L'Empoisonneuse

Note: 3.38/5
(3.38/5 pour 8 avis)

Ce drame historique est basé sur une histoire vraie, celle de Gesche Margarethe Gottfried (1785-1831), surnommée " l'Ange de Brême ".


1816 - 1871 : De la chute du Premier Empire à la Commune Allemagne Auteurs Allemands La BD au féminin Procès Serial killers

Une jeune femme, qui fait profession d’écrire, arrive à Brême, dans le Nord de l’Allemagne, par bateau. Nous sommes au début du XIXe siècle. Elle ignore que toute la ville est en proie à une étrange fièvre, parce que l’on se prépare à exécuter en place publique une femme accusée d’une quinzaine de meurtres. Elle va, malgré elle, être mêlée à l’histoire de cette meurtrière, et assister à sa décapitation. Le récit en dit long sur la société de l’époque, au début de l’industrialisation, qui, toute à son idéologie du progrès, se refuse à imaginer que le mal puisse exister en son sein. Ce fascinant roman graphique, dessiné dans un style à la fois vif, noir et sensuel, contient de nombreuses références aux plus grands auteurs de langue allemande (entre autres Kafka, Nietzsche, Thomas Bernhard). Il est fondé sur une histoire vraie, celle de Gesche Margarethe Gottfried (1785-1831), surnommée « L’Ange de Brême », aussi connue en Allemagne que Landru en France. Il avait fallu vingt ans pour que fût démasquée cette tueuse en série, qui avait empoisonné à l’arsenic quelque quinze personnes : ses parents, ses deux maris, son fiancé, ses enfants, sa propriétaire et quelques amis ! Elle fut la dernière personne à être exécutée publiquement dans la ville de Brême. L’album est complété par un dossier documentaire retraçant les faits historiques.

Scénariste
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 10 Avril 2010
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série L'Empoisonneuse
Les notes (8)
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27/04/2010 | Lucie
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Par Gaston
Note: 2/5
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Deuxième album de ce scénariste que je lis et comme le premier il porte sur un tueur en série, mais le traitement est différent. Alors que l'album sur Haarmann était une biographie normale qui montrait les méfaits du tueur et ce qui lui arrivait après avoir été finalement capturé, ici ça se passe après que la tueuse a été capturée. J'ai eu l'impression que l'empoisonneuse en question n'était qu'un prétexte pour le scénariste de dénoncer l'hypocrisie de la société de cette époque. C'est bien de dénoncer les travers de la société, mais ce n'est pas fait de manière passionnante. Le personnage principal n'a aucun charisme et j'ai l'impression que j'aurais plus appris sur la tueuse en lisant une biographie sur internet parce que là elle est un personnage secondaire dans une série dont elle est le sujet. J'aurais préféré lire une biographie de sa vie et puis j'ai parfois eu l'impression que les auteurs excusaient Gottfried parce qu'elle est une victime de la société apparemment. Je me fais peut-être des idées, mais je trouve que le traitement des crimes de Gottfried et Haarmann étaient différents. Alors que dans la biographie Haarmann, Peer Meter montrait les travers du système judiciaire tout en montrant que Haarmann était un monstre alors que j'ai eu la sensation que Gottfried n'était qu'une victime. J'imagine que c'est parce que quand une femme commet un meurtre c'est toujours la faute de la société..

14/07/2018 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
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Tout d'abord le dessin de Barbara Yelin que je découvre à cette occasion et dont le moins que l'on puisse dire est qu'il est rudement efficace. Alors oui il ne plaira pas à tout le monde avec ce petit air sale cette sensation d'inachevé en le regardant, mais j'avoue que s'il n'est pas dans ce que j'apprécie habituellement il m'a fait son petit effet. Sur l'histoire en elle même je n'ai pas grand chose à dire c'est le récit d'un fait divers. Par contre c'est le contexte dans lequel il se déroule qui est à mon sens nettement plus intéressant. A l'instar d'un Chabrol au cinéma, j'aime quand les tenants de la morale, les gens bien pensants s'en prennent plein la tronche. Ici mais par les dieux quelle horreur, dire qu'une poignée de personnes se targuent de dicter, de régir la vie des autres selon des préceptes dont ils pensent qu'ils sont à la pointe de la modernité. Franchement ça fait froid dans le dos, et ne croyons pas que ces comportements moralistes soient d'un autre temps... Mais je m'égare et pour revenir à ce récit je dirais que je le trouve fort habilement construit, qu'une fois la lecture entamée il ne se lâche plus. Fortement recommandable si l'achat vous rebute, une lecture en emprunt est très envisageable.

12/03/2017 (modifier)
Par jurin
Note: 3/5

L’histoire n’est pas des plus passionnantes, un fait divers bien raconté mais sans beaucoup de rythme et un manque évident de charisme des personnages. Mais cela n’empêche pas l’histoire d’être intéressante, on découvre une ville de Brême au XIXe siècle assez déprimante, les autorités de la ville en charge de l’affaire sont proches de l’incompétence et de la malhonnêteté et que dire du corps médical incapable d’établir une corrélation entre les divers cas. Pour le dessin je suis assez mitigé, je ne le trouve ni beau ni laid mais il y a quelque chose d’indéfinissable qui me le fait apprécier, bizarre n’est ce pas !

29/07/2012 (modifier)
Par Pasukare
Note: 2/5
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Emprunté par curiosité à la bibliothèque, je ressors de ma lecture pas du tout convaincue. Le support BD n'apporte pas grand chose à l'histoire de cette empoisonneuse par rapport à la lecture d'un article wiki sur le sujet... rien, à part la désagréable impression qu'on va se noircir les doigts en tournant la page tellement le dessin parait "sale". Je ne mets pas 1/5 parce que j'ai terminé ma lecture et que j'ai tout de même appris 2-3 trucs (un peu d'histoire, la mauvaise volonté de la justice, la piètre condition et considération de la femme de l'époque) mais franchement, ça reste ennuyeux à lire et désagréable à regarder.

29/08/2010 (modifier)
Par Ems
Note: 3/5

Je n'aurais pas lu cette BD sur les seuls avis trop complaisants postés sur BDThèque. J'ai donc fait un tour sur le net où les critiques étaient globalement positives. J'ai donc profité d'une opportunité d'achat à mi-prix pour me lancer. Rapidement j'ai pensé à L'Espion de Staline de l'auteure allemande Isabel Kreitz. Dans la présente BD, on a un dessin fait de crayonnés gris peu dégrossis. On est proche du croquis, le trait est souvent gras, on sent le 2b voir plus. La narration est assez lente, il faut une phase d'adaptation et de la patience pour bien rentrer dans le récit. Il y a de bonnes choses, la base historique est simple mais bien documentée et exploitée. J'aurais aimé un plus grand développement des rôles sur la procédure judiciaire soumise à caution et l'intervention chrétienne bien hors de son périmètre. C'est rapidement expliqué en fin de BD dans un petit dossier mais même si cela est abordé dans le récit, on passe à côté de cet aspect de l'histoire. L'empoisonneuse a tué 15 personnes, principalement des proches, sans que personne ne réagisse. Cette complaisance globale pose des questions et l'orientation du procès ne fait qu'accentuer cette justice aveugle. Le ton, le dessin et le sujet sont originaux. Cette BD sort des modèles classiques sans faire dans l'excès. "L'Empoisonneuse" est vraiment pas mal sans être exceptionnel. J'aurai surtout aimé un peu plus de soin sur le dessin.

17/08/2010 (modifier)
Par Joyce
Note: 4/5

Je viens de lire ce roman graphique. Quelle brique ... 200 pages! Mais on reste scotché du début à la fin. Je ne connaissais pas du tout ce fait divers, apparemment très connu en Allemagne et j'ai été très surpris par cette mentalité coincée de l'époque. On ne devait pas rire tous les jours en Outre-Rhin. On suit les aventures de cette petite bonne femme avec délectation. Une bonne surprise ! Les dessins noir et blanc sont vraiment magnifiques. Savoir que le dessinateur est une dessinatrice est très plaisant !!! Surtout quand il y a une maitrise des décors et des lieux autant que des personnages et de leurs expressions, la simplicité du dessin contribue au réalisme de l'ambiance .

03/06/2010 (modifier)

Je suis tombé, grâce à mon libraire toujours à l'affût des perles rares, sur cette superbe BD. Quel récit bien mené ! On est captivé du début à la fin et on tremble pour l'héroïne. Nous suivons les aventures de cette jeune écrivain, qui doit effectuer un récit de voyage dans la ville de Brème, découvrant une ville fiévreuse qui se prépare à exécuter une grande criminelle. Avec elle on se pose bien des questions, car son propre destin va se trouver mêlé à l'histoire de cette meurtrière. L'auteur, Peer Meter, n'hésite pas à dénoncer la bonne société bourgeoise de l'époque. Que dire de l'admirable dessin de Barbara Yelin ? Il nous fait parfois penser à certains fusains de Tardi, et des décors intérieurs à la Van Gogh. Magnifique ! Dommage que ce petit bijou soit édité chez un éditeur aussi confidentiel, mais cela renforce l'importance d'avoir un bon libraire spécialisé ! C'est vraiment mon coup de coeur du moment !

02/06/2010 (modifier)
Par Lucie
Note: 5/5 Coups de coeur expiré

Une jeune femme écrivain, en reportage à Brême, pour y effectuer un guide touristique, va se retrouver bien malgré elle, mêlée à une terrible affaire criminelle. On s'apprête à exécuter en place publique une femme ayant commis pas moins d'une quinzaine d'assassinats : ses maris, ses enfants, son frère, ses voisins... Notre héroïne " Miss Marple de l'époque ", ne peut s'empêcher de poser des questions pour essayer de comprendre ce qui a motivé de telles horreurs. Très mal accueillie par le pasteur, l'avocat et le juge qui ne veulent pas démordre de leur théorie concernant la criminelle : une tueuse froide, calculatrice, cupide, elle ne renonce pas pour autant à pousser plus loin ses investigations car la vérité ne lui semble pas aussi simple. Ce faisant, elle se met elle-même en danger... J'ai adoré ce livre. Peter Meter arrive à nous tenir en haleine jusqu'à la dernière page. Il fait au passage le procès de cette société bourgeoise du début du 19eme siècle dominée par les hommes. La femme y est considérée comme un être immature, intermédiaire entre l'adulte et l'enfant, irresponsable, incapable de vivre seule, de voyager seule, d'avoir une activité intellectuelle quelconque. Toute vie sexuelle libérée lui est proscrite. Le dessin admirable de Barbara Yelin reflet de l'impressionnisme allemand sert à merveille le scénario. Son coup de crayon vif et incisif va à l'essentiel pour camper les attitudes, faire ressortir les émotions, les états d'âmes et les ambiances lourdes et angoissantes. A ne pas rater, un vrai petit chef d'oeuvre !

27/04/2010 (modifier)