Les derniers avis (5 avis)

Par karibou79
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série La Horde du contrevent
La Horde du contrevent

Je n'ai pas lu le roman de Damasio avant mais connaîs assez le bonhomme et la réputation d'exigence de ce roman en particulier. Son univers demande un certain investissement, qui embarque le lecteurs qui est prêt à en payer le prix. Ce qui est subjugant, c'est la personnalité des membres de la Horde. Chacun a sa place, son rôle, sa vision du monde, et les relations entre eux évoluent de manière très naturelle au fil du voyage. On sent le poids des années passées ensemble, les tensions, les rivalités mais aussi le respect mutuel. Graphiquement, l'auteur réalise un travail impressionnant. Les paysages sont magnifiques et surtout il parvient à rendre le vent omniprésent. On le voit, on le ressent, presque physiquement par moments, arriver à retranscrire aussi bien un élément aussi abstrait n'est à la portée que de ceux qui se sentent pleinement investis dans leur oeuvre, (Emmanuel Lepage me vient immédiatement à l'esprit.) Tout n'est pas parfait pour autant. L'univers reste dense et la lecture est parfois un peu chargée, notamment lorsque les explications prennent le dessus sur l'aventure. Mais cela fait partie de l'ADN de cette série. Mon véritable coup de cœur est arrivé avec le dernier volume en cours, le tome 4. La joute verbale est à elle seule un grand moment de bande dessinée. C'est brillant, drôle, inventif et surtout totalement cohérent avec cet univers où les mots ont un poids particulier, du Damasio pur jus. Cela faisait longtemps qu'une séquence de dialogue ne m'avait pas autant marqué. Une adaptation réussie et validée par Damasio qui donne envie de poursuivre l'aventure et, dans mon cas, probablement de découvrir le roman ensite pour faire la part entre le roman et cette adaptation. 4/5 et un vrai coup de cœur pour le tome 4, il me tarde donc de lire la suite, l'attente sera longue au vu des écarts de sortie entre les albums...

06/07/2026 (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Postapoland
Postapoland

Un O.V.N.I. J'en ai lu des trucs bizarres, mais cette BD dépasse de loin tout ce que j'ai lu avant... Bartosz Zaskórski est un artiste polonais, un touche à tout qui s'illustre dans l'art visuel et récemment dans le neuvième art. Il travaille à l'université pédagogique de Cracovie, où il dirige le studio audio d'auteur. Chose rare, je n'ai pas acheté cet album en librairie, mais en le commandant directement chez Huber éditions (avec deux autres BD). Je n'ai donc pas pu la feuilletter, un rituel important, je me suis juste basé sur la superbe galerie ci-jointe. Oubliez toutes vos certitudes et laissez-vous porter dans un univers post-apocalyptique déjanté, surréaliste et qui ne repose sur aucunes lois physiques. Postapoland est une BD expérimentale. Une narration chaotique au texte sobre et puissant, on va d'abord suivre deux mutants à la recherche d'une nouvelle tête pour l'un d'eux. Un récit qui se termine sur un « à suivre... ». Ensuite plusieurs histoires courtes sur cet univers de Postapoland. Sous un aspect incohérent, le réchauffement climatique, la malbouffe et la recherche de l'amour seront de la partie. Postapoland est avant tout une remise en cause de notre mode de vie, de sa décadence avec pour fil conducteur ce ver qui observe et qui infecte. Visuellement j'en ai pris plein les mirettes. La majorité de l'album est en noir et blanc aux planches tantôt dépouillées et tantôt surchargées. Bartosz Zaskórski fait preuve d'une grande inventivité, en particulier dans la représentation des mutants, que ce soit ces insectes humanoïdes où ces monstres flasques. Un soin méticuleux est apporté aux détails, la purulence suinte sur chaque page. Deux courts récits sont en couleur, le premier dans un vert-gris et le second dans un vieux rose et noir, le résultat est éblouissant. Une planche typée manga fera son apparition. Une mise en page surprenante. Un voyage graphique. Un album qui se termine par une playlist éclectique. Une BD qui ne fera pas l'unanimité. Les esprits cartésiens, vous pouvez passer votre chemin. Gros coup de cœur graphique.

05/07/2026 (modifier)
Par Vaudou
Note: 5/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Les Mille et Une Nuits
Les Mille et Une Nuits

Un des plus beaux Corben. Cette bande est faite pour toi si tu veux voir Corben dessiner : - un djinn qui prend tout une planche - un dragon sortir de terre - un château dans le ciel - des guerriers squelettes sur des chevaux pegaséens - des volutes de fumée avec la technique magique du maître - une mise en couleurs S Tier Par contre dans ta quête de l'état tu devras persévérer, car le pelliculage de la maudite tranche tu devras défier. Un merveilleux voyage au pays des contes orientaux avec le génie Corben.

04/07/2026 (modifier)
Par Blue boy
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série L'Envol du pélican
L'Envol du pélican

De plus en plus, la parole se libère dans la foulée de mouvements comme #MeToo et c’est tant mieux ! Cela se ressent à travers les témoignages de plus en plus nombreux à traiter de sujets qui ne sont que les différentes faces de cette même pièce qu’est le patriarcat : le viol, la domination, la prédation, le masculinisme, la maltraitance, etc. Les auteurs ont choisi comme narrateur de cette histoire (dont on ne sait vraiment si elle comporte une part autobiographique) un jeune homme, Daniel, vivant à Paris avec son compagnon après avoir grandi au Pérou avec sa mère française. En proie à des tourments intérieurs dont il ne peut expliquer la cause et mettant en danger sa relation de couple, Daniel va être amené à dérouler le fil de son enfance à un psychologue. Bloqué au départ dans une position de déni, celui-ci va progressivement dévoiler des secrets devenus trop lourds à porter, si lourds qu’il les avait refoulés au plus profond de son inconscient. C’est donc la rencontre avec un cousin, pendant les vacances, alors qu’il n’était qu’un enfant de huit ans, qui va précipiter Daniel dans ce « trou noir » qui pèsera telle une enclume sur sa vie future. Ce cousin, c’est Vicente, un jeune homme qui a tout pour lui, le physique et l’intelligence, un garçon très solaire qu’on ne pouvait qu’aimer, si bien que Daniel n’échappera pas à son aura magnétique qui finira par l’aspirer dans un gouffre existentiel. Problème : Vicente est en réalité un prédateur pédophile, au-delà de tous soupçons… Au début, Daniel ne va pas trop comprendre pourquoi ce cousin de plus de dix ans son aîné, se glisse chaque nuit dans ses draps et lui demande secrètement de le tripoter. Au début, il n’ose résister, tant l’admiration qu’il lui voue est énorme, mais cette situation va le plonger dans un malaise intérieur empreint de honte et de culpabilité, renforcé par le chantage affectif de Vicente. Sa mère, quant à elle, s’efforce de maintenir le foyer à flot. Elle doit jongler seule avec l’éducation de son fils, la pension qu’elle gère tant bien que mal et ses amants de passage. Ce n’est pas une mauvaise mère, et elle aime Daniel, mais semble détachée vis-à-vis de la mélancolie qui s’est emparé de lui. Ses résultats scolaires se dégradant, le gamin va finir par sécher l’école et apprendre à mentir… Le salut viendra peut-être de ce pélican, métaphore du récit, qui a atterri dans sa cour, mais ne peut y trouver l’espace suffisant pour déployer ses ailes… Scénarisée par Rudy Ortiz, lui-même Péruvien, et Sophie Révil, réalisatrice et productrice, l’histoire est simple, à la fois fluide et très captivante. Le jeune garçon se révèle très attachant et semble conserver sa pureté dans un monde d’adultes, indifférents ou moralisateurs, ne lui donnant pas sa place ou ne le prenant pas au sérieux. Cette excellente bande dessinée aide à comprendre comment un prédateur parvient à exercer son emprise sur sa proie. Ainsi, on réalise que la prédation va de pair avec le calcul et la manipulation, que la violence est bien davantage psychologique que physique. Le récit se dispense parfaitement de paroles, inutiles ici. Délicatesse du dessin et cadrage approprié se suffisent à eux-mêmes, permettant de retranscrire la confusion qui imprègne lentement mais sûrement l’esprit de Daniel, et aussi sa grande solitude. A l’image du récit, le dessin de la Chilienne Antonia Bañados reste simple et minimaliste, d’une tournure naïve qui cadre parfaitement avec le point de vue narratif. Mais surtout ce qui marque et séduit l’œil, et c’est sans doute délicat à dire étant donné la gravité du sujet abordé, c’est le choix des couleurs. Chaque séquence est centré sur une couleur dominante, parfois deux, les tonalités chaudes étant réservées à l’enfance péruvienne de Daniel, tandis que le mauve un peu froid correspond à la vie parisienne de l’adulte qu’il est devenu. Ce parti pris contribue, c’est certain, à adoucir le contexte tourmenté du jeune garçon, même si globalement, ses souvenirs semblent plutôt illuminés par le soleil et le climat de ces latitudes. Preuve s’il en fallait une, le paradis dissimule toujours une part d’enfer… Pour toutes ces raisons, « L’Envol du pélican » est une lecture chaudement recommandée par votre serviteur, abordant un sujet extrêmement sensible évoqué avec délicatesse et sans faux semblants par ses auteurs. La pédo-criminalité est vraisemblablement plus facile à décrire quand elle s’accompagne de sévices infligés par des pervers frustrés (cf. l'affaire Bétharram), peut-être un peu moins quand elle se joue dans un cadre avenant et sous l’intimité des draps… Pourtant, dans les deux cas, elle demeure un traumatisme pour ses victimes.

01/07/2026 (modifier)
Par Miguelof
Note: 5/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Achille Talon
Achille Talon

Achille Talon est un garçon quelques mois plus jeune que moi. Même sans encore savoir lire, je trouvais le personnage drôle. Ensuite, petit à petit, j'ai essayé de lire, en évitant les bulles les plus bavardes, des phylactères enormes parfois, dont certaines font plus de dix lignes! Finalement, j'ai découvert que la logorrhée et la prolixité de ce anti-héros sont ce qu’il y a de plus amusant. Parfois, j’ai ressenti le besoin d’un diccionnaire, mais je pense que j’ai appris pas mal de mots difficiles en français. Le talent de Greg en tant qu'écrivain a progressé parallèlement au dessin : moins rond, plus dynamique, plus de détails, surtout pour les figurants et les décors. Les personnages secondaires sont parfois devenus principaux : papa Talon, moustachu, avec ses bières, la maman bichonnante, le voisin Lefuneste, le commerçant malin et avide Vincent Poursan, l’éternelle petite amie Virgule de Guillemets et aussi le colérique et minuscule patron du journal Polite (caricature de Goscinny qui était exactement le contraire dans la vie réelle). Je continue à préférer les gags d’une ou deux pages plutôt que les longues histoires. Et à côté des blagues grivoises, il y en a aussi parfois qui sont presque muettes. Je me souviens de mémoire d'un de mes gags préférés : après quelques manœuvres absurdes, Talon fracasse son vieux tacot contre une voiture garée. Devant le regard inquisiteur et sévère des passants, il sort et écrit un mot qu'il place sur le pare-brise de la victime. Approbation générale du public... mais à la fin, on voit ce qu'il a écrit ! Et voilà, mon deux-centième avis... Hop !

01/07/2026 (modifier)