Jonathan

Note: 3.73/5
(3.73/5 pour 15 avis)

Angoulême 1982 : Alfred meilleure BD de l'année pour le tome 7 Ni héros ni anti-héros, Jonathan se laisse guider par ses émotions. Du Népal aux USA, il a poursuivi un rêve indistinct et croisé des êtres qui, comme lui, cherchaient un sens à leur vie. Ses valeurs? Le courage d’être soi-même, la liberté, l’amour, l’harmonie. Ses douleurs? Des aléas qu’il sublime par l’action. Ses amitiés ? Profondes et inaltérables...


1961 - 1989 : Jusqu'à la fin de la Guerre Froide Amnésie Angoulême : récapitulatif des séries primées Auteurs suisses Cosey Journal Tintin La Montagne Le Lombard Le Népal Tibet

Jonathan se trouve dans un hôpital de l'autre côté de l'Himalaya...amnésique. Il part à la recherche de son passé, qui lui revient par bribes, alors que la guerre fait rage au Tibet. Il retrouve peu à peu la mémoire, grâce, entre autre, à une petite sorcière des montagnes... Puis, il décide d'errer dans ces hostiles et fascinantes montagnes, passioné par la culture et l'histoire tibétaine. Un européen qui joue à se perdre dans les neiges éternelles ! Sur sa route il croise des personnages tous aussi fascinants les uns que les autres : Drolma, une enfant sauvage, Kate, une blonde déprimée, un colonel anglais amoureux de l'art, un jeune garçon et son double fictif, et une belle chinoise colonel, cette étoile en plein jour...

Scénariste
Dessinateur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution Janvier 1976
Statut histoire Une histoire par tome 16 tomes parus
Couverture de la série Jonathan
Les notes (15)
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13/11/2001 | brunelle
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L'avatar du posteur Noirdésir

Cosey fait partie de ces auteurs « importants », patrimoniaux, dont j’ai croisé la route assez souvent, sans pour autant avoir vraiment envie d’en découvrir l’œuvre. Lorsque j’étais plus jeune, son dessin, et les quelques pages que j’avais lues – de « Jonathan » uniquement d’ailleurs –, m’avaient un peu rebuté, au point que j’avais pour longtemps laissé toute l’œuvre de cet auteur de côté. Ce n’est que récemment que je me suis dit qu’il fallait que j’y jette un coup d’œil plus sérieux, je crois après la récompense glanée à Angoulême il y a quelques années, qui l’a remis en lumière. J’ai d’abord commencé par ses séries plus courtes (diptyques ou one-shots, dans les collections Aire Libre et Signé), et j’ai enfin lu sa série phare (du moins les 5 premiers albums). Ce n’est pas forcément le genre de truc que j’achèterais aujourd’hui, mais je conçois tout à fait que certains en soient dingues et le fassent les yeux fermés. Au dos de chaque album, Cosey indique 2 ou 3 albums à écouter pour accompagner la lecture des « Jonathan » (comme on le ferait d’un bon vin pour accompagner un grand plat !). C’est généralement très planant : Pink Floyd, et surtout, à chaque fois je crois, un album différent de Mike Oldflied (dont les très longs morceaux instrumentaux sont superbes, envoutants – je les écoute souvent depuis que j’ai découvert cet artiste dans les années 1980). C’est effectivement tout à fait le même genre d’ambiance que développe Cosey dans ses albums. En effet, on est là dans une aventure sans trop de rebondissement, ou de rythme saccadé. C’est bien plus introspectif, méditatif (et le fait que cela se déroule dans les montagnes tibétaines doit jouer), voire naturaliste, contemplatif. Les quelques passages de soldats chinois apportent ces montées de tensions plutôt rares ailleurs. Mais globalement, Cosey prend vraiment son temps pour installer une ambiance (paysages, ambiance générale et quête intérieure semblent d’ailleurs être au cœur, voire même les seules choses qui intéressent l’auteur). Le dessin, un peu brouillon au départ, devient rapidement très bon. On sent que Cosey aime les paysages montagneux (il le montrera dans d’autres séries). La colorisation peut surprendre aujourd’hui, elle fait un peu datée. Mais l’emballage est largement au niveau des histoires, desquelles émane une sérénité assez forte. Je poursuivrai sans doute ma lecture de la série si l’occasion se présente.

02/09/2019 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
L'avatar du posteur Gaston

Une série bien sympathique qui est aussi assez originale. On dirait à première vue une série d'aventure normale, mais en fait au lieu de raconter des aventures, j'ai eu plus l'impression que Cosey racontait des rencontres entre Jonathan et les autres personnages et que les intrigues étaient des éléments secondaires. Plusieurs de ses personnages sont très intéressants et il y a plusieurs bons moments, mais en même temps je trouve les albums un peu inégaux et je n'étais pas toujours captivé par le scénario. Par exemple, j'étais tellement habitué à voir Jonathan vivre au Tibet que le voir dans un autre pays m'a semblé hors sujet. Sinon, je ne suis pas un grand fan du style de Cosey, mais certaines planches sont pas mal.

09/08/2013 (modifier)
L'avatar du posteur Agecanonix

Regard désabusé du bourlingueur, malgré sa jeunesse, allure de routard, Jonathan voyage sans cesse entre l'Himalaya et les Etats-Unis, se laissant guider par ses émotions. Il est à la recherche de la sagesse, de la fraternité, de l'amitié, d'un idéal de pureté qui donne un sens à sa vie, et rencontre des personnages surprenants et mystérieux. Cette sorte de Bd zen apportait un ton totalement nouveau dans le journal Tintin plus habitué à l'action pure et à l'humour franc. Je m'en souviens très bien en 1975 lors du premier récit, je n'y comprenais pas grand chose et ça ne m'inspirait pas. Il a fallu attendre quelques années pour que je me rende compte de la valeur de cette série. D'autant plus que le format du journal ne se prêtait pas du tout à ce genre de bande, elle était tellement atypique dans sa narration et sa mise en page, qu'il fallait 3 ou 4 pages pour capter l'attention, au lieu des 2 pages habituelles. C'est la quête mystique par excellence, l'aventure y est surtout intérieure, elle exprime une soif d'absolu, une dimension spirituelle typiques de ce milieu des années 70, et installe un climat spécifique illustrés par des lieux d'une grande sérénité, comme les massifs himalayens, et certains personnages apaisants, comme la petite Tibétaine Drolma ou Kate la belle américaine adepte du yoga dont Jonathan tombe amoureux. Graphiquement, Cosey offre des planches personnalisées par des éléments de décor asiatiques, des cadrages insolites, des cases multiples, une progression lente de l'intrigue et un découpage très inspirés de Derib dont il fut l'assistant. La couleur aussi participe à l'état d'esprit voulu par l'auteur, qui améliore son dessin au fil des épisodes. Une bande profondément humaniste dont tous les albums peuvent être achetés.

02/07/2013 (modifier)
Par jerome
Note: 4/5

J'ai dévoré à peu près tous les albums de la première période lors de ma tranche de vie "idéaliste" (16/17 ans), puis, comme beaucoup, ai un peu perdu contact avec le monde de la BD, trop occupé que j'étais à "construire" ma vie... Je garde malgré tout un souvenir ému de longs et lents moments à parcourir le Népal avec Jonathan, et à voyager par son entremise. Cosey est un humaniste, avec ses travers, mais surtout avec une fraicheur d'âme qui manque cruellement en ces temps troubles. J'aurais énormément de plaisir si mes enfants découvraient cette série avec l'oeil innocent que j'avais à leur âge... Une chose m'a frappé dans les autres commentaires: personne ne se souvient qu'au dos de l'album, Cosey donnait une liste de disques à écouter en fond sonore de la lecture ? Je me souviens notamment de Mike Oldfield... Tentative intéressante de mêler les expériences...

13/03/2012 (modifier)
Par McClure
Note: 4/5

Cela faisait longtems que j'avais lu cette série. Et les lectures récentes d'une grande partie de l'oeuvre Cosey (Orchidea, A la recherche de Peter Pan, Le Voyage en Italie...) m'ont donné l'envie de replonger dans cette oeuvre magistrale qui a bercé mon adolescence. Et ça me cause toujours autant. J'adore le dessin de Cosey, sa mise en page et en couleurs. Ca date un peu mais cela reste d'actualité. Il nous peint à merveille ces paysages enneigés du Tibet, les personnages sont comme toujours merveilleux de charisme et d'une beauté simple malgré le petit côté figé caractéristique mais qui ne me gène pas. Les paysages je l'ai dit sont magnifiques et Cosey joue à merveille des nuages, de ces impressions de lumière changeante que l'on retrouve en montagne. Les architectures typiques sont également bien restituées, comme il avait su le faire dans d'autres albums (les villages valaisans notamment). Les histoires sont simples, toujours tournées vers les rencontres humaines dans un environnement inhospitalier ou pour le moins inhabituels. La nature sert de révélateur de l'âme humaine, dans un cadre historique chargé. La première postface de l'auteur sur le vrai Jonathan montre bien le rapport de l'auteur à cette histoire, à ces thématiques fortes. J'aime toujours autant, et cette série va figurer dans mes listes au père Noël...

06/03/2012 (modifier)
Par Cecilia
Note: 4/5

A travers cette longue série d’histoires plus ou moins indépendantes on suit les péripéties d’un vrai baroudeur. Jonathan nous entraine avec plaisir au milieu de l’Himalaya, sur les hauts plateaux tibétains et dans la folie de villes telles que Kathmandu, Srinagar, Leh,… On découvre ainsi le charme révolu de petits villages tibétains et des troupeaux de yaks mais aussi les conflits armés, la colonisation anglaise,… Comment ne pas succomber au charme ténébreux de cet aventurier, ainsi qu’aux belles rencontres qu’il fait dans ces pays lointains ? Je garde un souvenir particulier pour l’enfant sauvage de « Pieds nus sous les rhododendrons » et pour la poésie décalée de « L’espace bleu entre les nuages ».

28/11/2010 (modifier)
L'avatar du posteur Mac Arthur

Jonathan occupe à mes yeux et dans mon cœur un espace particulier. Cette série sera à jamais atypique puisque Cosey, bien plus que de nous narrer des aventures, nous y relate des rencontres. Rencontre de soi-même, d’un pays, d’une culture, rencontre d’autrui. Autant d’albums, autant de personnages, de profils, de visions. Post-soixante-huitard ? Sans doute ! Mais aussi et avant tout humaniste et apaisant. Il n’y a pas de vrais méchants, pas d’êtres sans reproches non plus. La Chine est l’agresseur ? Oui, mais le chinois n’est pas un monstre. Ce côté bisounours en assommera certains, mais pas moi car le second degré de Jonathan vient contrebalancer les fréquents clichés mélodramatiques utilisés par Cosey (ces clichés sont d’ailleurs le plus gros reproche que je pourrais faire à la série). Les deux premiers tomes souffrent de défauts de jeunesse. Cosey recherche encore un ton et s’égare dans d’inutiles arabesques stylistiques. Ces deux tomes risquent donc de paraître très datés au lecteur d’aujourd’hui. L’histoire qui nous est relatée ne manque cependant pas de charme et garde une belle part de son pouvoir magnétique sous mon regard nostalgique. Par la suite, documentation aidant, la série devient plus réaliste, mieux ancrée dans son espace géographique et historique. Le personnage de Jonathan explose et chacune de ses rencontres l’enrichit et le grandit. Kate sera le récit clé de cette période, qui se terminera sur Neal et Silvester. Jonathan est alors acteur et témoin, il s’efface devant les personnages qu’il rencontre, mais les épaule autant que faire se peut. Cette période, qui démarre au tome 3 pour se clôturer au tome 9, est la meilleure à mes yeux. Par soucis de renouvellement, Cosey ramènera Jonathan en Amérique le temps d’un diptyque plus mouvementé mais moins intéressant selon moi. Selon Cosey aussi sans doute puisque, depuis, Jonathan a repris le chemin des cimes enneigées du Tibet. Le charme opère toujours mais la série semble tout de même à la recherche d’un second souffle. Pour son rythme lent, pour l’originalité de son ton, pour la simplicité du dessin, pour sa capacité à l’introspection (tant de la part du personnage que de la part du lecteur que je suis), pour ses qualités humaines et humanistes, Jonathan demeurera pour longtemps encore un des mes personnages préférés de la bande dessinée moderne.

23/08/2010 (modifier)
Par montane
Note: 4/5

La réédition de l'intégrale des albums de Jonathan est assurément une belle occasion pour découvrir ou redécouvrir ce personnage atypique dont les aventures ont commencé dans le journal Tintin en 1975. Il faut reconnaitre qu'à l'époque ce "héros" était un véritable OVNI dans un journal qui ne comptait essentiellement des héros traditionnels, qui vivaient de grandes aventures et triomphaient toujours de l'adversité à la fin. Rien de tout cela avec Jonathan, un Suisse tombé amoureux d'une tibétaine en exil et qui part la rejoindre dans son pays d'origine. Il perd la mémoire à la suite d'un choc et découvrira progressivement que celle-ci a en fait été abattue à la suite d'un raid de l'armée chinoise. De là naitra son parti pris pour la cause tibétaine. N'ayant aucun intérêt à retourner en Europe, il décide alors de rester dans cette partie du monde, ce qui l'entrainera tour à tour au Tibet bien sur, mais aussi en Inde, au Cachemire, au Népal et en Birmanie. Vivant de petits boulots, il adopte les moeurs locales, se livre à une forme de méditation. Jonathan dont les traits ressemblent étrangement à celui de son auteur, Cosey, fera de jolies rencontres. Kate l'américaine atteinte de maladie, Neal, le garçon parti à la recherche de son père qui a un ami imaginaire, le colonel Westmacott, amateur de beaux tableaux, Monsieur Karamazov, un Russe dont le grand-père était Tibétain. Tous sont venus dans cette partie du monde en quête d'un être cher, fuyant une société Occidentale trop rapide, trop stressante. Cosey réussit à inventer des histoires, avec somme toute peu de violences, mais qui restent malgré tout fort intéressantes et captivantes. Avec "L'espace bleu entre les nuages", une des meilleures histoires à mon sens, Cosey commence à trouver son style qui s'épure progressivement. Dans "Oncle Howard est de retour" et "Greyshore Island", la seule véritable enquête policière de cette série, où, pour la première fois Jonathan part retrouver Kate et quitte l'Asie pour les Etats-Unis. Les couleurs au ton pastel sont superbes et le dessin de Cosey atteint son apogée à mon sens. Cosey abandonnera ce personnage pendant plus de 10 années pour reprendre ensuite ses aventures avec "Celui qui mène les fleuves à la mer", qui se poursuit dans "L'odeur du songrong". Jonathan s'éprend alors d'une jeune femme, soldat dans l'armée rouge qui contribue à la purification culturelle du Tibet. De nouveau l'occasion pour l'auteur d'affirmer son soutien à la cause tibétaine, puis à la cause Birmane dans "Elle ou 10.000 lucioles". Jonathan est toujours plus en quête de spiritualité. Les couleurs, quoi que cohérentes sont de mon point de vu moins belles que dans les années 80, avec un jaune trop criant et le trait de Cosey me semble plus gros. Quoi qu'il en soit la série reste de grande qualité et les intégrales publiées par les éditions du Lombard sont superbes.

12/02/2010 (modifier)
Par L'Ymagier
Note: 3/5

Jonathan fait sa première apparition dans l'hebdo Tintin n° 6, 30ème année, du 4 Février 1975. Surprise... et appréciation des lecteurs. Jonathan nous embarque dans un voyage initiatique au coeur des grands plateaux himalayens. Avec lui, on participe à sa quête mystique, à ses rencontres avec Drolma, Neal et son ami invisible et -surtout- Kate dont il va tomber amoureux. Chacun de ces personnages possède une dimension faite de symboles, où spiritualité et philosophie ne sont d'ailleurs pas oubliés. Jonathan ?... Une série ou Cosey nous en met plein la vue. Il multiplie les cadrages audacieux -comme au cinéma- et décrit de bien belle façon ces espaces enneigés ainsi que que ceux -par la suite- de l'Amérique du Nord. Cette série se veut un hymne à l'amitié ; amitié que Cosey parvient à faire passer entre ses personnages ainsi qu'entre lui et nous. Série profondément humaniste, Jonathan est une des plus originales de la fin du siècle dernier. Je ne comprends d'ailleurs pas pourquoi il a fallu 10 ans pour la voir éditée en albums !... L'auteur : Bernard COSENDAI, dit COSEY, dessinateur-scénariste suisse, est né à Lausanne le 14 Juin 1950. Outre "Jonathan", on lui connaît : Le Voyage en Italie, Orchidea, Saigon-hanoi et autres réalisations à la fois originales, fortes, sensibles et réalistes.

04/09/2006 (modifier)
Par Braz
Note: 4/5

Quand ça paraissait dans le journal de Tintin il y a 20 ans, je trouvais ça vraiment quelconque. Il faut dire que 1) c'était franchement décalé par rapport aux autres séries, avec parfois 1 bulle en 2 planches; 2) il valait mieux avoir suivi l'histoire dès le début pour comprendre; 3) les albums de Cosey méritent un beau papier, de beaux albums, tant le graphisme est important. Donc ce n'est pas dans "Tintin" que l'on pouvait le mieux percevoir la qualité de "Jonathan". Aujourd'hui, j'adore Cosey, c'est un auteur merveilleux, excellent graphiste, coloriste, qui sait transmettre des histoires pleines d'émotion, sans sombrer dans le pur sentimentalisme car mine de rien, les intrigues sont bien là. Il alterne les Jonathan et les "One Shot" dans la collection Aire Libre avec un égal bonheur. Les premiers Jonathan recèlent beaucoup de petites imperfections, mais la série se bonifie ensuite. Merci et bravo à cet auteur de faire des oeuvres aussi belles et originales.

25/04/2004 (modifier)