Écouter ceux qui réduisent Hokuto no Ken à un simple défouloir pour testostérone, la preuve d un manque criant d'analyse: on passe totalement à côté de l'essentiel. Sous la violence graphique se cache une œuvre d'une noirceur métaphysique absolue qui traite de la condition humaine quand toutes les structures sociales se sont effondrées. Là où les détracteurs ne voient que des personnages "plats", il y a en réalité une exploration brutale du concept de Fatum, chaque protagoniste est prisonnier d'une étoile, d'un destin qu'il ne peut fuir, transformant le récit en une véritable tragédie grecque moderne. Kenshiro n'est pas un héros d'action classique, c'est une figure christique qui ne tire pas sa puissance de la colère, mais de la tristesse. Le Musô Tensei, l'ultime arcane du Hokuto Shinken, est la concrétisation philosophique de l'empathie il ne peut être maîtrisé que par celui qui a accepté de porter sur ses épaules toute la douleur du monde. On est à des années-lumière du schéma de puissance basique. Raoh, de son côté, incarne une volonté de puissance nietzschéenne poussée à son paroxysme, cherchant à instaurer une paix tyrannique pour mettre fin au chaos, une réflexion politique complexe sur le prix de l'ordre face à la liberté qui d'ailleurs aurait de forte chznce de réellement exister si un monde comme ça exister. Le manga déconstruit même les codes de la virilité en montrant des colosses qui expriment leur humanité par les larmes et le sacrifice, comme Shu se laissant écraser par la pyramide pour sauver l'avenir. C'est une œuvre sur la transmission, le deuil et la persistance de la moralité dans un univers nihiliste. Si certains s'arrêtent à la forme sans voir le fond, c'est qu'ils n'ont tout simplement pas les outils intellectuels pour saisir la poésie tragique qui se joue entre deux explosions de chair, retourner lire demon slayer où d autre shonen basique si vous êtes incapable de décoder le fond d un manga iconique.
Beaucoup des gens qui mettent 1 étoile disent que c est un manga de juste de baston alors que c est beaucoup plus profond, des personnages comme toki, raoh, Shin, Kenshiro, rei etc... son très intéressant à analyser psychologiquement et dans leurs vision du monde et leurs philosophie. En plus c est un manga avec une bonne pâte visuelle iconique.
Je pense que beaucoup ici ne comprennent pas se manga pourtant pas uniquement bourrin mais en parti philosophique et ultra culte en plus d'être badass et bourré d émotions, un manga des années 80 avec du sang des larmes de la badasitude, des belles pages et l inspiration de jojo et berserk
Une référence qui mérite largement son statut.
La Quête de l'Oiseau du Temps, c'est typiquement le genre d'œuvre qu'on respecte de réputation avant même de l'avoir ouverte. Et pour une fois, la réalité est à la hauteur de la légende.
Le dessin de Loisel s'impose dès les premières cases : riche, détaillé, vivant. Chaque planche respire l'aventure et le fantastique, avec une maîtrise qui donne immédiatement du poids et de la chair à l'univers. Ce n'est pas seulement beau, c'est habité.
Mais ce qui fait la vraie force de la série, c'est son ambiance. On est dans la fantasy, certes, mais avec quelque chose en plus : une maturité d'écriture rare pour le genre, un mélange subtil d'humour, de mélancolie et de gravité qui évite tous les clichés. Le récit sait faire sourire et émouvoir dans la même page, sans que ça sonne jamais faux.
Les personnages y sont pour beaucoup. Le duo principal est savoureux; plein de caractère, de vécu, avec une vraie évolution au fil des albums. On s'y attache sans même s'en apercevoir.
L'histoire, elle, prend son temps, et c'est une qualité. Pas d'adrénaline forcée, mais une progression maîtrisée, construite, qui fait confiance au lecteur. On sent une œuvre pensée sur la durée, avec un vrai sens de la narration et de la construction dramatique.
Ce qui frappe au final, c'est ce côté à la fois classique et intemporel. La Quête de l'Oiseau du Temps a posé des bases dans la BD de fantasy francophone; et ça se ressent à chaque page.
Une référence qui a une vraie âme. Et ça, ça ne vieillit pas.
Une recueil de 11 histoires courtes parues entre 1975 et 1982, dans la collection Metal Hurlant.
Ce qui est tout de suite impressionnant, c'est de s'apercevoir que le dessin de Voss est à son summum dès 1975. Il utilise un peu moins les noirs profonds mais le trait est déjà accompli.
On a souvent droit à un découpage organique typique de l'auteur, avec des inserts à la Pichard, avec des cases qui abandonnent les angles droits pour épouser des formes souples.
Côté narration, autre belle surprise, Voss se révèle très à l'aise avec le format court. On se régale à lire ces histoires d'extraterrestres, de voyous, de voyage spatiaux, avec souvent une chute teintée d'humour noir.
Un univers très riche, mature, avec des influences qui vont de Crumb aux productions 2000 AD... Jusqu'à Corben époque Eerie & Creepy (La chose, 1978).
Une publication peu prolifique et l'absence de réédition ont clairement nuit à la renommée de l'artiste, mais c'est pour moi un auteur essentiel à redécouvrir d'urgence !
Lanfeust de Troy est une série d’heroic-fantasy extrêmement divertissante. L’univers imaginé par Christophe Arleston est riche, original et plein d’humour.
J’aime particulièrement l’idée que chaque habitant du monde de Troy possède un pouvoir magique unique, souvent très spécifique ou parfois complètement inutile. Ce concept donne lieu à beaucoup de situations amusantes et participe grandement au charme de la série.
Les personnages sont vraiment réussis et attachants, et l’univers est très bien construit, ce qui rend la lecture immersive et plaisante. Le dessin de Didier Tarquin est dynamique et très efficace pour donner vie à ce monde de fantasy.
J’ai moins apprécié l’hypersexualisation assez marquée des personnages féminins même si cela fait clairement partie du style et de l’humour des auteurs.
Malgré cela, la série reste culte et impressionne par sa longévité : plus de vingt ans après sa sortie, elle ne semble pas avoir vieilli et reste toujours aussi plaisante à lire.
Le Daredevil : Yellow de Jeph Loeb revient sur les débuts de Matt Murdock et sur la naissance de Daredevil, en replongeant dans les premières années du personnage et dans son environnement à Hell’s Kitchen.
Le récit possède un ton très nostalgique et se lit avec beaucoup de fluidité. On suit les premiers pas du jeune Matt Murdock, ses doutes, ses combats et sa relation avec Karen Page, ce qui donne une dimension assez touchante à l’histoire.
Le dessin de Tim Sale apporte énormément de charme au récit, avec un style très expressif qui renforce l’atmosphère du comics.
Au final, c’est une excellente porte d’entrée pour découvrir les débuts du protecteur de Hell’s Kitchen, dans un récit simple, efficace et très agréable à lire.
Je me suis lancé dans cette série de science-fiction (achevée en 6 tomes) sans trop savoir à quoi m'attendre, si ce n'est qu'elle bénéficiait d'une solide réputation. Voici mon verdict sur cette saga qui, malgré un démarrage visuel un peu laborieux pour moi, a fini par totalement me convaincre.Je me suis lancé dans cette série de science-fiction (achevée en 6 tomes) sans trop savoir à quoi m'attendre, si ce n'est qu'elle bénéficiait d'une solide réputation. Voici mon verdict sur cette saga qui, malgré un démarrage visuel un peu laborieux, a fini par totalement me convaincre.
Un premier contact visuel contrasté
Je vais être honnête : au début, les dessins m'ont freiné. Bien qu'ils soient très appréciés, je suis resté hermétique au traitement des visages. Que ce soit pour les humains ou les extraterrestres, j'ai trouvé les expressions un peu "grossières", au sens de surjouées. Ce côté très théâtral, presque caricatural dans les émotions, me semblait parfois à la limite du risible.
Pourtant, j'ai persisté au-delà du premier tome, et je ne le regrette pas. Si les visages m'ont laissé de marbre, j'ai été bluffé par la magnificence des décors et la science des couleurs. Les panoramas des autres mondes sont grandioses et les designs globaux des races aliens sont particulièrement inspirés.
Un pitch qui renverse les codes
Ce qui m'a poussé à continuer, c'est la force du concept. On est loin du schéma habituel de l'invasion belliqueuse. Ici, une sorte d'ONU galactique décide d'intervenir sur Terre non pas pour conquérir, mais pour "sauver" une humanité à l'agonie.
Ce parallèle avec les missions des Casques Bleus est passionnant :
- Les Terriens subissent une intervention qu'ils n'ont pas demandée.
- Les "envahisseurs" se présentent comme des pacificateurs venus assurer la pérennité d'un peuple frère.
- C'est un traitement géopolitique (ou plutôt exopolitique, en l'occurrence) que j'ai trouvé d'une rare fraîcheur.
Une fresque politique complexe?
L'histoire évite soigneusement le manichéisme. On y retrouve des dynamiques sociales très bien écrites :
- Côté humain : La fracture entre ceux qui rejettent l'étranger par pur racisme et ceux qui collaborent, soit par conviction idéologique, soit par opportunisme crasse.
- Côté alien : Les dissensions internes au Conseil. Entre les isolationnistes, les idéalistes convaincus par leur mission civilisatrice, ceux qui aiment sincèrement l'humanité et ceux qui ne voient là qu'une occasion de piller des ressources, le jeu politique est complexe et crédible.
Verdict : Une saga qui va à l'essentiel
En 6 tomes, le récit est parfaitement calibré: suffisamment développé mais pas assez pour s'étirer inutilement. L'intrigue avance sans longueurs inutiles, même si la fin pourra en laisser certains sur leur faim (littéralement). Heureusement, le préquel déjà en cours de parution. L'Apogée, promet d'approfondir cet univers pour ceux qui, comme moi, ont fini par mordre à l'hameçon, et les critiques semblent indiquer que le niveau est au moins aussi bon (si ce n'est encore plus élevé).
Ah Ric Hochet...
Ma bande dessinée préférée avec Spirou du temps de mon enfance.
Contrairement à Tintin ou Astérix, Ric Hochet ne comporte pas plusieurs niveaux de lecture et il sera difficile de recommander cette série à quelqu'un qui a plus de 12 ans.
J'ai lu la plupart des volumes qui me sont passés sous la main à l'époque entre 7 et 10 ans. "Les compagnons du diable", "Le fantôme de l'alchimiste","La nuit des vampires"... Une entrée en matière parfaite pour découvrir le genre du fantastique/policier quand on est gamin.
Pour l'anecdote j'étais tellement accro que ma bibliothécaire achetait les dernières parutions le jour de leur sortie pour me faire plaisir.
Allez, merci Ric.
Quartier lointain est une très belle lecture. J’ai lu ce manga presque d’une traite, tant je me suis laissé emporter par l’histoire.
Tout m’a plu : les dessins, le découpage, mais aussi ces nombreux moments de silence que Jiro Taniguchi sait si bien installer. Certaines pages sont presque contemplatives, mais elles disent énormément de choses sans avoir besoin de beaucoup de dialogues. Cela donne au récit une atmosphère très particulière, douce et mélancolique.
C’est un manga qui prend le temps de raconter son histoire et de laisser respirer les émotions. On se laisse porter par cette plongée dans les souvenirs et les regrets d’une vie.
Je conseille vraiment cette œuvre. En revanche, je ne suis pas certain qu’elle fasse le même effet sur un adolescent. C’est une lecture qui touche probablement davantage quand on a déjà un peu de vécu et que les thèmes du temps qui passe et des choix de vie résonnent davantage.
Une œuvre simple en apparence, mais très touchante.
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Hokuto no Ken - Fist of the North Star (Ken le survivant)
Écouter ceux qui réduisent Hokuto no Ken à un simple défouloir pour testostérone, la preuve d un manque criant d'analyse: on passe totalement à côté de l'essentiel. Sous la violence graphique se cache une œuvre d'une noirceur métaphysique absolue qui traite de la condition humaine quand toutes les structures sociales se sont effondrées. Là où les détracteurs ne voient que des personnages "plats", il y a en réalité une exploration brutale du concept de Fatum, chaque protagoniste est prisonnier d'une étoile, d'un destin qu'il ne peut fuir, transformant le récit en une véritable tragédie grecque moderne. Kenshiro n'est pas un héros d'action classique, c'est une figure christique qui ne tire pas sa puissance de la colère, mais de la tristesse. Le Musô Tensei, l'ultime arcane du Hokuto Shinken, est la concrétisation philosophique de l'empathie il ne peut être maîtrisé que par celui qui a accepté de porter sur ses épaules toute la douleur du monde. On est à des années-lumière du schéma de puissance basique. Raoh, de son côté, incarne une volonté de puissance nietzschéenne poussée à son paroxysme, cherchant à instaurer une paix tyrannique pour mettre fin au chaos, une réflexion politique complexe sur le prix de l'ordre face à la liberté qui d'ailleurs aurait de forte chznce de réellement exister si un monde comme ça exister. Le manga déconstruit même les codes de la virilité en montrant des colosses qui expriment leur humanité par les larmes et le sacrifice, comme Shu se laissant écraser par la pyramide pour sauver l'avenir. C'est une œuvre sur la transmission, le deuil et la persistance de la moralité dans un univers nihiliste. Si certains s'arrêtent à la forme sans voir le fond, c'est qu'ils n'ont tout simplement pas les outils intellectuels pour saisir la poésie tragique qui se joue entre deux explosions de chair, retourner lire demon slayer où d autre shonen basique si vous êtes incapable de décoder le fond d un manga iconique.
Hokuto no Ken - Fist of the North Star (Ken le survivant)
Beaucoup des gens qui mettent 1 étoile disent que c est un manga de juste de baston alors que c est beaucoup plus profond, des personnages comme toki, raoh, Shin, Kenshiro, rei etc... son très intéressant à analyser psychologiquement et dans leurs vision du monde et leurs philosophie. En plus c est un manga avec une bonne pâte visuelle iconique.
Hokuto no Ken - Fist of the North Star (Ken le survivant)
Je pense que beaucoup ici ne comprennent pas se manga pourtant pas uniquement bourrin mais en parti philosophique et ultra culte en plus d'être badass et bourré d émotions, un manga des années 80 avec du sang des larmes de la badasitude, des belles pages et l inspiration de jojo et berserk
La Quête de l'Oiseau du Temps
Une référence qui mérite largement son statut. La Quête de l'Oiseau du Temps, c'est typiquement le genre d'œuvre qu'on respecte de réputation avant même de l'avoir ouverte. Et pour une fois, la réalité est à la hauteur de la légende. Le dessin de Loisel s'impose dès les premières cases : riche, détaillé, vivant. Chaque planche respire l'aventure et le fantastique, avec une maîtrise qui donne immédiatement du poids et de la chair à l'univers. Ce n'est pas seulement beau, c'est habité. Mais ce qui fait la vraie force de la série, c'est son ambiance. On est dans la fantasy, certes, mais avec quelque chose en plus : une maturité d'écriture rare pour le genre, un mélange subtil d'humour, de mélancolie et de gravité qui évite tous les clichés. Le récit sait faire sourire et émouvoir dans la même page, sans que ça sonne jamais faux. Les personnages y sont pour beaucoup. Le duo principal est savoureux; plein de caractère, de vécu, avec une vraie évolution au fil des albums. On s'y attache sans même s'en apercevoir. L'histoire, elle, prend son temps, et c'est une qualité. Pas d'adrénaline forcée, mais une progression maîtrisée, construite, qui fait confiance au lecteur. On sent une œuvre pensée sur la durée, avec un vrai sens de la narration et de la construction dramatique. Ce qui frappe au final, c'est ce côté à la fois classique et intemporel. La Quête de l'Oiseau du Temps a posé des bases dans la BD de fantasy francophone; et ça se ressent à chaque page. Une référence qui a une vraie âme. Et ça, ça ne vieillit pas.
Lokyia
Une recueil de 11 histoires courtes parues entre 1975 et 1982, dans la collection Metal Hurlant. Ce qui est tout de suite impressionnant, c'est de s'apercevoir que le dessin de Voss est à son summum dès 1975. Il utilise un peu moins les noirs profonds mais le trait est déjà accompli. On a souvent droit à un découpage organique typique de l'auteur, avec des inserts à la Pichard, avec des cases qui abandonnent les angles droits pour épouser des formes souples. Côté narration, autre belle surprise, Voss se révèle très à l'aise avec le format court. On se régale à lire ces histoires d'extraterrestres, de voyous, de voyage spatiaux, avec souvent une chute teintée d'humour noir. Un univers très riche, mature, avec des influences qui vont de Crumb aux productions 2000 AD... Jusqu'à Corben époque Eerie & Creepy (La chose, 1978). Une publication peu prolifique et l'absence de réédition ont clairement nuit à la renommée de l'artiste, mais c'est pour moi un auteur essentiel à redécouvrir d'urgence !
Lanfeust de Troy
Lanfeust de Troy est une série d’heroic-fantasy extrêmement divertissante. L’univers imaginé par Christophe Arleston est riche, original et plein d’humour. J’aime particulièrement l’idée que chaque habitant du monde de Troy possède un pouvoir magique unique, souvent très spécifique ou parfois complètement inutile. Ce concept donne lieu à beaucoup de situations amusantes et participe grandement au charme de la série. Les personnages sont vraiment réussis et attachants, et l’univers est très bien construit, ce qui rend la lecture immersive et plaisante. Le dessin de Didier Tarquin est dynamique et très efficace pour donner vie à ce monde de fantasy. J’ai moins apprécié l’hypersexualisation assez marquée des personnages féminins même si cela fait clairement partie du style et de l’humour des auteurs. Malgré cela, la série reste culte et impressionne par sa longévité : plus de vingt ans après sa sortie, elle ne semble pas avoir vieilli et reste toujours aussi plaisante à lire.
DareDevil - Jaune
Le Daredevil : Yellow de Jeph Loeb revient sur les débuts de Matt Murdock et sur la naissance de Daredevil, en replongeant dans les premières années du personnage et dans son environnement à Hell’s Kitchen. Le récit possède un ton très nostalgique et se lit avec beaucoup de fluidité. On suit les premiers pas du jeune Matt Murdock, ses doutes, ses combats et sa relation avec Karen Page, ce qui donne une dimension assez touchante à l’histoire. Le dessin de Tim Sale apporte énormément de charme au récit, avec un style très expressif qui renforce l’atmosphère du comics. Au final, c’est une excellente porte d’entrée pour découvrir les débuts du protecteur de Hell’s Kitchen, dans un récit simple, efficace et très agréable à lire.
Renaissance (Dargaud)
Je me suis lancé dans cette série de science-fiction (achevée en 6 tomes) sans trop savoir à quoi m'attendre, si ce n'est qu'elle bénéficiait d'une solide réputation. Voici mon verdict sur cette saga qui, malgré un démarrage visuel un peu laborieux pour moi, a fini par totalement me convaincre.Je me suis lancé dans cette série de science-fiction (achevée en 6 tomes) sans trop savoir à quoi m'attendre, si ce n'est qu'elle bénéficiait d'une solide réputation. Voici mon verdict sur cette saga qui, malgré un démarrage visuel un peu laborieux, a fini par totalement me convaincre. Un premier contact visuel contrasté Je vais être honnête : au début, les dessins m'ont freiné. Bien qu'ils soient très appréciés, je suis resté hermétique au traitement des visages. Que ce soit pour les humains ou les extraterrestres, j'ai trouvé les expressions un peu "grossières", au sens de surjouées. Ce côté très théâtral, presque caricatural dans les émotions, me semblait parfois à la limite du risible. Pourtant, j'ai persisté au-delà du premier tome, et je ne le regrette pas. Si les visages m'ont laissé de marbre, j'ai été bluffé par la magnificence des décors et la science des couleurs. Les panoramas des autres mondes sont grandioses et les designs globaux des races aliens sont particulièrement inspirés. Un pitch qui renverse les codes Ce qui m'a poussé à continuer, c'est la force du concept. On est loin du schéma habituel de l'invasion belliqueuse. Ici, une sorte d'ONU galactique décide d'intervenir sur Terre non pas pour conquérir, mais pour "sauver" une humanité à l'agonie. Ce parallèle avec les missions des Casques Bleus est passionnant : - Les Terriens subissent une intervention qu'ils n'ont pas demandée. - Les "envahisseurs" se présentent comme des pacificateurs venus assurer la pérennité d'un peuple frère. - C'est un traitement géopolitique (ou plutôt exopolitique, en l'occurrence) que j'ai trouvé d'une rare fraîcheur. Une fresque politique complexe? L'histoire évite soigneusement le manichéisme. On y retrouve des dynamiques sociales très bien écrites : - Côté humain : La fracture entre ceux qui rejettent l'étranger par pur racisme et ceux qui collaborent, soit par conviction idéologique, soit par opportunisme crasse. - Côté alien : Les dissensions internes au Conseil. Entre les isolationnistes, les idéalistes convaincus par leur mission civilisatrice, ceux qui aiment sincèrement l'humanité et ceux qui ne voient là qu'une occasion de piller des ressources, le jeu politique est complexe et crédible. Verdict : Une saga qui va à l'essentiel En 6 tomes, le récit est parfaitement calibré: suffisamment développé mais pas assez pour s'étirer inutilement. L'intrigue avance sans longueurs inutiles, même si la fin pourra en laisser certains sur leur faim (littéralement). Heureusement, le préquel déjà en cours de parution. L'Apogée, promet d'approfondir cet univers pour ceux qui, comme moi, ont fini par mordre à l'hameçon, et les critiques semblent indiquer que le niveau est au moins aussi bon (si ce n'est encore plus élevé).
Ric Hochet
Ah Ric Hochet... Ma bande dessinée préférée avec Spirou du temps de mon enfance. Contrairement à Tintin ou Astérix, Ric Hochet ne comporte pas plusieurs niveaux de lecture et il sera difficile de recommander cette série à quelqu'un qui a plus de 12 ans. J'ai lu la plupart des volumes qui me sont passés sous la main à l'époque entre 7 et 10 ans. "Les compagnons du diable", "Le fantôme de l'alchimiste","La nuit des vampires"... Une entrée en matière parfaite pour découvrir le genre du fantastique/policier quand on est gamin. Pour l'anecdote j'étais tellement accro que ma bibliothécaire achetait les dernières parutions le jour de leur sortie pour me faire plaisir. Allez, merci Ric.
Quartier lointain
Quartier lointain est une très belle lecture. J’ai lu ce manga presque d’une traite, tant je me suis laissé emporter par l’histoire. Tout m’a plu : les dessins, le découpage, mais aussi ces nombreux moments de silence que Jiro Taniguchi sait si bien installer. Certaines pages sont presque contemplatives, mais elles disent énormément de choses sans avoir besoin de beaucoup de dialogues. Cela donne au récit une atmosphère très particulière, douce et mélancolique. C’est un manga qui prend le temps de raconter son histoire et de laisser respirer les émotions. On se laisse porter par cette plongée dans les souvenirs et les regrets d’une vie. Je conseille vraiment cette œuvre. En revanche, je ne suis pas certain qu’elle fasse le même effet sur un adolescent. C’est une lecture qui touche probablement davantage quand on a déjà un peu de vécu et que les thèmes du temps qui passe et des choix de vie résonnent davantage. Une œuvre simple en apparence, mais très touchante.