Comment est-il possible qu'il y ait si peu d'avis sur ce comics ?
Il s'agit, je suppose, d'une histoire en partie autobiographique sur l'enfance de Jeff Lemire à la ferme, les drames familiaux et le hockey. J'ai eu un peu de mal à faire le lien entre les personnages, mais je me suis levé de mon canapé, j'ai pris une feuille, gribouillé un arbre généalogique et posé quelques questions sur mes interprétations à ChatGPT (très doué pour ce genre d'interrogations).
Cet effort m'a permis de prendre conscience de toute la profondeur de l'œuvre. Les thèmes du sport, de la mémoire, de la famille, de l'amour, de l'amitié et de l'enfance se mêlent à merveille. Le rythme du récit, ses respirations, ainsi que le dessin de Jeff, qui traduit parfaitement l'évanescence des souvenirs, contribuent à rendre l'ensemble particulièrement touchant.
Bref, j'avais déjà adoré Sweet Tooth, mais là, je prends une véritable claque. On sent beaucoup de souffrance, mais une souffrance adoucie par les liens qui unissent les personnages.
J'ai également eu l'impression de retrouver une facette contemplative et profondément bienveillante qui m'a rappelé les œuvres de Jiro Taniguchi. Bien sûr, le dessin est très différent, mais cette manière de parler de la mémoire, de la famille et du temps qui passe m'a beaucoup fait penser à Quartier lointain. Une merveille.
Je n'irai pas jusqu'à mettre 5/5, tant je reste un simple amateur et sans doute pas assez objectif, mais je suis à peu près certain que ce 4/5 est largement mérité.
Sous réserve que je n'ai lu qu'un tome de cette série, je pourrais m'arrêter à cette formule lapidaire : j'adore ! Mais développons. L'idée de base est aussi bonne que celle de Sandeman, sauf que d'après ce que j'ai vu à la Bibliothèque, rien n'est mal dessiné comme dans Sandman. Les dessins donc ? Clairs, dynamiques, des images supportant la relecture.
Disons-en autant des dialogues ! Donc les personnages de Fables se réfugient à New York, et les cartes sont redistribuées : les plus sympathiques ne sont pas forcément ceux qu'on croit. Eux, les personnages qui font rêver, s'adaptent dans notre réalité, et vivent dans la nostalgie de leur pays perdu. Plus raisonnables que nous, ils se sont tous réconciliés pour repartir de zéro, sauf qu'il y a une différentiation sociale, mais pas celle qu'on attend. Tout est logique, mais pas téléphoné et on trouve des pépites d'humour avec une prime pour le cochon. Cerise sur le gâteau, la conclusion de l'enquête et la décision de l'autorité ne manquent pas de talent.
Avec un narrateur à la première personne, la vie d'un immigrant européen à New York, né au début du XXe siècle, est racontée. À travers de petits éclats de sa mémoire qui se traduisent graphiquement par des doubles pages aux traits imprécis pour les détails, mais représentatifs de ce qui s'est passé, une vie s'expose.
Le dessin: un noir et blanc fait de coups de pinceau épais et expressifs, dans lequel s'insèrent les textes, dans une prose poétique. Nous sommes invités à partager ses souvenirs et réflexions sur un siècle qu'il a quitté, que ce soit ses différents travaux manuels ou les clubs de jazz nocturnes. Django Reinhardt, entre autres, y est présent! C'est très beau et puissant. J'aime particulièrement les scènes de jazz et les images maritimes. On peut presque entendre la musique et sentir les odeurs.
L'écriture poétique contribue beaucoup à ce que le lecteur s'immerge dans ce qui est narré, tandis que l'esprit vagabonde à travers les images représentées.
Et à la fin, on comprend la référence à Caz Roman, titre d'un album turc de jazz tzigane interprété par Mustafa Kandirali.
L'œuvre a été récompensée par le Trophée des Éditeurs Indépendants au Festival du Livre de Grenoble.
Il l'a fait.
Plus de 10 ans après Soil, Kaneko a réussi à produire une oeuvre aussi dense et cohérente.
Une lecture qui vous fait enchaîner une dizaine de tomes avant de pouvoir s'arrêter, enfin repus.
Ce n'est pas que les mini séries comme Deathco ou Wet Moon avaient démérité, loin de là.
A l'instar de son oeuvre séminale, Bambi Remodeled (Bambi), ce sont des réalisations marquantes qui brillent intensément dans la galaxie du manga. Mais ces mini séries de quelques tomes étaient des étoiles filantes qui nous laissaient trop vite orphelins du talent du maître.
Et puis arrive Evol, publié en France entre 2023 et 2026, dans les pas de la parution au Japon, qui nous montre un Kaneko en grande forme avec une inspiration restée intacte.
La recette ne change pas fondamentalement et repose sur plusieurs piliers :
Une narration sous tension, des anomalies du quotidien, un fantastique lynchien qui nous montre des personnages vivrent une expérience cathartique, pour ensuite se transformer en électrons libres enfin aptes à briser un système complètement fermé. Éloge de la révolte.
L'utilisation des super héros à la sauce Kaneko n'est pas inédite. Après tout son premier personnage, Bambi, était quasi invincible.
Comme pour un film de Lynch, on spéculera pendant des heures sur la fin et ses mystères.
Côté dessin, on retrouve ce sens de l'esthétique aigu, avec des aplats de noir profond et un refus des trames de gris classiques.
Le découpage est à couper le souffle. Une prouesse artistique pour les autres, la normalité pour Kaneko.
Un grand manga.
Deuxième album d'Emily Carroll que je lis et deuxième album de suite que je trouve excellent ! Ça me donne bien envie de mieux connaitre le reste de son œuvre.
L'histoire met en vedette une femme timide qui s'est mariée à un homme qui a déjà une fille et dont la femme est morte. Son mari semble cacher des choses et elle se met à vivre des expériences paranormales. Le récit est simple, mais terriblement efficace. En plus, lorsqu'on pense avoir tout deviné, les choses n'apparaissent pas comme elles le sont, mais je ne vais pas en dire plus parce que c'est vraiment le genre de récit de fiction qu'il faut lire avec le moins d'informations possible. En tout cas, je ne savais pas trop ce que j'allais lire et j'ai vite trouvé le scénario prenant. On brasse plusieurs thèmes et il y a différentes interprétations qu'on peut faire du récit.
Le dessin est très bon. La mise en scène est bien maitrisée et le mélange de scènes en noir et blanc et de scènes en couleurs fonctionne bien. Un comics très intelligent que je conseille à tous.
Super bd avec un très bel univers et une intrigue prenante mais qui se dévoile lentement.
Je l'ai lue avant de dormir, je n'ai pas pu la lâcher, elle était vraiment prenante. L'univers m'a intrigué et m'a vraiment détendu. Une très belle réussite, à voir pour la suite.
Très très beau livre.
Une histoire qui entraîne d'abord par son mystère et son aspect graphique proprement fascinant, avant de nous attraper par les émotions et les sentiments qu'elle engendre. Pour un premier album, celui-ci est maitrisé. Que ce soit au niveau du dessin, de la mise en scène ou de l'histoire, j'ai vraiment été emportée et ait suivi les personnages avec plaisir.
Je recommanderai aux curieux et curieuses de tenter l'expérience, d'essayer de se laisser aller et de se laisser prendre à cette "fête", le jeu en vaut vraiment la chandelle.
Je suis curieuse de voir ce que nous proposera cet auteur par la suite, en espérant qu'il continue.
J’aime beaucoup les one-shots et diptyques de Cosey, à commencer par le superbe « Le Voyage en Italie », mais je n’avais jamais lu sa série fleuve « Jonathan ». C’est chose faite, et je ressors ravi de ma lecture.
Mon intérêt a fluctué : les deux premiers tomes ont beaucoup vieilli (la moto dans la neige himalayenne, m’enfin), et certains albums m’ont paru trop contemplatifs et informatifs - presque des livres d’histoire sur le Nepal… mais il y a aussi de nombreuses pépites. Je cite en vrac « L'espace bleu entre les nuages » et son colonel improbable, l’émouvant « Neal et Silverster », et dans les album récents, mention spéciale au tome 15 « Atsuko » et sa représentation magnifique des montagnes japonaises enneigées. Le fil conducteur tout au long des 17 tomes est Jonathan : son humilité, son humanisme, ses réflexions philosophiques, ses valeurs… mais aussi les amis dont il s’entoure, et leurs combats.
Le dessin de Cosey balbutie dans les premiers tomes, mais une fois le rythme de croisière atteint, c’est un délice pour les yeux.
La fin est très belle, et triste, car il faut dire aurevoir à Jonathan… comme le dit bamiléké dans son avis, on a vraiment l’impression de perdre un ami. Une série marquante.
C'est pour moi la meilleure adaptation du roman historique de R. L. Stevenson. Le texte et les dessins de Ramón s'accordent parfaitement ; la couleur directe m'avait ébloui à l'époque ! Destinée à la jeunesse, je continue pourtant à admirer et à estimer cette œuvre. Ramón De La Fuente était au sommet de son art, que pourrait-il produire de plus beau et parfait en images ? Malheureusement, nous ne le saurons jamais...
Détail curieux : en France, les couvertures de cette collection ont été dessinées par son frère Victor.
Autre détail : les mots dans les phylactères de cette édition française sont vraiment mal dessinés et c'est dommage !
Félicitations Dave, vous venez de trouver le second monolithe de la bande dessinée bis. Il vous en reste 7 à trouver...
Aucun avis sur ce chef d'oeuvre vraiment ? Je vais devoir réparer ce sacrilège alors. Car si je lis des bandes dessinées, c'est pour découvrir des œuvres comme Eternus 9.
Victor Mesquita, auteur portugais à la reconnaissance proche du néant, décide de sortir ce petit bijou totalement méconnu en l'an de grâce 1983.
L'humanité est condamnée à court terme à cause de la surpopulation.
Les scientifiques décident d'envoyer dans l'espace un couple avec une mission pour le moins originale : procréer un enfant qui sera capable de vivre dans le cosmos, libéré des contraintes physiques et temporels.
Le récit est donc une odyssée spatiale et métaphysique, avec une narration qui se veut poétique, sans être trop compliquée. Pas besoin de relire trois fois une page. Bon, deux fois peut être...
L'esthétique, très vintage, est au diapason de l'histoire : architectures monumentales en pleine page à la Philippe Druillet, paysages psychédéliques saturés de couleurs explosives, effets d'optique, vaisseaux spatiaux de toute beauté... Chaque planche est un tableau d'une richesse graphique inouïe.
Le tour de force : Eternus 9 n'est pas du tout un trip visuel hasardeux. Le but de Mesquita est clairement de jouer avec l'inconscient de son lecteur, de le mettre au centre d'une expérience hypnotique. Il suffit d'accepter le voyage...
Une masterclass, à ranger fièrement à côté de Delirius.
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Comment est-il possible qu'il y ait si peu d'avis sur ce comics ? Il s'agit, je suppose, d'une histoire en partie autobiographique sur l'enfance de Jeff Lemire à la ferme, les drames familiaux et le hockey. J'ai eu un peu de mal à faire le lien entre les personnages, mais je me suis levé de mon canapé, j'ai pris une feuille, gribouillé un arbre généalogique et posé quelques questions sur mes interprétations à ChatGPT (très doué pour ce genre d'interrogations). Cet effort m'a permis de prendre conscience de toute la profondeur de l'œuvre. Les thèmes du sport, de la mémoire, de la famille, de l'amour, de l'amitié et de l'enfance se mêlent à merveille. Le rythme du récit, ses respirations, ainsi que le dessin de Jeff, qui traduit parfaitement l'évanescence des souvenirs, contribuent à rendre l'ensemble particulièrement touchant. Bref, j'avais déjà adoré Sweet Tooth, mais là, je prends une véritable claque. On sent beaucoup de souffrance, mais une souffrance adoucie par les liens qui unissent les personnages. J'ai également eu l'impression de retrouver une facette contemplative et profondément bienveillante qui m'a rappelé les œuvres de Jiro Taniguchi. Bien sûr, le dessin est très différent, mais cette manière de parler de la mémoire, de la famille et du temps qui passe m'a beaucoup fait penser à Quartier lointain. Une merveille. Je n'irai pas jusqu'à mettre 5/5, tant je reste un simple amateur et sans doute pas assez objectif, mais je suis à peu près certain que ce 4/5 est largement mérité.
Fables
Sous réserve que je n'ai lu qu'un tome de cette série, je pourrais m'arrêter à cette formule lapidaire : j'adore ! Mais développons. L'idée de base est aussi bonne que celle de Sandeman, sauf que d'après ce que j'ai vu à la Bibliothèque, rien n'est mal dessiné comme dans Sandman. Les dessins donc ? Clairs, dynamiques, des images supportant la relecture. Disons-en autant des dialogues ! Donc les personnages de Fables se réfugient à New York, et les cartes sont redistribuées : les plus sympathiques ne sont pas forcément ceux qu'on croit. Eux, les personnages qui font rêver, s'adaptent dans notre réalité, et vivent dans la nostalgie de leur pays perdu. Plus raisonnables que nous, ils se sont tous réconciliés pour repartir de zéro, sauf qu'il y a une différentiation sociale, mais pas celle qu'on attend. Tout est logique, mais pas téléphoné et on trouve des pépites d'humour avec une prime pour le cochon. Cerise sur le gâteau, la conclusion de l'enquête et la décision de l'autorité ne manquent pas de talent.
Caz Roman - Un américain paysage
Avec un narrateur à la première personne, la vie d'un immigrant européen à New York, né au début du XXe siècle, est racontée. À travers de petits éclats de sa mémoire qui se traduisent graphiquement par des doubles pages aux traits imprécis pour les détails, mais représentatifs de ce qui s'est passé, une vie s'expose. Le dessin: un noir et blanc fait de coups de pinceau épais et expressifs, dans lequel s'insèrent les textes, dans une prose poétique. Nous sommes invités à partager ses souvenirs et réflexions sur un siècle qu'il a quitté, que ce soit ses différents travaux manuels ou les clubs de jazz nocturnes. Django Reinhardt, entre autres, y est présent! C'est très beau et puissant. J'aime particulièrement les scènes de jazz et les images maritimes. On peut presque entendre la musique et sentir les odeurs. L'écriture poétique contribue beaucoup à ce que le lecteur s'immerge dans ce qui est narré, tandis que l'esprit vagabonde à travers les images représentées. Et à la fin, on comprend la référence à Caz Roman, titre d'un album turc de jazz tzigane interprété par Mustafa Kandirali. L'œuvre a été récompensée par le Trophée des Éditeurs Indépendants au Festival du Livre de Grenoble.
Evol
Il l'a fait. Plus de 10 ans après Soil, Kaneko a réussi à produire une oeuvre aussi dense et cohérente. Une lecture qui vous fait enchaîner une dizaine de tomes avant de pouvoir s'arrêter, enfin repus. Ce n'est pas que les mini séries comme Deathco ou Wet Moon avaient démérité, loin de là. A l'instar de son oeuvre séminale, Bambi Remodeled (Bambi), ce sont des réalisations marquantes qui brillent intensément dans la galaxie du manga. Mais ces mini séries de quelques tomes étaient des étoiles filantes qui nous laissaient trop vite orphelins du talent du maître. Et puis arrive Evol, publié en France entre 2023 et 2026, dans les pas de la parution au Japon, qui nous montre un Kaneko en grande forme avec une inspiration restée intacte. La recette ne change pas fondamentalement et repose sur plusieurs piliers : Une narration sous tension, des anomalies du quotidien, un fantastique lynchien qui nous montre des personnages vivrent une expérience cathartique, pour ensuite se transformer en électrons libres enfin aptes à briser un système complètement fermé. Éloge de la révolte. L'utilisation des super héros à la sauce Kaneko n'est pas inédite. Après tout son premier personnage, Bambi, était quasi invincible. Comme pour un film de Lynch, on spéculera pendant des heures sur la fin et ses mystères. Côté dessin, on retrouve ce sens de l'esthétique aigu, avec des aplats de noir profond et un refus des trames de gris classiques. Le découpage est à couper le souffle. Une prouesse artistique pour les autres, la normalité pour Kaneko. Un grand manga.
Une invitée dans la demeure
Deuxième album d'Emily Carroll que je lis et deuxième album de suite que je trouve excellent ! Ça me donne bien envie de mieux connaitre le reste de son œuvre. L'histoire met en vedette une femme timide qui s'est mariée à un homme qui a déjà une fille et dont la femme est morte. Son mari semble cacher des choses et elle se met à vivre des expériences paranormales. Le récit est simple, mais terriblement efficace. En plus, lorsqu'on pense avoir tout deviné, les choses n'apparaissent pas comme elles le sont, mais je ne vais pas en dire plus parce que c'est vraiment le genre de récit de fiction qu'il faut lire avec le moins d'informations possible. En tout cas, je ne savais pas trop ce que j'allais lire et j'ai vite trouvé le scénario prenant. On brasse plusieurs thèmes et il y a différentes interprétations qu'on peut faire du récit. Le dessin est très bon. La mise en scène est bien maitrisée et le mélange de scènes en noir et blanc et de scènes en couleurs fonctionne bien. Un comics très intelligent que je conseille à tous.
Terre ou Lune
Super bd avec un très bel univers et une intrigue prenante mais qui se dévoile lentement. Je l'ai lue avant de dormir, je n'ai pas pu la lâcher, elle était vraiment prenante. L'univers m'a intrigué et m'a vraiment détendu. Une très belle réussite, à voir pour la suite.
Une fête sans fin
Très très beau livre. Une histoire qui entraîne d'abord par son mystère et son aspect graphique proprement fascinant, avant de nous attraper par les émotions et les sentiments qu'elle engendre. Pour un premier album, celui-ci est maitrisé. Que ce soit au niveau du dessin, de la mise en scène ou de l'histoire, j'ai vraiment été emportée et ait suivi les personnages avec plaisir. Je recommanderai aux curieux et curieuses de tenter l'expérience, d'essayer de se laisser aller et de se laisser prendre à cette "fête", le jeu en vaut vraiment la chandelle. Je suis curieuse de voir ce que nous proposera cet auteur par la suite, en espérant qu'il continue.
Jonathan
J’aime beaucoup les one-shots et diptyques de Cosey, à commencer par le superbe « Le Voyage en Italie », mais je n’avais jamais lu sa série fleuve « Jonathan ». C’est chose faite, et je ressors ravi de ma lecture. Mon intérêt a fluctué : les deux premiers tomes ont beaucoup vieilli (la moto dans la neige himalayenne, m’enfin), et certains albums m’ont paru trop contemplatifs et informatifs - presque des livres d’histoire sur le Nepal… mais il y a aussi de nombreuses pépites. Je cite en vrac « L'espace bleu entre les nuages » et son colonel improbable, l’émouvant « Neal et Silverster », et dans les album récents, mention spéciale au tome 15 « Atsuko » et sa représentation magnifique des montagnes japonaises enneigées. Le fil conducteur tout au long des 17 tomes est Jonathan : son humilité, son humanisme, ses réflexions philosophiques, ses valeurs… mais aussi les amis dont il s’entoure, et leurs combats. Le dessin de Cosey balbutie dans les premiers tomes, mais une fois le rythme de croisière atteint, c’est un délice pour les yeux. La fin est très belle, et triste, car il faut dire aurevoir à Jonathan… comme le dit bamiléké dans son avis, on a vraiment l’impression de perdre un ami. Une série marquante.
La Flèche Noire
C'est pour moi la meilleure adaptation du roman historique de R. L. Stevenson. Le texte et les dessins de Ramón s'accordent parfaitement ; la couleur directe m'avait ébloui à l'époque ! Destinée à la jeunesse, je continue pourtant à admirer et à estimer cette œuvre. Ramón De La Fuente était au sommet de son art, que pourrait-il produire de plus beau et parfait en images ? Malheureusement, nous ne le saurons jamais... Détail curieux : en France, les couvertures de cette collection ont été dessinées par son frère Victor. Autre détail : les mots dans les phylactères de cette édition française sont vraiment mal dessinés et c'est dommage !
Eternus 9
Félicitations Dave, vous venez de trouver le second monolithe de la bande dessinée bis. Il vous en reste 7 à trouver... Aucun avis sur ce chef d'oeuvre vraiment ? Je vais devoir réparer ce sacrilège alors. Car si je lis des bandes dessinées, c'est pour découvrir des œuvres comme Eternus 9. Victor Mesquita, auteur portugais à la reconnaissance proche du néant, décide de sortir ce petit bijou totalement méconnu en l'an de grâce 1983. L'humanité est condamnée à court terme à cause de la surpopulation. Les scientifiques décident d'envoyer dans l'espace un couple avec une mission pour le moins originale : procréer un enfant qui sera capable de vivre dans le cosmos, libéré des contraintes physiques et temporels. Le récit est donc une odyssée spatiale et métaphysique, avec une narration qui se veut poétique, sans être trop compliquée. Pas besoin de relire trois fois une page. Bon, deux fois peut être... L'esthétique, très vintage, est au diapason de l'histoire : architectures monumentales en pleine page à la Philippe Druillet, paysages psychédéliques saturés de couleurs explosives, effets d'optique, vaisseaux spatiaux de toute beauté... Chaque planche est un tableau d'une richesse graphique inouïe. Le tour de force : Eternus 9 n'est pas du tout un trip visuel hasardeux. Le but de Mesquita est clairement de jouer avec l'inconscient de son lecteur, de le mettre au centre d'une expérience hypnotique. Il suffit d'accepter le voyage... Une masterclass, à ranger fièrement à côté de Delirius.