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Les derniers avis (20 avis)

Par Benjie
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Carnets d'Orient
Carnets d'Orient

Avec en toile de fond, la colonisation de l’Algérie puis la guerre d’indépendance, Jacques Ferrandez nous offre une saga familiale et historique de grande qualité. Cette série est composée de deux cycles : le premier est consacré à l’installation des premiers colons, au développement de la communauté française et à l’exploitation du pays. Le second continue l’histoire avec la guerre d’Algérie. Prenant le temps de déconstruire un certain nombre d’idées reçues ou de visions simplistes sur le sujet, Ferrandez nous embarque dans les pas d’un jeune peintre, Joseph Constant, qui débarque à Alger en 1836, puis nous raconte avec une grande humanité comment les premiers colons arrivent sur cette terre à la nature hostile. Qui sont ces gens ? Pourquoi se lancent-ils dans une aventure de laquelle ils ne savent quasiment rien ? Au fil des albums, on suit le parcours de personnages, de générations en générations, sans rien manquer des événements qui ponctuent l’histoire de l’Algérie, sans négliger la montée des tensions entre les communautés, tensions qui viennent de loin et qui ont commencé bien avant la guerre. Déjouant les pièges habituels du sujet, Ferrandez évite le côté caricatural (les bons d’un côté et les méchants de l’autre), et s’abstient de porter des jugements. Une vision réaliste à hauteur d’homme qui permet à l’auteur d’aborder des questions historiques complexes. De ce point de vue, c’est une réussite. Pour le dessin : ambiances algériennes et immersion du lecteur, en particulier dans le premier tome que je trouve vraiment très beau – Ferrandez est un maître en la matière. L’idée d’avoir traité certaines pages sous forme de carnet de croquis ou de revue de presse rend l’histoire vivante. On a l’impression d’en être les contemporains. Le dessin est magnifique, les paysages écrasés de chaleur et les villes bien dans le jus de l’époque. Le contraste entre les quartiers transformés par les Européens et l’habitat traditionnel des Algériens, entre les niveaux de vie des colons et celui des colonisés, entre les traditions si éloignées les unes des autres laisse penser que la cohabitation ne pourra pas durer. Jacques Ferrandez nous implique dans cette montée des tensions, semant par-ci, par-là des indices qui nous mettent en alerte. Le second cycle consacré à la guerre est plus dur, plus souvent traité en film ou en BD. On y reconnaît l’utilisation d’image d’archives bien connues et là encore, le piège d’en faire un documentaire est évité, le montage des pages étant rendu dynamique par les textes et dessins hors cases. Bref, une série majeure sur cette période de l’histoire, réussie grâce au talent de dessinateur de Jacques Ferrandez et à sa très fine connaissance du sujet. A lire, sans hésiter !

06/07/2022 (modifier)
Couverture de la série Gondelour
Gondelour

Cette collection m’intéresse a priori, mais je suis souvent sorti déçu de mes lectures. Souvent frustré par une mise en place de « l’intrigue » beaucoup trop longue, alors que la bataille elle-même était escamotée. Eh bien ici je trouve qu’il n’y a pas ce défaut. D’abord parce que cette bataille elle-même est présente dès le départ, et parce que Delitte ne l’a pas expédiée en deux/trois cases comme trop souvent. En plus, c’est une des rares batailles de cette collection que je ne connaissais pas dut tout, donc j’ai eu plaisir à la découvrir. Ensuite, Delitte, ici seul aux commandes, se trouve graphiquement dans sa zone de confort, la marine à voile, les vieux gréements, et cela se voit ! Ses navires sont vraiment superbes, et la reconstitution de la guerre de ligne est plutôt bien faite. C’est un bon millésime de la collection. Pas la bataille la plus connue, mais un exercice bien réalisé, à tous points de vue. Note réelle 3,5/5.

05/07/2022 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Un été cruel
Un été cruel

Une autre production Brubaker-Phillips et celle-ci fait parti du haut du panier selon moi. Le scénario est bien maitrisé. J'adore lorsqu'on suit l'histoire à travers différents personnages et que le tout reste très facile à suivre et cohérent. C'est un polar noir comme je l'aime et le scénariste prend son temps pour bien mettre en place l'intrigue et montrer la personnalité des personnages. Il y a au final peu d'actions pour un polar et je ne le conseil pas à ceux qui cherchent des scènes remplient de testostérones, le but principal du scénario est de nous montrer la vie de criminels qui ont peu de chance d'avoir un avenir meilleur. Le seul truc qui me dérange est que le début contient des éléments qui semblent important pour la suite et qui disparaissent du scénario rapidement, mais ce n'est pas trop grave. Le dessin est bon. J'aime vraiment les couleurs. Je pense que j'aime mieux le dessin de Phillips depuis que c'est son fils qui s’occupe des couleurs.

05/07/2022 (modifier)
Couverture de la série Evil Road
Evil Road

En 1971 un jeune réalisateur allait étonner le monde du cinéma par son inventivité, sa créativité et son originalité. Avec peu de moyens, son génie allait éblouir le 7ème art. Dominique Monféry rend hommage à Steven Spielberg et à son premier film Duel. (Dispo gratuit sur YouTube en VO). L'auteur fait aussi référence à d'autres grands films mais c'est le scénario de Duel qui est la colonne vertébrale de son ouvrage. Si une remorqueuse prend la place du camion-citerne le "petrol" a une place centrale dans le scénario de Montféry. Si Spielberg appuyait la psychologie de son personnage avec une crise de couple classique, les jumeaux sexagénaires Hélis et Helias vont profiter de ce road trip pour vider leur sac et retrouver l'essentiel. Je trouve le scénario de l'auteur parfaitement maîtrisé avec une bonne dose d'humour et même si l'issue ne fait pas de doute sa construction est vraiment plaisante. De plus j'aime beaucoup ce style graphique semi réaliste qui mêle intensité dramatique avec intensité comique. Les paysages désertiques de Californie et du Nevada sont très bien reproduits et très spectaculaires. Les couleurs ajoutent au plaisir de lecture. Pour conclure nous sommes dans la collection Calandre de Paquet. Les amateurs de voitures/camions très fidèlement dessinés seront bien servis. Une très agréable lecture divertissante.

05/07/2022 (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5
Couverture de la série Sur la route de West
Sur la route de West

Un roman graphique qui sort des sentiers battus et là le terme n'est pas galvaudé. Une étrange lecture que ce road movie de deux jeunes filles sur une route imaginaire. J'avoue avoir eu un peu de mal au début, une narration particulière, un mélange d'onirisme et d'intimisme sur un rythme saccadé, les dialogues y sont pour beaucoup. Mais c'est ce qui fait la force de ce récit. Lou et Béa se rencontrent dans une station service, elles vont partir ensemble pour une ville qui ne se trouve sur aucune carte. Un périple où tout doucement nos deux héroïnes vont s'apprivoiser, se livrer et se libérer de leurs fardeaux qui les rongent. Un périple où viennent s'incorporer le rêve, la magie et le fantastique. Un périple aux thèmes forts : l'homosexualité, la famille, l'amitié et le viol. Un périple atypique et enchanteur où la symbolique est de mise. Chacun en aura sa propre interprétation, moi j'y vois une renaissance et l'espoir dans cet arbre qui revient plusieurs fois. Un dessin tout en rondeur et sans fioritures qui se rapproche par certains aspects au manga. Une mise en page immersive et de superbes couleurs. Il donne cette ambiance insolite au récit. Un comics féministe qui se mérite. Videz-vous la tête pour en apprécier toute la sensibilité.

04/07/2022 (modifier)
Par greg
Note: 4/5
Couverture de la série Le Convoyeur
Le Convoyeur

Encore une nouvelle BD post-apocalyptique me direz-vous. Oui, mais elle réussit à trouver sa propre identité. Dans un futur proche, une épidémie détruit les métaux, sauf le cuivre, et transforme lentement l'humanité en mutants. Certains affublés de facultés particulières, mais pas tous. Une nouvelle structure féodale s'est mise en place, et une nouvelle église traque de son côté les humains encore sains et leurs enfants afin de perpétuer l'espèce. Au milieu se trouve le convoyeur, étrange homme barbu aux yeux rouges, ayant la faculté d'absorber les pouvoirs de ses adversaires. Sa mission : convoyer / ramener biens et personnes, en échange de quoi le commanditaire avale un étrange œuf translucide ressemblant à celui d'un poisson. Le premier tome prend tout le temps de poser son univers, ses personnages, est très bien écrit, et laisse la porte ouverte à beaucoup de question : quelle est la fonction des œufs? Et quelle est cette mystérieuse personne qui traque le convoyeur, et tue ses anciens clients, avec lesquels il semble avoir établi un lien psychique une fois l’œuf avalé? Après effectivement l'univers décrit est assez glauque et dénué d'espoirs. Mais c'est ce réalisme qui fait sa force. Le second tome se concentre sur la nature du convoyeur, et les motivations de la chasseuse. Beaucoup de réponses, assez terrifiantes, nous sont fournies, mais plusieurs zones d'ombres persistent, et donc donnent vraiment envie de découvrir les autres tomes à venir : au départ prévu comme une trilogie, ce sera finalement une quadrilogie vu le succès rencontré par le premier opus. Jusqu'ici c'est un quasi sans-fautes. Edit 04/07/2022 : tome 03. On se replonge avec plaisir dans l'univers du convoyeur, toutefois on ne peut s'empêcher d'éprouver une forme de déception. Si l'intrigue continue à progresser, et donne de plus en plus de réponses terrifiantes quant à la nature du convoyeur et la tragédie ayant frappé l'un des personnages principaux, on a un peu le sentiment que ce qui a été traité en 54 planches aurait pu l'être en seulement 20. On ignore en effet toujours absolument tout de la nature véritable du convoyeur et des motivations de la créature qui l'a engendré, ainsi que ses origines. Je peux comprendre la volonté des auteurs de faire durer le suspens, mais là ce n'est pas justifié, j'espère juste que cette tactique de faire traîner en longueur ne sera pas reprise dans les deux derniers tomes.

06/08/2021 (MAJ le 04/07/2022) (modifier)
Couverture de la série Le Cadavre et le Sofa
Le Cadavre et le Sofa

Tony Sandoval nous offre une oeuvre assez intrigante avec son "Le Cadavre et le Sofa". J'y vois une lecture du mythe d'Eros et Thanatos au milieu de cette campagne espagnole aride assimilable au désert du Tartare des Enfers. Sandoval nous fait rencontrer des ados qui passent des vacances solitaires ennuyeuses et infernales de désœuvrement. Au milieu de cet ennui ou à cause de lui naît l'éveil à la sexualité pour nos jeunes héros Polo, Sophie, Ana et Christian. C'est bien sûr, le Sofa qui va être le lieu propice à ces rencontres à la fois sexuelles et psy. Sandoval semble faire un détour chez Freud en rapprochant le cadavre de Christian (Thanatos) du sofa (Eros) des amoureux dans une scène assez morbide. Pour faire bonne mesure les ados s'imaginent une atmosphère gothique peuplée de vampires et de loups-garous. La réalité se montrera bien plus banale. Une oeuvre intéressante mais qui demande du recul. Le graphisme assez décalé (enfants/ados ?) appuie la thématique de l'oeuvre assez onirique. Les couleurs assez tristes de brun/Kaki ou de bleu/gris renforcent cette ambiance assez lourde. A découvrir

04/07/2022 (modifier)
Couverture de la série Tananarive
Tananarive

Voilà une histoire rafraichissante. Qui n’a rien d’extraordinaire, mais qui se révèle d’une lecture des plus agréables ! D’abord parce que le dessin de Sylvain Vallée est, comme d’habitude, franchement chouette et efficace. Dans un style semi réaliste, il nous rend immédiatement proches les personnages, renforce la crédibilité de cette histoire, qui débute comme une sorte de « Vieux fourneaux », et se transforme en quête d’identité pour le personnage principal, Amédée, notaire cherchant un héritier à son copain récemment décédé. L’histoire de Mark Eacersall justement, alterne les passages réalistes et quelques délires, avec le fantôme du copain accompagnant notre notaire, qui va en découvrir de belles sur la vie de son pote. Et sur la sienne… Comme le dessin, l’intrigue est fluide et agréable à suivre, avec quelques accélérations vers la fin, qui multiplie les rebondissements (je suis juste resté circonspect devant le coup de bluff d’Amédée avec les légionnaires). C’est en tout cas un très chouette album.

04/07/2022 (modifier)
Couverture de la série Pulp
Pulp

Le principal reproche à faire à cet album est qu’il est trop court. La lecture est agréable, mais trop rapide, et on a l’impression qu’on aurait pu densifier l’intrigue (qui, finalement, n’est pas si creusée que ça), ou alors la rallonger sans peine. Mais bon, finalement, on a une petite histoire bien fichue, qui ne s’embarrasse pas trop de circonvolutions, et qui se révèle efficace. Si la fin se laisse deviner, Brubaker utilise très bien les flash-backs pour donner du relief à la personnalité de Winters, auteur vieillissant de pulps, en fin de vie et de carrière, mais qui a un passé très consistant. Et qui va avoir l’occasion de racheter une partie de ce passé, tout en assurant l’avenir de celle qu’il aime. Une vision chrétienne qui veut que la rédemption augmente ses chances d’aller au paradis… Brubaker utilise bien le contexte historique, avec ces nazillons qui dans les années 1930, Ford en tête, ont pensé faire basculer les USA dans le camp d’Hitler. Quant à Phillips, habituel compagnon de Brubaker, il est égal à lui-même, efficace, jouant un peu trop sur des ambiances sombres. Mais son dessin colle parfaitement à l’histoire. Du bon boulot, une petite lecture détente pas prise de tête, et donc recommandée. Note réelle 3,5/5.

04/07/2022 (modifier)
Couverture de la série Et on tuera tous les affreux
Et on tuera tous les affreux

Ce polar de Boris Vian écrit sous son pseudo de Vernon Sullivan, est insolite et très atypique dans sa trame et son déroulement. N'ayant jamais lu ce roman, je ne sais si cette adaptation y est fidèle, je me base uniquement sur mon ressenti sur cette Bd. Le scénario de Morvan joue énormément sur le second degré et la sensualité, voire même l'érotisme. On peut même dire que c'est imprégné d'un érotisme roublard et un peu racoleur, ce qui ne m'étonne guère de la part de Boris Vian, car ça devait être pour lui une façon d'exorciser certains démons fripons et des fantasmes secrets. Alors, pastiche burlesque de roman populaire ? enquête scientifico-sociale dans une Amérique fantasmée ? expérience de polar parodique rempli de clichés ? oui c'est un peu tout ça à la fois, rien n'est vraiment sérieux, et l'ensemble est totalement inclassable. Le récit bénéficie du talent du prodige argentin Ignacio Noé dont le dessin est proprement somptueux ; son trait magique accentue le caractère sexuel et l'anatomie parfaite des corps aussi bien masculins que féminins qui est totalement sublimée, tout comme le sens du mouvement est d'une fluidité extraordinaire. Déja, dans les autres Bd que j'avais lues de Noé, c'était du travail d'artiste, mais là c'est d'une beauté inouïe, c'est le jour et la nuit entre ses bandes érotiques où le trait était massif, plus grossier et très sud-américain (comme dans La Diète), alors qu'ici c'est aérien, lisse et d'une élégance à couper le souffle. Un album surprenant, qui risque de dérouter les amateurs de polars classiques.

04/07/2022 (modifier)