Les Mâchoires de la Peur

Note: 3.5/5
(3.5/5 pour 2 avis)

Été 1974. Sur l’île paisible de Martha’s Vineyard, un tournage chaotique va bouleverser l’histoire du cinéma.


Cinéma Documentaires Les petits éditeurs indépendants

Requins défectueux, tempêtes imprévisibles, tensions sur le plateau… et un jeune réalisateur nommé Steven Spielberg qui joue sa carrière sur un film de monstre marin. Avec le trait incisif de Toni Cittadini et un récit documenté par Jérôme Wybon, Les mâchoires de la peur vous invite derrière la caméra, là où la légende prend forme. Découvrez comment un tournage cauchemardesque est devenu un chef-d’œuvre. Les Dents de la mer n’est pas seulement un film culte : c’est le tournage qui a redéfini Hollywood. À travers des dialogues reconstitués, des recherches poussées et une mise en scène rythmée, Jérôme Wybon revisite les événements qui ont transformé une production catastrophe en succès mondial.

Scénario
Dessin
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 05 Décembre 2025
Statut histoire One shot 1 tome paru

Couverture de la série Les Mâchoires de la Peur © Huginn et Muninn 2025
Les notes
Note: 3.5/5
(3.5/5 pour 2 avis)
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08/12/2025 | Spooky
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Par grogro
Note: 3/5
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Le moins que l'on puisse dire c'est qu'il est difficile de passer après Les Guerres de Lucas. Bah oui, inévitablement, cette BD ne peut qu'être comparée à celle de Laurent Hopman et Renaud Roche (inutile de faire un dessin ha ha), et elle souffre cruellement la comparaison. Graphiquement, je suis désolé mais c'est un cran en dessous. Le dessin n'a ici ni l'élégance du trait de Renaud Roche, ni sa concision. On peine à reconnaitre les personnages, notamment Spielberg lui-même. Et puis la plupart d'entre eux affichent des expressions étranges ; parfois même on croit déceler un soupçon de perversité dans ces visages hallucinés. Je pense au personnage de Joe Alves qui a l'air en permanence sous acide. Mais c'est narrativement que ça pêche. D'abord, on nous tient en haleine avec le sentiment qu'il va y avoir une révélation fameuse, et puis en fait flop ! Ainsi la double page qui commence par l'accroche "mais rien ne va se passer comme prévu", et qui se contente de montrer un quiproquo sans grand intérêt entre Benchley, l'auteur du roman, et le réalisateur, quiproquo qui sera d'ailleurs réglé dès la page suivante. De manière générale, et il faut bien le dire un peu agaçante, les auteurs maintiennent un suspens qui n'a pas lieu d'être. On repassera pour les rebondissements "à la Lucas". Et que dire de cette fin, mal torchée, qui en deux pages évoque la suite que refusera de tourner Spielberg sinon qu'elle révèle un manque criant de finition ? En guise d'épilogue, un doc mal ficelé sur le requin dont on ne sait pas trop où il veut en venir : nous faire un peu mieux connaitre cet animal ? Montrer l'influence du film sur la peur tout à fait irrationnelle du public ?... Perso, je n'ai pas attendu la dizaine de pages que contient ce petit pensum (photos incluses) pour me rencarder sur les squales. Un visionnage de Jaws 1 a suffit pour éveiller ma curiosité et, certes, nourrir ma terreur des profondeurs. C'est pour dire qu'en matière de requin, il existe des trucs bien plus intéressants et fouillés que ces quelques pages embarrassées. Bon, certes, j'ai lu cette BD sans grande difficulté. Au passage, on apprend même quelques bonnes anecdotes. Mais surtout, son plus grand mérite, et là c'est réussi, est de nous faire comprendre pourquoi ce film qui a marqué plus d'une génération, n'est pas un simple film d'horreur, mais un vrai film d'auteur. Ça m'a même donné furieusement envie de le revoir, ce que n'avait pas nécessairement susciter en moi Les Guerres de Lucas. L'honneur est sauf !

02/02/2026 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5
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Les Dents de la Mer, sorti il y a cinquante ans, est l'un des films les plus connus, et celui qui a définitivement lancé la carrière d'une figure majeure d'Hollywood, à savoir Steven Spielberg. Au-delà de ses qualités artistiques et du phénomène de société qu'il a amplifié, à savoir la peur des requins, c'est aussi son statut de tournage cauchemar qui a contribué à sa légende. Fort de nombreuses lectures sur le sujet, le scénariste Jérôme Wybon s'est donc attaché à reconstituer ce processus, qui s'est au final étalé sur plus de deux ans entre le moment où Spielberg, aiguillé par deux producteurs, a décidé de s'attaquer à l'adaptation sur grand écran d'un roman de Peter Benchley, jusqu'à sa sortie, triomphale, à l'été 1975. Le scénariste est même allé plus loin en évoquant rapidement le tournage de sa suite, qui se fit sans le réalisateur, trois ans plus tard. C'est une enquête minutieuse, où l'on comprend le rôle des producteurs, du réalisateur, de la monteuse, qui communiquait en permanence et en direct (vivent les téléphones et les talkie-walkies) alors que le film était encore en tournage. L'ajout des scénaristes, nombreux, si bien que la paternité de certaines scènes est quasiment impossible à attribuer, sans oublier que le trio d'acteurs principaux a également participé aux ajustements des dialogues ou des situations. Les difficultés ont été très nombreuses : les requins mécaniques dont les rouages réagissaient mal à l'eau de mer, le taux d'alcoolémie de Robert Shaw a perturbé certaines scènes... Spielberg lui-même, extrêmement motivé, a un moment failli céder au désespoir et tout lâcher en plein tournage. Mais la présence d'amis tels que Brian de Palma, George Lucas, John Milius ou Carl Gottlieb l'ont aidé à maintenir le cap, à trouver des astuces techniques pour combattre les difficultés d'un tournage quia duré au final 155 jours au lieu d'une quarantaine. Je ne suis pas très fan du dessin de Toni Cittadini : s'il se montre précis et appliqué sur les scènes reproduisant des images du film ou dans la gestion des décors, sa représentation des personnages, surtout leurs visages, me laisse plus circonspect. Ainsi son Spielbarg du début des années 1970 ressemble-t-il plutôt à Blueberry qu'à Spielberg lui-même. Pas de grosse influence sur le plaisir de lecture, heureusement, mais je tenais à le signaler. En bref cet album documentaire plaira sans doute à celles et ceux qui s'intéressent au cinéma du réalisateur, à l'industrie hollywoodienne d'une époque où les effets spéciaux étaient encore un peu rudimentaires. Très agréable.

08/12/2025 (modifier)