Les derniers avis (103 avis)

Couverture de la série Disney Zootopie - Un défi pour Nick et Judy !
Disney Zootopie - Un défi pour Nick et Judy !

Je suis toujours friand des livres pour les très jeunes. Cela permet de partager des moments forts avec ses enfants et de transmettre de façon très ludique en dehors du carcan scolaire. Hachette éducation propose cette collection qui cible les 6/8ans du début CP au Ce1. La maison d'édition s'appuie sur son impressionnant catalogue Disney mais propose aussi quelques titres Marvel. L'ouvrage a un but récréatif avec deux histoires BD soit une trentaine de pages. Il y a aussi un côté pédagogique fort avec une rubrique "Sais-tu comment lire une BD ?", un sommaire, une présentation des personnages et deux pages de préparation à la lecture. Dans cet ouvrage Isabelle Albertin propose deux histoires conduites par Nick et Judy encore jeunes héros de l'excellent Zootopie. Une petite enquête pour retrouver un collier égaré et une manière astucieuse de faire face à la violence pour nettoyer un jardin. Le scénario est bien construit avec des rebondissements et une fin qui porte des valeurs. Le lettrage est clair et lisible. Le texte a un bon niveau de vocabulaire et est agréable à lire. Il y a même une légère dose d'humour qui ne gâte rien. Le graphisme est adapté aux jeunes enfants avec une ligne claire sans surprise et des couleurs douces. C'est dynamique et fluide. Cela se lit assez vite (pour un enfant) mais il ne faut pas hésiter à relire. Il y a un quizz à la fin de l'histoire pour voir si l'enfant à bien compris. C'est un peu scolaire mais cela permet aux enfants de se sentir en pays de connaissance. J'aime bien et mes enfants aussi. Evidemment je donne une note relative pour la petite jeunesse.

24/05/2022 (modifier)
Couverture de la série Les Saveurs du béton
Les Saveurs du béton

Angoulême 2022 prix de la BD du Musée de l'Intégration. J'ai beaucoup aimé ce témoignage de madame Kei Lam sur ses années de préadolescente lors de l'installation de sa famille dans la cité La Noue à Bagnolet en Seine-Saint-Denis. C'est un témoignage très intéressant d'une enfant unique immigrée non francophone et sans lien historique avec la France. C'est une oeuvre fraiche, touchante et pleine d'espoir car elle donne l'exemple d'un parcours d'excellence dans un environnement peu favorable. C'est un point très important du livre, une enfant de la première génération peut aujourd'hui en France aspirer à devenir ingénieur(e), docteur, architecte ou fonctionnaire (en devenant Français). Je confirme que c'est possible dans toutes les banlieues et toutes les cités même avec des mamans célibataires femmes de ménage, comme le travail de la maman de Kei. Et pas seulement pour des enfants "Asiats" stéréotypés "intellos". Kei Lam ne s'en rend pas compte dans son livre mais c'est un progrès considérable qui a été effectué par la République en peu de décennies. Ce que j'aime le plus, c'est son regard neuf et naïf vis à vis de l'accueil en France. Kei ne porte pas avec elle le fardeau d'une guerre d'Algérie ou d'une colonisation brutale. Sa famille ne représente pas l'espoir d'une vie meilleure pour tout un village. Venant de Hong Kong elle ne déprime pas au souvenir de plages ensoleillées. Kei nous présente son témoignage avec beaucoup de spontanéité en ne cachant ni les bons côtés de sa cité ni les difficultés. Elle développe une bonne dose d'humour à certains passages comme ses visites en préfecture avec, quelquefois, une certaine injustice de ton (cela semble évident que tous les documents doivent être en français et certifiés conformes). Le scénario de Kei Lam intéressera les personnes concernées par un pan important de la vie sociale de notre pays. Derrière son parcours personnel Kei Lam nous décrit aussi une histoire d'amour entre sa famille et la cité de La Noue. Il y a des saveurs, des bonnes (la solidarité, les copines, les rêves de grandeur) et les moins bonnes (la violence, l'entretien) Mais in fine c'est plutôt l'image de 25 ans de vie heureuse qui se dégage. Le dessin est un peu minimaliste mais cela ne nuit pas au récit. C'est très fluide et dynamique. Je ne me suis jamais ennuyé tout au long du livre, c'est assez drôle et parfois dramatique. Une très bonne lecture qui m'incite à découvrir d'autres oeuvres de Kei Lam.

24/05/2022 (modifier)
Couverture de la série Splendeurs & misères du verbe
Splendeurs & misères du verbe

J’ai beaucoup aimé ma (courte) lecture. Les 4 histoires muettes sont toutes sympathiques, elles mettent en scène les mêmes personnages : un homme faisant la « cour » à une femme. L’auteur s’interdisant les mots mais pas les bulles pour son histoire, du coup pas mal de petites trouvailles graphiques. Ibn Al Rabin réussit une nouvelle fois son pari, il propose quelques chose d’intéressant avec bien peu de moyen. Le titre résume très bien l’exercice qu’il décline : 1) le verbe bâtisseur 2) le verbe prophétique 3) le verbe enjôleur 4) le verbe vaincu par les éléments J’ai bien rigolé sur la chute du 2). C’est moins cher, plus fun et réussi que « Considérations sur les flèches de l’amour » du même auteur. Dispensable mais franchement bien pour la collection, une chouette curiosité pour ma part.

23/05/2022 (modifier)
Couverture de la série Wild's End
Wild's End

Voilà un récit SF tout public globalement réussi. Très fortement inspiré du roman de Wells « La guerre des mondes », dans une campagne anglaise peuplée de personnages animaliers. Cet aspect, et le dessin – assez simple -, la colorisation (pour le coup ce que j’ai le moins aimé, n’appréciant pas ce type de colorisation informatique sans nuance), tout peut accrocher un jeune lectorat, y compris l’intrigue, simple à suivre, et plutôt rythmée. La menace extraterrestre, même si les victimes s’accumulent (surtout au début du premier tome il est vrai), reste avant tout invisible, la tension est sous-jacente, alors que la personnalité des personnages principaux n’est pas sacrifiée (et là les lecteurs plus âgés – comme moi – peuvent y trouver leur compte). Un peu d’humour aussi, autour du personnage de l’écrivain de SF qui retrouve son ex (et accessoirement sa « nègre »). Bref, après avoir lu les deux premiers tomes, je reste sur une bonne impression, ados et adultes peuvent facilement apprécier cette version de « La guerre des mondes » (même si je conseillerais surtout la lecture aux premiers). Note réelle 3,5/5.

23/05/2022 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Les Grands Espaces
Les Grands Espaces

Les souvenirs de jeunesse de Catherine Meurisse dans la campagne du Poitou où ses parents ont acheté une ferme à retaper et un immense jardin à reboiser et cultiver. Je me faisais de l'autrice l'image d'une artiste parisienne, sans doute du fait de son intimité avec Charlie Hebdo. J'ai réalisé avec cette BD qu'elle est en fait campagnarde d'adoption, ayant émigré de la ville vers les champs alors qu'elle était encore jeune et ayant donc appris la vie dans le verdure, les fêtes de villages et au côté d'exploitations agricoles. Son autobiographie nous plonge dans le monde rural des années 80 mais aussi dans la vision pleine d'écologie et de culture littéraire que lui ont inculqués ses parents et sa sœur. Par le biais de tous ces moments passés, ces découvertes, visites et rencontres, on voit se forger l'esprit de celle qui deviendra finalement autrice de BD adepte d'humour et de caricature mais avec un solide bagage culturel en support. J'ai été rapidement séduit par cet album. Même s'il conserve une représentation des personnages façon dessin de presse, le graphisme des décors est lui très soigné, esthétique et coloré. Cela donne de belles planches, aérées et agréables à lire. La narration, elle, est simple et coule très bien. Par l'ajout de beaucoup d'humour et de dérision, on est facilement plongé dans l'atmosphère de l'histoire. C'est souvent intéressant, et très souvent vraiment drôle aussi. Il y a aussi une certaine touche d'émotion, accompagné de bon sens paysan. Il n'y a que les assez nombreuses citations littéraires et autres envolées lyriques qui m'ont un peu refroidi, car je n'ai ni cette passion ni cette culture littéraire de la famille de l'autrice. Mais qu'à cela ne tienne, car pour le reste, j'ai pris beaucoup de plaisir à la lecture de cet ouvrage. Cela m'a permis de m'attacher à l'autrice en tant que personnage et je lirai sûrement ses autres œuvres avec un regard neuf et plus positif.

23/05/2022 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Toutes les morts de Laila Starr
Toutes les morts de Laila Starr

Des BDs qui parlent du sens de la vie, de la mort etc… j’en ai beaucoup lues, c’est une thématique qui me plait. « Toutes les morts de Laila Starr » se place directement en haut de panier ! Les thèmes sont certes éculés. Le message n’est pas foncièrement original, mais délivré de façon magistrale. L’histoire de Laila Starr et Darius est poignante et prenante au possible. Le personnage de Laila, déesse de la Mort renvoyée de son boulot, est attachant et cocasse, et ses morts successives permettent des sauts temporels qui font avancer l’histoire de façon originale. Les réflexions philosophiques sont justes et bien intégrées à l’intrigue. J’ai notamment adoré le dernier chapitre, son message est en parfait accord avec mon point de vue personnel. Je m’imagine citer des répliques de ce chapitre à mes enfants, si jamais ils me posent des questions sur le sens de la vie, sur la peur de la mort. La mise en image est magnifique. Le dessin est maitrisé, et les couleurs criardes et psychédéliques me rappellent un peu le style de Moebius. En tout cas que c’est beau. Un album que j’ai englouti d’une traite, et que je pense relire, ce qui est rare. Un coup de cœur.

23/05/2022 (modifier)
Couverture de la série Le Monde sans fin
Le Monde sans fin

J’ai trouvé cet album très instructif et source de réflexion sur la transition énergétique et ses enjeux. La structure proposée par Blain est un peu bordélique au début mais elle m’est finalement apparue assez logique (même si les premiers chapitres sont assez techniques et si je ne voyais pas vraiment où les auteurs voulaient en venir). Le ton léger vient faire contrepoids avec le fond très sombre. Jean-Marc Jancovici apporte à ce récit toute sa science. Il dispose des compétences techniques, est impliqué au premier degré, le sujet le passionne et il a des convictions. C’est entre autres un grand défenseur du nucléaire dont il estime le danger à néant (du moins lorsqu’il s’agit d’un réacteur de conception française) et les inconvénients à plus que négligeables. Bon, là, chez moi, ça coince aux entournures car même si j’apprécie ce discours qui me pousse à réfléchir sur mes propres convictions, j’ai aussi le sentiment qu’il n’hésite pas à ne montrer que les aspects positifs des solutions qu’il préconise (en gros, remplacer les énergies fossiles par du nucléaire partout dans le monde, rejeter le solaire et l’éolien qui ne servent à rien et coûtent de l’argent). Même si je ne partage pas toutes les convictions de Jancovici, même si je ne peux m’empêcher de tiquer devant certains graphiques, devant certaines affirmations, le fait que je ne dispose pas des mêmes compétences scientifiques que lui me pousse à m’interroger, à chercher, à recouper l’information. Et rien que pour cela, je trouve cet album intéressant. Mais soyons clairs, après cette lecture je ne peux qu’être heureux de ne pas avoir d’enfant… ‘tain, la merde que ça va être !!! Même le dernier chapitre qui se veut plus positif me déprime tant je ne crois pas que les solutions proposées soient humainement réalistes (entre des politiques, qui ne peuvent envisager des solutions à long terme alors même que leurs mandats sont courts, et une large partie de la population, qui n’acceptera de faire les efforts nécessaires que s’il est contraint et forcé par une décision politique, je ne pense pas qu’on soit sortis de l’auberge). Intéressant mais profondément inquiétant.

23/05/2022 (modifier)
Couverture de la série Sirocco
Sirocco

Deuxième œuvre que je lis de cet auteur italien et deuxième coup au cœur ! Et si « Basilicò » avait réussi à me surprendre par un scénario plus original qu’attendu, « Sirocco » m’a séduit par la sincérité et l’émotion qui s’en dégagent. Nous sommes ici devant un pur roman graphique dans lequel l’auteur nous parle de la vie, l’amour et la mort. Des thèmes extrêmement classiques et déjà souvent exposés, et pourtant Giulio Macaione a réussi à me toucher. Peut-être le fait qu’il ait réalisé cet album dans un contexte bien particulier lui a t’il apporté ce petit supplément d’âme qui fait la différence. Peut-être est-ce tout simplement dû au grand talent de cet artiste, à son dessin simplet et élégant, à sa narration fluide, à ses dialogues d’une grande justesse. En tous les cas, moi, je suis fan. Trois personnages pour trois générations animent ce récit. Trois personnages qui chacun endosse trois statuts : la femme, la mère, la grand-mère ; l’homme, le père et le fils ; la jeune femme, la fille et la petite-fille. Ce qui est remarquable dans l’étude des caractères est que chacun d’eux a sa propre histoire, aucun n’est enfermé dans un statut rigide. Et grâce à cela, le récit sonne juste et aborde énormément de thématiques liées à la vie, à la liberté de choix, au deuil, à l’amour, à la mort. Autour de ces personnages gravitent quelques rôles secondaires qui permettent d’encore étoffer la richesse de ces rapports humains. Aucun rôle n’est négatif même face à la mort ou à la maladie, tous sont constructifs et bienveillants, même si cela n’empêche pas les frictions, et en cela cet album fait aussi du bien. J’ai vraiment été ému par la fin de l’album et si le thème de la danse classique n’est pas vraiment celui qui m’attire a priori, les planches qui lui sont consacrées sont parmi celles qui m’ont le plus touché. Il est question d’art, d’amour, de la nécessité de profiter de l’instant présent et de celle de s’accrocher à ses rêves -quand bien même l’une semble être un obstacle pour l’autre- il est question de la vie, tout simplement… et de la mort. Un très bel album.

23/05/2022 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Automne en baie de Somme
Automne en baie de Somme

Derrière un titre romantique et une belle couverture aux allures de peinture de Mucha, on pourrait s'attendre à un roman graphique sentimental. Il n'en est rien. C'est un polar, un polar dans le cadre du Paris de la Belle Epoque, à la fin du 19e siècle. Un riche industriel a été tué, empoisonné à bord de sa goélette échouée à bord de laquelle il semblait être seul. Un flic parisien est mis sur l'enquête et ses soupçons se portent très vite sur la veuve de la victime qui parait très prompte à profiter de son héritage pour reprendre la main sur l'entreprise de son ex-mari. Ce dernier avait aussi une maîtresse, une jolie rousse qui travaille comme modèle pour peintre, et elle pourrait aider le policier à avancer dans son enquête. Ce qui marque ici, c'est le graphisme. On sent le plaisir d'Alexis Chabert à faire revivre le Paris d'alors et il arrive à nous le transmettre de belle manière. Certes son encrage manque de précision et n'est pas parfait, mais il passe bien et surtout les couleurs, elles, sont superbes. C'est de la peinture directe, voire de la peinture tout court pour certaines planches très inspirées de tableaux d'époque, ainsi que d'illustrations Art Nouveau pour ce qui est des pages de titre de chaque chapitre. On tombe facilement sous le charme de cette ambiance visuelle, de l'esthétisme de la Belle Epoque, et de son univers mêlant bourgeoisie des grands Boulevards, anarchistes des guinguettes de Montmartre, milieux artistiques et sombres méandres d'une enquête policière. L'intrigue, elle, est un peu moins marquante mais elle tient la route. L'enquête policière trouve ses avancées de manière un peu facile, avec des témoins prompts à fournir des informations clés au détective. Mais elle mêle des éléments variés et intéressants, intégrant notamment en parallèle de l'enquête officielle une autre recherche de vérité, celle du policier qui cherche à venger la mort de sa fille des suites d'un avortement raté. C'est parfois un rien embrouillé, avec aussi une ou deux ellipses pas très claires, comme la raison de la blessure du héros lors de la scène finale qu'on ne peut que deviner après coup. Mais on se laisse bien porter par le récit qui s'avère assez intelligent, et surtout il permet de savourer pleinement la beauté des décors et de l'ambiance de la Belle Epoque.

23/05/2022 (modifier)
Par Pharise
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Le Temps des Ombres
Le Temps des Ombres

C'est une découverte par hasard le jour même de sa sortie. La couverture était attirante. Mais on sait que ça ne fait pas tout ! Heureusement, ici, ça fonctionne, et ça fonctionne même très bien. Le scénario est bien amené, tout en douceur, le premier tome est là pour poser l'ambiance et l'univers, mais il glisse plusieurs points intrigants savamment dosés qui incitent à vouloir en savoir plus. Le point futé : je pense qu'il y a des informations déjà glissées dans ce tome pour les tomes suivants. La série a été pensée pour être un ensemble, et j'en vois l'effet dans quelques détails qui mettent en éveil ma curiosité (et mon impression que je vais devoir relire les tomes à chaque nouvelle sortie pour y trouver de nouveaux indices invisibles jusqu'à présent.) Le scénariste fait du jeu de rôle (découverte très sympa de sa chaîne dédiée au sujet d'ailleurs !) et on voit bien la patte du rôliste. Bref, je ne m'attendais pas à une aussi bonne accroche, surtout pour une série que je pensais essentiellement destinée à un public jeune. Encore !

23/05/2022 (modifier)