3.5
J'ai bien aimé ce one-shot même si je comprends que d'autres posteurs aient moins accroché.
En effet, le scénario est au final assez classique, le genre d'histoire qu'on voit dans pleins d'œuvre destiné à la jeunesse avec un message convenu du genre il faut faire son deuil. Mais bon cela ne m'a pas dérangé parce que j'ai trouvé le scénario terriblement efficace. Il faut dire que le récit traite de sujets qui m'attire comme le folklore ou encore l'histoire des quartiers. Les personnages sont attachants et le scénario est captivant. L'album se laisse lire facilement malgré son nombre de pages et le fait qu'il y a souvent beaucoup de textes.
Le dessin est pas mal et on voit très bien que l'auteur a travail dans l'animation. Je ne sais pas trop quoi ajouter de plus aux éloges. C'est vraiment un bon divertissement.
Un album intéressant. Et, il faut sans doute le dire, sans doute bien plus accessible que l’on pourrait s’y attendre si on n’est pas féru de philosophie, ou de théories et d’histoire intellectuelles de la seconde moitié du XXème siècle.
La narration est en effet assez aérée, pour nous présenter – certes brièvement, ça n’est pas une étude universitaire ! – ce qu’on pu apporter quelques auteurs/penseurs français à la pensée moderne (même si d’autres auteurs non Français, voire même non francophones sont rattachés à cette « french theory »). Cela permet aussi de voir qu’il n’y a pas de « théorie » collective, que tout ceci a été construit presque de l’extérieur (aux États-Unis), en regroupant divers écrivains à la pensée et aux méthodes très différentes, si ce n’est qu’ils remettent en cause la doxa et la façon d’envisager le monde : en cela ils vont nourrir la réflexion de tous ceux qui vont se révolter contre l’ordre établi (universitaire, colonial, occidental, etc.). Et, conséquemment, ils vont donc se retrouver au cœur des cibles de la réaction ultralibérale et « antiwoke » (terme débile issu de l’extrême droite), même si ça n’est qu’effleuré en fin d’album, ça n’est pas le cœur du sujet.
Une intéressante présentation historique, plutôt bien « vulgarisée ». Le dessin n’est pas forcément ce que j’apprécie le plus, mais il fait bien le boulot. Il est très lisible.
Note réelle 3,5/5.
Le dernier Tanabe, celui qui a réussi a faire des bande dessinées convaincantes de Lovecraft ! J'aime aussi qu'il se permette quelques inventions, comme le dialogue entre un auteur représentant en somme Lovecraft, et un critique. Le côté familial de l'aventure avec les Carter. Surtout, le dessin qui se fait presque sculpture de clair obscur face au fantastique… Précis et clair face au monde de l'éveil, précis et évocateur face au monde du rêve tant célébré dans ce volume. On se croirait à la fin de l'Incal où "rêver c'est survivre !"
Une narration subtile qui se prête à l’exercice, tout au long du récit, de ne rien révéler ou affirmer (je ne peux rentrer plus dans les détails sous peine de spoil..)
Bien évidemment, le dénouement de certaines intrigues (principales ou sous-jacentes) semble écrit à l’avance mais ce choix de narration a le mérite de laisser une place à la suggestion du lecteur.
Et pour ma part, c’est probablement ce qui m’a poussé à dévorer ce road trip Brésilien !
L'autre raison, c'est le côté graphique : l’atmosphère est incroyablement douce et chaleureuse (peut-être même trop d’ailleurs pour un périple de plusieurs milliers de kilomètres sous une chaleur éreintante et avec des moyens rudimentaires).
Quoi qu’il en soit, on est bien loin du côté « fourmilière » des grandes agglomérations. On y découvre un Brésil majoritairement rural où le temps semble s’écouler au ralenti et où les mœurs sont (trop là aussi?) douces.
Un voyage peut en amener d’autres :)
Jeff Lemire réalise beaucoup de one-shot (Le Labyrinthe inachevé, Jack Joseph - Soudeur sous-marin ou encore Winter Road, pour ne citer que les plus populaires sur le site) mais aussi des séries « à rallonge », telles que Sweet Tooth, Phantom Road… et « Minor Arcana », la nouvelle « ongoing series » de l’auteur.
Lemire nous ressert ses thèmes favoris : un bled paumé, une protagoniste torturée au passé chargé, et une bonne dose de fantastique, via la thématique de la lecture des cartes de tarot, élément central de l’histoire. Ce premier tome ne fait que poser les bases, nous présente les personnages et lance l’intrigue. Il est prenant au possible, je l’ai englouti d’une traite et j’attends impatiemment la suite. Le dernier chapitre (le comic book #5) propose un retour dans le passé intéressant, et un autre point de vue, celui du grand-père de la protagoniste.
Pas grand-chose à dire sur le dessin, c’est du Lemire, j’adore. A priori il va se faire aider par Letizia Cardonici sur les tomes suivants, pour que ses nombreux projets en cours puissent avancer… je suis curieux de voir comment les deux styles vont de marier.
Un excellent premier tome. Vivement la suite.
Un album de Trondheim qui date déjà de 30 ans et ne semble pas avoir de ligne directrice au départ, l'auteur y raconte sa vie, ses frustrations, ses doutes en tant qu'auteur. J'ai bien aimé les passages typiquement parisiens quand il s'énerve contre les gens qui bloquent le passage dans le métro et se visualise alors en vengeur.
Il raconte aussi ce qui se passe dans son atelier de bande dessinée avec les autres auteurs. Dans une soirée organisée on voit que JC Menu est une vraie enflure alors que Trondheim fait la police. Chaque auteur croqué a son droit de réponse en fin d'album. Trondheim narre également sa vie professionnelle comme sa mouche qui tente de percer au Japon mais aussi personnelle avec son mariage ou le choix de déménager dans une maison en province.
Bref c'est un livre édité chez Cornélius et pas à l'Asso que j'ai bien aimé.
Le dessin si particulier de Tardi au service d'une histoire basée sur les murs et sur l'absurde ! Excellent. Non seulement au vue du scénario, mais aussi pour dépayser le regard, ce que tous les dessinateurs ne sauraient réussir. Le héros de la bd est un peu perché, c'est le cas de le dire, il n'y a pas que lui d'intéressant, Julie, en bien moins dingue, aussi. D'ailleurs, ce n'est pas la seule fois dans Tardi qu'on a des personnages féminin intéressants. Les dialogues sont bien… Parfois un peu profus ? Mais quand on a besoin d'expliquer et que les personnages sont quelque peu hors d'eux-mêmes, comment faire autrement ?
Sinon, je félicite Miguelof de collectionner les bd qu'il aime, et de poursuivre dans ses ambitions artistiques, plus précisément celle de dessinateur, et de philosophe.
Un documentaire ? Oui et non. Un manifeste féministe ? Oui et non.
En revanche c’est un véritable cours de self défense à l’usage des filles. Sans violence mais non sans humour !
Les deux auteures s’adressent directement aux lectrices. Que faire dans des situations où celles-ci peuvent subir des atteintes variées.
Stéréotype de genre, remarques déplacées sur la tenue des jeunes filles, ou sur leur sexualité. Et bien entendu les situations de harcèlement de rue, ou celles en classe ou sur les réseaux sociaux, les relations amoureuses et la notion du consentement...
Que dire ? Que faire ? Comment réagir ?
Cette bd aide à trouver des arguments pour exprimer que la situation doit s’arrêter. Plein de conseils et surtout un panel de solutions pour désamorcer des tensions, pour se sentir plus forte et pour le faire comprendre.
Évidemment aucune violence mais un travail sur l’observation, la posture, l’attitude, la voix, les voies de justice… extrêmement bien expliqués. Et l’accent est mis également sur la sororité. Aider les filles en difficulté et surtout ne pas crier avec les loups. Quelques affaires sordides nous rappellent que c’est et que ça reste nécessaire.
La forme n’est pas en reste sur le discours. Rien de rébarbatif, les situations sont illustrées par des exemples qui parleront aux jeunes filles (et pas que !). Certaines scènes (de harcèlement de rue par exemple) sont commentées… et rejouées après les conseils.
C’est bien foutu. L’humour est habilement distillé. Le dessin est clair et agréable et on remarque une diversité bienvenue dans le profil des filles concernées.
À conseiller dans tous les établissements scolaires, bibliothèques... à diffuser !
Je l’ai emprunté à ma bibliothèque de village. Et je compte bien l’offrir dans la famille.
A 17 ans je voulais soit être auteur de BD ou anthropologue/philosophe. Mes parents n’ont pas étè d'accord... J'ai acheté les premiers numéros d'(A Suivre) et je les garde encore avec beaucoup d'amour, comme la première édition de Casterman... Tardi et Forest a la couverture dès le premier numéro. J'ai adoré les dessins, l'histoire aussi ; le personnage, sa vie, mais surtout l'absurde et le questionnement du normal quotidien. Ce sont des auteurs complets (tant au dessin qu'au scénario) et cette collaboration a été merveilleuse. Aujourd'hui je ne suis pas encore dessinateur ou philosophe, j'essaye toujours...
D’emblée, il faut le dire, Submersion n’est pas une BD qui vous prend aux tripes dès les premières cases. Le rythme est lent, presque contemplatif, et c’est diablement bon. Ywan Lepingle prend son temps pour installer une atmosphère, pour faire monter en nous une tension sourde, une mélancolie qui colle à la peau. On pourrait croire que ça traîne, mais chaque page, chaque silence entre les dialogues, est nécessaire. C’est une œuvre qui respire, qui s’impose par sa lenteur même.
Et puis, il y a ce graphisme. Très épuré, très sobre, sans fioriture. On pourrait s’attendre à plus de détails, à plus de spectaculaire, mais non ! Iwan mise sur l’essentiel, sur la force des lignes et des ombres. Le trait est sec, précis, presque minimaliste. Et c’est là que réside la magie : cette simplicité apparente cache une maîtrise totale du récit visuel. On est surpris, puis conquis.
Les couleurs, ensuite, ces couleurs chaudes, presque anachroniques dans les paysages nord-écossais qu’il dépeint. On s’attend à des gris, à des bleus froids, à une palette qui colle au climat rude et aux falaises battues par les vents. Mais non, Iwan ose des ocres, des rouges, des jaunes qui semblent sortir d’un autre monde. Et pourtant, ça marche. Terriblement bien. Ces couleurs, loin d’affaiblir le récit, lui donnent une dimension presque onirique, comme si chaque case était un tableau à part entière.
J’ai acheté cet album parce que la couverture m’a immédiatement rappelé l’hôtel Sainte-Barbe au Conquet, cette masse de béton abandonnée sur la falaise, face à Ouessant. Ce bâtiment fantôme, ce géant de pierre et de souvenirs, qui résiste encore et toujours aux assauts de l’océan. Submersion m’a fait revivre cette sensation de solitude face à l’immensité, cette mélancolie des lieux qui ont vu passer des vies et qui, aujourd’hui, ne sont plus que des coquilles vides.
Je me suis régalé. Vraiment. Chaque page tournée était un plaisir, chaque planche une invitation à m’immerger un peu plus dans cette histoire. C’est une BD qui ne vous lâche pas. Je la recommande vivement, à ceux qui aiment les récits qui prennent leur temps, qui osent la sobriété et la poésie, et qui savent que la beauté se niche souvent là où on ne l’attend pas.
Un coup de cœur, sans hésitation pour ce polar surprenant.
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Downlands
3.5 J'ai bien aimé ce one-shot même si je comprends que d'autres posteurs aient moins accroché. En effet, le scénario est au final assez classique, le genre d'histoire qu'on voit dans pleins d'œuvre destiné à la jeunesse avec un message convenu du genre il faut faire son deuil. Mais bon cela ne m'a pas dérangé parce que j'ai trouvé le scénario terriblement efficace. Il faut dire que le récit traite de sujets qui m'attire comme le folklore ou encore l'histoire des quartiers. Les personnages sont attachants et le scénario est captivant. L'album se laisse lire facilement malgré son nombre de pages et le fait qu'il y a souvent beaucoup de textes. Le dessin est pas mal et on voit très bien que l'auteur a travail dans l'animation. Je ne sais pas trop quoi ajouter de plus aux éloges. C'est vraiment un bon divertissement.
French Theory
Un album intéressant. Et, il faut sans doute le dire, sans doute bien plus accessible que l’on pourrait s’y attendre si on n’est pas féru de philosophie, ou de théories et d’histoire intellectuelles de la seconde moitié du XXème siècle. La narration est en effet assez aérée, pour nous présenter – certes brièvement, ça n’est pas une étude universitaire ! – ce qu’on pu apporter quelques auteurs/penseurs français à la pensée moderne (même si d’autres auteurs non Français, voire même non francophones sont rattachés à cette « french theory »). Cela permet aussi de voir qu’il n’y a pas de « théorie » collective, que tout ceci a été construit presque de l’extérieur (aux États-Unis), en regroupant divers écrivains à la pensée et aux méthodes très différentes, si ce n’est qu’ils remettent en cause la doxa et la façon d’envisager le monde : en cela ils vont nourrir la réflexion de tous ceux qui vont se révolter contre l’ordre établi (universitaire, colonial, occidental, etc.). Et, conséquemment, ils vont donc se retrouver au cœur des cibles de la réaction ultralibérale et « antiwoke » (terme débile issu de l’extrême droite), même si ça n’est qu’effleuré en fin d’album, ça n’est pas le cœur du sujet. Une intéressante présentation historique, plutôt bien « vulgarisée ». Le dessin n’est pas forcément ce que j’apprécie le plus, mais il fait bien le boulot. Il est très lisible. Note réelle 3,5/5.
L'Indicible
Le dernier Tanabe, celui qui a réussi a faire des bande dessinées convaincantes de Lovecraft ! J'aime aussi qu'il se permette quelques inventions, comme le dialogue entre un auteur représentant en somme Lovecraft, et un critique. Le côté familial de l'aventure avec les Carter. Surtout, le dessin qui se fait presque sculpture de clair obscur face au fantastique… Précis et clair face au monde de l'éveil, précis et évocateur face au monde du rêve tant célébré dans ce volume. On se croirait à la fin de l'Incal où "rêver c'est survivre !"
Ivo a mis les voiles
Une narration subtile qui se prête à l’exercice, tout au long du récit, de ne rien révéler ou affirmer (je ne peux rentrer plus dans les détails sous peine de spoil..) Bien évidemment, le dénouement de certaines intrigues (principales ou sous-jacentes) semble écrit à l’avance mais ce choix de narration a le mérite de laisser une place à la suggestion du lecteur. Et pour ma part, c’est probablement ce qui m’a poussé à dévorer ce road trip Brésilien ! L'autre raison, c'est le côté graphique : l’atmosphère est incroyablement douce et chaleureuse (peut-être même trop d’ailleurs pour un périple de plusieurs milliers de kilomètres sous une chaleur éreintante et avec des moyens rudimentaires). Quoi qu’il en soit, on est bien loin du côté « fourmilière » des grandes agglomérations. On y découvre un Brésil majoritairement rural où le temps semble s’écouler au ralenti et où les mœurs sont (trop là aussi?) douces. Un voyage peut en amener d’autres :)
Minor arcana
Jeff Lemire réalise beaucoup de one-shot (Le Labyrinthe inachevé, Jack Joseph - Soudeur sous-marin ou encore Winter Road, pour ne citer que les plus populaires sur le site) mais aussi des séries « à rallonge », telles que Sweet Tooth, Phantom Road… et « Minor Arcana », la nouvelle « ongoing series » de l’auteur. Lemire nous ressert ses thèmes favoris : un bled paumé, une protagoniste torturée au passé chargé, et une bonne dose de fantastique, via la thématique de la lecture des cartes de tarot, élément central de l’histoire. Ce premier tome ne fait que poser les bases, nous présente les personnages et lance l’intrigue. Il est prenant au possible, je l’ai englouti d’une traite et j’attends impatiemment la suite. Le dernier chapitre (le comic book #5) propose un retour dans le passé intéressant, et un autre point de vue, celui du grand-père de la protagoniste. Pas grand-chose à dire sur le dessin, c’est du Lemire, j’adore. A priori il va se faire aider par Letizia Cardonici sur les tomes suivants, pour que ses nombreux projets en cours puissent avancer… je suis curieux de voir comment les deux styles vont de marier. Un excellent premier tome. Vivement la suite.
Approximativement
Un album de Trondheim qui date déjà de 30 ans et ne semble pas avoir de ligne directrice au départ, l'auteur y raconte sa vie, ses frustrations, ses doutes en tant qu'auteur. J'ai bien aimé les passages typiquement parisiens quand il s'énerve contre les gens qui bloquent le passage dans le métro et se visualise alors en vengeur. Il raconte aussi ce qui se passe dans son atelier de bande dessinée avec les autres auteurs. Dans une soirée organisée on voit que JC Menu est une vraie enflure alors que Trondheim fait la police. Chaque auteur croqué a son droit de réponse en fin d'album. Trondheim narre également sa vie professionnelle comme sa mouche qui tente de percer au Japon mais aussi personnelle avec son mariage ou le choix de déménager dans une maison en province. Bref c'est un livre édité chez Cornélius et pas à l'Asso que j'ai bien aimé.
Ici même
Le dessin si particulier de Tardi au service d'une histoire basée sur les murs et sur l'absurde ! Excellent. Non seulement au vue du scénario, mais aussi pour dépayser le regard, ce que tous les dessinateurs ne sauraient réussir. Le héros de la bd est un peu perché, c'est le cas de le dire, il n'y a pas que lui d'intéressant, Julie, en bien moins dingue, aussi. D'ailleurs, ce n'est pas la seule fois dans Tardi qu'on a des personnages féminin intéressants. Les dialogues sont bien… Parfois un peu profus ? Mais quand on a besoin d'expliquer et que les personnages sont quelque peu hors d'eux-mêmes, comment faire autrement ? Sinon, je félicite Miguelof de collectionner les bd qu'il aime, et de poursuivre dans ses ambitions artistiques, plus précisément celle de dessinateur, et de philosophe.
Basta ! - Guide d'autodéfense féministe pour ados (et pas que...)
Un documentaire ? Oui et non. Un manifeste féministe ? Oui et non. En revanche c’est un véritable cours de self défense à l’usage des filles. Sans violence mais non sans humour ! Les deux auteures s’adressent directement aux lectrices. Que faire dans des situations où celles-ci peuvent subir des atteintes variées. Stéréotype de genre, remarques déplacées sur la tenue des jeunes filles, ou sur leur sexualité. Et bien entendu les situations de harcèlement de rue, ou celles en classe ou sur les réseaux sociaux, les relations amoureuses et la notion du consentement... Que dire ? Que faire ? Comment réagir ? Cette bd aide à trouver des arguments pour exprimer que la situation doit s’arrêter. Plein de conseils et surtout un panel de solutions pour désamorcer des tensions, pour se sentir plus forte et pour le faire comprendre. Évidemment aucune violence mais un travail sur l’observation, la posture, l’attitude, la voix, les voies de justice… extrêmement bien expliqués. Et l’accent est mis également sur la sororité. Aider les filles en difficulté et surtout ne pas crier avec les loups. Quelques affaires sordides nous rappellent que c’est et que ça reste nécessaire. La forme n’est pas en reste sur le discours. Rien de rébarbatif, les situations sont illustrées par des exemples qui parleront aux jeunes filles (et pas que !). Certaines scènes (de harcèlement de rue par exemple) sont commentées… et rejouées après les conseils. C’est bien foutu. L’humour est habilement distillé. Le dessin est clair et agréable et on remarque une diversité bienvenue dans le profil des filles concernées. À conseiller dans tous les établissements scolaires, bibliothèques... à diffuser ! Je l’ai emprunté à ma bibliothèque de village. Et je compte bien l’offrir dans la famille.
Ici même
A 17 ans je voulais soit être auteur de BD ou anthropologue/philosophe. Mes parents n’ont pas étè d'accord... J'ai acheté les premiers numéros d'(A Suivre) et je les garde encore avec beaucoup d'amour, comme la première édition de Casterman... Tardi et Forest a la couverture dès le premier numéro. J'ai adoré les dessins, l'histoire aussi ; le personnage, sa vie, mais surtout l'absurde et le questionnement du normal quotidien. Ce sont des auteurs complets (tant au dessin qu'au scénario) et cette collaboration a été merveilleuse. Aujourd'hui je ne suis pas encore dessinateur ou philosophe, j'essaye toujours...
Submersion
D’emblée, il faut le dire, Submersion n’est pas une BD qui vous prend aux tripes dès les premières cases. Le rythme est lent, presque contemplatif, et c’est diablement bon. Ywan Lepingle prend son temps pour installer une atmosphère, pour faire monter en nous une tension sourde, une mélancolie qui colle à la peau. On pourrait croire que ça traîne, mais chaque page, chaque silence entre les dialogues, est nécessaire. C’est une œuvre qui respire, qui s’impose par sa lenteur même. Et puis, il y a ce graphisme. Très épuré, très sobre, sans fioriture. On pourrait s’attendre à plus de détails, à plus de spectaculaire, mais non ! Iwan mise sur l’essentiel, sur la force des lignes et des ombres. Le trait est sec, précis, presque minimaliste. Et c’est là que réside la magie : cette simplicité apparente cache une maîtrise totale du récit visuel. On est surpris, puis conquis. Les couleurs, ensuite, ces couleurs chaudes, presque anachroniques dans les paysages nord-écossais qu’il dépeint. On s’attend à des gris, à des bleus froids, à une palette qui colle au climat rude et aux falaises battues par les vents. Mais non, Iwan ose des ocres, des rouges, des jaunes qui semblent sortir d’un autre monde. Et pourtant, ça marche. Terriblement bien. Ces couleurs, loin d’affaiblir le récit, lui donnent une dimension presque onirique, comme si chaque case était un tableau à part entière. J’ai acheté cet album parce que la couverture m’a immédiatement rappelé l’hôtel Sainte-Barbe au Conquet, cette masse de béton abandonnée sur la falaise, face à Ouessant. Ce bâtiment fantôme, ce géant de pierre et de souvenirs, qui résiste encore et toujours aux assauts de l’océan. Submersion m’a fait revivre cette sensation de solitude face à l’immensité, cette mélancolie des lieux qui ont vu passer des vies et qui, aujourd’hui, ne sont plus que des coquilles vides. Je me suis régalé. Vraiment. Chaque page tournée était un plaisir, chaque planche une invitation à m’immerger un peu plus dans cette histoire. C’est une BD qui ne vous lâche pas. Je la recommande vivement, à ceux qui aiment les récits qui prennent leur temps, qui osent la sobriété et la poésie, et qui savent que la beauté se niche souvent là où on ne l’attend pas. Un coup de cœur, sans hésitation pour ce polar surprenant.