Les derniers avis (9 avis)

Par Miguelof
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Caz Roman - Un américain paysage
Caz Roman - Un américain paysage

Avec un narrateur à la première personne, la vie d'un immigrant européen à New York, né au début du XXe siècle, est racontée. À travers de petits éclats de sa mémoire qui se traduisent graphiquement par des doubles pages aux traits imprécis pour les détails, mais représentatifs de ce qui s'est passé, une vie s'expose. Le dessin: un noir et blanc fait de coups de pinceau épais et expressifs, dans lequel s'insèrent les textes, dans une prose poétique. Nous sommes invités à partager ses souvenirs et réflexions sur un siècle qu'il a quitté, que ce soit ses différents travaux manuels ou les clubs de jazz nocturnes. Django Reinhardt, entre autres, y est présent! C'est très beau et puissant. J'aime particulièrement les scènes de jazz et les images maritimes. On peut presque entendre la musique et sentir les odeurs. L'écriture poétique contribue beaucoup à ce que le lecteur s'immerge dans ce qui est narré, tandis que l'esprit vagabonde à travers les images représentées. Et à la fin, on comprend la référence à Caz Roman, titre d'un album turc de jazz tzigane interprété par Mustafa Kandirali. L'œuvre a été récompensée par le Trophée des Éditeurs Indépendants au Festival du Livre de Grenoble.

14/06/2026 (modifier)
Par Vaudou
Note: 5/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Evol
Evol

Il l'a fait. Plus de 10 ans après Soil, Kaneko a réussi à produire une oeuvre aussi dense et cohérente. Une lecture qui vous fait enchaîner une dizaine de tomes avant de pouvoir s'arrêter, enfin repus. Ce n'est pas que les mini séries comme Deathco ou Wet Moon avaient démérité, loin de là. A l'instar de son oeuvre séminale, Bambi Remodeled (Bambi), ce sont des réalisations marquantes qui brillent intensément dans la galaxie du manga. Mais ces mini séries de quelques tomes étaient des étoiles filantes qui nous laissaient trop vite orphelins du talent du maître. Et puis arrive Evol, publié en France entre 2023 et 2026, dans les pas de la parution au Japon, qui nous montre un Kaneko en grande forme avec une inspiration restée intacte. La recette ne change pas fondamentalement et repose sur plusieurs piliers : Une narration sous tension, des anomalies du quotidien, un fantastique lynchien qui nous montre des personnages vivrent une expérience cathartique, pour ensuite se transformer en électrons libres enfin aptes à briser un système complètement fermé. Éloge de la révolte. L'utilisation des super héros à la sauce Kaneko n'est pas inédite. Après tout son premier personnage, Bambi, était quasi invincible. Comme pour un film de Lynch, on spéculera pendant des heures sur la fin et ses mystères. Côté dessin, on retrouve ce sens de l'esthétique aigu, avec des aplats de noir profond et un refus des trames de gris classiques. Le découpage est à couper le souffle. Une prouesse artistique pour les autres, la normalité pour Kaneko. Un grand manga.

14/06/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Une invitée dans la demeure
Une invitée dans la demeure

Deuxième album d'Emily Carroll que je lis et deuxième album de suite que je trouve excellent ! Ça me donne bien envie de mieux connaitre le reste de son œuvre. L'histoire met en vedette une femme timide qui s'est mariée à un homme qui a déjà une fille et dont la femme est morte. Son mari semble cacher des choses et elle se met à vivre des expériences paranormales. Le récit est simple, mais terriblement efficace. En plus, lorsqu'on pense avoir tout deviné, les choses n'apparaissent pas comme elles le sont, mais je ne vais pas en dire plus parce que c'est vraiment le genre de récit de fiction qu'il faut lire avec le moins d'informations possible. En tout cas, je ne savais pas trop ce que j'allais lire et j'ai vite trouvé le scénario prenant. On brasse plusieurs thèmes et il y a différentes interprétations qu'on peut faire du récit. Le dessin est très bon. La mise en scène est bien maitrisée et le mélange de scènes en noir et blanc et de scènes en couleurs fonctionne bien. Un comics très intelligent que je conseille à tous.

14/06/2026 (modifier)
Par Lucie D
Note: 5/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Terre ou Lune
Terre ou Lune

Super bd avec un très bel univers et une intrigue prenante mais qui se dévoile lentement. Je l'ai lue avant de dormir, je n'ai pas pu la lâcher, elle était vraiment prenante. L'univers m'a intrigué et m'a vraiment détendu. Une très belle réussite, à voir pour la suite.

09/06/2026 (modifier)
Par Lucie D
Note: 5/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Une fête sans fin
Une fête sans fin

Très très beau livre. Une histoire qui entraîne d'abord par son mystère et son aspect graphique proprement fascinant, avant de nous attraper par les émotions et les sentiments qu'elle engendre. Pour un premier album, celui-ci est maitrisé. Que ce soit au niveau du dessin, de la mise en scène ou de l'histoire, j'ai vraiment été emportée et ait suivi les personnages avec plaisir. Je recommanderai aux curieux et curieuses de tenter l'expérience, d'essayer de se laisser aller et de se laisser prendre à cette "fête", le jeu en vaut vraiment la chandelle. Je suis curieuse de voir ce que nous proposera cet auteur par la suite, en espérant qu'il continue.

09/06/2026 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Jonathan
Jonathan

J’aime beaucoup les one-shots et diptyques de Cosey, à commencer par le superbe « Le Voyage en Italie », mais je n’avais jamais lu sa série fleuve « Jonathan ». C’est chose faite, et je ressors ravi de ma lecture. Mon intérêt a fluctué : les deux premiers tomes ont beaucoup vieilli (la moto dans la neige himalayenne, m’enfin), et certains albums m’ont paru trop contemplatifs et informatifs - presque des livres d’histoire sur le Nepal… mais il y a aussi de nombreuses pépites. Je cite en vrac « L'espace bleu entre les nuages » et son colonel improbable, l’émouvant « Neal et Silverster », et dans les album récents, mention spéciale au tome 15 « Atsuko » et sa représentation magnifique des montagnes japonaises enneigées. Le fil conducteur tout au long des 17 tomes est Jonathan : son humilité, son humanisme, ses réflexions philosophiques, ses valeurs… mais aussi les amis dont il s’entoure, et leurs combats. Le dessin de Cosey balbutie dans les premiers tomes, mais une fois le rythme de croisière atteint, c’est un délice pour les yeux. La fin est très belle, et triste, car il faut dire aurevoir à Jonathan… comme le dit bamiléké dans son avis, on a vraiment l’impression de perdre un ami. Une série marquante.

08/06/2026 (modifier)
Par Miguelof
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série La Flèche Noire
La Flèche Noire

C'est pour moi la meilleure adaptation du roman historique de R. L. Stevenson. Le texte et les dessins de Ramón s'accordent parfaitement ; la couleur directe m'avait ébloui à l'époque ! Destinée à la jeunesse, je continue pourtant à admirer et à estimer cette œuvre. Ramón De La Fuente était au sommet de son art, que pourrait-il produire de plus beau et parfait en images ? Malheureusement, nous ne le saurons jamais... Détail curieux : en France, les couvertures de cette collection ont été dessinées par son frère Victor. Autre détail : les mots dans les phylactères de cette édition française sont vraiment mal dessinés et c'est dommage !

08/06/2026 (modifier)
Par Vaudou
Note: 5/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Eternus 9
Eternus 9

Félicitations Dave, vous venez de trouver le second monolithe de la bande dessinée bis. Il vous en reste 7 à trouver... Aucun avis sur ce chef d'oeuvre vraiment ? Je vais devoir réparer ce sacrilège alors. Car si je lis des bandes dessinées, c'est pour découvrir des œuvres comme Eternus 9. Victor Mesquita, auteur portugais à la reconnaissance proche du néant, décide de sortir ce petit bijou totalement méconnu en l'an de grâce 1983. L'humanité est condamnée à court terme à cause de la surpopulation. Les scientifiques décident d'envoyer dans l'espace un couple avec une mission pour le moins originale : procréer un enfant qui sera capable de vivre dans le cosmos, libéré des contraintes physiques et temporels. Le récit est donc une odyssée spatiale et métaphysique, avec une narration qui se veut poétique, sans être trop compliquée. Pas besoin de relire trois fois une page. Bon, deux fois peut être... L'esthétique, très vintage, est au diapason de l'histoire : architectures monumentales en pleine page à la Philippe Druillet, paysages psychédéliques saturés de couleurs explosives, effets d'optique, vaisseaux spatiaux de toute beauté... Chaque planche est un tableau d'une richesse graphique inouïe. Le tour de force : Eternus 9 n'est pas du tout un trip visuel hasardeux. Le but de Mesquita est clairement de jouer avec l'inconscient de son lecteur, de le mettre au centre d'une expérience hypnotique. Il suffit d'accepter le voyage... Une masterclass, à ranger fièrement à côté de Delirius.

05/06/2026 (modifier)
Couverture de la série Le Grand Récit (Alpha... directions)
Le Grand Récit (Alpha... directions)

Impressionnant ! On ne peut qu’être bluffé par la somme de travail nécessaire pour produire cette œuvre plus qu’ambitieuse ! Je n’ai lu pour le moment que l’imposant premier tome, ALPHA, qui nous présente ni plus ni moins que la période allant de la création de l’univers jusqu’à l’apparition des hominidés. Une ambition énorme, mais qui s’appuie sur des qualités toutes aussi importantes pour nous proposer quelque chose de captivant. Car jamais le lecteur n’est mis de côté par les connaissances ou termes scientifiques (noms de période, de phénomènes, d’espèces, de réactions chimiques, etc.). C’est fluide et on n’est jamais perdu. Et on ne s’ennuie jamais non plus ! C’est en effet très rythmé, la narration mêlant didactisme et moments plus planant, laissant vagabonder l’imagination du lecteur. L’autre originalité et qualité de ce projet hors du commun, c’est son traitement graphique, que j’ai trouvé excellent, et pour une bonne part garant du plaisir de lecture. Le dessin est à la fois minutieux et agréable, dynamique et fluide. Et la colorisation, usant de diverses bichromies, accompagne très bien l’ensemble. Certaines planches illustrant les convulsions terrestres m’ont fait penser à au travail de Clément Vuillier (en particulier dans son album L'Année de la Comète). Surtout, Harder, que ce soit dans ses cases muettes ou dans celles accompagnées d’un texte – généralement placés en dessous des cases – va bien sûr dessiner de façon réaliste (et très réussie !) animaux, végétaux et matières organiques. Mais il va aussi utiliser une iconographie d’une grande richesse, puisant dans l’imagerie issue de toutes les civilisations. Européenne bien sûr – proximité oblige – mais aussi américaine, australienne, etc. Il ajoute aussi de nombreuses références issues de la BD, du cinéma. Tout ceci passe très bien et ne fait jamais artificiel, au contraire, tout fait sens et s’agrège naturellement au récit central, tout en l’aérant. Une pagination imposante, mais cela se dévore rapidement. Dès que je le pourrai, je lirai Civilisation. Même si a priori je crains que le procédé marche moins bien qu’avec ce premier album, duquel les hommes sont absents. Mais si la suite est du même acabit, je remonterai sans aucun doute ma note. Un album brillant en tout cas. ********************************* Je poursuis ma lecture de cette œuvre fleuve avec les deux tomes de « BETA », et je suis toujours impressionné par le travail de Jens Harder. Travail de recherche des connaissances historiques et scientifiques. Mais aussi un énorme travail pour assembler la documentation qui sert d’illustration à cette histoire du monde ! Ce travail graphique est toujours aussi bluffant, captivant. Encore avec des bichromies, métallisées cette fois-ci. Le rendu est très chouette. Surtout qu’Harder mêle encore reproduction de photos, de gravures, de BD, d’encyclopédies, d’œuvres d’art, etc. C’est éclectique, il use parfois d’anachronismes, de clins d’œil en mélangeant images d’époques différentes. Mais ça fonctionne toujours aussi bien. Je suis donc toujours admiratif et conquis. Mais j’ai été un chouia moins enthousiaste que pour ma lecture d’ « Alpha ». Pour plusieurs raisons je pense. D’abord ici ont est sur du temps moins long, moins lointain. C’est-à-dire que tout s’enchaine plus rapidement, les changements sont plus brusques (à l’échelle du temps long quand même, mais finalement de moins en moins). On est aussi sans doute moins émerveillé, car BETA traite d’époque que nous connaissons mieux – voire que nous vivons pour la fin du second tome (ces deux tomes traitent des hominidés, puis des premiers hommes jusqu'à la période contemporaine). Et du coup, notre proximité avec le sujet, le fait aussi que je connaisse beaucoup plus de choses dessus (je suis professeur d’histoire) a sans doute joué pour mon ressenti. Pour finir, Harder – qui ne prétend pas faire œuvre scientifique (voir les textes de postface) – est un peu victime du fait qu’il est Européen et qu’il a sans doute eu accès davantage à des sources « occidentales ». Mais il ne tombe pas non plus dans le récit uniquement européocentré. Bref, un projet toujours aussi audacieux (et bien soutenu par l’éditeur, avec une belle maquette et des paginations importantes pour tous les albums), qui tient le pari d’informer et de divertir sur la durée. J’attends avec un peu d’appréhension – mais aussi de plaisir à venir – la dernière partie, « Gamma », où Harder se lancera un peu dans l’inconnu. Une œuvre à lire en tout cas ! *************************** Eh bien voilà, j'ai lu « Gamma », le quatrième et dernier tome de la tétralogie que Jens Harder nomme désormais « Le Grand Récit ». C'est sans doute l'album qui se lit le plus rapidement (où il y a le moins de texte), et dont le sujet m'intéressait a priori le moins (en comparant avec les précédents). La bichromie de bleu n'est pas non plus celle qui m'accroche le plus. Mais je laisse quand même ma très bonne note globale, et maintient le coup de coeur pour l'ensemble de cette série, qui a occupé l'auteur sur plus de vingt ans. Et ça se sent. Même dans ce tome qui se livre à une vision possible du futur - y compris très lointain. Harder ne nous propose pas le futur qu'il espère (il le précise dans une postface), mais celui qui lui semble probable en l'état des connaissances, et des voies empruntées par l'humanité (il parle ici de Humans). Un futur largement dominé par robots et IA, et où la Terre a été en partie délaissée, pour chercher ailleurs – vers des ailleurs de plus en plus lointains – ce qu'on ne pouvait plus trouver sur la planète bleue. Forcément, on bascule vers une SF plus ou moins réaliste - mais la vision de « Gamma » l'est quand même pas mal. Et sur la fin, Harder nous propose des planches où objets et réalité virent à l’abstrait : de très belles planches (même si ce bleu est trop saturé à mon goût). Au final, on a là l'oeuvre d'une vie d'auteur (même s'il a publié d'autres choses intéressantes), d'une grande ambition (dans tous les domaines). Si « Alpha » est sans doute l'album qui m'a le plus scotché, l'ensemble mérite un – long – détour. Chapeau bas monsieur Harder, pour cette longue traversée/échappée de la vie, sur Terre et au-delà.

10/11/2024 (MAJ le 01/06/2026) (modifier)