de types motivés, volontaires et déterminés, mais qui échoueront lamentablement. Et comme souvent, les perdants sont moins représentés que les gagnants, alors qu'on en apprendrait aussi énormément. Bref, la BD nous présente une tentative par un jeune homme de traverser la Guyane en solitaire afin de rejoindre le Brésil, en 1949. Le récit est un documentaire précis, notamment dans les encarts qui sont directement issus de son journal et permettent d'avoir le point de vue de ce jeune homme, idéaliste et un peu tête de lard, qui n'est clairement pas fait pour ce type de voyage. Mais c'est amusant de voir sa façon de s'entêter, son parcours de vie aussi, dévoilé petit à petit, qui amène à comprendre son obsession. Le tout est renforcé par le dessin qui fait ressentir la jungle Guyanaise mais aussi la folie progressive de cette expédition dans l'enfer vert. Ce qui est intéressant, c'est que comme souvent dans des récits de ce type, il y a une vraie question de la volonté individuelle confrontée à la réalité. Ce jeune homme veut quelque chose, indépendament des faits qui se présentent à lui et lui enjoindraient à reculer. Sans le condamner ou le glorifier, la BD présente la complexité de ce genre de comportements. Entre le besoin d'accomplissement, le désir de reconnaissance, l'entêtement presque pathologique, l'idéalisation de ce genre de comportement ... Encore aujourd'hui on peut s'y retrouver ou reconnaitre quelque chose qu'on voit chez d'autres. Into the wild, très beau film et très bon livre, avait le même regard avec une histoire similaire. Au final, cette BD interroge pas mal sur les raisons qui nous poussent parfois dans des logiques absurdes, tout en étant très lucides sur ce que ce genre de comportement induit. Une BD qui fait réfléchir, je trouve !

28/07/2026 (modifier)
Par Miguelof
Note: 4/5
Couverture de la série Les Montagnes hallucinées (Tanabe)
Les Montagnes hallucinées (Tanabe)

Ayez peur, très peur ! C'était le premier travail de Gou Tanabe que j'ai lu. Et je suis encore très terrifié, j'ai déjà lu et commandé d'autres oeuvres de l'auteur. Je connaissais les textes de Lovecraft, mais je pensais qu'il ne serait pas facile de les adapter en bande dessinée ou même au cinéma. Comment dire l'indicible, comment transmettre l'étrangeté et l'horreur ? Surtout, il est important de ne pas tout montrer de manière trop claire, au risque de tout gâcher et de tomber dans le ridicule. C’est un équilibre difficile ! Les dessins sont très bons, la progression de l'histoire intensifie l'inquiétude du lecteur, du moins c'est ce que j'ai ressenti. 1931, l'expédition à la recherche du Pr Lake en Antarctique... des squelettes et encore des squelettes ! Terreur et folie. J'aime beaucoup la façon dont Tanabe maintient le suspense jusqu'au dénouement (?). Mais la peur ne s'arrête pas. L'édition, les reliures surtout, sont incroyablement bonnes, le toucher est extrêmement agréable ! Et, oui, elles sont parfaitement bien dans ma bibliothèque, elles la valorisent même !

28/07/2026 (modifier)
Par Miguelof
Note: 4/5
Couverture de la série Batman - La Légende
Batman - La Légende

J'aime les vieux comics de Batman ! Jim Aparo est l'un des meilleurs dessinateurs classiques du Dark Knight et mes intrigues préférées sont celles de Bob Haney. J'ai pu comparer les versions françaises de ces histoires avec les volumes DC américains qui compilent « The Brave and the Bold » en noir et blanc et d’anciennes revues brésiliennes en couleur que j’ai gardées de ma jeunesse. Les couleurs, assez uniformes et sans nuances, sont typiques des années 70. Mais ce que j’admire le plus chez Aparo, c’est l’expressivité et le dynamisme des corps dans les scènes d’action. Le changement constant de plans et de perspectives, plongé, contre-plongé, ne laisse aucun moment d’ennui. Dans beaucoup de ces histoires, Batman fait équipe avec d’autres super-héros : Green Arrow, Green Lantern, Wonder Woman, Deadman, Metamorpho, Black Canary, Teen Titans, Sgt Rock (!) et bien d'autres. Dans une histoire remarquable, le #100, Batman est coincé dans un fauteuil roulant à cause d’un attentat et dirige toute une équipe à distance! Il y a aussi quelques collaborations avec Neal Adams pour les dessins, le #102 par exemple.

28/07/2026 (modifier)