Les derniers avis (24 avis)

Par Blue boy
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Les Guerres de Lucas
Les Guerres de Lucas

Tome 2 Après la grosse galère liée à l’élaboration du premier Star Wars, on retrouve un George Lucas requinqué par le méga carton au box-office, avec des projets plein la tête. Non seulement la suite de la saga (qui restait hypothétique), mais la construction de son Skywalker Ranch, un havre de paix loin du tumulte d’Hollywood et destiné à accueillir les cinéastes, un immense campus équipé des dernières technologies pour « penser le cinéma de demain ». A sa femme, inquiète de le voir trop absorbé par ses projets, Lucas assure que cette fois, il déléguera l’élaboration de ses prochains films… Ainsi, pour « L’Empire contre-attaque », l’heureux élu sera Irvin Kershner, son ancien prof de fac ! Mais les choses ne seront pas aussi simples, et étrangement, l’histoire semble se répéter. De nombreux contretemps et de gros retards dans le tournage vont alourdir l’atmosphère, ce qui ne sera pas sans conséquence sur le budget… restait à croiser les doigts pour que le film connaisse le même succès… la suite de l’histoire, on la connaît, elle donnera raison à cet immense rêveur du neuvième art qu’est Lucas. Comme précédemment, la narration, basée sur une bibliographie riche, est extrêmement captivante et nous donne à voir un être exceptionnel, un cinéaste attachant dont les rêves aux dimensions « galactiques » ont révolutionné le cinéma. De plus, le personnage a su rester humain, très soucieux d’imposer son éthique jusque dans le « merch » qui devait notamment servir à financer son projet de campus du cinéma. Pour George Lucas, pas question d’associer « Star Wars » à des produits favorisant l’obésité ou la consommation d’alcool, ou encore de collaborer avec des sociétés sud-africaines dans le contexte de l’apartheid, durant cette fin des « seventies ». Selon sa philosophie, l’argent n’était qu’un moyen et non un but, quand bien même il savait qu’il risquait gros en finançant lui-même ses projets. Tout en allant à l’essentiel, Laurent Hopman sait nous offrir moult anecdotes qui combleront les fans, passionnantes même dans leur insignifiance, souvent amusantes. On aura même droit à une séquence sur la genèse des « Aventuriers de l’arche perdue », le film de Steven Spielberg coproduit par Lucas et sorti en salles quelques mois après « L’Empire contre-attaque ». Le tout est toujours très bien servi par le dessin nerveux et la mise en page hyper efficace de Renaud Roche. Avec toujours ce noir et blanc qui concède quelques touches à la couleur pour souligner des éléments-clé. Vous l’aurez compris, cet « épisode II » ne déçoit pas, tant s’en faut ! D’ailleurs, il semblerait que celui-ci rencontre un accueil aussi enthousiaste que son prédécesseur, tant critique que public, avec à la clé une sortie dans quinze pays hors de l’Hexagone. L’autre bonne nouvelle dans tout ça, c’est que les padawans que nous sommes peuvent se réjouir de la parution à venir du troisième tome, puisque le projet a été conçu dès le départ, assez logiquement, comme une trilogie. Et pour cela, de la patience nous devrons avoir ! Tome 1 Si ceux qui comme moi auront vibré en découvrant « Star Wars » dans leur prime jeunesse — et bien sûr par extension les fans les plus récents de la saga — seront sans aucun doute totalement emballés à la lecture de cette bande dessinée, il n’est pas impossible que les plus réfractaires l’apprécient. En effet, c’est d’abord l’ascension extraordinaire d’un homme mû par un imaginaire foisonnant et surtout l’histoire d’un film culte qui est présenté ici. On peut donc être simplement amateur de cinéma pour se plonger dans cette lecture… Abondamment documenté, l’ouvrage a été mené de main de maître par les deux auteurs, avec une symbiose parfaite entre les partitions graphique et narrative. On y découvre d’abord le personnage de Georges Lucas, cet enfant rebelle dont les rêves étaient « bigger than life ». L’homme, déjà tout gosse, avait une personnalité hors du commun, tête brûlée dans son adolescence et plutôt renfermé, il semblait habité par une volonté de fer pour donner corps à ses rêves…et il lui en aura fallu de la volonté pour franchir les innombrables écueils qu’il subit avant la sortie en salles du film, dans la douleur qui plus est… Même si Lucas avait déjà sa trilogie en tête, c’est le succès inattendu de ce premier opus au box office qui fut le catalyseur de l’impressionnante saga et de ses innombrables spin-offs, très inégaux il faut bien l’avouer, que nous connaissons aujourd’hui. C’est avec bonheur que l’on avale les 200 pages du livre, qui, en plus d’un personnage à la « vie intérieure bouillonnante », nous dévoile la genèse du tout premier Star Wars. On découvre que la compagne de George, Marcia, aura été d’un énorme soutien dans l’aboutissement de son projet, remanié mille fois avant sa version définitive ! Si les relations furent souvent houleuses avec les producteurs de studios, davantage préoccupés par l’appât du gain, celles avec les cinéastes furent heureusement plus amicales. On y croise ainsi Francis Ford Coppola, Steven Spielberg, l’autre homme qui aura transformé le cinéma dans ces années-là, Irvin Kershner (qui à l’époque n’avait pas encore réalisé « L’Empire contre-attaque »), Martin Scorsese et d’autres. Et puis les acteurs bien sûr, le trio magique composé d’Harrison Ford (recruté par défaut !), Carrie Fisher et Mark Hammill, mais aussi les seconds rôles, notamment l’acteur britannique Alec Guinness qui aura apporté son aura bienveillante au film. Le tout est passionnant, très complet, et truffé d’anecdotes croustillantes. On se gausse par exemple en apprenant que Han Solo aurait dû porter un col Claudine au lieu de sa fameuse tunique échancrée, si son interprète, par un réflexe salutaire, n’avait pas décidé de l’arracher. Le dessin de Renaud Roche est d’une efficacité redoutable dans sa simplicité. Il accompagne à merveille la narration extrêmement fluide. On apprend, de façon peu étonnante, qu’il a une expérience dans le storyboard. La mise en page va à l’essentiel et insuffle beaucoup de dynamisme au récit. La particularité graphique de cet album est qu’il n’est ni en noir et blanc ni en couleurs, l’auteur s’étant contenté d’ajouter ça et là des touches de couleurs pour souligner les éléments importants, renforçant encore le punch narratif. A croire que Roche a travaillé au pinceau-laser ! Si « Les Guerres de Lucas » ne représente que sa première bande dessinée en tant que co-auteur, on se dit que le jeune homme, illustrateur formé à l’école des Gobelins, a de l’avenir… Encore une fois, cette bande dessinée pourra largement captiver un lectorat au-delà des amateurs de la saga Star Wars. Sur une autre grille de lecture, elle montre le parcours admirable d’un homme qui en ayant concrétisé ses rêves par la puissance de sa « force » intérieure (on ne saurait mieux dire, et Lucas était loin d’être un communicant expansif, encore moins vénal !), nous offre une véritable leçon de vie. On peut dire que les Editions Deman, plutôt spécialisée dans la presse jusqu’à récemment, auront frappé fort avec la – seulement - troisième BD de leur collection. Déjà récompensée de prix divers (France Info, Fnac-France Inter), « Les Guerres de Lucas » ont rencontré également un succès critique et public. Laurent Hopman, à la fois co-fondateur de la société et scénariste de l’ouvrage, semble avoir eu du flair, inspiré peut-être par une force mystérieuse venue d’outre-espace…

12/04/2024 (MAJ le 06/01/2026) (modifier)
Par cac
Note: 4/5
Couverture de la série Les Idoles malades
Les Idoles malades

Derrière cette couverture aux accents moebiusiens, ce livre contient plusieurs courtes histoires de David Sourdrille sans grand rapport avec la couverture ni le titre. Petit clin d'oeil de Robert Crumb en introduction, et là je me demande comment ça se fait que je n'ai jamais entendu parler de cet auteur avant... Bon il est vrai que seulement 3 albums chez un éditeur un brin confidentiel, ça n'aide pas à se faire un nom. Pourtant cet album est très drôle, mettant en scène l'auteur dans des situations cocasses, voire oniriques quand il évolue dans des histoires barrées et se réveille à la fin dans une référence assumée à Winsor McCay. Les névroses sexuelles sont aussi présentes et là on comprend que Crumb aime cet auteur. J'ai aussi beaucoup aimé l'histoire parodiant Batman. Enfin son dessin ligne claire est très appréciable.

06/01/2026 (modifier)
Par Titanick
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Petit pays
Petit pays

Poignant. Surtout quand on sait que c’est directement inspiré des souvenirs d’un gamin qui a vécu ces évènements. On comprend que Gaël Faye ait choisi les auteurs de Marzi pour adapter son livre en BD. Le résultat est on ne peut plus réussi. Ce n’est pas seulement le regard de l’enfant sur la guerre, c’est ce qu’il vit au quotidien et les petites choses qui se passent et qui ne signifient pas grand-chose pour lui au début. Des disputes de gamins, des tensions dans le couple de ses parents, les informations qui lui parviennent mais lui passent un peu au dessus de la tête… C’est normal, il pense à ses copains, à aller jouer… Les auteurs ont très bien réussi, par ce biais, à faire monter la tension doucement. Le lecteur est pris dans cet engrenage. On connaît tous ce qui s’est passé via les infos, du moins en théorie. Parce que, pour l’immense majorité d’entre nous, on ne l’a pas vécu ni rien d’approchant. Et cette bd arrive à nous happer et nous faire entrapercevoir ce que cette famille a pu vivre. C’est poignant, c’est angoissant, c’est magnifique (peut-on employer ce mot en pareil cas?) Et le graphisme y participe pleinement. Le dessin et beau, mais il ne prend pas le dessus et n’occulte pas l’histoire. J’avais déjà lu Déogratias sur ce même conflit pour lequel j’avais eu un peu de mal avec le graphisme. Mais toute comparaison est inutile. Chaque témoignage est utile, essentiel même. Coup de coeur pour celui-ci.

06/01/2026 (modifier)
Par Canarde
Note: 4/5
Couverture de la série Hazara Blues
Hazara Blues

Hé bien contrairement à mes collègues, j'ai apprécié ce témoignage. Ce livre m'a été offert pour Noël et je l'ai ouvert sans aucune préparation. J'avais du lire vos avis mais je n'ai pas fait de lien. Les premières pages m'ont séduites sur l'idée que raconter son parcours à une juge de l'OFPRA , c'est comme se transformer en une Shéhérazade qui doit captiver le roi Shariar et le tenir en haleine jusqu'au matin pour espérer rester en vie. Et cette préparation de l'esprit associée à un dessin dépaysant qui peut émerveiller et déconcerter tour à tour, m'ont accompagnés et happés pendant ces 236 grandes pages en deux couleurs. Bleu et blanc quand le héros Reza ( hazara Iranien venu d'Afghanistan) parle au scénariste. Rouge et blanc quand il parle à la juge dont le buste est prolongé par une queue gigantesque hérissée de pattes. Vert, noir et blanc quand on suit Reza dans son parcours, depuis l'enfance jusqu'à son arrivée à Paris. Le mot hazara n'évoquait rien pour moi et je suis surprise que ce nouveau voyage en pays de dictature ait pu m'intéresser autant alors qu'on a déjà tant lu d'histoires absurdes et dramatiques où l'exclusion arbitraire se déploie sur plusieurs pays en s'acharnant sur des minorités... ( juives, tziganes, ouïgoures, arméniennes, ...hazara) Si bien que c'est la douleur qui devient l'identité de ces populations. Et comment retrouver une vie normale après ? Reza Sahibdad nous raconte et raconte à la juge une histoire que nous puissions comprendre. Mais que comprenons nous de cette vie de paria, bien au chaud dans notre fauteuil ? Reza a les yeux un peu trop bridés pour vivre à Kaboul, un peu trop bridés pour vivre à Téhéran, il pourra vivre à Paris...mais sans les siens. Il reconstruit quelque chose sur ce terreau de craintes. Les autres, ceux qui sont restés, vivent à moitié. Merci pour cette BD .

06/01/2026 (modifier)
Couverture de la série Knight club
Knight club

Un avis rapide pour conforter la bonne impression de mes prédécesseurs, je ne suis pas spécialement fan de l’auteur mais là rien a dire. Emporté le Tom. Ne cherchez pas une once d’originalité dans le récit, hormis le contexte des croisades, l’auteur nous sort un classique 7 mercenaires (ou samouraïs), un groupe hétérogène qui bon gré, mal gré vont se retrouver à protéger un village. Ouah on a jamais vu ça !! Un canevas classique et éprouvé mais sublimé par l’auteur. Pas tant le dessin qui reste conforme à ce que l’on a déjà pu voir de lui, ça sent grave la palette graphique (un style dont je ne raffole pas particulièrement) mais archi fluide et bien typé dans ses personnages, on avale les quasi 200 pages sans s’en apercevoir. C’est le rythme et le ton donnés par l’auteur qui ont marché du tonnerre sur moi, j’ai eu le smile durant toute ma lecture. Alors c’est sûr, il ne faut pas être allergique à un phrasé différent de l’époque dépeinte, les dialogues sont frais, modernes comme la « bêtise » de chaque personnages. Ça paraît simple mais (pour paraphraser Ro) un rendu très abouti et particulièrement plaisant. 0 reproche si ce n’est que ça va être maintenant bien long avant de découvrir la suite, on en redemande tellement en quittant l’album.

06/01/2026 (modifier)
Par Simili
Note: 4/5
Couverture de la série Le Maître d'armes
Le Maître d'armes

De mes lointains souvenirs d'écolier, il me semble qu'à l'époque du Moyen Age la société était divisée en 3 ordres : La Noblesse, le Clergé et le Tiers Etat; Les deux premiers imposant leur rang au 3ème qui était donc de fait soumis au nom de la volonté divine. En partant de ce postulat, et surfant sur tout l'ésotérisme et l'obscurantisme entourant cette période dans l'imaginaire collectif, Dorison nous livre un scénario soigné et que j'ai trouvé pour ma part plaisant. Dans "Le Maitre d'Armes" nous suivons les aventures de Hans Stalhoffer, ancien maitre d'armes du roi qui accompagne un jeune protestant dans son voyage vers la Suisse. Poursuivis par des fanatiques ainsi que par un ancien rival, leur crime est d'avoir voulu permettre aux vilains de lire la parole de Dieu. Ce n'est pas la première fois que Dorison se risque sur le terrain de la religion médiévale, puisque déjà quasiment vingt ans avant il signait Le Troisième Testament. Et comme son grand frère cet ouvrage semble souffrir des mêmes défauts aux yeux des passionnés d'Histoire. J'avoue que, pour ma part, si je reste attacher à ce que les auteurs ne réinvente pas l'Histoire (Voir mes différents avis sur Watchmen ou Cinq branches de coton noir), je suis tellement ignorant de cette période que je ne suis pas choqué par les différents scénarios complotistes pouvant s'y dérouler. Je trouve même que l'époque s'y prête très bien. Ayant si peu confiance en la nature humaine, je ne peux être surpris par l'oppression des faibles par les puissants afin de maintenir leurs privilèges. Indépendamment de l'histoire écrite par Dorison, que j'ai donc appréciée (comme souvent avec lui), les dessins de Parnotte sont également très plaisants et pour la peine très imprégnants (ça se dit ?). Leur travail conjoint nous a donc offert une belle œuvre. J'ai donc lu cet ouvrage comme je regarde un bon film d'action, c'est à dire avec beaucoup de plaisir. Par ailleurs le fait que cela ne soit qu'un one-shot ne gâche pas le plaisir bien au contraire.

06/01/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Comme un oiseau dans un bocal - Portraits de surdoués
Comme un oiseau dans un bocal - Portraits de surdoués

3.5 Décidément, j'aime bien le travail de Lou Lucie. C'est une autrice pleine de talent qui bâtit des œuvres originales et variées. Ici, c'est un documentaire qui parle des surdoués lorsqu'ils sont adultes et il y a un côté fiction vu qu'on va suivre un gars oiseau surdoué qui rencontre une fille poisson qui a des problèmes et se demande si elle ne serait pas surdouée. Le sujet est intéressant et il y a tellement d'informations que cela aurait pu finir par être ennuyeux, mais heureusement c'est raconté de manière captivante. Il faut dire que le dessin est vraiment agréable. Rien qu'en regardant le dessin j'ai envie de lire le bande dessinée peu importe la quantité de texte. Les deux personnages principaux sont attachants et on emmène leurs problèmes de manière naturelle. En tout cas, j'ai bien aimé cette lecture qui m'a appris plusieurs choses. On voit que les surdoués sont loin des stéréotypes qu'on voit habituellement dans les œuvres de fiction.

05/01/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série L'Académie Clair-Obscur
L'Académie Clair-Obscur

L'Académie Clair-Obscur est la plus célèbre école de magie de ce monde où seuls certains développent suffisamment de pouvoir pour devenir magiciens. Ce talent étant généralement héréditaire, les plus puissants d'entre eux ont formé peu à peu des familles nobles traitant avec dédain le peuple non sorcier. Jusqu'au jour où un jeune paysan se révèle doté d'un immense pouvoir et est invité à rejoindre les rangs de l'école, sous le regard méprisant de la noblesse. Cette série reprend les éléments de nombreuses séries jeunesse. Nous passerons sur le nom de cette école et de la série, qui rappellera forcément un jeu vidéo à succès cette année. Nous avons droit à un brave bouseux soudainement doté d'un immense pouvoir, rappelant Lanfeust de Troy, jusqu'à sa mèche de cheveux décolorés. Il sera envoyé dans une école qui évoque celle de Harry Potter, où il se fera des amis de toutes origines et personnalités, à la manière de Freaks' Squeele ou plus récemment Bouhland. Et l'ensemble suit les codes du shonen nekketsu, où un jeune héros doté d'un énorme potentiel va peu à peu gravir les échelons et montrer à un ordre bien établi que la bravoure et la gentillesse peuvent changer le monde. Beaucoup d'éléments déjà vus, donc ? Oui, mais ça fonctionne ! C'est un récit prenant et rythmé. Si le héros est le gentil couillon, les protagonistes qui l'entourent sont intéressants et leurs personnalités apportent une vraie saveur au récit. L'album introduit une galerie dense de personnages, parfois nombreux dès le début, mais la lecture reste claire et agréable, grâce notamment à des procédés narratifs comme les lettres manuscrites qui permettent de mieux comprendre caractères, points de vue et intentions. La lutte des classes est présente, parfois un peu simplifiée, mais bien perceptible, et cela ajoute une certaine profondeur à un scénario qui autrement tient davantage du bon divertissement. Le premier tome pose les bases : on découvre Daimon, quelques personnages clés et les premiers enjeux qui s'annoncent. Les péripéties sont ponctuées d'humour et de moments touchants, et la tension est présente sans être écrasante. La BD est ainsi accessible aux adolescents, mais son univers, sa galerie de personnages et les subtilités sociales qu'elle contient la rendent également agréable pour un public adulte. Côté dessin, le travail de Grelin est plutôt réussi. Lui aussi poursuit une veine shonen. Il se focalise sur les personnages au détriment de décors parfois trop épurés mais cela permet une bonne dynamique. Et l'ensemble est soutenu par une palette de couleurs douce sans être trop mièvre. L'ensemble contribue à immerger facilement le lecteur dans ce monde fantastique et en faire ressortir son énergie. L'Académie Clair-Obscur offre un premier tome prometteur : malgré des codes classiques du genre, l'attachement immédiat aux personnages, l'humour et l'ambiance de récit shonen en font une lecture agréable et prenante. J'espère que la suite saura surprendre et s'épanouir.

05/01/2026 (modifier)
Couverture de la série The Grocery
The Grocery

Une série étonnante, assez prenante, typique du label 619. La culture urbaine revisitée, dans une ville de Baltimore fantasmée, plus proche d’une cité mexicaine de la frontière gangrénée par les gangs que d’une métropole américaine policée. Le dessin de Singelin est déjà proche de ce qu’il a produit plus tard, avec des personnages aux formes bizarres – ici plus qu’ailleurs, avec ces personnages quasi animaliers aux formes s’éloignant fortement de tout réalisme, des pieds minuscules, etc. (j’ai juste eu du mal parfois à distinguer entre eux certains personnages). Mais, une fois entré dans cet univers, on s’y fait facilement. Et j’ai beaucoup aimé le travail de colorisation. Quant au récit, il est très rythmé donc, assez violent. Ducoudray nous présente une société américaine pourrie de l’intérieur, rejetant dans les marges les anciens combattants, et tous ceux qui n’entrent pas dans le cadre idéal. En ce sens, on découvre ici une contre société, qui singe la « normale » pour mieux l’investir, pour permettre à ceux qu’elle rejette de vivre quand même, avec des codes brutaux – mais finalement pas si éloignés de ceux du libéralisme (ou du Trumpisme…) moderne. J’ai lu la série dans l’intégrale (je ne connais donc pas le tome zéro), d’une traite, et avec plaisir. Une lecture recommandée. Note réelle 3,5/5.

05/01/2026 (modifier)
Par Titanick
Note: 4/5
Couverture de la série L'Attaque des slips tueurs - Une BD hilarante pour apprendre à décrypter les fake news (Alerte : Culottes meurtrières)
L'Attaque des slips tueurs - Une BD hilarante pour apprendre à décrypter les fake news (Alerte : Culottes meurtrières)

Un titre et une couverture qui vont attirer l’oeil des jeunes (et qui ont attiré le mien à la bibli). Un documentaire sur les fake news, destiné au jeune public, mais qui pourrait bien être utile à tout âge. En quelques chapitres courts et percutants, l’auteure explique la différence entre info et infox. Et pourquoi certains créent ces infox et les diffusent. Et pourquoi il peut être tentant d’y croire. Et comment les reconnaître et exercer son esprit crititque. Le tout expliqué sous forme d’un dialogue, avec des exemples parlants et des personnages amusants. Du beau boulot, à mettre dans tous les CDI et les biblis – et à faire lire aux parents !

05/01/2026 (modifier)