J’ai découvert Silver Surfer: Requiem dans l’édition Marvel Prestige, et pour moi c’est un 5/5 sans hésitation.
Ce comics m’a marqué par son approche totalement différente du genre super-héroïque. Ici, pas de combats ni d’action démesurée : tout repose sur une ambiance mélancolique et une réflexion profonde sur la mort. Voir le Surfer d’Argent, habituellement presque divin, confronté à sa fin le rend incroyablement humain.
L’histoire est simple, mais puissante. Chaque moment ressemble à un adieu, chaque dialogue sonne juste. Il y a une vraie dignité dans sa manière d’accepter l’inévitable, et ça donne une portée émotionnelle assez rare chez Marvel.
Visuellement, c’est sublime : des planches lumineuses, presque irréelles, qui contrastent parfaitement avec la tristesse du récit. Ça renforce ce côté poétique et intemporel.
Au final, Requiem est une œuvre courte mais marquante, presque une méditation sur la vie et la mort. Une vraie claque, et clairement l’un des récits les plus touchants que j’ai lus chez Marvel.
Incroyable et perturbant à la fois, c'est une pépite sur laquelle on ne tombe pas assez à mon goût ! Tout est pensé pour nous plonger dans un désir malsain de continuer à lire et c'est formidable ! Tout est si bien pensé, si bien fait, un tel respect de la communauté LGBTQIA+ ! C'est un manga qui mériterait une adaptation cinématographique !!
Après Mezkal et Convoi, revoilà notre duo d'auteurs qui se lance dans une nouvelle série plus développée (3 tomes prévus).
Nous voici projetés dans un univers SF bien noir qui pourrait faire penser à Blade Runner pour le background, même si l'action se situe dans une méta-cité de Lyon qui a bien changé avec le temps. Cette mégalopole est tenue d'une main de fer par le Mayor et sa milice et différentes factions mafieuses qui se partagent le marché de la drogue du moment : le Blast, seul échappatoire illusoire d'une populace essorée. Quand arrive sur le marché une contrefaçon meilleur prix, le fragile équilibre de ces magnats commence à vaciller et la mécanique du pire se pointe en ligne de mire...
Si les personnages et l'intrigue fourmillent d'emprunts et de clins d'oeils, c'est avant tout le graphisme maîtrisé de Jeff qui nous accroche. Composition, dessin et colorisation sont une franche réussite. Côté scénario, ça sent quand même le déjà vu, même si (comme moi) les amateurs du genre ils trouveront leurs petits. La trame générale reste pour le moment avec ce tome introductif un peu floue, espérons que la suite développe davantage et ouvre de nouveaux horizons.
En attendant, un bon premier tome qui donne l'eau à la bouche.
*** Tome 2 ***
Et voici donc le second volet de cette trilogie ! Moi qui attendait de la surprise et des rebondissements, et bien j'ai été servi !
Car dans ce deuxième opus, ça ne fait pas dans la demi mesure ! On pourrait même parfois reprocher au récit de s'emballer et de frôler le parapet. Certaines scènes s'enchainent tellement vite qu'il m'a fallu reprendre certaines pages pour bien comprendre les enjeux et ce qui se passait.
Mais globalement tout se tient et déroule grand train, servi par le dessin de Jef qui pose à merveille ambiances et personnages. C'est sombre et glauque à souhait, maniant un équilibre très juste entre trait, cadrages et colorisation. Le résultat est bluffant.
Vivement le tome 3 !
*** Tome 3 ***
Voici donc la conclusion de cette trilogie. Une mécanique bien huilée à l'hémoglobine, qui réussit à retomber sur ses pattes sans trop de dommages.
Car vu le nombre de personnages et le pourcentage élevé de pertes autorisées, faut s'accrocher pour ne pas perdre le fil. J'ai bien fait de relire le tome 2 avant de m'attaquer à sa conclusion, car son macrocosme et ses différentes parties prenantes sont légion et ventilent dans tous les sens. MétaCitéLyon est en ébullition et ça charcle à tout va ! Jef n'a dans cette série pas son pareil pour retranscrire cette ambiance futuriste sirupeuse et mortifère ; l'immersion est totale !
Une très bonne trilogie de SF bien noire comme je les aime !
J’avais découvert Joff Winterhart sur son précédent album (« Courtes Distances »). Un récit qui m’avait marqué par son dessin sans concession, un humour très anglais et une sensibilité dans l’écriture qui m’avait démontré combien l’auteur aimait ses personnages bien plus grâce à leurs défauts qu’au travers de leurs qualités.
« Chère historienne » fait office de confirmation. L’auteur nous offre en effet et à nouveau un double portrait de personnages attachants réunis par la vie malgré une grande différence d’âge et des trajectoires sans similitudes. L’une est historienne et cache une vivacité d’esprit, un humour et sa grande humilité derrière une apparence austère. L’autre travaille pour une boite de production, vient de se faire larguer par son fiancé (en plein enterrement de vie de jeune fille), picole de trop et cherche sa place dans l’univers. Entre les deux va naitre une histoire d’amitié, une connexion profonde alors que la première est sollicitée par la seconde pour animer une série télévisée consacrée à l’Histoire.
Les deux personnages n’ont pas une grande opinion d’elles-mêmes mais elles font leur bonhomme de chemin, soucieuses de ne pas déplaire à leur entourage tout en restant fidèles à leur vision des choses. J’ai été très sensible à la douce ironie qui se dégage du récit. Margaret Crypt, l’historienne, pose sur son entourage un regard à la fois tendre et spirituel. J’ai beaucoup aimé ses « décrochages » lors des réunions, durant lesquels elle passe son temps à penser à autre chose ou à observer les autres intervenants. J’ai aimé ce regard sur la vie, la sienne, l’actuelle comme la vie passée, mais aussi celle des autres, sans jugement mais avec amusement. Le dessin de Joff Winterhart est en osmose avec le récit par sa tendance obsessive à aller chercher le petit détail grotesque, à le mettre en avant mais à ne pas le caricaturer. Il y a ainsi des enchainements de cases, des cadrages, des expressions de visage disséminés tout au long du récit qui restent gravés dans ma mémoire bien après ma lecture.
La technique employée par l’auteur pour dessiner ses planches offre un rendu assez proche du trait de « Courtes Distances » mais implique une part de hasard (le résultat final n’est visible qu’après réalisation de la planche ou ‘en trichant’, en soulevant une plaque en cours de réalisation pour voir ce que ça donne). Je trouve le procédé intéressant mais j’y vois aussi une certaine logique avec le récit : cette part de hasard qui influence le résultat final vient faire écho à la part de hasard qui oriente la vie des personnages (et, d’une manière plus générale, nos vies à tous).
Je regrette certes quelques longueurs mais, dans l’ensemble, je peux dire que j’ai vraiment bien aimé. Par contre, si vous n’avez pas accroché à « Courtes Distances », je ne vois pas pourquoi vous accrocheriez à cet album, qui offre exactement les mêmes qualités et défauts. Mais pour les autres (Alix, Blue Boy), je ne peux que conseiller ce nouvel opus, qui vient magnifiquement clore la trilogie Bon Jovi de l’auteur (c’est du moins ainsi qu’il l’appelle, démontrant par cette appellation le caractère décalé de son humour).
C'est la bande qui m'a fait entrer dans l'univers de Pichard, et par conséquence directe, fait découvrir un grand auteur.
Le ton général rappelle beaucoup les productions avec Jacques Lob. Pichard était aussi capable d'adapter des classiques de la littérature tout seul. C'est difficile de mesurer sa contribution narrative.
On a l'impression d'être dans un récit qui mélange les aventures loufoques du baron de Munchausen avec la perversion du marquis de Sade.
C'est une sorte d'odyssée imaginaire qui est proposée au lecteur. Caroline éprouve directement le voyage à bord d'un train, d'un dirigeable dans le ciel, d'un navire anglais sur la mer.
Pichard détourne les codes visuels du conte pour mieux nous faire accepter les péripéties invraisemblables que traversent l'héroïne et son drôle de compagnon à poil.
Quand une héroïne comme Dracurella prônait à la même époque le matérialisme et le mariage, Caroline Choléra se veut elle résolument anticonformiste, c'est une femme qui peut vivre sans les hommes mais qui ne cesse de subir leurs outrages.
Il y aurait encore beaucoup de choses à dire, il y a un sous texte important chez Pichard, plein de références aussi. J'ai malheureusement rarement lu d'études intéressantes à son sujet.
Le Spirit a été la série qui a rendu Eisner célèbre. Avant les versions en couleur dans le journal Tintin, j'ai découvert les histoires dans des magazines brésiliens des années 40-50. On y remarquait déjà l'énorme créativité des dessins, les compositions originales des pages et la galerie de personnages insolites, des vilains hideux aux femmes fatales. Les intrigues, avec beaucoup d'humour noir, abordent des thèmes qui se distinguent de la plupart des héros et super-héros typiques de la production américaine de l'époque.
Le dessin pose un problème mais il s'améliore sans cesse. Tout de même ! A l'origine, s'imposent la maladresse et la grisaille du manga, on se croirait dans un brouillon qu'on aurait tenté de recouvrir d'une couche de crayon noir. Ceci dit, on reconnait les héros ! Et c'est plus qu'expressif… Je pense qu'on a plus de motivation à suivre le manga quand on a visionné la série qui reprend les bons côtés, histoire, dynamisme de la lutte contre les titans et horreur de ces derniers, à preuve j'en ai lu quelques uns après le covid où les DVD de l'attaque des des titans empruntés à la Bibliothèque m'ont aidé à tenir.
J'ai lu quelque part que le créateur voulait que quelqu'un dessine, mais que n'ayant trouvé personne, il s'y est astreint lui-même. Quel héros ! Ses imperfections, d'ailleurs paraît-il en voie de résolution et parfois aussi graves chez d'autres ? Je les trouve donc touchantes. Mais pour comparer, on n'est pas dans Golden Kamui ou dans Parasite dont j'ignore en passant quelle est le meilleure version. Par contre, je trouve la version DVD que j'ai acheté et que je ne cessais de repasser à une époque, bien plus, prenante… comme un main se saisissant d'une main !
Un be qui démarre un peu mal avec un personnage d'écrivain misanthrope et urbai qui se retrouve dans la vallée des merveilles. Je vous passe le prétexte de ce personnage et son objectif, car cette bd parle de la Vallée des Merveilles dans le massif du Mercantour.
Quelques planches sont très belles et très réussis. Après côté mise en page, personnages, et scénarios ça peche.
Cependant le coeur n'est pas là. Avec pas mal de subtilité, les autrices décrivent les enjeux de biodviserité, d'usages, d'humains, de fantasmes, d'archéologie, enjeux qui se retrouvent souvent en contradiction, opposition. On sent que les autrices connaissent bien leur sujet et les personnages qui incarnent les visions ou les usages et besoins différents de la montagnes sont bien campés. Ca sent le vécu même je dirais !
Et c'est là tout l'intérêt de cette bd.
A partir d'un fait divers célèbre, l'évasion de 3 prisonniers de la forteresse d'Alcatraz en juin 1962, les auteurs laissent libre cours à leur imagination pour nous proposer un thriller haletant. Les 3 hommes n'ont jamais été retrouvés et la version officielle est qu'il se sont noyés lors de leur tentative d'évasion. Dans cette fiction, leur destinée est tout autre et leur fuite ne sera pas de tout repos, il faut se cacher, se méfier, se cacher encore, fuir. Il leur faudra également de l'aide. Bref, ils ont ont beau être dehors, ils n'ont pas le sentiment d'une liberté totalement retrouvée.
De déconvenues en complices pas fiables, en passant par des curieux génants, cette fuite prend des allures de road movie sanglant. Au rythme des chapitres, on les suit sur les différentes étapes sensées les conduire vers une vie meilleure. Mais plus on avance dans le récit et moins cet avenir parait lumineux. Le présent non plus n'est pas confortable. Recherchés, accompagnés par une complice vénale plus que serviable, les péripéties vont bon train. Il faudra jouer des poings, et plus, et ne pas faire de sentiment pour essayer de s'en sortir.
L'idée de développer une fiction sur la base d'un évènement réel est bonne et bien développée. Au final le récit prend la forme d'un polar noir, rythmé et accrocheur. Pas forcément original dans son déroulement, c'est loin d'être la première histoire de gangsters en fuite. Mais l'histoire se démarque en exploitant très bien le postulat de départ. L'ambiance flirte sur cette ligne floue entre la réalité, enfin la version connue, et la fiction et ça fonctionne très bien.
Avec Skating Wilder, Aj Dungo (déjà remarqué pour In Waves) s’associe à Brandon Dumais pour proposer un roman graphique à la fois personnel et documentaire sur la culture skate.
L’ouvrage revient aux origines du skateboard, né dans les années 50 sur la côte ouest américaine, lorsque les surfeurs privés de vagues ont commencé à “surfer” le bitume. Mais loin d’être un simple récit historique, la BD s’appuie sur le vécu des auteurs, notamment le parcours d’un ami marqué par un déménagement, pour donner une dimension intime à cette exploration. Le skate devient alors plus qu’un sport : un refuge, un langage, une identité.
Ce qui frappe, c’est l’équilibre entre mémoire personnelle et fresque culturelle. On passe des “sidewalk surfers” aux figures emblématiques comme Tony Hawk, avec une fluidité qui rend la lecture aussi instructive que captivante.
Graphiquement, Aj Dungo propose un style différent de In Waves : plus rond, plus urbain, presque influencé par une esthétique hip-hop. Le choix de deux couleurs dominantes : orange pour le passé, violet pour le présent, renforce l’aspect nostalgique et donne une vraie identité visuelle à l’ensemble. C’est simple, lisible, mais surtout très dynamique.
Si l’émotion est moins intense que dans In Waves, Skating Wilder séduit par son authenticité et sa capacité à transmettre l’âme du skate : la liberté, les chutes, les rencontres, et cette culture née de la rue.
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Silver Surfer - Requiem
J’ai découvert Silver Surfer: Requiem dans l’édition Marvel Prestige, et pour moi c’est un 5/5 sans hésitation. Ce comics m’a marqué par son approche totalement différente du genre super-héroïque. Ici, pas de combats ni d’action démesurée : tout repose sur une ambiance mélancolique et une réflexion profonde sur la mort. Voir le Surfer d’Argent, habituellement presque divin, confronté à sa fin le rend incroyablement humain. L’histoire est simple, mais puissante. Chaque moment ressemble à un adieu, chaque dialogue sonne juste. Il y a une vraie dignité dans sa manière d’accepter l’inévitable, et ça donne une portée émotionnelle assez rare chez Marvel. Visuellement, c’est sublime : des planches lumineuses, presque irréelles, qui contrastent parfaitement avec la tristesse du récit. Ça renforce ce côté poétique et intemporel. Au final, Requiem est une œuvre courte mais marquante, presque une méditation sur la vie et la mort. Une vraie claque, et clairement l’un des récits les plus touchants que j’ai lus chez Marvel.
Monstrophobie
Incroyable et perturbant à la fois, c'est une pépite sur laquelle on ne tombe pas assez à mon goût ! Tout est pensé pour nous plonger dans un désir malsain de continuer à lire et c'est formidable ! Tout est si bien pensé, si bien fait, un tel respect de la communauté LGBTQIA+ ! C'est un manga qui mériterait une adaptation cinématographique !!
La Mécanique
Après Mezkal et Convoi, revoilà notre duo d'auteurs qui se lance dans une nouvelle série plus développée (3 tomes prévus). Nous voici projetés dans un univers SF bien noir qui pourrait faire penser à Blade Runner pour le background, même si l'action se situe dans une méta-cité de Lyon qui a bien changé avec le temps. Cette mégalopole est tenue d'une main de fer par le Mayor et sa milice et différentes factions mafieuses qui se partagent le marché de la drogue du moment : le Blast, seul échappatoire illusoire d'une populace essorée. Quand arrive sur le marché une contrefaçon meilleur prix, le fragile équilibre de ces magnats commence à vaciller et la mécanique du pire se pointe en ligne de mire... Si les personnages et l'intrigue fourmillent d'emprunts et de clins d'oeils, c'est avant tout le graphisme maîtrisé de Jeff qui nous accroche. Composition, dessin et colorisation sont une franche réussite. Côté scénario, ça sent quand même le déjà vu, même si (comme moi) les amateurs du genre ils trouveront leurs petits. La trame générale reste pour le moment avec ce tome introductif un peu floue, espérons que la suite développe davantage et ouvre de nouveaux horizons. En attendant, un bon premier tome qui donne l'eau à la bouche. *** Tome 2 *** Et voici donc le second volet de cette trilogie ! Moi qui attendait de la surprise et des rebondissements, et bien j'ai été servi ! Car dans ce deuxième opus, ça ne fait pas dans la demi mesure ! On pourrait même parfois reprocher au récit de s'emballer et de frôler le parapet. Certaines scènes s'enchainent tellement vite qu'il m'a fallu reprendre certaines pages pour bien comprendre les enjeux et ce qui se passait. Mais globalement tout se tient et déroule grand train, servi par le dessin de Jef qui pose à merveille ambiances et personnages. C'est sombre et glauque à souhait, maniant un équilibre très juste entre trait, cadrages et colorisation. Le résultat est bluffant. Vivement le tome 3 ! *** Tome 3 *** Voici donc la conclusion de cette trilogie. Une mécanique bien huilée à l'hémoglobine, qui réussit à retomber sur ses pattes sans trop de dommages. Car vu le nombre de personnages et le pourcentage élevé de pertes autorisées, faut s'accrocher pour ne pas perdre le fil. J'ai bien fait de relire le tome 2 avant de m'attaquer à sa conclusion, car son macrocosme et ses différentes parties prenantes sont légion et ventilent dans tous les sens. MétaCitéLyon est en ébullition et ça charcle à tout va ! Jef n'a dans cette série pas son pareil pour retranscrire cette ambiance futuriste sirupeuse et mortifère ; l'immersion est totale ! Une très bonne trilogie de SF bien noire comme je les aime !
Chère historienne
J’avais découvert Joff Winterhart sur son précédent album (« Courtes Distances »). Un récit qui m’avait marqué par son dessin sans concession, un humour très anglais et une sensibilité dans l’écriture qui m’avait démontré combien l’auteur aimait ses personnages bien plus grâce à leurs défauts qu’au travers de leurs qualités. « Chère historienne » fait office de confirmation. L’auteur nous offre en effet et à nouveau un double portrait de personnages attachants réunis par la vie malgré une grande différence d’âge et des trajectoires sans similitudes. L’une est historienne et cache une vivacité d’esprit, un humour et sa grande humilité derrière une apparence austère. L’autre travaille pour une boite de production, vient de se faire larguer par son fiancé (en plein enterrement de vie de jeune fille), picole de trop et cherche sa place dans l’univers. Entre les deux va naitre une histoire d’amitié, une connexion profonde alors que la première est sollicitée par la seconde pour animer une série télévisée consacrée à l’Histoire. Les deux personnages n’ont pas une grande opinion d’elles-mêmes mais elles font leur bonhomme de chemin, soucieuses de ne pas déplaire à leur entourage tout en restant fidèles à leur vision des choses. J’ai été très sensible à la douce ironie qui se dégage du récit. Margaret Crypt, l’historienne, pose sur son entourage un regard à la fois tendre et spirituel. J’ai beaucoup aimé ses « décrochages » lors des réunions, durant lesquels elle passe son temps à penser à autre chose ou à observer les autres intervenants. J’ai aimé ce regard sur la vie, la sienne, l’actuelle comme la vie passée, mais aussi celle des autres, sans jugement mais avec amusement. Le dessin de Joff Winterhart est en osmose avec le récit par sa tendance obsessive à aller chercher le petit détail grotesque, à le mettre en avant mais à ne pas le caricaturer. Il y a ainsi des enchainements de cases, des cadrages, des expressions de visage disséminés tout au long du récit qui restent gravés dans ma mémoire bien après ma lecture. La technique employée par l’auteur pour dessiner ses planches offre un rendu assez proche du trait de « Courtes Distances » mais implique une part de hasard (le résultat final n’est visible qu’après réalisation de la planche ou ‘en trichant’, en soulevant une plaque en cours de réalisation pour voir ce que ça donne). Je trouve le procédé intéressant mais j’y vois aussi une certaine logique avec le récit : cette part de hasard qui influence le résultat final vient faire écho à la part de hasard qui oriente la vie des personnages (et, d’une manière plus générale, nos vies à tous). Je regrette certes quelques longueurs mais, dans l’ensemble, je peux dire que j’ai vraiment bien aimé. Par contre, si vous n’avez pas accroché à « Courtes Distances », je ne vois pas pourquoi vous accrocheriez à cet album, qui offre exactement les mêmes qualités et défauts. Mais pour les autres (Alix, Blue Boy), je ne peux que conseiller ce nouvel opus, qui vient magnifiquement clore la trilogie Bon Jovi de l’auteur (c’est du moins ainsi qu’il l’appelle, démontrant par cette appellation le caractère décalé de son humour).
Caroline Choléra
C'est la bande qui m'a fait entrer dans l'univers de Pichard, et par conséquence directe, fait découvrir un grand auteur. Le ton général rappelle beaucoup les productions avec Jacques Lob. Pichard était aussi capable d'adapter des classiques de la littérature tout seul. C'est difficile de mesurer sa contribution narrative. On a l'impression d'être dans un récit qui mélange les aventures loufoques du baron de Munchausen avec la perversion du marquis de Sade. C'est une sorte d'odyssée imaginaire qui est proposée au lecteur. Caroline éprouve directement le voyage à bord d'un train, d'un dirigeable dans le ciel, d'un navire anglais sur la mer. Pichard détourne les codes visuels du conte pour mieux nous faire accepter les péripéties invraisemblables que traversent l'héroïne et son drôle de compagnon à poil. Quand une héroïne comme Dracurella prônait à la même époque le matérialisme et le mariage, Caroline Choléra se veut elle résolument anticonformiste, c'est une femme qui peut vivre sans les hommes mais qui ne cesse de subir leurs outrages. Il y aurait encore beaucoup de choses à dire, il y a un sous texte important chez Pichard, plein de références aussi. J'ai malheureusement rarement lu d'études intéressantes à son sujet.
Le Spirit
Le Spirit a été la série qui a rendu Eisner célèbre. Avant les versions en couleur dans le journal Tintin, j'ai découvert les histoires dans des magazines brésiliens des années 40-50. On y remarquait déjà l'énorme créativité des dessins, les compositions originales des pages et la galerie de personnages insolites, des vilains hideux aux femmes fatales. Les intrigues, avec beaucoup d'humour noir, abordent des thèmes qui se distinguent de la plupart des héros et super-héros typiques de la production américaine de l'époque.
L'Attaque des Titans
Le dessin pose un problème mais il s'améliore sans cesse. Tout de même ! A l'origine, s'imposent la maladresse et la grisaille du manga, on se croirait dans un brouillon qu'on aurait tenté de recouvrir d'une couche de crayon noir. Ceci dit, on reconnait les héros ! Et c'est plus qu'expressif… Je pense qu'on a plus de motivation à suivre le manga quand on a visionné la série qui reprend les bons côtés, histoire, dynamisme de la lutte contre les titans et horreur de ces derniers, à preuve j'en ai lu quelques uns après le covid où les DVD de l'attaque des des titans empruntés à la Bibliothèque m'ont aidé à tenir. J'ai lu quelque part que le créateur voulait que quelqu'un dessine, mais que n'ayant trouvé personne, il s'y est astreint lui-même. Quel héros ! Ses imperfections, d'ailleurs paraît-il en voie de résolution et parfois aussi graves chez d'autres ? Je les trouve donc touchantes. Mais pour comparer, on n'est pas dans Golden Kamui ou dans Parasite dont j'ignore en passant quelle est le meilleure version. Par contre, je trouve la version DVD que j'ai acheté et que je ne cessais de repasser à une époque, bien plus, prenante… comme un main se saisissant d'une main !
À ceux qui viennent
Un be qui démarre un peu mal avec un personnage d'écrivain misanthrope et urbai qui se retrouve dans la vallée des merveilles. Je vous passe le prétexte de ce personnage et son objectif, car cette bd parle de la Vallée des Merveilles dans le massif du Mercantour. Quelques planches sont très belles et très réussis. Après côté mise en page, personnages, et scénarios ça peche. Cependant le coeur n'est pas là. Avec pas mal de subtilité, les autrices décrivent les enjeux de biodviserité, d'usages, d'humains, de fantasmes, d'archéologie, enjeux qui se retrouvent souvent en contradiction, opposition. On sent que les autrices connaissent bien leur sujet et les personnages qui incarnent les visions ou les usages et besoins différents de la montagnes sont bien campés. Ca sent le vécu même je dirais ! Et c'est là tout l'intérêt de cette bd.
Les Évadés d'Alcatraz
A partir d'un fait divers célèbre, l'évasion de 3 prisonniers de la forteresse d'Alcatraz en juin 1962, les auteurs laissent libre cours à leur imagination pour nous proposer un thriller haletant. Les 3 hommes n'ont jamais été retrouvés et la version officielle est qu'il se sont noyés lors de leur tentative d'évasion. Dans cette fiction, leur destinée est tout autre et leur fuite ne sera pas de tout repos, il faut se cacher, se méfier, se cacher encore, fuir. Il leur faudra également de l'aide. Bref, ils ont ont beau être dehors, ils n'ont pas le sentiment d'une liberté totalement retrouvée. De déconvenues en complices pas fiables, en passant par des curieux génants, cette fuite prend des allures de road movie sanglant. Au rythme des chapitres, on les suit sur les différentes étapes sensées les conduire vers une vie meilleure. Mais plus on avance dans le récit et moins cet avenir parait lumineux. Le présent non plus n'est pas confortable. Recherchés, accompagnés par une complice vénale plus que serviable, les péripéties vont bon train. Il faudra jouer des poings, et plus, et ne pas faire de sentiment pour essayer de s'en sortir. L'idée de développer une fiction sur la base d'un évènement réel est bonne et bien développée. Au final le récit prend la forme d'un polar noir, rythmé et accrocheur. Pas forcément original dans son déroulement, c'est loin d'être la première histoire de gangsters en fuite. Mais l'histoire se démarque en exploitant très bien le postulat de départ. L'ambiance flirte sur cette ligne floue entre la réalité, enfin la version connue, et la fiction et ça fonctionne très bien.
Skating Wilder
Avec Skating Wilder, Aj Dungo (déjà remarqué pour In Waves) s’associe à Brandon Dumais pour proposer un roman graphique à la fois personnel et documentaire sur la culture skate. L’ouvrage revient aux origines du skateboard, né dans les années 50 sur la côte ouest américaine, lorsque les surfeurs privés de vagues ont commencé à “surfer” le bitume. Mais loin d’être un simple récit historique, la BD s’appuie sur le vécu des auteurs, notamment le parcours d’un ami marqué par un déménagement, pour donner une dimension intime à cette exploration. Le skate devient alors plus qu’un sport : un refuge, un langage, une identité. Ce qui frappe, c’est l’équilibre entre mémoire personnelle et fresque culturelle. On passe des “sidewalk surfers” aux figures emblématiques comme Tony Hawk, avec une fluidité qui rend la lecture aussi instructive que captivante. Graphiquement, Aj Dungo propose un style différent de In Waves : plus rond, plus urbain, presque influencé par une esthétique hip-hop. Le choix de deux couleurs dominantes : orange pour le passé, violet pour le présent, renforce l’aspect nostalgique et donne une vraie identité visuelle à l’ensemble. C’est simple, lisible, mais surtout très dynamique. Si l’émotion est moins intense que dans In Waves, Skating Wilder séduit par son authenticité et sa capacité à transmettre l’âme du skate : la liberté, les chutes, les rencontres, et cette culture née de la rue.