Quartier lointain est une très belle lecture. J’ai lu ce manga presque d’une traite, tant je me suis laissé emporter par l’histoire.
Tout m’a plu : les dessins, le découpage, mais aussi ces nombreux moments de silence que Jiro Taniguchi sait si bien installer. Certaines pages sont presque contemplatives, mais elles disent énormément de choses sans avoir besoin de beaucoup de dialogues. Cela donne au récit une atmosphère très particulière, douce et mélancolique.
C’est un manga qui prend le temps de raconter son histoire et de laisser respirer les émotions. On se laisse porter par cette plongée dans les souvenirs et les regrets d’une vie.
Je conseille vraiment cette œuvre. En revanche, je ne suis pas certain qu’elle fasse le même effet sur un adolescent. C’est une lecture qui touche probablement davantage quand on a déjà un peu de vécu et que les thèmes du temps qui passe et des choix de vie résonnent davantage.
Une œuvre simple en apparence, mais très touchante.
Locke & Key est l’une des séries les plus marquantes que j’ai lues ces dernières années. Joe Hill réussit à créer une histoire à la fois fantastique, mystérieuse et profondément sombre.
Le point de départ est déjà très fort : une famille qui s’installe dans une maison pleine de secrets, où se trouvent des clés aux pouvoirs étranges et parfois dangereux. Mais ce qui rend la série vraiment captivante, c’est la manière dont ces éléments fantastiques sont utilisés pour construire une histoire riche, pleine de mystère et de tension.
L’univers est extrêmement bien pensé. Chaque nouvelle clé apporte une idée originale et ouvre des possibilités inattendues, ce qui donne au récit une sensation constante de découverte.
Mais ce qui m’a le plus accroché, ce sont les personnages. On s’attache rapidement à cette famille et, au fil de la lecture, j’avais vraiment envie de savoir ce qui allait leur arriver et comment ils allaient affronter les dangers qui les entourent. Cette dimension émotionnelle rend l’histoire encore plus prenante.
Le dessin de Gabriel Rodríguez fonctionne parfaitement avec le récit : il est clair, lisible et très efficace pour installer une atmosphère parfois inquiétante.
Une série originale, intelligente et très addictive.
The Dark Knight Returns est une excellente bande dessinée sur Batman.
Frank Miller propose ici une vision radicale et crépusculaire du personnage : un Bruce Wayne vieillissant qui reprend le costume dans une Gotham plus violente et plus décadente que jamais. Ce Batman est dur, presque obsessionnel, et parfois inquiétant, mais c’est justement ce qui rend le récit aussi puissant.
Ce qui m’a particulièrement marqué, c’est l’atmosphère du livre. Gotham semble complètement malade et Batman apparaît presque comme une force primitive qui revient imposer l’ordre. L’utilisation des médias à travers les séquences télévisées apporte aussi une dimension très intelligente au récit et renforce la critique sociale et politique.
Le dessin de Frank Miller peut diviser, mais je trouve qu’il sert parfaitement l’histoire : il est brut, nerveux, parfois presque agressif, et correspond très bien au ton sombre de l’œuvre.
Enfin, le face-à-face entre Batman et Superman reste l’un des moments les plus emblématiques du comics. C’est bien plus qu’un simple combat : c’est un affrontement entre deux visions du héros.
Une œuvre sombre, dense et marquante, qui a profondément influencé l’image moderne de Batman
Agréablement surpris par cette bd.
Comme mes collègues aviseurs, je me suis senti transporté dans mes lectures passées des romans d’Anne Rice, surtout « Entretien avec un vampire » que j’avais adoré.
Les couleurs, les dessins en aquarelles, un peu diaphanes sont très adaptés à toute la fatalité, la mélancolie, l’exotisme et la sensualité de cette histoire.
Une bd dont la dimension aventureuse contrebalance son aspect tragique et donne envie de partir en voyage, d’explorer des contrées inconnues, d’avoir plusieurs vies en une seule en somme ;-)
Au travers de cet album, l’auteur nous propose une sorte d’autobiographie. Mais surtout une biographie/déclaration d’amour pour nous présenter sa mère, son parcours atypique, difficile. Commençant par la mort de la mère (d’un cancer) et se terminant presque par son enterrement (après moult flash-backs) et quelques révélations douloureuses, l’album se laisse lire agréablement.
La narration, comme le dessin d’ailleurs, sont aérés, fluides et agréables. Alain Rémy nous donne à voir une histoire familiale accidentée, mais vivace, mais aussi, au travers des nombreux « déménagements exotiques », la société des années 1970 à 1990, en Afrique ou à Haïti, la vision d’un gamin, fraiche.
Surtout l’auteur n’hésite pas à évoquer les moments difficiles, les malentendus, les blessures intimes, qui ont jalonné la vie de sa mère – et la sienne aussi par contre-coup.
Si l’album est centré sur sa mère, on voit à plusieurs reprises son père intervenir, et on sent que, là aussi Alain Rémy a des choses à dire à son propos, et d’ailleurs la dernière planche laisse entrevoir un autre album autour de ce père, souvent absent. A plusieurs reprises, lorsque l’histoire de ce père a été évoquée, surtout tout ce qui concerne sa période d’auteur/compositeur, sa relation avec Pierre Perret (devenu le parrain de l’auteur), je me suis dit que cette histoire me disait quelque chose. Et ça m’est revenu vers la fin, ce père est le personnage au centre de l’album de Tronchet Le Chanteur perdu !
En tout cas, voilà une histoire familiale qui parvient aisément à intéresser un lecteur « extérieur ». Rémy, avec son dessin dynamique, ses remarques souvent amusantes, ou pleines d’une cruelle profondeur (sur la nature humaine, les relations entre Arabes et Européens – différentes selon que l’on se trouve au Maroc ou en France, la société post-coloniale, etc.), nous propose une belle lecture.
Un album qui traite d’un sujet intéressant – et de plus en plus d’actualité – et qui le fait bien, et de façon relativement originale.
En effet, ça commence comme un récit de Science-Fiction classique, pour revenir peu à peu, au travers de divers chapitres, à quelque chose de plus « documentaire ».
La présentation est claire, fluide et aérée
D’abord parce que le dessin de Vincent Perriot est sympa et très lisible.
Ensuite parce que le propos, très étayé historiquement et scientifiquement, parvient à informer sans ennuyer : les citations d’économistes, de philosophes s’intègrent bien dans la démonstration, sont claires mais pas trop longues, enrichissent le propos sans le hacher.
L’album est bien construit, reprenant le passé, et aussi en développant une vision de l’avenir certes assez noire, mais pas sans issue, pour peu qu’on prenne conscience de certaines réalités. En particulier que notre mode de vie – et de pensée – fait peu de cas du caractère non renouvelable de beaucoup de ressources. Les promesses de certains économistes – ou d’industriels/rapaces comme Musk ou Bezos – ne tient pas la route. C’est bien sur notre Terre qu’il faudra trouver la solution. Surtout, notre système fait aussi peu de cas des « effets collatéraux » : outre les modifications notables du climat et leurs conséquences, d’ores et déjà nous ne pouvons soutenir ce mode de vie (habitants des pays riches à que parce qu’une bonne partie de l’humanité en est privée, et est exploitée (sa force de travail, mais aussi ses ressources) de façon plus qu’inégale – et inique.
C’est fou quand même l’aveuglement de tant de gens autour de la science, censée trouver des solutions à tout.
Bref, certaines solution – une autre croissance, voire une décroissance, une gestion responsable et équitable des ressources communes de l’humanité sont nécessaire. La course à l’innovation, à la 4,5 ou 6 G, avec des applications souvent inutiles et coûteuses en énergie et ressources, l’obsolescence programmée sont donc à revoir.
En fin d’album, un lexique et quelques rappels de connaissance complètent bien cette lecture qui apporte sa pierre à l’édifice d’une prise de conscience collective. A l’heure où Trump et ses suiveurs de droite plus ou moins extrême (ou tout simplement néolibéraux à la Macron) nie par leurs discours et/ou leurs actions l’urgence de la situation, il est toujours bon de lire un exposé simple et clair du problème, et de la direction que nous devrions prendre pour éviter le mur…
A l’instar d’un John Difool, Corto Maltese est un personnage qui m’a vu grandir. Après le looser magnifique place au flegme aventurier romantique.
Bref vous l’aurez compris Corto est un personnage qui m’est cher et que je continue à suivre.
A l’annonce de cette reprise par Vivès (et Quenehen que je connais peu) j’étais partagé entre hype et inquiétude, toujours est il que la curiosité l’a emporté.
1er bon point à la lecture, nous ne sommes pas dans la continuité temporelle de la série mère, c’est ici une version moderne de notre héros que les auteurs nous proposent, bienvenue au 21eme siècle.
2ème bon point, malgré ce bon dans le « futur » et le changement de look (notre héros a troqué sa marinière/casquette pour col roulé/bonnet), l’esprit est intact (j’ai beaucoup aimé la confrontation avec le téléphone portable :)
3ème bon point le dessin, on quitte le noir et blanc pour un gris/noir/blanc plutôt pas mal, quelques magnifiques images.
A noter également un chouette personnage féminin.
Une histoire peut-être en deçà par rapport à mes attentes mais ça m’a plutôt convaincu pour un 1er tome, je ne demande qu’à m’emballer par la suite pour augmenter ma note.
MàJ après 3 tomes :
Ça vaut bien 1* de plus cette reprise.
Certes, on est assez loin de l’imagerie de Pratt autour de ce héros mais finalement le duo d’auteurs s’en sort avec les honneurs. A mes yeux, il y a de jolies moments de grâce.
Le 1er m’est devenu de plus en plus accrocheur au fil de mes lectures, le 2nd est juste une tuerie, il n’y a que sa 3eme aventure qui me laisse encore un peu circonspect dans son background (pas avec les personnages).
Bref, j’aime bien ce Corto moderne et ce que développe le scénariste avec.
Cette première partie des complaintes, divisée en deux cycles, est un classique de fantasy.
Dufaux parvient à créer un univers cohérent, qui est encore aujourd'hui toujours développé en différentes aventures.
Fracas des batailles, intrigues de châteaux, incursion dans les landes : l'intrigue est un modèle du genre dans sa manière de varier les situations tout en maintenant un équilibre nécessaire.
C'est vrai que le récit connait quelques faiblesses par moment, je pense au dénouement du tome 2 par exemple.
Certains messages sont un peu mièvres soit, mais ils sont suffisamment rares pour ne pas gâcher la noirceur de l'ensemble.
Et puis l'écriture des personnages est bien élaborée, un travail dont ne bénéficient pas toujours les oeuvres de Dufaux (coucou Saga Valta).
Le prince Gerfaut est un antagoniste tout en contraste.
Enfin le dessin de Rosinski : à lui seul, il mérite la note de 5 étoiles. Son coup de crayon est parfait pour le genre et contribue énormément à donner vie à l'univers qui nous est conté.
Les aventures de Sioban sont une étape incontournable dans le paysage de la bande dessinée.
Une maxi-série inédite en dix épisodes (avec trois arcs narratifs de trois épisodes et un épisode conclusif) consacrée au célèbre Yoda. Ce format fonctionne très bien, car il permet d’explorer différentes périodes de sa vie tout en racontant des histoires assez complètes.
J’ai particulièrement apprécié le fait que le comics prenne le temps de montrer Yoda dans plusieurs moments importants de l’univers Star Wars. Chaque arc a sa propre ambiance et permet de voir le personnage sous un angle différent : en maître Jedi, en guide pour les plus jeunes ou encore en stratège pendant la Guerre des Clones. On retrouve bien la sagesse du personnage, mais aussi ses interrogations face à la Force et aux événements.
Les dessins sont globalement très réussis et participent beaucoup au plaisir de lecture. Les différentes équipes artistiques apportent chacune leur style, ce qui rend les arcs assez variés visuellement.
Certaines histoires m’ont un peu plus marqué que d’autres, mais l’ensemble reste très solide et intéressant, surtout pour un personnage aussi emblématique que Yoda. C’est une lecture que j’ai vraiment appréciée et qui développe bien le personnage.
Ce livre m'a été offert par ma fille dans la version anglaise de Penguin Books en 2019. Première édition, je crois, et que je conserve et estime avec beaucoup d'amour et de saudade (nostalgie). Je me suis souvenu d'elle en cette Journée de la Femme. L'approche de la dystopie écrite par M. Atwood est très opportune aujourd'hui et les illustrations sont bien faites. Je pense que l'édition française que j'ai feuilletée correspond bien à la version originale et je recommande vivement la lecture et la réflexion sur le thème.
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Quartier lointain
Quartier lointain est une très belle lecture. J’ai lu ce manga presque d’une traite, tant je me suis laissé emporter par l’histoire. Tout m’a plu : les dessins, le découpage, mais aussi ces nombreux moments de silence que Jiro Taniguchi sait si bien installer. Certaines pages sont presque contemplatives, mais elles disent énormément de choses sans avoir besoin de beaucoup de dialogues. Cela donne au récit une atmosphère très particulière, douce et mélancolique. C’est un manga qui prend le temps de raconter son histoire et de laisser respirer les émotions. On se laisse porter par cette plongée dans les souvenirs et les regrets d’une vie. Je conseille vraiment cette œuvre. En revanche, je ne suis pas certain qu’elle fasse le même effet sur un adolescent. C’est une lecture qui touche probablement davantage quand on a déjà un peu de vécu et que les thèmes du temps qui passe et des choix de vie résonnent davantage. Une œuvre simple en apparence, mais très touchante.
Locke & Key
Locke & Key est l’une des séries les plus marquantes que j’ai lues ces dernières années. Joe Hill réussit à créer une histoire à la fois fantastique, mystérieuse et profondément sombre. Le point de départ est déjà très fort : une famille qui s’installe dans une maison pleine de secrets, où se trouvent des clés aux pouvoirs étranges et parfois dangereux. Mais ce qui rend la série vraiment captivante, c’est la manière dont ces éléments fantastiques sont utilisés pour construire une histoire riche, pleine de mystère et de tension. L’univers est extrêmement bien pensé. Chaque nouvelle clé apporte une idée originale et ouvre des possibilités inattendues, ce qui donne au récit une sensation constante de découverte. Mais ce qui m’a le plus accroché, ce sont les personnages. On s’attache rapidement à cette famille et, au fil de la lecture, j’avais vraiment envie de savoir ce qui allait leur arriver et comment ils allaient affronter les dangers qui les entourent. Cette dimension émotionnelle rend l’histoire encore plus prenante. Le dessin de Gabriel Rodríguez fonctionne parfaitement avec le récit : il est clair, lisible et très efficace pour installer une atmosphère parfois inquiétante. Une série originale, intelligente et très addictive.
Batman - The Dark Knight returns
The Dark Knight Returns est une excellente bande dessinée sur Batman. Frank Miller propose ici une vision radicale et crépusculaire du personnage : un Bruce Wayne vieillissant qui reprend le costume dans une Gotham plus violente et plus décadente que jamais. Ce Batman est dur, presque obsessionnel, et parfois inquiétant, mais c’est justement ce qui rend le récit aussi puissant. Ce qui m’a particulièrement marqué, c’est l’atmosphère du livre. Gotham semble complètement malade et Batman apparaît presque comme une force primitive qui revient imposer l’ordre. L’utilisation des médias à travers les séquences télévisées apporte aussi une dimension très intelligente au récit et renforce la critique sociale et politique. Le dessin de Frank Miller peut diviser, mais je trouve qu’il sert parfaitement l’histoire : il est brut, nerveux, parfois presque agressif, et correspond très bien au ton sombre de l’œuvre. Enfin, le face-à-face entre Batman et Superman reste l’un des moments les plus emblématiques du comics. C’est bien plus qu’un simple combat : c’est un affrontement entre deux visions du héros. Une œuvre sombre, dense et marquante, qui a profondément influencé l’image moderne de Batman
Le Voleur d'amour
Agréablement surpris par cette bd. Comme mes collègues aviseurs, je me suis senti transporté dans mes lectures passées des romans d’Anne Rice, surtout « Entretien avec un vampire » que j’avais adoré. Les couleurs, les dessins en aquarelles, un peu diaphanes sont très adaptés à toute la fatalité, la mélancolie, l’exotisme et la sensualité de cette histoire. Une bd dont la dimension aventureuse contrebalance son aspect tragique et donne envie de partir en voyage, d’explorer des contrées inconnues, d’avoir plusieurs vies en une seule en somme ;-)
Sur la vie de ma mère
Au travers de cet album, l’auteur nous propose une sorte d’autobiographie. Mais surtout une biographie/déclaration d’amour pour nous présenter sa mère, son parcours atypique, difficile. Commençant par la mort de la mère (d’un cancer) et se terminant presque par son enterrement (après moult flash-backs) et quelques révélations douloureuses, l’album se laisse lire agréablement. La narration, comme le dessin d’ailleurs, sont aérés, fluides et agréables. Alain Rémy nous donne à voir une histoire familiale accidentée, mais vivace, mais aussi, au travers des nombreux « déménagements exotiques », la société des années 1970 à 1990, en Afrique ou à Haïti, la vision d’un gamin, fraiche. Surtout l’auteur n’hésite pas à évoquer les moments difficiles, les malentendus, les blessures intimes, qui ont jalonné la vie de sa mère – et la sienne aussi par contre-coup. Si l’album est centré sur sa mère, on voit à plusieurs reprises son père intervenir, et on sent que, là aussi Alain Rémy a des choses à dire à son propos, et d’ailleurs la dernière planche laisse entrevoir un autre album autour de ce père, souvent absent. A plusieurs reprises, lorsque l’histoire de ce père a été évoquée, surtout tout ce qui concerne sa période d’auteur/compositeur, sa relation avec Pierre Perret (devenu le parrain de l’auteur), je me suis dit que cette histoire me disait quelque chose. Et ça m’est revenu vers la fin, ce père est le personnage au centre de l’album de Tronchet Le Chanteur perdu ! En tout cas, voilà une histoire familiale qui parvient aisément à intéresser un lecteur « extérieur ». Rémy, avec son dessin dynamique, ses remarques souvent amusantes, ou pleines d’une cruelle profondeur (sur la nature humaine, les relations entre Arabes et Européens – différentes selon que l’on se trouve au Maroc ou en France, la société post-coloniale, etc.), nous propose une belle lecture.
Ressources - Un défi pour l'humanité
Un album qui traite d’un sujet intéressant – et de plus en plus d’actualité – et qui le fait bien, et de façon relativement originale. En effet, ça commence comme un récit de Science-Fiction classique, pour revenir peu à peu, au travers de divers chapitres, à quelque chose de plus « documentaire ». La présentation est claire, fluide et aérée D’abord parce que le dessin de Vincent Perriot est sympa et très lisible. Ensuite parce que le propos, très étayé historiquement et scientifiquement, parvient à informer sans ennuyer : les citations d’économistes, de philosophes s’intègrent bien dans la démonstration, sont claires mais pas trop longues, enrichissent le propos sans le hacher. L’album est bien construit, reprenant le passé, et aussi en développant une vision de l’avenir certes assez noire, mais pas sans issue, pour peu qu’on prenne conscience de certaines réalités. En particulier que notre mode de vie – et de pensée – fait peu de cas du caractère non renouvelable de beaucoup de ressources. Les promesses de certains économistes – ou d’industriels/rapaces comme Musk ou Bezos – ne tient pas la route. C’est bien sur notre Terre qu’il faudra trouver la solution. Surtout, notre système fait aussi peu de cas des « effets collatéraux » : outre les modifications notables du climat et leurs conséquences, d’ores et déjà nous ne pouvons soutenir ce mode de vie (habitants des pays riches à que parce qu’une bonne partie de l’humanité en est privée, et est exploitée (sa force de travail, mais aussi ses ressources) de façon plus qu’inégale – et inique. C’est fou quand même l’aveuglement de tant de gens autour de la science, censée trouver des solutions à tout. Bref, certaines solution – une autre croissance, voire une décroissance, une gestion responsable et équitable des ressources communes de l’humanité sont nécessaire. La course à l’innovation, à la 4,5 ou 6 G, avec des applications souvent inutiles et coûteuses en énergie et ressources, l’obsolescence programmée sont donc à revoir. En fin d’album, un lexique et quelques rappels de connaissance complètent bien cette lecture qui apporte sa pierre à l’édifice d’une prise de conscience collective. A l’heure où Trump et ses suiveurs de droite plus ou moins extrême (ou tout simplement néolibéraux à la Macron) nie par leurs discours et/ou leurs actions l’urgence de la situation, il est toujours bon de lire un exposé simple et clair du problème, et de la direction que nous devrions prendre pour éviter le mur…
Corto Maltese (Quenehen et Vives)
A l’instar d’un John Difool, Corto Maltese est un personnage qui m’a vu grandir. Après le looser magnifique place au flegme aventurier romantique. Bref vous l’aurez compris Corto est un personnage qui m’est cher et que je continue à suivre. A l’annonce de cette reprise par Vivès (et Quenehen que je connais peu) j’étais partagé entre hype et inquiétude, toujours est il que la curiosité l’a emporté. 1er bon point à la lecture, nous ne sommes pas dans la continuité temporelle de la série mère, c’est ici une version moderne de notre héros que les auteurs nous proposent, bienvenue au 21eme siècle. 2ème bon point, malgré ce bon dans le « futur » et le changement de look (notre héros a troqué sa marinière/casquette pour col roulé/bonnet), l’esprit est intact (j’ai beaucoup aimé la confrontation avec le téléphone portable :) 3ème bon point le dessin, on quitte le noir et blanc pour un gris/noir/blanc plutôt pas mal, quelques magnifiques images. A noter également un chouette personnage féminin. Une histoire peut-être en deçà par rapport à mes attentes mais ça m’a plutôt convaincu pour un 1er tome, je ne demande qu’à m’emballer par la suite pour augmenter ma note. MàJ après 3 tomes : Ça vaut bien 1* de plus cette reprise. Certes, on est assez loin de l’imagerie de Pratt autour de ce héros mais finalement le duo d’auteurs s’en sort avec les honneurs. A mes yeux, il y a de jolies moments de grâce. Le 1er m’est devenu de plus en plus accrocheur au fil de mes lectures, le 2nd est juste une tuerie, il n’y a que sa 3eme aventure qui me laisse encore un peu circonspect dans son background (pas avec les personnages). Bref, j’aime bien ce Corto moderne et ce que développe le scénariste avec.
Complainte des landes perdues
Cette première partie des complaintes, divisée en deux cycles, est un classique de fantasy. Dufaux parvient à créer un univers cohérent, qui est encore aujourd'hui toujours développé en différentes aventures. Fracas des batailles, intrigues de châteaux, incursion dans les landes : l'intrigue est un modèle du genre dans sa manière de varier les situations tout en maintenant un équilibre nécessaire. C'est vrai que le récit connait quelques faiblesses par moment, je pense au dénouement du tome 2 par exemple. Certains messages sont un peu mièvres soit, mais ils sont suffisamment rares pour ne pas gâcher la noirceur de l'ensemble. Et puis l'écriture des personnages est bien élaborée, un travail dont ne bénéficient pas toujours les oeuvres de Dufaux (coucou Saga Valta). Le prince Gerfaut est un antagoniste tout en contraste. Enfin le dessin de Rosinski : à lui seul, il mérite la note de 5 étoiles. Son coup de crayon est parfait pour le genre et contribue énormément à donner vie à l'univers qui nous est conté. Les aventures de Sioban sont une étape incontournable dans le paysage de la bande dessinée.
Star Wars - Yoda
Une maxi-série inédite en dix épisodes (avec trois arcs narratifs de trois épisodes et un épisode conclusif) consacrée au célèbre Yoda. Ce format fonctionne très bien, car il permet d’explorer différentes périodes de sa vie tout en racontant des histoires assez complètes. J’ai particulièrement apprécié le fait que le comics prenne le temps de montrer Yoda dans plusieurs moments importants de l’univers Star Wars. Chaque arc a sa propre ambiance et permet de voir le personnage sous un angle différent : en maître Jedi, en guide pour les plus jeunes ou encore en stratège pendant la Guerre des Clones. On retrouve bien la sagesse du personnage, mais aussi ses interrogations face à la Force et aux événements. Les dessins sont globalement très réussis et participent beaucoup au plaisir de lecture. Les différentes équipes artistiques apportent chacune leur style, ce qui rend les arcs assez variés visuellement. Certaines histoires m’ont un peu plus marqué que d’autres, mais l’ensemble reste très solide et intéressant, surtout pour un personnage aussi emblématique que Yoda. C’est une lecture que j’ai vraiment appréciée et qui développe bien le personnage.
La Servante écarlate
Ce livre m'a été offert par ma fille dans la version anglaise de Penguin Books en 2019. Première édition, je crois, et que je conserve et estime avec beaucoup d'amour et de saudade (nostalgie). Je me suis souvenu d'elle en cette Journée de la Femme. L'approche de la dystopie écrite par M. Atwood est très opportune aujourd'hui et les illustrations sont bien faites. Je pense que l'édition française que j'ai feuilletée correspond bien à la version originale et je recommande vivement la lecture et la réflexion sur le thème.