Le Grand Pouvoir du Chninkel

Note: 4.14/5
(4.14/5 pour 96 avis)

Angoulême 1989 : Alph-Art du public Aventure médiéval fantastique, un anti-héro de base, élu malgré lui...


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Dans le monde de Daar, s’affrontent quotidiennement trois immortels: Zeugma, Barr-Find et Jargoth. Les victimes de ces guerres sont entre autres les Chninkels et les Tawals. Etant esclaves, ils constituent l’essentiel des fantassins de toutes les armées, et sont donc régulièrement massacrés. Une nuit après une de ces sempiternelles batailles le seul survivant, un Chninkel du nom de J’ON, reçoit la visite d’un monolithe noir se présentant comme le maître créateur des mondes. J’ON a cinq jours pour mettre fin aux querelles des trois groupes. S’il échoue le monolithe, détruira ce monde. Un problème se pose alors au Chninkel : Comment pourra-t-il convaincre les trois immortels de faire la paix alors que lui-même n’est qu’un pauvre Chninkel et esclave de surcroît ?

Scénariste
Dessinateur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution Avril 1988
Statut histoire Série terminée (un seul tome à l'origine, ensuite divisé en 3) 3 tomes parus
Couverture de la série Le Grand Pouvoir du Chninkel
Les notes (96)
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21/06/2001 | heureux qui comme ulysse...
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Par Jérem
Note: 5/5 Coups de coeur expiré

96ème avis… tout a été dit, je vais donc faire court. Le Grand Pouvoir du Chninkel est l’une de mes séries préférées. Cette trilogie de fantasy, particulièrement originale et truffée d’éléments bibliques, est un ovni dans un genre pourtant très codifié. A la fois drôle, tragique et décalée, l’histoire est passionnante de bout en bout, bien portée par une narration maitrisée et une remarquable créativité de l’univers. C’est une bouffée d’air frais dans un genre trop souvent marqué par Tolkien. Les superbes dessins de Rosinski font immanquablement penser à Thorgal. Tout est remarquablement soigné et la virtuosité du visuel sublime la puissance du récit. Le Grand Pouvoir du Chninkel est une œuvre culte. Un grand bravo aux auteurs !

28/01/2019 (modifier)

Le "Grand Pouvoir du Chninkel", c'est le moment ou la symbiose entre le conteur (Van Hamme) et le peintre (Rosinski) atteint des sommets dans le délire imaginatif. Au premier coup d'oeil on pourrait confondre avec Thorgal, tellement les décors semblent proches, tellement les noms et les prénoms se ressemblent, mais très vite on se rend compte qu'il y a autre chose, on aperçoit l'influence des grands mythes bibliques, de l'imaginaire tolkienien, et même, surprise, de créations fictionnelles aussi éloignées de la fantasy que " 2001, l'Odyssée de l'espace"... Une oeuvre bâtarde, un truculant méli-mélo unique en son genre dans la bd franco-belge. Dans un sinistre contexte ou s'éternise une guerre dévastatrice opposant les "Trois Immortels", J'on, petit être chétif à la chevelure blonde, haut comme trois pommes et va nu-pieds (dans la bande dessinée son peuple s'appelle les Chninkels, mais on peut observer l'influence de l'aspect des Hobbits), est chargé par le maître créateur des mondes de ramener la paix universelle sur "Daar", le monde où se situe l'action (et qui n'est en fait qu'une Terre préhistorique). Pour ce faire il le gratifie d'un sibyllin Grand Pouvoir, qui embarasse J'on en premier lieu car il peine à le maîtriser. La suite du récit retrace son long voyage à travers le monde dans l'espoir de réaliser sa Quête divine, et là comme d'habitude Van Hamme s'illustre : c'est palpitant, bouleversant, émoustillant (la scène érotique entre Volga la Devineresse et J'on métamorphosé vaut son pesant d'or), et certains personnages sont vraiment réussis, comme Zembria la Cyclope ou N'om l'Hérésiarque. Oeuvre expérimentale superbe, cocktail explosif et sensuel qui dérange et fascine à la fois, le "Grand Pouvoir du Chninkel" est assuremment un coup de coeur. L'infernal Van Hamme, qui se dissimule derrière les sagas à succès XIII, Thorgal et autres Largo Winch, frappe ici encore un grand coup, dans un registre plus sulfureux. Un classique à lire absolument.

05/03/2015 (modifier)
Par Jetjet
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur Jetjet

Petit flashback pratiquement 20 ans en arrière…. Le service militaire m’a au moins permis de faire la connaissance de mon frère de sang, Youcef, avec lequel entre autres nous gardons de chouettes moments de solidarité de notre impôt national en Allemagne. Après avoir repris douloureusement nos études l’un comme l’autre, notre amitié s’est poursuivi bien au-delà des treillis et je me souviens encore comme si c’était hier dans sa chambre d’étudiant quelques bds qui trainaient et que je ne connaissais pas. L’une était Sambre dont il n’existait que 3 volumes dans une édition aujourd’hui disparue et la seconde était cet étrange gros bouquin souple au nom imprononçable : le Grand Pouvoir du Chninkel dont la couverture avec ce petit être boudeur et ce gros monolithe tout droit sorti de 2001, l’odyssée de l’espace ne m’inspiraient guère. Mal m’en a pris, Youcef m’a prêté ses deux séries, une n’est plus qu’un vague souvenir sur une jolie brune aux yeux rouges dont j’ai arrêté de lire les péripéties après le 4ième tome, l’autre est une claque absolue dont je me plais à relire encore et souvent les tribulations en noir et blanc comme en couleurs. Il faut dire que le noir et blanc charbonneux mais précis de Rosinski m’a séduit immédiatement avec cette introduction d’une bataille rangée avec trois armées complètement différentes. Le découpage est tel qu’il ne peut laisser indifférent un amateur d’Héroic Fantasy. Au milieu un petit Chninkel, J’on, va rapidement et malgré lui, devenir l’enjeu d’une quête qui le dépasse. Que va-t-il faire de son « pouvoir » divin, lui qui n’aspire qu’à une vie tranquille et à une paix royale… Dans un humour des plus salvateurs, Van Hamme va mettre en place une histoire assez noire (Dark Fantasy dites-vous ?) avec une ironie assez mordante et des situations plutôt inattendues. Le dépaysement est total, la fameuse fin m’a laissé sur le carreau pour de bon et j’avoue sans sourciller n’avoir rien lu de tel depuis et encore à ce jour dans un style équivalent. Je profite de l’occasion d’une nouvelle édition « anniversaire » pour aviser cette série vraiment spéciale pour moi et dont je possède à ce jour 4 éditions différentes. Souvent copiée, pas mal raillée également pour son coté mystique mais grandement reconnue et appréciée, les deux auteurs ne retrouveront plus cette liberté de ton étonnamment novatrice et toujours d’actualité. Aujourd’hui Youcef et moi avons bien vieilli, habitons à plus de 1000 km l’un de l’autre et tout le monde ici s’en fout. Et pourtant malgré cela, l’amitié existe toujours ainsi que notre intérêt pour les bières, les contes celtiques, les Pogues et le Chninkel. Un des rares récits que j’ai aimé lire, prends plaisir à lire encore et prendrai plaisir à relire dans 20 ans. « Un Chninkel pour les amener tous et dans les ténèbres les lier » (pardon Spooky) ;)

26/11/2014 (modifier)
Par Tourenne
Note: 3/5

J'aime le côté anti-héros (un peu trop larmoyant quand même) du personnage principal. J'aime l'épopée bien menée. J'aime les illustrations en noir et blanc qui gagnent en force et en beauté. Je n'ai pourtant pas été vraiment ni surpris ni enchanté. Une bonne bd.

03/10/2014 (modifier)
Par Thobias
Note: 5/5 Coups de coeur expiré

Seul Van Hamme pouvait faire un mix entre la Bible, 2001 l'odyssée de l'espace et Le seigneur des anneaux (le personnage principal ressemble vraiment à un hobbit) en donnant un résultat aussi cohérent et génial. Un véritable coup de poing. Le saddy end final devrai marquer les esprits. La vision que Van Hamme porte sur Dieu est assez frappante et profondément originale : fini le mythe du dieu bienfaisant. A noter que la version colorisée est aussi de bonne qualité (fait suffisamment rare pour être signalé).

22/05/2014 (modifier)
L'avatar du posteur Agecanonix

Avec cette quête mystique et insolite qui se veut une version tragique et pessimiste du mythe chrétien, les créateurs de Thorgal s'échappent un temps de leur série fétiche mais restent dans un univers fantastique assez proche, et inventent un personnage singulier, J'on le Chninkel, une sorte de gnome chétif aux yeux globuleux, qui ne paie pas de mine et qui ressemble à un farfadet des campagnes bretonnes. Il va pourtant devenir un héros au tragique destin. Cette fable épique d'heroic fantasy aux personnages étonnants et aux qualités inventives permet à Rosinski de dessiner un univers presque aussi étrange que celui de Thorgal, bourré de trouvailles, et à Van Hamme de brosser l'un de ses récits les plus ambitieux. Egalement conte philosophique à la vision sombre, où pointe l'humour, c'est de la fantasy qui interpelle le lecteur sur les fondements de la race humaine, et où Van Hamme puise de nombreuses références dans la Bible ou chez Tolkien. C'est aussi ce récit qui a conditionné et inspiré beaucoup d'autres séries qui suivront, et ça tient encore la route depuis 1986, année où je l'avais découvert timidement dans le magazine A Suivre, et où j'avais hésité avant de le lire. N'ayant pas vu l'édition couleurs, je recommande toutefois la version noir et blanc qui est sans doute mieux adaptée à ce type de récit et qui fait ressortir la prouesse graphique de Rosinski.

10/10/2013 (modifier)
Par Boris
Note: 5/5

J'ai acheté l'oeuvre dans la version intégrale en noir et blanc. Trouvé pour 3€ sur une braderie, le bon état et les dessins m'ont donné envie de le lire. Aujourd'hui et quelques jours après mon achat, c'est lu. Dès les premières pages j'ai accroché, les 3 immortels avec leurs particularités, "un peu comme les personnages du seigneur des anneaux..." puis, il y a le chninkel... que veut-il, que se passe t'il ?... c'est une micro quête qui commence à la recherche d'une réponse... "un peu à la Zelda" ... puis finalement, on arrive à la fin de l'histoire... et en trois mots ! je dirais: surprise, originalité, plaisir...

04/08/2013 (modifier)
Par jul
Note: 4/5

Que dire de plus sur cette oeuvre culte lue et relue maintes fois durant ma jeunesse. Rien. C'est vachement bien. C'est du Rosinsky. J'ai été transporté par cette relecture de La vie de Jesus christ à la sauce Tolkien - Thorgal. Les dessins sont très beaux. Nos 2 petits héros sont charmants (en particulier la scène de cul en chute libre). Les 3 méchants sont très méchants. Il y a le monolithe de 2001. C'est assez triste à la fin ... C'est finalement assez classique mais très bon. Un incontournable.

22/06/2013 (modifier)
L'avatar du posteur Le Grand A

Le dessin est plaisant car il me rend nostalgique, je pars un peu dans mon délire mais il me rappelle les nombreuses illustrations que je regardais dans les vieux « livres dont vous êtes le héros » dont vous avez sûrement déjà entendu parler. J’y ai joué à quelques uns lorsque j’étais tout gamin et les dessins de fantasy sont similaires dans Le Grand Pouvoir du Chninkel, à savoir ; des petits lutins au regard carnassier, de farouches amazones à forte poitrine, des nains malpropres, des épées aux ornements imposants, des petites fées chapardeuses et cruelles, etc. Le fait que la BD soit en noir et blanc accentue ce rapprochement. La morphologie des personnages et du bestiaire en général est assez datée donc, c’est de la vieille fantasy, j’ai eu l’impression de lire « une BD à papa » en quelque sorte. Mais le scénario est suffisamment emballant pour faire oublier ces petits défauts (à mon goût et selon mon opinion) et je dois avouer que je n’ai pas vu venir le dénouement, surprenant, de cette histoire. En fait, la fin est plutôt attendue quand on y pense mais je n’ai pas su observer tous les détails distillés au fil du récit qui auraient du me mettre la puce à l’oreille, et mon erreur aura été de prendre cette BD comme une simple histoire de high fantasy. Pour moi c’est le signe d’un bon scénario. Il faut absolument lire la version intégrale en noir et blanc et non pas les 3 tomes en couleurs. Je suis un grand amateur des couleurs dans une BD, c’est un élément essentiel pour moi, mais là, le travail graphique de Rosinski est d’avantage mis en avant que dans les versions coloriées. Je ne recommande pas pour autant l’achat, une seule lecture m’a suffit. C’est un peu comme un film dont on a apprécié la qualité et l’émotion qui en ressort mais qu’on n’est pas près de revoir parce que trop long ou que le sujet ne nous a pas passionné.

12/01/2013 (modifier)
Par pol
Note: 4/5
L'avatar du posteur pol

Moi qui n’aime pas le genre fantasy, je dois bien reconnaitre que j’ai attaqué cette intégrale noir et blanc sans trop d’enthousiasme. Mais voilà, je me suis laissé embarquer dans une histoire qui au final m’a bien plu. Pas vraiment parce que j’ai accroché à ce monde rongé par une guerre sans merci. Non, j’étais même assez indifférent à cet univers (aussi bien pensé soit il). Non ce qui m’a plu en premier lieu c’est ce petit personnage principal. Je l‘ai tout de suite trouvé sympathique, rigolo et attachant. Du coup j’avais envie de connaitre son histoire, de voir comment il allait s’en sortir avec ce qui lui tombe dessus, alors que lui n’a absolument rien demandé. Et de rebondissements en péripéties j’ai suivi ses aventures avec plaisir. Et globalement j’ai plutôt bien accroché à tout ce qui arrive. Certes il y a bien quelques passages que j’ai trouvés moins intéressants, comme les délires sexuels avec la sorcière dans l’arbre. Mais cela n’a pas impacté mon envie de connaitre le dénouement de cette histoire. Au final, j’ai trouvé ça vraiment pas mal, j’hésite entre un très bon 3 étoiles ou un 4, mais pour une fois qu’une histoire de ce genre ne me tombe pas des mains, et puis allez, c’est Noël, l’arrondi se fera au supérieur.

25/12/2012 (modifier)