Les derniers avis (113 avis)

Par Lodi
Note: 4/5
Couverture de la série L'Indicible
L'Indicible

Le dernier Tanabe, celui qui a réussi a faire des bande dessinées convaincantes de Lovecraft ! J'aime aussi qu'il se permette quelques inventions, comme le dialogue entre un auteur représentant en somme Lovecraft, et un critique. Le côté familial de l'aventure avec les Carter. Surtout, le dessin qui se fait presque sculpture de clair obscur face au fantastique… Précis et clair face au monde de l'éveil, précis et évocateur face au monde du rêve tant célébré dans ce volume. On se croirait à la fin de l'Incal où "rêver c'est survivre !"

22/01/2026 (modifier)
Par Patoun
Note: 4/5
Couverture de la série Ivo a mis les voiles
Ivo a mis les voiles

Une narration subtile qui se prête à l’exercice, tout au long du récit, de ne rien révéler ou affirmer (je ne peux rentrer plus dans les détails sous peine de spoil..) Bien évidemment, le dénouement de certaines intrigues (principales ou sous-jacentes) semble écrit à l’avance mais ce choix de narration a le mérite de laisser une place à la suggestion du lecteur. Et pour ma part, c’est probablement ce qui m’a poussé à dévorer ce road trip Brésilien ! L'autre raison, c'est le côté graphique : l’atmosphère est incroyablement douce et chaleureuse (peut-être même trop d’ailleurs pour un périple de plusieurs milliers de kilomètres sous une chaleur éreintante et avec des moyens rudimentaires). Quoi qu’il en soit, on est bien loin du côté « fourmilière » des grandes agglomérations. On y découvre un Brésil majoritairement rural où le temps semble s’écouler au ralenti et où les mœurs sont (trop là aussi?) douces. Un voyage peut en amener d’autres :)

22/01/2026 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5
Couverture de la série Minor arcana
Minor arcana

Jeff Lemire réalise beaucoup de one-shot (Le Labyrinthe inachevé, Jack Joseph - Soudeur sous-marin ou encore Winter Road, pour ce citer que les plus populaires sur le site) mais aussi des séries « à rallonge », telles que Sweet Tooth, Phantom Road… et « Minor Arcana », la nouvelle « ongoing series » de l’auteur. Lemire nous ressert ses thèmes favoris : un bled paumé, une protagoniste torturée au passé chargé, et une bonne dose de fantastique, via la thématique de la lecture des cartes de tarot, élément central de l’histoire. Ce premier tome ne fait que poser les bases, nous présente les personnages et lance l’intrigue. Il est prenant au possible, je l’ai englouti d’une traite et j’attends impatiemment la suite. Le dernier chapitre (le comic book #5) propose un retour dans le passé intéressant, et un autre point de vue, celui du grand-père de la protagoniste. Pas grand-chose à dire sur le dessin, c’est du Lemire, j’adore. A priori il va se faire aider par Letizia Cardonici sur les tomes suivants, pour que ses nombreux projets en cours puissent avancer… je suis curieux de voir comment les deux styles vont de marier. Un excellent premier tome. Vivement la suite.

22/01/2026 (modifier)
Par cac
Note: 4/5
Couverture de la série Approximativement
Approximativement

Un album de Trondheim qui date déjà de 30 ans et ne semble pas avoir de ligne directrice au départ, l'auteur y raconte sa vie, ses frustrations, ses doutes en tant qu'auteur. J'ai bien aimé les passages typiquement parisiens quand il s'énerve contre les gens qui bloquent le passage dans le métro et se visualise alors en vengeur. Il raconte aussi ce qui se passe dans son atelier de bande dessinée avec les autres auteurs. Dans une soirée organisée on voit que JC Menu est une vraie enflure alors que Trondheim fait la police. Chaque auteur croqué a son droit de réponse en fin d'album. Trondheim narre également sa vie professionnelle comme sa mouche qui tente de percer au Japon mais aussi personnelle avec son mariage ou le choix de déménager dans une maison en province. Bref c'est un livre édité chez Cornélius et pas à l'Asso que j'ai bien aimé.

21/01/2026 (modifier)
Par Lodi
Note: 4/5
Couverture de la série Ici même
Ici même

Le dessin si particulier de Tardi au service d'une histoire basée sur les murs et sur l'absurde ! Excellent. Non seulement au vue du scénario, mais aussi pour dépayser le regard, ce que tous les dessinateurs ne sauraient réussir. Le héros de la bd est un peu perché, c'est le cas de le dire, il n'y a pas que lui d'intéressant, Julie, en bien moins dingue, aussi. D'ailleurs, ce n'est pas la seule fois dans Tardi qu'on a des personnages féminin intéressants. Les dialogues sont bien… Parfois un peu profus ? Mais quand on a besoin d'expliquer et que les personnages sont quelque peu hors d'eux-mêmes, comment faire autrement ? Sinon, je félicite Miguelof de collectionner les bd qu'il aime, et de poursuivre dans ses ambitions artistiques, plus précisément celle de dessinateur, et de philosophe.

21/01/2026 (modifier)
Par Titanick
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Basta ! - Guide d'autodéfense féministe pour ados (et pas que...)
Basta ! - Guide d'autodéfense féministe pour ados (et pas que...)

Un documentaire ? Oui et non. Un manifeste féministe ? Oui et non. En revanche c’est un véritable cours de self défense à l’usage des filles. Sans violence mais non sans humour ! Les deux auteures s’adressent directement aux lectrices. Que faire dans des situations où celles-ci peuvent subir des atteintes variées. Stéréotype de genre, remarques déplacées sur la tenue des jeunes filles, ou sur leur sexualité. Et bien entendu les situations de harcèlement de rue, ou celles en classe ou sur les réseaux sociaux, les relations amoureuses et la notion du consentement... Que dire ? Que faire ? Comment réagir ? Cette bd aide à trouver des arguments pour exprimer que la situation doit s’arrêter. Plein de conseils et surtout un panel de solutions pour désamorcer des tensions, pour se sentir plus forte et pour le faire comprendre. Évidemment aucune violence mais un travail sur l’observation, la posture, l’attitude, la voix, les voies de justice… extrêmement bien expliqués. Et l’accent est mis également sur la sororité. Aider les filles en difficulté et surtout ne pas crier avec les loups. Quelques affaires sordides nous rappellent que c’est et que ça reste nécessaire. La forme n’est pas en reste sur le discours. Rien de rébarbatif, les situations sont illustrées par des exemples qui parleront aux jeunes filles (et pas que !). Certaines scènes (de harcèlement de rue par exemple) sont commentées… et rejouées après les conseils. C’est bien foutu. L’humour est habilement distillé. Le dessin est clair et agréable et on remarque une diversité bienvenue dans le profil des filles concernées. À conseiller dans tous les établissements scolaires, bibliothèques... à diffuser ! Je l’ai emprunté à ma bibliothèque de village. Et je compte bien l’offrir dans la famille.

21/01/2026 (modifier)
Par Miguelof
Note: 5/5
Couverture de la série Ici même
Ici même

A 17 ans je voulais soit être auteur de BD ou anthropologue/philosophe. Mes parents n’ont pas étè d'accord... J'ai acheté les premiers numéros d'(A Suivre) et je les garde encore avec beaucoup d'amour, comme la première édition de Casterman... Tardi et Forest a la couverture dès le premier numéro. J'ai adoré les dessins, l'histoire aussi ; le personnage, sa vie, mais surtout l'absurde et le questionnement du normal quotidien. Ce sont des auteurs complets (tant au dessin qu'au scénario) et cette collaboration a été merveilleuse. Aujourd'hui je ne suis pas encore dessinateur ou philosophe, j'essaye toujours...

20/01/2026 (MAJ le 20/01/2026) (modifier)
Par Yann135
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Submersion
Submersion

D’emblée, il faut le dire, Submersion n’est pas une BD qui vous prend aux tripes dès les premières cases. Le rythme est lent, presque contemplatif, et c’est diablement bon. Ywan Lepingle prend son temps pour installer une atmosphère, pour faire monter en nous une tension sourde, une mélancolie qui colle à la peau. On pourrait croire que ça traîne, mais chaque page, chaque silence entre les dialogues, est nécessaire. C’est une œuvre qui respire, qui s’impose par sa lenteur même. Et puis, il y a ce graphisme. Très épuré, très sobre, sans fioriture. On pourrait s’attendre à plus de détails, à plus de spectaculaire, mais non ! Iwan mise sur l’essentiel, sur la force des lignes et des ombres. Le trait est sec, précis, presque minimaliste. Et c’est là que réside la magie : cette simplicité apparente cache une maîtrise totale du récit visuel. On est surpris, puis conquis. Les couleurs, ensuite, ces couleurs chaudes, presque anachroniques dans les paysages nord-écossais qu’il dépeint. On s’attend à des gris, à des bleus froids, à une palette qui colle au climat rude et aux falaises battues par les vents. Mais non, Iwan ose des ocres, des rouges, des jaunes qui semblent sortir d’un autre monde. Et pourtant, ça marche. Terriblement bien. Ces couleurs, loin d’affaiblir le récit, lui donnent une dimension presque onirique, comme si chaque case était un tableau à part entière. J’ai acheté cet album parce que la couverture m’a immédiatement rappelé l’hôtel Sainte-Barbe au Conquet, cette masse de béton abandonnée sur la falaise, face à Ouessant. Ce bâtiment fantôme, ce géant de pierre et de souvenirs, qui résiste encore et toujours aux assauts de l’océan. Submersion m’a fait revivre cette sensation de solitude face à l’immensité, cette mélancolie des lieux qui ont vu passer des vies et qui, aujourd’hui, ne sont plus que des coquilles vides. Je me suis régalé. Vraiment. Chaque page tournée était un plaisir, chaque planche une invitation à m’immerger un peu plus dans cette histoire. C’est une BD qui ne vous lâche pas. Je la recommande vivement, à ceux qui aiment les récits qui prennent leur temps, qui osent la sobriété et la poésie, et qui savent que la beauté se niche souvent là où on ne l’attend pas. Un coup de cœur, sans hésitation pour ce polar surprenant.

20/01/2026 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Nos pères, nos frères, nos amis
Nos pères, nos frères, nos amis

Une BD sur un sujet lourd, mais traité par un angle original. L'idée de Mathieu Palain a été de voir la violence domestique par le prisme de ces hommes violents, ceux qui semblent des monstres dans notre société mais sont avant tout des humains, nos voisins, nos amis, nos proches, notre famille. Issu d'un reportage qu'il diffusa notamment sur France Culture et qu'il compile ici en BD, son approche est centrée avant tout sur les questions de compréhension. Ces hommes se sentent victime, non-coupable, innocents. Selon eux, ils ne sont ni des monstres ni des hommes violents. Comment expliquer cela ? La BD est assez riche et dense, les témoignages parfois horribles, mais j'ai beaucoup aimé que Mathieu Palain ne s'en tienne pas qu'à ces simples témoignages. Il les dépasse pour aller chercher les réponses sociologiques et psychologiques. Les questions sont aussi pertinentes parce qu'elles permettent de replacer toutes ces violences en contexte. La violence domestique nait d'une violence déjà présente avant, dans l'enfance des victimes et des bourreaux. Elle incite à se poser des questions sur ce qu'on autorise et permet dans les familles, la reproduction de ce qu'on a vu. C'est aussi une question de niveau de vie, lorsque la plupart des personnes arrêtées sont pauvres alors que cette violence touche tout autant les riches. Mais elle met aussi en lumière ce que doivent faire les mecs "biens" dont tout le monde pense faire partie, puisque personne n'est un monstre, on l'a dit. A quel moment est-on réellement un "mec bien" ? Quel est la limite, qu'a-t-on fait de mal soi-même ? L'important n'est pas de culpabiliser tout un chacun mais de se demander ce que nous avons appris, reproduit ou ignoré. Et comment changer cela. Cette BD est à mettre en rapport avec d'autres sur les questions des violences faites aux femmes, mais en s'intéressant moins aux victimes (question importante, bien sûr) qu'aux bourreaux, elle monte aussi que venir réparer les dégâts une fois la violence faite ne suffit pas. Il faut empêcher ces bourreaux de refaire des victimes, il faut arriver à changer les normes de masculinité toxique qui transforment tant de nos concitoyens en maris violents. Rappelons que ce fut le cas de 270.000 femmes les années passées, et donc de 270.000 hommes violents. Une BD qui incite à les considérer eux aussi comme des humains et s'interroger sur ce qu'on doit faire pour eux et avec eux. Une question importante, peut-être plus que ce qu'on imagine.

20/01/2026 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série The Junction
The Junction

Norm Konyu, canadien habitant en Angleterre, est surtout connu pour son travail dans l’animation (notamment pour la BBC et le studio Dreamworks). « The Junction » est sa première BD (même si Glénat a choisi de la publier en France après Downlands), et bon sang, que c’est bon ! L’illustration élégante et le résumé intrigant ont suffi à me faire craquer, et je ressors émerveillé et bouleversé de ma lecture. L’intrigue est prenante et remplie de mystère, et débute comme une bête enquête pour expliquer la réapparition de Lucas. Mais au fur et à mesure que les réponses arrivent le récit devient de plus en plus poignant, et les thèmes de plus en plus douloureux. Je n’en dirai pas plus pour ne pas spoiler. Le style graphique est charmant au possible, et influencé par le travail d’animation de l’auteur. Il apporte une certaine légèreté au récit qui contrebalance un peu avec les thèmes difficiles. Un coup de maître pour un premier album, et un coup de cœur !

20/01/2026 (modifier)