Déogratias

Note: 3.63/5
(3.63/5 pour 19 avis)

2000 : Prix René Goscinny. 2001 : Prix France Info de la Bande dessinée d’actualité et de reportage. Le génocide du Rwanda. A lire!


Afrique Noire Aire Libre Le Génocide rwandais Prix France Info Prix René Goscinny

Dépenaillé, les yeux brûlants de fièvre, Déogratias erre dans les rues de Butare, au Rwanda. Déogratias, pauvre fou, a besoin d’urwagwa, toujours plus d’urwagwa, la bière de banane. Pour oublier. Pour oublier qu’il n’est plus qu’un chien terrorisé par la nuit. Pour oublier les cauchemars qui le hantent. Pour oublier que lui, le Hutu, a lâchement assassiné les femmes Tutsi qu’il aimait. Mais peut-on effacer de son esprit et de son corps la trace poisseuse du sang et le goût salé des larmes? En choisissant de situer son nouvel album au Rwanda, avant et juste après le génocide, Jean_Philippe Stassen place la barre très haut : comment exprimer l'indicible et peindre l'inqualifiable ? Avec Déogratias, il démontre magistralement qu'il n'est pas seulement un raconteur d'histoires mais aussi un rapporteur de l'Histoire, celle qu'on ne choisit pas mais qui s'impose par ses drames. Plus qu'un album émouvant, Déogratias est une oeuvre exceptionnelle empreinte d'une profonde humanité.

Scénariste
Dessinateur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution Octobre 2000
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Déogratias
Les notes (19)
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28/12/2001 | Alix
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Par DamBDfan
Note: 4/5

Du très bon travail et surtout une bonne claque une fois la lecture terminée. L’auteur traite de manière intelligente, sans jugement et non rébarbative un sujet assez rare en BD : le génocide au Rwanda. Point de détails historiques et d’actions superflues ici, mais plutôt un témoignage à travers l’histoire bouleversante d’un adolescent (Déogratias) détruit mentalement par les conséquences d’une guerre civile. Quel talent ce Stassen ! Tout est relativement bien maîtrisé : les graphismes, les couleurs, les personnages, le petit côté fantastique, les différents flash-back…Je l’ai lu deux fois et la relecture est encore meilleure. A découvrir si ce n’est pas encore fait.

31/10/2013 (modifier)
Par Erik
Note: 2/5
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Il ne suffit pas d'exploiter un thème très sérieux comme un génocide pour obtenir mon adhésion ne serait-ce que par sympathie. Encore faut 'il que cela soit traité correctement. Au fil de ma lecture, la construction et les enchaînements sont si mal réalisés qu'on ne sait plus où l'on se situe réellement au niveau des flash-back sur l'avant et l'après. Des contradictions, un contexte inexpliqué : cette BD se contemple comme une forteresse imprenable. C'est âpre et dur à la fois mais les promesses de cette Bd ne sont pas tenues. C'est bourré d'idées mais trop complexes pour convaincre. Par ailleurs, le dessin ne m'a pas convaincu tant le trait semble gras et simpliste. C'est vrai que le graphisme est une question de goût personnel. En l'espèce, je n'adhère pas. Pour autant, j'admets que l'auteur avait au moins essayé de faire passer un message selon sa propre construction. Je dois également tenir compte de cela dans ma notation pour éviter la note minimale.

04/03/2007 (MAJ le 30/05/2010) (modifier)
Par Graveen
Note: 4/5
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Et bien, j'attendais ce one-shot au tournant. N'étant généralement pas passionné par ce genre d'oeuvres. Le moins qu'on puisse dire, c'est que je n'ai pas été déçu. L'histoire du génocide rwandais vu par un être... humain tout simplement. Happé par la sombre histoire de ce massacre, comme je suppose beaucoup d'autres. Le dessin est finalement trés bien adapté à l'histoire. Vraiment bien.

30/05/2010 (modifier)

Deogratias, jeune Rwandais pris dans la tourmente du génocide de 1994. Histoire d'une vie brisée. De vies brisées. Comment se reconstruire après avoir vécu l'horreur ? Comment ne pas sombrer dans la folie Comment vivre en paix quand on croise tous les jours ceux qui ont participé aux massacres, ceux qui vont ont entrainé dans ces tueries ? J'ai lu beaucoup de témoignages, de documents et d'analyses sur le génocide rwandais. Mais dans cette bd, très finement construite, Strassen ajoute une note de sensibilité et d'émotion. Les personnages, Déogratias en particulier, sont très attachants. Le scénario est très bien pensé : il permet de se concentrer sur les sentiments des personnages et de ne pas se focaliser sur la chronologie des événements. Cette bd n'est pas un livre historique sur le génocide. Plutôt un témoignage très fort sur la vie avant le génocide ; sur la vie après le génocide aussi. Sur la méfiance, l'hypocrisie, l'impossible reconstruction d'un jeune homme, d'un pays peut-être. A lire parce que c'est fort. Du grand art! A lire pour savoir et comprendre aussi.

24/01/2010 (modifier)
Par Ems
Note: 2/5

Sur le fond, j'ai apprécié certains aspects de cette BD : le contexte particulièrement dramatique du Rwanda aux moments les plus durs, une approche sérieuse et des vérités inconnues en général, etc.... Mais sur la forme j'ai trouvé indigeste ce one-shot : le dessin est très gras limite caricatural, les couleurs sont parfois trop sombres et le découpage scénaristique pas toujours facile à suivre (l'avant et l'après qui se croisent à longueur de pages). Il en reste une BD pseudo documentaire pour un lectorat adulte et une belle initiative concernant le traitement de ce génocide incompréhensible pour la fin du 20ème siècle.

02/05/2008 (modifier)
Par L'Ymagier
Note: 4/5

Un album à laisser en évidence... Car en effet : évoquer le génocide d'un million de Tutsi au Rwanda en 1994 n'était pas le défi le plus évident pour un dessinateur de BD. Stassen a choisi de le relever. Et, à sa façon, il l'a bien relevé... Pour cela, il m'a "invité" à suivre l'errance de Déogratias, un jeune homme ayant sombré dans la folie, et qui se prend pour un chien dont la tête s'évapore pendant la nuit. Seule l'urwagwa, la bière de bananes, parvient à tempérer ses cauchemars. Des flash-back m'ont révélé sa vie d'avant, quand il n'était alors qu'un adolescent amoureux de la joli Bénigne. Mais il était Utu, et elle Tutsi. Cela n'a eu aucune importance jusqu'à la montée de l'intolérance qui allait conduire un peuple à l'extrémisme meurtrier. Aujourd'hui, hanté par ses démons, il veut faire disparaître ceux qui l'ont manipulé. Et qui se méfierait d'un dément imbibé d'urwagwa ?... Une oeuvre magnifique et émouvante, où l'auteur m'a dépeint avec vigueur et humanité une Afrique profondément authentique. Un album "vrai"... C'est rare...

12/01/2007 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5
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Immersion totale. Stassen fait corps avec l'Afrique centrale, et cet album le prouve une fois encore. Le génocide rwandais fut un événement terrible sur le continent noir, et son album nous plonge littéralement au coeur du coeur du conflit, avec ce jeune Hutu amoureux d'une métisse Tutsi, des nuances ethniques assez artificielles selon l'auteur et ses personnages. Des nuances qui ont tout de même causé la mort d'un million de personnes. Avec Deogratias, on plonge au coeur du conflit, on suit ses racines, ainsi que ses implications dans la vie quotidienne. Avec un soupçon de magie et de sociologie, avec la tradition du goûter de boisson et l'Urwagwa. Un album superbe.

17/10/2004 (modifier)
Par deajazz
Note: 5/5

Certes, cette Bd n’offre pas un pur moment de détente…elle est vraiment dure car elle tente de montrer une réalité qui n'est pas facile à digérer. Elle témoigne du génocide rwandais à travers le regard des enfants qui, envahis par le monde des adultes, deviennent des monstres et tombent dans la folie. Je trouve fantastique et important que de telles BDs (et je pense également à Maus) existent car elles permettent de sensibiliser un nouveau type de public, souvent plus jeune sur la difficile question du génocide. Je me permets également d’encourager les enseignants à faire lire ce genre de BD à leurs élèves et ainsi débattre de ce type de question. D’autres se sont déjà attelés à cette tâche à travers les différents types de communication. Ainsi la liste de Schindler au niveau du cinéma et au nom de tous les miens au niveau des livres ont dénoncé la barbarie humaine. Il est primordial de ne pas oublier ce genre d’événement et à mes yeux, si la BD veut entrer dans le panthéon de l'art, elle doit traiter les problèmes de société, faire passer des idées et des idéologies ce que Stassen réussi à merveille dans déogratias. Enfin, je tiens à rappeler pour ceux qui auraient la mémoire courte que le génocide Rwandais s’est déroulé presque cinquante ans après celui des juifs. On pensait avoir appris de l’histoire…Il semble que non.

20/09/2004 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
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Une BD qui met le doigt là où ça fait mal. Commençons par le plus simple : le dessin. Dans un style un peu naïf, Stassen nous crée une BD assez jolie à regarder et surtout efficace visuellement. Bon, personnellement, j'ai un peu de mal à apprécier les visages de certains personnages mâles, mais globalement j'aime assez le dessin. Ensuite, l'histoire, elle... a de quoi toucher. Les Européens en prennent plein la gueule : ce sont soit des idiots naïfs, soit des enfoirés qui se croient supérieurs et en profitent honteusement. Les africains sont mis le nez dans l'horreur du génocide, de la cruauté et de la bêtise humaine. Personne n'en réchappe. C'est une oeuvre forte qui montre une partie de la réalité du génocide Rwandais, qui montre comment des humains ont pu se retrouver impliqués là-dedans, comme victimes, comme coupables, volontaires ou involontaires, ou comme témoins coupables de non-assistance à personne en danger, puis qui montre le traumatisme mental qu'a eu ce conflit sur certains. C'est fort, ça fait mal et en même temps c'est instructif. Mais voilà, ceci étant dit, ce n'est pas vraiment le genre de BD que j'aime lire personnellement. Je trouve ça un poil trop noir, trop cynique, trop déprimant.

10/05/2004 (modifier)
Par Pacman
Note: 2/5

Je suis plutôt BD détente que BD témoignage. Je ne saisis pas vraiment l'intérêt de décrire une horreur comme un génocide sur des planches de BD. Les images ou les reportages que l'on a pu voir à la télé (même si ce média à tendance à déformer les choses) sont suffisament éloquentes pour ne pas en plus se "faire du mal" en revisitant l'histoire, même à travers un travail artistique évident. Ce n'est pas la réalisation qui me dérange, mais plutôt le coté BHL de cette BD.

18/01/2004 (modifier)