3.5
Un récit initiatique simple et qui se lit vite, mais qui est aussi terriblement efficace !
Durant la guerre civile espagnole, un jeune soldat républicain est en fuite et il se retrouve dans un phare perdu au milieu de nulle part et dont le vieux gardien est un peu excentrique. Les échanges entre les deux personnages sont très bien écrits et donnent des moments savoureux. Leur deux personnalités se complémentent bien et le récit est vraiment captivant à lire.
Ce qui est incroyable est que lors du dénouement je me suis rendu compte à quel point le scénario est au final assez cliché, mais c'est tellement bien fait qu'au final ce n'est pas un problème. Cela montre que si on a du talent, on peut réussir à captiver un lecteur avec des éléments narratifs qu'il a déjà vus une bonne centaine de fois. Le côté poétique de l'œuvre m'a touché et la fin m'a vraiment ému. J'ai aimé le dessin qui selon moi va parfaitement à ce genre de récit.
Bon, j'ai longuement réfléchi à quelle note donner à cet album.
Je n'ai pas une grande attache à l'univers de Freaks' Squeele, dont j'avais lu les albums il y a plusieurs années et qui n'était pas parvenu à m'accrocher (un peu trop fouillis à mon goût), pourtant j'avoue que le dessin et et la mise en scène de Florent Maudoux m'ont toujours attirer l'œil, je trouve sincèrement ses créations - ne serait-ce que sur la forme - joliment ouvragées. Alors, même si je n'avais pas réussi à rentrer dans Freaks' Squeele il y a si longtemps j'avais quand-même essayé de garder un œil sur les créations du bonhomme et m'était justement tenté sur cet album, sorte de spinoff de l'univers susnommé pouvant se suffir à lui-même.
Si je ne sais pas comment noter cet album c'est donc en partie car les trois récits qu'elle contient souffre un peu du même défaut qui m'avait empêché de pleinement rentré dans Freaks' Squeele, à savoir que le récit est délirant et énergique, bourré de référence et de jeu sur les tons (jonglant sans cesse entre dialogues sérieux et comiques) mais malheureusement incapable de se canaliser et finissant bien trop souvent par m'apparaître "fouillis". Ici, même si le défaut est toujours là, j'arrive à rentrer dans le délire, la fougue narrative et le gloubi-boulga créatif (mélangeant films d'actions asiatiques autour des guerres de gangs et la présence d'un monde surnaturelle côtoyant le nôtre) marchent et m’apparaissent réellement comme très joliment trouvés.
Mais du coup, le triptyque mérite-t-il que je chante ses louanges ou bien ne me paraît-il si efficace que parce que je le compare avec sa série mère qui m'avait déçue ?
Bah j'en sais rien…
Je vais quand-même vous présenter les qualités des trois histoires parce qu'avec tout ça je ne parle plus de l'album !
Elles tournent toutes autour de l'éponyme Masiko, tueuse à gage professionnelle, ange vengeur capable de tuer en un éclair, véritable légende dans les milieux criminelle qu'elle cherche pourtant à fuir (tant qu'elle peut), … et depuis peu maman ! Oui, on le comprend très vite, tout le sel du personnage et des trois histoire la concernant est ce jeu constant entre la figure maternelle, aimante et rêveuse, et la figure d'ange de la mort que Masiko inspire partout où elle passe.
La première histoire est une explosion, on y suis Masiko et sa fille (Xiong Mao, aka "Petit Panda") venant tout juste de fuir le monde sous-terrain et devant échapper aux vagues d'assassins en tout genre à leurs trousses. Des scènes d'actions dantesques et bien rythmées, des dialogues punchs et parfois idiots qui fleurent bon la série B, une touche d'émotion avec une ouverture potentielle vers des lendemains meilleurs, … C'est sans doute mon histoire préférée des trois, même s'il s'agit de la plus simple, rien que pour son rythme entraînant.
La seconde histoire est une histoire de vengeance, construite autour de trois puissants - de trois ordures pourrais-je même ajouter - se racontant le sourire aux lèvres comment ils ont ruiné la vie de trois femmes, le tout devant une danse de voiles construite comme un décompte. Treize mouvements, treize doubles pages faisant lentement avancé les histoires de ces trois hommes abjectes devant le corps de la danseuse se révélant chaque fois un peu plus, faisant toujours monter la tension et nous faisant deviner ce qu'il va rapidement se passer une fois le décompte terminé. L'histoire est là encore très bien rythmée même si je regrette un tantinet le caractère trop prévisible du dénouement, ce qui n'est certes pas un mal quand l'histoire reste si joliment narrée mais qui m'a tout de même parue un chouïa dommageable. Disons qu'on n'est pas là pour un twist narratif mais qu'on tient par la tension grimpante et la promesse d'une explosion finale.
La troisième histoire, enfin, est la plus surprenante. Elle tient presque du roman puisque la narration est purement externe à ce qui nous est montré, très verbeuse aussi. Cette histoire retrace le passé du père de Xiong Mao, de sa rencontre avec Masiko et la raison pour laquelle ils se sont séparés, la raison pour laquelle elle et sa fille ont du fuir. C'est une histoire assez classique de montée au pouvoir dans la mafia, de propos sur l'honneur et la camaraderie au sein d'un univers extrêmement violent et cruel, se terminant bien évidemment de manière amère, mais si cette petite histoire brille c'est surtout par sa forme. Chaque page, en plus de la narration du père, nous présente un tatouage de Masiko, symboles du temps qui passe (puisque les tatouages s'ajoutent et s'empilent sans cesse) mais aussi symboles des changements de la vie de ces personnages. Tout con sur le papier mais efficace.
En bref les trois histoires sont vives, bien rythmées, entraînantes et joliment construites, je prend un grand plaisir à lire cet album.
Pourtant comme dit longuement (et de manière bien foireuse) dans mon intro, je ne sais pas comment bien noter cet album. Aucune attache à la série mère, pas une grande fan de l'imagerie "sexy à tout prix" des personnages féminins, pas une amatrice des récits ambitieux mais qui se perdent parfois dans leur élan créatif.
Mais vous savez quoi ? Parce que j'aime beaucoup le dessin de Maudoux, les récits délirants façon série B qui s'assument et parce que je prend un sincère plaisir à la lecture, je me dis que je peux faire monter ma note à 3,5 et arrondir à 4 sans regret !
(En plus comme ça je ne culpabiliserai pas de faire baisser la moyenne de l'album).
Un album totalement muet, mais qui dégage une grande force, et beaucoup d’émotions. C’est en tout cas tout à fait le type de récit que je recherche, surprenant dans la forme et le fond. Pour son entrée dans le neuvième art, Vincent Perriot nous proposait quelque chose sortant des sentiers battus, et presque envoûtant.
Une partie de la construction du récit a sans doute dû se faire au fil de la plume, avec pas mal d’improvisation, et l’on serait bien en peine de résumer précisément cette « aventure ». Ou plutôt un résumé n’en retiendrait que la surface : disons que c’est un road-movie poétique, dans lequel nous suivons deux jeunes femmes (dont nous ne saurons pas grand-chose, si ce n’est qu’elles semblent être artistes – musiciennes – et amoureuses l’une de l’autre).
La tension amoureuse est latente, n’éclate qu’en toute fin d’album. Surtout, « l’intrigue » est construite à base d’anecdotes, d’ « arrêts sur image », virant parfois à la poésie pure, au fil des rencontres, des incidents – voire accidents – dynamisant cette « virée ».
L’aspect graphique joue pour beaucoup dans le ressenti du lecteur. En effet, le dessin, avec un trait nerveux, joue d’un beau Noir et Blanc pour nous amener dans ce road-trip. Page de gauche une vignette centrée sur les héroïnes, comme un zoom « explicatif », alors qu’une illustration pleine page occupe celle de droite, beaucoup plus fouillée, souvent plus poétique, en tout cas moins facile à résumer.
Un chouette album en tout cas. A feuilleter avant d’acheter, c’est assez spécial. Mais j’y ai largement trouvé mon compte.
note réelle 3,5/5.
Hureau est un auteur que j’aime beaucoup. Et j’ai encore une fois apprécié ma lecture.
C’est l’un de ses premiers albums. On le sent un peu avec ce dessin parfois hésitant. Mais c’est déjà un travail que j’apprécie. Un dessin simple, mais très frais, agréable, que ce soit pour les personnages, les animaux, ou les décors.
C’est une sorte de carnet de voyage – il en réalisera plusieurs par la suite – au Cambodge, alors qu’il est accompagné de quelques amis (je précise que je possède la première version, alors qu’une réédition, que je ne connais pas, a semble-t-il un peu complété l’album originel).
Une foule d’anecdotes, traitées de façon simple, avec pas mal d’autodérision, une certaine poésie, Hureau glisse plante aussi le décor politique du pays, avec des allusions à la dictature des Khmers rouges – le tout fait discrètement et de façon fluide. Avec les problèmes face à l’administration et/ou la police que l’on retrouve dans plusieurs de ses albums du même genre (voir par exemple Mille parages - Fragments bourlingatoires d'ici et d'ailleurs)
Rien d’extraordinaire dans cet album, mais la lecture est plaisante et confirme le talent de cet auteur qui construit une œuvre intéressante.
Note réelle 3,5/5.
Enfin lu le premier cycle de cette bande dessinée qui sort du lot. J'en ai lu des bandes dessinées qui parlent de la résistance française et cette série est une des meilleures de ce genre, notamment parce que le scénario repose sur le témoignage d'une vraie résistante.
La vie de Madeleine Riffaud est vraiment palpitante et à travers elle on voit à quel point être résistant était dangereux. Si le premier tome m'a semblé un peu longuet, j'ai été totalement captivé par les tomes suivants qui sont sortis pour le moment. J'ai bien aimé suivre le quotidien des résistants et ressentir de la tension avec eux parce que quand on résiste on ne sait jamais si on va encore être vivant le lendemain et si les gens autours de nous sont fiables. Le seul truc qui m'a un peu dérangé durant ma lecture est que la plupart des tragédies que subit Madeleine ne semblent pas l'affecter plus que ça. C'est peut-être à cause de sa force de caractère ou parce qu'elle a vécu une période où le drame pouvait surgir à chaque instant. Ça doit être une question de génération.
Le dessin est élégant et illustre bien le récit. Je ne sais pas quoi trop ajouter de plus aux autres avis positifs. Allez lire cette série si ce n'est pas déjà fait !
Quel bel hommage au personnage de Morris ! On sent que Mathieu Bonhomme a pris plaisir à réinterpréter ce mythe de la bande dessinée. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que le pari est réussi.
Comme beaucoup d'aviseurs l'ont indiqué avant moi, le premier tome (qui devait probablement rester initialement un one-shot) est un ton au dessus. L'idée de départ est excellente : Lucky-Luke, l'homme qui tire plus vite que son ombre, est abattu lors d'un duel. Le tome commence par cette scène puis retrace les événements ayant mené à cette issue. Bien qu'on sente dès le départ le retournement de situation arriver, l'ensemble est vraiment percutant, agréable et bourré de clins d’œil. Plus qu'un hommage à Lucky Luke, c'est un véritable hommage au western. Bonhomme s'amuse également et tente d'expliquer à sa manière le fait que Lucky luke soit devenu non fumeur, passant de sa bonne vieille cigarette à un brin d'herbe en 1983.
Dans le 2ème tome, un ton en dessous il est vrai, l'auteur aborde le rapport de Lucky Luke aux femmes et place notre héros dans le rôle du chassé, ce dernier ayant une prime sur sa tête. Il introduit également quelques nouveaux personnages comme le cousin des Daltons (qu'on aimerait revoir dans cette réinterprétation!) ou encore le fils de Phil Defer, j'ai nommé Brad Defer ! :) Mais cette histoire de convoi est un peu trop linéaire et convenue à mon goût.
Du point de vue des graphismes, Mathieu Bonhomme excelle dans le découpage et dans le cadrage des scènes d'action, rien à redire de ce côté là. Je mettrais juste un petit bémol sur la colorisation qui joue top souvent la carte de la bichromie, nuisant pour moi aux détails des décors et à la profondeurs des cases. Je ne suis pas assez connaisseur du travail de cet auteur pour savoir si c'est typique de ses œuvres mais il est vrai que dans notre cas, ce procédé rappelle aussi celui de la BD d'origine ou plus globalement des BD franco-belges des années 70-80.
En conclusion, on en redemande et attendons la suite avec impatience ! (il se murmurerait qu'un troisième tome est en préparation avec des décors enneigés selon les derniers interviews).
SCENARIO (Originalité, Histoire, personnages) : 8,5/10
GRAPHISME (Dessin, colorisation) : 7,5/10
NOTE GLOBALE : 16/20
Cette BD est incroyable ! Un vrai coup de cœur que j'ai lu d'une traite.
Tout d'abord, les dessins sont magnifiques. Les personnages sont joliment expressifs et on se laisse submerger par les couleurs.
J'aime la frontière floue entre le monde réel et le monde imaginaire. Cela titille l'imaginaire !
L'histoire est fort émouvante, bien amenée et teintée de pointes d'humour que j'ai grandement apprécié.
La BD traite un sujet difficile au travers de planches sublimes de couleurs chaleureuses... Ou froide selon l'émotion à transmettre. Je trouve les choix visuels très porteurs et réussis, notamment pour contraster et mettre en relief la détresse des parents... Mais je ne m'étalerai pas plus, je ne veux pas spoiler !
En tant que jeune maman je me suis identifiée à la protagoniste sans aucun mal, et l'histoire m'a émue de par son humanité, me tirant même quelques larmes ! J'ai hâte de lire la suite et espère évidemment un dénouement heureux pour les protagonistes auxquels je me suis déjà attachée.
La trilogie berlinoise est une série de romans policiers adaptés en bd, se déroulant avant et après la seconde guerre mondiale.
1. Le premier tome se situe pendant l’avènement du nazisme en 1936,
2. Le deuxième tome se déroule juste avant la guerre en 1938,
3. Le troisième tome (pas encore paru en bd) se déroule après la défaite de l’Allemagne en 1947.
Nous suivons les enquêtes de Bernie Gunther, ex policier devenu détective privé, à Berlin dans la société allemande en train de sombrer dans le nazisme de par ses peurs, ses convictions, ses silences et ses compromissions, de ceux qui étaient jusque-là des gens comme tout un chacun. On ne peut alors manquer de penser au concept de « banalité du mal » développé par la philosophe Hannah Arendt.
Les deux premiers tomes sont de qualité égale même si j’ai une préférence pour l’ambiance du premier un peu plus policière.
En lisant, je me disais que ce détective privé, ce ton cynique, philosophe et désabusé, ce goût pour la castagne, cet imper, c’est vraiment du Philippe Marlowe, pas à Los Angeles dans les années 40 mais à Berlin dans les années 30. Puis, je me suis aperçu en fin d’album que l’éditeur faisait ce parallèle avec le héros de Chandler sur le quatrième de couverture.
Le contexte historique est vraiment bien rendu, on sent l’inexorable chute de Berlin dans le nazisme, plusieurs figures sombres du troisième Reich, Himmler, Heydrich, Göring, Streicher, etc. interviennent dans les enquêtes. La grande histoire est ainsi mêlée aux histoires policières.
Je pensais aussi que tout cela paraissant tellement réaliste, l’auteur devait être allemand, alors que l’œuvre originale est d’un auteur britannique, Philip Kerr, né en Ecosse qui s’est considérablement documenté sur cette période. Il dira : « Pour moi (…) Berlin dans les années 20, c'était la ville la plus libérale d'Europe » et « Je voulais comprendre comment le nazisme était apparu là et l'impact qu'il avait eu sur l'Allemand ordinaire ».
Un dessin ligne claire dont je pensais au début qu’il ne serait peut-être pas assez expressif, mais qui en fait fonctionne très bien, lumineux, pur et très fluide.
Bref, double plaisir : enquêtes policières & Histoire.
Un conte relativement classique dans son déroulement, fortement ancré dans l’univers japonais.
Une lecture intéressante, et surtout belle à regarder. Car Toppi a vraiment beaucoup de talent, son coup de crayon, son utilisation du Noir et Blanc, tout ici est réussi. Que ce soit les personnages (hommes ou démons), les animaux, les décors (villages ou forêts), c’est vraiment très chouette.
Quant au récit, c’est l’histoire d’un enfant, héritier d’un prince déchu recueilli par un vieil ermite et qui va peu à peu, une fois devenu adulte, et avec l’aide d’un Renard, accomplir plusieurs miracles, jusqu’à renverser le méchant démon responsable de la déchéance de son père : bien sûr au final le héros va recouvrer son trône, le Renard sa vraie identité. Du classique donc, mais bien mené, la narration est aérée, agréable.
Une belle réussite du genre.
Les dessins, les personnages, les couleurs et l'histoire ? Tout me va. Le trait aérien me rappelle celui de la série Jeremiah, mais le récit tient bien mieux la route et puis, si j'ai découvert Jeremiah avant, le style graphique du pouvoir des innocents me semble plus abouti. On empoigne la réalité, être dedans sans y sombrer, danser avec elle. Ni la ligne claire je suis une trace, ni je hachure sombrement comme on découperait le monde en tranches expressionniste, il y a là un équilibre dynamique entre les deux, quelque chose qui fait danser le regard.
Et quel titre accrocheur et beau que "Le pouvoir des innocents" ! Il y a des traumatisés, de la violence, un leader charismatique et gentil soit une veille dame qu'on aimerait tous avoir comme mamie, professeur ou n'importe quoi d'autre, d'ailleurs… On a envie de croire qu'il suffirait de pas grand-chose, de la coalisions des bonnes volontés des "innocents" pour que le monde devienne meilleur, avec un mélange de changement de pouvoir démocratique et de manière de vivre plus solidaire…. non pas extorqué par la culpabilité mais grâce à l'exemple de quelques-uns, capable de nous renvoyer à notre capacité d'empathie.
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Le Phare
3.5 Un récit initiatique simple et qui se lit vite, mais qui est aussi terriblement efficace ! Durant la guerre civile espagnole, un jeune soldat républicain est en fuite et il se retrouve dans un phare perdu au milieu de nulle part et dont le vieux gardien est un peu excentrique. Les échanges entre les deux personnages sont très bien écrits et donnent des moments savoureux. Leur deux personnalités se complémentent bien et le récit est vraiment captivant à lire. Ce qui est incroyable est que lors du dénouement je me suis rendu compte à quel point le scénario est au final assez cliché, mais c'est tellement bien fait qu'au final ce n'est pas un problème. Cela montre que si on a du talent, on peut réussir à captiver un lecteur avec des éléments narratifs qu'il a déjà vus une bonne centaine de fois. Le côté poétique de l'œuvre m'a touché et la fin m'a vraiment ému. J'ai aimé le dessin qui selon moi va parfaitement à ce genre de récit.
Freaks' Squeele - Masiko
Bon, j'ai longuement réfléchi à quelle note donner à cet album. Je n'ai pas une grande attache à l'univers de Freaks' Squeele, dont j'avais lu les albums il y a plusieurs années et qui n'était pas parvenu à m'accrocher (un peu trop fouillis à mon goût), pourtant j'avoue que le dessin et et la mise en scène de Florent Maudoux m'ont toujours attirer l'œil, je trouve sincèrement ses créations - ne serait-ce que sur la forme - joliment ouvragées. Alors, même si je n'avais pas réussi à rentrer dans Freaks' Squeele il y a si longtemps j'avais quand-même essayé de garder un œil sur les créations du bonhomme et m'était justement tenté sur cet album, sorte de spinoff de l'univers susnommé pouvant se suffir à lui-même. Si je ne sais pas comment noter cet album c'est donc en partie car les trois récits qu'elle contient souffre un peu du même défaut qui m'avait empêché de pleinement rentré dans Freaks' Squeele, à savoir que le récit est délirant et énergique, bourré de référence et de jeu sur les tons (jonglant sans cesse entre dialogues sérieux et comiques) mais malheureusement incapable de se canaliser et finissant bien trop souvent par m'apparaître "fouillis". Ici, même si le défaut est toujours là, j'arrive à rentrer dans le délire, la fougue narrative et le gloubi-boulga créatif (mélangeant films d'actions asiatiques autour des guerres de gangs et la présence d'un monde surnaturelle côtoyant le nôtre) marchent et m’apparaissent réellement comme très joliment trouvés. Mais du coup, le triptyque mérite-t-il que je chante ses louanges ou bien ne me paraît-il si efficace que parce que je le compare avec sa série mère qui m'avait déçue ? Bah j'en sais rien… Je vais quand-même vous présenter les qualités des trois histoires parce qu'avec tout ça je ne parle plus de l'album ! Elles tournent toutes autour de l'éponyme Masiko, tueuse à gage professionnelle, ange vengeur capable de tuer en un éclair, véritable légende dans les milieux criminelle qu'elle cherche pourtant à fuir (tant qu'elle peut), … et depuis peu maman ! Oui, on le comprend très vite, tout le sel du personnage et des trois histoire la concernant est ce jeu constant entre la figure maternelle, aimante et rêveuse, et la figure d'ange de la mort que Masiko inspire partout où elle passe. La première histoire est une explosion, on y suis Masiko et sa fille (Xiong Mao, aka "Petit Panda") venant tout juste de fuir le monde sous-terrain et devant échapper aux vagues d'assassins en tout genre à leurs trousses. Des scènes d'actions dantesques et bien rythmées, des dialogues punchs et parfois idiots qui fleurent bon la série B, une touche d'émotion avec une ouverture potentielle vers des lendemains meilleurs, … C'est sans doute mon histoire préférée des trois, même s'il s'agit de la plus simple, rien que pour son rythme entraînant. La seconde histoire est une histoire de vengeance, construite autour de trois puissants - de trois ordures pourrais-je même ajouter - se racontant le sourire aux lèvres comment ils ont ruiné la vie de trois femmes, le tout devant une danse de voiles construite comme un décompte. Treize mouvements, treize doubles pages faisant lentement avancé les histoires de ces trois hommes abjectes devant le corps de la danseuse se révélant chaque fois un peu plus, faisant toujours monter la tension et nous faisant deviner ce qu'il va rapidement se passer une fois le décompte terminé. L'histoire est là encore très bien rythmée même si je regrette un tantinet le caractère trop prévisible du dénouement, ce qui n'est certes pas un mal quand l'histoire reste si joliment narrée mais qui m'a tout de même parue un chouïa dommageable. Disons qu'on n'est pas là pour un twist narratif mais qu'on tient par la tension grimpante et la promesse d'une explosion finale. La troisième histoire, enfin, est la plus surprenante. Elle tient presque du roman puisque la narration est purement externe à ce qui nous est montré, très verbeuse aussi. Cette histoire retrace le passé du père de Xiong Mao, de sa rencontre avec Masiko et la raison pour laquelle ils se sont séparés, la raison pour laquelle elle et sa fille ont du fuir. C'est une histoire assez classique de montée au pouvoir dans la mafia, de propos sur l'honneur et la camaraderie au sein d'un univers extrêmement violent et cruel, se terminant bien évidemment de manière amère, mais si cette petite histoire brille c'est surtout par sa forme. Chaque page, en plus de la narration du père, nous présente un tatouage de Masiko, symboles du temps qui passe (puisque les tatouages s'ajoutent et s'empilent sans cesse) mais aussi symboles des changements de la vie de ces personnages. Tout con sur le papier mais efficace. En bref les trois histoires sont vives, bien rythmées, entraînantes et joliment construites, je prend un grand plaisir à lire cet album. Pourtant comme dit longuement (et de manière bien foireuse) dans mon intro, je ne sais pas comment bien noter cet album. Aucune attache à la série mère, pas une grande fan de l'imagerie "sexy à tout prix" des personnages féminins, pas une amatrice des récits ambitieux mais qui se perdent parfois dans leur élan créatif. Mais vous savez quoi ? Parce que j'aime beaucoup le dessin de Maudoux, les récits délirants façon série B qui s'assument et parce que je prend un sincère plaisir à la lecture, je me dis que je peux faire monter ma note à 3,5 et arrondir à 4 sans regret ! (En plus comme ça je ne culpabiliserai pas de faire baisser la moyenne de l'album).
Entre deux
Un album totalement muet, mais qui dégage une grande force, et beaucoup d’émotions. C’est en tout cas tout à fait le type de récit que je recherche, surprenant dans la forme et le fond. Pour son entrée dans le neuvième art, Vincent Perriot nous proposait quelque chose sortant des sentiers battus, et presque envoûtant. Une partie de la construction du récit a sans doute dû se faire au fil de la plume, avec pas mal d’improvisation, et l’on serait bien en peine de résumer précisément cette « aventure ». Ou plutôt un résumé n’en retiendrait que la surface : disons que c’est un road-movie poétique, dans lequel nous suivons deux jeunes femmes (dont nous ne saurons pas grand-chose, si ce n’est qu’elles semblent être artistes – musiciennes – et amoureuses l’une de l’autre). La tension amoureuse est latente, n’éclate qu’en toute fin d’album. Surtout, « l’intrigue » est construite à base d’anecdotes, d’ « arrêts sur image », virant parfois à la poésie pure, au fil des rencontres, des incidents – voire accidents – dynamisant cette « virée ». L’aspect graphique joue pour beaucoup dans le ressenti du lecteur. En effet, le dessin, avec un trait nerveux, joue d’un beau Noir et Blanc pour nous amener dans ce road-trip. Page de gauche une vignette centrée sur les héroïnes, comme un zoom « explicatif », alors qu’une illustration pleine page occupe celle de droite, beaucoup plus fouillée, souvent plus poétique, en tout cas moins facile à résumer. Un chouette album en tout cas. A feuilleter avant d’acheter, c’est assez spécial. Mais j’y ai largement trouvé mon compte. note réelle 3,5/5.
Palaces
Hureau est un auteur que j’aime beaucoup. Et j’ai encore une fois apprécié ma lecture. C’est l’un de ses premiers albums. On le sent un peu avec ce dessin parfois hésitant. Mais c’est déjà un travail que j’apprécie. Un dessin simple, mais très frais, agréable, que ce soit pour les personnages, les animaux, ou les décors. C’est une sorte de carnet de voyage – il en réalisera plusieurs par la suite – au Cambodge, alors qu’il est accompagné de quelques amis (je précise que je possède la première version, alors qu’une réédition, que je ne connais pas, a semble-t-il un peu complété l’album originel). Une foule d’anecdotes, traitées de façon simple, avec pas mal d’autodérision, une certaine poésie, Hureau glisse plante aussi le décor politique du pays, avec des allusions à la dictature des Khmers rouges – le tout fait discrètement et de façon fluide. Avec les problèmes face à l’administration et/ou la police que l’on retrouve dans plusieurs de ses albums du même genre (voir par exemple Mille parages - Fragments bourlingatoires d'ici et d'ailleurs) Rien d’extraordinaire dans cet album, mais la lecture est plaisante et confirme le talent de cet auteur qui construit une œuvre intéressante. Note réelle 3,5/5.
Madeleine, résistante
Enfin lu le premier cycle de cette bande dessinée qui sort du lot. J'en ai lu des bandes dessinées qui parlent de la résistance française et cette série est une des meilleures de ce genre, notamment parce que le scénario repose sur le témoignage d'une vraie résistante. La vie de Madeleine Riffaud est vraiment palpitante et à travers elle on voit à quel point être résistant était dangereux. Si le premier tome m'a semblé un peu longuet, j'ai été totalement captivé par les tomes suivants qui sont sortis pour le moment. J'ai bien aimé suivre le quotidien des résistants et ressentir de la tension avec eux parce que quand on résiste on ne sait jamais si on va encore être vivant le lendemain et si les gens autours de nous sont fiables. Le seul truc qui m'a un peu dérangé durant ma lecture est que la plupart des tragédies que subit Madeleine ne semblent pas l'affecter plus que ça. C'est peut-être à cause de sa force de caractère ou parce qu'elle a vécu une période où le drame pouvait surgir à chaque instant. Ça doit être une question de génération. Le dessin est élégant et illustre bien le récit. Je ne sais pas quoi trop ajouter de plus aux autres avis positifs. Allez lire cette série si ce n'est pas déjà fait !
Lucky Luke vu par Mathieu Bonhomme (L'Homme qui tua Lucky Luke / Wanted Lucky Luke)
Quel bel hommage au personnage de Morris ! On sent que Mathieu Bonhomme a pris plaisir à réinterpréter ce mythe de la bande dessinée. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que le pari est réussi. Comme beaucoup d'aviseurs l'ont indiqué avant moi, le premier tome (qui devait probablement rester initialement un one-shot) est un ton au dessus. L'idée de départ est excellente : Lucky-Luke, l'homme qui tire plus vite que son ombre, est abattu lors d'un duel. Le tome commence par cette scène puis retrace les événements ayant mené à cette issue. Bien qu'on sente dès le départ le retournement de situation arriver, l'ensemble est vraiment percutant, agréable et bourré de clins d’œil. Plus qu'un hommage à Lucky Luke, c'est un véritable hommage au western. Bonhomme s'amuse également et tente d'expliquer à sa manière le fait que Lucky luke soit devenu non fumeur, passant de sa bonne vieille cigarette à un brin d'herbe en 1983. Dans le 2ème tome, un ton en dessous il est vrai, l'auteur aborde le rapport de Lucky Luke aux femmes et place notre héros dans le rôle du chassé, ce dernier ayant une prime sur sa tête. Il introduit également quelques nouveaux personnages comme le cousin des Daltons (qu'on aimerait revoir dans cette réinterprétation!) ou encore le fils de Phil Defer, j'ai nommé Brad Defer ! :) Mais cette histoire de convoi est un peu trop linéaire et convenue à mon goût. Du point de vue des graphismes, Mathieu Bonhomme excelle dans le découpage et dans le cadrage des scènes d'action, rien à redire de ce côté là. Je mettrais juste un petit bémol sur la colorisation qui joue top souvent la carte de la bichromie, nuisant pour moi aux détails des décors et à la profondeurs des cases. Je ne suis pas assez connaisseur du travail de cet auteur pour savoir si c'est typique de ses œuvres mais il est vrai que dans notre cas, ce procédé rappelle aussi celui de la BD d'origine ou plus globalement des BD franco-belges des années 70-80. En conclusion, on en redemande et attendons la suite avec impatience ! (il se murmurerait qu'un troisième tome est en préparation avec des décors enneigés selon les derniers interviews). SCENARIO (Originalité, Histoire, personnages) : 8,5/10 GRAPHISME (Dessin, colorisation) : 7,5/10 NOTE GLOBALE : 16/20
Mitsuo
Cette BD est incroyable ! Un vrai coup de cœur que j'ai lu d'une traite. Tout d'abord, les dessins sont magnifiques. Les personnages sont joliment expressifs et on se laisse submerger par les couleurs. J'aime la frontière floue entre le monde réel et le monde imaginaire. Cela titille l'imaginaire ! L'histoire est fort émouvante, bien amenée et teintée de pointes d'humour que j'ai grandement apprécié. La BD traite un sujet difficile au travers de planches sublimes de couleurs chaleureuses... Ou froide selon l'émotion à transmettre. Je trouve les choix visuels très porteurs et réussis, notamment pour contraster et mettre en relief la détresse des parents... Mais je ne m'étalerai pas plus, je ne veux pas spoiler ! En tant que jeune maman je me suis identifiée à la protagoniste sans aucun mal, et l'histoire m'a émue de par son humanité, me tirant même quelques larmes ! J'ai hâte de lire la suite et espère évidemment un dénouement heureux pour les protagonistes auxquels je me suis déjà attachée.
La Trilogie Berlinoise
La trilogie berlinoise est une série de romans policiers adaptés en bd, se déroulant avant et après la seconde guerre mondiale. 1. Le premier tome se situe pendant l’avènement du nazisme en 1936, 2. Le deuxième tome se déroule juste avant la guerre en 1938, 3. Le troisième tome (pas encore paru en bd) se déroule après la défaite de l’Allemagne en 1947. Nous suivons les enquêtes de Bernie Gunther, ex policier devenu détective privé, à Berlin dans la société allemande en train de sombrer dans le nazisme de par ses peurs, ses convictions, ses silences et ses compromissions, de ceux qui étaient jusque-là des gens comme tout un chacun. On ne peut alors manquer de penser au concept de « banalité du mal » développé par la philosophe Hannah Arendt. Les deux premiers tomes sont de qualité égale même si j’ai une préférence pour l’ambiance du premier un peu plus policière. En lisant, je me disais que ce détective privé, ce ton cynique, philosophe et désabusé, ce goût pour la castagne, cet imper, c’est vraiment du Philippe Marlowe, pas à Los Angeles dans les années 40 mais à Berlin dans les années 30. Puis, je me suis aperçu en fin d’album que l’éditeur faisait ce parallèle avec le héros de Chandler sur le quatrième de couverture. Le contexte historique est vraiment bien rendu, on sent l’inexorable chute de Berlin dans le nazisme, plusieurs figures sombres du troisième Reich, Himmler, Heydrich, Göring, Streicher, etc. interviennent dans les enquêtes. La grande histoire est ainsi mêlée aux histoires policières. Je pensais aussi que tout cela paraissant tellement réaliste, l’auteur devait être allemand, alors que l’œuvre originale est d’un auteur britannique, Philip Kerr, né en Ecosse qui s’est considérablement documenté sur cette période. Il dira : « Pour moi (…) Berlin dans les années 20, c'était la ville la plus libérale d'Europe » et « Je voulais comprendre comment le nazisme était apparu là et l'impact qu'il avait eu sur l'Allemand ordinaire ». Un dessin ligne claire dont je pensais au début qu’il ne serait peut-être pas assez expressif, mais qui en fait fonctionne très bien, lumineux, pur et très fluide. Bref, double plaisir : enquêtes policières & Histoire.
Momotaro
Un conte relativement classique dans son déroulement, fortement ancré dans l’univers japonais. Une lecture intéressante, et surtout belle à regarder. Car Toppi a vraiment beaucoup de talent, son coup de crayon, son utilisation du Noir et Blanc, tout ici est réussi. Que ce soit les personnages (hommes ou démons), les animaux, les décors (villages ou forêts), c’est vraiment très chouette. Quant au récit, c’est l’histoire d’un enfant, héritier d’un prince déchu recueilli par un vieil ermite et qui va peu à peu, une fois devenu adulte, et avec l’aide d’un Renard, accomplir plusieurs miracles, jusqu’à renverser le méchant démon responsable de la déchéance de son père : bien sûr au final le héros va recouvrer son trône, le Renard sa vraie identité. Du classique donc, mais bien mené, la narration est aérée, agréable. Une belle réussite du genre.
Le Pouvoir des innocents
Les dessins, les personnages, les couleurs et l'histoire ? Tout me va. Le trait aérien me rappelle celui de la série Jeremiah, mais le récit tient bien mieux la route et puis, si j'ai découvert Jeremiah avant, le style graphique du pouvoir des innocents me semble plus abouti. On empoigne la réalité, être dedans sans y sombrer, danser avec elle. Ni la ligne claire je suis une trace, ni je hachure sombrement comme on découperait le monde en tranches expressionniste, il y a là un équilibre dynamique entre les deux, quelque chose qui fait danser le regard. Et quel titre accrocheur et beau que "Le pouvoir des innocents" ! Il y a des traumatisés, de la violence, un leader charismatique et gentil soit une veille dame qu'on aimerait tous avoir comme mamie, professeur ou n'importe quoi d'autre, d'ailleurs… On a envie de croire qu'il suffirait de pas grand-chose, de la coalisions des bonnes volontés des "innocents" pour que le monde devienne meilleur, avec un mélange de changement de pouvoir démocratique et de manière de vivre plus solidaire…. non pas extorqué par la culpabilité mais grâce à l'exemple de quelques-uns, capable de nous renvoyer à notre capacité d'empathie.