Les derniers avis (10 avis)

Par Miguelof
Note: 5/5
Couverture de la série Prince Valiant
Prince Valiant

Bien qu'il se déclarait souvent insatisfait, je crois que Hal Foster a dû ressentir une certaine satisfaction personelle en réalisant Prince Valiant. Et moi, je continue à m’enthousiasmer en le lisant! Entre 1937 et 1970/71, environ 2000 pages! C'est un monument de la bande dessinée universelle, je n’ai aucun doute. Mais historique? Hal Foster, avec son génie créatif, a inventé un Moyen Âge idéalisé et fantaisiste, bien qu'il ait utilisé beaucoup de documentation et de recherches sur les armes, les châteaux, les lieux... Se déroulant supposément au Ve siècle de notre ère, entre la fin de l'Empire Romain d’Occident et le début du Moyen Âge, de nombreux doutes ou imprécisions chronologiques sont fréquents et subsistent. Références aux Vikings ou aux Musulmans, par exemple! Dans certaines batailles historiquement documentées, la bataille du mont Badon entre Bretons et Saxons Val aurait dû avoir prés de cent ans ! Foster représente des châteaux de pierre, des armures complètes en plaques, des tournois de chevalerie et une organisation féodale qui ne se consolideraient réellement que plusieurs siècles plus tard, surtout entre les XI? et XV? siècles. Les décors et l’architecture constituent un autre domaine où se manifestent des anachronismes. Des fortifications monumentales, des villes organisées, des cathédrales et des bâtiments d’inspiration gothique apparaissent fréquemment, bien que beaucoup de ces styles architecturaux n’existaient pas encore à l’époque où se déroule l’action. Ainsi, le Moyen Âge tel qu'il est dépeint dans la série correspond plus à l'imaginaire médiéval tardif qu'à la réalité historique de la période arthurienne. Mais ne gâchons pas notre plaisir ! Le titre de la série, « Prince Valiant au Temps du Roi Arthur » nous indique dès le départ un genre plus proche du médiéval fantastique, de la mythologie et du revivalisme celtique, sorte de revanche symbolique contre l’invasion et la domination saxonne de fait. L’élément fantastique est présent dès le début : dragons, géants, démons, sorcières et prophéties, le « jardin enchanté » de Merlin, Monsieur le Temps en personne! Camelot, les personnages du cycle arthurien sont présents dans leur intégralité, la quête du Saint Graal également. Cependant, Foster semble tenir à démystifier et à remplacer de plus en plus le fantastique par des explications vraisemblables et rationelles. Les dragons sont d'énormes crocodiles marins ou des dinosaures survivants de la préhistoire. Merlin explique à Val comment il produit ses démons. À la fin de la quête, le Graal n'a jamais existé ! Cependant, un certain merveilleux persiste : le mythique-poétique et le vrai surnaturel coexistent avec la réalité la plus empirique. Mais le christianisme est également présent, dès le début, et marque toute la série, surtout au niveau des valeurs. L'espace géographique parcouru est immense : de la côte norvégienne (Thule, le point de départ) aux îles britanniques, des îles de la Méditerranée à l'Afrique, à la Palestine ou à l'Amérique du Nord. De grands cycles épiques ont marqué la série, suivant en grande partie les mouvements guerriers et les déplacements de population à la fin de l'Empire romain, les migrations des peuples germaniques, eux-mêmes poussés par les Huns. De tout cela, Foster nous présente des scènes mémorables, des batailles contre les Saxons, la défense du mur d’Hadrien ou les combats contre les peuples des steppes. Val n'est pas un héros parfait. Il se soûle, cède à la colère et au désir de vengeance, fait des farces, tombe parfois dans le ridicule ; bien que le côté comique soit plus souvent assumé par d'autres personnages, Gawain par exemple. En alternance avec les cycles épiques, la vie familiale et quotidienne de Val se développait, souvent avec des péripéties comiques et des affaires assez banales. Mais même là, on remarque l'engagement de Foster, son sens de l'observation et son goût pour le commentaire psychologique sur le comportement humain, du plus mesquin au plus altruiste. Il y a aussi des anachronismes culturels et sociaux. Les relations entre les personnages, le rôle des femmes (Aleta en premier ! ) et certaines valeurs morales se rapprochent parfois des idées du XX? siècle. Bien que la narration conserve de nombreux éléments traditionnels de la chevalerie, plusieurs personnages féminins montrent une autonomie et une influence peu communes pour le contexte historique! Un de mes épisodes préférés, depuis toujours, est «La statuette indienne». Le contact entre différentes cultures, l’amour avec lequel Foster dessine et caractérise son propre pays, le fleuve St. Lawrence, les paysages et les coutumes des Indiens. Le rôle central d’Aleta devient de plus en plus déterminant dans le déroulement des événements et dans la résolution pacifique des conflits. Enfin, la naissance d’Arn, le premier caucasien à naître dans le Nouveau Monde ? Foster est un génie dans l'art du dessin et pas seulement dans les comics. Il mérite de faire partie de n'importe quelle histoire de l'art. La qualité de son dessin constitue une matrice, un canon pour le reste de la bande dessinée réaliste au niveau mondial jusqu'à aujourd'hui. La composition des vignettes, leurs séquences, même sans tenir compte du texte, sont exemplaires. D'ailleurs, le texte et les dessins peuvent parfois se lire indépendamment, sans tomber dans la redondance. C'est une leçon de dessin constante, des visages aux positions corporelles au repos ou en action, et l'auteur nous a souvent montré comment il faisait, à travers de petits cours pratiques. J'adore ça : un génie du dessin me montrant depuis le premier croquis jusqu'à l'œuvre finale comment il travaille ! Les éditions Zenda ont fait un travail assez raisonnable pour restituer un aspect proche de la publication originale dans les journaux américains. Les couleurs pâles n’écrasent pas le trait noir du dessin. Mais je dois avouer que je préfère d’autres éditions, en plus grand format et en noir et blanc. Foster travaillait ses planches en très grand format et, donc, plus c’est grand, mieux on voit tous les détails et la beauté de son dessin. J’ai la reproduction d’une page en taille réelle, la n°220 du 27-04-41, la fin do combat avec Angor Wrack et avec le poulpe géant au fond du puits: c’est tout simplement merveilleux de voir ainsi tous les détails !

06/08/2026 (modifier)
Par Miguelof
Note: 5/5
Couverture de la série 1984 (Coste)
1984 (Coste)

«Qui contrôle le passé contrôle l’avenir : qui contrôle le présent contrôle le passé». J’ai lu le roman d’Orwell en 1980, en même temps que j’ai lu Le Meilleur des mondes d’Aldous Huxley. Distopies alternatives : la terreur ou l’aliénation. Je pense qu’aujourd’hui nous vivons un peu des deux, mais je ne vais pas écrire maintenant un essai de philosophie politique. L’adaptation de Coste est excellente. Assez fidèle au texte original, elle aborde tous ses points forts. Mais c’est surtout visuellement que j’admire cette version ! C’est une œuvre d’art, comme le dit Blue boy. Les dessins, style croquis mais avec de grandes taches de couleur, jaune, rouge, bleu violet, de plus en plus gris et noir vers la fin, renforcent la sensation de répression et d’oppression. Les dessins d’architecture monumentale contribuent aussi à la caractérisation du poids totalitaire du régime. Je remarque une certaine influence de l'expressionnisme allemand des années 30, tant au cinéma que dans la peinture. Le film de M. Radford, avec John Hurt et Richard Burton, des acteurs que j'adore, n'a pas été très réussi comme adaptation. Je préfère Xavier Coste ! J’ai conseillé la lecture à plusieurs amis et collègues. Je leur ai dit : «Si tu veux une image du futur, imagine une botte écrasant un visage humain pour toujours».

05/08/2026 (modifier)
Par Présence
Note: 4/5
Couverture de la série Le Chien de Dieu
Le Chien de Dieu

Et il ne faut jamais oublier que la vérité de ce monde, c’est la mort. - Ce tome contient un récit complet, indépendant de tout autre, qui s’apprécie d’autant mieux avec une connaissance préalable sommaire de l’écrivain Louis-Ferdinand Céline (1894-1961). Son édition originale date de 2017. Il a été réalisé par Jean Dufaux pour le scénario et par Jacques Terpant pour les dessins et les couleurs. Il comporte soixante-sept planches de bande dessinée. Il se termine par une citation de Drieu La Rochelle extraite d’un texte paru dans la Nouvelle Revue Française de mai 1941 : Il y a du religieux chez Céline. C’est un homme qui ressent les choses sérieusement et qui, en étant empoigné, est contraint de crier sur les toits et de hurler au coin des rues la grande horreur des choses. Au moyen-âge il aurait été dominicain, chien de Dieu. Louis-Ferdinand Céline se trouve dans son pavillon de Meudon à sa table de travail. Il entend le discret bruit de pas des jeunes danseuses, et le tonnerre. Son flux de pensée : Grâce et légèreté c’est ainsi qu’il devrait être le monde. Mais le monde n’est que vacarme et insultes ! C’est le tonnerre, dit Lucette. Lucette, c’est elle qui leur apprend. Qui les rassure aussi. Il faut comprendre, le tonnerre, ça ne s’incruste pas, ça se laisse oublier… C’est pas comme le canon. L’ai-je entendu, celui-là. Sa gueulante qui vous rappelle à l’ordre, ce sera bientôt mont tour, mon grand… J’ai survécu, moi… Faut pas qu’ils oublient… Je suis un résistant, mon bon monsieur… Un réfractaire… Je résiste ! Mais je me laisse emporter… Le cours se termine… Faut que je sorte les poubelles… Y passent tôt le matin… C’est nouveau, ça… Rien que m’emmerder… J’en suis certain… Mais je résiste… Solide au poste… J’ai résisté à tout, n’est-ce pas ? Au lourd, au plat, au vulgaire, à toutes les magouilles possibles et imaginables… N’empêche… C’est vrai que ça claque comme un coup de canon. Le cours de danse se termine : Lucette les libère et les enjoint de se dépêcher de rentrer, il va pleuvoir. Elle s’adresse à l’une d’elle, lui faisant observer que c’est la troisième fois que Solange manque les cours, elle souhaite savoir s’il y a un problème. La demoiselle lui répond qu’elle est malade, qu’elle ne plus sortir, qu’elle ne sait pas si c’est grave, mais que ses parents sont inquiets. Le flux de pensée reprend son cours : Ah ! Les fillettes ! Les ballets… Coppélia, Le lac des cygnes… Y a que ça ! … Décoller enfin du sol… Oublier cette misérable pesanteur qui nous courbe, nous avilit… J’en ai connu une dans le temps qui dansait également… Une fée… Une vraie fée… Avec de longues jambes qui vous accrochaient le cœur. Elizabeth, qu’elle s’appelait. Elizabeth Craig. Ils s’étaient rencontrés à Genève, devant l’étalage d’une librairie. Depuis, elle l’attendait, pour l’emmener loin, plus loin à chaque fois… Louis-Ferdinand s’approche d’elle qui se tient adossée à un mur, et lui dit : Joli costume. Elle répond avec le sourire aux lèvres : Costume de scène, certains y sont sensibles… Un admirateur qui était présent dans la salle pendant les répétitions, s’approche. Une bande dessinée pas facile : pas facile à réaliser, pas facile à aborder… et très facile à lire. Les auteurs ont choisi de mettre en scène un écrivain dont la postérité est tiraillée entre un auteur d'une stature exceptionnelle, au rôle décisif dans l'histoire du roman moderne dixit George Steiner, 1929-2020, érudit, critique littéraire, linguiste, écrivain et philosophe, spécialiste de littérature comparée et de théorie de la traduction, et un antisémite écrivant les pires horreurs ce qui lui a valu d’être frappé d’indignité nationale, après la seconde guerre mondiale. Le récit commence en 1961, pour s’achever avec sa mort, en revenant sur des moments importants de sa vie. Le lecteur n’ayant jamais lu une ligne de cet écrivain suit le récit sans difficulté aucune, prenant au pied de la lettre ce qui lui est montré, que ce soit dans la reconstitution historique visuelle, ou que ce soit dans les moments racontés, les relations avec des personnalités de l’époque, ses avis très tranchés sur sa relation avec son éditeur, ses activités d’écriture et de médecin. Il relève des éléments biographiques, en particulier son service en tant que maréchal des logis lors de la première guerre mondiale, ainsi que l’obtention du prix Renaudot en 1932 pour Le voyage au bout de la nuit. S’il est familier de l’œuvre de Céline, il repère les éléments biographiques, qui rentrent en résonnance avec ses œuvres, ainsi que pour partie son style littéraire si particulier, avec les points de suspension. Dans les deux cas, il constate que l’antisémitisme de l’auteur est clairement affiché, sans être remis en cause, avec une légère mise en perspective. Pour peu qu’il ait déjà entendu parler ne serait-ce qu’une fois de cet écrivain, le lecteur a déjà en tête son visage, qui correspond aux dernières années de sa vie. Il retrouve ces traits familiers sous la plume de l’artiste qui, au vu de la période considérée, avait facilement à sa disposition les éléments d’archive. Dès la première page, avec une case consacrée à la guerre de 14-18, le lecteur comprend que la reconstitution historique va se structurer en deux : la période du présent du récit, c’est-à-dire 1961, et les périodes d’avant de la première à la seconde guerre mondiale. En fonction de son âge, il peut être plus ou moins familier avec les décors de banlieue du temps contemporain : le pavillon, la ville de Meudon, des rues de Paris, un autre quartier de Meudon. Il apprécie aussi bien les façades qui n’ont guère changé, les tables et les chaises d’une terrasse de café déjà frappées du style Paris, les arbres d’alignement, les péniches, une serre de jardin, des rues pavées, les modèles de voiture, les tenues vestimentaires, etc. Il regarde avec la même curiosité nostalgique les intérieurs : les nappes en plastique, le grand bureau en bois, le manteau de cheminée, une armoire bibliothèque avec des portes vitrées, un téléphone à cadran en bakélite, une boîte à gâteaux en fer blanc, une cage pour le perroquet, le grand bol à rayure, les bésicles, etc. Le dessinateur se met au service d’un scénario comportant une dimension littéraire, comprenant des extraits issus des œuvres et des lettres de l’auteur, recueillies dans Romans I, II, III, IV, et dans Lettres, au sein de la Bibliothèque de la Pléiade. Il reconstitue les autres époques du passé, dans un registre parfois réaliste, parfois onirique : la charge des 12e Cuirassiers fonçant vers la mort sous la mitraille, sabre au clair dans une ambiance crépusculaire, puis le maréchal des logis Destouches faisant avancer son cheval au pas dans les décombres d’une ville en ruine ravagée par la guerre, la macabre montée dans la galère de Caron où les soldats morts de la première guerre mondiale sont en train de ramer, les éventrés, les fusillés, éclopés, perclus de première classe… L’artiste sait concevoir des mises en scène permettant de rendre plausibles des séquences extraordinaires. Il y a cette relation saphique sous les yeux de Céline jeune, préférant la position de voyeur, plutôt que de participer, laissant entrevoir la position de l’écrivain se tenant en dehors du monde pour mieux l’observer, en dehors de la vie pour mieux en jouir. Il y a également ce repas en février 1944, dans l’ambassade d’Allemagne, rue de Lille, chez Otto Abetz qui reçoit quelques vieilles connaissances. Le dessinateur reconstitue avec conviction le décor rupin, l’hôtel particulier, la salle de réception avec ces bougeoirs, ses tableaux à la gloire d’Adolf Hitler et du troisième Reich, les invités se livrant à ce rituel social avec toute la dignité guindée de rigueur. Et puis l’exaspération de Céline qui se lève, se lance dans un discours entre diatribe et délire, entraînant dans son sillage son ami Gen Paul (1895-1975, Eugène Paul), lui -même exécutant un numéro littéralement suicidaire : des pages inoubliables. De séquence en séquence, l’expérience de lecture combine dans chaque scène, les pensées de Céline à partir des extraits de ses œuvres et de ses lettres, et l’évocation de moments de sa vie à l’évidence très documentés. De nombreuses personnalités sont ainsi évoquées : Gaston Gallimard (1881-1975) fondateur des éditions Gallimard, Arletty (Léonie Bathiat, 1898-1992) actrice, Henri Mahé (1907-1975) peintre, décorateur et réalisateur français, Georges Simenon (1903-1989) écrivain, Elizabeth Craig (1902-1989) danseuse américaine, Robert Denoël (1902-1945) et l’anecdote du manuscrit de Voyage au bout de la nuit (1936), l’abbé Antoine François Prévost (1697-1763) avec l’évocation de Histoire du chevalier Des Grieux et de Manon Lescaut (1731), Roger Nimier (1925-1962) écrivain français, chef de file du mouvement littéraire dit des Hussards. Le lecteur fait connaissance avec un être humain dans tout ce qu’il peut avoir de paradoxal, entre misanthropie assumée et bonnes actions pour certaines désintéressées, amour de l’art jusqu’à se tuer à la tâche et avidité de reconnaissance très intéressée, attention portée au bien-être des personnes autour de lui y compris des inconnus et antisémitisme des plus abjects. Même le néophyte peut ressentir la personnalité qui se dégage des œuvres de cet écrivain hors norme, se faire une idée sur cet individu complexe, méprisable et admirable. De ce point de vue, les auteurs atteignent leur objectif : s’interroger et communiquer leurs questions sur l’être humain qu’a pu être cet auteur. Ils ne transigent avec aucune des accusations portées contre lui. Ils évoquent son expérience de combattant de la première guerre mondiale de manière imagée, la réalité de ce qu’un homme peut ressentir devant un tel étalage de destruction, de massacre, tout en ayant lui-même éprouvé l’exaltation de se lancer dans un combat sur un champ de bataille. Cette morbidité trouve sa contrepartie dans la pratique de la médecine, dans la grâce et la beauté des jeunes danseuses, dans les amitiés, dans l’amour de Lucette Destouches. Une bande dessinée agréablement accessible au néophyte, et intéressante également pour le connaisseur de l’œuvre de Louis Ferdinand Céline. L’artiste fait œuvre d’une solide reconstitution historique, combinée à une narration visuelle vivante intégrant avec naturel les éléments littéraires, et les séquences exaltées, comme terre à terre. Il porte le scénario mêlant moments documentés et courts extraits choisis d’œuvres, pour faire un être humain créant des romans passés à la postérité : Voyage au bout de la nuit (1932), Mort à crédit (1936), D'un château l'autre (1957), Bagatelles pour un massacre (1937), Normance (1952). Complexe et convaincant.

05/08/2026 (modifier)
Couverture de la série Petit pays
Petit pays

J'ai découvert Gaël Faye à travers son album musical "Rythmes et botanique". Séduit par ses talents d'écriture, je me suis ensuite intéressé à son parcours. Ma fille ayant également étudié son roman "Petit pays" au collège – le livre dont cette bande dessinée est tirée –, j'avais également visionné l'adaptation cinématographique. J'avais trouvé cette dernière nettement plus édulcorée que le roman et moins poétique, un écueil que cette version en BD évite avec brio. Comme le soulignent de nombreux avis, ce roman graphique aborde sans filtre la guerre civile au Rwanda, le Burundi, et le génocide des Tutsis à travers le regard d'enfant de Gaël Faye (devenu Gabriel dans l'œuvre). Malgré la dureté des thèmes, l'auteur parvient à capturer la beauté du Burundi et la douceur de certains moments d'enfance. Rien n'est passé sous silence, de la relation complexe de ses parents (un père expatrié originaire du Jura), en passant par les dynamiques sociales entre les occidentaux (sur fond de colonialisme) et les autochtones ou encore le regard porté par les africains sur les métisses (qui ne sont pas considérés comme de vrais "noirs"). Tout est raconté avec une sensibilité et une subtilité très fidèles au roman original. L'anéantissement de sa mère, frappée par le massacre de sa famille au Rwanda, donne lieu à des passages particulièrement poignants, où la complexité de sa souffrance sonne vraiment très juste. Côté dessin, si le style reste classique, le graphisme s'avère très agréable à l'œil, parfaitement soutenu par une belle mise en couleur. J'ai particulièrement apprécié la couverture, qui illustre avec talent le saut dans l'inconnu et la perte d'innocence vécus par l'enfant qu'était Gaël Faye à cette époque tragique. Une œuvre poignante que je ne peux que qualifier de "culte" et qui devrait être lue dans tous les collèges de France. Scénario (Histoire, personnages, originalité) : 9,5/10 | Graphisme (Dessin, colorisation) : 8,5/10 | Note globale : 18/20

04/08/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série La Fragilité des hommes
La Fragilité des hommes

Un one-shot qui parle de problèmes actuels. C'est encore un album qui parle des problèmes d'une société patriarcale et il y a une originalité dans la présentation de ses problèmes. En effet, au travers l'histoire de l'ouverture d'un théâtre et d'une femme qui recueille les témoignages des habitants d'un petit village, on parle de l'importance de libérer la parole des femmes et de l'introspection des hommes sur leurs comportements de tous les jours. Le personnage principal masculin est terriblement humain et tous les hommes qui ne se sentent pas à l'aise à cause d'une faute qu'ils ont faite dans le passé vont se reconnaitre en lui. J'aime bien aussi l'ambiance de petit village français qui se dégage de l'album. Cela peut sembler bizarre, mais depuis que je suis petit à force de lire des bandes dessinées ou voir des films et séries (principalement français, mais parfois québécois) se passant à la campagne, ben j'aime bien les histoires se passant dans le monde rural et le dessin de Nicoby est très bon pour reconstituer ce monde rural. Le scénario est passionnant et on parle de problèmes graves sans tomber dans un manichéisme facile.

04/08/2026 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5
Couverture de la série Il faut flinguer Ramirez
Il faut flinguer Ramirez

Je me souviens du buzz autour du premier album quand il est sorti, indiquant que c'était de l'adrénaline, de la revisite du cinéma un peu noir, des références aux années 80... J'avais loupé le train, et les années ont passé. Un deuxième tome est sorti, et le hasard m'a mis ces deux opus entre les mains. Je dois dire que comme beaucoup, j'ai vraiment bien aimé cette course-poursuite dont le mec le plus anodin du monde est devenu malgré lui la victime. Nicolas Pétrimaux a vraiment bien ficelé son truc, truffé ses deux albums de clins d'œil divers et variés, mis de l'humour de manière assez cynique dans des encarts publicitaires. L'apparition de Sophian Cholet, avec lequel il a collaboré dans le passé, m'a fait sourire. J'aime vraiment beaucoup. Et j'ai hâte de lire la suite, qui se fait toujours attendre à l'heure où j'écris ces lignes...

02/08/2026 (modifier)
Par Dumont
Note: 5/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Philémon
Philémon

On dira que je ne suis pas objectif, car fan absolu des albums de "Philémon", que j'ai adorés pendant ma jeunesse et que j'ai achetés en bloc il y a quelques années. Chaque fois que je les relis, le même charme opère. Quand je vois certaines critiques, je suis peiné. Bien sûr, chacun a le droit aujourd'hui d'exprimer son opinion. Mais une somme d'opinions peu éclairées ne fait pas une conclusion à laquelle on doit se fier. Le dessin de Fred serait trop peu ceci ou trop cela, trop bâclé, peu lisible pour la jeunesse actuelle, les scénarii trop brouillons, trop chaotiques, etc. Les "Philémon" seraient la création d'un artiste paresseux... Que tout cela est médiocre! Que tout cela est à côté de la plaque! Que tout cela méconnaît les processus de création! Il faut avoir une âme d'adulte-enfant pour se laisser emporter par la magie des dessins de Fred et par son imagination débordante. Rien n'est paresseux chez Fred. Rien n'est facile, sauf en apparence. L'allure nonchalante des dessins et de la conduite des histoires est intentionnelle, elle participe du personnage et de l'ambiance. Ceux qui n'apprécient pas les "Philémon" me font penser au père de ce dernier: le papa de Philémon n'y croit pas; il n'y croit jamais, même quand il est lui-même plongé dans l'univers parallèle des lettres de l'Océan Atlantique même quand l'évidence devrait lui sauter aux yeux. Il a des œillères qui l'empêchent de voir et de croire ce qu'il voit. Eux, les bougons, n'y croient pas non plus, ne ressentent rien... Tant pis pour eux! Moi, je suis ébloui, et je passe des moments merveilleux à lire et à relire tous les albums, dans l'ordre qui convient: O C E A N A T L A N T I Q U E !

02/08/2026 (modifier)
Par Miguelof
Note: 4/5
Couverture de la série Flash Gordon
Flash Gordon

Je suis d’accord avec L'Ymagier et même plus ! Flash Gordon d’Alex Raymond est essentiel pour comprendre le poids de la science-fiction dans la bande dessinée jusqu’à aujourd’hui. Rien n’aurait de sens, depuis Luc Orient, Valérian ou UWI, même la heroic fantasy n’existerait pas. De Jacobs à Schuiten, ils doivent tous tellement à Alex Raymond ! Cela peut sembler naïf au niveau des histoires, totalement dépassé, mais c’est la base, la matrice à partir de laquelle tout est possible : voyages spatiaux, races extraterrestres, une équipe parfaite : Flash, le héros beau et fort, Zarkov le professeur scientifique avec sa pipe et la belle Dale Arden toujours en danger et qui a besoin d’être sauvée ! L’empereur Ming comme archétype de l’ennemi tortueux et machiavélique. La sensualité des personnages féminins, reines, servantes continue de hanter mes rêves ! Maintenant, sérieusement : Raymond était un grand dessinateur et prenait très au sérieux son travail, travaillant avec des modèles vivants pour chaque case! Il a continué avec cette rigueur dans Rip Kirby. C'est dommage que les éditions en français ne rendent pas entièrement justice au travail de l'auteur.

02/08/2026 (modifier)
Par Présence
Note: 5/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Crazyman
Crazyman

Vers Coumacoville. La ville où habitaient ses parents adoptifs. - Ce tome contient une histoire complète, une succession d’aventures d’un personnage récurrent avec une progression dramatique, pour un récit indépendant de tout autre. Son édition originale date de 2005. Il a été réalisé par Edmond Baudoin pour le scénario et les dessins. Il comprend quatre-vingts planches de bande dessinée. Lesdites aventures sont au nombre de cinq, précédées par un prologue intitulé Rencontre avec le rêveur, avec un épilogue en clôture. Elles portent comme titre : Virginité, Initiation, Crazyman découvre les mangas, Trahison, Crazyman chez les Indiens. Aux États-Unis dans le nord du Michigan, en bordure du lac supérieur, un homme à la forte carrure marche au bord de l’eau. Il en croise un autre qu’il dépasse d’une tête, et il lui adresse un bonjour. L’autre répond, se laisse dépasser, et se retourne sur la silhouette qui s’éloigne, songeur. Puis il repère un énorme tronc d’arbre échoué, il s’assoit sur un autre débris et il se met à dessiner le grand tronc. Au bout d’un moment il relève la tête, et il découvre que le grand costaud est en train de l’observer immobile. Ce dernier lui demande s’il dessine. Le rêveur répond que oui : il y a sur cette plage des milliers d’épaves de grands arbres échoués. Il en dessine un par jour, pour une future exposition. En retour, il lui demande s’il est en vacances. Paul Gravel répond que non, il est plutôt comme ces épaves sur la plage. Il se confie : il était un superhéros, Crazyman, c’était lui. Il continue : sur la brèche vingt-quatre heures sur vingt-quatre pour la protection de celles et ceux qui lui semblaient être les victimes du mal. Et dont certaines se sont avérées être plus noires que les méchants des griffes desquelles il les avait sorties. Il se souvient de cet enfant adorable et blond qu’il a sauvé in extremis avant le passage d’un train. Deux ans plus tard, cet enfant, adorable et blond, a tué sa sœur, sa mère, son père, son petit frère. Il y eut aussi cet agent de police qu’il a libéré alors qu’il était sur le point d’être exécuté. Un an plus tard il apprenait que ce policier se livrait à des pratiques contre nature régulièrement sur ses quatre enfants, et les trois de sa maîtresse. Mais le pire était à venir. Le 11 septembre 2001. Son intuition d’un danger l’a dirigé vers un petit chat coincé en haut d’un arbre du Bronx. Le 11 septembre 2001 il a sauvé un petit chat. La discussion entre les deux hommes continue, tout en marchant sur la plage. Paul explique que Louise n’est plus sa chérie, qu’à ses yeux il était un abruti. Il a été deux fois fidèle à cet amour platonique, et il est toujours puceau. En plus il est timide. Le rêveur rentre chez lui et retrouve sa compagne Julie. Il lui raconte son étrange rencontre, puis ils font l’amour à sa demande à elle. Le lendemain elle décide de marcher sur la plage pour voir si elle rencontre cet étrange individu. Elle repère ce qui lui semble un oiseau dans le ciel, et quelques instants après, Crazyman l’a prise dans ses bras et l’emmène sur une île. Elle lui trouve l’air contrarié et lui propose de parler tranquillement, de s’assoir avant car il l’intimide un peu. Elle pose sa tête contre son torse car elle veut éviter d’avoir du sable dans les cheveux. Edmond Baudoin qui se lance dans le superhéros américain ? N’importe quoi !!! Certes, à la réflexion il a bien collaboré avec l’éditeur Kodansha pour réaliser des mangas, adaptés en français dans Le Voyage (Baudoin) (1996), Salade niçoise (2002), en adoptant les codes narratifs propres au marché japonais de la bande dessinée. Bon, là, ça n’a pas une tête de comics, les chapitres étant de longueur inégale, sans respecter le format de vingt ou vingt-deux pages. En revanche, l’auteur semble être plus que familier de la mythologie du superhéros dont il s’inspire. Crazyman a comme identité civil Paul Gravet qui exerce le métier de journaliste comme Clark Kent. Il entretient une relation doublement platonique avec sa collègue Louise, en tant que collègue et en tant que superhéros. Son amie d’enfance, Laurie a également un prénom qui commence par la lettre L (comme Lois au Daily Planet, et Lana Lang à Smallville, ou encore Lori Lemaris). Ses parents habitent une petite ville à la campagne et sont fermiers comme Martha & Jonathan Kent. En outre, le connaisseur sourit quand Julie pense qu’elle a repéré un oiseau dans le ciel, comme dans la célèbre expression : C’est un oiseau… C’est un avion… C’est Superman ! Enfin les responsables éditoriaux du journal pour lequel travaillent Paul et Louise font observer que quand Paul enquête, Crazyman n’est jamais loin. Le lecteur observe que l’auteur a choisi d’écrire des histoires après que Paul ait abandonné son costume de superhéros, et que son nom sous-entend qu’il est le jouet d’une forme de folie. Pour autant, ces histoires se situent à des années-lumière de celles de Superman, créé en 1938 par Joe Shuster (1914-1992) & Jerry Siegel (1914-1996). Certes le personnage principal vole dans chaque histoire, il lit un comics de ses aventures à un jeune enfant, et il passe même la majeure partie du troisième épisode en question en costume des superhéros. Il est également question de son identité secrète, et de son goût pour l’altruisme. Il se retrouve enlevé par un groupe de rebelles armés, et il enquête sur la disparition de personnes à la rue dans une grande métropole. Toutefois les supercriminels sont absents et mis à part dans un monde virtuel il ne triomphe pas à coup de grands uppercuts. D’ailleurs la narration visuelle de l’artiste reste dans son registre habituel, sans mettre en valeur des musculatures gonflées aux stéroïdes ou à la créatine, ou des femmes dans des tenues très révélatrices mettant en valeur des poitrines hypertrophiées (à une exception près pour Tamiko). Le lecteur retrouve donc le trait caractéristique de ce dessinateur : des dessins majoritairement au pinceau, avec des contours irréguliers plein d’expressivité, du noir souvent charbonneux, parfois un peu baveux, et quelques parties à l’encre. C’est du pur Baudoin, avec parfois cette incongruité d’une armoire à glace en train de voler dans le ciel, de manière autonome. Tout comme pour son passage chez un éditeur de manga japonais, ce créateur conserve toute sa personnalité propre, ses idiosyncrasies graphiques, sans adapter celles de comics. Pour autant, le lecteur familier de son œuvre sent bien qu’il a réalisé des adaptations à son sujet, à sa démarche créatrice. Outre cette liberté de voler dans le ciel, il constate une importance plus grande donnée aux cités, aux mégapoles, ce personnage essentiel des comics de superhéros, que ce soit New York ou Tokyo. Il relève même un hommage direct au Tarzan de Burne Hogarth (1911-1996) le temps d’une case. Le fait de lire une fiction, avec de l’action, change aussi la sensation à la vue des planches, en particulier cette posture très assurée de Paul, grand et fort, se tenant bien droit. Ces chapitres comprennent également des moments d’interactions personnelles, certaines intimes. Lors de ces passages, le lecteur retrouve Baudoin tel qu’en lui-même : une approche expressionniste permettant de se faire une idée de l’état d’esprit du personnage, donnant à voir une ou plusieurs facettes de leur personnalité, par leur posture, leur expression, les éléments visuels mis en avant qui vont au-delà d’une description factuelle et propre sur elle. Les dessins expriment beaucoup plus que ce qu’ils décrivent : la profonde détresse émotionnelle de Paul, le caractère enjoué et joueur de Julie et la manière dont elle s’amuse de la gêne qu’elle provoque en Paul, l’incroyable agressivité comportementale de la première ville étrangère où s’arrête Paul, la détermination quasi fanatique qui anime la rebelle Isabella, la suffisance méprisante de Louise, la joie simple du garçon à qui Paul lit comics, etc. Le lecteur comprend rapidement ce qui a pu séduire un créateur comme Baudoin dans cette entreprise : prendre un personnage de superhéros innocent et pur, altruiste et courageux, et le faire passer délicatement à l’âge adulte. C’est ainsi que Paul se trouve fort dépourvu alors qu’il a renoncé à sauver la veuve et l’orphelin et toute sorte de victimes, en découvrant qu’être victime n’est pas synonyme d’être quelqu’un de bien. La découverte que l’Afrique est bien différente des récits d’explorateurs colonialistes des siècles précédents. La réalité des actions militaires à l’étranger (la guerre tue), ou encore la prédation sur les plus faibles comme les personnes à la rue. Paul perd ainsi son innocence et passe à l’âge adulte, processus inéluctable pour tout à chacun. Sans oublier cette étape essentielle et libératrice (pour lui) qu’est la perte de sa virginité. Et puis il y a le troisième épisode intitulé : Crazyman découvre les mangas. Dans un premier temps, le lecteur se trouve décontenancé par l’intrigue : combattre quatre personnages de nature très différente, qui pourraient être issus de différents types de manga. D’un autre côté, cela fait sens : raconter une histoire de superhéros constitue un questionnement culturel pour l’auteur, au travers du genre dominant en bande dessinée aux États-Unis, questionnement qu’il avait également effectué en réalisant des bandes dessinées pour le marché japonais. Dans chaque histoire, le lecteur ressent que l’auteur éprouve une sorte de tendresse pour son personnage : il ne raille pas son innocence, même s’il la pointe gentiment du doigt. Il ne se moque pas du concept de superpouvoir, même si son incongruité ressort avec évidence. Le lecteur voit bien que les préoccupations de Paul / ex Crazyman sont très similaires à celles de l’auteur lui-même. Il retrouve la fascination pour la femme et le plaisir à l’acte sexuel, une empathie et une sollicitude pour son prochain, une curiosité pour les différences culturelles, etc. D’ailleurs ce rêveur rencontré sur la plage, qui dessine des arbres, pourrait bien se prénommer Edmond. Et Crazyman pourrait bien être l’alter ego de ce dessinateur, une façon pour lui de se représenter son âme, d’incarner ses aspirations modèles, d’être l’allégorie d’une pureté idéale. Edmond Baudoin qui réalise un comics de superhéros ? N’importe quoi ! Ben non, pas tant que ça. Déjà parce que ledit superhéros, Crazyman, vient de mettre fin à sa carrière. Ensuite parce qu’il fait preuve des mêmes centres d’intérêt que l’auteur, et des mêmes grandes espérances. Ensuite parce la narration visuelle reste du pur Baudoin : des cases réalisées au pinceau, des traits de contour irréguliers irradiant une expressivité peu commune, une vitalité de chaque contour. Et puis ce personnage à l’âme enfantine qui se retrouve obligé de grandir devient l’allégorie des aspirations de son créateur, ainsi qu’une recherche de ce qu’expriment les comics de superhéros, tout comme il s’était lancé dans l’aventure de découvrir ce qu’il est possible d’exprimer dans les mangas. Formidable.

01/08/2026 (modifier)
Par Talum
Note: 4/5
Couverture de la série Le Feul
Le Feul

Après avoir refermé l’album, je n’ai pu dire qu’une seule chose : « Waouh… tout simplement waouh ! » La fin s’est révélée bien plus intéressante et profonde que je ne l’imaginais au début, et même au milieu de ma lecture. À mes yeux, trois tomes constituent la longueur idéale pour cette histoire. C’est suffisant pour s’attacher aux personnages, s’immerger dans l’univers, tout en conservant un rythme de narration dynamique. Cette histoire alterne des moments dramatiques très intenses et de belles scènes d’intimité entre les personnages. Malgré la brièveté de la série, tout est traité avec beaucoup de justesse. On croit vraiment à ce qui se passe. On n’a jamais l’impression que les événements surviennent uniquement parce que le scénariste en avait besoin. Il n’y a pas de « deus ex machina » ni de facilités scénaristiques. Le dessin est un véritable plaisir. L’aquarelle, en bande dessinée, est déjà un art à part entière. Mais lorsqu’elle s’accompagne d’un bon scénario, de personnages attachants et d’une histoire porteuse de sens, le résultat ne peut qu’impressionner.

01/08/2026 (modifier)