Connectez-vous pour cacher cette bannière publicitaire - Commander en ligne : pourquoi BDfugue ?

Les derniers avis (82 avis)

Par Josq
Note: 4/5
Couverture de la série Dans la tête de Sherlock Holmes
Dans la tête de Sherlock Holmes

Acheté grâce à un libraire qui était sans nul doute un proche parent du senhor Oliveira de Figueira de Tintin, je n'étais pas bien sûr d'apprécier cette étonnante bande dessinée. La faute à un dessin qui, s'il ne semblait pas d'une grande laideur, ne m'attirait pas outre mesure, avec son trop plein d'angles et sa stylisation qui me semblait moyennement coller à l'atmosphère victorienne, normalement toute en élégance et en fioritures. Je maintiens la partie de mon jugement sur le décalage entre le style graphique et l'ambiance du XIXe siècle, mais malgré cela, le dessin de Benoît Dahan fonctionne bien. On s'y habitue vite et il crée une atmosphère un peu déjantée, qui nous permet de ne pas prendre cette histoire pour plus que ce qu'elle n'est : une fantaisie qui pastiche Conan Doyle sans jamais prétendre à l'égaler. Et pourtant, Benoît Dahan et Cyril Lieron pourraient légitimement avoir cette prétention, car ces deux tomes nous fournissent véritablement tout ce qu'on attend d'une nouvelle ou d'un roman signé Conan Doyle. On retrouve le Sherlock Holmes originel avec un plaisir immense, tout est là pour faire de ce Ticket scandaleux une véritable affaire imaginée par l'auteur initial. Le procédé consistant à nous immerger dans la pensée de Sherlock Holmes relève à mon avis plus souvent de la poudre aux yeux que d'un véritable procédé narratif utile à l'intrigue, mais il donne une dimension extrêmement ludique au récit grâce à une inventivité visuelle assez prodigieuse, et finalement, ce n'est pas plus mal. La fiction reste traditionnelle grâce à suffisamment de cases classiques, mais est rehaussée par les scènes de réflexion où l'on visite la mansarde du détective (c'est-à-dire son cerveau). A la manière de ce qu'un Guy Ritchie a pu faire au cinéma, les auteurs s'amusent à souligner le récit avec de grands effets de mise en scène, mais ça passe mieux en bande dessinée, et met en valeur la dimension très "casse-tête" du récit sans jamais qu'on ne perde le fil, clairement matérialisé sous nos yeux à chaque page. Tout n'est pas parfait, certains effets de montage sont moins habiles que d'autres (plier les pages, regarder par transparence : dès qu'ils mettent la consigne, je trouve l'effet gratuit et un peu excessif), mais la plupart d'entre eux fonctionnent réellement, et on se prend bien au jeu, en cherchant à comprendre où va nous mener cette rocambolesque affaire. Si le premier tome est une parfaite réussite, le deuxième était attendu avec anxiété, car c'est lui qui allait nous montrer si les auteurs maîtrisaient leur histoire jusqu'au bout. Et la réponse est heureusement un grand oui ! Le deuxième tome relève brillamment le défi du premier, même si je l'ai trouvé légèrement inférieur au premier, la faute à un récit qui verse plus dans l'action et laisse donc moins de place aux jeux de déductions fascinants du détective. Néanmoins, la manière dont les fils se dénouent et le climax sont à la hauteur. Même si la révélation du pourquoi du comment est tout de même un peu rocambolesque, c'est bien dans le ton de la saga, et on imagine bien Conan Doyle imaginer un dénouement aussi absurde et cohérent, très britannique dans le style. Le seul défaut du tome 2, c'est que, du coup, la grande place laissée à l'action fait que le récit se lit pas mal plus vite que le tome 1 et qu'on prend moins de temps à arriver au bout d'une histoire complexe mais qui a toutes les apparences de la logique et de la cohérence. C'est trop rapide, mais c'est toujours aussi bon, et ça fait plaisir de voir que ces deux tomes forment un véritable tout, très uni et très réussi, qui ne verse jamais dans la facilité ou le fan service gratuit. Un vrai plaisir de lecture pour tout bédéphile et tout amateur de Sherlock Holmes. Bref, parfois, on fait bien d'écouter les vendeurs qui nous chargent les bras et nous déchargent le portefeuille !

25/09/2020 (MAJ le 17/01/2022) (modifier)
Couverture de la série Le Faux Soir
Le Faux Soir

J’ai failli mettre « culte »… Un très gros coup de cœur en tous les cas pour cette évocation historique ! Gros coup de cœur déjà pour son sujet : ce faux Soir qui reste encore aujourd’hui en mémoire de plus d’un Belge demeure un des plus hauts actes de résistance réalisé au détriment du régime nazi durant la seconde guerre mondiale. Pensez donc ! Une parodie d’un journal de propagande distribué en lieu et place de celui-ci et au nez et à la barbe de l’occupant ! Plus d’un des auteurs paiera cet acte héroïque de sa vie, preuve s’il en est que ce faux journal avait méchamment blessé le régime nazi à la seule force des mots. Gros coup de cœur ensuite pour la structure du récit, dans lequel nous passons des réflexions et des recherches des auteurs au récit purement historique, simple et sans fioriture mais complet. La lecture est très fluide. D’une part, on sent l’enthousiasme des auteurs pour ce sujet et, d’autre part, l’évocation historique est tout sauf rébarbative. Contexte, complexité de la mise en œuvre et conséquences de la distribution de ce faux journal, tout est expliqué et détaillé mais sans jamais peser sur le récit. Il y a un florilège de noms et matière à approfondir le sujet pour qui le désire et, dans le même temps, nous sommes face à un documentaire facile à appréhender qui intéressera autant l’amateur d’Histoire que le lecteur lambda qui découvrira ici une histoire dans laquelle le « petit fait la nique au puissant ». Gros coup de cœur enfin pour le dessin de Christian Durieux, en parfaite adéquation avec le sujet. Les passages dans lesquels sont évoquées les réflexions et recherches des auteurs sont réalisés dans un style direct et sans fioritures, comme pris sur le vif. L’évocation historique, par contre, donne lieu à des planches dans lesquelles on reconnait sans devoir se forcer tel lieu ou tel personnage (même si le visage de la plupart d’entre eux m’était inconnu). Le changement de code couleur entre les deux époques, comme le changement de calligraphie sont encore deux détails qui facilitent la lecture tout en créant une ambiance bien typée pour chaque période. Pour moi, c’est vraiment proche de la perfection ! A lire, que l’on soit féru d’histoire ou non.

17/01/2022 (modifier)
Couverture de la série Goldorak
Goldorak

Né une décennie après la première diffusion de la série en France, je ne suis pas de la même génération que les auteurs. Je partage cependant avec eux cette influence culturelle qu’ont eu les dessins animés japonais. Moi j’ai plutôt connu l’âge des Dragon Ball Z, Les Chevaliers du Zodiaque, Nicky Larson, Ranma 1/2, Power Rangers, etc. Dans une émission déjà présentée par Dorothée mais dans un autre programme pour enfants et une autre chaîne de télévision. Un puzzle fait un après-midi chez une tante, une peluche, des bribes de souvenirs du dessin animé qui évidemment passait toujours en rediffusion ; voilà ce qu’il me reste en mémoire du géant d’acier. Mais Goldorak tout le monde connaît ! Qu’on s’y intéresse ou pas on sait tous à quoi il ressemble et ce dont il s’agit, comme Superman, les Tortues Ninja ou les Pokémon par exemple. C’est là la marque des créations ayant marqués les esprits, et pour les gosses de 1978 c’est un truc immense ! Mais trêve de remplissage nostalgique aussi superflue qu’un « dans l’épisode précédent de DBZ » de 5mn, parlons de cette suite sobrement intitulée Goldorak. Plusieurs années après les évènements survenus à la fin de la série, l’empire Véga semble ne pas en avoir terminé avec la Terre. Ses derniers représentants s’apprêtent à jeter leurs dernières forces dans la bataille, espérant venger la mort de leur stratéguerre et enfin triompher des forces terrestres. Pour cela ils comptent recourir à un Golgoth d’un tout autre genre : l’Hydragon, plus puissant et évolué que l’armada qui avait précédé. Le seul espoir pour le Japon s’appelle Goldorak. Mais le prince Actarus et sa sœur ont abandonné Alcor, Vénusia, Rigel, Procyon, Mizar et tous leur amis du ranch du Bouleau Blanc, partis refonder une civilisation sur leur planète natale d’Euphor. Le compte à rebours est lancé. Le verdict : c’est une réussite sur tous les plans. Peut-être suis-je sensiblement influencé par mes préférences car si je ne suis pas fan de Goldorak à la base, Xavier Dorison et Denis Bajram les deux cerveaux du projet figurent dans le top 5 de mes auteurs favoris. Toujours est-il que même après ce trigger warning, je ne trouve que des qualités à cette bd. C’est finement écrit, pour un récit d’action j’entends : les auteurs font vibrer à l’unisson la corde de la nostalgie avec quelques clins d’œil bien placés (le 45 tours chantant le générique de la série, les « fulguropoing », « astérohache » et « métamorphose » sont bien présents, on garde même le passage devenu un gag sur internet où le siège d’Actarus fait plusieurs fois le tour sur lui-même), le suspens monte crescendo, il nous tarde de dévoiler le retour de Goldorak ; et en même temps qu’on conserve cette légèreté de la série d’enfance, ils prennent en compte que le public auquel ils s’adressent a vieilli, et nous distillent des thématiques et réflexions sur l’absurdité de la guerre, la question du traitement des réfugiés politiques et de l’immigration, ou encore s’il vaut mieux pardonner et vivre ensemble ou mourir comme des idiots chacun dans son coin. Je n’irai pas jusqu’à dire que c’est une œuvre puissante et engagée mais pour une histoire essentiellement tournée vers l’action, ce n’est pas dépourvu de réflexions intelligentes, et ça fait un bien fou de lire ça. Visuellement c’est un travail d’orfèvre, chapeau bas les artistes ! Et ça été fait à six mains ! Comme je connais plus particulièrement Bajram j’ai tout de suite reconnu son style, sa patte. Le storyboard c’est un truc de ouf, c’est du cinéma couché sur papier glacé. Le chara-design de Brice Cossu est judicieux, il touche au syncrétisme graphique, moitié manga, moitié franco-belge. La symbiose est telle que je ne sais pas trop qui a fait quoi mais j’imagine qu’avec Alexis Sentenac dans la team, le résultat n’en est que plus grandiose. Ah et puis le feu d’artifice, l’acmé, le moment où on pète tout : les couleurs de Yoann Guillo. C’est du bonbon pour les yeux. Petite suggestion : en édition collector grand format ça claque encore plus;) . Bref, on sent le gros projet qui a eu le temps de mûrir, on parle quand même de quelques chose qui a démarré en 2016 ! J’imagine même pas tout ce qui s’est passé entre l’envie de départ, la lettre pour convaincre Gô Nagai de partager son bébé (car c’est plus qu’une suite officielle, c’est LA conclusion de la série), la « mise en chantier », les moments surréalistes où les gars devaient débattre sur ce qu’il faut garder, jeter, améliorer (j’ai apprécié les petites touches qui font la différence comme par exemple le fait que seul Actarus porte des fringues des années 70, très pertinent dans le contexte. En revanche le seul bémol que j’ai à formuler, mais on va dire que c’est la magie de scénario, c’est l’incohérence temporelle entre l’enchaînement des évènements et l’âge des personnages qui ne semblent avoir vieillis que de quelques années alors qu’ils devraient avoir dans les 60 piges si le récit se passe bien dans notre présent comme le scénario l’indique.) ; j’imagine si des artistes de ma génération avaient le feu vert pour réaliser un DBZ inédit validé par Akira Toriyama, comment ils seraient dingues ! (Et si ce Goldorak devient un succès commercial alors la barrière entre rêve et réalité s’émoussera j’imagine). Donc bravo à l’équipe et à l’éditeur Kana. On veut en lire d’autres des adaptations de ce niveau. Goldorak Go !

16/01/2022 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Yellow Cab
Yellow Cab

Le dernier Chabouté est très bon. C'est l'adaptation d'un roman que je connaissais pas où un réalisateur qui m'était inconnu a partagé son expérience de chauffeur de taxi à New York ! J'ai bien apprécié ma lecture. J'avais peur de m'ennuyer un peu à force de voir Benoit Cohen se questionner sur ce qu'il devrait arriver à l'héroïne de son film ou de prendre des gens dans son taxi (plusieurs ne disant rien et n'apparaissent sur une seule case), mais non cela reste captivant. Chabouté a merveilleusement adapté ce roman, au lieu d'avoir des pages et des pages avec pleins de textes, Chabouté n'a pas peur d'utiliser pleins de cases sans paroles. L'important c'est qu'on ressens ce que c'est d'être un chauffeur de taxi et dans et album j'ai vraiment ressenti la monotonie du métier, les différences entre les clients, les problèmes du métier, etc et etc. Il y a des réflexions vraiment intéressantes et j'ai aimé voir la vie quotidienne d'un métier que je n'ai vraiment pas envie d'avoir. Le dessin est du pur Chabouté et cela va très bien à ce type de récit. Un one-shot à lire si on est fan de l'auteur.

16/01/2022 (modifier)
Couverture de la série Ric Hochet
Ric Hochet

Le genre policier est tiraillé entre deux pôles. Soit privilégier la réflexion pour résoudre l'enquête, à la mode Sherlock ou Hercule Poirot et l'on tombe vite dans l'ennui pour une BD. Soit on privilégie l'action inerrante au déroulement de l'enquête et on arrive vite à des scénarii bâclés remplis de raccourcis. Le sel d'un polar est de prendre le lecteur par la main dans une ambiance énigmatique pour l'amener à une solution rationnelle. En relisant certains des premiers albums ( j'ai les 78 albums) je suis étonné par la qualité et l'équilibre littéraire qu'ont pu donner Duchâteau et Tibet à leur série. Nous sommes bien dans les codes du genre version BD. Les textes de Duchâteau sont vraiment présents pour démêler le pourquoi réflectif et le comment plus actif. Souvent le qui n'est pas connu dès le début ou alors sous une forme cachée. Le détective en chef du journal Tintin ( qui a évincé Bernard Prince du rôle l'envoyant sur son Cormoran faire de l'aventure) a bien quelques défauts. Il a peu d'humour, il n'évolue presque pas dans sa personnalité ( ni dans son look), il conduit comme un macho de l'époque 14000 morts par an mais il a aussi bien des qualités de cœur. J'aime bien sa relation avec Nadine qui fait de lui ni un énième séducteur ni un être sans sexualité version Tintin. Ric a même un papa ! Un peu défaillant, modèle Wayne Shelton, mais quand même ! Les méchants comme Le Bourreau sont plutôt bien représentés. La touche de fantastique qui doit être résolue de façon rationnelle est un must de la littérature (Chien des Baskerville ou Mystère de la Chambre Jaune) Le trait réaliste de Tibet soutient bien le scénario. Je ne le trouve pas si vieillot que cela, les détails sont bien travaillés. Bien sûr qu'il y a des décors, souvent des intérieurs, encore un code du genre où l'ambiance doit être quasi confinée. Bien sûr que sur les 78 opus, il y a une perte de charge en route mais c'est une belle création.

16/01/2022 (modifier)
Par pol
Note: 4/5
Couverture de la série Jamais
Jamais

Je n'ai pas tellement été surpris par ce que j'ai lu dans cet album. Simplement car c'est dans la même veine que #Nouveaucontact et Fausses pistes du même auteur, que j'ai lu précédemment. Mais même si je m'attendais plus ou moins à ce que j'allais trouvé ici, j'ai passé un bon moment de lecture. D'abord parce que le style graphique de Duhamel me plait bien. Son trait rond est très sympa. Les personnages ont de bonnes bouilles, les décors sont détaillés et précis. Ce visuel apporte une touche de bonne humeur et de légèreté à l'ensemble. Ça marche et ça me plait. Coté scénario, on retrouve cette pointe d'humour pleine de cynisme. Ici il est moins question de critiquer notre société contemporaine et ses dérives, liés aux réseaux sociaux ou aux fake news, que dans les 2 ouvrages suscités. Mais on retrouve quand même par petite touche ce style d'humour que ce soit dans quelques répliques bien ciselées ou dans les situations. Cette vieille dame aveugle qui ne veut pas quitter sa maison qui menace de s'effondrer donne une dimension humaniste au récit. Elle refuse cela par amour et par choix assumé de décider où finir sa vie. Je trouve que le récit n'en faire pas trop, qu'il évite la facilité, les clichés et qu'il ne tombe pas dans le pathos. Au contraire c'est fait avec justesse et même si c'est loin d'être un roman graphique bouleversant, le sujet est traité de manière sincère et le final se révèle un peu touchant. En conclusion un chouette album.

16/01/2022 (modifier)
Couverture de la série #Nouveaucontact
#Nouveaucontact

Je LIKE comme c'est l'usage de dire dans notre monde connecté. Plus je lis les ouvrages de Bruno Duhamel et plus j'aime son humour cynique et sa façon de poser de vrais thématiques sous une forme originale et drôle. J'aime bien son trait et ses couleurs qui font un peu BD jeunesse mais avec des figures creusées par les épreuves. Ces mêmes figures sont souvent d'une expressivité forte. J'apprécie beaucoup le soin qu'il apporte aux décors et aux ambiances. De plus je m'identifie assez au personnage de Doug. Brêle en informatique , imperméable aux réseaux sociaux je suis comme Doug incompréhensif devant le nombre de vues d'un chaton qui miaule ou d'un chien qui aboie ( sauf à hypnotiser son bébé devant pour qu'il vous fiche la paix). La critique de la dangerosité du flux d'informations non contrôlées n'est plus à faire. Nous avons vu à quel point cela pourrait changer la face du monde lors de récentes élections. Le temps de la réflexion et de la synthèse n'est plus le temps de l'immédiateté stupide qui semble prendre le contrôle de nos habitudes. Duhamel exagère dans sa deuxième partie comme une spirale folle et irresponsable qui vit de son anonymat et de son immunité. J'aime cette exagération avec des groupes quelques peu stéréotypés qui finissent dans la violence faute de pensée ouverte. Bien sûr le web a apporté de bien belles choses ( ce site par exemple, lol) mais sa juste utilisation nécessite un apprentissage dès le plus jeune âge pour mener au savoir par la sagesse. Sinon le voie à tous les extrémismes violents ,comme dans l'album, est ouverte.

15/01/2022 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Qui est le chef ?
Qui est le chef ?

Ca, c'est un chouette album de Quino ! Comme Ça va les affaires ?, il aborde en majorité la thématique des relations entre faibles et puissants mais avec une vision plus large abordant tous les aspects de la société en général, et c'est très souvent extrêment bien vu et surtout bien mis en scène. Et régulièrement, on retrouve ce sens de la poésie dont sait faire preuve Quino. Quelques gags réflètent une critique à peine déguisée de la dictature Argentine propre au vécu de l'auteur, mais la plupart des autres sont intemporels et universels. Il y en a beaucoup pour lesquels j'ai tellement rigolé que j'avais envie immédiatement de les partager avec des proches tant les sujets paraissent encore d'actualité. Ce recueil est dense, plus de 80 pages, donc forcément tous les gags n'y sont pas excellents, mais la grande majorité l'est et s'il fallait conseiller un album de Quino à un néophyte, je pense que celui-ci conviendrait très bien.

15/01/2022 (modifier)
Par Cacal69
Note: 5/5
Couverture de la série Le Grand Pouvoir du Chninkel
Le Grand Pouvoir du Chninkel

Pour qui aime la bande dessinée, Le grand pouvoir du Chninkel est un incontournable. Un must de la Fantasy, un must du neuvième art. J'ai la chance de posséder les deux versions, couleur et noir & blanc. Et c'est celle en NB que je viens de relire, celle que je préfère. Un scénario génialisime, Van Hamme dose savamment les scènes d'actions, de réflexions et de contemplations. Un monde cruel où trois Immortels se livrent une lutte acharnée. Des armées faites de monstres, de cavalières à la paupière cousue, de plantes carnivores volantes et bien d'autres encore. Un scénario qui mélange la bible et 2001 l'odyssée de l'espace sur fond de péché originel, un mélange harmonieux, cohérent et philosophique. J'ai apprécié la dose d'humour qui contrebalance la partie noire du récit. J'on héros insignifiant, ancien esclave qui va devoir dans un délai de cinq jours mettre un terme au conflit des trois Immortels ou la Terre sera détruite. Il sera aidé par la jolie G'wel. Nos deux Chninkel sont partis dans une quête qui les mènera jusqu'à ce dénouement qui vous scotchera. J'ai été totalement happé par ce récit aux multiples facettes, une partition sans fausses notes avec son tempo guidé au métronome. Mais pour qu'une bd soit culte, il faut aussi un dessin au diapason de l'intrigue. Et là Rosinski sort l'artillerie lourde. Une inventivité qui déborde de chaques planches, des planches qui grouillent de détails, des détails qui magnifient les décors et les personnages. Un noir et blanc au trait précis, fin, violent et sensuel. Une tuerie. Un indispensable.

15/01/2022 (modifier)
Par Seube
Note: 4/5
Couverture de la série Pereira prétend
Pereira prétend

A la fin de cette histoire, on se dit tous que l'auteur sait développer la psychologie d'un personnage. Doutor Pereira est responsable de la page culturelle du Journal de Lisbonne, Diario de Lisboa. Nous nous trouvons au plus proche de son quotidien et jusqu’aux pensées profondes de son esprit. Ce féru de littérature prétend que la politique de censure salazariste est dans l’ordre des choses, il préfère donc rester neutre dans ses actions et en dehors de tout engagement politique. Mais quelque chose se trame. Sa conscience vacille. Sa femme est morte et il ressent un vide, si fort qu’il met sa propre existence en jeu. Puis, il est amené à rencontrer un jeune italien, Francesco Monteiro Rossi, et son amie, Marta. Cela va bousculer sa vie. J’ai adoré la nuance qui existe sur l’atmosphère du récit. J’ai le sentiment de parcourir ce livre hors du temps et du contexte, tranquillement, en même temps que quelque chose bouillonne. Notre héros ordinaire a toute le physique et le comportement de la bonhommie, tandis que nous nous trouvons en plein cœur du régime de Salazar et de son Estado Novo. On retrouve des conflits subtils de douceur et de brutalité, de réflexion et d'action. Et puis, à travers Pereira, on pense aux individus qui, dans un régime autoritaire, sont déchirés entre la volonté de s'indigner et la crainte d’être pris. Les raisonnements du Doutor Pereira sont intelligemment retranscris. D’abord par le dessin où nous trouverons ces petites bulles dessinées (comme « Malaterre »). Il y a aussi les petits bonhommes de son esprit qui se contredisent et font face à l’être conscient dominant. Et finalement, il y a ces scènes émouvantes où Pereira discute avec sa femme au travers d’un portrait. Toutes ces mises en scènes nous font plonger dans un univers introspectif vraiment réussi. On ressent l’évolution psychologique du personnage grâce à ses questionnements et ses idées, à priori immuables, s’affaiblissent et se démantèlent au profit d’une libération d’opinions engagées plus enfouies. La beauté de ce récit est de suivre un homme qui ouvre peu à peu les yeux après un si long sommeil. L’épilogue m’a profondément touché et conclut cette histoire avec brio. L’autre réussite est de nous faire plonger dans cette Lisbonne aux couleurs chaudes et chatoyantes. L'histoire n’est peut-être pas si accessible que ça. Ignare, je me suis refait une petite culture sur les écrivains cités, sur Salazar et son régime, la situation en Europe, etc. Ce qui m’a permis de profiter à fond du récit! Donc ne pas s’attendre à ce que la BD ait des passages explicatifs au sens propre. l'Histoire est racontée indirectement par le récit et pour le récit. Ce qui en fait quelque chose de très réaliste, on a même l’impression de se trouver en plein cœur des échanges qu'ils devaient y avoir à l’époque. Une adaptation intelligente avec un dessin qui me parle. Pour la seconde fois, Pierre-Henry Gomont me fait passer un formidable moment. A posséder. Taper "Diario de lisboa" sur Google et diriger vous vers le site internet casacomum.org. Vous retrouverez les publications du journal en version numérique, gratuitement (attention, censure et propagande salazariste au menu).

15/01/2022 (modifier)