Connectez-vous pour cacher cette bannière publicitaire - Commander en ligne : pourquoi BDfugue ?

Les derniers avis (26 avis)

Par pol
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Dans la tête de Sherlock Holmes
Dans la tête de Sherlock Holmes

Bluffé je suis. Quel régal que cette enquête de Sherlock Holmes. Le titre n'est pas mensonger : cette série va vraiment nous faire entrer dans la tête du plus célèbre des enquêteurs. Nous allons profiter de manière XXL de son esprit de déduction et de son sens de l'observation. Les moindres détails sont passés à la loupe et les indices récoltés sont nombreux. On parle de petit détails, à priori anodins, vraisemblablement invisibles pour l'observateur lambda. Mais pas pour Sherlock. Et du coup pas pour le lecteur qui vit ces investigations avec lui, au plus près des choses. Dans n'importe quelle BD, le lecteur aurait raté la moitié de ces petits indices disséminés dans les coins, ou cachés dans les arrières plans. En temps normal il serait compliqué d'arriver à faire comprendre au lecteur comment Sherlock analyse et recoupe tous ces éléments. Dans n'importe quelle BD, oui, mais pas là. Grâce à un système de narration incroyablement original, mais dans le même temps incroyablement maitrisé, grâce à une mise en page magistrale, tout prend du sens et tout est limpide. Au premier regard en feuilletant l'album on pourrait y voir des pages chargées et déstructurées. Normalement c'est la garantie d'une lecture compliquée, c'est l'assurance de ne pas lire les cases dans le bon ordre, ce qui inévitablement altère la compréhension du récit. Et bien ici pas du tout, c'est tout l'inverse. Derrière ces cadrages et ce découpage audacieux, la lecture est limpide, la compréhension claire et parfaite. C'est mieux que ça même. Toute cette originalité est au service du récit et facilite la lecture. Nous récoltons et assemblons les indices les uns après les autres en suivant un fil rouge. Au sens propre : on suit vraiment le fil des idées de Sherlock. Nous voyons tout, nous comprenons tout, avec un plaisir jubilatoire tellement c'est malin et bien fait. Pour parachever ce coup de maitre, les auteurs ont glissés quelques surprises spectaculaires à coup de transparence ou de pages à plier. J'applaudis devant tant de talent. La narration est ici élevée au rang d'art avec une maestria remarquable. Du génie tout simplement !

22/10/2021 (modifier)
Par fuuhuu
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Le Voyage des Pères
Le Voyage des Pères

L'histoire de Jésus et de ses 12 apôtres, raconté par les pères de ces derniers. Les pères ne comprennent pas (ou ne veulent pas comprendre) pourquoi leurs fils sont partis suivre un parfait inconnu qui prêche le vrai du faux. Ils se mettent donc en quête de ramener leurs progénitures à la maison et sont embarqués dans un grande aventure humaine. Les 3 premiers tomes, qui forment le premier cycle, sont à mes yeux, parfait. Le récit est sincère, drôle, touchant, tragique, rocambolesque et sérieux aussi. Toutes les émotions y passent. Les personnages sont tous très attachants. L'histoire est cohérente, on y redécouvre le nouveau testament. De nombreuses références/blagues/clin d’œil à notre culture moderne sont faites, mais de manière très subtile. Et la conclusion de ce premier cycle est à la hauteur de toute l'histoire: sublime. En revanche, le second cycle (tome 4-5-6) sont nettement moins intéressant. Il s'agit de la même histoire, mais vu du point de vue d'autres personnages. Si le tout est toujours aussi bien écrit et raconté, la surprise s'estompe et l'intérêt baisse. Certes c'est bon, mais pas autant que ce à quoi l'auteur nous a habitué. Pourquoi a-t-il fait un second cycle? Etait-ce prévu depuis le début? Ou l'appât du gain lui a donné envie d'encore un peu tirer sur la corde? Si proche du culte 5 étoiles mais malheureusement la deuxième moitié vient baisser le niveau global de l'oeuvre. 4 étoiles + coup de cœur pour le premier cycle MAUPERTUIS, OSE ET RIT !

21/10/2021 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Dans la tête de Sherlock Holmes
Dans la tête de Sherlock Holmes

Les auteurs étant de passage au festival de Illzach, j'ai suivi les conseils de Calimeranne pour une petite dédicace et enfin découvrir cette BD qui avait fait l'unanimité lors de sa sortie. Et je n'en suis pas du tout déçu, je crois bien que c'est une de mes meilleures découvertes de ces derniers jours ! La BD est une réelle surprise, une réelle bonne surprise qui plus est. Et surtout, parce que je crois bien que c'est la BD la plus inventive que j'ai vue récemment. Rien que par la couverture, le ton est donné. Et les pages ! Mon dieu, ces pages ! Une merveille d'inventivité, et je ne veux même pas savoir combien de temps cela a pris pour les faire. Une ingéniosité qui est présente quasiment à chaque page, dans le découpage, la mise en scène des cases, l'alliance texte/dessin. Ça c'est de la BD intelligente, de celle qui sait utiliser au maximum les possibilités de son média pour le plaisir de l'histoire et de la lecture. Réellement, je suis sous le charme de cette colorisation, de ce trait et de cette façon de paginer les cases. Une inventivité et un sens de la composition qui va de pair avec l'histoire, c'est une réussite totale. Surtout dans le cadre d'une enquête de Sherlock Holmes. Et à ce niveau là, le scénariste est à saluer : il a réussi à retranscrire en bande-dessinée toute l'ambiance victorienne de Conan Doyle, avec les manières de Sherlock Holmes, les intonations pédantes et parfois méchantes envers Watson, sa façon de réfléchir et de déduire, tout est exactement dans l'esprit des Sherlock Holmes que j'ai dévorés au lycée. A la fois une excellente enquête non-officielle de Sherlock Holmes, un hommage bien senti et une BD réussie qui donne envie de découvrir la suite de l'histoire. Cette enquête est à ranger directement dans les meilleures de l'inspecteur. J'attends avec impatience le tome 2 pour voir la façon dont tout ceci se conclura, et pour une enquête c'est du tout bon. Je pourrais être encore plus enthousiaste mais je vais éviter de donner trop envie. En tout cas, je remercie sincèrement Calimeranne de m'avoir conseillé de le découvrir, parce que c'est une vraie belle découverte. J'ai toujours bien aimé les enquêtes de Sherlock Holmes, sa façon de faire et ses déductions qui nécessitent du calme plutôt que de l'action, et ici c'est tout ce que j'aime mis en image de façon magnifique. Recommandée, très recommandée ! Mise à jour après le tome 2 : La fin s'est faite attendre, mais pour mon plus grand plaisir. En effet, la conclusion sera à la hauteur du reste et les idées de mises en scène se développent en tout sens. A mon sens, c'est un régal de tout les instants sur la compositions des pages et l'inventivité qui en ressort. Je ne saurais mieux dire que : cette BD exploite le plus parfaitement possible le médium de la BD. D'autre part, le deuxième volume se concentre sur la résolution de l'enquête et donc de l'histoire. Celle-ci est bien surprenante, parlant de différentes choses autour du colonialisme et de l'état d'esprit de l'époque. La BD semble prendre ici un avis critique de la situation, et j'aime beaucoup ce petit renversement des valeurs victoriennes, amenant Sherlock Holmes à plus de profondeur que celui de Conan Doyle. Bref, l'histoire est géniale, la mise en situation est parfaitement gérée, la narration est parfaitement prenante ... Non, rien à reprocher à cette BD ! Une réussite majeure, un incontournable.

25/11/2019 (MAJ le 21/10/2021) (modifier)
Couverture de la série Dionysos
Dionysos

"Avec ma gueule de métèque. De dieu errant. De pâtre grec." en parodiant la chanson de Moustaki, on ne peut pas mieux présenter la carte d'identité de Dionysos. J'aime beaucoup la collection "La Sagesse des Mythes" crée par Luc Ferry et bien soutenue par les dessins de G.Bonacorsi (ici) et le scénario de C.Bruneau. Cette collection rend accessible à des collégiens.nes des concepts fondateurs de la pensée européenne. Quand on découvre le nombre de peintures, de sculptures, de pièces de théâtre, d'œuvres littéraires ou musicales qui reprennent ces mythes, c'est tout un pan très important de notre patrimoine qui est en jeu. A une époque du tout image, le médium BD est un bon moyen pour faire vivre ce patrimoine. Bien sûr, il faut accepter les codes de la pensée antique qui ne correspondent pas à notre époque contemporaine pour rentrer dans le récit. Mais le scénario rend accessible cet abord. Les dessins de G.Bonacorsi sont à mon goût avec de belles expressions des visages, une belle sensualité des corps. Je mets l'accent sur les corps qui sont présentés tels qu'ils doivent être, nus ou très dénudés. La série se veut réaliste et je ne vois aucun voyeurisme dans cette représentation. Les palais, tenues et ambiances sont parfaits. Si je conseille ce livre, je ne conseillerais pas de commencer par lui. Dionysos n'est pas un dieu facile. Dieu de l'Altérité dans toutes ses dimensions, il est le choc entre le chaos et l'ordre. Dionysos représente le combat des contraires qui peut tourner au désastre s'il n'est pas maîtrisé. Il y a des scènes de massacres qui peuvent choquer des jeunes lecteurs ou lectrices. C'est tout l'intérêt de la dernière partie du livre où Luc Ferry explique d'un point de vue philosophique pourquoi Dionysos a une place centrale dans l'Olympe et partant, aussi dans nos vies. A nous de savoir en faire bon usage pour grandir et pas pour se détruire.

20/10/2021 (modifier)
Par Blue boy
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série À la Maison des femmes
À la Maison des femmes

Après l’Afghanistan (Kaboul Disco) et l’Iran (Ainsi se tut Zarathoustra), Nicolas Wild est allé cette fois traîner ses guêtres dans un endroit beaucoup moins exotique, la Seine Saint-Denis, une destination qu’il n’aurait peut-être pas forcément choisie au départ et qui ne fait pas toujours rêver, avec comme point d’ancrage cette « Maison des femmes », structure d’accueil pour femmes en détresse coincée entre l’Hôpital Delafontaine, des barres d’HLM et une bretelle d’autoroute. Un sujet pas vraiment sexy d’emblée et pourtant… on comprend rapidement dès les premières pages pourquoi Nicolas Wild a été convaincu d’en faire une bande dessinée, sur proposition de Nicolas Grivel, « agent littéraire spécialisé en bande dessinée » rencontré au hasard des salons. Ainsi, l’auteur va nous faire découvrir cette Maison des femmes, sorte d’oasis au milieu d’un environnement pas des plus riants mais qui en fait ressortir d’autant plus l’unicité. Un véritable havre de paix pour des femmes qui ont vécu des expériences traumatisantes : violences conjugales, mariages forcés ou excision… Ces femmes sont prises en charge par une équipe très soudée de professionnelles où toute présence masculine reste exceptionnelle mais tolérée. Seuls deux hommes faisaient partie d’une équipe d’une vingtaine de personnes à l’époque où Nicolas Wild fréquentait le lieu. Ce dernier était donc loin d’être en terrain conquis, mais sa présence de gentil bédéaste a été vite facilement acceptée, et si au début il a été quelque peu ébranlé par la dureté des témoignages dont certains ont été retranscrits dans l’ouvrage, il a été vite conquis par l’ampleur de ce projet ambitieux et enthousiasmant, mais aussi par l’ambiance chaleureuse et solidaire qui règne en ces lieux. Pour évoquer son expérience, Wild va se mettre en scène comme il l’avait fait avec ses précédents opus. Une formule qui, à la manière d’un Guy Delisle, fonctionne très bien et confère une certaine authenticité au documentaire. L’humour candide et l’autodérision propre à l’auteur permet aussi d’insuffler un peu de légèreté à des propos âpres que parfois on a presque peine à croire. Le découpage en chapitres aère également la lecture, chacun d’entre eux étant consacré à l’une des protagonistes du livre, principalement des professionnelles ou des patientes livrant leur témoignage. On retiendra notamment celui de Sophie, dont des extraits de la bande dessinée qui lui a permis de raconter son calvaire conjugal tout en le tenant à distance, ont été insérés dans l’ouvrage. Comme il l’a prouvé avec ses précédents opus, Nicolas Wild sait nous prendre par la main pour nous emmener vers des contrées pas des plus engageantes, sans qu’on ait à le regretter une seule seconde, bien au contraire. Et ça, c’est un talent qui n’est pas donné à tout le monde ! Vous l’aurez compris, « La Maison des femmes » est une lecture chaudement recommandée par votre serviteur, non seulement pour toutes les qualités de l’ouvrage énoncées plus haut, mais aussi grâce à l’admiration que l’on peut ressentir en découvrant qu’un tel projet ait pu voir le jour, un projet évitant aux patientes le dédale interminable de formalités administratives, et parfaitement résumé de la bouche même de Ghada Hatem : « Notre volonté, à la Maison des femmes, c’est que chaque personne qui arrive avec un problème reparte avec une solution ».

19/10/2021 (modifier)
Par Hervé
Note: 5/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Goldorak
Goldorak

Cinquantenaires de tous pays réjouissez-vous, Goldorak est de retour. Nostalgiques de Recré A2, je vous invite à découvrir le nouvel album de Bajram, Cossu, Dorison, Sentenac et Guillo qui nous font revivre une nouvelle aventure de Goldorak. Et quelle aventure ! Nous retrouvons nos héros vieillis, (la patrouille des aigles) presque désabusés pour certains (Actarus, étrangement barbu, particulièrement éprouvé au début de cet épisode), appelés, encore une fois, à sauver leur pays contre les Golgoths ; mais aussi Procyon, Rigel, Mizar, Banta. Le tour de force est tout de même de ne faire figurer Goldorak qu’à la moitié de l’album, qui compte 136 pages, sans pour autant dénaturer les souvenirs que l’on avait de ce dessin animé. Je dois avouer avoir eu des frissons, lorsque Actarus prononce le mythique " Goldorak Go ! ", une véritable madeleine de Proust, vous dis-je, cet album. Et que dire du fameux « métamorphose ! » , parfaitement dessiné par le trio Bajram, Cossu et Sentenac. Justement côté dessin il faut souligner la qualité du travail, mais aussi les couleurs en parfaites adéquation avec celles du dessin animé et des pages parfois audacieuses (page 64) au niveau du découpage. Quelques clins d’œil sympathiques égrènent la lecture de l’album, comme le disque 45 tours que sort Procyon (page 60). L’album est agrémenté d’un cahier de 16 pages sur la genèse de cette histoire, qui montre, s’il fallait encore le prouver, que les auteurs ont une passion dévorante pour Goldorak depuis leur plus tendre enfance. Cette passion s’est ressentie dans l’album qui, pour moi, est une de mes meilleures lectures de cette année. Finalement, je retire ce que je disais en introduction "cinquantenaires de tous pays réjouissez-vous, Goldorak est de retour !", mes enfants de 20 et 21 ans m’ont emprunté l’album en faisant un « Waouh ! », au vu de la couverture. " Goldorak" en définitive, n’appartient plus exclusivement aux gens de 50 ans ou plus, comme moi et tant mieux. Un grand merci aux auteurs.

18/10/2021 (modifier)
Par Benjie
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Dans la tête de Sherlock Holmes
Dans la tête de Sherlock Holmes

Tout commence par la couverture ! Son façonnage particulier est une porte ouverte qui nous permet d’entrer directement dans le cerveau de Sherlock Holmes. Et là ! On découvre une organisation impressionnante, une immense bibliothèque dans laquelle sont méthodiquement classées les affaires élucidées, les poisons, les armes, les grands criminels de l’histoire… Un cerveau exceptionnel… mais Sherlock Holmes s’ennuie. Fort heureusement, une nouvelle affaire ne tarde pas à se présenter. Il fait nuit, dans une rue de Londres, un homme en sous-vêtements semble dans un état second. Quand un policeman l’interpelle, il ne se rappelle rien sauf qu’il est une connaissance du docteur Watson. Il n’en faut pas plus à Sherlock Holmes pour mettre son cerveau en marche. Récoltant indice après indice, le super détective classe tous ces éléments dans sa tête. On le voit raisonner, classer, analyser. L’histoire est prétexte à une mise en scène excellente, intelligente et précise, fourmillant de détails, mais aucun n’est inutile. Ce premier album d’un diptyque avec ses décors soignés, ses couleurs douces et un Sherlock plus vif que jamais est une vraie belle interprétation du détective légendaire. Une réussite ! Le second tome confirme la réussite de ce diptyque à quelques changements près. Le dessin gagne encore en délire et en détails, c'est hyper créatif et beau. Le scénario, quant à lui, gagne un peu en épaisseur. En plus de l'enquête parfaitement maîtrisée, les auteurs nous proposent des réflexions intéressantes sur l'empire britannique, les comportements coloniaux et les trafics clandestins. Est-ce bien la fin de cette histoire ? Apparemment, oui mais la dernière page pourrait laisser entendre que ce n'est pas tout à fait terminé... Je confirme ma première impression, c'est une très bonne série.

30/01/2021 (MAJ le 17/10/2021) (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série L'Abolition - Le Combat de Robert Badinter
L'Abolition - Le Combat de Robert Badinter

J'étais bien curieux de lire cet album, dont l'achat coïncide, à quelques jours près, avec le quarantième anniversaire de l'abolition de la peine de mort en France. Je suis le parcours de Marie Bardiaux Vaïente depuis plusieurs années, admiratif de son énergie pour que l'abolition de la peine de mort soit universelle. Car de nombreux pays, et non des moindres, continuent à l'appliquer, dans des conditions qui seraient ridicules si elles n'étaient pas dramatiques et barbares. Pour en revenir à l'album, il est en effet centré sur le personnage de Robert Badinter, promoteur et lui-même activiste acharné en faveur de cette abolition. La scénariste a choisi de ne pas faire une biographie classique, mais plutôt de se concentrer que quelques évènements qui ont jalonné la vie et la carrière de Badinter, et forgé ses convictions. Deux affaires, symboliques, ont retenu son attention et sont brièvement racontées dans cet album. Celle de Claude Buffet et Roger Bontems, condamnés à mort, non graciés et exécutés, alors que le second n'a tué personne. Celle de Patrick Henry, coupable de l'un des assassinats les plus glauques connus, condamné à mort, gracié. Deux affaires dans lesquelles Badinter est l'avocat de la défense. François Mitterrand élu Président de la république, Badinter est nommé Garde des Sceaux, et a pu plaider l'abolition de la peine capitale devant les deux chambres du Parlement, en septembre 1981. Et obtenir sa récompense, l'issue victorieuse de ce combat essentiel pour la justice et pour la République. Avant de voir le bourreau de son père, déporté pendant la guerre, être condamné à la prison à perpétuité. Des symboles forts que ces affaires, que Marie Bardiaux-Vaïente raconte de manière factuelle, presque froide, afin de toucher le public le plus large possible. Un seule petit regret par rapport à ces choix narratifs, le peu de place laissée aux opposants à l'abolition, dont la rage et la violence furent assez effrayantes à l'époque. Malo Kerfriden prête son trait classique à ce documentaire aussi proche que possible de la vérité, avec une coloration en bichromie qui laisse la part belle aux paroles, à l'expression des différents personnages. C'est d'une efficacité redoutable, et cela permet à ce one-shot d'être à mon sens un album essentiel pour comprendre les racines d'un combat qui fut gagné, mais qui n'est pas terminé.

16/10/2021 (modifier)
Couverture de la série Kuklos
Kuklos

Il est toujours difficile de faire le récit d'une autobiographie, même fictive, d'un bourreau sans tomber dans au moins deux pièges. Le premier est de le charger et de le rendre tellement ridicule que cela fait perdre beaucoup de crédibilité au récit ; Le second est au contraire de se laisser happer par sa part d'humanité qui lui est inaliénable et ainsi de lui procurer une part d'empathie qu'il ne mérite pas. Christophe Gaultier et Sylvain Ricard ont admirablement évité ces deux récifs. Les dessins avec des visages taillés à coups de serpes rendent bien la dureté des Kluxers. Les costumes de monsieur tout-le-monde, les décors d'une campagne du Sud, cela est si paisible mais cela se couvre de sang en deux minutes. Ces dessins laissent à imaginer l'angoisse qu'on vécut les habitants Afro-américains du pays champion du monde libre et de la démocratie, pendant 120 ans. C'est d'ailleurs à l'honneur de beaucoup d'Américains Blancs d'avoir vigoureusement combattu cette peste, un passage y faisant référence. Les auteurs ne s'étendent pas sur l'histoire du Cercle (Kuklos veut dire cercle en Grec cela deviendra Ku Klux) mais nous invitent à élargir nos recherches. (Par exemple ce n'est pas Forrest le fondateur mais un petit "cercle" de vétérans sudistes de Pulaski (Tennessee) et comme ils venaient d'Ecosse cela a fait un Klan) Thomas va vivre deux des grandes périodes du Klan. Celle des années 20 et celle des années 50. Son (notre ?) initiation aux rites du Klan, un passage formidable du livre, est en plein "Age d'Or" du Klan. Il y a alors plusieurs millions de cotisants à travers les USA, pas seulement au Sud, ce qui représente une force politique et financière inimaginable. Force qui agira jusqu'au plus haut sommet de l'Etat (Truman a fait partie du Klan à cette époque) comme le prouve l'adoption des lois de 1924 sur l'immigration (Jonhson-Reed Act). Celle des années 50, en réaction aux revendications légitimes des citoyens Afro-américains dont les fils ou frères étaient morts sous l'uniforme et qui avaient par l'éducation aussi, eu le courage de relever la tête. Je pense voir dans l'œuvre de S. Ricard l'expression des deux violences du Klan. La violence gratuite sadique de Hummond qui est là pour assouvir ses désirs psychopathes en toute impunité. Il y a la violence plus politique de Thomas qui est là pour maintenir la suprématie du pouvoir Blanc et Protestant. C'est pourquoi, sur la liste de leurs haines les Kluxers avaient rajoutés les Juifs, les activistes (considérés de facto comme communistes) et les Catholiques (à la fois basanés et/ou papistes). Ces deux violences se rejoignent souvent mais elles peuvent s'affronter. De toute façon, elles sont aussi ignobles l'une que l'autre. Je pourrais faire un peu la fine bouche sur la fin qui met l'accent sur l'action dramatique mais c'est tellement peu par rapport au message.

14/10/2021 (modifier)
Par Yann135
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Armen
Armen

Je vais profiter de la réédition d’Armen chez Locus Solus éditions pour vous parler de toute mon admiration pour le travail de Briac. Je dois avoir 5 6 planches originales de ce dessinateur talentueux. J’adore sa technique qui n’appartient qu’à lui , qui n’a rien d’académique, qui est la résultante de gribouillis (c’est son expression), de l’acrylique et pour éponger le tout pour créer les nuances de couleurs … du Sopalin ! C’est juste magnifique. C’est le Van Gogh de la BD. On aime ou on déteste. Me concernant j’adore et je suis fan invétéré de toutes les publications de cet autodidacte. Chaque case est un tableau. Quel régal pour les yeux. Armen est son premier album mais déjà son graphisme particulier est bien là. C’est noir mais que c’est beau. Le breton marque son territoire. Il s’approprie le phare d’Armen en mer d’iroise en relatant une partie de son histoire durant la seconde guerre mondiale. Son côté poète et son imagination débordante fonctionnent déjà à plein régime. L’atmosphère est lourde et oppressante pour ce huit clos dans l'enfer des enfers. Il est perfectionniste le bougre. Rien n’est laissé au hasard. Une couleur qui dérape et il recommence tout. Encore et encore. Au-delà de ce récit, je vous invite à découvrir ses autres albums. Il a évolué sous la houlette d’Arnaud le Gouëffec au scénario. Et son trait est plus spontané et un peu moins figé. C’est un auteur breton mais il mérite une notoriété nationale qu’il n’a pas encore. Il ne tient qu’à vous de vous enhardir à sortir de votre zone de confort et de découvrir son univers. De mon côté j’attends avec impatience la sortie en 2022 de Méridien, l’histoire d’une expédition de savants aux 18ème siècles au Pérou . j'ai hâte d'avoir entre les mains son nouvel album !

12/10/2021 (modifier)