J'ai beaucoup aimé cet album sur lequel je n'avais aucun a priori.
N'ayant aucune attente, j'ai découvert avec beaucoup d'intérêt cet épisode de la Seconde Guerre mondiale que je ne connaissais pas.
Je trouve que le récit est très bien mené et l'enquête d'Isabelle Maroger sur son histoire familiale est passionnante et sidérant en même temps.
Même s'il ne développe pas, s'il ne va pas chercher les méandres de l'idéologie nazie, ce témoignage est poignant et à le mérite d'exister !
Le dessin, qui pourrait sembler simpliste au début et même de type enfantin, est en fait une ligne claire très dynamique, judicieusement colorée parfois, et très bien illustrée, qui peut faire penser à Sempé, et qui supporte bien le récit.
Au final pour un premier album, une réussite.
Un album utile et à diffuser au plus grand nombre.
Jacques Ramirez est un as du service après vente de la Robotop, entreprise d'électroménager. Sauf qu'il est aussi le portrait craché de son père qui, lui, est également un as dans son domaine : le nettoyage pour les cartels. S'ensuivra toute une série de quiproquos entrainants notre brave Jacquo dans une folle chevauchée.
C'est quoi cette put… de BD ?
Nicolas Pétrimaux rend un hommage magnifique au cinéma d'action des 80's-90's mais également à ses premiers amours, le jeu vidéo en plongeant son héros dans une sorte de GTA absolument délirant et par conséquent délicieux.
Quel régal que de suivre les aventures complètement folles de cet employé modèle et surtout qu'est ce que l'on se marre.
Nicolas Pétrimaux a pensé à absolument tout. Les clins d'œil à la culture pop sont ultra présents (Magnum par exemple) y compris dans les fausses pubs qui sont justes … exceptionnelles
Enfin le dessin est hyper dynamique, à l'image de l'intrigue , les différentes gueules des protagonistes sont géniales, les décors bien modélisés, les couleurs parfaites. On sent un vrai talent chez l'auteur
Alors pourquoi ne pas mettre la note maximale à cette série qui aura su me transporter avec bonheur dans son univers ?
Et bien juste parce que je réserve le "culte" lorsque la série sera enfin finie.
Espérons qu'elle le soit un jour car elle le mérite 10 000 fois
https://www.flinguerramirez.com/iffr-3-chargement-toujours-en-cours/#:~:text=L'attente%20de%20l'acte,Le%2011%20avril%202025.
Rome me fascine, mais je dois dire que les péplums et même Alix prêtent plus à rire à leurs dépens qu'autre chose. Mais Murena ! Série parfaite, vraiment parfaite, dessins, dynamisme du découpage, intrigues et sérieux historique. On voudrait que cette série n'ait pas de fin, mais on a peur qu'elle dégénère, comme ce qui est trop long, quel dilemme ! Néron n'est bien sûr pas l'incendiaire de Rome, ne fut-ce que pour le rappeler cette histoire est de salubrité publique. L'utilisation de gladiateurs pour l'intrigue est bien vue : elle apporte de l'action et est cohérente avec les mœurs de l'époque où on s'en servait parfois pour la bagarre en dehors des arènes. Deux sont intéressants : un Noir que je dirais loyal et détaché, dont la présence rappelle que le racisme est une invention moderne, non antique, une femme, eh oui, on les a invibilisé par la suite, au secret que je me garderais bien de dévoiler… Bref; levons le pouce pour cette série !
J'ai lu cette bd par devoir vu que le roman est prestigieux et le mangaka aussi et que je m'étais exempté du roman… Intéressant ! Juste équilibre entre le gâchis et le glauque. Déchéance donc glauque, tragique car inévitable.
Je me doutais que ce serait triste, je pensais en fait que ce serait encore plus dur… Que je m'explique : il y a quelques éclaircies, mais on est d'autant plus d'humeur sombre que notre protagoniste les gâche. Les femmes lui sont indulgentes, mais il les tire vers le bas.
Une notation psychologique assez profonde : il est dit que sans argent, il n'y a plus d'amour dans le couple. Non parce que la femme chercherait l'argent, mais parce que sans l'argent, l'homme perd sa foi en lui-même, son allant, sa capacité à aimer sa femme, et que l'amour s'en va dans ce naufrage.
L'argent ne donne pas l'amour, mais du moins, avec lui on n'est pas accablé de ces problèmes minant le couple, et c'est déjà ça. Or donc le papa du fils à papa lui coupe les vivres, problème ! Si le déclassé finit par gagner un peu d'argent en dessinant des mangas, pour tenir le rythme il doit se droguer ! Le malheureux boit d'abord pour s'amuser, ensuite pour tenir, et tous ces excès le laissent sur le carreau avant que son frère ne finisse par le prendre en charge.
Dessin, bravo, arrive à exprimer la déchéance, mais avec assez de dynamisme pour qu'il nous tienne… Ainsi, on lit la déchéance de notre pauvre victime jusqu'au bout.
On tire une certaine compassion de ce destin mais aussi un avertissement : attention aux mauvaises fréquentations ! Notre déchu ne pouvait éviter les domestiques et dépendait de son père… Mais c'est le faux ami qui l'a achevé. Tant qu'à lui, sans mauvaises intentions, il a tiré les femmes avec qui il allait vers le bas, elles qui croyaient qu'en le protégeant, en l'encourageant, elles le tireraient du malheur. Eh bien, pas du tout, elles tombaient dans son malheur !
Didier Tronchet consacre cet album au football amateur, à travers une série de petites scènes d'une page qui racontent ses souvenirs, ses sensations et tout ce qui fait le charme des matchs du dimanche entre copains. Pas le foot pro, pas les stades géants ni le business, mais le terrain vaguement boueux, les équipes bricolées et le simple plaisir de jouer ensemble.
Je précise tout de suite que je ne suis pas du tout foot. Vraiment pas. Je déteste le stéréotype de la soirée pizza-foot entre potes, les très rares fois où j'ai essayé je jouais très mal et je me suis toujours senti complètement étranger à ce sport, sans parler de tout ce que le football professionnel véhicule aujourd'hui (argent, spectacle, médiatisation à outrance), ce qui m'a toujours rebuté. Du coup, je partais avec un a priori certain.
Et pourtant, ça a marché.
Je trouve toujours au dessin de Tronchet un véritable charme. Ce n'est pas beau au sens académique, mais c'est vivant, très humain, avec un chouette travail sur les couleurs. Il colle parfaitement à ces petites scènes de vestiaires, de terrains pourris et de copains qui se chambrent. Surtout, il y a une vraie tendresse partout. L'humour est doux, souvent autodérisoire, jamais méchant.
Ce que j'ai vraiment apprécié, c'est la façon dont il présente le foot comme un prétexte à être ensemble, à partager un même esprit fait de règles, mais aussi de hargne à vouloir gagner sur le terrain et pas forcément dans le reste de la vie. L'amitié, la mauvaise foi bon enfant, la solidarité, le simple bonheur de courir après un ballon comme des gosses. On est à des années-lumière du sport business. Ici, il n'y a que des types un peu nuls, un peu maladroits, mais heureux d'être là. Et cette humanité là, je l'ai trouvée très touchante. Tout autant que cette relation père-fils dont il parle : quel bonheur de partager une passion avec son fils.
Franchement, réussir à me faire apprécier une BD sur le football alors que j'ai toujours détesté l'image que j'avais de ce sport, c'est presque un petit exploit. Rien que pour ça, je considère que c'est une vraie réussite.
'Dans la tête de Sherlock Holmes' brille surtout, il faut l'avouer, par l'originalité de sa mise en page qui se retrouve jusque dans la première de couverture dont la tête de Sherlock Holmes est découpée, comme une fenêtre ouverte dans l'esprit du célèbre détective. Esthétiquement, tout est parfait, du vieillissement artificiel des pages avec des jaunissements et des taches d'encre, en passant par les cases dont les formes rappellent le sujet de l'intrigue, jusqu'au trait des personnages très original et collant parfaitement à l'esprit de la bande dessinée.
Ici, comme indiqué au dos des ouvrages, tout est voué et dédié au déroulement et à la mécanique de l'enquête. Le parti-pris initial est ainsi d'immerger le lecteur dans la tête de Sherlock Holmes en le faisant pénétrer à l'intérieur de son mental et en déroulant avec lui le fil des indices et des déductions qui en découlent. Cet enchainement est d'ailleurs matérialisé par un fil rouge qui se déroule tout au long des pages des deux tomes composant chaque histoire. L'enquête est également agrémentée de quelques cartes très esthétiques situant les déplacements effectués par le détective et son partenaire, le docteur Watson. Ce duo est d'ailleurs assez comique avec un Sherlock rabrouant régulièrement Watson et se moquant de son manque de flair.
De part l'idée de départ des auteurs, cette série qui, rappelons-le, ne fait que débuter (trois tomes parus à ce jour), possède toutefois le défaut de ses qualités à savoir un certain classicisme dans l'histoire traitée qui pourra manquer, selon certains, de dramaturgie ou de quelques retournements de situations. Mais cela n'a pas été préjudiciable concernant ma lecture. J'ai tout de même une petite préférence pour l'intrique du tome 3 dont l'univers écossais et le mystère du loch Leathan ajoutent à l'ambiance de la BD.
En conclusion, je ne peux attribuer que la note maximale pour saluer l'originalité de la démarche et la qualité de la réalisation. Vivement les prochains tomes !
SCENARIO (Originalité, Histoire, personnages) : 8/10
GRAPHISME (Dessin, colorisation) : 10/10
NOTE GLOBALE : 18/20
Une BD tout aussi déroutante que son titre ! Et que de difficultés à poser sur papier mon ressenti.
Avec du recul, le dessin est bon voire très bon si l’on se concentre plus particulièrement sur les corps.
C’est davantage la colorisation au feutre qui peut perturber.
Les couleurs sont criardes mais cela colle plutôt bien à l’environnement global du récit (sans détour, tranché..).
Le travail de colorisation sur les ombres est parfois un peu léger : de grands aplats avec des coloris inadaptés et disposés de manière hasardeuse sur les visages et/ou chevelures.
En soit, rien de bien méchant au regard des deux gros bémols que j’ai noté :
- L’identification d’un personnage d’une scène à l’autre ou pire, lors d’une même scène.
En effet, les choix de l’auteur de mettre en avant des visages informes (surtout lors de scènes familiales avec beaucoup de personnes), de couper ces visages par le cadrage ainsi que de ne pas réutiliser (délibérément (?)) d’une case à l’autre la même palette de couleurs propre à un personnage (cheveux, teinte de peau, habits…) sont autant d’obstacles à la reconnaissance des personnages.
- L’identification de la parole avec une lecture pas toujours intuitive des bulles : un sens prioritaire de lecture plutôt de haut en bas que de gauche à droite, des bulles éloignées de leur source et bien souvent dépourvues de direction.
Et quand ces deux problèmes se cumulent, alors là jackpot !
Je ne vous dis pas la difficulté à se reconstituer les échanges. J’ai parfois dû m’y reprendre à 3 ou 4 fois pour bien comprendre qui dit quoi…
Côté narration, j’ai trouvé le traitement de l’histoire déséquilibré.
Après recherche, le roman sur lequel repose cette BD a été construit comme un triptyque. Et même si j’ai plus perçu cette BD comme un diptyque, je comprends donc mieux le choix de Sylvain Bordesoules de respecter cette construction narrative.
La première partie du récit est lente.
Elle pose les bases afin de bien appréhender l’environnement dans lequel les personnages évoluent. Pour cela, la narration s’appuie sur un enchaînement de scènes du quotidien ayant lieu durant l’été qui précède l’entrée au collège de notre protagoniste et de son pote de tous les combats.
On y découvre une violence normalisée dans les relations sociales et plus généralement dans la relation au vivant. La violence pour rompre l’ennui, la violence pour tromper ses peurs ?
A L’inverse, la narration s’accélère en seconde moitié de récit.
Cette fois-ci, elle se repose davantage sur des événements clés de la jeune vie du protagoniste, tout d’abord durant ses années collèges et ensuite lors de la période internat au lycée.
C’est d’ailleurs cette toute dernière tranche de vie (années lycée) qui me laisse malheureusement sur ma faim.
Comme grogro avant moi, j’ai eu l’impression que l’auteur s’empêtrait et que le chemin à suivre s’obscurcissait à l’approche de la fin du récit.
J’ai par exemple fini par perdre le sens de la représentation allégorique du chien (présente pourtant depuis le tout début du récit).
Pour résumé très brièvement : une narration encore trop brouillonne dans sa construction (1ère BD de l’auteur si je me réfère au site) mais qui ne laisse personne indifférent de par les thématiques abordées et le traitement de ces dernières.
Une histoire touchante, et il me semble, crue de vérités.
Note réelle : 3.5 / 5
Je découvre ici un Delisle éloigné de ce que je connais majoritairement de lui. C’est évidemment beaucoup moins autocentré. Mais, cet album possède quand même des qualités documentaires qu’on retrouve dans plusieurs de ses productions.
En tout cas, au-delà d’une biographie d’Eadweard Muybridge, de sa relation avec la magnat californien Stanford, c’est un pan d’Histoire entier que Delisle nous fait découvrir, à savoir le cheminement, lent mais s’accélérant, qui va mener à l’invention, au développement de la photographie, puis du cinéma (toutes les principales figures – américaines, mais surtout françaises – apparaissent donc dans cet album).
Un album très riche donc, mais avec une narration fluide, aérée, glissant régulièrement les photos originales pour compléter le récit. On ne s’ennuie jamais, et on est captivé par cette histoire, bien au-delà du personnage de Muybridge.
Comme tout le monde, je connaissais ses célèbres photographies décomposant le mouvement d’animaux, d’hommes. J’avais découvert le bonhomme et Stanford avec l’album Le Maître de California Hill. Mais ce dernier était centré sur Stanford, et ses relations avec Muybridge, tandis que l’album de Delisle est plus complet et ambitieux – par là même plus intéressant.
J’ajoute que son dessin est lui aussi agréable, dynamique, simple et efficace. Mention spéciale pour la conclusion, et la façon dont Delisle nous présente la mort (crise cardiaque) de Muybridge.
Un bel album, instructif et plaisant à lire.
Ça n’est pas forcément le récit le plus original, et il y a quelques facilités scénaristiques auxquelles il faut s’habituer. Mais, globalement, ces trois albums procurent une lecture plaisante, rythmée, intéressante.
On est dans un classique huis-clos dans l’espace (ici dans un vaisseau spatial endommagé/abandonné), dans lequel Kuroi (auteur que je découvre avec cette série) fait monter la tension (il y a un peu de « Sa majesté des mouches » dans cette lutte à mort entre gamins).
Deux niveaux de narration s’entrecroisent – ce qui permet de varier les plaisirs, et de multiplier les sources d’angoisse/tension : quelques dizaines d’enfants/ados seuls survivants dans un vaisseau spatial où l’oxygène va commencer à manquer, et alors qu’une information (une capsule existe permettant à une seule personne de s’enfuir et d’être sauvée) entraine un déchaînement de violence pour être le/la survivant(e) (ceci est narré par l’un des gamins, qui tient un journal, et des pilleurs d’épaves, découvrant longtemps après ce drame le vaisseau abandonné – et le journal – et progressant de plus en plus difficilement dans celui-ci.
Le huis-clos est bien utilisé, le côté survival désespéré des gamins, l’exploration dangereuse des visiteurs tiennent le lecteur en haleine. Le dessin de Kuroi est bon – même si les scènes de combats/massacres ne sont pas toujours très claires. Chaque début d’album voit quelques pages traitées différemment, avec une sorte de colorisation métallique donnant un rendu hyper réaliste pas désagréable, avant qu’on ne retourne au Noir et Blanc classique.
Le troisième tome joue sur un autre registre que les précédents. Les derniers survivants éliminés, quelques révélations, rebondissements maintiennent le lecteur en haleine, même si le rythme baisse clairement. L’auteur a fait le choix d’un atterrissage en douceur, avec une fin plus lumineuse et optimiste que ne le laissait entrevoir les sanglants épisodes précédents.
Quelques remarques bémols (les facilités évoquées plus haut). D’abord on peut être étonné en tant que lecteur que le jeune tenant à jour les événements dramatiques dans son journal le fasse de façon dépassionnée (alors que la priorité est de sauver sa peau, tout le monde s’entre tuant sauvagement). Ensuite le fait qu’il relate tous les événements se déroulant partout – y compris forcément ceux auxquels il n’a ni participé ni eu de témoignage direct.
Ensuite, comme dans certaines séries télé se déroulant dans un lieu circonscrit, et dans lesquelles à chaque épisode apparaissent des protagonistes surgis d’on ne sait où – et qui vont évidemment être les victimes de l’épisode, Kuroi use parfois de personnages (ados/gamins) qu’on n’avait jamais vus auparavant, pour un court moment, avant qu’ils ne soient éliminés (je pense à ces deux adolescentes dans le deuxième tome).
Enfin, je n’ai pas été convaincu par le cynisme absolu – et un peu trop caricatural de ceux qui étaient aux baguettes de cette struggle for life.
Mais bon, malgré ces remarques, ça reste quand même une série prenante et qui, sans sortir des sentiers battus, n’ennuie jamais le lecteur, maintient toujours suffisamment de tension pour le captiver. Un bon divertissement, donc, noir et sanglant.
Note réelle 3,5/5.
Cet album est un recueil d'histoires courtes et de gags très variés, sans véritable fil conducteur, qui enchaînent les situations absurdes, les décalages historiques, les chutes cruelles ou idiotes, bref tout ce qui faisait le charme de l'humour Fluide Glacial, même si certaines d'entre elles ont été publiées dans le Psikopat et Aaarg !
Pendant toute ma lecture de cet album, j'étais persuadé d'avoir affaire à un album caché de Larcenet. Même trait, même énergie graphique, même façon de passer d'un style à l'autre sans prévenir, et surtout le même sens du gag absurde et couillon très marqué Fluide Glacial des années 90. Ayant déjà vu Larcenet se dissimuler derrière de faux noms sur Minimal notamment, j'étais persuadé que c'était lui qui se cachait ici sous le pseudonyme de L'Abbé.
On retrouve la souplesse de son trait, capable d'être caricatural, nerveux ou semi-réaliste selon le gag, avec une expressivité constante. Et les interventions de Maester dans les marges, sous forme de petits dessins-commentaires, prolongent parfaitement l'esprit maison, comme un clin d'œil complice à toute une époque du magazine. Mais non, je constate que L'Abbé est bien une autre personne, un auteur bien plus jeune qui relève avec brio le défi de succéder à ses influences : j'apprécie.
Le rythme est percutant, souvent très efficace, avec un vrai sens du timing comique. Ça fait mouche régulièrement, j'ai ri de bon cœur à plusieurs passages, ce qui ne m'arrive pas souvent. Et cela inclut les commentaires de Maëster dans les marges qui sont souvent très drôles.
Cependant, tout n'est pas au même niveau et certaines histoires tombent un peu plus à plat, ce qui m'empêche d'avoir un vrai coup de cœur.
Même si l'album est inégal, j'ai ressenti un vrai plaisir nostalgique : celui de retrouver un type d'humour que j'aimais beaucoup plus jeune. Et ça fait du bien de voir qu'un auteur comme L'Abbé peut encore faire revivre cette veine-là avec autant d'aisance.
Note : 3,5/5
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Lebensborn
J'ai beaucoup aimé cet album sur lequel je n'avais aucun a priori. N'ayant aucune attente, j'ai découvert avec beaucoup d'intérêt cet épisode de la Seconde Guerre mondiale que je ne connaissais pas. Je trouve que le récit est très bien mené et l'enquête d'Isabelle Maroger sur son histoire familiale est passionnante et sidérant en même temps. Même s'il ne développe pas, s'il ne va pas chercher les méandres de l'idéologie nazie, ce témoignage est poignant et à le mérite d'exister ! Le dessin, qui pourrait sembler simpliste au début et même de type enfantin, est en fait une ligne claire très dynamique, judicieusement colorée parfois, et très bien illustrée, qui peut faire penser à Sempé, et qui supporte bien le récit. Au final pour un premier album, une réussite. Un album utile et à diffuser au plus grand nombre.
Il faut flinguer Ramirez
Jacques Ramirez est un as du service après vente de la Robotop, entreprise d'électroménager. Sauf qu'il est aussi le portrait craché de son père qui, lui, est également un as dans son domaine : le nettoyage pour les cartels. S'ensuivra toute une série de quiproquos entrainants notre brave Jacquo dans une folle chevauchée. C'est quoi cette put… de BD ? Nicolas Pétrimaux rend un hommage magnifique au cinéma d'action des 80's-90's mais également à ses premiers amours, le jeu vidéo en plongeant son héros dans une sorte de GTA absolument délirant et par conséquent délicieux. Quel régal que de suivre les aventures complètement folles de cet employé modèle et surtout qu'est ce que l'on se marre. Nicolas Pétrimaux a pensé à absolument tout. Les clins d'œil à la culture pop sont ultra présents (Magnum par exemple) y compris dans les fausses pubs qui sont justes … exceptionnelles Enfin le dessin est hyper dynamique, à l'image de l'intrigue , les différentes gueules des protagonistes sont géniales, les décors bien modélisés, les couleurs parfaites. On sent un vrai talent chez l'auteur Alors pourquoi ne pas mettre la note maximale à cette série qui aura su me transporter avec bonheur dans son univers ? Et bien juste parce que je réserve le "culte" lorsque la série sera enfin finie. Espérons qu'elle le soit un jour car elle le mérite 10 000 fois https://www.flinguerramirez.com/iffr-3-chargement-toujours-en-cours/#:~:text=L'attente%20de%20l'acte,Le%2011%20avril%202025.
Murena
Rome me fascine, mais je dois dire que les péplums et même Alix prêtent plus à rire à leurs dépens qu'autre chose. Mais Murena ! Série parfaite, vraiment parfaite, dessins, dynamisme du découpage, intrigues et sérieux historique. On voudrait que cette série n'ait pas de fin, mais on a peur qu'elle dégénère, comme ce qui est trop long, quel dilemme ! Néron n'est bien sûr pas l'incendiaire de Rome, ne fut-ce que pour le rappeler cette histoire est de salubrité publique. L'utilisation de gladiateurs pour l'intrigue est bien vue : elle apporte de l'action et est cohérente avec les mœurs de l'époque où on s'en servait parfois pour la bagarre en dehors des arènes. Deux sont intéressants : un Noir que je dirais loyal et détaché, dont la présence rappelle que le racisme est une invention moderne, non antique, une femme, eh oui, on les a invibilisé par la suite, au secret que je me garderais bien de dévoiler… Bref; levons le pouce pour cette série !
La Déchéance d'un homme
J'ai lu cette bd par devoir vu que le roman est prestigieux et le mangaka aussi et que je m'étais exempté du roman… Intéressant ! Juste équilibre entre le gâchis et le glauque. Déchéance donc glauque, tragique car inévitable. Je me doutais que ce serait triste, je pensais en fait que ce serait encore plus dur… Que je m'explique : il y a quelques éclaircies, mais on est d'autant plus d'humeur sombre que notre protagoniste les gâche. Les femmes lui sont indulgentes, mais il les tire vers le bas. Une notation psychologique assez profonde : il est dit que sans argent, il n'y a plus d'amour dans le couple. Non parce que la femme chercherait l'argent, mais parce que sans l'argent, l'homme perd sa foi en lui-même, son allant, sa capacité à aimer sa femme, et que l'amour s'en va dans ce naufrage. L'argent ne donne pas l'amour, mais du moins, avec lui on n'est pas accablé de ces problèmes minant le couple, et c'est déjà ça. Or donc le papa du fils à papa lui coupe les vivres, problème ! Si le déclassé finit par gagner un peu d'argent en dessinant des mangas, pour tenir le rythme il doit se droguer ! Le malheureux boit d'abord pour s'amuser, ensuite pour tenir, et tous ces excès le laissent sur le carreau avant que son frère ne finisse par le prendre en charge. Dessin, bravo, arrive à exprimer la déchéance, mais avec assez de dynamisme pour qu'il nous tienne… Ainsi, on lit la déchéance de notre pauvre victime jusqu'au bout. On tire une certaine compassion de ce destin mais aussi un avertissement : attention aux mauvaises fréquentations ! Notre déchu ne pouvait éviter les domestiques et dépendait de son père… Mais c'est le faux ami qui l'a achevé. Tant qu'à lui, sans mauvaises intentions, il a tiré les femmes avec qui il allait vers le bas, elles qui croyaient qu'en le protégeant, en l'encourageant, elles le tireraient du malheur. Eh bien, pas du tout, elles tombaient dans son malheur !
Footballeur du dimanche
Didier Tronchet consacre cet album au football amateur, à travers une série de petites scènes d'une page qui racontent ses souvenirs, ses sensations et tout ce qui fait le charme des matchs du dimanche entre copains. Pas le foot pro, pas les stades géants ni le business, mais le terrain vaguement boueux, les équipes bricolées et le simple plaisir de jouer ensemble. Je précise tout de suite que je ne suis pas du tout foot. Vraiment pas. Je déteste le stéréotype de la soirée pizza-foot entre potes, les très rares fois où j'ai essayé je jouais très mal et je me suis toujours senti complètement étranger à ce sport, sans parler de tout ce que le football professionnel véhicule aujourd'hui (argent, spectacle, médiatisation à outrance), ce qui m'a toujours rebuté. Du coup, je partais avec un a priori certain. Et pourtant, ça a marché. Je trouve toujours au dessin de Tronchet un véritable charme. Ce n'est pas beau au sens académique, mais c'est vivant, très humain, avec un chouette travail sur les couleurs. Il colle parfaitement à ces petites scènes de vestiaires, de terrains pourris et de copains qui se chambrent. Surtout, il y a une vraie tendresse partout. L'humour est doux, souvent autodérisoire, jamais méchant. Ce que j'ai vraiment apprécié, c'est la façon dont il présente le foot comme un prétexte à être ensemble, à partager un même esprit fait de règles, mais aussi de hargne à vouloir gagner sur le terrain et pas forcément dans le reste de la vie. L'amitié, la mauvaise foi bon enfant, la solidarité, le simple bonheur de courir après un ballon comme des gosses. On est à des années-lumière du sport business. Ici, il n'y a que des types un peu nuls, un peu maladroits, mais heureux d'être là. Et cette humanité là, je l'ai trouvée très touchante. Tout autant que cette relation père-fils dont il parle : quel bonheur de partager une passion avec son fils. Franchement, réussir à me faire apprécier une BD sur le football alors que j'ai toujours détesté l'image que j'avais de ce sport, c'est presque un petit exploit. Rien que pour ça, je considère que c'est une vraie réussite.
Dans la tête de Sherlock Holmes
'Dans la tête de Sherlock Holmes' brille surtout, il faut l'avouer, par l'originalité de sa mise en page qui se retrouve jusque dans la première de couverture dont la tête de Sherlock Holmes est découpée, comme une fenêtre ouverte dans l'esprit du célèbre détective. Esthétiquement, tout est parfait, du vieillissement artificiel des pages avec des jaunissements et des taches d'encre, en passant par les cases dont les formes rappellent le sujet de l'intrigue, jusqu'au trait des personnages très original et collant parfaitement à l'esprit de la bande dessinée. Ici, comme indiqué au dos des ouvrages, tout est voué et dédié au déroulement et à la mécanique de l'enquête. Le parti-pris initial est ainsi d'immerger le lecteur dans la tête de Sherlock Holmes en le faisant pénétrer à l'intérieur de son mental et en déroulant avec lui le fil des indices et des déductions qui en découlent. Cet enchainement est d'ailleurs matérialisé par un fil rouge qui se déroule tout au long des pages des deux tomes composant chaque histoire. L'enquête est également agrémentée de quelques cartes très esthétiques situant les déplacements effectués par le détective et son partenaire, le docteur Watson. Ce duo est d'ailleurs assez comique avec un Sherlock rabrouant régulièrement Watson et se moquant de son manque de flair. De part l'idée de départ des auteurs, cette série qui, rappelons-le, ne fait que débuter (trois tomes parus à ce jour), possède toutefois le défaut de ses qualités à savoir un certain classicisme dans l'histoire traitée qui pourra manquer, selon certains, de dramaturgie ou de quelques retournements de situations. Mais cela n'a pas été préjudiciable concernant ma lecture. J'ai tout de même une petite préférence pour l'intrique du tome 3 dont l'univers écossais et le mystère du loch Leathan ajoutent à l'ambiance de la BD. En conclusion, je ne peux attribuer que la note maximale pour saluer l'originalité de la démarche et la qualité de la réalisation. Vivement les prochains tomes ! SCENARIO (Originalité, Histoire, personnages) : 8/10 GRAPHISME (Dessin, colorisation) : 10/10 NOTE GLOBALE : 18/20
L'Été des charognes
Une BD tout aussi déroutante que son titre ! Et que de difficultés à poser sur papier mon ressenti. Avec du recul, le dessin est bon voire très bon si l’on se concentre plus particulièrement sur les corps. C’est davantage la colorisation au feutre qui peut perturber. Les couleurs sont criardes mais cela colle plutôt bien à l’environnement global du récit (sans détour, tranché..). Le travail de colorisation sur les ombres est parfois un peu léger : de grands aplats avec des coloris inadaptés et disposés de manière hasardeuse sur les visages et/ou chevelures. En soit, rien de bien méchant au regard des deux gros bémols que j’ai noté : - L’identification d’un personnage d’une scène à l’autre ou pire, lors d’une même scène. En effet, les choix de l’auteur de mettre en avant des visages informes (surtout lors de scènes familiales avec beaucoup de personnes), de couper ces visages par le cadrage ainsi que de ne pas réutiliser (délibérément (?)) d’une case à l’autre la même palette de couleurs propre à un personnage (cheveux, teinte de peau, habits…) sont autant d’obstacles à la reconnaissance des personnages. - L’identification de la parole avec une lecture pas toujours intuitive des bulles : un sens prioritaire de lecture plutôt de haut en bas que de gauche à droite, des bulles éloignées de leur source et bien souvent dépourvues de direction. Et quand ces deux problèmes se cumulent, alors là jackpot ! Je ne vous dis pas la difficulté à se reconstituer les échanges. J’ai parfois dû m’y reprendre à 3 ou 4 fois pour bien comprendre qui dit quoi… Côté narration, j’ai trouvé le traitement de l’histoire déséquilibré. Après recherche, le roman sur lequel repose cette BD a été construit comme un triptyque. Et même si j’ai plus perçu cette BD comme un diptyque, je comprends donc mieux le choix de Sylvain Bordesoules de respecter cette construction narrative. La première partie du récit est lente. Elle pose les bases afin de bien appréhender l’environnement dans lequel les personnages évoluent. Pour cela, la narration s’appuie sur un enchaînement de scènes du quotidien ayant lieu durant l’été qui précède l’entrée au collège de notre protagoniste et de son pote de tous les combats. On y découvre une violence normalisée dans les relations sociales et plus généralement dans la relation au vivant. La violence pour rompre l’ennui, la violence pour tromper ses peurs ? A L’inverse, la narration s’accélère en seconde moitié de récit. Cette fois-ci, elle se repose davantage sur des événements clés de la jeune vie du protagoniste, tout d’abord durant ses années collèges et ensuite lors de la période internat au lycée. C’est d’ailleurs cette toute dernière tranche de vie (années lycée) qui me laisse malheureusement sur ma faim. Comme grogro avant moi, j’ai eu l’impression que l’auteur s’empêtrait et que le chemin à suivre s’obscurcissait à l’approche de la fin du récit. J’ai par exemple fini par perdre le sens de la représentation allégorique du chien (présente pourtant depuis le tout début du récit). Pour résumé très brièvement : une narration encore trop brouillonne dans sa construction (1ère BD de l’auteur si je me réfère au site) mais qui ne laisse personne indifférent de par les thématiques abordées et le traitement de ces dernières. Une histoire touchante, et il me semble, crue de vérités. Note réelle : 3.5 / 5
Pour une fraction de seconde - La vie mouvementée d'Eadweard Muybridge
Je découvre ici un Delisle éloigné de ce que je connais majoritairement de lui. C’est évidemment beaucoup moins autocentré. Mais, cet album possède quand même des qualités documentaires qu’on retrouve dans plusieurs de ses productions. En tout cas, au-delà d’une biographie d’Eadweard Muybridge, de sa relation avec la magnat californien Stanford, c’est un pan d’Histoire entier que Delisle nous fait découvrir, à savoir le cheminement, lent mais s’accélérant, qui va mener à l’invention, au développement de la photographie, puis du cinéma (toutes les principales figures – américaines, mais surtout françaises – apparaissent donc dans cet album). Un album très riche donc, mais avec une narration fluide, aérée, glissant régulièrement les photos originales pour compléter le récit. On ne s’ennuie jamais, et on est captivé par cette histoire, bien au-delà du personnage de Muybridge. Comme tout le monde, je connaissais ses célèbres photographies décomposant le mouvement d’animaux, d’hommes. J’avais découvert le bonhomme et Stanford avec l’album Le Maître de California Hill. Mais ce dernier était centré sur Stanford, et ses relations avec Muybridge, tandis que l’album de Delisle est plus complet et ambitieux – par là même plus intéressant. J’ajoute que son dessin est lui aussi agréable, dynamique, simple et efficace. Mention spéciale pour la conclusion, et la façon dont Delisle nous présente la mort (crise cardiaque) de Muybridge. Un bel album, instructif et plaisant à lire.
Léviathan (Ki-oon)
Ça n’est pas forcément le récit le plus original, et il y a quelques facilités scénaristiques auxquelles il faut s’habituer. Mais, globalement, ces trois albums procurent une lecture plaisante, rythmée, intéressante. On est dans un classique huis-clos dans l’espace (ici dans un vaisseau spatial endommagé/abandonné), dans lequel Kuroi (auteur que je découvre avec cette série) fait monter la tension (il y a un peu de « Sa majesté des mouches » dans cette lutte à mort entre gamins). Deux niveaux de narration s’entrecroisent – ce qui permet de varier les plaisirs, et de multiplier les sources d’angoisse/tension : quelques dizaines d’enfants/ados seuls survivants dans un vaisseau spatial où l’oxygène va commencer à manquer, et alors qu’une information (une capsule existe permettant à une seule personne de s’enfuir et d’être sauvée) entraine un déchaînement de violence pour être le/la survivant(e) (ceci est narré par l’un des gamins, qui tient un journal, et des pilleurs d’épaves, découvrant longtemps après ce drame le vaisseau abandonné – et le journal – et progressant de plus en plus difficilement dans celui-ci. Le huis-clos est bien utilisé, le côté survival désespéré des gamins, l’exploration dangereuse des visiteurs tiennent le lecteur en haleine. Le dessin de Kuroi est bon – même si les scènes de combats/massacres ne sont pas toujours très claires. Chaque début d’album voit quelques pages traitées différemment, avec une sorte de colorisation métallique donnant un rendu hyper réaliste pas désagréable, avant qu’on ne retourne au Noir et Blanc classique. Le troisième tome joue sur un autre registre que les précédents. Les derniers survivants éliminés, quelques révélations, rebondissements maintiennent le lecteur en haleine, même si le rythme baisse clairement. L’auteur a fait le choix d’un atterrissage en douceur, avec une fin plus lumineuse et optimiste que ne le laissait entrevoir les sanglants épisodes précédents. Quelques remarques bémols (les facilités évoquées plus haut). D’abord on peut être étonné en tant que lecteur que le jeune tenant à jour les événements dramatiques dans son journal le fasse de façon dépassionnée (alors que la priorité est de sauver sa peau, tout le monde s’entre tuant sauvagement). Ensuite le fait qu’il relate tous les événements se déroulant partout – y compris forcément ceux auxquels il n’a ni participé ni eu de témoignage direct. Ensuite, comme dans certaines séries télé se déroulant dans un lieu circonscrit, et dans lesquelles à chaque épisode apparaissent des protagonistes surgis d’on ne sait où – et qui vont évidemment être les victimes de l’épisode, Kuroi use parfois de personnages (ados/gamins) qu’on n’avait jamais vus auparavant, pour un court moment, avant qu’ils ne soient éliminés (je pense à ces deux adolescentes dans le deuxième tome). Enfin, je n’ai pas été convaincu par le cynisme absolu – et un peu trop caricatural de ceux qui étaient aux baguettes de cette struggle for life. Mais bon, malgré ces remarques, ça reste quand même une série prenante et qui, sans sortir des sentiers battus, n’ennuie jamais le lecteur, maintient toujours suffisamment de tension pour le captiver. Un bon divertissement, donc, noir et sanglant. Note réelle 3,5/5.
L'Abbé
Cet album est un recueil d'histoires courtes et de gags très variés, sans véritable fil conducteur, qui enchaînent les situations absurdes, les décalages historiques, les chutes cruelles ou idiotes, bref tout ce qui faisait le charme de l'humour Fluide Glacial, même si certaines d'entre elles ont été publiées dans le Psikopat et Aaarg ! Pendant toute ma lecture de cet album, j'étais persuadé d'avoir affaire à un album caché de Larcenet. Même trait, même énergie graphique, même façon de passer d'un style à l'autre sans prévenir, et surtout le même sens du gag absurde et couillon très marqué Fluide Glacial des années 90. Ayant déjà vu Larcenet se dissimuler derrière de faux noms sur Minimal notamment, j'étais persuadé que c'était lui qui se cachait ici sous le pseudonyme de L'Abbé. On retrouve la souplesse de son trait, capable d'être caricatural, nerveux ou semi-réaliste selon le gag, avec une expressivité constante. Et les interventions de Maester dans les marges, sous forme de petits dessins-commentaires, prolongent parfaitement l'esprit maison, comme un clin d'œil complice à toute une époque du magazine. Mais non, je constate que L'Abbé est bien une autre personne, un auteur bien plus jeune qui relève avec brio le défi de succéder à ses influences : j'apprécie. Le rythme est percutant, souvent très efficace, avec un vrai sens du timing comique. Ça fait mouche régulièrement, j'ai ri de bon cœur à plusieurs passages, ce qui ne m'arrive pas souvent. Et cela inclut les commentaires de Maëster dans les marges qui sont souvent très drôles. Cependant, tout n'est pas au même niveau et certaines histoires tombent un peu plus à plat, ce qui m'empêche d'avoir un vrai coup de cœur. Même si l'album est inégal, j'ai ressenti un vrai plaisir nostalgique : celui de retrouver un type d'humour que j'aimais beaucoup plus jeune. Et ça fait du bien de voir qu'un auteur comme L'Abbé peut encore faire revivre cette veine-là avec autant d'aisance. Note : 3,5/5