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Les derniers avis (28 avis)

Par greg
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Les Ames d'Hélios
Les Ames d'Hélios

Un très belle BD : dans un monde post-apocalyptique extrêmement hiérarchisé et structuré, une jeune fille provenant de la case la plus basse tente de s'élever dans la société en devenant dragon, une guerrière. Le monde décrit est poisseux, sinistre, mais extrêmement réaliste, les personnages creusés et tout sauf caricaturaux. En fait, malgré la violence qui règne dans ce monde, un thème central me paraît être l'amour, et les sacrifices pour ceux qu'on aime. La conclusion peut difficilement laisser indifférent, aussi belle que triste, qui donne tout son sens au titre de la série.

24/07/2021 (modifier)
Par Blue boy
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série J'ai tué le soleil
J'ai tué le soleil

Diantre ! Mais que s’est-il donc passé dans le monde ? Que fait ce type qui a l’air d’un chasseur égaré dans la nature, obligé de tuer des chevaux sauvages pour se nourrir ? Pourquoi cette luxueuse villa d’architecte, dans laquelle il pénètre sans aucune difficulté, est-elle livrée aux rats et aux cafards ? Et pourquoi ce cadavre figé devant la télé du salon ne le choque-t-il pas le moindre du monde ? Winshluss nous livre un récit survivaliste sombre, entre folie, pandémie et terrorisme. Très progressivement, l’auteur va distiller ses indices dévoilant les causes de cette situation post-apocalyptique, à coups de flashbacks et avec très peu de texte. Karl, le « héros » de ce récit sous amphètes, se retrouve aussi seul que Rick Grimes dans un monde envahi de charognes humaines pourrissantes, à la différence près que celles-ci sont bel et bien mortes. Cela n’en reste pas moins terrifiant car ici, ce sont des meutes de chiens affamés qui veulent lui faire la peau ! Après s’en être débarrassé en allumant un barbecue géant façon puzzle, Karl tombera sur des salopards en train de torturer un type et sauvera ce dernier après les avoir tous dézingués. A bout de souffle après cette succession de péripéties ultra-violentes, il sera secouru et soigné par un groupe de survivants bienveillants en mode secte new-age. Jusque là, rien d’extraordinaire, le récit, plutôt bien mené, est de facture très classique, mais s’il s’était arrêté là, on aurait été bien déçu de la part d’un auteur tel que Winshluss. Cela serait trop vite oublier que notre homme n’a pas conçu cette histoire juste pour faire genre mais plutôt pour nous bousculer et nous interroger, sans pour autant nous faciliter la tâche. C’est du pur Winshluss, du féroce qui fait des trous dans le crâne. L’œuvre est traversée d’une folie trash et jusqu’au-boutiste, non dénuée de l’humour noir propre à l’auteur, qui nous laisse exsangue. Les réponses, il faudra les chercher soi-même. On pourra très bien se dire que c’est du n’importe quoi et que notre franc-tireur « ferrailleur » ne s’est pas foulé avec cette fin qui semble partir en couille. C’est possible. Et pourtant, l’ouvrage fait si forte impression qu’il pourrait bien s’accrocher dans les méandres de notre cerveau, voire nous obliger à le relire (c’est mon cas) pour être sûr d’avoir bien compris où l’auteur voulait en venir. Reprenons. Ce mec, Karl, est sauvé par un groupe de survivants se surnommant « les Graines », représentants de la « nouvelle humanité ». Et c’est à ce moment que le récit bascule vers tout autre chose, lorsqu’il va tenter de fouiller dans sa mémoire d’amnésique, pour faire ressurgir les origines de l’apocalypse et les bribes de sa vie d’avant. Karl, à ce moment-là, n’était pas encore le héros qu’il rêvait d’être. Un vrai loser, le type, boulot merdique, collègues et chef merdiques qu’il envisage de buter en inscrivant leur nom sur des post-its. Karl se voudrait rebelle, mais plus que le système, c’est les gens qu’il déteste. De là, naitra la spirale de la violence pour ce mec un brin parano qui n’a pas été gâté par la vie, père absent et mère dominatrice qu’il voudrait voir crever. Sa seule raison d’être : la rumination d’une vengeance radicale et aveugle pour tuer ses démons. Bien sûr, on ne révélera pas la fin car on ne veut pas spoiler, mais on s’en tape un peu puisqu’en elle-même la trame de l’histoire est plus que secondaire. Ce gros mytho de Karl va évidemment foirer son projet terroriste censé le « faire entrer dans l’Histoire » comme l’homme qui a… éliminé l’humanité ! Notre dingo absolu, profil parfait du fameux « loup solitaire », n’est donc pas un héros comme on aurait pu le croire au début, mais juste un débile survivaliste qui s’armera jusqu’aux dents tout en musclant sa pauvre carcasse, pour au final ne commettre qu’une action à la fois inutile et fortement symbolique, gouvernée par la folie pure : tirer sur le soleil, et à deux reprises ! Comme si dans son délire mégalo, il avait voulu provoquer l’astre divin ! Son imagination démente fera le reste, laissant le lecteur totalement dubitatif sur le cours des événements et leur réalité (d’où une relecture peut-être nécessaire), Mais Karl n’est-il pas juste victime d’hallucinations amphétaminiques, ou serait-il parvenu à faire exploser la « matrice » pour de bon ?… et c’est là que Winshluss frappe vraiment fort, en plongeant le lecteur dans la confusion, incapable par ailleurs de décider s’il peut avoir de l’empathie pour ce personnage profondément traumatisé dans son enfance par le suicide violent du père. L’auteur du grandiose « Pinocchio » va également ajouter au malaise en situant la « vie d’avant » de Karl dans le contexte de pandémie que nous connaissons depuis plus d’un an, « notre vie d’après », avec évocation des masques, des rues désertes et des drones de surveillance, mais une pandémie bien pire, tel un Covid puissance dix qui fait pourrir les gens sur place… Winshluss dessine à la hache, avec une urgence frénétique, pour mieux restituer la violence du propos. La folie hystérique se tapit à chaque coin de page, mais l’auteur a saucissonné l’histoire avec quelques aquarelles, de rares moments de respiration bienvenus où par contraste, ce monde post-apo semble presque apaisé. Au-delà de ces parenthèses colorées, l’ensemble est en noir et blanc, seul le soleil est représenté dans un jaune pâle et usé, peinant à diffuser sa lumière, conversant avec le regard fou d’un Karl noyé dans mille post-its de même couleur mentionnant le nom des personnes à trucider… « J’ai tué le soleil » n’est rien de moins qu’une expérience se poursuivant durablement même après la lecture. Un objet que l’on a envie de détester au départ et qui pourtant s’insinue en notre âme à la façon d’un virus. Un objet troublant et perturbant qui nous hantera longtemps, à l’image du visage diabolique de Karl à la fin du récit, un terrifiant visage de psychopathe, définitivement antisocial, habité par une démence bord de la fission. Un one-shot parfaitement taillé pour son époque et confirmant l’importance de son auteur dans le neuvième art.

24/07/2021 (modifier)
Par Benjie
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Le Loup des Mers
Le Loup des Mers

Embarqué sur un steamer qui effectue chaque jour la traversée de la baie de San Francisco, Humphrey Van Heyden, journaliste au destin tout tracé, se trouve soudain pris dans une brume impénétrable. Le bateau, qui a perdu ses repères, est percuté par un paquebot avant de sombrer corps et biens… ou presque. Van Heyden, croyant sa dernière heure arrivée, s’abandonne à la mer et s’évanouit. A son réveil, quelle n’est pas sa surprise de se trouver à bord goélette pratiquant la chasse au phoque faisant route vers le Japon. C’est alors qu’on découvre l’équipage ! Et là… on comprend que ça ne va pas être facile pour Humphrey. Mais l’équipage, ce n’est rien, comparé à Loup Larsen, le capitaine despotique du navire ! Commence alors un bras de fer terrible entre Humphrey et Loup Larsen. Deux hommes s’affrontent, la force et la violence du capitaine contre la faiblesse de l’écrivain, deux conceptions de la vie et de la mort, de l’immortalité de l’âme, deux visions de l’Homme dans ce qu’il a de meilleur et surtout de pire. Et pourtant... ils sont en commun l'amour des livres et des grands auteurs. La libre adaptation du roman de Jack London est une grande réussite. Décidément, Riff Reb’s est surdoué pour les récits de mer. Le dessin est sublime et la mise en couleurs toute aussi réussie. Un duel passionnant, profond et questionnant. C’est très bien écrit, fluide et puissant.

23/07/2021 (modifier)
Par Hervé
Note: 5/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série L'Étreinte
L'Étreinte

J'avoue avoir acheté ce one shot sur le seul nom de Jim, auteur que j'adore, sans avoir fait attention au nom du dessinateur, Laurent Bonneau que j'ai découvert à cette occasion, avec un certain plaisir. Dès les premières pages, j'ai tout de suite songé au film "Les choses de la vie", tant les similitudes se rapprochaient, jusqu'au prénom de Romy, héroïne malgré elle de cette très belle histoire. D'ailleurs les auteurs ne cachent pas cette référence dans le dossier de l'édition canalbd, édition superbe avec signet et limitée à 1200 exemplaires. Si le dessin de Laurent Bonneau peut déstabiliser certains comme moi, à la première approche, il s'avère d'une efficacité redoutable au fil de la lecture. Son dessin est certes très éloigné des albums que signe Jim en tant que scénariste, mais je suis resté scotché par son talent. Il faut dire que cette histoire est basée sur ce qu'on appelle le principe du Cadavre exquis où, en l'espèce le scénariste s'inspire du dessin pour imaginer une histoire.. J'ai été assez séduit par cette recherche de cette inconnue prise en photo sur une plage, alors que la compagne de Benjamin, jeune sculpteur, est dans le coma. Le récit est très émouvant, sans fausse note, et au final nous prend aux tripes. Jim aborde ici ses thèmes de prédilection, la vie, la mort, le sens de la vie, l'envie sur des planches de Laurent Bonneau, qui subliment le scénario de Jim. Je vous invite à lire cet album de 300 pages, qui peut vous amener jusqu'aux larmes. Je regrette que cet album, qui pour moi s'avère un des meilleurs de ce premier semestre 2021, sorte à une période assez creuse voire reste inaperçu en cette fin de saison. Curieux choix de l'éditeur, alors que ce one shot méritait une meilleure exposition éditoriale.. En tout cas, cet album mérite toute votre attention, tant il est remarquable aussi bien sur le scénario que sur le dessin. A lire et à relire. Remarquable en tout point.

21/07/2021 (modifier)
Couverture de la série Dans la combi de Thomas Pesquet
Dans la combi de Thomas Pesquet

J'aime beaucoup ce que fait Marion Montaigne, ça remonte à la découverte de son blog Tu mourras moins bête. A l'époque, le stégosaure était germanopratin et parcourait donc encore nos prés en parlant allemand. Depuis une météorite un peu grosse a changé la donne, un peu d'eau a coulé sous les ponts, et Marion Montaigne est devenue un peu célèbre. On retrouve ici tout ce qui a fait son succès : dessin rapidement jeté au style très reconnaissable, souci de précision scientifique quasi documentaire portant souvent - mais pas que - sur des aspects rarement mis en valeur (on en parle, du dégazage lors des EVA ?), et humour décalé et parfois complètement absurde. Dans ce volumineux album, on aura donc toute l'histoire de Thomas Pasquet, présentée de façon plutôt réaliste (par opposition aux légendes qu'on accepte volontiers sur ces héros qui ont certes de l'étoffe, mais qui restent très romancées), et en même temps parsemée d'une multitude de gags et blagues. Toutes ne feront évidemment pas rire tout le monde. Pour ma part, mention spatiale - pardon, spéciale - à la simulation d'arrimage de Soyouz à l'ISS avec un moulin à poivre lors d'un repas de famille, et au high five avec Youri Gagarine. Les deux m'ont littéralement fait pleurer de rire. Alors oui, le tout est tout de même un peu long, et la deuxième moitié m'a sans doute bien moins fait rire. Toujours est-il que non seulement cet album présente clairement tout ce qui tourne autour du choix des candidats astronautes, des préparatifs pour "aller là-haut" et de la vie dans l'ISS, mais il offre en plus de nombreux détails et anecdotes originaux et souvent décalés, et suscite de véritables tranches de fou rire. Au final l'ensemble a un bon équilibre et est un vrai plaisir à lire.

21/07/2021 (modifier)
Par Marie
Note: 5/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Irmina
Irmina

Une BD pleine de vie, pleine de nuances qui se lit d’une traite.

20/07/2021 (modifier)
Couverture de la série Billy Noisettes
Billy Noisettes

J’aime beaucoup ce genre d’histoire loufoque, issue du beau catalogue de Fantagraphics, comme Frank de Woodring, ou les délires de Rickheit – dont Huber avait déjà édité Cochléa & Eustachia. Je veux d’ailleurs commencer par remercier Huber de prendre ce genre de risque éditorial, et de la faire très bien : couverture cartonnée épaisse, papier de qualité, un bel objet qui donne envie de se plonger dans l’histoire. Histoire difficile à résumer, puisque les deux gros chapitre qui la composent nous font vivre des aventures pleines de folie, remplie de clins d’œil à la littérature classique. Mais surtout, une poésie noire et loufoque, fortement teintée de surréalisme, dynamise, dynamite cette aventure improbable, dans une ambiance où le fantastique le dispute à l’absurde. Rien de cartésien ici, mais on se laisse facilement emporter par le vent de l’aventure, avec un dessin qui use d’un beau Noir et Blanc pour donner à certaines planches l’allure de gravures du XIXème siècle, comme avaient su les détourner les collagistes surréalistes Max Ernst et Max Bucaille. Chouette lecture. Si vous avez apprécié les références données en début d’avis, vous aimerez les aventures de ce Pinocchio morbide, personnage créé par des souris, gamin vivant ses rêves comme des aventures de grand, avec un auteur, Millionnaire, dont je suppose que c’est un grand enfant qui porte un masque d’adulte pour tromper son monde. Note réelle 3,5/5.

20/07/2021 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Girlfriend Girlfriend
Girlfriend Girlfriend

Décidément, ce nouvel éditeur semble orienter les sorties de ces mangas en fonctionne de la sortie des adaptations en anime parce que là c'est la troisième fois qu'il sort un manga lorsque la version animé commence ou était sur le point de sortir. Je connaissais pas du tout ce manga et j'ai regardé le premier épisode parce que le résumé m'intéressait vaguement. Après avoir vu l'épisode, j'ai tellement aimé que j'ai fini par lire tous les chapitres du mangas qui sont sorti jusqu'à ce jour et maintenant tous les semaines je lis le dernier chapitre paru et je regarder un épisode de l'anime. J'ai lu plusieurs manga du genre harem parce ce que c'est un genre de que j'aime et la prémisse de celui-ci m'intéresse parce qu'on prends l'idée que deux filles partagent le même gars au sérieux. C'est pas juste 'toutes les filles acceptent facilement d'être avec le même type', on montre vraiment de manière réaliste que c'est pas facile: les deux filles s'entendent bien, mais il y a tout de même un peu de jalousie entre-elles, le gars veut vraiment les aimer toutes les deux de manière égale et c'est pas facile, une relation à plusieurs demandant plus d'énergie qu'une simple relation entre deux personnes, etc. Cerise sur le gâteau, le manga est aussi humoristique. Alors qu'avec une même base un autre auteur aurait fait un drame avec les personnages qui passeraient leur temps à ce plaindre de leurs situations pendant des pages et des pages, ici même si l'idée de la polygamie est traité de manière plus sérieuse que dans la plupart des mangas, cela reste une œuvre très drôle avec des personnages cons qui font des trucs cons. Mention spécial pour le héros qui a toujours des solutions qui défient la logique (enfin disons qu'il y a une logique, mais une logique que personne de sensé appliquerait). Le scénario est agréable à lire, le dessin est bon et l'humour fonctionne pour moi. Il y a tout de même un truc que je reproche est que j'aurais bien aimé voir plus de scènes où les trois personnages principaux passent du bon temps ensemble sauf que pour le moment leurs vies est surtout parasité par deux autres filles qui ont découvert la vérité. Les deux filles sont très marrantes, mais j'aurais aimé que le trio ait plus d'intimité.

18/07/2021 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Abaddon
Abaddon

Une très étrange histoire ou au même titre que le personnage principal, Ter, nous plongeons avec lui pour ce qui est un petit bijou de mise en abyme. Kafka et Ubu sont convoqués pour emmener notre "héros" qui s'englue peu à peu dans un monde où les portes mènent vers un inconscient ubuesque. S'il faut trouver une explication à cette histoire (eh oui pauvre lecteur tu voudrais bien comprendre, avoir des réponses, mais que nenni), alors qu'au détour d'une case il semble qu'enfin les choses aillent s'éclaircir l'auteur brouille à nouveau les pistes nous laissant sur le bord de la route. Pour ma part j'ai assez vite pensé que Ter avec son bandage sur le crâne avait été trépané suite à une blessure reçut pendant cette guerre évoquée par flashbacks, ce qui peut provoquer quelques séquelles. En fait tous les habitants de cet immeuble, ont un gros pète au casque. Parabole sur la vacuité de l'existence ou de nos sociétés, quoi qu'il en soit il faut saluer ici le travail de l'auteur Koren Shadmi que je découvre à cette occasion. Scénariste, dessinateur, mais aussi coloriste qui avec des tons pastel assez ternes qui renforcent l'ambiance claustrophobique. A mon sens un BD essentielle, je l'ai lu dans l'intégrale et c'est un prêt, mais je pense qu'elle est indispensable dans toute bonne bibliothèque qui se respecte aussi je vais en faire l'achat. N'hésitez pas à faire de même.

17/07/2021 (modifier)
Par Canarde
Note: 3/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série L'île d'Om
L'île d'Om

Très bonne surprise ! Le fil de l'histoire est très simple et bien construit et je vous laisse le découvrir. Mais c'est l'ambiance qui est très spécifique et réussie. Pour moi la première page, au contraire est un faux pas éditorial ; tout ce blanc autour empêche de lire la tâche centrale qui révèle à elle seule le pitch du scénario. C'est une sorte de "La Tour" de Peeters (Benoît) et Schuiten, (rangée dans BDthèque dans les citées obscures, même si elle n'a rien à voir avec les autres) mais avec de l'humour, ce qui est appréciable et manque beaucoup, de mon point de vue, aux albums des deux compères. Par ailleurs le lavis noir laisse une vapeur indécise qui permet au lecteur de remplir les trous, de s'inquiéter alors qu'il n'y a pas lieu, ou de s'adoucir au moment où il devrait au contraire s'inquiéter. Rien à voir donc avec le trait maître de Schuiten. Alors pourquoi cette comparaison ? Et bien c'est une sorte d'exploration , où un personnage âgé guide un plus jeune, le lecteur ne comprend pas vraiment ce qui se passe mais suit la pérégrination, emporté par la beauté des images en noir et blanc. Ici il y a d'autres personnages, des ombres blanches munies d'un bâton qui sont à la poursuite d'un chat blanc, les clients du café, l'oncle... Mais tous ces personnages n'ont pas de personnalité, souvent pas de bouche d'ailleurs. D'ailleurs ce n'est pas dans les visages que l'ont peut trouver de quoi s'identifier. Ce ne sont que les dialogues entre le jeune et le vieux qui nous attachent à eux, leurs erreurs, leurs inquiétudes, leurs interrogations. La fin remet tout à sa place, et c'est important dans le sentiment du lecteur. Finalement tout cela avait un sens.

17/07/2021 (MAJ le 17/07/2021) (modifier)