Shangri-La

Note: 3.67/5
(3.67/5 pour 12 avis)

Ce qu'il reste de l'humanité vit à bord d'une station spatiale dirigée par une multinationale à laquelle est voué un véritable culte


Ankama

Ce qu'il reste de l'humanité vit à bord d'une station spatiale dirigée par une multinationale à laquelle est voué un véritable culte Les hommes mettent en place un programme pour coloniser Shangri-la, la région la plus hospitalière de Titan, afin de réécrire la genèse à leur manière. Mais cette opération ne fait l'unanimité parmi les habitants de la station spatiale

Scénariste
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 02 Septembre 2016
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Shangri-La
Les notes (12)
Cliquez pour lire les avis

14/09/2016 | herve
Modifier


Par Jérem
Note: 4/5

Dans le futur, les hommes, ayant rendu la Terre invivable, s’entassent dans une gigantesque station spatiale. Cette mini-société est entièrement dirigée par une entreprise qui fournit à ses employés travail, loisir et information. Elle a remplacé la religion par le culte exacerbé de la consommation de masse afin de contrôler les foules tout en promettant un avenir aux hommes en terra formant un satellite de Saturne. L’univers de Shangri-La est extrêmement riche tant il regorge de thématiques propres à la SF (voyage dans le temps, manipulations génétiques, colonisation spatiale) et de sujets contemporains (toute puissance de la société de consommation, stigmatisation des minorités, écologie, terrorisme). Ça fonctionne plutôt bien, d’autant que le scénario est dense et accrocheur en dépit de quelques longueurs. Il faut dire que l’auteur a choisi de développer sans contrainte son univers dystopique dans cet album plus que volumineux (220 pages). Graphiquement, c’est assez impressionnant… bien qu’inégal. Les environnements sont magnifiques et Mathieu Bablet fait preuve, comme pour son scénario, de beaucoup de créativité. Par contre, les personnages sont plutôt moches, peu reconnaissables et à l’expression figée et un peu grimaçante. Les scènes d’action sont elles aussi moins réussies mais ces défauts n’entachent pas la puissance du récit et du visuel général. Shangri-La est incontestablement une réussite dans l’univers de la science-fiction. Original, dense et passionnant, cet album est assurément à découvrir rapidement.

12/07/2018 (modifier)
L'avatar du posteur eric2vzoul

Shangri-La est un récit d'anticipation fort bien troussé. À force de tirer sur la corde, l'humanité a réussi à rendre sa planète inhabitable. Les survivants vivent dans une énorme station orbitale, sous la coupe d'une multinationale. Tous sont heureux, puisqu'ils consomment comme des forcenés, et libres puisqu'ils sont libres de désirer ce qu'ils consomment… À part ça leur cadre de vie est étriqué, sale, un peu délabré, déprimant… L'humanité, ou ce qu'il en reste, est peu reluisante : moutonnière, égoïste, mesquine, raciste, on se demande pourquoi elle s'échine à survivre. L'histoire tourne autour de la remise en cause de cet univers par un spationaute zélé, ses amis tentés par la “résistance” et quelques “animoïdes”. Même si on peut reprocher à Mathieu Bablet d'avoir puisé son inspiration dans les classiques de la Science-Fiction, sa narration est plutôt habile. Malgré quelques longueurs et des passages confus (les scènes d'action en particulier), le récit se lit d'une traite et retombe bien sur ses pattes. L'appréciation que je porte sur le dessin est plus mitigée. D'une part, Bablet est vraiment doué pour les décors. Ses paysages spatiaux sont magnifiques et vertigineux, dignes du film Gravity. Les planètes extraterrestres sont remarquablement dépeintes. Et les intérieurs de la station, tour à tour confinés et immenses, présentés sous tous les angles, sont très crédibles. J'ajoute que la mise en couleur sublime ces différents espaces narratifs. Mais là où ça coince, c'est pour les personnages, tout raides, anguleux, avec des visages tous ressemblants, taillés à la serpe. On peut clamer que c'est un style, personnellement, je trouve cela très laid, et ça a gâché une partie de ma lecture. Je crois que Bablet devra travailler ce dernier point s'il veut devenir un auteur grand public un jour (et compte-tenu des autres qualités de l'album, il en a le potentiel).

19/04/2017 (modifier)
L'avatar du posteur Mac Arthur

Le début du récit est extrêmement prenant, avec ce flash-forward intrigant. Et si l’on comprend rapidement comment tout cela va se terminer et qu’il sera question de voyage dans le temps et l’espace,… la vérité est qu’on ne sait encore rien. La découverte du monde clos dans lequel va se dérouler la majeure partie de ce récit nous plonge dans ce que j’appelle de la science-fiction prophétique. Comprenez par là que l’auteur crée un futur et se plait à l’approfondir sur base de notre situation actuelle. L’omniprésence de la publicité, la manipulation des masses, le racisme, le terrorisme, la radicalisation, l’écologie, tous ces sujets sont le terreau même du récit. Cet écho à notre propre quotidien transforme ce récit en parabole, ce qui ne fait que nous le rendre encore plus prenant. Mais après la découverte de cet univers, je dois bien avouer que je n’ai plus ressenti le même engouement pour la partie plus centrée sur l’action. Non que ce soit mal fait ou inintéressant mais je me sentais moins concerné, plus spectateur du récit. Ceci dit, l’intrigue est prenante et le fait d’avoir placé ce flash-forward en début d’album avait tellement intensément titillé mon cortex qu’il m’aurait été impossible d’abandonner la lecture en cours de route. En plus il y a le dessin ! Exceptionnel, ce dessin ! Avec des angles de vue qui donnent le tournis, des créations graphiques originales et cohérentes, un trait fin et incisif, de la vivacité et une méticulosité qui frise l’obsession. Vraiment du très grand art qui vient renforcer l’aspect technique et froid du récit. Le final, enfin, est conforme aux attentes. Et si, au début de ma lecture je me croyais parti pour accorder un 5/5 à l’album, la dernière page tournée, je demeure avec un sentiment plus que positif. Ce récit est vraiment à lire, que vous aimiez ou non la science-fiction.

22/03/2017 (modifier)
L'avatar du posteur Noirdésir

C’est un album imposant, par le format relativement grand et la pagination (plus de 220 pages) que le label 619 des éditions Ankama (auquel Bablet fait un petit clin d’œil page 37…) nous sort ici. Un album qui possède qualités et défauts. Qualités et défauts se retrouvent d'ailleurs à la fois dans le scénario et la partie graphique. En effet, on découvre de superbes planches, que ce soit des plans larges dans l’espace, certaines scènes sur des planètes ou les décors minutieux de la station spatiale, c’est souvent très chouette. La colorisation est elle aussi intéressante. Par contre, le dessin des personnages m’a un peu gêné. Outre qu’il est parfois difficile de les différencier, je n’ai pas vraiment aimé les visages. Pour ce qui est de l’histoire, elle est relativement bien fichue, influencée par « 1984 », « 2001 l’Odysée de l’espace » ou par l’univers de Philip K. Dick. On y retrouve aussi une critique de la société de consommation, et plus particulièrement de l’endoctrinement par la publicité (critique aussi de la démocratie et de sa « fabrication du consentement », pour citer Chomsky) par l’emprise tentaculaire des firmes transnationales. Les techniques de marketing des géants de l’immatériel (Google en tête), voire celles de firmes comme Apple (les campagnes de lancement des téléphones Tianzhu singent les arguments de « nouveauté permanente » des I-phones) sont ici clairement attaquées. Indirectement, mais aussi plus directement par la révolte de rebelles dans la dernière partie. Intrigue intéressante donc, avec quelques faiblesses selon moi. D’abord, le côté un peu facile et déjà vu de la critique sociale de Bablet – même si cela ne tombe pas dans le prêchi-prêcha. Ensuite, j’ai trouvé certains passages confus. En particulier dans le dernier tiers. Un album qui mérite néanmoins le détour. Note réelle 3,5/5.

22/02/2017 (modifier)
Par sloane
Note: 3/5
L'avatar du posteur sloane

Je suis furieusement embêté avec cette BD. En effet il y a un ou deux trucs qui coincent et par dessus lesquels je ne peux passer. J'avais découvert M. Bablet à l'occasion de son Adrastée, déjà je n'avais pas été emballé outre mesure. Le dessin d'abord, ce trait hachuré est vraiment très loin de mon genre de prédilection et puis le scénario que j'avais trouvé ampoulé, l'histoire se traînait bref pas mon truc. Sur les conseils de l'excellent PAco qu'il m'arrive de fréquenter j'avais fait l'acquisition de cette histoire. Bien mal m'en a pris, j'ai essayé à de nombreuses reprises, mais non ça passe pas, ça coince très fort. Cette SF là n'est pas celle que je préfère, alors certes elle offre des pistes de réflexion qui ne sont pas inintéressantes mais parfois j'ai trouvé que le propos était trop appuyé pour que le message passe. Sans doute dommage, surtout pour mon portefeuilles, maintenant que je possède cet album dont je ne conseille pas l'achat il est fort possible qu'un jour j'y revienne, du coup si ma note, vraiment limite actuellement, doit évoluer je m'empresserais de vous le faire savoir.

19/02/2017 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
L'avatar du posteur Erik

Je me demande ce qui s'est passé avec cet auteur. Je l'ai découvert avec La Belle Mort que je n'avais pas trop apprécié mais dont j'avais pourtant repéré certaines influences qui me parlaient. Puis, il y a eu Adrastée qui était également assez intéressant par cet univers visuel mais qui souffrait d'un scénario un peu vide. Mais là, c'est tout bonnement extraordinaire. Que d'évolution en si peu de temps. Est-ce que c'est bien le même auteur ? Il semblerait et nous avons là l'un des meilleurs titres de science-fiction de ces dernières années. Bref, il a réussi une belle prouesse. Je n'ai rien à redire de ce scénario très élaboré avec un beau message véhiculé. L'univers décrit est tout bonnement magnifique. Les questions qui sont posées ainsi que les thématiques sur l'avenir de l'humanité sont passionnantes et traitées de manière fort intelligente. On apprend des concepts assez subtils sur la nécessité du pouvoir et la soumission du peuple via une société de consommation. Par contre, c'est un peu le graphisme qui pêche mais cela demeure très acceptable. Je n'aime pas réellement les traits géométriques de ces visages humains mais bon, ce n'est qu'une question de goût. Les décors sont quant à eux parfaitement réussis avec par exemple de beaux vaisseaux spatiaux. Des couleurs également splendides. Un album hors-normes de 220 planches que j'ai grandement apprécié. C'est digne du film 2001, l'odyssée de l'espace. C'est une bd qui aurait grandement mérité d'être dans le prix des lecteurs 2016 mais bon.

17/02/2017 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
L'avatar du posteur Gaston

Les avis positifs m'ont attiré sur cette bande dessinée que je n'aurais peut-être jamais lue sans ce site. Et ben je suis un peu déçu. L'histoire se laisse lire sans problème, mais j'ai eu de la difficulté à la trouver passionnante et intéressante. Il faut dire que la science-fiction n'est pas mon genre préféré et qu'en plus le scénario manque d'originalité à mes yeux (il y a combien d'histoires qui se passent dans un futur où une multinationale contrôle tout ?). Il y a des qualités qui ont fait en sorte que je lise cet album sans trop m'ennuyer : la narration est fluide, le rythme est bon et les décors sont bien dessinés. C'est juste que rien ne m'a marqué ou m'a donné l'envie de relire l'album un jour. Mais bon si vous aimez la science-fiction, cet album est surement pour vous.

16/01/2017 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur PAco

Ahhh ba voilà ! Ça fait plaisir de tomber sur un aussi bon album de SF pour finir l'année en beauté ! J'avais découvert Mathieu Bablet par le biais de la série "Doggy bags" également éditée chez Ankama, et j'avais déjà fort apprécié son travail ainsi que son coup de crayon si particulier. Certains lui reprocherons ses personnages un peu taillés à coup de serpe, mais moi j'aime bien ce côté singulier qui donne de la personnalité à son dessin. Surtout qu'ici, ses personnages évoluent dans des décors magnifiques qui donnent toute l'ampleur nécessaire à son récit. Car oui, Mathieu Bablet nous sort ici le grand jeu pour un récit de science fiction qui ne ferait pas rougir les plus grands du genre. Et malgré quelques menus défauts qu'on pourra qualifier de jeunesse, cet album est une vrai réussite ! Oui, certains aspects de son scénarios peuvent sembler un peu trop appuyés par moment (je pense ici au côté société de (sur)consommation surtout), mais le reste est tellement bien construit qu'on oublie rapidement ces quelques aspérités. J'ai pour ma part dévoré cet album et avalé ces 220 pages d'une traite ! Avec maintenant une seule envie, replonger dedans pour en apprécier les subtilités. Un album qui m'a par ailleurs rappeler un roman de Alain Damasio, "La zone du dehors", pour sa très bonne réflexion sur la révolte, la rébellion et jusqu'où l'engagement contestataire peut conduire, avec les manipulations politiques et les récupérations possibles. Shangri-La constitue pour tout cela un des meilleur album SF qu'il m'est été donné de lire cette année. Un album à lire pour tout amateur du genre qui se respecte !

14/12/2016 (modifier)
Par Cidthéo
Note: 3/5

Des décors époustouflants et un objet de grande qualité, voilà ce que je garderai de cet album. La dénonciation de la société de consommation est trop martelée, trop visible : Mathieu Bablet aurait gagné à la "jouer plus subtile". Malgré quelques facilités scénaristiques, l'histoire est bonne. Les questions morales et éthiques, parfois aussi trop ouvertement soulevées, ont le mérite d'alimenter une réflexion personnelle. Je dois encore relire la fin car j'ai l'impression d'avoir raté quelque chose ... Est-ce ma faute ou celle du scénario, affaire à suivre ! Quant aux dessins, il y a 2 Bablet, celui des décors (pleine page,aux couleurs saturées, très détaillés, en un mot : maîtrisés) et celui des visages (des "gueules cassées", des traits trop androgynes, des expressions ratées). Une harmonie est à rechercher dans les futurs opus (ou un travail à quatre mains ?). Pour illustrer cette non-maîtrise du réalisme visagier, je trouve que les dialogues sont parfois difficiles à suivre : l'auteur semble le savoir, lui qui propose parfois d'ajouter à certaines cases le dessin du visage du locuteur. Même si cela apparaît uniquement lorsque les personnages sont cachés ou de dos (et si, de prime abord, j'ai trouvé ça astucieux, même si déjà vu), je pense (en général) que le sens du texte doit aider à savoir qui parle sans avoir besoin de "béquilles". Mention "clin d'oeil, j'adore" aux 2ème et 3ème de couv', que l'on ignore trop souvent ! En résumé, malgré quelques défauts artistiques (les visages humains) et scénaristiques (des grosses ficelles déjà utilisées), l'ouvrage est de qualité et j'ai pris du plaisir à la lecture. A moins de 20€, c'est un "must-have". Je le relirai sans aucun doute !

29/10/2016 (modifier)
Par yaglourt
Note: 2/5

Pas grand chose d'original à se mettre sous la dent, la critique du consumérisme est naïve et déjà-vue et revue, il y a trop d'invraisemblances scientifiques pour en faire de la SF crédible, les personnages sont plutôt fades et incohérents. Sinon j'ai bien aimé le dessin mais les personnages (hommes et femmes) se ressemblent tous...

28/10/2016 (modifier)