Les derniers avis (84 avis)

Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série L'Année où je suis devenue ado
L'Année où je suis devenue ado

Emma entre en 5e avec l'envie de profiter encore de ses jeux d'enfant tout en découvrant peu à peu ce que signifie devenir adolescente. Entre amitiés qui changent, premiers sentiments amoureux et questionnements sur son identité, elle va devoir trouver sa propre voie. Cet album mélange des pages de journal intime, des passages de pure bande dessinée et d'autres qui jouent entre les deux formes. Ce concept n'est pas nouveau, mais il fonctionne bien ici : on a vraiment l'impression d'être à la fois le confident d'Emma et le témoin de ce qu'elle traverse, de ses doutes, de ses enthousiasmes et de ses petites inquiétudes quotidiennes. L'héroïne est immédiatement attachante. Son histoire est finalement assez classique (les amitiés qui évoluent, la peur de ne plus être comme les autres, les premiers émois), même si la nature de la personne dont elle tombe amoureuse apporte une dimension intéressante et traitée avec beaucoup de naturel. On suit avec plaisir ses hésitations, ses relations avec ses amies et sa famille, en ayant envie qu'elle trouve son équilibre et qu'elle soit heureuse. En tant que père, ce récit m'a forcément renvoyé à cette période où l'on aimerait transmettre son expérience, donner des conseils et éviter quelques difficultés à ses enfants. Mais c'est aussi une époque où chacun doit faire ses propres expériences, où les adultes peuvent rarement résoudre les problèmes à la place des adolescents. C'est sans doute ce qui rend le récit assez juste dans sa manière de montrer cette transition entre l'enfance et l'adolescence. Sans être totalement bouleversé ni trouver une originalité exceptionnelle, j'ai passé un bon moment avec Emma. Le récit est touchant, sincère et prenant, porté par une belle nostalgie de cette période de la vie (qui m'a rappelé mes propres années d'adolescent mais aussi les souvenirs de l'adolescence de ma fille). Le dénouement apporte une conclusion satisfaisante et laisse une impression chaleureuse.

21/07/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série L'Homme qui courait après sa chance
L'Homme qui courait après sa chance

Un homme qui accumule les malchances entreprend une quête jusqu'à la montagne où vit "Celui-qui-sait-tout", persuadé que ce dernier pourra lui révéler comment retrouver le bonheur. C'est une histoire courte, simple, mais assez réjouissante. Pozla reprend les codes du conte populaire avec une histoire volontairement linéaire et une morale classique, mais il lui apporte beaucoup d'humour et un vrai plaisir de narration. La mise en scène est pleine d'humour sans jamais en faire trop, le rythme est excellent et on se laisse rapidement emporter par cette quête un peu naïve mais attachante. Le dessin est très agréable, avec un trait vivant et expressif, de belles couleurs et quelques passages contemplatifs réussis. Les planches sans cases donnent une vraie fluidité au récit et renforcent l'impression de parcourir un vieux conte illustré. La fin est prévisible dès que le héros obtient les réponses de "Celui-qui-sait-tout", mais elle reste plaisante grâce à la qualité de la narration et à l'humour de Pozla. La morale est simple, presque une sagesse populaire : nous cherchons trop loin ce qui est déjà sous nos yeux. Rien de révolutionnaire donc, mais une fable joliment racontée. Mon seul regret vient de la rapidité de lecture, qui peut laisser une légère frustration au regard du prix de l'album, même si celui-ci reste raisonnable. C'est néanmoins une jolie petite histoire, drôle et touchante, portée par un chouette dessin.

21/07/2026 (modifier)
Couverture de la série On les appelle Junior & Senior
On les appelle Junior & Senior

Je n’ai pas grandi avec les Bud Spencer & Terence Hill, donc pas d’attachement aux films pif paf boum de ce duo. De même pour le sujet, j’ai l’impression qu’il y a une mode dernièrement de mêler enfants et western (les Lucky Luke vu par Blutch ou Bonhomme, la ballade des frères Blood …). Tout ça pour dire que je me suis lancé dans cette lecture sans engouement particulier mais j’en sorti plutôt satisfait et convaincu. Rien de bien sorcier dans la formule mais quand la réalisation suit et qu’il y a une bonne énergie, bah un bon bon moment divertissement à la clé. La partie graphique m’a tout de suite attrapé, fluide et dynamique, j’aime particulièrement les têtes des personnages. Un style qui convient parfaitement bien à l’ambiance. L’histoire se laisse lire tout aussi agréablement, j’ai surtout savouré voir notre duo de gros bras se faire mener en bateau par un groupe d’orphelines, c’est la bonne idée du récit, tous ces passages sont réussis et amènent un vent de fraîcheur au classicisme de l’intrigue. Il y a de chouette idées, passages (la montgolfière …) et réparties. À voir ce que ça donne par la suite, mais en l’état un généreux franchement bien pour ce 1er tome. 3,5

20/07/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Les Petites Cartes Secrètes
Les Petites Cartes Secrètes

Deux enfants séparés par le divorce de leurs parents entretiennent une correspondance secrète et imaginent les plans les plus improbables pour les remettre ensemble, sans mesurer jusqu'où leurs initiatives vont les conduire. Pour une fois, mon ressenti est éloigné de celui de Mac Arthur, et je constate que nous avons appréhendé cette lecture de manière très différente. Là où il voit surtout des parents démissionnaires et des enfants presque monstrueux, j'y ai vu une histoire certes un peu artificielle dans sa mise en place, mais finalement assez crédible dans ce qu'elle raconte des réactions humaines. Les enfants sont forcément égoïstes, comme peuvent l'être tous les enfants lorsqu'ils souffrent : ils feraient tout pour que leurs parents s'aiment à nouveau et ne mesurent pas les conséquences de leurs actes. En face, les parents sont absorbés par leurs propres difficultés, communiquent mal avec leurs enfants et ne réalisent pas que leurs décisions les entraînent progressivement dans une spirale de plus en plus douloureuse. Le début des échanges épistolaires est un peu convenu. Il m'a par exemple rappelé ce film de Disney : La Fiancée de Papa. Ce plan imaginé à distance pour rabibocher les parents prête parfois à un sourire attendri, et j'avoue avoir été moi aussi un peu agacé de voir un enfant de neuf ans accumuler autant de fautes d'orthographe. Malgré tout, je l'ai accueilli avec bienveillance, parce que cela participe aussi à la spontanéité et à la naïveté du récit. Plus les cartes s'échangent, plus la relation avec la nouvelle compagne du père se dégrade, plus les conséquences pour les enfants sont graves, et plus les stratagèmes qu'ils imaginent deviennent dangereux. C'est à ce moment-là que la bande dessinée prend, à mes yeux, toute son ampleur. Derrière son apparente simplicité, elle montre avec pas mal de justesse les ravages du manque de communication au sein d'une famille et la façon dont des enfants peuvent glisser vers des comportements inquiétants ou néfastes pour eux-mêmes sans que les adultes ne s'en aperçoivent. Cela m'a fait penser à ces jeunes dont les résultats scolaires ou le comportement se dégradent parce que leur vie familiale s'effondre autour d'eux. Contrairement à ce que son principe pourrait laisser croire, ce n'est d'ailleurs pas un récit léger ou purement humoristique. Les maladresses et les incompréhensions naïves des cartes postales font parfois sourire, mais plusieurs passages sont réellement durs et le récit n'hésite pas à s'approcher du tragique. Et d'ailleurs, sur la fin, j'ai été proche de verser ma petite larme lorsque les parents découvrent enfin la correspondance de leurs enfants et comprennent ce qu'ils ont vécu. En tant que parent, j'aurais été effondré de réaliser si, faute d'avoir su écouter et parler avec mes enfants, je les avais conduits à une telle détresse et à commettre des actes aussi graves. J'ai également beaucoup aimé le dessin de Cyrielle. Son trait net, à l'encre de Chine, rehaussé de couleurs très intenses qui évoquent des feutres, renforce cette atmosphère enfantine. Les personnages sont expressifs et attachants, et l'ensemble possède une vraie douceur visuelle qui contraste avec la dureté de certains événements. Enfin, j'ai sans doute été encore plus touché parce que cette histoire se déroule au début des années 90, quasiment à l'époque de mon enfance, celle du Club Dorothée. Les cartes postales échangées par Tom et Lili ont réveillé un souvenir assez personnel : moi aussi, enfant, j'écrivais de longues lettres à mes cousines et à mes amies. Cela a ajouté une dimension nostalgique qui a rendu cette lecture plus émouvante. Oui, certains ressorts sont un peu cousus de fil blanc et quelques situations paraissent légèrement forcées. Mais je les ai acceptés sans difficulté, notamment parce que l'album s'adresse aussi à un jeune public. Derrière cette simplicité se cache une histoire sensible, touchante et pleine d'humanité, qui rappelle combien le dialogue au sein d'une famille est essentiel et combien les enfants peuvent souffrir en silence lorsque les adultes oublient de les écouter.

20/07/2026 (modifier)
Par Vaudou
Note: 4/5
Couverture de la série La Ville qui n'existait pas
La Ville qui n'existait pas

C'est mieux ! Après une première album honorable et un second qui a assez mal vieilli. Christin et Bilal concluent leur trilogie fantastique par un album ambitieux sur le fond. Exit l'humour à la papa, le ton est plus mélancolique, certaines séquences narratives préparent déja Partie de chasse, sommet de leur collaboration. Leur vision de l'utopie sociale est cependant très caricaturale et datée. Au dessin, beaucoup de ton de gris mais c'est l'histoire qui veut ça. La mise en page se veut plus recherchée et révèle les ambitions artistiques ultérieures du duo.

20/07/2026 (modifier)
Couverture de la série Hammerdam
Hammerdam

La quête initiatique c'est un peu la formule de base d'un récit qui s'adresse à la jeunesse (même si, in fine, cela reste pertinent pour tout âge). La formule est simple, connue et a déjà été interprétée et réinterprétée de mille et une façons. Ici, on ne va pas révolutionner la formule, elle a fait ses preuves et reste toujours fiable, mais on va l'enrober dans une forme qui lui rajoute de la saveur. On va commencer par le dessin, ce qui m'a attiré en premier vers cet adorable diptyque, aux traits simples et aux couleurs bariolées. Enrique Fernandez a un coup de crayon que je trouve parfaitement charmant et ici il donne une jolie atmosphère douce et rêveuse à toute cette histoire. Par ailleurs, même si le trait est simple, il n'en est pas pour autant simpliste et la plupart des cases fourmillent de petits détails, jouant avec les perspectives hasardeuses et les objets à foison (un grand merci à Wolp le loup multiplicateur pour son aide). Ensuite/enfin/surtout, il y a l'histoire en elle-même. Oh, elle n'est pas révolutionnaire, encore une fois, elle est même quasi-explicitement initiée et dirigée par un marteau McGuffin qui guide notoirement des personnes choisies au hasard vers leur destinée - autant vous dire que le scénario est cousu de fil blanc. Mais pourtant l'histoire fait chaud au cœur, touche, parvient à transmettre un message sur les relations que l'on forge avec les autres, sur l'attache, sur les peurs, sur la place que l'on prend dans le monde aussi, le tout dans un sentiment de douceur et de rêverie proche d'un conte. Si l'histoire se démarque un peu ici, c'est par son casting. Le marteau a beau avoir posé son dévolu sur une petite fille c'est bien tout une troupe l'accompagnant que l'on va suivre et apprendre à connaître. Qu'il s'agisse de l'héroïne solitaire, de l'archer avec des problèmes d'estime personnelle ou encore de la fée tristoune récemment sortie de sa prison, nous allons suivre un groupe de personnages nombreux, variés, mais toujours aussi attachants (même l'insupportable et narcissique Capitaine parvient à être amusant par son idiotie). Un bémol ? Un petit, oui. Pas grand chose, mais un petit détail de rien du tout qui m'a légèrement chiffonnée : la conclusion de la relation entre Gara et l'archer. Qu'iels aient un coup de foudre n'est pas un problème (c'est un conte, si on accepte les dragons on accepte l'amour immédiat), qu'iels finissent ensemble non plus (au contraire leur relation, sans être extrêmement complexe, est tout à fait mignonne), mais que le tout se termine un peu maladroitement par le fait que Gara se tourne vers une vie bien rangée et décide enfin d'avoir un bébé est… maladroit ? Entendons-nous, sans être explicite (tout du moins jusqu'à la toute fin), sa peur des autres et sa relation complexe avec les enfants étaient présents dès le début de sa caractérisation, c'est même ce qui rend son attache rapide avec Melina très intéressante, mais comme il s'agit ici d'un récit choral de seulement deux tomes et que cet aspect a à peine été survolé auparavant il est un peu bizarre d'avoir très soudainement à la fin un discours sur sa peur d'avoir un enfant et le fait qu'elle va ranger ses armes et aller fonder une famille avec l'archer à la toute fin. Je ne cherche pas à faire un discours idiot sur le fait que "la famille et les bébés sont le boulet et les chaînes de la femme", encore une fois son rapport avec les autres et l'enfance rendent le tout intéressant par rapport à Gara, mais voir un personnage de femme forte et aventureuse passer littéralement de l'aventurière endurcie à la femme au foyer en quelques pages finales m'a paru… maladroit. En fait, c'est surtout un problème d'exécution. Un problème d'exécution de rien du tout en plus, une broutille, un chipotage. Et au final je trouve tout de même la conclusion de ces deux personnages bien trouvée, juste mal amenée. Une œuvre jeunesse simple, adorable et fort agréable à lire. Un coup de cœur pour ma part.

19/07/2026 (modifier)
Couverture de la série J'ai toujours rêvé d'être un fermier
J'ai toujours rêvé d'être un fermier

L’auteur nous présente ici un récit autobiographique, qui ressemble parfois à un journal intime livré au lecteur, tout en gardant pour le diariste un aspect « mise au point », un petit quelque chose de testamentaire. C’est assez décousu, parfois un peu verbeux. Mais la lecture est quand même très agréable. Aussi apaisante que le ton employé, avec la volonté de l’auteur de revenir aux sources – qu’elles soient familiales ou plus généralement humaines. Car Harambat a racheté et retape une ferme et ses dépendances, près de ses attaches familiales. Il nous montre par moult détails comment il agence sa nouvelle vie, en symbiose avec la nature et son rythme. Un rythme lent, dégagé des contingences de la société moderne – mais le rythme du récit n’ennuie jamais le lecteur. Et j’avoue que les messages passés par Harambat sont hautement louables. Même si je n’ai pas fait les mêmes choix, les siens sont en accord avec pas mal de mes idées. Une lecture plaisante, apaisante, bucolique, un peu contemplative (dans la lignée du « Walden » de Thoreau, ou d’autres auteurs naturalistes américains, ou des écrits d’Elisée Reclus). Note réelle 3,5/5.

19/07/2026 (modifier)
Par Miguelof
Note: 4/5
Couverture de la série Tante Suzanne - Peintre Orientaliste, pionnière des Beaux-arts
Tante Suzanne - Peintre Orientaliste, pionnière des Beaux-arts

Je ne connaissais pas cette artiste et cela a éveillé beaucoup ma curiosité. Je connaissais déjà d’autres séries de Robin Walter, notamment Maria et Salazar, et j’avais une bonne impression de son travail. Ici, il mène une enquête sur la vie de son arrière-grand-tante, ses réalisations, les défis et les difficultés qu’elle a rencontrés en tant que femme et artiste. Mais c’est aussi toute sa famille et ses ancêtres qui sont convoqués dans ce travail de remémoration. Au niveau du dessin, j’apprécie le trait épais qui dessine les figures et définit les expressions. Parmi ce que j’ai le plus aimé, il y a aussi la colorisation et le dialogue pictural entre les styles de Walter et ceux de sa «tante Suzanne». Les tableaux reproduits sont très beaux, surtout ceux du nord de l’Afrique avec leurs couleurs chaudes. Ils m’ont fait penser à d’autres artistes appelés « orientalistes ». En conclusion, cela vaut la peine de découvrir et je recommande la lecture.

19/07/2026 (modifier)
Par Ju
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Kraken
Kraken

En voilà une bonne surprise de brocante. Je l'avoue, d'habitude et de prime abord, je ne suis pas très attiré par les bds inconnues que j'identifie comme anciennes, avant les années 90- 2000 quoi (bouh le jeune). Alors bien sûr il y a plein de bds anciennes que j'aime bien, mais je les découvre rarement comme ça, à la pioche. Mais là, le gars m'a dit "ah mais si vous aimez "Torpedo" (j'aime effectivement bien Torpedo), essayez "Kraken", c'est le même dessinateur et c'est vraiment super." J'ai écouté le monsieur, et je suis d'accord, c'est vraiment super. Bon, déjà, j'adore le dessin. Rien a dire de plus, c'est juste super, autant les tronches des personnages que les décors absolument étouffants, crasseux, déprimants. Ce dessin sert a merveille un scénario pas si original, avec même une narration parfois un peu lourde, mais diablement efficace. Segura manie le suspense a la perfection, on ne sait jamais trop comment l'histoire va finir, jamais trop où l'auteur veut nous emmener. La tension est palpable, retranscrite a la perfection. J'ai eu l'impression d'être embarqué dans les aventures de lieutenant Dante, dans ces égouts diaboliques. J'ai beaucoup aimé la présence invisible du Kraken, qu'on ne voit quasiment pas, qui n'est pas présent a chaque fois mais qui rajoute a cette touffeur, a cette angoisse. Le fait que l'on ne suive qu'un seul héros et que ses acolytes finissent toujours mal rajoute aussi a cette atmosphère qui fait tout le sel et le charme de cette bd. Une série B oui, mais une excellente série B. Maintenant, il ne me reste qu'à faire plus confiance aux vieilles bds ; pardon, aux bds plus anciennes. En me référant aux avis précédents, j'ai bien l'impression qu'il faut que je me jette sur Hombre. Et j'ai l'intégrale de L'Empire de Trigan a la maison. Bon, ça, j'avoue que ça ne me vend absolument pas du rêve, et je sais évidemment qu'on ne peut pas comparer des bds juste sur leur date de parution. Mais cette lecture de Kraken m'a fait un bon rappel : devant le rythme de parution effréné des nouveautés, parfois, c'est aussi bien de regarder un peu derrière pour découvrir des petites pépites. Et cette bd en est une !

18/07/2026 (modifier)
Par Miguelof
Note: 4/5
Couverture de la série Luc Orient
Luc Orient

Avec Flash Gordon, Luc Orient a été ma première série de science-fiction, encore avant Valérian. Greg a ressenti le besoin d’une série SF dans le Journal Tintin et je pense qu’il a été très heureux de choisir Eddy Paape pour la dessiner. Le dessin de Paape a évolué au fil de la série : du plus classique et contenu au plus libre et parfois même un peu déformé à la fin. Le groupe de protagonistes, chercheurs basés au laboratoire Eurocristal 1, Luc Orient, Lora Jordan, le Prof. Hugo Kala et Toba, le serviteur indien, jouent tous leur rôle fondamental dans la dynamique des aventures. C'est vraiment Toba qui sauve la situation parfois, comme quand il lance le couteau Kris qui met fin à la vie du Maitre de Terango. Même aujourd’hui j’adore le cycle de Terango, les vilains Sectan et Julius Argos sont des ennemis redoutables ! J'admire l'amitié et le respect entre Luc Orient et Galax-Haj, leur entraide pendant tous les défis et combats. Surtout sur la Planète de l’Angoisse et dans la Forêt d’Acier, les armes et les confrontations sont inoubliables. Du poing-de-feu à la forêt d’acier, du contrôle mental aux explosifs magnétiques, tout me fascinait. J’ai jubilé le jour de la libération de Terango ! Les teranguiens, les humains, les dragons et le peuple des cîmes, tous célébrant ensemble. J'aime aussi beaucoup certaines aventures indépendantes des principaux cycles, comme Le Secret des Sept Lumières ou le Cratère des Sortilèges. De bonnes histoires de mystère, de spéculation scientifique, d'action et de crime aussi. Le deuxième grand cycle, à partir de la Porte de Cristal, a complexifié les intrigues : au-delà des voyages dans l'espace, il y a aussi dans le temps et les mondes paralléles ! Des soldats romains et napoléoniens, un physicien de l'ére des Lumiéres, de nouvelles races extraterrestres (les Dartz), la recherche d'un foyer où tous pourraient vivre. La planète qu'ils atteignent dans Le Rivage de La Fureur est dominée par de puissantes guerrières et leur imposante reine. Comment dire... ça me touche encore à certains niveaux. Greg a laissé des intrigues inachevées, Paape a commencé à les dessiner. Un retour à Terangópolis dans l'histoire intitulée « Le Mur »... Tout se finit un jour, même l'espace et le temps. P.S. à un certain moment, j'ai commencé à soupçonner que la relation entre Luc et la belle Lora n'était pas purement professionnelle. Regardez leur aisance, avec des vêtements réduits, dans la chambre à coucher, au début de La Légion des Anges Maudits.

18/07/2026 (modifier)