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Les derniers avis (8 avis)

Par Jetjet
Note: 5/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Les Indes fourbes
Les Indes fourbes

La bande dessinée me casse les roubignolles actuellement. Ce n'est un secret probablement pour personne. Je passe beaucoup moins de temps à lire et donc à venir chroniquer par ici pour x raisons qui je l'espère s'estomperont. Pourtant il était difficile en 2019 de passer au travers de cette grosse sortie de rentrée. Pensez-donc, une œuvre à 4 mains du dessinateur de Blacksad, série devenue très rapidement culte par la seule force de ses dessins animaliers détaillés de toute beauté d'une part et d'autre part du scénariste d'autres séries remarquables avec également des bestioles douées de paroles dont je ne vais pas vous faire l'affront de vous les citer naïvement. Si vous n'avez pas lu Garulfo ou De Capes et de.... OUPS ! Je l'ai dit ! Et bien arrêtez la lecture de mon humble critique pour vous gorger des bons mots de Maître Ayroles dans les titres qui ont fait la gloire de ce grand monsieur. Les autres ont surement donc lu Les Indes Fourbes et n'ont pas attendu aussi longtemps que moi pour avoir leur avis. Mais qu'importe, je vais enfin donner le mien qui peut se résumer en peu de choses : pourquoi ai-je attendu autant de temps pour lire ce petit bijou ? (d'autant que je le possède depuis sa sortie ahem). Et surtout, comment ai-je pu ne pas être spoilé bêtement de cette intrigue à tiroirs ce qui aurait probablement bien gâché cette lecture vierge de tout ressenti. Car je ne peux que conseiller, non même de recommander à la plupart des âmes curieuses et tout aussi vierges que moi de se jeter sans aucune retenue dans ce récit sans aucune influence extérieure, quelle qu'elle soit. Les auteurs laissent déjà bien trop d'indices parsemés par ici ou par cela. On retrouve l'intérêt du papa d'Eusèbe le lapin pour les mises en scène théâtrales et autres farces dignes de Molière. Le récit des tristes mésaventures de Pablos qui constitue le premier acte et une bonne partie du récit (un copieux 160 pages livré en un seul tome complet) n'est qu'une mise en bouche où l'humour de la situation se dispute au ridicule et à la cruauté des hommes. Désirant faire fortune en Amérique du Sud que l'on appelait encore les Indes au XVIIème siècle, notre malandrin n'a décidément pas beaucoup de chance ou du moins c'est ce que l'on suppose. En quête d'un Eldorado qui pourrait établir sa gloire, Pablos va rencontrer tout un tas de personnages qui vont l'élever ou le rabaisser. La mise en scène en histoires imbriquées pourrait être pénible à suivre mais Ayrolles qui insuffle un tel souffle et un tel rythme qu'il est difficile de couper sa lecture. Et lorsqu'arrivent les second et troisième actes bien plus courts mais ô combien jubilatoires, on arrive en fin de lecture avec le sourire aux lèvres et surtout l'envie de tout relire immédiatement pour déceler certaines fourberies. Ai-je parlé du dessin ? Non mais il est magnifique. Guarnido prouve en deux temps trois mouvements qu'il peut dessiner autre chose que des polars félins et il le fait très bien (sa double page en aquarelle regorge de détails de toute beauté) et ne faiblit jamais. On sent ces deux auteurs s'amuser énormément. Peu importe certaines ficelles scénaristiques, j'ai passé un excellent moment et vous savez quoi ? Oubliez ma première phrase. ^^

18/05/2021 (modifier)
Par PAco
Note: 5/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Célestin et le coeur de Vendrezanne
Célestin et le coeur de Vendrezanne

Ahhhhh !!! Quel plaisir de retrouver cet univers unique qu'est en train de développer Gess au fil des tome ! J'avoue que ce plaisir ne va que grandissant tant l'envergure et la richesse de ces contes de la Pieuvre s'intensifient et se répondent ! Avec ce troisième opus, c'est donc Célestin que nous allons suivre et découvrir. Jeune orphelin, il trouve du boulot à l'auberge de la Pieuvre où il évolue au milieu de cette arène de façon innocente, personne n'étant au courant de son don rare et un peu particulier : celui de Discerneur. Il est capable de voir la vraie nature des gens... Mais l'Oeil, une des quatre personne à la tête de la Pieuvre est sous la coupe d'une malédiction, celle du Coeur de Vendrezanne, qui lui fait perdre tous les enfants que sa femme met au monde. Rien n'y fait, malgré une surveillance serrée de l'être à l'origine de cette malédiction et une troupe armée jusqu'au dents, le drame se répète... Jusqu'au jour où découvrant par accident le pouvoir de Célestin, ce dernier va tenter de mettre un terme à cette malédiction et changer à jamais la face de la Pieuvre... Que c'est bon de se laisser bercer par un album aussi singulier, mêlant avec bonheur les influences et les genres, les références historiques et littéraires pour réussir cette parfaite alchimie que je recherche dans toute série culte qui se respecte. Car oui, avec ce 3e opus, pas de doute, j'ai là une série qui rentre avec plaisir dans mon petit panthéon des séries "cultes" sur BDthèque. Que ce soit l'inventivité dont elle fait preuve au niveau scénario et le graphisme si particulier mais tellement adéquat à l'univers que Gess développe, je suis sous le charme et j'en redemande ! Longue vie à la Pieuvre et à cet univers tentaculaire mais excitant que nous livre Gess au fil des tomes !

15/05/2021 (modifier)
Par Hermeline
Note: 5/5
Couverture de la série Les 110 Pilules
Les 110 Pilules

C'est une adaptation d'une partie du Jin ping mei, le chef d’œuvre de la littérature pornographique chinoise. Si ces 110 pilules s'éloignent de l'esprit du texte, elles en gardent la charge érotique et surtout sont magnifiées par le dessin magnifique, clair et précis de Magnus. Corps et décors sont sublimes et l'histoire (car oui, il y en a une) fort bien conduite. A recommander chaudement.

14/05/2021 (modifier)
Par Ubrald
Note: 5/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Le Château des étoiles
Le Château des étoiles

Super lecture des 5 premiers tomes ! C’est léger, aérien, nostalgique de l’époque Jules Verne et mêlé de merveilleux. Sans jeu de mots, il y a quelque chose d’éthéré qui flotte dans l’air lorsqu’on lit cette bd, j’avais l’impression d’avoir pris de l’hélium ;-) Super de se replonger dans cette époque napoléonienne, prussienne, de machines à vapeur, de montgolfières avec un nouvel ingrédient magique : l’éther ! Des protagonistes adolescents avec leurs faiblesses, qui murissent au fil de l’histoire ; par exemple Séraphin personnage central n’est pas le jeune homme fort parfait et n’a pas forcément le dernier mot lors d’une lutte, du coup la bd n’est pas trop lisse et ne fait pas trop super héros, c’est agréable. Un univers plein de magie foisonnant d’idées novatrices et originales. Au niveau dessin, j’ai particulièrement aimé la faune, la flore et les êtres féériques martiens. Un des personnages principaux, Hans, n’est pas dessiné de façon réaliste comme les autres, mais a plus une bouille comique de dessin animé à la Miyazaki, ça aussi j’ai trouvé que c’était fort, c’est introduire une différence qui ajoute au tout et qui si elle n’avait pas été là aurait aussi donné une bd trop lisse ; introduire une différence (qui peut paraître comme un défaut) dans un ensemble cohérent peut paradoxalement le renforcer (c’est le cas des structures cristallines) et là c’est le cas. J’ai trouvé tous les dégradés de couleurs magnifiques. Je lirais avec beaucoup d’intérêt la nouvelle série parallèle Les Chimères de Vénus scénarisée par l’excellent Alain Ayroles.

11/05/2021 (MAJ le 11/05/2021) (modifier)
Par Cacal69
Note: 5/5
Couverture de la série Tanka
Tanka

Tanka est la première bd de Toppi que j'ai eue dans les mains et ..... une claque visuelle. L'histoire se situe dans un Japon médiéval loin des clichés habituels, cinq histoires qui se lisent rapidement avec chacune sa morale. Une préférence pour Tanka et Le retour d'Hishi, mais cela reste subjectif. Le dessin en noir et blanc, tout en finesse, fait de hachures, est un plaisir pour les yeux. Les nombreux fonds blancs mettent en relief les personnages. De nombreuses planches avec un decoupage vertical qui me ramène en adolescence, avec le Daredevil de Franck Miller. Pour ma note, j'ai hésité entre 4 et 5, mais le dessin me fait pencher pour le 5. Je conseille évidemment la lecture et l'achat.

09/05/2021 (modifier)
Par Gaendoul
Note: 5/5
Couverture de la série Maus
Maus

J'ai rarement été aussi pris par une bd. J'ai lu l'intégrale sans m'arrêter. Ce qui fait véritablement la force de ce récit, outre le fait que ce soit une histoire vraie, c'est la dualité entre l'époque "actuelle" et les récits de la guerre et des camps. C'est cela qui nous fait entrer dans la réalité de la chose et non comme une vague histoire racontée. Les personnages paraissent réels car ils le sont et cela donne un impact rarement atteint dans une bd. De plus, les personnages sont dépeints avec leurs défauts et leurs qualités. Rien ne semble avoir été ommis et l'auteur s'écorche lui-même en se montrant s'énervant ou déprimé. Ca ne fait que renforcer cette sensation de "retranscription" plutôt que de récit qui donne sa force à l'oeuvre. Je ne mets pas de coup de coeur, car je ne peux décemment pas avoir de coup de coeur pour une histoire à propos du massacre de millions d'innocents. Mais cette oeuvre est définitivement culte et mérite assurément d'être lue par tout un chacun. Et elle devrait, selon moi, également trouver sa place dans l'éducation, aux côtés du Journal d'Anne Frank (l'original, pas la BD de Soleil...).

03/05/2021 (modifier)
Par Benjie
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Voyage du Commodore Anson
Le Voyage du Commodore Anson

Je n'aurais qu'un mot : un album qui vous emporte ! ... Loin de l'Angleterre, dans les mers du sud. Cet album est réussi à tous points de vue. Le récit s'appuie sur le journal de bord de Richard Walter, chapelain du HMS Centurion qui participait à l'expédition et sur celui du lieutenant Saumarez retrouvé ultérieurement. Il est utilement agrémenté de cartes anciennes qui nous permettent de suivre le périple du Commodore Anson au jour le jour (avec une grande carte en fin d'album que l'on peut déplier). Et c'est précisément le ryhthme quasi journlier donné à ce récit qui lui apporte cette ambiance particulière, cette intimité de la vie à bord, des journées interminables quand le vent faiblit ou des jours et des nuits de tempêtes qui n'enfinissent pas. On est au milieu du XVIIIe siècle quand les grandes puissances maritimes se confrontent sur les océans. Le scénario est découpé en cours chapitres, chacun introduit par quels lignes et une carte. C'est très bien construit et très fluide. On y apprend plein de choses intéressantes : comment se préparait une expédition au long cours, qui sont les équipages, comment étaient-ils recrutés, comment se déroulait la vie à bord selon la place que chacun occupait sur le navire, mais aussi les manoeuvres avec tout le vocabulaire qui va avec. Et les auteurs ne se privent pas d'user et d'abuser du langage des marins pour décrire le bateau et les manoeuvres des équipages : un pur bonheur. Tout un monde à découvrir... Le dessin est à peine esquissé comme s'il était fait dans l'urgence, comme pour fixer sur le papier des scènes de vie et des épisodes marquants de l'expédition. La typographie utilisée est volontairement un peu tremblante, comme si on suivait un récit écrit au jour le jour depuis une des cabines du HMS Centurion alors que le bateau roule, tangue et craque de toutes parts. Les planches pleine page sont superbes avec les lueurs du ciel à l'aube ou au coucher du soleil, et la mer aux couleurs changeantes, passant du bleu profond au vert, puis au noir. Un très grand plaisir de lecture et un très bon moment de totale évasion et d'aventure dans le temps et l'espace.

02/05/2021 (modifier)
Par Spooky
Note: 5/5
Couverture de la série Comme un murmure
Comme un murmure

Il est rare de voir des bandes dessinées venues du Danemark être traduites dans l'Hexagone. Mais pour le coup, on comprend que celle-ci ait tapé dans l'oeil des éditrices ou éditeurs chez Jungle. Son sujet est dur. Lourd, complexe. Que faire (en l'occurrence, en tant que collégienne) lorsqu'on apprend qu'une de nos amies est victime des coups d'un de ses parents ? La première bonne idée du scénariste, "spécialiste" des sujets de société douloureux (notamment au travers de nombreux livres) est de nous placer dans l'esprit de Véra, qui apprend le secret d'Anna au cours d'un "jeu du murmure" (ce que nous appelons ici "le téléphone arabe"). Véra est d'abord surprise, troublée. Puis vient le gros doute, quand elle voit que la mère d'Anna semble sympathique. .Alors elle évite délibérément sa camarade de classe. Mais au travers de petits gestes, de regards à la dérobée d'Anna, de quelques mots jetés par sa mère en public, Véra comprend. Ce processus, probablement inspiré de faits réels, est tétanisant. Et malgré les dénégations de ses parents, de ses amies, Véra sait qu'elle doit faire quelque chose. En parler. Aux bonnes personnes. Et la fin est surprenante, très surprenante. C'est probablement celle à laquelle je m'attendais le moins au fil de ma lecture. Le dessin, la mise en scène de Sophie Louise Dam sont dépouillés, sans fioriture. on se croirait un peu dans un album de Bastien Vivès, pour le style, avec un surcroît d'expression des personnages. Il y a un subtil jeu sur les couleurs, l'album se présentant en bichromie évolutive. Lorsque l'ambiance est à l'ignorance, au doute, au déni, c'est une sorte de lie-de-vin. Lorsque Véra se pose des questions, on passe à l'orangé. Puis au turquoise lorsque la vérité éclate. Des teintes reposantes, mais significatives. A noter en annexe, un petit texte proposé par la CNAPE, une fédération d'associations spécialisées dans la protection de l'enfance, sur ce qu'est la violence envers les enfants, et la conduite à tenir lorsqu'on en est témoin ou qu'on en entend parler. Très utile. C'est une BD teintée d'humanité, d'amitié, d'entraide, qui parle des non-dits, du courage et de l'adolescence. Une perle.

01/05/2021 (modifier)